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« La Nuit Allume Toutes les Etoiles »

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Bryn Penrose
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Dame des Parchemins et Rat de Bibliothèque

"A reader lives a thousand lives before he dies. The man who never reads lives only one."

♦ Missives : 488
♦ Missives Aventure : 43
♦ Age : 27
♦ Date de Naissance : 01/03/1990
♦ Arrivée à Westeros : 29/08/2012
♦ Célébrité : Mia Wasikowska
♦ Copyright : me
♦ Doublons : Seamus Ouestrelin, Logan Grafton
♦ Age du Personnage : 17 ans
♦ Mariage : Aucun
♦ Lieu : Villevieille, Bief
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Message Mer 5 Déc 2012 - 2:17


La nuit allume toutes les étoiles
Spoiler:
 

[...] Il est des choses qu’il nous est impossible d’expliquer. Certaines décisions sont mystérieuses, certaines actions impénétrables. Même les plus instruits et les plus raisonnables, n’échappent aux élans impulsifs du cœur et de l’âme.
Ma chère famille, je suis désolée.


Bryn posa sa plume et souffla délicatement sur l’encre encore humide. Elle plia le parchemin, le scella avec de la cire bleue, puis posa soigneusement la lettre sur son lit. Elle avait tout préparé. Son paquetage était posé prêt de la porte. Elle s’empara de sa cape sombre, l’attacha autour de ses épaules puis inspira profondément afin de calmer son cœur qui menaçait d’éclater dans sa poitrine. Elle s’accouda une dernière fois à son bureau parsemé d’une infinité de taches d’encre puis scruta le paysage nocturne qui se dessinait au travers de sa fenêtre. La lune n’était qu'un très mince croissant, combattant la noirceur abyssale de la nuit de peur de se faire dévorer. Une ou deux lumières brillaient encore dans l’aile Est du château, le reste dormait dans un silence complet – aucun loup hurlait, aucune chouette ne gémissait, le vent s’était tut et même la mer semblait trop fatiguée pour continuer son incessant tapage. Le monde dormait et c’était comme le sommeil de la mort.
Nos actes reflètent qui nous sommes... Mais qui serais-je l’aube venue ? Elle enfouit son visage entre ses mains et laissa échapper un sanglot. Elle ne s’autorisait jamais à pleurer. Cette fois pourtant il lui était impossible de retenir ses larmes. Les délicates gouttes lui coulèrent le long des joues et vinrent se nicher dans les coins de sa bouche où elle goûta leur amertume.
« Evan... Qu’as-tu donc fait ? »

Il y a trois jours, Evan s’était infiltré dans sa chambre. Il fallait qu’il quitte les Parchemins avait-il dit. Il l’avait suppliée de venir avec lui, de quitter la vie qu’elle-même disait ne lui convenait pas. Toutefois, malgré la vérité de ses paroles, elle refusa. Après tout, comment pouvait-elle lui faire confiance après toutes ces années de silence ? Leur amitié était devenue muette et soudain, son ancien meilleur ami apparaissait dans sa chambre dans l’espoir qu’elle s’enfuit avec lui sans même lui donner ses raisons. Evan était certain qu’elle allait accepter. Son refus l'attrista profondément, mais il lui promit de l'attendre malgré tout pendant trois jours dans une auberge où ils avaient séjourné à leur retour de Port-Réal.
Le même soir, il tenta de s’échapper mais son indiscrétion attira l’attention de deux gardes. Le jour suivant ils l’apportèrent à Lord Henry Penrose qui était prêt à lui pardonner son erreur jusqu’au moment où il apprit par une servante qu’Evan avait également tenté d’emporter Bryn avec lui.
L’atteinte à sa fille bien-aimée mit Lord Penrose dans tous ses états. Bien qu’il soit connu pour son ouverture d’esprit et sa personnalité bienveillante, il enferma Evan dans les donjons en guise de punition. Le frère de Bryn n’approuvait nullement de la décision de son père et son âme rebelle l’incita à aider le jeune chevalier à s’enfuir. C’était il y a deux jours.
Contrairement à ce à quoi elle s’attendait, Bryn fut dévastée d’apprendre que son meilleur ami s’était échappé. Certains diraient qu’elle avait le cœur et l’âme brisés, mais la jeune Penrose s’avérait être totalement ignorante lorsqu’il s’agissait d’affaires de cœur et de sentiments. Peut-être qu’elle éprouvait un profond amour pour ce chevalier rude et bourru mais sa raison ne voulait rien entendre.

Bryn se retourna sur sa chaise pour examiner sa chambre une dernière fois : des livres sur les murs, des livres sur les étagères, des livres sur le lit et des livres sur le sol. Tout ce savoir réuni dans sa petite tête et elle ne comprenait toujours pas pourquoi elle était sur le point de commettre la plus grande erreur de sa vie. Pour quelle raison est-ce que les Sept nous ont-ils crées ? Pourquoi nous efforçons-nous de suivre une conduite dictée par des divinités qui ne sont en réalité que des idées abstraites ? Si les Dieux existaient réellement, nos désirs et nos actions seraient le fruit de leurs machinations. Mais la décision que je suis sur le point de prendre, est-ce un piège destiné à divertir les Dieux, ou est-ce une décision justifiée par mes désirs et ma nature ? Lorsque l’on n’a pas foi en la religion, on essaie de suivre sa raison. Mais il n’y a rien de raisonnable à ce que je compte entreprendre. Elle savait qu’elle ne devait pas quitter le château. Elle savait que c’était un plan voué à l’échec et elle savait que seulement le malheur en résultera. Cependant, la douleur de ne plus jamais revoir son ami était trop grande et elle savait qu’elle ne se le pardonnerait jamais si elle ne le reverrait plus.
Elle n’arrivait pas à croire qu’elle était sur le point de quitter les Parchemins. C’était là qu’était son foyer, ses amis, sa famille. Pourtant ses autres convictions la tourmentaient si farouchement qu’elle n’était pas prête de revenir sur sa décision. Les livres et les lettres, les pages sèches de ses manuscrits poussiéreux... Tout cela était noyé par l’inquiétude pour son meilleur ami qui s’était enfui sans laisser la moindre trace. Pour une fois elle était prête à écouter pleinement son cœur.

On toqua à la porte. Bryn se leva, effleura une dernière fois le bord de son lit puis s’empara de ses affaires avant d’ouvrir le loquet.
« Es-tu prête Bryn ? » Lily était une de ses servantes mais également sa confidente et surtout son amie. C’était une jeune femme, grande et aux formes généreuses. Ses cheveux bruns et raides lui tombaient mollement sur les épaules et encadraient sagement son visage rond et sincère. Bryn acquiesça en baissant légèrement la tête de peur que Lily n’aperçoive ses yeux noyés par des larmes.
Elles traversèrent les Parchemins dans l’ombre et sur la pointe des pieds de peur que quelqu’un les entende. Après tout, le château était très habité en ce moment et le moindre grincement pouvait résonner infiniment entre les murs nus de ses couloirs en pierre. Enfin, elles atteignirent l’armurerie où se trouvait également la porte arrière du château. Au passage, Bryn s’empara d’une dague et d’un canif. On ne sait jamais...
« Souviens toi, descend jusqu’au premier niveau et attend à côté du tisserand qui se trouve en face de l’auberge du poisson poilu. Elle lui tendit un foulard rouge. Tiens, porte ça autour du cou. On viendra te chercher pour t’emmener à la route royale entre Accalmie et Port-Réal.
_Merci Lily. J’espère que nous nous reverrons. Son amie souleva délicatement son menton.
_Ne pleure pas Bryn. La peur peut te dévorer l’âme. Elle lui sourit et Bryn la prit dans ses bras.
_Adieu Lily.
_Adieu Bryn. »

Il faisait frais malgré l’absence de vent. Les Parchemins étaient comme baignés dans l’encre. Même le village était muet à l’exception d’une ou deux auberges. Tout était de pierre ici : les maisons, les murs, les rues... Pourtant c’était un décor agréable qui lui était familier et qu’elle tenait à cœur. Afallon Penrose disait que c’était le plus château de tout Westeros. Il ne fallait pas avoir vu grand chose du monde pour savoir que les Parchemins était une forteresse splendide et une prouesse architecturale. Une fois qu’on y était on ne voulait plus partir...

Elle finit enfin par atteindre le tisserand dont avait parlé Lily. C’était un petit magasin au coin d’un carrefour. L’insigne représentait une aiguille dorée sous laquelle était inscrite le nom de l’établissement : Tobin le Tisseur. En face se trouvait le Poisson Poilu, une vieille auberge mal fréquentée qui, et Bryn le savait, faisait pourtant une excellente tarte à la pomme. Des cris joyeux s’échappaient de la taverne. Soudain on entendit des chopes se briser et des cris retentirent. Même à cette heure-ci certains parvenaient à déclencher des rixes. Cela fit sourire la jeune Penrose malgré elle mais ne put étouffer son angoisse. Et si personne ne venait ?...




Dernière édition par Bryn Penrose le Mer 6 Mar 2013 - 12:23, édité 2 fois
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Message Sam 8 Déc 2012 - 19:22

Ses pas le menèrent sans surprise devant l’enseigne du Poisson Poilu tandis que les derniers rayons de soleil avaient laissé place à l’obscurité de la nuit. Le jeune homme au visage sombre et fermé demeura quelques instants sur place, immobile. Provenant d’une pluie éphémère, quelques gouttes terminaient de ruisseler le long de sa cape pourpre et de son armure de cuir souple, et d’entamer son moral par la même occasion. Kerigan renifla un bref instant puis essuya quelques traces de sang sur sa main gauche à la vue de celles-ci. Etait-ce le sien ou celui d’un ou d’une autre ? Lui même n’aurait su répondre à cette question sur le moment. Le Bois du Roi regorgeait de brebis galeuses, estampillées voleurs de grand chemin ou criminels, et de ce fait, d’opportunités intéressantes pour un reître, financièrement.

Les Parchemins représentaient un point de chute intéressant au vu de leur position stratégique dans la région. Stratégique pour ne pas avoir à se taper deux jours de marche supplémentaire pour lever une chope de vin vers ses lèvres et éponger le tout avec du pain frais et une assiette de viande à l’odeur savoureuse. Cela faisait d’ailleurs quelques jours qu’il errait dans le village, attendant le moment opportun pour réaliser son prochain contrat. Une jeune et grande femme était venue à sa rencontre après que le natif de Torth ait ramené un homme recherché par un nobliau standard sans qu’il ne connaisse la moindre bribe de ses griefs envers lui. Elle ne voulut se présenter sur le coup mais Kerigan se doutait tout de même qu’il s’agissait d’une servante. Ce n’était pas la première fois qu’un ou une rôturière s’employait à jouer les entremetteuses pour demander un service pour sa lady ou son lord. Quand on naît avec une cuillère en argent dans la bouche, on a aussi besoin des petites mains pour faire les trajets entre l’écuelle et la personne de haute naissance, non ? Bizarrement, ils ne ressentaient pas encore le besoin de copuler par procuration…

Oui, l’aversion du reître envers la noblesse était tenace et le fait de réaliser des affaires avec les personnes de cette caste ne le rendait pas plus enclin à changer ou à tempérer ses opinions. Soudain, il se décida à traverser la ruelle pavée et pousser la porte, grinçante comme une vieille peau beuglant sa colère contre ses progénitures. Au premier abord, rien ne troublait le jeune homme aux cheveux, d’une teinte indéchiffrable au vu de leur propreté contestable, chatouillant sa nuque. Les piliers de taverne étaient déjà là. Ils se reconnaissaient assez facilement à vrai dire, toujours en train d’occuper les places stratégiques de l’établissement avec quelques chopes en face d’eux. Et puis le reître découvrait de joyeux lurons profitant de l’instant présent en échangeant des sourires et entretenant une discussion apparemment attrayante. De son côté, Kerigan se posa à une table inoccupée. Il demanda aussitôt une chope de vin accompagnée du nécessaire en barbaque et en fromage. Son air incommodant attisa la curiosité de quelques personnes autour de lui, lançant des coups d’œil furtifs à son encontre, avant qu’il ne devienne partie prenante de cet environnement, observateur idéalement placé de deux rixes habituelles entre poivrots.

Lorsqu’il se sentit rassasié, il paya son dû avant de retrouver l’air libre et le silence des Parchemins. Le changement d’ambiance se révélait brutal mais apaisant. Il était désormais temps de se mettre en action telle une ombre de la nuit, maintenant qu’il avait contenté son estomac. Cependant, il allait devoir trouver la personne à escorter jusqu’à la Route Royale. Et, comme prévu, il retrouva une jeune fille disposant d’un foulard rouge autour du cou et se trouvant sous l’enseigne représentant une aiguille dorée. Vu l’heure, il ne pouvait guère avoir de doutes. D’une démarche assurée et rapide, il se dirigea vers elle, avant de marquer le pas à proximité immédiate tout en expirant bruyamment par les narines. Un silence s’installa avant qu’il ne prenne la parole de sa voix un brin caverneuse.

« Alors c’est vous la voyageuse de nuit….Vous comptez faire quoi avec ça ? Tailler du lièvre sur la route ? C’est bien d’avoir une dague mais c’est mieux avec un fourreau. Dans la forêt, le fer luit aux yeux des brigands comme une putain aux yeux des ivrognes….Sur ce j’espère que vous avez toutes vos p’tites affaires parce que je ne suis payé que pour un trajet sans retour. »

Cette dague était la première chose qu’il avait vue, après son foulard rouge ridicule qui lui donnait un air de petite biche innocente et naïve, ce qu’elle était probablement. Mais, Kerigan n’était pas là pour la juger, juste pour l’escorter. Peu importe si elle était intimidée ou pas. Alors, il se reconcentra sur l’essentiel tant qu’il le pouvait. Le regard sombre, il se tourna vers la sortie du village en point de mire.

«En route.. »

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Message Lun 10 Déc 2012 - 22:58

Le destin semblait d’humeur moqueuse : Bryn avait souhaité de toutes ses forces que la personne qui allait l’escorter jusqu’à sa destination n’allait pas être l’individu qui sortit du Poisson Poilu. Il vint l’aborder malgré tout. C’était un grand homme, musclé et à l’air un peu bourru. Son odeur laissait à désirer et il n’y avait aucune chaleur dans ses manies Que veux-tu ? Tu n'as pas affaire aux dames parfumées des Parchemins. Pas qu'elle aurait aimé les revoir, au contraire, la perspective de faire face à leurs moqueries et sournoiseries était pire que déplaisante. Mais Bryn devait avouer qu’elle avait un peu peur de cet inconnu et son angoisse l’incita à agripper la poignée de son poignard. Mais la remarque de l’étranger la rappela à l’ordre. Il avait raison, s’aventurer librement avec une dague scintillante à ses côtés n’était pas la meilleure façon de passer inaperçue. Elle retira donc son foulard puis couvrit son arme avec. Ils se mirent en route aussitôt.

Ils quittèrent le croisement pour traverser la rue principale qui menait jusqu’à la sortie de la ville. Autant qu’elle en avait envie, Bryn ne se retourna pas pour poser un dernier regard sur les Parchemins. Je risquerais de changer d’avis. L’ombre les engloutit peu à peu et les pavés sous leurs bottes se dissipèrent une à une. Les étoiles scintillaient gracieusement telles des perles tissées sur une étoffe obscure et la voie lactée tranchait le ciel de son aura laiteuse ; c’était une tapisserie à couper le souffle.
Un vieux conte lui vint soudainement à l’esprit. Lord Henry Penrose la lui avait lue à plusieurs reprises. C’était l’histoire d’un chevalier errant qui traversa la mer du crépuscule pour trouver la lisière du monde.

La nuit est un torrent qui submerge nos terres. Elle coule depuis les cieux en gouttes obscures, teinte nos plaines et voile nos forêts avec silence somptueux. De velours et de soie, c’est un paysage délicat où règne le sommeil et la passion des amants. Sous milles astres et météores nous séjournons, d’éphémères voyageurs aux âmes enflammées espérant qu’un lendemain vienne nous sauver de notre morne destin et nos vies assoiffées.

Il semblait tout naturel que ce passage lui vienne à l’esprit. Après tout, n’avait-elle pas toujours souhaité faire l’expérience d’une vie aventureuse ? Mais il est facile de s’imaginer les choses. Les vivre est une autre affaire... Cet extrait éveilla également le souvenir de son père. Elle pouvait voir le Seigneur des Parchemins, le cœur brisé et les yeux en larmes à la lecture de sa lettre. Je suis une fille cruelle qui ne fait que jouer avec les sentiments des autres.
Elle frissonna puis rajusta la cape qui lui couvrait les épaules. Ils descendaient la route au haut de laquelle se dressait le château des Parchemins et le vent se faisait plus fort et violent dans cet espace grand ouvert. La végétation n’était pas dense si proche de la mer et se réduisait à quelques buissons et crocs-de-sorcière. Le sol était un mélange de terre et de sable qui ne manquait pas à vous aveugler quand le vent soufflait de toutes ses forces. On pouvait toutefois apercevoir la sombre silhouette du bois-du-roi qui s’étalait plus loin dans les ténèbres.
« Est-ce que j’ai fait le bon choix ? Sa voix était petite et pensive. On pouvait y déceler une pointe de tristesse et de mélancolie, quelque chose comme de la peur et beaucoup d’incertitude. Excusez-moi, il est difficile de se séparer de ce qu’on a toujours aimé tout en ayant la certitude qu’on ne reviendra jamais. » Bryn se sentait soudainement très vieille et très stupide. Comme si elle avait vécu de nombreuses années mais qu’elle avait choisit d’ignorer le flux d’expérience et de savoir. Elle avait l’impression de jouer la sourde oreille, fermer les yeux face à son devoir, son honneur et surtout sa famille. Je ne suis qu’une petite fille qui ne sait pas ce qu’elle fait. Pourtant elle continua de marcher, s’interdisant de contempler une dernière fois son château bien-aimé. Un jour je paierai pour mon imbécillité. Mais avant, j’ai ma vie à vivre.
Bien qu’elle prouvait être particulièrement autosuffisante, elle avait soudainement besoin d’une âme réconfortante. Peu importe si c’était un roi, une septa ou un reitre. Elle venait juste de prendre la décision la plus importante de sa vie et ne pouvait garder ses pensées pour elle-même.
Elle jeta un discret regard à son guide. Il semblait avoir vécu son lot de péripéties. Le regard grave, la tête rivée vers leur destination... Il semblait incarner la détermination même. Peut-être qu’elle devrait prendre son exemple. Elle accéléra le pas pour tenir la cadence.
« Je m’appelle Bryn au fait. Jeune fille perdue et impudente. J’imagine que vous en savez davantage sur les complexités de la vie que moi, que vous avec parcouru les plaines, l’océan et les montagnes... Dites moi, que feriez-vous si vous aviez à choisir entre votre meilleur ami et votre famille ? » Le chemin allait être long, peut-être était-ce l’occasion de faire plus ample connaissance. Elle avait toujours aimé fréquenter les hommes d’armes et gardes aux Parchemins. Ils étaient plein d’histoires, incarnant la vie tumultueuse que Bryn aurait tant aimé vivre. Mais elle n’avait jamais rencontré quelqu’un comme son escorte auparavant.


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Message Dim 30 Déc 2012 - 13:56

Ils voyageaient sur cette petite route improvisée par les multiples flux de circulation ayant eu raison de la végétation, bordant la mer. La circulation était nulle. Pas de chars à boeufs, de vieilles gens ou de petits bonhommes à l'horizon. Et l'Orageux se sentait relativement serein alors qu'ils s'engageaient à parcourir les ténèbres de la nuit, en direction de la Kingsroad. Bien entendu, le danger y demeurait tapis et imprévisible. Toutefois, ce ciel parsemé d'étoiles scintillantes mêlé au doux et sempiternel rugissement des vagues butant sur les rochers de la côte parvenait à décupler cette sensation enivrante de liberté, constituée de ces petites choses de la vie, futiles pour certains car elles leur paraissent soit acquises soit inutiles.

Kerigan avait volontairement ralenti son allure - sans flâner non plus - et pas seulement pour sa protégée. Après tout, la nuit était déjà bien entamée et il ne gagnerait pas grand chose à effectuer sa part du marché plus rapidement. Seulement, il ne s'attendait pas à ce que ce rythme lui laisse l'opportunité de se torturer de questions existentielles. Ses pensées cyniques demeurèrent pour lui même. Le natif de l'Orage n'allait pas s'immiscer dans ses affaires, ses interrogations. Il ne se comportait pas de la sorte parce qu'il méprisait ces êtres investis d'un certain pouvoir à la naissance. Non. Selon lui, la vie est faîte de choix et s'aider de la dichotomie entre le bon et le mauvais choix n'était qu'une ruse visant à rassurer sa conscience. Quelques mots parvinrent cependant à percer son silence, peut être un peu amadoué par le côté candide de l'Orageuse.

"Vous savez, il n'y a pas grand chose de facile, pour vous comme pour moi. S'en est juste une de plus."

Sa réplique n'avait pas été agressive, ni amère et caustique comme tout à l'heure devant le Poisson Poilu. Il venait de s'énoncer comme un homme évoquant une vérité générale. Etait-ce le meilleur moyen pour dissiper ses inquiétudes ? Il n'en savait rien. Il reprit sur le même ton lorsqu'elle lui posa sa question, après un haussement de sourcil soupçonneux, un brin distant, suivi d'un léger sourire témoignant de sa surprise.

"De toutes les personnes peuplant Westeros, mestres en tête, il fallait que vous posiez cette question à un reître, c'est inhabituel. Ma réponse ne vous satisfera peut être pas mais si je me sentais forcé de choisir, je ne choisirai aucun des deux, ce serait un signe de faiblesse."

Bien entendu, il ne pouvait se transposer dans sa situation. Ils n'étaient pas nés dans le même milieu. Kerigan devrait de plus choisir entre un père absent et parfaitement inconnu, une mère dont il se souvenait à peine et le meilleur ami qu'il n'a jamais eu. Cela n'avait guère de sens mais d'un autre côté, il était de ce fait parfaitement conditionné à suivre sa voie, indépendant, et non celle de quelqu'un d'autre. Il tourna la tête vers la jeune Penrose de nouveau, se remémorant ce qu'elle venait de dire.

"Et ne dîtes jamais que vous êtes perdue. Vous le paraissez suffisamment assez vu à quel point vous avez le regard vissé soit sur vos chausses, soit sur l'horizon. De deux, les types comme moi chercheraient à en profiter. Dîtes plutôt que...vous êtes en chemin."

Le reître s'étira ensuite la nuque et les épaules dans un mouvement de décontraction. Par les sept, cette partie du corps subissait un supplice continuel à force de supporter tout ce barda. Très probablement, la faute à un esprit buté qui refuse de monter à cheval.

"Sans indiscrétion, vous vous attendez à quelle vie...avec votre meilleur ami ?"

Sa voix rauque avait émis une question assez ouverte. Elle était parvenue à susciter sa curiosité même si il n'était pas un homme avec lequel on peut rapidement nouer une complicité. Mais, il s'agissait aussi d'une bonne surprise pour Kerigan, il n'imaginait certainement pas converser avec une jeune femme de la noblesse, de choses que lui même avait vécues différemment, lorsque sa servante en était venue à requérir ses services.
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Message Mar 1 Jan 2013 - 20:52

Maintenant qu’on lui posait la question, la situation prenait une nouvelle dimension. Elle ne s’était pas demandé à quoi elle s’attendait, tout ce qu’elle voulait c’était rejoindre Evan afin de l’accompagner. Ou peut-être qu’elle cherchait à échapper à la vie de jeune dame, où les obligations et contraintes quotidiennes l’empêchaient de vivre une autre vie, comme on empêche un oiseau de voler en l’enfermant dans une cage.
« L’opposé de la vie que je viens juste d’abandonner. Elle se surprit à lui adresser un sourire sincère, bien qu’elle ne savait s’il parviendrait à saisir ses traits en pleine nuit. Si cela signifie dormir dans la crasse, manger des insectes et s’égratigner les genoux, tant mieux ! » sa voix avait reprit ce ton quelque peu enjoué et espiègle qu’elle avait l’habitude d’adopter. Son interlocuteur semblait quelque peu surpris de sa déclaration. Elle accéléra un peu le pas pour le rattraper, puis dit sur un ton quelque peu défiant « Oh... vous ne pensiez quand même pas que j’étais du genre à tisser, danser et boire tout en discutant joliment si ? Ces activités ne l’avaient jamais inspirée... Elle aurait préféré se battre à l’épée ou tirer à l’arc. Mon père m’a interdit de boire après que j’ai accidentellement mis le feu au château d’Accalmie... » Elle émit un soupire ennuyé. Ses parents ne s’entendaient pas particulièrement bien mais ils supervisaient tous deux attentivement l’éducation de leur jeune fille. Peut-être pas de la même manière, mais d’une façon tout aussi stricte. Toutefois, en ce qui concerne cette dernière anecdote, il faut donner raison à Lord et Lady Penrose, étant donné que la petite Bryn avait effectivement semé la zizanie dans la demeure de Lyonel Baratheon, aux côtés du fils de celui-ci, Ser Harbert. Un petite goutte d’alcool avait été assez pour mettre la jeune Penrose dans une bonne humeur débordante et elle avait sans faire attention allumer la fameuse forteresse des Terres de l’Orage. Heureusement, le brasier fut rapidement éteint, mais Bryn en tira tout de même son lot d’ennuis. Enfin, parler semblait alléger le fardeau qu’elle portait sur les épaules et lui redonnait un peu de chaleur dans cette nuit glacée...

La route continuait, toujours plus froide et toujours plus sombre. Bientôt, la colline où dormait les Parchemins n’était plus qu’une ombre obscure sur un ciel étoilé. Ils s’approchaient du Bois du roi et la route qu’ils suivaient était devenue plus large. Le sol sableux devint de plus en plus dur, et se transforma peu à peu en un océan d’herbe, ruisselant au moindre coup de vent. Le silence qui régnait jusque là entre les deux protagonistes pesait quelque peu la jeune Penrose et elle décida de reprendre la parole afin d’alléger l’atmosphère.
« J’imagine que je vais devoir me faire passer pour quelqu’un d’autre. Se présenter ouvertement comme une jeune Lady est probablement dangereux dans les lieux où s’aventurent des roturiers ivres et des reitres barbus... Elle se tut, réalisant soudainement que son accompagnateur pouvait être compris dans cette dernière catégorie. Euhm... oui... des routes à suivre avec des êtres barbus. » Dans l’espoir elle mettait l’accent sur les mots qu’elle avait déformés, puis se mordit la lèvre inférieure avant de secouer la tête. Tu racontes n’importe quoi ! Tais toi avant de te prendre un poing en pleine figure !
Perdue dans ses pensées, Bryn fonça soudainement dans son accompagnateur qui s’était soudainement arrêté et faillit tomber par terre.
« Eh ! Faites attention ! lâcha-t-elle en se frottant le front. Un peu déboussolée elle jeta un coup d’œil au reitre qui avait les yeux rivés vers l’avant. Qu’est-ce que c’est ? » Dans l’ombre se dessinait une silhouette rectangulaire qui barrait la route. Bryn fronça les sourcils, s’efforçant de saisir ce que c’était.
« Une charrette ! Qu’est-ce qui s’est passé ici ? » En effet, le véhicule était renversé et à moitié brisé. Il manquait une roue et les chevaux avaient disparu. La jeune Penrose s’avança vers la scène. Peut-être que c’était la charrette d’un paysan et que celui-ci l’avait abandonné en pleine route après qu’elle se soit détruite... Elle fit quelques pas, puis marcha sur quelque chose de mou. Ses yeux se baissèrent. Son coeur s'arrêta de battre, puis elle émit un petit cri emplit d’horreur.
« Un homme... un homme... » Elle fit deux pas en arrière, puis resta là, médusée. Sur le sol gisait un cadavre, la tête enfouie dans la boue teintée de sang. Le monde devint soudainement une jungle terrifiante. Des fantômes se cachaient derrière chaque tronc d’arbre et des tarasques se terraient dans les hautes herbes.
Bryn se mit à trembler légèrement, elle réussit à tourner la tête de gauche à droite. Elle n’aurait sut dire ce qu’elle cherchait, mais elle avait l’étrange impression qu’ils n’étaient pas seuls...

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Message Ven 4 Jan 2013 - 16:26

Il la considéra un instant sans même fixer son regard dans le sien. Son visage barbu et émaillé de quelques coupures n'entreprit aucune initiative dans le but de ne pas afficher la moindre émotion. Paraissant d'une neutralité parfaite, le reître ne comptait effectivement pas s'immiscer dans ses choix de vie. Ce n'était ni dans ses attributions, ni dans ses envies du moment. Et puis, seule sa propre expérience allait avoir de l'importance. Mais, comment pouvait t'elle être persuadée de pouvoir, du jour au lendemain, vivre le quotidien du plus rustre des roturiers ? Il s'agissait peut être de l'espérance de la jeunesse qui lui murmurait ce besoin de liberté, d'une nouvelle vie.

"Dormir dans la crasse et manger des insectes ? C'est comme ça que l'on vous a évoqué la vie en dehors de votre château ? Et pourquoi pas apprendre le brame du cerf pendant que vous y êtes ?"

Le natif de l'Orage prit un air légèrement railleur. Il ne pouvait savoir si elle devait s'attendre à un mode de vie de ce genre ou si il ne s'agissait que de préjugés comme il le pensait. Tous les roturiers ne disposaient pas des mêmes moyens. Il n'était qu'un des nombreux exemples parsemés dans tout Westeros. Jamais il ne manquait l'occasion de s'arrêter à la taverne, de manger une belle écuelle de volaille trempant dans une sauce aux champignons ou encore un morceau de fromage accompagné d'un quignon de pain, avant de sombrer de sommeil dans une chambre du même établissement. Sinon, le reître anticipait et s'appropriait quelques provisions en vue de passer une ou plusieurs nuits dans la nature. La petite anecdote sur la manière avec laquelle Bryn aurait pu faire flamber Accalmie ne le dérida pas davantage même si il se permit d'ajouter le fond de sa pensée ensuite. Ses yeux, d'une nuance indissociable de gris et d'azur, se tournèrent vers la jeune Penrose subitement.

"Non mais je pensais en premier lieu que vous étiez du genre à être un peu gauche..."

Kerigan n'avait pas hésité un seul instant. Sa voix gutturale, quant à elle bien moins subtile, vint sciemment accentuer sa réplique cinglante. Pourtant, il en venait à apprécier sa compagnie même si selon lui il n'y avait aucune place pour ce genre de futilité. Elle représentait simplement un contrat, son gagne-pain du moment. Le reître se concentra ensuite de manière à surveiller les alentours. L'environnement changeait progressivement à mesure qu'ils s'approchaient du Bois du Roi. Le fracas des vagues sur les rochers avait laissé place au bruissement des feuilles des arbres et des hautes herbes. Le ciel demeurait d'une clarté pure et apaisante, laissant apparaître des étoiles scintillant de leur plus bel éclat, pendant qu'eux foulaient et parcouraient l'obscurité. Les quelques bourrasques complétaient cet environnement et parvenaient à rendre ce moment vivifiant pour l'Orageux. Mais, il fallut qu'elle reprenne la parole. Roturiers ivres et reîtres barbus ? C'est ce qu'il avait bien compris même si elle tenta de se reprendre in extremis par la suite. Cette allusion et la gêne qu'elle manifestait semblaient l'amuser dans un premier temps mais il préféra répondre sérieusement à ses interrogations...tout en lui rendant la monnaie de sa pièce.

"Probablement dangereux, hein ? Vous êtes un peu gauche mais vous êtes perspicace...Vous devriez vous inventer une nouvelle identité : nom, terres d'origines, famille. Jetez tout ce qui est susceptible de porter le blason de votre maison. Recouvrez votre tête d'un chaperon pour davantage de discrétion et préférez parler peu. Et, ne quittez jamais votre dague. Avec tout ça pour commencer, vous avez de quoi vous éviter quelques bégaiements gênants et des situations inconfortables devant...ces reîtres barbus."

Il ne pouvait lui apporter davantage que des conseils. Seulement ceux-ci furent écourtés par une impression étrange, un soupçon d'inquiétude ayant parcouru son échine. Ses sourcils se froncèrent tandis que son épée quitta discrètement le fourreau dans laquelle elle était logée jusqu'alors. La charrette renversée sur la route ne faisait que confirmer que le danger se tenait à proximité. "Chut !" répliqua t'il sèchement et brièvement aux commentaires de Bryn. Il n'y avait rien de plus agaçant dans ce genre de situation qu'un élément venant perturber son attention même si la réaction de la jeune Penrose était tout à fait normale. "Bon sang mais... !" ajouta l'Orageux en se retournant vers elle lorsqu'elle rivait ses yeux sur le cadavre. Il n'eut pas le temps de terminer sa phrase et de lui intimer de la boucler qu'il surprit une faible lueur rutilante à proximité immédiate. Celle de l'acier allant s'abattre sur lui. Ni une ni deux, Kerigan plaça sa lame en position défensive. Sans même réellement distinguer les traits de son agresseur, il s'aperçut aisément que celui-ci était nettement plus grand que lui. Obligé de s'esquiver, de reculer, et de ne pas entrer dans le défi physique que lui imposait son adversaire, le reître se concentra tout d'abord de parer les attaques à son encontre. L'acier s'entrechoquait et se mêlait aux grognements des deux individus, perturbant le calme apparent de la nuit.

Brusquement, l'Orageux parvint à bloquer le bras armé de l'inconnu en plaçant son poignet sous pression vers l'extérieur. Toutefois, l'individu ne souhaita pas à en rester là. Il hurla sa rage tel un dragon sur le point de carboniser sa victime, comme pour faire le plein d'énergie, et fonça sur Kerigan à toute allure pour le faire reculer et percuter la charrette violemment. L'impact avait été assourdissant. De son côté, le reître avait davantage perçu le grincement du bois et dans la foulée, en toute logique, une douleur généralisée mais de plus en plus perceptible au niveau de sa hanche meurtrie. Juste en dessous de son armure de cuir souple, un morceau fin vint se planter dans sa chair, cette douleur aigue mais bénigne le faisant gémir et grogner à répétition. Son épée ne se trouvait plus à portée de main mais il parvint à écarter l'agresseur d'un coup de pied dans le bas ventre. Tentant de ce sortir de ce guépied, il parvint à se redresser plus rapidement à l'aide de la charrette. Son pied buta tout à coup sur un objet se trouvant au sol, à quelques pas de cette même charrette. Sans réellement réfléchir à la suite des évènements, Kerigan entreprit de la prendre dans ses bras, la soulevant avec difficulté, au beau milieu de la route. Alors même que la brute fonçait de nouveau vers lui à toute allure, après avoir retrouvée sa propre épée, l'Orageux balança la roue au niveau de ses pieds brusquement. Alors que l'inconnu chuta, déstabilisé, le reître ne manqua pas de lui asséner un coup de genou sournois dans le sens opposé, à la volée. Il put presque sentir un os craquer dans l'impact.

Lui même déstabilisé, Kerigan chuta à genoux mais se redressa bien plus vite que son adversaire qui ne savait apparemment pas si il devait se préoccuper davantage de sa nuque ayant subi une torsion ou de son nez en éruption. Il profita d'ailleurs de cet avantage pour récupérer la roue dans un excès de rage, plutôt que l'épée qui scintillait à trois bons mètres de ses pieds. Et à plusieurs reprises, il jeta brutalement la roue sur le visage de l'homme qui sombra jusqu'à devenir totalement inerte et maculé de sang. Usé, Kerigan se redressa, la main placée toujours en appui contre sa hanche, le visage sombre, grimaçant, et les yeux emplis de cruauté, de rage, de souffrance. Son front trempait dans la transpiration tandis que ses cheveux étaient hirsutes. Récupérant progressivement son souffle puis sa propre épée, une légère pluie fit son apparition et Bryn avait disparu de son champ de vision.
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Bryn Penrose
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♦ Date de Naissance : 01/03/1990
♦ Arrivée à Westeros : 29/08/2012
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Message Dim 6 Jan 2013 - 17:02

Les évènements s’enchaînèrent en un clin d’œil, trop rapides et brusques pour que la petite Penrose saisisse réellement ce qui se déroulait. Elle pouvait vaguement apercevoir son accompagnateur se faire soudainement attaquer. Elle ne put s’empêcher de lâcher un autre cri, cette fois empreint d’une angoisse désemparée. Rien ne l’avait jamais préparée à ce genre de situation et la tête lui tournait déjà et son cœur battait à tout rompre. Elle haletait frénétiquement à la vue du combat, les yeux gigantesques et le corps pétrifié devant un tel spectacle. Sa peur l’avait ensorcelée, elle était comme gravée dans la roche, une statue de marbre à l’air fantomatique. C’était très probablement son état de choc qui avait embrumé ses sens et l’empêchèrent par conséquent d’entendre ses deux agresseurs s’approcher et lui assener un coup sur la tête.

Elle reprit rapidement conscience, basculant sur l’épaule de quelqu’un, la tête à l’envers. Bryn cligna des yeux. La marche de l’homme qui la portait n’améliorait pas son état, brouillant sa perception. Ses mains étaient attachées, les liens serrés s’enfonçant dans sa peau et coupant la circulation de ses poignés irrités. Elle secoua légèrement la tête dans une expression perdue avant de réaliser ce qui s’était passé. Il y avait une étrange odeur de crasse et de sueur, mêlé au parfum de l’alcool.
« [...] un vrai coup de chance !
_Deux en un nuit ! On a r’massé un beau butin ! les deux hommes se mirent à rire. Bryn pouvait sentir l’haleine poisseuse de l’un d’eux. Il fallait qu’elle disparaisse !
Ses agresseurs ne semblaient pas avoir remarqué qu’elle s’était réveillée. C’était maintenant ou jamais. D’un coup, elle bascula vers la droite, perdit l’équilibre avant de tomber par terre, heurtant violemment sur le sol. Elle entendit un des hommes hurler. La jeune Penrose s’efforça de se relever le plus vite possible, toujours sonnée par sa chute. Un bandit la rattrapa soudainement par le bras, mais elle le cogna avec son front, se faisant mal par la même occasion. L’agresseur se tint le front en jurant, mais se reprit aussitôt. Bryn n’avait pas fait deux pas qu’il la saisie par les cheveux. Elle cria, ne pouvant plus avancer.
« Sale sorcière ! T’vas l’payer ! » Il la gifla du revers de la main. L’impact, la fit tomber. Sa joue brûlait, sa tête tournait. Des sensations qui lui étaient tout à fait nouvelles. Le pire était la détresse étouffante qui lui dévorait l’âme. Elle sombrait aux bords de l’inconscience. L’un des hommes s’apprêtait à la soulever. Elle sentit le sol se dérober sous ses jambes ; mais alors que ses yeux se brouillaient, elle déchira discrètement un bout de tissu de sa robe et le laissa tomber au sol – dans l’espoir que quelqu’un parte à sa recherche...

Sa vision s’ouvrit sur un tapis de feuilles mortes et des branches dénudées. Il faisait toujours nuit, l’éclat de la lune facilitant la vue. Il fallut quelques instants à la jeune Penrose pour se rappeler ce qui s’était passé. Elle pouvait sentir de la chaleur émaner de sa joue enflée et son épaule gauche lui donnait une impression amer et torturante, comme si l’os flambait et menaçait de carboniser sa chaire. Ses mains étaient comme paralysées, engourdies par la corde qui entourait ses poignés.
Bryn ne savait combien de temps ils avaient marché, mais les deux hommes venaient juste de s’installer. L’un d’eux sortait quelques provisions de son sac, mordillant déjà un morceau de viande séchée. Ils s’étaient réfugiés dans un petit fossé, couvert d’arbres et de buissons. Stratégiquement très utile si on ne voulait pas être découvert, ce qui ne manqua pas de réduire les espoirs de la jeune fille.
Elle ferma brusquement les yeux quand l’un d’eux se retourna pour voir si elle s’était réveillée. Par chance il ne suspecta rien et continua de bavarder avec son complice.
« C’bizarre, le Buffle devrait être d’retour nan ?
_Laisse le s’amuser. Il va surement r’venir avant l’aube... il se mit à rire sur un ton moqueur
_Ouais ! L’aura surement réduit l’autre bandit en morceaux ! Il s’ra mort et on lui aura volé sa proie.
_Non ! On lui aura volé sa proie et il s’ra mort ! » ils éclatèrent à l’unisson.
S’ils continuent comme ça, n’importe qui pourra me retrouver... Mais qui s’aventurerait si tard dans un petit bois perdu ? Ses chances d’être découverte se réduisaient de seconde en seconde. La seule personne qui pouvait encore la sortir de cette situation désespérée était son accompagnateur, mais elle n’était même pas certaine qu’il fût encore en vie ! Et qui te dit qu’il partira te sauver ? C’était un reitre, il n’allait certainement pas risquer sa vie pour elle... Non, il fallait qu’elle trouve un moyen de se sortir de ce pétrin elle-même. Peut-être devrait-elle se tenir aux conseils de l’orageux et jouer la comédie.
« Eh !! cria-t-elle, plus fort que nécessaire Vous deux ! les deux hommes se retournèrent, curieux qu’elle ait pris la parole.
_Qu’est-ce tu veux ? cria l’homme qui l’avait giflée auparavant. Il était grand, musclés avec de longs bras. Ses cheveux clairs étaient coupés ras et faisaient ressortir ses oreilles décollées. Il avait le regard d’un homme un peu stupide mais dangereux. Soudainement, l’autre lui foutu une taloche.
_Ta gueule Poireau ! Faut qu’on l’interroge de t’façon ! » Il se leva et fit quelques pas vers elle. Peut-être était-ce son imagination, mais Bryn n’avait jamais vu un nez aussi gros que le sien. Il était difforme, comme une grosse patate collée sur un visage. Elle eut un geste de recul par réflexe. Son kidnappeur se mit à rire d’un ton railleur.
« Déjà peur de moi ?... On a même pas encore fait connaissance pourtant. Il avait raison, la jeune Penrose avait profondément peur. Dis moi d’où tu viens et j’ferais en sorte qu’tu souffres le moins possible cette nuit. L’autre bandit, le dénommé Poireau gloussa comme un enfant. Bryn dut rassembler tout son courage pour répliquer.
_Je ne pense pas que ce serait sage de me faire du mal. Elle leva un peu le menton, un geste empreint de défiance et qui était censé lui donner l’air d’une jeune lady, fière et importante.
_J’comptais pas d’tuer t’sais... il fronça les sourcils comme pour mieux la cerner, Pourquoi ? T’es précieuse ?
_Oh oui ! elle acquiesça avidement
_Pourquoi ? intervint impatiemment le grand homme aux oreilles décollées.
_Je suis aussi précieuse que Castral Roc. elle soutint le regard de l'homme-au-nez-géant.
_Comment ça ? Je le tiens !
_Avez-vous entendu parler du Lion Gris ? ses interlocuteurs se mirent à rire.
_Bien sûr qu’j’ai entendu parler du Lion Gris !
_Et bien vous feriez bien arrêter de glousser bêtement parce que je suis la fille de Damon Lannister. Les deux hommes s’arrêtèrent brusquement, puis se jetèrent un coup d’œil.
_J’croyais qu’il avait qu’un fils moi ! objecta Poireau.
_Oh, ça ne m’étonne guère que des personnages aussi rustres que vous ne connaissent les familles nobles. Sachez que Damon a cinq enfants et je suis la dernière : Lana Lannister. Bryn leva un sourcil dans l’espoir de donner à sa personne plus de crédibilité. Il fallait qu’elle joue le jeu jusqu’au bout.
_Attends, attends... Pourquoi est-ce qu’une Lannister se trouverait dans les Terres de l’Orage ? Seule, en pleine nuit aux côtés d’un autre bandit ? L’homme-au-nez-géant n’était malheureusement pas aussi enclin à croire ses histoires farfelues. Il la dévisagea d’un œil critique. Et pourquoi est-ce qu’une dame aussi riche porterait-elle des vêtements aussi ternes ?
_J’ai été promise au fils de Lyonel Baratheon... elle hésita l’espace d’une seconde, s’efforçant de se souvenir de tous les membres de la famille d’Accalmie, Ser Gareth ! Mais j’ai été enlevée en chemin par un... cruel brigand qui était grossier, répugnant et qui sentait encore plus mauvais que vous ! Elle pouvait sentir une once de culpabilité à traiter le reitre de tous les noms, mais plus elle se donnait l’air d’une dame arrogante et plus elle avait de chances que les deux hors-la-loi la croient.
_Mhm... l’homme-au-nez-géant se frotta le menton, admettons que tu es cette Lana Lannister, qu’est-ce que ça change au fait que t’es notre otage ?
_Mais cela change absolument tout ! elle termina sa phrase, les yeux grands ouverts, comme si elle ne revenait pas de la stupidité de son interlocuteur. Vous pouvez gagner beaucoup d’or en exigeant ma rançon. Mais si ma famille apprend que vous m’avez fait du mal, vous ferez l’objet des pires tortures imaginables ! J’ai déjà vu quelqu’un dans les donjons de Castral Roc se faire couper tous les doigts de pieds ! Un autre s’était fait arracher les poils et les cheveux un par un ! Et un pauvre petit enfant s’était fait enfermé dans une cage remplie d’abeilles jusqu’à ce qu’il se fasse piquer à mort !!
_Bill... j’ai pas trop envie d’me faire piquer à mort... le visage Poireau s’était tordu dans une expression inquiète.
_La ferme ! J’réfléchis... Il examina de nouveau la jeune Penrose d’un air critique. ça explique toujours pas pourquoi t’es pas aussi élégante que l’devrait être une dame du Roc. Bryn fronça des sourcils, il était perspicace celui-là...
_Mon premier ravisseur m’a obligée d’enlever mes vêtements afin de les revendre. C’était un acte sournois, c’était ma robe préférée ! elle feignit quelques reniflements, comme si elle était réellement triste.
_Admettons que j’te crois – pour le moment... Il se releva, la fixant de ses petits yeux comme s’il suspectait quelque chose. Mais si j’apprend que t’m’as menti, j’t’arracherai la langue ! » Puis il retourna s’asseoir auprès de son complice, débattant de leurs plans avec avidité. Ils avaient apparemment oublié le troisième membre de leur bande...
Bryn restait assise, mâchouillant sa lèvre inférieure. A présent, il fallait qu’elle trouve un moyen de leur échapper. Sa petite comédie lui avait donné quelques jours pour trouver un plan, et elle ne risquait plus d'être l'objet de leur violence. Je trouverai certainement le moyen de m'échapper




Dernière édition par Bryn Penrose le Jeu 10 Jan 2013 - 21:00, édité 1 fois
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Message Mer 9 Jan 2013 - 17:16

Le rythme cardiaque du reître ralentissait progressivement tandis qu'il était vautré contre le bord droit de la charrette. Le coude, en appui sur une des deux ridelles en bois tendre, semblait parfaitement habitué à vivre ce genre de tâche ingrate, dans un contexte tout de même plus sympathique à la taverne. Toutefois, il n'était pas coutume pour Kerigan de perdre la personne faisant l'objet de son contrat. Cela ne se faisait pas. On ne pouvait foutre en l'air son gagne pain de la sorte. Il s'agissait d'une question d'orgueil pour lui en réalité. Et puis, sa haine des bandes organisées demeurait tenace depuis son enfance. Sa gestuelle vint témoigner de l'agacement et de la nervosité qui l'habitaient et qui camouflaient sa douleur aiguë. Sa main se faufila frénétiquement sur son crâne, à la base de ses cheveux longs, les ébouriffant davantage plus qu'autre chose. "Lady Bryn !" s'époumona t'il après avoir expiré brusquement. Sa tentative désespérée n'eut bien entendu aucun effet et il commençait à réaliser la situation et à admettre qu'il venait de la perdre. Personne ne traînait seul dans les parages. Kerigan le savait et ne pouvait ignorer que le reste de la bande avait probablement trouvé la jeune Penrose. Enfin résigné au pire, il décida de partir à sa recherche. Mais avant cela, il souhaitait se débarrasser du souvenir que la brute avait inséré sur son flanc gauche. L'Orageux empoigna le débris de sa main gauche et tenta de l'extraire d'un geste prompt. Le masque de la douleur se lisait sur son visage grimaçant. Chutant sur son genou gauche après avoir réussi, il s'accorda quelques instants supplémentaires de répit et de réflexion. Et après un énième juron, un énième un râle, un énième crachat, le natif de Torth se redressa de nouveau sur ses cannes.

Son regard se fit sinistre alors qu'il s'approchait de nouveau de sa victime. Kerigan, désormais animé d'une colère froide, empoigna son épée et ajusta un coup sec au niveau de la trachée de la brute. Sa main agrippa sa tignasse blonde et le reître se dirigea aussitôt vers le dernier endroit où il avait aperçu Bryn. l'Orageux n'était pas un bon chasseur, peut être par feignantise, ou soit par pure arrogance pour avoir pensé que cela ne lui serait pas nécessaire. Erreur. Ses yeux contemplaient avec difficulté la pénombre tandis que la pluie fine continuait d'émettre son petit clapotis. Après quelques minutes, il aperçut un étroit sillon de terre creusé dans la végétation, perpendiculaire à la route principale du coin. Résultat de multiples passages de bottes, il paraissait à peine perceptible en pleine nuit. Aussitôt intrigué, ses sourcils se froncèrent et il s'engagea sur ce semblant de chemin. Il lui était quasiment impossible de déceler des traces fraîches sur ce sol dur et relativement herbeux. Seulement, un indice parvint à éclairer son esprit et lui redonner de l'espoir. Un morceau de tissu posé au beau milieu de cette piste improvisée. Il l'examina un instant d'un air soupçonneux avant de continuer sa route, un peu plus confiant de son intuition.

De nouveau sortie de son fourreau, sa lame furetait dans la nuit. Il gagnait ainsi de précieuses secondes en cas de nouvelle embuscade. Cependant, Kerigan réalisa une vingtaine de minutes plus tard qu'il se trouvait en mesure d'être l'instigateur du prochain traquenard. Des voix parvenaient soudainement à être perceptibles, telles des murmures trahissant le calme de cette nuit étoilée. Désormais, le reître s'aidait de la voix la plus forte pour se diriger au beau milieu de cette verdure. Leur planque semblait idéale mais ils avaient eu la vanité de se croire seuls et de ne pas se faire discrets. Avançant lentement et progressivement, il put compter le nombre de protagonistes participant à la discussion et remarquer la présence de l'Orageuse, déjà en train de s'exercer au mensonge. Un sourire ne se décelait pourtant pas sur sa trogne, Kerigan étant bien trop occupé à ruminer sa vengeance contre les derniers survivants du guet-apens. Une fois à proximité, il fit discrètement le tour du fossé de manière à arriver en face des trois individus.

-"Le Buffle, c'est toi ?!" brailla Poireau tout à coup aux aguets. Aucune réponse ne se manifesta pendant quelques secondes, jusqu'à ce que Kerigan apparaisse dans leur champ de vision. Ce dernier jeta la tête du troisième larron avec sévérité et celle-ci se planta dans une terre légèrement boueuse émettant un craquement sec et indélicat, devant les pieds de l'homme-au-nez-géant.
"Plus ou moins...si vous voulez parler à sa moitié, elle se trouve à une demie heure de marche et je ne parle pas de son épouse..." La situation aurait pu s'envenimer à la suite de cette réponse cynique. Mais, quelque chose semblait empêcher les deux compères d'entreprendre la moindre hostilité.
-"...T'es qui toi ?! Tu l'as peut être eu mais tu n'aurais jamais dû venir ici !" s'emporta il de nouveau.
-"Je suis...le cruel, grossier et répugnant brigand qui ne sent pas encore aussi mauvais que vous et qui va te péter les rotules, qu'il récupère ce qui lui revient ou non." Les deux hommes se levèrent, se saisissant de leur arme respective. Toujours aussi partagés, ils semblaient assez hésitants.
-"Si tu crois vraiment nous faire peur le bouseux, tu t'es planté. Des ravagés comme toi, on en a intercepté des dizaines. Plus personne n'en a entendu parler." cracha le compère jusqu'alors silencieux, tout en tentant de se convaincre lui même.
-"Ouais ? Et moi qui pensais que t'étais le cerveau du groupe. Tes pupilles sont dilatées comme celles de ton compagnon, l'Ami. C'qui veut dire que soit je t'excite...soit tu pues autant la peur que le fauve..." répondit Kerigan de sa voix râpeuse.

Il ne fallut pas davantage de provocation pour que les deux bandits se lancent à l'offensive en même temps. Kerigan ajusta sa défense pour contrer la première lame et se projeta sur le côté pour que la fine branche, à peine visible dans l'obscurité et maintenue dans son dos le temps d'entretenir cette petite discussion et ses familiarités de rigueur, vienne fouetter le visage de Poireau. Il profita de l'occasion pour croiser le fer avec l'homme au blair mal dégrossi. Kerigan encaissa un coup de genou dans le bide mais ponctua l'enchaînement par un revers de la main droite dans la mâchoire de son opposant, avant de l'atteindre au niveau de la carotide avec sa lame. Puis, il revint vers Poireau qui semblait à peine en train de recouvrer la vue, lui adressant dans la foulée un coup de pied féroce et d'une précision sournoise sur le genou gauche. Le bandit chuta au sol, déstabilisé et désarmé. Kerigan plaça son pied sur sa gorge pour le maintenir en position et tendit son épée en direction de Bryn tout en s'adressant à elle de manière assez directive."Vous vouliez vivre une vie à l'opposée de l'ancienne ?! Il ne suffit pas de dormir dans la crasse et de manger des insectes...et j'imagine que vous ne vous êtes pas giflée toute seule...Finissez-le ! Maintenant qu'il est temps, remuez-vous ! Vous aurez tout le temps de pleurer après..." Kerigan maintenait son emprise fermement pour ne pas que l'individu en vienne à proférer de fausses excuses pouvant attirer la pitié de lady Penrose. Il n'ignorait pas qu'il lui demandait beaucoup en cet instant mais le reître souhaitait lui rendre service. Ce n'était pas pour l'ennuyer, ni pour la punir, ni pour se moquer. Il fallait qu'elle voit le mauvais côté de l'aventure et qu'elle soit parfaitement consciente de ce qui pouvait l'attendre sur le bord de la route. En ce monde, demeurer immobile ne servirait qu'à assurer sa propre perte...
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Message Lun 14 Jan 2013 - 19:57

Personne ne viendra, Bryn en était bien consciente. Son entreprise était peut-être futile mais il fallait bien qu’elle fasse quelque chose. Alors que les deux bandits marmonnaient dans leur coin, le jeune Penrose tenta discrètement de se défaire de ses liens. Elle essayait inlassablement de détacher une de ses mains de l’emprise de la corde, les frottements irritant la peau de ses petits poignés. Heureusement pour elle, les hors-la-loi les avaient nouées avec empressement : quelques instants plus tard, Bryn réussit à glisser ses mains des nœuds qui l’emprisonnaient. Et alors que le cœur du petit rat de bibliothèque se gonflait d’orgueil devant un exploit aussi minime, un nouvel individu fit son entrée.
Il faisait bien trop sombre pour discerner les traits de l’arrivant, mais la jeune Penrose s’attendait évidemment à voir le troisième bandit de la compagnie faire son apparition. Cela n’allait d’ailleurs qu’aggraver sa situation et rendre sa fuite plus difficile. Pourtant, c’était une voix étrangement familière qui vint interpeller Bill et Poireau. Le cœur de Bryn bondit de joie : c’était bien son roturier ! Etait-il réellement parti à sa recherche ?... Elle était sur le point d’intervenir quand les mots se nouèrent dans sa gorge. Son compagnon, le visage assombri par ce qui apparaissait être du sang, fonça sur les kidnappeurs. Les événements se déroulèrent à une vitesse ahurissante. En un instant les bandits gisaient au sol, l’orageux les surplombant de toute sa taille dans une posture féroce et redoutable.
Bryn fixait la scène avec horreur, spectatrice médusée face à une telle violence dont elle était jusque là étrangère. Et alors que tout ce qu’elle espérait était de quitter cette farce grotesque, le roturier à l’allure de bucheron l’attira impitoyablement dans l’action.
Par terre était allongé Poireau, le grand bandit un peu simple d’esprit aux cheveux blonds, écrasé sous le poids du reitre qui lui tendait une épée dont la lame étincelait dangereusement sous la lueur de la lune et des étoiles.
« Je ne peux pas. » murmura-t-elle d’une voix tremblante en réponse aux cris de l’orageux. Ces atrocités semblaient s’être nourries de son caractère indomptable. Elle se sentait toute molle.
Abattre quelqu’un n’avait jamais été dans ses plans... Elle ne comptait nullement tuer. Cela n’avait jamais traversé son esprit, mais maintenant qu’on l’exigeait d’elle, les dimensions du monde qui l’entouraient prirent de l’ampleur, se gonflant avec cruauté afin de lui révéler quelque chose qui lui était jusque là inconnu : peur, violence et mort. Eléments que les contes et légendes semblent souvent oublier... Cette histoire allait totalement à l’encontre de qui elle était, de ce qu’elle a jamais été et de ce qu’elle comptait être.
Un animal apeuré ne fait jamais un bon compagnon. Une jeune dame angoissée ne fait qu’attirer des ennuis... Mais Bryn n’était pas une dame et elle n’était pas non plus un animal. Elle avait peur, certes, mais le regard du reitre avait quelque chose de définitif. La fatalité de cette situation la laissait pantoise, comme si le destin la fixait d’un œil critique.
La petite Penrose s’empara de l’épée malgré tout, lourd objet qui était toujours resté entre les mains de son frère et des hommes d’armes du Seigneur des Parchemins. C’était une sensation tout à fait étrangère. La chaleur des mains du reitre semblait pomper de la vie à travers la poignée, et la froideur implacable de la lame était palpable. Bryn éleva l’épée par dessus la gorge de Poireau avec maladresse. Elle dévisagea une dernière fois le bandit, absorbant la crainte qui flambait dans ses yeux avec un profond sentiment de Devoir et de culpabilité. L’arme trancha l’air, sifflant dans la nuit l’épouvantable mélodie de la mort.
Qu’arrive-t-il quand on tranche la gorge d’un homme ? Bryn avait dévoré plusieurs livres concernant l’étrange monde des sciences et de l’anatomie. Mais les mots des ces ouvrages s’avérèrent tout à fait vides et stériles comparés à la réalité.
Elle sentit la lame s’enfoncer dans un obstacle plus ou moins mou, barré par l’œsophage et entrelacé de cordons plus dures et rigides que le reste. Elle entendit le bruit visqueux de la chaire et du sang et l’odeur repoussante qui s’en dégageait. La victime lâcha un cri rapidement étouffé par la marée rouge qui lui monta à la gorge. Le bandit fut soudainement pris de convulsions. Le coup ne l’avait pas totalement achevé. Horrifiée, mais tout de même consciente de ce qu’elle devait faire, Bryn s’efforça de soulever l’arme une seconde fois avant de la relâcher pour qu’elle vienne à nouveau se planter dans le gosier du hors-la-loi.

Haletante, la jeune Penrose resta agenouillée face au cadavre pendant quelques instants. Ses yeux ne voulaient plus se détacher de l’homme dont elle venait juste de trancher la gorge. Au moins, la nuit lui épargnait-elle une partie du spectacle... Le sang qui se propageait sous ses pieds était assombri par l’obscurité, n’apparaissant finalement que comme une tache sombre.
Bryn lâcha l’arme, puis leva les yeux vers le roturier avec réprobation. Il avait beau être revenu la sauver, en cet instant, elle le détestait intensément. Peut-être avait-il agi dans l’espoir de lui inculquer une leçon qu’elle n’oubliera jamais mais il venait également de lui trancher une part d’elle même. Bryn avait l’impression de tenir entre les mains un mouchoir blanc où s’était nichée une tache de vin ineffaçable.
Elle se leva, toujours aussi tremblante, puis s’essuya le front pour se débarrasser de choses dont elle ne voulait pas connaître la nature. La jeune Penrose ne savait clairement pas quoi penser de ce qu’elle venait juste de faire. Si son esprit faisait preuve de pitié, peut-être lui épargnera-t-il les songes obscures qui allaient découler de cet incident ; peut-être que tout cela ne sera au final qu’un mauvais rêve.
Bryn fit trois pas dans une direction aléatoire en titubant avant de réaliser qu’elle ne savait pas du tout où aller. L’horreur hantait toujours son âme. Elle avait envie de retourner dans son lit et de disparaître. Heureusement, ses précédents plans et convictions recommencèrent à germer et elle reprit bientôt un semblant de certitude. Quand elle se retourna pour fixer le roturier, elle avait l’impression d’être quelqu’un d’autre.
« Allons-y. C’est vous qui menez. »


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Message Mer 16 Jan 2013 - 14:14

Finalement, elle était passée aux actes. Le reître avait tout de même douté avant de la voir saisir son épée. Elle ne pouvait pas ? Non, c'était juste une question de volonté. Et selon lui, elle n'avait pas réellement besoin de se forcer. Ce hors-la-loi n'aurait pas hésité un seul instant à les tuer tous les deux et à les dépouiller de toutes leurs richesses. Mais, elle ne se facilita pas la tâche en devant s'y reprendre à deux fois. Le roturier déglutit et fit quelques pas pour récupérer sa gourde en cuir rangée dans son sac en toile afin de boire quelques gorgées de vin tandis qu'elle semblait méditer sur ses actes. Il fit mine de se désintéresser totalement de ses états d'âmes. Brusquement, Kerigan cracha la troisième gorgée sous une surprise qui n'en était pas vraiment une.

"Je me demande vraiment comment on peut faire du rouge aussi merdique...Enfin, ça se saurait si aux Parchemins vous aviez du bon nectar."

Alors qu'il scrutait l'espace de quelques instants le contenant de sa boisson, Kerigan vit du coin de l'oeil que l'Orageuse avait repris une certaine contenance, et était prête à poursuivre leur voyage mouvementé. Il entreprit donc de ranger son attirail et entamait donc la marche vers l'endroit où elle s'était interrompue. Visiblement, il avait toujours les nerfs à vif et il le fit savoir de manière insolente.

« Bien sûr que je mène, et enlevez cette mine boudeuse de votre face de petite rongeuse ignorante à peine sortie de son terrier, parce qu’elle commence à me les briser sérieusement. »

Etrangement, l'Orageux se montrait bien plus loquace que tout à l'heure. Il était certainement ennuyé d'avoir été piégé mais il défendait tous ses actes avec fermeté. Le rythme de la marche n'était pas plus élevé qu'un peu plus tôt dans la nuit. Elle lui en voulait pour l'avoir forcée à se débarrasser du dernier larron de la bande. Son regard accusateur ne lui avait pas échappé. Dans la foulée, Kerigan en remettait une couche, sûr de son fait.

« Vous savez, des sales choses se produisent quand on se met à me les briser. Qu’est ce que vous voulez qu’je vous dise ? Oh non je n’aurais pas dû les abattre ou vous forcer à faire ça, j’ai été trop sec, ils ne méritaient pas ça ? Je m’en fous de qui ils sont ou ce qu’ils veulent. Ces bouseux s’en sont pris à nous et ont récolté la tannée de leur existence, et c’est tout ce qui me préoccupe. Ne me dîtes pas que ça ne leur pendait pas au nez. Et si Petite Belette veut survivre dans la nature et devenir grande, il va falloir qu’elle s’aiguise les chicots. »

Nerveux, le reitre s'arrêta un instant pour exprimer le fond de sa pensée. Ses yeux bleu-gris fixaient intensément ceux de la jeune Penrose et témoignaient de son honnêteté. Il n'en avait pas terminé et ne cessa de se comporter odieusement. Sa main vint replacer furtivement ses cheveux hirsutes suite aux démêlés avec les deux bandits.

"Je vais vous dire une chose...Je ne suis pas de ceux qui rendent ce monde meilleur mais qui aurait envie de se taper une embuscade à chaque traversée de cette maudite route ? Ca devient agaçant que le croquant standard tente sa chance dans le banditisme à défaut de pouvoir devenir riche honnêtement parce que les nobliaux ne font pas tourner le pognon pour autre chose que leurs petites intrigues politiques, guerrières et leurs histoires de fesses !"

Excédé, un peu de son propre fait sur ce coup là, il reprit sa marche en avant, sa voix rocailleuse continuant de cracher tout ce qui demeurait jusqu'alors cloîtré au niveau de sa poitrine. Il était conscient de sa dérive progressive du sujet initial mais il lui fallait aller au fond des choses.

"Vous en avez vu combien vous dire qu'ils comptent investir dans la recherche de plantes médicinales ? dans l'irrigation ? ou que sais-je ? Alors, ne me regardez pas avec autant de dégoût. Vous devriez davantage regarder de cette manière cette hérésie qu'est la chevalerie. J'assainis le marché en réalité et je ne suis qu'à la fin de ce cycle tordu pour neutraliser les effets pervers de l'incompétence de vos semblables en permettant à un marchand de venir et de vous donner autre chose que du jus de pisse à boire..."
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Message Mer 23 Jan 2013 - 13:46

Ses mains tremblaient toujours ; elle pouvait sentir les gouttes de sueur froide perler le long de ses tempes et de sa nuque. Bryn n’osait pas se retourner, ne croyant toujours pas à ce qu’elle venait de faire. Demain, ce ne sera plus qu’un mauvais rêve... Cependant, elle pouvait se donner tout le mal du monde pour chasser cet atroce souvenir, son esprit refusait de lâcher prise. C’était une toute autre affaire pour son compagnon. L’homme ne semblait nourrir la moindre culpabilité vis-à-vis de ce qu’il venait d’accomplir. Sans doute était-ce une chose commune que de trancher la tête de quelqu’un dans son métier et cela ne manqua pas d’effrayer la jeune Penrose qui n’en avait point été consciente. C’est d’ailleurs ce qu’il lui avoua par la suite : l’identité de ces agresseurs ne l’importait nullement.

Bryn ignora la première tirade de l’homme. Quelque part, faire semblant de ne porter aucune attention à ce qu’il disait lui procurait une forme de satisfaction, mais la rancune qu’elle nourrissait envers son sauveur grandissait de seconde en seconde. Bien que Bryn se jurait intérieurement de ne pas donner au roturier la satisfaction de répondre à ses plaintes et accusations, il lui paraissait de plus en plus difficile de résister à l’envie de lui hurler à la gueule. Elle ne pensait peut-être pas les paroles qu’elle avait prononcées plus tôt à l’adresse des bandits, mais la façon dont elle avait dépeint cette brute n’était plus que l’ombre de ce qu’elle éprouvait à présent pour lui.
L’attitude quelque peu désinvolte et la voix insultante de l’orageux la piquèrent au vif. La nuit jetait un sombre filtre sur leurs visages, camouflant les joues écarlates de la jeune Penrose. C’en était trop : elle bouillonnait intérieurement.
« Vous faites preuve d’énormément de culot pour parler de quelque chose dont vous ne savez absolument rien ! Les seigneurs de ces terres font tout en leur pouvoir pour leurs sujets afin que règnent égalité et harmonie. Certes, elle n’avait jamais apprécié l’air supérieur qu’adoptaient la plupart des nobliaux, mais elle avait l’impression qu’on s’en prenait directement à son père ; un tel affront ne pouvait être contré qu’avec de la colère. Au lieu d’accuser les arrières d’hommes honorables vous devriez d’abord examiner vos propres fesses ! Elle s’avança pour le regarder dans les yeux alors qu’elle le bombardait verbalement, Vous qui tuez pour de l’or ! Pensez-vous être meilleur qu’eux ?! »
La marche repris et elle s’empressa de le rattraper. Clairement, le petit rat de bibliothèque déversait sa frustration et son angoisse dans ce flot de paroles. Elle ne réfléchissait plus trop, sa bouche formant les mots avant qu’elle ne les ait composés dans sa petite tête.
« Et que se passe-t-il quand on “vous les brise” ? » il marchait vite et elle avait du mal à tenir la cadence. N’entendant pas de réponse, elle se mit à hurler. Elle avait besoin de lâcher son sac, le seul souci était qu’elle le faisait inconsciemment, ses yeux flambant avec une étincelle de folie.
« Vous êtes pires que ces deux bandits le saviez-vous ? Sans cœur ni honneur ! elle courut vers lui, prise d’une furie incontrôlable puis poussa violemment le roturier avec une force dont elle ne se pensait pas capable. Elle ne savait évidemment plus ce qu’elle faisait et avait besoin de quelqu’un faisant preuve d’un minimum de compassion. Malheureusement elle se trouvait face à une sale brute apparemment incapable de se mettre à la place de quiconque. Allez-y ! Prenez votre arme et égorgez moi ! Voyant qu’il ne savait pas comment réagir elle continua à lui crier dessus, les larmes aux yeux, Quoi ? Vous avez perdu votre langue ?! Sale monstre ! »
Elle eut l’étrange impression que cette dernière accusation était davantage destinée à elle-même qu’au vieux reitre. Bryn commença à lui marteler la poitrine de ses petites mains, ses coups devenant de plus en plus faibles alors qu’elle éclata en sanglots.
Comment pouvait-on attendre d’elle d’oublier une telle affaire aussi facilement ? La jeune Penrose était clairement hors de contrôle, basculant sur la pointe des pieds dans un monde qu’elle ne comprenait pas et dans lequel on venait de la projeter si brutalement que l’impact ne pouvait qu’être ravageur.
Finalement, elle ne faisait plus que s’agripper aux vêtements poisseux de l’orageux, étouffant ses sanglots tout en y fourrant son visage. Elle avait peur et était profondément instable.


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Message Mar 5 Fév 2013 - 17:23

Kerigan avait été parfaitement odieux mais honnête vis-à-vis de ses convictions. Evidemment, il s’était emporté comme cela lui arrivait de temps à autre. Une tempête violente de reproches plus ou moins argumentés qui tranchait littéralement avec son caractère relativement indifférent et sarcastique. Peut être que les mésaventures de ce soir l’avaient placé dans de bonnes dispositions. Dans le même temps, la sérénité de la nuit se retrouvait une nouvelle fois perturbée. « Egalité et harmonie… » souffla t’il dans un soupir tout en levant les yeux au ciel. Cette fois-ci, il n’avait pas haussé le ton. Kerigan avait remarqué que Bryn était désormais hors de contrôle. De ce fait, il préférait mettre fin au conflit car il savait qu’il finirait de nouveau incompris. Continuant sa route d’un pas déterminé, il usa même d’un peu de cynisme. «Vous savez ce qu’on dit…je préfère être pire et vivant que mort et refroidi… »

Il ne pensait pas être un individu plus mauvais que Poireau et ses amis ou plutôt ses associés. Westeros était fait de bonnes et de mauvaises choses qui s’entremêlaient afin de pouvoir faire un monde vivant. Elle ne comprenait toujours pas qu’ils n’auraient fait preuve de pitié envers elle. Souffrait t’elle d’un quelconque syndrome du survivant ? Peu importe. Bryn en venait à exiger qu’il l’assassine elle aussi sur le moment. Cette scène devenait pathétique et son regard agacé ne le trahissait pas. L’Orageux s’arrêta brusquement et cessa à nouveau sa marche. Par les Sept, que ce contrat se révélait difficile à mener à terme. Surpris, le reître la vit se blottir contre lui à la fois apeurée et rancunière. Kerigan soupira instantanément, se demandant ce qui devait se passer dans sa trogne pour qu’elle soit aussi perturbée. Finalement, il vint placer sa main dans son dos après avoir secoué sa tête de gauche à droite. Sa main vint frotter lentement son dos avant qu’il ne tente d’apaiser la situation. Il profita d’ailleurs de l’instant pour ressortir de son sac sa gourde en cuir. L’Orageux s’abreuva de quelques gorgées avant de la tendre à la jeune Penrose. «Désolé, ma langue de monstre trempait dans votre vin moisi…Vous en voulez ? Vous savez, j’ai trois manières de régler un souci. Soit par le fer, soit par le vin, soit par….Oubliez je crois que vous êtes encore trop jeune…Bon vous voulez boire un coup ou pas ? »

Le jeune homme put se défaire de son étreinte dés lors que Bryn avait lâché l’emprise sur ses vêtements. Depuis, il ne demandait qu’à reprendre la route pour rejoindre la King’s road et terminer son contrat. La soirée avait été mouvementée et un solitaire ne parvient à retrouver la sérénité que lorsqu’il se retrouve enfin seul. Cependant, il ressentait enfin l’envie de faire quelques confessions. «Vous vous êtes bien débrouillée…vous n’avez pas paniqué, vous avez gagné du temps et vous avez fait ce qu’il fallait pour survivre. Et je comprends que tout cela peut tous nous bousculer…maintenant reprenez-vous, il nous reste de la route. » Son ton n’avait pas été railleur. Il faisait preuve d’une certaine compassion comme si le reître paraissait enfin sérieux comme si toutes ses autres paroles n’étaient que des inepties. Son regard se tourna vers la cime des arbres tandis qu’il entreprit de ranger sa gourde dans son sac. Si ils avaient effectivement échappé à une embuscade, cela ne les empêchait pas de tomber dans une autre du même genre. Des crabes pullulaient de partout dans ces coins mal famés et il le savait. C’est aussi ce qui l’avait poussé à calmer la jeune Penrose. Enfin, il reprit la marche. Un sourire un brin moqueur ne tardant pas à revenir sur le coin de ses lèvres. «Sérieusement, vous tuer ? alors que je passe mon temps à vous dire comment survivre ? » Bien sûr, il s’attendait à être bien seul à dénoter l’ironie de la situation. Mais bon, le naturel revient toujours aussi vite que les vagues sur les côtes des Parchemins…
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Message Jeu 14 Fév 2013 - 17:25

Bien que le geste de l’Orageux fût quelque peu maladroit, Bryn reprit lentement courage alors qu’elle gobait de l’air entre sanglots et convulsions. Elle lâcha le vêtement du reitre, puis s’empara de la gourde pour noyer son abattement dans l’alcool amer. Une grimace vint contracter sa figure.
« Il est vraiment mauvais. Elle lui rendit le récipient Pas étonnant que vous soyez d’humeur aussi sombre. » murmura-t-elle, si bas qu’elle n’était même pas certaine qu’il ait put l’entendre.
A son grand étonnement, l’Orageux se montra quelque peu compatissant – du moins à sa manière – en lui accordant un compliment. Il avait raison, il fallait qu’elle se reprenne... Elle acquiesça de la tête tout en levant ses yeux devenus rouges vers son interlocuteur. Une forme d’inexplicable familiarité semblait s’être installée entre eux ; Bryn commençait-elle à apprécier son compagnon de route ? Bien qu’elle venait de déverser toute sa colère sur le roturier, elle devait avouer que sa brute franchise et ses efforts pour la sortir du pétrin étaient bien plus qu’appréciables. Elle parvint dès lors à lui adresser un sourire, quoique forcé, pour lui faire signe qu’elle allait “bien”.
Ils se remirent enfin en route ; peut-être bien qu’ils parviendront à atteindre leur destination. Celle-ci semblait s’être transformée en un lointain songe. Il était dangereux de perdre de vue son objectif et Bryn s’efforçait à mettre un pieds devant l’autre sans plus trop penser à ce qui venait juste d’arriver ; si elle se concentrait essentiellement sur le but qu’elle s’était fixé au départ, il n’y aura aucun problème.
Enfin, les paroles de l’Orageux vinrent de nouveau percer le silence. Cette fois sa voix moqueuse la prit quelque peu au dépourvu, mais elle parvint à sourire malgré tout, appréciant la naturelle sympathie dont faisait soudainement preuve son compagnon.
« Il fallait bien que je mette à l’épreuve votre constance. annonça-t-elle d’une voix qui se voulait taquine mais qui tremblait davantage qu’elle n’était moqueuse. Test accompli. »
Elle accéléra un peu le pas pour marcher auprès du roturier dont la compagnie paraissait à présent singulièrement protectrice.

Le reitre s’y connaissait : ils sortirent du bois et parvinrent à retrouver la route qu’ils avaient emprunté au départ sans aucune difficulté. Ils semblaient même avoir coupé une grande partie du chemin, car lorsque la jeune Penrose se retourna pour jeter un coup d’œil aux Parchemins, le château resta indiscernable. Seul le ciel constellé accueillit son regard ; une toison étincelante qui avait gagné de l’éclat suite à leur malheureuse rencontre avec les bandits. Elle s’était promis de ne pas regarder en arrière mais c’était un mouvement qui relevait davantage de l’instinct. C’est bon, elle était hors de portée.
Bryn n’aurait sut dire combien d’heures ils continuèrent à marcher, mais ses pieds commencèrent à faire mal, endoloris par le froid et par les miles qu’ils venaient de parcourir. Elle n’osa pas se plaindre toutefois. La décision avait été la sienne. Ils marchaient côte à côte, la jeune Penrose s’entêtant à maintenir la cadence du mieux qu’elle le pouvait. De plus, elle se sentait bien plus en sécurité auprès du reitre qui lui avait si galamment sauvé la mise ; mieux valait ne pas trop s’éloigner de lui.
Les deux voyageurs composaient un drôle de tableau : un grand vagabond à l’allure brute et une jeune fille tremblant de froid. Tout deux étaient tachés de sang et rôdaient dans cette plaine comme des spectres survolent les cieux. Ils croisèrent un homme et son cheval. Personne n’échangea une seule parole mais l’individu et sa monture les dévisagèrent avec curiosité, comme s’ils venaient d’un autre monde.
Deux bonnes heures s’écoulèrent à nouveau avant qu’ils ne tombent sur un autre signe de vie : quelques maisonnettes formaient le squelette d’un village aux alentours de la route. Evidemment, aucune âme ne vagabondait à l’extérieur à cette heure-ci, mais la vision de cette petite bourgade fit bondir le cœur de Bryn.
« L’auberge ! L’auberge se situe à l’autre extrémité du village. Le petit rat de bibliothèque tira impatiemment la manche du roturier. Deux miles plus loin devrait s’étendre la Route Royale. Nous sommes là ! »

Evan, j’arrive songea-t-elle alors que les deux voyageurs s’approchaient de l’établissement recherché. L’auberge était un vieux bâtiment en bois, dont la taille dépassait largement celle des maisons alentours. Elle s’étirait sur trois étages dont les lignes architecturales étaient particulièrement tordues. Toutefois, une telle imperfection conférait un certain charme à cette ancienne taverne. Un faible filet de lumière filtrait à travers les fenêtres laiteuses du rez-de-chaussée et l’entrée était couronnée d’un élégant insigne où était représenté un poney dégustant un navet à l'allure particulièrement charnue. Les lettres dorées se courbaient joliment pour former le nom singulier que portait cette séduisante auberge : “Le Navet Fringant”.
Bryn frissonna légèrement, puis resserra sa cape autour de son cou. Elle était un peu nerveuse... Elle se planta devant la porte puis se tourna vers l’Orageux.
« Merci, pour ce que vous avez fait... elle leva vers lui ses brunes prunelles, Je ne l'oublierai pas. »
La jeune Penrose parvint à sourire, puis fouilla dans le peu d'affaires qu'elle avait emmenées et lui tendit une bourse où sonnait le chant de la fortune. Sans un mot de plus, le roturier s'empara de sa paie, puis disparut. Ils étaient tout deux épuisés, et Bryn préférait oublier les tumultes de la nuit...
Avant d'entrer dans l'auberge elle jeta un dernier coup d'oeil en arrière : à l'Est, l'horizon commençait à s'éclaircir, illuminant le ciel et éteignant les étoiles. Là-bas, entre ciel et terre reposaient les Parchemins...

Spoiler:
 


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