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Qu'est-ce que le patriotisme si ce n'est l'amour de la nourriture de notre enfance ▬ Libre

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Homme d'Armes
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Alysane Mormont
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♦ Missives : 1533
♦ Missives Aventure : 100
♦ Age : 29
♦ Date de Naissance : 27/09/1988
♦ Arrivée à Westeros : 11/09/2012
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Message Ven 21 Déc 2012 - 15:08

     L'épuisement devenait palpable, Alysane commençait à en avoir assez de tout ce manège. Parce que oui, il s'agissait bel et bien d'un épuisement mental et non physique, sans quoi la Mormont ne serait certainement pas aussi irritée. Il n'y avait rien de plus agréable – à ses yeux du moins – que de sentir ses muscles et ses membres lui faire mal, signe qu'elle s'était dépensée suffisamment dans la journée et qu'elle dormirait rien. La fatigue mentale était vicieuse et surtout impossible à soulager convenablement. L'Ourse sentait ses tempes l’élancer douloureusement et fermer les yeux ou se les masser ne servait à rien, si ce n'était lui montrer qu'elle devrait supporter en silence. La nuit avait été agitée, il faisait froid, mais pas assez pour empêcher que la pluie ne tombe et Alysane s'était éveillée au plein milieu de la nuitée lorsque des gouttes d'eau glaciale lui étaient tombées sur le visage. Le reste de son sommeil avait été très agité et la jeune femme était restée en grande partie éveillée, récoltant une belle migraine à son réveil. Encore plus grognon qu'à l'accoutumée, chose qui n'était pas vraiment facile pourtant, la Nordienne avait intimé le silence à son compagnon de voyage, Godrik, mais vu que celui-ci était naturellement peu bavard, ce n'était pas très compliqué.

     Ils s'étaient mis en marche très rapidement et la demoiselle avait tenté d'oublier ces élancements incessants pour se concentrer sur ses jambes, mais cela n'avait pas été très productif. Ce qui l'irritait le plus dans cette affaire, c'était que la brune n'estimait pas être une femme faible qui se mettait à pleurer à la première douleur venue ! Mais disons que, pour le coup, Alysane n'avait pas vraiment l'habitude de souffrir de douleurs qu'elle ne pouvait pas soulager avec de la neige ou d'autres remède de grand-mère de ce type. Son humeur était donc au plus bas, la pluie tombait et elle se persuadait seule que quelqu'un – peut-être les Anciens Dieux – voulaient l'empêcher d'aller chez elle pour aider les siens. L'idée que l'Île-aux-Ours puisse subir les assauts des pirates des Iles de Fer lui nouait l'estomac. Elle avait du mal à comprendre quelle idée lui était passée par la tête pour qu'elle puisse envisager de laisser les siens dans le Nord pendant qu'elle allait visiter Westeros alors que c'était la guerre. Certes, au moment de son départ les rumeurs de guerre étaient encore bien trop éloignées pour qu'elle se soucie de quoi que ce soit, mais il aurait fallu réagir avant que les Fer-nés ne s'en prennent au Nord. Déjà qu'ils se permettaient d'attaquer l'Île-aux-Ours pendant la paix, inutile de dire qu'en pleine guerre ils allaient s'en donner à cœur joie !

     L'arrivée à Port-Réal fut comme lors de sa première visite de la capitale : agitée et surtout difficile de s'y repérer. Elle avait beau réussir à se localiser sans problème sur son île natale qui avait pourtant une taille bien plus impressionnante que Port-Réal, il était tout simplement possible pour elle de réussir à différencier une ruelle d'une autre ! C'est pourquoi elle se trouva rapidement coincée à Culpucier alors que son objectif était à la base de trouver une auberge digne de ce nom dans un quartier un peu plus fréquentable de la ville. Étrangement, personne n'osa s'en prendre à elle et la demoiselle finit par laisser les rênes à Godrik pour qu'il s'occupe de les mener dans la bonne direction. Là, en moins de deux minutes, ils furent dans la zone visée par la Mormont à son entrée en ville. Accusant son persistant mal de tête de ce manque d'orientation, la demoiselle finit par proposer à son compagnon de passer aussi la nuit dans l'auberge. Elle savait qu'il n'aimait pas vraiment ce type de lieux, trop peuplés et surtout où il était très difficile de s'isoler. Le jeune roturier déclina sa proposition et la demoiselle hocha la tête en lui faisant savoir qu'elle comprenait. Ils se quittèrent alors qu'elle lui souhaitait une bonne journée, déclarant qu'ils se retrouveraient devant les portes de la ville dès le lendemain. Il lui lâcha une dernière pique en lui demandant si elle saurait se retrouver seule, mais la Nordienne ne daigna pas répondre et se contenta de rentrer dans son auberge.

     Le paiement exigé par le propriétaire du bâtiment était plus exorbitant lorsqu'on regardait ce qu'il offrait en contrepartie. Un minable matelas rembourré de paille qui bougerait certainement seul s'il n'était pas accroché au sol, un coffre ou poser ses affaires, ce que la belle ne faisait pas étant donné que la serrure était brisée, un pichet pour y mettre de l'eau ou une araignée avait élu domicile et la cerise sur le gâteau, une table sans chaise pour lui permettre d'écrire, alors que la Nordienne était sûre que le patron de l'auberge ne savait même pas écrire son nom. Mais la Nordienne n'avait malheureusement pas trop le choix, elle avait donc par conséquent été obligée de payer le prix demandé pour avoir l'insigne honneur de dormir dans un tel endroit, mais c'était à charge de revanche, elle n'oubliait jamais une telle chose. Après s'être rapidement installé, elle avait pendant quelques temps prié pour elle-même, sans bois sacré certes, mais cela la reposait un peu, puis elle était descendue à l'étage inférieur pour demander de quoi se restaurer à l'aubergiste qui lui avait rapidement apporté un pain accompagné d'un breuvage qu'elle ne saurait identifier. Après un petit moment passé à déjeuner, la jeune femme se dirigea vers la sortie pour aller visiter les environs, même après quelques temps passés ici, elle n'avait pas encore eut l'occasion de visiter tous les lieux qui la séduisait. Par conséquent, Alysane opta pour se diriger vers Fossedragon, qu'elle savait bien entendu fermée au public, mais qu'elle avait envie de voir, même de loin. C'était une manière de pouvoir dire à Meera qu'elle aurait vu ce magnifique endroit lorsqu'elle rentrerait dans le Nord, car elle y rentrerait, c'était une chose certaine. L'expédition ne prit pas longtemps, la jeune combattante y arriva en une vingtaine de minutes après s'être trompée seulement une fois de chemin, puis elle arriva devant une sorte de grosses grilles de fer qui bloquait l'accès, il avait été fermé comme elle le savait bien, en raison des nombreux morts qu'il y avait eu.

     Les yeux ambrés de la femme se promenèrent sur les environs, voyant finalement un chemin qui descendait plus loin dans la ville. Alysane capitula, elle était complètement perdue, autant marcher en croisant les doigts pour tomber sur une personne qui ne prendrait pas peur en la croisant et lui apporterait son aide. L'Ourse se tourna donc, avant d'emprunter la rue d'une démarche lourde et peu féminine, bien dominée par une attitude de combattante qui lui était familière. La petite ruelle se continua pendant quelques temps, menant finalement la voyageuse perdue vers le port, puis plus loin vers la grande place où de nombreux artisans et chasseurs avaient commencé leur vente de la journée. Haussant les épaules, son regard intrigué allait un peu partout autour d'elle, volant des visages des gens aux façades des bâtiments tellement différentes de celles du Nord, elle voyait trop de choses à la fois, observant le moindre détail qui s'offrait à son visage. Ses yeux ambrés se posèrent sur les silhouettes de quelques chevaliers à la noble allure et la demoiselle sourit intérieurement en pensant à la tête que ferait Meera si elle voyait les chevaliers de ses rêves se mouvoir devant ses yeux ébahis comme Alysane le voyait à présent. Mais son attention fut attirée par un stand particulier, un chasseur qui présentait des prises, mais son accoutrement laissait comprendre qu'il n'était pas natif des environs. La demoiselle s'en approcha, elle commença par regarder les proies qui ne l'intéressaient pas réellement, puis elle porta enfin son attention sur le chasseur qui se trouvait non loin de là, ne le connaissant absolument pas, mais lui adressant la parole avec une familiarité étonnante. Sauf venant d'une Mormont.

     ▬ Pourquoi quitter les belles contrées du Nord pour venir chasser et vendre des bêtes aussi chétives que celles de ces Terres ? La logique vous fait défaut mon ami. »

     Plusieurs personnes autour d'elle tournèrent la tête vers elle, sûrement contrariées d'entendre qu'elle dénigrait leurs animaux, mais peu lui chalait. Elle n'était pas ici pour flatter les nobles et encore moins les pouilleux du port.


Le chant des druides si clair et si limpide, c'est le chant des druides. Mais le chant des druides agit tel un fluide, apprends à l'écouter il te servira comme un guide, pour raconter des contes et des histoires de chevalerie, de grandes batailles de monstres et de tours de magie, c'est l'âme celtique, historique, antique. ✤ ©️ Le Chant des Druides, Manau
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Alrik Mallery
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Message Ven 21 Déc 2012 - 17:47

Chaque aube était estampillée de nouvelles péripéties et autres joyeusetés qui amenaient Alrik à une irréfutable conclusion : la vie était véritablement imprévisible. L'effervescence semblait immuable dans l'enceinte du Donjon Rouge qui comptait encore nombre de grands seigneurs en déplacement pour les prévoyances fer-nées, outre ces quidams notoires venus des antipodes du royaume, les volontaires se pressaient également pour s'enrôler dans la milice prévue à ce même effet. Les sépions des Iles-de-Fer n'avaient qu'à bien se tenir, si la notion de circonspection leur était encore inconnue, nul doute qu'ils ne tarderaient point de se la faire enseigner par des troupes armées jusqu'aux crocs et promptes à en découdre une bonne fois pour toute. Plus qu'une question de temps, avant que l'innommable insurrection ne soit pacifiée par les moyens adéquats, une épine dans le rachis de Westeros qui serait enfin libéré de ses maux. Le Mallery lui-même avait grande hâte que les ombres soient éclaircies d'une nitescence royale encline à condamner la Seiche d'Or à une cécité mille fois méritée. Plus de nouvelles moribondes en provenance des littoraux, car chaque annonce de trépas causé par ces écumeurs constituait une meurtrissure en l'âme des miséricordieux, lui y compris, la compassion lui apparaissait comme toute naturelle face à cette ineffable iniquité. Un sentiment qui pourtant, il le savait pertinemment, n'était point la principale motivation de ceux qui vouaient leur épée à la pacification pirate : la rétribution l'était, les promesses de trésors et de gloriole. Qu'importait, au fond, la raison pour laquelle l'on s'engageait, tant qu'ils comptaient suffisamment d'éléments dans leurs rangs. Chacun trouvait ses intérêts où il le pouvait, et avec l'effectif et les plans mis en oeuvre pour envahir cet archipel de sel et de rocaille, il n'avait plus aucune crainte sur l'avenir de cette inepte guerre. Après Murs-Blancs, la Main du Roi refrapperait fort pour faire entendre le phonème de son dragon héraldique, de quoi asseoir l'autorité de Brynden Rivers si ce n'était guère déjà fait. Le concernant directement, il ignorait encore s'il joindrait sa pugnacité à celles de ses homonymes dans cette bataille à venir, ou si, de façon plus modeste, il demeurerait à la bonne gérance du bastion aux rubicondes parois. Il fallait parfois savoir faire choir sa cape de chevalier pour répondre à des responsabilités certes moins martiales, mais toutes aussi substantielles. Dans tous les cas plausibles, il n'en serait nullement offusqué et agirait selon la bonne volonté de son lord, comme il le faisait depuis plus de vingt années.

En attendant le départ de l'extraordinaire ost, les trivialités poursuivaient leur cours, et avec elles, l'implication déontologique d'un commandant présent sur de nombreux fronts. Quelques affaires externes lui avaient été rapportées de la part de patronymes septentrionaux, un scélérat était activement recherché pour une pléthore de méfaits s'étant joué dans les contrées nordiques. Rien d'inusuel, à première vue, mais le quidam en question avait été aperçu dans les jonctions des Terres de la Couronne, de quoi embraser l'essence paternelle de quelconque parent en apprenant que les la majorité des victimes de ce malfaiteur n'étaient autres que de jeunes sylphides. Peut-être la paranoïa l'étreignait-il, mais l'hypothèse que sa chère fille puisse être victime de la pire infortune qui puisse être en croisant le sentier du concerné lui glaçait l'échine, à tel point qu'il s'était promis de mettre la main sur le gredin en question. Ses patenôtres allèrent aux Sept pour que Yevana ne fasse aucune bévue, Aaliyah tout comme chaque domestiques d'Empyrée – le fief familial – avaient été mis au fait de ce péril itinérant. Puis, la pléiade d'informateurs dont disposait Alrik fut sollicitée dans ses acabits, et il savait que ses quelques relations avec la plèbe de Culpucier lui seraient fortement utiles. C'est ainsi qu'en ce jour, lorsque l'une de ses recrues était venue le renseigner sur la présence de l'énergumène dans le foirail de la ville, il s'y était rendu en compagnie d'une poignée de Dents de Freux pour le seconder. Ces derniers s'étaient discrètement dispersés parmi la foule sous les consignes de leur capitaine qui, dans son armure d'ivoire et d'ébène ornementée de son écu étoilé, musardait entre les gens jusqu'à repérer l'étal qui les intéressait. Les nordiens étaient renommés, entre autre chose, pour leurs facultés de giboyeur, rien de sidérant à le supposer vendre les trophées de ses chasses. En revanche, il était inconscient de sa part de supputer passer inaperçu dans un tel décors, sans doute ne soupçonnait-il point les cataractes d'informations qui fluaient d'une noblesse à l'autre, la justice n'avait guère de lisières !

Ainsi donc, il se rapprocha à pas quasi feutrés, laissant flâner ses prunelles d'azur à l'instar de tous les badauds journaliers. Une fois devant le stand ciblé, il feignit de mirer le gibier avec un semblant d'intérêt, la main comme toujours intuitivement déposée sur le manche de son épée qui trônait présomptueusement à son ceinturon. Dans l'observation trompeusement banale, il releva son regard sur le marchand dont il authentifia les traits, et en fut aussitôt persuadé, il tenait son assassin. A présent, ne restait plus qu'à lui suggérer une sinécure dans les geôles du Guet ou même celles du Donjon Rouge, peu lui chalait. Mais avant qu'il ne puisse intervenir, une donzelle à ses côtés prit la parole avec une surprenante privauté. Il se tourna vers cette truculente voisine aux atours pour le moins particuliers, comme le firent plusieurs promeneurs qui n'hésitèrent pas à la toiser avec l'infatuation de leurs titres, certains visiblement outragés de ce qui était avancé. Le sigisbée ne fit rien de cette mésestime peut-être involontaire de la part de la jeune femme, et entreprit de prendre parole à son tour.


« Il est vrai que vous serez le bénéficiaire de bien moins de considération avec de telles prises qu'avec celles que l'on déniche plus au Nord. » Ses calots dévièrent sur le vendeur, avant de guigner derechef la nymphe sur sa droite. « Cette lady parle avec perspicacité à défaut de le faire avec subtilité. » Il adressa une mince risette à cette dernière, signe que sa tirade aussi véridique pouvait-elle être n'était qu'une innocente taquinerie, sans guère une once de vanité. Il n'était pas à exclure que la fière allure et la belle élocution qui différaient atrocement avec le style de la sylphide lui donneraient éventuellement l'impression du contraire, mais si tel était le cas, rien ne serait volontaire. Ne s'attardant point sur ce détail, le chevalier reporta son attention sur l'homme qui tenait l'étal, ses mirettes se plissèrent imperceptiblement et avec une lueur désinvolte. Il observa succinctement autour d'eux pour repérer les positions de ses Freux, puis reprit. « Mais sa question est tout aussi pertinente, il est rare de croiser des nordiens venus s'échouer dans nos marchés, pourquoi donc avoir quitté vos belles contrées ? »

Le gredin alterna ses yeux entre la donzelle et le commandant dont l'importance hiérarchique se lisait assurément sur sa tenue. Méfiant et suspicieux, les interrogations posées lui semblaient un peu trop appuyées pour être inoffensives. A son tour, il scruta les alentours comme s'il soupçonnait des forces armées de se tenir non loin et d'être bien plus au fait de sa situation qu'il n'y paraissait. Les secondes s'écoulèrent sans qu'il ne daigne répondre, la pression s'accumulait alors que d'autres personnes qui assistaient à la scène patientaient également pour suivre le fil de cette conversation – la curiosité, quel vilain défaut ! Les sourcils du Mallery se froncèrent lentement, le mutisme était trop long pour être uniquement de circonstances et il fallait agir avant que l'interpellation n'avorte. Toutefois, le malotru fut bien plus furtif qu'escompté, et sans crier gare, il renversa lui-même son éventaire sur tous ceux qui se situaient devant lui, capitaine et nordienne inclus. Sans comprendre, secoué dans tous les sens et enseveli sous les cadavres d'animaux, Alrik mit un instant avant de retrouver son sens commun et s'extirper des débris en râlant. Dans un même élan, il aida la jeune femme au physique si distinctif à se débarrasser de la table qui lui était en partie tombée dessus.

« Est-ce que ça va ? » Il chercha immédiatement des yeux le responsable de tout ceci, à quelques pas d'eux seulement mais subitement armé d'une hache extirpée de nulle part. Il ne se souvenait pas l'avoir aperçue trôner dans son rachis, en revanche, sur celui de la nordienne... Dérober l'équipement d'une homonyme n'était sûrement point recommandé si l'on tenait à la vie, mais le bougre semblait prêt à en découdre séance tenante. Fraternité fut à son tour tirée de sa langueur, mais une fois de plus, le gredin fut des plus imprévisibles. Si tout laissait penser qu'il s'engagerait dans un duel, il se contenta de tourner les talons et de se faufiler parmi les badauds pour s'échapper, laissant le chevalier quelque peu perplexe au passage. Il se tourna en direction de la naïade et jugea bon de lui adresser malgré tout un trait d'esprit. « Bienvenue à Port-Réal ! » Puisqu'elle était désormais concernée – car c'était toujours avec sa hache, qu'il fuyait ! - il lui fit un signe de la main pour la convier à le suivre tout en s'élançant sans attendre. « Venez ! » La course poursuite débutait.


Vous allez balayer ma cendre ; L’homme ou l’insecte en renaîtra ! Mon nom brûlant de se répandre, dans le nom commun se perdra. Il fut! Voilà tout ! Bientôt même, l'oubli couvre ce mot suprême, un siècle ou deux l’auront vaincu. Mais vous ne pouvez, ô nature, effacer une créature... Je meurs. Qu’importe... J'ai vécu !


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Alysane Mormont
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Message Sam 22 Déc 2012 - 20:54

     Alysane fut assez surprise d'entendre l'homme à ses côtés prendre la parole. Elle darda ses yeux ambrés sur lui en se demandant bien ce qu'un individu apparemment important, pouvait avoir à faire d'elle. La Nordienne n'avait pas une grande opinion des gens du sud et encore moins des nobles dans ce style. Était-il y simple marchand au pécule bien fournit ? Non, vu la manière dont il se tenait et dont il parlait, l'étranger semblait avoir eu une éducation digne de ce nom. Bien plus digne que celle de la Mormont du moins ! Cette dernière toisait d'ailleurs le personnage d'un air inquisiteur, cherchant à trouver une raison au fait qu'il s'adresse à eux de la sorte alors qu'il était plus qu'évident qu'il ne devait rien vouloir acheter au chasseur. Un noble ne faisait pas ses courses tout seul, du moins pas ces courses-ci, il aurait envoyé ses serviteurs à la place. La demoiselle restait donc méfiante, détournant son attention pour la poser sur les proies étalées devant eux, ne relevant pas le « lady » qui lui fut adressé. Parce qu'elle avait l'air d'une dame ? Il était bien étrange ce nobliau ! Ce devait être le premier à lui donner un titre qui, s'il lui revenait de droit, ne convenait pas du tout à son apparence. Elle ne lui renvoya pas plus son sourire léger, gardant son expression éternellement contrariée – surtout que sa douleur aux tempes persistait toujours – et préférant éviter d'ouvrir la bouche sous peine de se montrer désagréable. Pour une fois, ce serait bien qu'elle ne soit pas responsable du commencement d'une dispute qui la concernerait.

     Les questions arrivèrent alors, l'homme sans nom questionna le chasseur et l'homme d'armes à ses côtés. La demoiselle n'avait aucune envie de se justifier, pourquoi est-ce qu'elle aurait besoin de donner une raison à sa venue ici ? Était-ce donc interdit pour les représentants d'autres régions, de venir se promener sur ce port ? Cela dit, Alysane considéra qu'elle serait plus rapidement débarrassée de cet étrange personnage si elle lui donnait ce qu'il voulait. Sachant qu'elle n'était pas dotée d'une grande patience, la donzelle préféra couper court à ce début de discussion plutôt étrange, il était évident qu'ils n'avaient rien à voir. Elle se sentait bien plus proche de ce chasseur que de ce noble trop curieux ! Après avoir reniflé d'un air pas forcément très élégant, la jeune femme haussa les épaules en passant ses doigts sur le crâne d'un blaireau posé devant elle.

     ▬ Pour ma part je ne suis ici que par obligation afin de prendre un navire menant à Blancport. »

     Et c'était l'entière vérité ! La jeune femme souhaitait rentrer chez elle pour aider son père dont la jambe douloureuse à certaines périodes de l'année, l'empêcherait de défendre correctement sa famille. Mais tout ceci ne regardait personne d'autre que la demoiselle et les siens. Alysane ne se rendit pas compte qu'apparemment la question était bien plus ciblée pour le chasseur qu'elle ne voyait que comme un simple homme venu de la même région qu'elle. Son attention fut bien retenue par le fait que les passants semblaient tous intéressés par ce qui se passaient là, mais elle ne s'en souciait guère plus. N'était-ce pas fréquent qu'elle assiste à ce type de spectacle lorsque quelqu'un essayait de la remettre à sa place ? À force d'être traitée comme une pouilleuse, Alysane avait presque l'habitude d'attirer l'attention d'une mauvaise manière.

     Ce fut donc avec une grande surprise qu'elle vit l'homme repousser l'étal où il avait posé ses proies. Alysane ne parvint pas à reculer à temps et elle se sentit chuter durement sur le sol, ce qui ne fit que rajouter à la douleur qui lui broyait le cervelet. Mais ce qui l'interpella le plus fut de sentir qu'on tirait rudement sur sa ceinture. La Mormont ne parvint pas à dégager sa main pour empêcher le vol de sa hache et il fallut, à sa grande honte d'ailleurs, qu'elle soit aidée par le noble trop curieux qui s'inquiéta au passage de sa santé. Pure politesse sans aucun doute, il ne se souciait certainement pas de son état. Armée de sa mauvaise foi, la demoiselle balaya les environs du regard en glissant sa main là où aurait dû se trouver sa hache, pour la refermer sur du vide. Sa colère s'embrassa aussitôt et elle ne se fit pas prier pour emboîter le pas à l'étranger qui eu la bonne idée de la convier à le suivre. Elle se hissa sans trop de peine à sa hauteur, les dents serrées et les sourcils froncés, avant de lâcher quelques mots d'un ton clairement irrité.

     ▬ Dès qu'on lui tombe dessus, je me charge de lui arracher ses dents une à une ! »

     Oh, elle ne nourrissait aucune passion pour ce type de choses, mais disons simplement qu'elle avait toujours remarqué que les dents semblaient être un point sensible chez ses adversaires et qu'il pourrait y réfléchir à deux fois la prochaine fois. Du moins en imaginant qu'il y en ait une. Sachant que la Mormont refusait toujours que qui que ce soit – même les siens – ne posent les mains sur sa hache, il n'était pas certain qu'elle laisse partir ce personnage dans l'état où il se trouvait actuellement. Et si son noble assistant du moment s'y opposait, il se retrouverait avec deux Nordiens en colère sur le dos !

     La course-poursuite n'était pas le passe-temps préféré d'Alysane qui regretta de ne pas avoir laissé plus d'affaires à l'auberge, elle était assez chargée, mais heureusement pas suffisamment pour l'empêcher de maintenir le rythme. Elle avait l'habitude de vadrouiller en courant un peu partout et sachant que c'était normalement dans des forêts au sol inégal, inutile de préciser qu'en pleine ville la tâche était moins ardue. La Nordienne ne se souciait pas trop de l'autre homme, songeant déjà à ce qu'elle pourrait bien faire à ce voleur inconscient et essayant surtout de ne pas le perdre de vue. À plusieurs reprises il manqua de s'échapper en empruntant des ruelles très étroites qui obligeaient ses poursuivants à freiner et à passer chacun son tour, mais cela ne les ralentissait pas bien longtemps. Après un petit moment de poursuite alors que la Nordienne commençait à sentir son souffle devenir moins fluide, elle leva les yeux à temps pour voir un escalier qui montait le long d'une maison. Il menait à un balcon qui contournait le bâtiment et donnait sur la ruelle : ni une ni deux, elle l'emprunta et pressa le pas pour se retrouver sur le balcon au moment où le fuyard passait non loin de là. Sans trop réfléchir – ou jauger de la hauteur – la Mormont prit appui sur la rambarde pour l'enjamber, ou plutôt sauter au-dessus, sans freiner, puis elle retomba dans la ruelle... Sur leur fuyard. Enfin, pas entièrement. Alysane le percuta au niveau des épaules et il roula sur le sol alors que de son côté la Nordienne finissait sa course dans une meule de foin qui heureusement se trouvait là. Elle eut même la chance d'éviter la fourche située à quelques centimètres de son visage. Alors que le foin la piquait – ce qu'elle pouvait détester cette sensation – la demoiselle souffla un peu, considérant que si l'homme qui l'aidait dans cette course n'était pas capable de retenir le fuyard, elle lui arracherait les yeux avec ses propres doigts. Plutôt sales en l'occurrence.

     La demoiselle se débattit comme elle put pour s'extraire de la botte de foin et réussir à se remettre sur ses pieds, elle dût épousseter rapidement ses vêtements – et ses cheveux – où plusieurs brindilles s'y étaient plantées, lui donnant plus que jamais l'air d'une sauvageonne venue d'au-delà du Mur. La jeune femme s'empressa de s'approcher du noble, après avoir vérifié qu'elle n'avait rien perdu dans sa chute, puis se renseigna.

     ▬ Alors, vous l'avez ? ! »

     Elle espérait que oui, dans leur intérêt à tous !


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Message Dim 23 Déc 2012 - 15:42

Talonner un gredin lui rappelait son très jeune temps où ces mêmes venelles, il les parcourait également, mais avec le rôle de celui qui tentait de s'escamper pour échapper aux hommes du Guet. Une expérience qu'il avait certes eue fort rarement en comparaison à son fieffé coquin de frère aîné, préférant finalement de l'autre côté de la barricade pour être le poursuivant plus que le poursuivi, et nul doute que sa grande connaissance des ruelles de la cité pour les côtoyer depuis toujours les aiderait. Du moins, ce fut ce qu'il pensa en toute candeur, mais même s'ils avaient été en possession d'une carte de Port-Réal, ces rues étaient tellement fréquentées et alambiquées qu'il était aisé de s'y égarer, même pour lui. Preuve en était : le quidam fluait à la vitesse de l'éclair et parvenait à les ralentir lorsqu'ils pensaient être sur le point de le rattraper, fait frustrant quand bien même parvenaient-ils à éviter ses pièges et à ne surtout pas le perdre de vue. La nymphe était toujours la première à se faufiler dans les coins étriqués, plus fluette et furtive, le commandant avait le réflexe de lui faire place pour ne pas qu'ils en viennent à se heurter l'un l'autre dans la plus inepte des situations. Par de nombreuses fois, Alrik eut à esquiver les pauvres badauds victimes de bousculades, certains ne purent même y échapper et ne manquèrent point d'atterrir dans d'autres éventaires qui s'écroulèrent, créant cataractes de fruits, de viande et autres objets hétéroclites. Comme si le Port n'était pas suffisamment tumultueux de façon usuelle, voilà qu'ils n'arrangeaient en rien les choses ! Ce fut alors qu'il guigna la donzelle emprunter un sentier différent du sien, supputant qu'elle devait avoir un plan et ne s'y attardant guère plus longtemps pour ne pas se laisser distancer au cas où l'initiative de la jeune femme soit infructueuse. Ce fut alors qu'à l'angle d'un énième passage, l'escamoteur fut violemment percuté par cette même truculente damoiselle qui aboutit son saut de toute élégance dans une moyette. Malgré son envie de le faire, le chevalier ne prit pas le temps de vérifier qu'elle ne souffrait d'aucun mal et fit converger toute son attention sur sa cible qui se redressait déjà. Fichtre, cet énergumène était décidément preste ! Cependant, le sieur n'eut à son tour aucune hésitation en parvenant à sa hauteur sans amoindrir son allure, il le percuta de plein fouet à l'instar d'un prédateur léonine sur sa pitance du jour. Tous deux chutèrent dans la poussière sous les oeillades à la fois sidérées et apeurées des flâneurs qui se hâtèrent de s'éloigner. Après la course, la lutte débutait à son tour, mais il ne le laisserait pas lui filer entre les phalanges à présent que celles-ci l'avait harpé !

Mais à défaut d'une résignation, le sigisbée eut loisir de goûter à un prodigieux uppercut qui aurait de quoi lui endolorir la mâchoire pour la journée. Désorienté par ce revers, son antagoniste en profita pour le faire choir sur le côté et le surplomber. Hache en mains, il leva cette dernière dans une pulsion assassine et l'abattit en direction du crâne de son ennemi qui, non occis d'instinct, usa de Fraternité pour parer l'offensive avant que ne sonne sa dernière heure. Ils opposèrent leur force brachiale durant de longues secondes avant que le Mallery ne se serve de ses jambes pour se dégager de cet importunant poids, repoussant le quidam un peu plus loin. Binôme parfaitement synchronisé dans leur valse, ils se relevèrent simultanément, se jaugèrent en une furtive latence, puis jouèrent derechef de leurs armes en cette symphonie métallique qui faisait le quotidien des combattants. Et le bougre était fort digne de la notoriété des nordiens en terme d'estoc et de taille ! La joute eut tôt fait de rassembler une affluence d'admirateurs et curieux – qui prenait tout de même soin à ne pas se situer dans les sillons des duellistes en pleine expression. La voix de la dryade qui l'accompagnait dans sa mission lui parvint aux tympans malgré la cantate des lames, et sans pour autant la guigner, il lui répondit sans perdre sa concentration.
« Une seconde ! » Oui, qu'elle lui octroie une seconde supplémentaire, et les Sept savaient qu'il l'aurait ! Assurément résolu, il s'apprêta à donner la charge, mais fut une fois encore pantois par l'action du pendard qui, plutôt que prévoir une défense, se contenta de lancer l'arme volée dans les bras du commandant pour qu'il la récupère. Quant à sa congénère septentrionale, il ne l'avait point omise ! Dans un geste tout aussi diligent, il saisit un poignard à son ceinturon et le lança sur la jeune femme au cas où celle-ci aurait eu dans l'idée de se mêler à l'altercation musclée. Ce scélérat était décidément plus matois qu'il n'en avait l'air, car la surprise de l'un – et la réception appliquée pour ne pas embrasser la face tranchante de la hache. - et la contrainte esquive de l'autre lui ploya le temps nécessaire à une nouvelle évasion.

Tout du moins, en fut-il convaincu, prompt à s'insinuer entre les passants, avant d'être brutalement plaqué au sol comme précédemment par un homme en armure peinte des teintes de la Main du Roi. Alrik fut particulièrement heureux d'admirer l'intervention de ses Freux qui les avaient suivis jusqu'ici, en dépit de leur arrivée quelque peu tardive, ils avaient au moins le mérite d'être efficaces. Le truand fut enfin immobilisé, le commandant eut loisir de reprendre son souffle et de remettre Fraternité dans son fourreau, satisfait de l'achèvement de toute cette histoire. Il se tourna vers la nordienne non loin de lui et la rejoignit pour lui rendre son bien qu'il avait toujours en main.


« Tenez, il me semble que cela vous appartient. » Une superbe arme qui avait failli avoir raison de lui, mais il préféra oublier cette éventualité qui ne risquait plus d'arriver, du moins, l'espérait-il. Il lui adressa une risette qui se voulut amicale. « Belle envolée, je vous aurais félicité séance tenante si je n'avais pas été pris au corps. »

Les râles du captif attirèrent son attention, celui-ci fut réduit au silence par le poing d'un Dent de Freux qui lui somma de se taire par la même opportunité. Les seigneurs du Nord seraient enchantés d'apprendre que ce fugitif à la tête tant convoitée était désormais entre les crocs de la justice... Oui, mais les moeurs et lois différaient entre les contrées, et qui pouvait savoir si ce drôle avait également ouvré dans les Terres de la Couronne, voire dans d'autres régions depuis qu'il avait quitté ses terres d'origine ? De ce qu'il en savait, les nordiens avaient pour tradition de se salir eux-mêmes les mains, contrairement à leurs voisins géographiques, qui ordonnait une sanction la dispensait de sa propre lame. Cela était-il susceptible de poser quelques ombres dans le jugement de ce gredin ? Ses prunelles azurées biaisèrent sur l'étrange demoiselle à ses côtés qui, s'il l'avait bien compris, était également des territoires où soufflait l'aquilon, et à l'en observer, nul doute plausible sur le fait qu'elle soit une guerrière qui quémanderait vengeance sur celui qui avait osé profaner sa hache de son doigté. Lui arracher les dents, avait-elle dit avant qu'ils ne se lancent dans leur galop, un châtiment encore trop miséricordieux pour un homme à l'âme souillée par une pléthore d'ignominies sur d'innocentes jouvencelles. Cette simple véracité le fit frémir d'aversion, il se devait d'obtenir la condamnation la plus adéquate à ses méfaits.

« Je sais que vous auriez aimé corriger ce scélérat vous-même, et j'aurais sûrement pris plaisir à vous laisser faire si les circonstances avaient été autres. » Son phonème se fit davantage cordial que péremptoire comme aurait pu l'être la tonalité d'un chevalier hautement gradé dont les décisions n'auraient, de toute façon, pu être souffrir d'objection. Il se souvint alors que si ce dernier fait pouvait être irréfragable pour les habitués de la ville, il ne l'était hypothétiquement pas pour des itinérants. Il n'était guère à exclure qu'elle puisse le considérer comme un simple noble, ou pire, un sigisbée à la tête de la garde personnelle d'un seigneur. Les méprises pouvaient être nombreuses, aussi était-ce le moment approprié pour faire les présentations. « Je suis ser Alrik Mallery, Commandant des Dents de Freux et humble serviteur de la Main du Roi. » Voilà qui suffirait à asseoir son autorité de manière pacifique. « Cet homme a une pléiade de griefs jouant contre lui, j'ignore encore ce qu'il adviendra de sa tête, il me faudra consulter lord Brynden Rivers pour cela. En attendant, il sera détenu dans nos geôles, mais dans tous les cas, ses actes ne demeureront pas impunis, vous avez ma parole. »


Vous allez balayer ma cendre ; L’homme ou l’insecte en renaîtra ! Mon nom brûlant de se répandre, dans le nom commun se perdra. Il fut! Voilà tout ! Bientôt même, l'oubli couvre ce mot suprême, un siècle ou deux l’auront vaincu. Mais vous ne pouvez, ô nature, effacer une créature... Je meurs. Qu’importe... J'ai vécu !


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Alysane Mormont
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Message Dim 23 Déc 2012 - 20:01

     Apparemment le noble avait l'air occupé, Alysane recula légèrement pour éviter se récolter un coup perdu ou de le gêner dans son combat. Elle n'était peut-être pas très amicale avec les inconnus, mais savait tout de même respecter les combattants et ne pas devenir un poids. Du moins elle l'espérait. La jeune femme suivait les échange du regard en espérant qu'elle soit tombée sur un individu capable de se défendre. Visiblement c'était le cas, la Mormont s'estimait chanceuse de ne pas avoir récolté un idiot incapable d'échanger quelques passes sans se couper le doigt. Heureusement pour eux, le chasseur délinquant n'avait pas une défense très solide et il lança rapidement la précieuse hache d'Alysane en direction du noble alors que la jeune femme pestait intérieurement : comment osait-il traiter sa belle arme avec aussi peu de délicatesse ? Certes, cela ne semblait pas non plus être l'apache de la demoiselle, mais Alysane savait se montrer très douce avec ses armes étant donné qu'elle les estimait un peu de la même manière qu'une noble « normale » aimait ses robes et ses bijoux. Un poignard fut alors lancé en direction de la Mormont qui réagit aussitôt, se décalant d'un pas pour présenter son flanc et éviter d'exposer ses points vitaux. L'arme passa à côté d'elle, la frôlant presque, pour finalement finir sa course dans le foin qui aura décidément beaucoup servi dans la journée ! Cette attaque directe ne fit que renforcer la colère déjà bien présente de la Nordienne qui serra les dents, les sourcils froncés, animée d'un désir de lui arracher tout ce qu'elle aurait à portée de main, le plus lentement possible pour bien le faire souffrir.

     Elle fut toutefois tirée de ses pensées glauques par l'intervention d'un homme qui portait une armure semblait indiquer une appartenance à un organisme quelconque. Pour tout dire, elle ne s'y attarda guère, Alysane avait déjà rencontré un garde royal par le passé, mais elle n'aurait pas été capable de les reconnaître à ce jour si elle n'avait pas appris de sa bouche qu'il en était un. Le chevalier avait donc plaqué l'homme au sol de manière à l’immobiliser et sembla prendre les choses en main. Et voilà ! Sa vengeance lui était enlevée et elle allait devoir pester en silence sans pouvoir faire regretter à cet imbécile d'avoir osé souiller sa précieuse hache. Le noble à ses côtés se tourna vers elle pour prendre la parole après lui avoir tendu sa précieuse hache. La Nordienne ne se fit pas prier et attrapa aussitôt son bien avant de la coller contre elle comme s'il venait de lui confier son enfant et qu'elle craignait de le voir à nouveau enlevé par un malotru. Le regard ambré de la jeune femme se posa sur le visage de l'homme sans qu'elle fasse le moindre signe amical dans sa direction. Au moins ne se comportait-elle pas comme à l'accoutumée, à comprendre en arborant un air buté et contrarié, au fond, il pouvait s'estimer heureux, cela revenait presque à dire qu'elle lui souriait en signe de remerciement ! La Mormont haussa les épaules, l'air de rien.

     ▬ Je l'ai loupé, je voulais lui tomber dessus pour lui éclater la tête contre les pavés, ne me félicitez pas. »

     Elle n'était pas sérieuse, Alysane n'avait jamais tué d'homme – mis à part les quelques Fer-nés qui attaquaient son île, mais ils n'étaient pas assimilés à des hommes – et elle n'avait aucune envie de le faire. Certes, son côté un peu brutal pouvait laisser penser qu'elle aurait sauté sur l'occasion, mais la demoiselle possédait tout de même une certaine douceur, bien qu'elle était habillement camouflée. Quoi qu'il en soit, la jeune femme ne se privait jamais du plaisir d'appuyer les pensées des gens la concernant. Elle savait bien qu'ils étaient nombreux à croire qu'elle n'était qu'une femme sans éducation et tous, ou presque, s'attendaient à la voir se comporter comme une barbare. Autant leur donner ce qu'ils attendaient ma foi, même si c'était bien loin de son état d'esprit réel. Alysane ne se fatiguait pas à se montrer sous son véritable jour à des personnes qui n'étaient pas capables de la comprendre et ne faisaient aucun effort pour y parvenir.

     L'homme avait été parfaitement maîtrisé et le regard de la jeune femme se posa sur lui alors qu'une note de regret passait dans ses prunelles. Le noble exprima le fait qu'il savait parfaitement qu'elle aurait aimé pouvoir s'occuper seule de son cas, mais ne comptait visiblement pas le faire. Lorsqu'il dévoila son titre, la demoiselle se contenta de froncer les sourcils d'une manière qui montrait clairement qu'il la laissait aussi inculte que s'il lui avait parlé des traditions des natifs de Yi-Ti. À quoi bon connaître les titres des personnes qui ne vivaient qu'à la capitale alors que vous pensiez ne jamais y mettre les pieds ? Lord Jeor Mormont n'avait jamais été aussi loin dans le sud et par conséquent il n'avait jamais inculqué les choses propres à ces régions à ses filles. Seul le nom de Brynden Rivers lui fut familier, elle considéra donc que son interlocuteur devait être un homme important vu ce qu'il avait l'air d'avoir comme contact, mais cela ne la gêna pas vraiment. Elle attendit qu'il retombe dans le silence, relevant légèrement son visage et poussant son menton en avant comme pour se donner plus de présence, puis répondit enfin. Son ton n'était toujours pas amical, mais il n'était pas hostile pour autant.

     ▬ Les Dents de Freux ? Navrée, mais cela ne me dit absolument rien. Je constate simplement que vous avez l'air d'apprécier les titres qui font références à une partie du corps humain, vous, les gens du sud. Entre la Main du Roi et les Dents de Freux, il était vrai que c'était assez étrange. Et qui étaient donc les autres, la Langue du Grand Amiral ? L'idée l'amusait assez, au point qu'un bref sourire à peine visible passa sur ses lèvres gercées, mais elle retrouva rapidement son sérieux. Cela dit avec votre titre, j'imagine que vous devez certainement être quelqu'un de haut placé, je m'étonne que vous vous amusiez à courser les petits voleurs dans les rues. Habituellement les personnes comme vous n'aiment pas courir, c'est une activité qui à la mauvaise habitude de faire suer voyez-vous. »

     Un nouveau sourire moqueur passa furtivement sur ses lèvres tandis qu'elle détournait son attention sur l'homme dont il était question. Désirait-elle sa mort ? Non, pas franchement. Il était Nordien tout comme elle, puis même si à ce jour la jeune femme était très énervée contre lui, il restait ce qui lui rappelait le plus sa région natale. Le regard de la Mormont se baissa tandis qu'elle toucha sa hache pour s'assurer que rien n'avait été abîmé pendant la course, puis, constatant que tout était en ordre, elle s'empressa de l'accrocher à sa place habituelle : à sa ceinture. Prête à être utilisée. La politesse aurait voulu qu'elle se présente aussi, pourtant Alysane savait parfaitement qu'il n'allait pas la croire lorsqu'elle prétendrait être une fille de maison noble. Peu lui importait l'avis des autres, mais ces justifications répétées commençaient à l'épuiser et même les ours présents sur sa tunique ne semblaient pas appuyer ses dires. Relevant ses prunelles vers l'homme, elle reprit donc, mais pas vraiment de gaieté de cœur.

     ▬ Je m'appelle Alysane Mormont, homme d'armes de la Maison Mormont de l'Île-aux-Ours. Comme je vous l'ai dit précédemment, je suis ici pour prendre un navire jusqu'à Blancport et regagner mon île natale. Souhaitant occuper ses mains, elle les glissa au niveau de ses hanches, ce qui eut le don de la faire davantage passer pour un homme peu viril que pour une femme masculine. Heureusement, elle ne désirait pas faire de charme à qui que ce soit. Clignant des yeux à plusieurs reprises, la demoiselle conclut finalement. Et que fait un homme aussi important que vous à traquer des petits brigands messire ? Vous devez certainement avoir mieux à faire. À moins que vous ne surveilliez tous les Nordiens et que je vous apparaisse comme dangereuse ? »

     Là, elle ne plaisantait qu'à moitié. Ce ne serait ni la première, ni la dernière fois qu'un tel discours lui serait présenté et pour être sincère, elle s'y attendait presque depuis la première phrase que ce ser Mallery avait prononcée à son arrivée devant l'étal du chasseur Nordien.


Le chant des druides si clair et si limpide, c'est le chant des druides. Mais le chant des druides agit tel un fluide, apprends à l'écouter il te servira comme un guide, pour raconter des contes et des histoires de chevalerie, de grandes batailles de monstres et de tours de magie, c'est l'âme celtique, historique, antique. ✤ ©️ Le Chant des Druides, Manau
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Alrik Mallery
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Message Mer 26 Déc 2012 - 13:50

Qu'elle ait échoué dans son entreprise n'était que son avis, même si le commandant était intimement persuadé qu'ils auraient fini par stopper le gredin en dépit des inextricables venelles de la ville, la jeune femme avait été d'une aide somme toute irréfutable. Qu'importait ses réelles intentions avec cet homme, elle ne déméritait pas un semblant de reconnaissance, du moins, s'en persuadait-il. S'il n'était point à exclure qu'elle n'aurait en rien participé à la traque si son arme n'avait pas été prise en étage, il préféra ne pas y songer et s'intéresser aux faits. L'un d'eux l'amena à conclure qu'elle n'avait guère l'intention de châtier le coupable de sa propre lame, à moins qu'elle ne se soit résignée dès lors qu'il lui eut fait part de cette impossibilité ? Il l'ignorait mais fut pantois face à un esprit qu'il aurait imaginé plus vindicatif, une maladresse d'hypothèse qui lui laissa penser qu'il avait éventuellement trop hâter son jugement la concernant. L'apparence était souvent fallacieuse, tout comme l'attitude physiologique, si la résolution de la donzelle était irrécusable, peut-être sa dangerosité n'atteignait-elle guère de telles apogées. Au vu de la tonalité qu'elle empruntait, il fut toutefois incapable de plus conjecturer sur sa véritable nature et préféra occulter ses premières impressions qui, contrairement à ce que suggérait l'adage, n'étaient pas toujours les plus justes. Si les poncifs étaient indénombrables concernant les peuplades septentrionales et que le Mallery n'était pas quidam à prêter attention à ce genre de lieux communs, il se fit perplexe lorsque la sylphide prétendit ne rien connaître des Dents de Freux. Voilà qui avait de quoi surprendre ! Leur Ordre était renommé pour leur rôle à la capitale, et les Sept savaient que la Main du Roi ne se déplaçait jamais sans une escorte de ses braves sigisbées dont Alrik était le premier représentant. La perspective que leur titre soit méconnu lui fit arborer une mimique songeuse alors que ses phalanges frottaient intuitivement sa barbe, un air quelque peu désoeuvré bien que nullement offusqué qui disparut bien promptement à la galéjade qui lui fut sitôt adressée. Son rire clair teinta un furtif instant, jamais ne le lui avait-on signifié aussi ouvertement et sans crainte des représailles – car les seigneurs de nom, qu'ils soient de simples oisifs ou des chevaliers ceints de leurs voeux, jouissaient d'une notoriété au moins aussi bégueule que leurs épouses. Combien d'entre eux avait-il lui-même offensé lors de ses premiers pas dans cet indicible univers qu'était la noblesse ? Ubuesques souvenirs.

« Vous n'avez pas tort, mais tant que ces parties ne prêtent pas trop à rire, l'on s'y accommode. » Concéda t-il sur une note certainement plus légère que son interlocutrice qui semblait vêtue d'un égide de brusquerie pour le moins saisissant. Les répliques suivantes eurent tôt fait de chasser sa badinerie en faveur à un nouvel étonnement qu'il ne chercha point à camoufler. « Les personnes comme moi... ? »

Fichtre, que voulait-elle donc dire par cela ? Avait-il gagné en embonpoint à s'en confondre avec ces dignitaires hautement oiseux ? Sa prestation d'estoc et de taille avait-elle tant été à déplorer ? A moins que ses traits physionomiques ne se soient de trop imprégnés de cette noblesse que certains lui reprochaient encore ? En dépit d'une pléthore de plausibilités, il subodora que ce n'était là qu'une conséquence de son rang à la sonorité quelque peu pompeuse, il l'admettait, mais les tribulations pour l'atteindre avaient été telles qu'il ne pouvait se départir de sa fierté lorsqu'il l'annonçait. Si autrefois, ce n'était autre que son dénuement qui lui était renvoyée au faciès, aujourd'hui, les choses s'étaient inversées, à s'y méprendre de manière inéluctable sur les véritables origines de sa naissance. Un fait amusant, mais qui le laissait sans plus de réaction face à la naïade qui lui faisait face et qui reprit rapidement le cours de leur échange. Et s'il crut opportun de remettre l'authenticité de la nordienne sur des titres qu'elle-même ne possédait pas, il s'était lourdement fourvoyé et ne put que choir des nues en apprenant son patronyme. Les Mormont, il ne les connaissait point personnellement, mais les dires à leur sujet traversaient les lisières régionales. S'il en croyait le mythe, la femme avec laquelle il conversait n'était autre qu'une change-peau, encline à prendre l'apparence d'une ourse pour copuler avec ces augustes mammifères. Des racontars somme toute saugrenus qui laissait particulièrement songeur quant à leur véracité, mais les nordiens étaient des personnages des plus truculents, en témoignait n'était-ce que les atours d'Alysane qui marquaient la disparité avec ce que l'on pouvait trouver dans les Terres de la Couronne. L'échange biaisa derechef sur Alrik, qui exécuta un geste négatif de la main pour infirmer les propos dernièrement tenus.

« Je n'ai aucun grief contre les Nordiens de façon générale, votre présence à l'éventaire de votre homonyme tient d'un concours de circonstances. Si je n'avais fait que vous croiser sur la place, je vous aurais certes remarquée pour votre excentricité, mais je ne me serais pas amusé à vous talonner pour valider votre innocuité. » Etait-ce un terme congru ? Il n'en était pas certain, et loin de lui l'idée de la contrarier par un mauvais usage des mots. « Non pas que vous ne me semblez pas débrouillarde, vous en avez d'ailleurs donné la preuve, mais vous n'avez pas cet air malavisé que l'on retrouve chez les malotrus. Et croyez-moi, j'en ai côtoyé maints dans mon existence... »

Il avait même grandi parmi eux, pour beaucoup, et son propre frère était un fieffé coquin qui avait longtemps était connu des hommes du Guet. Ses prunelles examinèrent instinctivement les lieux en s'étonnant de la non-présence des Manteaux d'Or dans ces pans où les délits pouvaient être nombreux, mais les rondes se faisant, peut-être les sentinelles étaient-elles déjà passées par ici. Une fois encore, il entendit leur captif râler à en rompre les tympans des chevaliers qui le maintenaient captif. Le Commandant soupira puis fit signe à ses recrues de l'emmener loin de cette place qui s'était suffisamment substituée à une théâtre pour aujourd'hui, quelques Dents de Freux s'occupèrent par ailleurs à disperser les curieux qui s'étaient amoncelés autour d'eux pour rétablir une circulation adéquate. Quant au sieur Mallery, il entreprit de poursuivre le dialogue pour renseigner la dryade à ses abords.

« Sachez que je ne suis pas de ces quidams qui se complaisent dans leur opulence. L'Ordre que je commande est en charge de la sécurité du Donjon Rouge et nous constituons également la garde personnelle de lord Brynden Rivers. Cela étant, je me sens concerné par la sécurité de ces gens. » Ses calots survolèrent les badauds qui pullulaient autour d'eux comme pour les désigner, avant qu'il ne revienne sur la demoiselle. « Peut-être est-ce emphatique, je ne peux décemment m'octroyer la condition de Protecteur du Peuple, mais ma consécration est sincère. Je tente de respecter mes voeux de la meilleure façon qui soit. »

Une tentative point toujours fructueuse, nul n'était immaculé de défauts ou de mauvais choix, après tout, plus d'un homme avait été occis de sa main. Les notions de chevalerie devaient être éparses pour une sylphide issue des terres du grand Nord, là où ce titre n'existait guère si ce n'était dans de rares familles dont les croyances allaient aux Sept à défaut des Anciens Dieux. Mais qu'importait la foi de chacun, c'était les actes d'un être qui façonnait son authentique nature. Sans le vouloir, le capitaine ne put s'empêcher de toiser l'accoutrement de son interlocutrice, puis de se risquer aux interrogations à son tour.

« Si la population de Port-Réal est hétéroclite, il n'empêche que je ne reviendrai pas sur ce que j'ai dit : il est rare de voir des Nordiens s'échouer chez nous, encore plus lorsque ceux-ci proviennent d'une île telle que la vôtre. De ce que j'en sais, les Mormont n'adorent pas à musarder plus au Sud, là où nous aimons donner des titres qui font référence à une partie du corps humain. » Reprit-il en arborant une risette tout en croisant les bras. « Vous êtes probablement coincée à quai jusqu'à demain, voire pour quelques jours en attendant le prochain départ ? Un conseil d'ami : faites attention de l'endroit où vous dormirez, évitez les auberges qui bordent Culpucier et celles qui se trouvent juste à côté d'entrées d'égouts. N'y laissez pas vos affaires sans surveillance, les canailles ont plus d'un tour dans leur besace, soyez vigilante milady. » Le cloaque que constituait les égouts de la ville était utilisé pour de biens sombres affaires, notamment des combats clandestins auxquels Alrik avait fréquemment assisté lors de son jeune temps. Quant à l'appellation qu'il avait utilisée pour clore sa tirade, elle était légitime à défaut d'être appropriée. « Maintenant que j'y pense, l'île-aux-Ours a elle aussi été victime des fer-nés n'est-ce pas ? Peu auront été épargnés par la Seiche, quel désastre... »


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Message Mer 26 Déc 2012 - 19:40

     Que les noms de leurs ordres ne fassent pas rire était une chose discutable. Bien entendu, Alysane ne comptait pas faire savoir ce qu'elle pensait de tout cela, à son interlocuteur. Même si la jeune femme estimait que la sincérité était une chose préférable au mensonge, elle savait qu'il était assez risqué de se moquer d'un interlocuteur d'une telle importance. Lors de sa discussion avec le garde royal auquel elle avait songé juste avant, l'homme l'avait menacée de lui planter la tête au bout d'une pique histoire de décorer un peu le Donjon Rouge, uniquement parce qu'elle s'était un peu gaussée de lui ! Inutile de dire que la Mormont doutait que son visage puisse faire office de décoration, puis surtout qu'elle préférait la garder sur ses épaules.

     La Nordienne remarqua cependant qu'il avait l'air plutôt contrarié par ce qu'elle venait de dire en parlant « des personnes comme lui ». Ne comprenait-il pas à quoi elle faisait référence ? Même si le commandant savait qu'il n'était pas né noble, Alysane ignorait ce point et elle restait obstinément persuadée qu'elle avait affaire à un noble qui ne devait jamais avoir fait grand effort si l'on occultait les passes d'armes que tout bon chevalier devait connaître. Aux yeux de la demoiselle, c'était l'effort physique que l'on fournissait pour travailler aux champs ou pour aider sa famille qui importait réellement. Elle doutait fort qu'un homme avec un poste aussi important que son interlocuteur puisse être amené à faire autre chose que superviser les activités de ses hommes et passer du temps à bavarder avec d'autres nobles. Peut-être même à s'occuper de sa femme en imaginant qu'il soit marié. En somme, la Nordienne voyant son vis-à-vis comme le stéréotype même du seigneur important qui parlait davantage qu'il n'agissait et lorsqu'il se bougeait, ce n'était que pour faire du vent. Pas très glorieux elle en était consciente, mais malgré les mois passés à voyager, elle ne parvenait toujours pas à voir les sudistes comme autre chose que des personnes sans grand intérêt. Roturiers exceptés comme toujours.

     Il expliqua n'avoir aucun grief contre les gens du Nord et que c'était simplement le hasard qui avait fait que deux Nordiens soient présents à ce moment. Là, la Mormont voulait bien le croire et elle se contenta de la regarder, tout en arborant un air légèrement contrarié lorsqu'il parla « d'excentricité » en qualifiant sa tenue. Excentrique ? Voilà comment est-ce qu'il la percevait ? ! Certainement qu'il n'avait jamais été plus loin que les murs de sa jolie petite ville et qu'il ignorait que tout le monde ne s'habillait pas de manière aussi ridicule que les nobles de Port-Réal ! Oui, même si la demoiselle portait peu d'importance à son apparence, elle était très facilement irritable sur ce point. Ses prunelles le dévisageaient avec une certaine hostilité tandis qu'il s'occupait de donner quelques ordres silencieux à ses hommes qui s'occupèrent d'emmener le roturiers et de chasser les spectateurs qui voulaient certainement en voir davantage. L'homme enchaîna ensuite pour lui faire savoir qu'il ne se complaisait pas dans la richesse et que c'était son travail qui lui demandait de veiller à la sécurité des habitants de la ville. Elle avait du mal à concevoir qu'un homme en charge du Donjon Rouge puisse pousser le devoir jusqu'à se mêler des affaires habituellement confiées aux miliciens, elle se contenta de hausser les épaules d'un air léger. Même en étant une noble particulière, Alysane savait pourtant qu'elle n'était pas roturière. Elle n'était pas pétrie de bonnes intentions et ne sauverait jamais la veuve ou l'orphelin si elle n'était pas d'humeur. La seule chose qui importait pour elle était la sécurité des siens, ainsi que de sa personne bien évidemment. Apparemment ils ne se ressemblaient pas vraiment.

     Comme il scrutait ses habits, elle soutint son regard avant qu'il ne reprenne pour réitérer ses paroles au sujet de la présence de Nordiens à Port-Réal. Elle fut assez surprise qu'il puisse avoir entendu parler des Mormont et surtout de son île natale, mais ne le montra pas vraiment. Croisant ses bras sur sa poitrine presque complètement dissimulée par les bandes de contention qu'elle portait, la demoiselle écouta ses conseils avec une impatience non dissimulée, avant de rire légèrement lorsqu'elle l'entendit parler des attaques des Fer-nés. Quelle drôle d'idée que les Mormont ne soient attaqués que depuis le début de la guerre ! Elle secoua doucement la tête avant de répondre enfin.

     ▬ Oui, mon île a été attaquée à plusieurs reprises depuis le début de la guerre, ils ont besoin de bois pour leurs boutres et c'est ce que nous avons à foison. Mais vous êtes bien naïfs si vous croyez que c'est la guerre qui a déclenché ces attaques. Sachez mon cher ami que ces chiens attaquent l'Île-aux-Ours depuis fort longtemps. Les Mormont sont si peu estimés par la famille royale que ces pirates n'ont pas à craindre de sanction pour leurs actes. »

     Elle ne mentait pas. Les Mormont vivaient sur une île qui appartenait jadis aux Fer-nés, ils semblaient s'en souvenir car ils se plaisaient à la piller souvent. Même si techniquement ils n'avaient pas le droit d'attaquer d'autres seigneurs de Westeros, les Fer-nés savaient très bien que les habitants de cette île ne possédaient pas de mestres et devaient donc faire le chemin jusqu'à Winterfell pour signaler une attaque. L'affaire de presque un mois de voyage, ce qui était loin de valoir la peine. Les Mormont avaient donc pris l'habitude de subir ces attaques sans pouvoir prévenir qui que ce soit et se vengeaient seulement en essayant de blesser – ou tuer – le plus d'assaillants.

     ▬ Je suis d'ailleurs surprise que vous ayez entendu parler de ma maison. Certains disent que c'est la plus mineure des Sept Couronnes et que personne ne s'en soucie. Pour être franche de nombreux nobles du sud que j'ai rencontré ignorent tout simplement l'existence de ma famille. Seriez-vous plus cultivé que la moyenne ? Elle ne se moquait pas de lui, ou juste un peu. Le sourire moqueur qui apparaissait sur ses lèvres le montrait clairement. Vous avez pourtant dit ne pas être comme tous les nobles et jusqu'à ce jour je n'ai rencontré aucun noble qui fasse quoi que ce soit d'autre que de parler. Vous savez vous défendre, mais avec les entraînements que vous devez avoir eu, c'est la moindre des choses. »

     Elle était exigeante avec les hommes c'était un fait. Injuste surtout, s'il avait été du Nord elle se serait montrée bien plus admirative de ce qu'il savait faire. Mais Alysane était comparable à une enfant gâtée qui n'avait qu'une seule idée en tête à la fois et pour le coup, c'était que cet homme n'était pas aussi bien qu'il voulait le lui faire croire. Elle pinça légèrement ses lèvres avant de reprendre.

     ▬ Si vous connaissez la maison Mormont vous devez savoir que nous vivons sur une île boueuse ou les robes et toutes ces idioties de nobles dames ne sont heureusement pas envisageables. Ma tenue n'a donc rien d'excentrique, elle est parfaitement normale. Et je ne suis pas une dame, je suis une homme d'armes, utilisez mon prénom si vous souhaitez vous adresser à moi. »

     Est-ce que c'était un ordre ? En quelques sortes oui ! Elle ne lui laissait pas le choix de lui offrir du « milady » et s'il persistait, la jeune femme se contenterait de tourner les talons et s'en-aller sans prendre la peine de le saluer ou de le remercier pour lui avoir rendu son arme. Elle songea d'ailleurs aux paroles qu'il avait prononcé au sujet des auberges et de ce qu'il valait mieux éviter. À ce niveau elle commençait à savoir quoi faire, après tout, cela faisait près d'un an qu'elle voyageait et dormait très peu de fois dans des auberges, autant dire que Culpucier ne lui poserait pas problème si elle avait besoin de dormir quelque part.

     ▬ Quant au fait d'éviter Culpucier, je n'ai malheureusement pas les moyens d'aller dormir ailleurs, ma famille est loin d'être riche et en plus, je n'ai pas peur des canailles. Ceux qui fourrent leur main dans ma besace risquent d'avoir une bonne surprise. Joignant le geste à la parole, elle glissa sa main dedans pour en extirper son furet à peu près dressé qui gigota dans sa main comme un poisson hors de l'eau. Avez-vous fréquenté Culpucier pour savoir quel endroit est à éviter ? J'ai cru voir que les catins travaillaient beaucoup près des égouts. »

     Nouveau sourire moqueur, elle le provoquait ouvertement c'était clair. Alysane avait beau ne pas aimer parler de « ces choses », elle pouvait toutefois le faire sans hésiter pour provoquer son interlocuteur. La pudeur et la tenue ne faisaient pas partie de son éducation et le malheureux allait s'en rendre compte à ses dépends.


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Alrik Mallery
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Message Mer 26 Déc 2012 - 22:25

La jeune Mormont ? Etrange, c'était le moins que l'on puisse dire ! Alrik ne parvenait point à déterminer si elle rayonnait d'hostilité, de mépris ou d'innocente taquinerie, ses intentions étaient nébuleuses et il avait comme la désagréable impression de l'incommoder à chacun de ses dires. Etait-ce le cas ? Ses mimiques lui étaient inintelligibles, si interpréter les pensées de ces dames était déjà chose ardue, en faire la tentative avec une femme qui préférait être homme... C'était à se demander ce qu'il faisait encore là. La curiosité, certainement, face à ce personnage dont il avait envie de déchiffrer quelques pans avant de retourner à son usuelle besogne. La maison de la sylphide était réputée pour son sens de l'honneur, leur héraldique façonnait leur férocité, les ours se laissaient difficilement soumettre à l'oppresseur. Au vu du nombre de fois que leur îlot eut subi les inexorables offensives des fer-nés, autant de tribulations dont ils avaient su se relever avec présomption, nul doute qu'ils étaient fort dignes de leur écu. A ce sujet qui lui coûta d'être injurié de candide, il eut une sensible inclinaison de la tête sur son côté dextre, quelque peu indécis quant à la meilleure réaction à adopter. Il ne se souvenait guère avoir subodorer que les affres des insulaires de l'île-aux-Ours se datait de la veille, les écumeurs des rocailles étaient un sujet qu'il avait vertement bien étudié en compagnie de son lord, comme ils avaient marotte à le faire avec nombre d'autres thèmes. S'il ignorait que cette même île avait autrefois appartenu aux pirates dont il était question, il savait que ces derniers en avaient rapiné les quelques richesses bien avant que la guerre soit officiellement déclarée. Cependant, il jugea vain de contredire la demoiselle au risque qu'elle s'en offusque, elle qui semblait parfaitement osciller entre les galéjades et les rictus plus contrariés bien qu'éphémères. Il ne releva pas plus l'imputation faite envers la couronne, l'inertie de cette dernière était somme toute subjective et ils ne partageraient assurément pas le même avis. Une fois encore, pour ne point alimenter une hypothétique algarade qui s'avérerait des plus infertiles, il préféra faire silence et poursuivre la conversation vers un terrain moins pentu. Fort heureusement pour son interlocutrice, il avait passé l'âge pour se faire opiniâtre ou même antinomique pour le simple plaisir d'importuner, alors qu'il aurait eu matière à vivifier le débat.

Ses bras se décroisèrent, l'une de ses paumes retrouva instinctivement le sentier de Fraternité pour en saisir le pommeau, dans une position de contenance somme toute dépourvue de mauvaises intentions. A la nouvelle raillerie qui vint lui choir sur le crâne concernant une impéritie moins élargie que ses homonymes seigneuriaux, le commandant eut un frêle ricanement. Il le lui accordait, elle avait de la répartie et tout l'acerbité qui faisait défaut aux ladies de la haute noblesse ! Si cela n'était point déplaisant à qui avait une once d'humour, il s'interrogeait sur les desseins de la jeune femme qui arborait une risette ourlée de fierté à chacune de ses attaques. Désirait-elle s'attirer son courroux ? Il lui en faudrait bien plus, ce qui n'aurait pas été le cas si elle avait été en présence d'un autre chevalier moins enclin à la critique, ce qui n'était pas rare en cette cité. Quoi qu'il puisse en être, la nordienne sustentait vraisemblablement de secrètes doléances pour qui ne partageait pas ses origines, du moins, le supputait-il au vu de la façon dont elle agissait à son égard, une phonation différente de celle dont elle avait usé avec son congénère avant qu'il ne lui dérobe son arme. Beaucoup d'allégations pour lui démontrer qu'il était similaire à tout autre noble, l'impudence de le sentencier à une catégorie de quidams sans même le connaître. Pis encore, elle n'hésitait pas à se faire péremptoire comme s'il avait omis de lui offrir ce qui lui était dû : un respect... Qui, pour ne point changer depuis les prémisses de ce dialogue, était bien relatif.


« Voyez vous cela... »

Se contenta t-il de commenter concernant le titre qu'il lui avait naturellement ployé et qui, qu'elle le dédise ou non, lui revenait de droit. Quelle ironie, alors que lui avait fui sa roture, pour atteindre son avènement, Alysane préférait étouffer ses racines de dignitaire en faveur d'une plus ample modestie – ou n'était-ce qu'une aversion innée pour les minauderies ? Mais ce que femme voulait, femme l'avait. En tant que sigisbée, le sieur ne pouvait qu'accéder à la requête formulée quant à une appellation sans outrecuidance. Plus que courber l'échine devant elle, il était avant tout question de bienséance... Une notion visiblement méconnue de la nymphette qui, en plus de témoigner d'une périlleuse imprudence, passait outre le savoir vivre pour provoquer sans opprobre. Tout d'abord stupéfait lorsque vint la référence aux filles de joie, il se prêta ensuite à en rire en opinant négativement du chef. Il s'humecta les lippes et fit errer son regard azuré sur le sol, puis sur un râtelier non loin d'eux comme s'il eut été en pleine réflexion. En certains points, elle n'était pas sans lui rappeler sa fille, tout aussi indomptable lorsqu'il ne veillait pas à ce que cette propension à l'incartade ne se manifeste pas. Pour ce qui était des catins, sa dignité aurait pu en être ébranlée, et l'aurait probablement été si elle avait visé juste, ce qui n'était heureusement pas le cas. Il n'avait coudoyé qu'une courtisane en presque quatre décades, et cela, il ne le devait qu'à une brimade de quelques amis dûment sanctionnés par la suite.

« Je suis né dans ces rues. » Confessa t-il enfin en plongeant son regard dans celui de sa vis-à-vis. « Culpucier a longtemps été mon terrain de jeu et d'apprentissage, avant que je ne m'en extirpe pour une destinée que j'estimais meilleure que celle d'escamoter les petites gens. Je ne courrais pas suffisamment vite pour prétendre échapper aux hommes du Guet, à l'époque. » Il haussa les épaules avec un sourire emprunt d'authenticité. « Je n'ai pas toujours été de ces nobles, à dire vrai, cela ne fait que trois ans que je puis me présenter ainsi. J'espère ne pas être devenu si oisif en si peu de temps... »

Une trinité d'années, déjà. C'était à la fois infime et conséquent, qu'était-ce que ce laps de temps en comparaison à toute une vie de lutte pour y parvenir ? Poussière à côté de la montagne qu'il s'était efforcé à ascensionner, depuis son insalubre seuil jusqu'à ses glorieuses cimes. Une profusion de réminiscences vint furtivement l'assaillir, une existence de vicissitudes dont il était finalement parvenu à tirer profit, ce qui érigeait sa fierté, car sa superbe, il l'avait gagnée à la sueur de son front. Pour autant, même face à la donzelle qu'il aurait été aisé de dédaigner pour son attitude, il préféra être humble et ne surtout pas dégorger de vanité. Il avait fait partie intégrante de la plèbe et n'en avait nullement honte, aussi après un bref égarement, il reprit sans perdre sa franche risette.

« Vous en conclurez que je sais de quoi je vous parle concernant cette ville, ce n'est point la parole d'un seigneur, mais bien celle d'un citadin que vous avez là, milady... Oh, je veux dire, Alysane. » La méprise avait été volontaire, ses ultimes mots avaient, quant à eux, été prononcés avec une lenteur également consciencieuse pour souligner le quolibet. Oeil pour oeil, dent pour dent... Qu'il s'agisse de freux ou non ! « Pour ce qui est de votre maison, je la connais, oui, parce que je baigne dans les affaires du royaume de façon constante. Mon rôle ne se résume pas à jouer d'estoc et de taille lorsque la situation l'exige, je fais aussi office de diplomate lorsque la Main du Roi le requiert. Un semblant de culture est de ce fait nécessaire, et puis, je suis curieux de nature, les légendes et spécificités du Nord m'ont longtemps intrigué. »

Le monde était vaste et l'appétence de connaissance d'Alrik sans limite, même s'il en vouait bien moins de temps désormais, ses premières années au sein du Donjon Rouge avaient été marquées par une surabondance de pédagogie pour pallier à une jeunesse sans guère d'éducation. Contrairement à de nombreux nobles, le sieur savait pertinemment que l'univers ne s'arrêtait pas aux huis de Port-Réal ou même au seuil de son fief. La nordienne pouvait songer ce qu'elle désirait, le Mallery n'était niellé ni de morgue, ni d'autocentrisme. En terme de goguenardise, en revanche...

« Vous a-t-on déjà dit qu'une robe vous siérait à merveille ? Un tissu de bonne facture mettrait vos yeux en valeur. » Un rictus espiègle orna la commissure de ses lèvres, la Mormont n'était pas l'unique à jouer. Le sérieux reprit toutefois le dessus. « Quoi qu'il en soit, ne mésestimez pas le danger de Port-Réal, votre ami sera insuffisant à votre protection je le crains. » Il baissa son regard sur le furet. « Bien que le stratagème soit ingénieux je le conçois. » Il revint sur la demoiselle. « Dites-moi, dans quelle auberge comptez-vous passer la nuit ? J'en connais quelques-unes dans lesquelles vous pourrez dormir en paix, si cela vous intéresse. »


Vous allez balayer ma cendre ; L’homme ou l’insecte en renaîtra ! Mon nom brûlant de se répandre, dans le nom commun se perdra. Il fut! Voilà tout ! Bientôt même, l'oubli couvre ce mot suprême, un siècle ou deux l’auront vaincu. Mais vous ne pouvez, ô nature, effacer une créature... Je meurs. Qu’importe... J'ai vécu !


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Alysane Mormont
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Message Ven 28 Déc 2012 - 12:38

     Le regard de la Mormont ne quittait pas le visage de son interlocuteur qu'elle dévisageait sans aucune gêne. Scruter les gens était une habitude qu'elle avait prise depuis trop longtemps pour s'en débarrasser aussi rapidement, il était tout bonnement impossible pour elle de converser avec autrui sans le dévisager grossièrement. Sa mère lui faisait souvent savoir qu'agir de la sorte n'était pas conseillé, car certains individus pouvaient se sentir offensés par un tel comportement. Mais peu lui chalait, les personnes qui étaient gênées par le regard des autres avaient tout simplement quelque chose à cacher selon la Nordienne, elle ne voyait donc aucune raison de se priver de ce petit plaisir ! L'homme face à elle ne bronchait pas trop, il rit légèrement à sa référence aux femmes de petite vertu, avant de secouer la tête d'un air négatif. Pour quelle raison ? Pour lui dire qu'il n'allait pas leur rendre visite – chose qu'elle ne pouvait imaginer puisque tous les hommes étaient les mêmes d'après elle – ou alors pour lui faire savoir que les catins n'allaient pas attendre le client là-bas ?

     Peu importait, l'homme continua en lui expliquant qu'il était né dans ces rues et Alysane se demanda s'il n'était pas en train de se moquer d'elle. La demoiselle le dévisagea d'autant plus alors qu'il lui faisait savoir qu'il avait été comme les jeunes enfants qu'il interpellait aujourd'hui et elle ne put retenir un sourire amusé. Quelle drôle d'idée ! Il ferait mieux de laisser ces pauvres gamins tranquilles puisqu'il savait ce que c'était que de vivre ici ! Mais la logique n'était pas le fort des sudistes et encore moins des hommes ! Il y avait fort à parier que le chevalier face à elle devait être pétri d'honneur et de respect, du genre à sanctionner ceux qui faisaient la même chose que lui étant enfant. Avait-il oublié d'où il venait ? Ses paroles semblaient dire que non, mais pourtant, la Nordienne pensait que si. Elle le fixait en silence, calculant rapidement dans sa tête à quel moment de son existence cet homme avait troqué sa vie de roturier contre celle de noble. Mais le calcul n'était pas son fort et le commandant enchaîna de plus belle en soulignant avec justesse qu'il savait de quoi il parlait en ciblant les quartiers dangereux de la ville. Alysane ne put retenir une expression contrariée lorsqu'il lâcha – volontairement elle en était persuadée – un titre qui avait le don de l'horripiler. Les prunelles ambrées de la jeune femme se détournèrent un bref instant pour regarder autour d'elle et constater que les spectateurs s'étaient enfin éloignés. Ainsi donc il connaissait la maison Mormont parce qu'il s'intéressait aux affaires du royaume ! C'était surprenant, Alysane avait toujours imaginé que la couronne ignorait presque l'existence de sa famille, ce n'était pas sans raison que les femmes Mormont pouvaient enfanter sans devoir être mariées. Dans une autre maison, leurs enfants auraient été considérés comme des bâtards, mais pas chez eux. Et pourquoi ? Parce que la royauté se moquait de cette maison qui gérait une île – certes grande – boueuse et pleine de forêt et de neige.

     Peut-être que les choses allaient changer, aller savoir. Lorsqu'il fit état des légendes du Nord, un sourire se dessina sur les lèvres gercées de la jeune femme. Avait-il entendu parler de celle qui prétendait que les femmes de sa maison avaient leurs enfants avec des ours ? Certainement, c'était bien la seule raison qui pourrait le pousser à s'intéresser à une maison aussi mineure que la sienne dont le seul intérêt était qu'ils soient de très fidèles vassaux des Stark. Mais les moqueries reprirent rapidement le dessus comme le commandant lui parla de robe. Elle plissa légèrement ses yeux en signe de contrariété avant de le laisser prononcer le reste de sa réplique, pour finalement répondre à son tour.

     ▬ J'ai payé une nuit dans une auberge non loin de Culpucier. La chambre ne paye pas de mine, mais sachant que j'ai dormi dans le Bois-du-Roi ces derniers temps, ce sera aussi luxueux que le Donjon Rouge pour moi. Puis j'ai l'habitude des maisons peu ragoûtantes.. Le fort des Mormont était très austère, bien qu'agréable à vivre sous certains angles. La jeune femme baissa les yeux, puis les remonta en observant son interlocuteur sous tous les angles avant de s'arrêter à ses yeux. Je suis certaine que les robes aussi vous iraient bien, elles mettraient en valeur vos épaules musclées. Alysane avait du mal à l'imaginer dans cette tenue, mais c'était simplement pour souligner qu'elle n'avait pas le physique pour porter des robes. Et rassurez-vous, je n'ai pas besoin de protection. Je n'ai rien à voler de toute manière, je doute que vos voleurs s'intéressent à moi à moins qu'ils n'affectionnent les pauvres. »

     Oh, elle avait bien quelques objets de valeur comme par exemple sa hache. C'était un bel ouvrage en acier château qui avait été forgé sur mesure pour qu'elle puisse s'en servir aussi aisément que possible. Malheureusement pour les voleurs, elle était bien trop petite et légère pour convenir à un homme digne de ce nom, ils ne gagneraient donc pas grand-chose à la dérober. Ses fourrures aussi pouvaient rapporter gros, mais est-ce que cela valait vraiment la peine de venir l'aborder ? Alysane savait qu'elle n'avait pas l'air commode, elle ne l'était peut-être pas d'un côté, mais au moins cela lui évitait de devoir parler aux inconnus. Enfin, en général. Cette discussion lui rappela brièvement sa dernière rencontre digne de ce nom avec un prénommé Aslak qui avait passé beaucoup de temps à Dorne de ce qu'il lui avait raconté. Ne lui avait-il pas aussi dit être originaire de Culpucier ? Elle pinça légèrement les lèvres sous le coup de la réflexion avant de reprendre la parole d'un ton légèrement plus calme qu'avant, comme si les boutades du commandant l'apaisaient petit-à-petit.

     ▬ Ainsi donc vous vous jouez de moi en me laissant croire que vous êtes un petit noble alors que vous êtes un ancien roturier ? Je vous préfère sous cet angle, je n'aime pas les nobles, ils sont souvent trop pompeux. Elle aussi était noble pourtant, elle nota cette subtilité et sourit légèrement avant de reprendre. Comme vous le savez certainement, ma maison est particulière alors je peux me permettre cette lubie. Les légendes du Nord vous intéressent me dites-vous ? J'imagine que vous n'ignorez pas celles qui courent sur ma maison ? J'espère que je ne vous fais pas trop peur ? Vous avez de la chance, vous ne ressemblez pas trop à un ours, vous n'aurez pas à repousser mes avances. »

     C'était un compliment venant d'elle. Qu'il ne ressemble « pas trop » signifiait que c'était tout de même le cas, mais sachant qu'elle affectionnait ces animaux, c'était un point positif. Imaginer Alysane en train de séduire – ou plutôt de tenter étant donné que cela ne risquait pas de porter ses fruits – un homme et un noble de surcroît, était tout bonnement impossible. La manière dont elle le disait et dont elle se comportait depuis le début de leur discussion laissait penser que ce ne soit pas son style et la jeune femme ne doutait pas une seule seconde du fait que son vis-à-vis allait le comprendre. Décroisant ses bras, elle les laissa pendre le long de son corps avant de reprendre une dernière fois la parole pour un sujet légèrement plus sérieux.

     ▬ Ne vous inquiétez pas mon commandant. J'ai conversé avec un homme qui est né et a grandi à Culpucier, même s'il n'y a plus été depuis des années, il semble en garder un bon souvenir. Peut-être que votre nouveau rôle vous fait tout voir en noir ? Elle haussa légèrement les sourcils avant de reprendre. Est-ce que vous préférez le rôle de commandant qui interpelle les voleurs, ou celui de voleur ? Je suis étonnée qu'un ancien petit tire-laine puisse accéder à un tel rang. Vous devez avoir fait quelque chose d'étonnant pour y parvenir. Serais-je face à un héros de guerre ? »

     C'était possible, après tout, elle n'avait pas tous les noms des héros du sud en tête, ils étaient tellement nombreux à ses yeux, mémoriser autant de noms était bien trop d'efforts pour pas grand-chose.


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Message Sam 29 Déc 2012 - 15:19

L'atmosphère prenait des atours plus agréables, la nymphe semblait nimbée de moins de causticité qu'aux prémisses de leur conversation, leurs galéjades réciproques n'étaient certainement pas sans faire leur effet. Au plus grand plaisir du chevalier qui, fort heureusement pour lui, avait laissé sa plausible susceptibilité moribonde avec les années et la pléiade de gouailleries comme d'injures qui lui avait été accordée lors de son jeune temps dans l'univers des dignitaires. Indénombrables furent les fois où les mots l'avaient beaucoup plus heurté que ne l'aurait fait le fil d'un cimeterre ou la pointe d'un carreau d'arbalète, la fierté était davantage précaire et plus sanguinolente que le corps ne le serait jamais. Si ces gens avaient naguère savouré la pétulance de son poing, il savait aujourd'hui que dans pareille situation, la violence était vaine. Et s'il n'en usait pas face à d'autres sigisbées, son honneur se retrouverait flétri de le faire avec une damoiselle aussi fantasmagorique pouvait-elle être. Ses paroles étaient dangereusement affilées, son maintien aurait été apte à faire ombrage à n'importe quel sieur, et que dire de ses noires agates qui portaient en elle toute la nitescence d'une orgueilleuse jeunesse ? Alysane avait l'âme niellée d'une hardiesse que le Mallery regrettait peut-être, car cette véhémence, il ne l'avait guère plus depuis bien longtemps déjà. Plus circonspect, plus vétilleux, plus noble malgré lui, il ne pouvait dédire cette véracité qu'il avait énormément changé depuis son départ de Culpucier, et ces trois années ceintes de son nouveau titre n'y étaient pas inconnues. Cette sentine où convergeaient tous les miséreux de la ville, il n'était pas uniquement question de fange et d'insalubrité globale, ni même d'escamoteurs avides de dénicher les plus beaux trésors au pourpoint des badauds. La donzelle avait tort de mésestimer le péril qui rôdaillait en ces lieux, n'y étaient pas seulement ceux qui chercher leur pécule, mais également des meurtriers sans vergogne pour qui la mort n'était qu'un conte de flirt. Combien de braves gens s'étaient donc fait occire dans ces bas-fonds, souvent parce qu'ils n'y avaient fait qu'acte de présence, sans quêter pour des ennuis ? Certains énergumènes avaient le coeur transi d'ignominie, et même si elle se disait homme d'armes, son statut de femme et les attributs qui en étaient immanents seraient une tentation qui, même camouflée, incanterait le premier fou venu. Psychosé, le freux ? Assurément, toutes ces oeuvres de gredins ou même de guerre qu'il avait au loisir à admirer durant sa vie, ajouté à sa valeur de père et frère anxieux, toute matière encline à alimenter sa vésanie était bonne à prendre. Il ne la connaissait pas, mais sa commisération naturelle faisait n'y mettait aucune barricade. D'autant plus qu'elle lui était plus amicale que les apparences l'avaient dès l'abord suggéré, sa boutade vestimentaire renvoyée en plein faciès, il éclata d'un franc rire qui fit chatoyer ses prunelles de bleu céleste.

« Je tâcherai de dérober une tenue à ma fille pour vérifier vos dires ! La sécurité du Donjon Rouge sera pour sûr assurée avec un commandant travesti ! »

Il ignorait si ses tirades furent les sources de la réflexion qui s'ébauchait sur les traits physionomiques de son interlocutrice, mais celle-ci semblait intensément songer. La discussion tenait désormais plus du véritable échange que de la simple raillerie, bien que ses antérieures révélations eurent un effet pour le moins inopiné quant aux conclusions qui eurent lieu. S'être joué d'elle ? Il en fut pantois, car il n'avait pas souvenir de l'avoir mystifiée sur ce qu'il était, à savoir un seigneur des Terres de la Couronne et à l'apogée d'un Ordre qui possédait sa renommée. Il percevait le résumé de la jeune fille comme étant à double tranchant, car il avait assez péniblement gagné ses galons au sein du royaume pour ne plus être reconnu comme le membre de la roture qu'il fut autrefois, mais ce pan de son existence apparaissait comme plaisant voire lénifiant pour la nordienne qui avait décidément un bien étrange syllogisme. Elle n'était point indigente mais se complaisait vraisemblablement dans ce rôle, ils constituaient à tous deux d'authentiques antipodes, une rencontre somme toute fortuite qui pouvait s'avérer plus intéressant qu'il ne l'avait pensé, bien qu'il doutait qu'ils puissent parvenir à une concorde dans leurs opinions. Pour ce qui fut ensuite de l'analogie à cet auguste mammifère qui faisait l'écu des Mormont, il ne sut comment la prendre... Un compliment ? Il n'en avait fichtrement aucune idée, mais se prêta tout de même à en ricaner, l'esprit badin et léger tout en frottant l'arrière de son crâne d'une main distraite.

« Le dernier ours que j'ai rencontré m'a bien fait comprendre que nous ne serions jamais frères, j'ai abandonné l'idée de lui ressembler... »

Si cela pouvait apparaître comme un trait d'esprit, ce n'en était qu'une moitié, car il se remémorait parfaitement cette fois où il s'était effectivement confronté à une telle créature en compagnie de Barra la Piqueuse. De cette odyssée, outre les réminiscences, il en avait gardé un pendentif à l'effigie de cette même bête, sculpté par la brigande, laissé à son attention et qu'il avait par ailleurs conservé. Mais le sujet revint vers de plus troublants cieux, vers ce cloaque dans lequel il avait vu le jour et l'avis qu'il s'en faisait. Son sourcil se courba inconsciemment, quel était le fou qui avait osé lui peindre un beau tableau de Culpucier ? Si ce n'était les souvenirs avec sa famille qu'il couvait jalousement, il n'y avait aucun bienfait à tirer de cette horrible période à laquelle, s'il ne l'oubliait pas, il préférait ne plus penser. Il y fut cependant contraint, ne voulant pas laisser la sylphide dans l'impéritie ou un quelconque quiproquo, car ses confidences avaient été derechef incomprises. Il opina négativement du chef et entreprit de répondre.

« Je n'ai jamais été un tire-laine, enfin, je m'y suis déjà essayé une ou deux fois sous l'influence d'un frère tout bonnement irresponsable. Mais j'étais très jeune, et avoir les manteaux d'or aux trousses a vite fait de me persuader que cette vie n'était pas pour moi. Malgré sa pauvreté, mon père a tenté d'inculquer quelques valeurs à ses enfants, le crime ne paie pas, toute besogne est préférable au délit. Les voleurs ne sont que des couards ou des tires-au-flanc qui trouvent en leur impécuniosité une excuse pour commettre leurs méfaits. Je ne dis pas que nous naissons tous égaux et que cela est juste, mais lorsque l'on veut, on peut. » Le timbre du freux s'était fait résolu, il avait foi en ses principes et nul ne pourrait le convaincre du contraire. Alysane trouverait ainsi aisément réponse, il préférait être vêtu de cette armure sur laquelle était estampillé son blason que de défroques pour courir les venelles. Toutefois, il ne s'arrêta pas en si bon chemin. « Quant à ma vision des bas-quartiers, je dirais qu'elle tient plus de l'objectivité. J'ignore qui est l'homme qui vous a renseigné et, tout comme lui, je garde quelques bonnes images de mon enfance. Mais il ne faut pas être idiot au point de prétendre que le quotidien est propice à une existence qui en vaille réellement la peine. Ceux qui s'y complaisent, grand bien leur fasse, ceux-là se mentent à eux-mêmes, ou il serait bon de se demander pourquoi le quidam dont vous me parlez n'y est plus allé depuis nombre d'années. Et ça, c'est mon opinion personnelle. »

S'il avait tant apprécié le bourbier de Port-Réal, pourquoi s'en être enfui ? Alrik subodorait que le locuteur qu'elle avait rencontré avait seulement tenté de s'enorgueillir de bien mauvaises origines, peut-être pour l'impressionner ou gagner son estime ? Lui, avait les pieds sur terre, du moins en était-il intimement convaincu et bien qu'il se soit épanoui parmi les plus petites gens de la capitale, il ne comprenait pas ceux qui se résignaient à leur calamité. Qu'on ne vienne point lui faire la morale à lui, lui qui avait pris le contrôle de son destin pour s'en sortir et qui y était parvenu à force de sacrifices. Oui, il estimait, sans présomption aucune, mériter ce qu'il possédait désormais, sans pour autant se considérer tel un héros d'épée ni même un héraut de la plèbe. Ses explications, Alysane pourrait les voir comme trop passionnées, mais le chevalier qu'elle avait en face d'elle était fort de ses expériences et surtout fier du devoir accompli. Fier, mais humble, car s'il avait entrepris tant de choses, ce fut avant tout pour un but intime.

« Je me suis simplement battu pour ce pour quoi je m'étais engagé, j'ai également eu la chance de faire des rencontres qui m'y ont grandement aidé. J'ai gagné le respect et la confiance de lord Brynden Rivers lors de la Bataille du Champ d'Herberouge, qui m'a valu aussi bien mon grade que quelques temps d'alitement. » Il sourit en y repensant, un frisson parcourant l'immense couture qui bariolait son échine et qu'il arborait depuis cette confrontation. « Puis ce sont ma loyauté et mes faits d'armes qui ont ensuite parlé, la patience est une vertu. »

Une vertu qui finissait par payer, lui qui avait traversé les huis du Donjon Rouge à dix sept ans n'avait obtenu l'anoblissement que presque deux décennies plus tard. Des aventures, il avait eu le temps d'en vivre entre ces pierres angulaires – les Sept puissent à jamais veiller sur sa défunte épouse. Parler de tout cela avec la Mormont était pour le moins contingent, les circonstances lui firent afficher une ample risette, belle allure qu'il avait dans son costume d'ivoire et d'ébène.

« Après cela, je pourrais également vous demander la raison qui façonne votre aversion pour les nobles, car vous supposiez que je puisse voir tout en noir, mais n'est-ce pas aussi votre cas ? Il n'est pas bon de juger la valeur d'un homme à son titre, vous êtes bien placée pour le savoir. Que la plupart des seigneurs du sud ne considèrent pas votre maison ne signifie pas que leur bêtise est une vérité absolue, tout comme les nordiens ne sont pas tous des sauvages... Ou que les dames Mormont s'acoquinent à des ours. » Abattre les poncifs étaient importants, si comme tout à chacun, le Mallery prêtait l'oreille aux préjugés, il ne les croyait pas aveuglément pour autant. « Je ne serais d'ailleurs pas un gentilhomme si je ne vous proposais pas de vous raccompagner jusqu'à votre auberge, à moins que vous ne désiriez poursuivre votre flânerie. » Une épreuve habilement montée, le sigisbée avait volontairement souligné son statut d'hobereau pour voir si la sylphide allait s'en ombrager simplement parce qu'il n'agissait plus comme un roturier. Qui plus est, il était curieux de voir ladite auberge qu'elle avait choisie, pour savoir s'il devait cesser de l'importuner avec les conseils de prudence ou au contraire, la remettre en garde. Il jugea enfin bon de conclure pour l'assurer de ses bonnes intentions. « En tout bien tout honneur, Alysane. » Pas de milady qui tienne, lui aussi, faisait des efforts !


Vous allez balayer ma cendre ; L’homme ou l’insecte en renaîtra ! Mon nom brûlant de se répandre, dans le nom commun se perdra. Il fut! Voilà tout ! Bientôt même, l'oubli couvre ce mot suprême, un siècle ou deux l’auront vaincu. Mais vous ne pouvez, ô nature, effacer une créature... Je meurs. Qu’importe... J'ai vécu !


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Alysane Mormont
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Message Dim 30 Déc 2012 - 15:36

     Au moins le commandant était-il capable de rire franchement. C'était assez surprenant il fallait l'avouer, depuis qu'elle avait quitté le Nord, Alysane avait rarement croisé un noble qui puisse manifester son hilarité avec autant de franchise. En fait, elle n'en avait pas croisé, tout simplement. Peut-être que les origines modestes de l'homme permettaient d'être plus fidèle à ses émotions que s'il était né noble ? Au fond, c'était sans importance, elle se contenta de rester silencieuse, un léger sourire aux lèvres lorsqu'il lui parla de l'idée de se déguiser en femme. Nul doute que les visiteurs du Donjon Rouge se poseraient des questions, mais au moins cela donnerait de nouvelles rumeurs à colporter ! Bien entendu, elle se doutait parfaitement que ce n'était pas véridique et qu'il répondait cela simplement pour faire un trait d'humour. Il n'empêche qu'elle aurait beaucoup apprécié assister à un pareil spectacle, il n'y avait aucune raison que seules les femmes doivent supporter de tels vêtements ! Cela dit, Alysane avait noté un point important : il avait une fille, certainement qu'il devait être marié. De plus, s'il parlait de lui emprunter une robe, c'était certainement qu'elle devait avoir un âge assez avancé. La Mormont haussa légèrement l'un de ses sourcils, se demandant quel âge l'homme pouvait bien avoir, il ne faisait pas très vieux c'était certain.

     Après la réplique sur l'ours, le commandant reprit la parole pour lui faire savoir qu'il n'avait jamais été un voleur, mais qu'il s'était laissé influencer par un frère qui ne possédait visiblement pas les mêmes qualités que lui. C'était souvent le cas dans les familles, certainement que les deux hommes ne devaient plus se parler à ce jour, l'autre étant le vilain petit canard de la maison. Ces pensées furent confirmées lorsque le chevalier lui expliqua que leur père avait essayé de bien élever ses enfants malgré la dureté de leur situation. La vie à Culpucier ne devait pas être aisée pour de telles personnes. Alysane avait souvent considéré que des personnes naissaient au mauvais endroit, il n'y avait pas le moindre doute sur le fait que cette famille aurait dû se trouver dans une ville moins difficile avec les pauvres. La discussion glissa alors vers l'homme qui lui avait parlé de Culpucier et elle ne put qu'acquiescer étant donné qu'il lui avait bien dit avoir quitté sa ville natale depuis très longtemps. Apparemment il avait oublié tous les mauvais côtés et se contentait de se rappeler uniquement les bons souvenirs. C'était une bonne chose selon elle, même s'il était vrai que c'était malheureusement souvent loin de la vérité.

     Les yeux ambrés de la demoiselle fixait l'homme face à elle qui lui résuma donc sa vie en expliquant qu'il avait eu la volonté de s'en sortir et avait gagné ses gallons avec honorabilité. C'était une bonne chose, même si la Mormont avait du mal à s'imaginer servir quelqu'un pour le plaisir. Hormis sa famille bien évidemment. Lorsqu'il fit état d'Herberouge, elle hocha la tête puisqu'elle connaissait cette bataille comme tous les habitants de Westeros, cela lui donna une indication de plus sur son âge. S'il avait pu se battre là-bas, c'était certainement qu'il devait être plus proche de l'âge du père de la demoiselle que du sien. Mais c'était sans importance, l'âge ne comptait pas au fond. La discussion glissa alors vers l'aversion que la Nordienne avait pour les nobles avant qu'il ne lui propose de la raccompagner à son auberge. La précision qu'il fit à la fin ne manqua pas de la faire rire franchement. Elle dodelina légèrement de la tête avant de répondre d'un ton clairement amusé.

     ▬ Mon bon commandant, sachez que je ne suis pas le type de femmes à qui l'on fait des avances. Je n'ai pas imaginé une seule seconde que vous puissiez avoir des intentions peu louables à mon encontre. Puis si tel avait été le cas.... Elle inspira légèrement. Dent de Freux ou pas, je vous en aurais fait sauter quelques-unes. »

     Oh, il était peu probable qu'elle parvienne à lui faire quoi que ce soit. Alysane avait beau être une bonne combattante au sein de sa maison, elle n'était pas pour autant qualifiée pour se battre face à un homme aussi entraîné que son interlocuteur. Le problème de la Mormont venait du fait qu'elle s'était toujours entraînée avec Jorah, son frère bâtard, elle ne connaissait donc presque que sa technique de combat. Même si ses entraînements s'étendaient des fois jusqu'aux gardes du fort des Mormont, cela ne permettait pas pour autant à la demoiselle de pouvoir rivaliser face à un autre homme d'armes qui avait déjà beaucoup voyage. La demoiselle remit son sac correctement en place, poussant son furet à l'intérieur lorsqu'il tentait d'en sortir, puis elle reprit la parole d'un ton légèrement moins moqueur.

     ▬ Je ne suis pas contre l'idée de rentrer à mon auberge, mais disons que je me suis un peu perdue. Je voulais visiter les abords de Fossedragon, puis j'ai emprunté la route du port et je vous ai trouvé. Enfin, vous m'avez trouvée plutôt. Mais marchons donc, nous finirons bien par retrouver cette auberge ! Sans attendre sa réponse, la Nordienne se retourna pour s'éloigner doucement avant de reprendre la parole. Alors comme ça, vous avez une fille ? Elle a quel âge ? Je vous pensais relativement jeune, mais apparemment vu que vous avez participé à Herberouge, j'imagine que vous devez être plus âgé que je ne le pensais. »

     Ce n'était pas de la critique bien évidemment, après tout, l'âge n'était pas si important. La preuve, elle avait vingt-cinq ans, l'âge auquel sa mère avait déjà donné naissance à plusieurs de ses filles, alors que de son côté Alysane n'avait même pas de promesse de mariage en cours. Tout dépendait des personnes au fond. Elle ne s'intéressait pas plus que cela à la vie personnelle des gens, mais la demoiselle se demandait bien comment une fille anciennement roturière prenait le fait de vivre désormais comme une noble. Peut-être serait-elle moins pimbêche que les autres nobles ? Un silence s'était installé pendant quelques instants comme Alysane marchait tout en réfléchissant, puis elle reprit le parole pour répondre enfin à la question du commandant à propos de son aversion pour les nobles.

     ▬ Concernant mon manque d'appréciation pour les nobles... Disons que c'est leur faute. Je n'avais rien contre eux avant de quitter le Nord, je n'aimais pas les chevaliers, mais c'est une autre affaire. Elle n'avait pas dit « votre » faute, ce qui était plutôt bon pour lui. Les nobles dames m'ont considérée comme une pouilleuse et les hommes comme une barbare sans intérêt. Je ne leur avais pourtant rien fait. Les seuls à m'avoir acceptée telle que je suis sont les roturiers. Je n'aime donc pas les nobles et leur air supérieur, je préfère largement les roturiers qui ne pensent pas qu'à se sentir plus importants que moi. Elle tourna la tête vers lui. Et qui vous dit que je ne m'acoquine pas avec les ours messer ? Ils sont bien plus civilisés que certains hommes et au moins ils tiennent chauds dans le froid du Nord. »

     Bien sûr, elle n'était pas sérieuse. Alysane n'avait jamais été dormir avec un ours et encore moins s'acoquiner avec lui. Les hommes c'était à peu près la même chose, elle n'en avait « fréquenté » qu'un seul et cela avait été une grossière erreur qu'elle préférait oublier de manière à ne pas repenser à sa sottise. La preuve que même une femme aussi indépendante que la Mormont pouvait se faire monter la tête par un petit noble sans importance. Cette pensée la contraria une fois de plus et elle chassa rapidement l'homme de ses pensées pour se concentrer sur sa discussion avec le commandant. Il n'avait pas encore abandonné ce qui était assez impressionnant pour qu'elle se donne la peine de reprendre la discussion.

     ▬ L'homme qui m'a parlé de Culpucier n'a plus été ici depuis un moment en effet. Il m'avait parlé de Dorne et d'autres régions aux alentours, une personne indépendante en somme. N'avez-vous jamais eu envie de laisser toutes vos obligations pour voyager un peu ? Peut-être une femme trop jalouse vous en empêche-t-elle ? »

     Oh, elle ne le charmait pas bien évidemment, disons simplement qu'elle se renseignait, même si les potins n'étaient pas sa passion, elle pouvait tout de même s'en mêler un peu.


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Alrik Mallery
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Message Mar 1 Jan 2013 - 13:23

Le tintement de son hilarité était une victoire sur la courtine de succès du chevalier, car les Sept devaient se douter qu'arracher un rire à une donzelle aussi caractérielle ne devait pas être chose aisé lorsque l'on était ceint du titre de seigneur, d'immense ou d'infime noblesse. La badinerie de la jeune femme était qui plus est communicative et tira une ample risette à un Alrik en proie à la gaieté, après tout, la journée n'avait point été vaine et cette rencontre lui était finalement fort sympathique. Quant au fait qu'elle ne soit pas dame que l'on courtisait, il ne pouvait dédire le fait qu'elle ne possédait nullement l'élégance des nymphes enclines à l'incanter d'une unique oeillade, ce qui ne l'empêchait guère d'exhaler son propre charme, car ce n'était en aucun cas la laideur qui peignait ses traits. Mais qu'importait, car même si elle avait été la plus belle muse que Westeros ait porté, il ne lui aurait ployé qu'une admiration distraite et désintéressée, son coeur d'ores et déjà épris d'une moitié à laquelle il était aujourd'hui fiancé. Velanna avait ravi plus que son intérêt d'homme, elle tenait en sa paume tous ses sentiments qui, il en était intimement persuadé, ne ferait que croître de ferveur avec le temps. Encore aucune alliance à son annulaire senestre, ce à quoi il remédierait au plus vite. Outre son dévouement pour la jeune Vance, loin de lui l'envie de se faire spolier quelques dents pour avoir tenté l'impossible, son organe lingual passa intuitivement sur sa denture avec la ferme intention que son sourire soit immuable pour encore un semblant d'années. Aurait-elle été apte à rivaliser d'estoc et de taille contre lui ? Il n'en avait pas la moindre idée, s'il avait toute confiance en ses propres facultés, il ne mésestimait jamais les capacités d'hypothétiques antagonistes d'armes. Les nordiens jouissaient d'une notoriété pour le moins pugnace, il était aisé de s'en méfier, mais quand bien même, toute notion était relative. Armure enveloppant son anatomie et Fraternité non loin de la poigne, il ne craignait guère rien sur un terrain dont il connaissait tout ou presque, alors, il était prêt !

Prêt à la suivre avant toute chose, il s'ajusta à sa hauteur lorsque la demoiselle prit la route, prenant soin de la laisser mener la marche même si ses prunelles voguaient aux alentours pour se fier aux indices géographiques qui lui avaient été offerts. Il lui prêta également l'oreille alors que la curiosité de la Mormont ne tarissait point, sans que celle-ci n'en soit importune pour autant. Le fait qu'elle s'intéresse à son personnage était même flatteur, autant que son véritable âge ne se reflète pas sur sa physionomie, un compliment qu'il accueillit avec un fier rictus malgré lui. Avant qu'il ne lui apporte pourtant réponse, il la laissa poursuivre dans sa lancée et davantage s'étendre sur le sujet des dignitaires que ne se départaient plus de leur infatuation intrinsèque à leur rang. Il corrobora ses dires d'un significatif hochement de tête, cette condescendance propre à ces gens, il n'en avait que trop enduré la souillure lors de son jeune temps. Aujourd'hui encore, lui-même n'était pas à l'abri du dédain ou d'insinuations somme toute injuriantes – voire outrageusement franches pour quelques-unes ! En dépit de son rôle au sein du royaume, certains n'hésitaient guère à feuler leur morgue et jalousie dès lors que l'opportunité se présentait. Ainsi donc, il comprenait l'opinion qu'elle pouvait s'être faite de cette classe sociale rarement affable avec l'indigence. Etait-il devenu ainsi ? Il gageait que non, il l'espérait tout du moins, même s'il témoignait de bien plus de simagrées qu'auparavant, il continuait d'agir selon ce qui lui semblait juste. La probité, une vertu pour le moins abstraite. Son attention fut cependant appâtée par la galéjade concernant une probable copulation avec les ours, ce qui le fit ricaner derechef.


« Ma foi, vos préférences ne me regardent pas, je ne pourrais décemment pas vous juger sur vos goûts, surtout si ceux-ci sont en rapport avec votre héraldique et plus généralement votre maison. »

Ce qui était immanent aux patronymes n'étaient point à discuter, il le savait plus encore depuis qu'il se nommait Mallery. Les ladies Mormont marivaudaient-elles réellement avec ces augustes mammifères ? L'idée était particulièrement saugrenue, pour peu, il en aurait presque été effarouché, mais Alrik croyait avant tout ce qu'il pouvait voir. Un peu comme ce quidam originaire de Culpucier dont il était question et auquel il ne prêterait crédibilité sur sa dite adoration à ces tréfonds qu'en l'entendant de la bouche de ce dernier. Il ne pouvait sciemment croire que quiconque était apte à apprécier un tel cloaque sans mystifier son monde. Les quelques renseignements qui lui furent octroyés le laissèrent un instant songeur, cette description même superficielle n'était pas sans lui rappeler son cher aîné qui avait eu loisir à lui relater nombre de ses odyssées dans l'immuabilité de Dorne, entre ses autres aventures régionales. Tout en marchant paisiblement, ses calots se posèrent sur l'excentrique minois de son interlocutrice à laquelle il s'adressa.

« A peu de choses près je jurerais que vous parlez de mon frère, Aslak. Lui aussi a quitté Culpucier il y a de nombreuses années, il n'est revenu que récemment. Quand bien même, ne pensez pas que mon rôle se limite aux enceintes de Port-Réal, je suis amené à pérégriner dans le royaume pour le compte de la Main du Roi, ou même avec celle-ci comme pour Murs-Blancs dont vous avez certainement entendu parler. Je voyage dans les lisières de mes responsabilités certes, mais cela me convient. » Il lui sourit tout à fait courtoisement. « Quant à mon épouse, elle n'est plus depuis très longtemps. » Si longtemps qu'en converser ne lui causait plus d'affres, seulement une pointe d'attendrissement en se remémorant les instants passés aux côtés de Kaithlin. Sa risette s'agrandit d'un éclat opalin et énamouré sans qu'il n'en ait réellement conscience, alors que ses myosotis s'égarèrent dans la foule environnante. « Je suis promis à une lady du Conflans depuis peu, il me reste de ce fait encore un peu de temps avant de subir les lubies d'une épousée jalouse ! Et vous concernant, nul fiancé ne patiente à l'Ile-aux-Ours que vous finissiez d'arpenter un sud jalonné d'infâmes nobles ? Un fou s'est déjà probablement essayé à vous courtiser, même s'il n'a aujourd'hui plus de dents pour en témoigner. »

Il doutait en réalité qu'une demoiselle autorisée à musarder à travers le pays ait vu sa main jurée à un quelconque énergumène, à moins que les marottes septentrionales ne lui échappent totalement. Il était étrange de songer qu'une femme ne puisse être vouée à un devoir conjugal et maternel, le commandant n'avait guère jamais pu comprendre la solitude sentimentale de sa douce amie Shaïra de Lys, ou même celle de sa petite soeur. Si aucune d'elles ne s'épanchait jamais d'une once de regret, il conjecturait sur la sincérité de leurs maux, car le bonheur n'était point atteignable pour une âme seule. Si sa propre existence s'était passée de conjointe durant tant de temps, sa fille en était la raison, devenue le coeur de ses intentions et de toutes ses motivations. A présent qu'elle déployait ses ailes vers un univers plus adulte, son être quémandait une moitié d'un autre acabit, qu'il avait foi de trouver en la personne de Velanna.

« Vous devez avoir un peu plus de la vingtaine, n'est-ce pas ? Quant à moi, je ne suis certainement pas aussi jeune que vous ne l'aviez pensé. Je vais sur ma quarantième année, mais je remercie les Sept que mes rides ne le brament pas à qui veut l'entendre ! Yevana en a dix-huit pour sa part, c'est une enfant. Enfin, non... » Non, elle n'était plus sa pouponne, une véracité qu'il avait grand mal à concéder, paradoxalement à son désir de lui trouver un parti. Il se mordilla la lippe, quelque peu élégiaque qu'il se fit. « C'est mon enfant... » Il se racla la gorge puis ricana faiblement en se grattant la pommette. « Ne raillez pas d'un père un peu trop impliqué voulez-vous, ayez pitié. »

Il se désopila plus franchement alors que les geignements des marchands couvraient l'usuelle cacophonie et attiraient l'intérêt du freux par intermittence. Il se garderait de conter les frasques et lubies de sa tendre fille qui aimait à n'en faire qu'à sa tête, un sujet qui, de toute façon, n'intéresserait sûrement pas Alysane. A l'angle d'une venelle, ils croisèrent un binôme de Manteaux d'Or qui ne manquèrent pas de saluer le sieur Mallery, ce dernier le leur rendit tout naturellement, lui qui entretenait d'étroites relations avec le Guet et son capitaine. Protagoniste connu de la ville, peu de citadins s'étonnaient de le voir sillonner les ruelles et ceux qui avaient marotte d'en faire de même le connaissait désormais bien, ce commandant de basse naissance. Le bras de celui-ci s'étendit devant la dryade sans pour autant la toucher, et lui indiqua une direction.

« Culpucier est par là, nous irons plus vite en passant de ce côté. » Il l'encouragea à s'engouffrer dans la voie d'un signe de tête et d'une légère pression manuelle exercée au creux de son échine, puis reprit la discussion. « Vous savez, je comprends l'opinion que vous vous êtes forgée concernant la noblesse des régions plus au sud, j'ai été à votre place fut un temps, mais je vous conseille vivement à ne pas généraliser. Vous pourriez passer aux abords de bonnes personnes, ce qui serait dommage. » Il pivota le faciès vers elle, secouant les quelques mèches d'or qui l'en ornementaient. « Nul doute que les condescendants joueraient moins de morgue s'ils venaient à flâner dans le Nord, de ce que j'en ai entendu, il est compréhensible que les femmes portent plus les armes que les robes. Avez-vous toujours préféré le combat à la couture ou fut-ce une obligation ? J'aimerais bien que vous me parliez un peu plus de vous, de votre région, si vous n'y voyez pas d'inconvénient. »


Vous allez balayer ma cendre ; L’homme ou l’insecte en renaîtra ! Mon nom brûlant de se répandre, dans le nom commun se perdra. Il fut! Voilà tout ! Bientôt même, l'oubli couvre ce mot suprême, un siècle ou deux l’auront vaincu. Mais vous ne pouvez, ô nature, effacer une créature... Je meurs. Qu’importe... J'ai vécu !


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Alysane Mormont
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Message Mer 2 Jan 2013 - 13:28

     Elle haussa légèrement les épaules en réponse à ce qu'il disait à propos de ses goûts. Il était vrai que les inclinaisons d'une Nordienne ne l'intéressaient guère et pour être sincère, Alysane n'en parlait généralement pas. Mais elle aimait assez l'idée de pouvoir choquer, alors comment aurait-elle décemment pu passer à côté d'une telle rumeur sans en profiter ? La jeune femme tournait de temps en temps la tête dans sa direction pour regarder le visage qu'il arborait et elle fut surprise en l'entendant parler d'un prénommé Aslak. Quelle drôle de coïncidence ! L'homme qu'elle avait rencontré à Port-Lannis se disait justement natif de Port-Réal et portait le même prénom. Simple hasard ou croisait-elle réellement les deux frères sans chercher à le faire ? Un sourire se peignit sur les lèvres gercées de la Nordienne alors qu'elle regardait à nouveau devant elle. Ainsi donc le roturier était arrivé à Port-Réal et avait retrouvé sa famille ? C'était une assez bonne chose de son point de vue, même si au fond elle n'aurait pu jurer que ser Alrik pensait de même. Il expliqua ensuite qu'il voyageait assez peu – uniquement pour le compte de Brynden Rivers – et qu'il n'était plus marié. Sa femme était donc décédée ? Dommage, Alysane ne comptait pas s'excuser, déjà parce qu'elle ne pouvait pas le deviner et ensuite parce que la mort n'était pas forcément une mauvaise chose. Elle tourna brièvement la tête vers lui au moment où il disait qu'il avait une promise qui l'attendait dans le Conflans. Ah ! Encore une gourgandine qui devait rêver au prince charmant à n'en pas douter. Rien qu'à cette pensée, la Mormont sentit presque les nausées lui monter jusqu'aux lèvres.

     Lorsque le commandant émit l'hypothèse qu'elle n'ait pas de fiancé, la jeune femme hocha la tête sans se soucier de ce que cela pouvait donner comme impression. Il lui révéla ensuite avoir près de quarante années et avoir une fille qui était largement en âge de se marier. Alysane ne put toutefois pas dissimuler son amusement lorsqu'elle l'entendit parler d'elle comme « d'une enfant ». Elle avait presque l'impression d'entendre son père qui la traitait encore comme une enfant alors qu'elle était plus qu'en âge de vivre comme une adulte. Certes sa mère disait que tant qu'elle ne serait pas mariée, elle resterait une enfant, mais c'était bien évidemment un mensonge pour la pousser à se laisser passer la corde au cou. Ils croisèrent des Manteaux d'Or avant que le commandant ne l'encourage à emprunter une voie éloignée de Culpucier. C'était qu'il souhaitait réellement à ce qu'elle arrive à bon port à son auberge ! Il était vrai qu'il aurait été plutôt moyen de voir une Nordienne se faire éventrer comme un poisson alors qu'elle était en compagnie de ser Alrik Mallery ! La jeune femme s'exécuta en silence, écoutant la suite de ce qu'il disait sans quitter les pavés du sol de son regard marbré. Lorsqu'il retomba dans le silence, elle inspira légèrement pour répondre d'un ton plus mesuré que depuis leur premier échange.

     ▬ Ce n'est pas une obligation, en fait c'est la logique qui m'y a poussée. Je ne suis pas douée à la couture tandis que les armes me réussissent mieux. Trouveriez-vous davantage normale que je sois une piètre noble dame et une mauvaise épouse alors que je peux être une très bonne combattante ? J'estime que l'on doit faire ce pour quoi l'on se révèle doué tout simplement. Dit de la sorte, tout avait l'air logique et peut-être que l'on comprenait mieux sa manière de voir les choses. Vous savez, ma famille ne possède aucun homme. J'ai cinq sœurs et un frère bâtard, il faut bien quelqu'un pour veiller sur elles. Ma sœur aînée et mes cadettes sont bien plus séduisantes et féminines que moi, alors j'estime que les Anciens Dieux ont certainement prévu que je remplace les hommes absents. Je fais donc mon possible pour occuper cette place. Mes parents pourront toujours marier mes sœurs, ce n'est pas mon célibat qui leur posera problème. Elle esquissa un léger sourire. Je suis trop vieille pour me marier de toute manière. J'ai vingt-cinq ans, dix ans de plus que celui d'une épouse normale, personne ne voudra s'unir à quelqu'un d'aussi âgé que moi. Autant que je serve ma maison du mieux que je le puis. Donc comme vous l'avez deviné, aucun fiancé ne m'attend sur mon île et personne ne s'est risqué à tenter l'aventure. Mes sœurs sont plus séduisantes que moi et ma maison n'est déjà pas très courtisée en raison de sa pauvreté.... »

     Il fallait donc comprendre que ses parents risquaient déjà d'avoir du mal à marier ses sœurs et qu'elle serait la dernière sur la liste. Alysane ne se leurrait pas, aucune maison du Nord ne voudrait se lier aux Mormont s'ils avaient d'autres possibilités plus intéressantes. Le fait que les Mormont soient les plus fidèles vassaux des Stark n'entrait pas en ligne de compte. Les histoires de mariage épuisait Alysane de toute manière, elle n'aimait pas devoir se comporter de manière « civilisée » juste le temps de réussir à ferrer le poisson. Peut-être réussirait-elle à jouer le jeu l'espace de quelques heures, mais elle redeviendrait vite elle-même et son fiancé s'apercevrait rapidement de la supercherie. Cela dit, elle n'avait rien contre le mariage, mais les hommes capables de l'intéresser n'étaient pas très nombreux dirons-nous simplement. Elle tourna la tête vers l'homme à ses côtés.

     ▬ Ainsi donc vous êtes un père attentionné ? Le mien m'a toujours dit que si avoir des filles était une source d'ennuis, c'était un très beau cadeau. Je suis certaine que vous devez vous arracher les cheveux avec elle, mais vous vous en sortez bien j'en suis persuadée. Pourquoi ? Parce qu'il avait réussi à être anobli et qu'il devait donc avoir un morale très élevée. C'est étonnant de voir un homme rester seul pour élever sa fille, j'aurais juré que n'importe quel mâle aurait rapidement trouvé une nouvelle épouse pour lui confier l'éducation de son enfant. Vous êtes mieux que les hommes qu'il m'a été donné de rencontrer. C'était une sorte de compliment. Quoi qu'il en soit, je suis certaine que cette jeune fiancée doit trépigner d'impatience à l'idée de vous épouser. »

     Les femmes étaient toutes tellement niaises ! Alysane en aurait presque envie de changer de sexe certaines fois. Malheureusement ce n'était pas possible et il fallait supporter les idiotes qui se pâmaient devant les chevaliers que la Nordienne estimait tellement peu. Jusqu'à présent, elle n'avait rencontré aucun noble qui soit digne d'intérêt. Ser Alrik si, mais il était né roturier, ce qui expliquait sa vision des choses plus ouverte que celle de ses homologues. De plus, lui-même souffrait de cette attitude de ce qu'il avait dit. Elle baissa les yeux vers le sol avant de reprendre la parole.

     ▬ Et rassurez-vous, les gens que je rencontre et avec qui je parle valent autant que les nobles. De plus, j'en ai rencontré quelques-uns et je me suis attardée sur leur personne, je l'ai toujours regretté. Il existe suffisamment de bonnes personnes pour que je ne m'attarde que sur celles que je veux. Puis je vous ai rencontré vous en noble ! Elle sourit légèrement en le regardant avant d'ajouter. Et que souhaitez-vous savoir sur le Nord ? Nous sommes beaucoup plus isolés qu'ici, mais aussi beaucoup plus proches les uns des autres parce que l'entraide est importante pour la survie. Nos dieux nous donnent une autre vision des choses que vos Sept. Avez-vous déjà visité un Bois sacré ser Alrik ? Elle marqua une légère pause avant d'ajouter quelques mots d'un air amusé. Oh... Et l'homme dont je vous parlais avant, il s'appelle Aslak lui aussi. »

     Sa mimique ne trompait pas : elle était amusée par la situation, même si ce n'était peut-être pas le cas de son vis-à-vis !


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Alrik Mallery
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Message Jeu 3 Jan 2013 - 23:33

Pas une coercition donc, de tenir l'estoc plus que l'aiguille à ravauder. Les choses étaient toujours mieux ainsi, lorsque l'on ne les entreprenait sous aucun joug mais sous la nitescence de notre propre volonté. Bien malgré le fait que les ladies des Terres de la Couronne ne soient pas édifiées du même acabit, voir une femme sur un champ de bataille n'était plus si surprenant. Les Dents de Freux en comptaient bien quelques-unes dans leurs rangs, et les nordiennes n'étaient guère les seules à jouir de ces mentalités davantage libérales, rejointes par les dorniennes ainsi que les fer-nées. Il se souvenait sans mal avoir déjà croisé le fer, justement, avec l'une de ces insulaires, qui s'était avérée particulièrement douée en dépit de son sexe et de son jeune âge. Fort de ses expériences, Alrik commençait à croire que les guerrières possédaient encore plus de résolution que leurs homonymes masculins, certainement car les preuves qui devaient être apportées étaient beaucoup plus ardues que pour un quidam lambda. Alysane semblait être plus réfléchie que ce qu'elle avait bien voulu démontrer jusqu'alors, son syllogisme concernant ses facultés et leur usage était peint de sagesse. Il aurait été absurde de juguler son véritable potentiel en faveur d'un rôle naturellement accordé, mais vraisemblablement inadéquat. Entre piètre noble et combattante distinguée, elle avait choisi sa voie et ne s'était pas fourvoyée, le commandant en était intimement persuadé. Ses paroles résonnaient avec une telle conviction que le contraire lui paraissait improbable, tout comme lui ne regrettait point le sentier qu'il avait suivi tout au long de son existence. Ils partageaient au moins leur opiniâtreté et cette volonté de faire fi de l'opinion publique, car qu'importait les avis qui divergeaient, ils continuaient de croire en eux-mêmes et en ce qu'ils étaient capables d'accomplir. A cela, donc, il adhéra d'un hochement de tête, à la fois amusé et effrayé de constater autant de damoiselles en guise de fratrie. Apeuré en s'illustrant avec une pléiade de filles toutes aussi caractérielles les unes que les autres, et alors, les déités lui en soient témoins, il n'y aurait vertement pas survécu ! Ni lui, ni même le Donjon Rouge puisque l'extraordinaire bastion avait toujours été leur logis de substitution avant qu'Empyrée ne soit fait leur. Sa commisération n'alla point à la sylphide se déclarant trop âgée pour un dessein marital, mais bien au lord Mormont qu'il congratulait secrètement d'être encore de ce monde avec autant de muses en guise d'enfants.

Même si ses pensées fluaient ainsi, aujourd'hui, son désir de paterner ne s'était diantrement pas éteint. Sa vie conjugale mise entre parenthèses depuis la disparition de son épouse, il avait désormais conscience de cette indicible envie d'avoir d'autres descendants, d'autres enfants avec celle qui avait dorénavant toute sa passion. S'il était un père intentionné ? Ce terme lui légua une légère amertume, car il ne pensait pas le mériter. Point d'éloges sur ce fait, s'il s'était toujours échiné à veiller sur sa chère pouponne, il ignorait s'il y était réellement parvenu. Autrefois, il lui semblait avoir été davantage présent pour elle qu'il ne l'était avec ses actuelles obligations, ses absences étaient plus que jamais itératives, pesantes aussi bien pour elle que pour lui. Mais il ne pouvait sciemment pas volontairement omettre son devoir pour lequel il avait lutté contre l'univers, pour lequel il avait eu sang et eau en guise de sudation. Tout ceci était d'un alambiqué qui lui échappait bien trop souvent, craintif à l'hypothèse de ne pas être un bon père. Une obscure éventualité qu'il n'exprima pas, ses lippes se contentèrent de s'étirer en une risette égayée par la sagesse du lord Mormont sur une progéniture féminine.
« Votre père est un homme avisé ! » Une offrande des Sept aussi bien qu'un synonyme de mille tribulations, à n'en point douter ! Il la remercia ensuite d'une mouvance crânienne quant à son compliment, jugeant futile de commenter l'éducation dispensée à son enfant quand bien même fut-elle également affûtée par Aaliyah et Shaïra de Lys. Quant à Velanna, il espérait plus que sincèrement que c'était effectivement le cas, qu'elle se languissait de leur union autant que lui, ses chimères toutes vouées à sa personne depuis cette divine fois où il n'avait fait que l'apercevoir. Il aurait été aisé pour lui de trébucher sur la première protubérance venue s'il demeurait logé dans ses songes matrimoniaux, fort heureusement, la voix de la nymphette l'extirpa de sa rêverie et il daigna se reconcentrer sur elle.

Il fut heureux de constater que la jeune femme s'ébaudissait à leur flâneuse discussion, bien que ses calots veillaient sur les alentours pour ne pas qu'ils s'égarent dans les inextricables venelles de Port-Réal. Prompt à approfondir le sujet sur les mythes et traditions septentrionales, lorsque subitement, l'identité de fieffé coquin qu'était son aîné le fit tomber des nues.


« Comment ? Un baladin aux cheveux de cuivre, un air éternellement niais et enjôleur sur le faciès, incapable de réprimer ses bouffonades et outrageusement épicurien ? » Il attendit un quelconque signe d'approbation de la part de son interlocutrice, puis se voila d'un accablement pour le moins manifeste tout en soufflant. « Pas de doute, il s'agit bien de mon frère... » Un soupir outrepassa la barricade de ses lèvres alors que ses prunelles azurées se posèrent quelque part devant lui. « Outre l'ironie que vous rencontriez son cadet aujourd'hui, je ne suis absolument pas abasourdi par le portrait qu'il a pu vous dresser de Culpucier et de l'existence qu'il y menait. J'espère que vous ne vous êtes pas laissée amadouer par sa rhétorique, Aslak n'a jamais pu s'empêcher de jouer de démesure... Cela étant, il est effectivement ici depuis un certain moment maintenant. Enfin... Quelque part là... Ou là-bas... Dans le coin, je suppose... » Il eut un bref silence. « … Près des égouts sûrement. »

Là où les catins rôdaillaient, comme l'avait si bien souligné Alysane elle-même. Les Sept seuls pouvaient bien savoir où son aîné se trouvait à l'heure actuelle, cela faisait déjà plusieurs jours qu'ils ne s'étaient pas vus et il redoutait sans cesse qu'il ne soit encore l'instigateur d'une nouvelle bévue. Il était certain de pouvoir en compter par pléthore dès lors qu'Aslak mettait le nez dehors, cet homme était un point de convergence pour tous les méchefs existants. Pis encore, il incitait son unique nièce à le talonner dans ses frasques et le freux ne dormait jamais d'un sommeil salutaire lorsqu'il n'était pas à son fief. Aussi bien inconscient dans son rôle de frère que dans celui d'oncle, miracle serait qu'il ne ruine pas la notoriété des Mallery, même s'il avait au moins la décence de ne pas se présenter comme l'un de leurs parents. Incommodé par cette simple vision d'un joyeux luron en délit, il chassa sa spéculation d'un mouvement de la main puis reprit la discussion.

« Qu'importe. Pour vous répondre, non, je ne suis jamais allé dans un bois sacré, je n'ai guère eu l'opportunité de méditer sous la frondaison d'un barral. J'ai ouï-dire que ces arbres étaient à la fois beaux et sources d'une émotion indiciblement ankylosante. Comme tout à chacun, j'ai également entendu parler des Anciens Dieux, et puis, il y a tout ce que l'on conte sur le Mur et les Autres. De nombreuses légendes se relatent concernant le Nord, je ne pourrais vous dire par où commencer, il y aurait tant de choses à dire... Et dans ce cas, je risque de veiller jusqu'à ce que nous en ayons fait le tour ! »

Un rire ponctua sa tirade, mais le chevalier n'en pensait guère moins. Ils y laisseraient leur sorgue si la dryade tentait de combler l'ensemble de sa curiosité, car celle-ci était insatiable, la connaissance lui avait tant fait lacune lors de son jeune temps que la moindre occasion était bonne à saisir pour rattraper ces années de perdu. Quand bien même, elle avait attisé son intérêt pour les bois sacrés, qu'il se promettait alors de visiter à la première opportunité venue. Pour l'heure, son regard balaya les environs pour authentifier l'exact lieu où ils se trouvaient, ralentissant sensiblement la rythmique de leur marche.

« Reconnaissez-vous quoi que ce soit sur notre route ? » Il se tourna vers elle. « Au fait Alysane, si vous vous plaisez à jouer le rôle du guerrier au sein de votre île, parmi tant d'autres j'entends, qu'êtes-vous donc venue faire plus au sud ? »


Vous allez balayer ma cendre ; L’homme ou l’insecte en renaîtra ! Mon nom brûlant de se répandre, dans le nom commun se perdra. Il fut! Voilà tout ! Bientôt même, l'oubli couvre ce mot suprême, un siècle ou deux l’auront vaincu. Mais vous ne pouvez, ô nature, effacer une créature... Je meurs. Qu’importe... J'ai vécu !


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Message Ven 4 Jan 2013 - 14:49

     Apparemment les relations entre les deux frères ne semblaient pas être au beau fixe. La simple manière dont il taxait le prénommé Aslak suffisait à indiquer à Alysane que le commandant n'était visiblement pas le plus fervent admirateur du roturier. Étonnamment, la demoiselle de son côté, l'avait beaucoup apprécié. Il était amusant et divertissant et bien qu'il avait émit l'hypothèse de lui faire du charme, il avait aussi bien rapidement abandonné l'idée ce qui ne faisait que le faire grimper dans son estime. Cela dit, il y avait bien un point qui gênait fortement la Nordienne, c'était que l'homme en question semblait très dépendant de l'entrecuisse de la gent féminine, quelque chose qui avait le don d'irriter la Mormont. Quoi qu'il en soit après la confirmation d'Alysane à propos de la description qu'il faisait de son frère, ser Alrik confirma que c'était bien lui avant d'ajouter qu'il n'était pas étonné par la manière dont l'intéressé lui avait fait l'apologie de Culpucier. Nul doute qu'une telle personne devait être dans son élément lorsqu'il se promenait au milieu des catins et des voleurs à la tire. Au moment où le noble émit l'idée qu'elle puisse s'être laissée berner par la verve de l'homme, Alysane ricana légèrement. Il en faudrait bien plus que de belles paroles pour lui faire rentrer une idée dans la tête. Elle avait bien remarqué que le roturier n'était pas franchement digne de confiance et elle ne tenait pas à trop côtoyer de tels individus. Question de sécurité, la Nordienne ne visitait pas Westeros pour prendre le risque d'être pendue à cause d'un idiot qui l'aurait manipulée. La jeune femme soupira doucement lorsque son interlocuteur termina sa réplique en laissant entendre que son frère devait être auprès des femmes de petite vertu. Ce n'était pas étonnant.

     ▬ Il en faut bien plus qu'une langue bien pendue pour m'amadouer messire. S'il avait tenté une telle chose sur moi, je lui aurais coupé l'organe afin de l'accrocher à la porte de ma chambre pour décourager les hommes trop bravaches. Elle plaisantait, à moitié. L'idée de couper la langue d'un homme ne l'intéressait pas vraiment, mais si c'était le seul moyen pour être prise au sérieux ma foi.... De plus, je ne tiens pas à trop fréquenter des personnes comme lui, il doit porter toutes les maladies vénériennes de Westeros et d'ailleurs ! »

     Certes ce n'était pas forcément un compliment pour le pégus, mais la demoiselle n'avait pas une grande estime des gens qui laissaient leurs mains – et autre chose – traîner n'importe où. Surtout sous les jupes des catins. Mais là n'était pas le sujet le plus important étant donné qu'il était fort peu probable que la route de la donzelle recroise un jour celle du roturier coureur de jupons. Puis même si c'était le cas, elle ne portait pas de robe à soulever et ne devait donc pas intéresser grandement un tel personnage.

     La discussion glissa sur les Bois sacrés alors que l'homme répondait qu'il n'avait jamais eu l'occasion de voir un barral, ajoutant qu'il avait entendu de bien belles choses à leur propos. Elle esquissa un léger sourire plutôt satisfaite de voir un adepte des Sept s'intéresser à sa religion. Au fond, ce n'était pas si important, la demoiselle savait en quoi elle croyait, mais après si d'autres ne pensaient pas comme elle, que pourrait-elle y faire ? La Mormont resta muette alors qu'il abordait le sujet du Mur, des Autres et de nombreuses légendes qui existaient encore. Il y avait beaucoup de choses à raconter sur la région natale de la jeune femme et même elle ne devait pas toutes les connaître ! Des rumeurs couraient sur les clans des montagnes et lord Jeor lui en avait parlé de temps en temps, mais elle n'avait pas prêté grande attention à l'époque et le regrettait un peu à présent. Ser Alrik la tira alors de ses pensées en lui demandant si la route lui disait quelque chose et Alysane se concentra sur ce qui se passait autour d'elle, essayant de visualiser le chemin qu'elle avait emprunté pour se glisser jusqu'au port. La question qui lui fut alors posée attira l'attention de la jeune femme sur le commandant avant qu'elle ne réponde avec une logique inébranlable.

     ▬ Parce que j'ai voulu voir ce qui se passait au sud. Mon père m'a souvent parlé des chevaliers du sud et j'ai une bien piètre opinion d'eux. Je voulais les rencontrer pour que l'on ne puisse plus me dire « ne parle pas de ce que tu ne connais pas » lorsque je médirai à leur propos. Un sourire se peignit sur ses lèvres, elle ne plaisantait qu'à moitié pour le coup. Et j'ai passé toute ma vie sur cette île, même si je la chérie, je voulais voir d'autres horizons pour savoir ce que je ratais. Mais je rentre et je compte y rester un bon moment. Elle hésita une brève seconde avant de reprendre. Lorsque j'ai quitté le Nord, la guerre n'avait pas encore débutée, du moins pas de manière aussi poussée, sans quoi je n'aurais jamais laissé les miens seuls. »

     Oui, elle se sentait coupable d'avoir laissé les siens sans réelle protection. Oh, ils avaient des hommes d'armes sur l'île pour protéger les personnes qui y vivaient, mais Alysane était une bonne combattante, solide et qui n'avait pas peur. Son frère bâtard était le seul autre « homme » capable de défendre efficacement les siens étant donné que leur père souffrait d'une raideur à la jambe qui rendait ses mouvements compliqués, surtout en plein combat. Le commandant avait touché un point sensible et elle préféra masquer ce trouble en se concentrant sur la route. Elle indiqua un chemin sur leur droite.

     ▬ Je suis passée ici, nous n'en sommes plus très loin. Il suffit de remonter cette rue et de prendre à gauche si je ne me fourvoie pas. »

     Elle reprit la marche, restant quelques instants silencieuse. Le sujet de la guerre était très épineux et c'était certainement le seul qui pouvait réellement la toucher. Elle souhaitait protéger les siens depuis toujours, mais sans jamais avoir réussi à le faire de manière palpable puisqu'il n'y avait pas de guerre. Les Fer-nés attaquaient souvent l'Île-aux-Ours, mais les hommes d'armes suffisaient généralement à faire fuir les voleurs et le fort n'était jamais mis en danger. Mais comment réagirait-elle si elle apprenait que ses sœurs avaient été enlevés par ces barbares et que le reste de sa famille n'était plus de ce monde ? Rien ne pourrait racheter l'égoïsme dont elle avait fait preuve en partant découvrir le reste de Westeros alors que les rumeurs d'une rébellion des Fer-nés arrivaient tout doucement dans le Nord.

     ▬ J'ai entendu dire que lord Brynden possède un arbre en bois de barral. Vous avez tout de même eu l'occasion d'en côtoyer un de près par conséquent. Le ton était légèrement moqueur alors qu'elle lui décrochait un regard étrange. Vous dans le sud, vous avez de bien drôles de manières de traiter les barrals ! »

     Comment réagiraient-ils si les Mormont utilisaient la statue d'une de leur divinité pour en faire un porte-fourrures ? Très mal sans aucun doute, mais c'était sans réelle importance, elle avait déjà tant de choses qui la contrariaient qu'elle n'était plus à cela près. La demoiselle resta un bref instant muette alors que le haut de la rue arrivait tout doucement, puis elle conclut quelques secondes après.

     ▬ Si vous allez combattre les Fer-nés mon commandant, j'espère que vous leur donnerez quelques coups pour venger les Nordiens qui doivent les supporter depuis toujours. À moins que vous ne restiez auprès de lord Brynden pendant la bataille finale ? »

     Car bataille finale il y aura un jour, elle n'en doutait pas une seule seconde. L'unique question était : quand ?


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Message Lun 14 Jan 2013 - 4:30

Il ne parvenait toujours point à y croire, de tous les quidams peuplant les diverses contrées de Westeros, combien de chances avait-elle de s'être trouvée en compagnie de son frère ? Les Sept ne manquaient décidément guère d'humour, même si le chevalier se retrouvait exaspéré de la façon dont Aslak pouvait bien présenter Culpucier et les années qu'ils y avaient passées. L'ineptie suintait par tous les pores du derme de cet homme, ardu était de croire qu'ils étaient effectivement issus des mêmes géniteurs, certainement aussi dur de penser que des deux, ce n'était pas Alrik l'aîné. La notion de responsabilité n'était diantrement pas proportionnelle aux décades endurées à la survie, que les déités lui en soient témoins, ce bougre avait beau être son frangin de sang qu'il souffrait d'indicibles affres à le laisser musarder seul en son fief, ou même à Port-Réal, qui pouvait donc bien savoir ce qu'il était apte à provoquer sur son passage ? Semer quelque maladie vénérienne n'était sans aucun doute qu'une seule de ses habiletés parmi une pléthore d'autres, il n'était point avare en matière de lupanars et ceux-ci le lui rendaient rarement bien. L'image le fit néanmoins sourire, au moins la Mormont avait-elle eu une sagacité adéquate une fois face à cet étrange protagoniste, car en plus de ne pas s'être laissée incanter par ses somptueuses paroles, elle ne s'était pas même fourvoyée sur sa nature. Un organe humain en guise d'ornementation de porte serait assurément une décoration dissuasive, de quoi persuader les hypothétiques dubitatifs que les nordiennes n'étaient pas des femmes à importuner sans risque d'un retour de brasier. Au moins la jeune femme n'aurait-elle à endurer aucune mystification si elle continuait d'avoir la tête sur les épaules plutôt que dans les nébulosités célestes, voilà bien un trait de caractère qui faisait cruellement défaut à sa tendre fille, dont l'ingénuité lui ployait des cheveux d'opalescence avant l'heure. Converser de l'imprudence natale de son aîné souleva une ineffable inquiétude quant à la sûreté des siens et l'état dans lequel pouvaient se trouver ses terres... Cette discussion l'aurait au moins convaincu de retourner à Empyrée pour y reprendre sa place de lord durant une kyrielle de jours, décharger sa pauvre sœur et veiller sur Yevana. Les angoisses paternelles ne sommeillaient malheureusement jamais, elles.

Mais en plus d'être lucide dans ses jugements – du moins, lorsqu'il n'était point question de nobles. - Alysane s'avérait être suffisamment curieuse et hardie pour outrepasser les lisières de son chez elle et ainsi s'adonner à quelques odyssées. Etre en mesure de ne pas jouer d'impéritie lors des échanges d'opinion, une intention pour le moins louable, les voyages étaient sève de tout savoir à la condition que l'esprit ne soit pas niellé de nombreux poncifs dont l'on refuse de se séparer. Même si médire semblait demeurer dans ses mœurs, le simple fait que ses diatribes soient à l'avenir forgées de faits vérifiés était une chose bien perçue par le commandant, dont l'esprit critique s'était lénifié avec le poids des années. Cependant, rien ne valait la chaleur de son foyer, aussi comprit-il le désir de la donzelle à demeurer sur son île dès lors qu'elle en aurait foulé le sol, un par terre qui avait connu son lot de souffrances depuis le départ de l'une de ses Ourses, ce à quoi il répondit d'un hochement de tête solennel, concerné par les ignominies fer-nées. Maudits écumeurs, êtres viciés qu'ils s'en allaient châtier de tout leur soûl ! La foi qu'il plaçait dans les projets de son lord était irréfragable, même si les dégâts étaient aussi considérables qu'éternels. Il ne s'extirpa de sa sombre réflexion qu'à la mouvance de sa compagne de chemin, qu'il suivit dans un mutisme presque religieux après le bref survol d'un sujet qui ne pouvait être qu'ourlé de pertes et d'affliction. Ses prunelles biaisèrent vers la Mormont lorsque son timbre s'éleva derechef, des tirades qui le firent ricaner.


« Vous dans le nord, vous avez de bien drôles de manières de traiter les chevaliers. A chacun ses marottes ! »

Tout n'était qu'une question de croyances personnelles et, effectivement, d'habitudes. Il se souvenait de cet arbre en bois de barral mais il ne s'y était guère jamais attardé, et il doutait que l'impression soit comparable à celle d'un véritable trônant dans un bois sacré. Voilà bien une chose qu'il se devrait de faire avant de passer l'arme à gauche ! Mais avant cela, l'aboutissement d'une guerre se profilait, une véracité justement soulevée et pour laquelle son grade de commandant fut mis à l'honneur. Ce dénouement à venir n'était point sujet à badineries, nombre de vies serait une fois encore perdues bien que vouées à venger celles déjà trépassées et à assurer la pérennité de celles épargnées par le fléau des mers. Il ne doutait pas que tous les guerriers rassemblés pour l'occasion seraient inspirés et imprégnés de tout le fiel de ceux qui ne pourraient directement participer à cette bataille, le royaume savourerait sa vendetta sur la Seiche quoi qu'il puisse advenir, Alrik le savait et avait hâte qu'un semblant d'harmonie puisse regagner les littoraux. Aurait-il la chance de mener ses troupes au combat, là-bas, directement sur cet archipel de rocaille ? Il l'ignorait encore, tout dépendrait de la seule volonté de la Main du Roi qui jugerait de sa meilleure utilité à trancher de l'encornet ou à veiller à Port-Réal.

« Je ne pourrais vous dire. » Répondit-il en haussant vaguement les épaules pour accompagner son impéritie. « Je suis en grande partie en charge de la milice mise en place pour damner les Greyjoy et leurs sépions, même si la plupart des enrôlés sont là à des fins personnelles, il est bon de voir tant d'épées prêtes à se risquer contre les fer-nés. » Car ces derniers pouvaient être de féroces combattants, il se souvenait sans mal de l'unique rencontre qu'il avait eu avec un boutre de ces forbans, rencontre dont il était miraculeusement sorti entier. Mais sans la mer ni effet de surprise, ainsi qu'à effectif réduit, les insulaires seraient impuissants et contraints d'abdiquer face aux forces royales. « Mes obligations premières requièrent ma présence au Donjon Rouge et plus généralement aux côtés du lord Brynden Rivers, je n'ai point encore conversé de mon hypothétique partance pour les Iles-de-Fer ou non une fois le moment venu. Ce sera au bon vouloir de mon seigneur. » Si apporter la résignation à ces pirates n'était pas de refus, le ser ne se laissait pas aveugler par son envie de croiser le fer et se savait probablement plus à sa place à veiller sur le domaine royal. « Je vous aurais bien suggéré de vous enrôler dans ladite milice, mais je gage que votre priorité est de rejoindre votre famille, ce qui est tout à fait compréhensible. Quoi qu'il en soit, s'il m'est donné l'opportunité de ferrailler en pensant à vous, je me prêterai volontiers au jeu ! »

Un rire ponctua sa phrase alors que leur foulée les conduisait graduellement à la fin de la ruelle, qu'il observa d'un air distrait. Ils parvinrent furtivement aux abords d'une auberge qui avait de forte chance d'être celle qu'ils recherchaient. Le chevalier guigna les environs en estimant le genre de fréquentations dont un lieu comme celui-ci pouvait bien receler, car si l'établissement n'était pas le plus à déplorer de la cité, sa proximité avec les bas-fonds en faisant malgré tout un coin plein de dangerosité. Son usuel paternalisme l'empêchait d'être entièrement serein concernant la sécurité de la nordienne, toutefois, il estimait l'avoir suffisamment incommodé avec cela, et si elle musardait ainsi à travers Westeros, cela signifiait qu'elle ne pouvait être qu'autonome.

« Eh bien Alysane, c'est certainement là votre auberge ? Je serai au moins quiet d'esprit de vous avoir raccompagnée jusqu'ici. » Il lui adressa une risette. « Ce fut une rencontre des plus succinctes mais pas moins appréciable, il est rare de pouvoir goûter de l'authenticité des gens de votre peuple... Et de votre trempe ! Soyez prudente jusqu'à l'île-aux-Ours, et qui sait, peut-être nous reverrons-nous un jour... Milady. » Sans attendre, il captura la main de la Mormont et y déposa un baiser des plus bienséants, non sans un éclat de rire une fois achevé. « Je ne pouvais que finir par une petite fantaisie, pour vous donner ainsi tout loisir de me haïr en chemin ! »


Vous allez balayer ma cendre ; L’homme ou l’insecte en renaîtra ! Mon nom brûlant de se répandre, dans le nom commun se perdra. Il fut! Voilà tout ! Bientôt même, l'oubli couvre ce mot suprême, un siècle ou deux l’auront vaincu. Mais vous ne pouvez, ô nature, effacer une créature... Je meurs. Qu’importe... J'ai vécu !


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Alysane Mormont
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Message Lun 14 Jan 2013 - 15:33

     Le Nord n'aimait pas vraiment les chevaliers c'était un fait, mais Alysane plus que les autres. Sans raison particulière pourtant, si ce n'était parce qu'il suffisait de se présenter comme « ser quelque chose » pour être considéré comme un bon combattant alors qu'une femme comme elle devrait toujours prouver ses talents. En réalité c'était une sorte de jalousie qui la poussait à se comporter de la sorte, mais si qui que ce soit avait osé lui dire une telle chose, elle aurait certainement fait savoir au malheureux qu'il ferait mieux de ne pas la provoquer sous peine d'y perdre quelques dents.

     Après quoi le commandant lui expliqua qu'il était en charge de l'organisation de la milice destinée à s'occuper des Fer-nés qui jouaient trop avec la patience des habitants du continent. Ce qu'elle avait hâte de les voir subir une lourde défaite ! La Nordienne sentait ses tripes se contracter rien qu'à l'idée que ces barbares puissent avoir osé poser le pied sur sa si belle île, ils ne méritaient que la mort et elle regrettait juste une chose : de ne pouvoir prendre personnellement part à cette revanche. Car ce serait une revanche, un juste retour des choses qui ferait comprendre à ces prétentieux pirates qu'ils devaient rester sur leurs îles et ne plus s'attaquer à plus fort qu'eux. Lorsqu'il déclara que la majorité des personnes qui s'étaient engagées dans cette milice avaient des choses à régler en personne avec les Fer-nés, elle ne put se retenir d'émettre un léger rire. Quoi de plus normal que d'agir de la sorte ? Si l'île-aux-Ours avait été victime des attaques et qu'elle avait eu la possibilité de prendre part à une action dirigée contre les agresseurs, la jeune femme n'aurait pas hésité une seule seconde. Au moins eux auraient une bonne raison de ne pas lâcher l'affaire. Ils seraient plus désireux que de simples soldats de mener à bien leur combat pour la bonne et simple raison qu'ils avaient tous perdu beaucoup dans cette affaire. Mais elle n'apprenait certainement rien à un homme comme ser Mallery !

     Comme il continuait en lui expliquant qu'il ignorait lui-même s'il serait du nombre des continentaux qui poseraient le pied sur les Iles de Fer, la jeune femme hocha la tête. C'était logique, un homme d'une importance comme le commandant devrait peut-être rester en arrière histoire de se charger d'autres choses. Malheureusement les Fer-nés n'étaient pas la seule menace que le Trône de Fer avait à surveiller, certaines mauvaises personnes pourraient profiter de l'occasion pour essayer de porter un coup rude à la couronne. Alysane s'en moquait pas mal, étrangement pour elle les affaires du trône n'étaient pas les siennes, même si son père était un vassal des Targaryen. Lorsqu'il émit l'hypothèse qu'elle aurait pu se joindre à cette fameuse milice, la jeune femme ne put retenir un léger rire. L'idée était séduisante, mais il y avait fort à parier que lord Beron avait déjà programmé quelque chose de son côté, en tant que Mormont elle aurait avant toute chose prêté sa hache à son seigneur. Lorsqu'il parla de l'idée de se battre en songeant à elle la jeune femme salua le « compliment » d'un hochement de tête.

     ▬ Et je pourrais me targuer d'avoir marqué l'esprit d'un commandant, chevalier de surcroît ! »

     Ce n'était pas tous les jours qu'une telle occasion lui était donnée, c'était certain. La jeune femme porta alors son regard sur l'auberge qui se présentait à leurs côtés. Oui, il s'agissait bien de la sienne, du moins de celle où elle avait posé ses affaires pour la nuit, mais peut-être qu'elle envisagerait de rentrer plus rapidement que prévu si jamais les choses le permettaient. Il fallait encore trouver un bateau qui se rendait dans le Nord, attraper Godrik au vol et l'obliger à s'embarquer sur la coquille de noix qu'elle aurait dégoté... Étrangement cette partie semblait être la plus compliquée de l'affaire ! Tournant ses yeux ambrés vers le visage du commandant, Alysane ne put s'empêcher d'être amusée par le fait qu'un homme comme lui puisse s'inquiéter pour une femme comme elle. À son départ du Nord, même si son frère avait l'air inquiet, il semblait confiant à l'idée de la revoir entière sous peu. Peut-être était-ce parce que le chevalier ne connaissait pas la manière dont elle se débrouillait pour chasser les inopportuns ? C'était possible et, au fond, cela ne changeait pas grand-chose à l'affaire. Il oublierait rapidement cette Nordienne étrange rencontrée sur le port. La Mormont s'apprêtait à le remercier de sa gentillesse – chose suffisamment rare pour être soulignée – mais elle fut prise de court lorsqu'il lui attrapa la main pour y déposer un baise-main. Quelle drôle d'idée ! Elle le regarda aussi surprise que s'il venait de lui avouer chérir les Anciens Dieux ou une religion venue de l'autre bout du globe, le rire qu'il lâcha ne fit que la surprendre davantage. Quel personnage étrange, mais divertissant il fallait l'avouer. La Nordienne laissa un bref sourire passer sur ses lèvres.

     ▬ Vous prenez bien des risques mon commandant, mais je ne voudrais pas abîmer votre beau visage au risque d'effrayer votre belle, je vais donc me contenter de vous haïr en silence. Elle n'était bien évidemment pas sérieuse. Il en fallait plus qu'un simple baise-main pour qu'elle se mette à détester quelqu'un qui lui semblait agréable. Et je vous retourne les compliments, j'ai été heureuse de pouvoir rencontrer quelqu'un comme vous, ma vision des gens du sud n'en sera que remontée. C'était sincère et son expression le montrait. Avant de s'éloigner, elle lâcha quelques mots d'un ton amusé. Et laissez-moi vous dire que vous savez bien mieux vous y prendre avec les femmes que votre volage frère. »

     C'était un compliment. À sa manière du moins. La demoiselle lui adressa un signe de la main avant de se détourner pour regagner son auberge. Même si ce type de rencontre l'amusait beaucoup, elle avait tout de même hâte de regagner son Nord natal. La jeune femme était tellement perdue dans ses pensées qu'elle ne remarqua pas que sa migraine s'était envolée depuis belle lurette, finalement peut-être que les chevaliers savaient faire quelque chose.

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