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Deux branches qui se retrouvent [PV Anna']

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Feuille de Personnage


Message Dim 25 Nov 2012 - 0:14



Le vent soufflait sur la mer, avant de s’élever vers les terres, abandonnant la mer qui venait se fracasser sur les falaises en flots d’écume.
Le ressac des vagues se mariait au bruit du vent qui faisait claquer sa chevelure, réduisant à néant le peu de soin qu’elle y avait consacré.

Car ici, personne ne pouvait le lui reprocher. Son père et sa mère étaient loin, sa septa ne l’avait pas vu s’éclipser, et son frère, silencieux comme à son habitude, ne trouverait mot à y redire. Même s’ils avaient voulu qu’elle se présente de manière convenable, ils n’auraient pu lui forcer la main. A moins de n’avoir eu le pouvoir de l’enfermer à fond de cale au fond la galère à bord de laquelle elle, son frère, et des personnes qui les suivaient, au nombre d’une petite vingtaine. Et ce afin d’éviter qu’elle n’aille se placer sur le pont, afin d’observer les manœuvres, cheveux aux vents et robe traînant sur le sol. De même son entourage aurait dû se voir doté du pouvoir de faire cesser le vent sur l’île de Dulceport-le-Pas, afin de souffrir que le peu de coiffure à laquelle elle s’était consenti en débarquant puisse tenir jusqu’aux sept tours.

Ainsi, de longues mèches s’échappaient de son chignon, revenant taper de temps à autre sa nuque, achevant l’impression de négligence qu’elle dégageait. Sa robe était une belle robe il est vrai, taillée dans une pièce de tissu aux teintes bleutée, écho à l’océan vers lequel était tournée la Pointe Aigue. Cependant, il fallait noter qu’à cette période de son usage, cette robe approchait de sa fin. De petites déchirures serpentaient le bas de la robe, se frayant un chemin entre les étoffes blanchies par le sel, trahissant un usage immodéré du vêtement, qui laissait presque percevoir les bottines qu’elle portait par dessous sa robe, en espérant que nul ne remarquerait cette légère entorse à la bienséance féminine, et cette concession à sa voûte plantaire.

Elle se pencha légèrement davantage sur le mur de garde, contemplant de ses yeux à l’éclat d’argent le spectacle des vagues montant à l’assaut de la falaise de roc gris. Pareil spectacle lui rappelait l’extrémité de ses terres, où se dressait le château et sa haute tour de guet. Et, de manière indirecte père. Elle grimaça, en repensant au moment où il lui avait demandé, non, ordonné, de partir avec son frère pour l’île de la famille Solverre. Sa présence ici avait plus pour but de montrer à son frère que son père continuait à ne pas l’estimer à sa juste valeur que d’avoir un quelconque rôle à jouer dans les sans doutes longues et trépidantes discussions interminables et plates destinées à resserrer les coopérations entre seigneurs en mangeant dans le même plat. Elle soupira mentalement, pressée de retrouver son chez elle.

Chez elle.

D’une certaine manière cet endroit était un petit peu le chez elle de sa fratrie, sa mère étant elle même une Solverre de naissance, avant de marier son Seigneur de Père, adoptant par la même le noble nom de Bar Emmon. D’ailleurs cet endroit lui rappelait par certains aspects son domaine : ces longues falaises, tournées vers la mer, ces prés battus par les vents, le sel et l’iode qui emplissaient l’air...et les mouettes qui vous abreuvaient de leurs cris stridents, en tentant de vous conchier dessus par intermittence.

Des éléments qui lui rappelaient également son enfance. Il lui semblait être venu au moins une fois en cette île auparavant, bien qu’elle ne devait alors pas encore avoir atteint sa septième année. Des souvenirs fugaces, trop évanescents pour qu’elle s’y raccroche et ne mette des mots sur des formes floues, d’autant plus qu’elle n’était à l’époque qu’une jeune fille apeurée, qui recherchait à tout prix à ne pas quitter le sol des yeux, afin d’éviter de croiser le moindre regard.

Elle sourit à cette pensée, songeant qu’aujourd’hui elle avait eu le courage de s’éclipser discrètement plutôt que de rester à dodeliner de la tête lentement durant des heures. De venir se dresser face à la mer. Et d’esquisser quelques mots, chantonnant vers l’horizon, ne se souciant guère d’être entendue, jugeant que le vent devrait la couvrir. Ce qu'elle entonna était une petit chansonnette qu'elle avait entendu chantée par un ménestrel à la voix discordante, mais qui savait choisir ses mots.

« Si jamais tu te sentais seul, rappelle toi, que ce ciel est le même, que celui sous lequel je me tiens. Et si jamais tu te sens triste, souviens-toi que tes larmes sont aussi les miennes... »

Elle s’interrompit, un mouvement la surprenant dans le coin de l’œil. Elle pivota soudainement, faisant face au nouveau venu, les deux mèches qu’elle avait sur le devant finissant dans ses yeux.
Elle poussa un juron très mal contenu, puis, d’une main éloigna les mèches de ses cheveux, afin d’identifier l’arrivant.


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