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[ Terminé ] Politesse, la plus acceptable des hypocrisies. [Pv Maron Martell]

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Message Mar 7 Juin 2011 - 13:56


“Politesse, la plus acceptable des hypocrisies.”


Comme un bal incessant, le retour de sa mère avait par la même occasion donnée des envies diplomatiques à Edarra. Non pas que ces courses de chevaux la passionnaient à un point fou mais elle préferait encore regarder des animaux courir à perdre haleine pour aucune foutue raison autre que divertir les citoyens, plutôt que rester dans ce château qui allait devenir bien moins hospitalier qu'à l'heure qu'il était. Il fallait dire qu'il ne donnait pas énormément envie déjà de prime abord avec ses pierres froides et son architecture carrée et agressive. De plus, les gens de la famille profitaient allègrement de l'absence de Shyra pour profiter de leurs activités préférées sans avoir peur de se prendre des remarques acerbes dans le visage. Medger se cloîtrait dans la bibliothèque et consultait des mestres et envoyait des lettres à tout bout de champ pour qu'on lui réponde sur un simple petit détail à un chapitre insignifiant d'un de ses volumes ; le chef lord de la famille mangeait enfin sereinement sans avoir à entendre continuellement les plaintes de sa sœur ; les autres sœurs pouvaient enfin parader dans les couloirs sans se faire rappeler qu'elles n'étaient de toute manière que des filles de second plan… Et Edarra pouvait se laisser aller à ses visites au village, aux préparations de ses voyages à venir sans se faire rappeler des obligations ennuyeuses et stressantes à tout bout de champ. Malheureusement le temps s'était fait pressé ces derniers jours et tout le monde semblait stressé et déçue de ce retour si rapide de Shyra. Dans quelques jours sa voix rocailleuse résonnerait entre ces pierres, ajoutant de la froideur à ces pierres déjà bien glacées. Une missive était arrivée comme arrive un signe des Dieux : inattendu, libérateur… Mais aussi, et surtout, à double tranchant.

Le lord des Ferboys triait depuis longtemps son courrier en faisant passer les choses politiques avant le plaisir. Ainsi, les réceptions étaient reléguaient au second plan et confiaient à d'autres personnes de la maison pour faire acte de présence. N'ayant aucun enfant, il léguait les mondanités les plus importantes à Edarra ou à sa mère. Mais à défaut d'avoir le serpent persifleur entre leurs murs, il lui avait refilé l'invitation espérant qu'elle sauterait sur l'occasion pour s'en aller avant le retour de sa mère. Elle ne s'était pas fait prié et avait ordonné à Olyvar de se préparer pour le voyage de cinq jours jusqu'à Lancehélion. Chevaux, provisions, habits de voyage et de réception étaient ainsi prêt plus vite que d'habitude histoire de ne pas croiser la maronne de la maison sur le chemin. Le double tranchant étant bien évidemment que les Martell seraient présents à cette réception et qu'il faudrait porter bonne figure tout en essayant de foutre un peu la pagaille histoire de ne pas être venue pour rien et donner quelque chose avec quoi se délecter pour sa mère. Edarra savait déjà qu'à l'entente du nom de ses ennemis jurés ses yeux allaient pétiller et se froncer jusqu'à ce qu'elle ai finit de lui faire son rapport. Ensuite il faudrait jauger du niveau de mécontentement par rapport à ce qu'elle dirait ou de la manière dont elle allait fusiller sa fille du regard. De toute manière, elle n'était pas souvent contente et elle aurait toujours tout fait mieux elle… Donc pour ce que ça changera, elle pourrait même essayer de profiter un peu du spectacle et bien manger les spécialités de la ville assez connues pour leurs bons poissons.

Elle détala à un rythme rapide de la ville. Déjà élancée dans le désert cuisant, elle se sentait beaucoup plus libre et à l'aise que dans l'atmosphère respirable du château. La fournaise semblait préférable à la froideur que dégageait sa mère. Si il y en avait qui avait trop chaud, ils n'avaient qu'à venir se frotter un peu à Shyra pour voir. Elle savait que cette dernière serait certainement insatisfaite de ne pas la trouver à son retour, mais ce détail serait réglé plus tard. Ce n'était pas un acte très mature de repousser les problèmes à plus tard, mais Edarra préferait gérer une seule remontrance à la fois. Ainsi, le soir arrivé du premier jour, elle était encore bien confiante et soulagée. Les premières provisions furent dévorées avec un grand enthousiasme comme si elle était encore une enfant qui pouvait se permettre de se remplir totalement l'estomac en ignorant que le lendemain elle devrait encore passer une journée à cheval à ballotter le contenu de son ventre. Tant pis, elle assumerait et au pire, dégobillerait dans le sable ce qui ne voudrait pas passer. Pas très très élégant pour une femme de son rang mais il fallait bien improviser et seul son garde personnel (qui en avait vu d'autre) et le désert lui en serait témoin. Après une nuit relativement paisible, la route reprit avec sa dose de silence, de craquements d'animaux, de coups de vents ensablés… Les jours se passèrent avec une tranquillité primaire qu'appréciait totalement Edarra. En même temps, elle essayait de se préparer psychologiquement à la course et aux rencontres forcément désagréables qu'elle allait faire.

Au soir du cinquième jour l'horizon fut brisé de sa ligne continue calme et paisible par un rempart bien connu de la jeune Ferboys. Les pierres de sable étaient teintées de rouge par le soleil déclinant et donnait des aspects menaçants à cette citée joyeux. Malgré la luminosité limite, les habitants arrivaient quand même à faire battre la ville d'un cœur vigoureux. Une fois les remparts passés Edarra se dirigea vers le château triomphant sur la colline, dominant largement tout le parterre de maisons qui s'étalait devant lui. La jeune noble se dirigea vers l'immense monstre de pierre et pénétra dans le hall. Une fois sur le sol, affaires enlevées des selles des chevaux elle va présenter ses hommages au plus haut gradé de la maison encore réveillé et se fait finalement conduire dans une chambre d'invité. La décoration est délicieuse et le lit est très confortable. D'ailleurs, à peine assise qu'elle ne peut s'empêcher de fermer les yeux et d'avoir envie de dormir toute habillée. Elle est encore toute transpirante de son voyage et les saletés du désert se sont incrustées dans chaque pli de son habit. Ses cheveux sont assez poussiéreux malgré la capuche qu'elle porte en permanence à l'extérieur. Il allait falloir qu'elle se lève tôt pour se débarbouiller et être à peu près présentable pour la fameuse course.

Le matin fut un peu difficile. Après avoir passé cinq jours à dormir sur de fines couvertures à même le sol, l'hospitalité réconfortante d'un bon lit ne l'aida pas à s'extirper des couvertures. Mais la chaleur palpable qui la faisait transpirer et rendait sa peau collante la résolut à se lever. Un rapide passage sous de l'eau et du savon et elle ressemblait déjà plus à quelque chose. Heureusement qu'elle avait une peau habituée au soleil et aux températures extrêmes sinon elle serait arrivée, aussi jolie qu'une orange épluchée. Elle revêtit sa tenue "habillée" beine avec des ornements rouges et bleus, une légère tiare incrustée et des chaussures plates qui étaient moins confortable que celles de marche mais qui faisait surtout bonne figure. Elle sortit et trouva Olyvar, tout frais et tout réveillé entrain de l'attendre pour se diriger vers le terrain de la course. Ce n'était pas très loin, à peine quelques minutes en dehors de la ville. L'hippodrome était immense. En même temps, pas étonnant car plus de la moitié des courses de chevaux organisés en Dorne se déroulaient ici, certaines villes et cités ne pouvant pas se permettre de construire un si grand édifice. Les tribunes étaient faites en bois et une barrière au centre longeait la quasi-totalité de la longueur du terrain pour délimiter les voies. Edarra fut conduire à l'étage des nobles, bien au dessus du peuple et avec une vue imprenable sur le terrain. Peut être allait-elle s'amuser un peu finalement.

Les sièges étaient alignés sur 3 rangées avec bien évidemment les sièges imposants des Martell sur le devant, bien en hauteur pour que tout le monde puisse les voir d'en bas. Edarra n'était pas collée tout au fond de l'assemblée dans un coin mais se sentait légèrement flouée ainsi installée au deuxième rang. Mais de toute manière, les sièges ne signifiaient pas grand-chose chez les lords qui n'étaient pas suzerains car finalement les places s'échangeaient au grès des affinités et des places des buffets garnis de beaucoup de nourriture. Peu de nobles venaient exclusivement pour les chevaux. On pouvait en voir quelques-uns appuyés sur la rambarde à observer et commenter chaque animal qui arrivait sur la ligne de départ. Ils connaissaient tout, leurs poids, leurs historiques et ceux de leurs cavaliers, leurs régions d'origines et où ils étaient nés presque… Edarra trouvait ça légèrement ridicule d'être à ce point passionné par une chose aussi triviale mais en même temps elle pouvait parler, elle ne semblait se passionner pour rien. Elle se leva de son siège où, de toute manière personne ne parlait avec elle, pour s'approcher de la grosse rambarde de bois. L'étage des nobles était protégé du soleil par un faible toit en bois amis la chaleur en devenait étouffante avec tous ces gens réunis en un même endroit. Elle avait abaissé son capuchon de tissus pour laisser respirer ses cheveux et sa nuque. Elle observa la grande arène où le peuple s'était amassé, friand de ce genre de festivités. Qu'importe si on ne connaissait rien à la course d'équidés, c'était une bonne occasion de rigoler et de faire la fête…

Même si ça ne se lisait pas particulièrement sur le visage légèrement ennuyé de dame Edarra, toujours appuyée sur sa rambarde. Elle observait la foule s'amassait comme des sortes de fourmis autour d'un trou de la fourmilière. Ils grouillaient comme des insectes excités par le sang. Le coup de départ allait être donné dans une dizaine de minutes et l'arrivée d'un Martell était indispensable pour ça. Quel cérémonial pour si peu de choses. Des chevaux qui courent… Edarra trouvait ça légèrement humiliant d'une certaine manière pour ces équidés de devoir prouver leur force en courant simplement. C'était surtout en bataille et pendant les guerres qu'on pouvait juger du courage et de la constitution d'un cheval. Mais ceux de Dorne n'étaient pas connus pour leur force mais surtout pour leur résistance et leur rapidité… Mais dans le désert, dans un terrain hostile et non pas une arène bien propre. Elle se passa une main sur une mèche capricieuse qui était venue se balancer devant son regard et la plaqua derrière son oreille avant de sentir une présence à côté d'elle. Elle se tourna, pensant faire face à un quelconque noble qui voulait l'emmerder comme d'habitude mais ses yeux marquèrent une courte surprise avant qu'elle ne revêtisse son visage calme et souriant.

~ Ho excusez moi messire je ne vous avez pas vu arriver. Mes hommages. »

Elle esquissa une légère révérence. D'un œil extérieur et ignorant on aurait pu peut être dire qu'un grand respecté émanait de ces sobres salutations mais il n'en était rien. Dans la poitrine de la jeune femme, ça bouillonnait légèrement. Elle ne pensait pas qu'il serait arrivé aussi vite et surtout, vers elle. D'habitude les gens l'évitaient un peu et c'était elle qui passait à l'attaque. Elle avait été surprise et prise au dépourvu, ce qu'elle n'aimait pas particulièrement.

~ Cette course a été très bien organisée. J’espère que la compétition révélera des surprises. »

Elle parlait bien évidemment de la compétition des chevaux mais ne savait-on jamais… Finalement, elle était aussi bien en compétition avec le Prince de Dorne ce qui n’était pas rien. Mais il y a quelques générations de cela, ils n’étaient pas si éloignés en terme de rang qu’aujourd’hui. Ca donnait à réfléchir et à haïr surtout. Un si petit écart il y avait des années et des années et les voilà maintenant propulser tout en haut de la pyramide, faisant de l’ombre aux autres maisons. Et ça, ça en avait été une belle de surprise à l’époque apparemment. En tout cas, assez pour filer des aigreurs d’estomac à sa mère qu’elle avait encore aujourd’hui. D’ailleurs, ça allait être compliqué de bousculer un Martell comme ça, de face. Peut était-ce voulu histoire qu’elle ne répande ses sales paroles dans la fête comme ça. Avec le Prince juste en face d’elle, elle ne pouvait que se tenir à carreaux. Dommage, pour une fois qu’elle se sentait en forme.


Dernière édition par Edarra Ferboys le Lun 13 Juin 2011 - 18:07, édité 2 fois
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Maron Martell
Prince de Dorne

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♦ Missives : 9101
♦ Missives Aventure : 100
♦ Age : 28
♦ Date de Naissance : 27/09/1988
♦ Arrivée à Westeros : 23/06/2009
♦ Célébrité : Antonio Banderas
♦ Copyright : © Moi
♦ Doublons : Pryam Templeton, Sargon Harloi, Bryce Vyrwel, Alysane Mormont
♦ Age du Personnage : 44 Ans
♦ Mariage : Daenerys Martell (Targaryen)
♦ Lieu : Dorne, Lancehélion
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Message Mer 8 Juin 2011 - 12:55

     Le Prince Maron avait des obligations en tant que suzerain de Dorne, lorsque des courses de chevaux se déroulaient à Lancehélion, il se voyait obligé d'y assister, ou tout du moins de faire acte de présence de temps en temps afin de montrer aux habitants de Dorne, qu'il s'intéressait de près à ce que tout Dornien était censé apprécier. Oh, le Prince appréciait bien évidemment de voir des montures Dorniennes, c'était un animal qui qualifiait bien la région, fier et indomptable, apprécié à sa juste valeur sans pour autant révéler tous les secrets qu'il possédait. Les montures Dorniennes étaient convoitées dans tout Westeros, ce n'était pas l'aîné des fils Martell qui allait s'en plaindre, cela permettait à quelques nobles spécialisés dans cet élevage de pouvoir faire des échanges commerciaux avec les autres régions telles que les Terres de l'Ouest ou même de la Couronne. Mais cela n'empêchait pas au suzerain de trouver agaçant le fait de devoir perdre une bonne partie de sa journée afin de voir courir quelques-uns de ces spécimens. Il y avait des choses bien plus importantes pour le moment, comme les raids des Fer-Nés qui approchaient dangereusement des territoires de Dorne, cela ne faisait que quelques jours que le Prince avait envoyé un corbeau messager à la Main du Roi et il attendait toujours une réponse, ce qui ne cessait de le troubler. En tant que suzerain il avait droit à beaucoup d'avantages comparé autres nobles, sa position vis-à-vis de la famille royale lui permettait aussi de s'autoriser quelques écarts, minimes bien évidemment, mais cela signifiait aussi qu'il devait veiller à honorer son titre de Prince en protégeant ses sujets. Quoi de plus normal, lorsqu'on se trouvait dans cette position, que de craindre que le pire n'arrive ? S'il était encore à la tête de Dorne, c'était bien parce que le Prince ne sous-estimait jamais ses ennemis. Sois proche de tes amis, mais encore plus de tes ennemis, un proverbe que le Dornien salé appliquait sans arrêt.

     Quoi qu'il en soit, afin de ne pas froisser quelques nobles qui l'attendaient impatiemment à l'hippodrome ou devait se dérouler les réjouissances, Maron avait autant le devoir de s'y rendre que celui de protéger les terres désertiques de Dorne. C'était le côté « social et protocolaire » comme le soulignait si bien son épouse, elle savait pertinemment que ce n'était pas l'angle du pouvoir que son mari préférait, au contraire même, le Prince se serait aisément passé des bavardages sans intérêt dont il allait souper toute la journée. Mais on n'échappait pas à son devoir, il avait toutefois le réconfort de se dire que son épouse allait l'accompagner et qu'elle saurait divertir les nobles qui viendraient les aborder avec son éloquence indéniable. Le Prince Doran avait d'ailleurs annoncé à son aîné qu'il comptait bien faire un tour par là histoire de faire son devoir de Martell, mais Maron le soupçonnait davantage de chercher à séduire une noble quelconque pour l'amener à ce qu'il cherchait auprès de chaque femme. Un point qui lassait toujours autant le suzerain qui ne pouvait malheureusement rien y faire, Doran était un homme à femme, il n'y avait rien à faire à cela que détourner les yeux lorsqu'il allait au bordel du coin. Du moment qu'il ne perturbait pas l'ordre public avec tout cela, Maron n'avait rien à y redire. La Princesse Nymeria fut laissée aux soins de la septa qui accompagnait Daenerys depuis son arrivée à Dorne, tandis que le Prince Trystan fut convié à se joindre à ses parents afin d'apprendre les rudiments du protocole en vigueur dans de telles occasions. Visiblement il semblait apprécier cela davantage que son géniteur, alors que Nymeria de son côté manifestait son mécontentement à grand renfort de mots qui firent pâlir la septa. S'il n'en avait pas été ainsi, Maron en aurait été désolé, c'était bel et bien une véritable Martell.

     L'arrivée à l'hippodrome fut comme à chaque fois que le couple suzerain sortait, la chaleur étouffante qui n'incommodait jamais Maron commençait déjà à déranger son épouse qui répondit par des sourires contrits aux salutations qu'on leur fit. Daenerys ne s'était jamais totalement faite au climat rude et extrêmement chaud de Dorne, bien que le palais permettait tout de même de pouvoir trouver une certaine fraîcheur, chaque sortie qu'elle faisait lui rappelait à quel point Lancehélion était l'antipode de Port-Réal. Maron avait beau faire de son mieux afin de rendre son calvaire plus supportable, la jeune femme semblait toutefois ne pas y être sensible. Après quelques brèves discussions liées avec des nobles venus présenter leur respect à Maron et à son épouse, ces-derniers parvinrent enfin à se diriger vers les places qui leur étaient réservées. Trystan sembla charmé à l'idée de pouvoir passer une bonne partie de la journée à observer des chevaux courir, même si cela ne l'intéressait pas autant qu'il le faudrait, le jeune Prince appréciait toutefois un changement dans le plan bien préparé de ses journées. Pendant quelques – trop longues – minutes, Maron dû se prêter au jeu du protocole en s'intéressant aux familles qui venaient lui adresser la parole. Certaines quémandant des terres, d'autres venant lui parler d'un désaccord avec la famille voisine, puis certaines lui parlant de leur fille en lui vantant ses talents, comme s'ils espéraient que Maron signerait tout de suite des fiançailles avec son fils unique. Il dû faire appel à toute l'éloquence et la patience qu'il possédait afin d'expédier tout cela sans froisser qui que ce soit, ce qui ne manqua pas d'arracher un sourire à son épouse qui suivait les discussions en retrait comme à son habitude.

     Ce que ne fut que lorsque tout cela fut réglé qu'il l'aperçut. Le Prince en profitait pour passer son regard d'ébène sur les environs afin de pouvoir avoir une idée des personnes venues assister aux courses, lorsque son regard se posa sur une silhouette malheureusement trop familière. Une Ferboys, il les reconnaissait entre mille vu les sentiments qui liaient leurs deux familles. Une épine dans le pied, voilà comment Maron voyait cette femme et sa mère, Daenerys intercepta son regard et l'expression de contrariété qui naquit sur son visage, car elle tenta de le persuader d'ignorer cette femme. Elle n'avait jamais apprécié de voir son époux aux prises avec les femmes de cette famille, mais c'était sans compter le caractère buté de Maron qui lui fit comprendre qu'elle devait s'occuper de leur fils avant de s'éclipser habilement pour se diriger vers la silhouette à la tête découverte. Elle ne l'avait pas vu, le Prince comptait bien sur cet avantage pour la prendre au dépourvu, elle n'aurait pas le temps de préparer une pique cinglante et parfaitement dissimulée, la simple idée de la déstabilisait l'enchantait. Son regard était dirigé vers les chevaux qui courraient sur le sable lorsqu'il se hissa à sa hauteur, l'expression - même très brève - de surprise qui passa dans son regard lorsqu'elle posa les yeux sur lui, valut tout l'or de Westeros. Mais fidèle à son habitude, elle se reprit rapidement avant de le saluer comme il se devait, bien qu'il ne doutait pas une seule seconde qu'il n'y avait qu'une profonde hypocrisie dans tout cela. Les paroles qu'elle prononça étaient à double sens, il laissa un bref sourire qui se voulait poli, mais qui n'était que la manifestation parfaitement dissimulée de la discussion lourde en sous-entendus qui se laissait attendre.

     ▬ Bien évidemment, comme toute compétition digne de ce nom ma dame. Il faisait autant référence à leur compétition personnelle qu'à celle qui se déroulait sur le sable plus bas. Après avoir salué la jeune dame comme il se devait, le Prince laissa rapidement son regard balayer les environs avant d'en revenir au minois de la lady. Je ne vois point votre mère, j'ose espérer que lady Shyra se porte bien ? »

     L'hypocrisie était le maître mot de leur discussion, les paroles prononcées par le Prince étaient à l'opposé de ce qu'il espérait réellement, rien ne saurait faire plus plaisir au Prince suzerain que d'apprendre que la famille Ferboys avait été décimée pour une raison quelconque. Il pourrait bien se prendre d'affection pour qui que ce soit du moment qu'on le débarrasserait de cette épine gênante. Mais d'un autre côté, conformément au proverbe qu'il affectionnait, Maron ne manquait jamais de prendre des nouvelles de lady Shyra lorsqu'il croisait un membre de sa famille. Personne n'aurait pu prouver, par ses paroles ou son comportement à leur égard, qu'il détestait, voir même haïssait viscéralement cette famille. Quelques nobles passèrent à côté d'eux en les saluant comme s'ils étaient en pleine discussion tout à fait normale, Maron les laissa passer avant de reporter son attention sur cette femme aussi dangereuse qu'un serpent, avant de reprendre la parole.

     ▬ Je suis persuadé que cette course va vous plaire ma dame, il y a une jument au caractère bien trempé qui doit y prendre part. Il glissa son regard sombre sur le sable marqué par les nombreux sabots qui le foulaient avant d'enchaîner. Elle est jeune et encore pleine de hargne, certains disent qu'elle a toutes les chances de battre le mâle favoris pour cette course. Qu'en pensez-vous ? Il plaça à nouveau son regard sur le visage de lady Edarra qui devait parfaitement comprendre le sous-entendus. Pour ma part, je crois que sa propriétaire compte surtout sur le fait qu'elle risque de troubler les chevaux autour d'elle par son caractère et ce qu'elle dégage, mais je crois qu'un tour aussi vieux n'a aucune chance de battre des années d'expérience, n'êtes-vous pas d'accord ? »

     Nul besoin d'être mestre pour comprendre ce que Maron entendait par là, cette jeune jument n'était qu'un prétexte pour lui faire comprendre que les manigances de sa mère n'étaient vouées qu'à l'échec. Lady Edarra était d'une beauté indéniable, si elle n'avait pas toujours l'air d'avoir une odeur désagréable sous le nez peut-être bien que le Prince saurait lui trouver du charme, elle espérait certainement compter sur l'appui de quelques jeunes nobles désireux de l'épouser pour appuyer sa lutte contre les Martell. Mais elle oubliait que la beauté se fanait et qu'elle finirait aigrie par la haine qui l'habitait bien avant que son plan ne puisse se dérouler comme elle l'espérait. Toutefois, le Prince n'était pas stupide, il ne restait jamais persuadé que tout lui était acquis et prenait ce danger comme sérieux, le fait qu'il prenne la peine de lui adresser la parole le montrait bien. La jument dont il avait parlé était visible de l'endroit où ils se trouvaient tous deux. Ce n'était qu'une métaphore qu'il utilisait afin de faire clairement comprendre à la jeune lady qu'il n'était pas dupe et qu'il se doutait qu'elle n'était pas ici simplement pour profiter du beau temps et de la course qui se déroulait. Les sous-entendus étaient une chose que Maron maîtrisait, bien qu'il préférait davantage entrer directement dans le vif du sujet, malheureusement des fois avec certains adversaires il fallait ruser et faire preuve de beaucoup d'éloquence afin de se faire comprendre.

     ▬ Mais peut-être que les courses de chevaux ne vous intéressent pas et que vous n'êtes ici que pour représenter votre mère ? J'imagine qu'elle devra certainement vous demander des nouvelles de Lancehélion.... »

     Cherchait-il à savoir si elle était réellement intéressée par cette lutte de pouvoir ? Peut-être bien, il était vrai que c'était surtout lady Shyra qui semblait avoir une profonde aversion pour lui et sa famille. Cela remontait à tellement loin que des fois Maron se demandait comment est-ce qu'elle pouvait encore bien lui en vouloir, leurs familles étaient en opposition depuis des années, il ne doutait pas qu'elles chercheraient à lui causer des problèmes en désobéissant aux règles qu'il avait posé afin d'assurer la paix. Comment pourrait-il prétendre être un bon suzerain s'il n'arrivait pas à tenir ses nobles ? Seulement Maron possédait bien peu de patience et si un jour les Ferbys poussaient le bouchon trop loin, ils risquaient fort de le regretter. Peut-être que ce n'était pas l'idée de lady Edarra mais celle de sa mère en effet. Mais comme on le disait si bien, la pomme ne tombe jamais bien loin de l'arbre et visiblement celle-ci était pleine de vers et totalement indigeste. Un fruit empoisonné, beau à regarder, mais mortel à croquer.



« Il faut endosser ses erreurs comme on endosse ses vertus... avec fierté ! Et transformer, en avantages, les conséquences d'une faute. »
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Message Mer 8 Juin 2011 - 20:16

Feinter avec quelqu’un, quand on avait pas l’habitude ça pouvait sembler incroyablement difficile. Au contraire, pour Edarra, être sincère était devenu quelque chose de peu commun et de peu habituel la concernant. Même en face de jeunes hommes la courtisant, elle n’arrivait jamais à tout dire ou à tout montrer comme si chaque parcelle d’elle qu’elle laissait filtrer était une blessure en plus ouverte et béante. Sa mère l’avait mit en garde contre les maris trop dominateurs. Les Dorniennes et surtout celles de la famille Ferboys étaient des lionnes qui devaient un jour ou l’autre avoir le pouvoir. S’exprimait là, sans doute, toute la frustration de Shyra de ne pas avoir pu être l’aînée et ainsi gouverner la famille. Car à cette place, elle aurait largement pu faire plus de choses que maintenant. Son grand frère, l’oncle d’Edarra était beaucoup plus tempéré dans ses manœuvres et plus… Loyal. Shyra s’éclipsait souvent pour des destinations mystérieuses et la jeune fille avait entendue des bruits de couloirs disant qu’elle employait des mercenaires et autres personnes de mauvaise compagnie pour fomenter contre les Martell et pour mettre à mal leur gouvernement. Mais la jeune dame Ferboys n’était pas dupe et elle était sûre et certaine qu’un jour, ça irait trop loin. Peut être, certainement même… Elle ne savait pas très bien quoi penser de tout ça.

Tout d’abord, elle n’avait rien personnellement contre les Martell si ce n’est une haine congénitale dû au lavage de cerveau qu’elle avait longtemps subit. Elle avait tendance à les voir comme des bêtes sanguinaires fomentant constamment contre tout le monde. Sa mère lui racontait des choses peu attrayantes les concernant et leur attribuait tous les maux qui arrivaient en Dorne. A vingt-quatre ans elle arrivait quand même à discerner la haine gratuite du soupçon vérifié mais quand elle était enfant, les Martell représentaient pour elle tout ce qu’il y avait de plus horrible en ce monde et tout ce qu’il y avait de plus vil. Ils avaient vendus Dorne pour des richesses et à présent ils saignaient la région pour tout donner au roi et ainsi avoir tous les territoires. Il était aisé de voir des preuves métaphoriques où on voulait. Il aurait été encore plus aisé de voir les signes contraires… Mais quand on ne les cherche pas, il devient infiniment plus dur de les trouver. Et Edarra ne s’en donnait pas la peine soyons honnête. Après tout, sa mère devait avoir raison. Elle était forcément celle qui avait raison dans l’histoire. En tout cas, c’était quand même plus satisfaisant de penser ça que de penser qu’on était du côté des méchants. Se penser héro au milieu de créatures viles et sanguinaires était plus accommodant pour son esprit que se penser serpent dans la bergerie.

Ensuite, vouloir les flouer et les mettre à mal était une chose qu’elle pensait aussi naturel que le fait que la rivière coule de haut en bas et non l’inverse. Il fallait dire qu’elle était née dedans et que depuis qu’elle vivait elle savait que les Ferboys et les Martell s’affrontaient de discrètes et polies joutes tout le temps. Ainsi, si c’était comme ça, pourquoi ce serait autrement ? Edarra n’envisageait pas vraiment que les Ferboys prenne un jour la tête de Dorne, à moins de tuer tout le monde entre temps… Mais c’était, simplement, logiquement comme ça. A ça s’ajoutait l’équation enfantine qu’elle observait toujours depuis sa tendre enfance : quand elle embêtait les Martell, sa mère était gentille (ou du moins, moins méchante), et quand elle ne leur faisait rien, elle était méchante. Le résultat était vite calculé et elle préferait largement vivre dans un confort émotionnel relativement enviable que de faire des courbettes à des gens qu’elle ne connaissait du reste, pas. Et puis ils avaient une mine tellement mielleuse de famille parfaite et soudée alors qu’elle à côté elle se tapait une tanière de loups. La jalousie y jouait amplement son rôle et tout ce bon cocktail se transformait en une haine aussi infondée que viscérale. Il ne lui fallait pas une raison plus suffisante pour les haïr que le simple fait d’exister.

Ainsi, le Prince de Dorne lui rendit son sourire poliment, tous deux conscients du manque de franchise dont ils faisaient preuve. Mais en publique, et surtout avec un homme de ce rang, il n’était pas question de se mettre à jouer un genre de lionne enragée. Est-ce qu’elle lui aurait planté un pieu dans la poitrine si elle avait pu le faire sans représailles ? Pas vraiment. La mort par l’assassinat gratuit n’était pas une mort naturelle. Seul la survie était une bonne raison pour tuer. Les richesses que ça lui rapporterait éventuellement n’étaient pas nécessaires pour que l’oxygène s’achemine jusqu’à ses poumons. Le blesserait-elle à la limite, oui, mais elle ne pouvait pas concevoir un esprit mourir normalement et regagner la rivière originelle d’une mort de haine et profit. Ce n’était pas logique, ce n’était pas normal. Les animaux ne tuaient pas pour des richesses et des concurrences, ils tuaient pour vivre. Et cet équilibre parfait serait rompu dans l’accomplissement d’une vengeance dont le temps avait effacé toute trace de raison. Comme un fil tracé dans le désert, il n’en faudrait pas d’un jour, d’une génération pour en oublier les reliefs. Mais, bêtement, ces rigoles avaient été creusées par les dagues et les lances et étaient beaucoup trop solides pour simplement se dire : c’est comme ça. Ca n’aurait apparemment pas du être comme ça. Edarra ne se posait plus la question, car le reflet de l’eau n’en était pas moins intangible et sans cesse perturbé par le courant, et essayait de façonner le monde à son image était vain et désespéré. La situation actuelle lui convenait pour la simple et bonne raison qu’elle réussissait à ne pas ployer sous le poids glacé de sa mère et qu’elle tenait pour l’instant, relativement bien.

Le grand type aux cheveux et aux yeux foncés lui répondit en toute politesse avant d’observer les environs et de constater que sa mère n’était pas là. Il lui demanda ensuite si elle se portait bien. Personne ne souhaitait qu’elle se porte bien, et ce n’était même pas sure que Shyra elle-même appréciait de bien se porter. Pourtant Edarra ne lui souhaitait pas de malheur, ça l’indifférait. Au mieux, elle était malade et la laisserait tranquille quelques temps, sinon, c’était comme d’habitude. Des gens passèrent alors que des salutations polies s’échangèrent. Edarra les renvoya avec la même politesse (ou hypocrisie au choix) avant que le Prince ne reprenne la parole en lui assurant que cette course lui ferait plaisir. Puis il commença à parler d’une jument au caractère fort qui devait prendre part à l’évènement. Elle suivit son regard descendre vers les chevaux. Elle savait déjà que cet animal était une référence directe à elle-même. Non pas qu’elle le prenne mal, elle considérait sous certains aspects les animaux bien plus logiques et intelligents que bien des humains après tout. Avait-on déjà vu un lézard mordre la queue d’un autre par simple envie ou méchanceté ? Elle qui traînait pas mal sur ces terres pouvait attester que non. Et d’ailleurs elle ne comprenait pas tellement ces religions qui envahissaient largement le royaume avec des représentations humaines. Les humains n’étaient-ils pas futiles, attisés par l’envie et la simple aspiration à l’égoïsme ? Elle ne comprenait pas qu’on puisse essayer de se rapprocher de figures si proches d’eux. Plus ils étaient éloignés de l’homme, plus ils devaient être parfaits et entiers.

Le Prince Martell décrit ensuite la dite jument comme jeune, hargneuse et qu’elle avait toute ses chances de battre le mâle favori de la course. Il lui demanda ensuite son avis en reportant son regard sur elle. Edarra avait toujours son regard sur le champ de course avec ces pauvres chevaux qui devaient bien se demander ce qu’ils devaient faire sur ce terrain et pourquoi on les alignait comme ça. La voix de l’homme qui commençait sérieusement à l’agacer reprit. De son avis, toute la stratégie de la jument consister à troubler les autres concurrents autour d’elle pour essayer de gagner mais que ce tour était tellement vieux qu’il ne prendrait pas. Il finit par lui demander si les courses de chevaux l’intéressaient vraiment et si elle n’était pas là plutôt pour représenter sa mère. A peine ce mot fut-il sortit qu’elle recroisa son regard avec la même lueur dure et décidée qu’elle avait revêtit depuis quelques secondes.

~ Ma mère, Lady Shyra, se porte très bien. Elle est en déplacement un peu plus haut dans le nord, elle est désolée de ne pas avoir pu assister à cette course. »

Et elle manqua presque de rajouter : et faire son boulot soi même, au moins elle aurait été trop occupée à essayer d’atteindre les Martell pour s’occuper d’elle. Elle lança un rapide coup d’œil à l’arène des chevaux. Pourquoi ce départ ne partait pas là maintenant ? Elle n’aimait pas être prise de cours et elle aimait encore moins devoir parler directement de front à Maron Martell. De plus, le fait que ce dernier se permette de parler d’elle comme si il la connaissait par cœur sous prétexte qu’il avait mieux connu sa mère la faisait bouillir de l’intérieur comme une jeune enfant à qui on a fait un mauvais tour. Aucun moyen d’esquiver de toute manière. Et puis, elle avait une trop grande gueule dans ce genre de moment pour ne pas répliquer, un réflexe qui pourrait peut être lui coûter cher un jour ou l’autre.

~ Concernant les chevaux, les favoris ont tendance à trop se reposer sur leurs victoires passées… Mais il vient toujours un temps où il faut prendre le relais. C’est la nature. Et je trouve les courses… Elle hésita un instant quant au mot à choisir avant de reprendre toujours aussi calmement. Un peu réductrices. Juger un cheval sur le simple critère de la vitesse est trop limité. Quant est il du courage, de la force, de la vigueur, de l’intelligence ? … Je préfère voir des chevaux dans le milieu qui leur sied et non entouré de centaines de gens criant dans une arène. Elle se passa une main dans ses cheveux, tactique de détournement d’attention pour cacher son emportement qui pointait lentement le bout de son nez. Quand ce départ allait-il sonner ? Cette jument est possiblement réduite à n’être qu’une potentielle gagnante sur ce champ de course, mais en dehors du carcan étouffant dans lequel elle repose chaque nuit, peut être qu’elle vous étonnerait. »

Ou alors était-ce simplement une impression, un fantasme enfouit ? Car finalement, en dehors de cette course politique elle n’était pas bonne à grand-chose. Elle savait à peine coudre pour rafistoler des habits déchirés et endommagés, elle savait dépecer quelques animaux qu’on trouvait en Dorne, elle savait chevaucher des chevaux, se battre sommairement à l’épée, elle savait lire, écrire et… Et… Et c’était tout. Finalement, était-ce une bonne idée d’essayer de se séparer de sa mère et de la source d’attention qu’elle pourrait avoir dans toute sa vie ? Car si plus personnes ne s’intéressait à elle, d’une bonne ou d’une mauvaise manière, existerait-elle encore ? Il était si dur d’arriver à se détacher de toute cette parure dorée une fois qu’on y avait goûtée. Mais l’arrière goût de sang amer ne passait pas avec les épices. Et puis au bout d’un moment, on était dégoûté des épices quand on en mettait trop. Mais le manier était devenue une sale habitude. Et comme toutes les sales habitudes elle était dure à refouler et à renvoyer au placard. Il lui était même arrivé d’être déjà désobligeante avec des gens proches et sympathiques car c’était plus facile. Essayer de se faire aimer, de se faire respecter, c’était tellement plus compliqué que simplement tout saboter à coup de remarques acerbes et de dents acérées. Mais quand on ne connaissait que ça, il fallait de la force pour arriver à se dépêtrer de cette lourde vase qui voulait entériner nos initiatives. Cette conversation était bien trop centrée sur elle pour que ce soit intéressant. En fait c’était carrément étrange et elle ne se sentait pas à son aise. Il fallait détourner la conversation histoire que cette satanée course commence et se termine… Elle finit par reposer ses yeux sur les chevaux entrain de se faire préparer par leurs dresseurs et leurs propriétaires.

~ Et ce mâle favori dont vous me parlez messire, On le fait courir pour le plaisir de la course ou pour le plaisir d’être favori ? J’avoue que je préfère les courses libres, sans artifices à celles-ci qui sont souvent des démonstrations de force plus que des compétitions équestres… Mais je crois que ces chevaux n’ont pas vraiment le choix de devoir faire ces courses fatigantes. Espérons au moins qu’ils ne se tueront pas à la tache. »

La parade inutile et les défilés de mode comme on en voyait dans toutes les fêtes mondaines la saoulait énormément. Elle n’était de toute manière pas une dame très portée sur ses vêtements, sa coiffure ou ses chaussures. Elle s’en occupait par tradition et pour faire bonne figure. Car finalement ce n’était que pleine de sable, dans une tenue de voyage confortable entrain de patauger dans la nature qu’elle se sentait vraiment le mieux. Ces chevaux courraient car on leur intimait de courir. Sinon, ils auraient autre chose à faire ; et surtout pas parader ainsi avec les ornements de leurs maisons. Inutile et encombrant. Les pauvres presque. Eux qui n’avaient jamais rien demander à personne et qui avaient fait la fierté de la région étaient exposés ainsi, c’était étrange et le fait que Martell l’ai rapprochée de ces équidés la mettait mal à l’aise. Elle se voyait dans l’arène comme une proie encerclée par des centaines d’ennemis priant sa mort. L’image en bas de cette estrade devait donner le vertige ce qui n’était pas recommandable avec cette chaleur. La compétition, Edarra ne l’avait qu très rarement connue. Avec un frère aux antipodes de ce qu’elle était, elle n’avait pas énormément de gens contre qui concourir. Peut être que ça aurait été mieux et elle aurait possiblement eu la paix avec une grande sœur ou un grand frère à qui confier les tâches ingrates. Elle pouvait aussi s’enfuir de sa famille en se mariant mais elle doutait que sa maternelle la laisse faire aussi rapidement et de toute façon, elle n’était pas encore totalement prête à se soumettre totalement à la volonté d’un homme comme ça. Mine de rien, sa mère avait été un bel exemple de féminisme en menant à la baguette son père. Mais c’était peut être par peur d’un assassinat un soir ou l’autre…

~ Et sinon, comment avance votre projet de jardins aquatiques ? Votre épouse doit être comblée que vous passiez du temps à organiser tout ça. De même que j’imagine que le peuple prend plaisir à constater que son seigneur suzerain se déplace pour rendre hommage à ce genre de manifestation. »

La seule critique sous-jacente qu’on pourrait y voir serait qu’il aurait largement mieux à faire qu’à parader comme un fier larron devant toute cette cours alors que des fer-nés envahissent les côtes. Mais Edarra n’était pas dupe pour autant et comme elle venue ici pour le protocole, cet homme ne semblait pas être du genre à adorer ce genre de mondanités. Il ressemblait plus au type tacticien et combattant. Mais il y avait sa femme aussi pour ça, ou son frère… Les gens du peuple ne faisaient pas toujours la différence entre un membre d’une famille et un autre et de toute façon, Edarra serait deux fois plus rassurée de savoir le seigneur suzerain loin d’ici entrain d’essayer de régler ce problème de pillages plutôt qu’attendre qu’il débarque à Dorne pour aviser. Surtout qu’il y avait la majorité des grandes villes sur la côte et que Ferboys avait déjà assez à faire avec la route menant aux Terres de l’Orage et au Bief.


Dernière édition par Edarra Ferboys le Jeu 9 Juin 2011 - 19:24, édité 1 fois
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Maron Martell
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Message Jeu 9 Juin 2011 - 15:45

     Lady Edarra était la digne fille de sa mère, le simple fait de poser ses yeux sur ce visage impassible où brillaient deux yeux emplis de dureté, suffisait à le lui indiquer. Lady Shyra était une femme aigrie et rongée par la haine, elle en voulait aux Martell depuis des années, parfois le Prince en venait à se dire qu'elle ne devait même plus savoir quelle était la véritable source de cette haine. Est-ce que le fait de n'avoir pu accéder au trône de Dorne pouvait rendre quelqu'un aussi aigri ? Maron se demandait souvent ce qu'il en aurait été si son ancêtre n'avait point épousé la Princesse Nymeria et que les rôles eurent été échangés. En aurait-il voulu aux Ferboys de la même sorte ? C'était une possibilité à ne pas écarter, s'il y avait une chose qu'on pouvait bien laisser à lady Shyra, c'était qu'elle était une Dornienne pure souche, la colère qui faisait bouillir son sang le prouvait clairement, c'était pour cette raison que le Prince suzerain ne doutait pas une seule seconde que sa réaction aurait été aussi excessive. C'était dans le sang des habitants du désert de réagir aussi promptement et de nourrir une haine farouche à l'encontre de ceux qui leur avaient causé du tort. Parfois, Maron regrettait que lady Shyra ne soit point un homme et qu'elle décide de venir le défier purement et simplement, la place de suzerain au gagnant du duel, l'autre n'aurait que la mort et le déshonneur dû à cette défaite. Ce serait simple, net, il n'y aurait plus de petites actions menées en douce afin de lui rendre la vie impossible, c'était une réaction digne du Dornien qu'il était. Malheureusement les politiciens, le mestre qui s'était nommé conseiller du Prince, son épouse, tout le monde semblait vouloir le dissuader d'obéir à son sang chaud, seul Doran le poussait dans cette direction, mais son cadet n'était point un bon exemple à suivre.

     Quoi qu'il en soit, Maron ne pouvait se vanter de connaître la jeune femme qui lui faisait face, était-elle en parfait accord avec sa mère ? Le fait qu'elle n'ait jamais fait de geste de paix à l'égard des Martell lui faisait penser que si elle n'était pas avec elle, elle n'était pas contre elle pour autant. La réponse de la belle ne se fit point attendre, elle déclara que sa mère se trouvait être en parfaite forme avant d'ajouter qu'elle était en déplacement et se trouvait désolée de ne point pouvoir se trouver ici. Maron esquissa un léger sourire poli qui ne reflétait en rien le fait qu'il se doutait bien que lady Shyra devait être plus occupée à lui poser des problèmes quelque part à Dorne que de se déplacer pour les affaires. Ces-dernières périclitaient sans cesse depuis l'union des Martell au trône de fer, les razzias que les nobles de Dorne se permettaient avant que la paix ne soit installée, avaient été stoppés nets et c'était d'ailleurs ce qui provoquait la colère de bon nombre de familles des terres désertiques. Même si les Ferboys n'étaient pas pauvres pour autant, leur demeure ne contenait plus autant de richesses qu'auparavant, le Prince était persuadé que c'était ce qui jouait en grande partie dans la colère que lady Shyra éprouvait à l'encontre de sa famille. Il esquissa un léger signe de la tête pour confirmer qu'il avait bien compris.

     ▬ Vous me voyez ravi de constater que tout va pour le mieux, nous n'avons que rarement des nouvelles de Ferboys, si ce n'est pas des voyageurs qui s'égarent jusqu'à Lancehélion. Votre présence fera sans doute plaisir à bien des nobles j'imagine. »

     Il ne jugea pas utile de pousser l'hypocrisie jusqu'à dire qu'il était ravi de la voir ici puisque c'était même tout le contraire, aucun Martell ne devait être satisfait de voir un membre de la maison Ferboys mettre les pieds à Lancehélion. Disons simplement que c'était une manière de lui faire remarquer qu'elle ne se donnait pas souvent la peine de jouer les hypocrites en faisant des visites à Lancehélion, bien que cela ne le gênait nullement. La conversation s'orienta ensuite sur les chevaux alors que Maron avait décidé de lancer les hostilités de manière plutôt subtile pour une fois, contrairement à son habitude il avait décidé d'y aller avec le dos de la cuillère. Après tout il ignorait totalement la position de la jeune femme dans la petite guerre qui opposait leurs deux familles. Peut-être avait-elle été élevée en entendant que les Martell étaient des personnes abjectes tout comme Doran se donnait la peine de le faire comprendre à Tristan et Nymeria, ce qui n'enchantait point leur père qui ne l'en empêchait pas pour autant. Lady Edarra aborda le fait que les favoris étaient généralement trop confiants, ce qui était on ne peut plus véridique, combien de hauts placés étaient tombés parce qu'ils se croyaient intouchables ? Alors qu'elle continuait son explication en taxant les courses de chevaux de réductrices, il nota que la belle, en plus d'être dotée d'un visage qui devait attirer la convoitise, avait aussi un esprit éveillé et une langue certainement aussi acérée que la lance du Prince. Elle toucha plusieurs points qui étaient tout à fait intéressants alors que le Prince se délectait de cette discussion qui permettait de régler des comptes sans pour autant tomber dans l'indécence ou le parjure.

     Maron avait quitté la contemplation du visage de la jeune femme pour porter son attention sur les chevaux dont ils parlaient depuis avant alors que la voix de la lady s'éleva à nouveau pour aborder le point du favoris. Elle était comme lui sur ce point, le Prince n'aimait point voir les chevaux tourner en rond sur un sable aussi fin que possible pour le simple plaisir des nobles, il n'assistait à cette démonstration que par obligation et non pas plaisir. C'est d'ailleurs ce point que la Dornienne choisit d'attaquer, lui demandant comment le projet des jardins aquatiques avançait avant de parler de son épouse et de glisser de manière très subtile qu'il devait certainement avoir d'autres choses à faire que de rester ici à admirer des chevaux courir. Maron détacha son regard sombre de la piste pour le poser sur le visage de son interlocutrice avant de répondre d'un ton posé.

     ▬ Les jardins aquatiques sont en attente pour l'instant ma dame, comme vous ne l'ignorez certainement pas, il y a des choses plus pressantes que de construire quelque chose pour rappeler sa terre natale à mon épouse. C'était l'unique but de ces jardins après tout, permettre à Daenerys de trouver une parcelle de « chez elle » à Lancehélion. Les Fer-Nés approchent dangereusement de Dorne et bien que Lancehélion ne soit pas en première ligne, je ne pourrais tolérer qu'ils mettent leurs pieds ici. Les jardins ne s'évaporeront pas, mon épouse comprendra parfaitement ce contre-temps. Il l'observait, l'air de rien, mais sentait bien qu'elle le cherchait par ses questions. Quelques secondes s'égrainèrent avant qu'il ne décide d'enclencher sur un autre sujet. Ma présence ici est malheureusement indispensable bien que je n'ai aucune passion pour les courses de chevaux aussi restrictives. Voyez-vous, certains nobles s'amusent à médire sur mon affection pour le peuple de Dorne si j'ai le malheur de ne point assister à de telles réjouissances. Je ne tiens pas à ce que l'on puisse douter de l'intérêt que j'éprouve pour ma terre natale et ses habitants, de plus, le rôle que j'occupe a de bien pires aspects que celui-ci. Il l'observait toujours. J'ai du respect pour les personnes présentes ici ma dame, le Prince suzerain est le serviteur de son peuple, si ma présence peut leur apporter satisfaction, c'est le moins que je puisse faire. »

     Inutile de préciser que les familles dont il parlait étaient surtout celles situées non loin de Ferboys. Maron n'était pas dupe, il savait bien que c'était principalement lady Shyra qui se faisait le plaisir de médire à son sujet dès qu'il faisait un faux pas, il avait donc clairement posé les choses, même si ce n'était guère un plaisir de devoir jouer les hôtes respectueux, il éprouvait du respect à l'égard des autres habitants de Dorne et ne voyait donc aucune raison de ne pas leur faire ce plaisir. Maron avait beau être connu pour son sang chaud et le fait qu'il soit très souvent du genre à réagir sur un coup de sang, il avait gardé le respect des traditions et de tout ce qui faisait que les Martell étaient tout de même appréciés par la grande majorité des habitants de Dorne. Les bêtes s'impatientaient sur la piste, le temps que le Prince converse avec la jeune lady avait suffi aux propriétaires pour terminer d'harnacher leurs montures, elles étaient sur le départ et il allait être donné sous peu.

     ▬ Nous allons bientôt avoir notre réponse ma dame. Vous pensez que notre jeune jument a une chance de gagner ? Vous avez marqué des points, ces courses sont réductrices, mais malheureusement elles sont inévitables. Notre favoris a l'habitude de la foule, d'être entouré par des gens qui lui veulent du bien comme du mal, n'attendant qu'un faux pas pour perdre ce qu'il a si durement gagné. Toujours une conversation à double sens bien évidemment. Il connait cette peur et sait la dompter, je dirais que notre jeune jument est encore inexpérimentée, elle risque de prendre peur et de faire un faux-pas qui peut lui coûter la victoire, voir bien pire. L'expérience n'est pas négligeable, surtout dans une telle situation, est-ce que vous pensez que la foule autour d'elle ne risque pas de l'inquiéter ? Un concurrent qui n'est pas jeté corps et âme dans sa lutte n'y parviendra jamais. »

     Les gens autour d'eux leur jetaient de temps en temps des coups d'œil, les tensions entre les deux familles ne dataient pas d'hier et personne ne l'ignorait. Il était donc assez surprenant de constater que le Prince puisse converser de courses avec lady Edarra, sans qu'il n'y ait d'éclats de voix. Maron savait qu'il n'y en aurait pas aujourd'hui, la jeune femme n'était pas sa mère, elle n'était pas encore autant imbibée de haine que lady Shyra et le Prince comptait sur cela pour qu'elle parvienne à mieux se maîtriser. Le départ fut lancé, la course débuta aussitôt et la foule commença à hurler, chacun pour son cheval, espérant qu'il gagnerait la course pour pouvoir obtenir toutes les faveurs qui y étaient liées. Quittant le visage de la jeune lady du regard, le Prince posa ses yeux sur les silhouettes des équidés avant d'enchaîner.

     ▬ Ces courses sont réductrices, mais en y regardant de plus près, la vie l'est aussi. Que cherchent les nobles lorsqu'ils veulent trouver un époux ou une épouse pour leurs enfants ? La personne parfaite, ils ne jugent que sur ce qu'ils peuvent avoir à apporter sans pour autant l'observer dans son environnement naturel. Il la regarda quelques instants. Je me suis d'ailleurs laissé dire que vous aviez ne nombreux prétendants ma dame, vous devez certainement savoir de quoi je parle. »

     Une petite pique, une fois n'est pas coutume, le fait qu'il parle de cela juste après avoir parlé des mariages qui cherchaient à apporter quelque chose à la famille concernée, exprimait bien ce qu'il pensait de tout cela. Lui-même était accusé d'avoir vendu Dorne, il avait été fiancé avant de savoir à quoi cela pouvait bien servir, on le lui reprochait très souvent, mais au final, tout le monde faisait de même. Les mariages étaient des moyens de trouver des alliés, lady Shyra cherchaient certainement à rallier des familles à sa cause en offrant sa fille à une famille importante. La course ne durerait pas bien longtemps, les chevaux se déplaçaient à une vitesse impressionnante alors que Maron terminait son intervention.

     ▬ Pour vous répondre ma dame, ce favoris court parce que c'est son rôle, qu'il soit favoris ou non, il est né pour courir, il bataillera pour battre chaque adversaire qu'on lui présentera et si par malheur un jour cela doit lui coûter la vie, il ne fera tout de même. Il l'observa quelques instants. C'est cela même le rôle d'un favoris ma dame, faire de lui ce que l'on attend, se battre jusqu'au bout sans se plaindre. C'est là qu'on différencie un véritable gagnant d'un combattant sans foi, il ne se plaindra jamais et sera prêt à donner sa vie pour remporter la victoire. C'est un bien mince prix à payer au final, lorsqu'on y regarde de plus près, il sera considéré comme combattif et battant, son gène se vendra à prix d'or et on gardera toujours le souvenir d'un favoris digne de sa réputation. »

     Inutile de préciser qu'il signifiait clairement à la jeune femme que les personnes qui occupaient un poste aussi difficile que le sien n'avaient pas le loisir de se plaindre. Est-ce que lady Shyra était une femme qui se plaignait ? Certainement, elle nourrissait une haine farouche à leur égard, il cherchait à faire réfléchir la jeune femme, est-ce qu'elle ferait une meilleure suzeraine que lui ? Pas tant que son esprit ne serait habité que par l'envie de pouvoir, elle voulait juste voir les Martell chuter pour que les Ferboys soient hissés en haut de la pyramide, mais pas pour le bien du peuple de Dorne. Maron était un suzerain qui pensait à ses hommes et aux habitants des contrées du désert, c'était son point fort. La fin de sa phrase n'avait été qu'une manière de montrer qu'il parlait aussi des chevaux, il ne cherchait pas à vendre ses enfants, elle pouvait le comprendre de la sorte, mais Maron avait bien à l'idée de laisser à ses enfants le luxe qu'il n'avait pas eu. Celui de choisir leur partenaire.



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Message Ven 10 Juin 2011 - 14:05

Cette situation était étrange. Déjà, d’habitude, c’était elle qui attaquait et savait quoi dire aux gens. Elle arrivait dans les groupes de nobles avec une cible précise en tête comme un serpent qui ne s’attaque qu’à l’animal qui l’intéresse et oublie toutes les choses autour de lui. Elle finissait par prendre les rennes et ensuite diriger la conversation pour que ça aille exactement où elle voulait que ça aille. Généralement, le plus loin possible de ses propres démons c’était quand même mieux. Pointer les failles des autres était quand même un très bon moyen pour ignorer ses propres failles. Détourner l’attention, c’est bien détourner l’attention de quelque chose au départ. Et si Edarra mettait en exergue les faiblesses des autres c’était bien pour ne pas qu’on souligne les siennes, en noyant les gens sous les demandes de justifications. Voilà pourquoi elle préferait le désert et le silence. On demandait toujours de trop parler, de trop montrer et de trop expliquer. Alors que finalement, les explications ne sont que des justifications foireuses pour cacher ce que nos actes montrent. Les gens devraient être muets et ainsi on pourrait vraiment les juger à leurs actes, seuls. Et c’était finalement à cause de ça qu’Edarra se sentait aussi inconfortable dans ce corps aussi humanoïde. Finalement, dans toute le bestiaire de la rivière mère il n’y avait aucun humain. Les humains ne pouvaient pas prétendre arriver à avoir leurs places sur les rives de la rivière. Ils se contentaient de vivre, de passer dans les flots et ensuite de tomber dans des chutes… Totalement impuissants face au monde qu’ils tentaient pourtant de dompter malgré leurs échecs.

Le Prince de Dorne exprima sa joie bien évidemment feinte de savoir sa mère bien portante et dit même que des nobles devaient être content de la voir. Ben voyons. Savait-il au moins ce que ça faisait de se faire dilapider du regard par toute une pièce ? Non pas par quelques personnes médisantes au milieu d’une foule acclamant son nom… Non, mais la sensation désagréable qui nous envahit quand, dès qu’on entre dans une salle, on sent l’assemblée se raidir à notre vue. Savait-il au moins tout le préjudice que son nom lui portait, à cause de qui finalement ? De la sale réputation de sa mère et de la haine apparente que sa famille portait aux Martell. Et elle, au milieu de tout ça elle était obligée de suivre le mouvement si elle ne voulait pas se farcir des dommages collatéraux. Et puis ce n’était pas comme si elle avait été majoritairement élevée par sa mère et qu’elle avait quand même un esprit redevable et une éducation traditionnelle centrée sur la famille. La maternelle, aussi perfide soit-elle, restait celle qui avait mit au monde et méritait respect et totale loyauté. Elle avait sacrifié son corps et son temps pour la faire naître et lui donner une chance d’exister. Si elle était là aujourd’hui, c’était grâce à elle dans tous les sens du terme. Ainsi, si elle ne la satisfaisait pas, c’était la honte, le déshonneur. Car Edarra le cherchait bien, d’honneur, dans les yeux vides et froids de cette femme qui ne semblait émue par rien et ne semblait sourciller à propos de rien.

Ses yeux se posèrent une fois de plus sur les chevaux de l’arène qui trépignaient, conscients que quelque chose se préparait et qu’il allait falloir bientôt courir. Ces bestioles savaient sentir l’agitation pointer le bout de son nez comme si ils avaient connaissance de la venue d’une perturbation avant qu’elle n’arrive… Des genres de visions prémonitoires qui les prévenaient pour qu’ils se préparent. La plus part des hommes étaient insensible à ce genre de double vue mais Edarra était persuadée que certaines personnes l’avait. Comme sa mère qui arrivait à sentir à des kilomètres quand quelque chose ne tournait pas rond. Ou alors était-ce la force de l’habitude qui l’avait rôdé à voir quand les gens complotaient. C’était presque effrayant et carrément dissuasif pour ses proches qui voudraient essayer quelque chose contre elle. De toute manière, Shyra ne donnait aucune seconde chance aux gens. Les occasions devaient se saisir et si les gens rataient alors c’était qu’ils n’étaient pas dignes… Comme Dorne qui avait longtemps résister à tout envahissement, les Ferboys en première ligne et qui avait été lâchement donné, vendu, prostitué par un mariage. Cette union allait contre ses principes. Et ce qui allait contre elle ne pouvait pas exister dans le monde alors il fallait y mettre fin. Cette conception sans doute réductrice et très violente n’était rien d’autre que l’ambiance follement amusante dans laquelle avait grandit Edarra. Peut être que cet appel à la violence et à la haine l’avait dissuadé de s’approcher des affaires purement humaines. A voir avec quelle aigreur sa mère était habitée, ça ne donnait pas envie de se plonger dans le monde de la politique et dans les fêtes mondaines.

Le prince lui répondit que les jardins étaient en attente à cause d’affaires plus urgente qui pouvait faire attendre sa femme nostalgique. D’une certaine manière, Edarra la comprenait et ne la comprenait pas. En effet, elle pouvait aisément s’imaginer le sentiment de manque qu’elle pouvait avoir de ses terres. Si elle venait à voyager plus en avant dans les terres au Nord, Edarra était certaine que le sable aride de Dorne ne lui brûlant pas les pieds lui paraîtrait étrange et même un peu inconfortable. Mais en même temps elle n’était pas sûre d’apprécier pleinement cette verdure et cette opulence qui était souvent décrite par les gens revenant des terres de l’Orage ou du Bief et qu’elle n’avait vu qu’il y a pas mal de temps déjà. Déjà que les montagnes et le désert lui suffisait, elle ne savait pas si un parterre d’herbe et de forêt plairait à son œil habitué aux plats reliefs de Dorne. Martell parla des Fer-nés qui approchaient dangereusement du territoire Dornien même si Lanchélion n’était pas en première ligne, ils représentaient un e affaire beaucoup plus brûlante que de simples jardins pour sa petite femme nostalgique. D’ailleurs, si elle n’aimait pas la Dorne, elle n’avait qu’à ne pas y rester, après tout, elle pouvait aussi monter sur un cheval et aller voir ailleurs si ça ne lui plaisait pas. Edarra hocha lentement la tête, l’écoutant tout en regardant les chevaux d’un air intéressé.

L’homme reprit la parole en expliquant que sa présence à cette course était indispensable même si il n’était pas un fan de ce genre de manifestation. Il insista sur le fait que pas mal de nobles médisaient sur son affection pour les Dorniens et que ceux-ci ne manquaient pas une occasion pour l’insulter si il osait ne pas montrer son nez. Evidemment, Shyra était de ce genre là, pour ne pas dire qu’elle était presque celle qui commençait à médire. Elle comptait d’ailleurs bien sur l’attachement du peuple pour essayer de faire pencher la balance (bien qu’elle ne soit pas vraiment équilibrée) mais elle inspirait plus de la méfiance et de la peur qu’une réelle autorité bienfaisante et loyale. On obéissait à Shyra Ferboys car elle faisait peur et qu’on avait des frissons dans le dos quand on la voyait, pas parce qu’on ne doutait pas de sa capacité à prendre des décisions et à apprécier une place telle que Prince (ou Princesse) de Dorne. De plus elle était bien trop imprévisible pour que les gens se sentent à l’aise à son contact. On avait toujours peur de faire l’erreur fatale, de ne pas dire les bons mots et on finissait par avoir l’impression de gêner par notre seule présence alors qu’on avait encore rien dit. Pas vraiment le genre de souverain dont on rêvait… Mais Edarra n’y avait jamais pensé étant donné que Shyra ne contrôlait Ferboys qu’indirectement en embêtant un maximum son grand frère pour le faire plier dans ses décisions. Martell précisa qu’il y avait de biens pires aspects dans son métier… Comme par exemple écouter les allégeances du peuple ou s’occuper de nobles récalcitrants comme elle finalement. Même sans le voir, la jeune femme sentait son regard sur elle. Les cheveux trépignaient et finalement le Prince indiqua que bientôt le départ allait être lancé. Il lui demanda encore si elle pensait que la jeune jument avait une chance de gagner… Et ces courses avaient beau être réductrices elles étaient inévitables. Il pointa le fait que le favori avait l’habitude de la foule et d’être entouré de gens qui n’hésiteraient pas à le poignarder dans le dos pour lui faire perdre ce qu’il avait durement gagné. Elle esquissa un regard vers lui. Marié aussi jeune, c’était ça travaillé ? Une semble transaction commerciale presque. Un échange comme on en voit sur les marchés, c’était ça du travail ?

Il affirma qu’il connaissait cette peur et savait la dompter et que contrairement à un jeune animal inexpérimenté, il ne risquait pas de prendre peur et de faire un faux-pas qui pouvait lui coûter la victoire ou pire. Il souligna ensuite l’avantage de l’expérience. Il rajouta qu’un concurrent qui n’était pas jeté de plein corps dans une lutte ne pouvait la gagner. En même temps qu’ils parlaient, elle voyait parfaitement les regards qu’on leur lançait du coin de l’œil. Ils s’attendaient à quoi ? Qu’elle lui saute à la gorge ouvertement en sortant sa dague pour essayer de lui chatouiller les côtes ? Ces espèces de mégères qui ne savaient pas affronter de front quelqu’un et qui préféraient faire des messes basses en disant amen à tout ce que pouvait dire celui qui parlait le plus fort. Finalement, alors que la jeune fille bouillonnait déjà le départ fut lancé et l’attention fut vite détournée d’eux pour se tourner, enfin, vers l’arène. Et enfin, les insinuations malodorantes de ce Prince qui donnaient l’impression à Edarra de se faire rabaisser sans aucune raison cessèrent un instant. Que pouvait-il bien savoir de son expérience apr-s tout ? Il ne l’avait que vu en compagnie de sa mère ou dans les cours ? La croyait-il aussi futile que toutes ces pimbêches qui se trémoussaient comme des dindes ? Il manquerait plus que ça. Son regard se reporta aussi sur les chevaux, allégeant légèrement les épaules de la jeune femme. Mais finalement, le calme ne fut que de courte durée car la voix de l’homme reprit en disant que les courses étaient aussi réductrices que la vie. Edarra fronça les sourcils. Il lui demanda ensuite ce que cherchaient les nobles lorsqu’ils voulaient trouver un bon gendre ou une belle dame à leurs enfants, il répondit que c’était la personne parfaite. Ils ne jugeaient des autres que par rapport à ce que cet échange pouvait rapporter et non pas selon leurs réelles qualités. Certainement oui…

Son regard se reporta encore une fois sur le visage d’Edarra qui était toujours rivé sur les chevaux. Il insinua ensuite qu’elle savait de quoi il parlait étant donné qu’elle avait de nombreux prétendants. Nombreux, oui, peut être bien… En même temps, Edarra ne passait pas autant de temps à la cours de Ferboys qu’une simple lady qui n’avait que sa couture à faire. Il repartit sur le sujet du favori en disant que c’était simplement son rôle et qu’il soit le favori ou non il était fait pour courir et battre son adversaire qu’importe le prix. Et qu’il se contentait de faire ce qu’on attendait de lui, sans se plaindre… Pour une bonne réputation et une victoire dont il ne profiterait pas. Elle eu un léger sourire finalement. Son expérience au fur et à mesure de ses voyages en Dorne et son contact auprès des populations comme les Orphelins de la Sang-vert lui avait permit d’avoir l’avis d’une bonne branche de personne. Comparé à sa mère qui ne voulait être entourée que du beau monde et toujours être vue en bonne compagnie, dans le désert, il n’y avait plus ni nobles ni pauvres gens mais simplement des animaux qui survivaient.

~ Messire, on a tendance à penser la rivière sans surprise car elle coule toujours là où elle devrait couler. On a tendance à penser les poissons sans surprises car ils nagent toujours là où le courrant devrait les emmener… Pourtant il y a bien des poissons qui remontent le lit de la rivière en sens inverse. On ne devrait pas être si sures de soi concernant ce qu’on pense savoir. L’expérience est avant tout et surtout une connaissance du passé. Comment se préparer au futur si on ne s’attend pas à des surprises ? Elle lui lança un regard très court avant de reporter ses yeux sur la course. Vous parlez de la peur comme d’une faiblesse. La peur de mourir peut maintenir un cheval des jours en vie sans boire juste dans l’espoir de trouver un peu d’eau. La peur permet à certains animaux de sécréter des venins plus mortels que tous les poisons que vous pourrez trouver en Westeros… Je pense qu’il ne faut pas dompter la peur mais vivre avec elle. Et cette jument que vous semblez dénigrer doit bien devoir perdre pour apprendre comment gagner.»

Et que savait-il exactement de la peur, la peur primaire ainsi terrée dans son château ? Connaissait-il au moins ce que cela voulait dire pour les gens de son peuple ? Il voulait se montrer comme un fier larron devant tout le monde, comme si il était comme eux… Ou du moins, voulait-il leur faire croire. Sous des bonnes paroles qui se voulaient dominatrices, franches et justes, il ne semblait pas en savoir plus que ce qu’elle savait : rien. Et finalement, Edarra s’y était fait. Elle ne savait rien et s’en contentait de son rien. C’était un rien plutôt agréable. Elle ne cessait d’observer et de reproduire pour vivre. Elle ne savait pas comment vivre et n’aurait pas la prétention d’essayer d’enseigner aux gens comme faire. Mais elle se contentait de se reposer sur ce qui était sur et certain… Et ce qui était certain c’était qu’elle ne savait rien. Elle reprit la parole, en dégageant son col pour que son cou puisse mieux respirer.

~ Je ne crois pas que la vie se résume à notre simple existence. Il y a eu des êtres avant nous et il y en aura après. Quand aux mariages et aux prétendants... Rien ne presse, comme vous l’avez dit, il y a des choses plus graves à régler. »

Les chevaux courraient et comme tout le monde s’y attendait, le grand favori de la course était bien évidemment en tête. La jeune jument était dans le peloton du milieu, pas prêt d’arriver à la première place. Mais en même temps, qu’est ce que ça faisait ? Si tout le monde savait que c’était le favori qui gagnerait, pourquoi faire des courses ? Pourquoi ne pas simplement mettre le favori et qu’il fasse un tour tout seul pour montrer à quel point il court vite… Car les surprises arrivent et qu’il pourra se faire détrôner, ça arrivera. Peut être pas aujourd’hui mais sa place sera forcément prise, c’était dans les règles universelles. Ca prenait certainement plus de temps selon les choses, les montagnes meurent moins rapidement que les arbres ou les animaux, mais ils mourront tout de même. D’ailleurs Oberyn était partit pour essayer de repousser les attaques Fer-nés. Elle espérait qu’il reviendrait, même si elle n’envisageait pas de se marier de si tôt, sa présence lui était sympathique et perdre un tel combattant serait dommage pour Dorne. Elle reprit cependant la parole, dans ses pensées, la voix basse comme si elle se parlait un peu à elle-même.

~ Qui est ce ‘on’ si mystérieux qui dicte à ce favori comment courir ? Est-il sûr de courir pour les bonnes raisons ? Qui a décidé à sa naissance son inclination ? On ne trouve jamais qu’un seul courant dans une rivière ni aucune barrière jalonnant notre route autre que celle qu’on s’impose. La mémoire appartient aux vainqueurs. Il aura beau s’être battu pour une cause qu’il considérera sienne, si à la fin, tout le monde l’oublie, il se sera battu pour rien. La certitude est un sentiment réservé aux dieux. »

Et elle avait beau le regarder, il n’était pas dieu. Un homme, avec du pouvoir, certes, mais pas un dieu. Les dieux ne pouvaient pas être des humains sinon Westeros n’aurait pas cette tête là. Les chevaux continuaient la course sous les hués du public. Des groupes se détachaient, les premiers, ceux du milieu et les derniers. La jument était bien encrée dans le peloton du milieu, bloquée par des destriers sur le devant et els côtés alors que le favori était bien devant, en tête. Les gens continuaient de crier comme si la partie n’était pas terminée. Ils devaient se dire : ne sait-on jamais, peut être que… Tout les grandes histoires commencent par ça apparemment se dit rapidement Edarra. Une certitude bien encrée dans les mœurs et les histoires des peuples, qui se retrouve renversé par un arrivant incongru, par un évènement incroyable, par un temps propice au changement.
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Prince de Dorne
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Maron Martell
Prince de Dorne

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♦ Arrivée à Westeros : 23/06/2009
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Message Dim 12 Juin 2011 - 15:27

     La jeune lady usa d'une métaphore parlante, se comparant à une rivière qui coulait sans surprise, mais malheureusement pour elle Dorne était une région désertique et il y avait bien peu de choses à craindre d'une rivière. Ce n'était pas Lancehélion qui allait être submergé par les eaux même avec toute la volonté et toute la surprise qu'elle pouvait y mettre. Elle l'observa rapidement avant de lui déclarer qu'il considérait la peur comme une faiblesse, ce qui n'était pas entièrement véridique. Maron n'avait jamais rien dit de tel et ne comptait commencer à raconter de telles fadaises aujourd'hui. La peur était utile, quiconque la considérait comme une tare était tout simplement stupide ou trop arrogant pour comprendre que c'était un moteur essentiel. La peur pouvait handicaper si elle n'était pas maîtrisée, tout comme elle pouvait conduire au suicide si elle était trop absente. Le Prince ne dénigrait pas cette jument, sans quoi il n'aurait pas pris la peine de s'y intéresser, mais disons que le Dornien était du genre à ne faire de cadeau à personne, pas même à lui. Son fils savait de quoi il parlait, Trystan était soumis quotidiennement aux attentes très rudes de son père qui voulait que son héritier devienne un excellent combattant et un fin stratège. Son épouse lui reprochait des fois sa dureté, le fait de ne pas montrer d'amour à son enfant comme s'il n'en ressentait point, mais elle ne pouvait pas comprendre. Daenerys n'avait pas été élevée à Dorne, elle était née à Port-Réal où les dames étaient considérées comme des biens précieux, Maron désirait que sa fille, dès qu'elle serait en âge de combattre, puisse se débrouiller aussi bien que n'importe quel homme dans le maniement de la lance. Sarya Sand était l'exemple parfait de la Dornienne. Non, Maron ne dénigrait pas cette jeune jument, il demandait simplement à ce qu'elle fasse ses preuves.

     Une brève pause le temps que la belle se mette plus à l'aise avant qu'elle ne considère que la vie ne se résumait pas à une simple existence mais à toute une lignée, c'était bien ce qu'il considérait aussi, ce n'était pas pour rien qu'il faisait de son mieux pour tenir Dorne dans le droit chemin. Maron n'avait pas peur de se battre, il était un très bon lancier et pouvait sans aucun doute former une armée capable d'éloigner les armées des autres régions, de ses terres désertiques. Si cela ne tenait qu'à lui, il aurait refusé l'accord de paix pour permettre à Dorne de garder son indépendance, mais il avait aussi songé à ses enfants, aux enfants qu'ils auraient, à la vie qu'ils devraient supporter si jamais la guerre faisait rage. Certains voyaient cela comme une faiblesse que leurs parents décident d'offrir leur fille et leur fils aux Targaryen afin de sceller un accord de paix, mais Maron les approuvait totalement, il n'aurait jamais brisé ses fiançailles malgré les protestations des Ferboys et autres nobles belliqueux. Ils ne songeaient qu'à leur bien-être personnel, l'argent qu'ils perdaient en ne pouvant plus faire leurs raids, mais songeaient-ils aux roturiers et aux habitants de leurs villes ? Pas vraiment, leur égoïsme les rendait aveugles, le Prince ne voulait pas d'une guerre, un peuple trop habitué à la guerre finissait par se lasser. Lady Edarra le coupa dans ses pensées en reprenant la parole pour lui demander comment le favoris pouvait être sûr de courir pour les bonnes raisons. Il esquissa un léger sourire alors qu'elle terminait son intervention.

     ▬ Il est certain de courir pour les bonnes raisons parce que c'est ce que lui dicte son esprit. Le doute est une chose inévitable, il n'y a que les imbéciles pour être persuadés d'une chose et refuser d'en démordre. Mais se laisser submerger par le doute ne résoudra point vos problèmes, il y a un moment où il faut prendre le problème à bras-le corps et se lancer. Il posa son regard noir sur elle. Peut-être s'est-il fourvoyé, peut-être pas, personne ne peut affirmer détenir la vérité, mais au moins se sera-t-il décidé et battu jusqu'au bout. Croyez-moi ma dame, on ne peut oublier une personne qui se bat pour ses idées, quelle qu'elle soit. »

     Il la regarda en silence, elle aussi ne serait pas oubliée, mais elle aussi pouvait se tromper. Comment pouvait-elle persuadée que sa mère avait raison en taxant les Martell de créature du démon ? Ils pouvaient avoir autant raison ou autant tort qu'elle. La certitude et le doute étaient un luxe qu'ils ne pouvaient hélas pas se permettre. S'il restait passif on lui reprocherait de ne pas bouger, s'il prenait une décision, on lui reprocherait d'avoir pris la mauvaise. C'était le lot d'un Prince suzerain, toujours et encore être rabroué et critiqué, mais au moins Maron saurait qu'il avait fait quelque chose qui lui semblait bon. Le Prince avait été élevé de la sorte, son père lui avait enseigné comment combattre, diriger, être un homme, il ne permettra pas que l'on remette cela en doute, si ça ne convenait pas à certaines personnes et bien tant pis pour eux. Lui au moins aurait agi, quand bien même cela ne satisfaisait pas la grande majorité des nobles qui étaient en accord avec les Ferboys. Obtenir l'unanimité était impossible, il faisait du mieux qu'il pouvait et ne se reposait pas sur ses lauriers voilà tout. Après un bref regard sur la course, il conclut finalement son intervention.

     ▬ Pour vous répondre ma dame, je ne considère point la peur comme une tare, ce serait totalement stupide. J'ai déjà combattu et j'ai déjà éprouvé cette peur, il faut simplement la dompter pour qu'elle ne vous étouffe pas. C'est comme un serpent, elle se glisse de manière sournoise et vous immobilise au mauvais moment. Il faut savoir l'utiliser comme adrénaline, pour vous permettre d'avoir plus de courage que vous n'en avez réellement, c'est là tout l'art du combattant. Un homme sans peur est un homme condamné. »

     Il se détourna de la piste où les chevaux galopaient toujours en projetant des gerbes de sable autour d'eux, les acclamations de la foule se faisaient de plus en plus entendre, les deux Dorniens semblaient être dans une bulle à part pour parler de choses aussi sérieuses dans un lieu aussi incongru. Il inspira légèrement, posant rapidement son regard sur le visage attrayant de lady Edarra avant de lui lâcher quelques mots d'un ton qui ne laissait aucune réponse.

     ▬ J'aime bien le caractère de cette jument, elle ira loin j'en suis persuadé, mais elle doit faire ses preuves avant.... Et pas sur la piste de course bien évidemment. »

     Sur ces quelques mots, il la laissa, rebroussant chemin afin de prendre à nouveau place aux côtés de son épouse, ne désirant guère connaître le résultat de cette course. Que le favoris ou la jeune jument gagne lui était égal, il avait échangé quelques mots lourds de sous-entendus avec la fille de lady Shyra qui devait être la noble qui lui posait le plus de difficultés. C'était tout ce qui importait. Daenerys posa un regard inquiet sur son époux alors qu'il se hissait à sa hauteur, fronçant ses sourcils clairs afin de l'interroger silencieusement pendant que leur fils était perché sur son siège à contempler les chevaux qui courraient toujours sur la piste sableuse. La Targaryen n'avait nullement besoin de tout savoir, elle ne pouvait pas comprendre l'intérêt que son mari éprouvait pour cette jeune noble qui ne représentait, à ses yeux, que des ennuis supplémentaires. Au-delà de son apparence d'homme impulsif, Maron était quelqu'un de complexe, il ne laissait jamais de seconde chance, mais ne rechignait pas à observer quelqu'un qui semblait avoir quelque chose d'intéressant à lui proposer. D'un signe qui ne laissait aucune réponse possible, le Dornien fit comprendre à sa femme qu'il n'y avait rien à dire sur ce qui venait de se passer et la jeune mère s'exécuta donc, sachant très bien qu'il était vain de vouloir en savoir plus lorsque son époux agissait de la sorte.

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     Les courses s'étaient enchaînées toute la matinée, Daenerys commençait à montrer des signes de fatigue et la chaleur l'importunait plus que jamais. Maron ne pouvait toutefois pas échapper à l'après course, le moment le plus important si l'on pouvait dire puisqu'il s'agissait du moment où les nobles venaient discuter des prix de vente des chevaux en profitant du buffet mis à disposition. Le Prince ne comptait nullement acquérir de nouvelles bêtes, la famille royale possédait déjà ses montures et il en était parfaitement satisfait, mais en tant que suzerain de Dorne il se devait de faire acte de présence afin de s'offrir, une fois de plus, au rôle de l'hôte avenant et agréable qu'il n'était malheureusement pas. Après plusieurs discussions stériles avec certains nobles qui venaient lui poser des questions au sujet des raids des Fer-Nés qui s'approchaient, il tomba sur une lady qui ne lui lâcha pas la bride pendant un bon moment. Celle-ci voulait à tout prix lui parler des Jardins Aquatiques, énonçant les noms de plusieurs artisans dignes de confiance qu'elle connaissait et qui seraient absolument ravis de pouvoir prendre part à un tel projet. Il fallut que l'épouse du Prince se mêle de la discussion pour faire comprendre à l'envahissante noble que le projet des Jardins était provisoirement repoussé. Tentant d'échapper aux jérémiades agaçantes de cette femme, il fut presque ravi de constater qu'un problème semblait se profiler à l'horizon. Non loin de là, quelques personnes s'étaient regroupées et des éclats de voix se faisaient entendre, un homme et une femme visiblement. Maron indiqua à son épouse qu'il revenait tout de suite avant de se diriger vers le groupe.

     ▬ Que se passe-t-il ?! »

     Posant fermement sa main sur l'épaule de la personne devant lui, il écarta en un claquement de doigt les inopportuns qui lui permirent de se hisser au premier rang où il tomba sur une lady Edarra aux prises avec un noble de Dorne. Une maison plutôt importante et surtout du côté des Martell, il avait visiblement pris la jeune femme à parti car elle ne partageait pas les mêmes idées que lui. Maron posa son regard déjà passablement contrarié par l'autre noble, sur l'agaçant lord avant de lui adresser la parole d'un ton où pointait un début de contrariété qui ne laissait rien présager de bon.

     ▬ Que ce passe-t-il lord Mallador ? Ne pensez-vous pas que de telles disputes sont à oublier lors d'occasions comme celle-ci ? »

     Le lord en question fit un bref résumé au Prince en lui déclarant notamment que la jeune femme n'avait rien à faire ici. En tant que Ferboys elle ne cachait nullement son aversion vis-à-vis de la famille suzeraine et que sa présence à Lancehélion était comme une injure pour les Martell. Maron haussa un sourcil comme si cette nouvelle le surprenait, il était exigeant vis-à-vis de sa famille, mais aussi des familles vassales des Martell, un tel comportement n'était pas acceptable. Le Prince inspira d'un air qui montrait que cela ne lui convenait guère, puis répondit d'un ton toujours aussi contrarié.

     ▬ J'ignorais que vous parliez en mon nom lord Mallador. Que je sache, les Ferboys n'ont nullement déclaré la guerre à ma famille. Ils sont à considérer comme n'importe quels autres vassaux. Je pourrais aussi bien considérer que votre éclat est destiné à me mettre dans l'embarras, en chassant lady Edarra vous ne ferez que lui donner raison en imaginant qu'elle vient ici pour me faire affront. Dans de telles occasion lord Mallador, l'on se tait et l'on attend que la chose passe. Son regard fut troublé par une expression d'agacement grandissant alors que le silence se faisait autour d'eux. Il posa son attention sur la jeune lady. Avez-vous quelque chose à répondre à lord Mallador ma dame ? Peut-être la raison de votre venue ici ? »

     Il ne lui donnait nullement l'autorisation de se moquer du lord en question, si elle se permettait de le prendre de haut parce qu'elle imaginait que Maron était de « son côté », elle risquait aussi d'essuyer une remarque acerbe comme son interlocuteur venait de le faire. Disons simplement qu'il lui donnait l'occasion de faire preuve de la même retenue que celle qu'elle avait utilisée lors de leur précédente discussion. Saurait-il trouver le juste milieu ?



« Il faut endosser ses erreurs comme on endosse ses vertus... avec fierté ! Et transformer, en avantages, les conséquences d'une faute. »
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Message Lun 13 Juin 2011 - 12:05

Cette conversation était étrange et c’était d’ailleurs au moment où Maron lui sourit qu’elle se rendait compte que ça devait être une des premières fois où elle parlait avec le Prince toute seule. D’habitude elle était avec sa mère, ses épaules entourées de ses serres de charognard. Elle la poussait largement et elle était ainsi convaincue que son emprise était tellement forte qu’elle pouvait gérer ses affaires en laissant sa fille mener elle-même les minuscules attaques contre les Martell. Malheureusement, elle ne se doutait pas que sa fille était aussi aveugle que ça. Après tout, les voyages qu’elle faisait avaient considérablement entamés la dévotion totale d’Edarra pour la maternelle et elle n’était plus aussi certaine de tout ce qu’elle croyait. Elle avait par exemple longtemps parlé avec une Orpheline de la Sang-Vert qui lui avait prodigué des conseils éclairés. Elle n’avait fait que lui répéter des conseils que tout le monde aurait pu lui dire comme : ne juge pas les autres trop vite, essaye de te faire ta propre opinion et tout ça… Mais personne ne lui parlait d’habitude de peur de se faire empoisonner par la présence de Shyra. Du coup, à part la version de la vielle Ferboys elle n’avait jamais rien entendu d’autre. C’était un peu pour ça qu’Edarra aimait bien voyager et découvrir ; ça lui permettait d’en apprendre toujours plus et ça lui avait permit de sortir largement du carcan étouffant dans lequel sa mère ne cessait d’essayer de la mettre. Ainsi, cette conversation qui se présentait comme un calvaire dans les premières secondes n’avait pas été si catastrophique que ça finalement. Il fallait avouer qu’Edarra était partie avec un préjugé négatif. Elle l’avait prit comme une attaque même si elle n’avait aucune raison véritablement tangible de le croire.

L’homme continua de parler en disant qu’il était sur de courir pour les bonnes raison car c’était son esprit qui le lui disait. Il accepta sa thèse du doute en le tempérant. Si on doutait trop, on finissait par s’embourber totalement dans ses propres incertitudes et on ne faisait jamais rien. Et il finit par dire que de toute façon, si il se trompait au moins il se battait jusqu’au bout pour ses idées et que ça ne pouvait pas être oublié. Elle hocha doucement la tête. Elle ne pouvait pas dire le contraire et quelque chose l’énervait dans tout ça. Le fait qu’elle ne le trouve pas aussi terrible que sa mère le disait, le fait qu’il n’était pas aussi stupide que Shyra le répétait et le fait qu’il était en fait intéressant, ça lui arracherait presque la figure de l’admettre. Un petit silence se posa entre eux. Les gens qui n’avaient pas peur des silences étaient généralement relativement sincères et sûrs de ce qu’ils disaient. Les autres qui avaient besoin sans cesse de combler les conversations avaient sûrement des choses à cacher comme pour étouffer l’autre et l’embrouiller dans ce qu’il disait. Sa mère faisait quelques fois ça devant des nobles un peu maladroits. Et il était clair que le Prince n’avait pas peur de se taire quelques fois. Les gens continuaient, eux, à brailler sans cesse. Et cette ambiance commençait à la fatiguer presque. Il finit par reprendre la parole pour lui dire que la peur n’était pas une tare et qu’il l’avait déjà éprouvé mais qu’il ne fallait pas qu’elle étouffe les gens. Ca lui faisait penser à sa mère. La peur incarnée… Il lui dit qu’il fallait l’utiliser comme une force pour avoir plus de courage. Il rajouta qu’un homme sans peur était un homme condamné.

Edarra ne savait plus vraiment quoi rajouter. Elle ne savait plus quoi penser de cet homme et n’avait plus envie de dire quoi que ce soit contre lui. Et c’était incroyablement perturbant de ne pas avoir de vacherie à lancer à lancer à n’importe quel noble. Mais voilà, ce n’était pas n’importe quel noble et pour une fois qu’elle parlait avec une personne qui cherchait autre chose qu’à simplement la rabaisser toujours plus, elle ne savait plus quoi dire. Il inspira légèrement avant de lui dire qu’il aimait bien le caractère de la jument dont ils parlaient depuis tout à l’heure et qu’elle irait loin même si elle devait faire ses preuves avant en dehors de la piste de course. Puis il se retourna et s’en alla. Edarra, troublée esquissa un regard dans sa direction avant de se tourner vers l’arène. Elle ne regardait pas vraiment les chevaux. En fait elle ne comprenait pas bien ce qui venait de se passer. Elle ne comprenait pas pourquoi le Prince ne l’avait pas simplement rabroué, ou carrément dit de partir ? Même si ce n’était pas très diplomatique, il était Prince et si il le faisait, la maison Ferboys n’aurait rien pu faire de toute façon. Mais non, il avait parlé avec elle et il ne l’avait pas vraiment insulté. Par métaphores ils avaient abordés le problème entre leurs deux maisons mais la jeune femme n’avait pas vraiment sentit la grosse tension étouffante qu’on ressent lorsqu’on est totalement hypocrite avec quelqu’un. Elle avait l’impression qu’ils avaient été quand même un peu sincères et ce n’était pas une situation à laquelle elle était habituée. Elle s’éclipsa de la course, sous le regard interrogatif de son garde. Elle alla dans la chambre qui lui avait été attribué. Elle s’assit sur son lit et réfléchit. Qu’est ce qu’elle allait dire à sa mère ? « Bonsoir ma mère, j’ai discuté avec le Prince de Dorne, Maron Martell lui-même et nous avons bien parlé. Il m’a l’air sympathique… Et vous, comment s’est déroulé votre voyage au nord ? »… Shyra lui passerait un savon d’enfers. Elle se demandait même si elle ne tenterait pas de la tuer. Elle n’avait jamais eu une telle violence mais en un coup d’œil on devinait qu’elle en était capable. Il fallait qu’elle reprenne des forces pour la soirée après les courses. Il fallait qu’elle ramène du gibier pour sa mère affamée.

●●●●●●●●●●●●●●●●●●
Olyvar vint frapper à sa porte peu avant que le buffet commence. Elle se recoiffa, se prépara pour le buffet histoire d’être irréprochable. Elle avait déjà comme tare d’être une Ferboys, il ne fallait pas forcer le trait et permettre à ses détracteurs de l’humilier. Elle longea les grands couloirs de l’impressionnante battisse des Martell. C’était largement autre chose que chez elle. De toute façon elle essayait autant de possible de ne pas trop y rester au château Ferboys. La grande salle où se déroulaient les discussions de prix était éclairée de torches dû à l’heure avancée de la soirée. Les courses avaient, comme d’habitude, durées et durées à cause de toutes les catégories différentes des chevaux présents. Edarra n’avait jamais vraiment pu s’y intéressait. Elle avait à chaque fois l’impression qu’il lui aurait fallut des heures de lectures ou d’apprentissages auprès d’un vrai expert pour tout maîtriser… Elle avait mieux à faire. Olyvar, à son habitude, resta en dehors de la salle. D’un bref coup d’œil sur l’assemblée Edarra repéra le Prince dans un coin de la pièce. Elle fronça les sourcils. Elle n’avait pas encore véritablement décidé ce qui pouvait ressortir de leur discussion et préferait en rester éloignée le plus possible. Elle jaugea le reste de la pièce sans voir personne de véritablement intéressant, un noble suffisamment crédule pour la laisser approcher et lui parler… Elle pourrait au moins dire à sa mère que les courses avaient été pathétiques et brouillonnes. Elle trouva vite le buffet, au moins elle ne serait pas venue pour rien. Mine de rien, à Lancehélion on mangeait du bon poisson et d’une maison comme celle des Martell, on pouvait largement espérer un buffet bien garnis. Alors qu’elle s’était rapprochée de la table et commencé à piocher dans la montagne de nourriture elle sentit une présence à côté d’elle. Martell, encore ? Non. C’était un petit gaillard grassouillet dont Edarra se souvenait sommairement. Elle avait déjà vu sa mère se disputer avec lui. Il affichait un air mécontent et dédaigneux.

■ Les Ferboys ne manquent jamais une occasion de venir gâcher les fêtes de Lancehélion.

Edarra haussa les sourcils. Au moins celui-la commençait sans échauffements et allait directement au vif du sujet de sa visite. C’était une qualité appréciable même si elle ne voyait pas encore en quoi elle avait prétendument gâchée la fête présente. Elle n’avait déclenchée aucune dispute (même si ça n’allait pas tarder vu son interlocuteur) et n’avait pas jouée les magouilleuses outre mesures. Après son entrevue avec Maron, surtout, elle n’avait pas très envie de se faire remarquée. Elle haussa les épaules et dit d’un air égal.

~ Dites le fond de votre pensée et finissons-en là.

Pas envie d’avoir des ennuis, surtout pas dans la maison des Martell. Ce genre d’évènement ne manquerait pas de remonter jusqu’aux Osseux où sa mère allait grincer des dents si sa fille n’avait pas bastonné tout le monde sous l’injure. Seulement, ce n’était pas franchement son genre. Elle savait se défendre mais fasse à un noble aussi peu athlète que celui-là, il suffisait des fois de parler un peu fort pour que la dispute prenne fin. Mais apparemment, encouragé par la présence de plusieurs personnes « de son bord » et aussi par le fait qu’ils se trouvaient à Lancehélion, le bonhomme ne s’arrêta pas en si bon chemin. Il fit un pas en avant, torse légèrement bombé.

■ Bien sur… Vous imaginez qu’on va vous laisser parader de la sorte en insultant part votre simple présence toutes les personnes de cet assemblé ?

Il avait lentement élevé la voix jusqu’à la fin de sa phrase. Ainsi, quelques personnes autour d’eux commençaient à les regarder et bien évidemment, donnaient raison au gros bonhomme plutôt qu’à une femme manifestement connue grâce à sa famille. Et dire qu’elle avait peur d’avoir des soucis avec Maron Martell, c’était celui qui lui avait finalement posé le moins de problème. A présent c’était ses sujets qui commençaient à entamer un petit lynchage à son égard… Que d’attention envers la fille de Shyra. La jeune femme n’était pas dupe et savait que ce petit gars n’aurait jamais osé autant face à sa mère et à son aura particulière. Ils profitaient probablement que la jeune fille soit venue seule pour s’attaquer à plus faible tout en affichant une animosité envers les Ferboys. Si Edarra choisissait les nobles à accabler par leur faiblesse d’esprit, elle ne s’attaquerait par contre pas à plus jeune, et plus faible physiquement parlant. Edarra finit par se tourner complètement vers lui. Ca n’allait pas être si facile de se défiler malheureusement. Et la fuite hors de cette salle serait un déshonneur trop grand et surtout, ça les encouragerait à continuer.

~ Vous pensez donc qu’en m’insultant vous rendrez ma présence plus agréable à supporter ?

Le petit gros sourit, satisfait.

■ Je vous traite comme vous nous traitez lady Ferboys.

~ Et quand fut-ce la dernière fois que je vous ai parlé de la sorte ? Dit-elle d’un air franchement étonné.

■ Votre mère m’a parlé sur un ton violent il n’y a pas si longtemps que ça ! Vous osez me contredire ?! Il essayait sans cesse de se grandir en se perchant sur la pointe de ses pieds.

L’attroupement se faisait de plus en plus dense autour d’eux. Et des regards légèrement accusateurs émergés de la petite foule.

~ He bien voyez ça avec ma mère et non avec moi…

Finalement, la foule s’ouvrit sur une grande personne qu’Edarra n’eut pas de mal à reconnaître le Prince de Dorne qui demanda expressément ce qui se passait. Pas franchement fière de se retrouver au milieu d’un scandale. Il semblait d’ailleurs déjà énervé, peut être à la vue de la Ferboys au milieu de se brouhaha. Il dit ensuite au Lord (apprenant par la même occasion son nom à Edarra) que ce genre de disputes ne seyaient pas aux fêtes. Le Lord en question se mit à expliquer la raison de leur dispute en exagérant (bien évidemment) l’implication de la jeune femme en la chargeant comme une mule. Alors que la Ferboys pensait se faire durement sermonnée par Martell, celui-ci s’en prit plutôt à Mallador lui reprochant de parler en son nom et ol pointa le fait que les Ferboys n’avaient pas déclarés la guerre à sa famille. Pas officiellement du moins, sinon le château des osseux ne tiendrait de toute manière pas longtemps. Il rappela que les Ferboys devaient être considérés comme n’importe quels vassaux et il rappela qu’une telle situation ne pourrait que nuire à la maison Martell. Il lui conseilla ensuite de se taire. Edarra était tendue même si elle affichait un air neutre. Elle était déjà suffisamment prise à témoin par sa mère et c’était autre chose quand on l’était au milieu d’inconnus ayant de mauvaises intentions à son égard. Et c’était d’autant plus inconfortable que dans cette nuée de vassaux mécontents, le seul possible allié qu’elle pouvait avoir pour éviter l’affront ou l’humiliation était censé être son ennemi juré. A présent le silence était bel et bien là et continuait de mettre mal à l’aise la jeune femme. D’habitude, le silence ne la dérangeait pas. Le désert était réconfortant… Mais dans une soirée mondaine normalement destinée à être festive c’était très mauvais signe. Finalement, les yeux agacés du Prince se tournèrent vers elle et Edarra eu peur de passer un mauvais quart d’heure mais il demanda si elle avait quelque chose à répondre à Mallador comme l’objet de sa visite. Elle s’éclaircit la gorge.

~ Mon oncle a reçut une invitation, comme toutes les maisons de Dorne, à cette course. Malheureusement il était occupé à d’autres affaires et, en signe de respect, a quand même préféré envoyer quelqu’un de la maison faire acte de présence.

Le petit gros parut peu convaincu renifla bruyamment en toisant la jeune fille. Il n’y croyait apparemment pas une seule seconde comme si la maison Ferboys l’aurait envoyé elle en offensive, vu sa stature. En plus elle n’avait même pas agit sur ordre de sa mère et l’avait fuit avant qu’elle n’arrive. De toute façon l’intervention de Mallador suffirait à sa mère pour s’en délecter quelques jours et la laisser tranquille alors qu’elle pesterait à son encontre en promettant de lui en faire voir de toutes les couleurs. Le petit noble jeta un regard au Prince avant de reprendre d’un ton plus calme.

■ Bien sur vous essayez de berner notre Prince avec des explications innocentes. Nous ne sommes pas dupes. Vous êtes ici pour un sale coup, ça sent mauvais, tout le monde le sait.

Edarra fronça les sourcils. Elle n’avait plus du tout envie de rester et elle aurait bien été tentée de partir en courant se cacher dans sa chambre pour le restant de la soirée et partir au petit matin pour repartir chez elle. Elle préferait être face à sa mère qui était seule même si elle en imposait qu’au milieu de cette salle qui la jugeait. Ce petit gros méritait bien son poing dans la figure mais elle ne pouvait pas le faire sinon elle n’aurait pas à partir mais à simplement se faire sortir par la garde. Elle plissa les yeux dans la direction du gros et rajouta à voix basse.

~ Avant de juger de l’odeur des autres, occupez-vous de la votre…

Elle aurait pu aussi largement lui dire des choses bien pires aux vues de ce qu’il lui reprochait, mais elle n’avait pas envie de participer à toute la polémique. Elle ne partirait pas comme ça, juste pour garder la tête haute mais elle ne comptait pas non plus affronter tout ça sans rien dire et sans broncher. Elle n’était pas de ces petites nobles timides et réservées qui gloussaient dans un coin. Elle avait le caractère Dornien un peu impétueux et souvent impulsif mais elle savait tout de même se tenir compte tenu de son rang.
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Maron Martell
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Message Mar 14 Juin 2011 - 13:24

     La réponse de lady Edarra ne tarda pas à arriver, elle répliqua avec simplicité que son oncle avait été convié à prendre part aux réjouissances, mais qu'il était malheureusement occupé à d'autres affaires et que la jeune femme l'avait donc remplacé. C'était on ne peut plus véridique comme réponse de l'avis du Prince, bien que celui-ci n'était pas parfaitement sûr qu'elle disait l'entière vérité concernant l'absence de son oncle, peut-être que c'était simplement une idée de la part de lady Shyra pour expliquer la présence de sa fille ? Personne n'ignorait qu'elle désirait plus que tout voir sa fille prendre la place de son oncle, mais ce n'était que des rumeurs qui circulaient, comme celles que l'on pouvait entendre sur bon nombre de familles. Y prêter foi ne signifiait pas forcément que l'on tombait sur des faits véridiques et non des pures fadaises inventées par des nobles en manque de ragots à colporter. Les yeux d'ébène du Dornien se posèrent sur le noble qui renifla bruyamment pour manifester le fait qu'il ne croyait pas franchement ce qui venait de lui être raconté. Certainement qu'il imaginait une quelconque manigance mise en place par les Ferboys pour nuire une fois de plus aux Martell. Pour être franc, c'était aussi ce que Maron avait imaginé de prime abord, c'était aussi ce qu'il pensait encore en partie, il ne croyait pas au fait que lady Shyra avait envoyé sa fille pour assister à ces réjouissances dans le but de ne pas froisser le Prince. Il y avait plusieurs familles nobles qui n'avaient pas pu se présenter pour diverses raisons, Maron ne s'était nullement montré outré de ce comportement. Il voulait bien imaginer que la jeune lady n'était pas forcément mêlée aux projets de sa mère, bien qu'il ne la voyait pas aussi blanche qu'un cygne pour autant, mais c'était une autre affaire.

     Que lady Edarra soit effectivement envoyée par sa mère où non lui en chalait peu, il se contrefichait de savoir si elle projetait encore de lui rendre la vie plus difficile, il avait d'autres chats à fouetter pour le moment et Maron ne voulait pas perdre son temps avec des petites prises de bec de la sorte. Lord Mallador avait été un excellent combattant du temps du Prince Olyvar, mais désormais ce n'était plus qu'un ventripotent noble qui tentait de bien se faire voir par le Prince suzerain, sa famille avait toujours été appréciée par les Martell, mais Maron n'était pas amateur de léchage de bottes et ne désirait pas voir ses sujets s'y adonner. La goutte d'eau qui fit déborder le vase fut celle lorsque le noble déclara quel la jeune femme tentait de le berner, un manque de tact évident qui surprit tout autant la foule présente autour d'eux, que le concerné. Il était clairement en train de dire que Maron pouvait être assez stupide pour se laisser prendre au jeu des clignements de paupière d'une jeune vierge. Pour qui se prenait-il ? Le Prince serra la mâchoire, manifestant une fois de plus sa contrariété qui ne cessait d'augmenter au fil de la conversation, mais il ne pipa mot sur le coup, attendant de voir ce que la jeune dame aurait à répondre. La réplique de se fit pas attendre, le Dornien comprit aussitôt que rien ne sortirait de bon de cet échange et à n'en pas douter, ils finiraient par en venir aux mains. Il ne pouvait l'accepter, il fallait que cela cesse immédiatement.

     ▬ Il suffit ! Le ton était passablement contrarié, Maron commençait à épuiser sa dose de sympathie et de protocole pour aujourd'hui, si cela continuait il n'en ressortirait rien de bon. Maron darda ses prunelles sombres sur le visage du gros noble avant d'enchaîner. Êtes-vous en train de sous-entendre que je sois totalement stupide pour pouvoir me laisser prendre au jeu de cette jeune dame, en imaginant qu'elle cherche à s'attirer ma sympathie bien évidemment. Je ne crois pas avoir déjà été berné par une femme, ni rien d'autre qui puisse justifier ces paroles. »

     L'autre commençait certainement juste à se rendre compte de la bourde qu'il venait de lâcher. Non, Maron avait beau être réputé pour apprécier les femmes, pas au point de son cadet bien évidemment, il ne se montrait toutefois jamais assez stupide pour se faire rouler dans la farine. Jamais à ce jour, une femme, quelle qu'elle soit, n'avait réussi à s'attirer les bonnes grâces de Maron, il n'avait jamais accordé le bénéfice du doute à une représentante du sexe faible parce qu'elle savait bien manipuler les mots. De plus, déclarer qu'il se laissait avoir par lady Edarra était aussi insulter l'épouse du Prince, après tout il prétendait que celui-ci puisse être sensible aux mots d'une autre femme qu'elle, ce qui n'était nullement appréciable et qui agaçait vraiment Maron. Ce dernier tourna la tête en direction de lady Edarra, responsable malgré elle de tout ce remue-ménage, il lui accorda aussi quelques mots, prononcés d'un ton légèrement moins agacé que celui réservé à lord Mallador, mais toutefois sévère.

     ▬ Lady Edarra, n'en rajoutez pas je vous prie, si cet homme vous a porté préjudice ou que quiconque veut régler des comptes, ce n'est pas ici, ni de cette manière. Pour régler un affront à Dorne, il n'y avait pas dix manières de le faire. Son regard oscilla entre les deux intervenants avant qu'il ne prenne la parole une nouvelle fois. Si vous avez envie de régler cela, c'est en duel, que lady Edarra souhaite se défendre seule ou qu'elle prenne quelqu'un qui combattra en son nom, mais cessez vos enfantillages, les mots ne sont que des mots, les actes parlent bien plus. Maron se doutait que ni l'un ni l'autre n'allait accepter cela. Je n'ai constaté aucun affront à ma famille dans la comportement de lady Edarra, dans le votre c'est autre chose lord Mallador, mais en raison de votre fidélité à ma maison, je m'exigerais pas réparation. Avez-vous quelque chose à ajouter ? »

     Le Prince n'était pas sot, il se doutait bien que de faire comprendre à lord Mallador qu'il agissait mal en défendant sa famille, pouvait lui porter préjudice pour la suite. Maron n'était pas contre le fait qu'un lord vienne défendre ses intérêts, mais disons aussi qu'il y avait l'art et la manière de le faire. Cette fois-ci, ça avait échoué, la jeune lady n'avait rien fait qui puisse mériter un tel affront, c'était même une chance qu'il n'ait pas entaché sa réputation dans l'enceinte de la demeure du Prince sans quoi celui-ci aurait très certainement été amené à devoir présenter ses excuses à la famille Ferboys. Les bonnes intentions étaient là, mais comme le disait si bien l'adage, l'enfer est pavé de bonnes intentions, Maron ne tenait pas à devoir quoi que ce soit aux Ferboys. Subtilement, dans ses paroles, celui-ci avait fait comprendre à lord Mallador qu'il n'avait pas à avoir peur de quelconques retombées sur sa famille, Maron lui restait redevable d'avoir cherché à défendre l'honneur des Martell, mais il ne tolérait aucun faux pas. Un homme exigeant, un homme qui demandait beaucoup de ses sujets, lord Mallador était désormais bien placé pour le comprendre. Celui-ci inspira avec difficulté alors que son crâne dégarni luisait sous la sueur dû à l'inquiétude de voir la situation lui échapper, puis il secoua la tête de déni.

     ▬ Que messire veuille accepter mes excuses, ce n'était nullement le but recherché. Mes paroles ont été malheureuses je le conçois. »

     Son regard ne quittait pas le visage du Prince suzerain, il ne regardait plus la jeune lady qu'il avait admonesté quelques instants auparavant. Maron lui avait facilité la tâche en prétextant avoir été insulté par les paroles du lord, ainsi il devait présenter ses excuses à son hôte et non à la dame qui se tenait devant lui. Même si le Prince avait eu une bonne discussion avec lady Edarra, il n'oubliait pas pour autant les décennies de fidélité de la famille de lord Mallador, dans la balance, la jolie Dornienne ne faisait pas le poids et de loin. Personne n'était dupe, même la concernée devait certainement comprendre que le Dornien avait offert une porte de sortie beaucoup moins gênante à son vassal, mais elle ne pouvait pas le souligner sans se remettre dedans à son tour. C'était un petit tour que Maron se réservait le droit de faire de temps en temps. Lord Mallador hocha la tête d'un air d'excuse alors que son Prince lui accordait le droit de se retirer, ce qu'il fit sans se faire prier. La foule qui s'était immobilisée pour suivre l'échange de mots entre les trois concernés se dispersa peu-à-peu, constatant qu'il n'y avait rien de franchement intéressant désormais que tout danger était écarté, même si quelques irréductibles restaient pour observer la scène d'un œil distrait. En effet, le Prince était resté aux côtés de la Ferboys et l'on pouvait imaginer qu'il allait encore l'enguirlander, mais ce ne fut pas le cas. Les yeux sombres du Dornien quittèrent provisoirement le minois de la lady pour chercher du regard son épouse qui lui fit comprendre qu'elle patienterait le temps qu'il fallait, avant qu'il n'en revienne à Edarra.

     ▬ Je constate que vous portez bien le côté Dornien ma dame, jeter de l'huile sur le feu semble être dans vos habitudes. »

     Il ne se moquait nullement d'elle, le ton employé oscillait entre l'amusement et la simple constatation. Il aurait été bien hypocrite de se montrer contrarié devant un tel fait, lui-même aurait certainement étripé purement et simplement la personne qui oserait manquer de respect à sa famille s'il avait été dans son cas, impulsif, c'est le moins qu'on puisse dire. Malgré tout, il ne voyait pas que de bons côtés à cette manière d'être, après tout lady Shyra aussi possédait le caractère Dornien, mais comme le frère cadet du Prince, de manière aigrie et qui ne pardonnait jamais.

     ▬ Votre mère doit être ravie de savoir que vous avez hérité de son caractère. Il cherchait à voir si elle nierait cette déclaration ou non, après tout si elle était comme sa mère, rien de bon ne sortirait de leur discussion au final. Est-ce toujours dans vos habitudes de vous mettre à dos toutes les personnes que vous rencontrez, ou est-ce simplement pour l'occasion ? »



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Message Mer 15 Juin 2011 - 11:41

C’était quelque chose de se faire parler un peu sèchement par quelqu’un, c’était autre chose de se retrouver acculée comme ça devant des tonnes des gens pour regarder la scène. Dans ces cas là, notre ventre se serre un peu, la respiration devient plus difficile et il faut prendre totalement conscience de ses poumons pour en maîtriser les remous. Paraître totalement détaché et neutre devenait presque une épreuve insoutenable et nos jambes n’avaient qu’une seule foutue envie : s’en aller le plus vite possible dans un lieu où aucun regard ne se poserait ainsi sur soi. Mais voilà, Edarra n’en avait simplement pas les moyens. Déjà, elle donnerait raison à ses détracteurs et ensuite, question de dignité, elle préferait se manger une angoisse terrible à lui tordre les boyaux plutôt que plier devant un bonhomme comme ça. Si sa mère avait été là, elle aurait probablement envoyé sa main dans le visage de l’autre seigneur si il avait été aussi loin. Malheureusement avec la carrure que se payait Shyra, personne n’avait encore eu le cran de la remettre à sa place comme ça, pas même son mari à l’époque. En tout cas, quand on avait un ego assez gonflé et une si petite volonté personnelle, se retrouver ainsi rabrouée alors même qu’on se remet en question c’était assez fatal. Edarra n’avait de poussées de conscience que loin de sa mère comme si l’absence de son aura lui permettait de remettre en marche les neurones de son cerveau. Ses mécanismes étaient glacés comme l’étaient des rouages trop rouillés. Il fallait forcer, il fallait suer et se faire du mal pour refaire marcher toute la machinerie… Et Edarra suait beaucoup en ce moment, pour se maîtriser, pour ne pas se mettre à hurler ou à taper littéralement sur ce seigneur en face d’elle qui lui faisait amèrement regretter de s’être posée une seule seconde la question de savoir si Shyra avait tord.

Après tout, c’était tellement facile de se faire détester et de rester à l’état de fouine indésirable. Les répliques cinglantes sortaient tellement facilement. Tel du venin déjà présent dans ses molaires, elle aurait pu en cracher sur tout le monde si elle l’avait voulu, au point de devoir se faire pendre pour l’exemple. Elle s’imaginait des fois, pour réussir à supporter les assemblées comme celle là, tous les gens de la pièce morts, pendus, saignant comme des porcs… Elle se voyait prendre sa dague et leur ouvrir le ventre de bas en haut comme elle le ferait avec un poisson avant de les évider. Elle les dépeçait et sortait leurs cœurs hors de leurs poitrines pour en goûter le sang. Elle les sacrifiait pour ensuite les faire rouler sur la rive et les envoyer dans la rivière où ils auraient une occasion de se racheter. C’était tellement facile d’être convaincu d’avoir raison et que les autres avaient tord sans se retourner une seule fois pour vérifier si on avait vraiment juste. Elle aurait préféré courir tout droit et ne jamais regarder que un point fixe en avant. Ca aurait été tellement simple… Mais non, il fallait toujours que ça soit compliqué, on devait toujours prendre des chemins détournés et des impasses, se retourner et continuer. Ca devait certainement être ça l’important, continuer finalement malgré le bagage qu’on portait. Ce soir il avait l’air légèrement plus pesant qu’à l’habitude quand il n’y avait pas sa mère pour l’aider un peu à le porter… Ou l’alourdir sous ses faux airs gentils… Ca y est, Edarra était totalement embrouillée. Mais bien vite, ses élucubrations intérieures furent stoppées par la voix du Prince, contrarié. Il les somma d’arrêter immédiatement et se tourna tout d’abord Mallador pour lui reprocher les insinuations maladroites dont il avait fait preuve quelques secondes auparavant. Notamment que le Prince puisse se faire séduire comme ça… Et puis Edarra n’était pas franchement experte en séduction. Elle ne passait pas dans les cours avec sa mère pour apprendre à charmer les hommes mais plus pour les embêter. Alors même si elle avait voulu compter fleurette avec n’importe qui ici, ça n’aurait pas été très probant assurément.

Ensuite, il se tourna vers Edarra qui commençait déjà à serrer la mâchoire pour avoir sa dose de reproches bien amers. Mais le Prince afficha un ton légèrement moins accusateur pour lui demander de ne pas en rajouter. Si elle avait été d’une quelconque manière offensée ce n’était pas comme ça qu’il fallait régler cette affaire. Il envoya son regard aux deux Dorniens qui se disputaient tantôt et annonça que c’était un duel qu’il fallait en découdre si ils avaient envie d’en finir car les mots n’étaient rien à côté des actes. A la limite, pourquoi pas mais ce vieux noble ventripotent ne serait pas une réussite à désarmer aux vues de ses caractéristiques physiques. Il aurait roulé comme un tonneau ou alors aurait été essoufflé au bout de vingt minutes aux vues de la transpiration qui perlait déjà sur son front chauve. On aurait dit un petit mammifère prit au piège par des serpents et qui commençait déjà à mourir en prévision du sort qui l’attendait. Non pas qu’Edarra pensait qu’il avait peur d’un éventuel duel car de toute façon, il ne se ferait pas, mais il devait certainement redouter d’être entré en de mauvaises grâces auprès de son Prince. Celui-ci poursuivit en constatant qu’aucun affront ne lui avait été fait de la part de la Ferboys ce qui était légèrement différent quant à Mallador mais il ne lui en tint pas rigueur du à sa longue fidélité aux Martell. Ce qui était relativement normal. Edarra ne pouvait exiger les mêmes faveurs étant donné la famille à laquelle elle appartenait. Ca aurait été une blague assez âpre. Elle aurait pu aussi éxiger des excuses publiques mais ça n’aurait fait qu’enflammer toute la salle entière qui, elle le savait, ne la porter pas en très haute estime. Déjà qu’elle avait causée ce petit incident lors du banquet, elle ne pouvait exigé plus que de ne pas être mise au pilori.

Le petit gros amortit finalement son intervention en présentant les excuses au Prince avant qu’il lui soit donné le droit de partir ce qui dissipa bien évidemment toute la foule qui n’avait plus aucune scène embarrassante à regarder. Pourtant tout le monde ne décampa pas et Maron Martell resta devant Edarra avant de jeter un coup d’œil à une personne dans l’assemblée. La jeune Ferboys croisa elle aussi quelques regards amusés qui devaient se délecter par avance du sermon qu’elle allait se prendre par l’ennemi de sa maison. Un spectacle qui serait relégué jusque dans les plus basses maisons vassales de Dorne, elle n’en doutait pas. Les corbeaux et les lettres circuleraient encore plus vite aux vues du nombre de personnes présentent dans cette salle. Le timbre de voix profond du Martell s’éleva avec un air amusé pour constater qu’elle avait bien un tempérament Dornien à préférer répliquer plutôt que calmer le jeu. Ca oui, avec la famille qu’elle se payait elle n’aurait pas pu être plus tempérée. Quoi que elle aurait très bien pu sauter sur Mallador pour l’agresser mais les circonstances n’étaient pas idéales. Au moins il ne l’accusait pas d’avoir répondu, il était Dornien et devait savoir que les gens de sa contrée n’étaient pas les plus forts pour se contenir en cas d’affronts quelconque. En tout cas, le ton largement moins agacé du Prince détendit légèrement Edarra avant qu’il ne lui dise que sa mère devait être ravie de savoir qu’elle avait son caractère. Les yeux de la jeune fille affichèrent un instant de la surprise mêlée à de l’incompréhension tant elle savait que sa mère aurait eu une réaction bien éloignée de la sienne et que si elle l’apprenait elle allait passer un mauvais quart d’heure. Maron enchaîna ensuite directement en lui demandant si c’était dans ses habitudes de se mettre à dos tous les gens qu’elle croisait ou si c’était simplement pour l’occasion. Elle sentait bien évidemment l’humour qui se cachait derrière cette phrase, mais elle se sentait plutôt mal à l’aise.

~ Je crois que la réputation de ma m… Famille me précède largement. Je ne voulais pas perturber vos festivités. »

Mais voilà, il y avait un immense gouffre entre ne pas vouloir et ce qui se passait réellement. On voulait et on aurait voulu bien des choses diverses et variées mais bien souvent on ne les obtenait simplement pas. Pourtant on avait toujours tendance à penser que cette fois-ci, ce serait différent et on n’aurait pas d’amères surprises à la fin. Mais inéluctablement, des impairs venaient cogner à notre figure pour nous briser toutes nos illusions. Il était bien vache le destin… Mais on pouvait le blâmer tant qu’on pouvait, Edarra ne pouvait pas dire qu’elle ne s’y attendait pas. Elle avait simplement été trop naïve pour croire qu’elle pourrait déambuler comme ça sans se faire cerner par des gens hostiles à sa maison. Après tout, les alliés des Ferboys n’étaient pas si nombreux et évitaient, eux, de se montrer dans un éclair d’intelligence. La voilà maintenant désarçonnée, forcée à mettre pied à terre pour se reprendre et elle n’aimait pas ça. Mais ne fallait-il pas tomber dans un piège quelque fois pour se rendre compte de son erreur et ensuite pouvoir recadrer le tir ? Bien sur il fallait pouvoir en sortir mais l’état de détresse que ressentait Edarra était possiblement exagéré. Elle avait reprit contenance depuis tout à l’heure et semblait à peu près assurée même si c’était légèrement différent dans son ventre et ses entrailles.

~ Je ne sais pas si j’ai le même caractère que ma mère… J’ose croire que non. Je pense qu’elle aurait réagit… Autrement. Elle se passa une main dans les cheveux, encore une de ces stratégies de détournement. Je ne vais pas si souvent que ça dans les autres cours sans Lady Shyra Ferboys. Alors je pense que non, je n’ai pas pour habitude de provoquer autant d’agitation. Mais je crois qu’il va falloir que je m’habitue et que je fasse profil bas. »

Elle annonçait dores et déjà qu’elle ne viendrait plus foutre le barouf dans sa cours. Il ne semblait pas être le genre d’homme à adorer ces fêtes d’après ce qu’il lui avait dit plus tôt à la course, mais si en plus une femme comme elle venait agiter ses seigneurs ça devait être d’autant plus agaçant de se trouver là. D’ailleurs Edarra avait prévu de faire acte de présence, de manger deux trois trucs histoire de se remplir le ventre avant le retour et ensuite aller se coucher paisiblement dans une demeure luxueuse. Oui, elle allait profiter allègrement de l’invitation mais au moins, elle n’avait pas prévue de se faire remarquer ce qui fut un cuisant échec. Mais tout n’était pas perdu et Maron semblait lui donner une occasion de montrer que tout n’était pas perdu chez elle. En tout cas, elle semblait le distinguer à travers ses paroles et elle avait peur que ce ne soit qu’une illusion créée par son ego meurtrit. Elle ne voulait pas se ridiculiser encore plus en essayant de se refaire une conduite en quelques minutes.

~ Je ne sais pas si j’aurais les moyens de faire mes preuves dans autre chose que les scandales de cours. Elle esquissa un sourire, se rendant compte de sa propre bêtise à vouloir venir ici sans créer d’impairs et juste profiter d’une journée loin du château Ferboys. Pour quelqu’un qui paraissait si sûre d’elle quelques heures auparavant, je n’ai pas l’air de savoir grand-chose, vous ne croyez pas mon Prince ? J’ose penser que ça se passera mieux une prochaine fois, si prochaine fois il y a…»

Après tout, faire profil bas et ne pas trop se la montrer était la meilleure stratégie ainsi au milieu d’une salle affichant ouvertement son opinion à son égard. Au moins, personne n’écoutait leur conversation et de toute façon, Edarra doutait que Maron voudrait continuer à parler à celle qui venait de gâcher la soirée à cause des frasques de sa mère et qui ne semblait pas aussi certaine de ses convictions qu’elle voulait bien le faire croire. Mais après tout, à quoi ça servait de polémiquer car elle venait d’être prise au dépourvu et essayer de sauver la face après autant de remue-ménage était légèrement inutile sauf pour s’enfoncer un peu plus dans la bêtise.
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Maron Martell
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♦ Arrivée à Westeros : 23/06/2009
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Message Jeu 30 Juin 2011 - 13:44

     Une expression de surprise passa dans le regard de la jeune femme après que le Prince eut abordé le sujet de son caractère. Visiblement elle ne s'y attendait pas et cela réjouit assez le Dornien qui n'oubliait pas les tensions qui habitaient les relations entre leurs deux familles. Certes, lady Edarra avait fait preuve de retenue et ne s'était guère montrée hostile à son égard, tout comme elle démontrait des talents certains pour la maîtrise de sa langue, comparé à lady Shyra du moins. Cette dernière semblait capable de cracher son venin à la moindre occasion, Maron n'appréciait pas vraiment de devoir surveiller chacun de ses mots, chacune de ses expressions, simplement parce qu'il avait le risque de voir l'une de ses paroles mal interprétée. Lady Shyra était un poison, elle lui faisait penser à une aspic des sables qui attendait simplement qu'une proie suffisamment intéressante passe à sa portée, rien de bien dangereux lorsqu'on restait assez loin, mais qui pouvait devenir mortel si l'on s'approchait trop. Ainsi donc, le Prince de Dorne éprouvait une certaine satisfaction à voir qu'il avait réussi à déstabiliser – même légèrement – la jeune dame, peut-être le voyait-elle comme quelqu'un de trop rustre ou trop stupide pour pouvoir user de mots bien pensés ? Ce n'était malheureusement pas une chose qui soit rare, sa propre épouse l'avait considéré comme un homme primaire, un barbare du Sud qui vivait dans une tente encerclée de sable, sans aucune finesse et sans être capable d'altruisme. Les Dorniens souffraient de leur réputation de personnes au sang chaud, les Martell ne faisaient pas exception à la règle et Maron encore moins.

     Si son cadet, Doran, était du genre à réagir promptement, Maron ne différait malheureusement pas, il avait très souvent fait preuve d'un manque de diplomatie que son épouse regrettait. Mais l'on ne changeait pas quelqu'un comme lui et au final Daenerys avait fini par comprendre que l'homme qu'elle avait épousé n'était pas celui qu'elle croyait. Est-ce que lady Edarra était dans le même cas ? Allez savoir, avec les Ferboys il fallait s'attendre à tout. Quoi qu'il en soit, la voix de la jeune femme se fit entendre alors qu'elle déclarait ne pas avoir désiré perturber les festivités, Maron n'en était pas totalement certain et n'accordait pas assez sa confiance pour être persuadé qu'elle lui disait sincèrement la vérité, mais soit. De toute manière, il avait plutôt apprécié l'intermède qui permettait de trancher un peu la monotonie des festivités qui commençaient à revenir lassantes à force, il avait l'esprit occupé par autre chose, les Fer-Nés principalement, le reste pouvait attendre. La seule chose qui l'avait agacée était les paroles prononcées, il ne tenait pas à faire un faux pas et provoquer un incident diplomatique. Ce genre de discussion était comme les sables mouvants, vous vous débattiez trop et vous étiez aspiré et condamné ! Il n'avait aucune envie de se mettre à dos une famille qui servait les Martell depuis des générations, mais il n'avait pas non plus envie de se retrouver avec les Ferboys en colère – enfin plus que d'habitude – simplement parce qu'il avait refusé de la défendre devant un assaillant à qui elle n'avait rien fait. Il haussa légèrement les épaules avant de répondre.

     ▬ Je n'en doute pas, mais rassurez-vous, cela permet au moins de mettre un peu d'animation dans ces festivités. Au moins il n'y a pas eu mort d'homme c'est déjà cela et puis c'est le principal n'est-ce pas ? »

     Ironique ou sincère ? Allez savoir, après tout ce n'était pas réellement important, cette question n'attendait pas de réponse il la posait surtout pour avoir l'air de rassurer la jeune femme, bien que ce n'était pas vraiment le cas. Le Prince était un homme protecteur ou rassurant lorsqu'il le souhaitait, mais uniquement vis-à-vis des membres de sa famille proche, non pour une jeune lady dont la famille luttait sournoisement contre la sienne depuis des années. Peut-être qu'elle le comprendrait, peut-être pas, lady Edarra était une femme intelligente et le Dornien était sûr qu'elle saurait comprendre. La voix de la belle s'éleva à nouveau alors qu'elle déclara ignorer si elle possédait le même caractère que sa mère bien qu'elle espérait le contraire. Un bref sourire poli passa sur les lèvres du Prince, est-ce que c'était sincère ? Peut-être bien, il ne la connaissait pas assez pour pouvoir dire quoi que ce soit à niveau. Toutefois, lorsqu'elle déclara sans ambages que lady Shyra aurait agis autrement, il n'en douta pas une seule seconde, elle aurait plus été du genre à ouvrir le ventre de l'homme qui avait osé lui parler, puis à invectiver sans honte le Prince qui n'aurait pas réagis en parfait hôte en chassant l'inopportun de sa demeure. Toujours dans l'excès, telle une Dornienne en y regardant de plus près. Lorsqu'elle aborda le fait qu'elle ne sortait que rarement sans sa mère et qu'elle n'avait pas l'habitude de se faire oublier, il la crut sur parole avant de répondre d'un ton qui se voulait toujours aussi faussement poli.

     ▬ Il est vrai que votre mère n'est pas un modèle de personne calme ce qui la dessert de temps en temps, elle a pour habitude de se faire remarquer, je crois que c'est surtout pour cette raison que nous avons peu l'occasion de nous rencontrer, les personnes que je fréquente n'apprécient pas particulièrement ce genre de comportement. Mais je ne doute pas que vous parveniez à agir différemment, vous m'avez l'air plus posée que lady Shyra. »

     Il ne l'insultait pas en parlant de la sorte, disons simplement qu'il faisait comprendre à la jeune femme qu'agir en femme trop excessive ne lui apportait pas que des bonnes choses. Certes, elle était considérée comme le fer de lance de l'opposition aux Martell, mais d'un autre côté elle avait récolté l'aversion de la majorité des familles vassales du Prince. Peu de personnes qui appréciaient le Prince songeaient à inviter les Ferboys à leurs fêtes, après tout ils craignaient tout autant de froisser Maron en agissant de la sorte que de voir un éclat dont lady Shyra avait le secret. Au final, Maron avait bien invité la famille Ferboys aux réjouissances tout en sachant très bien que lady Shyra ne viendrait pas. Il avait été assez surprit d'apprendre que sa fille viendrait assister à la course, mais étant donné qu'il ne la connaissait pas plus que cela, ne s'était pas trop formalisé. Ferboys n'était pas obligatoirement synonyme de mauvais après tout. Finalement, la voix de la demoiselle se fit entendre une dernière fois alors qu'elle expliqua ignorer si elle avait les moyens de faire ses preuves autrement qu'en provoquant des scandales. Elle lui demanda alors s'il ne croyait pas qu'elle savait peu de choses pour une personne qui se targuait d'être maligne quelque temps avant, il ne se fit pas prier pour lui répondre.

     ▬ Le savoir est relatif, je ne suis pas un modèle de patience et de maîtrise non plus, je serais bien hypocrite de souligner le fait que votre famille semble avoir le sang un peu trop chaud du goût de certains. Bien qu'il avait tout de même été hypocrite depuis le début de la conversation ce matin, sur certains points tout du moins, il ne l'était pas dans ce domaine. Après tout, les Dorniens étaient réputés pour leur facilité à s'emporter, autant faire honneur à cette réputation non ? Je ne vous cache pas que j'aurais été quelque peu déçu si vous aviez fait preuve d'une parfaite maîtrise de vous-même, mon rappel à l'ordre n'était qu'une application de mon obligation en tant qu'hôte, j'apprécie de voir que la jeune génération possède aussi une certaine promptitude à l'emportement. En effet, elle n'était pas vraiment de sa génération et Maron appréciait généralement de voir des demoiselles comme elle. Après tout n'était-il pas fier de voir que Nymeria démontrait un caractère fort alors qu'il se désolait de voir son fils aussi passif ? Prochaine fois, il y aura en effet, votre attitude m'a satisfait et je ne verrais aucune raison de refuser une invitation à votre famille si d'autres réjouissances sont à venir. Encore faudrait-il que vous désiriez ou puissiez y assister. C'est une autre affaire me semble-t-il. »

     Il lui faisait comprendre qu'il n'était pas totalement stupide et qu'il savait bien que sa mère risquait de refuser que sa fille unique vienne remettre les pieds à Lancehélion si jamais elle apprenait qu'il avait été discuter avec elle de choses et d'autres. Lady Shyra aurait certainement préféré qu'elle glisse un poison quelconque dans son verre, même si cela devait entraîner la chute de sa famille, certaines haines étaient tellement poussées qu'elles pouvaient détruire tout ce que l'on possédait sans que cela nous gêne. À peine le Prince venait-il de conclure sa petite réplique qu'un bruissement de tissu se fit entendre, une femme à la chevelure blanche fit son apparition en posant sa main sur l'épaule de Maron, accompagnant ce geste d'un regard appuyé. Daenerys craignait toujours autant les agissements des Ferboys, elle était un peu comme Edarra au final, formatée par les récits faits sur les Ferboys. La Princesse posa son regard violet sur la demoiselle qui se tenait là, lui décrocha un sourire factice avant de prendre la parole d'un ton mesuré.

     ▬ Je me demandais ce qui pouvait bien retenir mon époux aussi longtemps, mais à vous voir j'en comprends la raison. L'on a souvent vanté votre beauté lady Edarra, je constate que les rumeurs sont bien en dessous de la vérité, vous êtes resplendissante, votre mère doit être fière de vous. »

     Un discours plus que stéréotypé, Daenerys était habituée au protocole et n'avait aucune peine à faire preuve d'hypocrisie avec qui que ce soit. Son expression était polie et posée, mais inutile d'être savant pour comprendre qu'elle désirait que la demoiselle s'éloigne de sa famille. Quelques secondes de silence passèrent avant qu'elle ne reprenne.

     ▬ J'espère que vous ne m'en voudrez pas d'avoir interrompu votre conversation, mais je n'ai que peu souvent l'habitude de voir de nouveaux visages. »

     En réalité, elle aurait pu attirer Maron ailleurs pour faire comprendre à lady Edarra qu'elle n'avait rien à faire ici, mais le délice était plus présent si jamais elle parvenait à la faire fuir en restant elle-même en place, le privilège d'être hôtesse et Daenerys brillait dans ce domaine.



« Il faut endosser ses erreurs comme on endosse ses vertus... avec fierté ! Et transformer, en avantages, les conséquences d'une faute. »
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Message Jeu 30 Juin 2011 - 15:39

Aussi inconfortable qu’elle pourrait l’être au milieu d’une cours où elle venait de frôler l’incident diplomatique, elle avait reprit contenance mais un vieux réflexe, sourd, au fond d’elle l’appelait à se tailler le plus vite possible avant qu’une autre merde ne lui tombe dessus. Elle avait mainte fois constater que la croyance répandue voulant que lorsqu’une mauvaise chose nous arrive on a encore un peu de temps avant que quelque chose de mauvais revienne nous ennuyer, était fausse et terriblement stupide. Il n’y avait là aucun calcul savant qui y résidait et le destin ne se gênait pas pour tirer dans les pattes des pauvres humains plusieurs fois de suite, en rafale même. Et Tant qu’elle avait encore un semblant de contenance, aussi petite soit-elle, il vaudrait mieux qu’elle l’emploie à sortir de cette salle, droite et fière. Mais ce n’était pas gagné d’avance, elle ne pouvait simplement fuir comme ça, trouver une excuse ridicule à dire et s’en aller. Trop tôt peut être. Elle était encore trop jeune pour savoir exactement quand se retirer d’une telle occasion. Elle en était presque à regretter que sa mère n’attire pas sur elle tous les regards pour pouvoir s’éclipser sans être vue de personne. Mais malheureusement c’était elle cette fois qui avait attiré tous les élans d’hostilité comme une sorte d’aimant. Il faudrait s’en souvenir pour la prochaine fois. Peut être prévoir de ne plus revenir à un banquet même…

Le prince haussa légèrement les épaules avant de répondre qu’il ne doutait pas qu’elle regrettait d’avoir mit le bazar dans sa soirée et il ajouta que ça avait au moins mit de l’animation et qu’il n’y avait eu aucun blessé physiquement parlant. Edarra fit un léger sourire, feint, et hocha la tête en signe d’approbation. Au moins ça en avait amusé un dans la salle. Elle n’y avait prit aucun plaisir et elle doutait que ses paroles soient prises sincèrement. Après tout, elle espérait quoi ? Effacer des années de concurrences dans la tête d’un homme aussi occupé juste parce qu’une petite demoiselle avec un joli minois était désolée de l’agitation qu’elle avait causée ? Elle était encore assez consciente pour savoir que si il la croyait, il devait certainement être le seul de toute cette pièce. En même temps, si un Ferboys devait déranger une soirée, aucun doute que ça aurait été beaucoup plus perturbant que ça. Mais Edarra n’avait pas la notion de spectacle du tout même si elle avait la réplique facile. Elle n’avait pas de quoi tenir une audience en haleine pendant des heures et des heures, même elle fatiguait quelques fois. Sur le sujet de Shyra, Martell commenta que ce n’était pas un modèle de calme ce qui n’était pas qu’un avantage, bien au contraire. Il avoua que le fait qu’ils ne se soient jamais vraiment vu venait pas mal du fait, pour faire claire, que les gens n’aimaient pas sa mère. Il dit par ailleurs qu’elle semblait plus posée que la Ferboys. Edarra sourit encore une fois en priant que personne n’avait entendu ça comme ça elle n’aurait pas à se justifier de l’affront resté invengé envers sa mère. En même temps, pouvait-elle contre dire ce qu’il disait ? Shyra éprouvait un certain plaisir à semer la zizanie et à vanter son caractère impulsif et il était bien vrai qu’elle n’était invitée à presque aucune fête ou table de Dorne.

Edarra, certainement fatiguée par cette femme sans cesse sur la défensive était légèrement plus effacée qu’elle concernant les affrontements bien qu’elle n’en avait jamais vraiment eus de virulents. Sa semi émancipation n’était que très récente elle n’avait pas encore fréquentée assez de cours pour mesure l’étendue véritable de la haine envers les Ferboys. Elle en aurait eu un aperçu ce soir en tout cas. Le premier d’une longue liste d’autres très certainement. Maron reprit la parole après qu’elle ai parlé, disant que le savoir était relatif et qu’il n’était pas non plus un modèle de patience et de maîtrise. Il ajouta d’une manière détournée que sa famille avait autant le sang chaud que les Ferboys. C’était un trait dornien particulièrement persistant qui ne se remarquait qu’à la venue d’étrangers le plus souvent. En effet c’était rentré dans les mœurs et ce n’était que lorsqu’on le pointait du doigt par des yeux extérieurs qu’on s’en rendait vraiment compte. On devait certainement laisser plus de libertés aux femmes ici, même si on était très loin d’une tribu d’amazone, que dans le reste de Westeros. Le prince de Dorne avoua même qu’il aurait été déçu si elle s’était simplement contentée de ne rien dire et de laisser lord Mallador parler de la sorte. Son rappel à l’ordre était plus protocolaire qu’animer d’une réelle volonté de calmer les esprits échauffés (qui l’étaient toujours en Dorne, dû à la température sans doute…). Il appréciait voir les gens de sa génération se démarquer apparemment.

La question qui était restée en suspend, notamment le fait qu’elle puisse ou non revenir fut résolue peu de temps après quand il lui dit qu’il n’avait aucune raison de refuser qu’elle ne revienne. Ensuite, quant à savoir si elle pourrait, de son côté, c'est-à-dire du côté de Shyra, c’était autre chose. Etant donné qu’elle n’avait donné naissance à aucun dérangement handicapant pour les Martell dont on aurait parlé pendant des jours dans tout Westeros, elle serait sûrement insatisfaite et aurait quelques réticences à revenir. Mais de toute façon, Edarra n’était pas sûre qu’elle voudrait retenter l’expérience de si tôt. Habituée des cours assez enthousiastes auprès des Ferboys, qu’ils fréquentaient tout de même plus souvent, il lui faudrait un peu de temps pour se ressourcer et être prête à affronter une telle ambiance pesante et menaçante. Alors qu’elle allait répondre au Prince, elle vit apparaître derrière lui sa femme bien connue, Daenerys. Sa chevelure blanche et ses yeux violets ne passaient guère inaperçue et elle fut tellement surprise qu’elle ne dit finalement rien. La femme du prince lui sourit. Dans une phrase qui sentait assez bien l’hypocrisie elle se demandait ce qui retenait autant son mari. Elle devait certainement penser le secourir d’une compagnie peu agréable, ce qu’Edarra devait finalement être. Elle n’avait pas la prétention d’être de bonne compagnie du tout. Elle n’était pas trop dans son élément et elle n’était pas en terrain allié, deux raisons qui faisaient qu’elle n’était pas à son aise et au maximum de ses capacités. Elle la complimenta pour sa bonté en disant que sa mère devait être fière d’elle. Elle lui rendit son sourire.

~ Ho mais ma Princesse est trop bonne… Il parait que vos enfants ont hérités beaucoup hérités de vous, ils doivent être d’une beauté éblouissante. »

C’était le cas de le dire quand on avait des cheveux blancs mais les politesses d’usage n’étaient pas terminé car elle s’excusa d’interrompre la conversation mais elle n’avait pas beaucoup l’habitude de voir de nouveaux visages. Il était sur et certain qu’elle ne voyait pas des Ferboys tous les jours et qu’elle ne devait pas trop chercher à en approcher non plus. Edarra sentait assez distinctement l’aura de menace qui émanait de cette femme. Elle ne sentait rien de bien positif ressortir de tout ça, aussi elle sentit immédiatement qu’il était temps de conclure cette mascarade au plus vite avant qu’un deuxième incident n’arrive et qu’lele ne soit congédiée définitivement de Lancehélion. Elle sourit encore une fois à l’adresse de la femme aux cheveux blancs.

~ Il n’y a absolument aucun mal ma Princesse. De toute façon, il commence à se faire tard et je vais avoir un long voyage demain pour retourner aux Osseux. Il serait peut être temps que je me retire. Ca a été en tout cas une course très plaisante et un buffet délicieux. A l’immense plaisir de vous revoir, ma Princesse, mon Prince… »

Elle effectua les courbettes d’usage avant de se retirer de la grande salle et de retourner dans sa chambre sans un mot pour Olyvar. Elle n’avait définitivement pas envie de parler de tout et elle voulait laisser la nuit lui donner quelques conseils avisés ou délirants à propos de tout ça. Seul le temps arriverait à porter sur ces évènements la clairvoyance sage qu’il convenait de lui donner. Dans tous els cas, la suite de cette histoire ne se déroule pas ce soir.
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[ Terminé ] Politesse, la plus acceptable des hypocrisies. [Pv Maron Martell]

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