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Digestif de dernier recours [Terminé]

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Seigneur Suzerain de Iles de Fer
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Dagon Greyjoy
Seigneur Suzerain de Iles de Fer

Général


"Nous ne semons pas. "

Lord Ravage de Pyk,
et de ce qu'il en reste
Fils du Vent de la Mer
Capitaine de.... non, SBF


♦ Missives : 181
♦ Missives Aventure : 89
♦ Age : 28
♦ Date de Naissance : 13/05/1989
♦ Arrivée à Westeros : 16/09/2012
♦ Célébrité : Mads Mikkelsen
♦ Copyright : Lakdahr (signature + vava)
♦ Doublons : Neassa Baratheon, Bayard
♦ Age du Personnage : 44 ans
♦ Mariage : Lady Aaricia Bonfrère
♦ Lieu : Iles de Fer, Pyk
♦ Liens Utiles : # le personnage
# ses liens
# ses aptitudes
# son histoire


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Message Mer 2 Jan 2013 - 23:13

L’assemblée aussi interminable que déplacée venait de prendre fin. Pour le plus grand soulagement de son investigateur. S’il pouvait se vanter d’être un stratège efficace, le Seigneur des lieux n’était en rien doué en beaux discours. En discours d’aucune sorte d’ailleurs. Lorsque l’idée du rassemblement avait germé dans sa tête, il lui avait semblé que rien n’aurait pu être plus efficace. Et pourtant, à peine l’idée c’était elle concrétisée qu’il s’était rendu compte de son erreur. On ne motive pas des troupes avec un bon repas. Surtout lorsque ce dernier est offert par un seigneur qui donne l’impression de décliner. Non. Lui-même aurait ri au nez de son père si une telle chose avait été proposée il y a vingt ans. Il est un homme. Au même titre que tous ceux qui s’étaient présentés autour de cette table. Alors pourquoi bon dieu n’avait-il pas eu une idée plus brillante ! Les hommes aiment le concret. Le profit. Le résultat. Ça n’était pas en les invitant à festoyer que Dagon assoirait son autorité. C’était probablement le comprendre trop tard. Ses hommes étaient si différents des uns des autres que trouver un moyen efficace pour les canaliser tous relevait du défi ou de la tromperie. Et il ne pouvait se résoudre à mentir à son peuple.

Comme le voulait une ancienne coutume de je ne sais où, Dagon fut forcé d’attendre que toutes les convives s’éclipse pour pouvoir lui aussi profiter de ce qui lui restait de soirée. Son premier geste fut de se précipiter à la fenêtre pour inspirer une grande bouffée d’air. Il détestait les réunions et la concentration de monde dans une seule pièce quand il ne s’agissait pas du pont de sa Sirène. Tout sonnait toujours faux à ce genre de mondanités. Personne n’était franc, même chez les fer-nés pourtant réputés pour l’être. Courtoisie était toujours de la partie. Il soupira. Las comme un vieux récif. Il avait bu toute la soirée et la tête commençait déjà à lui tourner. Pourtant, il se sentait assoiffé. Les barriques sur la table étaient vides. Il se passa une main grasse dans ses cheveux qui devenaient dangereusement grisâtres. Encore un autre signe de l’âge qu’il ne pourrait plus effacer. Même si son bras restait puissant, sa vue, son ouïe et son équilibre changeaient. Chaque jour, il se rapprochait de plus en plus de ce père qu’il haïssait tant. Le seul homme qu’il n’ait jamais détesté. Et pourtant, au dehors, tous lui voulaient la guerre.

Une assiette tomba sur le sol, le sortant de sa rêverie. Se retournant, il fusilla du regard la jeune femme qui venait de la faire tomber par pure maladresse. Il ne pouvait pas être laissé en paix, pas même chez lui. Que ne demanderait-il pas au Dieu Noyé pour se retrouver en pleine mer en ayant pour seule compagne que la figure de proue silencieuse de son navire. Médusé et fatigué, il traversa la salle en bousculant femmes et hommes sur son passage. Aaricia avait embarqué son fils. Ça n’était pas la première fois, mais Dagon était d’humeur fracassante. Le moindre prétexte aurait été bon pour donner un justificatif à sa présence auprès de son épouse. Il ne pouvait plus la toucher. Du temps où la mère de Zachery était enceinte, elle n’était que sa femme-sel. Il pouvait assouvir ses pulsions sur sa femme-roc, Cerrena, Lady Greyjoy du moment. Mais depuis son mariage avec Aaricia, il n’avait pas touché d’autres femmes. Lui, grand admirateur du Dieu Noyé et de l’Antique Voie ne possédait pas de femme-sel. Pour quelle raison ? Il ne le savait pas lui-même. Il pouvait avoir toutes les femmes qu’il voulait, et pourtant, il avait jeté son dévolu sur la plus coriace de toutes.

Il sortit dans le couloir. Et s’empara d’une chandelle. D’ordinaire, on lui aurait offert une escorte de bougie jusqu’à sa chambre, mais qu’on essaye donc de lui tenir compagnie ce soir. Il avait envie de voir des têtes tomber. Après tout, ça n’était peut-être pas ses hommes qui avaient besoin de se défouler mais tout simplement lui. Plus jeune, il serait sorti hors de la citadelle et aurait couru pendant bien une heure avant de retrouver un semblant de sang-froid. Mais avec les années, il s’était perdu en lui-même et s’était en bridant ses émotions que son sang redevenait à une température acceptable. Rongeant son frein, il monta les marches silence, s’arrêtant parfois pour reprendre son souffle, largement diminué par le repas.

Il arriva enfin devant la porte close de la Dame de Pyk. Il marqua un temps d’arrêt. Ses pas l’avaient mené ici alors qu’il suivait le fil de sombres pensées. Il ne tenta même pas de chercher un explicatif à cela. L’espace d’un instant, il rebroussa chemin. C’est alors qu’il entendit du bruit à l’intérieur de la chambre. Elle ne dormait donc pas encore ? Avec la lassitude et l’ennui, Dagon aurait pourtant juré que plusieurs heures le séparaient du départ d’Aaricia. Il était silencieux, observant la flamme de la bougie qu’il tenait toujours en main. Elle vacillait dangereusement. C’était si simple que cela. La flamme de cette bougie qui lui éclairait les murs continuait de briller uniquement grâce à l’oxygène qui l’entourait. Plus de cire, plus de flamme. Plus d’air, plus de flamme. La cire et l’air n’avait rien en commun et pourtant ce n’était qu’ensemble qu’ils pouvaient créer la lumière. Était-ce qu’il devait comprendre ? Il n’aurait su le dire. Il ne savait même pas pourquoi son esprit embrumé avait divagué sur le sujet. Il ferma les yeux, se massant les orbites de sa main libre. Il avait l’étrange sentiment d’avoir trompé sa femme en lui balançant vulgairement qu’elle devrait rentrer chez elle. Il en avait assez de se retrouver devant une porte close. Pourtant, chaque fois que cette dernière s’ouvrait, il ne pouvait s’empêcher de la refermer.
Il n’avait pourtant pas toujours été aussi distant. Il recula, reprenant la direction de la chambre d’Aaricia. Et frappa. Sans force. En premier lieu. Et comme à nouveau animé par la conviction, il réitéra son geste avec plus d’ardeur.

« Aaricia. »

Sa voix était quelque peu caverneuse, en partie à cause de l’alcool et de la causerie de la soirée. S’était bien la première fois qu’il attendait un geste de sa femme pour rentrer. D’ordinaire, s’il frappait, il se contentait d’entrer sans plus de ménagement. Il était chez lui après tout. Mais il avait le sentiment que cette fois, il n’était pas le bienvenu. Leur relation n’avait jamais été tendre, ils se cherchaient tout le temps, mais ce soir, il avait l’impression que la porte ne pouvait s’ouvrir que du côté d’Aaricia. Peu importe ce qu’il tenterait, elle resterait infranchissable pour lui depuis le couloir.

Sa main droite était toujours appuyée sur le bois de la lourde porte. Il n’espérait qu’une chose. Qu’elle s’ouvre. Il n’avait aucune idée de ce qu’il allait bien pouvoir sortir comme mensonge pour lui expliquer sa soudaine envie de voir sa femme loin de lui. Elle refuserait. Elle dirait non, par amour du non. Il l’aimait pour ça. Il avait envie de tambouriner sur cette porte jusqu’à ce qu’elle cède. Mais tout comme le chêne qu’il avait sous les doigts, Aaricia était inébranlable. Il n’avait qu’un seul recours. Un recours qui lui faisait déjà siffler les oreilles rien que de l’entendre mais il savait qu’il était arrivé à un point de non-retour. Il ne pourrait plus éternellement se taire et s’imaginer qu’elle comprendrait tout ce qu’il ne disait pas. Il aurait bientôt un second fils. Qui aurait une mère. Mais lui, l’homme ne voulait pas perdre la femme. La femme-roc aussi forte que lui et tout aussi infâme.

« Je n’ai aucune… envie… de vous rappeler à Pyk. » Ses mâchoires se contractèrent l’empêchant de cracher des mots dangereux. Sa main s’ouvrit sur le bois de la porte et glissa le long du battant avant de revenir à son côté. Il ne le dirait probablement qu’une seule fois. Il espérait juste ne pas le regretter. « Pas plus que j’ai envie que vous quittiez cet endroit. » Il baissa d’un ton comme si ce qu’il allait prononcer ensuite était passible de pendaison. « Pyk est devenu…vivable…de par ta présence, aussi envahissante soit-elle. » C’était de notoriété connue. La solitude prolongée n’était jamais utile à un gamin une fois l’âge adulte arrivé. Toute son enfance de souffrance refaisait noircir son âme dans ce genre d’instant et s’il arrivait à s’abandonner aux sentiments qu’il ressentait vers son épouse, il ne savait jamais combien de temps il arriverait à contenir la morgue qui lui rongeait le cœur.


"L'histoire morte est écrite à l'Encre, la variété vive s'écrit dans le sang."  

 
©️ frangin


Dernière édition par Dagon Greyjoy le Lun 18 Fév 2013 - 17:29, édité 1 fois
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Aaricia Greyjoy
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Général Dame des Iles de fer
♦ Missives : 702
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Message Jeu 3 Jan 2013 - 4:30

Elle le détestait. Parfois trop et parfois pas assez. Il l’avait mis dans une colère noire. Elle ne voulait pas retourner à Cormartel. Elle n’Avait pas envie de revoir Grand Wyk. Il l’avait enlevé à ses terres voilà près d’un an. Elle ne le craignait plus comme dans leur début. Elle avait beaucoup appris. Elle s’était offusquée d’une telle nouvelle alors qu’elle s'était promis de ne rien gâcher par ses sauts d’humeurs. Il n’avait pas pris le temps de répondre à sa question. Pourquoi devait-elle accoucher à Cormartel. En quoi, Pyk était si différent. S’il ne voulait pas la voir si faible, il n’avait qu’à passer son chemin. Elle était bien ici, elle se sentait enfin comme chez elle. Elle avait traversé la forteresse sans difficulté. La sourde colère guidait ses pas et l’avait mené à ses appartements où elle avait claqué la porte avec force. Le message avait été bien clair. Personne ne l’embêterait. Aucuns domestiques n’oseraient passer la porte. Même le vacarme qui s’en suivit était plutôt alertant, mais personne n’entra. Ils avaient l’habitude de la voir dans une telle colère. Surtout depuis que le saigneur l’avait fait alité pour protéger l’enfant en son sein. Les coquillages que Zachery lui ramenait des plages de Pyk étaient étalés au sol. Chaque coquillage représentait une journée où elle n’avait pas quitté le lit. Si elle avait été cinglée, elle les aurait comptés.

Elle s'était allongée et avait pris le kraken qui pendait à son cou depuis qu’elle était enceinte. Les larmes coulaient sur son visage, mais elle n’avait pas la force de les retenir. Le seul cadeau qu’elle avait accepté de Dagon. Un pendentif, avec l’emblème de la maison. C’était la première fois qu’elle s’était sentie comme la bienvenue dans cette maison. Harlon l’Avait mise en garde plus d’une fois avant son mariage. Il n’était pas un homme sensible. La pierre s'était formée autour de son cœur bien des années avant qu’il connaisse son nom. Pourtant il s’évertuait à ne pas s’approcher de d’autres femmes, il lui restait fidèle. Elle aurait aimé y comprendre quelques choses à ce comportement, mais elle n’avait jamais réussi à cerner l’entière personnalité de l’homme qui était son époux.

Elle avait fini par sécher ses larmes et se leva en direction de la fenêtre qu’elle ouvrit. Son épée était contre le mur. Elle ne manquerait pas de la laisser au géant s’il passait par Cormartel. Contrairement à sa mère, elle n’avait jamais réussi à manier la hache aussi bien que l’épée. Euron s’y était attelé pendant plusieurs années, sans résultat. Elle n’était pas aussi forte que sa mère. Celle-ci se fichait royalement de son époux à l’époque où elle l’avait connu. Lady Bonfrère faisait bien ce qu’elle voulait. Cette femme était de très loin amoureuse de son mari. À une époque, elle aurait bien voulu se préserver de mari. Elle s’attachait trop facilement. Elle avait regretté le jour où elle avait avoué qu’elle aimait Dagon. Elle regrettait parfois de l’avoir laissé faire d’elle sa femme. Ses réflexions furent interrompues par un coup dans son ventre. Elle se plia prenant appui contre le rebord de la fenêtre avant de lâcher l’épée de sa mère. Elle reprit petit à petit son souffle et sourit en balançant la tête vers l’Arrière. Elle referma la fenêtre et soupira. Son calvaire était bientôt fini.
Enfin pas cette nuit. Elle aurait préféré que son imagination lui joue des tours plutôt qu’entendre la voix de Dagon derrière la porte. Elle restait figée sur place. Elle n’avait pas envie de le voir et surtout il n’avait pas dans l’idée de traversé la porte. Elle l’avait vu bien des fois l’ouvrir avec une telle force et la porte avait fini une fois en éclat alors qu’il venait mettre fin au jour d’un assassin. Bien fait, il resterait derrière et pourrait parler tout seul s’il le voulait. Elle ne voulait pas le voir et encore moins lui adressé la parole et s’il voulait l’amadouer en l’appelant par son prénom, elle ne cèderait pas. Elle avait assez cette fois ci. Elle s’était sentie trahie avec son propre frère. Elle avait fini par se dire que si elle ne faisait plus de bruit, il partirait. Ce qu’elle finit par croire, mais la voix de ce dernier passa de nouveau la porte.

Son poing se serra avec colère. Pourquoi ne voulait-il pas la rappeler à Pyk? Cormartel n’était plus sa maison, elle ne pouvait plus se cacher indéfiniment dans ce qui avait été autrefois sa maison. Elle habitait à Pyk et nul autre endroit sur les iles de fer. S’il ne voulait pas la rappeler c’était à lui de la garder ici. S’il ne voulait pas qu’elle quitte, il n’avait qu’à dire non à son départ. C’était lui le Lord Ravage, c'était lui qui décidait et ce qu’il voulait n’était pas ce qu’il avait fait. Elle se retenait de lui répondre. Elle voulait qu’il parte. Qu’il quitte se couloir, elle n’avait pas envie de discuter. Des larmes de rages coulaient sur ses joues et elle n’avait pas l’intention de les chasser. Il n’était pas habile avec les mots, mais il savait trouver ceux pour l’attendrir parfois. Sa tête voulait bien le laisser entrer, mais son cœur n’avait pas envie de le voir. Derrière la porte, il était beaucoup mieux à cet endroit. Par contre, elle le savait assez tenace pour y rester toute la nuit s’il le fallait.

Au terme de quelques minutes, elle finit par céder. Le raison l’avait emporté sur le cœur. Depuis son retour du Nord, elle n’était plus la même. Elle était un peu plus fragile. Elle finit par ouvrir la porte et se laissa choir dans une chaise mécontente de son choix.

Pyk est ma maison depuis que tu m’as amené ici. J’ai considéré cette chambre plusieurs jours comme une prison de ta part. Tu ne veux pas me rappeler, ni que je quitte Pyk. Mais tu me fais l’effet de surprise de me renvoyer avec mon frère. À quoi joues-tu Dagon? Je n’ai plus ma place à Grand Wyk. Elle est ici auprès de mon mari, mais celui-ci veut toujours m’en éloigner un jour et que je reste quelques heures plus tard.

Elle n’était pas d’humeur et n’osait même pas le regarder dans les yeux. Cette chambre avec été une prison qu’elle avait réussi à échapper, pour mieux la retrouver. Moira avait tenté de la convaincre que c'était pour son bien, mais si c'était pour son bien elle serait restée ici à Pyk. Près de l’homme qu’elle aimait, mais dont elle n’arrivait pas à lui dire. Elle ne savait même pas si il était entré dans la pièce.





« A terre, même dans les moments les plus sombres, la vie recommence toujours le lendemain. En mer, lors d'une tempête, on éprouve un sentiment de piège pour l'éternité. Elle enseigne aux marins des rêves que les ports assassinent »
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Message Jeu 3 Jan 2013 - 9:38

Depuis l’instant même où il avait prononcé la sanction qui voyait Aaricia partir de Pyk, Dagon savait qu’il n’avait fait qu’enfoncer un pieu de plus dans leur relation. La solution la plus simple, mais aussi la plus radicale aurait été de la laisser seule et de ne même plus venir la voir avant son départ. Elle allait bientôt lui donner un héritier. On n’en voudrait donc pas au Lord de négliger sa femme après cela. Après tout, même sur les îles, les mariages ne servaient qu’à cela. Assurer la descendance. Alliance, richesse, pouvoir. Dagon lui-même n’échappait pas à cette règle. Harloi de par sa mère, il avait épousé successivement une Botley et une Bonfrère pour assurer ses arrières. Et aucune d’elles ne lui avaient rendu la vie agréable. Certes, il l’avait cherché. Il avait détesté la Botley au moment même où il l’avait vu. Nobliaude aux airs faussement continentaux, elle n’avait eu de cesse que de vouloir sa peau. Contrairement à Aaricia, qui n’avait pour le moment mis aucune de ses menaces à exécution, Cerrena l’avait manqué de peu. Ne pouvant mettre fin aux jours de son abominable époux, elle était néanmoins parvenue à supprimer la seule personne qui lui rendait la vie un peu moins sombre. Malora. La jeune fille du tavernier, et mère de Zachery. Amour aurait été trop fort pour exprimer la relation qu’il y avait entre la jeune femme et le suzerain, mais il tenait assez à elle pour continuer de veiller sur leurs enfants comme à la prunelle de ses yeux. Il n’aimait pas les nombreux bâtards de la famille Greyjoy et pourtant le seul fils qu’il ait eu était hors mariage. Ironie du sort. Il avait pourtant consommé son mariage avec l’ancienne Botley mais même les parties de jambes en l’air avaient fini par se transformer en cauchemar sans espoir de réveil. Si Dagon était devenu encore plus distant qu’il ne l’était à l’origine, c’était bien à cause de cette peste. Accorder sa confiance à une femme était devenu encore plus rare depuis. En réalité, il n’accordait sa confiance qu’à des femmes qu’il ne considérait pas comme tel, ou du moins, qu’il ne voyait pas comme des éventuelles conquêtes. C'était le cas de la Capitaine Botley. Si elle n’avait pas été le total opposé de sa première femme, il aurait définitivement rayé les Botley de son esprit. C’était le cas de Deirdre Pyke. Il y avait de quoi rire. Elle, portait du sang Harloi. A croire que sur les îles, il n’y avait que deux sources familiales. Les Greyjoy, comme leurs vassaux ne semaient pas de terres, mais en matière de bâtards, les choses allaient bon train.

La porte de chêne s’ouvrit à la volée. Il n’avait aucune idée de quel spectacle il allait découvrir une fois cette barrière franchie. Si Aaricia venait de faire un geste en lui autorisant l’accès à ce qui était devenu sa prison depuis plusieurs semaines, elle n’en fit rien de plus. Lui-même n’avait rien espéré de plus. Il n’était pas venu pour lui passer de la pommade. Et elle n’allait visiblement pas se montrer aimable non plus. Rien d’étonnant. Il l’avait fait passé pour sa chose lors du banquet alors que quelques jours plutôt, il lui offrait un navire et le choix de naviguer comme elle l’entendait. Aaricia disait vrai. Peu importait le sujet, il ne faisait que contre dire ce qu’il avait affirmait la veille. S’il contrôlait tout en affaires, il était incapable de garder l’esprit clair et catégorique avec sa femme. Une affirmation lui semblait soudain fausse à peine l’eut-il prononcée en sa présence alors qu’il restait intraitable avec ses Capitaines. On ne pouvait parler de remords, mais plutôt de peur. Une peur naissante qui n’était encore que bourgeon mais qui ne cessait de croitre de jour en jour, et augmentait rapidement depuis que le ventre de son épouse n’avait cessé de s’arrondir. Il avait peur qu’elle parte. Que lui restait-il de Malora ? Un fils, et un vague souvenir agréable. Il ne laisserait pas le Dieu Noyé lui prendre à nouveau ceux qu’il chérissait.

« Crois-le ou non, mais ça n’a rien d’un jeu. »

Il était resté près de la porte, l’observant s’assoir sans aucune délicatesse sur une chaise non loin de là. Elle avait l’air à deux doigts de l’empaler. Il avait fait le choix de venir s’expliquer. Il ne pouvait fuir devant sa femme, comme à chaque fois en prétextant qu’il était Seigneur de ce lieu et continuer de la menacer sans cesse de l’expédier sans plus de ménagement sur Grand Wyk. Aujourd’hui, elle allait véritablement y retourner, sur son ordre. Il sera le poing. Sa franchise risquait de rendre les choses encore plus difficiles. Il le savait. Mais la laisser ainsi dans l’inconnu semblait être encore la moins bonne chose à faire.

« C’est que ton mari ne fait pas exception à la règle. Il se rend compte d’à quel point il tient à une chose uniquement après l’avoir perdue. »

Et ça avait toujours été douloureusement le cas. Combien d’amis avait-il perdu lors des raids sans jamais savoir à quel point il les appréciait ? Cruelle réalité qui refaisait surface au moment de mettre leurs corps raidis à la mer. Il avait tant pleuré étant enfant qu’il ne connaissait plus le goût salé que cela procurait. Il ne laissait place à plus aucune émotion. Ses émotions l’avaient rendu faible et démuni face au monde qui était le sien. La carapace épaisse qui empêchait Aaricia de l’atteindre était avant tout faite pour que le monde ne l’écorche pas d’avantage.

Elle ne lui avait pas interdit d’entrer, ni même demander de passer son chemin. N’étant pas partisan des entre-deux, il décida d’entrer dans la pièce, en refermant la porte dans son dos. Il s’y appuya. Il n’avait pas le droit de lui imposer sa présence. Il avait le sentiment qu’en restant en retrait, la discussion n’éclaterait pas en vociférations l’instant suivant. Il laissa sa tête dériver en arrière, jusqu’à rencontrer le bois dans son dos. Il ne savait pas où commencer, se sachant marchant sur des œufs bien trop fragiles.

« Tu portes un enfant. Certes Pyk est à toi désormais, mais je ne peux supporter l’idée que des Bonfrère grouillent partout ici. A Cormartel, tu seras avec les tiens, et quand tu reviendras, ça sera pour reprendre ta place ici. »

Il n’avait jamais véritablement apprécié les habitants de Cormartel, et encore moins Veloran. Mais cette excuse était bien faible comparée à la réalité. Ça n’avait rien de faux. Il n’aurait pas supporté plus d’un jour que sa femme soit exposée comme un trophée ornée d’un poupon bien frais qu’il faudrait présenter à la moitié des îles. Mais même s’il s’y opposait, Harlon devrait tout de même le baptiser et alors tous ceux qui voudront, pourront épier l’enfant sans aucune pudeur. Il grimaça rien qu’à cette pensée. Etre le "fils de" ne l’avait jamais parfaitement réussi et il savait que son fils devrait passer par là aussi. En étant bâtard, Zachery avait échappé en partie à tout cela. Cette chance, n’avait jamais été offerte à Dagon, et c’est ce qui lui faisait détester tous les bâtards de son père.

« Ce n’est pas de moi que je cherche à t’éloigner. »

En disant cela, il avait détourné son regard vers la fenêtre. Il avait baissé d’un ton. Quelque part, il espérait qu’elle ne l’ait pas entendu. Mais il n’était pas hommes de mensonges. Elle finirait par le percer, à force de sous-entendus il se trahirait tôt ou tard. Il voulait l’éloigner du véritable danger qui menaçait. On ne pouvait le qualifier lui-même de sécurité, mais il savait que c’était la seule protection qu’il pouvait lui offrir. Si ce qu’il présageait s’avérait vrai, une femme enceinte, ou ayant à peine accouché, ne pourrait y survivre. Il n’avait pas de solution plus efficace sous la main, sans arrêt contraint de mettre de côté ses sentiments pour tenter d’y voir plus clair.


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Aaricia Greyjoy
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Message Jeu 3 Jan 2013 - 15:26

Elle regrettait amèrement sa décision de l’avoir laissé entrer. Elle avait besoin de tout sauf les excuses de Dagon. Il était trop tard. L’ouverture de la porte était à prendre ou à laisser et le seigneur des iles de Pyk semblait bien déterminé d’une certaine manière. Elle n’avait jamais aimé les hommes à cause de leur arrogance. Elle avait eu la chance d’être la femme de plusieurs hommes des iles de fer, mais elle avait toujours refusée. Refusée d’être traitée moins que rien. Partager un homme avec une stupide femme-sel. Quelqu’un avait siffloté son nom aux oreilles du seigneur de Pyk. Elle s'était retrouvée prisonnière du seigneur le plus respecté des Iles et certainement hait par d’autres. Il avait levé la main sur elle, une seule fois depuis leur mariage alors qu’elle l’avait toujours accablé de tous les mots possibles. Aujourd’hui, elle n’en avait plus la force.

Elle avait attaqué la première. Elle avait du venin à cracher, mais elle n’aurait peut-être pas la force de le faire autant qu’elle le voulait. Depuis quelques semaines son humeur était à fleur de peau. Un jour les larmes glissaient sur ses joues et l’autre jour, elle pouvait tout saccager. Elle arrivait à rester raisonnable et se reprendre vite, mais cette fois-ci, Dagon avait piqué l’orgueil de sa femme. Elle fixait les coquillages qui s'étaient éparpillé au sol lorsqu’elle s'était enragée de la situation quelques minutes ou heures plutôt. Elle ne savait même plus depuis combien de temps elle avait réussi à le quitter.

Ses doigts s’incrustèrent dans le bois de la pauvre chaise. Ce n’était pas un jeu? Alors pourquoi arrivait-il à la mettre hors d’elle? Pourquoi voulait-il à tout prix l’éloigner de Pyk ? Il était un grand malin, elle avait toujours eu l’impression qu’il se jouait d’elle. Tantôt gentil et plus tard exécrable. Elle avait des souvenirs de Cormartel qui avait un gout amer dans sa bouche, par sa faute à lui. Il l’avait oublié une fois là-bas et se serait certainement encore la même histoire. Elle n’avait pas envie de l’épargner. De toute manière, il ne le méritait pas après le banquet.


La première fois que tu m’as raccompagné à Cormartel, prétextant qu’il fallait que je retrouve mes sources, j’ai attendu presqu’une lune pour revenir. J’espérais que tu me voudrais près de toi. Le seigneur de Pyk n’a jamais envoyé personne ou quoique ce soit pour que je revienne. Et maintenant je dois retourner là-bas de nouveau pour y croupir je ne sais combien de temps.


Maintenant que son oncle n’y était plus, elle ne voulait plus mettre les pieds dans la forteresse des Bonfrère. Il était la seule raison pour qu’elle y mette les pieds, mais il avait perdu la vie lors d’un raid. Elle ne supportait plus de voir cette maison. Elle aimait bien ses frères, elle les aimerait toujours. Il était de son sang, mais ils n’étaient pas Greyjoy. Elle avait abandonné la partie Bonfrère de son être. Dagon semblait-il vouloir lui faire une part de révélation? Cachait-il vraiment quelques sentiments pour elle ou tentait-il seulement de l’amadouer un peu ? Elle avait choisi de loin la deuxième option, mais bien des souvenirs contredisaient son choix. Elle n’avait qu'à se remémorer la fois, où elle avait failli être tuée dans cette chambre même. Il l’avait amené dans ses appartements et l’avait consolé en la gardant dans ses bras toute la nuit.

Je ne vais pas mourir. Ma mère est morte en donnant naissance à des fils, mais je n’ai pas l’intention de suivre son chemin. Je suis plus forte que j’en ai l’air et tu le sais.

Aaricia eut un rire ironique. Voilà il le refaisait encore. Il ne voulait pas de Bonfrère à Pyk, mais Willem avait tout de même une place à Pyk étant l’instructeur de Zachery. Veloran était le malin, c’est pour ca qu’il restait lors sans toucher à un boutre. Cormartel avait sous sa main une quarantaine de capitaine dévoué à la famille et aux iles de fer. Aaricia détestait les manies du plus vieux des jumeaux. Elle avait l’impression de revoir une réplique de son père qu’elle avait toujours voulu effacer de lui.


Fait les partir et nous n’en parlons plus. Tu fais partis des miens Dagon. Mais tu ne seras pas là prétextant que tu as un raid à préparer. Tu vas me fuir encore. Zachery et toi êtes ma famille désormais. Pour Cormartel, je suis uniquement ce que pourquoi tu m’avais épousé au tout début : un ventre à héritier. Et puis, tu ne veux pas de Bonfrère sous ton toit, mais tu places ton unique fils, sous la responsabilité de mon frère.


Veloran n’aimait pas Zachery. Si sa sœur n’engendrait pas de fils et que le Greyjoy venait à être conduit à son dernier repos, il pouvait légitimer son batard et il savait que sa sœur ne protesterait pas. Elle qui aimait tant le gamin de son mari. Elle s’était imaginé tous les scénarios possibles. Elle avait tout revue dans sa tête. Si elle enfantait un héritier, Cormartel gagnait une belle place d’honneur. Surtout si Lord Greyjoy venait à mourir, Veloran se ferait un plaisir de prendre le fils de la seiche et de sa sœur sous son aile. Une chose qu’elle ne voulait pas penser. Déjà en mariant un de ses enfants, la maison avait bénéficié d’un certain prestige. Le seigneur de Pyk avait tout de même choisi Aaricia et non une autre fille de bonne maison. Il y en avait d’autre sur les Iles.

Aaricia se tourna vers lui pour la première fois depuis qu’il était dans la pièce. Il ne voulait pas l'éloigner de lui, mais pourquoi le faire alors? Son esprit refusait qu’elle lui crache du venin à l’instant même. Son esprit y voyait même le temps idéal pour percer cette roche qui ne voulait pas se fendre. Elle se leva difficilement et approcha de lui faisait attention de ne pas poser ses pieds sur les coquillages. Elle regardait l’extérieur et pourtant, elle aurait préféré le forcer à la regarder. Elle aurait préféré avoir encore de la force pour se battre contre lui. Il n’y avait ni méchanceté, ni hargne dans les yeux de la Greyjoy. Il n’y avait que de l’incompréhension pour trouver qui était cet ennemi dont il voulait la protéger autant. Elle ne partirait pas de Pyk sans connaitre son nom. Elle avait mis bien trop d’effort pour être ce qu’elle était.

Elle aurait voulu glisser sa main dans la sienne. Elle était prête à signer une trêve dès ce soir. Elle pouvait lui revenir plus exécrable s’il le voulait, mais après avoir accouché. Elle n’en avait pas la force dernièrement. Elle était prête à capituler s’il lui révélait la vraie raison de son départ pour Cormartel et pourquoi Pyk devenait dangereux. Elle ne craignait rien, enfin presque plus rien, mais elle n’était plus une gamine.


De qui veux-tu m’éloigner ? Je ne crains personne sauf toi et notre dieu. Si tu as de réel sentiment pour moi, alors dis-moi quel est ce danger qui te ronge. Me crois-tu à ce point stupide pour me parler et croire que je ne comprendrais pas?


Elle ne s’en irait que si la raison était bonne. Elle n’avait pas été douce, mais elle se posait de grave question quant à leur relation. L’aimait-il assez pour lui dire qui lui en voulait. Elle n’avait aucun doute pour une fois. Elle était dans le néant et seul le seigneur de Pyk pouvait lui dire ce qui se tramait. Elle ne participait pas à la vie politique de la maison assez pour comprendre ce qu’il faisait. Elle n’avait pas manqué de souplesse dans ses derniers mots. Elle ne voulait pas se faire tendre avec lui, même si elle en avait décidé du contraire, quelques minutes plutôt. Elle voulait des réponses qu’il était le seul à pouvoir lui fournir. Enfin s’il avait assez d’amour pour elle.




« A terre, même dans les moments les plus sombres, la vie recommence toujours le lendemain. En mer, lors d'une tempête, on éprouve un sentiment de piège pour l'éternité. Elle enseigne aux marins des rêves que les ports assassinent »


Dernière édition par Aaricia Greyjoy le Ven 4 Jan 2013 - 4:50, édité 1 fois
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Message Jeu 3 Jan 2013 - 17:46

En d’autre temps, il lui aurait probablement ri au nez. A tour de rôle, ils ne pouvaient s’empêcher de s’accuser du malheur de l’autre. Ensemble, ils s’entretuaient, mais séparés ils se déchiraient. Quel sors était donc le plus agréable ? Probablement aucun. Il garda le silence. C’était peut-être ce qui le trahissait le moins. Pourtant, en gardant sa bouche close, il laissait libre court à la perspicacité de sa femme qui l’accusait de bien des maux. Et comme toujours, les propos de son épouse n’avaient rien de faux. Qu’y pouvait-il ? Il n’avait pas de réponse à lui offrir. Lui-même n’avait aucune idée du temps qu’elle devrait séjourner à Cormartel. Le temps d’un orage. Mais si ses soupçons s’avéraient fondés, ils pourraient bien être séparés pour la dernière fois. Il se garda bien de le faire remarquer.

Elle avait quelque chose d’incroyablement charmant à s’emporter ainsi. Ça n’avait rien à voir avec la boule de fureur qu’elle pouvait être parfois, mais il la retrouvait dans ce discours assassin qu’elle menait à son avantage sans aucune difficulté. Elle avait pratiquement la moitié de son âge et pourtant, même lui peinait parfois à reprendre le dessus sur leurs échanges. Il acquiesça intérieurement. Oui elle était forte. Plus forte encore qu’elle-même pouvait le percevoir. Elle le lui avait prouvé maintes fois, et continuerait probablement de le faire. C’était l’une des rares choses qui ne lui faisaient pas craindre la mort. Il savait que Pyk ne tomberait pas à sa suite. Elle avait assez de tempérament pour prendre la décision qu’il faudrait, le moment venu. Et elle était assez culotée pour ne pas reprendre d’époux à la chute du suzerain, il en était intimement persuadé.

Il détourna les yeux lorsqu’elle fit allusion à son plus jeune frère.

« Ainsi donc il t’en a parlé. »

Ça pouvait sembler plus qu’évident mais Dagon avait pourtant interdit au jeune homme d’ébruiter la chose, pas même à sa propre sœur. Mais elle ne semblait pas lui en vouloir pour ce détail, plutôt sur le fait qu’à nouveau il disait une chose pour en faire une autre. Il la détailla du regard, remarquant pour la première fois les nombreuses coquilles vides sur le sol. Son fils lui en avait parlé et il n’avait pas cru un triste mot de cette histoire. Il savait que Zachery et elle s’entendaient de mieux en mieux et il s’étonnait toujours avec quelle rapidité son démon de fils avait réussi à entrer dans le cœur de la jeune femme. Le gosse semblait même réjouit à l’idée d’avoir un frère. Il déchanterait probablement bien vite en apprenant que les faibles avantages qu’il possédait en étant le fils unique du Greyjoy s’évanouiraient dès la naissance de l’héritier des îles.

« Tu aurais préféré que je le confie à quelqu’un d’autre peut-être. Par ce biais je m’assurai que Zachery ne soit jamais éloigné de toi. Tu as une emprise incomparable sur ton frère. Imagine ce qu’il serait advenu du gamin si je l’avais donné à Harlon. »

Il appréciait particulièrement son oncle du côté Harloi mais il savait aussi que Zachery n’aurait pas fait bon ménage avec ce dernier. Zach ressemblait autant qu’il différait de son père. S’il possédait la même rudesse de langage quand ça lui chantait, il n’avait pas du tout le même caractère. Dagon pouvait supporter le mépris et les railleries autant que les coups, mais il gageait que son fils n’aurait pas tenu plus d’un mois dans les mêmes conditions que lui.

« Unique fils. Tu comptes m’honorer d’une gosse ? »

Il ravala un commentaire désobligeant. Sans s’en rendre compte, il avait à nouveau dévié sur la raillerie alors qu’il était venu ici dans un tout autre but. Il détourna à nouveau le regard comme pour garder les idées claires. Il ne la renierait pas si elle lui offrait comme premier enfant une héritière. Il savait, rien qu’en regardant la Lady assise sur la chaise que les femmes étaient tout autant capables que les hommes. Les îles avaient ça de bon. Elles n’épargnent personne. Mais, comme beaucoup, il espérait un fils. Coutume ancestrale probablement, et une manière d’assurer que le nom Greyjoy ne disparaitrait pas avec lui. Ce nom avait survécu depuis des temps immémoriaux, il ne voulait pas qu’il se perde dans le vent et ne devienne qu’un vague souvenir plus que murmuré par les pierres de l’île. Pyk était la demeure des Greyjoy depuis qu’ils étaient contraints à ne vivre que sur les îles de Fer, chassés du Continent. Son nom portait une histoire qu’il désirait voir continuer après lui.

Il l’entendit plus qu’il la vit se lever. Même avec bien des kilos en trop dus à son ventre démesuré, elle arrivait à marcher en silence tout en évitant les petits trésors répandus partout. Comme si une flèche lui avait traversé l’abdomen, il détourna immédiatement les yeux du rivage lorsque la voix de sa femme raisonna non loin de lui. Elle n’était même pas à une portée de bras, et pourtant si loin. Il avait l’impression d’avoir les mains tâchées de sang invisible et ne pouvait se résoudre à la toucher, de peur de la salir. Elle venait de lui poser un ultimatum. S’il ne répondait pas à sa première question, elle interprèterait ce silence comme rejet de sa part. Il la regardait droit dans les yeux. Répondre était tout autant dangereux que de ne pas répondre. Son esprit de stratège lui intimait furieusement de se taire, de rester muet sur le sujet. Lui dire la vérité…ou un doux mensonge ? Il ne savait que choisir. Il répondit alors en premier lieu à sa deuxième interrogation.

« Sache que je te trouve bon nombre de défauts mais certainement pas celui d’être stupide ! »

Il s’était quelque peu emporté. Sa voix avait augmenté en puissance alors qu’il tentait toujours de ne pas l’élever. Il la foudroyait du regard. Comment pouvait-elle croire pareille chose. Certes il ne lui communiquait jamais les affaires des îles mais ce n’était pas par simplicité d’esprit, il ne voulait simplement pas l’ennuyer avec pareilles choses. Il fallait au moins qu’un des deux ait l’esprit pas pollué par la politique pour que leurs brèves conversations ne finissent pas par n’être que régence des îles. Il avait des lords par dizaine pour parler d’administratif, il voulait parler d’autres sujets lorsqu’il retrouvait son épouse.

Elle continuait de le fixer des yeux. Il avait l’impression de la sentir gratter à même sa chair pour trouver la réponse qui tardait toujours à venir. Sa mâchoire se contractait pour garder les mots qui s’alignaient dans son esprit. Un souvenir fugace s’imposa alors à son esprit. Le Nord. Elle y était venue avec lui, et avait brillé avec tellement d’éclat en profitant du plaisir qu’elle en éprouvait. Il avait été honoré de la voir combattre à ses côtés même si la chute avait été brutale. Il lui avait accordé sa confiance ce jour-là, et elle lui avait prouvé qu’elle était capable de tenir son rang de femme-roc du Seigneur Suzerain. S’il ne faisait pas confiance à ce bout de femme qui se tenait devant lui, à qui pouvait-il la donner… Il en arriva à l’intime conviction qu’il devait lui dire la vérité. Le choc ne serait pas agréable mais se terrer dans le silence lui ferait perdre sa coopération et compromettrait probablement bien des choses.

« De la flotte continentale. »

Ce n’était qu’une sombre intuition. Depuis bientôt plus d’une année qu’ils pillaient les côtes sans aucun remord. Et il ne s’était sérieusement fait aucun ami lors de ses furtifs passages sur terre. Le Nord, l’Ouest et même plus au sud jusqu’à la Treille, il était devenu le principal homme à abattre. Il n’avait aucune idée de ce qui se tramait sur le Continent mais il redoutait que ses hommes ne reviennent pas vivants des prochains raids. Si les navires ne revenaient pas, il n’y aurait plus de défenses sur Pyk. Certes, prendre la forteresse ne serait pas mince affaire, mais il suffisait de faire un blocus sur l’île pour que ses habitants meurent de faim, sans ressource autre que les pillages. Il espérait seulement que s’ils devaient en arriver là, les continentaux s’en prendraient uniquement à Pyk, sans meurtrir les autres îles. Ainsi, son épouse serait plus en sécurité en arrière ligne. Il voulait la laisser sur Grand Wyk tant qu’elle n’aurait pas retrouvé la totalité de ses forces. Si bataille il devait y avoir, il désirait l’avoir à ses côtés pour combattre. Mais il ne pouvait bêtement mettre la vie de son épouse et de son futur enfant en danger.

« Si Pyk venait à tomber, l’ennemi ne s’avancerait pas plus en profondeur dans les îles. Ils n’en connaissent pas les fonds marins. » Le reste, elle pouvait le deviner toute seule. « Aaricia, ce n’est qu’un mauvais pressentiment. Le Continent, aussi stupides soient ses dirigeants, n’a pas l’intention d’attaquer les îles. Ce serait pure folie. Pour nous comme pour eux. Considère cela comme simple précaution de ma part. » Il était des plus sérieux. Pourtant, ce pressentiment, accentué par l’accouchement prochain, l’empêchaient d’être apaisé, au point même de n’en plus dormir.


"L'histoire morte est écrite à l'Encre, la variété vive s'écrit dans le sang."  

 
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Aaricia Greyjoy
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Message Ven 4 Jan 2013 - 4:48

Elle savait que le temps jouait contre elle. Parfois elle avait envie de le frapper au torse pour le punir, mais elle se retenait. Elle se retenait aussi de rire parce qu'elle connaissait bien trop son frère. Willem restait son petit préféré d'une certaine manière. Il lui ressemblait par moment quand elle avait son âge. Il était téméraire et elle aimait cela. Tant que Zachery ne prenait pas cette habitude lui aussi, elle serait tranquille. Elle frotta ses yeux avant de soupirer et regarder son mari. Peut importe celui qui avait rapporté la chose. Aaricia y voyait que du bon pour son frère et la demi-seiche. Voir Willem occupé le statut que leur oncle avait occupé pendant plusieurs années auprès des Bonfrère l’amusait. Zachery, par contre, pourrait taper du fer-né quand il sera assez fort, tout le monde serait heureux.


Il n'a rien dit. Par contre, Zachery était plutôt emballé et tu sais que j’arrive à soutirer n’importe quoi à cet enfant. D'une certaine manière je préfère que tu le confies à Willem plutôt qu'à Veloran ou Harlon. C’est un grand pas pour lui. On lui laisse sa chance de marcher dans les traces de son père et c’est tout ce qu’il veut.




Le petit était voué à devenir un capitaine comme son père. La seule différence qu'il aurait avec son père c'est qu'il serait en bon terme avec ses demi-frères et demi-sœur. Il n'avait pas l'étoffe d'un prêtre ou encore moins d'un homme qui restait dans une forteresse. Elle n'avait pas envie de voir les demi-frères se déchirer. La vie était trop courte et elle avait subi cette situation toute son enfance avec son père et son oncle. Tant qu'elle serait en vie, elle veillerait au respect de l'un envers l'autre. Que cela plaise ou non à son époux. Il ne pourrait rien dire sur cela.


Je n'ose pas imaginer une fille. Surtout si le dieu noyé m'accable d'un sosie. Nous n'avons pas le libre choix de choisir, mais j'ai prié chaque nuit pour que ce soit un fils. C'est une chose que Pyk mérite et son seigneur aussi.

Elle aurait voulu désamorcer la situation avec une petite blague, mais se retint. Elle angoisserait à l’idée de suivre le chemin de sa mère et Dagon ne supporterait certainement pas de connaitre ses doutes. Déjà, il craignait de la perdre, si elle avait des jumeaux, ce qui était fort possible vu l’état de son ventre et le sang des Bonfrère. Il y avait des jumeaux dans plusieurs générations de sa famille. Si ce n’était pas des hommes cela était des femmes. Elle se mordit la lèvre et opta pour ne rien dire. Il n’avait pas besoin de savoir qu’elle pourrait mettre certainement deux Greyjoy au monde. Le saigneur de Pyk bien qu’elle lui avait demandé de garder silence n’avait pas émis d’avis contraire. Il se pourrait bien que ses craintes soient fondées, mais elle devait attendre.


Elle hocha de la tête honteuse d’avoir été un peu raide sur les mots. Il ne l’avait jamais trouvé stupide. Il avait toujours trouvé tous les défauts qu’elle avait, mais elle les reconnaissait. Elle posa sa main sur son bras, pour le détendre. C’était l’habitude de se prélasser à rien faire qui la rendait ainsi. Cette impression à ne servir à rien la rendait malade. Il arrivait que les violentes disputes éclatent au sein du couple, mais jamais ils ne s’étaient insultés par des mots, traitant l’un de ci et l’autre de ca. Elle ne chercha pas à le contredire, mais resta tout de même figer devant la vérité.

Un jour ou l’autre, le continent se réveillerait. Elle en avait fait jadis la remarque et on avait ri. Elle avait dégluti à cette idée. Elle ne croyait pas être connue au delà des iles. Du moins, pas autant que Dagon. Elle comprenait son éloignement de la maison de Pyk. Même si grand Wyk était attaqué, il y avait plus d’une option pour cacher ses enfants. Elle connaissait tous les recoins de son ile natale. Mais Dagon, lui, serait sur la première ligne avec sa Sirène Noire. Elle n’avait pas envie de reprendre la discussion avec force. Elle n’aurait certainement voulu rien savoir de tout cela. Elle aurait du se taire. Oublier qu’elle ne devait jamais contredire son époux et faire ce qu’il désirait sans broncher.

Et si ce mauvais pressentiment n’était pas faux. Si c’était vrai qu’ils voulaient attaquer les îles? Ils voudront ta peau, bien plus que la mienne.


Elle restait figée devant lui. Elle savait qu’autrement, elle se serait emportée, mais elle n’était pas capable. Elle n’imaginait que le pire pour son mari qu’elle aimait tant. Elle n’avait pas envie de ramener son époux à son dernier repos. Il n’était pas le genre à rester les bras croisés. Il serait là pour défendre sa patrie. Aaricia n’imaginait pas le nombre de continentaux qui voulaient sa peau. Elle aurait aimé trouver l’argument pour le faire changer d’idée, de ne pas y participer. Il ne devait même pas exister. Il n’était pas un homme qui envoyait ses hommes se faire bêtement tuer à sa place. Il combattait auprès d’eux.


Elle avait ouvert la fenêtre pour mieux respirer. Elle manquait d’air, son cerveau s’embrumait et elle avait des nausées. Si elle disait un seul mot, elle risquait de fondre en larme. Devenir veuve était la première raison pour laquelle, elle ne voulait pas se marier. Elle avait perdu son oncle aux mains des continentaux, elle ne voulait pas y laisser son mari aussi. Il était le seul à croire en elle. Elle aurait du exécuter l’ordre de Dagon et rentrer sans histoire. Elle aurait eu la conscience tranquille. Elle aurait pu accoucher en se disant que tout irait bien et qu’il n’Avait simplement pas la force de la voir faible et de l’entendre souffrir.


J’ai toujours des sentiments pour toi et ce même si tu n’as jamais supporté de l’entendre la première fois. Nombreux sont les hommes qui sont passés dans ma vie, rares sont ceux qui avaient ta patience. Je ne veux pas te mener à ton dernier repos et tu sais que j’ai encore besoin de toi.


Elle s'était éloignée de la fenêtre pour être plus près de lui. Elle avait chassé ses larmes et glissé sa main dans la sienne. Elle avait beaucoup à apprendre et ne voulait surtout pas le perdre, mais elle ne savait pas comment lui exprimer clairement.




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Message Ven 4 Jan 2013 - 16:08

Un sourire amusé anima son visage l’espace d’un instant. Décidément, les hommes de la famille Greyjoy avaient de quoi lutter avec l’ancienne Bonfrère. Aucun d’eux ne lui résistait, chacun à sa manière. Concernant le fait que son fils marchait désormais dans ses pas, il ne pouvait qu’en retirer une certaine fierté. Pourtant, son bâtard ne prendrait jamais sa suite. Le gamin, à part catastrophe, n’occuperait jamais le trône de Grès. Et quelque part, c’était tant mieux. Il y a une vingtaine d’années, Dagon aurait donné n’importe quoi pour n’être qu’un bâtard Greyjoy et non l’unique fils légitime. La bâtardise avait une liberté que son poste, aussi haut soit-il, ne lui offrirait jamais. Responsabilité et rigueur étaient ses deux mots d’ordre. Etrangement, c’était probablement le schéma que Sargon tentait de retrouver en forçant le destin. Son cousin lui ressemblait sur un point. Les deux fils légitimes ne pouvaient encadrer leur bâtard de frère. Du moins, pour le Harloi, la raison de tout cela dépassait le simple fait que son frère ne soit pas issu de la même mère que lui. Mais Dagon avait cela de remarquable ; s’il lui arrivait de détester une personne, il n’imposait jamais sa vision aux autres. Ainsi, il permettait à son fils et à son épouse de passer du temps en compagnie de son cadet. Même si la jalousie ne lui permettrait jamais de pardonner à son frère d’être né hors mariage.

Zachery deviendrait l’ainé. Mais avec son caractère pourtant si différent de son paternel, il n’aurait probablement pas ce genre de problème avec sa fratrie. D’ailleurs, étrangement, Dagon ne le permettrait pas plus que son épouse. Il pouvait comprendre le sentiment qui envahirait le cœur de ses enfants, mais il ne tolérerait pas de crises inutiles au sein de sa maison. Il ne pourrait les empêcher de se battre, mais ils auraient à le faire en silence, comme lui l’avait toujours fait. Certes, tous connaissaient le grand amour qui liait les deux demi-frères de Balon Greyjoy, mais jamais Dagon n’avait mélangé le privé du publique. Son cadet restait un élément remarquable et par ce fait il ne pouvait simplement le renier sous peine de perdre bien plus qu’un membre de sa famille pourtant bien nombreuse.
Il savait, comme tous, qu’Aaricia ne pouvait décider du sexe de l’enfant comme elle choisirait une tenue. Même si elle désirait ardemment un fils pour son époux, seul le Dieu était maître de ce choix. Dagon faisait suffisamment confiance au Dieu Noyé pour savoir qu’il aurait un descendant digne de ce nom. A vrai dire, lui-même ne priait pas pour un fils, mais pour que la femme et l’enfant restent en vie. Il avait vu grandir Zachery avec trois mères différentes. Lui, avait grandi sans, même si sa vieille peau de mère croupissait encore des jours pénibles non loin de là. Il ne voulait pas reproduire ce schéma avec les enfants à venir. Il n’avait rien d’un sentimental, mais il savait que sur les îles, se serrer les coudes au sein d’une maison était la seule chose qui vous permettait de passer outre la monotonie environnante – outre le fait de participer à des razzias.

« Pyk aura ce qu’elle mérite, garçon ou fille. L’important n’est pas là. Les îles ont besoin d’un nom à crier, pas d’un visage. »

Depuis bien des années, c’était un homme qui dirigeait les îles d’une main de fer. Mais on ne le suivait pas parce qu’il était bien bâti ou parce que son visage était agréable à regarder. Il n’y avait pas de place à cela ici. Jamais. Il lut, l’espace d’un instant, de l’inquiétude transparaitre sur le visage de son épouse. Il avait entendu parler de ce qui était arrivé à la mère de cette dernière. La mort se cachait derrière chaque roche, Dagon ne la craignait pas. Il craignait la souffrance qui l’accompagnait. Une mort de plus et il serait définitivement irrécupérable. Il deviendrait alors aussi inefficace que son père. Comme pour répondre au brouhaha qui venait d’envahir son esprit, il sentit la main délicate d’Aaricia sur son bras. Ce geste l’apaisa. Un geste si simple et qui pourtant aurait été presque impensable une année auparavant. Ils en avaient fait du chemin.

« Si je te laissais faire, tu irais au front pour faire savoir que tu es la seule à décider de quoi faire de ma peau. » Les propos étaient ironiques, mais pas si loin de la réalité. « J’ai dit que ce n’était que pressentiment. » Il insista sur ce fait. Faire paniquer sa femme inutilement n’avait rien de bon. « A t’entendre, on croirait que les îles ne sont protégées que par moi. Si une chose aussi invraisemblable devait arriver, sois certaine que tous les fer-nés valides seront là pour protéger nos terres. Le Continent ne m’atteindra jamais. »

Sa voix insista lourdement sur le dernier mot. Il ne se cacherait pas au fond de sa citadelle, mais même en première ligne, il restait marin et Capitaine. Il ne serait pas aussi aisé de mettre fin à ses jours. Plus d’un avait déjà essayé et pourtant il se tenait toujours debout après plus de vingt ans de règne. Certes, il ne comptait plus les cicatrices reçues, mais elles ne pouvaient que prouver qu’il avait bien vécu. Il n’aurait qu’un seul regret : ne pas vivre assez longtemps pour voir son héritier prendre la relève. Il l’observa sans rien dire, s’éloigner et se diriger vers la fenêtre où elle resta quelques instants. Il ne regrettait pas de lui avoir dévoilé sa pensée. Il savait qu’il pouvait compter sur elle, même si elle partirait contre son gré et fort attristée. Il pouvait avoir confiance. Même sur le point d’accoucher, il aurait le soutien de Cormartel grâce à elle. Si bataille il devait y avoir, et que Pyk devait tomber, elle se battrait corps et âme pour défendre ceux qui resteraient debout.

Il devait pourtant l’avoir troublée bien plus qu’il ne l’avait cru. La tristesse se lisait dans ses yeux. Idiote. Tu n’es pas prête de m’enterrer. Il garda cette pensée pour lui. Il était vrai que sa réaction face à l’amour de son épouse avait été totalement incontrôlable. Il avait toujours ri à l’amour des femmes, sachant qu’on l’aimait pour son nom et non pour ce qu’il pouvait bien être au plus profond de lui. Quand Aaricia le lui avait dévoilé, il avait réagi par violence. Il ne voulait pas être aimé. Il voulait qu’elle le déteste, comme les autres. Cette vérité lui avait fait tellement peur. Il n’y voyait que faiblesse et déchéance. Il ne l’acceptait pas beaucoup mieux aujourd’hui, surtout qu’il se savait dorénavant en danger. Il savait que ce n’était qu’une question de temps pour que les sentiments de la jeune femme soient les siens. Peut-être une question de guerre.

« Dans ce cas, je vais me faire un devoir de rester en vie encore un peu. Ça n’aura rien d’agréable pour toi. »

Il baissa les yeux sur la main qui venait de rejoindre la sienne. Il l’emprisonna. Il y avait peut-être eu beaucoup d’hommes avant lui, mais il était le seul et l’unique désormais. En dehors de Zachery. Mais le gamin n’avait encore rien d’un homme. Il la garderait prisonnière, pour toujours. Il aurait souhaité l’avoir connue en étant plus jeune, avant que le mal le ronge. Peut-être alors leur relation aurait été toute différente. Il reposa son regard sur son visage. De sa main libre, il écarta une mèche de cheveux blonde qui lui barrait si malicieusement le front. Si jeune et pourtant elle avait déjà vécu une vie interminablement longue. Elle s’était endurcie en sa présence. Mais il ne savait jusqu’à quand il pourrait encore forcer avant que ça casse. Elle était robuste. Mais même le plus résistant des aciers finissaient un jour par céder.

« Parfois…je me demande qui a plus besoin de l’autre. »

Rien de plus qu’un murmure à peine avoué. Elle était la seule à le percer ainsi à jour. Elle se frayait petit à petit un chemin au travers sa carapace, rongeant l’armure jusqu’à ce qu’elle cède bel et bien.

« Je ne supporterai probablement jamais de te l’entendre dire. Les sentiments m’ont toujours amenés à perdre ceux à qui je tenais. Ils m’ont toujours rendu plus faible. Prononcés par toi…ils expriment quelque chose que je ne peux comprendre. »

Et qui me fait peur. Peur qu’elle finisse par le haïr, par le fuir, comme tous les autres lorsqu’ils comprenaient qu’il resterait à jamais ce qu’il était.


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Aaricia Greyjoy
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Message Ven 4 Jan 2013 - 19:46

Tous en cette maison voulaient un fils. Un fils serait le seul à porter le nom Greyjoy et à le transmettre. Dagon faisait tomber en quelques sortes la pression que l’on lui mettait. D’une certaine manière, il ne voyait pas la venue d’une fille comme quelques choses de mal aisé. Surtout que si elle héritait du caractère de sa mère ou de son père, elle ne risquait pas de se faire marcher sur les pieds. Et puis tant que Dagon n’avait pas une tête sur une pique, elle pourrait donner naissance à d’autres enfants si elle le voulait. Elle était jeune et bien portante. Elle avait failli perdre son enfant par une idée stupide de se joindre à Dagon, mais elle était faite forte. Enfin, elle s’accrochait à cette idée depuis quelques mois déjà. Un semblant de sourire se forgea sur ses lèvres. Elle connaissait trop la seiche désormais. Enfin, il y avait des choses qui lui restaient inconnus de cet homme parfois trop silencieux. Il n’était pas le plus bel homme, mais il n’était pas le plus laid. Il avait beaucoup plus que ca. Elle avait souvent mis sur le premier plan leur différence d’âge. Si son père vivait encore, il partagerait à peine quelques années avec son époux. Ce n’est à peine si elle avait trois ans lorsqu’il avait pris le trône de Grès. Mais Dagon n’était pas son père. Elle avait été aveuglée par sa colère avant de comprendre que cet homme allait la faire grandir et devenir quelqu’un. Un titre bien plus prestigieux qu’une farouche vierge.

Malgré l’inquiétude, il arrivait à faire sourire et alléger ses pensées. Si elle n’était pas assez énorme, elle aurait certainement le culot de s’amener près de son époux pour lui faire savoir qu’il n’y avait qu’elle pour lui trancher la tête. Même dans l’ironie, il était franc. Il avait raison encore une fois. Elle ne devait pas s’inquiéter pour des choses telles que de mauvais pressentiments. Elle avait bien assez lourd à porter sur ses épaules. Elle n’Arrivait pas mettre tout en ordre dans sa tête. Il resterait toujours des capitaines à Cormartel. Il y aurait toujours des capitaines prêts à défendre la forteresse et Lac-au-cadavre n’était pas non plus une tour facile à prendre. Aaricia chérissait l’enfant comme la prunelle de ses yeux. Il n’y avait aucun doute que la jeune seiche, qu’elle était devenue, se transformerait en louve pour protéger ses petits


Je ne leur en laisserai jamais le droit. Je prierais le Dieu noyé pour que cela reste un mauvais pressentiment à jamais. Tu n’es pas le seul, mais je te fais davantage confiance que certain capitaine des iles.


Une confiance amoureuse très certainement. Elle ne remettrait pas sa vie entre n’importe qui. Elle aurait pu en énuméré quelques uns, mais elle ne voulait pas briser le charme de cette rencontre. Car elle l’avait pour elle, une toute dernière fois, avant plusieurs jours, voir peut=être d’interminable semaine. Heureusement pour elle, Cormartel bénéficiait de plusieurs boutres, dont ceux des Sparr et très certainement des Merlyn pour s'unir. Tous ne suivraient pas la flotte de fer. Son père avait toujours été superstitieux et son oncle toujours à l’avant-garde. Elle était certaine qu’il avait tout enseigné à Veloran. Dans le cas contraire, elle prendrait le contrôle de la forteresse au titre même de la Dame des Iles.


Ta présence est loin d’être accablante ou désagréable, mais je survivrais. Je m’en suis plutôt bien sortie depuis que tu m’as épousé. J’ai survécu à Zachery et je ne t’ai pas trop abimé, tu as l’air en bon état.


Une année difficile par moment, où elle s'était mise en tête de le démolir et de lui montrer qu’il n’Arriverait avec elle. Elle avait fini par jeter l’éponge et essayer de devenir ce qu’il voulait. Elle avait réussi en partie. Elle était fière. Elle était passée d’une gamine à une vraie femme. Quand l’un ne pouvait plus supporter l’autre, ils faisaient chambres à part et Aaricia prenait malsain plaisir à écorcher des mannequins à coup d’épée. Elle ne se cachait pas de le dire que la cible était souvent son mari. Elle avait une certaine frustration pour l’amour qu’elle avait pour lui. Elle aurait préféré l’haïr, mais elle n’y avait jamais été capable. CE n’était pas dans sa nature de détester les gens qui voulait son bien en quelques sortes.

Elle se rapprocha et posa sa tête sur le torse de son époux. Personne ne viendrait les troublés dans ce moment et elle se fichait bien qu’il la repousse, elle reviendrait près de lui. C’est ce qu’elle faisait chaque fois. Elle avait entendu ses mots et y réfléchissait. Dagon ne l’avouerait certainement jamais, mais il avait besoin d’elle, bien plus que pour lui pondre des gamins. Et Aaricia … elle n’arrivait pas à se passer de lui. La simple idée de se trouver sur une autre île la rendait malade.


Nous avons autant besoin l’un de l’autre. Personne n’est obligé de le savoir.



Il n’était pas le seul pour autant. Elle avait perdu aussi des personnes qu’elle aimait beaucoup trop. Elle aurait voulu ne jamais s’attacher à Zachery ou Dagon. Elle aurait davantage moins de peine si elle les perdait un jour. Il ne s’en rendait pas compte, mais il avait fait bien des choses qu’elle soupçonnait être sous l’effet de tel sentiments. Il ne voudrait certainement pas qu’elle lui rappelle, mais il était idiot de se croire faible.

Tu dis n’importe quoi, Dagon. On finit toujours par perdre ceux qui nous sont chers et je crains tout autant le jour où tu partiras, toi ou mes frères. Cependant, je suis certaine d’une chose, je ne me souviens pas d’un homme faible. Tu ne crains pas la mort alors quel sentiment t’on amené à défoncer cette porte jadis pour mettre fin aux jours de mon assassin. Tu n’a jamais manqué d’occasion pour mettre une autre femme dans ton lit et pourtant tu ne l’As jamais fait depuis que je suis ici.

Cette vérité semblait plus facile à ses yeux qu’à ceux de son époux. Il était différent de bien des hommes et il avait une chose que certains n’avaient pas. Il n’avait pas l’arrogance des jeunes capitaines. Trouverait-il au moins quelques choses à redire à cela? S’il ne l’avait pas aimé, il l’aurait laissé mourir et l’aurait trahi plus d’une fois, tant il savait qu’elle détestait les femmes-sels.

Tu ne comprends pas pourquoi je peux aimer un homme tel que toi?

Elle avait levé ses yeux aussi bleus que la mer vers lui. Elle serait certainement surprise de la réponse.




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Message Mar 8 Jan 2013 - 17:07

Le Dieu Noyé aurait bien des prières à exaucer. Il n’avait pas été épargné par les pensées de Dagon qui le priait depuis qu’il était en mesure de penser par lui-même. Ce même Dieu qu’il avait pourtant insulté en prière lorsqu’il avait perdu la seule personne qui le comprenait. Du moins, jusqu’à ce jour. Aaricia n’avait aucun point commun avec son ami d’enfance, qu’il aimait à cataloguer de meilleur ennemi. La Méduse n’était au départ qu’une personne détestable qui avait rendu l’enfance de Dagon méprisable. Une suite sans fin de coups et de médisances auxquels le petit lord avait fait faux bond en remettant à sa place son ainé. La Méduse était menuisier, comme son armoire de père. Spécialisé dans la construction des boutres. Après une enfance désastreuse, les deux anciens ennemis étaient devenus cul et chemise. Dagon passait son temps à décuver dans la tendre sciure qui jonchait le sol de l’atelier et la Méduse prenait un malin plaisir à le dénoncer au Capitaine de la flotte qui perdait sa patience à chercher continuellement le fils du suzerain qui faisait toujours défaut à son poste et à ses entraînements.

Comprenant qu’il n’obtiendrait rien du jeune lord par la force, il avait réussi à convaincre Lord Balon de laisser son fils prendre part aux razzias. S’en était suivi une lente montée en puissance et de plaisirs infinis pour le fils Greyjoy, toujours accompagné par l’ombre de son confrère. Mais en l’espace de quelques mois, la vie de Dagon s’était transformée, radicalement. La rencontre avec l’Ouestrelin, la chute des siens lors d’un raid violent, la perte de la Méduse et la juste prise du trône de Grès. En trois misérables mois, Dagon était devenu ce que tous connaissaient aujourd’hui. De ce passé pourtant amèrement agréable, il ne lui restait que Harlon. Cet oncle toujours apprécié était l’un des rares à savoir par quoi le Lord était passé. Enfin le seul, ce bougre avait des mérites mais tenir sa langue n’était pas toujours une priorité, surtout si la boisson venait humecter ses lèvres.

A défaut d’un rire amusé, ce fut l’œil du Greyjoy qui trahit son état d’esprit. Pas trop abimé. Ca restait à prouver. Dagon devenait de plus en plus agréable et supportait de moins en moins les mauvaises langues concernant son épouse. Il n’avait jamais toléré qu’on s’en prenne à sa famille, mais il n’y a pas si longtemps que cela, c’était lui qui lançait les piques les plus odieuses contre sa femme, toujours imité par ses confrères. Comment devait-il justifier cela ? Il se contentait de se taire, et de laisser les autres se faire des idées. Mais ce mariage le rendait de plus en plus faible. Il avait l’impression de devenir un Continental, à chérir pour toujours une seule épouse. Ce qui contredisait entièrement son choix de refaire vivre l’Antique Voie. S’il ne pouvait ou ne voulait porter préjudice à sa femme en reprenant une femme-sel, il se devait tout de même de garder les apparences intactes. Apparences trompeuses à Pyk mais qui, lors des raids confirmaient son appartenance à la croyance antique.

« Tu grossis à vue d’œil, et n’a plus rien d’une vierge. Physiquement, c’est toi la plus abimée. Comme prévu, c’est à moi que ce mariage réussi le plus. »

Alors qu’au départ, il avait la dangereuse impression de reproduire exactement le même schéma destructeur qui s’était produit bien plus tôt avec la Botley qui lui avait servi d’épouse. Mais si ni Zachery, ni lui ne pouvaient supporter d’énoncer ce nom désormais, tous deux avaient acceptés Aaricia. L’espace de quelques années, après la mort de Malora, Dagon avait eu des envies d’évasion. Pyk était devenu un endroit qu’il détestait et ne lui rappelait que douloureux souvenirs. Il aurait donné ce qu’il lui restait alors pour prendre la mer et je jamais revenir. Vivre jusqu’à la fin avec pour seul horizon un bleu infiniment profond. Mais le devoir était revenu le hanter, et du jour au lendemain, il avait repris le cours de ses pensées, et vécu comme son honneur lui demandait d’être. Pour son fils, pour ses hommes et pour ses îles. Il était heureux d’avoir définitivement enterré cette partie de sa vie.

Le caractère de son épouse, au lieu de lui pourrir l’existence, lui rendait la vie agréable. Elle continuait à le chercher et à lui lancer des réalités en pleine face, mais son âme ne voulait pas l’écorcer vif pendant son sommeil, du moins plus maintenant. Plus il essayait de l’éloigner, plus elle revenait vers lui, schéma bien différent du premier mariage qui s’était soldé par deux morts. Une fois encore, il voulait l’éloigner, et elle venait à lui. Il ne la repoussa pas. Il avait appris à profiter de ces quelques moments où leurs esprits semblaient s’entendre parfaitement, parce qu’ils étaient rares. Il n’était jamais très présent, ni pour elle, ni pour Zachery, et le serait probablement encore moins avec son nouvel enfant. Et pourtant, ces instants de rencontre lui permettaient de garder la tête froide et de continuer à gérer les îles en toute connaissance de cause. En dehors des raids, c’était les seuls instants qui lui permettaient d’échapper à ses fonctions et à ses obligations.

Il ne répondit pas aux questions muettes de son épouse. Il n’avait pas de réponse, ni à l’une ni à l’autre. Il avait défoncé la porte, mué par un sentiment qu’il ne maîtrisait absolument pas. La peur lui avait pris les tripes et il avait couru ici sans que son esprit ait le temps de lui indiquer qu’il risquait de finir épinglé au mur en entrant sans plus de précautions. Même après, il n’avait su expliquer son geste. Il avait connu la peur enfant. Sentir ses mains trembler et le stress lui envahir le corps l’avait rendu encore plus infâme les jours suivant. Il ne voulait plus être l’enfant. Il ne voulait plus souffrir sous le joug d’autrui. Et concernant son lit…il n’avait plus la tête à ça. Il aurait pu sortir tout bonnement qu’il avait bien assez baisé jeune pour ne plus avoir envie aujourd’hui, mais là n’était pas l’argument principal. Il ne touchait plus aux femmes parce qu’elles le rendaient coupables d’une trahison qu’il ne pouvait cautionner. Et même s’il aimait son fils bâtard, il n’en voulait pas un de plus. Il ne voulait pas reproduire le schéma paternel. Mais si ce mode de vie devenait dangereusement sien, il n’imposait rien de tel à ses hommes qui aimaient toujours autant la bonne chair.

« Chacun son point de vue. Tu ne me feras pas changer d’idée sur ce sujet. Sans attache, les morts ne sont que noms sur un interminable tableau. Mais dès que ton esprit y voit un quelconque lien, tu y perds une part de toi. » C’est ce qu’il avait ressenti après chaque perte.

Un sourire moqueur se dessina sur son visage. Il ne se supportait pas lui-même alors comprendre pourquoi quelqu’un pouvait le trouver digne d’amour relevait du défi. Il se savait admiré ou craint mais aimé…Son fils, il n’avait guère le choix. Et encore, il soupçonnait l’enfant de l’admirer et de le craindre plus que de l’aimé au sens premier du terme. Alors Aaricia… Il l’avait faite sienne de force, en lui imposant un mariage qui n’avait rien d’équitable. Une jeune femme rebelle qui finissait comme première Dame de Pyk sans grande chance d’évasion d’un quotidien morne et restrictif. Et tourmentée par un homme qui avait le double de son âge. Rien de bien agréable vu sous cet angle pessimiste.

« J’ai tout bonnement arrêté de chercher. Ton esprit divague. Mais si cela peu te rendre la vie plus supportable… » Il baissa le regard sur son épouse qui la regardait sans ciller. Et chuchota. « Continue de m’aimer. » Sa main vient à la rencontre du visage d’Aaricia. La mer et le sel n’avait pas encore rendus sa peau rêche. Elle était toujours aussi douce que le premier jour. Pour empêcher une réplique, il s’avança pour l’embrasser, comme pour la garder jalousement. Elle était à lui et à personne d’autre. « Mais tu restes sans le moindre doute, la personne la plus cinglée des îles. » Pour ne pas dire de tout le monde connu. Il la gratifia d’un franc sourire, qu’il offrait uniquement en sa présence.


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Message Dim 13 Jan 2013 - 2:58

La jeune femme grimaça lorsqu'il prononça le mot grossir. Elle avait l'impression de trainer une baleine chaque fois quelle posait ses pieds au sol. D'une certaine manière, il avait réussi, mais elle ne voyait pas cela comme une défaite. Elle était plus puissante mariée que vierge. Une lubie qui aurait fini par s'éteindre avec le temps. Elle aurait bien fini ses jours avec un homme. Elle aurait préféré écrire cette histoire sur un boutre, qu’enfermé dans une pièce à Cormartel ou Pyk. Elle savait qu'une fois son enfant né elle pourrait reprendre ses entraînements et de reprendre le train de vie de Pyk. Elle avait réussi une brèche dans ce cœur et c'était tout ce qui lui suffisait pour continuer à détruire ce mur qu’il dressait entre elle et ses sentiments.

Ils n’avaient pas la même conception du mot abîmé. Elle avait jadis été encore plus mal en point. Ses rébellions de petite princesse comme les appelaient son père la menait souvent a souffrir. Elle avait côtoyé la mort plus d'une fois comme le Greyjoy très certainement. Ses amants avaient été souvent la cause première. La plupart du temps ceux qui la faisait souffrir, savaient comment le faire et n’hésitaient en aucun cas. Elle avait même réchappé de justesse à la mort. Quelques os de brisés, la chair du dos à moitié ouverte. Elle avait été abîmée bien avant que le Greyjoy la veuille pour épouse. Il était très loin des hommes violents qu’elle avait connu.


Il me faudra bien plus qu'une grossesse pour m'abimer. Et ce n’est qu’une question de jours pour que cela soit du passé. Les mauvaises langues auraient tendance à dire que le mariage ne me va pas si mal.


Ce n'était qu'une question de temps avant qu’elle ne retrouve sa taille et surtout son mari. C'est ce qui lui manquait le plus dans tout. Le saigneur leur avait bien interdit tout contact. Depuis qu’elle avait eu la brillante idée de suivre Dagon dans le nord, Elle regrettait chaque jour. Elle se fichait bien des mauvaises langues. Ils pouvaient dire ce qu’ils voulaient. Loin d’elle l’idée de démentir qu’elle n’était pas malheureuse. Bien au contraire, elle avait fini par y trouver son compte et sa cohabitation avec la seiche n’était pas si terrible. Il prenait soin d’elle, à sa manière et elle ne pouvait pas se plaindre d’être maltraitée.


Elle avait préférée ne rien dire. Il n'avait pas tort sur ce sujet. Combien de fois regrettait-elle la mort de sa mère et celle de son oncle. Elle n'avait jamais aimé son paternel bien qu'il fut la personne la plus présente dans sa vie. Il était le seul mort qui ne la hantait pas. Il avait tout fait pour l’éloigner de ses fils chéris. Il l’avait détesté au moment où il l’avait vu penché sur le berceau d’un des jumeaux avec le poignard de sa mère. Son oncle l’avait bien sauvé cette fois là, mais elle savait que son père n’aurait pas été clément, s’il n’y avait pas eu l’intervention du Batard. Elle comprenait Dagon, on ne pouvait pas oublier ceux que l’on avait aimés. Elle ne supporterait certainement pas de le perdre, maintenant qu’elle l’affectionnait.


Elle divaguait? Peut être. Quand bien même que cela serait faux, elle n'aurait pas la force de le contredire. Il avait peut être raison. Ses yeux s'étaient levés vers lui lorsqu'il laissa sa phrase en suspens. Son cœur eut enfin un certain répit lorsqu'il lui demanda de continuer de l'aimer. Tout ce qu’elle voulait, elle l’avait enfin. Elle était si heureuse enfin. Elle fut surprise de voir son époux tenter de lui couper la parole. Elle ne doutait plus désormais. Elle ne chercha pas à le repousser d’une quelconque manière et se laissa faire. Un sourire finit par planer sur ses lèvres. Il lui faisait tant sourire.


Elle caressa sa joue, le cœur léger de savoir qu’il ne lui refuserait plus son amour. Elle pouvait l’aimer en silence s’il le désirait. Elle ne s’objecterait à rien tant qu’elle avait pour elle, la possibilité de l'avoir près d'elle. Qu’elle serait malheureuse sans lui. Quand il était proche d’elle, elle se sentait intouchable. Elle avait l’impression que rien ne pouvait lui arriver. Elle se sentait en sécurité et ce même si la menace pesait sous sa tête.


Et peut-être même la femme la plus cinglée de ce monde, mais ca me va. Je peux assumer ce rôle parfaitement.


Il n’était certainement pas le seul à le penser. Bien des gens le croyaient désormais. Elle avait changé avec Dagon. Elle était devenue plus sage. Son coté petite princesse s'était estompée peu à peu. Elle aurait voulu ne jamais s’attacher à la seiche Greyjoy, mais elle n’avait jamais réussi à le détester. Pourtant, elle se savait capable de détester les hommes. Elle n’avait jamais réussi, avec Dagon. Même quand il parlait de l'écraser, elle ne le détestait pas. Elle voulait se faire aussi forte qu’il le voulait. S’il venait à mourir et qu’elle donnait naissance à un fils, elle aurait fort à faire pour que son fils soit digne du trône de Grés.

Aaricia finit par quitter les bras de son époux et se changer pour une simple robe de nuit. Elle finit par réapparaitre. Ainsi accoutrée, elle avait l’impression d’être encore plus énorme. Tant pis, elle assumait la déformation de son corps. Elle attrapa la main de son époux et la serra dans la sienne.

Restes avec moi pour une dernière nuit.

Elle utilisait ses petits airs manipulateurs pour au moins qu’il reste encore une dernière nuit auprès d’elle. Après, il aurait beaucoup à faire, elle en avait peur.




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Message Sam 2 Fév 2013 - 18:40

Encore une chose inavouée, mais Dagon avait été soulagé en découvrant que sa nouvelle épouse ne reproduirait pas le schéma du premier mariage. Il s’était petit à petit rendu compte que ce n’était pas uniquement le fait d’Aaricia. Certes, elle avait beaucoup évolué en devenant une véritable femme-roc capable de commander la flotte aussi bien que lui, mais ça allait plus loin. Avec la Botley, Dagon n’avait fait aucun effort. Il l’avait détestée et traitée comme une catin depuis leur première rencontre. Et restait éternellement borné, peu importait les efforts que sa première épouse tentait de faire pour lui plaire. Plus elle en faisait, plus il lui crachait dessus. Elle le rendait malade. Nerveusement malade. Et tout n’avait fait qu’empirer jusqu’au dénouement funeste. Dénouement qui étrangement, n’avait pas trop affecté le petit bâtard qui lui servait de fils. Rassurant ? Pas véritablement. Il ne pouvait croire que Zachery n’avait pas été touché par ces évènements. La tristesse devait être trop profondément cachée pour que même son père ne s’aperçoive pas qu’elle existe. C’est du moins ce qu’il craignait. Il savait au fond de lui, qu’un jour cet épisode referait surface de la pire des manières et qu’il serait jugé premier coupable. Et qu’il l’accepterait pleinement. Mais avec ce second mariage, toute la famille Greyjoy avait évolué. D’ailleurs le mot famille pouvait enfin être utilisé. Même si Dagon avait des occupations de leader qu’il ne pouvait mettre de côté, il était de plus en plus fréquent que sa femme et son futur enfant, ainsi que Zachery, soient pris en compte dans ses décisions. Il s’était pourtant toujours appliqué à ne pas prendre en compte le côté privé qu’on lui avait imposé jusqu’alors, mais depuis une année, les cartes n’étaient plus les mêmes, et pour une fois, il avait l’impression d’être entouré, même dans l’ombre, par des êtres sur qui il pouvait compter.

Même si son épouse semblait fatiguée, elle ne semblait pas avoir perdu de sa répartie. Et s’était agréable. Le début de soirée avait été plus que tendu. L’alcool n’y était pour pas grand-chose. L’inconfort de se retrouver à devoir diriger un banquet sous son propre toit avait mis à rude épreuve les nerfs de Dagon déjà bien suffisamment tendus ses derniers jours. Il n’avait d’ailleurs pas reçu de nouvelle réjouissante depuis presque un mois et même son naturel détaché commençait à trouver son environnement bien trop terne. Il avait un besoin cruel d’action et de liberté. Liberté qu’il ne trouvait que très rarement en étant cloîtré sur Pyk. Mais les moments en compagnie de sa femme et de son fils lui permettaient des escapades qu’il s’obligeait de prendre pour garder la tête hors de l’eau. Il n’espérait qu’une seule chose ; que leur enfant naisse enfin pour qu’il puisse ressentir la présence de sa femme dans chacun de ses pas. La réalité était bien plus agréable avec Aaricia. Elle le surprenait dans bien des réactions qu’il ne mettait en cause que si elles affectaient la vie d’un homme. Elle n’avait rien d’une gentille épouse posée qui restait dans l’ombre de son époux. Elle représentait l’autorité pendant son absence et n’hésitait nullement à contredire son jugement si elle l’estimait faux ou corrompu. L’orgueil de Dagon l’empêchait de plier le genou au moindre caprice de sa femme, mais toujours il écoutait ses propos pour en tirer ses propres conclusions. Elle était tout à fait capable de diriger les îles. Elle l’avait déjà prouvé lorsqu’il était revenu dans un état proche de la mort et qu’il avait dû garder le lit pendant plusieurs semaines. Désormais, il ne se posait plus de question concernant ses compétences.

Il aurait apprécié de la garder encore quelques instants dans ses bras, croyant qu’il allait se faire renvoyer dans les plus brefs délais. Il n’avait pas eu le droit de la voir depuis des semaines vu son état. Elle avait fait un effort considérable en assistant au festin aussi longtemps qu’elle le pu, graciée par la soudaine chute de fatigue de son beau-fils. Etonnement, il avait respecté cet ordre qu’il n’avait aucunement instauré lui-même. Il trouvait ça plus que stupide en premier lieu ne voyant pas en quoi sa présence pouvait nuire à l’enfant. Mais il s’était vite rendu compte que cette interdiction de visite tentait de les protéger tous les trois d’une crise de nerf. La voyant s’éloigner, il se retourna, en premier lieu pour prendre la porte. Mais alors qu’il s’attendait à l’entendre lui demander de s’en retourner dans ses propres appartements, il reconnut le bruit caractéristique qu’elle produisait en se changeant. Alors il s’arrêta. Même si elle lui demandait de s’éloigner, il pouvait attendre un instant, la revoir une dernière fois avant de remonter. Il l’entendit approcher à nouveau. Il serrait la poignée de la porte ouverte dans une main, son geste arrêté par ses pensées. Aaricia s’empara de l’autre, restée libre. Elle n’eut pas besoin de le lui demander deux fois. Et son expression manipulatrice n’y était pour pas grand-chose. Dagon avait besoin de son soutien, de sa présence plus que jamais. Elle était probablement la seule à pouvoir chasser les nuages noirs qui semblaient se dessiner dans son horizon. A nouveau, un sourire se dessina sur son visage. A la voir ainsi, en tenue de nuit, il avait la désagréable impression de ne nullement être son mari, mais son père. Il ne pouvait même pas envisager de profiter de son corps, de sa chair. Il devait encore être patient, même si cela lui coûtait. Ce sentiment de devoir la protéger et juste la regarder lui donnait une image de lui-même bien triste, et pourtant bien réelle. Il se faisait vieux. Il n’avait jamais fait attention aux années, mais il approchait de la retraite alors qu’elle était dans la force de l’âge. Sans brutalité, il referma la porte qu’il avait maintenue ouverte dans son mouvement. Chose faite, il se retourna vers son épouse.

« Ne joue pas à ce point avec les mots. C’est bien loin d’être la dernière nuit que je passerai en ta compagnie. » Il arqua un sourcil avant de reprendre. « Si tu veux toujours de moi après que tu aies sorti le poulpe qui a élu domicile dans ton ventre. »
Ils auraient tout deux de quoi faire après cet accouchement qui ne s’annonçait absolument pas de tout repos. Mais en se faisant violence pour quitter la grande salle à une heure abordable, il pourrait sans autre profiter de la compagnie de sa dame. Il l’avait toujours mise à l’écart de ce qu’il faisait pour lui laisser plus de liberté. Cependant, il ne tenterait plus de la repousser si elle demandait sa présence.

Serrant la main de son épouse, il l’attira à lui. Il fit passer son bras par-dessus sa nuque dans l’idée de la porter. Il ne sut l’instant d’après s’il venait de surestimer sa force ou sous-estimer le poids qu’elle pouvait bien faire pareillement enceinte. Un délicat « Oh bordel … » lui échappa lorsqu’elle se retrouva complètement dans ses bras. Elle n’avait jamais été une jeune femme squelettique mais là…un baril d’hydromel ne faisait pas la balance.
« J’espère que ça n’est pas sa tête qui fait tout ce poids. Ce môme risquerait d’être assommant. » Il savait que les semaines sans bouger n’avait pas aidés la jeune femme à garder la silhouette longiligne mais pour un seul enfant, qui ne pèserait au final pas plus de six livres, c’était tout de même beaucoup pour pas grand-chose. Un seul ? Dagon tourna la tête vers son épouse. Une expression de défi se lisait sur le visage. Du défi lié à de l’inquiétude. « A moins qu’il s’agisse encore d’une mauvaise habitude des Bonfrère ? S’ils sont deux, fais-moi plaisir de privilégier ta vie et non celle d’un deuxième brailleur dont on ne saurait que faire… » Il n’y avait pas eu, à sa connaissance de jumeaux dans la branche Greyjoy. Beaucoup d’enfants, mais jamais en doublons. Par contre, il connaissait la branche Bonfrère et c’est ce qui le faisait douter.

Il détourna le regard pour fixer le lit. Pas étonnant qu’elle se déplace avec autant de précautions. Il resserra son étreinte et se mit en marche avec autant de douceur dont il était capable. Les coquilles répandues sur le sol ne lui facilitaient aucunement la tâche. Il ne les voyait même pas, par-dessus le ventre rond de son épouse. Mais il les sentit croustiller sous ses bottes. La mer n’allait pas disparaître. Zachery en trouverait bien d’autres. Son genou buta contre le sommier du lit et lui arracha un soupire. Il espérait juste ne plus jamais être assez con pour tenter une nouvelle fois de lui faire parcourir la distance porte-lit à bout de bras. Il finirait par se rompre le dos. Mais il n’en fit pas la remarque. Si elle n’avait pas été aussi délicate, il l’aurait délibérément fait choir dans le lit sans ménagement. Mais il ne pouvait clairement se le permettre. Il n’avait rien de romantique et il savait pertinemment que s’il se penchait en avant pour la déposer sans son lit, il en perdrait l’équilibre, les envoyant tous deux à bas du lit. Il se résolut alors à libérer les jambes d’Aaricia pour qu’elle puisse prendre appui sur la literie. Il se contentait de la soutenir par la taille pour qu’elle ne perde pas l’équilibre.


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Aaricia Greyjoy
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Message Dim 3 Fév 2013 - 4:39

Qui aurait cru que tout changerait aussi vite? Aaricia n’avait jamais réussi à croire qu’elle obtiendrait ce cœur. Harlon avait été fort clair avant le mariage, Dagon ne l’aimerait peut-être jamais. Un triste sort auquel avait fini par croire. Ils étaient si différent sur certains points et si pareils sur d’autres. Ils avaient tout deux un caractère terribles, mais Pyk était toujours debout. Elle s’était acharnée pendant des mois à percer ce cœur et elle y était parvenue.

Elle n’était plus la plus belle ou la plus élégante avec ce ventre, mais elle se fichait bien de ce que l’on pouvait bien penser. Elle acceptait beaucoup mieux ses conditions depuis qu’elle avait percé un peu le cœur de son terrible mari. Il paraissait plus coriace qu’il en avait l’air. En le voyant près de la porte, elle avait cru qu’il tentait encore de la fuir, mais quel soulagement ce fut de voir cette porte se refermer. Ils étaient certainement un des couples les plus cinglés des Iles de fer. Quand elle n’avait pas envie de lui faire la guerre, elle essayait de devenir ce qu’il voulait. Autrement, elle arrivait à lui pourrir la vie et lui se moquer d’elle. Elle se fichait bien des ragots. Elle ne changerait pas Dagon pour rien au monde et elle était certaine qu’aucun homme ne pourrait avoir la patience du Kraken. Elle finit par lever les yeux vers lui et lui offrit un délicieux sourire.

Tu es le seul que je veux et cela ne changera jamais. Les années pourront défiler, jamais et personne ne prendra ta place.

Mort ou vivant, elle n’accepterait aucun autre homme dans sa couche et encore même dans sa vie –autre que ses frères et fils évidement-. Même la vieillesse ne l’affecterait pas. Elle se laissait parfaitement la liberté du badinage, mais n’irait jamais trahir son époux. Au finale, elle se sentirait même incapable de remplir sa promesse qu’elle lui avait faite, il y avait peu de temps.

Elle lui caressa la joue avant de se laisser faire. Elle n’était pas habituée au geste de son époux. Encore moins lorsque c’était pour de bonne intention. Lorsque ses pieds quittèrent le sol, elle s’accrocha à son cou et éclata de rire ce qui eux certainement don de chasser sa tristesse de son départ. La dernière fois qu’elle avait été dans cette position, elle se faisait jeter à l’eau. Elle ne put s’empêcher de rire lorsqu’il s’échappa.


Grand fou. S’il est assommant, on sait de qui, il aura hérité.


Elle parlait pour elle. Son caractère l'était parfois et elle se demandait comment il faisait pour survivre. Quelques mois plutôt, elle aurait certainement prié pour que cet enfant soit aussi pire qu’elle pouvait l’être. Avec le temps, elle avait largement changé d’avis et espérait qu’il retiendrait davantage de son père. Il n’était pas encore né qu’un grand destin l’attendait et plusieurs épreuves.

Elle ravala vite son rire. Elle espérait qu’il n'y ait qu’un seul enfant. Déjà elle craignait que ce ne soit pas un fils, elle ne voulait pas ajouter à tout cela le destin. Elle était bien au courant de la généalogie Bonfrère. Rare était les jumelles, mais plusieurs mâle de la famille était en partie des jumeaux. Elle avait envisagé quelques semaines auparavant cette option, mais elle s'était rassurée en se disant que son alitement était la cause de tout ce poids. Néanmoins, Harlon et le saigneur étaient convaincus qu’elle n’échapperait pas à la génétique Bonfrère. Chaque génération avait été gratifiée de jumeaux. Elle aurait aimé qu’il ne parle pas de cela. Elle aurait eu encore moins peur.


Je préférais que cette mauvaise habitude des Bonfrère ne se produise pas. Je te promets de rester en vie quoiqu’il doive arriver. Je n’.ai pas envie de partager le destin de ma mère. Harlon a voulu être du voyage. Il m’accompagnera jusqu’à ce que l’enfant naisse et veillera à ce que le dieu Noyé protège ton fils. J’imagine que tu n’y vois aucun inconvénient?


L’arrivée du petit poulpe était une question de semaine et encore de jours. Le mestre de la maison Bonfrère veillerait au bon fonctionnement de l’accouchement et Harlon avait tenu à baptisé le premier né légitime de Dagon.

Elle ne l’avait pas regardé. Elle pouvait passer des heures à fixer son ventre et se demander ce qu’il adviendrait une fois le grand jour. Déjà, accoucher loin de Pyk n’était pas dans ses plans, si elle devait mettre au monde deux poulpes, elle en serait presque désespérée. Oui, elle avait élevé ses frères, mais ils étaient plus âgés. Elle n’aurait nul autre choix que de puisés des conseils chez la Merlyn. Surtout que celui qu’elle avait tué dans le Nord l’avait quelque peu traumatisé. Elle n’était pas assez folle pour le dire, mais elle n’Arrivait pas à départir de cette image.

Elle le laissa atteindre le lit et posa ses jambes qu’il avait libérées sur le lit. Elle prit un appui et se laissa déposer doucement. Elle recula et laissa toute la place à son époux. Elle était heureuse qu’il n’ait pas pris la porte. Elle avait envie de se blottir dans ses bras une dernière fois avant de quitter la forteresse. Elle le laissa prendre place et lui caressa la joue. Elle finit par glisser les ses lèvres sur celle de son époux et l’embrassa tendrement. Il était sien et elle ne laisserait jamais personne le lui prendre. Elle aurait aimé pouvoir arrêter le temps pour rester encore longtemps près de lui. Elle l’avait regardé dans les yeux, avant de parler.

Ne nous oublie pas à Cormartel.





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Dagon Greyjoy
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Message Mar 12 Fév 2013 - 22:16

La nuit était déjà bien avancée, et même si elle allait être des plus courtes, Dagon savait que ce serait probablement la dernière avant bien longtemps… Outre le fait que l’accouchement allait épuiser Aaricia outre mesure, ils devraient maintenant composer avec un bambin. Même si son épouse était l’une des femmes les plus coriaces des îles, elle n’échapperait pas à l’instinct maternel, il le savait pertinemment. Elle n’en viendrait probablement pas à chouchouter l’enfant comme une veuve sans espoir, mais la connaissant, il doutait fort qu’elle soit capable de laisser son enfant à une nourrice. Et ça promettait de nouvelles nuits en solitaire. Dagon, s’il avait su se montrer patient avec son épouse et avec bien des marins, ne pouvait se montrer compréhensif avec les enfants. Certes, il s’entendait désormais très bien avec son jeune bâtard, mais c’était une grande partie dû au fait que ce dernier n’avait pas eu de mère pour y veiller. Même si plus d’une chose l’insupportait au point de le mettre hors de lui, Dagon ne manquait jamais à son devoir. Il avait conçu cet enfant – sans le vouloir pour autant - mais quand ce petit être était entré dans sa vie pour de bon, il n’avait eu qu’à jouer le rôle de père. Mais le schéma, et il l’espérait, était bien différent. Ce nouveau fils aura une mère, jeune et bien portante et tout aussi caractérielle que la mer. La responsabilité était donc partagée en deux, et le Seigneur de Pyk savait se faire porter absent à outrance. Il n’avait aucunement l’envie de passer ses journées avec un brailleur qu’il aurait tôt fait de noyé au premier cri. Il ne tolérait pas le désordre, Zachery pouvait en témoigner. Et Aaricia ne tolérerait pas qu’il se défile. La guerre allait à nouveau régner au sein de Pyk. Un sourire lui rida la joue. Les beaux jours de prise de becs allaient revenir sur Pyk. C’était ce qu’il regrettait le plus. Emmerder sa femme à longueur de journée et se faire traiter de tous les noms de céphalopodes existants en se faisant menacer d’une mort des plus atroces étaient ce qui permettait à Dagon de rester à la tête des îles. Une sorte de défouloir qu’ils avaient apprivoisés tous les deux, à défaut de se faire du mal – au début.

Il se contenta d’un signe de la tête, à la question de son épouse. Harlon pouvait se vanter d’avoir toujours eu l’amitié du Lord Ravage. Et le lien familial n’y était pour rien. Même en étant son oncle, et son aîné, Harlon n’avait jamais traité son neveu comme un gamin et lui avait cru en lui depuis son plus jeune âge. Les relations père-fils avaient toujours été désastreuses pour Dagon, et la seule figure paternelle qu’il n’ait jamais toléré, c’était cet oncle voué au Dieu Noyé. Il n’aurait pas hésité un instant à lui confier son gosse et qu’il assiste à l’accouchement ne l’étonnait aucunement. Comme prêtre, il voudrait s’emparer du bébé à peine fut il sortit du ventre de sa mère pour y être plonger, dans leur mère à tous, la mer. De plus, Dagon s’en fichait pas bien mal d’avec qui elle vivait ce moment. Il savait juste que lui ne serait pas de ce voyage. Pour le bien de tous. Qu’elle demande à une vieille femme aveugle, à ses frères ou même au premier venu de lui tenir la main, qu’à cela ne tienne. Il ne voulait absolument pas être mis au courant de ce passage. Il connaissait assez son oncle pour savoir que ce dernier accourrait avec le mioche dans les bras en le portant comme un trophée, croyant faire la fierté de son Greyjoy de père. Mais ça ne serait pas le cas. Même si cet enfant était issu de sa propre chaire, il serait jugé au même titre que tout homme sur les îles : par ses actes. Jamais il ne chérirait un petit mollusque brailleur et mou du bulbe.

Sachant qu’il ne quitterait la pièce qu’au matin, il se débarrassa de ses bottes et de son gilet de cuir. Il avait le climat de Pyk dans le sang et vu la fièvre tenace de son épouse ajoutée à la dose d’alcool qui séjournait encore dans son estomac, il ne risquait pas de prendre froid. Il se hissa à son tour dans ce lit emplit de bien des souvenirs et accepta sans broncher les attentions doucereuses de son épouse. Il aimait lui faire la guerre, mais savait aussi que contrairement à lui, elle avait besoin de tendresse – d’en recevoir et d’en donner. En soupirant, plus de satisfaction que de lassitude, il fit passer son bras par-dessous la nuque de son épouse. La garder encore une nuit à lui. La partager avec un enfant n’aurait rien de simple. Il tourna le visage pour la regarder. Il avait très bien ce qu’elle sous-entendait. Mais il choisit de répondre à côté.

« Ha ! Comme si "oublier" pouvait être utilisé te concernant. Même si je devenais sourd et aveugle tu trouverais toujours un infâme moyen pour t’imposer à mon esprit. Non, ne t’inquiète pas. Harlon vous ramènera tous les deux. Il y veillera personnellement, connaissant l’animal. »

Il détourna la tête rien que d’y penser. Son oncle avait ce défaut-là, toujours rappelé à Dagon là où étaient ses priorités et ses responsabilités. Sans aucunement les trier dans un quelconque ordre d’importance. Ce qui avait le désagréable avantage de ne jamais laisser Dagon le temps "d’oublier" qui ou quoi que ce soit. Mais sachant que ça n’était nullement la réponse qu’attendait Aaricia, il baissa le menton. Le silence. Il adorait ça. Mais il avait été franc avec elle depuis le début de leur entrevue, et il le resterait jusqu’au matin. S’il avait parlé d’un ton railleur, il était désormais des plus sérieux et la franchise se lisait dans son œil droit.

« Ma tête n’est que brouillard. Chasser ces nuages et mettre mon esprit au clair est ma priorité. Peu m’importe ce qui arrivera par le large, je viendrai à Cormatel. Te prendre, une seconde fois, de force s’il le faut. Je ne t’y laisserai pas, même si Pyk n’est plus que ruines fumantes et honte disgracieuse. En cela tu peux avoir confiance. » Il n’avait pour le moment pas la moindre idée de ce qui arriverait et quand il pourrait venir la chercher. Mais une promesse, reste une promesse. « Cormartel et tes frères eux-mêmes ne pourront me faire oublier ce que nous sommes. Les îles ont besoin d’un guide et d’un chef. Et cette personne, ce n’est plus moi. Mais nous. »

Il ne savait même pas quel message il voulait transmettre. Il essayait seulement d’être agréable et moins amer qu’à l’ordinaire. Il n’avait jamais connu la tendresse simple et honnête, comme celle que lui offrait Aaricia. La réticence était toujours de mise, ne voulant pas subir les dommages que lui causerait un naufrage si son épouse n’était que fourberie. Mais il voulait croire en la possibilité d’une entente sincère et réciproque. De sa main libre, il remonta le drap sur ses jambes en se retenant de laisser le reste – négligemment – à sa femme. Il se contenta de la couvrir sans tendresse, juste pour éviter une remarque sifflante. Il se passa une main sur le visage, comme pour y enlever le stress et l’amertume de la journée.

« En parlant de Cormartel… j’ai décidé ça ce soir. En dehors de ma carcasse, personne n’était au courant. Ça c’est juste imposé à mon esprit, et je l’ai accepté. Outre ce sentiment de menace ennemie, je n’aurai pu me trouver sur la même île que toi lors de ton accouchement. Il était donc normal que ce soit toi qui quittes Pyk. »

Ça n’avait rien de bien compliqué. Dagon y était né, alors qu’elle y séjournait que depuis peu. Il n’allait tout de même pas se balader sur Grand Wyk, Salfalaise ou encore Harloi pour passer le temps. Il n’était pas un Suzerain qui à la naissance de son gosse, le clamerait dans toutes les îles. Le fils assumerait ce rôle tout seul. S’il voulait se faire respecter du peuple, il aurait à le faire seul.

« Et pour mon oncle. N’écoute pas ce qu’il pourra te dire concernant des illustres noms de mes ancêtres. Je ne veux pas que mon fils porte le nom de mon père ou de mon grand-père ! Le reste, je t’en laisse seule juge, du moment que je peux l’appeler sans devoir réfléchir à comment il s’appelle… »

Il se souvenait parfaitement des noms, mais dès qu’ils dépassaient deux syllabes, il avait tôt fait de trouver des diminutifs. Si son épouse ne voulait pas que leur enfant soit affublé d’un sobriquet qui ferait le tour des îles en un rien de temps, elle avait meilleur temps de bien choisir.


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Message Sam 16 Fév 2013 - 3:43

Elle n’aurait jamais cru tomber à ce niveau, mais elle aimait avec tendresse un homme. Elle aurait aimé jamais en être capable de sa vie. Elle aurait aimé dédier tout son temps à un boutre plutôt qu’un enfant ou un mari. Elle s’était accrochée à Dagon et en était incapable de se défaire de son emprise. Elle aurait aimé faire taire les mauvaises langues. Certaine venait de Cormartel et elle en voulait certainement au monde entier. Même si elle était enceinte jusqu’aux yeux, elle restait la femme la plus puissante des iles de fer. Une chose qu’on lui avait mis dans le cranes et qu’elle n’oubliait pas. Elle aimait bien comment il pouvait la rendre insupportable quand il parlait. Elle devenait presqu'un monstre terrible, sans pitié Elle avait appris à en rire, plotait que de s’en faire et de grimper dans les rideaux. Il n’avait pas non plus tort quand il exagérait. Elle arriverait certainement à lui faire sentir qu’elle était même s'il était sourd et aveugle. Elle avait ce mauvais don de tout ramener à elle quand elle le voulait. Ce qu’elle voulait surtout, c’était de ne pas quitter son mari et de le revoir au plus vite. Un sourire s’immisça sur ses lèvres, et elle soupira intérieurement. Derrière ce sourire, elle cachait cette inquiétude de ne pas revenir seulement avec un, mais avec deux. Tant pis, si vraiment le Dieu Noyé le voulait ainsi, elle renoncerait à reprendre la mer. Elle ne maugréerait point sur son sort, du moins, pas devant Dagon. Elle s’en abstiendrait de dire quoique ce soit. Elle préféra se lover dans ses bras. Bientôt elle redeviendrait entièrement à lui.

Je ne crois pas que tu puisses un jour te débarrasser si facilement de moi. Depuis que je suis toute jeune, j’obtiens ce que je désire


La jeune femme finit par posa sa main sur son visage. S’il savait comment elle ne protesterait plus. Elle ne broncherait pas à l'idée de revenir sur son île qu'était Pyk. C'était ici qu’elle était le mieux désormais. Ses frères prenaient trop à cœur de lui montré qu’elle n’avait plus sa place à Cormartel. Une place qu’elle n’avait qu’à Pyk, depuis quelques mois, pour ne pas dire depuis une année. Elle se sentit touchée de l’affection que lui portait Dagon. Elle eut un léger sourire lorsqu’il lui parla du seul dirigeant de Pyk. Elle n’aurait jamais cru qu’en si peu de mois, elle aurait eu tant de chance avec la seiche. Elle avait finit par croire qu’elle aurait pris la direction de la Falaise. Elle était habituée à ce genre de traitement et peu habitué à ce que l’on soit doux avec elle.

J’ai confiance en toi Dagon. Aucun continental ne t’arrive à la cheville. Personne ne t’empêchera de me ramener auprès de toi. Je suis certaine que tu imposes un supplice à mes frères en me revoyant chez moi.

Le premier mécontent devait être certainement Veloran. Quand il avait sa sœur dans les pattes, elle gérait la maison comme si elle était encore une Bonfrère. Ceux qu’elle avait élevés et pris soin pendant leur enfance la voyait parfois comme une étrangère et trop familière avec leur seigneur. Se croyaient-ils abandonnés? Après tout, ils étaient encore jeune, mais elle ne devait pas le dire, et encore moins les traiter comme des enfants. Tout compte fait la famille pouvait s’avérer être un grave fardeau.

Elle voyait ses efforts chaque jour pour lui rendre la vie agréable. Elle montait souvent aux barricades, mais c'était dans sa nature. Elle n'était pas le genre de femme qui voulait rester la fin de ses jours enfermés dans une maison pour y élever ses enfants. Elle n'avait pas l'envie de voir ses enfants aux Mains de Harlon d’une femme sel ou domestiques. Elle était bien trop fière pour cela. Et de loin, elle ne voyait pas Dagon avec un enfant dans les bras. L'image en aurait été presqu’adorable, mais elle n’en pipa pas mot. Il aurait bientôt fait de l’envoyer paitre, mais elle était trop fatiguée pour cela.


Je n'aurais jamais exigé que tu sois la. Je tiens à ma vie , sourit-elle, pour légerement le taquiner.

Elle avait vite compris que Dagon n'était pas le genre d’homme à attendre derrière une porte pour entendre un mioche pleurer de faire parti de ce monde de fou. Et puis, un accouchement avec Dagon ressemblerait près d'un suicide. Elle était pleinement capable d'envoyer son mari balader et peut- être même l'insulter en donnant naissance à leur enfant. L'image était assez réaliste et cocasse qui amena la jeune Greyjoy à ricaner silencieusement. Elle ne pouvait s'empêcher de sourire. Dagon n’avait pas la patience devant les pleurnicheries.

Trop tard, pour Harlon. Il m’a déjà accablé d’une dizaine de nom pour l’enfant. Je veillerais à ce qu’il ne porte pas aucun nom de tes ancêtres.


Elle ferma les yeux doucement et les ouvrit avant de lui offrir un dernier sourire. Elle se lova contre lui, espérant trouver quelques peu de chaleurs qui la réconforteraient. C'était sa dernière nuit avec son époux, avant plusieurs jours, voir des semaines. Et pour une dernière nuit, il n’y aurait que son venter qui la séparait de son corps. Bientôt, elle se retrouverait en possession d'elle même…




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