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Toutes les guerres ne se valent pas - Daärim Forrest

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Message Mer 14 Nov 2012 - 21:35

Le désert se moquait bien des saisons, même les hivers les plus rudes ne devaient au final pas le rendre beaucoup moins chaud qu’un radieux été dans le Nord, tout cela était loin, si loin, propre au reste de ce royaume tant méprisé. Comme chaque nuit depuis des siècles la forteresse des Uller restait dressée sur son morceau de rocaille, telle un phare menaçant à l’horizon qui invitait les inconscients à venir y voir de plus près. Dès que le soleil disparaissait l’on veillait à ce qu’une impressionnante quantité de torches et de baquets d’huile éclairent le moindre recoin, tant pour le côté pratique –protéger les habitants des importantes variations de température quotidiennes- que symbolique. Cet endroit se nommait Denfert, lorsque l’on entendait son nom l’on devait se figurer une fournaise et rien d’autre, un four cruel où résonnaient encore les cris des indésirables dont la fin avait engendré la légende de ces lieux. Durant le jour ces murs protégeaient de la dureté de l’astre et durant la nuit ils conservaient sa flamme en leur sein, donnant presque l’impression que la demeure des Uller brûlait des heures durant pour renaitre intacte avec l’aube.

Assis seul dans la salle des trophées, Rennifer savait qu’en dehors des sentinelles tous dormaient depuis de longues heures déjà. C’était préférable, bien que ne s’affichant pas comme de méchante humeur le vieux lancier était revenu… songeur des Météores, un air que peu lui connaissaient et qui étrangement parvenait à inquiéter presque autant que ses colères noires. La plus grande partie de son existence avait été vouée à la surveillance du domaine familial, quittant rarement ses frontières il avait attendu toutes ces années que l’appel de la guerre résonne dans le pays des sables. En vain. A présent que sa vie touchait presque à sa fin la vitesse à laquelle les évènements s’enchainaient semblaient toute aussi enivrante que déroutante. Lui, aller combattre sur des îles si loin de sa terre natale et contre un ennemi qu’il n’avait jamais ne serait-ce qu’envisagé de rencontrer ? La chose était assurément troublante, aussi, bien que parfaitement conscient de ce que les siens y gagneraient pour leur cause, le vieil homme restait partagé sur l’attitude à adopter, oscillant entre frustration et joie d’en découdre.

Un énième vent glacial s’engouffra depuis la fenêtre qu’il avait délibérément laissée ouverte, voir le feu danser de la sorte et faire frémir les ombres l’apaisait, bien plus que les quelques livres et parchemins dans la salle des trophées ne le feraient jamais. Cette pièce aux multiples fonctions servait en temps normal aux rares aspects diplomatiques auxquels sa Maison devait se confronter tout en lui servant au passage de bibliothèque pour l’éducation des enfants –sans l’aide d’un mestre, plutôt mourir- et de lieu pour exposer ses prises de guerre plus rares que des armes brisées ou des crânes.

Rennifer se tenait penché au-dessus de l’un de ces bibelots depuis un moment déjà, perdu dans ses pensées. Il s’agissait d’un cyvosse, ce jeu de plateau originaire de l’autre continent et dont la pratique était paraissait-il plus que courante sur les côtes de son pays. Plusieurs pièces manquaient et le plateau en bois s’était fissuré à force de travailler sous l’impulsion de la sécheresse mais même après toutes ces décennies depuis sa capture il conservait une certaine beauté que seul un artisan doué pouvait donner à une œuvre. Taillée dans de l’os dont le vieil homme avait été incapable de définir la bête première, chaque figurine avait sa surface recouverte de minuscules arabesques à peine plus larges qu’un cheveu, si bien qu’à moins d’y regarder de près l’on peinait à les distinguer. Cet objet était l’un des rares héritages que son propre père avait laissé aux siens quand l’heure de son trépas fut venue, d’après l’histoire il l’avait pris lorsque des émigrants de Volantis avaient tenté d’implanter un comptoir commercial sur le littoral de leur territoire. Aucun survivant n’avait été fait et toutes leurs possessions avait brûlé comme le voulait la coutume, toutes à l’exception de ce jeu dont le Lord s’était servi pour inculquer une petite leçon à ses deux jeunes fils, Hémart l’aîné et Rennifer le cadet.

Le lancier acariâtre se souvenait parfaitement de cette journée, leur père les avait convoqués à cet endroit même et leur avait ordonné d’observer longuement le plateau avant de prendre dans chacune de ses mains ce qui semblait être les deux pièces maitresses : des dragons sculptés. Lentement, avec une simple pression des pouces il en avait fait sauté les têtes pointues avant de les laisser là avec comme uniques paroles : « Voilà tout ce qu’il y a à faire des dragons : les détruire jusqu’au dernier. »
Rennifer n’avait jamais apprécié ce divertissement qui tentait vainement de simuler la guerre. Des éléphants ? Personne n’en avait sur ce continent. Et une seule forteresse, voilà qui faisait un royaume risible. Trois sortes de cases seulement pour simuler toute la complexité d’un champ de bataille, voilà l’image qu’un enfant pourrait se faire de la guerre, et pas un enfant très vif. C’était ridicule, tellement ridicule… Un soldat miniature toujours entre ses mains, le Uller entendit des coups polis mais secs à la porte, bientôt suivis par un grincement des gonds tandis que l’un de ses hommes faits de chair et de sang entrait en inclinant la tête.

-« Messire, le jeune Forrest est devant la grande porte. Devons-nous le faire entrer ? »

-« Est-il venu seul ? »

-« Je crois bien. »

-« Alors amène le ici, ça doit être urgent. »

Avec un dernier salut le soldat se retira pour aller exécuter les ordres, abandonnant la pièce aux crépitements des flemmes et à la respiration lourde de Rennifer comme s’il n’avait jamais été là.

Daärim Forrest. Le vieux lancier n’attendait pas sa visite et même s’il se réjouissait toujours de voir son ami cette arrivée si tardive n’était pas coutumière des habitudes du jeune homme. En ces temps troublés et avec l’isolement de la forteresse l’idée que son camarade guerrier lui apportait de sombres nouvelles fit son chemin dans l’esprit de Rennifer. Peut-être venait-il lui annoncer un décès, peut-être le bon vieux Lord Forrest était retourné à la Mère-Rivière et qu’Ismäelle régnait à sa place sur la Tombe-du-Roy. Pareille chose tiendrait de la catastrophe, surtout maintenant que le soutien des Dayne lui avait été refusé, sans d’autres seigneurs des montagnes tous ses projets à long terme risquaient l’effondrement.

L’acariâtre vieillard secoua la tête pour se remettre les idées en place et se redressa pour accueillir le nouvel arrivant quand il entendit des pas dans le grand hall. Quel que soit le motif de cette rencontre, s’il y en avait bien un, Rennifer composerait avec grâce à sa hargne coutumière et toute sa volonté. Les Uller n’abandonnaient jamais ! Revoir le visage amical d’un individu estimé réconforta davantage le vieil homme qu’il ne s’y était attendu, lui donnant une franche poignée de main il l’invita à s’asseoir, la chevauchée nocturne avait dû autant l’éreinter que sa monture.

« Je suis heureux de ta présence, Daärim, j’avais envisagé faire un détour par ta demeure après mon passage aux Météores mais d’autres affaires m’ont poussé à rentrer dès que possible. Des affaires de premier ordre dont il faudra que je m’entretienne avec toi plus tard, d’ailleurs. »

Même s’il appréciait le jeune guerrier presque autant que s’il avait été son propre fils, le Uller maintint un air grave et un rien fatigué sur ses traits, la guerre arriverait bien vite et il savait que son devoir lui imposait de préparer ses pairs face à l’inévitable.

« Mais d’abord parle-moi, je devine que quelque chose d’important t’amène. » Ses yeux un rien plissés fixaient sans faillir ceux de son vis-à-vis, quelque chose n’allait pas il parvenait presque à le sentir. « Quoi que ce soit tu as toute mon attention. »
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Message Ven 16 Nov 2012 - 14:23

Daärim s'enfonçait dans un état d'esprit proche de la perdition et d'une confusion totale. Les pensées tournaient et retournaient dans son esprit suite à différents événements qui s'étaient déroulés depuis un moment. Sa jumelle en était la cause principale alors que son lien avec les Dayne et particulièrement Oberyn se concrétisait à vue d'oeil et d'oreille dans des prémisses d'arrangement qui ne lui convenaient guère. Sa voix pesait de moins en moins dans les oreilles parentales alors que l'autorité de cette dernière gagnait en ampleur conjointement à ses capacités calculatrices empruntes de manipulation. Son ressenti la concernant se jumelait avec un accroissement de son agressivité et par conséquent d'écarts de conduite envers elle qui prenait des proportions atteignant sa culpabilité. Malheureusement, le contrôle qui tentait de s'imposer s'amenuisait fortement et seule une personne permettait qu'il se canalise en laissant parler sans limites ses pulsions. Anissa Uller. Cependant, la réflexion qu'il s'était octroyée pendant quelques jours après sa visite chez son amie Ferboys l'avait amené vers un tout autre souhait et un besoin d'avantage ciblé sur une aide intellectuelle et un besoin de redirection de ses principes. Car le sang de son sang seule ne trônait pas exclusivement dans sa tête. Dernièrement, l'histoire qui s'était déroulée avec Edarra, cette guerre concernant le trône de fer, cette attaque selon les ravisseurs préméditée par leur Prince qui n'était au fond que fausse accusation mais qui jetait sur leur peuple une discorde et un doute envahissant, les attentes qu'on lui concédait de tenter d'allier la maison Uller et Forrest à celle des Ferboys pour des représailles nécessaires dans le Nord, plus précisément sur les Terres de l'Orage, contrée normalement à l'origine de cette tentative de main mise sur leur frontière pour pouvoir accéder avec facilité et aisance dans le Sud, tout ceci pesait sur son esprit davantage belliqueux que politique ou axé sur les tactiques habiles et fines dont sa jumelle faisait preuve. Ces capacités n'étaient pas siennes et devoir pourtant en user et y faire face entraînait chez lui une confusion et une impuissance qui le torturaient et amoindrissaient ses forces. Sa faiblesse amplifiait entraînant une croissance de son agressivité. Cela était largement suffisant mais cependant, ce n'était pourtant pas fini. A ses oreilles était également parvenu sans chercher à le cacher la future guerre qui les amènerait à rejoindre le nord pour combattre les îles de Fer. Son ébahissement avait été total et son sang avait bouillonné avec fureur. Pourquoi ? Pourquoi devaient-ils se mêler à cette guerre ? Pourquoi leur peuple devait-il s'allier aux autres contrées pour aller mettre à mal une telle peuplade ? Ces alliances de plus en plus forte et l'indépendance de plus en plus lointaine lui tiraillaient les entrailles. Son incompréhension avait besoin d'un éclaircissement ou du moins un apaisement. Une seule personne répondre à cette attente. Cette torture n'avait que trop durée et la contenir devenait une souffrance d'une quantité démesurée.

L'explication d'une chevauchée tardive coulait de source. Incapable d'attendre, son destrier avait été sellé et préparé, ses armes édifiées sur son échine, son fidèle comparse ailé trônant dans le ciel où le soleil préparait son sommeil. Expliquer la raison de son départ n'avait pas été exaucé à un paternel qui n'avait pu passer à côté de l'état de son fils et à l'enfermement qui l'entourait par rapport à sa propre famille. Les liens si forts étaient mis à mal au grand dam de la figure emblématique encore vivante de la maison. Daärim était parti sans se retourner. Son arrivée à Denfer serait nocturne, ses excuses étaient prêtes à se dévoiler une fois son arrivée accomplie, mais son besoin se faisant pressant et d'un assouvissement obligatoire qu'il ne pouvait plus nier. Voir Rennifer devait être imminent. Sa chevauchée fut rude, l'absence de luminosité ne l'aidant guère à pouvoir entrevoir le chemin dans le désert qu'il affectionnait mais ne connaissait pas autant que celui pour qui il le bravait. Le danger de plus pouvait être à portée de main dans une telle étendue. Mais son esprit n'en avait cure et son destrier ainsi que lui-même avaient parcouru un nombre incalculable de fois ce chemin, suffisant pour retrouver son orientation, son visage recouvert d'un tissu nécessaire à pallier au froid contradictoire à la chaleur constante habituelle. Seul les sons de Dashkar dans la noirceur arrivante de la nuit brisait le silence, un silence pesant pour ses pensées que même la chevauchée ne parvenait pas à faire taire. Lorsque le domaine fut à portée de vue, le ralentissement fut nécessaire pour ne point alerter de manière désagréable les gardes qui tenaient leur poste. Il s'annonça clairement et distinctement et attendit l'autorisation pour entrer dans le domaine. Celle-ci lui serait parfaitement accordée et son fidèle ailé était revenu se dresser sur son épaule alors qu'il patientait. Une fois l'entrée permise, il ne se fit pas prier et s'avança prestement avant de descendre de sa monture qu'il délaissa, renvoyant également son compagnon dans les airs alors qu'il entrait dans la demeure, l'indiquant d'où séjournait actuellement le principal concerné de sa visite. Ses pas l'emmenèrent dans le grand hall puis dans la salle des trophées où il put apercevoir Rennifer dont la vision seule allégea déjà une partie de ses tourments. Son corps rapidement couvert pour affronter le désert était cependant parcouru d'une pellicule froide dont il ne se soucia point enlevant le tissu de son visage pour découvrir celui-ci en signe d'une politesse évidente.

La poignée de main fut salutaire et il ne refusa guère de prendre place malgré l'excitation qui séjournait en son sein et qui le poussait davantage à exploser dans tous les sens. Mais la bienséance noble qui faisait partie de son éducation l'obligeait à assoir une présence digne de son nom. Les premières paroles engendrèrent une surprise évidente pour le jeune dornien. Ainsi, des affaires urgentes avaient pressé Rennifer, affaires dont il devait l'entretenir. Apparemment, il n'était pas le seul ainsi à devoir discuter de certains événements. La curiosité autant que la méfiance non pas du personnage mais de ce qui allait encore se rajouter à la liste des éléments négatifs qui l'entouraient se jumelèrent pour la suite de cette rencontre. L'état de Rennifer exprimé par ses traits tirés et fatigués ne l'encouragèrent pas à être rassuré.

"Vous savez que je suis disposé à vous écouter."


Cependant, son état à lui semblait tout aussi ancré sur son faciès que son vis-à-vis au vu de la suite des propos. Bien que la hâte de lui parler lui brûlait pratiquement les lèvres, il se devait de régler d'abord les choses dans l'ordre. Ainsi reprit-il la parole par d'abord des termes qui n'exprimaient pas son besoin.

"Merci de m'accueillir à cette heure tardive, Rennifer. Je sais qu'il n'est pas dans mes habitudes de m'inviter à de pareilles occasions. Je tenais à formuler ma gratitude par rapport au temps que vous allez m'accorder. C'est important à mes yeux."


LEs fioritures verbales n'avaient pas lieu d'être entre eux. Ils se connaissaient désormais depuis assez longtemps pour que leur lien dépasse aisément cette tendance noble que l'on usait facilement en toutes circonstances et qui exprimaient uniquement de la politesse dénuée de toute sincérité. Cela impliquait alors que de tels propos en soient pourtant rempli alors qu'il les adressait à son aîné. Pas de manipulation, pas de tendance calculatrice, de l'honnêteté pure qu'il exprimait avec une éloquence davantage due à son éducation. Le vouvoiement n'avait jamais quitté ses lèvres, le respect était bien trop grand pour qu'il use de familiarité verbale envers cette figure emblématique et ce malgré toute l'affinité possible entre eux. Le silence s'imposa un temps alors qu'il tentait de diriger ses pensées vers un point de commencement qu'il avait du mal à décider. L'immobilité n'était pas pour lui dans ce moment de trouble aussi ne put-il retenir le besoin de mouvance que son corps exprimait. Reprenant place sur ses deux pieds, il fit quelques pas avant de regarder son aîné et de se jeter à l'eau.

"Rennifer, je ne sais pas où commencer mais mes pensées me submergent au point que je ne sache plus vers quoi m'orienter. " Une pause ponctua ses propos avant qu'il ne reprenne "Je suis à un stade où nos principes ne me suffisent plus pour avancer dans ces tournures que prennent notre contrée. Vers où allons nous ? En sommes nous réduit à toute cette mascarade comme ces nordiens ? Notre peuple se sépare, les discordes s'accroissent, ma soeur... " il s'arrêta un temps de nouveau avant de reprendre sa démarche de quelques pas avant de continuer "Cette histoire dans les Terres de l'Orage, ces mesquineries, ces coups-bas, notre indépendance qui ne vient pas et qui me semble de plus en plus éloignée. " Il regarda à nouveau son aîné "Rennifer éclairez-moi. Je ne peux concevoir que notre peuple en arrive à ce point où il nous est désormais difficile de nous faire confiance. Allons nous davantage nous scinder ? Partisans du Prince et rebelles à ses principes ? Nos maisons lui doivent fidélité, vous savez que je suis d'accord, mais il n'arrange rien. Rien ne s'arrange et tout empire! Et cette guerre... Oh cette guerre! Mais qu'avons nous à faire là dedans ! Et puis quitte à se tirer dans les pattes, alors laissons les aller en guerre et assiégeons leur contrée pendant ce temps là ! Si nous devons reprendre notre indépendance par la force alors qu'il en soit ainsi ! Déchirons nous et déchirons les autres peuplades ! "

Terminant sa diatribe par des propos à la fois pensés et à la fois simplement lâchés par énervement, il fit de nouveau quelques pas alors que ses épaules se mouvaient pour tenter d'apaiser les tensions qui séjournaient de plus en plus en elles. Les paroles chaotiques qu'il avait déversées ressemblaient aisément à l'état dans lequel se trouvait ses pensées et sa réflexion. Perdu et incapable de remettre de l'ordre par lui-même dans cet amas d'évènement. L'agressivité... c'était la seule solution qui émergeait avec force dans son esprit et pourtant il ne pouvait l'assouvir. Ce n'était pas pour l'aider. Reprenant contenance cependant il se força à atteindre le calme et pour la peine il reprit place sur la chaise précédemment quittée.

"Excusez-moi. Vous êtes le seul à qui j'arrive à exprimer mon désarrois alors je n'ai pu m'empêcher de me décharger sur vous."
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Message Lun 19 Nov 2012 - 22:09

Respectueux sans être mièvre et habité par la même énergie guerrière qui caractérisait Dorne aux yeux de Rennifer, Daärim jouissait de ces qualités en dépit de la quantité de sang Andal qui se reflétait dans la clarté de ses yeux et la pâleur de sa peau. Si seulement chaque seigneur des montagnes, si ce n’était chaque jeune noble de leur pays, pouvait davantage lui ressembler. Alors ensemble il leur serait facile de réclamer leur indépendance, alors ils pourraient marcher la tête haute vers les champs de bataille et faire périr jusqu’au dernier de ses soldats empâtés. Une telle génération pourrait ouvrir les yeux à Maron Martell et le forcer à accomplir son vrai devoir de souverain ou à laisser la place à quelqu’un qui s’en montrerait plus digne en à peine quelques lunes. Comme cet idéal se faisait plus flou au fur et à mesure que le Uller songeait à l’avenir, les choses seraient loin d’être aussi simples et aussi désespérant que cela pouvait sembler être, il leur faudrait d’abord mener leur propre combat à l’intérieur de leurs frontières pour que la pays des sables parte finalement en guerre.

Avec le temps Rennifer avait mémorisé la gestuelle du jeune Forrest, et il ne fallait de toute façon pas être un fin observateur pour se rendre compte de la nervosité et de l’emportement qui l’habitaient actuellement. Le vieux lancier décida de ne pas ajouter son impatience d’en savoir davantage au marasme confus dans lequel l’esprit de son ami devait se trouver, aussi il attendit que Daärim se décide à tout lui raconter alors que celui qui se rapprochait le plus d’un disciple pour le vieil homme en dehors de ses propres enfants faisait quelques pas. Au crépitement des flammes vint s’ajouter le crissement du sable sous les semelles du noble, quelques grains que ses vêtements avaient charriés jusqu’ici pour finir broyés contre le sol de cette demeure. Cette pensée lui plût, elle suggérait que le désert employait tous les moyens à sa disposition pour ne faire qu’un avec ce qui le peuplait et qu’au final même les hommes œuvraient en son aride nom.

Et enfin Daärim se confia, délivrant sans grand ordre ce qu’il avait sur le cœur depuis un long moment et gardé pour lui à défaut d’avoir trouvé les bonnes oreilles pour l’écouter. Comme son désarroi était compréhensible en ces temps troublés, des principes vieux d’un millénaire avaient tout simplement été abandonnés du jour au lendemain au nom d’une paix dont personne de sensé n’aurait voulu. Celui qui rejetait son passé ne pouvait s’attendre qu’à un avenir désastreux, et c’était exactement à cela que Lancehélion tentait de les condamner, laissant sur le bord de la route une jeunesse sans d’autres repères que ceux d’un monde dominé par les Targaryen. S’accrocher à leurs anciennes valeurs devait s’avérer d’autant plus difficiles pour ceux dont la liberté ne représentait plus qu’un lointain souvenir d’enfance, et non un mode de vie à part entière comme celui que les plus anciens avaient connu. Que l’habitant des montagnes aborde brièvement le sujet de la guerre contre les Fer-nés ne l’étonna guère, il lui faudrait d’ailleurs lui expliquer précisément pourquoi lui-même comptait s’y rendre sitôt que les Martell affrèteraient leurs navires pour ces eaux glaciales.

Qu’il aborde le cas d’Ismaëlle, son aînée et héritière de la Tombe-du-Roy l’étonna davantage, surtout quand le Forrest suspendit sa phrase pour ne pas la reprendre. C’était inquiétant, un mauvais présage même. La première surprise n’eut pas le temps de faire son bout de chemin dans les pensées du Uller qu’une seconde vint bien vite s’y superposer. Les Terres de l’Orage ? Qu’avaient-elles donc à faire dans cette histoire ? De nouvelles escarmouches aux frontières s’étaient-elles déclenchées au désavantage des Dorniens ? Rennifer avait toujours fait du Bief sa cible prioritaire dans le plan primaire que sa mentalité belliqueuse avait développé au fil des années, tant par souci de revanche et de respect pour ses ancêtres qui l’avaient pillé que par intérêt stratégique. Les terres vertes servaient de grenier à ce royaume honni, qu’on le prive de ses précieux champs et la famine le tuerait aussi efficacement que les lances. Et il y avait Villevieille, le nid où naissaient tous ces corbeaux à chaîne, bruler cette cité suffirait à rendre bien plus difficile les messages entre ces seigneurs de rien du tout. En comparaison les Terres de l’Orage n’étaient rien, rien que de la forêt et de la montagne, toutes deux peuplées de vantards maladroits et pleutres. Que l’absence d’un Mestre dans les murs de Denfert fut la cause de cette méconnaissance des derniers évènements s’étant déroulés dans le fief des Baratheon tenait d’une ironie à laquelle Rennifer n’aurait que peu goûté. Prenant son mal en patience le temps que son camarade guerrier finisse de parler, le lancier fronça tout de même les sourcils pour afficher son incompréhension à propos de cette histoire.

L’idée que Dorne retombe dans l’anarchie entre petits seigneurs locaux, lointain souvenir d’avant l’arrivée de Nymeria, tourmentait assurément Daärim, et effectivement le risque se faisait plus grand à chaque nouveau jour brûlant dans le pays du sable et de la roche. L’ambition dévorante d’Edarra Ferboys, l’immobilisme soumis de Maron Martell, la fidélité bornée d’Oberyn Dayne à ce Prince, et la colère bestiale d’Anissa, tous ces éléments finiraient par se confronter les uns aux autres avec une violence qui risquait bien d’aboutir à une guerre proprement dite entre gens de même sang. Quoiqu’en disaient les plus sceptiques, Rennifer savait bien lui que sous peu son peuple irait réclamer les batailles qu’on lui avait refusé depuis plus de dix ans, que ce soit contre l’ennemi de toujours ou contre les siens. Le combat faisait partie intégrante du mode de vie Dornien, au même titre que le soleil ou le sable, essayer de les en priver ne faisait que brider brièvement leur nature, jusqu’à ce que leur rage explose dans une furie meurtrière. Et par la Mère-Rivière, comme le Uller pouvait sentir sa propre colère lui vriller les tripes telle une nuée de frelons.

Un sourire appréciateur se serait dessiné sur les lèvres de Rennifer si la situation n’avait pas été aussi grave, le jeune Forrest en était arrivé au même raisonnement que lui quelques mois plus tôt et appelait à profiter du conflit contre les Îles de Fer pour prendre une revanche justement méritée contre leurs vrais ennemis au Nord. Il balaya d’un simple geste de la main les excuses qui lui furent présentés pour un emportement qu’il ne pouvait de toute façon qu’approuver, signifiant par la même occasion qu’elles n’avaient pas lieu d’être. Le vieux lancier, toujours assis, se pencha légèrement en avant tout en invitant Daärim à reprendre place. Une fois que ce fut fait il parla avec une voix calme où pesait toute l’importance de ses propos. Le temps des entraînements touchait à sa fin pour laisser place à celui ô combien plus dangereux mais gratifiant du sang versé.

« Je suis d’accord avec toi, ce conflit contre les pirates ne nous concerne pas, et moi aussi j’aurais été heureux de les laisser s’entredéchirer pendant que nous aurions lancé des assauts sur le Bief. Je suis même allé proposer en personne à notre Prince de mener les premières expéditions en terrain ennemi pour ouvrir la voie à une véritable armée. »

La visite des Uller à Lancehélion avait été plus que brève et officieuse, aussi seules les personnes les mieux informées savaient-elles en quoi cette entrevue avait réellement consisté, information qu’il avait lui-même laissé filtré en de rares occasions depuis mais pas au point que tous fussent au courant.

« Il nous l’a refusé, jamais il n’acceptera de mener la moindre action contre le Trône de Fer, et ce tant qu’il vivra a-t-il dit. Mais nous avons d’autres moyens, nos choix ne se limitent pas aux Martell ou aux Ferboys seuls. Si nous devons nous scinder ce sera sur nos valeurs et rien d’autres. La façon dont nous obtiendrons notre indépendance importe tout autant que son acquisition elle-même. »

L’une de ses mains s’égara sur le plateau de cyvosse qui n’avait pas bougé depuis tout ce temps. Rennifer ressentait le besoin irrépressible de l’envoyer voler contre un mur, pour la simple joie de détruire, pour se défouler, pour être un Uller. Mais par respect pour feu son père il retint sa hargne et poursuivit.

« Dorne appartient aux Martell et il devra toujours en être ainsi car nos ancêtres les ont choisis pour nous diriger. Si les Ferboys m’offraient notre liberté avec des moyens infaillibles je la refuserais pour la simple et bonne raison que leurs motivations ne concernent au final que leur propre intérêt. Mais nous pouvons honorer notre fidélité et combattre l’ennemi malgré tout, Daärim. Que ses vassaux se présentent devant lui pour lui réclamer une guerre et Maron n’aura d’autre choix que de plier. Voilà pourquoi je me suis rendu aux Météores, et voilà pourquoi je vais avoir besoin de ton aide. »

Une bourrasque plus forte que les autres parvint à souffler l’une des torches près de la fenêtre sans que celle-ci fût entièrement consumée. Le vieil homme se releva et alla ranimer le feu près d’un brasero, pour que jamais Denfert ne s’éteigne.

« Mais avant de poursuivre, il va te falloir m’en dire davantage. Je ne suis revenu sur mon domaine qu’il y a peu et j’ignore quels évènements ont bien pu se dérouler dans les Terres de l’Orage pour que nous daignions nous y intéresser plus longtemps qu’un battement de cœur. »

Il revint vers lui, affichant cette détermination courroucée que seules des décennies de haine bouillonnante lui avaient inculquée.

« Et surtout, il va falloir m’expliquer quel danger ta sœur représente pour notre cause. »
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Message Mar 20 Nov 2012 - 15:44

Il était étonnant de se rendre compte que pour un partisan de la solidarité familiale, la personne vers qui son désir de sécurité et d'éclairement se penchait n'était lié que sentimentalement à lui-même et non par le sang. Son père ne pouvait entendre ses propos, cet homme dont il tirait son éducation et pourtant désormais n'était plus que l'emblème de leur maison partagé entre ses obligations de fief vassal, la manipulation sournoise de sa fille et le désir d'indépendance de son fils. Prendre parti ? Daärim ne pouvait lui imposer une telle chose et pourtant son souhait implicite tendrait vers une perspective d'accord entre son représentant paternel. Mais les temps à Dorne étaient difficile pour tout le monde, les aînés n'étaient pas épargnés, encore moins quand le déchirement interne provenait de ses propres enfants. Des jumeaux. Ce lien sacré était le plus profond que l'on pouvait trouver dans une lignée or sa soeur et lui-même mettait à mal cette tendance en s'anéantissant mutuellement avec force et conviction. La souffrance était bien plus présente chez lui, cette connaissance était évidente dans son esprit mais peut-être que sa jumelle n'avait en réalité jamais eu de sentiments sincères envers lui. Au fond, leur discussion n'avait jamais abordé ce thème, simplement parce que le doute n'existait pas avant qu'elle tente de le faire disparaître. Cet acte avait aboli toute barrière à la bienséance entre eux entraînait de la haine virulente et agressive qu'il ne freinait que modérément . Ce fardeau était déjà lourd, les conflits de son peuple rajoutés n'étaient que davantage de problèmes dont il ne pouvait faire fi pour le futur de Dorne. Future dont l'issue ne lui apparaissait pas comme glorieuse. Cette pensée l'effrayait. Comment pourrait-il vivre dans une contrée dépendante du Nord ? Supporterait-il de devoir répondre au moins désir d'une alliance à laquelle ses principes ne correspondaient pas ? Et si sa jumelle prenait le pas sur La-Tombe-du-Roy de manière définitive, qu'adviendrait-il de lui ? Son impuissance lui faisait remettre en question sa place au sein de son domaine. Questionnement personnel important qui forcément selon la réponse avait des répercussions sur ses actes à venir. Une confusion intime qu'il ne partageait avec personne.

Rennifer ne l'avait pas coupé pendant son discours. L'écoute avait été attentive, pas une fois il avait cherché à l'arrêter ou encore le faire s'expliquer. Son discours n'avait été interrompu que par lui-même et cette façon de faire avait pu d'une certaine manière débuter l'apaisement d'avoir enfin tout sorti, en vrac et sans chronologie, mais tout était abordé, il suffisait désormais de démêler. Si seulement cela était possible. Son attente était immense, peut-être Rennifer n'aurait-il pas toutes les réponses. Mais lui offrir une trame claire de réflexion serait déjà d'un grand secours. Obtenir son avis qui ne tournait jamais autour du pot, qui serait direct et réfléchi. Ce besoin était imminent et désormais son assise reprise, il était totalement disposé à l'écouter à son tour. Ses excuses avaient était balayées ce qui exprimait une compréhension de la part de Rennifer, et déjà rien que cela avait entraîné un apaisement. Se sentir compris était une étape importante pour permettre un discours approfondi. Aux premières paroles, son aîné commença par aborder cette guère contre les îles de Fer dont la participation ne semblait pas être son choix premier. Il semblait bien plus disposé à prendre avantage de cet événement nordien pour établir une main mise tout d'abord sur le Bief, première étape à une croissance de leur trouve et un épanouissement de leur dominance. Daärim n'avait bien évidemment pas été au courant de cette intervention des Uller auprès de leur Prince, prenant donc connaissance de ce fait, il voyait une pensée similaire avec celle qu'il avait lui-même formulé en dernier. Mais là où lui ce plan avait été impulsif et irréfléchi, le sérieux était marqué sur le visage de son aîné lui montrant que c'était l'opposé pour ce dernier. Apprendre que Maron avait refusé ne fut pas une surprise. Cet homme s'investissait tellement dans des compromis avec les autres contrées de Westeros que bien évidemment son souhait n'était pas de tout détruire par la suite avec une guerre ouverte provoquée par son peuple. Par contre, parler ainsi d'une séparation possible entre les maisons qui suivront le Prince et les autres le surpris. L'idée que Rennifer en vienne à cet ultimatum lui fit entrevoir un présage de mauvaise augure. Le souvenir de leur première conversation d'homme à homme dans le désert lors de sa première chevauchée en sa compagnie lui revenait parfaitement en mémoire. Ainsi, ses dires de l'époque sous entendaient parfaitement que trahir leur Prince n'était pas une option. Les temps avaient bien changé en quelques années puisque maintenant chaque maison s'évertuait à rallier à elle d'autres pour correspondre à leurs attentes. Il ne se permit cependant pas d'intervenir observant simplement son aîné alors que ses propos étaient conjugués d'une pause songeuse.

La suite vint briser le silence et malheureusement apporter une information qui confirmait ce qu'il pensait : allier Uller et Ferboys allaient être difficile. Cependant, malgré ce que croyait Rennifer, pour le coup Edarra souhaitait également trouver Maron pour qu'une guerre soit réalisée, non pas au Bief cependant mais sur les Terres de l'Orage d'abord... Chaque maison avait ces tendances qui se ressemblaient tout en allant dans des versions opposées... Comment trouver un accord alors que chacun ne souhaitait pas faire de concessions? Avoir besoin de son aide. Pouvait-il vraiment aider qui que ce soit dans cette pagaille ? Son regard observa un point de la pièce alors que le vent faisait des siennes en atténuant la luminosité déjà réduite par la nuitée. Rennifer se leva pour rétablir la clarté comme il tentait de le faire dans l'esprit de son disciple. La demande qui suivit intervertissait les rôles. C'était à son tour d'apporter de la lumière sur ses propos. Rennifer était revenu au domaine il y a peu, ce qu'il ignorait, par conséquent effectivement ses connaissances étaient amoindries par son absence. Son regard se tourna vers l'homme quand il reprit place à ses côtés et le regard qui lui était adressé suggérait qu'à l'image de son amie Ferboys, sa soeur était crainte. Le silence s'imposa de lui-même à la fin des paroles de Rennifer. Se laissant aller contre le dossier de sa chaise, il observa un instant une des lumières de la pièce avant d'observer son aîné et de reprendre la parole.

"Quel danger représente Ismaëlle ? Sachez qu'il est toujours aussi imminent voire même davantage avec le temps. Elle prend de l'ampleur et ce même dans ma maison. Comme si son alliance avec le Prince ne suffisait pas, elle y ajoute des connaissances du nord et pour le moment, ses fréquentations au sein même de Dorne s'orientent fortement vers la maison Dayne. Vous savez tout comme moi que ce n'est pas un atout à notre cause car cette maison est encore bien plus fidèle à Maron que nous ne le serons jamais. Enfin pour ma part."

Son regard s'était durci au fur et à mesure que ses propos quittaient ses lèvres. Avouer cette main mise de sa soeur lui écorchait la bouche et lui donnait un goût amer d'impuissance et de faiblesse. après une courte pause il reprit.

"Elle est toujours aussi douée pour manipuler. Alors avoir le soutien du Prince ainsi que d'Oberyn dont la maison est une des plus importantes également, vous imaginez que forcément ça ne contribue pas à me réjouir."


Ses poings se serrèrent faisant blanchir ses jointures. Oberyn, ami d'enfance, qu'il était venu à déprécier au même titre que sa soeur. Une farouche envie de la frapper était en train de l'envahir. La dominer physiquement s'imposait dans son esprit avec force et agressivité et contenir toute cette tension haineuse demandait un travail important qui nécessitait qu'il reste un temps silencieux. Ses ongles enfoncés dans sa chair le meurtrissaient tentant d'apaiser cette soif combattive. Observant une flamme dansante au bout de sa mèche l'aida lentement et alors que ses doigts se desserraient lentement son regard chercha à retrouver celui de son aîné pour poursuivre la conversation.

"Concernant les Terres de l'Orage, il est question de l'attaque émise envers Edarra Ferboys. Comme vous devez le savoir, elle s'est rendue dans le nord et plus particulièrement dans le Conflans suite à un ordre de son Oncle pour le mariage d'un Lord mais apparemment, ce n'était qu'une couverture pour la réunion de rebelles au trôner de Fer. En l'occurrence rien qui nous concerne, cependant, lors de son voyage de retour, elle s'est faite attaquée sur les Terres de l'Orage par des assaillants qui prétendaient suivre les ordre de notre bien-aimé ..." et ce mot était d'une ironique marquée "...Prince. Bien évidemment, cela est faux comme nous le savons tous, Edarra compris, néanmoins elle cherche du soutien pour faire pression sur Maron et obtenir qu'il se mette en "guerre" contre les Terres de l'Orage pour rétablir justice. Et bien sûr cela serait un atout pour nous dans la quête de l'indépendance." Marquant une pause, celle-ci permit de remettre en ordre toutes les informations datant de quelques jours seulement quand il s'était rendu au chevet de son amie. Après quelques instants, son timbre reprit place dans le silence. "Je vous avoue que je n'ai pas la moindre idée d'où vient l'attaque. Pour ma part, cela ne correspond pas à une tactique des Terres de l'Orage et justement que le Prince tente de s'allier au Nord, ils n'auraient pas d'intérêt à nous affaiblir, cependant, Edarra suspecte quand même une manoeuvre de main mise sur leur maison si elle avait été davantage atteinte pour ouvrir un passage vers notre contrée. Blessée actuellement, elle se rétablit, mais par la suite elle va tenter de plaidoyer son idée auprès de Maron pour obtenir satisfaction. Elle souhaiterait le soutien des maisons Uller et Forrest."

L'information était passée, être clair lui paraissait bien plus judicieux pour obtenir un avis éclairé et réfléchi sur la question. Au fond, elle tentait réellement de réaliser la même performance que Rennifer excepté que lui souhaitait s'attaquer au Bief et elle aux Terres de l'Orage. Laissant le silence s'aventurer entre les deux hommes le temps que la réflexion s'insinue dans l'esprit de son ami, son regard observa ce dernier pour tenter de déceler ses pensées sur le sujet. Un sujet épineux et étrange, teinté d'incompréhension sous certaines coutures et pourtant, n'était-il pas utile de trouver justement alliance dans toutes maisons possibles plutôt que de rejeter certaines, ayant un but commun, mais dont les principes différaient peut-être sur le fond ? Son questionnement restait en suspend et les réponses qu'il cherchait n'avait pas encore trouvé échos dans les propos de son aîné. Brisant le silence, son avis fut émis après l'exposition des faits.

"Rennifer, ne serait-ce pas utile d'appuyer Edarra dans son projet ? Je reconnais que les données manquantes ne permettent pas une réflexion totale mais les faits sont là. Elle a été attaquée par des personnes revendiquant obéir à notre Prince. Celui-ci ne peut pas rester sans rien faire... Edarra aurait pu mourir en son nom. Les conséquences internes auraient été fameuses. Une riposte est nécessaire. Par la suite, la maison Ferboys pourrait appuyer votre quête combattive dans le Bief. Bien que vous ne souhaiter par les mêler dans cette tentative, sommes nous vraiment dans la possibilité de renier des maisons qui nourrissent le même dessein final que nous, à savoir l'indépendance de Dorne ? Les tensions internes sont déjà assez importantes pour que chaque maison agisse en son nom propre de son côté." Marquant une nouvelle pause le temps que ses idées fassent leur trajet dans l'esprit de son aîné, il reprit ensuite. "Je ne souhaite pas vous diriger. Vous savez que je n'émets qu'une piste de réflexion pour notre discussion. Obtenir votre avis m'importe impérativement. Mais l'alliance des maisons devraient primer sur les perspectives personnelles, selon moi. " Un soupir traversa ses lèvres, discrètement."Cependant, je ne suis pas de ceux qui ont la tête et l'intelligence d'engendrer des réflexions poussées. C'est malheureusement l'apanage de ma jumelle. Ma confusion est telle que les portes de sortie à tous ces conflits m'apparaissent floutées et parfois tentent à disparaître."

Nouvelle pause, nouvelle observation d'une flamme. Ces réflexions le fatiguaient psychologiquement. Sa maîtrise était combattive, belliqueuse, ou ciblée sur ses rapaces. Que n'enviait-il pas Dashkar parfois qui s'envolait dans le ciel, loin de tout ce remue ménage terrestre. Il ne lui était cependant pas possible d'échapper à tout ça pour l'instant, et encore davantage il devait même s'impliquer plus profondément. Le temps l'envenimait dans un poison politique qui les pourrissait tous. Les premiers qui débuteraient la rébellion mettrait un terme à Dorne dans le souvenir uni qu'il en avait. Le vent tournait, les bourrasques allaient bientôt entamer des ravages. Jusqu'où tout ça allait-il aller ? Son regard légèrement vide se tourna vers son aîné avant qu'il ne reprenne contenance, son égarement furtif déjà loin.

"Mais dites moi, vous avez parler d'une aide que je pourrais vous fournir. A quel sujet ?"
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Message Ven 23 Nov 2012 - 21:26

Si le terme de catastrophe n’était pas encore le plus approprié pour décrire les nouvelles apportées par son jeune ami, Rennifer prit bien vite conscience que cela ne saurait tarder. Ismaëlle s’acoquinant avec les Dayne tout en affichant clairement son affection pour le Nord en plus de sa proximité avec le prince ? Il s’agissait là d’un des pires scénarios envisageables pour qui désirait relancer les hostilités contre la Couronne, un nouvel obstacle qui rapprochait leur pays de l’abime du déchirement interne et de l’asservissement prolongé. Ses innombrables consultations des vieilles cartes de la région sableuse revinrent rapidement en tête au vieil homme : Si l’ainée de la fratrie Forrest venait à définitivement prendre le pouvoir à la Tombe-du-Roy sans changer ses positions alors la Passe-du-Prince toute entière leur serait fermée, jamais les Poulet si attachés à Lancehélion ne prendrait part à sa tentative de forcer la main à leur Suzerain. Si à cela l’on ajoutait les Dayne et leur opinion a priori irrécupérable quant aux combats méritant d’être menés alors l’essentiel des montagnes se fermait à une tentative d’invasion, Rennifer ne connaissait que trop peu les Noirmont pour avoir déjà une idée de leur réaction s’il venait leur demander une alliance. Tout cela ne laissait plus que…

Les Ferboys. Les traitres, les fourbes, les charognards courant après des miettes de pouvoir pour s’en rassasier jusqu’à s’en exploser la panse. Etait-ce à cela que les Uller se voyaient réduits ? Quémander l’appui d’une Maison indigne pour qu’elle les laisse emprunter une voie ne conduisant même pas à l’objectif ciblé ? Jamais, jamais le vieil homme ne laisserait le sang de son sang s’abaisser à une telle manœuvre, leur victoire devait se faire sans que les Ferboys soient considérés comme les meneurs de l’opération. Le lancier ne se considérait pas comme un traître et refusait que les générations futures voient une glorieuse libération rabaissée au rang de petite rébellion de la part de vassaux mécontents. Il lui fallait réfléchir, et vite. Le vieux Lord Forrest comptait parmi les Dorniens que Rennifer estimait, un exemple pour ce qui était du respect des valeurs et un compatriote juste, mais tout comme lui l’âge commençait à réclamer son dû. Par le désert comme le temps pouvait leur manquer, s’il n’avait pas attendu si aveuglément durant toutes ces années… Sans seigneur des montagnes s’y ralliant toute l’opération tomberait à l’eau, aussi étonnant que cela pouvait paraitre une bonne partie de leurs espoirs reposait désormais sur les épaules de Daärim, pour peu qu’il accepte la proposition du Uller. Alors que son camarade marquait une pause dans ses paroles, il glissa :


« Oberyn Dayne est encore trop jeune et influençable pour comprendre son rôle de futur seigneur Dornien, cela le rend aveugle aux vraies priorités. Que lui et ta sœur se soient rapprochés ne m’enchante pas, Daärim, loin de là. »

Edarra ? Victime d’une attaque en territoire ennemi ? Voilà qui s’avérait surprenant. Sa présence à une réunion de traîtres l’était beaucoup moins, voilà tout ce qu’il y avait à attendre de cette lignée, pour atteindre les plus hautes marches ils n’hésitaient pas à s’associer à des étrangers. Pitoyable, vraiment pitoyable. Rennifer non plus ne crût pas un seul instant que l’embuscade fut l’œuvre de Maron Nymeros Martell, l’on pouvait trouver bon nombre de défauts à leur Prince –nombre qui ne cessait d’aller croissant depuis peu dans l’esprit du guerrier acariâtre- mais jamais il n’aurait commandité une manœuvre aussi simplette et lâche. Il n’aurait rien eu à y gagner, particulièrement quand la Maison qui se voulait sa rivale se trouvait dans la fâcheuse posture de traître probable contre le Trône de fer. De toute façon le Uller se moquait bien de l’identité du commanditaire, ou même que cela soit l’œuvre de la propre famille de la jeune Ferboys pour l’évincer, la seule véritable information à retenir était que l’on voulait réclamer vengeance, mais pas contre le bon ennemi.

Evidemment qu’elle voulait le soutien des Uller, leurs politesses auprès de son neveu Luan s’étaient chargées de le lui démontrer assez souvent pour que Rennifer réalise l’appétit de la Maison traitresse pour les troupes que le désert pouvait lui fournir. Une telle chose était bien sûr hors de question mais cette fois le lancier laissa Daärim aller jusqu’au bout de sa pensée.

Décidément son ami nageait en pleine confusion, sa fougue et sa jeunesse lui rendait insupportable une telle situation et cela le vieil homme le comprenait parfaitement. Si lui-même s’était retrouvé dans la même situation il aurait sans doute déjà perdu son calme au point de mener une troupe à l’assaut sans consulter personne au préalable. Soutenir Edarra pour qu’en retour elle apporte son appui à ses propres projets pouvait paraître logique, voire bien plus raisonnable que ce qu’il avait prévu, mais Rennifer avait conscience que s’il faisait une telle chose ils ne feraient tous que s’enliser pour au final ne jamais obtenir aucune des deux guerres désirées. Qu’ils se présentent devant le Prince et on leur rétorquerait que le lieu de l’attaque ne prouvait en rien que les vantards bouffis de l’Orage avaient quelque chose à y voir et que cela n’en valait donc pas la peine. Puis les deux camps perdraient en vain leur temps à chercher des preuves réelles ou non de leur bonne foi, et ce pendant des lunes jusqu’à ce que l’affaire soit oubliée et que toute nouvelle tentative de soulever le pays paraisse désuète.

Lorsque Daärim lui demanda finalement ce qu’il entendait par « l’aider », Rennifer resta quelques instants silencieux, à contempler ce plateau de Cyvosse dont la raison d’être lui paraissait plus ridicule à chaque seconde. Puis finalement il répondit :

« Sommes-nous dans la possibilité de priver notre cause du soutien des Ferboys, dis-tu ? Si nous voulons l’emporter facilement probablement pas, non. Si nous voulons gagner notre indépendance sans renier la mémoire de nos ancêtres en même temps que nos principes, nous en avons le devoir. Aujourd’hui leur poids diplomatique parait alléchant, et demain celui de pirates ou de mercenaires de l’autre continent le paraitra aussi. Si nous commençons à nous rabaisser de la sorte nous finirons par devenir exactement comme ceux que nous désirons combattre, des lâches qui sautent sur la solution de facilité. Voilà pourquoi je ne soutiendrai pas Edarra dans sa tentative de vengeance, ce combat est le sien seul, pas celui de Dorne. »

Il reprit une profonde respiration, tâchant de trouver les bons mots pour convaincre son jeune ami sans heurter sa fierté. Non pas qu’il se souciait de perdre un allié de plus, mais parce qu’il appréciait le Forrest et le considérait comme l’un des futurs piliers de ce pays.

« L’alliance des Maisons que les Ferboys te suggèrent n’est tournée que vers leurs perspectives personnelles. Crois-tu vraiment qu’ils désirent réclamer le prix du sang pour la blessure de l’une des leurs ou plutôt s’afficher comme des meneurs viables aux yeux des autres vassaux de Lancehélion ? Nous ne gagnerions rien à ce combat, quand bien même nos principes ne s’y opposeraient pas. »

Rennifer aurait presque ri de sa propre situation tant elle semblait incongrue à bien y réfléchir. Lui, prônant d’une certaine façon la tempérance et refusant de combattre. Avec trente ans de moins il aurait sans doute demandé à mener la première charge sur les Terres de l’Orage. Peut-être le temps avait finalement réussi à le ramollir, peut-être qu’au contraire il l’avait assagi, le Uller n’en savait rien mais était certain que la voie qu’il avait choisie représentait la meilleure option à tout point de vue.

« Tout comme Oberyn Dayne tu es jeune, Daärim, mais la Mère-Rivière soit louée tu as la tête sur les épaules en plus de savoir te battre. Il nous faut agir, tu as raison. Mais à l’appel des Ferboys je vais te proposer une alternative qui à mon sens est bien meilleure. Nous devons réunir le plus de Seigneurs et Dames de Dorne, les rallier à notre cause pour que tous ensemble nous allions réclamer au Prince cette guerre contre le Bief. Plus nous serons nombreux et moins il pourra nous ignorer. Ainsi notre fidélité demeurera et nous pourrons nous diriger vers notre indépendance sans nous entredéchirer. Maron n’est pas le Suzerain dont nous avons besoin mais il nous est toujours possible de lui forcer la main si nous nous y prenons bien. »

De l’autre côté de la porte Rennifer entendit le bruit de plusieurs paires de pieds nus arpentant les dalles. Les servantes de la forteresse s’attelaient déjà au ménage avant que les nobles habitants ne se réveillent, signe que l’aube apparaitrait d’ici quelques heures.

« Je ne te cache pas que si tu acceptes ton rôle sera des plus importants, voire vital pour l’ensemble de notre plan. J’ai besoin que tu convaincs ton père de se joindre à nous, c’est un homme raisonnable et jusqu’à preuve du contraire il dirige toujours la Tombe-du-Roy. Nous aurons besoin de lui et de tous les soutiens possibles à l’exception des Traitres. J’ai besoin que tu ailles à la rencontre des Lords des montagnes, que tu leur fasses comprendre quel est leur devoir pendant que moi et Anissa seront sur ces Îles de fer. »

Apprendre que Rennifer et sa fille allaient prendre part à cette guerre contre les pirates du Nord devait surement surprendre le Forrest alors que le Uller avait lui-même avoué que les troupes de Dorne n’avaient rien à voir avec ce conflit. Mais chaque chose en son temps, tout d’abord le lancier devait faire de son mieux pour ôter à son ami toute envie de s’associer aux Ferboys et à leur fourberie.

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Message Mar 27 Nov 2012 - 12:51

Oberyn et Ismaëlle rassemblés ne pouvait que provoquer désenchantement évident. Que Rennifer le souligne n'était pas nécessaire, lui-même l'avait fait dans ses propres propos. Aussi était-il par conséquent l'initiateur de cette vérité. Il avait été le premier à le concevoir en apprenant et observant de loin un tel phénomène. La fidélité liée à la manipulation. Le mélange n'était guère intéressant pour leur but commun qu'était l'indépendance. Oberyn avait des valeurs qui méritaient une estime digne de sa personne, néanmoins, l'orientation que son chemin prenait n'était pas le bon à ses yeux. Un potentiel gâché vers des desseins qui n'étaient pas favorable à leur contrée. Sa soeur ne faisait qu'ancrer davantage cette vision dans la tête de ce dornien. Ses capacités à rallier les gens à sa cause dépassait l'entendement. Quoi qu'il fasse, où qu'il aille, et peu importe à qui il parlait, sa présence hantait son esprit. C'était bien pour cette raison qu'Anissa était un échappatoire plus que nécessaire : les moments passés avec elle oblitéraient totalement l'existence de sa jumelle. Ensemble, parler de politique n'était pas de mise. Le sexe et la chasse étaient devenus leurs occupations favorites et nier que ces actes brutes, irréfléchis, instinctifs et bestiaux évacuaient tout ce qui s'emmagasinait sans fin en lui serait parfaitement ridicule et n'apporterait strictement rien. Avoir la connaissance de ce qui l'apaisait et le soulageait était bien plus nécessaire dans cette période sombre pour pouvoir continuer. Parfois, tout comme son familier, il rêvait de s'échapper et rester dans le ciel loin de tout ça, où dans le désert exempt de toute civilisation et conflits politiques. Facilité certes qui pourrait s'apparenter à de la lâcheté, la conscience de cette possibilité lui apparaissait nettement. Mais errer dans l'actualité sans pouvoir obtenir satisfaction sur ses actes était-il meilleur ? Tenter de s'y retrouver dans la noirceur des desseins ciblés et égoïstes qu'on lui exposait constamment n'était pas salvateur. Lui aussi aspirait à de l'égocentrisme mais cela lui était totalement impossible simplement parce qu'il n'avait jamais existé que pour lui-même. La famille, la contrée, la fidélité le poussaient constamment à cibler ses actes sur les personnes croisées et vivantes à ses côtés. Penser qu'à lui n'exposait qu'un détachement de toute cette affaire, et c'était irréalisable pour l'instant.

Toutes ces pensées s'étaient totalement arrêtées quand son attention était ciblée sur son aîné dont il avait quémandé l'explication de l'aide qu'il avait précédemment demandée. Néanmoins, les premiers propos rapportés par Rennifer le renvoyèrent à une lassitude interne qu'il ne comptait guère exprimer en face de l'imposant dornien. Ainsi, de nouveau, dans un but simplement personnel, le rejet d'une entraide était annoncée. Si Rennifer ne suivait pas Edarra, son père ne le ferait pas non plus et l'impasse s'avérait beaucoup plus présente que ce qui n'avait pensé. Ainsi personne n'apporterait de l'aide aux Ferboys ? Simplement à la suite d'une croyance populaire d'un dessein propre qui ne convenait pas à certains ? Mais chaque maison affichait cette méthode. Lorsqu'il s'agissait d'avancer et de prendre le pouvoir, chacune laissait entrevoir des avantages personnels que nier ne leur était plus possible de faire. Et même si le but était de se faire valoir comme nouveau dirigeant de Dorne, en quoi cela posait-il problème ? L'appartenance aux Martell était évidente, mais si le Prince ne satisfaisait pas son peuple, devait-on le laisser à sa place simplement par respect pour des moeurs trop longtemps pratiquées ? Le respect engendré pour des coutumes ancestrales était à ses yeux naturels. Comme l'était la croyance envers la Mère-Rivière qu'il comprenait mais ne pratiquait pas. Mais leur continuité était-elle constamment justifiée ? Le monde avançait et ce qui avait été créé à une époque ne pouvait être compatible en tout temps. Evoluer impliquait le changement. La fidélité envers sa contrée était pourtant un élément primordial à sa vie et à sa façon de faire. Mais rien n'était infaillible et au vu des entêtements constants qu'il n'avait cesse d'entrevoir, il était prêt à revoir son jugement. Néanmoins, respectant le temps de parole de son aîné et attendant d'avoir toutes les informations pour s'aventurer sur le domaine de la parole, son silence resta le maître mot du moment.

Un sourire ironique à peine perceptible s'établit sur ses lèvres une fois qu'il comprit le plan de son aîné. En réalité, et comme il avait déjà auparavant pu le cerner, celui-ci était la copie du plan d'Edarra, mais pour une attaque dans le Bief plutôt que sur les Terres de l'Orage. La seule différence, c'est qu'aucune preuve valable ne défendait une attaque que le Bief, contrairement à l'attaque réalisée sur les Terres de l'Orage qui elle avait bel et bien existée. Ce qui l'amusa par dessus tout était les attentes que l'on avait envers lui, strictement identiques que ce soit de la part de Rennifer ou d'Edarra. Ainsi, être le porte parole d'une révolution lui incombait de toute part. D'où venait cette confiance irréprochable en ses capacités ? Bien sûr, la valorisation qui ressortait de telles requêtes n'était pas oubliée. Mais lui qui cherchait une ligne directrice pour se repaitre d'un désarrois évident, les profondeurs dans lesquelles il espérait sortir le cernaient davantage encore. N'y avait-il aucune porte de sortie possible ? Pour Edarra, convaincre les figures emblématiques de la maison Uller et Forrest devait être réalisé par ses soins pour une guerre. Pour Rennifer, convaincre les figures emblématiques de sa maison et des maisons dans les Osseux devait être réalisé par ses soins pour une guerre également. Le territoire différait et la cause également. Mais aucun des deux partis ne répondait à ses attentes à lui : tout ceci allait-il vraiment les mener vers l'indépendance ou était-ce simplement des souhaits personnels pour répondre à des pulsions trop longtemps conservées ? Vint alors une information à laquelle il n'était pas préparé et son regard se tourna vivement vers le concerné avec une incompréhension évidente dans le regard. Les îles de Fer ?

"Quoi ? Anissa et vous allez participer à cette guerre ? Guerre où nous n'avons strictement pas notre place vous l'avez dit vous-même ! "

L'incompréhension la plus totale s'insinuait dans ses veines telle un liquide d'une froideur incontrôlable. Quelle était que cette histoire ? Pourquoi une telle contradiction ? Pourquoi alors que le souhait était une guerre contre le Bief et que l'indépendance de Dorne impliquait forcément une absence de participation avec les peuplades nordiques ! Bien malgré lui, le regard adressé à Rennifer se durcit. Se foutait-on de lui à ce point ? Sa jeunesse était-il une excuse à la fourberie de toute part qu'on lançait aisément sur sa personne ? Edarra, alitée, lâchant maintes espoirs sur sa personne pour rallier des dorniens à sa cause, et Rennifer, qui en faisait tout autant, mais qui pendant ce temps allait batailler contre des étrangers dont l'intérêt était inexistant. Une mascarade. Tout n'était que mascarade où chaque camp agissait dans son intérêt propre sans même s'intéresser à la logique de leurs actes. Avant même sa conscience, ses poings s'étaient serrées à s'en meurtrir la peau sous une rage qu'il tentait aussi vainement que possible à maîtriser alors que de la trahison semblait lui exposée devant lui. Son regard se détourna pour observer une flamme. Apaisement... Maturité.... Empêcher l'impulsivité d'envoyer valser le fameux plat à portée de main. Démolir cette table, y enfoncer ses poings avec virulence, agressivité, rage et perdition. Tout lui échappait. Le discernement de ce qui était bon, mauvais, juste, logique, et nécessaire disparaissait à vue de nez. N'y tenant plus, son assise fut dérobée au prix d'une démarche agressive et de pas nécessaire à une tentative de maîtrise totalement décalée. Un instant s'écoula où arpenter la pièce était la seule occupation viable. Si son aîné n'avait pas été Rennifer, une personne pour qui son estime était immense, son départ aurait été précipité et la discussion close. S'arrêtant enfin, la gorge nouée mais la mâchoire moins crispée, la parole reprit place.

"Je ne vous comprends pas." avoua-t-il avec l'honnêteté caractéristique de sa personne. Son regard reprit place dans les prunelles assombries par l'éclaircissement tamisé de la pièce. "Pourquoi ? Qu'est ce que cette guerre contre les Fer-nés nous apportera ? Vous êtes juste en train de sceller les relations avec le nord en les aidant." Une pause fut nécessaire à ces propos un brin accusateur. Pour la première fois, une opposition verbale de cette envergure se trouvait entre eux. Pourtant, cela n'insinuait pas qu'il était incapable d'entendre une justification, son espoir était d'ailleurs que celle-ci soit assez forte pour apaisement sa colère. Recommençant une démarche nécessaire à sa réflexion mais néanmoins plus délicate que la précédente, il reprit la parole pour revenir sur le reste également. "Et puis, ce que vous attendez de moi, c'est exactement la même chose que ce que les Ferboys attendent de moi. Vous voulez tout deux des guerres. Edarra contre les Terres de l'Orage mais avec une justification, une attaque subie et qui l'a meurtrie. Et vous, contre le Bief, mais nous n'avons pour l'instant aucune raison d'aller guerroyer contre eux. Même si je parvenais à rallier des maisons à notre cause, Maron Martell n'approuvera jamais. Peu importe combien nous sommes il reste le Prince et la pression que nous engendrerons ne le fera jamais plier alors qu'il s'évertue à s'allier au nord. Lui forcer la main ? Alors que son peuple accepte d'aller se battre contre les ennemis du nord ? C'est totalement incohérent." Une nouvelle pause se fit, nécessaire. Mais il n'avait pas fini et il comptait bien le faire entendre. "Combattre avec le Nord oui, combattre avec les nôtres non ? Rennifer... Les Ferboys ont leurs torts, leurs principes, leurs attentes. Mais se battre avec eux ne veut pas dire les accepter comme maison dominante de Dorne. JE reconnais totalement les défauts de leurs actes parfois totalement répréhensibles, mais pour le moment aucune maison ne mérite d'être valorisée. Nous sommes simplement en train de créer des conflits internes et notre Dorne, notre contrée que nous voulons tellement indépendante, nous sommes en train de la détruire en nous tirant dans les jambes. Aller contre nos ancêtres ? Mais vous pensez que nos ancêtres estiment qu'à l'heure actuelle on répond à leurs attentes et à tout ce qu'ils ont créé ? Je ne pense pas. En réalité, nous sommes tous en train de nous perdre. Je pensais être le seul confus... Mais en réalité nous allons simplement tous vers notre perte."

Rêver d'espoir. Combien de fois ne s'était-il pas dit ces derniers temps que la libération devait exister quelque part ? Cela était impossible et lentement et de manière insidieuse, la compréhension de se phénomène pourrissait son sang dornien qu'il chérissait temps. Où était la fierté exemplaire de son peuple ? Le désespoir seul persistait. Un soupire s'extirpa de ses lèvres alors que sa position initiale fut reprise, reposant son corps sur une chaise. Sa main passa sur son visage et ses yeux, camouflant ses iris océanes où l'habituelle lueur d'une jeunesse vivante frémissait constamment alors qu'actuellement, elle était simplement éteinte.

"Excusez moi...Je vais trop loin dans mes propos."


Conscient qu'il venait peut-être de manquer totalement de respect à son aîné, la personne qui l'avait accueillit à une heure aussi tardive et qui acceptait de répondre à ses questionnements et lui exposer ses intentions sans retenue, alors que des propos proches de l'insulte avaient franchi ses lèvres. Etre dénoué de sentiments auraient été salvateur. Suivre les ordres, ne pas réfléchir, obéir sans même se retourner, être un guerrier à la solde d'une plus grande puissance, cela à ce moment lui aurait totalement convenu. Mais il était un noble, second d'une maison vassale faisant partie des plus importantes de Dorne, dont le devoir était d'évincer sa soeur et de prendre la place de son père à la tête de sa maison. Quelle plaie...
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Message Sam 1 Déc 2012 - 20:05

En voyant la réaction de son jeune ami Rennifer eut plus que jamais conscience des différences de caractère évidentes qui existaient d’une Maison à l’autre. Que l’on eut tenu le même discours à un Uller, avec la même maladresse dans la façon de présenter ses propos et ses idées, le concerné aurait tempêté et détruit tout ce qui lui passait sous la main. Si le Forrest réagit avec autant de surprise et de colère que ce que l’on aurait pu attendre chez un être humain normal, cela ne manqua tout de même pas de contrarier le vieux lancier. Son camarade guerrier se retenait en sa présence de la même manière qu’il avait si longtemps contenu sa rage au sein de sa demeure avant de venir à Denfert, quel genre de conseils Rennifer pouvait-il bien lui offrir si la même distance persistait entre eux deux ? Concerné, le Uller laissa la parole à Daärim pour quelques instants, espérant qu’il aille jusqu’au fond de sa pensée avec la fougue toute dornienne qui caractérisait leur peuple.

Hélas ses attentes ne furent que peu ou pas comblées, à cause sans doute du respect qu’il avait pour leur différence d’âge le noble aux yeux bleus retenaient certains coups que le guerrier acariâtre n’aurait quant à lui pas hésité à porter. Que son plan fut comparé et même assimilé à celui des Ferboys l’agaça tant à ses yeux la différence était criante : l’un servait le déchirement interne que le Forrest redoutait tant, l’autre risquait de l’entrainer mais pourrait leur rendre leur liberté s’il venait à réussir. L’un servait à établir une réputation tandis que l’autre débutait franchement les hostilités contre le nord tant méprisé. L’un ne tenait que de la rébellion pure et simple tandis que l’autre assurait le maintien de leurs traditions. Mais il fallait que colère, même tiède, se passe, et Rennifer demeura stoïque tout du long.

Lorsque cela fut terminé le vieil homme prit conscience de toute la lassitude de son disciple et réalisa immédiatement ce qu’il devait faire pour remplacer ce désespoir latent par une haine salvatrice. Tout plutôt que la résignation, il lui revenait d’extirper Daärim de cette mauvaise pente avant d’essayer de le convaincre du bien-fondé de ses propres projets par rapports à ceux d’Edarra. Mais la subtilité n’avait jamais vraiment été la marque de fabrique des Uller, alors chez Rennifer… Quand le jeune homme lui présenta finalement ses excuses avec un soupir résigné il se leva brusquement et, avalant la distance les séparant le temps de quelques secondes, envoya son poing le cueillir à la pommette avec la même force qu’il aurait employé en combat réel. Avant même qu’il n’ait le temps de s’affaisser ou de comprendre ce qui venait d’arriver le Forrest put entendre hurler à en réveiller la forteresse entière :

« Ne t’excuse pas pour tes principes ! Jamais ! Tu as entendu un autre Dornien tenir des propos qui ont insulté tes valeurs alors bats toi pour elles ! Arrache-lui la vérité en allant la chercher à mains nues jusqu’au fond de sa gorge s’il le faut, mais ne capitule pas ! »

Sans même lui laisser de répit le Uller poursuivit son pugilat de rue dans l’attente qu’on lui rende sans tarder la pareille. Estomac, épaules, visage, Rennifer frappait pour faire naitre la douleur sans pour autant handicaper ce que l’on pourrait appeler son adversaire sans connaitre le contexte et lui laisser les ouvertures propres à une contre-attaque. Contrairement à ses habitudes il ne visait ni gorge, ni articulations, il voulait faire durer les choses le temps qu’il faudrait pour que Daärim laisse éclater toute sa rage. C’était là la meilleure aide qu’il pouvait offrir, un exutoire improvisé et primaire qu’il ne pratiquait en temps normal qu’avec sa propre fille pour éprouver ses progrès. Continuant à donner de la voix, il beugla entre deux coups :

« Bats-toi ! Bats-toi comme si l’avenir de ton pays était en jeu parce que c’est exactement le cas ! Pousse le vieil imbécile à s’expliquer ! »

Au dehors l’on pouvait déjà noter le pas rapide de gardes se précipitant dans leur direction jusqu’à se figer sur le pas de la porte, hésitant à déranger leur meneur alors que celui-ci n’avait pas réclamé leurs services et restait de toute évidence en état de se faire entendre à des lieues à la ronde. Luan pesterait sans doute à propos du caractère impossible de son oncle d’ici le lendemain matin, Batilde chouinerait à propos du manque de sommeil que toute cette agitation lui aurait causé et Enola ne manquerait pas de lui adresser l’un de ses longs regards éloquents avant qu’ils n’échangent tous deux quelques mots bien sentis et colorés pour le principe. Quant à Anissa le vieux lancier ignorait même si elle se trouvait encore à Denfert, sa fille avait après tout une grande affection pour les chasses nocturnes et pouvait tout aussi bien se trouver loin d’ici, dans les dunes, au moment où son père s’escrimait à rosser son jeune homologue guerrier. Son ton ne se modifia pas, toujours aussi sonore et rugissant :

« Denfert ne prendra pas part à ce conflit, mais moi et Anissa nous nous y rendrons ! Crois-tu vraiment que le but de tout ceci ne tient qu’à une alliance que je voudrais renforcer avec ce nord pourrissant ?! Tu le crois ?! »

Il jouait là un jeu terriblement dangereux, si Daärim persistait à encaisser sans broncher et préférait quitter les lieux sans déchainer toute l’ire de sa frustration alors non seulement Rennifer verrait sa cause mourir dans l’œuf mais il perdrait au passage un élève estimé. Mais le compromis était hors de question, jamais le Uller ne laisserait les flammes de la vengeance s’éteindre dans le cœur de cette nouvelle génération. Il fallait qu’ils payent, tous ! Ce trône de fer, ces nobles étrangers, ces habitants mous, il fallait qu’ils comprennent l’étendue de leur erreur et cela ne serait possible qu’avec des Dorniens aussi furibonds et dangereux qu’au premier jour de leur royaume.

« Maron ! NYMEROS ! Martell ! »

Chaque mot fut appuyé par un nouvel impact physique colérique, le vieillard acariâtre profitait lui aussi de la situation pour passer sa propre colère dans ce qui rappelait vaguement les nombreux entrainements durant lesquels ils s’étaient affrontés, à la différence près que celui-ci s’avérait beaucoup plus douloureux pour la chair et potentiellement pour l’esprit aussi.

« Nymeros ! « De la lignée de Nymeria » ! Voilà la première de nos traditions ! Voilà pourquoi je crache sur cette demande des Ferboys ! Et s’il faut le faire plier pour obtenir cette guerre je le ferais, crois-moi ! »

Leur corps à corps avait conduit les deux protagonistes jusqu’aux lourdes étagères de pierre où reposait l’essentiel des ressources écrites de Denfert, quelques coups malheureux ayant manqué leur cible envoyèrent voler quelques parchemins sans que Rennifer n’y prête beaucoup d’attention. Quand l’avenir se trouvait sur la balance quelle importance des mots couchés sur le papier pouvaient-ils bien avoir ?

« Tant qu’il restera au moins un Dornien pour défendre notre cause nous ne nous perdrons pas, Daärim ! Je te parle de déclencher une véritable guerre, pas des représailles stériles contre les Terres de l’Orage ! Le Bief est le cœur de ce royaume de lâches, en l’arrachant nous les tuons tous !»

La fureur qui l’habitait actuellement ne ressemblait pas à ce que Rennifer expérimentait habituellement lorsqu’il se confrontait par la force à quelqu’un d’autre, il gardait les idées claires et une maitrise de ses actes bien plus affirmée. Cela tenait probablement à cette envie qu’il avait de ne pas meurtrir à outrance le Forrest ou bien à sa propre lassitude dont il peinait à se débarrasser. Au moins son camarade regagnerait-il peut-être un rien de motivation suite à cette rixe que personne n’aurait pu prévoir.


Dernière édition par Rennifer Uller le Lun 21 Jan 2013 - 19:45, édité 1 fois
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Message Ven 7 Déc 2012 - 13:45

Contrôler une rage longtemps accumulée n'était pas chose aisée pour un dornien comme Daärim davantage mu par l'impulsivité et l'agressivité qu'il avait avec la maturité domptée au profit d'un comportement plus noble répondant aux attentes familiales et parentales. Extirper tout ce ressenti de son corps tendu et compilé en son sein entraînant davantage une morsure rongeuse aurait été bien plus salvateur que s'apaiser avec une position assise et des paroles excuses. Le savoir était une chose mais l'appliquer en était une autre quand le respect de l'aîné avait été inculqué. Pourtant, Rennifer n'était pas n'importe quel Dornien aux yeux du jeune homme et par conséquent, davantage d'honnêteté aurait sûrement été plus propice à un échange cohérent. Néanmoins, et sans qu'il puisse s'y attendre, son aîné ne prit pas un chemin détourné pour le faire réagir. Etre meurtri de cette façon avec autant de force qu'un combat réel était choquant tant par l'acte que par la douleur qui venait d'irradier son faciès, le poussant à détourner le visage avec ferveur alors que son corps emporté par le mouvement poussa son flan à s'entrechoquer avec la table présente non loin. La surprise avait irradié ses pupilles océanes alors que celles-ci se plongèrent par la suite dans celles de son aîné, dardées sur sa personne dans une engueulade digne de ce nom qu'il ne comptait apparemment pas clôturer après si peu. Le timbre de voix porta loin et fort alors que Rennifer le remettait à sa place désormais verbalement après avoir porté le coup censé en faire autant. Les propos trouvaient échos rapidement dans son esprit car la véracité de tels dires ne devait être ignorée. Cet homme mu par le même comportement que lui-même avait trouvé une manière plutôt efficace d'attirer son attention et de le sortir de sa torpeur douloureuse et pesante dont il n'arrivait point à se défaire. Cependant, Rennifer ne comptait pas s'arrêter là. La punition pour son inactivité semblait quémander davantage encore de violence pour que ses idées s'ancrent assez profondément au même rythme que les coups assénés à sa personne sans aucune retenue auxquels il n'avait encore guère eu le temps de répondre la surprise et puis la retenue s'accouplant pour l'obliger à encaisser et se protéger plus que de répondre. Et pourtant, cette violence envers sa personne ne faisait qu'accroître son besoin d'agressivité et son envie de plus en plus irrépressible d'exploser et de laisser parler la rage et la souffrance qui sillonnaient l'entierté de ses muscles.

Quitter sa position assise avait été obligatoire pour pouvoir supporter le poids de la force de son ainé qui martelait son corps sans pour autant déplorer des coups profondément meurtriers. La compréhension du but de la manoeuvre lui apparaissait clairement. Il connaissait son aîné autant que celui-ci pouvait le connaître et cette compréhension mutuelle permettait à la fois l'expression sincère de ses sentiments autant que l'éducation musclée que l'aîné pouvait encore réaliser sur sa personne comme il l'exerçait dans l'immédiat. Les propos étaient exprimés aussi fortement que les coups, l'un jumelait l'autre, tout deux accroissant sa rage alors qu'il n'avait encore guère cessé d'encaisser la démarche. La virulence le poussait à reculer et les propos doucement prenaient place de manière concrète dans ses réflexions lui rappelant les origines de sa contrée tant aimée, de la raison pour laquelle le nom actuel du prince était Martell et pourquoi cela devait rester ainsi. Tout ce qui avait créé leur histoire portait ce nom et impliquait une fidélité de la part des maisons vassales qu'ils ne pouvaient décliner au profit d'une autre maison dont le but ultime était de supplanté un jour ce patrimoine nominatif pour l'obtention d'un autre qui ne s'inscrivait pas dans l'évolution de leur histoire. A cela s'alliait d'autres propos comme leur réel but également, la nécessité d'un plan concocté pour avoir la main mise sur le Bief, coeur de Westeros et par conséquent, nécessaire à leur guerre qu'ils voulaient tant dans l'unique but d'accéder à cette indépendance tant désirée. Son échine rencontra les lourdes étagères de la pièce le mettant au pied du mur sans aucune échappatoire de mouvance possible. La seule réaction possible lui apparaissait imminente et impossible à contourner. Sa réponse devait être amenée pour permettre d'avancer et elle ne se fit finalement pas attendre alors qu'un énième coup venait à la rencontre de ses muscles bandés.

Son poing ne tarda pas à venir s'écraser sur la pommette de Rennifer égalant le premier coup qu'il avait reçu bien avant cette tirade soutenue. Emporté par sa rage, un deuxième vint rejoindre le premier mais cette fois-ci ciblé sur le ventre de son aîné dans le but de le faire reculer à son tour et de ne plus l'acculé contre il venait de le faire reprenant ainsi le dessus tant du combat qui se voulait réellement avec une réalité palpable, ne se souciant point des regards posés sur leurs deux personnes éprises d'un besoin évident de se débarrasser de certains sentiments enfouis. Daärim avait senti la lassitude qui s'insurgeait dans les actes et Rennifer alors que ce dernier tentait de faire revenir sur le droit chemin son élève. Sa rage s'était mêlée au besoin de rendre au dornien la hargne avec laquelle il voulait que lui-même s'abreuve. Si son aîné le remotivait, il ne pouvait alors céder et devait rester avec cette force qu'il tentait d'insinuer en son cadet. Le combat se déroula alors cette fois des deux côtés, encaisser n'était plus possible, répondre était obligatoire.

"Alors pourquoi allez vous guerroyer contre ces barbares des îles ! Lançons cette guerre tant désirée ! Pourquoi partir maintenant, vous êtes avec votre fille ceux dont on a le plus besoin ! Pourquoi nous abandonner maintenant ! Vos deux personnes seront bien plus utile ici ! "

C'était à son tour de s'exprimer avec bien plus de colère et bien moins de retenue. Ses propos s'élançaient comme des poignards tout comme les propos de Rennifer l'avait fait précédemment le concernant. La force de ses coups se répercutait à son tour sur le corps qui avait déjà tant encaissé au fil des années de son aîné. Tant de choses étaient à extirper de sa personne. Par où commencer, quoi dire, vers où aller. Si tout pouvait sortir en vrac et irradier cet endroit pour enfin lui permettre un peu de répit, alors tout prendrait plaisir à sortir et s'exprimer.

"Nymeria Martell ! Une emblème pour nous qui a créé la Dorne qu'on aime mais dont l'unification est censée être bien plus ancrée que cette disparité vers laquelle nous allons ! Mais comment faire ! Dites moi ! Comment faire pour qu'enfin celui qui porte le même nom nous dirige avec une main de fer et impose notre présence et notre indépendance aux yeux du nord ! Plutôt que tenter des alliances avec ceux-ci nous offrant davantage en frontière maritime protégeant leurs terres qu'en contrée libre, indépendante et capable d'agir de son propre chef sans devoir intervenir dans leurs histoires sournoises et idiotes de complot pour un Trône de Fer ! Nous sommes des guerriers ! Nous n'avons rien à faire avec ses mauviettes ! "

C'était à son tour de faire reculer son aîné ce qu'il faisait avec puissance. Rennifer l'avait provoqué et l'avait poussé à s'exprimer en tant que guerrier, qu'homme virulent et agressif, cherchant sérénité à travers des actes violents. Bien sûr, son aîné arrivait encore aisément à l'atteindre simplement parce que le but n'était plus de contrer. Les coups assenés il les recevait et les encaissait. Tout l'atteignait et le meurtrissait, mais cela était réciproque pour celui qui lui offrait l'opportunité d'expier tout ce qui le hantait.

"Ne me rangez pas dans le rang des faibles qui s'abaissent à abandonner ! Je n'abandonnerai jamais ! Je me bats ! Constamment ! Mais je me bats avec moi-même bien plus que je ne peux me battre avec les autres ! Comment voulez vous que je puisse avancer quand le sang de mon sang s'évertue à me mettre des bâtons dans les roues, me voyant comme une menace pour sa propre personne et tentant autant que possible de m'évincer de ce monde ! "

C'était la première fois qu'il émettait l'idée d'une atteinte à sa vie par sa jumelle. En réalité, ses propos n'étaient pas clairs à ce sujet. Le monde pouvait très bien signifier leur contrée, ce monde politique et non pas le monde dans son entièreté et par conséquent la vie en générale. Mais pour lui les propos étaient plutôt clair et la rage qui se dégagea d'une telle évocation l'amenèrent à empoigner Rennifer pour le plaquer violemment contre un mur à portée. Son regard azuré fut planté dans celui de son aîné avec une brillance digne d'une aura meurtrière alors que son corps était pris de nombreuses courbatures et élancements du à ce combat inattendu et que, haletant, il tentait de reprendre contenance. Son regard lentement revint à la réalité et le faciès de son aîné lui apparut clairement le faisait réaliser ce qui venait de se dérouler ces quelques dernières minutes. Lentement ses mains relâchèrent les vêtements encore enserrés dans ses poings serrés avant de s'écarter légèrement. Le silence se laissa glisser légèrement alors que les deux hommes reprenaient contenance. Un léger sourire, moins expressif qu'à son habitude, un plus plus éteint, se dessina sur ses lippes.

"Cela faisait longtemps qu'on avait plus combattu de la sorte vous et moi." Il marqua une pause avant d'ajouter en faisant rouler ses épaules "Je reconnais que ça fait du bien même si je pense que nous avons du coup inquiété les gens de votre maison." dit-il en lançant un coup d'oeil vers l'entrée de la pièce.

Lentement un certain apaisement s'infiltra dans son esprit. Evacuer ses propos avec violence tant physique que verbale lui avait toujours permis d'obtenir un certain confort qu'il était de nouveau en train d'atteindre. Il n'y avait vraiment que Rennifer pour arriver à le remettre à sa place de cette façon. Mais son attente à se rendant à Denfert avait finalement été comblée. Observant un instant Rennifer gardant le silence, l'éclaircissement dans son esprit fut exprimé.

"Je sillonnerai les maisons vassales pour tenter d'obtenir des voies en faveur d'une guerre au coeur de Westeros."

Sa décision était prise, et l'assurance avec laquelle ses dires étaient formulés convenait de la confiance qu'on pouvait y accorder.
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Message Mar 18 Déc 2012 - 21:22

Enfin ! Enfin Rennifer n’eut plus l’impression d’être le seul individu dans cette pièce à vouloir déverser sa frustration par l’un des moyens les plus primaires et anciens qui existait : la violence physique sans autre finalité que les coups et courbatures qu’elle engendrait. Il ne se serait pas laissé aller jusqu’à sourire en prenant conscience du fait que Daärim avait enfin répondu à ses assauts par le biais d’un poing en plein visage –pareille mièvrerie ne valait rien ici, l’on ne découvrait les dents que pour parler ou mordre, voire les deux - mais il était indéniable que le Uller en ressentit un certain soulagement. L’étincelle guerrière du Forrest ne s’était pas éteinte, même des lunes de doutes et de déceptions n’avaient pas réussi à étouffer cette petite pointe de haine emportée qui caractérisait si bien la mentalité Dornienne. Rennifer n’adressa aucune prière à la Mère-Rivière pour la remercier de ce résultat espéré et finalement obtenu, les dieux avaient bien mieux à faire que de se mêler des affaires des vivants et aux dernières nouvelles ce furent ses attaques et ses mots qui avaient entrainé ce revirement !

Si son style de combat s’orientait en temps normal sur des mouvements fluides et de nombreuses esquives cette fois-ci le vieux lancier ne tenta pas ou peu de se protéger contre la contre-attaque du jeune noble. Oh il n’était pas suffisamment aguerri pour parvenir à complètement occulter la douleur typique et tenace que laissaient les attaques contondantes répétées –un homme qui se vanterait de pareille prouesse tenait du vantard menteur ou du héros de légende mort depuis des siècles- mais l’envie de continuer à cogner pour se défouler lui-même occupait ses pensées au point de le priver de l’instinct le plus élémentaire consistant à réagir face au danger. Rennifer ne cessait de ponctuer sa retraite de nouvelles attaques, bien plus souvent receveur qu’agresseur par désir de ne pas interrompre Daärim alors que ce dernier commençait à cracher ces mots retenus jusqu’à lors.

Oui, le second-né de la Tombe-du-Roy méritait une explication qu’il ne tarderait pas à lui offrir, tant par souci d’honnêteté que pour exposer plus en détails les principaux axes de cette guerre ressassée tant de fois dans son esprit de vieillard aigri. Peut-être même que le Uller obtiendrait en retour de judicieux conseils que seuls un point de vue extérieur pouvait offrir. Jusque-là le seul à en avoir pris entièrement connaissance demeurait bien évidemment le Lord Uller actuel, Luan, mais ce dernier semblait considérer la guerre en termes d’or et de ressources quand son oncle ne jurait que par les troupes et leurs déplacements si bien que leurs échanges à ce sujet avaient presque toujours débouché sur un dialogue de sourd. Le guerrier aux yeux bleus était différent, lui connaissait ces montagnes comme seul un natif des environs le pouvait en plus d’être parfaitement familier avec les combats en milieu désertique grâce aux expéditions auxquelles Rennifer l’avait convié. Le destin de Dorne serait grandement influencé par cet homme encore habité par la flamme des années de vie peu nombreuses, cela il en avait l’intime conviction.

Un autre point crucial fut soulevé, celui des moyens que les futurs lords protestataires devraient employer pour amener leur Prince à revoir ses positions vis-à-vis de ce royaume gangréné par sa propre opulence. Maron Martell était un guerrier, non un diplomate amateur de belles paroles et de décisions ardues à interpréter, alors comment réussir à faire plier un homme dont la volonté devait avoir la même solidité que celle de l’acier ? Par le poids du nombre.

Daârim conclût par un rappel de sa nature propre et confirma son envie d’en découdre jusqu’à la victoire totale ou la mort, ce que Rennifer ne put qu’approuver intérieurement. Mais la fin de son laïus réussit à faire naitre un certain doute chez le Uller, les tensions entre les deux ainés Forrest avaient semblait-il pris une ampleur bien plus considérable que ce qu’il s’était imaginé. Il ne saisit pas entièrement le sens de ces paroles, en particulier le sous-entendu impliquant une tentative de fratricide, mais les intonations dans ces mots avaient de quoi faire naitre malaise et méfiance même chez le plus buté des hommes –qui se trouvait probablement ici en ce moment même.

Alors que les deux combattants mettant fin aux hostilités par un consentement tacite Rennifer constata qu’en plus des quelques douleurs dans ses muscles et sa viande sa pommette avait été suffisamment entaillée par l’impact qu’un rien de sang lui striait la joue. Une égratignure en mesure des sacrifices que leur cause continuerait à exiger, avide de sang et de batailles comme l’était Batilde de nourriture après un jeûne de deux heures. Oh oui ils sortiraient tous meurtris de cette histoire, pour ceux qui en sortiraient vivants, mais un Dornien qui n’était pas prêt à offrir sa personne pour son pays n’était tout simplement pas né au bon endroit !

Après que Daärim eut finalement consenti à tenter de gagner à leur cause d’autres lords des montagnes et que le Uller eut hoché la tête en signe d’acceptation et de remerciement, ce dernier se contenta de marcher jusqu’à la porte et –sans l’ouvrir- de cogner sèchement contre le bois en criant :

« Retournez à vos postes ! »

Il fit volte-face et, les nerfs trop à vifs après cette brève débauche de violence, commença à faire les cent pas dans la pièce.

« Le prochain combat où nous serons tous les deux présents sera celui de notre guerre, et tu me rediras ces mots alors que nous arpenterons les ruines fumantes de Villevieille ou un champ de bataille recouvert par les dépouilles de Bieffois. »

Ses yeux firent le tour des lieux et constatèrent l’étendue du désordre que leur rixe avait engendré, cela tenait presque du miracle qu’aucun d’entre eux n’ait renversé un brasero ou une torche pour réduire par maladresse les possessions de Denfert à un petit tas de cendres. Bah ! Sans importance !

« Les miens ont le sommeil léger et la rancune facile, ils ne manqueront pas de me le reprocher avec hargne et je m’en félicite. »

Le plateau de cyvosse avait lui aussi été épargné par l’échange musclé, cette humble relique semblait destinée à passer les générations avec la même efficacité qu’une montagne tant elle avait échappé à bon nombre de destructions potentielles. Le vieux lancier ne s’attarda guère sur ce détail et revint à un sujet bien plus pressant :

« Nous nous rendrons aux Iles de fer pour deux raisons, Daärim. La première et la plus évidente est que je veux que ma fille ait une vraie expérience du combat avant que nous ne déclenchions les hostilités. Je suis vieux et mon bras n’est plus aussi sur qu’autrefois, je dois retourner au désert en sachant ma succession martiale assurée. Quant à la seconde elle est encore plus simple, ce sont des îles que nous allons attaquer, ce qui implique des navires et la façon dont ces mous du Nord les emploient pour débarquer sur des terres hostiles. Ne crois pas qu’ils se contenteront d’attaquer les cols montagneux lorsque nous clamerons notre indépendance, ils se jetteront sur la moindre ville côtière sitôt que leurs diplomates leurs reviendront en plusieurs morceaux. Aussi nous devons comprendre et anticiper leurs stratégies dans ce domaine. »

Puis il enchaina avec l’un des problèmes les plus épineux qu’il leur faudrait résoudre :

« Pour ce qui est du Prince… même lui ne pourra s’entêter si la majorité de ses sujets réclame la guerre, nous ne possédons pas que nos forteresses et nos soldats mais aussi chaque habitant qui prétend profiter de nos domaines, sans tout cela un roi n’est rien, Daârim. Il pliera et pour ça il faut que tes mots réussissent à nous attirer des sympathisants malgré les obstacles que ta sœur semble ériger contre cela. La seule chose à jamais passer avant les liens du sang reste Dorne. »

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Message Jeu 3 Jan 2013 - 12:39

Le vieux dornien n'était pas le seul meurtri de l'échange brutal instauré par sa propre personne. Daärim subissait également désagréments évident mais qui dans son propre intérêt se révélaient davantage salvateur. Le manque de risque, de sang et d'amertume violente avait eu beau de l'enfoncer dans des frasques négatives qui embaumaient son être oblitérant son objectif principal : libérer définitivement Dorne. Bien sûr la souffrance de la relation existante avec sa soeur ne lui permettait pas de rester constamment fort en toute circonstance. Mais la rixe provoquée venait de lui rappeler la détermination qui fut sienne, il n'y avait pas encore si longtemps. Baisser les bras n'était guère dans ses aptitudes. Ces derniers n'avaient d'ailleurs jamais été totalement baissé. Mais l'obscurité de son chemin ultérieurement tracé lui était apparu avec netteté. Désormais, les coups portés par son aîné avaient réussi à percer cette coquille et à y faire entrer des raies de lumière dont l'utilité s'avérait nécessaire au retour en force du jeune dornien. Se ressaisir, avancer, et même si la confusion et les éléments qui sillonnaient son chemin lui semblaient des embuches insurmontables, il se devait d'avancer peu importe ce que cela lui coutait. D'ailleurs, sa présence auprès du sang de son sang s'était faite rare dernièrement suite à la douleur conséquente qui en découlait et qu'il supportait difficilement. Mais rappeler à sa jumelle qu'elle se devait de le craindre était primordial avant d'engager son nouveau dessein que Rennifer lui avait imposé et dont l'acceptation venait d'être formulée. Forrest était son nom, La-Tombe-du-Roy sa maison, l'étendard sa fierté et la parole force de son éducation. Parvenir à restaurer le besoin commun des dorniens de s'imposer et de tuer du Bieffois allait être son objectif. Cette décision pouvait paraître pour trahison envers Edarra. Or il n'en était rien. Le jeune homme ne l'oubliait pas, c'était son amie, il s'était engagé envers elle, le respect de ses dires était encore existant. Rien ne l'empêchait de parler de sa position aux Lords qu'il allait rencontrer. Néanmoins, une nouvelle discussion avec elle se devrait d'exister. Sa prise de décision s'était régulièrement conjointement liée à celle des Uller. Ce n'était pas anodin si la personne vers qui ses dires et son questionnement s'étaient tournés était actuellement en face de lui. Comme prévu, ce dernier l'avait éclairé et lui avait rappelé sa nature profonde.

Désormais, les explications également devaient découler après cet apaisement. Une fois le renvoi du personnel réalisé, les premières paroles de l'aîné entraînèrent un acquiescement de sa part. Cette guerre il la voulait. De plus en plus, les solutions diplomatiques lui semblaient faussées et dénuées de sens. La guerre, le combat, la force. Tout ceci représentait la différence entre eux et le nord. Pour la peine, la nécessité de l'appliquer devenait inévitable. Mais la précipitation n'était pas une règle d'or. Préparer cette expédition était nécessaire et son rôle influencerait sur le laps de temps avant que cela ne s'engage. Suivant le regard de Rennifer, ses prunelles découvrirent également l'étendue des dégâts engendrée par leur altercation. Bien sûr, la blessure ne lui avait pas échappé également, mais jamais ni l'un ni l'autre ne s'était excusé lors de l'atteinte de l'intégrité physique pendant un échange martial. Lentement, le rangement se fit pour sa part, légèrement, quelques pièces possible de remettre à leur place. Ce n'était guère pour se faire pardonner, un acte simple qu'il aurait réalisé même dans ses propres appartements. L'existence de colères destructrices avait déjà engendré ce genre de désagrément chez lui, qu'il rangeait par la suite. Un léger sourire orna ses lèvres à l'entente de tribulations qui orchestreraient des critiques à l'aîné pour son plaisir. Les Uller étaient des personnages à caractère, loin de l'insignifiance que l'on pouvait trouver chez d'autres dorniens. Son attention se fit présente par la suite, car l'explication quémandée lui était fournie. Pourquoi donc les Uller se rendaient-ils sur les îles de Fer ? Et surtout pas n'importe lesquels. Anissa et Rennifer étaient les personnes qui étaient les plus proches de lui en dehors de sa famille. Ainsi, le déplaisir ressentit lors de la révélation de leur voyage n'était pas sans lien avec cette affinité. Mais la surprise marqua ses traits à la première raison : apprendre à Anissa ce qu'était la guerre. Certes, elle était jeune. Plus jeune que lui de quelques années. Mais sa hargne, sa férocité et son caractère en feraient une très bonne guerrière et surtout une excellente héritière. La surprise provenait par conséquent du besoin paternel de s'en assurer. Bien sûr, les guerres apportaient une réalité différente. Lui-même en réalité n'avait jamais participé à un combat de cette envergure. Mais sa fierté de dornien lui empêchait d'entraîner sa personne dans un tel évènement. Néanmoins, et peut-être parce qu'il était jeune et par conséquent par encore père, le respect envers cette décision lui apparaissait évident.

La deuxième raison entraîna davantage par contre d'intérêt le concernant. Celle-ci lui rappela la différence de maturité et d'expérience qui le séparait de Rennifer. Voir toujours plus loin, observer, apprendre de l'ennemi. C'était en réalité très intelligent. Certains sabotages pourraient découler de telles connaissances. Piéger l'adversaire. Cette raison aurait pu le faire raviser son jugement si son rôle ne se trouvait pas sur leurs terres maintenant qu'un dessein particulier lui incombait. Ne jamais juger sans savoir. Généralement, il appliquait cette connaissance avec justesse, mais elle lui avait fait défaut dans sa confrontation avec Rennifer, emporté par ses penchants négatifs le rendant aveugle d'un plan mis en place. Maintenant, ses prunelles azurées voyaient plus loin que le simple regard porté sur les choses. Sa connaissance de l'aîné aurait du l'emmener pourtant vers la voie de forcément des raisons nécessaires à Dorne. Ce dernier ne fonctionnait que pour le bien de leur contrée et son savoir aurait du lui rappeler sans aide.

"Je comprends désormais mieux vos raisons. Bien que la première me semble inutile car côtoyant Anissa, je ressens qu'elle n'aurait aucune difficulté à faire ses preuves, la seconde était au delà de mes pensées. Vous avez toujours veillé au bien de notre contrée, j'aurais du m'en douter que vos raisons étaient forcément liées."


La suite des propos revinrent sur le Prince et malheureusement son entêtement à leur mettre des bâtons dans les roues. Fait particulièrement désagréable quand on attendrait d'une telle effigie d'arborer dans le sens d'une indépendance franchement méritée et désirée. Rennifer lui rappela par conséquent l'importance de son rôle. Convertir les Lords n'allait guère être aisé, mais sa détermination le pousserait à ne pas abandonner et à se rendre dans toutes les demeures possibles et inimaginables, bien au delà du désert également, vers l'est de leurs terres. Les alentours de sa demeure ne suffisait pas, c'était l'entierté de Dorne qu'il allait devoir parcourir, et il était paré à le réaliser. Le choix de ses accompagnateurs était déjà réalisé. Aarseth ferait partie de ses péripéties. Sa fidélité était sans pareille, le besoin d'hommes fidèles et intègres serait nécessaire. Son œillade bleutée se posa sur Rennifer avant que le timbre de sa voix ne fasse de nouveau entendre.

"Ne vous en faites pas. J'ai toujours eu Dorne et ses priorités dans mes objectifs premiers. Les liens du sang ne sont que des obstacles à outrepasser. J'arriverai à gérer ma soeur, peu importe ce que cela m'en coûte. Il est temps que nous obtenions satisfaction."

Bien sûr, elle était plus forte que lui. L'inconscience d'un déni n'existait pas. Mais une solution se devait d'être trouvée et il finirait bien par trouver comment l'évincer de toute cette mascarade. Mais à la différence du sang de son sang, lui octroyer trépas ne serait pas permis. Il trouverait une autre méthode.

"Je ferai tout ce qu'il faut, je vous le promets."

Promesse solennelle appuyée par une détermination palpable dans un regard enflammé d'une renaissance et d'un regain de fermeté et de résolution. Un léger silence s'instaura avant qu'il ne reprenne la parole.

"Il est d'ailleurs temps pour moi de vous laisser. Le dérangement que j'ai entraîné a eu assez de répercussions pour ce soir. Vous comme moi nous devons de prendre congé pour se préparer à notre avancée. Je ne compte pas perdre de temps, je commencerai dès demain à mettre au point une stratégie verbale à imposer aux Lords que je rencontrerai. J'attendrai néanmoins que vous soyez parti en guerre pour m'exécuter avec assurance. Il serait dangereux d'être repéré trop vite et que l'on tente de m'arrêter par n'importe quel moyen. Notre patience a des limites mais de l'impulsivité serait totalement néfaste également."

Bien sûr, ses pensées se tournèrent vers le sang de son sang, seule personne avec Edarra capable d'user de stratagèmes parfaitement horribles et perfides pour obtenir satisfaction. Se tournant pour faire clairement face à son aîné, il appliqua un léger signe de tête pour annoncer son départ.

"Je vous remercie pour la remise en place de mes idées. Il me tarde de me tenir à vos côtés pour un combat nécessaire à notre contrée."


Ce fut sur ces propos qu'il clôtura leur entretien avec l'accord de son interlocuteur. Il avait déjà imposé sa personne trop longtemps à une heure tardive et de prime abord déplacée. Si Anissa avait été là, un échange charnel aurait pu ponctuer sa détermination dominante instaurée par son père, mais l'heure était désormais à une implication plus que sérieuse dans la future indépendance de Dorne. Une chevauchée longue l'attendait mais il était totalement disposé à la réaliser. La fatigue avait quitté ses pensées, qu'elle soit physique ou morale. Le temps lui était précieux, le perdre en sommeil était en réalité peu permis malgré les dires qu'il avait formulé. Il allait agir et il allait agir bien. C'était primordial. C'était son désir le plus intense actuellement en tant que jeunesse de Dorne, celle qui fonderait les générations suivantes.


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Toutes les guerres ne se valent pas - Daärim Forrest

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