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La faim fait sortir le Loup du bois...

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Message Dim 16 Déc 2012 - 19:49

L’envol d’une poignée de grives fit s’agiter les chevaux de tête. Le convoi stoppa nerveusement dans un orage de piétinement empressé. Le vent froid emportait par volutes soudaines la vapeur âcre que les bêtes expulsaient de leur poitrine fumante. L’automne s’éternisait, froid et humide, et même ici au sud du Neck les hommes de Winterfell pouvaient sentir l’arrivée de l’hiver aussi sûrement que deux amants promis qui s’espèrent et se désirent.
Les Jumeaux se dessinaient en contrebas. Leurs squelettes trapus étreignaient le fleuve. Deux vigies semblables et muettes, fixant les rives de la Verfurque alanguie à leurs pieds. Le Sombre Loup mena sa monture jusqu’à l’avant du convoi, là où avait stoppé les ouvreurs. Depuis cet endroit de la route, en léger surplomb du fleuve, la vue qui s’offrait au voyageur était celle réconfortante d’une cité confortable et sereine, sûre de ses forces et forte de ses certitudes. Celle d’un lieu de passage, d’un lieu de rencontre. Une croisée des chemins, des destins, des existences. Un lieu verrouillé toutefois, cadenassé et méfiant, jaloux de sa situation préférentielle et stratégique.
C’était là aux portes de la première grande cité du Conflans, que le long voyage de Beron, amorcé une semaine plus tôt en la délicieuse compagnie de lady Mallister, trouvait son terme. L’émissaire du Conflans s’en était retournée, une petite heure auparavant, en direction de Salvemer.

Quelques minutes après cette séparation, Beron s’était soudain senti très seul. La bonne compagnie de la jeune Rivanon lui manquerait, c’était certain. Le Stark s’était évidemment bien gardé d’en dire quoi que ce soit, mais l’absence soudaine de celle qu’il avait côtoyée durant plusieurs jours à Winterfell lui donnait une désagréable et incompréhensible impression d’absence et de vide inattendus… Il se sentait bien seul depuis la tragique disparition de son ami Kendrik. Le Crakehall s’insinuait dans la majorité de ses pensées et hantait la plupart de ses réveils. La blessure était encore vive et douloureuse et elle s’ingéniait à faire éprouver au Stark toute l’irraison de la peine, ainsi que toutes ses prisons. Il y a parfois des cicatrices qui restent invisibles. La mort de ser Kendrik avivait sans cesse celles ouvertes bien des années plus tôt, aux moments des décès successifs de ses parents.

Rien n’imprime si vivement quelque chose à votre souvenance que le désir de l’oublier.

Le hennissement d’un grand étalon brun tira le Stark de ses douloureuses turpitudes. – Dois-je envoyer quelqu’un faire l’annonce de notre arrivée, Lord Stark ? Leigh Tallhart était un immense bonhomme dont le vocabulaire bougon ne dépareillait que fort peu avec sa carcasse massive. Pour autant, le « Vigier » se démenait pour s’exprimer le mieux possible et pour bannir toutes les grossièretés si familières à son langage habituel dès qu’il s’adressait à Beron. Ce qui avait le don de faire sourire celui-ci qui savait, pour connaître le « Gris » depuis fort longtemps, mesurer à sa juste valeur l’importance que cet effort constituait pour le géant de sa garde personnelle.

– Ce n’est pas la peine, Leigh, crois-moi ! Le Seigneur du Pont doit déjà être au courant de notre présence... Crois-tu vraiment que les Frey seraient encore maîtres de leur fief s’ils n’étaient même pas en mesure de voir venir de loin une troupe de cavalier étrangers ?

*
* *

Le Loup Stark claquait dans le vent froid lorsque les porte-étendards de Winterfell stoppèrent leurs montures sous les murailles des Jumeaux. Le Sombre Loup attendit patiemment devant les hautes portes closes de la forteresse de la rive est. Son calme et sa mesure contrastant bougrement avec l’agitation de ces babines retroussées et grondantes sur les bannières affolées par la bise.
Les lourdes portes s’ouvrirent en grondant et le Stark éperonna doucement sa monture pour pénétrer dans la gueule béante du bastion de Lord Ryman.
Quelques semaines seulement après que celui-ci avait eu l’amabilité de recevoir son jeune frère, c’était maintenant Beron qui succédait à Darren pour se présenter chez Lord Frey.
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Ryman Frey
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Message Mer 19 Déc 2012 - 22:14

Les Jumeaux étaient en ébullition. Dans la forteresse de la rive sud, celle qui abritait depuis toujours la Maison Frey, tous s'activaient aux préparatifs : Murs-Blancs attendait en effet la venue de Lord Ryman et des siens pour les épousailles de Lord Ambrose Beurpuits et Lady Sienna Frey. Le jeune Seigneur s'était montré perplexe au début, mais avait fini par accepter, et c'est à présent avec un enthousiasme un peu forcé qu'il abordait le déplacement. Le principal intérêt de ce mariage, c'est qu'il serait organisé avec un grand tournoi, tournoi auquel allaient participer de nombreux chevaliers de renom. Lord Jasper Arryn, suzerain du Val, était même pressenti pour faire partie des concurrents. Et bien sûr, Lord Edwyn serait présent. Il quitterait bientôt Vivesaigues pour chevaucher en direction du fief immaculé des Beurpuits. Mais avant tout ça, un invité de marque allait faire son apparition dans le Conflans. Attendu par Lord Tully, Lord Beron Stark devait passer par les Jumeaux.

Ryman se souvenait du passage des émissaires du Seigneur du Nord. Aaron Ryswell et Deana Lideuil avaient encadré le jeune frère de Lord Beron, Darren, et en quelque sorte sauvé cette première visite. Il ignorait s'il y avait eu des conséquences fâcheuses par la suite, si le comportement inqualifiable du frère avait été sanctionné, mais il était ressorti satisfait des quelques jours passés en compagnie des Nordiens. Même le loup avait su se comporter convenablement. De bon augure avant de l'arrivée, imminente maintenant, du dirigeant des contrées nordiques. Les échanges épistolaires, en tout cas, avaient confirmé cette impression. Et Lady Rivanon, en envoyée du Conflans, s'était bien assuré que les relations partiraient sur de bonnes bases.

Un son de cor fendit l'atmosphère calme et humide, provenant de la forteresse nord, où se pressait une grande partie de la garnison des Jumeaux. Un signal qui fut entendu de l'autre côté, et qui ne pouvait signifier qu'une chose : les étendards de la délégation du Nord devaient avoir été repérés à l'horizon. D'un seul geste, Ryman mit en branle la machine bien huilée du ballet des serviteurs. En quelques minutes, il fut apprêté pour recevoir Lord Beron, tandis que son cheval était préparé dans la cour. Lorsqu’il descendit, il retrouva là son frère, Ser Maleck, et une petite escorte, composée de sept hommes d’armes. Pendant ce temps-là, Lady Mera et Lady Petra s’affairaient à diriger les domestiques qui s’agitaient dans la grande salle. Tout devait être parfait. Le petit cortège s’ébranla et traversa le pont, pour attendre dans la petit cour, semblable, de la forteresse sur la rive d’en face.

Là, encadrant la porte, des hommes formaient un couloir, bien alignés. Maleck le devança pour aller rapidement inspecter les soldats, puis il leva les yeux vers les remparts. Le guetteur indiqua que les invités étaient en approche, et le chef des troupes des Jumeaux se tourna vers son aîné. Le signe fut relayé, et les portes pivotèrent, lentement, jusqu’à révéler la colonne de cavaliers qui arboraient le Loup sur champ enneigé. Immobile et fier sur son destrier, Ryman attendit que Lord Beron ait franchi l’ouverture pour venir à sa rencontre, Maleck à ses côtés, un peu retrait.

« Lord Stark, je vous souhaite la bienvenue aux Jumeaux. C’est un honneur pour moi de vous recevoir en mon humble forteresse. Je vous prie de considérer ma demeure comme la vôtre. »

Son regard embrassa l’ensemble des Nordiens, et d’un geste circulaire, il désigna les murs autour de lui. Il fit ensuite tourner son cheval pour l’orienter vers le sud, la destination qu’ils allaient tous prendre à présent. Et alors que tous se mettaient en marche, il se plaça auprès de son invité de marque.

« J’espère que votre voyage jusqu’ici s’est déroulé dans les meilleures conditions. J’imagine qu’il a malgré tout été long, aussi j’espère que vous saurez ici trouver repos et confort. »

La cour de la seconde forteresse à peine atteinte, une horde de garçons d’écurie se précipita pour prendre la bride des chevaux et, une fois les cavaliers démontés, aller les desseller et prendre soin d’eux. Dans l’encadrement des portes menant à l’intérieur, deux femmes attendaient. Ryman les rejoignit et se plaça entre elles, avant de leur prendre la main.

« Lord Beron, laissez-moi vous présenter mon épouse, Lady Mera, et ma mère, Lady Petra. »

Les présentations effectuées, il s’effaça pour laisser passer le seigneur du Nord. Et comme lors de la venue de l’ambassade, ils firent une halte dans le hall. Des domestiques patientaient sur les côtés, aux pieds des escaliers.

« Des appartements ont été mis à votre disposition. Le repas sera servi dès que vous le désirerez. »

Cette fois, Ryman avait choisi de ne pas prendre de risque : il préférait se plier à la ponctualité choisie de son invité plutôt que de se heurter à un retard qui rendrait tout le monde mal à l’aise. Les informations circulaient suffisamment vite dans les couloirs de la forteresse pour que tout soit prêt lorsque Lord Stark ferait son entrée dans la grande salle.



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Message Mer 2 Jan 2013 - 20:50

L’attente ne fut pas longue avant que ne s’ouvrent les portes de la forteresse de la rive nord. Un léger sourire se forma sur le visage de Beron alors qu’il se retournait vers l’immense Leigh Tallhart pour lui adresser un petit signe de tête qui semblait vouloir dire ‘Tu vois, je te l’avais bien dit !’ mais qui pouvait tout aussi bien sembler signifier que les choses se déroulaient comme prévu…
Cela relevait de l’évidence mais ce que le Stark avait affirmé au sujet de Lord Frey et de la forteresse des Jumeaux venait de se vérifier. Lord Ryman était bien le Seigneur du Pont et sa famille présidait aux destinés de celui-ci avec tout l’appétit et toute la rigueur qu’un emplacement stratégique comme celui-là requérait. Après tout la lignée Frey s’étendait sur les Jumeaux depuis maintenant des décennies entières, chacune d’elle n’étant là que pour affirmer un peu plus la fertile et rigoureuse utilisation que cette vieille Maison du Conflans en faisait... Les Frey s’étaient enrichis, puis vus être anoblis avant de compter à présent de façon tout à fait essentielle dans la géopolitique du Conflans si ce n’était des Sept Couronnes.

A cet égard, la façon, toute de prévenance et de diplomatie cousue, dont Lord Ryman sut accueillir son homologue nordien au sein de son impressionnante forteresse gémellaire, n’en fut qu’une des plus éclatantes confirmations. Son accueil était sobre et simple, et soutaché d’une sorte de franchise de fort bon aloi. Le Stark n’était évidemment pas dupe et n’ignorait pas qu’en diplomatie toutes ces convenances n’étaient rien de plus que la plus élémentaire des postures de base mais il n’en appréciait pas moins le ton employé par Lord Ryman et dans lequel il lui semblait percevoir un « on ne savait quoi » de droiture et d’intégrité.
Tout cela pouvait aussi être la simple résultante du rapport que lui avait fait son jeune frère, Darren, rapport immédiatement nuancé et étoffé par Aaron Ryswell, dès leur retour des Jumeaux. Si le Stark avait souhaité, quelques semaines plus tôt, qu’une partie de la Garde Grise accompagne le Loup Noir jusqu’aux citadelles jumelles, c’était bien évidemment parce qu’il était cloué au lit par une importante blessure au flanc, récoltée lors de la Bataille de Noiremer, mais aussi parce qu’il avait un besoin impérieux de se faire une idée précise de ce tout jeune Lord Frey. Lord Ryman venant de succéder à son père soudainement disparu, le Sombre Loup ignorait tout du nouveau seigneur du Pont et, même s’il tenait en grande estime Lady Rivanon pour toute la politesse et la diplomatie dont elle avait su faire preuve, le Gouverneur du Nord ne pouvait se satisfaire de la seule recommandation positive de la Mallister au sujet du jeune Lord. Ainsi donc, la venue de deux Manteaux Gris et du plus jeune Loup de la portée Stark, avait donc permis à Beron, outre l’ouverture -maladroite- des relations entre Winterfell et les Jumeaux, de se présenter dans le Conflans armé de quelques éléments préalables à la rencontre.

Après avoir poliment remercié Lord Frey pour son accueil aimable et l’avoir rassuré sur le bon déroulement de son voyage depuis le Nord, le Stark vit son homologue descendre de cheval et se rapprocher des deux ladies qui patientaient sur les marches du seuil de la forteresse Sud afin de lui présenter son épouse Lady Mera, mais aussi sa propre mère, Lady Petra.

Le Stark, dont un jeune garçon d’écurie venait de prendre en charge la monture, s’inclina avec respect devant les deux ladies.

– Mes Dames ! dit-il poliment... – Je suis honoré de faire votre connaissance. Mes hommes et moi vous sommes très reconnaissants de nous accueillir ici chez vous ! Il se redressa et son regard métallique vint se ficher dans les yeux azurés du jeune Lord. – Merci pour votre aimable accueil, Lord Ryman ! Sans lâcher ses hôtes des yeux pour se retourner vers ses hommes, le Sombre Loup tendit le bras vers l’arrière pour leur faire signe d’approcher avant d’interpeller l’un d’entre eux d’un ton péremptoire. – Aaron !? demanda le Stark pour faire venir près de lui celui de la Garde Grise qui, pour avoir entamé les pourparlers avec lui et Darren, avait déjà rencontré Lord Ryman quelques semaines plus tôt.
Le Ryswell s’approcha jusqu’à mettre un genou à terre et tendre vers les deux ladies un intrigant paquet enveloppé d’une toile de laine épaisse destinée à en protéger le contenu.

– Un cadeau de Winterfell, mesdames, en gage de notre gratitude et de notre amitié ! expliqua le Stark. Beron ignorait si les étoles brodées que contenait l’empaquetage de tissus épais seraient du goût des deux ladies. Il se fiait en tous cas aux observations faites par Aaron Ryswell lors de sa venue quelques semaines plus tôt. Ainsi achevées les rites protocolaires d’usage, Lord Stark suivit son homologue des Jumeaux au sein de la forteresse où, une fois parvenus au centre d’un vaste hall de réception, le Seigneur du Pont expliqua au Sombre Loup que tout avait été préparé pour sa venue. A la mention des appartements réservés pour lui et les siens, le Stark ordonna que ses paquetages personnels y soient rassemblés au plus vite afin de ne pas retarder le repas de bienvenue que Lord Ryman venait également d’évoquer.

Lorsque les hommes de Winterfell pénétrèrent dans la grande salle de réception où de longues tablées semblaient confirmer qu’il s’agissait bien du lieu où se tiendrait le repas, chacun, hormis le Ryswell qui connaissait déjà un peu l’intérieur de la forteresse, fut impressionné par la beauté de la décoration des lieux... Dommage que Yelina ne soit pas là pour voir cela !, songea le Sombre Loup en pensant à l’aînée de ses deux sœurs. Yelina avait toujours eu beaucoup de goût et d’intérêt pour ces choses-là...
Alors que Lord Stark se laissait guider par ses hôtes, il se rapprocha silencieusement de Lord Ryman pour lui murmurer à l’oreille.

– Votre accueil nous est très agréable, Lord Ryman. Je vous remercie une nouvelle fois pour tout ceci ! Mes hommes et moi avons beaucoup chevauché ces derniers temps et je gage que personne ne refusera ici un peu de repos... Il se racla la gorge discrètement avant de reprendre immédiatement. – J’aimerais toutefois que nous puissions toutefois rapidement discuter, vous et moi. Il leva les yeux et jeta un regard distrait autour de lui. – Dans un endroit où nous pourrions parler librement, cependant...
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Ryman Frey
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Message Dim 20 Jan 2013 - 22:22

Deux dames de compagnie, qui attendaient en retrait, s’approchèrent pour saisir le cadeau qu’avait apporté Lord Beron, et que leur présentait Aaron Ryswell, qui avait fait partie de la première visite des Nordiens, et avait laissé un excellent souvenir, avec Deana Lideuil, au contraire de Darren Stark, qui s’était montré maladroit et en définitive peu qualifié pour le rôle d’ambassadeur. Ryman observa son épouse découvrir légèrement les étoles. Elle tâta le tissu du bout des doigts, en apprécia la qualité puis s’inclina devant le Seigneur de Winterfell.

« Ces étoles sont magnifiques. Nous vous en remercions, Lord Stark. »

Lady Petra s’inclina également, mais sans rien dire. Elle qui pourtant avait tendance à souvent parler et discuter certaines décisions se pliait à la volonté de son fils : rester le plus possible silencieuse lors de la visite des Stark et de leur suite. Lord Tiber appréciait, lorsqu’il était Maître du Pont, ses avis, ses conseils. Mais depuis que l’aîné de la grande fratrie des Frey lui avait succédé, Lady Petra n’avait plus autant de succès. C’était bien Lady Mera, sa belle-fille, qui était désormais la Dame des Jumeaux. Elle s’était faite à l’idée, bien qu’il lui arrivait de faire quelques remarques, de vouloir parfois imposer ses décisions, comme elle le faisait du temps de son époux. Chaque fois, Ryman tâchait de la remettre à sa place. Bien sûr, parfois, il l’écoutait. Elle pouvait même être d’une aide précieuse, mais il lui fallait apprendre à laisser la place.

Chacun pénétra dans la forteresse et la délégation du Nord se répartit dans les appartements préparés pour les accueillir. Pendant qu’ils récupéraient de leur long voyage, Lord Ryman supervisa, aux côtés de son épouse, les derniers détails de la préparation du repas. Finalement, il prit place face à l’entrée, Lady Mera à sa gauche, un siège vacant à sa droite, qu’il réservait à Lord Beron. Les Nordiens firent alors leur entrée. Aucun retard, cette fois-ci, ne fut à déplorer. Et même si cela avait été le cas, jamais Ryman ne se serait permis de le faire remarquer.

L’invité d’honneur fut conduit à la place où il devait s’installer, et Ryman se leva à son approche. Mais Lord Stark, plutôt que de s’asseoir, et après l’avoir de nouveau remercié, lui glissa à l’oreille qu’il préférerait entrer directement dans le vif du sujet. Le Seigneur du Pont jeta un regard alentour, et prit la décision de ne pas retarder l’essentiel. Il fit signe à un serviteur de s’approcher.

« Si vous le souhaitez, nous allons donc passer dans une pièce voisine, où nous serons tranquilles pour converser. » fit-il à l’attention de Lord Beron, avant de s’adresser au domestique. « Préparez la petite salle immédiatement, Lord Stark et moi-même allons y manger seuls. »

L’homme s’inclina et s’éloigna pour donner rapidement des consignes, qui furent relayées. Ryman se tourna vers l’assemblée, composée des Nordiens et des Frey, et s’adressa surtout aux premiers :

« Profitez, vous êtes ici chez vous. Lord Stark et moi-même devons nous entretenir en privé. »

Puis il désigna une porte un peu plus loin, qu’un serviteur ouvrit. A l’intérieur, le personnel s’affairait déjà à attiser le feu, installer les fauteuils, la table et à y disposer différents mets et vins. Lord Frey y suivit son invité et lui présenta le siège sur lequel il pourrait prendre place. La pièce, plutôt petite, était ornée de tapisseries bleues et rouges. Le feu, dans le grand âtre, était la seule source de lumière, mais il éclairait suffisamment les lieux. Sur la table, on pouvait voir de la soupe, du poisson, du gibier, des fruits, du fromage. Tant de nourriture à laquelle Lord Stark n’était peut-être pas habitué, car malgré son statut, il n’avait probablement pas accès à autant de variété, ou même certains produits, qui venaient de bien plus au sud.

« La visite préliminaire de votre frère a ouvert la voie à une entente solide et durable. J’ose espérer qu’il vous a rapporté une impression positive de son passage par les Jumeaux. » commença Ryman, en s’asseyant après Lord Beron. « J’espère également que vous tirerez une vraie satisfaction de votre propre passage. »

Deux serviteurs restaient à disposition de chacun des deux Seigneurs. Si les deux hommes attablés pouvaient à leur guise se servir, il était plus convenable d’avoir quelqu’un pour servir le vin. D’ailleurs, celui qui se tenait près de Lord Stark lui présenta une carafe de vin et attendit son accord pour le servir.

« Prévoyez-vous à l’avenir que vous ou vos gens empruntent le pont ? »

La question était directe, mais Ryman jugeait que c’était le point de départ d’un véritable accord. D’ordinaire, il fallait payer pour traverser, peu importait que ce fut de l’argent, un service ou toute autre chose. Les Jumeaux pouvaient réduire leurs taxes auprès de leurs alliés, à condition qu’il y ait réciprocité.



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Message Dim 27 Jan 2013 - 16:09

S’il y avait bien une chose dont Beron aurait apprécié la douceur à cet instant précis, c’eut été de s’asseoir enfin parmi ses hôtes et avec ses hommes afin de récupérer un peu du long voyage qu’ils venaient d’accomplir. Pourtant, et malgré l’accueil impeccable de Lord Frey et des longues tablées chargées de mets odorants que celui-ci avait fait préparer, le Stark se devait de ne pas perdre une minute afin de rentrer avec son homologue dans le vif du sujet.
Ce fut donc à regret que le Sombre Loup délaissa d’un œil déçu les engageantes tables de la salle principale pour suivre le Seigneur des Jumeaux dans une petite pièce rapidement aménagée pour l’occasion.
Dans la pièce, le crépitement d’un petit feu réchauffait l’atmosphère de ce lieu feutré et privé où de grands fauteuils semblaient tendre leurs larges bras dodus vers le visiteur épuisé. Dès que Lord Frey lui eut proposé de s’asseoir le Stark sauta sur l’occasion de se relaxer enfin un peu et s’affala dans le fond du fauteuil.

– Quel bonheur ! lâcha-t-il spontanément. Son regard chercha instantanément celui de son homologue. Que devait penser Lord Frey en le voyant ainsi ? *Un vieillard grabataire !* pensa aussitôt le Stark en se ressaisissant immédiatement. Le Sombre Loup prit appui sur les larges accoudoirs du fauteuil pour se rapprocher de la petite table sur laquelle venaient d’être disposés un bol de soupe, du poisson, du fromage, du gibier et des fruits. *Des oranges ! Quel régal* – Les faites-vous venir d’Essos ? demanda le Gouverneur du Nord en tendant la main vers l’une d’entre elles.

La délicatesse est à l’esprit ce que la saveur est au fruit.

Tout en écoutant Lord Frey entamer la conversation, le Stark mordit à pleines dents dans le fruit juteux. Le jus sucré et parfumé qui coulait dans sa gorge sèche était une bénédiction complète. Lord Frey s’assit non loin du Stark et évoqua immédiatement la récente venue du jeune frère de son hôte. *Si j’avais su qu’il se comporterait de la sorte, je me serais bien gardé de lui confier cette mission* pensa le Sombre Loup. – Darren ne m’a rapporté que du positif de sa venue chez vous, Lord Ryman ! répondit le Stark un peu gêné. *Le contraire aurait été un comble !* tempêta-t-il intérieurement. – Vous êtes très aimable, Lord Frey. Je vous remercie de la délicatesse avec laquelle vous avez pris votre parti de la récente visite de mon frère. Le Stark fulminait d’avoir à tenir de pareils propos à cause du manque de savoir vivre de son cadet, mais il fallait bien que la Maison Stark présente ses excuses pour la relative « insouciance » avec laquelle le Loup Noir s’était comporté lors de sa récente venue. – Il m’a été rapporté que mon frère n’a pas toujours su adopter une posture convenable… Je le déplore. Soyons francs, Lord Ryman, nous vous devons quelques excuses pour le comportement parfois puéril de mon frère. Il a beau être le plus jeune d’entre nous, l’âge n’est pas une excuse valable ! Aaron Ryswell n’avait pu se taire à propos de ce qui l’avait si fortement déstabilisé lors de sa venue initiale aux Jumeaux. Il avait été mis en porte à faux par la faute de l’inconvenante légèreté avec laquelle Darren Stark avait abordé la rencontre préparatoire entre les deux Maisons et n’avait pu faire autrement que d’exprimer sans réserve cet état de fait à son seigneur et maître dès son retour à Winterfell.

Lord Frey était assurément un homme délicat et dont les qualités diplomatiques sautaient aux yeux. Et la magnanimité dont il faisait preuve sur le point précis de Darren Stark attestait de la grandeur d’esprit du personnage... Mais le Stark ne souhaitait pas se répandre non plus en plates excuses pour un comportement qui n’était pas le sien propre. Il avait, certes, mal jugé de la capacité de Darren à faire face aux responsabilités qui lui avaient été confiées, mais ne supportait pas l’idée de devoir dévier de sa ligne de conduite personnelle pour pallier aux manquements de son frère. Darren avait eu à en répondre le lendemain même de son retour à Winterfell et les excuses Stark venaient d’être présentées à la Maison du Pont. Le Sombre Loup estimait que l’on pouvait à présent rentrer dans le vif du sujet.

– Je suis sûr, Lord Ryman, de passer chez vous un séjour aussi appréciable que celui que m’a décrit Aaron Ryswell, mon cousin. Je vous remercie encore une fois pour votre bienveillance.

D’un léger signe de tête, le Stark autorisa le serviteur qui se tenait près de lui à lui verser un peu de vin dans la coupe posée sur la table devant lui. – Merci bien ! fit-il afin de ne pas être servi trop largement.

L’amitié disparaît où l’égalité cesse.

Lord Stark apprécia la spontanéité directe du Frey lorsque celui-ci le questionna sans ambages sur ses intentions d’emprunter prochainement le Pont pour franchir la Verfurque avec ses hommes. Il était venu jusqu’au Jumeaux dans le but précis de discuter avec le Seigneur du Pont d’un accord visant à permettre aux hommes de Winterfell de franchir la Verfurque aux Jumeaux, dès que cela s’avèrerait nécessaire et avec le moins de perte de temps possible en négociations en tous genres.
Il paraissait évident au Stark que la base d’un engagement véritable et durable ne pourrait se fonder autrement que par l’établissement préalable d’un accord qui mettrait les deux fiefs sur un pied d’égalité totale. Si l’une ou l’autre des deux parties devait se trouver lésée d’une quelconque façon, les discussions ne pourraient aboutir à autre chose qu’un retour à la case départ. Celle où chaque intention de traversée de la Verfurque aux Jumeaux lui vaudrait des lourdeurs de discutailleries interminables. Ne disait-on pas que l’amitié disparaît où l’égalité cesse ? Il fallait donc que chacun soit parvenu à trouver, au terme des discussions qui s’ouvraient à cet instant, un bénéfice évident dans cette entrevue diplomatique...

– Effectivement ! répondit donc le Sombre Loup avec toute la franchise que devait revêtir ce type de tractations. – Il est dans mes projets d’établir un lien solide entre le Conflans et le Nord. Il me semble que deux territoires frontaliers comme les nôtres ont trop à perdre à ne pas unir leurs forces ; et bien plus encore à gagner à le faire ! Que ce soit pour des raisons politiques, commerciales ou militaires, d’ailleurs. Il reposa sa coupe de vin sur la petite table et sentait encore les arômes de son cépage liquoreux lorsqu’il poursuivit sur le même ton de franchise et de transparence totale.
– Je compte me rendre prochainement à Vivesaigues où votre Suzerain et moi pourrions évoquer tout ceci dans l’intérêt commun et réciproque de nos Terres respectives... On dit que Lord Tully est redoutablement clairvoyant pour son jeune âge. Et extrêmement bien conseillé. Le Stark avança vers le bord de son siège comme pour livrer une confidence à son homologue. – J’ai cheminé ici aux côtés de Lady Mallister. Une de vos connaissance si je ne m’abuse ? Je lui ai promis de vous faire part de ses amitiés. Un sourire légèrement nostalgique éclaira un instant le visage de Beron alors que lui revenaient en mémoire les bons souvenirs associés au séjour de Lady Rivanon à Winterfell. – Nous l’avons reçue à Winterfell quelques jours. Une remarquable diplomate ! J’avoue que sa franchise m’a séduit.

Il fallait maintenant livrer au Seigneur du Pont l’entière teneur des intentions dont le Stark était porteur. – Alors voilà : Si Lord Tully et moi parvenons à unir nos convictions pour établir une alliance fructueuse et durable, mes hommes et moi aurons certainement besoin de franchir la Verfurque plus souvent qu’il ne m’a jamais été donné de le faire... Aussi, nous serait-il extrêmement appréciable de ne pas avoir à vous faire endurer, chaque fois que nous aurons à rallier Vivesaigues, la lourdeur d’une visite de nos gens et des tractations qu’il faudrait alors encore entreprendre... Si nous étions convenus à l’avance d’un accord bénéfique pour nos Maison respectives la seule obligation que nous aurions à nous revoir pourrait être la simple satisfaction de prendre des nouvelles l’un de l’autre et de discuter en toute amitié...

Il porta à nouveau la coupe à ses lèvres et se délecta des arômes fruités du charmant cru qu’elle contenait. – J’ai pensé à quelques propositions de compensations que vous pourriez durablement recevoir de notre part afin de tisser entre nos fiefs une amitié et une alliance solides. Pour autant, auriez-vous déjà à l’esprit des idées de ce qui pourrait vous être suffisamment utile pour que vous consentissiez à évoquer avec moi les conditions d’une alliance de ce type ?

Le regard métallique du Sombre Loup cherchait à déceler, dans les yeux bleus de Lord Ryman, un quelconque indice de ce qu’il pouvait bien penser de tout cela. Si une amitié devait naître de cette entrevue, celle-ci lui fournirait très prochainement les indications sur lesquelles former l’alliance durable qu’il convoitait...

Les discussions étaient à présent bien lancées.
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