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Fille de taverne, fille des tempêtes.

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Message Mer 5 Déc 2012 - 14:48

Soumise au bon vouloir des vents violents chargés d'embruns et de sel, Aribeth tourbillonnait sur le rebord de la falaise. Elle courait le long du bord caillouteux avec toute la force de ses jambes, se battant avec acharnement contre les bourrasques. Son rire, joyeux comme celui d'une enfant encore épargnée par la vie, cristallin comme autant de milliers de gouttes, était arraché à la sortie de ses lèvres pour se perdre dans le vent et prendre le large loin à l'intérieur des terres où il atteindrait peut-être quelqu'un à qui il réchaufferait le cœur. Aribeth était une gamine qui jouait dans les courants d'air sans même se soucier de la chute à pic qu'elle pourrait faire, sans même voir l'image de son corps démembré éparpillé sur les rochers en contrebas comme une offrande au Dieu Noyé. Elle ne pensait qu'au vent qui ébouriffait fougueusement sa chevelure et à ses mèches rousses qui fouettaient son visage, un peu raidies par l'air marin. Elle ne pensait qu'au puissant flux d'air froid et vivifiant qui s'engouffrait et furieusement sous ses jupons pour les faire gonfler, virevolter et claquer. Il n'y avait qu'elle et le vent à qui elle offrait ses plus légers pas de danse, bondissant comme un cabri, tournoyant comme une feuille à l'automne. Impitoyables et insensibles à ses dons, les bourrasques ne faisaient que la pousser vers le vide, laissant flirter ses pieds avec le rebord poreux et glissant sans jamais qu'elle ne s'y précipite et ce n'était pourtant pas faute de trébucher. Pourtant, elle se redressait, reprenait laborieusement son équilibre et n'en riait que plus. Aribeth prenait ces tentatives de meurtres pour des encouragements, se faisant la mariée du vent : or, toute bonne épouse se devait de danser avec son mari le jour de ses noces. Ivy, la renarde, cavalait à en perdre haleine aux côtés de sa maîtresse, mais plus en retrait du vide, méfiante. Elle sautait en l'air quand la Paludière esquissait quelques entrechats et retombait maladroitement, poussée par la puissance de l'air en furie. Alors elle roulait un peu avant de se relever en grognant, les yeux plissés, les oreilles couchées et les babines retroussées, visiblement gênée par tout ce vent qui la forçait à s’aplatir au sol et à y planter ses griffes pour ne pas être emportait. Puis Ivy revoyait la jeune fille s'abattre de plus belle dans les courants d'air et elle l'y rejoignait jusqu'à ce qu'elle se fasse éjecter à nouveau en glapissant.

Aribeth avait l'impression qu'elle allait s'envoler, que le vent allait la soulever et l'emporter loin, loin, vers la terre ou vers la mer et que, comme les corneilles, elle verrait le monde d'en haut. Pour l'heure, elle exécutait sa danse nuptiale pour lui, priant pour que cela marche, malmenée par les allers-retours incessants des intempéries qui la baladaient de droite à gauche, titubante. Mais elle tenait bon, le visage levé vers le ciel, fendu du sourire le plus rayonnant qu'elle avait en poche, les yeux plein d'étoiles. Ses mains au-dessus de sa tête s'emmêlaient en de complexes arabesques, lentes et poétiques, qui tranchaient avec la difficulté que ses pieds avaient pour la maintenir droite et fière entre mer et terre. Puis elle se remit à courir éperdument vers nul-part en suivant le bord, suivie de la renarde. Les rafales écrasaient leur poing puissant contre sa poitrine pour l'empêcher d'avancer, pour la ralentir et lui faire perdre ce sourire trop vif qu'elle s'évertuait à arborer. Rien à faire. Elle reculait plus qu'elle n'avançait, mais le vent ne pouvait rien faire pour ne plus diffuser son hilarité dans l'air à part arrêter de souffler. La Paludière s'arrêta quand elle fut essoufflée, avalant à grandes goulées l'oxygène. De là elle pouvait bien voir les vagues furieuses s'écraser sur les rochers au bas des falaises, toutes parées de leurs dentelles d'écume, bouillonnantes. C'était magnifique, c'était puissant, c'était vivant. Aribeth n'aimait rien tant que ce qui l'était. Les vagues qui se brisaient en mugissant, c'était vivant. Les tourbillons qui la faisaient valser, c'était vivant. Le soleil qui perçait les nuages éparts pour réchauffer son visage et illuminer ses boucles rousses, c'était vivant. Alors con cœur ne pouvait que battre la chamade et elle ne pouvait que rire d'être ainsi entourée de vie. Elle était sur les terres des beaux Lannister, blonds comme les blés, forts comme le Roc et plus riches que la Couronne, mais bien qu'elle n'en ait pas vu un seul de ses propres yeux, elle était heureuse d'être là. Elliot et elle avaient quitté Castral Roc il y a deux jours et ils étaient arrivés là, à Port-Lannis. Ensuite, ils descendraient dans le Bief après avoir profité de la région ; Aribeth espérait qu'avant d'aller à Dorne ou ailleurs, ils remonteraient vers les Terres de l'Ouest pour qu'elle puisse encore jouer avec les bourrasques.

Elliot était parti en quête d'un travail pour le temps qu'ils passeraient ici, histoire qu'ils remplissent un peu leurs bourses avant de se remettre en chemin. Elle, après une nuit de sommeil bien méritée dans l'auberge la moins chère qu'ils aient pu trouver, avait attendu qu'il parte avant de faire chauffer de l'eau dans une jarre posée sur le feu de cheminée pour remplir progressivement un bac. Quand il fut assez plein, elle s'était dévêtue et s'était plongée dans l'eau tiède avec délice. Longtemps qu'elle n'avait pas pu se baigner un peu... La jeune fille avait pris les menus éclats de savons grappillés ci et là et s'était sommairement savonnée avant de se recroqueviller dans son fond d'eau tièdes, les yeux mi-clos, les jambes ramenées contre sa poitrine, les chevilles croisées l'une sur l'autre. Du coin de l’œil, Aribeth avait inspecté les gouttes d'eau sur ses bras faire comme des loupes et grossir ses multiples petites taches de son. Du bout de l'index, elle avait crevé les gouttes une à une, traçant des dessins éphémères sur sa peau blanche. La Paludière avait trempé longtemps dans son bac ; elle ne savait pas quand une telle occasion se représenterait. Quand ils voyageaient ils se baignaient dans les étangs, les ruisseaux et les rivières, mais il était rare que les auberges dans lesquelles ils logeaient leur permettent un tel luxe.

Quand elle se fut suffisamment gorgée d'eau – qui était désormais froide et trouble – Aribeth était sortie et s'était enroulée dans une serviette. Comme elle n'avait pas assez de force pour déplacer la bassine, elle l'avait laissée telle quelle. Puis elle s'était habillée : des bas de laine fine, des bas de laine plus épaisse par-dessus, maintenus en place par des petits rubans qu'elle enroulaient autour de ses cuisses avant de les nouer d'un joli petit nœud – une coquetterie invisible – puis elle enfilait une culotte bouffante, une chemise fine, une robe de laine légère puis une autre rose de laine plus chaude. Enfin, elle enfilait ses bottes et revêtait sa cape. Aribeth avait alors erré dans Lannis-Port, curieuse, avant que ne retentisse l'appel de la falaise sur laquelle elle avait exécuté sa danse éperdue.

La Paludière rentra avant le coucher du soleil pour ne pas se retrouver devant des portes closes. Elle était frigorifiée, épuisée et un peu étourdie, mais définitivement heureuse. Ivy trottinait sur ses talons, la langue pendante, fatiguée d'avoir tant couru elle aussi. Aribeth refit le chemin inverse jusqu'à l'auberge où son ami Dornien et elle s'étaient arrêtés. Quand elle entra, on avait déjà commencé à servir les premier dîners et il y régnaient une atmosphère un peu grossière qui ne lui déplaisait pas. Les clients attablés au comptoir ou dans la salle à manger faisaient un boucan du tonnerre qui recouvraient presque l'orchestre on ne peut plus pittoresque qui y jouait. Ça criait, ça se hélait, ça s'engueulait, ça riait, ça toussait. La jeune fille chercha Elliot du regard, le nez et les joues rougis par les froides gifles du vent. Il n'était pas là, à moins qu'ils ne soit monté, auquel cas il redescendrait sous peu. Le sourire au lèvres, Aribeth se faufilait entre les tables, humant les fumets de bouillie d'avoine, de purée de pois, de viande séchée baignant dans la sauce, de pommes de terre à l'huile et de vin et de bière bon marché. Des relents de sueur aussi, de crasse et d'urine, mais cela ne lui fit même pas froncer le nez. C'était l'odeur des gens, l'odeur du voyage et de la promesse d'une nuit dans un vrai lit. La Paludière avait appris à l'apprécier. Les soirées à l'auberge aussi, elle trouvait cela diablement vivant.

Elle allait s'asseoir l'air de rien à une table pour y chaparder des miettes tout en se mêlant naturellement à la conversation quand un homme au visage rougeot et vérolé la héla : « Eh, c'y est pas la p'tite gigoteuse d'la veille au soir ? » Effectivement, la veille elle s'était quelque peu donnée en spectacle pour s'attirer la bonne grâce des clients qui lui abandonnèrent chacun un peu de nourriture. « V'ens-y qu'on s'amuse un peu ! » Les quelques personnes qui avaient entendus approuvèrent de concert et Aribeth ne put qu’obtempérer, pressée par leurs poings qui tapaient sur la table et leurs appels insistants. Sous les rires gras et les sifflets, la jeune fille grimpa sur une des longues tables rectangulaires et commença à danser, un peu hésitante d'abord le temps de trouver le rythme puis avec plus d'assurance et d'énergie. Sa fatigue s'envola, toute enthousiasmée qu'elle était de se déhancher un peu, fut-ce sur la table d'une grotesque taverne. Tout le monde y allait de son petit commentaire et certains chantaient approximativement sur l'air de la musique, y apposant son bout de « Lalala ! ». Alors qu'elle donnait de joyeux coups de pieds dans l'air, tenant ses jupons pour ne pas être gênée par le lourd tissu, on essayait d'y lorgner mais Aribeth donna un petit coup dans le menton d'un poivrot qui avait fait mine de trop s'approcher. Avec un gloussement, elle s'éloigna en quelques pas virevoltant et se remit à danser sur un autre morceau de table, riant bientôt aux éclats, emportée par l'ambiance.

Elle tint deux morceaux avant de descendre en haletant, hoquetant doucement de rire en agitant l'index. Plus tard, trop fatiguée ! Et très affamée. Ivy, qui s'était terrée dans un coin, fila la rejoindre tandis qu'elle s'effondrait un peu plus loin entre deux clients attablés. Elle se tourna vers l'un d'eux, le rouge aux joues et le souffle court : « Hey... ! Il fait faim, non ? » C'était un homme blond et vigoureux qui devait avoir quelques années de plus qu'elle, l'air réservé. Elle ne le connaissait ni d’Ève ni d'Adam, mais après tout, elle était partie du Neck pour rencontrer du monde.


Dernière édition par Aribeth Saline le Mer 5 Déc 2012 - 23:41, édité 1 fois
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Pryam Templeton
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Message Mer 5 Déc 2012 - 18:40

     Alors qu'il se situait à Port-Lannis, Pryam avait faussé compagnie au petit groupe qui l'accompagnait. Enfin fausser était un bien grand mot, le jeune homme cherchait toujours du travail chez un seigneur désireux d'engager de l'aide supplémentaire pour l'hiver. Les années d'errance avaient appris au jeune homme qu'il était souvent plus utile de se montrer aimable avec le tavernier ou l'aubergiste du coin, que d'essayer de frapper à toutes les portes des environs. Même si la logique pouvait être discutable, le Valois avait constaté que les bavardages et les rumeurs tournaient toujours dans une zone située non loin d'un débit de boisson, ainsi donc le responsable d'une taverne pouvait sans difficulté renseigner un chevalier errant sur les endroits les plus intéressants.
     C'était donc dans cette optique que le blond avait annoncé aux Nordiens, à sa sœur et à son écuyer qu'il allait les quitter le temps de faire la tournée des auberges et des tavernes du coin. Retrouver un peu de solitude n'était pas du luxe selon lui, même s'il appréciait sincèrement la présence d'Eleyna et de son ami, ainsi que celle de Serena et d'Ewald, le chevalier restait quelqu'un de très solitaire, il se sentait donc plus à son aise, seul avec lui-même. Entrer dans un lieu bruyant pour s'approcher du comptoir ne l'enchantait donc pas des masses, mais les semaines avançaient rapidement et Pryam n'avait toujours pas trouvé de travail durable qui puisse lui permettre de poser ses affaires quelques temps avant que les beaux jours ne reviennent. Les contrariétés ne l'arrêtaient plus depuis belle lurette, il avait passé la moitié de sa vie sur les routes et ce n'était certainement pas terminé, autant dire qu'il avait fait de nombreuses choses qui ne l'enchantaient pas.

     Le Valois commença par pousser la porte d'une taverne et s'approcha du gérant pour commencer à se renseigner. L'homme n'était pas franchement aimable, pour ne pas dire carrément hostile et il envoya rapidement le chevalier sur les roses en lui expliquant plutôt brusquement qu'il était ici pour servir à boire et non tailler une bavette ! Soit. Loin de se décourager, le blond ressortit dans la rue et se balada quelques instants avant de tomber sur une auberge à la devanture déjà plus accueillante. Poussant la lourde porte en chêne, le jeune homme déboucha dans une grande salle presque bondée malgré le fait que l'on était seulement en début de soirée. À croire que la venue de l'hiver avait mis tous les paysans du coin au chômage technique. Le chevalier observa les environs quelques instants, juste histoire de confirmer qu'il ne connaissait personne dans le coin, puis se dirigea finalement vers le comptoir derrière lequel se tenait un homme plus affable que son homologue de la taverne. Il n'était pas vraiment le stéréotype de l'aubergiste, une peau assez foncée par le soleil, des mains calleuses qui semblaient indiquer qu'il n'avait pas été aubergiste toute sa vie, puis surtout, sec comme un haricot et dépassant le chevalier d'une bonne demi tête ! Après cette rapide analyse, Pryam décida d'interroger l'intéressé.

     ▬ Bonjour, je me demandais si vous aviez entendu parler d'un seigneur qui chercherait des combattants à embaucher dans les environs ? »

     La question ne sembla pas surprendre l'homme qui devait certainement être habitué à voir défiler les chevaliers errants ou les reîtres, mais il ne répondit pas immédiatement pour autant. Haussant les épaules, l'individu leva les yeux au ciel dans un air de réflexion avant de déclarer qu'il devait y réfléchir parce qu'il y avait eu énormément de changements depuis quelques semaines. Il conseilla au chevalier de s'installer et de boire quelque chose en attendant. Il ne fallait pas être devin pour comprendre que l'aubergiste ne donnerait des informations que si le Valois daignait consommer quelque chose chez lui. Un léger sourire se dessina sur les lèvres de l'errant qui hocha la tête et commanda donc une pinte de bière avant de prendre place à une table qui se situait non loin de là. La fin de journée promettait d'être longue et le jeune homme n'avait pas franchement envie de repartir chercher une autre auberge où passer la soirée. En considérant que Serena et le reste de la troupe avait décidé de se rendre à Castral-Roc, Pryam pouvait s'autoriser le luxe de passer une soirée ici. Il décida donc de prolonger son séjour dans l'auberge et déclara au tavernier qu'il prenait aussi une chambre pour la nuit. Apparemment plutôt content d'avoir un client de plus, l'homme lui annonça qu'il aurait droit à un repas pour le soir. Pas vraiment intéressant pour quelqu'un qui n'avait pas faim, mais il avait appris que l'on ne mangeait pas toujours à sa faim sur les routes et le Valois ne refusa donc pas. La soirée avançait doucement et bientôt la nuit tomba, sans que la salle ne se vide pour autant.

     Ce fut à ce moment précis qu'une jeune femme entra dans l'auberge avant de s'attabler non loin de là, sans pour autant sembler avoir l'intention de commander. Est-ce qu'elle était déjà là en début d'après-midi ? Les yeux clairs du chevalier avaient beau s'être promenés sur l'assemblée lorsqu'il était entré, Pryam n'avait pas vraiment regardé les demoiselles qui s'y trouvaient. Son attention était essentiellement concentrée sur les hommes, cherchant des chevaliers qu'il aurait pu connaître. Un bref regard accordé à la demoiselle sembla lui indiquer qu'elle n'était pas très âgée, peut-être bien un peu plus que la tranche d'âge que l'on réservait normalement au mariage des jeunes femmes. Mais celle-ci n'avait pas l'accoutrement - ou même le comportement - d'une noble dame. Est-ce qu'elle était roturière ? Une chasseuse peut-être ? À moins qu'elle ne vienne du Nord ? La frontière n'était pas si loin et lors de son voyage dans cette région, Pryam avait eu l'occasion de constater que les femmes n'étaient pas comme les autres. Son attention se détourna comme il ne s'intéressait généralement pas à la vie privée des autres puisque cela ne le regardait pas, mais la manière dont elle se démarqua attira forcément l'attention. Apparemment elle devait être une habituée des lieux, car un client l'interpella pour l'inviter à danser – sur les tables visiblement – et fut rapidement rejoint par d'autres hommes présents dans la pièce. Le chevalier détourna son attention du spectacle, pas vraiment intéressé par tout ce qui traitait de la danse, du chant et compagnie. Après avoir démontré ses talents sur une table, la rousse finit par s'éloigner et Pryam tourna la tête dans sa direction au moment où elle se laissa tomber à côté de lui et un autre client qui semblait aussi peu intrigué par ce qui se passait ici, que lui. Ce ne fut que lorsqu'elle lui adressa la parole qu'il daigna faire de même/

     ▬ Vous dansez toujours sur les tables pour vous ouvrir l'appétit ? Au moins soulevait-elle les jupes d'une manière qui soit bien plus respectueuse que certaines femmes peu fréquentables ! Songeant qu'il n'avait pas touché à sa pitance, il poussa son assiette vers elle. Si ça vous intéresse, vous pouvez la prendre je n'ai pas faim. Un bref instant de silence, puis il ajouta une précision. Je n'y ai pas touché. »

     Mieux valait prévenir, certaines personnes pouvaient se méfier de ce que vous aviez fait avec votre assiette et c'était parfaitement normal avec les temps actuels. Le chevalier retomba un bref instant dans le silence, n'étant pas franchement habitué à bavarder avec le premier venu – même s'il le faisait pour son travail bien sûr – mais après un petit moment de silence, il reprit, glissant ses yeux sur le visage de la jeune femme dont le nom lui était inconnu.

     ▬ Vous étiez déjà là cette après-midi ? Je ne crois pas vous avoir aperçue et vous ne semblez pas passer inaperçue, mais je ne suis pas là depuis longtemps. »

     Il ne sous-entendait pas qu'il était difficile de ne pas la voir, mais faisait simplement référence au fait qu'en dansant au milieu de la salle et en hauteur, il fallait être aveugle pour ne pas le remarquer. Cela dit, une fois de plus il songea qu'il se concentrait davantage sur le visage des autres chevaliers ou hommes d'armes plutôt que sur ceux de jeunes femmes, aussi fraîches soient-elles.


« La vraie noblesse s'acquiert en vivant, et non en naissant. »

 

Hello darkness my old friend, i've come to talk with you again, because a vision softly creeping, left its seeds while I was sleeping, and the vision that was planted in my brain, still remains, within the sound of silence. ♦️ ©️ The Sound of Silence
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Message Mer 5 Déc 2012 - 23:33

Visiblement, son voisin de table l'avait effectivement remarquée, peut-être assez pour qu'il la laisse grappiller un peu de nourriture dans son écuelle. La Paludière éclata joyeusement de rire et répliqua d'un ton amusé : « Nooon ! » Puis elle sembla réfléchir – elle essayait de se remémorer les activités auxquelles elle s'adonnait avant de se mettre à table. « Quoique... » Danser, courir, chasser, grimper, nager, chevaucher, naviguer... Elle esquissa un sourire et rit à nouveau : « En fait, tu as raison, je crois que ça doit être plus ou moins une habitude chez moi. Mais le repas n'en est que meilleur quand on s'est bien dépensé avant, non ? » Elle pencha un peu la tête sur le côté, le sourire aux lèvres, attendant une réponse éventuelle et – peut-être – de quoi grailler ce soir. Aribeth ne comptait que sur un lardon et une bouchée de pois, mais c'est l'assiette entière que lui céda le jeune homme. Elle n'en espérait pas tant ! Elle écarquilla les yeux sur l'assiette pleine, éblouie par tant de générosité de la part du jeune homme. Le regard pétillant, elle attrapa brièvement sa main dans la sienne pour la serrer chaleureusement, plein d'enthousiasme – mais elle le lâcha vite, on lui disait trop souvent que les gens trouvaient son attitude gênante et intrusive. « Merci ! C'est vraiment très généreux de ta part, j'ai une dette envers toi, mon brave ! » Elle le tutoyait ; Aribeth avait toujours pensé que le vouvoiement entre deux camarades de taverne était somme toute bien inutile. Elle n'était déjà pas bien prompte à vouvoyer d'habitude alors là, coincée entre deux chopes de bières, ça ne risquait pas de franchir la barrière de ses lèvres. Aribeth balaya sa précision d'un geste de la main, décontractée : « Ne t'en fais pas », assura-t-elle. « J'ai une santé de fer ! Même si tu étais malade, je ne craindrais rien. » Le poison ? Une quelconque drogue pour la faire dormir et abuser d'elle dans une chambre ? Aribeth n'y avait même pas songé. Ce jeune homme qui lui offrit si galamment son dîner ne pouvait pas être une mauvaise personne.

Elle prit les couverts de son voisin de table et prit quelques grosses bouchées de pois et de lardons, affamée. Comme la renarde se dressait sur ses pattes postérieure et posait celle de devant là où elle pouvait sur le banc, Aribeth piocha quelques lardons dans son écuelle et les déposa dans la gueule ouverte de l'animal. « Bon appétit, Ivy ! » La Paludière sourit à la renarde qui reposa ses pattes antérieure au sol, flairant le dallage et zyeutant sous la table à la recherche de quelque nourriture tombée par terre. Le jeune homme à côté d'elle réengagea la conversation et elle lui sourit, heureuse de cette initiative. Elle ne se formalisa nullement de sa curiosité ; c'était normal de poser des questions, pour elle c'était bon signe.

« Non, cet après-midi j'étais sur la falaise. Je dansais – encore – avec le vent. J'adore jouer avec lui. Il souffle si fort ici, c'est impressionnant ! Et puis je n'ai vu la mer pour la première fois il y a seulement quelques jours alors ça m'a fait quelque chose. J'ai envie d'aller la voir tous les jours ! » Émerveillée comme une gosse, elle était. « Et toi ? De puis combien de temps tu es là ? Je m'appelle Poil-de-Renard, à propos. » Sourire. Aribeth était peut-être un peu trop confiante mais elle n'avait pas envie qu'on la traîne à Tourbetière par la peau des fesses. Quoiqu'il devait bien y avoir des centaines d'Aribeth dans les Sept Couronnes, mais ne savait-on jamais. Et quand on lui réclamait quelque chose qui ressemblait davantage à un prénom réel, elle servait le nom d'Ari à ses interrogateurs. C'était tout aussi bien. Mais tant qu'on ne demandait pas plus...

La Paludière en profita pour étudier le jeune homme. Il avait l'air gentil. Pas le genre à attaquer les filles comme elle pour leur soutirer leur bourse, leur pucelage ou n'importe quoi d'autre. Il avait l'air bien éduqué aussi. Rien qu'à l'entendre s'exprimer, on sentait bien que ce n'était pas un homme du peuple : il ne mangeait pas à demi les mots, ses phrases étaient correctes et il n'avait pas l'accent coloré des campagnes. Et puis il la vouvoyait comme tout galant homme bien élevé. Pas comme elle. Il était peut-être page d'une grand maison ou bien écuyer. Vu son âge, peut-être même chevalier bien qu'elle n'en soit pas vraiment sûre. En tout cas, elle n'avait jamais parlé à une chevalier avant ; du moins, elle n'avait jamais eu de vraie conversation avec l'un d'entre eux. Il semblait en avoir les qualités même si elle ne savait pas que les chevaliers traînaient dans les auberges, surtout celles aussi peu luxueuses. Aribeth s'imaginait plus ces belles gens se pavaner dans l'entourage d'un grand seigneur. Quoique celui-là avait l'air trop humble pour se pavaner, ce qui, en soit, était censé être une des qualités premières chez un chevalier, non ? Mais ce qui était vrai en théorie sur les papiers des Mestres et des Rois ne l'était pas toujours dans la réalité...

Dans tous les cas, ce jeune homme intriguait la Paludière. Il semblait réservé et même un peu solitaire et taciturne, mais il faisait des efforts pour avoir une conversation avec elle en plus de lui avoir donné son assiette. Ce n'était pas tous les jours que l'on rencontrait un tel lascar. Soit il s'ennuyait assez ferme pour taper la causette avec la première greluche venue, soit il était très poli, soit sa danse sur table avait attiré son attention pour une raison ou une autre, soit il la trouvait très suspecte – auquel cas, s'il était chevalier, peut-être allait-il l'arrêter. Est-ce que danser sur la table et montrer fortuitement les dessous de ses jupons était un crime passible d'une peine de cachot... ? Aribeth espérait que non. Elle espérait aussi que le motif de son intérêt était moins vil, même si ça elle en était à peu près sûre. Il avait une trop bonne tête pour être l'emmerdeur de service, non ? Peut-être était-elle trop naïve, mais elle ne l'imaginait pas persécuteur.

L'artiste ravala les mille et unes questions qui se bousculaient dans sa bouche pour attendre les réponses à celles qu'elle lui avait déjà posées. Si elle commençait à lâcher sa diarrhée verbale maintenant, il allait vraiment finir par l'embarquer... – ou par changer de table, ce qui serait (presque) tout aussi regrettable.
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Pryam Templeton
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Message Ven 7 Déc 2012 - 14:12

     La jeune femme assise à ses côtés semblait avoir un caractère bien à elle. Rien que le fait qu'elle parle de se dépenser montrait qu'elle n'était pas issue d'une noble famille. Non parce que les femmes de « bonne naissance » ne se dépensaient pas - sa sœur en était l'exemple parfait - mais tout simplement parce qu'elles ne pouvaient pas le faire à moins d'avoir été répudiées. Ou de s'être enfuies en réalité. Un bref regard vers la rousse ne lui en apprit pas davantage, elle pourrait aussi bien être une noble en fuite qu'une simple roturière qu'il ne saurait le dire avec assurance. Un simple hochement de tête pour toute réponse à l'interrogation de l'inconnue, il n'y avait pas grand-chose à ajouter si ce n'était que la fatigue saine - à comprendre l'effort physique - permettait de se sentir bien mieux que si l'on passait des jours sans bouger. Inutile de le dire, vu la petite danse qu'elle venait d'effectuer l'inconnue devait savoir ce que c'était que de se dépenser !

     L'offrande du repas sembla étonner la demoiselle, peut-être qu'elle s'attendait davantage à ce qu'il lui cède ses restes ? C'était généralement ce que les roturières sans grands moyens faisaient, ce qui le conforta une fois de plus dans l'idée qu'il avait affaire, non à une noble, mais bel et bien à une personne sans patronyme. Un simple sourire à peine visible se dessina sur les lèvres du Valois qui songea un instant à lui faire savoir qu'il avait lui-même bénéficié de la gentillesse du tavernier, mais lorsque l'inconnue lui attrapa la main, il se ravisa. Inutile d'avoir l'air de lui faire l'aumône et de jouer les rapiats alors qu'il aurait agi de même s'il avait payé ce repas de ses deniers. Une fois de plus, ce fut donc le silence qui répondit à cette manifestation – déstabilisante au passage – de joie. Il n'était pas vraiment habitué aux personnes aussi démonstratives, certainement parce qu'il côtoyait davantage de nobles qui préféraient ne rien avoir à faire avec de simples chevaliers ? Quoi qu'il en soit, lorsque la demoiselle le tutoya pour lui faire savoir qu'elle avait une dette à son égard, avant d'ajouter quelques mots, il fut obligé de l'informer du fait qu'elle devait plutôt quelque chose à l'aubergiste.

     ▬ En réalité, c'est l'aubergiste qui m'a offert ce repas comme j’ai pris une chambre ici. C'est donc lui qu'il faudra remercier, pas moi. »

     Maintenant que les choses étaient tirées au clair, le chevalier détourna brièvement son attention avant de voir deux oreilles rousses – comme la chevelure de la jeune femme à ses côtés, drôle de hasard – se dresser de l'autre côté de la table. Apparemment la demoiselle déjà bien originale avait aussi un compagnon que l'on ne croisait pas à tous les coins de rue ! En fait, c'était même la première fois que Pryam voyait un renard d'aussi près qui ne soit pas mort ou menaçant. Ces bêtes-là s'apprivoisaient ? Le Valois observa la bête, apparemment appelée Ivy, en train de chercher sa pitance sur le sol tandis que sa maîtresse reprenait la parole pour répondre à la question du blond. Ce dernier tourna la tête vers elle, un air légèrement interrogateur collé sur le visage. Danser avec le vent ? Il avait du mal à imaginer cela, mais vu l'originalité que son interlocutrice semblait avoir, ce n'était pas si surprenant au final. Lorsqu'elle lui annonça avoir découvert la mer il n'y a que quelques jours, le jeune homme en conclut qu'elle ne devait donc pas être originaire de l'Ouest. Peut-être du Conflans ou du centre des terres ? Allez savoir, le mieux était peut-être de poser la question tout simplement. Comme elle se présenta, Pryam en profita pour relancer dans cette direction et emprunta un ton plus amical qu'à l'accoutumée.

     ▬ Enchanté. Je m'appelle Pryam. Le nom donné par l'inconnue n'était qu'un surnom, mais certaines personnes oubliaient leur prénom et préféraient se forger une nouvelle identité, chose qu'il respectait. Je suis à Port-Lannis depuis quelques jours seulement, mais dans l'Ouest depuis un peu plus longtemps. Et il y avait déjà passé beaucoup de temps par le passé, il aurait été difficile de dire combien de fois. En réalité, je voyage beaucoup alors je suis déjà passé par cette ville à plusieurs reprises. »

     Il observa le visage de la jeune femme pendant quelques instants, essayant de deviner d'où elle pourrait être originaire. Il n'avait jamais été franchement doué pour décrypter les expressions des gens et encore moins comprendre comment est-ce que les autres pensaient. Le mieux restait certainement de poser directement les questions, puis surtout cela lui permettrait de bavarder un peu, de développer ses « talents » en matière de discussion, puis surtout de montrer à la jeune femme qu'il s'intéresse aux autres. Même si la demoiselle avait emprunté le tutoiement, pour le chevalier c'était tout bonnement impossible. Lui qui donnait même du « ma dame » aux femmes de petite vertu, il ne pouvait s'autoriser ce « luxe ». Après un bref instant de silence, il reprit la parole en détournant son attention sur la salle pour observer les personnes autour d'eux.

     ▬ Vous n'aviez jamais vu la mer avant aujourd'hui ? Vous n'êtes pas de l'Ouest ? Il y a beaucoup d'endroits avec une belle vue sur la mer et où le vent est tout aussi fort. Si ce n'est plus en vérité. En réalité, il se souvenait parfaitement de sa région natale, plus précisément du fief de son père où les falaises étaient en permanence venteuses au point que plusieurs roturiers trop imprudents avaient manqué de se retrouver jeter dans le vide. Il y a de belles falaises très venteuses dans le Val d'Arryn si vous cherchez un endroit où retrouver le vent. Il tourna la tête vers elle avant d'ajouter quelques mots. Seriez-vous danseuse pour le faire sur les tables et avec le vent, ou est-ce que c'est simplement votre loisir et votre moyen de vous détendre ? »

     Il retomba alors dans le silence. Elle semblait particulièrement originale, mais il avait beaucoup de mal à imaginer qu'elle puisse s'amuser à risquer sa vie juste pour danser avec le vent. Quoique... Certaines fois les femmes étaient si étranges qu'il ne savait si c'était lui qui ne les comprenait pas, ou si même elles ne savaient ce qu'elles faisaient. Le blond attendit les réponses de la jeune rousse, apparemment elle n'avait pas l'air timide et ne devait certainement pas se gêner pour parler avec un inconnu. Contrairement à lui d'ailleurs. Quoi de mieux que de discuter avec une personne pareille pour réussir à se dérider un peu ?


« La vraie noblesse s'acquiert en vivant, et non en naissant. »

 

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Message Ven 7 Déc 2012 - 22:01

Beau joueur, l'homme tint à préciser que le repas avait était offert par l'aubergiste. Aribeth se contenta de hausser les épaules et elle avala une nouvelle bouchée de pois et de lardons : « Techniquement parlant, il ne te l'a pas offert. Le repas est compris avec la chambre mais soit bien sûr que le prix du repas est inclus dans celui de la nuit. » Elle hocha la tête, sûre d'elle. A force de crécher dans les auberges de tout Westeros – ou presque – elle commençait à comprendre comment la machine fonctionnait. « De plus, je paye aussi ma chambre ici – enfin là c'est mon compagnon de voyage qui la paie cette fois – et vu comment l'aubergiste lorgne sur mon postérieur, je pense ne plus rien lui devoir. » C'est aussi pour cela qu'elle n'osait pas réclamer le repas qui lui était dû quand Elliot n'était pas avec elle : c'était peut-être stupide, mais elle craignait que le tavernier ne lui demande un « service spécial » en échange. Elle n'était pas spécialement belle – quoiqu'elle ne soit pas laide non plus – mais elle était quand même bonne à trousser puisqu'elle avait un vagin entre les cuisses ce qui généralement suffisait en dernier recours. Il ne lui était encore rien arrivé de tel mais malgré son optimisme et sa naïveté, elle avait parfois quelques éclairs de lucidité qui l'empêchaient de tenter de diable. Elle n'avait certes plus sa virginité à céder, mais il lui restait sa dignité. Et tant d'autres choses plus ou moins immatérielles que l'on peut perdre ou ressentir durant un viol. Non, vraiment, rester à cette table avec cette assiette et avec ce jeune homme était la meilleure chose à faire...

Il se présenta et disait s'appeler Pryam. A ses dires, c'était un voyageur et il connaissait bien l'Ouest. Une lueur s'alluma dans le regard de la Paludière. Qui dit voyages dit expériences enrichissantes dit histoires passionnantes. Il avait peut-être rencontré plein de gens et s'il était coutumier de l'Ouest, il avait peut-être même rencontré des Lannister, peut-être même Lord Tybolt en personne. Il n'était peut-être pas bien bavard, mais Aribeth était intimement persuadé qu'il en avait sous la coquille. C'est ceux qui en parlent le plus qui en font le moins, disait-on, alors si on prenait la réciproque, ce Pryam devait en connaître un rayon. Et puis il avait l'air humble, modéré et droit. Le genre de personne qu'Aribeth admirait sincèrement car elle, elle était bien incapable d'être aussi calme et modérée. Judicael était un peu de ce genre aussi. Pas très bavard mais avec une personnalité très riche, un homme fascinant qui ne vantait jamais ses qualités et qui irradiait de puissance, de charisme et de virilité. De calme aussi. De mesure. De droiture. Pryam et Judicael étaient un peu pareil, oui, à la différence que l'inconnu n'allait probablement pas la prendre pour la jeter ensuite, avec ou sans raison valable.

Comme Pryam reprenait la parole, la Paludière se ressaisit et secoua doucement la tête : « Ton parcours a l'air fascinant. C'est vraiment une chance de pouvoir voyager où l'ont veut, d'arriver, de repartir et de revenir. » Comme il l'interrogeait, elle l'écouta attentivement. Il lui dit venir du Val, région qu'elle n'avait pas encore explorée. Là-bas aussi il y avait beaucoup de vent. Si haut dans les montagnes, ce n'était pas étonnant. Aribeth n'avait jamais vu les montagnes de très près non plus. Enfin il y en avait autour de la Dent d'Or, mais elles n'étaient pas aussi hautes que celles du Val. Les hauteurs la perturbaient, elle qui n'avait vécu que sur les plats marais du Neck. Pour elle, les points les plus hauts étaient les arbres. La Paludière s'accorda quelques secondes pour répondre avant de hasarder : « Non, je ne viens pas de l'Ouest. Je voyage moi aussi. J'ai taquiné les frontières du Val mais je ne m'y suis pas trop enfoncée. En fait, je voyage à deux et nous ne sommes pas des guerriers. Nous avons entendu parler des clans des montagnes qui truffent la zone jusqu'aux Eyriés et nous avons craint d'être attaqués, rapidement maîtrisés, pillés et pire encore. » Un petit frisson la parcourut et elle prit une bouchée de nourriture pour se donner du cœur, le regard un peu perdu dans le vague. Ivy émergea de sous une table avec une cuisse de poulet à demi rognée dans la gueule et la posa aux pieds d'Aribeth pour lui lécher les doigts. La jeune fille sursauta et gratta doucement le sommet du crâne de l'animal avant de reprendre, souriante à nouveau : « Je viens du Nord pour ma part. A l'intérieur des terres. »

La Paludière se garda bien de préciser qu'elle en était une. Elle n'avait pas honte de ses origines, bien au contraire, elle était fière d'appartenir à ce peuple bien plus libres et affranchis des règles contraignantes que les autres s'imposaient, mais les préjugés négatifs qui s'accumulaient sur eux ne jouaient pas en sa faveur. Un jour, on lui avait même refusé l'entrée d'une auberge. Les Paludiers n'étaient guère aimés dans le Sud. Dans le Nord passait encore, mais au Sud... Ils étaient vu comme une bande de sauvages qui puaient l'eau croupie et arboraient des dents vertes tandis que de la mousse leur poussaient en guise de poils sous les aisselles. Ils étaient vu comme des êtres fourbes qui tiraient leurs flèches dans le dos des braves gens pour les manger en guise d'accompagnement pour les grenouilles. Presque. Et elle n'avait pas envie de se faire refouler de la taverne. Assise, on ne voyait pas bien qu'elle était plus petite que la moyenne. Mais bon, être petit ne rime pas forcément avec « Paludier »...

« Oui, je suis danseuse ! », confirma-t-elle avec un joli sourire. « Je suis aussi conteuse et chanteuse, j'aime beaucoup raconter les légendes des Sept Couronnes, elles me font vibrer ! Je les mettais en musique avec un tambourin avant mais on me l'a volé. J'en rachèterai un à l'occasion. A la place je tape dans mes mains et je chante davantage. » Elle s'emballa à parler de tout ça tant le sujet la passionnait : « Ce que je préfère, ce sont les chansons qui parlent de batailles et de chevaliers ! Parce que chez moi il n'y en a pa- » Elle se tut soudain et se mordit la lèvres. Quelle abrutie. Mais quelle abrutie ! La Paludière se tordit un peu les doigts et tenta de rattraper le coup : « C'est que je ne viens même pas d'une ville mais d'un hameau. Tu sais, un regroupement de fermes. Alors personne ne passe. Surtout pas des chevaliers ! » Aribeth avait l'impression que c'était écrit sur son visage qu'elle racontait n'importe quoi. Elle avait toujours été une piètre menteuse. Pour tenter de détourner la conversation, elle enchaîna avec enthousiasme : « Et toi, qu'est-ce que tu fais à part voyager ? Tu voyages seul ? Est-ce que tu as déjà rencontré des Lannister ? »

Elle avait l'impression que même Ivy la dévisageait avec consternation et que si la renarde avait pu prendre sa tête dans ses pattes elle l'aurait fait.
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Pryam Templeton
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Message Sam 8 Déc 2012 - 15:41

     La jeune femme avait visiblement quelques démêlés avec l'aubergiste, mais Pryam ne répliqua pas à cette déclaration. Bien souvent il avait croisé des hommes qui ne se gênaient pas pour se rincer l’œil sur les courbes des jeunes femmes qui passaient à proximité. Bien évidemment, c'était la nature humaine que d'observer les autres, mais il y avait un certain respect à conserver et apparemment, l'aubergiste ne le possédait pas. L'essentiel était que la rousse s'en soit rendu compte, certainement qu'elle ne se laisserait pas aborder par un homme peu respectueux. Les femmes qui vivaient sur les routes, dans les tavernes et dans les auberges savaient généralement toutes se débrouiller.

     Aux explications de Pryam au sujet de son passé, la jeune femme sembla intéressée par ce qu'il avait à dire. Lorsqu'elle parla d'un parcours fascinant, il ne put s'empêcher d'esquisser un sourire amusé. Il était étrange de constater que la simple idée de voyage semblait provoquer l'enthousiasme chez beaucoup de personnes. Généralement toujours chez les roturières d'ailleurs, les femmes de noble naissance quant à elles se montraient beaucoup plus frileuses à bavarder avec des individus qui passaient le plus clair de son temps sur les routes. Quoi qu'il en soit, la demoiselle continua en expliquant qu'elle n'était pas de l'Ouest, mais qu'elle aussi voyageait beaucoup. Ce n'était pas très surprenant, même si le jeune homme ne la connaissait que depuis quelques instants, elle apparaissait relativement débrouillarde. Le simple fait qu'elle parvienne à se faire « payer » son repas par d'autres personnes, montrait qu'elle était capable de s'en tirer seule. C'était un point commun à presque tous les voyageurs de ce qu'il avait pu constater. Elle parla alors de la demeure des Arryn avant d'avancer le fait qu'ils ne souhaitaient pas particulièrement se faire attaquer et qu'ils avaient évité de pousser aussi loin pour cette raison. C'était compréhensible, surtout avec l'hiver qui venait, le chemin pour y parvenir serait pratiquement impraticable.

     Lorsque le renard de la jeune femme attira l'attention sur lui, un bref instant de silence s'installa avant qu'elle ne déclare venir du Nord. Une région assez éloignée de l'Ouest, surtout sachant que les Fer-nés attaquaient les côtes depuis un moment. Pour partir sur une note plus joyeuse, la demoiselle continua en confirmant le fait qu'elle était danseuse et qu'elle possédait visiblement de nombreuses autres cordes à son arc, puis elle aborda le sujet des chevaliers et sembla s'interrompre un instant. L'attention du Valois se porta sur la jeune femme, se demandant ce qui pouvait bien s'être passé pour qu'elle soit soudain muette et elle s'expliqua avant de changer une fois de plus de sujet. C'est qu'elle avait visiblement une bonne liste de questions ! Pas déstabilisé pour deux sous – bien qu'il n'avait pas trop l'habitude d'autant parler – le chevalier marqua une légère pause pour réunir ses pensées, puis prit la parole d'un ton toujours aussi posé et en pleine réflexion.

     ▬ Des Lannister ? Et bien, sous un certain angle, oui. J'ai rencontré lady Maura Arryn qui fut l'épouse de lord Lannister il y a quelques temps, elle est malheureusement morte en couche depuis, mais elle a porté le nom des Lannister. Il la regarda quelques instants. Cela dit, je ne suis pas très attiré par les grands seigneurs, je préfère offrir mes services aux nobles moins importants ou aux roturiers. C'était d'ailleurs la raison de son départ de chez lui. Sinon, je ne voyage pas seul non, ma sœur est avec moi ainsi que mon écuyer et deux Nordiens qui voyagent dans la même direction que nous. L'un d'eux est un ménestrel d'ailleurs, peut-être qu'elle pourrait s'entendre avec vous. Comme si les goûts pour la musique aidait à rapprocher les gens. Et pour ce que je fais, comme je l'ai dit j'offre mes services aux personnes dans le besoin et avec les temps qui courent, ils sont assez nombreux. »

     Il faisait malheureusement référence au fait que les Fer-nés attaquaient Westeros depuis plusieurs mois, même années. Les seigneurs de l'Ouest avaient souvent besoin de chevaliers et de reîtres pour défendre leurs terres, même si Pryam avait plus l'habitude d'offrir ses services pour des choses bien plus minimes que des combats contre des guerriers aussi doués et féroces que les Fer-nés. Mais inutile de parler d'un sujet aussi sombre, la jolie rousse avait de nombreuses questions en tête alors autant lui rendre honneur ! Après une légère pause, le temps de réordonner ses idées, le chevalier reprit la parole.

     ▬ Je crois savoir qu'en effet dans le Nord il n'y a pas énormément de chevaliers. Ce n'est pas forcément plus mal, la variété peut apporter beaucoup à un peuple et les Nordiens ont l'air de bien se débrouiller sans avoir besoin de ce titre. Après tout, les chevaliers étaient liés aux Sept et les Nordiens priaient d'autres dieux, cela ne les empêchait pas pour autant de se montrer bons combattants. Le titre de « ser » ne conférait rien de plus. Mais si vous aimez les histoires de chevaliers, il faudra un jour pousser jusqu'au Val. Il y a de nombreuses maisons intéressantes là-bas et lord Arryn est la représentation même du bon chevalier. Je suis persuadé que vous apprécieriez ce voyage. Mais attendez le retour des beaux jours, avec l'hiver qui approche le Val va devenir très rude. »

     Ce n'était que de simples conseils. Il voulait simplement se montrer aimable, mais peut-être que la jeune femme pourrait prendre ombrage de telles paroles ? Allez savoir. Un simple coup d’œil vers elle ne lui indiqua rien de probant. Il avait cru constater qu'elle semblait gênée après avoir parlé des chevaliers et de sa région d'origine, mais il l'assimilait simplement au fait qu'elle se rendait compte qu'elle parlait des chevaliers alors qu'il en était un. Au fond, le passé de chacun ne le concernait pas, lui-même avait plusieurs choses à cacher et n'apprécierait pas que des étrangers s'y mêlent.

     ▬ Et vous avez des objectifs particuliers ? J'imagine qu'une artiste comme vous doit avoir beaucoup de projets à mener à bien ? Vous voyagez avec quelqu'un d'autre si j'ai bien compris ? Enfin, avec votre ami aussi. »

     Il faisait référence au renard qui semblait être le compagnon de la demoiselle. Lui n'était pas très familier avec ses montures, mais peut-être qu'elle avait été élevée dans un style de vie différent que celui d'un chevalier du Val.


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Message Lun 10 Déc 2012 - 13:38

Le chevalier avait vu du beau monde durant ses errances bien qu'il n'ait pas l'air du genre de personne à aimer se brûler trop longtemps devant le feu de la puissance et de la grandeur. Aribeth qui n'avait jamais connu ça agissait comme un papillon qui se fracassait avec acharnement contre la grille qui le sépare de la torche. Un jour, quand la grille disparaîtrait, elle y laisserait sans doute quelques écailles, une antenne, voire ses ailes. Mais elle ne pouvait en être sûre. Pryam avait cette sagesse qui le maintenait à distance des trop fortes lumières, celles qui éblouissent et qui finissent par rendre aveugle. Le problème était que la Paludière, dans son désir de découverte et d'aventure, se faisait trop d'illusion sur ce qui l'attendait, se faisant une version trop romancé des événements à venir dans sa tête. Alors elle se rendait compte que les choses étaient ternes et froides bien souvent, moins palpitantes qu'elles se les imaginait. On sait toujours ce qu'on perd mais jamais ce qu'on gagne. Aribeth avait l'impression d'avoir perdu sa famille en un an et demi. Pryam voyageait avec sa sœur – entre autres. L'évocation de ce mot faisait naître en elle une insidieuse douleur de poitrine qui ne manquait pas de lui faire penser à ceux de son sang qu'elle avait laissé derrière elle avec un simple mot d'excuse. Ses parents d'abord ; son père si doux et si gentil qui lui avait appris presque tous les contes qu'elle connaissait et sa mère si emportée et si assurée qui lui avait léguée cette impétuosité ardente, bien qu'elle eu l'impression de ne pas en avoir reçu ne serait-ce que la moitié. Il y avait sa sœur Merope, posée et réfléchie, timide mais de très bon conseil, celle qui, d'entre eux tous, avait le plus de bon sens et de discernement. Puis venaient les jumeaux Benjen et Jojen – Benjen, impulsif au sang chaud qui ne jurait que par l'honneur et la droiture bien que son opiniâtreté l'aveuglât maintes et maintes fois comme le taureau qui charge ; Jojen calme, taciturne et réservé, doux et plein de bons conseils, toujours à tendre la main ou à prêter l'oreille, lui aussi très droit et juste. Il y avait aussi Percival, boudeur mais le cœur sur la main, parfois un peu naïf et lent d'esprit, mais non moins plein de compassion et de bonne volonté. Puis il y avait la petite dernière, Guenièvre, véritable tornade embrasée, vive et malicieuse, toujours à fureter partout et qui ne faisait aucun compromis. Sa petite famille de doux dingues lui manquaient, oui... Le mal du pays l'envahissait parfois et le vague à l'âme lui prenait la gorge. Quant aux Nordiens avec lesquels voyageaient le chevalier, elle aurait bien aimé les voir peut-être. Cela faisait bien longtemps qu'elle n'avait pas rencontré un fier représentant du Nord...

Pryam lui fit part de quelques recommandations bien choisies, lui vantant humblement les richesses de sa région d'origine tout en la gardant bien d'y mettre les pieds quand l'hiver viendrait, ce qui serait sot et dangereux. Même elle ne pouvait que lui donnait raison vu le petit aperçu qu'elle en avait eu : se retrouver coincer dans ces montagnes lorsque l'hiver viendrait n'était pas du tout souhaitable, vraiment pas... Elle hocha la tête : « Merci pour tes précieux conseils, j'en prends note. J'ai toutefois hâte de pouvoir voir le Val de mes propres yeux et y apprendre des nouvelles odes. J'avoue que mon répertoire est pauvre en histoires Valoises... » Cette fois, ce fut au chevalier errant de lui poser une nouvelle série de questions. Pertinentes. Troublantes aussi. Les deux premières en tout cas. Elle s'accouda à la table et entrelaça ses doigts, pensive. « Eh bien... En partant de chez moi, mon objectif était de découvrir Westeros et la raison était de fuir un amour contrarié et les souvenirs qui le hantaient. » Elle marqua une pause, perturbée de reparler de Judicael, même à demi-mots. « Mais... Après un an et demi de route, j'avoue que l'objectif s'est terni. Je n'ai pas encore vu tout Westeros, mais je me rends compte que je cherchait autre chose. Des aventures plus palpitantes, comme dans les chansons. Parfois, j'ai même l'impression de souhaiter qu'il m'arrive quelque chose de mal pour ajouter un peu de piment à ma vie. C'est stupide, n'est-ce pas ? » Elle éclata d'un rire bref et gêné qui trahissait un certain embarras. « Me faire enlever par des fers-nés, entrer au service d'un Seigneur abusif, me battre auprès d'un clan des montagnes,... ou même prendre part à une bagarre dans une taverne. » Elle secoua la tête. « Je suis bien bête de penser à ce genre de choses et tu ne serais pas le premier à me prendre pour une greluche. Mais c'est plus fort que moi. Donc pour le moment, je n'ai pas grand chose en vue à part continuer à voyager. J'avoue éprouver une certaine déception. »

Aribeth se pencha un peu en arrière et tendit la main pour gratter la tête de la renarde. « Oui, Ivy. Elle est superbe. J'imagine que c'est un peu comme les chevaliers avec leur monture ? » Elle le regarda avec curiosité pour avoir son avis sur la question. « Personnellement, j'ai peur des chevaux, un peu. Même chevaucher un poney pour mes déplacements me met très mal à l'aise. Je suis une piètre cavalière ! » La paludière rit, plus joyeusement. « Si tu savais le nombre de chutes que j'ai faite du haut de ce poney ! » Elle reprit une bouchée de nourriture, plus souriante qu'il y a quelques instants. « Je voyage aussi avec un Dornien du nom d'Elliot. Il a atterri par hasard dans mon village il y a quatre ans et depuis nous nous sommes rarement quittés. Il est forgeron de formation mais il joue aussi de la vièle pour m'accompagner quand je me produis. C'est un garçon adorable, il prend soin de moi. C'est mon chevalier sans épée ni serment. » Elle esquissa un sourire doux et marqua un temps avant de reprendre : « Je ne suis pas une experte en la matière, mais ce n'est pas banal pour un chevalier de vendre ses services comme un reître, si ? Tu as eu des différents avec ta maison ? »

En se rendant compte de l'indiscrétion de sa question, Aribeth s'empresse d'ajouter : « Tu n'es pas obligé de me répondre si c'est trop personnel ! » Encore une fois elle se montrait trop curieuse, mais ça aussi elle ne pouvait pas s'en empêcher.
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Pryam Templeton
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Message Mar 11 Déc 2012 - 13:14

     Il existait de nombreuses histoires intéressantes dans le Val, mais même Pryam n'en connaissait pas beaucoup. Il fallait avouer que lui de son côté se moquait pas mal des chansons, des contes ou des ballades propres aux régions. La musique n'avait qu'un intérêt plus que mineur à ses yeux et il goûtait davantage au silence, même s'il était vrai qu'une belle musique pouvait se révéler intéressante de temps en temps. La jeune femme reprit la parole, expliquant qu'elle avait quitté son « chez elle » pour fuir des sentiments contrariés et qu'elle désirait pouvoir découvrir le reste de Westeros. C'était une chose relativement fréquente, nombreux étaient ceux qui rêvaient de découvrir ce que le reste du continent pouvait réserver. Lui-même n'avait-il pas eu l'envie par le passé de découvrir les vastes territoires de Dorne ? Certes, il n'avait jamais donné suite à ce désir pour la bonne et simple raison qu'il s'était laissé prendre par la routine. Trouver du travail, gagner de quoi survivre, dépenser cet argent pour améliorer son matériel afin de pouvoir continuer d'offrir ses services contre rétribution... Au final c'était un cercle vicieux dont il ne voyait jamais le bout. Et, comme le disait la demoiselle, les objectifs changeaient souvent en cours de route. Si l'on débutait ses pérégrinations avec toute la motivation de la jeunesse, plusieurs semaines ou mois passés sur les routes finissaient par avoir raison des personnes les plus enthousiastes. Enfin, c'était du moins le cas du chevalier errant, après, il n'était pas certain que tous les voyageurs de Westeros pensent de la même manière que lui.

     Comme la jeune femme continuait en déclarant qu'elle avait espéré vivre des aventures plus palpitantes que celles qu'elle voyait à ce jour, Pryam l'observa en silence. Non, ce n'était pas stupide, c'était juste parfaitement humain en réalité. Le blond connaissait déjà quelqu'un qui agissait de la même manière, la Nordienne avec qui il voyageait et qui se réjouissait de voir des événements comme la rébellion Feunoyr de Murs-Blancs par exemple. Le chevalier de son côté était plus frileux et moins amateur de catastrophes, il avait surtout regretté d'avoir été présent pour voir une telle chose se dérouler sous ses yeux. Il semblait que ce soit le pain quotidien des ménestrels, à moins que ce ne soit tout simplement les Nordiennes qui se montraient plus aventureuses que les autres ? Quoi qu'il en soit, il ne voyait pas son interlocutrice comme une femme stupide ou trop rêveuse, au contraire, sa manière de penser lui apparaissait comme logique, bien qu'il ne l'approuvait pas de son côté. Pour avoir déjà croisé le fer avec les natifs des Iles de Fer, le Templeton savait que c'était loin d'être une partie de plaisir. Il suffisait de voir ce que devenaient les femmes enlevées par les Fer-nés, même si de l'extérieur cela pouvait sembler palpitant, une fois dans cette situation ce devait surtout être la peur qui se manifestait. Mais il ne se sentait pas le cœur de briser les illusions d'une jeune femme, même s'il comptait glisser quelques mots à ce propos pour lui conseiller d'être prudente.

     Puisqu'elle se penchait vers sa renarde en répondant à la question du Valois, la Nordienne glissa vers un autre sujet, à savoir les chevaux. La crainte de monter à cheval était inconnue pour le chevalier qui, après tout, passait le plus clair de son temps sur sa monture. C'était comme une extension de lui-même, monter à cheval lui paraissait aussi naturel que de marcher. Il n'y avait cependant aucune raison de se moquer d'elle, il devait être bien moins doué que son interlocutrice dans d'autres domaines ! Au final, elle termina en parlant de son compagnon de voyage et posa une question qui ne manqua pas de surprendre le blond. Il n'aimait pas mentir et même s'il se faisait passer pour un roturier, dire qu'il n'avait pas de maison n'était pas son genre. Ce serait un mensonge éhonté et il essayait toujours se tourner ses phrases de manière à ne pas avoir à le dire directement. Après quelques secondes, il secoua la tête pour signifier à la demoiselle qu'il n'avait rien à cacher, même si ce n'était pas la vérité.

     ▬ Oh non ! Il n'y a rien de personnel, c'est simplement le destin qui en a décidé ainsi. En réalité, j'ai été l'écuyer d'un roturier chevalier errant, lorsqu'il est mort et que j'ai été adoubé, il m'a légué tout ce qu'il avait, donc j'ai repris le flambeau en restant sur les routes. C'était la vérité, il avait bien eu des différents avec sa maison d'origine, mais n'abordait pas ce sujet pour laisser la Nordienne déduire qu'il était lui-même roturier. Ce n'est rien de bien original en réalité. Les chevaliers errants ne sont pas affiliés à des seigneurs, ils agissent un peu comme des reîtres et vendent leurs services aux personnes dans le besoin. D'ailleurs c'est pour cette raison que ceux qui se lancent dans ce mode de vie sont généralement plutôt méprisés, c'est très opposé à la vision traditionnelle des chevaliers servants dirons-nous. Il ne voulait pas se faire plaindre, mais expliquait simplement les choses à la jeune femme puisqu'elle avait dit ne pas vraiment s'y connaître. Vous en rencontrez certainement sur les routes. »

     Après tout, lui aussi en avait souvent croisé, même si généralement l'opposition entre deux chevaliers errants pouvait se révéler assez rude. Combien de fois avait-il rencontré des chevaliers errants qui n'appréciaient pas de voir un autre marcher sur ses plates-bandes ? Lui ne rechignait jamais à l'idée de partager un travail, mais certains empruntaient cette voie uniquement pour se faire beaucoup d'argent, ce qui était loin d'être le but du natif du Val d'ailleurs. Son attention glissa de la demoiselle à sa renarde.

     ▬ Pour les chevaux, il est vrai qu'un chevalier sans monture n'est absolument rien. J'espère tout de même que votre renarde est plus débrouillarde qu'un cheval, ils sont très prenants et demandent beaucoup d'attention. Ce n'est pas pour rien que beaucoup de chevaliers ont des écuyers pour s'en occuper. Lui-même en avait un depuis peu. Elle est du Nord ou de Dorne ? J'imagine que ce doit être plutôt difficile de dresser un tel animal. Il ne pouvait s'empêcher de penser de manière pratique. Vous m'avez l'air d'être bien accompagnée, je suis persuadé que vous finirez par trouver ce que vous cherchez, même si vous ne savez pas encore ce que c'est. »

     Lui aussi avait passé beaucoup de temps à parcourir Westeros en long en large et en travers. Au départ il désirait surtout retrouver sa sœur qui s'était enfuie de chez eux, mais depuis qu'il avait enfin réalisé ce souhait, Pryam restait sur les routes. L'idée de rentrer à Neufétoiles n'était pas encore à l'ordre du jour et pourtant, il s'était toujours juré que lorsqu'il mettrait la main sur Serena, tout serait terminé. Lui non plus ne savait pas ce qu'il cherchait, mais il espérait bien le trouver. Ce serait lorsqu'il y parviendrait qu'il sentirait le besoin de regagner sa demeure natale pour y retrouver le reste de sa famille. Chassant ses pensées, il se concentra à nouveau sur la discussion présente pour aborder un autre sujet.

     ▬ Et vous savez, je ne vous trouve pas stupide de vouloir plus d'animation. Je vous ai dit que je voyageais avec une Nordienne et bien, elle est un peu comme vous. Elle rêve aussi de rencontrer des Fer-nés et de vivre des choses comme vous dites. Était-ce simplement les femmes qui rêvaient d'aventure pour se donner du frisson ? Mais je ne vous souhaite pas de croiser leur chemin, les Fer-nés ne sont pas des modèles de vertu et je n'ose imaginer ce qu'ils feraient à une personne aussi enjouée et joyeuse que vous. Ils s'en sont pris à des nobles dames non loin d'ici et le résultat s'est révélé catastrophique. »

     En fait il l'imaginait parfaitement. C'était justement pour cette raison qu'il espérait bien ne jamais les croiser. Après tout, il avait vu ce dont ils étaient capables lorsque lady Maura Arryn avait été attaquée par l'un d'entre eux.


« La vraie noblesse s'acquiert en vivant, et non en naissant. »

 

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Message Jeu 13 Déc 2012 - 10:29

Pryam menait une vie bien étrange. Elle ne se rappelait pas avoir souvent entendu parler de ce genre de chevaliers, même dans les chansons qu'elle connaissait. Ça lui donnait envie de se renseigner sur le sujet. C'était une question sur laquelle elle se pencherait à l'occasion. Ainsi, ce Pryam devait être lui aussi roturier. Une chance qu'il soit chevalier, même errant. Toutefois, Aribeth ne pensait pas que cela fut méprisable. Au contraire, à ses yeux, le fait d'être chevalier et de protéger les gens dans le besoin sans même être de leur maison était particulièrement honorable. Du moins, elle espérait que – contrairement aux reîtres – les chevaliers errants ne retournaient pas si aisément leur casaque. Effectivement, Aribeth en avait peut-être croisé mais Elliot et elle avait pris l'habitude de se cacher dès que des voyageurs visiblement plus armés et/ou nombreux qu'eux venaient vers eux sur les routes, à moins qu'ils ne coupent carrément à travers champs alors elle ne saurait dire... Il n'était guère prudent lorsqu'on n'était que deux faiblement armés et non-entraînés pour le combat à proprement dit d'essayer de tenter le diable, aussi téméraire la Paludière fut-elle. On ne savait jamais trop sur qui on allait tomber – comme une loterie à échelle humaine dont les issues pouvaient être désastreuses – alors autant on pouvait croiser sans encombre des gens tranquilles qui ne leur adressaient même pas un regard, autant on pouvait rencontrer des voleurs ou des assassins qui lui percerait les tripes après avoir abusé d'elle – voire avant de le faire, il y avait des gens aux bien étranges pratiques en ce monde.

D'après Pryam, les chevaux étaient dur à entretenir – enfin, ils demandaient beaucoup de temps et d'attention et ce devait être d'autant plus vrai pour un destrier, un coursier ou un palefroi. Elle, elle disposait d'un poney de ferme robuste qui ne demandait pas tant d'entretien que ça. Elle se forçait à le brosser mais elle laissait Elliot lui curer les sabots ; Aribeth avait bien trop peur pour le faire. Le poney était gentil et il ne lui avait jamais fait de mal – un jour il lui avait marché sur le pied mais il ne l'avait pas fait exprès, d'où sa crainte d'approcher ses sabots – mais la Paludière n'arrivait définitivement pas à se faire à ces bestioles-là. Et le poney passait encore mais le hongre d'Elliot... Même pas la peine d'y penser ! Trop grand, trop gros et – elle en était persuadé – trop traître. Les chevaux étaient des bêtes peureuses : qu'elles soient effrayées et, dans un accès de folie, elles pouvaient faire du dégât. Aribeth continua de gratouiller la tête de la renarde : « Elle est du Nord. Je l'ai trouvée il y a deux ans me semble-t-il et à l'époque c'était encore un renardeau. Elle devait avoir six mois grand maximum. C'est plus facile d'en faire quelque chose quand ils sont petits. Elle n'avait plus de mère alors je l'ai prise avec moi et je l'ai nourrie et câlinée, ça a du aider à ce qu'elle s'attache à moi. Pour le reste, elle n'est pas vraiment dressée, j'imagine... Elle est comme un chat mais plus fidèle. » Aribeth esquissa un sourire tendre en retirant sa main, laissant Ivy ronger son os de poulet.

Les paroles du chevalier la firent réfléchir. Peut-être que ce qu'elle cherchait – non c'était presque sûr – c'était de vivre une vie comme celle des chansons ou de rencontrer quelqu'un qui lui en ferait vivre une. Dans un sens, elle avait l'impression qu'épouser un grand Seigneur était la seule façon d'y parvenir. Mais elle voulait autant que ce dernier lui plaise, qu'elle en tombe amoureuse ; elle se fichait bien qu'il soit riche par contre. Nonobstant, elle ne venait que d'une maison mineure – une maison du Neck, paludière qui plus est – elle n'était pas spécialement jolie ou bien éduquée selon les critères traditionnels et... Non, il n'y avait aucune chance que cela arrive. En fait, elle avait toujours été persuadée qu'elle ne se marierait jamais au vu de ce qu'elle était. Ou alors avec un homme du peuple pas trop regardant. Enfin... De toute façon, si elle se mariait, elle ne pourrait plus faire ce qu'elle voulait, n'est-ce pas ? Et d'autant plus si son mari était important... Non, pas moyen. Pourtant, une partie d'elle plus fleur bleue en avait envie. Mais bon, elle n'avait plus de pucelage à céder et le seul homme dont elle était tombée amoureuse était un homme mariée – c'était un signe dans le genre « tu vas rater ta vie amoureuse et maritale », non ? Très probablement.

Elle baissa un peu la tête, pensive. Les Fer-nés ne faisaient pas dans la dentelle, ça, c'était sûr. Dans les chansons, ils étaient décrit comme cruels, féroces et sans pitié et sans doute devaient-ils l'être tant les versions s'accordaient toutes à leur sujet, qu'elles soient chantés ou pas. Et Pryam le confirmait une fois de plus. « J'imagine que je ne suis pas assez importante pour que ma mort leur apporte satisfaction... Quoique. Ça n'a rien à voir. Si je dois en approcher un jour, j'essaierai de ne pas me faire prendre. Et si jamais je devais être capturée mais pas tuée... Le mieux serait de... euh... prendre ça bien mais je suppose qu'ils feront en sorte que ce ne soit pas le cas. Et puis je ne pourrais pas être une pirate ou alors seulement pour faire de la figuration. Je ne pourrais pas piller et massacrer des villages entiers comme ça. C'est trop cruel. » Elle réfléchit un instant. « Mais l'Ouest et le Nord sont attirant aussi – je veux dire, plus au Nord que moi s'entend. Quand j'étais petite... » Elle gloussa un peu, amusée par ce souvenir. « J'avais l'habitude de classer les grandes maisons pas ordre de... Comment dire ? Comme les hommes pourraient s'amuser à classer des femmes de celle qu'ils ont la plus envie de... euh... fréquenter à celles dont ils ont le moins envie. On va dire ça comme ça. » Aribeth éclata d'un petit rire un peu nostalgique. « Même gamine j'avais des préoccupations incongrues ! Bref. Et je crois que les Greyjoy se disputaient la première place avec les Lannister, qu'ensuite venaient les Stark... Et je ne me rappelle plus de la suite de mon classement. Je sais juste que les Tyrell étaient en dernier, je crois, parce que je trouvais qu'ils ne faisaient pas sérieux avec leur obsession des fleurs. » Elle pouffa de rire et termina son assiette, puis son verre. « Merci encore pour le repas, j'étais affamée ! Tu veux que j'aille chercher un pichet de vin ? »
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Message Ven 14 Déc 2012 - 13:17

     L'idée de recueillir un renardeau était plutôt... Original ! Le chevalier était davantage habitué à côtoyer des animaux « normaux » et il était évident que s'il avait été amené à croiser un renard abandonné, sa première idée n'aurait pas été de s'en occuper comme d'un bébé dans le besoin. C'était peut-être la différence entre les hommes et les femmes. Ou même entre les chevaliers et les artistes ? Au fond, c'était sans importance, la seule chose qui comptait étant qu'apparemment la demoiselle avait réussi à s'attirer les faveurs d'un animal réputé sauvage. Preuve que tout le monde pouvait se montrer amical malgré les apparences !

     La discussion glissa alors sur les Fer-nés tandis que la demoiselle semblait songer aux paroles du Valois. Ce qu'elle déclara alors montrait qu'elle semblait posséder un certain caractère, peut-être bien qu'elle pourrait réussir à se faire apprécier des Fer-nés ? L'idée était certes amusante, mais certainement improbable. Après tout, les pirates des Iles de Fer n'étaient pas vraiment réputés pour leur gentillesse ou leur tolérance, il y avait fort à parier que si quelqu'un leur posait trop de problème ou se révélait inutile, ils s'en débarrassent tout simplement. Le chevalier savait parfaitement ce que les Fer-nés faisaient de leurs captifs, ce n'était rien de très enviable. Les hommes étaient utilisés dans les mines et mouraient bien souvent des conditions de vie affreuses qu'ils avaient là-bas. Les femmes servaient de domestiques et devenaient moins que de chiens, tandis que les plus belles pouvaient être réservées pour un autre usage dont il valait mieux ne pas penser. Au fond, c'était certainement les nobles les moins bien lotis ! Pryam avait entendu dire qu'ils étaient amenés sur les Iles de Fer et sacrifiés au Dieu Noyé parce que leur sang était « plus important » que celui des simples roturiers. En somme, être enlevé par ces individus n'avait vraiment rien de très joyeux et il ne souhaitait même pas ce sort à son pire ennemi.

     Un instant de silence s'installa avant qu'elle ne change de sujet, expliquant que l'Ouest et le Nord pouvaient être des régions intéressantes. Le chevalier avait été une seule fois dans la région des Stark, il avait escorté un noble qui se rendait dans une maison du sud de la région et le jeune homme avait été amené à croiser quelques personnes originaires de cette région. Mais de là à pouvoir dire qu'il avait eu le temps de découvrir les trésors de cette région, il y avait une marge. Le Valois nota dans son esprit qu'il faudrait un jour songer à revenir sur ses pas pour apprendre à connaître le Nord, mais il avait tant de projets que celui-ci n'aboutirait certainement jamais. Lorsque la jeune dame expliqua qu'elle avait l'habitude de classer les maisons par ordre de préférence, le blond esquissa un sourire amusé. C'était plutôt... Surprenant dirons-nous ! Quoique, Pryam aussi avait agi de la sorte d'une certaine manière. Étant écuyer avant de devenir chevalier, il avait dû apprendre à connaître tous les blasons des maisons nobles de Westeros. Comme tous les enfants, le jeune garçon avait des préférences, même si ce n'était certainement pas classé de la même manière que sa voisine de table. Elle termina sa réplique en expliquant qu'elle avait été toujours intéressée par le Seiche d'Or des Greyjoy, ce qui était plutôt inattendu il fallait l'avouer. Elle devait être la première personne qui s'intéressait vraiment aux Iles de Fer, que le blond rencontrait ! À sa dernière question il répliqua après un léger haussement d'épaules.

     ▬ Si vous en voulez, j'ai déjà assez bu pour bien dormir ce soir. »

     Il était assez prudent à ce niveau. Le chevalier errant ne buvait pas beaucoup, il devait toujours rester sobre en cas de besoin. Laissant le temps à la jeune femme de se lever si elle le souhaitait, le Valois regarda autour de lui une fois de plus, cherchant du regard un visage familier sans voir qui que ce soit de sa connaissance. Après un bref instant de silence, Pryam reporta son attention sur la demoiselle qui semblait apprécier les choses qui sortaient de l'ordinaire.

     ▬ Je dois avouer que vous devez être la première personne passionnée par les Fer-nés, que je rencontre. Peut-être qu'ils seraient heureux de rencontrer quelqu'un du continent qui les considère comme autre chose que des pirates ou des voleurs. Cela dit, il en doutait vraiment. Dommage qu'ils n'apprécient pas les continentaux, vous auriez pu leur rendre visite sur leurs îles une fois que la guerre sera terminée. Parce qu'il ne doutait pas une seule seconde qu'elle prenne fin très prochainement. En fait, vous êtes intéressée par les animaux au point d'être attirée par les blasons qui en représentent, ou est-ce qu'il ne s'agit que d'un heureux hasard ? »

     Les seiches n'étaient pourtant pas très populaires comme animaux en général ! Cela dit, les goûts et les couleurs ne se discutent pas, même si l'esthétique des blasons avait toujours été l'une des dernières chose que le jeune homme observait. Il était bien plus passionné par les devises des maisons nobles, certaines étaient si mystérieuses qu'elles promettaient bien des surprises, même si au fond, c'était bien plus souvent lui qui se montait la tête. Le chevalier repensa malgré lui aux Fer-nés. C'était une chance que la rousse ne soit pas tombée sur eux avant ce jour, sans quoi elle serait certainement en train de nettoyer le sol d'un château sur les Iles de Fer à l'heure actuelle ! Le blond secoua la tête pour lui-même avant de reprendre.

     ▬ Il y a une jeune femme d'une maison noble des environs qui a été enlevée, tout comme une bonne partie des habitants de Belcastel d'ailleurs, j'imagine que vous devez en avoir entendu parler ? Difficile de ne pas le savoir étant donné que c'était un fief qui avait beaucoup souffert. Pryam y avait d'ailleurs quelques connaissances. Mais qui sait, peut-être que vous rencontrerez certains d'entre eux après cette guerre et que vous pourrez leur faire profiter de vos talents ? J'ignore si les Fer-nés goûtent à la musique et à la danse, mais vous pourrez certainement les convertir. Il ne connaissait pas grand-chose des mœurs de ces individus c'était un fait. Et vous chantez uniquement, ou est-ce que vous composez aussi vos propres chansons ? Une sur une rencontre avec un Fer-né serait bien originale j'imagine, puis digne de vous. »

     Ce n'était bien évidemment pas une critique, au contraire c'était plutôt un compliment, même s'il n'était peut-être pas assez évident pour que la jeune femme puisse le comprendre.


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Message Jeu 20 Déc 2012 - 14:53

Le chevalier déclina le surplus de vin qu'elle proposait. Elle hocha la tête et se leva pour aller braver l'aubergiste. Petite et menue, elle se fraya un chemin parmi les clients qui se pressaient dans la salle, progressant à coups de coudes. Arrivée au comptoir, elle commanda un pichet, optant finalement pour de l'eau. Le vin n'était pas raisonnable : elle ne tenait pas bien l'alcool et déjà enivrée d'oxygène comme elle était, elle n'en finirait que plus rapidement par terre. Aribeth pris soin de ne pas regarder l'aubergiste dans les yeux, éludant volontairement son petit sourire entendu. Pichet en main, elle revint vers sa place, concentrée pour ne pas laisser tomber une seule goutte d'eau, esquivant tant bien que mal les bousculade, tirant légèrement la langue sous l'effort. La Paludière posa le pichet entre eux et se rassit en précisant : « J'ai pris de l'eau tout compte fait. » Pryam hocha la tête et, assez pensif, la relança sur les Fer-nés. C'est vrai que s'intéresser à eux autrement qu'en leur qualité de pillards sans pitié était assez insolite, surtout pour une Nordienne ; région qui subissait les assauts des Fers-nés depuis – trop – longtemps et – trop – souvent. Sa mère avait toujours été catastrophée de la voir si fascinée par les seiches d'or et leurs alliés, lui répétant sans relâche : « Aribeth, tu ne peux décemment pas admirer ces gens-là ! Ils sont méprisables et indignes de ton intérêt ! De plus, cette fascination que tu as pour eux ne sera jamais partagée. Tu pourrais en rencontrer un et lui confier tout ton engouement pour eux qu'il ne trancherait sa gorge avant même que tu ais terminé ta phrase ! Ils n'en valent pas la peine, Aribeth, vraiment. » Beatrix Saline, la voix de la raison. Mais trop raisonnable et terre-à-terre pour Aribeth qui s'était bien imprégnée du côté rêveur et utopiste de Lord Alastor Saline, son père. De son côté explorateur et avide de savoir aussi, de découvertes et d'expériences. Alors oui, Aribeth aurait aimé rencontré un Fer-né, lui parler et en savoir plus sur eux, forger sa propre opinion en se lavant de toute ce qui avait été dit avant quitte à passer pour une idiote ou une idéaliste. Effectivement, un climat d'après-guerre serait peut-être plus propice à une rencontre, mais en y réfléchissant bien, dans le cas où les Fers-nés gagneraient, ils la considéreraient comme une vaincu et ne lui adresseraient pas la parole ; dans le cas où ils perdraient, ils seraient peut-être trop amer et rancunier pour l'accueillir avec bienveillance. Au final, peut-être que c'était la bonne période... Les Fers-nés étaient les ennemis naturels des Paludiers, mais Aribeth n'était pas « les Paludiers », elle n'était qu'une quantité négligeable et si elle se faisait passer pour une simple fille du peuple, ça pouvait le faire, non ? Elle était suffisamment astucieuse et habile pour faire quelque chose sans trop le foirer. Normalement.

La question sur les blason et les animaux la fit sourire. « J'imagine que ça marche dans les deux sens et que le hasard a eu un rôle à jouer. J'aime les animaux, j'aime les blasons, j'aime les blasons avec des animaux. Certains vont très bien aux familles qu'ils représentent, d'autres moins je trouve. Si on en revient aux Fers-nés, j'aime bien la seiche des Greyjoy. J'ai une certaine affection pour les animaux mous et gluants. Ils m'évoquent quelque chose de sympathique. Les escargots, les limaces, les crapauds, les grenouilles, les seiches, les pieuvres, les... méduses. Tout ça. » Il ne devait pas y avoir beaucoup de gens pour se vanter d'aimer les animaux « mous », mais la Paludière avait toujours bien aimé les animaux que l'ont considérait comme étant disgracieux globalement. Elle, elle les trouvait mignons. Elle élevait des têtards dans des bocaux et les regardait se transformer en grenouilles, émerveillée. Et aucun rapport trop rapidement tissé entre Paludière et bouffe-grenouilles. Ceci dit, Aribeth avait bien tenté d'avoir une grenouille en animal de compagnie mais elle ne faisait que la perdre quand elle ne se faisait pas griller et manger par Benjen.

Quant aux habitant de Belcastel, la jeune fille hocha tristement la tête. Elle avait su la nouvelle en arrivant dans la région. Leur triste sort n'était guère enviable. C'était l'un des actes qui rendait la guerre bien sale et bien crasse. Les champs de bataille, c'était une chose, c'était « réglo », mais les vols, les viols, les pillages, les enlèvements,... C'en était une autres. « Dommages collatéraux », qu'on appelait ça. Non, c'était pire. Ces tristes pensées furent égayées par l'image mentale de Fers-nés en train de danser comme des folichons sur de la musique joyeusement. .......... Non, ce n'était définitivement pas envisageable d'imaginer des Fers-nés danser et apprécier quelque musique ! Bizarrement, les trois ne se mélangeaient guère, comme l'eau et l'huile. Ses délires mentaux furent interrompus à juste titre par une question de Pryam doublée d'un joli compliment prononcé presque à demi-mot. Aribeth esquissa un sourire tendre ; l'humble délicatesse du chevalier était très plaisante, simple mais adorable.

« Un peu les deux. Je compose moins que je ne chante mais ça m'arrive. C'est surtout des petites chansonnettes, rien de bien épique. C'est peut-être pour ça aussi que je désire si ardemment qu'il m'arrive des choses : pour écrire des chansons dignes de ce nom ! » Elle éclata d'un rire bref mais joyeux. « Une rencontre avec un Fer-né serait idéale, en effet. Avec un chevalier errant aussi remarque. Tu es l'interlocuteur le plus haut placé à qui j'ai parlé depuis mon départ ! » Peut-être bien le plus gentil aussi. Ça lui donnait envie de laisser tomber ses précaution, sa prudence et sa couverture. Juste, l'espace d'une soirée, tomber le masque et profiter de cette bulle de sincérité avec quelqu'un d'autre qu'Elliot. Mentir était fatiguant. Étouffer ses origines aussi. Elle se pencha un peu vers lui et confia d'un air de confidence : « Je t'aime bien, Pryam, chevalier errant. Alors je vais te dire un secret. » La Paludière approcha ses lèvres de son oreille et chuchota : « En vrai, je m'appelle Aribeth. Aribeth Saline. »

La jeune fille se recula, observant attentivement son voisin de table, guettant sa réaction.
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Message Sam 22 Déc 2012 - 20:17

     La révélation de la jeune femme au sujet de son affection pour les animaux mous était plutôt surprenante dirons-nous ! Le chevalier n'avait encore jamais rencontré qui que ce soit qui puisse tenir un pareil discours. Dire qu'il avait imaginé que la Nordienne qui l'accompagnait était très originale, en réalité à côté de ses comparses elle faisait pâle figure. À croire que les Sept – ou plutôt les Anciens Dieux vu qu'ils ne vénéraient pas les Sept – avaient glissé toute l'originalité de Westeros dans cette région ! Le chevalier ne masqua pas sa surprise en écarquillant légèrement les yeux, il y avait de quoi être étonné après tout, ce n'était certainement pas la demoiselle qui allait le lui reprocher ! Au final, il sourit en retour à celui que la demoiselle lui offrit, après tout c'était rafraîchissant de rencontrer une femme qui ne tombait pas en pâmoison devant un coursier Dornien ou une autre créature aussi « fabuleuse » d'après leurs dires. C'était avec ce type de discours que la jeune femme parviendrait à attirer l'attention sur elle et logiquement, pour une danseuse, c'était ce qui était bon pour sa carrière.

     Elle répondit ensuite à sa question à propos de ses talents, expliquant qu'elle avait effectivement plusieurs cordes à son arc. C'était encore une fois un bon point ! La demoiselle pourrait se faire engager plusieurs fois si elle avait diverses manières de pouvoir divertir ses clients. Enfin, de ce qu'il imaginait, mais sachant que Pryam n'avait que peu de connaissances en la matière, il n'allait pas s'en convaincre tout seul. Comme la Nordienne poursuivait en lui faisant savoir qu'elle rêvait d'aventure pour pouvoir écrire des chansons uniques, il ne put s'empêcher d'être amusé. C'était un choix compréhensible, mais si elle se faisait enlever par un Fer-né capricieux, il n'était pas certain qu'elle puisse écrire à nouveau un jour ! Cela dit, il y avait bien peu de chances de rencontrer des Fer-nés ailleurs que sur un navire à ce jour, les pirates avaient été éloignés des côtes de Westeros et la guerre prendrait très certainement bientôt fin. Le blond resta muet alors qu'elle reprenait la parole après un léger rire, déclarant qu'il était l'interlocuteur le plus haut placé qu'elle eut croisé jusqu'à présent. Vraiment ? Il devait bien y avoir des nobles désireux d'engager des ménestrels ou des danseurs dans le coin à n'en pas douter, surtout qu'il n'était – du moins d'après ce qu'il prétendait – qu'un simple roturier portant le titre de « ser ». Ce fut à ce moment elle lui déclara quelque chose qui lui fit se demander si elle n'avait pas un peu trop bu, mais lorsqu'elle se pencha vers lui pour lui révéler son identité, il changea d'avis. Une sincère surprise se dessina sur son visage alors qu'il la regardait, assez interloqué. Vraiment ? Une noble en fuite qui se faisait passer pour une roturière ? Voilà qui leur faisait un point commun ! Il chercha dans son esprit à situer la maison Saline, mais n'y parvint guère. Après un bref instant de silence, le Valois répondit.

     ▬ Ainsi donc je devrais vous appeler ma dame alors ? Je vous avoue que je n'y aurais pas songé, non que vous ne fassiez pas noble, mais vous avez une aisance avec la roture qui n'est pas commune aux nobles dames simplement. Du moins à celles qui avaient été éduquées dans une famille noble bien évidemment. Celles qui grandissaient loin de chez elles comme Serena possédaient cette particularité très visible. Saline dites-vous ? Je n'arrive plus à situer cette maison, le Nord me fait un peu défaut. Il fronça légèrement les sourcils avant de reprendre. Et pour quelle raison cacher votre identité ? Vous avez des ennuis ? »

     Il avait baissé d'un ton de manière à éviter que les personnes autour d'eux ne puissent entendre ce qu'ils se disaient. Au fond, cela ne changerait pas grand-chose, car il était peu probable que qui que ce soit s'intéresse à ce qu'ils pouvaient avoir à dire, mais mieux valait respecter la jeune femme. Elle lui avait fait confiance – bien qu'il ignorait pour quelle raison – en lui dévoilant son secret, il n'allait pas crier à tue-tête pour que tout le monde entende cette révélation ! Quelque chose lui vint alors à l'esprit en référence à ce qu'elle avait dit juste avant, ce n'était pas sérieux et l'humour n'était pas une qualité que le Valois possédait, mais il n'hésitait jamais lorsqu'il pouvait tenter de détendre l'atmosphère. Non qu'elle soit tendue, mais la rousse avait l'air d'aimer rire alors ma foi....

     ▬ J'espère que lorsque vous dites que vous m'aimez bien, ce n'est pas que je ressemble aux animaux mous dont vous venez de me parler. »

     Son ton léger indiquait bien qu'il ne parlait pas sérieusement. Même si son père lui répétait souvent qu'il était trop mou pour être un véritable chevalier, Pryam n'avait jamais pris ces remarques comme des insultes, contrairement à beaucoup de monde très certainement d'ailleurs. Puis au fond, qu'y aurait-il d'insultant à être comparé à un animal comme un escargot ? Toutes les créatures présentes à Westeros avaient une raison d'être là, sauf que certains semblaient moins importants que d'autres. Sachant qu'il se considérait comme secondaire, ce serait une bonne comparaison à bien y réfléchir. Après cette brève pause, il détourna son regard sur les environs pour s'assurer que personne ne les écoutait, puis reprit une dernière fois.

     ▬ Vous n'avez pas rencontré beaucoup de nobles seigneurs pour que je sois la personne la plus haut placée avec qui vous ayez conversé ? Je sais que ce n'est pas très aisé, ni commode, de pouvoir parler avec de telles personnes, mais certains sont plus abordables que d'autres. Il la regarda. Comme vous par exemple. C'était un compliment venant de lui. Et vous savez, avec toutes les batailles qu'il y a eu et qu'il y aura, vous aurez de quoi écrire sur des héros qui y auront pris part. Des héros secondaires par exemple si tous les ménestrels se concentrent sur les noms déjà connus, vous vous démarquerez du lot en allant parler aux combattants secondaires. Et croyez-moi, leurs histoires sont toutes aussi intéressantes que celles des héros, bien plus parfois ! »

     Bien sûr, ce n'était pas comme de vivre soi-même cette aventure, mais au fond, c'était mieux que rien, puis surtout largement moins risqué. Cela dit, la prudence ne semblait pas réellement intéresser lady Aribeth et il n'aurait guère été étonné de la revoir auprès d'un champ de bataille dans les mois à venir.


« La vraie noblesse s'acquiert en vivant, et non en naissant. »

 

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Dernière édition par Pryam Templeton le Ven 18 Jan 2013 - 15:02, édité 1 fois
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Message Jeu 17 Jan 2013 - 23:14

Elle ne su trop quelle mouche l'avait piquée quand elle se pencha sur Pryam pour lui révéler ce qu'elle n'avait dit à quiconque pendant environ un an et demi à errer sur les routes de Westeros. Un instinct, une pulsion. Le désir de parler librement à quelqu'un d'autre qu'Elliot peut-être, une confiance aveugle poussée par quelque pressentiment. Pryam n'avait guère le profil du bavard qui allait répéter le moindre de ses mots telle la dernière des commère. Et puis, étrangement, au lieu de ressentir de la crainte après avoir lâché le morceau, c'est le soulagement qui s'imposa. Aribeth détestait mentir. Habituellement, c'était même une piètre menteuse. Alors c'était juste... libérateur de pouvoir être sincère avec au moins une personne extérieure à son périple. En plus, même en le voulant, le chevalier n'avait guère les moyens de prévenir ses parents pour qu'ils viennent la chercher par la peau des fesses, morts d'inquiétude qu'ils devaient être.

Aribeth étudia attentivement les traits du Valois. Ce fut une sincère surprise qui se dessina sur son visage un peu juvénile. Elle le comprenait. Tout d'abord, ce n'était peut-être – sans doute pas – courant de croiser une personne de la noblesse qui se fisse passer pour une roturière, mais c'était probablement encore plus rare de trouver quelqu'un qui le fasse avec tant de crédibilité, surtout pour une femme. La Paludière était bien loin de convenir à l'image traditionnelle que l'on se faisait que la noble dame, surtout au Sud. Mais pour une personne du Neck, elle n'avait rien de si original. Comme quoi, cette notion était plus que subjective... Si auprès d'un Bieffois elle faisait figure de bête de foire, pour un Paludier elle était tout à fait normale. Soucieux de bien faire, Pryam lui suggéra de l'appeler « ma dame » et lui fit part de son étonnement quant à son rang, furtif qu'il était au milieu de la simplicité de son allure et de son comportement. La jeune femme émit un petit rire sincèrement amusé et protesta doucement : « Oh non, personne ne m'a jamais appelé « ma dame » et je crois que je pourrais rire au nez de celui qui s'y essaie ! Je n'ai jamais été une dame. Juste Aribeth. Un des plus beaux compliment qu'on m'ait fait a été de me dire que je courrais comme un garçon alors pas de « dame », pitié. » Elliot était à l'origine de ce compliment. Il le lui avait dit à Tourbetière, quelques mois après son arrivée, étonné par l'aisance de l'adolescente à gambader comme un cabris malgré ses propres origines Dorniennes. Aribeth reprit avec un sourire en coin. « Je doute que tu n’aies un jour entendu parler de la famille Saline. Je ne pense pas qu'elle fasse partie des maison dont on apprend les armes et les hauts faits. Je viens de Tourbetière, dans le Neck. Ça justifie peut-être aussi mon aisance à me faire passer pour une roturière : je n'ai pas été élevée pour être une dame. Je dirais même qu'aux yeux du reste de Westeros, même nos seigneurs sont des roturiers. On est à part, j'imagine... » C'est vrai que de son point de vue, le monde avait des allures de « le Neck et puis le reste de Westeros ».

Vint l'épineuse question : « Pourquoi ? ». Ma foi, sans mentir, elle ne pouvait pas non plus avouer toute la vérité... Elle n'avait pas beaucoup de pudeur, mais confier ses histoires de coucheries – si débordantes d'amour fussent-elles – ferait sans doute mauvaise impression. Il n'était guère séant d'avoir cédé sa virginité à un homme du commun avant son mariage pour une noble, aussi Paludière fut-elle. Quand elle y repensait, Aribeth se rendait compte qu'elle cumulait sur cette histoire, quand même... Cela dit, si c'était à refaire, elle referait tout pareil sauf qu'elle l'aurait peut-être crié sur tous les toits cette fois-là, en espérant égoïstement que Judicael aurait quitté sa femme pour elle. Mais c'était trop tard à présent, elle avait été la maîtresse éconduite de l'histoire, comme tout le monde – à part elle qui était tombée des nues – pouvait s'y attendre. Et puis après tout, elle n'avait rien à perdre et encore moins sa réputation. La jeune femme hasarda, choisissant bien ses mots : « Non, je n'ai pas d'ennuis. Je crois. Enfin peut-être si mes parents viennent à découvrir ce qui m'a fait partir. » Elle marque un temps avant d'achever, pensive : « Disons que je suis tombée amoureuse d'une personne « inappropriée », que nous avons presque été comme mari et femme, mais qu'il a finalement choisi sa véritable épouse et de tout arrêter. Ça m'a fait énormément de mal. Alors je suis partie pour... remplir les vides. » Aribeth adressa un petit sourire désolé et timide à l'adresse de Pryam. Il la prenait peut-être pour la dernière des traînées maintenant mais là encore, elle ne regretta pas d'avoir été honnête. Mentir sans cesse – même par omission – lui pesait trop à la longue.

Cependant, sa remarque suivante la fit pouffer de rire : « Non ! Mais si tel était le cas, ce serait un compliment dans ma bouche, alors ça compense, non ? Au moins un peu. Les animaux mous et « indésirables » ont leur charme. Ivy – elle désigna sa renarde du menton – est aussi une « nuisible » pour beaucoup de paysans : les renards dévorent les volailles. Mais est-elle laide pour autant ? Je ne trouve pas. Même les grenouilles ont de la beauté dans les paillettes métalliques de leurs yeux ou le vert profond de leur peau. Les escargots n'ont-ils pas de l'élégance dans la finesse de leurs antennes ou dans les dessins de leur coquille ? Moi je trouve qu'ils sont magnifiques aussi. Mais il faut juste faire preuve d'un peu plus de persévérance pour le remarquer. Ne trouver du charme que dans la beauté traditionnelle est la marque des paresseux et des aveugles. » Il y avait une note butée dans sa voix et dans son regard, dans le léger froncement de ses sourcils. Aribeth ne s'était jamais trouvée très jolie ou désirable à côté des autres femmes, qu'elles soient de son rang ou non. Elle ne se trouvait guère gracieuse, guère attirante ou guère jolie. Elle se trouvait comme la grenouille : elle avait son charme à elle, mais il était sûrement difficile à trouver comparé à toutes les pouliches qui trottaient autour. C'était sans doute pour ça qu'elle était là, à se jouer la vie sur les sentiers, plutôt que de trouver du réconfort dans les bras d'un amant, d'un mari. Ça et aussi sa bougeotte compulsive.

Aribeth tourna la tête vers Pryam, pensive. « Eh bien... Je ne me considère pas vraiment comme étant l'une des leurs. Même si ma famille est noble, je suis une Paludière du Neck alors je reste quand même une bouffe-grenouille qui pue la vase, tu comprends ? Et puis je ne me sens pas proche d'eux de toute manière... Mon mode de vie, mes aspirations,... Tout diffère. Et de part ma condition actuelle, je ne suis pas en mesure de rencontrer du beau monde. Je pense même qu'une partie de moi veut les éviter volontairement. Je préfère les regarder de loin, je suppose. Et puis qu'aurais-je à leur dire ? Je parle trop mais rien de ce que j'ai à dire me rapprocherait d'eux. Je suis bien trop mal éduquée de toute façon et mes parents n'y sont pour rien ! » La jeune femme émit un petit rire amusé avant de poser sur lui un regard pétillant. « J'aime beaucoup cette idée. Je vais creuser dans ce sens. Raconter l'histoire des grands oubliés c'est un thème qui me ressemble, je trouve. Et toi ? Tu pourrais me raconter ton histoire aussi, si ce n'est pas trop indiscret. Tu es libre de romancer ta vie à ta guise si tu en as envie. Je ne chanterai que ce que tu me diras. » La Paludière marqua un temps. « Peut-être même qu'un jour ce sera mes faits d'arme que je compterai. Car même si je suis une piètre guerrière, si ma famille se bat, je me battrai à leur côté. » Quitte à y laisser la vie. Mais dans ce cas, qui raconterait son histoire à elle, rouquine inconnue au bataillon ? Et Pryam ? Avait-on déjà conté son histoire ? Tout le monde méritait qu'on chante un peu de sa vie, pour qu'un peu de soi subsiste à travers les âges. Pourquoi était-ce toujours le grand seigneur qui était remémoré ? Le chevalier errant qui se battait loin de chez lui ou le paysan qui se rompait les reins jusqu'à la mort n'avaient-ils pas non plus du mérite ?
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Pryam Templeton
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Message Ven 18 Jan 2013 - 15:34

     Même si Pryam ne répliqua rien à la remarque de la jeune femme concernant son manque d'attrait pour le titre de noblesse qui lui revenait pourtant de droit, il hocha toutefois la tête pour faire savoir à la demoiselle qu'il avait bien compris. Pourtant les Sept savaient que le chevalier avait du mal à ne pas user de ce titre ! Même avec les roturières qu'il pouvait des fois aider le jeune homme usait du « ma dame ». C'était un réflexe, plus fort que lui. Ser Symond – son père – disait sans cesse qu'à trop employer un titre, ce dernier perdait tout son intérêt et qu'il pourrait vexer des nobles à les appeler de la même manière que la roture. Au fond, Pryam s'en fichait. Il préférait réjouir une femme du peuple en lui offrant ce titre que de flatter une noble dame à l'ego déjà suffisamment développé. Cela dit, il allait respecter la demande de la demoiselle et veillerait à user du « Aribeth » plutôt que de son titre. Lorsque cette dernière continua pour lui expliquer que la famille Saline était originaire du Neck, Pryam comprit mieux pour quelle raison est-ce qu'il n'en avait jamais entendu parler. S'il se souvenait bien, cette région était très particulière, non seulement à cause de ses marécages, mais aussi parce que bien qu'elle se trouvait dans le Nord, certains les considéraient davantage comme des Riverains. Enfin, la famille Reed qui était la plus connue dans le Neck, peut-être que cela n'était pas valable pour les familles vassales ? Toujours est-il que le jeune homme comprenait effectivement mieux sa manière d'être. Il était peu probable que les femmes du Neck se promènent dans de magnifiques robes ou ne soient éduquées comme les autres nobles de Westeros.

     ▬ Je comprends un peu mieux toutes vos particularités dans ce cas. Je n'ai jamais été dans le Neck, mais le peu que je connais à son propos me laisse penser que ce ne doit effectivement pas être aisé de s'y comporter comme une dame lambda de Westeros. C'est une bonne chose. »

     Enfin, à ses yeux du moins, mais n'étant pas noble lui-même, son avis était tronqué en grande partie. Après un bref instant d'hésitation, Aribeth expliqua finalement la raison qui l'avait poussée à quitter son Nord natal et cette raison était assez.... Surprenante dirons-nous. Pour un chevalier la fidélité et le mariage étaient deux choses immuables, Pryam n'aurait jamais pu imaginer se lier à une personne sans respecter ses vœux et par conséquent, c'était surtout un sentiment d'incompréhension qui naissait face à cette explication. Cela dit, la demoiselle n'était ni chevalier, ni originaire d'une région « normale » de Westeros, il n'ignorait pas que les Nordiens priaient les Anciens Dieux et peut-être que leurs croyances étaient différentes ? Sa vie était entièrement dictée par les préceptes de la chevalerie, mais cela ne signifiait pas que le blond avait des œillères pour autant. Son visage se marqua d'une expression d'hésitation, non sur le comportement à emprunter, mais sur la manière de répondre. Après quelques secondes, il inspira et la regarda dans les yeux de manière à ce qu'elle constate qu'il ne mentait pas.

     ▬ Je ne vais pas vous mentir en disant que j'approuve ce type de relation ou même que j'aurais agi de la sorte, mais ce sont les règles de la chevalerie qui me dictent mes pensées. Je présume que dans votre régions les croyances sont bien différentes et je serais tenté de dire que les sentiments ne regardent pas sur le rang ou la liberté de l'autre personne. J'imagine que vous deviez suffisamment avoir songé à tout cela au moment de vous décider. »

     Elle avait beau lui donner le sentiment d'être une personne relativement impulsive, pour les sentiments les choses devaient être bien différentes. Il aurait été bien incapable de parler d'expérience sachant que le seul amour qu'il avait éprouvé pour une femme à ce jour était celui qu'il avait pour sa sœur. De toute manière, ils n'étaient pas là pour disserter sur ce sujet et Aribeth se chargea seule de changer de registre en expliquant sa vision de la beauté. Dans un sens, elle rejoignait beaucoup celle du chevalier errant qui avait du mal à voir de la beauté dans certaines personnes pourtant très populaires auprès du sexe opposé. À ses yeux, l'aspect physique, bien qu'il était plus visible que le caractère, était de moindre importance comparé à ce dernier. Au fond, bien des femmes de la roture lui étaient apparues plus belles ou séduisantes que des nobles qui les surpassaient pourtant en artifices et en belles toilettes. Le ton de la jeune femme montrait qu'apparemment, elle devait avoir eu son lot de problèmes à ce niveau. Concernant le Valois, il n'était jamais importuner à ce niveau et se sentait donc pas franchement concerné.

     ▬ La perception de la beauté diffère beaucoup d'une personne à l'autre, nous n'avons pas les mêmes acquis et les mêmes attentes, nous ne pouvons donc pas aimer les mêmes choses. De plus, la beauté physique se dégrade avec l'âge, je pense qu'en faire un point important dans le choix de ses amis – ou plus – n'est pas vraiment un signe de durabilité dans une relation. Il haussa légèrement les épaules. La beauté vient plus d'un charme qui ne nécessite pas forcément d'être parfait sur le plan physique. Bien des roturières possèdent davantage de charisme que les nobles dames. »

     Cela dit, il n'était pas vraiment le mieux placé pour discuter de ce sujet. Il n'avait jamais trouvé de femme attirante au point de ne plus pouvoir en détourner les yeux et si tel devait être le cas, ce serait en raison de ce qu'elle dégagerait et non des traits qui dessinaient son visage. La discussion suivait tranquillement son cours alors que la Nordienne continuait pour expliquer qu'elle ne se trouvait aucun point commun avec les nobles et qu'elle doutait donc de pouvoir converser avec eux. Il était vrai que les sujets de discussion qu'ils avaient abordé n'étaient pas franchement ceux qui pourraient réellement intéresser quelqu'un d'une maison importante. Ou même d'une famille modeste de la noblesse de Westeros. Cependant, peut-être que certains verraient d'un bon œil d'avoir des sujets de conversation qui variaient un peu ? Pryam ne jetait pas la pierre à tous les nobles du continent, il y en avait aussi beaucoup – plus qu'on ne pouvait le songer – qui étaient très intéressants et conversaient sans hésiter avec les roturiers qu'ils croisaient. C'était malheureusement les « mauvais » que l'on retenait plus facilement, tout comme chez les chevaliers errants qui étaient réputés pour n'être que des mercenaires alors que nombreux d'entre eux étaient plus vertueux que des chevaliers affiliés à une maison. C'était le cas dans bien des situations. Il resta muet face à tout cela, après tout ce serait à la demoiselle de décider de ce qu'elle ferait, lui n'avait rien à dire. Alors qu'il avait porté son attention sur les environs tout en réfléchissant, la demoiselle aborda un sujet plus épineux pour lui, mais elle avait fait preuve d'honnêteté et il se sentait mal à l'idée de devoir détourner la vérité. Prenant quelques instants pour ordonner ses idées, le blond la regarda avant de répondre, un léger sourire aux lèvres.

     ▬ Il n'y a pas besoin d'être un excellent guerrier pour marquer les esprits. Je suis persuadé que votre histoire inspirerait bien des jeunes femmes. C'était sincère. Il n'y a rien d'indiscret à vouloir connaître une histoire. Je serais bien tenté d'enjoliver un peu pour rendre tout ceci plus intéressant, mais je ne suis pas franchement doué en la matière. Au contraire même en réalité, raconter des histoires le dépassai et il s'emmêlait rapidement. En fait disons que je n'avais pas les mêmes ambitions que mon père et que nous avons été en désaccord. C'est un bon chevalier très apprécié des seigneurs de ma région, il voulait que je sois comme lui, mais je ne voyais pas l'intérêt d'aider des personnes déjà bien entourées. Pour moi les vœux des chevaliers leur demandent d'aider les gens dans le besoin, alors suite à une dispute avec lui, j'ai estimé qu'il était préférable pour nous deux de nous séparer vu que nos intérêts divergeaient trop. Il ne cita aucun nom, par respect pour son père. Et depuis, il n'y a rien de bien intéressant à dire, je suis devenu un simple chevalier dont personne ne connaît le nom et cela me convient parfaitement. Je n'ai pas de rêve de grandeur, contrairement à mon père, l'anonymat a toute mon affection. Son sourire s'accentua légèrement. Ce manque d'ambition avait toujours agacé son père au plus haut point, mais il se sentait libéré de beaucoup d'inquiétudes. Ne vous êtes-vous jamais dit que certains pouvaient naître dans les mauvaises familles ? »

     Une bien étrange question, mais au vu de leurs histoires respectives, elle était parfaitement justifiée.


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