AccueilS'enregistrerConnexion



 

Partagez| .

Serons-nous amis sans nous aimer ?

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas
avatar

Invité
Invité

Général
Feuille de Personnage


Message Mar 18 Déc 2012 - 0:07

     Non loin d'un florilège de rubecs aux feuillages rieurs et sous les grands ormes centenaires du bois sacré de Vivesaigues, Edwyn était assis sur un fauteuil trop grand pour lui, où ses maigres épaules faisaient peine à voir devant le haut dossier doublé d'un cuir coloré de gueules et coloré d'azur. Ses petites mains reposaient sur les accoudoirs et en tapotaient frénétiquement et silencieusement le bois laqué, car le petit garçon bouillonnait d'impatience à la manière d'une eau sauvage qui rugit sous le couvercle d'une grosse marmite. Derrière lui, il y avait l'arbre-coeur à face mélancolique et devant lui, assis sur des fauteuils non moins confortables et certainement plus adaptés à leur taille, se trouvaient lord Stark et lord Lannister, deux hommes que le petit garçon ne connaissait pas et pourtant il avait déjà d'eux une opinion presque arrêtée. Il en savait trop sur le Lion et sur ses manigances à l'égard de son ami lord Jasper pour ne pas éprouver à sa vue le dégoût pour les personnes méchantes qu'ont les enfants trop spontanés et trop naïfs. Quant au Loup, il n'avait eu qu'un échange avec lui jusqu'alors, une missive à laquelle le petit garçon n'avait rien compris, ce qui n'avait bien sûr point du tout suscité en lui des affinités préalables à la véritable rencontre. En somme Edwyn siégeait aux côtés de deux hommes qu'il aurait préféré savoir loin de lui à cet instant, et sans doute cela se voyait-il sur ses lèvres serrées de petit enfant que l'impatience guettait à tout moment. Mais cette fois, il devait faire un gros effort, car il était seul dans le Bois Sacré face aux deux autres suzerains venus à Vivesaigues pour discuter d'un grave problème. Certes, il y avait non loin, il le savait, des gardes et des chevaliers qui assuraient leur sécurité à tous trois, mais Edwyn n'en demeurait pas moins seul pour discuter avec ces deux-là qui, par un étrange caprice du destin, étaient arrivés à Winterfell à moins de quelques heures seulement d'intervalle, si bien qu'il n'y avait point eu trop besoin d'attendre pour mettre en place cette réunion que lord Lannister avait appelée de ses vœux et que lord Tully, lui-même donc, avait accepté de parrainer, en quelque sorte, en offrant le lieu de sa tenue. Pourquoi choisir cet endroit plutôt que la salle prévue pour ce genre d'événement à l'intérieur du château ? D'abord, parce qu'Edwyn n'avait aucunement l'intention de garder chez lui ces deux hommes plus longtemps qu'il n'était nécessaire. Ensuite, parce qu'il se sentait plus à l'aise dans ce coin de verdure où le calme endormirait les dieux eux-mêmes. Enfin, parce qu'il se sentait si à l'étroit dans son petit corps d'enfant qu'il n'aurait pas supporté de palabrer sérieusement avec en plus un plafond au dessus de sa tête et quatre murs autre de lui ! Le regard d'Edwyn allait de lord Stark à lord Lannister, il ne savait pas trop comment commencer et cela l'ennuyait fortement. En tant qu'hôte, n'était-ce pas à lui de dire les premiers mots ? Et que dire ? Tout cela l'agaçait.

     Il eut alors en tête une vision tout à fait inopportune, et malgré lui elle lui arracha un petit sourire qu'il dispersa bien vite en fronçant les sourcils... eh quoi ? Était-ce de sa faute à lui s'il venait d'imaginer lord Stark baignant nu dans la Culbute en compagnie de lord Lannister ? Était-ce aussi de sa faute si la baignade des deux lords était mise en péril par l'intervention d'un énorme monstre des eaux, de ces créatures qui vous attaquent, vous dévorent, vous rongent les chairs et les eaux sans vous laisser le temps de mourir ? Edwyn ne savait pas contrôler son imagination plus débordante qu'un fleuve en crue. Elle lui jouait parfois des tours atrocement malicieux, plus malicieux encore que ceux que lui-même jouait parfois à ceux qui, malgré eux, devenaient ainsi ses camarades de jeux... et les Sept savaient s'ils étaient rares ces derniers temps ! Mais ni lord Stark ni lord Lannister n'auraient été de bons compagnons d'aventures, Edwyn en était persuadé. Reprenant son sérieux autant qu'il lui était possible, le petit garçon s'enfonça sur son siège, et son regard glissa sur la table ronde qui mettait un peu de distance entre eux trois. On y avait mis des cartes, des parchemins divers, quelques livres... pourquoi ? Edwyn se posait la question non parce qu'il désirait la réponse mais bien parce qu'il souhaitait échapper pour quelques instants encore à l’imminent début de leur discussion qu'il espérait pourtant repousser à plus tard... Mais quand il faut y aller... Ils avaient déjà échangé des mots de bienvenue, alors il lui parut inutile de recommencer par ça... des mots qu'il avait dit bien malgré lui mais sa mère avait insisté pour qu'il soit poli et courtois... Lord Tully se devait d'agir comme l'exigeait son rang et sa fonction, c'était ce qu'avait dit septa Melara... mais s'il était lord suzerain, n'était-il pas au sommet de tout le monde dans le Conflans ? N'avait-il pas alors le droit de faire à sa guise ? S'il le pouvait, Edwyn aurait volontiers changé les règles de la courtoisie pour en créer de nouvelles : ne pas accueillir chez soi les gens vilains, par exemple. En fait, ce qui le chagrinait le plus, c'était bien qu'il allait sans doute devoir les accueillir plusieurs jours... et cela lui coupait l'appétit. Il n'avait pas envie... Il aurait dû ouvrir les vannes avant qu'ils n'arrivent pour les empêcher d'entrer dans Vivesaigues ! Son père lui avait souvent dit qu'une fois les vannes ouvertes, le château devenait imprenable... Edwyn aurait bien voulu essayer. Mais il y avait malheureusement plus urgent et plus impératif à présent. Le silence devenait long, l'heure était venue de le rompre et à défaut de pouvoir ouvrir les vannes, le petit garçon ouvrit la bouche. « Messire, vous avez souhaité cette réunion, non ? C'est donc à vous de commencer, nous vous écoutons. » Pour une première phrase, il s'en sortait bien, trouvait-il... Il ne témoignait ni de trop d'enthousiasme, qui eût été feint, ni de trop d'agacement, qui eût été impoli. Ô, politesse ! Trop d'efforts sont commis en ton nom, pour si peu de profit ! Il était pourtant pressé de poursuivre. Un sujet en particulier brûlait ses lèvres, et même si Beron Stark n'était pas vraiment concerné, Edwyn ne pouvait attendre plus longtemps pour en parler.
Revenir en haut Aller en bas
avatar

Invité
Invité

Général
Feuille de Personnage


Message Ven 21 Déc 2012 - 16:20

Spoiler:
 


Le long séjour de Beron dans le Conflans devait trouver une ultime étape d’importance à Vivesaigues. Après les Jumeaux et Corneilla, où il avait successivement rendu visite à Lord Frey et à son ami Bennifer Nerbosc, le Stark ponctuait ainsi un long périple loin de ses chères terres froides et solitaires. Le Sombre Loup ne sortait pas bien souvent de sa tanière septentrionale mais il fallait bien le reconnaître, lorsqu’il en sortait, il ne faisait pas les choses à moitié.
La belle et fière cité suzeraine du Conflans accueillait donc à présent le Sombre Loup qui, arrivé seulement quelques heures auparavant, se trouvait déjà assis sur un fauteuil des plus confortable, dans la douce et intrigante atmosphère du Bois Sacré de Vivesaigues, non loin d’un fauteuil de facture identique sur lequel avait pris place Lord Lannister. Le fauteuil offrait au Stark un incomparable confort qui, il fallait bien l’avouer, œuvrait à faire de cette étape de Vivesaigues une halte des plus appréciables. Cela changeait le Stark de la selle sur laquelle il s’était tanné le cuir durant les dernières semaines aux quatre coins du Conflans…

Face au Lion et au Sombre Loup, se tenait le jeune Lord Tully, bien moins frétillant que la petite truite qui bondissait énergiquement sur son emblème… Le Stark fut immédiatement interpellé par l’extrême rigueur que le jeune suzerain du Conflans semblait capable, non seulement de s’infliger, mais également de supporter ! Bien que Beron n’ait jamais eu l’occasion de rencontrer Lord Edwyn, il lui semblait déjà pourtant avoir tout entendu au sujet du jeune Lord…
Lord Tully lui avait été décrit par certains comme un simple mioche propulsé sur le trône bien vaste de son père par la mort soudaine de celui-ci. Un début d’existence qui ressemblait un peu à celui, tout aussi brutal de Beron, la précocité encore supérieure exceptée ! D’autres récits contaient l’histoire d’un jeune garçon plein de vie et brutalement propulsé dans une peau d’adulte bien ennuyeuse aux yeux du petit… Mais toutes les histoires sans aucune exception rapportaient les teintes d’un portrait fort intrigant, aux couleurs vives d’un appétit de vie vorace, nuancées de touches d’un sérieux impeccable et harmonisées de soupçons de candeur rafraichissante…

Ainsi donc le Stark ne savait trop à quoi réellement s’attendre à l’heure de rencontrer Lord Tully. Et après l’avoir reçu avec toute la délicatesse et la politesse que la plus élémentaire diplomatie requerrait, celui-ci se tenait à présent face à lui, droit et raisonnable, apparemment concentré sur la rencontre à venir. Le Stark n’aurait su dire si le jeune garçon pouvait trouver tout cela excitant ou pénible… Le visage neutre et impassible du petit lord était si insondable pour le Stark qu’après avoir passé un certain temps à scruter le regard du jeune lord et confronté à son incapacité à y lire quoi que ce fut, il décida de reporter son attention sur le Gouverneur de l’Ouest assis juste à côté de lui. Le Lannister était tel qu’il avait toujours imaginé les Lions du Roc. Tout de blondeur et d’or cousu ! Si l’éternel écarlate castral était bien de mise, l’arrogance si souvent associée à Lord Tybolt ne semblait quant à elle que bien peu palpable… Le récent décès de sa regrettée épouse n’était certainement pas étranger à la mesure dont faisait preuve le Lord Tybolt… Engoncé entre le sérieux du Tully et la calme détermination du Lannister, le Sombre Loup réalisa soudain qu’il se trouvait finalement légèrement plus à l’aise qu’il ne l’avait imaginé de prime abord. Lui qui passait aussi invariablement qu’aisément pour le plus austère de tous les Lords Suzerains des Sept Couronnes en vint à se dire qu’il ne dépareillait finalement que bien peu dans la burlesque tapisserie des grandes Maisons de Westeros.

Au terme de ce qui sembla au Stark durer une petite éternité, le Tully mit à profit l’éloignement des gardes rapprochées respectives de chaque lord pour enfin ouvrir la rencontre tri partite. Il était vrai que dès que Lord Lannister avait appris du Sombre Loup lui-même que ce dernier se rendrait en Conflans pour rencontrer Edwyn Tully, il avait manifesté son intérêt pour que le trajet de l’un puisse réduire celui de l’autre et finir par forcer de façon décisive une rencontre depuis longtemps envisagée, mais jamais possible jusqu’alors.

L’introduction de Lord Tully fut concise et précise. Finalement fidèle à l’image que le jeune lord n’avait eu de cesse de renvoyer au Sombre Loup depuis que le Gouverneur du Nord avait posé pied à terre dans la cour principale de la forteresse Tully.

Le Stark se tourna vers Lord Lannister et attendit avec attention l’introduction que le Lion ferait dans cette atmosphère si particulière. Il espérait que Lord Tybolt ne prendrait aucun chemin de traverse et choisirait d’évoquer directement la question fer-née puisque c’était précisément celle qui avait conduit, voilà quelques semaines, Lord Stark à écrire à Lord Lannister.
Revenir en haut Aller en bas
Seigneur Suzerain de l'Ouest
avatar

Tybolt Lannister
Seigneur Suzerain de l'Ouest

Général
Gouverneur de l'Ouest et
Bouclier de Port-Lannis

HEAR ME ROAR

♦ Missives : 1880
♦ Missives Aventure : 52
♦ Age : 30
♦ Date de Naissance : 04/10/1987
♦ Arrivée à Westeros : 01/10/2012
♦ Célébrité : Bradley James
♦ Copyright : Me
♦ Doublons : Sir Corbac
♦ Age du Personnage : 27 ans
♦ Mariage : ~
♦ Lieu : Castral Roc
♦ Liens Utiles :
Feuille de Personnage
Feuille de personnage
Inventaire:
Jauge de réputation Jauge de réputation:
482/500  (482/500)


Message Mer 26 Déc 2012 - 14:25


__La proportion d'un homme à paraître calme et détendu en toutes circonstances relève de sa capacité à se mentir à lui-même.

__Ne pouvant ignorer le visage infantile du tout aussi jeune seigneur suzerain du Conflans, Tybolt se donnait une allure calme derrière des yeux très légèrement plissés et une posture souple, ses doigts négligemment posés sur les accoudoirs. Des apparats du Lion, Tybolt était même aller jusqu'à se séparer de sa cape rougeoyante et de ses broches étincelantes au soleil pour ne laisser paraître que son tabard de cuir sur lequel serpentait une myriade de filaments dorés censés évoquer la crinière du lion Lannister. Quoi que noble, cette tenue soulignait à elle seule l'étendue de la situation qui avait poussée Tybolt à chevaucher avec sa garde jusqu'à Vivesaigues.

__Les Terres de l'Ouest étaient en guerre et le temps des apparats, des menues-manigances, terminé. A l'épreuve du feu et de la glace, Tybolt avait éprouvé sa volonté dans les ténèbres les plus obscurs de son existence. Un homme nouveau était ressorti de cette épaisse noirceur, plus sombre sans doute car mue par sa propre douleur, mais sans équivoque plus réaliste face au monde qu'il devait affronter, et plus respectueux de ses contemporains, fussent-ils trop jeunes pour gouverner ou pour tenir une épée à deux mains, ou trop vieux pour se permettre de quitter leur fief autrement que pour quémander l'aide des plus jeunes. Assis comme il l'était, Tybolt offrait à l'arbre-coeur impérialement dressé en toile de fond la vision d'un homme soucieux dont le regard allait et venait avec une intensité peu commune.

__Ce regard s'arrêtait parfois sur le visage du jeune lord Tully, mais de plus en plus rarement à mesure que les secondes s'égrainaient. La faute à cette idée folle, vestige persistant de ce qu'il avait du endurer et de ce qu'il endurait encore, selon laquelle si son héritier avait seulement vécu, il aurait pu ressembler à cet enfant après quelques années, la blondeur des cheveux plus affirmée. La vision offerte par la jeunesse plus qu'apparente du seigneur de Vivesaigues en était à ce point déstabilisante que Tybolt ne pouvait ignorer les remous de son estomac et ce masque de cérémonie qu'il se sentait obligé de porter pour, au moins, préserver l'impression qu'il était parfaitement calme et détendu alors que des mers de soucis agitaient les rivages de son âme.

__La dernière fois qu'il s'était trouvé en compagnie de deux lord de cette importance, la réunion s'était conclue en fiasco, en large partie par sa faute. Il lui semblait maintenant que ce fâcheux épisode appartenait à une autre existence, et que si cette réunion-ci devait à son tour virer au fiasco, ce ne serait pas de son fait. L'urgence était bien trop pressante, la situation bien trop sombre, pour se permettre un nouvel écart.

__Mais qu'en était-il des dispositions de ses vis-à-vis ? Du Nord, des Stark, il ne connaissait que la missive que lord Beron lui avait fait parvenir pour quémander son aide dans la lutte ouverte que ses interminables côtes menaient contre les tentacules destructrices des Greyjoy. L'urgence était-elle aussi intacte pour eux ? Il escomptait qu’oui, sinon pour quelle autre raison le Gouverneur du Nord aurait-il quitté son peuple pour le Conflans, si ce n'était pour y trouver de l'aide ? Au fond, la réponse, quoi qu'évidente, n'importait pas vraiment le suzerain des Terres de l'Ouest. Au Nord, les affaires du Nord. Du Conflans, et des Tully, il n'avait eu vent que de l'attaque de Salvemer, siège de la maison Mallister, et de l'attentisme qui en avait ensuite résulté. Lord Edwyn était-il aux commandes de cette politique ? Peut-être bien, quoi que Tybolt l'imaginait entouré d'un si grand nombre de conseillers grisonnants, de seigneurs qui cherchaient plus que tout à gagner en influence, que la décision n'en était que trop compréhensible. L'attente était encore la meilleure solution quand la prochaine offensive pouvait aussi bien surgir de l'extérieur que de l'intérieur.

__De pareilles observations, Tybolt conclut que le plus vraisemblable était que de ses mots dépendraient peut-être bien le reste. De la manière dont il présenterait les faits, de la façon dont il accorderait crédit au libre arbitre de ses hôtes, dépendrait la bonne tenue des discussions. Un lion ne saurait être redoutable, s'il n’a pas d’idéal, pas de religion, pas d’opinion politique, pas de courtoisie, pas d’éducation.

__Comme en décidait l'étiquette, lord Edwyn fut le premier à prendre la parole, ouvrant sans cérémonie les discussions en les portant aussitôt dans le camp Lannister. Tybolt planta son regard azur dans celui du jeune lord et d'une inclination de la tête lui signifia ses remerciements. Un silence nécessaire s'installa aussitôt autour de la table, tandis que mûrissait l'approche dans l'esprit du seigneur de Castral Roc.

__Quand il remua enfin les lèvres, se fut en observant le centre de la table. « Je vais porter la guerre sur les Iles de Fer. » La phrase resta en suspend, un court mais néanmoins assez long instant pour que les deux suzerains prennent toute la mesure de la décision qu'il avait prise bien avant de chevaucher jusqu'à Vivesaigues.

__Relevant ses yeux vers lord Beron, puis d'observer lord Edwyn du coin de l’œil, il inspira profondément et poursuivit sur la même note : « A l'heure où nous parlons, tous mes bannerets se réunissent à cet effet. Les Terres de l'Ouest pourraient attendre un geste de la Couronne, l'aide demandée l'a été il y a longtemps, et demeure sans réponse. Je ne puis attendre qu'une troisième attaque, après celles conduites à Belcastel et à Port-Lannis, s'abatte sur mes côtes sans que rien ne soit entreprit pour faire taire définitivement les razzias fer-nés. Fût un temps où je m'oubliais, préférant modeler la vérité au lieu de la voir telle qu'elle était. Les morts de Belcastel et de Port-Lannis auraient pourtant du m'alerter: la guerre menaçait et menace encore mes frontières. Lord Edwyn, la bataille de Salvemer ne fut pas si différente de celle que nous menâmes à Port-Lannis. Lord Beron, puisse seulement les Sept vous épargnez de voir vos difficultés empirées à l'approche d'une attaque massive et ciblée. Je ne puis porter la guerre qu'au nom des Terres de l'Ouest et des Lannister, mais le besoin est tout aussi pressant, je le crois, pour le Conflans et les Tully, le Nord et les Stark, de s'assurer que Dagon Greyjoy ne soit plus une menace pour leur population. Il n'a pas encore déployé toute l'étendue de sa force. Où croyez-vous qu'il portera son prochain coup si nous lui en laissons l'opportunité ? A Castral Roc pour jeter ma tignasse blonde à la mer ? A Salvemer pour prendre ce qui aurait du être pris la première fois ? Ou peut-être à Moat Cailin pour couper le Nord du reste du royaume ? Je ne puis le deviner, seulement croire que si la Seiche souhaite se donner les moyens de réellement saisir quelque chose, elle le fera en déployant toutes ses forces. La Flotte du Lion appareillera bientôt pour empêcher cela. Reste que je crois d'importance de demander aux suzerains du Conflans et du Nord, s'ils souhaitent oeuvrer de concert avec elle, même si cela ne signifie pour eux qu'une poignée d'hommes ou de quelques navires. »

__Tybolt ramena son dos contre son siège et par son regard destiné au vide, signifia qu'il en avait terminé pour l'instant. Edwyn Tully et Beron Stark savaient maintenant précisément pourquoi il était ici, parmi eux, comme un intrus au milieu d'une fête de famille.


Revenir en haut Aller en bas
avatar

Invité
Invité

Général
Feuille de Personnage


Message Mer 2 Jan 2013 - 10:15

La menace Greyjoy n’avait cessé de prendre de l’ampleur durant les dernières lunes. Après le Bief, le Conflans et les Terres de l’Ouest, le Nord avait eu à essuyer à son tour l’outrage des incursions fer-nées sur son littoral. Le Stark avait cher payé afin de ne pas l’ignorer. A Noiremer le Sombre Loup avait directement combattu le Kraken et ses hommes. Hélas, faute de moyens suffisants là-bas, le Nord n’avait su opposer aux boutres nombreux et chargés de combattants, que la maigre opposition d’une poignée de soldats ralentis par quelques pêcheurs du coin restés défendre leurs maigres biens. Beron et ses hommes avaient eu beau se jeter dans la mêlée avec une fougue que seule permet l’instinct de survie et de sauvegarde, les quelques hommes de Winterfell, de Fort-Terreur et de Motte-la-Forêt n’avaient pu sauver grand-chose, ni en vie, ni en vivre ; Et les rivages de l’impuissance nordienne resteraient aussi sombres que la grève de Noiremer en ce jour sinistre. Kendrik ! Le Crakehall était mort là-bas, et plus qu’un homme d’armes de grande valeur, plus qu’un membre de sa Garde Grise, le Stark avait perdu un ami ce jour-là, un frère. La douleur s’était changée en chagrin et la colère avait succédé à la peine. La vengeance avait grandi en Beron, nourrie par sa souffrance et bercée par son ressentiment.

La vengeance procède toujours de la faiblesse de l’âme, qui n’est pas capable de supporter les injures.

Il aurait voulu agir, immédiatement. Mais il ne disposait pas des moyens nécessaires pour ce faire... Il lui fallait donc attendre. Mais attendre quoi ? Que les encornés soient assez stupides pour revenir l’affronter sur ses Terres ? Qu’il trouve lui-même et seul le moyen de porter une attaque directement sur les Îles de Fer ? Et avec quels navires ? Quelques galères marchandes empruntées aux Manderly ? Blancport était tourné vers l’est et son commerce les destinait aux lucratives Cités Libres... Des barques de pêcheurs ? Les littoraux nordiens n’en étaient pas dépourvus mais c’était la mort qui l’attendrait, à se risquer à utiliser d’aussi frêles embarcations... Les Reed et leurs barges pouvaient faire l’affaire mais le nombre d’hommes susceptibles de pouvoir traverser sur les petits canots des Paludiers était bien trop faible...

Le Stark s’était donc résolu à contacter un Lord Suzerain voisin pour discuter de la mise en commun de leurs ressources respectives en vue de régler son compte au Kraken. Eu égard aux pertes récentes qu’il venait de subir, le Sombre Loup avait pensé que Lord Tybolt Lannister pouvait être celui-là. Mais à agir à plusieurs, on agit moins vite. Et voilà que le Lion semblait souhaiter à présent proposer à la Truite d’être de la partie... Cela ne hâterait certainement pas les choses.

Il voyage plus vite celui qui voyage seul.

Pourtant, voyager seul, le Stark n’en était pas capable. Le Loup ne disposait d’aucune flotte digne de ce nom et il lui fallait composer avec ceux qui pourraient éventuellement combler le manque sévère qui était le sien. La longueur paresseuse du début de la rencontre tri partite n’augurait rien de bon.
Et pourtant, ce fut au moment précis où le Sombre Loup commençait à regretter de ne pas avoir eu la parole en premier que le Lannister ouvrit le bal. Et de quelle manière !? Comme pour conforter Beron dans l’impression d’une détermination sereine qui auréolait le jeune Lion, celui-ci venait d’annoncer, de la plus directe des façons, qu’il souhaitait porter la guerre directement sur les Îles de Fer. Quelle bénédiction ! Le regard métallique du Stark se plongea dans celui, concentré et sérieux, du Lannister. Celui-ci précisa qu’il avait d’ores et déjà fait lever le ban de l’Ouest et que, alors même que le trois Suzerains s’entretenaient de la guerre, les bannerets du Lion se massaient déjà dans l’attente d’un départ prochain.
Le vent fit se gonfler soudain les feuillages ardents des grands arbres à l’abri desquels les trois Lords conversaient. On eut dit que les parures sanguinolentes de l’Arbre Cœur devant lequel était placé le siège de Lord Tully s’embrasaient à la seule évocation de la guerre.
Le Lannister mentionna l’urgence qui poussait les Terres de l’Ouest à agir de la sorte avant d’évoquer diverses raisons qui pourraient éventuellement conduire le Conflans et le Nord à agir de concert avec le Lion.

Aidons-nous mutuellement. La charge de nos maux en sera plus légère.

Beron appréciait la franchise de Lord Tybolt et se surprit à retrouver un peu de lui dans la façon très directe que le jeune Suzerain avait de jeter le dossier sur la table. Au moins ne perdrait-on pas de temps en babillages et faux semblants... Le Stark hocha la tête à mesure que le Lannister achevait son intervention. Son coude droit en appui sur son bras gauche replié contre son flanc, il avait attentivement écouté la longue tirade de Lord Tybolt avec une moue de réflexion qui le caractérisait en tous points et qui voyait sa main droite s’enrouler autour de sa bouche et sous son nez... Lorsque celui-ci en eut manifestement terminé, le Gouverneur du Nord laissa sa main gantée glisser de devant sa bouche et le long de ses joues jusqu’à son menton avant choir sur son accoudoir comme il prenait la parole.

– Vous évoquez la Couronne et l’aide demandée auprès du Roi, Lord Lannister... Vos demandes ont visiblement été, comme nos alertes, vraisemblablement ignorées au profit de problèmes d’envergure et d’urgence supérieures... Si nous le déplorons tous deux, nous avons cependant par trop attendu pour faire traîner une éventuelle solution... disons... plus « personnelle » de régler le problème fer-né ! Le regard du Stark délaissa un instant Lord Lannister pour fixer son homologue Tully avant de se reporter sur le Lion. – Votre discours direct et sans concession me convient, je l’avoue, parfaitement... Le Nord a subi, comme d’autres, les razzias du Greyjoy et, même si nous n’avons jamais eu à déplorer des pertes aussi nombreuses que les vôtres, chacune de celle que nous regrettons est une perte de trop ! Je vous ai personnellement contacté afin de considérer l’éventualité de mettre en commun nos ressources pour lutter contre les fer-nés... Je n’irai donc pas, moi non plus, par quatre chemins étant donné l’urgence de la situation : je souhaite que l’Ouest accepte que le Loup s’associe au Lion pour agir !

La seconde qui suivit la fin de la tirade du Stark lui sembla durer une éternité tant l’intensité des deux regards posés sur lui semblait palpable. Aussi, enchaîna-t-il sans trop attendre. – Je n’ai guère de flotte à offrir à une éventuelle alliance et, une poignée de bateaux mise à part, vous ne pourrez pas attendre du Nord une aide maritime quelle qu’elle soit... Par contre, nos cœurs sont vaillants, nos bras forts et nombreux, et notre soif de vengeance aussi importante que la vôtre ! Je pense pouvoir mobiliser plusieurs centaines d’hommes, pour ne pas parler en milliers, d’ici quelques jours. Une levée du ban autre que partielle n’aurait, je le crains, pour effet que de vous ralentir et vous obliger à attendre après nous pour agir... Nous avons, évidemment, tout loisir d’en discuter mais je pense qu’au vu de l’urgence actuelle, et en considérant que vous avez d’ores et déjà pris de votre côté les dispositions nécessaires pour partir en guerre, une levée intégrale du ban nordien ne serait pas une bonne idée...
Alors qu’il ponctuait son intervention, le regard du Stark se tourna instinctivement vers le jeune Edwyn Tully... Le petit Lord n’avait, jusqu’à présent, réagi en rien à tout ce qui avait été dit. Son visage impassible et frêle résonnait de contrastes éloquents. Que pouvait-il bien penser de tout cela ? Avait-il seulement un avis ? Si le Stark se fiait à ce qu’il avait entendu dire au sujet du jeune Suzerain, il était fort vraisemblable que oui. Edwyn Tully était, lui avait-on dit, très surprenant de maturité et d’application. Alors, qu’aurait-il à dire sur tout cela ?
Revenir en haut Aller en bas

Contenu sponsorisé

Général
Feuille de Personnage


Message

Revenir en haut Aller en bas

Serons-nous amis sans nous aimer ?

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut
Page 1 sur 1


Sujets similaires

-
» " Ce qui ne nous tue pas, nous rend plus fort ! " Ouais bah à ce stade là, j'suis hulk ! - ALIX
» Tu m'intrigues... Serons-nous amis ? [Perline]
» Ce n’est pas tant l’intervention de nos amis qui nous aide, mais le fait de savoir que nous pourrons toujours compter sur eux
» Les poèmes d'un Tigre Solitaire
» Deviendrons-nous amis ou ennemis? [Kalane]

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
A Song of Ice and Fire RPG :: Citadelle de Maegor :: ◄ Salle des Archives Oubliées (RP)-