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La démêlée née des mêlées - Corwin Rogers

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Message Mer 19 Déc 2012 - 22:37

Encore étranger aux rhumatismes et aux petits désagréments d’une vieillesse de plus en plus affirmée, Rennifer s’était tout naturellement joint à la congrégation dornienne se rendant au tournoi d’Accalmie. Cela ne faisait que quelques années que la principauté des sables avait finalement déposé les armes pour intégrer les sept couronnes, et si le Uller en avait tout d’abord retiré une colère plus noire que jamais il s’était par la suite satisfait d’un raisonnement simple : son prince avait ses raisons tout comme son père avait eu les siennes autrefois, il n’avait pour sa part qu’à attendre et combattre en première ligne une fois le moment venu. Pour l’heure il s’était rendu sur des terres toujours ennemie à ses yeux, tant pour découvrir les us et coutumes de leurs ennemis héréditaires que par envie d’en découdre avec eux, même si cela se limitait à des affrontements factices.

Tout au long du périple jusqu’au chef-lieu des Terres de l’Orage Rennifer n’avait cessé d’aller de surprise en surprise, pour un natif du désert la vue de vastes plaines ou de forêts si denses tenait du dépaysement pur et dur. Bien sur le paysage ne lui plut pas, trop de facilité, trop de verdure, un soleil tendre en prime, rien de suffisamment coriace ne pouvait naitre ici. Ce fut donc plus renfrogné que jamais qu’il franchit avec les autres la large enceinte d’Accalmie.

La place forte était autrement plus impressionnante que les trois brins d’herbes aperçus durant les jours précédents, avec des murs si épais et lisses qu’ils en paraissaient presque naturels, comme taillé à même un gigantesque roché perché sur le rebord de la falaise. Aucune catapulte n’aurait pu ne serait-ce qu’ébrécher pareille protection, ce qui sous-entendait que les maitres des lieux savaient peut-être construire correctement mais avec comme motif l’envie de protéger leurs carcasses. Tsah.

Le Uller ne se mêla que peu aux autres participants durant les premiers jours des célébrations en l’honneur de quelque Baratheon pour lequel il n’avait d’autre intérêt que l’envie de l’étriper en place publique. Le début du Tournoi fut réservé aux premières manches des joutes, discipline pour laquelle Rennifer n’avait ni expérience ni envie, jamais il ne porterait de plates ou de lance conçue pour se briser sans blesser ! Sans compter que s’il savait combattre sur une monture le lancier restait un fantassin dans l’âme, ne faisant confiance qu’à ses propres pieds et non aux sabots d’une stupide bestiole. Pour lui ce serait les mêlées et rien d’autres, aussi il resta sous sa tente pour se protéger de cet air marin qui lui agressait les narines davantage que la plus redoutable tempête de sable, que cette eau soit imbuvable ne suffisait pas, il fallait en prime qu’elle s’insinue dans le nez !

Son heure vint finalement, avec elle la désagréable surprise de se voir offrir une lance mouchetée en lieu et place de l’arme fétiche qui ne l’avait jamais quitté depuis la fin de son enfance. On ne pouvait pas tuer avec pareil instrument, mais avec des coups bien placés il devenait possible de laisser un souvenir impérissable à ces fanfarons du nord ! A défaut de remporter la compétition et de devoir subir les félicitations d’un lord ennemi Rennifer comptait bien engendrer plus de perdants que n’importe qui d’autre, et de préférence les éventuels favoris.

La piste, juste en face d’une estrade ou nobliaux en robes trop élaborées et couverts de breloques pressaient leurs postérieurs gras dans l’attente des combats, était large et de forme octogonale, ses contours délimités par de simples barrières de bois où le reste de la populace se positionnait. Il y avait là foule, les jeux battaient leur plein pour la plus grande joie d’un public criard et prompt à envoyer encouragements comme insultes aux participants. Le temps de faire rajuster les écailles de son armure et le Uller alla se placer parmi les autres « combattants » -il ne s’y trouvait aucun de ses compatriotes donc aucun adversaire valable- de la première lice, patientant jusqu’à ce qu’un crieur en collants ne vienne énoncer le nom de chaque participant et les termes de l’affrontement. Par décision de Lord Baratheon tous les inscrits entreraient au même moment sur la piste et combattraient jusqu’à ce qu’il ne reste qu’un seul vainqueur sans que des équipes ne soient décidées au préalable. Serait considéré comme vaincu tout chevalier –le terme employé fit tiquer Rennifer- chutant à terre, désarmé, déclarant ouvertement forfait ou se trouvant affligé de trop de blessures pour poursuivre les hostilités. Le dernier point restait le favori de Rennifer même si son type d’arme impliquait qu’il aurait davantage de chance de mettre certains de ces gamins hors-jeu en leur faisant perdre l’équilibre par quelques bottes bien placées aux genoux, ils apprendraient à leurs dépens ce qui arrivait lorsque l’on partait à la guerre avec l’équivalent de cent pointes de lance sur le dos. L’acariâtre personnage était l’un des seuls à s’être présenté sans bouclier et bien entendu celui le plus légèrement équipé, mobilité qu’il comptait employer à bon escient pour se glisser entre les échauffourées dans l’attente de la bonne ouverture.

Une corne sonna, et sous les vivats de la foule ils entrèrent, certains saluant à gestes polis les gradins, les autres demeurant concentrés. Ils étaient là une vingtaine et les premiers pour les combats à pieds, d’autres suivraient mais le premier « sang » serait leur. On les fit se disposer en cercle à distance égale les uns des autres et finalement une profonde voix d’homme –probablement celle de Lyonel Baratheon en personne- leur cria de commencer.

Les plus hardis, ou les plus naïfs s’élancèrent droit devant pour frapper le premier adversaire à leur portée tandis que ceux plus expérimentés trouvaient leurs marques et se déplaçaient d’un pas prudent jusqu’à ce que les assaillants ne se présentent. Le chevalier à la gauche du Uller, la pire tête brulée du lot, fut le premier à bondir devant lui, laissant sa place vide pour que Rennifer place suffisamment de distance entre lui et les autres et puisse utiliser son arme de prédilection à son plein potentiel. Certains vinrent à sa rencontre mais il esquiva chacun de leurs coups et les repoussa des siens alors que la piste se changeait en chaos désorganisé qui donnait tout son sens au terme de mêlée. Pour l’instant aucun n’était tombé, par qui commencerait-il ?

Il en aperçut alors un qui lui semblait être l’adversaire idéal et sans un cri de guerre il partit à sa rencontre en donnant un puissant coup d’estoc à son bouclier, le tout pour attirer son attention et lui signifier que sa perte viendrait d’un Dornien.

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Corwin Rogers
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"Tel le vent, semer la graine aux quatre coins de Westeros"

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Message Dim 23 Déc 2012 - 15:51

A leur arrivée au vaste campement de jouteurs qui se trouvait aux pieds d'Accalmie, Corwin se sentait d'excellente humeur et fougueux comme un jeune coq. Chevauchant un puissant destrier à la robe baie très sombre, il avançait aux côtés de son frère. Derrière eux venaient trois dizaines d'hommes d'armes portant des tabars sur lesquels figuraient les armes de la maison Rogers. Des bannières noires aux licornes et au labyrinthe d'argent claquaient au vent. Ils avaient fière allure, même sans parvenir à rivaliser avec des maisons plus importantes qui étaient présentes. A ce tournoi organisé par lord Lyonel Baratheon en l'honneur de la naissance de son petit-fils se trouvaient naturellement les maisons des Terres de l'Orage, mais aussi de tout Westeros. On accourait des quatre coins du royaume dans l'espoir de jouter glorieusement et d'empocher les gains promis aux vainqueurs.
Assis droit et fièrement sur sa selle, robuste et séduisant du haut de ses vingt-sept ans, Corwin saluait les belles femmes qu'ils croisaient par moments en se rendant là où leur tente était déjà installée, provoquant gloussements et rougissements. Lord Allan, son frère, lui jeta un coup d'œil en coin, la mine plus grave et sérieuse. Ce fut comme s'il hésitait un instant avant de lui faire une remarque, puis il l'interrompit en plein salut pour le rappeler à l'ordre.


« Dois-je te rappeler que tu as une femme qui t'attend à Amberly, à peine sortie de couches ? Tes écarts de conduite sont une insulte et une souffrance pour elle.

- Crois-moi, je ne suis pas près de l'oublier. Mais tu dois savoir qu'un homme vigoureux ne peut pas rester chaste indéfiniment durant les longs mois de grossesse de sa femme et son rétablissement de couches. Pour maintenir une bonne fertilité, il faut de l'entraînement.

- Je crois que tu n'as jamais été chaste de toute ta vie, j'en prends les Sept à témoins... soupira le seigneur d'Amberly.

- Et priver les femmes d'un véritable homme ? Je ne saurai le permettre ! Je préférerai encore qu'on m'abatte plutôt que d'en arriver un jour au point d'être trop infirme pour pouvoir encore chevaucher une femme.

Son frère abandonna la partie d'un éloquent geste fataliste, une moue désapprobatrice sur les lèvres.

- Songe tout de même aux maux qu'Amberly a manqué d'essuyer à cause de ton inconstance.

- Si tu fais référence à Raven et Clélia, je te ferai remarquer que je n'ai nullement forcé leurs mères, et que je n'étais par ailleurs pas marié.

- Et si je n'avais pas fait des pieds et des mains pour réparer tes erreurs, nous nous serions attiré les foudres des seigneurs Musgood et Goüer. Jamais Père ne t'aurait laissé te comporter de la sorte.

- Mais tu n'es pas Père.

Le regard perçant du chevalier se posa sur son aîné, sans un mot de plus. Ce n'était ni un reproche ni un défi, mais une simple constatation. Allan pinça les lèvres et n'ajouta plus rien, son regard fixé droit devant lui. Corwin n'aurait su dire s'il y avait une part de jalousie dans ces remontrances. Lui-même jouissait de plus grandes libertés que son frère, qui était limité par son rôle de lord. Pourtant, le chevalier n'aurait pas craché sur une telle charge. Cependant, il aurait préféré mourir plutôt que de toucher à un cheveu d'Allan, à qui il était indéfectiblement loyal. A sa liberté relative s'ajoutait le fait qu'il était déjà officiellement père de six vigoureux enfants, les deux plus âgés étant ses bâtards reconnus, et le plus jeune un garçon à peine né. De son côté, son frère n'avait pour l'heure pas le moindre héritier. Son épouse, lady Elyse, semblait souffrir d'une certaine faiblesse de constitution qui l'empêchait de mener une grossesse à terme, et peut-être même d'une fertilité en berne. Corwin se refusait à croire que le problème puisse venir de son aîné, puisque lui-même était aussi producteur qu'un étalon. Il avait quelques fois tenté de convaincre Allan de remédier au problème en prenant une nouvelle épouse après avoir répudié la sienne, ou alors de concevoir un héritier d'une autre façon avant de le légitimer, mais le seigneur d'Amberly s'y était toujours refusé.
Se penchant sur sa selle, un sourire sûr de lui aux lèvres, il s'adressa à son frère avec l'air le plus sérieux du monde.


- Je couvrirai Amberly de gloire à ce tournoi, tu verras. Ca effacera cet air boudeur de ton visage.

- Essaie surtout de ne pas nous attirer d'ennuis avec quelqu'un. Et si tu croises par le plus grand des hasards lord Baratheon, tu...

- Je sais, je sais, je lui fais une jolie révérence et je lui lèche le cul comme un chien obéissant. »

Il se détourna sans voir le regard éloquent que lord Allan lui adressait, et il fit un sourire enjôleur à de jeunes dames qui accompagnaient un groupe de chevaliers. La suite des évènements promettait de ne pas être de tout repos...


Lorsque l'heure des joutes arriva, Corwin sentait son sang bouillir dans ses veines. Son frère était déjà allé prendre sa place dans les gradins, seul, puisque son épouse était restée à Amberly pour diriger le fief en son absence. Le chevalier avait fait un tour d'horizon des probables combattants, et avait constaté non sans dégoût que des Dorniens allaient prendre part aux combats. Il trouvait leur façon de se battre lâche et indigne, usant de lances qui leur permettaient de frapper sans se mettre en danger. De plus, il les taxait de fourberie, et il aurait largement préféré qu'au lieu de les intégrer au royaume, on les extermine jusqu'au dernier. Il se promit de faire sauter les dents de plus de l'un d'entre eux au cours de la journée.
L'appel sonna bientôt pour que les inscrits à la première mêlée se présentent. Curiosité qu'il n'était guère étonnant d'imputer à l'Orage Moqueur, elle se déroulerait à pied, alors qu'on préférait bien souvent commencer le combat à cheval. Peut-être était-ce par souci d'équité, ou encore par simple caprice extravaguant du suzerain de l'Orage. Corwin se rendit d'un pas sûr auprès des autres participants à la première mêlée, revêtu de son armure sombre, son épée au côté et son bouclier à la main. Son regard exercé d'homme qui aimait tuer repéra immédiatement au fond des yeux de certains combattants qu'ils seraient des proies faciles. Puisqu'il s'agissait d'être le dernier debout, le chevalier ne comptait pas faire de quartier.
On leur donna bientôt le signal par un son de corne d'entrer dans la lice, et les vingt premiers combattants s'animèrent d'un même mouvement. Marchant près des gradins, Corwin salua virilement son public, sachant l'effet qu'il pouvait produire avec son charme certain. Les faveurs des femmes pouvaient s'obtenir au rabais après une joute glorieuse... On les disposa finalement en cercle, les armes à la main. Le chevalier, détendu en apparence, mais le sang bouillant de commencer, frappait le côté de sa botte de la pointe de son épée, semblant à lui seul rythmer l'attente dans laquelle tous se trouvaient. Puis, la voix puissante et détestable de lord Lyonel retentit pour leur ordonner de combattre.

Les premiers à se jeter sur les autres furent les plus inexpérimentés, ceux qui se contentaient de prendre ceux qui passaient à leur portée. Si Corwin partageait la flamme de leur impatience, il sélectionna cependant ses adversaires avec plus de soin. Un jeunot se jeta sur lui, l'épée levée, et il n'eut guère de mal, en quelques coups, à l'envoyer bouler à terre, s'assurant qu'il ne se relèverait pas en lui assénant un bon coup de pied dans le casque, qui résonna comme une cloche. Cela suffirait à l'assommer. Puis, il se retourna à l'affût de nouveaux adversaires, et il eut le temps d'en mettre deux autres à terre avant que son regard ne se pose sur un Dornien qui combattait à la lance. Leur regard se croisa, et le temps sembla se figer alors qu'ils s'évaluaient mutuellement, tels deux lions prêts à en découdre. Celui-là n'était pas du menu fretin, mais sans doute un adversaire à sa mesure. Le chevalier eut un rictus avant de se diriger vers lui. L'autre s'était lui aussi approché dans sa direction, comme s'ils avaient décidé de s'affronter d'un commun accord. Corwin pourrait ainsi accomplir son désir d'édenter quelques combattants du pays des sables. Son regard se fixa sur la lance que le Dornien portait. Il aurait sans doute l'avantage de l'allonge et de la mobilité. Lui-même aurait pour lui la puissance et la capacité de lui opposer une véritable muraille sur lesquels ses coups s'écraseraient. Lorsqu'ils furent au contact, l'homme des sables ne marqua aucune hésitation avant de lui porter un coup au bouclier, comme pour lui donner le signal du départ. Le chevalier d'Amberly s'avança sans peur vers lui avec plus de rapidité qu'on aurait pu s'y attendre compte tenu de son équipement lourd, et il projeta son bras vers lui pour lui asséner un coup de bouclier puis un d'épée. Il espérait ainsi l'assommer, ou du moins le rendre assez confus pour que son épée morde ses chairs trop peu protégées.


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Message Dim 23 Déc 2012 - 23:05

Feu Lord Mauger Uller –puisse la Rivière-Mère lui accorder un repos dûment mérité- avait il y a bien longtemps fait la leçon à son fils cadet lors de leurs rares moments en tête à tête. Dépourvu du moindre instinct paternel en dehors de jugements sévères et de punitions à la mesure des échecs rencontrés, l’homme parlait peu mais chacun de ses mots tenait bien souvent du commandement que l’on aurait pu graver dans la roche ou de menaces suffisamment terrifiantes pour faire conchier leur armure aux guerriers les plus hargneux. Ce jour-là… était-ce en été ou en hiver ? Rennifer ne s’en souvenait plus, les saisons signifiaient si peu de chose dans le désert, leur neige à eux ne naissait pas de l’eau mais du roc, elle recouvrait leur pays entier sans jamais risquer de fondre, lui donnant cette couleur cuivrée que les Uller assimilaient bien souvent aux quantités de sang versées sur leur domaine. Ce jour-là donc, son seigneur et père lui avait enseigné une chose simple : Ne jamais mésestimer la portée des symboles. Car un Uller pouvait devenir le plus grand combattant de sa génération il n’en demeurait pas moins un être humain isolé qui ne pourrait jamais tuer davantage que l’ensemble des soldats sous ses ordres. Aussi pour que chaque vie prise par la force compte et que l’autorité de leur Maison soit préservée en même temps que leur réputation il leur fallait arpenter les champs de bataille non pas pour sabrer dans la piétaille, mais pour jeter à bas les meilleurs adversaires. Seigneurs, chevaliers, champions, tout ce qui daignait se démarquer du lot commun devait être scrupuleusement traqué et abattu avec cette violence cruelle que l’on connaissait aux maîtres de Denfert. Pour faire un exemple et rappeler à tous que les meilleurs naissaient de cette famille prétendument dégénérée. Voilà pourquoi Rennifer avait volontairement délaissé les jeunes chiots qui s’étaient engouffrés au cœur de la mêlée dès que la corne avait retenti, et voilà pourquoi il avait jeté son dévolu sur un adversaire en apparence plus redoutable que les autres.

Et pour cause, que ce soit de son fait ou non la nouvelle proie du Dornien avait laissé derrière elle plusieurs silhouettes avachies dans la poussière de la piste, notamment une qui ne remuait plus un doigt et que les écuyers attitrés devaient hésiter à aller ramener en lieu sûr pour d’éventuels soins. Il s’agissait après tout d’une mêlée, les coups pleuvaient en tous sens et l’on n’était jamais à l’abri d’une attaque déviée ou d’un faux pas qui feraient naitre de vilaines cicatrices voire des tombes fraichement creusées pour qui ne profitait pas de la protection rassurante d’une armure. Vainqueur récent ou chanceux le chevalier avait tout d’un ennemi de poids –du moins dans le système de valeurs tordu et haineux du Uller qui plaçait le meilleur guerrier des Terres de l’Orage ou du Bief plus bas que la plus modeste recrue Dornienne- de haute taille et avec une forte carrure qui transparaissait même sous les plaques de métal recouvrant sa personne.

En cela lui et Rennifer offrait un contraste plutôt saisissant : L’un noueux et aussi grand que l’exigeaient les modestes standards de sa terre natale, l’autre bien bâti et modèle de croissance réussie dans ces bois trop tendres. L’un légèrement équipé et doté d’une arme encourageant les assauts brefs et répétés à bonne distance, l’autre tenant de la forteresse mobile qui ajoutait à la protection de son armure un large bouclier frappé d’un emblème assez complexe. N’accordant guère plus qu’une seconde à l’observation du blason avant de partir à l’assaut, le lancier acariâtre y nota plusieurs chevaux à corne encerclant un motif tarabiscoté qui avait dû demander des heures de travail pour être convenablement peint là-dessus. Quoi que cela fût censé représenter il y avait fort à parier que l’homme plaçait là-dedans sa fierté en même temps que celle de sa lignée, aussi ce fut symboliquement et en accord avec les enseignements de son patriarche décédé que Rennifer porta son premier coup en plein centre de l’image. S’annoncer tout en exprimant clairement tout le respect qu’il n’aurait jamais pour cette Maison, voilà comment il choisit de lancer l’introduction de ce nouveau duel.

Contre toute attente la réponse à ce geste fut bien moins pataude et prévisible que ce à quoi le Uller s’était attendu, celui-là bougeait vite malgré tout le poids de son attirail, il devait disposer d’une certaine vigueur avec laquelle il faudrait composer. Mais pour l’heure la priorité consistait à reculer devant le coup de bouclier que le chevalier aux licornes tentait de lui asséner en guise de remerciement. Se fiant davantage à ses oreilles qu’à ses yeux restant braqués tour à tour sur les genoux de son adversaire et ses yeux –les uns pour deviner une prise d’élan en vue d’un nouvel assaut les autres pour essayer d’y deviner une intention- il bondit en arrière lorsqu’il n’entendit nul fracas métallique pouvant témoigner d’un autre affrontement dans son dos. Buter ou finir blessé par accident aurait été aussi ridicule que stupide pour quelqu’un profitant d’une expérience telle que la sienne. Fort de cet écart restauré entre eux il n’eut pas trop de difficultés pour esquiver le coup d’épée qui suivit sitôt que l’écu fut écarté pour laisser le passage à la lame. L’on ne pouvait jamais parer avec une lance, d’une part à cause de la surface d’acier dérisoire que l’instrument offrait pour venir à la rencontre d’une arme tranchante ou contondante et d’autre part à cause de la fragilité de la hampe lorsqu’elle subissait une attaque de taille. Le bois se fendillerait au mieux ou se briserait dans le pire des cas pour le laisser sans autre moyen de défense que ses poings en l’occurrence bien dérisoires dans pareille situation. Une pique ne servait donc qu’à frapper, mais de différentes manières comme ce fut le cas ici.

Avant que l’épée n’ait le temps de faire le chemin inverse pour asséner un revers Rennifer décida d’esquisser plusieurs feintes s’arrêtant à mi-chemin de leur cible pour tromper son adversaire quant à ses véritables buts et le décourager à poursuivre sur sa lancée. Il pouvait bien être plus jeune que lui cela ne changerait rien sur l’identité de celui qui s’épuiserait le premier si le combat venait à durer, le Uller voulait lui faire miser sur une victoire prompte en adoptant une posture agressive qui laisserait place à moult esquives et pas de côté sitôt que l’énervement du chevalier serait suffisant. Pour parfaire le tableau chaque coup avorté fut ponctué d’un cri rauque et provocateur tandis que ses dents se découvraient en un rictus haineux. Titiller la bête pour la pousser à commettre ses propres erreurs, voilà comment l’on aurait pu résumer la chose.

Dans les gradins les vivats, applaudissements et cris partaient en tous sens tant la piste se divisait en batailles isolées avec chacune son lot de prouesses et d’échecs, trop concentré sur son propre combat le lancier ne put voir avec précision combien avaient déjà jeté l’éponge depuis les premières passes. Autant qu’il pouvait en juger personne n’était mort et le sang n’avait que peu ou pas coulé dans cette guerre d’opérette juste bonne à amuser les faibles. Pour l’heure personne n’avait tenté de les séparer ou de venir ajouter sa propre épée à leurs échanges, si les choses évoluaient comme Rennifer le prévoyait cela ne durerait pas, ils tourneraient et finiraient donc logiquement par tomber sur les autres belligérants peuplant leur petit monde actuel délimité par les barrières et les règles édictées par les organisateurs du tournoi.
Un tournoi ! Lui dans un tournoi pour le bon plaisir de gras seigneurs de l’Orage !

L’ironie en devenait presque risible, le Uller ne comptait pas participer encore à l’avenir à ce genre de bouffonneries, il n’était là qu’en repérage et lorsqu’il repasserait par Accalmie ce ne serait que pour arracher jusqu’à la dernière pierre de ces murailles ridiculement épaisses !

Une étape à la fois, la première exigeait déjà qu’il vienne à bout du grand chevalier et lui passe l’envie d’arborer des motifs de tapisserie sur ses armes.
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Corwin Rogers
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Message Ven 28 Déc 2012 - 20:34

Profitant du peu de contraintes que lui offrait sa tenue, le Dornien n'eut pas de mal à user de sa rapidité pour esquiver le coup que Corwin tentait de lui asséner. Comme un loup découvre ses crocs dans une attitude menaçante, cet échec auquel il s'attendait pourtant lui fit montrer les dents dans un rictus contrarié. Toutefois, il était très loin de s'avouer vaincu. Vraiment très, très loin. Son adversaire en profita évidemment pour lui porter un coup. C'est du moins ce à quoi le chevalier s'attendait, en toute logique. Mais la lance ne l'atteignit pas. Non pas qu'il aie réussi une magnifique parade ou quelque esquive somptueuse, non, l'autre s'était au contraire contenter de mimer une attaque, de feinter sans le toucher. Il réitéra l'opération encore et encore, son visage peint d'un détestable rictus simiesque. Corwin brûlait de lui porter un coup magistral, qui le mettrait à terre en une seule passe. En cet instant, il aurait aimé défoncer ces dents trop blanches, trancher ce visage à la peau sombre comme du cuir tanné. Il avait presque le goût du sang sur le bout des lèvres alors que sa rage et son irritation montaient crescendo au fur et à mesure que sa patience s'amenuisait. Il détestait que l'on se moque de lui, et c'était exactement l'impression que le Dornien lui donnait. Resté relativement passif jusque là sans répondre aux provocations, le chevalier cherchait une feinte à exploiter de toute sa force. S'il parvenait à forcer son adversaire à parer ses coups avec sa lance, il pourrait sans aucun doute en faire voler la hampe de bois en éclats, et la victoire serait sienne.
Il entendait les vivats de la foule emportée par la fièvre du combat, qui commentait par des exclamations les actions de tel ou tel combattant et exaltait ses favoris à redoubler d'efforts et d'exploits. Corwin ne savait pas combien des participants étaient encore debout, mais il s'en moquait à cet instant. Son univers s'était réduit à son propre combat, mais il prenait néanmoins les rugissements de la foule comme des encouragements qui lui étaient destinés.

Ce fut alors qu'il se mit vraiment en mouvement, désireux de harceler lui aussi son adversaire. Toutefois, il ne comptait pas se contenter de feintes, lui. Chacun de ses coups serait potentiellement fatal s'il n'était pas convenablement paré. Désireux d'en finir au plus vite dans un maximum de gloire, il commença par porter un coup de taille, avant d'enchaîner sur un d'estoc, avançant toujours sur son ennemi comme une forteresse de métal, implacable et impossible à arrêter. Il ne craignait pas la pointe de la lance, car il savait son armure suffisamment solide et couvrante pour la repousser. Parfois, son bras seul suffisait à dévier un coup de lance, mais il y opposait le plus souvent son bouclier. Toutefois, ne pas réussir à réduire la distance entre eux le courrouçait. S'il parvenait à se glisser assez près, trop près pour que l'allonge de l'arme soit d'une quelconque utilité, il prendrait un très net avantage qui lui mettrait la victoire à portée de main. Mais si le Dornien semblait indéniablement plus âgé que lui, il n'en était pas moins leste. Parvenir à l'acculer pour l'approcher semblait une tâche extrêmement difficile. Pour l'heure, l'endurance apportée par les longs et difficiles entraînements quotidiens lui permettait de ne pas faiblir. Mais même s'il ne voulait pas se l'avouer, il finirait par se fatiguer. Profitant d'un faux pas de l'homme des sables, le chevalier crut voir sa chance, et il asséna un violent coup d'épée vertical, du haut vers le bas, comme le bourreau qui abat sa lame. Il ne manqua son adversaire que de peu, et sa tenue légère y laissa un morceau d'étoffe. Passer si près du but était extrêmement frustrant, et Corwin voulut corriger la chose par un coup de bouclier, espérant que cela atteindrait le Dornien au visage. Il entendait vaguement qu'on lui criait des choses depuis le public, ayant reconnu son nom. Peut-être certains gueux, de qui il n'était pas inconnu en tant que tournoyeur accompli. Mais il ne se laissa pas distraire. Il porta un coup bas de son épée, visant les jambes de son adversaire en espérant ne pas rencontrer de parade ou frapper l'air, afin de le faucher comme les blés. Mais une fois encore, ce fut peine perdue.

Il se figea un instant, son regard bleu ne quittant pas le lancier. Ce dernier ne lui avait pas encore porté de coup significatif ni montré une quelconque volonté de l'agresser réellement, mais le chevalier sentait qu'il transpirait la sournoiserie. Il devait sans doute préparer quelque coup fourré propre à ceux de son engeance. Après tout, sa façon de se battre comme une anguille était le propre des lâches et des faibles. Sans doute se croyait-il grand, fort et redoutable, mais il n'avait sans doute jamais croisé de véritable combattant auparavant, dans ses terres natales de sauvage. Le chevalier fronça les sourcils, puis il affirma sa posture afin d'être solidement ancré sur ses pieds. Prêt à porter un coup, il attendit que le Dornien vienne à lui, cette fois. Il voulait en finir en l'attirant assez près, mais il sentait que quelque rouerie jouerait sans doute contre lui. C'est pourquoi il se tenait prêt, tenant fermement son bouclier, son épée étant comme un prolongement de son bras. Il aurait été étonné que l'homme des sables réponde directement à sa provocation comme l'aurait fait un chevalier, un homme de cran. Il allait sans doute opter de préférence pour une fourbe technique de serpent, et auparavant, attendre pour le lasser. Corwin serra les mâchoires, dans l'attente, douloureusement conscient qu'il n'offrait pas forcément le spectacle qu'il espérait à la foule présente. Néanmoins, il comptait sur une victoire assez éclatante pour compenser cette pause inattendue dans l'échange des coups. Il ne lâchait pas le Dornien du regard, tandis que des exclamations perplexes se faisaient entendre, éparses, dans le public. Le fracas des armes aux alentours était moins fort, ce qui laissait à penser que les autres combats se terminaient. Il fallait espérer que personne d'autre n'allait s'immiscer dans leur duel. La chose risquait de se passer inéluctablement, lorsqu'il resterait d'autres adversaires qui tourneraient leur attention vers eux.


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Message Dim 30 Déc 2012 - 10:42

C'était un splendide tournoi qui se déroulait à Accalmie et des combattants venus des Sept Couronnes s'y pressaient pour s'affronter, que ce fût pour l'honneur des Baratheon, la gloire, la promesse de riches récompenses, ou d'autres raisons plus tortueuses comme celles qui amenaient un Dornien en ces lieux. Mille couleurs se chamaillaient à la pointe des étendards, mille clameurs s'empoignaient aux gorges des invités ; des noms résonnaient sans fin, claquant dans l'air comme des fouets, aiguillonnant les guerriers noyés dans un brouillard de bruit, de fureur et de sang. Il y aurait des morts, peut-être, des blessés sans le moindre doute, des haines forées dans la chair, des rancoeurs écloses au creux d'un orgueil lacéré. Et le triomphe, cette couronne de regards et d'envie, pour ceindre le front du vainqueur.

Un chevalier, masquant ses cheveux blancs sous son casque, luttait pied à pied avec ses adversaires. C'était un homme d'âge mûr qui brillait dans les tournois sans en avoir jamais remporté, un chevalier des haies fier de croiser le fer au pas d'arme avec de nobles seigneurs et de grands combattants, aussi prestigieux que le Prince Baelor Targaryen. Lors des joutes, il avait rompu quatre lances contre le Prince avant de s'incliner devant le grand vainqueur, et à plus de cinquante ans ce combat mémorable resterait sans doute à jamais sa plus grande gloire. Ici dans la mêlée, il lui était plus difficile de faire la différence car son âge le desservait. Son expérience toutefois restait un avantage dont il usait autant que faire se pouvait, économisant ses forces en jouant d'habileté. Dans la mêlée il ne sert de rien de se jeter comme un forcené sur une brassée d'adversaires, il faut savoir jouer des remous et des contre-courants de cette marée d'acier pour surprendre sans être surpris, et Ser Arlan de Pennytree n'était pas un béjaune aisé à leurrer...

Face à lui toutefois, voilà que se présentait un autre chevalier en armure rouge, ses longs cheveux châtain sombres débordant de son heaume. Sur le pectoral de sa cuirasse on pouvait voir un cheval noir cabré devant un éclair : nul autre que Jared Storm, un combattant redoutable, à la fois massif, leste et puissant. Ses coups grêlaient de droite et de gauche alors qu'il chargeait Ser Arlan, déterminé à avoir l'honneur de tomber l'un des finaliste des joutes. Il était plus jeune, plus fort, plus endurant, bondissant comme un cerf à l'assaut. Ser Arlan était pareil à une vieille racine noueuse, et aussi difficile à attrapper qu'un furet. Il tint bon, recula, esquiva, contre-attaqua. Mais Jared n'en démordait pas, bataillant avec la frénésie de la jeunesse.

Non loin d'eux un autre duel se déroulait, mais peut-on vraiment parler de duel au milieu d'une mêlée ? Un jeune chevalier d'Amberly, aussi fort qu'arrogant, tentait de donner une leçon à son aîné venu du lointain désert au-delà des Montagnes Rouges. Aussi enragés à vaincre l'un que l'autre, enflammés de mépris pour leurs origines respectives, ils rejouaient à eux seuls des siècles de conflit entre la péninsule et les Terres de l'Orage. L'affrontement était serré mais il était inévitable que la danse devienne ballet, et qui pouvait dire ce qui en résulterait ? Alors qu'Arlan de Pennytree esquivait la charge terrifiante du colosse orageux Jared Storm, celui-ci emporté par son élan, épée dressée, se retrouva quasiment sur les deux duellistes... allait-il percuter de plain fouet l'un des combattants ? Le blesser ? Rompre leur assaut ? S'effondrer lamentablement à leurs pieds ? Ou se reprendre dans un dernier effort miraculeux ? Quoi qu'il en soit Ser Arlan s'était déjà retourné pour profiter de la moindre faille et le réduire à merci ! Le sort en était jeté pour le présomptueux bâtard, et le vieux chevalier avait prouvé qu'il n'était pas encore temps pour lui de raccrocher son épée !
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Message Sam 5 Jan 2013 - 20:13

L’on pouvait aisément reconnaitre aux provocations du Uller qu’elles avaient fait leur petit effet, bien vite le chevalier de l’Orage passa à l’assaut pour hacher l’air là où la carcasse noueuse de Rennifer se trouvait encore une seconde plus tôt. Comme attendu le guerrier-forteresse s’engagea encore davantage dans les hostilités, bien décidé à attaquer sans répit le patrouilleur du désert, à chaque nouvel assaut ce dernier reculait, faisait un bon de côté ou dans les cas où le coup avait peu de chances de le toucher se penchait pour s’écarter de sa course. Son heure n’était pas encore venue, l’ouverture nécessaire ne se présentait pas encore, mais le lancier contre-attaqua à chaque occasion pour faire bonne mesure, bien souvent la pointe de son arme venait ajouter une nouvelle éraflure à ce large bouclier tandis qu’il cédait consciemment du terrain. Une drôle de danse que celle que le duo jouait là, l’un devait composer avec la frustration de manquer sa cible et la nécessité de toujours pousser en avant tandis que le second se voyait contraint de reculer au gré des combats autour d’eux, et bien vite ils firent presque un demi-tour de piste en se livrant à ce petit jeu.

Mais les oreilles, l’instinct et l’expérience ne pouvaient pas toujours compenser la vue, et l’une des semelles du Dornien manqua de déraper sur une lamelle de cuir, probablement l’attache d’un bouclier ou d’une pièce d’amure qui avait chût en même temps que son propriétaire. Il ne fallut pas beaucoup de temps à Rennifer pour retrouver son équilibre coutumier mais ce fut largement suffisant à Ser Corwin pour délivrer une attaque à même de trancher un sanglier en deux si son épée n’avait pas été mouchetée. La lame s’abattit de haut en bas droit vers la clavicule du vieil acariâtre qui eut la présence d’esprit de reculer son épaule en y laissant au passage un morceau de sa tunique. Ce fut juste, pour peu que cela l’ait touché et il y aurait laissé plusieurs os en même temps que ses chances de victoire, mais plutôt que de ruminer sur l’efficacité de ses réflexes le Uller rétablit aussitôt l’écart qui les séparait auparavant alors que ce maudit bouclier essayait une fois encore de lui transformer le nez en orange trop mûre. Réduit à esquiver sans se défendre le temps que son adversaire perde de cette impulsion que son propre faux pas lui avait accordée, Rennifer se montra plus bondissant que jamais, particulièrement quand ses jambes furent prises comme cibles des attentions du chevalier. Chaque mouvement tenait de la routine, du déjà vu car en natif des terres arides et autrefois indomptées l’homme s’imposait des séances d’entrainement impitoyables dès que les circonstances le lui permettaient, et non pas seulement face à des assaillants munis de lances. L’ennemi vivait après tout au nord des montagnes et cet art il ne le maitrisait pas, aussi fallait-il connaitre les subtilités de chaque instrument de mort et savoir comment le contrer.

Peut-être son adversaire prenait-il conscience qu’il y perdrait davantage à poursuivre cette ronde, peut-être qu’il s’en était tout simplement lassé, quoiqu’il en fut l’imposante silhouette cuirassée se campa sur ses appuis en laissant clairement entendre qu’elle lui laissait prendre des risques à présent. Comment réagir face à cela ? Rennifer opta pour une approche aussi agressive que l’homme semblait le réclamer, lui aussi bouillait intérieurement non pas par frustration mais à cause de sa nature profonde. Il haïssait cet endroit, il abhorrait ces seigneurs qui forçaient d’autre à simuler la guerre pour leur bon plaisir, il méprisait ces spectateurs niais capables de saisir une arme par la lame, et surtout il crachait sur ces chevaliers bouffis d’orgueil qui fuyaient les cicatrices derrière un demi-pouce d’acier. Lui aussi voulait sa dose de sang et de triomphe, pas pour la gloire mais pour satisfaire sa soif de violence, pour toiser ces soi-disant guerriers et graver au fer rouge dans leur mémoire l’étendue de leur faiblesse en comparaison de Dorniens. Oui, il s’élancerait puis feinterait pour laisser croire à une attaque au genou et alors que l’épée ou le bouclier s’abaisserait pour le repousser il frapperait à la gorge. Létale ou non la pointe de sa lance en serait quitte pour le réduire alors à ne rien pouvoir faire passer de plus gros qu’un pépin de raisin dans ce gosier des jours durant, après qu’il se soit à demi étouffé dans la poussière.

Alors que Rennifer allait s’élancer le hasard et la confusion des mêlées vinrent se rappeler à son bon souvenir quand il aperçut à sa droite un duo de combattants dont le plus imposant et hardi des deux fut emporté par son élan et forcé de continuer sur sa lancée pour ne pas s’écraser à plat ventre sur la piste, ses pas mal assurés et vifs qui tentaient de refuser son dû à la gravité le menèrent rapidement entre le Uller et le chevalier au labyrinthe et contraint le premier à oublier sa stratégie pour lui préférer une autre plus risquée mais aussi bien plus prometteuse.

Celui-là était une masse, un de ces chiots qui avait foncé dans le tas et n’avait tenu tout ce temps que grâce à la chance et à la vigueur que lui conférait la jeunesse. Il faisait aisément une tête de plus que le lancier mais entre déplacer un poids aussi conséquent et le dévier alors qu’il était déjà en mouvement subsistait une importante différence que Rennifer décida de mettre à profit. Il recula à demi et sitôt que Ser Jared Storm fut à son niveau, à s’escrimer pour ne pas trébucher, il frappa avec force du talon en plein dans son bouclier pour l’expédier vers son véritable adversaire. L’effort fut conséquent mais le Uller n’avait pas gagné son rang de chef de la garnison en sa demeure simplement grâce à sa naissance, il ignora la douleur dans ses articulations et envoya cette masse de viande et de métal dans la direction voulue le temps d’un battement de cœur.

Que la surprise suffise à prendre de court le Rogers et que projectile comme cible se retrouvent empêtrés au sol aurait tenu d’un miracle sur lequel le vieil acariâtre ne comptait de toute façon pas. De nouveau campé sur ses deux pieds il s’élança et fit pivoter sa lance pour la tenir à deux mains au-dessus de son épaule, Ser Storm lui servant presque d’abri mobile alors qu’il suivait sa trace et allait pour frapper de toute sa hargne vers la faille de cette armure que portait Corwin, au niveau de l’aisselle de son bras d’épée.


Dernière édition par Rennifer Uller le Lun 21 Jan 2013 - 14:55, édité 2 fois
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Corwin Rogers
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Message Dim 20 Jan 2013 - 10:22

La réaction du Dornien fut assez conforme à ce qu'attendait Corwin. Rester ainsi à attendre n'était vraiment pas ce qu'il préférait, et la patience n'était pas son point fort. Une riposte violente et rapide lui convenait donc tout à fait. Ils n'eurent toutefois pas le temps d'en découdre, car leur petit duel se trouva perturbé par les combattants restants. Malgré le bassinet fermé de son heaume, le chevalier aperçu au coin de son champ de vision un autre chevalier qui titubait vers eux en tentant de retrouver son équilibre. C'était un homme imposant bardé de fer, qu'un adversaire plus âgé avait envoyé bouler. Il ne s'attendait toutefois pas à ce que l'homme des sables profite de cette interruption dans leur combat pour tenter de prendre un avantage décisif. Contre toute attente, il porta un coup dans le bouclier de ser Storm, qui tituba vers Corwin, prêt à s'écrouler. Sachant qu'il serait empêtré et impuissant sous la masse de l'autre guerrier, ce dernier réagit avec la promptitude que confère la jeunesse, et l'avantage que donnent de bons réflexes. Il s'élança sur le côté pour éviter de se faire percuter, mais bouger dans une armure de plates n'était pas chose aisée, aussi fort que l'on puisse être. Alors que l'autre s'écroulait, il le percuta à l'épaule et au flanc. Le choc fit trébucher le chevalier d'Amberly qui, sans lâcher ses armes, grâce aux Sept, dut quand même poser les genoux à terre, ne parvenant pas à reprendre son équilibre. Les deux mains posées au sol, il tâcha de se relever au plus vite, cette position le désavantageant clairement. Il entendait derrière lui le malheureux combattant se dépêtrer dans son armure, mais il ne voyait plus son adversaire. Avant qu'il puisse se redresser, il sentit un choc dans le dos de son armure, et il devina quelle en était la raison.

D'une puissante impulsion, il se redressa, posant un pied sur le sol pour se relever. D'une torsion aussi habile que possible dans l'actuelle situation, il tenta de faucher de son épée son adversaire derrière lui. Il ne pensait pas que sa lance, arme méprisable de lâcheté et de médiocrité, puisse réellement espérer vaincre une armure de plates du meilleur acier, forgée par un des meilleurs artisans du royaume. Dans un effort assez conséquent, il parvint à se relever et à remettre les deux pieds à terre. Il devait à présent raffermir sa position à nouveau, pour compenser le désavantage de sa chute qui aurait pu lui coûter bien plus. Quelque peu gêné par son heaume, il chercha le Dornien du regard. Ce moment de battement pouvait nettement le désavantager, car il avait perdu sa concentration le temps de reprendre pied, et l'agacement qui montait de plus en plus ne l'aidait pas à reprendre son sang-froid.
Il le retrouva finalement, mais ne put parer le coup de lance que de justesse en levant son bouclier. Comme on pouvait s'y attendre, l'homme des sables usait de son avantage nouveau. Corwin sentait sa rage s'enflammer comme de l'amadou, révolté qu'il était par la fourberie du stratagème de son adversaire. Ser Storm et le chevalier d'un certain âge étaient totalement sortis de son esprit. Son monde s'était rétréci à la seule et unique pensée de vaincre, de vaincre vite, et de mettre le Dornien à terre pour qu'il ne puisse plus se relever. Son arme émoussée ne permettait pas de tuer, mais elle pouvait briser les os, et un ou deux en mille morceaux seraient très satisfaisants. Usant de toute sa force, il se mit à frapper comme un damné dans l'espoir de faire perdre son avantage à son adversaire d'un seul coup, l'idéal étant déjà de réduire sa lance misérable à l'état de simple brindilles. Mais l'allonge qu'elle lui conférait et la mobilité supérieure qu'il avait jouait contre lui, et sa lame pourtant maniée avec puissance ne rencontrait que du vide. Le chevalier tentait bien de le presser à force de coups, comme il en était capable avec des adversaires de sa trempe, mais cela semblait peine perdue. Et au bout d'un moment, même pour lui qui était fort et vigoureux, la fatigue commença à guetter, alourdissant son arme au bout de son bras, et de désagréables brûlures dues aux crampes commençant à serpenter le long de ses mollets jusqu'à ses cuisses.

Le résultat logique ne se fit pas attendre. Le bras de fer qui se jouait entre les deux adversaires commençait peu à peu à pencher en faveur du Dornien. Malgré sa hargne et tous ses efforts furieux, Corwin ne pouvait pas lutter contre l’inéluctable. Il se défendait encore comme un lion, mais cela devenait de moins en moins suffisant. Il trébucha une première fois, mais se reprit et porta un coup à l'homme des sables qui avait tenté de profiter de la faille. Il lui aurait facilement fait voler des dents si son coup d'épée avait porté, et que l'autre ne s'était pas rendu compte du danger in extremis. Les cris et les murmures de la foule autour de la lice devenaient comme une sorte de bourdonnement de plus en plus indistinct dans sa tête, et le sang lui battait aux tempes. Son souffle devenait de plus en plus court, et surtout, il avait chaud. La sueur lui dégoulinait du front le long du visage, et son heaume semblait se transformer en véritable four.
En reculant, il trébucha cette fois sur une arme qui traînait à terre. Son pied se déroba sous lui et il ne put éviter la chute, le sol piétiné ne lui offrant aucun appui satisfaisant. Il s'écroula à terre, et s'il parvint à retenir son bouclier, son épée lui échappa des mains en virevoltant en l'air quelques secondes avant de s'écraser dans la poussière. La foule poussa une exclamation de surprise et de dépit. Réduit à l'impuissance, un sentiment qu'il haïssait par-dessus tout, Corwin ne put que regarder le Dornien venir prendre la place du vainqueur, le toisant alors qu'il était affalé au sol, et que le héraut le déclarait vainqueur de cette mêlée.
Lorsque le chevalier fut relevé et put sortir de la lice, il ruminait de sombres pensées teintées d'une âpre saveur de vengeance...



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Message Lun 21 Jan 2013 - 17:49

Rennifer se voyait déjà faire sauter le casque de son adversaire et lui laisser un souvenir douloureux au visage quand le chevalier fut contraint de mettre genoux à terre malgré sa tentative pour conserver son équilibre. Il fallait avouer que l’imposant projectile cuirassé que le Dornien lui avait envoyé devait aisément dépasser les deux cents livres si l’on ajoutait le poids de son attirail à sa masse déjà conséquente, le moindre choc avec aurait secoué n’importe qui. Ser Storm alla donc s’aplatir misérablement tandis que le guerrier au labyrinthe jouait de ses muscles pour se relever, de son côté le Uller continuait à charger pour pousser au maximum son avantage.

Le couard de l’Orage avait encore quelques réserves et la pointe de la lance manqua sa cible pour glisser sur l’une des pièces d’armures renforcées tandis que son adversaire pivotait promptement pour essayer une fois de plus de le faucher à l’aide de son épée. Fort heureusement pour sa propre santé l’irascible patrouilleur du désert profitait de quelques notions en termes de traque et gardait en tête qu’un ennemi presque vaincu restait dangereux en plus de gagner en détermination une fois que l’idée d’une défaite proche naissait dans son esprit. Il s’écarta donc vivement et entreprit de contourner sa proie pour disparaitre à sa vue. L’approche la plus prudente voulait que Rennifer le harcèle un peu tandis qu’il se remettait sur ses pieds, leur jeu du chat et de la souris reprendrait alors et l’épuisement prendrait cet homme aux traits dissimulés. Mais sa propre colère lui vrillait la cervelle, affronter l’archétype de ses ennemis héréditaires lui nouait les tripes et transformait son sang en bile, il voulait blesser, estropier, déchiqueter tout ce qui se présenterait pour que la foule horrifiée fuit ses confortables gradins.

Parlant du public, ce dernier semblait d’ailleurs avoir rivé son attention sur eux, et pour cause la piste était désormais presque vide de combattants en dehors de leurs personnes, ne s’y trouvaient plus que le jeune Storm qui semblait avoir définitivement abandonné l’idée de se relever et le chevalier vieillissant qui quitta la zone des combats de lui-même, à bout de souffle. Le lancier ignorait combien d’adversaires le vétéran avait éliminé à lui seul et s’en moquait d’ailleurs éperdument, la seule information digne d’intérêt était que s’il l’emportait ici l’occasion de malmener d’autres de ces idiots gras et niais se présenterait. A entendre les cris Rennifer n’avait rien d’un favori, beaucoup encourageaient l’autre à se relever ou conservaient un silence empli d’appréhension, c’était une bonne chose, l’amour de pareils veaux aurait donné des boutons au Dornien.

Il recommença à frapper à l’aide de ce pitoyable instrument à pointe émoussée que l’on avait essayé de lui décrire comme une lance, se heurtant à ce bouclier tant exécré. Par la Mère-Rivière quand ce soldat qui n’en avait que le nom se déciderait-il à s’effondrer ?! Le Uller enragea de devoir à nouveau esquiver les coups du porteur de licornes, du sang, voilà ce qu’il voulait ! Constater que le bras d’épée de l’autre perdait petit à petit en vigueur ne l’apaisa pas le moins du monde, il criait comme une bête sauvage à chaque nouvelle contre-attaque et, lorsque ce qui apparaissait au premier coup d’œil comme une opportunité rêvée se présenta, il n’y résista pas. Quand le chevalier trébucha une première fois l’acariâtre personnage manqua perdre la pointe de sa lance en même temps que quelques os alors qu’il s’engouffrait dans la brèche, seules une certaine souplesse et l’expérience des arts de la guerre lui permirent de battre en retraite à temps.

Quand celui que la foule semblait nommer « Rogers » glissa sur une arme abandonné ce ne fut pas un cri triomphant que Rennifer poussa, mais celui plein de frustration d’un prédateur privé d’une mise à mort tant recherchée. Pas comme ça ! Pas une victoire médiocre qu’il n’aurait obtenu qu’indirectement ! Et pourtant si, dos au sol et arme hors de sa portée son adversaire se trouvait définitivement en position de vaincu, pour le plus grand déplaisir des spectateurs qui furent pris d’un mutisme choqué après un sursaut de surprise. Résigné mais toujours hors de lui, le Uller s’approcha de la silhouette à terre et pointa sa lance vers sa gorge en fixant les deux fentes barrant sa visière. Il pouvait entendre d’ici la respiration sifflante qui résonnait à l’intérieur, tout comme il sentait la haine d’un regard sur lui et y répondait de toute la sienne.

Qu’ajouter de plus à ce geste ? Rien à vrai dire, pas la moindre remarque, la vantardise n’avait rien de dornienne et Rennifer préféra quitter la piste sans se retourner tandis que le héraut le déclarait vainqueur de cette manche. Des vulgaires imitations d’êtres humains, voilà ce qu’ils étaient tous.

***

Quelques heures plus tard le lancier acariâtre quittait sa tente pour aller jeter un œil à la prochaine mêlée qui se déroulerait sans sa présence, il gagnerait à avoir une meilleure connaissance de ceux qu’il serait amené à affronter ensuite. Cette fois le Uller emmena avec lui une arme digne de ce nom, celle qui ne lui avait jamais fait défaut depuis des années. Tandis qu’il serpentait entre les différents abris de fortune il remarqua que plus d’une tête se tournait à son passage et que divers murmures lui collaient aux talons, sa performance précédente avait semblait-il laissé quelques souvenirs aux plus impressionnables. Ser Corwin Roger –ses camarades Dorniens lui avaient appris l’identité de l’autre dès sa sortie du cercle- jouissait apparemment d’une certaine popularité parmi les habitants des terres environnantes, le voir sorti de la course si tôt avait contrarié toutes les prévisions concernant la compétition. Rennifer n’y répondit pas, maugréant quant au gout amer de sa « victoire », il ne l’avait même pas blessé ! Rien pour se réjouir à part la crainte qu’il diffusait désormais autour de lui.

A un tournant il croisa le regard d’un homme à l’air aussi courroucé que lui et, peut-être cela était-il dû à une impression ou tout simplement à une reconnaissance de sa tenue et de ses yeux, mais il sut immédiatement de qui il s’agissait. Davantage porté sur l’instinct que sur des actes murement réfléchis le Dornien alla directement à sa rencontre tandis que sa rage enflait à nouveau, qu’allait-il dire ou faire il n’en avait sincèrement pas la moindre idée mais tout en lui hurlait de continuer à s’approcher.

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Message Sam 9 Fév 2013 - 13:28

Corwin était tellement plein de frustration et de colère qu'il aurait volontiers frappé les hommes qui étaient venus l'aider à se relever après sa défaite. Défaite uniquement due à la malchance, qui plus est. Il avait senti sa haine bouillir comme jamais quand le Dornien l'avait toisé, mais il avait ressenti son insatisfaction à lui aussi. Alors qu'il quittait la lice, il avait juré que les choses n'en resteraient pas là. D'autres auraient relativisé : il participerait aussi aux joutes équestres, une autre façon de montrer ce qu'il valait. Mais l'humiliation était pour lui une boisson amère impossible à avaler, la défaite un concept qu'il refusait d'accepter. Il avait regagné sa tente dans une colère noire, qui n'avait pas tardé à trouver une cible en la personne du malheureux écuyer qui l'aida à retirer son armure en attendant qu'il participe aux joutes équestres. Ce fut avec un soulagement évident que le jeune homme partit en quête de quelque chose à manger pour le chevalier, tandis que ce dernier se rabattait déjà sur une pleine chope de bière brune et mousseuse. Tout en buvant, le regard perdu dans le vague, fixant sans le voir le dais de la tente, il ruminait de sombres pensées d'échec et de vengeance. Se levant, il alla ceindre son épée, retrouvant avec une satisfaction féroce son poids réconfortant pendu à ses hanches. Il savait le fil de son arme parfaitement mortel, un réconfort quand on espérait vivement recroiser la route de celui qui avait osé vous infliger une telle humiliation...
Si son frère devait se douter de l'état dans lequel il se trouvait, il ne se montra toutefois pas en personne à la tente. Il envoya bien quelques-uns de ses hommes s'enquérir de son état, sans doute plus pour s'assurer qu'il ne commettait pas quelque acte regrettable que par réel inquiétude à son sujet. Lorsqu'il en eut assez de tourner en rond dans la tente avec son amertume, comme un lion dans sa cage, et après quelques chopes de bière pour l'aider à reprendre contenance, Corwin décida de sortir se mêler à la foule. Cela lui permettrait au moins de voir quelque chose, de faire quelques rencontres intéressantes - il savait les prostituées généralement assez proches de ce genre de camp lors d'évènements de ce type - , ou encore mieux, de peut-être revoir son adversaire pour lui donner une véritable leçon. Cette fois, il était vêtu d'une armure de cuir bouilli noir, confortable, résistante et qui n'entravait pas ses mouvements, par-dessus laquelle il avait passé une tunique noire également, brodée du blason des Rogers. Si affrontement il devait y avoir, il serait moins entravé dans ses mouvements qu'avec son armure de plates, et moins vite fatigué.

Il s'avéra finalement que sa quête le mena vers les lices plutôt que vers l'extrémité du camp, où il aurait pu trouver de la compagnie féminine pour quelques pièces. Cela lui aurait au moins permis de se calmer, mais au fond, peut-être n'en avait-il pas envie. Le camp grouillait de vie. On voyait là des chevaliers en armure ou dans des tenues de camp, des serviteurs aux livrées des maisons qu'ils servaient, des hommes d'armes de toutes sortes... Des chevaux hennissaient, les hommes s'interpellaient, riaient, criaient ou juraient. L'étalage de couleurs des tentes et des bannières était un régal pour les yeux que le chevalier d'Amberly n'était nullement d'humeur à contempler ou à apprécier. Malgré la cacophonie environnante, les lices étaient facilement localisables, même simplement en se fiant au son. On entendait des vivats, des cris de liesse ou d'encouragement, des exclamations étonnées ou effrayées, le tout ponctuant les efforts des combattants qui se trouvaient sur les terrains de terre battue. S'il n'avait nulle envie de se mêler à la foule malodorante du bas peuple qui se pressait aux barrières, il n'était pas question non plus pour Corwin de rejoindre son frère dans les gradins réservées aux membres des maisons nobles. Ce n'était pas là qu'il mettrait la main sur son ennemi.
Choisissant une solution médiane, il observa un moment les combats qui se déroulaient, de loin, installé sur une butte légèrement surélevée. Il était suffisamment loin du peuple pour ne pas s'en trouver incommodé, mais aussi trop éloigné du spectacle pour distinguer autre chose que des formes d'hommes en tenues d'acier brillant qui s'affrontaient. Peu importait, c'était surtout pour tuer le temps et attendre son heure. Il se saisit d'une gourde de vin qu'il portait à la ceinture et en but une lampée, sans détacher son regard de glace de ce qui l'entourait. Il avait beau chercher, il ne voyait nulle trace de Dornien dans les parages. Le lâche s'était peut-être éclipsé ? Cela ressemblerait bien à son peuple de sauvages fourbes. Courroucé, après avoir attendu trop longtemps à son goût, il décida de regagner le camp pour tenter cette fois de passer un peu de bon temps avec une femme. Peut-être aurait-il une autre occasion de se venger plus tard.

Cette décision sembla cependant s'avérer la meilleure pour ses desseins. Alors qu'il déambulait à nouveau à travers le camp, la mine sombre, son regard accrocha à quelque distance celui d'un homme au teint basané. Un homme au regard aussi mauvais que le sien. Il aurait pu poursuivre sa route si tout en lui n'avait pas crié qu'il avait retrouvé celui qui l'avait humilié. Aussi s'arrêta-t-il pour pivoter vers lui, mais il n'eut pas besoin de s'approcher. Le Dornien venait en effet à lui de lui-même, à vives enjambées. Un sourire carnassier vint étirer ses lèvres, et il attendit son ennemi de pied ferme. Sa main d'épée était déjà toute prête à bondir sur la poignée de sa lame pour s'en saisir. Il y avait du monde autour d'eux, une confrontation ne passerait certes pas inaperçue, mais il s'en fichait. Il y aurait au moins des témoins pour voir qu'il était parfaitement capable de donner ce qu'il méritait à l'homme des sables. Bien sûr, cela risquait de valoir quelques ennuis à son frère comme à lui-même, mais son sang était en ébullition, et son instinct belliqueux primait sur la raison. Elle n'avait plus voix au chapitre, désormais.
Lorsque le Dornien fut devant lui, Corwin le toisa avec mépris. Il était tendu comme la corde d'un arc, prêt à réagir au moindre mouvement. L'autre était armé d'une lance, qui était aussi peu émoussée que sa propre épée. Cette fois, ce ne serait pas fait pour être du pur spectacle. Avec dédain, il s'adressa à son ennemi.


« Alors, chacal des sables, penses-tu vraiment que tu aurais pu me vaincre si je n'avais pas dérapé sur cette arme ? »


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Message Sam 16 Fév 2013 - 20:37

En ce bas monde il existait deux genres de guerriers, ceux capables d’étouffer leurs émotions et ceux ne le pouvant pas. L’avantage apparent dont jouissaient les premiers était évident, garder constamment la tête froide permettait de conserver une longueur d’avance quelle que fut la forme que prenait le combat tandis que sentiments et instincts parasites avaient rapidement fait d’éradiquer tout bon sens si l’on n’y prenait pas garde. Dans le cas de Rennifer la situation divergeait légèrement de ces modèles, dès son plus jeune âge tous, y compris lui-même, avaient réalisé que jamais l’on ne pourrait entièrement mater pareil sauvageon et qu’il fallait au contraire l’encourager à vivre le plus possible sa colère pour s’y accoutumer plutôt que d’essayer d’étouffer cette dernière. Ainsi le Uller avait une parfaite habitude d’un cœur battant aux tempes, d’une respiration sifflante d’animal en chasse et d’un champ de vision rétrécit se résumant à son ennemi et la meilleure façon de lui arracher les tripes dans les plus brefs délais. Une bonne chose, car la simple vue du Rogers se tenant avec arrogance alors qu’il s’approchait lui avait depuis longtemps fait dépasser les envies de meurtres pour celles encore plus déplorables de meurtres avec mutilations et barbarie.

Débarrassé de son heaume et de ce maudit bouclier derrière lequel il n’avait cessé de se cacher, l’homme offrait enfin un visage venant remplacer l’image du labyrinthe aux licornes et, chose surprenante, tout dans ces traits semblaient incarner avec soin les préjugés et griefs que Rennifer nourrissait à l’encontre des chevaliers de l’Orage. Prétentieux et fiers d’eux-mêmes sans raison, voilà ce qu’ils étaient et celui-là empestait le contentement d’une fouine. En comparaison le lancier devait bien avoir des airs de bête sauvage, yeux exorbités et rictus découvrant ses dents, qu’importait la différence de masse et d’âge les séparant il apparaissait de toute évidence comme extrêmement agressif dans sa gestuelle alors que la distance entre eux finissait par se réduire à une simple longueur de bras.

Le Uller ne dit d’abord rien, dévisageant avec férocité Ser Corwin qui lui le rendait bien de toute sa hauteur, chacun restait sur le qui-vive comme si la mêlée ne s’était jamais achevée et qu’ils attendaient que l’autre porte la botte suivante pour relancer les hostilités. La perspective ne déplaisait pas à Rennifer, loin de là, les considérations diplomatiques d’un potentiel bain de sang sur un autre territoire et les propres risques pour sa vie restaient une pensée mise de côté dans les profondeurs délaissées d’un esprit entièrement tourné vers le conflit. Tout comme l’autre semblait prêt à tirer l’épée, le vieil acariâtre n’attendait que le bon signal pour bondir et dégainer sa lance, ce terrain-là devenait peut-être plus exigu que la piste de combat précédente avec sa foule allant et venant mais avec une arme digne de ce nom il n’aurait besoin que d’un seul coup pour mettre l’autre hors combat. Seule la plate arrêtait les lances, le cuir et la maille cédaient si l’on mettait suffisamment de force dans le geste, et après ces quelques instants de repos l’acariâtre personnage se sentait d’humeur à assiéger Port-Réal à lui seul.

Le Rogers fut le premier à rompre le silence avec une question pleine de ressentiment et de fiel. Contester la légitimité de sa victoire ? Quand lui n’avait pas été capable de regarder où il mettait les pieds ? Certainement pas ! Rennifer avait lui aussi la défaite en horreur mais pas au point de nier son existence quand elle arrivait, ces pantins de chevaliers n’avaient décidément pas la moindre once de cet honneur au nom duquel ils paradaient constamment, et encore moins de fierté martiale ! Que faire, tuer, mordre, cogner, écorcher ? Agir en tout cas ! L’on n’insultait pas un Uller sans représailles, quelles que soient ses origines ou son statut, même un Roi ou un Prince n’en avaient pas le droit ! Un grognement à mi-chemin du gargouillis lui vrillait la gorge alors qu’il passait en revue les différents points vitaux et exposés de l’impudent, mais il n’était pas une bête –quoi qu’on en dise- et le guerrier vieillissant prit la peine de répondre avant de peut-être déclencher une nouvelle rixe. Etrangement le lancier ne cria pas, la chose arrivait quand sa colère atteignait un certain stade.

« Cette arme t’a sauvé des os que je t’aurais broyés si le combat avait continué, chien. Tu haletais au point d’en cracher tes tripes à l’intérieur de ta belle carapace et c’est seulement après de longues minutes de douleur que je t’aurais laissé t’écrouler si tu ne t’étais pas couché par toi-même ! Un pleutre en plaques prompt à s’incliner, voilà ce que tu es ! »

Immédiatement le Uller recula de deux pas et décrocha la lance pendue à son dos, pas un seul instant il n’envisageait d’en rester là, tout comme l’autre ne pouvait le concevoir, assurément. Déjà autour d’eux quelques oreilles curieuses avaient surpris le bref échange et commençaient soit à s’écarter soit à avertir les autres badauds de ce qui se tramait : le genre de mêlée avec davantage d’enjeu que celui d’être consacré champion.

« Tu te crois fort parce que tu as poussé sur ces terres vertes ? Dans ce cas viens et tue-moi, tente ta chance et meurs en comprenant pourquoi les tiens ont toujours échoué à franchir nos montagnes ! »

Sa lance décrivit un cercle tandis qu’il se mettait en position, aussi menaçant qu’il l’avait été sur la piste des combats et relativement pressé de pouvoir saigner à blanc son ennemi. Rennifer savait qu’aussi gras et sot que pouvait être le maitre de ces lieux il n’en disposait pas moins d’hommes d’armes chargés de maintenir le calme sur son domaine, aussi fallait-il agir promptement avant qu’une interruption indésirable ne vienne le priver de cette mise à mort que sa nature dornienne lui exigeait. Deux gueux non loin semblaient déjà occupés à parier sur qui sortirait vainqueur de pareil affrontement, pour peu que l’autre ne se dégonfle pas et le Uller leur en donnerait pour leur argent.
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Corwin Rogers
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Message Lun 25 Fév 2013 - 19:06

Le Dornien semblait exhaler la hargne comme une charogne exhale sa puanteur immonde. Corwin le toisait, sourcil arqué. On pouvait voir sa mâchoire contractée et les petits signes évident de rage qui se manifestaient sur son corps, mais contrairement à son ennemi, il semblait maître de lui-même et parfaitement calme. Semblait seulement, car il aurait presque aimé lui sauter dessus avant même que l'autre n'aie le temps de réagir, et mettre immédiatement un terme à sa vie de sous-homme. Néanmoins, il avait une certaine conception de ce que les gens de son rang devaient faire ou pas, et cela n'aurait pas été digne de la place qu'il occupait. Il ne détacha pas son regard glacial de son adversaire qui, tel le serpent des sables, cracha son venin en réponse à la provocation lancée par le chevalier. Cela eut pour effet de lui faire contracter la lèvre supérieure en la levant légèrement, signe de la rage que de telles paroles provoquaient en lui, tel un fauve découvrant ses crocs d'un air menaçant. Il rêvait de refermer ses mains sur la gorge de ce sale chacal et de lui faire ravaler de tels mots de force en le regardant s'éteindre. On pouvait qualifier Corwin de nombreuses choses, et malgré ses défauts, il était tout sauf lâche. Sa bravoure n'était ni feinte ni à démontrer, et il n'avait pas encore rencontré à ce jour d'adversaire qui lui fasse peur, aussi puissant pouvait-il être. Son courage allait parfois trop loin, jusqu'à l'imprudence. Les sages disaient que la peur était la meilleure des alliées pour qui voulait survivre...

Autour d'eux, les gens avaient commencé à prendre conscience de ce qui se tramait. Les badauds se rassemblaient ou au contraire, prenaient leur distance. L'aura de danger et de rage qui émanait des deux adversaire semblait avoir un effet attractif sur un certain nombre de personnes. Nul n'osa, ou ne voulut s'interposer entre eux pour éviter la confrontation imminente. La curiosité morbide de certains les faisaient se réjouir de voir le sang qui coulerait probablement. D'autres en profitaient pour parier sur l'issue du duel. Nul doute que parmi ces gens, la plupart supportaient le chevalier d'Amberly, par simple rapprochement fraternel car il était lui aussi issu d'une région anciennement attachée à la couronne, et pas de ce peuple de sauvages fraîchement soumis. Combien parmi eux se défiaient des Dorniens ? Un grand nombre, sans doute, pour ne pas dire la plupart.
L'homme des sables avait saisi sa lance et s'était placé en position de combat, prêt à ouvrir les hostilités. Corwin referma les doigts de sa main d'épée sur la poignée de son arme, et la tira de son fourreau avec une lenteur comme calculée, qui tranchait avec le bouillonnement de son sang dans ses veines. Un chuintement menaçant se fit entendre tandis que l'épée glissait hors du fourreau ouvragé, se retrouvant bientôt à la main de son propriétaire. Le chevalier se mit en garde lui aussi, prêt à riposter à une attaque. Il savait qu'il prendrait l'avantage s'il réduisait à l'état d'échardes ridicules la misérable brindille que les Dorniens appelaient une lance. L'épée, la masse, la hache, voilà qui étaient les armes des hommes. On regardait l'ennemi dans les yeux, on sentait son souffle sur sa peau en croisant les lames. La lance n'était qu'un moyen de compenser sa faiblesse par l'allonge conférée par la hampe. Une arme digne de barbares et de lâches.

Le silence s'était installé entre les deux ennemis. Autour d'eux, on entendait les gens parler, mais aucune réplique ne venait franchir les lèvres des deux adversaires et troubler leur concentration. Corwin hésitait sur la conduite à tenir. Devait-il prendre l'avantage de l'attaque pour submerger son ennemi, ou alors attendre qu'il s'avance et riposter ? Cette seconde option lui permettrait au moins de se défendre lorsque les représailles arriveraient, car il n'aurait pas commis l'impair de la première attaque. Nul doute que le Dornien se jetterait sur l'occasion comme un chien affamé sur un os, le seul risque étant qu'il en profite pour prendre l'avantage. Le chevalier ne doutait pas de ses capacités, ni de l'éventuel soutient qu'il pourrait avoir de la part de l'assistance si les choses tournaient mal... Il raffermit la prise de ses doigts sur la poignée de son épée. Il était bon combattant, on ne pouvait le nier. La trop grande certitude de vaincre de l'homme des sables ainsi que son dédain pour ceux du Nord pouvaient peut-être lui jouer de vilains tours... Il avait pourtant pu voir la force dont son adversaire pouvait faire preuve.
Malgré son envie d'en finir, Corwin n'attaqua toujours pas. Il préféra jouer d'abord la carte de la prudence, et se fendre d'une apparente ouverture dans sa garde. Un combattant confirmé verrait la brèche qu'il prendrait pour une erreur, et ne manquerait sans doute pas de se ruer dessus. A tort. C'était une feinte qui pouvait lui coûter son arme au premier coup. Une fois qu'il tenterait de l'atteindre, le chevalier pourrait aisément piéger la lance d'un revers d'épée, et en briser la hampe fragile de sa lame tranchante, polie et entretenue avec un soin attentif et presque amoureux... Il disait parfois avec humour que sa première épouse et amante était son épée. Le sang de nombreuses personnes en avait souillé la lame, qui s'en était abreuvée avec autant de satisfaction qu'en avait son maître à le faire couler. Il lui restait encore à voir si le Dornien allait mordre à l'hameçon.

Pour l'heure, rien n'avait commencé, mais certains des spectateurs de leur rixe naissante avaient l'oeil teinté d'angoisse, et certains cherchaient du regard des hommes de lord Baratheon pour les prévenir. Même si Corwin les avait vu faire, il n'était pas certain qu'il aurait rechigné à répondre à la provocation ouverte. Il aurait toutefois eut mauvaise conscience à enfreindre ainsi les ordres de son frère qui lui avait dit de ne pas faire trop de vagues. Il n'y avait bien que lui qui pouvait le commander de la sorte sans qu'il résiste. Pour l'heure toutefois, ces considérations étaient à mille lieues des pensées du chevalier. Attentif, tendu, il donnait l'image de quelqu'un qui attendait en toute inconscience de la faille dans sa garde que son adversaire passe à l'attaque. Il aurait déjà fallu savoir quel combattant expérimenté il était pour détecter la faille... A moins que, loin de foncer droit dans le piège par une attaque frontale, l'homme des sables ne préfère user d'un sournois stratagème ?


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Message Dim 10 Mar 2013 - 21:02

Après ce qui sembla être une éternité à Rennifer, le chevalier se décida enfin à dégainer sa lame avec une lenteur calculée dont le chuintement déchaina les bribes de souvenirs de l’acariâtre personnage, un patchwork d’une longue existence de combat, d’impression et de sons divers. Le tintement de l’acier contre l’acier, le sifflement de l’air où volaient les lames, la résistance molle de la chair percée par la lance, tout cela s’emmêlait dans sa mémoire tant et si bien que le Uller n’aurait pu dire à combien d’affrontements il avait pris part ou le nombre d’hommes et de femmes à avoir péri de sa main. D’une façon tortueuse tout cela formait une sordide mélodie, le chant de l’acier et de la mort, le seul qu’il avait jamais appris et pour lequel il s’était exercé chaque heure de chaque jour. Qu’importait les conséquences de son geste s’il ressortait victorieux de cet affrontement, Rennifer préférait de loin être taillé en pièce par une horde de soldats que d’abandonner sa fierté. Si réparations ou procès on lui demandait le lancier se plierait à la seule loi un tant soit peu digne d’intérêt sur ces terres bonnes pour les larves : Un duel judiciaire. Si par la mort il pouvait racheter un soi-disant crime qui à ses yeux ne découlait que d’un accord tacite et haineux, eh bien soit ! Le Uller massacrerait autant d’hommes que nécessaire pour paver une route d’Accalmie jusqu’à Denfert !

Les deux belligérants avaient désormais tous les deux l’arme au clair, s’observant comme ils l’avaient fait plus tôt sur la piste des combats à la différence près que cette fois la foule se faisait bien plus proche et pressante. Il avait parfaitement conscience qu’aucun de ces veaux ne lui offrirait ses encouragements meuglés et qu’aucun de ses contemporains Dorniens ne devait assister à la scène, les habitants du pays du sable et de la roche ne représentaient qu’une goutte d’eau en comparaison de toutes les délégations présentes à cette bouffonnerie que l’on essayait de faire passer pour de véritables affrontements. A présent c’en était fini de jouer aux jeux de guerre, les lames et les pointes devant les yeux des badauds avaient tout de létal et à cause de cela le duel à venir prenait une autre dimension. Certains craignaient davantage les conséquences de tout ceci qu’il n’appréciait le spectacle en préparation et jetaient des regards pressants en quête des hommes de Lord Baratheon. Les cris n’en avaient que pour ce Ser Rogers, on l’enjoignait à montrer à cette face brulée combien l’Orage lui était supérieur, on se contentait de scander son nom tandis que telle la marée la masse réduite des spectateurs allait et venait, ceux à l’arrière cherchant tant à s’approcher davantage que ceux de devant se montraient récalcitrants à l’idée de prendre un mauvais coup dont la blessure serait assurément fatale. Du coin de l’œil Rennifer voyait les pièces passer de main en main tandis que les parieurs échangeaient leurs mises auprès de juges improvisés qui énonçaient laconiquement les côtes. Malgré sa précédente et cuisante défaite le pantin amateur de plates demeurait le grand favori alors que le Uller ne s’attirait que sifflements et huées. Qu’ils brassent donc leur air, il s’en moquait, son attention rivée sur les faits et geste de celui dont il désirait ardemment la mort.

Comme ce dernier se montrait moins prompt à charger à présent que sa viande était si vulnérable ! Si le Dornien n’avait pas été davantage un homme d’actes que de mots il ne se serait pas privé de le lui faire remarquer via une moquerie acide. Une fois de plus son champ de vision se rétrécit et les évènements prirent ce déroulement particulier qui survenait en pareille occasion, il nota la prise plus resserrée que son adversaire exerçait sur la garde de son épée ainsi que la haine qu’il lui vouait, une haine probablement aussi intense que la sienne même s’il persistait à essayer de dissimuler derrière une figure neutre. Le but même de l’existence de Rennifer consistait à tuer au nom des siens, constamment, aussi ne s’embarrasserait-il jamais de ce genre d’apparences, qui méritait son courroux en devenait le premier concerné par le biais d’un rictus ou d’un regard assassin.

Lisant dans la posture de son ennemi, le Uller nota une ouverture qui n’avait jamais existé au cours de leur précédent affrontement, peut-être que le lâche avait si peu l’habitude de se retrouver sans bouclier qu’il ne savait plus comment se tenir correctement en d’autres circonstances ? Avec une telle faille le lancier pourrait sans peine lui chatouiller la bidoche avec la pointe acérée de son arme, probablement avec suffisamment de force pour le faire ressortir rougie de l’autre côté de sa chair. L’opportunité avait une dimension magnifique de possibilité pour une mise à mort douloureuse.
Cependant l’on ne survivait pas à la félonie des brigands du désert, aux épées des contre-attaques Bieffoises et à la fourberie des pirates esclavagistes venus de l’autre continent sans disposer d’une méfiance viscérale faisant de tout et tout le monde un ennemi potentiel. Ainsi Rennifer avait-il été élevé et ainsi éduquerait-il sa jeune fille une fois qu’elle serait en âge. Les pièges se dissimulaient n’importe où et celui-là le courrouça profondément lorsqu’il le reconnut.

Le Dornien ne prit même pas la peine de prendre cette fausse ouverture en considération ou au contraire d’essayer de faire tourner le chevalier en bourrique en lui faisant croire que son petit tour avait porté ses fruits. Au lieu de cela il commença par plusieurs coups portés vers la main d’épée de son adversaire, maintenant la distance entre eux au maximum possible pour frapper, la technique n’avait absolument rien d’honorable et n’escomptait au final même pas porter au but, elle se voulait à but déstabilisateur.

Rennifer se montra bien moins disposé à céder du terrain que quelques heures plus tôt, sa marge de manœuvre était bien plus large et son adversaire plus vulnérable, la contrepartie à tout cela résidait dans le fait qu’ils évoluaient tous deux à vitesse au moins égale. Lorsque le moment lui parut bon il alla pour délivrer une attaque appuyé vers la cuisse droite du chevalier, cherchant clairement à lui faire mettre genou à terre.

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Message Dim 17 Mar 2013 - 13:50

Les encouragements tintaient comme une douce musique aux oreilles de Corwin. Dans le cas présent, il était un représentant des anciennes régions de Westeros face à cet étranger du désert trop récemment intégré à la couronne. Il paraissait donc naturel que ses pairs le soutiennent, c'était une réaction instinctive de soutien à un semblable face à un inconnu. Mais peu importait le pourquoi du comment. Le chevalier se sentait au moins soutenu et acclamé, ce qui lui plaisait. Il allait leur faire le plaisir d'étaler ce chacal à terre. Un acte qui risquait d'avoir de graves conséquences diplomatiques, mais peu lui importait en cet instant. Il avait une cuisante humiliation à lui faire payer, et il avait bien l'intention de laver l'affront dans le sang.
Cette fois, il était désavantagé par le manque de bouclier, mais ce n'était pas la première fois qu'il combattait sans, loin de là. Il savait qu'il gagnait en mobilité et qu'il pourrait faire usage de son bras libre. Un bon coup de poing bien placé pouvait rendre bien des services... Son attention toujours rivée sur son ennemi, il attendit de voir s'il mordait à l'hameçon. Malheureusement, ce ne fut pas le cas, même si Corwin ne fut pas très étonné. Il avait au moins compris qu'il avait en face de lui quelqu'un qui fonçait, un peu à sa façon. Au lieu de s'engouffrer dans la fausse faille, le Dornien préféra porter des coups vers la main d'épée du chevalier, tout en prenant le soin de garder une distance suffisante entre lui et la lame de son épée. Corwin parvint à dévier les coups de la pointe de son épée, démontrant son adresse. Il savait qu'il devait réussir à réduire la distance de sécurité que son adversaire avait grâce à l'allonge de sa lance. Il fallait le prendre à contre-pied, ne pas se laisser mener par le bout du nez. L'homme du désert lui délivra une attaque sur sa cuisse droite, qu'il esquiva juste à temps d'un bond sur le côté. Il sentit néanmoins la morsure de la pointe métallique de la lance qui effleura sa chair, juste assez pour lui infliger une coupure sans gravité. Voilà toutefois un pantalon qui était ruiné...

Son regard froid se reporta sur son ennemi, et il entreprit de lui tourner autour. Lui offrir une cible immobile n'était pas la meilleure chose à faire. Il cherchait la faille, le moyen de le prendre par surprise pour réduire à néant l'avantage que lui conférait son arme. Le chevalier avait pour lui la jeunesse, un atout qui lui servirait peut-être. La foule des curieux qui assistait à la scène, qui avait poussé un cri étouffé en le voyant se faire toucher à la cuisse, lui prodiguait à nouveau ses encouragements. On sentait que tous étaient dans l'attente. Combien de temps encore avant que l'attroupement n'attire l'attention des hommes de lord Baratheon, et qu'ils viennent y mettre bon ordre ? Peut-être les épreuves du tournoi en cours les accapareraient suffisamment pour qu'ils n'interviennent que trop tard. Ou peut-être pas. Corwin fit décrire un arc de cercle à sa lame alors qu'il faisait tournoyer son épée dans sa main. Peut-être le moment était-il venu de passer à l'action et de presser le Dornien. S'il était assez agile et rapide, cela pourrait porter ses fruits.
Il se fendit d'un coup avorté direct, en direction du visage de son assaillant. Il fit en sorte de rendre la feinte assez visible et fonça sur ses jambes pour lui porter un véritable coup. Il s'était déjà bien avancé pour malmener l'allonge de la lance. Il désirait que cette dernière vienne contrer ce coup, porté avec assez de puissance pour briser un genou ou fendre un os s'il touchait. Voyant le contre arriver, il fonça carrément contre son adversaire, qu'il percuta de son corps musclé, afin de le déstabiliser. Il saisit l'opportunité pour lui flanquer un coup de coude dans le visage, avant de reculer en entendant la lance siffler hors de son champ de vision. Il tenait à conserver son corps dans son intégralité, dans la mesure du possible.
La foule acclama son action tandis qu'un sourire de fauve se dessinait sur ses lèvres. Ce coup était symbolique, car il voulait depuis le début marquer ce visage qui le hérissait tant. Il en aurait probablement au moins pour une marque temporaire, et avec de la chance cela l'avait légèrement désorienté. Il fallait profiter de son avantage avant que la balance ne penche de l'autre côté une fois de plus.


« Tu fais moins le fier, une fois la distance conférée par ta lance réduite à néant. »

Corwin repoussa de sa main libre quelques cheveux qui pendaient devant son visage, puis il se rua à l'assaut une fois de plus. Il voulait pousser son ennemi sur la défensive et le noyer sous un déluge de coups. Attaquer furieusement, comme les tempêtes qui caractérisaient sa région natale. Les Terres de l'Orage n'étaient peut-être pas un désert aride comme Dorne, mais elles avaient elles aussi leur rudesse, et n'étais pas aussi clémentes que le Bief. Les hommes issus de cette terre avaient de la force et du courage, et c'était ce que le chevalier entendait prouver, bien que sa motivation principale soit la pure vengeance.
Il tenta plus d'une fois de briser la hampe de la lance dornienne, car la transformer en tas de brindilles mettrait sans doute un point final à cette histoire, ou peu s'en fallait. Sans ménager ses efforts, il attaqua avec une véritable grêle de coups. Il frappait de taille, d'estoc, visant les points faibles de son ennemi, portant ses coups tantôt sur les bras, tantôt aux jambes, ou encore au visage ou à l'abdomen. Très peu d'être eux portaient, mais il voulait mettre une pression constante sur l'homme des sables. Au moins, s'il avait eu le cœur à le faire, il aurait pu admettre que son adversaire était bon combattant. Un homme de piètre valeur aurait déjà succombé à cet assaut furieux, plus intense et rapide que lorsque Corwin était encombré par le poids d'un harnois de plates, quand bien même parvenait-il à se mouvoir sans trop de peine dedans. Une armure de cuir bouilli, comme il en portait actuellement sous ses vêtements, épousait davantage son corps sans l'entraver. Pour les spectateurs, c'était sans doute un furieux ballet rapide, mouvant, un enchevêtrement d'armes qui tantôt attaquaient, tantôt paraient. Dans l'état actuel des choses, aucun des deux ne prenaient nettement l'avantage. En dépit de leur férocité, on aurait presque pu croire qu'ils s'étaient lancés dans une danse concertée, et néanmoins mortelle.



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Message Sam 23 Mar 2013 - 21:01

Les exclamations étouffées que la foule poussa en voyant la lance dornienne atteindre la cuisse ciblée représenta un son bien plus appréciable pour les oreilles belliqueuses de Rennifer, elles lui rappelaient les brèves bourrasques de vent brulant charriant le sable de son désert bien-aimé, un souvenir agréable qui ne compensa pas l’agacement suscité par le simple effleurement qu’était devenue son attaque dévastatrice. Le sang de cette insupportable caricature de guerrier ne coulait toujours pas et cela mettait le Uller hors de lui, l’on n’avait pas affaire à un simple duel ici, mais à l’incarnation faite chair d’un affrontement quasi millénaire entre deux régions que tout opposait, l’une fière et indomptée, l’autre arrogante et soumise. Il ne perdrait pas ce combat, pas ici, pas devant ces créatures pathétiques qui commençaient déjà à reprendre leurs litanies exaspérantes de « Rogers ! Rogers ! ».

Son adversaire commença alors à essayer de le contourner sans doute pour éviter la frontière invisible que l’allonge de sa pique établissait entre lui et le chevalier, pour peu qu’il attaque de face au lieu de tenter sa chance de biais et aucune épée au monde ne saurait dévier la pointe acérée de son arme de prédilection. Pour un couard habituellement blindée de plates le natif de ces maudites terres vertes savait au moins manier sa stupide lame avec un minimum de dextérité, dans le cas contraire Rennifer se serait déjà trouvé au-dessus de son cadavre pour lui loger un disque de bronze symbole de sa Maison entre les dents. La tradition remontait à plusieurs générations, lorsqu’un ennemi d’un certain rang était abattu par un guerrier de Denfert, sa dépouille se voyait abandonnée sur place avec ce présent attestant de l’identité de son bourreau. A cause de cela l’acariâtre personnage gardait toujours l’une de ces pièces sur lui. Débarrassé de son attirail le bougre arrivait aussi à bouger plus rapidement, essayant une feinte grossière au visage qui fut immédiatement reconnue comme telle alors que les jambes constituaient le véritable objectif.

Du moins ce fut ce que le Uller crût, et il se maudirait jusqu’à son dernier jour pour ce manque de perspicacité. Plutôt que de reculer pour esquiver comme il l’avait fait auparavant, Rennifer envoya avec force le plat de la partie métallique de son arme directement contre le fil de l’épée afin de la dévier et d’ensuite décrire un arc ascendant qui aurait embroché proprement le chevalier en pleine bidoche. Cependant le choc de l’acier contre l’acier n’arriva jamais et céda à celui bien plus étouffé d’une collision entre chair et os, une fois encore le coup avait volontairement été avorté, empêchant le Dornien de compléter sa manœuvre et le prenant au dépourvu alors qu’une masse de viande haïe venait le percuter de plein fouet. Un coude cueillit le sableux au-dessus du menton et lui fendit la lèvre inférieure alors qu’il bondissait par réflexe en arrière et redressait sa lance pour couvrir sa retraite sans visibilité. Un goût ferreux bien connu commença à doucement à lui emplir la bouche, mêlé à celui bien plus acide de la honte et à celui brulant d’une haine déchainée. Ce pleutre avait osé le toucher le premier, du haut de toute sa mollesse et de son orgueil il osait porter un coup réussi après avoir été défait sur la piste !

Autour d’eux la foule poussa des vivats, comme l’on s’y attendait de sa part, masse informe bonne à rien d’autre si ce n’est récolter avidement les miettes alors que d’autres prenaient les risques, par la Rivière-Mère le Uller raserait cette forteresse jusqu’à la dernière pierre pour cela. Et ce fut alors qu’il entendit cette détestable voix le provoquer une fois de plus alors que lui-même peinait à croire que cela se produisait vraiment. Quel imbécile perdait du temps à japper en plein combat ?! Ne pouvait-il donc pas se taire et crever comme toute vermine qui se respecte ?! Rennifer ne prit pas la peine de passer une main sur sa légère blessure bien plus grave pour son ego que pour sa santé, pas plus qu’il ne cracha pour se débarrasser de l’excédent de sang entre ses lèvres, en tout et pour tout il découvrit les dents en un rictus rougi et bestial alors qu’il se remettait en position pour le prochain assaut.

Ce dernier ne tarda pas, comme escompté et en dépit de ses bavardages inutiles son adversaire tenta de creuser son avantage par une série d’attaques aux allures d’orage dont les éclairs s’abattaient par-à-coup et brutalement tandis que de son côté le Dornien calquait petit à petit sa gestuelle sur l’image attribuée à sa contrée. Il se fit aussi insaisissable que le désert, aussi tenace et buté que son peuple, et aussi prompt à punir les maladresses ou le manque de prudence qu’une tempête de sable. A la cascade de coups qu’il recevait Rennifer répondit par des attaques occasionnelles toujours dirigées vers des zones où elles s’avèreraient mortelles en cas de réussite, il voulait lui faire connaitre la peur avant de le déchiqueter, et de préférence rapidement avant qu’une maudite interruption ne le prive une fois de plus de sa victoire méritée.

Alors que le statu quo persistait, le Uller perdit patience et plutôt que de viser la chair de l’autre combattant profita d’un retour d’attaque de ce dernier pour envoyer la pointe de sa lance juste au-dessus de la garde de son arme et l’entrainer dans un mouvement descendant tandis que l’acariâtre guerrier s’avançait pour faire pivoter la hampe de son instrument de mort et propulser l’autre extrémité en bois droit vers la tempe du chevalier. Le coup toucha, un peu plus loin que prévu, aux environs de l’oreille mais Rennifer n’en avait cure car en plus du choc que cela avait dû lui asséner il pouvait voir ces longs cheveux sombres devenir poisseux et attester de la présence d’une plaie au cuir chevelu. Le Dornien recula alors promptement, lui n’avait pas de main libre à disposition et à une distance si réduite que celle-ci pouvait s’avérer très dangereuse, il ne se vanta pas, en fait il n’articula rien de plus qu’un sifflement haineux en rivant son regard dans celui du guerrier aux licornes.

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Corwin Rogers
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"Tel le vent, semer la graine aux quatre coins de Westeros"

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♦ Missives Aventure : 95
♦ Age : 26
♦ Date de Naissance : 24/07/1991
♦ Arrivée à Westeros : 15/05/2012
♦ Célébrité : Richard Armitage
♦ Copyright : Lapy
♦ Doublons : Even Corbray, Morgan Kenning, Kealan du Rouvre
♦ Age du Personnage : 40 ans
♦ Mariage : Elen Rogers, née Horpe
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Message Dim 24 Mar 2013 - 20:12

Le combat n'était plus qu'un déluge de coups, dont il y avait fort à parier que les spectateurs ne distinguaient plus grand chose. Coup, parade, coup, parade... Tantôt l'un prenait l'initiative, tantôt l'autre, l'attaqué prenant soin de dévier le coup qui aurait pu s'avérer fatal. Dans cette furieuse danse de mort, on pouvait nettement voir que les deux ennemis étaient aussi bons combattants l'un que l'autre, chacun dans son genre. Là où ce mérite mutuel aurait amené une trêve et une forme de respect, ces deux-là étaient tellement animés par la haine que la seule issue possible semblait être la mort de l'un d'eux. Corwin parvenait sans trop de peine à dévier les coups que le Dornien lui portait, handicapé qu'il était par cette proximité forcée. Le rictus qui ornait ses lèvres ne jurait en rien avec sa concentration. On aurait dit un loup, babines retroussées et crocs découverts, menaçant son ennemi.
Cet état de choses persista un bon bout de temps, avant que l'homme des sables parvienne à porter un coup. Jouant de sa lance, il parvint à flouer le chevalier par une action inattendue, et lui porter un coup de la hampe de son arme au côté de la tête. Sans doute avait-il visé un point vital, mais la tentative d'esquive de Corwin eut pour effet de le sauver. Il sentit une morsure brûlante à la tête et resta quelques secondes sonné par le coup, alors que le Dornien reculait en sécurité. Il sentit un liquide chaud couler sur son oreille, et il devina que son cuir chevelu était éraflé. C'étaient des blessures la plupart du temps plus impressionnantes que dangereuses, car la tête était un endroit qui saignait facilement. Il s'ébroua comme un chien, reprenant ses esprits. La blessure était cuisante, il lui semblait sentir son cœur pulser à la surface de son crâne. Toutefois, sans même avoir à y porter la main, il devina que ce serait plus douloureux que grave. Son adversaire le regarda droit dans les yeux, et il lui rendit son regard. Il n'allait pas se laisser abattre pour si peu. D'autres, des couards, auraient peut-être abandonné là, mais pour lui, il n'en était pas question. Relevant la tête, le corps toujours tendu et en position de combat, il se prépara à repartir à l'assaut, sous les acclamations d'une foule qui avait un instant craint sa défaite. Choisissant le bon angle d'attaque, il bondit sur son ennemi, toujours attentif à trouver l'angle mort ou le moins efficace de sa lance, profitant de son adresse accrue par l'absence d'armure.

Tout à son combat, il ne remarqua pas la soudaine agitation qui se mit à parcourir les derniers rangs des spectateurs agglutinés autour de l'affrontement. Un murmure se mit à enfler à mesure que les gens se rendaient compte qu'on se frayait un chemin parmi eux. Les premiers rangs furent les derniers à réaliser qu'on les écartait, et ils laissèrent place à des soldats affublés de la livrée au cerf de sable sur champ d'or des Baratheon. Ils n'étaient pas seuls, car quelques hommes à la livrée noire au labyrinthe et aux neuf licornes d'argent les accompagnaient, de même que lord Allan Rogers, frère de Corwin. Les hommes de lord Lyonel n'y allèrent pas par quatre chemins, s'interposant tout bonnement entre les deux adversaires pour les séparer. A grand peine, c'est que moins que l'on pouvait dire. Tout à son désir d'ouvrir le Dornien de l'aine jusqu'à la gorge, le chevalier se débattit pour tenter de passer outre. Mais le nombre jouait contre lui. Contre son ennemi aussi, d'ailleurs. A deux contre plus d'une dizaine, c'était peine perdue. Tandis que d'autres hommes des Baratheon dispersaient la foule, lord Allan s'avança vers son frère, la mine sombre et plus que contrariée. Corwin continuait à fixer un regard mauvais sur l'homme des sables, par-dessus l'épaule de l'homme d'armes qui s'interposait. Sans doute tout cela avait-il était causé par quelques badauds qui, voyant le grabuge, étaient partis avertir les représentants de l'ordre. Cela n'avait été qu'une question de temps de toute façon. Mais avec un tout petit peu plus de temps devant eux, sans doute seraient-ils parvenus à une conclusion.


« Je t'avais demandé de ne pas faire de vagues. C'est comme ça que tu m'obéis ? En te lançant dans un combat à mort au milieu du camp ?

- Cette larve du désert a osé profiter lâchement de ma chute pour me vaincre. Il ne s'est pas privé de revenir à moi pour me dire tout le bien qu'il pensait de nous et des nôtres.

- C'est le but d'un tournoi, Corwin, il y a des vainqueurs et des vaincus. Par les Sept, il va falloir que j'explique tout ça à lord Lyonel. Et que je lui présente mes excuses pour ta conduite. Encore.

Corwin poussa un grognement qui signifiait à lui tout seul tout le bien qu'il pensait du seigneur d'Accalmie. Il écoutait d'une oreille distraite, son attention encore toute tournée sur l'affrontement brutalement interrompu. Son regard était fixé sur le Dornien à quelques mètres de lui, solidement encadré par des hommes d'Accalmie, qui lui parlaient sans que le chevalier puisse deviner la teneur de leurs propos. Tout ce que méritait ce chacal puant, c'était la corde. Un rictus mauvais tordit ses lèvres, alors qu'il passait une main sur le côté de son visage. Il devait avoir fière allure, ensanglanté comme cela. Néanmoins, tous avaient vu qu'il n'était pas un lâche, loin de là, et qu'il n'avait pas peur de faire ravaler ses dents à cet impudent venu du Sud. Il essuya sa main poissée de sang sur un mouchoir que son frère lui tendait avec une moue pincée. Il n'avait même pas honte de sa conduite, ennuis causés aux siens ou pas.

- Viens avec moi. Maintenant. »

Allan se détourna et s'éloigna. Corwin resta quelques instants à hésiter, faisant face à son adversaire. Il ne voulait pas être le premier à tourner les talons. Finalement, il suivit les pas de son frère quand son ennemi fut trop accaparé pour que son départ puisse être considéré comme une fuite. Et si cela lui posait un problème, ils pourraient toujours régler ça ailleurs, une autre fois, de façon définitive. Le chevalier n'oubliait pas un ennemi aussi détestable et profondément ancré dans sa mémoire.


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Message Dim 31 Mar 2013 - 21:40

La vue du sang chez son ennemi produisait chez Rennifer sensiblement le même effet que pour un prédateur sentant l’odeur de sa proie blessée, par cette simple plaie s’offrait la perspective d’une mise à mort aussi satisfaisante que brutale. Ce que les Uller aimaient, ils l’éprouvaient, ce qu’ils haïssaient, ils s’acharnaient dessus jusqu’à ce que la moindre trace ait été balayée de la surface du monde. Il voulait tuer le chevalier, voir ses derniers gargouillis pitoyables alors que la vie le quitterait et finalement abandonner sa dépouille aux vautours pendant que la foule de veaux médusés resterait sans rien faire par la faute du choc. Mais le destin sembla une fois encore s’acharner pour le priver de sa victoire, et au lieu d’une arme abandonnée sur le sol de la piste ce fut une dizaine de gardes qui émergea des rangs de la populace, tous porteurs de ce blason jaune au cerf noir des Baratheon.

Ivre de colère comme il l’était le Dornien parvint à peine à les reconnaitre, les identifiant de prime abord comme plus d’ennemis à abattre, des cibles impudentes en tous points similaires aux perturbations qui avaient eu lieu lors de la mêlée d’il y a quelques heures. Son premier réflexe fut de diriger sa lance vers eux, puis avec une rage redoublée il réalisa que leur nombre lui ôtait toute chance de l’emporter, pourtant l’envie ne lui manquait pas de tenter sa chance et il lui fallut user de toute sa volonté pour ne pas céder à cette impulsion bestiale. Bien vite les hommes d’armes vinrent se placer entre lui et le chevalier aux licornes tandis que d’autres s’affairaient déjà à disperser le public environnant, une fois encore l’affrontement tournait court avant même d’avoir reçu une conclusion digne de ce nom. Des combats sans trépas, sans réelles blessures, qu’était-ce donc que ces bouffonneries ?! Et à présent que la chance de redonner à l’art de la guerre ce qui lui revenait de droit l’on se retrouvait avec une nouvelle interruption indésirable. Qu’ils soient tous maudits, ces gens, cette terre, et même ces dieux trop nombreux !

Une fois son arme baissée pour signifier un apaisement très théorique, Rennifer n’avait cessé de scruter le pleutre de plates qu’il avait continuellement attaqué aujourd’hui, plusieurs de ses comparses affichant un blason similaires venaient de le rejoindre alors qu’il s’entretenait avec un homme dont le Uller se moquait autant que de son premier cheval. Il refusait tout simplement de quitter des yeux ce regard toujours empli d’arrogance, lui aussi voulait poursuivre la lutte, cela se sentait alors qu’ils les laissent donc poursuivre ! Mais rien n’y faisait, les deux bœufs en maille restaient campés devant lui et lui bloquaient le passage sitôt qu’il faisait mine de vouloir passer outre. Ils étaient tant plus larges que haut que l’acariâtre lancier mais cela n’empêcha pas ce dernier de les toiser du haut de sa férocité innée, toujours brièvement pour ne pas perdre de vue son véritable adversaire qui ne se trouvait qu’à quelques pas de là. L’un des gardes essaya de lui empoigner l’épaule pour le maintenir en place et dit :

« Hola ! Hola ! On se calme hein ! On n’est pas chez les sauvages ici alors faut te calmer si tu veux pas que Lord Baratheon te fasse pendre pour avoir semé la pagaille chez lui.
»


Son camarade, un benêt à l’haleine empestant la bière crut bon d’ajouter :

« Si tu veux t’battre tu gardes ça pour les joutes ou les mêlées, alors range ta lance et déguerpis avant qu’on te mette au trou. »

Au comble de la frustration, Rennifer eut l’impérieux besoin de déverser toute sa frustration sur la première cible à portée, ces deux porcs lui manquaient de respect, tout comme ils le menaçaient. Lui, un enfant du désert qui avait survécu dans une fournaise de poussière alors qu’eux s’étaient engraissés à l’ombre de pommiers dans l’une de leurs maudites forêts. Il agrippa l’un des tabards au jaune criard et grogna plus qu’il ne parla à son propriétaire :

« Adresse-toi à moi encore une fois de la sorte et je te découpe en deux avant de bruler ta maison, ta truie de femme, tes porcelets d’enfants et tous ceux qui pourraient savoir que tu as jamais existé, misérable ver ! »

En d’autres circonstances pareille menace n’aurait sans doute pas été prise au sérieux, elle aurait peut-être même prêté à rire puisque le bonhomme énervé se retrouvait isolé au milieu de soldats armés. Mais ils étaient nombreux à avoir assisté à sa victoire sur la piste et son allure ne laissait aucune chance de se tromper sur la personne. De même le Uller avait tenu tête à Ser Corwin Rogers sans écoper d’autre blessure qu’une lèvre enflée et il restait un de ces maudits Dorniens au sang chaud, de ce genre là l’on se méfiait plus qu’autre chose car si l’on n’arrivait pas à s’en débarrasser du premier coup la contre-attaque s’avèrerait aussi venimeuse que mortelle. Aussi les deux pacificateurs ne répondirent-ils pas sur le coup alors que Rennifer chassait brutalement la main sur son épaule, encore des dégonflés aux joues aussi molles que leur région.

Le temps de montrer les crocs il avait délaissé le chevalier brun cible de sa haine et lorsque le lancier en revint au concerné ce dernier avait disparu pour s’éloigner avec ses gens. Un grondement monta dans sa gorge et il hurla sans viser de direction précise, y mettant toute la force de sa voix pour espérer être entendu par ce couard qu’il méprisait tant :

« Mon nom est Rennifer Uller et je te tuerai ! Que cela me prenne un jour ou cent ans je te tuerai ! »

Puis il se détourna, s’en retournant droit vers sa tente afin de s’apprêter pour la prochaine mêlée, aux prochains à croiser sa route le Dornien briserait chaque os et réclamerait la victoire de cette mascarade grotesque que représentait ce tournoi. Pour l’instant il n’avait remporté qu’une inimitié éternelle avec un autre guerrier exercé.

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La démêlée née des mêlées - Corwin Rogers

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