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Ne jamais dire à une femme qu'elle est folle...

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Lyessa Reed
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Représentante des Bouffes-Grenouilles

♦ Missives : 2044
♦ Missives Aventure : 73
♦ Age : 30
♦ Date de Naissance : 03/09/1987
♦ Arrivée à Westeros : 13/10/2012
♦ Célébrité : Keira Knightley
♦ Copyright : Randy / Moi
♦ Doublons : Tyana Veneur, Ororya Gargalen, Serenei
♦ Age du Personnage : 21 ans
♦ Lieu : Le Nord
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Message Jeu 3 Jan 2013 - 19:56

Où était-t-elle ? Que s’était-il passé ? Lyessa s’était redressée vivement et tournait sur elle-même en jetant un regard hagard autour d’elle. Ses frusques étaient humides, comme si elle avait dormi là, à même le sol aux herbes perlées de rosée. Son souffle était court, sous le coup de la panique qui l’avait extirpée de son sommeil. Elle glissa ses doigts tremblants dans ses cheveux pour les ramener en arrière puis chercha du regard quelques indices qui pouvaient lui indiquer ce qu’elle faisait ici. N’avait-t-elle pas passé la nuit au campement d’Andrik Sombrelyn ? L’avait-t-elle rêvé cette rencontre qui l’avait tiré d’un mauvais pas ? Elle se rappelait clairement avoir rencontré le chevalier de Sombreval, d’avoir été soignée et de s’être assoupie dans l’une de leurs tentes. Alors pourquoi se réveillait-t-elle ici ? Décidément, ce coup sur la tête avait vraiment été de trop. C’était bien la première fois qu’elle se trouvait aussi effarée. Qu’elle ne comprenait en rien ce qu’il était en train de lui arriver. Ses lèvres se mirent à trembler alors qu’elles laissaient échapper un soupir d’épuisement. Ses doigts vinrent se poser dans son dos – son arc était toujours là. Il fallait croire qu’elle n’était pas si démunie que ça. Elle promena son regard obscur autour d’elle, observant avec attention les arbres et la dense végétation. Elle espérait que ça lui évoque quelque chose, qu’elle sache à peu près où elle se trouvait. La logique aurait voulu qu’elle se trouve dans les terres de la Couronne de ce qu’elle s’en rappelait. Elle était persuadée de ne pas avoir rêvé sa rencontre avec la bande d’Andrik Sombrelyn. Pour ce qu’il s’était passé ensuite ? Elle ne pouvait pas vraiment le dire.

Après quelques minutes, Lyessa dut se mettre en route. Elle sentait que son corps était à bout et la plaie à son front lui était toujours aussi douloureuse même si elle semblait avoir été soignée. Elle se frictionna les bras pour se réchauffer et fit violence à ses jambes pour qu’elles daignent la porter. Il n’y avait rien de pire que de sentir son esprit se dérober à la logique et à la raison. Elle avait été rudement secouée par cette altercation et peut-être avait-t-elle eu un sommeil peuplé de cauchemars qui l’avait poussé à s’enfuir du campement ? Qui pourrait le lui dire ?

Elle marcha durant une longue heure avant d’enfin déboucher sur un sentier. La route royale ? Ça y ressemblait. Lyessa observa un côté, puis l’autre, avant de se remettre en route vers, elle l’espérait, Port-Réal. Car c’était bien pour ça qu’elle était venue, non ? Consternée, la jeune femme ressemblait à une âme en peine, errant d’un pas silencieux sur le sentier boueux. Lorsqu’elle croisa une caravane de marchands, elle vit l’opportunité de leur demander si elle faisait bonne route. Ils acquiescèrent et c’est d’un poids en moins sur le cœur qu’elle se remit en route. Il lui tardait de rejoindre la civilisation, même si ça pouvait être surprenant de la part de la Paludière, habituée à la solitude. Il n’y avait rien de plus éprouvant pour elle qu’avoir perdu ses marques. Elle espérait qu’une fois à la capitale, elle pourrait se remettre de ses émotions et retrouver la mémoire au sujet des derniers évènements. La suite de sa progression ne se fit pas sans juron étouffé et exaspérations maugrées avec véhémence. L’on pouvait dire qu’elle avait les nerfs à fleur de peau, et elle croisait les doigts pour ne croiser personne qui aurait à essuyer son courroux. Lorsque l’ébauche de la civilisation fut visible au bout du sentier, Lyessa accéléra la cadence de son pas pour rapidement franchir les portes de Port-Réal. Lorsqu’elle fouilla dans sa besace pour y trouver les quelques pièces qui lui permettraient de manger, se reposer et s’acheter de nouvelles frusques, la jeune femme eut la mauvaise surprise de constater qu’elle n’avait rien. Les lui avait-t-on fauchées ? C’était de pire en pire – la situation n’avait rien d’amusante et Lyessa n’avait nulle envie de faire l’aumône pour passer une nuit tranquille à Port-Réal.

« Maudit voyage ! J’aurais mieux fait de rester dans mes marais ! » – Grommela-t-elle, lorgnant les gardes qui l’observaient avec suspicion.

C’était quelque chose de terriblement humiliant pour elle de se trouver dans une situation aussi précaire. Lyessa était fière de ses origines, fière de ses particularités, mais elle n’aimait pas être démunie. Car si elle savait bien se débrouillait en pleine possession de ses moyens, ça n’était pas vraiment le cas à l’heure actuelle. Elle se faufila entre les badauds qui se pressaient dans l’allée principale, cherchant plus à se dissimuler du regard des autres malgré son égarement. Elle ne connaissait pas grand monde à la capitale qui puisse lui filer un coup de main en vue de la situation et elle tentait de trouver une solution à son problème quand un homme l’interpella. Au début, Lyessa ne comprit pas tout à fait qu’il s’adressait à elle mais ce dernier se rapprocha et s’enquit de s’inquiéter pour elle. Elle tourna finalement la tête d’un air agacé dans sa direction et se montra indifférente avant de scruter son faciès avec plus d’insistance. Cet homme ! Ne faisait-il pas partie des hommes qui l’avaient attaqué dans les bois ? L’expression de son visage vira de l’intrigue à l’attention furibonde. D’ailleurs, elle n’écoutait pas franchement ce qu’il était en train de lui dire, plus préoccupée à ressasser ses péripéties de la veille.

« Vous ! » – S’exclama-t-elle brusquement en tendant sous son nez un index accusateur. « C’est vous qui m’avez attaqué !! Où est mon ch’val ?! »

Elle n’aurait pas pu constater de l’air stupéfait du concerné car déjà elle lui assenait un violent coup de genou dans le bas ventre. Les individus autour d’eux s’écartèrent momentanément en constatant de la nervosité de la jeune femme. Lyessa était persuadée que l’homme qui lui faisait face était coupable de son agression de la veille. A peine fut-il plié en deux par le coup qu’elle lui décocha un violent coup de poing dans la mâchoire. Le pauvre hère avait du souci à se faire.






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Message Lun 7 Jan 2013 - 11:26

Les rues et les places défilaient devant les yeux du spadassin qui se rendait d'un pas on ne peut plus rapide vers l'échoppe d'un chaudronnier installé contre les remparts de Port-Réal. Il se trouvait en effet que son ami aubergiste, Galt, avait par mégarde laissé tomber un chaudron de cuivre chargé d'un épais pot au feu sur les dalles de sa cuisine. Si le repas des clients avait donc hier soir dû être improvisé en catastrophe, il fallait à l'heure actuelle trouver un moyen de refaire une santé à la pauvre pièce de cuivre cruellement cabossée. Ne pouvant se déplacer, l'auberge devant être tenue en l'absence de la serveuse qui s'était faite porter pâle, le tenancier avait fini par charger Lotho de s'occuper de cette course, arguant que si il comptait rester plus longtemps en ville il avait intérêt à se rendre utile.

La mauvaise humeur de son ami n'avait pas inquiété le danseur d'eau outre mesure, tant celui-ci y était habitué. Ayant pris la marmite à la main il avait donc pris sur lui de traverser une bonne partie de la ville pour se rendre chez le seul chaudronnier en qui Galt avait confiance. Une marque de qualité qui savait être appréciée, tant ce vieux bougre pouvait devenir pointilleux sur le moindre détail quand il s'agissait de la tenue de son auberge. Chemin faisant Lotho se remémora les paroles qu'il lui avait lancé au sortir de l'auberge, en effet cela faisait longtemps qu'il n'était pas resté autant de temps à Port-Réal ... Et pour autant il comptait bien repartir, en direction de Dorne cette fois-ci, dès que ses préparatifs seraient enfin terminés.

Ces derniers trainaient en longueur depuis quelques jours maintenant, de telle façon qu'avec une nouvelle dose d'entrain il pourrait fort bien partir le lendemain. Mais il avait encore envie de profiter un peu de l'ambiance qu'offrait sa ville de cœur, Port-Réal la majestueuse aux venelles sordides. Une cité aux mille couleurs qu'il avait apprit à apprécier au fil du temps, sans même avoir eu la présence d'esprit de se rendre compte de son attachement croissant envers ces vieilles pierres. Peut être bien que s'aventurer loin au sud, dans un pays plein de dangers, le refroidissait légèrement au final.

Chassant cette dernière pensée de sa tête, il se reprit le controle prestement. Qu'était-il donc en train de devenir ? Un danseur d'eau qui avait peur du danger, était-ce réellement ça accéder à la sagesse que seul l'âge peut permettre d'obtenir ... ? Si cette dernière supposition était la réalité, alors cette dernière était on ne peut plus décevante.

Maussade il arriva devant l'échoppe du chaudronnier qui ne payait pas de mine, voir même pouvait très franchement rebuter. Un étal mal entretenu, crasseux même, au sein duquel semblait s'affairer un vieil homme au corps totalement asséché par la proximité des flammes de sa petite forge. Force était d'admettre que si il s'agissait d'un des meilleurs chaudronniers de Port-Réal ... eh bien peu de gens en ville devaient le savoir, car la fortune ne semblait pas être l'une de ses caractéristiques premières. Échangeant quelques mots avec l'artisan que l'âge semblait avoir privé de la faculté de prononcer certaines consonnes, ainsi que d'une bonne partie de sa dentition, le spadassin fut néanmoins assuré qu'il se trouvait au bon endroit.

Préférant ne pas se poser trop de questions quand aux conditions qui avaient bien pu permettre à Galt de trouver un tel étal plutôt qu'un autre plus prestigieux, il laissa le chaudron à l'artisan qui lui donna la consigne de repasser en fin d'après-midi pour récupérer l'ustensile de cuisine. La première partie de son service accomplie, Lotho se retourna pour observer la rue avec curiosité. Il lui semblait ne pas être venu dans cette partie de la cité depuis fort longtemps, un fait qu'il pouvait maintenant corriger.

Emboîtant le pas à une patrouille de la garde il s'enfonça profondément dans le quartier en profitant de leur présence. Ces hommes avaient en effet l'utilité première d'écarter la foule sur leur passage, facilitant la marche et évitant la promiscuité dans son sillage. Durant quelques temps il les suivit donc jusqu'à ce que les regards de certains d'entre eux commencent à se faire suspicieux à son encontre. Ce détail remarqué le danseur d'eau trouva une ruelle où s'engouffrer pour leur fausser compagnie en toute discrétion ce qui, assurément, ne manquerait pas de les éveiller à l'art délicat de la circonspection. Ce qui n'était pas plus mal.

Suivant la ruelle dans laquelle il s'était engouffré, il finit par aboutir sur une ouverture au sein des quartiers aux maisons resserrées les unes sur les autres. Manifestement il était arrivé à l'une des portes de la ville autour de laquelle, tant dans sens que dans un autre, l'entrain régnait en maître. Montant avec agilité sur une caisse pour avoir un meilleur point de vue, il remarqua qu'un long convoi de marchands était en train de faire son entrée dans la cité. Certainement Bieffois à en juger par la teneur des cargaisons ... mais pas par la jeune femme en piteux état qui venait de faire son entrée devant les yeux médusés des gardes.

Une proie de choix pour les détrousseurs et coupe-jarrets de la partie basse de la ville dans laquelle elle entrait. Certes elle portait un arc, mais dans de telles venelles autant essayer de toucher une mouche avec un roc de six livres. Elle semblait de plus profondément harassée et blessée, un ensemble de faits qui poussèrent le spadassin à quitter son perchoir. Atterrissant sur le sol il fendit la foule avec souplesse pour enfin se retrouver dans le dos de la jeune femme qui avait attiré son attention. Remontant à son niveau, il dit d'une voix qui se voulait rassurante :


- Veuillez m'excuser mademoiselle, mais je n'ai pu m'empêcher d'observer que vous étiez meurtrie, harassée par votre voyage également. Port-Réal n'est pas une cité facile à vivre, surtout dans votre condition, je ne pourrais souffrir de vous laisser à votre ...

Le regard que la jeune femme venait de poser sur lui avait changé du tout au tout en l'espace d'un instant, sans même qu'il n'arrive à bien saisir pourquoi elle le regardait avec colère. Puis elle chevaucha la vague de colère qui la submergeait et hurla qu'elle le reconnaissait, car il l'aurait attaqué et volé son cheval. Le regard stupéfait de Lotho ne suffit pas à lui rendre grâce à celui de cette femme qui, avec une expertise suggérant des années d'expérience, lui asséna un violent coup dans l'entrejambe. Surpris de ce mouvement il ne put qu'encaisser avec toutes les peines du monde la douleur d'un tel geste, se pliant en deux, pour mieux recevoir un coup de poing dans la mâchoire.

Entrainé par l'élan d'un tel acte il fit quelques pas chiches pour atterrir dans des caisses vides à coté d'un étal de poteries. Mais comment un si petit gabarit pouvait avoir une telle force, se dit-il en se relevant non sans difficultés. Mais déjà la furie repassait à l'assaut avec l'énergie du désespoir, un investissement personnel bien trop conséquent pour la malheureuse personne de Lotho, enfin, selon lui-même.

Maintenant alerte bien que souffrant, il esquiva les coups qu'elle lui lançait avec la souplesse qui caractérisait la danse de l'eau, usant de mouvements peu communs en ce régions il tentait de danser autour des coups de la jeune femme. Quand elle se fut enfin calmée il eut un léger sourire désabusé avant de dire d'une voix trahissant cet état d'esprit :


- Eh bien ... Si vous accueillez l'ensemble des bons samaritains avec une telle fougue, je ne m'étonne qu'à moitié que vous ayez vu votre cheval vous être dérobé ... Mais passons. Comme je vous le disais plus tôt je n'accepterais pas que vous risquiez votre vie dans les dangers de la basse-ville. Surtout maintenant que vous avez usé vos forces à me passer à tabac.

Lui tendant la main en signe de réconciliation, il afficha un air plus courtois alors que son autre main massait sa mâchoire endolorie. Enfin, il laissa la parole à la jeune femme non sans conclure avec ces quelques mots :

- Sachons raison garder. Je me nomme Lotho Volentin. Et je connais un endroit où vous pourrez oublier vos malheurs durant un temps et sans encombres. Aussi vrai que je ne vous souhaite aucun mal.
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Lyessa Reed
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Message Mar 8 Jan 2013 - 16:31

Lyessa était aveuglée par son empressement à en finir avec l’importun. Elle le haïssait, pour l’avoir mis dans un tel pétrin et cherchait à lui donner de puissants coups pour le mettre à terre. Elle tentait de l’atteindre avec ses poings, donnant le peu d’énergie qu’il lui restait dans ses gestes vifs et désespérés. A sa plus grande exaspération, l’individu à peine relevé de sa chute douloureuse dans les caisses à l’arrière, se mit à bouger assez rapidement pour esquiver ses tentatives. D’ailleurs, la situation tournait vraiment au ridicule, elle qui tentait de faire porter ses coups et lui qui bougeait d’une bien étrange manière pour les éviter. Si son interlocuteur ne semblait pas démentir l’accusation portée par la jeune Paludière, il se montra étonnement bien intentionné en proposant à Lyessa d’arrêter le jeu là.

Alors qu’elle tentait de lui donner un énième coup, la Nordienne poussa un grognement de frustration avant de se reculer d’un pas, portant sa main à sa blessure. Qu’était-il ?! Une sauterelle ? Elle le détailla de la tête aux pieds d’un regard inquisiteur et méfiant – cela se voyait plutôt bien qu’elle était tiraillée entre le désir de se jeter à corps et âme perdus dans le combat et l’étonnement d’avoir à faire à quelqu’un qui ne semblait pas comprendre la teneur de sa haine. Elle recula quelque peu, sa poitrine se soulevant au rythme de sa respiration saccadée.

« Des gnons ! Pas des mots. » – Ragea-t-elle finalement. « Bon samaritain ?! Ce n’est pas toi qui m’a volé mon cheval ? Mais pourtant… » – Le questionna-t-elle avec hostilité, fronçant les sourcils avant d’affaisser ses épaules d’un air désemparé.

Elle le toisa sévèrement durant un petit moment encore, comme si elle fouillait dans sa mémoire pour y discerner avec précision celui qu’elle suspectait avoir devant les yeux. En y réfléchissant, elle ne se rappelait d’aucun qui fusse aussi bel homme et assurément qu’ils étaient plus crasseux et se déplaçaient pas de cette étrange manière. Son esprit lui jouait décidément bien des tours aujourd’hui – assez pour qu’elle en ressente un regain de lassitude. Cet homme semblait vouloir l’aider, aussi étrange que cela puisse paraître. Et pourtant, elle savait pertinemment que personne n’aurait osé venir se frotter à elle dans cet état là. Rejetant la tête en arrière pour dégager son visage de quelques mèches de cheveux emmêlés, elle tâcha de retrouver une expression bien plus digne face à la main tendue de son interlocuteur. Lotho Volentin… Ce nom n’avait rien de commun dans ces contrées, tout comme la manière dont il avait esquivé ses coups. Il lui proposait de la conduire dans un endroit où elle pourrait oublier ses malheurs, ce qui ne faisait qu’ajouter à sa circonspection.

« Je viens de t’ôter toute fierté masculine en te tapant dans les parties, et toi, tu m’proposes de m’emmener dans un coin sauf ? Et tu veux qu’je te croie peut-être ? » – Lâcha-t-elle dans un rire sec. Puis, elle se rembrunit, croisant les bras contre sa poitrine en prenant le soin de garder ses distances avec son interlocuteur. Le fait est qu’elle n’avait pas un sous et qu’elle ne faisait plus vraiment confiance en sa mémoire pour ce qui concernait son jugement. « T'es pas d’ici n’est-ce pas ? »

Elle avait repris sur un ton plus conciliant, son regard plissé en direction de son mystérieux interlocuteur. Pourquoi s’inquiétait-il pour elle ? Si ce n’était pour espérer la détrousser en l’harassant de sa palabre pour détourner son attention ? Tout cela rendait la Nordienne perplexe – elle n’était pas vraiment habituée à ce qu’on lui propose spontanément de l’aide, et ça la mettait mal à l’aise. Ses lèvres s’étirèrent dans une moue dubitative tandis qu’elle se disait qu’il n’avait pas l’air de représenter grand danger. Et vu qu’il lui fallait un endroit où se reposer, peut-être était-ce une aubaine à saisir ?
Il n’y avait pas à dire – son interlocuteur était fort courtois, assez pour que ça semble suspect. Elle fixa sa main tendue sans pour autant tendre la sienne, se contentant seulement de lui répondre.

« Je m’appelle Lyessa Reed. » – Elle laissa planer un silence entre eux avant de reprendre. « J'espère que cette éraflure ne t'a pas rendu inapte. »

Elle désigna son entre-jambe avant de secouer la tête, moqueuse. Depuis le début de leur confrontation, elle l’avait tutoyé et elle ne se voyait pas adopter un vouvoiement poli après ce qu’il venait de se passer. Toutefois, consciente qu’il ne perdrait pas plus son temps avec elle si elle se montrait trop arrogante, Lyessa émit un petit soupir avant de reprendre.

« Je suis désolée de t’avoir frappé. J’ai cru que tu étais quelqu’un d’autre. Il faut dire que j’ai eu droit à pas mal de contrariétés et le vilain coup que j’ai reçu sur la tête ne m’a pas aidé. » – Lyessa se sentait d’humeur bavarde malgré toutes les péripéties qu’elle venait de traverser. Le contraste entre les deux individus était plutôt affolant, lui qui restait poli tandis qu’elle faisait preuve d’un franc parlé qui pouvait paraître déplacé. La Nordienne ne se souciait guère de se détail, trop préoccupée par ses défauts mémoriels et la présence de celui qui se disait « bon samaritain ». Elle était d’ailleurs bien curieuse de savoir qui il était, cet étrange énergumène.

Les gens qui rentraient dans la capitale par les portes ne cessaient toujours pas de s’écarter démesurément d’eux, comme s’ils craignaient que la Paludière ne recommence à l’affronter. Les regards chafouins étaient tous tournés vers eux avec étonnement, et l’un des gardes ne tarda pas à s’approcher, la main sur son fourreau pour s’enquérir de savoir ce qu’il se passait.

« Parait qu’y a du grabuge ? C’est quoi l’problème ? » – Les questionna-t-il en détaillant ostensiblement la Nordienne de haut en bas.

Un regard qui n’échappa nullement à Lyessa qui commençait à fulminer, serrant les poings à s’en faire blêmir les phalanges. Son coup sur la tête, en plus de lui avoir fait oublier la raison de sa venue ici et les circonstances de la nuit dernière, lui avait mis les nerfs à fleur de peau. Celle-ci n’avait aucun scrupule à en venir aux mains avec qui que ce soit – ce qui ne semblait pas être dans les désirs de celui qui avait essuyé son humeur le premier.







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Message Jeu 10 Jan 2013 - 13:03

La jeune femme aurait sans conteste mérité le titre de furie au vu de la hargne que, malgré ses blessures, elle mettait dans chacun des coups qu'elle tentait de lui porter. Heureusement qu'il était agile et rapide, malgré la profonde douleur qui lui cisaillait maintenant l'entrejambe et rendait les grandes déplacements douloureusement impossibles pour le moment. Quand elle marqua une pause dans cette affrontement le danseur d'eau en profita pour respirer lourdement, lui aussi éprouvé. L'écoutant après s'être présenté et avoir annoncé ses intentions, elle lui demanda si il n'était pas de ceux qui lui avait volé son cheval. Légèrement désabusé et tout en reprenant son souffle il lui demanda :

- Est-ce que j'ai réellement l'air d'avoir une monture ? D'autant plus qu'avec le coup que vous m'avez porté, je peux vous assurer que la dernière chose dont je rêve c'est de monter à cheval ! Croyez moi bien quand je vous dis que je n'ai aucune certitude plus grande en cet instant ...

Son interlocutrice émit une certaine incrédulité quand au fait que malgré les coups portés il lui ait quand même proposé son aide, concluant après une certaine réflexion sur le fait qu'il ne venait certainement pas des contrées dans lesquels tous deux se trouvaient actuellement. Si seulement cela avait été une question de culture, il n'aurait pas été forcé à l'exil ... Certes il n'était pas d'ici mais c'était avant tout dans son caractère de venir en aide aux personnes en danger, cela lui avait valu de nombreuses empoignades. Mais celles ci étaient rarement d'une telle violence et surtout d'une telle fulgurance, les gens avaient en général un peu plus de politesse.

Enfin la diablesse se présenta, elle se nommait Lyessa Reed. Un nom de famille, voilà bien la dernière chose que le danseur d'eau se serait attendu à apprendre de la part de cette sauvageonne. Mais après tout pourquoi pas, elle savait déjà se battre mieux que la plupart des roturiers de ce qu'il avait pu en juger. Et nul doute que l'arc dans son dos n'était pas là pour simplement décorer ses omoplates ... Lotho fit rapidement le tour des femmes combattantes qu'il avait connues pour tenter de mieux cerner la façon d'aborder une telle bougresse. D'autant plus qu'il trouvait cette hargne, ainsi que la réplique moqueuse qu'elle venait d'asséner à son entrejambe, très proche du caractère d'une femme qu'il avait rencontré. Cependant il n'arrivait pas encore à remettre un nom sur cette impression de déjà vu.

Préférant la laisser être loquace, attitude dans laquelle elle semblait nettement plus vivable que lorsqu'il l'avait abordé, il apprit de nouvelles choses à son sujet. Elle s'excusait enfin de l'avoir frappé et avoua avoir été ballottée entre de nombreuses contrariétés durant cette journée. Lotho acquiesça en affichant un air compréhensif mais dénué de pitié ou d'un quelconque jugement. Maintenant qu'elle semblait en avoir terminé avec ses explications il reprit la parole calmement accent exotique teintant son ton convenu, la douleur de son entrejambe se faisant quelques peu oublier.


- Ne vous tracassez pas outre mesure. Il est évident au vu de la blessure que vous portez au front et de votre mise que vous n'êtes pas en train de vivre un jour saint. Je m'excuse quand à moi de vous avoir abordée si brutalement, c'était d'une impolitesse certaine ...

Et le danseur d'eau d’exécuter une légère et gracieuse révérence, comme pour s'excuser de son comportement. Se redressant il remit son chapeau à large bord orné d'une plume de faucon sur son chef, puis continua son discours :

- Vous avez vu juste cependant : je ne suis pas originaire de ces contrées. Je suis venu m'installer dans les sept couronnes depuis une cité au delà des mers, que l'on nomme Braavos. Et je ne sais si c'est la rudesse de l'accueil reçut durant mes premiers temps dans ce pays ou bien une douce folie, mais je m'interdis à laisser les personnes blessées, au regard perdu, dans le risque. Même s'il doit m'en coûter l'usage de ma virilité durant quelques temps.

Conclut-il avec un léger amusement. En réalité il était devenu comme ça par nécessité, ayant compris que la force de l'entraide lui permettrait de survivre en cette terre éloignée de la sienne. De bouffi d'orgueil et sur de son invincibilité il était devenu un être plus humble et altruiste que la plupart des bonnes âmes de son pays d'adoption. Curieux retournement de situation qui ne lui vaudrait pour autant pas la clémence des habitants de sa cité natale et encore moins celle de Silvian Thoscan, le bourreau auto-proclamé lancé à sa poursuite.

Alors qu'il allait demander à Lyessa si au final elle comptait le suivre ou non, Lotho remarqua du coin de l'oeil que l'un des gardes affecté aux portes de la ville devant lesquelles ils se trouvaient venait à leur encontre. La main de ce ruffian tenait fermement la poignée de son épée, comme s'il comptait bel et bien à ce que la situation ne devienne catastrophique. Le regard qu'il lança à Lyessa, la dévisageant de haut en bas ne laissait guère présager de bonnes choses non plus. Affichant une moue contrariée, le danseur d'eau jeta un regard à son interlocutrice qui déjà semblait prête à exploser en une tornade de coups.

Cela aurait été une erreur particulièrement handicapante, notamment au vu de la dizaine d'autres gardes qui, près de la porte, semblaient regarder la scène avec un intérêt tant pécunier que purement lubrique pour certains. Après un soupir trahissant son agacement, Lotho se sépara de sa cape en laine et se racla la gorge pour attirer l'attention du garde. D'une voix sèche et convaincue, le regard dur, il lui dit :


- Cher ami, si d'aventure vous pensiez pouvoir abuser de notre temps avec un contrôle de routine, sachez que je pense que cette jeune femme ...

Tout en discutant il avait passé sa cape autour des épaules de la jeune femme, tant pour lui fournir quelque chose d'un peu plus chaud que pour être libre de ses mouvements. Ayant fini d'en ajuster les pans, une main appuyée sur le pommeau de sa rapière, il reporta son attention sur le soudard.

- Nécessite avant tout de se reposer, je vous assure que notre petite échauffourée n'était rien d'autre que le fait de l'incompréhension mutuelle.

Déjà les yeux de cette brute semblaient papillonner devant le discours du danseur d'eau, comme s'il en comprenait un mot sur trois, ou bien cherchait à savoir si l'étranger l'avait insulté. Profitant de cette confusion, Lotho sortit de son pourpoint un cerf d'argent qu'il fit rouler au dessus des phalanges de sa main droite avant de le tendre au garde.

- Et ceci pour le dérangement. Avouez que mon offre est on ne peut plus honnête, non ?

Le garde, manifestement plus cupide que lubrique se saisit du cerf d'argent non sans s'être assuré que personne de trop gardé ne traînait dans le coin. La corruption était toujours un bon moyen d'avoir la tranquillité dans les grandes villes, Lotho le savait depuis qu'il était né vu que ce type de filouteries étaient la base de la vie à Braavos. D'un air convenu, le garde lâcha le manche de son arme et dit, avant de tourner les talons :

- Bien. Restez calmes surtout hein. Que les Sept veillent sur vous.

Condescendant et acteur au possible, Lotho lui adressa un air de remerciement totalement hypocrite avant de se retourner vers la jeune femme avec un sourire se voulant apaisant. Présentant son bras pour l'invitant à le suivre selon la plus rigoureuse des politesses, il déclara d'un ton malicieux, le regard espiègle :

- Chère Lyessa Reed soit vous l'acceptez, soit vous le cassez. Dans les deux cas je vous prie choisissez prestement ...

Une fois cette convenance respectée ou bafouée le danseur d'eau se mit en route en direction de la Halte Ombragée. Une fois à l'auberge où il établissait toujours ses quartiers, cette jeune diablesse pourrait se reposer, mais les rues étaient loin d'être sûres en attendant d'y arriver. Usant de toute sa science pour éviter les coupe-gorges, Lotho demanda avec calme :

- D'où nous venez vous ainsi ? Car bien que je connaisse de nombreuses femmes ayant au moins la moitié de votre tempérament, cette science du poing n'est pas commune en ces contrées ... Il me faut bien vous avouer en être le premier intrigué.
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Lyessa Reed
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Message Jeu 10 Jan 2013 - 21:36

Le babillage du curieux individu qui lui faisait face la laissait quelque peu pantoise. Avait-t-elle à faire à un eunuque ? Pour ne pas réagir outre que de mesure en recevant un coup dans les parties, c’était à se poser la question. C’était bien la première fois que Lyessa avait l’occasion de rencontrer quelqu’un de cet acabit – et c’était presque consternant. Non pas que la jeune Paludière adorait quand il y avait du répondant, mais c’était à se demander si cet homme là fonctionnait vraiment comme tous les autres. Le pire dans tout ça, c’est qu’il s’excusait de l’avoir abordé de cette manière. Il s’excusait ! Alors que, proposant de l’aider, elle l’avait violemment maltraité. Ceci ne rassurait nullement la Nordienne qui détaillait toujours son interlocuteur d’un regard méfiant – ce qui devait bien sembler incompréhensible à l’homme qui tentait de la rassurer. Il avait été impoli ? Lui ? Etait-ce une farce de mauvais goût ? Lyessa jeta quelques regards agressifs autour d’elle avant d’en revenir à lui, son indiscernable et courtois partenaire. Le voilà qui s’abaissa devant elle, chapeau en main dans une révérence élégante. Sourcils froncés exprimant largement sa perplexité, Lyessa le regarda faire sans lui rendre la même cérémonie. Il mentionna son origine de Braavos et un éclat de lucidité vint éclairer le regard de la Nordienne. C’était donc ça ! Ces gens étranges, dont certains bruits couraient dans les Sept Couronnes. Elle n’arrivait manifestement pas à mettre le nom sur la dénomination peu commune qu’on leur donnait. Glissant l’une de ses mains dans ses cheveux, ce qui lui arracha une nouvelle grimace, Lyessa claqua des doigts de son autre comme si ça l’aiderait à retrouver.

« Ah… Hm… Oui ! » – Lâcha-t-elle avant de pousser un grognement de frustration, incapable de retrouver le mot qui qualifiait les énergumènes de Braavos et leurs drôles de pratiques.

Lyessa n’était pas habituée à ce qu’on lui cause de cette manière, et quand il lui assura que même ses bijoux de famille importaient peu face aux personnes dans le besoin qu’il désirait aider, cette dernière eut un bref haussement de sourcils moqueur. Lorsque le garde vint interrompre leur échange, la détaillant comme si elle n’était qu’une vulgaire pièce de viande, la jeune femme dut se faire violence pour ne pas se jeter sur lui. Pour sûr que son impudence à lui, elle lui ferait payer de la pire des manières – et elle était à peu près sûre qu’il ne réagirait pas aussi bien que cette sauterelle de courtoisie. Alors que Lyessa plantait droit ses mirettes hostiles dans celles du garde, le dénommé Lotho prit la parole pour couper à cette tension palpable. Lyessa lui coula un regard ennuyé tandis qu’il se remettait à causer avec manières puis se contenta de croiser les bras contre sa poitrine, presque boudeuse. Elle sentit l’étoffe recouvrir ses épaules et en fut particulièrement étonnée. Néanmoins, après qu’il l’eut déposé, elle tira les pans de la cape pour s’y enrouler – son regard courroucé toujours planté sur l’impudent. La Paludière voyait parfaitement bien que le Braavien tentait de rassurer le garde pour qu’il daigne passer sa route. A ce moment précis, Lyessa ne relevait pas les conséquences d’un éventuel comportement outrageux envers la main armée de Port-Réal. Il lui assura sur un ton aimable que tout ceci n’était que pur malentendu et la Nordienne se contenta d’hocher vigoureusement la tête. L’homme avait l’air aussi perplexe que Lyessa à l’égard des paroles du Braavien et cette dernière ne pouvait que comprendre sa circonspection. La Paludière s’étonna de voir Lotho sortir un cerf d’argent qu’il fit danser entre ses doigts dans le but de corrompre son interlocuteur. Elle plissa les yeux d’un air accusateur puis se mordit la lèvre pour ne pas rire. Ils étaient donc tous les mêmes ! Corrompus, jusqu’à la moelle. Mieux valait-il non ? Lyessa promena son regard sur les gardes qui se tenaient non loin, ne manquant pas de s’intéresser à la scène. Leur compère empochait déjà le cerf d’argent, ne les privant pas d’un petit laïus qui sembla fort ridicule à la jeune femme.

« Ce que j’en ai à faire de tes Sept… » – Maugréa-t-elle dans sa barbe tandis qu’elle se détournait comme si elle avait déterminé quelle direction emprunter.

Heureusement pour elle, le garde n’avait pas entendu son offense. Lotho entreprit de se placer à ses côtés, attirant ainsi son attention en lui offrant son bras. La réaction première de la Nordienne fut de fixer alternativement le bras de l’homme et son faciès – arquant un sourcil l’air interrogateur. Accepter ou casser ? Lyessa étira une moue dubitative, laissant penser à son interlocuteur qu’elle hésitait vraiment puis elle bloqua son bras sous le sien. La situation était particulièrement cocasse, elle, emmêlant son bras avec le sien comme si elle n’avait jamais fait ça auparavant. Elle jeta un dernier regard impérieux derrière elle avant de suivre le Braavien qui l’éloignait fissa des portes. Quel drôle de duo qu’ils formaient là ! La démarche de Lyessa en était tellement peu naturelle qu’elle dédaigna son bras après quelques pas pour se placer devant lui, pointant un index accusateur sur lui.

« Un serpent d’eau ! » – Lâcha-t-elle, comme frappée d’illumination. Puis, un air songeur prit place sur son visage et elle secoua sa tête. « Non s’pas ça ! Comment qu’on vous appelle ?! »

Si elle avait chassé les questions de son interlocuteur par cette interpellation soudaine, elle ne manqua pas de se rattraper, mains posées sur les hanches.

« Intrigué ? » – Répéta-t-elle. « Sûrement pas autant que moi, Lotho. Est-ce une de tes capacités spéciales que de noyer tes ennemis sous un flot de paroles incompréhensibles ? »

Elle émit un petit rire avant de se remettre à marcher. C’était comme si la légendaire patience de son interlocuteur la rendait folle – qu’elle se devait de tester ses limites.

« Je m’avouerai vaincue, si toutefois je prenais le risque de t’écouter. » – Plaisanta-t-elle de nouveau avant de poser ses prunelles sombres sur lui. « Je viens du Neck. Est-ce que tu connais ? C’est dans le Nord. Je suis la fille de lord Joren et lady Elinor Reed. »

Elle guettait avec attention la réaction de son interlocuteur. Peut-être n’avait-il pas entendu toutes les rumeurs qui courraient au sujet de sa maison et de son peuple. Il fallait qu’elle le sache.

« T’es le premier homme de ce genre que je rencontre. » – Conclut-elle en croisant les bras dans son dos. « J’ai entendu dire que les eunuques ont la fâcheuse tendance à avoir un don pour la parlotte, et peu de souci pour leur entrejambe. Est-ce que t’en es un ? »

La question était sortie ainsi, avec un naturel affligeant. Pour sûr que le Braavien allait apprécier !







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Message Lun 1 Avr 2013 - 16:19

La moue dubitative qu'arbora Lyessa devant le bras que lui tendait Lotho avec une courtoisie qui lui était toute personnelle ne put le faire s'empêcher de penser qu'elle allait forcément lui casser. Les dernières minutes qu'il avait passées en sa compagnie lui avait bien fait comprendre qu'il s'agissait là d'une de ces femmes fortes que l'on trouve dans la province du Nord. Aussi fut il plus qu'agréablement surpris, le démontrant par un sourire soulagé, quand elle accepta son invitation à marcher à son bras.

Et très vite pour Lotho, force fut d'admettre qu'elle ne devait pas avoir souvent pratiqué ce genre d'exercices, même pour une noble. A l'instar de la Mormont en somme elles avaient plus la trempe de vétérans que le caractère docile des femmes du reste de ce pays et de bien d'autres encore. C'était pour le danseur d'eau un exercice nouveau et curieux de tenter de comprendre ces femmes là, fort différentes et pourtant ne dénotant pas d'un charisme et d'une poésie certes rude, mais bien présente.

Mais à l'instant elle manquait surtout de les faire tomber tous deux dans la boue qui maculait les rues des bas quartiers de Port-Réal. Gentilhomme avant tout il tentait plus de rétablir l'équilibre de cette marche que de lui signifier pleinement qu'il aurait bien voulu ne pas se salir plus que de raison. Aussi fut-il amplement soulagé lorsque Lyessa se détacha de son bras de son propre chef, bien qu'il n'en montra absolument rien, se contentant de garder un sourire bien urbain tout en la guidant dans les rues de la cité.

Très vite elle se retourna en pointant sur lui un index tout ce qu'il y avait de plus accusateur. Conditionné par la précédente fois qu'elle s'était montrée aussi rapide en sa présence, Lotho avait fait un pas en arrière et avait mis ses mains en garde au cas où elle veuille à nouveau éprouver son endurance aux coups. Il n'en fut rien, bien heureusement, mais la suite laissa le spadassin dubitatif. Avec assurance elle le traita de serpent d'eau, écorchant son titre avec toute la candeur d'une enfance et l'intensité d'une charge de cavalerie. Se renfrognant quelques instants, légèrement vexé par cette appellation fallacieuse, il se racla légèrement la gorge avec de lui répondre d'un ton légèrement moins courtois :


- A vrai dire vous n'avez qu'à moitié vrai dans votre déduction. L'eau est partie prenante de notre titre, mais néanmoins nous sommes avant tous des personnes que l'on dit danser dessus. Mais pour répondre à votre question, j'ai en effet l'honneur d'appartenir aux Danseurs d'Eau, et ce depuis de nombreuses années.

Il était particulièrement fier de son titre, tant de la symbolique qui l'accompagnait que des efforts payants qu'il avait du fournir sa vie durant pour arriver à l'obtenir. C'était là quelque chose de mérité, qui lui avait permis de survivre même au plus profond de contrées dangereuses. Ce titre a lui seul résumait sa vie, avec toute la simplicité et l'aventure dont elle avait été constituée.

Lotho prêta ensuite l'oreille aux réponses que donnait Lyessa à ses dernières questions, non sans un certain intérêt. Tout d'abord elle lui signifia qu'elle était surement plus intriguée par lui que le contraire, c'était plausible bien que ce jugement ne prenait pas en compte la curiosité maladive dont pouvait faire preuve le danseur d'eau. Lui demandant ensuite si son flot de paroles était une de ses ruses pour distraire ses ennemis, elle reprit sa marche et Lotho l'accompagna. Levant un oeil il vit que bientôt ils seraient arrivés à la Halte Ombragée, Galt allait certainement encore l'enguirlander de ramener n'importe qui chez lui mais peut importait au danseur d'eau pour l'instant.

Il ne put pas répondre à la jeune femme que cette dernière reprit la parole, plaisantant sur le fait que l'écouter parler serait bien une preuve de défaite. Lotho eut un sourire légèrement aigre bien qu'il goûta néanmoins à l'ironie de cette boutade. Enfin elle en dit un peu plus sur elle et expliqua venir du Nord, ainsi les suppositions de Lotho restaient relativement juste. Il semblait cependant qu'elle était également de sang noble. Le Neck et ses marais ... Braavos aussi était situé pour partie dans des marais, remplaçant les rues par des ponts de cordes.

Il n'avait pas souvent été dans le Nord mais la région d'origine de Lyessa avait le goût de la nostalgie pour lui. Et alors qu'elle l'observait sans qu'il ne s'en rende compte, il était certain que cet air nostalgique et le fait qu'il garde le silence avait de quoi rendre curieux. N'eut été la rudesse du climat dans le Nord, peut être bien que le danseur d'eau aurait fini par s'installer dans le Neck, en souvenir de sa cité natale, comme pour ne pas perdre totalement ses racines. Ces pensées aggravaient son humeur pourtant détendue avant cette rencontre avec Lyessa, sans que cela soit pour autant sa faute.

Mais néanmoins la question suivante put amplement détendre l'atmosphère tant son naturel laissa Lotho totalement coi. Elle lui demandait si son goût des mots et son manque de réaction quand au coup qu'elle lui avait donné à l'entrejambe signifiaient qu'il était eunuque. Voilà bien une insulte de premier ordre envers un braavien, eux qui aimaient tant à jouir de tous les plaisirs de la vie. Stoppé net dans sa marche il dévisageait Lyessa d'un air transpirant la stupeur, émettant un léger rire nerveux avant de reprendre un peu de superbe.

Soufflant un bon coup, il remit son chapeau à larges bords en place et marque un léger silence pour bien choisir ses mots. Le sourire aigre ne quittait pas ses lèvres et son regard désabusé en disait long sur son appréciation de la question. D'une voix claire et neutre, il répondit :


- Que ne puis-je si les hommes de l'ensemble de ce royaume sont, dans la majorité des cas, des brutes ayant prit leur cerveau pour caler un meuble avec, avant de faire d'une de leurs couilles un surplus de barbarie et de l'autre une envie de trousser tout ce qui passe ?

S'adossant contre un mur en arborant un air renfrogné du plus bel effet et qui n'avait strictement rien de feint, il continua du même ton neutre :

- Voyons Lady Reed, je n'ai de commun avec les eunuques que le savoir, la culture et le goût du bon mot. J'ai toujours aimé apprendre, lire, écrire, deviser est une seconde nature chez beaucoup des habitants de Braavos en réalité.

Au fur et à mesure de son discours, sa voix se faisait plus calme, la colère passagère quand à l'honneur qu'elle n'arrêtait de lui ternir s'effaçait derrière la brume des souvenirs.

- En effet l'on m'a appris depuis ma prime jeunesse à être un guerrier accompli, j'ai enduré le bâton en buis du maître d'armes dès mes quatre ans. Le cuir tanné, les épaules démises ... Les combats réels par la suite, une vie martiale que vous devez sans doute connaître vous aussi. Voilà pourquoi nous sommes durs au mal, Braaviens ou autres ...

Un moment de silence prolongea l'instant, alors que Lotho gardait la tête en l'air, regardant le ciel nuageux de façon pensive. L'espace d'un instant il avait bien pensé qu'il aurait été capable de la défier en duel pour laver les affronts qu'elle lui faisait subir. Mais il n'avait là rien de glorieux, d'autant plus que cela aurait été totalement stupide et loin de son code moral. L'espace d'un instant il avait prit la mouche, bêtement. Tournant la tête vers l'angle de la rue d'où on distinguait les lueurs de la salle à vivre qui composait le rez de chaussée de la Halte, il dit simplement :

- Nous sommes arrivés. Allons donc trouver de quoi soigner vos blessures, Lady Reed.

Parfois devant l'orgueil entartré d'ignorance des nobles de ce pays, il fallait simplement se taire et supporter les affronts. Il espérait simplement que sa comparse actuelle était plus futée que la plupart de ceux de sa classe. Sans quoi l'après-midi promettait d'être long.

Arrivé devant l'huis de l'auberge, il le poussa pour découvrir une salle aussi vide qu'au moment de son départ. Galt lui adressa un regard interrogateur, avec de voir Lyessa dont l'état n'était pas forcément des plus reluisants c'était certain. Plus détendu, certainement le fait d'être enfin arrivé à la Halte, Lotho lui dit simplement :


- Galt, je te présente Lady Reed, du Neck. Elle est blessée et fatiguée. Si tu pouvais nous apporter un repas chaud ainsi que de quoi soigner ses blessures, s'il te plaît.

___________

Citation :
HRP : Désolé pour tout ce retard. Je sais que nous sommes le premier avril mais ceci n'est pas un poisson. Réponds y dès que tu en auras l'occasion.
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Lyessa Reed
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Message Jeu 4 Avr 2013 - 10:13

Si Lyessa était plutôt du genre à mettre les pieds dans le plat et à lâcher des remarques sonnant anodines malgré leur contenu vexant, la jeune femme n’était pas dupe et savait reconnaitre lorsqu’elle avait piqué au vif ses interlocuteurs. Malgré toute la politesse et la courtoisie dont faisait preuve le Braavien, Lyessa crut bon de remarquer qu’il s’était légèrement raidi lors de ses insinuations – c’était pour elle une manière de tester les limites de son interlocuteur. Il lui apprit d’un ton plus sec que « danseur d’eau » était la mention qui leur était réservée, digne d’une métaphore de grâce et de beauté. Lyessa haussa les sourcils, l’écoutant parler avec un semblant d’enthousiasme puis elle hocha la tête vigoureusement.

« Ah oui c’est ça ! » – Lui concéda-t-elle. Elle le détailla brièvement du regard, comme si elle cherchait un quelconque rapport entre l’homme et le titre. « Vous avez le sens de l’éloquence chez vous ! »

Et c’était peu dire, comparé à des gens comme elle, chez qui tout était direct et concis. Le dénommé Lotho avait quelque chose de bien plus poétique et raffiné que la farouche donzelle des marais. En étudiant les expressions de son faciès tandis qu’elle le provoquait de plus belle, Lyessa crut deviner que la curiosité était prédominante sur l’orgueil et la fierté de son interlocuteur. Peut-être fut-elle allée un peu trop loin car le Lotho se transit de stupéfaction, se figeant pour l’observer d’un drôle d’air. Il eut un petit rire coincé dans la gorge et la mûre hésitation quant à la réaction à adopter qu’il sembla ressentir ne chassèrent aucunement le culot de la donzelle. Vexé, il était pourtant évident que tout homme, du Nord ou du Sud, se révèlerait être piqué dans sa fierté par une telle allégation. Lyessa s’en amusait – rares étaient les bavards qu’elle avait pu fréquenter. La petite remarque qu’il lui glissa sur les hommes de ce continent ne put que la faire rire et elle s’arrêta pour poser un regard innocemment interrogateur sur le Braavien qui se mettait à bouder contre un mur. Son ton réprobateur ne chassa pas pour autant l’air amusé de la Nordienne qui croisa les bras pour l’écouter. Il aimait lire et écrire – le maniement des mots était un art pour certains, chose que Lyessa n’ignorait pas. Elle haussa les sourcils en écoutant son affirmation.

« Je n’voulais pas vous manquer de respect vraiment. » – Lui lâcha-t-elle de manière anodine. « Comme vous pouvez vous en douter, j’ai laissé l’art du maniement des mots derrière moi pour m’concentrer sur celui de la maitrise de l’arc. »

Un sourire voulu rassurant vint se dépeindre sur le faciès fatigué de la jeune femme. Lotho lui expliqua alors quel avait été son apprentissage. Il était difficile à croire pour la jeune Paludière que l’homme qui lui causait si bien était un guerrier accompli. Au Westeros, rares étaient ceux qui alliaient efficacité au combat ainsi que charisme et éloquence. Elle ne pouvait s’empêcher d’être intriguée par la vie de cet étranger qui était venu se perdre en cette contrée. Braavos. Elle en avait bel et bien entendu parler, mais jamais son esprit ne lui avait permis de voir à quoi cela pouvait bien ressembler. Lyessa s’estimait chanceuse d’être tombée sur un tel homme, pétri de bonnes intentions - un étranger au code d’honneur immanquable. Elle ne cessait de se remémorer la manière dont il bougeait durant leur affrontement. Quelque chose d’intriguant, étrange mais sacrément efficace !

« J’suis impressionnée. Notre continent doit vous paraitre bien ignare. J’ne connais pas grand combattant avec une telle élocution. Quoiqu’vous avez bien les chevaliers, mais faire la cour aux femmes reste le domaine dans quoi ils excellent au détriment des autres. » – Un petit sourire cruel vint se dépeindre sur les lèvres pâles de la Paludière. Sûrement que Lotho avait plus en commun avec les chevaliers qu’avec les gens de son espèce à elle. Elle était curieuse de savoir quel point de vue il avait sur la question.

Lorsque le Braavien lui indiqua qu’ils étaient arrivés, Lyessa détailla la façade de l’auberge. Plissant les yeux dans un brin de méfiance, la jeune femme emboita cependant le pas à son interlocuteur et le laissa gérer les présentations. Lorsqu’il mentionna « lady Reed », la Paludière tiqua brièvement.

« Lyessa suffira. » – Elle esquissa un sourire poli, qui ne s’accordait nullement avec son allure dégingandée et la boue qui la maculait. Après que l’aubergiste du nom de Galt eut l’air d’hésiter un long moment, il leur désigna une table et Lyessa s’y rendit la première pour s’y asseoir avec satisfaction.

Son voyage avait été plus qu’harassant, et trouver un peu de repos n’était pas à négliger. Lotho vint s’asseoir face à elle et après l’avoir fixé durant quelques secondes, massant ses articulations douloureuses, Lyessa reprit la parole.

« Pourquoi avez-vous quitté Braavos pour venir ici ? J’imagine qu’un homme comme vous ne vient pas pour chercher quelque chose de dépaysant. Vous fuyez quelque chose ? » – Ou comment mettre les pieds dans le plat, encore une fois. « En tout cas, si l’envie vous dit d’passer par le Neck, j’espère que vous n’tenez pas beaucoup à vos bottes. »

Sur cette remarque humoristique, Lyessa étira un nouveau sourire, sincère, puis reprit.

« Vous serez le bienvenu. Je vous remercie pour votre aide, et si vous avez besoin d’aide, je vous suis redevable. » – Un aveu qu’il était difficile d’entendre de la bouche de la Bouffe-Grenouille, mais elle ne pouvait décidément pas montrer éternellement effrontée. Si ça la gênait d’être aidée par qui que ce soit, elle ne s’en sentait pas moins reconnaissante lorsque ça arrivait. « Je n’ai pas de pièces sur moi, on me les a volé. Mais je peux vous chasser quelques bêtes si ça peut vous être utile. »

Lyessa avait toujours le don de sortir des remarques saugrenues. En tant que chasseuse, il était plus simple pour elle d’acquitter ses dettes en offrant de belles bêtes, ramenées de ses chasses. Pour sûr qu’elle voudrait remercier Lotho de l’avoir tiré du pétrin – il ne lui restait plus qu’à savoir ce que ce dernier attendrait d’elle.






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Message Jeu 4 Avr 2013 - 19:42

Rends-toi à Port-Réal et obéis à la parole de père, lui avait on dit, l’honneur et la survie de notre famille en dépendent, lui avait-on dit. Quelle corvée cela avait été pour Ser Sisbert Falwell, lui qui n’aimait rien tant que d’agir comme bon lui semblait au gré de ses lubies s’était vu infligé une corvée, non encore pire que ça : une MISSION, un bien grand mot qu’avait utilisé son tout aussi grand benêt de frère avant de le pousser hors du château. Oh bien entendu le bougre avait trouvé à s’amuser pendant son périple au travers du Bief, il y avait toujours eu quelques gueux à asticoter un brin, ce que Sisbert, en bon sadique, avait adoré. De temps à autres il lui avait fallu filer en vitesse tant certains Lords avec une poutre dans l’assise n’avaient pas appréciés les plaisanteries impliquant de découper quelques petits morceaux à la roture. Comme si un fermier pouvait bien avoir besoin d’un nez !

Jamais pris la main dans le sac et toujours rieur, le chevalier sans honneur venu de l’Ouest avait finalement atteint Port-Réal le cœur gonflé de joie à l’idée de croiser de nouvelles têtes. A l’entrée de la ville les gardes de faction lui avaient jeté de drôles de regard mais son allure avait toujours eu le mérite d’attirer l’œil puisque le Falwell entretenait volontairement une image dérangeante. Roux aux yeux verts, Sisbert avait toujours été un homme voûté et à la musculature plus nerveuse que costaude avec un visage disgracieux et cireux. Des zones éparses de son crâne avaient été anarchiquement rasées de près tandis que le reste avait été laissé long et bouclé, certaines de ses dents étaient aussi noires que du charbon et venaient renforcer sa laide asymétrie chaque fois qu’il les découvrait. Et enfin, charmant détail pour conclure ce tableau, son bouclier portait un blason personnel, le Fou rouge et doré des Fawlell jonglant avec 5 têtes tranchées plutôt qu’avec des soleils pour un effet particulièrement sordide.

Mais voilà, chevalier l’odieux personnage l’était et l’on ne s’avisa pas de l’arrêter par crainte d’attirer le courroux de quelque seigneur ou plus simplement de finir raccourci d’une tête. Même un de ces adoubés sans terre valait sans peine trois membres du guet, détail que ces derniers n’oubliaient jamais pour des raisons de survie. Ce fut donc tranquillement que Sisbert remonta les rues au hasard, bousculant les badauds à dessein du haut de sa monture et ricanant chaque fois que l’un de ses coups de botte faisait chuter un malheureux. Il s’arrêta finalement devant une auberge dont l’enseigne indiquait « La Halte Ombragée », un nom qui a lui seul lui tira un caquètement pour des raisons que seule sa mentalité contrefaite pouvait appréhender. Attachant sa monture au premier anneau venu le Falwell accrocha son bouclier en travers de son dos et vérifia que chacune de ses bourses se trouvait bien à sa ceinture, le temps de trouver un bordel il pourrait toujours manger un morceau et s’amuser à sa manière. Sous l’impulsion vigoureuse de son bras la porte s’ouvrit à la volée tandis que Sisbert arborait un large sourire crasseux, première déception la salle était quasi-vide en dehors d’une maigrelette et d’un brun barbu. Il n’aimait pas les bruns, question de principes, et celui-là restait fichtrement trop brun pour que le chevalier reste sans rien dire à ce sujet d’ici la fin de la journée.

Marchand lourdement jusqu’à une table et laissant son écu reposer contre la chaise où il s’installa sans manière, le Ouestrien frappa du poing contre le bois, en rythme et en chantonnant :

« Aubergiste, aubergiste, aubergiiiisteuh ! »

Lorsque le dénommé Galt arriva enfin devant lui Sisbert pencha la tête de côté, sans mot dire de longues secondes, alors que de sa main droite ses doigts tapotaient le pommeau de son épée. Finalement il glissa :

« Trouve moi quelques petits pains bien cuits et de quoi faire descendre tout ça ! »


Une fois la commande passée le chevalier indigne lorgna sans discrétion aucune du côté des deux seules autres personnes attablées, la maigrelette n’avait aucun charme mais le rouquin n’était pas réputé pour la finesse de ses goûts. Plissant les lèvres en un gros baiser humide lui étant adressé, il caqueta de plus belle avec cet air inquiétant qui faisait sa réputation.
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Message Lun 15 Avr 2013 - 12:17

Un continent bien ignare lui avait elle dit alors qu'il lui expliquait sa vision des choses après qu'elle l'ait poussé à bout. Non, Lotho n'aurait pas exprimé les choses ainsi, il aurait plutôt dit que si l'intelligence était bien présente dans les sept couronnes, au même titre que le savoir, ceux qui la détenaient y trouvait bien trop de pouvoir pour en tirer quelque chose de positif envers la plèbe. Mais ce n'était pas le genre de discours que l'on tenait devant une lady, fusse t-elle couverte de boue et échevelée.

Le danseur d'eau ne put néanmoins s'empêcher d'exprimer son opinion concernant les domaines dans lesquels excellaient les chevaliers. Non sans un certain bougonnement et un mépris à peine voilé pour les mœurs de ces augustes combattants, il lâcha ces quelques mots :


- Oh. Je n'appelle pas cela faire la cour non ... Je dirais plutôt que la plupart ... pavanent chichement, sans rien attendre en retour qu'une œillade timide dont ils tireront les plus salaces des conclusions. Voilà bien une bien pauvre façon de considérer l'art délicat de la cour ...

Les mœurs amoureuses de ce pays, la frigidité hypocrite des rapports publics, voilà quelque chose que le spadassin avait eu beaucoup de mal à accepter dans les premiers temps de son installation définitive en ce pays. Il n'arrivait pas à réellement comprendre pourquoi les gens se méfiaient tant d'une simple choppe offerte au coin du feu, d'un étranger cherchant à discuter, comprendre, apprendre et partager. Au final Lotho aurait pu dire, avec une certaine justesse que le plus dur pour lui fut de se convaincre qu'il était nécessaire d'apprendre à être taciturne dans ce pays, même si l'on ne s'en sentait ni l'envie ou le besoin.

Entre temps ils étaient arrivés à la Halte Ombragée, laissant un temps son regard filer sur l'environnement ambiant Lotho se fit la remarque que Galt commençait réellement à préparer les longues soirées d'hiver. Ça et là des sacs remplis de certaines denrées attendaient d'être entreposés, le feu qui crépitait dans le large âtre de la salle à vivre laissait se diffuser une odeur plaisante qui tranchait avec les températures qui régnaient au dehors. Encore une saison que la Halte tenterait de passer sans encombres, avec toute l'organisation (d'aucun dirait le désir de propreté compulsif) qui caractérisait le vieil aubergiste.

Le spadassin laissa la jeune femme s'asseoir la première et ota son chapeau à larges bords pour rabattre ses cheveux en arrière avant d'en faire de même, sur une chaise se trouvant de l'autre coté de la table. Le court silence qui suivit cela fut particulièrement appréciable pour le danseur d'eau, qui se demandait bien comment allait pouvoir se passer la suite de cette rencontre. Il semblait pour l'instant avoir réussi à calmer les velléités guerrières de la jouvencelle maculée de boue qui lui faisait face. Et il se devait bien d'admettre en son fort intérieur qu'il en était on ne peut plus heureux tant elle semblait prête à rendre coup pour coup.

Ce fut son interlocutrice qui rompit le délicat voile de silence qui caractérisait l'atmosphère paisible en énonçant une nouvelle question à laquelle Lotho prêta son attention ; tout en arborant un air particulièrement serein qui tranchait avec le coup de sang qui l'avait emporté quelques minutes plus tôt. Elle semblait se préoccuper des raisons qui l'avait fait quitter son pays natal, arguant que ce n'était certainement pas par plaisir qu'un homme comme lui se retrouvait dans les sept couronnes. Mais surtout, avec une sagacité aussi outrancière qu'hasardeusement heureuse, elle pointa le fait précis qui l'avait poussé à venir ici, la fuite.

Face à cette énième foulée des possibles secrets qu'il pouvait cultiver, le braavien n'opposa qu'un sourire franc et un soupir désabusé. Il commençait à s'amuser de ce coté sans-gène que la jeune femme semblait cultiver avec une certaine expertise. L'espace d'un instant il se dit qu'avec un tel caractère elle avait du être une enfant bien terrible pour son entourage, une perspective dont il s'amusait avec une certaine malice. D'une voix se voulant honnête et courtoise, il répondit à Lyessa, les deux bras croisés sur la table :


- Il s'agit là d'une bien longue et douloureuse histoire, qui a de commun avec les autres histoires de ce genre d'être tristement courante par les temps qui sont les nôtres. J'ai connu ce royaume bien avant de devoir quitter mes terres natales, à vrai dire j'escortais à l'époque les navires braaviens jusqu'à Port-Réal. Et je voyageais au sein de votre pays avec les cargaisons par la suite.

Certes son gagne-pain n'avait en rien changé depuis qu'il était venu se réfugier ici en exil, mais néanmoins évoquer ces anciens moments où il comptait parmi les plus honorables des danseurs d'eau aux yeux de ses compatriotes ... Voilà qui avait de quoi légèrement voiler son regard. Ravalant la colère montante face au sort injuste qui avait été le sien, il continua son explication :

- Et puis j'ai fâché les mauvaises personnes. Une langue trop agile paraît-il ...

Fit-il avec un sourire malicieux, certes sa langue avait maille à partir dans l'affaire mais pas pour l'usage le plus courant qu'il en faisait. Il n'était cependant pas dans son intention de lever le voile sur l'ensemble de son histoire, aussi une omission proprement servie lui paraissait être le meilleur moyen d'embrayer sur la suite de cette discussion. Ce qu'il dit sans plus attendre, après avoir reprit une bonne bouffée d'air frais :

- Aussi me fut-il préférable de quitter la cité au Titan, celle qui m'a vu grandir. Ayant plus de contacts dans les sept couronnes qu'à Lys, Volantis ou dans les îles d'été, j'ai donc pris la décision de me réfugier ici ... C'était, si ma mémoire ne défaille pas, il y a bientôt sept ans ... Déjà !

Conclut-il avec son éternel sourire courtois, alors que Galt apportait linges et bassine pour que la jeune femme entame de penser ses blessures. Un geste généreux qu'il poursuivit en amenant deux verres et un broc de vin. Lotho entreprit d'écouter son interlocutrice, servant les deux verres à moitié. Elle lui assurait qu'il pouvait venir dans le Neck quand il le désirait et qu'elle serait ravie de l'y guider. Une proposition qui n'était pas tombé dans l'oreille d'un sourd et à laquelle Lotho répondit dans un premier temps avec un sourire sincèrement ravi. Elle assura par la suite lui être redevable et, expliquant qu'elle était sans le sou, se proposait de chasser pour lui lorsque l'occasion s'en présenterait. Avec un certain empressement le spadassin répondit :

- Il n'y aura nul besoin de cela je peux vous l'assurer. Je n'aide pas les gens par soucis de la récompense, contrairement à nombre de ruffians. Vous êtes saine et sauve, cela suffit amplement à combler mon besoin de satisfaction je vous l'assure.

Il fit une pause pour reprendre sa respiration et lamper une gorgée de vin, Galt semblait avoir ouvert l'un de ses tonneaux de vin de Dorne, une surprise bien plus qu'agréable pour le danseur d'eau. Ayant savouré sa lampée, il reprit :

- Je ne sais si vous l'avez appris au hasard de vos rencontres, mais la majeure partie de Braavos est construite des marais. Nombre de nos rues sont des ponts de cordes et de bois, aussi mes rares visites du Neck m'ont elles toujours été plus qu'agréables. Aussi le visiter en votre compagnie sera un paiement plus que suffisant, qui de plus comblera une petite part de ma nostalgie ce qui est faire d'une pierre deux coups vous en conviendrez.

Alors qu'il allait embrayer sur une question concernant les raisons qui avaient poussées Lyessa à se rendre à Port-Réal, la porte d'entrée de l'auberge s'ouvrit avec une vigueur peu commune pour laisser apparaître un personnage ... Etonnament proche de tous les maux que Lotho pouvait affubler à certains chevaliers. Car à n'en pas douter au vu du blason sordide qui était le sien, il s'agissait là d'un chevalier. N'étant pas versé dans l'héraldique le danseur d'eau ne put reconnaître sa maison, il n'en avait d'ailleurs pas réellement envie.

Le regard qu'il lui lança laissait présager à Lotho que les ennuis n'allaient pas se limiter à la relative gène que sa présence pouvait instaurer. Baissant le regard pour éviter que les choses ne dégénèrent tout de suite il le rabattit vers son interlocutrice et continua son discours, d'une voix légèrement moins élevée :


- Ainsi donc, comme je m'apprêtais à vous le ...

Les coups répétitifs du chevalier sur le comptoir de l'auberge, cette voix insupportable hélant l'aubergiste à tue-tête, l'espace d'un instant une envie de meurtre passa dans le regard du spadassin. Il adressa par la suite un triste sourire à Lyessa, qui semblait montrait à quel point il était attristé du spectacle pathétique que ce rustre leur montrait en ce moment même. Après qu'il eut commandé ses pains, un repas qui était aussi fade que sa prestance pensa le danseur d'eau, il adressa à Lyessa une tentative de séduction aux relents sordides qui résulta pour Lotho en un regard qui démontrait à quel point il avait perdu foi en la chevalerie en seulement quelques secondes.

Néanmoins, la demoiselle du Neck l'avait déjà surpris une fois par son impulsivité. Se tenant prêt à toutes possibilités, le spadassin ne dit mot pour le moment, se contentant de rester un spectateur alerte de ce qui se préparait. Patience était le maître mot pour l'heure, bien qu'il sentait qu'il serait bientôt détrôné par action, un autre mot dont il était, autant l'avouer, un amateur.
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Lyessa Reed
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Message Mar 16 Avr 2013 - 17:07

Lyessa s’était installée, dos contre le bois de sa chaise et pied en appui sur le barreau usé de la table. Elle avait adopté une posture nonchalante, s’offrant un peu de repos pour chasser ce vilain mal de crâne qui l’assaillait depuis belle lurette. Quel réconfort d’avoir à faire fi de sa méfiance pour quelques temps – et de tâcher de panser ses blessures et de décrasser un tant soit peu la boue qui la crottait. Lorsque la Paludière évoqua sa réticence à l’égard des chevaliers, le Braavien lui fit partager son avis sur la question. Elle s’étonna de constater que lui non plus ne les appréciait pas particulièrement. Lyessa se figea dans son geste qui consistait à se masser les poignets pour plisser un air malicieux en direction de son interlocuteur.

« J’laisse ces jeux là à d’autres. » – Lâcha-t-elle dans un sourire. « L’art délicat de la cour ne sied pas spécialement à mon mode de vie, vous d’vez vous en douter. »

L’étincelle de mépris qui avait animé les sombres prunelles de son interlocuteur lui intimait que peut-être leur point de vue ne divergeait pas entièrement. Et pourtant, que ces deux là formaient un drôle de duo ! Lyessa pouvait s’étonner de voir un homme gracieux et courtois, se démarquer de par son expérience du combat. Ou plutôt dire du duel. En y pensant bien, Lyessa trouvait que ce Lotho faisait un duelliste extrêmement doué. La Paludière n’avait pas une méthode de combat bien franche – fine comme elle l’était, elle préférait jouer à l’anguille et prendre l’ascendant sur son ennemi par la distance. Lady Reed se mordit farouchement la lèvre en pensant qu’il pourrait peut-être lui enseigner quelques unes de ses techniques. Une demande qu’elle ne formulerait pas dans l’immédiat mais à laquelle elle allait songer. Le Braavien semblait détendu, et apte à se confier sur le mystère qu’il représentait aux yeux de la Paludière. La curiosité de cette dernière était virulente, et elle ne manqua pas de l’interroger sur la raison de sa venue ici, se permettant quelques hypothèses pour le faire réagir.

Alors qu’il commençait son petit discours, Lyessa planta ses coudes sur la table et lui offrit un regard intrigué. Lotho n’était donc pas novice en ce qui consistait de parcourir Westeros. La jeune femme fut légèrement surprise de l’apprendre mais ça n’était pas si curieux – si rares étaient ceux qui quittaient les Sept Couronnes pour rejoindre les terres orientales, l’on disait que l’inverse était répandu. La Nordienne put lire un brin de frustration et une certaine mélancolie à l’évocation de son ancienne activité. Manifestement, un évènement douloureux l’avait poussé à se séparer de sa contrée natale. Lyessa dut reconnaitre que son orateur entretenait plutôt bien le mystère – sûrement ne se doutait-il pas de la témérité de la donzelle lorsque ça consistait à dépouiller quelqu’un de son histoire. Même s’il omettait d’expliquer de long en large, la suite n’était pas bien surprenante. Lotho disait avoir trop parlé et fâché certaines personnes – ce qui l’avait poussé à quitter Braavos. Quand il l’informa que cela faisait sept ans maintenant qu’il était à Westeros, la Paludière plissa les yeux d’un air amusé.

« Sept ans ? P’têtre bien que vos ennemis vous ont oublié maintenant. Avec une nouvelle identité, p’têtre bien que vous pourriez y retourner, à Braavos. » – Sept années pour sept couronnes – ça pouvait être un signe.

Lyessa leva les yeux vers l’aubergiste qui lui ramenait de quoi se décrasser et se rincer le gosier. Elle lui offrit un franc sourire avant de le gratifier d’un signe de tête. La fange était loin de l’effrayer, elle qui avait pour habitude de chasser dans ses marais et de vivre dans les forêts. Néanmoins, elle ne pouvait rechigner à se nettoyer de ses péripéties antérieures. Alors qu’elle proposait à Lotho de passer dans le Neck s’il le désirait, elle entreprit de tremper un linge propre pour se nettoyer le visage. Frottant vigoureusement ses joues qui arborèrent quelques rougeurs, elle s’appliqua à se rendre un peu plus présentable face à celui qui l’avait tiré d’un mauvais pas. Lorsqu’elle lui proposa de lui rendre service ou de le payer par quelques proies ramenées de ses chasses pour l’aide fournie, Lotho refusa poliment. Qui se souciait du bien-être d’un simple quidam de nos jours ? Ils étaient rares, ceux qui se donnaient cette peine. Lyessa le fixa durant quelques secondes, comme si elle cherchait à sonder ses prunelles à la recherche de la vérité, puis elle abandonna ses linges pour se concentrer sur son godet rempli.

« Autant de générosité porte à méfiance. Faut m’excuser, c’est qu’je suis pas très habituée. » – Lui glissa-t-elle en buvant une gorgée qui lui sembla si satisfaisante qu’elle en ferma les paupières. « Ce vin est délicieux ! Faut qu’j’en rapporte à mon paternel. »

Joren adorait quand sa fille lui ramenait du vin de ses voyages, et elle était prête à parier que celui-ci lui ferait oublier toute sa rancœur. Lotho se mit alors à lui parler de Braavos et des similitudes que la cité du Titan entretenait avec les marais du Neck.

« Je savais pas. Cela dit, j’aimerais beaucoup voir à quoi ça ressemble de par chez vous. J’imagine que le climat doit être plus clément qu’au Westeros. » – Lyessa voyait les contrées d’Essos comme un puit de soleil et de chaleur.

La porte de l’auberge s’ouvrit dans un fracas, arrachant un bref sursaut à la jeune femme qui vissa son regard sur la grande silhouette dégingandée de l’homme qui pénétrait dans la Halte Ombragée. Elle jeta un voile d’indifférence sur l’individu, ne manquant pas pour autant de remarquer qu’il portait un blason sur son écu. La tronche du rouquin ne présageait en rien une éventuelle sympathie – voilà ce qui avait de quoi faire grimacer la Paludière qui ne portait nullement dans son cœur les chevaliers doublés d’excentricité. Car oui, l’individu semblait vouloir se faire remarquer dans l’établissement qui n’abritait pour le moment pas beaucoup de clients. Lyessa ne voulait pas mettre son interlocuteur dans l’embarras en reportant son attention sur un type qui ne lui inspirait que mépris. Fixant ses agates dans celles du Braavien qui semblait un poil gêné par l’arrivée impromptue de l’original, Lyessa cueillit son menton dans sa main avant de s’envoyer une nouvelle gorgée de vin. Elle se garda d’offrir un quelconque commentaire face au comportement de l’importun et sa tentative d’indifférence vis-à-vis de ce dernier tomba vite à l’eau par un intérêt soudain porté sur sa personne. Les bruits qui s’échappaient de la bouche tordue du chevalier la débectaient. Elle échangea un simple regard avec Lotho, dans lequel elle put lire toute son exaspération puis lui jeta un sourire en coin comme pour lui signifier que tout se passerait bien. Elle prit soin de l’ignorer encore quelques secondes, dégustant une nouvelle lampée de vin, avant de daigner offrir un regard torve au chevalier. L’homme était encore plus hideux qu’elle ne l’avait présumé. Des touffes de cheveux roux lui habillaient le crâne qu’il avait rasé par endroit. Son visage était anguleux et pas franchement avenant – sans oublier son hygiène dentaire qui restait à déplorer. Elle en eut un bref frisson de dégout avant de lui sortir sur un ton dénué d’hostilité comme de sympathie :

« Si t’allais musarder ailleurs le fanfaron ? On aimerait bien manger tranquillement. » – Il avait beau être chevalier, ça n’était pas pour autant qu’elle allait se complaire en politesse. N’était-il pas en train de l’interpeller à coups de baisers ? Les gens avaient la fâcheuse tendance à ignorer qu’elle était de sang noble, et c’était souvent ce qui leur portait préjudice lorsqu’ils s’attaquaient à elle.






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Message Dim 5 Mai 2013 - 19:40

L’on pouvait difficilement trouver chez quiconque un manque de valeurs avoisinant le gouffre béant dans la conscience de Ser Sisbert, rien n’importait en dehors de ses petits jeux macabres et autres actes de sadisme injustifiés, rien n’avait de caractère trop sacré pour se voir épargner par sa personnalité exécrable. Imprévisible et certainement dangereux pour qui ne le connaissait pas, le Falwell avait cependant tendance à fonctionner selon un mode opératoire très répétitif qu’il avait peaufiné au fil des ans pour toujours trouver à se divertir. Sitôt qu’il arrivait dans un nouvel endroit le chevalier s’assurait que tous prennent conscience de sa présence et se mettait aussitôt en quête de la personne qui semblait la plus apeurée ou révulsée par son allure peu ragoutante. Et dès lors il la terrorisait ou la blessait avec tout l’acharnement d’un bambin mettant lentement le feu à une fourmilière, non sans laisser aux autres spectateurs l’impression qu’il pourrait venir s’occuper de leur cas à tout moment. L’attention de Ser Sisbert s’était portée sur l’aubergiste même, tout simplement parce qu’en venant prendre sa commande le bougre avait eu le malheur d’éviter soigneusement son regard, une erreur qui lui promettait des réjouissances peu enviables.

Le temps que sa victime désignée revienne avec la nourriture demandée, le Falwell avait adressé une jolie marque de son intérêt à un manche à balai en lui envoyant quelques baisers de son cru, mais il n’obtint dans un premier temps aucune réaction, ni d’elle ni de l’homme bien trop brun qui lui tenait lieu de chaperon. L’on disait de Port-Réal qu’il s’agissait de la cité toujours en mouvement et voilà qu’il tombait sur deux pisse-froids se comportant comme des gueux de campagne ? Horripilant ! Fort heureusement cela ne s’éternisa pas et la femme eut assez de culot pour essayer de l’envoyer paitre, le tout avec des termes qui réveillèrent tant l’intérêt du chevalier que sa soif de confrontation. Au terme de « fanfaron » sa main alla tranquillement se poser sur la dague à sa ceinture tandis que de sa gorge s’échappait un caquètement qui tenait au mieux de la caricature de rire, l’œil d’un guerrier aguerri noterait sans peine dans sa gestuelle le danger se profilant.

Alors qu’il s’apprêtait à se lever pour aller débattre des arts de la séduction le roux fut rejoint par l’aubergiste qui déposa devant lui une large assiette en bois recouverte de plusieurs pains ainsi que d’une carafe de vin ne valant guère mieux qu’une imitation des breuvages réputés de la Treille. Le chevalier se stoppa net, recommençant à fixer le tenancier tandis que d’un geste de la main il lui imposait d’attendre à ses côtés. L’indigne personnage se saisit d’une première miche, y mordit à pleine dents et recracha aussitôt la bouchée sur la table. Le bout de nourriture malmené rebondit mollement plusieurs fois, étrange centre d’attention d’une scène improbable tandis que Ser Sisbert jetait le pain par-dessus son épaule. Sans un mot il recommença l’opération plusieurs fois, jusqu’à ce que finalement avec la dernière il sembla satisfait et adressa un sourire mauvais à l’aubergiste :

« Celle-là est parfaite, tu as de la chance, pouilleux, allez file ! Aha ! »

De nouveau seul, le Falwell recommença à se balancer sur sa chaise, bottes sur la table tandis qu’il s’abreuvait à même la cruche et renversait la moitié de son contenu sur sa personne à chaque lampée. A ce moment il sembla se rappeler l’existence des deux autres clients présents et leur caqueta une fois encore :

« Santé minotte ! Et santé à ton brun quand il te tronchera ! »

Sur cette réplique d’un excellent goût le chevalier ne méritant pas son titre eut l’air satisfait et recommença à s’enivrer, pour peu que l’on n’attire pas son attention par des gestes trop brusques il resterait certainement dans son coin pour un moment, menace diffuse mais néanmoins présente…
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