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Le géant & le lion. { Tybolt }

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Message Lun 5 Nov 2012 - 16:15

Une brise salée se perd dans ses cheveux, lançant ses mèches dans une course folle autour de son visage malmené par le vent. Il avait cette froideur, qui lui rappelait sa terre natale tout en étant porteur d'une odeur de sel, nouvelle pour elle. Les fragrances sont multiples, et elle ne connaît pas tous les mots pour les désigner. Salé, cela oui. Respirer laissait sur sa langue un arrière goût qui devait être celui ressentit par le peuple des mers. Les pirates. Les fer-nés. Eleyna n'a jamais vu la mer, alors, fascinée, elle l'observait. Les survivances de rayons solaires se reflétaient sur l'eau bleue, offrant un tableau aux couleurs variées, pâles. La mer n'était pas transparente, comme elle l'aurait crue. L'eau semblait souillée, et elle pouvait observer les restants d'une bataille récente. Eleyna connaissait l'histoire. Pryam la lui avait contée et elle en avait entendu suffisamment dans les tavernes, sur le chemin. Elle savait que ce sable, qui voletait à ses pieds, s'infiltrait dans ses bottes et dans les pans de sa pelisse, avait été foulé par les fer-nés. Des morceaux de bois fracassés échouaient sur la plage, de même que les épaves d'une flotte plus grandiose encore. Il était aisé de faire la différence entre les navires du lion et les boutres fer-nés. La taille, le bois même. Lorsqu'elle ferme les yeux, son imagination s'emballe. Elle voit le déroulement de la bataille. Elle imagine deux flottes, majestueuse chacune à sa façon, entrant en collision. L'une, noble et organisée, rigoureuse, majestueuse. L'autre, sauvage, fascinante, d'une rare violence s'exhalant de chaque marin. Elle imagine le bruit des combats, les épées qui s'entrechoquent, les hurlements des soldats. Cris de guerre, drapeaux battus par le vent. L'eau engloutit les cadavres, ou ceux qui le deviendront par la lourdeur de leur armure. Vorace, la grande bleue a faim de sang. De rouge, elle veut colorer son teint. Elle réclame son tribu, exigeante mère nature. Fille des Anciens Dieux, Eleyna respecte tout ce qui y touche, de près ou de loin. Elle le respecte et s'en sent proche. Comme une extension d'elle-même.
En regardant cette eau salie par ce qui pourrissait peut-être à quelques mètres de la, elle sentait presque le regard vide de la mort, jaugeant, s'interrogeant sur le meilleur moment pour la faucher. Perchée sur son rocher, elle se serait avancée si le vent et les vagues avaient été moins traîtres. Peu désireuse de se noyer, elle avait sortit son luth et laissé ses doigts courir le long de l'instrument. Quelques notes clairsemées, de ci, de la. Quelques mots murmurés. Eleyna se sent d'humeur mélancolique.

Enfuie de leur auberge à Port-Lannis, elle a semé Jorah et n'a pas croisé Pryam. Ses deux protecteurs devaient être en train de s'inquiéter pour elle, mais son âme exigeait paix, calme, solitude. Elle souffrait encore, au fond d'elle-même. Souffrait de ce frère jumeau égaré, qui l'avait abandonné. Souffrait d'un mal qu'elle n'aurait pas cru connaître: celui de sa terre natale. Le Sud lui avait réservé nombres de surprises, et elle comptait déjà quelques aventures à son actif. Le chevalier errant l'avait accompagnée dans chacune d'entre elles. Lui aussi...L'intriguait. Quelque chose affleurait à la surface, sans qu'elle ne comprenne ni ne cherche vraiment à savoir. Eleyna trouvait son compte, son inspiration, et toutes ces nouveautés l'emplissaient d'une allégresse jusqu'alors inconnue. Elle avait ce goût prononcé pour l'aventure, cette imagination prompte aux histoires les plus folles, qui la condamnaient à ne pouvoir apprécier les choses simples de la vie d'une femme noble. Mariage. Enfant. Devoir conjugal. Elle avait eu le malheur de naître esprit libre dans une cage dorée. Elle s'était enfuie...Et sa famille lui manquait. Sentiment contrebalancé par tous les rêves qu'elle allait encore pouvoir accomplir, mais tout de même. Son grand père, le Lord Omble. Son oncle. Son cousin bâtard. Sa mère.. Le frère aîné et le père ne l'avaient jamais aimé et le lui avaient fais comprendre.
Et son jumeau...Luka...Le pire sacrifice qu'elle avait du faire, dés le début de son épopée.
Secouant tristement la tête, les notes sous ses doigts se meuvent en une mélodie connue par peu d'hommes au delà du Mur. Son oncle la lui avait enseigné, lui-même la tenant d'un sauvageon, à ce qu'il racontait. Eleyna ignorait si c'était la vérité, et aimait son oncle pour cela. Son mystère, ses histoires, sa sagesse. Son aide, aussi...Il leurs avait fourni montures, argent, équipements. Il les avait aidé tous trois, à s'en aller discrètement par l'une des portes secondaires. Il lui avait souhaité bon voyage, lui avait sourit et l'avait embrassée sur la joue. Sa grosse barbe fournie l'avait chatouillée, elle avait rit et lui avait dis merci. Lui avait promis, aussi, de revenir lorsqu'elle aurait vécu autant si pas plus, d'aventures que lui. Après avoir enrichit son répertoire de nouvelles chansons, rencontré de grands hommes. Et femmes. rêves, doux rêves...En tournant la tête, elle voyait Castral Roc. Et le château semblait la narguer. Je t'explorerais, tu verras. De fond en comble...Et plus tard, ce sera le Donjon Rouge. Détermination pareille à celle d'un enfant. Naive, elle l'est un peu, aux yeux de certain. Obstinée, plutôt, à croire en elle.

Elevant la voix, elle se mit à chanter. Portée par le vent, par son coeur, c'est avec naturel que le Dernier Géant franchit ses lèvres. Elle s'en étonne, au moment où un frisson la parcourt. « Ooooooh, je suis le dernier géant, mon peuple a quitté la terre. Le dernier, quand, à ma naissance, les géants des montagnes gouvernaient le monde. Mes forêts m'ont volées ces pygmées, hélas, et mes rivières et mes collines, et bâti un grand mur qui barre mes vallées, et vidé mes rus de tout leur poisson. » Sa voix est claire et pure, un don des anciens dieux. Le seul, à dire vrai, qu'ils avaient fais à la jeune fille. Non pas qu'elle soit laide, mais sa beauté ne transcendait pas les coeurs. Trop grande pour une femme, elle avait en elle le sang des Omble, ces géants. Ses cheveux étaient broussailleux, bouclés et peu soigné. Sa peau avait été mise à mal par les températures froides du Nord. Sèche, un peu abîmée par ses multiples sorties, marque de son caractère aventureux. « De grands feux font dans leurs séjours de pierre, et forgent là des piques aiguës, pendant que par les montagnes j'erre...Seul, avec mes seuls pleurs pour seule compagnie. » Ses doigts caressent avec tendresse les cordes de son instrument. Une larme roule, sur sa joue. Silencieuse, sa gorge ne se serre qu'à peine. Des souvenirs, attachés à ce morceau. Des bons, comme des mauvais. Elle ne l'avait plus chantée depuis bien longtemps. Depuis le jour avant qu'elle ne retrouve son chevalier errant, au bord de ce lac des Conflans, où elle avait hurlé sa peine devant les arbres, chers frères. Chers amis. Son hymne.

« Ils me traquent avec des chiens, le jour, et avec des torches me traquent, la nuit. Car ils rampent, tout petits, au sol quand toujours les géants marchent dans la lumière. Oooooooh, je suis le dernier des géants. Rappelez-vous bien ma chanson, car avec moi elle va s'éteindre, et durer le long silence, long. » Tant de choses avaient changé, en si peu de temps. Quelques mois, pas plus, qu'elle avait commencé son périple. Elle avait perdu le décompte du temps, se laissait vivre. Chaque jour était une page nouvelle, ajoutée au livre qu'elle gardait précieusement dans sa sacoche de cuir. La chanson lui avait toujours parlée, se sentant toujours plus proche de ce qu'étaient les anciens nordiens. Différente... Dégénérée. Elle chasse la voix nasillarde du frère aîné de son esprit. Disparais. « Ooooh je suis le dernier géant... » murmura-t-elle, laissant petit à petit ses doigts s'arrêter. Son esprit cesse de s'égarer, perdu entre réalité et imaginaire. A nouveau elle regarde la mer, qui reprend ses droits. Le souffle du vent, le bruit du ressac. Et, par dessus, une respiration. Autre que la sienne. Elle sourit, avant de se retourner. Ce sourire à la fois espiègle et lointain. Unique. « Bonjour, public inattendu. » dit-elle, à l'homme blond perché sur un magnifique cheval. Ce devait être un chevalier au service d'une riche maison, sûrement des Lannister, puisqu'il portait leur blason sur ses vêtements. « Ou plutôt ser? »
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Seigneur Suzerain de l'Ouest
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Tybolt Lannister
Seigneur Suzerain de l'Ouest

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HEAR ME ROAR

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Message Ven 9 Nov 2012 - 23:40

__Que restait-il de la bataille de Port-Lannis ? Pour beaucoup, le souvenir effroyable des combats et le sentiment que le cauchemar pourrait de nouveau les surprendre en pleine nuit si d'avenir la mauvaise fortune poussait les boutres fer-nés à tendre leurs voiles vers le lieu de leur échec. La Flotte du Lion avait beau mouiller au complet dans l'horizon de la ville, l'appréhension était la même partout et pour tout le monde. A croire que l'ombre de la mer avait réussi à supplanter celle du Roc. Aux yeux du gouverneur de l'Ouest, ne restait finalement que des boyaux de bois calcinés rejetés par la mer et ce relent de fumée subtilement dispersé entre les notes salées de l'écume. Tout du moins était-ce les seules empreintes visuelles et olfactives qu'il en restait aujourd'hui. Les flammes courant d'un navire à l'autre, les corps inanimés flottant à la surface de l'eau, l'odeur repoussante de la chair carbonisée, tout ceci avait disparu avec le temps, relégué au rang de nuits d'insomnie pour qui avait vécu l'audace Greyjoy de l'intérieur.

__Au fond de lui, Tybolt Lannister ne pouvait se détacher d'un sentiment d'inachevé, comme si la bataille ne cessait d'être rejouée encore et encore dans les méandres de son esprit et que son issue différait à chaque nouvelle représentation. Debout à côté de son coursier brun Antares, sa tignasse blonde livrée au vent marin, Tybolt Lannister scrutait l'horizon, les yeux plissés, en se demandant quelle aurait été l'issue de la bataille si la Flotte du Lion n'avait pas été surprise sur son propre territoire. Les pertes auraient été moins nombreuses sans doute, moins coûteuses également, car nul ne pouvait ignorer la perte des chantiers navals, partis en fumée sous l'assaut calculé des assaillants. L'or des Lannister s’amoncelait en quantité bien trop importante dans les coffres de Castral Roc pour que leur reconstruction programmée pesât réellement dans les finances de l'Ouest, mais restait toutefois cette idée fugace que le désastre aurait pu être évité. Idée qui avait suffit à plonger le suzerain de l'Ouest dans un silence méditatif depuis que le trot d'Antares s'était arrêté sur le front de mer, à peine à quelques encablures du port. Là, le menton légèrement relevé, son manteau de velours grenat ondulant à la moindre oscillation du vent, Tybolt Lannister offrait une impression de puissance contenue, presque froide, d'un suzerain rongé par la noirceur de son quotidien.

__Tout ou presque était propice à raviver sa solitude, quand bien même une colonne d'une vingtaine de cavaliers l'accompagnait ce matin là. Tout ou presque lui rappelait les errances de Maura, ici ou ailleurs, échos de ce qu'elle avait été de son vivant et qu'elle ne serait plus jamais. Comme s'ils étaient tous conscients du mal profond qui tortorait leur seigneur suzerain, les manteaux rouges de sa garde personnelle, et plus encore leur capitaine, ne manquaient l'occasion de se taire. C'est donc en profitant une dernière fois du chant solitaire des vagues que Tybolt se hissa tranquillement sur le dos de sa monture. Le manteau accroché à son épaule gauche par une broche en or recouvrit délicatement la croupe de l'animal tandis que s'avançait le coursier noir du capitaine de la garde. « Quelle route emprunterons-nous messire ? » A cette question, Tybolt n'eut qu'à lever le nez pour désigner la mince bande de sable fin qui séparait la mer du banc de rochers ciselés par des siècles d'érosion.

__Seulement, le hasard avait le don de changer les certitudes les plus élémentaires, et c'est presque avec une pointe de surprise que parvinrent aux oreilles du bouclier de Port-Lannis les notes lointaines d'une mélodie livrée au caprice du vent. Ses yeux d'un bleu vivace en cherchèrent un temps l'origine avant de s'arrêter sur une silhouette à peine distinguable, là, assise au milieu des rochers. « Messire ? ». Le regard de Tybolt resta insensible à la sollicitation du capitaine de sa garde, tant la tristesse des notes qui lui parvenaient trouvaient un écho singulier en son for intérieur. « Attendez-moi ici », ordonna Tybolt avant d’entraîner, au trot, son coursier vers un large sentier en amont de leur position. A bride détendue, Antares l'amena au plus près de ce qui s'avéra être une femme, jeune, pour le peu qu'il pouvait en deviner. Le cheveu brun et les traits fins malgré une forme de fermeté dans l'expression même du visage la rendait difficilement identifiable. Du Nord ? Du Val ? De l'Ouest même, peut-être bien ? A défaut de le deviner, Tybolt s'intéressa aux mouvements de ses doigts, doux, presque si légers qu'ils semblaient à peine effleurer les cordes du luth.

__Habitué aux grandes réceptions depuis l'enfance, il savait distinguer les ménestrels qui composaient pour le profit de ceux qui le faisaient pour l'amour de leur art. Aussi n'eut-il aucun mal à reconnaître le caractère intime des paroles et des sonorités chantées et jouées par l'inconnue. La mélodie évoquait le malheur dans ce qu'il avait de plus dévastateur et le chant lui, le déracinement d'un géant d'au-delà du Mur. Interpellé par la malédiction du condamné, le suzerain de l'Ouest tira sur les rênes de son cheval ; ce qui eut pour conséquence de le stopper net à quelques pieds de cette source, au demeurant inépuisable, de mélancolie. Cette même mélancolie qui, autrefois, enrobait les chansons de Mère. Tybolt n'avait plus le souvenir exact de chaque vers, mais les mélodies, elles, lui étaient restées. Il l'entendait encore se vanter de connaître une chanson pour chaque maison de l'Ouest, y compris pour celle des Lannister. Mais aucune des chansons qu'elle connaissait ne traitait d'au-delà du Mur et par extension des géants. Antares expira en laissant échapper un panache de vapeur blanche et aussitôt la jeune femme prit conscience de sa présence. Doux sourire que celui qu'elle lui servit. Prêtant à sourire que le titre qu'elle lui donna.

__Tybolt soutint son regard un long moment avant de mettre le pied à terre et de répondre : « Lord suffira ». Ôtant ses gants en velours, il passa la droite sur l'encolure d'Antares qui y répondit par une nouvelle et bruyante expiration. « Ne t'éloigne pas », murmura-t-il à l'oreille de son fidèle destrier avant de marcher parmi les rochers et de trouver une place assise sur l'un d'eux, à peine à quelques pas de la jeune femme. Là son regard se perdit une nouvelle fois à contempler la mer et les voiles de la Flotte du Lion qui se distinguaient nettement au sud-est, dans le prolongement des quais d'embarquement de la ville basse. « Nous autres ouestiens n'avons pas l'habitude de louer les géants dans nos chansons. Dois-je me demander d'où vous vient cette histoire ? ». Le ton de sa voix était tranchant, pareille à une lame. Une lame effilée par la mélancolie. Tout dans son comportement, sa manière de regarder à l'horizon, sa posture, la façon dont ses doigts s'entremêlaient entre ses genoux, inspirait cet état de fait.

__La plupart des personnes de son rang n'auraient porté aucune forme d'intérêt à cette femme résolument seule au milieu de nul part, quand bien même sa voix avait un timbre particulier. Tybolt lui vivait des jours sombres. Et parce qu'il était de ceux qui erraient dans l'obscurité, ses sensations étaient comme décuplées. A croire que le moindre bout de noirceur présent chez quelqu'un d'autre l'attirait irrésistiblement. Il y avait résolument quelque chose d'obscur chez cette femme. Il ne lui était pas permis de savoir quoi, mais il en avait l'intime conviction. De la même manière qu'il était persuadé qu'en aborder la question ne l'avancerait à rien, il était certain d'avoir décelé dans le regard de la jeune femme autre chose que la gaieté qu'elle lui avait manifestée. Mais qu'importe, il n'était pas venu à elle pour connaître le fil de son existence mais pour solliciter la douceur de son timbre de voix. « La gaieté a depuis quelques temps quitté nos rivages, leur feriez-vous l'honneur de les rappeler à ce bon souvenir par une autre chanson de votre composition ? »

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Message Dim 25 Nov 2012 - 11:35

Eleyna était affligée par son manque de discernement. Cela prouvait, s'il y avait besoin, qu'elle était perdue dans ses propres pensées avant l'interruption du spectateur inattendu. Elle le prit pour un chevalier, oubliant de considérer la bénédiction des Anciens qui pesait manifestement sur elle et lui portait à rencontre la plupart des personnes qu'elle désirait croiser. Elle avait pourtant cru que le manque de baral dans le Sud aveuglerait ses Dieux. Il n'en était rien: Pryam était le parfait exemple. « Lord Lannister? » Une question rhétorique, puisque le sourire de la nordienne traduisait la soudaine certitude sur l'identité de son interlocuteur. Les lions dorés brodés sur ses habits, la beauté du cheval qu'il envoie se promener seul, la blondeur de ses cheveux et la noblesse de ses traits...Son visage traduisait une joie certaine, nuancé de ce qu'il devait voir d'habitude. Pas d'adoration ou de profond respect, de révérence exagérée. Non pas qu'elle se pensait égale à lui, Eleyna ne pensait tout simplement pas cet aspect social. Les conventions lui passaient, le plus souvent, loin au dessus de sa petite tête brune pleine de rêves. « Je craignais que les Anciens m'aient abandonné. Visiblement il n'en est rien. » ajouta-t-elle avec un sourire, répondant par la-même, ou du moins en partie, à sa question concernant les géants. Il avait été quelque peu tranchant et froid, digne d'un grand lord. Il prenait une distance certaine, mais tout son être transpirait la mélancolie, la tristesse. Il avait quelque chose de touchant, quelque chose qui lui rappelait ce qui l'avait attiré chez Pryam. Il était brisé...Il transpirait la tristesse. Elle ne se souvenait pas d'avoir jamais croisé Beron Stark, aussi n'avait-elle que peu d'idée de ce à quoi ressemblait un lord suzerain. Elle avait bien entr'apperçut Jasper Arryn, Edwin Tully et Brynden Rivers, mais ces trois -là appartenaient à une espèce différence. Ils étaient jeunes, des enfants dans une fonction d'adultes. Quand au troisième, il n'était lord que de titre et n'était à la tête de rien. Ce qui n'enlevait pas à son mérite ni à la fascination qu'avait Eleyna pour lui, à l'instar de celle qu'elle nourrissait pour le Feunoyr qu'elle avait vu à Mur-Blanc.
Mais de cela, elle avait promis à son protecteur de ne pas parler.

Dire que lord Lannister étant impressionnant coulait de source. Il dégageait une impression d'autorité et un charisme naturel qui fascinait la jeune fille. Elle l'avait imaginé de cette façon et n'était pas déçue. Elle aurait voulu pouvoir lui poser des centaines de questions, pour rattraper le fait de ne pas avoir croisé la Main du Roi, mais se devait d'être polie et de mettre en pratique le semblant de bonnes manières qu'elle avait retenue de l'éducation maternelle. Elle se souvenait des indications de Pryam quand à son comportement, ses conseils pour lui éviter d'avoir des ennuis. Son air soucieux, à chaque fois qu'ils discutaient des aventures qu'elle comptait mener et qu'il tentait de tempérer ses ardeurs. Du haut de ses dix neuf ans, Eleyna avait encore une âme d'enfant. Avide de découverte, aventurière et curieuse à l'exagération, si ses traits n'avaient pas été marqué par la rigueur du Nord, on l'aurait prise pour une jeune fille de douze ans, à cause de son comportement. « C'est une chanson que mon oncle m'a enseignée, il l'a tenait d'un sauvageon...Mais n'en était pas un lui-même, si cela peut vous rassurer. » lui expliqua-t-elle, toujours souriante mais pas niaise. Le rictus était subtil, tout en étant bien présent. C'était le visage neutre d'Eleyna, tout simplement.

Le Lord lui avait demandé une chanson de sa composition, joyeuse de préférence. « Avec plaisir! » s'exclama-t-elle, heureuse de recevoir cette proposition et pouvoir faire une démonstration de ce que pouvait contenir son répertoire. Coinçant son instrument, elle laissa ses doigts glisser le long des cordes, composant une mélodie joyeuse qui lui était venue après sa première rencontre avec Pryam. C'était tout naturellement qu'elle lui était venue, en songeant à l'air contrarié qu'il aurait peut-être -elle l'espérait- en la voyant revenir de son escapade sans qu'elle n'ai dis à quiconque où elle allait.
Entrouvrant ses lèvres pour se mettre à chanter, elle s'arrêta soudain, prenant conscience de quelque chose, somme toute, déplaisant. « Je...Je ne crois pas avoir jamais composé de chanson joyeuse. » Elle fronça les sourcils, signe qu'elle analysait cet état de fait avec une surprise non dissimulée. Recherchant à travers ses souvenirs, elle se rappela des premières chansons écrites à Atre-Lès-Confins. Il y avait toujours un zeste de mélancolie, de tristesse. C'était le sentiment qu'elle comprenait le mieux, non pas qu'elle se complaise dans son malheur, simplement n'avait-elle jamais su décrire la sensation d'un rire. Ou la chaleur d'un sourire. Celui de sa mère n'avait jamais été franc, toujours teinté d'inquiétude à son égard. Seul celui de son oncle, qui ne cachait jamais ses sentiments, l'avait marqué. Et la douceur compréhensive de celui de Lord Omble, le sourire qu'on adresse à une enfant qui a fauté, mais qu'on ne peut se résoudre à punir. Celui teinté d'innocence, de son petit cousin bâtard. Il y avait eu tous ces sourires, maintenant qu'elle y réfléchissait. Et elle pourrait en parler, bien que cela ne lui inspire aucune mélodie joyeuse. Ce dont elle se souvenait surtout, c'était l'absence de ce rictus sur les lèvres de son père. La méchanceté dans celui de son aîné. Les sentiments cachés derrière ceux de son jumeau. Son esprit retenait ce qui était mauvais avec plus de facilité. « C'est étrange...Je ne m'en étais jamais rendue compte. » murmura-t-elle en levant la tête, pour croiser le regard du seigneur de l'Ouest. « J'ai les mélodies, mais pas les paroles. Appelez-vous toujours cela chanson? » Une chanson sans chant...Quelle idée saugrenue. Si Lord Lannister avait voulu une mélodie, il l'aurait dit. Eleyna était de ces personnes à la sensibilité exacerbée, qui pouvait exprimer ses mots dans la musique, grâce à diverses variations de sons. Sans même ouvrir la bouche. Les paroles n'étaient ajoutées que bien plus tard, voir parfois jamais. Elle avait été inspirée par ses Anciens Dieux, par les Targaryens aussi, les dragons surtout. Mais elle ne pouvait décemment pas chanter cela. Du moins selon Pryam, et il connaissait d'avantage qu'elle les mœurs et coutumes du Sud.

Haussant les épaules, elle laissa ses doigts courir à nouveau sur les cordes de son luth. Elle ferma les yeux et songea à la première fois où elle avait croisé celui qu'elle surnommait toujours Pryam Juste Pryam. Il y avait cet arbre, sur lequel elle était perchée. Et cette lune, haute dans le ciel, brillant de tout son éclat sur le chemin bordé de pierres et buissons. Cette brise aussi, douce, qui caressait ses cheveux et portait à ses narines une odeur différente. Une odeur plus chaude, plus enivrante. Teintée d'une douceur et de fragrance inconnue. Des feuilles mortes jonchaient le sol, signe de l'automne, annonciatrices de l'hiver à venir. Le commencement d'une grande aventure. En se remémorent ce souvenir, Eleyna jouait, sans chanter. Et elle sentait l'écho raisonner en elle, presque en rythme avec les battements de son coeur. Elle avait basculé dans son univers, comme cela lui arrivait bien souvent, sans s'en rendre compte. Ainsi ses doigts s'activaient. Elle se vit à nouveau glisser de sa branche pour atterrir sur le chevalier abasourdit. Un léger rire s'échappa de ses lèvres, puis elle rouvrit les yeux. Secouant légèrement la tête, elle expliqua: « La musique me semble plus aisée que l'écriture, par moment. Je me suis lancée dans une grande entreprise, cherchant à mettre en chanson toutes les aventures de ser Pryam Juste Pryam. Ceci est le premier chant, quoi que muet...C'est ce à quoi je pense, lorsque vous me parlez de joie. » Regardant lord Lannister dans les yeux, avec un sérieux désarmant -et bien loin d'être moqueur, elle ajouta: « Sans vous je n'aurais peut-être jamais remarqué ce détail, concernant les paroles...Merci beaucoup. »
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Tybolt Lannister
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Message Mar 4 Déc 2012 - 15:40


__Ni du Val ni de l’Ouest, mais bien du Nord, songea Tybolt en l’entendant évoquer les anciens dieux. Seuls les nordiens, les Paludiers et les sauvageons juraient pas les dieux des Premiers Hommes. Anciens ou nouveaux, Tybolt se serait sans doute aller à l’amusement d’entendre que tous avaient le don de faire défaut à leurs adorateurs, mais une partie de son attention était bien trop encrée dans la contemplation du paysage pour s’en soucier réellement. Lui ne craignait pas d’avoir été abandonné des Sept, il se savait abandonné aussi certainement qu’il connaissait son nom. Les dieux lui avaient pris femme et enfant sans se soucier de ce qu’avait été sa foi ou ce qu’elle deviendrait ensuite. Alors, il n’était plus certain de croire réellement en eux ou en leur supposé pouvoir, quand bien même celui-ci pouvait arracher la vie aussi aisément que le lion l’ôtait à l’antilope. Car si une vie aurait mérité d’être prise cette nuit là, c’était bien la sienne.

__Le cœur enserré, Tybolt écouta d’une oreille distraite la jeune femme évoquer son oncle, les sauvageons, et une sombre chanson dont il ne se souvenait déjà plus. Au plus profond de ses entrailles, il se sentit soudain glacé d’effroi, plus encore qu’au cours de ses si nombreuses nuits d’insomnie. C’était comme si un pan tout entier de l’eau froide qu’il contemplait s’était soudain engouffrée en lui par une brèche à peine plus large qu’un coup de canif. Le sel rongeait ses organes, les martyrisait, et son cœur, le pauvre, manquait de chavirer.

__Dire que ce n’était là que les quelques effets de la solitude qui le suivait comme une ombre…

__Un court instant, Tybolt eut en tête l’image d’un homme qui se noyait en demandant secours. Un homme toutefois réduit au silence par le tumulte vertigineux des vagues qui se brisaient avec fracas contre le rivage. Un court instant, il crut se reconnaître en cet homme, mais la mélodie qui s’éveilla soudain brisa durablement cette image et le laissa sans conclusion.

__Quand il tourna la tête, c’est une jeune femme pleine de talents que Tybolt vit. Une jeune femme qui, par la douceur fragile de ses mélodies, avait su captiver ses pensées ou tout du moins les retenir de se jeter en beau milieu d’une nouvelle tempête. Le temps d’un instant, il se perdit à suivre le mouvement de ses doigts le long des cordes pincées et à froncer les sourcils en les voyant suspendre leurs caresses, comme s’ils étaient soudains paralysés. Tybolt releva son regard plissé, les sourcils légèrement froncés, sur le point de l’interroger sur cet arrêt soudain quand la réponse tomba avant même que ses lèvres n’eussent le temps de frémir.

__Elle n’avait jamais composé de chansons joyeuses.

__Tybolt l’observa longtemps, autant qu’il contempla son silence lourd de significations. A la façon que son front s’était couvert d’un pli non-dissimulé, il comprit qu’elle s’égarait dans des méandres qu’il ne lui appartenait pas d’entrevoir. Au silence s’interposa le roulement des vagues et les cris déchirants des mouettes. Tybolt perdit de nouveau le fil de ses pensées, se retrouvant face au néant d’un esprit qui lui échappait décidément plus qu’il ne le devait. Heureusement, la jeune femme le tira une fois encore de sa songerie en usant, cette fois, de sa voix pour lui demander si une mélodie lui suffisait en lieu et place d’une chanson entière. Il acquiesça, mécaniquement.

__La suite aurait pu se passer aisément de mots. D’ailleurs, Tybolt n’essaya pas d’en coucher sur ce qu’il entendit. Il se laissa simplement aller à une profonde inspiration puis à une lente expiration. De nouvelles couleurs supplantèrent l’obscurité de son esprit. Il se revit tout jeune garnement, assis à côté de sa mère, un épais grimoire posé sur ses genoux, à étudier les récits liées aux grandes familles de l’Ouest. Une fraction de seconde, il lui sembla ressentir l’empreinte jadis laissée par les doigts fins, délicats, de sa mère dans ses cheveux. Cette fraction de seconde, Tybolt la vécut les yeux clos. Le cœur imprégné de cette chaleur unique en son genre. Celle qu’une mère laissait chez son enfant lorsqu’il était aimé et choyé comme le plus beau présent du monde.

__Que n’était-elle demeurée plus longtemps en ce monde ; même si par la laideur de ce qu’il avait récemment accompli, il l’aurait sans doute profondément blessée, s’en persuada-t-il en rouvrant les yeux.

__A l’évocation de ser Pryam, Tybolt eut un moment de flottement durant lequel le visage de Serena s’imposa d’autant plus nettement à lui que c’était bien la seconde fois qu’il entendait le nom de ce chevalier dans la bouche d’une toute nouvelle rencontre. La première fois, c’était une sœur qui le recherchait et qui, aux dernières nouvelles, avait finalement réussi à le retrouver. Mais ce que la musique de cette jeune femme véhiculait, ce que ses paroles cherchèrent à imprégner, était un sentiment hautement plus intimiste que l’idée même de chercher un proche. N’aurait-il été si oublieux de l’amour qu’il en aurait certainement perçu le témoignage à cet instant précis. Au lieu de quoi, il se contenta d’un sourire forcé et de tourner légèrement la tête pour observer la mer du coin des yeux.

__« Vous êtes une jeune femme intrigante… votre musique l’est, déclara-t-il, d’un ton détaché. Il est étrange de constater que la joie ne se rappelle jamais de la même façon à nous, de la même façon qu’elle ne se rappelle jamais de la même manière d’un être à un autre. J’ai eu un jour vent de ce ser Pryam, bien que d’autres pourraient porter ce nom, il m’est difficile de ne pas imaginer un lien entre celui dont on me narra la disparition et celui qui se veut tout aussi cher à votre cœur, si je me fie seulement aux oscillations de votre voix quand vous en parlez. »

__Ce qui faisait les oscillations de son timbre de voix, Tybolt, lui, l’avait perdu, la laissant froide de substance, dénuée de cette empreinte chaleureuse.

__« Je suis lord Tybolt Lannister, seigneur de Castral Roc et des Terres de l’Ouest, vous le savez désormais, mais je ne connais toujours pas votre nom, ajouta-t-il en la regardant à nouveau dans le fond des yeux. Ne m’obligez pas à vous en inventer un, je doute de disposer du talent vôtre pour poser ne serait-ce qu’un seul mot à une mélodie aussi surprenante que celle que m’inspire votre rencontre. »

__Une lueur fendit brusquement son regard. Passant une main sous sa cape, il en retira un dragon d’or reluisant qu’il posa, bien en vue, sur le rocher devant lui.

__« Je puis me séparer d’un tel éclat en sachant qu’il sommeillera dans la bourse d’une personne talentueuse accrochée fermement à ses rêves. Talentueuse vous l’êtes déjà. Mais à quel point êtes-vous attachée à vos rêves ? »

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Message Mer 5 Déc 2012 - 11:14

La musique du coeur, la mélodie de l'âme. Eleyna ne s'embarrasse pas des conventions et des goûts de mode. Elle ferme les yeux et plonge en elle-même, cherche un souvenir, une idée, une histoire, pour en tirer son essence et la traduire le plus fidèlement possible sans même ouvrir la bouche. Sauf si on le lui demande. Si sa voix a quelque chose de pur et de profond, ses doigts sont autant d'instruments magistraux. Elle préfèrerait perdre ses cordes vocales plutôt que ses phalanges. En cela, la nordienne constitue une exception. Ou peut-être pas. Elle n'a rencontré que peu d'artistes, les rares osant s'aventurer jusque dans la froideur mortelle du Nord se dirigeant plus volontiers vers Winterfell qu'Atre-Lès-Confins. Tout son savoir ou presque en la matière lui venait d'un unique homme, qu'elle avait pris pour modèle en fuyant toute une vie préparée avec soin pour elle. Une vie de sécurité, peut-être loin des rigueurs de l'hiver, pleine des joies de la maternité...Et cela aurait du suffire. Douce âme, comme il y en a le malheur de naître quelques unes par siècle. De celles qui s'opposent aux conventions, luttent contre les conséquences, pour vivre en étant ce qu'ils sont, sans mensonge, sans masque, sans faux semblant.
Sans jeu des trônes, ou même sans jeu de vie.

Penchant légèrement la tête sur le côté, elle écoute Lord Lannister la complimenter. Intrigante. Eleyna lui sourit. Elle préfère cela à simplement belle, touchante. Intrigante pousse la curiosité en tout un chacun, à chercher plus loin. Au delà des apparences. Au delà de ce qui est permis. C'est bien ainsi qu'elle voit sa musique. Bien évidemment, elle n'a pas relevé le compliment sur sa propre personne. Non pas parce qu'elle s'en fiche, juste parce qu'elle l'a éclipsé derrière plus importante. D'un signe de tête, trahissant une certaine forme d'éducation -ou des quelques miettes restantes- elle le remercie. Elle aurait bien ouvert la bouche, mais il a recommencé à parler. Il évoque Pryam, dont on lui aurait déjà soumis le nom. Elle se souvient de l'histoire contée par Serena, affirmant avoir croisé lord Lannister, celui ci l'ayant aidé à sortir d'une bien désagréable posture. Eleyna n'avait jamais vu en elle une menteuse, que du contraire. Elle lui avait semblée plus aimable et plus intéressante, à partir de ce moment et ce jusqu'à ce qu'elle se montre des plus hostiles. Jalousie fraternelle...La nordienne pouvait comprendre, sans parvenir à le vivre correctement. C'était pour cette raison qu'elle était partie, la première fois, persuadée que c'était le mieux pour tout le monde. Elle n'avait fait que perdre un frère jumeau...Pour gagner un ami. Puisque le sujet semblait l'intéresser, Eleyna s'était décidée à lui répondre par l'affirmative et à s'assurer que la personne ayant narré sa disparition était bel et bien Serena. Elle allait ajouter qu'ils se trouvaient tous deux à Port-Lannis et que, si l'envie lui prenait de les voir, elle pourrait lui indiquer l'auberge où ils étaient descendus...
Quand quelque chose la troubla.
Tout naturellement, cela se lu sur ses traits. Elle n'avait jamais été très douée pour dissimuler une émotion. Et n'y avait jamais pris soin, d'ailleurs. Cela divergeait trop de son caractère, de sa façon d'être.

A dire vrai la Nordienne ne s'était jamais arrêtée sur les sentiments que lui inspirait le chevalier du Val. Il était son ami et elle se sentait bien en sa compagnie. Elle aimait échanger quelques paroles, elle aimait aussi le voir rougir. Elle appréciait ce jeu où ils tentaient d'en savoir plus l'un sur l'autre, qui se terminait par un baiser volé et une disparition de sa part au coeur de la nuit, pour leurs éviter l'embarras d'une explication. Des amis, de bons amis. Il voulait la protéger, et elle voulait le faire sourire. Cher à votre coeur avait une connotation plus intime et plus forte. De même, elle n'avait jamais eu conscience de cette teinte joyeuse et chère, qui enrobait sa voix, lorsqu'elle l'évoquait. Ni même du pétillement dans ses yeux, une brillance naturelle. Eleyna incarnait une innocence naïve et les baisers volés au chevalier n'étaient rien de plus que l'expression d'une envie, sur laquelle elle prenait garde à ne pas s'arrêter. Sa spontanéité parlait alors, en ces moments très doux où une légère gêne s'installait. Malgré ses dix neuf ans et sa grande maturité dans bien des sujets, Eleyna avait l'esprit d'une enfant. Son charme, sa force...Et une intolérable faiblesse, tout à la fois. Elle se contentait de vivre cette relation avec Pryam, sans chercher à aller plus loin ni même à y disserter.

Elle fut heureuse que Lord Lannister continue son monologue, changeant le sujet pour essayer de connaître son nom. « Je me nomme Eleyna, milord. Et je n'ai pas l'honneur de posséder un titre aussi long que le vôtre. » Elle aurait pu ajouter un nom, peut-être étoffer. Mais elle avait cessé d'être Eleyna Omble, dame d'Âtre-Lès-Confins, future épouse de quelqu'un-dont-elle-ne-savait-rien et qu'elle avait fuit. La nordienne était juste Eleyna, et cela lui convenait parfaitement. L'odeur de simplicité n'attire pas les questions. « De même que je n'ai pas l'honneur d'avoir un nom d'artiste. » précisa-t-elle, au cas où ce détail lui viendrait à l'esprit. Après tout, son voyage n'en était qu'au tout début. Les seuls nobles pour qui elle avait pu se produire se trouvaient dans le Conflans et étaient d'une nature moins imposante, moins exigeante, que lord Lannister. Elle avait apprécié la demeure des Darry, mais ce souvenir lui semblait appartenir à une toute autre époque, autant que Tybolt était bien ancré dans son présent. Ce dernier fit d'ailleurs une chose étonnante. Plongeant sa main à l'intérieur de sa cape, il la retira porteuse d'un dragon d'or, qu'il déposa sur le rocher devant elle. Le vent lui-même semblait incapable d'arracher un tressaillement, à la belle pièce dorée. Ainsi l'or des Lannister ressemble à celui du Nord? Elle tendit la main vers ce présent et l'observa, non pas avec l'intérêt cupide qu'auraient manifesté la plupart des gens mais une grande curiosité, cherchant si la pièce ne différait pas de quelque façon. C'est plongée dans cette contemplation qu'il l'interrogea sur ses rêves.

« J'y suis attaché plus qu'à tout l'or du Roc, qu'à toutes les richesses du monde. Peut-être cela vous semblera-t-il idiot, mais je préfère me condamner à la misère et conserver ce que je suis, plutôt que de vendre mon âme. J'aime mon reflet dans l'eau. » répondit-elle avec un sourire sincère. Elle n'avait pas conscience de la naïveté de ses mots, et c'était cela qui donnait à son charme. « Plus qu'à ma propre vie, en réalité. On peut tout me voler, mais jamais on ne pourra toucher à mes rêves, à mes espoirs. Si je peux les nourrir, même en moi, alors ils existent. Il suffit d'un peu d'imagination. » Jamais on ne pourra mettre mon esprit en cage. Des paroles de femme, aurait dit son père, s'il lui avait adressé la parole. Ou son aîné, de nature enragée et détestable. Tu vis dans un autre monde. Sa soeur. La où son corps aurait dépérit, dans un mariage arrangé et une vie des plus morne, elle était certaine que son esprit aurait survécu d'une quelque façon. Ou peut-être étais-ce ce qu'elle avait cherché à fuir. Contradictoire. Haussant les épaules, elle en revint à cette pièce. « Si vous me le permettez, je la garderais en votre souvenir. Après tout, même si elle ressemble à toutes les autres pièces que j'ai pu voir, elle est sortie du Roc. » Elle rit, doucement. « J'ai toujours adoré les histoires sur ce qui sommeille dans les entrailles de votre forteresse. » A vrai dire c'était ses favorites, avec celles concernant les dragons et Harrenhal. Elle ne ferait pas l'affront au lord suzerain de l'Ouest, de comparer le Roc majestueux à la forteresse hantée et en ruine. Bien que les deux se valent à son coeur, et qu'elle n'apercevait le premier que de très loin.
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