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Un grand projet [Ann Kenning]

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Morgan Kenning
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Le Bouclier du Loup.



Seigneur de Kayce.

♦ Missives : 294
♦ Missives Aventure : 43
♦ Age : 26
♦ Date de Naissance : 24/07/1991
♦ Arrivée à Westeros : 28/06/2012
♦ Célébrité : Santiago Cabrera
♦ Copyright : Helya
♦ Doublons : Even Corbray, Corwin Rogers, Kealan du Rouvre
♦ Age du Personnage : 25 ans
♦ Mariage : Alyn Kenning, née Lydden
♦ Lieu : Kayce, Terres de l'Ouest
♦ Liens Utiles :
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Message Lun 10 Déc 2012 - 0:30

Le temps s'était couvert alors que le convoi des Kenning faisait route vers Kayce. De gros nuages gris s'étaient accumulés dans le ciel, assombrissant quelque peu la journée, et le vent marin était devenu plus fort et plus vif. Finalement, quelques gouttes s'étaient mises à tomber, prélude à une averse qui ne tarda pas à se déverser sur les voyageurs. Bien que malgré leurs capes de voyage, ils ne tardèrent pas à se retrouver trempés, l'humeur de Morgan ne s'assombrissait pas. Son cœur était enflammé par la perspective de monter enfin une ligne de défense satisfaisante contre les pillards Fer-nés, et rempli de la joie d'avoir réussi à arracher à Fedric la promesse de venir lui rendre visite. Il sortirait au moins de son trou pour reprendre contact avec le monde, et son projet se concrétiserait peut-être, avec l'aide des Sept. Il allait encore devoir en parler à sa sœur, évidemment, pour qu'enfin la chose soit dite, et il s'y attellerait dès son retour. Satisfait, il rentra la tête dans les épaules pour protéger son cou des baisers humides et piquant de la pluie, chevauchant en tête. Bientôt, le chemin devint un désagréable bourbier. Grim pataugeait dans la tourbe pour suivre le rythme des chevaux, et son maître eut pitié de lui. Toutefois, il ne voyait pas de meilleure solution que celle-ci, à part peut-être le ligoter et le jeter comme un balluchon sur le dos d'un des chevaux de bât. De temps à autres, le jeune homme jetait un œil par-dessus son épaule pour vérifier que tout allait bien dans la litière où se trouvaient sa femme et son fils. Ils faisaient en sorte de ménager Alyn pour éviter que l'accouchement ne se déclenche malencontreusement au beau milieu de la route si elle était trop secouée. Mais apparemment, mis à part le temps désagréable, tout semblait aller pour le mieux.

Ils atteignirent Kayce dans l'après-midi. La pluie les avait poursuivi une bonne partie du voyage, mais à l'arrivée sur leur fief elle avait cessé, et le soleil faisait même quelques timides apparitions entre les nuages. Une relative grisaille persistait, mais c'était toujours plus agréable que le déluge précédent. Pour le seigneur des lieux, retrouver ses terres était d'autant plus doux, bien qu'il ne soit pas parti bien loin ni bien longtemps. Même s'ils ne devaient pas avoir fière allure, les habitants qu'ils croisaient sur la route les saluaient avec respect. En dépit de leurs vêtements détrempés, de leurs chevaux au pelage dégoulinant et crottés et du chien-loup recouvert d'une copieuse couche de boue, les couleurs des Kenning étaient encore visibles.
Le château ne tarda plus à être en vue, et même leurs montures fatiguée tirèrent sur les rênes en allongeant l'encolure pour accélérer plus facilement l'allure. On les laissa entrer sans peine dans la forteresse, et à peine furent-ils tous arrivés dans la cour que déjà un comité d'accueil était présent. Les garçons d'écurie se saisirent des rênes des chevaux pendant que les cavaliers mettaient pied à terre. Les bêtes avaient bien mérité repos, fourrage et pansage. Les hommes n'aspiraient pas à autre chose qu'un repas chaud, des vêtements secs et une bonne nuit de sommeil. Tandis que chacun s'en allait vaquer à ses occupations, lady Lliane, la mère de Morgan, apparut à l'entrée du château en compagnie de mestre Weran. Elle s'approcha de son fils qui aidait Alyn et Eoin à descendre de la litière, un sourire aux lèvres, et les accueillit avec chaleur.


« Bienvenue chez vous. Avez-vous fait bon voyage? La visite a-t-elle été concluante ?

- Je pense qu'on peut le dire, mère. Mais je vais vous raconter tout cela en détail quand nous serons à l'intérieur dans des vêtements plus chauds, et surtout secs. Ann n'est pas là ?

Sa mère leva les yeux au ciel d'un air fataliste.

- Elle a occupé sa place comme elle le devait, si telle est ta question. En revanche, je suppose qu'elle doit vaquer à ses occupations et qu'elle est trop absorbée pour se rendre compte de votre arrivée.

Offrant son bras à son épouse pour la soutenir, il prit le chemin des grandes portes d'entrée en compagnie de son frère, de lady Lliane, de son fils et de mestre Weran. Eoin, qui s'était ennuyé fermement pendant ce voyage déprimant, enfermé dans la litière, débordait littéralement d'énergie. Il était sans doute le seul. A peine le seigneur des lieux arrivé dans le hall du château, des serviteurs vinrent se présenter à lui. Il leur donna ses ordres sans attendre : faire couler un bain à son épouse et à lui-même, préparer une collation pour les requinquer après le voyage, laver et brosser Grim. Le maître de chenil était le seul en dehors de lui à pouvoir s'acquitter de cette tâche, et le chien-loup en avait bien besoin. Se tournant vers son épouse, le jeune homme l'enveloppa d'un regard soucieux.

- Comment te sens-tu ?

- Simplement extrêmement fatiguée. Je crois que je vais devoir m'allonger après avoir pris un bain et mangé quelque chose.

- Naturellement. Mestre Weran, pourriez-vous vérifier que tout est en ordre ? Je ne voudrai pas qu'il leur arrive quelque chose.

- Bien entendu, Monseigneur.

Le mestre s'inclina devant lui, tandis qu'il faisait un baisemain à Alyn avant de la laisser monter en compagnie de ses suivantes venues la chercher. Eoin la suivit avec sa nourrice, et Morgan prit lui-même congé de sa mère le temps d'aller faire un brin de toilette.
Il la retrouva par la suite autour d'une collation avec Keylan et Eoin, sa femme ayant préféré se la faire apporter dans la chambre matrimoniale pour s'allonger et se reposer dès que possible. Il ne s'en était pas inquiété, mestre Weran l'ayant rassuré quant à son état. Quant à son fils, qui semblait avoir toujours beaucoup d'énergie, ce qui permit de lui planifier quelques leçons. Une fois l'estomac plein, Morgan partit en quête de sa sœur qui ne s'était toujours pas montrée. Il avait dans l'idée qu'il saurait où la trouver, et il se dirigea sans hésiter vers les écuries, flanqué de Grim dont le pelage à présent débarrassé de la boue et brossé un minimum pour le rendre présentable avait bien meilleure allure. Parvenu aux écuries, il se dirigea vers le box du cheval d'Ann, et ce fut non sans un sourire satisfait aux lèvres qu'il la trouva en train d'étriller et de panser l'animal elle-même. Il la connaissait tellement bien... Il toussota pour attirer son attention et lui offrit un sourire amusé alors qu'elle se retournait vers lui, sans doute auparavant trop absorbée par sa tâche pour le remarquer.


- Cet animal serait-il plus important à tes yeux que le retour de ton frère bien-aimé dans son château ?

Il s'accouda à la porte du box, se disant que ce ne serait pas le meilleur lieu pour lui parler de son projet matrimonial. La jeune femme n'était pas dans son meilleur jour non plus : elle portait une tenue simple et pratique, qui sans pouvoir être portée par le dernier des palefreniers n'était toutefois pas exactement digne de son rang, et elle était couverte de poussière en certains endroits, sans oublier la paille qui s'était accrochée à ses cheveux. Mais au moins la trouvait-il égale à elle-même, car s'il l'avait retrouvée pomponnée et en belle robe digne d'une femme du Bief, il aurait sans doute été plus que surpris. Bien que sa mère l'ait déjà amplement renseigné sur le sujet, il s'enquit l'air de rien des dernières nouvelles du fief.

- Tout s'est bien passé en mon absence ? »



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Message Lun 10 Déc 2012 - 3:29


Le soleil venait à peine de percer l'horizon que Mère était déjà entrain d'ouvrir les rideaux de ma chambre d'un geste brusque pour faire résonner les tringles de la fenêtre. « Debout, Ann ! Je te l'ai déjà dit des milliers de fois ! Une dame se lève en même temps que le soleil » Je grogne dans ma barbe inexistante et me retourne dans mes draps, désireuse d'y rester emmitouflée. C'est bien là les seuls amants que je tolère, mon lit est mon plus grand amoureux à qui je jure fidélité. « Ann Kenning ! » J'ouvre un oeil et frotte l'autre avec un air endormi qui exaspère Mère. « Je suis debout, je suis debout » Son soupire résonne dans ma chambre alors qu'elle s'évertue à tirer mes couvertures ! « Tu es désespérante ! Tu n'es plus une enfant, Ann et bientôt tu seras l'épouse d'un Seigneur ! Quelle honte sur notre famille si tu te conduis ainsi une fois mariée » Je me laisse retomber sur mon oreiller comme pour montrer rébellion mais en sourdine. J'enfonce mon visage dans un cousin étouffant ainsi les mots que je sors malgré moi « Bah … je n'ai qu'à pas me marier ! Problème résolu ! » Mère a cependant une bonne ouïe pour son âge et même si elle le saisit pas tous mes mots, elle sait très bien de quoi il en retourne. C'est sans étonnement qu'elle m'arrache l'édredon des mains et m'incite me lever en me tirant par l'oreille comme pour me l'arracher. « Tu te marieras, que tu le veuille ou non ! Si tu persiste à prendre ce chemin, je donnerai ton cheval à l'écuyer qui le vendra à qui le veut bien pour une bouchée de pain ! Est-ce clair ? … Ann, je n'entends pas ! » Gorgée d'orgueil, je répond du bout des lèvres avec mauvaise foi « Oui, Mère » « Maintenant, prépare toi ! Tu as du travail sur les bras aujourd'hui » Elle me pousse sans douceur vers la bassine d'eau avant de se saisir de mon arc long sans me laisser le temps de protester « Je te le confisque jusqu'à nouvel ordre ! Tâche de réfléchir à ton comportement inadmissible » Mère tourne les talons alors que je la singe face à mon miroir. Ce n'est pas à un vieux singe qu'on apprend à faire des grimaces, sa voix ne tarde pas à s'élever du couloir, Mère me connaît que trop bien « Tu seras privée de dessert pendant une semaine et tu broderas trois mouchoirs que je veux pour midi sans faute ! Il manque un mouchoir, tu seras privée de ton cheval » Me priver de mon arc, j'ai connu mais Mère ne m'a encore jamais privée de Kränn, ma seule source d'évasion et de liberté ! L'équitation est ce que je préfère par dessus tout. Je soupire et vais dans son sens, pas le choix ! J'enfile une robe, fait l'effort de nouer mes cheveux en une large natte et prend le chemin de la grande salle où Mère m'y attend. Petit déjeuner sur le pouce avec remarques en fond sonore « Ton coude ! … Ann ! Tu es trop courbée ! Mange plus doucement ! Mais mâche par les Sept ! On dirait que t'avale tout rond ! … La serviette ? C'est pour les chiens ? Etc... » Bien entendu, je sais me tenir à table, disons que j'avais envie de la taquiner un peu au risque de me prendre une énième punition. Après tout, une de plus ou une de moins, qu'est ce que ça change … Le petit déjeuner englouti, je vague à mes tâches que je connais par coeur. Inspection de chaque pièce de Kayce, que chaque chose soit à leur place, tirée à quatre épingles. Vérification de nos réserves de nourriture, que chaque servants et servantes fassent ce qu'ils doivent faire. Ma ronde terminée et mes affaires réglées, je m'enferme dans ma chambre avec ma suivante, Prisca. Elle sort de quoi broder alors que je la regarde sans un mot, avec une idée derrière la tête. « Tu broderas avec moi ? Mère ne verra pas la différence ! » Prisca secoue la tête mais après argument sur argument, je gagne la partie. A deux, les broderies se brodent plus vite alors que le soleil continue son ascension lentement. Midi, les broderies faites et montrées à Mère qui semble satisfaite, déjeuner avalé, je sors enfin de Kayce, ravie de sortir de ses murs bien que j'aime notre château. Je prend le temps tout de même avant de troquer ma robe élégante contre une tenue plus simple et surtout pratique. J'enfile ma cape, retrousse la capuche sur mon visage et part retrouver Kränn. Pas une, pas deux, je sangle ma selle et part directement au grand galop, grisée par la vitesse et l'air sur mon visage. Le temps est couvert, la pluie a cessé et malgré un soleil timide omniprésent, la boue est encore bien et bel là à virevolter partout. Peu importe si elle élit domicile sur mes vêtements, c'est le cadet de mes soucis ! Après avoir gambader ici et là pendant quelques heures, je décide de retourner vers Kayce afin de m'occuper de mon cheval. Une fois dans son box, mon pied se coince dans l'étrier et je chute dans la paille en voulant descendre. Aïe. Je me redresse aussitôt, rire aux lèvres sans prendre le temps de m'épousseter. L'écuyer passe alors que je m'attèle à brosser Kränn. « Laissez Lady Ann, je vais m'en charger ! » Je l'arrête d'une main « Non ça ira, Ed ! Je vais m'en occuper moi-même, merci » Il secoue la tête comme si je venais de parler dans une langue étrangère et part en marmonnant pour lui-même qu'une femme de mon rang doit être dans un petit salon et non dans un box qui sent le crottin. J'hausse les épaules, des moqueries j'en ai déjà eu, bon pas tant que ça vu la place que j'occupe à Kayce mais certaines langues n'ont peur de rien. Un raclement de gorge se fait entendre derrière moi, je soupire en me redressant lentement. « J'ai dit que je voulais m'en occuper moi-même, c'est pas compliqué à comprendre ! Qu'on me laisse tranqui... » Je m'arrête aussitôt de parler quand je m'aperçois qu'en face de moi se trouve Morgan et non je ne sais quel écuyer ! La réaction première est de lâcher ce que j'ai dans les mains pour me ruer vers lui tellement la joie de le voir m'envahit. Je m'arrête brusquement me souvenant de ma tenue peu appropriée, encore moins pour le prendre dans mes bras et me plante devant lui, les bras croisés derrière le dos. « Non ! Bien sûr que non, mon cher frère ! Je suis contente de te voir ! » Mon visage s'illumine d'un sourire alors que je le fixe, contente de le savoir parmi nous à nouveau ! L'homme en face de moi est mon grand frère mais aussi le Seigneur de Kayce alors je prend la peine de secouer la poussière de ma tenue ainsi qu'ôter les brins de paille qui se sont retrouvés piéger dans ma chevelure. « Bien entendu ! Tu parle à une Kenning, je te signale ! » Je rigole doucement avant de reprendre mon sérieux. « Oui, t'en fais pas. Tout s'est bien passé sans aucun soucis ! Mère m'a laissé gérer seule cette fois-ci et je m'en suis bien sortie ! Tu pourras le lui demander » J'affiche un sourire satisfait, fière d'avoir su gérer Kayce en son absence en espérant qu'il soit aussi fier de moi. « Tu as fait bon voyage ? » L'envie de poser des questions sur Fedric me prend mais je préfère le silence au vu de mon intuition qui me porte à croire que la visite de mon frère à Feux-de-Joie n'était pas uniquement pour visiter un ami ou parler stratégie de guerre. Je soupçonne depuis un petit temps Morgan de vouloir lier nos deux familles en m'offrant à Fedric en tant qu'épouse. Cette pensée me perturbe d'autant plus que j'ai grandi avec Fedric au même titre que mes frères. Je ne l'ai jamais vu autrement que comme un ami, un ami très cher. Finalement, je cède à la curiosité « Comment se porte … notre ami ? » Terme bien choisi pour appuyer le faite que je ne le vois pas autrement et que peut-être, je ne désire pas le voir autrement.
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Morgan Kenning
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Message Mer 12 Déc 2012 - 15:56

Morgan écouta la réponse de sa sœur avec un sourire amusé aux lèvres. De la main, il claqua la croupe du cheval d'Ann, provoquant l'envolée d'un nuage de poussière sablonneuse. Il toussota légèrement en chassant de la main les particules importunes, puis il posa son regard sombre sur sa cadette, taquin.

« C'est donc ça qui te retenait au lieu de venir me saluer. Tu étais encore partie par monts et par vaux... Sa croupe est encore poussiéreuse, si tu n'es pas capable de mieux le panser, autant laisser les palefreniers le faire.

Il rit, se contentant de l'embêter gentiment. Néanmoins, la savoir seule au dehors ne le tranquillisait plus autant qu'auparavant, dans le contexte actuel. Il aurait préféré la voir accompagnée d'une garde suffisante pour assurer sa protection. Il ne doutait en rien de ses capacités, mais il ne savait pas ce qu'il ferait si un Fer-né mettait la main sur elle. Ce serait un moyen de pression considérable sur son fief alors qu'il tentait justement de monter une résistance conséquente... Et l'idée de la voir enlevée et traitée ensuite comme une femme-sel le hérissait proprement. Bien qu'une voix amusée au fond de lui lui soufflait que tous ne seraient pas capables de supporter un tel caractère de feu, et qu'on risquait de la lui renvoyer par le prochain boutre avec des présents pour qu'il daigne la reprendre. Cette pensée manqua de le faire éclater de rire malgré son inquiétude réelle à ce sujet, et il cessa d'y penser pour répondre plutôt à la question de sa sœur.

- Le voyage s'est bien passé, oui, si ce n'est que l'on a eu un temps exécrable tout au long du trajet, jusqu'à Kayce. Nous avons dû faire doucement, avec l'état d'Alyn... Si elle avait accouché en plein milieu de la route, sans mestre Weran, nous aurions eu l'air malins ! Mais à part la fatigue, elle va bien. Je pense que la délivrance viendra bientôt. Eoin s'est ennuyé à mourir par contre, enfermé dans la litière. Il déborde encore d'énergie. Quant à Keylan, tu l'as peut-être vu passer. Il veut encore s'entraîner malgré le voyage. Je crois qu'il s'est mis en tête de participer prochainement à quelques tournois...

Au début de son mariage, le jeune homme avait craint que son épouse et Ann ne s'entendent mal. Elles avaient toutes deux des caractères extrêmement différents. Là où Alyn était posée, réfléchie et docile, sa sœur était impétueuse, parfois rebelle. Pourtant, les choses s'étaient bien passées, et il semblait que les contraires pouvaient finalement s'attirer. Par chance, la famille Kenning était extrêmement unie, une force qu'ils devaient exploiter au mieux pour faire face aux menaces qui pesaient sur leur fief.
Quand arriva la question qui portait sur Fedric, le seigneur de Kayce mit un temps avant de répondre. La façon dont elle avait formulé sa demande laissait entendre qu'elle se doutait de quelque chose. Morgan n'en fut guère étonné, toutefois il ne savait pas si les écuries étaient l'endroit le plus indiqué pour parler de choses sérieuses ou intimes. Il y avait beaucoup d'oreilles qui traînaient, et comme tous les serviteurs, les palefreniers avaient la langue bien pendue, toute disposée à colporter des ragots... Or, il ne tenait pas à ce que l'affaire s'ébruite, pas encore. Sa mère était au courant de son projet, et elle l'avait tu à sa demande, pour des raisons évidentes. Dans un premier temps, il ne se mouilla pas.

- Tu sais comment est Fedric. Depuis le drame qu'il a vécu, il est prostré dans sa solitude et muré dans son désir de mettre à bas les Fer-nés. Je ne vais pas l'en blâmer, mais s'il continue dans cette voie, il va gâcher toute sa vie, et provoquer la ruine de sa maison. Il vit comme un ascète, de crainte de quitter sa forteresse et de ne pas pouvoir prévenir une éventuelle attaque. Tout cela depuis ce qui est arrivé à Port-Lannis... En dehors de cela, il va bien : c'est une force de la nature, il l'a toujours été. Mais le voir aussi sombre me pèse. Son château est tout à son image : froid, austère. Il faut arriver à le faire sortir de son trou pour retrouver un peu de celui qu'il est réellement.

Sans trop savoir pourquoi, il tut le fait qu'il avait réussi à arracher à son ami la promesse de venir en visite à Kayce. Fedric lui avait demandé de ne pas en parler à Ann, pour une raison qui lui échappait, et il respecta donc cette volonté. Cela ne lui semblait pas pouvoir faire grand mal. Une lueur féroce dans le regard, il enchaîna sur le projet qu'ils avaient mis sur pied.

- En tout cas, cette visite fut fructueuse. Nous avons mis sur pied une ébauche de plan de défense contre les pillards fer-nés, qui devraient leur faire regarder à deux fois avant de s'en prendre à nous. Dès que mestre Weran se sera assuré de la bonne santé d'Alyn, je le ferai travailler sur les plans, conjointement avec le mestre de Feux-de-Joie. Pour le moment, c'est encore à peaufiner, mais l'idée principale serait d'échouer les boutres sur des pieux dissimulés à fleur d'eau. Ca, plus des feux d'alarme répartis sur le territoire afin de prévenir de loin d'une attaque, et de pouvoir réunir rapidement des troupes pour riposter.

Il savait que c'était très loin d'être gagné, et qu'il devrait gagner de nombreux seigneurs à son projet. L'essentiel était d'obtenir l'appui de lord Tybolt Lannister, s'il voulait que le dispositif s'étende à travers tout l'Ouest. Rien ne l'empêchait de le faire dans son propre fief, ni Fedric dans le sien, mais cela en diminuerait nettement l'efficacité s'ils étaient les seuls à exécuter ce plan. Au moins, leurs domaines seraient mieux préservés, mais sans aucune garantie pour les terres voisines ou les villes comme Port-Lannis...
Jetant un regard circulaire autour de lui, en ayant passé la tête hors de la stalle, il chercha d'éventuels palefreniers qui pouvaient se montrer indiscrets. S'il voulait aborder le sujet délicat avec Ann, il voulait le faire en privé. Et il savait que nul n'oserait braver ses ordres : il était un seigneur juste et bon, mais sévère avec ceux qui transgressaient ses commandements. De fait, il était aimé pour cela, comme son père avant lui, et cette inclination naturelle des serviteurs à son égard lui rendait la vie quotidienne bien plus facile. Repérant quelques garçons d'écurie, il les héla.


- Laissez-nous seuls, vous tous.

Il les regarda quitter leur travail pour sortir dans la cour où ils auraient sans doute également à faire. On y entendait sonner le marteau du maréchal ferrant, occupé à parer et ferrer les sabots de quelques destriers. Leur départ fut suivi par le regard intense de Grim, ce qui pouvait sembler dissuasif pour quelqu'un qui jetait un œil par-dessus son épaule. Une fois au calme et en privé, Morgan se tourna à nouveau vers sa cadette et prit une profonde inspiration.

- Ann, je sais que cela risque de ne pas te plaire. Je connais ta position au sujet du mariage, mais tu dois savoir que c'est le rôle qui te revient depuis ta naissance. Je n'ai pas de fille, et même si Alyn en met prochainement une au monde, le temps passera largement avant que je puisse la donner en mariage. Tu es la seule qui puisse me permettre de nouer une alliance durable en ces temps troubles. J'ai longuement réfléchi, car même si le côté politique est primordial, j'aimerai te donner à un époux qui te mérite et qui te rendra heureuse. Finalement, mon choix s'est arrêté sur quelqu'un que tu connais bien. La tâche ne sera pas aisée, mais j'aimerai te voir épouser Fedric. Sans épouse ni descendance, sa lignée va s'éteindre avec lui, et en ces temps de guerre qui couve avec les Îles de Fer, il risque, comme nous tous, de périr au combat. Ce mariage permettrait à notre amitié déjà forte de se consolider encore, et à nos deux fiefs de devenir plus forts et unis que jamais. Même s'il ne veut pas entendre parler de cela, je suis sûr qu'il finira par entendre raison. Et c'est un homme bon, juste et fort, qui te traitera le mieux du monde. »

Il se tut, guettant sa réaction. Il lui faisait encore une vraie fleur en discutant de cela avec elle. Car le fait était qu'elle n'avait pas le choix. S'il arrêtait sa décision sur quelque homme que ce soit et entamait les tractations, elle devrait se plier à son choix. Toutefois, il préférait ne pas lui jeter un fait ferme et définitif au visage, et en parler au préalable avec elle. En espérant qu'elle comprendrait...



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Message Mer 30 Jan 2013 - 9:07


Qu'il était bon de revoir mon frère, de pouvoir le voir en chair et en os en face de moi. Il est clair que je le préfère ici avec moi qu'ailleurs je ne sais où, même si je sais que ces absences sont nécessaires et ne sont certainement pas des vacances. Mon neveux et ma belle-soeur s'étaient joints à son absence et je dois dire que derrière eux, ils ont laissé un bien grand vide. Bon j'avoue aussi que je n'ai pas trainé pour trouver de quoi m'occuper quand je pouvais échapper à la surveillance de Mère. Cependant, malgré ma joie de voir mon frère de retour parmi nous, je ne pouvais m'empêcher d'avoir une certaine réticence à ce retour bien que ce ressentis me laisse un goût de culpabilité dans la gorge. Quelle horrible soeur suis-je de penser ainsi mais c'est plus fort que moi ! Je sais bien que le temps passe et qu'une union devient de plus en plus inévitable sans aucun moyen de se défiler. Je ne peux plus reculer devant le devoir, le mien. Mère ne cesse de le répéter mais elle ne peut rien faire sans l'accord de mon frère, nous gérons peut-être Kayce en l'absence de Morgan mais il reste celui qui prend les décisions ici, les grandes décisions et mon mariage en est une. Si je pouvais en décider de moi-même, cela serait parfait, tellement ! Mais non, je n'en ai pas le pouvoir, aucune femme ne l'a sauf si elle n'a aucun scrupule à apporter sur le nom de sa famille la honte et se draper dans la médiocrité. Mes mains se portent à mon visage pour protéger mes yeux de l'envolée de poussière provoquée par mon très cher frère, rien qu'à voir son regard, je sens venir la réplique cinglante … et elle ne tarde pas à venir. Mes bras se croisent sur ma poitrine alors que je plisse le nez comme pour répondre à sa taquinerie. Il y a quelque années, je lui aurais envoyé une poignée de foin à la figure, geste qui aurait finit dans une bataille dans le foin très certainement mais les choses sont différentes maintenant. Je ne peux m'empêcher de me dire que vieillir n'est pas une si bonne chose finalement. Plus les lunes défilent et plus les choses changent, les responsabilités grandissent.

« Serais-tu jaloux que je m'occupe de mon cheval plutôt que venir t'embrasser, cher frère ? » Simple boutade car il est certain que mon frère passe avant mon cheval même si j'affectionne particulièrement Kränn. Trêve de plaisanterie, il répond à mes questions, réponses que j'écoute attentivement en passant la main sur la croupe de Kränn. Un léger rire s'échappe de ma gorge alors qu'un sourire prend possession de mon visage rien qu'à imaginer mon cher neveu s'ennuyer à mourir dans la litière et tenter de trouver une quelconque occupation. Je le plains, je crois que je n'aurais pas supporter. « Eh bien ! Heureusement que je n'étais pas du voyage ! Eoin et moi, nous aurions été infernaux pour chercher un moyen de se divertir ! J'irai voir Alyn dès que j'aurais changé de tenue en espérant croiser Keylan, je dois le battre au tir à l'arc et ça doit passer avant ses tournois ! C'est bien dommage qu'une Lady ne puisse pas y participer » Ma tête des mauvais jours voile un court moment mon visage avant de reprendre une teinte plus neutre, quoiqu'un peu teintée de tristesse au vu du récit à propos de Fedric. Mon regard se perd sur la crinière de Kränn où je laisse mes doigts vaguer tout comme mes pensées. « Pauvre Fedric ! Tu aurais dû le ramener avec toi de force, quitte à l'attacher de force derrière ton cortège ! Je l'aurais fait si j'étais venue ! Venir à Kayce lui ferait peut-être du bien et ce n'est pas comme si c'était à des semaines de route de Feux-de-Joie mais bon … tu as raison ! Il est fort et solide ! Ca ira … en tout cas j'espère ! » Reprenant mon frère en ligne de mire du regard, je l'écoute me conter sa stratégie de défense tout en hochant la tête d'un air entendu. L'avis d'une femme ne compte certainement pas et on n'a que faire de mon aval mais qu'en ai-je à faire ? Je montre ainsi mon soutien à mon frère, je trouve par ailleurs les idées citées fort intéressantes ! « Ca devrait les faire reprendre le large aussitôt à ces merdailles ! Ils apprendront ainsi qu'on ne s'attaque pas aux Terres de l'Ouest impunément ! » Mère n'est pas dans les parages pour corriger mon dialecte et mon frère ne me remontrera sûrement pas les bretelles pour un juron surtout pour parler de ses pouilleux de fer-nés. Cependant, je me mets à douter de ce point quand il exige aux palefreniers de nous laisser seuls.

A peine a-t-il prononcé sa première phrase, je devine déjà de quoi il veut me parler et ce n'est certainement pas pour me corriger mon dialecte, j'aurais préféré ceci dit. Me renfrognant au mot mariage, je me baisse pour m'accroupir et faire signe à Grim de me rejoindre. Cherchant par ce geste à montrer une sorte de désinvolture à Morgan, comme si je n'écoutais pas un mot de ce qu'il disait, de faire mon entêtée. Pourtant, j'écoutais chacun de ses mots et je me raidis quand il prononce à voix haute ce que je soupçonnais depuis quelque temps : m'unir à Fedric. Mon attention se perd et Grim a le temps d'attraper mes doigts dans sa gueule pour les mordiller. Fedric et moi ? Insensé ! Impossible ! Mon visage se lève par réflexe vers celui de mon frère alors que je retire ma main de la gueule de Grim d'un geste sec. Pleine de révolte, je me redresse, la tête haute. « Qu'as-tu dit ? Je n'ai pas compris un mot de ce que tu as dit ! Je n'ai entendu que bla bla bla bla et bla bla bla ! » Je me mords instinctivement la lèvre inférieure sachant pertinemment que je suis peut-être aller trop loin et que je viens de manquer outrageusement de respect envers mon frère mais je ne porte pas un once de regret sur le visage comme pour me sauver la face. Peut-être aussi pour montrer que quelque part, je ne rejoins pas son idée du tout. Un soupir sort de ma gorge alors que je recule, bras croisés sur ma poitrine à nouveau, comme sur la défensive. « Tu as effectivement raison. Cela ne me plait pas, pas du tout ! Bien que j'apprécie le faite que tu m'en parle car tu n'es pas obligé de le faire, c'est un geste noble de ta part que de tenter de me choisir un époux qui pourrait me rendre heureuse mais je ne pense pas qu'il existe un tel homme. Je me doutais bien que tu avais cette idée derrière la tête, j'espérais juste que ce n'était que du vent mais voilà que tu me confirme ce que je pensais. » Je secoue la tête à la négative avant de passer une main sur la peau de Kränn pour le délester de la poussière restante. Geste pour me permettre de trouver mes mots, trouver de quoi me défendre et éloigner cette idée ou bien la retarder tout en sachant que je ne peux plus y échapper. « Vois-tu, même Fedric est contre cette proposition donc il estime aussi que c'est une mauvaise idée ! Je ne doute pas un instant que c'est un homme bon ni que c'est un bon époux, j'ai pu le constater avec sa jadis épouse, paix à son âme … Mais, Morgan … c'est Fedric ! J'ai grandis avec lui, c'est un ami, presque comme un frère ! C'est … C'est comme si tu voulais que j'épouse Keylan » Bon ok, je poussais le vice un peu loin, je dois l'admettre mais je sortirais n'importe quel argument si cela peut retarder une promesse d'union. Je sais que je fais preuve d'un égoïsme présentement mais je ne peux tout simplement pas m'y plier, c'est plus fort que moi. « Je ne suis pas encore prête à me marier ! Morgan, s'il te plaît ! Laisse-moi du temps ! Pitié ! » Les jérémiades n'y changeront certainement rien mais la fin justifie les moyens et si je peux jouer sur l'affection qu'il éprouve pour moi … eh bien tentons le tout pour le tout ! « Je sais que c'est mon devoir mais … nous sommes déjà tous unis pour la même cause que ce soit avec Fedric ou un autre seigneur. Si des fer-nés nous attaquent, nos autres voisins viendront nous porter main forte ! Ils ne laisseront pas un fer-né toucher nos précieuses terres ! Un mariage ne change rien à cela ! » C'était puéril de ma part, je le sais bien ! Surtout qu'un refus de mariage pourrait nous porter préjudice si un Seigneur se décide à nous tourner le dos. Puis ce n'est pas comme si mon frère a eu le choix à la mort de notre père, il n'a pas pu demander d'avoir du temps afin se préparer à reprendre le flambeau, je me montrais injuste, je le sais bien. C'est sûrement pour cela que ma tête se baisse, accablée par mes propres remords et ma révolte. « J'aurais dû naitre homme ! Maudit destin ! »
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Morgan Kenning
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Le Bouclier du Loup.



Seigneur de Kayce.

♦ Missives : 294
♦ Missives Aventure : 43
♦ Age : 26
♦ Date de Naissance : 24/07/1991
♦ Arrivée à Westeros : 28/06/2012
♦ Célébrité : Santiago Cabrera
♦ Copyright : Helya
♦ Doublons : Even Corbray, Corwin Rogers, Kealan du Rouvre
♦ Age du Personnage : 25 ans
♦ Mariage : Alyn Kenning, née Lydden
♦ Lieu : Kayce, Terres de l'Ouest
♦ Liens Utiles :
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Jauge de réputation Jauge de réputation:
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Message Sam 2 Fév 2013 - 13:56

La réaction d'Ann fut peu ou prou celle à laquelle Morgan s'attendait. Peut-être avec un plus grand manque de maturité que ce qu'il espérait. L'attitude en apparence désinvolte qu'elle avait eue quand il avait commencé à lui parler était un prélude auquel il pouvait se fier, connaissant bien sa sœur. Toutefois, devant son attitude et ses réponses, il ne put s'empêcher de serrer la mâchoire. Grim, qui s'était approché de la jeune femme pour la mordiller, attitude assez rare chez lui, se rapprocha brusquement de son maître avec un grondement désapprobateur. Il n'aimait pas du tout que l'on fasse preuve d'agressivité envers le jeune homme, et cela incluait également les éclats de voix. Le chien-loup se tint debout entre les deux humains, son regard d'ambre posé sur Ann avec méfiance, mais sans animosité. Morgan haussa les sourcils en écoutant les tirades tantôt colériques, tantôt suppliantes de sa sœur. S'il avait mûri et appris des choses depuis qu'il était devenu lord, il n'en conservait pas moins un tempérament assez vif. Il inspira profondément avant de prendre la parole, pour ne pas laisser son impulsivité prendre le dessus. Il devait se comporter comme le seigneur qu'il était, et éviter de s'emporter.

« Du temps ? Tu crois vraiment que l'on m'a accordé plus de temps quand Père est mort ? Que je me sentais prêt à diriger un fief aussi vaste et important que Kayce, de protéger tout le monde face aux Fer-nés ? J'ai été mis devant le fait accompli, et j'ai dû prendre mes responsabilités en main pour le bien de tous, quand bien même cela ne me plaisait pas, me faisait peur, ou me laissait l'impression que je n'étais pas prêt à prendre la place qui était la mienne.

Il avait tout fait pour épargner aux siens les malheurs inhérents à la mort de lord Logan. Il avait beaucoup pris sur lui, et énormément douté, même si beaucoup ne s'en doutaient sans doute pas. Il s'était fait à l'idée lorsque son père était tombé malade, mais cela n'avait pas rendu la chose plus facile à accepter. Sûr de lui en façade, afin de ne pas donner l'impression d'un fief fragilisé, il s'était montré bien plus vulnérable en privé. Seule Alyn avait véritablement été témoin de ces moments de faiblesse, encore que fraîchement accouchée, il n'avait pas voulu l'étouffer sous ses problèmes.
Ce qui le décevait sans doute le plus dans cette situation, c'est le manque de maturité avec lequel la jeune femme prenait la chose. Il lui semblait de plus qu'il avait déjà largement donné du temps à sa sœur pour souffler. Son père avait déjà des projets de mariage pour elle avant que l'Etranger ne vienne le chercher, et elle avait eu deux bonnes années de répit avant que le sujet ne soit à nouveau envisagé sérieusement.


- Crois-tu sérieusement que l'on m'ait demandé mon avis concernant mon propre mariage avec Alyn ? Père et lord Lydden l'ont arrangé ensemble, selon leurs convenances, et je me suis simplement plié à leur volonté. J'ai eu la chance que des sentiments naissent entre nous, ce qui montre bien que mariage arrangé et bonheur ne sont pas forcément impossibles à concilier.

Il pouvait concevoir qu'il lui était difficile de voir Fedric comme un époux potentiel, puisqu'ils se connaissaient tous depuis l'enfance. Toutefois, de son point de vue, mieux valait se retrouver marié à une personne de qualité que l'on connaissait bien et appréciait plutôt que d'être uni à un parfait inconnu et se fonder sur la chance. Il avait tenté de faire les choses au mieux, et il en était bien mal remercié... Quant à se fonder sur l'avis de Fedric, ce n'était pas vraiment l'attitude la plus pertinente. En effet, le colosse était bien parti pour ne plus jamais se remarier et laisser sa lignée s'éteindre plutôt que de reprendre épouse. A moins de réussir à le convaincre, ce que le temps réussirait peut-être à faire.
Quant au fait que les seigneurs voisins leur prêteraient main forte de bon cœur en cas d'attaque, mariage ou non, Morgan aurait voulu en être aussi certain qu'Ann, et il espérait qu'elle n'était pas assez naïve pour croire sérieusement à ce qu'elle disait. De nombreux hommes auraient dit qu'elle n'était qu'une femme et qu'elle n'y connaissait rien, mais lui la considérait comme assez intelligente pour se rendre compte de la réalité des choses.


- Si les Fer-nés attaquent, nos voisins seront bien trop contents de voir leur fief préservé par le sacrifice du nôtre, de cela, tu peux être sûre. Et pourquoi nous enverraient-ils leurs hommes quand ils ont leurs propres terres à protéger ? Quelques boutres pourraient avoir subitement l'idée d'aller voir ailleurs... Sans une alliance fiable, nous serons seuls, à moins que lord Tybolt ne fasse pression dans le sens d'une coopération. Te faire épouser Fedric n'est pas ce qui serait le mieux pour Kayce : nous pouvons déjà compter sur son aide même sans qu'il soit ton époux. Ce serait surtout le mieux pour toi, même si avoir deux fiefs voisins ainsi consolidés ne serait pas sans avantages. Dis-toi bien qu'un autre seigneur puissant de l'Ouest ou même d'ailleurs pourrait présenter des intérêts autrement plus juteux pour une alliance.

Le fait était que c'était là toute la vérité. Un fief puissant doté d'hommes et de ressources serait un atout de poids dans une alliance face aux raids des Fer-nés. L'Ouest n'en manquait certes pas : Crakehall, Brax, Marpheux, Reyne, Tarbeck... Et il pouvait toujours chercher des alliances dans les régions voisines, surtout auprès des seigneurs qui possédaient de vastes forêts. Il aurait besoin de bois pour les défenses qu'il voulait mettre en place, et se les voir garantir par une union matrimoniale serait plus avantageux que de devoir les payer en espèces sonnantes et trébuchantes.
Si le ton de Morgan était resté relativement calme, il s'était toutefois refroidi, et il toisait sa cadette non plus en tant que frère, mais comme le seigneur et maître de sa maison. Repousser l'échéance encore et encore desservirait grandement les intérêts de son domaine, et ne serviraient que l'amour et l'affection qu'il avait pour Ann.

- Je ne vais pas attendre indéfiniment ton bon plaisir pour te trouver un époux. Père avait déjà des projets à ton sujet, et cela fait deux ans que je dirige Kayce. Je t'ai laissé un long répit et la bride largement sur le cou, bien trop aux dires de certains. Il est temps que tu grandisses et que tu prennes conscience des devoirs qui sont les tiens. C'est sans doute trivial, mais ta beauté est un atout dans les tractations. Plus le temps passe, et plus on risque de se détourner de toi au profit de dames plus jeunes. Tu as déjà vingt deux ans, nombreuses sont les femmes à être mariées bien plus tôt. Si l'idée de ce mariage avec Fedric te déplaît tant, je vais donc donner ta main au plus offrant. Kayce a besoin d'alliés de poids, et tu peux nous les offrir, de plein gré ou non. Je suis ton seigneur, et en tant que tel je peux t'obliger à épouser qui bon me semble. Puisque tu as décidé de faire ta mauvaise tête, je vais ordonner à mestre Weran d'envoyer des corbeaux aux grands seigneurs de l'Ouest et des régions voisines, pour leur signaler que ta main est à prendre. Tu préfères cela ? »

Ses mots étaient devenus plus durs, mais il n'avait plus le cœur à rire. L'impression de parler à une enfant de douze ans était extrêmement agaçante et frustrante, surtout quand Ann pouvait se montrer si intelligente et vive d'esprit quand elle y mettait de la bonne volonté. Le jeune homme planta son regard sombre dans celui de sa cadette. Ce qu'il venait de dire n'était qu'à moitié une menace. Soit elle acceptait de se plier à l'alliance qu'il tentait de contracter pour elle auprès de Fedric, soit il prendrait les choses en main une bonne fois pour toutes auprès de tous les grands nobles qui seraient intéressés. Pour le bien de Kayce, il était vital qu'un mariage soit célébré avant la fin de l'année.



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