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Le trop de confiance attire le danger ▬ Libre

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Sargon Harloi
Homme d'Armes

Général


« Capitaine de la Veuve Salée »

♦ Missives : 5377
♦ Missives Aventure : 401
♦ Age : 28
♦ Date de Naissance : 27/09/1988
♦ Arrivée à Westeros : 22/11/2011
♦ Célébrité : Jack Huston
♦ Copyright : © Aryana
♦ Doublons : Maron Martell, Pryam Templeton, Bryce Vyrwel, Alysane Mormont
♦ Age du Personnage : 28 ans
♦ Mariage : Femme-roc : Helya Harloi (née Botley) ; Femme-sel : Emeraude
♦ Lieu : Île de Harloi, Dix-Tours
♦ Liens Utiles :
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Message Mar 25 Déc 2012 - 19:07

Note : Sujet se déroulant environ 6 lunes avant le début de la guerre.

     Le vent était glacial, les mains de Sargon engourdies par le froid, il lâcha la rambarde de la Veuve Salée pour les plier et les déplier, tentant de faire affluer le sang dans ses doigts pour retrouver un semblant de poigne. Yoren se hissa aux côtés de son capitaine sans prononcer mot comme à l'accoutumée, il sentait bien que le Harloi était agacé par ce que son oncle lui avait demandé, mais s'il souhaitait entrer dans les bonnes grâces de lord Harloi, le jeune homme était obligé de s'exécuter. Voilà deux jours que Igon Harloi avait demandé à son neveu de pousser l'exploration jusqu'aux territoires du continent, l'on racontait qu'il y avait d'excellents combattants là-bas et la dernière lubie du lord était de découvrir une perle rare capable de pouvoir entraîner ses hommes de manière à ce qu'ils supplantent les autres familles. Si Sargon avait tout d'abord admiré et apprécié la hargne de son oncle, il avait rapidement désenchanté en apprenant qu'il espérait que cela pourrait aider à trouver un prétendant à sa fille, la cousine du capitaine. Cette garce célibataire et toujours pucelle alors que la trentaine était déjà passée, le Fer-né n'avait aucune peine à comprendre qu'aucun homme ne désire lui passer la bague au doigt, même si son minois était particulièrement séduisant, elle était aussi avenante qu'une murène. L'idée qu'un homme puisse convoiter la place de lord Harloi agaçait le jeune homme au plus haut point, mais il n'avait malheureusement pas la possibilité de s'offrir le luxe de refuser ce voyage, sans quoi Igon ne ferait qu'éprouver davantage d'aversion à son égard.

     C'était donc pour cette raison que le Harloi avait annoncé à ses hommes quelques jours plus tôt, qu'ils allaient prendre la mer pour se rendre dans l'Ouest afin de trouver le combattant idéal qui saurait ravir son oncle. Même si la tâche s'annonçait ardue, personne n'avait protesté, bien que l'idée de se geler dans une région assez inhospitalière n'enchantait absolument pas le Fer-né. Il était trop habitué au vent tiède de la mer et l'on disait que le Nord abritait d'étranges créatures, hors cette région se situait non loin de celle où il se rendait. Sargon n'était pas homme à croire à de telles fadaises, mais il avait appris que lord Dagon Greyjoy en personne avait été attaqué par d'autres Fer-nés non loin d'une petite île du Nord, à croire que le froid faisait perdre la raison ! Sachant que certains nobles ne seraient déjà pas contre l'idée de laisser le Harloi rejoindre les fonds marins sur les îles de fer, inutile de préciser que dans un tel endroit ils ne se gêneraient pas. Quoi qu'il en soit, même si l'humeur n'y était pas, les marins de la Veuve Salée ramaient et à l'horizon se dessinait une terre étrangement couverte de vert. Il s'était toujours imaginé cette région pleine de neige, mais la sécheresse qui commençait tout doucement semblait avoir déjà commencé son œuvre, pourtant le froid était toujours plus vif que sur son île natale. Les yeux mordorés du jeune homme étaient plantés sur un point qui se dressait plus haut que les autres sur une sorte de presqu'île, puis un sourire se dessina sur ses lèvres pleines tandis qu'il détourna son visage pour poser son regard sur Yoren, toujours debout à ses côtés.

     ▬ Cap sur la plage Yoren, je crois qu'il doit y avoir du monde là-bas, nous verrons bien ce que l'on pourra tirer d'eux. »

     Un grognement pour toute réponse, visiblement le second n'était pas tout à fait d'accord avec son capitaine, mais il n'en faisait pas étalage. Il était vrai que d'accoster loin d'un village alors que l'on souhaitait recruter du monde, ce n'était pas tellement intéressant, sans compter qu'ils n'avaient pas de chevaux dans leurs bagages et que de trouver un village serait synonyme de marche. Cela dit, le second était de la vieille école et aurait obéit sans hésiter si son capitaine lui avait ordonné de sauter à l'eau alors qu'il était chargé d'une armure lourde. L'obéissance aveugle était si étrange. Yoren s'éloigna pour donner les ordres alors que l'attention du jeune Fer-né se reportait sur l'horizon coupé par la silhouette de cette plage, une forme bougea légèrement puis disparue comme si la personne s'était éloignée. Ce n'était pas grave, Sargon savait se montrer patient lorsqu'il désirait quelque chose et là il voulait obtenir les bonnes grâces de son oncle.

     Fendant le sable, la Veuve Salée s'immobilisa après avoir enfin atteint la plage, Sargon enjamba rapidement la rambarde pour sauter au sol alors que ses pieds s'enfonçaient dans un sable mêlé à de la rocaille. Droit comme un I alors que Crépuscule, son épée en acier Valyrien, pendant paresseusement à sa ceinture, il parcourut les environs du regard avant de repérer une espèce de chemin sinueux qui gravissait la petite butte qui dissimulait cette crique aux environs. Sargon tourna la tête vers son second avant de lui faire signe de le suivre puis il aboya quelques ordres de son habituel ton arrogant.

     ▬ Yoren, avec moi, les autres vous vérifiez que personne n'approche et vous ne bougez pas d'ici même si des sirènes viennent vous chercher, ou je m'occuperai de votre cas à mon retour. »

     Des menaces comme toujours, le Harloi était assez apprécié par son équipage, mais son arrogance le poussait toujours à vouloir dominer les autres. Le second de la Veuve Salée atterrit à ses côtés avant de se hisser à sa hauteur, puis le capitaine entama la rapidement promenade qui devait lui permettre de repérer la silhouette qu'il avait vu de loin. Après avoir gravit le chemin qui serpentait sur l'herbe verte, les deux hommes arrivèrent sur une espèce de butte qui permettait d'avoir une vue d'ensemble sur les environs. C'était désert, il n'y avait pas le moindre village où le moindre signe qu'un être vivant soit passé par là. Remarquant la mine contrariée du jeune homme, Yoren intervint avec aussi peu de paroles qu'à l'accoutumée.

     ▬ Un cerf peut-être ? » Sargon tourna la tête vers son second pour lui décrocher un regard agacé avant de rétorquer d'un ton franchement énervé.
     ▬ Le jour où les cerfs se tiendront sur deux pattes tu seras le roi des îles de fer Yoren. »

     Habitué à se faire insulter, le Fer-né ne répliqua rien et finalement le Harloi se décida à reprendre la marche pour suivre le chemin. Ce fut une bonne idée, car bien rapidement il tomba sur une poste indiquant que plusieurs chevaux étaient passés par ici. Un sourire se plaqua sur les lèvres bien dessinées du jeune homme qui, ragaillardit par cette découverte, décida de suivre la piste qui laissait croire que les cavaliers étaient passés par là. Une dizaine de minutes plus tard, un bruit familier se fit entendre, des voix qui semblaient discuter ensemble bien que les paroles soient incompréhensibles comme la personne était trop éloignée, mais après s'être laissés guider par le son, les deux marins débouchèrent dans une petite clairière où plusieurs silhouettes étaient visibles. C'était des hommes, il y en avait plusieurs d'assez jeunes, mais vu la manière dont ils étaient habillés et armés, ils devaient être des gardes ou des reîtres en mission. Contemplant les quelques personnes, Sargon se décida finalement à approcher légèrement, suivit de près par son second, puis stoppa son avancée pour s'adresser à la cantonade.

     ▬ Et bien, je n'ai pas aperçu de taverne dans le coin et pourtant nous tombons sur des reîtres. Auriez-vous décidé de perfectionner un peu vos piètres talents de combattants ? »

     C'était une manière comme une autre de lancer la discussion. L'arrogance était palpable et le jeune homme savait très bien que traiter ces hommes d'incapables était la meilleure manière pour les pousser à lui prouver le contraire. Mais c'était peut-être justement ce qu'il cherchait ?


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Message Dim 13 Jan 2013 - 19:37




« Plonger au fond du gouffre, Enfer ou Ciel, qu'importe ? Au fond de l'Inconnu pour trouver du nouveau ! »





Dépitée par l’optique subtile quoique parfaitement criarde d’un homme prêt à toutes les finasseries afin de dégoter à son ainée l’époux idéal. Accomplir son devoir et assurer à sa progéniture le confort non négligeable d’une maison quelque peu avantagée à la sienne. A l’instant même où ses seize années vinrent souffler leur brise, l’effervescence annexa la demeure Sarschamp. Dylis ne se sentait guère disposée à s’accoutumer d’une présence en sus de la sienne, certainement pas celle d’un nobilis bête à se sustenter de paille, auquel prêter serment, n’avait-elle pas assez de figures envers lesquelles s’armer de dévotion ? Ses figures paternelles, ses frères de sang, d’autres de lait, la mère d’en Haut, les omnipotents Lannister, maison maîtresse des Sarschamp sans compter Oonagh, sa plus chère amie fille de forgeron où la dévotion se transformait en loyauté. Nombre de choses à considérer, un poids bien trop lourd à supporter pour les frêles épaules d’une donzelle. Peu de monde se joignait à sa cause, hormis, son amie. Même Ditta, sa gouvernante était de celles qui encourageaient les fatras parentales. Sa familia s’accordait à vouloir que l’oiseau prenne son envol, hélas, Dylis était des plus sauvages.

Sans qu’elle ne puisse rouscailler, déjà, se trouvait-elle en partance pour la région côtière, voyageant en compagnie d’une suite composée de quelques nourris, de quelques servantes et de son incontournable nourrice qui ne cessait guère d’énumérer les devoirs d’une dame, oubliant fortement qu’il existait toutefois quelques droits, depuis longtemps enterrés par l’opinion commune. L’espérance de Lord Ganael imprégnant ses pensées, elle se vit quant à elle, hantée par l’appréhension d’une entrevue qu’elle savait d’avance : stérile. Néanmoins, Dylis songeait à l’envergure de son potentiel aspirant. Quelle stature avait-il ? Etait-il doté de ces faciès à haut-le-cœur ou, était-il bien fait de sa personne ? Avait-il assez de conversation pour satisfaire sa recherche avide de conflit ou, serait-il de ceux qui n’étaient pas bilieux ? Encore, Dylis n’était surement pas née sous la plus mauvaise étoile mais, elle avait connu des instants l’ayant amené à croire le contraire. La route engagée longeait la mer, à un point tel que l’eau iodée s’infiltrait impétueusement dans chacune de ses bronches, balayant sa peau, le soleil tapait même si, le froid prédominait là. Déveine lorsque sa chevelure subissait le joug implacable de l’air marin, quand bien même le convoi se trouvait à distance appréciable, maudite humidité qui mettait à mal ses efforts coutumiers à rendre ces tifs un peu plus dociles, les voilà qui gonflaient à mesure de leur avancée. Certes, il y avait quelques personnes dont les intérêts étaient d’une autre nature seulement, pour la jeune Dylis, la coiffure était d’une grande importance, du moins, pour les plus vaniteux dont, certainement elle faisait partie.

Sommes-nous bientôt arrivés ? Souffla-t-elle, prenant soin de montrer à quel point tout ceci l’agaçait. Malgré son comportement allant parfois à l’encontre de son état de femme, personne ô personne ne pouvait douter de ses origines : nature et rang confondus.

Son interrogation peina à trouver une réponse, de longues minutes où elle se sentit grandement frustrée et, à la frustration se mêlait l’impression déroutante de n’être guère considérée. Peut-être même inhumaine ? Pourtant, les ordres du Lord avaient été fermes : les quelques hommes d’armes devaient avant tout satisfaire ses volontés tant que ces dernières n’aient point été farfelues comme, par exemple : rebrousser chemin (ce qui, en toute franchise, aurait été son premier réflexe). La succession de soupires fit place à la déflagration comme elle haïssait qu’on la place en si petite estime, un rien froissait son égo :

Je réitère : sommes-nous bientôt arrivés ? Dois-je préciser qu’à cette question, j’attends une réponse concise et rapide, de préférence – lança-t-elle faisant claquer sa langue contre son palais, ordonnant dès lors à son canasson d’accélérer l’allure, suffisamment pour se trouver aux côtés du supposé « chef de rang », un abruti comme les trois autres, songea-t-elle.

D’une œillade appuyée, il l’observa quelques secondes, pas le moins du monde décontenancé par l’audace de la jeune dame et encore moins disposé à se soumettre :

La route est longue, mam’ et, je peux aisément comprendre l’enthousiasme qui vous déchire l’âme, l’on conte du jeune seigneur tant de louanges, persifla-t-il d’une voix rocailleuse, autrement dit : désagréable à l’écoute.

Vraiment ? Peut-être est-ce dû au fait qu’il ait bien plus de correction que vous ? – intérieurement festive, elle se félicita de sa répartie et entreprit même d’en rajouter une couche du moins, aurait-elle fait cela si, sa monture lui avait témoigné plus de respect, aussitôt ces paroles prononcées aussitôt Dylis fut projetée au sol par la maudite bête. Fort heureusement, sa chute fut amortie par une espèce de mousse épaisse qui se trouvait là, poussant en un endroit si peu favorable et par-dessus tout soumis aux embruns. Deux servantes vinrent à son aide sous le regard excessivement amusé du rustre ayant affolé son ch’val. Elle se redressa non sans peine puis, s’éloigna de la horde, les joues rougies de honte. Sa maladresse omniprésente commençait sérieusement à lui rendre la vie amère.

Où allez-vous donc ainsi, ma dame ? Cracha l’homme d’arme, statique sur son canasson.

Loin de vous, 'spèce de fot-en-cul, ajouta-t-elle, un demi ton en dessous avant de répliquer, accomplir des obligations naturelles,monsieur, peut-être auriez-vous besoin de quelques détails vous qui semblez inepte ?

Sur ces quelques mots, ravigotée, relevant les pans de sa robe, elle accéléra le pas, prenant la direction de la plage, plus en contrebas et cachée par quelques arbres et verdures. Un sourire fendit ses lèvres, l’idée de s’enfuir lui effleura l’esprit, avec son carquois et son arc attachés précieusement à l’arrière, Dylis pouvait survivre, chasser mais, selon toute vraisemblance, guère éviter l’attaque de quelconques brigands. Aussi, elle abandonna cette perspective, décidant d’aller panser les blessures faites à son orgueil ailleurs, pendant que sa suite s’installait quelque part jusqu’à ce qu’elle veuille les rejoindre. Un tel périple à dos d’destrier était insupportablement irritant et, inconfortable, voyez-vous.


La donzelle retira ses souliers alors que ses pieds s’enfonçaient à mesure de son avancement sur le sable imbibé. Fermant ses yeux, elle prit une longue inspiration, combien de fois avait-elle entendu dire que, la salinité de l’air permettait entre –autre de spoiler la tenue de sa chevelure, de déboucher les vaisseaux ? Seule en ce lieu, l’impression tangible de liberté pullulant autour d’elle, en rouvrant ses paupières, à l’approche, elle aperçut une embarcation se diriger directement sur la baie. Croyant reconnaître un agencement étranger, elle ne perdit pas de temps, se précipitant à l’abri. Mais, rejoindre l’attroupement ne lui parut pas vraiment aisé. Elle et son sens de l’orientation parfaitement caduc…

↝↝↝

Lorsque la jeune Sarschamp repéra enfin ses compagnons, ceux-ci prêtaient l’écoute à l’arrogance suintante d’un chevelu aux allures peu recommandables, un fer-né ? Sa piètre expérience ne la confortait que très peu dans cette supposition. Instinctivement, elle se munit de son arc et, avec la dextérité prêtée à sa maison – à juste titre- décocha une flèche qui atterrit aux pieds du roublard et de son acolyte. L’attention dès lors reportée sur elle :

Fort bien ! Ou bien sont-ils ici pour tester les vôtres ? Targua-t-elle, le sourcil arqué, les lèvres déformées d’un rictus d’amusement. Et à quels farauds ai-je honneur ?
Située à quelques mètres des deux intrus, elle était à l’abri de leur coups d’épées mais, à trop attiser leur fiel...

Qu’êtes-vous venu faire en ces lieux, messieurs ? surenchérit-elle.
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Sargon Harloi
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Message Dim 13 Jan 2013 - 22:11

     S'il y avait bien une chose que Sargon aimait avec les continentaux, c'était qu'il faisait fermer leur bouche à leurs femmes. Celles qui l'ouvraient étaient généralement des femmes soit totalement insupportables, soit folles au point de croire qu'elles pourraient tenir tête aux hommes. Le Fer-né n'était pas un misogyne et encore moins une personne qui jugeait la valeur des gens sur leur sexe, mais il était vrai que son estime pour les continentales – et continentaux – était... Comment dire ? Quasi inexistante. Il remarqua à peine la venue d'une gamine blonde qui se glissa au milieu de la troupe, elle ne représentait pas de danger réel et il n'avait donc aucune raison de lui porter une attention particulière. Cela dit, lorsqu'une flèche se planta aux pieds du Harloi, il fut forcé de tourner la tête dans sa direction pour poser les yeux sur une gamine bravache en apparence. Qu'espérait-elle ? Le faire fuir en courant pour avoir réussi à toucher du sable immobile ? Loin de le refroidir, cette intervention l'amusa assez il fallait en convenir, les femmes manquaient de piquant sur le continent, peut-être que cette gamine possédait plus de piment que ses comparses ? Allez savoir. Lorsqu'elle émit l'hypothèse que le groupe puisse être ici pour tester les talents martiaux des Fer-nés, Sargon ne se départit pas de son sourire. L'idée l'amusait beaucoup. Sa vanité et son arrogance doublé du fait qu'il avait en sa possession une lame valyrienne, le poussaient à croire qu'il pourrait sans difficulté se débarrasser des quelques pégus présents ici. Le pourrait-il ? Peut-être. Il avait été élevé dans la violence et le combat était inhérent à la vie de capitaine de boutre. Mais son arrogance le faisait souvent sous-estimer les continentaux. Enfin, surtout les continentales en fleur.

     Il dévisageait la donzelle sans aucune gêne. Loin d'être vilaine la gamine restait à bonne distance comme si elle avait compris qu'il valait mieux pour elle qu'elle ne s'approche pas trop des Fer-nés. Au fond, ils ne comptaient rien faire aux continentaux, la paix étaient installées et ils étaient « dans le même camp », mais cela n'empêchait pas le Harloi de s'amuser un peu à les effrayer. Les gens du continent avaient presque tous peur de son peuple et ce n'était pas sans raison d'ailleurs, la simple venue d'un boutre Fer-né suffisait à mettre les petits villages de la côte en ébullition. Alors que faisait-il ici ? Il s'amusait. Tout simplement. De son ton teinté d'arrogance, Sargon en informa la donzelle, laissant un sourire moqueur se glisser sur ses lèvres.

     ▬ On visite le coin, c'est que vous avez de jolies forêts sur le continent, il y en a assez peu nos îles alors, vous comprenez, on vient changer d'air de temps en temps. »

     L'idée qu'un Fer-né puisse apprécier quoi que ce soit du continent – mis à part ses femmes – était juste impensable. Même si la gamine était du genre benêt – ce que Sargon pensait vaguement vu la manière dont elle les provoquait – elle comprendrait qu'il était en train de se moquer d'elle. Le Fer-né se pencha pour ramasser la flèche qui s'était plantée dans le sable devant lui. Puis, se redressant, il l'observa quelques secondes avant de la faire tourner dans ses doigts en portant son regard mordoré sur le minois de la blondinette. Levant sa main pour présenter le projectile, il inspira légèrement sans quitter son air vaniteux, puis la relança d'un ton qui exprimait clairement qu'il n'allait pas quitter cette plage de si tôt.

     ▬ Je te conseille d'apprendre à viser ma jolie, si tu visais le sable laisse-moi te dire qu'il ne risque pas de riposter ou de te faire grand-chose. Si tu me visais moi, tu as encore des efforts à faire. Mettre en doute les talents d'une femme revenait à s'exposer à un ouragan, il l'avait suffisamment remarqué auprès des femmes des Iles de Fer et il était fort probable que ce soit un trait commun à toutes les créatures féminines de Westeros et au-delà. Ton arme est une arme de lâche, seuls ceux qui ont peur de se battre à proximité de leurs adversaires, certainement à cause de leur manque de capacité, utilisent des arcs. Il n'aimait pas les armes à distance, la mêlée était bien plus jouissive à ses yeux. Laisse-moi te dire une chose : lorsque tu uses de ton arme, c'est pour toucher ta cible et donc pour tuer. Je te conseille de ranger ton arc si tu ne comptes pas te débarrasser de moi. Son sourire s'accentua légèrement. Ou je pourrais très bien me sentir en danger et me défendre face à ton.... Agression ? »

     Légalement, les Fer-nés étaient des habitants de Westeros comme les autres ce qui signifiait que si le combat était déclenché par la jolie donzelle, Sargon aurait légitimement le droit de se défendre. Bien évidemment, considérant le fait que les habitants des Iles de Fer se considéraient comme des gens qui n'étaient pas affiliés au Trône de Fer, il était inutile de dire que cette réplique tenait plus de la moquerie que de la vérité. Le jour où le Harloi se sentirait en danger face à une dame armée d'un arc, n'était pas encore arrivé ! Il espérait seulement faire un peu frémir les quelques hommes qui se trouvaient là. La gamine avait l'air d'avoir plus de courage – ou de bêtise, tout dépendait du point de vue – que ses comparses, il doutait donc que ses paroles aient le moindre impact sur elle. Sa venue ici avait un but précis il était vrai, mais il apparaissait aussi clair qu'il ne trouverait pas son homme d'armes dans le coin, à moins que la gamine n'en cache un sous sa jupe. Le Harloi esquissa un pas dans la direction du groupe, la flèche toujours en main. Il avait tutoyé la jeune femme sans se soucier du fait que « cela ne se faisait pas » disons que même s'il était plus présentable et mieux élevé que ses homologues Fer-nés, il restait un homme libre qui n'obéissait pas aux protocoles. Voulant voir jusqu'à où la donzelle allait oser aller, il balaya la zone du regard avant d'en revenir à elle.

     ▬ Tu m'as l'air de vouloir défendre cette plage contre l'envahisseur Fer-né, tu sembles te prendre pour un homme d'armes avec ton arc.... Je te propose un petit jeu alors. Tournant la tête vers Yoren, il vit que celui-ci n'était pas enchanté de voir son capitaine se lancer dans ce qu'il appelait « ses lubies », mais ne s'en soucia pas et enchaîna. À ton avis, est-ce que tu arrives à me toucher avec tes flèches avant que je ne te coupe la tête avec mon épée ? Tirer sur du sable c'est bien joli, il n'ira pas vers toi, mais avant de faire des tirs de sommation, je te conseille de vérifier qui tu as face à toi. Loin de l'effrayer, les avertissements le poussaient plutôt à persister dans son idée. Bien sûr, il ne comptait pas faire sauter la jolie tête de la blondinette, mais elle ne le savait pas forcément. Il est encore temps de ranger ton arc ma jolie. Mais si tu veux te battre, on peut le faire sans soucis. »

     Derrière lui, Yoren grognait légèrement, manifestant le fait qu'il n'était – encore une fois – pas d'accord avec les provocations du Harloi. Il était peu probable que les hommes accompagnant la belle la laisse jouer à ce type de jeu, ce serait même de la folie. Peut-être qu'ils s'imagineraient qu'il mentait en parlant de tuer la donzelle, c'était une réaction normale sachant qu'un Fer-né combattait normalement à la hache et qu'il s'amusait rarement à s'en prendre aux femmes. Mais l'épée qui pendait à sa ceinture n'était pas commune et bien trop exceptionnelle pour ne pas être utilisée. Quant à la demoiselle, si elle décidait de se battre comme un homme aux yeux du Harloi elle devenait un adversaire potentiel. Qu'elle porte une robe n'y changeait rien, il voyait l'arc avant de voir le jupon à soulever.


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Message Lun 14 Jan 2013 - 18:08




« Plonger au fond du gouffre, Enfer ou Ciel, qu'importe ? Au fond de l'Inconnu pour trouver du nouveau ! »





La route avait été longue et, n’était certainement pas avide de promesses, l’instant présent étayait l’enrageant constat. Jaugeant du regard les deux étrangers postés face à elle, sans ciller une seule seconde, Dylis se surprit à les trouver fort intéressants. Elle n’était, certes, qu’une jeune fille en fleur mais, à bien des égards, elle n’était guère impressionnable. L’entreprise de ce périple n’avait cependant laissé entrevoir la possibilité de tomber ou du moins, d’être surpris par de tels ostrogoths. Un sourire fendit ses lippes à l’idée même que l’annonce d’une telle information puisse cabrer Lord Ganael. Pas le moins du monde quinaude face à l’insistance oculaire du chevelu, elle fut toutefois bien ennuyée par l’extrême présomption dont il semblait armé, en sus de l’épée accrochée à son ceinturon et dont, selon la connaissance commune, un fer-né ne devait pas être équipé. Cela attisa davantage sa méfiance et, l’œillade que lui offrait le « chef de rang » ne l’aidait guère à la rasséréner. Dans un silence bien plus éloquent qu’une mitraille de mots, il lui faisait comprendre qu’il eut été meilleur que ses lèvres restent scellées. Et, ce n’est assurément pas la gestuelle affligée de sa nourrice qui allait aller en contresens. Fichtre, se surprit-elle à penser, essuyant la grandiloquence fernienne, l’inopinée diserte fusant et creusant profond en elle. A cette profusion de piques, ses doigts se resserrent sur la stabilisation de son arc, à en jaunir ses articulations. Ô furie !

Les lèvres pincées, plutôt mordues jusqu’au sang d’avoir osé l’impensable, Dylis prit une longue inspiration, calmant les palpitations dont son cœur avait été affublé à l’entente des paroles du Fer-né qui, en plus de n’avoir pas su faire preuve de courtoisie, avait été bien moqueur. Le rouge lui monta aux joues, de rage, de ce désespoir fulgurant qui lui compressait désormais les poumons, quel vil corniaud. Ce qui devait être bien rare sur leurs maudites îles relevait davantage d’humanité qu’un quelconque manque de verdure, quand bien même, qu’en auraient-ils fait ? Une nourriture. N’avaient-ils pas un comportement purement bestial ? Ces quelques quolibets éveillèrent sa riposte mais, il fallait bien reconnaître à cet animal une endurance particulière. Combien donc d’individus auraient été aussi peu amènes, envers une jeune Lady, de surcroit ? Les maxillaires serrées, elle due puiser en la mère d’en haut la force de ne point être ébranlée et poursuivre la joute qu’il avait engagé, bien qu’il semblait insinuer le contraire
:

N’est-ce pas, nous vous aurions bien fait grâce de quelques graines mais, il paroit que vous autres ne semez guère …souffla-t-elle, sans renoncer à l’asticotant rictus, manière bien désuète de contrer celui qui semblait prospérer sur le faciès atypique de l’étranger.

Sur le qui-vive, la jeune Sarschamp fit quelques pas en avant mais, certainement pas de quoi décimer la distance sécurisante qui avait été mise en place par cette dernière et qui, paraissait contrecarrer toutes interventions du chevelu. Si Dylis avait été capable d’hoqueter face à autant de confiance, si elle avait été de ces nigaudes sans once d’éclairement, elle aurait certainement fait vibrer la nature alentour. De la pure inconscience seulement, elle n’était pas prête à le reconnaître, s’accommodant du déni dans lequel elle se trouvait à ce moment-là. C’est avec attention qu’elle prêta l’oreille aux dires du fer-né, avec l’attention de l’avide demoiselle adjurant intérieurement que la foudre s’abatte sur le maudit. Etait-ce un test ? Sans nul doute, il le lui fit clairement comprendre. Elle se redressa davantage, vraiment, voilà que le grossier personnage la tutoyait. Comment donc devait-elle réagir ? Devait-elle faire fi de toute son éducation et assener à ce bougre quelques insultes triviales ou conserver toute sa superbe et ainsi, titiller la bête qu’il incarnait avec application ?

Ma flèche a atteint la cible voulue, monsieur. Remerciez mon habilité à l’arc, autrement, vous octroieriez quelques couleurs aux résidus de grès sur lesquels vous fanfaronnez prestement.

MA DAME ! Cracha le « chef de rang », contrarié par la ténacité de l’ainée Sarschamp.

L’intervention du nourri tisonna l’ardeur du feu qui brûlait en elle, outragée, Dylis poursuivit s’attachant à reprendre l’argumentaire du fer-né. Dire qu’elle s’était déplacée jusqu’aux côtes pour s’entretenir avec l’ainé du seigneur Drox et, voilà qu’elle faisait preuve d’audace face à un « allié »-barbare qui lui manquait de respect. Un hochement réprobateur à l’encontre de toute sa compagnie, elle ajouta :

Et pour votre gouverne personnelle, monsieur, l’arc n’est point une arme de lache mais bien une arme de prince. L’épée, la hache : que de vulgaires petits surins destinés à ceux qui manquent d’adresse et de savoir pour tuer à distance. De votre avis, fer-né, n’y a-t-il pas signe d’intelligence à savoir décimer l’ennemi sans avoir même à verser son propre sang ? Si les îles de fer avaient été dotées de bons archers, peut-être auraient-elle régné sur Westeros…marquant une pose où elle prit quelques secondes pour rabattre son arc, elle s’entêta, allons, me débarrasser de vous n’est pas dans mes perspectives et, si ma boutade a pour vous l’air d’une agression, c’est que vous êtes bien trop délicat pour cela, vous m’en voyez navrée.

Pour sûr, cette interjection ne due plaire au bien intriguant sauvage qui posté devant elle, esquissa quelques pas, le projectile en main. Ditta, les servantes et deux hommes d’armes prirent la liberté d’empiéter sur son espace personnel, prêts à intervenir si, cette charmante conversation venait à empirer. Mais, l’agression n’en était pas une, tout comme elle n’était pas là pour tailler une bavette avec un homme aussi peu maniéré :

Me battre ? Voyons, les fer-nés sont si peu au courant des dogmes régissant la conduite d’une jeune dame, de vigueur sur les terres de l’Ouest et, partout où la civilité règne en maitresse ? – elle rangea son arc, définitivement, bien que l’idée de lui planter une pointe entre les deux yeux lui parut plus alléchante qu’avoir à tailler une bavette avec lui. Cependant, je tiens à préciser, mon joli que je ne suis pas votre jolie.

Un malheureux « Grande Mère » échappa des lèvres de sa gouvernante tandis que Dylis s’occupait d’épousseter sa robe, ne quittant pas l’individu de ses yeux onyx. Elle finit par avaler les mètres la séparant du chevelu, tendant la main dans sa direction :

Ne laissez surtout pas cette arme de lache souiller votre personne, monsieur, voudriez-vous bien me la rendre, de telles œuvres méritent de finir leur existence dans la chair ennemie, ce que vous n’êtes guère d’après les derniers accords, n’est-ce pas ?
Un voile de défi assombris son regard alors que sa compagnie sous tension, commençait à prendre peur pour leur jeune lady. Qu’avait-elle à craindre ? Si ce n’est la mort ? Et, elle qui ne voulait pas prendre époux, la voilà qui était sauvée !

Vous avez éludé mon interrogation tantôt : qui êtes-vous donc ?
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Sargon Harloi
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Message Mar 15 Jan 2013 - 13:53

     Elle répliquait toujours, ne semblant pouvoir s'empêcher de lui faire comprendre qu'elle ne se laisserait pas faire aussi facilement. Lorsque la donzelle lui fit savoir qu'elle connaissait le motto des Greyjoy, un simple sourire se dessina sur les lèvres du Harloi, comme toujours. Certes les Fer-nés ne semaient pas, mais sa maison arborait le blason d'une faux, pouvait-il considérer qu'il se démarquait du lot ? Sans nul doute possible. Sargon avait déjà entendu des habitants des Iles de Fer prétexter qu'avec un pareil blason il était logique que le capitaine de la Veuve Salée ne reste pas davantage impliqué dans l'Antique Voie.

     ▬ Mon blason porte une faux, peut-être que je peux me considérer comme l'exception qui confirme la règle ? »

     Il pouvait se permettre de lui donner cette information puisqu'il savait parfaitement que les nobles du continent ne se fatiguaient pas à apprendre l'héraldique des Iles de Fer. Tout ce que la blondinette allait apprendre serait que son interlocuteur était de sang noble. Mais à ce niveau la vision que les Fer-nés avaient de la prétendue « noblesse » réduisait cette donnée à un simple fait. Que le Harloi soit né noble n'allait pas le rendre plus aimable ou mieux élevé, même si sa maison d'origine était l'une des plus connues sur ses îles natale. Ce n'était que des noms, seuls les actes déterminaient un homme. Ou une femme.

     La demoiselle osa s'approcher un peu du Fer-né, sans pour autant pousser l'audace jusqu'à réduire à néant cette sécurité qui lui était offerte par la distance. Peureuse donzelle, Sargon était pratiquement sûr qu'elle n'oserait pas sortir des jupes de sa nounou ou de ses gardes. Langue bien pendue, mais c'était là tout ce que les femmes du continent possédaient ! Contrairement aux femmes des Iles de Fer qui osaient joindre le geste à la parole. La « dame » lui fit alors savoir qu'elle avait atteint sa cible et qu'il devait s'estimer heureux du fait qu'elle maîtrisait son arme. Quelle drôle d'idée, dans sa vanité le capitaine se persuadait de n'avoir rien à craindre d'elle. Il avait déjà récolté des flèches plantées dans le bras, la jambe ou ailleurs lors de raids, mais jusqu'à présent, ces ridicules projectiles avaient surtout réussi à le décevoir. Mais là, c'était l'arrogance qui parlait et non la logique, n'importe quelle arme pouvait se révéler mortelle entre de bonnes mains et il le savait parfaitement. Après avoir ignoré la réplique de l'un des hommes de sa garde, la gamine continua en vantant les mérites de l'arc, prétendant qu'il s'agissait là d'une arme de prince et persista même en insultant clairement les combattants des Iles de Fer. Pas très prudent si l'on considérait qu'il y avait un boutre plein de ces individus non loin de là. Sargon la laissa vider son sac en même temps qu'elle rangeait son arme, puis lorsqu'elle s'approcha pour tendre la main, certainement persuadée qu'il allait lui rendre sa flèche, le Harloi la dévisagea sans aucune gêne. Détailler le visage des gens était une habitude chez lui, un peu comme s'il jugeait de la qualité d'un bon cheval. C'était là sa manière de voir les gens : comme des employés, des personnes qu'il pourrait utiliser, mais jamais comme son égal. La flèche toujours fermement tenue dans sa poigne, il ne se départissait pas de son sourire arrogant avant de répondre enfin.

     ▬ Je ne me souviens pas avoir entendu ton nom. Avant de vouloir quelque chose il est de coutume de donner en échange. Autrement dit, elle devait se présenter si elle voulait savoir quoi que ce soit le concernant. Tu ne risques pas de rencontrer beaucoup d'ennemis, surtout que j'ai cru comprendre qu'une noble dame ne se battait pas d'après ce que tu viens de me dire ? Cette flèche sera donc certainement plus utile dans mes mains que dans les tiennes. Même s'il n'en usait pas et qu'il n'en aurait pas l'utilité bien sûr. Simple esprit de contradiction. Sache que je suis parfaitement au courant du fait que les dames du continent ne servent qu'à écarter les cuisses pour leurs maris si. Mais du moment que tu tiens une arme avec l'intention de t'en servir, tu deviens un combattant à mes yeux, en robe ou non. Et sache que c'est la même chose pour beaucoup de combattants, alors réfléchis à ce tu veux être avant de jouer les archères. Combattante ou noble dame sans intérêt ? »

     Elle avait beau avoir un joli petit minois, du moment qu'elle tenait une arme en main, il n'était plus question de voir en elle une femme. Sargon ne jugeait pas les capacités d'un individu sur son sexe, mais il n'hésitait pas non plus à frapper quel que ce soit le sexe. Tout dépendait du caractère et de la position de la personne. Certainement que la petite blondinette était l'une de ses femmes qui voulaient se persuader d'être plus utiles que les autres nobles, sans pour autant oser sortir des sentiers battus. Le Harloi ne se gênait pas pour classer les gens dans des catégories, même sans les connaître et son manque d'estime pour les continentaux n'aidait pas. La main toujours fermée sur la flèche, il glissa son regard vers le cou de la jeune femme, puis plus bas avant de remonter finalement une fois qu'il l'eut contemplée de haut en bas.

     ▬ Je réitère mes dires ? L'arc est une arme de lâches, lorsque tu parles de prince tu ne fais que confirme ce que j'ai dit. Les princes sont tous des lâches, tout comme les continentaux d'ailleurs. Son regard moqueur était toujours clairement visible tandis qu'il la scrutait pour observer ses réactions. Et l'intelligence n'entre pas en ligne de compte. Vois-tu gamine, les Fer-nés sont capables d'aborder un bateau adverse sans verser d'autre sang que celui de leurs ennemis. C'est là toute la différence entre nos peuples, nous n'avons pas à craindre la proximité. Il inspira légèrement. À quoi bon vouloir régner sur Westeros alors qu'elle n'est peuplée que de moutons sans intérêt. Ne t'a-t-on jamais dit que l'on ne mélange pas les loups et le gibier ? »

     L'arrogance et la vanité suintait des propos qu'il tenait. Il était aisé de comprendre que le Fer-né ne se sentait pas comme le commun des mortels et si la demoiselle n'appréciait pas ce trait de caractère, elle risquait fortement d'être bousculée au court de leur conversation. Cela dit, la blonde avait une langue bien pendue et du répondant. Ses gardes semblaient bien plus peureux qu'elle et la situation amusait beaucoup un Sargon qui voyait là l'occasion de titiller un peu une noble dame. Puisqu'il ne pourrait pas faire grand-chose d'autre que de lui parler malheureusement, autant lui laisser un souvenir et marquer son esprit au fer rouge, non ? Détournant brièvement son regard vers son second resté en arrière, immobile à contempler la scène, le Fer-né délaissa son sourire arrogant pour en adopter un clairement moqueur.

     ▬ Mais tu as raison sur un point. Tu n'es pas « ma jolie », tu n'es qu'une gamine bonne à être mariée. Sur le continent vous vous ressemblez toutes, c'est à se demander comment vos époux font pour ne pas vous confondre. Dénigrer la beauté d'une femme ou l'intérêt qu'elle pouvait susciter pour un homme était généralement le meilleur moyen de la faire sortir de ses gongs. Tu devrais t'entraîner à sourire bêtement, c'est bien la seule chose que les nobliaux du continents apprécient. Tu parles trop pour une noble dame, apprends donc à garder ta langue dans ta bouche. Son sourire s'étendit légèrement. Bien que les hommes peuvent aussi apprécier que tu t'en serves autrement, mais tu m'as l'air un peu trop gamine pour ce domaine. »

     La pudeur ne faisait pas vraiment partie des préoccupations du Harloi, parlement crûment ne le gênait pas, au contraire, il espérait bien que ce sujet puisse colorer de rouges les joues de la pudique donzelle. C'était presque plus amusant que de la voir se persuader qu'elle pouvait rivaliser avec un Fer-né.


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Message Mar 15 Jan 2013 - 18:13




« Un pédant enivré de sa vaine science - Tout hérissé de grec, tout bouffi d’arrogance »





Que le blason du chevelu portait une faux ou bien même une truie, qu’il eût été noble ou manant, Dylis n’en avait cure, à cette l’heure, ce qui comptait c’est qu’elle n’éprouvait certainement pas l’envie d’aller rejoindre son prétendant. De toute manière, son précepteur étant un véritable mufle ignare, elle était, malheureusement, incapable de discerner les armoiries qui foisonnaient à travers Westeros encore moins celles des peuples béotiens répertoriés et, pour lesquels elle jugeait qu’il devait être fort ardu de se comporter avec grandeur et dignité. Mais, elle n’allait absolument pas négliger cette information pour autant, indubitablement se rendrait-elle, une fois arrivée à Drox , dans les bibliothèques, parcourir les ouvrages à la recherche avide de ce qui pourrait l’éclairer quant aux origines nobiliaires du rustre qui crânait sans gêne devant elle, la flèche toujours prisonnières de ses mains ,étrangement peu âpres pour un homme à la ligne bien négligée. La main en suspension dans l’air, il ignora son geste, se contentant de l’examiner d’un œil mielleux, sur ses traits l’innommable sourire concédant à cette dernière quelques envies d’assassinat prémédité. Pourquoi tant d’arrogance, aussi, se surprit-elle à en connaitre les raisons ? Etait-ce là, une dérobade propre à ceux qui n’avaient que très peu de contenance ? Etait-ce alors, le signe incontestable d’un manque sérieux d’aptitudes en divers domaines ? A son image, elle conserva sa position, l’amusement visible sur son visage, croisant toutefois les bras sur sa poitrine, un moyen inefficace de la soustraire aux iris concupiscents du gredin rogue qui n’avait de cesse de la pousser dans ses retranchements, c’était bien mal la connaître.

Donner en échange ? Peut-être me contenterai-je de vous prendre pour exemple, peuple fer-né : en vous délestant de cette information, par la force…commença-t-elle, esquissant quelques pas puis, se ravisant, une noble dame ne se bat pas, certes mais, cela l’empêche-t-il de tuer ? Sachez que je suis parfaitement au courant du fait que les fer-nés ont des esprits bien arriérées. Mais du moment qu’il existe quelques exceptions, vous devenez source de curiosité. Savoir se servir d’un arc, relève de l’art, je ne suis pas là pour me salir les mains, tant qu’il y aura des valeureux prêts à sacrifier leur vie pour la mienne, je me contenterai de les regarder faire, tirant une flèche de mon perchoir lorsque je serai d’humeur. Ce n’est pas de la lâcheté mais de la ruse et, si vous n’êtes pas capable de différencier ces deux notions, peut-être devriez-vous vous en remettre à un continental, il aurait bien des choses à vous apprendre.


Du reste, elle décida que le moment opportun pour répondre n’était pas encore venu. Il n’était pas sans savoir que toute femme possédait un esprit complexe, malgré les quelques spécimens qui faisaient honte à ce sexe. Elle voulut, un instant, porter atteinte à cette orgueil bien mal proportionné qu’il arborait comme un faire-valoir depuis le début de leur escarmouche mais, réfléchie, elle vit là une excuse acceptable à engager le combat, le vrai. En toute discrétion, pendant que l’indigène lorgnait sur sa silhouette, elle prit connaissance des quelques détails le rendant singulier s’attardant tout de même sur la lame qu’il portait à la ceinture. Fait rare, bien trop intriguant pour oublier, qui était-donc ce maudit sauvage ? Une faux, avait-il dit ?

Prince, mouton, loup : qu’êtes-vous donc ? Persifla-t-elle, jouant de ses sourcils avant de poursuivre avec entrain, continentaux et fer-nés, lesquels peuvent se targuer d’innombrables victoires ? Questionna-t-elle, bien qu’elle n’attendait aucune réponse, la rhétorique suintait de ses paroles. Un sourire fendit franchement ses lèvres alors qu’elle exterminait un peu plus cette pitoyable distance pour laquelle il ne semblait guère respectueux : Proximité, vous dites ? Peut-être suis-je une fer-née…oh et, que vous soyez prince, gibier ou bien loup, je me ferai chasseur, monsieur, il m’en faut peu, de part chez moi, on atteint droit à la cible.


Bien qu’il ait été chiche jusqu’alors, ne voulant rien divulguer le concernant si ce n’est quelques infimes données quant à une possible appartenance à la noblesse fernienne, la jeune Sarschamp commençait à cerner l’individu. Hautain, cassant, un brin arachnéen certainement détesté par ses pairs car, qu’il ait été continental ou barbare, pas un seul homme n’aurait trouvé du charme – ni même de donzelle, en y réfléchissant posément- à un tel hâbleur. Furtivement, elle inspecta les lieux, leur positionnement exact, un monticule de sable sec, ça n’était pas un terrain propice. Dylis inspira profondément, retenant un soupire et un léger bâillement, pas que la conversation manquait de piquant mais, elle pliait sous la fatigue et, il ajoutait du poids à cette sensation.

Ma dame, éloignez-vous de ces messieurs, n’oubliez pas que nous sommes attendus avant la tombée de la nuit – intervint le « chef de rang », à l’affut.

Evidemment, elle ne prêta pas l’oreille. Son attention inspirée par l’ignoble pourceau qui osait érafler ses sentiments, l’humeur acariâtre, elle fut offusquée par le champ où il aspirait à l’emmener, sur quelle pente glissante tentait-il de l’attirer ? Dans un premier temps, il s’attaquait à ses hommes, dans un second : il incendiait son peuple, dans un troisième, il s’en prenait à son sexe et, quelle aurait été la prochaine étape, elle ? Ses poings se resserrent bien que son faciès n’ait montré aucun signe de contrariété. Les paroles cinglantes laissèrent aussitôt place au verbe lubrique. Rien d’étonnant venant d’un homme, de surcroît d’un paltoquet pareil ! Sans surprise, ses pommettes se tintèrent de rouge mais, elle était avant tout connue pour camper sur ses positions bien que ces dernières aient montré signe de fragilité. D’un mouvement brusque, à dessein de déblayer sa toilette, elle se retrouva à terre. Merveilleuse situation habituelle qu’elle aurait aimé éviter en compagnie du chevelu. Voilà qui n’allait guère calmer ses ardeurs et, a fortiori attiser sa moquerie, il allait se vanter de lui avoir fait perdre ses moyens. En un rien de temps, elle se trouva à nouveau érigée, debout sur ses deux pieds, sous le regard de l’étranger :

Nous nous ressemblons toutes ? Quel compliment vous nous faites là. Et à votre colle de tantôt, je réponds enfin : il est fort difficile d’allier dame et désintérêt de par les attributs naturels dont nous sommes affublées, monsieur, j’ose espérer que vous soyez de ceux qui aiment les courbes féminines mais, je ne m’arme d’aucune curiosité à ce sujet, je préfère y joindre l’imagination.

Sa cheville, probablement tordue lors de sa « légère » chute la lançait. Et, il commençait à devenir bien périlleux pour rester sur ses deux pieds :

Les seules choses que je garderai en bouche, ce sont ces invectives pour lesquelles vous faites état de muse !

Muse, muse, muselière, un accessoire auquel Dylis aurait aimé avoir recours.

Rendez-moi cette flèche, monsieur, j’aurai trop peur que vous ne vous blessiez !
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Sargon Harloi
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Message Mer 16 Jan 2013 - 14:31

     L'idée que la donzelle puisse récupérer sa flèche par la force était assez... Intéressante ! Dans sa vanité le Harloi était persuadé de la maîtriser sans aucune difficulté, mais il y avait un fond de vrai dans de telles pensées : une femme qui n'était pas entraînée au combat ne pourrait égaler la force d'un homme. Il faudrait donc qu'elle use de ce qu'elle appelait « l'intelligence » et le Fer-né aurait beaucoup apprécié de voir jusqu'à où elle oserait aller. Mais le fait était qu'elle n'avança pas davantage, montrant par la même occasion qu'elle ne comptait finalement pas mener à terme ses menaces. Encore une fois elle esquissait un comportement hostile, mais sans aller au bout. Déception, très légère, mais présente. La blondinette faisait preuve de la vanité propre aux nobles qui considéraient qu'il y avait toujours quelqu'un pour se sacrifier pour eux. Cela dit, elle avait entièrement raison, Sargon n'avait pas le moindre doute sur le fait que la donzelle puisse avoir un bon nombre de chevaliers prêts à risquer leurs vies pour ses beaux yeux. Ce que les continentaux pouvaient être idiots. Aucune femme ne méritait que l'on puisse mourir pour elle. Aucun homme non plus d'ailleurs. À la dernière parole de défi que la jeune femme – toujours sans nom – lui offrit, le Harloi se contenta de soupirer doucement, non par lassitude, mais plutôt par envie de lui faire savoir que de tels mots étaient pleins d'une naïveté risible.

     ▬ La seule chose qu'un continental puisse m'apprendre, c'est comment mourir rapidement et sans marquer les esprits au cours d'un combat tout ce qu'il y a de plus basique. Au moins ça c'était dit. Il m'apparaît surtout que tu as l'esprit farcit de contes stupides qui parlent de chevaliers prêts à sauver les nobles dames. J'éprouverais presque de la peine pour toi si ce n'était pas si risible. »

     Il était vrai que c'était là une chose qui le gênait grandement chez les continentales : cette propension qu'elles avaient à tomber en pâmoison devant les contes naïfs et utopiques. Mais il avait affaire à une donzelle dont la fleur devait juste avoir fleuri, quoi de plus normal au fond ? C'était là toute la différence d'éducation entre les Fer-nés et les continentaux : les uns remplissaient la tête de leurs femmes de bêtises et les autres les préparaient à faire la guerre. Il n'était pas difficile de comprendre qui étaient les proies et qui étaient les chasseurs. La blondinette ne se gêna pas pour reprendre la métaphore et se présenter comme la chasseuse et lui la cible qu'elle viserait. Quelle drôle d'idée, à trop regarder des tapisseries représentant de nobles chevaliers, voilà qu'elle se montait la tête. Parler de tuer un homme et le faire était très différent, tous les Fer-nés le diront. Il y avait « quelque chose » qui se produisait lorsque l'on ôtait la vie d'un homme, lorsque l'on voyait la flamme de la vie s'éteindre dans ses yeux. Mais là, c'était des choses qu'elle ne connaîtrait certainement jamais, d'une part parce qu'elle n'osait pas approcher la mort d'assez près, d'autre part parce qu'elle ne se retrouverait jamais sur un champ de bataille. Cependant, Sargon ne répliqua pas. Il n'en eut pas vraiment l'occasion sachant que l'homme qui avait déjà pris la parole plus tôt le fit une fois de plus en conseillant à la donzelle de s'écarter de du Fer-né, comme si une distance de quelques mètres allait y changer grand-chose !

     Lorsque le Harloi reporta son attention sur la donzelle, il vit que le rouge lui était monté aux joues et elle sembla troublée au point qu'elle en chuta pour se retrouver par terre. Le Fer-né ne masqua pas son amusement en lâchant un léger rire, rapidement imité par son second toujours en retrait. Il était vrai que la situation était plutôt cocasse et il la laissa se remettre d'aplomb pour le provoquer un peu avant de soupirer doucement. Ce qu'elle pouvait parler ! Même après avoir manqué d'embrasser le sol elle parvenait encore à l'ouvrir. Le Fer-né ne semblait toujours pas décidé à lui rendre sa flèche et ajouta même quelques répliques pour accentuer le malaise de la blondinette.

     ▬ Inutile de plier le genou devant moi, je ne te demande rien de plus que quelques paroles venant de ta bouche. Certes, parler de ce sujet avec une noble dame ne se faisait pas, mais il n'était plus à une boutade près. Ne parles pas d'imagination, comment voudrais-tu imaginer quoi que ce soit alors que tu ne connais pas le sujet ? Ce serait comme de me décrire les terres des sauvageons au-delà du Mur. Plongeant son regard mordoré dans celui de la jeune femme à la langue bien pendue, il poursuivit sur le même ton amusé. Une pucelle ne peut parler de ce qu'un homme aime alors qu'elle n'en sait rien. Sinon tu saurais que la majorité aiment les femmes faites et pas les gamines à peine capables de procréer. »

     Quoique, cela dépendait des hommes. Certains nourrissaient une passion étrange pour les jeunes vierges, certainement des hommes qui aimaient ne pouvoir être comparés à d'autres. C'était un sujet souvent abordé par les marins lorsqu'ils raillaient leurs camarades et par conséquent, si la jeune femme espérait avoir le dernier mot avec un tel sujet, ils risquaient d'aller bien loin. Le manque de pudeur – ou de respect selon les points de vue – du Harloi pouvait mener dans des chemins bien obscurs. Cela dit, la donzelle avait une langue suffisamment bien pendue pour qu'il s'accorde le droit de la bousculer un peu. Sans quitter son air hautain, le Fer-né reprit de plus bel.

     ▬ Tu me parles sans cesse de proximité alors que tu n'oses pas m'approcher. Sans se faire prier et sans se soucier de l'éventuelle réaction des gardes de la jeune fille, Sargon parcourut la légère distance qui le séparait d'elle pour s'arrêter à moins d'une longueur de bras. Au moins pourraient-ils discuter franchement. Je vais t'apprendre quelque chose que seul un stupide Fer-né peut te dire. Il y a une différence entre tuer une personne et parler de le faire. Vois-tu, lorsque tu prends la vie de quelqu'un avec ton épée, ta hache ou toutes les autres armes si barbares à tes yeux, tu vois dans ses yeux tout ce qu'il peut ressentir à ce moment. Avec une flèche tu ne t'intéresses à rien de ce qu'il a été, tu te contentes de le tuer de loin parce que tu n'as pas le courage de le regarder dans les yeux au moment où il ira rejoindre ses ancêtres. Un bien beau discours enjolivé pour l'occasion bien sûr. Alors sincèrement, de nous deux qui est le plus idiot ? Est-ce que tu oserais regarder un homme dans les yeux au moment de le tuer ? D'un geste leste, il lui attrapa le poignet et l'attira légèrement vers lui. C'est un peu comme de voir la peur dans les yeux d'une personne qui est devant toi. Est-ce que je te fais peur dis-moi ? »

     Ce n'était pas le but de la manœuvre. Sargon se moquait pas mal de lui faire peur ou non, pour être sincère il estimait même être le moins effrayant des Fer-nés, mais les émotions ne se dirigeaient pas. Le Harloi avait agi d'une manière ferme, mais aucunement violente. La manière dont il maintenait le poignet de la demoiselle dans sa main n'avait rien de menaçant, même si c'était suffisamment ferme pour qu'elle ne puisse pas se libérer sans qu'il ne le désire. Oh, Le Fer-né n'était pas à l'abri d'un coup bien envoyé et il s'y attendait, mais c'était surtout pour voir comment est-ce qu'elle réagirait. Il y avait une différence entre menacer de tuer un homme et le faire. Souriant doucement, il reprit.

     ▬ Tu as parlé de me tuer, ne te gêne pas. »

     La flèche de la jeune femme toujours dans l'autre main, il attendit de voir comment elle réagirait. Surprends-moi ma jolie. Au fond, c'était presque une prière muette, elle l’amusait bien cette fillette, il en attendait beaucoup de sa réaction. Contrairement à bien d'autres, se prendre un coup d'une femme ne l'humilierait pas, il en garderait juste un bon souvenir.


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Message Sam 19 Jan 2013 - 16:32




« Un pédant enivré de sa vaine science - Tout hérissé de grec, tout bouffi d’arrogance »





Quelle bien piètre image ce rustre avait des continentaux. C’était un comble lorsque l’on pensait aux îles dont il tirait ses origines, bien méprisant, pour un être qui portait en lui la misère du monde. Il prenait un plaisir pervers à appuyer la prétendue « stupidité » de la belle alors qu’une prosaïque comparaison aurait décemment pu révéler les lacunes qu’il portait en son sein. Les boutades qu’il octroyait avec l’aisance d’un virtuose étaient bien plus amusantes que vexantes, il lui aurait fallu bien plus de méchanceté pour atteindre le seuil limite qui, bien que succinct chez la jeune Sarschamp, était difficilement approchable. Un sourire se peignit sur ses lippes quelques furtives secondes tout juste le temps que le malotru ne lui fasse honneur d’une énième répartie assassine. Le rictus agonisa alors, peut-être l’effrayait-il, tout compte fait. Lui et l’espèce de statue qui prenait le vent, droite comme une pique, plus en retrait. Sa chute de tantôt n’avait fait qu’exalter la grivoiserie du chevelu à un point tel qu’à présent, la gêne décuplée, Dylis se sentait asphyxiée. Et le regard ambré du fer-né n’avait certainement pas l’incidence d’un baume. Elle chercha à se dérober à ce contact oculaire, hélas, il ne le voyait pas ainsi et, intérieurement, malgré l’inquiétude qu’il lui donnait, elle n’en démordait pas. Elle releva alors le regard dans sa direction, les joues en feu, peut-être aurait-elle mieux fait de garder pour elle certaines de ses pensées.

Avec promptitude, il dévora les mètres tel un rapace sur le point de fondre sur sa proie du haut des cieux, d’ailleurs, d’aussi près, cette comparaison lui parut suffisamment bien trouvée. Un air carnassier assombrissait son faciès, il était alors évident qu’elle commençait à se méfier des réactions qu’il pouvait avoir à son encontre, tout comme le reste de sa compagnie qui – à ce moment précis, plus que jamais- s’était dressée en position d’assaut. La mort ? Tuer ? N’avait-il que ça en tête ? Pensait-il à lui soustraire la vie ? S’il lui faisait peur ? Indubitablement, c’était un fait. Homme, fer-né, il accumulait les raisons d’effrayer et, il semblait puiser toute sa vanité de la crainte qu’il pouvait arracher à ceux qui se trouvaient en sa présence. Dylis ne put réagir lorsqu’il s’empara de son poignet et se contenta de serrer les dents :

Je ne pourrai tuer de sang-froid, sans raisons valables, monsieur. Chose que vous semblez capable de faire - commença-t-elle, n’émettant aucune résistance, instinctivement, de manière purement irréfléchie, elle se laissa aller au tutoiement, peut-être était-ce le contact qui la poussait à autant d’audace ou ce maudit instinct de survie qui le déclenchait, elle poursuivit alors, avec une once de morgue – Bien sûr que tu es effrayant, autant que peut l’être une chèvre ou un sale piaf.

Ô combien tout ceci était faux. Effrayant comme un sauvage capable de chercher « la terreur » dans le regard de celui qu’il pourfendait. Comme l’ignoble capable de regarder un semblable mourir sans n’éprouver ni regret, ni même remord, le port altier, il continuait de la mirer et à cet instant même, qu’elle soit capable d’ôter la vie ou non, Dylis se sentait encline à tenter l’expérience, il éveillait – malheureusement- l’instinct primitif, mordant l’intérieur de sa lèvre jusqu’au sang, elle prit sur elle pour ne pas hurler. Le fait est qu’elle n’était pas une fer-né mais bel et bien une continentale, élevée dans la décence, choyée, délicate qu’importe ce qu’elle aurait bien pu clamer pour se soustraire aux préjugés dont l’abruti était forgé. Interloquée, peut-être devait-elle avant tout reconnaitre qu’il ne se montrait guère brutal, nonobstant, la vivacité avec laquelle il s’était approché d’elle et de surcroit celle avec laquelle il s’était saisi de son poignet.

Quelle offre alléchante ! Cracha-t-elle.

D’un mouvement de pivot, sa main libre s’agrippa à la flèche qu’il tenait obstinément. Les gestes de la jeune Sarschamp n’étaient certainement pas aussi dextres qu’il aurait fallu mais, suffisamment pour lui permettre l’effet de surprise. Peut-être s’attendait-il à ce qu’elle le gratifie de quelques insultes fumantes ou que son genou ne vienne frapper ses attributs ? Il ne fallait pas compter sur elle pour jouer les « moutons », ni même compter sur elle pour pleurnicher. Dylis n’était pas la plus courageuse des continentales, pas même la plus douée mais, le fer-né semblait aussi têtu et, les tentatives de lui faire comprendre son point de vue avaient été vaine jusqu’alors. Elle devait agir, de manière souple et intraitable, elle devait se comporter comme celles auxquelles elle ne devait jamais ressembler. Elle appliqua une pression acceptable, tout juste de quoi briser la flèche en deux – d’autant plus qu’elle en connaissait le point de rupture-, elle s’empara alors du bout portant la pointe. Pointe qui vint aussitôt frôler la poitrine de ce dernier, pile sous le sternum, au niveau du palpitant. S’y attendait-il, finalement ?

↣ Je te trouve divertissant, est-ce que tous les fer-nés sont comme toi ? – lança-t-elle, pensant à son amie Oonagh qui serait excitée à l’idée d’être aussi proche d’un fer-né, un sourire crispa ses lèvres – je vais répondre à ta question, celui-dont-j’ignore-le-nom : j’ai peur, c’est vrai. Maintenant, elle s’agglutina quasiment à lui, relâche-moi où je t’assure que pour une fois dans ma vie, je serai celle qui aura le courage de te regarder dans les yeux au moment de te tuer.

Que la mère d’en haut lui vienne en aide, ça n’était pas à ce genre de pentes glissantes qu’elle pensait tantôt. Dylis était convaincue d’une chose : elle était incapable de faire du mal à quelqu’un sans en ressentir d’atroces effets. Mais, ses agissements allaient probablement lui attirer davantage d’ennuis.

Nous sommes épiés, cette conduite va obligatoirement attirer le courroux de mon père, une fois que ses sbires lui auront fait rapport. D’autant que, aussi stupide puisses-tu être, je te considère capable de saisir la punition qui m’attend alors, pourrions-nous faire table rase ? interrogea-t-elle, s’appuyant d’un regard de biche. Mais, il avait raison sur un point, Dylis n’était qu’une gamine inexpérimentée. Et son entêtement pouvait lui être bien plus néfaste. Elle gardait pourtant ses iris plantés sur lui, en attente d’une réponse qui tardait à venir. En signe de bonne foi, je me présente : Dylis.

Mais, elle n’était guère prête à lui en dire plus.

Relâche-moi, je te prie.
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Sargon Harloi
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Message Dim 20 Jan 2013 - 14:22

     Fidèle à ce qu'elle était depuis le début de la conversation, la blondinette répliqua d'une manière qui laissait penser qu'elle n'avait pas vraiment peur de son interlocuteur. Ce dernier n'en était pas désolé pour autant, il était clair que même si Sargon aurait apprécié de lui fermer la bouche en lui faisant comprendre qu'elle gagnerait plus à faire profil bas, il n'était pas déçu du fait qu'elle réplique sur un tel ton. La provocation était un excellent moyen de voir ce que votre interlocuteur avait dans le ventre et le Harloi n'était jamais triste lorsqu'il tombait sur une femme comme la jeune noble. Le Fer-né se doutait parfaitement qu'une personne comme elle ne puisse pas tuer de sang-froid, c'était un caractère spécial qu'il fallait posséder, même des hommes d'armes pourtant entraînés à se battre ne parvenaient jamais à prendre la vie d'un autre avec facilité. Chez les habitants des Iles de Fer, c'était bien différent sachant qu'ils considéraient les continentaux comme des moins que rien. Vous ne rechigniez pas autant à tuer un chien sans intérêt que quelqu'un qui serait votre égal. Toujours est-il qu'il ne répliqua rien aux paroles de la donzelle, la laissant pester toute seule en se demandant ce qu'elle allait bien pouvoir faire s'il refusait de la lâcher. Sargon ne s'était pas encore décidé sur la suite des événements, c'était un homme très versatile et lunatique qui pouvait changer d'avis en moins d'une seconde. Par conséquent, mieux valait attendre que les choses se passent.

     De sa main libre, la blondinette attrapa la flèche et effectué une pression dessus. Souhait-elle qu'il lâche ? Bon courage, le Harloi conserva son morceau de flèche dans la main en attendant de voir ce qu'elle comptait faire. La tirer pourrait éventuellement servir, mais il était peu probable que les deux bouts puissent passer la main du Fer-né, à moins de l'entailler complètement et encore ce serait compliqué. Le regard toujours braqué sur la demoiselle, Sargon patientait. Un sourire se dessina à nouveau sur ses lèvres lorsqu'il sentit le projectile craquer dans sa main, la blonde récupérait le côté « dangereux », mais cela ne sembla pas l'inquiéter outre mesure. Que pouvait-elle bien faire ? Le tuer ? Peut-être, mais avec un bout de flèche ce serait particulièrement long et sanglant, nul doute qu'elle n'irait pas jusqu'au bout. Toujours muet, le Harloi ne cilla pas lorsque la blonde vint placer son embout pointu contre sa poitrine, au niveau du cœur. Si elle comptait le transpercer, il lui souhaitait bonne chance ! Puis une nouvelle provocation arriva alors que la donzelle parlait de lui comme s'il était un bouffon juste ici pour la divertir. Il lui décrocha un regard inquisiteur tandis qu'elle continuait en avouant avoir peur de lui, ce qui ne l'empêcha pas de se rapprocher encore davantage. Esprit de contradiction oblige certainement. Elle le défiait et rien que pour cette raison, il avait envie de voir jusqu'à où elle oserait aller. N'était-ce que de la vantardise ou la blondinette à peine sortie des jupes de sa mère parviendrait-elle à le blesser, voire même pire ? Sargon ne réagissait toujours pas aux piques qu'elle envoyait sur son intelligence, il savait parfaitement ce qu'il valait et ce n'était pas la langue de vipère d'une continentale qui allait le faire se remettre en question. Puis un nom arriva enfin. Dylis. C'était assez original et plutôt joli. Fa lui correspondait bien. Après un bref instant de silence, il se décida enfin à répondre.

     ▬ Non. Je te trouve bien divertissante aussi et je crois que j'ai envie de voir jusqu'à où tu iras pour que j'accède à ta requête. Au moins était-elle fixée. Sa main toujours fermée autour du poignet fin de la jeune femme, Sargon l'empêchait de partir, sans pour autant la brutaliser. Elle garderait peut-être une légère trace sur sa peau, mais rien de bien inquiétant. Il fallait réfléchir à ta punition avant de défier un Fer-né petite Dylis. Tu devrais savoir mieux que moi qu'une dame ne se comporte pas de la sorte. Comme tu le dis, je ne suis qu'un stupide barbare, je ne peux pas comprendre que je te cause préjudice. Le ton était moqueur, il aimait toujours retourner les provocations des autres contre eux. Elle le prenait pour un crétin ? Soit ! Il allait se comporter comme tel. Mais puisque tu m'as donné ton prénom, je vais faire de même. Tu peux m'appeler Sargon. »

     Pas de nom de famille non plus puisqu'elle n'avait pas daigné lui en donner un. Selon lui, la donzelle devait être soit du Conflans, du Bief ou de l'Ouest. Il ne voyait aucune raison pour qu'une jeune femme célibataire d'une autre région ne vienne se perdre aussi loin, surtout qu'elle avait parlé de son père ce qui devait donc signifier qu'ils ne se trouvaient pas si loin de chez elle. L’Ouest peut-être ? C'était envisageable, cela dit la manière dont elle ne tenait pas sur ses jambes laissait penser qu'elle n'avait pas l'habitude des navires sans quoi elle aurait un bien meilleur équilibre. Après, ce n'était peut-être qu'un simple hasard et elle pouvait très bien vivre sur la côte sans jamais quitter sa demeure. Des spéculations qui amusaient beaucoup le Harloi, arracher les informations petit à petit était toujours très divertissant. Elle avait toujours « son arme » qui le tenait en respect, mais loin de l'effrayer cela lui donnait envie d'aller encore plus loin comme il venait de lui dire. Ouvrant la main pour lâcher l'autre bout de la flèche, le Fer-né reprit la parole.

     ▬ Pour te répondre, non tous les Fer-nés ne sont pas comme moi. Je suis bien meilleurs qu'eux. Ce n'était pas l'humilité qui l'étouffait, mais elle devait déjà s'en être rendue compte. Cela dit j'ai un point commun avec eux, c'est que la mort ne nous fait pas peur. Alors si tu espérais m'effrayer jolie Dylis, je crains de devoir te dire que tu fais fausse route. Il baissa la tête de manière à approcher son visage du sien, inspira profondément comme s'il cherchait à sentir quelque chose, puis reprit sur le même ton sûr de lui. Tu ne sens pas le sel, tu ne viens pas du bord de mer, tu n'es qu'une petite fleur des champs qui ne doit jamais approcher la mer de près ou de loin. C'est la première fois que tu viens ici je paris. Prévoyant sa défense, il ajouta quelques mots. Cette odeur ne se couvre pas, aucun parfum ne peut dominer l'odeur de la mer. »

     C'était du bluff total. Il ne sentait rien en effet, mais l'odeur du sel de mer était tellement présent sur sa peau à lui qu'il aurait très bien pu ne pas sentir celle de la blondinette. Au fond, c'était sans importance, il fixait surtout son regard pour voir si elle réagissait, lui indiquant s'il était sur la bonne ou la mauvaise voie. Le bluff fonctionnait souvent bien mieux que la vérité il l'avait appris avec le temps. Après quelques secondes, le Harloi recula légèrement, levant sa main libre pour la glisser sur celle de Dylis qui tenait la flèche. Il ne chercha pas à la retirer, mais se contenta de la lever légèrement pour la déplacer jusqu'à sa gorge, après quoi il maintint la pression, mais sans l'empêcher de se dégager de sa prise cette fois-ci.

     ▬ Si tu veux te débarrasser de moi, je te conseille plutôt cette zone. Le cœur c'est bien, mais avec mes habits et le reste tu risques de ne pas avoir assez de longueur avec ta flèche pour réussir à atteindre ta cible. Là tu peux te contenter d'une simple coupure et je me viderai de mon sang. Par contre je te conseille te t'écarter, ça éclabousse beaucoup, mais c'est particulièrement long comme agonie. Je suis sûr que tu aimeras voir ça. »

     Du bluff cette fois-ci ? Non, il parlait sincèrement. Si la blonde lui entaillait la carotide, il n'aurait plus qu'à se dire que finalement les femmes du continent avaient plus de caractère qu'il ne le pensait. C'était un peu stupide de mourir de la sorte, mais son espionne lui avait toujours dit qu'il finirait par mourir à cause d'une femme qu'il aurait côtoyé de trop près. C'était le cas, encore une fois.


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Message Dim 27 Jan 2013 - 17:41




« Un pédant enivré de sa vaine science - Tout hérissé de grec, tout bouffi d’arrogance »





Par la négative, encore une fois, le fer-né lui répondit. A croire que toutes ses tentatives d’instaurer la paix n’étaient pas suffisantes et ne faisaient, vraisemblablement, qu’envenimer la situation. D’autant plus, que le rustre ne se trouvait guère vexé, ni même peiné que la jeune Sarschamp ne se joue de sa santé mentale et, de ses capacités intellectuelles qu’elle jugeait plus qu’insuffisantes, même, au ras des pâquerettes. Elle se pinça les lèvres, cette proximité n’aidait pas à redorer sa confiance. Peut-être aurait-elle mieux fait d’écouter les ordres du « chef de rang » plutôt qu’adopter son habituel comportement récalcitrant, tout cela n’aurait jamais eu lieu et, Dylis n’aurait jamais fait la rencontre d’un fer-né, même si, pour ce dernier point, elle éprouvait une certaine exaltation, davantage pour son esprit que pour ce corps enfantin prit dans les filets d’un maudit barbare. Là demeurait la gêne, qu’allait-on faire courir à son sujet ? Quelles autres folles rumeurs allaient ternir ainsi son image de jouvencelle pleine de dédain ? Les domestiques n’allaient certainement pas tenir leurs langues, les vipères pullulaient au sein de sa compagnie, bien que certaines n’aient pas eu d’attributs féminins. Soupirant, elle prit connaissance de son nom, Sargon. Sar.Gon. Sale.Gon. S-a-r-g-o-n. Peu commun, digne d’un fer-né, digne du phénomène qui se tenait fièrement devant elle, sous le joug de sa flèche mais, pas le moins du monde perturbé. Il disait, tantôt, ne pas être effrayé par la mort ? Nouvelle preuve venant corroborer le constat qu’elle avait fait : il n’était pas brillant. Peut-être était-il courageux ? Mais, cela allait-il suffire à ce qu’il fasse de vieux os ? Probablement pas. Une soudaine envie de rire vint tanguer contre son palais, seulement, elle se retint. Il ne fallait pas encourager l’audace du chevelu et encore moins montrer aux paires d’ yeux qui les surveillaient, qu’il était pour elle fort amusant. Toujours sous son emprise, elle rouspéta :

Une dame ne se comporte pas de la sorte, j’y concède, vois-tu, je suis une exception. Pourquoi ne ferais-tu pas le contraire de ce que l’opinion commune attend de toi ? Pourquoi, au lieu de te comporter comme une bête, ne ferais-tu pas preuve de courtoisie, hein ? lança-t-elle, ne cillant pas.

Encore une fois, elle fut déçue. Prêtant l’oreille, elle l’observa relâcher le bout de flèche brisée qu’il empoignait, tout en s’approchant bien trop dangereusement d’elle, la distance se dissipait et…il la flaira comme un chien de chasse, était-il sérieusement en train de sentir son odeur ? Un rictus kidnappa ses lèvres quelques furtifs instants où elle se sentit fiévreuse. Trop soucieuse des « qu’en dira-t-on », elle tenta vainement de creuser la distance. Il prétendait ne pas avoir humé l’odeur de sel ? Où voulait-il en venir ? Cherchait-il à débusquer le renard de son nid ? Avait-il parlé de champ ? Palsembleu, ce Sargon : de la menuaille, de la menuaille. Effectivement, cette-fois ci, c’était bien le fer-né qui venait de mettre dans le mille, hélàs pour lui, c’était elle qui possédait la pointe. Elle fit davantage pression, pas suffisant compte tenu de l’étrange maille qu’il portait. Dylis décida de faire appel à son « chef de rang » :

Dites-moi, nourri, connaissez-vous donc les emblèmes fer-nés ? lança-t-elle, d’une voix claire, sylphide d’un genre nouveau. L’homme d’arme s’empressa de répondre, affirmant qu’il avait été amené à en croiser certains dans des ouvrages mais, qu’il ne connaissait pas de blason portant une faux. De toute manière, il le lui aurait fait savoir lorsque le fer-né s’était adressé à elle, faisant en profiter l’assemblée. Fichtre, songea-t-elle, reportant à nouveau son attention sur le dit Sargon –Je ne sens pas l’iode comme tes pairs. Tu dois être fort bienheureux de te trouver aussi près d’une fleur des champs, surtout compte tenu des pénuries de flores sur vos rochers.

Elle venait ainsi de confirmer ce qu’il voulait avec avidité savoir, d’où est-ce qu’elle provenait. Voilà qu’il était en possession d’un sacré avantage sur elle, qui n’était pas aussi bonne examinatrice qu’il ne l’était, l’expérience, se dit-elle, celle d’un maître de torture. La jeune Sarschamp sursauta lorsqu’il s’empara de sa main, véridique, elle avait été prise au dépourvu, trop concentrée sur l’échec qu’elle venait d’essuyer. Alors allait-elle faire de son mieux pour inverser la tendance ? Si ce Sargon continuait à être trop tactile, ça n’allait surement pas l’aider à arriver à ses fins. Doucement, leurs deux mains agglutinées, il décrivit le trajet menant à la carotide, un endroit propice à faire couler une marre d’hémoglobine. Elle déglutit, sa robe lui était précieuse et, elle n’avait pas vraiment envie de « contempler » un geyser de sang. Plus le temps se faisait fuyant, plus elle perdait contenance. Plus le temps se faisait fuyant, plus préférait-elle encore subir les attaques romantiques d’un prétendu « futur époux ». Dire qu’elle en était arrivée à penser cela, déveine. Cela ne lui ressemblait pas. Alors, elle voulut le prendre par la flatterie, chose qui allait déchainer le monstre de vanité qui ne sommeillait guère en lui :

Me débarrasser du meilleur fer-né ? Ce serait bien dommage, je n’aimerai pas priver Westeros d’un si grand guerrier. Souffla-t-elle, décidant de ne plus maintenir de pression sur son arme, montrant ainsi à la bête, qu’elle n’était pas comme lui. Je ne veux pas te tuer, j’ai bien trop d’empathie pour le genre humain – mensonge, pensa-t-elle-.

Dylis s’éloigna alors du pédant, ses iris rivés dans les siens, elle ajouta, à bonne entente :

Je suis persuadée que cette bande d’axolotls derrière moi, serait ravie d’admirer ton boutre de plus près, fer-né. Pas de crainte, nous « contemplerons » sa beauté de loin, n’est-ce pas ce que nous, pauvres continentaux, nous contentons de faire ? Lâches que nous sommes.

Un faible sourire illumina son faciès. Quelle prise de risque. D’autant qu’elle savait ses compagnons particulièrement réfractaires à ce genre d’action, tout comme, elle se savait perdue. Pas un signe, rien que le bruit lointain des vagues et les chuchotements incertains de la suite, suspendue à leurs lèvres. Encore, toujours, sempiternelle épreuve.

Donne-toi une raison de crâner ou, aurais-tu peur que l’on trouve ton embarcation d’un ridicule hilarant ?

L’ayant brièvement aperçu, Dylis savait ses allégations risibles.
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Message Lun 28 Jan 2013 - 17:00

     La réplique de la donzelle concernant le comportement de Sargon ne manqua pas de le faire sourire. Se comportait-il comme on l'attendait de lui ? Oui d'une certaine manière, pour les continentaux il apparaissait comme brutal et mal-élevé, mais pour les Fer-nés c'était une autre histoire. Que dirait-elle si elle savait qu'il était considéré comme un hérétique par les siens, parce que bien trop « délicat » et bavard pour un homme né sur les Iles de Fer ? Certainement rien. Il était peu probable qu'elle le croit sur parole et qui plus est, celui lui donnerait raison sur un point : les Fer-nés étaient des barbares. Rien que pour cette raison, il n'allait pas lui dévoiler ce petit « secret », bien qu'il doutait qu'elle puisse en apprécier la teneur, trop aveuglée qu'elle était par les idées reçues qui farcissaient sa jolie tête. Tout comme lui d'ailleurs, mais la faute revenait toujours aux autres. Il se contenta donc de sourire avant de hausser les épaules comme si la réponse était évidente.

     ▬ Je ne voudrais pas perturber ton esprit étriqué, si tu voyais un Fer-né faire preuve de courtoisie, tu risquerais d'être chamboulée dans tes habitudes de petite dame coincée. »

     Toujours aussi délicat dans sa manière de s'exprimer. La donzelle tenta alors de se renseigner auprès de l'homme qui l'avait interpellée à plusieurs reprises, espérait-elle en apprendre plus sur la maison de son interlocuteur ? Il était peu probable qu'elle la connaissance alors même que la maison Harloi était l'une des plus importantes des Iles de Fer. Les continentaux ne s'intéressaient qu'aux leurs, les Fer-nés aussi, mais encore une fois, la faute revenait aux autres. Après cet échec pour glaner des informations, la jolie blonde reprit du poil de la bête en laissant entendre à Sargon qu'il devait être bienheureux de se trouver auprès d'une délicate fleur des champs. Était-ce le cas ? Il était sensible à la beauté du sexe faible et par conséquent, appréciait son joli minois, mais cela ne signifiait pas qu'il préférait les femmes du continent à celles de son île. Bien au contraire. Un bref sourire passa sur ses lèvres tandis qu'il se demandait si elle se mettait volontairement en avant ou s'il ne s'agissait que d'une maladresse de sa part. Peu lui chalait, elle le provoquait et il répliquait.

     ▬ Je préfère largement m'épargner la proximité des fleurs des champs, je préfère les femmes avec plus de réactions que de parlotte. Il était vrai que sur les Iles de Fer, une telle discussion aurait rapidement été écourtée par la dame qui aurait répliqué avec l'arme qu'elle ne manquerait pas de garder sur elle pour de telles occasions. Mais rassure-toi, la seule fleur qui m'intéresse chez les femmes, même celles des Iles de Fer l'ont. Cela dit, la tienne n'est certainement pas prête à être cueillie j'imagine. Dans quelques années peut-être. »

     Bien sûr, il faisait référence à la virginité de la demoiselle, une manière de parler qui aurait pu être délicate puisqu'il ne parlait pas aussi crûment qu'auparavant, mais le sujet était toujours assez inapproprié pour mettre la jeune femme mal à l'aise. Se plaindrait-elle encore qu'il n'était pas assez délicat à son goût ? Sans se départir de son sourire où se mélangeait amusement et provocation, il la laissa le flatter dans ses paroles. Elle n'allait pas le tuer, ce n'était pas si surprenant au final. Devait-il croire aux jolies paroles qu'elle prononçait à son intention ? Vu la manière dont la jolie Dylis l'avait remballé à plusieurs reprises, c'était plus probable que ce soit ironique que véridique, mais il était toujours plaisant d'entendre de belles paroles qu'une délicate fleur des champs. Après qu'elle se fut éloignée cependant, la fleur se transforma en ortie pour envoyer à nouveau des piques à son interlocuteur. Il se contenta de hausser les épaules en la regardant droit dans les yeux, malgré la distance qu'elle avait de nouveau installée entre eux.

     ▬ Je ne vois pas pour quelle raison je craindrais l'avis d'une gamine qui n'y connaît rien à la navigation et à la mer. Ce serait comme de t'écouter parler stratégie militaire, du vent qui ne touche que celui qui s'y attarde. Non, je n'ai pas peur que tu trouves mon boutre ridicule, à moins que tu sois si aveugle que tu ne puisses pas voir la qualité lorsque tu l'as devant toi. »

     Sa précieuse Veuve Salée, un boutre qu'il n'avait que depuis peu de temps, précédemment commandé par un homme d'armes de la maison Harloi depuis la mort de son père, en attendant que Sargon soit en âge d'occuper le poste. C'était un navire imposant, pas autant que celui des seigneurs des maisons importantes comme les Greyjoy, les Bonfrère, les Timbal ou les Harloi, mais l'équivalent de celui d'un lord d'une maison mineure. De quoi flatter l'ego de Sargon en somme. Son regard se promena sur les personnes qui suivaient la jeune femme, personne n'avait l'air intéressé par l'idée de voir un boutre Fer-né de plus près, mais puisque l'ortie le souhaitait, il pouvait bien lui accorder ce petit plaisir.

     ▬ Tu n'as qu'à me suivre, au moins mes marins pourront un peu se rincer l’œil sur toi vu que je doute que cette observation puisse apporter quoi que ce soit d'autre. »

     Cherchait-il à la décourager ? Même pas non, peu lui importait. Sans se soucier de vérifier si elle suivait ou non - si elle fuyait entre-temps, il ne perdrait rien de plus que quelques minutes pour refaire le chemin en sens inverse - le Harloi s'éloigna de la zone, suivit de près par son second toujours aussi silencieux. Le boutre était accosté non loin de là, la plage était à moins de cinq minutes et l'on entendait les éclats de voix des marins qui s'occupaient en attendant le retour de leur capitaine. Lorsqu'ils débouchèrent sur la plage, Yoren et Sargon purent constater que les hommes étaient en train de remplir les réserves d'eau douce à un ruisseau non loin de là. Le reste de l'équipage s'occupait bruyamment en se divertissant. Approchant du boutre paresseusement immobile, le capitaine fut approché par un marin qui dépassait les autres d'une demi tête et qui portait une barbe qui lui mangeait la moitié du visage. Son regard se porta derrière Sargon alors que celui-ci prenait la parole.

     ▬ Des visiteurs et une gamine curieuse, elle a la langue bien pendue, je suis sûr que vous vous entendriez bien tous les deux. Le prénommé Wulfric lâcha un grognement avant de s'éloigner sans dire quoi que ce soit d'autre. Le Harloi se retourna alors vers la blonde qui était déjà devenue le centre de l'attention des marins. Alors, est-ce que j'ai de quoi me sentir honteux ? Il s'approcha d'elle avant de la regarder avec une assurance non feinte. Si tu as autant de courage pour agir que pour parler, tu peux monter à bord. Tu ne seras ni la première, ni la dernière. Ne t'en fais pas, je ne compte pas t'enlever, même un barbare comme moi sait refréner ses pulsions. »

     Le défi était lancé, il doutait qu'elle l'accepte, ou même que les hommes d'armes qui l'accompagnaient acceptent l'idée qu'elle agisse de la sorte, mais au moins ne pourrait-elle pas raconter que l'hospitalité des Fer-nés laissait à désirer. Pour le coup, Sargon ne mentait pas, si elle voulait monter à bord il ne lui serait fait aucun mal, une autre invitée « de marque » y avait déjà mis les pieds et s'en était tirée sans aucune difficulté, il savait se montrer bien élevé dans certains moments. Même si Dylis ne le remarquait pas.

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Message Dim 10 Fév 2013 - 19:43




« Difficile de voguer sur la mer de la liberté toujours malmenée par la houle d'une foule tentaculaire. »





N’es-tu jamais las d’avoir réponse à tout ? souffla la jeune Sarschamp, emboitant le pas du fer-né. Je serai curieuse de savoir s’il existe quelqu’un qui puisse rabattre ton caquet !

La qualité, ce n’était certainement pas face à elle qu’elle devait se trouver, autrement, peut-être lui aurait-elle percée les yeux ? Un sourire fendit ses lippes tandis qu’elle décidait de ne point saisir l’avis de sa compagnie, en le suivant davantage par fierté. Sa langue claqua contre son palais, décidément, ce Sargon se portait en haute estime et, surtout, ne semblait guère en avoir envers sa personne. Les boutades qu’elle recevait par vague n’allaient pas contredire cette observation. Venait-il de railler sa pureté en invoquant une excuse plus que désopilante ? Les femmes fer-nées étaient toutes aussi ridiculement célèbres. Dans l’ouest, on disait d’elles qu’elles prêtaient leurs traits aux singes des environs et, que leurs corps ressemblaient à s’y méprendre à ceux des hommes, si bien, qu’il arrivait aux yeux amateurs de les confondre. Osait-il donc lui préférer ce genre de spécimen ? Du moins, pour peu qu’elles eussent été dotées d’une fleur. L’égo quelque peu heurté, Dylis se débattait avec cette robe trop longue et ce maudit sable qui ne lui facilitaient pas la tâche. Si les femmes « sauvages » étaient aussi dignes d’intérêt, pourquoi donc avaient-ils aussi souvent recourt au rapt et à ces femmes de petites natures qu’ils appelaient « femmes sel » ? Certes, de leur culture, la jeune Sarschamp était pleinement ignare…et, elle s’accordait le droit d’extrapoler une quelconque légéreté.

Se rincer l’œil sur moi ? Ils auront au moins le plaisir de jouir d’une présence bien plus agréable que la tienne. J’adoucirai leur journée qui, je le devine, doit être bien exécrable en ta compagnie. Venait-elle de s’adresser à lui comme à un intime ? Un ami ?

Bien que le fer-né lui ait offert, à maintes reprises, des raisons de le détester, Dylis devait bien lui reconnaître qu’il donnait à la sienne, de journée, une couleur bien vive. D’ailleurs, ce qu’elle avait bien pu penser à son sujet quelques minutes plus tôt, elle s’en défaisait promptement. Il n’y avait que les pires imbéciles qui ne changeaient pas d’avis et, elle se considérait extrêmement rusée, armée de sa haute-estime. Les chuchotements qui parvinrent à ses tympans, lui conférèrent la certitude qu’elle était bel et bien suivie par sa compagnie, du reste, elle n’en avait cure. Un pied devant l’autre, un pied devant l’autre, marcher était un exercice qui aujourd’hui lui paraissait bien difficile, était-ce le fait qu’elle n’avait guère pour habitude de se laisser aller aux longues promenades ou parce qu’elle se dirigeait vers un danger quasi certain ? Sargon lui avait pourtant stipulé qu’aucun mal ne lui serait fait, évidemment, se risquerait-elle à croire un barbare ? La jeune Sarchamp n’était pas dupe, elle ne pouvait certainement pas lui faire confiance.

Dylis, se comportement n’est pas digne d’une jeune dame, lui fit remarquer Ditta, pour la énième fois consécutive. Ne pouvait-elle pas la laisser pratiquer ce qu’elle considérait comme l’exercice d’un « libre arbitre » ?

Quoique je fasse, de toute manière, ça n’est jamais assez rouspéta-t-elle, reproche tangible et irritant qui, encore une fois, n’était pas adressé à la gouvernante en personne mais davantage à un père qui exigeait bien plus qu’elle ne pouvait donner. Un sourire fendit néanmoins ses lippes lorsqu’au loin, elle vit l’imposante embarcation se dessiner. Les mètres dévorés, elle put en apprécier chaque contour, il fallait se rendre à l’évidence, ce Sargon n’avait réellement aucune raison de se sentir inférieur, peut-être même, lui accorderait-elle qu’il était une exception, surement le fer-né le mieux élevé de toute la population dont il était issu. Mais, lui en ferait-elle part, là, demeurait le hic.

Rectification, Sargon n’était qu’un coquebert, un pétoncle putride qui aurait mérité quelques coups de fouet. Lunatique, Dylis vint subitement à changer d’avis, encore. Pourquoi à chaque fois qu’elle lui trouvait ne serait qu’un gramme de qualité disait-il une chose qui inhibait aussitôt l’initiative ? Mâchoires serrées, elle observa d’un œil mauvais le géant qui se dirigeait droit vers eux. Elle, avoir la langue bien pendue ? Maudit soit-il ! Songea-t-elle, mordant l’intérieur de sa lèvre jusqu’au sang, encore. Une chose lui semblait sûre, il avait le don de la pousser à bout. Radotage, pensa-t-elle. Puis, au milieu de toute cette agitation vint une proposition plus qu’inattendue à laquelle elle offrit d’abord un silence pesant, sondant du regard le chevelu qui la mirait avec autant d’insistance qu’elle et qui, comme depuis le début, ne perdait guère son attitude audacieuse :

Surtout, ne prenez aucun risque, Ma dame lança le « chef de rang ».
Avait-elle besoin qu’un brouet pareil lui fasse observer qu’il ne s’agissait là que d’un caprice et qui, assurément, l’était ?

J’accepte !

Aussitôt les paroles prononcées, ne prenant plus la peine de soulever son jupon, elle dévala le petit monticule de sable qui les devançait et qui les séparait du navire. Toute excitée, à l’image d’un enfant auquel on aurait présenté une friandise, les yeux grands ouverts, elle posa un pied hésitant sur le ponton censé la mener jusqu’au gaillard avant. Une fois en équilibre dessus, elle se tourna alors, invitant du regard, le capitaine à se joindre à elle :

Qu’attends-tu donc, j’aurai besoin d’un guide ! Dit-elle d’une voix chantante où l’enthousiasme était prépondérant. Furtive, elle se précipita vers la barre, fascinée, c’était bien la première fois qu’elle montait sur un bateau, un bateau barbare, qui plus est – Contrairement à toi, je n’arrive jamais à réfréner mes pulsions, du moins, pas lorsque cela me permettrait de faire une découverte.

Peut-être que tout emballement allait lui être néfaste, cependant, elle avait cette amour de l’aventure qui, à ce moment précis, plus que jamais pouvait se laisser percevoir, pleinement. Certains matelots portaient, effectivement, sur elle des regards lubriques desquels elle se détournait aussitôt, prenant de vives couleurs. Se pinçant les lèvres, elle se risqua à poser sa main sur les boiseries. A Sarschamp, il lui prenait de se laisser aller aux chimères d’une vie où elle aurait été, justement, capitaine d’un navire, voguant où bon lui semblerait :

Chez vous, une femme peut être capitaine ? demanda-t-elle, innocemment. Voilà une facette qu’elle n’avait point montrée depuis leur rencontre. Allait-il se moquer d’elle ? Aucun doute n'était possible, elle commençait à connaître la bête.

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Sargon Harloi
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Message Lun 11 Fév 2013 - 20:07

     Le groupe qui accompagnait la donzelle l'avait rejointe sur la plage. L'espace d'un instant, Sargon s'était imaginé qu'ils allaient peut-être lui fausser compagnie pour chercher de l'aide. Les continentaux étaient si prompts à s'emporter et à s'inquiéter, ils en étaient risibles. L'avertissement lancé par l'homme qui avait déjà mis son grain de sel dans la conversation précédemment, ne sembla pas toucher la jeune femme. À moins que ce ne soit ce qui la décida justement ? Le Harloi avait lui aussi cherché à pousser la donzelle à accepter en glissant un petit défi dans sa dernière réplique. Sans la connaître, il avait cru comprendre que Dylis fonctionnait à la provocation : elle l'estimait comme un moins que rien, il était donc impensable qu'elle laisse une provocation sans riposter. Cela dit, l'habitude que Sargon avait de croire qu'il pouvait manipuler n'importe qui sans difficulté, risquait un jour de lui coûter cher. Il était peu probable que la demoiselle soit aussi facile à cerner qu'il le pensait. Elle possédait forcément une personnalité plus complexe que celle qu'il percevait. Mais ce n'était pas important. L'effrontée avait accepté le défi et s'empressait d'ailleurs de s'approcher du boutre qui attendait paisiblement que son équipage revienne à son bord. Ne dissimulant pas le sourire amusé qui naquit sur ses lèvres, Sargon regarda la jeune femme s'éloigner d'eux pour grimper à bord de la Veuve Salée. Cette dernière était aussi capricieuse que son propriétaire, elle avait envoyé de nombreux marins par-dessus son bastingage. Certains diraient que ce n'était que le hasard, d'autres que le Dieu Noyé avait fait son choix, mais Sargon lui considérait que c'était simplement la capricieuse demoiselle qui avait chassé les hommes qui ne lui convenaient pas. Dylis allait-elle trouver grâce à ses yeux ?

     Répondant à l'invitation de la donzelle, Sargon se détourna du groupe pour s'approcher de son boutre et monter sur le ponton. Quelques marins s'agitaient autour d'eux, préparant les rames pour le prochain départ où vaquant aux occupations habituelles qu'ils avaient lors de leurs haltes. La jolie jeune femme dans sa robe de noble dame ne passait pas inaperçue, elle faisait aussi tache dans ce tableau. Ou plutôt, le tableau faisait tache à côté d'elle. Sa tenue était bien trop noble pour s'intégrer à un tel décor et il apparaissait évident qu'elle n'avait pas sa place ici. Mais cela n'empêcha pas Sargon d'apprécier ce qu'il voyait cela dit. Elle parla du fait qu'elle ne retenait jamais ses pulsions lorsqu'elle avait l'occasion de faire des découvertes, mais apparemment toutes les découvertes ne semblaient pas être à son goût. Les regards des marins étaient équivoques et ne laissaient aucune place au doute concernant ce qu'ils imaginaient à propos de la belle donzelle. Le Harloi s'approcha d'elle comme elle posait ses mains sur le boutre, il s'accouda contre un barillet d'eau claire qui venait d'être monté à bord. La question qu'elle posa alors fut aussi inattendue que surprenante. L'amusement du Fer-né ne le quittait pas alors qu'il souriait toujours, mais sa vanité s'était légèrement atténuée, comme si le fait de voir Dylis s'intéresser à son boutre avait calmé son ego.

     ▬ Bien sûr. Capitaine, marin, homme d'armes, tous les métiers peuvent être occupés par les femmes chez nous. Il détourna la tête pour parcourir les environs du regard comme s'il cherchait quelqu'un. Certains de mes marins sont des femmes et elles sont aussi capables que les hommes. Plus même dans certains cas. Son attention se porta à nouveau sur son invitée du moment alors qu'il enchaînait. Et il s'agit là de nobles. Enfin, la noblesse c'est assez relatif chez nous. »

     Arkha, sa cousine, était marin sur la Veuve Salée. Elle était originaire d'une maison noble et ne possédait guère le physique que Dylis imaginait en parlant des femmes des Iles de Fer, preuve qu'il n'y avait pas besoin d'être repoussante ou masculine pour pouvoir exercer un métier d'homme. La Fer-née n'était pas la seule, il y avait de nombreux capitaines de la Flotte de Fer qui se trouvaient être des femmes, comme celle qu'il « courtisait » depuis plusieurs lunes d'ailleurs. Mais penser à la Botley dans de pareilles occasions n'était pas vraiment ce dont il avait envie. Elle était bien trop brutale et rentre-dedans pour prouver à la donzelle face à lui que les dames des Iles de Fer pourraient sans problèmes se faire passer pour des continentales si elles le souhaitaient. Il ignorait totalement ce que la jeune femme connaissait de ses îles d'origine, mais quelque chose lui disait que cela devait frôler le néant. Non parce qu'elle était sotte, mais simplement parce que les Iles de Fer n'intéressaient pas le continent et inversement. Sans quitter la jeune femme du regard, il enchaîna d'un ton bien plus calme que précédemment.

     ▬ J'ignore ce que tu connais de notre culture, mais pour faire simple, le sexe et le rang social n'ont pas d'importance pour nous. Une personne qui sait s'imposer et se défendre est une personne que l'on respecte. Un simple roturier pourra avoir davantage l'estime de ses pairs que le seigneur d'une maison noble. La jeune femme n'avait pas vraiment l'air de se soucier des rangs, mais peut-être se fourvoyait-il. Bien sûr, il faut que les femmes en question soient des femmes de poigne. Si elles ne savent pas s'imposer, les marins ne les verront que comme des cuisses à écarter. Son sourire taquin réapparut l'espace ce quelques secondes. Les hommes sont des chiens qu'il faut dresser. Ils testent sans arrêt les limites pour essayer de les repousser, mais il suffit d'une bonne tape sur le nez pour leur faire comprendre qui est le chef. »

     C'était une sorte de conseil qu'il lui donnait, libre à elle d'en tenir compte ou non. Dans le fond, le fait de diriger des hommes n'était pas forcément juste le travail des capitaines ou des seigneurs, une épouse qui savait manipuler son mari était dans le même cas. Dylis gagnerait certainement en facilité de vie si elle savait bien s'y prendre, mais encore fallait-il le vouloir. Si l'idée de se servir des autres ne dérangeait pas Sargon, ce n'était pas forcément le cas de tout le monde.

     ▬ Les femmes qui savent s'y prendre peuvent obtenir les mêmes droits que les hommes. Ce n'est pas si difficile, tu devrais essayer, tu le fais un peu de ce que j'ai pu voir. Il faisait référence au fait que sa compagnie la suivait sans sourciller. Détournant le regard de la donzelle, Sargon ne manqua pas de remarquer les coups d’œil que ses hommes lançaient toujours dans la direction de la jolie blonde. Croisant le regard d'un marin, le Harloi démontra ce qu'il venait de dire. Tu veux de l'aide ? Travaille au lieu de regarder autour de toi si tu ne veux pas servir d'appât à requins sur le chemin du retour ! Une menace en l'air ? Allez savoir. Son attention se reporta sur Dylis. Et histoire de prouver que ce n'est pas des paroles en l'air, de temps en temps, tu mets tes menaces à exécution. »

     Est-ce qu'il se moquait d'elle, ou était-il sérieux ? Elle ne le saurait certainement pas. Se décollant du barillet où il était accoudé, le Fer-né s'approcha encore un peu de la jeune femme. Cette fois-ci, ce n'était pas pour l'importuner, son attitude n'était pas la même que sur la terre ferme, peut-être parce qu'il était heureux de voir qu'elle semblait charmée par son boutre ? Qu'aurait-elle dit si elle avait eu l'occasion de poser le regard sur Crépuscule, toujours solidement attachée à la ceinture du Fer-né, elle aussi uniquement en son genre ! Penchant légèrement la tête vers elle, il reprit une dernière fois d'un ton amusé, mais aussi curieux.

     ▬ Pourquoi cette question ? Est-ce que tu aimerais devenir capitaine de boutre ? C'est une expérience unique, je suis certain qu'après avoir effectué ta première sortie, tu ne rêverais plus que de recommencer. Il glissa sa main sur le bois du boutre comme s'il caressait son épouse ou son amante. Tu peux toujours t'exiler sur les Iles de Fer, essayer de faire épouser par un lord qui cherche un capitaine de boutre et partir voguer sur les mers de Westeros et au-delà. Je suis sûr que la tenue de marin te siérait à merveille ! Détournant le regard, il le promena sur le bastingage. Mais ne va pas t'imaginer que tous les boutres sont comme ma Veuve, elle est bien mieux que les autres. »

     Vanité ou vérité ? Peut-être un peu des deux, de toute manière il était peu probable qu'elle puisse vérifier ce qu'il disait auprès d'un autre capitaine Fer-né.

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Message Ven 22 Fév 2013 - 19:22




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Silencieuse, vivement intéressée, Dylis prêtait l’oreille aux paroles du fer-né, agréablement surprise d’apprendre que les femmes étaient davantage considérées chez les barbares que sur le continent où, elles n’étaient que des brioches bonnes à accueillir la marmaille de leur époux, comme Sargon le lui avait fait remarquer tantôt. Inconsciemment, un sourire prit forme sur ses lèvres comme la trace muable d’une satisfaction intérieure, à ce moment précis plus que jamais, elle aurait désiré naître parmi les plus rustres pour tirer la reconnaissance vertueuse qu’elle enviait clairement aux guenons fer-nées. Si seulement, elle pouvait à la fois prétendre à cette liberté-idyllique et aux dogmes auxquels le sexe dit « faible » devait allégeance. L’un n’aurait pu empêcher l’autre, encore fallait-il que cela s’intègre à un schème commun. Au mot « nobles », ses yeux vinrent s’accrocher aux silhouettes mordues par la difficulté d’une vie entièrement marine qui s’activaient autour d’eux. Époustouflant. Elle n’en revenait pas :

Des…nobles ? assura-t-elle, marquant une pause.

Quels biens étranges nobles, il y avait là. Des répliques démunies, de pâles copies de ceux que l’on pouvait croiser sur le continent. Le rang social lui importait peu, ça n’était, après tout, que l’invention désuète d’infâmes suprématistes désireux d’imposer leur dominance sur leurs prochains. Une toute puissance conférée par le sang, les butins couvés soigneusement dans des coffres, à l’abri des regards avides et désireux. Combien d’hommes avaient donc versé leur hémoglobine à défendre des idées qui lui paraissaient sans intérêt ? Énormément, les richesses, la nourriture, les biens précieux qui divisaient les peuples. Aux tréfonds, la jeune Dylis ne comprenait pas, n’avait pas eu la possibilité de comprendre. Elle se complaisait de la situation dans laquelle le destin l’avait placé, attendant patiemment qu’une adversité ne lui tombe sur le coin du minois, que l’équilibre finisse par être renversé voire que tout soit décimé. Ce fer-né n’était peut-être pas l’homme le plus honnête mais, d’une certaine manière, il l’aidait à ouvrir les yeux. Elle commençait à entrapercevoir ce pourquoi Oonagh et tous les petits gens combattaient avidement, travaillaient en suer sang et eau. Ils recherchaient la gratitude alors qu’on la lui donnait volontiers sans qu’elle n’ait à faire quoique ce soit. Un simple regard de sa part, d’ailleurs, était suffisant.

Soutenant le regard de Sargon, elle resta immobile presque en apnée, impatiente d’en découvrir plus sur ce peuple qu’elle dénigrait quelques sombres minutes plus tôt. Ces hommes aux mains calleuses, aux visages défigurés par les batailles, le soleil et les incommodités, étaient nobles, la noblesse dans sa forme la plus châtiée. Du reste, elle n’en tint pas rigueur, bien trop charmée par ce qu’elle venait d’entendre :

Tu es fort diplomate, Sargon, avoua-t-elle, prenant place à ses côtés, non loin du baril sur lequel il s’appuyait.

Ce qui aurait pu lui coûter en fierté, rétrospectivement, désormais ne lui posait aucun problème, bien au contraire. Le conseil pas le moins du monde tombé dans l’oreille d’une sourde, fut exécuté sous ses yeux. En réprimandant un de ses matelots de manière ferme, faisant vibrer dans sa voix la menace tonitruante qu’il fallait – selon ses dires- mettre en oeuvre pour en avertir les plus récalcitrants. C’était un rôle qu’elle aurait pu endosser, si Dylis n’avait été aussi peu vaillante. Hélas, elle n’avait pas la moitié de la confiance que ce dernier avait. Ni même le quart de ce qu’un tel poste nécessitait. Cela correspondait au caractère qu’il lui avait montré jusqu’alors mais, certainement pas au sien. Lorsque Sargon se pencha un peu plus en sa direction, elle ne se déroba pas. La taquinait-il ou voulait-il vraiment savoir ce à quoi elle rêvait ? Capitaine, homme d’arme…tout et rien, elle voulait cela et bien plus.

Il siérait davantage de nier – commença-t-elle, imitant le fer-né, laissant ses mains parcourir la rampe, prenant la direction opposée, elle poursuivit, haussant le ton, pour se faire mieux entendre – Puisque ta Veuve est la plus belle des embarcations, si mon ambition première est d’en être aux commandes, la logique énoncée voudrait que je fasse tout pour t’épouser toi, alors ? Serais-tu prêt à un tel sacrifice ? Lança-t-elle, ricanant, elle se reprit sous la mine du chevelu – Cela dit, j’aimerai davantage mourir que d’avoir à partager la couche d’un seigneur fer-né.

C’était la vérité. Mourir qu’avoir à subir leur grossièreté bien que ce dernier ait montré une certaine courtoisie. Elle perdit contenance face à la gestuelle quasi obscène d’un gabier. C’est en se retournant vivement que la jeune Sarschamp faillit à nouveau perdre l’équilibre, c’est en se maintenant hasardement à l’une des rambardes qu’elle se râpa la paume, elle poussa un cri. Inspectant sa main, elle faillit vriller. Des échardes, il ne manquait plus que cela s’infecte entrainant une gangrène qu’il lui faudrait soigner par la perte irrémédiable d’un membre. Déveine pitoyable !

Faisant mine de rien, elle afficha un sourire de circonstance.

Je me rends, du moins, je devrai me rendre dans les prochaines minutes, les prochaines heures, à la rencontre d’un seigneur continental, Sargon. Lança-t-elle, pour raviver la conversation, sur le ton de la confidence.

Ô comme cela lui était sorti de la tête, bien trop préoccupée à donner le change à l’intrépide Sargon. Charismatique, à sa manière. Drox attendrait bien encore un peu, Dylis se trouvait à bord d’un vaisseau Fer-né, tout de même. Mais, la jeune nobilis savait que Drox n’attendrait pas, tout comme son père qui la pressait à trouver un parti qui leur assure la prospérité. Chassant les sombres pensées, d’un mouvement du menton, elle désigna l’épée qu’il protégeait chichement :

Qu’est-ce que c’est ? Commença-t-elle, la main endolorie – cette arme que tu portes, ce n’est pas une hache…


Pas ce qu’il aurait dû porter, évidemment. Des minutes que cela titillait sa curiosité, alors, elle avait saisi l’occasion, sentant l’homme moins sur ses gardes, plus enclin aux révélations. Puis, peut-être désirait-elle profiter au possible de cette compagnie qu’elle savait bien éphémère. Quelles étaient les chances, qu’une fois leur entretien à terme, ils se revoient ? De l’ordre infinitésimal. Justement. Un brin nostalgique, la jeune Dylis se mit à observer, tâchant de consigner ce qu’elle voyait dans sa mémoire.

Ma Dame, le ciel se couvre, l’astre nocturne…hurla le « chef de rang » en contrebas.

Mais les tympans de la donzelle n’attendaient qu’un seul son…



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Message Sam 23 Fév 2013 - 16:43

     Inutile de lire dans les pensées pour comprendre que la jeune femme ne devait pas percevoir les habitants des Iles de Fer comme des personnes capables de posséder le statut de « noble ». Tant mieux, parce que les Fer-nés ne se considéraient pas comme tel et même Sargon qui était pourtant bien plus proche du comportement des continentaux que ses comparses, n'estimait pas toutes ces fadaises comme dignes d'intérêt. Il se contenta donc de la fixer alors qu'elle soutenait son regard avant de lâcher quelques mots qui pouvaient être considérés comme « un compliment ». Diplomate ? Pour un barbare qui ne pouvait pas réfléchir comme elle le disait quelques minutes plus tôt, c'était un beau revirement. Le Harloi n'ajouta pas quoi que ce soit à ces quelques mots aimables, estimant qu'il était préférable de ne pas lui donner de raisons de changer d'avis. Pour une fois.

     La donzelle ne se recula pas lorsque le Fer-né s'approcha d'elle, se contentant de glisser ses mains sur le bastingage du boutre en émettant des hypothèses assez amusantes. Serait-il prêt à se « sacrifier » pour épouser une jolie demoiselle du continent avec la langue bien pendue ? C'était plus une partie de plaisir qu'une obligation, surtout en tenant compte du fait que le Fer-né appréciait les joutes verbales et que la blondinette était apparemment qualifiée dans ce domaine. Mais elle ne lui laissa guère l'occasion de la relancer sur ce sujet, coupant court d'une simple parole qui n'était pas pour flatter l'ego de son interlocuteur. Bah ! Les continentales étaient aveuglées par leur éducation aussi basique qu'inutile voilà tout. Il n'irait pas pleurer dans les bras de son second parce qu'il venait de se faire repousser par une dame à peine sortie de l'enfance, c'était presque quotidien lorsqu'il « courtisait » les femmes de Iles de Fer, l'habitude s'installait à force. Et comme pour punir la vilaine de telles paroles, la Veuve Salée lui glissa quelques échardes dans la main, le Harloi se contenta de la regarder en souriant d'un air mi-amusé, mi-moqueur. Muré dans son silence, le capitaine l'observait toujours tandis qu'elle relançait la discussion à propos d'un petit seigneur du continent à qui elle allait certainement donner sa main – et sa virginité – l'histoire de toutes les femmes nobles en somme. Ce ne fut que lorsqu'elle s'intéressa à l'épée qui pendait à sa ceinture que Sargon se décida à répondre enfin, mais il fut coupé dans son élan par la voix de l'homme qui avait déjà rappelé la donzelle à l'ordre à quelques reprises. Détournant son regard vers le ciel, le Fer-né constata qu'en effet, la nuit risquait d'arriver prochainement. Il avait encore du travail dans le coin, il était donc plus que temps d'y aller. Reportant ses yeux sur la jolie blonde, il répondit néanmoins à sa question.

     ▬ Effectivement, ce n'est pas une hache, mais une épée. Tu es bien observatrice pour une femme. Le ton était légèrement moqueur. Mais pas n'importe quelle épée, elle s'appelle Crépuscule si tu veux vraiment tout savoir. Elle a une lame en acier Valyrien, je présume que tu dois savoir ce que c'est ? Qui ne connaissait pas les épées valyriennes ? Il esquissa un sourire. Si un jour nous sommes amenés à nous recroiser, peut-être que je te la dévoilerai. »

     Il ne s'engageait pas à grand-chose sachant qu'il était peu probable que leurs routes se croisent à nouveau. À moins qu'elle ne soit dans le rôle de la victime si un jour les Iles de Fer décidaient de reprendre leur indépendance en déclarant la guerre à Westeros, mais c'était encore une simple hypothèse certainement loin de se réaliser. Maintenant qu'elle connaissait le nom de l'épée, il ne serait pas très difficile à la demoiselle de retrouver la famille dont était originaire le Fer-né qu'elle venait de rencontrer. Contrairement aux autres épées en possession des maisons des Iles de Fer, la maison Harloi possédait la sienne depuis bien longtemps et c'était donc de notoriété publique, même sur le continent. Autant prendre les devants et donner l'impression qu'il faisait preuve de bonne volonté, non ? S'éloignant légèrement du bastingage, il ne quitta pas son invitée du regard.

     ▬ Mon boutre n'est pas le plus imposant, si tu souhaitais avoir le plus gros, il te faudrait épouser le suzerain des Iles de Fer, mais je crois que ce serait assez difficile à réaliser, il n'aime pas les continentales. En plus une femme n'étant pas née sur les Iles de Fer ne sera jamais respectée chez nous, tu as bien raison de rester auprès de ton seigneur continental. Il savait bien qu'elle n'avait pas parlé sérieusement, mais cela ne l'empêchait pas de l'embêter à ce sujet. De plus, je ne suis pas le seigneur de ma maison, je n'ai aucun titre. Partager la couche d'un seigneur Fer-né n'est donc pas un problème. Son sourire moqueur ne s'envolait toujours pas. Mais ton garde-chiourme a raison, il est temps pour toi de retrouver les tiens et de retourner dans ton monde civilisé ! »

     Il appuya ses dires en tapant légèrement sur le bastingage de la Veuve Salée, un peu comme un cavalier claquait la croupe de son cheval. Ou un homme le fessier de son épouse, mais c'est un geste qu'il épargna à la jeune Dylis, preuve que même un Fer-né comme lui pouvait être bien élevé ! Le Harloi jeta un coup d’œil par-dessus la rambarde avant de faire signe à ses hommes qu'il était temps de se préparer au départ, puis il tourna une dernière fois la tête vers son invitée.

     ▬ Comme tu m'as été d'une compagnie agréable, je vais tout de même te dire à quelle maison j'appartiens : la famille Harloi. Tu vois, je peux donner sans exiger quoi que ce soit en retour. »

     Mais cela ne signifiait pas que s'ils se recroisaient un jour, il n'exigerait pas quelque chose en retour. Après tout, l'on pouvait considérer qu'elle avait une dette à égard étant donné qu'il lui avait donné beaucoup plus d'informations que lui qu'elle ne l'avait fait sur elle. Un accord qu'elle ne soupçonnerait pas à moins d'avoir l'esprit aussi manipulateur que lui, mais c'était sans importance. Il lui laissa l'occasion de descendre de son boutre avant de se détourner pour de bon, les adieux prolongés, ce n'était pas sa tasse de thé, autant abréger les départs, qu'ils soient définitifs ou provisoires.

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