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Vaillance et rêveries | Dezial Follard

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Message Dim 9 Déc 2012 - 23:19

La vie d'une noble dame était parfois bien ennuyeuse, se coiffer, s'habiller, préserver les apparences, être ploie et distinguée tels étaient les actions quotidiennes que l'on attendait de leurs parts. Pourtant, il n'était pas dans la nature de Yevana de se plier à de telles exigences, elle ne le faisait que pour le contentement de son paternel qui n'était pour autant pas toujours content de son comportement. La belle saisit chaque occasion de sortir de la monotonie de son quotidien et peu lui en fallait pour trouver quelques aventures à vivre histoire de pimenter un peu son quotidien. Il était cependant inhabituel que la domestique censée la chaperonner se mette à lui proposer une après-midi amusante s'il en était. Aussi, lorsque cette dernière lui proposa de se rendre à Port-Réal, célèbre capitale des Sept Couronnes, dans le but de faire quelques emplettes, la demoiselle ne put qu'accepter. Souriant jusqu'aux oreilles, elle ne mit, pour une fois, que peu de temps à se préparer, si bien qu'elle fut en avance sur l'horaire du départ initialement prévu. Surprise, la vieille dame marqua elle aussi sa satisfaction et c'est ensemble qu'elles prirent tranquillement la route vers la ville, dans un carriole tirée par deux chevaux de traits aux airs vigoureux. Le trajet se déroula paisiblement, les deux femmes conversèrent dans une apparente tranquillité qu'il était rare de retrouver entre elles. Ce revirement de situation ravissait particulièrement Yevana qui avait toujours vu sa gouvernante comme une sorte de bourreau en charge de la priver de sa liberté lorsque son bien-aimé père n'était pas là pour le faire. Aujourd'hui pourtant, la situation s'était enfin renversé et c'était avec l'approbation de ces deux personnes chères à son cœur qu'elle se dirigeait vers une ville qu'elle ne connaissait que trop peu. Bien que la capitale ne se trouve qu'à une courte distance du domaine Mallery, la jeune effrontée ne s'était rendue dans les quartiers commerçants que rarement et sur son unique initiative, ce qui lui avait valu quelques sévères remontrances. Elle préférait habituellement, et ce contre son gré, la visite du Donjon Rouge, qu'elle connaissait maintenant sur le bout des doigts, en compagnie de la belle Shaïra Seastar et de son demi-frère, la main du Roi, Brynden Rivers. Toutefois, elle savait qu'en cette journée leurs présences ne pouvaient être réclamées, bien trop occupés qu'ils devaient être avec les affaires de la cour. Aussi Yevana ne fit pas part de son envie de les voir, déjà bien trop contente de voir le fameux marché qu'elle n'avait alors que brièvement aperçu.

La durée du trajet fut relativement brève pour la demoiselle qui, ayant allègrement discuter avec sa domestique de leurs futures affaires, ne vit pas le temps défiler. Elles arrivèrent ainsi aux porte de la capitale en moins de temps qu'elles ne l'auraient espéré et, toute heureuse qu'elle était, Yevana se mit à faire la liste des échoppes qu'elle aimerait visiter. Coupant court à son enthousiasme, Maricella intervint rapidement.

-Il est inutile de te dire que nous n'aurons pas le temps de voir tout cela. Le marché reste notre priorité et si nous pouvons au passage te dégoter quelques robes supplémentaire ce ne serait pas un mal.

La jeune femme bougonna en signe de légère protestation qui fut bien vite dissipée lorsqu'elles arrivèrent au marché maintes fois évoqué. La belle s'émerveilla devant les étals aux senteurs si variés, aux couleurs hétéroclites et pourtant si attractive, devant la profusion de marchandise allant de la simple nourriture jusqu'aux étoffes variées. Béate devant les simples joies de la vie quotidienne, Yevana interrompit sa marche et fut bien vite ramenée à la réalité par la servante.

-Tu gênes le passage Yevana ! Remues-toi donc au lieu de rêvasser nous n'avons pas toute la journée ! Et ne me perds pas de vue, la foule pourrait aisément nous séparer.

-J'arrive, j'arrive ! Et ne t'inquiètes donc pas Maricella, je suis parfaitement capable de me débrouiller seule.

-Cela, je ne le sais que trop bien ! Malheureusement à chaque fois que tu te retrouves seule les ennuis viennent également te trouver, je me demande comment tu arrives à chaque fois à accomplir de tels prodiges !

-Ce ne sont pas des prodiges, juste de la témérité et les affres de la jeunesse j'imagine …

Elle n'écouta pas la réponse cinglante de son interlocutrice, son attention s'étant entièrement tournée vers un étalage de parfums des plus enivrants qui chatouillait agréablement la narine. Se dirigeant vers ce dernier, Yevana perdit de vue la domestique comme cela était à prévoir mais elle ne s'en soucia pas, préférant sentir ces agréables odeurs dont elle n'avait jamais ouï dire l'existence.

-Charmante demoiselle, voilà un choix des plus judicieux ! Vos prétendants ne seront que trop ravis en sentant une telle fragrance !

Elle posa immédiatement le flacon et sans répondre au marchand essayant de vendre son produit, elle se faufila dans la foule pour échapper à une sorte de destin qui semblait se moquer d'elle. Pourquoi fallait-il que le sujet délicat des prétendants et du mariage soit abordé en toute circonstance ? Ne pouvait-on pas espérer un peu de tranquillité ?
Ces questionnements fusaient dans son esprit lorsque par mégarde et ballotée par la foule, elle bouscula un homme. Ce dernier étant de carrure solide, la frêle demoiselle sembla rebondir sur lui en une sorte de pirouette qui la fit atterrir assise sur le sol. Secouée par le choc, elle ne manqua pas pourtant d'apercevoir une scène pour le moins incongrue. Le pauvre bougre qu'elle venait de bousculer s'était immédiatement enquis de son état sans remarqué que sa bourse était tomber au sol et qu'un jeune homme à priori mal intentionné semblait fortement intéressé par le butin désormais vacant. Alors que sa main se posait à peine sur la bourse, la demoiselle, bien vive et peu dupe, s'empressa de lui écraser les doigts d'une talonnade bien placée. N'ayant pas vu le coup venir, le bougre grimaça de douleur avant de lâcher l'objet de sa convoitise et déguerpit aussi rapidement que le renard surpris dans un poulailler. Ramassant le centre du récent conflit, la belle le remit dans les mains de son propriétaire légitime et c'est avec un sourire gêné qu'elle se mit à s'excuser.

-Veuillez excuser ma maladresse, il semblerait que les rêveries eurent raison de mon attention. Je veillerais à ce que l'incident ne se reproduise plus. Excusez-moi également pour votre bourse, ce malandrin n'aurait pas eu l'occasion de vous la dérober si je n'avais pas effectuer quelques cascades involontaires pour vous désarçonner.

Se relevant péniblement, son épaule lui faisant mal, elle détailla le grand gaillard du regard et put apercevoir avec surprise qu'il était plutôt charmant dans son genre. Ce détail ne l'intéressa plus que cela en revanche, Yevana ayant toujours refusé avec vigueur les propos flatteurs de ses anciens prétendants, il n'était pas question qu'elle se soumette aux douces œillades masculines, aussi élégante soit-elle. Lui adressant un autre sourire contrit, mal à l'aise de son incartade, elle espérait intérieurement que l'homme ne lui en tiendrait pas rigueur et n'exigerait aucune réparation.
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