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De retour - Sargon Harloi.

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Message Lun 26 Nov 2012 - 3:57

La mer était calme et les vagues venaient tranquillement s'écraser sur le sable épais ou contre la roche depuis et pour toujours. Deirdre devait se l'avouer : elle ne pourrait se passer de l'air du large. Puis même, le large des îles de fer était son origine, sa mère, ce qui l'avait nourri, élevée, construit et surtout rassuré depuis sa tendre enfance. Les vagues des îles barbares : rien ne peut les remplacer.

L'air était assez frais, pour que ces heures à rester assise contre un rocher, ne l'oblige à passer ce fidèle et vieux châle crocheté. Il y avait une voix, qui lui donnait l'impression de provenir d'une autre île, alors qu'elle observait le paysage du Dieu Noyé au repos. Elle était pensive. Elle repensait à hier, avant-hier, ce matin même. Il y avait déjà quelques tensions entre son père et elle, mais depuis qu'elle était revenu, c'était bien pire. Harlon savait qu'il n'avait plus la Deirdre capricieuse, puérile, frivole et impulsive, mais une petite femme. Elle n'était pas revenue pleine de sang-froid et de maturité, mais elle s'imposait et avait un peu grandit, légèrement plus réfléchie. Elle avait toujours l'attitude d'une enfant et ses caprices étaient toujours présents, mais disons qu'elle savait les faire passer de manière plus subtil désormais. Quelque chose avait changé.

Elle avait débarquée à Pyk, dans les quartiers de son père, plus désinvolte et insolente que jamais. C'était presque si un rictus n'illuminait pas ses lèvres lorsqu'elle croisa son père. Il y eut une très long silence, leur regard qui se soutenaient. Plus un bruit dans la pièce. Plus personne n'osait briser cet oppressant silence. Soudain, elle l'éclata par son enjouée « je suis rentrée ». Son père entra dans une rage presque folle, forçant la salle à se vider où juste des éclats de voix explosaient, ici et là. Il l'insultait, lui jetait ce qui lui passait sous la main, comme son précieux livre de l'Antique Voie écrite de ses mains. Il arrivait près d'elle, dans le but d'exprimer sa violence, peau conter peau. Elle le contra et réussit à lui faire une clés de bras à sa grande surprise. Peut-être l'adrénaline, la colère de son père qui l'affaiblissait, l'envie de se faire vraiment entendre, une bonne fois pour toute.

- Ecoute, continue et je repars, même si c'est en boitant ou le bras en écharpe ! Il n'y a plus grand chose qui me retienne ici. J'ai pu disparaitre une fois, je peux recommencer. Rien ne me retient de faire des conneries. Relève encore la mains sur moi de manière intempestive et tu ne me reverras plus jamais. Je hais tout ce qui vit ici …
- Et Sargon, pesta son père, ne croyant pas un mot de la menace de sa fille. Il prenait sur lui pour ne pas entrer dans une fureur plus grande.
- Sargon ? Rit-elle. Mais c'est du passé tout ça. On ne détruira plus ma vie comme la mer qui ronge la roche. Je n'ai pas disparu sans raison et surtout pas pour revenir marcher à genoux vers lui jusqu'à les avoir en sang.
- Alors pourquoi revenir ? Disparaît !
- Tu es... Tu es mon père, aussi froid et autoritaire, je voulais te revoir.
- Tu dis ça pour m'amadouer ! Créature des Tornades !
- Si j'ose te mettre dans la position où tu te trouves, je ne sais pas pourquoi j'utiliserai les sentiments. Tu m'as faite, tu m'as élevé, tu me connais. Je ne pourrais te faire l'affront d'un tel stratagème avec toi.
- Quoique tu veuilles ou fasse, cela ne changera rien. Va-t-en avant que je ne décide vraiment de te faire mal ou de te tuer. Tu as dépassé les bornes et là encore, tu oses me faire un tel affront, alors que t'aurais du ramper à mes pieds avec des excuses.

Deirdre soupira et le relâcha en se cachant d'un coup qu'Harlon n'eut pas le temps d'accomplir, retenu par trop d'exaspération. Elle quitta la pièce pour trouver un lit où se reposer. Une fois seul, Harlon se laissa tomber sur un siège et souffla :

- J'étais inquiet. Je suis autant ton père que tu es ma fille.

De retour sur le bord de mer avec cette Deirdre pensive, ignorant que son père avait un coeur... Depuis cette dispute tout n'était qu'occasion au conflit, pour ces deux êtres qui n'arrivaient pas à se comprendre et s'aimer comme un père et une fille. Alors, elle avait besoin de prendre l'air pour éviter ce père qui lui reprochait jusqu'à sa façon de respirer.

Perwyn qui avait bien repris du poids et des couleurs, ayant été gravement malade dans leur traversée du Conflans, était assis sur le petit rocher derrière Deirdre. Il venait tresser une petite natte qui ressemblait à un petit serpent qui grimpait sur le sommet de sa tête, partant de sa tempes, ondulant jusqu'à une natte plus grosse qui lui flattait la gorge. Elle écoutait un jeune homme d'à peu près son âge, plus vieux d'une année ou deux. Il lui parlait de ses expériences en rapport avec sa fidélité au Dieu Noyé, puis récitait ses légendes préférées. Enfaite dire qu'elle l'écoutait, était un bien grand mot. Elle se retenait pour ne pas soupirer à chaque mot qui sortait de sa bouche séchée par l'air sec et plein de sel. Il n'avait que ce sujet qui dégoulinait de ses lèvres à n'en plus pouvoir. On aurait dit Harlon le Rouge. Même Perwyn devenait incollable à ce sujet à force d'en entendre. C'était un psaume à lui même. Calvin il s'appelait. C'était un petit guerrier de la Sirène Noire. Enfin récemment guerrier, servant surtout au maintient du boutre. Un petit charpentier qui prenait les armes de temps à autre.

Calvin était récemment la nouvelle « lubie » de Harlon le Rouge. Son fils rêvé. Il l'avait prit sous son aile, il y a un peu plus d'un mois pour lui transmettre son savoir et faire de lui un prêtre fer-né. Il était prévisible d'imaginer que Harlon aurait aimé avoir un tel genre. Il tenta au mieux de les pousser l'un vers l'autre, mais sans s'imposer cette fois-ci. Calvin trouvait bien Deirdre à son goût, mais il n'amait pas son fort caractère et son gros besoin d'indépendance, étant légèrement arrogant et fier. Deidre ? Jamais. Déjà car son père aimerait bien, tout simplement. C'était un principe. Il était eau garçon, un regard sombre et sauvage, une barbe de trois jours, une carrure finement sculpté et charismatique. Ses cheveux ébènes : une simple queue de cheval pour tout cheveux sur une tête assez carrée. Oui, un bel homme mais arrogant et parfait aux yeux de son père alors qu'il ne l'était pas.

Il pouvait bien lui compter les beaux sujets de discussion du prêter assidu et passionné, mais qu'il ne s'imagine pas qu'il intéresse la demoiselle ne serai-ce qu'une seconde. Il ne fallait pas qu'il pense qu'elle partage son aspiration au Dieu Noyé car elle s'y connaissait, peut-être mieux que lui et qu'elle avait frôlé de prêt l'avenir de prêtresse. Elle hocha parfois la tête, regardant non plus la mer, mais des hommes qui s'affairaient pour redonner une jeunesse à un boutre. Pas n'importe lequel. Celui de Sargon. Elle n'avait pas fait attention, voulant simplement éviter son père en s'éloignant de Pyk, se retrouvant sur une bordure de l'île Harloi. Elle avait vraiment la tête ailleurs. Elle avait bien omis d'aller rendre visite à Gabriel ou Arkha, de peur de croiser son « ancien » patron. Si son père ne lui avait pas collé Calvin dans les pattes, elle aurait pu s'échapper du pire, repousser encore un peu le moment fatidique où elle aurait à le croiser. Elle espérait simplement, à cet instant, qu'il ignore son retour... Le savait-il ?

Il était là. Elle se figea sur sa silhouette et se dressa brusquement lorsque leur regard se croisèrent. Elle jura, claquant sèchement sa langue contre son palais. Elle allait devoir l'affronter plus tôt qu'elle ne le pensait. A moins qu'elle fuit. Elle plaqua maladroitement sa main sur le visage de Perwyn et le pousse en arrière : en direction de la chaloupe. Sans attendre, elle emboita le pas du plus jeune. Elle le somma de se dépêcher, sentant comme la présence de Sargon qui s'écrasait dans son dos, lui coupant le souffle. Calvin resta un moment coi devant la situation, ne comprenant pas. Puis, lentement, Sargon se dessinait sur l'horizon. Lorsqu'il le reconnu, il s'entreprit de lui barrer le passage, dégainant son épée. Grossière erreur. On ne sortait pas son arme bêtement devant un épéiste avec une réputation. Deirdre qui les jaugeait par dessus son épaule, fit volte-face, conseillant à Perwyn de rester dans la navette.

Elle s'infiltra entre les deux hommes. Calvin avait entendu parlé de Sargon, et on lui avait soufflé qu'il devait veiller, dès que l'occasion se présentait, sur la distance que devait garder Deirdre et le capitaine. Il se rappelait seulement que ni Sargon, ni Deirdre ne devaient s'approcher réciproquement, mais surtout pas Sargon. Il savait bien à quoi ressemblait le Harloi. Rares étaient ceux qui ignoraient cet hérétique qui se disait fer-né.

Le visage de Deirdre se retrouva juste en face du jeune homme qu'elle n'avait pas vu d'aussi près depuis longtemps. Sûrement trop longtemps. Alors que ses petits yeux clairs et pétillants se baladait sur la bouche si sensuel de son amant, sur son visage si finement dessiné, ses longs cheveux qui encadrait un visage, qui encore hantait ses rêves les plus passionnés. Elle se mordilla légèrement la lèvre, rien que de repenser à tous ce qu'elle avait pu s'imaginer avec lui, ou alors tous ce qu'ils avaient pu partager,... C'était presque lointain pour elle, mais surtout douloureux de se rendre compte qu'une partie d'elle était encore trop sensible, attiré par Sargon. Elle le voulait sincèrement : se détacher de lui au maximum. Après, qui sait, elle pouvait se jouer de lui, ou plutôt jouer avec lui comme il l'a fait. Chacun son tour, ou alors en pleine osmose : ils se rendraient service, mais elle ne devait plus être dépendante et complètement sous son pouvoir. Mais... Ses yeux dorés qui brillaient malgré le soleil bien emmitouflé dans ses épais nuages lui rappelait qu'il pouvait être bon de se donner entièrement à sa personne, à son esprit malfaisant. Elle finit par secouer la tête, alors que la lame de son poignard se fit subitement plus marquant sur la gorge de Sargon. Elle devait l'oublier, ne serai-ce que physiquement. N'était-il pas pratiquement marié ? Supporterait-elle pire humiliation que d'être sa maitresse officielle ? Non.

Elle lui fit un petit rictus tout en poussant avec souplesse, Calvin du pied. Ce dernier prit congé malgré lui, ne préférant pas voir ce qui se cachait sous le regard noir de la demoiselle, qu'elle lui jeta une seconde plutôt avec son pied. Une fois presque seuls, Deirdre lâcha sa prise qui n'était qu'une mise en garde, puis croisa les bras.

- Je t'écoute... Je sais, j'ai rien dis, j'ai disparu, je suis vilaine, j'ai pas répondu à tes attentes et ? J'oublie quelque chose ?

Son cœur lui pesait, par la crainte et l'excitation de l'affronter. La femme et la fille se battait encore dans son esprit.
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Sargon Harloi
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« Capitaine de la Veuve Salée »

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♦ Date de Naissance : 27/09/1988
♦ Arrivée à Westeros : 22/11/2011
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♦ Copyright : © Aryana
♦ Doublons : Maron Martell, Pryam Templeton, Bryce Vyrwel, Alysane Mormont
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♦ Mariage : Femme-roc : Helya Harloi (née Botley) ; Femme-sel : Emeraude
♦ Lieu : Île de Harloi, Dix-Tours
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Message Lun 26 Nov 2012 - 14:00

     Le retour de Deirdre était arrivé aux oreilles du Harloi il y a quelques jours de cela. Comme à son habitude, Sargon s'était rendu auprès de sa précieuse Veuve pour voir comment se portaient les marins et s'assurer qu'il n'y avait aucun problème au niveau de son boutre. C'était un marin qui ne connaissait pas encore beaucoup son capitaine qui avait abordé le sujet de la bâtarde. Les hommes parlaient des femmes qu'ils « appréciaient » sur les îles et le jeune garçon avait déclaré en avoir repéré une bien belle qu'il apprécierait de connaître plus intimement. À la description qu'il fit d'elle, le Harloi avait commencé à trouver ces points communs étranges, mais lorsque le prénom de « Deirdre » était sorti de sa bouche, le doute n'était plus permis ! Yoren avait immédiatement flairé le danger et sommé au gamin de la fermer, même si son second ignorait la nature de la relation qu'il avait avec la bâtarde, Sargon était au courant que le roturier savait beaucoup plus de choses sur eux deux que sur le reste les habitants des Iles de Fer. La jalousie de Sargon était toujours aussi présente et même s'il ne ressentait aucun amour pour la bâtarde, elle lui appartenait et il n'appréciait pas du tout qu'un autre homme, de son équipage qui plus est, puisse s'amuser à la reluquer. Apprendre le retour de son espionne de la bouche d'un autre avait été particulièrement irritant et humiliant pour le Harloi qui n'oubliait pas la dernière fois que son chemin avait croisé celui de la jeune femme. Il avait été à deux doigts de la renvoyer et de la bannir de sa vie, elle l'avait supplié de ne pas le faire et il avait accepté de lui laisser une dernière chance. Puis cette garce n'avait plus donné de nouvelles. Envolée la bâtarde amoureuse de son employeur, comme Sargon le craignait la saleté avait dû se dégoter un bienfaiteur sur le continent qui la traitait avec plus de respect que le Harloi. Ce dernier ne pouvait envisager qu'un continental puisse le supplanter avec Deirdre, mais c'était une solution qu'il ne fallait pas écarter, sinon pour quelle raison est-ce qu'elle se serait abstenue de lui donner des nouvelles ? Et surtout, de le prévenir de son retour. Habituellement, elle serait directement venu à Kenning pour grappiller quelques attentions et sourires de sa part. Mais elle ne l'avait pas fait.

     L'irritation semblait être un sentiment inhérent à sa relation avec Deirdre, depuis quelques temps seulement du moins. Au début c'était lui qui menait la danse et qui faisait plier la belle à sa volonté, mais elle se rebellait et il devait la remettre au sol avant qu'elle ne se sente trop bien pour lui. Elle devait comprendre où était sa place : par terre avec les chiens et certainement pas à son niveau.
     Un temps était passé pendant lequel il n'avait plus pensé à la bâtarde, puis alors qu'il était à Kenning en train de programmer les raids intéressants – qu'il devait désormais planifier sans les rapports du continent – Wulfric arriva dans la salle où il se trouvait pour l'informer que la protégée d'Harlon était présente sur l'île de Harloi. Le regard du capitaine de la Veuve Salée se durcit, il hésita un bref instant avant de sommer à son marin de retourner sur le boutre s'occuper de ses affaires, puis il quitta le château de son oncle. Crépuscule à la ceinture bien évidemment, la seule femme réellement fidèle.

     Il marcha sur le sol de l'île, regardant autour de lui avant qu'il ne repère ce qu'il cherchait. Sa silhouette était reconnaissable entre milles, il l'avait suffisamment vue et observée pour savoir la différencier des autres. Elle était en compagnie d'un gamin, sûrement ce sale gosse qu'elle avait ramené lors de leur dernière entrevue, puis d'un autre homme qui n'intéressait guère le Harloi. Ce dernier approcha des trois comparses sans se presser, il vit de loin que la demoiselle éloignait son petit protégé, certainement parce qu'elle savait qu'elle avait quelque chose à se reprocher. Lorsqu'il arriva non loin de son ancienne amante, le Fer-né vit son chemin être barré par un freluquet bien imprudent. Il esquissa déjà le geste de dégainer Crépuscule pour se débarrasser de cet abruti, mais Deirdre se glissa entre les deux hommes, empêchant Sargon de décharger un peu sa colère sur un autre. Soit ! Elle ramasserait tout toute seule au moins, ce n'était que justice sachant que la faute lui incombait entièrement. Le regard du capitaine croisa celui de la jeune femme alors qu'il la dévisageait avec dureté et animosité, mais il ne manqua pas de remarquer qu'elle le scrutait avant de se mordre la lèvre, le signe évident qu'elle n'était pas encore totalement indépendante. Sargon nota cette précieuse information, voyant là un moyen de la remettre à sa place en jouant sur ce plan. Deirdre semblait toutefois désireuse de s'émanciper puisqu'elle lui colla un poignard contre la gorge, situation qu'ils avaient déjà reproduite par le passé et qui existerait encore bien souvent, c'était le centre de leur relation, la violence et la jalousie.

     Le jeune freluquet qui avait été à deux doigts de faire connaissance avec Crépuscule s'éloigna lorsque Deirdre le repoussa, lui faisant clairement comprendre qu'il était indésirable, laissant les deux anciens amants en tête-à-tête. Jusqu'à présent silencieux, Sargon esquissa un léger sourire hautain et vaniteux lorsque la jeune femme prit les devants en listant tout ce qu'il pouvait lui reprocher. Elle n'allait pas s'en tirer aussi facilement, tout comme il l'avait fait avec Gabriel, elle devrait souffrir pour se faire pardonner sa trahison. Jusqu'à ce qu'il estime que ce soit suffisant.

     ▬ Que tu n'es qu'une bâtarde et que l'infidélité c'est dans ton sang ? Ne me fais pas rire Deirdre, depuis le premier jour où tu as travaillé pour moi je savais que tu ne serais pas fiable. Il soupira, mesurant son ton pour atténuer et supprimer toute trace d'irritation et de colère de sa voix histoire de lui faire croire qu'elle le laissait indifférent. Tu n'es pas capable de fermer les cuisses devant tous les hommes qui te soulèvent les jupes, comment est-ce que tu voudrais être capable de remplir ton rôle d'espionne sans disparaître un beau jour ? Ce n'est pas comme si j'avais considéré que tu sois digne de confiance. »

     Il rigola doucement, bien que ce calme apparent lui coûtait. Il n'avait qu'une envie, lui attraper la chevelure et la gifler jusqu'à ce qu'elle en pisse le sang pour qu'elle comprenne qu'elle n'était rien de plus qu'une sale bâtarde. Pour qui se prenait-elle ? ! Une princesse du continent ? Il pouvait se venger et lui faire mal, ce n'était pas l'envie qui lui manquait, mais il lui laissait une dernière chance de se repentir et de revenir vers lui pour se faire pardonner. Il haussa les épaules, adoptant son air indifférent qui avait jadis le don d'exaspérer la demoiselle. Est-ce que c'était encore valable aujourd'hui ?

     ▬ En fait j'ai à peine remarqué que tu ne donnais plus de nouvelles. Tu ne crois quand même pas que tu es ma seule espionne ? Je te l'ai déjà dit, j'ai suffisamment d'autres employées de ton genre qui me sont plus fidèles et plus dévouées que toi. Je t'ai déjà remplacée, j'espère que tu n'as pas oublié ce que je t'avais dit lors de notre dernière... Discussion. Il faisait référence au soir où l'homme d'Harlon avait inopinément débarqué à Kenning, obligeant la demoiselle à rester au château. C'était ta dernière chance. Il empruntait un ton froid et aussi dénué de sentiments que possible. Tu te prends pour une princesse targaryenne maintenant je paris ? Les Iles de Fer ne sont plus assez bien pour toi et moi je ne vaux pas tes amants du continent. Tu n'es même pas capable d'être fidèle à tes origines, je me demande bien comment est-ce que j'avais pu songer que tu puisses être exceptionnelle lorsque je t'ai laissé une porte ouverte à l'époque. »

     À l'époque où ils ne se connaissaient encore que par leurs prénoms et qu'ils n'y avaient rien de plus que des regards entre eux. Il lui avait laissé entendre qu'elle pourrait obtenir plus que ces échanges insipides et à ce jour, considérait encore qu'elle était différente des autres. Mais elle ne devait pas le savoir, pas pour le moment. Sargon était bien décidé à la faire payer, à la pousser à réfléchir à tout cela, à ce qu'elle pèse le pour et le contre et se souvienne de tout ce qu'elle avait et qu'elle venait de perdre. S'insinuer dans son esprit pour que la belle ne puisse penser qu'à lui durant les semaines à venir, c'était le meilleur moyen pour qu'elle lui revienne. Mais pour cela, il devait glisser une dose de tendresse afin de lui rappeler qu'il pouvait aussi être un amant délicat ou passionné lorsqu'elle se montrait docile. Le Harloi avança légèrement, réduisant à néant la distance qui pouvait encore les séparer, sans se soucier de ce que les personnes qui les verraient au loin pouvaient bien songer. Il leva sa main avec lenteur pour lui montrer qu'il ne comptait pas la gifler, puis frôla la joue de Deirdre avant de la descendre jusqu'à son cou pour la glisser derrière sa nuque de manière à la lui caresser très légèrement. Son ton se fit plus « amical » et il parlait d'une voix suffisamment basse pour que seule elle l'entende.

     ▬ C'est dommage, parce que je garde de très bons souvenirs de notre collaboration, mais apparemment tu as mieux à faire.... »

     Une perche tendue pour qu'elle morde à l'hameçon et s'excuse de ce qu'elle avait fait. Ce ne serait que la première partie de sa punition, qu'il ne la laisse pas en paix. À moins que la fillette n'ait définitivement cédé la place à la femme avide d'indépendance et prête à tout pour l'obtenir.


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Message Mar 4 Déc 2012 - 1:20

Le bruits des vagues, les hurlements de certains guerriers qui communiquaient pour le meilleur rendement à la restauration du boutre, le vent qui les balayait et sifflait dans leur oreilles, les pas de Calvin qui s'éloignaient, tout ces bruits étaient bien là et les entouraient, mais elle était comme happé dans une vague, un rouleau qui l'empêchait de remonter à la surface, coupé du bruit, de la lumière, de l'oxygène. Cela ne dura qu'un très court instant avant qu'elle ne se reprenne. Elle qui s'était laissée perdre sur les traits de Sargon, comme une pauvre petite créature échouée sur la côte, retrouva vite ses nouvelles résolutions, ou presque. Elle se rappelait là, à cet instant pourquoi elle avait eu du mal à être une femme, à avoir du respect pour elle même, un honneur, ne serai-ce qu'un peu de dignité en le voyant à ce moment précis. Rien que quand il faillit égorger le pauvre élève de son père, pour un regard trop insolant l'avait ébranlé d'un frisson d'admiration. Elle aimait sa froideur et son impétuosité. Oui, Sargon était comme un diamant. On souffrait pour l'avoir, le garder et le traiter, mais on avait du mal à s'en passer. On le trouvait toujours aussi beau, même si convoité et plein de problème. C'était un fichu entretient. Ses yeux vident s'étaient noircis presque en un instant.

Ce sourire... Que dire ? Elle pourrait en faire un autel si elle le pouvait tant elle aimait son arrogance, sa courbure si désinvolte et séduisante. Mais alors, qu'elle le haïssait quand il s'adressait à elle dans ce genre de situation. Elle était toujours et encore écartelée par ses émotions, ses ressentis. Elle voulut rire de sa première attaque, mais simplement sa bouche s'ouvrit, coupée. L'infidélité était dans son sang ? Qu'en savait-il ? Elle fronça un sourcil, sceptique. Le savait-il ?! Elle reprit doucement son sang froid en entendant la suite. Non, il ne le savait pas. Ses lèvres se seraient montré aussi affûté que les dents d'un requin. Il rit. Deirdre tordit sa bouche, puis détourna son regard comme pour l'ignorer.

- Nous sommes donc tous les deux d'accord que tu es le seul fautif de notre contrat, siffla t-elle comme un serpent. C'est bien... pour une fois on est en osmose, en dehors des draps. Quel progrès...

Il voulait jouer avec le cynisme et l'ironie, elle était partante. Elle ne se laisserait plus faire. Elle faisait un effort pour ne pas s'emporter et rester calme, mais elle était de nature impulsive. C'était une grande bataille contre sa nature qu'elle entreprenait. Lui aussi était calme, et c'était assez déstabilisant. Mais moins il lèverait la voix, peut-être arriverait-elle à parler sur le même ton. Il avait quand même une étrange attitude. Il était comme moins acide quand il lui fit les mêmes remarques qu'à l'accoutumé. Celles qu'il lui faisait à chaque fois qu'il se voyait et sans relâche. Il n'avait que ces reproches à lui faire. Cela le gênait qu'elle pouvait coucher avec d'autre. Mais encore une fois : il le faisait bien LUI, alors pourquoi elle s'en inquiéterait. L'amour est invincible quand il est partagé et elle l'avait vite compris.

Pendant ce temps, Calvin avait rejoint la petite chaloupe, ne cessant de regarder les deux protagonistes qui n'avaient pas l'air si heureux de se retrouver. Certes Deirdre avait rangé son poignard, mais elle se tenait à distance, figée, comme opressée et Sargon émanait d'arrogance et d'une certaine tension aussi. Il retrouva Perwyn qui le fixait avec réprobation.

- T'es vraiment qu'un poulpe ! Il aurait fait de toi de l'appât à requin... Faut pas intervenir sans réfléchir, ça dégaine à flot. Et pourtant, je suis pas fer-né et je le sais, pesta le plus jeune en posant son menton sur le bord de la barque, attentif.

Sargon avait haussé les épaules et elle n'en fut pas touché. Elle en profita juste pour regarder derrière elle, voir si les deux hommes l'attendaient ou partaient. Elle voyait surtout les deux paires d'yeux qui les fixaient tous les deux. Elle finit par secouer la tête et reporter son attention sur le capitaine qui avait repris la parole.

Il tenta d'attiser sa jalousie et sa fierté en lui confiant qu'il ne s'était pas rendu compte de son absence et qu'il aurait éventuellement d'autres personnes à son service, qui auraient pu, éventuellement encore, subvenir à son absence et bien sûr faire oublier le manque de service que Deirdre eut imposé. Elle espérait bien qu'il se jouait d'elle, car même si son acte n'était pas entièrement orienté vers Sargon, mais plus pour sauver ce qui lui restait d'esprit sain, elle souhaitait qu'il en soit touché, qu'il fut en colère. Mais non, il n'en avait pas l'air. Tant pis après tout, elle avait réussi à se reposer et faire un recul sur elle même. Agacé Sargon n'était qu'un petit bonus, pas un objectif à atteindre. Il était vrai que ces répliques ne lui étaient pas inconnues. Elle les avait déjà entendu et elle s'en rappelait clairement quand il fit allusion à la discussion qu'ils avaient eu. Ah ça oui, elle s'en rappelerait toute sa vie, surtout ce qui s'était passé après. Passer la nuit chez Sargon, presque à ses côtés toutes la nuit après un moment de passion qui avait réchauffer leur corps dans les draps.

- Oui, je m'en rappelle. Ce qui explique que je me suis permise de partir. Tu as du monde à tes pieds, une de moins ou de plus, peu t'en coûte, haussa t-elle les épaules avec autant de désinvolture qu'il l'avait fait quelques secondes plus tôt.

Elle se souvenait aussi qu'il ne lui laissait qu'une dernière chance, tout aussi libre qu'elle venait de le dire, de s'émanciper d'employés, en ayant soit-disant assez pour se le permettre. Elle ne comptait pas revenir à ses côtés, alors sa dernière chance, elle s'en moque de l'avoir laissé brûlé jusqu'à ce qu'il n'en reste plus que des cendres... Oui, elle s'en moquait. Même si deux, trois grain de sable en elle, s'en inquiétaient.

La suite de ses paroles la laissa un peu perlexe. Elle ne savait si elle se devait de répondre ou non. Elle pouvait le laisser penser ce qu'il voulait, mais ... Non, elle avait quand même une certaine fierté. Elle ne fit qu'esquisser un large sourire. Les îles resteraient les terres où elle est née et où elle a grandit, mais cela s'arrêterait là. Quant à lui... Des amants à sa hauteur ? Ca non ! Ce n'était pas pareil, incomparable ! Elle n'était pas tombée amoureuse d'un autre depuis Sargon, mais il fallait dire qu'elle regardait les hommes plus en profondeur et spirituellement que depuis peu.Elle avait bien remarqué en longeant les petits chemins qui l'avaient menés jusqu'ici, qu'il y avait bien des hommes aussi charismatiques que lui, mais beaucoup moins vils et manipulateur. Elle souriait encore, mais cette fois ci en pensant à ce voleur aguerri, plein de prestance, une aura qui en imposait autant que Sargon, ses muscles saillants et ce sourire charmeur sur ce visage mal rasé. Elle aimerait bien le revoir une fois sur les terres, de savoir si elle pouvait faire son petit effet. Il était si mystérieux. Mais revenons à Sargon. Elle secoua légèrement la tête.

- Fidèle à mes origines ? C'est un hérétique de l'Antique Voie qui ose me dire ça ? J'ai plus d'affection pour mes origines que tu en as toi même, crois moi. Et les amants ? Je te dirait ça quand j'aurais l'envie d'y perdre mon temps. J'ai bien d'autre projet qui dépasse ta personne et l'intérêt sot que j'aurais pu y porter... Tu sais, là bas, j'échange les rôles et j'ai vite remarqué que c'était bien plus amusant et que le profit était incomparable. J'ai compris ce qui te plaisais dans notre relation. Tu devrais être fier, sourit-elle, tu m'as bien formé à jouer des sentiments des gens dans mon intérêt.

Pour le reste, elle préférait complètement oublié ce qu'il avait pu dire. Lui ? Lui penser qu'elle était exceptionnel et maintenant il en doutait. Il jouait avec sa fierté et cela marchait. Elle était quelque peu blessée, agacée par ce qu'il venait de dire. Son visage s'était fermé quand elle l'eut entendu, mais elle tenta de passer outre. Elle se rassurait en se disant qu'il cherchait juste à se venger qu'elle ai pu autant, lui manquer de respect.

C'est alors qu'il la laissa au dépourvu. Il s'approcha d'elle, non pas pour lui donner le coup de grâce, même si d'une certaine façon, cela aurait pu l'être, mais pour venir lui donner une marque de tendresse. Alors que sa main s'approche doucement de son visage pour venir lui flater le cou et la nuque, il parla d'une voix douce, presque nostalgique. Elle se recula brusquement en repoussant sa main. Elle se disait qu'il recommençait : il jouait avec l'affection qu'elle lui portait. Quand on était attentionné, la personne en face réagissait souvent plus facilement et ce fut comme ça depuis toujours qu'il s'était comporté avec elle. Dès qu'il sentait qu'il la perdait, il se montrait enfin comme l'amant qu'elle voulait voir. Mais... Là, c'était différent. Il l'avait fait aux yeux de tous, sans crainte. Avant, c'était à peine s'il lui adressait la parole, ou alors qu'il se tenait à distance d'elle. Au mieux, il s'arrangeait pour qu'on ne les voit pas ensemble.

Elle regarda derrière elle, les deux compagnons qui la fixaient toujours, puis vers le boutre où quelques hommes leur lançaient des regards, très curieux. Elle finit par faire un pas sur le côté et entreprit une petite marche, s'enfonçant entre deux dunes d'herbes sèches et sauvage, sur du sable grossier. Elle avait fait signe à Sargon de la suivre. Elle s'assit par terre et le fixait avec plein de question en tête, ainsi qu'un petit sourire.

- A quoi tu joues ? Devant tout le monde tu te montres si familier avec la pire catin de l'île ? Tu sais que tu as une sale réputation et que tu en as une à tenir, même si ce n'est plus vraiment un secret pour nous deux...

Les larmes lui montait aux yeux, alors qu'elle avait comme l'impression de le jauger une dernière fois. Sa voix s'emportait juste un peu.

- Qu'est-ce que tu as à me proposer ? J'imagine que si t'es là, à me parler et me cracher le même venin qu'à l'accoutûmé, c'est que t'espère que je revienne ramper à tes pieds... T'aimerai encore gagner le combat de joute. Je le sais bien. Ca fait trop longtemps que j'espère Sargon. Je... Je ne te cache pas, au risque de me ruiner que j'ai toujours des sentiments pour toi, malgré le fait que tu m'aies trainer dans la vase depuis le début. Mais on sait pas, tu peux encore gagné. Juste, dis moi ce que tu me proposes ? Perwyn est un jeune homme très vif d'esprit, crois moi. Il m'a donné des projets que peu de chose pourrait me faire quitter des yeux. De plus, tu sais ce que j'attends de toi. M'as-tu porter dans ton coeur une seule seconde ? Et puis quand même, cela aurait été le cas, tu vas te marier non ? Encore l'amante, celle qu'on appelle quand on a rien...

Ses yeux n'étaient plus si rouges, ni si humide, mais presque enflammés.

- Alors ! Que proposes-tu ? De me faire l'amour là, maintenant et de me dire à quel point ton corps et ton coeur brûle pour moi ? Faire de mon ton second sur ton boutre ? M'épouser ? Me tuer peut-être ? Ne pense même pas à me toucher, pour raviver la flamme. Tu l'as dis toi même, j'aime les plaisirs charnels et ça ne me gênerait pas du tout avec toi, mais ça ne marchera plus. J'en ai d'autre, qui sont aussi impassible avec moi que tu l'es. Il serait bien que tu te presses à me dire ce que tu voudrais franchement, où ce que tu pourrais me proposer pour qu'à nouveau, je sois ta plus dévouée esclave, car mon père m'attend....

Son regard venait de se planter dans celui de Sargon, voir s'il avait bien entendu la dernière phrase. Une pauvre bâtarde qui parlait de son père. Elle l'avait laissé sortir de sa bouche avec un naturel presque déstabilisant. Elle jouait le tout pour le tout. Tenait-il assez à elle, ou pas du tout. Elle le saurait. Puis, il était temps qu'il le sache. Elle imaginait bien qu'Heyla ne laisserait pas Sargon se foutre d'elle en découchant avec n'importe quelle femme des îles.

- Après, si tu veux quand même qu'on se retrouve avec passion comme on le faisait avant, je peux bien trouver une excuse pour gagner du temps. Mais fait attention, porte ne serai-ce qu'un coup sur moi et tu t'en sortiras pas.

Son pied avait trouver la cheville de Sargon et remontait lentement jusqu'à son genoux.
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Sargon Harloi
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Message Mar 4 Déc 2012 - 15:21

     Le regard mordoré de Sargon était posé sur le minois de Deirdre, apparemment désintéressé par ce qu'il voyait, mais en réalité très attentif à ce qu'elle pouvait bien arborer comme expression. Elle laissa passer successivement plusieurs mines contrariées avant de lui balancer une petite pique qui resta sans effet. À quoi bon nier qu'il avait été le seul à décider de ce « contrat » ? Il l'avait proposé à Deirdre pour qu'elle puisse se rendre utile et parce que cela justifierait un peu leur entrevue aux yeux de Harlon, mais il n'avait pas été le seul à décider. Au fond, c'était sans importance, il resta muet, la scrutant simplement tandis qu'elle regardait autour d'eux comme si elle voulait s'assurer que personne ne les écoutait, puis poursuivit en laissant filer les provocations qu'il lui lançait. Même si Sargon ne le montra pas, le fait de voir qu'elle ne réagissait pas à ses piques le contrariait énormément. Habituellement elle se serait montrée jalouse et aurait demandé à savoir qui étaient ces femmes, mais là, elle se contentait de hausser les épaules comme s'il lui avait annoncé qu'il allait pleuvoir le lendemain. Habitué à masquer ses sentiments devant la bâtarde, le Fer-né resta pourtant de marbre jusqu'à ce qu'elle persiste à le provoquer en lui balançant ses travers et ses manquements à l'Antique Voie. C'était bien la première fois qu'elle lui parlait de ce point, à croire que le prêtre qui lui servait de protecteur lui avait fait un lavage de cerveau ! Face à de telles provocations, il ne put que rester silencieux, ruminant sa contrariété alors qu'elle se moquait de lui en le taxant de « sot intérêt ». Parce qu'elle croyait que quelques semaines passées sur le continent feraient d'elle une nouvelle femme ? Dissimuler la colère qui montait en lui devenait de plus en plus difficile, même s'il s'y évertuait autant que possible.

     Il fut cependant à deux doigts de la gifler lorsqu'elle repoussa sa main, c'était bien la première fois qu'elle rejetait une attention de sa part. À croire qu'elle avait réellement tourné la page, chose qu'il ne pouvait envisager ou tout simplement admettre. Aussi détestable soit-elle à cet instant, cette garce lui appartenait et elle n'avait pas le droit de le jeter comme un malpropre. Au fond, il était loin d'être aussi mystérieux qu'il le pensait. Les années passées à ses côtés devaient avoir fait comprendre à la jeune femme qu'il ne supportait pas d'être repoussé, surtout par quelqu'un qu'il estimait comme « sien ». Sa colère s'atténua légèrement lorsqu'elle lui fit signe d'aller à l'écart, Sargon en vint à se demander si ce geste de refus n'était pas juste lié à la peur de se faire découvrir. Au fond, à quoi bon prendre des précautions puisque visiblement elle ne comptait plus revenir sur les Iles de Fer avant longtemps ? Tout cela le dépassait, mais il la suivit tout de même. Les larmes qu'elle versait ne changèrent rien à l'état de contrariété du Harloi qui restait muet pour ne pas lui balancer de remarque trop assassine, du moins pas avant qu'elle ne cesse de parler. Parce que, c'est qu'elle en avait sur le cœur ! La demoiselle déversa un flot de paroles en le regardant d'un air plutôt hostile et continua sur sa lancée sans lui laisser le temps d'en placer une. Au final, lorsqu'elle commença à retomber dans le silence, les mots qui sortaient de sa bouche étaient plus... agréables à entendre, bien qu'une phrase particulière avait attirée son attention. Il se contenta de baisser momentanément les yeux vers le pied de la jeune femme, mais sans la repousser. Pourtant, l'envie avait été là, celle de l'envoyer bouler en lui faisant comprendre qu'on ne jouait pas avec lui, mais il fallait se retenir pour éviter de tout faire foirer. Les yeux de Sargon remontèrent le long de la silhouette de Deirdre pour finalement se poser dans ses yeux avant qu'il ne réplique d'un ton qui se voulait plus caressant et attentionné qu'à l'accoutumée.

     ▬ Ton père t'attend ? C'est encore un nouveau truc du continent ? Il ne comprenait pas trop ce qu'elle pouvait vouloir dire par là étant donné que le sujet du géniteur de la jeune femme n'avait jamais été abordé sur les Iles de Fer. Ce que je peux vouloir n'a pas l'air de t'importer beaucoup pourtant. Tu voudrais que je te dise que j'ai toujours envie de te voir pour que tu me balances en plein visage que tu n'en as plus envie ? »

     Son ego était blessé, il n'avait pas apprécié qu'elle le repousse et devant tout le monde en plus. Le jeune homme commençait à douter. Pour la première depuis très longtemps il se demandait si la belle n'était pas en train de lui échapper pour de bon. Pourtant, comme elle le disait il pouvait parfaitement la remplacer, sauf qu'il n'en avait pas envie. Deirdre était particulière, la petite pouilleuse qu'il avait poussée à devenir une jolie jeune femme, voir d'autres profiter de ses charmes lui donnait le sentiment de se faire voler quelque chose de très précieux. Il fallait l'avouer, elle avait une importance particulière à ses yeux, mais ce n'était pas dans les habitudes du Harloi d'avouer ce genre de choses. D'un côté... Il se trouvait dans une situation qui n'était pas commune et c'était peut-être le moment d'agir ? Son visage avait légèrement changé, il laissait passer la contrariété qu'il ressentait en la regardant dans les yeux.

     ▬ Et puis, qu'est-ce que ça change que je me montre familier avec toi devant tout le monde vu que tu ne comptes plus revenir de toute manière ? Harlon peut très bien apprendre que je te traite comme une de mes conquêtes, ça ne changera rien puisque tu ne seras plus là pour que j'en profite de toute manière. Son ton était irrité et il ne cherchait même pas à le dissimuler. Le jeune homme pencha légèrement la tête vers Deirdre avant de poursuivre. Tu me parles comme si je passais mon temps à le frapper. Dis-moi une seule fois où je t'ai brutalisée sans que tu ne le cherches ? Je n'ai jamais levé la main sur toi avant que tu ne le fasses. Est-ce que je dois te rappeler que c'est toi qui m'a balafré le visage avec une dague et pas le contraire ? »

     Il faisait référence à une rencontre qui remontait déjà, celle juste avant qu'elle ne reparte pour le continent, juste avant sa « mystérieuse maladie » qui avait manqué de lui coûter la vie à l'époque. Peut-être avait-elle oublié, mais pas lui. Il était vrai que Sargon ne levait pas souvent la main sur les femmes, pas celles des Iles de Fer du moins et pas Deirdre, c'était certain. Elle lui avait avoué avoir encore des sentiments pour lui, mais à quoi bon le lui dire si elle comptait tout de même partir ? Il n'était pas triste, non, les sentiments c'était pour les faibles et le seul qu'il éprouvait pour elle c'était celui de la possessivité. Et éventuellement de l'attirance puisqu'il était évident qu'il avait toujours été sensible aux charmes de la belle. Il avait l'impression de devoir lui faire une déclaration d'amour et cela le contrariait d'autant plus que ce n'était pas dans ses habitudes. Il gardait ses pensées et ses liens avec les autres pour lui, Deirdre n'était pas censée savoir ce qu'il ressentait à son égard. Puis même si Sargon le lui avouait, il doutait qu'elle puisse se satisfaire de ce qu'il avait à lui offrir. Il ne l'aimait pas comme elle l'aimait et il n'aurait jamais rien de plus à offrir. Ce n'était pas contre elle, le Harloi n'était pas fait pour éprouver des sentiments tout simplement. Dans un geste d'impatience, sa mâchoire se contracta et il recula légèrement pour détourner son attention de Deirdre histoire d'inspirer un peu avant de lui répliquer d'un ton agacé.

     ▬ Tu débarques comme ça et tu veux que je te dise tout ce que je ne t'ai jamais dit depuis qu'on se connaît ? Qu'est-ce que tu crois ? Que je suis tout à coup devenu un continental plein de sentiments et que je vais te faire une déclaration d'amour ? Il ne se moquait pas d'elle, pour une fois. Son regard se posa sur le visage de la bâtarde. Ce que je peux te dire ne te plaira pas de toute manière même si ce n'est pas ce que tu imagines. Et ne me parle pas de ce mariage, tu sais aussi bien que moi que ce n'est qu'une affaire de politique et qu'Helya n'en a rien à faire de ce que je peux faire avec d'autres femmes. »

     Il ne mentait pas, la Botley le lui avait clairement dit : elle se moquait de ce qu'il ferait de son côté, il pouvait alors voir ailleurs si sa conscience ne lui reprochait pas de ne pas être fidèle aux vœux de mariage. Au fond, il n'y aura jamais rien de plus qu'une profonde mésentente entre les deux époux et il était évident que la future Harloi se fichait pas mal des habitudes que son mari aurait. Sargon avait laissé entendre à Deirdre que ce qu'il pensait d'elle était plus flatteur qu'elle ne le croyait, mais sans pour autant aller plus en profondeur dans ces explications. À quoi bon ? De toute manière elle ne s'en satisferait pas, il n'allait pas gâcher sa salive pour rien. Ses pensées étaient complètement emmêlées, pour la première fois depuis bien longtemps il ne savait plus comment tirer le bon bout de cette discussion. Tout lui échappait complètement, Deirdre la première. Dans un geste d'impuissance, il écarta les bras avant de les laisser retomber le long de son corps et secoua la tête.

     ▬ J'ai bien compris, tu n'en as plus rien à faire de ce que je peux te donner. Tant mieux pour toi si tu as trouvé ton compte ailleurs ! Qu'est-ce que tu veux que je t'offre de toute manière ? Tu ne peux plus travailler pour moi, tu ne veux plus jouer l'amante, je n'ai rien d'autre à te donner et tu le sais bien, c'est pour cette raison que tu occupais ces places jusqu'à présent au cas où tu l'aurais oublié. Il haussait le ton, se fichant pas mal que les autres dans les environs puissent les entendre. Après un bref instant de silence, le Fer-né s'approcha à nouveau d'elle pour glisser son visage près de celui de la bâtarde, mais pas dans le but de la charmer, juste pour lui lâcher quelques mots. Libre à toi de me croire où non, mais je ne t'ai jamais traitée comme une vulgaire amante. Si tu te rappelles bien, je ne t'ai jamais repoussée lorsque tu venais, si je n'en avais fait qu'à ma tête comme avec les autres tu n'aurais jamais eu ton mot à dire. »

     Pour le coup, c'était l'entière vérité. Jusqu'à présent Deirdre avait toujours pu décider des moments qu'ils passaient ensemble, même s'il était vrai que quelques fois, le Harloi ne se montrait pas aussi réceptif qu'il aurait dû l'être. Cela dit, il ne l’avait jamais vraiment repoussée et lui avait toujours laissé une ou deux occasions de prendre les devants. Peut-être qu'à ses yeux ce serait bien moins que ce qu'elle pouvait avoir avec d'autres amants plus attentionnés – et il était évident que Sargon n'entrait pas dans cette catégorie-là – mais en comparaison de ce que les autres partenaires du Fer-né pouvaient avoir, c'était largement plus. Il décida toutefois de ne pas la comparer aux autres femmes, persuadé que s'il abordait ce sujet la bâtarde lui balancerait une fois de plus qu'il la rabaissait au même niveau que les autres. Décidément, les femmes étaient bien trop compliquées, tout cela le dépassait, il en venait presque à regretter l'absence de la jeune femme ou l'époque où elle ne posait pas de questions. On ne le reprendrait plus à s'amuser avec une demoiselle qui avait la langue aussi bien pendue que Deirdre, il était quitte pour finir la journée avec un bon mal de tête.


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Message Dim 9 Déc 2012 - 16:09

Toujours les fesses dans l'herbe, elle écoutait Sargon avec attention, ne ratant pas un mot, une mimique de parole ou alors l'accord de ses expressions avec ses paroles, essayant de lire entre les lignes, de deviner quand il se moquait d'elle, quand il la méprisait, ... Elle l'étudiait dans son intérêt mais aussi pour son plaisir. Il était toujours si charmant à regarder. L'amour ne s'expliquait pas, mais surtout ne se contrôlait pas et ne s'évaporait pas aussi vite. Elle avait toujours de l'attirance pour lui et désormais devant lui, elle se rappelait pourquoi. Cette arrogance dans ses traits, la finesse de son corps musclé, sa prestance, son charisme qu'il imposait alors qu'il n'avait pas grand chose. Tout émanait de son corps, passait par ses yeux si froid et acérés. Mais là... Il était pire qu'une roche de Pyk, sans vie. Aucune vague n'avait l'air de passer dans l'océan de son âme qui pourtant était pourtant une mer vivante, toujours près à vous balancer une tempête au moindre écart. Il n'aimait pas l'Antique Voie ou du moins ne la suivait pas, mais il y avait bien dans son âme tout le caractère du Dieu Noyé. Il aurait fait un parfait fidèle.

Il la dévisagea, partant de ce pied taquin, qui ne pouvait s'empêcher de retrouver un peu de contact avec son amant de toujours, le seul qu'elle avait aimée jusqu'à maintenant et peut-être encore aujourd'hui. Qui avait la vanité de dire qu'il avait fait chaviré le coeur de Deirdre ? Wayn ? Il aurait pu, mais il est mort bien trop tôt pour y arriver. Elle retira doucement son pied alors qu'il lui parlait, remontant gracieusement ses genoux sous son menton, ses grands yeux bleus qui le fixait. Elle lui fit un petit sourire en coin en haussant les épaules lorsqu'il lui parla qu'il aurait pu lui dire qu'il voulait la garder, mais qu'elle l'enverrait bouler. Il n'avait pas tord. A ce jour, elle ne reviendrait pas, à moins d'avoir réellement ce qu'elle voulait : une preuve d'amour de Sargon. Non pas seulement d'affection ou d'attention, mais d'un sentiment partagé.

Ce qu'elle pouvait voir dans ses yeux la toucha presque, la rassura. Même si le but premier, encore une fois, n'était pas la petite guerre qu'elle entreprenait depuis trop longtemps avec Sargon, mais un réel besoin de se détacher de sa vie actuelle, elle était contente de voir qu'elle arrivait à énerver Sargon et lui faire perdre pied. Ou du moins c'est ce qu'elle en jugea en le voyant avec cette petite mine si rare, si étrange sur son visage. On dirait qu'il s'inquiétait, car il était vrai que pour une fois, Deirdre savait ce qu'elle faisait et ce qu'elle voulait et Sargon était comme perdu. Etait-ce la crainte que pour une fois, il ne maîtrisait pas la situation. Elle n'en savait trop rien, mais de voir une expression nouvelle sur son visage voulait dire dans tout les cas qu'elle avait instauré un nouveau sentiment dans l'esprit de Sargon et que donc leurs échanges changeaient.

Elle lui fit un petit sourire à la suite de ses remontrances et ses pensées partagées à vive voix. Vraiment ? Il était si touché par le fait de ne plus pouvoir la toucher ? Elle n'avait qu'une envie, celle de répliquer qu'il n'était pas facile de tout avoir sans faire une seule fois des concessions. On ne pouvait tout avoir quoi qu'il arrive et elle était un bon exemple. Elle aurait bien aimé lui demander pourquoi elle reviendrait ? Juste pour se faire soulever les jupons par un homme despotique qui se moque bien d'elle dans le fond ? Mais la suite la laissa muette et fit taire toutes ces idées qu'elle aurait aimé lui rembarrer en plein visage. Il avait raison... Elle lui reprochait d'être méchant avec elle, mais il n'avait pas compris ou alors s'était-elle mal exprimée. Il la traitait mal, mais pas forcément physiquement. Elle voyait bien qu'il n'avait pas fini. A son tour de laisser tout éclater au grand jour. Elle attendrait avant de le reprendre.

Elle se releva et écouta vaguement ce qu'il disait à propos de Heyla, laissant sa main battre l'air pour dire qu'elle se moquait bien de ce qu'il disait, surement des mensonges pour la retenir encore. Elle ne savait plus. Elle ne devait pas se laisser amadouer. Quand elle releva la tête pour le regarder, il était si près d'elle. Le croire ? C'était difficile, ne sachant s'il s'était montré sincère avec elle depuis le début. Elle pencha la tête, pinçant sa bouche. Elle entendait dans ses paroles, dans le ton de sa voix et dans sa façon de tenir, quelque chose de différent. Oui, ce n'était pas comme les autres fois. Cela manquait de froideur... Il était presque sensible, ou doux, elle était incapable de qualifié le sentiment qui l'animait face à ce Sargon, aussi nouveau qu'elle l'était. Elle n'avait jamais vu cette facette en Sargon. Etait-ce un jeu ? Etait-ce sincère ? Il ne disait que des choses censées jusqu'à maintenant. A quoi bon chercher à la retenir ? C'était bien un témoignage de sa sincérité et qu'il avouait ne plus pouvoir rien faire contre elle. Il avait compris. Elle tendit doucement une main, remontant le long de son torse, avant de venir le croiser à son bras derrière son cou. Contre lui, elle ne quittait pas ses yeux.

La voix sensible à quelques larmes, elle ne quitta pas ses yeux lorsqu'elle lui parla :

- J'aurais préféré que tu me brutalises ou que tu me frappes Sargon. Mais tu as fait pire. Tu as été que plus cruel. Tu n'imagines pas ce que tu m'as fait enduré. Mon père a passé son temps à me frapper, à me corriger avec violence, mais jamais il ne ma fait aussi mal que toi. Il n'a pas piétiné mon coeur comme tu l'as fais et c'est pour ça que je suis revenu. Malgré tout, je suis revenu pour le voir. Toi, j'ai même pas eu envie de te revoir... Pas une seule seconde lorsque j'ai entrepris le chemin pour les îles. Je ne crois pas que tu imagines pas avec quel vice tu m'as traité, mais il ne faut pas te surprendre à me perdre.

Elle laissa un long silence s'installé entre eux, puis elle vint coller ses lèvres à son oreille.

- Tu sais, depuis toujours j'ai su que c'était peine perdu avec toi, mais j'ai insisté et j'assume et ne regrette presque pas d'avoir eu cette attention minime que tu m'as donné... Tu m'aurais traité autrement, peut-être que... Peut-être que si j'avais été moins exigeante, moins amoureuse cela aurait pu marcher. Mais je crois que c'est un tout qui a fait que cela n'aurait jamais pu marcher entre nous, que ce soit professionnellement que d'un point de vue relationnel. J'ai adoré quand tu m'as montré toute la passion qui te possédait quand on était que tout les deux, mais... Il faut bien que tu l'apprennes un jour. Et je pense que... Ca changera toute la donne Sargon. Je ne serais même plus une paire de cuisse que tu veux te garder égoïstement.

Elle lui donna un long et tendre baiser, chuchotant entre deux prises d'air.

- Jamais je n'ai connu meilleur amant. Je n'avais et j'ai que toi en tête encore maintenant. Mais on ne peut plus, on va finir par s’entre-tuer. Alors, je vais te couper toute envie de me garder, si par espoir il te restait un peu de cette drôle d'affection que tu me portes, ajouta t-elle en glissant la main de Sargon sur sa cuisse où le ruban était toujours présent. Mon père... C'est Harlon le Rouge.

Elle recula de quelques pas et baissa la tête pour tenter de voir l'expression de Sargon. Elle attendait de voir le choc que cela pouvait amener. Peut-être qu'il s'en moquait. Il n'était que cousin et pas réellement, vu qu'elle n'était pas reconnu comme la fille légitime de Harlon.

- Tu sais, se rattrapait-elle comme pour changer de sujet, je pourrais toujours te rendre service. J'ai des projets sur les terres. Juste, je ne travaillerai plus pour toi, mais avec toi. On sera d'égal à égal. Je ne serai plus ton employée. Mais, mes ressources et mon aide seront toujours là sur les terres. Et en plus, je ne serai plus seule... Tu auras plusieurs hommes qui viendront te rendre service grâce à moi. On s'arrangera pour les paiements. Je passerai, et tu sais, je ne serai plus à te pied, mais si jamais... Tu voulais encore de moi, je ne pense pas que je dirai non.

Elle baissa la tête. De lui dire tout cela à voix haute lui faisait prendre conscience à quel point elle voulait s'émanciper de Sargon et surtout de ses responsabilités sur les îles. Elle l'avait tellement haït et aimé, et maintenant, juste elle avait aimé leurs bons moments et avait juste de l'affection pour lui. Il allait lui manquer, mais elle saurait vivre avec si jamais il décidait de ne plus jamais la voir. Son coeur était si serré dans sa poitrine. Même si elle avait tenté de changer de sujet, il fallait qu'elle revienne dessus :

- Ecoute, de toute façon, t'es le seul gagnant. Dis toi ça. Je t'ai peut-être menti, mais tu l'as dis toi même : tu peux me remplacer facilement. C'est juste une perte de temps pour toi de m'avoir engagé. T'es encore le seul à décider de nous deux. Qu'est-ce que je suis réellement dans ta vie, à part une petite capricieuse d'employée, une catin, qui, comme tu t'y attendais, te ferai faux bon. Tu as encore l'avance... Ne m'en veut pas de t'en informer que maintenant. C'est moi qui encore une fois en souffre le plus. Je sais que tu ne voudras plus me voir en sachant ça... Mais je t'en pris, ne m'oblige pas à me défendre...

Elle le jaugeait, une main sur son poignard, prête à dégainé. Elle ne savait s'il allait se montrer violent ou non. Elle n'en savait rien du tout, ce qui expliquait pourquoi elle avait pris tant de temps à le lui dire. Elle avait peur. Sargon était si imprévisible.
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Message Lun 10 Déc 2012 - 13:38

     Deirdre ne semblait pas prêter foi à ce qu'il disait à propos de son mariage, mais au fond pouvait-il le lui reprocher ? Ce n'était pas comme s'il avait été vraiment sincère avec elle au moins une fois dans sa vie, il y avait toujours un mensonge ou des raisons cachées lorsqu'il lui disait quelque chose. Pourtant, le simple geste qu'elle fit eut le don de l'agacer encore davantage. Il savait bien que la jeune femme qu'il avait sous sa coupe avant son départ pour le continent, n'aurait jamais agi de la sorte. Si Deirdre se comportait de cette manière, c'était le signe plus qu'évident qu'elle ne jouait pas la comédie et qu'elle comptait bien mettre fin à leur collaboration. Le regard du Harloi était habité par une certaine contrariété et il devait se faire force pour ne pas l'envoyer sur les roses avant de tourner les talons. Fuir n'avait jamais été ce qu'il affectionnait, pourtant Sargon savait bien que cette fois-ci la cause était perdue d'avance. À quoi bon tenter de négocier ? Au final, c'était un peu comme cette stupide guerre qui faisait rage : tous les Fer-nés savaient très bien qu'ils ne gagneraient jamais la lutte contre le continent et pourtant, ils continuaient tous. Le jeune homme la dévisageait alors qu'elle s'approcha de lui pour le toucher comme s'ils étaient juste en train de parler de la prochaine mission qu'elle allait effectuer pour lui. Il resta aussi neutre que possible tandis qu'elle prenait las parole d'un ton qui montrait bien que la situation actuelle la chamboulait. Pourquoi vouloir tout modifier alors ? Elle ne pouvait pas tout simplement se contenter de ce qu'elle avait ? Les femmes ! Toujours à vouloir plus au risque de tout perdre !

     Elle lui expliqua que sa remarque concernant la manière dont il la brutalisait, ne ciblait pas ses gestes, mais bien ses paroles. Là, il ne pouvait pas nier, il était vrai que Sargon l'avait toujours malmenée, n'hésitant pas à la pousser au bord des larmes juste pour le plaisir de passer ses nerfs sur quelqu'un dans certains moments. Qu'est-ce qu'elle aurait bien désiré d'autre ? Qu'il se montre attentionné et amical avec elle ? C'était son caractère, écraser les autres par la parole afin d'être sûr qu'ils ne se relèveraient pas pour lui tenir tête. Il n'y avait rien à changer, sans quoi il pouvait modifier toute sa manière de se comporter et ce n'était pas envisageable. Pourquoi vouloir transformer quelqu'un qui gagnait sur tous les plans ? ! Elle parlait une fois de plus de son père et une expression d'incompréhension passa sur le visage du jeune homme qui ne comprenait toujours pas où elle voulait en venir. Mais qui était donc ce mystérieux géniteur ? ! Deirdre n'en avait pas terminé, elle lui balança de but-en-blanc qu'elle ne voulait pas le revoir en revenant ici et il accusa le coup tant bien que mal. Quelle sale garce ! Il la laissa s'approcher encore davantage lorsqu'elle parla à son oreille, même si l'envie de la repousser était plus forte que jamais. Blessé dans son ego, le Fer-né ne savait plus vraiment comment agir, son instinct lui dictait d'agir par la force puisque les mots ne fonctionnaient plus, mais c'était justement ce que la jeune femme lui reprochait. Conneries de femmes, raison de plus pour qu'il en vienne à les détester.

     Elle exprima le fait qu'elle savait parfaitement que leur « relation » était vouée à l'échec depuis le début, pourtant lui persistait à penser que les choses auraient pu continuer si elle ne s'était pas mise en tête de devenir autre chose qu'une amante. Il avait pourtant été bien clair à ce sujet lorsque leur collaboration avait continué. Mais non, elle préférait se priver de tout plutôt que de se contenter de peu ! Sargon ne parvenait pas à comprendre la logique qui animait la belle et cela ne faisait que l'énerver davantage. Même le baiser qu'elle lui offrit n'arrangea pas la situation, surtout sachant qu'elle avait avoué qu'une information qu'elle comptait lui confier allait changer la donne. Et bien ? Qu'est-ce qui pouvait donc être si troublant qu'il en vienne à la repousser ? Mis à part l'idée qu'elle puisse s'être amusée dans son dos avec quelqu'un qu'il ne supportait pas – Gabriel par exemple – le Harloi ne voyait pas vraiment. Patientant avec de plus en plus de difficultés, il fut à deux doigts de la secouer pour qu'elle lâche le morceau alors qu'elle lui avouait ses pensées – chose qui ne l'intéressait plus vraiment, à quoi bon être un excellent amant si elle l'envoyait sur les roses ? Puis Deirdre lâcha le morceau et sur le coup, Sargon n'assimila pas l'aveu. Ce ne fut qu'après quelques secondes qu'il comprit enfin ce qu'elle voulait dire. Son visage se marqua de la même expression que si la belle venait de le gifler, il entrouvrit les yeux sous le coup de la surprise alors qu'il comprenait ce que cela signifiait. Elle était sa cousine et il s'était servi d'elle comme si elle n'était qu'une simple paysanne du coin. Il y avait bien évidemment le fait qu'ils avaient été intimes alors qu'ils partageaient le même sang, mais sachant qu'il n'était pas particulièrement gêné par ce type de détails puisqu'il lançait aussi des sous-entendus à Arkha, ce ne fut pas ce qui le troubla le plus. Non, ce qui le gênait vraiment, c'était qu'il ne s'en était jamais rendu compte. Elle se pavanait sous son nez avec un secret aussi énorme et lui, il n'avait jamais rien flairé !

     La voix de la jeune femme s'éleva à nouveau, il n'y prêta pas franchement attention, son regard était toujours partagé entre l'envie de la gifler et celle de lui tourner le dos. Mais il ne fit rien, comprenant à peine où elle voulait en venir en lui proposant de continuer une collaboration simplement centrée sur une égalité entre eux. Et bientôt elle allait lui proposer de venir avec elle sur le continent pour jouer au voleur ? Sargon la dévisageait comme s'il ne la connaissait pas, ce qui au fond était tout à fait le cas. Il l'avait toujours perçue comme la protégée de Harlon en imaginant qu'elle puisse lui servir de femme de temps en temps, mais en réalité c'était juste une erreur de jeunesse. Une bâtarde que son oncle avait dû faire sans le vouloir. Avait-il encore envie de la revoir ? Pour le coup il n'en savait strictement rien, toujours tiraillé entre l'envie de la faire taire à coup de poing ou tout simplement de ne plus l'écouter. Et elle continuait, lui renvoyant en plein visage tout ce qu'il lui disait depuis des années à présent. La goutte d'eau qui fit déborder le vase fut certainement lorsqu'il la vit glisser une main sur son arme, prête à dégainer comme pour le planter s'il tentait quoi que ce soit contre elle. Le Harloi se figea, la dévisageant avec une colère trop longtemps contenue et qui, une fois accouplée à celle qu'il accumulait avec Gabriel, le fit sortir de ses gongs. Il avança d'un simple pas vers elle, levant la main comme s'il comptait vraiment la frapper et il fut à deux doigts de le faire, mais changea d'avis à la dernière seconde, laissant retomber sa main avant de pivoter pour tourner le dos à la jeune femme et lâcher sa colère sur un malheureux arbuste dégarni qui traînait à côté d'eux. Ce n'était pas très efficace, mais mieux valait éviter de s'en prendre directement à elle où il y aurait bien un mort comme elle l'avait dit précédemment. Sa mâchoire était crispée de colère avant qu'il se retourna vers elle, la pointant du doigt avant de cracher enfin ce qu'il pensait de tout cela.

     ▬ Et bien fais donc ! Tu veux dégainer ton poignard, fais-le au lieu de trembler comme une gamine. Après tout, me tuer te facilitera certainement la vie ! Si tu veux je peux abréger tes souffrances puisque visiblement c'est si insupportable d'avoir à me connaître. C'était sa colère qui parlait pour lui, mais il aurait très bien pu le faire sur le coup. Tu n'es qu'une menteuse, une langue de vipère. Tu veux me faire croire que tu es la bâtarde d'Harlon ? Tu te moques de moi Deirdre ? ! Tu crois franchement que je vais gober le fait qu'il te laisse bosser pour moi alors qu'il ne supporte pas ma manière d'agir ? Ne me fais pas rire, tu aurais pu me dire que t'étais la bâtarde de Dagon je t'aurais davantage cru ! »

     Pourtant, il savait très bien qu'elle disait la vérité. Tout s'enclenchait dans son esprit : Harlon refusait qu'il approche Deirdre parce qu'il savait très bien qu'ils partageaient le même sang et que Sargon était incapable de résister à une jolie demoiselle entreprenante. Dire qu'il avait toujours mis cette hostilité vis-à-vis de sa relation avec la bâtarde sur le fait que le prêtre n'aimait pas voir sa protégée travailler pour un hérétique. Quel imbécile. Portant sa main à son visage, il la passa sur ses yeux en essayant d'ordonner ses pensées, sans vraiment y parvenir. Qu'est-ce qu'il pouvait bien répondre à tout cela ? Son regard se darda sur le visage de la jeune femme alors qu'il brûlait toujours d'envie de la corriger pour qu'elle comprenne qu'il pouvait aussi bien la faire souffrir avec des mots qu'avec des gestes. Mais il ne le fit pas. Pas encore. Son ton était toujours aussi colérique alors qu'il reprenait.

     ▬ Et tu comptais me le dire un jour si je n'étais pas venu te trouver ici ? Ou tu allais me laisser comme un imbécile à croire que je te connaissais parfaitement alors qu'en réalité, t'es aussi menteuse et manipulatrice que moi ? Il s'approcha d'elle d'un pas rapide, laissant envisager qu'il puisse la frapper, mais s'arrêta à quelques centimètres d'elle, plongeant ses yeux dans les siens. Tu as bien dû te foutre de moi lorsque tu me faisais gober que tu étais juste sa protégée. Au fond, tu me reproches de me servir de toi, mais tu as fait exactement pareil. Tu veux que je te dise pourquoi tu ne m'as jamais avoué ça avant ? Parce que tu avais peur que je ne veuille plus te toucher et maintenant que tu n'en as plus envie, tu t'en moques pas mal. T'es pas différente de moi alors ne me fais pas rire à me reprocher d'être comme je suis. »

     Il lui en voulait vraiment, pour la première fois Sargon comprenait ce que c'était réellement que de s'être fait abuser, d'avoir cru quelque chose qui n'était pas véridique et cela juste pour qu'une autre personne puisse profiter de son ignorance. La jeune femme l'avait fait dans son intérêt il comprenait parfaitement, mais ce qui l'irritait, une fois de plus, c'était de ne pas avoir vu venir le coup. Sous le coup de ses pensées, il redressa soudain la main pour attraper la mâchoire de la bâtarde, se moquant pas mal du fait qu'elle pouvait le planter puisqu'il lui laissait les mains libres, puis il approcha son visage du sien au point que leurs nez se frôlent presque.

     ▬ Tu n'es qu'une imbécile Deirdre. Tu crois franchement que ça aurait fait une différence pour moi si j'avais su que tu étais ma cousine ? Ça se voit bien que tu ne me connais pas autant que tu le prétends. Il serra les dents l'espace d'une seconde. Je regrette de t'avoir fait comprendre que tu pouvais m'intéresser, j'aurais dû te laisser avec tes robes et souillons à croire que tu n'étais bonne qu'à potasser l'Antique Voie. Il ne le pensait pas, mais une fois de plus ce besoin de la blesser pour ce qu'elle venait de dire se faisait trop présent pour qu'il puisse l'ignorer. Tu veux me faire croire qu'il pourra y avoir de l'égalité entre nous ? Ne me fais pas rire ! Tu voudras me faire payer ce que je t'ai fait, vous êtes toutes pareilles les femmes ! Tu voudrais que je joue le rôle de l'imbécile qui attend de voir la belle revenir sur les Iles et daigner lui accorder quelques minutes en privé ? Si c'est ce que tu attends de moi, tu peux toujours espérer Deirdre ! »

     Il était étrange de constater que les paroles dépassaient les pensées. En ouvrant la bouche, le Harloi avait imaginé lui déclarer qu'il n'était pas contre l'idée de la revoir lorsqu'elle reviendrait sur les Iles de Fer, mais apparemment ses mots en avaient décidé autrement. Serrant toujours la mâchoire de la demoiselle dans sa poigne, il la défiait du regard de le frapper pour se débarrasser de lui. Au fond c'était la seule chose qu'ils savaient faire avec brio : blesser l'autre.


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Message Ven 4 Jan 2013 - 19:43

Bien sûr, la discussion et surtout la nouvelle qui était tombé comme les projectiles d'une catapulte sur un mur de pierre. Elle savait bien qu'elle n'avait pas créé de brèche dans la forteresse, mais peut être avait-elle marqué la pierre de quelques gnons. Elle s'y attendait, à tout ou presque : qu'il n'en soit qu'en parti toucher, sans en être altérer profondément et qu'il n'allait pas apprécier. Qui pouvait accueillir ce genre d'anecdotes avec un grand sourire et de la joie qui émanait de tout vos pores.

Il ne fit qu'un seul pas et pourtant elle sentit un frisson la traverser de la tête aux pieds. Elle retint son souffle en voyant sa main s'élever. Elle avait si peur, sa main qui serrait sa dague et l'autre qui la protégeait, position à l'horizontale devant son visage. Elle pensait sincèrement qu'il le ferait. Les jointures de ses doigts qui tenaient l'arme était blanche, tant elle était cramponnée à sa dague. Mais finalement, son bras descendit lentement le long de son corps et aucune rencontre physique ne se produit au bonheur de Deirdre. Quoi qu'elle aurait préféré peut-être recevoir un coup, pour au moins comprendre ce qui se passait dans la tête de Sargon. Cela aurait bien traduit la colère et la surprise à cet instant et que dans le fond, cela faisait moins mal que les mots ou l'éventuelle blessure psychologique qu'elle aurait pu lui influer. Il était si figé à cet instant, de marbre que s'en était que plus perturbant. Elle finit par écarquiller les yeux en voyant le sort du pauvre buisson. Non finalement, c'était à son grand bonheur qu'il ne s'acharna pas sur elle, vu ce que vivait l'arbuste.

Elle baissa sa garde et souffla aussi fort qu'elle le pouvait puis parla plus fort que Sargon, hurlant presque. Le calme avait tenté de s'installer, mais pas pour longtemps. C'était son temps de parole, maintenant, sinon jamais.

- Parce que tu crois que j'ai pas mon mot à dire dans l'histoire ? Bien sûr que je suis sa fille et qu'il t'a en horreur ! Bien sûr qu'il voulait que je me tienne loin de toi ! Mais j'en ai fais qu'à ma tête ! Bien sûr, je suis bête ! Éperdument amoureuse, j'ai préféré faire ce qui me paraissait le plus avantageux, passer des moments avec toi ! Car c'est que quand je travaillais pour toi que tu m'accordais vraiment du temps ! J'étais rien pour toi avant ça ! Arrête donc de déblatérer des idioties et te faire passer pour une pauvre victime. Ce que tu récoltes, c'est ce que tu as semé ! Tu as ce que tu mérites ! Et je te donnerais pas la chance de te tuer et de t'échapper aussi facilement. Mais assume !

Il continua et elle ne pouvait encore se taire.

- Je te l'aurais dis ! Dès que j'en aurais eu le courage ! Tu crois que j'avais envie que tout parte comme de l'écume d'une vague ?!

Elle qui voulait être maitresse d'elle même, c'était presque ratée. Elle n'y arrivait plus. Ses attitudes étaient plus fortes que son esprit et elle criait alors qu'elle voulait parler, elle parlait alors qu'elle voulait se taire.

- Je ne te l'ai pas dis car je n'ai plus envie que tu poses ne serai-ce qu'un regard désireux sur moi. J'avais juste besoin que les choses soient claires désormais. Si cela ne tenait qu'à moi, j'aurais aimé que rien ne change... Tes attentions, tes gestes me manquent, quand ils s'attardaient avec passion et peut-être avec tendresse sur mon corps. J'ai, sa voix se faisant tremblante, voulu jouer la sincérité. Je suis revenue nouvelle et il fallait que je sortes de cette situation, cet aveu en fait partie. Après, il en sortira ce qui en sortira, du bon, du mauvais, une fin, une avancée.

Les doigts de Sargon sur son visage était comme un étau et la pression se faisait de plus en plus grande. Or elle ne bougea pas, gardant ses grands yeux bleus dans ceux qu'elle avait tant convoités. Elle s'osa à nouveau de s'approcher de lui, même s'il s'était montré bien violent vis-à-vis du petit arbuste, de la main qu'il avait levé dans le but de la frapper, même s'il s'était ravisée. Son corps vint lentement retrouver les formes finement musclées de celui de Sargon. Ces traits, cette chaleur, cette odeur, tout ce qui lui avait tant manqué. Lentement ses bras cherchaient à resserrer l'étreinte.

- La différence entre toi et moi Sargon, c'est que oui, je pourrais avoir envie de te le faire regretter, mais la différence est surtout entre toi et tous les autres. Je n'ai pas même le besoin de me venger. Je parlais d'égal à égal, pour les services plus sérieux. Pour le reste, je serai toujours ta maîtresse si l'envie t'en dis toujours... Tu es le seul à décider, je te l'ai dis.

Elle tapota doucement son torse et se dégagea de sa poigne. Oui, elle aurait bien aimer encore lui voler un baiser, puis mille autre, mais c'était peut-être bien trop tendu pour l'oser. Elle avait la mâchoire qui la titillait un peu, rougie là où il avait incrusté ses doigts. Quelques pas en arrière sans le quitter des yeux. Puis elle lui fit volte face, prenant doucement la direction de la chaloupe qui l'attendait avec ses deux acolytes de la journée.
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Sargon Harloi
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Message Sam 5 Jan 2013 - 14:10

     La « dispute » se passait mieux que l'on ne pouvait escompter. Il n'avait pas levé la main sur elle et de son côté, Deirdre n'avait pas eu à sa défendre en lui plantant son arme dans le ventre. C'était une bonne chose, les progrès étaient visibles étant donné que quelques mois plus tôt, Sargon n'aurait certainement pas hésité à la remettre à sa place d'une manière plutôt brutale. Définitive peut-être même vu la bombe qu'elle venait de lâcher à propos de ses origines. La voix de la bâtarde s'éleva à son tour, preuve qu'ils devaient tout de même se montrer hostiles l'un envers l'autre. Le Harloi la dévisageait d'un air qui mêlait contrariété et incertitude. C'était bien plus aisé de tirer les ficelles et de savoir parfaitement comment réagir, alors que dans le cas présent mis à part subir, il ne voyait pas quoi faire pour riposter. Elle marquait un point, il ne faisait que récolter ce qu'il avait semé, ironique pour un Fer-né qui était censé ne pas semer. À croire qu'il était condamné à toujours faire l'opposé de ce que ses origines lui dictaient. Peut-être était-ce pour cette raison qu'il arborait un blason marqué d'une faux ? Ce n'était pas le moment de songer à ce type de détails vu la situation, même si quelque chose lui disait qu'ils arrivaient tout doucement à la fin de leur entrevue. Ils étaient dans une impasse et ce n'était pas aujourd'hui que les choses allaient s'arranger malheureusement. Sargon ne tenait pas à se faire étriper par son ancienne amante qui, ironiquement, lui avait dit quelques mois plus tôt qu'il finirait par se faire tuer par une amante trop jalouse. Il y avait plus glorieux comme manière de rejoindre ses ancêtres, surtout de la main de cette bâtarde.

     Les reproches ne s'arrêtèrent pas aussi facilement, elle en avait sur le cœur et voulait certainement tout dévoiler maintenant qu'elle avait enfin la possibilité d'aborder le sujet. Il était fort probable que ce soit la seule et unique fois qu'ils puissent parler aussi librement. C'était animé et ils avaient frôlé la catastrophe, mais au final tout s'était bien déroulé si l'on occultait les gestes menaçants. Pour deux personnes aussi « passionnées » qu'eux, c'était une sorte de victoire. Même si Sargon allait longtemps regretter d'avoir eu la sotte idée de venir rendre visite à cette catin. Cela dit, les paroles de la jeune femme étaient pleines de sens. Il était évident que quelque chose de différent allait ressortir de cette entrevue, c'était justement ce qui irritait autant le Harloi. Il connaissait l'ancien Deirdre et pouvait la manipuler comme bon lui semblait, mais c'était bien différent avec celle qui se trouvait face à lui. C'était la fin d'une bonne période et il allait devoir faire des concessions s'il désirait pouvoir l'utiliser encore à l'avenir. Quoique, « utiliser » n'était pas le terme adapté vu la manière dont elle qualifiait leur nouvelle relation, en considérant qu'il accepte tout cela évidemment. Elle voulait de la sincérité avec l'homme le plus manipulateur et menteur des Iles de Fer, c'était difficile à envisager et pourtant, elle avait l'air sûre d'elle. À croire que les femmes du continent ne doutaient jamais d'elles.

     Sargon ne se rendait même plus compte qu'il la tenait avec fermeté, ce ne fut que lorsqu'elle se colla davantage contre lui qu'il remarqua qu'il l'empêchait de s'éloigner. Étrangement, cette proximité n'agissait plus sur lui comme elle le faisait avant. Quelques mois plus tôt, il aurait profité de cette situation pour lui accorder quelques attentions et se la mettre dans la poche de telle sorte à ce qu'elle sache qu'il y avait quelque chose qui l'attendait ici à son retour. Mais dans le cas présent.... Le Fer-né ne voyait tout simplement pas de raison valable à un tel comportement. C'était peut-être malheureux à dire, mais comme lors de ses discussions, le Harloi utilisait ses attentions et ses « charmes » uniquement lorsqu'il avait quelque chose à gagner dans l'affaire. Avec Deirdre auparavant, c'était pour s'assurer ses services et surtout sa fidélité, même si cela n'avait pas toujours porté ses fruits. Mais vu le changement important de la situation, Sargon n'arrivait pas à trouver le moindre avantage à tirer de ce qu'elle lui proposait. Sauf éventuellement une bonne compagnie bien évidemment, mais ce n'était pas sa priorité contrairement à ce que disaient les rumeurs qui couraient sur son compte. C'était la grande différence entre lui et elle au final. Il aurait bien aimé croire au discours qu'elle tenait, à ce qu'elle disait à propos de cette vengeance qu'elle ne désirait pas, mais son esprit calculateur ne cessait de lui dire que les femmes étaient toutes vicieuses et qu'une femme blessée était plus dangereuse qu'un serpent en colère. Connaissait-il suffisamment la nouvelle Deirdre pour lui faire confiance ? Le jeune homme n'était pas encore fixé. Lorsqu'elle lui demanda en silence de la lâcher, il s'exécuta, toujours muet depuis le début de ses répliques. Il avait bien envie de répondre un simple « oui » à sa dernière phrase, mais son ego était trop développé pour qu'il le fasse aussi simplement. Un simple haussement d'épaules alors que son visage se fermait légèrement pour dissimuler le trouble qui l'habitait.

     ▬ Nous verrons. »

     Si elle revenait ici un jour, si elle avait encore une fois changé, beaucoup de données entraient en ligne de compte. Sargon avait été clairement vexé de ne pas se rendre compte du changement qui venait de s'opérer chez la jeune femme, mais au fond, il était davantage coupable qu'elle. Cela dit, le Harloi n'avait pas envie de s'infliger une séance d'auto-flagellation, personne ne l'avait jamais fait douter de lui et ce n'était pas une bâtarde qui avait écarté les cuisses pour lui qui allait le faire. Considérant qu'elle avait cependant droit à un peu de compréhension et de compassion de sa part, il la laissa filer sans ajouter le moindre mot. Qu'aurait-il pu faire de toute manière mis à part la frapper ? Rien. Et le capitaine n'avait aucune envie de se fatiguer alors qu'elle venait déjà de lui chambouler l'esprit pour les jours à venir. Pestant à voix haute, le Harloi se détourna finalement de la silhouette de Deirdre qui s'éloignant, puis quitta les yeux en empruntant la direction opposée histoire de ne plus recroiser sa route avant un bon moment.


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