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L'ivresse de vivre est un traître poison.

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Message Dim 9 Déc 2012 - 18:32

Cela faisait déjà près d'un an et demi qu'Aribeth était sur les routes avec Elliot et Ivy, autant de temps qu'elle avait déserté Tourbetière dans le Neck pour vivre sa propre vie. Certes, la vie sur les routes avait été éreintante et même parfois dangereuse. Si le Nord était réputé sûr pour une belle lady qui voyagerait seule, il tait loin d'en être de même pour le Sud. Il semblait qu'une fois le Neck dépassé – et pire encore une fois franchit le Trident – que les gens n'avaient pas la même façon de raisonner. Au Sud, c'était comme s'il y avait moins de droiture et de scrupules. Était-ce la différence de religion ? Les Sept étaient-il moins cléments envers ses fidèles que les Anciens Dieux ? Ou bien était-ce une différence d'éducation ? Les faits étaient que les deux compagnons avaient été cambriolés plusieurs fois et Aribeth commençait à s'estimer heureuse que personne ne lui ait encore écarté les cuisses de force. Une chance qu'elle soit si habile pour se cacher et se défendre, éducation de Paludière oblige. Elliot était un garçon vigoureux pour sa part, il savait se battre même si son art n'avait rien de militaire. Quand bien même, contre des groupes étendus, ils étaient obligés de se terrer dans un fourré en priant pour ne pas se faire repérer ; que pouvaient deux civils contre une bande de brigands ou d'hommes de main peu regardants ?
Vivre au jour le jour impliquait aussi de ne pas toujours pouvoir manger à sa fin – notamment lorsque, sans le sou, ils ne pouvaient pas se permettre d'aller à l'auberge. Ils pouvaient bien chasser – Aribeth se débrouillait assez bien pour cela – mais ils étaient parfois dans l'impossibilité d'allumer un feu lorsqu'ils savaient que des groupes peu fréquentables traînaient dans le coin. Marcher était fatigant aussi, à terme. Ils avaient souvent perdu ou vendu leurs montures et avaient fait certain bouts de trajet à pattes. Aribeth n'avait jamais eu la peau particulièrement douce, mais ça avait quelque fois atteint des sommets pendant le voyage, tant et si bien que sa peau avait parfois la texture de celle du lézard-lion. A peu de choses près. Ou tout du moins, aussi râpeuse que la langue d'Ivy !

Pourtant, la vie sur la route n'avait pas que de mauvais côté. Au contraire, depuis un an et demi qu'elle était partie, Aribeth avait eu l'impression d'en apprendre plus qu'en dix-huit ans de vie à Tourbetière. Oh, le Neck lui manquait parfois, mais elle avait vu tellement de villes, de châteaux et de paysages qu'elle ne savait plus où donner de la tête ! Tout était comme dans les chansons : les grands châteaux de pierre qui ne flottaient nullement sur l'eau, les hommes en armures rutilantes, les grandes villes avec de hauts remparts... Il n'y avait pas tout ça dans le Neck, mais si Aribeth trouvait que la pierre avait moins de chaleur que le roseau, la tourbe ou le chaume. Les nobles ici avaient un nombre souvent très important de serviteurs, de domestiques et autres petites mains ; les femmes étaient enfermées dans des carcans de règles épineuses et hostiles tandis que les hommes évoluaient plus librement, quoique martelés de serments. Finalement, Aribeth était heureuse d'être née à Tourbetière. Dans le Neck, personne ne lui avait jamais reproché de courir, se battre avec un trident de bois, chasser, grimper ou se salir. Outre les Mormont du Nord, Aribeth avait appris dans les chansons et par Elliot que les femmes de Dorne étaient davantage sur un pied d'égalité qu'ailleurs dans le Sud.

La Paludière n'avait pas encore été si loin. Elle avait parcouru le Conflans en long, en large et en travers, empiété un peu sur les montagnes du Val d'Arryn, puis elle était descendue au Sud-Ouest vers La Dent d'Or puis Castral Roc et Port-Lannis. Elle avait écumé les Terres de l'Ouest puis avait descendu la route du front de mer jusqu'à Hautjardin. Elle avait plus où moins suivi la route de la rose pour visiter le nord du Bief avant de redescendre sur Hautjardin et de mettre le cap sur Villevieille. Elle en était là à présent. Il faisait chaud ici malgré l'automne. En ce moment, pensa Aribeth, il devait vraiment faire froid et humide à Tourbetière. Ici, elle ne portait qu'une fine robe de lin verte ainsi que sa cape jaune le matin et le soir quand il faisait plus frais.

Elliot et la jeune fille arrivèrent à Mielbois un peu avant le crépuscule, juste à temps pour le dîner, choisissant l'auberge la plus bon marché possible. Aribeth sourit en lui donnant un petit coup de coude : « C'est toi qui paies cette fois ! » Elle lui tira la langue et fila s'asseoir à table tandis que le Dornien tendait quelques piécettes à l'aubergiste contre une chambre et les deux assiettes qui allaient avec : bouillie d'avoine avec quelques lamelles de bœuf séché, une large tranche de pain et un verre de mauvais vin. Ils expédièrent leur repas assez rapidement avant d'aller se coucher. Elliot s'allongeait toujours – très souvent du moins – le plus loin d'elle possible, lui tournant le dos. Aribeth avait parfois la morne impression que sa présence le gênait et elle ne savait que faire pour arranger les choses. Pourtant, ils avaient toujours été très amis... Alors pour elle qui disait toujours tout ce qui lui passait par la tête, un tel non-dit demeurait embarrassant.

Quand elle se réveilla le lendemain matin, Elliot enfilait ses bottes pour se préparer à sortir. « Oùsketuvas... ? », balbutia-t-elle en se frottant les yeux, encore toute ensommeillée. « J'vais trousser la gueuse ! », répondit Elliot en faisant mine de remettre son service trois-pièces en place, une lueur taquine dans les yeux. La Paludière esquissa un sourire amusé : « Hm, d'accord. Amuse-toi bien. Moi je vais aller acheter ce fameux tambourin. » On lui avait volé le sien au cours d'un voyage et elle ne pouvait se rendre au festival de Villevieille sans. Il faisait quand même partie de son inventaire d'artiste ! Le Dornien hocha la tête : « Bien. On se retrouve en début d'après-midi ou pour manger, ça te va ?
— Oui, oui.
— Alors à tout à l'heure ! »
Elliot quitta la chambre et Aribeth laissa retomber sa tête sur l'oreiller. Elle avait l'impression qu'il manquait quelque chose qui laissait un grand vide en elle, un trou béant. Elle ferma les yeux et écouta un moment le brouhaha qui venait de l'extérieur avant de se lever et de s'habiller. Elle enfila des bas de laine très fine, une culotte bouffante et sa robe de lin verte avant de se débarbouiller un peu et de sortir. Le soleil lui fit plisser les yeux et elle erra un instant entre les étals plein de couleurs où milles odeurs et parfums se mêlaient. Des yeux, elle cherchait un stand où l'on vendrait des instruments de musique. Il lui semblait que son cœur battait trop lentement. Une impression, juste une impression qui trahissait la lassitude que tout cet immobilisme lui inspirait. Malgré le voyage, les rencontres, rien ne se passait. Et elle ne gardait rien. Aribeth déglutit et elle trouva finalement ce qu'elle cherchait. Un tambourin. Il y en avait assez joli, avec de belles gravures. Elle chercha dans sa bourse ; elle n'avait que des cerfs d'argent. Avec un soupir, elle se détourna et tapota l'épaule d'un homme bien bâti, beaucoup plus grand qu'elle. « Excuse-moi, l'ami. Tu n'aurais pas de la monnaie sur un cerf ? Ça m'aiderait beaucoup... » Ses yeux de jade se plantèrent directement dans ceux de l'homme au teint basané qui se tenait devant elle, imperturbable. Aribeth devait presque renverser sa tête en arrière pour le dévisager.
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Message Mar 11 Déc 2012 - 23:40

Villevieille était bien loin de Port-Réal, un voyage long, long, long. Très long quoi. Des kilomètres et des kilomètres qui séparait la capitale de la deuxième plus grande cité du continent, placée à son extrême opposé dans le Sud de Westeros. Sorti des geôles du Donjon Rouge, Mycah avait quasiment directement pris la route pour la ville à la grande tour, un léger ressentiment en tête. Certes la destination qu'on lui avait forcé à prendre était loin d'être la pire et revoir les vertes contrées du Bief n'allait pas contre son envie personnelle. Au contraire, voilà quelques années qu'il n'y avait pas mis les pieds et pouvoir enfin refouler de ses pas les tavernes lui ferait plaisir. Mais voilà ce voyage lui avait été imposé. C'était contre son gré qu'il avait déjà fait tout ce chemin. C'était contre son gré qu'il n'avait pas pu prendre le temps de profiter de chacun de ses arrêts et maintenant qu'il approchait enfin de son but, il s'imaginait bien prendre un peu de repos avant de retourner à son devoir. Personne ne détenait la liberté du chasseur et si c'était en se dépravant dans un bordel qu'il ferait un pied de nez à ses ordres directs, il le ferait. Une bien maigre vengeance mais qui le satisferait.
Ainsi donc presque au bout de son périple, il mit les pieds à Mielbois. Petit château et petite contrée, c'était le premier vassal de la grande famille Hightower chez qui il mettait les pieds depuis son départ et voilà qu'enfin une douce odeur de fin se faisait sentir. Et le moment d'un premier moment de calme aussi. Sa première nuit il passa sans faire grand chose dans une auberge minable. Couche tôt et sommeil profond ? Non. Le chasseur se reposait à sa manière, il voulait surtout reposer son moral et le tout se traduisit par un concours de levé de coude avec quelques locaux heureux d'avoir trouvé un nouveau compagnon de jeu pour partager leur nuit brassée à la bière.

Les pintes s'étaient enchaînées, la soirée s'était prolongée et Mycah avait fini par ne simplement plus toucher terre tant la quantité d'alcool ingurgité l'avait emporté. Et c'était peu dire. Car, ce n'est que lorsqu'un petit rayon soleil tapageur vint frapper à ses paupières engourdies qu'il se réveilla dans une chambre qui n'était pas la sienne, entièrement habillé, un mémoire trouée et plus inquiétant encore, il était seul. Les yeux engourdis et piquant, le regard encore trouble, les muscles tendus et mélangés, un mal de crâne qui lui tambourinait autant l'esprit que le sifflement imperceptible qu'il avait aux oreilles. Le doute n'était pas permis, il avait une sacrée gueule de bois.
Encore chancelant et sûrement alcoolisé, il se leva tout doucement pour repérer mes lieux. Ce n'était en effet pas sa chambre et voilà qui était le premier mystère à élucider. Le mystère s'approfondissait le questionnement avec lui et aucun indice perceptibles – En tout cas pas vu son état – ne lui donnèrent une indication. En fait il fallu attendre le retour d'un visage familier pour qu'il comprenne un morceau de l'histoire. Une des jeunes serveuse entra dans un grand fracassement de porte et l'insulta copieusement de tout les noms. D’après elle le Dornien lui avait fait briller ses milles voyages et aventures pour l'emmener dans ce lit là précisément. Mais au final à peine s'était il posé sur les draps qu'il s'était endormi comme la loque soûl qu'il était. Et c'était tant mieux car dés ce matin la jeune femme avait raconté son histoire à ses amies qui la mirent en garde et lui ouvrirent les yeux sur les buts peu glorieux du chasseur. Voilà qu'elle était maintenant revenue pour donc lui dire ce qu'elle pensait de lui en face. Trop prise à cracher son venin sur un Mycah affaibli, elle n'avait même pas remarqué son stoïcisme. Incapable de plus réagir, il se contenta d'un Je m'en fous et prit le peu de ses affaires avant de déguerpir dans cette établissement où il n'était apparemment plus le bienvenue. Au moins il avait dormi à l’œil.

Le reste de sa matinée avait été comment dire : Simple. Il avait déambulé à travers le patelin regardant à droite à gauche ce qu'il pourrait faire de cette journée qu'il décida de dédier à la glandouille pure. De toute façon il n'était pas vraiment sûr que ses jambes le tiendraient si il repartait maintenant. Au bout de quelques heures il avait finalement fini par dessoûler et donc continuait à se balader en tentant cette fois de reprendre ses esprits encore embrumés.
Au final il finit même par arriver au cœur d'un petit marché où les étals de babioles se confondaient aux étals de nourriture affriolantes pour certains, à soulever le cœur pour lui. Son regard se baladait et soudain une petite table couverte d'instruments de musique en tout genre attira son attention.
Aucun intérêt pour lui de fait, mais un rien pouvait maintenir son attention en cette matinée. Perdu dans ses pensées aux formes de xylophones et autres flûtes, il fallut attendre qu'une petite main ne lui tapote l'épaule pour le sortir de sa rêverie. Une petite demoiselle, plus petite que lui pour dire se tenait face à lui et lui demandait d'un air presque attristé si il n'avait pas un peu de monnaie sur un cerf d'argent. En temps normal peut être l'aurait il envoyé paître, mais là, il n'avait pas envie de se prendre la tête. Loin de là. Un acquiescement plus tard voilà qu'il sortait de sa bourse la quincaillerie et qu'il la vidait dans le creux des mains de la jeune fille. Mais comme je le disais un petit rien l'occupait et une légère intonation qui lui était presque inconnue l'intrigua dans les paroles de la petite.


Ton accent ? C'est du Nord ! Mais je n'arrive pas à le repérer correctement. D'où viens tu ? Et que fais tu ici petite ?


Il voyageait depuis presque 16 ans et les tonalités dans la parole, il connaissait, il savait identifier. Et voilà que celui ci ne lui parlait pas. De légère paroles sous l'influence du Nord, il en était sûr. Mais il était bien incapable de définir cette singularité. Chose qui l’exaspérait au plus haut point.
Mais il était loin de sa frustration la plus complète de la journée car soudain un
MYCAH ! Retentit derrière lui accompagné d'une nouvelle main – cette fois deux fois plus grosse que celle de la gamine et poilue en plus – sur son épaule qui l'arracha à sa conversation. Deux grand types plutôt fort et grand et aux barbes fournies l’attrapèrent et lui donnèrent une accolade forcée pour celui qui n'était qu'un nabot face à eux. Ca n'aurait sûrement pas posé problème si seulement il avait su qui ils étaient.

Alors sacripant ! On s'est remis de notre petite soirée de boisson de hier soir ? Sacré Dornien y a pas à dire tu nous à bien fais rire.
Soudain les regards du Bieffois et de son compagnons se posèrent sur la jeune fille posée encore derrière le chasseur. Et mais dis moi déjà en selle après la serveuse ? Tu n'attends pas ! C'est qu'elle est bien mignonne ta petite. Tu nous la présente ?


Dernière édition par Mycah le Mer 12 Déc 2012 - 21:13, édité 1 fois
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Message Mer 12 Déc 2012 - 1:00

L'homme à qui elle avait demandé de la monnaie semblait d'humeur à coopérer. Alors la jeune fille coinça son cerf d'argent entre ses lèvres et tendait rapidement les mains pour recevoir l'argent qu'il lui versait dans les mains, délestant nettement sa bourse de sa petite monnaie. Vu la quantité de pièces de monnaie, il devait y avoir le compte. Elle fourra les sous dans ses poches, sa bourse – là où elle pouvait, en vrac – et déposa le cerf dans celle du jeune homme. Ce dernier, visiblement alerté par son phrasé teinté des accents du Nord, lui demanda d'où elle venait, bien étonné de trouver une habitante du Nord si loin au Sud – et c'était bien compréhensible. Après tout, le Nord était loin, très loin, du Bief et de ses vallons fleuri. Cependant, il ne parvenait pas à identifier la région d'où elle venait et ça aussi c'était bien normal... Peu nombreux étaient ceux qui avaient eu une conversation avec un Paludier tant ceux-ci sortaient rarement de leurs villages flottants dans les marais du Neck. Aribeth se tortilla légèrement, un peu gênée, tordant ses doigts. Dévoiler qu'elle venait du Neck l'exposait à d'éventuelles moqueries ou insultes, les Paludiers étant assez peu appréciés par ici et ailleurs – la faute aux rumeurs pourries qui courraient sur eux. Elle hasarda : « Je ne suis pas si petite, j'ai vingt ans... Enfin, si, en taille je suis petite. Mais quand même. Et je viens d- » Heureusement (?) pour elle, la jeune fille fut interrompue par l'intervention impromptue de curieux personnages. Au début, Aribeth ne vit d'eux que de gros doigts aux phalanges poilues posées sur l'épaule de Mycah et puis, en levant les yeux, elle tomba sur deux armoires à glace visiblement ravies de retrouver son précédent interlocuteur. Ils l'attrapèrent et passèrent leurs bras autour de ses épaules comme s'ils retrouvaient un vieil ami.

La suite de leur discours arracha un sourire à Aribeth : potes de beuverie. Et vu la mine totalement déconfite du dénommé Mycah, il devait être tellement bourré qu'il ne se souvenait de rien du tout et surtout pas des deux piliers de bar. Pauvre de lui, il avait dû être tout retourné de se faire ainsi happer par deux barbus euphoriques. Peut-être avait-il eu peur pour sa virginité. Celle de derrière, s'entend. A propos de virginité – ou de non-virginité plutôt – les deux deux hommes posèrent leur regard sur elle avant d'enchaîner sur quelques mots un peu plus grivois. Donc ce Mycah était un tombeur hyperactif ? Oh, il n'avait pas tenté de l'entreprendre – pas encore ? – mais apparemment, une serveuse avait eu le droit à ses faveurs ardentes la nuit dernière. La Paludière du se retenir de rire et elle adressa un grand sourire aux deux hommes : « Aribeth, enchantée ! » Elle se présentait rarement sous son vrai prénom mais présentement elle estimait qu'elle ne risquait pas d'être reconnue ou découverte. Et puis ce n'était pas comme si elle était connue. Elle allait enchaîner quand un détail lui revint en tête ; le but de sa venue ici. « Oh, attendez un instant. » Aribeth se détourna pour reporter son attention sur le stand d'instrument de musique, laissant les trois hommes à leur conversation personnelle entre gens virils.

Elle attendit son tour, en profitant pour choisir mentalement un tambourin, puis paya ses trois sous. La jeune artiste rangea le tambourin dans sa besace et se retourna pour revenir aux trois « compères ». Elle pouvait quand même accomplir une bonne action et essayer de le tirer de ce mauvais pas... Le pauvre avait l'air de ne savoir comment s'en dépêtrer sans froisser des ego et déclencher une bagarre peut-être. Donnant l'air d'être proche de lui, Aribeth tapota gentiment le bras de Mycah et ulula, souriante : « En fait, je lui ai déjà promis quelque chose. J'ai un faible pour les Dorniens, je dois avouer, et mon petit Mycah est tout bonnement une perle, vous avez pu le constater tous les deux ! » La jeune fille se suspendit au bras du Dornien en gloussant, le serrant contre sa petite poitrine avec un gloussement puérile : « Tu viens ? Tu verras tes copains plus tard, hm ? A moins que vous ne teniez à ce qu'on aille boire un verre maintenant, mais... » Elle battit des cils avec un air de chien battu. Ou de biche enamourée. Ou les deux. Difficile à dire. « Tu préfères quoi, Mycah-chou ? »

Dur, dur de se retenir de rire ! Évasivement, elle laissa ses doigts pianoter sur les bras du jeune homme, affectant un air niais de jeune pucelle avide de flirter avec les limites de la décence. Cependant, il était vrai qu'elle aimait bien les Dorniens. Elliot en était un et il était sans doute la meilleure personne qu'elle ait jamais rencontrée sur cette terre. Même si parfois il se comportait un peu bizarrement. Quand bien même, il avait toujours été adorable avec elle et ce malgré les mille et unes fois où elle l'avait embêté, notamment quand il était occupé avec quelque demoiselle, en tenue peu habillée. Elle espérait que Mycah soit aussi sympathique et ne les envoient pas sur les roses, elle et sa tentative de le tirer de là, histoire qu'il ne soit pas obligé de massacrer son foie sur l'heure. Et aussi parce qu'elle même n'avait guère envie d'être plus amplement présentée à ces deux énergumènes. Elle préférait le beau Dornien. Qu'est-ce qu'Elliot dirait s'il la voyait ainsi accrochée au bras d'un autre ? Certes, son compagnon et elle n'entretenaient pas le genre de relation qui pourrait faire de son comportement présent un affront ou une trahison, mais son forgeron préféré avait toujours été un peu « mère-poule ». Surtout depuis qu'elle avait été malmenée par Judicael. Mais pour l'heure, rien de charnelle n'était censé vraiment se passer avec ledit Mycah. Et puis celui-ci devait être fatigué à cause de sa cuite de la veille, sans compter la serveuse qui avait du subir ses fougueux assauts. Oh oui, la nuit avait dû être courte pour ce pauvre Mycah !
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Message Mer 12 Déc 2012 - 20:05

Aux prise de bras qui devaient bien faire le même tour que son cou, Mycah se sentit un peu dépassé alors que les deux hommes le chahutaient gentiment, sûrement une marque de camaraderie pour ces être un peu reculés. Et c'est avec plaisir que Mycah sentit la grande étreinte d'effacer à peine la Nordienne à la région encore inconnue répondit. Comme deux chacals, attirés par la chair fraîche d'une proie qui ne venait pas de leur territoire, laissèrent alors toute leur attention déviée vers le jeune fille. Oui jeune fille, Car même si elle se prétendait grande du haut de ses vingts ans, le chasseur ne voyait encore en elle qu'une enfant qui lui avait soustrait un peu de poids de sa besace.
Enfin c'était pour le mieux, car au moins voilà qu'il se retrouvait invisible, presque au point où il s'imaginait déjà pouvoir filer discrètement. Pas de chance la jeune fille ne manqua pas de se détourner du petit groupe, pour vaquer à ses propres occupations qui semblaient plutôt être sur le petit étal que dans les yeux du Dornien. Celui ci d'ailleurs ne manqua pas de lui lancer un regard noir qui aurait pu se montrer utile si au moins il avait été visible à travers ses paupières mi-close par les restes de l'ivresse, il aurait servi à quelque chose. Mais ça le chasseur ne s'en rendait même pas compte. D'ailleurs le geste fut accompagné par la pensée et alors que par déduction simple les deux gaillards retombaient sur lui dans de grande claque dans le dos à vous décoller les poumons, il ne put s’empêcher de pensée des Lâcheuse ! Traîtresse. Certes elle n'avait rien à voir avec cette histoire, et ce n'est pas avoir récupéré la monnaie du Dornien qui lui aurait donné une si grosse dette à payer envers lui. Mais quitte à ne pas pouvoir offusquer les deux bruts de peur de se prendre une mandale, il fallait bien qu'il trouve quelqu'un à accuser. Et ça ne serait certainement pas lui même.

Elle, elle faisait son petit achat tranquille, ne se souciait de rien, le chasseur à, à peine quelques mètres derrière lui se faisait bousculer, câliner par des ourse mal léchés et il récoltait même au passage quelques remarques plus ou moins salaces. Quelle planquée. Enfin il l'avait cru en tout cas. Car par folie ou par inconscience – Jeunette je vous dis – Voilà qu'elle se rejetait dans la gueule du loup en s'accrochant à un Mycah plus que surpris de cette soudaine approche. Le regard encore à moitié endormis du chasseur se braquèrent sur la gamine qui commençait à blablater un monceau d'inepties. Son mal de crâne qui lui martelait l'esprit depuis son réveil disparut d'un seul coup et pour cause la voire continuer son petit discours tout en jouant les filles faciles avait amené dans l'esprit du Dornien un petit cocktail d'adrénaline et de frustration. A croire qu'elle ne se rendait pas vraiment compte de ce qu'elle faisait. Car oui elle les mettait dans la panade la plus complète. Tout les deux ! Le pire c'est que même si elle sûrement fait ça dans le but d'une bonne action, elle prenait ce petit moment comme un jeu – Gamine encore et toujours – Mycah pouvait le voir alors que ses yeux toujours écarquillés se posait sur des recoins de lèvres tiraillés sur les côtés. Elle se retenait de rire et lui … bloquait. Purement et simplement tant la situation lui échappait des mains
.

Et bah alors Mycah-chou !
Dit une voix si grave que le ton langoureux utilisé en était ridicule. Tu ne répond pas à la demoiselle ?

Il revint à la réalité. Et il balbutia simplement quelques fragments de mots cherchant tout bonnement à trouver une solution à ce pétrin. Et finalement face au mur. Il se désespéra de lâcher un ce qu'il savait pourtant peu efficace.

Euh. On va rester un peu tout les deux je crois. Vous savez bien.
Il ponctua sa phrase d'un clin d'oeil abusif et peu naturel. Et comme il s'y attendait, ça n'avait pas suffit à faire démordre les deux géants qui lui retournèrent chacun une grand tape dans le dos avant de faire un baise main grotesque à la Nordienne.

Ça marche Mycah-chou. ! Oublie pas que comme tu le disais si bien. T'es le roi de Mielbois ! Enfin bon on se retrouve ce soir pour descendre quelques pintes avant ton départ. Tu nous en as parlé toute la soirée, faut bien le fêter. Surtout qu'on serait vraiment de mauvaise humeur si on ne te revoyait pas. Toi et surtout ta belle donzelle. Allez à ce soir la taverne du Ruchier.


Et sur ces paroles si engageantes, les deux monstres tournèrent les talons dans un rire gras. Laissant un Mycah désabusé et sans réaction avec une demoiselle toujours accroché à son bras. Bon il n'avait pas su éviter le pire. Les deux bonhommes semblaient plus que vouloir le revoir lui et surtout elle. Et le pauvre chasseur avait eu la bonne idée de tout leur raconter en détail de son périple et notamment sa destination et où l'on pourrait l'y trouver. En bref il devait encore se coltiner les deux lourdaux dans la soirée et avec elle – qu'elle le veuille ou non – Sinon il sentait qu'il passerait un quart d'heure désagréable. Lentement sa tête se tourna vers la petite et d'un regard aussi froid et stoïque qu'il le pouvait il la dévisagea alors que les migraines de sa gueule de bois reprenaient de plus belle pour conclure la matinée.


Je peux savoir ce qui t'as pris ? En tout cas bien joué tu es bloquée avec moi pour la journée et la soirée maintenant. Et n'essaye pas de te défiler car la c'est ma vengeance que tu aurais aux fesses. PETITE ! D'ailleurs à ta place je préparais quelque chose à dire car si ils désirent autant ta présence. Ce n'est pas pour tes beaux yeux.


Lassé et fatigué, il soupira profondément en posant sa main sur son visage avant de la remonter à travers ses cheveux encore un peu collant d'une bière renversée dessus. Elle venait de profondément l'énerver et il se ressassait son petit speech. Et là d'ailleurs le surnom ridicule dont il était affublé lui revint d'un coup en mémoire.


Et pourquoi Mycah-Chou vraiment ? J'avais pas besoin de ce détail.
Il soupira à nouveau. La journée était mauvaise. Mais au point où il en était autant qu'il relativise et qu'il tente de voir les bons côtés de la perturbante fillette. Après tout ils allaient passé la journée ensemble car, non mycah ne la laisserait pas seule une seconde de peur de la voir déguerpir. Un autre passage lui revint en mémoire et à y repenser il esquissa même un sourire.

Tu m'as fais une promesse hein ?Je suis bien curieux de savoir quel type.
Dit il avec une petit sourire grivois. Aribeth c'est ça ?

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Message Jeu 13 Déc 2012 - 10:33

Ça faisait bine longtemps qu'elle n'avait pas rencontré quelqu'un d'aussi drôle. En fait, dès qu'elle posait les yeux sur Mycah, Aribeth avait envie de rire. Pas de façon méchamment moqueuse, mais avec une sorte de joie sincère et – bien qu'un peu à ses dépends – dénuée de sentiments négatifs. Malgré ses airs grognons, la Paludière lui trouvait des airs de gros ourson incapable de faire du mal à une mouche. Du moins, une mouche de son espèce à elle. Après, elle ne doutait pas qu'il devait être capable de tuer ; il avait l'air d'un « grand garçon » après tout. Elle manqua d'exploser de rire quand il lui adressa son clin d’œil appuyé d'ivrogne qui ne contrôle plus bien les fonctions musculaires de son corps. Ce devait être son côté « roturière », mais elle se plaisait bien avec ce genre de personnage. Les gens simples qui se moquaient bien des « ser », des « messire » et autres courbettes et vouvoiement inutiles et surfaits. Les gens avec qui on pouvait parler comme on le voulait, même sans distinction, et chez qui ça ne déclenchait aucune mimique constipée. Les gens avec qui on pouvait être soi-même sans passer pour la dernière des paysannes de basse engeance. C'était... reposant. D'un côté, ça lui rappelait le Neck, où on ne l'avait jamais critiquée sur ses manières de garçonne. Enfin... Ça faisait quand même enrager sa mère quand elle faisait la garçonne croisée de porcinette, mais bon, ce n'était pas comme si Aribeth y avait déjà prêté attention.

Les deux Bieffois les quittèrent en leur donnant rendez-vous le soir même dans une taverne. Celle où elle avait une chambre en fait. Bah, ce n'était pas du sérieux, si ? Elle pouvait bien éluder la chose et s'esquiver dans ses pénates si elle en avait envie. Mycah allait sûrement la laisser filer maintenant avec un remerciement fort chaleureux – elle lui avait quand même sauvé la mise, hein – et puis elle partirait, fière d'avoir accompli sa bonne action du jour. Aribeth les suivirent du regard un instant avant de tourner la tête vers Mycah. Lui aussi la regardait. Son regard aurait pu être effrayant – le genre qui se voulait froid et stoïque, genre le dominant badass mais maître de lui-même, vous voyez ? – si ses yeux n'avaient pas été à demi-fermés et un peu papillonnant à cause le l'effort qu'il faisait pour fixer son regard. Cette fois, la Paludière ne tint plus et elle éclata de rire en lâchant le bras du Dornien pour se tenir les côtes. Elle se tortillait, hilare, tandis que Mycah l'enguirlandait comme il pouvait. Finalement, il n'avait pas l'air si content que ça de son intervention. Il aurait préféré qu'elle se tire après l'achat de son tambourin ? Non, il l'aurait sûrement poursuivie pour l'engueuler de l'avoir laissé seul. La situation aurait pu paraître critique – elle se faisait quand même râler dessus par un type qui pouvait aisément l'écraser comme une crêpe – mais la jeune fille trouvait ça comique. Vraiment. Quelle situation débile ! Débile, mais cocasse. Et Mycah souhait la prolonger puisqu'il la « condamnait » à passer toute la journée et toute la soirée avec lui sous peine d'atroces souffrances. Sa seule réponse fut un gloussement ; elle préférait attendre qu'il ait terminé de lui faire tous ses reproches avant d'en placer une. Son petit surnom ne lui plaisait pas non plus mais Aribeth persistait à le trouver très approprié. Quant à cette promesse... Le Dornien avait quelques idées sur le sujet vu le sourire grivois qui étirait ses lèvres, mais même si c'était effectivement ce qui était censé se cacher là-dessus, Aribeth n'avait prononcé qu'une promesse vide. Quoique. Peut-être qu'elle pourrait injecter des petites choses à l'intérieur...

Aribeth éclata à nouveau de rire avant d'ululer : « Ne sois pas si grognon, Mycah-chou ! D'accord, d'accord, je vais rester avec toi, ne t'inquiète pas. Je me doute bien qu'ils ne me veulent pas pour leur tenir leur chope de bière, mais je compte sur toi pour faire barrière, hm ? » Elle gloussa et leva les bras pour lui tirer les joues doucement « Et je t'appelle Mycah-chou parce que tu es mignooooon ! Comme un têtard. » La Paludière le lâcha et s'étira nonchalamment, comme un chat, avant de lui adresser un clin d’œil en repartant tranquillement, l'invitant à la suivre. Un petit sourire en coin, elle lui glissa un œillade complice. « Moi ? J'ai fait une promesse ? Possible, possible... Et oui, Aribeth, Mycah-chou. » Elle promena son regard sur les étals des marchands, les mains dans le dos, remontant paisiblement les allées encombrées. « On a le temps de faire plein de choses en une journée et une soirée, n'est-ce pas ? Par contre, il va falloir que je prévienne mon ami de mon absence parce que je n'aimais pas qu'il croit qu'il m'est arrivé quelque chose, le pauvre. Il se ferait un sang d'encre et le connaissant, il serait capable d'appeler toute la garde du guet pour me retrouver, quitte à se faire jeter violemment. On fera juste un détour par la taverne vers midi dans ce cas. On loge dans la même j'ai cru comprendre. »

Elle se pencha sur une cage où caquetait des poules à moitié plumées à force de prises de bec, l'air concentré. « Ceci dit... Je n'ai pas fréquenté d'hommes depuis un an et demi. » Aribeth lui adressa un petit sourire malicieux, l'air mutin. Sincère, l'était-elle ? Était-ce vraiment une invitation à se glisser entre ses cuisses tôt où tard ? Difficile à dire. Ce pouvait être aussi bien un moyen de l'asticoter. « Je repars demain matin pour Villevieille et toi aussi tu dois repartir bientôt si j'ai bien compris. » Elle se redressa et, une main sur le cœur, déclama théâtralement : « Oh ! Que notre histoire sera courte, Mycah le Dornien ivre et amateur de serveuses ! » La Paludière s'esclaffa et reprit en continuant de marcher : « Autant te prévenir tout de suite, je ne suis pas une serveuse. » Elle dépassa un étal de poterie et lui fit une petite grimace amusée. « A propos, tu n'as qu'à deviner d'où je viens, Mycah-chou ! » Elle lui tira la langue.
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Message Dim 16 Déc 2012 - 2:06

Il était encore en train de dégriser et elle parlait. Beaucoup. Beaucoup pour ne pas dire énormément voir trop. Un esprit encore embrumé par des vapeurs d'alcool toujours présente n'avait pas toutes ses capacités et suivre une discussion pouvait se refléter dans ces incapacités partielles. Et non il n'était pas grognon. Juste entrain de décuver et sur le point de s'en recoller une avec deux brutes et une inconnue qui l'avait poussé dans le tonneau de bière. Elle l'énervait. En fait il l'aimait bien et dans une journée normale sûrement ce serait il parfaitement entendue avec ce petit être jovial couvert de roux. Mais là dans les conditions elle l'énervait autant que sa personnalité semblait s'adapter à celle du chasseur. L'esprit vitreux, les yeux visqueux – ou le contraire il ne savait plus trop – Il suivait du regard cette petite boule de nerf entrain de bouger de parler, de s'étirer, de s'accrocher.
La voir ainsi gambader lui rappela d'ailleurs qu'il commençait à vieillir et surtout à quel point les effets de lendemain de l'alcool pouvaient être proportionnel au bonheur que l'on pouvait ressentir lorsqu'on les ingurgitait. Et puis surtout de quoi se mêlait elle avec ses regards, ses sourires en coin et ses petites câlineries. D'où pouvait elle oser parler de la serveuse elle qui ne savait même pas de quoi elle parlait. Est ce que Mycah la questionnait sur son apparent compagnon lui ? Bon certes il en mourrait d'envie, mais la gueule de bois freinait son envie de trop en savoir. Et de toute façon si relation charnelle il devait y avoir – et il serait loin d'être contre vu sa volée d'hier soir – il avait alors eu toute les informations dont il avait besoin. Un an et demie à ses dires.
Le chasseur prit alors un léger temps de réflexion pendant à fanfaronner à travers les étals. Et si dans son petit jeu elle se jouait de lui. Disait elle seulement la vérité. C'est fourbe les nordienne tout le monde savait ça. Et elle n’arrêtait pas, elle n’arrêtait pas … Un vrais moulin à parole. Qui en plus allait à Villevieille aussi pour ne pas arranger les choses. Bah au moins sil elle lui faisait un coup en douce il aurait des chances de la retrouver. Mais pour l'instant il était peut être temps de la recadrer un peu cette petite gamine qui osait le maître au défis avec sa langue – Au sens propre comme figuré – Désabusé autant par elle que par l'alcool encore dans son sang il croisa les bras et fit une grimace se voulant blasée. Un œil à moitié ouvert l'autre à moitié fermé.


Alors pour ta confirmation gamine, tu viens certes du Nord, ça s'entend à ton parler qui ressemble à celui des anciens hommes, mais je ne connais pas toute ta région. Par contre je ne connais qu'un type de nordien capable de faire une comparaison en se basant sur un têtard. Hein paludière. Il soupira un coup et reprit sa respiration. Parler autant d'un coup le laissa un peu essoufflé et surtout sa propre haleine le laissait un peu dégoutté. Il passa une main sur son visage et continua. Bon sinon d'accord on va allez voir ton copain. C'est mignon tout jeunot et on a encore des meilleurs amis. D'ailleurs arrête de flamber petite. T'es encore pucelle ça se trouve. D'ailleurs donne moi une bonne raison de te protéger des deux autres de ce soir ?
Il se rapprocha d'elle et lui attrapa alors le bras la collant au passage contre lui, alors que pour une fois le petit homme baissait les yeux pour regarder quelqu'un. Notre histoire n'a même pas commencé Aribeth du Neck. En tout cas une chose est sûr elle sera plus longue que celle que j'ai eu avec la serveuse. Il faudra vérifier tes informations avant de trop vite crier au loup.

Et d'un coup il la lâcha et se replaça quelques pas loin … en tanguant.


Tu vas à Villevieille ? Très bien moi aussi. Comme ça si jamais tu me pose le moindre problème je saurais ou te retrouver. Et va savoir si nous avons un peu de bon temps je saurais aussi où te retrouver. Enfin bref, avant d'aller voir ton copain je vais essayer de me remettre d'aplomb. Suis moi.
Il s’arrêta, observa de haut en bas Aribeth et finalement une fois son analyse finit, il passa son bras autour du sien. Ainsi je ne te perdrais pas ! Je veux pas te voir filer.

Et ainsi il commença à la tirer avec lui à travers le marché. D'étal en étal. Et finalement ils arrivèrent devant celui d'un homme à la longue cape noir et à une paire de lunette sale et craquelée par le temps.
Allons mesdames ! Vous vous auriez bien besoin d'un produit pour maigrir mademoiselle ! Des grossesses ratés ! Un Rhum qui n'en finit pas ! De l'impuissance à l'ablation de la rate je peux tout régler ! Le chasseur lâcha alors sa prisonnière en lui lançant un petit sourire et finit par apostropher le savant plus escroc que médecin.
Arrête ton charabia. T'as quelques chose contre le mal de tête et la gueule de bois. ?

Le savant commerçant rabaissa ses lunettes sur le bout de son nez par un geste des doigts délicats. Deux yeux perfides se posèrent sur le chasseurs puis il se pencha un peu sur la gauche pour observer la paludière.
J'ai ce qu'il te faut le dornien. Ça te fera trois sols. Dis moi il te faut un truc pour l'impuissance aussi ou ? Avec la petite rouquine ? Et si elle est en cloque hésite pas je fais ça aussi !
Il tendit alors un petit flacon au chasseur qui l’attrapa en maudissant le vieil homme. Pourquoi donc tout le monde s'acharnait à lui faire des allusion à la jeune fille et surtout à le soûler avec ça, alors qu'il avait déjà la gueule de bois.
Une fois le type payé, il lui descendit d'un trait les trois-quart de la fiole avant d'avaler la substance verdâtre en grimaçant horriblement. Ça devait être en effet efficace contre les lendemain de cuite puisque tellement mauvais que le produit en lui même remplaçait tout les autres maux.


Bon et maintenant ? On va voir ton ami ? J'ai pas que ça à faire.
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Message Sam 5 Jan 2013 - 17:26

Aribeth avait toujours été joueuse. Tout était prétexte à jouer, tout était un jeu : la chute des feuilles, le cours d'un torrent, la chasse dans les marais du Neck, les quarts d'heure de folie d'Ivy, une grimace, le souffle du vent, un repas trop calme, une virée dans un marché, une rencontre avec un drôle d'énergumène... Elle savait qu'elle était trop bavarde, qu'elle avait trop de mal à retenir le flot de paroles qui voulait toujours sortir de sa bouche, mais elle ne pouvait s'en empêcher. Trop d’excitation, trop d'entrain, trop de joie. Aribeth ne pouvait pas se maîtriser quand elle était de bonne humeur. Quelque part, elle pouvait remercier le Dornien : en se levant ce matin, elle était d'humeur trouble et même triste, mais cette rencontre avec considérablement égayé sa matinée et sans doute sa journée entière. Et tandis que Mycah lui faisait part de sa théorie, Aribeth, les bras croisait, lui rendait un regard identique au sien histoire de le charrier un peu : un œil ouvert, l'autre fermé, telle l'ivrogne moyenne. Il avait bien deviné qu'elle venait du Neck, brandissant le têtard qu'elle avait prononcé comme une preuve irréfutable. N'y avait-il pas de grenouilles et dérivés ailleurs dans Westeros ? Cet animal était donc réservé aux Paludiers ? Il fallait croire que oui. Elle gloussa et ulula : « Y'a pas de mal à avoir un « meilleur ami », mon bon monsieur ! Tu en aurais bien besoin pour ta part. Et je ne flambe pas. En quoi je flambe ? Et puis je suis pas sûre que ça existe une modeste fille comme moi qui n'ait pas déjà vu le loup. » Elle marqua un temps de réflexion. « Et ma raison c'est : si tu me protèges, tu sauras quelle est la nature de ma prom- » Mycah l'interrompit en la saisissant sans ménagement par le bras pour l'attirer à lui dans une espèce de tentative d'intimidation qui la surprit plus qu'autre chose. « Par les anciens dieux, serait-ce une demande en mariage que tu me fais là, grand fou ? »

Cette supposition fit partir Mycah en tanguant et Aribeth éclata joyeusement de rire. Le chasseur détourna habilement la conversation et la jeune fille répondit avec un sourire amusé : « Oui, certes, mais je serai sous la protection de la famille Hightower là-bas. » Enfin, elle espérait en tout cas... Si elle parvenait à se faire engager. Et si les Hightower tenaient un tant soit peu à ce que leurs artistes ne se fassent pas démonter par quelque individu douteux. Enfin si c'était dans le sens sexuel du terme – avec consentement de la demoiselle – ça ne poserait sûrement pas de soucis. Quoique. « Démonter » c'est quand même un peu violent. Les parties de jambes en l'air d'Aribeth et Judicael n'étaient pas des plus vertueuses et délicates parfois, mais bon. Restons raisonnables. Mycah la ressaisit par le bras et l'entraîna à sa suite, bien déterminé à ne pas la lâcher d'une semelle et à se débarrasser de sa gueule de bois.

Aribeth laissa glisser son regard tout autour d'elle pour imprimer ces images sur sa rétine : elle ne reviendrait peut-être pas à Mielbois de si tôt et peut-être que ça lui serait utile pour écrire une chanson un jour. A propos d'une Paludière et d'un Dornien encore ivre de la veille par exemple. Ça ferait une bonne balade de comptoir ! Mycah jeta son dévolu sur un stand tenu par un petit homme glauque sur lequel Aribeth posa des yeux aussi curieux que perplexes. Le marchand laissa entendre qu'elle était grosse – d'un bébé ou de graisse superflue – mais la jeune femme ne releva pas. Elle ne s'était jamais trouvée très attirante mais grosse, elle savait qu'elle ne l'était guère. Pendant que Mycah formulait sa requête, la rouquine en profita pour observer les produits étranges que vendait le marchant : de multiples fioles et toutes les tailles et de toutes les couleurs – souvent peu ragoûtantes – qui s'alignaient comme des petites quilles. Elle lut les étiquettes ; il y en avait pour tout et pour rien et même pour des motifs assez absurdes, comme pour cracher du feu. Bizarre. Et encore plus bizarre était celui qui pensait que ça marcherait. Aribeth croyait en beaucoup de choses plus ou moins magiques, mais elle n'était quand même pas tombée de la dernière pluie... Il n'y avait que les dragons pour cracher du feu et ça faisait très, très longtemps que personne n'en avait vu un vivant. Effleurant les fioles du bout des doigts, Aribeth ne put s'empêcher de ricaner quand le charlatan suggéra à Mycah qu'il avait des soucis d'impuissance. « Oh, ne t'inquiète pas, mon brave, je suis assez fougueuse pour deux. » Elle haussa deux fois les sourcils d'un air malicieux en regardant le chasseur, son sarcasme à peine voilé derrière un sourire volontairement un peu bête. Pas mieux que la grimace du Dornien qui ne se remettait pas de son breuvage à trois sous, dans tous les sens du terme.

Aribeth lui fit signe de la suivre et s'en allant en sifflotant vers la sortie du marché. « Par contre, il est un peu occupé, si tu vois c'que j'veux dire. Donc je me contenterai de lui laisser un message. » A bien y repenser, Aribeth ne savait guère dans quelle maison de passe Elliot avait pu se fourrer. La plus proche de leur auberge sans doute, à peu de choses près. Une fois dans le quartier des plaisir, elle rentra dans le premier bordel qu'elle trouva et demanda si un jeune homme brun aux yeux bleu et aux pommettes saillantes était entré. Apparemment pas. La Paludière fit trois bordels avant de trouver le bon et s'adressa à la première personne qui semblait en mesure de transmettre son message quand Elliot aurait finit sa besogne : « Tu peux dire à ce type – celui que je viens de décrire – que je serai pas de retour avant cette nuit ? Je suis tombée sur un pote à moi et je passe la journée avec. C'est tout. Merci, bonne bourre à lui ! » La jeune fille sortit prestement, assez mal à l'aise. Elle avait beau être assez ouverte dans sa tête, elle n'aimait pas trop ces endroits. Sans doute parce qu'elle avait un peu de peine pour ces femmes et que pour rien au monde elle n'aimerait être à leur place.

Elle s'étira en retournant sur ses pas et bâilla : « Alors ? Où va-t-on, Mycah-chou ? On s'ennuie, là... Trouve nous un truc à faire avant ce soir sinon je vais prendre racine et je vais finir par me laisser tomber par terre. Parce que je serais moooorte d'oisiveté forcée. »
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Message Dim 13 Jan 2013 - 21:26

Mycah ne dit pas un mot de plus alors que la jeunette du Nord à la langue bien pendue continuait à déblatérer. Elle était assez fougueuse pour deux ? En tout cas ce qui était sûr et certain c'est qu'elle était largement assez pipelette pour le duo. Et dire qu'on octroyait à Mycah le terme de beau parleur et de bavard. Il faut croire que la parole avait diverse facette car ceux qui lui avait collé cette étiquette ne devait sûrement pas encore avoir rencontré la jeune Aribeth. Elle blablatait, elle blablatait tout le temps et c'était à se demander si elle pouvait s’arrêter. Ne serait ce que dans le marché elle avait dû prononcer plus de mot qu'un homme normal n'en disait en toute une vie. Et dire qu'en plus – pour ne pas en rajouter une couche – elle était intenable. Jamais vu une personne si curieuse, tout le temps là, à farfouiller à regarder, à donner son avis.
Réflexion faite, elle lui rappelait presque lui même il y a de ça quelques années, quand son mentor de l'Orage l'avait pris sous aile. A cette époque et pendant de longue année, le jeune enfant des rues qui n'avait fait que se taire ou dire ce que les autres attendaient dans la peur de se faire de nouveau lâcher ou molester, se sentit enfin libéré de sa prison d'attente. Le chasseur des Bois du Roi avait voulu le prendre comme apprenti, comme compagnie ? C'était lui qui était venu le chercher ? Et bien grand bien lui fasse, il allait devoir écouter tout ce que le garçon avait à lui dire et ça quelque soit le sujet. Au rappel il s'était même souvenu du glorieux jour où il avait analysé finement l'éventrement d'un cerf … La belle époque. Était ce ça qui te poussait à parler sans interruption jeune Aribeth ? L'enivrement de la liberté du jeune aventurier ?
Enfin quoi qu'il en soit, lui n'était pas venue passer sa journée avec elle pour son plaisir personnel. Bon il l'avait obligé à le suivre, mais ça ce n'était qu'un détail. Plein de mauvaise fois peut être. Mais juste un détail.

Ainsi pris dans une légère dualité et vu que lui demander de se taire ne servirait pas à grand chose. Il se fit un compromis plus ou moins avantageux. Simplement ne pas lui répondre, sauf quand elle disait quelque chose d’intéressant. Premier exemple du genre, quand la petite lui expliqua que son meilleur ami tout choupi devait sûrement se terrer dans un bordel des alentours – moins mignon pour le coup – le chasseur se contenta de lever les yeux au ciel avec un petit sourire en coin.
Sans en dire plus il la suivit à travers pas moins de trois lieux de luxures qui reçurent sans trop de problème la validation du Dornien. « Ah tiens celui là j'y suis déjà venu. Il y a quelques années … Je crois. » Bref. A chaque fois en tout cas, pendant que la paludière s'amusait à tergiverser pour savoir si son compagnon se trouvait ici ou non. Le chasseur prenait au moins le plaisir de charmer les demoiselles à la liberté payante. Rien de bien méchant, juste un petit flirt, un petit jeu qui pourrait leur faire croire que le chasseur finirait peut être parmi leurs clients. Un petit divertissement qu'Aribeth semblait prendre un malin plaisir à briser en quelques secondes en annonçant qu'il n'était pas là. Énervante je vous dis.

Ainsi balloté à droite à gauche, ils finirent tout de même par trouver où le jeune homme avait posé sa/ses bourse(s) – Dans tout les sens du terme quoi – Et dire que le jeune petit salop s'amusait dans les bras d'une catin alors que c'était un Mycah fatigué et en dégrisement qui devait se coltiner sa compagne de route. Profite bien petit gamin. Et puis attendez là ! C'était lui où … Où même en roucoulant de plus belle avec une des prostitué du coin il entendit le terme '' pote '' ! Non mais … Pourquoi pote ? Il n'était pas son pote. C'était juste un type qui … Mycah se passa une main fatigué sur le visage et son haleine – bien qu'elle s’accommodait parfaitement à l'endroit – lui rappela rapidement qu'il n'était pas en état à ce genre de débat. Donc va pour le '' pote ''. C'était au pire, mieux qu'une insulte de base. C'est ce qu'il fallait se dire. Logiquement et donc sans un mot il la suivit alors que le mystérieux breuvage commençait à faire son effet, la brume se dissipait de son esprit, les effets de l'alcool aussi. Alors qu'en contrepartie son estomac devait ressembler à Herberouge. Une purge douloureuse mais efficace.

Et voilà qu'elle recommençait. Voir pire cette fois ci. Voilà qu'elle lui demandait même de trouver à les occuper. Mycah prit une grande inspiration, prêt à râler comme à son habitude dans ce genre de cas. Mais finalement ce n'est qu'un soupir lassé qui en sortir. Elle était énervante certes. Mais il l'aimait bien et même si - techniquement – c'était elle qui les avait poussé dans ce fourbi, au moins elle l'aidait. Ses jambes commençaient à souffrir de la soirée de la veille, il le ressentait et s’accola à au mur du bordel qu'il venait juste de quitter avant de fixer le regard vitreux la jeunette.


Va y tombe. Ce n'est pas moi qui vais te relever et j'ai tout mon temps. Et ma fois si tu meurs … Tant que le corps est chaud je ne pense pas que les deux idiots le remarqueront.
Lâcha t-il un air un peu désabusé avant de trouver sa remarque peut être un peu trop poussé dans l'ignominie.
Et bien je ne sais pas moi … T'as pas d'autres meilleurs amis à prévenir ? Et puisque mademoiselle à déjà vu le loup n'a t-elle pas envie de faire comme son copain pour passer le temps ? T'inquiète donc pas il doit bien y avoir une dizaine de types prêt à te trousser dans les environs et je ne ferais qu'attendre devant la porte. D'ailleurs vu que tu sembles si sûr de tes vices pourquoi ton copain s'amuse en payant alors que vous êtes si proche ? Vous ne voulez pas gâcher votre '' amitié ''.
Fit il en mimant des guillemets de ses doigts et articulant parfaitement chaque syllabes. De toute façon le terme ami était pour lui totalement vague. Il n'en avait jamais vraiment eu et ce qui s'en rapprochait aujourd'hui le plus semblait être Loras et si il y a bien une chose dont il était sûr, c'est que si le géant de l'orage s'amusait un jour à vouloir le suivre hors de ses terres. C'est que les deux amis justement finiraient par s'entre-tuer. Les amis c'est bien quand c'est de passage et qu'on peut les revoir quand bon nous semble. Ne t’entiches pas trop fillette. Les amis c'est une main tendue et un couteau dans l'autre. Quand vient le jour de la rupture, il récupère toujours ce qu'ils ont donné.

Enfin en tout cas c'est ce qu'il croyait et ce qu'il avait toujours crû. Mais à peine prononçait il ces mots qu'un vague souvenir se rappela à lui. Oberyn Dayne. Lui était … différent pour le chasseur. Et c'est sans trop de problème qu'il se voyait le servir lui et ses terres. Et pourtant d'un certains point de vue, il le considérait quelque part comme un ami. Alors qu'est ce qui pouvait changer ? Drôle de question dont la réponse ne viendrait que rapidement, l'arc s'était brisé et il avait encore une parole à tenir.
D'une légère pulsion sur le mur, il se releva une moue lasse sur le visage. Trouver un moyen d'occuper une telle gamine semblait loin d'être facile, mais il n'abandonnait jamais.


Je sais pas moi … Je te raconte mes histoires de voyage autour d'un bière Biefoise, je dois bien avoir de quoi tenir l’après-midi. Je t'apprend des tours de chasse .. Quoi que non je n'ai plus mon arc et ce n'est pas ici qu'on trouvera de quoi faire. On peut coucher ensemble si ça te dis. Ça fera passer le temps
- Et bien quoi ? Qui ne tentait rien n'avait rien - Je sais je te paye une aventure dans les bras d'une catin. Tu vas adorer ! Non plus sérieusement, je n'en ai aucune idée, je suis un peu cassé en deux. Donc faisons simple. Tu me dis ce que tu veux faire. Je te suis. Allez fais ton choix. Tant que tu me sauves la mise ce soir, tout me va.

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Message Mer 30 Jan 2013 - 15:29

Aussi loin qu'elle s'en souvenait, on avait toujours fini par dire à Aribeth de la fermer. Elle avait toujours été bavarde. Une vraie pipelette ! La Paludière disait toujours ce qu'elle avait dans la tête, que ce soit sérieux ou stupide, agréable ou non. Elle était trop honnête, trop extravertie. Ça lui semblait important de dire ce que l'on pensait et les gens pensaient parfois qu'elle débitait autant de mots à la minute pour remplir les vide de la conversation. Pas spécialement... Ça pouvait assumer cette fonction, mais si Aribeth parlait c'était sans doute parce qu'elle n'avait pas peur de se livrer. Même si elle allait un peu loin, certes... Et puis l'excitation la rendait encore plus volubile que jamais. Mais parfois, sa langue trop pendue lui causait bien des ennuis. Après tout, si elle n'avait pas été avouer son amour à ce chasseur de Tourbetière, elle ne serait pas dans une situation aussi épineuse aujourd'hui... Mais peut-être que ce serait sa chance.

Mycah avait déjà l'air fatigué. Peut-être que swinger avec cette serveuse la veille l'avait accablé ? Pauvre petit Dornien ! Pourtant, si la fatigue le jetait à terre, sa langue était toujours aussi acéré et c'est avec naturel qu'il lui suggéra donc de tomber, voire de mourir, parce que de toute manière son corps serait quand même utilisable après son dernier souffle. Aribeth grimaça à l'idée que les deux gros balourds profanent sa pauvre carcasse. D'ailleurs, Mycah devenait odieux. C'était de décuver qui le rendait aussi méchant ? Il était plus drôle quand il était ivre... La jeune femme le fixait d'un air attristé et un peu choqué par les paroles blessantes du chasseurs. Elle fronça les sourcils et objecta : « Ce n'est pas parce que je ne suis plus vierge que je suis une chienne en chaleur qui couche avec le premier venu. Ne confonds pas ! Je choisis avec qui j'ai envie d'être. Si je décide de le faire avec quelqu'un, c'est parce que j'en ai vraiment envie et pas parce que cette personne a un ver entre les jambes. Je suis une femme, pas une catin gratuite. » Pourquoi est-ce que tout le monde faisait cet amalgame ? Parce qu'elle avait péché avant le mariage ? Parce que le sexe est censé débloquer des hormones qui rendent complètement obsédée ? Pas chez elle. Elle n'était ni coincée, ni volage, elle était juste... normale ? Ce n'était pas elle qui allait se montrer effaroucher parce quelques allusions salaces, mais il ne fallait pas compter sur elle non plus pour afficher un taux de fréquentation aussi élevé que celui du Grand Septuaire de Port-Réal ! Alors elle se moquait bien de la dizaine de types prêts à la trousser si eux ne l'intéressaient pas. Or, cette discussion l'avait tellement contrariée que ça lui avait fait passer toute envie de rencontrer qui que ce soit ici alors qu'à la base, elle était juste venue pour acheter un tambourin. Elle fit la moue et poursuivit : « Elliot est mon ami. Et je ne suis sûre d'aucun « vice ». On se connaît depuis quatre ans et nous n'avons absolument pas ce genre de rapport entre nous. »

Aribeth n'était pas dans la tête d'Elliot, mais elle semblait presque sûre de ce qu'elle affirmait. Presque. Après tout, Elliot la touchait le moins possible et si elle pouvait lire dans ses pensées, elle saurait que l'idée lui effleurait l'esprit mais que jamais il ne s'était jamais permis d'avoir le moindre geste déplacé envers elle. La Paludière donna un petit coup de pied dans un caillou et marmonna : « Ça c'est parce que tu rencontres les mauvaises personnes. Peut-être même que tu provoques leur aversion et vu comment tu prends plaisir à être une mauvaise langue, ça ne m'étonnerait pas. » Aribeth, elle, faisait bien trop confiance aux gens. Tout le monde était innocent tant qu'il n'était pas prouvé qu'ils soient coupables. On lui disait souvent qu'un tel comportement était risqué mais elle ne pouvait pas s'empêcher de donner sa chance à tout le monde. C'était peut-être stupide ou irresponsable, inconscient même, mais si elle n'avait pas été aussi sociable, elle n'aurait jamais rencontré Pryam par exemple, qui était l'une des personnes les plus gentilles qu'elle connaissent. Quant à Mycah, elle commençait à se demander si elle n'aurait pas mieux fait de le laisser en plan dès le début de leur rencontre... Juste prendre le change et filer sans demander son reste. Quelle idiote. Maintenant elle était coincée avec lui jusqu'à la nuit alors qu'il devenait de plus en plus désagréable. Et Elliot ne l'attendrait même pas... Quoique, de nature inquiète, il chercherait peut-être quand même à la voir pour vérifier si tout allait bien pour elle.

La rouquine s'appuya contre un mur et émit un petit rire amer en marmonnant : « Tes histoires de voyages ? Si ça implique de savoir comment tu as ruiné le moral de tel ou tel passant, ça ne m'intéresse pas, j'ai mon compte. » Heureusement, d'un naturel joyeux, elle se requinquerait vite, Dornien ou pas dans ses pattes. Mais pour l'heure, elle n'était pas jouasse la pauvre grenouille ! « Je sais déjà chasser de toute façon... » Elle n'était pas la meilleure de son village, mais elle se débrouillait correctement. Jojen était très doué avec un arc et Guenièvre semblait appelée à devenir une archère hors-paire. Elle, son truc, c'était le chant, la danse et les histoires. Aribeth leva les yeux vers lui et le foudroya du regard : « Tu vois, au début, ça ne me rebutait pas tant que ça de me trouver une chambre avec toi, mais là tu m'as totalement refroidie. Alors je sais que tu t'en fiches parce qu'il y a d'autres poissons dans l'océan, mais n'empêche que tu as raté le coche ! »

Elle se redressa et fit mine de s'en aller. « En plus, quand j'y pense, c'est de ta faute si t'es dans le pétrin. C'est toi qui bois avec n'importe qui. Alors embauche plutôt ta serveuse pour divertir tes deux p'tits camarades. Moi, je vais plutôt attendre Elliot. » D'un pas tranquille, elle reprit le chemin de la maison close dont il étaient sortis en dernier, sans penser une seule seconde que Mycah puisse potentiellement la rattraper : pour elle, c'était clair qu'il devait réparer les pots cassés tout seul. Après tout, elle, elle n'avait rien promis aux deux autres idiots.
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L'ivresse de vivre est un traître poison.

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