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La méfiance est mère de la sûreté ▬ Lakdahr

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Sargon Harloi
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« Capitaine de la Veuve Salée »

♦ Missives : 5378
♦ Missives Aventure : 401
♦ Age : 29
♦ Date de Naissance : 27/09/1988
♦ Arrivée à Westeros : 22/11/2011
♦ Célébrité : Jack Huston
♦ Copyright : © Aryana
♦ Doublons : Maron Martell, Pryam Templeton, Bryce Vyrwel, Alysane Mormont
♦ Age du Personnage : 28 ans
♦ Mariage : Femme-roc : Helya Harloi (née Botley) ; Femme-sel : Emeraude
♦ Lieu : Île de Harloi, Dix-Tours
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Message Lun 3 Déc 2012 - 13:23

     Les Iles de Fer n'étaient pas particulièrement passionnantes ces derniers temps. Les capitaines de boutres étaient tous occupés à préparer leur prochain raid sur le Nord, attaque proposée par Dagon pour occuper ses hommes très certainement, mais qui n'avait pas intéressée Sargon. Ce dernier avait donc décidé d'aller faire un tour du côté du continent en solitaire, ne pas avoir un ramassis de bras cassés avec lui allait lui faciliter la tâche, puis disons surtout qu'il n'avait aucune envie de voir certaines personnes. Par là il suffisait de parler de Gabriel, leur dernière rencontre au rassemblement des Fer-nés, n'avait pas été franchement la meilleure pour le Harloi. Il avait bien remarqué que le rejeton de femme-sel avait visiblement vu l'état de faiblesse dans lequel il se trouvait et restait donc persuadé que ce bâtard le prenait pour un faible. Sinon pour quelle raison est-ce qu'il aurait bien pu briser une danse du doigt ? Certainement pas en raison du lien familial que Gabriel s'obstinait à imaginer, bien qu'il n'y avait strictement rien entre eux. Quoi qu'il en soit, c'était principalement pour cette raison que le Harloi avait décidé d'offrir une petite sortie à ses hommes, histoire de les « consoler » du fait qu'ils n'allaient pas se battre contre des bouseux du Nord dans le simple but de ramasser les restes que les autres pillages n'avaient pas récoltés. Rien de bien glorieux en somme, pourtant la plupart des Fer-nés présents à ce rassemblement semblaient être persuadés que ce serait le meilleur pillage de tous les temps. Pauvres sots.
     Sa vanité toujours aussi exacerbée, le capitaine de la Veuve Salée avait donc décidé que tous les autres capitaines qui participeraient à ce raid n'étaient que des idiots. Seule Helya sortait du lot, depuis qu'elle avait accepté la proposition qu'il lui faisait, Sargon considérait la jeune femme un peu moins sotte que la moyenne. Cela dit, ce n'était pas pour autant qu'il allait cesser de la titiller et de lui envoyer des piques pour autant. Tant d'années passées à la provoquer ne pouvaient pas s'oublier aussi aisément.

     Yoren à ses côtés, le Fer-né observait les marins qui chargeaient des provisions sur le pont de sa précieuse Veuve, songeant à ce qu'il allait bien pouvoir faire durant les quelques temps à venir. Les continentaux commençaient à se montrer plus mordant, mais ce n'était pas pour autant qu'ils allaient riposter avant longtemps. La Flotte du Lion avait subi de lourdes pertes et le chantier naval enflammé par Deirdre devait certainement ralentir la construction des nouvelles galères. Cela dit, la flotte du Bief avait l'air en bien meilleur état et il était possible d'imaginer qu'ils puissent décider d'aller aider le reste de Westeros. Au fond, cette guerre allait bien devoir prendre fin un jour ou l'autre, c'était l'évidence même ! La raison de cette révolte n'intéressait pas vraiment le Harloi, l'Antique Voie et toutes ces conneries lui passaient mille lieues au-dessus de la tête. Non, tout ce qui comptait à ses yeux c'était de pouvoir se battre, piller et amasser des fortunes. Contrairement à ses semblables il préférait largement la compagnie d'un beau Dragon d'Or à celui d'une jolie femme-sel et il se fichait pas mal de ce que les autres pouvaient en penser.

     Lorsque le boutre fut chargé et prêt à partir, tout le monde grimpa à bord et la Veuve Salée gagna la mer, mais alors que Yoren s'apprêtait à ordonner d'aller vers les hauts-fonds pour se diriger vers le continent, Sargon indiqua à son second qu'ils allaient faire un détour par l'île de Pyk. Le froncement de sourcils à peine visible du roturier indiqua son incompréhension, mais peu importait, il s’exécuta. Le Harloi avait dans l'idée de proposer à Lakdahr de venir participer aux festivités étant donné que le forgeron ne devait normalement rien avoir contre lui. Le souvenir de la soirée de la danse du doigt lui revint en tête alors qu'il baissa ses yeux mordorés vers la légère trace de coupure encore visible qu'il portait au niveau du bras. C'était là où la hache de Gabriel l'avait frôlé et Sargon se souvenait encore du regard assassin que le colosse lui avait offert au moment de lui donner les haches. Est-ce que son amitié – amour ou quoi que ce soit d'autre – pour Gabriel avait pris le dessus ? Peut-être que le forgeron allait lui aussi l'envoyer bouler, entre fils de femme-sel, il fallait se serrer les coudes après tout ! Mais peu lui chalait, le Fer-né n'allait pas annuler son idée juste pour faire plaisir à ce bâtard qui se prétendait être son frère.

     Ils arrivèrent en vue de Pyk et accostèrent sur la plage rocailleuse où se trouvaient déjà plusieurs autres boutres. Le Harloi fit signe à ses hommes qu'ils devaient attendre à bord, puis il descendit avant de gagner les quelques maisons qui se trouvaient autour du château des Greyjoy. Où pouvait donc se trouver le forgeron ? L'espace d'un instant, Sargon se souvint de la fouineuse qu'il avait rencontrée autour de son boutre et qui se trouvait être la femme-sel de Lakdahr. Est-ce qu'elle pourrait le renseigner ? Finalement il n'eut pas à chercher le nom de cette gamine dans son esprit puisqu'il tomba sur un homme de l'équipage de Dagon et lui demanda où se trouvait le colosse. Après avoir obtenu sa réponse, le capitaine se dirigea vers la zone qui lui avait été indiquée en espérant que Lakdahr n'avait pas soudain décidé de s'en-aller pour ailler cueillir des fleurs à offrir à sa gueuse ou à son tendre Gabriel. Mais non ! De loin Sargon repéra la silhouette du forgeron et s'approcha suffisamment pour ne pas avoir à hurler en lui parlant, il détestait ça.

     ▬ T'as l'air occupé à ce que je vois ? Dommage, je me disais que tu aurais peut-être quelques heures à me consacrer. »

     Quelques heures, c'était un euphémisme étant donné qu'un voyage en mer prenait plusieurs jours. Mais Lakdahr n'était pas un débutant et il savait parfaitement que si le Harloi venait le chercher ce n'était pas pour profiter de sa présence ou de ses traits d'esprit. Même s'il n'avait rien à reprocher au roturier bien évidemment, leur entente restait relativement cordiale. À moins que le regroupement ne puisse avoir changé quoi que ce soit bien évidemment. Sans se soucier de l'idée que le forgeron pourrait peut-être l'envoyer bouler avec autre chose que de simples mots, le Fer-né s'approcha du colosse pour le regarder de son éternel air hautain et vaniteux.

     ▬ Je pars sur un raid là, quelque part du côté du continent pour divertir un peu mon équipage, mais peut-être que tu préfères ne pas t'épuiser pour prendre part au superbe raid sur le Nord ? Tu dois te réserver pour tes capitaines préférés j'imagine. »

     Il parlait un peu de lui comme d'une donzelle qui voulait garder ses premières fois pour l'élu de son cœur et même si ce n'était pas prudent face à un homme comme Lakdahr, c'était sans importance. La prudence ne faisait pas vraiment partie des priorités de Sargon sans quoi il ne se serait pas amusé à courtiser Helya pendant des mois alors qu'elle ne demandait qu'à lui arracher la langue. Provoquer le forgeron n'était qu'une manière comme une autre de le saluer, Lakdahr devait bien être la seule personne apte à lui fermer sa bouche et à ne pas lui donner envie d'en rajouter encore une tonne. Il fallait avouer que les tendances du Fer-né n'étaient pas vraiment du goût de Sargon. Ce dernier évitait d'ailleurs de sourire de toutes ses dents comme à son habitude. Histoire de ne pas tenter le diable tout de même. D'un geste du menton, il désigna la plage au loin.

     ▬ La Veuve Salée est là-bas et prête à partir, si tu veux venir c'est maintenant ou jamais. Alors ? »

     Il n'était pas particulièrement impatient, mais n'irait pas perdre sa journée ici à supplier le colosse de venir à bord de son boutre pour s'amuser un peu. Il avait suffisamment d'hommes expérimentés à bord, mais disons simplement qu'il appréciait les « talents » du forgeron et qu'il n'était jamais contre l'idée d'avoir un bon combattant de plus à ses côtés.


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Lakdahr l'Edenteur
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Message Mar 4 Déc 2012 - 17:54

Entre Pyk et Dix-Tours, les traversées devenaient itératives, plus qu'elles ne l'avait probablement été auparavant. Plus la panse de la Souris se cambrait, plus le titan avait la sensation de perdre pied, aussi circonspect que pouvait l'être un habitant des strates parmi la plèbe des Iles-de-Fer. Il en faisait trop, Gabriel le lui répétait sans cesse, l'Edenteur lui-même concédait qu'il effleurait l'emphase dans sa protection envers sa chafouine, qu'il avait délogée du bastion de la Seiche d'Or pour l'envoyer vivre dans celui d'Harloi. Si les dangers guettaient en tous coins, il était au moins persuadé que Dagon aurait grand mal à l'importuner si elle ne musardait pas sous son nez. Quant à lui, il ne pouvait sciemment mettre sa besogne en arrêt même provisoire, plus que jamais décidé à coudoyer le brasier des forges pour y affirmer son art si cela n'était point déjà fait depuis qu'il s'y était aventuré la première fois. Le Nord ? Il n'avait guère l'intention de se joindre à la cohorte de boutres qui prendraient le large pour quelques bastonnades sur les peuples de l'aquilon, pas même sur la Jouvencelle dont il ignorait encore de l'implication ou non dans cette hostile pérégrination. Depuis qu'il avait une fois encore refusé l'offre du suzerain pour la place de Second sur la Sirène Noire, il prenait soin d'en demeurer encore plus loin qu'à l'accoutumé. Fort heureusement pour lui et malgré que son demi-frère ne l'oubliait nullement, ce dernier semblait avoir plus important à traiter que lui faire payer sa rebuffade, des sanctions arbitraires dont il avait eu un aperçu lors de son dernier voyage en mer. L'unique envie de Lakdahr était des plus aisées : se faire omettre pour quelques temps, disparaître dans les tréfonds de son atelier pour y ouvrer paisiblement. Une envie difficilement probable lorsqu'il voyait les méchefs s'agglutiner à lui comme des diptères à la croupe d'un bovin : c'est qu'il les attirait, les tribulations ! Ces matois se plaisaient à lui choir sur le crâne à la moindre opportunité, chaque aube s'éveillait avec la même interrogation. « Quoi, aujourd'hui ? ». La vie était imprévisible sur cet archipel qu'il maudissait parfois, et si ce n'était guère sur lui que les malheurs s'alitaient, ils choisissaient généralement son frère de coeur qui souffrait de plus de tracas qu'il n'en avait conscience. Une inquiétude supplémentaire bien qu'il n'en montrait rien, les écueils du rassemblement étaient encore vifs dans l'esprit du forgeron qui commençait à douter sur son devoir d'agir ou non. Ces dissidences fraternelles n'étaient pas les siennes, et il avait suffisamment à endurer de son propre côté familial pour faire incursion dans d'autres divergences d'opinion. Les réflexions allaient bon train, tant qu'il se retrouvait à embrasser d'avantage de poutres et cadrants d'huis à force de songer à outrance. Faire deux choses à la fois, à savoir réfléchir et regarder où il allait, s'avérait compliqué !

« Ooooh Lak ! J'savais pas que t'étais d'retour ! Bah t'en tires une tête, ça va pas ? Mphf... J'ai l'bide retourné, j'suis tout barbouillé... C'est ça d'engloutir tout c'que tu trouves ! Quelqu'un cherche à m'tuer, on a empoisonné ma bouffe ça s'trouve... Ou c'était juste l'poisson qu'était pas frais... »

La dernière hypothèse lui semblait être la plus plausible, paluche à hauteur de son rumen, il tâtait son abdomen dans l'espoir d'en lénifier l'inconfort. Sac de lin jeté sur l'épaule, le colosse revenait d'un entretien avec l'un de ses usuels clients après une période passée à Dix-Tours. Il s'était ainsi arrêté à la bicoque d'une vieille connaissance, non loin de la plage où le géronte péchait souvent. Toutefois, son air incommodé lui rappelait que sa gloutonnerie finirait par avoir raison de lui, si ce n'était en ce jour où il n'avait pas surveillé l'état de la poiscaille avant de s'en bâfrer. Il soupira en basculant la tête vers l'arrière, prêt à se lamenter sur ses maux stomacaux, subitement stoppé dans son élan par l'arrivée pour le moins impromptue d'un faciès qu'il n'aurait guère pensé croiser en ces lieux. La venue de Sargon intrigua le binôme en futile conversation, et en particulier le principal concerné qui de la curiosité, flua promptement vers l'incrédulité face à cette sempiternelle condescendance dont le Harloi se fardait. Un freluquet dont il jugeait les pantomimes ridicules, d'autant plus alors qu'il se devait de lever si haut le menton pour pouvoir l'apercevoir. Loin des salutations appropriées, le sujet fut aussitôt abordé et saupoudré de traits d'esprit qui ne firent aucunement réagir le géant, habitué à ces attitudes dont il raillait plus qu'autre chose. Cependant, le discours ne manqua pas d'intérieurement le surprendre, cela faisait un moment qu'il n'avait pas flâné sur le pont de la Veuve Salée, et à en voir l'épanouissement de son capitaine avec celui de la Jouvencelle, il restait pantois quant à cette proposition. S'il n'avait aucun grief personnel contre le fer-né, l'envie de le rosser avec une arme chauffée à blanc l'avait par maintes fois tenté ces derniers temps, même s'il préférait pour l'heure l'indifférence au courroux, rien n'assurait qu'il n'en serait pas vite autrement. Ses onyx biaisèrent dans la direction qui lui fut indiquée, avant de revenir sur le locuteur qu'il guigna en un lourd silence. Il prit ensuite une profonde inspiration pour entamer sa réponse... Qui se transforma toutefois en une caverneuse éructation qui fit s'esclaffer le pêcheur.

« Joliii ! Bwarf... Hum... » Le titan martela son poitrail de son poing. « Il était violent c'ui-là, j'vérifierai ma pitance la prochaine fois... » Lakdahr se racla le gosier pour retrouver un phonème normal, nullement embarrassé de cette contingente incartade qui eut au moins le mérite de libérer la pression à son oesophage. Cela fait et avec tout le naturel de l'univers, il lorgna le capitaine à ses abords. « Euh... Tu disais quoi d'jà ?... Ah, le raid ! J'ai pas du tout l'intention d'aller m'les geler dans l'Nord si tu veux tout savoir, j'me sens pas concerné, j'suis l'mataf de personne. » Il renâcla sans grâce, son avis sur la question était tranchée depuis la sorgue où cette excursion avait été annoncée par l'encornet doré, il avait bien mieux à faire de son côté. « J'avais surtout dans l'idée d'me terrer dans les forges de Cormartel, j'en ai plein l'cul des histoires d'marins. »

L'on comptait certainement autant d'avantages que d'inconvénients à ouvrager en équipe, et si l'artisan avait bien plus de bonnes que de mauvaises ententes parmi les différents équipages qu'il coudoyait régulièrement, il le devait en partie à ses présences sporadiques. Subsistaient des exceptions tel que le dernier matelot que le jeune homme avait édenté, à même le pont de la Sirène Noire et dans un spectacle des plus sanguinolents. Une déconvenue qui s'était assurément contée d'oreille à oreille, mais qui s'ébaubissait encore de la vésanie de l'Edenteur ? Outre ceci, il ne doutait pas que le Greyjoy l'accuserait d'ourdir quelque complot avec l'impie des îles, qui aimait à ardemment s'opposer à son propre seigneur au coeur même de la foule, quant à Gabriel, il ne trouverait là qu'une occasion pour renauder, comme toujours. Des opinions dont il n'avait jamais eu cure lorsqu'il était question de ses décisions respectives, mais qui, unifiaient à son indolence du jour, suffisaient à le résigner. S'il n'avait point encore concrètement éconduit l'offre de Sargon, son éloquente veulerie parlait pour lui, peu de chances pour lui de courtiser la houle pour les lunes à venir. Mais alors qu'il s'apprêtait à le signifier, un quatrième individu se convia à la discussion et l'interpella aussitôt.

« Hé, l'suzerain veut te voir, qu'il a dit. » Le colosse se mura dans un obscur mutisme, soudainement perclus par cette information qui mit un long moment à tracer son sillon jusqu'à ses méninges. Une fois cela fait, sa réaction ne se fit pas attendre. « … On y va Harloi. » Il se mit à bousculer ce dernier pour le sommer d'ouvrir la marche et ce, sans plus s'attarder. « Avance ! »

Il le talonna tout de go, abandonnant les deux autres énergumènes pour, finalement, se vouer à la Veuve Salée qui se promettait d'être une sinécure – Du moins, osait-il l'espérer. Si Dagon le cherchait, il ne le trouverait pas de sitôt et trouverait bien un autre martyr pour les quelques jours à venir. Violain se ferait à cette absence fortuite et Gabriel aurait toujours le loisir de conjecturer sur la raison de sa disparition. Tenailles en poche et subite volonté à l'âme, Lakdahr en vint presque à passer devant son homonyme pour rejoindre le boutre qu'il aperçut une fois sur l'estran, et sur lequel il grimpa à grandes foulées pour se retrouver sur le pont en moins de temps qu'il n'en fallait pour le dire. Sa première initiative fut de saluer Yoren, un guerrier avec lequel il appréciait toujours de bourlinguer, ainsi que les physionomies habituelles avant de se débarrasser de ses affaires, logées dans une encoignure de laquelle elles ne bougeraient point. Le géant arpenta un instant l'embarcation comme pour y reprendre ses marques, observant d'un oeil distrait le graduel éloignement qui s'opérait avec la berge. L'embrun était annonciateur d'une nouvelle odyssée, une sapidité qui ne trompait guère aucun des fer-nés qui affûtaient leur lame pour agresser ces ennemis ancestraux, dont l'on ne se lassait jamais de la détresse. Cependant, Sargon n'était pas de ces capitaines qui lançaient l'assaut dans l'unique dessein d'indisposer leurs voisins - ou pis encore, pour plaire au lord Ravage ! - son acuité intellectuelle laissait le forgeron sur des bases vigilantes, car qui pouvait bien savoir ce qu'il préparait à l'abri des regards ? Une fois de nouveau à ses côtés, l'artisan l'interrogea, bras croisés sur son torse. « Ou qu'on va ? »




" - On fait quoi ? - Valeurs sûres : on leur éclate la gueule. "
 " Barbare qui roule amasse coups de boule. "
" On dit que les fer-nés détestent toutes les races, c'est faux, on les aime toutes ! En ragoût, en civet, à la broche... "

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Sargon Harloi
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Message Mer 5 Déc 2012 - 12:46

     L'idée que Lakdahr puisse l'envoyer sur les roses l'avait effleuré, en réalité il aurait presque été prêt à parier que le colosse lui répondrait pas la négative, mais il tarda à annoncer la couleur. Fidèle à ses origines de Fer-né, le fils de femme-sel montra d'abord qu'il était aussi bien élevé que tous les hommes des Iles de Fer, provoquant l'amusement de l'imbécile heureux qui se tenait à ses côtés. Au final, après ce petit spectacle, il répondit enfin à la proposition du Harloi en déclarant qu'il ne comptait pas prendre part au raid sur le Nord, mais loin de s'arrêter en si bon chemin, ajouta qu'il n'avait plus particulièrement envie de parler de navigation. C'était un peu difficile sur une île et en côtoyant d'autres Fer-nés, il aurait fallu s'exiler sur le continent s'il avait réellement souhaité échapper à tout cela ! Mais le capitaine de la Veuve Salée resta silencieux, observant simplement son interlocuteur en attendant – avec une impatience plutôt bien dissimulée – que Lakdahr refuse clairement l'offre qu'il venait de lui faire. Ce n'était pas si grave après tout, Sargon avait bien assez de monde à bord de son boutre pour se passer de lui, surtout s'il venait de mauvaise grâce ! Mais comme si tout cela ne suffisait pas, un nouveau pégus s'invita dans la discussion pour faire savoir au forgeron que Dagon l'attendait. Super ! Une raison de plus pour se dépêcher de prendre le large, non que Sargon se souciait particulièrement de ce que pouvait penser son cousin, mais simplement parce qu'il ne voulait pas être mêlé à leurs affaires de famille. Un comble lorsque l'on songeait que Lakdahr s'était plus d'une fois mêlé de ses rixes avec Gabriel et uniquement pour lui sauver la mise. Égoïste un jour, égoïste toujours.

     Mais étrangement, loin de contrarier les plans du Harloi, cette annonce poussa Lakdahr à accepter l'offre et même à se presser de rejoindre le boutre de Sargon. Ce dernier n'apprécia pas franchement d'être bousculé comme un gamin qu'on ramenait chez lui, mais passa ses protestations sous silence le temps de regagner la plage où l'attendait sa précieuse Veuve. Le forgeron avait l'air plus pressé qu'à l'accoutumée, à croire que les relations entre lui et Dagon n'étaient pas au beau fixe. Cette constatation fit naître un sourire amusé sur les lèvres du Fer-né : peut-être que les enfants de femme-sel étaient destinés à n'être que des rivaux pour les enfants légitimes ? Peu lui chalait au fond, il se contrefichait des liens que son cousin entretenait avec le reste de sa famille. Une fois sur le pont de la Veuve Salée, Lakdahr s'occupa rapidement et Sargon se dirigea très naturellement vers son second pour lui faire savoir qu'ils étaient prêts à reprendre la mer. Quelques instants plus tard, le forgeron s'était à nouveau approché du capitaine pour lui poser une question ô combien logique, à laquelle Sargon répliqua par un sourire mi-amusé, mi-moqueur.

     ▬ Je te l'ai dit, piller quelques coins intéressants sur le continent. Il savait parfaitement que Lakdahr voulait plus de détails sur leur destination précise, mais ne s'en souciait pas franchement. Je ne sais pas vraiment, on verra bien ce qui se présente, de toute manière tu t'en fiches non, t'es pas ici pour visiter Westeros que je sache ? Du moment que je te donne de quoi te défouler c'est tout ce qui compte. »

     C'était plus fort que lui, il ne pouvait pas s'empêcher de garder certains points « secrets », comme s'ils allaient y changer quoi que ce soit. Le Fer-né détourna son attention du forgeron, signe évident qu'il ne comptait pas en dire davantage. Que Lakdahr le croit sur parole ou non n'était pas important, Sargon ne partait jamais les mains dans les poches, contrairement à beaucoup d'autres capitaines d'ailleurs. Non, il prévoyait toujours à l'avance en se servant des informations envoyées par ses espions sur le continent et se débrouillait pour ramasser le plus de détails possibles. L'essentiel étant d'avoir le moins de pertes possible, puis surtout de rentabiliser le voyage ! Les côtes étaient pillées depuis si longtemps qu'elles n'offraient plus grand-chose d'intéressant à ramasser, du moins dans le Conflans et le Nord pour le moment. Peut-être que le Bief et l'Ouest avaient commencé à se refaire une petite réserve, allez savoir, mais malheureusement les flottes respectives des deux régions empêchaient qui que ce soit de s'approcher pour piller. Le Harloi n'était pas suicidaire au point d'aller affronter seul plusieurs Dromons, il en avait déjà fait l'expérience lors du raid sur Port-Lannis et ne tenait plus à réitérer l'exploit pour le moment. Tout ce que le roturier avait à savoir était donc qu'ils allaient se battre et ramener de quoi festoyer un peu, le reste n'avait que peu d'intérêt pour les marins.

     Le trajet se ferait assez rapidement au début, même s'il fallait compter au moins une bonne semaine pour l'allée et une autre pour le retour. Les continentaux n'étaient plus très actifs depuis quelques temps, du moins d'après les rapports qu'il recevait pour le moment, rester à végéter sur les Iles de Fer n'apporterait donc pas grand-chose d'intéressant. Yoren veillait à ce que les hommes économisent correctement leurs forces pendant que Sargon revoyait une dernière fois le plan prévu. Quelques jours étaient passés et ils s'étaient éloignés de leurs îles natales, tout en restant plus proches d'elles que de leur objectif final. Cela dit, le Dieu Noyé – ou tout simplement le hasard, ce qui était plus probable – semblait désireux de ne pas les voir trop s'éloigner des chez eux. Après deux petits jours sur la mer, Wulfric vint informer Sargon de la présence d'un bateau au loin. En portant son attention sur le lieu désigné, le Fer-né se rendit compte qu'il devait s'agir d'un éclaireur, peut-être un qui bossait pour un marchand étranger qui voulait naviguer dans ces eaux, mais sans prendre le risque de se faire piller par les pirates en révolte ? Pour le coup, le Harloi s'en moquait, la seule chose qui importait étant qu'ils n'étaient pas supérieurs en nombre aux marins du boutre et surtout qu'ils transportaient forcément des réserves utilisables. De quoi contenter tous l'équipage. Le Fer-né fit savoir à Wulfric qu'ils allaient s'occuper de lui avant de s'éloigner de quelques pas pour glisser des instructions à son second qui s'éloigna rapidement. Le regard de Sargon se posa sur Lakdahr qui se trouvait non loin de là.

     ▬ J'espère que tu es prêt ? Finalement pas la peine d'aller jusqu'au continent si les proies viennent directement à nous. »

     Sargon pensait pratique : ils allaient s'économiser pas mal de temps de voyage et pourraient s'amuser un peu. Tout le monde était gagnant, excepté les membres de l'équipage du navire ciblé bien entendu. Pendant que les marins qui ne ramaient pas étaient en train de se préparer à attaquer, Sargon dirigeait la manœuvre pour approcher au maximum du navire explorateur. Ce dernier avait remarqué le danger et tentait de s'éloigner en utilisant leurs voiles, mais malheureusement pour eux le vent arriva de face et par conséquent le boutre et ses rameurs progressaient plus rapidement. Après quelques instructions lancées par le capitaine, la position de la Veuve Salée fut parfaite pour tenter une approche et ils abordèrent rapidement l'un des côtés du navire adverse où les passagers s'inquiétaient déjà. Ils avaient dégainé leurs armes, mais ils n'étaient pas entraînés à se battre contre de féroces adversaires, il ne s'agissait là que de simples éclaireurs. Peu importait, les marins du boutre pourraient tout de même se divertir ! Après un bref regard sur ses hommes, le Fer-né dégaina son arme et Yoren lança le signal de l'assaut. Le premier rang sauta sur le pont du navire d'exploration pour se lancer à la charge des malheureux qui tremblaient si fort pour la plupart, qu'ils ne parviendraient certainement pas à se défendre. S'ils n'étaient pas capable de se débrouiller pour éviter les assauts, ils devaient au moins savoir se défendre correctement ! Et s'ils n'y parvenaient pas, ils n'avaient qu'à mourir dignement !


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Message Jeu 6 Déc 2012 - 12:57

Pour une fois, ils tombaient d'accord : Lakdahr se fiche éperdument de leur destination tant qu'ils n'allaient pas marivauder avec l'aquilon et qu'il pourrait faire tâter de Dentesque à qui en voulait – fort heureusement qu'il la possédait toujours sur lui ou presque. Cela faisait déjà un moment que l'infortunée ornementée de trophées dentaires n'avait point eu l'opportunité de s'énamourer de continentaux, privé de rapine et autres joyeusetés qu'il avait été par la Seiche lors de sa dernière pérégrination outre archipel. C'eut été le première fois qu'il avait observé ses homonymes se galvaniser auprès de leurs ancestraux rivaux sans possibilité de participer à la déferlante, ce qui avait le don de lui léguer une sapidité pleine d'amertume aujourd'hui encore. Il l'avouait sans mal : bastonner du quidam au bon parfum lui manquait en dépit de son envie de se terrer dans ses forges pour y oeuvrer en paix. Sargon avait donc raison, peu lui importait, ce à quoi il répondit d'un furtif haussement d'épaules, conscient que même s'il s'y essayait, il ne parviendrait pas à obtenir d'avantages d'information d'un homme aussi opiniâtre que le capitaine de la Veuve Salée. Si bien qu'il le délaissa à sa navigation pour mieux s'occuper de son côté, n'était-ce point aussi pour cela qu'on le demandait pour rallier le pont, pour son ubuesque discrétion contrairement à son envergure ? L'artisan ne se ferait point remarquer tant que nul ne l'aurait sollicité – ou provoqué, certains matafs même ici s'y étaient d'ores et déjà risqués par le passé, sans que l'expérience ne soit réitérée. A la rythmique des flots et des inépuisables rameurs qui en ballotaient l'écume, le voyage prenait forme, ces éternelles excursions que tout fer-né se devait de supporter, car le quotidien sur un boutre n'était guère toujours des plus aisés. Entre deux galéjades échangées avec ses homologues, le forgeron songea grandement : peut-être était-ce l'occasion de forcer le Harloi à un conciliabule qu'il n'apprécierait pas, une fois qu'ils seraient de retour sur leurs îles de gris argentite. Même à l'observer à la barre, la matoiserie s'ébauchait sur chaque trait de sa physionomie et camouflait quelque intérêt que le carriériste qu'il était ne tarderait pas à combler. Gabriel était une gêne tant qu'une contrariété dont il ne rêvait que de se débarrasser depuis que leur dissension s'était illustrée par plus que des paroles aussi caustiques qu'ombragées, un fait qui inquiétait le mestre fèvre quant à la finalité que prendrait cet antagonisme qu'il scrutait depuis longtemps. Toutefois, pouvait-il avoir la prétention de lui faire entendre raison, à ce demi-frère seigneurial qui doutait plus des autres que de lui-même ? Une tribulation qu'il lui serait ardue à vaincre, autant se travestir dans des atours de soie et se farder les lippes d'incarnat en assurant qu'il était une targaryenne – bien que l'ensemble serait du plus bel effet, nul ne lui prêterait foi ! Qu'ils étaient compliqués, ces rejetons de Dix-Tours.

En quelques jours de traversées, le titan eut tout le temps de réfléchir à une façon d'aborder ce caduc sujet, bien que sa seule volonté d'en converser suffirait inexorablement à surprendre le fer-né qui leur avait juré délassement et butins à rafler. Patience obligée, l'Edenteur revoyait le tranchant de sa lame lorsqu'une voilure fut repérée sur le tribord de la terrible embarcation d'ostrogoths, avides de se faire dignes de leur notoriété. Réflexe commun, il fut parmi ceux qui se redressèrent dans le but de fureter l'horizon et cette hypothétique cible qui leur épargnait bien de la besogne, les assauts en mer restaient qui plus est d'un agréable divertissement bien que la mouvance de combat était plus restreinte. Les rutilants onyx du colosse se plissèrent, puis biaisèrent sur le côté lorsqu'il entendit le phonème de son aîné s'adresser à lui. S'il était prêt ? Euphémisme ! Autopsier quelques ennemis – ou même amis – était toujours un plaisir dont il ne cachait rien, que pouvait-on attendre d'un énergumène qui aimait tant à extraire des dents à vif qu'à enjoliver son cou d'un intestin, ou deux ? Il n'ouvrageait pas seulement par la conception d'armes, son sens artistique dégorgeait dans d'autres domaines certes moins déontologiques. Une risette alouvie naquit sur ses lèvres, suivie d'un ricanement guttural prompt à témoigner de son morbide amusement.

« C'du menu fretin tes proies, j'pourrais tout aussi bien m'les bâfrer à moi tout seul. » Il n'avait vraisemblablement rien retenu de sa dernière bévue culinaire, qui lui avait coûté quelques problèmes de digestion dans la première journée de voyage. Mais une pointe d'orgueil ne faisait guère de mal, lorsque l'on ne se nommait pas Sargon Harloi. « Sors ton cure-dent et on va compter l'nombre de têtes qui tombe ! »

L'analogie à Crépuscule tenait d'avantage de l'innocent défi que de la réelle gouaillerie, en tant que forgeron, il était le premier à reconnaitre la facture de cette épée malgré sa taille qui contrastait cruellement avec la hache qu'il avait lui-même en main. Quant à celui qui ferait choir le plus d'adversaires, une épreuve qu'il avait marotte à entreprendre avec Gabriel et le bel arroi de la Jouvencelle, où l'atmosphère était toute autre que celle sur la Veuve Salée dont il ne déplorait point pour autant l'ambiance. Une bourrasque de belligérance s'infiltra d'ailleurs sur le pont, exaltée par l'éloquente frayeur qui s'emparait du bateau en tentative de fuite et de survie. Les écumeurs eurent tôt fait de rattraper la fluette distance qui les séparait, et en seconde ligne, le géant qui faisait psalmodier ses cervicales en une macabre symphonie osseuse, contempla placidement ses congénères se lancer à l'offensive. Il les rejoignit furtivement, passant outre le bastingage de l'embarcation pour se retrouver en plein coeur de la mêlée dont il souhaitait pleinement profiter avant qu'elle ne se dissipe par la force des pirates qui ne tarderaient pas à prendre l'absolue contrôle. Vociférations, geignements de terreur, cataractes d'hémoglobine et quelques plongeons dans les eaux saumâtres, une bataille somme toute usuelle qui n'empêchait point les fer-nés de s'enorgueillir. Dentesque s'abattit sur la cuisse de l'un des bougres qui en fut amputé dans un tonitruant gémissement, une souffrance qui, avant de devenir moribonde, fut réduite au silence par les paluches du titan qui disloqua la nuque en une délicieuse mélodie. Il essuya son faciès maculé de sang d'un revers du bras, son crin avait pris une irisation pourpre, quant à ses tenailles, elles n'avaient point encore trouvé un martyr adéquat. Quelques pas en arrière, puis il évita de toute justesse une hachette volante qui lui passa à côté de la hanche, en se retournant, il remarqua Sargon dans son échine, ce dernier ayant visiblement esquivé l'arme désormais fichée dans le mât. Le colosse se redressa de toute sa hauteur et déclara à l'attention du capitaine de la Veuve, un rictus loustic à la commissure.

« Quand on aperçoit la première, on tarde jamais à voir la deuxième ! » La véracité de ses propos prit tout son sens lorsque le binôme eut à éviter une seconde hachette, un pas de danse qu'ils exécutèrent en presque harmonie pour voir l'arme se loger dans le rachis d'un quelconque drôle. L'Edenteur s'esclaffa en installant sa massive hache sur son épaule. « Prévisible !... Tiens au fait, j't'ai pas posé la question mais, elle est où Arkha ? Elle se réserve pour ses capitaines préférés ? » Gausserie nullement dissimulée cette fois-ci, car de ce qu'il en savait, la sylphide s'était vue proposer une place sur le boutre de Willem, et en disposait toujours d'une sur la Jouvencelle. Ses noires agates cherchèrent en vain parmi la cohue, comme s'il escomptait apercevoir la demoiselle tout en sachant qu'elle n'était pas présente, ce qui le surprenait en soi. Mais alors que la conversation s'entamait – car il était fort connu qu'il n'existait point de meilleure occasion qu'une échauffourée pour bavarder ! - des échos de lutte obligèrent l'artisan à faire volteface. Il fut percuté par une trinité de matafs qui lui firent perdre l'équilibre et se retrouver séant au sol, hagard puis offusqué par si peu d'égard. « J'vais vous faire bouffer l'pont bande de fots-en-cul !! » Une vendetta prête à exploser, avant qu'il ne sente gesticuler sous sa charpente, ce qui eut le mérite de l'interloquer... Et quelle surprise, de voir un Sargon en train d'étouffer à cause d'un poids qui aurait été enclin à lui déplacer quelques os ! Gabriel le croirait-il lorsque, à leurs usuelles agapes, il lui conterait avoir inopinément écrasé son demi-frère ? Rien n'était moins certain ! Le forgeron se redressa tout en interpellant le Second en titre. « Yoren ! J'crois que j'ai ratatiné ton capitaine !... » Une fois sur ses petons, il prit connaissance de l'état du malchanceux qui se souviendrait probablement longtemps de la montagne lui étant tombée sur le poil. « Harloi, toujours en vie ? » L'interrogea t-il en se penchant sur lui, non sans réprimer un accès d'hilarité qui lui secouait le poitrail tant la situation était burlesque. Et puisqu'il était toujours bon d'en rajouter une couche... « Si t'es mort j'veux tes dents ! » Voilà qui aurait de quoi ressusciter l'intéressé si celui-ci hésitait encore.




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Sargon Harloi
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Message Ven 7 Déc 2012 - 15:06

     Entendre Lakdahr appeler sa précieusement Crépuscule « cure-dent » ne manqua pas d'afficher une expression contrariée sur le visage du Harloi qui ne supportait pas que l'on critique son épée ou son boutre. Bah ! Quiconque n'avait jamais porté l'arme en question ne pouvait comprendre ce que c'était que de la manier et il préféra éviter de répliquer, persuadé que c'était uniquement une manière de le provoquer un peu pour essayer de le faire sortir de ses gongs.
     Une fois sur le boutre adverse, les Fer-nés se dispersèrent et chacun y alla du sien, Wulfric qui ne se privait pas d'user de sa force impressionnante pour manier sa hache certainement bien trop lourde pour un homme de moindre carrure, comme Sargon par exemple. Ce dernier ne portait d'ailleurs pas attention à ses hommes, concentré qu'il était sur ses affaires et occupé à taillader les marins qui s'approchaient trop près de lui. Un simple coup d’œil lui montra que ce qu'il avait pensé de prime abord était bien la réalité : il n'y avait presque pas d'hommes d'armes sur ce navire. Quel dommage ! Lui qui avait espéré pouvoir offrir quelque chose de mieux que les pitoyables paysans du Nord. Bah ! Avec les combats récents et fréquents, les bons guerriers n'étaient plus nombreux ou indisposés suite à des blessures plutôt graves, ils devaient donc se satisfaire de ce qu'ils trouvaient. Un simple coup d’œil sur ses marins suffit à indiquer à Sargon qu'ils étaient suffisamment heureux de pouvoir se battre, même contre de simple copies de marins. Ils avaient beau savoir naviguer, ils n'arrivaient pas à la cheville des Fer-nés pour autant !

     Alors qu'il tournait la tête en direction de Lakdahr qui se trouvait justement à ses côtés, il le vit esquisser un pas en arrière et sentit venir le danger. Instinctivement, il recula lui aussi et juste à temps pour éviter une hache qui vint se ficher dans le bois du mât à ses côtés. Un léger froncement de sourcils fut le seul signe de la contrariété qui naissait dans l'esprit du Harloi, mais le géant ne sembla pas s'en soucier puisqu'il se lança dans de l'humour. Le Fer-né s'apprêtait à faire remarquer à son voisin qu'il avait la langue bien pendue pour un combattant, mais une nouvelle hache les obligea à réitérer leur petit pas de recul et se planta dans une cible. Sargon chercha du regard le responsable de ces attaques histoire de se débarrasser définitivement – et aussi douloureusement que possible – de lui et de ses misérables haches de lancer. Mais voilà que la pipelette recommença et que Lakdahr s'intéressa à la cousine du capitaine qui décrocha un regard contrarié à son homologue avant de lui répondre comme il en avait l'habitude. C'est-à-dire d'une manière plutôt hautaine et irritée.

     ▬ Qu'est-ce que j'en sais ? Je passe pas mon temps derrière elle contrairement à toi ! Je ne suis pas sa nounou que je sache. »

     En réalité, il ne pensait pas une seule seconde que le forgeron puisse s'amuser à coller les fesses d'Arkha de près, c'était une simple boutade comme il aimait envoyer à Wulfric et Yoren, le plus souvent sur une prétendue romance entre eux de préférence. Le reste était entièrement véridique, lorsqu'ils quittaient l'île de Harloi, Sargon devenait le capitaine et Arkha le marin, il n'allait pas surveiller ses arrières sans cesse pour s'assurer que la belle ne risquait pas sa vie. Bien évidemment, s'il la voyait en difficulté, il ne restait pas là à la regarder se faire tuer, mais elle était sur ce boutre pour gagner en expérience et non se faire surveiller sans arrêt. Ignorant que les deux compères étaient liés, Sargon imaginait surtout que c'était Gabriel qui avait dit à son ami de toujours de veiller sur sa précieuse Arkha, raison de plus pour ne pas répondre à l'interrogation du colosse d'ailleurs.

     Alors qu'il se concentrait sur le reste du combat, ne souhaitant pas davantage repenser à ce bâtard qui se prenait pour son frère, le Harloi eut la désagréable surprise de sentir quelque chose – ou plutôt quelqu'un – le pousser avec brusquerie. L'espace d'un instant il songea à faire pivoter Crépuscule pour embrocher le malheureux qui avait eu l'idée stupide de l'amuser à le coller de trop près, mais aussitôt il songea qu'il s'agissait peut-être du forgeron et qu'il aurait été regrettable – et surtout très salissant – de le percer de part en part. Le Fer-né n'eut guère l'occasion de se tirer de ce mauvais pas que déjà le poids beaucoup trop lourd du roturier l'écrasait. Et dire qu'il avait toujours imaginé que la carrure du forgeron puisse lui servir, il allait se retrouver avec des côtes démises à cause de cet imbécile qui ne savait pas tenir sur ses pieds ! Après que Lakdahr se soit redressé et eut appelé Yoren à l'air Sargon esquissa le geste de se redresser à son tour, mais fut forcé de constater qu'il avait sous-estimé la force – ou plutôt le poids – du forgeron. Il restait à espérer qu'il ne se soit rien cassé, cela aurait été aussi embarrassant qu'handicapant et il aurait bien pu être irrité au point de dire à Lakdahr de rentrer sur les Iles de Fer à la nage ! Lorsque le comique qui aurait dû devenir bouffon et non forgeron, se pencha sur lui pour lui parler une fois de plus de ses dents, le Harloi envoya son pied percuter le colosse au niveau du genou pour lui faire comprendre qu'il gagnerait à fermer sa grande gueule. Yoren s'était déjà rapproché et avait débarrassé son capitaine d'un fou qui s'imaginait pouvoir le frapper au sol avant qu'il ne se relève.

     ▬ Espèce d'abruti ! T'as pas le pied marin, t'aurais bien dû rester dans les forges de Cormartel ! L'irritation était palpable. Yoren tendit la main à son capitaine et l'aida à se redresser avant qu'il ne foudroie le colosse du regard. Et arrête de fantasmer sur mes dents ou tu pourras bien finir par cracher les tiennes un jour ! Menace à la légère ? Allez savoir ! La prochaine fois que tu me tombes dessus gros balourds, je te transperce avec mon cure-dent, pour un édenteur bouffon ce serait une fin parfaite ! »

     Cette idée lui redonna un peu de sourire et il claqua de la langue en signe d'agacement avant de détourner son attention du forgeron. Les autres marins avaient déjà dégagé le plus gros des hommes, il n'y avait d'ailleurs presque que cela sur ce navire excepté quelques femmes plus loin sur le pont, à l'écart, qui devaient se charger des tâches secondaires. Peu importait, ils étaient ici pour tuer et non faire des prisonniers, tout le monde irait nourrir les poissons d'ici la fin de la journée ! Le capitaine s'éloigna de quelques pas de son marin du moment pour croiser le fer avec un homme qui semblait plus doué que les autres dans le maniement des armes, mais Sargon fut toutefois assez déçu en constatant que le combat ne lui donna pas l'occasion de rejeter toute sa colère. Lakdahr n'y était pour rien, ce n'était pas les piques légères du forgeron qui allaient beaucoup gâter l'humeur du capitaine de la Veuve Salée. Non, c'était un autre problème bien plus irritant. Désireux d'oublier ces pensées, le Fer-né se concentra sur la tâche actuelle et lorsque les marins du navire se rendirent, que Wulfric se tourna vers Sargon pour savoir ce qu'il allait décider, ce dernier secoua simplement la tête.

     ▬ Pas de prisonniers, on les tue tous et on les jette à l'eau. Vous chargez ce qui est dans les cales sur le pont de la Veuve et on met le feu avant de partir. Exécution. Inutile de le dire deux fois, les hommes s'empressèrent d'agir alors que le jeune homme se tournait vers Lakdahr. Pourquoi tu veux savoir où est Arkha ? Tu t'intéresses à elle ? Ta jolie femme-sel ne suffit plus à te contenter ? Pourtant je croyais que Gabriel remplissait bien ce rôle, il avait l'air sacrément en forme la dernière fois que je l'ai vu. »

     Sous-entendait-il que les deux amis puissent avoir des mœurs bien étranges ? Peut-être, allez savoir, son sourire hautain et vaniteux le laissait croire, même si au final il ne l'avait pas dit clairement. Quant à la prétendue forme de Gabriel c'était juste une manière de dire qu'une fois de plus le roturier avait été incapable d'aller au bout de sa colère lors de la danse du doigt. C'était d'ailleurs là la raison de toute la colère du Harloi.


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Lakdahr l'Edenteur
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Message Sam 8 Déc 2012 - 14:12

Un souvenir qui resterait niellé dans les mémoires – autant celle de l'Edenteur que la plèbe à laquelle il relaterait l'anecdote. - pour les quelques décades à venir, celui de contempler l'innommable Sargon Harloi enchâssé entre les planches d'un navire après avoir fait connaissance avec le séant du titan des forges. Si témoins il y avait, excepté Yoren qui s'était hâté au secours de son capitaine, mieux valait les faire taire à jamais au risque de voir une certaine réputation se flétrir plus qu'elle ne l'était déjà. Dans tous les cas, voilà qui ferait un conte de frairies particulièrement congru et que l'on omettrait pas de si tôt. Même au heurt pédieux qui lui sanctionna la rotule, le colosse fut tout bonnement inapte à y rétorquer avec beaucoup plus d'âpreté que n'aurait été capable d'en témoigner le quidam à ses pieds. Incapable d'y répondre, car il avait fini par céder à une hilarité aussi grasse qu'importunante qui l'en laissait perclus sur le pont. Il esquissa tout de même un pas pour se mettre de profil, se désopilant à en perdre haleine et même à faire naitre quelques perles lacrymales à l'encoignure de ses miroitantes prunelles. Point une fois, il ne se sentit ombragé par l'acrimonie de son martyr de fessier qu'il ne prenait diantrement pas au sérieux, parfaitement au fait que le fiel pouvait être un puits de paroles irréfléchies simplement vouées à pacifier la rancoeur de l'instant. Et vraisemblablement, le porteur de Crépuscule n'avait guère apprécié leur contingente étreinte qui n'était pas même due à un équilibre lacunaire de la part de l'artisan, fort accoutumé aux lubies des flots ainsi qu'aux rixes maritimes. Finalement, il remerciait sans fin les matafs qui l'avaient malencontreusement bousculé, n'eut-ce été que pour avoir excorié l'infrangible fierté du plus hérétique des fer-nés. Les déités se prosterneraient, à n'en point douter ! Avec un peu d'ironie, l'on finirait par donner vie à un culte du forgeron qui s'adonnait à des sévices pour le moins particuliers. A en voir la pétulance avec laquelle son ainé s'en retourna jouer d'estoc et de taille, ses sens s'étaient galvanisés d'aigreur, ce que le colosse observa avec un amusement dont l'on ne douterait désormais plus. Une fois la contracture de sa ceinture abdominale lénifiée, le mestre fèvre récupéra Dentesque tombée un peu plus loin, puis s'immisça derechef dans les quelques combats qui demeuraient avec désespoir. Fichtre, il se demandait comment l'on pouvait encore espérer vaincre des insulaires des îles de rocaille sans songer y perdre plus qu'un bras, ces continentaux étaient décidément déraisonnables.

Le navire fut finalement sous le joug des écumeurs de toujours qui, encore avides de plus de livres de chair, guettaient les hypothétiques inconscients qui souhaiteraient encore tâtonner de leurs lames. Les calots de Lakdahr jaugèrent le chapelet de sylphides frémissantes à la simple vision de ces immoraux pirates, presque songeur sur la plausibilité de ne point rentrer avec butin uniquement matériel. Toutefois, le phonème du Harloi fut sans appel et ne souffrirait d'aucune objection, une opportunité de délassement vulgairement jetée à la houle, un gaspillage qui fit soupirer le géant qui ne pourrait pas même profiter d'une bise de stupre. Il aurait cependant été vain d'abaisser ses braies, il doutait que l'impie soit à même de faire preuve de patience quant à une concupiscente fantaisie nullement réciproque. Ainsi donc, il guigna succinctement ses homonymes se diriger vers les donzelles qui glapirent de frayeur, ne causant pourtant aucun accès de commisération parmi les ostrogoths qui feraient présent de leurs corps à la mer. Sa paluche chercha à débarbouiller sa physionomie chamarrée de gouttelettes écarlates, jusqu'à ce que, contre toute attente, son ami du jour vint lui adresser à nouveau la parole. Il le toisa en s'interrogeant sur les conditionnelles meurtrissures qui tarabusteraient sa frêle charpente après leur précédente accolade, puis s'intéressa autant que faire se pouvait à la cataracte de quolibets qu'il lui adressa. A cela, la réaction de la demi-seiche fut instantanée bien qu'elle ne se manifesta, aussi surprenant que cela puisse paraître, que sous une forme verbale.

« Tu veux dire lors du rassemblement ? C'vrai que Gab t'a mis une sacrée rouste, entre la pinte et la table, il t'en a fait bouffer du mobilier ! » Il feignit un subit désenchantement. « J'pensais que c'était toi qu'avait pas été en forme pour répliquer comme femelle l'aurait fait, mais si tu m'dis que c'était lui qu'était au mieux de ses capacités, j'veux bien t'croire... Ah que j'suis con, j'ai même pas pensé à prendre de tes nouvelles : comment s'porte ta blessure ? Ca pique pas trop ? »

Une mince risette ourlée de désinvolture vint se dessiner sur les lippes de l'Edenteur qui, s'il préférait de loin user de ses poings lors d'algarades, savait tout aussi bien faire preuve de fielleuse répartie lorsque cela s'avérait nécessaire – et inévitable, avec Sargon. Loin de lui la prétention que ce dernier ne serait guère capable de le rendre furibond à l'en estropier à brûle-pourpoint, il connaissait parfaitement ses facultés de messéant pour les avoir vues évoluer à la kyrielle des années et ne les mésestimer en rien. Par ailleurs, si la supposition même tacite que sa relation avec le capitaine de la Jouvencelle outrepasserait d'amicales lisières avait été suggérée des lèvres d'un quidam d'un autre acabit, celui-ci aurait d'ores et déjà été passé par-delà le bastingage avec quelques lésions supplémentaires. Toutefois, venant du Harloi, l'injure lui était... Triviale. Son intègre manque de considération pour lui en tant que personne le résignait à se faire véhément, tout d'abord parce qu'il n'avait guère rien à lui prouver, ensuite parce qu'une réaction courroucée ne ferait qu'alimenter la satisfaction personnelle du bougre qui aimait à se savoir invivable, à ses risques et périls. C'était pour cette raison qu'il ne cessait d'incommoder Gabriel, car ce dernier ne pouvait s'empêcher de s'insurger avec toute l'animosité qu'on lui prêtait volontiers, et c'était également pour cela que Lakdahr n'avait que de bien infimes tracas à déplorer avec son propre demi-frère de suzerain, car lui favorisait l'indifférence. Mais face à la Veuve, ni irascibilité – pour le moment – ni abnégation, il s'abaissait au même jeu que lui, si ce n'était parfois pire tant il faisait un fantasme de ses superbes canines. Dangereux, le titan ? Fou serait celui qui se ferait sceptique quant à cette réalité. Idiot, le colosse ? Pas si sûr.

« Pour Arkha c'était qu'une curiosité, j'm'étonnais d'pas la voir alors qu'elle fait partie de ton équipage, de c'que j'en sais. » Propos véridiques, même s'ils s'étaient récemment rapprochés de façon plus charnelle que discursive, ils n'étaient que des accointances dont aucun ne recherchait fatalement la compagnie de l'autre. Ils ne se connaissaient en rien, malgré leur écart corporel. « Ceci dit, elle a un bien joli cul, même toi tu dois l'savoir ! Mais j'vais te dire, entre le cul d'ta cousine et la verge de Gabriel... » Il s'approcha de Sargon jusqu'à être tout – trop – proche de lui, le surplombant de son inexorable gigantisme, puis se pencha à son oreille pour qu'il soit le seul à jouir de son susurre révélateur. « C'est ta bouche que j'préfère. »

Sans attendre, l'artisan le contourna pour l'abandonner à cette confession qui n'était pas si fallacieuse que son espièglerie le laissait entendre. L'atour graveleux de la conversation lui ferait peut-être croire qu'il avait dans l'espoir de lui introduire plus que ses tenailles dans sa cavité buccale, mais cela, ce n'était nullement sa faute ! Le Harloi avait tendu le bâton pour se faire fustiger, Lakdahr n'avait fait que retourner sa gouaillerie contre lui avec un malsain plaisir. Ses dents étaient bien les seules choses de son être que le collectionneur désirait, une troublante convoitise dont il prônait abusivement l'existence pour le simple amusement d'en voir le propriétaire se décomposer de contrariété et, probablement, d'une once de crainte. Cependant, il n'oubliait pas qu'ils naviguaient sur la Veuve Salée, un bien mauvais endroit pour laisser libre cours à ses impulsions de chirurgien, ou même pour s'en mettre le capitaine à dos de manière trop importante. Il s'en alla d'ailleurs récupérer un fût qu'il logea sur son épaule, point indolent à la besogne, pour contribuer aux efforts de l'équipage dont il avait momentanément intégré les rangs. Il aida ainsi à dépouiller les cales pour enrichir le boutre sur lequel il se contenta d'admirer la mise au brasier de l'autre embarcation, encore alouvi de plus de rapines que cette maigre attaque tenant de la providence.




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Message Sam 8 Déc 2012 - 20:42

     Sargon ne se vexa point lorsque les paroles de Lakdahr le provoquèrent. Lui-même admettait que ce bâtard avait été plus habile que lui au rassemblement, mais s'il ne lui avait pas envoyé une pinte en céramique en plein visage, peut-être que ses réflexes auraient été normaux. Là, la donne aurait été bien différente et Gabriel aurai comprit ce qu'était réellement un affrontement avec lui. Décidément, toutes les rencontres qu'il avait avec le fils de femme-sel tournaient à la catastrophe depuis quelques temps ! C'était la seconde fois qu'il rentrait d'un tête-à-tête avec Gabriel et qu'il arborait une blessure, même si elle était minime. Ce point commençait sérieusement à lui peser et il n'avait qu'une envie : remettre le roturier à sa place et lui faire comprendre que sa place était à obéir à ses ordres sur le boutre qu'il lui avait si aimablement offert. Ce dernier point avait suffisamment humilié le jeune homme à l'époque, après tout, comme le disait les traditions de leur peuple, seules les femmes et les putains se laissaient acheter par de l'argent. Gabriel était donc forcément l'un des deux puisqu'il avait accepté l'offrande de son « frère » sans rechigner. Une pique supplémentaire dont il allait user la prochaine fois que son chemin croiserait celui de ce bâtard. Ces derniers temps, il passait plus de temps à ruminer sa contrariété sans parvenir à l'oublier plutôt qu'à se pencher sur l'avenir prometteur qui s'offrait à lui. Au final, sa mère avait bien raison, Gabriel n'était qu'un parasite qui posait des problèmes, pour une fois que cette idiote avait visé juste sur quelque chose....

     Le regard mordoré du Harloi resta simplement planté sur le visage du colosse, le forçant d'ailleurs à lever les yeux, chose qui l'irritait toujours davantage. Il conserva toutefois une expression toujours aussi hautaine qu'à l'accoutumée et qui ne devait pas indiquer grand-chose de ce qu'il pensait à cet instant. L'altercation du regroupement avait été contrariante, mais Sargon ne comptait pas en rester là et il avait bien l'intention de revenir sur le sujet de la catin de Gabriel la prochaine fois que leurs routes se croiseraient. Il avait cerné le fait que ce sujet était particulièrement douloureux pour lui et puisque les boutades habituelles sur le fait qu'ils n'étaient pas frères commençaient à ne plus faire effet, il fallait monter d'un cran. C'était ce qui compliquait leur entente d'ailleurs, le fait que l'escalade ne cessait jamais et qu'ils continueraient à se confronter jusqu'à ce que l'un des deux ne soit plus capable de se défendre. À comprendre, mort et enterré. Un bref sourire amusé passa sur les lèvres du Harloi tandis qu'il secouait la tête d'un air léger.

     ▬ Même au mieux de ses capacités, Gabriel ne m'arrive pas à la cheville. La prochaine fois, ne le retiens pas et laisse-nous régler ça dehors, tu verras si je n'ai pas raison. Il fixait Lakdahr, dissimulant son agacement de devoir ainsi lever les yeux pour le regarder tout en lui parlant. À moins que tu saches aussi bien que moi qu'il n'est pas capable de me tuer ? »

     Il parlait autant de ses capacités que de son mental. À moins qu'il ne soit réellement énervé, Sargon doutait que cet imbécile soit capable de passer outre le fait qu'ils avaient le même père. Au fond, il se trompait peut-être et il y avait encore la possibilité que Gabriel soit capable de ne pas songer à ces détails au moment où ils s’affronteraient, mais même dans ces conditions le Harloi était convaincu de supplanter son demi-frère. C'était justement ce qui faisait que les autres le respectaient – ou du moins le toléraient – parce qu'il savait se défendre. Mais là n'était plus la question, le jeune homme n'avait pas envie de bavarder au sujet de Gabriel durant toute la journée. Déjà que ce parasite s'invitait dans ses discussions avec Helya, ce n'était pas pour le supporter encore lors d'un raid censé remonter l'humeur de tout le monde. Celle de Sargon y comprit.

     La discussion glissa sur Arkha et le forgeron déclara simplement qu'il se demandait où elle était passée sans raison particulière. Le Harloi ne s'attarda pas sur ce détail et se contenta de décrocher un regard indifférent à son interlocuteur lorsque celui-ci émit l'idée que même lui avait remarqué que la demoiselle était plus qu'agréable à regarder. Bien évidemment, même si elle était sa cousine il n'était pas aveugle pour autant et il avait bien constaté que la jeune fille pouvait facilement se rendre désirable. Mais ce n'était certainement pas avec lui qu'il allait discuter de ce genre de détails. De toute manière, même s'il en avait eu l'envie, Lakdahr se débrouilla pour faire tourner les choses d'une manière que le Harloi n'avait pas vu venir et de loin. Lorsque l'artisan se pencha vers lui, Sargon esquissa un geste instinctif pour lui barrer le chemin avec Crépuscule. Habituellement ce type de geste était plutôt destiné à lui envoyer un coup de boule ou à lui cracher dessus, mais visiblement le Fer-né voulait simplement parler. Le capitaine interrompit donc son geste, mais le regretta dès qu'il entendit les mots que Lakdahr prononça. Quel abruti ! C'était uniquement pour se moquer de lui, Sargon s'en doutait bien et il y était habitué ! Mais disons simplement qu'il s'en voulait de s'être laissé avoir par cette connerie et il décrocha un regard assassin au forgeron qui s'éloignait déjà. Yoren observa son capitaine sans comprendre ce qui venait de se passer et le Fer-né lâcha quelques mots d'un ton acide.

     ▬ Espèce d'abruti, tu devrais agir autant que tu causes ! »

     Il ne l'invitait pas à agir dans le sens de ce qu'il venait de dire bien évidemment ! Non, c'était simplement une remarque destinée à lui faire comprendre qu'il ferait mieux de l'éviter durant la suite du trajet. Le Harloi avait beau aimer se moquer des autres et les descendre devant tout le monde, il n'aimait pas que ce type de plaisanterie soit dirigé vers lui. Que les gens racontent des choses sur son dos était bien différent et il s'en moquait éperdument, mais là, c'était différent.

     Agacé par la tournure des événements, le Fer-né s'éloigna pour superviser les opérations. Les femmes et les hommes survivants avaient été ouverts et haut en bas et jetés à la mer tandis que d'autres marins s'occupaient de charger les affaires. Lakdahr était d'ailleurs du nombre et Sargon se contenta donc de préparer le feu en répandant un peu d'huile à des endroits stratégiques. Lorsque tout le monde fut prêt, les marins regagnèrent le boutre du Harloi et décrochèrent les attaches qui liaient les deux navires, puis Sargon se saisit d'une torche et alluma plusieurs foyers avant de l'abandonner sur le pont de bois. En quelques pas, il rejoignit son équipage et chacun se mit à ramer pour que la Veuve Salée s'éloigne du navire en feu. Une fois qu'ils furent suffisamment loin pour éviter les braises transportées par le vent, le boutre s'immobilisa histoire d'offrir un beau spectacle aux Fer-nés qui observèrent le feu pendant quelques instants.

     Il ne restait plus qu'à rentrer sur les Iles ! Même si le trajet avait été relativement court, il permettait toutefois aux Fer-nés de prendre un peu l'air et le sang qui maculait leurs vêtements avait remonté le moral de l'équipage aussi sûrement que la présence d'une jolie donzelle en fleur. Sargon donna les ordres et chacun s'occupa de ce qu'il avait à faire, bientôt le navire en flamme ne fut plus qu'une bille brillante à l'horizon. Le voyage du retour semblait toujours plus rapide aux yeux du Harloi qui fut assez étonné de constater qu'ils n'étaient plus très loin de chez eux. Quelques jours venaient de passer pendant lesquels il ne s'étaient pas montré particulièrement amical avec ses hommes et son visage habituellement toujours marqué d'une expression hautaine était cette fois-ci simplement agacé. Yoren avait bien remarqué ce changement soudain dans le caractère de son capitaine, mais habitué à ses sautes d'humeur, il ne s'en souciait plus trop. Ce ne fut que lorsqu'ils furent à quelques heures de l'île de Harloi que le Fer-né quitta son poste pour aller voir comment les hommes se portaient. Lorsqu'il arriva au niveau de Lakdahr, ce fut avec une certaine méfiance qu'il s'adressa à lui.

     ▬ À ce que j'ai vu c'est la belle entente entre toi et Dagon. Il t'a proposé quelque chose de trop bien pour toi ? Il semblerait que ce soit dans le sang des fils de femme-sel que de se complaire dans la médiocrité. Il retrouva un peu de son allant, souriant légèrement. À moins que tu ne veilles trop à la santé de ta jolie petite femme-sel pour te soucier de t'occuper du reste ? Je l'ai croisée il n'y a pas si longtemps d'ailleurs, elle a l'air d'être du type sacrément jalouse. Je me demande si elle te fait la morale lorsqu'elle sait que tu reluques le postérieur des marins de mon boutre. »

     Il se moquait un peu de lui, si peu. « Les marins » désignaient aussi bien Arkha que Gabriel, puisque, au final, même si à ce jour le roturier n'était plus affilié à la Veuve Salée, il l'avait été par le passé. Sa rencontre avec la fouine qui lui servait de femme-sel avait été plutôt intéressante. Elle avait donné l'impression d'être une véritable sotte, mais quelque chose disait à Sargon que Lakdahr ne supporterait pas une femme aussi irritante que celle gamine à la langue trop bien pendue, sans raison particulière. Peut-être bien que le forgeron se vengeait sur les autres de ce qu'il n'était pas capable de faire à sa petite captive. Imaginer le colosse en homme soumit était assez amusant il fallait en convenir. Rien qu'à cette idée, un nouveau sourire se dessina sur les lèvres de Sargon. Sans découvrir sa dentition pour autant, bien évidemment.


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Lakdahr l'Edenteur
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Message Dim 9 Déc 2012 - 22:56

Vent jubilatoire, pur instant d'extase que fut celui où il put apercevoir la mine déconfite du Harloi qui avait inexorablement été piqué au vif par tant d'incongruité. Sa sombre lorgnade, il ne l'avait guère manquée, et elle avait plus encore contribué à l'amusement qu'il s'était fait de la situation. Courroucer ce bougre qui s'octroyait tous les privilèges était toujours un plaisir dont il jouissait sans même s'en camoufler, car puisque son délassement premier était d'importuner la presque totalité des îles à s'en faire ériger messéant numéro un, il lui fallait savourer de sa propre médecine pour pacifier un orgueil au moins aussi auguste que la Veuve Salée elle-même. Et cette vanité, le titan la piétinait avec autant de raffinement que son statut d'ostrogoth le lui permettait. Il ne pouvait le rosser d'uppercuts non démérités ? Qu'à cela ne tienne, Sargon était encore le mieux placé pour savoir que les mots pouvaient être plus pernicieux que des lames dûment affilées, car n'était-ce point là ses armes favorites ? Se guindant de logorrhées injuriantes à longueur de temps, le bougre osait encore lui reprocher sa prétendue loquacité là où lui était enclin à psalmodier d'interminables discours s'il était question de meurtrir ses pairs... Culotté, le faux fer-né ! Son cynisme finirait par le perdre, cela n'aura guère été faute d'avoir à de multiples tentatives essayé de lui faire ravaler sa fierté, plus d'un s'y était attardé, sur cet incurable cas. Comment diable ses matafs étaient-ils à même d'en supporter la morgue ? Lakdahr préférait encore se faire cueillir les testicules au tisonnier qu'avoir à subir pareille tribulation si ce n'était de façon sporadique, de quoi profiter des accalmies pour se persuader que, non, le brocheter sur le mât de son boutre serait inutile. Pour l'heure, il semblait que le capitaine se soit approprié cette envie concernant l'artisan qui l'assommait de tirades aussi sardoniques que celles qui lui étaient adressées. Avait-il seulement conscience de la chance qu'il avait, que les actions ne suivent pas inéluctablement les paroles du forgeron ? Si tel avait été le cas, il n'aurait point donné cher de sa carne et même de son ossature dont il rongerait la matière jusqu'à l'usure la plus complète. A défaut d'être suffisamment sagace pour se rendre compte de ce détail, au moins son aîné avait été bien assez mortifié par sa répartie pour le vouer aux gémonies avec une indifférence jugée salutaire – ne plus l'entendre clabauder sans raison, quel délice pour l'ouïe ! Et le plus jeune n'irait certainement pas quérir de son attention au risque de flétrir la mélodie des flots alliée à celle des flammes, qui étaient d'une grâce sans égale maintenant qu'il y attardait sa sensibilité artistique... Certes, s'il n'avait de loin pas l'oreille musicale, cela ne l'empêchait pas de profiter du spectacle à l'instar de ses homonymes, au moins heureux d'avoir tout de même occis aujourd'hui.

Comme il en avait l'habitude, l'Edenteur s'installa dans une encoignure où il ne se fit point remarquer, si ce ne fut par les quelques envolées phoniques qui jalonnaient la camaraderie de l'équipage. Du moins, lorsque l'acrimonie du maitre de ce pont ne leur contait pas fleurette, une aigreur bien surprenante et qui laissa le géant songeur : était-ce encore une conséquence de ses égrillardes répliques ? Il ne s'en préoccupa guère plus que cela, si retombées il devait y avoir, lui serait déjà loin de la Veuve qui frémirait peut-être à l'acerbité de son capitaine. Plus beaucoup de temps à patienter avant de fouler l'argentite de leur archipel, les déités leur étaient favorables tant la mer semblait clémente... Aimante, de ses délicats sépions qui rentraient de leur pêche. Le mestre fèvre avait récupéré quelques babioles ornementales pour ses oeuvres à venir, peu chagriné de ne pas revenir avec un butin plus conséquent. A moitié installé sur un fût qui trainait ici, ce dernier était affairé sur Dentesque à laquelle il revoyait la beauté. Tenailles en main, il luttait pour désincruster l'une des dents qui enjolivaient la hache, ce qui lui permit au moins de se faire la réflexion que, fichtre, il les avait trop bien enchâssées ! Il fut toutefois interrompu par l'arrivée du Harloi qui le laissa tout d'abord quelque peu surpris, avant qu'il ne comprenne les intentions de celui-ci : reprendre un jeu qu'il avait trop longuement abandonné. Cette fois, ce fut avec un assaut finement ficelé qu'il l'attaqua sans vergogne, preuve s'il en était qu'il y avait songé, à son retour de feu. Le colosse se fit particulièrement incrédule à sa première tirade, concluant que cet homme était probablement le plus infatué de tous ceux qu'il connaissait. S'il espérait le contrarier ainsi, il faisait fausse route !... Ce fut ce qu'il pensa jusqu'à ce que Violain soit évoquée. Il ne put alors empêcher un air plus grave de peindre son faciès, même s'il réprima une réaction trop véhémente d'éclater au grand jour.

« J'en ai rien à foutre de c'que tu penses de moi Sargon, et j'sais que l'inverse est tout aussi vrai. T'es personne pour que ton avis compte, t'pourrais m'voir comme l'meilleur guerrier des îles comme de la dernière merde que j'm'en branlerais jusqu'à t'en jouir sur la gueule ! »

Il ne pourrait jamais lui reprocher de lui avoir fait croire le contraire et n'était pas né de la dernière ondée pour attester que son opinion avait une quelconque importance en retour. Ils étaient différents, et même s'ils se connaissaient depuis leur plus jeune âge, ils ne s'étaient jamais accordés suffisamment d'intérêt pour devenir alliés ou rivaux. Comme à tout à chacun, la réputation de Lakdahr souffrait de positif comme de négatif selon les individus, certains admiraient sa propension à ne pas se mêler de ce qui ne le concernait pas là où d'autres le disaient indolent. Tous ne comprenaient ni n'adhéraient à son indépendance alors qu'il avait plus que le potentiel pour se distinguer sur un boutre, quelques-uns devaient le juger simplement idiot, mais que lui importait, tant que sa passion pour l'artisanat et la tranquillité le faisait vivre comme il l'entendait ? En toute objectivité, il était une personnalité plus appréciée que détestée et dénombrait plus de partisans à son excentricité que de réfractaires, même si parmi ces derniers figurait le lord Ravage. Pour ce qui était du Harloi, il ne savait pas, finalement, quelle position il adoptait réellement le concernant. Mystérieux que ceci, et ombrageant que d'apprendre qu'il avait rencontré sa Souris sans même qu'il n'ait été mis au courant. La gouge ne lui avait rien dit ! Il la tancerait pour cet oubli qui n'en était assurément pas un, il abhorrait ces cachotteries qu'elle prenait plaisir à couver. Il n'aimait pas du tout savoir que ces deux-là avaient pu s'entretenir sans qu'il n'ait été présent, et si, dans le fait, cette frasque n'avait absolument rien de grave, la moindre évocation de sa femme-sel avait tendance à le rendre nerveux depuis quelques temps. La bribe de titan qui s'épanouissait en son sein le troublait plus qu'il ne voulait bien l'admettre, il y tenait déjà, à cet enfant, il se découvrait une essence paternelle tout à fait insoupçonnée pour le bélître qu'il était. Il savait aussi que le porteur de Crépuscule guettait les moindres rictus révélateurs et qu'il n'avait malheureusement et sûrement pas manqué la ride entre ses sourcils dès lors qu'il en eut parlé. Mauvais ! Il ne fallait surtout pas lui donner matière à s'intéresser à tout cela, il cherchait une faiblesse à exploiter, il ne devait pas lui en ployer.

« Pis en attendant, l'médiocre, t'es venu l'chercher de toi-même, alors descends d'ta montagne. » Reprit-il en veillant à s'adoucir puis se faire totalement nonchalant. « Tu f'rais bien de te mêler d'ton cul ou d'celui d'Helya, t'es tellement en manque de considération que t'as b'soin de v'nir pavaner devant moi pour que j'te remarque. J'savais que t'étais un homme complexé, mais là, ça d'vient ridicule. Pour toi j'entends. » Feignant un profond ennui, il haussa les épaules, avant de se remettre à triturer la décoration dentaire sur son arme. Ses muscles brachiaux se gonflèrent sous la force émise pour finir le travail entreprit, à savoir arracher la dent, ce qui se fit rapidement. Il loucha sur l'organe dur avec un certain contentement, avant de revenir sur son vis-à-vis qui pourrait entrevoir là un avertissement silencieux. Le fou dentiste lui adressa une risette, son trophée ostensiblement exhibé. « Mais j'ai d'autres priorités que d'faire attention à toi, p'tit gars. »

Sanction tombée, le titan se désintéressa du capitaine qui pourrait alors entreprendre mille cabrioles pour le faire parler, il ne dirait mot. L'air de rien, il le connaissait, le petit Harloi, et savait pertinemment qu'il serait bien plus offusqué d'être sciemment ignoré que de recevoir des coups sur le crâne, son égocentrisme n'avait pas de lisières. Ainsi se poursuivit le trajet en direction des Iles-de-Fer, dont ils purent entrevoir les ébauches sur la ligne d'horizon. Ils s'en approchèrent plus promptement qu'escompté, et bientôt furent amarrés aux abords de Kenning dont la demeure se voyait au loin. L'Edenteur n'avait cure de quel îlot il foulait la pierre, il lui serait aisé de retrouver le sentier en direction de Pyk ou de Dix-Tours, où il aurait de quoi converser avec son frère de toujours si tant est qu'il n'avait point été empoisonné par sa blonde concubine, Dès lors qu'il le put, le colosse s'empara de son sac de lin et descendit de l'embarcation, saluant quelques-uns des matafs au passage avant de clore son escale sur la Veuve Salée. Il s'éloigna sur la plage, son immense charpente se fondant parmi les rochers, mais s'immobilisa avant de totalement disparaître. Il n'aurait plus l'occasion de voir Sargon avant un moment, occupés qu'ils étaient tous deux à leurs tâches respectives, et cela le fit hésiter... Devait-il s'y risquer ? Aborder l'épineux sujet fraternel, lui parler de Gabriel, chose qu'il n'avait encore jamais faite jusqu'à présent. Mais pour lui dire quoi ? Lui faire ouvrir les yeux relevait du miracle, surtout après la façon dont ils venaient de se quitter, il n'était pas convaincu que le fer-né lui prêterait l'oreille sans lui renvoyer ses paroles en plein visage. Il avait certifié n'avoir aucun intérêt pour lui, et voilà qu'il revenait en lui demandant audience... Cette fois, c'est bien lui qui se tournerait en ridicule et tendait le bâton pour se faire battre. Pris d'un fulgurant doute, le forgeron râla contre lui-même, grimaçant d'agacement quand à cette coercition morale qui l'obligeait à agir pour le bien de son ami, pour lequel l'inquiétude croissait sans ombre. Il craignait que les choses ne dégénèrent, et dans ce cas, il ne pourrait que s'en vouloir de ne pas avoir agi... Que ne ferait-il pas au nom de leur amitié ? Diantre, Gabriel ne devait jamais apprendre ce qu'il était sur le point d'entreprendre ! Il tourna ainsi les talons pour revenir sur ses pas, et tout en se forçant à faire bonne figure, il rallia les abords du capitaine avant que celui-ci ne décide de mettre les voiles,

« Sargon ! » L'interpella t-il en arrivant à sa hauteur. « Faut que j'te parle... » Cela ne suffirait certainement pas à le faire accéder à sa demande, il s'en doutait, aussi tenta t-il de trouver un argument. « C'est important... » Faible essai, mais il n'était point libre de toute parole au centre des marins dont certains les observaient avec indiscrétion. Même Yoren n'avait pas à être impliqué dans l'histoire. « … Et privé. »

Acheva Lakdahr en espérant que la curiosité du Harloi s'en retrouve stimulée, prêt à écoper de toutes les brimades que pourrait lui adresser ce dernier. Tant pis, il jouerait de fierté une autre fois, donnant priorité à ce qu'il avait à débattre avec lui. Ses efforts ne furent pas vains, à son plus grand soulagement et malgré les circonstances, il semblait être parvenu à intriguer son interlocuteur, qui accepta de se détacher de la masse d'écumeurs pour le suivre plus loin. Le géant le mena à l'abri des regards, au revers de roches qui protégeaient le caractère effectivement privé de leur délibération. Une fois devant Sargon, l'artisan se sentit benêt... De quelle façon devait-il s'y prendre ? Ils n'avaient jamais abordé ce sujet auparavant, l'échange allait s'avérer délicat, pour une fois que l'Edenteur faisait incursion dans les chicanes fraternelles.

« Faut vraiment qu'on cause de Gab... » Un bon début, de quoi abasourdir son homologue. Il chercha ses termes, en dépit de son initiative, sa neutralité demeurait encore, et il ne voulait pas faire croire à un règlement de comptes. « T'crois pas que... Ca va trop loin, tout ça ? »




" - On fait quoi ? - Valeurs sûres : on leur éclate la gueule. "
 " Barbare qui roule amasse coups de boule. "
" On dit que les fer-nés détestent toutes les races, c'est faux, on les aime toutes ! En ragoût, en civet, à la broche... "

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Sargon Harloi
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Message Lun 10 Déc 2012 - 15:13

     Attentif aux expressions qui s'affichaient sur le visage de son interlocuteur, Sargon attendait de voir comment Lakdahr allait répondre aux piques envoyées à propos de son frère, de ses talents et de sa nouvelle compagne. Au fond, le Fer-né ne considérait pas le forgeron comme un homme incapable sans quoi il n'aurait jamais accepté de lui donner une place sur sa précieuse Veuve et serait encore moins allé le chercher en personne. Certainement que le colosse devait parfaitement le savoir, ce qui expliquait le fait qu'il réplique avec autant de nonchalance. Sargon connaissait suffisamment Lakdahr – du moins cette partie de sa personnalité – pour savoir que l'homme se moquait bel et bien de ce que l’hérétique pouvait penser de lui. C'était un point qu'ils partageaient : l'indifférence à ce que les autres pouvaient bien avoir comme avis à leur sujet. Pourtant le jeune homme ne quitta pas son sourire provocateur, même face à la réplique plutôt tendue de son vis-à-vis. Apparemment le fait de parler de sa femme-sel ne lui plaisait pas grandement et l'espace d'un instant, le Harloi se demanda si le forgeron était au courant que sa fouineuse allait se promener partout sur les Iles de Fer. Peut-être pas. Quel dommage ! Comme pour changer de sujet, l'homme parla un bref instant d'Helya avait de faire savoir à l'autre Fer-né qu'il ne comptait pas lui donner ce qu'il attendait, à savoir un peu d'attention et de considération. Présenté de la sorte, son comportement avait tout l'air d'être celui d'un gamin en manque de compliments. La mâchoire du Harloi se contracta un instant sous le coup de l'irritation, il détestait toujours autant se faire snober et ignorer, même s'il était habitué à ce genre de traitement de la part du forgeron. Comprenant qu'il était inutile de s'attarder davantage ici, le jeune homme tourna les talons pour aller se concentrer sur l'arrivée de son poutre sur la place de Kenning. Il ne souhaitait pas avoir de nouveaux commentaires sur sa dentition qui semblait toujours autant obséder l'Edenteur. Il était temps de rentrer à bon port et de voir quelles avaient été les nouvelles des derniers jours !

     Après que la Veuve Salée ne se soit glissée sur la plage rocailleuse, Sargon ordonna à ses hommes de vider le boutre et de transporter les prises dans le château. Il s'apprêtait à descendre du pont lorsqu'une voix familière l'interpella. Tournant la tête pour regarder ce que le forgeron pouvait bien lui vouloir, le jeune homme le dévisagea d'un air suspicieux lorsqu'il déclara avoir à lui parler, avant d'ajouter deux mots qui ne présageaient rien de bon. Important et privé ? Jusqu'à présent, le Harloi n'avait que très peu de conversations qu'il ne partageait pas avec son second et ce dernier s'entendait très bien avec Lakdahr, ce qui étonnait d'autant plus le jeune homme. Qu'est-ce qui pouvait bien être important de privé ? L'idée qu'il puisse avoir touché un point sensible en parlant de sa femme-sel lui traversa l'esprit, puis il songea à Arkha. Est-ce que le colosse allait compter lui parler de sa cousine ? Certainement pas ! S'il y avait bien une chose dont le Fer-né était certain, c'était que l'artisan se contrefichait d'avoir la bénédiction du cousin s'il comptait se taper la cousine !

     Intrigué et surtout étonné de ce que le forgeron pourrait avoir à lui dire, Sargon décida de lui emboîter le pas et le suivit alors qu'il les menait dans un coin à l'abri des regards de manière à pouvoir discuter en toute quiétude. Sourcils froncés, le Harloi attendait que son vis-à-vis lui annonce la couleur, s'attendait presque au pire sans savoir si c'était à la hauteur de ce qu'il allait entendre. Une chose était certaine : il ne s'attendait absolument pas à ce qui sortit de la bouche de l'artisan. Gabriel ! Décidément, ce fils de catin reviendrait toujours dans ses discussions ! Dire qu'il avait presque réussi à l'oublier l'espace d'un instant, voilà que Lakdahr avait besoin de remuer la vase et de faire remonter les merdes ! L'expression interrogative de Sargon se mua en une contrariée alors qu'il dardait un regard hostile et contrarié sur le visage de son interlocuteur. Jusqu'à présent, ce dernier ne s'était jamais mêlé de leur vie privée, se contentant d'intervenir lorsque les choses tournaient mal, mais sans pour autant glisser son nez dans le reste. Sur le coup, le jeune homme se sentit stupide de s'être laissé avoir par ce piège, il n'avait aucune envie de parler de Gabriel et encore moins avec Lakdahr ! Pourtant il était vrai que ce dernier était souvent intervenu en évitant ainsi de gros ennuis à Sargon. Il eut très envie de tourner les talons et de planter là l'artisan, à un point tel qu'il esquissa même le geste de lui tourner le dos. Mais se ravisa finalement. Il pouvait considérer avoir une dette à l'égard du forgeron pour les deux fois où celui-ci avait intervenu pour lui sauver la mise. Lui répondre annulerait donc ce service rendu et il pourrait le planter là pour aller oublier ce bâtard qui s'insinuait dans toutes ses discussions. D'un ton qui montrait clairement qu'il était contrarié, autant par le sujet que la situation, le Fer-né répondit.

     ▬ Si, je trouve que tu vas trop loin en te mêlant de ça. Son regard pétillait d'irritation. Tu es intervenu deux fois pour arrêter nos problèmes et c'est uniquement pour cette raison que je te réponds : cette affaire ne regarde que Gabriel et moi, personne d'autre. Je ne t'oblige pas à l'arrêter lorsqu'il essaye de s'en prendre à moi alors ne me dis surtout pas que ça te concerne aussi. Le ton emprunté montrait bel et bien qu'il ne plaisantait pas cette fois-ci. Il n'y aura plus de Gabriel et moi, cet idiot n'a pas su rester à sa place et il ne récolte que ce qu'il a semé. Il a bien cherché ce qui lui arrive et tu sais aussi bien que moi qu'il n'y a aucune issue pacifique qui est envisageable pour ce problème. »

     Il fallait juste comprendre que le jeune homme comptait se débarrasser définitivement de son frère. C'était pour cette raison qu'il l'avait provoqué de la sorte lors du rassemblement d'ailleurs, espérant que Gabriel sorte de ses gongs pour de bon et qu'ils aillent régler leurs problèmes à l'extérieur. Définitivement. Mais les choses en avaient décidé autrement, Lakdahr et d'autres personnes s'en étaient mêlés et le plan du Harloi était tombé à l'eau. Au fond, ce n'était rien de plus que de l'aversion qu'il y avait entre eux. Ils avaient franchi le point de non retour depuis bien trop longtemps et ils n'avaient plus qu'une issue possible : aller jusqu'au bout. Il ne devait en rester qu'un pour que la paix revienne au sein de la maison Harloi. Le capitaine n'était pas dupe, il savait parfaitement que Lakdahr était trop lié avec son bâtard de frère pour pouvoir soutenir de telles paroles, tout simplement parce qu'il savait que dans un combat entre eux, ce serait Gabriel qui perdrait. Vérité ou illusion ? Sargon en était persuadé en tous les cas.

     ▬ Je vais te dire quelque chose, si vous arrêtiez tous de vous mêler de nos problèmes, tout serait réglé depuis bien longtemps ! Si tu es certain que Gabriel sait se défendre, laisse-le se battre contre moi ! Un de nous ne se relèvera pas et tout sera terminé. Apparemment tu as entièrement confiance en ton grand ami, alors pourquoi est-ce que tu ne laisses pas les choses de faire au lieu de toujours vouloir empêcher le pire ? »

     Il savait très bien qu'il n'avait pas d'amis. Personne ne regretterait que Sargon passe l'arme à gauche si les choses devaient tourner à son désavantage. Seul Gabriel laisserait un vide auprès de certaines personnes, mais s'ils étaient tous convaincus de ses capacités, ou était le problème ? ! Au final, il n'y avait pas que les femmes qui soient incompréhensibles, même Lakdahr s'y mettait maintenant !


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Lakdahr l'Edenteur
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Message Mar 11 Déc 2012 - 14:50

Si tomber des nues était une expression, le forgeron se serait bien écroulé sur place face à la véhémence des propos rivaux. Son attitude tant que sa phonation avaient tenté d'ouvrer pour un débat en paix, car loin de lui l'idée de tancer quiconque sur un sujet qui ne le concernait que de loin, mais celles de Sargon étaient pleines d'un fiel qui étincelait sans vergogne dans ses prunelles ambrées. L'Edenteur s'était assurément attendu à ce qu'il soit réfractaire à cette conversation, mais de là à l'en voir aussi honteusement virulent, la réaction le dépassait de toute part – et il en fallait, pour outrepasser plus de six pieds et demi de haut ! Tout dialogue était originellement biaisé lorsqu'il se faisait avec le capitaine de la Veuve Salée, un fait notoire, bien peu étaient les fous qui s'y risquaient, et celui qui en avait eu présentement l'audace le regrettait déjà. L'unique question qui lui vint alors fut : comment Helya avait-elle fait et comptait-elle faire pour endurer les capricieuses envolées de cet homme de mal ? Car luciférien, il l'était, le bougre ! Une âme façonnée dans les Sept Enfers, puisqu'il ne semblait prêter aucune foi en leurs déités d'eau et de sel. Comment la Botley avait-elle pu se laisser incanter de la sorte, une situation qui le désappointait presque tant les insurrections de la rouquine avaient pu lui plaire. Toutefois, l'heure n'était pas aux conjectures sur ces truculentes fiançailles, mais bien à celles sur le comportement du Harloi qui crachait son venin avec une exacerbation plus que criarde. Le plus jeune en resta hagard, stupéfait qu'il fut par les propos tenus qui, en plus d'être âpres, étaient ingrats et injuriants. Pouvait-on trouver plus infertile dans tout Westeros ? Il ne s'était jamais attendu à une once de reconnaissance de sa part, à dire vrai, il n'en avait cure, de sa vie à lui. Ses intercessions ne résultaient que de son infrangible amitié avec Gabriel, qu'il protégerait en toutes circonstances et quel qu'en soit le prix à payer, qu'il soit de fer ou de sang. Un fait dont l'on pouvait aisément douter alors que depuis tout ce temps, le colosse se tenait à l'écart de ces dissensions fraternelles, ce que son ami lui avait maintes fois reproché. Cependant, la loyauté de Lakdahr, une fois durement acquise, était immuable, ce qu'il avait prouvé à travers tous les méchefs qu'ils avaient traversés depuis qu'ils étaient en âge de marcher. Jusqu'alors, Sargon n'avait pas eu à s'y heurter, à la puissance de leur binôme une fois que les deux géants des îles étaient consolidés dans leurs idées, une chance dont il n'avait aucunement conscience, une chance qu'il n'aurait peut-être plus s'il poursuivait en son sens qui n'était que celui de sa propre hégémonie.

Point d'issue pacifique, cette calomnie assumée ne fit que l'abasourdir plus qu'il ne l'était déjà, une telle ineptie lui faisait perdre ses termes et ses moyens. Un temps de latence suffisant pour que l'incube à l'épée valyrienne reprenne son monologue, des tirades supplémentaires qui incommodèrent au plus haut point un guerrier dont l'arme le titillait. Lui faire savourer Dentesque était en passe de devenir un aussi beau fantasme que le spolier de ses canines dont l'éclat ne l'importait plus pour le moment, la tension était d'une toute autre mesure. Et en mesure de répondre, il ne le fut point lorsque son interlocuteur lui demanda des comptes sur ses récentes interventions. Il ne s'agissait guère d'une confiance lacunaire dans les facultés de son frère de coeur, juste d'une surabondance d'inquiétude et d'une intime angoisse quant à l'éventualité de perdre le seul véritable ami qu'il possédait. Un sentiment bel et bien existant mais qu'il ne témoignait jamais au principal intéressé, pudibond qu'il était dans l'épanchement de ses émois, et entre fer-nés, entre hommes, il n'y avait pas matière à minauder. Comment justifier une disposition qu'il avait lui-même du mal à définir, pire, à assumer ? Le Harloi n'y comprendrait de toute façon rien, il était vain de s'aventurer sur les complexités émotionnelles. Ainsi donc, après un instant d'incertitude, le géant reprit de son aplomb.

« D'jà... Tu baisses d'un ton avec moi Sargon ! J'suis pas ton mataf que t'es en train d'engueuler pour une couille sur ton boutre, j't'ai pas agressé récemment, alors tu vas t'calmer de suite ! » S'il voulait donner de la voix, le titan était à peu près sûr de remporter la partie, mais il n'y avait aucune intérêt à un duel phonique. Marquant pourtant l'incohérence, alors qu'il exigeait un apaisement de son vis-à-vis, il haussa lui-même le ton. « Et la question est pas pourquoi j'veux empêcher l'pire, mais c'est pourquoi toi tu veux absolument que ça s'passe ?! Pourquoi Gab devrait absolument crever ?! Pourquoi bordel ?! M'dis pas que j'suis mal placé pour parler d'tout ça, j'en ai rien à foutre que d'autres viennent t'les casser, t'auras beau dire c'que tu veux on a grandi ensemble et j'sais mieux que quiconque de quoi j'cause justement ! »

Son poing libre se crispa dangereusement, il se faisait une violence sans égale pour ne pas marteler le crâne du pauvre bougre et lui faire entrer quelques informations là où toute réflexion congrue semblait impossible. Toutefois, il ne devait pas réagir sans y réfléchir plus avant, et la brutalité était infructueuse sur cette tête de roche qu'il avait pour allocutaire – pour le moment, tout du moins. Argumenter était l'unique marche de manoeuvre qu'il s'octroyait tant que le Harloi veillait à ne pas trop attiser le courroux d'un Edenteur aussi patient qu'un puceau face à sa première gouge. Et pour cela, il était vrai qu'il jouissait d'un irréfutable avantage : celui de connaitre les demi-frères depuis toujours. Il les avait tous deux vus évoluer et changer, même s'il ignorait la raison de la transformation de Sargon, il n'était pas dupe pour un pécule et savait que ce dernier cachait quelque chose. Un bouleversement, un secret, il n'en savait fichtrement rien, mais quelque chose tournait plus carré que rond ! Puisqu'il avait la parole, il lui fallait la préserver avant que le capitaine ne la monopolise à nouveau, aussi reprit-il en se courbant sensiblement vers l'avant, les épaules contractées tant l'exaspération le rongeait à son tour.

« Moi aussi j'vais te dire quelque chose, y a pas d'issue pacifique parce que t'en veux pas ! Mais t'sembles avoir oublié que tu l'as un jour apprécié, ton frère ! » Il fallait viser juste pour que ses paroles aient l'effet escompté, à savoir faire réfléchir le Harloi, ce à quoi il parviendrait peut-être en lui remémorant une époque certes révolue, mais qui avait existé. « Tu fais quoi de c'qui s'est passé quand on était mioches ? Gabriel a toujours veillé sur toi, il était là quand t'en avais besoin, et même toi t'étais toujours heureux quand vous passiez du temps ensemble, t'étais content d'voir qu'il faisait attention à ta gueule alors même qu'il y était pas obligé ! Lui, il t'a jamais rien d'mandé en retour, et t'as fini par lui tourner l'dos sans raison ! » De cet éloignement qui s'était graduellement instauré, Lakdahr s'en souvenait parfaitement, bien qu'il ne l'eut jamais compris lui non plus. Son index pointa son vis-à-vis dans un geste accusateur alors qu'il continua. « C'qui se passe c'est ta faute ! Tu t'es mis à l'dénigrer, à l'trainer plus bas que rocaille l'permettrait, et à force d'lui dire qu'il était rien, c'comme ça qu'il a voulu te prouver l'contraire ! Aujourd'hui y fait l'con avec toi parce que tu l'y as obligé, lui, il t'a jamais rien voulu d'mal ! C'toi qui passe ton temps à l'emmerder, mais qu'est c'qu'il t'as fait pour que t'aies envie d'le buter ?! Hein ?! Tu l'fais pas déjà assez souffrir comme ça, jusqu'à croire que t'es en droit de parler d'Ernestine ?! »

Cette agressivité que le forgeron tentait de réprimer commençait sérieusement à vouloir se manifester, et une chose était certaine : il ne laisserait pas Sargon s'en aller si celui-ci essayait de clore la conversation, pas sans qu'il n'ait répondu de ses actes, pas sans qu'il ne se soit rendu compte du comportement qu'il avait eu et des conséquences qui en avaient découlé. Ce qui devait être une simple discussion risquait de tourner à la grave altercation si les esprits continuaient de s'échauffer, et dans ce cas, la neutralité de Lakdahr ne serait plus qu'une utopie que le Harloi regretterait.




" - On fait quoi ? - Valeurs sûres : on leur éclate la gueule. "
 " Barbare qui roule amasse coups de boule. "
" On dit que les fer-nés détestent toutes les races, c'est faux, on les aime toutes ! En ragoût, en civet, à la broche... "

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Sargon Harloi
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Message Mar 11 Déc 2012 - 18:57

     Sargon avait bien compris que Lakdahr ne voulait pas le menacer où le critiquer vis-à-vis de son comportement envers Gabriel, mais aborder ce sujet avait le don de le faire sortir de ses gongs avec une facilité déconcertante. C'était plus fort que lui, il fallait qu'il hausse le ton pour répliquer ! Apparemment cela ne plaisait pas vraiment au forgeron qui, après un bref air étonné et incertain, se lança lui aussi dans une réplique prononcée d'un ton qui prouvait clairement qu'il perdait sa patience. Étrangement, le fait de s'entendre dire qu'il devait diminuer le volume ne fit que donner davantage envie au Harloi de continuer sur cette voie. Oh, il savait parfaitement que l'artisan n'était pas un modèle de patience et qu'il risquait bien de lui en décoller une s'il persistait à lui parler comme à un chien, mais cela ne le dissuadait pas d'arrêter. Au contraire. Un peu comme un gamin qui tirait sur la queue d'un serpent venimeux, Sargon avait le don de persister dans les situations les plus dangereuses. Ce n'était pas sans raison qu'il avait été à deux doigts de se faire étrangler par Gabriel la dernière fois qu'il l'avait provoqué ! Si Lakdahr comptait sur le côté raisonnable de son interlocuteur, il allait être déçu.

     Le ton montait dangereusement et les autres allaient forcément finir par entre les éclats de voix, chose qui n'était pas rare lorsque quelqu'un souhaitait converser avec le Harloi cela dit. Le forgeron remit alors les choses au point, déclarant qu'il n'était pas question de ce que lui voulait empêcher, mais plutôt de ce que Sargon souhaitait faire. Pourquoi est-ce qu'il voulait se débarrasser de Gabriel ? Parce que c'était certainement le seul moyen de ne plus entendre parler de lui et de ne plus l'avoir dans les pattes tout simplement ! Le visage du Fer-né ne fit que se renfermer davantage au fur et à mesure que son interlocuteur parlait, justifiant avec raison qu'il était certainement le mieux placer pour pouvoir se mêler des affaires des deux frères ennemis. Il était vrai que Lakdahr les connaissait depuis toujours ce qui n'était pas pour arranger Sargon d'ailleurs. Certainement qu'il devait être l'une des rares personnes à se souvenir de l'époque où les deux s'entendaient comme larrons en foire. Une époque désormais révolue et dépassée dont le Harloi se persuadait qu'il n'en avait rien à faire. À force de manipuler les autres, il avait développé une capacité qui lui permettait presque de se persuader lui-même de choses auxquelles il ne croyait pourtant pas une seule seconde. Le ton continuait de monter et le forgeron manifestait des signes de plus en plus évidents d'impatience, d'ici quelques minutes ils risquaient d'en venir en main et, bien évidemment, ce serait mauvais pour le plus frêle des deux.

     Entendre l'artisan continuer à ressasser le passé commençait sérieusement à échauffer le Harloi qui n'avait qu'une envie : mettre fin à cette discussion et envoyer son vis-à-vis sur les roses ! Qu'on arrête donc de lui prendre le choux avec ses affaires de famille ! Si Gabriel n'était pas capable de se défendre seul, il n'avait qu'à subir et se la fermer, tout simplement ! Continuant à remuer l'eau pour faire remonter la vase, Lakdahr parla d'une manière qui irrita grandement Sargon : à l'entendre il avait l'impression que sans Gabriel il n'aurait jamais survécu à ses années de jeunesse. Ce n'était pas non plus son sauveteur, Sargon s'était débrouillé seul pour arriver là où il était aujourd'hui et la présence de ce bâtard n'avait en rien facilité les choses. Au contraire ! Ce crétin s'évertuait à lui compliquer la vie en faisant ses conneries au lieu d'obéir aux ordres qui lui étaient donnés. Mais, était-ce la vérité ou tout simplement ce que le Harloi s'imaginait ? À ses yeux, seul lui se souvenait de tout ce qui s'était réellement passé et les autres affabulaient. Serrant les dents pour s'imposer le silence, le Fer-né ne se privait pourtant pas de fusiller son interlocuteur du regard : cette discussion lui pesait et il n'avait pas envie de s'expliquer devant un idiot qui avait déjà choisi son camp. Jusqu'à présent, il avait toujours considéré Lakdahr comme une personne neutre dans ses démêlés avec Gabriel, mais à présent il considérait surtout que le forgeron s'était gardé de lui en parler pour le prendre en traître comme il le faisait actuellement ! Paranoïaque ? À peine !

     Une fois de plus, l'artisan balançant ce qu'il pensait à son interlocuteur qui accusait le coup sans pour autant accepter les reproches qui lui étaient faits. Non, ce n'était pas sa faute ! C'était Gabriel qui avait été trop gourmand. Toujours à prétendre qu'il ne voulait pas le supplanter pour finalement crever de jalousie le jour où Sargon avait hérité de la Veuve Salée. Ce n'était que des conneries et la confiance donnée à Gabriel n'avait été que du gâchis. Il récoltait ce qu'il avait semé et aux yeux du Harloi, la manière dont il le traitait jusqu'à présent n'était rien à côté de ce qu'il comptait encore faire. Les accusations lui faisaient toujours plus perdre patience, bientôt ce serait sa faute s'ils perdaient la guerre. Gabriel était assez grand pour savoir tout seul ce qu'il voulait faire, s'il n'était pas capable d'assumer ses conneries, tant pis pour lui ! Mais de son côté le Harloi n'avait rien à se reprocher, les boulettes de ce bâtard n'étaient pas à lui incomber. Et bien évidemment, le sujet de son idiote de femme vint à nouveau sur le tapis. Cette fois-ci, Sargon secoua tout simplement la tête en détournant le regard, agacé par la tournure des événements. Si cet imbécile était trop sensible pour supporter des piques sur sa défunte femme, c'était encore une fois son problème ! Le Fer-né frappait là où ça faisait mal, il n'y avait rien à expliquer. L'incompréhension entre les deux hommes était évidente et l’agacement de chacun de plus en plus palpable. Sans chercher à moduler le son de sa voix, le Harloi répliqua.

     ▬ Apparemment tu ne sais pas de quoi tu causes, non ! À t'entendre sans Gabriel je ne serais même pas là aujourd'hui. T'es en train de me dire que je lui dois tout et qu'il a toujours tout fait pour moi sans que je ne lui rende la pareille ? Arrête de te foutre de ma gueule Lakdahr, peut-être que le boutre que j'ai acheté avec mes propres deniers pour lui en filer le commandement, c'est de la pisse de chat ? Il lâcha un soupir d'agacement, esquissa le geste de se tourner pour clore la discussion, mais une fois de plus se retint à la dernière seconde pour reprendre de plus bel. Tu n'es au courant de rien alors ne viens pas avec tes beaux discours me présenter ce bâtard comme le frère dont tout le monde rêve. Il n'est pas différent de moi, sauf que lui il cache ce qu'il a derrière la tête. Au fond, c'est encore pire, moi au moins j'assume ce que je fais et ce que dis et je ne me planque pas derrière des soi-disant sentiments. »

     À quoi bon parler de toute manière ? Il n'allait rien comprendre tout simplement parce qu'il s'imaginait connaître parfaitement son petit Gabriel. L'idée qu’il puisse avoir envie de se débarrasser de Sargon pour prendre sa place au sein de la maison Harloi ne l'avait certainement jamais effleuré. Chaque fois que le regard de ce fils de chienne se posait sur Crépuscule ou sur la Veuve Salée, Sargon sentait la jalousie qui émanait de ce prétendu frère. Qu'on ne lui raconte pas qu'il s'en fichait ! Approchant de Lakdahr pour lui faire bien comprendre qu'il n'avait pas peur de lui – ce qui n'était pas forcément prudent, mais le Harloi ne connaissait pas la signification de ce mot – le jeune homme reprit.

     ▬ En fait, tu ne connais rien de tout ce qui est derrière les murailles de Dix-Tours. Tu passais peut-être du temps avec nous oui, mais tu ne sais rien de ce qui se passait lorsque tu n'étais pas là. Tu vas peut-être me dire que toutes les merdes qu'il fait, c'est de ma faute ? Il n'est pas assez grand pour prendre ses décisions tout seul ? ! Le jour où il crèvera ça sera forcément de ma faute j'imagine. La simple idée d'être toujours lié à Gabriel lui donnait envie de vomir. Peut-être bien qu'on s'entendait à une époque oui, mais c'est dépassé et oublié depuis longtemps pour moi. Il n'y a que les imbéciles qui ne changent pas d'avis et moi je me suis rendu compte que Gabriel n'était pas ce qu'il prétendait être. Pourtant, il persistait à ne pas dévoiler les raisons de cette hostilité. Qu'il aille donc demander à Gabriel s'il voulait savoir où Sargon cherchait à le mener, nul doute que le roturier saurait parfaitement où son demi-frère voulait en venir ! Reculant d'un pas, il conclut. Et je vais te dire, sa Ernestine, au fond, je m'en contrefiche d'elle. Ce que je sais simplement, c'est que c'est peut-être bien la seule personne avec qui il a été réellement sincère jusqu'à présent alors je lui montre ce que c'est de voir qu'on s'est planté de A à Z sur quelqu'un. »

     Une fois de plus, c'était une obscure déclaration que le forgeron ne comprendrait certainement pas. Mais Sargon en avait assez, sa colère était toujours aussi présente, mais le ton avait diminué sur la fin pour la bonne et simple raison qu'il n'y avait plus besoin de hurler pour que sa rancœur sorte de là. D'un geste de la main, il indiqua à son homologue que tout cela l'agaçait au plus haut point et pour de bon cette fois-ci, il se détourna sans ajouter le moindre mot.


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Message Mer 12 Déc 2012 - 1:44

L'impression de converser avec une huitre fermée commençait à lui être particulièrement irritant, que pouvait-il espérer tirer de bon d'un homme qui ne l'écoutait même pas et qui préférait se convaincre d'inepties au moins aussi saumâtres que les flots ? Vertement rien, Sargon n'était vraisemblablement pas prêt à se remettre en question pas plus qu'à réviser son jugement faussé sur celui duquel il fut un jour plus proche qu'il ne voulait bien le concéder. Comment en étaient-ils arrivés là ? Désormais, Lakdahr comprenait un peu mieux la détresse de Gabriel, lui qui s'était toujours plu à ignorer leur rivalité dont il n'avait fait que guigner le déclin d'un oeil discret. Il en était au seuil de la culpabilité de ne pas s'en être mêlé plus avant, peut-être qu'une plus âpre incursion de sa part aurait était en mesure de lénifier les ardeurs de cette querelle à défaut de totalement les pacifier. Là où le titan avait pensé être intelligent en ne se faisant ni juge ni avocat d'aucun parti, il se sentait à présent égoïste, idiot de s'être voilé de cécité là où son ami l'appelait sûrement à l'aide. Le Harloi était en réalité pire l'illustration qu'il s'en était faite, même après toutes ces années, même après tous ses méfaits, il trouvait encore le moyen de choir dans l'estime du forgeron alors qu'il était déjà immensément loin de l'apogée. Finalement, au lieu d'intervenir en faveur d'une accalmie, la prochaine fois si fois suivante il y avait, il se promettait de tenir ce bougre d'égotiste pendant que le quartzeux se délaissait à le chamarrer au fer rouge. Une sanction des plus prudhommesques si l'on en avisait les griefs retenus contre le condamné qui verrait probablement sa tête mise au fer-prix s'il poursuivait ainsi. En bonne voie pour s'empêtrer dans plus d'inimitiés qu'il n'en possédait déjà, le capitaine n'en fut que plus outrageant pour les nerfs du plus grand, alors déchiré entre la plus intègre et exaspérée incompréhension ou la simple et embrasée furia qui lui coûterait plus qu'un lot de canines escamoté. La mimique qu'il refléta alors ébaucha parfaitement l'hésitation réactionnelle dans laquelle il se trouva aux propos de son interlocuteur, un fatras de conneries, d'une sottise à en faire larmoyer une seiche dorée. « C'est pas du tout c'que j'ai d... » Mais impossible de placer un mot plus haut que ceux de la Veuve qui, drapé dans tout le culot qui était le sien, parvenait encore à s'introniser comme le martyr de cet antagonisme. L'Edenteur aurait voulu s'en pâmer ! Mais si ses paroles forgeaient l'égide d'un Gabriel absent et aucunement conscient de ce qui se jouait alors, il lui reconnaissait volontiers des incartades qui n'auraient pas eu lieu d'être s'il avait un tant soit peu usé de bon sens. Toutefois, nul ne lui ferait avaler des bribes de rochers en les faisant passer pour des sucreries galvanisées, l'artisan n'était point issu de la dernière ondée, si Sargon n'était pas l'unique responsable, il en était le principal.

Pire que de simples insultes voisées, le fieffé matois eut même l'impudence de s'approcher plus encore pour sciemment le défier... Ce fer-né ne tenait pas à la vie, en plus de ne suinter d'aucune crédulité dans un pantomime supposé menaçant, il ne faisait qu'encourager les assassines pulsions que le colosse ne promettait guère de réprimer, et plus les secondes fluaient inexorablement, plus il sentait sa stature musculaire se raidir pernicieusement. Voilà qu'il lui certifiait des désillusions sur le quidam à la plus congrue authenticité que les Iles-de-Fer aient porté, car s'il y avait bien un insulaire dont on ne pouvait douter de la probité, c'était bel et bien Gabriel. Il en était indigné au point de sentir toison et crin se hérisser de façon somme toute imperceptible mais prompte à lui faire frémir l'épine dorsale, et en plus – en plus ! - il lui assurait d'être lui-même victime des illusoires vérités de ce frère de coeur qu'il défendait. Ses onyx n'avaient point quitté les gemmes mordorées, incandescents et indignés, prêt à fondre dans l'âme même de son vis-à-vis pour lui arracher essence et viscères simultanément. Quant à Ernestine, Lakdahr lui-même ne pouvait tolérer la profanation de sa mémoire, cette exquise sylphide qu'il avait longuement coudoyée et irréfutablement appréciée, une défunte à laquelle il avait fait un serment : celui de veiller sur l'époux qu'elle délaissait en faveur de son linceul. Aujourd'hui ou jamais, il prouverait que sa parole était aussi infrangible que son amitié.

Le Harloi se détourna, l'Edenteur fulmina, une échine présentée n'était qu'une invitation à quérir de son attention par ses propres moyens. Il ne désirait plus l'écouter ? Qu'à cela ne tienne, le forgeron n'était pas de ceux qui plier rotule face à l'irrévérence, bien au contraire. Il lâcha son sac de lin qui s'écrasa au sol, sonorité qui aurait pu constituer une alerte pour son aîné s'il n'avait pas immédiatement agi à son encontre. Son énorme paluche se posa sur l'épaule de ce dernier, la lui broyant presque involontairement au passage lorsque sa poigne s'y referma, puis il le contraignit à faire volteface où les affres n'en étaient qu'à leurs prémisses. Son autre main claqua sur la gorge à portée et ses phalanges y firent constriction, obligeant par sa seule force brachiale le capitaine à décoller les talons de la terre pour ne plus se tenir que sur la pointe des pieds. En tout syllogisme, le titan aperçut l'opaline nitescence de Crépuscule être éveillée et tirée de son fourreau dans un réflexe qui aurait infailliblement pu lui trancher le bras, ou l'étêter dans le pire des cas, mais ce fut sans compter une vigilance qui ne se laissait point aveugler par le courroux en pleine expression. Il saisit le poignet armé et en expertisa la souplesse en le lui faisant infléchir à lui en rompre les ligaments, de quoi lui faire abandonner le manche de son estoc et par conséquent, l'unique dangerosité dont il pouvait se targuer. Il le ramena ensuite contre lui, courbé sur l'individu à sa merci pour le jauger de toute son ire.

« T'es bouché et t'es complètement con ?!! T'oses parler de Gabriel comme ça DEVANT MOI ?! Tu peux l'traiter de tous les noms, mais tu r'mets jamais son honneur en question ! Tu l'compares pas à toi ! Et tu parles pu jamais d'Ernestine, T'ENTENDS ?! » Il le secoua un bon coup quitte à lui en disloquer les vertèbres cervicales. « Tu sais c'que c'est que d'avoir peur Sargon ? Même les dieux vont t'entendre gueuler là d'où ils sont, j'vais donner une bonne raison à ton boutre d'se nommer comme ça, la Veuve va pleurer salé après c'que j'aurai fait à son capitaine ! »

Le blasphème avait outrepassé les lisières de l'admissible, le comportement du cynique avait besoin d'être convenablement effilé par les soins d'un artiste aux morbides ouvrages, et en cet instant, la folle déflagration dans les noires agates du titan était de bien mauvais augure. Le Harloi pourrait sangloter de remord quant à la vésanie qu'il avait vivifiée, damné face à un Maitre des Hautes Oeuvres qui s'apprêtait à estampiller sa renommée. Son poing s'écrasa dans l'abdomen adversaire pour le priver d'une respiration adéquate et de ce fait l'étourdir, relâché qu'il fut une fois le heurt donné, parfaite opportunité pour que l'Edenteur se munisse de son instrument fétiche. Ses doigts agrichèrent sa longue crinière et, tout en le tenant contre ses immenses jambes, il s'arma de ses illustres tenailles en guise de prélude à une récolte de toute atrocité. Force de l'habitude, il introduisit sa pièce maitresse directement dans la cavité buccale du pauvre bougre, qui n'aurait d'autre choix qu'ouvrir béant s'il ne voulait pas se faire briser l'entière dentition. Et quelle somptueuse denture à l'éclat lilial ! Une extase pour le bibeloteur qui voyait un auguste fantasme proche de l'accomplissement, pour peu, en serait découlée une intumescence phallique qui n'aurait fait qu'exulter l'insalubrité de son personnage. La seule façon qu'il eut à se mordre la lippe avec une convoitise proche de stupre témoignait de l'occulte satisfaction qu'il ressentait à chaque extraction, peut-être plus – certainement plus, que lors d'une copulation avec une gironde digne de ce nom. Lakdahr était un dipsomane d'insanités, une démence qu'il savait parfaitement farder de normalité dans un quotidien qui prônait la discrétion, Gabriel lui-même, avait parfois le coeur soulevé par les aliénations de son névrosé de titan. La pince étreignait l'une des fameuses canines étonnamment saillantes, mais plus que la perspective d'enfin l'ajouter à sa collection, le plaisir de torturer les chairs de Sargon, de le voir souffrir et maculé de sa propre hémoglobine. Qu'y avait-il de plus jouissif, qu'ébranler un homme qui pensait ne jamais faillir ?

« T'es plus aussi bavard messire Harloi... ? Quelque chose te tracasse... ? » Un diapason aussi rauque que suave, diapré d'un sadisme qui avait au moins eu le mérite d'apaiser la fureur du mestre fèvre devenu bourreau. Un large sourire ourla sa physionomie, il s'inclina jusqu'à être tout proche du jeune homme. « C'facile d'être cruel sans raison, hein ? Moi aussi, j'aime ça... Maint'nant tu vas bien m'écouter, et j'te conseille de pas oublier un mot de c'qui va suivre. J'sais pas qui ou quoi t'as fait te monter la tête concernant Gab, j'sais pas pourquoi tu veux t'convaincre de toutes ces conneries, alors que t'sais que c'est faux ! J'ai aucune idée de c'qui t'es arrivé, mais si tu crois que parce que jusque là j'me suis t'nu tranquille que t'vas pouvoir t'en prendre à lui... Tu t'trompes lourdement ! » Son visage se peignit derechef de rides colériques et il remonta ses tenailles jusqu'à meurtrir la gencive de son captif. « Entends-moi bien ! S'il arrive quelque chose à Gabriel, t'as intérêt à c'qu'il en soit d'même pour moi, parce que où que tu sois Sargon, j'retournerai la moindre pierre sur ces îles, j'écumerai tous les océans qui existent et j'arracherai toute la brindille du continent... Mais j'te retrouverai ! L'monde sera pas assez grand pour t'cacher ! Et c'jour là tu vas regretter d'être né ! »

Une promesse, qu'il scellait par la sapidité métallique qui imprégnait les papilles du capitaine... Et s'il s'octroyait un butin, une punition pour lui faire comprendre à quel point il ne galéjait nullement ? Un avant-goût, une innocente démonstration que seraient ses géhennes s'il venait à mettre ses plans à exécution, de quoi définitivement l'en dissuader. Mais serait-il cette fois assez condescendant pour prendre cet avertissement à la légère, instrument de torture en bouche ? L'artisan contempla sa dentition comme pour en nieller le souvenir dans son esprit, puis, contre toute attente, il le relâcha en le jetant dans la poussière. De son pied, il fit glisser Crépuscule jusqu'à lui pour qu'il puisse la récupérer, instrument toujours dans une main et l'autre effleurant le manche de Dentesque, il le toisa de tout son mépris.

« J'te laisse vivant et intact pour cette fois, t'auras pas autant d'chance si tu fais une couille à l'avenir ! Fini l'gentil Lakdahr, tu viens d'te faire un ennemi. » Il était toujours bon de le lui préciser s'il ne l'avait point remarqué. Il acheva alors en vociférant de sa voix de rogomme, prêt à exploser de nouveau et à régler le différend séance tenante si tel était le désir du fer-né. « Dégage avant que j'change d'avis ! TIRE-TOI !! »




" - On fait quoi ? - Valeurs sûres : on leur éclate la gueule. "
 " Barbare qui roule amasse coups de boule. "
" On dit que les fer-nés détestent toutes les races, c'est faux, on les aime toutes ! En ragoût, en civet, à la broche... "

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Message Mer 12 Déc 2012 - 19:57

     Un bruit sourd lui fit comprendre qu'apparemment Lakdahr n'allait pas en rester là, mais Sargon n'eut guère le temps de faire volte-face que déjà une poigne solide lui broya l'épaule. Une légère grimace se dessina sur le visage du Harloi qui fut contraint de se retourner pour faire face à l'artisan qui ne se priva pas de sauter sur l'occasion pour le saisir à la gorge. Visiblement les provocations de Sargon n'avaient pas été du goût du forgeron qui ne venait au seul moyen qu'il avait de se sentir supérieur aux autres : la force. Il était certain que jamais un gringalet comme le Fer-né ne pourrait rivaliser avec d'autres natifs des Iles de Fer ! Sauf avec Crépuscule. Sous le coup de la colère, Sargon glissa sa main jusqu'à la poignée de son épée Valyrienne, mais Lakdahr devait s'y attendre, car il attrapa son poignet pour le retourner de manière à l'obliger à lâcher son arme. Plus qu'agacé par la situation, le jeune homme n'avait malheureusement pas d'autre choix que de se laisser faire et ce fut avec des yeux brillants d'une colère plus que visible qu'il lâcha sa précieuse Crépuscule sur le sol.

     Le visage de l'artisan se rapprocha de celui du capitaine et il se mit à hurler d'une manière qui montrait que ce dernier avait apparemment touché une corde plus que sensible. La violence n'était pas du goût du Harloi, du moins lorsqu'elle le touchait directement, mais il avait déjà eu plusieurs rossées et ce n'était pas celle qu'il était en train de subir qui allait le faire changer d'avis quant à Gabriel ! Entêté animal, combien de fois son oncle lui avait répété que sa langue lui coûterait un jour sa vie ? Certes, il était dans une mauvaise – très mauvaise même – position, mais le discours de Lakdahr ne l'effraya pas davantage que le jour où il s'était retrouvé sur sa Veuve à se prendre des projectiles des marins de l'Ouest lors du raid sur Port-Lannis. Pour réussir à le faire trembler de peur, encore fallait-il s'en prendre à quelque chose qui pouvait réellement l'ébranler. L'idée de mourir ne le traumatisait pas comme les petits continentaux, c'était d'ailleurs pour cette raison qu'il se comportait de manière aussi stupide comme disaient certains. Lakdahr semblait croire qu'il était en train de lui coller la frousse de sa vie alors qu'aux yeux du Fer-né, il était simplement en présence d'un marin de plus qui ne savait pas se démerder autrement que par la force. Celui qui pourrait lui faire verser une larme de panique – et même le faire se lâcher sur ses chausses pourquoi pas – n'était pas encore né. Un imbécile juste capable de se servir de ses bras, voilà à qui il avait affaire !

     Le choc au niveau de son abdomen l'obligea à plier le genou, il se passa alors quelque chose à quoi il ne s'attendait pas lorsque l'artisan lui tira la tête en arrière pour lui glisser ses tenailles dans la bouche. Autant dire qu'il aurait préféré éviter de goûter au fer que l'Edenteur avait déjà collé dans la bouche de continentaux, mais il n'était pas vraiment en mesure de protester. Lakdahr profita d'ailleurs de la situation pour en rajouter une couche comme s'il était en train de lui coller la frousse de sa vie. Certes, cette fois-ci Sargon craignait vraiment de repartir avec quelques dents en moins et l'idée d'être défiguré par cet imbécile ne faisait que rajouter encore une couche aux griefs qu'il commençait à avoir contre lui. Dire qu'il avait cru que ce crétin était plus futé que la moyenne ! En fait il n'était bon qu'à rentrer dans le lard des continentaux, mais absolument incapable d'avoir une conversation avec une personne possédant un minimum d'intelligence ! Voilà qu'il lui servait le couplet du parfait frère d'armes qui protégerait le cul de Gabriel parce que ce bâtard n'était pas capable de le faire lui-même. Si Lakdahr espérait calmer les ardeurs du Harloi en agissant de la sorte, il ne faisait que rajouter des raisons supplémentaires pour qu'il désire se venger sur son prétendu frère. Nul doute que s'il eut croisé le roturier sur le chemin de Dix-Tours, Sargon aurait tiré Crépuscule de son fourreau pour le passer au travers du fils de femme-sel et sans avertissement. La violence n'était pas un moyen de convaincre un Fer-né aussi vaniteux que Sargon. Ce dernier serait bien trop humilié par la situation dans laquelle il se trouvait actuellement pour pouvoir la laisser passer sans répliquer.

     Un moment de silence passa et le Harloi était persuadé qu'il allait sentir une violente douleur sous peu, n'imaginant pas une seule seconde que Lakdahr allait le laisser filer sans prendre ces canines qui lui faisaient tant envie depuis si longtemps. Mais faisant preuve d'une clémence inattendue – ou d'une stupidité selon les points de vue – l'artisan relâcha finalement le Harloi avant de lui renvoyer Crépuscule agrémentant le tout de quelques menaces. Sargon se redressa et cracha à côté de lui pour se sortir le goût de fer de la bouche, il décrocha un regard noir à Lakdahr qui n'avait absolument rien à voir avec celui qu'il avait déjà offert au cours de la conversation. Loin d'avoir compris qu'il ferait mieux de fermer sa grande gueule pour une fois, le Harloi fulminait littéralement. Il ferma sa poigne autour de la poignée de Crépuscule avant de lâcher quelques mots à l'attention de l'artisan.

     ▬ T'es loin d'être aussi convaincant que tu le crois ! T'as raté ta seule occasion de me prendre mes dents tu peux en être sûr ! Il se détourna en guettant cette fois-ci avec attention le moindre bruit qui indiquerait une nouvelle charge du colosse, puis s'éloigna avant de lâcher quelques derniers mots par-dessus son épaule. Je dirai à Gabriel de te remercier s'il en sera capable ! »

     C'était plus fort que lui, il devait faire savoir à Lakdahr qu'il était loin d'avoir réussi à le convaincre de s'éloigner de Gabriel. Forcer une personne têtue à faire quelque chose était le meilleur moyen de la persuader d'agir à l'opposé de ce que l'on attendait d'elle. Pourtant, même s'il ne se l'avouait pas à lui-même, les quelques mots du forgeron l'avaient fait réfléchir et il se demandait s'il y avait un fond de vérité de cette déclaration ou si c'était simplement l'aveuglement de l'amitié qui le faisait parler de la sorte.


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