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Le destin est en marche

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Message Mar 13 Nov 2012 - 20:42


Port Réal. La capitale des sept couronnes, c’est par ici que les dragons sont arrivés, portant sur leurs dos les descendants de l’antique Valyria. La route avait été longue depuis les murs blancs, comme un pèlerinage en l’honneur du Guerrier, il avait eu plaisir à suivre l’armée royale et se fondre dans le cortège qu’elle créa, il était toujours plus sécuritaire de traversé la route royale en suivant les bannières au dragon couronné, même si à l’arrière, les incidents étaient nombreux, des voleurs faisant les poches des voyageurs ou abusant des filles qui avaient le malheurs de croiser leur route. Quelques malandrins avaient bien essayés de profiter du sommeil du prêtre pour fouiller son sac et lui ravir ce qu’il avait de plus précieux, mais malheureusement pour eux, Oteh avait toujours eu le sommeil léger. Au moins avait-il récupéré deux poignards et quelques sous ! Il avait aussi fait le choix de passer une nuit dans une auberge plutôt que de rester a dormir sous la pluie alors que les soldats avaient leur tente. Et il n’était pas prêt de regretter cette décision vu la femme qu’il avait rencontré...

Enfin. après plusieurs jours de marche, le voila arrivé dans La grande ville de Westeros. Il était impatient de se rendre au château. Il avait envie d’y courir même ! Mais ... patience, patience. le soleil descend. Bientôt il ferait nuit. Et il ne pouvait pas y aller en guêtre et puant les jours de marche et de bivouac ! Autant s’arrêter pour acheter des vêtements, passer une nuit dans une gargote lui permettant de prendre un bain, et se présenter au Grand Argentier sous de meilleurs attraits ! Oteh savait heureusement à qui s’adresser, car avec le peu d’argent qu’il lui restait, il allait falloir des contacts pour palier au manque. Porter une armure légère lui manquait, mais il connaissait un parent de son maitre qui accepterait sans doute de lui fournir le matériel nécessaire et de s’occuper de lui pour la nuit. Il quitta alors la vieille porte et se dirigea vers la colline de Visenya.

Les rues étaient toujours bondés, mais lorsqu’Oteh arriva près de l’établissement de son ami, il n’eut aucun mal à le reconnaitre alors qu’il arrangeait la présentation de ses produits. Il était toujours amusé par la ressemblance entre ces deux parents. Mais ce marchand, cousin de son maitre, était en fait plus petit et les cheveux plus bouclés, et il avait développé une moustache élégante qu’il vit tortiller en examinant ses produits. Il se rapprocha de lui et finit par l’interpeller. Lorsqu’il se tourna vers lui, Ekherr Bon-Oeil leva les bras au ciel.

« OTEH BYRIS ! Mon ami ! Toi et mon cousin vous deviez arriver plus tard pourtant ! Que fais tu là ? Et ou est-il ? ! »

Ca c’était un détail auquel le prêtre n’avait pas pensé. Apporter la nouvelle de la mort de son maitre à son propre cousin. Le visage du prêtre se ferma et il invita son hôte à rentrer dans son échoppe. Le récit fut décrit dans un monologue au ton monocorde et sans interruption. Ekherr fut bien sur choqué de la nouvelle mais il était aussi heureux qu’Oteh ait put lui raconter tout cela. Ils discutèrent du défunt jusque tard dans la nuit avant que le prêtre n’en vienne à la raison de sa présence en ville.

« Je me présente demain devant le Grand Argentier. » dit il d’une voix neutre, si atypique et appuyé par son accent de Norvos, rien ne transparaissait de tous les sentiments que cet évènement pouvait produire en lui. Il plongeait son regard d’azur dans ceux plus sombres de son interlocuteur qui eut un mouvement de tête pour le détailler des pieds à la tête.

« Crois moi, je ne suis pas un garde. Pourtant je serais le premier à t’empêcher de le voir dans cette tenue ! »

Oteh ne put s’empêcher de rire et tous deux se levèrent pour allez examiner la marchandise du tailleur.

« Je me rappel. » Dit Oteh en posant son regard sur quelques tissus, quelques freluques, de lin épaisse ou de soie douce comme la caresse d’une rivière dans son lit. Des marchandises que Mewan et Oteh avaient obtenus sur leur route, Mewan était un fin négociateur. « Celui là vient de Nasshai. » Dit-il en prenant un tissu entre ses doigts pour en effleurer la finesse. « Mewan te gardait ses meilleurs spécimen, je pensais que tu l’aurais vendu depuis longtemps... »

« Non, je le garde pour une bonne occasion. Comme je garde toujours quelque chose pour toi et mon cousin quand je sais que vous approchez. »

Il le fit alors entrer dans une pièce ou se trouvait un métier à tisser, plusieurs machines à coudre et quelques mannequins. L’un d’eux portait d’ailleurs une tenue qui ébahi Oteh...

Le jour était bien levé, Oteh avait attendu autant qu’il avait put, mais l’excitation était à son comble, vers le milieu de la matinée, il était finalement parti de chez Ekherr et s’était dirigé d’un pas fringant vers le château. Le bain avait été froid, gelé en fait, l’eau venant du puit et n’ayant pas été réchauffé. Pourtant Oteh se vit être un invité digne et ne se plaignit de rien ! S’il avait put proposé un toit ou dormir, une bassine pour se laver et du linge pour s’habiller, Oteh n’avait cependant pas accepté qu’Ekherr lui cède la seule nourriture qu’il possédait en guise de repas du soir. C’est donc le ventre vide qu’il arriva devant le donjon rouge. Le ventre vide, mais quelle allure !

Tout de blanc, de rouge et de cuir, la tenue se composait d’une chemise en coton léger sous un doublet de lin aux coutures recouverte par des pièces de cuir bouilli mais sans manches, laissant celles, bouffantes, de la chemise ressortir, le col permettant de fixer une capuche qui assombrissait le visage du prêtre à la vue des pécores, un plastron de cuir serrant son torse et sa taille clos par plusieurs fermoirs en boucle d’argent au niveau de la hanche gauche sous le bras. Un tissus écarlate de coton lui ceignait la ceinture et y maintint la seule partie de son hallebarde brisée qu’il avait décidé d’amené, la partie tenant encore la lame au demeurant endommagée. Il portait des chausses de cuir bouilli recouvert d’un tissus en lin s’accordant avec le doublet et des bottes de cuir à semelle souple lacés à hauteur de mollet aux couleurs du plastron. Les doublures avait été faites en lin ce qui rendait ces vêtements agréables à porter.

Oteh se présenta au garde et lui sorti un document signé de la main d’Alrik Mallery désignant le détenteur du document comme invité à être présenté au Grand Argentier. Le garde le parcouru d’un oeil vague et las, ne sachant lire, mais lorsque Oteh lui raconta succinctement l’histoire de sa rencontre avec l’auteur du message, le garde lui accorda le droit d’attendre dans une pièce verrouillé où le rejoindrai Clarence Hightower si telle était sa volonté. Un petit salon sans guerre beaucoup de décors. Une table, des chaises autours, des rideaux aux broderies de dragons aux fenêtres, Oteh n’espérait pas plus de luxe en même temps.

Une fois seule. Il prit le temps d’apprécier le fait qu’il se trouve dans ce lieu, estimant que ce n’était pas une chance offerte à tous. Pourtant son destin était scellé. Dans le sang lavé son honneur, de l’or renaitra la femme fidèle, et ensemble, la vengeance obtiendront. Telle était sa seule prière. Servir, honorer la mémoire de son maître en servant la couronne, et se venger du parjure qui avait quitter les prêtres à barbe pour une vie de brigand.

Le prêtre en était rendu à admirer la vue depuis une fenêtre lorsqu’il entendit le verrou de la porte s’ouvrir.
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Clarence Hightower
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Message Jeu 15 Nov 2012 - 0:30

     Quand ce soldat à la barbe mal taillée vint le chercher pour l'informer qu'un certain Oteh Byris l'attendait, Clarence lui demanda qui était cet homme dont le nom indiquait clairement ses origines étrangères. L'homme d'armes et son message sur parchemin lui rappelèrent l'histoire étonnante de ce prêtre à barbe qui avait obtenu d'être introduit auprès du Grand Argentier au Donjon Rouge par l'intermédiaire de ser Alrik Mallery. Clarence n'avait aucune affinité particulière pour le bras droit de lord Brynden Rivers, et il n'avait guère compris ce qui avait pu amener cet homme de fraîche noblesse et de basse naissance à outrepasser ses prérogatives en arrangeant un entretien qui n'avait aucune raison d'être opéré entre ce rien du tout venu de Norvos et le fonctionnaire le plus occupé de Port-Réal. Il n'y avait rien de plus qu'un nom et une recommandation dans la missive, qu'attendait-on donc de lui ? Qu'il accueille cet étranger comme l'aurait fait un maître d'hôtel dans une auberge de campagne ? Qu'il lui fasse bonne compagnie et le traite comme un invité de marque ? Cela ne pouvait être, et pourtant... Qu'allait-il faire ? Se dérober ? Cela le tentait beaucoup. Il aurait très bien pu ignorer le pétitionnaire et laisser au temps le soin de le congédier. Après plusieurs heures à attendre en vain, il quitterait sûrement le Donjon Rouge et oublierait jusqu'aux raisons de sa venue initiale... Mais peut-être cet Oteh Byris était-il de ces faquins qui s'acharnent, qui n'oublient jamais rien et qui rongent leur frein en attendant les instants propices et les bons moments pour agir... Clarence décida, contre mauvaise fortune bon cœur, de suivre le soldat jusqu'à la pièce où il avait fait attendre le prêtre à barbe. Sans être en colère, Clarence y pénétra en affichant la plus neutre expression, comme s'il avait chassé de son visage les traces de toute émotion, de tout sentiment. Cependant il ne put retenir une exclamation sarcastique quand il découvrit cet étranger qui semblait si désireux de s'entretenir avec lui. Qu'était-ce au juste ? Il avait devant un godelureau pétri de belles étoffes et qui y était manifestement trop à l'étroit. Un géant qui aurait servi de poupée à la plus vénale des petites filles de la bonne noblesse marchande de Lys. Deux ou trois plumes sur le crâne, et Oteh Byris aurait pu passer pour une perruche égarée hors de sa cage. C'en était trop pour Clarence qui, définitivement, n'admettait point d'avoir été dérangé par ce qui était moins un prêtre à barbe qu'un phénomène de foire, et il se demandait bien ce que cet homme venu de loin pouvait lui vouloir. Mais, courtois comme le marbre, il n'en montra rien du tout. Au contraire, avant que le natif de Norvos ait pu dire quelque mot que ce soit, il l'interrompit d'un geste autoritaire et ferme et lui tint ce discours, d'une voix polie mais inébranlable. « Inutile de nous attarder sur les convenances et les échanges de politesses. Vous savez qui je suis, j'ignore qui vous êtes. Vous n'êtes pas là sans raison et pourtant, je n'en vois aucune de rester plus longtemps que nécessaire. Asseyez-vous. »

     Sans attendre qu'il s'installe, Clarence adressa un signe au soldat stationné devant la porte qui accourut. Il lui chuchota quelques ordres à l'oreille et l'homme d'armes disparut presque aussitôt, après avoir pris soin de clore les portes derrière lui. Ainsi Clarence et son mystérieux visiteur ne serait pas dérangés durant leur entretien qui ne durerait pas plus que nécessaire, du moins il fallait l'espérer. Clarence avait beaucoup à faire et si peu de temps devant lui ! « Alors, je vous écoute, que voulez-vous ? Ser Alrik Mallery n'a pas pris soin de préciser les raisons de votre venue ici, je suis donc dans l'ignorance de vos motifs. En quoi le Grand Argentier peut-il vous être utile ? » Clarence s'interrompit un instant et afficha un faux sourire. « Ou peut-être est-ce lord Hightower que vous souhaitez entretenir d'un sujet particulier ? Il se trouve ici également. Décidez vite, car dans un rôle comme dans l'autre, je suis un homme occupé et j'aimerais au plus vite m'en retourner à ces tâches ingrates mais nécessaires dont le sort du royaume dépend. » Il se tut enfin, mais dédaigna de s'asseoir aux côtés de son interlocuteur : c'était bien le genre de familiarités dont il n'aurait jamais été envers ce rien du tout venu d'il ne savait où pour l'ennuyer. Plus exactement, il ne tenait pas à ce que leur entretien s'éternise, aussi préférait-il demeurer dans cette posture qui témoignait assez évidemment de son empressement. Il lui tardait de revenir aux affaires du royaume, à la question Fer-née, à l'inventaire des richesses de Murs-Blancs, à la préparation du festival de Villevieille, au traitement des dernières doléances qui lui étaient parvenues... tant de choses à faire le pressait ! Il ne pouvait se permettre de perdre du temps vainement à écouter les jérémiades d'il ne savait quel étonnant personnage... d'autant qu'il avait entendu les plus virulentes rumeurs au sujet de ce prêtre à barbe de Norvos, rumeurs qu'il préférait garder pour lui et n'asséner comme des camouflets qu'en cas de réel besoin... même si pour dire vrai, Clarence se souciait peu de trouver une raison de congédier l'intrus, un simple caprice aurait suffi et plus qu'amplement à vrai dire !
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Message Sam 24 Nov 2012 - 9:26

Le bruit de porte que l’on ouvre fit légèrement pivoter Oteh vers elle. Il vit alors un homme dont la toison capillaire fut frappante, aussi bouclée que sombre, à l’instar de ces yeux à l’aspect sérieux, dur même. Néanmoins la richesse de sa tenue attestait parfaitement de son rang, et même avec ses plus beaux atours, Oteh ne faisait que mine d’un soldat de maigre extraction. Bien loin de l’accueillir chaleureusement, le Grand Argentier lui dit qu’il n’avait que peu de temps à lui accorder. Il en était presque à lui ordonner de s’assoir, Loin d’en être destabiliser ou de perdre son flegme, Oteh le fixa un instant d’un regard implacable. Voilà l’homme que le Guerrier lui avait envoyé, c’était pour cet homme là qu’oteh avait fait tant de chemin. Qu’il avait bravé la route, le pavé, la pluie, le vent, et la mort à mur blanc. Ce petit bout d’homme qui n’avait sans doute jamais participé à des batailles ou ne serait ce que tenir une épée. L’excitation lui parcourait pourtant le sang en pensant au fait que c’était cet homme là qui était susceptible de permettre le rétablissement d’Alicia. Finalement, Oteh vint s’assoir sur l’un des fauteuils, enlevant le morceau d’hallebarde de sa ceinture en étoffe et la posant sur la table basse en face de lui. Clarence Hightower lui signifia à nouveau, avec une voix qui ne laissait que transparaitre le peu d’intérêt qu’il lui portait, l’empressement qu’était le sien, de part sa multitude de fonction au sein de ce royaume. Oui il devait être puissant pour endosser tant de rôle. Il n’avait pas de temps à perdre ? Alors Oteh n’allait pas tourner autour du pot.

« Je viens vous faire gagner la guerre contre les fer-nés. »

Direct, simple, rapide. Oteh n’allait pas jouer dans la demi mesure en disant qu’il "pourrait" "eventuellement" "être apte " à fournir "une certaine aide"... Baliverne ! Il était Oteh Byris, le meilleur garde du corps qui soit et le meilleur hallebardier ! Quand il n’est pas prit en traitre...

« Je suis Oteh Byris, prêtre à barbe de Norvos et avec moi nous ne parlons pas de chance de remporter une victoire mais de la vitesse avec laquelle vous pourrez écraser vos adversaires. Vous n’avez pas de temps pour que je sois modeste et je ne vais pas vous raconter mon parcours, cela prendrait trop de temps, et vous ne pourriez que penser qu’il s’agit de baliverne, je vois aussi à votre regard que vous ne croyez que ce que vous voyez alors voyez ceci ... »

Il désigna de sa main ouverte l’arme détruite sur la table.

« J’ai besoin de vous pour réparer cette arme qui sera le salut du royaume. Pourquoi vous ? Parce que le Guerrier m’a envoyé vers vous : « Sombre est la mer pour qui s'y aventure dans la nuit des pensées, mais c'est à l'appel du phare que le chemin s'éclaire. Au pied de la tour, tu ne trouveras que des pierres, mais à son sommet tu verras le soleil. » Et le soleil c’est vous Lord Hightower. Si vous êtes apte à me donner les moyens de réparer mon arme, elle, ainsi que le reste de mon être et de mon âme, vous seront dévoué. »

Oteh planta son regard d’acier aux prunelles acérés dans celui plus automnal et doux comme les châtaignes sans leurs cosses du Lord. Il savait qu’il devait montrer la force de son caractère pour que ce noble aux cheveux parfaitement bouclés croit en la force de son bras. Il espérait simplement qu’il n’aurait pas à réitéré les exploits fais pour prouver sa vaillance sept ans plus tôt chez lady Ferboys ou bien malgré lui, quatre soldats étaient morts.
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Message Jeu 29 Nov 2012 - 21:45

     Les premiers mots de cet homme, chauve comme l'os que les mestres examinent à la Citadelle pour étudier l'anatomie du corps humain et plus précisément de son squelette aux mille pièces détachées et pugnace comme la taupe qui creuse la terre molle et fait du plus beau des jardins le plus terrible et crépusculaire des spectacles, eurent sur Clarence un drôle d'effet, car le Grand Argentier, qui était de cette race qui n'a plus d'espérance, qui croit davantage aux certitudes de l'abaque qu'aux transports du cœur, n'avait de suite dans les idées qu'en dehors du champ marécageux de ce romantisme de forçat qui caractérise ces jeunes gens en mal d'idéaux et qui se vautrent corps et âme dans les chimères remâchées du septuaire et du champ de tournoi. Ce qui inquiétait le plus lord Hightower, qui avait fait sien depuis longtemps le pessimisme gourmand des fonctionnaires de la Couronne, ces rats à la bedaine triomphante qui rampent à l'ombre du Trône de fer sans craindre la morsure de ses échardes métalliques, c'était ces deux accents déterminés que formaient sur les yeux brin du prêtre à barbe ses sourcils diffus et peu bavards. Il semblait vraiment croire à ce qu'il disait, mais le feu dont il paraissait habité n'avait pas la couleur des grands brasiers, tout mouillé qu'il était de la pluie d'un fantasme caressant mais disparate. Qu'est-ce qu'un homme comme lui pouvait bien connaître à cette rébellion et à cette guerre qui avait plongé le royaume entier dans le désarroi ? Oteh Byris savait peut-être manier une épée, une lance, un arc, une hallebarde ou même n'importe quelle arme, mais une lame seule ne peut suffire à assurer la victoire, c'est pourquoi Clarence, en haussant les sourcils comme le font les personnes importantes qui, pour ne pas fulminer, évitent de se gratter le front trop sèchement, lui répondit tout de go et d'un ton sec. « Vraiment ? Vous venez me vendre la formule d'invocation du dieu des Tornades ? Vous ne seriez pas le premier, mais vous êtes assurément le moins original. » Clarence avait vu depuis quelques temps défiler devant lui de nombreux voyageurs très sérieux qui prétendaient eux aussi détenir la clef de la victoire contre les Fer-nés et chacun d'entre eux était venu à lui dans l'espoir qu'il aurait assez d'audace pour acheter à prix coûtant le moyen d'invoquer et de déchaîner contre Pyk la puissance colossale du mythique ennemi de toute l'engeance Fer-née. On lui avait proposer de multiples moyens pour ce faire : formules, potions, rituels, sacrifices, prières, quêtes épiques, totems, grigris, talismans et sortilèges, plus d'une centaine de faux prêtres, mages, sorciers, rebouteuses et même prophètes étaient venus jusqu'à lui pour monnayer leurs services. Les situations de crise sont comme le pot de miel qu'on laisse ouvert sur le rebord d'une fenêtre, son parfum se flétrit en même temps que les mouches se précipitent à lui pour en sucrer l'arôme qui décline. Quelle drôle de mouche faisait Oteh ! À sa manière, il tenait davantage du bourdon et les paroles qu'il gazouilla dans les oreilles plus dubitatives qu'une marâtre amère de Clarence le confirmèrent allègrement.

     Un prêtre à barbe de Norvos, rien de moins que cela ? Une dénomination étrange pour cette créature qui s'apparentait davantage à un galérien lysien, qui liait la stature d'un taureau à la subtilité d'un bouquet de nèfles écrasées. Clarence l'entendait afficher et dérouler ses certitudes comme d'autres dévoilent leurs appâts sous le voile aquilin, comme d'autres affichent leur ambition dans leurs sourires où chaque dent dissimule un poignard acéré. Tout cela était bien beau, mais où était la vérité, où était la fiction dans les propos d'Oteh Byris qui semblait avoir cueilli toutes les fleurs du Bief pour se les envoyer lui-même ? Il s'élevait soudain dans la pièce un air de contentement autosatisfait qui donnait la nausée, comme si le prêtre à barbe s'était parfumé de sa propre importance avant de se présenter au Donjon Rouge, quoiqu'en vérité l'odeur évoquait davantage les plus sombres allées de Culpucier que les somptueux quartiers de la colline d'Aegon. Quand il fit mouvement pour dévoiler l'arme brisée sur la table basse, dont le bois était fragile et délicat, ce qui aurait pu arracher à Clarence un soupir d'effroi s'il n'avait pas été ce monstre de froideur et d'insensibilité qu'il montrait à son interlocuteur, car au fond il craignait que la maladresse du prêtre à barbe n'abîme le précieux mobilier du Donjon Rouge. Oteh Byris présenta la lame brisée comme le « salut du royaume », et la formule, si simple et si évidente, provoqua en Clarence une réaction qui fut la première visible. Alors qu'il était demeurait coi et immobile, presque marmoréen, ses lèvres s'arquèrent pour former le rictus le plus incrédule et le plus désabusé de toute la Création. D'où sortait donc ce personnage qui à présent parlait du Guerrier comme on parle d'une vieille connaissance et qui récitait ce qui s'apparentait à une chanson faite pour divertir les naïfs enfants du Trident ? Au rictus s'associèrent les sourcils de Clarence qui eut un mouvement de recul presque inquiet quand le prêtre à barbe le compara à un soleil. Mais qu'était-ce donc que cette conversation plus imprévisible et tonitruante que les frasques d'une vieille courtisane de Lys ? Voilà qu'il se vendait à lui corps et âme, à la condition que le Grand Argentier lui donne quelques piécettes pour qu'il puisse aller chez le premier forgeron venu pour obtenir la réparation de son arme brisée... Cette journée n'était décidément pas comme les autres, et Clarence, qui n'était pas de ces petits nobliaux parvenus qui se laissent aisément distraire, n'oubliait jamais un instant les taches Ô combien plus importantes qu'il avait, en quelque sorte, sur le feu. « Veuillez pardonner ce pragmatisme très citadin qui m'oblige à vous poser cette question... Croyez-vous vraiment qu'une lame brisée, reforgée et seule suffira à gagner cette guerre ? Vraiment... s'il y a un sens caché à vos paroles, il m'échappe. Que croyez-vous faire tout seul, fût-ce armé d'une hallebarde remise à neuf ? Vaincre seul les Fer-nés ? Vous savez donc marcher sur les eaux ? » Il n'y avait nulle agressivité dans sa voix, le sens des mots suffisaient à témoigner de tout le scepticisme que la proposition du prêtre à barbe lui inspirait. À ses yeux, la conversation pouvait tout à fait prendre fin dans l'instant et après tout, rien ne l'obligeait à rester plus longtemps, cet Oteh Byris avait fait la preuve de l'inconstance de ses vues autant que de l'inutilité de l'entrevue. Clarence s'apprêtait à congédier celui qui n'était pour le moment à ses yeux qu'un profiteur de plus, mais il se ravisa une seconde, une toute petite seconde qui, peut-être, offrirait au natif de Norvos la chance unique de plaider sa cause avec plus de brio qu'il ne l'avait fait jusqu'à présent.  « Cependant, si derrière votre charabia d'illuminé se dissimule une proposition mal présentée de se mettre à mon service, pour un temps, en échange des fonds nécessaires à la réparation de votre hallebarde... alors je vous invite à la reformuler, si vous en avez le cœur. » Et le phrasé, fut-il tenté d'ajouter.
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Message Lun 3 Déc 2012 - 23:22

Pour sur ce n’était pas l’assurance qui manquait au prêtre de tous les dieux. Mais ne le méritait-il pas ? Il n’était pas né avec la satisfaction d’avoir une famille aisé ou l’héritage d’un nom reconnu et redouté. A norvos, ce que veut un prêtre, il travail pour l’obtenir, et il travail dur. Combien de fois la lourde porte du temple avait-elle écarté ses deux battants de chaine épais pour laisser partir sans rien, ou dans le meilleur des cas avec un nom, un jeune disciple qui n’avait finalement pas la carrure pour être un frère juré. Combien de garçons plus grand et plus musclé que lui avaient faillis par leur empotement ? Oteh Byris connaissait ses victoires, et les échecs de ses frères, ces échecs qui le faisait briller comme un saphir plus intense que les autres. Il aurait bien voulu dire qu’il n’avait jamais connu l’échec, l’âpre goût de la défaite, ceut été mensonge de l’affirmer ainsi. Il avait ployé le genou face à d’autres guerriers dont le niveau technique et martial à l’époque le dépassait. Mais aujourd’hui, ces leçons prisent lui permettait d’être toujours en vie, dans un monde toujours aussi chaotique et toujours aussi rempli de danger. Il n’y a qu’une réelle défaite qui le déstabilisait vraiment, qui le rendait honteux. Il avait perdu son maître, l’homme pour qui il avait juré de donner sa vie. Alors en effet, cette leçon plus douloureuse que les autres avait plut lui enseigner que malgré toute la dextérité dont il savait faire preuve, une lame n’est rien contre une multitude d’adversaire. Mais il ne comptait pas se laisser démonter par ce jouvenceaux bouffi de noblesse.

« Vous seriez étonné de savoir ce qu’un homme seul qui n’a rien à perdre peut accomplir... Une guerre peut aussi bien se terminé sur un champs de bataille que dans la salle d’un trone avec une épée dans le ventre d’un roi... »

Oteh ne montrait pas de colère, sa voix ne dénota qu’un timbre de voix déterminé et toujours aussi implacable.

« Je sais que vous montez une milice pour rendre aux fer-né ce que vous leur devez, une dette à remboursé dans le sang et la douleur. Les dettes c’est votre domaine non ? »

Cette dernière phrase fut dites avec une pointe d’amusement. Il était important que son interlocuteur ne se sente pas menacé, mais qu’il sente quelle menace il pouvait être pour les fer-nés. Si on voulait s’en tenir aux chiffres, la portée d’une hallebarde est bien meilleurs que celle d’une piètre rapière et ces fer-nés n’étaient on que sur des boutres. Certes ce dernier détails était le plus important ... Comment ne pas se rappeler que le vague souvenir des roulis chaotique des vagues contre la coque de n’importe quel embarcations, navire de guerre ou simple barque de pêcheurs d’eau douce, provoquait des remontés gastriques impossible à notre cœur de lion de prêtre. Les transports, maritimes ou terrestres, sont un cauchemar pour lui et ont tendance à le rendre quasi inutile, exception faite de ce jour où il n’eut d’autres choix pendant la tempête que de donner vaille que vaille des coups de sa hallebarde pour éloigner quelque créature gigantesque et tentaculaire. Heureusement pour son salut, il existe quelques potions qui lui permette de tenir le coup et de pouvoir se tenir aussi normalement que les autres, pour les potions de la plus grande qualité, et il se faisait fort d’en obtenir un certain stock avant le départ.

Si le terme « charabia d’illuminé » se voulait insultant, Oteh n’en releva rien, mais sut ainsi que son interlocuteur n’était pas l’être le plus pieux en ce bas monde. En fait en terme de qualités, Oteh était bien en peine de lui en trouver en somme. Il savait se vêtir, certes, il devait aussi savoir compter pour pouvoir occuper son poste, aucun doute là-dessus, mais l’aspect froid qu’il présentait à Oteh n’aidait qu’à faire émerger en lui un certain sentiment d’antipathie. Néanmoins il lui restait en tête le lieux ou se trouvait le garde du corps. Le donjon rouge n’était pas un lieu aussi chaleureux et accueillant qu’un bordel de Lys, ce n’était pas à un eunuque gras, parfumé et poudré qui l’avait accueilli aux portes, et ce n’était pas une putain au teint aussi coloré que les terres des contrés chaudes et aux seins aussi outrageusement arrogant que la manière dont il aurait bandé en la voyant qui était assis en face de lui. Cet homme là est un homme important pour Westeros, non pardon, c’est homme a un poste qui est important pour Westeros. L’homme n’est rien, il est remplaçable, qu’Oteh lui plante une hallebarde dans le gosier et le lendemain un autre serait nommé Grand Argentier.

Mais toute ces pensées ne faisaient qu’apporter de l’eau au moulin des convictions de Clarence Higthower. Si un homme était une ressource si facilement remplaçable, pourquoi cet homme en face de lui devait le croire capable de réaliser des miracles ?

« Derrière ce charabia d’illuminé se trouve un homme, son existence entière voué à l’art de la guerre et du combat, sa force et sa foi. Laissé l’originalité au poulailler qu’est ce donjon rouge avec tous ces nobles gonflés de leur importance alors qu’ils ne connaissent ni le gout du sang, ni la saveur de la sueur né de la peur la plus profonde. Laissé moi embarqué sur un de vos bateau armé de mon hallebarde remise à neuf par le seul forgeron issu de mes contrés, et je vous promet que vos soldats verront en moi un homme prêt à tout pour les mener à la victoire, un homme qui peut trancher ses adversaires à dix pieds de distance comme à deux. Je ne suis pas du genre à poser un genou à terre et encore moins à renoncer, je combat depuis que j’ai la force de porter un baton. J’ai affronté des soudards bien pire que vos misérables fer-chiés et si ce n’est pas assez bien formulé pour vous alors là encore, donnez moi les moyens de réparer mon arme et je vous prouverais de la manière que vous le souhaitez mes dires. »

Comment en douter ? Oteh Byris était dangereux et impulsif, il pouvait penser cent manières de dire les choses, sa bouche ne sortirait que ce qui lui conviendrait sans s’intéresser à l’interlocuteur. Une arrogance qui lui avait valu bien des remontrances et des coups de bâtons, plus jeune, quand il n’était qu’un gamin qui ne faisait que dire qu’il était supérieur aux autres car personne ne pouvait le battre avec un baton, des coups pour la vérité. Plus vieux quand il décida de prendre le nom des pariat, des coups pour l’audace. Plus tard encore quand il brulait de montrer ce qu’il savait faire, des coups pour l’arrogance. Tous ces coups pris au court des années n’avaient fait que le stimuler pour aller plus loin, d’abord poussé par un désir enfantin de se venger jusqu’au devoir d’adulte de devoir toujours s’améliorer.

Mais cette fois il venait de faire un pas sur l’échiquier du jeu des trones, et l’arrogance est souvent récompensé par une épée dans le dos. Est-ce qu’il finira par l’apprendre à ses dépends ? En attendant il ne quittait pas son interlocuteur des yeux, guettant une quelconque réaction...
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Clarence Hightower
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Message Ven 7 Déc 2012 - 19:17

     Les propos du prêtre à barbe déroutait quelque peu Clarence, car ils semblaient parfois décousus et parfois au contraire nés d'une réflexion des plus abouties. Mais dans l'ensemble ils demeuraient plus le fruit d'une conviction que d'un raisonnement, et c'était peut-être ce qui agaçait le plus le Grand Argentier dont le regard plus impassible qu'un tas de pièces d'or fixait celui de son interlocuteur. Un homme qui n'a rien à perdre est capable d'accomplir de grandes choses, Clarence le concédait volontiers, mais étant donné qu'un tel homme était capable du pire comme du meilleur, jamais il ne lui aurait accordé totalement sa confiance, jamais il ne lui aurait rien confié d'importance de peur que l'ambition ne nécrose le devoir, de peur que l'arrivisme ne gâte la loyauté. Clarence avait connu, dans le temps, un personnage étrange qui prétendait lui aussi n'avoir rien à perdre. Une femme née au soleil, sans élégance ni maintien, de ces créatures basses qui lèvent la cuisse et gonflent la poitrine mais ne vont jamais bien loin. Une ventouse qui s'abouchait à tout et ne prétendait rien lâcher de ses proies indiscrètes. Il s'était par chance maintenu loin d'elle, et l'avait tenu à Villevieille en dehors des lieux d'importance, pour qu'elle ne contamine point, par ses transports bilieux, les cœurs et les esprits de la bonne société de l'antique cité, jusqu'au jour où, poussée par l'ambition, elle avait mis les voiles vers le nord-est, vers Port-Lannis, tique infâme, pour aller se poser sur la cuisse des lions et y sucer plus de sang qu'il n'en faut pour remplir tous les tonneaux du monde. Mais le sang des Lions est d'or, et leurs mines sont intarissables, la gueuse s'était donc gorgée jusqu'à la lie, jusqu'à n'être plus qu'un gros tas de chair méprisable, sans volupté ni raffinement, concentrant sur sa figure toute la signature du luxe vomi par les égouts du monde. Oteh cependant, n'était pas là pour prostituer ses mauvais services. « N'ayez pas l'esprit si retors et si étroit, le domaine de mes activités s'étend bien au-delà des dettes et des créances de la Couronne. Vous auriez tort de sous-estimer l'homme que vous sollicitez. » Il se tut un court instant, mais ajouta presque aussitôt, avant qu'Oteh ne reprenne la parole :  « Je vous saurais gré de mesurer vos paroles, par ailleurs. Il est toujours dangereux de parler ainsi du roi entre les murs du Donjon Rouge, car la pensée régicide s'accroche à tout jusqu'à vous éclater en pleine figure. » Qu'on songe seulement au sort réservé aux septons qui avaient eu l'audace de prêcher contre la Main du roi et sa grâce Aerys... et l'on comprendrait tout de suite où Clarence voulait en venir. En tant que Grand Argentier, il se devait d'être attentif, après tout, à ce qu'on ne porte point atteinte à la personne du roi en sa présence, sauf à laisser croire au caractère conditionnel de sa loyauté, et comme peut-être les mille et un globes oculaires de la Main du roi étaient peut-être, en ce moment-même, posés sur lui... il ne pouvait négliger de respecter quelques consignes de la plus élémentaire des prudences s'il souhaitait s'épargner de futiles tracasseries dont la vermine qui pullule au Donjon Rouge semble friande...

     Les insinuations du prêtre à barbe au sujet des gonflements et des boursouflures de la noblesse locale arrachèrent à Clarence son premier sourire de la quinzaine. Alors que ses lèvres se retroussaient à la manière de celle d'un prédateur qui guette l'agonie de sa proie, le Grand Argentier jubilait intérieurement de constater qu'il aurait toujours la main sur la conversation en sachant la conduire là où il le désirait, quand bien même Oteh en avait l'apparente initiative. Dans ces conditions, il s'ouvrait à la discussion, car il était désormais persuader qu'il pourrait tirer profit de la situation du prêtre à barbe. Clarence devinait en lui la détermination, la grande foi, mais aussi le dilemme que représentait sans doute sa venue au Donjon Rouge : fer de lance de la volonté divine, n'était-il pas humiliant pour lui de s'en remettre au bon vouloir d'un homme qui ne lui inspirait qu'un mépris tout aussi violent que la force de ses convictions ? La longue tirade d'Oteh acheva de le convaincre qu'un lien très fort unissait le prêtre à barbe à son arme brisée, ce qui justifiait d'ailleurs cette amère réalité : le natif de Norvos avait besoin d'argent, mais les caprices de quelque oracle annelé l'avait convaincu qu'il était celui qui devait l'aider à reforger la lame qui fut brisée. Une telle vague de mysticisme lui donnait la nausée, car la foi de Clarence relevait davantage de la pieuse observation du dogme que de la dévote adoration du rite. Son interlocuteur attendait une réponse, il le devinait à la façon presque éhontée que le prêtre avait de le regarder, mais Clarence patienta longuement avant de lâcher ces quelques mots comme on égare volontiers une pièce entre les mains d'un mendiant pesteux. « Ne m'en dîtes pas davantage. Il semble que la fracture de votre bras vous serez plus supportable que celle de votre arme, en cela je salue votre... dévotion. » Clarence le toisa d'autant plus qu'il s'apprêtait à faire une chose inattendue. « Vous parlez avec force et vigueur de vos hauts faits, pourtant c'est un échec qui vous a conduit jusqu'à moi. » Clarence désigna d'un regard l'arme déchue. Il imaginait volontiers la tristesse du prêtre à barbe à chaque fois que ses yeux se posaient sur cette vision terrible et effroyable. Étant donné le lien presque charnel et viscéral qui semblait faire de cette hallebarde une extension vivante de son propre corps, quoi de plus normal ? Il poursuivit à mi-voix, presque respectueux : « Si je dois vous accorder ma confiance et mon argent, je me moque assez de connaître vos exploits, quand vos faiblesses m'intéressent davantage, pour peut-être vous permettre de les dépasser. N'allez pas croire cependant que je me soucie de votre... bienêtre. Oublions les fanfaronnades, et faîtes-moi le récit de l'échec qui a réduit cette arme glorieuse à l'état de lambeaux. Après, nous pourrons discuter et éventuellement vous accorder ce pourquoi vous êtes venus me trouver. »
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Message Sam 15 Déc 2012 - 13:27

Les deux hommes passèrent un certains moment dans les yeux l’un de l’autre, Clarence hightower cherchant sans doute à savoir qui se cachait derrière cette armure souple et cet accoutrement particulier et Oteh Byris qui en faisant cela ne cherchait qu’à fixer l’attention du Grand Argentier sur lui. Sur ce dernier point, il avait pas mal de succès, il le voyait au sourire, unique, qu’avait eut l’homme aux boucles sombres lorsqu’il dénigra la noblesse et ces vampires de la cour.

Finalement, l’homme, altier, déclara avec raison qu’une blessure serait mieux supportable que la douleur d’être privé du prolongement de son bras. Il lui manquait de pouvoir admirer le miroitement de la lumière sur sa lame, la manière qu’elle avait de tournoyer dans l’air, la souplesse de sa hampe, ce contact du bois dans la paume de sa main. L’équilibre qu’elle lui donnait… Il était capable de toutes les acrobaties avec elle tellement il savait la manier.

Néanmoins ce fut au tour de Clarence de parvenir à faire réagir le Prêtre de Norvos. A l’évocation de l’évènement maudit. Combien de temps cela faisait il aujourd’hui ? Dans sa mémoire, c’était comme si c’était hier. Le sifflement du carreau d’arbalète, l’irruption d’un autre prêtre, la surprise, la trahison, Alicia entre ses mains, la voir se tordre, entendre le crissement du bois comme si c’était d’horribles et insupportables cris de douleur avant de se rendre compte que c’était sa propre voix qui les portait ces hurlements, comme si on avait brulé une partie de son âme. Qui pouvait comprendre la douleur provoqué par une telle perte ? Pas cet homme en tout cas. Savait-il ce que c’était qu’aimer ? De lier sa vie à celle d’un autre ? Le regard du prêtre glissa vers les décombres de son arme sur la table et un mélange de colère et de tristesse se mêlait et bouillait dans son sang.

« Il n’y a qu’un Prêtre à Barbe pour vaincre en duel un autre Prêtre à Barbe, mais dans mon cas, mon adversaire a surtout joui de l’effet de surprise qu’a eu sur moi le fait de voir un frère d’arme. Mais il pensait que me laisser en vie serait plus pénible que mourir. Alors je vais faire réparer cette arme, massacrer ces misérables insecte de fer-nés qui vous font tant peur et retrouver ce porc et je vous promets que je vais tellement le faire souffrir que ces cris résonneront jusqu’aux plus profondes cellules que votre donjon peut abriter, et vos prisonnier penseront que leur tour arrive. »

Les pires menaces transpiraient de ce corps crispé qui retenait une telle colère. Une des mains d’Oteh était refermée en un poing serré aux jointures blanchissantes masqué sous son autre main aux doigts étirés comme un voile. Sentant que ses nerfs prenaient l’ascendant sur l’aspect cordial de la conversation. Oteh prit sur lui, ferma les yeux et respira profondément, se concentrant sur ce qui l’entourait, le froissement léger des rideaux de soie, les odeurs persistantes des bougies parfumées qui ont du bruler la veille au soir. Il tendait l’oreille à ce qui se passait dehors, les pas précipités d’une paire de bottes passant près de la porte, la respiration calme et sereine de son interlocuteur qui devait se gausser d’être presque parvenu à le faire sortir de ses gonds. Oteh devait se reprendre. Où était la bonne époque ou il n’avait qu’à dire quelque mots à son maitre durant la journée. Son sang était comme un fleuve tumultueux et il devait le faire redevenir aussi calme qu’une rivière au printemps.

« Nous avons été pris dans une embuscade mon maître et moi, j’ai stoppé le carreau d’arbalète qui le visait entre les deux yeux, j’ai tué l’arbalétrier d’un lancer de couteau mais lorsque j’ai voulu m’attaquer au reste du groupe, m’a lame a été prise en son défaut par une autre hallebarde, au métal plus jeune, c’est ainsi qu’elle s’est fissuré. Le bandit la maniait avec la technique que l’on nous enseigne. Il n’a rien d’extraordinaire, du moins pour un prêtre à barbe, mais il m’a surpris et déséquilibré, on m’a immobilisé, et j’ai du le voir tuer mon maître, et détruire mon arme. Comprenez que cela suffit à détruire un prêtre en général, qu’il est tellement honteux que de lui-même il s’arrache la vie. Mais j’ai travaillé trop dur, je me suis battu toute ma vie, j’ai trop sacrifié pour laisser un gamin impuni. Vous voulez avoir confiance en moi ? Je vous invite à me mettre au défi, une fois ma lame réparé, rien n’est impossible. »

Le doute commença à l’assaillir, trahit par un léger tremblement de ses mains. Et s’il refusait de l’aider, s’il ne parvenait pas à obtenir de lui ce qu’il désirait ? Que faire ? Retourner voir les Ferboys et jurer à Edarra Ferboys, l’allégeance qu’elle attend de lui ? Retourner, honteux, sur le sol qui l’avait vu naitre et n’être plus qu’un larbin pour le temple ? Si seulement ils lui trouvaient une utilité. La faiblesse était proscrite dans ce temple. Nan, s’il n’y parvenait pas… Il ne pourrait le supporter. L’image le traversa d’une tête aux cheveux bouclés roulant sur les dalles froides de la pièce et lui filant par la fenêtre. Alicia coupait encore très bien quand même …
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Message Dim 16 Déc 2012 - 11:45

     Oteh Byris continua sur une vantardise, ce qui aurait pu exaspérer Clarence, mais ce dernier, pragmatique et patient, avait bien compris que les fanfaronnades du prêtre à barbe n'en étaient pas véritablement dans l'intention : il était trop pieux et pénétré de l'objet de sa foi, et nourri qu'il était depuis toujours au sein de la ferveur comme à celui du devoir, il ne pouvait qu'être persuadé de la légitimité de sa mission et de la fiabilité de ses aptitudes. Lord Hightower avait devant lui un pur produit d'une école d'excellence, il était donc bien normal qu'Oteh Byris soit bâti du bois des forcenés, des fanatiques, des passionnés. Clarence n'était pas de ceux qui se pâment à la vue de tels individus, mais il n'en demeurait pas moins conscient de tout ce que cela impliquait et sans admirer le prêtre à barbe, il le comprenait toujours un peu plus jusqu'à cerner totalement les recoins de sa personnalité. Il existait un genre d'homme au cœur mou, volage et souple à toutes les contorsions de l'âme. Oteh n'était pas de ceux-là. Il existait un genre d'homme aux cervelles capricieuses, sournoises et ouvertes à tous les vices de l'esprit. Oteh n'était pas de ceux-là. Il existait un genre d'homme aux corps paresseux, apathiques et sourds aux efforts nécessaires de la vie. Oteh n'était pas de ceux-là. Il existait enfin un genre d'homme qui liait leur cœur, leur esprit et leur âme au service d'un idéal sans jamais faillir ni fléchir, et de ce genre s'il n'en restait plus qu'un sur terre, Oteh serait celui-là. S'il n'avait été le financier cynique et malin qu'il était, Clarence aurait certainement applaudi tant de force dans le dévouement, tant d'abnégation dans la fidélité à une cause. Puis le prêtre à barbe découla pour lui le tragique récit de l'événement qui l'avait conduit jusqu'au Donjon Rouge, jusqu'à cette situation quelque peu humiliante qui le poussait à mendier, en quelque sorte, auprès du Grand Argentier, homme qui ne lui ressemblait guère et qu'il n'aurait sans doute jamais approché autrement. Ils n'étaient pas « du même monde », comme disaient les honnêtes gens. Mais Clarence ne s'attendrit point, au contraire. Il demeura impassible, haussa même les sourcils comme pour feindre la compassion, mais intérieurement, il se moquait bien de la déchirure que l'événement devait être pour le prêtre à barbe, Clarence ne voyait que l'échec d'un homme qu'il avait les moyens de manœuvrer pour un temps en lui donnant les moyens de transformer l'échec en victoire par la revanche. Ah ! Douce vengeance, justice sauvage, combien de crimes on commet en ton nom ! Mais celle-ci est-elle une forme dévoyée de la Justice, ou bien cette dernière est-elle la forme déguisée de la première ? Vengeance plus suave que le miel, c'est donc toi que recherchait le prêtre à barbe, plus que la victoire contre les Fer-nés rebelles... Vengeance amère et délectable, tu gardes fraîche tes blessures en y affûtant tes couteaux ! Plus l'injure est profonde, plus la vengeance est douce ! L'arête est la vengeance des poissons, la gueule de bois celle des raisons, mais que serait alors celle du prêtre à barbe ?

     Cela n'était pas l'affaire de Clarence, qui s'en souciait comme de colin-tampon. « C'est une bien triste histoire que vous me contez, et je devine à vos paroles comme à vos gestes qu'il ne s'agit pas là du souvenir le plus agréable à garder en mémoire. Vous venez à moi pour obtenir les moyens de punir ce gamin qui vous a volé votre honneur, et vos paroles ont su me convaincre qu'il y avait peut-être un moyen de nous entendre. » Clarence ménagea un temps de silence, il donnait l'air de réfléchir alors qu'en vérité, tout était déjà très clair à son esprit. Ce n'était qu'une façade, mais il ne fit pas plus longtemps attendre le prêtre à barbe. « Vous vous présenterez chez Toph Melo et vous lui confierez votre arme brisée. Il la reforgera et vous la rendra comme neuve, car il est le meilleur de tous. Je prendrai en charge les frais occasionnés par ce service qu'il vous rendra, et cela contractera entre vous et moi une dette d'une valeur que nous dirons inestimable, car je ne vous ferai pas l'affront de mettre un prix sur cette arme qui représente tant pour vous. Ainsi armé, vous aurez tout le loisir de vous engager dans la milice qui accompagnera l'armée qui prendra d'assaut les Îles de Fer. Nul doute alors que vous surpasserez nombre des malheureux qui prendront part à ces combats. Et si c'est votre désir, vous pourrez aussi vous mettre en chasse du « gamin » qui doit encore recevoir de vous la juste punition. À votre demande, je pourrai même vous aider à le retrouver. » Clarence ne serait pas de ceux-là. Il n'était pas taillé pour la guerre et à vrai dire, cela ne le gênait pas vraiment. Il se tut pour laisser à Oteh Byris le temps de bien comprendre ce que le Grand Argentier lui proposait, car ce n'était pas anodin, puis reprit :  « Mais en ce bas monde, nul n'a rien sans rien. Ne parlons pas d'argent, coller un prix sur votre lame serait vous faire injure. Pour obtenir de moi ce que je propose, vous devez vous engager à me servir loyalement et fidèlement pendant dix-huit lunes à compter de la date de la reddition des Fer-nés. C'est le prix à payer pour retrouver rapidement votre lame adorée et gagner, pendant ce laps de temps, un accès privilégié aux ressources qui sont les miennes pour retrouver celui qui vous a causé tous ces tracas. » Clarence se tut. Tel était son prix qu'il ne négocierait pas. Le prêtre à barbe avait désormais le choix entre accepter cette petite contrepartie à l'immense service que lui rendait lord Hightower, ou décliner l'offre et aller chercher ailleurs les moyens de parvenir à ses fins. Clarence d'ailleurs se réservait, en cas de refus, la possibilité d'intervenir directement auprès du forgeron en question pour qu'il refuse tout bonnement et simplement de réparer l'arme d'Oteh Byris... ou pas, car après tout, le Grand Argentier avait d'autres chats plus importants à fouetter.
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