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Animation n°3 : Le miroir d'argent

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Message Mar 11 Déc 2012 - 0:32

La rouquine s'inclina devant les applaudissements qui suivirent son ode sur Aegon le Conquérant et ses sœurs-épouses. Un encouragement déclamé avec une sorte d'ironie latente lui vrilla l'oreille mais elle n'y fit pas attention. Sans doute un noble mineur qui cherchait à ce qu'on engage la conversation avec lui ; cela ne la concernait pas. Aribeth tendait la main pour qu'Ivy lui lèche les doigts de sa langue râpeuse et, tandis qu'elle se retournait vers ses deux musiciens pour leur faire signe de jouer le morceau suivant, la même voix retentit. Cette voix, c'était à elle personnellement que l'on s'adressait. Et pas en bien. La Paludière pivota sur ses talons pour dévisager le commerçant adipeux qui venait de l'insulter. Il avait l'air de l'ignare type qui pensait tout savoir sur tout et qui avait un avis sur chaque chose seulement pour cacher le gouffre intellectuel qui minait son cerveau trop imbibé par la graisse de canard et le vin aux épices. La jeune fille le foudroya du regard sans mot dire, le menton fièrement relevé, plus haute que lui sur son estrade. S'il y avait bien une chose qui la mettait hors d'elle, c'était bien les remarques désobligeantes sur ses origines. Pour éviter cela, elle omettait de mentionner qu'elle venait du Neck ou même de décliner sa véritable identité, mais celui-là, trop heureux d'avoir identifié une Paludière grâce à son maigre savoir et ses yeux de concierge, se sentait obligé de le dire à tous ses petits camarades, non sans une bonne grosse dose de préjugés dédaigneux.

Son premier réflexe fut de songer à lui sauter à la gorge pour y enfoncer ses bijoux trop voyants. Mais si elle faisait ça, elle risquait de se faire évacuer avec perte et fracas alors elle se contint à grand peine, se contentant de l'imaginer en train d'étouffer avec sa quincaillerie en travers du gosier, sa face aussi écarlate que ses lèvres molles de jouisseur né. Elle serra les poings, serra les dents, avant de se détendre et de lui adresser un sourire faussement affable en esquissant une nouvelle révérence. « Oh, votre enthousiasme me touche. Je ne sais que dire. Ce n'est pas souvent que moi, ô créature des marécages, reçoit l'éloge de grands et gros Seigneurs comme vous. » Son vouvoiement – absolument pas une habitude chez elle – suintait l'ironie, de même que le titre de « seigneur » qu'elle lui prêtait, sans oublier l'accent mis sur « gros ». Elle poursuivit avec un large sourire : « Hélas, je ne crois pas que cela vous plairait... Vous savez, nous Paludiers, ne parlons que de grenouilles et autres choses visqueuses et dé-gueu-lasses qui grouillent dans le Neck, alors je doute toucher à vos centres d'intérêt qui, j'en jurerais, doivent être d'un raffinement extrême. » Elle posa un index pensif sur sa lèvre inférieure, faisant mine de réfléchir. « Quoique... Oh. Si. Je crois que nous pourrions trouver un compromis. Après tout, je puis affirmer sans me tromper que vous ressemblez à un crapaud. C'est presque une grenouille, non ? Par contre, vu votre gabarit, je crois que si je devais vous transpercer de mon trident, j'aurais à manger pendant au moins six mois ! »

Quelques éclats de rire fusèrent et Aribeth s'inclina avec toute la grace dont elle était capable, un petit sourire mutin au lèvres, les yeux plantés dans ceux du gêneur humilié par ses insolences.
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Message Mar 11 Déc 2012 - 6:29

Spoiler:
 

La description de Séréna qu'en fit Lord Caron donna envie à la jeune lady de s'y rendre et de voir par ses propres yeux. L'île d'Estremont était une belle île, mais le temps n'y était pas clément et parfois même les couchers de soleil inexistant en raison des lourds nuages qui paraient le ciel. L'attention que le lord put lire dans son regard était assez, car elle ne murmura aucun mot bien que l'admiration et l'imagination face à ce paysage qu'il décrivait, se lisaient clairement en cet instant.
Mais n'étant pas femme à s’appesantir, et vivant avec le présent, cadeau bien trop précieux pour être oublié, elle lui parla de la musique et fut des plus étonnée quand il lui indiqua savoir jouer harpe et même luth.

- Vous êtes un lord bien surprenant !

C'est à ce moment là qu'un homme peu amène, se mit à féliciter la jeune femme rousse qui racontait des histoires. Lady Jeyne eu un mouvement de recul face à cet homme peu distingué qui s'approchait d'eux et qui venait ainsi se demander quelle autre histoire des marécages elle pourrait leur raconter. Lady Jeyne fronça légèrement les sourcils face à ces propos qui n'étaient en rien respectueux. Mais elle fut amusée, bien qu'elle le cacha par le répondant et le mordant de la jeune femme rousse qui se montra subtile pour quelqu'un de sa position. D'ailleurs, les éclats de rire qui suivirent prouvaient à quel point elle était soutenue, et un léger sourire aux lèvres, lady Jeyne se tourna vers lord Caron qui avait une harpe dans ses mains.

Elle écarquilla les yeux sous la surprise tandis qu'il lui indiquait son bon plaisir et s'en allait sur l'estrade. Son homme de main lui souffla le surnom que possédait le lord et le sourire de la lady resta sur ses lèvres alors que son attention se portait inévitablement sur ce nouveau ménestrel.

- Ce surnom me dit quelque chose...

Il y avait beaucoup de rumeurs qui tournaient sur l'île d'estremont et dans tout l'Orage. Aimant la musique, il y a un temps où elle s'était intéressée aux personnes, probables soupirants qui aimaient la musique ou mieux, la pratiquait. Elle avait bien entendu d'un Caron, mais n'aurait pas imaginé le rencontrer en ce jour. Tout cela était toutefois de l'histoire ancienne. Celui qui l'intriguait désormais entièrement était l'hôte de cette ville.

Toutefois, le fait de voir lord Caron ainsi se montrer en public lui fit chatouiller la gorge...L'envie de chanter était présente, mais pour une lady, de telles initiatives n'étaient pas bien perçues.
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Blayne Caron
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De son habileté à l'épée et à la harpe
Les sérénades du Rossignol
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Message Mar 11 Déc 2012 - 7:47

Une fausse note monta dans les airs alors qu’il ratait son accord, déconcentré. Ce vil faquin avait osé l’interrompre. Et pour des pitreries. Bouillant intérieurement de rage, Blayne se contint néanmoins, il ne se trouvait pas sur ses terres, et bien que l’idée de faire corriger la malotru par Declan et Tymeo lui vint à l’esprit, il la repoussa, mais néanmoins il ne serait pas dit qu’il allait digérer l’insulte sans réagir. Faisant signe à Tymeo de se rapprocher de lui, il lui susurra quelques mots : « Va-t-en quérir le Guet, cet immonde lourdaud aviné perturbe les festivités, qu’ils l’emmènent dégriser ailleurs. » Puis le temps que le garde acomplît sa mission, le seigneur put prendre un grand plaisir à entendre la réponse acide de la saltimbanque, qu’il ne put s’empêcher de compléter à son tour : « Votre Graisseuseté, ne vous déplaise, je tiens à vous témoigner toute ma sollicitude face à l’anosmie congénitale qui ne doit manquer de vous accabler en sus du reste pour vous permettre ainsi de supporter vos effluves au quotidien. Et de vous avouer que malgré la distance, mon odorat s’en trouve fort marri. A tel point que de la paludière point de fragrance caractéristique il n’avait senti, ayant fort à faire avec votre personne. Laissez-moi donc vous consoler de tous ces aléas de la vie qui vous accablent concomitamment, par un doux chant floral qui embaumera les environs. Et de vous conseiller l’ablution mensuelle au strict minimum, pour tenter de faire face à ce désagrément. » Dédaigneux envers tous ? Certes, y compris inévitablement face à la supposée paludière, donnant ainsi crédit aux racontars, mais du moins s’était-il contenu face à la foule, ce qui était déjà un effort appréciable de la part d’un orageux personnage tel que lui.

Connaissant bien son seigneur et maître, Declan s’approcha de l’adipeux négociant, le toisant d’un regard dur, et posant ostensiblement sa main sur le pommeau de son épée, signifiant par là-même que les frasques du grossier individu avaient intérêt à cesser céans. La livrée du capitaine ne laissait planer aucun doute sur son appartenance à la garde d’un membre de la noblesse, mais c’était bien son regard qui restait le plus impressionnant. Il commençait à connaître depuis le temps les limites de la tolérance du Sire des Marches, effroyablement basses, et ne manquerait pas d’écarter le malotru si d’aventure l’envie lui reprenait d’interrompre à nouveau sa prestation, quitte à laisser Lord Caron seul quelques instants le temps que Tymeo revint.

Pour sa part, Blayne en était revenu à sa harpe nouvellement acquise, et après ce faux départ, reprit
Fleurs de Printemps comme si de rien n’était, se lançant dans la musique une fois de plus pour supplanter sa déconvenue et apaiser son esprit. Mais il se garda bien de chanter les paroles pourtant bien connues de ce morceau du Bief, désireux de laisser l’occasion à la troupe d’artistes de se joindre à lui, ayant fort apprécié la répartie de la jeune chanteuse tout comme son timbre de voix lors de ses interprétations précédentes.



Nul chant n'est si doux...
Mais bientôt vous danserez entre mes mains


N'hésitez pas à me MP si un rôle dans la famille Caron ou son entourage vous intéresserait, je suis ouvert à toute proposition.
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Lantheïa
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Message Mar 11 Déc 2012 - 16:45

Le public jouait le jeu, jusqu’à Elyas qui du moins en apparence ne semblait pas encore décidé à plomber le spectacle avec une de ces fourberies dont il avait le secret. Lantheïa salua donc les spectateurs et les invita à remercier les Sept pour les auspices cléments sous lesquels s’était déroulé le festival, tandis que sa troupe se préparerait. Elle s’éclipsa alors pour orchestrer les événements. « Jesse ! Noam ! Variation sur le thème des Trois frères du Bois-du-Roi. Jesse, tu n’as qu’à endosser le rôle du galant fanfaron, ça te va toujours bien. Noam, je te veux en cœur pur, tu es parfait pour ça. Je serai votre aîné vénal. Trouvez quelque chose de coloré à vous mettre sur le dos, si possible du vert pour Noam, nous honorons le Bief autant que Villevieille. Ni trop cossu, ni trop pauvre, tout le monde doit pouvoir s’identifier. Pas d’arme. Pour la trame… ah, changez-vous d’abord, je peaufine ça en enfilant mon costume. »

Elle courait bien sûr un risque à improviser de la sorte, mais à ses yeux un artiste timoré n’en était pas un, tout simplement. A quoi bon être saltimbanque si c’est pour répéter inlassablement le même numéro ? De l'audace, encore de l'audace, toujours de l'audace ! Elle troqua sa robe contre une tenue d’homme et se maquilla pour durcir ses traits avant d’appliquer sur sa mâchoire une fausse barbe, plutôt élégante, dont la qualité n’avait rien à envier à une vraie. Tout en chaussant ses bottes à talonnettes, elle s’éclaircit la gorge et considéra son reflet dans la psyché qui était une de ses possessions les plus précieuses. Un miroir. Celui-ci ne ferait pas l’affaire. Elle repéra dans une malle d’accessoires un miroir d’argent terni qui ne valait plus grand-chose mais faisait son petit effet, vu de loin. Jesse et Noam la rejoignirent. « Parfait » dit-elle avec satisfaction en vérifiant la cohérence de leurs tenues. Elle leur expliqua ce qu’elle avait en tête, puis leur fit répéter deux fois les changements quant à la trame initiale, avant de passer à l'action. « Noam, musique discrète, avec de petites pointes angoissantes à l’improviste, comme des sous-entendus, de mauvais présages. »

Elle attendit qu'ils s'exécutent avant de déclamer de sa puissante voix de conteuse, tel un invisible narrateur :

« Il était une fois un chevalier flétri par les ans et l'incurie de ses fils aînés, qui vivait dans un château délabré. Au fur et mesure qu'il vieillissait, son modeste fief avait perdu son éclat d'antan et menaçait de tomber en ruines, car son héritier et son cadet ne lui étaient d'aucun appui, tandis que son plus jeune fils était encore trop jeune pour l'aider à diriger le domaine. Sentant venir dans son déclin l'heure de rejoindre les Sept, il se mit à prier avec ferveur pour qu'un miracle éveille les consciences de ses enfants indignes. « J'ai failli en tant que père, pardonnez-moi. J'ai failli en tant que seigneur, aidez-moi. » suppliait-il dans le secret de son âme, car il ne pouvait se résoudre à laisser sombrer son héritage dans l'oubli, et ses fils dans une vie dénuée de sens. Alors les Sept lui inspirèrent une vision, et il fit mander ses trois fils, leur intimant à chacun de mener à bien une mission, car telles étaient ses dernières volontés. »

La flûte en même temps que sa voix se tut, et le silence tomba. Alors, ils prirent place sur les planches selon une disposition symétrique et Lantheïa ouvrit le rideau avant de les rejoindre, devant un décor passe-partout de cour de château.


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Dernière édition par Lantheïa le Mer 12 Déc 2012 - 16:51, édité 1 fois
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Message Mar 11 Déc 2012 - 17:56

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Le vaurien ne valait pas mieux que ses compagnons de rues. Un garnement dressé à la dure et qui avait appris que dans ce bas monde il ne fallait faire confiance qu'à soit même et encore moins à un membre de guet à l'armure aussi rutilante. Encore un menteur et un fourbe qui une fois les honneurs récupérés ne tarderait pas à le faire tabasser pour lui apprendre à ne pas chaparder. Survie ou non. Voilà sûrement ce que le petit voleur pensait d'Arthur qui perdait déjà patience à voir un si petit être lui faire rater le cours de la journée et de ses observations. Lassé il passa sa main dans ses cheveux et toisa de toute sa hauteur le chenapan. Une perte de temps, il ne représentait que ça et aussi persuasif qu'il soit le commandant ne désirait pas vraiment y laisser le sien. C'était le dernier jour du festival et au final même les délaissés avaient le droit à leur jour de grâce. Son regard quitta le petit homme pour se poser sur l'un des gardes qui le tenait si fermement. Un regard perplexe face au manque de décision de son supérieur l'accueillit, mais on le sentait prêt à l'ordre.

Emmenez le à un Septistere de la Mère. Les septas s'en occuperont mieux que moi et je n'ai pas encore besoin de lui pour retrouver le propriétaire de cette babiole.
Aussitôt le soldat abaissa la tête en signe acquiescement avant de partir avec son collègue et leur prisonnier de misère vers un horizon plus vaste. Nul doute que le Guet le recroiserait bientôt, mais la chance tournait. De nouveau seul avec ses officiers, Arthur observa le bracelet d'or roulé contre le cuir de son gant. Un tel trésor valait bien la peine de son déplacement et de toute façon, ça semblait tout de même plus important que de déambuler. Si le besoin s'en faisait sentir un de ses hommes accouraient le chercher. Ils étaient assez nombreux pour ça. D'un autre mouvement de tête, il fit signe à ses lieutenants de le suivre, vers l'estrade indiquée plus tôt. La main sur le pommeau, la cape grise noué au cou, le regard toujours en promenade – on ne savait jamais – Ils avançaient tranquillement en continuant leur discussion et ça jusqu'à ce qu'ils se fassent interpeller à mi-chemin par un homme tout essoufflé de sa course.

Gardes ! L'homme arriva enfin à leur niveau, la respiration haletante il tentait tout de même de construire une phrase à peu près compréhensible. M'sire Caron vous fait mander à la scène située just' derrière moi. Car voilà qu'un pochtron l'a outragé.

Comme quoi tout menait à cette même estrade. D'où d’ailleurs parvenait rire, cris et un air de musique bien connu du Biefoi qu'il était : Fleurs de printemps. Il suivit donc intrigué le nommé Tymeo et c'est en quelques minutes qu'ils parvinrent au milieu de l'assemblée où une vieille connaissance avec un petit air de goret reconnaissable entre mille se laissait voir. Ce cher Walder était une institution dans les légendes du Guet. Car, à toutes les saisons, il avait su partager son plaisir de se plaindre pour rien, simplement afin de montrer qu'il avait la place pour le faire. Statique Arthur observa le bouffi, le musicien richement paré, la lady à ses cotés, les artistes présents et tout ce beau monde. Il ne parvenait pas à définir ce qui se passait ici bas et c'est avec une pointe au cœur qu'il recoupa sa chanson bien aimée.

Au nom de la Grande Tour , est ce que quelqu'un pourrait simplement m’expliquer ce qui se passe ici ? On vient de venir me chercher et si le Seigneur Caron avait l'amabilité de se désigner car, c'est bien pour son service que je me montre.
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Message Mar 11 Déc 2012 - 23:28

La chanson n'avait pas réellement plu à lady Amelia et Arthur devait avouer qu'il ne partageait pas non plus le goût des roturiers pour ces choses là. Cela dit, ce n'était pas pour cette raison qu'il aurait fait part de son avis et même s'il comprenait que sa grand-mère n'hésitait pas à faire connaître le sien, il pensait qu'il aurait peut-être mieux valu ne rien dire. Après tout, tout le monde avait le droit de s'amuser, non ? C'était là le maître mot de la fête imaginée par messire Clarence et de ce point de vue, même les paysans venus se délasser en ces lieux devaient y trouver leur compte.

A propos de la détente justement, le jeune Tyrell et son aînée étaient arrivés au niveau des animaux que présentaient des dresseurs et des chasseurs. Une chose était certaine, même si Arthur avait déjà lu des choses à leur sujet dans divers ouvrages et qu'il avait pu en admirer des gravures dans ces mêmes livres ou des représentations sur des tapisseries, les voir de ses propres yeux leur donnait une réalité bien différente. Il y avait là de gros félins en cage qui grondaient et feulaient, comme s'ils semblaient se plaindre du traitement infligé. Pourtant, tel qu'il leur avait déjà été permis de le voir, les Lions n'hésitaient jamais à manifester leur mécontentement de manière fort bruyante... On pouvait ainsi mieux comprendre certaines créatures qui peuplaient les terres de l'Ouest. Après les lions, c'était aux ours du Nord de divertir les badauds et Arthur ne put retenir un soupir de surprise devant la taille de ces animaux qu'il n'avait jamais imaginé aussi imposants.

C'est alors que lady Amelia attira l'attention de son petit-fils sur un magnifique et majestueux cerf blanc, créature rare mais ne manquant pas de grandeur. Elle agrémenta cela d'une histoire au sujet de son grand-père et d'une tête de cerf, mais Arthur avait beau fouiller son esprit, il ne se rappelait pas avoir déjà vu un tel trophée. Nul doute que sa grand-mère s'en était débarrassé dès qu'elle l'avait pu... Il n'eut toutefois pas le fin mot de l'affaire qu'il découvrit une étrange expression sur le visage de lady Amelia. La surprise ? Qui donc avait réussi à surprendre la vieille femme ? Ce n'était ni plus ni moins qu'un drôle d'animal qu'elle qualifia d'Orage Moqueur miniature... « Je crois que c'est un éléphant, grand-mère. J'ai lu qu'on les trouvait à Essos, chez les chevaucheurs de zéquions. Je crois aussi que les ancêtres des Dorniens s'en servaient à la guerre. » Faisant rapidement silence, Arthur se dirigea alors vers l'homme torse nu, guidant lady Amelia. « Dites-moi, est-ce là un éléphant ? L'avez-vous capturé vous-même ? »
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Lady Coeurdepierre
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Message Mar 11 Déc 2012 - 23:52

     « Ah... mon seigneur est à la fois scrupuleux et attentif ! Pauvre Ordello, tu as essayé de rouler plus malin que toi et voilà que ta breloque est démasquée pour ce qu'elle est ! Si vous me le permettez, messire, je vais faire enfin preuve d'honnêteté et déballer devant vous les pièces que je réservais, à Pentos, pour les filles et les femmes des plus illustres princes-marchands de Lys, de Braavos et de Tyrosh. Elles ont certainement du goût et du raffinement, ces délicieuses créatures ! Quand je n'étais qu'un apprenti-joallier auprès de maître Lyrio, à Pentos, j'en ai vu plusieurs dizaines qui défilaient dans nos ateliers, nymphes mortelles qui auraient pu être les sœurs ignorées de lady Shaïra que vous connaissez certainement... Elles auraient vendu leur père et leur mère pour les bijoux de maître Lyrio, mais par chance, j'en ai conservé quelques uns que je gardais justement pour un client tout à fait spécial... J'attendais la venue d'un connaisseur, d'une personne assez cultivée et distinguée pour apprécier toute la subtilité, toute l'élégance et toute la grâce de ces chefs-d’œuvre ! Voyez-les plutôt... Il n'y a là que des pièces uniques... n'est-ce pas qu'ils sont époustouflants de beauté ? N'est-ce pas qu'ils volent aux étoiles leur éclat et leur immensité ? » Tout en discourant ainsi, tout en vantant les charmes des bijoux qu'il s'apprêtait à montrer à lord Redwyne, Ordello tirait hors d'une cassette de métal plusieurs articles qu'un simple coup d’œil suffisait à deviner comme étant les plus beaux objets qu'aucun homme et qu'aucune femme n'achèterait jamais à ce joaillier. Il y avait tout d'abord un diadème magnifique, insolent avec sa ronde de perles noires et sa frange de fleurs dorées ; il ne pouvait qu'avoir été conçu par les doigts du Ferrant lui-même, car l'extrême délicatesse de sa composition nécessitait une habilité qui échappait à l'empire des hommes. Il y avait ensuite une torque qui aurait pu passer inaperçue s'il n'y avait pas eu dans sa finition tout l'art des plus grands maîtres d'Essos ; formée d'une épaisse tige courbée tressée d'or et d'argent, terminée à ses deux extrémités par deux têtes de dragon où mille et un détails de pierreries et de couleurs saisissaient le regard pour ne plus le lâcher. Il y avait enfin une broche qui n'avait rien à envier aux deux autres bijoux et qui donnait à voir une rivière d'étoiles éclatées en maints diamants, saphirs et émeraudes liés entre eux par d'étroits fils d'obsidienne et contrairement à ce que les apparences laissaient croire, le poids de la pièce n'était pas bien élevée. De tels bijoux ne pouvaient qu'orner le front, le cou ou le buste d'une reine.

     Walder, sans se départir du sourire qui faisait sa réputation de notable discret mais au courant, écouta la réplique de la paludière avec l'air emphatique des anciens oracles qui firent fortune sur le dos des anciens dieux que les gens du Nord, conservateurs, continuent d'honorer. Il découvrit dans un fou rire l'étendue de sa dentition décrépie par son goût des bonnes viandes, car Walder n'était pas homme à lésiner quand il s'agissait pour lui de faire un bon repas et bien souvent il avait dépensé plus que le nécessaire pour manger à sa faim, ce qu'il ne faisait jamais, car en homme qui se croyait prudent mais qui était juste sot, il mangeait toujours plus que le nécessaire. Il se surprit même à rire des paroles de la chanteuse, car Walder était un homme d'argent et non d'esprit, si bien qu'il n'entendait rien à l'ironie. Il souhaita d'ailleurs commenter paisiblement la comparaison qui le prenait pour objet, mais l'intervention de Blayne Caron le priva de ce droit qu'il estimait pourtant fondamental, car il appréciait le verbe d'Aribeth dont il ne saisissait ni le tranchant ni le sel. Le seigneur venu des terres de l'Orage eut pour lui des paroles incompréhensibles qu'il prétendit cependant entendre tout du long, et c'est avec un sourire qu'il déclara alors : « Mais vous avez parfaitement raison, messire ! Même si ces gens-là qui mangent des grenouilles sentent fort mauvais, ils n'en demeurent pas moins des personnes dignes d'intérêt et celle-là chante assez bien, vous ne trouvez pas ? Je veux l'entendre encore ! » Ce crétin de Walder réunissait sous un même crâne l'orgueil le plus élevé et la sottise la plus profonde : il lui était inconcevable qu'on put se moquer de lui et n'être point d'accord avec les postures, souvent empruntées à d'autres, qu'il se donnait en gonflant le ventre et en raclant sa lourde gorge.
     C'était d'ailleurs pour cette raison qu'il était insensible à l'ironie mordante du discours de Blayne Caron qui eût mieux fait d'aller pisser dans les oreilles du malotrus en prétextant la pluie. Et à l'homme armé qui s'approcha de lui en posant très visiblement sa main sur le pommeau de son épée, il offrit un regard plein d'une bonhomie de petit négociant avant de dire, toujours très pénétré de lui-même : « Ah ça, je savais que vous seriez d'accord avec moi ! Si j'en avais une, je tirerais l'épée aussi pour acclamer la cantatrice ! » Il se tourna d'ailleurs vers elle, espérant qu'elle reprendrait le chant. Mais ce fut Blayne Caron qui, le premier, initia la musique, jouant les premières mesures d'une chanson qu'il connaissait bien, aussi réclama-t-il à son tour que les autres musiciens s'accordent à ce messire qu'il aimait bien : « Oh oui ! Chantez avec lui ! Je suis sûr que tous seraient contents de vous entendre ! » Et effectivement autour d'eux la foule se pressait ; nombreux étaient ceux que la présence de Walder attirait, car tous connaissaient le phénomène, mais nombreux étaient ceux qui espéraient aussi entendre ce seigneur des terres de l'Orage et la troupe de la paludière, dont le talent n'était plus à prouver.
     C'est alors qu'intervint Arthur Costayne, le commandant du guet, que Tymeo avait ramené sur ordre de son seigneur. L'injonction de ce dernier suscita les protestations de Walder qui se détacha des autres pour se rapprocher du commandant qu'il connaissai bien : « Allons, allons, messire Costayne, il est inutile de s'emporter de la sorte, ce n'est jamais que messire Caron qui nous honore de ses talents ! Savez-vous qu'il joue de la harbe comme vous jouez de l'épée ? Restez donc un peu avec nous, je suis sûr que vous apprécierez sa version de cette chanson bien de chez nous ! » Et de rajouter en se tournant vers l'estrade. « De grâce, musique ! » Walder avait levé les bras pour encourager les musiciens à reprendre et pendant ce temps-là, Jyanna, qui était demeurée silencieuse, put remarquer dans le public une petite fille qui lui faisait des signes, et qui souhaitaient apparemment qu'elle vienne vers elle pour discuter à l'écart. Peut-être était-ce important ?

     Du côté du théâtre, Elyas avait fait la démonstration de ses multiples talents en adressant une réponse à la question déguisée de Lantheïa qui sonnait comme un avertissement. Nul doute que la présence de ces deux vieilles connaissances sur la scène et dans les gradins donneraient avant la fin de la représentation quelque alchimie explosive ! Mais pour l'instant, la maîtresse de cérémonie et ses acolytes avaient pris les devants pour se préparer tandis que dans le public, on patientait volontiers : l'introduction avait séduit les cœurs et les esprits, et Clarence, qui venait d'adresser un regard plein de sens à l'un des soldats du guet qui bordait le théâtre, confiait ainsi à ses deux sœurs : « C'est une approche originale n'est-ce pas ? Cela donne au théâtre un côté vivant qui n'est pas pour me déplaire, car je trouve cela rafraîchissante... cela change des classiques et des vieilles lunes usées jusqu'aux coutures, vous ne trouvez pas ? Cela dit, l'avantage des œuvres classiques et connues de tous, c'est sans doute qu'elles rassurent, car le spectateur sait d'avance ce qui l'attend. Là... eh bien, j'imagine que nous irons de surprises en surprises. Je me demande si nous aurons à participer... Tout peut arriver, n'est-ce pas le propre de l'improvisation ? À la citadelle, mestre Alcyme disait : « l'art s'explique à tout propos mais réserve encore des surprises », et je souscris à cette observation. J'espère juste ne pas recevoir un seau d'eau croupie en pleine figure, car les éclaboussures tacheraient vos robes. »
     Un peu plus bas dans les gradins, tandis que le soldat toisé par Clarence s'occupait d'obtenir de la dame âgée de tout à l'heure qu'elle le suive les Sept seuls avaient où, Archy-le-Silencieux espérait attirer l'attention d'Elyas en désignant plusieurs fois et successivement du doigt le rideaux couvrant encore la scène puis Elyas lui-même avant d'avoir ce geste typique de l'ignorant qui demande des explications. De l'autre côté du rideau, Lantheïa et sa troupe achevaient leur préparation, la représentation put donc cette fois commencer pour de bon. L'introduction qui précéda le lever de rideau suscita quelques applaudissements nourris ici et là dans les gradins, et quand lord Hightower lui-même applaudit à son tour, certains se sentirent obligés de l'imiter. Il glissa dans un rictus moqueur, pour Valencia et Virginia : « Cette femme évoquerait Falaise et les Ouestrelin que je ne m'étonnerais guère... » Ils étaient désormais trois sur la scène, et Clarence, le public et les autres étaient impatients de les voir à l'oeuvre !

     Les quelques indications de messire Arthur Tyrell parurent convenir à sa vieille grand-mère, qui appuya son bras et lui dit d'un ton sec mais qu'on aurait pu qualifier d'aimable quand on connaissait bien lady Amelia : « Tes lectures t'ont servi, c'est bien, cela me rassure pour l'avenir de notre famille, dommage que tu ne sois pas né avant, je t'aurais connu plus tôt. » Au bras de son petit-fils, elle se dirigea avec lui jusqu'à l'homme torse nu qui semblait être sinon le propriétaire au moins le dresseur qui s'occupait de l'éléphant nain au cuir clair qui, dans sa cage, émettait à présent des sons étranges. « On dirait ton oncle quand il pète ! » Quand ils furent à sa hauteur, Arthur questionna l'homme qui posa sur lui, car il était bien plus grand, un regard vague avant de se préciser, car il avait deviné à la tenue de ses deux nouveaux interlocuteurs qui ils étaient. L'homme était très grand, et son torse offert à la vue de tous témoignaient d'une carrure impressionnantes ; on devinait la créature plus manuelle qu'intellectuelle, et sans doute avait-il couru lui-même dans les steppes, les forêts et les déserts du monde entier pour arriver ainsi bardé de muscles à Villevieille.
     Sa longue chevelure d'ocre et de sel lui donnait l'air d'une brute, mais l'aigreur de ses traits apaisaient le tout. Sa voix enfin tranchait avec l'ensemble, car elle était chaude, profonde et douce. « C'est un éléphant en effet, messire. Un des rares éléphants nains qu'on ne trouve plus que dans les environs de Volantis. Je m'appelle Vargo et je l'ai capturé moi-même, en effet... Les riches personnalités s'en servent pour tirer des carrioles très belles et très ornementées, mais il y a certains spécimens qu'on me paie pour ramener ici afin que vos mestres de la Citadelle puissent les étudier. Voulez-vous l'approcher ? Voulez-vous le toucher ? » Ses yeux de feu allaient successivement de lady Amelia à messire Arthur, et cette dernière lâcha le bras de son petit-fils et lui dit à voix basse, car elle avait une idée derrière la tête : « Vas-y mon garçon, et dis moi si c'est un animal docile ! »

*** *** ***

PS : Une intervention pour débloquer ceux qui ont besoin des PNJ de l'animation !

NB : N'oubliez pas que vous pouvez et même devez gérer vos PNJ ! Et n'oubliez pas que contrairement à vous, ils sont parfaitement mortels.

NB bis : Attention, lisez bien les descriptions du premier post !

NB ter : Pour toutes vos questions, contactez Clarence Hightower !
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Message Mer 12 Déc 2012 - 0:09

L'orfèvre était donc bien natif de Pentos, comme Jace l'avait deviné tant à son attitude qu'aux inflexions mélodieuses de son accent. Ils étaient caractéristiques, les artisans et commerçants de la Cité-libre que dirigeaient un prince, qui n'était qu'un homme de paille, et ses magistrats, qui détenaient la vérité du pouvoir. À leurs manières, à leur phrasé, à leur sens des affaires, il était aisé de les reconnaître, pour peu qu'on sache à quoi ils ressemblent. Jace, qui avait dans le temps visité et fréquenté Pentos, n'était pas né de la dernière pluie et pouvait encore identifier ces créatures phénoménales qu'il avait côtoyé assidûment. Ainsi quand ce dernier lui présenté ce qui ressemblait à des excuses maquillées dans la peinture bariolée qu'était la langue mercantile, cet idiome propre aux commerçants du monde entier, qui connaît cent adjectifs pour une dizaine de noms communs, Jace devina qu'il était désormais disposé à le traiter en client sérieux et à lui proposer vraiment de bonnes affaires à réaliser. Il n'était pas vraiment là pour cela à l'origine, mais le Grand Amiral acceptait volontiers ce jeu du destin qui plaçait sur sa route un négociant habile et... forcené, car Ordello partit d'un long discours pour s'excuser et présenter ses plus belles marchandises. Il parlait tout en farfouillant dans ses affaires avant de découvrir devant lui les pièces maîtresses de sa collection et Jace étudia chacune d'elle avec une grande attention, avec tout le zèle de l'apprenti qui découvre un nouvel objet d'étude, tout en écoutant les vantardises du marchand que la torque, le diadème et la broche méritait sûrement tant ces bijoux étaient somptueux. Le mot d'ailleurs était trop faible pour rendre justice aux trois compositions qui rivalisaient de beauté, d'ingéniosité, d'intelligence et de raffinement. Jace rendit à Ordello la sotte bague de jade, qui était fort aimable à sa manière mais qui n'aurait pas convenue d'après lui à lady Virginia.

La torque était proprement magnifique, mais elle était sans doute trop peu adaptée à une demoiselle qui mettait beaucoup de goût et d'élégance dans ses atours – elle eût davantage convenu à une princesse Targaryenne soucieuse d'affirmer ses charmes et sa personnalité. Le diadème captiva son regard un long moment, mais il ne sut si la délicieuse figure de Virginia aurait supporté la concurrence mesquine d'une telle couronne – qui aurait cependant été parfaite au front d'une lady Tyrell qui l'eut large. En revanche, la broche était parfaite, tout bonnement.
« Et maintenant nous pouvons faire affaire. Dîtes-moi, quel est le prix de chacune de ces pièces, que nous puissions marchander. Je suis certain qu'avec de la bonne volonté nous pourrons parvenir à un marché qui vous enrichira et m'enchantera, n'est-ce pas ? Si ces bijoux sont dignes d'une reine, j'imagine que leur prix est... royal. Mais si nous devons nous entendre là-dessus, il faudra peut-être laisser les reines à Port-Réal, qu'en pensez-vous ? » Jace n'était pas sûr de parvenir à attirer l'attention du joallier sur les conditions de l'achat et de la vente qui nécessiterait des ajustements obligatoires, mais il lui semblait honorable d'essayer, quitte à passer pour un fou, un idiot ou un benêt.
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Message Mer 12 Déc 2012 - 0:15

La foule finissait de se presser et les artistes de se préparer. Durant les quelques minutes qu'il restait encore à attendre, la pieuse lady darda un bref regard aux cieux, lesquels, s'ils n'avaient pas l'éclat radieux de la saison passée, ne semblaient pas vouloir montrer de pluie encore, pas plus – fort heureusement – que les prémices d'un orage. La puînée de Valencia lui glissa un petit mot, allusion à leur récent voyage durant lequel elles avaient partagé de façon plus intime et plus franche que de coutume, comme si l'éloignement était nécessaire pour qu'elles se débarrassent un peu de cette pudeur qui vient de la poussière des ans – même si, sans doute, la chose était bien moins vraie pour Virginia que pour sa cadette. Elle se savait encore trop tournée vers ces êtres passés qu'elle considérait encore avec tant de force qu'ils éclipsaient la présence des vivants, aussi fit-elle un effort et eut-elle un pli de lèvres plus prononcé et plus léger quant à la remarque de son aînée. Que les saltimbanques décident de parler d'amour ne lui évoquait rien de plus qu'un peu de méfiance – on était si rapidement complaisant avec le péché dans ces historiettes – mais elle devait bien à son sang de se montrer plus présente, surtout plus animée.
    « A propos d'une jeune femme cherchant un présent pour son marin de fiancé ? Ce serait ravissant. J'espère qu'elle aura trouvé quelque chose de bon au sortir de sa longue quête... »

Oui, c'était une plaisanterie ; en tous cas, dans ses lèvres, ceci en était une esquisse. Les artistes se présentèrent enfin, une femme à l'âge respectable et à la voix de stentor se présenta pour héler, tour à tour, des personnes de l'assemblée – dont sa rayonnante puînée. A la question de l'identité du champion de cet ouvrage à venir, Virginia répondit le nom d'Abélar, ce qui pinça les entrailles de la pieuse jeune femme, tout en lui réchauffant le cœur. Elle répliqua au clin d'oeil de sa sœur un sourire chaud et complice, plongeant ensuite son regard sombre sur la scène, d'autant plus concentrée. Si elle n'avait pas été indifférente au festival, elle daignait enfin baisser un rien sa garde et s'y ouvrir autrement que par les meurtrières gardant la forteresses de son esprit. Au retrait de la troupe, elle tourna un peu vivement la tête vers son lord et frère, soufflant à sa remarque une phrase lancée avec une énergie assez singulière pour sa personne.
    « Ce n'est pas mon parfum préféré, je te l'avoue. Je pourrais me lancer dans la partition de la dame outrée, réclamant réparation. Qui sait, peut-être aurais-je du succès dans ce registre ? En tous cas, je suis certaine que ça divertirait un peu ces bonnes gens. »

Elle plissa les yeux, hochant pensivement la tête à l'évocation des Ouestrelin et, roulant sa main en poing faiblement fermé au devant de ses lèvres, elle se pencha légèrement vers vers la scène, scrutant les artistes comme une enfant voulant percer les secrets de quelque prestidigitateur, voulant deviner le tour à venir et excaver la faille dans la présentation, qui en trahirait le dénouement.
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Message Mer 12 Déc 2012 - 0:42

Alors que la vieille girouette de l’improvisation s’en retournait à l’abri derrière ses rideaux, Elyas eut la joie certaine de constater qu’à défaut de langue l’on pouvait toujours rechercher un semblant de conversation –même biaisée de ses meilleures subtilités. Le message de son voisin de siège était on ne pouvait plus clair, le notable s’interrogeait sur un lien éventuel entre le vagabond et le reste de la troupe, chose qui avait plus ou moins été sous-entendue lors de leurs premiers mots échangés unilatéralement. Toujours affublé de ce léger sourire poli il fit lui-même signe à son nouveau camarade, mais cette fois pour lui intimer de rapprocher l’oreille –l’on aimait bien souvent recevoir de soi-disant confidences car ces dernières donnaient l’impression d’une quelconque importance, aussi Elyas joua de cette ficelle pour tenter de s’attirer davantage la sympathie du drôle diminué.

Sa voix se réduisit à sa plus simple expression, toujours aussi chaude et intense mais avec un volume si faible que bien peu auraient été à même de l’entendre à part son destinataire, la musique accentuant en cela les circonstances propres aux messes basses.

« Tous les saltimbanques sont frères et sœurs, mon ami, nous nous jurons tacitement soutien réciproque et aide sitôt que nous embrassons ce métier. Aujourd’hui cette troupe-ci n’est pas la mienne, mais s’il m’est possible d’aider au bon déroulement du spectacle ce sera chose faite. »

Vint ensuite l’introduction avant l’entrée des artistes, gardant les yeux orientés vers la scène le pouilleux poursuivit sur le même ton :

« Qui mieux qu’un de ses pairs dans le public pour capter les humeurs de ce dernier et conseiller ceux sur qui sont rivés tous les yeux présents ? Rien n’est plus facile que de perdre une audience par un mauvais choix de personnage ou un acte qui traine trop en longueur, particulièrement quand l’improvisation est de mise. »

Malgré ses explications fumeuses Elyas ne perdit pas une miette de ce que la narration avait lancé. Le thème du bon vieux seigneur et de ses fils tenait du classique, mais du classique qui fonctionnait, il n’y avait là qu’un prétexte, une simple toile de fond pour délimiter les frontières de ce qui allait se jouer. Lantheïa valait bien mieux que cela il en avait conscience, et pour avoir lui-même fait les frais de son imagination retorse il s’attendait à tout de sa part. Le saltimbanque d’hier continua sur sa lancée avec le silencieux, non pas qu’il jouait avec les croyances du bonhomme par pure mesquinerie, mais parce que plusieurs esquisses se dessinaient dans son esprit, des nids de poule qu’il semait sur quelques sentiers que sa vieille amie pourrait éventuellement suivre au fil de la représentation.

« Comment faisons-nous pour communiquer sans éveiller les soupçons et détruire l’immersion de ceux que nous avons juré de divertir ? C’est très simple mon ami, par de simples gestes, tout comme ceux que vous utilisez mais propres à notre profession. »

Le mensonge ne pervertissait jamais la réalité dans la mentalité particulière du vagabond, il ne faisait que le rendre plus appréciable et utile !


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Message Mer 12 Déc 2012 - 1:25

L'homme des Terre de l'Orage qui était intervenu après elle n'avait pu s'empêcher de glisser un commentaire désobligeant sur sa prétendue mauvaise odeur mais Aribeth ne releva pas, essuyant cet affront d'un simple regard un peu blasé. Il était en trait de draguer – presque lourdement tant ça crevait les yeux – la lady blonde qui était à ses côtés dans le public et sûrement que si elle l'ouvrait, l'homme allait vouloir défendre sa virilité et son honneur devant sa belle alors c'était même pas la peine... Qu'il reste avec son mépris puéril. Cependant, elle lui fut presque reconnaissante de changer de sujet en entonnant les premières notes d'une balades Biefoise – Fleurs de Printemps. Pourquoi diable le Bief était-il tant obsédé par les fleurs ? Dans une autre époque, Aribeth aurait sûrement qualifié de métrosexuel – voire un peu plus – mais pour l'heure, elle se contenta de penser que c'était peu sérieux... Les Bieffois les reniflaient décidément de trop près, leurs fleurs.

Elle commençait à chanter quand un homme ne la garde – un haut-gradé – se présenta, alerté par le grabuge déclenché par l'autre empâté – qui n'avait pu s'empêcher de refaire une remarque sur les grenouille, l'odeur et tout le tralala qui allait dans le pack « les Paludiers vus par les cons ». Là encore elle avait gardé son sang-froid. Mais la connerie de cet espèce de vieux porc dont l'intellect rivalisait avec celui de l'huître morte commençait sérieusement à l'échauffer. Ne pouvait-il pas la fermer ? Ce n'était pas souvent qu'Aribeth s'énervait, mais lorsque ça arrivait, ce n'était pas peu dire et, présentement, la colère grimpait lentement mais sûrement en elle.

Elle ne sut trop pourquoi, mais l'expression « chanson bien de chez nous » fit lâcher les premières vannes de son barrage interne. Ah parce que les chansons des marécages c'était pas assez bien finalement ? C'est clair que les fleurettes c'est bien mieux que le reste, hein, au temps pour moi. Délaissant l'ironie – de toute façon, il ne saisissait pas un traître mot de ses insinuations – Aribeth siffla, acide : « Par les Anciens Dieux, tu vas la fermer, gros lard ? Je n'en peux plus de t'entendre baver tes inepties, ça me vrille les oreilles ! Et pour ta gouverne, je ne sens pas mauvais alors à la prochaine remarque déplacée de ta part, je t'assomme avec mon tambourin, c'est pigé ? Merci de ne plus perturber le déroulement de ce festival qui avait pourtant si bien commencé et de laisser les artistes faire ce qu'ils savent faire ! Sale trouble-fête. » Elle se tourna ensuite vers le soldat – ledit messire Costayne – et secoua la tête avec un air d'excuse : « T- Vous pardonnerez mon emportement, mais ces idées reçues sur les Paludiers deviennent lassantes au bout d'un moment. Tout comme ses meuglements stupides. Ne me jetez pas en prison pour outrage à gros-plein-de-soupe, c'est pour le bien collectif que je fais ça. »

Visiblement, Costayne ne le portait pas dans son cœur non plus alors elle espérait qu'il comprendrait son emportement.
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Aslak
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Message Mer 12 Déc 2012 - 11:53

Aslak regrettait un peu pour la peine ne de pas participer à la pièce de théâtre. C’est qu’il y avait prit goût le bougre depuis qu’il avait commencé et cela datait déjà de plusieurs jours. Mais son travail principal passait avant l’amusement, il avait été engagé pour ça et il se devait de répondre aux obligations qui en découlaient. C’était bien la seule raison pour laquelle il était un minimum responsable, fait rare chez ce dernier. Aussi, en retrait, appuyé sur un pan de bois, bras croisés, il observait autant Lanthéïa et sa troupe que l’homme que son employée n’appréciait guère et sujet à des actes inconvenants pour une ambiance actuelle. Ce qu’il y avait entre eux, il n’en savait strictement rien et même si au fond, Lanthéïa pouvait être en tort, il n’en avait cure. Elle l’avait embauché, il répondait à ses attentes, point barre. Si en plus quand il acceptait un boulot il devait se mettre à savoir qui avait fait quoi, il ne serait pas sorti de l’auberge. Lui il faisait son boulot, que ça lui salisse les mains ou non. Concernant la situation actuelle, il y avait quand même pas mal de monde, serait-il vraiment possible que ce bougre face des siennes ainsi ? Il n’en savait rien mais les hostilités avaient déjà été annoncées en tout cas puisque Lanthéïa reçut une réponse à ses propos qui laissait largement suggérer un désaccord évident entre ces deux êtres. Et en observant le bougre, il semblait beaucoup discuter avec son voisin même si cela était discret. Quelque chose de suspect en somme le poussant à être aux aguets sans pour autant se manifester ni même avoir des actes laissant suggérer à l’homme qu’il en avait après ses faits et gestes.

Mais son attention fut détournée et attirée par les prestations en cours qui venaient d’être déployées. Lanthéïa avait l’art de faire en sorte que ce qui se passe sur les planches attirent le regard et qu’on se laisse totalement entrainer pour le plus grand plaisir vers l’endroit où ses propos et ses gestes tenaient à vous emmener. Concrètement, il était bien content d’être parti faire un tour à Villeveille avec la troupe. Il avait eu un très bon souvenir de cette chère « patronne » surtout quand elle avait embarqué son frère dans des détours artistiques. Il avait apprécié ce qu’il avait vu donc quand elle lui avait proposé le boulot contre la possibilité de venir toujours voir gratuitement ses pièces, il n’avait tout simplement pas refusé. De quoi se détendre allègrement et régulièrement. Raison de plus pour qu’il ne lui arrive rien et il serait là pour empêcher quoi que ce soit.





You're kidding ?? This smell is mine ? holly crap... i stink!
" Qui dit porte dit monstre, qui dit monstre dit dragon et qui dit dragon dit courez, moralité: qui dit porte dit courez ! "

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Message Mer 12 Déc 2012 - 12:53

     La petite introduction de la saltimbanque mettait l'eau à la bouche. Virginia appréciait beaucoup l'originalité apportée par la petite troupe et il lui tardait de voir si la suite serait à la hauteur ! La voix de Clarence s'éleva alors, attirant l'attention de la plus âgée de ses sœurs sur lui. Après les mots de son aîné, la demoiselle acquiesça du chef en reportant ses yeux verts sur la scène à présent déserte. « Je trouve aussi, je me demande si la suite sera à la hauteur de ce début plutôt original. » L'idée de voir Clarence recevoir un seau d'eau à l'odeur peu ragoûtante ne l'enchanterait pas franchement. Ce serait très culotté il fallait l'avouer, mais entre désir de faire dans l'originalité et de manquer de respect, il n'y avait qu'un pas. Est-ce que ces artistes seraient culottés – ou irrespectueux tout dépendait des points de vue – pour oser franchir le pas ?

     Lorsque le rideau se leva pour laisser place au spectacle et que Clarence glissa quelques mots à ses sœurs qui applaudissaient aussi, Virginia arbora une moue de réflexion. Cette femme avait-elle rencontré le seigneur de la maison Ouestrelin, ou se contentait-elle d'user des rumeurs qui circulaient toujours ? « Un sujet bien intéressant et qui offrira certainement beaucoup de divertissement ! » Il était bien connu que les nobles appréciaient toujours d'entendre parler des autres personnes de leur rang et bien évidemment, pas forcément en bien. Virginia s'interrogeait encore sur la pertinence de ce choix, elle ne se déciderait qu'une fois le spectacle commencé et les Sept savaient que la Bieffoise pouvait se montrer très exigeante !

     À ses côtés, Valencia semblait concentrée sur la scène, certainement pour tenter de deviner les chutes avant qu'elles n'arrivent. Un léger sourire se dessina sur les lippes de l'aînée qui reconnaissait là un comportement qu'elle avait aussi eu par le passé. L'idée de voir sa cadette jouer la dame outrée pouvait être très amusante. Valencia avait un côté strict et « froid » en apparence qui pouvait effrayer tous ceux qui ne la connaîtraient pas réellement. À comprendre, trois-quart des personnes présentes en cette journée. « Je suis certaine que tu parviendrait à interpeller tout le monde. Tu serais très convaincante dans ce rôle. » Venant de Virginia, ce n'était aucunement une critique bien évidemment, Valencia s'en douterait certainement, ce n'était pas sa sœur qui allait railler un comportement qu'elle-même possédait.

     Le regard de la Bieffois se reporta alors sur la scène, attendant patiemment la suite du spectacle.
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Lantheïa
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Message Mer 12 Déc 2012 - 16:06

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On pouvait difficilement mieux percevoir les rôles préférés de chacun. Jesse n’avait pratiquement pas à composer : nonchalamment adossé à un élément de décor en forme de tour, superposé à la toile de fond, le blondinet trentenaire avait cet air finaud, confiant et décontracté qui faisait son succès auprès de la gent féminine. Son joli minois, son lourd pendentif, sa longue veste et ses grandes bottes lui donnaient l’allure d’un jeune premier. Menteur chevronné et séducteur impénitent, il suscitait habituellement la sympathie parce qu’il avait le ton juste : il n’en faisait jamais trop, si ce n’est délibérément, de sorte que cela passait alors pour une délicieuse autodérision. Il jouait à cet instant le rôle du cadet, Alistair.

Au milieu de la scène, Noam, âgé d’une douzaine d’années, n’avait pas davantage besoin de forcer sa nature. Chacune de ses répliques fusait tout droit du cœur, d’un filet de voix clair. Vêtu d’une tunique vert prairie, ses boucles ondulant en désordre, il avait le rôle du benjamin, Abélar.

A droite, Lantheïa avait disparu pour laisser place à son personnage ; bien malin qui pouvait la reconnaître au premier coup d’œil sous ce déguisement masculin. Son pourpoint cramoisi flattait sa carrure plutôt que sa poitrine inexistante et sa voix grave et profonde, lorsqu’elle prenait des inflexions viriles, passait aisément pour celle d’un homme fait, en l’occurrence antipathique et un peu rustre aux entournures : Arsimon, l’aîné.

L’acte démarrait par une discussion animée sur le fait de savoir si leur père avait ou non perdu la tête. On découvrit au fil de leurs débats que celui-ci leur avait confié l’étrange mission de retrouver « la Breloque sacrée d’Artaxès », objet abscons dont aucun d’entre eux n’avait jamais entendu parler et dont la nature même leur était inconnue. De sorte qu’Alistair soutenait l’hypothèse de la démence, avec l’air blasé de qui a déjà tout vu. Abélar fit valoir que leur père était toujours leur seigneur et qu’ils devaient exécuter sa volonté avec respect et loyauté : sans doute voulait-il les mettre à l’épreuve ! Ses frères acquiescèrent avec un enthousiasme très modéré. Arsimon évoqua les dangers d’une telle quête qui les conduirait peut-être en des contrées lointaines et dangereuses. « Qui sait si nous devrons pas arracher cette relique des griffes d’un loup-garou ! » Il insista lourdement sur la nécessité de ne point se hâter afin d’être parfaitement prêt… ponctuellement, un léger trémolo venait trahir sa couardise. Alistair pour sa part semblait avoir d’autres affaires en tête, soupirant d’un air las, quand il ne contemplait pas à la dérobée un camée renfermant un portrait. « Père prétend que cette breloque sauvera notre demeure de la ruine… » dit-il d’un air sceptique. « Personnellement, je ne crois pas à la magie. De toute façon, où est l’urgence ? Ce château a encore de belles et longues années devant lui ! » Pour appuyer ses dires, il donna une claque amicale à la fausse tour qui s’écroula lamentablement à ses pieds. De premiers rires fusèrent à cet effet comique alors que Jesse arborait son meilleur air pincé, du genre : Non, ça ne peut pas m’arriver, donc, ce n’est pas arrivé. Il se tourna alors vers ses frères, et après s’être éclairci la gorge, retomba sur ses pattes : « Bon, puisque Père ne nous laisse pas le choix, partons à la recherche de cette Breloque. Nous pourrions commencer par enquêter sur la route de Petit-pas. » Ses frères se rangèrent à son idée et tous quittèrent la scène pour un interlude qui leur donna le temps de changer le décor tandis que Noam jouait un air insouciant.
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Message Mer 12 Déc 2012 - 16:10

    Cinq jours déjà que Leslyn découvrait avec une joie non dissimulée le festival qu'avait organisé avec brio lord Hightower. La cérémonie d'ouverture avait été grandiose et digne d'un mariage princier, si bien que la compagne de Leslyn, lady Meerya, en avait eu les larmes aux yeux tant elle avait été surprise, à la fois fascinée et effrayée. Elle n'avait que rarement voyager avant ce jour et Leslyn était donc heureux de pouvoir lui faire voir les merveilles qu’amenaient les gens ici. Les Septs Couronnes brillaient à travers ce seul événement.

    Etant arrivé assez tôt, juste après les Tyrell, Leslyn avait pu profiter d'une journée au calme pour découvrir la cité et avait même offert un assortiment de bagues à sa femme pour un somme plutôt correcte. Lui-même avait visité les divers offices d'artisans et avait admiré la dextérité de certains, se privant néanmoins de toute dépense superflue.

    Avec sa femme, il n'avait emmené que son fils aîné, Samwyle, ne désirant pas se déplacer avec toute sa famille, et désirant laisser à ses plus jeunes enfants quelques responsabilités en son absence pour forger leur sens du devoir. Bien entendu, son frère veillerait aussi sur la cité, même s'il devait parfois avouer ne pas lui fier autant de confiance qu'il devrait.

    Durant les cinq jours qui avaient précédés celui-ci, Leslyn s'était surtout baladé avec sa compagne au bras, entouré par quelques uns de ses hommes les plus fidèles et les gardes que la maison Hightower avait assigné à leurs invités. Samwyle quant à lui avait essayé plusieurs fois de faire cavalier seul, mais après s'être égaré dans la foule qui abondait sur l'immense place de l’Étoile, il avait bien vite regagné la compagnie de ses parents.


    Les jours avaient donc passés tranquillement sans que les festivités ne se voient troublés et Leslyn comptait profiter pleinement de ce dernier jour de fête en sortant dès que les activités reprirent en ville. Meerya fut interpelée par la douce mélodie d'une harpe et ainsi tira son mari jusqu'à la petite estrade où se déroulait un spectacle enchanteur tant par la douceur des mélodies jouées que par la représentation qu'ils accompagnaient.

    Alors qu'il appréciait en silence ce spectacle, Leslyn laissa son regard glisser sur les autres spectateurs et découvrit avec joie la présence d'un visage familier. Lord Caron, avec qui il avait fait connaissance peu de temps auparavant et qui avait été un précieux allié. Ce dernier semblait en pleine discussion avec une jeune noble que lord Tarly ne reconnu pas immédiatement, et n'osant les déranger pour le moment, il se contenta de sourire au seigneur de Serena et lui adresser un signe de tête courtois quand leurs regards se croisèrent.
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Maël
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« Tailleur Dornien,
en service dans le Bief »

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~ Fiche ~
~ Les Tissages ~
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Message Jeu 13 Déc 2012 - 4:12

L’étoffe était d’une délicatesse et d’une fluidité sans pareille, tissée pour glisser souplement sur la peau des sybarites créatures de Lys, et cette qualité n’échappa évidemment pas aux regards avertis des Roses de Hautjardin penchées sur son ouvrage. Sourire aimable sur ses lippes dorées Maël patienta sans pousser plus en avant son argumentaire, l’idée d’une cape façonnée dans ce tissu semblait enchanter la fille comme la mère et le Long Dard ne tarderait sans doute pas à trancher. Par bonheur il le fit en leur faveur et ne s’arrêta pas à la seule commande d’un vêtement pour lady Amelia, offrant le même présent aux deux femmes qui l’encadraient. C’était bien plus que ce que ce dont avait rêvé le tailleur qui, inclinant respectueusement la tête, arbora un sourire des plus lumineux. « J’en suis sincèrement flatté. »

La soie fut soigneusement pliée et mise de côté à l’abri, tandis que le suzerain s’enquit du prix de l’ouvrage. Le travail du tissu pour l’élaboration d’une cape n’était pas d’une difficulté criante, en revanche broder par-dessus de la soie, si fine et précieuse, demandait doigté et infinie précaution. Cet aspect, en comptant le coût inhérent de la matière, le fit évaluer le prix d’une cape à un dragon et cent cerfs d’argent. Toutefois ils étaient au cœur d’un festif évènement et Maël avait devant lui la plus importante et influente famille du Bief, son bon cœur et son esprit d’artisan le poussèrent à souffler doucement. « Ce sera quatre dragons messire. Cent cerfs d’argent s’étaient ainsi évaporés sans que le tailleur n’en dise mot. Il n’était de toute manière pas ici pour passer pour un vil voleur extorquant sa clientèle, ce qu’il n’était assurément pas. Puis-je savoir combien de temps vous comptez rester à Villevieille ? Le festival s’achevant, je pourrai rapidement confectionner vos trois capes et vous les apporter, si vous le désirez. »

De son côté Gajeel déplia soigneusement ladite robe au col en fourrure d’hrakkar devant la belle Alessa, qui se révéla être d’un profond bleu marin. « Je me suis dis que c’était approprié pour une dame de la maison Redwyne… » L'apprenti avait soigneusement mémorisé les blasons des maisons bieffoises en prévision du festival, et mettait donc ses connaissances nouvellement acquises en pratique. Arborant son plus large sourire il vanta la coupe cintrée du vêtement, prompt à souligner la taille puis qui s’évasait ensuite en une élégante traine. La blanche fourrure était généreuse et couvrait largement les épaules, offrant douceur et chaleur à la nuque féminine. Une robe parfaite pour l’hiver à venir et pour supporter les vents secouant souvent les îles.



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Blayne Caron
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"No Song So Sweet"
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Message Jeu 13 Déc 2012 - 7:39

Assurément s’ils s’étaient trouvés à Séréna le gras Walder aurait depuis longtemps pu prendre un temps de réflexion sur son comportement, si tant est qu’il en fût réellement capable. Tant de stupidité concentrée dans un seul homme, aussi prétentieux qu’ampoulé, cela relevait du miracle. Mais la scène se déroulant à Villevieille, il était important de respecter l’autorité en place. Occultant donc les propos du grossier personnage, Blayne continua de jouer selon son bon plaisir, appréciant que la troupe se mît à son diapason et l’accompagnât. Mais il n’était pas dit qu’il finirait cette chanson un jour, tant il était interrompu régulièrement. Le Sire des Marches tenta cependant de poursuivre quelques instants encore son récital malgré le nouvel arrivant, mais se rendit bien vite à l’évidence, et observa donc les nouveaux arrivants.

Tymeo se tenant à leurs côtés, il devait selon toute vraisemblance s’agir de la Garde de la ville, et Lord Caron se félicita de la promptitude du jeune homme à accomplir la tâche confiée. L’homme se tenant à ses côtés et portant un plastron ouvragé aux armes du seigneur des lieux venait de prendre la parole, et il devait sans aucun doute s’agir du Commandant du Guet. Tout ceci était parfait, et tombait à point. La frustration d'avoir été à nouveau interrompu était heureusement moindre que la satisfaction de pouvoir enfin se débarrasser du nuisible flagorneur. Réprimant un soupir de lassitude, il s'adressa au nouveau venu.


« Lord Commandant, je vous remercie de tant de diligence. Je répugne à vous infliger de tâches supplémentaires, mais un odieux personnage s’est fait un devoir d’outrager l’ensemble des personnes présentes en ces lieux, vraisemblablement sous le coup d’un abus de boisson, et n’a de cesse d’entraver le bon déroulement des réjouissances, perturbant les représentations de ses remarques tant désobligeantes qu’inappropriées. Lord Tarly ainsi que Lady Estremont ici présents pourront confirmer mes dires. » Il était toujours important de mentir le moins possible lorsque l’on tentait d’obtenir quelque chose, ce que Blayne s’employait à faire en cet instant, enjolivant à peine quelques subtils détails. Et prendre à parti des témoins pour appuyer ses dires leur donnerait un impact d'autant plus important. « Il me semble que c’est ce que s’emploie à exprimer cette saltimbanque, malgré un langage inapproprié. » S’il pouvait comprendre l’emportement de la jeune femme, le seigneur de Séréna ne pouvait cependant cautionner des exclamations aussi païennes dans une cité si pieuse. « C’est pourquoi je vous saurais gré d’éloigner l’importun que voici. J’envisagerais pour ma part de lui proposer une visite guidée des geôles afin de lui permettre de méditer sur ses actes et revenir à un état d’esprit plus convenable, mais la décision ne m’appartient bien évidemment pas. »



Nul chant n'est si doux...
Mais bientôt vous danserez entre mes mains


N'hésitez pas à me MP si un rôle dans la famille Caron ou son entourage vous intéresserait, je suis ouvert à toute proposition.
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Message Jeu 13 Déc 2012 - 18:43

A peine avait il mis les pieds dans la panade qu'Arthur s'y enfonçait de tout sont être. Il n'avait pas eu le temps de finir sa question que déjà la petite ménestrel rouquine s’enhardissait d'un coup brusque et dans des paroles bien profanes et insultantes. La situation commençait déjà à tourner au vinaigre. Prenant la suite de la jeune fille, celui qui s'amusait à jouer Fleur de printemps se releva à son tour ne laissant pas le temps au commandant d'en replacer une. Alors s'était donc lui le ser Caron et si dans son esprit, Arthur ne se dit qu'une chose : Qu'un seigneur jouant lui même les chansons de son choix était aussi dérangeant qu'un simplet capable de paroles qu'il ne maîtrisait pas . Mais ça, ça ne le regardait pas et si le Ser se plaignait, il devait faire face à sa demande dans une objectivité totale. Chose difficile pour lui qui avait – il fallait l'avouer – une certaine compassion, une pitié pour Walder. Le pauvre était incompris et même si sa présence ne pouvait être qu'une chose oppressante quelque soit la situation. Il ne méritait en aucun cas de finir là ou l'homme de l'orage préconisait de l'envoyer.
Non il devait oublier ce genre d'idée. Tout reprendre à zéro et bâtir le calme pour mieux comprendre. Des esprit échauffés ne tendent jamais sur la juste solution.


Déjà quoi qu'il arrive mademoiselle. Je vous prierais de bien garder votre voix pour vos chansons. En tout cas si vous n'avez que des insanités à prononcer dans notre cité. Je suis sûr que si notre amis Walder si présent à été offusquant, il n'est pas tombé dans l'injure vulgaire et gratuite. Vous êtes à Villevieille désormais. Plus dans votre patelin. Prenez ce fait en compte et remercier les Hightower de leur hospitalité au lieu de la bafouer.
Voilà qui était fait pour la chanteuse, venait maintenant le tour du ser Blayne et par son statut de noble comme d'invité la situation commençait à devenir plus délicate. Car sûrement devait il s'attendre à ce qu'il passe de son côté sur ses simples paroles. Arthur n'avait qu'un parti pris : La grande tour.

J’entends vos paroles Ser Blayne. Mais comprenez que Walder est un homme connu et reconnu par nous et notre cité. Et je ne peux croire à toute cette histoire. D'autant plus que celui que vous avez accusé vient de me parler de près. Et je n'ai pas sentis la moindre odeur de vinasse ou d'autres alcools.
Ah ça il sentait tout, le gras, la transpiration, la friture. Mais jamais on n'aurait fait croire à Arthur qu'il s'était pochetronné durant le Festival. Il le connaissait trop pour savoir que sa réaction était … naturelle. Aussi, que vos témoins soient tous des gens bien que respectables et gracieux, veuillez d'ailleurs m'excuser ma lady pour ce dérangement. Je vous demande Walder, si vous avez bu à être soûl durant les réjouissances de la journée.

Il savait pertinemment que les choses n'allaient pas forcément aller dans son sens. Et la réponse de Walder n'allait pas forcément l'aider. Son regard cherchait un brin de soutient dans le public, jusqu'à finalement croiser une légende du Bief. Un homme reconnaissable entre mille. Un dont on ne pouvait pas douter de la parole tant il était une idée de justice et de bravoure. Le Caron en avait parlé comme un de ses témoins, il avaient été tellement pris par le moment qu'il l'avait oublié.


Sans vouloir vous offusquer. J'aimerais d'ailleurs entendre messire Tarly. Je ne peux que me fier aux paroles d'un homme dont je connais si bien les histoires et dont j'admire tant la grandeur. Messire c'est d'ailleurs un honneur de vous rencontrer.
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Message Jeu 13 Déc 2012 - 20:16

 « Mes paroles sont sincères, vous avez là des articles de grande qualité. J'ai il y a quelques temps rencontré une jeune demoiselle très agréable qui m'a vanté vos talents et je dois dire que le souvenir que j'ai de son discours correspond en tout à ce que je vois là. Votre talent est sûr, et votre réputation n'est pas usurpée. » Naturellement Leo Tyrell faisait référence à la plaisante discussion qu'il avait eu avec une rôturière, une certaine Lyra, délicieuse perle dornienne égarée sur les routes du Bief, roulant gracieusement vers Villevieille. Il n'avait pas le souvenir exact des paroles qu'ils échangèrent, mais il se souvenait très bien des mots très flatteurs et très tendres de la demoiselle pour cet ami qu'elle allait rejoindre. Leo regarda un instant Maël et espéra que ce jeune homme se montrerait toujours digne de l'affection particulière et des sentiments singuliers que Lyra nourrissait pour lui. Le Long Dard, en parlant de la réputation du tailleur, faisait également référence au grand crédit qu'il avait auprès des Hightower et de tout le sud du Bief depuis que lord Clarence avait glissé à son sujet les meilleurs compliments ici et là, usant de son influence pour ouvrir des portes au jeune dornien qu'il n'aurait sans doute jamais imaginé franchir quelques années auparavant. Leo lui-même songeait d'ailleurs à faire appel aux services de l'artisan, mais chaque chose en son temps, il était inutile de se précipiter en avant alors qu'il avait encore tout son temps devant lui. « Quatre dragons ? Cela ne me semble pas cher du tout, mais soit ! Mon intendant viendra vous régler avant la fin de la journée, vous avez ma parole. Avons-nous un accord ? »

Leo Tyrell était certes l'héritier d'une longue lignée d'intendants, il était aussi le Long Dard et le chevalier qu'il était répugner à plonger la main dans sa bourse pour en extraire de la monnaie pour régler l'achat qu'il venait de réaliser. Sans nul doute, Maël accepterait car après tout, les articles n'allaient pas être récupérés ce jour, alors l'argent pouvait bien attendre quelques heures dans les coffres des Roses dorées. « Nous resterons quelques jours à Villevieille, vous pourrez donc nous livrer à Grand-Tour, mais j'aurais peut-être une proposition à vous faire si vous avez du temps pour l'écouter. Mais d'abord, permettez que je m'entretienne avec mes familiers. » Leo se détourna du tailleur sans attendre sa réponse et se rapprocha de son épouse et de sa fille avec lesquelles il échangea quelques phrases qui suscitèrent leurs commentaires et leur finale approbation. Puis, tandis qu'elles revinrent vers l'éventaire du tailleur pour apprécier la qualité d'autres pièces de tissu et d'autres vêtements, Leo s'en revint quant à lui vers Maël accompagné d'un chevalier qu'il chargerait d'aller porter l'ensemble des commandes auprès de celui qui, à Grand-Tour, s'occupait du train et de la suite et donc des finances en voyage de lord Tyrell. « Nous disons donc quatre dragons d'or et la promesse que vous écouterez ma proposition, n'est-ce pas ? »
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Message Jeu 13 Déc 2012 - 20:33

Depuis le début, lord Tarly observait l'étrange spectacle qui se déroulait sous ses yeux. Silencieux, il avait assisté à la dérive des événements quand un gros bourgeois, au visage bouffi par l'orgueil autant que par la surplus de graisses, avait clamé ses éloges bien particulières. Son ton et ses manières respiraient le manque cruel de jugeote et si au début le personnage avait amusé Leslyn et sa compagne, la situation avait rapidement changée. Visiblement, ses remarques, qui étaient sans qu'il ne le sache lui-même vexantes tant par ses mots mal choisis que par son manque de tact, avaient finis par agacer les autres spectateurs et les artistes eux-mêmes, dérangés dans leur travail par ce lourdeau, qui semblait connu de nombres de gens présents qui murmuraient entre eux quelques anecdotes sur celui qu'ils appelaient "le gros Walder".

Lord Caron et la jeune artiste que le bourgeois appelait avec arrogance "la paludette" s'en prenait d'ailleurs assez violemment à lui, lui intimant de partir. Cependant, tout gentilhomme qu'il était, Walder semblait vouloir continuer à faire profiter l'assemblée de sa présence, ne comprenant pas l'ironie dont usait ses interlocuteurs. Leslyn fut presque pris de peine pour lui : le pauvre était plus sot la moyenne. Cependant sa façon d'être commençait également à irriter Leslyn. Il avait gâche le spectacle à tout le monde.

Il n'avait osé interrompre la discussion avant ce moment, ayant crainte de brusquer l'un ou l'autre parti. Mais les choses devenaient visiblement plus sérieuses, et en entendant lord Caron s'exprimer auprès du Lord Commandant, il ne pu s'empêcher de froncer les sourcils. Il pouvait comprendre que le noble soit exacerbé par le comportement de Walder, mais il ne pouvait admettre qu'il soit amené à déformer la réalité ainsi. De plus, en le prenant pour témoin ! Il se retint de toute remarque, mais lord Caron venait de descendre dans son estime. Il trouvait les geôles une forte peine pour ce désagrément. C'était jour de fête, et cet homme devait avoir le peu de clémence qu'il méritait : l'éloigner des festivités lui suffirait fort bien.

Néanmoins le Lord Commandant ne plia pas l'échine, ce qui plu à Leslyn qui écoutait en silence sa réponse à chacun des acteurs de cette polémique. Il était juste et sa vision des choses plaisait à Leslyn. Autant dire qu'il l'apprécié d'autant plus quand il vint le complimenter. Leslyn ne pu s'empêcher de sourire, enorgueillis par tant d'admiration. Costayne avait définitivement gagner les faveurs de lord Tarly. Il lui sourit amicalement, tout joyeux qu'il était avant de lui répondre :


- Vous me flattez, tant d'honneurs ne sont pas nécessaires, Lord Commandant. Mais je dois vous avouer être honoré de rencontrer l'homme qui brille dans l'ombre de ces fêtes. Maintenir l'ordre dans cette foule ne doit pas être chose facile, et pour cela vous avez tout mon respect. La situation ici est...
il fit claquer sa langue en souriant étrangement, regardant lord Caron puis Walder qui semblait toujours ne rien comprendre. Plutôt compliquée. Il ne me semble pas que cet homme soit ivre. Je dirais juste sot. Cependant il est vrai qu'il importune le spectacle et les spectateurs par la même occasion, mais le pauvre ne semble même pas en avoir conscience. Je comprends l'agacement de messire Caron et je le partage, à dire vrai. Je ne suis pas ici pour rendre justice, mais je pense que l'éloigner des artistes serait d'un très grand bien... Sans pour autant le mettre sous les verrous, bien entendu.
Puis il s'approcha du fameux Walder et ancra son regard dur dans le sien.

- Vous n'êtes pas un homme de mal, Walder. Mais tenez votre langue, par pitié... Vous vous faites plus de mal que de bien en paraissant ici.
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Lady Coeurdepierre
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Message Jeu 13 Déc 2012 - 22:59

     Ordello croyait pouvoir aisément manipuler le seigneur de la Treille, mais il aurait dû se souvenir que ce dernier n'était pas devenu Grand Amiral pour rien ! Héros des Trente Voiles, lord Redwyne était une figure bien connue dans les Cités-Libres, que ce dernier avait longuement fréquenté par le passé... il n'était donc pas n'importe quel client, et l'orfèvre aurait dû s'en rappeler, il lui aurait joué un tout autre numéro et se serait épargné cette déconvenue commerciale qui allait l'obliger à traiter son client en égal, chose qu'il faisait rarement. En effet, la plupart du temps, ses clients étaient des sots persuadés de tout connaître de l'orfèvrerie parce qu'ils savaient distinguer l'or de l'argent. Ses clients étaient à l'image de son plus fidèle chaland, le vieux Walder, que sa moustache en corne de bouc avait rendu célèbre : pour la plupart des parvenus, des ignorants, des béotiens, des pies qui ne voient que le brillant du soleil et négligent tout le reste. Ces pantouflards débiles qui se traînent jusque dans les boutiques pour scruter de toute l'étroitesse de leur esprit critique les créations des maîtres et asséner le doigt bouffi comme le bourreau abaisse sa hache sur le coup d'un condamné. Ce genre-là, le plus répandu, le plus visible, le plus grossier, Ordello savourait chacune de ses visites, car elles étaient toujours pour lui synonyme d'un enrichissement facile : il lui suffisait de lâcher contre un prix exorbitant quelque colifichet couvert en hâte de dorures, et voilà le travail ! Mais lord Redwyne était taillé d'un tout autre marbre, il n'était pas fait de l'argile mollasse des Walder et des autres, non ! Il était plutôt à l'image du verredragon, inflexible, insaisissable, subtil, une matière qui se révélait très difficile à manipuler. « La torque se vendrait dix dragons d'or à Tyrosh, mais ici je la cède pour la modique somme de quatre dragons. Le diadème, c'est presque un sacrilège, est au prix infime de sept dragons et soixante dix cerfs d'argent. Quant à la broche, je ne peux diminuer son prix d'origine qui est de huit dragons. Un homme tel que vous saura reconnaître la justesse de ces tarifs qui ne sont pas à la portée de tous mais qui ne sont qu'une goutte d'eau dans l'océan de votre bourse... Et souvenez-vous que ces prix-là sont bien moindres qu'à Lys, Pentos ou même Braavos ! N'hésitez pas si vous souhaitez offrir ce bijou à celle que vous nommez « ma dame » ! »

     Walder était trop naïf pour saisir l'ironie de paroles bien senties, mais il comprit sans mal les insultes de la paludière qui furent si violentes à son égard qu'il en frissonna tout entier, depuis ses orteils gras jusqu'aux bouts huilés de sa moustache. Jamais personne n'avait osé lui dire des choses si méchantes, si indécentes, si insolentes ! « Gros lard », « trouble-fête », « gros-plein-de-soupe » ? Ces paroles pleines d'une colère sourde et pure le giflèrent et ses joues de poulpe gras frémirent quelques instants pour finalement laisser échapper un fou rire qu'il ne put contenir alors qu'il n'avait pas entendu les paroles qu'Aribeth avait pour messire Costayne. Il ne put s'empêcher de rire encore, tout en caquetant :  « Ah ça, elle est douée, très douée ! Chanteuse, et comédienne en plus ! Vraiment très douée ! » Quant aux paroles que Blayne Caron adressa au commandant du guet, qu'il écouta avec une attention distraite, Walder les goûta délicieusement et aux premières, il s'écria :  « Un goujat ivre parmi nous ? Mais où est-il ? » Ses yeux roulaient d'une franche innocence, de la naïveté des sots, avant d'ajouter :  « Mais lord Caron a raison, il faut éloigner de nous ce malotrus, il risque de gâter le chant de la Paludette ! Un séjour dans les geôles le dégrisera et lui rappellera que notre bon lord Hightower veille au bien-être de ses gens, même ceux qui boivent un peu trop à sa santé. » Il fut le seul sans doute à rire de sa propre blague, puis ce fut au tour de messire Costayne d'intervenir et Walder fut lui-même étonné de voir le commandant du guet si dur à l'égard de la paludette. La pauvre chantait si bien, elle ne méritait pas tant de remontrances, et Walder murmura des mots à cet égard qui ne franchirent pas sa moustache. Il connaissait Arthur Costayne et son... tempérament. « Moi ? Vous me demandez si j'ai bu ? Moi ! Mais messire, je ne suis pas le goujat ivre, je ne suis qu'un amateur venu entendre de la belle musique ! Et vous savez très bien que je ne bois jamais qu'à l'occasion de bonnes affaires. Allons, soyons sérieux, cherchons le goujat ivre et revenons écouter ces musiciens et cette chanteuse, ce sont eux qui doivent capter notre attention en ce jour merveilleux ! » Walder était, comme à son habitude, content de lui et persuadé que ses paroles suffiraient à convaincre messire Costayne – après tout, il disait la plus stricte vérité. Sur son petit nuage, il regarda lord Tarly que le commandant du guet intéressait à l'affaire. Il approuva du chef d'ailleurs tout ce qu'il dit, croyant qu'il parlait du goujat ivre, mais fut quelque peu surpris de le voir s'approcher de lui-même, le regarder fixement et lui déclarer des mots dont il ne saisissait guère le sens profond. Quelque peu inquiet, il entrouvrit ses lèvres mais retint ses mots, car au prix d'un effort particulier qui fit dresser les poils de sa moustache, il venait de comprendre. Il lança donc à lord Tarly un regard plein de respect et de connivence. « Vous avez raison, messire, et m'honorez de votre sagesse ! Allons, tenez, voilà dix cerfs d'argent pour la paludette, et j'en donnerai dix fois plus à celui qui aura la gentillesse de nous livrer le goujat ivre ! Vous m'avez bien entendu, cent cerfs d'argent ! » Il adressa à Aribeth un clin d’œil tout en lui tendant la somme d'argent qu'il venait de lui offrir, avant de jeter sur lord Tarly un regard entendu. Walder en était persuadé, grâce à eux et à leur coopération inopinée, ils réussiraient à faire main basse sur ce goujat ivre qui empêchait les musiciens d'accomplir leur art qu'il prisait si fort et si bourgeoisement !

     Dans les gradins qui faisaient face au théâtre de plein air où Lantheïa et sa troupe avaient débuté leur représentation qui était une scène parfaitement improvisée, traitant d'un père et de ses fils, d'une famille désargentée et désœuvrée, le public se laissait peu à peu captiver par les déclamations des acteurs qui, pénétrés de leurs rôles respectifs, tâchaient avec zèle et volupté de se montrer convaincant, chose que pouvait apprécier le vieil Elyas qui représentait à lui seul toute une vie de théâtre, de comédie et de tragédie dont les partitions semblaient gravées au coin de ses lèvres, qui étaient prêtes à reprendre du service à tous les instants. Quoiqu'il fût muet comme le plus silencieux des tombeaux, Archy son voisin fut très attentif aux explications que le vieil homme encore vert lui délivra, et les approuva, naturellement, sans mot dire, car Archy était devenu, par la force des choses, de ces personnes qui remplacent la parole par le geste. Et quand il posa une main amicale sur l'épaule d'Elyas avant de la retirer pour, tout sourire béant – c'était le cas de le dire, lui faire signe de regarder sous leur banquette de bois, Archy lui dévoila sous lui un lourd panier garni de pommes d'une couleur rouge étonnamment riche de pigments. Il en saisit une à pleine main et la croqua à pleine bouche, et invita son compagnon du jour à faire de même, sans manquer de lui dévoiler involontairement la façon qu'il avait de mastiquer sans user de la langue qui lui fut arrachée autrefois... une bien belle histoire qu'hélas il ne pourrait plus raconter !
     Lantheïa, Noam et Jesse imposèrent rapidement le silence et leur prestation capta l'auditoire qui écouta les considérations et promesses de pérégrinations des trois frères avec un plaisir que doublait les espoirs des uns et des autres, car chacun se faisait déjà une idée de ce qui allait suivre et parmi eux, lady Valencia usait de tout ce qu'elle avait d'intellect pour chercher dans la représentation les failles qui la conduirait droit vers le dénouement. Cela n'avait bien sûr pas échappé à lady Virginia que connaissait bien sa petite sœur, mais peut-on vraiment connaître à l'avance la fin d'un drame improvisé ? Et d'ailleurs, cette fin serait décidée par nul autre que lord Hightower lui-même, et d'ailleurs quand un interlude musical vint clôturer ces premières scènes que des applaudissements saluèrent, il ne se priva point d'exprimer son point de vue :  « Je me demande si cette femme a bien fait de me confier le soin de choisir la fin de la pièce qu'ils improvisent sur des thèmes choisis par le public, car je crains de n'être pas assez doué du talent des auteurs pour trouver la fin qui saura couronner cette représentation que mon nez pressent comme un petit chef-d’œuvre... Toutefois le jeu des acteurs me semble inégal, qu'en pensez-vous ? Il y a chez cette femme qui se déguise si habilement une grâce et un talent qui me stupéfie. » Ailleurs dans les gradins, les personnes du public échangeaient aussi leurs impressions et globalement, tout le monde semblait satisfait, à l'exception d'un homme qui ferait bientôt parler de lui. Ses grommellements d'ailleurs étaient audibles depuis la scène, si bien qu'un raclement de gorge de lord Hightower le rappela à l'ordre pour qu'il modère ses vociférations. Mais ce n'était pas encore ce qui devait préoccuper Lantheïa et sa troupe, car quand ceux-ci revinrent sur scène pour la suite de la représentation, un phénomène étrange se produisit, qui arracha aux uns des fous rires et aux autres des cris de surprise : un goéland à l’œil mauvais venait de se poser au beau milieu de la scène. Il déployait ses ailes face au public et piaillait en dardant Elyas de son regard de buse meurtrière et manifestement, la vue de ce vieillard dut lui faire quelque effet : derrière lui, sur le sol de la scène s'épanchait les traces blanchâtres de sa grande émotion.
     De son côté, Aslak demeura seul appuyé contre le pan de bois qui retenait son corps tanné par les grandes activités physiques, mais il ne le resta pas si longtemps et à vrai dire, c'est une voix murmurant qui le tira peut-être de ses considérations introspectives. Une voix câline qui disait : « Hé, minou ! Tu veux voir mon décolleté ? » L'apostrophe ne pouvait tromper sur la marchandise, il y avait non loin une fille de joie qui désirait parlementer. Elle s'était approchée d'Aslak par l'arrière, et quand il se tourna vers elle, Felina lui dévoilait ses dents imparfaites dans le plus luxurieux des sourires, car la demoiselle savait y faire – c'était le privilège de l'âge et de l'expérience dans le métier, car elle avait maintenant plus de vingt-cinq ans. Sous une abondante chevelure d'ébène, le visage d'une jouvencelle offrait deux beaux yeux bleus, une bouche rose et maline, deux joues charnues et un petit nez en trompette qui n'avait pas fini d'en agréer plus d'un. Cette tête, somme toute bien faite, reposait sur un corps de petite taille mais bien en chair, et disons pour faire simple que Felina avait ce qu'il fallait là où il fallait pour exercer le plus vieux métier du monde. Une poitrine généreuse, des hanches gourmandes, des petits petons d'ivoire et des mains qui semblaient expertes en leur domaine. Vêtue comme il se devait d'une robe qui ne laissait aucun doute sur ses activités de sème-la-joie, elle avait pour lui dénuder le haut de son buste, et deux seins joufflues s'échappaient de la prison de tissu.« Si tu veux te payer mes services, il va falloir débourser ! »

     Un homme n'avait rien manqué des échanges entre les trois membres de la famille Tyrell, le père, la mère, et la fille, et le tailleur dornien qu'il connaissait bien. Ce Maël s'était installé à Villevieille pour y ouvrir une boutique, et avait ce faisant empiété sur ses plates-bandes, ce qui lui avait fort déplu. « Arrêtez mon seigneur ! Arrêtez... je me permets, sire Tyrell, de vous interrompre, car je crains que l'apparente faiblesse et douceur de cet homme, de ce bandit à l'aiguille, ce pirate à la soierie ne vous pousse à commettre l'impensable, à savoir lui acheter cet article pour un prix qui semble honnête... alors-même que la qualité de ses produits reste à prouver. » L'homme n'avait manifestement pas la langue dans sa poche, et parlait avec l'aisance de ceux qui en usent souvent. Ce personnage était bien de ceux-là, magnat du textile à Villevieille depuis des lustres, il veillait sur ce commerce comme un berge veille sur ses brebis, et naturellement l'arrivée de Maël, mouton dornien égaré, indépendant et hors de contrôle, l'avait considérablement ennuyé. Il n'avait eu de cesse, depuis, de chercher à tuer dans l’œuf les projets de ce petit tailleur à la sauvette, alors quand il avait reçu les meilleures appréciations de lord Hightower, ce fut la goutte d'eau qui fit déborder le vase de sa patience ! Furieux, il cherchait à présent à saboter le commerce de son « confrère », et se faisait tout doux et tout miel pour dire ainsi à lord Tyrell :  « Vous méritez mieux, mon seigneur, et moi, Kar'Olus, je puis vous le fournir. Cela dit, je ne veux pas interrompre les affaires d'un confrère qui, par ailleurs, fait un travail honorable... mais je ne paierais jamais quatre dragons pour ces trois torchons. » Il y avait dans ses derniers mots tout le mépris du monde que ne pouvaient contenir ses beaux habits qui témoignaient de la grande maîtrise qu'il avait de son art.

*** *** ***

PS : Une intervention pour débloquer ceux qui ont besoin des PNJ de l'animation !

NB : N'oubliez pas que vous pouvez et même devez gérer vos PNJ ! Et n'oubliez pas que contrairement à vous, ils sont parfaitement mortels.

NB bis : La limitation par post est élevée pour les besoins de l'animation à 1000 mots pour Lantheïa. Wink Durée : jusqu'à nouvel ordre.

NB ter : Pour toutes vos questions, contactez Clarence Hightower !
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Message Jeu 13 Déc 2012 - 23:10

Alliser en avait assez des gens et de leurs bruits. Les annonces assourdissantes des comédiens, les rires agaçants des nobles figures, la musique étourdissante des musiciens, le trépignement lassant des serviteurs... L'ouïe trop affûtée de l'agent criait grâce. Il aurait donné n'importe quoi pour pouvoir regagner la paix ambiante du château de La Treille. Au lieu de cela, il avait du suivre le seigneur de l'île qui l'avait recueilli jusqu'à Villevieille où les Hightower donnaient cette somptueuse fête. Déjà cinq jours s'étaient écoulés et l'amusement des uns et des autres perdurait. Alliser, bien sûr, n'aurait pu se réjouir avec la masse de ce qu'il voyait ou entendait pour la simple mais bonne raison qu'il ne prêtait guère attention aux spectacles. Ses minuscules yeux gris et ses oreilles expertes s'attachaient à des choses à l'apparence bien plus insignifiante : des conversations et des gestes, issus de la plèbe mais également et surtout peut-être des riches personnes conviées à l'évènement. Aussi, et bien que le Redwyne n'en fit pas expressément la demande, son ombre ne pouvait s'empêcher de garder un œil sur lui et les membres de sa Maison, s'assurant ainsi que nulle menace ne l'élevait contre eux. Dans un souci de discrétion, il avait du laisser son arc et son carquois derrière lui mais ses poignards au lancer et au corps à corps étaient toujours bien camouflés dans ses vêtements, prêts à l'emploi au cas où il faudrait défendre celui qu'il servait fidèlement depuis plusieurs années.
Alliser avait actuellement deux problèmes. Le premier était qu'il devait prendre la plus grande garde de ne pas croiser l'aimable suzeraine du Bief en la personne de Jeanne Tyrell, qui ne manquerait pas de reconnaître en le voyant le serviteur du Redwyne qui avait sauvé sa vie lors d'une chasse aux sangliers et pourrait vouloir le mettre en lumière en pensant le remercier encore alors que tout ce à quoi il aspirait était demeurer dans l'ombre. Le second était que, d'une manière générale, ce genre de rassemblement ne se prêtait guère à ceux qui, comme lui, ne voulait parler à personne. Il y avait toujours quelqu'un qui, après l'avoir un peu bousculé dans la cohue, décidait d'engager la conversation. Mais trêve de tout cela. Jace avait quitté la compagnie de Leo Tyrell et se dirigeait vers un joaillier qu'Alliser avait vu tricher et mentir plusieurs jours durant. Aussitôt, l'agent contracta sa mâchoire et dut faire un effort surhumain pour s'obliger à rester éloigner de son maître. Il avait beau savoir pertinemment que le Redwyne était trop intelligent pour se laisser avoir par un vulgaire forain, il ne pouvait pas s'empêcher de vouloir punir le joaillier pour avoir essayé.
On apprend beaucoup de choses lorsqu'on se glisse contre les murs et qu'on ne fait qu'écouter ce qui se dit. L'agent avait déjà intégré dans sa mémoire un nombre important d'informations. Il n'était pas encore sûr de savoir lesquelles auraient un intérêt pour son maître mais il les conservait pour le moment, bien au chaud dans sa tête froide. Ses yeux gris fendirent la foule pour s'assurer brièvement que lady Alessa était en parfaite sécurité. Si un voleur tentait de l'approcher, il le saurait et lui ferait payer son audace.
Ainsi errait Alliser, anonyme et muet parmi les badauds. Dans ses vêtements de toile marron et vert foncé, le visage dissimulé à demi par une capuche identique à beaucoup d'autres circulant aux alentours. A la pointe est de la Place de l’Étoile, gardant toujours la seule personne réellement chère à son cœur à portée de sa vue perçante, et s'il le pouvait la famille venue avec elle.

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Dernière édition par Alliser le Ven 14 Déc 2012 - 18:57, édité 1 fois
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Message Jeu 13 Déc 2012 - 23:34

Ce que trouvait la lady blonde à ce méprisant rustre de Caron ? Mystère. Mais le ménestrel improvisé l'agaçait presque autant que le gros Walder. S'en détourner. Elle ravala une nouvelle salve de son « langage inapproprié de saltimbanque » et se mordilla les lèvres pour s'assurer de se rappeler de fermer sa bouche. Elle sentait Elliot qui lui faisait les gros yeux dans son dos. Le forgeron n'était pas le dernier pour défendre la veuve et l'orphelin, mais il savait s'arrêter à temps quand danger il pouvait y avoir. Pas Aribeth.

Le Commandant du Guet, Arthur Costayne, ne fut guère plus compréhensif. Insanités. Patelin. Pas d'injures vulgaires et gratuite. Eh ! Il n'était même pas là ! Il y avait eu insulte vulgaire et gratuite ! Vulgaire, peut-être pas tant que ça, mais gratuite assurément ! Mais bon. Quand il s'agissait de se moquer des « paludettes », ça ne comptait pas, pas vrai ? Elle préféra ne pas relever, dépassée par tant d'injustice à son égard. Bientôt, ils exigeraient d'elle qu'elle mange de la vase pour honorer ses racines marécageuses.

La seule intervention juste et objective vint d'un lord qu'Aribeth n'avait pas vu arriver avec toute cette agitation. Ledit messire Tarly qui, avec élégance, résuma la situation en tempérant tout un chacun. Avec un soupir de soulagement, la jeune fille inclina la tête et souffla, reconnaissance : « Merci, messire. Je salue votre honnêteté concise et objective. » C'était sans compter sur la connerie de Walder qui n'y comprenait goutte. Son accès de rage ? Une comédie pensait-il. Et l'ivrogne, le gêneur ? Ce n'était sûrement pas que lui que l'on parlait. Foutaises ! Nonobstant, Aribeth se rendit à l'évidence : parlementer avec lui était aussi inutile que pisser dans une vièle pour en arracher quelques notes. De toute façon, il semblait être une sorte de monument de Villevieille impossible à faire dégager. Il faudrait faire avec.

A sa grande surprise, l'adipeux trouble-fête lui tendit une petite bourse qui contenait dix cerfs d'argent. Aribeth esquissa une grimace contenue et se retourna vers Elliot. Celui-ci s'empressa de lui faire signe de la prendre, agité. La Paludière tordit la bouche. Elle n'avait nullement envie de prendre cette bourse et d'accepter l'argent de cet odieux personnage, mais Elliot avait raison : ils ne pouvaient se permettre le luxe de refuser – car c'était sans doute ce que ses signes voulaient dire. Aribeth soupira et se pencha pour attraper la bourse en prenant soin de ne pas toucher les doigts de Walder. Elle se força à prendre un ton aimable, sinon neutre : « Merci, c'est très généreux. » Elle attrapa la bourse et se détourna aussi sec, la tenant du bout des doigts, pour la rapporter à Elliot, un peu raide. Elle siffla entre ses dents quand elle fut proche du Dornien : « Ça ne me plaît pas. Vraiment pas.
▬ Merde, on n'a pas le choix, Aribeth ! », siffla-t-il en rangea la bourse en lieu sûr sous ses vêtements. « Retournes-y et calme-toi ! »
La jeune fille serra les dents et s'en retourna, un sourire un peu mécanique collé sur les lèvres. Faisant acte d'un grand dépassement de soi, elle s'agenouilla sur le rebord de la scène, devant Walder, elle proposa d'une voix sucrée : « Donnez-moi le titre d'une chanson et je la chanterai. Oublions tout ça et place à la musique – nous avons été invités pour cela. » Elle tourna la tête vers Caron avec un regard entendu : toi tu n'es pas un artiste invité, descends de ma scène, tu dragueras plus tard.
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Message Ven 14 Déc 2012 - 10:52

Ah Lantheïa, tant de talent au service de la mauvaise cause. Si lui-même n’était pas un reste pour ce qui touchait à l’incarnation d’un rôle Elyas se devait de reconnaitre que la vieille pie arrivait à se fondre dans un nouveau personnage avec une aisance remarque. De son côté il préférait les mots au morphisme scénique. Le premier acte se déroula sans encombres, même les deux autres saltimbanques dont l’errante s’était entichée se débrouillaient bien et bien vite les grandes lignes de leur aventure à venir apparurent. Une belle quête fraternelle pour honorer la volonté du patriarche.

Parlant de fraternité, le baratin du vagabond avait semblait-il fait son petit effet sur le muet qui siégeait à ses côtés, en prime d’une tape amicale il se vit offrir l’un de ces beaux fruits rouges dissimulés sous leur banc. Souriant avec une chaleur de façade Elyas en prit un et mordit dedans à belles dents alors que les comédiens quittaient la scène et qu’une musique légère venait meubler le vide. Y aurait-il quelque chose d’intéressant à faire de ce muet d’ici à la fin de la démonstration théâtrale ? Pourquoi pas après tout, si le but restait toujours d’offrir un bon spectacle au public la chose restait possible tout en mettant à mal la réputation de la bougresse. Mais une fois encore il fallait que l’opportunité se présente.

Ô joie, Ô généreux destin. A peine les rideaux rouverts pour donner lieu au deuxième acte qu’un de ces volatiles hantant les bords de mer comme lui hantait les routes vint se poser au milieu de la scène avec des vociférations à même de faire pâlir d’envie un négociant acariâtre. La foule commençait déjà à rire nerveusement face à pareille intervention impromptue, et il fallait dire que la chose tenait d’un comique solide et bien ancré que seul un animal pouvait offrir. Le vagabond décida aussitôt que l’occasion était beaucoup trop belle pour rester sans remuer un orteil et, lorsque le bestiau vida sa petite panse sur les planches, se leva promptement et avec gravité, les deux bras levés vers les cieux et son trognon de pomme toujours en main. A demi tourné vers le reste du public derrière lui il dit d’une voix forte :

« Mes Dieux ?! Est-ce ainsi que vous répondez à nos prières ? Que la performance ne vous ait plu nous en prenons humblement note, mais par pitié ne soyez pas si prompts à exprimer votre mécontentement ! »

Puis avec un ample mouvement du bras Elyas pointa du doigt le pauvre goéland, comme si ce dernier venait de faire son affaire sur la tête d’un Roi :

« Et toi, misérable volatile ! Ne viens pas gâcher si belle journée quand de grands seigneurs sont présents ! File, oiseau de malheur ! »

Puis agitant à la vue de l’animal ce qu’il restait de sa belle pomme il laissa tomber le trognon sur le sol devant la scène. Mords donc à l’hameçon !
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Aslak
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Général + Etre fier c'est bien, être en vie c'est mieux ! +
♦ Missives : 1035
♦ Missives Aventure : 116
♦ Age : 31
♦ Date de Naissance : 24/09/1986
♦ Arrivée à Westeros : 03/06/2012
♦ Célébrité : Nicolaj Coster-Waldau
♦ Copyright : moua
♦ Doublons : Arkha Kenning, Ethaniel Stone, Maëlle Beurpuits
♦ Age du Personnage : 40 ans
♦ Mariage : /
♦ Lieu : les Terres de la Couronne
♦ Liens Utiles : + Dites moi que je resterai en vie et je vous dirai qui je suis

+ On va se boire un verre ?

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Message Ven 14 Déc 2012 - 12:59

Pour le moment tout semblait se dérouler sans trop d'encombres. En même temps il n'avait pas la moindre idée de ce à qui il fallait s'attendre. Allait-il attaquer Lanthéïa au beau milieu de tout ce monde ? Cela lui paraissait un peu gros. Bien que pas stupide, il appréhendait un peu une réaction plus subtile et plus étrange. Lanthéïa devait sûrement un peu jouer de manipulation artistique même dans sa vie de tous les jours, sans savoir clairement pourquoi il en était un peu persuadé. Mais après tout, cela ne lui posait pas trop de soucis, il comptait bien être aux aguets tranquillement jusqu'à ce qu'une erreur lui soit attribuée à ce monsieur encapuchonné. Une voix cependant tout ce qu'il y a de plus féminin l'interpella alors derrière lui et il ne savait pas trop si c'était le timbre ou les paroles qui lui firent directement posé les yeux sur une poitrine engageante avant de remonter sur le faciès de la concernée. Elle avait largement de quoi plaire mais il avait directement cerné - ce qui n'était pas difficile- la raison pour laquelle elle l'interpellait. Une fois de joie dans toute sa splendeur se tenait à ses côtés avec des charmes exagérés et bien mis en avant. Il ne fallut d'ailleurs pas longtemps pour que ses prunelles quittèrent celles de la donzelle d'un bleu envoûtant pour observer avec amusement les atouts totalement découvert de leur habituel tissu censé justement camoufler aux yeux de tous l'attirait féminin. Il devait reconnaître que la fermeté, la rondeur et la jolie couleur rosée des tétons bien dressés auraient donné envie à n'importe qui. Il ne faisait pas exception et ce fut après un temps d'hésitation cependant et avec une expression de résignation amusée qu'il refusa les services de la jeune femme juste avant qu'Elyas n'interpelle son attention.

Il tourna alors la tête et observa le concerné en train de déblatérer des étranges sornettes. Après un instant un sourire en coin se dessina sur ses lippes alors qu'une idée somme toute grotesque lui traversa l'esprit. Regardant la jeune demoiselle qui était entrain de s'éclipser, il la retint et lui fit un magnifique sourire charmeur.

"Finalement j'ai changé d'avis. Je vais user tes services mais pas pour moi..." Sortant une bourse bien remplie - il avait fait le plein avant de partir, on ne savait jamais - il la glissa dans la main de la jeune femme en y déposant un baiser "Tu vois cet homme qui se tient debout dans les gradins avec sa capuche, j'aimerais que tu cours vers lui et que tu lui sautes au cou en disant de manière explicite qu'il t'a terriblement manqué et que tu aimerais encore qu'il utilise ton corps avec tant de ferveur ! Tu peux faire ça pour moi ? Si tu fais bien ça peut-être que plus tard je viendrai te retrouver et alors userai de tes charmes personnellement avec une nouvelle bourse à la clé..."

Bien que son charme pouvait faire des ravages, les filles de joie aimaient particulièrement entendre parler d'argent. Ainsi, après un sourire ravageur, la jeune femme le quitta pour accomplir la mission qui lui était destinée.


Spoiler:
 





You're kidding ?? This smell is mine ? holly crap... i stink!
" Qui dit porte dit monstre, qui dit monstre dit dragon et qui dit dragon dit courez, moralité: qui dit porte dit courez ! "

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