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[187] Jeune poulpe ne saurait tuer libre louveteau.

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Seigneur Suzerain de Iles de Fer
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Dagon Greyjoy
Seigneur Suzerain de Iles de Fer

Général


"Nous ne semons pas. "

Lord Ravage de Pyk,
et de ce qu'il en reste
Fils du Vent de la Mer
Capitaine de.... non, SBF


♦ Missives : 181
♦ Missives Aventure : 89
♦ Age : 28
♦ Date de Naissance : 13/05/1989
♦ Arrivée à Westeros : 16/09/2012
♦ Célébrité : Mads Mikkelsen
♦ Copyright : Lakdahr (signature + vava)
♦ Doublons : Neassa Baratheon, Bayard
♦ Age du Personnage : 44 ans
♦ Mariage : Lady Aaricia Bonfrère
♦ Lieu : Iles de Fer, Pyk
♦ Liens Utiles : # le personnage
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Message Lun 3 Déc 2012 - 20:45

L’an 187, la fin. Les barbares fer-nés sont sous la suzeraineté du Seigneur Balon Greyjoy et de son épouse, la Lady Leona Greyjoy (née Harloi). Si les razzias sont choses communes pour les insulaires, elles ne sont pas encore suffisamment fréquentes pour être considérées comme des menaces. La côte ouest du Continent de Westeros bien qu’en ligne directe, n’est pas la destination privilégiée par le Lord Balon. Mais après insistance du Capitaine commandant de la flotte de fer, le Lord décide de lancer un unique navire à destination de Falaise, en contre bas de Fléaufort. On dit que le Lord Raynald Ouestrelin est diminué depuis la mort de l’un de ses fils et de sa femme deux ans auparavant. On dit même que le seul fils qui lui reste ne serait plus présent à Falaise depuis de nombreuses années…Point de mire attirant, donc, pour les hommes de fer et de sel.


De la sciure fraîche jonchait le sol en tas informes. Un homme à la musculature digne d’un charpentier rabotait une large pièce de bois. Elle servirait pour le squelette d’un boutre à fond plat. Il transpirait à grosses gouttes. Son torse brillait alors que le soleil peinait à se lever sur l’île toujours brumeuse de Pyk. La journée s’annonçait agréable. C’était sans compter l’intervention du Capitaine Commandant. Le bougre ne mit pas longtemps avant de descendre à Lordsport pour rapatrier les marins – plus guerriers que pêcheurs – et constituer un équipage uniquement constitué d’hommes habitués à tuer et piller pour leur propre survie. Le Capitaine débarqua dans la menuiserie tout de fer clinquant. Ce gaillard n’enlevait jamais son armure de fer sombre gravée de la Seiche Dorée, emblème de la maison qu’il servait depuis de nombreuses lunes. Ses yeux vitreux parcoururent le pavillon et se posèrent sur le menuisier, au nez étrangement désaxé au milieu de son visage. Il portait également des cicatrices bien singulières qui lui barraient la moitié du faciès.

« La Méduse ! T’embarque sur L’Ecumeur dans l’heure. »

Le Capitaine renifla avec entrain avant de se racler la gorge avec bruit. Le menuisier avait les yeux toujours rivés sur son travail. Avec un soupire déconcerté, il reposa cependant ses outils et leva le front pour faire face à son Capitaine. Un signe de tête suffit à affirmer sa participation à la rapine prochaine. Il n’avait guère le choix. Le commandant allait s’en aller lorsqu’un sourire se dessina sur ses lèvres. Jamais rien de bon augure.

« Et ta bonne femme et bien évidemment de la partie. »

Et il s’en alla. Cliquetant au rythme de ses pas. Le menuisier amorça une grimace de dégout avant de racler le sol de ses pieds traînants. Il buta alors contre un corps, face contre terre – ou sciure. Le brun au sol tenait encore en main une pinte qui sentait l’hydromel. D’un coup de pied violant, il réveilla son compère qui grogna sous l’impact doucereux.

« Levez-vous, Lady. On prend la mer. »

La lady au sol se contenta d’un son de gorge. Pas étonnant après la soirée qu’ils avaient tous deux passés. Si le menuisier était d’attaque, c’était uniquement parce qu’il ne pouvait se permettre de risquer son poste au chantier naval. Son ami par contre, ne risquait absolument rien à rester inerte sur le sol. De poste à responsabilité, il n’en avait aucun. Ni même de poste tout court d’ailleurs. Il suivait sa propre volonté au gré des marées sans rien demander à personne et on ne lui cherchait pas noise. Le grand au nez désaxé s’était éloigné dans l’arrière-boutique pour revêtir une armure de cuire dont le centre du torse était décoré au couteau d’une Seiche grossièrement taillée. Il en avait en main celle de son ami, toujours flasque sur le sol.

« Bordel, lève-toi gamin. J’ai pas spécialement envie de me faire remettre en place par ton vieux. » Et comme il n’y eu aucune réaction, il lâcha l’armure sur le sol, juste devant le museau du récalcitrant. « Et on n’aime pas se fâcher avec papounet, hein mon mignon ! »

Un rire funeste s’échappa de la carcasse au sol. Et enfin il se redressa. Cheveux en bataille, la tronche déconfite et le regard vitreux. Rien de bien charismatique. Mais une caresse de la main du menuisier qui lui fit craquer les cervicales du coup et lui arracha un beuglement eu tôt fait de lui reconstitué une frimousse plus aguichante. Se massant la joue, le plus jeune lorgna son aîné, le cul toujours au sol.

« Va chier ! Qu’il t’envoie par le fond, le père, ça changera pas ma vie. Un hoquet alcoolisé lui remonta des tripes. La tête lui tournait. La secouant vivement, il tenta de se mettre sur ses pieds avant de demander en riant : Aide-moi à me relever ! J’aurais pourtant juré n’avoir bu qu’un verre… »
« Oh c’était bien qu’un verre. Sauf que t’as bu dans l’tonneau, salopard. »

Les deux amis se retrouvèrent torse contre torse en une accolade réconfortante. Ils se mirent en route pour le port, qui n’était qu’à une dizaine de minutes en contre bas.

« L’Ecumeur, alors ? »
« Ouais. Pour Falaise, qu’y parait. »
« Splendide. Même pas le temps d’apprécier le paysage qu’on y sera d’jà. Y a pas de quoi y envoyer 3 boutres. Le Dieu Noyé m’en soit témoin ; si c’t enflure de Commandant m’emmerde encore à me laisser en fond de cale j’lui rase la calotte ! »
« Pour ça faudrait d’jà que ton bras atteigne sa tête. T’es tellement petit… mais t’as le bras long, le calamar. »
« Et toi, une gueule qui fait fuir les poissons, la Méduse. »

Lars frappa le haut du crâne de son cadet qui manqua un pas avant de se redresser en le menaçant du regard. Les deux hommes s’étaient déjà plus d’une fois tailladés au fer, sans que jamais rancœur s’en mêle. Dagon était jeune, et son aîné toujours en vie.




Dagon, qu’on appelait ironiquement la Seiche et Lars, connu sous le nom de la Méduse depuis que le premier lui en avait appliqué une sur la face, avaient finalement étés consignés au poste de pilleurs. Tous deux avaient ajustés leurs armures en cuir souple. L’emblème de la maison Greyjoy recouvrait leur torse. Le Fils héritier du Lord de Pyk n’avait aucun traitement de faveur et en était le premier heureux. Il ressemblait à ses confrères, sans plus ni moins. La falaise du Continent se détachait dans le jour désormais bien présent. Ils ne naviguaient pourtant pas directement sur Falaise. La cité, ou plutôt son port abritait une flotte qui aurait pu mettre à mal les fer-nés. Non. Ils avaient bifurqué au dernier moment, remontant plus au nord de quelque degrés pour attaquer un village côtier de l’autre côté du château. Ainsi, si les armées maritimes s’en venaient à quitter le port, les boutres auraient – peut-être – suffisamment de temps pour prendre la fuite, avec leur butin. Armés jusqu’aux dents, les fer-nés s’étaient affaissés dans le boutre pour ne pas trop attirer l’attention. Le boutre racla le fond de la baie. Et en à peine plus de temps qu’il n’en faut pour le dire, les hommes de sel se retrouvèrent sur la plage rocheuse, beuglant comme des animaux déchainés.
Dagon était petit, et passa inaperçu dans la cohue. Il n’était pas le commandant de la troupe. Habitué aux rapines depuis presque 8 ans désormais, il s’activait par pur plaisir et illusion passagère de liberté. Armé d’une hache dans sa main gauche, il défonça une porte de bois sans trop de difficulté et en délogea rapidement les occupants, s’emparant au passage de la jeune femme – ma foi bien en forme – qui pleurait à chaudes larmes. Elle le réchaufferait sous peu. Il assomma la mère et décapita le père en un rien de deux. Menaçant la donzelle d’un tranchant sanglant, il la fit empaqueter tout ce qui pourrait lui servir. N’attendant pas qu’elle s’exécute, il ressortit de la bâtisse pour entrer dans la suivante, qui n’était que réserve de foin. Il éternua sous le nuage de poussière qui s’éleva sous son passage. D’un couteau de ceinture, il défit les liens qui retenaient entre eux les épis d’herbe sèche. Et à coup de renfort de coups de pied aléatoirement lancés, il en répandit dans toute la salle. Des cris aigus le firent ressortir. La gamine qu’il avait croisée plutôt était étendue sur le sol, un fer-né sur le dos. Bah. Chacun son tour. Un sourire se dessina sur ses traits encore trop épargnés par les frappes ennemies. Reprenant sa course, il remonta les rues, remplissant une pense de cuir de tous les mets ou tissus qu’ils ne possédaient pas sur les îles de roches friables. S’essuyant le nez d’une manche, il réajusta son butin. Une lame lui lacéra alors le haut de l’oreille, le faisant sursauter de rage. Il n’avait pas entendu l’ennemi arriver, dans ce vacarme environnant. En riposte, il envoya le sac plein sur son adversaire qui partit à la renverse. Sans ménagement, Dagon pourfendit le sac, et l’homme de son épée courte, qu’il venait de dégager de son fourreau. Du pied, il dégagea sa lame et récupéra le sac.
Alors qu’il s’apprêtait à regagner le navire, en contre bas, il chuta sans le comprendre et se retrouva violemment projeté au sol. Il était certain de ne pas s’être emmêlé les pieds. Le sol était meuble et il n’y avait pas eu d’obstacle. Pourtant, il avait bel et bien reçu un coup qui l’avait déstabilisé au point de lui faire mordre la poussière. La tourbe lui emplissait la bouche qu’il avait ouverte en tombant. Sa hache, son épée et le sac s’étaient retrouvés un peu en avant de lui. Il cracha la terre à plusieurs reprises. Comme une proie, il lança son bras sur sa hache et se releva en faisant volte-face. Prêt à défendre sa vie et prendre celle du continental qui avait osé mettre fin à sa descente à la mer.


"L'histoire morte est écrite à l'Encre, la variété vive s'écrit dans le sang."  

 
© frangin
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Seamus Ouestrelin
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Seigneur de Falaise, loup solitaire, ours mangeur d'homme et victime des langues de vipères

"If there are gods, they made sheep so wolves could eat mutton, and they made the weak for the strong to play with."

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♦ Date de Naissance : 01/03/1990
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Message Mar 4 Déc 2012 - 18:47

Il s’éveilla dès que la première lueur matinale effleura son visage. Alors qu’il s’apprêtait à ouvrir les yeux sur un ciel découvert et sentir le vent effleurer ses joues, il ne vit que le plafond de sa chambre et n’entendit que le doux murmure de l’océan, étouffé par le coussin dans lequel il avait enterré son visage. C’était une sensation étrange que d’ouvrir les yeux et de se trouver exactement là où on ne pensait jamais revenir. Je suis comme un étranger dans mon propre foyer. Cela fait deux mois et je n’arrive toujours pas à m’habituer à une vie luxueuse et confortable. Il avait d’abord dormi par terre, trouvant le lit trop mou et douillet. Ces années passées à la belle étoile avaient endurci ses nerfs et il ne souhaitait pas non plus sommeiller trop profondément de peur qu’il n’ouvre pas les yeux en cas de danger. Lorsqu’il s’était enfin aperçu qu’aucune menace n’était prête à le hanter ici, il s’était finalement résigné à utiliser sa couchette.
Cela faisait environ deux mois que Seamus Ouestrelin s’était manifesté à Falaise. Il avait fuit une vie de noblesse et abandonné les promesses d’une vie proéminente afin d’accomplir un rêve qui lui paraissait à présent idiot et absurde. Mais il avait parcouru le monde, vu ce que peu de gens voient, vécu ce que peu de gens vivent, et c’était un autre homme qui vint quérir son ancien titre et son véritable nom aux portes de cet ancien château.
Il n’espérait pas un bienvenu chaleureux de la part de ses proches mais ne s’était pas non plus attendu à être reçu avec tant de froideur et de mépris. Son père avait été à la fois stupéfait, incrédule et horrifié. Il n’avait pas oublié que son fils était un change-peau, loin de là. Après avoir échangé quelque courtoisie et anecdote avec son fils disparu, Lord Raynald Ouestrelin s’était efforcé à trouver des excuses pour héberger Seamus dans la pièce la plus exclue du château ; pas que cela dérangeait le jeune homme, au contraire la solitude lui avait toujours semblée protectrice et apaisante, mais le dégoût et le rejet explicite qu’on lui témoignait l’avait grandement blessé. Son chagrin s’était très vite transformé en colère, et la colère en fureur. Les rares fois où les deux hommes se croisaient ils exprimaient leur mépris mutuel avec violence. Une fois, Seamus lui porta son poing à la figure pour l’avoir accusé de la mort de son plus jeune frère, James ; le jour suivant, Lord Raynald Ouestrelin avait juré de le déshériter. Seamus n’eut d’autre choix que de grincer des dents et se replier dans le coin sombre de Falaise où on l’avait exilé, se promettant qu’il ne laisserait jamais son père lui voler ce qui lui revenait de droit.
La seule chose dans laquelle il puisait encore du réconfort étaient les instants durant lesquels il se glissait dans la peau de Pieds-Lestes pour parcourir les collines désertes environnant le château. Ses hurlements lugubres résonnaient à travers la nuit et donnaient des frissons même aux âmes les plus intrépides. Le château en avait d’ailleurs prit note et propageait des histoires à faire dormir debout, prétendant qu’un monstre tourmenté rôdait dans les parages, ses cris semblables à de grotesques lamentations.

Seamus sauta de son lit, les pierres froides lui glaçant les orteils. Il s’avança vers la fenêtre pour contempler la mer du crépuscule, souhaitant s’enfuir de nouveau, s’envoler quelque part entre le ciel et l’horizon. Pourquoi suis-je revenu ? On ne veut pas de moi ici. En réalité on ne voulait de lui nul part... Mais il avait une raison d’être de retour : il voulait s’emparer de ce qui lui appartenait ; il voulait du pouvoir, il voulait dominer. Maintenant que son père avait menacé de le déshérité, il représentait un obstacle. Mais les obstacles peuvent être brisés. Il ne savait toujours pas comment il devait s’y prendre, mais ce qui était certain c’est qu’il allait devenir Seigneur de Falaise quel qu’en soit le prix.
Il ne tarda pas à descendre, dévalant les escaliers avec empressement : le devoir l’appelait. Lord Raynald lui avait imputé la corvée des plaintes et requêtes des gens de Falaise ce qui lui prenait toujours la matinée. Bien qu’il détestait écouter ces paysans s’éterniser sur leurs soucis insignifiants il voulait apparaître comme digne successeur afin que personne ne puisse contester son titre d’héritier.
A son grand plaisir, seule une petite poignée se manifesta, se plaignant pour la plupart d’un envahissement de lapins. C’était un soucis auquel on pouvait facilement remédier – du moins le pensait-il – et il promit de mettre rapidement fin à cette invasion de rongeurs.
Enfin, après s’être entraîné au maniement de l’épée avec le maître d’armes, il décida d’explorer le jardin. C’était probablement le seul espace agréable à Falaise. On prenait grandement soin de la flore qui s’épanouissait délicatement entre les chemins sinueux de ce large enclos. Seul les invités y était autorisés (à l’exception des jardiniers biensûr), mais depuis la mort de sa mère et de son frère aîné plus personne ne venait flâner ici. A l'exception de Seamus qui venait chaque jour pour visiter la crypte où était enterrée sa famille. Peut-être était-ce le bois sacré se trouvant en face qui l’incitait à venir tous les jours...
Il descendit donc les marches pour s’enfoncer dans la pénombre. La crypte semblait peut-être petite de l’extérieur, mais l’intérieur était large et spacieux. Il y avait plusieurs étages, mais Seamus ne s’était jamais embarrassé à poursuivre sa descente. Des tombes étaient disposées dans les quatre coins, des pierres où étaient gravés les noms de ses ancêtres ; la preuve qu’ils avaient un jour existé. Seamus s’avança jusqu’à une tombe plus petite que les autres, puis s’agenouilla face à elle.

James Ouestrelin
156-165
un petit garçon au grand cœur
Dans l'ombre, les défunts chantaient l’interminable refrain de la mort et semblaient l’inviter à les rejoindre.
« J’aurais donné ma vie pour la tienne de bon gré James, de bon gré. Le silence macabre dévorait ses paroles et répondit dans un écho glouton. Pourquoi étais-tu si aimé, et moi si haï ? Père ne t’aurait jamais rejeté pour être ce que nous sommes. Un forestier du Nord m’a dit que certains naissent pures, d’autres corrompus. Peut-être avait-il raison. J’imagine que...
_Messire...! Messire...! » des cris lointains interrompirent ses pensées. Ils s’infiltraient dans la crypte depuis le jardin et Seamus s’empressa de voir de quoi il s’agissait. Il remonta les marches quatre à quatre et vit un serviteur accourir le souffle coupé.
« Que se passe-t-il Cedric ? Il t’est interdit de venir ici.
_Messire... le port... Le garçon était hors d’haleine ce qui fut assez pour agacer Seamus.
_Crache le morceau !
_Le port messire... Le port !... Les fer-nés ! Ils attaquent... Le PORT !! »
Seamus se précipita au bord du jardin où l’on avait une bonne vue puisque le château de Falaise se trouvait en amont du port. A l’exception des habituels barques de pêcheurs et bateaux marchands, un autre navire, plus grand y était amarré.
_Cedric, préviens Ewald. Dis lui de me rejoindre à l’entrée du château avec tous les hommes prêts au combat. »

Seamus courut retrouver son père. Lord Raynald se trouvait dans la hall, beuglant des ordres hystériques à leur maître d’armes.
« ...veux pas l’entendre Bryant ! Qu’on m’apporte mon épée et mon armure ! Du haut de ses soixante-deux ans, Raynald Ouestrelin n’était plus vraiment apte à porter une armure et encore moins à porter une épée. Mais Bryant s’inclina tout de même docilement.
_Très bien mon seigneur.
_Qu’on m’apporte aussi de quoi combattre ! Son père le dévisagea d’un air incrédule.
_Toi combattre ? Tu as passé ces dix dernières années dans la forêt. Tu penses pouvoir te battre ? Le rire de son père était à la fois moqueur et nerveux. Mais Lord Raynald semblait avoir oublié les nombreuses heures que son fils avait passé dans la cour d’entraînement à combattre leur ancien maître d’armes. Il avait été très doué à l’épée, rapide et puissant. Mais Seamus ignora la moquerie. Ce n’était pas le moment de se quereller.
_Les loups font d’excellents adversaires, père. Je pense que tu seras d’accord.
_Viles créatures. Il cracha. Si tu comptes te jeter dans la gueule du loup, fais le. Je serais débarrassé de toi.
_Faire face à un loup ne m’inquiète guère. Ce qui me préoccupe sont les pieuvres qui saccagent le port.
_Ces satanés pirates ! Je vais leur montrer de quoi les Ouestrelin sont capables ! Son père était stupide... Les fer-nés étaient des combattants féroces. Comment espérait-il leur tenir tête, vieux comme il était.
_Mon seigneur, laissez moi mener les hommes. Restez ici afin de garder le château. S’il se montrait à la fois respectueux et inquiet, peut-être aurait-il une chance de gagner l’assentiment de son père...
_"Mon seigneur", "messire"... Penses-tu m'amadouer en me vouvoyant ?! Personne ne me donne des ordres ici ! Tu ne vas pas me voler la gloire de vaincre le kraken ! Non, c’est moi qui va mener la contre-offensive et je...
_Père, un jour il faudra que tu penses à fermer ta grande gueule pour de bon. Nous sommes en train de nous faire attaquer et nos hommes ne peuvent être menés par un vieux débris. Reste dans le château, je mène l’attaque.
_Il n’en est pas question ! Tu n’as aucune autorité ici Seamus, tu n’es qu’un monstre et personne... »
Seamus frappa Raynald en pleine figure. Son père tomba à terre, à moitié assommé. Au même instant Bryant revint, armures et armes en main fixant sur le fils de son seigneur un regard halluciné.
« Comment avec-vous osez ? C’est votre père, le seigneur de...
_Taisez-vous Bryant. Donnez moi mes affaires et enfermez mon père dans sa chambre. C’est un ordre ! » Le maître d’armes obéit, comme il avait l’habitude de faire, emportant Raynald Ouestrelin avec lui. Seamus pouvait encore entendre son père le maudire lorsqu’il quitta le hall pour retrouver ses hommes.

Le port était relié au château. Seamus et ses soldats ne prirent donc que quelques instants pour atteindre le cœur de la bataille où les fer-nés affluaient comme des parasites assoiffés de sang. Ils couraient, pillaient, frappaient, tuaient et violaient à leur guise. Une femme courrait pour sa vie un pirate à ses trousses, un vieil homme s’était fait empalé par une lance alors qu’il somnolait sur une chaise, un garçon gisait au sol le visage en sang et un pêcheur s’était fait étrangler avec son propre filet.
Seamus semblait incapable de sentir de la compassion pour ces victimes. Il avait vu d’autres massacres dont les atrocités dépassaient largement celles commises ici. Mais là n’était pas la question, Falaise se faisait attaquer et la seule réponse possible était la riposte. Seamus courut à la rencontre d’un des assaillants. C’était un grand gaillard, mince mais musclé aux cheveux bruns et à la barbe rousse qui venait d’abattre un jeune garde défendant une vieillarde. Seamus tourna sa lame au dessus de sa tête et lança un puissant coup contre son adversaire. Celui-ci esquiva l’attaque malgré tout, puis riposta avec sa hache mais le change-peau para le coup, repoussant son ennemi qui recula d’un pas, puis lui donna de toutes ses forces un coup de pieds entre les jambes ce qui pétrifia son ennemi l’espace d’une seconde. Ce fut assez pour prendre l’avantage ; Son épée fendit l’air dans un son aigu et Seamus sentit la lame s’enfoncer dans la chaire du fer-né qui gisait au sol aussitôt, le ventre ouvert sous un bouquet de tripes s’affaissant mollement sur le sol dans une marée de sang chaud.
Les pillards commençaient à regagner leur navire mais Seamus n’était pas prêt de les laisser s’échapper si facilement. Il courut en direction des fuyards, trancha le dos de l’un d’entre eux dans un rugissement féroce au passage et enfin gagna la baie où était amarré le bateau. Certains soldats avaient déjà gagné les lieux et combattaient les fer-nés en hurlant. L’un d’entre eux fonça tête baissée sur un ennemi de petite taille pour l’empêcher de regagner le navire, mais se fit transpercer malgré tout.
Seamus se précipita vers eux, rengainant son épée afin de courir plus vite, et à au moment où le fer-né allait regagner la mer, il glissa sur le dos, faisant gicler la boue sur son passage, et fit un croc-en-jambe à son adversaire. Il se releva aussitôt, hors d’haleine et en sueur mais prêt à donner le coup de grâce à l’ennemi. Le petit pirate était toutefois plus coriace que ce à quoi il s’attendait et se remit rapidement sur pieds, hache en main. Le change-peau eut juste le temps de dégainer sa lame et de parer le coup. Ils restèrent comme ça l’espace de quelques instants, fer contre fer, se fixant mutuellement de leurs regards féroces et sanguinaires.

Spoiler:
 



"J'ai toujours détesté ces formules absurdes."


Dernière édition par Seamus Ouestrelin le Mer 5 Déc 2012 - 10:27, édité 2 fois
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Dagon Greyjoy
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Message Mer 5 Déc 2012 - 10:03

Le Continental qui lui faisait face ne devait pas avoir la trentaine. Le geste puissant de Dagon avait été arrêté par une lame d’épée, bien plus résistante que ce qu’il avait pour habitude de croiser. Si les fer-nés pouvaient piller ainsi, ça n’était pas uniquement parce qu’ils étaient tous démesurément forts. Non. Même si on pouvait leur attribuer une force supérieure à la moyenne due à leur qualité de vie méprisable, ils restaient des hommes, de chair et de sang. Et comme les côtes n’étaient généralement habitées que par une population de pêcheurs ou de quelques hommes armés, la résistance était souvent bien moindre. Mais le bras qui retenait l’épée en acier château n’était pas celui d’un pêcheur.
Le choc avait surpris Dagon, dont le bras gauche tremblait encore de la secousse inattendue. Instinctivement, il porta sa deuxième main à sa hache, pour empêcher son adversaire de relever sa lame et de le faire ainsi partir à la renverse. Son visage était maculé de terre et du sang chaud coulait le long de son coup. Il ne s’en était pas aperçu mais son oreille avait subi une bonne entaille qui ne cicatriserait probablement jamais complètement. Une de plus. Son visage était crispé. Rester dans cette position lui coûtait bien plus qu’il n’y aurait cru.
C’était la première fois qu’il croisait pareil regard. A l’accoutumée, les hommes ennemis voulaient protéger le peuple victime des assauts et se contentaient de faire fuir les fer-nés en tentant de ne pas se faire achever. Mais celui-là, ses yeux exprimaient quelque chose de bien différent. Quelque chose de plus profond. Il ne voulait pas seulement protéger le peuple. Il voulait aussi littéralement achever l’homme en face de lui. Lentement, un sourire malsain se dessina sur les traits de Dagon. Il avait le sentiment que pour une fois, la traversée de la mer valait le coup. Il n’allait pas simplement repartir après avoir achevé des hommes et des femmes sans défense. Il pourrait se vanter d’avoir combattu contre un ennemi à la hauteur. Ses mains étaient tellement resserrées sur le manche de sa hache que ses doigts devenaient blancs. Son front commençait déjà à perler de sueur. Il ne tiendrait pas longtemps ainsi. Plus petit que son attaquant, il avait les bras trop relevés pour trouver la position confortable. Il cracha au sol. De la terre lui emplissait encore le gosier. Il prit néanmoins la parole, un peu enroué et peinant à retrouver de l’air, contraint à respirer par vagues à cause de sa position.

« Hé bien. Ouestrelin a donc un soldat digne de c’ nom. »

Il renifla, plus pour chasser la sueur qui lui perlait sur le nez que pour autre chose. Ses cheveux étaient plaqués sur son visage et il aurait apprécié pouvoir les y déloger.

« Y doit bien t’payer pour que tu viennes ainsi risquer ta vie pour un peuple de souillons. »

Si Dagon avait, de par sa condition, été élevé aux coutumes des Lords, entant que combattant fer-né, il n’utilisait guère le langage soutenu de sa famille. Il ne voulait pas se faire remarquer. Il détestait être considéré comme le « fils de » et son surnom de Seiche était déjà bien suffisamment lourd pour qu’il n’en rajoute pas une couche.
Le regard assassin du continental avait quelque chose de déstabilisant, de trop sincère. Et de délicieusement agréable. Alors que le sourire de Dagon s’élargit, il prit appui sur le pied le plus en avant de lui et se propulsa aussi fort qu’il put contre l’autre, dans le seul but de se dégager de cette emprise trop prenante. Leurs lames se séparèrent et Dagon dévia sur la droite pour ne pas se retrouver à nouveau trop près de l’autre. Dans l’élan, sa hache venait de se ficher dans le sol. Au lieu de le déstabiliser, ce retournement inattendu lui fit du bien. Il s’appuya sur le manche et d’un revers de main, essuya son visage. Les victuailles qu’il avait amassées s’étaient répandues sur plusieurs mètres. Ce qui lui arracha un soupire, à mi-chemin entre le grognement. De la tête, il les désigna.

« T’aurais au moins pu épargner l'sac. Après tout, c’est aux hommes que tu défends que j'les dois. »

Avec force, il dégagea sa lame du sol. Il s’en fichait pas bien mal d’être crotté de la tête aux pieds. Une plongée dans la mer et il serait à nouveau propre. Il n’osait détourner le regard de son assaillant. Il avait l’impression que ce dernier était bien trop attentif aux moindres de ses mouvements. Il n’avait rien d’une proie. Il ressemblait à un prédateur bien trop féroce pour l’endroit.

« J’devrai peut-être vous remercier. Sans votre aide, nous ne boufferions pas grand-chose, et devoir se battre pour de la nourriture est tellement plus agréable que de la cultiver. Si on peut appeler ça se battre. Rien de bien défensif. » De la tête il désigna l’ensemble du hameau. Et reprit. « Enfin, à part toi. Un petit lionceau je parie. »

Il faisait référence au fait que Falaise devait allégeance aux Lannister. Il se suspectait pas un instant que le jeune homme était originaire de la côte. Son physique donnait l’impression d’un chasseur, plus habitué à un environnement sylvestre que côtier. Il entendait les assauts de ses confrères contre les hommes d’arme d’Ouestrelin. Il ne doutait pas de la capacité de ses frères à rapidement mettre un terme aux combats. Le souci, c’était le sien. Il doutait de pouvoir mettre au tapis son adversaire en moins de dix minutes. Hors, le boutre ne l’attendrait pas. Il avait beau être le fils du suzerain, il serait abandonné si le boutre risquait sa sécurité en l’attendant. Et il ne voulait absolument pas moisir ici. Il n’avait que répugnance pour ce peuple. Il n’avait rien contre le pays, mais c’était ces habitants qu’il ne pouvait voir en peinture. Après tout, cette terre avait été celle de son peuple, bien des décennies plus tôt. Mais on les avait chassés, et poussés dans leurs retranchements, contraints de vivre sur des îles rocailleuses d’où la seule chose extraite était le minerai dont elles portaient le nom. Pouvait-on alors les blâmer de s’en prendre aux côtes voisines pour vivres et femmes ? Dagon trouvait cela bien impertinent de la part du peuple qui les avait privés de terre. Mais ni l’un ni l’autre ne pouvait revenir en arrière. Même si des terres étaient reprises par les hommes de fer, ils ne cultiveraient pas pour autant. Nous ne semons pas. Devise explicite de la famille Greyjoy. Ils continueraient à piller, sans cesse, avançant dans les terres pour ne s’arrêter que lorsque la résistance ferait front à leur avancée.

« Rien de personnel, mais je vais devoir te faire la peau. Tu n’aurais jamais dû te lancer sur moi. »

Et pour lier le geste à la parole, il releva sa hache, à deux mains et courut en direction de l’homme qui lui avait fauché la route. Il n’arrêterait pas ce combat avant que l’un des deux soit incapable de se relever. Plus mort que vif.


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Message Mer 5 Déc 2012 - 19:55

Contrairement aux autres pirates, celui-ci avait du caractère. Un homme digne de combattre. Ce duel allait le réjouir et la prise de parole du pirate ne fit qu’ajouter du piment à cette collision.
« Soldat ? Ne me fais pas rire ! Je pourrais faire une bouchée de tous ces hommes. Terres de l’Ouest ou Fer-nés, peu importe ! » En vérité Seamus n’était même pas chevalier. Trop agacé par les interminables ordres et les leçons inutiles qu’on lui dictait, ses années en tant qu’écuyer avaient été courtes. Discordes et querelles étaient devenues trop fréquentes et on le renvoya rapidement chez lui. Après tout, défier l’autorité était une de ses grandes spécialités... Mais c’était également une malédiction qui n’avait jamais manqué de lui rapporter des ennuis. Il ne cachait pas non plus son indifférence face à la population de Falaise. Au contraire, ces paysans sans personnalité ne l’inspiraient guère. Peut-être se contentaient-ils du peu qu’ils avaient, mais cela ne faisait que les rabaisser davantage à ses yeux. Le manque d’ambition ou de caractère était pour lui une tare difficilement pardonnable. Au moins les fer-nés avaient-ils le bon sens de s’emparer de ce qu’ils convoitaient. Ils avaient du culot, il devait le leur accorder. Il aurait toutefois préféré qu’ils toquent à la porte d’une forteresse voisine. Peut-être était-ce son instinct animal, mais s’il y avait une chose que Seamus détestait par dessus tout, c’était qu’on empiète sur son territoire. Or, Falaise était sa nouvelle demeure et allait bientôt lui appartenir. Quelqu’un qui rode dans la tanière du loup ne manque pas de se faire mordre.
« Et je dois toutefois avouer, la perspective de me faire payer par mon propre père est assez alléchante. »
Malheureusement pour Seamus, Lord Raynald n’avait pas un sou et les seuls biens que les pirates étaient prêts à trouver à Falaise étaient du sel et du poisson. Choses que, pour une fois, ils avaient en abondance mais qu’on venait à présent leur voler.
Les fer-nés avaient d’après lui mal choisi leur destination s’ils comptaient trouver de l’or et des joyaux. Rien de ça ici ! Leurs mines étaient épuisées, leurs terres vendues et tout ce qui restait était ce château en ruine et sa colline puante. Il n’y avait aucune gloire à hériter de tout cela, mais encore une fois, le jeune Ouestrelin n’était point intéressé par la propriété mais par le titre et l’influence qui venait avec.
Il grinça des dents avant de se mordiller la lèvre inférieure en grimaçant d’un air narquois. Il allait prendre plaisir à achever cette petite pieuvre. Après avoir passé deux mois paisibles et ennuyeux dans l’enceinte de la forteresse, ce combat promettait d’être revigorant.
« Dans le monde, les plus faibles sèment et les plus forts prennent. Ce que tu oublies c'est qu'ici, c'est moi le plus fort : un lion par allégeance, un bigorneau en nom et un loup dans l’âme. Je suis probablement la plus terrible chimère que tu ais jamais rencontrée. Il s’empara fermement du pommeau de son épée à deux mains. Son sang bouillait inlassablement. Et sans doute la dernière ! »
Seamus gueula férocement avant que sa lame rencontre la hache du fer-né dans un éclat métallique. Il fit glisser son épée le long du fer de son adversaire afin de se détacher de son emprise, puis virevolta sur sa gauche dans l’espoir de toucher le jeune pirate dans le dos mais celui-ci bloqua sa tentative avec férocité, faisant reculer Seamus de deux pas. L’ennemi en profita pour lui lancer un coup destiné à son visage qui aurait put être décisif si le change-peau n’avait eu le réflexe de se baisser et de faire une roulade sur sa droite. Mais le fer-né était rapide. Il balança son arme en direction de Seamus qui venait de se redresser. Le coup de son adversaire coupa son armure de cuir clouté et lui entailla la poitrine, suscitant une douleur perçante qui le fit perdre pieds. Alors qu’il gisait au sol, le pirate pivotait sa hache qui trancha l’air avec le son impérieux du coup de grâce. Le jeune Ouestrelin se reprit au dernier moment, s’empara d’une pierre qui gisait là et la jeta de toutes ses forces sur son ennemi avant de rouler sur sa gauche et profiter des quelques instants qu’il venait de gagner pour se relever. Il avait touché le fer-né à l’épaule. Celui-ci s’était très vite remis du choc provoqué par le projectile, et l’instant d’après ils croisaient de nouveau le fer.
Un, deux, trois quatre, cinq... les coups s’enchaînaient mais ni l’un ni l’autre ne semblait se fatiguer sous ces attaques interminables. Les lames virevoltaient et s’entrechoquaient dans une danse sauvage. Leur combat les poussait peu à peu vers la mer. Quand Seamus s’en aperçut il esquiva le coup de son adversaire au lieu de le parer, fit deux pas sur sa gauche, puis donna un coup dans la nuque du fer-né du pommeau de son épée. Celui-ci se retourna à temps pour bloquer une puissante attaque du change-peau. Elle vint violemment se heurter contre le manche de sa hache avec lequel il eut le bon sens de se protéger. Quelques éclats de bois s’envolèrent alors que le jeune Ouestrelin cherchait à écraser le petit pirate sous le poids de sa grande épée. Il semblait le dominer de sa taille, mais leur détermination était équivalente. Le fer-né ne cédait point et ils restèrent de nouveau figés dans cette position pendant quelques secondes.
« Un jeune poulpe hors de l’eau qui peut rivaliser avec le grand méchant loup. Son expression était contractée par l’effort, il avait le souffle court et des mèches de cheveux trempées de sang et de sueur collaient sur son front. Il parvint pourtant à sourire d’un air amusé. Mais nous sommes à l’évidence des bêtes féroces, n’est-ce pas ? »
Dans une coïncidence théâtrale, un hurlement animal retentit depuis la colline s’étendant derrière eux. Un cri à vous glacer le sang. A la bonne heure. Pieds-Lestes accourut aussitôt, son regard était froid et perçant. Le change-peau pouvait sentir la faim et la rage de son compagnon. Seamus rompit soudainement l’emprise en repoussant son adversaire dans un effort considérable. Les deux hommes se fixaient à nouveau. Malgré son visage couvert de terre et de crasse, les yeux du fer-né étincelaient farouchement ; deux globes dont l’expression était aussi tranchante que la lame de sa hache. Seamus n’était pas mieux garni. Le sang de son premier ennemi coulait encore le long de son front et cette bagarre épuisante l’avait couvert de boue.
Etrange... L’espace d’un instant il crut apercevoir une lueur de lui-même dans les yeux du kraken, comme si son expression miroitait une partie cachée de sa propre âme dont il était le seul à connaître l’existence.
La plupart des pirates avaient rejoint la baie, certains couraient encore parmi les maisonnettes des pêcheurs sans doute dans l’espoir de trouver un trésor caché. Pourtant, personne ne semblait leur porter d’attention. Ils tournaient en cercle, face à face. Pieds-Lestes se tenait derrière son maître, la tête baissée il les observait attentivement. A la vue de l’expression intriguée du pirate, Seamus afficha une grimace malicieuse.
« Il n’attaquera pas. Deux contre un, ça ruinerait la gloire de ce duel. Mais assez bavasser ! »
Soudain, ils firent virevolter leurs armes aux dessus de leur tête tout en se fonçant dessus. Ils hurlaient bestialement comme s’ils étaient sur le point de se dévorer. La hache et l’épée se cognèrent avec fracas. Le jeune Ouestrelin donna un coup de coude dans le visage de son ennemi alors que celui-ci lui porta un coup de genou dans le ventre. Ils ne semblaient prendre note de la douleur, totalement absorbés par le combat et l’envie de l’emporter. Enfin, ils pivotèrent synchroniquement sur leur droite respective dans l'intention de couper la gorge de leur adversaire, puis se figèrent, le change-peau une hache contre le cou et le fer-né une épée sous le menton.
Impitoyables et indomptables ils se faisaient face, deux hommes libres qui se ressemblaient. Quelque chose comme le destin avait cependant décidé que l’un naisse sur les îles et l’autre sur le continent. Séparés de quelques miles aussi insignifiantes que décisives, ils étaient voués à s’affronter. Mais Seamus était même prêt à défier son propre destin...
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Message Lun 10 Déc 2012 - 18:39

Même si Dagon pouvait se vanter d’avoir eu un entrainement digne de ce nom en ce qui concernait l’art de la guerre, il ne pouvait être fier du combat qu’il menait. La chance voulait que ses confrères soient déjà loin de lui, lui évitant de subir une honte supplémentaire. Son corps tremblait sans relâchement. Il n’avait jamais eu à combattre pareil adversaire et savait que le lendemain serait le jour le plus pénible de son existence. S’il pouvait se battre avec une force propre à son peuple. Il n’était en aucun cas capable de supporter l’endurance d’un long combat. Ses yeux brillèrent de nargue lorsqu’il comprit que l’homme qu’il combattait était le fils du Seigneur des lieux. Que d’honneur ! C’était peut-être de là que lui venait une dextérité surprenante et peu commune dans les environs. Pourtant, en quittant Pyk, Dagon avait cru comprendre que le fils de Ouestrelin était en vadrouille depuis bien des années. Qu’est-ce qui avait bien pu pousser un fuyard à revenir sur sa terre natale ? Question pour un autre temps. Mais ce jeune homme possédait des ressources incroyables. Le fer-né ne pouvait croire qu’il avait passé des années en ermite. Il avait dû recevoir un entrainement des plus efficaces, et qui faisait ses preuves aujourd’hui.

Le combat était éprouvant et Dagon se contentait le plus souvent de parer. Attaquer les mettait en trop grand danger. L’Ouestrelin décelait la moindre faiblesse et tentait de l’utiliser à chaque occasion. Mais sous l’éclat de la rage, Greyjoy parvint à le blesser au torse. Il savait que ce n’était que faible réconfort. Une pierre lui mordit le bras avec une force qui manqua de lui déloger l’épaule. Furieux, et mauvais perdant, Dagon se concentra sur le combat plus que sur la douleur qui lui martelait le corps. Il para, de sa hache. Il vit le bois se fendre. Un autre coup, et elle cèderait. Il ne pouvait se le permettre.

« Grand méchant loup. Laisse-moi rire ! Même un Strak ne pourrait m’effrayer. »

Il ne comprenait pas d’ailleurs pourquoi Seamus parlait de loup depuis le départ. S’il avait aisément compris la référence au bigorneau à cause de l’armoirie particulière des Ouestrelin, il n’arrivait décidément pas à placer un loup dans l’histoire. Tous deux étaient contractés comme des arcs et ne retenaient nullement leurs coups. Il était même surprenant qu’aucun ne souffre encore de blessures graves.

« Féroces… ce n’est qu’un combat amical. Mais un loup doit pouvoir montrer plus de cruauté. N’oserait-il pas provoquer le kraken de peur de se noyer dans un nuage d’encre ? »

C’est alors qu’il entendit un hurlement bestial caractéristique des loups. Quelle était donc cette farce de mauvais goût ? Le loup semblait obéir à Ouestrelin. Dagon n’avait pas connaissance de ce phénomène de compagnonnage. Sur les îles one ne possédait pratiquement pas d’animal de compagnie, et si certains chevaux étaient réservés à un seul propriétaire, les fer-nés n’y voyaient qu’un moyen de transport, rien de plus – à part peut-être un bon festin. En grognant, Dagon remercia son adversaire de ne pas lui envoyer le loup. Il ne s’était jamais mesuré à une telle bestiole et il ne payait pas cher de sa vie. Il pouvait se battre comme un humain parce qu’il était facile de comprendre leur fonctionnement, mais contre une bête sauvage, rien n’était réfléchit, tout était instinctif, et donc bien plus redoutable.

Un coude lui désaxa dangereusement la mâchoire, lorsque le duel reprit. Il ne pouvait se permettre de perdre. Il risquait non seulement de ne pas pouvoir regagner le navire et s’il y arrivait, de perdre toute crédibilité envers ses compagnons de route. Il voulait reprendre le flambeau. Il ne pouvait ainsi laisser passer sa chance de diriger les îles de fer. Il serait plus fort que son père, plus fort que tous les autres avant lui ! Un dernier assaut, violent, rapide et efficace, pour les deux parties. Alors que sa hache menaçait l’artère de l’Ouestrelin, l’épée adverse s’était frayé un passage jusqu’à sa trachée, la pointant avec exactitude. En avalant, il en arrivait presque à faire teinter le fer de la lame. De sa mâchoire une douleur lui martelait les tempes et de son épaule, une douleur sourde, comme rythmée par les tambours de son cœur. Il n’arriverait pas à gagner plus de terrain. Le jeu était bien trop équitable. Même en trichant, il serait démasqué à la moindre entourloupe. Le loup aurait – de plus – tôt fait de venger son maître si par bonheur Dagon réussissait à le faire céder.

Mais l’esprit de Dagon avait volé dans une autre direction. Il y avait quelque chose qu’il ne pouvait ignorer, dans cette attitude, cette capacité au combat, et ce regard. Subitement, que l’adversaire soit de l’Ouest n’avait aucunement d’importance. Qu’il soit le fils d’un ennemi, le pote d’un loup ou l’amant de quelque pucelle, n’affectait en rien ce qui remit en cause toute la stratégie de Dagon. C’était comme une gifle. Comme s’il venait de percuter ce qui se passait. Son bras se mit à trembler. Pas par peur. Il ne voulait juste plus tuer l’homme qui lui faisait face.

« Fais chier ! »

Avec brusquerie, il éloigna sa lame de la gorge de Seamus et recula en titubant, pour ne plus être menacé par l’épée adverse. Il était complètement désemparé. C’était la première fois qu’il se retrouvait face à une impasse. Son esprit tournait en rond en revenant toujours sur la même conclusion, qu’il ne pouvait se résoudre à accepter. Il n’avait jamais connu la peur. Mais ce sentiment de conflit intérieur le faisait paniquer. Il respirait bien trop vite, et transpirait à grosses gouttes. Il ne pouvait détourner son regard de Seamus. Un regard emplit de doutes et de questions.

« Soit. Je t’épargne. »

Il n’épargnait rien du tout. Il était juste tellement en proie au doute qu’il tentait simplement de se recomposer devant l’ennemi. Il implorait son Dieu pour qu’un fer-né vienne le déloger de cette ignoble situation qui lui donnait de la nausée. Mais son peuple ne serait d’aucun secours. Il aurait souhaité être capable d’achever en un seul coup son opposant mais il en était bien incapable. Son visage était toujours crispé par la douleur et la rage mais ses yeux exprimaient le frein qui l’empêchait d’achever le soldat de l’Ouest. Il avait l’étrange impression d’être exactement sur le même chemin que lui. D’emprunter la même route et de marcher dans le même sens. C’était perturbant. Pourtant, tous les propos qui avaient été tenus par son adversaire avaient exactement la même signification pour Dagon, et sur aucun point il n’aurait pu le contredire.

« Tu… depuis quand passes-tu tes nuits uniquement avec toi-même ? »

Il était brusque et franc. Il ne pouvait trouver de signification à cet esprit semblable au sien que dans la vie qu’ils avaient vécu. Ce gosse de Lord ne devait pas avoir passé son enfance paisiblement et encore moins son adolescence. Ses capacités, Seamus les devait uniquement à lui-même. Dagon en avait le pressentiment. Il en avait été de même pour lui. Etre constamment incompris par le monde qui vous entoure, remit en place au moindre geste, frappé pour une miche de pain et toujours considéré comme le « fils de » et jamais comme un être unique. Là était le quotidien du Greyjoy. Se battre pour avoir sa place. Affirmer sa supériorité à chaque instant.

Indéniablement, les deux adversaires étaient faits pour gouverner, et non pour être soumis à une quelconque loi. La hache de Dagon pointait vers le bas. Il ne montrait plus aucun signe d’agressivité, mais restait fermé – comme une huitre. Il n’avait jamais été un sentimental, à part pendant sa plus tendre enfance. Mais le quotidien froid et rude de Pyk avait tôt fait de le rendre hermétique à tous sentiments.


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Message Mer 12 Déc 2012 - 1:34

Les interminables journées passées à courir à travers des plaines et à escalader des falaises avait amplifié son endurance et endurci ses muscles. Il avait la physionomie d’un homme dont l’activité physique dépassait amplement l'ingestion de nourriture et dont les nombreuses années passées seul dans la nature avait préparé aux pires scénarios et aux situations les plus dangereuses et inattendues. Il avait appris à ignorer les cris languissants de son organisme en cas d’épuisement ou de faim et aurait continué à se battre sans réaliser sa respiration courte, ses muscles épuisés et son organisme en alerte. Lorsqu’il s’agissait de survie, son esprit refusait d’écouter les revendications de son corps et il aurait très certainement combattu jusqu’au stade d’un épuisement mortel s’ils ne s’étaient pas arrêtés.
« M’épargner ? Il rit Egalité je dirais ; n’allons pas jusqu’à blesser notre orgueil à tous les deux. »
Seamus planta donc son épée dans le sol. C’était fini, son ennemi s’était, à chaque collision de leurs armes respective, un peu plus transformé en adversaire compréhensif et semblable. Ils savaient qu’ils avaient affaire à une créature de la même race. Que ce soit pour le meilleur ou pour le pire, leur allégeance et leur devoir n’avait plus grande importance : comment peut-on tuer son adversaire quand on sait avec certitude qu’il est une des rares et peut-être seules personnes pouvant s’identifier à soi-même ? Une question rhétorique, sans aucun doute. Ici les lois des sept couronnes perdaient de leur signification ; seuls les dieux pouvaient être aussi cruels pour opposer deux individus aux cœurs équivalents. Etait-ce pour les mettre à l’épreuve ou leurs machinations avaient-elles quelque but plus obscur et incompréhensible pour les hommes qui habitaient leurs terres ? Le change-peau avait passé bien des heures à contempler les bois-sacrés et à écouter le ruissellement de leurs feuilles. Il ne pouvait nier la force spirituelle qui habitait ces endroits. S’ils existaient vraiment, cette rencontre n’allait pas être sans répercutions sur leur avenir.

La question du fer-né le fit sourire. « Jamais Il se tourna vers Pieds-Lestes. C’est le jour que la solitude est ma maîtresse ; la nuit, j’arpente Westeros sous une autre forme : les changes-peau n’ont pas le luxe de passer leur sommeil avec eux-mêmes. A quoi bon cacher la vérité au fer-né ? Il n’avait pas l’impression que cela allait changer son avis ni sa décision. Il ne semblait pas du genre à croire les préjugés et contes pour enfants. D’autre part, une forme d'estime naturelle et inexplicable l’incitait à faire confiance au jeune pirate en qui il reconnaissait une part de lui-même. On dit que c’est une malédiction de partager son âme avec des bêtes. Mais les gens craignent ce qu’ils ne comprennent pas. » La désinvolture de la jeunesse donnait le courage de s’opposer à n’importe qui et n’importe quoi. Seamus tirait encore une certaine fierté d’être un change-peau, n’ayant fait l’expérience de la civilisation que récemment. Il n’avait pas encore fait face aux difficultés que cela imposait et à la pression que son entourage allait plus tard exercer sur lui. Avec le temps toutefois, il apprendra ce qu’impliquait sa nature et ce que le monde lui réservait.
Il s’essuya du revers de la main le sang qui lui coulait le long des tempes.
« Lorsque l’on est ce que je suis, on n’a pas le luxe de se faire des amis. Nous le savons tous deux, la confiance est l'apanage des fous... et des morts. » Et pourtant je semble te faire confiance. Il secoua la tête, puis se passa la main sur le menton. Je n’ai pas l’habitude de parler autant... Il afficha un sourire en coin. Une bataille qui se transforme en débat – n’est-ce pas ironique ? »
Soudain, un soldat de Falaise accourut sa lame dégainée et prêt à attaquer le fer-né. Certainement, la bataille était en train de prendre fin et les hommes d’armes cherchaient à abattre les quelques pirates qui restaient sur la terre ferme. Mais avant que le soldat ne les atteigne, Seamus avait sorti son épée du sol et la pointait sur son agresseur, le menaçant à la avec son arme et son regard.
« Halte ! Le jeune homme parvint à s’arrêter malgré sa furie et se tourna vers le change-peau avec incompréhension.
_Mais qu’est-ce que ?...
_Va-t-en tout de suite avant que je te tranche la gorge. » Le soldat n’avait d’autre choix que d’obéir. Il recula doucement puis s’enfuit, jetant un dernier coup d’œil suspicieux au fils de son seigneur. Voilà un problème de plus. Je vais devoir régler ça plus tard.
« Mon exil m’a fait oublier à quel point les gens pouvaient être stupides... Il lâcha un soupir exaspéré puis rengaina sa lame. N’as-tu pas l’impression que le monde est trop petit pour des créatures comme toi et moi ? Peut-être pas le monde, mais les personnes qui l’habitaient. Or, le monde n’est-il pas ce qu’en font les hommes ? Il me semble quelque fois que nous sommes une race fière qui est vouée à disparaître... »
L’orgueil et la fierté coulaient dans les veines des Ouestrelin. Un sang ancien qui remontait aux premiers hommes. Ils avaient la conviction d’être destinés pour de grandes choses. Bien que leur actuelle situation témoignait du contraire, ils n’avaient cessé de croire dans le renouveau de leur maison et l’importance de leur lignée. Chez Seamus toutefois, cette fierté s’était mêlée au mépris et à la fureur envers toute la nature humaine qu’il méprisait pour son incompétence et manque d’ambition. D’après lui, les hommes étaient de mornes créatures, s’obstinant à croire qu’ils étaient supérieurs à la sauvagerie de la nature, s’efforçant de voir dans la civilisation la mère de toute vertu. Le change-peau était toutefois convaincu du contraire : l’instinct et la survie étaient pour lui les premières valeurs humaines, les choses qui font battre le cœur de l’univers et empêchent l’existence elle-même de s’éteindre. Seamus savait ce que la survie pouvait pousser les gens à faire. Au moment où on est confronté à la mort, civilisation et humanité perdent toute signification. Il s’obligeait donc de percevoir les hommes avec indifférence mais les bêtes avec respect.
« Je pense que la fierté et l’ambition ne sont pas des pêchés mais des mécanismes destinés à nous pousser au-delà des limites de l’impossible. Le jour viendra où les sept couronnes s’apercevront qu’il y a encore des hommes dignes de ce nom et que personne ne peut rivaliser avec leur férocité et détermination. » Sa soif de pouvoir l’avait persuadé que le monde était à ses pieds et qu’il était mieux que le reste. Mais il était encore jeune, trop impudent pour comprendre que les seigneurs avaient également besoin de leurs sujets.
« J’imagine que tu n’es pas n’importe qui... Tu as beau parlé comme n’importe quel pirate, tu n’es pas comme les autres. Son adversaire était, il devait l’avouer, un mystère. Les années passées sur des navires à côtoyer d’autres loups-de-mer n’était pas l’environnement le plus susceptible de voir naître un misanthrope. Mais s’il espérait obtenir le nom du fer-né il devait d’abord donner le sien. Je m’appelle Seamus. Tu as très certainement deviné mon nom de famille à l’heure qu’il est... Quoi qu’il en soit, j’aimerais connaître celui de mon adversaire avant qu’il ne disparaisse au bord de l’horizon. » C’était implicitement dire qu’il le laissait filer. Malheureusement pour lui, laisser partir un fer-né alors qu’ils venaient de se faire attaquer éveillerait les suspicions de tous et ils le verraient sans aucun doute de traitre. Et si son père le découvrait, il risquait pour sûr de se faire déshériter. Mais il ne craignait nullement Raynald et savait qu’il pouvait le ménager d’une façon ou d’une autre. L’homme d’arme posait donc un réel souci et menaçait grandement sa réputation qui ne tenait déjà plus qu’à un fil. Je vais devoir me débarrasser de ce soldat avant qu’il ne propage des rumeurs compromettantes. Ainsi, le problème serait réglé.



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Message Mer 12 Déc 2012 - 23:23

Le sang avait coagulé le long de son oreille et lui grattait affreusement le coup. Vigoureusement, il en dégagea une plaque qui s’étala sur ses mains qu’on ne pouvait en aucun cas qualifier de propres – ni au sens figuré, ni au sens littéral. Il remarqua avec un quelque réconfort que l’Ouestrelin était dans un état de fatigue proche du sien. Le Continental semblait cependant avoir un mental qui lui permettrait de tenir ce combat encore plus longtemps, alors que Dagon, même au plan psychique était complètement épuisé. Ses épaules se détendirent lorsque la lame adverse se ficha dans le sol. Il respirait désormais à grandes goulées d’air. Il n’avait pas l’intention de se faire surprendre si ce n’était là qu’une sinistre ruse. Il avait désespérément soif. Sa langue avait encore le goût de terre et la sueur lui piquait les yeux. Ca n’était pas la première fois. Mais d’ordinaire, il ne s’attardait pas sur terre. Après pareil conflit, il piquait la tête la première dans l’eau et s’empressait de regagner le boutre. Mais son adversaire semblait vouloir le garder à terre encore plus longuement. Les discussions posées étaient plus que rares après un combat. Normal. Pourquoi discuter avec le peuple qu’on venait de piller ? Aucun intérêt. Mais si le jeune soldat portait le nom de la région, il ne semblait en aucun cas être de la même trempe que le peuple côtier.
Un change-peau…là est donc la réponse au loup. Dagon venait de comprendre l’allusion qu’avait faite le soldat, quelques minutes auparavant, concernant leur totem respectif. Il avait entendu parler de cette particularité. Mais jamais il ne lui avait été donné de rencontrer un véritable change-peau. Cette anomalie humaine, il ne la comprenait pas. Mais contrairement à d’autres, il ne craignait nullement ce que son cerveau ne pouvait décrypter. L’inconnu l’avait toujours sombrement attiré. Il évita cependant le sujet. Ils n’allaient pas se mettre à parler de tout et de rien comme s’ils étaient deux potes qui venaient de se recroiser au détour d’un chemin. S’il ne se sentait plus menacé par le soldat, dire qu’il lui faisait confiance était bien loin de la réalité. Dagon ne faisait confiance à personne, même pas à lui-même. Il savait pertinemment que l’humain n’est pas de ceux qu’on peut nommer fiable.

Si le change-peau lui avait semblé peu loquace quelques minutes plutôt, il faisait désormais preuve d’un partage de paroles qui tardaient à faire réagir le fer-né. Si Dagon n’était pas encore réputé pour son silence assassin, il n’était pas des plus bavards, surtout pas en terre ennemie. Une grimace, accompagnée d’un rire rapide conclurent une réplique du soldat. Celle qui parlait de combat et d’ironie. Oh oui. C’était même étrangement comique. Dangereusement comique. C’est alors que le soldat de Falaise déboula comme un cheval dans leur discussion. Instinctivement, Dagon ré-empoigna sa hache et la porta à hauteur d’épaule. Mais son acolyte eut une réaction qui le laissa incapable de bouger pendant une fraction de seconde ; il venait de renvoyer le garde, propre en ordre ! Certes, Dagon ne voulait pas d’un troisième membre dans ce duel, mais de là à plaider sa cause.

« Abruti ! Le laisser partir. » Il soupira en secouant la tête. Bah. Tant que la rumeur ne se répandait pas jusqu’aux îles, Dagon serait hors d’atteinte. Mais son orgueil en avait pris un coup. « Tu devais errer sacrément loin pour oublier à quel point les habitants de Westeros sont pourris de l’intérieur… »Il fit cette remarque à mi-voix, plus pour lui que pour le concerné. « Le monde n’est pas trop petit. Mais trop peuplé d’imbéciles gangrénés. Il n’y a aucune fierté à retirer du nettoyage. » Il faisait référence au fait que son peuple massacrait des peuples bien plus maigrichons.

Il était fier, mais uniquement par égoïsme, par sa capacité à vivre dans un environnement hostile et de vouloir toujours plus loin, toujours plus haut. Mais pas de terre, pas de richesse. Juste, la liberté de vivre selon son bon principe. Il ne réagit cependant pas au mot disparaître. Son culte au Dieu Noyé l’avait préparé à sa disparition, qu’il ne craignait nullement.

Un sourire se dessina sur les traits de Dagon. Il était bien différent, ce soldat aux coquillages. Mais il n’avait tragiquement pas sa place à cet endroit. Il aurait pu faire un excellent guerrier de fer. Mais il était né continental.

« Mais alors il sera trop tard. Les sept sont tellement aveugles que quand ce jour viendra, rien ne sera compris et une mauvaise décision sera prise en conséquence. J’aurai au moins la satisfaction de pouvoir les achever par pure cruauté. »

D’un revers de main, il s’essuya le nez sans aucune délicatesse. Il avait rabaissé sa hache qu’il tenait tête en bas, dans sa main gauche. La suite fit rire Dagon. Il s’arrêta en grimaçant. Son épaule sourdait à son côté droite et sa machoire n’était pas des plus fraiche. Il se contenta alors d’une grimace destinée à son adversaire qui lui avait causé tous ces dommages.

« Pirate. Les pirates sont ceux qui nous ont contraints à ne vivre que sur des îles. »

La jeunesse le faisait réagir au moindre mot. Comme s’il voulait prouver qu’il les connaissait et comprenait tous. Il tourna légèrement la tête vers la mer en entendant le prénom du futur Lord. C’était donc bien le dernier fils de Ouestrelin, le fils qui –disait-on – avait passé une partie de sa vie à errer loin de sa terre. Propos fondés, visiblement. Dagon soupira à nouveau. Quand il donnait son nom, c’était pour le dernier voyage de son adversaire. Hors Seamus n’avait rien de mourant. Il retroussa le nez, pas très fier de se dévoiler ainsi. Mais il respectait tout de même les principes de guerre. Il baissa le menton, rapidement avant de le remonter, sur son torse. Son armure de cuir doublé de cotte de maille était abimée mais le dessin au couteau qui trônait en son centre restait intact. Une seiche.

« Greyjoy. Dagon Greyjoy. » Même pour quelqu’un qui avait passé sa vie en cavalcade, le nom de la famille Greyjoy ne devait pas être un mystère. Comme vexé, Dagon s’avança de deux pas sur son adversaire, probablement un peu trop brusquement. « Pardon, mon Seigneur, d’avoir eu aucun égard pour votre digne maison en choisissant de mettre en pièce votre si joli village. » Seamus avait fait une remarque sur son langage. Dagon voulait lui montrer que même dans des îles sombres, l’intelligence était bien loin de faire défaut. « Faîtes-moi confiance. Je ne vous manquerai pas longtemps. Si vous insistez, je reviendrai vous voir souvent. Il suffit pour cela que vos maisons restent toujours pleines et que quelques femmes soient mises à disposition. » Si le ton était poussé à l’ironie méchante, son regard trahissait un amusement. Quelle situation bien étrange qu’était ce dénouement. Il ne savait pas où il allait. Mais il savait qu’il ne regretterait pas ce chemin. « Et vu que tu m’as enlevé ce plaisir ; achève bien l’espion de ton père en pensant à moi. » un sourire moqueur lui déformait les traits. Il avait l’impression d’être sur un terrain de jeu. Comme si les deux adversaires n’avaient été que deux chiots voulant tous deux le même os en acceptant parfois de se le laisser un instant. Mais jamais trop longtemps.


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Message Jeu 13 Déc 2012 - 17:27

Bien qu’ils avaient abaissé leurs armes et échangé quelques paroles, il régnait encore une atmosphère un peu tendue – pour ne pas dire bizarre. Seamus ne savait pas vraiment quoi penser de cette soudaine accalmie. Il avait déversé son cœur tout naturellement, poussé par la première interrogation du fer-né. D’habitude il était du genre loquace mais tout de même distant, peu enclin à laisser les autres savoir ce qu’il pense. Son instinct ne semblait cependant pas lui inspirer un quelconque rejet ou une importante défiance vis-à-vis du pirate, ce qui était définitivement assez pour lui porter une forme de confiance. Seamus se sentait comme un animal qui venait d’apprendre à respecter son adversaire ainsi qu’à lui porter une certaine estime.

« Dagon Greyjoy. » il acquiesça de la tête en souriant, ayant du mal à croire qu’il faisait face au futur suzerain des îles de fer. C’était très risqué de sa part de dévoiler sa véritable identité sur un territoire étranger, surtout que Seamus pourrait en profiter pour le prendre en otage ou le tuer sur place et ainsi déraciner les futures générations du kraken. Donner son nom ne fit que lui ajouter de l’estime aux yeux du change-peau et prouvait qu’il le respectait et lui faisait dans une certaine mesure confiance. Cependant, maintenant qu’il avait révélé qui il était vraiment, le laisser filer n’était même plus un simple manque de Devoir mais une véritable offense aux Terres de l’Ouest... Il avait l’impression d’être à un tournant de l’Histoire-même, là où l’on est confronté à la roue du temps et on tient le levier destiné à dévier sa voie. Cette simple révélation donnait un tout nouveau poids à la situation et laissait Seamus quelque peu perplexe. Il se tourna donc vers son devoir et ses principes : L'Honneur, non les honneurs disait la devise de sa maison, et l’honneur impliquait indubitablement le Devoir. Mais cette rencontre n’était certainement pas une simple coïncidence. Les dieux jouent définitivement un rôle dans cette histoire. D’autre part, son instinct l’exhortait à le laisser s’enfuir et son cœur semblait tout aussi enclin à défendre le fer-né. Seamus était prêt à mettre les machinations des Dieux et la voix de son âme par dessus la devise familiale qui, dans ce cas, semblait vide et dénuée de sens. Au diable avec les allégeances et obligations qui me sont imposées. Il ne lèvera plus sa lame contre Dagon Greyjoy et que la colère des autres seigneurs s’ensuive.

Seamus pouvait déceler une certaine réticence de la part du fer-né à dévoiler son identité. C’était sans doute le fruit de la méfiance, mais Seamus ne pouvait s’empêcher de songer que cet homme n’aimait peut-être pas se cacher derrière son titre. Chose qui ne fit qu’accroitre le respect naissant qu’il éprouvait pour son interlocuteur. Les actes parlent plus que les mots. Un nom ne fait pas d’un homme ce qu’il est.
Le changement de langage du pirate était un coup de théâtre en plus, comme si son interlocuteur avait soudainement changé de costume et s’était glissé dans la peau d’un nouveau personnage – celui d’héritier des îles de fer. Cet homme joue-t-il un rôle en tant que pirate ou en tant que noble ? Peut-être ces deux différents comportements étaient-ils les deux faces d’une même pièce... Après tout, c’était plus ou moins le cas chez lui-même qui était à la fois le fils de Lord Raynald Ouestrelin et un sauvage zoman. « Si seulement Falaise était digne d’un “joli village”... » il ricana tout en levant les yeux au ciel. Le port puait presque autant que ses habitants et le château tombait chaque jour un peu plus en morceaux. Il n’y avait rien de “joli” ici, ne serait-ce les couchers du soleil au long de la mer du Crépuscule.
Seamus afficha un sourire narquois en réponse à la remarque du pirate. Il devait avouer qu’il avait un humour qui lui correspondait bien... « Des offrandes pour vous empêcher de revenir ? Crois moi quand je te dis que les donzelles qui s’aventurent à Falaise sont davantage des poissons que de véritables femmes. Rien qui ne vaut le détour et je pense que je peux renoncer à une autre visite de fer-nés. » Il leva un sourcil d’un air asticoteur, affichant son amusement tout en impliquant que c’était une option qu’il ne pouvait approuver. Certes, ils se faisaient à présent face comme deux vieilles connaissances s’étant reconnues après de longues années mais cela ne pouvait empêcher d’autres pirates de venir piller Falaise. « Tu pourras dire à tes compatriotes qu’il n’y a rien ici qui puisse valoir la peine de s’arrêter... Les gemmes et joyaux sont enterrés à Castral Roc, où les mines sont aussi abondantes que les notre ne le sont pas. » Ce qui était beaucoup dire... après tout, ils n’en avaient presque plus. Quant à l’autre soldat... Oh, il aura rendez-vous avec un destin funeste. » Ses lèvres se tordirent dans un rictus malicieux, il n’allait pas le laisser s’échapper de toute façon et faire passer un meurtre pour un mort parmi d’autres après une bataille n’était pas une chose difficile.
Les pirates avaient déserté le port. Les derniers allaient vers leur navire, les bras remplis de butins alors que les hommes d’arme les plus hardis leurs couraient encore après. Bien que le monde semblait s’être arrêté pendant quelques instants pour les deux hommes, il continuait à tourner pour les autres... Seamus aurait aimé échanger encore quelques paroles avec le fer-né mais le temps dévorait les secondes avec voracité et bientôt le bateau allait disparaître, sans doute en route pour les îles de fer.
« Les îles de fer et les Terres de l’Ouest vont certainement bientôt se faire face. Les raids vont attirer l’œil des souverains et ils ne pourront ignorer la violence faite à leurs sujets. Un jour, je le sens, je serais appelé à faire mon devoir et je n’aurais d’autre choix que de vous combattre. Il posa sa main sur le pommeau de son arme comme s’il était prêt à poursuivre la combat. Mais cela ne veut pas dire que je ne peux te porter mon respect, et jusque là tenter d’éviter autant de conflits que possible avec les fer-nés. » Le jeune Ouestrelin tendit, en toute honnêteté, une main ferme à son interlocuteur.



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Message Mar 18 Déc 2012 - 16:06

Ça avait quelque chose de surprenant que de se retrouver face à un noble qui dénigrait à ce point son propre village et domaine. C’était probablement dû au fait que Seamus avait passé le plus clair de son temps hors de ses terres. La réaction étrange du fait qu’un Seigneur, du moins dans la vision de Dagon, se devait d’élever son peuple et sa terre à un niveau toujours plus haut, et non le laisser sombrer dans la décadence et la rouille. Pourtant, Falaise ne ressemblait pour le moment qu’à des ruines et son port semblait revenir d’une longue période de maladie. Si Dagon pouvait ressentir le dégoût que ressentait Seamus à ainsi voir son monde dans un état pitoyable, il avait le sentiment que le noble ne resterait pas les bras croisés devant sa cheminée. Il n’avait aucun attrait pour les « jolis villages » mais Dagon savait que si un jour il remettait les pieds – pour ne pas dire boutres – ici, un spectacle tout à fait différent s’offrirait à lui. Même s’il avait ironisé sur la situation lors de leur prochaine rencontre, il pouvait gager que la vie aurait fleurit partout ici et qu’il pourrait s’emplir les poches de victuailles d’une façon démesurée.

Même s’il ne comprenait pas pourquoi leurs vies auraient ainsi besoin de se recroiser, il avait le même ressentiment que son adversaire du jour. Il savait qu’un jour il serait à nouveau guidé jusqu’ici et que les décisions étranges prises aujourd’hui leur retomberaient dessus : ils n’auraient probablement plus de pères pour les juger, mais les hommes qui les suivront ce jour prochain pourraient ne pas comprendre ce qui se présenteraient juste sous leurs yeux. Si Dagon refusait de lui trancher la gorge aujourd’hui, il n’en était pas certain pour les jours prochains. Avec une horde de fer-nés dans son dos, sa réaction pourrait très bien être tout autre.

« Même si je dis à mes frères que ce village n’a aucun intérêt, je n’ai aucun pouvoir sur l’espèce de vieux roc qui me sert de suzerain. En considérant que je l’envoie par le fond d’ici la fin de l’an… mes hommes posséderaient alors une liberté totale de mouvement. Je ne peux leur interdire un village sous prétexte qu’il est sans intérêt. Au contraire. Cette phrase pourrait bien mener à la perte de Falaise. »

Sur ce point était sincère. Les fer-nés ne comprennent et entendent que ce qu’il leurs plait. A part un danger considérable, et encore, rien n’arrêterait la horde de pirates. De cela, Dagon ne pouvait se porter garant, même en devenant le nouveau Seigneur de Pyk. Il répondit au sourire menaçant du noble par un rictus entendu. Au moins, il respecterait sa parole ; le garde ne serait pas néfaste à la réputation des Greyjoy.

Dagon écouta la suite en haussant le sourcil. Il laissa parler l’Ouestrelin sans broncher. Il n’aurait su dire s’il pouvait croire en de telles paroles. Une simple tirade pour l’amadouer ou une véritable promesse ? Il ne pouvait le déceler, même après leur discussion. Il ne pouvait cerner cet homme après seulement un combat sans vainqueur et une entrevue à demi courtoise. Resserrant sa main sur sa hache, baissant les yeux sur la main qui venait de lui être tendue. Il fut parcouru d’un spasme de la tête aux pieds avant de laisser éclater un rire qu’il ne pouvait plus retenir. L’espace d’après, il ne riait plus. Il était des plus sérieux. Il savait que ce qu’il allait prononcer maintenant allait le suivre jusqu’à sa mort et mettre à mal toute personne portant le nom de Greyjoy. Comme pour chercher une quelconque solution, il détourna le regard pour le diriger sur la mer. Le tambour de départ retentissait sur le navire. Il ne lui restait que peu de temps. Son cœur battait le rythme en même temps que la membrane. Il ne pouvait pas changer ce qu’il était, qui il était. Pas plus qu’il ne pouvait changer le monde ou changer l’homme à ses côtés. Il devait faire avec tous les paramètres existants en tentant de faire ce qui était le mieux pour les îles qu’il posséderait sous peu. Rien de moins, rien de plus. Il ne pouvait se permettre d’être égoïste. Ni même de lancer des paroles en l’air. Il avait beau n’avoir que dix-neuf années, responsabilité et devoir n’étaient pas sans résonance pour son âme déjà bien sombre.

Le silence semblait lui porter conseil. Le temps lui manquait, mais pourtant il prenait le temps de réfléchir et de peser le pour et le contre. Enfin, il se décida. Il se détourna de l’océan protecteur et reporta son entière attention sur Seamus. Pas d’entourloupe. De la sincérité, dont il était capable de faire preuve lorsqu’il se trouvait face à une personne de sa stature. Il s’avança et empoigna avec force l’avant-bras de l’homme qui était tout désigné pour être un ennemi redoutable et qui venait pourtant de lui offrir si ce n’est la paix, un frein à la guerre qui les opposait.

« N’oublie pas, Ouestrelin. Je suis un fer-né. Tu es un vassal de Lannister. Même les ans ne changeront rien à cela. Tu pourrais m’offrir la paix sur un plateau que je ne l’accepterai pas. Mon peuple ne vit pas de la paix. Ma parole, qu’elle soit écoutée ou non, n’engage que moi, pas mon peuple. Je ne pourrais leur reprocher de s’en prendre à Falaise, ni même l’interdire. Je te promets cependant de ne pas les envoyer ici sciemment. »Il ne lâcha pas de suite la main qu’il tenait dans la sienne. Son expression était à nouveau joueuse. « La prochaine fois, j’espère faire la connaissance de la bête qui sommeille en toi. » Il parlait autant de son aspect de change-peau que de son côté bestial donc on décelait les traces autant que chez le fer-né. Comme pour affirmer ses dires, il envoya un puissant coup de genoux dans le ventre de Seamus. Il ne voulait pas lui faire du mal. Mais repartir ainsi tout deux sans aucune blessure prouvant une attaque sanglante qui aurait pu laisser partir les deux protagonistes chacun de leur côté était risqué. « Tu voudrais bien, ça me gratte, au niveau de l’épaule gauche. » Il la savait en mauvaise état. Un coup de Seamus, et elle sortirait de son écrin en un rien. Il ne serait plus à même de porter son arme et son bras ne ferait que pendre à son côté comme une chose flasque. Mais que pouvait bien être une épaule comparée à ce qui venait de se produire. Il aurait dû mourir aujourd’hui, mais il vivrait. Il était déjà dans un pitoyable état. Son excuse ne serait pas des plus mauvaises. Et Lars serait de son côté, comme toujours.


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Message Sam 22 Déc 2012 - 1:40

Dagon ne pourra empêcher les fer-nés d’attaquer Falaise autant que Seamus ne pourra éviter l’imminente opposition entre les îles de fer et les Terres de l’Ouest. Il vit donc dans la décision du pirate une faveur dont, il était certain, peu pouvaient se venter d’en profiter. Ce n’était point par passivité qu’il lui expliquait que d’autres fer-nés allaient incontournablement revenir hanter ses terres mais plutôt par sincérité ; c’était du moins l’impression qu’en avait le change-peau. Mais l’instinct pouvait être trompeur, et qui sait, peut-être qu’il était en train de commettre une erreur fatale qui influera en mal sur la vie de tous ; ou peut-être en bien ? Mais il n’allait pas revenir sur sa décision.
La poigne du pirate était aussi ferme que la sienne. Un geste où se mêlaient respect et promesse. Quelque chose que l’on ne peut briser qu’avec difficulté.
« Comment oublier ce que chacun d’entre nous est réellement ? Je n’ai pas la prétention de penser que nous serons un jour camarades. il ne le savait que trop bien ; le destin jouait des tours à n’importe qui, aussi sournois qu’implacable. Mais offre moi l’honneur de m’abattre si jamais nous croisons de nouveau le fer, afin de m’ôter le dilemme de vie ou de mort auquel je n’ai que trop peu envie d’à nouveau faire face. Il ricana tout en foudroyant Dagon du regard. Dans une certaine mesure, l’idée de poser son destin entre les mains de cet homme lui procurait une sensation de soulagement inexplicable. S’il mourrait sur un champ de bataille, autant que ce soit de la main d’un adversaire qu’il respecte ; lequel il pourra regarder dans les yeux avec la certitude que sa vie valait la peine d’être vécue et sans craindre ce qui l’attendait au-delà des frontières du royaume des morts. En espérant que le monde n’aura pas étouffé ma véritable nature à notre prochaine rencontre. »
Effectivement, Seamus portait encore une grande estime au fait d’être un change-peau ; chose qui l’emplissait d’une fierté considérable et lui donnait l’impression d’être unique parce qu’on l’avait béni d’un don qui le rapprochait des dieux et de la nature. Sa jeunesse et son inexpérience avec le monde de la noblesse et ses machinations le rendaient toutefois aveugle aux risques et périls que lui imposera plus tard son entourage. Il n’avait pas encore compris que ce lien qui l’attachait aux bêtes risquait fortement de causer sa perte et allait assurément entraîner son malheur. C’était une leçon qu’il n’inculquera qu’avec l’âge, au moment où il aura appris à aimer ceux qui se seront fiancés à son cœur avant qu’ils ne s’en déracinent avec violence.
Il lâcha l’emprise qu’il avait sur la main du fer-né, laissant flotter une impression de fatalité presque palpable, comme s’ils venaient de sceller un pacte irréversible. Etait-il néfaste ou propice ? Il n’aurait put le dire. Seul l’avenir savait ce qui leur était réservé...

Le soudain coup de son interlocuteur le prit au dépourvu. La vive douleur lui coupa brusquement le souffle et son corps fut contraint de se tordre sous la brutalité du choc, mais il en saisit d’emblée la raison : c’était en effet trop risqué de se séparer en bons termes au vu et au su de tous. Il ne suffisait qu’une paire d’yeux malvenue et ils pouvaient y laisser leur peau à tous les deux. Seamus réussit à tordre ses lèvres dans un sourire amusé malgré les cris plaintifs de ses boyaux. Ce petit jeu éveillait son caractère enjôleur et il ne fut que trop satisfait de répondre à la requête du fer-né en lui assenant un coup à l’épaule gauche qui craqua dans un bruit sec. Violence contre violence – étrangement, c’était un duel cordial consacré à ce que les deux hommes s’entraident, ironie qui ne manqua pas d’égayer davantage le jeune Ouestrelin. Courbé sur lui-même, couvrant l’entaille de son torse ainsi que son ventre de ses bras croisés, il beugla une dernière phrase entre ses dents serrées « Va-t-en, avant qu’un autre garde ne se pointe. » Et le fer-né s’en fut.
Alors qu’il courait en direction de son navire, Seamus planta son épée dans le sol puis s’appuya sur le pommeau afin de soutenir son poids qui semblait s’alourdir de seconde en seconde. De fait, les symptômes de la fatigue et de l’épuisement le rattrapaient déjà et il pouvait sentir tous ses membres s’enflammer alors le pirate s’en allait en courant rejoindre les siens. Pieds-Lestes s’était assis auprès de lui d’un air docile, fixant le navire ennemi d’un œil approbateur. J’ai fait le bon choix, n’est-ce pas ? Le loup se tourna vers lui, la langue pendante. L’animal semblait satisfait et c’était une raison tout à fait suffisante pour effacer toute trace de doute qui pouvait encore subsister dans l’esprit du change-peau. Quelque part au fond de son âme il sentait l’écho divin des anciens dieux, murmurant leurs desseins et projets qui restaient cependant toujours aussi insaisissables qu’incompréhensibles à l’entendement humain.
Un nouveau chapitre de sa vie semblait débuter ici ; ses convictions étaient de nouveau inébranlables et ses ambitions avides de pouvoir et d’influence. L’ordre des choses était sur le point de basculer et sa vie venait juste de prendre un tournant inattendu qui promettait de changer son histoire pour le meilleur ou pour le pire.

Le vent maritime exhalait un parfum de fer et de sel, de sang et de roche ; des senteurs qui luttaient les unes contre les autres dans une volée d’algues et d’écume. Comme poussé par les anciens dieux, Pieds-Lestes émit un hurlement aussi sombre que les abysses les plus obscures qui se terrent dans la crypte de leurs ancêtres. Seamus pouvait sentir le cri trembler au plus profond de son âme. Il ferma les yeux, écoutant attentivement cet écho plaintif percer les grondements de la Mer du Crépuscule, et lorsqu’il les rouvrit, le bateau fer-né avait reprit la route. Seamus posa son poing fermé sur sa poitrine, puis dans un murmure assourdi, prononça quelques dernières paroles :
« Jusqu'à ce que nous nous revoyions, Dagon Greyjoy. »



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Message Ven 28 Déc 2012 - 17:30

Un sourire entendu répondit à la prière de Seamus. Si un jour le destin les mettait à nouveau sur le même chemin, Dagon ne manquerait pas de tenir la promesse muette qu’il venait d’accepter. Il aimait tuer. Il ne pouvait le nier. Cependant, ce ne serait pas par plaisir sanglant qu’il mettrait fin à la vie de son opposant. Bien qu’élevé dans un environnement bien sombre, Dagon connaissait la signification du mot honneur. Prononcé par Seamus, c’était comme le prononcer lui-même. Il n’ajouta rien à cette supplication pourtant, intérieurement, il savait que l’Ouestrelin ne serait pas aisé à tuer. La preuve en était le duel du jour. Si Dagon pouvait promettre une mort à Seamus, Seamus était dans la capacité d’en faire tout autant pour son rival. Ainsi donc, les deux ennemis mettraient eux-mêmes fin à leurs jours en provocant à nouveau le destin. C’était la première fois que Dagon se permettait de penser que mourir sur terre pouvait avoir quelque chose d’attrayant. Pour le Greyjoy, une promesse orale avait autant de pouvoir que celle inscrite sur un papier. Il n’y ferait pas défaut, même si le monde qu’ils connaissaient tous deux devait être entièrement ravagé par une guerre sans merci. Pirate, probablement, mais son honneur valait celui de n’importe quel homme qui foulait le Continent.

L’épaule gauche du fer-né se démit de son attache avec une puissance néfaste à l’équilibre de son propriétaire. La douleur lui lançait jusque dans la tête, lui aveuglait les yeux. Il ne pouvait la reloger seul, et se devait de la garder démise jusqu’au boutre. Un mal pour un bien. Mais un mal de chien ! Il resserra son emprise sur sa hache qu’il était obligé de tenir par la main droite et fixa sa concentration sur son esprit pour tenter de faire la sourde oreille à la douleur. Son nez était froncé. Il aurait apprécié encore un échange de coup mais il savait que le temps lui était compté. Il était raide comme du vieux bois mais parvint à articuler à mi-voix.

« Ouestrelin, si tu meurs avant que je ne revienne, Falaise sera réduite en cendres. Aucune faveur pour tes descendants. »

Si avait su reconnaître en Seamus un homme d’exception, la promesse qui lui faisait s’appliquait à lui seul. Il savait plus que n’importe qui qu’un père pouvait être aussi bon que le fils mauvais. Il en subissait lui-même les ravages. Le comparer à son père était un affront qu’il ne pouvait supporter et qu’il supporterait de moins en moins avec l’âge. L’ironie du sort voulait que Dagon promette à un ennemi de ne pas attaquer sa patrie mais de lui offrir la mort. Etrangement amusant.

Sans un regard en arrière, Dagon détourna les talons, et prit la direction de la mer. Son corps souffrait le martyre mais son esprit naviguait déjà sur les flots. Il trouva en lui la force de courir à toutes jambes jusqu’à la plage où il manqua de peu de renverser son compère de menuisier. Lars était trempé de sueur, de sel et de sang, mais son air enjoué démontra à Dagon qu’il n’avait pas été le seul à profiter de l’escapade. Si Dagon avait pris plaisir à croiser le fer, Lars avait dû se satisfaire de la chair de quelque femme tombée dans ses filets. En riant Lars administra une claque – d’ordinaire rendue par Dagon – sur son bras gauche. Sauf que pour aujourd’hui, le fils du Seigneur des îles de Fer se contenta de vaciller sous la puissance destructrice de son ami d’enfance. Un « Ho gamin ! » s’échappa de la gorge de Lars. D’une main, il attrapa Dagon par le côté et le tira au navire, sans rien ajouter. Les rames avaient commencé leur danse. Le reste de l’équipage aidait les derniers arrivés à charger le matériel sur le fond du navire. Lars aida son cadet à passer par-dessus le bord en bois, en l’envoyant bouler sur le pont comme un vulgaire sac de blé, un qu’il portait aux côtés d’ailleurs et qui atterri aux pieds de Dagon avec plus de délicatesse que ce dernier. La dignité de Dagon l’empêchait de se tortiller comme un ver sous la douleur et se mordait les lèvres au sang pour ne pas laisser échapper le cri qui lui emplissait la gorge. Ce fut le cri du loup qui raisonna dans ses oreilles qui lui donna le courage de se redresser sur son séant et d’appuyer son dos contre le bois du boutre. Lars venait lui aussi de poser pieds sur le pont. Le rythme du tambour raisonnait dans toute la charpente du vaisseau pirate donc l’écho faisait circuler le sang de Dagon. Le boutre s’éloigna avec rapidité des côtes. En regardant ses frères, Greyjoy remarqua que certains manquaient à l’appel. Mais peu. Du sang entachait le pont mais rien de bien sérieux. Ils sortaient victorieux, mais avec de maigres récoltes. Pourtant, Dagon avait le sentiment de ressortir de cette expédition doublement vainqueur.
L’arrière de sa tête heurta le bois, lui masquant les yeux l’espace d’un instant. Ils étaient suffisamment loin des rivages pour que les rames soient rentrées et que l’ordre soit rétabli sur l’unique pont. Dagon n’avait pas bougé d’un pouce. Sa respiration était sifflante et son regard fixé sur le mât depuis de nombreuses minutes. Lars lui administra une violente gifle qui le fit tressaillir, et lui remit les idées au clair.
« T’as croisé une sacré drôlesse, mon ami. Tout en parlant, Lars s’était agenouillé en face de son frère d’arme et palpait son épaule toujours démise. « Remets-là…en place. » « J’suis charpentier, pas médecin. » Dagon bougea sur le côté et ouvrit la bouche pour sommer Lars de s’exécuter quand ce dernier, d’un geste rapide et précis, relogea l’épaule meurtrie, comme il aurait emboîté deux pièces de bois. Le souffle échappa à Dagon qui piqua du nez jusqu’à s’appuyer sur le torse de son aîné qui riait à en faire trembler le plancher. Il administra une claque sur la nuque du plus jeune et l’aida à se recomposer. Dagon fit tourner son épaule en grimaçant. Elle était remise, mais il ne pourrait pas se servir de son bras avec la même dextérité que le matin même avant un bon bout de temps. « Comment c’était ? » Si Lars faisait allusion à une quelconque coucherie, Dagon ne démentit rien. Tout en se relevant, il se contenta d’ajouter avec ironie. « Un véritable péché. » Se massant le bras, il récupéra sa hache qu’il enfonça dans la dragonne à sa ceinture et ramassa le sac de blé toujours à ses pieds. Le mot n’était pas innocent. Se passant la main sur le visage, il masqua un rire qui muait son corps d’une nouvelle force. Son père ne resterait pas Seigneur des îles un an de plus. Il avait soif de pouvoir. Soif de victoire. La main de Lars rencontra son épaule une nouvelle fois en lui indiquant le pont du menton. Le commandant du navire était accroupi aux pieds du mât et regardait Dagon avec un sourire entendu. Auquel le fils du suzerain répondit en levant le poing. Ses frères répondirent en cœur en l’affublant de son sobriquet. Il resterait à jamais la Seiche. Tant qu’il continuerait à faire vivre son peuple et lui offrir le Seigneur qu’il méritait.


"L'histoire morte est écrite à l'Encre, la variété vive s'écrit dans le sang."  

 
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