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Les Larmes du Soleil.

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Chevalier
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Oberyn Dayne
Chevalier

Général

• Epée du Matin •
◌ Vision du Guerrier ◌
• Champion de la Maison Martell •

« Honneur, Loyauté, Sacrifice. »

♦ Missives : 2094
♦ Missives Aventure : 87
♦ Age : 29
♦ Date de Naissance : 30/03/1988
♦ Arrivée à Westeros : 17/09/2012
♦ Célébrité : Jamie Campbell Bower
♦ Copyright : Violain <3
♦ Doublons : Gunthor Estremont
♦ Age du Personnage : 25 ans
♦ Mariage : Fiancé à Edarra Ferboys
♦ Lieu : Citadelle des Météores.
♦ Liens Utiles :

Disponibilité : 3/4 RP's
Présentation d’Oberyn
Voyages & Aventures
Capacités d’Oberyn
Chroniques de la Maison Dayne

Feuille de Personnage
Feuille de personnage
Inventaire:
Jauge de réputation Jauge de réputation:
1250/1500  (1250/1500)


Message Ven 9 Nov 2012 - 23:57


Les Larmes du Soleil.


Les Montagnes Rouges lui manquaient… Si l’influence douce et apaisante de la bise marine glissant entre les bâtisses de la capitale Dornienne était à même de lui offrir le souvenir heureux de son fief natal, force était de constater que l’environnement désertique alentour n’avait point le charme des terres qui l’avaient vu grandir. Que pouvait-il bien y avoir d’excitant comme de fascinant à n’être entouré que de sable, de sable, de sable et encore de sable à perte de vue ? Ses Montagnes aux reliefs escarpés, à la flore adaptée par des générations dévouées à l’adaptation au milieu hostile qui les avait vu germé comme la faune sauvage et noble de ces landes ancestrales ne pouvaient être comparé au caractère, certes gigantesque comme gargantuesque, d’une étendue aussi uniforme qu’aride dont la simple vue ne faisait que lui évoquer un implacable et l lancinant sentiment de coupable solitude… Comment ne pas se sentir seul et perdu au milieu de ces immensités de grains érodés ? Comment ne pas se voir heurté par l’idée que l’homme n’est, finalement, que peu de choses qui s’en retourneront inexorablement à la poussière dans peu de temps ? Des constats qui pouvaient paraitre aussi effrayant que vide de sens… Mais après tout, la vie n’était-elle pas faite ainsi ?

Le jour ne faisait que diminuer en intensité et avec lui l’étouffante chaleur de la ville semblait prendre une relative fraicheur alors que les odeurs d’épice, de sueur et bien d’autres puanteurs ne se voyaient relevées que par une dérangeante notion d’humidité à même de vous faire frissonner. Oh certes, la nuit n’avait pas encore drapé la cité de ses sombres bras, mais elle ne manquait pas de déjà influer l’atmosphère des lieux… Comme il y a bien longtemps, en cette période où il n’était que le simple écuyer de Ser Waymard Estremont, l’Héritier des Météores s’apprêtait à vivre nuit propre à ces environnements extrêmes, propre aux déserts qui couvraient de leur inexorable dureté bien des landes de son pays natal. Ne disait-on pas qu’à la journée Dorne semblait égaler toute fournaise alors que la nuit vous transperçait d’un froid se faisait l’écho de celui qu’exsudait le Mur ? S’il pensait ces propos pour le moins exagérés, comme bien des choses dans la bouche de la rumeur, Oberyn n’avait nulle hâte de connaitre à nouveau les caprices d’un temps pour le moins rieur ou même mesquin… Au moins logeraient-ils dans des appartements de pierre cette nuit, contrairement à toutes celles qui avaient émaillé leur longue chevauchée vers la cité protégée par la puissante Maison Martell à qui il avait juré fidélité. Il ne manquerait, toutefois, pas de copieusement s’envelopper dans sa fourrure de lion à la teinte nacrée, y cherchant la chaleur qu’il ne pouvait retrouver que dans son propre foyer…

Accablé de paresse et de mélancolie, le Chevalier des Météores se trouvait pour l’instant seul dans ce qui devait être la résidence d’une quelconque monture absente… Shuram jouxtant sa présence, le jeune homme ressentait toute la puissance du fougueux destrier à la robe d’encre dont le caractère enflammé lui avait valu bien des chevauchées rythmées. Les crins feu de sa monture accueillirent le touché de ses doigts engourdis venant se perdre dans une mer de teinte chatoyante pour un contact complice qui fit frémir l’encolure de son plus fidèle compagnon. Pour une fois, Haranka n’avait pas manqué à ses devoirs d’Ecuyer à l’étalon des sables s’était vu décrotté, brossé comme pansé avec un soin qu’Oberyn pensait intimer par le cadre princier. Un mince sourire vint à étirer sa lippe alors que le jeune bâtard à son service déboulait à pas feutrés, ses mains refermées sur l’anse d’un sceau de bois au contenu fumant. L’eau ébouillantée fut alors versée dans ce qui s’apparentait le plus à un abreuvoir oublié à la table susceptible d’épancher la soif d’une cohorte de monture mais également à même de contenir plusieurs hommes. Aussi loin qu’il s’en souvienne, Ser Oberyn Dayne avait toujours préféré la fréquentation des écuries comme des casernes aux salles d’eau, aux bibliothèques comme aux appartements cossus… Se retrouver dans le fief de son suzerain n’allait pas changer ses habitudes et c’est donc ainsi qu’il entendait bien prendre ce qui ferait office de bain. Il lui serait fort aise de disposer figure accommodante pour les réjouissances qui ne manqueraient pas de bien vite survenir…

Observant un temps son jeune écuyer s’acquitter de la tâche qu’il lui avait imposé, l’Epée du Matin ne manqua pas de voir son attention aspirée par les événements qui, plus tôt, s’étaient déroulés… Voilà maintenant plusieurs heures que s’était déroulé son entretien privé avec le Prince de Dorne. Et le moins que l’on puisse dire fut que le Combattant des Montagnes Rouges en gardait un souvenir vibrant comme une émotion intacte. L’admiration qu’il portait, depuis leur première rencontre, à son seigneur suzerain ne s’en était trouvée sur plus durable forgée, tout comme les valeurs de respect comme d’exemple qu’il comptait bien appliquer quand viendrait son temps de régner sur les Météores.

Mais le fil de la discussion avait amené l’Héritier de Lord Olyvar à reconsidérer bien des questions, à prendre en compte des éléments qu’il n’avait point soupçonné jusqu’alors. Ses fiançailles avec Lady Edarra s’imposaient aux yeux de tous comme une véritable entrave à sa loyauté pour les Martell, la cause que servait sa douce n’étant qu’à son seul profit comme à celui de sa maison, s’opposant irrémédiablement à la Maison de Lancehélion… N’était-ce pas ce qui avait, dans un premier temps, motivé sa visite ? Renouveler ses vœux de loyauté envers les armoiries du soleil rouge percé d’une lance dorée sur champs orangé s’était imposé comme une évidence tant son engagement à pareille maison rivale du pouvoir pouvait placer les Météores dans une situation des plus délicate. Le Prince n’avait pas tardé à lui exposer sa vision des choses sans pour autant blâmer son engagement, avançant qu’il serait plus que quiconque épié dorénavant… Mais épié, il l’était depuis que ses mains s’étaient refermées sur la garde ouvragée de sa légendaire épée. Aube était sienne et avec elle un titre d’Epée du Matin lui intimant de s’imposer comme un exemple de chevalerie tendant vers la perfection afin que ne soit jamais souillé le nom de sa fratrie comme bafoué un titre séculaire que bien d’autre avant lui avaient contribué à faire briller d’un éclat sans pareil. Son titre et son honneur imposent à Oberyn d’être irréprochable. Ce que le chevalier essaye d’être depuis toujours, à l’image de son Prince. Pourtant, bon nombre de Nobles Maisons de Dorne le perçoivent encore et toujours comme un personnage hautain et méprisant à la détestable réputation tant il ne partage pas leur amour pour les luttes d’influence et les calculs politiques. Son caractère direct ne leur donne peut être pas une image agréable de sa personne. Mais, au final, il n’en a que peu faire à vrai dire. Car à ses yeux n’importent que trois cercles véritables : sa Famille, son Suzerain et le Commun ! Tant que l’Oberyn véritable est connu et reconnu de ces trois cercles ci, peu pouvait bien lui importer sa réputation aux yeux des autres Maisons de Dorne. Comme le lui signala son Prince et comme il l’avait lui-même constaté, le Chevalier Dornien avait autrefois fait vœu d’exemplarité et il s’y tiendrait à tous prix. Famille, Suzerain & Peuple lui ont imposé la rédaction d’une devise qui lui est propre : " Honneur, Loyauté, Sacrifice ". Il n’est, à ses yeux, point de compromis à cela. Mais tant de vœux prononcés, tant de serments proférés…

Depuis qu’il était enfant, il n’avait fait que jurer, jurer, jurer… Encore et toujours… Obéir à son suzerain. Défendre son suzerain. Obéir à son père. Aimer son épouse. Rester fidèle envers son épouse. Défendre le faible. Protéger l’innocent. Tant et plus encore… Mais que faire si votre épouse Méprise votre suzerain ? Que faire si votre suzerain massacre l’innocent ? Que faire si défendre votre suzerain revient à frapper le faible ? Comme si, quoi vous puissiez faire, vous deviez être amené à violer tel ou tel serment… Un goût amer vint dans la bouche du chevalier quand il imagina sa vie rythmée par la rupture successive de sa parole comme de ses vœux en cherchant à en honorer d’autre. La conversation avec le Prince n’avait fait que lui faire entrevoir une chose qu’il avait soupçonnée dès l’instant où on l’avait adoubé : il aurait à juger bien des situations en son âme et conscience, bien des situations à affronter en mettant en balance plusieurs de ses vœux… Le tout serait alors d’en briser et d’agir en adéquation avec son sens de l’honneur de façon à pouvoir continuer à se regarder en face sans mensonge, sans éternelle torture également… Et tout ceci commençait par des fiançailles que nul autre que lui ne semblait approuver. Comment réagir quand le monde entier semble bien réprouver l’union que vous désirez ? Que faire quand tous semblent bien affirmer que la Lady Ferboys n’est rien d’autre que Diable enrobé de sucre avide de se jouer de vous comme de la profitable situation des Météores ? Etais-ce être un homme que d’accepter d’être figuré par tous comme un pion qu’une opposante à son seigneur semble vouloir déplacer comme bon lui semble sur l’échiquier de son ambition ? Son titre pouvait-il accepter pareille situation alors que son cœur sembler bien nager à contre-courant des avis du monde ? Lui revint alors phrase prononcée par son Oncle Luan alors qu’il n’était qu’un enfant. Prononcés sur un sempiternel ton amusé et décalé, il n’avait pas alors compris ce que l’infirme avait bien voulu lui expliquer : « T’es un bon garçon Oberyn ! Alors si quelqu’un, un jour, te traite de cheval colle lui une raclée ! Si si une deuxième personne te traite de cheval, contente-toi de l’insulter. Mais si c’est une foule de personne qui parle ainsi de ta personne, il sera temps de penser à t’acheter une selle ! ». A l’époque, l’enfant en avait souri. Aujourd’hui, l’homme restait de marbre. Tel enseignement voulait-il dire que son avis devait se ranger avec celui de la majorité concernant les Ferboys, concernant Edarra ?

Cette pensée obnubilait maintenant son esprit, revenant sans cesse tourmenter sa réflexion à la manière d’un oiseau de proie décrivant des cercles de plus en concentriques et resserrés sur la cible de ses serres. Car la pensée des autres, s’il donnait l’impression de ne pas en avoir quelque chose à faire, ne cessait de déchirer sa confiance de ses ergots acérés. Un tranchant constat à même de progressivement ébranler toute sa confiance du fait de son sempiternel instinct protecteur… En effet, n’y avait-il pas meilleur moyen de préserver sa Maison comme sa fratrie qu’en se rangeant au côté de l’avis du plus grand nombre ? Le Prince lui-même ne considérerait il pas cela comme un heureux revirement ? De bien noires pensées à même de décupler les maux de tête dont le Chevalier semblait déjà affublé…

« Voilà qui est prêt, messer. »

« Bien… Laisse-moi désormais et tâche de faire en sorte que je ne sois point dérangé. »

Silencieusement, Haranka opéra une fuite discrète pour laisser le Chevalier Dornien seul en ces lieux. Combien de fois avait-il pratiqué ses ablutions dans les écuries des Météores ? Ser Oberyn Dayne ne saurait le dire, mais d’aucun pensait que c’était à même de renforcer son image auprès du peuple. Lui, qui trouvait plus facilement sa place auprès des hommes d’arme que des courtisans, passait le moins de temps possible dans de riches appartements, se contentant de n’y faire que de brèves apparitions. Sa vie était rythmée par ses compagnons chevalier plus que par le protocole où une étiquette quelconque si bien que plus personne ne semblait, aux Météores, s’offusquer de ce que bon nombre de gens appelaient de la fantaisie. S’il n’éprouvait que peu d’amour pour les réceptions comme pour les célébrations en compagnie des Nobles, l’Héritier d’Olyvar Dayne tâcherai de montrer la plus affable figure possible au cours du banquet qui s’annonçait en cette soirée. L’occasion d’étrenner la confiance qu’avait su lui témoigner son Prince admiré. Et pour se faire, Ser Oberyn avait un profond besoin de se délasser. Un bain de fortune était donc tout indiqué.

Seul et plus ou moins certain de ne point être épié, l’Epée du Matin cessa soudain de voiler son visage d’un masque flegmatique pour laisser la peine tirer ses traits. Epuisé, il l’était du fait de l’entrainement auquel il s’était astreint dans l’une des cours de Lancehélion. Tel était son plus sacré devoir selon ses dires et ce depuis qu’on lui avait confié la garde de l’Epée qui faisait la fierté de sa fratrie. Une discipline dont il s’était astreint depuis qu’Aube avait pris place en ses mains. C’est alors qu’il avait pu éprouver toute sa légèreté comme son équilibre inouïe, qu’il avait pu véritablement poser ses yeux sur les ondoiements nacrés de la lame laiteuse semblant attirer à elle toute lumière et qu’il avait pu éprouver son incroyable tranchant. Nait depuis le cœur d’une pierre tombée du ciel et forgée sous l’empire de la magie, tranchante comme un rasoir et pour jamais indestructible. Tout joueur d’épée se devait d’être aussi bon que sa propre lame. Et s’il n’était point taillé dans le même minéral que la lame qu’il avait fait sienne, au moins devait il s’imposer de polir son talent pour d’un diamant brut donner naissance à la plus scintillante des pierreries. Le souvenir de ses exploits du jour lui fut soudainement imposé alors qu’il retirait le haut de toile blanc maculé de poussière comme de carmin qui couvrait ses muscles légèrement gonflés par les efforts répétés. Une vive douleur vint à assaillir son flanc, là où des heures auparavant il fut heurté par la hampe d’une pique qu’il avait pour le moins négligée…

Le soleil était alors haut dans le ciel et la troupe d’hommes d’arme aux couleurs de la Maison Martell occupait toutes les coursives de la cour d’entrainement qu’avait visité la jeune Epée du Matin. S’il devait être amené à combattre contre les Fer-Nès en compagnie de ces hommes, il se devait de les éprouver autant que de gagner leur respect. Son Oncle, Ser Andrew Dayne, était également de son avis et encouragea donc son neveu à se jeter dans l’Arène. Défier un corps de garde n’avait rien d’exceptionnel. Le faire uniquement protégé par une épaulière de cuir et de métal épousant son épaule droite, une paire de canons d’avant-bras de métal ouvragés et des jambières de cuir souple tout juste renforcées par quelques cercles d’Acier avait de quoi intriguer. Laisser au fourreau, installé dans son dos, Aube et provoquer l’assistance d’un sourire charmeur avait de quoi frustrer tout sang Dornien et donner lieu à une opposition pour le moins intéressante. Elle débuta par le choc des genoux regroupés du jeune homme au visage d’un premier garde à l’avoir chargé, résultat fulgurant d’un saut rapide à une vitesse dont le Chevalier des Météores avait le secret.

Ainsi s’initia donc l’affrontement, par la perte de connaissance violente d’un premier homme au surcot frappé des armes de son Seigneur. S’il voulait être suivi sans faille dans l’enfer des batailles, Ser Oberyn se devait de montrer un exemple fort et il se redressa donc prestement, ses vêtements clair ne manquant pas s’abreuver des poussières ocres d’une ville qu’il ne foulait que depuis la matinée. A peine fut-il de nouveau debout dans la poussière que le jeune chevalier vint à voir la pointe d’une pique d’entrainement émoussée fondre vers son faciès. L’arme fusait promptement mais les instincts guerriers du natif des Météores le fendirent d’un entrechat l’amenant à laisser la longue hampe de frêne percer l’air au-dessus d’une de ses épaules. Tout en esquive, tout en fluidité… Tout en contre ! Désormais au corps à corps avec son nouvel opposant direct, le Dornien des Montagnes Rouge anima son bras avec puissance et promptitude, délivrant un formidable coup de paume à la pomme d’Adam du malheureux manieur de lance. Plié en deux sous le coup de la douleur, le soldat de la maison Martell ne servit plus que de tremplin à son opposant Dayne, Oberyn se fendant d’une esthétique roulade sur le dos du désormais inapte afin de faire face à toujours plus d’opposants !

Comme s’il était grisé par la perspective d’une mise à l’épreuve de ses compétences, le Chevalier Dayne singeait l’attitude d’un véritable fauve avide d’en découdre ! Déjà sifflait à ses oreilles le mouvement circulaire qu’imposait un homme d’arme à sa pique pour frapper de biais le jeune homme. Mais ce dernier opposa sa science à la fougue de son opposant, épousant de ses paumes la hampe de l’arme visant à lui infliger bien des douleurs pour en stopper la course de sa force brute. Il garda, toutefois, longtemps dans ses os le souvenir d’un choc violent qui fit trembler son entier squelette. Cruelle situation pour le soldat de Lancehélion qui subit le même sort que son compagnon précédent, Oberyn appliquant sa vendetta personnelle d’un nouveau coup de paume féroce délivré au niveau de la glotte. Il lui fut autrefois enseigné qu’un adversaire aussi musculeux qu’il soit serait toujours vulnérable au niveau de ses yeux comme de sa gorge. Un enseignement que le jeune homme appliquait avec brio, faisant chuter à la renverse son malheureux antagoniste. Serrant toujours la hampe d’une main, il ne tarda pas à refermer l’autre sur l’arme qu’il s’employa à utiliser afin de parer un cimeterre émoussé visant ses flancs. La lame stoppée, c’est dans un mouvement immédiat que le Chevalier amorça une frappe de la perche au niveau du visage de l’assaillant qui s’en trouva soudainement sonné ! C’est maintenant deux opposants qui fondaient sur le natif des Météores, l’un armée d’une lame courte et le second brandissant une Hallebarde. Ce n’était pas peu dire que tout l’attention de la foule alentour ce portait désormais sur ce combat improvisé, bien des curieux se découvrant un désir nouveau de jauger capacités martiales de l’Epée du Matin.

Esquives et contres se démultiplièrent, le champion des Météores ne manquant pas de retourner les armes de ses opposants contre eux. Libre de ses mouvements dans son armure d’entrainements légers, le jeune homme déployait des trésors de vitesse comme d’inventivité pour ne pas souffrir du nombre d’opposants. Se saisir de l’avant-bras d’un adversaire afin de réorienté sa lame pour bloquer la fronde d’une pique destinée à son buste fut une des actions d’éclat servie à son public par le sémillant joueur d’épée aux yeux bleu nuit pailletés de lilas. Chaque mouvement semblait calculer comme décomposé à une vitesse pourtant propre aux instincts qui semblaient ne presque jamais faire défaut au jeune homme. La communauté d’observateurs ne semblait pas faiblir, ajoutant bon nombre de nouvelles paires d’yeux à chaque passe d’arme. Sentir tous ces regard galvanisait le Dornien des Montagnes Rouges, jusqu’à sentir sur sa nuque peser une vision qui détourna totalement son attention. Une présence surprenante, à même de lui faire oublier le précaire de sa situation qui força le manieur d’Aube à laisser fuser son regard sur une assistance bien particulière. S’il ne parvint point à reconnaitre cette silhouette, elle lui semblait si douce et familière ainsi drapée de blanc et ceinte d’or. Mais il en ignora son identification, heurté qu’il soudain par le sifflement d’une hampe désireuse de mordre ses chairs. Le regard surnaturel d’Oberyn Dayne dériva bien vite le bois cherchant à se fendre d’une nouvelle esquive mais son pas de côté ne fut point suffisant et le frêne solide vint à percuter son flanc d’une morsure pour le moins douloureuse.


Laissant ses doigts fins glisser sur ses chairs mâchées afin d’en soulager la peine, l’éphèbe à la chevelure blonde marbrée d’un teinte cendrée délaissait ses souvenirs. Le coup fut rude mais sa riposte immédiate. Il en perdit, toutefois, sa vision nacrée qui l’eut tant fasciné. Tuméfiée en de nombreux endroits, zébrée de quelques cicatrices héritées de sa fonction de chevalier, Oberyn laissait sa peau gouter à la fraicheur de l’atmosphère, luisant d’une sueur qu’il lui faudrait bien vite débarrasser. Se débarrassant de ses bottes dans une grimace témoignant des souffrances de ses jambes grandement sollicitées, il se dévêtit par la suite de ses chausses maculées de poussière pour finalement se retrouver dans le même appareil qu’au jour de sa naissance. Mais l’opération lui arracha une moue de souffrance agrémentée d’un râle rauque témoignant sa peine. Mais cette fois, associée à la douleur de ses flancs, s’ajouta celle induite par son poignet affligé. Et alors qu’il enjambait la cuve en bois de l’abreuvoir pour s’y plonger, son esprit se mit une nouvelle fois à dériver.

Courbé à l’horizontale du sol, Oberyn laissait fuser la lame d’une hallebarde décrivant un arc de cercle violent au-dessus de son dos. Immédiatement redressé, alors que son opposant n’avait toujours pas terminé son geste, le Chevalier des Météores vint à lui administrer un revers de son poing serré afin de le repousser ! C’est alors que survint la collision immédiatement suivie d’une étreinte obligatoire quand un des hommes d’arme fit preuve d’une fourberie certaine pour l’Héritier des Météores d’une paire de bras puissant, formant un étau dans lequel il comptait bien emprisonner le virevoltant combattant. Semblable à deux amants enlacés, le couple nouvellement noué voyait vers lui fondre un homme d’arme brandissant sa hallebarde émoussée. Le Chevalier semblait pour le moins pris au piège en l’instant, mais Oberyn avait plus d’une corde à son arc. Ecrasant de son talon le pied de son geôlier, il fournit ainsi l’ouverture suffisante à un redoutable mouvement de corps, pivotant son bassin pour exposer totalement son tourmenteur à la lame fendant l’air. Le choc fut terrible et il en fut libéré sur le coup, la douleur de l’instant laissant son surveillant desserrer son étreinte dans la foulée. Plaçant dans la foulée une main à l’arrière du crâne du joueur d’Hallebarde, le manieur d’Aube tira sur son bras de concert avec une montée de genou fulgurante pour administrer une puissante frappe au visage du soldat qui en vit son nez ensanglanté. L’affrontement, bien que livré avec des lames supposés ne point blesser et des intentions de retenues initiales sombrait peu à peu dans la violence totale.

Allégorie de la cruauté comme ode à la barbarie, le spectacle amenait toujours plus de visages à poser leurs yeux sur la scène improvisée. Hommes d’armes et soldats de la Maison Martell ne manqueraient pas de se rependre en bouche à oreille sur la teneur de l’affrontement. Ser Andrew l’avait affirmé, s’il souhaitait être suivi dans le cœur des affrontements, Oberyn devait faire preuve de ces capacités aux hommes de l’armée. Chose qu’il était en train d’exposer… Mais une nouvelle fois, la pression vint à assaillir son être dans un frisson glacé qu’il ne pouvait s’expliquer. Son cœur semblait enserré dans une main gelée alors que dans son dos roulait une sueur froide d’un sinistre effet. Fantomatique spectre clair, la silhouette blanche étincelante sembla passer au loin, aérienne parmi les spectateurs frénétiques d’un spectacle dont l’Epée du matin était le principal acteur. S’il ne parvint pas à l’identifier une nouvelle fois, l’Epéiste Dayne s’en trouva troublé, perturbé par une vision qu’il ne pouvait, clairement, identifier comme appartenant à la réalité. Ses pensées polluèrent son geste un instant et alors qu’il dressait un bras pour opposer une protection au plat d’une lame, c’est son poignet qui fut heurté de plein fouet dans une douleur aussi puissante que soudaine, aussi directe qu’implacable. Une douleur qui vous fait vous sentir vivant… Et décuple votre rage animale ! Sanguin Dornien, Oberyn perdit contenance un instant, animant sa tête d’un mouvement agressif pour heurter de son front le nez du guerrier alors que sa douloureuse plainte se muait progressivement en un cri de rage bestiale.

« Personne d’autre ? »


Sa tempe le lança soudainement alors qu’il enfouissait son corps dans la chaleur des eaux fumantes. Il porterait les stigmates de cet affrontement pour quelques temps encore mais en tirerait, probablement, une intéressante renommée quand viendrait le temps de voir ces hommes se battre à ses côtés. Les thermes improvisés dans les écuries du palais avaient le don de soulager ses peines. S’il avait eu le plus grand mal à se l’avouer, son corps avait souffert de pareil affrontement… D’autant que sa demi-douzaine d’opposant avait mis longtemps à rendre les armes, ne parvenant plus à se relever face à ses contres aussi minutés que répétés. Par sa démonstration, Oberyn semblait avoir gagné le respect... Tout autant qu’une bonne nuit de douleur ! La chaleur de l’eau le nimbait toutefois de ses vertus apaisantes, agissant tel un cocon protecteur à même de soulager tous ses maux. Il se sentait en paix à l’instant, paisible et sans douleur, à fixer le fourrage entassé au coin. Le clapotis régulier des gouttes d’eau ruisselant de ses longs cheveux clair pour venir rider la surface de l’eau avait tout de la mélodie improvisée lénitive. Ainsi bercé, il n’aspirait plus qu’à se laisser porter par le rythme improvisé. Calme il aurait bien pu fermer les yeux et se laisser aller… Si le liquide translucide ne s’était pas vu marbré d’un mince filet carmin. Diffus et dégradé, son sang venait se mêler à l’eau, roulant hors de la plaie qui avait entaillé son biceps… Il pensait la plaie fermée, la voilà désormais rouverte.

« Moi. »

Tout comme semblait donc de nouveau rouverte leur rivalité. Les six hommes à terre s’étaient finalement relevés, prêt à sympathiser avec le Chevalier des Météores quand un de ses suivant d’Haut Hermitage vint à laisser tonner sa voix dans la cour. Trebor Dayne s’avançait du haut de ses Sept pieds et un Pouce au service de trois cent soixante-dix Livres de muscle. Enseveli sous son armure, il paraissait plus colossal qu’il n’est permit de l’être à tout humain. Oberyn le dévisagea froidement avant d’accepter son défi d’un hochement de tête. Le Chevalier Fieffé d’Haut Hermitage avait chaussé son armure de Tournoi sous son surcot lilas frappé de l’étoile filante croisée d’une épée. Il portait, par-dessus la maille, sa plate d’acier massive d’un gris proche du blanc, éraillée et cabossée par bien des combats toutefois. Matelassage et cuir bouilli blanchi complétaient, assurément. Heaume visé sur son crâne chauve, il rabattit la visière percée d’une maigre fente pour sa vision autant que de nombreuses ventailles autour de la bouche et du nez. Prises dans des gantelets d’acier, ses énormes mains se refermaient sur une longue épée comme sur un rond bouclier de chêne cerclé de fer et frappé des armoiries de la Maison Dayne.

Face à ça, Oberyn demeurait imperturbable. Son écuyer accourut vers lui, plastron et bouclier en main mais il ne recueillit qu’un vague mouvement désintéressé du jeune homme à la crinière cendrée. Il ne connaissait que trop bien Trebor pour l’avoir affronté bien des fois et ne saurait s’encombré de protections supplémentaires. Face à telle montagne, il ne convenait qu’une seule chose lors d’un combat singulier : harceler, esquiver, contrer, danser, frapper et harceler encore, danser tout autour de lui jusqu’à ce qu’il soit fatigué au point de ne même plus pouvoir lever le bras et enfin réussir à le faire s’étaler de tout son long. Ainsi à terre, il y resterait… Restait maintenant à éprouver les limites de son propre corps tant le précédent entrainement avait fatigué le Chevalier Dornien. Quand à disposer de quoi faire flancher son rival, le Chevalier de la Citadelle des Météores avait bien son idée. D’un geste lent et calculé qu’il porta sa main d’épée au niveau de son épaule gauche, là où dépassait la garde de son estramaçon. Resserrant ses doigts autour de la poignée nouée d’un cuir noir tressé, dans un geste ferme et implacable, l’Héritier des Météores ne sembla user d’aucune énergie particulière pour ôter la vieille dame de son confortable fourreau. Respectable demoiselle séculaire à sa Maison et qui survivrait bien plus longtemps que lui dans le temps, Aube se voyait ainsi mise au jour sous le ténébreux regard des cieux de Lancehélion. Le spectacle n’en fut que plus saisissant. Forgée depuis une pierre ayant chuté du ciel, la lame aussi tranchante que l’Acier Valyrien dévoilait sa blancheur laiteuse aux yeux de tous. L’immaculé tranchant semblait attirer à lui toute la lumière, vibrant d’une pâleur se faisant l’écho des palpitations de la vie alors que Ser Oberyn Dayne l’empoignait désormais de ses deux mains.

Tous deux croisèrent le fer, alors. Deux différentes façons de voir la guerre, deux différentes façons d’appréhender le combat et deux différentes façons d’éprouver le sens du mot Chevalier. La première passe vit combattant des Météores frapper aux tripes sans autre conséquence qu’une riposte immédiate sous la forme d’une taille féroce. Mais si l’assaut était puissant il ne rencontra que le vide alors que l’adversaire d’Haut Hermitage s’était fendu d’une esthétique esquive et repartait déjà à l’assaut. Ses coups singèrent les frappes de blancs ergots d’aigles des montagnes alors que Trebor ne se faisait que violence pour dispenser des ripostes qui ne lacéraient que des fantômes tant Oberyn jouait les filles de l’air. Insaisissable, semblable au vent, sa lame laiteuse ne manquait pas d’adjoindre toujours plus d’éraflures à la plate qui subissait son courroux ! Les passes se multiplièrent, suivant un schéma pour le moins semblable mais qui provoquait toujours plus de rugissements chez la foule massée pour voir les deux Dayne s’opposer. Etais-ce maintenant ? L’instant où il ressentit de nouveau pleinement ce si perturbant regard se poser avec une étrange intensité sur sa personne ? Possiblement… Car il lui donna la force d’une botte singulière, enseignée par Ser Waymard Estremont, de faire basculer l’affrontement tout comme la montagne que représentait son opposant. Une main sur la garde suffit à dévier le coup que lui destinait Trebor mais il referma vite la seconde pour délivrer un ascendant coup en revers. Et dans foulée, proprement découper le bouclier qui protégeait son opposant. Echardes et brisures emplirent l’air, fondant au travers la mince visière du chevalier lourdement armé qui, de stupeur, amorça un mouvement de recul. C’est ainsi qu’il s’entrava dans son surcot en lambeau retombant dans son dos et trouva dans sa chute le martellement du sol !

A terre, Trebor semblait ne plus pouvoir se relever et le clair gris de ses plates de vit couvert de l’ombre induite par l’Epée du Matin. Ultime geste de défi, ultime bravade pour celui qui, longtemps, convoita le titre acquis par Oberyn. Grognan plus que parlant, le Chevalier Fieffé d’Haut Hermitage leva sa lame pour l’opposer à la frappe que venait à lui délivrer son jeune rival maniant Aube. Et dans un choc à la sonorité indestructible, la blanche lame brisa le fer de l’estramaçon du colosse pour, dans sa course effréné, venir de sa pointe tracer un dernier sillon sur le plastron au surcot désormais lacéré. La lame était brisée mais le Chevalier sentait la douleur porter à son bras, y constatant d’un maigre regard une profonde entaille. Quant à savoir si elle avait été provoquée avant ou après que l’épée ne soit rompue… La victoire était sienne, la blessure importait peu…


Ballant hors de sa baignoire improvisée, le bras blessé exsudait son fluide carmin en un mince filet roulant sur la peau claire. La plaie sécherait d’elle-même, mais son sang ne manquait pas d’abreuver le sol poussiéreux de gouttes irrégulières. Sa chair était meurtrie mais tout du moins étaient-ils parvenus à jouer leur rôle aujourd’hui… S’il semblait jouir d’une bonne réputation auprès des soldats de son suzerain, le fils de Lord Olyvar le devait grandement à l’ingéniosité cumulée de son Oncle comme à celle de Trebor lui-même. Tous deux n’avaient fait que jouer un rôle dans cet affrontement, simulant un affrontement qui devait sembler réel au point d’insinuer la foi envers l’Epée du Matin chez des gens qui seraient amenés, demain, à se battre à ses côtés. Forger l’image d’un combattant redoutable qui, même épuisé, parvenait à terrasser un géant avait de quoi le situer dans les icônes de l’armée de Dorne, commandant implicite appelant de ses faits d’arme au courage et au renversement de situations difficiles. Tels furent leur rôle en ce jour, préparer l’avenir… Et tous deux s’en étaient expliqués bien après leur affrontement composé. Enfouissant son visage dans les eaux, à la manière d’un enfant dans son bain, Oberyn se souvint…

« Ca ne parle plus que de toi… »

« Et je dois t’en remercier ! Ta partition fut parfaite et ton ton des plus juste. J’aurai plusieurs fois craint pour ma vie si je ne t’avais su maitrisé mon ami… »

« Je n’ai pas feint certaines frappes… De l’aveux même de Trebor, cette phrase avait tout de dangereuse. Autrefois, ses ambitions sans commune mesure allaient de pair avec son absence d'éthique, de morale, de justice, il estimait alors que tous les moyens étaient bons, même les pires, pour devenir plus puissant. S’il n’arriverait jamais à totalement le cerner, Oberyn reconnaissait chez son rival mais néanmoins ami une ambition comme une volonté qui pouvaient parfois être inquiétantes. Si bien que les mots qui suivirent ne le surprirent que peu : Il viendra un jour où nous devrons régler tout ça… Sans feintes, sans détours… En hommes ! »

« Et ne suis point pressé de voir ce jour arriver… »

Ainsi ouvrit il les yeux… Plongé dans les eaux qu’il salissait de son sang comme de sa crasse, ses iris bleutés le piquaient et n’était pas même capable de distinguer le siège de sa virilité dans le trouble du liquide qui le baignait. Monde du silence, seul lui revenait le régulier battement de son cœur. Ne pouvait-il pas rester ainsi ? Ne pouvait-il pas quitter le fardeau de son titre, le fardeau de son héritage, le fardeau de son exemplarité comme celui de sa naissance ? La mort pouvait-elle être aussi douce qu’un bain ? Aussi chaude et aussi rassurante que ces eaux qui le nimbaient d’un contact plus doux que n’importe quelle étoffe ? Il n’avait qu’une seule chose à faire. Rester ainsi… Ne point remonter. Voir ses poumons s’emplir de cette eau qui avait lui-même assaisonnée. Ainsi disparaitre la scrutation constante des maisons de Dorne, ainsi disparaitre sa passion malsaine à sa maison, ainsi disparaitre ses fiançailles qui n’auguraient qu’un honneur bafoué autant que brisé. Et s’il n’avait plus la force de vivre pour s’opposer à une Dorne qu’il ne reconnaissait pas ? A des sableux désireux de mener des guerres qu’il n’approuvait pas contre des terres qu’il chérissait autant que les siennes et qui abritaient tant de gens avec qui des liens s’étaient tissés ? Pouvait-il simplement… Mourir ?

Evidemment… Non ! Ce serait manqué de respect envers ceux qu’il n’avait point su préserver. Manquer de respect envers ses frères et sœurs trépassés que d’écourter son existence pour d’égoïstes prétentions. Et puis… N’avait-il pas le devoir de rester en vie du simple fait de ses vœux comme de sa vie ? Quitte à mourir, autant que ce soit avec panache, il se l’était juré ! Alors, dans une gerbe d’eau et un mouvement violent, Oberyn extirpa son buste hors de l’eau, avalant de profondes goulées d’air pour satisfaire la faim de vivre qui venaient de définitivement s’ancrer en lui. Tant de choses à voir… Tellement plus à craindre. Haletant, bon nombre de mèches de cheveux barrant son fin visage, le jeune homme observa son portrait à la surface de l’eau ridée… Un sourire vint à naitre à ses lèvres. Immédiatement effacé par la sensation étrange d’être observé. Tranchant et direct dans son ton, il se contenta de fendre le silence de ses mots sans chercher à savoir qui avait outrepassé la protection du petit Haranka Sand :

« J’avais demandé à ne pas être dérangé ! »

Pouvoir être surpris dans un tel état de délabrement physique comme mental lui semblait plus qu’insupportable. Désireux d’être fidèle à l’image que le commun se faisait de lui, Oberyn fut bien décidé à se montrer implacable et insurmontable. A moins que cette présence ne soit le fruit de son imaginaire. Auquel cas… Pourquoi donc lui semblait percevoir la réflexion d’une blanche silhouette dans l’eau qu’il avait ébroué à terre ?




« Seal my heart and break my pride,
I've nowhere to stand and now nowhere to hide,
Align my heart, my body, my mind,
To face what I've done and do my time. »


Dernière édition par Oberyn Dayne le Lun 1 Avr 2013 - 14:27, édité 2 fois
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Message Jeu 15 Nov 2012 - 20:50



Un conte d'eau et de sable...





U
n miroir ne pouvait mystifier son éclat, artiste accompli à la toile de vie, au sujet mouvant et éphémère, à la nitescence aussi exacte qu'elle pouvait être ingrate. La jeune femme mirait son ménechme dans la haute glace qu'elle courtisait depuis, trop de temps, pour n'être que le geste anodin d'une vérification physique. Son propre sosie inversé était un opuscule d'ésotérisme dont elle translatait encore les chapitres, l'histoire d'une nymphe ceinte d'une couronne patriarcale et ouvrée du granit des ambitieux. Car bien au-delà de la superficialité du charnel, un reflet, était l'huis de l'âme. Un recueil indûment exhibé dès lors que l'on s'éreintait à se contempler, une lecture introspective contrainte et chamarrée de touchantes réminiscences, comme de souvenirs éplorés. Ainsi était l'Humain, non point immaculé, mais bariolé dans son pensant. Avec cette vision de soi-même, une pléthore de conjectures, et la méditation des prophéties qui restaient encore à réaliser. Ismaëlle jaugeait ces présomptueuses myosotis qui faisaient tout le caractère de son minois, cette teinte fluctuante de l'azur au jade, la dualité d'une dame qui drapait ses émois de noblesse, de celles que l'on abhorrait pour leur caractère trop criard. Le jeu d'apparence qui s'unifiait à celui des trônes, tous prônaient la véracité de leur personnage de scène une fois que les planches de ce mortifère théâtre étaient leurs, et l'illusion chutait simultanément au rideau qui clôturait la représentation. L'usuelle gorgone de charme se désagrégeait de ses mimiques embellies pour se morfondre dans des traits de trouble, car sur la sculpture de sa personne, elle s'interrogeait. La vénusté était une abstraction autant qu'une relativité, l'attraction était également dépendant du corps astral en plus de celui terrestre, mais la finesse de son visage se devait d'être perpétuelle. Si elle se targuait de son teint moiré, elle en déplorait les plus ou moins discrètes conséquences de déconvenues passées : elle se pencha vers l'étendue miroitante et effleura sa joue senestre, où siégeait une fine couture verticale qui l'enlaidissait. Elle maudissait ces maudits rapaces qui édifiaient sa plus sombre phobie depuis le jour où l'un d'eux l'avait attaquée et défigurée, un incident dont elle imputait la faute à l'autoursier en chef, à cette tare fraternelle. Ce même jumeau qui endossait la responsabilité d'un second stigmate, celui-ci labial, qui ne s'apercevait toutefois qu'à peine même une fois proche. Et pourtant, ces défauts de beauté l'importunaient dans son ego, persuadée que ses prunelles célestes et ses boucles capillaires ne suffisaient pas à occulter ces cicatrices, de surface, mais aussi plus profondes.

Parviendrait-elle un jour à son avènement, à cette puissance et notoriété extramuros devenues les desseins de son existence, les causes de ses fourberies et autres escobarderies ? Ses épaules n'étaient peut-être point assez robustes, son imagination pas assez féconde, ses plans pas assez élaborés... Une pléiade d'incertitudes qui, parfois, assujettissait cette résolution que d'aucuns concédaient infrangible. La juvénile frustration que la reconnaissance ne lui soit pas naturellement due, que tant de méchefs restaient à traverser, tant de choses à accomplir pour si peu de temps devant elle. Une contingente morosité qui résultait d'une fatigue accumulée entre sa traversée du désert de La-Tombe-du-Roy à Lancehélion, de mauvaises souvenances de Daärim qui hantaient ses assoupissements, ainsi que les divers projets liés à l'imminent départ pour Port-Réal. Même les plus diligents aux affaires connaissaient une décrue, qui s'insinuait dans les méninges de la donzelle et biaisait de ce fait sa vision d'elle-même. Ses mains étirèrent le derme de son cou jusqu'à empoigner les cambrures de sa poitrine dont elle vérifia tant la douceur que la fermeté, puis elle ébaucha les saillantes rondeurs de ses hanches qui se démarquaient inexorablement, qu'importait le textile qui l'habillait, telles d'inéluctables lubies de sa féminité. Elle nivela ensuite les plis de sa robe liliale, brodée de doré et ornementée de ces voiles diaphanes qu'elle aimait tant et qui lui ployaient cette allure spectrale semblable à celle d'une chimère de passage. Un simulacre, fluide et fugitif, qui musardait avec la joliesse de ces grandes dames. Ses graciles phalanges vinrent réajuster la tiare qui la ceignait à merveille et égarait, sur le sommet de son front, une perle de nacre que l'on distinguait sans peine sur le bistre de sa crinière édifiée en une torsade alambiquée. Nul détail délaissé à la contingence, du dessin de ses mirettes à la pusillanime échancrure de son encolure, mais désirable, l'était-elle ?
« Oh, miroir... » Les armes d'une femme de son acabit ne se matérialisaient pas en lames affilées, une oeillade comblée d'implicite tranchait parfois plus que l'acier valyrien, et s'insinuait en la meurtrissure le fiel de la prédatrice. L'agonie était de meilleur goût que l'immédiate exécution, mais le sens commun l'invitait à jouer de quant-à-soi, car son poison n'était pas l'unique à ravager les infortunes pris dans les pinces du scorpion. Etre à la hauteur de ses propres exigences, prête... Elle devait être prête pour cette pérégrination en ces terres elles aussi couronnées, celles de l'empreinte targaryenne et pour lesquelles elle prendrait les flots.

Ses organes pulmonaires se dilatèrent à leur apogée, jusqu'à se soulager de leur air en un profond soupir. Toujours au regard de son double, la sylphide eut cet intuitif mouvement que fut celui de relever le menton pour toiser cette demoiselle et l'arrêter dans sa psychanalyse, futile que tant d'efforts. La conscience de son environnement retrouvée, son bras s'élança avec afféterie pour saisir un flacon parmi une pléiade d'autres, un fond de liquide diaphane y était contenu, une subtile fragrance dont elle appliqua une larme sur chacune de ses tempes, chacun de ses poignets ainsi qu'au beau centre de ses arguments mammaires. Désormais humectée d'un arôme fruité, elle vérifia l'ensemble de sa tenue avec une minutie emphatique, mais même pour un vieil ami, ne se devait-on pas d'être sous son meilleur jour ? Sans doute une différence qu'ils cultivaient, lui et elle, là où il ne s'encombrait pas de préciosité lorsqu'il n'était plus la cible des regards émerveillés, elle aimait à jouer son rôle de noblesse même dans la solitude. Les simagrées étaient des exercices de tous les instants, même face à l'illustre héraut du Matin, face à l'Aube elle-même. C'était à ces renommées qu'elle avait l'intention de rendre une visite de courtoisie, car elle aimait apparaître là où on l'attendait le moins, là où Il avait le plus de chances de s'être réfugié. Les marottes ne biaisaient pas d'importance même avec l'évolution d'un individu, le savoir d'un être, dans son plus authentique aspect, était souvent immuable. Ainsi, nulle nécessité de quêter sur sa cache du moment, son intuition la laissait sans incertitude quant à l'endroit où l'astre échappé des Météores s'était retiré pour y trouver la quiétude adéquate. Serait-elle un frein à cette paix méditée, celle qu'elle connaissait comme sacrosainte pour être l'unique propriétaire de l'Affligé qui, aux yeux du monde, s'ignorait, pour mieux choir de sa superbe une fois l'accalmie venue ? Ni émissaire de bienfaisance, ni celui de malignité, ce conciliabule qu'elle projetait ne la placerait qu'une fois encore dans cet hermétisme dont elle abusait, car elle aimait se faire espiègle et imprévisible, même dans la concorde, il était parfois ardu de séparer le bon grain de l'ivraie.

Sa mouvance la conduisit à tourner l'échine à la glace, ses mirettes scrutèrent en direction de la médina animée par l'éternel hourvari de la ville, une fois que la véhémence diurne se lénifiait pour faire place à plus de fraîcheur, à plus de commodité pour exister. Propice à la flânerie et à la vie, une atmosphère que les dorniens appréciaient, l'entrechat du jour et de la nuit où il n'était ni encore trop tôt, ni déjà trop tard, pour entreprendre des activités. Aux siennes, la donzelle, se prépara à fluer, elle traversa les luxueux quartiers qui étaient toujours les siens lorsqu'elle venait en ces lieux, puis rejoignit le corridor où elle fut accueillie par une trinité de lanciers aux armures légères et estampillées d'un crâne sépulcral. Une frêle partie de la garde qui l'avait escortée depuis le domaine familial et qui, quoi qu'il puisse advenir, restait aux aguets, quand bien même le péril effleurait le néant en la demeure Martell. Un quatrième quidam patientait à quelques pas, plus modestement vêtu et arc-bouté à une colonne, son faciès bariolé de vestiges cicatrisés et ourlé d'une éloquente aigreur au revers de sa placidité. Un trentenaire passé à qui l'on prêtait volontiers l'apparence d'un baroud plutôt que celle d'un garde-fou, et pour cause, il était l'officieux factotum de la lady, qu'il servait depuis quelques années maintenant et de laquelle il était épris. Valen, de son nom, n'était pas dornien, peut-être pas même originaire de Westeros au vu de la façon qu'il avait parfois de s'étonner des dogmes des diverses contrées de ce continent. Mais pour l'heure, ce n'était autre que l'acerbité qu'il exhalait, celle de voir sa maitresse se hâter à cette rencontre qu'il ne percevait d'un oeil ni bon, ni objectif. Il rallia lentement les abords de cette dernière et se sclérosa de contemplation, celui d'un homme empli de frustration et qui réprimait sa voix d'être influente sur le chapitre... Ce qu'il ne parvint déjà plus à faire après une poignée de secondes.


  ~ N'avez-vous rien de mieux à faire, milady ? Osa t-il demander avec le fol espoir qu'elle corrobore cette hypothèse qui relevait plus de la suggestion que de la réelle interrogation. Une désinvolture qui n'ombragea pas la naïade, fort habituée au dépit de son subordonné, qu'elle considérait d'avantage comme une flatterie. Un ricanement soupiré fit vibrer sa gorge alors qu'elle le lorgna, toujours amusé par ces élans de possessivité qui n'avaient pas lieu d'être. Un silence assit l'autorité de la jeune femme, qui répondit tout en se détournant. Je ne t'ai pas demandé de m'accompagner. »

La réplique plongea le séide dans un profond désarroi, ceci bien qu'il reconnut toute la véracité qui en découlait. Il n'était ici que par sa seule volonté, parce qu'il avait appris Sa présence et s'était fait vanter Ses exploits en terme de combativité, cet homme qu'il abhorrait pour être tout ce que lui n'était pas et ne serait jamais, pour être proche de sa dame depuis bien plus longtemps que ses propres états de service, pour le simple fait qu'elle lui soit plus chaleureuse et amicale qu'envers autrui. Malgré tout, en bon dévot, il s'insinua dans le sillon de la dornienne simultanément aux trois autres gardes, même en sachant qu'au bout du chemin, il n'y trouverait qu'un puits de déplaisir. Il n'espérait pas la faire changer d'avis au gré de la marche, car il la connaissait, sa muse, qui ne renonçait sciemment pas à ses idées les plus ancrées. La cohorte parcourut ainsi l'auguste palais aux chaudes nuances, siège de la principauté et somptuosité aux yeux d'Ismaëlle qui ne se lassait jamais de s'y déplacer. Elle y décelait un orgueil propre à leurs terres, certes façonné de poussière et d'un brasier ambiant, sans verdure ni pan floral, mais aux étals et tissages d'incroyables couleurs, au chauvinisme hissé haut en guise d'étendard. Dorne était plus qu'une aréneuse immensité, Lancehélion, plus qu'une cité termitière, à elle, il lui était inconcevable de ne pas en tirer une ineffable fierté, car par son sang mêlé entre Rocheux et Sableux, son lien de parenté avec les Salés, elle espérait être une digne représentante de ses racines. Un membre de la communauté que l'on pouvait aisément reconnaître, que l'on saluait comme ce fut alors présentement le cas à son passage d'une aile à une autre. Satisfaite, remise en confiance, ses foulées s'esquissaient d'une assurance croissante alors qu'ils approchaient des écuries, curieuse destination pour une nymphe telle qu'elle, mais à toute truculence son explication.

Les effluves émanant du cloître hippique, bien qu'immédiatement perçue par le sens olfaction de la demoiselle, ne l'incommodèrent guère plus qu'un instant, accoutumée à ce parfum dû au notoire élevage qui prospérait à La-Tombe-du-Roy. Par-delà ce détail, un autre apparut tout de go, un jeune homme qu'elle connaissait pour être Son écuyer et qui vint aussitôt attester la thèse qu'elle s'était faite. Un malingre cerbère que voilà pour garder l'antre occupé par son maitre, elle doutait que ses crocs à peine sortis suffisent à dissuader d'hypothétiques importuns de s'infiltrer dans l'édifice. Quant à elle, elle n'avait aucune envie ni obligation de se confondre en allégation pour agir comme bon lui semblait, en l'occurrence, nul ne ferait barricade entre cet abri et elle. Parfaitement résolue, elle passa à côté du bâtard auquel elle n'adressa qu'un simple geste, celui de son index déposé sur ses lippes pour l'astreindre à un mutisme qui n'admettrait point d'objection. Seuls les gardes s'arrêtèrent à cette lisière sans que leur protégée n'ait besoin de le leur spécifier, tout comme Valen qui n'avait pas plus de droit que ces derniers de la talonner malgré son désir de le faire. Il tiqua, puis guigna Haranka d'un air si sombre que le plus jeune aurait pu en agonir tout de go. L'idée naquit dans son esprit : et s'il se vengeait sur l'écuyer le temps que son pédagogue était affairé en trop bonne compagnie ?

Désormais seule, la sylphide se fit plus discrètes, ses pas feutrés reflétaient son envie de ne pas être découverte avant qu'elle ne puisse en décider, car les choses, elle aimait les contrôler. Amusée par la perspective de surprendre, elle longea les parois telle une féline partant en chasse, en quête du gibier que son ouïe eut tôt fait de repérer par l'écho d'une eau que l'on côtoie de corps. Sa reconversion d'espionne fut fructuante alors qu'elle parvint à s'approcher sans éveiller de soupçons, partiellement camouflée dans une alcôve, elle eut sa cible en sa diagonale et l'épia. Le voyeurisme avait cela de galvanisant que l'on s'introduisait en territoire d'intimité, à l'insu du guetté, l'on pouvait en apprendre beaucoup plus qu'à travers plusieurs conversations. Ce qu'elle savait déjà le concernant lui permettrait sans mal de tirer ses conclusions, et la première fut, sans stupeur aucune, que le sigisbée était dans ces émois que rares lui connaissaient. Nul besoin d'authentifier le branle-bas de ses traits, sa posture, la nature de ses mouvements, et plus généralement, la stalle dont il avait fait sa retraite, ce qu'il faisait toujours lors d'inspiration rétrospective. Sa dérobade subaquatique renforça sa théorie, voire sa certitude, et si elle bramait haut et fort qu'un légataire de sa qualité ne pouvait trépasser par manque d'air, elle compta les secondes avant qu'il ne daigne réapparaître à la surface, en quête de goulées d'oxygène qui, lacunaires, auraient à jamais atrophié ses poumons. Il était plus aisé de confier ses affres à l'immatériel de nos pensées qu'à l'oreille d'un pair, car lorsque l'on était fait d'un apanage tel que leur, héritiers d'hoiries séculaires, l'on ne pouvait désappointer même si l'apprentissage de toute chose l'exigeait. Un fardeau pour certains, un ressort pour d'autres, un poids pour tous.

Le temps n'était plus à l'inertie, les gemmes azurées de la lady étincelèrent de cette irréfutable malice, pour une fois, une récréation enfantine, sur un versant de montagne où ses actes ne seraient pas dictés par la politique. Elle se redressa et approcha précautionneusement, une entité de blanche majesté qui ondoyait son aura jusqu'à l'auge reconstituée en baignoire, où le sixième sens du chevalier tenant décela son arrivée. Le phonème se fit péremptoire, de ceux que l'on ne dédit pas et prompt à pourfendre la témérité d'un quelconque intempestif. Mais pas la dame, dont l'anonymat biaisait encore le jugement du quidam, sans une once d'anxiété quant à un éventuel courroux pour avoir été dérangé, elle poursuivit sa progression jusqu'à nieller la surface du bain de la virginité de son vêtement. Avant qu'il ne songe à faire volteface pour la confronter, elle appliqua ses mains sur son visage pour recouvrir ses calots et le soumettre à la cécité. Sans aucune brusquerie, elle se pencha ensuite à son tympan pour lequel elle susurra d'un ton qui se voulut suave et sibyllin.


  ~ Puis vient l'estocade dans une pluie nouvelle, une bruine de fluide de la défaite rivale, la terre, elle fertilise. Feu le roi, feule t-on, feu le roi dont la coiffe avec la tête roule, à deux coudées du corps. Feu le bieffois, qui choit sous le cimeterre du Rhoynar, Eraïr Forrest dit l'Aspic Rouge, lui de proclamer : Ici se tient La-Tombe-du-Roy... La légende de son domaine était connue de tous à travers la région méridionale, connue des Dayne pour la contigüité, voire la privauté, entre les deux maisons qui paraient les flancs des Montagnes Rouges. Plus qu'un chapelet d'indices, la franche révélation d'une identité assurément percée à jour avant même qu'elle n'articule le moindre mot. La jouvencelle se redressa sensiblement dans l'échine du dornien, puis, avec délicatesse, elle lui saisit les joues pour lui faire basculer la tête vers l'arrière, positionnée de manière à ce que le sommet de son crâne se juxtapose aux rondeurs de sa poitrine. Bien que se mirant à l'envers, leurs regards purent s'agricher l'un à l'autre, et une large risette vint enjoliver le minois de la demoiselle. Ravie de vous revoir, ser Oberyn. »

La fallacieuse solennité qui entacha sa tirade, tant par le vouvoiement que par l'usage de la particule chevaleresque avant son prénom, n'était qu'un élément venu boursoufler la facétie en vigueur, car – fichtre ! - ils ne dénombraient plus les lunes depuis lesquelles la formalité s'était morcelée, si ce n'était dans l'hypothèse qu'elle n'ait presque jamais existé entre eux. Entre eux, c'était la vie, l'enfance, une ère omise depuis des lustres, des convergences, des disparités, tout ce qui jalonnait une relation qui avait vu le jour presque simultanément à leur propre naissance, mais surtout, de l'entraide, à défaut d'une intègre compréhension. Mille recueils pour pouvoir coucher le sens de ce qui perdurait sans reflux, entre l'homme et la femme qu'ils étaient. Et pourtant, elle continuait... Ismaëlle redoublait d'ingéniosité pour perpétrer ses taquineries envers cet ami qu'elle connaissait parfaitement au revers de son masque de circonspection. Qu'elle lui miaule l'officiel récit du tout premier Forrest n'était pas aussi anodin que les apparences le suggéraient, l'Aspic Rouge avait été de ces fondateurs de l'inimitié entre Dorne et les contrées limitrophes, bâtissant le bastion de sa lignée sur la sépulture d'un roi étêté. Une réputation à double tranchant pour la diplomate qu'elle était, quand bien même ce fait n'ombrageait en rien ses excellentes relations avec, entre autre, les Hightower. Quant à le surprendre dans son plus simple appareil, ce n'était là qu'une bagatelle... Plus pour elle que le ser, tout du moins. Elle l'accablait d'une innocente promiscuité depuis le jeune temps où elle avait pris conscience de son potentiel féminin, un délassement qui ne se perdait point malgré les – maudites – fiançailles du sigisbée.

Enfin, elle se redressa de toute sa taille pour ne plus l'opprimer de ses atouts, ses phalanges glissèrent jusqu'aux robustes épaules puis effleurèrent ses omoplates lorsqu'elle prit congé sur son côté dextre. La voluptueuse dryade fit le tour de l'abreuvoir pour s'immobiliser à son extrémité et avoir une pleine vision de celui qui pataugeait. Port de tête élevé, elle le lorgnait avec une outrecuidance fardée, trahie par les polissonnes contractures de ses commissures labiales qui faisaient foi de son réel plaisir de le revoir. Après cette brève comédie, son sourire s'élargit sincèrement – fait à noter comme rare ! L'avait-il finalement reconnu à sa seule senteur dès lors qu'elle avait posé les mains sur lui ? Les plausibilités qu'ils se retrouvent dans la capitale sans jamais l'avoir prévu tenait de la bienheureuse providence, ce qui ne faisait qu'embellir ces insolites retrouvailles.


  ~ Ne fais pas cette tête. Déclara t-elle en faisant le pot à deux anses. Tu sais bien que tu n'es pas le seul à pérégriner dès que l'occasion t'est offerte, et je devrais être la plus sidérée de te compter parmi les hôtes du Palais Vieux. Je suppose que tu as de bonnes raisons de t'être déplacé depuis nos montagnes... Tel que je te connais, tu ne t'es pas simplement déplacé pour louanger notre bon prince. Cela allait sans dire, le voyage était long et éreintant pour qui venait de l'extrême ouest du désert, la damoiselle elle-même avait pâti de cette traversée. Tout en basculant son bassin sur la gauche, elle afficha une moue faussement navrée. Tu aurais tout de même pu me prévenir... Je suis arrivée il y a seulement quelques jours, l'itinéraire aurait été moins monotone si nous avions excursionné de concert... J'en suis... Désenchantée ! »

S'il n'en était rien concernant la déception énoncée, cet océan de sable qui les séparait de leur famille suzeraine aurait vu ses dunes ébaudies par ce binôme des monts empourprés qui avait, inéluctablement, moult sujets dont débattre depuis leur dernière entrevue. A commencer par une harpie dont le seul patronyme suffisait à la rider d'aversion, toutefois, elle ne pouvait sciemment pas lancer une offensive dès l'abord alors que d'autres discussions ne déméritaient pas leur évocation. En première instance : le motif qui était parvenu à enjôler l'Epée du Matin jusqu'à la ville ombreuse, et évidemment, l'homme en lui-même, auquel elle adressa une nouvelle risette. Derechef, sa mouvance lui fit refaire le tour de l'auge pour poser son séant sur le rebord, à côté d'Oberyn dont elle jaugea les multiples meurtrissures sans mot dire – Là encore, chaque chose en son temps. Dans un geste prônant une tendresse amicale, elle coiffa la chevelure du Dayne à l'aide de ses doigts et dans le dessein de lui dégager le faciès.

  ~ Je gage que c'est un impératif qui t'amène... Cela fait un moment que nous ne nous sommes pas vus et la correspondance peine parfois à suivre nos traces. Elle ricana puis se risqua à une question d'ampleur générale. Comment cela se passe t-il ? »
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Oberyn Dayne
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• Epée du Matin •
◌ Vision du Guerrier ◌
• Champion de la Maison Martell •

« Honneur, Loyauté, Sacrifice. »

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♦ Missives Aventure : 87
♦ Age : 29
♦ Date de Naissance : 30/03/1988
♦ Arrivée à Westeros : 17/09/2012
♦ Célébrité : Jamie Campbell Bower
♦ Copyright : Violain <3
♦ Doublons : Gunthor Estremont
♦ Age du Personnage : 25 ans
♦ Mariage : Fiancé à Edarra Ferboys
♦ Lieu : Citadelle des Météores.
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Message Mar 20 Nov 2012 - 18:24


Les Larmes du Soleil.


Ne vint que le silence pour immédiatement répondre à ses mots. Une quiétude lourde, fardée d’une atmosphère écrasante inhérente à une tension que l’Héritier des Météores exsudait de lui-même sans pleinement en prendre conscience. Son entretien avec la royauté Dornienne l’avait, de toute évidence, plus affecté que tout ce qu’il pouvait bien jurer de ses Sept Grands Dieux… Plissant intimement les paupières afin d’ourler sous un bouclier de chair les iris propre à sa vision, le joueur d’épée entendait laisser par les autres sens comme sa perception instinctive avant de détourner son faciès pour confronter l’intrus à sa tranquillité. Il n’en eut, toutefois, point l’occasion…

L’assaut fut aussi soudain qu’immédiat, délivré avec une douceur surprenante afin de lui dérober toute notion de vision. Douceur et velours furent au contact de sa chair dans une étreinte imposée qui n’avait point l’occasion de devenir abhorrée. Un instant raidis par la surprise, le héraut du matin laissa se dissiper toute forme de tension à l’initiation d’une rencontre olfactive qui combla tout besoin d’affection comme d’apaisement. De subtiles fragrances en vinrent à hanter ses sens, des arômes aussi subtils que fruités sublimant une odeur douce et nacrée… La senteur de la nacre, aussi loin qu’il s’en souvienne, ne lui évoquait qu’une seule naïade et amie. Une nymphe à l’aromate nacré comme parfumé d’un bouquet salé auquel se mariait d’exquise façon des senteurs d’épice à la saveur bien plus enflammée. Une fragrance exotique autant que pétillante, distincte de bien des autres et au service d’une jeune femme exceptionnelle qu’il avait le privilège de compter au sein de son cercle d’intimes. Et alors que son propre parfum ne lui évoquait rien d’autre que la rudesse comme le tranchant de l’acier qu’il côtoyait au quotidien, les effluves paradisiaques envoutaient ses sens d’un toucher délicat pour détendre ses épaules comme le soulager d’un lourd fardeau qu’il n’avait de cesse de s’encombrer.

Bridé qu’il était par une cécité toute momentanée, l’étincelante étoile se réclamant toutefois de la nuit n’osa point briser le mysticisme de retrouvailles qu’il n’aurait fantasmé dans cette journée pour le moins chargée. Il lui était impossible d’être abusé par telle aura à l’unique intangibilité. Tant de féminité dans ce parfum exsudé, tant de douceur dans ce soyeux touché qui voilaient ses iris pailletés d’améthyste d’un voile de ténèbres. Mais n’avançait on pas que la nuit était plus que sombre avant que ne se découvre l’aube ? Une Aube qu’elle magnifiait plus que quiconque… Il ne lui suffit que d’un souffle courant sur son oreille, d’une première note mielleuse et soufflée sur le ton de la confession qu’il ne lui reconnaissait que trop rare. Initiation d’une mélopée tout murmurée qui, de sa séculaire disposition, arracha un plissement de lippe fugace au Dornien sigisbée. Fines lèvres ourlées d’un sourire pour le moins énigmatique, le cavalier des Météores se laissait bercer par la lancinante litanie qu’il ne s’ennuyait pas de déguster. Mais goutait-il plus la ritournelle que le secret diseur en l’instant ? La pure expression de félicité qui, d’un pinceau guilleret, peignait entièrement ses traits suffisait à dispenser de satisfaisantes informations pour tout esprit plus ou moins éclairé… Puis vint le point final à une diatribe rondement menée, porté avec l’aplomb du coup de taille qui, autrefois, priva un roi Bieffois de son chef tout d’or coiffé. Tel conte, il ne le connaissait que trop bien pour l’avoir, déjà tant de fois entendu lui narrer. Au timbre suave et sibyllin, il répondit d’un souffle secret et éploré :

« Je ne suis point Roi... »

Mais n’en avait-il pas, pour autant, à redouter les lames acérées de la maison au crâne couronné ? Point du tout à en croire le sourire assuré comme satisfait qu’il puisse bien étirer. Bien qu’enveloppé de ténèbres, il ne semblait éprouver la moindre crainte, évoluant en confiance entre les mains douces et expertes d’une naïade rêvée en qui se portait toute son estime comme sa loyauté. Pantin de chair aux articulations animées par les fils d’or qu’elle pouvait bien déployer, l’étincelant chevalier s’en laissa aveuglément dirigé par des gestes doux qu’il ne pouvait repousser. Sa vision désormais ressuscitée, il ne manqua pas de garder ses iris masqués, tout cachés qu’ils étaient au-delà de ses paupières closes. Ne semblait-il point apaisé ? Tout endormi qu’il s’imaginait à flotter dans un rêve apaisé et dictait par une rencontre fortuite qu’il ne manquait point de savourer ? Sentant sa nuque se courber, tout son visage basculé vers l’arrière sous la délicate impulsion de ses doigts marquant tout juste ses joues, le héraut des Météores s’en laissa paisiblement bercé. Vint l’instant de trouble, de ceux qu’elle était la seule à si bien savoir provoquer quand la rondeur de crâne vint à épouser la bonhomie de ses emblèmes mammaires pour un contact à même de le crisper. Simple mouvement espiègle à même de mettre en lumière un des nombreux aspects de leur particulière relation : Perversion, tristesse, douceur, jeu... Désir. Peut-être pouvait-il bien désirer la belle nymphe après tout… L’admettre était une toute autre chose. Alors il se contenta de souffler, d’une expiration rauque et fugace qu’elle lui connaissait quand venait sur son chemin l’obstacle de la contrariété. Mais tout ça fut bien vite dissipé quand dans ses yeux il vint à se noyer…

Véritable allégorie d’un printemps fleuri, la composition double de ces myosotis à la teinte remarquable ne cessait de s’affirmer comme un enjôleur regard. Une pupille mince et d’un bleu azuré aussi profond que luisant se heurtant parfaitement avec l’immensité blanche qui l’entoure, dégageant un regard étrange et une expression sans nulle autre pareille. Des yeux formant à eux seuls une mosaïque de sentiments comme d’expressions diverses qui traversent sans cesse ces fines prunelles de couleur chatoyante se mouvant en une palette de saphir, de jade et de lapis-lazuli comme d’émeraude aussi complexe que l’esprit qui se cache au-delà de ces globes si captivants. Envoutant regard sublimé par la perle de nacre juchée au centre d’une coruscante tiare dont était ceint le front de la belle déité des sables. Quel beau spectacle offert à ses pupilles bleus, mais d’un bleu plus que bleu, d’un bleu bien plus sombre, presque violet, et plus resplendissant qu’aucuns yeux d’homme Dayne, d’un bleu persan qui vous transperce tel l’acier Valyrien. Un bleu fort proche d’une teinte violette et pailletés d’Améthyste, à l’instar des Iris propre à sa lignée comme à la Maison Targaryen, qui dégage un regard étrange et une expression sans nulle autre pareille. A n’en point douter, les deux complices d’enfance voyaient leurs physiques respectifs sublimés par des iris pour le moins inaccoutumés. Leur contemplation inversée dura silencieusement jusqu’à ce que la belle n’illumine ses traits d’une risette facétieuse, résultant la formulation de politesses qui n’avaient plus court entre eux. Et ce, depuis toujours. Il en étira, une nouvelle fois, un de ces sourires qu’il ne réservait qu’à elle, prélude évident à des mots qui furent soufflés sur un ton pour le moins enchanté et qui trahissaient une véritable sincérité saupoudré d’une petite part de moquerie qu’elle saurait bien discerner :

« Un plaisir on ne peut plus partagé, milady… »

Un facétieux sourire ridait la commissure de ses lèvres, pinçant ses joues d’une expression qui se voulait moqueuse sans pour autant pleinement y parvenir. L’Epée du Matin ne disposait point de ses talents pour la comédies, ses feintes et leurres ne trouvant leur place que dans la poussière des champs de bataille. La fraicheur de l’eau épousant sa peau lui revint subitement en mémoire quand les doigts de la mirifique naïade vinrent à glisser sur ses épaules mâchées de douleur, roulant vers ses omoplates pour ne le laisser que seul en compagnie d’un coupable frisson dont il ignora la provenance. La chair de poule picotait son derme alors qu’Ismaelle délaissait son côté pile pour mieux s’esbaudir de son côté face. Il ne lui reconnaissait que trop son port altier, sa suffisance affichée comme gonflée par la volonté de, par ses caprices, le tourmenter. Comment ne pas avouer qu’elle représentait ainsi un modèle de beauté ? Superbe dans cette robe liliale brodée de doré et ornementée de voiles légers à même de renforcer cette aérienne sensation qu’elle pouvait bien intimer. Silhouette enchanteresse et faciès épanoui, elle n’était plus qu’un idéal de féminité à la chair délicatement relevée par de presque imperceptibles cicatrices que le coruscant chevalier ne manquait point de juger comme à même de sublimer sa naturelle beauté. Celui qui lie l'amour et la beauté n'a jamais connu l'amour. Celui qui lie l'amour et l'horreur a déjà aimé…

La suite de la représentation survint dès lors, la nymphe aérienne se fendant d’expression innocentes au service d’un jeu fausse accusateur. Il lui connaissait un talent pour la comédie certain et s’en amusait toujours plus ou moins. Peut-être étais ce du fait de son sang versé ou bien de sa volonté d’oublier une journée qui n’avait fait qu’alourdir son bagage d’héritier, toujours est-il qu’Oberyn entra dans la danse, désireux d’éprouver ses talents sur un amical échiquier où sa vie d’était point en danger et où sa réputation n’était point disputée comme déplacée à la manière d’un pion sur un quelconque damier. A ses facétieuses expositions, il n’opposa qu’un simple sourire comme réponse et pencha la tête sur le côté, un air faussement innocent se dessinant sur son visage à la peau pâle. Vint le moment d’aborder les louanges qu’il serait venu dispenser, ce à quoi le Héraut du Matin n’opposa qu’un plissement de paupières associé à un presque imperceptible haussement d’épaules, son sourire prenant une toute autre signification… Puis vient l’instant du reproche feint comme déguisé, l’instant où elle vint à avancer qu’ils auraient pu tous deux faire route commune vers le palais. Ce à quoi le jeune homme se contenta de répondre avec une apparente tristesse pour le moins feinte :

« Mes conversations sont pour le moins… Assomantes. Et quand bien même, je doute qu’une telle procession eut satisfait l’entièreté de la maisonnée affectée à ta sécurité… »

Son sourire visait à frapper l’inimité que lui vouait le déplaisant cerbère au visage couturé de cicatrices chargé d’assurer la protection de l’Héritière Forrest. S’il n’avait pas l’air du plus érudit des hommes, Oberyn se trouvait pour le moins talentueux dans l’art visant à instinctivement percevoir l’aversion que pouvait lui vouer son monde. Un don qui le confortait dans sa fréquentation du commun plus que de la noblesse, un présent qui imposait la douce nymphe comme un de ses rares soutiens. Il accueillit une nouvelle risette d’un de ses sempiternels sourires au service d’un neutre regard cerclé d’ombres lui peignant un humide portrait de pierrot accablé par l’existence. En son for intérieur, il haïssait le fait de la retrouver ainsi sclérosé de faiblesse mais se trouvait renforcé dans sa lumière… Sa promiscuité avait le don de l’auréoler d’une douce chaleur qu’il ne connaissait point ailleurs et la voir souiller ses vêtements en posant son séant sur l’auge maculée d’eau comme de son sang lui arracha une moue de désolation. Un semblant de douleur étreint sa poitrine, bien différente de celle qui parcourait les meurtrissures de sa chair sillonnant les muscles de son bras crevassé de ruisseaux sanglants serpentant jusqu’à la pointe de ses doigts. Echo d’un passé lointain, il fut forcé de lever les yeux pour de son regard habillé le faciès qui le dominait de toute la noblesse propre à la dame Dornienne. Ses yeux pailletés de lilas se perdirent dans la muette contemplation des traits fin qu’il ne lui connaissait que trop bien… Vint le frémissement soudain, imposé par le contact de ces doigts délicatement animés d’une geste amical visant à balayer sa chevelure rebelle pour mettre au jour son visage cerclé d’ombres. De ces mots, elle dévoilait la connaissance absolue de son être et tel constat ne nécessitait point de prise de parole. La réponse fournie lui serait, de toute façon, déjà connue. Cristallin, son rire vint mettre en lumière une omission coupable de la part du Chevalier des Météores. Voilà bien trop longtemps qu’il n’avait point trempé la plume pour s’enquérir de la santé comme la vie de son amie. Un défaut qu’il se promit silencieusement de corriger sous l’approbation d’un gloussement aussi passager qu’enchanteur. Vint alors la question et ses traits malsains furent, un instant, peint d’une moue inquiète. Il ne souhaitait point l’accabler de sa situation comme son honneur lui imposait de ne point révéler sa faiblesse passagère, préférant réserver ses moment de doute à l’immatériel, à ses pensées… Un éphémère tremblement parcourut ses muscles fatigués et avant même qu’il ne s’en rende compte, la réponse avait déjà franchi ses lèvres :

« C’est pour le moins… Mitigé. Immédiate et sans détour, la réponse avait été à l’image de celui qui venait de la formuler. Une preuve, s’il en fallait une, que l’Héritière de la Tombe-au-Roy s’imposait comme une confidente avisée et privilégiée. Et Oberyn de poursuivre : J’ai entrepris le voyage depuis les Météores de mon propre gré, un périple imposé par les vœux que j’ai formulé et les engagements que j’ai bien pu prononcer. Dans sa voix, une subtile forme de désespoir hystérique semblait bien pointer, accompagnant la sempiternelle volonté d’acier dont il usait à jamais. Ma venue fait suite à mes vœux de fiançailles formulés envers Edarra Ferboys. Nous autres des Météores avons toujours été fidèles à la Maison Martell et j’ai bien conscience que ma future union peut, aux yeux du monde, paraitre comme une action des plus sournoises… Dès lors, les rumeurs se sont multipliées, prétextant que nous ne sommes qu’un nid de serpent niché dans les montagnes. Pour ainsi dire, je me moque de ce que peuvent bien penser les nobles de Dorne, ils ne m’ont jamais vraiment apprécié de tout façon… Misanthrope, l’Héritier des Météores n’est pas être le genre d’homme à se fondre dans les jeux de pouvoir et les luttes d’influence avec une aisance particulière. La présence des autres Nobles le met mal à l’aise, d’autant qu’il n’éprouve aucun amour pour l’étiquette comme les convenances. Un état de fait qui tend à faire penser à la Noblesse que l’Epée du Matin est un être Suffisant comme Susceptible. S’il a, en effet, une très haute estime des grands combattants, le Dornien ne méprise nullement les faibles comme exposé précédemment. Il porte sur ses épaules le lourd fardeau d'être l’héritier de sa Maison, soutenant toutes les responsabilités futures de la survie de celui-ci et de sa croissance dans un monde d’intrigues et d’alliances qu’il n’affectionne pas. Sa relation avec la noblesse ne le met donc pas sous son plus beau jour. Je n’ai que faire de l’avis de ces insignifiants vautours, mais imaginer mon nom comme l’honneur de ma maison salit aux yeux du Prince Maron m’était insupportable… Je me devais de le rencontrer, en personne, afin d’affirmer sur mon Honneur et celui de mon titre d’Epée du Matin que ce n’est point la cause des Ferboys que j’épouse, mais uniquement Lady Edarra. Ni plus ni moins que la pure vérité. Mais si j’ai bien pu dispenser mon discours, je fus en retour transpercer par celui de mon Prince… Celui de notre Prince. »

Son regard se fit fuyant, comme si le poids des mots qu’il entreprenait de prononcer enserrait son être dans un désagréable étau de culpabilité. Mais à quoi bon fabuler, tout mensonge elle saurait bien le détecter. D’aucun pouvait bien penser qu’il était humain de douter, humain de laisser ses sentiment errer dans les limbes de l’éventualité. Plus encore lorsque les enjeux se faisaient différents de votre simple vie. La voie qu’il entreprenait de parcourir n’omettrait point d’impacter plus que sa simple personne, c’est bien tous les Météores qui pourraient s’en trouver changés… Alors continua la confession, sur le ton qu’il ne pouvait que lui réserver, à elle :

« J’ai entendu ses mots quand il m’avança que le but de cette alliance n'est surement pas le même pour les Ferboys que pour moi. Que je devais savoir la future exposition à des siècles et reproches et de difficultés pour ma maison. Que je serais, plus que n'importe qui, sous le regard des autres Dorniens désormais et que le moindre faux-pas pourrait coûter cher… Très cher… »

Le silence fit suite à ses mots, un silence pour le moins pesant, tout juste déridé par la respiration lourd du Héraut de l’Aube, perturbé qu’il était par les contusions clairsemant son corps d’un panache de douleurs comme de blessures. Son visage, chaussé d’un masque à l’expression pour le moins ravagée, éprouvait les plus grandes peines à ne pas fuir de ses yeux à la teinte pailletés l’éclatant faciès de la silencieuse Naïade. Une simple œillade à la surface ridée de son bain improvisé suffit à renvoyer à l’Epée du Matin un sinistre portrait qu’il n’avait jamais vraiment pris la peine de mirer. Etait-ce donc l’effigie qu’il pouvait bien renvoyer ? Celle d’une personnalité en opposition avec les profondes convictions qu’il s’était juré de protéger. Une image bafouée et souillé qui pourrait, en tout état de fait, bien mieux convenir à une noblesse qui abhorrait son faciès guerrier. Une place dans le monde nécessitait elle de sacrifier honneur et loyauté pour la conspiration et la manipulation ? Que pourraient-ils bien en pense, tous ces chevaliers qui avaient, de leur rencontre, émaillé son vital périple ? Pourraient-ils toujours l’épauler alors qu’il serait drapé d’une réputation nouvellement amenée par ses choix prononcés ? Pareilles pensées lui étirèrent pauvre sourire quand survint à son esprit la mémoire d’un conte il y a longtemps écouté. Et alors que, de son regard, il cherchait à capter les myosotis de son alliée, sa voix reprit sa litanie en suivant la mélodie des souvenirs partagés :

« T’en souviens-tu ? De cette histoire qui, il y a bien longtemps nous fut contée… Celle du Dornien en vint à prendre les armes pour la défense de son aimée et qui se découvrit des talents innés dans l’art de tuer. Celle du Dornien qui délaissa la paix pour s’adonner la barbarie et qui questionna son aimée sur son acuité à ne point l’abhorrer malgré la métamorphose qu’il se proposa d’afficher. Piètre narrateur, le chevalier des Météores ne manque point de continuer en récitant les lignes qui l’intéressaient : Et la voix tremblante lui tint ce verbiage : « Si je devais me changer en serpent demain, que je commençais à dévorer nos semblables, et qu’avec cette même bouche qui consuma ces êtres, je te criais "Je t'aime!". Serais-tu toujours capable de dire "Je t'aime!", de la même façon qu'aujourd'hui? » Son verbe ne poursuivit, toutefois, pas plus loin son récit. La suite, elle devait s’en souvenir aussi bien que lui. Après tout, la naïade disposait d’un esprit des plus vifs. Accablé par tous ses devoirs d’exemplarité, tous les vœux qu’il avait du formuler et qu’il lui faudrait, tôt ou tard, briser afin d’en voir d’autres honorés, Ser Oberyn se contenta de souffler quelques mots faisant office de questionnement mystérieux : Pour nos nobles semblables Dorniens et pour tous ceux qui ont mon affection hors de nos frontières, m’imposerais je déjà comme un reflet de blanc naja ? »

A nouveau, le mutisme absolu succéda à la confession. Mue par la force de l’habitude, ses doigts virent à glisser sur le rebord de l’auge, touchant de leur extrémité tressaillant l’imperturbable garde d’une épée séculaire qu’il ne délaissait point de sa proximité. Aube symbolisait plus que tout son devoir d’exemplarité, cet état de fait qui l’avait fait s’élever à la face du monde comme un exemple de chevalerie. Lui, le Dornien des Météores… Un simple contact qui lui intimait de ne point faillir, de faire preuve d’honneur et de porter sur ses épaules le fardeau hérité à la naissance et alourdi par son épanouissement. A sa manière, sempiternelle, silencieusement et en suivant un chemin aussi direct qu’immédiat. Viendrait l’instant de son existence où ses vœux comme ses promesses seraient tourmentées, éprouvées par des choix qu’il devrait décider. Il n’aurait d’autre choix que de décider dans l’honneur comme il l’avait toujours fait, de façon à pouvoir toujours mirer son portrait sans voir dans ses tripes se développer un dégout intimant la nausée. Sa faiblesse l’avait amené à se confier, mais Sa lumière l’avait fait se redresser. Point brisé, tout juste touché, le jeune homme à la crinière blonde marbrée de cendres ne manqua pas de renvoyer son charme à la douce nymphe, étirant sourire radieux et affichant une moue joueuse. Un cache misère à son état qu’il entendait balayer de ses mots prononcés sur le ton mielleux comme sucré qu’il ne réservait qu’à elle :

« Pardonne mes égarements… Mais ne t’avais-je point prévenu que ma conversation avait tout d’assommante ? »

Sourire comme traits affables se voyaient peints sur son visage, offrant à l’Héritier des Météores un visage bien moins accablé que tous ceux qu’il avait pu arborer tout au long de ses déclarations. Tout juste s’offrait-il une parenthèse de volupté alors que l’eau glissait sur ses muscles ankylosés, son sang tombant en gouttes éparses aux pieds de la belle, perlant du bout de ses doigts. Ephémère instant de paix tant, plus que quiconque, la belle était à même de le jauger…




« Seal my heart and break my pride,
I've nowhere to stand and now nowhere to hide,
Align my heart, my body, my mind,
To face what I've done and do my time. »


Dernière édition par Oberyn Dayne le Lun 1 Avr 2013 - 14:26, édité 1 fois
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Message Sam 24 Nov 2012 - 23:57


L
e héraut des aurores n'était pas quidam à fendre l'illusoire de son masque aux devants de n'importe qui, sa cape devait être celle d'un sigisbée aux infrangibles valeurs, à l'ichor comme à l'arme de facture valyrienne. Que pouvait-on répondre à l'affliction de ses propres désirs face à l'espérance de ses gens, de ses proches, de son parangon princier ? Viscères rongées par l'imputabilité des fautes et des mérites, puis elle le retrouvait dans une muette confession à l'ondoiement de l'eau, souillant la limpidité du divin élément de ses affres et y lavant ses meurtrissures tant charnelles qu'incorporelles. Tout n'était, une fois de plus, qu'une histoire de reflet, dans l'uniformité d'un miroir ou dans le trouble d'un bain, l'introspection demeurait la même. La confidence, elle, se ferait par la voix de la confiance et celle de la considération, pour le moment et malgré eux astreints à un carcan de privauté qui ne ferait qu'ouvrir l'huis des aveux. Mais avant de quémander des réponses, il fallait quêter pour les questions à soumettre, et bien qu'elles se succédaient en pléthore dans l'insidieux esprit de la jeune femme, l'ordre par lequel elle entamerait sa psalmodie illustrerait la maîtrise de son jeu. Même une conversation niellée d'amitié devait être jumelée de ruse et d'introspection, car l'ami, contrairement à l'ennemi, devinait bien plus aisément. Et même à l'oreille compatissante, l'on ne voulait pas toujours concéder les choses qui écorchaient le plus, souvent en vain, car l'attentif parvenait généralement à discerner par-delà les apparences. Ainsi, outre le caractère substantiel de ce qui avait enjoint le Dayne à rallier la capitale de leur contrée, elle le pressentait tarabusté par plus qu'un simple devoir d'héritier ne le ferait. Tant de facteurs étaient susceptibles de maculer son usuelle résolution que la lady ne s'arrêta pas sur l'un d'entre eux en particulier, son diagnostic, elle le poserait une fois que le chagriné aurait déversé une part de ses ombres dans l'espoir qu'une providentielle lueur ne vienne éclairer sa voie. Ismaëlle pouvait être sa nitescence dans des méandres bien nébuleux pour un homme de terrain, tout comme lui aurait pu lui enseigner à ne faire plus qu'un avec une lame si tant est qu'elle avait eu une quelconque affinité avec la martialité. A défaut de cours à l'épée, les leçons de vie qu'il lui avait plus d'une fois professées avaient – parfois – fait écho chez la scorpionne. N'était-ce point dans la différence que l'on apprenait, que l'on comprenait ? Un binôme outrageusement disparate que tous deux formaient, mais voilà des lunes qu'ils avaient cessé de s'interroger au sujet de cette concorde qui semblait innée. Naturel, pour la donzelle, que se comporter comme elle le faisait présentement, alors que le chevalier siégeait dans une auge sans plus de vêtements que son derme de gypse blanc.

S'il put hésiter quant à morceler son fardeau pour mieux le déployer à la réflexion de la Forrest, dont on le savait, l'intuition était affûtée, la nécessité de partager prit un essor inconsidéré des lèvres du blond dornien. A ces prémisses de logorrhées, l'auditoire, composé d'une diplomate aux aguets, se fit humble et concentré, effacé, le temps qu'il faudrait pour que l'ondée d'informations parvienne à son aboutissement. L'exorde eut tôt fait de résumer plus que le monologue qui se profilait, l'état dans lequel le narrateur se trouvait, toujours au coeur d'une dualité qui en appelait à le déchirer entre principes et faiblesses humaines. En secret, elle, avait d'ores et déjà une esquisse de ce qui pouvait bien le turlupiner à lui en faire endurer l'aridité de ce plein désert qu'il dépréciait en la faveur de leurs montagnes. Elle qui pérégrinait régulièrement à travers ces accablantes strates de sable doré savait que l'on ne s'y risquait point sans raison, et quelle autre raison à cela pour l'Epée du Matin si ce n'était la nimbe de son honneur ? L'éreintement voisé qu'elle perçut quant à cette sempiternelle lutte corrobora furtivement ce fait, puis elle crut ses tympans saigner de disgrâce lorsque l'infâme patronyme fut associé à cet émoi. Presque imperceptible réaction que la faible contracture de ses commissures labiales, instinctive preuve d'une aversion que certains se plaisaient à versifier, celle d'un antagonisme congénital de deux nymphes qui se querellaient dans leur émulation. Si elle avait été de ces caricatures comportementales que l'on prêtait aux dorniennes, alors, probablement l'aurait-elle noyé dans ces eaux viciées de son labeur et de son hémoglobine dans l'espoir d'y occire en même temps que lui, ses romantiques utopies. Mais la véhémence n'avait en rien estampillé le caractère de la sylphide de sa primauté culturelle, muse de quant-à-soi et d'analyse, si l'envie de lui ouvrir les yeux tonnait férocement, ce n'était guère par la brutalité qu'elle le panserait de son ingénuité. Elle l'avait toujours connu ainsi, entier, son Oberyn d'antan et de maintenant. Sa candeur lui inspirerait presque une risette attendrie si les enjeux n'étaient pas cruciaux non pas seulement pour les Météores, mais pour Dorne. Une réalité qui semblait avoir échappé à l'amoureux transi qui s'était laissé incanter par le zéphyr de sa dévorante passion.

Ce dont il l'informa ne fut en rien stupéfiant pour la dame qui ne s'était pas attendu à moins d'égard de la part de leurs homonymes, dont quelques-uns devaient déjà ourdir quelque complot pour assurer leur pérennité si les choses venaient à dégénérer dans leur royaume de poussière. A cela, Ismaëlle ne se fendit ni même ne se farda d'une quelconque opinion faciale, intransigeante neutralité toutefois toujours saupoudrée d'un sentiment d'écoute, car c'était ce qu'elle faisait, sans souiller le discours de son influence. Elle prit silencieusement note de ce qui lui était dit, consciente qu'il ne fallait jamais, d'aucune façon, interrompre une faconde dans laquelle se nichait une pléiade de renseignements que le conteur lui-même ne remarquerait éventuellement pas. L'art d'écouter différait de celui d'entendre, les mots étaient des armes dans une guerre peut-être plus impitoyable que celles qui avaient cours par les soldatesques. Suffisait-il de sentir l'ébranlement du chevalier lorsqu'il en vint au jugement suzerain, qui à lui seul, valait plus que ceux de tous les seigneurs réunis. Elle ne fut pas mécontente de constater de la sagesse avec laquelle Maron s'était visiblement exprimé dans cette truculente affaire, toute inspirée d'un réconfort sur la certitude que l'avenir leurs terres et leur peuple était entre les meilleures mains plausibles, celles du Martell, son grand cousin. Avec un tel support ayant défriché le terrain pour qu'elle puisse y semer son bon grain, la donzelle s'en sentait d'avantage galvanisée, elle avait encore plus de chances pour parvenir à ses fins et secourir ce qu'il restait à sauver. Mais puisque son heure de parole n'était toujours pas venu, elle ne brisa en rien le pesant silence qui suivit ces révélations, persuadée que l'achèvement de son exposé n'était pas encore arrivé. Et pendant qu'il songeait à poursuivre, elle détaillait les moindres rainures de sa physionomie avec une assiduité incongrue à la position que le Dayne occupait dans son estime, impossible cependant de faire taire ses plus vifs réflexes que ne rien abandonner au hasard. Ses cils papillonnèrent dès l'instant où il revint suspendre ses prunelles aux siennes, signe qu'en dépit de sa complexe inertie, elle demeurait encore en vie et pas moins interrogative de cette frêle risette ourlée de mélancolie.

Cette histoire relatée, elle s'en souvenait et le lui signifia d'un hochement de tête puis un sourire certainement plus guilleret que celui qu'il lui présentait. Des chapitres communs, ils en avaient tant, une poignée plus distingués que d'autres, et tout comme lui elle n'avait jamais omis l'immonde infortune que celle du dornien acculé par ses péchés. La prosopopée narrée du phonème de son ami la fit clore ses mirettes et s'édifier cette scène de dramaturge, où l'amour pantelant n'était qu'une épée de Damoclès qui finissait toujours par choir, quoi qu'il advenait. Elle entrevoyait cet homme perclus de sa ferveur, et cette femme, dont elle tenta follement de prendre la place pour compatir à ses maux. Elle ne le put pourtant, tragique véracité que, de toute son existence, elle n'avait jamais ressenti l'ivresse de ce sentiment. Triste constatation pour ceux qui en avait eu les ailes, même aujourd'hui brûlées, mais ce n'était qu'un simple détail pour qui ignorait tout du puits de vivre(s) que pouvait être pareille émotion. Peu touchée par ce fait, la dryade reporta son regard sur le locuteur qui parachevait la mention de ses doutes. Penser et s'entendre énumérer de la sorte lui apporterait une réflexion déjà transformée sans qu'elle n'ait besoin d'y apporter sa voix, ce qu'elle ferait toutefois. A la finalité, elle fut tout de même enchantée de constater que toute espièglerie n'avait pas agoni dans ce simulacre de chevalerie, et s'octroya le plaisir d'en rire après ces longues minutes de maussaderie.


  ~ Euphémisme, mon ami. »

Une innocente boutade pour se juxtaposer à l'air mutin qu'il avait pris, ses dires n'avaient en rien été assommants, bien que préoccupant en leur fond. Après cette joyeuse incartade, la gravité de la situation enjoignit la jouvencelle à échanger les masques, dérobant celui de l'incommodé pour mieux appuyer l'implication qu'elle se donnait dans tout cela. Ses gemmes oculaires se ternirent de leur nitexcence pour fluer presque honteusement le long de ce bras meurtri, jusqu'à distinguer le vermeil qui perlait des phalanges masculines pour dessiner une forme asymétrique dans la poussière de l'antre hippique. Elle réfléchissait à la façon dont elle avait pu défaillir dans son rôle auprès d'Oberyn pour que sa rivale ait eu loisir à l'assujettir de ses glutineux tentacules. Il était son aîné, il était un homme, il était un chevalier, mais qu'il était vulnérable une fois privé de l'utilité d'Aube. Ses myosotis osèrent décrire la mythique non loin d'ici, si légère à la poigne, si lourde dans sa coite coercition. Le futur était d'autant plus patibulaire que son porteur n'était que le légataire du patrimoine familial, non pas encore le lord, et quand ce titre le ceindrait, qu'en sera t-il ? Elle ne craignait pas seulement pour le sigisbée qui ne demandait qu'à céder sa place sur le théâtre politique, mais aussi pour les Météores et les Dayne en général. L'impéritie du jeune homme en matière d'intrigues se vérifiait plus que jamais, il lui fallait un oeil critique, une boussole pour se repérer dans cette immensité plus périlleuse que le désert. La naïade prit une grande inspiration qui creusa la disproportion entre sa taille finement cerclée et son poitrail joliment suggéré, sa bouche s'ouvrit pour poser les premières notes alors qu'elle se confronta derechef à son regard d'améthyste – qui l'empêcha d'entamer sa réponse. Elle scruta ces ineffables iris, et ses mots moururent dans un profond soupir qui la laissa désoeuvrée. Jouant de la mobilité de son visage, elle fit ensuite une moue qu'elle fit naviguer de dextre à senestre comme une grimace burlesque, insigne de l'effervescence qui assiégeait ses méninges. Il lui fallait trouver un moyen de développer une argumentation qui ferait mouche sans que le rocheux ne la soupçonne de vouloir nuire à la Ferboys, car même si c'était effectivement le cas, ce n'était point sa priorité.

  ~ Huh ! Interjeta t-elle dans un hoquet guindé, simplement parce qu'elle aimait faire preuve d'emphase dans ses interprétations. Si tu le veux bien, je vais te répondre de deux façons distinctes dont une que tu exécreras certainement. Mais puisqu'il te faut faire la part des choses, je dois te les présenter sous des angles différents. »

L'avertissement était lancé, l'on ne pouvait adorer tous les pans de personnalité même d'un être cher, et comme tout à chacun, la Forrest possédait son jardin de mauvais côtés. Tout était relatif, mais la donzelle tenait à exposer les faits de telle manière à ce qu'ils soient assimilés avec le plus de sagacité envisageable. Ainsi, elle se leva et s'éloigna de l'auge dans une mouvance affectée, tournant sciemment l'échine à son interlocuteur pour rejoindre l'antipode de sa baignoire de fortune, là où elle aurait loisir à lui faire face, ce qu'elle ne fit pas immédiatement. De la surface de son minois, se pâma tout stigmate d'affabilité alors qu'elle se présenta de profil, le rachis parfaitement droit, le menton relevé et un voile expressif que la plus outrecuidante des nobles aurait pris. Ismaëlle jouissait de cette faculté à pénétrer la peau d'un personnage avec une inexorable aisance, si bien qu'il était parfois ardu de distinguer la comédienne de ses rôles, et inversement. Témoigner de sa part la plus seigneuriale était un exercice des plus aisés, un talent qui lui assurait la bonne gérance de ses alliances et projets, tout comme sa vraisemblance lorsqu'elle se trouvait en présence des Grands de Westeros. Elle se souvint que Port-Réal clamait son déplacement jusqu'à son pourpre donjon qui accueillerait bientôt un exceptionnel arroi du Rhoynar à la tête de sa principauté. Une opportunité d'exhaler sa superbe en compagnie d'un homologue avant de s'y essayer sur les autochtones des Terres de la Couronne. Elle fit quelques pas à l'allure badaude, empruntant l'allure d'une patricienne qu'il songeait en terme de conspiration, puis, elle s'adressa à lui dans une effrayante distance phonique, froide et altière.

  ~ Il est avéré qu'un sire de bon aloi dont le destin est de diriger l'une des plus illustres maisons de sa contrée ne s'abaisse pas à mésestimer l'importance de ses pairs, abjectement amoindris à l'allégorie d'insignifiants vautours, en particulier lorsque vous avez l'un de ces charognards à vos abords, messer. Vous pouvez déprécier cet aspect de vos responsabilités que sont les relations diplomatiques tant que vous le voulez, n'omettez pas qu'un esprit esseulé fait pâle figure face à ceux unifiés. Au-delà de médire pour le plaisir, les hauts sieurs n'apportent pas moins une réflexion justement critique sur ce qui est en passe de coaliser Ferboys et les Météores. Ponctuant son cinglant commencement d'un voluptueux déhanché qui lui fit cette fois faire face au guerrier, qu'elle jaugea en toute morgue, elle reprit. D'un point de vue tout à fait objectif, il ne faut point être né du dernier souffle de siroco pour savoir qu'il n'existe plus félons que ceux qui se sont jadis alliés à l'ost du Dragon Noir, Daemon Feunoyr, pour époumoner leur antinomie envers les Martell et leurs propres terres. Sur les champs ensanglantés dûment renommés Herberouge, ils furent l'opprobre qui se dressa contre le soleil empalé d'or que nous servons, vous le premier, avec zèle. Un plaisir non feint que celui de honnir sa pire ennemie avec une rhétorique qui ne pourrait souffrir d'aucune objection, tant elle était connue de tous. L'on ne galéjait pas en matière de politique, la prospérité des uns faisait le décri des autres. Une main posée sur la rondeur de sa hanche, la seconde vint balayer son ondoyante crinière de bistre pour précéder un arrogant froncement. Lady Edarra malgré ses airs de vile bécasse a toutefois su flairer la parfaite opportunité pour emporter Dorne vers une guérilla que nous ne pourrons éviter le jour où Dayne deviendra son suffixe. Pendant que vous serez affairé auprès d'Aube, qui donc sera la voix des Météores ? Edarra bien évidemment, à laquelle vous serez fort aise de confier votre besogne diplomatique, et quelles seront les actions d'une chauvine dont le fantasme est d'asseoir le fessier familial aux cimes de Lancehélion ? Les relations de votre nom à vos semblables en pâtiront, et vous seriez candide de penser que celles avec les régions limitrophes ne connaitraient pas le même sort, adieu le souper bieffois et celui orageux. Et votre fief ne sera pas le seul à en souffrir. Après tout, celui de La-Tombe-du-Roy était en partie gardé de ses querelles riveraines grâce aux troupes des Météores. Les Forrest n'avalisent en rien cette perspective, quant aux Martell, vous avez déjà votre réponse. Que les Dayne puissent choir aussi bas est... Navrant. »

Le portrait qu'elle venait de dépeindre de la dame des Osseux tenait de celui d'une succube qui n'avait fait que camoufler ses crocs pour mieux se sustenter d'un sang innocent. Si la jeune femme ne connaissait en rien les réels projets de sa rivale, son estimation tenait inéluctablement plus du vrai que de la calomnie, n'était-ce pas ce qui se chuchotait déjà d'une maison à l'autre ? Elle avait par ailleurs parlé au nom de la sienne, se faisant voix du lord Dagnar qui, s'il choyait son impartialité, n'était pas dupe quant à ce qui se produirait si Edarra parvenait à son avènement. Car les Forrest étaient et resteraient loyaux à leur prince, ils n'auraient d'autre choix que se ranger contre leurs frères des Météores si cela pouvait les sauvegarder du fléau nouvellement implanté, à moins que Daärim ne s'intronise également à la tête de la famille pour épouser les desseins des Ferboys. Et que sa propre tête finisse comme cible de toutes les lames, Ismaëlle s'y attendait. Cette dernière abandonna les mirages de son rôle pour laisser ses épaules s'affaisser, comme à bout de force, comme épuisée à l'avance. Elle venait d'être odieuse en conjecturant de la sorte, un extrême consciencieusement atteint pour voguer jusqu'à son antipode à présent que son essence de politicienne était apaisée. Elle ne voulait aucune réponse du martyr qui baignait toujours dans son eau, pas encore, pas avant qu'elle n'ait entamé l'Acte II, ce qu'il comprendrait sans aide. Tragédienne sur le plancher de scène, le diaphane de ses voiles l'auréolait d'une triste joliesse, d'un halo éploré qui faisait transparaitre une autre facette de l'artiste. Elle rebroussa chemin d'un pas aérien, jusqu'à revenir se placer sur le bord de l'abreuvoir, plus proche encore d'Oberyn dont elle captura le regard. Ses graciles phalanges batifolèrent sur le trapèze du chevalier, tracèrent son articulation scapulaire, puis défaillir le long de son bras diapré de sang. Ses doigts s'enroulèrent aux siens malgré tout, elle redressa leurs mains jusqu'à sa joue au teint halé, souillant ainsi l'opalescence de sa robe d'humidité et du fluide vital qui s'échappait. Il lui en voudrait pour cela aussi, ou s'en voudrait à lui, mais qu'importait. Une promiscuité sciemment instaurée par laquelle elle brisait les dogmes morales et sociétaires, car ils en avaient outrepassé les frontières depuis fort longtemps. Il n'était plus question de formalité, l'opinion n'en serait que plus personnelle.

  ~ Oberyn... Entonna t-elle comme l'on entamerait une misérable patenôtre. Nous sommes amis depuis toujours, tu me connais comme personne, et pas seulement à la lumière de mes glorioles. Je sais que tu ne ferais jamais rien qui irait à l'encontre de ce que nous représentons, que tes voeux sont infrangibles... Mais je sais aussi que ta dévotion te perdra si tu n'affrontes pas la réalité comme un digne adversaire. Je t'en prie... Elle pencha sensiblement la tête sur le côté. Je n'aime pas te savoir avec elle, j'abhorre l'idée même que tu lui sois voué, cela n'est pas de la jalousie... Je suis inquiète, ulcérée qu'elle ne t'apporte qu'une immuable turpitude sans que je ne puisse rien y faire. Daärim... Elle réprima un spasme qui entrava sa cavité gutturale et l'obligea à se concentrer, prunelles vagabondes et lèvres pincées. Ce prénom était une inénarrable douleur, et si elle surjouait quelque peu, sa peur du personnage était factuelle. Daärim conspire avec elle, la Rivière Mère et les Sept savent que je suis un obstacle à abattre au plus vite, quand bien même n'y sont-ils point encore parvenus. Je ne les sous-estime pas pour autant, surtout pas depuis qu'Edarra t'a incanté. Que suis-je censée faire, désormais ? Craindre pour la moitié de Dorne, pour ta vie, et pour la mienne sans agir ?... OBERYN ! Son timbre de cristal venait de pourfendre le ton de l'épanchement, inopinée et térébrante, l'exclamation chanta en répercussion dans les écuries à en surprendre les montures alentours. Tel avait été son but : stupéfier par sa fougue et sa contingence, prendre au coeur le sigisbée sûrement ankylosé d'écoute. Ses phalanges harpèrent celles amies avec plus de vigueur, le dos de la main masculine pressée contre son sein au revers duquel palpitait son principal organe. Les lagons d'azur chatoyaient de quelques astres égarés, eux-mêmes épars dans l'immensité violine, puis elle prononça avec une visible raideur maxillaire. Ne m'oblige pas à endosser le mauvais rôle... »

Car elle serait inapte à endurer le scénario marital qui se profilait, incapable de laisser l'occasion à son jumeau de la vaincre. Auquel cas, avec ou sans l'agrément du Dayne, elle agirait, contre lui s'il le fallait, pour son bien. Se servait-elle de sa valeur aux yeux du rocheux pour le convaincre ? Assurément, elle usait et abusait de ses facultés, de ses charmes, de sa détresse, de leurs liens et de tout ce qui ne lui était pas vain. La manipulation n'avait ni favori ni rescapé, elle différait simplement de motif et de sapidité, une attitude que d'aucuns pourraient juger cruelle... Mais même si un sens suraigu d'arrivisme perdurait dans ses mots, sincères, étaient ses maux.
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Chevalier
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Oberyn Dayne
Chevalier

Général

• Epée du Matin •
◌ Vision du Guerrier ◌
• Champion de la Maison Martell •

« Honneur, Loyauté, Sacrifice. »

♦ Missives : 2094
♦ Missives Aventure : 87
♦ Age : 29
♦ Date de Naissance : 30/03/1988
♦ Arrivée à Westeros : 17/09/2012
♦ Célébrité : Jamie Campbell Bower
♦ Copyright : Violain <3
♦ Doublons : Gunthor Estremont
♦ Age du Personnage : 25 ans
♦ Mariage : Fiancé à Edarra Ferboys
♦ Lieu : Citadelle des Météores.
♦ Liens Utiles :

Disponibilité : 3/4 RP's
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Message Ven 28 Déc 2012 - 1:34


Les Larmes du Soleil.


Sa confession terminée, Oberyn fut désormais purement et simplement accaparé par la silencieuse contemplation des réactions de celles qu’il, d’entre toutes les femmes, estimait le plus. Il n’avait point son aisance pour des langages du corps déduire le fond des pensées mais pouvait grandement imaginer ce qui, dans son vif esprit, pouvait bien se tramer. Ses traits n’avaient rien de fermés et demeuraient éblouissant d’une lumière qu’il ne pouvait qu’apprécier pour l’avoir tant côtoyer, son visage gracile et doux sublimé par quelques affres de l’existence n’en faisant qu’un idéal de beauté grandissant aux yeux du Dornien Chevalier qui dans les Montagnes Rouges fut élevé. Alors il la mira de ses yeux bleus. Des yeux plus bleus que bleu qui la scrutaient de leur pailleté améthyste semblable à des pépites d’un mystique savoir hériter d’une lignée dont il ne pouvait que se réclamer, lui qui arborait fièrement sa blonde crinière marbrée de cendre propre aux Andals qui avaient forgé son physique de guerrier. Regard dur et sombre, cerné d’ombre qui dérivait sur chacun des traits propre à ce faciès si particulier qu’il ne se lasserait, jamais, d’admirer comme de contempler. Silencieux témoin d’une amitié qu’il s’échinerait, au travers du temps comme des épreuves, à préserver.

Virent alors trois mots. Trois mots qu’elle prononça sur un ton qui lui était propre, sur un ton qu’il devinait employé comme une réponse avisée aux derniers termes qu’il avait lui-même employé. Les successions de lettres parfaitement agencées lui furent donc destinées dans une parfaite élocution au service d’un timbre qu’il devinait aussi chantant que parcouru d’un humour propre au caractère espiègle de la belle Ismaëlle. Pour seule et Immédiate réponse, dans une pulsion relevant presque du domaine du réflexe, le jeune sigisbée des Météores ne put qu’étirer finement sa lippe dans un sourire à mi-chemin entre l’amusement de la situation et le caractère taciturne comme posé qui pouvait, en temps normal, être le sien. De toute évidence, son amie n’avaient point été accablée par ses confessions comme semblait l’indiquer sa pique verbale prononcée sur le ton de la plaisanterie déguisée. Il pouvait encore lire dans son regard cette espiègle lueur qu’elle lui avait tant de fois réservé durant leurs jeunes années et ce simple constat suffisait à réchauffer son âme grelottante. De tous temps, il s’était efforcé de délivrer une image d’homme solide et de preux chevalier que la peur comme le doute ne semblait point effleurer. Comprenez donc qu’être ainsi exposé aux yeux d’une personne estimée dans un état de faible qu’il semblait lui-même avoué avait tout de la désagréable nouveauté. Mais là où se retrouver ainsi mis à nu aurait pu le décontenancer comme le fragiliser face à n’importe qui, il en était tout autrement face à elle. Elle qui s’était imposé comme une confidente dévouée et une amie fidèle avec l’écoulement des années pouvait bien connaitre le moindre de ses secrets sans qu’il ne s’en trouve ébranlé. Au contraire, il n’appréciait que trop les conseils que son brillant esprit pouvait bien lui dispenser. Aussi semblait-il avide de connaissance comme de confidence maintenant que sa confession avait touché à son terme. Mais un éclair fut suffisant pour qu’il en vienne à redouter les mots de la belle Forrest, un simple ternissement fugace de l’éclat de ses iris chatoyants qu’il jugeait signe annonciateur de bien déplaisantes nouvelles.

Un temps il crut que bien vite viendrait sonner à ses oreilles la douce voix berçant l‘argumentaire, mais quand ses iris aux traits propres au vermeil Dragon Tricéphale en vinrent à se plonger dans la mosaïque de jade comme de saphir teintant ses doux Myosotis, la belle scorpionne ne trouva qu’à formuler un long soupir qu’il ne trouva point la force d’interpréter. La réflexion ne fut point entamée et il se contenta de se laisser porter par un regard à la force suffisante pour qu’à sa perception s’annulent l’espace comme le temps. Ne restait rien d’autre plus important que ces deux iris somptueux qui de leur charme pansaient ses blessures plus efficacement que n’importe quel baume. Mais voilà que déjà la douce dryade chaussait son masque de dramaturge et se drapait d’emphase pour donner plus de portée au discours qu’elle ne manquerait point de vite prononcer. En l’instant, Oberyn semblait partagé, son amusement constant lui intimant d’étirer un sourire devant cette performance qu’il n’avait déjà que trop subit alors que sa raison susurrait à son cœur que le vibrant discours qu’il ne tarderait point à entendre n’en serait que plus désagréable. Comme si, par ses simples talents de comédienne Lady Ismaëlle parvenait à instiller une certaine forme de peur en son cœur.

Vint donc l’instant tant redouté où la Naïade des sables se fendit d’une interjection pour le moins exagérée avant de, sa voix cristalline déployer. Figé dans sa gangue de bois comme d’eau désormais tiédie par les affres du temps qui passe, le Chevalier se réclamant du Matin posa sur elle son regard analytique, cherchant à discerner dans son jeu les traces de vérité pure. Elle ne manqua pas de l’aborder avec tout le talent qu’il lui connaissait, la laissant dévoiler ses intentions dans une éclosion de paroles destinées à imprimer dans son âme la construction d’un discours qu’il pourrait bien ne pas gouter. Mais il lui était reconnaissant de ses mots comme de ses efforts, satisfait de pouvoir compter sur l’analyse d’un esprit bien plus au fait des manipulations propres à la politique que le sien. La parole de la belle Lady Forrest était d’or en l’instant et c’est dans un soupir virant au murmure que l’éphèbe joueur d’épée prit la peine d’immédiatement lui signifier son attention en préambule à la diatribe qu’elle ne manquerait point de lui servir tantôt.

« Si tel est ton désir... »

Et voilà donc la délicieuse nymphe totalement dévolue à son rôle de grande tragédienne, chaussant un masque de sévérité qui irait de pair avec le ton employé. Au fil du temps, Oberyn avait appris à la redouter mais ce n’est pas peu dire d’affirmer que la représentation théâtrale continuait à faire son petit effet. Il ne détourna point les yeux quand chacun des traits de la belle sembla bien se crisper pour lui octroyer un masque à la sévérité accrue comme si elle s’apprêtait à le juger. Toujours cet air strict, toujours ce port altier qui s’employait à la décrire comme l’une des plus influente intrigante de Dorne. Pour la bonne cause, aux yeux de l’Héritier des Météores… C’est silencieusement qu’il accueillit sa première pique, délivrée avec la volonté avouée de faire comprendre au Dornien sigisbée dans quel pétrin pouvait bien l’amener son sang chaud comme son impulsivité. Distribuer des insultes à l’encontre de ses nobles semblables n’avait surement pas été son idée la plus brillante mais il n’en éprouvait toutefois aucun remord. Tout juste s’intima t’il de faire preuve, à l’avenir, d’un peu plus de diplomatie comme de détours là où son amour des lignes droites comme du franc parlé était à même de nimber son discours d’un nuage de bien négatives influences. Qui plus est, la voir endosser l’insulte proférée dans la comparaison à de volatiles charognards lui fit prendre conscience que ces mots pouvaient bien, dans leur perception, amener à des susceptibilités pour le moins mal placées. Et là où il n’avait point à craindre celle de sa nymphe enfantine autant qu’espiègle, d’autres pourraient bien le lui faire payer très cher. Une leçon qu’il se jura d’apprendre comme de retenir. Comme bon nombre de celles qu’elle avait pu lui dispenser au fil du temps…

La suite du discours parvint alors à ses oreilles, amenant le jeune chevalier des Montagnes Rouges à un froncement de sourcils qui n’avait rien d’agréable pour sa personne. La parole donnée voulait que soient plus forts les hommes unifiés que ceux favorisant la solitude. D’aucun attribuait au Nord un proverbe faisant l’apologie de la meute à la lumière des faiblesses d’un loup isolé. En tant que fantassin avéré, Oberyn n’avait que bien des fois pu vérifier la portée de tels propos et il ne trouva point la force de contester les dires de sa compagne d’un temps. A la vérité, sa plus grande détestation venait du constat qu’elle lui exposait : celui d’un retournement progressif de l’opinion des Maisons de Dorne quand à la fidélité de la geste Dayne. Tout ça, du fait de son propre rapprochement à la Maison Ferbroys. Un temps, il sentit monter la nausée mais son trouble se dissipa dès l’instant où elle lui fit de nouveau face dans un exagéré déhanché. Elle le jaugeait avec une morgue sans limite et une suffisance qui avait le don de l’exaspérer. En l’instant, Oberyn pouvait bien la percevoir avec une certaine forme de… Haine. Mais il ne pouvait point la contredire tant la suite de son argumentaire était frappé du sceau de la vérité. La voir ainsi, de son verbiage pour le moins coruscant, rappeler toutes les ombres au tableau familial de ceux qui « gardent la voie » ne fit que renforcer les doutes qui tourmentaient son esprit depuis que s’était achevée sa discussion avec son Prince. L’Antinomie de son union du faite de sa loyauté fut également de mise et Ismaëlle parvint, tant bien que mal, à lui arracher un maigre sourire dans l’évocation de sa reconnue dévotion pour le souverain Martell.

Ephémère fut, toutefois, l’étirement labial alors que la nymphe des sables poursuivait sa diatribe dans des trésors d’éloquence que le chevalier des Météores ne pouvait que lui envier. Un discours appuyé par des mimiques comme des attitudes qui avaient le don de briser les défenses d’un Oberyn attentif comme jamais, ses yeux bleus sombre désormais rivés sur la silhouette qui prenait malin plaisir à, de ses mots, le torturer… L’évocation d’insultes à l’attention de sa fiancée eurent, un temps, été suffisant pour le voir de colère s’empourprer. Mais en l’instant, il conserva sa réserve en ne se départissant point de son flegme, préférant orienter toute son attention sur un raisonnement qu’il ne pouvait s’empêcher de trouver… Captivant. Progressivement, la détestation profonde que pouvait générer les mots de son amie de toujours se dissipa pour laisser place à des sentiments mitigés, accablant le porteur d’Aube de bien des contradictions. Il ne pouvait contredire les propos de sa douce amie qui trahissait les craintes déjà évoquées par bon nombre des gens de sa propre Maison. Voir ce discours ainsi multipliait poursuivait une œuvre de déstabilisation de ses conviction déjà fortement entamées. S’il ne pouvait pas publiquement l’avouer, le jeune chevalier ne manquait pas de considérer tous ces points de vues et les voir ainsi se succéder avaient de quoi voir ses opinions changer. Restait alors un point qu’il ne pouvait oublier : celui du pouvoir de la parole donnée. En tant qu’homme à la profonde estime de l’honneur, le Dornien des Montagnes Rouges ne pouvait pas ignorer cet élément ciblé. Il finit donc par écouter dans un mutisme complet, accueillant dans une souffrance non démontrée le point évoquant la perte de bien des liens par la force d’une union qu’il avait longtemps désiré. Un gout rance monta dans sa bouche et c’est avec grand peine qu’il maintint sur ses traits un masque de profonde neutralité. Intérieurement, un conflit déchirant était en train de se dérouler…

Mais comment ne point être touché par le changement soudain qui venait de s’opérer? Qu’elle pouvait sembler fragile, ainsi, alors que toutes ses forces semblaient la quitter dans un désenchantement inouï… Captivé et somme toute hypnotisé, Oberyn ne parvenait point à détacher ses yeux de la silhouette animée, accueillant son arrivée par un soupir qui démasquait la frénésie soudaine des battements de son cœur déchiré. Tremblements et frissons furent au rendez-vous du contact de ses doigts sur ses muscles endoloris. Leurs doigts se nouèrent mais il n’en avait cure tant il prenait plaisir à se noyer dans deux somptueuses pupilles qui ne lui dictaient point l’envie d’apprendre à nager. Comme si le monde ne pouvait se résumer qu’à leur duo improvisé en cet instant, comme s’il leur autorisait un semblant de parenthèse enchantée. Son sang perlait à même son derme couturé d’éparses cicatrices portées à la manière d’insignes honneurs, glissant le long de ses muscles pour retomber en une pluie désordonnée sur les riches vêtements de la belle qui ne l’était que plus encore ainsi accoutrée de tels atours. La main du héraut des aurores vint épouser tendrement la joue que lui offrait la naïade qui n’avait plus besoin que de parler pour vois ses mots durablement gravés dans la mémoire d’un Dornien chevalier plus alerte que jamais. Alors il l’écouta, éloge du silence quand son cœur ne battait que plus fort. Ses yeux se plissèrent dans le trouble affiché à la simple évocation du nom d’un jumeaux qu’il avait autrefois estimé alors que son cœur saignait à l’évocation d’une sanglante passe qui pourrait augurer avant de se voir étreint par la peur dans la menace que ces derniers mots lui firent discerner. Puis, vint le silence…

Un froid et inquiétant mutisme que n’aurait point renié le Mur lui-même, une tension certaine qui ne trouvait point de paix dans le regard que pouvait lui porter le Dornien sigisbée. Le masque chaussé sur ses traits fin ne manquait pas de singer des attitudes inquiétantes sans toutefois pleinement lever le doute sur ses intentions véritables. Oberyn ne parlait point, laissant ainsi s’exprimer son surnom de silencieux alors que ses doigts ensanglantés répugnaient à s’éloigner du soyeux contact d’une peau qu’il n’aurait jamais le loisir de pleinement explorer. Intimant une pression suffocante par le simple jeu de ses prunelles de Valyria, le héraut du matin ne se fendit d’une geste lent et calculé que bien des instants après que le dernier des mots de sa Lady ne fut prononcé. Son torse en vint à doucement se redresser alors que son buste tout entier ne s’animait que d’une longue et lente course amenée à tous deux les rapprocher plus qu’ils ne l’étaient. L’étreinte de ses doigts ne fut que plus sucrée et assurée alors son visage rude venait à approcher le sien, tout de désir comme de charme sculpté. Sa lippe fendue sur la blanche vision de sa mâchoire crispée, Ser Oberyn Dayne ne se laissait point perturber par le régulier clapotis des eaux s’écoulant tout du long sa crinière d’or argenté, roulant sur les muscles tuméfiés qu’il animait afin d’elle, toujours plus, s’approcher. Avec une aménité infinie, le jeune joueur de blanche épée vint à son front apposer contre celui de la Nymphe au crâne couronné, laissant leurs souffles chauds s’entremêler alors que sa respiration ne manquait point de se faire plus lourde, plus encombrée… Ses yeux pailletés d’améthyste ne manquaient pas de plus encore se plonger dans les doux myosotis que la belle pouvait bien lui offrir. Et alors qu’un mouvement de douce en venait à cajoler la douce joue de la belle Dornienne, le bretteur des montagnes rouges laissa ses mots emplir son souffle dans une décomposition lente de chaque syllabe, donnant toujours plus de poids à des mots murmurés sur le ton du serment.

« Sept Dieux comme Sept Couronnes ne suffiront point à endiguer le juste châtiment que j’appliquerai à quiconque attentera ton existence ! Son regard trahissait toute la force de ses mots, affirmant une promesse éternelle comme gravée dans la roche qu’il ne pourrait qu’honorer sa vie durant. Donnant toujours plus corps à son récit, le Dornien sigisbée se fendit de nouvelle déclaration sur ce sempiternel ton lent et implacable propre à la formulation de vœux immuables. Quels qu’ils soient, je me trouverai là. Quels qu’ils soient… Son pouce ne cessait de dorloter la joue éplorée d’infimes et lents mouvements alors que les paupières du jeune chevalier s’affaissaient doucement pour partiellement voiler son regard accablé de fatigue. Comme si les mots multiples de la belle oratrice n’avaient été que des poids supplémentaires affligeant ses épaules. De même, Ismaëlle, tu me connais plus que quiconque et point seulement à la lumière des titres qui auréolent mon nom… Tu sais donc la valeur véritable que j’accorde à ces mots… Et par elle, toute la valeur comme l’affection que je te porte. »

Un mince sourire vint en accompagnement de ces mots à peine murmurer dans un épilogue qui se voulait audible d’eux seuls. Un court silence fit place alors que le jeune Dayne révélait à nouveau ses pupilles au grand jour. La muette contemplation de ce visage pourrait bien suffire à son existence chaque jour… Mais c’est avec une infinie douceur qu’il délaissa de sa main la joue de la belle pour emmener leurs mains liées vers les airs immobiles d’une écurie incongrue où il avait élu domicile. Poussière, sang comme épars brins de paille zébraient de corps étrangers la placide surface de son bain désormais frais. Toujours Aussi proche, toujours aussi près. Il ne parvenait point à s’en éloigner mais ne manqua point de ses mots reprendre le cours de sa diatribe. S’il n’avait point son talent pour les arts de l’éloquence, il se voulait d’une sincérité comme d’une entièreté synonyme de faiblesse quand venait l’heure de jouer au jeu des trônes.

« Mais quelle force consentirais tu à mes serments si je venais à briser la parole donnée à d’autres ? Estimerais-tu toujours mes promesses avec la même confiance que celle qu’impose le respect de tous mes serments jusqu’alors ? Ses serments de fiançailles n’avaient engagé que lui et Lady Edarra alors qu’ils se retrouvaient dans une des hautes tous de Salvemer. Mais une parole donnée reste une parole donnée aux yeux de celui qui avait prononcé ses engagements de chevalier sous le regard de Sept divinités. Il ne marqua qu’une courte pause avant de reprendre sur le timbre accablé qui semblait s’être emparé de tout son être : J’ai tant et tant juré, Ismaëlle… Beaucoup de promesses, tellement de vœux. Depuis que je suis enfant, je n’ai fait que jurer, jurer, jurer… Encore et toujours… Obéir à son suzerain. Défendre son suzerain. Obéir à son père. Aimer son épouse. Rester fidèle à son épouse. Défendre le faible. Protéger l’innocent. Tant et plus encore… Il n’attendait point de compassion de la part de la belle Dornienne. Comme elle précédemment, il se contentait d’énoncer des faits, oubliant progressivement qui mêlait toujours ses doigts aux siens dans une étreinte qu’il ne manquait pas d’affirmer avec plus de force à mesure que se déroulait sa confession. Mais que faire si votre épouse Méprise votre suzerain ? Que faire si votre suzerain massacre l’innocent ? Que faire si défendre votre suzerain revient à frapper le faible ? Comme si, quoi vous puissiez faire, vous deviez être amené à violer tel ou tel serment… Ces questions, tant et tant de fois je me les suis posées. Et tant et tant de fois il aurait souhaité pouvoir compter sur les conseils avisés de son mentor et ami chevalier errant. Lui qui fut toujours de bon conseil aurait su faire office de phare au beau milieu de ces ténèbres. Qu’il aurait aimé pouvoir se reposer sur la sagesse de Ser Lothar Celtigar… Et l’on me nomme Epée du Matin, un Chevalier exemplaire au service d’une lame distinguée… Quel genre d’exemple serais-je en ne respectant point mes paroles données ? Un illusoire exemple car viendra bien un jour où je devrais briser un serment pour en respecter un autre… »

Sarcasmes et ironies étaient au rendez-vous des mots prononcés par une Epée du Matin au maigre sourire ourlant ses lèvres. Il ne pouvait point l’avouer directement, mais les mots de la Naïade des sables l’avaient touché plus qu’il ne pouvait le dire. Autant que ceux de son Prince auparavant, plus que ceux de Dame sa mère alors qu’elle désapprouvait son union et plus que ceux de son Oncle quand il lui formulait ses craintes envers la geste Ferboys. Depuis toujours, il s’était fait à l’idée de devoir briser l’un de ses vœux pour respecter un autre, ainsi qu’il venait de l’exposer. Le tout serait de le faire en gardant une ligne de conduite morale propre à sa conscience. Afin de ne jamais éprouver dégout et remord quand viendrait l’instant de se mirer dans la glace… A la lumière des multiples alarmes que pouvaient bien lui adresser son public, peut-être ce temps-là viendrait plus vite qu’il ne l’avait imaginé. Une profonde expiration vint alors briser le silence, Oberyn détournant le regard pour de nouveau mirer le pommeau de sa chatoyante épée. L’étreinte de sa main sur les doigts de la belle point ne se desserrait alors que son regard mélancolique venait à nouveau caresser les traits sculpturaux de l’héritière de la Tombe au Roy. Dans sa voix, une sorte d’écho différent sonnait de bien moins funeste manière, comme si une chaleur certaine l’avait sorti d’un profond désarroi. Une chaleur propre à une seule personne sur cette terre…

« Plus que quiconque, tu es une amie chère à mon cœur, Isma… Le temps des surnoms d’enfance semblait bien faire de nouveau surface alors qu’un nouveau sourire perlait sur la lippe du chevalier dornien. Et ce dernier de poursuivre : Aussi, je n’ai nulle peine à t’entretenir dans un tel état de faiblesse, bien qu’il me coute de ne point pouvoir te retrouver sous mon meilleur jour… Tu es bien la seule à qui je peux dévoiler tel masque propre à ma personnalité. Décollant enfin son front de celui de sa douce amie, l’héritier des Météores ne se drapa que peu de silence, désireux d’amener les débats sur des points plus éloignés, il ne manqua pas d’immédiatement énoncer : Tu sais ma loyauté toute acquise au Prince Maron. Nul Chevalier de Dorne ne s’opposera à ses ennemis plus farouchement que moi. J’ai longtemps estimé ton frère, longtemps manié l’épée avec lui comme joué de la lance… Le savoir dans l’autre camp est un véritable déchirement et l’affronter un crève-cœur. Mais il y a une chose, Ismaëlle… Une chose que je dois savoir du fait du tressaillement de ta voix au moment d’évoquer ton jumeau. Une chose que je crains de voir révéler mais que je me dois de questionner si je veux être à même de protéger. C’est ce que le cavalier Dayne aurait aimé pouvoir formuler mais qu’il garda bien en son cœur dissimulé. Il est des choses qu’il convient de garder voilé. Voilà pourquoi l’Epée du Matin en vint à l’interroger sur ce ton qui lui est tout entier réservé : A quel point crains-tu ton frère . . . ? »





« Seal my heart and break my pride,
I've nowhere to stand and now nowhere to hide,
Align my heart, my body, my mind,
To face what I've done and do my time. »


Dernière édition par Oberyn Dayne le Lun 1 Avr 2013 - 14:24, édité 1 fois
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Message Jeu 3 Jan 2013 - 0:28


C
onsidérerait-il la folle rythmique qui pulsait jusqu'à ses propres tympans et se répercutait en kyrielle sur cette main qu'elle enserrait contre elle ? Ce protagoniste aux multiples facettes, ce sigisbée au coeur aussi noble qu'affligé, plongé dans des géhennes dont il ne s'extirpait peut-être jamais, elle le connaissait certainement mieux que quiconque sur cette terre. Il aurait pu imiter ces simulacres de granit qui ornementaient les cours de ces grands dignitaires, au derme d'albâtre, aux yeux de quartz, il aurait pu feindre la plus irréfragable indifférence quant au sujet abordé et saboté, qu'elle savait qu'il n'en était rien. Ce n'était point d'imminentes réactions qu'elle quémandait, mais un voeu à la réflexion, à l'instar de ces serments qu'il tenait non sans en souffrir, non sans en larmoyer. Les idées avaient besoin de caboter sur les rives du syllogisme, portées par la voilure des propos qui lui furent tenus, des véracités soulevées et des suppliques adressées. Une fois la tempête passée, l'horizon s'ébaucherait à nouveau aux zinzolines prunelles du capitaine qui, fort de ces tribulations, pourrait repartir à la conquête des mers et terres avec toute la probité que tous lui connaissaient. Ne lui faisait défaut qu'une boussole suffisamment équilibrée pour convenablement le guider, à travers les déferlantes qui menaçaient de le faire chavirer, contre les vagues dont la spumosité rongeait doucettement la coque de leur proie pour s'insinuer en son for intérieur. En plus d'être sa rose des vents, elle appréciait autant d'être son calfat si cela pouvait empêcher l'eau croupie et ses éléments viciés de faire d'un somptueux navire une triste épave, à laquelle il serait alors ardu de rendre sa gloire si naufrage il y avait. Tant de proses marines pour n'exprimer qu'un seul et même souhait : celui que son héraut des aurores ne sombre pas inconsidérément dans d'obscurs abysses, ou pis encore ! Et s'il devenait l'arlequin au bout des fils d'un marionnettiste dans le plus burlesque des théâtres d'effigie ? Diantre, que nenni ! Sûrement pas ! Jamais, tant qu'un oeil avisé veillait aux approches du prédateur qui rôdait, maudite ribaude des Osseux tenant plus du charognard que de la féline. La guenuche aurait tort de ne point se ronger les sangs quant aux capacités rhétoriques d'une Forrest dont, plus que la fierté, la vie pouvait être en jeu. Une préservation aussi personnelle que vouée à un ami à l'ineffable valeur, tant de motivations qui ne pouvaient la faire échouer dans son entreprise. Quelle que serait l'amplitude du labeur, elle y parviendrait, elle percevait une nitescence de plausibilité qu'elle ne laisserait pas lui échapper.

Dans une mélodie aquatile, elle vit ces muscles de gypse blanc partiellement s'extirper de leur nappe souillée par la poussière, la sudation de l'entrainement et l'ichor de ses plaies. Instinctivement, le rachis jusqu'alors sensiblement convexe de la sylphide se redressa à la cadence de cette proximité installée. Loin d'elle la volonté de le fuir, elle ne faisait que l'enjôler de l'azur de ses iris pour qu'il viole la notion même de promiscuité. Ses lippes au baume sucré s'entrouvrirent, promptes à peut-être accueillir plus qu'un respect de leur amitié alors que la tentation s'ajusta à cet orée labial. La perle de nacre se fit moribonde entre les deux fronts conglomérés, le zéphyr de leurs poumons mâtiné en une voluptueuses unité alors que dans les mirettes de chacun ils se noyaient. Happée qu'elle fut par la bienveillante améthyste, la raideur disparut graduellement de ses attaches maxillaires comme de ses épaules inconsciemment contractées, elle se sentit nimbée d'une aura protectrice et salvatrice, de cette suave chaleur qu'elle avait toujours ressentie lorsqu'elle était auprès de lui. Un éden se façonnait alors, dans l'aile d'un séraphin aux aïeux Andals, elle s'alitait dans son pennage et y sommeillait sans crainte d'un noir corvidé. Ce fut d'ailleurs l'effet d'une plume caressant sa peau que cette phalange provoqua contre sa joue, qu'elle pencha un peu plus pour l'abandonner à la merci d'un pouce flatteur. Sa pieuse tirade fut une rose de cristal déposée en son coeur, elle y reconnaissait bien là toute la ferveur des Dayne, et en particulier celle de son chevalier. A cela, elle répondit un sourire adorablement conquis, car elle savait qu'en cette réplique ne brillait qu'une véracité aussi pure que dévouée. Il s'était autoproclamé son égide, une initiative qu'elle ne lynchait nullement et à laquelle elle se fiait aveuglément. Si ce n'était leurs coercitions respectives et la distance qui s'y alliait, tant qu'il était à ses abords, point de péril ne la guetterait. Un réconfort dont elle ne se lassait pas, qui lui octroyer une forme d'ataraxie qu'elle ne possédait qu'en une seule autre présence, celle de leur bon suzerain qu'était le prince Maron. Mais elle préférait vouer son attention sur l'élocution qu'elle percevait, et tout comme lui, ses paupières tirèrent le rideau sur ses myosotis pour séjourner dans le fertile univers qu'était celui de l'imagination, celui de l'esprit. L'expérience était mystique, elle était absconse, elle leur ressemblait, tout simplement.

Son ode jusqu'alors délectable eut subitement une note qui résonna affreusement fausse, sans que la donzelle n'en soit abasourdie pour autant. Les rictus attendris s'évanouirent au profit d'un attentif quant-à-soi, elle refusa de confronter le purpurin de ses prunelles et garda les yeux clos, comme pour affûter une ouïe qui souffrait de l'oraison prononcée. Elle estimait qu'il n'avait point le droit de comparer les promesses qu'il lui formulait à celles adressées à autrui, surtout lorsqu'il s'agissait de sa pire ennemie. Ismaëlle ne pouvait l'admettre, et si le mutisme fut sa seule réaction, elle n'en pensait guère moins. Il n'obtiendrait jamais sa voix pour poursuivre dans sa folle romance, bien au contraire, tout complot ourdi ne serait pas à blâmer tant la situation était d'une préoccupante envergure. Dans son drapé de serments aux pieds de sept déités, il en possédait, des contraintes auxquelles il ne pouvait échapper. La vie, toutefois, n'était pas une immuable dune qui résistait au vent et aux pas des badauds, effectivement, la théorie devenait utopie à côté de ce qu'était la réalité. Les choix de moralité se présentaient en pléthore, alors ne tenait qu'au bon sens, à la matoiserie ou à la piété de se manifester pour choisir la voie désirée. Si les décisions de la jeune Forrest influaient sur la notoriété de son patronyme comme sur l'ensemble du fief familial, le fardeau était décuplé pour un quidam auquel l'on ployait le surnom d'Epée du Matin. Elle le savait pertinemment et eut toujours été l'une des premières à mirer les vicissitudes qu'il se devait de traverser sans droit – ou si peu – à l'échec. Elle ne l'enviait pas dans son rôle tout désigné de parangon de chevalerie, ni même pour ces principes dans lesquels il était inéluctablement enchevêtré, la vertu, et tout ce qui en découlait, n'était pas de son acabit à elle. A chacun ses croyances, à chacun sa destinée, la dryade préférait son aise à celui des autres, mais n'en soufflait mot dans le présent contexte. Elle le laissait avoir raison, car oui, il psalmodiait vérité en affirmant qu'un jour viendrait où il serait contraint de briser l'un de ces voeux auxquels il tenait tant. Un nouveau silence en guise d'ambiance, et les iris de bleu lagon ne se redévoilèrent qu'à l'entente de ce surnom réservé à leurs conciliabules, à leur intimité retrouvée. Ils avaient peu de secret l'un pour l'autre, peu de mystères entretenus et à ce truisme elle se prêta à sourire derechef. Un frêle ricanement soupiré pointa même, puis il s'éloigna, elle se redressa un peu plus qu'elle ne l'était. Une invisible palpitation vociféra à ses tympans lorsque vint le sujet de son jumeau, un sujet qu'elle ne soupçonnait pas aller si loin dans cette conversation-ci. Elle ressentit une ténébreuse appréhension quand il s'aventura dans des méandres prohibés, puis la sanction tomba, avec l'enchantement de la lady.


  ~ Nous ne sommes pas là pour parler de l'autoursier et ses oiseaux de proie, je n'ai pas envie de déblatérer sur Daärim, ne penses-tu pas sincèrement qu'il est déjà trop envahissant pour s'inviter dans notre discussion ? Un astre d'hostilité étincela dans l'abîme de son regard, si ses sourcils n'étaient en rien froncés, ses traits miroitaient une arrogance illusoire. N'essaie pas de changer de sujet, ne fuis pas tes erreurs. »

Car ses fiançailles avec Edarra n'étaient rien de plus qu'une profonde bévue qu'il fallait corriger avant qu'il ne soit trop tard. Faussement persuadée qu'Oberyn ne cherchait qu'à se camoufler au revers d'un aparté, elle ne voulait rien entendre, rien savoir sur ce pan ô combien alambiqué qu'était sa relation avec son très cher frère. La chimère de ce dernier lui coûta un frémissement le long de son épine dorsale, qui la mit fort mal à l'aise et la fit s'installer de profil au sigisbée. Menton intuitivement relevé, calots fuyant religieusement ceux de son interlocuteur, elle prit une grande inspiration dont elle obstrua ses organes pulmonaires durant quelques secondes jusqu'à ce que l'oppression se fasse trop grande dans sa gorge. Une pression qu'elle relâcha dans un soupir fébrile, l'émoi manifeste, troublée par l'interrogation même innocente et surtout impliquée du jeune homme à ses côtés. Il savait à quel point les confessions étaient affligeantes sur les affres endurées, violentes et souvent malsaines, effleurant narquoisement les lisières de la licence. Les réminiscences de leur dernière algarade en date lui revinrent, elle se remémorait l'ardente haleine du fauconnier sur sa peau de cuivre, son indécent touché et ses outrageantes paroles qui n'avaient de cesse de la turlupiner. Des provocations, des vilénies, des offenses qui pleuvaient en ondée et qui ne manquaient point de l'écorcher en dépit des apparences. Chacune de ses perles lacrymales se gorgeait d'amertume, d'une indicible souffrance qu'elle avait grand mal à épancher même sur l'épaule de son preux chevalier, avec lequel elle s'était d'ailleurs faite un peu trop abrupte, elle s'en rendait compte. L'extrémité de sa langue humecta ses lippes alors que ses gemmes oculaires quêtèrent pour un point d'accroche, à la recherche d'une contenance brutalement égarée. Daärim était sa faille, un fauteur de sensibilité qu'elle abhorrait autant qu'elle aimait, tout le paradoxe de ce qui les liait. Pour autant, elle ne voulait guère distiller son courroux sur son ami qui ne faisait que s'enquérir de ses sentiments pour mieux lui apporter son aide. Ses doigts tirèrent sur l'une de ses boucles pour la tendre, puis la relâcher dans un soyeux rebond, songeuse et en expiation de son âpreté qu'elle était. Une fois sa placidité retrouvée, bien que toujours saumâtre en son être, elle tourna sa physionomie en direction du Dayne auquel elle adressa une mimique navrée.

  ~ Je suis désolée... Son incartade répondait au moins à la question posée, trop vive pour ne rien refléter de concret. Elle lui offrit alors une risette quelque peu désoeuvrée, dans l'unique but de lui être agréable en dépit de son fiel. Parler de lui me rend toujours nerveuse, bien malgré moi... Je n'ai pas marotte à être sur la défensive, j'espère que tu ne m'en veux pas. Mais il serait ardu de te conter ce qu'il m'inspire, à dire vrai et contrairement à Edarra, je doute qu'il soit à même de m'occire de sang froid... Il préférerait me détruire, ce qui est certainement bien pire. Elle observa la surface du bain, réajustant son séant sur le bord de l'auge, puis reprit après une furtive réflexion. Mon frère est un guerrier, non pas un politicien, aussi lui serai-je toujours supérieure en terme d'habiletés stratégiques. Altière ? Si peu. Mais je ne mésestime pas son opiniâtreté pour autant, l'on ne se méfie jamais trop d'un dornien. En particulier d'un dornien dont le trépas aurait pu se faire à la saveur d'une coupe de vin. »

Cette sapidité avinée à l'arrière-goût de mort, son frère ne l'avait toujours point chassé de ses papilles, un irrécusable fait. La perfidie sororale était connue d'Oberyn, qui avait probablement eu le loisir de découvrir avec quelle maestria sa tendre amie était apte à mystifier ses projets. Sans guère de commisération ni même estime envers cette moitié d'âme avec laquelle elle s'était épanouie depuis leur plus intègre genèse, elle avait elle-même attenté aux jours de l'autoursier, consciente des prémisses à l'aboutissement du machiavélisme de son plan. Détails soignés, elle avait rêvé d'admirer son corps moribond jusqu'à ce qu'il succombe au Corvenin discrètement ajouté à son breuvage, mais il avait été plus malin, plus efficace en cette sombre sorgue où la guerre avait été déclarée. Pouvait-on y croire, qu'une dame telle qu'Ismaëlle ait pu faire preuve d'autant de bassesse pour faire un pas de plus vers son avènement ? C'est alors que la vénusté se jugeait empoisonnée, les apparences mensongères et mères d'abjectes pensées. Bien plus de dangerosité sommeillait en cette Scorpionne dont le dard ne demandait qu'à piquer dans la chair adverse. Leur inimitié était, dans sa grande majorité, de sa faute, ce qu'elle n'ignorait pas bien qu'elle l'omettait tout à fait volontairement. Elle aimait cette place de victime qui n'était, objectivement, point aussi fallacieuse qu'il n'y paraissait, en témoignaient les stigmates qui l'ornementaient. Couvait-elle une quelconque culpabilité ? Elle n'en savait rien et ne traquait aucune réponse, possiblement apeurée par ce qu'elle pourrait conclure d'une véritable rétrospection. Sans doute était-ce une once de ces remords qui lui interdisait trop de confidences, par crainte d'être dépréciée par l'homme pourtant prêt à la protéger. Elle l'observa, partiellement immergé dans son bain qu'il était, avide de sa rassurante présence. De ses deux mains elle lui caressa la figure, ses ongles le chatouillèrent jusqu'à s'insinuer sur son cuir chevelu pour rabattre sa flavescente crinière vers l'arrière si elle ne l'était pas assez. Puis sa douce poigne descendit le long de son cou, l'une de ses menottes s'immobilisa sur son trapèze dextre, tandis que l'autre vint dessiner les pourtours de son plus proche pectoral. Elle lui sourit plus sincèrement, bien qu'impatiente de pouvoir abattre le sujet pour le reste de leur échange.

  ~ Les choses sont ainsi faites, il me faudrait peut-être inventer un dialecte pour rendre l'ineffable interprétable... Tu imagines si l'inintelligible devenait limpide ? Sans doute n'y aurait-il plus de poésie, plus de rêve, plus de difficulté pour une humanité aussi ingrate qu'éphémère. Elle se tût un instant, émerveillée par ce complexe de l'humain de ne pas être, ni d'avoir assez. Cependant, elle ne se perdit point dans un dédale philosophique et recentra ses propos vers la controverse du moment. Je ne suis assurément pas la plus probe des personnes que tu connaisses, mais en toute franchise, je ne te laisserai pas te cacher derrière ton respect des serments. Ce à quoi tu t'exposes n'est pas inéluctable, l'honneur de ton nom et de tout ce que tu représentes est de plus belle valeur que la rivière de ton amour qui finira par se tarir. Un amour qui tient davantage d'une toquade, à mon humble avis. Toutes les promesses ne naissent pas de la même sagesse, aussi vaut-il mieux renoncer à l'une d'entre elles qu'en faire un regret pour le reste de son existence. »

La mélodie de son timbre se voulut persuasive, élégiaque sur les bords. Nul ne le tancerait pour une décision modifiée au nom de la prospérité des Météores, elle soupçonnait même que l'on viendrait le congratuler d'avoir fait preuve d'autant de sens commun. Au chant d'une muse de corruption s'ajouta la suavité de sa mouvance, la complicité de ses sages blandices qu'elle exerçait sur cette anatomie presque entièrement dévoilée. Presque, seulement... Sans allégation aucune, les myosotis de la Forrest biaisèrent plus au sud, sur la surface d'une eau qui gardait un potentiel charnel dont elle devinait les esquisses par sa connaissance de la masculinité. Elle ne cherchait point à se camoufler de cette oeillade pour le moins indécente et intriguée, revenant même se plonger dans les lacs améthystes avec une expression érotique. Ses phalanges descendirent plus encore et s'amusèrent des vaguelettes occasionnées, suggestives et joueuses dans leur grâce. Y avait-il une barricade à ne surtout pas franchir ? La sylphide n'en avait pas souvenir, et existaient bien quelques zones d'ombre qu'il lui serait agréable d'éclaircir. Mais alors que la promiscuité s'époumonait de tout son soûl, une tiers personne vint les interrompre en se raclant le gosier non loin d'eux. Ismaëlle lorgna en direction de l'intrus, dont elle reconnut sans mal la contenance tout comme cet air peint d'acerbité. Valen se tenait là, les doigts crispés sur le manche de son cimeterre, une contrariété plus qu'éloquente bien qu'additionnée au plaisir de son intempestive incursion. Il considéra le couple bien trop proche à son goût, puis déclara d'un caverneux phonème.

  ~ Le Tailleur que vous avez fait mander est arrivé, milady. L'excuse pour le moins banale bien que véritable faisait l'affaire d'un séide qui n'avait eu de cesse de se ronger les sangs, incapable de trouver la quiétude à l'entrée des écuries. Au vue de l'inaction du binôme de dorniens, il rajouta. Il semble pressé de vous rencontrer... Fort bien. Poursuivit la nymphe qui, non dupe, devinait sans mal la jalousie qui embrasait le regard de son serviteur. Il me faut t'abandonner à ta toilette Oberyn, mais nous nous revoyons dès la nuit tombée, à mes appartements. Evidemment, ceci est un ordre. Elle lui fit risette, puis déposa un baiser sur le front du sigisbée. A ce soir. Allons-y Valen. »

Dans toute sa joliesse bien que désormais maculée d'humidité et de l'hémoglobine de son comparse, la donzelle se leva, laissant sa main glisser sur la joue du Dayne avant de rompre tout contact, qu'il eut été physique ou visuel. L'ondulation de ses hanches la conduisit sur le chemin du retour, alors que son homme de main mit un peu plus de temps que nécessaire à la talonner car prenant le loisir d'adresser une oeillade assassine à l'énergumène dans son bain. Diantre, qu'il le haïssait, ce fier guerrier ! Il ne put s'empêcher de guigner sur Aube qui semblait également le jauger de sa beauté. La commissure de ses lèvres se contracta d'un trait réprobateur, puis il fit volteface pour suivre le sillon de sa lady qui avait d'ores et déjà rejoint les gardes qui patientaient bien plus docilement. Elle n'eut pas un regard pour l'écuyer de son ami et se contenta de passer tel un spectre de blancheur dont l'escorte ne faillait point.

Les heures s'étaient succédées, tout comme les diverses rencontres que la jeune femme avait prévu dans sa fin de journée. A présent retranchée dans ses appartements, elle était guillerette à l'idée de pouvoir profiter d'une nuit en compagnie de son éternel ami, où dans tout le confort de la demeure Martell, ils pourraient reprendre leur conversation sous la majesté d'une voûte céleste parsemée d'astres. Depuis leur truculente entrevue, elle s'était dévêtue au profit de nouveaux atours tout aussi à son image, à la teinte d'un pourpre aussi audacieux que passionné. Son ondoyante crinière élaborée en une coiffure plus adéquate, sa physionomie était dégagée et retouchée d'un subtil maquillage. Des bougies avaient été allumées dans l'ensemble de la pièce adjacente à d'autres plus modestes de superficie mais point de richesse. De diaphanes rideaux conviaient au grand balcon offrant vue sur Lancehélion, alors qu'à la table, trônaient de nombreux mets ainsi que de ce bon vin dont on ne pouvait se lasser. Et alors que la damoiselle contemplait les lueurs nocturnes de la cité, à l'extérieur, les sentinelles gardaient la porte, mais elles n'étaient pas seules. Valen était fidèle à son poste, posté tel un rempart et assombri par la seule vision d'un ser Oberyn qu'il vit apparaître dans le corridor. Toutefois, même lorsque celui-ci fut devant lui, le quidam refusa de se retirer de son chemin et demeura, inflexible, devant l'huis qui les séparait de la jouvencelle. Bras croisés, il profita de ses centimètres en plus pour toiser l'Epée du Matin avec un mépris nullement dissimulé, envieux de l'ouvrir de l'aine jusqu'au plexus séance tenante. Un jour, peut-être, regretterait-il de faire ouvertement affront à l'un des meilleurs bretteurs que Westeros ait porté, mais pour l'heure, le défier même silencieusement était devenu une habitude. Cependant, il n'avait guère l'intention de faire offense à sa maîtresse, aussi finit-il par se retirer pour s'adosser au mur d'à côté. Sa voix de rogomme s'éleva également, dans une tirade qui lui écorchait la bouche.


  ~ Lady Ismaëlle vous attend... »
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Oberyn Dayne
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• Epée du Matin •
◌ Vision du Guerrier ◌
• Champion de la Maison Martell •

« Honneur, Loyauté, Sacrifice. »

♦ Missives : 2094
♦ Missives Aventure : 87
♦ Age : 29
♦ Date de Naissance : 30/03/1988
♦ Arrivée à Westeros : 17/09/2012
♦ Célébrité : Jamie Campbell Bower
♦ Copyright : Violain <3
♦ Doublons : Gunthor Estremont
♦ Age du Personnage : 25 ans
♦ Mariage : Fiancé à Edarra Ferboys
♦ Lieu : Citadelle des Météores.
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Message Ven 18 Jan 2013 - 18:11


Les Larmes du Soleil.


Sa réponse fut aussi immédiate que violente, délivrée sur un timbre qui ne laissait pas la moindre place à la compassion quand venait l’instant de délivrer quelques mots au sujet de son autoursier de frère. Quant à la qualité blessante de ses propos, elle ne fit que glisser sur le cœur d’un Oberyn trop accablé par ses propres maux pour voir l’affection d’une amie se transformer en poison violent affligeant les fondation même de leur réciproque affection. S’il ne goutta point la violence de son propos quant à l’initiation de ses tourments, imputables à sa seule faute, il ne pipa point mot, se contentant de la fixer de ses yeux voilés d’une peine à semi dissimulée alors que sa respiration se faisait plus lourd, plus affligée qu’autre chose. N’incarnait elle pas l’essence même de Dorne en cet instant ? Une beauté sans commune mesure au service d’un sang chaud propre à répondre aux piques par la virulence propre à son peuple ? D’aucun pensait que les Dayne n’était pas vraiment Dornien, leur physique comme leurs mœurs les éloignant des maisons nobles aux ronds boucliers faisant office de blason. Autant donner plus encore de corps à la rumeur en gardant un flegme imperturbable suite à cette brimade qui aurait, en d’autres cas, pu accoucher d’une dispute qu’ils auraient, plus tard, pu regretter. Après tout, la faute lui revenait. Il ne connaissait que trop bien le caractère aussi tendu qu’étrange de la relation unissant la belle Ismaëlle à son jumeau si différent…

Il se mura donc dans un silence contraint qu’il accueillit comme une pénitence méritée à ses propos déplacés. Le mutisme fut donc au rendez-vous pour quelques instants où la Lady Forrest ne consentit qu’à lui offrir le spectacle de son dos. Si bien des hommes de Dorne comme de Westeros en auraient profité pour mirer de tout leur saoul les courbes sensuelles comme généreuses dont elle fut dotée par la Mère Rivière, le Sigisbée des Météores se perdit simplement dans la contemplation du pommeau ouvragée de la lame familiale, refuge séculaire à ses tourments comme à ses interrogations. Il était incroyable de constater à quel point l’admiration de la lame de nacre parvenait à capter toute pensée obscure torturant l’esprit du Dayne quand les aléas de la vie venait à l’affliger. Les capter avec la même facilité que pouvait avoir la blanche lame à attirer toute lumière pour jouir d’une aura de menace comme de superbe palpitant à la manière de la vie elle-même… Vint l’instant où la cristalline voix de son amicale moitié brisa la quiétude des lieux pour formuler des excuses qu’il ne manqua point d’accepter en hochant la tête, son attention ne quittant point la pognée ouvragée de cette arme qui lui valut le titre d’Epée du Matin. C’est néanmoins avec une grande attention déguisée par une once d’indifférence que le jeune homme se laissa bercer par les mots de la belle Héritière de la Tombe au Roy. Il savait tout ça et se reprochait déjà suffisamment d’avoir, une nouvelle fois, remis le sujet de leur passé sur la table des discussions par sa méconnaissance des arts de l’éloquence. Une leçon qu’il se murmurait à chaque fois de ne point oublier mais qui s’évaporait dès lors que la Dornienne des Montagnes Rouges animait ses fines phalanges pour laisser courir la pointe de ses doigts comme le bout de ses ongles sur son derme clair… Comme elle le faisait en l’instant.

Le doux contact de ses phalanges rabattant en arrière sa flavescente chevelure avait le don de faire doucettement s’accélérer les battements de son cœur, plus encore quand elle accompagnait ses geste d’œillades à vous faire fondre les Rouges Montagnes. Longtemps il l’avait considérée comme une jeune sœur qu’il convenait de protéger, mais alors qu’il s’émancipait dans le feu des voyages sous la coupe d’un Errant Chevalier de la Tortue de Jade, elle murissait pour éclore et devenir nymphe aux yeux du monde, si bien qu’il ne pouvait plus la regarder pareillement désormais. Bien qu’il cherchait toujours à ce fait dissimuler. La chair de poule vint à raffermir sa chair alors qu’elle longeait d’un ongle discret le pourtour d’un muscle pectoral soulevé par sa respiration un brin accélérée. Il la laissa parler, silencieux comme à l’accoutumée, se contentant simplement d’étirer sur ses lèvres un petit sourire amusé quand elle vint à formuler ses philosophique pensées. Femme plantureuse n’interdisait point d’avoir de l’esprit et elle en était l’illustration la plus parfaite. C’est tel un enfant que l’on venait tout juste de rabrouer qu’il releva ses yeux pour son visage mirer. Les améthystes dont les Sept l’avaient doté se perdaient dans la coupable contemplation de ses traits fins alors qu’elle reprenait la parole sur un ton suave qu’il ne pouvait qu’apprécier. Religieusement, il l’écouta parler et en resta muet un court instant, assimilant chacun des mots qu’elle avait bien pu prononcer afin de finalement entrouvrir la porte vers la réponse qu’elle semblait bien escompter. Et dans un geste aussi lent qu’éploré, l’Epée du Matin vint à doucette ébranler son faciès pour d’un mouvement infime délivrer un semblant d’approbation à ces dires si bien formulés.

Bien des certitudes affirmaient maintenant son cœur comme son âme, un chorus de convictions profondes qui ne l’amenaient que vers une seule et unique conclusion possible à ce qu’il pensa longtemps être une idylle promise à la Lady Ferboys. Mais tout fut balayé en un instant, remis en question le temps d’un souffle, un souffle suffisant où la Dornienne laissa ses agréable myosotis mirer vers la plus intime partie de l’anatomie du chevalier des Météores. Le trouble fut soudain, son mal être immédiat et il ne manqua point de sentir le rouge monter à ses pommettes saillantes alors que son sang battait plus fort que jamais à ses tempes. Un instant il eut envie de se rebeller, de lui hurler qu’elle ne pouvait pas le soumettre à tel traitement, que leur amitié ne pouvait se sacrifier à tel… Vice ! Mais tout fut une nouvelle fois balayé par leurs regards emmêlés, quand leurs pupilles ne se quittaient point pour ne former qu’un seul et unique regard avide de s’entre dévorer. Sa lippe s’entrouvrit lentement alors que les vaguelettes provoquées par les successifs comme lascifs mouvement de la belle ne faisaient que caresser dans un frisson froid son épiderme tendu. Semblable à une proie hypnotisée par le doux regard d’un serpent, le Dornien des Montagnes Rouges s’animait d’un infime mouvement, amenant son visage dans une mouvance lente et calculée à s’approcher plus encore du fin faciès de la belle nymphe Forrest. Quand un raclement de gorge irrité vint à briser toute atmosphère complice dans cet instant qui n’aurait du appartenir qu’à eux. Une simple œillade de biais suffit à renseigner Oberyn à propos de l’identité du désagréable intrus. S’il ne parvenait point à retenir le nom de l’intéressé, il ne pensait pas se tromper en affirmant qu’il provoquait chez lui un infinie inimité. Ne gouttant pas vraiment la crispation des phalanges du protecteur envahissant sur la poignée de son cimeterre, le Chevalier des Météores apprécia moins encore le regard perclus d’envie que le quidam porta sur l’Epée qui lui valut l’honneur d’être nommé Héraut des Aurores. Et alors que la belle Ismaëlle lui intimait de le retrouver à la nuit tombée, le Dornien sigisbée ne manqua point de lui rétorquer sur le ton badin qu’il lui connaissait de coutume :

« Si c’est un ordre alors, de mauvaise grâce, je m’y plierai... »

Et d’immédiatement lui retourner cette risette facétieuse dont elle l’avait accablé. La douce nymphe disparue, il ne resta qu’un court instant face à l’homme qui semblait nourrir une aversion profonde à son égard. En temps normal, il n’aurait accordé aucune importance à l’œillade haineuse dont il venait de la darder, se contentant de l’ignorer avec superbe. Mais en l’instant, il ne put contenir un semblant de sourire amusé alors que les pupilles pailletées d’Améthyste délivraient au valet un regard auréolé d’ombres. Qu’il garde donc ses menaces pour ceux qui ont à les craindre, telle était l’immédiate réaction d’un Epée du Matin ne désirant plus que retrouver la quiétude de son bain désormais plus que frais. La solitude fut son muet compagnon pendant de très longs instants, des instants qu’il consacra à la relecture de ce moment troublant offert par sa belle amie. Il se figura de nouveau ce baiser délivré sur son front qui n’avait, auparavant, jamais déclencher tant de réaction en son être comme en son ventre. Le rouge monta de nouveau à ses joues alors qu’il laissait s’écouler en son esprit la suite des évènements sans l’intervention de ce Valen… Mais il chassa vite toutes ces pensées d’un méchant mouvement de crâne, estimant qu’Ismaëlle serait aujourd’hui et toujours une fidèle amie sur laquelle il pourrait se reposer. Il serait inconvenant de ruiner le lien l’unissant à la seule personne continuant à l’estimer alors qu’il lui exposait ses plus faibles aspects…

Il se retrouvait donc seul face à sa solitude, animant enfin ses bras afin de décrasser ses muscles endoloris par le combat qu’il avait eu à mener plus tôt dans la journée. Le poids de la maille accablait toujours sa nuque comme ses épaules alors que ses cuisses le lançaient de crampes induites par ses virevoltants mouvements propre à son style tout en contre comme en esquives. Les éparses plaies couturant sa peau d’albâtre en avaient fini de saigner et c’est avec le plus grand soin qu’il en termina de se nettoyer, crispant son visage d’une moue douloureuse à chaque fois que ses mouvements venaient à effleurer les lèvres de ces stigmates d’affrontements à l’estramaçon. Au moins aurait-il gagné le respect de quelques-uns des hommes qui auraient à le suivre quand viendrait l’instant de porter la guerre contre les légions de la Seiche, à la rumeur de faire son œuvre désormais… Nu comme un ver, le jeune homme à la crinière d’or argenté se redressa par les flots et apostropha son écuyer l’attendant à l’extérieur. Ce dernier ne manqua pas d’accourir, porteur de linges destinés à sécher son maitre, comme de quelques vêtements propres qui ne manqueraient pas de faire illusion le temps de vulgaires processions. L’étiquette comme les convenances n’avaient jamais vraiment été le point fort comme le centre d’intérêt principal du jeune homme et c’est de mauvaise grâce qu’il endosserait le rôle de fils héritier pour la soirée, ne manquant pas de visiter bien des notables de Lancehélion avant que la nuit ne lui autorise à retrouver son intrigante amie. Rabrouant Haranka quand ce dernier vint à questionner intimement la relation de son tuteur avec la belle nymphe qui avait croisé son chemin, Ser Oberyn finit de se changer en bouclant à sa taille la ceinture accueillant le fourreau d’un Aube au repos bien que toujours alerte et en éveil…

Et dans le cycle éternel de l’existence, le jour finit par se dérober pour laisser place à la nuit d’encre au ciel chargé d’astres étincelants. La ville, fourmillante d’activité précédemment, trouvait progressivement un calme apaisant, le commun ne manquant point d’apprécier la fraicheur dans les rencontres impromptues comme les réunions autour de dés ainsi que du jeu du serpent. Dans le palais de Lancehélion, les réunions comme les entretiens successifs en étaient terminés pour l’Héritier des Météores, ce qui n’était pas pour lui déplaire. Laissant la garde de son légendaire Estramaçon aux bons soins de son Oncle Andrew, il abandonnait par la même l’appréciable compagnie de la communauté des Chevaliers Dayne pour s’avancer d’un pas léger vers les appartements où on lui avait, tantôt, ordonné d’apparaitre. Un manteau de soie violet pâle frappé de la blanche épée entrecroisant une filante étoile lui flottait aux épaules alors qu’il s’avançait en direction de la Garde Forrest, imprimant à son allure un caractère certain. Grand, svelte et pour le moins gracieux. La blanche chemise aux longues manches bouffantes comme ses chausses crème l’auraient fait passer pour un preste Manteau Blanc dans le Donjon Rouge alors que ses bottes sombres claquaient le dallage au rythme régulier de ses pas. Dévalant jusqu’au col, sa flavescentes crinière d’or argenté dégageait son visage afin s’apposer sur le dénommé Valen son regard d’un bleu persan pailleté d’améthyste aussi tranchant que de l’acier Valyrien. Une tension certaine fut au rendez-vous d’un échange de regard prolongé qui ne cessa qu’à l’instant où le serviteur de Lady Ismaëlle consentit, finalement, à s’écarter du chemin de l’Epée du Matin. N’appréciant point, outre mesure, d’avoir à lever les yeux pour répondre à l’insolence de son ainé, Oberyn décida de passer outre pour s’avancer vers plus agréable compagnie. Avant de se figer sur place tout à fait et de sa voix lancinante laisser quelques mots vagabonder :

« Vous ne semblez point m’apprécier… » Euphémisme le plus complet à dire vrai. La nature de l’aversion qui lui était portée fut connue du Dornien dès l’instant où elle vint à germer. Il n’est point chose plus aisée que de reconnaitre la haine dans le regard d’une personne. Et ce dernier avait un regard des plus faciles à déchiffrer. Mais s’il avait pris le temps de parler, ce n’était pas vraiment pour voir un semblant de conversation s’initier. Aussi, Obeyn ne tarda pas à poursuivre, levant deux doigts tendu à la face du dénommé Valen afin de lui intimer un silence qu’il conviendrait de respecter. « Peu m’importe à dire vrai… Contentez-vous donc de demeurer un capable portier autant qu’un fidèle limier. » S’il n’éprouvait que peu de plaisir à user de la réalité pour rabrouer ses opposants, le parangon de Dorne ne manquait point d’user de ce verbiage quand il était temps d’éconduire à leur place les interlocuteurs bien trop zèles. Et dans sa bouche de voir germer une pique qui saurait bien tourmenter l’âme de ce garde qui trouverait là une nouvelle raison de le détester. « Il serait inconvenant de voir arriver à quelques oreilles vagabondes, des souffles comme murmures à même d’intenter à notre honneur… »

Un espiègle sourire pinçant ses lèvres, Ser Oberyn Dayne reprit sa marche vers l’avant, délaissant ce personnage qui ne lui évoquait que bien peu de choses. Ne manquant pas d’éprouver la désagréable sensation qu’ils pourraient bien, un jour, en venir à croiser le fer… C’est silencieusement que le Chevalier en vint à pénétrer les appartements de son amie, les trouvant d’un dépouillement remarquable là où d’aucun se serait attendu à une débauche de richesses. D’une œillade vive, il posa les yeux sur la silhouette gracile à la robe vive évoquant la pure passion. Et au-delà de la contemplation d’une nymphe admirable se portait le paysage tranquille d’une ville sur le point de s’endormir sous le complice regard d’une lune de nacre et d’un fourmillement d’astres coruscants. Sans réellement savoir pourquoi, le héraut des aurores en vint à se nourrir de cette coupable contemplation, ne délaissant point la silhouette sublime du regard alors qu’il croisait les bras sur son torse et en venait à s’appuyer de biais dans l’ouverture donnant sur le balcon. Si sa présence comme sa respiration ne l’avaient point encore trahi, ses mots s’en chargeraient alors.

« J’ai fait partir un Corbeau pour les Météores… » S’il espérait bien avoir pu jouer sur la surprise, il n’aurait guère été étonné que de la voir déjà consciente de sa présence. Serpentin, il s’avança pour prendre place à ses côtés et ses avant-bras déposer sur la pierreuse surface faisant office de rambarde. Ses yeux ne cherchant point à retrouver le doux spectacle de son amie si longtemps éloignée, il sembla bien se murer dans le sérieux quand vint l’instant de poursuivre son propos. « Il enclin le Seigneur mon Père à appeler les Bannières… Au nom de la Maison Martell. » Son regard rendu plus noir que violacé par les incantations sombres de la nuit semblait se confondre avec le lointain ciel d’encre, voilant son regard d’une aura maussade. Un long souffle vint à peser lourd sur le cœur du jeune chevalier alors qu’il s’imaginait mêlé à un conflit d’une envergure insoupçonnée. Mirant les rues en contrebas afin d’y figurer ceux qui s’y agitaient à l’accoutumée, ceux pour qui il allait brandir Aube dans une lointaine contrée. Et ses paroles de continuer : « La Guerre arrive, c’est inévitable… Et elle vient avec son lot de gloire… Comme d’horreurs ! » Le souvenir de Salvemer battait dans sa tête alors que ses yeux courraient sur les innombrables chandelles illuminant les rues de Lancehélion. Le souvenir du feu rongeant les maisons, du sang coulant sur la roche, du choc de l’acier contre l’acier ou encore le strident des cris mortels que pouvaient hurler les blessés. Un souvenir qu’il ne souhaitait pas conserver bien longtemps dans cette soirée. Aussi décida-t-il d’en terminer avec le sujet par une mention finale. « Nous nous en retournons vers les Météores dès demain… »

Son devoir ici était accompli, de toute évidence, et il lui revenait de s’en retourner vers les terres familiales afin de se montrer digne du rôle que lui avait confié le Prince. Que lui avait confié son Prince… Etre reconnu de tous Dorniens comme le Champion de la Maison Martell nécessiterait bien des sacrifices et conduirait à une infaillible préparation qu’il convenait de débuter au plus tôt. Aussi chevaucherait-il vers son fief pendant que Lord Olyvar assemblerait autour de ses bras les hommes de sa maisonnée. C’est tout la geste Dayne qui entrerait dans la Guerre contre la Seiche d’Or et avec l’obligation de ne point connaitre la défaite. Cela reviendrait à souiller leur nom… Comme celui de leur suzerain ! Ne souhaitant point s’attarder plus longtemps sur le sujet du sang comme de la barbarie, Oberyn fit entrer son visage dans une douce mouvance pour poser ses yeux sur la silhouette de son amie. La mirant de haut en bas avec une aisance qu’il ne lui connaissait que trop bien, à elle, le Parangon de Dorne reprit alors la parole sur un timbre bien plus léger cette fois ci :

« Agréable contemplation que voilà… » A ses lèvres, toujours ce sourire simple qu’elle semblait être la seule à générer. Délaissant son appui, le Dayne entreprit saisir un fruit pour combler sa faim quand une désagréable sensation vint à lanciner son épaule. Il ne lui fallut point de coup d’œil pour se figurer la réouverture de sa blessure et pester contre lui-même. Bientôt, sa manche immaculée serait tâchée d’un pourpre plus macabre que celui qui habillait son amie. Sans se laisser décontenancer, le Dornien sigisbée referma les doigts sur une pêche alors que ses mots s’animaient pour initier une conversation qui, par son brutal arrêt, lui avait pour le moins manqué. « Si tu connais les raisons de ma venue à Lancehélion, je n’ai point eu le temps de te questionner quant à ta présence ici… » Croquant dans le fruit pour en savourer le sucré, il ne tarda point à plonger son regard amusé sur le faciès idéal que lui servait la jeune femme représentant son essentiel. Un jus sucré perlant à la commissure de ses, le Dayne ne tarda pas à reprendre son propos avec un amusement certain. « Le Seigneur ton Père aurait-il enfin réussit à te trouver un époux de valeur ? »

Toujours l’ironie autant que le sarcasme à peine voilé quand venait l’instant d’aborder ce sujet qu’il lui évoquait toujours la plaisanterie tant il se targuait de bien connaitre le caractère de sa Dornienne. Un sourire moqueur sur les lèvres, il croqua plus encore le fruit enserré dans sa main avant de laisser ses yeux fauves courir dans le cou de la belle, remontant lentement vers un visage qu’il ne se lasserait jamais d’admirer comme de retrouver.





« Seal my heart and break my pride,
I've nowhere to stand and now nowhere to hide,
Align my heart, my body, my mind,
To face what I've done and do my time. »


Dernière édition par Oberyn Dayne le Lun 1 Avr 2013 - 14:21, édité 1 fois
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Message Jeu 7 Fév 2013 - 21:18


L
e temps de la réflexion n'était jamais moribond, pas lorsque l'on était un pion sur l'échiquier du jeu des trônes, sigisbée, souveraine, tour ou bouffon, une pièce pouvait en camoufler une autre au même titre qu'il ne fallait guère jamais se fier aux dites bonnes intentions comme aux charmants minois. L'esprit en effervescence, la matoiserie en constante existence, même alors que son âme aurait eu tout loisir d'être en ataraxie sous la voûte céleste jaspée d'astres, en surplomb d'une cité non moins diaprée de nitescences plus humaines. La médina ne sommeillait jamais, son ébullition s'engourdissait aux incandescents rayons du jour, puis elle prospérait à l'instar de myrmicéens au coeur de leurs galeries. Sous l'astre sélénite dont seul un croissant ornait les cieux nocturnes, les dorniens surabondaient dans les venelles étriquées de Lancehélion, l'heure était à la flânerie, aux rencontres, à la ripaille – à la vie. Le peuple, contrairement à nombre d'autres même limitrophes, n'était guère prêt à trouver un quelconque repos dans les bras de la sorgue, mais en dépit de cette frénésie tardive, la ville, du juchoir où la sylphide se situait, expirait une atmosphère lénitive. Sa ferveur pour la capitale de leur belle contrée était ineffable, là où beaucoup ne faisaient qu'entrevoir une termitière d'ocre et de poussière, elle contemplait un ouvrage de Dorne dans sa plus dérisoire mais franche apparence, la vision altérait pour ce simple amour de ses origines. D'une main distraite, elle triturait et entortillait une longue mèche ondoyante qui chutait sur son épaule senestre, alors que ses voilures rubicondes de beauté ondulaient sensiblement à cette brise à peine perceptible. Elle patientait, inlassablement, presque curieuse quant à savoir si l'ami du soir trouverait fantasque de venir jouer l'aubade sous sa fenêtre avant d'ascensionner les parois – elle n'en aurait point été ébaubie, combien de fois avait-il ainsi prouvé toute la truculence de ses idées, de l'originalité du débotté au départ, que c'eut été aux Météores ou à La-Tombe-du-Roy. Omettre ce genre de réminiscence et se résigner à ne plus jamais les compter au profit d'une rivale qu'elle vouait aux pires gémonies, l'hypothèse lui était même inconcevable et le nom d'Edarra Ferboys avait eu loisir d'être anathématisé dès lors qu'elle avait quitté les écuries et le surprenant conciliabule qui s'y était joué. Un plan, il lui fallait élaborer une manoeuvre pour déjouer les desseins de cette fourbe antagoniste à laquelle elle n'abandonnerait jamais la victoire. Le héraut des aurores ne lui appartiendrait point, tant qu'une Scorpionne veillait au grain, à l'ivraie et aux récoltes s'il le fallait. Elle ignorait encore qu'entreprendre si Oberyn refusait d'ouïr le phonème de la raison, quand bien même cette voix pouvait être celle de son suzerain et prince. Le sujet reviendrait inéluctablement, si ce n'était guère ici et en cette soirée, ce serait ailleurs, de conversation ou par l'encre d'une épître, mais l'interrogation demeurait la même, qui diantre serait bien capable d'entraver la route du ser Dayne ?

Assurément pas un Valen qui se rongeait sangs et frein, retenait ses plus abjectes fantasmes sur son savoir des sévices dans l'unique volonté de ne pas offusquer celle à laquelle il avait voué ses services autant que son être. Il avait candidement pensé que son affront jugé bien minime en comparaison à ce qui pouvait être fait était d'ores et déjà omis du principal intéressé, tout comme lui s'échiner à faire bourlinguer ses pensées vers des horizons qui lui seraient moins moroses. Son infrangible regard épousant les formes d'une ronde-bosse non loin d'ici, il n'eut guère pensé que ce bougre qu'il mésestimait oserait s'excorier les lippes à lui adresser la parole. La litote qu'il usa pour définir toute l'aversion qu'il lui portait lui fit biaiser ses calots sur le noble chevalier, auquel il n'avait jamais eu l'intention de répondre même si un binôme de phalanges lui intimèrent un mutisme asservi. L'un de ses sourcils se courba face à cette attitude trop infatuée pour qu'elle ne s'additionne pas aux griefs déjà établis. La perspective d'être ainsi déprisé par ce qu'il estimait n'être qu'un damoiseau inapte à user de ses propres pennes pour prendre son essor, une conclusion qu'il avait tirée par les ouï-dires récoltés et quelques conversations avec sa lady adorée. Un bretteur renommé, il ne pouvait le nier, et derechef, ses iris mordorés mirèrent fugacement Aube avant de reconsidérer son porteur, qui avait encore une pléthore de choses à prouver. La jalousie le rendait langue de vipère, un venin tacite à défaut de pouvoir lui en administrer un véritable qui aurait tôt de le rendre aussi glacial que le fil de sa lame. Une plausibilité qui décupla d'intérêt lorsque les injures furent psalmodiées, ce n'était pas la véracité de ces dernières qui le courrouçait, mais simplement le fait que leur tribun était Oberyn, un haut dignitaire de ces terres. Pour lui signifier tout son dédain, le séide renâcla sans une once d'élégance, mais alors qu'il s'apprêtait à scruter des pans de murs plus captivants que son interlocuteur, celui-ci lui asséna l'estocade, une péroraison si ignominieuse et impromptue qu'il en tomba des nues. Bouché bée devant l'infâme, il voulut le dilacérer de son estoc, sa main harpa le manche de son arme et il talonna le sigisbée avec pour intention de l'empaler ex abrupto, cependant... L'huis claqua devant son nez. Il resta devant la porte close, déconfit, une partie de son alfange déjà extirpée de son fourreau, dans lequel il la replaça avec une placidité contraste à la furia qui le consumait. Un jour, le geste supplanterait la parole, et alors, l'inexorable se produirait. Pour le moment, il poursuivrait son mépris pour l'Epée du Matin.

A l'intérieur des appartements somme toute cossus, la donzelle languissait toujours en compagnie d'une lune à laquelle elle confiait ses plus secrètes aspirations, drapée dans sa soie vermeille, elle n'entendit guère l'arrivée tant attendue, les pas feutrés du quidam le conduisirent à ses abords sans qu'elle s'en aperçoive. Ce ne fut qu'à l'annonce du vol d'un sombre freux en direction des Montagnes Rouges qu'elle authentifia sa présence, mais Ismaëlle étant habile de simulacres, elle feignit de ne point être prise au dépourvue et s'appliqua à ne pas mouvoir de sa position, ses myosotis égarés sur le paysage, elle lui fit croire que son sens auditif l'avait démasqué depuis belle lurette. Une risette ourla simplement ses lèvres à le savoir à ses côtés, elle lui prêta l'oreille avec une irréfragable attention malgré l'air vaporeux qu'elle préserva, une confidence martiale qui ne l'étonna nullement au vue de l'actualité diplomatique des Sept Couronnes. L'héritier Dayne à la cour du Palais Vieux ne pouvait être une coïncidence avec la bataille qui était sur le point de s'ouvrager, même si le fléau maritime qu'étaient les sépions des Greyjoy ne rapinait pas directement sur les littoraux Rhoynar, c'était sans ambages qu'ils hissaient le pavillon de belligérance contre le continent. Dorne faisait partie intégrante du royaume, tous étaient ainsi concernés par le péril fer-né. Il y aurait effectivement les rations de glorioles comme celles de turpitudes, à cela, elle effectua un hochement du chef pour corroborer les propos de son homonyme, avant de susurrer comme si elle avait été en pleine patenôtre.
« Que la Mère Rivière nous protège de trop de préjudices... Mais les horreurs sont inhérentes à la guerre, et nous savons que ces forbans auront à souffrir du double ou du triple de nos affres. Ils paieront pour leurs outrages, il faut trouver consolation là où il est possible qu'elle soit... » Un baume précaire pour ceux qui auraient à déplorer de grandes pertes le moment venu, mais il restait une pléiade de détails de laquelle s'occuper avant de songer à l'incursion punitive sur l'archipel de rocaille. Elle opina une fois de plus de la tête sur la conclusion de sa proclamation, la providence les avait faits converger vers la capitale mais, dans sa toute cruauté, elle ne les unissait que si peu de temps que la nymphe en savourerait la moindre seconde comme s'il eut été question de l'ultime. En d'autres circonstances, nul doute qu'elle aurait fait du preux chevalier son escorte jusqu'au fief familial, mais la coercition l'appelait ailleurs.

Sa flatterie fut la source de son premier mouvement depuis ces retrouvailles, elle sentit la caresse de ses améthystes sur son anatomie et s'orienta vers lui de ses mirettes diaphanes d'azur pour lui adresser un authentique sourire. Ses doigts plissèrent intuitivement le tissu de ses atours, et son menton, comme usuellement, se releva dans une probante fierté. Le dialogue sembla s'acheminer sur sa personne, seule du couplet à ne point avoir déclamé les raisons de sa présence en ces illustres lieux, et la curiosité fut admirablement bien aboutie d'un humour fort connu d'un Oberyn qui avait marotte à soulever cette particularité intrinsèque à sa condition de successeure. Un rire cristallin tinta alors qu'elle le toisa de cet éternel air enjôleur, la physionomie ourlée d'une exquise désinvolture de laquelle il fallait toujours se méfier. Puis d'une démarche aussi féline qu'antérieurement, elle avala la distance qui osait les séparer jusqu'à ce que la privauté ne reprenne ses prérogatives, si proche l'un de l'autre. Sa menotte dextre approcha du faciès du dornien dont elle effleura la joue, seul son pouce prit le sentier de ses lèvres pour se placer à la commissure et essuyer cette perle de nectar qui y trônait, culpabilité de la gourmandise du chevalier auquel elle s'adressa finalement.


  ~ Il est de ces besognes que même un valeureux tel que lord Dagnar Forrest ne veut s'y frotter. Aujourd'hui, seigneur mon Père se gouaille plus qu'il ne compatit aux énamourés qui se présentent à lui, ou à moi, pour quémander ma main. Malheureusement je n'ai guère le temps, ni l'envie il faut l'admettre, de me passionner pour ces foucades. Tu me connais, pas de poupon prévu ou à prévoir, ma matrice n'est pour le moment vouée qu'à porter ma dévotion pour mes projets. Je m'entiche davantage des alliances à façonner que des caudataires qui m'entourent, mais... Ergoter à ce sujet serait délicat... Tous deux ne partageaient guère la même opinion en matière de conjugalité, là où le premier voyait par des voeux officiels voire maritaux, la seconde se sustentait d'accointances disséminées. Les moeurs dorniennes n'étaient pas ladres en sybaritisme, incertaine de s'unir un jour et consciente que la volupté constituait une arme comme une autre, Ismaëlle profitait des opportunités susceptibles de l'intéresser, sans opprobre et avec une maestria dont elle gardait le secret. Elle doutait toutefois que son tendre ami puisse comprendre pareils usages, ou à défaut de compréhension, qu'il y consente. Mais si elle subodorait ce genre de controverses vain, elle ne put s'empêcher une référence qu'elle jugeait ironique. Asafa Ferboys a de nombreuses fois tenté sa chance, entre deux lupanars j'entends... Elle fit une moue mutine. Si cela peut te faire plaisir je puis songer à reconsidérer sa demande, nous serons deux à nous affubler du patronyme Ferboys, ce qui serait pour le moins ubuesque n'est-ce pas ? »

La sylphide ricana à cette perspective d'avenir peu reluisante mais des plus burlesques en s'imaginant ainsi en une parenté de la sorte avec le sieur Dayne. Une union avec le cousin de la harpie des Osseux, auquel elle reconnaissait volontiers ses acabits – autant que ses tares. -, était vertement improbable voire indigne de son rang, même Daärim pourtant camarade du sableux en convenait. Peu lui chalait toutefois du nombre de prétendants qui s'amassaient à ses pieds, la nécessité de la chair n'était que subsidiaire, quant aux sentiments, jamais une flamme brûlant d'une passion véritable ne l'avait encore éprise. Son zèle pour les cas de diplomatie ne trouvait de ce fait nulle concurrence, et elle était particulièrement exaltée à la simple idée d'entamer sa prochaine pérégrination pour ourdir de nouvelles intrigues. Au souvenir de ce voyage par la voie des mers, elle se remémora avoir laissé le jeune homme dans une plénière impéritie, ce à quoi elle eut le projet d'obvier tout en entourant sa propre taille de ses bras et en tournant ses gemmes oculaires bleutées sur les lueurs citadines, un rictus serein à l'encoignure de ses lippes.

  ~ Je suis ici sous la requête du prince lui-même, il m'a fait parvenir une mystérieuse épître dans laquelle il me conviait à rallier Lancehélion le plus promptement possible, tout en veillant à laisser la nature de ce dont il voulait m'entretenir inavouée. Un doux zéphyr fit frémir les vêtements et les mèches bistres de la damoiselle, portant sa fragrance jusqu'au sens olfactif du sigisbée à ses abords. Tu n'es certainement pas sans savoir que Maron Martell se rend à Port-Réal pour siéger au Conseil Restreint qui s'y prépare, en sa qualité de Grand Législateur. Il était plus que temps pour la couronne de se pencher sur le cas des fer-nés, ceux-là ont eu bien trop d'opportunités pour manifester leur esprit d'antinomie, et encore... Je suis prête à parier qu'ils ne savent même pas pourquoi ils agissent ainsi, si ce n'est pour l'appât du gain. C'est à se demander si ces écumeurs n'ont tout bonnement point un décapode à la place de la cervelle. Elle leva les yeux au ciel dans une interjection sardonique, son estime pour ces ostrogoths d'insulaires frôlait le néant si elle n'était pas même en-dessous. Quoi qu'il en soit, notre suzerain m'a invitée à faire parti de son arroi pour ce déplacement, ce que j'ai bien évidemment accepté sans hésitation. C'est une trop belle occasion pour musarder sur le principal plateau du jeu des trônes, j'ai hâte d'y être. »

Euphémisme s'il en était, la donzelle se languissait véritablement au revers de son usuelle circonspection, autant pour fouler ce sol où allaient se réunir les plus grands protagonistes de Westeros, mais également pour y rejoindre sa chère amie, Virginia Hightower qui accompagnait nul autre que son frère. Une opportune coïncidence qui permettrait à une accalmie féminine, tout autant qu'il n'était guère impossible que la jeune Forrest rejoigne, par la suite, Villevieille, et plus précisément l'illustre demeure de Grand-Tour pour y séjourner quelques temps. Tant d'élans réflectifs et d'excellentes périodes à venir que la lady s'en sentait galvanisée, ses organes pulmonaires s'emplirent à n'en plus pouvoir, puis elle libéra la pression accumulée d'un long soupir salutaire, un voile quiet jeté sur ses traits physionomiques. Son attention virevolta jusqu'à se déposer sur le descendant valyrien, qu'elle mira d'une mimique évasive, de sa flavescente crinière au violacé de son élégante veste, tout en passant par l'écarlate de sa chemise... L'écarlate ? La jeune femme plissa les prunelles, remarquant alors que seul un pan de l'habit était maculé de carmin, une indésirable rivière sur une teinte originairement liliale. Qu'il fut alors fichtrement enfantin de deviner le caractère sanguin de cette rigole qui prenait sa source à l'épaule pour fluer le long de son bras. Elle se remémorait les diverses meurtrissures qu'elle avait pu apercevoir sur la charpente du chevalier , celui-ci n'avait guère dû se faire panser et voilà qu'il en souillait jusqu'à son virginal textile. Ismaëlle glissa doucement ses phalanges jusqu'à celles masculines pour les agricher et emmener leur propriétaire avec elle, à l'intérieur. Une fois cela fait, elle se tint droite devant lui, ses calots dans les siens, et ses mains aplaties sur les esquisses pectorales d'Oberyn.

  ~ Mon ami... Je me suis rongée les sangs lorsqu'il y a plusieurs lunes, tu t'en es allé vers Salvemer... Les fer-nés n'ont beau être éveillés que d'une vulgaire forme d'intelligence, ils n'en demeurent pas moins de bons guerriers, ce qui se dit à leur sujet... Avec une indicible délicatesse, elle repoussa la veste qui chuta tout au long du corps du dornien jusqu'à s'assoupir sur le sol. Puis sans prendre garde à la réaction de l'intéressé, elle défit l'attache de sa chemise avec un naturel criard. Cela fait trop longtemps que nous ne nous sommes point vus, et tu me quittes déjà pour guerroyer contre une Seiche... Si j'avais été homme, ou seulement en mesure de manier plus que les mots, j'aurais brandi le cimeterre à tes côtés... Cette fois, ses doigts outrepassèrent la barrière du tissu pour s'introduire en dessous, à même le derme chaud, elle frôla sa ceinture abdominale jusqu'à ses hanches, sans le quitter du regard. Je ne pourrai que prier Sept déités pour qu'elles t'accordent toute leur grâce... La nymphe lui retira son haut, redécouvrant ce torse déjà croisé dans un décors somme toute différent et défiant la familiarité de leur terme. La chemise alla étreindre le manteau tandis que ses myosotis observa sans embarras aucun les cambrures anatomiques qui leur étaient offertes, jusqu'à revenir dans les profondes améthystes auxquelles elle présenta une risette sucrée. Ismaëlle alla s'emparer d'un linge tout aussi immaculé que l'habit désormais taché, puis à son retour, elle l'appliqua sur la blessure suintante pour en pacifier le flux. Et je peux toujours panser tes petits bobos, avec la ferme intention de te récupérer en un seul et unique morceau une fois revenu de tes périples, est-ce bien clair messer ? »
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Oberyn Dayne
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• Epée du Matin •
◌ Vision du Guerrier ◌
• Champion de la Maison Martell •

« Honneur, Loyauté, Sacrifice. »

♦ Missives : 2094
♦ Missives Aventure : 87
♦ Age : 29
♦ Date de Naissance : 30/03/1988
♦ Arrivée à Westeros : 17/09/2012
♦ Célébrité : Jamie Campbell Bower
♦ Copyright : Violain <3
♦ Doublons : Gunthor Estremont
♦ Age du Personnage : 25 ans
♦ Mariage : Fiancé à Edarra Ferboys
♦ Lieu : Citadelle des Météores.
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Message Ven 15 Fév 2013 - 0:33


Les Larmes du Soleil.


Qu’il aimait voir sur ses traits peint cet air badin, son visage ne se montrant que plus sucré et charmant dans le miroitement d’une espièglerie qu’il n’avait de cesse de redécouvrir, toujours avec le même enchantement. Avancer le fait que le port altier, comme la rigueur toute féminine, que la belle pouvait bien s’imposer agissait comme le plus miraculeux des baumes sur les affres de ses cas de conscience n’avait rien du mensonge. L’Héritier des Météores gouttait sans retenue chaque instant passé auprès de sa confidente à jamais, les dégustant comme les savourant avec le plaisir coupable d’une rencontre dont il ne saurait jamais se priver. Il appréciait toute la fierté qu’exsudait cette anatomie d’Aphrodite, gouttait avec une délectation certaine un rire qui ne cesserait de l’ensorceler et plongeait ses améthystes dans ses opalescentes pupilles céruléennes dans lesquelles il aurait bien pu éternellement nager comme accepter de se noyer. Sa simple aura avait pour don l’apaiser comme d’exposer au monde son plus « agréable » faciès. Si tant est que le Dornien Chevalier puisse se vanter posséder d’agréables portraits... Elle n’exsudait que charme et sensualité alors que sa plastique parachevée de beauté ne manquait point de serpenter pour d’un mouvement vipérien le rejoindre et de ses attitudes enjôleuses le figer. D’aucuns l’affublaient du sobriquet de Noire Scorpionne. Aux yeux du paladin des aurores, elle n’empruntait rien à la vénéneuse Arachné, singeant à défaut le profil d’une aspic de lumière l’échauffant de sa chaleur aussi unique que protectrice mais l’hypnotisant de ses mouvements sans nul autre pareil...

Mais si les mots de sa délicieuse sylphide avaient beau se faire des plus rassurants quant à la préservation des tous les intérêts Dorniens engages dans ce conflit qu’ils avaient jugé bon d’épauler, Ser Oberyn ne manquait bon de voir bien sinistres pensées traverser sa psyché alors désirables et désirés myosotis, de leur regard, le nimbaient. De son zèle face au Prince de Dorne découlait l’engagement des Météores sur la voie de la guerre. Bien sûr, son noble père jugerait l’engagement légitime et la bataille digne d’être menée : après tout, ils avaient bien juré de défendre le faible comme l’opprimé. Mais vivre avec la désagréable impression qu’une seule de vos décisions venait à engager la vie de tous ceux que vous pouviez bien estimer avait de quoi perturber l’équilibre d’un héritier qui, déjà, se trouvait pour le moins désemparé face à ce tombereau de responsabilité accablant ses épaules. Il lui sourit néanmoins, ne souhaitant point l’accabler de ses négatives pensées une seconde fois dans cette surprenante journée. Voilà bien trop longtemps qu’il n’avait pu véritablement jouir de sa présence, aussi comptait-il profiter pleinement de l’espiègle caractère d’une amie qu’il estimait bien plus qu’elle ne pourrait jamais l’imaginer. Comme toujours, elle savait donner particulière saveur à leur charnel contact, si bien qu’à peine sa peau de pèche vint à effleurer le derme facial du chevalier, ce dernier ne manqua point de lentement clore paupières. Son souffle semblait plus lourd, son poitrail soulevé par battement plus puissant alors que le pouce de la féline Dornienne en vint à cajoler la commissure de ses lèvres. Donnant un nouveau jour à ses prunelles, il ne manqua point de lascivement mirer l’Héritière de la Tombe au Roy quand cette dernière vint à lui dépeindre le relatif désarroi du seigneur son père quant à la possibilité de la voir un jour mariée. Comme de coutume, l’Epée du Matin s’égayait du sujet, un sourire amusé étirant ses lèvres dans une coite évocation de ses émotions à l’encontre de la douce confidence au crâne couronné. Il pouvait moqueusement imaginer de trouble du nombre grandissant de prétendants éconduits, ne partageant point la vision de la belle mais l’estimant suffisamment au point de ne pas vouloir la juger, l’affection de son cœur dépassant celle de ses vœux. Son air badin disparut cependant tout à fait à l’évocation d’un patronyme qui n’avait point réellement sa place dans ses amitiés ni même son léger intérêt. Le Ferboys mentionné arracha une indescriptible moue aux traits du paladin matinal, surprenante peinture mêlant le dégout, la rage comme un semblant de sentiment que d’aucun aimerait à appeler la… Haine ? L’histrion des osseux se complaisant dans une image de pitre faisant honte à son blason n’apparaissait point dans les standards de reconnaissance que cherchait à retrouver chez ses interlocuteur le chevalier des Pourpres Monts. Aussi préféra t‘il détourner le regard de cette plaisanterie s’avérant d’une rance saveur, déployait ses trésors d’améthyste sur la cité ne dormant réellement jamais. Tout juste le ricanement déclamé permit il au Dornien sigisbée de se dérider, fendant ses traits accablés d’un sourire bien maigre en comparaison de ceux qu’il s’offrait d’étirer. C’est donc dans un mutisme complet et rictus étrange figé sur ses traits que le preux des Météores se laissa bercé par les propos que son amie susurrait, se laissant bercer par les propos d’une présence qu’il ne se lasserait jamais de savourer. Mission comme mystère furent au rendez-vous de ces révélations pimentées par la douce fragrance de la jeune femme portée par un chaud zéphyr taquin. Qui n’aurait point eu envie de passer les bras autour des hanches graciles de la belle jeune femme afin de toujours plus profiter du doux lien qui les unissait ? Tempérance étant mère de sureté, Oberyn s’abstint de toute initiative mal placée, écoutant placidement la suite du récit prononcé. Il approuva d’un muet hochement de tête sa connaissance du périple qui enverrait leur souverain siéger au conseil des Sept Couronnes, restant cependant de marbre quant à l’analyse du cas Fer-Nés. Ayant affronté cette peuplade à Salvemer, il en gardait un souvenir certain, de ceux qui motivent tout combattant à s’améliorer tant ils lui offrirent bataille plus excitante qu’il n’eut jamais à livrer. Et bien que ses peurs fussent fondées quant au sang versé lors de la guerre qui les opposerait à la seiche, une importante part de son être n’attendait plus que l’instant où il aurait à tirer Aube pour un nouveau sanglant ballet. S’il fut élevé avec des soldats, ce ne fut pas pour rien…

« Une preuve de plus, s’il en fallait une, que notre Prince s’est vu doter d’une immense sagesse comme d’une parfaite connaissance du genre humain. » Furent ainsi les mots qu’il jugea bon d’avouer immédiatement après que ne lui soit dévoilé l’entièreté des raisons de sa présence dans la cité solaire. Ne le montrant point réellement, préférant se draper d’une de ses sempiternels sourires, Oberyn jalousait un brin la familliale relation de confiance unissant son ami au Prince de Dorne tant admiré. Là où il passait pour un banneret parmi tant d’autre, la belle Forrest se détachait par le précieux de ses compétences. Euphémisme que l’impatience avouée de la jeune femme quand le chevalier put entendre le long soupir qu’elle vint à relâcher. Un sourire satisfait vint à ourler les lèvres du manieur d’épée, un de ces sourires se faisant l’écho d’une joie muette constatant le plein accomplissement d’un être cher. Oui, Oberyn était ravi de voir son amie heureuse. Et peut-être même plus encore. « Je ne doute pas voir tes talents reconnus par les plus important personnages de tout Westeros… »

Sincère sourire que celui que vint à étirer le jeune homme. Il ne connaissait point de personne plus éloquente que son estimée complice et ne manquait pas de l’imaginer parfaitement dominer le plus important échiquier d’un jeu des trônes auquel il ne souhaitait pas s’adonner. Ses talents n’étaient point semblables, antinomiques au possible là où son franc caractère d’immédiat bretteur lui imposait de ne point mâcher ses mots quant à l’évocation de ses envies. Ismaëlle formait l’esprit de leur improbable duo, inspirant progressivement son allié à développer quelques une des ruses qu’il lui avait jadis vu déployé dans des contextes pour le moins différents. Mais avait-on jamais vu chevalier plus à l’aise avec la plume qu’avec l’épée ? Pas aux Météores du moins. Et alors qu’il renvoyait sur la belle un regard évasif, cette dernière vint à étreindre de ses doigts les phalanges calleuses du joueur d’épée pour d’un mouvement de corps l’amener, lui intimant d’entrer à sa suite dans un silence prolongé. La marche fut de courte durée mais ce conclut par l’agréable volteface d’une Lady Forrest toujours plus sensuelle et aérienne dans ses beaux atours propre au soir et à la nuit naissante. Une nouvelle fois, leurs yeux eurent tôt fait de se retrouver, plongeant l’un dans l’autre pour un bal sybarite qui n’appartenait qu’à eux deux. Frisson et palpitations furent au rendez-vous des caresses intimées par l’apposition des mains fermes d’une lady plaquant ses doigts sur les muscles de son torse. Déglutissant avec difficulté, tout en cherchant à ne point pleinement l’exposer, Oberyn devint une nouvelle fois statue de sel pour pleinement écouter ce que sa douce amie avait à lui déclamer. Et c’est presque immédiatement que ses traits vinrent à se peindre d’un masque de surprise consécutif à la première déclaration formulée. Quelle se fusse inquiéter ? Le Chevalier ne l’avait jamais réellement soupçonné, pensant même qu’en son absence il ne devait point longtemps occupée les pensées de la mirifique tête couronnée alors que son espiègle faciès passait bien des fois dans sa psyché chaque jour que les Sept pouvaient bien créer. Un faible sentiment de culpabilité vint à aiguillonner son être alors que tombait à terre le premier de ses vêtements. Comme toujours, la belle avait le don de l’hypnotiser sans pour autant l’impressionner et s’il fut un temps où il eut le loisir de frissonner, c’est d’un mouvement instinctif mais calculé qu’il vint à rouler des épaules de concert aux mains expertes pour faciliter le débarras de sa chemise souillée. Il frissonna sous ses doigts, laissa battre son cœur à l’idée de déjà la quitter et ne manqua point de l’auréoler de son regard amouraché d’estime quand elle vint à mentionner son intention de prier le salut du preux guerrier. Elle se détourna de lui un instant, dévoilant plus encore ses charmes féminins qu’il refusa de juger d’une œillade concupiscente, attendant simplement le retour de celle dont la présence seule parvenait à le réchauffer. Intimant une pression suffocante par le simple jeu de ses prunelles propres à l’ascendance de Valyria, le héraut du matin ne se fendit d’une geste lent et calculé qu’après s’être vu illuminé d’une risette rieuse et que le dernier des mots de sa Lady ne fut prononcé dans une déclaration qu’elle ne pouvait penser plus avérée. Son torse en vint à doucement se redresser alors que son buste tout entier ne s’animait que d’une longue et lente course amenée à tous deux les rapprocher plus qu’ils ne l’étaient, la peine que lui causait les tapotements régulier du linge sur sa plaie n’apparaissant que comme quantité négligeable à l’instant qu’il prenait le luxe de s’offrir à son contact. L’étreinte de ses doigts ne fut que plus sucrée et assurée alors que son visage rude venait à approcher le sien, tout de désir comme de charme sculpté. Sa lippe fendue sur la blanche vision de sa mâchoire crispée, Ser Oberyn Dayne s’animait afin d’elle, toujours plus, s’approcher. Avec une aménité infinie, le jeune joueur de blanche épée vint à son front apposer contre celui de la Nymphe au crâne couronné, laissant leurs souffles chauds s’entremêler alors que sa respiration ne manquait point de se faire plus lourde, plus encombrée… Ses yeux pailletés d’améthyste ne manquaient pas de plus encore se plonger dans les doux myosotis que la belle pouvait bien lui offrir. Et alors qu’un mouvement de pouce en venait à cajoler la douce joue de la belle Dornienne, le bretteur des montagnes rouges laissa ses mots emplir son souffle.

« Tu es bien la seule capable de les panser… » Son pouce ne cessait de dorloter la joue éplorée d’infimes et lents mouvements alors que les paupières du jeune chevalier s’affaissaient doucement pour partiellement voiler son regard. Et alors que ses lèvres terminaient de s’ourler d’un sourire que ne pouvait que lui être destiné, le joueur d’Aube se fendit de quelques mélodies supplémentaires : « Tu me connais plus que quiconque et calme mes doutes comme personne. Tu es toujours de bons conseil et tes mots comme tes gestes sont les plus opérants baumes qui soient. » La muette contemplation de ce visage pourrait bien suffire à son existence chaque jour… Avec une infinie douceur, le Dornien Sigisbée vint à chercher la main de la belle ne s’occupant point à éponger le sang de sa plaie, mêlant ses doigts aux siens et leur offrant une étreinte puissante qui se voulait avant tout sécurisante. Son sourire semblait tout indiquer alors que ses mots s’envolaient, portés par ce timbre de serment qu’il lui avait tant de fois dédié : « On ne peut plus clair milady… Je ne saurais manquer à la promesse de vous revenir entier. Après tout, comment pourriez-vous continuer à exister sans mon âme pour sempiternellement venir vous tourmenter de ses cas de conscience affolés ? »

Et comme bien souvent depuis que leur échange venait à débuter, l’Héritier de Lord Olyvar vint à adresser un chaleureux sourire à son amicale moitié, s’amusant de ce nouveau ton badin qu’il ne cessait de lui délivrer. Pourtant, son trouble paraissait entier. Son front doucettement apposé contre celui de sa belle Forrest, son cœur venait à s’emballer et c’est dans la cessation des répétés mouvements cajoleurs de son pouce à la joue de la sublime jeune femme que son émoi vint à faiblement se dissiper. Délaissant le savoureux contact de sa peau, Oberyn emplit toujours plus l’espace les séparant de son regard enjoué alors que ses doigts détouraient une des boucles sombre chutant vers l’épaule gracile de la nymphe qu’il ne cessait de contempler. Du dos de sa main, il vint à effleurer le cou de la belle, laissant courir ce contact innocemment langoureux jusqu’à l’épaule où il s’opposa à la résistance d’un soyeuse bretelle. Figé sur place, c’est avec un haut le cœur qu’il constata l’impudence de sa situation, l’audacieux de son entreprise et le troublant caractère de ses dérives. Fuyant le sujet sans toutefois d’un iota bouger, lui revinrent en mémoire de précédentes paroles prononcées et c’est ainsi que le paladin Dornien tenta d’évacuer ses maladresses intentées :

« Te lier à Asafa… Son union rendrait chagrine touts les putains de Dorne et qu’importe la femme qui aurait l’idée de le marier, elle en verrait son honneur définitivement souillé… » Le sujet n’était point des plus frais mais il avait au moins le mériter de le dérider, Oberyn n’ayant pas de profonde affection pour le cousin de sa Dame Edarra. Bien au contraire. Depuis la nouvelle d’une opinion propre au coureur de putain selon quoi les Dayne étaient tout sauf Dorniens, l’Epée du Matin vouait à ce dernier une haine placide comme un mépris affichant, faisant toutefois bonne figure quand il s’agissait de le côtoyer. Leur honneur antinomique n’ayant pas de quoi les rapprocher, il était fort à parier que l’événement qui viendrait à les rapprocher n’avait rien de programmé. Silencieux pour un instant, le héraut des aurores vint toutefois à repenser aux propos que sa belle n’avait pas manqué de plus tôt lui opposer. Oh bien sûr, ils étaient sur le ton de la boutade mais imaginer sa tendre amie liée au sang comme au patronyme Ferboys avait de quoi… L’enflammer ? Son timbre avait changé quand survint la lente prononciation des mots suivants : « Il faudra trouver patronyme autre que celui de Ferboys pour nous lier, ma tendre Ismaëlle. Je doute bien te voir épouser, un jour, pareil histrion de parti. Quant à moi… Je doute avoir le droit d’accomplir pareille union… » Voilà bien la première fois que l’héritier des Météores l’avouait, mais une journée passée à peser le pour et le contre au contact de ceux qu’il était le plus en mesure d’estimer n’avait fait que renforcer le doute en son esprit torturé. Son suzerain, son amie, sa famille… Tous avaient émis les pires craintes quant à l’union de sa maison avec ceux qui semblaient bien avoir le « tourne-casaque » dans le sang. Il s’était abreuvé de leurs conseils, nourri de leurs avis et n’avait pas manqué de juger la situation en essayant d’éloigner le plus possible les paroles qu’intimaient son cœur. Sa raison allant dans un sens opposé à ses sentiments comme à son honneur, il était juste d’avouer que le Chevalier venait à admettre que cette union avait de quoi être… Ubuesque. Pour reprendre les termes de sa belle Ismaëlle. Et si son amour luttait encore contre ses responsabilités de prochain Lord des Météores, c’est en portant le regard au loin, mirant la cité de Lancehélion qu’il prononça dans un murmure tremblant de doute comme d’une rage certaine envers lui-même : « Ni même en posséder l’envie… »




« Seal my heart and break my pride,
I've nowhere to stand and now nowhere to hide,
Align my heart, my body, my mind,
To face what I've done and do my time. »


Dernière édition par Oberyn Dayne le Lun 1 Avr 2013 - 14:20, édité 1 fois
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Message Mer 20 Fév 2013 - 22:01


L
es confessions étaient des cataractes d'authenticité que la donzelle n'avait point même l'envie de réprimer, tant sa débonnaireté envers le héraut des aurores était véritable. Bien peu d'individus pouvaient se targuer bénéficier d'une disposition à la fois favorable et désintéressée de la part d'Ismaëlle, fourbe succube aux intrigues proprement autolâtres. L'altruisme était une notion bien étrangère à la sylphide qui préférait de loin se concentrer sur ses intérêts et ceux de son patronyme, plus généralement, également ceux de Dorne, de son adorée contrée. Aux Sept Enfers et au Roi Crabe les inspirations chevaleresque, elle n'avait guère rien de ces sigisbées que l'on voyait chevaucher au crépuscule, prompts à dégainer estoc et foi pour défendre la veuve et l'orphelin. En dépit de la concorde qui était leur, tous deux étaient des antipodes qui entretenaient à la fois leurs sentiments, aussi profonds pouvaient-ils être, et leurs disparités. Pas ou si peu de mystères demeuraient entre eux, les seuls fait que la demoiselle préférait étouffer en la présence de son ami étaient les intrigues insidieusement ourdies, car même s'il ne la jugeait point sur ses méfaits, il n'en partageait pas la nécessité. Mais tous ces complots n'étaient pas indispensables, beaucoup, par la voie de la probité et de la déférence d'autrui parvenaient sans mal à gérer leur vie et leurs coercitions. Alors, pourquoi pas elle ? Parce qu'elle avait tout simplement fait le choix de se laisser incanter par les voix des séides du Mal, sans opprobre aucune, tous les êtres dits humains ne pouvaient jouir d'une nature pieuse et exempte de turpitudes. Le brassage de personnalités était essentiel et inexorable, mais la pluie comme l'incandescent poids du soleil heurtait tout le monde de la même façon, l'iniquité était telle qu'elle était entrée dans les moeurs sous forme d'aphorisme. « Ce sont toujours les meilleurs qui partent les premiers. » Et les pires ? Ils subsistaient, perduraient dans leur souillure et leur césarisme. S'il fallait embrasser la résignation et le trépas tôt dans une vie pour avoir été de ceux qui propagent la prud'homie, alors, la lady ne regrettait en rien sa décision d'être parmi les harpies, tout comme l'était Edarra Ferboys. La différence entre elles ? L'une avait su se joindre au meilleur des partis et était suffisamment clairvoyante pour ne pas ostensiblement révéler sa véritable nature au monde, contrairement à la dame des Osseux qui était, selon sa rivale, une bien piètre conjurée. Seule sa tentative de mainmise sur les Météores et son héritier méritait un tant soit peu de congratulation, mais nul doute que son projet serait mis en déroute par ceux qui n'étaient pas leurrés sur ses véritables intentions. La Scorpionne préparait son dard et prévoyait de piquer de tout son venin si cela devait être la solution de dernier recours, et alors, aucune dévoyée ne mettrait la main sur son porteur d'Aube.

Elle l'avait ici, si proche d'elle, bientôt congloméré à son front dans une position miroitante de suavité, car leurs gestes de tendresse n'était jamais trop ni trop emphatiques, depuis toujours ou presque. Cette pommette qu'il effleurait avec une envie protectrice souffrait fréquemment d'un contact fraternel bien moins bénin, elle aurait pu gager sur son épiderme cuivré s'endolorissait de la moindre caresse tant il était devenu sensible d'une pernicieuse brutalité. Malgré tout, ce fut la chaleur de sa main qu'elle se mit à chercher en inclinant sa physionomie sur le côté, tandis qu'il barytonnait quelques proses assurément bien fleuries et qui réchauffait un coeur bel et bien présent sous les atours et voluptueuses convexités. Elle lui rendit tout naturellement sa risette, ravie, au fond, d'être utile à un quidam qui comptait autrement plus sincèrement. Peu de monde dans son entourage amical, mais chacun de ces membres étaient auréolés d'une substantielle importance et elle veillait à prendre soin de cette cour d'amis. La fallacieuse formalité et taquinerie dont il se fendit ensuite la fit expirer un rire cristallin, au moins réconfortée d'ouïr du principal intéressé qu'il lui reviendrait en entier et en bonne santé. Même s'ils ne pouvaient être assurés d'aucune bonne fin si jamais une lame ennemie décidait de se loger dans l'anatomie du dornien pour souffler sa braise de vie, leurs résolutions alliées leur ployaient un irréfragable espoir. Qu'était-ce que l'existence sans once d'espoir ? Un insondable et sombre vortex duquel l'on ne s'évadait pas. En attendant cette période d'expectative qui se profilait longue et tourmentée, la sensualité se convia à leur binôme, et ce fut avec une mimique conquise que la Forrest l'accueillit. Ses paupières tirèrent le rideau sur ses prunelles éthérées, l'emmaillotant dans une soie d'effervescence au résultat analeptique. Et si Oberyn fut rattrapé par une certaine pudibonderie après cette délicieuse incartade, ce ne fut point son cas, aussi profita t-elle pleinement de ses blandices, sans s'en cacher. Ses lippes entrouvertes soupiraient leur aise, ses mirettes ne se redévoilèrent qu'au phonème du chevalier qui arpenta un sujet précédemment évoqué en toute boutade, mais qui semblait s'être niellé dans son esprit. Ses paroles fraîches de véracité lui tirèrent un nouveau ricanement corroboratif, puis, soudain, sa phonation s'obscurcit de ce qui lui apparut être une résignation mélancolique. Elle le connaissait, son prince des Météores, il abdiquait dans la pérennité de ses engagements avec une inéluctable amertume, pour un homme dont la vie avait toujours été faits de voeux – de serments imposés.


  ~ L'envie et le devoir... Entonna t-elle dans un susurre, alors que la main qui n'éclusait pas sa meurtrissure se hissa jusqu'à sa joue pour l'arracher à sa contemplation de la cité, et reporter son attention sur elle. Deux termes qui se marient rarement, Oberyn. Le droit, en revanche, ne dépend que de nous, mais cette trinité n'est qu'un aqueduc vers des conséquences dont il faut mesurer toute la portée. La prévoyance tout comme le sacrifice accepté ont évité des guerres, et une pléiade de catastrophes... Elle lui offrit un mince sourire, puis déposa un baiser à la commissure des lèvres masculines. Ne reste jamais trop longuement incliné vers le passé, aie un oeil sur le présent, mais voue-toi à l'avenir. »

Les remords ? Les regrets ? Et « si »... ? Et si les choses avaient été ainsi, et non comme cela. Et si ce choix avait prévalu sur un autre, et si, tout simplement, sempiternellement... La rétrospection n'était jamais de bon augure, labourer des faits qui n'étaient plus, que l'on ne pouvait modifier, à quoi bon, si ce n'était se tourmenter. Le futur, lui, restait à rédiger, incertain et si fluctuant, il était l'Odyssée propre à tout individu. Nulle garantie d'atteindre l'élysée plus que d'atroces limbes, mais c'était bien ce qui rendait leur séjour sur terre palpitant et digne d'être vécu. La demoiselle espérait que le jeune homme tirerait les leçons de toute cette histoire à laquelle il avait apparemment décidé de mettre fin, et si elle n'en montra rien, la satisfaction était intense. Elle n'osait songer à l'humeur d'Edarra lorsque celle-ci verrait son plan se faire étêter d'un coup d'épée valyrienne, la désillusion et le courroux qui la prendrait, tant d'efforts réduits à néant en si peu de temps. Sa rivale allait devoir redoubler d'entreprise si elle désirait réintégrer la course aux intrigues, et dorénavant que les Dayne ne la talonneraient plus, Ismaëlle l'attendait de pied ferme. Un succès qu'elle espérait voir se jouer très promptement, il aurait été fort chagrin et contrariant que le sigisbée ne change son opinion après une nouvelle réflexion trop alambiquée. Si les fiançailles étaient rompues, la rumeur aurait tôt fait de se propager à travers désert et montagnes empourprées, et même s'il s'avérait qu'elle se trouvait à Port-Réal lorsque l'annonce était faite, elle veillerait à en être informée. Aucune distance n'était encline à la priver de toute actualité digne d'être entendue, et celle-ci était d'une ineffable valeur. Le dornien se doutait certainement qu'elle se réjouissait de son verdict, mais peut-être par respect pour ses sentiments écorchés, elle ne manifesta pas même un rictus d'allégresse. Ses myosotis dévièrent en direction de l'épaule dont elle épanchait le fluide sanguin, elle tapota délicatement la plaie puis retira le linge pour brièvement ausculter la cavité qui suintait encore légèrement.

  ~ Il serait plus sage de désinfecter et de panser une bonne fois pour toute, tu ne devrais pas te négliger de la sorte. Nous allons nous en charger séance tenante, car je sais que si j'attends sur ton initiative, tu reprendras la route sans t'en être occupé. Ses sourcils se haussèrent furtivement et elle prit une expression adorablement incriminante, assurée de ses dires. Valen ! Héla t-elle soudainement, son timbre suffisamment puissant pour se faire entendre du revers de l'huis qui ne tarda guère à s'ouvrir. Le quidam pour le moins morose se présenta de bien mauvaise grâce, sa frustration ne fit que croître lorsqu'il aperçut le seigneur partiellement dénudé et si proche de sa dame. Il déglutit difficilement, puis répondit de sa voix de rogomme. Milady ? Fais presser une domestique de m'apporter de quoi soigner une blessure, je te prie. … Bien milady... »

Une requête qui ne lénifierait pas ses ardeurs qu'il sentait de plus en plus embrasées, ses calots se portèrent intuitivement sur le chevalier en trop parfaite compagnie dans une chrysalide d'intimité tout à fait outrageante – du moins, était-ce le cas pour tout les olibrius qui osaient approcher de sa maîtresse, aux sommations de laquelle il se plierait malgré tout. Il fit une succincte courbette bien davantage adressée à la sylphide qu'à son camarade , puis se retourna pour disposer et veiller à ce que le désir de la donzelle soit exaucé. Celle-ci n'était nullement embarrassée d'appeler son cerbère attitré tout en sachant qu'il ne pouvait supporter la vue d'un Oberyn à ses côtés. A chacun sa place, elle était la dame, lui le serviteur, toujours libre de rompre sa dévotion quand bon lui semblait si les choses ne lui seyaient point, ce qu'il ne ferait pas, elle le savait. Ainsi, une domestique fit son apparition peu de temps après avec les instruments demandés. Il ne fallut guère plus de temps pour que l'Epée du Matin soit soulagé de ses maux, physiquement parlant tout du moins. Une fois cela achevé, la jeune Forrest l'invita prendre place dans le divan de la pièce, dans lequel elle s'installa elle-même, pour que les réjouissances gustatives et avinées puissent commencer. La table basse magnifiquement sculptée était également garnie de divers mets principalement frais, une sensation plus qu'agréable et recherchée dans une région telle que la leur. Quant au vin, il était évidemment d'appellation dornienne, hypothétiquement originaire des vignes de La-Tombe-du-Roy qui exportait ses produits jusqu'à Lancehélion, ville agitée sous l'astre sélénite de cette douce sorgue de complicité. Une complicité qui eut maintes fois l'opportunité de se manifester dans les quelques heures qui s'écoulèrent depuis l'arrivée du Dayne dans les appartements de la nymphe. Les traits d'esprit et rire jalonnaient leurs dialogues qui variaient de légèreté à certains pans parfois plus sérieux, mais en cet instant, il s'agissait bel et bien de la badinerie qui animait le débat.

Le chevalier s'était revêtit de sa chemise, quand bien même était-elle tâchée d'un long filet d'hémoglobine désormais sec. Cependant, dans sa taquine espièglerie, Ismaëlle s'était assurée qu'il n'en referme pas l'attache, préservant ainsi une échancrure sur son torse qu'elle s'amusait par moment à cajoler du bout des phalanges. Quant à elle ? Elle s'était habillée de sa veste estampillée de la légendaire estoc escorté d'un astre filant, de cette belle teinte violine qui flamboyait à l'unisson avec le vermeil de sa robe. Ce même manteau lui tombait négligemment sur le bras, entrainant par la même occasion le tissu sous-jacent et dévoilant la courbe et le hâle de son épaule. Une innocente incurie accouchée de la détente dans laquelle elle se trouvait alors, auprès de son ami, auquel elle contait les récents évènements ayant eu cours au fief de la sépulture royale.


  ~ Lors de notre dernière flânerie au marché de La-Tombe-du-Roy, notre oncle a eu l'excellente idée de chuchoter à l'oreille d'Harakan que l'un des marchands itinérants était bieffois. Tu le connais, il se sustente sans modération du mythe de notre domaine, et il est d'une véhémence sans pareille. Eh bien, il s'en est allé, armé de son épée de bois, défier le pauvre négociant au nom de la communauté dornienne. Un rire clair ponctua sa réplique alors qu'elle se remémorait cette scène sans véritable agressivité. Ledit marchand ne s'était guère formalisé de cette galéjade, Harakan, en revanche, s'en était offusqué et avait passé le reste de la promenade à rechigner dans les jupons de sa soeur aînée. Son petit frère et dernier enfant de la fratrie était un pur produit de leur contrée, encore trop juvénile pour prendre vraiment part aux controverses ethniques sur cette aversion des gens du Bief, Ismaëlle espérait que les années pacifieraient son impétuosité. Ce petit monstre est une vraie tornade, je puis t'assurer qu'il ne se fait jamais oublier. Elle porta sa coupe à ses lippes et dégusta une maigre gorgée de l'excellent breuvage qu'ils sirotaient depuis un considérable moment, en témoignait les étoiles qui pétillaient désormais dans les yeux de la sylphide dont les mouvances, bien que toujours contrôlées, étaient un peu plus grisées. Nassima n'est pas plus discrète, ses progrès à la lance sont considérables, je suis certaine qu'elle t'en fera la démonstration lors de ta prochaine visite. Oh, et... Je ne m'étonnerais pas qu'elle ait un faible pour Rhaegal, il semblerait que le charme des Dayne soit redoutable... »

Une risette entendue ourla le visage de la demoiselle qui guigna son interlocuteur. Leurs deux maisons avaient toujours été proches, leurs pères siégeaient tels deux frères dont les retrouvailles étaient à chaque fois explosives. Combien de joyeuses frairies avaient-ils vécu, la tonitruante hilarité de leurs géniteurs comme rythmique de soirée. De belles réminiscences qu'elle espérait voir se réitérer dans un futur proche, peut-être à l'occasion d'une union autrement plus maritale ? Suggérer au lord Dagnar de promettre sa seconde fille au cadet d'Olyvar rôdaillait dans l'esprit de la jeune femme depuis déjà plusieurs mois, une alliance qui ne ferait que renforcer plus encore l'harmonie des relations seigneuriales. La jouvencelle se leva soudainement, elle se dirigea d'un air distrait vers une commode où reposait une boite raffinée et dont le contenu lui était... Particulièrement précieux. Elle l'ouvrit, échine tournée à Oberyn, et contempla un instant les arachnides qui s'y trouvaient. Sa main y plongea alors, pour en tirer une petite créature dont la taille n'était point proportionnelle à la dangerosité. Elle se pavana de manière presque euphorique jusqu'à se rasseoir sur le divan, un scorpion noire au creux de sa menotte, son symbole, ses acolytes favoris, ses enfants spirituels. Pour qui la connaissait un tant soit peu, il était ardu d'ignorer le culte qu'Ismaëlle portait pour ces bêtes qui la suivaient partout où elle se rendait. Elle n'en avait aucune crainte, l'invité lui-même semblait quiet, guère prêt à user de ses pinces ou à piquer, il ne fit qu'entamer son ascension le long de l'avant-bras de la Forrest comme si tout cela était du plus grand naturel.

  ~ Il est magnifique... »
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Oberyn Dayne
Chevalier

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• Epée du Matin •
◌ Vision du Guerrier ◌
• Champion de la Maison Martell •

« Honneur, Loyauté, Sacrifice. »

♦ Missives : 2094
♦ Missives Aventure : 87
♦ Age : 29
♦ Date de Naissance : 30/03/1988
♦ Arrivée à Westeros : 17/09/2012
♦ Célébrité : Jamie Campbell Bower
♦ Copyright : Violain <3
♦ Doublons : Gunthor Estremont
♦ Age du Personnage : 25 ans
♦ Mariage : Fiancé à Edarra Ferboys
♦ Lieu : Citadelle des Météores.
♦ Liens Utiles :

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Message Sam 23 Mar 2013 - 17:17


Les Larmes du Soleil.


Qu’il pouvait aimer gouter le rire amène et cristallin de sa douce amie, trouvant dans ce refrain enchanteur un baume à même de soulager tous les maux accablant son existence. Point de pensées obscures en sa compagnie, point d’affliction prononcées ni de tortures accablantes, simplement l’envie de vivre au contact d’une nymphe qui, de son aura singulière, lui offrait le luxe de croitre dans sa lumière. Si sa pudeur comme ses limites lui imposaient de refréner les masculines pulsions à même de l’animer, ce fut simplement pour ne jamais voir brisé la tendre complicité qu’ils avaient su instaurer depuis que leurs regards s’étaient croisés. Badin depuis l’enfance, il avait perdu tout don de moquerie en présence de la petite héritière de la Tombe au Roy. D’aucun, aux Météores, affirmaient que c’est en parti pour elle qu’il s’érigea en parangon de chevalerie autant qu’en combattant formidable à même de sauvegarder la vie comme les intérêts de la belle, avec qui il pouvait bien laisser filer le reste de l’éternité… D’aucun n’aurait pas forcément eu totalement tort. Le poids des mots prononcés aurait bien pu affliger son âme comme son humeur d’un voile d’austérité tant ils signifiaient l’immédiate perte d’un être aimé. Mais la simple plongée dans les éthérées pupilles de la nymphe Forrest eurent tôt fait de diluer l’amère confession avouée sur un timbre accablé. Comme si la jeune femme tenait en ses mains un baume salvateur à même de faire voler en éclat les doutes comme les déplaisirs du Dornien Sigisbée qui, par son regard badin, semblait en tout point aimanté. Ainsi, Oberyn accueillit avec une attention certaine les mots de la belle Forrest, pensant comme repensant son psaume le mariage contre nature de l’envie comme du devoir, chose que le jeune homme pouvait difficilement lui nier. Il pesa un temps son addition du droit dans la complexe équation régissant, pour l’heure, les problématiques de sa future union et ne manqua pas de voir ses pensées projeter bien des obscures possibilités. Le droit, il pensait se l’être donné en renouvelant ses vœux de fidélité à l’égard du Prince qu’il avait juré de servir comme de protéger. Force fut de constater qu’au lieu de voir cette démarche le conforter dans sa décision d’épouser Lady Ferboys, les confrontations offertes par la tumultueuse cité de Lancehélion ne furent qu’à même d’ébranler ses plus profondes convictions. C’est donc dans le mutisme le plus complet qu’il termina d’accueillir les mots de nymphe estimée, prenant soin de méditer un court instant le sens du passé, du présent comme de l’avenir où il aurait tôt fait d’avoir à assumer la succession comme la survie d’une des plus importantes maisons de Dorne. Comme de coutume, ce constat vint à lui tirer un frisson de crainte bien vite apaisé par la main charmeuse d’une Lady des Montagnes Rouges pour qui il aurait, volontiers, sacrifié bien plus que son existence…

Mentalement, Oberyn en vint à questionner le degrés de contentement que ces mots avaient bien pu provoquer chez sa sylphide adore. Il n’ignorait point le degré d’inimité séparant les deux jeunes femmes et les opposant dans des joutes propre aux harpies qu’elles se plaisaient à représenter. Et s’il ne gouttait pas les intrigues comme les mouvements ourdies par sa douce amies, préférant les ignorer plus que les voir révélés à ses yeux ne jurant presque que par la chevaleresque exemplarité, son for intérieur lui intimait que la douce tête couronnée pouvait bien se ravir de voir son opposante avouée ainsi priver d’un mouvement de relative importance sur l’échiquier du jeu des trônes. Ces parties-là n’étaient pas de son fait, ses talents naturels ne le prédestinant pas à y jouer le rôle de stratège, mais ce savoir pion entre les mains de tierces personnes avait le don d’induire en son être de bien opposés sentiments… Et alors que son tortueux esprit en vint à se figurer une manipulation insidieuse de la part de la Nymphe de la Tombe au Roy, cette dernière en vint à l’apostropher, ordonnant que sa blessure soit immédiatement traitée et à ses mots, son Garde Vie eu tôt fait d’apparaitre de façon, pour le moins, zélée. S’il aurait bien pu rire de la remarque d’Ismaëlle portant sur son incapacité à sérieusement s’occuper des afflictions marbrant son corps, il n’éprouva pas la moindre joie au contact du froid regard desservi par le valet qu’il avait, précédemment, moqué de son verbe acide. Tout chez le manieur de cimeterre exsudait la haine profonde pour la personne du Chevalier Dayne et ce dernier ne manqua pas de pousser un long soupir au départ de sa Nemesis d’un instant, adressant à sa douce nymphe une remarque innocente mais pourtant emprunte d’une certaine véracité :

« Je crois bien qu’il ne m’apprécie point… » Sourire amène aux lèvres et améthystes braquées sur le dos du Garde Vie s’éloignant d’un pas contrit, Oberyn finit par reporter toute sa nécessaire attention sur cette amie dont il bénissait la présence en ces murs qui ne lui étaient que bien trop étranger après tout. Il lui découvrit un nouvel aspect de manipulatrice à même d’étirer un sourire mesquin sur ses lèvres. Une simple œillade suffisait à comprendre que la belle Forrest était au fait de la haine de son serviteur pour son ami et quand bien même elle le forçait à entrer dans leur cocon d’intimité pour le voir intérieurement fulminer. Décidément, le Chevalier des Montagnes Rouges avait encore bien des choses à apprendre aux côtés de sa douce amie !

Il fallut bien peu de temps à la domestique hélée pour arriver dans les appartements privés. Officiant avec une dextérité qu’Oberyn ne connaissait qu’à peu de Mestre, elle le soulagea de ses tourments aussi rapidement qu’elle fut venue et disparut en un souffle. S’il aurait aimé remercier la camériste pour son ouvrage parfaitement exécuté, l’Epée du Matin n’en eut pas le temps et se contenta d’un maigre sourire alors que sa douce amie lui intimait de suivre sa trace pour amorcer une nouvelle phase de leur réunion fortuite, l’amenant au-devant des victuailles qui constituerait leur souper et l’invitant à prendre place sur un somptueux divan. Les muscles toujours mâchés par le titanesque duel qu’il eut tantôt à livrer, c’est avec courtoisie non feinte que le Dayne accepta sans sourciller, l’enfonçant dans le moelleux des cousins au toucher soyeux alors que, déjà, son physique n’aspirait qu’à se délasser. L’on finit par se rassasier de mets frais particulièrement agréable dans cette atmosphère saturée par la chaleur, épanchant sa soif d’un cru Dornien que l’incompétence œnologique d’Oberyn eut bien du mal à clairement identifier dans sa provenance. Mais les plus agréables comme délicieuses nourritures furent composées de complicité, de moment badins comme de dialogues sucrés émaillés de débats autrement plus sérieux que tous ceux qu’ils avaient pu avancer sous le complice regard du crépuscule. En présence de la Nymphe des Montagnes Pourpre, l’Epée du Matin égarait toute notion de temps, savourant simplement sa présence comme sa nature entière à même d’apaiser bien des voix tortueuses accablant sa psyché pour le moins… Compliquée ? Les traits d’esprit de la belle héritière se savouraient avec une délectation plus coupable encore que le plus gourmand des miels et le fils ainé de Lord Olyvar vint à rire nombre de fois. S’il chercha à donner le change en jouant de ses mots comme de ses sentiments les plus intimes qu’il ne réservait qu’à elle, le cavalier des Météores ne manqua pas se rendre compte à quel point il chérissait, plus que tout, les complices instants passés en compagnie de son idéale moitié. Son immaculé chemise souillée d’un trait de sang séché passée sur ses épaules affligée du constant poids de sa plate complète, Oberyn n’avait pas rechigné à laisser cette dernière ouverte pour le plus grand plaisir de son amie qui, de ses bichonnes sensuelles drapait sa peau d’un voile de chair de poule dessinant plus encore les muscles de son torse travaillés par des années de sacrifice au service du Dieu entrainement. Enveloppée dans le manteau lilas propre à la Maison des Météores, Ismaëlle lui offrait son étincelante présence. Superbe dans sa robe vermeil et se faisant la définition même du mot sensualité, la belle régalait son ami de ses mots toujours animés d’un timbre chantant qui en faisait, à ses yeux, la plus délicieuse des conteuses. Doigts clos sur une coupe emplie de vin, l’Epée du Matin en vint à laisser son bras libre s’animer d’amicales intensions pour tendrement entourer son corps d’un membre à la pure comme protectrice animation. C’est d’un sourire amusé qu’il accueillit les derniers faits d’arme imputable au plus jeune enfant de la fratrie Forrest. S’il n’avait que peu de fois aperçu ce petit démon, il lui accorda une courte démonstration du jeu des lames où l’enfant tonitruant parvint, à grand renfort de comédie burlesque, à terrasser l’Epée du Matin contraint de demander grâce sous la générale hilarité d’une assemblée d’hommes d’armes des deux maisons unies par de solides liens d’amitié. Un temps, Oberyn songea proposer à l’enfant de devenir son écuyer et ainsi l’engager sur la voie de la Chevalerie à ses côtés. Mais pareilles pensées ne furent que fantasmées, restées lettres mortes devant le jeune âge du dernier né des Forrest. Peut-être viendraient-elles un jour à être clairement formulées, passant avant devant le contrôle de la douce lady qui, actuellement, le régalait de ses contes familiaux tant appréciés. Nostalgique, c’est avec ses améthystes rivées au fond de sa coupe que le Dayne vint à répondre d’une voix proche du murmure :

« Comment oublier pareil caractère plein de vie… ? Au moins sait-il où porter tout son tumulte. A pareille époque, je me contentais de jouer les farouches guerriers en la forteresse de Salrivage et m’amusais à nourrir de sable les deux premiers enfants de cette noble Maison… Si ma sottise ma valut le courroux comme le bâton de Ser Waymard, j’imagine que ce Rogho et cette Ororya m’en tiennent toujours rigueur… » L’évocation de ce lointain épisode suffit à réveiller les cicatrices couturant son dos, peignant à jamais à quel point le Chevalier Errant de la Maison Estremont eut à user du fouet pour inculquer l’exemplarité dans les chairs comme la conscience du Dornien Chevalier. Quant aux Gargalen, la dernière fois qu’Oberyn eut à confronter les Cockatrices il ne récolta qu’un peu plus de mépris au prix de confessions qu’il aurait bien aimé ne jamais avoir à énoncer. Noyant son passé dans l’absorption d’une lampée de vin, le manieur d’Aube en vint à conclure par la formulation de quelques mots lâchés à la volée : « Harakan a tout du prometteur Chevalier Dornien… » Et Oberyn de sourire à ses propres mots. L’idée était mollement lancé sur le ton de la badinerie et mourrai probablement d’elle-même au cours de la conversation… L’évocation des talents de Nassima à la lance se firent l’écho de ceux de Talia à l’épée, la jeune Dayne se montrant plus intéressée par la pratique du chant des lames en compagnie de Trebor que des efforts constant de Dame Mylenda à en faire une authentique Lady. La tournure que prit la déclamation eu le don de surprendre Oberyn qui en jeta une œillade interdite à sa tendre complice, comme si les affirmations dont elle avait su se faire l’écho ne trouvaient pas grande grâce aux yeux de l’Héritier des Météores. Le caractère redoutable du Charme des Dayne lui échappait fortement, n’ayant jamais eu l’impression d’être lui-même courtisé plus que de nature, mais c’est avec un masque d’amusement certain qu’il en vint à prendre la suite d’Ismaëlle sur ce glissant sujet : « Rhaegal est un gentil garçon, doté d’une raison comme d’un esprit qui me fera à jamais défaut… Mais il ne m’a jamais vraiment apparu attacher aux affaires du cœur, du moins je ne me suis jamais vraiment attaché à le questionner sur ce point. Quoi qu’il en soit, il ne manquera pas de douceur envers ta jeune sœur, et ce même si son cœur ne bats pas de concert avec le sien. J’aurai eu grand mal à dire pareille chose d’Erayn, ce gredin semblant s’être fixé pour seul et unique objectif de trousser plus de jeunes femmes qu’Asafa Ferboys lui-même… Dame ma mère prie pour que ses classes d’Ecuyer sachent lui enseigner la vertu… » Il avait toujours eu une sympathie particulière pour son cadet jouissant d’un enflammé caractère semblable à celui qui fut le sien dans sa prime jeunesse. Et même s’il partageait de tendres complicités avec lui, Oberyn tentais tant bien que mal de faire honneur à son nom en brisant les moins reluisantes initiatives d’un Erayn prompt à faire s’empourprer de colère Dame Mylenda sa mère. La passion de Nassima en vint à faire rire le Chevalier qui, du fait des liens fraternels unissant les deux Lords Forrest et Dayne, vint à avancer sur le ton de la confession : « J’espère pour nos cadets que la nouvelle n’arrivera point de sitôt aux oreilles de nos ainés. M’est d’avis que le Seigneur mon Père ne manquerai pas d’en alarmer Lord Dagnar et que tous deux fourbiraient déjà l’union de nos deux Maisons au travers ce mariage planifié entre deux coupes et récits de conflits ! »

Ses mots tout juste prononcés, le Dornien Sigisbée eut dès lors la désagréable surprise voir la Lady toute entière se lever et s’éloigner d’un pas éthéré. Songeant déjà aux propos qui auraient bien pu être à même de la froisser, le jeune homme finit par évacuer tout trouble en constatant que la belle nymphe lui revenait déjà, porteuse d’un invité que le Dornien des Rouges Montagnes n’aurait jamais osé soupçonner. Déposant sa coupe sur la table basse lui faisant face, il mira d’une œillade distraite la noire bâte courant sur la peau de pèche, figurant tout le danger que pouvait bien représenter tel animal en cet instant. Mais à défaut de crainte, c’est une certaine forme d’excitation que ressenti le Chevalier des Météores. D’excitation face à toute l’assurance qu’exsudait la jeune femme dans la tendre manipulation de ce que, d’aucun, affirmait être ses enfants. Et alors que la sensuelle Forrest vint à prononcer trois mots, Ser Oberyn mira de ses améthystes les doux myosotis de sa tendre moitié, se contentant de murmurer dans un plissement de lèvres presque imperceptible :

« Tout comme toi… » Etais ce le vin qui, doucement, commençait à monter aux esprits du Chevalier Dornien ? A moins que ce ne soient les yeux de la belle qui parachevaient leur œuvre d’hypnose pour le plonger dans des filets où il ne semblait qu’avoir le désire de se noyer. Gorge noué, il hasard une main dans une frêle avancée. Non pas que la crainte d’une piqure soit à même de terrasser son courage. Sa peur la plus viscérale semblait plutôt tenir en la réaction de cette Lady qu’il n’avait, désormais, de cesse de mirer alors que son être se trouvait tout entier réchauffé par la sensuelle aura dont elle ne cessait de l’irradier. D’un mouvement qui se fit l’allégorie de la caresse, le Champion de la Maison Martell vint à laisser sa main épouser celle de l’Héritière de la Tombe au Roy. Leurs doigts se touchèrent, se mêlèrent puis s’opposèrent de façon à singer l’apposition d’une main tendrement déposée sur une glace sur renvoyant un déformé reflet. Savourant le doux contact de sa peau contre la sienne, Oberyn détourna un instant le regard sur le manteau Lila dont elle était toujours drapée, dévoilant le sensuel d’une épaule à la courbure aguichante. Crispant sa mâchoire, Ooberyn en vint à voir de singulières pensées assaillir son esprit. L’image de sa Lady vêtue d'un manteau aux couleurs de sa maison, est amenée devant l'autel par son père bientôt embrassée par l’Epée du Matin parant par la suite les épaules de sa promise d'un manteau aux couleurs de sa propre maison, violacé et frappé de l’étoile comme de l’épée entrecroisée, symbolisant ainsi son acceptation dans sa nouvelle famille… Et sans qu’il ne sache véritablement pourquoi, le manieur d’Aube vint à murmurer sur le ton du secret : « Ces couleurs te vont particulièrement bien au teint… » Voilant ses paupières améthystes d’un rempart de chair éploré, le Chevalier en vint à immédiatement regretter les propos formulés. Intimement, il espérait que jamais la belle ne puisse comprendre le sous-entendu que ses mots impliquaient et c’est avec un trouble grandissant qu’il vint à mirer de côté, fuyant les myosotis qui avaient le don de le captiver. Le vin ne saurait pleinement tout expliquer… Fuyant et immobile dans le même temps, il en vint à formuler sur un ton contrit par le remord : « Je… Je devrais peut être t’abandonner… Nous repartons demain pour une interminable chevauché et je… » Un simple regard à ses pupilles eut le don de briser ses élans oratoires, captant toute la beauté d’un instant qu’il échinait à ruiner de ses mots bafouillés. Souffle coupé, il frémit un instant, sentant une sueur froide glisser le long de son dos alors que sur leurs mains unies passait un étrange enfant noir comme la nuit. Agrippé à leurs chairs, le Scorpion lui intimait de se figer tout à fait. Oberyn en vint à se demander si quelque esprit malin ne cherchait point à le soumettre par la force de quelques sorcelleries. « Je devrais te laisser… Je dois te laisser. » Sa voix chancelante sous l’ivresse et un semblant de crainte qu’il ne saurait pleinement expliquer, Oberyn aurait simplement aimé pouvoir s’animer et porter ses pas hors de ces appartements. Mais telle chose signifié abandonner une présence qu’il chérissait et qu’il estimait plus que tout au monde. Ses lèvres tremblaient et son souffle s’emplissait du sien alors que son regard fut contrait, par la simple force de leur séculaire relation, à se noyer plus encore dans les myosotis enjôleuse. Et dans un ultime verset proprement énoncé, le Chevalier des Météores vint à lui présenter la confession d’un fait qu’il ne pouvait reconnaitre à personne d’autre : « Tu m’as tant manqué… » Fait on ne peut plus avéré qui ne manquerait pas de se reproduire dès lors qu’il serait, de sa tendre amie, proprement séparée…




« Seal my heart and break my pride,
I've nowhere to stand and now nowhere to hide,
Align my heart, my body, my mind,
To face what I've done and do my time. »
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Message Jeu 4 Avr 2013 - 21:13


L
e désarroi engendré par Valen ne fut point même considéré par la damoiselle, bien trop au fait des frasques possessives dont son séide se flétrissait la santé, souvent sans réel fondement si ce n'était prouver, sempiternellement, sa dévotion envers celle qui lui avait octroyé sa chance. Bonne fortune n'était point synonyme d'immuable bonheur, et en dépit de toute la disparité qui séparait maîtresse et nervi, ce dernier osait, dans sa toute vésanie, encore prêter foi à une probable idylle – voire à une mainmise sentimental dans le plus chimérique des idéaux. Oberyn n'était qu'un quidam de plus à rappeler à son bon souvenir qu'il était hypothétiquement trop songe-creux, et qu'en tant que leur opposite, quelles étaient ses chances de pouvoir prétendre à une dame de si bonne famille ? C'était là l'unique raison pour laquelle il pouvait prétendre le haïr, et s'il se prêtait bien volontiers à l'exercice de le maudire en silence, il savait n'avoir nullement le droit de le traîner sur la claie, surtout pas en présence d'Ismaëlle. Alors, aux Sept Enfers ses aspects ulcérés ! La jeune femme savait parfaitement comment mener chaque pion de son échiquier pour l'enjôler et ne jamais fissurer le fragile voile de l'enchantement. Une minutie qui en faisait une créature potentiellement dangereuse, pour qui osait encore s'opposer aux lubies de l'héritière des sépultures. Mais elle estimait le sigisbée sous sa protection dans cette effervescence à la dévotion, c'était la raison pour laquelle elle avait sollicité son serviteur tout en l'ignorant, avant de s'abandonner dans une chrysalide où quelque ambroisie et une sensuelle oisiveté se conjuguaient en un coupable pluriel. D'ordinaire si circonspecte, l'incurie de la sylphide traduisait l'intempérance dans laquelle son ami d'enfance était apte à la plonger, sans le désirer, sans s'y attendre, simplement en la secondant de sa plus humble compagnie. Et à force de persévérer, perpétuellement et avec une attention toute particulière, dans le ludisme des trônes, il était inexorablement appréciable de pouvoir faire choir les masques de politique. Un confort des moeurs dans lequel elle se complaisait de bonne grâce bien que point assez régulièrement – peut-être, était-ce cela, sa panacée... Peut-être, était-ce lui, l'émissaire de l'aube, et toute l'estime et les bons sentiments qu'il lui portait tout à fait réciproquement. Cette vérité censément absolue traçait son sentier dans son esprit, et alors, post-guerre, elle se jurait de l'appeler à son chevet bien plus souvent qu'il n'en avait été le cas lors de ces dernières années. Tous deux fautifs dans le naufrage de leur fréquentation, tous deux aptes à y remédier si, de volonté commune, ils ouvrageaient.

Bavarder de leurs réminiscences concassées et d'autres plus entières la ramenait à ce temps d'insouciance, et au fait que crâne de mort ceint et estoc mâtinée d'étoile tombée ne s'étaient pas réunis depuis longtemps, bien trop longtemps, sous la voûte de leur fraternité. C'est ainsi que l'on prenait conscience des années qui fluaient inéluctablement, bien trop rapidement entre chaque instance de plaisir chaste ou non. Et contempler les deux lords de maison gentiment pocharder, bras dessus bras dessous, en riant de leurs voix de mêlé-cass avait toujours été un curieux spectacle tant qu'une indicible récréation pour la nymphette, qui avait bien grandi depuis. Au fond, c'était un comble de savoir qu'elle visitait plus souvent leur princier suzerain logeant pourtant à l'antipode du désert, plutôt que leurs semblables des Météores à une poignée de foulées plus au sud. Un domaine qu'Harakan rêvait de revoir – de voir, pour le peu qu'il s'en remémorait. - dans le fol espoir d'y rencontrer un certain porteur d'épée légendaire. Tout ce qui se contait à propos du légataire Dayne le laissait songeur d'un avenir aussi exceptionnel, sans qu'il n'ait encore la présence d'esprit d'entrevoir tous les désavantages liés à un tel statut – toutes les ombres camouflées mais bel et bien existantes au revers d'une vie dans la lumière. Sans le dire, la jouvencelle escomptait qu'Oberyn lui-même puisse en parler au dernier garçonnet de La-Tombe-du-Roy pour l'encourager à choisir une voie aussi louable que la sienne, tout en le mettant en garde sur les tribulations qu'il avait lui-même rencontrées. Mais dans quel que cas que ce soit, ce dernier pointait un fait des plus justes : le futur lui était promis en tant que Dornien digne de ce nom. Un peu comme il en était assurément le cas pour Rhaegal, et son légendaire sens commun. Pour ce qui était du bibelotisme féminin d'Erayn, l'analogie avec un certain Ferboys notoire pour ses libidineuses incartades la fit sourire. Nul n'était parfait, et si elle-même faisait preuve de discrétion, elle ne désavouait pas aimer le péché de chair et les différentes sapidités des dermes qu'elle avait déjà eu l'opportunité de goûter. En plus d'une félicité de corps et d'esprit, l'impiété charnelle donnait lieu à des conciliations diplomatiques, elle fécondait les idées pour les faire accoucher d'alliances parfois fort utiles. La vertu était un noble idéal, qui aurait doucement fait rire la naïade si elle n'avait pas de quelconque considération pour son précieux sigisbée et la pédagogie qui avait fait son éducation. Tant qu'il n'y avait guère bâtards à foison, la faute n'était qu'une peccadille, le reste et même l'ensemble de l'affaire était ensuite question de conscience.

L'instant qui suivit tout cet émoi réflectif fut entièrement voué à l'admiration d'une sombre arachnide, dont la jeune dornienne semblait s'être épris instantanément après l'avoir libéré de son habitacle. Elle sentit la blandice de divines améthystes effleurer son grain de cuivre, mais toute focalisée sur son enfant qui revisitait le pli de son articulation olécranienne, elle ne releva ses mirettes qu'au doux son d'un phonème qui la flatta d'une nouvelle galanterie. Elle se prit à le lorgner de cet air lascivement suborneur, avant de le voir osciller sur l'éventualité de faire connaissance avec le tiers hôte des lieux. Sa délicate menotte s'ajusta tout naturellement à la main du chevalier dans un subtil effet de ménechme, comme si tous deux flottaient sur la planitude d'une glace qui ne faisait que miroiter leur quintessence illustrée dans le sexe opposé. Une poésie mutique qui avait su arracher la Forrest à sa contemplation première pour se consacrer à une seconde, celle de son vis-à-vis dont elle mira les traits avec une rare intensité. Risette de circonstance, cette bienheureuse contraction ne fit que chauffer et teinter plus encore ses pommettes d'un élégant écarlate, puis la prose se fit involontairement plus expressive. Le truisme d'une pensée qui vint sans doute trahir le pieux chevalier, sitôt interdit par un toupet qu'il estimait vraisemblablement inopportun. Il se confondit soudain en un verbiage d'apparence, prêt à s'escamper par crainte d'une réalité, et d'une compréhension. Toutefois, en bon bambin, le noirâtre à pinces vint lui intimer de ne pas mouvoir, tout aussi curieux de cette peau de lait conglutinée à celle hâlée de sa mère et qu'il ne connaissait pas. Ladite mère était restée immobile à l'instar d'un simulacre de vénusté, conquise par l'ultime confession d'un héraut qu'elle voulait aujourd'hui pour elle. Sa physionomie se pencha sensiblement sur son côté senestre tandis que ses commissures se creusaient de sillons charmés, peut-être emphatiquement à cause ou grâce au breuvage aviné qui engourdissait ses sens. D'une mouvance féline et calculée, la demoiselle se rapprocha jusqu'à ce que ses jambes ne touchent celles du quidam à ses abords, car si elle aimait la contiguïté des âmes, elle préférait encore la proximité des corps. Elle l'observa ensuite d'une langoureuse oeillade, son épaule dénudée légèrement relevée dans une innocuité somatique savamment feinte, voulant donner d'autant plus l'illusion d'une créature précaire et ayant besoin d'être protégée. Elle lui laissait volontiers la plausibilité de devenir son égide s'il en voulait ainsi, car elle doutait pouvoir trouver meilleur candidat que l'Epée du Matin lui-même. La lady des Osseux pourrait bien larmoyer les faveurs perdues de son promis avant même que les préparatifs de leurs voeux maritaux ne soient entamés, une perspective qui amusait grandement la donzelle des Montagnes Rouges.


  ~ Tu m'as manqué aussi, Oberyn. Ploya t-elle à son tour avec tout autant d'authenticité mais bien moins de culpabilité – un terme fort méconnu dans le dialecte de la Scorpionne. Le fait qu'elle ait ajouté et articulé le prénom du beau sire à la fin de sa tirade ne fut qu'une manière d'appuyer l'amplitude de l'aveu et surtout, l'incidence que cela aurait sur le sigisbée. D'une façon faussement pusillanime, les myosotis d'Ismaëlle biaisèrent sur le côté alors que d'entre ses lippes, naquit un ricanement soupiré. Elle guigna leurs mains toujours en place telles deux statues en ronde-bosse qui se soutenaient mutuellement. Pourtant, elle brisa le mirage de miroitement pour entrelacer ses phalanges aux siennes, frôlant la pince de son poupon spirituel qui se plu à musarder jusqu'au poignet du jeune homme pour s'y immobiliser. Comment en sommes-nous arrivés là, mon ami ? Mon flavescent sigisbée... Tant de lunes à atermoyer nos retrouvailles comme si elles n'avaient toujours été que fioritures. Sommes-nous égotistes à ce point que nous nous ignorons sans complexes... Ses gemmes oculaires, diaprées de ces étoiles volées au ciel, se reposèrent dans celle de son interlocuteur, puis après une frêle latence durant laquelle rien ne se produisit, elle lui offrit un sourire ourlé de résolution. Nous devrions festoyer à ton retour et à celle des troupes qui partiront vêtues de nos armoiries... Aux braves les chants de gloire, aux occis les funèbres oraisons. Nous célébrerons chacun comme il convient de le faire. Car chaque guerre apportait son lot de maux, et de pertes. Nulle maison n'échapperait à cette règle, au moins quelques-uns de leurs émissaires se feraient faucher par le fer de ces insulaires que l'on s'en allait châtier. Un événement d'envergure nationale et qui ne déméritait pas des célébrations une fois ce chapitre de l'histoire achevé – sur la victoire du roi et de ses confédérés, il ne pouvait en être autrement. Dayne et Forrest réunis, que ce soit aux Météores ou à la Tombe... Ce serait grandiose, ne penses-tu pas ? »

L'idée était plus qu'alléchante, la nymphe était déjà assurée de l'enthousiasme de son paternel à défaut de celui de son jumeau, qui se rendrait certainement malade d'une telle réunion. Mais peu lui importait l'opinion de Daärim, point si elle pouvait avoir Oberyn à ses côtés pour l'affronter et mettre ses mauvaises intentions en déroute. Et tant pis, alors, si elle devait endurer les retombées d'une telle proposition une fois chacun en son fief. Elle préféra ne pas songer à ce genre d'insanités et élança sa main libre en direction de sa coupe délaissée au profit de la discussion, et qu'elle porta derechef à ses lèvres pour s'abreuver d'encore un peu plus d'ivresse. Peut-être fût-ce le gorgeon de trop... Son index et son pouce essuyèrent ses commissures, puis sa langue passa sur ses lippes d'incarnat pour les nettoyer de la saveur du vin. Ce fut à cet instant précis que son regard de velours retrouva les calots du dornien, au moment même où sa lèvre inférieure glissa entre ses dents pour la coiffer d'une nimbe sybarite. Ses doigts se décollèrent de ceux du sigisbée, et apeuré de voir sa maîtresse s'éloigner, l'arachnide en perdit l'équilibre et chuta sur le manteau aux couleurs d'or et violines. Après un rire sucré, la demoiselle le récupéra pour le laisser s'agricher à sa manche et ne plus risquer la culbute. Puis, elle repensa aux propos du héraut... Les teintes des Dayne semblaient bien lui seoir, et elle ne désavouait pas se complaire à les arborer en cette soirée. Devait-elle entrevoir une brèche suggestive chez l'illustre protagoniste qui l'honorait de sa présence ? Sans chercher à alléguer cela, ses mains saisirent délicatement le visage du fin bretteur, et s'approcher jusqu'à ce que l'inévitable ne se passe. Guère une once d'hésitation avant que leurs bouches ne se caressent en un doux ballet, en un baiser qui n'avait cure des conséquences et profitait seulement de l'instant présent. Mutine et sensuelle, elle le captura et le garda ainsi dans un carcan labial au goût bien unique, tandis que le scorpion refit des siennes. Aux atours de soie, il préféra le cou du chevalier dans lequel il se logea, à un endroit si stratégique qu'une piqûre et un temps plus tard, la mort pouvait être aux huis. Un coquin qui, bien qu'il se tenait parfaitement sage, ajoutait irrémédiablement une truculente tension à la scène qui se jouait. Bientôt, le fier quidam fut doucement poussé vers l'arrière, jusqu'à s'allonger de tout son long sur le divan qu'ils partageaient, une insalubre succube juchée au-dessus de son être.

  ~ Oberyn... Susurra la dame tout en se conglutinant contre lui, le minois logé du côté libre de sa gorge. Sa main ébaucha la courbe de la mâchoire du dornien, puis vint flâner sur le derme dévoilé de son poitrail jusqu'à s'arrêter sur son pectoral gauche. Les mirettes closes, la Forrest sembla tout à coup et déjà partiellement partie, dans des méandres chimériques qui n'appartenaient qu'à elle. Toutefois, elle se souvint – et elle ne sut pourquoi. - de leur bref échange sur Nassima et Rhaegal, ainsi que le conditionnel de l'avenir de chacun. Que se passerait-il si, par mégarde, elle laissait choir dans l'oreille du lord Dagnar l'intérêt de sa cadette pour un certain Dayne qui ne manquait pas de panache. Serait-ce alors comme l'Epée du Matin l'avait subodoré, un conciliabule tout urgemment organisé pour des desseins pas moins importants ? Une fois encore, elle savait que si son frère apprenait qu'une telle chose était de son fait, il en serait furibond, et son ire pourrait bien lui coûter plus qu'une rosserie. Mais elle entrevoyait là un potentiel qui aurait été idiot de négliger, surtout alors que l'aîné de l'autre fratrie n'était point en désaccord avec cette théorie de l'union. Etourdie par l'effet de la boisson et la délicate chaleur dans laquelle elle se lovait, Ismaëlle entreprit d'une voix quelque peu appesantie. Nous devrions en reparler en ce qui concerne ton frère et ma soeur... Peut-être serait-il opportun que tu en touches un mot ou deux à Rhaegal... Simplement pour... Voir et juger de sa réaction... ? »

Sa réplique se ponctua d'un soupir, puis ses muscles se relâchèrent dans une accalmie narcotique. Sans même pouvoir ouïr la réponse du guerrier, elle quitta la réalité pour des cimes bien plus informelles, assoupie tout contre le sigisbée avec lequel elle passerait la sorgue ainsi s'il daignait ne point bouger. Puis, une arachnide de sombre robe se rappela à son bon souvenir, elle chemina pernicieusement le long de la trachée d'Oberyn jusqu'à atteindre son plexus, sur lequel elle s'arrêta pour réfléchir à la suite de sa promenade. Finalement, ce fut l'itinéraire de gauche que le scorpion emprunta, avec le toupet de s'introduire sous l'opaline chemise qui osait lui barrer le chemin. Et il fit route jusqu'à se retrouver sous la main de sa maîtresse, juste au-dessus du coeur du chevalier dont il sembla suffisamment apprécier la chanson pour s'installer là et ne plus en partir, donnant lieu à une juste allégorie d'une liaison aussi excitante qu'elle était dangereuse, empoisonnée. Le Coeur, fragile cible d'un dard dont l'aiguille pouvait être sépulcrale.
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Oberyn Dayne
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• Epée du Matin •
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• Champion de la Maison Martell •

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♦ Missives Aventure : 87
♦ Age : 29
♦ Date de Naissance : 30/03/1988
♦ Arrivée à Westeros : 17/09/2012
♦ Célébrité : Jamie Campbell Bower
♦ Copyright : Violain <3
♦ Doublons : Gunthor Estremont
♦ Age du Personnage : 25 ans
♦ Mariage : Fiancé à Edarra Ferboys
♦ Lieu : Citadelle des Météores.
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Message Mar 23 Avr 2013 - 13:25


Les Larmes du Soleil.


Il buvait ses paroles, se nourrissait de ses mimiques comme de ses attitudes qui lui avaient tant manqué, aussi loin de son être… Elle répondit à sa supplique par la mention d’un manque équivalent, appuyant ce fait par la mention de son nom qui ourla ses lèvres d’un satisfait sourire. Ses paupières se plissaient, voilant de chairs ses améthystes mi-closes dans une expression de contentement qui se faisait l’écho des réguliers battements de son cœur, pulsant à l’unisson de celle dont il tenait la main. Dans un geste lent, aussi suave que calculé, porteur d’une sensualité qu’elle était la seule à exsudait, la belle de la Tombe vint à briser leur mimétisme pour plus intimement les lier. Dès lors, son inquiétant enfant n’eut de cesse d’arpenter la claire peau du Chevalier des Météores, sans que ce dernier ne lui délivre la moindre œillade. Il ne pouvait s’empêcher de mirer deux fascinants fragments d’étoile…

« Je ne sais… Mais suis avide de ne jamais plus reproduire pareilles folies. Ton absence m’est des plus insupportables ! » Finit-il par s’époumoner dans un souffle d’amène sincérité. Lle vin levait toute sa retenue, laissant libre cours au sang de Dorne coulant dans ses veines, modelant son faciès d’élégant chevalier pour le voir se draper des atours propre au peuple qu’il s’était juré de défendre. Sanguin, direct et immédiat, il ne se voilait plus de formules creuses et laissait parler tout ce qu’il pouvait bien enfermer dans son esprit déchiré pour que, jamais, il n’eut à souffrir de regrets. Après tout, ne dit-on pas que c’est dans le vin que se trouve la vérité ? Une nouvelle fois, c’est religieusement qu’il l’écouta. Prenant ainsi conscience du poids que son titre de Champion de la Maison Martell ajoutait sur ses épaules. A lui les lauriers de la victoire dans le commandement des troupes, mais également les maux de la mort quand il faudrait faire le compte des hommes sacrifiés sur l’autel de la guerre, au temple de la stratégie pour que soit arraché des mâchoires de la défaite une éclatante victoire. Un frisson glacé passa dans son dos quand il s’imagina adressé toutes les funèbres oraisons qui seraient, plus tard, chantées… Si fait qu’il reviendrait lui-même en vie. « Si… » Finit-il par avancer dans un murmure contrit, laissant ses améthystes se détourner du somptueux spectacle offert à ses yeux pour mirer l’arachnide sombre courant sur sa peau. Et Oberyn de murmurer : « Aussi grandiose que désiré, Milady… » Ne rêvait il donc que de se voir piqué par ce dard aux allures de libération ?

Dès lors, il se perdit en distraite contemplation.Souriant aux facétieuses péripéties accablant l’enfant de sa douce amie, l’Epée du Matin se retint toutefois d’ajouter toujours plus de vin sur son actuelle ivresse. Bien des choses seraient rapidement en jeu, des choses réclamant une sobriété qu’il ne possédait plus et qu’il n’aurait jamais dû perdre… Soudain, son faciès se contrit dans une expression froide alors que la belle de la Tombe enserrait de ses douces mains son visage. Les instants qui suivirent lui parurent aussi long que l’éternité, partagé qu’il fut par l’immédiate écoute de sa raison et les murmures coupables de ce qu’il finit par considérer comme étant de la… Passion ? Pour une once de temps, ses lèvre se firent plus froide encore que le Mur, s’échauffant toutefois progressivement au contact de la lippe charnue et désirée de celle que ses bras lui intimaient d’enlacer. Et alors qu’un étrange sentiment de malaise enserrait ses entrailles dans de bien froids anneaux, l’Epée du Matin rompit l’un de ses précieux vœux pour, excessivement, répondre au surprenant assaut de la belle Ismaëlle. Il se figurait insecte figé dans la toile d’un arachnide dont il ne saurait s’extirper, bon nombre de ses muscles lui intimant d’en terminer en repoussant la mirifique héritière sans brusquerie aucune. Alors, pourquoi ferma-t-il les yeux dans la délectation de ce baiser ? Lui-même ne saurait l’expliquer… Etais-ce donc le vin ou bien le danger qui parvint à l’enivrer ? Car dès lors que sur sa gorge le scorpion fut posé, l’Héritier des Météores ne sembla mettre que plus d’ardeur à l’entreprise de destruction d’un de ses vœux de Chevalier… Et d’aucun l’estimait encore comme un idéal Sigisbée. Il ne devait ressembler à rien d’autre qu’un vulgaire pantin entre les mains de la favorite du Prince Maron, se laissant mener sur le terrain de ce jeu dangereux alors que de toute sa féminine volonté, la douce nymphe parvenait à le voir s’allonger de tout son long. Elle le surplombait quand leur turpitude prit fin, captant ses améthystes des fragments d’étoile que le Dornien Rocheux n’avait pour cesse de contempler. Il entendit son nom prononcé alors que la jeune femme, tout contre lui, venait se lover. Son cœur bondit dans sa poitrine alors que son esprit venait à formuler bien des théories qu’il savait, à raison, farfelues par avance. Ces choses n’étaient pas du gout d’une Lady qu’il connaissait comme tant avide de diplomatie que d’hommes. Et s’il ne partageait pas ses lubies, il eut la désagréable sensation de n’être plus, désormais, qu’un simple nom couché sur un parchemin où bien d’autres furent jadis invités… Nul sucre n’aurait, dès lors, su faire fuir l’amer gout tapissant sa gorge.

« Je lui parlerai… » Murmura le Chevalier en réponse aux ultimes mots avancés par sa douce amie qui semblait le fuir à la faveur du sommeil. Mordant sa lippe, Oberyn goutta son sang pour y chercher dans la douleur le gout de l’expiation. Pourquoi donc tant de culpabilité minait ses tripes alors que la chaleur d’Ismaëlle l’enveloppait. Il avait bien des choses à se reprocher, bien des choses à méditer comme bien des penser à ordonner dans son esprit désormais chamboulé. Son amie venait de faire naitre un bien beau désordre en son être. Et alors qu’elle s’enfonçait dans les affres du repos, le Héraut des Aurores lui susurra tendrement : « Et nous en reparlerons… ! » Ses lèvres se posèrent dans la chevelure parfumée alors que de ses bras il enserrait la taille de la douce nymphe d’une protectrice étreinte. Le sommeil mettrait bien longtemps à venir le trouver, le laissant seul face à ses cas de conscience, ses sentiments comme le faciès d’une Dame des Osseux. Et alors que le fils de son amie vint à nicher sur son cœur, dans le doux cocon qu’offrait les doigts de sa maitresse, Oberyn étira un pauvre sourire. Ses paupières closes dans la recherche d’un repos, il finit par penser que quitte à trouver l’éternel ce soir, il disparaitrait dans une étreinte des plus agréables…




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