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[ Terminé ] Derrière toute grande femme, il y a un homme écrasé ▬ Ulrik

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Message Lun 13 Juin 2011 - 11:10

     La jeune lady avait déjà passé quelques temps à Port-Réal, elle commençait à trouver cette ville assez monotone. Alysane avait quitté le Nord dans l'idée de pouvoir se battre, affronter des adversaires dignes de ce nom, peut-être même quelques chevaliers du Bief dont Meera était complètement folle qui sait ! Mais pour l'instant, ça devenait fatiguant, la jeune dame ne comprenait pas ce qu'elle avait espéré trouver ici, après tout ils n'étaient tous que regardant sur le rang de leur interlocuteur ! Les seules personnes dignes d'intérêt que la demoiselle avait eu l'insigne honneur de rencontrer, étaient un bâtard promu au rang de Lord Commandant de la garde royale, ainsi qu'un jeune chasseur venant des contrées gelées du Nord. Ces personnes avaient été intéressantes du point de vue de la Mormont qui regrettait presque que leurs discussions aient été aussi rapidement écourtées. Torben le chasseur lui avait expliqué quelques « petits trucs » afin qu'elle puisse apprendre à chasser de manière plus.... Fructueuse. Pour le moment la jeune femme n'arrivait qu'à faire fuir sa proie avant même d'avoir décidé de la tuer, elle s'énervait trop rapidement impulsive et arrogante qu'elle était, lançant sa hache en direction de la malheureuse bête qui détalait à toute allure devant cette femme à l'allure de sauvageonnes. Si lord Jeor avait été témoin d'une pareille scène, il aurait très certainement remis la jeune femme à sa place, lui faisant comprendre que ce n'était pas en agissant comme une sauvageonne qu'elle pourrait s'attirer les faveurs d'un lord à la recherche d'une épouse. Mais cela n'importait nullement à la Mormont qui avait préféré se concentrer sur les cours donnés par le chasseur avant qu'elle ne le libère de son service pour qu'il puisse aller se battre contre les Fer-Nés.

     La jeune dame avait hésité à la suivre, la tentation était grande, en plus elle aurait un compagnon de route ce qui n'était que trop rare malheureusement. Oh, Alysane aimait bien voyager seule, à son allure, sans avoir besoin de faire attention à quelqu'un d'autre qu'elle, mais Torben était un homme du Nord, un ancien soldat de Winterfell de surcroit, il aurait été le compagnon de chemin idéal ! Mais allez savoir pourquoi, la beauté sauvage avait décidé de prolonger son séjour dans la capitale des Terres de la Couronne. Elle aurait tout le temps de voyager dès qu'elle le souhaiterait. Peut-être bien que ce moment était arrivé après tout ? La demoiselle avait rassemblé ses affaires dans la chambre de l'auberge où elle avait élu domicile depuis son arrivée à Port-Réal, elle souhaitait reprendre la route et pourquoi pas prendre la direction du Conflans ? De ce qu'elle avait entendu dire, la jeune lady savait qu'aux environs de Salvemer les combats faisaient rage, seulement il fallait avouer qu'elle avait une certaine crainte : et si une fois arrivée là-bas on lui refusait le droit de combattre ? Les hommes des autres contrées étaient si stupides ! Ils refusaient que les femmes puissent se battre, mis à part Dorne et les îles de Fer, la Nordienne craignait d'être traitée comme n'importe quelle femme malgré le rang d'homme d'armes qu'elle possédait. Il fallait qu'elle prenne le risque toutefois, sans quoi elle allait finir par passer sa vie à attendre à Port-Réal, sans pour autant savoir ce qu'elle pouvait bien chercher ici.

     Alors qu'elle rassemblait ses affaires, la combattante tomba sur la peau d'ours que Torben lui avait offert quelques temps auparavant. Elle lui avait tout de même donné une bonne somme en échange de cette magnifique fourrure, mais le chasseur n'avait rien voulu savoir, elle se demandait encore pour quelle raison il s'était montré aussi généreux avec elle. Certes, il n'était « que » roturier, mais la belle considérait qu'une peau d'ours durement gagnée valait son pesant d'or. Quoi qu'il en soit, la peau était assez abîmée, magnifique avec sa couleur de neige au soleil, c'était ce qui avait attiré l'attention de la guerrière d'ailleurs. Sa décision était prise, elle devait trouver un artisan capable de lui transformer cela en quelque chose d'utilisable. Ses sœurs étaient très douées en couture, c'était toujours elles qui confectionnaient les habits et les couvertures d'Alysane pendant qu'elle combattait, la jeune femme était donc totalement incapable de s'occuper de cette peau toute seule ! Pour une fois que le savoir d'une dame Mormont aurait été utile ! Elle soupira d'agacement avant de prendre la grosse peau sous le bras et de sortir de la chambre où elle ne passait que très peu de temps, avant de déboucher dans une rue déjà bondée de monde. La canicule se faisait toujours sentir, mais l'hiver venait, elle le savait bien, combien de fois lord Jeor le lui avait dit ? La belle, sa fourrure précieusement pliée sous son bras et pressé contre son corps, se dirigea vers le quartier des artisans de Port-Réal. Il devait bien y avoir quelqu'un capable de lui faire quelque chose de convenable tout de même non ? Elle hésitait encore, une tunique chaude et épaisse ou une couverture ? Ce serait vraiment dommage d'utiliser cette peau pour quelque chose qu'elle ne porterait pas tous les jours.

     La tête pleine de pensées, la belle avança dans la foule, lâchant de temps en temps des regards hostiles à des jeunes gamins qui lui rentraient dedans sans aucune délicatesse. Il était vrai que la grâce et le féminisme ne faisaient pas partis de la vie de la Mormont, mais de là à lui rentrer dedans comme si elle était un obstacle sur leur route, il y avait une différence ! Veillant à ce que personne ne lui dérobe sa bourse, sous peine de finir avec une main en moins, la jeune femme chemina tranquillement jusqu'à se retrouver dans une ruelle plus étroite et moins peuplée. Des étals de différents marchands étaient visibles de part et d'autre de la route, mais aucun qui soit capable d'effectuer l'opération qu'elle souhaitait. Alors qu'elle tournait au coin d'une ruelle en regardant derrière elle, la demoiselle sentit quelque chose lui rentrer dedans et recula sur le coup, manquant de se retrouver assise sur le sol. La surprise lui fit lâcher la fourrure blanche comme la neige qui tomba sur le sol sale et jonché de paille fraiche venue tout droit des écuries attenantes. Elle lâcha un cri de protestation en sentant quelque chose lui rentrer dans les côtes, encore un malotrus qui ne regardait pas devant lui ! La belle était bien décidée à ne pas laisser les choses passer aussi simplement ! Quittant sa fourrure sale qui traînait sur le sol, de son regard mordoré, elle darda le malheureux qui venait de la percuter avant de l'admonester avec vigueur.

     ▬ Vous ne pouvez pas regarder devant vous ! Est-ce que je suis si transparent que cela pour que vous tentiez de me traverser ! »

     Elle serra la mâchoire, donnant un air encore plus agacé à son visage déjà peu avenant en temps normal. La jeune femme se pencha alors afin de récupérer sa fourrure avec la douceur d'une mère qui prend son enfant tout juste né dans les bras, puis elle entreprit de la débarrasser des morceaux de paille qui la parsemaient à présent, tout en s'adressant à nouveau au malheureux qui n'avait toujours pas réussi à placer un mot depuis leur rencontre frappante.

     ▬ Visiblement la politesse ne fait pas parti de votre éducation je constate, ce n'est guère étonnant que Port-Réal possède une telle réputation ! Enfin une réputation que seule elle considérait réaliste, à savoir que les gens ne pensaient qu'à eux. Parler de politesse et de savoir-vivre était plutôt ironique lorsqu'on la connaissait. La Mormont daigna enfin regarder plus franchement son interlocuteur alors que son visage lui rappelait quelqu'un, mais qui donc ? Qu'avez-vous à me regarder avec votre air bovin ? Le fait de vivre dans cette ville vous a-t-il ôter toute intelligence ? Vous pourriez commencer par vous présenter, et m'offrir des excuses bien évidemment. »

     Et elle ? Oh, elle ne se présentait pas encore, l'avantage d'agresser la première, elle pouvait tenter de dominer l'autre.


Dernière édition par Alysane Mormont le Lun 25 Juil 2011 - 12:32, édité 1 fois
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Message Lun 13 Juin 2011 - 21:11

Les deux lames s'entrechoquèrent. Dans une situation normale, l'écho de cet impact aurait résonné dans l'immensité de la pièce, se perdant entre les piliers et les crânes de dragons. Engloutissant le Trône de Fer, lui rappelant de quoi il était fait avant tout. Les lames des ennemis vaincus. Dans la situation actuelle, ce bruit se noyait parmi les autres. Lame contre lame, armure en mouvement, épée contre bouclier, cris de souffrance, chaire qui se déchire. C'était la guerre. La guerre dans la salle du trône. Une situation comme celle-là n'aurait jamais pu être imaginée, et pourtant elle avait lieu.
Le Loup Sanglant déchira la cage thoracique de son adversaire. Il ne l'avait pas percée, ou tranchée. Il l'avait déchirée. Comme une mâchoire d'animal. Comme un croc. Des morceaux d'os et d'entrailles s'envolèrent, manquant d'aveugler le Stark. Il évita les morceaux et se mit à la recherche d'une nouvelle proie. C'est alors qu'il vit l'homme qui était passé derrière le Trône. Un guerrier en armure, comme tant d'autres dans cette pièce. Sauf que celui-là était proche du Roi. Si Ulrik n'arrivait pas à temps, le Roi serait abattu. Il ferait tout pour l'en empêcher. Le Loup Sanglant bondit. Un bras le retint. La lame de l'assassin s'abattit. La tête du Roi fut séparée de son corps et roula aux pieds du Stark. Ulrik se retourna, et frappa l'homme qui l'avait empêché d'avancer. Addison Hill.

Ulrik se réveilla, en sueur. Son drap était trempé, et gelé.

Ça ne s'est pas passé comme ça...

Il se releva, lentement, tentant de chasser les dernières brumes de son rêve. Il revenait de plus en plus souvent ces jours-ci. Toujours le même, à la seconde près. Au cheveu devant le visage près. Mais savoir que c'était un rêve n'enlevait rien à l'effroi que ressentait Ulrik au réveil. Ni à ce sentiment d'échec. Son Roi était mort, il n'avait pas pu l'en empêcher. Et cela, ce n'était pas un rêve. Le Roi actuel n'était plus digne d'intérêt. Moins que le précédent en tous cas. Mais Ulrik restait un garde royal, et il donnerait sa vie pour le Roi si on le lui demandait.
Alors qu'Ulrik se levait, son drap tomba. Il l'ignora. Il ouvrit la fenêtre, et ce ne qu'est lorsqu'il prit une grande bouffée d'air qu'il ne s'aperçut qu'il était haletant l'instant d'avant. De son point de vue, il voyait une bonne partie de la ville. Et il sentait les cadavres. Le feu n'avait pas le temps de vider l'air de son parfum de décomposition. La plupart des habitants de Port-Réal l'ignoraient, ou faisaient mine de l'ignorer. Ulrik s'en imprégnait. La mort était son domaine, son épouse, sa descendance. La mort était tout ce qui lui restait. Il resta ainsi immobile pendant plusieurs minutes, son regard suivant parfois un oiseau qui s'envolait, un passant qui avançait... Il enviait leur liberté, parfois. Mais c'était rare. Son statut était celui dont il avait toujours rêvé, et il n'était pas attristé de l'avoir enfin obtenu...
Son regard glissa, et engloba son armure blanche, ainsi que l'épée qu'il avait obtenu en prenant son poste. Croc. Une très belle arme, quoi qu'on en dise. Il la dégaina, et observa son reflet dans la lame. Il avait changé, ces dernières années. Il avait perdu de sa sauvagerie, et de sa puissance brute. Il avait beaucoup de mal avec ce principe. Son aspect sauvage était ce pourquoi on le craignait à l'époque, pas ce manteau blanc. Le manteau donnait un statut. Son être lui donnait du respect. A choisir, il aurait préféré garder le second.
Lorsqu'il enfila ses braies, il était en train de revivre la bataille de son cauchemar. Avec la vraie fin, cette fois.

La masse blanche d'Ulrik fendait la foule avec peu de subtilité. La plupart de ceux qui croisaient son chemin fuyaient lorsqu'ils apercevaient ses yeux, et ceux qui étaient trop lents étaient éloignés peu subtilement par les mains gantées d'acier du Frère Juré. Il s'approchait des quais, l'endroit le plus peuplé de la ville en ce moment. C'était la nature humaine, qui fonctionnait ainsi. Qu'elles que soient les catastrophes qui s'abattaient sur eux, les humains se tournaient toujours vers le commerce. Ainsi, malgré la peste et la canicule, tout ce à quoi les gens pensaient était acheter des nouvelles choses, pour faire comme si de rien était. Comme si leur enfant n'était pas mort quelques jours plus tôt. Comme si leur récolte n'avait pas été brûlée par le soleil.

Pathétique, pensa Ulrik. Ils fuient comme des moutons devant un loup. Au lieu de se réveiller et de faire face à la réalité. Cette faiblesse est méprisable.

Il marmonnait, faisant encore davantage fuir les gens autour de lui. Son marmonnement ressemblait à un grognement. Il en était presque au point de montrer les crocs et de mordre l'air autour de lui. Tous ces nobles se ressemblaient tellement qu'il lui donnaient envie de les frapper. Enfin, encore plus que d'habitude...
Et c'est à ce moment qu'il percuta quelqu'un. Il n'eut pas le temps de dire quoi que ce soit qu'elle se lança dans une envolée lyrique des plus fleuries et aimables. Ulrik nota deux choses chez cette personne. Tout d'abord, cette femme avait traité sa fourrure avec autant de délicatesse que si cela avait été son enfant. Ensuite, elle portait fourrures et accessoires adaptés au froid, non au chaud. Elle venait du Nord, tout comme lui.
Vu son comportement... une Mormont, sans aucun doute.
Elle l'insultait ouvertement. Sa main glissa vers son arme, mais il se retint. Tuer quelqu'un en pleine rue ne lui ferait pas du bien au niveau de la réputation...

Et me voilà à penser à ma réputation... Qu'est-ce que je suis devenu?

« C'est bon, vous avez fini, Dame Mormont? »


Il retint les quelques remarques cinglantes qu'il avait sur le bout de la langue et reprit.

« Si vous m'aviez laissé en placer une, j'aurais eu le temps de m'excuser, et de me présenter. Lorsque j'ai quitté ma demeure du Nord, les gens étaient moins caractériels dites-moi... »

Il n'avait pas pu retenir celle-ci. Il avait sa fierté à réparer, après tout.

« Ulrik Stark, troisième fils du précédent Seigneur Stark. Heureux de croiser quelqu'un qui ose enfin dire ce qu'il a à dire, dans ce nid de vipères. »
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Message Mar 14 Juin 2011 - 12:29

     Alysane perçut rapidement le geste de la main de l'épée blanche alors qu'il semblait hésiter à saisir son arme. Et bien ? Qu'attendait-il ? Est-ce que la jeune lady avait froissé sa fierté en lui adressant la parole de la sorte ? Il aurait tout intérêt à y songer à deux fois avant de tenter de lui porter une quelconque attaque, après tout sa mort pourrait très bien déclencher un incident diplomatique, en envisageant qu'il puisse la tuer d'un coup bien évidemment. Quoi qu'il en soit, la jeune guerrière doutait que le Roi tienne vraiment à voir la représentante d'une famille Nordienne abattue comme un chien dans la rue, par la main de l'un de ses gardes de surcroit, il avait d'autres chats à fouetter, chats qui portaient le nom de « Fer-Nés ». Un léger haussement de sourcils de la part de la demoiselle lorsque l'autre l'interpelle par son nom de famille et bien, se connaîtraient-ils au final ? Alysane scrute le visage de l'autre personne comme si elle se demandait qui il pouvait bien être, mais la question ne traîna pas longtemps puisque l'autre reprit la parole d'un ton qui montrait clairement qu'il avait au moins autant de respect qu'elle pour les usages protocolaires. Elle lui décrocha un regard neutre lorsqu'il déclara avoir vu des gens bien moins caractériels lorsqu'il était parti du Nord, mais qu'attendait-il donc pour lui dévoiler son identité ? Les lèvres pleines de la demoiselle restèrent closes en attendant qu'il daigne répondre à sa question. Elle était comme ça, ne démordant pas de ce qu'elle voulait savoir, quitte à manquer de respect à son interlocuteur s'il le fallait. Finalement la réponse arriva alors qu'il se présenta comme Ulrik Stark, le frère du lord en place si Alysane se souvenait bien, puis il lâcha quelques mots qui dessinèrent un sourire amusé sur les lèvres de la brune.

     ▬ Stark ? Et bien, l'on croise vraiment de tout dans ces rues, un loup parmi les moutons, si je m'attendais à voir cela un jour ! »

     Une expression de légère moquerie se dessina sur ses traits alors qu'elle fronçait légèrement les sourcils. C'était trop tentant, en tant qu'épée blanche il avait en quelque sorte abandonné sa famille et n'était plus un lord qui lui était supérieur après tout non ? Les yeux mordorés de la jeune Nordienne quittèrent un moment le visage de son interlocuteur afin de se promener sur sa tenue blanche comme la neige, elle la détailla sans gêne, silencieuse, avant de reporter son attention sur le visage du jeune Stark avant de reprendre la parole du même ton mêlé d'arrogance et de moquerie qui lui avait souvent valu d'être remise à sa place avec vigueur.

     ▬ Et maintenant les épées blanches attendent que les dames terminent de parler avant de parler ? J'espère que vous êtes plus réactif pendant vos combats ser, sans quoi je crains que le roi n'ait du souci à se faire. Elle plissa légèrement les yeux, mettant en doute ses capacités martiales. Est-ce qu'elle se moquait de lui ? Totalement, c'était un Stark, un garde royal de surcroit, mais elle n'en avait que faire, après tout n'avait-elle pas croisé le Lord Commandant il y a peu ? Vous devez être bien vieux messer, depuis que je suis née les habitants du Nord sont aussi caractériels ! Ou alors peut-être que le fait de vivre parmi les mouton a transformé le loup en chien docile et de bonne compagnie. »

     Une expression d'amusement plissa les lèvres exemptes de maquillage de la dame, Alysane ne s'était pas parée pour attirer l'attention d'un éventuel noble qui pourrait aller demander sa main à lord Jeor, non, elle avait plus le don d'attirer l'attention des gardes du Roi en ce moment ! La jeune femme connaissait bien la famille Stark, elle n'avait été que très rarement à Winterfell, mais son père était un fervent partisan de la famille suzeraine et ne parlait que d'eux. Ainsi, ses filles avaient presque l'impression de connaître intimement chaque membre de la famille, même si de leur côté les Stark ne les connaissaient que de nom et encore. Le regard clair de la Nordienne quitta une fois de plus le visage du garde royal pour se promener sur le garde de l'épée qu'il avait fait mine de saisir juste avant, elle hésita un moment, ayant entendu parler des épées des Stark, elle se demandait laquelle celui-ci pouvait bien posséder. Ses lèvres scellées daignèrent enfin laisser passer la question qui lui trottait dans l'esprit alors qu'elle inspirait légèrement.

     ▬ Est-ce le croc sanglant d'un loup que pour portez à votre flanc, ou la dent immaculée d'un jeune chiot messer ? J'ai entendu parler de Glace, l'épée en acier Valyrien de lord Beron, est-elle aussi intéressante ? »

     S'il fallait parler de coiffes et de robes pour attirer l'attention d'une dame normale, avec Alysane il suffisait d'aborder le sujet des armes, armures et autres choses liées au métier qu'elle avait décidé de suivre. La jeune femme éprouvait une affection toute particulière pour les haches qui symbolisaient mieux son caractère, un peu brutales et qui faisaient de gros dégâts, mais les épées pouvaient aussi avoir son admiration. L'acier Valyrien était tellement rare que pouvoir en voir de ses yeux était une chose unique, qui n'avait malheureusement pas été donné à la jeune combattante. Finalement, la jeune dame soupira légèrement, elle ne tenait pas à pousser la provocation trop loin, après tout celui-ci semblait avoir légèrement moins de réticences à l'idée de lui casser les dents, déjà que le Lord Commandant avait menacé de lui planter la tête au bout d'une pique, elle ne tenait pas à réitérer l'exploit ! Pas dans l'immédiat du moins, un seul garde royal sur le dos par semaine ma chère Alysane. Elle décida d'orienter la conversation sur un autre sujet, avec toute la délicatesse qui lui était propre bien évidemment. Serrant sa fourrure contre sa poitrine, dardant son regard mordoré sur le visage du Stark, elle continua.

     ▬ Et bien messer ! Comment avez-vous deviné que j'étais une Mormont ? Je n'ai nullement besoin de me présenter par conséquent, puisque vous semblez visiblement tout connaître des Nordiens, j'imagine qu'on vous vante souvent votre intelligence dans la garde. »

     Une expression neutre prit le pas sur son amusement alors qu'elle attendait de voir si le jeune homme allait oser lui dire que son apparence peu engageante et le nom Mormont n'étaient qu'un pléonasme. Qu'il ose, elle risquait fort de lui retourner le compliment ! Alysane lui manquait de respect en ne donnant pas son nom alors que lui-même l'avait déjà fait, mais peu lui chalait, il l'avait provoquée, elle réagissait ! Il parlait de vipères, mais qu'il sache qu'un ours ne faisait qu'une bouchée d'un petit serpent, même venimeux.
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Message Jeu 16 Juin 2011 - 12:01

Lorsque la jeune femme reprit la parole, un léger sourire s'afficha sur le visage d'Ulrik. Elle n'avait pas perdu une once d'agressivité et, objectivement, cela lui faisait du bien. Enfin quelqu'un qui osait parler franchement. Au milieu de ce ramassis de menteurs mielleux qu'était Port-Réal, et la noblesse de façon générale, quelqu'un comme ça faisait plaisir à rencontrer.
Si l'on omettait que la discussion allait sans doute finir en joute verbale peu agréable pour les deux partis.

     ▬ Stark ? Et bien, l'on croise vraiment de tout dans ces rues, un loup parmi les moutons, si je m'attendais à voir cela un jour ! »

Alors qu'elle venait de finir sa phrase, Ulrik nota que son expression changea. Elle commençait elle aussi à prendre un certain plaisir à cette conversation. Elle avait un caractère... particulier. Surtout si on la comparait aux Stark, parmi lesquels Ulrik avait passé les premières années de sa vie. Prendre plaisir à une discussion pareille était loin d'être une habitude dans le Nord. Ni dans le Sud, quand on y réfléchissait. Puisque tout le monde faisait semblant d'aimer et d'apprécier tout le monde, tout en préparant dans son dos une bonne dizaine de façons de l'éliminer lorsqu'il deviendrait une menace.

- Utiliser un loup comme chien de garde, ça permet au moins de s'assurer qu'il est capable de mordre quand besoin est. Contrairement aux vieilles carnes blanches qu'il y a dans le coin.

Le regard de la jeune femme sembla détailler Ulrik de la tête aux pieds. Elle était si étonnée que ça de voir un Stark vêtu de blanc? Certes, un Stark Garde Royal n'était pas une vision que l'on devait rencontrer tous les jours, mais à ce point... Le Loup essaya de visualiser la réaction qu'auraient eu Corbray ou Hill à sa place. Le premier aurait tenté de rester digne, sans doute. Le deuxième lui aurait déjà promis que sa tête finirait sur une pique, comme décoration de la tour des Épées Blanches. Ulrik en aurait mis sa main à couper.

     ▬ Et maintenant les épées blanches attendent que les dames terminent de parler avant de parler ? J'espère que vous êtes plus réactif pendant vos combats ser, sans quoi je crains que le roi n'ait du souci à se faire.

Elle venait de se moquer de lui là, non? Qu'elle dégaine son arme, et elle verrait qui est le plus réactif des deux en combat. Ulrik faisait partie des rares chevaliers pour qui il importait peu d'affronter un homme ou une femme. Si une personne porte une arme, c'est qu'elle se juge apte à l'utiliser. L'honneur ne serait point entaché. La seule chose qui le retenait pour l'instant était simplement la curiosité. Il voulait savoir ce que la suite de cette conversation donnerait. Le dépaysement sans doute aussi.

Enfin quelqu'un de bien...

- Vous devez être bien vieux messer, depuis que je suis née les habitants du Nord sont aussi caractériels ! Ou alors peut-être que le fait de vivre parmi les mouton a transformé le loup en chien docile et de bonne compagnie. »

Un chien docile? Je ne suis pas sûr que les autres personnes que j'ai croisé jusqu'à présent soient de son avis...


     ▬ Est-ce le croc sanglant d'un loup que pour portez à votre flanc, ou la dent immaculée d'un jeune chiot messer ? J'ai entendu parler de Glace, l'épée en acier Valyrien de lord Beron, est-elle aussi intéressante ? »

Et maintenant, elle s'intéressait à sa lame. Une vraie Mormont, quoi qu'on en dise. Mais il n'eut pas le temps de lui montrer sa lame qu'elle reprit la conversation à son tour. Et après, elle s'étonnait qu'il la laisse finir de parler. Ce n'était pas vraiment comme si elle lui laissait le choix.

     ▬ Et bien messer ! Comment avez-vous deviné que j'étais une Mormont ? Je n'ai nullement besoin de me présenter par conséquent, puisque vous semblez visiblement tout connaître des Nordiens, j'imagine qu'on vous vante souvent votre intelligence dans la garde. »

Il hésita, quant à la réponse qu'il allait donner. De la provocation pure, en disant que seule une Mormont pouvait être si peu aimable et avenante, ou une vraie réponse, sensée, qui expliquerait quels étaient les arguments qui lui avaient permis de le deviner? Les deux possibilités étaient tentantes... mais provoquer cette « Lady » était une option qu'il se gardait pour plus tard. Il ne répondrait pas à son ironie. Cela serait entrer dans son jeu. Lui accorder une légère victoire. Et les guerres se jouaient autant sur les escarmouches que les batailles à grande échelle, il l'avait bien appris par le passé.
Comme seule réponse, il dégaina son arme. Le bruit du frottement entre la lame et son armure était plus léger, plus musical que celui de la plupart des lames que l'on aurait pu l'occasion de voir dans cette cité. La lame était dirigée vers le ciel, le long de son visage. Les reflets glaciaux de l'arme étaient à peine visibles, dans cette lumière, mais il savait que la Mormont ne les raterait pas. Cette arme lui avait été offerte il y avait bien des années, et elle n'avait jamais perdu son tranchant. Pas de l'acier valyrien, mais presque... Il la pointa vers le visage de l'ourse, avant de montrer tout d'abord la fourrure qui était tombée plus tôt, et l'arme que portait la Mormont.

- Voilà ce qui m'a guidé. Une peau d'ours, et une arme. Les Mormont sont les seuls habitants du Nord à armer leurs femmes. Les autres familles ne vous auraient pas laissée venir ici armée et sans gardes.


Il avait volontairement insisté sur le fait qu'elle était sans doute venue ici d'elle-même. Vu le caractère qu'elle avait montré jusqu'à présent, il était peu probable qu'elle avait été envoyée ici en mission diplomatique par ses parents, ou pour toute autre raison. L'envie de voyager, celle qui avait pris Ulrik alors qu'il n'était encore qu'un enfant... Il avait finalement plus en commun avec cette Mormont qu'ils n'auraient pu le croire au moment de leur recontre.

Et ma lame est en effet un Croc. Moins impressionnante que Glace, mais plus importante à mes yeux que n'importe quelle arme que l'on aurait pu forger dans l'antique Valyria. Elle est fait d'un alliage d'acier valyrien et d'acier normal. Si vous voulez la prendre un peu en main...

D'un mouvement expert, Ulrik fit tourner sa lame, présentant son pommeau à la dame Mormont. L'acier était placé le long de son flanc, en contact avec son armure, comme le voulait l'usage lorsque l'on présente son arme à quelqu'un que l'on respecte. Si elle prenait la lame, elle glisserait le long de l'armure, et chanterait à nouveau. Sa mélodie si particulière... Il aimait ce son, même s'il l'associait en temps normal aux combats.
Les combats lui manquaient, d'ailleurs. Il n'avait pas versé le sang pour une vraie cause depuis bien trop longtemps à son propre goût. Il espérait que cela changerait vite.

- Et je pourrais même vous proposer de vous confronter à elle dans la lice. Un ours n'aurait pas peur d'un loup isolé, n'est-ce-pas?

Une dernière provocation, une seule, petite, innocente. Juste histoire de s'assurer qu'elle ne refuserait pas.
Et le pire, c'est que je suis sûr qu'elle prend ça mieux que si je l'avais invitée à dîner.
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Message Mer 29 Juin 2011 - 12:04

     Il avait du répondant, cela plaisait bien à Alysane qui aimait tout particulièrement l'idée de pouvoir s'amuser à bavarder avec quelqu'un capable de lui répondre de la même manière qu'elle. Ce n'était pas chose fréquente, dans le Nord elle ne restait que sur son île et les rares personnes qui passaient de temps en temps pour rendre visite aux Mormont, montraient trop de respect vis-à-vis de son père pour avoir l'audace de répondre à l'une de ses filles. Le reste de la famille restait de marbre devant les piques envoyées par la brune, seul Jorah se permettait de temps en temps de lui rétorquer quelque chose de bien sentit, avant de s'effacer aussitôt. Lady Jorelle n'aimait pas que le bâtard de son époux fasse preuve d'un manque de respect à l'égard de ses filles légitimes, Alysane avait beau lui déclarer que répondre sur le même ton qu'elle n'était pas un manque de respect, mais une simple logique, lady Jorelle refusait de le comprendre. Puis ici, autant dire que les quelques hommes ou femmes de la classe des roturiers qu'elle avait croisés la considérait soit comme une barbare et ne s'y frottait donc pas, soit comme une noble - ce qu'elle était d'ailleurs - et lui montrait le respect dû à son rang. Pour finir, les autres nobles considéraient qu'une femme ne devait pas porter d'arme et refusaient donc de lui parler comme si son indépendance pouvait devenir contagieuse. Ils la faisaient bien rire, tous autant qu'ils étaient, dire qu'elle était censée se montrer aimable à leur égard dans l'espoir de trouver un bon parti comme lord Jeor le lui avait si bien expliqué. Alysane était donc satisfaite de trouver enfin quelqu'un qui ne manifestait pas un très net talent à l'hypocrisie, que ce soit un Stark était un hasard, un heureux hasard pour le coup. Ils auraient aussi bien pu ne jamais se tolérer dans le Nord, il semblait qu'ailleurs en exil le simple fait de croiser quelqu'un de sa contrée natale, en faisait une personne appréciable.

     Alors qu'elle souriait légèrement en attendant les réponses du jeune combattant, son regard oscilla à nouveau entre le visage de son interlocuteur et l'arme qu'il portait à la hanche, puis celle-ci fut enfin révélée. Les yeux mordoré de la jeune femme se teintèrent d'une vive lueur d'intérêt alors qu'Ulrik tenait son épée orientée vers le ciel, dévoilant la lame brillante sous le ciel caniculaire de cet été. La guerrière s'approcha imperceptiblement, penchant légèrement sa tête pour faire jouer la lumière sur l'acier de l'épée, c'était une belle arme à n'en pas douter, bien que le Mormont préférait tout de même les haches aux épées. L'explication demandée par la Nordienne arriva alors qu'il pointait son arme vers elle en lui déclarant que la peau d'ours et l'arme qu'elle portait lui avaient tout bonnement indiqué qu'elle était originaire de cette famille. Un bref sourire passa à nouveau sur les lèvres de la demoiselle, est-ce qu'il était en train de lui dire que les autres familles étaient bien trop civilisées pour laisser leur fille partir seule et armée ? Peut-être bien, mais Alysane n'allait pas se formaliser et jouer les vierges effarouchées, après tout elle était bien consciente que la réputation des filles de sa famille n'était plus à faire, elles passaient pour des sortes d'Amazones et il était vrai que les voir se balader avec une hache pendant à la hanche n'allait pas améliorer tout cela. Alors que le propriétaire du magnifique bijou lui expliquait qu'elle était bien du même style que Glace, l'épée de lord Stark, Alysane manifesta une expression sincère de surprise lorsqu'il lui déclara qu'elle pouvait la prendre en main. C'était une proposition très plaisante et pour tout dire, la jeune femme ne s'y était pas du tout attendu, ce n'était pas tous les jours que l'on avait la chance de toucher une telle arme. Elle ne se fit pas prier, alors qu'il lui présentait son arme avant de lui faire une proposition alléchante, la Nordienne attrapa la garde de l'épée pour la tirer vers elle en faisant chanter la lame, avant de répondre.

     ▬ Vous a-t-on déjà dit que vous saviez parler aux femmes ser Ulrik ? C'était ironique, s'il avait touché juste avec elle en lui proposant cela, il était évident qu'une autre femme s'en serait offusqué. La jeune femme contempla la lame tout en poursuivant. Je dois avouer que vous me surprenez, je ne pensais pas que vous puissiez être si prompt à laisser une inconnue toucher votre épée. Mais j'en suis agréable surprise. »

     Ce n'était que pour le taquiner qu'elle parlait de cela bien évidemment, si Alysane pouvait être touchée par la moindre attention, cela se saurait. Mais ser Ulrik avait marqué un bon point en abordant par ce bord, si la Mormont pouvait rester de marbre face à toutes les offres qui auraient charmées une jeune femme normale, parler d'armes et de combats était une chose qui éveillait irrémédiablement son intérêt. La main de la Nordienne avait trouvé sa place sur la garde, les cales de ses mains étaient plus habituées au maniement d'une hache à la garde plus petite que celle de Croc, mais c'était une sensation agréable. De son autre main, elle glissa son doigt sur la lame en veillant à ne pas se couper, inutile de tâcher l'acier de cette épée. Alors que son regard était dirigé sur les petits éclats brillants dégagés par la lumière du soleil, elle poursuivit son petit discours.

     ▬ L'idée de pouvoir vous voir combattre avec cette arme me paraît très alléchante, sans compter que je suis venue ici dans l'espoir de pouvoir combattre et que je n'ai malheureusement pas encore eu cette chance. Même si ça ne sera pas un combat comme je l'entendais, je pense que ça pourra me permettre de voir si vous maniez aussi bien votre lame que votre langue messer. »

     Ses prunelles se posèrent sur le visage de son interlocuteur alors qu'une lueur d'amusement passait dedans, elle lui faisait comprendre que ses petites réponses lui plaisaient beaucoup. Après avoir profité de l'occasion pour pouvoir correctement ausculter l'arme, elle la rendit à son propriétaire avec un léger soupire contrit. Sa hache était aussi une bonne arme, son père la lui avait fait forger sur mesure, une femme possédait des mains plus petites que celle d'un homme, Alysane tout particulièrement comme si la nature voulait lui reprocher de la défier en combattant comme un homme. La garde de son arme était donc adaptée à sa poigne, elle pouvait combattre avec sans souffrir après quelques coups, elle se souvenait encore de ses premiers entraînements alors que ses mains se plaignaient de l'effort demandé pour garder la maîtrise de cette arme au lieu de se concentrer sur le reste. Oui, un petit combat l'intéressait vraiment, mais elle espérait simplement qu'il ne lui proposait pas cela pour épater la galerie, bien qu'Alysane se doutait que s'il tentait cela ce serait uniquement pour plaire aux habitants de Port-Réal et non l'impressionner elle. Une Mormont comme Alysane n'était pas une femme que l'on cherchait à impressionner.

     ▬ J'ose seulement espérer que vous ne me proposez pas cela pour impressionner les éventuels spectateurs. Je n'apprécierais pas particulièrement de servir de cobaye pour démontrer à quel point vous êtes habile. Ses yeux se plissèrent légèrement, s'il osait agir de la sorte il y avait fort à parier qu'elle pourrait accidentellement tenter de le remettre à sa place au cours du combat. Je me permets aussi d'espérer que vous n'êtes pas du genre à me voir comme une femme et que vous combattrez comme avec n'importe quel autre homme. Cela ne devra pas être trop difficile pour vous si j'ai bien compris, d'après ce que vous pensez des femmes Mormont messer. »

     Léger haussement de sourcils interrogateur, elle faisait référence au fait qu'il avait souligné que les Mormont laissaient leurs filles partir sans aucune protection, à comprendre qu'elles étaient assez barbares pour pouvoir se défendre seules. C'était vrai, Alysane était fière de cette rumeur, mais c'était juste histoire de l'embêter un peu, après tout elle pouvait se permettre de jouer les jeunes femmes vexées. De toute manière, elle n'était pas vraiment féminine alors à la voir comme ça, mis à part son visage, on pouvait aisément la prendre pour un homme. La combattante glissa sa main vers sa hache et la tapota légèrement avant de faire un pas en direction d'Ulrik.

     ▬ Alors, avez-vous mieux à me proposer ou est-ce que vous allez vous décider à me montrer où nous pourrions faire cela ? »

     Tout de suite oui, Alysane était une femme pressée qui ne connaissait pas la patience, il lui avait proposé quelque chose qui avait aussitôt éveillé son intérêt et elle n'était pas décidée à le lâcher ou à attendre des heures avant de le faire. Une femme exigeante en somme et surtout très agaçante. C'était ce qui faisait son « charme ».
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Message Jeu 30 Juin 2011 - 12:29

Comme prévu, Alysane récupéra l'épée que lui tendait Ulrik. Et sa mélodie se fit à nouveau entendre. Une mélodie qui avait vu plus de champs de bataille et d'adversaires que la plupart des nobles qui se trouvaient dans cette ville. Ulrik avait souvent la chance d'être envoyé avec les osts de bataille lorsque le besoin s'en faisait sentir, pour mater des rébellions, ou défendre le territoire contre des bandits plus ou moins nombreux et efficaces. Le Roi connaissait son potentiel, et l'exploitait au maximum, même s'il ne le faisait pas autant que l'aurait fait Daeron le Bon. Mais chaque roi était différent, comme chaque personne qui le servait. Ulrik avait juré de protéger le Roi actuel, et il le ferait sans hésiter le moment venu.
Mais pour le moment, il se contentait d'observer la Mormont qui essayait son arme. Elle semblait avoir un peu de mal à s'habituer à la taille du manche de l'épée.
Ulrik ne répondit rien lorsqu'elle lui déclara qu'il savait y faire avec les femmes. La plupart d'entre elles le regardaient avec mépris, et les autres ne s'intéressaient à lui que parce qu'il était un membre de la Garde Royal. Du moins c'était l'impression qu'il en avait. Il avait plutôt l'habitude de parler et de s'entendre avec les mercenaires et les hommes d'armes, des personnes qui appréciaient le combat et les armes. Comme la Mormont, à ce qu'il semblait. Et de toutes façons, il comprenait l'ironie qu'elle pratiquait. Tout comme elle se devait se douter qu'il n'aurait pas parlé ainsi à une des nobles de la ville.
Elle semblait être étonnée qu'il lui ait laissée son arme. En quoi cela posait-il problème? Après tout, elle était banneret de son père, et elle ne poserait pas de problèmes. Et puis elle avait l'air suffisamment respectueuse des armes et de ceux qui les maniaient pour mériter de tenir Croc en sa main. Et elle la lui rendrait, il le savait.
Et si elle ne le faisait pas, il lui restait Givre. Il avait suffisamment confiance en ses propres capacités à l'épée pour savoir qu'il pourrait la forcer à lui rendre Croc si le besoin s'en faisait sentir.

Mais il ne se fera pas sentir. Cette femme est une personne d'honneur, cela se sent à des kilomètres.

Il vit qu'elle semblait avoir un peu de mal à prendre l'arme en main. C'était normal. Ses mains étaient plus fines que celles du Loup Sanglant. Et elle semblait habituée au maniement des haches plus que des épées, à en juger par l'arme qui pendait à sa ceinture. Croc avait été forgée spécialement pour Ulrik, comme récompense pour ses bons services. L'équilibre et la forme avaient été pensés précisément pour lui. Et ils ne lui avaient jamais fait défaut jusqu'à présent.
Mais elle observait malgré tout l'arme de façon experte. C'était loin d'être la première fois qu'elle avait du bon acier entre les mains. Et elle reconnaissait bien qu'en effet, l'arme d'Ulrik n'était pas une arme classique. La lame avait presque des reflets étoilés. Elle était gravée de la devise du Loup Sanglant, une devise qu'il avait pris le jour de son adoubement. Bien éloignée de la devise de sa famille, « L'Hiver vient ». Les Stark avaient une devise menaçante, mais celle du Loup Sanglant l'était encore plus, en un sens. Car la menace était tangible, surtout en cette période de crise et de canicule.
Alors qu'elle observait la lame, et passait son doigt le long du tranchant, Ulrik observait le manche, qui dépassait de la main de la jeune femme. L'un des rubis y brillait. Il n'avait jamais apprécié cette coquetterie. Mais la marque du dragon tricéphale, rappelant son statut, s'accompagnait forcément de quelques concessions. Il soupçonnait d'ailleurs que c'était la raison pour laquelle ces rubis étaient là. Pour lui rappeler que malgré tout son aspect bestial et sauvage, Ulrik était un Garde Royal, Serviteur des Targaryen. Et qu'il devait rester civilisé. N'était-ce pas ce qu'il faisait précisément en cet instant, se montrer civilisé? Après tout, il accueillait une Lady étrangère à Port-Réal, en lui donnant les honneurs qu'elle méritait. Même si la plupart des Ladys qu'il aurait accueilli de cette façon aurait préféré quitter la ville dans l'instant que toucher la lame du Garde Royal.
Et enfin elle répondit à sa proposition. La proposition d'échanger quelques passes, entre Nordiens. L'idée ne semblait pas lui déplaire, mais Ulrik vit que l'expression du visage de la jeune femme était malgré tout réservée. Elle avait quelques préjugés sur cette idée. Peut-être croyait-elle vraiment que le loup s'était transformé en lion au cours de ses années à Port-Réal, et qu'il se battait uniquement pour parader auprès des autres mâles et des femmes.
Mais malgré tout, elle semblait amusée. Comme quoi l'échange ne lui déplaisait pas tant que ça. Elle rendit Croc à son propriétaire. D'un geste instinctif, Ulrik remit l'épée au fourreau, sans même regarder ce qu'il faisait. C'était quelque chose qu'il faisait un nombre de fois presque incalculable, par jour, et il ne voyait pas comment il aurait pu, pour une fois, ne pas y arriver.
Alors qu'il faisait ceci, il entendit un soupir provenir de la jeune femme. Il connaissait suffisamment bien les hommes et les femmes pour savoir que ce genre de soupir était suivi d'un discours plus ou moins long expliquant ce qui clochait. Bien, cela lui éviterait de poser des questions.
Et en effet, elle lui expliqua la raison de son trouble. Comme Ulrik l'avait deviné, elle avait peur que ce combat ne soit que parade et prétention. Et il était vrai que la plupart des défis que se lançaient les épéistes de Port-Réal n'avaient lieu que pour épater la galerie.
Mais le Loup refusait ce genre de défi. Ou plutôt, il refusait de jouer leur jeu, et se contentait d'abattre ses adversaires d'un coup bien placé, sans même accorder un regard à l'ennemi à terre. Mais jamais il ne lui serait venu à l'idée de provoquer un défi pour cette raison. Les seules personnes qu'il provoquait en duel étaient ceux qui méritaient de se faire mépriser, ceux qui présentaient un vrai défi, ou ceux qu'il tenait à jauger.
La Mormont rentrait dans la troisième catégorie. Et rentrerait peut-être dans la deuxième après leur entraînement. Ce n'était pas tous les jours que l'on croisait une Lady en armes. Et il était encore moins courant de trouver quelqu'un à Port-Réal qui savait apprécier la qualité d'une arme sans l'avoir forgé lui-même. Et pour avoir voyagé de l'Ile aux Ours jusqu'à Port-Réal sans avoir eu de problèmes, soit elle avait eu beaucoup de chance, soit elle avait eu beaucoup de talent. Leur duel lui permettrait de régler la question.
Elle semblait aussi craindre que, étant donné son statut de femme, il ne se donne pas à fond? Quel était l'intérêt d'un combat, s'il n'était pas donné à son maximum? C'était une des raisons pour lesquelles Ulrik n'appréciait pas de combattre dans les tournois : on ne voyait la vraie valeur d'un homme que lors d'un combat où il était vraiment menacé. Ce n'était pas le cas lors des tournois. Alors que pendant les défis individuels...

« Jamais il ne me viendrait à l'idée de vous provoquer en duel uniquement pour parader. Je ne suis pas ce genre d'homme. Je sais que c'est pratique courante à Port-Réal, mais il faut croire qu'il me reste encore du sang des Premiers Hommes dans les veines... Et quant au fait que je sois... hm... délicat avec vous, il n'y aura aucun risque. Vous avez une arme. Vous avez accepté mon défi. Je considère que vous savez à quoi vous attendre, et que je n'ai donc aucune raison de vous faire de cadeau. Et puis, quel est l'intérêt d'un combat dans lequel on se retient, hein? »

Il n'avait plus l'habitude de parler aussi franchement avec quelqu'un. Même avec Corbray ou Hill, ou Donnel, il avait du mal à s'exprimer honnêtement. Ils étaient ses Frères Jurés, mais ils étaient davantage impliqués que lui dans la politique de la Couronne. Et ils pratiquaient davantage la Cour. Cela amena un sourire sur les lèvres du Stark, et un léger éclat amusé à son regard. Il savait que la Mormont le verrait, mais en quoi cela poserait-il un problème?
Puis elle s'impatienta. Elle était vraiment loin de l'image qu'il avait gardé du Nord. D'un autre côté, les Stark n'étaient pas connus pour être de grands bavards, et encore moins des personnes au tempérament chaud. Mais il n'avait que peu rencontré d'autres familles du Nord, et il était bien jeune.
Il repensa rapidement à Beron, Cerden et Anivia. Il se demandait ce qu'ils étaient devenus. S'il le verrait un jour ou l'autre.. Peut-être demanderait-il une mission dans le Nord, depuis le temps qu'il n'y était pas allé.
Mais ce qui importait, c'était le présent. Il lui fallait répondre à la Lady :

« Mieux à vous proposer? Ce n'est malheureusement pas en mon pouvoir. Mais, si vous voulez bien me suivre, je peux vous emmener à la lice où les Frères Jurés comme moi s'entrainent. Nous devrions être tranquilles. Au pire quelques personnes viendront observer, mais ils ne seraient que les écuyers des Épées Blanches, ou d'autres de mes frères. Et les chevaux des écuries, sans doute. Pas le genre de personne qui nous poseraient problème. »

Sans attendre de réponse, il se détourna, sa cape blanche claquant au vent. Il savait qu'elle le suivrait. Devant lui, la forme du Donjon Rouge s'élevait, une forteresse implacable, de la couleur du sang. Cette vue lui semblait toujours aussi étrangère, malgré les années qu'il avait passé à Port-Réal. Derrière la Citadelle de Maegor se trouvait la tour de la Blanche Épée, là où il résidait avec ses frères. Un bel endroit, avec vue sur la mer, et vue sur la ville. Les Épées Blanches veillaient toujours. Il s'agissait malgré tout de la plus petite tour à orner la forteresse. Afin de rappeler aux hommes qui l'habitaient qu'ils n'étaient que des pions dans la main du Roi... et dans celle du peuple, théoriquement.
Et au pied de cette tour se trouvait la cour inférieure, à côté des écuries, un endroit où, pour pénétrer, il faudrait passer par l'entrée principale de la forteresse, puis par le pont-levis, et enfin les marches serpentines. Un long trajet, et surveillé. Et malgré tout, car il était habillé en Blanc, Ulrik ne serait pas interpelé.

« Je pense que vous avez déjà vu le Donjon Rouge? Eh bien c'est là que nous allons. La marche sera un peu longue, mais vu le trajet que vous avez du faire pour venir de l'Ile aux Ours à ici, je pense que vous n'êtes pas à ça près... »


Il hésita quelques instants, avant de rajouter une question à sa déclaration :

« D'ailleurs, vous disiez que vous étiez venue pour combattre? Participer à des tournois, ou simplement provoquer quelques hommes d'armes en duel? A moins que ça n'ait été pour vous engager contre les Fer-Nés... »

C'était quelque chose qui l'étonnait. Il avait entendu parler de nombreuses personnes venant à Port-Réal en quête de gloire, et il en avait un jour fait partie, mais uniquement pour combattre? Dans une ville de nobles comme celle-ci, où la plupart des gens verraient comme un déshonneur le fait de lever la main sur une femme? Et pour ce qui était des Fer-Nés, elle devait avoir ce qu'il fallait pour les croiser plus au Nord qu'à Port-Réal. Oui, il était étrange qu'elle n'ait fait le voyage que pour cela. Peut-être une envie de voyager, d'indépendance, de découverte. Mais la soif de sang était rassasiée où que l'on aille, le Loup Sanglant en savait quelque chose.
Et cela rappela à Ulrik les rumeurs qu'il avait entendu sur Salvemer. La ville était prétendument assaillie par les Fer-Nés, harcelée et agressée sans relâche. Le Roi n'avait pour le moment pas réagi. Mais quelques voix parlaient du fait que des chevaliers venaient de l'autre bout du royaume pour agir. Le Roi ne pouvait pas laisser passer ça. D'autant plus que d'autres rumeurs disaient que les Lannister et les Baratheon commençaient à bouger eux aussi. Il fallait que les dragons réagissent vite s'ils ne voulaient pas que le lion et le cerf prennent cela pour un élan de faiblesse, et agissent en conséquence.
Ulrik sourit, révélant ses canines, légèrement plus longues que la moyenne. Avec un peu de chance, le loup allait bientôt rajouter des fruits de mer à son menu.
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Message Sam 2 Juil 2011 - 12:54

     Alysane n'avait aucune crainte, elle était presque sûre qu'un homme comme Ulrik n'allait pas lui déclarer qu'il n'oserait jamais blesser une femme, il n'avait pas l'air de faire de différences entre une lady, une roturière ou un combattant. Certains pouvaient éventuellement prendre cela comme un défaut, mais pour la Nordienne c'était tout le contraire, un homme capable de ne pas s'arrêter au protocole et ne pas oser lever la main sur un membre du « sexe faible » lui plaisait beaucoup, cela promettait pour le combat à venir. Oh, d'un autre côté la jeune dame ne se faisait pas trop d'illusions, elle n'avait combattu que des soldats ou des brigands sur le chemin menant à Port-Réal en plus de son frère bâtard qui lui avait appris à se battre. Ser Ulrik avait une tout autre expérience en la matière, il avait déjà tué contrairement à la lady qui n'avait jamais pris la vie à quelqu'un d'autre que quelques lapins qui terminaient à la broche. Un net désavantage qui ne l'inquiétait pourtant pas, elle avait l'arrogance et la folie de la jeunesse comme le disait son père, cela ne signifiait peut-être rien pour un chevalier aussi aguerri que l'homme qui lui faisait face, mais pour elle si. Les femmes pouvaient se montrer de rudes adversaires, surtout lorsqu'on était aussi tête brûlée de la Mormont. Faisant fi des inquiétudes qui devraient normalement commencer à débarquer dans son esprit, elle releva légèrement la tête, plus petit que l'homme qui se tenait devant elle, avant de planter une fois de plus ses prunelles mordorés dans les siennes en arborant un air de défi comme à son habitude. Alysane était le type de femme qui ne se répartissait jamais de son arrogance et arborait en permanence une expression de défi, c'était peut-être bien pour cette raison qu'elle était si souvent prise à partie en y songeant, mais nulle question de modifier son comportement si particulier. Après tout c'était grâce à lui qu'elle était là aujourd'hui !

     Son interlocuteur lui répondit alors qu'il ne se permettrait jamais de la défier si c'était dans le simple but de parader devant les dames ou même ses compagnons de la garde. Une légère moue non identifiable se posa sur les lèvres pleines de la dame alors qu'elle se réjouissait d'entendre pareille réponse : c'était exactement ce qu'elle avait espéré de sa part ! Puis il la rassura ensuite en lui déclarant qu'il ne comptait pas être délicat avec elle, la jeune femme réagit comme s'il venait de lui faire un agréable compliment en plissant légèrement des yeux pour marquer sa satisfaction, il lui disait qu'il allait être rude et la considérait comme une combattant et ça lui faisait plaisir ! C'était sa manière de se sentir estimée à sa juste valeur en réalité, elle aurait été très vexée qu'il la considère comme une dame ou une chose précieuse, même si au final Alysane était aussi éloigné d'un rubis qu'une sauvageonne. Son père lui disait toujours qu'elle était un diamant, mais sous sa forme brut qui n'était pas aussi séduisante et attirante que la forme la plus pure, mais recélant davantage de surprises. La bonne blague, elle n'aimait pas la poésie et se contentait de dire à lord Jeor que les diamants étaient inutiles et prenaient de la place pour rien. Un léger sourire se dessina sur les lèvres exemptes de maquillage de la demoiselle.

     ▬ Soit, vous me voyez ravie de vous entendre dire ces choses ser Ulrik, vous n'auriez pas pu mieux me répondre ! »

     Il déclara ensuite qu'il allait la guider jusqu'à la lice ou les Frères Jurés avaient pour habitude de s'entraîner et qu'ils ne seraient nullement gênés par des spectateurs indésirables. Les cheveux, les garçons d'étable ou les personnes de cet acabit ne gênaient nullement la demoiselle, en réalité elle n'avait simplement pas le souhait de se retrouver face à une noble qui se réjouirait chaque fois que l'épée blanche parviendrait à assener un coup à cette sauvageonne. Les femmes l'horripilaient, Alysane préférait largement la compagnie des hommes en y regardant de plus près, plutôt ironique lorsqu'on savait qu'elle n'avait que des sœurs. La demoiselle avait toujours été plus proche de Jorah son frère bâtard au fond, cela n'était donc pas si étonnant, ils avaient un caractère bien plus semblable que le reste de la fratrie. La Mormont emboîta le pas au garde royal qui se dirigea vers le Donjon Ronge visible de loin avec sa couleur pourpre. Elle aimait bien l'apparence de ce bâtiment, même s'il était beaucoup trop éloigné des constructions du Nord pour la séduire totalement. Alors qu'elle marchait aux côtés de ser Ulrik sans se laisser distancer, sa fourrure d'ours serrée contre sa poitrine malgré la chaleur pesante, elle entendit sa voix s'élever alors qu'ils avaient déjà parcouru quelques ruelles. Un nouveau sourire amusé et à la fois moqueur naquit sur son visage tandis qu'il lui déclarait que la marche serait assez longue avant de marquer une petite pause pour lui demander de plus amples détails sur son envie de combattre. Alysane était assez amusée par cette question, elle laissa planer quelques instants de silence, puis elle repoussa une mèche rebelle tout en répondant, son attention dirigée devant elle pour ne pas déraper sur le sol pavé.

     ▬ Ne vous inquiétez point pour ma santé messer, comme vous le dites j'ai déjà marché bien plus et j'ai parcourus Port-Réal de long en large depuis mon arrivée. Je serais en état de remplir ma part du marché. Elle marqua une brève pause. J'ai quitté l'île aux Ours par désir de me battre, je ne prévoyais pas que les chevaliers si réputés seraient frileux à l'idée de combattre une femme. Elle posa rapidement son regard clair sur le visage d'Ulrik avant d'en revenir au chemin. J'ai bien tenté de déclencher plusieurs défis, mais sans y parvenir, les hommes sont des poltrons dans cette ville ! J'envisage éventuellement d'aller voir ce que les Fer-Nés font éventuellement, mais rien n'est encore décidé. Ils marchèrent quelques instants en silence avant qu'elle n'ajoute quelques mots sur un ton amusé. J4ai déjà rencontré une blanche épée, qui a d'ailleurs menacé de planter ma tête au bout d'une pique. J'ai beaucoup apprécié cette rencontre cela dit. »

     Ser Addison Hill, le lord commandant de la garde royale, un bâtard comme Alysane l'avait souligné sans gêne, la langue bien pendue de la Mormont ne se gênant nullement de poser des questions plutôt épineuses en temps normal. Amusant de constater que des bâtards occupaient des postes aussi importants, la Main du Roi était un Rivers, le lord commandant un Hill, décidément c'était la foire aux bâtards ! La dame n'avait rien contre les personnes nées hors d'une union, après tout Jorah valait largement mieux que la plupart des hommes qu'elle avait rencontrés jusqu'à ce jour et même si l'on disait qu'il était souillé par le pêché, la demoiselle ne le pensait pas ! Il n'avait jamais fait preuve de lâcheté, de manque de fidélité à l'égard des Mormont ou de quoi que ce soit de semblable, les idées préconçues la rendaient malade. Alors qu'elle était retombée dans le silence après quelques instants, ils finirent par arriver à proximité de la fameuse cour dont Ulrik avait parlé quelques temps auparavant. Il n'y avait personne d'autres mis à part quelques garçons d'écurie et un ou deux jeunes écuyers. Le regard mordoré de la demoiselle passa rapidement sur les environs avant qu'elle ne s'approche de l'un des palefreniers à qui elle tendit sa fourrure pliée en s'adressant à lui d'un ton un peu revêche.

     ▬ Tiens-moi ça à l'abri de la poussière mon garçon et gare à toi si je trouve la moindre tâche dessus, je te botterai le fondement tellement fort que tu ne pourras plus t'asseoir avant la prochaine lune ! »

     Alysane n'aimait pas trop les enfants, ils avaient le don de la faire sortir de ses gongs et elle ne comprenait pas que l'on puisse avoir envie d'en avoir à soi ! Lâchant un soupire las comme pour marquer le danger qu'il encourait s'il abîmait sa précieuse peau, elle se détourna de lui avant d'en revenir à ser Ulrik. Lui décrochant un léger sourire de défi, elle se débarrassa rapidement des habits superflus en ne gardant que sa tunique confectionnée par ses sœurs et ses braies qui avaient le don de faire hurler sa mère. C'était plutôt léger comme tenue face à une épée, mais elle ne comptait pas sur une armure pour se défendre, la Mormont avait été entraînée à esquiver les coups et non essayer de les rendre moins douloureux en s'empêtrant dans une armure de cuir quelconque. Glissant sa main vers sa hache, elle la détacha de sa hanche pour raffermir sa prise dessus avant de la prendre correctement en main. Son sourire s'étendit lorsque la sensation familière de la garde de hache se fit plus présente dans sa paume. Elle recula légèrement, optant pour une position de combat en assouplissant rapidement son poignet avant que le combat le commence. D'un geste de la main, elle invita son interlocuteur à donner le premier coup.

     ▬ Je ne voudrais pas que l'on dise que vous avez essuyé le moindre coup parce que vous avez fait preuve de galanterie, alors que vous en prie, à vous l'honneur de débuter puisque vous avez eu l'obligeance de me faire cette proposition. »

     Peut-être qu'elle n'allait pas être à la hauteur, peut-être que si, Alysane ne le savait pas réellement, elle avait toujours été très appliquée dans son apprentissage du combat à la hache, mais ça restait des combats d'entraînement, généralement contre des hommes qui n'avaient combattus que quelques fois contre de vrais adversaires. Ça n'aurait rien à voir avec un tel défi, mais ce n'était pas pour autant que ça effrayait la belle, après tout, avait-on déjà vu un loup réussir à renverser un ours sans qu'il ne combatte ?
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Message Sam 16 Juil 2011 - 17:25

Une Epée Blanche qui menaçait quelqu'un de lui mettre la tête au bout d'une pique? Une Lady, qui plus était? Ulrik ne connaissait pas beaucoup de monde qui serait capable de proférer une telle menace. Addison était en tête des possibilités. Il avait beau être un homme droit et intègre, le principe de mettre une tête au bout d'une pique était quelque chose qui mettait toujours sa langue en joie. Même si Ulrik ne l'avait jamais vu faire jusqu'à présent. Et heureusement, puisqu'il avait été quelques fois question que cela soit une tête de Loup Sanglant que l'on exhibe en haut de la pique susnommée.
Mais elle ne dit rien de plus sur le trajet, et Ulrik se garda bien de lui demander avec précision l'identité du Garde Royal qu'elle avait croisé. Il serait sans doute plus amusant de tirer les vers du nez d'Addison lui-même. Voire même de ne faire que lui parler de la « très charmante et sympathique Mormont » avec qui il aurait croisé le fer dans la cour où les frères jurés s'entrainaient, et de voir sa réaction.
Alors qu'ils marchaient, ils finirent par se trouver enfin près du Donjon Rouge. Les gardes ne les interpelèrent jamais. La vue d'une cape et d'une armure blanche en auraient de toutes façons calmé plus d'un. Mais la vue de celle d'Ulrik était quelque chose de particulier. Il était un des seuls membres de la Garde Royale à avoir gardé malgré tout une héraldique, même si celle-ci ne se voyait que peu. Sa cape était attachée à l'aide de deux loups dévorant un astre, l'emblème qu'Ulrik avait pris le jour où il avait été adoubé. Ce n'était pas ce détail qu'avaient repéré les gardes. Mais ils connaissaient Ulrik, et savaient qu'il ne valait mieux pas se mettre sur son chemin, encore moins lorsqu'il était avec quelqu'un. C'est pourquoi ils se retrouvèrent rapidement dans la cour près des écuries sans que cela ne pose de problème.
Ulrik demande à un palefrenier de faire mander son écuyer. Il ne pensait pas qu'il aurait besoin de beaucoup d'aide ni de matériel, mais après tout... Et puis cela formerait le jeune garçon. C'était la raison pour laquelle il était là, après tout.
Ulrik observa la dame Mormont confier la peau d'ours qu'elle tenait à un jeune garçon. Il était aussi effrayé par elle qui l'aurait été par le Stark. Le Loup Sanglant, pendant ce temps, aperçut son écuyer accourir à toute vitesse. Il commença donc à défaire les sangles de son armure. L'écuyer lui avait amené son jaque. Parfait. Il se changea donc rapidement, laissant sa cape et son armure d'acier aux mains de l'écuyer.
Dans son dos, il entendit Alysane lui proposer de commencer le combat. Donner le premier coup? Il aurait été malvenu de répondre qu'il allait la laisser frapper en premier au contraire. Cela aurait été lui donner un avantage que l'on aurait pris pour de la galanterie. Et si elle venait à le battre, tous auraient dit que c'était uniquement car elle avait pu prendre l'avantage en cet instant. Par contre, si lui gagnait, peu important qui avait donné le premier coup. Après tout, il était le Loup Sanglant, comment une femme aurait-elle pu gagner?
C'était ce qui se dirait en tous cas. Ulrik avait trop fréquenté la Cour pour ne pas savoir comment tous réagiraient.
Il se tourna donc vers Alysane, semblant en cet instant tout sauf une Épée Blanche. Dans sa main se trouvait Croc, et c'était sans doute la seule chose qui le reliait encore à son poste de Garde Royal. Son jaque était sombre, marqué d'un Dévoreur, le loup qu'il avait pris pour blason. En bas il ne portait pas d'armure, et son bouclier blanc était entre les mains de son écuyer.

« Parce que vous pensiez vraiment que j'allais encore faire preuve de galanterie? Vous possédez une arme et une armure. Vous n'êtes plus un homme ni une femme à mes yeux. Vous êtes un adversaire. C'est tout ce qui compte. »

Croc trancha les airs, alors qu'Ulrik restait immobile. Il voulait l'entendre à nouveau chanter. Et il l'entendrait. Il n'avait pas l'habitude de se confronter à des haches, mais après tout, les Fer-Nés n'étaient pas connus pour apprécier le duel comme les chevaliers de Westeros, avec de jolies épées et de jolis boucliers. Tout entrainement était bon à prendre.

« J'espère que je serai à la hauteur de vos attentes. Après tout, vous désiriez affronter un chevalier... alors profitez-en. »


Ulrik attaqua. Sa lame fendit l'espace qui se trouvait entre les deux combattants, et rencontra du métal. A peine eut-il senti quelque chose de solide qu'il recula, se remettant en garde, et attaquant sous un autre angle. Du métal, encore.
Deux attaques, afin de jauger le niveau de réactivité de son adversaire. Il avait accéléré sa vitesse entre les coups, mais elle avait réussi à mettre son arme sur le trajet de son Croc. Elle était plus douée que certains chevaliers qu'il avait eu l'occasion de croiser jusqu'à présent. Sans doute pas autant qu'il l'était lui-même, si l'on réfléchissait objectivement, mais il ne ferait pas l'erreur de la sous-estimer. Il suffisait d'une erreur pour mourir. Et sous-estimer un adversaire était toujours une erreur.
Malgré tout, Ulrik ne resta pas inactif. Les lames s'entrechoquèrent. Parades, esquives, attaques, contre-attaques. Lorsqu'il eut quelques instants pour souffler, Ulrik prit la parole :

« Vous vous débrouillez bien. J'ignorais que l'Île aux Ours possédait un aussi bon maître d'armes... A moins que cela ne soient des... compétences que vous ayez acquis au fur et à mesure de votre voyage. Mais je ne pense pas qu'un tel niveau ne s'acquière en quelques mois seulement. Est-ce que je me trompe?»


Toujours en garde, il attaqua, avant de poser une question qui l'intriguait. Deux questions, en fait :

« Par curiosité, à quel âge avez-vous commencé à apprendre le maniement de la hache? »

Mais finalement, il ne posa pas l'autre question. Cela aurait été malvenu, à ce moment présent. Mais il savait qu'il cachait mal sa curiosité. Si elle était observatrice, elle verrait la question qui manquait de passer ses lèvres...

J'attendrais qu'elle ait posé sa hache pour ça.
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Message Dim 17 Juil 2011 - 13:33

     Un sourire se dessina une fois de plus sur les lèvres de la brune alors qu'elle entendait la réponse de ser Ulrik à son invitation d'attaquer le premier. Il ne la voyait pas comme une dame, mais bien comme le combattant qu'elle désirait être, finalement il remontait encore plus dans son estime et elle devait convenir qu'elle l'aimait bien. À sa manière évidemment. Elle ne se ferait pas prier, Alysane comptait bien profiter du fait qu'elle était face à un chevalier pour pouvoir de battre pour de bon – pour une fois – même s'ils devaient éviter de trancher un bras à l'autre, c'était le niveau supérieur que celui qu'elle avait avec Jorah. À force de toujours être entraînée par la même personne, la lady commençait à deviner les coups de Jorah sans grand problème et inversement bien entendu, leurs combats se soldaient généralement par des coups toujours parés. Au moins cela leur évitait de se retrouver le corps plein de bleus, déjà que le malheureux Jorah en était parsemé à cause de sa sale habitude de lui donner des coups dans l'épaule chaque fois qu'il la contrariait. Elle hocha légèrement la tête.

     ▬ Mais j'y compte bien messer ! »

     Première attaque, la jeune femme ne recula pas, elle plaça sa hache de manière à ce que la lame se bloque dans les parties prévues à cet effet, puis il recula une nouvelle fois, attaquant ensuite sous un autre angle que la guerrière para. Elle avait l'habitude de bloquer les coups, après tout, la hache ne permettait pas d'avoir la même zone d'attaque qu'avec une épée et elle devait trouver LE bon moment pour pouvoir porter un coup qui puisse toucher son adversaire. Le bruit si agréable du métal qui s'entrechoque résonnait dans la cour tandis que la jeune femme ne baissait pas sa garde, elle essayait de tenir le rythme qui était différent de celui dont elle avait l'habitude. Ses muscles se réveillaient doucement et elle prenait beaucoup de plaisir à cet exercice improvisé. Un léger sourire satisfait se dessina sur ses lèvres, il fallait juste qu'elle ne prenne pas trop confiance en elle-même au point de perdre de l'attention et d'essuyer une attaque qui toucherait son but. Elle n'avait pas pour habitude de parler pendant un combat, sa surprise fut donc palpable lorsqu'elle entendit son adversaire prendre la parole pour la complimenter - à sa manière - en déclarant qu'elle se débrouillait bien et il toucha juste en avançant la possibilité qu'elle se débrouille aussi bien en raison des talents du maître d'armes de l'île aux ours. En réalité elle craignait même d'avoir perdu de sa défense pendant les temps passés sur la route, après toue elle n'avait pas l'occasion de se battre tous les jours contrairement aux entraînements répétés sur l'île de sa famille puisqu'elle n'avait que cela à faire. Il lui demanda ensuite à quel âge elle avait commencé à se battre à la hache ce qui provoqua instantanément un sourire sur les lèvres gercés par la chaleur, de la guerrière. Elle para une attaque avant de reculer légèrement pour tenter une incursion qui fut aussitôt bloquée par la lame de l'épée blanche.

     ▬ Est-ce que vous cherchez à savoir quel âge j'aurais messer ? Je dirais simplement que j'ai appris à me battre dès que j'ai été en âge de soulever une hache et de frapper avec. »

     S'il voulait savoir quelque chose, il n'avait qu'à le demander clairement, elle ne s'amuserait pas à répondre à ses sous-entendus, son petit plaisir restait tout de même de pouvoir jouer les idiotes et de ne pas comprendre ce qu'on lui demandait réellement. Sa réponse évasive ne devait pas vraiment aider le malheureux ser, mais tant pis pour lui ! Alysane tenta une nouvelle attaqua qui échoua une fois de plus, au final ils n'avançaient pas énormément, mais au moins elle ne cédait pas devant lui, c'était déjà ça. Pour le moment tout du moins, la brune avait tendance à devenir rapidement trop sûre d'elle et elle risquait fortement de se faire avoir sur un simple détail. Après tout, ser Ulrik était un homme bien plus entraîné qu'elle et il avait bien plus l'habitude qu'une lady, de se battre. La jeune femme répondit alors à son autre question après avoir reculé pour esquiver une attaque qu'elle para avec sa hache.

     ▬ Mon maître d'armes est excellent en effet, c'est mon frère donc quoi de plus normal ? Je suis sûre qu'il vous tiendrait tête beaucoup mieux que moi avec son épée. »

     Elle avait un certain avantage sur lui d'un côté, la jeune guerrière était entraînée à se battre contre des épées, mais par contre le doute était permis en ce qui concernait les capacités de ser Ulrik à se battre contre des haches. Les épées étaient préférées par pratiquement tous les combattants, mais il aurait été comme trahir son nom si elle avait troqué sa hache contre une épée. La jeune femme s'avança soudain en prenant le risque d'exposer son flanc à l'arme du Stark, mais elle était suffisamment proche pour espérer le toucher avant qu'il ne réussisse à reculer pour lui porter un coup avec son épée. Seulement c'était que le sous-estimer de croire une telle chose, Ulrik était plus rapide à réagir qu'elle ne l'avait cru de prime abord et cette fois-ci il parvint à la toucher. Légèrement, car elle recula aussitôt qu'elle réalisa son erreur, mais il avait pris le dessus pendant un moment juste à cause d'une erreur de jugement. Elle fronça les sourcils d'un air contrarié.

     ▬ Je vous trouve bien prompt à réagir pour un homme en armure messer ! Est-ce que vous seriez plus musclé que vous n'y semblez ? »

     Un compliment ou une raillerie ? Difficile à dire après tout elle venait clairement de lui dire qu'il ne semblait pas musclé, mais qu'au final il l'était peut-être quand même, il pouvait prendre ça comme bon lui semblait. La jeune femme lâcha un soupir de contrariété, elle espérait au moins le toucher une fois, sans quoi le fait d'avoir résisté aux assauts ne serait pas aussi valorisant qu'elle le pensait. Alysane reprit correctement sa hache en main, puis commença à tourner légèrement pour essayer d'apercevoir une partie plus vulnérable qu'une autre dans la carapace du chevalier. Son style était de rester très près, la proximité permettait aux haches et aux poignards de pouvoir toucher plus promptement alors que pour une épée, c'était beaucoup plus compliqué. Un bref sourire passa sur ses lèvres tandis qu'elle tenta quelques petites attaques qu'il para sans aucune peine, simplement pour tester sa défense et essayer de se faire une idée de ce qu'elle devait adopter comme attaque. Une tactique à définir pour chaque adversaire, c'était ce que Jorah lui avait expliqué du moins.

     ▬ Vos compagnons ne s'entraînent pas ? Je suis étonnée de voir que cette cour semblent aussi vide que la tête des nobles de Port-Réal, je n'imagine pas ce qu'ils valent s'ils passent leur temps à exécuter les moindre souhaits du Roi ou à compter fleurette au lieu de s'entraîner. »

     Elle ne dénigrait absolument pas les talents de combattant des membres de la garde royale, après tout ils avaient été sélectionnés non pour leur prestance ou le style qu'ils avaient au combat, mais bien parce qu'ils étaient capables de refermer la bouche d'une lady trop bavarde par exemple. Après l'avoir observé quelques instants, elle décida finalement de se lancer, la jeune femme mima une attaque sur le poitrail avant de changer d'avis à la dernière minute pour bloquer son épée avec sa hache pour tenter de le neutraliser. Puis elle s'approcha dangereusement de lui d'un geste sec avant de relever légèrement son genou pour se jeter vers l'avant et peser de tout son poids sur son adversaire histoire de l'envoyer en arrière. Pas sûr que cela fonctionne, au pire des cas il arriverait à libérer son épée de la prise de sa hache et pourrait la neutraliser sans aucune peine. Mais si elle y arrivait, il ne pourrait pas parer le prochain coup qu'elle tenterait alors qu'il serait déséquilibré. Certes, si elle pesait 50 kilos de plus, ce serait amplement plus facile.
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Message Lun 18 Juil 2011 - 19:34

Ulrik éclata de rire lorsque la Mormont lui dit qu'elle croyait qu'il voulait connaître son âge. Ce genre de question, Ulrik n'aurait pas hésité un instant à la poser. Il avait déjà moqué des Ladys à ce propos, et la plupart avaient menacé de lui faire couper la tête, de lui faire perdre ses honneurs de chevalier... certes, aucune n'avait eu une hache entre les mains lorsqu'il l'avait fait, mais le Loup Sanglant n'était pas le genre de personne qui s'inquiétait de ce genre de détails.
Il fut davantage surpris par le fait que la Lady disait avoir été entraînée par son frère. A sa connaissance, le Lord Jeor Mormont n'avait eu que des filles. Un enfant naturel, donc. Selon ce qu'il avait vu lors de sa dernière visite à Winterfell, le maitre d'armes des Stark était aussi un bâtard. Était-ce une nouvelle mode, dans le Nord? On donnait aux enfants bâtards des suzerains des rôles importants, afin de les cacher à la vue de tous? Quoi de plus insultant et de plus amusant que de voir des nobliaux se faire entraîner par des bâtards, les hommes qu'ils méprisaient plus que les paysans qui suaient et mourraient pour eux dans les champs? C'était une bonne idée. Donner un prestige à ses enfants tout en se moquant des autres. Si Ulrik avait eu un rôle dans la vie de sa maison, autre que celui de fils indigne, et qu'il avait eu des bâtards, sans doute aurait-il fait la même chose. Cela lui semblait le plus amusant à faire, de loin.
Le combat continua de plus belle. La jeune femme semblait savoir affronter une épée... mais pas celle d'Ulrik. S'entraîner chaque jour avec la même personne forçait à s'appliquer des routines de combat, des mouvements et des parades que l'on faisait presque inconsciemment au bout d'un moment. C'était la raison principale qui poussait Ulrik à affronter toute personne en armes qui croiserait son chemin. Reitre, mercenaire, chevalier, noble, ou bandit. Tous avaient leur style de combat particulier, si unique, leur danse. Et en dansant avec eux, Ulrik perfectionnait la sienne. Les pas lui venaient naturellement. Il ne faisait qu'un avec son arme. Il ressentait chaque coup sur son arme comme un coup sur son corps; et son corps était fait d'acier. Il ne sentirait ni fatigue ni douleur tant que le combat ne serait achevé. La même chose se produisait à chaque fois. Le temps semblait ralentir, tout se passait comme si cela arrivait à un autre homme qu'à lui.
Et cette fois Elle le laissait tranquille. Il n'aurait sans doute même pas besoin de l'éveiller cette fois. Son adversaire était douée, mais pas suffisamment pour être une menace importante. Pas alors qu'il était encore en pleine forme, et en duel individuel. Peut-être que s'ils s'étaient croisés sur le champ de bataille, elle aurait eu raison de lui. Mais pas ici, sur un terrain d'entrainement.
Lors d'une passe particulièrement réussie, elle prit quelques instants pour féliciter Ulrik sur sa vitesse. Il sourit et répliqua :

« La vitesse prime sur la taille. Cela a toujours été le plus grand avantage du loup sur l'ours, dame Mormont. »

Il savait que sa carrure ne montrait pas réellement sa musculature. Il n'était pas une montagne de muscles, loin de là. Mais la plupart des instants qu'il passait éveillé étaient passés à se battre. A pratiquer l'art de l'épée et de la lance, celui du bouclier ou celui de la dague. Ses muscles avaient fini par se développer. Ceux qui étaient nécessaires à pratiquer ses arts. Ils n'avaient jamais grandi de manière ostentatoire. Et cela l'arrangeait. Encore une apparence qui perturbait ses adversaires.
Lorsqu'elle l'interrogea sur les autres Frères Jurés, Ulrik recula d'un pas et pointa sa lame droit vers elle. La réponse allait peut-être être longue, alors mieux valait-il se munir contre toute attaque qu'elle pourrait lui adresser.

« La plupart d'entre eux sont toujours aux côtés du Roi ou de sa main. C'est la place des Blancs Manteaux, après tout. Nous sommes la plupart du temps cinq à ses côtés, lorsque la menace n'est pas présente. Alors maintenant que la guerre est à nos portes... notre présence est davantage requise. Nous prenons congé du Roi chacun notre tour, afin de nous entraîner ou de nous reposer.»


Il se retint quelques instants, attaqua à nouveau, et rajouta :

« Je suis par contre assez d'accord avec votre remarque sur les nobles de cette ville... Le casque d'un mort contient plus de cervelle que tous ces agneaux réunis. »

Elle était trop intelligente pour douter du talent des Gardes Royaux. Peut-être avait-elle même assisté à certains tournois, comme celui du Sorbier, deux ans plus tôt. Ce tournoi avait été une tragédie. La mort de la Main du Roi, Baelor Targaryen, pendant le Jugement des Sept... et pour un simple chevalier errant dont on n'entendrait sans doute plus jamais parler. Et aussi, l'autre tragédie plus... personnelle qu'avait vécu Ulrik. Rien que de repenser à cette personne, au fait d'avoir du la laisser là-bas, alors que lui repartait dans le sud, le Loup manqua presque de se faire toucher. Puis il s'arrêtèrent quelques secondes, se toisant. Une odeur parvint aux narines du Loup. Un souvenir. Encore trop vivace.
L'ourse attaqua. Une feinte au torse. Mais l'oeil de la Mormont était parti quelques instants trop tôt vers la lame d'Ulrik. Et vers l'endroit qu'elle comptait attaquer ensuite. Elle avança rapidement vers le Loup Sanglant, une fois sa lame coincée entre le manche et la lame de la hache de son adversaire. Elle fit un mouvement rapide, qui aurait pu vaincre Ulrik s'il ne l'avait pas vu venir. Mais il lâcha son arme. C'était quelque chose que nul n'aurait pu prévoir. Personne n'était assez fou pour faire ça. A part une bête sauvage comme Ulrik. Il profita de l'élan qu'avait pris la Mormont pour la contourner en douceur, la frôlant comme un courant d'air frôle les murs, et se retrouva dans son dos avant qu'elle n'ait pu comprendre ce qui lui arrivait.
La lame d'Ulrik n'avait pas touché le sol qu'il avait déjà dégainé Givre. Lorsque le fracas de métal retentit, l'épée à deux mains du Loup se trouvait le long de la gorge de l'ourse du Nord.

« Du très bon travail. »

Ulrik resta immobile. Il voulait entendre la défaite de la bouche de son adversaire avant de ranger son arme. Question d'habitude. Et de principe, en un sens.

« Ce n'est pas tous les jours qu'un adversaire me force à lâcher mon Croc pour le vaincre. Et je vous félicite pour cela. La question que je voulais vous poser tout à l'heure n'a plus aucun sens maintenant... Je comprends beaucoup mieux que votre père vous ait laissé partir seule. »

Finalement, il rengaina son arme.

« Des gardes n'auraient fait que vous ralentir. »

Alrin, l'écuyer d'Ulrik, sembla regarder l'échange avec hésitation, et prit la parole, s'adressant à son maître.

« Ce n'est pas une façon de vous adresser à une Dame, ser! »

La seule réponse d'Ulrik fut d'éclater de rire.
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Message Mar 19 Juil 2011 - 13:44

     Un sourire s'étendit sur les lèvres de la Mormont lorsqu'elle l'entendit dire que l'ours était désavantagé en raison de sa taille, il était vrai que les coups d'un ours étaient bien plus puissants que ceux d'un loup, mais ce dernier avait beaucoup plus de facilités à bouger et à attaquer les flancs. Mais à ce jour, ils étaient presque semblables du point de vue du physique, Alysane avait beau être une femme, elle était légèrement plus grande et plus charpentée que ses sœurs, bien qu'il fallait avouer qu'elle était loin d'atteindre celle d'un Nordien. Toutefois, l'on pouvait dire que ser Ulrik n'était pas vraiment aussi impressionnant physiquement que les autres Stark que la jeune femme avait rencontrés. L'intéressé la tint à distance respectable le temps de répondre à sa question au sujet des épées blanches, expliquant qu'ils étaient presque toujours auprès du Roi ou de La Main, mais qu'ils s'alternaient pour pouvoir aller se reposer ou s'entraîner, ou vadrouiller dans les rues puisque c'était de la sorte que la Mormont était entrée en collision avec celui qui se trouvait face à elle. Oh, elle avait plaisanté bien évidemment, la jeune guerrière n'était pas sotte au point de croire que les épées blanches étaient en train de se reposer tranquillement quelque part et qu'ils ne seraient pas capables de défendre le Roi en cas de besoin. Il aurait été sot d'envisager que le fleuron des chevaliers, était incapable de remettre qui que ce soit à sa place. La jeune lady fut une nouvelle fois amusée par la réflexion de ser Ulrik au sujet des nobles de cette ville, elle était contente de constater à de multiples reprises, que le Stark n'avait rien perdu de son mordant. C'était un vrai plaisir, autant pour les yeux que pour les oreilles bien qu'elle aurait volontiers regardé le jeune chevalier en train de remettre une noble à sa place.

     Ce fut le moment qu'elle choisit pour attaquer, mais visiblement elle avait fait une sottise, un geste, un regard peut-être, quelque chose qui renseigna Ulrik sur ce qu'elle comptait faire, car lorsque la jeune femme avança pour bloquer sa lame, il la lâcha aussitôt et contourna Alysane pour se retrouver derrière elle sans qu'elle ne puisse réagir. Trop entraînée dans son mouvement, la guerrière n'eut pas le temps de faire volte-face, l'épée blanche se retrouvait déjà derrière elle, son autre épée tirée du fourreau et collée contre la gorge de la jeune femme. Celle-ci lâcha un râle de contrariété, elle s'était faite avoir comme une débutante ! Et par sa propre attaque en plus, elle méritait vraiment de perdre. Alysane était trop arrogante, elle avait osé caresser l'idée de pouvoir peut-être prendre le dessus sur une aussi fine lame que ser Ulrik, à croire que les dieux anciens la punissaient de son audace ! La Mormont leva les yeux vers le ciel sans parvenir à voir où se trouvait vraiment son adversaire, elle avait perdu, battue à plate couture, lorsqu'il lui déclara que c'était du très bon travail, la jeune femme laissa un sourire amer gagner ses lèvres avant de lâcher quelques mots d'un ton déçu.

     ▬ Mais pas assez pour vous battre visiblement. »

     Il rajouta une couche en prétendant que ce n'était pas tous les jours qu'on lui faisait lâcher son épée pour qu'il puisse gagner. Ser Ulrik en revint alors à la question qu'il avait voulue lui poser juste avant, indiquant à la jeune femme par la même occasion, qu'il avait visiblement été surpris de la voir seule et sans garde. Alors qu'il rengaina son épée, Alysane se redressa pour glisser sa main vers l'endroit où la lame avait été en contact avec sa peau, la touchant dans un air de réflexion au moment où il déclarait que des gardes n'auraient fait que la ralentir. Elle sourit légèrement, c'était certain, puis il y avait bien d'autres raisons à cette absence d'escorte, sans compter que les Mormont n'étaient pas vraiment réputés pour avoir des moyens aussi grands que ceux des autres familles nobles. Elle haussa les épaules au moment où l'écuyer du chevalier déclara que ce n'était pas une manière de parler à une dame, puis posa ses yeux sur le gamin alors que son maître rigolait.

     ▬ Ne m'insulte pas petit, veux-tu, je ne suis pas une dame, mais un homme d'armes jusqu'à preuve du contraire, je ne voudrais pas que ton maître me traite autrement. »

     Elle avait davantage apprécié les manières du loup que celle des autres personnes croisées jusqu'à ce jour. La brune rangea sa hache en prenant soin de bien l'attacher, puis elle reporta son regard sur le visage du garde royal qui avait l'air aussi décalé dans cette tenue, qu'elle semblait l'être au milieu d'une foule d'autres lady. Au final, les Nordiens ne seyaient qu'au paysage du Nord, les Sudistes n'étaient pas capables de comprendre le véritable intérêt qu'ils représentaient.

     ▬ Disons surtout que mon père sait très bien que personne ne voudra m'accompagner, il est un fait de m'accompagner quelques heures, mais je ne suis pas sûr que nos quelques gardes accepteraient de passer des mois en tête-à-tête avec moi. Je me demande bien pourquoi. »

     En fait elle ne se demandait pas du tout pour quelle raison ils pouvaient bien refuser de l'accompagner dès qu'elle demandait l'autorisation de sortir de l'île à l'époque, ce qui faisait qu'elle devait rester enfermée là-bas, ne faisant qu'augmenter sa mauvaise humeur, un cercle vicieux qui n'en finissait jamais ! La jeune femme se retourna en faisant signe au garçon d'écurie à qui elle avait confié sa fourrure, de venir la lui rendre, puis observa une nouvelle fois Ulrik.

     ▬ L'ile aux ours est gardée par ses femmes messer ! Je suis heureuse que mes talents martiaux vous plaisent, mais laissez-moi vous dire que je ne me fais pas avoir aussi facilement habituellement, mettons cela sur le compte que j'ai été impressionnée par votre accoutrement et votre nom. »

     Légère boutade en lien avec le fait qu'il soit un Stark, elle n'était pas plus impressionnée par cela que par le fait qu'il porte la tenue des épées blanches, il aurait été sot de vouloir le faire croire, mais bon, mauvaise foi oblige elle essayait de reprendre contenance comme elle pouvait. La jeune femme saisit la fourrure que le gamin lui tendait, contrôlant qu'elle n'avait subi aucun dégât, puis lui fit signe de retourner s'occuper de ce qu'il devait, avant de poser une dernière fois son regard mordoré sur l'autre combattant.

     ▬ Vous aurez au moins égayé ma journée, je pourrais dire à mon père que je ne suis pas venue ici pour dire, mais quelle idée de faire un aussi long voyage pour croiser le fer avec un Stark, la vie est surprenante quelques fois ! »


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Message Lun 25 Juil 2011 - 9:05

Elle était bonne perdante, il fallait le lui reconnaître. Elle n’avait pas pesté plus qu’elle ne l’aurait dû, et cela plaisait à Ulrik. Elle était forcément déçue, comme tout guerrier l’était lorsqu’il subissait la défaite.
Le Loup n’aurait pas baissé les bras aussi facilement, de son côté : il l’aurait affrontée, affrontée et affrontée encore jusqu’à ce que ses muscles lui fassent mal et que son corps ne soit plus qu’un tas de bleus et de coupures. C’était ainsi que l’on progressait : dans la douleur et la répétition. Ulrik n’était pas devenu le chevalier qu’il était en quelques combats seulement. Il avait combattu, souffert, perdu…
Encore aujourd’hui il lui arriverait de perdre. Et c’était tant mieux. Le jour où il arrêterait de perdre, il arrêterait de progresser. Un destin presque pire que la mort, en soi…
Il se garda de répliquer, lorsqu’elle lui dit qu’elle ne semblait pas assez forte pour le battre. Elle était suffisamment intelligente (ou du moins elle en avait l’air) pour savoir qu’il existait forcément un fossé entre eux deux. Non pas à cause de leur sexe, mais de leur entraînement. Aussi versée qu’elle le fut dans le maniement de la hache, Ulrik aurait pu donner sa main à couper qu’elle n’avait jamais combattu sur un champ de bataille, ressenti les mains de la mort s’approcher d’elle et se refermer autour de son cou, avant de la relâcher, encore suante de peur et suintante du sang de ses ennemis.
Elle n’avait jamais tué.
Et que pouvait faire un ourson qui n’avait jamais goûté le sang contre un vieux loup solitaire, qui avait fait du monde son terrain de chasse, et dévoré tous ceux qui y erraient, rendant sa fourrure aussi rouge qu’un soleil couchant.
Mais elle avait combattu malgré tout et, faisant cela, s’était montrée plus brave que la plupart de ceux qui avaient eu l’honneur de toucher Croc (bien qu’ils l’aient pour la plupart fait de façon involontaire et très déplaisante). Elle méritait tout le respect qu’Ulrik pouvait lui donner.
L’intervention d’Alrin provoqua chez la lady une réaction outrée… digne d’une Lady. Pour la première fois depuis leur rencontre, elle semblait réagir comme elle l’aurait « dû », selon les critères de la noblesse.
Ulrik s’interposa rapidement :

« Ne vous inquiétez pas de la fougue de mon écuyer. Il a passé trop de temps ici sans me connaître… mais je me charge de refaire son éducation. »

Alrin parut presque gêné par l’intervention de son maître. Tant mieux, cela lui apprendrait à se taire lorsque l’on ne lui adressait pas la parole.

« N’ayez crainte. J’ai trop de respect pour ceux et celles qui prennent les armes pour les voir autrement que comme ils le désirent. Et pour vous encore plus. »

Une fois ce « problème » réglé, elle lui expliqua pourquoi les gardes ne l’avaient pas accompagné. Son caractère. Il sourit légèrement. Lui aurait pu rester bien plus longtemps avec elle que quelques heures, il le savait. Elle lui rappelait sa demeure, sa jeunesse, et tout ce qu’il avait perdu. Pendant quelques instants, il l’envia. Elle était libre de faire ce qu’elle voulait, d’aller où elle le désirait.

Tu es limité par ton blanc manteau. Et elle par ce qu’elle a entre les cuisses. Elle n’est pas plus libre que toi, lui murmura une voix.

Pour prendre les armes ainsi, elle était plus brave qu’il ne l’avait été. Oui, elle méritait d’être rencontrée, et il espérait que cette rencontre ne serait pas leur dernière.
Et elle lâcha une dernière pique, une sorte de justification de sa défaite. Il savait qu’elle plaisantait, et cela la lui rendait encore plus sympathique. Ce n’était pas tout le monde qui pouvait prendre la défaite avec le sourire.

« Pourquoi croyez-vous que nous soyons habillés en blanc, Mormont ? En symbole de pureté et d’allégeance ? »

Il avait évité de lui donner tout titre ou statut. Ils parlaient de combattant à combattant, non en tant que Blanc Manteau et Lady du Nord. Des instants privilégiés comme ceux-ci ne pouvaient arriver qu’entre deux soldats. Deux soldats qui se respectaient.
Il éclata à nouveau de rire.

« La tenue est surtout si ridicule et peu pratique que, le temps que nous tirions notre épée, notre adversaire est déjà mort de rire à nos pieds, et nous n’avons qu’à l’achever. »

Il s’approcha d’elle et lui dit, sur le ton de la confidence :

« J’ai ouï dire qu’ils comptaient aussi rajouter un chapeau à plumes à notre uniforme, afin de compléter la tenue. »

Le sourire qu’il arborait était mutin. Presque enfantin. Cela faisait du bien de pouvoir parler franchement avec quelqu’un. De plaisanter…
Mais il comprit que la conversation était arrivée à son terme lorsqu’elle lui parla de son père et de ce qu’elle allait pouvoir lui raconter.

« Notre rencontre aura tout autant égayé la mienne. Revoir le sang du Nord en face de moi m’a fait un bien fou, il me faut le reconnaître. »

Il la salua, inclinant poliment la tête, et déclara :

« Si vous restez plus longuement ici, n’hésitez pas à revenir me voir. J’ai toujours du temps pour les hommes d’armes. Et encore plus pour les amis. »

Alrin, comprenant que la conversation était arrivée à son terme, ramassa Croc au sol et la ceint à la ceinture de son maître. Ulrik hocha la tête en sa direction, et lui demanda de lui ramener sa dague. L’écuyer s’exécuta promptement.
Le Loup Sanglant tendit l’arme à la jeune Mormont.

« En souvenir de notre rencontre. Elle appartenait à mon frère. »

Elle aurait du lui appartenir en tous cas. C’était la dague qui avait sauvé la vie d’Ulrik, mais avait échoué à sauver celle de son jumeau. Le Loup l’avait emmenée avec lui le jour de son départ. Pour se rappeler d’où il venait.
Mais cette rencontre lui avait rappelé autre chose : que même s’il était vêtu de blanc et parlait comme les nobles, ce qui coulait dans ses veines venait du froid. Il était du sang du Nord.
Il était du sang du Loup…

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Message Lun 25 Juil 2011 - 12:31

     Ser Ulrik se pressa de s'interposer pour qu'Alysane n'écharpe pas son écuyer, est-ce qu'elle faisait si peu que cela ? Pas vraiment, une femme qui grognait beaucoup, mais elle ne mordait que très rarement et jusqu'à ce jour, jamais de manière fatale. Il répliqua ensuite à sa petite pique au sujet de son accoutrement en avançant l'idée que le fait qu'ils soient habillés de blanc n'avait rien à voir avec leur pureté ou leur allégeance, elle avait souvent imaginé que c'était pour que le sang se voit mieux ou encore pour éblouir leurs adversaires pendant les combats. Mais visiblement il avait une autre hypothèse à ce niveau et elle ne tarda pas à arriver alors qu'il lui expliquait que ce n'était que pour faire mourir leur adversaire de rire. Quelle drôle d'idée ! La jeune femme fronça légèrement les sourcils avant d'esquisser un sourire amusé, elle aurait été bien hilare de voir Ulrik achever un adversaire qui se tordait de rire sur le sol, cela aurait été une occasion uniquement de voir un Stark doué d'humour. La jeune femme ne le quitta pas du regard lorsqu'il s'approcha d'elle afin de lui confier qu'il avait entendu dire qu'un magnifique chapeau à plumes pourrait venir compléter leur tenue, elle s'esclaffa aussitôt sans vraiment de grâce, ayant un peu de mal à imaginer un tel chapeau.

     ▬ Au moins vous aurez l'air aussi grotesque que les nobles que vous êtes amenés à côtoyer comme cela. »

     Il est vrai que certaines femmes, même certains hommes, dit de « noble lignage » arboraient des fois des tenues qui leur donnait plutôt l'apparence d'un bouffon que d'un héritier. Mais c'était les goûts de chacun, Alysane se gausserait bien si un jour le Roi avait l'idée saugrenue de transformer ses chevaliers en des bouffons qui faisaient mourir leurs adversaires de rire. Elle hocha légèrement la tête lorsqu'il lui retourna le « compliment » en lui déclarant qu'il avait été content de la rencontrer, certainement moins qu'elle puisque la Mormont avait pu toucher une arme qu'elle n'aurait jamais envisagé pouvoir tenir en main. Elle le salua à son tour alors qu'il l'invita à ne pas hésiter à la revoir si jamais son séjour ici venait à s'éterniser et le brune se nota cela mentalement, elle n'hésiterait pas puisqu'il le lui proposait aussi poliment. Le jeune écuyer entreprit alors de ramasser les affaires de son maître avant que le ser ne lui tende une dague de très belle facture – comme toutes les armes d'un garde royal doublé d'un fils Stark – et lui déclare qu'elle appartenait à son frère. Comme tous les Nordiens, la jeune femme avait entendu parler du frère jumeau du jeune Loup qui était mort à la naissance, certains disaient que c'était Ulrik lui-même qui l'avait tué, mais de l'avis de la Mormont c'était aussi stupide que de dire que les bâtards portaient le vice dans leur sang. Comme si un bébé pouvait être responsable de choses aussi sales alors qu'ils étaient censés représenter la pureté. Elle attrapa la dague avec une délicatesse qui tranchait étonnamment avec son attitude générale.

     ▬ C'est un grand honneur que vous me faites là, j'en prendrais grand soin et j'aurais une pensée pour vous à chaque fois que je l'utiliserai. Elle était sérieuse et ne disait pas cela pour le flatter, ce n'était pas son genre de toute manière. Enfin, que l'on ne me dise plus que les Stark ne sont pas doués d'un certain humour, vous m'avez prouvé le contraire, à moins que ce ne soit le Sud qui vous ai permis de vous découvrir ce don. »

     Elle sourit légèrement, glissant la lame dans sa ceinture à un endroit où elle serait certaine de ne pas la perdre, déjà qu'elle prenait grand soin de ses armes habituelles alors un objet d'une telle valeur, ce serait une raison de plus. Alysane reprit sa fourrure en main avant d'accorder un dernier regard à Ulrik et à son jeune écuyer, puis leur offrit un léger sourire accompagné d'un salut de la tête.

     ▬ Je vous souhaite de bien vous amuser en compagnie de vos compagnons ser, je ne doute pas que nous nous reverrons très bientôt. »

     Après quoi, elle se détourna pour prendre la direction de la sortie de la cour et tenter de trouver quelqu'un capable de s'occuper de sa fourrure, ce n'était pas parce qu'elle avait utilisé son temps libre pour quelque chose de plus intéressant et de plus mouvementé qu'elle devait en oublier son but principal. Alysane perdait rarement le Nord, elle gardait toujours ses objectifs devant elle. Ce serait bien étrange qu'un loup parvienne à chambouler une ourse, elle en avait non seulement le blason, mais aussi le caractère.
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