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Ce qu'apportent les rives de l'océan

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Seamus Ouestrelin
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Général
Seigneur de Falaise, loup solitaire, ours mangeur d'homme et victime des langues de vipères

"If there are gods, they made sheep so wolves could eat mutton, and they made the weak for the strong to play with."

♦ Missives : 1288
♦ Missives Aventure : 49
♦ Age : 27
♦ Date de Naissance : 01/03/1990
♦ Arrivée à Westeros : 05/11/2012
♦ Célébrité : Gary Oldman
♦ Copyright : me
♦ Doublons : Bryn Penrose, Logan Grafton
♦ Age du Personnage : 53 ans
♦ Mariage : Lady Amelia Redwyne
♦ Lieu : Falaise, Terres de l'Ouest
♦ Liens Utiles :
♦️ Fiche
♦️ RP et Liens
♦️ Résumé
♦️ Aptitudes
♦️ Succès
♦️ Histoire des Ouestrelin
♦️ Bryn
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Message Mer 26 Déc 2012 - 17:10


Ce qu'apportent les rives de l'océan
Flashback 3e Lune en l’an 212
Le Parangon survolait la Mer du Crépuscule avec aise et douceur, glissant le long des vagues dans une valse apaisante. Lord Seamus Lowell Ouestrelin se tenait à l’avant, contemplant l’étendue bleue avec tristesse. Personne ne doit m’apercevoir dans cet état... De peur qu’on se rende compte de sa mélancolie, il s’était retiré à l’extrémité du navire. Il tournait de temps en temps le regard vers la figure de proue, taillée avec les traits d’un jeune combattant tenant une hache, aux cheveux noirs et aux yeux bleus. Il semblait trouver un certain réconfort dans la fierté qu’exhalait cette sculpture, et restait par conséquent à ses côtés, son esprit divaguant vers des songes obscures qu’il pensait depuis longtemps perdus... De fait, il était en deuil : ses pensées se tournaient constamment vers Givre, morte il y a quatre jours. Sa louve dormait à présent éternellement sous le bois sacré de Falaise, et avec amertume, Seamus se rendit compte que son souvenir flétrissait déjà. Perdre l’animal auquel on se lie n’est jamais facile. Il avait apprit cela à plusieurs reprises, mais ne parvenait à l’accepter qu’avec difficulté. Givre avait été à ses côtés pendant vingt ans, une bête sauvage, splendide et somptueuse. Le destin était cruel : alors qu'il traversait des temps difficiles, on lui arrachait son précieux compagnon. Il se sentait abandonné, perdu dans les limbes de la solitude...

Etouffé par son chagrin, il avait besoin d’air et était finalement parvenu à échapper aux devoirs seigneuriaux en embarquant sur le premier voyage du Parangon. On lui avait demandé d’inaugurer le navire et Seamus avait prestement accepté, y voyant la parfaite opportunité pour fuir son château en ruine. Bien évidemment on ne s’attendait pas à ce qu’il embarque avec l’équipage, mais il avait insisté et personne n’avait osé s’opposer à lui ; encore moins sa femme qui était très heureuse de voir son époux disparaître pour une courte journée. S’éloigner de Falaise dissipait un peu son fardeau, mais ce n’était qu’un piètre réconfort comparé au vide qui rongeait doucement son cœur. La mer ne semblait pas encline à effacer sa peine.
Il se tenait fermement au bastingage, écoutant le navire doucement ronronner quand l’eau effleurait la coque. Quelque part au sud-ouest somnolait Castral Roc, quelque part au nord-est s’étendaient les îles de fer et au centre se situait Falaise, son château majestueux. Seamus ne contemplait sa demeure qu’avec dégoût : il devait faire quelque chose pour remédier à l’état de cette forteresse ridicule et comptait écrire aux Lannister pour emprunter de quoi commencer les réparations...

L’arrivée du capitaine le tira de sa rêveire. Seamus se força de prendre l’air digne et respectueux qu’il avait l’habitude d’avoir, puis se retourna pour faire face à Jacob. C’était un homme robuste, plus large toutefois au niveau du ventre qu’au niveau des épaules. Il s’approchait de la quarantaine, ses cheveux noirs portaient déjà quelques mèches grises et ses yeux verts étaient entourés de rides. Il avait le regard d’un homme satisfait de ce qu’il avait accomplit dans sa vie, sans remords ni ambitions. Lord Ouestrelin lui enviait cette légèreté de l’être.
« Monseigneur, j’espère que le Parangon répond à toutes vos attentes.
_C’est un bon vaisseau de guerre.
_Aye, le meilleur de Falaise.
_Mhm. Seamus sourit, amusé. Il n’y avait presque aucun autre navire combattant à Falaise. La remarque de Jacob était donc dénuée de sens... Il allait se retourner pour mettre fin à cette discussion inutile, mais le capitaine reprit la parole.
_Monseigneur, moi et mes hommes sont honorés de vous avoir à bord. Je... Nous ne pensions pas que le seigneur de Falaise allait superviser le départ du Parangon personnellement.
_Je voulais simplement me dégourdir les jambes. Le capitaine se mit à rire, dévoilant des dents jaunes et tordues. Il ne soupçonnait nullement que c’était dans une certaine mesure la vérité. Quel hypocrite... Cet homme est terrifié de moi. Il pouvait voir Jacob légèrement trembler et empester la peur. Son état d'esprit été pourtant compréhensible, après tout quel genre de capitaine serait honoré d’avoir un zoman mangeur d’homme sur son navire ? Les rumeurs avaient inévitablement touché le port de Falaise, et les ragots couraient vite parmi les matelots.
Ne voyant plus quoi ajouter, Seamus se retourna vers la mer, plongeant de nouveau son regard dans cette vallée aquatique. Enfin, ses yeux s’accrochèrent à un objet qui flottait mollement dans l’eau à plusieurs mètres du Parangon. Intrigué, le seigneur de Falaise tenta de discerner ce que c’était, et plus le navire s’en approchait, plus il avait l’impression d’apercevoir une silhouette. Les yeux de Seamus s’agrandirent. C’est une personne ! Il lâcha le bastingage et se précipita vers le capitaine qui n’avait pas fait deux pas.
« Un homme, il y a un homme à l’eau !
_Pardon ? Jacob le dévisageait avec incompréhension. Une partie de l’équipage les fixait de leurs regards curieux.
_Un noyé. Arrêtez le navire. Le capitaine fronça les sourcils puis jeta un coup d’œil par dessus bord.
_Je n’vois rien...
_Là capitaine ! Une silhouette ! Dans l’eau ! s’écria un matelot aux cheveux roux. Mécontent d’être remis en doute, le regard de Jacob s’assombrit mais il examina la mer malgré tout.
_Mhmm... Effectivement. Sans doute un pêcheur dont le bateau a coulé. Qu’il repose en paix. Il secoua la tête, feignant d’être désolé, puis reprit la route vers sa cabine. Seamus l’attrapa par le bras.
_S’il était encore vivant ?
_Bah ! Regardez le ! Il flotte comme une chaussette !...
_Cela ne vous coûte rien de ralentir le Parangon pour vérifier. Le seigneur de Falaise s’était dangereusement approcher de Jacob, le fixant avec défiance. La majorité de l’équipage les regardait. Voyant que son autorité était en jeu, le capitaine se défit de l’emprise de son seigneur et durcit le ton.
_Je n’pense pas qu’il est nécessaire d’arrêter mon navire simplement pour apaiser votre confiance... messire. Un bref silence s'installa entre les deux hommes. Lord Ouestrelin détestait qu'on lui tienne tête ouvertement. Il ne portait nullement le capitaine dans son coeur, et son insolence lui parut si insupportable qu’il se mit à crier.
_Je me fous de ce que vous pensez ! Il s’avança vers Jacob dans une posture menaçante. Arrêtez le navire, le capitaine tremblait, mais il trouva tout de même le courage de ne pas broncher. Voyant qu’il s’opposait encore à lui, Seamus n’eut d’autre choix que de le soulever par le col, plongeant son regard flambant dans ses yeux apeurés, ou je vous flanque par dessus bord. Jacob ravala sa salive, de la sueur commençait à couler le long de ses tempes. Il lui fallut un petit moment avant de se reprendre.
_Très... Très bien monseigneur... » Il inclina la tête d’un air contrit puis s’en alla d’un pas précipité pour trouver du réconfort dans le peu d’autorité qu’il exerçait encore sur son navire. En effet, l’instant d’après il gueulait des ordres par-ci par-là, frappant un matelot sur l’épaule et un mousse sur le crâne. La colère a toujours été un puissant remède contre l’amertume de la tristesse et Lord Ouestrelin fut presque reconnaissant au capitaine pour avoir ainsi attiser sa fureur.
Il se retourna vers la mer. Le bateau commençait à ralentir, la carcasse tranchant les vagues dans des éclats d’écume. La chose dans l’eau s’approchait peu à peu, les contours d’une silhouette devenant de plus en plus nets. Il s’agissait bien d’une personne.
« Toi ! Seamus pointa le doigt sur un jeune matelot qui sortit de sa rêverie aussitôt, fixant son seigneur avec incompréhension, Agite ton cul de poisson et plonge dans l’eau pour sauver cet homme ! Le garçon ne réagit pas, fronçant simplement les sourcils d’un air incrédule. Seamus s’avança vers lui et lui flanqua une gifle qui menaça de l'assommer. Aller ! Avant que je ne t’étrangle, incapable ! » Le matelot sembla enfin comprendre et il sauta à l’eau comme pour fuir la colère de son seigneur.

Quelques instants plus tard, une poignée de mousses tira le matelot et le noyé à bord. Ils atterrirent sur le pont comme deux poissons. Tout l’équipage s’était rassemblé pour saisir une part du spectacle.
« C’t’une femme ! » gueula un des hommes. Ils s’éloignèrent soudainement du corps. Des murmures s’élevèrent parmi la foule : beaucoup de continentaux pensaient qu’une femme à bord portait malheur, mais Seamus ne croyait aucunement à ces superstitions absurdes. Il s’accroupit près de l'inconnue, puis dégagea les mèches mouillées de son visage. Quelques voix émerveillées s’élevèrent aussitôt. Les cheveux sombres, la peau blanche et les traits délicats... c’était une jeune femme à la beauté hypnotisante.
« Une sirène ! s’exclama un mousse ébahi.
_La ferme, t’raconte n’importe quoi ! Jacob claqua le garçon sur la tête. Elle est morte ?
_Je ne sais pas... son visage était pâle comme la mort mais son corps retenait un infime indice de chaleur. Elle avait bu la tasse. Seamus joignit ses mains, les posa sur la poitrine de la jeune femme, puis appuya à plusieurs reprises sur ses poumons dans l’espoir qu’elle recrache toute l’eau qu’elle avait avalée. Voyant que ce n’était pas assez il joignit ses lèvres aux siennes pour lui redonner de l’air.
« Mais qu’est qu’il fait ?! Il v'la tuer !
_Ta gueule ‘spèce d’idiot ! L’est en train d’la sauver !
_Moi j’vous dis c’est une sirène ! Elles s’dessèchent quand elles sont pas dans l’eau. C’pour ça qu’elle va pas bien.
_Ouais ! Faut la r’mettre dans l’eau !
_Fermez la bande de crétins ! » gueula Jacob. Au même instant, l’étrangère se leva dans une saccade de convulsions avant de recracher l’eau de mer qui avait infesté son organisme sur les genoux du seigneur de Falaise. Seamus n’en avait cure, il souleva de la jeune femme qui sombrait aux bords de l’inconscience pour l'emmener en lieu sûr.
« Capitaine ! Jacob accourut d’un pas précipité Faites demi-tour. Nous retournons à Falaise.
_Mais... messire, nous n’allons pas faire demi-tour pour quelque chose d'aussi insignifiant.
_Jacob, vous feriez mieux de faire ce que je vous dis. Le capitaine n’avait d’autre choix que de hocher docilement de la tête. Il n’avait certainement pas envie d’être de nouveau l’objet de la colère de Lord Ouestrelin... Il s’apprêtait à partir quand Seamus le rappela. Oh, et Jacob... je vais avoir besoin de votre cabine. »



"J'ai toujours détesté ces formules absurdes."


Dernière édition par Seamus Ouestrelin le Mer 6 Mar 2013 - 12:20, édité 3 fois
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Lyessa Reed
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Message Dim 30 Déc 2012 - 9:47

De lourdes mèches de cheveux collés contre son visage, Lyessa tentait de porter son regard au loin pour repérer la côte. Voilà quelques temps maintenant qu’elle avait sauté du boutre Fer-né pour s’enfuir mais plus elle nageait, plus elle avait la vilaine impression de ne pas parvenir à se rapprocher. Elle n’était qu’un frêle corps luttant contre une force de la nature – la mer la terrifiait car l’eau salée dans laquelle elle évoluait n’avait rien de semblable aux eaux croupies de ses marais. Le courant s’évertuait à l’emmener toujours plus au large, éreintant son corps déjà las et fragilisant son esprit affaibli. Déjà s’imaginait-t-elle qu’elle allait trépasser ici, engloutie dans les flots obscurs – ce qui aurait sûrement fait rire le titan à gorge déployée. Sûrement allait-t-elle rencontrer leur dieu noyé ? Elle espérait seulement avoir la force de lui cracher au visage. Le poignet de la Paludière la tiraillait toujours et elle se résolut à se laisser porter par le courant pour calmer sa douleur et tâcher de reprendre son souffle. L’image des membres de sa famille ne cessait d’occuper son esprit. Son père penserait-il qu’elle aurait été enlevée ? Sa mère serait bien capable d’espérer qu’elle soit toujours en vie sur les Iles-de-Fer, et peut-être que ceci motiverait les Reed à poursuivre leur vengeance ?
Les lèvres de Lyessa étaient presque bleues et les fracas de l’océan s’abattaient sans cesse sur sa tête, la forçant à émerger par intermittence pour ne pas se laisser mourir. Elle ne savait pas où elle était, et ne discernait même plus la côte – agitant vainement les bras, grelottant de froid dans cette immensité qui lui était si étrangère, Lyessa sentit peser le poids de la fatigue sur son esprit qui eut raison d’elle. Je vais fermer les yeux, juste un peu. Peut-être que l’océan me ramènera de lui-même sur la côte. – Qu’elle se disait, même si cette pensée sonnait terriblement fataliste. La vérité, c’est qu’elle ne pouvait lutter et elle baissait les bras. Ses paupières se fermèrent bien assez tôt, et son corps se fit plus inerte à mesure qu’elle se faisait immerger par l’eau glaciale. Elle avait bien l’impression que les abysses l’appelaient, ne demandaient qu’à la noyer. Mais son esprit n’était plus qu’un voile d’inconscience et son corps qu’une carcasse manipulée par un marionnettiste de grande ampleur. Ses poumons tentèrent bien de rétorquer mais elle n’eut plus la force de lutter et de s’extirper de l’emprise de l’océan. La conscience de la jeune femme était à des lieues de son corps lorsqu’on la repêcha en pleine mer. Son corps n’était pas tout à fait mort, mais encore tiède du temps interminable où elle avait lutté pour survivre. Lyessa aurait été bien loin de s’imaginer qu’elle aurait pu être sauvée, et même quand le seigneur Ouestrelin s’appliqua à lui faire recracher son eau, son corps réagit sans pour autant qu’elle reprenne totalement ses esprits. Un sursaut de vie dans un corps transit de froid.

Lyessa reçut une brutale décharge qui la fit revenir à elle et ouvrir les paupières. La violente douleur dans sa poitrine ainsi que sa gorge sèche la tiraillaient. Elle ressentait de nouveau – son corps avait décidé de vivre et le lui faisait maintenant brusquement savoir. Elle était repliée sur elle-même, les bras serrés contre son torse, l’œil effaré et la respiration secouée par la toux. Etait-t-elle morte ? Etonnamment, elle était étendue sur une couche, enroulée dans une couverture. Tout bougeait autour d’elle – un ballotement qui ne lui rappelait que trop bien celui du boutre Fer-né. Elle était dans une pièce bardée de bois. Une cabine de capitaine. L’effroi la transit à cette idée. L’avaient-ils repêché ? Les Fer-nés ? Lakdahr ? Son estomac se souleva mais elle plaqua sa main contre ses lèvres, tremblante. C’était insoutenable – pourquoi la mort lui avait été refusée ? Si c’était pour finir sur les Iles-de-Fer. Prise de panique, les grincements du bois couvrant ses gémissements plaintifs de retour à la vie, Lyessa s’extirpa de la couche pour se rendre vers le bureau. Ses jambes se dérobèrent sous elle de manière assez brutale et elle s’écrasa sur le plancher dans un bruit sourd. Grimaçant de douleur, se pinçant pour forcer ses jambes à pouvoir la porter, Lyessa tourna un œil effaré vers la porte de la cabine dont la poignée tournait bruyamment. Quelqu’un arrivait, et la jeune femme redoutait de voir l’un de ses ravisseurs. Au lieu de se débattre avec ses difficultés, elle fit mine d’être étendue, inconsciente – ce qui eut vite fait de faire approcher l’homme qui pénétrait dans la cabine. C’était un membre de l’équipage du navire, mais il n’avait nulle allure de quelqu’un d’important, comme il ne ressemblait pas vraiment à un Fer-né non plus. A peine fut-il penché sur elle, plongé dans ses turpitudes, hasardant une main aux doigts boudinés contre la peau pâle de la Paludière que celle-ci réagit au quart de tour. D’un œil mi-clos, elle avait remarqué le coutelas accroché à la ceinture du marin et elle s’en empara brusquement, saisissant la chevelure hirsute de ce dernier pour le tourner dos à elle. Elle glissa la lame contre son cou et mit toutes ses forces dans ses jambes pour se redresser. Elle n’en menait pas large, surtout avec le ballotement régulier du navire – ce qui lui donnait d’intempestifs hauts le cœur.

« T’bouges pas ! » – Susurra-t-elle au marin en le maintenant contre elle, lame contre gorge. « Vous êtes qui ?! Des Fer-nés ? »

« Des Fer-nés ?! Hé ! Non ! Lâche-moi. » – Protesta-t-il, avant d’étouffer un gémissement, la lame entaillant sa peau.

« Qu’est ce que tu foutais alors, pervers ? » – Lui cracha-t-elle. « Appelle ton Capitaine. »

L’ordre était sorti derechef. Lyessa ne savait pas à qui elle avait à faire et elle ignorait même si il disait vrai ou non au sujet de son origine. Elle aurait eu vite fait de repérer Lakdahr sur le pont, mais elle se trouvait dans la cabine du Capitaine et comptait bien faire pression pour obtenir ses réponses. Le corps tendu, Lyessa fit avancer le marin jusqu’à la porte, puis elle lui colla la tête dans l’entrebâillement de la porte.

« Mon Capitaine ? Vous pouvez v’nir ? » – Gueula-t-il d’une voix effrayée.

Ceci dit, Lyessa se recula et tira l’homme jusqu’à elle, le taquinant toujours du coutelas. Ses yeux étaient rivés vers la porte de la cabine et son cœur battait la chamade. Elle attendait de voir qui allait émerger et surtout, elle espérait pouvoir s’arranger. Des petites étoiles de lumière que Lyessa commençait à connaître venaient lui troubler la vue et elle dut cligner des paupières pour les faire disparaître. La poignée se tourna à nouveau, arrachant un grincement à la porte et elle s’ouvrit sur un homme mûr, aux traits usés. Lyessa plissa les yeux – l’homme qui lui faisait face n’avait pas l’air d’un Capitaine mais plutôt d’un noble.

« Où est ce que j’suis ? Qui êtes-vous ? » – Lança-t-elle immédiatement à l’égard du nouveau venu.





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Seamus Ouestrelin
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♦ Missives Aventure : 49
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Message Lun 31 Déc 2012 - 12:38

Sur le pont, Lord Ouestrelin et le capitaine continuait de discuter de leur dernière trouvaille. Jacob était assis sur un tonneau : cette situation semblait l’angoisser fortement. Il respirait d’une façon hachée, ne pouvant empêcher la sueur d’infester son visage.
« [...] Comprenez moi : le Parangon était censé rester en mer toute la journée. Changer nos plans n’est pas constructif. Si nous retournons à Falaise maintenant, j’aurais gâché un jour entier pour sauver une pauvre femme qui perturbe l’équipage !
_Vous aimeriez la remettre à l’eau c’est ça ? Seamus avait adopté une attitude d’indifférence face aux revendications du capitaine. Il ne souhaitait pas ouvertement montrer son mécontentement. Bien qu’il en avait marre, il ne pouvait trop dénigrer Jacob de peur de trop bafouer son autorité. Les matelots s’étaient déjà rendus compte de l’influence de Lord Ouestrelin, et si Seamus continuait à exprimer sa colère à haute voix, l’équipage risquait de ne plus du tout obéir aux ordres...
_Pourquoi pas ? Elle n’a aucune valeur, c’est certainement une pauvre paysanne qui...
_Vous me faites de l’ombre Jacob : c’est moi qu’on traite de monstre. » Le visage du capitaine adopta une expression choquée, puis son visage devint si rouge que Seamus craignait de le voir éclater, mais le mousse qui était resté dans la cabine auprès de la rescapée interrompit leur échange qui se serait peut-être transformé en affrontement sanglant.
« Mon Capitaine ? Vous pouvez v’nir ? » sa voix était quelque peu étouffée et tremblait légèrement. Peut-être s’était-il passé quelque chose de grave... Seamus jeta un coup d’œil à Jacob qui ne bougea pas.
« Allez-y ! Si vous tenez tant à cette demoiselle... De toute façon c’est vous le capitaine maintenant.
_Jacob, rappelez-vous à qui vous parlez. Plus d’une personne a connu un destin tragique en m’insultant. Ne commettez pas la même erreur. » Seamus s’en alla avant que son interlocuteur puisse répondre. Il n’avait aucune envie d’écouter les incessantes plaintes du capitaine, l’orgueil de celui-ci était mêlé à une arrogance dégoutante que l’on sentait déjà dans son accent pâteux et ses dents jaunies. Lord Ouestrelin avança donc vers la cabine à grands pas, à la fois poussé par le désir d’échapper à Jacob et de voir ce qui semblait si urgent.
Il ouvrit la porte dans un grincement languissant, puis se figea en apercevant la scène : la jeune femme tenait un couteau sous le cou du mousse. Elle ne se tenait qu’avec difficulté, la force dans ses jambes semblait l’avoir abandonnée.
De peur qu’elle ne tranche la gorge du marin et attire ainsi encore davantage d’ennuis, Seamus décida de la jouer plus douce : on pouvait lire la peur et l’angoisse sur les traits de l’étrangère.
« Donnez moi ça avant de vous faire mal. » murmura-t-il d’un ton à la fois prudent et chaleureux.
Il s’avança doucement vers elle, comme on s’approche d’un animal apeuré. Un, deux, trois pas. Puis, d’un coup, s’empara de sa main armée et appuya sur son poigné afin qu’elle lâche le couteau qui se planta dans le plancher. L’affaire n’était pas difficile : la jeune femme ne tenait à peine sur pieds... Elle faillit d’ailleurs tomber mais Seamus la rattrapa, puis la tint fermement entre les bras. Le mousse en profita pour se détacher de l’emprise de son agresseur, et sans un mot s’enfuit. Lord Ouestrelin força l’étrangère à s’allonger puis s’assit à son chevet. Il s’apprêtait à dire quelque chose quand le capitaine entra dans la cabine avec fracas, accompagné du jeune matelot.
« J’vous avais dit que c’était dangereux de la garder à bord !
_Elle m’a attaqué capt’ain ! Elle m’a attaqué ! le mousse marmonnait dans son coin, toujours sous le choc. Ses mains tremblaient alors qu’il pointa le doigt sur la légère entaille qui lui barrait la gorge.
_Ecartez-vous monseigneur, je ne vais pas tolérer cette femme sur mon navire une minute de plus ! Seamus se leva, barrant la route de Jacob, ses yeux bleus fixant le capitaine avec une colère glaciale.
_Un pas de plus, et vous allez souhaiter ne jamais avoir vu le jour. »
Les deux hommes se combattaient du regard. Un silence pesant s’était installé, la tension semblait devenir insoutenable. Seamus avait blessé le capitaine dans son orgueil, il en était bien conscient, mais celui-ci faisait clairement preuve de trop d’audace. Il fit un pas vers la jeune femme. C’en était assez. Seamus s’interposa, s’empara du col de Jacob et la seconde d’après, le capitaine était collé au mur, la main de son seigneur lui serrant la gorge.
« Je vous avais dit de ne pas oublier à qui vous aviez à faire. » grogna-t-il entre ses crocs serrés. Quelque part au fond de lui, un loup n’avait d’autre envie que de déchiqueter cette proie. Ses doigts se serrèrent, le visage de Jacob rivant du rouge au pourpre puis à un bleu sombre. Le capitaine émit quelques gémissements, incapables de parler. Derrière eux, le mousse se tenait la tête, la panique semblait avoir ôté ses esprits.
Soudain, Seamus lâcha prise et Jacob s’affala sur le plancher. Le change-peau restait figé pendant quelques instants. Ce n’était pas la première fois qu’il était l’objet d’une telle frénésie. Il avait juré à sa fille de ne plus se comporter d’une telle façon, mais quelques fois sa colère était si débordante qu’il s’abandonnait à la sauvage férocité qui sommeillait en lui. Il ne pouvait toutefois nier qu’il aimait faire violence aux personnes qu’il méprisait. Un tel incident pompait un nouveau souffle de vie à travers ses veines. C’était très revigorant.
Le capitaine se releva après un moment, haletant et se frottant le cou. Il posa des yeux horrifiés sur son seigneur, ouvrit la bouche mais ne dit rien.
« Déguerpissez Jacob. » Cette fois, le marin ne discuta pas. La peur avait dévoré sa hardiesse et son impudence. Il s’en alla sans un mot de plus. Le mousse s’était recroquevillé dans un recoin, ses yeux passant de son seigneur à la porte.
« Fous-moi le camp. » dit Seamus d’un ton ennuyé. Le garçon courut se réfugier sur le pont, claquant la porte derrière lui.
Enfin, le seigneur de Falaise émit un soupir soulagé, puis se frotta les yeux d’un air exaspéré. Bien qu’il s’était donné tout le mal du monde pour restaurer la réputation de sa famille et l’état de son fief, il nourrissait toujours un profond dédain pour ses sujets. C’était ainsi quand il avait quitté Falaise, et c’était encore ainsi aujourd’hui.
Il s’avança vers le bureau de la cabine, s’empara de la chaise, puis la disposa près du lit. Il s’assit, ses mouvements étaient posés, voire lents ; son attitude soudainement changée. Son attention se tourna de nouveau vers la jeune rescapée. Elle avait un air féroce, son regard comme celui d’une bête qui ne comprenait pas ce qui lui arrivait.
« N’ayez crainte, une fois que le navire amarrera au port de Falaise nous serons débarrassés de ces stupides marins. Il se passa une main à travers le cheveux, Vous êtes sur le Parangon ; un petit vaisseau de guerre. Rien de très sérieux mais je suis obligé d’élever au moins un semblant de défense contre les fer-nés... Cette guerre représentait pour lui une réelle déchirure. Son allégeance aux Lannister s’opposant toujours à la promesse qu’il avait faite à Dagon Greyjoy il a tant d’années, c’est-à-dire de s’impliquer le moins possible dans les conflits entre les Terres de l’Ouest et les îles de fer. Il se frotta légèrement le menton, avant d’adresser un regard étrangement attendri à l’étrangère. Et, je suis désolé de vous décevoir mais je ne suis pas le capitaine. Ses lèvres se courbèrent dans un sourire amusé Je suis Seamus Ouestrelin, seigneur de Falaise et protecteur de toutes les terres insignifiantes qui vont avec. Peut-être avez-vous même entendu parler de moi dans les bouches rebutantes des vieilles commères et vipères empoisonnantes...Veuillez me croire quand je vous dis que je suis bien pire que tout ce que les rumeurs affirment. »
Seamus aimait jouer avec les ragots qui circulaient dans toute la moitié de Westeros à son sujet. Sa réputation en tant que monstre mangeur d’hommes s’était répandue comme un virus à travers les sept couronnes... Réfuter ces accusations n’avait plus aucun sens.
Il se plongea son regard dans celui de la jeune femme, essayant de lire son âme comme on lit un livre. Un voile de mystères englobait cette étrangère, ce qui attisait grandement sa curiosité. Il se pencha un peu vers elle.
« Nous vous avons repêchée il y a un moment. La mort était à vos trousses. Il s’arrêta un instant, la dévisageant avec plus d’attention. Mais ce n’est pas la mort que vous craignez... Il se leva soudainement de la chaise, puis s’avança vers une des fenêtres à l’arrière de la cabine. Face à lui ne s’étendait rien que l’océan. Ils allaient bientôt arriver à Falaise. J’ai vu que votre poigné est cassé. Mon mestre pourra vous soigner. Seamus se retourna vers la jeune femme. J’imagine que vous avez vécu votre lot de péripéties... Vous êtes-vous jetée à l’eau délibérément ou est-ce que quelqu’un cherchait à vous noyer ? Je suis curieux d’entendre votre histoire, ce n’est pas tous les jours qu’on rencontre quelqu’un en pleine mer... Une femme en plus de cela. Un sourire se dessina sur ses lèvres, Les matelots prétendent que vous êtes une sirène et qu’il faut vous rejeter dans la mer. Les seules sirènes que je connais hantent mes rêves ; seriez-vous la première à oser vous aventurer le long des côtes humaines ? » son ton se voulait moqueur. Les superstitions des marins l’amusaient grandement, mais qui sait ? Peut-être que cette jeune femme était véritablement une créature venue des flots. Après tout, n’était-il lui-même pas une bête sortie de la forêt ?



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Dernière édition par Seamus Ouestrelin le Jeu 3 Jan 2013 - 12:37, édité 1 fois
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Lyessa Reed
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Message Mar 1 Jan 2013 - 17:13

Lyessa scrutait le faciès du nouveau venu d’un air méfiant. Pour sûr qu’il n’avait pas l’allure d’un capitaine de bateau, et encore moins d’un Fer-né, si toutefois ceux là avaient vraiment des spécificités évidentes. La Paludière était quelque peu perdue et pour cause – elle avait cru mourir, mais elle était pourtant bien là, et son corps était bien assez douloureux pour le lui rappeler. Elle avait l’air d’une sauvage, menaçant ainsi le pauvre homme qui tremblait, la lame si proche de sa gorge. Le nouveau venu tenta de se montrer rassurant, s’approchant doucement comme un homme souhaitant dompter un animal sauvage. Lyessa accueillit l’entreprise par quelques pas en arrière mais elle avait clairement quelques élans de faiblesse qui lui refusaient plus de combativité. L’inconnu fut rapidement sur elle et la força à lâcher prise sur le coutelas qui tomba sur le sol dans un bruit sourd. Lyessa dut fermer les paupières sous un ressaut d’absence puis sentit ses jambes se dérober à nouveau sous elle. Elle se serait étalée parterre si l’homme ne l’avait pas retenu contre lui. Le front posé contre le torse de ce dernier, Lyessa dut se faire violence pour reprendre ses esprits et se redresser plus farouchement. Le matelot avait eu tout le temps de filer, laissant là les deux protagonistes se regarder dans le blanc des yeux. La Paludière n’eut même pas le force de le repousser et se résigna à se laisser porter jusqu’à la couche sur laquelle elle s’étendit péniblement. Cependant, elle ne lâchait pas de ses yeux méfiants l’individu qui venait de s’asseoir auprès d’elle. Oh, il n’avait pas l’air d’avoir de mauvaises intentions mais il y avait un quelque chose dans son regard. Un mélange de froid, de mélancolie, et peut-être un brin de mystère.

Alors que Lyessa s’était murée dans son observation appuyée de l’individu, la porte de la cabine grinça brusquement pour s’ouvrir sur le matelot que la jeune femme avait menacé en compagnie d’un autre homme. La Paludière sursauta puis se colla un peu plus contre les planches de bois. Elle comprit assez vite que l’autre homme se trouvait être le capitaine du navire, et l’appellation de « monseigneur » qu’il avait offert à l’individu assis prés d’elle lui arracha un regard circonspect. Un noble ? Sur un bateau ? Le capitaine se montrait agressif à l’égard de Lyessa et il voulait manifestement se débarrasser d’elle. Cette dernière promena son regard effaré sur les hommes présents dans la cabine, cherchant à comprendre la raison de cette altercation. Pour sûr que c’était de sa faute à elle, mais le seigneur semblait vouloir la protéger – sûrement était-ce à lui qu’elle devait sa survie à l’océan déchaîné ? Lyessa ramena ses genoux contre son buste, recroquevillée dans le coin de la couche, tandis que le seigneur élevait la voix contre le capitaine du bateau. Alors qu’ils se toisaient tout deux d’un regard froid, comme deux coqs dans une basse-cour, le capitaine sembla défier l’autorité de son seigneur et s’avança dans le but d’en découdre avec la Paludière. Lyessa eut à peine le temps de frémir que le noble s’était durement interposé et avait saisi l’homme par la gorge à l’en faire virer écarlate. Elle n’aurait pas pensé qu’il aurait pris ainsi sa défense, quitte à attenter à la vie du capitaine du bateau. Une colère froide s’exhalait de la silhouette du seigneur – un quelque chose qui sonnait comme une réaction inquiétante et aux ascendants mystérieux. Il articula une menace, maintenant le capitaine contre le bois, et les secondes s’étirèrent alors que Lyessa, tout comme le mousse, se demandaient quelle serait l’issue. Il semblait que le seigneur ait une force colossale et sa proie ne pouvait absolument se soustraire à sa poigne. Lyessa se redressa légèrement, tête dans les épaules, se demandant s’il n’allait pas le tuer – jusqu’à ce qu’il daigne le relâcher. Il s’écrasa lourdement au sol, le cou violacé, reprenant son souffle après cette incartade et la stupéfaction et l’horreur étaient au rendez-vous pour ce dernier. Le seigneur le congédia et il ne se fit pas prier pour déguerpir en compagnie du matelot terrifié. A vrai dire, Lyessa se demandait si tout ceci était de sa faute, ou s’il y avait déjà quelques griefs entre le seigneur et ses sujets. Elle se retrouva dés lors seule avec son protecteur, qui avait jeté un voile d’indifférence sur elle avant de rapprocher une chaise prés du lit. Elle croisa ses iris d’un bleu sombre qui rendaient le personnage inquiétant et se recula d’autant plus, méfiante. Il se mit alors à la sonder, ce qui arracha froncement de sourcils à cette dernière. Il lui expliqua alors la situation – qu’ils l’avaient repêché en mer, presque morte et il mit le doigt sur le fait que ce n’était pas la mort qu’elle cherchait à fuir. Il se redressa de sa chaise pour s’éloigner et Lyessa ne le quitta pas des yeux d’une seule seconde. Il lui causa alors de son poignet cassé et de son mestre qui pourrait l’aider. Ils n’étaient donc plus dans le Nord. Jusqu’où avait-t-elle dérivé ? Elle chassa quelques mèches de cheveux humides de son visage et joignit ses bras à ses jambes pliées pour les serrer un peu plus contre elle. Elle avait froid mais faisait son nécessaire pour ne pas grelotter. Elle ne voulait pas qu’il croit qu’elle ait peur, ou qu’elle soit faible. L’homme se présenta sous le nom de Seamus Ouestrelin, seigneur de Falaise, dans les terres de l’Ouest. Il comptait d’ailleurs l’y amener. Il évoqua des commérages à son sujet, mais Lyessa n’avait encore jamais trop eu l’occasion d’aller à l’Ouest et d’en apprendre les on-dit. Il tentait manifestement d’éclaircir la situation à son sujet. Lyessa restait silencieuse, n’affirmant rien à ses dires, se contentant d’écouter les hypothèses qu’il faisait. Pouvait-t-elle lui faire confiance ? Elle n’avait jamais été très à l’aise avec les lords et ladies des autres contrées que la sienne. Les ballotements du navire lui secouaient toujours l’estomac et la jeune femme dut fermer les paupières pour tenter de se concentrer. Il aurait été mal vu qu’elle vide son estomac à même le plancher du navire. Le seigneur n’avait pas l’air franchement contrarié par la situation – au contraire, un sourire s’esquissa sur ses lèvres lorsqu’il évoqua que ça n’était pas tous les jours que l’on croisait des femmes en pleine mer. Lorsqu’il mentionna les croyances des marins au sujet des sirènes, sous entendant avec humour qu’elle aurait pu en être une, Lyessa haussa brièvement les sourcils – c’était donc ça ? Ils voulaient la rejeter à l’eau, tout ça pour de stupides croyances ?!

« Une sirène ? J’dois me sentir flattée ? » – Lui répondit-t-elle. Sa gorge était terriblement sèche et elle fut secouée d’une brève toux avant de reprendre. Il était un allié contre les Fer-nés – elle devait donc pouvoir lui faire confiance. « J’ai été emmenée de force sur un boutre Fer-né. J’ai réussi à sauter à l’eau mais j’ai pas pu regagner la côte, sûrement à cause du courant. » – Lyessa baissa les yeux un instant, se remémorant son combat difficile. Elle hésitait à donner son identité, mais elle se doutait que ça lui donnerait un brin d’importance et qu’on ne la jetterait peut-être pas à l’eau comme ça. « Je suis Lyessa Reed de Fort-Griseaux. Merci de m’avoir aidé. Je crois que je vous dois la vie. »

Lyessa n’avait jamais été très à l’aise pour remercier les gens. Habituellement, elle se débrouillait seule – c’était ainsi. De plus, elle ne voulait pas expliciter sa confrontation avec Lakdahr. Après tout, elle avait échoué. Elle n’avait pas réussi à le tuer et bien pire, il était à deux doigts de l’amener sur ses Iles-de-Fer.

« Je suis peu passée par les terres de l’Ouest. Votre nom me dit bien quelque chose, mais je n’ai aucune idée des commérages que vous évoquiez. Par contre, je crois que c’est la première fois que je croise un seigneur aussi craint par ses sujets. » – Elle plissa les yeux. Elle se demandait bien pourquoi le seigneur Ouestrelin n’était pas apprécié. Torturait-il ses sujets ? Il n’en avait pas l’air en tout cas. « J’crois que niveau commérages, la famille Reed a son lot aussi, vous en faites pas. »

Il n’empêchait qu’elle était curieuse de savoir ce que l’on reprochait au seigneur de Falaise. Il y avait bien ce quelque chose d’étrange dans son regard – et cette colère redoutable qu’il avait pourtant bien dissimulé au premier abord. Elle laissa quelques secondes de silence occuper leur échange.

« Pourquoi m’avoir sauvé ? Est-ce que c’est parce que vous aimez contrarier vos gens ? » – La question était fondée. Peu aurait pris de tel risque pour un corps flottant depuis peut-être longtemps.







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Seamus Ouestrelin
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Message Jeu 3 Jan 2013 - 17:09

La jeune femme ne semblait pas vouloir s’éterniser sur ses antécédents avec les fer-nés. Seamus en fut reconnaissant, il n’aimait pas débattre des îles de fer et de ses habitants. En général cela le mettait dans une position délicate et la dernière chose dont il avait envie était d’entrer dans une autre dispute. Il s’était déjà embrouillé avec plusieurs familles au sujet des fer-nés et on lui reprochait grandement sa passivité vis-à-vis du conflit. Cela ne l’empêcha toutefois pas de se sentir réellement désolé pour la nordienne. Elle devait avoir traversé une dure épreuve et, contrairement à ce que la majorité des Terres de l’Ouest prétendait, Lord Ouestrelin était capable d’éprouver de la compassion.
« La chance vous a sourit. » Brève réponse, certes, mais la note sincère qui y résonnait montrait bien qu’il était désolé pour Lyessa.
La discussion prit une tournure tout à fait étonnante quand elle lui révéla son identité. Seamus éclata soudainement de rire : entre tous les bateaux naviguant la Mer du Crépuscule, le Parangon était celui qui repêchait une nordienne, et une Reed en plus de cela ! Il se retourna vers Lyessa, amusé davantage en apercevant son regard surpris.
« Les Anciens Dieux ont plus d’humour que je ne le pensais ! il se frotta les yeux. Excusez-moi chère Lady Reed pour ma réaction déplacée, mais Joren Reed est une ancienne connaissance... était-ce une simple coïncidence ? Seamus n’en revenait pas. Cette jeune femme devait être la fille du seigneur du Neck... Joren Reed... un sourire s’incrusta sur ses lèvres et sa voix suggérait qu’il parlait d’un vieil ami, Quand j’ai traversé le Neck, je me suis foutu dans un sale pétrin. C’était juste à côté de Fort-Griseaux, je suivais la route royale... Il émit un léger soupire, se rappelant comment Joren l’avait sauvé J’étais resté coincé dans un étang. Rien d’étonnant dans le Neck ; et je me serais facilement échappé si un lézard-lion ne s’était pas aventuré dans les parages. Lord Reed était venu à son aide, sans lui, il aurait passé la nuit dans l’estomac du reptile. Votre père m’a sauvé la vie, et les dieux m’offrent enfin la possibilité de repayer ma dette. » Il la dévisagea de nouveau, à présent sous un tout autre œil.
« C’est vrai que vous lui ressemblez. » déclara-t-il d’un air pensif. Il n’avait plus pensé au Seigneur de Fort-Griseaux depuis des décennies mais le visage de Lyessa éveilla en lui d’anciens souvenirs longtemps enfouis.
Enfin, la jeune femme ne semblait pas en savoir beaucoup à son sujet. Il s’était lui-même révélé sous un mauvais jour, et se mordit à lèvre en se maudissant. Se donner une soi-même une réputation effrayante était devenu un automatisme, chose qui pouvait s’avérer divertissante mais aussi très désavantageuse comme en témoignait son actuelle situation. Il s’avança vers un des placards alors que Lyessa continuait à parler, ouvrit plusieurs compartiments avant d’en sortir une bouteille d’alcool. Après quelques instants il l’avait ouverte, puis s’efforça de sentir le liquide. Jacob est peut-être un homme détestable mais il a un certain goût pour le vin. Il emplit deux grossières coupes avant d’en tendre une à la jeune nordienne.
« Tenez, ça vous réchauffera un peu. Il se rassit sur la chaise, Il est vrai que les Reed n’ont pas été épargnés par les ragots... Mais croyez moi quand je vous dis que ma réputation est bien plus terrible que celle qui s’accroche à votre maison. il ingurgita une importante gorgée ; son chagrin commençait de nouveau à le tirer par la manche avec insistance, et l’alcool lui permettait d’ignorer cette mélancolie insupportable, laquelle il avait l’impression l’affaiblissait et le rendait vulnérable. Mais l’équipage ne me craint pas autant que le reste de Falaise. »
Il s’arrêta là, n’ayant nullement envie de citer toutes ces rumeurs qui couraient à son sujet. De plus, Givre lui taraudait encore l’esprit et évoquer tout cela ne risquait pas d’alléger son âme.
La dernière question de Lyessa était tout à fait justifiée... Pourquoi, en effet, avait-il été si enclin à la secourir ? Sur le moment cela semblait tout à fait naturel. Quand il avait pris sa défense, il le faisait principalement parce que Jacob se comportait en réel salopard.
« Honnêtement, si vous étiez à ma place et voyiez quelqu’un dans l’eau, ne vous efforceriez-vous pas de le repêcher ? La question que vous devriez vous poser est : pourquoi est-ce que le capitaine ne voulait pas vous sauver ? Maintenant qu’il avait eu un peu de temps pour refléter ce qui s’était précédemment passé, il éprouvait encore davantage de dégoût envers le capitaine du Parangon, J’imagine que c’était pour prouver à son équipage qu’il est quelqu’un de dur, ou peut-être même par simple paresse... Imaginez un peu, un homme qui n’est pas enclin à secourir un autre sous des prétextes tout à fait abstraits ? Il secoua la tête, agacé au souvenir du comportement de Jacob. Et on dit que c’est moi le monstre... Sa voix s’était faite plus petite, un léger murmure presque emporté par les grincements du navire. Au fond la nature humaine est souvent plus cruelle que la nature animale. »
Il termina sa coupe, puis la remplit à nouveau, mais au moment où il versait le liquide le navire percuta quelque chose et la suivante secousse renversa la moitié du gobelet sur le plancher. Seamus lâcha un juron, puis posa bouteille et verre sur le sol avant de se relever. Il ouvrit la porte, puis jeta un coup d’œil à l’extérieur. Brouhaha et agitation avaient envahi le pont, mousses et matelots couraient dans tous les sens. Chacun criait, certains plus fort que d’autres. A l’Est s’étendait le port de Falaise, aussi ennuyeux que quand il l’avait quitté. Dans quelques minutes ils pourront quitter ce maudit navire...
Il ferma la porte, s’adressant de nouveau à Lyessa :
« Le Parangon vient d’amarrer. Nous devrions nous dépêcher, je n’ai aucune envie de rester sur ce satané bateau une seconde de plus. D’autre part, votre poigné a besoin d’être examiné le plus vite possible. Vous pouvez marcher ? Sinon je vous porte. »

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Message Ven 4 Jan 2013 - 12:55

Lord Ouestrelin se montrait attentif au discours de la jeune Paludière et lorsqu’elle mentionna son nom, ce dernier se montra presque hilare. Lyessa le détailla, surprise, avant que celui-ci ne daigne s’expliquer sur la raison de son humeur. La jeune femme garda une expression circonspecte lorsqu’il lui expliqua qu’il connaissait Joren Reed. Elle l’ignorait, et il fallait avouer que son paternel se faisait toujours discret sur ses élans de sociabilité antérieurs. L’évoquer semblait le faire sourire, comme s’il avait partagé de merveilleux moments en sa compagnie – ce qui faisait naître méfiance chez la jeune Reed qui trouvait ça curieux.

« Mon père ne m’a jamais parlé de vous… » – Murmura-t-elle, perplexe. Lyessa plissa les yeux, une moue dubitative aux lèvres puis écouta attentivement le discours de son interlocuteur. Il lui expliqua qu’en traversant le Neck, il avait été sauvé – comme cela arrivait souvent – des mâchoires carnassières d’un lézard-lion. La Paludière haussa les sourcils, surprise d’apprendre que son paternel avait sauvé la vie de cet homme mais elle ne put s’empêcher d’esquisser un sourire en l’imaginant ainsi. Il ne s’en était guère vanté de cette anecdote ! Et Lyessa se ferait un plaisir de l’évoquer en rentrant dans ses marais. D’ailleurs, en y pensant, sa famille devait se faire un sang d’encre à l’heure actuelle. Lyessa se mordit la lèvre inférieure, soucieuse, puis chassa ses impressions pour se concentrer sur son interlocuteur. « C’est une drôle de coïncidence en effet. Mon paternel s’est jamais vanté de sauver qui que ce soit. Il n’veut pas qu’on parle de lui, et pourtant… »

D’habitude, ceux qui avaient pu croiser la route de lord Reed n’avaient pas de bons souvenirs à évoquer au sujet de sa personne. Pour lord Ouestrelin, c’était différent – l’on pouvait sentir qu’il y avait une mûre sympathie et une grande reconnaissance. Lyessa songeait, ne quittant pas le faciès de son interlocuteur du regard. Il y avait manifestement beaucoup de choses qu’elle ignorait au sujet du seigneur de Falaise, et cela piquait sa curiosité. Il s’éloigna d’elle, le temps de récupérer deux coupes de vin et lui en tendit une. Lyessa ne se fit pas prier et en saisit une entre ses doigts pour la porter à ses lèvres. Elle avait terriblement soif, et but sa coupe d’un seul trait – ce qui avait de quoi surprendre son hôte. Le goût de l’alcool lui arracha un frémissement qui la secoua de bas en haut mais elle se sentit immédiatement mieux. Pour sûr que ça l’avait un brin réchauffé ! Lord Ouestrelin évoquait sa réputation qui était bien pire que celle des Reed – voilà de quoi piquer la curiosité de la Paludière. Le breuvage alcoolisé avait l’air d’avoir un effet mélancolique sur lui et Lyessa put percevoir l’homme préoccupé et solitaire qu’il était. Toutes les paroles de Ouestrelin ne faisaient qu’attiser le désir de savoir de la jeune femme. Elle s’imaginait d’ores et déjà dans sa tête toute sorte de scénarios et hypothèses saugrenues au sujet de l’homme qui lui faisait face.

« Si ça peut vous rassurer, moi, je ne vous crains pas. » – Lui lâcha Lyessa, un sourire amusé aux lèvres.

La jeune femme massa son poignet douloureux et s’arracha une grimace. Quand elle le questionna sur le pourquoi avoir pris le risque de la sauver alors que ça ne semblait pas dans les intentions du capitaine, celui-ci releva quelques points judicieux. Elle aurait sûrement tenté de sauver une vie en danger, mais Lyessa s’était rapidement rendue compte que la plupart des gens n’aimaient pas prendre de risque, quitte à se mettre des œillères. La nature humaine était sacrément complexe – et Lyessa se doutait que c’était un peu pour ça que les Paludiers vivaient reclus. Face aux hypothèses du seigneur de Falaise, la jeune femme restait pensive. Elle avait arrêté d’essayer de comprendre les gens de cette espèce – il était plutôt simple de se contenter de les haïr.

« Le plus effrayant, c’est bien que ce comportement est en train de d’venir normal. » – Murmura-t-elle. « Si vous saviez le nombre d’individus de ce genre que j’ai pu rencontrer. »

Elle haussa les épaules avec nonchalance – elle n’avait pas envie de refaire le monde. Elle savait qu’il était déjà perdu. Quand lord Ouestrelin évoqua le fait qu’ils disaient de lui que c’était un monstre et que la nature humaine était bien plus cruelle que la nature animale, la jeune femme trouva dans ses paroles de quoi songer. Se considérait-il comme un animal ? Elle le scrutait avec curiosité tandis qu’il s’éloignait pour remplir sa coupe à nouveau lorsque le navire butta contre quelque chose. Lyessa s’agrippa au pan de bois, effarée – la mer n’était décidément pas son point fort. Seamus semblait agacé par ce petit aléa et après s’être enquit de savoir ce qu’il se passait, il revint vers elle pour lui annoncer qu’ils étaient arrivés. Enfin ! Elle allait pouvoir poser le pied sur la terre ferme mais redoutait que son estomac ne supporte encore moins le changement brutal. Lord Ouestrelin lui demanda si elle pouvait marcher sous peine de la porter. Lyessa avait bien trop d’orgueil pour se laisser trimballer de la sorte même si elle saluait la sympathie de son interlocuteur.

« Ca devrait aller, merci. » – Lui lâcha-t-elle en se remettant sur ses jambes.

Elle se fit violence pour tenir et avancer, même si elle faisait ça plutôt lentement de peur de tomber. Quand elle sortit de la cabine, la lumière du soleil qui s’éclipsait lui fit fermer les paupières durant quelques secondes. Elle se sentait nauséeuse et elle se demandait combien de temps elle avait passé à barboter dans l’eau salée. Elle manqua de s’étaler en gravissant les marches mais lord Ouestrelin fut là pour la retenir et l’aider. Lyessa croisa les marins sur le pont et leurs regards entre curiosité et crainte ne lui étaient pas passés inaperçus. Sûrement croyaient-ils qu’elle était une créature dangereuse, une sirène cherchant à se frayer un passage sur la terre ferme pour y faire des victimes ? L’idée qu’ils puissent penser ça était amusante, même si ça ne la mettait pas franchement à l’aise. S’appuyant à contrecœur sur le seigneur de Falaise, Lyessa n’en menait pas large une fois un pied sur le ponton. Le château était perché en haut de la falaise et il fallait remonter à travers le village pour l’atteindre.

« Je suis désolée d’vous mettre dans l’embarras, lord Ouestrelin. » – Laissa-t-elle échapper entre ses lèvres, confuse de le montrer à ses gens dans cette pénible situation.

Lyessa fut quelque peu surprise de voir l’état du château, quelque peu décrépi, pas vraiment accueillant de par les ruines qu’il évoquait. La Paludière n’avait pas particulièrement de goût pour les châteaux étant donné qu’elle ne les foulait que très rarement. Ainsi, elle n’était nullement rebutée d’avoir à grimper là-haut – au contraire, ça suscitait toujours plus de curiosité à l’égard de la famille Ouestrelin et de leur histoire. Le seigneur lui semblait meurtri, brisé – et elle mourrait d’envie de savoir en quoi. Etait-ce cruel ?

Ce dernier semblait pressé de rejoindre sa demeure car il considéra plus efficace le fait de la porter jusqu’en haut. Lyessa ne rechigna pas à se laisser faire, aussi impatiente que son hôte à être loin des regards curieux de la populace qui se pressait sur la place du village. Il la mena bien vite au pied du château et Lyessa fit promener un regard attentif autour d’elle. Tout une partie du château semblait être effondrée – un quelque chose qui sonnait comme un présage funeste.

« Ma famille doit me croire morte. Il faut que je retourne rapidement dans mes marais, où j’crains que mon paternel se mette dans l’idée de faire lui-même la guerre aux Fer-nés. » – Confia-t-elle au seigneur Ouestrelin sur un ton distrait alors que ses yeux ne pouvaient se détacher des ruines.

Il l’amena bien vite à son mestre nommé Collivan qui lui fit boire un breuvage aigre pour calmer sa douleur. Après quelques manipulations de son poignet douloureux, celui-ci lui enroula dans des bandages propres et lui recommanda beaucoup de repos. Lyessa n’avait jamais eu l’occasion de rencontrer de mestres et elle trouvait leurs pratiques curieuses. La Paludière gratifia l’homme d’un signe de tête puis se redressa pour emboîter le pas au maître de maison. Cet endroit était grand et froid – c’était ce qu’elle n’aimait pas dans les châteaux. La pierre brute et glaciale.

« J’imagine que vous ne vivez pas seul ici, lord Ouestrelin ? » – Demanda-t-elle à son hôte, son regard toujours offert au couloir interminable qu’ils foulaient. Un grincement léger de porte lui fit tourner la tête et elle put constater qu’on les épiait. C’était une femme, blonde, sûrement du même âge que le seigneur de Falaise. Était-ce son épouse ?








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Message Lun 7 Jan 2013 - 1:55

L’ascension vers Falaise était un pèlerinage de honte et d’humiliation. Un badge d’indignité qui faisait du Seigneur Ouestrelin l’objet de railleries et mises à l’index. Quand Lyessa examinait le château, c’était comme si elle le dévisageait avec désapprobation et il ne pouvait que difficilement supporter un tel abaissement. Même avec le temps, il n’avait su s’y faire. Aujourd’hui encore, il nourrissait de l’amertume envers ses ancêtres, dont aucun n’avait eu le courage de demander aux familles de l’Ouest de les aider dans d’éventuelles réparations.
« Vous devriez les prévenir que vous êtes saine et sauve. J’imagine que votre père sera amusé de savoir que vous êtes accueillie chez les Ouestrelin. le souvenir de Joren Reed flottait encore dans l’air. Seamus était reconnaissable de pouvoir s’occuper de la fille de son jadis bienfaiteur. Vous pourrez envoyer une missive quand Collivan vous aura soignée. »

Le mestre avait toujours été un homme enclin à accomplir ses tâches promptement. Il était bon dans ce qu’il faisait, mais Seamus n’avait jamais aimé ses manières trop diplomatiques et son caractère quelque peu effacé qui suggérait qu’il en savait davantage qu’il ne laissait paraître. Quelques fois il avait même l’impression de l’entendre chuchoter derrière son dos, comme s’il était de mèche avec ses fils et son épouse. Après tout, il venait du Bief et Lady Amelia était une Redwyne. On disait que les mestres abandonnaient toutes leurs allégeances en portant la chaîne, mes des serments ne prennent que rarement le dessus d’idéaux depuis longtemps implantés dans les âmes des hommes. Ces morales qui ont germé depuis des décennies ne sont par conséquent que difficilement déracinables.
Lord Ouestrelin acquiesça face au travail de Collivan pour afficher sa satisfaction. On se sera correctement occupé de la jeune femme qui, et Seamus le constata avec un certain plaisir, avait du caractère. Ce dernier détail lui était peut-être agréable, mais ne le sera pas à sa femme ce qui ne fit qu’accentuer l’amertume que ressentait le seigneur de Falaise à la dernière question de Lyessa. Il tenta de lui sourire, au lieu de quoi son visage se tordit dans une étrange grimace.
« J’ai la joie d’avoir une ravissante femme et deux fils exemplaires, si seulement c’était vrai... ainsi qu’une fille – la prunelle de mes yeux. » Au moins disait-il la vérité concernant ce dernier point. Miranda était réellement une perle, jolie, élégante, gentille avec une chaleur naturelle. Je ne la mérite pas... Il se le répétait tous les jours en l’apercevant. Après tout, comment pouvait-il lui, un change-peau, avoir un enfant aussi parfait ? Il était éternellement reconnaissant aux Anciens Dieux pour un tel présent. Le reste des Ouestrelin était une autre affaire : des personnages qui s’emmêlaient dans les files de leurs propres machinations. Il choisit toutefois d’omettre la présence de sa sœur, qui ne sortait que rarement de sa chambre d’ailleurs, de peur de réduire sa réputation en cendres aux yeux de la jeune Lyessa, laquelle il avait l’impression était déjà assez bancale.
Enfin, la demoiselle du Neck semblait curieuse de faire connaissance et Seamus ne pourrait l’en empêcher... Il décida de le faire sur-le-champ afin d’avoir cette affaire désagréable derrière lui. Il la mena hors du laboratoire de Collivan, maintenant une marche lente et cadencée de façon à faciliter la tâche de la jeune nordienne. Ils descendirent un ou deux escaliers avant de retourner au hall d’entrée où se situait la porte menant vers l’un de leurs salons. Tout cela se fit entre les murs intimidants et sous la lumière laiteuse de Falaise. Grincements et coups de vents étaient récurrents... C’était une demeure où on croyait voir des fantômes et des monstres sanguinaires ; une sorte de manoir ancestral où régnaient les âmes d'un millier de défunts. Pas étonnant que personne n’aimait rester ici plus de quelques jours. Or, ce dégoût naturel que chacun développait pour Falaise n’avait pas manqué de vider le château de ses habitants. Il n’y vivait à présent plus qu’une poignée de servants, quelques gardes (dont la plupart préféraient se réfugier dans le village), le chef de la garde, Collivan et enfin, les fameux Ouestrelin – une famille digne de n'importe quel conte à faire dormir debout.

Lady Amelia Redwyne leur tournait le dos, assise dans un fauteuil poussiéreux face à la cheminée. Dans la chaise à côté d’elle se trouvait Ser Ormond Ouestrelin. L’arrivée de Seamus et de Lyessa sembla les couper dans une passionnante discussion. Le fils du seigneur se leva brusquement, le dévisageant d’un air incrédule.
« N’étais-tu pas censé être parti toute la journée ? L’insolence de son fils aîné pouvait paraître choquante ; de fait, le jeune homme ne cachait jamais le mépris qu’il éprouvait envers son père. C’était assez douloureux à voir... Pourtant Ormond pouvait sembler comme quelqu’un de respectable aux premiers abords. C’était un beau garçon, grand et mince, comme son père. Il avait également hérité de ses cheveux sombres et de ses yeux bleus, de ses pommettes saillantes et ses joues creuses, de son nez pointu et son caractère rebelle. En fait, on pouvait dire que Ormond et Seamus se ressemblaient comme deux gouttes d’eau, et pourtant les deux hommes ne s’entendaient guère. Ser Ouestrelin haïssait son père, c’était évident. Le seigneur de Falaise, toutefois, ne pouvait éprouver des sentiments aussi violents envers son propre fils. C’était quelque chose d’impossible d’après les lois gravées sur les piliers constituant une famille... Il ne l’aimait pas, certes, mais nourrissait toujours un fond de tendresse paternelle pour le nourrisson qu’il avait tenu entre les mains il y a tant d’années.
_Je vois qu’on ne vous a pas prévenu de mon arrivée...
_Et qui nous préviendrai ? Il n’y a personne dans cette vieille ruine. Amelia ne se donna pas même le mal de se retourner pour regarder son époux. Elle avait adopté sa voix dédaigneuse comme elle aimait tant le faire quand elle lui adressait la parole. Une attitude avec laquelle Seamus avait appris à vivre, bien que difficilement. Il décida par conséquent d’ignorer leur comportement irrespectueux.
_Chère épouse, fils bien-aimé, je vous présente Lady Lyessa Reed, fille de Lord Joren Reed, seigneur du Neck et de Fort-Griseaux. Une ravissante jeune femme qui, j’aime à croire, est également une sirène enchanteresse. Lady Ouestrelin eu la courtoisie de se retourner dans son fauteuil. Elle dévisagea rapidement la nordienne avant de porter son regard sur son seigneur et époux.
_Seamus, je n’aime pas quand tu plaisantes. Ça ne te va pas... Amelia ne réagirait jamais d’une telle façon face à quelqu’un qu’elle savait être une dame. Au moins Lyessa aura-t-elle l’occasion de voir son épouse sous sa véritable nature, c’est-à-dire une vipère. La plupart la croyaient affable et serviable. Une femme très élégante avec un comportement contrôlé, comme si tous ses mouvements étaient mesurés et calculés à l’avance. Elle avait des cheveux blonds, bien que la moitié s’approchait du blanc, des yeux bleus et des traits de visage acérés. Elle était fine et ses formes ondulaient joliment sous ses robes colorées. Qui aurait pensé qu’une telle Lady était en réalité insupportable ?
_Et si je t’assurais, ma chère, que je ne plaisante nullement ? sa femme se retourna une deuxième fois, examinant de nouveau la nordienne avec plus de circonspection. Enfin, elle jeta un regard moqueur à son mari.
_Je t’en prie... elle sourit avec arrogance, que comptes-tu faire avec cette pauvre chose ? L’assigner à la cuisine ? Nous avons besoin d’un ou deux servants tu sais. elle secoua la main comme pour se débarrasser d’eux. Sois gentil Seamus et va embêter Sullivan. J’ai l’impression qu’il s’ennuie. »
Décidément, sa famille venait de ruiner l’image des Ouestrelin auprès des Reed à tout jamais... Lord Ouestrelin décida d’ignorer de nouveau les remarques désobligeantes de son épouse. Après tout, s’il éclatait de colère sa femme n’en tirerait que profit. Il ne connaissait Amelia que trop bien, et l’une des meilleures armes contre ses manières empoisonneuses était l’indifférence. Il se tourna vers Lyessa, affichant une expression sincèrement désolée et une voix affectée.
« Veuillez excuser ma femme et mon fils pour leur comportement outrageux... Laissez moi tout de même vous présenter mon épouse : Lady Amelia Ouestrelin, née Redwyne ainsi que mon héritier, Ser Ormond Ouestrelin un chevalier reconnu. »
Soudain, le visage de son fil se décomposa et sa femme se retourna une troisième fois, les observant avec horreur. Seamus faillit éclater de rire, mais il se retint au dernier moment. Ces deux là savaient très bien qu’il ne jouait pas assez bien la comédie pour parler de la sorte à une servante.
Réalisant qu’elle faisait en fait réellement face à la fille de Lord Joren Reed, Lady Amelia se leva brusquement et fit une révérence élégante avant de secouer la tête dans une expression torturée. Si une personne savait parfaitement jouer la comédie, c’était bien elle... Quant à Ormond, le jeune homme semblait avoir hérité des talents de son père et il restait debout, fixant la jeune nordienne, comme pétrifié.
« Je suis, vraiment, profondément désolée Lady Lyessa ! Je vous présente mes plus plates excuses ! Comment ai-je pu me comporter de la sorte ?! Et mon fils ! Veuillez également l’excuser pour ses manières grossières ! Je vous en prie, asseyez-vous ! Elle lui présenta le canapé disposé à côté de son fauteuil.
Quand le seigneur de Falaise et son invitée furent assis, Ormond reprit ses esprits et s’obligea à incliner très profondément la tête.
« Veuillez excusez mon comportement impardonnable Lady Reed. il leva les yeux pour les plonger dans ceux de Lyessa, Vous êtes réellement ravissante. Le jeune chevalier était un vrai charmeur, il fallait le lui accorder. Plus d’une femme avait été victime de ses avances, mais Seamus ne doutait pas que la forte personnalité de la nordienne allait dévorer son fils tout cru.
_Oh ! s’exclama soudainement Amelia à la vue du bras de la jeune femme, Que vous est-il donc arrivé ?! Et comment se fait-il que mon époux vous ramène à Falaise alors qu’il était en mer ? »
Seamus décida de fixer les flammes dansantes dans la cheminée : il n’était guère d’humeur à voir sa prétentieuse femme prétendre d’être gentille et innocente. A chaque fois qu’ils avaient des invités elle se couvrait d’un voile immaculé. Cependant, la majorité était aveugle à la méduse qui se cachait derrière... Il espérait que Lyessa ne tombera pas dans le panneau.

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Message Mar 8 Jan 2013 - 14:46

Lorsque lord Ouestrelin lui proposa d’envoyer une missive à son paternel, Lyessa ne put s’empêcher de sourire. Les omissions au sujet de Griseaux étaient fort répandues – notamment le fait qu’ils n’avaient nuls corbeaux à y envoyer, ce qui ajoutait à la difficulté d’être localisé et informé. Elle ne lui rappela pourtant guère ce détail, préférant attendre d'être au sein du château pour évoquer son voyage de retour. Seamus n’était clairement pas enchanté par la situation, et les regards de son peuple y prêtaient pour beaucoup. Bien que Lyessa ait pour habitude de ressentir de vives émotions, sans pour autant se laisser aisément attendrir – la situation de lord Ouestrelin la chagrinait terriblement. Elle aurait bien aimé saisir le pourquoi de toute l’amertume des gens qui lorgnaient avec mépris leur seigneur.
Son petit passage chez le mestre dénommé Collivan fut un vrai soulagement pour la Paludière qui souffrait silencieusement de son poignet douloureux. La fatigue de son corps y était aussi pour beaucoup mais elle savait qu’elle se serait sentie incapable de fermer l’œil – tellement l’endroit recelait de mystères. Tandis qu’il était en train de s’occuper d’elle, cette dernière n’hésita pas à informer son hôte de la difficulté de joindre Griseaux.

« Pour ce qui est de la missive seigneur Ouestrelin, je crains qu’ce ne soit pas possible. Nous ne possédons pas de corbeaux dans les marais, et c’est bien parce que notre demeure est impossible à localiser. » – L’informa-t-elle en haussant les épaules. « Je ne vais pas abuser de votre hospitalité. »

Lyessa faisait des efforts pour se montrer polie – ce qu’elle ne prenait pas la peine de faire avec les nobles qui se montraient arrogants et irrespectueux avec elle. Après que son poignet eut été bandé, Lyessa suivit son hôte dans le dédalle des couloirs du château. Lorsqu’elle avait questionné son interlocuteur sur sa famille, celui-ci avait répondu avec considération comme s’il était comblé – curieusement, ceci jurait avec l’aspect torturé du personnage mais Lyessa n’en tint pas rigueur, suivant aveuglément son hôte jusqu’au salon. Lorsqu’il ouvrit la porte, la Paludière perçut immédiatement les deux silhouettes, assises devant la cheminée. Se doutant là qu’il s’agissait sûrement de sa famille, Lyessa resta derrière le seigneur de la maison, installant un sourire de façade sur son faciès. Elle était à vrai dire plutôt exténuée par ses démêlés mais tentait de faire son mieux pour sembler polie. A peine furent-ils plus proches des deux membres de la famille Ouestrelin que l’un d’eux – un jeune homme, aux mêmes traits fins que le seigneur de Falaise – se redressa, une mine peu joviale à l’encontre de son paternel. La remarque par laquelle Seamus fut accueilli fit légèrement sourciller la Nordienne. L’on sentait clairement qu’il y avait des tensions entre le père et son fils, et si Lyessa ne connaissait rien de leur histoire, elle ne pouvait s’empêcher que de s’y intéresser. Elle était immobile et ne disait rien, se contentant de promener ses yeux sur les différents protagonistes qui l’entouraient. Lyessa détailla silencieusement le visage du fils Ouestrelin qui toisait son père. Un fils exemplaire ? – pensa la jeune femme avec sarcasmes. La femme qui était assise, dont la Paludière ne pouvait percevoir que d’elle sa chevelure blonde, fit une remarque acerbe au sujet de Falaise. Oh, si la famille Ouestrelin avait du avoir vécu de bonnes lunes, il semblait que Lyessa ne soit pas réellement tombée au bon moment. Saluant l’irrespect global et l’atmosphère de mépris qui régnait ici, la jeune femme se contenta de se mordre les lèvres, les mains croisées dans son dos. Seamus fit preuve d’un flegme frisant le cynisme et présenta alors la Paludière à son épouse et son fils, usant de mots flatteurs par lesquels la jeune femme n’avait pas eu pour habitude d’être qualifiée. La remarque fit enfin tourner la dame de Falaise qui posa sur elle un regard inquisiteur avant de se montrer ennuyée. Manifestement, elle ne croyait en rien que la jeune femme qui se dressait là puisse être une Reed. Et pourtant, les rumeurs suivaient la famille du Neck comme elles semblaient avoir détruites la famille Ouestrelin… Lyessa ne sut comment réagir sur le coup et elle se contenta d’observer la lady d’un œil perplexe. Bien que Seamus semble insister, sa femme ne semblait guère encline à le croire. La Paludière se sentait ostensiblement dévisager, et elle détestait cela. Les mots employés par la lady à son sujet lui firent hausser les sourcils dans un cruel amusement. C’était bien la première qu’on la traitait de « pauvre chose », bien que ce ne soit pas la première fois qu’on la prenne pour une roturière. La vieille acariâtre leva sa main à leur égard comme pour chasser des mouches qui lui tourneraient autour puis Seamus entreprit de se tourner vers la Nordienne pour s’excuser du comportement de sa famille. Lyessa croisa le regard un brin amusé de son interlocuteur face à la circonspection des deux membres de sa famille qui faisaient preuve d’impolitesse puis elle inclina légèrement la tête en signe de salutations.

« J’serai tentée de dire que je suis enchantée. » – Lui répondit Lyessa. Elle n’était pas du genre à se confondre en politesse. Elle détestait les nobles pompeux, narcissiques et méprisants – et pour le moment, on pouvait dire que lady Amelia et Ser Ormond lui avaient fait forte impression. Un chevalier en plus – comme elle les détestait ! L’épouse de Seamus se redressa vivement pour se confondre en excuses et Lyessa resta à les fixer mutuellement, un sourire en coin vissé sur les lèvres. Elle l’invita sans plus tarder à prendre place sur le canapé et la Nordienne s’exécuta malgré les remous intérieurs que la situation lui évoquait. Lorsque le chevalier s’inclina devant elle en la caressant dans le sens du poil, Lyessa ne put réprimer l’expression glaciale qui venait de transir son visage. Quelle bande d’hypocrites… « Ne vous donnez pas c’tte peine ser. J’ai eu pour habitude de ne pas porter dans mon cœur les chevaliers et leurs manières depuis que je suis toute petite. C’est pas contre vous évidemment. »

Un avertissement qui eut vite fait de surprendre le concerné. Lyessa ne voulait pas se montrer irrespectueuse mais elle était franche, et ne se voyait pas jouer les tendres, surtout face à un duo si incongru. C’était étrange comme la famille du seigneur de Falaise semblait presque plus le détester que la populace qui vivait en contrebas. Lady Amelia s’enquit de s’inquiéter de la blessure de la jeune Nordienne et cette dernière haussa les les sourcils, reprenant sur un ton presque indifférent.

« Et bien… Votre époux a eu la gentillesse de me sauver la vie, lady Amelia. J’aurais pu mourir noyée aujourd’hui, mais il a eu la décence d’esprit d’insister pour me repêcher alors que le capitaine de son bateau ne voulait pas se donner cette peine. « – Lâcha-t-elle en offrant un sourire un brin crispé à son interlocutrice. Le sourire de cette dernière semblait s’être pincé d’un seul coup – sûrement ne s’attendait-elle pas à attendre de pareilles révélations sur le seigneur son époux ? En vue de l’hypocrisie certaine du chevalier et de sa mère, Lyessa eut l’envie de pousser le jeu un peu plus loin – désirant voir si ces deux là pouvaient se montrer reconnaissant à l’égard de Seamus juste pour faire bonne impression. « Et si j’étais en mer, c’est parce que des Fer-nés se sont aventurés jusqu’au Neck et ont tenté de m’enlever. Heureusement que votre époux était là, ma dame. Je lui dois une dette à vie après ça. »

Ser Ormond avait l’air rembruni, comme si la remarque que Lyessa avait osé au sujet des chevaliers l’avait hautement vexé. Qu’il soit orgueilleux n’étonnait en rien la jeune Paludière, et pourtant, même s’il semblait partager quelques traits communs avec son paternel, ce dernier ne s’était montré en rien condescendant à l’égard de l’étrangère. Lyessa avait la fâcheuse tendance de se mêler de ce qui ne la regardait pas, surtout lorsqu’elle était interpellée de la sorte par le comportement déplacé de certains.

« Quelque chose me dit que vous ne réalisez pas la chance que vous avez et je trouve ça regrettable. » – Laissa-t-elle échapper, un sourire aux lèvres.

« Mais de quoi vous mêlez-vous ?! Je crois que vous ne savez pas à qui vous avez à faire lady Reed. » – Rétorqua brusquement le fils Ouestrelin. « Et sûrement que l’isolement de votre maison est la raison pour laquelle vous ignorez ce que tout le monde sait par ici ! Mon père est loin d’être ce qu’il prétend être. »

Le visage de la Paludière se ferma légèrement face à la réplique du jeune chevalier. L’hostilité qu’il semblait ressentir à son égard était palpable maintenant, ce qui l’amusait plus que ça ne la dérangeait.

« J’en connais d’autres ici qui semblent aussi très loin d’être ceux qu’ils prétendent. » – Commenta-t-elle en inclinant légèrement la tête. « Désolée de vous décevoir mais les bruits qui courent ne sont pas ce à quoi je m’accroche. Vous comprendrez qu’en tant que Reed, les rumeurs ne m’intéressent guère. »

Son ton avait été froid et sec, et la seule chose qu’elle regrettait réellement, était d’avoir mis lord Ouestrelin dans l’embarras.

« Je ne vais pas déranger cette réunion de famille plus longtemps. Je vous remercie pour votre hospitalité. » – Lyessa inclina légèrement la tête, coulant un regard au seigneur de Falaise avant de se diriger vers la porte du salon.

Peut-être avait-t-elle maladroitement mis les pieds dans le plat ? Quoiqu'il en soit, il y avait manifestement un réel problème dans cette famille, et Lyessa se demandait bien de quoi parlait le fils en évoquant le fait que Seamus n'était pas ce qu'il prétendait être.

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Seamus Ouestrelin
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Message Jeu 10 Jan 2013 - 20:36

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Cela faisait longtemps que quelqu’un avait pris son parti... A vrai dire, Seamus avait presque oublié quel effet cela faisait. Il ne s’attendait guère à ce que la jeune nordienne le défende. Certes il l’avait sauvée, mais elle avait également été témoin de son tempérament sanguin sur le pont du Parangon et un tel comportement ne vous décroche en général pas un avis favorable. Elle va certainement changer d’avis si elle venait à apprendre la vérité. Et il avait comme l’impression que cela n’allait pas tarder si elle restait à Falaise un peu plus longtemps. C’est d’ailleurs pourquoi Lord Ouestrelin fut tenté de remettre Ormond à sa place lorsqu’il impliqua qu’il y avait quelque chose qui se cachait derrière la façade seigneuriale de son père. Mais il se retint : ce n’était pas le moment de faire la leçon à son fils, qui était par ailleurs déjà adulte – bien que Seamus aimait quelques fois penser le contraire.
Non... Celle-là ne se laissera pas amadouer par leurs mots doux. Il se demandait comment il avait pu douter de Lyessa. C’était le genre de personne qui aimait parler franchement et combattre les hypocrites. Chose qui fit sourire le seigneur de Falaise, prenant déjà un considérable plaisir à voir son épouse et son héritier se faire abattre par les mots aiguisés de la jeune femme. Le meilleur était que sa femme n’osait parler, sachant pertinemment que le rôle qu’elle incarnait ne lui permettait d’éclater de fureur – ce qu’elle aurait certainement fait avec joie. De fait, Seamus percevait cette petite contraction qu’elle avait l’habitude d’adopter quand elle était mécontente ; symptôme apparaissant chez ceux qui serrent les dents pour contenir leur colère. Enfin, quand la demoiselle du Neck se leva pour prendre congé de leur compagnie, Lady Amelia semblait user de toutes ses forces pour garder une position fière et un minimum indifférente. Son époux s’apprêtait à partir quand elle le rattrapa par la manche et le tira à elle pour lui chuchoter quelque chose à l’oreille.
« Elle ne restera pas ici.
_As-tu peur de te faire rabaisser une deuxième fois ? il afficha un sourire moqueur, Je pense qu’elle restera aussi longtemps qu’elle le voudra.
_Tu aurais dû la laisser flotter dans l’eau.
_Eh bien, voilà des paroles qui vont parfaitement à l’encontre des règles de l’hospitalité. Maintenant, si vous voulez bien m’excuser. Bien-aimé fils, ma douce. » il inclina la tête à l’intention de son fils puis de son épouse avant de rejoindre Lyessa qui avait déjà quitté le salon.
Dans la famille Ouestrelin chacun semblait prétendre être quelqu’un d’autre. D’un côté Lady Amelia tentait d’être la dame qu’elle se devait d’être, Ormond le chevalier à la fois mystérieux et exemplaire dont rêvent toutes les jeunes demoiselles et Seamus lui-même avait quelques fois l’impression de jouer au seigneur quand il essayait de maintenir l’ordre dans son fief alors que tout ce qu’il voulait était de disparaître, loin de la portée de tous. Si on exigeait de chacun qu’ils retirent leurs masques on ferait face à une jolie et dangereuse vipère, un chien qui aboie un peu trop fort ainsi qu’un vieux loup des steppes qui ne fait songer qu’aux plaines et aux montagnes qu’il a abandonné pour le semblant de confort que lui procurait un titre qui s’avérait un peu plus vide d’année en année. C’était un carnaval bizarre ; un théâtre où les personnages étaient tout sauf compatibles.
Ses épaules s’allégèrent soudainement quand il ferma la porte pour laisser Ormond et Amelia derrière lui. Il se permit de lâcher un bref soupir avant de river son regard vers Lady Reed.
« J’espère que cette rencontre ne vous a pas totalement exténuée... J’avoue que discuter avec ces deux là peut s’avérer éprouvant. Encore une fois, veuillez excuser leurs paroles. Ma femme est difficile et mon fils croit être le roi du monde. Il s’avança vers une plus petite porte dans le hall d’entrée, puis l’ouvrit. Allons nous réfugier aux cuisines. La nourriture est la première étape vers la guérison et vous devez avoir une faim de loup. » Lui même avait besoin d’un verre d’alcool pour digérer la tension croissante qui régnait dans sa famille et noyer le chagrin qui recommençait à le titiller.

La cuisine était une salle à la taille considérable. Plusieurs piliers en bois soutenaient un étage recouvrant la moitié de la pièce. On pouvait y accéder par un petit escalier et on y conservait les aliments marinés ainsi que les épices. Au dessous s’étendait un large comptoir derrière lequel se trouvaient plusieurs fours et de nombreux ustensiles de cuisines : couteaux, ciseaux... et d’autres instruments dont on ne pouvait imaginer l’utilité. Au centre on avait disposé plusieurs tables qui étaient d’habitude occupées par les cuisiniers et marmitons mais à l’heure qu’il était la plupart s’étaient autorisé une petite pause avant de s’abandonner de nouveau dans leurs activités épuisantes. Martin était toujours là toutefois : un homme un peu plus jeune que Seamus mais bien plus large. Et bien que ses plats n’étaient pas particulièrement plaisants il était efficace et aimait travailler. Il salua son seigneur avec son enthousiasme naturel mais ne réussit à contenir une expression de surprise à la vue de Lyessa. Les invités étaient en effet rare à Falaise et les voir seuls en compagnie de Lord Ouestrelin était une chose encore plus particulière.
Seamus invita la jeune nordienne à s’asseoir à l’une des tables avant de s’installer lui-même.
« Martin, apporte quelque chose de chaud et de facilement digérable à Lady Reed. le cuisinier s’apprêtait à s’exécuter quand son seigneur l’interpella encore une fois, Et une bouteille d’eau-de-vie. » Martin disparut derrière la porte qui menait au cellier et revint en un clin d’œil avec deux verres et la bouteille désirée.
« Réchauffer la nourriture va prendre quelques instants. Veuillez m’excuser, Lady Reed, pour ce retard. » le cuisinier inclina profondément la tête, toujours aussi docile et poli, puis disparut de nouveau.
Seamus déboucha la bouteille, servit Lyessa puis lui-même avant d’avaler le liquide à grandes gorgées. Martin s’était efforcé de lui trouver une de leurs meilleures eaux-de-vie et le jeune seigneur se sentait un peu coupable de la boire pour l’oubli et non pour le plaisir.
« Comme vous pouvez le constater mon cuistot a de meilleures manières que mon épouse et mon fils. Peut-être aurais-je dû l’adopter et le nommer mon héritier. il sourit. Je m’excuse moi-même pour ne pas vous avoir prévenu à l’avance... J’espérais que Ormond et Amelia allaient adopter leurs masques de courtoisie plus promptement. Au moins, vous savez la vérité, mais je ne sais si c’est pour le meilleur ou pour le pire... La réputation d’une famille peut être son armure, et le bouclier des Ouestrelin est déjà rouillé depuis des décennies. il emplit son verre une deuxième fois, le finit, puis se servit à nouveau. Vous arrivez au mauvais moment. J’aurais aimé vous accueillir dans les normes ; vous êtes une dame, la fille d’un homme que je respecte et vous avez oser parler en faveur. Seamus n’avait jamais été particulièrement doué pour remercier quelqu’un. Les mots semblaient se nouer dans sa gorge. Enfin, il les laissa s’échapper avec sincérité. Ce que je tente de dire est : merci, de m’avoir défendu. »
Cela faisait un bout de temps qu’il avait rencontré quelqu’un dont il ne cherchait pas à fuir la compagnie. En plus, il y avait quelque chose d’un peu sauvage c’est la jeune Reed qui éveillait d’emblée sa sympathie.
« Vous savez, vous me rappeler quelqu’un. Seamus l’avait remarqué depuis le début, mais ne s’était pas permis de le dire tout haut. Il avait l’impression d’être projeté dans le passé, et de revoir dans les traits de Lyessa celle qui avait donné naissance à son fils illégitime. Elle venait du Nord aussi... » sa voix était songeuse, comme s’il parlait davantage à lui-même qu’à la nordienne. Porté par l’alcool et l’étrange besoin de s’exprimer, il s’apprêtait à dire quelque chose qu’il n’avait encore révélée à personne, quand Martin revint avec un plateau où était disposé un bouillon, du pain, une assiette avec des légumes ainsi qu’un morceau de tarte.
« Le pain et la tarte sont excellents ; pour le reste... tout est subjectif. Le plateau fumait et dégageait une agréable odeur. J’espère que vos précédentes péripéties ne vous ont pas ôté l’appétit. Martin a toujours l’habitude de servir plus qu’il n’est nécessaire. »



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Dernière édition par Seamus Ouestrelin le Lun 17 Juin 2013 - 18:14, édité 1 fois
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Message Ven 11 Jan 2013 - 12:21

Lyessa ne daigna pas même jeter un regard vers les deux qu’elle avait laissé pantois. Elle leur avait donné de quoi ressasser pour un moment, et peut-être que les prochains griefs seront tournés vers elle plutôt que vers le maître de maison ? La Paludière l’espérait – elle se contrefichait d’être haïe par ces deux là. Sa franche attitude se moquait bien de savoir ce que les autres pensaient d’elle. L’isolement de leur maison par rapport à la civilisation faisait justement qu’elle n’avait pas à entretenir de quelconque relation hypocrite avec qui que ce soit. A peine eut-elle franchie le seuil de la porte que la jeune femme émit un petit soupir, mains sur les hanches. Elle observa silencieusement le hall du château, salle immense de pierres grises froides – un endroit qui aurait été accueillant, peuplé de marmots braillards. Là, ça ne faisait qu’accentuer le malaise qui régnait dans cette demeure, à l’image de la famille brisée qui l’habitait. Lyessa réfréna un frisson qui ne demandait qu’à la secouer de haut en bas. La porte du salon grinça derrière elle et la Paludière se tourna vers le seigneur de Falaise qui revenait vers elle d’un air manifestement détendu. A l’en voir, Lyessa se demandait si ça n’était pas la première fois que Seamus Ouestrelin bénéficiait d’un appui au sein de ses murs. Sa fille était-elle aussi venimeuse que sa mère à son égard ? Le seigneur de Falaise avait clairement menti en assurant qu’Ormond était un fils exemplaire. Elle ignorait si le second fils était de la même trempe que ser Ormond mais il était clair que ce dernier était loin d’avoir attiré la sympathie de la Nordienne. Lord Ouestrelin s’excusa une fois de plus du comportement de sa famille puis entraina la jeune femme jusqu’aux cuisines.

« Cessez donc de vous excuser pour eux seigneur Ouestrelin. C’est peut-être prétentieux d’ma part mais il en faut bien plus pour me chagriner. » – Elle ricana légèrement, se remémorant tous les nobles qu’elle avait offusqué. « Je suis navrée de voir que le tableau familial que vous m’aviez dépeint n’est pas aussi reluisant que vous l’évoquiez. »

Lyessa ne pouvait pas dire connaître les membres de cette famille, et si ils semblaient tous reprocher quelque chose au seigneur de maison, c’était sûrement qu’il y avait une raison – bonne ou non. Elle ne pouvait pas affirmer qu’elle savait tout, étant donné qu’elle ignorait tout des histoires familiales de Falaise. Son cœur l’avait poussé à s’interposer entre Seamus et ces deux là car elle détestait voir une méchanceté gratuite telle – sans oublier que lady Amelia l’avait prise de haut au premier abord. Les deux individus pénétrèrent dans les cuisines – un endroit devant lequel Lyessa resta pantoise. Les cuisines de Fort-Griseaux étaient loin d’être si grandes, et l’endroit avait un charme douillet dont le reste de la demeure Ouestrelin ne semblait pas bénéficier. Du bois ! Voilà qui réchauffait les cœurs à côté de la pierre si muette. Le bois était l’apanage des Reed et de leurs plateformes flottantes et elle ne changerait ça pour rien au monde. Promenant son regard intrigué dans toute la pièce, Lyessa ne remarqua pas de suite l’individu qui se dressait derrière les piliers de bois. Après les salutations de rigueur entre le maître de maison et son employé, Lyessa inclina la tête dans un signe de politesse, sourire aux lèvres. C’était bien le premier homme au service de Ouestrelin qui ne semblait pas le dévisager avec méfiance et inquiétude. Cela changeait nettement de l’ambiance de la pièce d’à côté. La Nordienne vint s’asseoir à l’une des tables, faisant ainsi face à son hôte qui demandait au dénommé Martin de préparer quelque chose à son invitée. Lorsqu’il lui demanda après un court instant de silence de lui ramener une bouteille d’eau-de-vie, Lyessa arqua un sourcil. Seamus avait l’air plutôt porté sur la bouteille, ce qui n’était en soi pas bien étonnant vu les soucis qui semblaient le préoccuper. Pour sûr que ça n’allait en rien arranger sa situation – bien au contraire – mais Lyessa n’avait en rien à dire quoi que ce soit de moralisateur. Lorsque Martin s’excusa du temps que prendraient les aliments pour être réchauffés, Lyessa secoua la tête, sourire aux lèvres.

« Ne vous en faites pas, j’ai tout mon temps. Merci, Martin. » – Le gratifia-t-elle.

Alors que le cuisinier disparaissait pour s’atteler à la tâche, Seamus entreprit de servir les verres de liqueur avant d’en tendre un à la Paludière. Elle redoutait un peu l’effet que pouvait avoir l’alcool sur elle – mais ne rechigna pas à le boire, trouvant l’effet de chaleur plutôt efficace sur son corps endolori. La petite plaisanterie que prononça Seamus au sujet de son cuisinier qu’il aurait du nommer héritier était teintée d’une profonde amertume. Lyessa était témoin de la tristesse ineffable de son interlocuteur, et ses rides semblaient se creuser à mesure qu’il parlait.

« Je crains de n’avoir cure des masques de courtoisie lord Ouestrelin. » – Lui confia-t-elle, buvant une gorgée de la liqueur qui lui brûla momentanément l’œsophage. « C’est vous qui êtes le plus à plaindre dans cette situation. Je suis navrée pour vous que les gens ne s’en rendent seulement pas compte. »

Elle buvait sa deuxième gorgée de breuvage que son interlocuteur s’était déjà resservi deux fois. Lyessa ne fit aucun commentaire, bien qu’elle se demande s’il n’allait pas en être malade. La jeune Paludière devait s’estimer heureuse d’avoir une famille comme la sienne – s’ils étaient méfiants à l’égard de l’extérieur, la famille primait sur tout et leurs relations étaient restées fraîches et sincères depuis le début. Les mauvaises langues n’étaient réservées qu’aux autres manifestement ! Lorsque Seamus se montra chagriné de ne pas avoir pu l’accueillir d’une meilleure manière, précisant qu’elle était une dame et qu’elle avait osé parler en sa faveur, Lyessa planta ses prunelles dans les siennes.

« Je me contrefiche assez des normes en réalité et je préfère largement que l’on m’accueille cartes sur table. » – Lui confia-t-elle sur un ton rassurant. Lyessa reconnaissait parfaitement bien la gêne de son interlocuteur car elle en éprouvait toujours aussi lorsqu’elle avait à remercier quelqu’un. Etait-ce une question d’orgueil ? De solitude ? C’était difficile à dire mais lorsque Seamus la remercia sincèrement, au prix de grands efforts, Lyessa secoua légèrement la tête. « Je n’attendais pas de gratitude, Seamus. Je peux vous app’ler Seamus ? » – Le questionna-t-elle. « J’ai beau être une dame, je préfère laisser de côté les formalités. Appelez-moi Lyessa. »

Si Lyessa en appelait à la simplicité, c’était bien car ça n’était pas dans ses habitudes de servir du « mon seigneur ». Vu ce qu’elle venait de traverser, elle voulait volontiers passer outre les convenances pour pouvoir parler franchement. Ramenant un genou contre son corps, la Paludière l’entoura de ses bras pour s’y appuyer avec nonchalance. Elle tentait de ne pas offrir un regard trop insistant à son interlocuteur qui broyait clairement du noir. Il lui confia alors qu’elle lui rappelait quelqu’un – une Nordienne qui plus est – ce qui arracha un franc sourire à la demoiselle. Seamus semblait plongé dans ses pensées, en évoquant le fil sans pour autant les partager clairement avec Lyessa. Cette dernière était une oreille attentive, et elle ne demandait qu’à en savoir plus sur le seigneur de Falaise – quitte à en saisir un peu plus la complexité.

Cependant, Martin les interrompit, revenant avec une gamelle fumante qu’il déposa devant la jeune femme – ce qui eut don de faire gargouiller son ventre. Même si son estomac avait été malmené durant de bonnes heures - entre le fait que Lakdahr n’y soit pas allé de mains mortes et sa difficulté à supporter les ballotements maritimes – Lyessa ressentait quand même une faim qui ne cessait de la tenailler. L’odeur était appétissante et elle gratifia le cuisinier d’un nouveau sourire avant de se saisir d’un bout de pain et de le fourrer dans sa bouche avec soulagement.

« Ne vous en faites pas pour ça ! Je meurs de faim, ce qui ne m’empêchera pas de partager avec vous si vous avez un p’tit creux. » – Souffla-t-elle à Seamus, la bouche pleine. Martin eut vite fait de retourner à ses occupations, les laissant tout deux. Lyessa prit le temps de boire son bouillon sans pour autant manquer de loquacité. « Qui est-elle ? Cette Nordienne que je vous rappelle ? »

Lyessa se montrait curieuse et se doutait que son interlocuteur ne pourrait que lui répondre avec franchise. Du moins, elle l’espérait. Il avait semblé l’aimer, cette femme. Elle se renversa contre le dossier de sa chaise, prenant le temps de digérer les quelques bouchées de pain dont elle s’était gavée. Son ventre avait encore un peu de mal à fonctionner normalement après toutes ces péripéties. Elle pourlécha les bouts de ses doigts avant de poser un regard concentré sur le seigneur de Falaise.

« Dites-moi Seamus. Que vous reprochent-ils tous ? Pourquoi semblent-ils tous penser que vous n’êtes pas ce que vous prétendez être ? » Le questionna-t-elle franchement. Elle se pencha vers lui, posant son verre devant lui comme pour réclamer un peu d’eau-de-vie. « Si ça peut vous rassurer, je ne compte pas m’enfuir en courant. Mais je m’dois de vous prévenir que je suis extrêmement tenace, et je finis toujours pas obtenir ce que je veux. Donc cette information, si ce n’est pas vous qui me la donnez, j’irai la chercher ailleurs ! »

Ses lèvres s’ourlèrent dans un sourire malicieux. Oui, elle venait de poser un ultimatum à son hôte et sûrement que sa mère aurait fait une crise de nerfs en la voyant agir ainsi ! Mais la jeune femme était ainsi, et rares étaient ceux qui pouvaient prétendre réussir à la changer.






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Seamus Ouestrelin
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Seigneur de Falaise, loup solitaire, ours mangeur d'homme et victime des langues de vipères

"If there are gods, they made sheep so wolves could eat mutton, and they made the weak for the strong to play with."

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♦ Date de Naissance : 01/03/1990
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♦ Mariage : Lady Amelia Redwyne
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Message Mar 15 Jan 2013 - 4:43

Seamus
La franchise de Lyessa était certes attachante, mais engagea d’emblée le Seigneur de Falaise à ériger son masque de courtoisie.
« J’ai toujours aimé les formalités, Lyessa, déclara-t-il un sourire aux lèvres. Il avala une autre gorgée du breuvage enflammé songeant à la fois à son amour d’autrefois et sa louve défunte, elle était... et bien elle était un peu comme vous. il fixa la jeune Reed comme il aurait fixé son ancienne amante, avant de baisser les yeux précipitamment vers son verre, Nous avons tous une heure de faiblesse dans notre vie. Elle était la mienne... son visage brouilla sa vision, dans ses souvenirs c’était une femme ravissante, une femme comme on n’en trouve jamais. Sa voix s’était faite petite, La mère de mon premier fils : Artos Snow. »
Il n’avait pas l’habitude de parler d’Artos... Son nom était, dans une certaine mesure, devenu un tabou. A chaque fois qu’on le mentionnait, Amelia gueulait sur tous les toits et Ormond s’enflammait comme si une mouche l’avait piqué.
Il surprit le regard de Lady Reed.
« Quoi ? Vous ne pensiez tout de même pas que j’étais un seigneur irréprochable, si ? Seamus se mit à rire. Il est facile pour un homme d’oublier son mariage... Bien que je n’avais pas encore ma ravissante femme pour épouse à cette époque. Lord Ouestrelin remplit de nouveau son verre, le prit dans la main puis s’adossa à la chaise, Vous ne me croirez sans doute pas, mais au départ Lady Amelia était très séduisante. N’importe qui serait rapidement tombé sous son charme... Un fâcheux incident l’a toutefois retournée contre moi, et maintenant elle est... les mots se nouèrent dans sa gorge, il ne pouvait pas dénigrer sa femme à ce point – question de dignité, Vous avez bien vu comment elle est... l’alcool toucha de nouveau ses lèvres. J'ai commis plusieurs erreurs, entre autre celle d'être amoureux de ma femme. » Seamus ne put retenir une expression teintée d’une certaine tristesse. Il est vrai qu’Amelia était parvenue à lui briser le cœur, davantage en enlevant les enfants qu’en le traitant de monstre.

Enfin, la dernière question de Lyessa le fit se mordre la lèvre. S’était-il montré trop téméraire ? Il maudit silencieusement l’alcool. L’eau-de-vie ne faisait qu’accroitre son imprudence et il ne pouvait se permettre d’adopter une telle attitude en ces temps difficiles... En plus, il n’avait nullement envie que Lady Reed apprenne la vérité. Seule sa famille était au courant. Certes, il y avait des rumeurs et des histoires, mais celles-ci étaient des contes farfelus qui ne regorgeaient aucune vérité.
« En fait... il était tout de même tenté de déverser son fardeau, échanger quelques bribes de qui il était réellement, avec la jeune Reed. Au fond de lui le loup qui sommeillait ne demandait qu’à hurler au haut d’une montagne afin de mieux savourer les vents périlleux. Mais la raison prit le dessus, et il se contenta simplement de dire d’un ton avenant, je pense que vous devriez vous reposer. »
Au même instant il entendit quelqu’un faire son entrée dans les cuisines. Il se retourna : dans le cadre de la porte se trouvait sa fille adorée.

Miranda
Arbustes et fleurs poussaient harmonieusement dans le jardin de Falaise. C’était une agréable vision qui pouvait rendre n’importe quelle âme sereine. Ici, la jeune Miranda pouvait échapper à ses devoirs et faire la sourde oreille. On ne pouvait qu’entendre le doux déluge océanique ; même les cris depuis le port se faisaient emporter par le vent et les vagues de la Mer du Crépuscule. Elle flânait doucement le long des chemins sinueux qui se dessinaient devant elle, songeant à sa famille. Sa mère et ses frères complotaient contre son père. Conscients de l’affection qu’elle porte à celui-ci, ils s’étaient efforcés de l’exclure de leurs sournoiseries. Jusqu’à maintenant leurs plans avaient toujours échoué et Lady Ouestrelin espérait que cela allait rester ainsi.
Aux bords de l’horizon s’annonçaient quelques nuages. La tempête promise par Mestre Collivan allait bientôt éclater... Les pas de Miranda firent aussitôt demi-tour. Elle ne tenait pas à être trempée, même si cela signifiait quitter cet havre de paix et de solitude. Enfin, elle traversa les couloirs extérieurs. Les fines colonnes s’entrecroisaient pour former de délicats arcboutés où étaient gravés coquillages et bigorneaux. Mousse et toiles d’araignée s’y étaient incrustées, désagréables parasites qui ajoutaient tout de même un certain charme à ces passages peu fréquentés.
Quelques instants avant d’arriver dans le hall d’entrée, un éclair déchira les nuages, grondant farouchement à travers les Terres de l’Ouest comme si les Dieux menaçaient de faire tomber le ciel sur leur tête. A l’intérieur, Miranda s’empressa d’appeler quelqu’un pour que l’on ferme portes et fenêtres. Quand l’entreprise fut accomplie, un des servants ayant apporté son aide lui annonça que Lord Ouestrelin se trouvait dans les cuisines.
« Je pensais qu’il était parti pour la journée... était-il arrivé quelque chose ? Son père a toujours été l’objet de malchances et mésaventures.
_Il est vrai. le servant acquiesça de la tête, heureux de partager quelques ragots avec une dame de la maison, Il paraît qu’il était accompagné d’une étrange jeune femme. Personne ne sait ce qu’elle fait là. C’est fort curieux, fort curieux...
_Fort curieux, en effet. » Miranda lui sourit, signe qu’il pouvait disposer.
Elle était heureuse que Lord Ouestrelin soit de retour, mais pourquoi, par les dieux, serait-il accompagné par une femme ? Son père n’appréciait guère la compagnie, sauf s’il y était contraint et ne recevait que ceux qui s’étaient annoncés au château plusieurs jours à l’avance. Ramener une étrangère ne lui ressemblait guère et la jeune dame de Falaise nourrissait une certaine angoisse à l’idée qu’il l’ait en plus de cela emmener au château. Etait-ce grave ?
Miranda accéléra le pas en direction des cuisines. Elle ne se donna pas la peine de passer par le salon, sachant pertinemment que sa mère et Ormond la recevraient avec dédain. Quand elle était au point d’atteindre son but, elle se fit interpeller par Sullivan, assis sur un banc, en train de jouer avec la dague que Lady Amelia lui avait offerte pour son dernier anniversaire.
« Il paraît que père a ramené une peste à la maison. Maman est furieuse.
_Qui est-ce ?
_Je ne sais pas trop. Une femme du Nord apparemment. Père l’aurait repêchée quand il était en mer. Maman n’a pas apprécié la façon avec laquelle elle lui a adressé la parole. Elle a dit qu’elle était “rustre et primitive”. »
Miranda s’apprêtait à résumer sa route quand Sullivan l’interpella de nouveau.
« Hé ! Où vas-tu ?
_Je préfère rencontrer notre invitée avant de me fier à ce que dit mère. elle se remit à marcher et sourit en entendant la voix de son frère rebondir entre les murs quand il cria :
_Raconte moi comment c’était avant le diner ! »
Miranda aimait ses frères, elle aimait sa mère également. Ils étaient sa famille, et comme toute famille ils avaient des démêlés. Certes, elle méprisait leurs plans et machinations contre père, mais elle n’était jamais parvenue à les haïr. Eux-mêmes éprouvaient une profonde affection pour elle, c’était juste qu’ils avaient tendance à l’exclure et l’écarter... Quelque part cela lui faisait mal et son cœur se serrait douloureusement chaque fois qu’elle les voyait comploter. C’était probablement pour cela qu’il lui était plus aisé d’aimer Lord Ouestrelin qui semblait toujours l’accueillir à bras ouverts.
C’est d’ailleurs ce qu’il fit quand elle entra dans la cuisine : à la vue de son père, son cœur bondit. Elle courut le saluer avec enthousiasme, heureuse de le revoir si tôt. Lui-même n'hésita pas à lui rendre son affection en la regardant avec tendresse et en l’embrassant sur la joue.
« Miranda, j’ai le plaisir de te présenter Lady Lyessa Reed, de Fort-Griseaux. Elle vient juste de traverser une épreuve difficile, mais j’imagine que vous allez vous entendre à merveille. Miranda ne manqua pas de remarquer la voix et le regard plus doux de son père, attitude qu’il n’avait jusque là jamais prise à l’égard de quiconque... Lyessa, voici ma fille, Lady Miranda Jeyne Ouestrelin.
Elle s’inclina profondément, souriant à Lyessa comme elle aurait sourit à une vieille connaissance.
_Lady Reed, c’est un plaisir de vous rencontrer. Sullivan m’a dit que mon père vous a repêchée sur le Parangon. J’espère que vos querelles n’ont pas été trop terrifiantes...
_A vrai dire, Lyessa est épuisée... Miranda, pourrais-tu me faire la joie de l’accompagner jusqu’à la meilleure chambre d’invité ? étonnée du soudain empressement dont faisait preuve son père, la jeune Ouestrelin prit quelques instants avant d’acquiescer. Elle savait quand son père ne laissait pas place à la discussion, et c'était précisément un de ces moments là.
_Certainement. Elle jeta un coup d’œil à Lady Reed qui n’était visiblement pas prête à partir. Seamus semblait vouloir s’en défaire rapidement. Mais d’où venait alors la pointe de tendresse qu’elle avait décelée dans sa voix un peu plus tôt ? Cette histoire l’intriguait fortement... Elle tendit une main amicale à jeune nordienne, Veuillez me suivre, Lady Reed. Et elle se mit en route, guidant son invitée vers la sortie.
Avant de quitter la cuisine, elle se retourna une dernière fois et vit son père, au fond de la pièce, dans le cadre de la porte qui menait au jardin. Et le Seigneur de Falaise disparut derrière le rideau de pluie qui venait juste de s’abaisser sur le château.

L’orage se calmait déjà - c'était le genre de tempête qui ne prend pas le temps de hanter une région mais qui disparait après quelques grondements. Cependant, le vent s’infiltrait toujours dans certains recoins du château, les murs étant trop vieux et délabrés pour soutenir la brise crépusculaire.
Quand elles atteignirent la chambre d’invité – qui n’était d’ailleurs qu’à quelques pas de la cuisine – Miranda se tourna vers la femme du Neck, l’adressant d’une voix sincère et désolée.
« Mon père est quelqu’un de distant. Je m’excuse si son comportement vous a offensé, mais croyez moi quand je vous dis qu’il n’a encore jamais parlé à quelqu’un comme il vous a parlé à vous. Elle lâcha un léger soupir, ne sachant si elle avait le droit de confier quelque chose d’un peu plus intime à la jeune nordienne... C’était son cœur qui la poussa à murmurer ces quelques mots : Lord Ouestrelin n’est pas haï pour qui il est, mais pour ce qu’il est. Vous venez du Nord Lady Reed, vous comprendrez certainement mieux que quiconque : les forces spirituelles étaient puissantes chez les Premiers Hommes, et la maison Ouestrelin est une des rares familles du Sud où coule ce même sang. Elle dégagea une mèche de cheveux qui lui barrait le front, puis dit d’une voix un peu plus élevée, Le diner sera servi dans quelques heures. Vous aurez le temps de vous reposer... J’enverrai une servante vous assister si vous le souhaiter. » elle lui sourit, puis fit demi-tour.

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"J'ai toujours détesté ces formules absurdes."


Dernière édition par Seamus Ouestrelin le Mar 19 Fév 2013 - 18:35, édité 1 fois
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Lyessa Reed
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Message Mer 16 Jan 2013 - 12:34

Lorsque Lyessa se fit inquisitrice et culottée à l’égard de son interlocuteur, elle sentit une distance se creuser entre eux. Pour sûr qu’ils étaient tout deux différents – lui, un seigneur torturé, habitué à dresser une façade agréable et polie tandis qu’elle, ne prenait pas cette peine, bien trop éprise par la spontanéité et le tourbillon de ses émotions. Si l’insatiable curiosité de la Paludière ne cessait d’être asticotée, alors, cette dernière s’évertuait sans vergogne à la contenter. C’était un fait. Lorsque Seamus lui rétorqua que lui aimait les formalités, Lyessa étira une moue entre amusement et perplexité. Elle n’aimait pas jouer à la dame – c’était loin d’être son comportement au naturel et ça l’aurait ennuyé de devoir faire un effort pour complaire à son interlocuteur. Il darda sur elle un drôle de regard lorsqu’il accepta d’évoquer la Nordienne avec qui il avait manifestement beaucoup partagé. La Paludière, accoudée à la table, saisit son verre pour le porter à ses lèvres et en boire une gorgée, détaillant le faciès du seigneur de Falaise. Il avait l’air épris de remords ou de regrets – façonné par le doute et le désespoir. Elle l’avait clairement poussé à aborder un sujet sensible à en voir comme il semblait plongé dans ses pensées. Il finit par formuler précisément la nature de la relation qu’il avait eue avec cette Nordienne et Lyessa ne put s’empêcher d’hausser les sourcils, surprise. Un bâtard ? Elle n’avait pas imaginé que Seamus ait droit à ce lot de turpitudes. Lorsqu’il mit l’accent sur sa surprise, la jeune femme ne put s’empêcher de rire.

« Oh, les Nordiennes ont leur charme ! Ça m’étonne pas que les Snow soient si répandus. » – Plaisanta-t-elle, comme pour s’abstenir de tout jugement. Lorsque Seamus lui expliqua qu’il n’était pas marié à l’époque où naquit Artos, Lyessa lui offrit un regard approbateur. Toutes ces questions de chasteté avant mariage et d’opprobre étaient loin d’être ce qui la préoccupait. Elle n’était pas du genre à s’offusquer aussi facilement sur le sujet. Seamus confia que son épouse était des plus charmantes au début de leur mariage et même si Lyessa aurait bien voulu le croire, ce qui l’intriguait été plutôt le curieux évènement qui l’avait rendu aussi acariâtre. Le seigneur de Falaise semblait éprouver des difficultés à en parler et la jeune Paludière se contenta de baisser un instant les yeux pour l’épargner de son regard attentif. « Rien n’est perdu Seamus. Il est toujours possible de pardonner. Peut-être que votre femme pourra le comprendre. »

Elle le pensait réellement ! La rancune pouvait détruire une famille mais rien n’était jamais perdu. Les liens du sang étaient primordiaux – au moins, pour elle et ses congénères du Neck. L’erreur qu’il mentionna fit pincer les lèvres de la jeune Nordienne. Elle ne souhaitait à personne de s’entredéchirer comme le faisaient actuellement Seamus et Amelia Ouestrelin. Autant de mépris et de rancœur faisaient peine à voir, et Lyessa bénissait les Anciens Dieux de préserver le lien fort qu’entretenaient ses parents. L’excès de confiance de la jeune femme lorsqu’elle le questionna très franchement sur ledit incident fâcheux qui avait brisé sa famille se solda par un poli refus de la part du seigneur Ouestrelin. Changeant de sujet, il l’invita à aller se reposer, ce qui arracha un regard ennuyé à la Nordienne qui s’attendait à voir sa curiosité satisfaite. Alors qu’elle s’apprêtait à protester qu’elle n’avait pas sommeil, la porte de la cuisine s’ouvrit sur une jeune fille qui devait avoir à peu près son âge. Ses cheveux étaient d’un blond pâle qui rappelaient la longue chevelure d’Amelia Ouestrelin mais c’était les yeux de son père dont elle avait hérité. Lyessa chassa son air contrarié pour offrir un sourire à la nouvelle venue qui se précipita saluer son paternel. Cela faisait d’ailleurs bizarre de voir autant de chaleur et de sympathie dans cette maison et Lyessa comprit bien assez tôt que la dénommée Miranda devait réellement être la prunelle des yeux du seigneur de Falaise. Au moins une chose sur laquelle il n’eut point menti. La jeune femme était pétillante et dés lors les présentations faites, Lyessa lui coula un regard jovial avant de lui adresser la parole à son tour.

« Tout le plaisir est pour moi lady Miranda. Si terreur il y a eu, elle est maintenant bien loin grâce à votre père. » – Elle afficha un mince sourire, ne préférant pas se rappeler des péripéties qui l’avaient mené jusqu’ici. Seamus invita sa fille à accompagner Lyessa jusqu’à une chambre pour qu’elle puisse se reposer, et cette dernière vissa son regard plissé dans un brin de désapprobation sur son hôte. Ce fut très malin de prendre à parti sa fille pour s’assurer que la Paludière ne l’enquiquine plus sur l’incident fâcheux qu’elle tendait à connaître. Restant immobile durant quelques secondes, la jeune Nordienne ne daigna se lever que lorsque Miranda l’enjoignit à le faire. Elle coula un dernier regard en direction de son hôte avant de quitter la pièce en emboitant le pas à lady Miranda. Dehors, le temps ne semblait pas commode – l’on pouvait entendre le roulement de l’orage qui offrait quelques fracas surprenant. Lyessa songeait à questionner la fille de Seamus sur la raison des griefs apparents dans la maison mais elle n’eut pas à le faire, car déjà, Miranda prenait les devants pour s’excuser du comportement de son paternel. Elle lui confia que malgré le fait que son père puisse se montrer distant, elle semblait avoir profité de son caractère le plus cordial – ce qui rassura quelque peu la Nordienne qui craignait de l’avoir froissé avec toutes ses questions. Miranda semblait pensive et inquiète en évoquant le seigneur de Falaise, et elle reprit sur le ton de la confidence pour s’exprimer sur ce qui n’allait manifestement pas dans cette famille. A l’évocation des Premiers Hommes, Lyessa lui jeta un regard étonné – les forces spirituelles conférées par les Anciens Dieux aux enfants de la forêt avaient toujours été un sujet sur lequel la Nordienne était profondément croyante. Même si Miranda n’avait pas été claire sur le sujet, cela donnait à ressasser à la jeune femme. Se pouvait-il que Seamus bénéficie de certains pouvoirs ayant appartenus aux Vervoyants ? Elle resta quelque peu interloquée et la jeune fille à la chevelure pâle ne lui laissa pas le temps de poser ses questions. « Merci Miranda. » – Eut-elle à peine le temps de la remercier avant que celle-ci ne la laisse seule dans cette chambre immense. Lyessa vint s’asseoir sur le lit et songea à ce que lui avait dit Miranda, son regard tourné vers le mur de pierres. Elle n’aurait jamais cru rencontrer un jour quelqu’un qui puisse avoir un don – surtout un Ouestien aussi étrange que cela puisse paraitre. L’on vint toquer à sa porte, l’extirpant de ses pensées suscitant en elle une excitation sans pareille. Une servante lui demanda si elle désirait quelque chose et après quelques secondes de réflexion, elle lui demanda si elle pouvait obtenir des vêtements secs, les siens étant toujours trempés d’eau de mer. Elle n’était pas habituée d’ailleurs au contact du sel sur sa peau et ça lui donnait une sensation désagréable. Digne d’une Fer-née. La femme revint rapidement avec ce qui semblait être une robe couleur cassis que Lyessa saisit entre ses doigts d’un air peu convaincu. Une robe. On allait lui faire porter une robe ?! Mais avait-elle le choix ? Elle gratifia la servante d’un sourire avant de la congédier, se retrouvant de nouveau seule avec ses turpitudes. Elle se débarrassa de ses frusques pour enfiler le vêtement féminin qui lui allait un peu grand et dénudait ses épaules. Elle l’ajusta de sorte à ne pas sembler trop débraillée puis rejoignit le lit pour tâcher d’apaiser son corps et son esprit. Effort vain ! La jeune femme était trop secouée par les paroles de Miranda pour pouvoir fermer l’œil. Si Seamus avait réellement un don offert par les Anciens Dieux, alors, elle se devait de savoir lequel. Elle ne pouvait pas se résigner à attendre là et à faire comme si de rien n’était ! Ça n’était pas son genre.

Se levant prestement du lit, Lyessa se dirigea à pas de loups en direction du couloir et s’assura par quelques regards furtifs qu’il n’y avait personne. Elle entreprit de rejoindre la cuisine et croisa Martin qui lui offrit un regard circonspect, sûrement de par sa tenue comme de par sa présence ici. La porte qui donnait dans les jardins révélait que la pluie n’avait cessé de tomber mais les grondements sinistres de l’orage s’étaient quelque peu dissipés. Affichant un sourire de façade, la jeune femme traversa la pièce sans offrir le moindre mot au cuisinier et franchit le seuil de la porte sans craindre de se faire mouiller. Au moins, cela la nettoierait de tout ce sel – de cette souillure. La végétation n’était pas en reste dans ce coin là et au lieu d’offrir un sinistre spectacle de ronces enchevêtrées, les jardins offraient des couleurs qui ravivaient l’éclat de Falaise. Lyessa laissa quelque peu ruisseler les gouttes de pluie sur son visage avant de ramener ses cheveux humides en arrière et de chercher du regard la silhouette familière de lord Ouestrelin. Elle descendit les quelques marches qui la séparaient des chemins sinueux qui se perdaient entre buissons et arbustes fournis puis en emprunta un d’un pas calme et régulier. Elle était silencieuse et devait tenir les pans de sa robe pour ne pas que ça traine parterre et qu’elle s’y prenne malencontreusement les pieds. Quel agacement que ce vêtement ! Après quelques secondes, elle perçut un vague mouvement sur le côté et se tourna dans cette direction pour rejoindre l’endroit concerné.

« En tant que Paludière, mes croyances pour les enfants de la forêt sont tenaces, Seamus. Ce sont les Anciens Dieux que je vénère, et je sais pertinemment que les gens ont peur de ce qu’ils comprennent pas. » – Commença-t-elle sur un ton bas. « Votre fille a soulevé quelques points qui m’ont farouchement empêché d’en rester là. Avez-vous un don Seamus ? » - Sa question se perdit dans le bruissement de l’eau qui dégoulinait des feuilles. « Je crois que vous ne voyez plus que des ennemis autour de vous. Mais moi, je n’ai pas peur et plus encore, il faut que je sache… Si oui ou non vous êtes doué de vervoyance. »

Son estomac se noua, comme si elle redoutait la réponse qu’il pouvait lui donner. Elle avait clairement affiché sa disposition à l’écouter et elle espérait qu’il ne la traiterait pas avec indifférence.






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Seamus Ouestrelin
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"If there are gods, they made sheep so wolves could eat mutton, and they made the weak for the strong to play with."

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Message Dim 20 Jan 2013 - 5:57

La pluie avait ses propriétés curatives. Quand l’eau coulait le long de ses joues, elle emportait avec elle les larmes que le seigneur de Falaise ravalait si résolument. L’orage semblait exprimer ce qu’il ne parvenait à manifester et Seamus était reconnaissant pour le réconfort qu’il parvenait à puiser dans les farouches hurlements de la tempête et le mugissement de l’éclair.
Il trouva refuge sous la coupole de jardin située au cœur de l’enclos. C’était une jolie construction aux colonnes fines, surmontée d’une statue de monstre à l’allure inquiétante. Un banc circulaire y avait été installé, permettant aux visiteurs de profiter du jardin tout en demeurant assis. Seamus restait debout, s’essuya le visage du revers de la main puis plongea son regard dans le terne paysage. La pluie formait une couche transparente, camouflant les silhouettes des arbres et buissons s’épanouissant à l’autre bout du parc ; le déluge libérait le doux parfum des glycines qui pendaient délicatement depuis le toit de la coupole, leur teinte violette mortifiée par le triste tableau qui se dressait devant lui.
Maintenant qu’il était seul, il pouvait se permettre de languir sur le souvenir de Givre. Mais Lyessa avait ravivé d’autres blessures, d’anciennes blessures qui ne se rétablissaient que difficilement. D’une certaine manière, Lord Ouestrelin voulait rembobiner le temps, retourner dans le passé. Il n’aurait jamais du revenir ici. Il avait été si proche du but... Mais la vie au-delà du Mur aurait-elle été à son goût ? Séparé du Peuple Libre seulement de quelques miles, ses convictions s’étaient subitement effondrées lorsqu’il vit le massacre causé à la bataille de Lonlac. Cette violence lui était apparue comme un signe des Anciens Dieux ; preuve qu’il devait faire demi-tour. Et c’est ce qu’il avait fait. Cependant, de retour à Falaise, Seamus ne s’était jamais senti si malvenu. Maintenant il parcourait les jardins, comme il l’avait fait jadis, seigneur du château qu’il avait autrefois si convoité. Il avait pourtant l’impression d’avoir perdu davantage qu’il n’avait gagné.

Seamus sondait son cœur à la recherche d’une once de culpabilité pour la jeune nordienne dont il s’était si promptement débarrassé. Quelque part il était désolé, mais il ne regrettait nullement son choix : il n’aimait pas qu’on vagabonde si près de son âme. Cela lui donnait la pénible impression d’être sans défenses ; les ragots qui l’entouraient avaient l’avantage de former autour de sa personne une armure quasi impénétrable de façon à ce que personne ne veuille en savoir plus. Après tout, une rumeur en engendrait trois autres, et au final les Terres de l’Ouest entendaient assez de potins afin de rassasier leur curiosité gloutonne. Personne ne s’intéressait personnellement à lui et il préférait qu’on en reste là. Maintenant que Lady Reed s’était aventurée dans ces régions stagnantes, des émotions longtemps enfouies refaisaient surface. Peut-être devrais-je...
Un bruit attira soudainement son attention. Seamus se retourna brusquement, mécontent qu’on l’ait tiré de ses pensées et perturbé ce semblant de paix. Il s’apprêtait à lâcher son flot de colère contre un pauvre servant quand il aperçut une silhouette au visage familier. La jeune dame du Neck était-elle donc si obstinée ? Avant qu’elle ne prenne la parole, il l’adressa avec reproche, agacé par sa persévérance harassante.
« Lady Reed, veuillez retourner dans vos appartements. Vous êtes bien trop épuisée et devez vous reposer. » mais Lyessa n’en avait définitivement pas terminé.
Quand elle fit référence aux Enfants de la Forêt, le visage du seigneur de Falaise s’assombrit. La sympathie de Miranda l’avait trahi... Les paroles de la paludière venaient de lui arracher son masque et cela lui faisait intensément peur. Quelque part il était comme un prédateur devenu proie, poussé vers un cul-de-sac et pris au piège. Son instinct l’incitait à se débarrasser de la jeune femme ; il ne pouvait faire confiance à personne et plus on était au courant de la malédiction qui pesait sur ses épaules, plus il était en danger. Il s’apprêtait à déverser sa fureur sur la jeune Reed quand son esprit s’accrocha à une bribe du discours de Lyessa.
Les gens ont peur de ce qu’ils comprennent pas. La phrase résonna jusqu’au fin fond de son âme telle une symphonie, le projetant une quinzaine d’années en arrière :
Un navire fer-né s’était aventuré sur la côte avec l’objectif de piller Falaise du peu qu’il y restait. Seamus avait engagé le combat avec la ferme certitude de chasser les pirates et de les tuer jusqu’au dernier. Mais ses convictions furent ébranlées quand il fit face à Dagon Greyjoy, homme pour lequel il éprouve toujours un profond respect malgré les récents évènements. Il avait gardé cette rencontre secrète, trop inquiet des ravages que cette nouvelle pourrait engendrer si quelqu’un d’autre venait à en prendre connaissance.
N’avait-il pas prononcé ces mêmes mots à l’adresse du fer-né ? Il s’imaginait un jeune Seamus, fier et sûr de lui, la tête haute et le menton rehaussé. Il chérissait le fait d’être un change-peau à cette époque ; il le percevait comme un don, quelque chose qui lui avait été offert par les Anciens Dieux, une bénédiction. Malheureusement, ses idéaux furent peu à peu renversés quand sa famille se retourna contre lui. C’était une chose cruelle que de rendre l’amour entre un parent et son enfant impossible. Lord Ouestrelin apprit à mépriser sa nature qui était à l’origine de tous ses malheurs. Sa colère se dissipa soudainement, et les paroles de Lyessa l’obligèrent à sourire malgré lui : d’une certaine manière, ces mots avaient l’agréable goût de la jeunesse insouciante et il savoura leur essence avec délice.
« Lady Reed, ce sont les Anciens Dieux qui vous envoient... Elle lui ressemble tant... Le souvenir de son amour passé raviva sa bonté. Il avait beau voir des ennemis partout, il ne pouvait percevoir une pointe de malveillance chez cette jeune femme. Les rives de l’océan m’auront fait cadeau d’une âme bienveillante... il émit un léger soupir, Lyessa, j’imagine qu’il me sera impossible d’éviter vos interrogations indiscrètes. » cela faisait des années qu’il ne s’était pas vu confronté à l’agaçante tâche qui était de s’éterniser sur sa véritable nature, mais il avait l’impression qu’il devait à la jeune Reed des explications. La Mer du Crépuscule ne l’aura pas trainer jusqu’à lui sans raisons.
Il leva les yeux vers l’autre bout du jardin où s’élevaient les pâles branches du bois-sacré. Ses feuilles d’un rouge sombre virevoltant sous les secousses de la tempête. « Venez. »

Il mena la jeune Reed vers l’enclos où était située la crypte familiale surmontée du bois-sacré. L’endroit précis était quelque peu reclus : l’espace était entouré d’un mur de pierre encore plus ancien que le château lui-même, donnant aux visiteurs l’impression d’être coupé du monde. Ce sentiment d’exclusion était d’ailleurs la raison pour laquelle personne n’aimait s’y aventurer : le bois-sacré semblait dévisager les étrangers avec dédain, ses yeux gravés dans une expression de mépris perpétuel. Seamus était parvenu à développer une certaine familiarité pour ce visage mécontent qui dégageait, selon lui, franchise et vérité. Venant du Nord, Lyessa n’était certainement pas étrangère aux têtes burlesques gravées dans les troncs de ces arbres millénaires. Elle comprendra.
L’arbre était comme déchiré : une moitié poussait toujours vers les cieux, ses branches droites et fortes, alors que l’autre partie se tordait par terre dans des courbes sinueuses. Seamus ne savait depuis combien de siècles ce bois-sacré se trouvait là, mais il l’était certainement quand on posa la première brique du château de Falaise. Chaque membre de la famille Ouestrelin s’évertuait à préserver la forme de cet arbre, à la fois par respect pour les Anciens Dieux, mais aussi par fierté étant donné qu’ils tiraient de l’orgueil du fait que ce bois-sacré ait une allure si particulière.
Lord Ouestrelin s’arrêta non loin du tronc écartelé, face à un carré de terre où quelqu’un semblait avoir enterré quelque chose. Il se figea, baissant doucement le regard sur la tombe de Givre. La pluie tombait toujours, bien qu'elle s'était transformée en une fine averse que l'on pourrait presque nommer rafraichissante.
« Je suis en deuil, Lady Reed. sa voix n’était qu’un murmure, rapidement emporté par le bruissement des feuilles papillonnant au-dessus de leurs têtes. Il sentit le regard d’incompréhension de son interlocutrice, Ici repose, depuis seulement quelques jours, le dernier animal auquel je me suis lié. »
Seamus s’autorisa un instant de répit. Il n’avait parlé de la disparition de sa louve à personne. Prononcer ces paroles donnait une autre dimension à sa mort : c’était comme s’il leur accordait la vérité qu’il avait tenté de refouler au fond de son âme. Mais il était temps de déverser son fardeau.
« Il ne s’agit point de vervoyance, Lyessa. C’est une plaie, une malédiction. il se tourna vers la jeune femme du Neck, prononçant chaque mot avec hargne, Il y a une raison pourquoi je fais preuve de tant de méfiance. Il y a une raison pour laquelle les hommes à bord du Parangon me craignent. Vous-même devriez avoir peur. Je suis un monstre, Lady Reed. Il lui était impossible de prononcer le terme exacte, les mots se coinçaient dans sa gorge et il finit simplement par dire : Ne vous efforcez pas à me dissuader du contraire. »



"J'ai toujours détesté ces formules absurdes."


Dernière édition par Seamus Ouestrelin le Sam 26 Jan 2013 - 12:46, édité 1 fois
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Lyessa Reed
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Message Lun 21 Jan 2013 - 10:40

Lyessa écarta quelques ribambelles de feuilles qui dégoutaient sur le sol pour apparaître aux yeux du seigneur de Falaise qui, pris au dépourvu, semblait contrarié par sa venue. Elle l'avait pourtant prévenu ! Qu'elle était tenace et incorrigible. L'homme était à l'abri sous une coupole qui trônait au milieu du jardin et paraissait plongé dans ses pensées avant qu'elle ne l'interrompe. Il prit un ton réprobateur pour l'accueillir et les quelques paroles qu'il lui jeta ne la fit guère sourciller. Elle se montrait effrontée et elle en avait parfaitement conscience – mais Lyessa était guidée par un tout autre mot d'ordre que celui d'obéir et de se plier. Elle était avant tout libre et curieuse. Libre d'être curieuse et libre d'en essuyer les conséquences. Inconsciemment, la Paludière cherchait à pousser Seamus dans ses retranchements – à le dépouiller de ses secrets. C'était bien la première fois qu'elle se montrait aussi farouchement attachée à en savoir plus sur un noble pétri de formalités. Tout n'était que masque de politesse, mais Lyessa balayait tout ceci car elle savait qu'il y avait bien plus là-dessous. Au final, elle était persuadée qu'il était un peu comme elle – rattaché à des choses bien plus simples que celles dans lesquelles il se vautrait. Elle l'avait vu dans son regard, cette gravité et ce dégout. Alors qu'elle guettait ses réactions en l'appelant à dire la vérité, lui offrant ses croyances avec des mots troublés, Seamus sembla chasser toute sa colère pour afficher un sourire. Elle plissa les yeux, perplexe. Fallait-il qu'elle en appelle à la colère pour espérer obtenir la vérité de sa bouche ? Ce sourire, elle n'en avait cure s'il n'était que de façade ! Tiraillée dans ses observations, Lyessa se mit à avancer à pas lents vers lui, ses prunelles sombres toujours vissées sur cette silhouette torturée. Lorsqu'il reprit la parole pour lui dire que c'était les Anciens Dieux qui l'avaient envoyé, la jeune femme émit un petit rire avant de secouer la tête. C'était bien la première fois qu'on osait lui dire une chose pareille – chose qui aurait pu sembler flatteuse mais qui ne l'était nullement pour la Nordienne. Surtout lorsqu'il la désigna comme une « âme bienveillante. » Elle se pinça les lèvres, réfrénant l'envie de lui dire qu'il ne s'agissait pas de ça – qu'elle n'était pas une brave fille à qui l'on pouvait tapoter la tête. Elle ne supportait pas qu'on la considère comme une enfant, ou comme une ingénue – et il y avait dans les propos de Seamus un quelque chose qui la froissait. Il sembla tout de même convaincu par la faculté de Lyessa à ne pas lâcher l'affaire car il lui demanda de la suivre, ce que fit la Nordienne sans un mot.

Elle était trempée mais n'en ressentait pas de gêne, elle qui était habituée à l'humidité. Elle enjoignit les pans de sa robe pour la tenir d'une main tandis qu'elle parcourait la distance qui les séparait en quelques foulées rapides. Il la mena bien vite vers ce qu'elle reconnut être un Bois sacré. Le grand barral qui se dressait là, des yeux scrutateurs posés sur eux donna une étrange sensation à la jeune Paludière. C'était aussi surprenant de voir un arbre-cœur ici que cette religion était presque exclusive au Nord et qu'ils avaient presque tous été coupés à partir du sud du Neck. Lyessa ne put empêcher son regard de caresser le tronc noueux si pâle qui donnait naissance à un épais feuillage pourpre violet qui donnait l'envie de s'y perdre. La face de l'arbre était menaçante mais toutes ces nervures et nuances de couleurs conférait un certain charme à cette vue onirique. Le vent souleva les cheveux de la Paludière qui haussa brièvement les épaules pour y rentrer la tête. Voir un barral la troublait toujours autant, comme si elle craignait d'être jugée par les enfants de la forêt. Ça avait quelque chose d'intrigant, comme d'effrayant mais elle leur avait dédié son entière loyauté. La tempête là-dehors donnait à la scène un quelque chose de spectaculaire et tragique – comme si quelque chose allait émerger du barral. Une magie ancestrale. La colère des Anciens Dieux. Alors que Lyessa avait cessé de respirer durant tout du long qu'elle avait observé l'arbre blanc aux feuilles de sang, Seamus attira son attention sur le tas de terre qui se trouvait non loin. La Paludière vint se positionner un peu en arrière et observa ce qui ressemblait à une tombe avant de poser ses yeux sur le seigneur de Falaise. Il lui confia qu'il était en deuil – un bref murmure qui fit froncer les sourcils de la jeune femme en signe d'incompréhension. Les feuilles tourbillonnaient autour d'eux dans un manège enchanteur mais la présence de cette tombe sous ses pieds avait quelque chose de sinistre. Il lui expliqua alors que c'était ici que reposait l'animal à qui il était lié. Etait-il un zoman ? La jeune Paludière ne put réfréner un air quelque peu ahuri. Lorsqu'il formula le fait que ce n'était point de la vervoyance mais une plaie et malédiction, Lyessa inclina la tête un instant, entremêlant ses doigts avant de détailler du regard le seigneur de Falaise qui venait de se tourner vers elle et poursuivait d'une voix amère. Il se qualifiait de monstre, lui confiant qu'elle devrait avoir peur de lui. Il ne désirait pas être dissuadé de ce qu'il semblait être. Lyessa voulait l'entendre dire – elle voulait connaître les faits exacts qui le poussaient à se considérer comme tels. Une telle peur de soi-même ne venait pas naturellement. Il y avait bien une raison. Elle soutint son regard féroce durant quelques secondes puis se décida à prendre la parole sous cette pluie fine qui tombait en discontinu.

 « Je suis navrée pour votre animal... Comment s'appelait-il ? Qu'était-il ? » – Lui demanda-t-elle sur un ton bas. Pour sûr que le sujet devait attrister Seamus, mais elle ne pouvait laisser ses questions sans réponse. « Tout est flou pour moi. J'ai jamais rencontré un être doté d'un don donné par les Anciens Dieux. Expliquez-moi... Qu'avez-vous fait pour vous considérer de la sorte ? » - Elle s'avança vers lui, cherchant son regard. Lyessa se refusait de croire qu'il pouvait être un monstre mais après tout, elle ne le connaissait guère. Elle n'avait pas l'intention d'être effrayée – une sorte d'impétuosité courageuse qui la mettait souvent dans l'embarras au final. « Pourquoi considérez-vous cela comme une plaie et une malédiction ? Que s'est-il passé ? Ne vous efforcez pas de tenter de me faire peur. C'est vain. »

Elle avait envie de le secouer comme une prune. Quel duo cocasse qu'ils faisaient tout deux à se mouiller devant une tombe sous les yeux du barral intransigeant. Sûrement que si on les surprenait, on en viendrait à se poser des questions mais la Paludière s'en contrefichait bien.

 « J'pense que vous ne doutez plus de ma franchise Seamus. Racontez-moi et peut-être que je me montrerai moins « bienveillante » à votre égard si j'estime cela nécessaire. Si c'est ce que vous avez besoin d'entendre... » – Le regard de la jeune femme se durcit, comme si elle en voulait au seigneur de Falaise pour son comportement. Était-ce si difficile de raconter ce pour qui on était haï ? « Bon sang, faire un avec l'animal ne veut pas dire que vous êtes un monstre ! Ça doit peut-être semblé effrayant au premier abord, mais c'est un cadeau des Dieux Anciens. Pourquoi vous en doutez ? »

Sa dernière phrase avait été lancée sur un ton réprobateur, presque agacé. Lyessa ne comprenait pas et elle s'attendait justement à ce que ça fasse réagir Seamus. Puisque la « bienveillance » ne lui déliait pas pour autant la langue, alors elle allait le bousculait un peu. Plantant ses mirettes dans les siennes d'un air tenace, elle se rapprocha encore d'un pas pour se trouver qu'à une tête de son interlocuteur. Sous la lumière blafarde de ciel orageux, les rides d'inquiétude qui avaient creusé son visage semblaient nettement plus marquées.





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Message Dim 27 Jan 2013 - 0:34

Un puissant coup de vent balaya l’enclos, agitant les branches de l’arbre-cœur de façon à ce que quelques feuilles se détachent. Deux vinrent se nicher sur la tombe de Givre, rouge sombre sur la terre noire. La pluie n’était qu’un mince filet de gouttelettes, mais les deux protagonistes étaient bien trop préoccupés par leur intense discussion pour émettre la moindre plainte.
« C’était... Elle était une louve. Pas plus grande qu’un chiot quand je l’ai vue pour la première fois. Le souvenir le fit sourire malgré lui. Givre. Elle s’appelait Givre et elle était absolument magnifique. » Il termina d’une voix rêveuse, comme s’il évoquait un songe. Pourtant, parler de sa bête lui parut particulièrement difficile, les mots résonnant avec une tonalité artificielle qui le peinait. Il avait l’impression de ne pas lui porter honneur. Elle avait été bien plus que cela.
Il n’était pas étonnant que Lyessa n’ait jamais rencontré de zoman. Les forces du Nord avaient abandonné Westeros quand les Andals détruisirent les derniers sanctuaires de l’ancienne religion. Pensée qui rendaient le seigneur de Falaise quelque peu mélancolique. Après tout, la magie n’était-elle pas quelque chose de formidable ?
« Oh, les pouvoirs des Enfants de la Forêt ont été perdus depuis des générations ; même dans le Nord... » Il avait parcouru des miles et des miles sans croiser l’un des siens. Derrière le Mur, il n’en doutait point, ses semblables rôdaient ; n’était-ce pas dans ces contrées glacées qu’une étincelle de la magie qui perduraient jadis à Westeros avait été préservée ? Aujourd’hui toutefois, les choses qui touchent au surnaturel sont bannies.

« Vous intimider n’est point dans mes intentions... Avec l’âge, on apprend qu’être différent n’est pas une bonne chose. »
Il repayait la question de la nordienne par cette vague remarque. Lui révéler qu’il est un change-peau était une chose, lui avouer qu’il avait tué son père... c’en était une autre. L’un était un secret, l’autre était un crime. Seuls les Dieux étaient au courant pour ce parricide ; et seule la mort emportera ce cauchemar. Seamus était bien décidé à ne jamais le révéler à qui que ce soit. Il savait pertinemment que c’était quelque chose d’impardonnable et chaque nuit s’entêtait à le lui rappeler. Un jour, il payera pour ce qu’il avait fait. Sauf si la vie languissante qu’il menait à présent était déjà censée être sa punition.
Lyessa avait bien raison de se douter de quelque chose ; le seigneur faisait un triste personnage. Si elle était venue pour lui extraire ses secrets et sonder son cœur elle avait choisi le moment opportun. La naïveté et le soutien de la jeune femme du Neck étaient, d’une certaine manière, touchants, mais ne briseront pas pour autant les murailles si énigmatiques du Seigneur de Falaise. Peut-être comprendra-t-elle mieux s’il lui dressait une représentation plus concrète...
« Si les Dieux descendaient sur terre, vous tendant un formidable présent, l’accepteriez vous ? Sachant qu’en l’admettant vous perdrez votre famille ? il pouvait déjà lire la réponse dans ses grands yeux lumineux, Non, je ne pense pas. le teint de sa voix devenait de plus en plus grave, Ma femme et mes deux fils m’auraient aimé si je n’avais pas été ce que je suis. Le seul problème est que les Dieux ne m’ont pas tendu ce “don” sur un plateau d’argent. Je suis avec. »
La dernière phrase se tordit dans sa bouche, résonnant avec les émotions qu’il s’efforçait chaque jour d’étouffer si farouchement. Parmi toutes les personnes qui voient le jour sur ce large continent, il devait être celui sur qui on avait pointé le doigt. James aussi... mais son frère aîné avait été béni. Les forces de la nature lui avaient offert une aura rayonnant de félicité. C’est moi qui aurais dû tomber de cette Falaise il y a cinquante ans. De fait, Seamus avait toujours été quelqu’un de détestable : froid et irritable, séditieux et provocateur. Il était difficile d’apprécier la compagnie du seigneur, sauf si l’on parvenait à briser la couche de glace dont il s’enveloppait si désespérément.
Les yeux de Lyessa dégageaient justement la rare chaleur qu’il avait également perçue chez son ancienne amante. Le petit quelque chose qui l’incitait à en dire plus qu’il n’osait. Seamus pouvait sentir son armure fondre contre son grès. Les femmes causeront ma perte.
Une lointaine expérience lui revint alors à l’esprit, quelque chose qu’il pensait avoir oublié depuis des décennies. Toutefois, le souvenir persistait et à chaque mot, les images effacées affluèrent à nouveau, plus vivides qu’auparavant :
« Il y a longtemps, j’ai vu une femme brûler parce que les villageois la suspectaient de se lier à des animaux. En vérité le souvenir avait toujours languit au fond de lui. Il n’avait rien fait pour la sauver, trop effrayé des répercussions que pouvait avoir une telle tentative. Y penser le dégoûtait et il ne put retenir une grimace de dédain. Il s’était répété qu’il n’avait pas eu de choix, mais choisir de ne rien faire est tout autant un choix que de secourir son prochain. Il portait sa part de responsabilité dans cette histoire... Au moins lui aura-t-elle appris quelque chose... Ne comprenez vous donc point ? En tant que seigneur, la seule chose qui importe est l’image que l’on se fait de moi. Si ce portrait se détériore, je risque bien plus que ma popularité. Les paysans s’imaginent des histoires farfelues ; ces rumeurs n’ont jamais été rien d’autre que d’étranges contes à quelque but didactique. Non, ce qui m’importe est l’opinion des nobles. Lady Reed avait clairement fait comprendre que l’opinion des autres ne lui importait guère et qu’elle ne tenait point à cœur les politesses seigneuriales. Cependant, de par sa position, Seamus se devait de faire attention à sa réputation... Je compte faire renaître Falaise de ses cendres, je veux établir un meilleur avenir pour ma fille... et pour mon fils. » Auparavant, Seamus ne se serait jamais préoccupé de l’avis d’autres dames et seigneurs. Aujourd’hui toutefois, il avait des responsabilités envers Artos et Miranda. Et comment parviendra-t-il à légitimer son fils aîné si chaque Lady et chaque Lord savaient qu’il était un monstre ?
D’autre part, l’idée de mourir sur un bûcher lui donnait de cruels cauchemars ; il pouvait presque sentir les flammes qui avaient dévoré le corps de cette jeune paysanne, consumer sa propre âme. Il avait beau avoir plus de cinquante ans, il n’avait aucune envie de passer de l’autre côté. Les Dieux peuvent attendre, j’ai encore trop de choses à accomplir. Quelque chose lui disait que le feu était la fin pour n’importe quel change-peau et il devait garder son identité secrète, quoi qu’il arrive.
Lord Ouestrelin se tourna vers Lady Reed puis s’empara de son poigné, « Lyessa, personne – je répète – personne ne peut savoir. » Il courait un grand risque à lui dire la vérité et il avait besoin d’une assurance.

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Message Mar 29 Jan 2013 - 9:42

Leur discussion était comme hors du temps traduit par la particularité de l'arbre-coeur dont les feuilles pourpres bruissaient au gré du vent. Lyessa désespérait elle-même de se sentir affectée par les propos de son interlocuteur. Elle ne pouvait qu'imaginer quel était son don et le tumulte de sensations et de doutes que ça pouvait susciter en lui. La situation n'était pas simple, et faire face à l'incompréhension des autres, voire à leur hostilité était loin d'être un cadeau. Lyessa se perdit dans la contemplation évasive de la tombe à ses pieds. Seamus ne la laissa pas plus se dépêtrer dans le mystère et lui expliqua qu'ici reposait sa louve du nom de Givre. Entremêlant ses doigts et les ramenant contre son menton, la Paludière resta pensive tout en laissant Seamus s'exprimer à son rythme. Il était pénible pour lui d'évoquer ce souvenir douloureux et Lyessa pouvait le comprendre. Dans l'esprit de la jeune femme, une image se composait à mesure que le seigneur de Falaise daignait lui offrir des détails. Une louve... Blanche sûrement. Elle s'était toujours demandée ce que ça faisait de ne faire qu'un avec animal – le destin était tout de même capricieux, ce qui pouvait expliquer pourquoi Seamus aujourd'hui se trouvait brisé. Il avait perdu sa louve, son lien privilégié offert par les Anciens Dieux. C'était surprenant de rencontrer un Ouestien avec un tel pouvoir et connaissant la rareté du phénomène, Lyessa se doutait à quel point son interlocuteur devait se sentir seul. Seul avec ce don, donc forcément incompris. La jeune Paludière ne pouvait s'empêcher de trouver ça exaltant ! Au moins aurait-il une alliée parmi cette foule hostile... Quand il lui assura qu'il ne désirait pas l'intimider, Lyessa se fendit d'un sourire. Au niveau de la différence, la jeune femme savait de quoi il parlait – après tout, n'était-elle pas une Paludière ? Une bouffe-grenouille ? Si elle, s'amusait de sa condition, il était bien plus difficile pour Seamus de se montrer orgueilleux et fier.
 « Je ne possède pas votre don mais je suis fière de ma différence Seamus. Même si je doute qu'on puisse réellement faire la comparaison. Après tout, les rumeurs pleuvent sur mon peuple et ma famille. Nous jouissons de quolibets peu flatteurs mais je m'en contrefiche bien. » – Piètre tentative pour le rassurer. Lyessa n'avait pas honte et n'enviait nullement les nobles dames qui se pavanaient en robe et faisaient des traits d'esprit. Elle ajusta de nouveau la robe sur ses épaules, grimaçant d'inconfort, avant de poser ses yeux vifs sur son interlocuteur. Lorsqu'il l'amena à se mettre à sa place, détaillant ainsi une situation qui la placerait à obtenir un don des Dieux, provoquant incontestablement la perte de sa famille, Lyessa fronça les sourcils un bref instant. La réponse qu'elle désirait composer allait peut-être s'ajouter à l'impression de naïveté qu'elle dégageait, mais ça n'était pas moins une certitude pour elle. « Pourquoi perdre sa famille ? Je suis à peu prés sûre de ne pas perdre la mienne en ayant un tel don. Disons que vous êtes né du mauvais côté de Westeros. Un Paludier gratifié d'un tel don serait admiré par les nôtres. » – Fierté et certitude luisaient dans ses iris.

La famille Ouestienne l'aimait et elle avait simplement peur. Elle ne pouvait pas prétendre connaître sa situation car ça n'était pas le cas. La voix de lord Ouestrelin se perdit de manière tragique dans le bruissement environnant des feuilles. Elle le sentait, étranglé par sa peine et réfréna l'envie qu'elle avait de lui poser une main rassurante sur l'épaule. Son geste semblerait sûrement déplacé et elle n'avait jamais été aussi tactile avec qui que ce soit – à part lorsqu'il s'agissait de distribuer les coups ! Lyessa se pinça les lèvres lorsque Seamus lui raconta qu'il avait vu une femme brûler pour être soupçonnée d'avoir un lien avec des animaux. Le regard de la Paludière s'endurcit – elle ne savait que trop bien que son statut la protéger de bien des réactions vives et hostiles. Peut-être qu'elle aussi aurait été brûlée si elle n'avait pas été une noble dame ? Les inquiétudes de son interlocuteur étaient fondées – le respect de ses gens étaient quand même primordial pour le bien-être de qui que ce soit.
 « Je comprends votre colère... Je comprends ce que vous ressentez. Nous sommes différents en ce point. Les Paludiers, eux, sont soudés, mais se contrefichent bien de ce que pense l'extérieur. Nous sommes une communauté, méprisée ou crainte. Mais au moins, nous sommes ensemble et nous sommes fiers de nos origines. » – Elle avait posé sa main contre son bras pour lui intimer compréhension et soutien. Elle ne prétendait pas d'avoir une solution contre ses problèmes – elle estimait qu'il n'avait pas eu de chance de vivre ici alors que sa place était dans le Nord, là où ce genre de croyances ne suscitait pas que mépris et crainte. Ses lèvres s'ourlèrent d'un sourire sympathique tandis qu'il énonçait clairement ce qu'il comptait faire – un regain de détermination qui ne pouvait être que rassurant de la part d'un homme aussi torturé.
 « Je suis certaine que vous y parviendrez Seamus. Sachez au moins que vous avez l'appui des Paludiers – ce qui j'dois avouer, peut vous desservir en matière de réputation  » – Dernière remarque prononcée avec sarcasme mais qui avait sa part de vérité. Le seigneur de Falaise se retourna alors vers elle et lui saisit le poignet avec vigueur pour lui faire promettre de ne rien révéler de ce qu'il venait se dire. La jeune femme fut troublée par ce contact mais planta ses yeux dans ceux de son interlocuteur, légèrement raidie par la gravité de la remarque.
 « Je ne dirai rien Seamus. Vous avez ma promesse. Mais si toutefois vous cherchez une alliée, vous savez où vous pouvez m'trouver. Moi et mes compères. » – Elle articula ça consciencieusement, ne cillant pas devant le regard d'un gris bleuté sombre du seigneur de Falaise. La parole d'une Paludière était toujours à prendre avec sérieux. Jamais elle ne s'embarrassait à mentir. Un bruissement derrière eux les interrompit et Lyessa se détacha de son hôte pour se remettre à distance respectable. Elle avait toujours du mal à imaginer qu'elle avait réellement à faire à un zoman. Un zoman pourtant brisé, qui venait de perdre sa seconde entité. C'était triste.

Un jeune homme se tenait à quelques pas – un jeune homme que Lyessa n'avait pas encore vu mais qui avait quelques traits similaires avec le seigneur qui était à ses côtés. La jeune femme prit les devants et inclina la tête en direction du jeune homme qui devait être le second fils de lord Ouestrelin.

 « Bonjour, je suis Lyessa Reed du Neck. » – Un peu honteuse d'avoir été ainsi prise au dépourvu, la jeune femme haussa brièvement les épaules avant de lâcher. « Je vais vous laisser. L'on se retrouve tout à l'heure, au dîner... »

Lyessa ne savait pas quoi faire. Elle était quelque peu malvenue dans la demeure, sachant qu'elle s'était très mal entendue avec lady Amélia et ser Ormond. Sûrement passerait-t-elle la nuit ici avant de repartir dés l'aube pour s'en retourne dans ses marais. La jeune femme afficha un sourire à l'égard du jeune fils Ouestrelin puis s'éloigna pour rejoindre sa chambre et laisser ainsi fils et père s'entretenir à leur guise.





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Seamus Ouestrelin
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Message Sam 2 Fév 2013 - 17:25

D’une certaine manière, Seamus tirait une forme de réconfort et de soulagement d’avoir partagé son fardeau. Il ne l’avouera jamais toutefois, préférant soutenir son attitude un peu méfiante. Certes, il était touché par les paroles de la jeune nordienne, mais les longues années à rester renfermé sur soi-même l’avaient fait oublier comment manifester une quelconque affection à des personnes qu’il ne connaissait que depuis peu. Ce genre de processus était pour lui véritablement désagréable, d’autant plus qu’il ne savait comment répondre au geste de Lady Reed quand celle-ci posa délicatement sa main sur son bras.
« Peut-être devrais-je me plaindre devant la tombe de mon père ; reprocher à son fantôme de m’avoir mis au monde dans les Terres de l’Ouest et non dans le Nord. il s’efforça de sourire, Comprenez que le Nord est un autre monde. Les mentalités divergent toujours un peu plus avec chaque mile. Plus vous descendez vers Port-Réal, plus vous êtes susceptible de rencontrer des âmes préjudiciables. »
Il avait passé assez de temps dans le Nord pour savoir de quoi il parlait. Cependant, cette partie de Westeros donnait tant l’impression d’être coupée du reste des Sept Couronnes qu’il était difficile de s’y sentir chez soi. Seamus se demandait s’il aurait véritablement été capable de s’installer là-bas... Loin de Westeros et de ses intrigues politiques. Le visage de Miranda s’afficha l’espace d’un instant devant ses yeux. Non... Les choses sont comme elles sont. Mieux valait oublier le passé et aller de l’avant.
« Je vous envie Lady Reed. D’une certaine manière je me dois de chérir une telle faculté – j’en suis bien conscient – mais les difficultés que cela m’impose m’abhorrent tant que je préfèrerais être comme les autres. Insultait-il les Dieux en dénigrant ainsi sa propre nature ? S’il leur avait porté affront, le Bois-Sacré ne manifesta aucune remontrance. Le visage gravé dans son tronc maintenait simplement cette expression méprisante... Je saurais estimer le soutien des vôtres, Lyessa. Peut-être viendra le jour où j’aurais besoin de l’aide des paludiers. Les soucis viendront certainement le retrouver. Prions toutefois pour qu’un tel jour ne frappe jamais à ma porte. Sachez que vous pouvez toujours compter sur moi si vous venez à faire face à des temps difficiles. Joren Reed est un homme honorable ; et vous êtes bien la fille de votre père. »
Cette fois, Seamus parvint à lui adresser un regard empli de gratitude, un sourire aussi sincère qu’il était avenant. Pour une fois, ce n’étaient pas les codes de la courtoisie et de l’hospitalité qui l’incitaient à afficher une figure affable. Non, pour une fois, cela lui venait du cœur.
La paludière s’apprêtait à partir quand Seamus la rappela :
« Oh, Lady Reed : n’hésitez pas à exiger qu’on vous apporte des vêtements à votre goût. » il clôtura la discussion d’un petit clin d’œil. La jeune femme n’était clairement pas à l’aise dans l’étrange robe qu’elle portait et Seamus ne souhaitait pas que sa protégé manque de quoi que ce soit. Enfin, Lyessa se retira, laissant Lord Ouestrelin seul avec son fils cadet.
Le seigneur de Falaise se sentit étrangement seul en l’absence de la jeune nordienne. Peut-être avait-il été plus à l’aise qu’il ne le pensait.... Sullivan, quant à lui, suivit la paludière des yeux, peu préoccupé de paraître malpoli.
« Elle est pas si terrible que ça, finalement. annonça-t-il quand Lady Reed fut hors de portée.
_Je te sonnerai quand je voudrais ton avis. C'est-à-dire jamais. Seamus tournait le dos à son fils, dans l’espoir de lui faire comprendre qu’il ne désirait nullement discuter. Mais Sullivan brisa de nouveau le silence.
_Maman dit qu’elle ne tolèrera pas cette harpie sous son toit.
_Une chance que le toit de certaines pièces se soit écroulé. Dis à ta mère qu’elle pourra passer la nuit là-bas. Sullivan ignora la remarque de son père, continuant simplement à jaboter avec puérilité.
_Est-ce qu’elle mange des grenouilles ?
_Elle mange aussi les garçons impertinents et désagréables. »
Son fils ne dit rien, ne trouvant apparemment pas ses mots. Le silence s’installa de nouveau, aussi calme qu’apaisant. Une minute s’écoula à peine quand le jeune garçon se remit à bavasser :
« Tu ne lui as tout de même pas dit la vérité ; si ? la voix de Sullivan semblait quelque peu inquiète. Se souciait-il de la sécurité de son père ? Seamus avait du mal à y croire... Père, arrête d’exposer si ouvertement ton désespoir. C’est pathétique. Personne n’est intéressé par tes problèmes. Penses-tu qu’elle s’inquiète réellement pour toi ? Tu n’es qu’un objet de curiosité à ses yeux ; rien d’autre.
Le jeune Ouestrelin était-il venu pour satisfaire son envie de dénigrer son père ? D’habitude c’était Ormond qui aimait critiquer le seigneur de Falaise. Peut-être Sullivan cherchait-il à imiter son aîné... Toutefois, Seamus ne se laissa pas emporter par la remarque désobligeante de son fils. Il ne souhaitait nullement lui procurer une telle satisfaction.
_Le désespoir, ça fait écrire des chansons et des poèmes. Le désespoir, c'est ce qui fait les héros. Mais je ne suis ni un adepte de littérature, ni un héros. Ce n’est pas le désespoir qui me pèse... » C’est la solitude. Il garda cette dernière pensée pour lui-même. Son fils n’était pas prêt à se montrer aussi compréhensif que la jeune paludière.
_Qu’est-ce qui t’as pris ? coupa Sullivan d’un ton de reproche. La question était fondée. Pourquoi avait-il donc confier son secret à Lyessa Reed ?...
_J’ai passé la plus grande partie de ma vie à me méfier des gens ; peut-être est-il temps pour moi de faire preuve d’un peu plus de confiance.
_Et tu t’étonnes des rumeurs qui circulent à ton sujet...
_Si des rumeurs circulent à mon sujet ce n’est qu’à cause de ta mère, de ton frère et de toi-même. Son fils s’apprêtait à ouvrir la bouche, sans doute pour le contredire, mais Lord Ouestrelin le devança, Ne cherche pas à imputer la faute à quelqu’un d’autre. Aie au moins le courage de l’avouer, Sullivan. Seamus tourna lentement la tête vers son fils cadet, debout dans le cadre du portail séparant le jardin du bois-sacré. Le jeune garçon ne savait manifestement pas quoi répondre... Peu importe. »
Le père secoua la tête d’un air désolé avant de porter de nouveau son attention à la tombe de Givre. Sullivan ne tarda pas à partir, laissant le seigneur de Falaise seul avec ses songes... Lyessa Reed... Il sourit. Voilà une singulière jeune femme qui lui aura donné matière à réflexion.
Il contemplait l’arbre cœur dans une posture solennelle, joignit ses mains derrière son dos, releva légèrement le menton avant de s’adresser avec respect au visage sculpté.
« Veillez sur elle. »
Lord Ouestrelin quitta lentement l’enclos après avoir marmonné une dernière prière devant la tombe de sa bien-aimée louve. Il était temps de rejoindre sa famille et de se tenir aux habitudes et codes seigneuriaux...

Quand il atteignit la porte donnant sur le hall d’entrée, le soleil tombait lentement derrière l’horizon, un disque orange et fluorescent dont la paresseuse chute faisait languir ce délicieux éclairage vermillon. Deux longues bandes de nuages l’encadraient, comme une brèche où se dirigeaient quelques albatros, frappant énergiquement leurs ailes dans l’espoir d’atteindre un autre univers. Seamus laissa échapper un soupir. Il n’avait jamais rien vu d’aussi beau.

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Dernière édition par Seamus Ouestrelin le Ven 19 Avr 2013 - 12:51, édité 2 fois
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Message Lun 4 Fév 2013 - 10:55

Jamais Lyessa n’aurait pensé être confrontée à une telle situation – elle, attendrie par un noble qui se révélait être un élu des Anciens Dieux. Elle restait convaincue qu’il n’était pas né dans la bonne contrée du Westeros et c’était à déplorer. Lyessa le considérait bel et bien pour un être exceptionnel – si toutefois ce qu’il lui avait dit été vrai. Mais pourquoi en douter ? Elle avait vu la crainte dans les yeux de ses gens et même de sa propre famille. Si lady Amélia se montrait aussi venimeuse à l’encontre de son mari, c’était bien car il y avait une part de lui indéchiffrable et effrayante. Un tel ton était aussi un fardeau que l’on devait porter seul. Les mentalités étaient clairement différentes dans l’Ouest et même les Nordiens commençaient à doucement s’écarter des préceptes des Anciens Dieux. Le peuple irréductible des Paludiers avait gardé toute leur ferveur à l’égard des enfants de la forêt. Seamus lui avait confié qu’il l’enviait et cette dernière ne pouvait résolument pas prétendre qu’elle aurait mieux réagi étant à sa place. Ses particularités à elle n’étaient pas aussi stupéfiantes que celles du seigneur de Falaise. Se battre contre sa propre famille aurait été un combat fort désagréable. Elle pouvait aisément comprendre que Seamus en arrive à souhaiter être comme les autres – le regard extérieur parvenait toujours à mettre en marge, à faire regretter sa propre nature. C’était insultant et impensable. Lyessa aurait aimé pouvoir le réconforter davantage, mais l’incertitude était bien ancrée chez Seamus et elle désespérait de pouvoir lui ôter son fardeau.

Le seigneur Ouestrelin l’avait remercié pour l’aide ainsi proposée et il lui assura qu’il saurait se tourner vers eux lorsqu’il en aurait besoin. Lyessa espérait que ce n’était pas de simples paroles en l’air – son père s’étonnerait certainement lorsqu’elle lui confierait que Seamus Ouestrelin était un seigneur qui leur était proche. Elle avait toutefois promis au change-peau de ne rien révéler de sa nature à qui que ce soit et elle s’y appliquerait. Son père ne poserait pas de question. Elle le savait.

Alors qu’elle s’éloignait pour laisser seuls père et fils, Seamus l’interpella pour lui conseiller d’exiger des frusques qui lui correspondraient davantage. Lyessa se fendit d’un sourire, tenant maladroitement les pans de sa robe avant d’acquiescer et de filer en direction de sa chambre. Elle ne cessa de repenser à son échange avec lord Ouestrelin – s’émerveillant avec béatitude d’avoir eu la chance de le rencontrer. Il lui avait sauvé la vie – il avait gagné sa reconnaissance à vie et elle avait l’impression de devoir l’aider et le protéger. Comme si c’était les Anciens Dieux qui l’avaient conduit à elle. Elle savait pourtant que Seamus n’accepterait pas qu’une gamine du Nord tente de le materner. Après tout, n’avait-il pas réussi à vivre en affrontant les difficultés imposées par son don jusqu’à aujourd’hui ? Pour chasser ses pensées, Lyessa demanda à l’une des servantes de lui apporter des vêtements plus confortables. Cette dernière lui jeta un regard interrogateur et circonspect mais finit par lui apporter ce qu’elle désirait. La nuit était définitivement tombée sur Falaise et cela faisait drôle à la Paludière de se trouver dans un tel château de l’Ouest, en présence de cette famille tiraillée.

Quand l’heure du repas vint, Lyessa hésita à se présenter à la salle à manger. Il fallait dire que son premier contact avec la famille Ouestrelin n’avait pas été de bon augure. Seule Miranda avait eu un comportement appréciable à son égard – elle était au moins certaine que deux la détestaient vigoureusement. A l’image de sa fierté Nordienne, la jeune femme daigna néanmoins se joindre à eux pour le souper. La tension était palpable dans la pièce – les regards torves se croisant pour lui affliger le couperet glacial. Lyessa n’en avait cure et ne témoigna d’aucune gêne, ignorant la venimeuse épouse de Seamus et son chevalier de fils. Elle échangea bien quelques paroles avec Miranda, lui accordant de francs sourires qu’elle méritait amplement. L’on pouvait sentir une réelle bienveillance chez la jeune femme, et Lyessa ne doutait pas que cette dernière faisait la fierté de son paternel.

Le repas toucha à sa fin et Lyessa préféra rapidement s’effacer pour éviter la joute verbale et hostile à laquelle se préparait sûrement lady Amélia. Elle remercia ses hôtes, indiquant qu’elle partirait tôt dans la matinée pour rejoindre ses marais. Ses parents devaient croire qu’elle avait été enlevée, ou que son corps gisait dans les tourbières – une inquiétude à leur affliger qu’elle ne pouvait guère faire durer. Elle n’eut aucun mal à trouver le sommeil malgré le confort peu habituel que lui conférait sa chambre. Et même si elle ne cessait de tergiverser sur sa découverte, elle s’assoupit rapidement pour plonger dans un sommeil sans songe.

A son réveil, la journée s’annonçait radieuse et elle espérait rapidement rejoindre le Neck. Son corps était quelque peu meurtri par quelques contusions offertes de son flottement de la veille dans l’océan déchainé. Il n’était néanmoins pas question pour elle de retarder son départ, et elle s’apprêta avant de se rendre dans la cour du château. Seamus s’y trouvait et elle le rejoignit, le sourire aux lèvres.

« Bonjour Seamus. J’suis pas bien douée pour les adieux, mais merci pour votre hospitalité. La reconnaissance des Paludiers vous est éternelle. Vous m’avez sauvé la vie, et je ne l’oublierai pas. » – Lui glissa-t-elle tout en se plantant face à lui. Elle se mordit la lèvre inférieure avant d’afficher une moue dubitative. « Je vous admire – votre don est aussi un fardeau mais vous avez le mérite de pouvoir le porter dignement. Nous nous reverrons bientôt, je l’espère. » – La jeune femme éprouva un léger pincement au cœur, comme si elle avait l’impression de fermer les yeux sur un rêve étonnant qu’elle venait de vivre. « Votre fille. C’est la clé pour y puiser le courage nécessaire. Au revoir Seamus. »

Elle laissa filtrer un nouveau sourire sur ses lèvres avant de définitivement tourner les talons et descendre le sentier. Elle avait quelques jours de marche devant elle. Elle ne pouvait que redouter les retrouvailles avec ses parents qui devaient la penser morte – mais elle avait hâte. Retourner dans ses marais, dans son cocon confortable, avec l’idée d’avoir faite une découverte exceptionnelle. L’Ouest n’était plus si dépourvu de charme maintenant…


HJ:
 





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