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Spleen et idéal

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Message Jeu 13 Déc 2012 - 17:27

Gauche, droite, parade, estoc, pas chassé, gauche, feinte à gauche et...

"Touché !"

La latte en bois venait de frapper le plastron en cuir au niveau du sternum. Le partenaire d'entraînement de Gwayne recula sur le choc et se plia en deux. C'était un jeune chevalier arrogant et prétentieux. "Un manteau blanc ? Peuh, il est blanc pour être accordé aux cheveux de celui qui le porte !". Il avait provoqué Gwayne alors que ce dernier s'entraînait. Un simple chevalier de passage au Donjon Rouge en accompagnant son lord. Un fanfaron. Il avait voulu se battre ? Voilà qui était fait. Gwayne Corbray était l'une des plus fines lames de tout Westeros, que ce soit en maniant dame Affliction ou une simple latte de bois. Et le jeune chevalier l'avait apprit à ses dépens. Gwayne lui tourna le dos et déposa la latte de bois avec les autres latte d'entraînement. Il détacha ensuite le plastron d'entraînement, restant en de simples habits blancs. La cour extérieure était poussiéreuse, aussi ses bottes blanches étaient tachées de poussières. Gwayne tapa du pied pour en décrocher un peu, quand il perçut un mouvement derrière lui. Se retournant, il esquiva un coup de poing et balaya les jambes du jeune chevalier. Il mordit la poussière, et les quelques chevaliers qui étaient rassemblés autour de la cour d'entraînement rirent aux éclats. Gwayne plia les genoux pour se retrouver accroupi à côté du jeune chevalier.

"L'orgueil ne te mènera nulle part. "

Le manteau blanc se releva et alla récupérer Dame Affliction, qui était restée dans les mains d'un écuyer, à portée de regard de Gwayne. Jamais son épée ne quittait son champ de vision. Si l'écuyer avait essayé de voler l'épée, Gwayne l'aurait sans doute tué. Dame Affliction, sa dame, son épouse. Enfin, sa seconde épouse, la première étant son indéfectible loyauté.

Mais la loyauté n'était pas un rempart contre l'ennui. Le roi Aerys restait cloitré dans sa tour, et un seul chevalier suffisait à la garder. C'était Willem Wylde qui le gardait en cet après midi. Quel ennui cela devait être ... Gwayne avait gardé la porte la veille, pendant une grande partie de la journée. Il était resté en armure complète devant la porte, sa main sur le pommeau de rubis de son épée, au garde à vous. Le Lord Commandant Addison Hill était passé le voir quelques instants, comme à son habitude avant de partir pour une session du Conseil Restreint. A part lui, aucune visite. Ni la reine, ni personne. Alors que sa vessie commençait à être enflée, Gwayne avait été relevé de son poste par Donnel de Sombreval. C'était à lui qu'avait été confiée la garde de nuit. Pauvre de lui, la nuit entretient les peurs, et le niveau de stress pendant une garde nocturne était très important.

Gwayne revint au présent et ceint le fourreau de sa Dame autour de sa taille avant de prendre son manteau blanc. Il se refermait avec une broche en forme de bouclier, tout blanc. Certains manteaux blancs utilisaient le blason de leurs familles, mais Gwayne n'avait plus de famille. Son père était mort, son frère en disgrâce, et il n'avait jamais été très proche de son oncle ainsi que de ses cousins. La dernière fois qu'il avait vu Even, c'était quand il arrêtait Daemon Feunoyr second du nom et le ramenait à Port-Réal. Aucune accolade, aucun signe d'affection. Ce qu'il avait de plus proche d'une famille était ses frères jurés. Ce qu'il avait de plus proche d'une épouse était Dame Affliction. Quelle chance il avait eut d'échapper à la vie de Lord ! Cette vie là, bien qu'ennuyante en ce moment, était cent fois préférable.

Gwayne fixa donc sa cape autour de ses épaules et erra sans but particulier dans la cour extérieure. Il y avait peu de monde, et alors qu'il s'approchait du pont levis, qui était baissé mais gardé, donnant accès à la cour intérieure, réservées au nobles, il entendu des grommellements. A l'écart, près du pont, un homme - noble apparemment - était appuyé contre le mur, la tête baissée.

"Quelque chose ne va pas messer ?"
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Message Ven 14 Déc 2012 - 0:57

Heward secouait machinalement sa jambe. Il était hébété par tant de paroles dans lesquelles il ne trouvait pas un sens. Il les comprenait, du début à la fin, il nageait dans ce genre de répliques depuis son enfance. Mais son esprit ne les tenait pas. Son esprit … un être farouche et rebelle, qui combattait sans cesse la volonté du jeune homme et qui parvenait bien souvent à la faire fléchir en son sens. Depuis combien de temps était il assis ici, il n'aurait jamais su le dire. Trop longtemps était la chose qui lui venait en tête. Le gratte-papier qui se trouvait devant lui n'avait même pas remarquer la troublante obsession qu'avait le jeune homme à laisser fuir son regard loin, très loin à l'horizon que lui offrait la petite fenêtre. Le siège était confortable, mais il ne pouvait s’empêcher de se tortiller, de bouger ses épaules, ses bras, sa nuque, il devait bouger pour tenir. Il devait remuer pour contenir cette envie de fuite qui dominait l'ensemble de son corps.
Les chiffres s'accumulaient à une vitesse folle et il n'en captait qu'un ou deux. Les termes techniques et financiers brisaient cette journée qui pourtant n'avait pas trop mal commencé.
Il en était ainsi depuis qu'il était Lord. Il avait choisi de prendre le poids de sa tâche, pour son père, pour sa famille, pour se prouver à lui même qu'il en était capable. Mais les devoirs les plus banals semblaient être les pires. En bon vassal de la couronne, il payait ses taxes et bien qu'il savait que ce petit rendez-vous dans la lueur des paperasses royales était inévitable, jamais il n'avait osé penser que c'était si dur. A choisir, il aurait préféré un champ de bataille. En fait non à choisir il aurait voulu encercler de ses bras sa belle Catelyn, de sa fiancée. Mais elle n'était pas là, elle était loin. Elle lui manquait. Et en seul substitue, il ne trouvait qu'un maigrichon, fier de lui, de son poste et de son royaume de calculs et d'impositions. Triste réalité.
Il rêvassait, contre son gré, mais il rêvassait. Il ne pouvait s'en empêcher et c'est le martèlement d'un poing sur une table qui le fit revenir à la réalité.
Voilà messire Solverre, le sceau de la couronne est apposé. Mes condoléances pour votre père et j’espère vous avoir été utile, quand à l’éclaircissement de vos questions. Maintenant veuillez m'excuser. J'ai une lourde journée de travail.
Il n'en fallut pas plus, Heward sursauta, tout ses muscles n'attendaient que ça. Une révérence bien basse, des remerciements succins et il enfourna les liasses dans ses mains avant d'accourir jusqu'à la porte alors que le fonctionnaire ne s'était même pas levé.

La lourde masse de bois fit grincer ses gonds et claqua enfin son seuil dans un claquement tonitruant. Heward se laissa totalement aller et il laissa son dos s'écraser contre le mur qui lui faisait face. Encore agars de cette torture psychologique, la bouche ouverte, le regard perdu, la tête relevé vers un plafond de pierre. Il tentait de reprendre conscience après ce coma forcé.
Sa respiration – bien qu'il n'est pas fait le moindre effort – était rude et sans rythme fixe. Son cœur battait à la chamade. On aurait dis qu'il pouvait enfin prendre un repos mérité après avoir frôlé la mort. Mais maintenant il devait se remettre en chemin. De toute façon le pire était derrière lui.
Il dégringola les marches de Donjon Rouge. Plus pressé de sortir de cet étouffement omniprésent que de retrouver la suite des festivités de cette journée responsabilités. Retrouver l'air libre fut déjà un premier soulagement de taille. Mais il ne doutait pas un seul instant qu'une fois le pont levis passé il n'en serait que plus tranquille encore. Il marcha, longuement et commença à feuilleter les paperasses qu'il détenait. Il les comprenait, il savait, mais ça l'ennuyait. Il se dit plus jamais ça. Et là, la vérité lui revint rapidement à l'esprit. Toujours ça ! Ça serait toujours ça quoi qu'il arrive. Il s'était condamner à cette vie de lui même. Et il avait condamner sa famille par la même occasion. Il n'y arriverait pas. Il ne pourrait pas y arriver. Et il serait la cause du déclin.

L'idée le retourna, pour la première fois depuis la mort d'Aaron. Il acceptait la possibilité qu'avoir pris la succession était plus qu'une simple mauvaise passe. Mais bien une erreur. Surtout quand on pensait à Renaud. Si fier, si ardent, si Solverre, prêt à reprendre le flambeau. Il s'accabla d'égoïsme sur le coup. Il avait pesé le oui et le non pendant des journées et des nuits. Et se rendre compte de son incapacité après avoir passé tant d'heure à la réflexion le précipita un peu plus dans le fait qu'il était un incapable. Il avait besoin d'un peu de repos. Ses hommes attendraient un peu. De toute façon ils ne devaient pas le voir avoir la mine qu'il devait porter à ce moment même.
Pour faire même plus simple personne ne devait le voir ainsi. Il devait au moins préserver l'image, le temps que le spleen passe et qu'il parvienne à se convaincre lui même qu'il finirait par y tenir tant bien que mal sa maison et sa vie de manière honorable et sans se trahir pour autant.
Un coin reclus attira son attention. Là, proche du pont-levis, sa discrétion serait sûrement assurée.
Il s'éclipsa discrètement, s'assurant que personne ne le voit et se colla à l'ombre de la grande muraille. Le soleil d'automne n'avait pas encore percé la forte épaisseur des murailles. L'endroit était frais et ombragé, la pierre était froide. Il s'adossa les mains jointes derrière le dos. Sa tête se pencha vers l'arrière et ses cheveux noirs se fondirent dans la roche. Les yeux fermés, il pensait. Il ressassait les pourquoi, les comment, ses motivations, ses buts et sa situation actuelle. Il se souvenait de ce qu'il désirait, de la bataille qu'il menait face à lui même pour y parvenir.
Soudain une voix se résonna près de lui. Pris de panique, il se redressa d'un bon et reprit un air sérieux et désabusé pour maintenir sa crédibilité. Et là face à lui se tenait encore un homme tout de blanc vêtu. Un garde Royal, l'élite des royaumes, les lames les plus fines de ces terres. Un homme qui avait réussi sa vie lui. Un douloureux rappel qui fit balayer à Heward son faux air sérieux. Qu'importait qu'un homme de cette importante le vois ainsi. Il n'était qu'un bon à rien et tout finissait par se savoir.


Si tout allait, chevalier. Ça n'en serait que trop simples. A vie ardue vient un jour grande récompense dit on. Dites ça au paysan qui laboure les champs et qui meurent dans la maladie à l'aube de ses trente ans. Quoi que parfois j'aimerais être à sa place. Ne vous dérangez pas Ser et vaquez à votre chemin. Les déboires d'un homme ne sont jamais intéressantes. Encore moins pour celui qui à celles d'un roi à porter sur ses épaules.
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Message Ven 14 Déc 2012 - 19:53

L'air de l'homme changea en voyant Gwayne. Il afficha un air sérieux et désabusé, un air de noble suffisant qui déplaisait fortement au manteau blanc. Mais en voyant ce même manteau blanc, l'homme changea d'expression faciale, passant du noble sérieux disparu pour laisser place à un air de profonde détresse. C'était rare, très rare de voir un noble dans cet état là. Ces gens là, cette race là était toujours hautaine, suffisante, pleine de mépris. Des calculateurs, des manipulateurs. Ils se cachaient derrière toute une panoplie d'habits sophistiqués, ils se battaient avec des plumes et des parchemins. Si il y avait des gens que Gwayne Corbray détestait, c'était bien ce genre de noble. Cette haine était compréhensible après tout, elle était peut être même une forme de jalousie. Gwayne aurait dut être comme eux, il aurait dut être Lord Gwayne Corbray, seigneur de Cordial. Mais il était Ser Corbray de la Garde Royale. Garde, soldat, épée.

Le noble se renfrogna de nouveau, accablé. Il semblait avoir tout le poids du monde sur ses épaules, et, Gwayne ne sut pourquoi, il lui était sympathique. Il était pourtant difficile d'être sympathique à Gwayne Corbray, tout engoncé qu'il était dans ses principes et son honneur, sans compter sa timidité légendaire. Il était plus un homme d'action que de paroles, et les choses les plus chères aux autres hommes: l'alcool, les femmes et les festins, n'étaient pas pour lui plaire. Pourtant, ce noble ci semblait différent. Il ne l'était peut être pas au fond, mais ce terrible poids qui semblait peser sur ses épaules telle une chape de plomb le rendait sympathique à Gwayne. Ce n'était pas de la pitié, non, plutôt de l'empathie. Car derrière l'impression de grandeur, derrière l'armure blanche et l'honneur, Gwayne portait lui aussi un terrible poids sur ses épaules. La culpabilité, la honte. De ne pas avoir été à la hauteur des espérances de son père, de ne pas avoir put vaincre Daemon Feunoyr, d'avoir laissé son frère sombrer et finir sur le Mur, loin au nord. Pauvre Kaeril, il n'aurait pas dut régner, ça aurait dut être Gwayne. Il aurait peut être fait les même erreurs, ou peut être pas, mais ça aurait épargné cela à son petit frère. Quant à la honte qui rejaillissait maintenant sur la famille ... Gwayne songea à son père, et se demanda s'il pouvait les voir. Kaeril envoyé sur le Mur dans le déshonneur, et Gwayne passant ses journées à garder une porte et s'entraîner. Il devait avoir tellement honte, là où il était ...

Si tout allait, chevalier. Ça n'en serait que trop simples. A vie ardue vient un jour grande récompense dit on. Dites ça au paysan qui laboure les champs et qui meurent dans la maladie à l'aube de ses trente ans. Quoi que parfois j'aimerais être à sa place. Ne vous dérangez pas Ser et vaquez à votre chemin. Les déboires d'un homme ne sont jamais intéressantes. Encore moins pour celui qui à celles d'un roi à porter sur ses épaules.

"Il me semble que l'on dit aussi "à chaque jour suffit sa peine". Même les paysans ont le droit à des moments de répit, pourquoi pas vous ? Vos déboires peuvent attendre, pour le moment, la journée n'est pas trop mauvaise. Quant à être à la place d'un paysan, je ne le pourrai, je ne suis ni assez fort, ni assez courageux."

Et c'était honnête, nullement prétentieux. Il fallait plus de force pour les travaux des champs que pour porter une armure. Et il fallait bien plus de courage pour se battre contre les éléments qui agissent sur une récolte que contre un autre homme. Gwayne admirait certains paysans. Il se souvenait que, quand il avait dans les treize ans, son père l'avait emmené chez un paysan et père et fils avaient travailler avec le paysan pendant une journée. Lord Corbray voulait ainsi apprendre à son fils l'humilité et le respect de ceux qui devaient devenir ses gens.

Gwayne ne commenta pas la phrase du noble qui parlait du roi. Il en avait tant à dire sur ce roi ... Mais ne le ferait jamais. Il n'aimait pas son roi en tant qu'homme, mais le vénérait en tant que son égide, l'homme qu'il devait protéger. L'homme était faible, autant que Gwayne, se délaissant de ses responsabilités. Mais se délaisser de ses responsabilités en étant Roi était un crime. Aerys devait s'occuper du royaume, tout comme Gwayne aurait dut s'occuper de Cordial. Au dessus de cela, le Roi état un homme sans soucis, enfermé dans sa tour, passant ses journées à ... A quoi au juste ? Bien malin était celui qui le savait. Pas à s'entraîner au combat, pas à signer des traités, pas à étudier de la stratégie, cela était certain. Mais Gwayne n'en parlerait pas, car la figure royale primait sur l'homme. Il était un garde du roi, son épée jurée, et, que cela lui plaise ou non, il était voué à mourir à son service, peut être même pour lui. Si seulement Baelor Briselance n'était pas mort ... Voilà un homme qui avait du panache, un homme taillé pour diriger, un homme, un vrai. Gwayne aurait donné cent fois sa vie pour Baelor Briselance, malheureusement, il s'était passé ce qui s'était passé ...

Revenant au présent, Gwayne sorti une outre d'eau de sa ceinture et la présenta au noble.

"Je pense que vous auriez plutôt besoin d'alcool, mais je n'ai que de l'eau. Tenez, buvez."
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Message Dim 16 Déc 2012 - 12:25

Le devoir peut obliger à ne prendre aucun repos. Vous devez le savoir mieux que personne. Le couleur de votre cape peut le montrer mieux que personne. Le devoir vous prend, vous étouffe sans que vous lui ayez demandé, et le repos ne peut être de mise lorsque vous n'êtes pas préparé à ce que vous devez faire. Décevoir ou non là est toute la question.

Il pouvait bien tenter de l'aider, mais au final les dictons n'étaient que du vent. Placez en un dans une discussion pour appuyer vos faits. Il y en a toujours un autre qui viendra démentir le premier. En fait la parole populaire n'a d’intérêt que lorsqu'elle va dans votre sens. Mais au moins Heward ne pouvait que le remercier de sa phrase du moins essayait il de l'aider. Grand, fort, dans l'âge de la raison et de la sagesse. Au titre et au devoir prestigieux. Pouvait il ne serait qu'imaginer ce qui se tramait dans l'esprit d'un jeune Lord qui n'en était pas un.
Dans tout les cas sa gourde était pour le moins la bienvenue et le Solverre lui prit gentiment des mains, arrachant le léger capuchon de cuir avec les dents pour finir par de grande goulée d'eau fraîche. La soif passait mais l'esprit restait confus. L'homme paraissait intéressé – quelque soit ses raisons – par l'air désolé du noble et à y réfléchir Heward n'avait que rarement eu le droit de s'exprimer sur ses démons. Toute personne de son entourage jouait constamment avec sa vie et lui par son titre jouait avec les leurs. Il devait les représenter, les aider. Prendre des décisions. Il était tout autant de son devoir de les soutenir dans leurs déboires que de ne pas les achever avec les siens. Mais lui. Ce Ser manteau blanc. Lui qui avait dû voir bien des choses dans sa vie, qui avait dû côtoyer le monde de la discorde comme du pouvoir, qui avait été choisi autant pour ses aptitudes que pour sa loyauté. Lui n'avait aucun lien avec le Solverre. Le lord n'avait aucune influence sur sa vie et lui n'en avait aucune sur la sienne et partant de là. Il pouvait écouter sa miséricorde, sans que les conséquences n'en soient fâcheuse. Juste de quoi se libérer l'esprit pour repartir de nouveau.
Il vira d'un coup de manche sur sa bouche, les quelques gouttes qui pouvaient encore se trouver sur le bord de ses lèvres et retendit au chevalier sa gourde avant de se laisser de nouveau tomber contre un mur, le regard vers le ciel bleu. Vers un sentiment de liberté qu'il ne pouvait que contempler.


Dites moi Ser chevalier au nom inconnu ! Voulez vous que je vous conte une histoire ?
N'ayez crainte elle est très simple.
Voyez vous un jour les Sept se sont penchés sur un enfant qui venait de naître. D'autant l'Aïeul rappelait qu'il était fils d'un homme de grande ferveur, d'autant d'autres disaient qu'au contraire il était peu être le moment de jouer un peu. Discorde éclata et loin de cela, aucun ne trancha et chacun y alla de son petit grain de sel. L'enfant serait donc pourvu de la chance, lui qui aurait tôt ou tard un lourd poids à porter. Quelque soit la personne de son entourage qu'il rencontrerait et qui se lierait à lui. Elle serait incroyable. De l'oncle aventurier, à sa promise aussi belle que douce et fine d'esprit en passant par ses frères, dignes combattants et décideurs qu'ils soient de religion ou de chevalerie. Non cet enfant aurait de la chance et tout ce qu'un homme désire pour mener à bien son devoir. Mais face à cette réaction vint celle de l'enfant en lui même. Lui serait rêveur et loin de cette vie qui lui était tracé. Ainsi condamné il devrait avancer sous le regard de la grandeur et en portant les espoirs de ceux qui étaient tellement plus aptes à la vie qu'ils menaient. A croire qu'il devrait un jour et cela quelques soient ses efforts, finir par les décevoir. Il a les moyens mais il ne sait pas quoi en faire. Il vit dans un monde qui n'est pas le sien. Ainsi il porte son devoir comme il le peut, faisant de son mieux. Mais au fond il sait qu'il échouera et comme son père qui finit par mourir dans ce qu'il est sûr d'être la déception de son héritier. Il est persuadé de voir ce qui l'entoure s'effondrer petit à petit, alors que lui même se laissera ronger par le temps et le décalage entre le monde où il est enfermé et celui où son esprit vagabonde.


Il décolla la tête du mur et son regard quitta les nuages. Il aurait pu être bien des choses. Capitaine, voilà qui lui aurait convenue comme vie. Mais non, il était lord, il devait être lord. Il devait porter ce poids et continuer jusqu'à parvenir à le faire comme il se devait. Il devait chasser ses démons et maintenir son devoir. Pour ne pas finir engloutit et ceux qu'il aimait – et qui lui avaient accordé sa confiance – avec lui.


Alors messire chevalier au nom inconnu ? Quel conseil donneriez vous à l'enfant une fois qu'il serait grand ?
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Message Dim 23 Déc 2012 - 15:31

Le devoir peut obliger à ne prendre aucun repos. Vous devez le savoir mieux que personne. Le couleur de votre cape peut le montrer mieux que personne. Le devoir vous prend, vous étouffe sans que vous lui ayez demandé, et le repos ne peut être de mise lorsque vous n'êtes pas préparé à ce que vous devez faire. Décevoir ou non là est toute la question.

Tout ce que venait de dire l'homme, c'était tout ce qu'avait put ressentir Gwayne sans savoir l'exprimer. Il n'avait jamais été un homme de parole, aussi ne sut il quoi répondre à l'homme qui se tenait en face de lui. Il compatissait, car ce noble semblait partager le même fardeau que lui. Gwayne voulut montrer de l'empathie, de la compassion, mais il ne sut le faire. Il n'avait jamais partager énormément d'amitié avec qui que ce soit. Peut être avec Ser Royce ? Oui, il avait ... Apprécié Ser Royce. Pouvait-on pour autant parler d'une amitié sincère ? Non. Gwayne ne savait pas montrer ce genre de chose - les rares fois où il les ressentait - ce qui était peut être lié à ce qu'était devenu son frère. Les choses auraient elles été différentes pour Kaeril si Gwayne avait été présent en tant que grand frère ? Jamais les Corbray ne le sauraient.
Gwayne esquissa un geste, comme pour poser sa main sur l'épaule de l'homme, lui dire "je connais ça, moi aussi j'ai ressenti ça" mais il ne le put et son geste mourut aussitôt.

Gwayne Corbray n'était digne de rien. Il ne l'était pas d'être sire de Cordial, et heureusement avait évité cette charge. Il n'avait pas été digne de l'amour et de l'éducation que son père lui avait prodiguée. Il n'était pas digne de ceindre Dame Affliction à sa ceinture, elle qui était passée entre tant de nobles mains au cours du temps. Il n'était pas non plus digne de ce manteau. Une fine lame, oui, mais le champ d'Herberouge le hantait encore. Il aurait put tuer Daemon Feunoyr, il était passé si près... Et il le combattait encore, chaque nuit. Parfois, il le tuait, pour se rendre compte qu'il venait de tuer son frère Kaeril, ou bien son père. Parfois, il se faisait tuer, et Daemon gagnait la bataille, renversant les Targaryens. Toujours, il se réveillait en nage, sa cicatrice lui barrant le torse le brûlant atrocement. Jamais Gwayne Corbray ne s'estimerait digne de quoi que ce soit, et jamais il ne se débarrasserait du poids de la culpabilité.

Dites moi Ser chevalier au nom inconnu ! Voulez vous que je vous conte une histoire ?
N'ayez crainte elle est très simple.
Voyez vous un jour les Sept se sont penchés sur un enfant qui venait de naître. D'autant l'Aïeul rappelait qu'il était fils d'un homme de grande ferveur, d'autant d'autres disaient qu'au contraire il était peu être le moment de jouer un peu. Discorde éclata et loin de cela, aucun ne trancha et chacun y alla de son petit grain de sel. L'enfant serait donc pourvu de la chance, lui qui aurait tôt ou tard un lourd poids à porter. Quelque soit la personne de son entourage qu'il rencontrerait et qui se lierait à lui. Elle serait incroyable. De l'oncle aventurier, à sa promise aussi belle que douce et fine d'esprit en passant par ses frères, dignes combattants et décideurs qu'ils soient de religion ou de chevalerie. Non cet enfant aurait de la chance et tout ce qu'un homme désire pour mener à bien son devoir. Mais face à cette réaction vint celle de l'enfant en lui même. Lui serait rêveur et loin de cette vie qui lui était tracé. Ainsi condamné il devrait avancer sous le regard de la grandeur et en portant les espoirs de ceux qui étaient tellement plus aptes à la vie qu'ils menaient. A croire qu'il devrait un jour et cela quelques soient ses efforts, finir par les décevoir. Il a les moyens mais il ne sait pas quoi en faire. Il vit dans un monde qui n'est pas le sien. Ainsi il porte son devoir comme il le peut, faisant de son mieux. Mais au fond il sait qu'il échouera et comme son père qui finit par mourir dans ce qu'il est sûr d'être la déception de son héritier. Il est persuadé de voir ce qui l'entoure s'effondrer petit à petit, alors que lui même se laissera ronger par le temps et le décalage entre le monde où il est enfermé et celui où son esprit vagabonde.


Nul doute que cette histoire était celle de l'homme lui même, et elle attrista Gwayne. Leurs histoires étaient similaires, mais Gwayne, lui, avait put se soustraire à ces terribles responsabilités qu'il n'aurait sut supporter. Le noble, lui, semblait être coincé, prit à la gorge par le devoir et l'honneur. Lui, il n'avait pas d’échappatoire. Gwayne se sentit presque honteux d'avoir put échapper à tout cela quand l'homme en face de lui semblait envahit d'un désespoir profond, d'une tristesse incomparable. Alors, l'homme demanda au manteau blanc ce qu'il donnerait comme conseil à l'enfant pour quand il serait grand. Quel conseil ? Gwayne but à son tour à la gourde, laissant l'eau fraîche couler dans sa gorge, chassant la sècheresse dut au sable de l'aire d'entraînement. S'essuyant la bouche d'un revers de main, il regarda à son tour le ciel et répondu très calmement à son interlocuteur.

"Je ne vois qu'une seule échappatoire pour l'enfant, celle que j'ai eut. Qu'il devienne un fichu manteau blanc."

La remarque était d'un léger cynisme, et Gwayne était en train de sombrer dans un état de tristesse. Il venait pourtant de s'entraîner, avait battu un jeune homme vigoureux et en était assez satisfait. Mais la journée prenait un tout autre tournant. Reportant ses yeux sur le visage du noble, il poursuivit.

"Sinon... Sinon je ne sais. Je lui dirait qu'il n'a d'autre choix que de faire de son mieux. Je lui dirait de ne pas se sous-estimer... Et je prierai le Guerrier de lui donner du courage."
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Message Ven 4 Jan 2013 - 19:21

Raconter sa petite histoire avait délester notre Heward d'un léger, mais déjà certain, poids et ce petit rien qu'était de la raconter tel un conte l'y avait déjà fortement aidé. Il faut dire que raconter sa vie ainsi de but en blanc à un inconnu ne lui aurait pas plus, non pire il n'aurait pas pu. Sa gorge se serait sûrement desséchée et ça quelque soit la quantité d'eau qu'il ait pu avaler. Car décidément cette idée était bien ancré en lui. Aussi minable qu'il était à sa place de Lord. Il devait au moins faire l'effort de ne pas le montrer directement. Pour son plus grand plaisir et par bonheur, le garde royal qui le toisait de toute sa blancheur ne lâcha pas un rire rauque, il ne l'avait pas regardé comme le dernier des idiots. Non il l'avait même apparemment compris et dans son regard Heward croyait même peut être apercevoir une légère compassion. Fait étrange d'ailleurs dans l'esprit du Lord qui ne parvenait pas à concevoir une minute la situation.
Comment un manteau blanc pouvait il seulement comprendre cet état de fait ? Comment un chevalier parmi les chevaliers pouvait il ne serait que comprendre que le devoir, la capacité et surtout l'envie de le réaliser, n'étaient pas toujours mis ensemble. Après tout, il était là non pas par choix du hasard, lui ce n'était pas le décès de son père qui l'avait porter à sa haute instance. Non lui il avait été sélectionné par la couronne elle même, il était l'un des plus valeureux guerrier que le continent comptait. Il voulait et pouvait réaliser ce que l'on attendait de lui. N'était ce après tout pas le but de sa présence entre ses murs ?
Heward n'aurait finalement pas dû se poser toute ces questions, ça n'avait fait qu'ajouter une petite couche à son mal de crâne obsédant. Non il n'aurait pas dû simplement parce que, comme si le ser chevalier l'avait entendu, il y répondit simplement.
Heward ne put retenir un petit sourire aux réponses du brave homme. Car aussi proche son histoire soit elle de la sienne. Il ne pouvait concevoir qu'un autre puisse en arriver à ce niveau. Il se sentait à part et incompris. Il se sentait loin de mériter tout ce qu'il possédait.
Tant de vie aurait pu lui convenir, même simple capitaine, simple marin, à trimer sur un pont dans la matinée et s'endormir bercé par un roulis. Aurait ce été trop demandé ? E
t surtout là loin de tout, loin des terres, il aurait pu vivre sa vie sans soucier des autres.

N'est pas qui veut dans la garde royale Ser Chevalier. Ne l'oubliez pas et je crains pour l'enfant que sa rêverie et sa passivité lui auront coûter son art du combat et ça aussi courageux soit-il. Mais en tout cas et comme vous le dites, il n'a d'autre choix que de faire de son mieux. Ainsi va sa vie et je crains que l'enfant n'en profitera jamais réellement.

Ainsi la réalité retomba une nouvelle fois sur ses épaules. Le garde royale ne faisait que confirmer ce qu'il savait déjà. Il devait ce qu'il pouvait. Mais une question le taraudait. De par sa place, de par son titre les responsabilités lui paraissait insurmontable. Ses gens, Annabelle, Renaud, Lothar, Catelyn, Martyn. Tous le regardaient, tous l'observaient et même l'aidaient – à leur manière - et pourtant il était sûr d'un jour échoué. Alors comment ne pas les décevoir ? Comment ne pas fouler du pieds par sa maladresse, toutes les confiances que l'on avait posé sur lui ? Car si lui échouait, si lui esquivait par crainte ou parce qu'il n'avait plus sa vie, lui sombrerait dans la lâcheté. Le ser chevalier pouvait en dire autant mais lui au moins on ne pouvait lui en vouloir.
Mais dites moi, Ser manteau blanc. Vous, vous n'avez pas à vous en vouloir. Vous c'est bien une échappatoire que vous avez prise, non pas une fuite éhontée. Lorsque ceux que vous avez laissé derrière vous pense à la personne que vous êtes. Pense t-il au représentant de sa famille et de son sang qui, tout de blanc paré, fait rejaillit la gloire des Targaryen et des Sept sur sa maison. Ou pense t-il à l'homme qui à pris une autre voix, bien plus élogieuse et honorable, que celle qui ne lui convenait pas ?


Car voyez vous Ser chevalier, là ou le petit garçon aimerait se trouver, il n'a pas sa place et c'est sous la déception de ses proches qu'il pourrait les rejoindre. A jamais son nom se trouverait sali. Voilà pourquoi il préfère tenter que de fuir, car son devoir l'a condamné à sombrer dans le malheur s'il l'esquivait.


Heward se décolla alors de sa muraille. Discuter était une chose, se morfondre une autre et il devait agir. Même son corps lui faisait comprendre, par d’insupportables petits fourmillements. Quoi qu'il en soit, le chevalier l'avait bien aidé et savoir qu'un inconnu. Qu'un homme qui ne pesait en rien sur les épaules du lord, avait pu entendre et écouter ce qu'il avait à dire, le soulagea amplement. La brève idée de revenir plus souvent au Donjon Rouge ne serait que pour libérer ses doutes et ses pensées du moment lui traversa même l'esprit. Mais au final à trop se rapprocher de cet homme, lui même n'attendrait il pas un jour quelque chose du Solverre ? Question hasardeuse à laquelle Heward ne se dit qu'une chose. Les seules chez qui il savait pouvoir se confier sans le moindre problème étaient bien ceux qui l'avait mis dans cette panade.
Il se rapprocha du manteau blanc et d'un sourire triste il s’apprêta à lui demander une petite faveur.


Prier le Guerrier pour me donner du courage est une bonne chose. Mais ma famille défend le Père et l'Aïeul depuis bien des générations et je crois que j'aurais bien besoin de leur lumière pour me guider en cette matinée troublée. Savez vous où je pourrais me recueillir ? Et si ce n'est pas trop vous demander, m'accompagneriez vous ? Je crois que nous avons encore bien des choses à nous dire avant de nous quitter.
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Message Dim 6 Jan 2013 - 19:42

N'est pas qui veut dans la garde royale Ser Chevalier. Ne l'oubliez pas et je crains pour l'enfant que sa rêverie et sa passivité lui auront coûter son art du combat et ça aussi courageux soit-il. Mais en tout cas et comme vous le dites, il n'a d'autre choix que de faire de son mieux. Ainsi va sa vie et je crains que l'enfant n'en profitera jamais réellement.

La tristesse était dans chacun des mots du noble. Elle suintait, elle s'échappait par chaque syllabe, chaque mot, chaque phrase. Et qu'est ce que Gwayne pourrait y répondre ? Il ne le savait pas. Il aurait payé cher pour avoir l'éloquence et la répartie de feu son père, mais il était un bras et pas une bouche. Il se battait, il ne parlait pas. Que répondre à cet homme perdu ? Comment le soulager de son fardeau ? Quels mots choisir ? Gwayne ne le savait. Il avait pourtant profondément envie d'aider cet homme, il se reconnaissait en lui, il... Non, il ne se reconnaissait pas en lui, c'était bien plus triste que ça, ça l'affectait bien plus.
Il reconnaissait Kaeril en cet homme.
Son pauvre frère, qui n'aurait jamais dut diriger, il n'y avait pas été préparé, et il n'avait aucune des qualités requises. Pauvre Kaeril qui avait tué des civils dans les Terres de l'Ouest, commettant un grave crime de guerre. Gwayne ne lui en voulait pas, il s'en voulait à lui. Il aurait dut être présent, il aurait dut aider Kaeril à devenir un homme de bien. Mais il était parti à l'aventure, et son père n'ayant d'yeux que pour son fils aîné et héritier, il avait délaissé le cadet. Kaeril avait été seul, quel modèle lui avait on donné ? Quels conseils lui avait on prodigués ? Aucun. Il avait été seul quand Gwayne avait rejoint la Garde Royale, seul quand il était devenu Lord de Cordial, et il devait être seul sur le Mur, en ce moment même. Seul ? Ou peut être mort. On trouvait la canaille de la pire engeance sur le Mur, et si Kaeril n'était pas assez fort ? Pas assez fort pour résiter à ses "frères", au froid, et à les Sept seuls savent quelle menace d'Au Delà le Mur.
Quelle ironie que les deux frères de sang portaient désormais chacun une couleur différente, appelant "frère" des hommes avec qui ils n'avaient aucun lien de sang.

Le manteau blanc revint au présent, alors que le noble finit une phrase, apparemment soulagé. Il semblait moins abattu mais toujours aussi triste, tellement triste. Gwayne aurait voulu se montrer amical, compatissant, mais il n'avait jamais apprit, jamais sut montrer ce genre de chose. Il se hasarda à poser sa main sur l'épaule du noble d'une manière qui se voulait rassurante. Une manière de dire "vous n'êtes pas seul, je vous comprend". Gwayne ouvrit la bouche, la referma, l'ouvrit de nouveau, mais ne sut que dire. Finalement, le noble lui demanda une petite faveur, lui demandant où il pouvait se recueillir.
Il y avait le septuaire royal dans lequel Gwayne avait déjà accompagné des Targaryen, dans la grande cour, mais il était réservé aux dragons. Il y avait néanmoins un autre septuaire, plus petit et plus "intime", dans la cour extérieure.
Quant à accompagner le noble ? Pourquoi pas. Gwayne ressentait beaucoup de sympathie pour cet homme, et il compatissait vis à vis de sa tristesse.
Et, surtout, il voulait l'empêcher de devenir comme ce petit frère oublié qui avait très mal tourné.

"Je vous accompagnerai volontiers, milord... Milord ?"
Après tout, Gwayne ne savait même pas à qui il s'adressait. Peut être avait il entendu parler de cet homme. Il n'était pas du Val, car Gwayne connaissait à peu près tous les Lord de sa région natale. Son physique n'était absolument pas Dornien, et il ne pouvait être Nordien en vénérant les Sept. Gwayne se risqua à gager qu'il était un Lord des Terres de la Couronne, ou peut être de la périphérie des Terres de l'Orage.

"Le septuaire est par ici, suivez moi."
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Message Ven 18 Jan 2013 - 16:21

Il était bon de savoir qu'un homme pouvait au delà de vous écouter vous suivre et vous accompagner. Le garde royal avait en effet fini par accepter la demande du noble et c'est plutôt soulager que Heward se présenta sous le titre qui était le sien alors qu'il se mouvait enfin de l'ombre dans laquelle il s'était installé. Lord Solverre. Lord Heward Solverre de l'île de Dulceport.
Ce fut une des premières fois qu'il se présentait sous le terme qui était désormais le sien et voilà qui sonnait toujours aussi faux. Le seigneur de l'île, il n'y en avait toujours eu qu'un et il s'agissait de son père. Même aujourd'hui son esprit ne s'était pas habitué à ce changement si brutale d'une habitude pourtant confortable. A chaque fois s'était la même histoire. Que l'on parle ordres ou doléances, l'esprit d'Heward se bloquait quelques secondes, perdu dans les méandres d'un passé maintenant révolu mais, aux réflexes encore bien présents. Ainsi durant ces quelques petits laps de temps, la même rengaine apparaissait toujours. Une envie d'aider, de faire plaisir et la profonde conviction que dire « C'est à mon père de gérer ça. » suffirait à régler la chose.
Oui ça ne durerait que quelques instants qui passaient presque inaperçus. Mais ils étaient emplis d'une nostalgie certaine car, c'était bien à lui de s'occuper de ces dites affaires aujourd'hui.

Prier était important. Prier c'était délivrer son destin à ceux qui en avaient la maîtrise. C'était leur montrer la résignation et l'acceptation au sort qu'ils nous destinaient. C'était leur montrer toute la ferveur que l'on a pour eux. Ainsi si l'homme ne se bat plus et se laisse faire, si il est le digne représentant de ce qu'on attend de lui. Comment les Sept ne pourraient ils pas se pencher sur sa demande et lui apporter conseil ?
Les Dieux peuvent ils être ingrats ?
Questions sans réponse. Mais qui perdait la foi, perdait la raison. Voilà ce que l'enseignement Solverre lui avait insufflé. Silencieux pour un moment il commença à suivre le chevalier qui le guidait dans une cour à l'animation légère pour son importance. Quelques soldats, des entraînements par ci par là, des nobles, des dames de la cour et des fonctionnaires qui se croisaient et se recroisaient sans même forcément se connaître. Des vies éparpillés et qui ne faisaient que se rencontrer avec pour seul lien l'emprise des Sept sur eux. Qui aurait pu ne serait ce que bafouer cette vérité immuable. L'homme est sous l'emprise de force qu'il ne maîtrise pas et ses seules possibilités son des réactions de dernières minutes. On ne peut anticiper le destin. On ne peut connaître les volontés divines. Heward se questionnait sans arrêt sur ces faits, lui qui aimait tant savoir de quoi chaque secondes de sa vie retournait se sentait désemparé. Au moins autant qu'il avait accepté cette fatalité. Mais tant de réflexions ne demandaient elles pas un autre avis ? Il n'avait que rarement eu l'occasion d'en discuter. La religion est ancrée dans sa famille comme le vent l'est dans à la Nera et faire part de ce qui se présentait comme une simple curiosité, une simple envie de savoir ce que l'avenir réservait, aurait pu être comprise comme un doute tabou dans la vie d'un seigneur de l'étoile à sept branches. Mais encore une fois. Si cette homme avait pu entendre des doutes sans qu'il n'y est conséquence. Il pourrait sûrement entendre et comprendre cette simple position. Et puis le regard d'un chevalier, d'un homme sensé être l’apanage des Sept, ne pouvait être qu'intrigant pour le croyant qui avait vu sa ferveur grandir dans au sein de la noblesse et des écrits de septons, bien loin des devoirs d'un code de chevalerie qui traversait les âges.


Dites moi chevalier. A quoi pensez vous lorsque vous priez ?


Une question simple et courte. Formulée avec toute simplicité mais dans la réponse se devait sûrement d'être pesée et mesurée. Enfin Heward y aurait répondu avec parcimonie, il le savait. Mais d'ailleurs. N'était ce pas en soit même une erreur ? Un fervent ne devrait pas avoir à réfléchir et devrait répondre du tac au tac. Alors est ce que cela faisait il de lui un homme de doute ? Était ce pour ça qu'il avait l'impression que le sort s'acharnait sur lui ?
Peut être se posait il simplement trop de questions.
Quoi qu'il en soit, le moment venait maintenant au recueillement maintenant que, dans la cour extérieur, ils avaient enfin atteint le lieu de culte aux traits heptagonaux.
Un genoux à terre, Heward laissait son manteau aux teintes dorées traîner sur le sol avalant sans gêne dans les plis de fourrures la poussière d'un lieu délaissé à cette heure de la journée.
Une fois entrée, il n'avait même plus pensé au garde royal, un vieux réflexe sûrement. Ici même, il n'était plus que l'homme des Sept et rien – quoi que peut être Catelyn – n'aurait pu le faire déroger à cette habitude.
Calme voir serein. Les yeux clos. Il se remémora une prière de son père. Une prière Solverre qu'il avait déjà si souvent entendu et qu'il pourtant venait à peine de comprendre.


Père et Aïeule. Justice et sagesse, apprenez et enseignez. Inspirez et conseillez. Que les choix ne pèsent en rien sur sa vie. Que la décision soit juste et claire. Éloignez l'ombre de l'erreur et du doute de vos lumières ..
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Message Ven 1 Fév 2013 - 19:48

Lord Solverre. Lord Heward Solverre de l'île de Dulceport.

Gwayne ne connaissait pas tous les Lords des Sept Couronnes. Il connaissait les plus importants, les seigneurs suzerains et leurs plus puissants bannerets. Cela avait pour seule exception le Val que Gwayne connaissait bien pour y avoir vécu la moitié de sa vie. Il fut donc gêné de ne savoir que dire à ce lord Solverre dont il ne connaissait rien la veille. Il ne connaissait pas plus l'île de Dulceport qu'il n'avait jamais visité. Aussi, Gwayne resta coi, comme cela lui arrivait souvent. Les bavardages étaient loin d'être sa tasse de thé, tout comme l'étaient les intrigues et les belles paroles. Tout ce qu'il restait à faire à Gwayne Corbray, frère juré de la Garde Royale, c'était de se présenter.

"Enchanté milord. J'ai quant à moi l'honneur de porter le nom de Corbray, Gwayne Corbray."

Gwayne imaginait déjà ce que pensait le lord. Le "héros" du champ d'Herberouge, le porteur de Dame Affliction, un chevalier célèbre. Plutôt le vaincu du champ d'Herberouge, le porteur d'une épée qu'il ne méritait pas, un chevalier dont la renommée était à ses yeux totalement imméritée. Mais que pouvait il dire ? Aucun de ses mots ne suffisait jamais, il était condamné à être considéré comme l'un des instruments de la victoire sur Daemon Feunoyr premier du nom. C'était dur à assumer, c'était humiliant, mais il n'avait d'autre choix. Il devait porter cette foutue réputation, ce fichu prestige.

Alors que les deux hommes se mettaient en route pour le septuaire, Lord Heward Solverre posa une question en apparence anodine à Gwayne, mais une question qui remuait beaucoup de chose chez le chevalier au manteau blanc. A quoi pensait il quand il priait ? Gwayne n'eut pas besoin de réfléchir énormément. Il priait le Père et le Guerrier, très souvent. Il demandait au guerrier de le rendre brave, il lui demandait de maintenir son bras fort et de repousser les effets de l'âge. Pas les annuler, mais repousser. Gwayne ne voulait pas devenir un vieillard décrépit, une nuisance pour la famille royale et ses frères jurés. Déjà à quarante et un ans, il n'était plus aussi vif et fort que dans sa prime jeunesse. Il restait l'un des meilleurs, oui, mais pour combien de temps ?
Et plus que le Guerrier, Gwayne priait le Père, lui demandant de le guider, lui demandant de lui montrer la voix. Il l'avait particulièrement prié quand il avait apprit que son frère Kaeril avait été dépouillé de ses titres et envoyé au Mur. Plus que le Père, il parlait à SON père. Le voyait il ? Le jugeait il ? Ô comme il devait être déçu de son fils qui n'avait pas levé un doigt pour sauver son frère. Il devait l'être autant que quand Gwayne avait prit le blanc. Les morts pouvaient ils pleurer ? Si c'était le cas, son père le faisait sans doute en regardant ce qu'il avait laissé derrière lui. La lignée sortie du creux de ses reins allait s'éteindre, ses fils mourraient sans être des pères. Ô comme il devait être triste, comme il devait être affligé.

"Je prie pour la force et le courage. Je prie pour le pardon et la miséricorde. Je prie pour le Roi et pour mon frère. Je demande au Guerrier la force d'assumer mon rôle et à l'Aïeule d'éclairer mon chemin. Je regarde l’Étranger du coin de l’œil et lui demande que ma mort vienne au combat. J'observe le Ferrant et lui demande que jamais mon armure ne cède. Je regarde la Jouvencelle et je pense à la fille que j'aurai pu avoir, à l'épouse que j'aurai pu trouver. Enfin, je regarde la Mère, et je regarde le Père. J'y vois mes propres parents et je leur demande le pardon."

Pour une fois, Gwayne Corbray n'était pas avare de paroles, les mots étaient venus du tac au tac, comme cela se devait. Il était pieux, comme son père le lui avait apprit, et cela se sentait. Chacun de ses mots étaient emplis d'une ferveur certaine, et quiconque aurait démenti sa foi aurait fait sortir Dame Affliction de son doux fourreau.

Le septuaire était vide, aussi les pas des deux hommes résonnaient dans le bâtiment. Heward Solverre posa un genou à terre alors que Gwayne Corbray plia ses deux jambes et tomba des deux genoux sur le sol. Sa cape blanche trainait dans la poussière, mais ce n'était rien de grave, les Dieux appréciaient l'humilité.

Père et Aïeule. Justice et sagesse, apprenez et enseignez. Inspirez et conseillez. Que les choix ne pèsent en rien sur sa vie. Que la décision soit juste et claire. Éloignez l'ombre de l'erreur et du doute de vos lumières ...

Cette prière était connue de Gwayne, son père la lui avait enseigné des années auparavant, il y a tellement longtemps.

"Ferrant et Guerrier. Marteau et épée. Trempez nos épées dans l'acier et aider nous à les tremper dans le sang de nos ennemis. Donnez nous la force. "
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