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La fille préférée

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Feuille de Personnage


Message Lun 12 Nov 2012 - 20:52


● Nom : Je suis une lady de la Maison Racin.
● Prénoms : Emilia. C'est charmant, non ?
● Sexe : Je suis un beau brin de fille !
● Âge : J'ai 15 ans. Déjà une femme !
● Origine : Je viens du Conflans.
● Métier : [Noble] Je suis fière d'être la dame de compagnie de Lady Eleanor Tully.


● Physique : On ne me confond pas avec une roturière, en tous cas pas avec une demoiselle famélique. Ça non ! Je suis un petit bout de femme potelé aimant particulièrement jouer avec ses vêtements. J'avoue sans mal un penchant prononcé pour tout ce qui est gourmandise, et, de fait, j'ai une assise épaisse et un petit ventre rondelet, que je serre sous des corsets autant que je le puis. Ma poitrine a moins d'allant que mes hanches, mais au moins la chose me permet quelques fantaisies de corsages sans pousser jusqu'à la vulgarité. J'aime beaucoup me draper de couleurs riches et nobles, automnales, terriennes, je suis en rouge, je suis en ocre, je suis en blanc mat, je me vois d'assez loin et n'ai pas vocation à être discrète. J'ai un visage rond, aux belles joues, une peau assez pâle – et malheureusement plutôt épaisse, ce qui fait qu'elle marque déjà quelques traits – ainsi que des yeux d'un bleu sombre assez rare que soulignent des sourcils fins et expressifs. Mes lèvres sont fines, souvent gercées – en prime je les mordille – des bras fins et des mains plutôt délicates, ainsi qu'une belle horreur de mes pieds. Ils sont larges, épais, aux doigts recroquevillés et tordus, ils sont affreux !

J'ai une indomptable tignasse brune, devenant rousse aux pointes, mais je m'échine à me coiffer chaque matin, souvent en vain. Ils sont un peu courts à mon goût, puisque qu'ils s’abîment vite et que je dois les couper et, fragiles, ils marquent ou cassent sitôt que je les recouvre. Du coup, j'ai tendance à laisser mes cheveux flotter, ce qui ne plaît guère aux septas, puisqu'une lady ne devrait pas se montrer « en cheveux », comme elles le disent. J'y pique parfois des broches, des fleurs, des perles, ce qui me vient, pour divertir l’œil du crin de cheval que j'ai sur la tête.

J'ai une voix chaude et profonde qui surprend parfois ceux qui m'entendent pour la première fois, très féminine, et beaucoup plus mature que moi. Je chante comme je me chausse, en revanche, c'est à dire très mal, mais j'ai un petit don pour le verbe et l’apparat. En somme et pour finir, si je ne suis pas une merveille, j'ai le charme de mon âge et des soins que je peux m'apporter, et, sans être criarde, je suis quelqu'un qu'on voit. Un peu trop, disent les septas. Certes. Mais les bijoux sont faits pour être portés.


● Personnalité : Beaucoup de ceux qui m'ont fréquentée un peu ou croisée seulement quelques fois s'accordent sur un point : je suis un petit chat superficiel. Ah, certes pas désagréable, avec une conversation fluide, beaucoup d'intérêt pour une foule de sujets et dotée d'un sens de l'étiquette suffisamment pointu pour ne mettre personne mal à l'aise dans mes verbiages, mais j'ai l'air un peu creuse, trop concernée par les papotages et les rumeurs de cours pour avoir une réelle richesse intérieure. Je l'avoue, c'est assez vrai, je suis une pipelette et je ne crois pas, hélas ! Être le plus grand modèle de sagesse. J'aime assez ce qui est beau, ce qui a de l'allure, ce qui a de l'éclat, mais, encore une fois, pour quelle jeune fille n'est-ce pas le cas ? Oui, je suis curieuse et n'ai pas bonne mémoire, oui, je me passionne pour les récits sentimentaux et les ballades contant les amours immédiats que les dames rencontrent au détour de tournois, oui ! Est-ce si impardonnable ? J'ai un peu d’extravagance, je suis une demoiselle qui ose, je suis celle qui aborde les hommes pour les faire un peu rosir, je suis celle qui vient flatter les dames pour leur quémander quelques confessions sur les chevaliers de leur famille, j'ose même venir aborder des roturiers pour les entraîner dans la danse de la cour pour une journée, à l'occasion de réceptions, de bals, ou même d'une envie de nouveauté lorsqu'il me faut une nouvelle étole. Je suis aussi distrayante que bien élevée, et surtout, je suis assez peureuse pour ne pas avoir trop l'idée de me mettre en danger – moi, ou ma lady.

Car oui, si je suis extravertie, je suis aussi profondément angoissée. Depuis toute enfant, j'ai peur de tout un tas de choses, que je conjure en riant fort ou en changeant de conversation, en dansant si je ne puis parler dans l'instant, ou en trouvant à rajuster ma tenue. Ma plus grande peur étant celle qui m'a le plus frappée : je saigne à l'idée d'être abandonnée. Je déteste être seule, surtout la nuit, je n'aime pas la pluie ni les temps trop sombres, je déteste lorsque des gens crient et j'ai déjà pleuré pour avoir déchiré l'un de mes jupons favoris. Je suis loin d'être aussi sotte que je le montre et il y a parfois du calcul derrière ma mignonne petite curiosité, mais, ballottée que je suis par les mêmes coups de sang que ceux de toute ma famille, je crains d'effrayer, puis de repousser ceux qui pourraient réellement me connaître, voire, même, de les blesser vraiment. Car je suis, sous mon couvert gai et entraînant, une boule d'émois contraires. J'aime avec passion, je hais absolument, j'enrage avec puissance, je me dévoue entièrement. Je ne feins pas mon amour du brillant et de l'éphémère : il me rassure, parce qu'il est inconséquent et léger, parce qu'il n'a aucune importance et parce qu'il peut difficilement blesser. Sous mon allure toujours souriante, je suis le plus souvent triste à mourir, et ce depuis des éons. Au moins, cette tourmente me donne le courage des désespérés, puisqu'au final, je pense tout perdre bientôt, je n'hésite pas à profiter, ni de la bonne chair, ni de ce qui pourrait amuser. Peut-être que l'âge tempérera mes colères. Peut-être ne feront-elles qu'empirer. Au grand regret de ma septa, qui dit que je tiens ça de mon père, ma foi envers les Sept est... Disons, de façade, afin de ne pas brusquer, ni de prêter le flanc aux commérages, mais ce n'est pas cette religion qui me parle ou m'attire. Mais je reste dans le rang qu'on m'a désigné.

De fait, peu de choses ont une réelle importance à mes yeux, mais le peu que j'ai, je le tiens contre moi sans faillir, en faisant mes vertus. J'aime très tendrement et très sincèrement ma lady, avec la dévotion qu'on attribue dans mes récits favoris aux hommes de garde, je suis très fidèle à mon rang malgré mes petites excentricités, je n'aurais jamais l'idée de faillir à mon devoir de dame, que ce soit dans mon comportement ou ma virginité. Je commence à me faire à l'idée de ne jamais me marier, hélas – je finirai ma vie seule. J'en suis terrifiée, ce qui ne m'en rends que plus joyeuse en dehors. La grande majorité des gens ne voient pas la différence, alors, peu importe. Puissions-nous nous amuser.


● Famille :

« Traverse les épreuves »
Deklan Racin : (161 - …) Mon père.
Lord Racin est un exemple de sévérité. Droit dans toutes ses vertus et ce bien qu'il n'ait jamais été chevalier, je ne l'ai jamais connu tendre ou affectueux, même si mon entourage s'accorde à dire qu'il m'a davantage privilégiée que d'autres dans ma fratrie. J'ignore sincèrement ce qui m'a donné ce statut. En tous cas, je l'ai connu dur, parfois violent, la voix très forte. L'âge n'a rien changé à la puissance de ses emportements et j'ai entendu ma septa murmurer que son caractère obscur venait de son amour pour les anciens dieux, ce que je n'ai jamais pu éclaircir. Il est réputé pour son franc-parler tout comme son absence effroyable de finesse politique.


Lidia Van : Épousée en 178 à l'âge de 15 ans, morte à 22 ans, en couches. (163 – 185)
Lady Lidia était, à ce que j'ai pu en savoir de vieilles servantes, le grand amour de mon père. Elle ne lui a donné aucun fils et était sujette à de grands accès de mélancolie, pouvant rester immobile des heures durant à regarder les cieux comme s'ils allaient la foudroyer. Elle est morte en donnant naissance à ma sœur Kristin.

Shelley Guède : Épousée en 188 à 19 ans, morte à l'âge de 34 ans. (169 – 203)
Lady Shelley était ma mère et tout l'opposé de mon père. Épousée dans le but strict d'offrir une descendance mâle à mon père, l'arrangement, d'après les récits qui m'ont été faits, aurait été très long à se conclure. Frivole, joyeuse, affectueuse, mais faible de caractère, elle s'amusait très souvent à jouer avec nous comme si elle était une enfant elle-même, et j'ai souvent entendu mon père dire qu'il daignait la supporter parce qu'elle avait au moins su lui donner un héritier. Elle est morte lorsque j'avais 8 ans, d'une mauvaise fluxion après une chute dans la rivière.


Grace : (179-209)
Ma sœur la plus âgée avait les yeux presque dorés de sa mère et la stature digne de mon père. Elle avait trouvé mari et avait eu trois enfants lorsque le Fléau de Printemps a eu raison d'elle. J'ai le souvenir d'une écriture agréable et d'une femme assez sage, quoique très distante, que je n'ai jamais tutoyée et qui était mariée à ma naissance.

Armelie : (180)
La seconde née a épousé un membre de la petite noblesse avec difficultés en 202, de par son caractère très sombre et très peu enclin à la docilité. Je me souviens très bien des monstrueuses colères de mon père lorsqu'elle osait manquer à l'étiquette devant lui. Je ne l'ai guère revue.

Emberlie : (183-199)
Je n'ai aucun souvenir d'elle. Tout ce que je sais, c'est qu'on en parle très peu, et qu'elle était sujette aux mêmes mélancolies que sa mère. Elle serait tombée malencontreusement dans la Ruffurque un jour de grande pluie et s'y serait noyée mais il se dit tout bas qu'elle s'y serait jetée.

Kristin : (185)
Elle a été, depuis toujours, l'objet de la haine froide et coriace de mon père. Elle a une main inerte, suite à une blessure d'enfance dont j'ignore la cause et ma sœur Grace l'a prise comme dame de compagnie. J'ai assez peu de souvenirs d'elle.


Margot : (189)
Ma sœur aînée est, je dois l'avouer, vraiment laide. Elle a un nez brusqué, une poitrine absente, une taille très peu marquée et des bras masculins qui la font paraître déguisée dans la mieux taillée des robes. Mon père s'échine à la marier et ce n'est pas, pour l'heure, encore fait. Il semblerait qu'on commence à se moquer.

Dudley : (190), Héritier de Racin.
A l'image de Margot, Dudley est un homme disgracieux, mais, au moins, c'est un homme, et la lourdeur de ses traits ne lui donne pas trop l'air ridicule – plutôt l'air benêt. Il est loin de l'être et regarde le monde depuis de petits yeux hostiles, ayant la rage de mon père, mais certes pas sa vertu. Je pense qu'il sera un bon lord lorsque son temps sera venu, pour les terres, du moins. Sans doute moins pour les hommes.

Paige : (192)
La seconde fille de ma mère, mois repoussante que la première, mais bête -j'ose le dire, moi- à manger du foin jusqu'à la charrette. Elle n'est pas méchante, bien au contraire, mais elle est la risée de la fratrie. Moi-même n'ai pas été très juste avec elle. Elle n'est pas, elle non plus, mariée.

Fionella : (193)
Troisième fille de ma mère et mon aînée de deux ans, Fionella était ma plus grande rivale du temps où je vivais dans notre tour. Elle a toujours considéré que chaque homme qui approchait était une chance pour elle d'échapper au destin partagé des filles de la maisonnée et, plus jeune et – le croyait-elle, je n'ai jamais trouvé – plus jolie, en tous cas préférée par mon père, j'étais une menace dans ses projets. Je n'avais pourtant que douze ans à mon départ. Elle s'est toujours remarquablement bien entendue avec Dudley.

Emelyn : (196)
Ma seule sœur restée petite, morte-née. Elle a été nommée au tombeau.

Elliot : (198-209)
Le second fils, qui a valu à ma mère le droit de coucher dans un autre lit que celui de mon père, afin d'avoir la paix. C'était mon petit prince, je m'entendais merveilleusement bien avec lui et mon père, parfois, laissait échapper quelques mots favorables lorsqu'il nous voyait à la lecture ou lorsque je l'encourageais dans ses entraînements. Le Fléau de Printemps nous l'a fauché lorsqu'il avait onze ans, et était en voyage auprès de ma demi-sœur Grace, alors qu'il allait devenir l'écuyer de son époux.



● Résumé : Née dans une famille mineure du Conflans, au milieu d'une fratrie exceptionnellement nombreuse – et féminine – Emilia a eu une enfance délicate, marquée par les conflits et l'autorité sans partage de son père, lord Deklan Racin, un seigneur réputé pour ses colères et son tempérament sombre, ayant épuisé deux femmes l'une après l'autre jusqu'à enfin avoir son héritier. Les drames n'ont pas épargné cette famille peu unie, certains servants des lieux murmurant que la folie a touché quelques uns de ses membres. Caressant peu d'espoirs de parvenir à marier sa plus jeune fille face aux difficultés rencontrées pour seulement marier la première, et sous le conseil de son seul héritier, lord Racin parvint à envoyer Emilia auprès des Tully afin de devenir la dame de compagnie de lady Eleanor Tully, la précédente malheureuse ayant succombé au Fléau de Printemps. Depuis plus de deux années à présent, elle accompagne « sa » lady avec un entrain démonstratif et une joie non feinte.

● Histoire : « Lord Deklan ? »

L'homme est trapu, robuste, et dans son visage buriné brillent deux yeux d'un bleu intense, couleur de jeune nuit. Le Mestre qui se présente au devant de lui n'a pas encore pris l'habitude des regards que ce seigneur est capable d'infliger à son entourage, et il détourne les yeux. Le lord interpellé a un mouvement d'impatience.

« Hé bien, quoi ?
_C'est à propos de votre épouse, lord Deklan. »
_Abrégez donc !
_Elle... A donné la vie dans la nuit.
_C'est un garçon ? Fait-il, devenu plus mesuré, mais également plus sombre.
_Non, c'est une très...
_Alors, peu importe, le coupe-t-il avec humeur. Je m'occuperai de ça plus tard. »

« Ça » est nommée Emilia par sa mère après quelques jours à attendre que le lord vienne voir sa progéniture, mais, trop préoccupé, il ne vient pas avant plusieurs lunes. Toutefois, à l'instant où il voit pour la première fois le bébé robuste et gras qu'est sa dernière née, il déclare qu'elle est probablement la première belle enfant que sa femme a enfin réussi à porter. « Je ne l'aime pas » est tout ce qu'a déclaré sa sœur aînée Margot lorsqu'on lui a présentée à son tour. Quant à Fionella, elle a pleuré durant une lune entière de ne plus pouvoir réclamer les bras de sa mère.

~~~

Brandissant sa torche malgré le vent charriant des trombes, l'homme en armure mate se penche au dessus d'un revers de route. Le chemin boueux, remontant la rive depuis la tour, va se perdre dans la lande détrempée et n'est empruntée ces derniers temps que par des bergers téméraires et des pêcheurs imprudents. La pluie dense qui s'abat sur le pays depuis des jours rend la Ruffurque menaçante et ses bordures glissantes. Il rejoint un petit groupe d’hommes de garde, la plupart agenouillés devant amas de tissus dont certains flottent au gré des souffles d'air, d'autres sont collés à la terre moite. Sur l'indication de son guide à la torche, le lord s'approche et se penche à son tour, contemplant l'objet de leurs attentions. Son visage demeure aussi neutre que possible, mais bien vite une grimace de dégoût barre ses traits. Il ne dit rien, fait simplement un geste las en se détournant, quelque chose signifiant « enlevez ça de là » comme s'il s'agissait d'une immondice. Alors qu'il revient à la forteresse, son épouse et trois jeunes enfants se précipitent à sa rencontre.

« Par les dieux, mon lord, ce visage... Dites-moi que nous l'avons retrouvée, supplie la femme.
_Où est Emberlie ? »

Le bredouillement de la plus âgée des fillettes n'attendrit pas l'homme, bien au contraire. Il les repousse sèchement, faisant hoqueter la cadette. Progressant jusqu'aux hauteurs de sa Tour, il ne fait que demander à ne pas être dérangé. Sur son passage, hors de portée de son oreille, les servants murmurent. Beaucoup se disent que ça devait arriver.

~~~

« Lady Emilia ? Venez par ici. »

L'enfant s'approche de sa septa. La silhouette noueuse et élancée se plie en deux vers elle, posant ses mains arachnéennes sur les épaules rondes et frêles de la petite. Sentant quelque chose de sombre pointer, la fillette plisse le nez.

« Ne grimacez pas ainsi, petite lady, corrige la septa. Bien, écoutez-moi. Il ne faudra pas réclamer à dormir avec votre mère, ce soir.
_Pourquoi ?
_On ne demande pas si abruptement, jeune fille.
_Peux-je savoir pourquoi, septa ?
_Puis-je.
_Puis-je, corrige Emilia, impatientée.
_Vous dormirez avec votre frère, exceptionnellement. Votre mère est très fatiguée. Vos jeux près de l'eau l'ont épuisée.
_Elle nous en veut pas, septa ?
_Il ne serait rien arrivé si elle n'avait pas... La vieille femme soupire par le nez. Eu ces fantaisies.
_De toute façon, elle va vite aller mieux, n'est-ce pas ?
_Si vous priez fort.
_Je vais prier toute la nuit !
_Une seule nuit ne suffira pas. Allez trouver Elliot et le mener au coucher. »

L'enfant sautille sur place avant de s'excuser. Elle va aussitôt chercher son frère, pleine d'enthousiasme à l'idée de jouer avec lui en secret à construire des châteaux de draps et de coussins, passant la nuit à jouer, sans dormir. Ni prier. Elle n'a jamais revu sa mère autrement qu'en allant déposer une fleur et des regrets sur sa tombe.

~~~

« Paige, tu me fatigues, vraiment.
_C'est juste une maladresse. Explique-moi. »

La jeune fille pince les lèvres et regarde sa sœur plus âgée de cinq ans, plus rousse de cheveux et plus gracieuse de visage. Ce minois montre une expression confuse, alors que les deux petites demoiselles sont à leur couture. La plus jeune est Emilia, elle n'a que onze ans. Elle claque de la langue et pince les lèvres, feignant sans succès d'être aimable et ne parvient qu'à être condescendante.

« Tu ne comprends rien à rien. Tu devrais arrêter de gâcher le fil, et aller, je ne sais pas, te reposer.
_Ne sois pas méchante, murmure l'aînée incriminée.
_Je ne suis pas méchante ! Je pense même du bien de toi.
_C'est vrai ? Lance-elle avec espoir.
_Oh oui, glousse la cadette. Grâce à toi, je pense pouvoir convaincre Père de ne plus s'obstiner à marier d'abord les plus vieilles d'entre nous. Hé, on finirait toutes vieilles filles.
_Qu'est-ce que tu as dit ? Intervient une troisième, passant au coin de la porte, et présentant un visage contracté la faisant ressembler singulièrement à son père.
_Oh, Fionella, lance Emilia alors que Paige serre les doigts autour de sa broderie désastreuse avec une expression plus que peinée, je ne disais pas ça pour toi. »

Le silence se fait, dans une ambiance glacée. Et ce froid-là, entre les deux plus jeunes demoiselles, ne s'est jamais réchauffé.

~~~

Emilia est assise dans son lit, douloureuse, hébétée, les yeux grands ouverts. Face à elle, son père se tient droit.

« Recouche-toi, tu es fatiguée.
_Ne restez pas dans ma chambre, père, si j'ai cette chose affreuse...
_Ce n'est pas le Fléau. Recouche-toi, c'est ton père qui te le dit. »

Elle obéit, un peu vivement, raide. Pinçant les lèvres, elle remonte le drap sous son menton alors que son père approche et pose le dos de sa main sur son front. Il soulève un seau au pied du lit.

« Tu as vomi ?
_Je suis désolée, Père.
_Hm. »

Il fait quelques pas, gardant le seau en main pour en agiter pensivement le contenu. La jeune fille blêmit, murmurant d'autres excuses. Son père l'interrompt vivement.

« Suffit. Tu es fatiguée, te dis-je. Bien, bien. Je vais m'arranger. Tu vas bientôt partir.
_Partir ?
_Silence ! Partir, oui. Loin d'ici. »

Emilia n'y croit pas, et les mots résonnent en elle. Partir comment, partir pourquoi ? Elle n'a pas fini de pleurer son frère, qui est mort loin d'elle, de cette affreuse maladie, et on veut la séparer de sa tombe alors même que le mal l'étreint à son tour ? Elle secoue la tête, entrouvrant les lèvres, mais n'ose plus rien dire devant la figure paternelle. Soudain, le dur visage sévère s'adoucit d'une ombre de tristesse, alors qu'il repose le seau immonde et repousse les cheveux rebelles et moites de son enfant.

« Ça te fera du bien, et... A notre maison aussi. Je te laisse choisir tes affaires. »

Il sort sur l'instant. Emilia promène un regard dévasté à sa chambre. Partir de là, partir de cette tour où elle a passé toute sa vie jusqu'à présent, s'éloigner de son père qu'elle craint mais qu'elle aime comme toute enfant, partir – rejetée comme Kristin l'a été, sûrement. Est-ce que son père a cru à ces rumeurs sottes à propos de cette triste journée où sa mère a chuté ? Qu'a-t-elle fait d'autre ? Pourquoi maintenant ? A presque treize ans, affronter ce changement – ce rejet – lui paraît impossible. Elle éclate en sanglots aussi brutaux que bruyants, saisit la première chose qui lui vient sous la main pour la jeter contre la porte qui vient de se clore avec un cri furieux. De l'autre côté de l'huis, son père écoute, avant de s'éloigner sur un nouveau froncement de sourcils, allant directement vers la chambre de Fionella, sans la trouver, puis, après quelques détours, finit par la rejoindre, alors qu'elle est en grande conversation avec son héritier Dudley.

« Bonjour, père, fait le premier.
_Oh, bonjour, lord, poursuit la demoiselle. Comment vous portez... »

Elle ne termine pas sa phrase qu'elle est saisie avec rudesse par son père, lequel lui administre, sans un mot, une gifle magistrale. Il l'assoit d'une bourrade sur la chaise qu'elle vient de quitter pour le saluer. Dudley n'ose remuer, la jeune femme se couvre la joue, les yeux exorbités. Lord Racin fait volte face, et monte au sommet de sa tour, réclamant à ne pas être dérangé. Le silence dure, avant que Dudley ne se repose sur son siège à son tour.

« Quelle sotte, entame l'héritier tout bas.
_Quelle peste, siffle sa sœur, avant de prendre cette expression de profonde contrariété commune à leur sang et de tâter sa pommette gonflée. C'est une meurtrière. Et regarde ! Elle a voulu me faire défigurer.
_Tu crois qu'elle a compris ?
_Compris quoi ? Glisse Fionella entre ses dents, les yeux légèrement plissés.
_Compris que sa comédie de grande malade ne prenait pas avec nous, bien sûr.
_Bien sûr. »

Un silence. Dudley tend un mouchoir à la jeune dame, laquelle s'en tamponne à peine, avant de le fixer.

« Qu'est-ce que Père va faire ?
_Ce qu'il a dit. L'éloigner.
_Tu n'oublies pas ? Si jamais elle...
_Je n'oublie pas, tempère son frère. Ta main avant la sienne, et elle en dernière, quoiqu'il arrive.
_Tu me jures ?
_Le Père m'en soit témoin ! Et le nôtre m'écoutera. Apaise-toi, Fionella. »

Les deux jeunes gens s'étreignent et le silence revient sur la grande demeure auprès de la rivière.

~~~

Emilia troque sa nervosité contre un sourire, alors qu'elle contemple le ciel d'un œil critique par la fenêtre : il fait beau, et très chaud, l'été s'annonce brûlant. Elle est perdue, complètement, ne reconnaissant plus ni les gens, ni le ciel, ni quoique ce soit, et si elle se retient de pleurer, c'est bien parce que son père lui a signifié qu'il attendait d'elle qu'elle honore son nom, après avoir refusé de l'étreindre. C'est une femme en devenir, plus une petite enfant, a-t-il dit. Dudley lui a souri avant de lui souhaiter bon voyage, maintenant qu'elle était tout à fait rétablie de son vilain – et énigmatique – mal. On lui dit soudain de se tenir droite, ce qui la tire de ses pensées, et une porte s'ouvre, laissant entrer une jeune femme de quelques années de plus qu'elle. Elle est délicate, elle est brune, elle a les yeux très clairs, et surtout, elle affiche une expression aussi triste et apeurée que la sienne, quand bien même elle semble vouloir se contenir. Le cœur de la jeune fille se gonfle d'une affection soudaine, et elle s'approche de la toute jeune Eleanor pour lui prendre les mains.

« Lady Tully, je suis votre dévouée. »

Puis, elle part d'un grand éclat de rire, avant de lui proposer d'aller se pomponner, afin d'être resplendissantes au dîner. Elle déglutit ses larmes, parvient à les ravaler, et un sourire timide lui répond.

Quelques jours plus tard, elle est à peu près acceptée. On se dit, parmi les servants, que la petite Emilia est bien divertissante, mais un peu futile, quand même, et qu'elle a sans doute eu une vie très facile pour avoir un caractère comme celui là.


● Inventaire : J'ai des tas de jolies robes, toutes dans les mêmes teintes. Je n'aime pas le bleu.
J'ai quelques bijoux, la plupart sont plus brillants que précieux, mais ils font bel effet.
J'ai un éventail brodé, une belle ombrelle légèrement reprisée, beaucoup de broderies et toujours de quoi écrire.



● Pseudo : Cybeline, Cyssie, Mimichoute, c'est au choix !
● Âge : J'ai passé les 20, j'ai arrêté de compter depuis.
● Divers : Vert. Elle m'a forcée ! Sinon, j'ai préféré écrire l'histoire en troisième personne pour lui donner un côté plus objectif, mais mes rps seront en « je ».
● Avatar : Brooke Williams.
● Connaissez-vous le Roman ? De nom.
● Comment avez-vous connu le forum ? Par Sargon. C'est d'ailleurs lui qui m'a autorisé le DC.
● Comment trouvez-vous le forum ? Peuplé de très bons joueurs, et avec des admins au top !
● De quelconques suggestions ? Continuez



Dernière édition par Emilia Racin le Jeu 6 Déc 2012 - 8:46, édité 1 fois
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Clarence Hightower
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~ We light the way ~

♦ Missives : 2168
♦ Missives Aventure : 131
♦ Arrivée à Westeros : 20/09/2011
♦ Célébrité : François Arnaud
♦ Copyright : Valencia
♦ Doublons : Edwyn Tully
♦ Age du Personnage : 27
♦ Mariage : /
♦ Lieu : Port-Réal
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3996/4000  (3996/4000)


Message Mer 14 Nov 2012 - 12:00

Un DC qui nous éloigne de tes premiers pas sur le forum, pour le meilleur et pour le pire, mais surtout pour notre plus grande joie ! Nul doute que la compagnie de lady Emilia promet d'être poilante, à voir maintenant si elle sera le rayon de soleil de Vivesaigues ou sa calamité !

En tant que dame de la maison Racin, tu bénéficies évidemment des ressources de ta famille. Toutefois, d'un point de vue RP, tu disposes surtout de tes possessions de départ, sans oublier que tu débutes le jeu avec 30 dragons d'or. Tu pourras te servir de cette somme pour acheter des biens aux marchands ou tout autre chose. Même si ça n'en a pas l'air, il s'agit quand même d'une petite fortune, dont il te faudra user sagement ! N'oublie pas de les ajouter à ton inventaire, dans ta fiche de personnage (accessible dans ton profil) !

Bref, si cela ne semblait pas encore clair, je te valide ! Tu vas donc pouvoir te lancer dans le jeu ! N'oublie pas de remplir ton profil, ta fiche de personnage et de poster les fiches relatives à ton personnage. Tu peux aussi aller signaler ta position sur le continent à cet endroit. N'oublie pas de consulter les autres sujets du bureau du Grand Mestre pour t'intégrer dans le contexte ou pour découvrir lady Coeurdepierre ! Tu pourras ensuite débuter le jeu en consultant les demandes, en postant la tienne ou en demandant directement à un joueur. En cas de questions, n'hésite pas à poster dans la Tour de la Main ou à m'envoyer un MP. Enfin, n'hésite pas à passer par le flood et la CB pour te faire connaitre et t'intégrer plus facilement sur le forum !

Puisses-tu veiller sur la dame que tu sers et t'inspirer d'elle pour !
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