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Un bon guide se fait à la gueule du client

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Lakdahr l'Edenteur
Artisan

Général
- Mestre fêvre -
Bâfreur & Guerrier

♦ Missives : 1389
♦ Missives Aventure : 121
♦ Age : 25
♦ Date de Naissance : 06/12/1991
♦ Arrivée à Westeros : 08/05/2012
♦ Célébrité : Kevin Tod Smith
♦ Copyright : Luchadora
♦ Doublons : Alrik Mallery - Séraphine - Jeyne Estremont
♦ Age du Personnage : 26 ans
♦ Mariage : Serenei ( Femme-sel )
♦ Lieu : Les Iles de Fer
♦ Liens Utiles :
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Message Ven 2 Nov 2012 - 0:29

Troisième lune - An 212


Comment pouvait-on être aussi inepte à en atteindre le degré de vigilance égal à celui d'une bernacle agglutinée à son étoc ? Lakdahr n'en revenait toujours pas, prompt à s'auto-fustiger tant il trouvait sa bêtise aussi démesurée qu'il ne l'était lui-même. A la dunette du boutre sur lequel il avait hâtivement embarqué, il mirait inlassablement le paysage maritime et l'esquisse du littoral qui apparaissait timidement au loin, l'esprit étriqué par un courroux qu'il sustentait depuis d'innombrables heures. Il guettait l'hypothétique voilure d'homonymes qu'il se devait infailliblement de retrouver dans les plus succincts délais, et pour cause ! Il n'était point question d'une salvatrice escouade venue porter leur aide à leurs frères insulaires, ni même une quelconque délégation que la Seiche d'Or aurait éventuellement pu lui rattacher comme elle savait si bien le faire. Non, l'énormité de la situation résidait dans le fait que c'était l'honneur même du forgeron qui se jouait, toute cette notoriété qu'il s'était façonné à travers années et labeurs pour être reconnu en tant que mestre fêvre digne de porter ce titre... Dans ce cas, comment se justifier de la perte de l'arme d'un lord des Iles-de-Fer ? L'irresponsabilité n'était de loin point ancrée dans ses marottes, lui qui prenait un soin immodéré des affaires qui lui étaient confiées, qu'allait-il dire ? Qu'allait faire ? Cependant, cet objet actuel puits de ses angoisses n'avait pas été tout à fait égaré...

Le bougre s'était présenté à lui aux premières nitescences de l'aube, au parfait endroit où il était persuadé d'y trouver l'Edenteur à la tâche. Une action fructueuse, puisque ce dernier ouvrageait paisiblement dans l'antre où martelait le fer lorsqu'on était venu le trouver. Et il savait une chose : il était toujours de mauvais augure que ce pilchard de Noran vienne l'entretenir de l'une de ses idées. Noran, ce vétilleux capitaine du grisâtre archipel avait le don de s'empêtrer dans des bourbiers plus nidoreux que ses propres effluences corporelles et d'y entrainer les plus niais qui recevaient rarement leur récompense. A la tête d'une cohorte de matafs tous plus arriérés les uns que les autres, beaucoup se demandaient comment le quidam ne s'était pas déjà accidentellement échoué sur les écueils d'un îlot ou n'était pas tombé dans les griffes de la Flotte du Lion. La naissance de certains était ceinte de providence à défaut d'intelligence, et à en voir le sourire benêt qu'il lui offrait en guise de salutation, il avait comme un mauvais pressentiment. Puisqu'une fois n'était pas coutume, le marin lui exposa un nouveau plan qu'il, disait-il, étudiait depuis plusieurs lunes. Sa dernière lubie en date se résumait en de simples termes : partir en quête des Reed de Fort-Griseaux. La confession fut tant inattendue que le titan en resta perclus d'incrédulité, avant de se draper dans un profond désespoir alors que son congénère lui déroula une carte du Neck sous le nez. Il palabra en long, en large et en biais de ses recherches et autres estimations qui le laisseraient dans la certitude de connaître la position de cette illustre demeure mobile. Il visait grand, trop grand, ses ambitions l'entrainaient dans une utopie à laquelle il prêtait une imparable foi, et pire que cela, il avait la folle intention d'y impliquer le forgeron qui n'avait guère rien demandé. « Rêve pas l'géronte, j'vais pas aller patauger dans la tourbe pour ta gueule. » La réponse avait le mérite d'être exhaustive à défaut d'être aimable, mais l'écumeur n'hésita pas à lourdement insister en reprenant l'entièreté de son monologue qu'il pensait réellement persuasif, à tort. Mais Lakdahr avait d'autres affaires en cours, notamment ce flamboyant neuf fléau d'arme qu'un seigneur lui avait remis pour une cure de jouvence et un aspect plus personnalisé. De ce fait, il renvoya l'importun à grande gueulante et presque son pied au séant, mais Noran était plus vindicatif qu'il n'y aurait songé. Ce ne fut que plus tard dans la matinée qu'il prit conscience de la place devenue vacante sur son plan de travail : le fléau de guerre avait disparu. Le colosse s'en retrouva à quatre pattes pour vérifier le dessous des tables, il fureta dans la moindre encoignure des forges et interrogea même ses pairs, en vain. Il en fut alors certain : la crapule venue l'incommoder était coupable, et actuellement déjà en mer ! Tout se poursuivit très vite, il s'en alla réclamer auprès d'Aaricia une carte similaire à ce qui lui avait été antérieurement présenté, tant pis si Dagon s'en apercevait, le temps était compté ! Sa course le mena ensuite aux quais où il avisa quelques connaissances de son désir de bourlinguer plus au nord, destination d'un équipage qui l'accepta volontiers parmi eux. L'avantage d'être un élément neutre dans les dissensions des Iles-de-Fer était que la plèbe était plus encline à vous tendre une poigne amicale que l'inverse.

Et finalement, en dépit de sa rebuffade, c'était bel et bien sur la côte du Neck qu'il amarrait. L'artisan qu'il était ne pouvait se permettre d'échouer dans son oeuvre, cette arme, il se devait de remettre la main dessus sans autre perspective plausible ! Dès lors qu'il retrouverait le vil spoliateur, il jurait par toutes les déités de leur rocaille qu'il lui accorderait un trépas des plus lents ou, au minimum, des extractions dentaires qui lui boursoufleraient le faciès à vie. L'espoir pointait alors qu'ils étaient parvenus à repérer le boutre de Noran, sur lequel étaient restés une poignet de ses pirates bien stupéfaits de cette impromptue arrivée, et après une furtive conversation avec les patients rameurs, le géant eut la direction dans laquelle la petite masse de fer-nés s'était dirigée et s'interrogea : devait-il lui aussi attendre le retour de leur capitaine ? Dans l'éventualité où ce couronné idiot s'était déjà noyé dans la tourbe, il fallait quêter après son macchabée pour le dépouiller d'un trésor qui ne lui appartenait pas. Dans un râle caustique, le forgeron s'enfonça dans les terres avec la résolution de suivre les traces laissées par la troupe... Et des ostrogoths n'étaient, de très loin, pas discrets dans leurs empreintes ! A travers l'immonde cloaque du Neck, Lakdahr progressa non sans une pointe d'inquiétude à force de s'éloigner du récif et d'une atmosphère encore respirable, la fragrance d'eau croupie et d'organismes en décomposition le prenaient de plus en plus aux narines. Ce n'était point là un endroit convenable pour la flânerie d'un mestre fêvre ! Et le pauvre s'en rendait parfaitement compte, les vêtements maculés d'infecte fange, à chasser les glaïeuls et la sphaigne qui floconnaient à la surface des nappes dans lesquelles il s'enfonçait parfois. Qui était donc assez fou pour vivre dans pareil lieu ? Seulement les bouffe-grenouilles, d'étranges créatures à ce que l'on contait, mais après tout, les fer-nés aussi avaient leur lot de poncifs totalement ubuesques.

Avec de la chance, il trébucherait sur le corps inerte de ces imbéciles qu'il pourchassait et rentrerait promptement sur Pyk, pour une fois que son île natale lui manquait – presque. Cependant, ce ne fut pas sur un mort qu'il shoota, mais un récipient de métal dont l'ornementation ne lui était pas étrangère. Le titan se pencha pour ramasser cette gourde qui, prêt à le parier, appartenait inéluctablement à l'un des matafs, voire peut-être à leur meneur lui-même. L'excellente nouvelle était qu'il semblait sur la bonne voie, la moins bonne, était que l'objet était encore remplie d'eau potable et que d'autres affaires bigarraient le sol. A cela, le jeune homme ne vit qu'une explication : l'on abandonnait ses biens lorsqu'il fallait fuir ou se battre et son intuition fléchissait d'avantage vers la première option. « Qui sait quel bordel peut s'cacher dans ces putains d'marais... ». Comme unique réponse, un sifflement et une douleur aigüe qui le priva de la fonctionnalité de son tympan dextre l'espace d'un instant. Une flèche venait de lui lécher l'oreille pour se planter dans l'arbre qui lui faisait face, foudroyant son coeur d'une palpitation qui lui fit faire aussitôt volteface pour prendre connaissance de l'ennemi. Il ne perçut alors que le frémissement d'un buisson et eut un réflexe somme toute stupide, mais utile ! Il envoya la gourde dans un puissant jet en plein centre du fourré qui... Echappa un glapissement plaintif. Aux dernières nouvelles, les végétaux ne bramaient pas, à moins qu'il n'ait humé de probables émanations à effet psychédélique sans s'en apercevoir plus avant ! Dans tous les cas, cela requérait vérification, ce que le colosse s'empressa de faire en ralliant la broussaille dans laquelle il plongea la main. Ses phalanges agrichèrent ce qui lui semblait bien être une chevelure – ou alors, cette bête avait le poil long ! - qu'il tira pour faire remonter le tout... Surprise ! Il arrachait la crinière d'une sylphide qui, visiblement, n'appréciait pas le traitement qu'il lui infligeait. Presque pendue dans les airs par la teneur de son cuir chevelu, la donzelle possédait une preuve non négligeable de sa culpabilité : quel bel arc avait-elle là !

« La pêche est pas mauvaise dans l'coin ! Viens m'voir ma jolie, j'vais t'apprendre moi ! » Sans plus attendre, il la débarrassa de son arme et la traina de force avec lui quitte à lui arracher son crin et à lui offrir un bain de bourbe – générosité, quand tu nous tiens ! A côté de lui, la belle était si frêle que son ossature serait aisée à briser dans une délicieuse symphonie, et son plaisant minois n'aurait plus qu'à endurer les obscénités post-mortems qu'un être aussi odieusement dépravé que l'Edenteur pouvait imaginer. Mais avant de la condamner, ouïr ce qu'elle avait à dire ne serait pas de trop, aussi alla t-il la plaquer contre l'arbre où trônait orgueilleusement sa flèche précédemment décochée. Il la congloméra joue contre l'insalubre écorce et la maintint ainsi, jusqu'à pencher ses lippes à son oreille pour s'y adresser. « C'est toi qui a essayé d'me transpercer l'crâne ? T'as intérêt à vite parler parce que j'te préviens, j'suis pas d'nature patiente, mais encore moins quand on tente d'me tuer en traitre ! » En guise d'illustration, il la ramena vers lui pour mieux la recoller au bois d'une manière aussi abrupte qu'elle ne laissait pas place à l'hésitation. « T'es qui et qu'est c'tu fous là ?! »




" - On fait quoi ? - Valeurs sûres : on leur éclate la gueule. "
 " Barbare qui roule amasse coups de boule. "
" On dit que les fer-nés détestent toutes les races, c'est faux, on les aime toutes ! En ragoût, en civet, à la broche... "

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Lyessa Reed
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Représentante des Bouffes-Grenouilles

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Message Ven 2 Nov 2012 - 10:01

    Lorsque Lyessa était à Fort-Griseaux, elle profitait du confort de sa maison, roupillant presque comme un ours en période d’hibernation. Ses voyages étaient généralement dénués de bonnes victuailles et de repos tranquilles. La chasseresse ne baissait jamais sa garde là-dehors, alors qu’ici…
    Lyessa dormait étalée sur les fourrures de son lit lorsque Branden et Yorgen vinrent lui sauter dessus pour l’en extirper avec vigueur. Ses deux jeunes frères jumeaux âgés de sept ans ne se lassaient jamais de venir la réveiller en sautant sur sa couche ou en lui chatouillant la plante des pieds – ce qui avait le mérite de rendre leur sœur folle de rage avant qu’elle ne rigole à gorge déployée. A peine Branden fut sur elle que Lyessa se redressait déjà pour le faucher sur le lit et lui frotter vivement le crâne pour l’embêter. Yorgen ne se fit pas attendre pour chatouiller Lyessa sous les aisselles et elle ne manqua pas de s’esclaffer.

    « Z’avez intérêt à filer avant que j’vous mange pour le repas ! » – Leur cria-t-elle tandis qu’ils détalaient tout deux hors de la pièce bardée de bois. Sur son séant, la jeune femme continua à ricaner toute seule avant de soupirer et daigner se glisser hors de ses peaux d’ours.

    Elle se redressa et s’étira longuement avant d’enfiler sa tenue habituelle pour vagabonder dans les marais du Neck. Harnais de cuir, culotte bouffante sombre et bottes en peau de lézard-lion. La jeune femme s’était rendue compte que l’étonnante résistance de ce cuir était indispensable lorsque l’on pataugeait dans les marais, frisant à tous les coups de se faire croquer par les terribles reptiles qui les habitaient. Glissant ses doigts dans sa tignasse emmêlée pour les attacher contre sa nuque, Lyessa se dirigea vers la pièce principale où étaient installés le seigneur son père et lady Elinor, sa mère. En silence, elle en vint à déposer un baiser sur leur joue avant de se saisir de quelques baies qu’elle engloutit aussitôt.

    « Ne veux-tu pas t’asseoir avant de partir en chasse ? » – Quémanda sa mère, qui, malgré son désir de partager quelques moments avec sa fille, savait pertinemment que ceci n’aurait pas lieu.

    « Si j’compte bien vous ramener autre chose que des grenouilles pour l’repas, autant que je m’y mette maintenant mère. » – Répondit-t-elle, glissant un sourire à la pâle silhouette d’Elinor.

    Après quelques recommandations, que Lyessa n’avait nul besoin d’entendre, la jeune femme put enfin quitter la maison familiale qui trônait sur la plateforme de bois principale de Fort-Griseaux. A peine eut-elle mis un pied dehors qu’elle put constater que l’endroit où s’était coincé le Fort n’était pas si mal, offrant quelques rayons de soleil timides à tout cet enchevêtrement de végétation fanée et d’eau croupie. Les Paludiers étaient déjà pour la plupart en train de vendre et échanger et l’animation ne manquait pas de réjouir lady Reed. Saluant ses comparses à chaque foulée, la jeune femme se pressa de rejoindre l’autre bout de la plateforme pour s’immerger d’eau et rejoindre la berge. Plus tôt elle s’y mettrait, plus tôt elle rentrerait pour profiter de l’humeur festive de son peuple. Les petites habitudes lui menaient la vie dure, et elle savait d’ores et déjà par où elle commencerait la chasse. Elle comptait bien dénicher quelques oiseaux, ce qui changerait sûrement du lézard-lions ou des grenouilles pour souper mais l’ouvrage demandait patience et Lyessa n’était pas certaine d’en avoir suffisamment aujourd’hui. Il pouvait lui arriver de s’éloigner considérablement de Fort-Griseaux mais de toujours retrouver son chemin malgré les éternelles similitudes du paysage. C’était une chose qu’il était difficile d’expliquer quand on vivait ici depuis sa naissance. La mousse, le courant et les arbres à moitié trempés étaient de vrais indices lorsque l’on s’y attardait dessus. Guettant les airs, Lyessa finit par trouver un endroit propice et elle s’y posta, sortant arc et flèches dans l’attente d’une envolée. Après quelques heures déjà, la jeune femme sentait le poids de sa lassitude. Elle était parvenue à attraper trois marouettes mais le plus pénible avait été de tenter de les repêcher dans la tourbe. Tandis qu’elle s’apprêtait à repartir en direction du Fort, elle entendit un bruit qui attira son attention. S’abaissant derrière des fourrés, Lyessa scruta les marécages pour distinguer l’auteur de ce tapage. Un homme titanesque pataugeait et venait de marquer une pause pour ramasser quelque chose dans la vase. Il ne fallut pas longtemps à lady Reed pour que sa tête lui revienne – lorsque vous croisez un type de cette envergure, rare était l’envie de l’oublier. C’était un Fer-né, et Lyessa s’en rappelait bien assez car elle avait pu le voir durant une razzia sur la côté, fracassant des têtes à la volée. Nulle envie qu’elle avait d’aller s’y frotter, mais ce qu’elle savait, c’est que pas un Fer-né ne ressortirait entier de son escapade dans les marais. Elle allait s’en assurer. Qu’est ce qu’il foutait là d’abord ? Lyessa attendit un peu pour voir s’il n’était pas accompagné mais les minutes s’égrenaient et l’envie de lui foutre une flèche entre les deux yeux se faisait pressante. Lentement, la jeune femme bandit son arc et tenta de viser au mieux à travers son fourré. Elle avait le contrôle sur sa respiration, comme sur ses doigts, malgré son empressement à en finir avec ce géant Fer-né. Sa concentration ne dura que peu avant qu’elle ne décide de décocher sa flèche qui fendit l’air pour aller se figer… Dans l’arbre prés de lui. Elle l’avait loupé de peu, et cet échec retentissait en elle avec une saveur amère. Et *** – Lyessa se tourna à droite puis à gauche, tentant de trouver une échappatoire mais dut se résigner à rester sur place lorsqu’elle reçut une gourde de plein fouet dans la poire. Elle étouffa un gémissement sous le choc et, renversée en arrière, dut mettre quelques secondes pour reprendre ses esprits. Mais elle n’était pas au bout de ses peines, car déjà le géant se tenait au dessus d’elle et l’agrippait par la tignasse pour l’extirper du fourré. Lyessa se débattit avec peine, serrant les dents et agitant pieds et mains pour se détacher de l’emprise qu’il avait sur sa chevelure, mais ça faisait un mal de chien. Traînée et dépossédée de son arme, la Nordienne n’avait plus qu’à attendre avec appréhension la suite des évènements. Son sang ne fit qu’un tour dans ses veines et lorsqu’il la plaqua contre un arbre pour venir l’interroger, sa bouche contre son oreille, la jeune femme tenta de donner des coups de coude, le souffle court et le palpitant incontrôlable. Ce tas de muscles était aussi grand que peu aimable et elle ne voulait pas imaginer ce qu’il arriverait à faire de sa carcasse à elle si elle refusait de coopérer. Il n’avait pas l’air d’apprécier la flèche négligemment décochée pour lui trouer le crâne. Lyessa manqua de s’esclaffer, simplement pour le provoquer mais s’en tint à étouffer un nouveau grognement lorsqu’il la malmena de nouveau. Il lui demandait qui elle était et ce qu’elle foutait là.

    « Quoi… Ma tête t’revient pas, Fer-né ? » – Cracha-t-elle alors que l’écorce lui labourait la joue. « T’es sur la terre des Reed ici et tous les Paludiers ont ordre d’abattre les gens comme toi. Enflure. »

    Elle se mordit les lèvres jusqu’au sang, se disant que peut-être, elle aurait du tenir sa langue. Mais ça l’aurait écorché bien plus qu’autre chose, que de se plier gentiment à un Fer-né, même si la force de celui-là n’était pas négligeable. Elle ressassait dans sa tête la manière de l’éloigner d’elle. Pour sûr qu’au corps à corps, elle n’aurait pas le choix que de se faire écorcher vive par ce titan. Mais de loin, jouant avec les pièges que les marais lui offraient, peut-être bien qu’elle arriverait à retourner la situation. Elle renversa violemment sa tête en arrière pour lui foutre un coup dans le pif, espérant que ça lui fasse lâcher prise. Faut dire qu’à se presser comme ça contre son oreille, l’occasion avait été trop belle et méritait d’être saisie.

    « Bas les pattes ! Tu n’trouveras rien d’autre dans ces marais qu’une mort violente. Et j’te parle pas de moi quand j’dis ça ! » – Quelle chance que la jeune femme soit engluée de boue pour rendre sa prise difficile. Et que la situation dut paraitre cocasse lorsque jouant de ce fait, Lyessa s’abaissa brusquement, s’accrochant au tronc contre lequel il la maintenait pour se glisser de l’autre côté et ainsi se dissimuler de son bourreau. Quelques pas en arrière et la jeune femme pénétrait dans l’eau froide et se saisissait de son petit poignard qu’elle gardait accroché à sa ceinture. « T’es qu’une ordure, et t’es sur mon terrain. Dégage ! »

    Elle gardait ses prunelles sombres rivées sur lui et comptait bien lui montrer que comme l’anguille, on lui mettait difficilement la main dessus. C’est en le regardant qu’elle réalisa qu’elle n’aimerait vraiment pas se retrouver tout contre – un type de cette taille et avec une gueule pareille ne prêtait pas vraiment à l’accolade.

    « Tu m’crois assez stupide pour venir me frotter à toi pour t’égorger ? J’suis pas folle, mais toi t’es aussi grand que stupide. Barre toi d’mon marais, et peut-être que tu t’en sortiras entier. » – Siffla-t-elle, prenant soin de garder la distance entre lui et elle.

    Même si ça la tuait d’imaginer le laisser partir, elle n’avait pas vraiment le choix, à moins qu’elle puisse remettre la main sur son arc rapidement et lui en coller une qui se montrerait fatale. Mais quelque chose lui disait que l’orgueil du Fer-né n’avait d’égale que sa taille et sa musculature. Qu’il se sente pousser des ailes et elle aurait bien assez de temps et d’endurance pour lui prouver qu’il ne fallait jamais courir après quelqu’un lorsqu’on était englué dans le marais.








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Lakdahr l'Edenteur
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Message Sam 3 Nov 2012 - 18:20

Malgré qu'il n'en avait rien fait, l'étonnement braisait à l'intérieur du colosse qui ne s'était diantrement pas attendu à débusquer une sylphide aussi acariâtre que pouvaient être les harpies des îles... Ni même une donzelle tout court ! Rares furent ces êtres de précarité qui avaient déjà osé lancer un quelconque assaut que la montagne mouvante qu'il était, jusqu'alors, seules Helya et Arkha avaient eu cet audace... Et l'avaient payé, la première d'une façon bien moins agréable que la seconde. Toutefois, jamais n'aurait-il réellement projeté d'occire ces oeuvres fer-nées dans la simple mesure où, justement, elles étaient de dignes insulaires. Celle qu'il violentait présentement entre ses paluches d'ostrogoth ne jouissait point du même statut et l'infortune ferait peut-être bientôt d'elle une réminiscence dans les esprits de chacun. Une mauvaise revue de sa force, et c'était le rachis qu'il pouvait lui briser sans même le désirer, châtiment qu'elle aurait inéluctablement mérité pour cette flèche qui avait fendu l'air et manquait d'en faire de même pour sa cervelle. S'il préférait faire d'avantage usage de ses facultés physiques, son encéphale n'en demeurait pas moins d'une absolue valeur, sa matière grise se désagrégeait suffisamment d'elle-même avec tous les méchefs auxquels il se devait de faire face sur l'archipel de rocaille. Pourtant, la nymphette en détresse le convia à une activité cérébrale – outre le fait qu'il conjecturait sur les revers qu'elle lui enverrait pour se libérer de sa poigne. - en une déclaration qui fit gronder le cor de sa mémoire. A en déduire ses dires, l'attaque menée ne résultait pas d'une volonté de protection territoriale, du moins, pas uniquement, la situation prenait des atours d'affaire personnelle. Se connaissaient-ils ? Fichtre, voilà qu'il possédait une notoriété au coeur d'une sentine dans laquelle il n'avait guère jamais mis les pieds avant aujourd'hui. Les infamies qu'il avait ouvrées lors de ses multiples incursions en terres continentales s'étaient-elles répandues jusque dans l'insalubrité du Neck ? Il en doutait, lui qui avait plus ouvragé dans le Bief et les terres de l'Ouest que dans le Nord... L'aquilon, il ne le portait point dans son coeur. Sa réflexion l'entraina sur le pentu sentier de la mégarde, qui lui coûta un coup de crâne directement sur l'arrête nasale. S'il avait connu bien pire riposte dans son existence de baroudeur, la sensation d'un nez engourdi n'était en rien appréciable et l'affront l'était d'autant moins qu'il était question d'une femme. L'inconsciente ! Elle osait se faire mère d'un courroux susceptible de la vouer à sa sépulture, et si elle aimait tant ses marais, il s'en allait l'y inhumer de ce pas.

« Espèce de... !! »

Sa prise rendue glissante par la tourbe dont ils étaient tous deux maculés, la donzelle lui échappa et ce fut l'arbre auquel il se mit à tordre le tronc. Mauvaise cible s'il en était, Lakdahr s'inclina furtivement sur le côté pour voir sa proie – l'était-elle réellement ? - se dérober à son fatum pour s'immerger dans les eaux viciées dont les émanations lui soulevaient la panse. La bougresse ne perdait rien pour attendre, il s'exposait probablement moins aux dangers de cette nature en restant sur un pan plus ou moins ferme qu'elle à patauger dans une nappe où se mêlaient carex douteux, alvéoles de moisissure et une variété d'autres choses dont il ne voulait rien connaître. Il fit plusieurs pas sur sa droite pour une meilleure vision des circonstances, courbant un sourcil particulièrement incrédule lorsqu'elle s'arma d'une sorte de coutelas qui faisait bien pâle figure en comparaison à la belle Dentesque, sa massive hache qu'il promenait évidemment avec lui en ce jour. Un jeu de proportions qui le fit doucement rire alors que la jeune femme semblait prendre conscience de l'adversaire face auquel elle se trouvait. S'il tiqua à l'âpreté des tirades qui lui furent envoyées, il en récolta quelques indices qui ne lui seraient pas inutiles : elle voulait donc le voir partir ? Pleutre qui s'essayait volontiers à l'abattre lorsqu'il avait l'échine tournée, mais qui ravisait sa témérité une fois que son attention pointait sur elle. Toutefois, il rejoignait son désir de bonne grâce, lui aussi nourrissait l'envie de déguerpir de ces lieux au plus tôt, mais la coercition exerçait par la fourberie de Noran l'en empêchait. Le plus intriguant cependant fut l'adjectif possessif dont elle usa... Son marais ? Les Paludiers étaient-ils donc tous bouffis de chauvinisme ou son interlocutrice était-elle d'un rang qui lui permettait de faire preuve d'autant de prétention ? Les onyx du forgeron la jaugèrent avec suspicion mais pas une once d'angoisse à la suite de ses menaces, accoutumé qu'il était à voir sa seule respiration être considérée comme une offense au monde.

« Et toi t'es aussi conne que plate. » Commenta t-il en guignant la poitrine de la demoiselle. Il n'avait rien contre les moins en cambrures, après tout, Violain tenait plus de la décharnée que de la gironde. « T'crois peut-être que j'vais venir t'chercher dans ta flaque pour que j'finisse par m'y embourber ? Y a autant d'chances que j'aille lécher l'cul d'un Lannister, t'auras crevé avant qu'ça arrive ! »

Ses prunelles observèrent les roulis de l'eau croupie, il crut d'ailleurs discerner une ombre fluer à toute vitesse et jugea qu'il avait pris la bonne décision à ne pas l'avoir immédiatement talonnée. Si elle était originaire de cet hideux cloaque, sans doute avait-elle les astuces nécessaires pour survivre à une nage comme celle-ci, sans être importunée par les créatures qui y logeaient, ce qui n'était point son cas. Qui plus est, la naïade était fluette et légère, là où elle était susceptible de flotter tel un jonc sur les fines ondulations, lui s'enfoncerait inexorablement dans le sol et risquait de ne plus pouvoir s'en dépêtrer, en particulier avec Dentesque dans son dos. A cela, il subodorait qu'elle serait la dernière à lui venir en aide et prendrait même un vil plaisir à le voir agonir, ou finir dans le rumen d'une quelconque bête. En un territoire dont il ne connaissait rien, l'Edenteur devait faire preuve de plus de prudence qu'à l'ordinaire, il ne pouvait sciemment pas s'élancer tête basse tel un bélier qui finirait sa course droit dans le mur. Soudain, une frêle douleur lui tirailla l'oreille, sa main se posa sur celle-ci puis revint sous ses yeux, bigarrée d'hémoglobine. C'était donc cela, la désagréable sensation d'avoir le conduit auditif encombré, le sang suintait lentement de la plaie pour glisser le long de son cou. « La garce... ». Il en avait édenté pour moins que cela. Il foudroya l'étrangère de son sombre regard, et telle une kyrielle parfaitement orchestrée, après l'étonnement de sa blessure, la surprise de la reconnaître. Il lui semblait se remémorer, maintenant, qu'ils s'étaient effectivement rencontrés à l'occasion d'une piètre rapine durant laquelle ils n'avaient rien amassé si ce n'était des nèfles ! Les images demeuraient vagues, mais son minois ne lui était pas si inconnu qu'il l'avait dès l'abord pensé... En revanche, son gigantisme s'était ancré dans les méninges de la nymphe ! Etait-ce pour cette raison qu'elle avait tenté de le tuer ou n'en était-ce qu'une parmi une pléthore d'autres ? Il penchait pour la seconde hypothèse.

« Ta tronche m'revient maint'nant que j'y pense, j'crois... Mais j'en ai rien à foutre, t'es qu'une continentale qu'a une plus grande gueule que les autres, c'est tout ! »

Cela ne changeait rien de son point de vue, les autochtones du Neck n'étaient guère réputés pour leurs grandes largesses – c'était du moins ce qu'il avait ouï-dire -, tout comme la plèbe des Iles-de-Fer. Leur face à face pouvait bien s'illustrer en un duel d'opiniâtreté et de fierté, aucun des deux ne plierait rotule s'il n'y était pas contraint, indéniable truisme. Mais comment faire, alors que la distance les empêchait de se livrer à la bataille ? Lakdahr ne possédait rien qui pourrait l'atteindre sans qu'elle ne soit à portée de main, quant à elle, elle était limitée dû à cette même entrave depuis qu'elle s'était vue séparée de son arc. Une idée germa subitement : où était-il, cet arc ? Le titan se mit à zieuter autour de lui, jusqu'à repérer l'arme qu'il s'en alla ramasser et qu'il expertisa – réflexe professionnel – silencieusement. Il était bien incapable de l'utiliser même en récupérant la flèche fichée dans le bois, même s'il lui serait facile de le bander, viser était une autre affaire à laquelle il n'était pas convaincu de remporter un franc succès. Cependant, mestre fêvre de métier, il savait comme il était aisé de s'attacher à un équipement, la manière dont on pouvait affectionner une arme à l'instar d'un être doté d'une âme. C'était le cas pour sa hache récemment créée, une osmose à la tuerie qui lui faisait faire des miracles – ou des malheurs selon les opinions. - sur un terrain de guerre. Pouvait-il conjecturer d'une similarité entre la jeune femme et son instrument de jets mortels ? Il le saurait bien assez tôt, nul doute que la belle ne tarderait guère à réagir si voir son arc entre les mains du colosse lui était chose insurmontable... Et dans un tel cas, ne lui restait plus qu'à voler au secours de son arme si elle désirait le récupérer. Il ne prononça mot à ce sujet et se contenta de tirer à plusieurs reprises sur la corde tendue pour jouer quelques notes burlesques, tacite avertissement de ce qui pourrait advenir de l'objet dans les prochaines minutes. En attendant, l'Edenteur saisit également la gourde et revint aux abords de la nappe dans laquelle se trouvait la damoiselle.

« J'vais patienter que tu deviennes toute fripée ou qu'une bestiole vienne t'bouffer, à ton avis, l'quel de nous deux restera en vie à la fin ? » A la condition que d'autres Paludiers ne s'immiscent pas dans le différend d'ici là, il était d'avantage susceptible de remporter la partie. Toutefois, Lakdahr n'avait pas le temps de la contempler se rider par l'humidité, chaque seconde l'éloignait un peu plus de la cohorte qu'il poursuivait et donc de son but principal. Sans lui confesser qu'il était en réalité pressé, il devait l'encourager à mouvoir de sa position... Ce qu'il fit en lui renvoyer, une nouvelle fois, la gourde que – heureusement pour elle ! - la sylphide put éviter... Avant de recevoir une giclée de fange transformée en projectile. « Ou j'vais t'noyer sous la boue, puisque tu tiens tant à TON marais ! Ouvre grand, avale rond et r'crache rien ! » Vociféra le fer-né dans un éclat de rire au moins aussi tonitruant que sa bêtise. Guerroyer à coups de bourbe pouvait paraître infiniment puéril, mais s'il se décidait à lui en envoyer quelques rafales, elle n'aurait d'autre choix que sortir de son eau, car il ne manquerait pas de munitions ! « Et d'ailleurs t'penses être qui pour t'approprier c't'endroit au juste ? J'serais curieux d'le savoir avant que tu puisses pu me l'dire ! »




" - On fait quoi ? - Valeurs sûres : on leur éclate la gueule. "
 " Barbare qui roule amasse coups de boule. "
" On dit que les fer-nés détestent toutes les races, c'est faux, on les aime toutes ! En ragoût, en civet, à la broche... "

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Lyessa Reed
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Représentante des Bouffes-Grenouilles

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♦ Age : 29
♦ Date de Naissance : 03/09/1987
♦ Arrivée à Westeros : 13/10/2012
♦ Célébrité : Keira Knightley
♦ Copyright : Randy / Moi
♦ Doublons : Tyana Veneur, Ororya Gargalen, Serenei
♦ Age du Personnage : 21 ans
♦ Lieu : Le Nord
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Message Dim 4 Nov 2012 - 10:31

    A peine engloutie jusqu’à la taille, Lyessa resta immobile, son poignard en main et ses yeux rivés sur son adversaire qui semblait un brin circonspect face à la situation. Bien sûr qu’elle ne devait pas être aussi crédible que lui et sa hache immense, mais elle trouvait qu’elle se défendait plutôt pas mal… Pour le moment. Si elle s’attendait à ce qu’il fonce fissa dans sa direction, le titan n’en fit pas autant, se contentant de lui rétorquer qu’elle était aussi stupide que plate. Fronçant les sourcils, la jeune femme serra les dents, et se mit à secouer la tête d’un signe moqueur. Comme son père s’amusait à souvent lui dire « Moins t’en a, moins tu t’fais emmerder. » - et même si Lyessa ne manquait pas d’orgueil, nulle envie elle avait d’aller contredire le colosse sur ce point. Quant à sa stupidité, ça n’était qu’un revers de parole qui lui arracha simplement un rire sec. Alors que la Nordienne stagnait dans les eaux croupies et d’un vert profond et peu engageant, le Fer-né affirma qu’il ne comptait pas foutre un seul pied dans la vase pour venir la chercher. Lyessa fulminait, campée sur ses positions, et elle fut surprise de constater que son interlocuteur n’était pas si bête que ça. L’embourber – c’était exactement ce qu’elle voulait, et elle lâcha un soupir contrarié en l’entendant brailler.

    Elle qui désirait jouer sur la rapidité, était plutôt mal engagée à attendre ainsi, enfoncée dans le marais. D’ailleurs, faisant quelques pas sur le côté, dans une vase qui ne demandait qu’à la retenir, la jeune femme fit un bref demi-tour sur elle-même pour distinguer discrètement les lézard-lions qui pourraient traîner dans le coin – et foncer silencieusement dans sa direction pendant qu’elle s’adonnait à un jeu de regards sombres avec le Fer-né. Plus elle le regardait d’ailleurs, et plus elle se disait qu’il était bien trop immense pour un simple être humain. Alors qu’un frisson se mit à lui parcourir l’échine, Lyessa fit quelques autres pas sur le côté, silencieuse. Son adversaire émit l’idée que la Nordienne lui disait bien quelque chose mais qu’il s’en fichait et qu’elle n’était qu’une continentale à grande gueule. Et s’il savait, à quel point elle n’avait pas le caractère facile. De quoi le rendre chèvre autant qu’il le faisait vis-à-vis d’elle en ce moment. Elle préférait presque tenter sa chance avec les lézard-lions plutôt qu’avec cette montagne musculeuse, mais le plus terrible avec les reptiles, c’est que lorsque vous en croisez un, vous pouvez être sûr d’en voir débarquer plus d’une dizaine la minute d’après. Et ça, elle n’était pas certaine d’y survivre, surtout avec son seul poignard qu’elle n’utilisait qu’en de rares occasions.

    « En fait t’as les miquettes. Ça reste que d’la flotte pourtant. Mais un grand gaillard comme toi, Fer-né en plus, laisse moi rire ! » – Le provoqua-t-elle dans l’espoir qu’il réagisse et se jette à sa poursuite. Il ne semblait pas pour autant enclin à la suivre.

    Décidément, la situation ne prenait aucune tournure à ses aises et tandis qu’elle tergiversait, affichant un regard farouche au colosse, ce dernier se baladait tranquillement sur la terre ferme. Il n'empêchait qu'elle avait réussi à le blesser, sa flèche ayant sûrement frôlée sa boîte crânienne creuse et c'était une maigre victoire, mais victoire quand même pour la Nordienne. Elle le suivit des yeux jusqu’au fourré dont il extirpa son arc et elle sentit de nouveau son corps se tendre en signe de protestation.

    « Vire tes sales paluches de là ! » – Cracha-t-elle, le lorgnant avec mépris.

    Son arme était ce dont elle ne se séparait jamais et de la voir ainsi manipulée par son adversaire - qui en avait manifestement assez dans le caillou pour se permettre cette mesquinerie – la rendait folle de rage. Elle comprenait bien la teneur de l’avertissement et rien que d’imaginer qu’il puisse briser l’arc en deux avec facilité lui donnait l’envie de s’extirper de là et de se jeter sur lui comme une furie, quitte à se faire dévisser la tête en échange. La vengeance est un plat qui s’mange froid… – se disait-t-elle dans l’espoir de se convaincre de ne rien faire de stupide. Si cet adage là n’était en rien sa spécialité, Lyessa se doutait qu’il pourrait prendre tout son sens dans cette situation. Alors qu’elle se creusait toujours les méninges pour trouver solution à son problème, elle dut s’écarter à la dernière seconde pour éviter de recevoir la gourde qu’il lui envoyait en pleine poire. Elle le fusilla d’un regard torve avant que, trop occupée par le léger courant glacial qui venait de parcourir l’eau, elle ne puisse éviter le projectile de boue qui lui fouetta la face. Surprise, pour ne pas dire interloquée, la jeune femme ramena lentement sa main pour essuyer la fange qui maculait son visage. Etait-il vraiment aussi puéril ? Jamais elle n’aurait imaginé qu’il puisse s’adonner à une vulgaire bataille de boue, ce qui était plus de la trempe de ses jeunes frères de sept ans que celle d’un type de son envergure. Et le pire dans tout ça, c’est qu’il se moquait allègrement d’elle. Lyessa n’était pas vraiment patiente, et elle peinait à essuyer ses provocations sans broncher.

    « Les bestioles ça m’connait, tout comme la boue. Qu’est ce tu crois faire là ?! » – Lui lança-t-elle tout en évitant les rafales de bourbe du colosse. Ça avait quelque chose de terriblement humiliant de se faire traitée ainsi, et elle se demandait si ça n’était pas mieux qu’elle lui rentre dans le lard pour régler le problème. Il la questionna sur son identité et la jeune femme se mordit la lèvre inférieure, hésitant à lui cracher sa réponse.

    Mais c’est un mouvement dans le fond des eaux qui la coupa dans ses pensées. Elle se tourna, scrutant l'étendue sombre et inquiétante dans laquelle elle baignait, assurant sa prise sur le manche de son poignard. Elle remarqua dés lors les deux ou trois lézard-lions qui nageaient en profondeur dans sa direction. Un soupir résigné s’échappa de ses lèvres et elle se souciait des projectiles de boue comme de ses premières culottes, trop concentrée à voir approcher ses nouveaux adversaires.

    « ‘Toute façon, si j’me fais réellement bouffer, tu y passeras assez vite toi aussi. La force des lézard-lions c’est vraiment de pas s’balader seuls. » – Maugréa-t-elle tout en se rapprochant de la berge sur sa droite, prenant soin d’éviter de se jeter dans les bras du Fer-né.

    Lyessa était aux aguets et à peine sentit-t-elle quelque chose lui frôler mesquinement la cuisse droite qu’elle empoigna la créature par la gorge pour l’extirper de l’eau et la frapper de plusieurs coups de poignard. La bête lui fit quelques coupures au niveau des bras, claquant la mâchoire pour la croquer mais elle réussit non sans mal à rejeter le cadavre sur la berge. Ses cheveux collés sur son visage à moitié maculé de boue, Lyessa remarqua aussitôt les mouvements submergés des reptiles et se décida à s’extirper souplement de l’eau pour mettre pied à terre. Quel soulagement que de se retrouver en pleine possession de ses moyens – du moins presque, à un arc prés. La jeune femme faisait en sorte de ne point grelotter, ou bien c’est que le Fer-né l’aurait pris pour lui. Et loin d’elle l’envie de montrer qu’elle le craignait. De toute manière, il fallait être un peu inconscient pour ne pas craindre une masse pareille, et Lyessa ne l’était manifestement pas assez.

    « A ton avis, j’suis qui pour t’assurer que ceci est MON marais, mou du bulbe ? » – Lança-t-elle en essuyant son poignard ensanglanté sur ses frusques. « Qu’est ce tu viens foutre là d’abord ? T’as pas l’air de porter l’endroit dans ton cœur – si toutefois t’en as un de cœur… » – Qu’elle se ferait plaisir d’arracher en ce moment même. Son regard alternait entre le brun et l’objet de convoitise qu’il tenait entre ses immenses paluches. « Rend-moi ça Fer-né. J’suis à peu prés sûre que t’en auras pas l’utilité. »







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Lakdahr l'Edenteur
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Message Dim 4 Nov 2012 - 17:39

Elle pouvait bien jauger et juger de son niveau intellectuel, lui qui succédait accès de ruse à éviter le bourbier et excès d'intègre puérilité en un si court laps de temps pouvait bien soulever quelque interrogation sur sa pérennité mentale. Mais il n'en avait cure, de quelle importance pouvait bien se targuer l'opinion d'une continentale doublée d'une irrévérencieuse triplée d'une bouffe-grenouille ? Beaucoup de tares pour une seule et unique personne, la jeune femme ne luisait guère d'aucun acabit aux noires prunelles du titan qui fantasmait d'avantage à l'idée de jouir sur son macchabée que sur son corps encore palpitant de vie. La confession de cette pensée ne lui attirerait inexorablement pas les bonnes grâces de la belle en question, somme toute saugrenue donzelle qui semblait préférer le péril et la fange à l'opulence et l'oisiveté. Une éphémère folie l'empala succinctement, il osa l'imaginer en femme-sel et jura qu'elle serait bien apte à faire trembler l'éponyme bastion de Pyk, voire l'archipel entier, pas même persuadé que le Dieu Noyé l'accepterait en sacrifice, cette furie ! Mais il n'était pas venu en quête d'une nouvelle concubine, il lui fallait défendre son honneur de mestre fêvre avant celui d'homme à conquêtes. Pour l'heure, admirer son antagoniste recouverte d'immonde tourbe et visiblement furibonde de la tournure des évènements suffisait à faire son délassement, il s'en dilatait éhontément la rate. L'acerbe réplique vociférée ne contribua qu'à l'amuser un peu plus, être un agacement pour autrui était une occupation comme une autre, et pour une fois qu'il pouvait se le permettre sans risquer d'y perdre la tête contrairement à lors de ses conciliabules avec le lord Ravage, il ne se ferait point prier. La voir ainsi gesticuler de dextre à senestre constituait une indicible satisfaction, châtiée qu'elle était de s'être stupidement réfugiée dans cette nappe en pensant l'y piéger. Ce fut sans compter l'arrivée d'hôtes impromptus dont Lakdahr put distinguer de sombres esquisses sous les eaux ternies, ses yeux se plissèrent, curieux de ce que pouvaient être ces bizarreries subaquatiques. A en voir l'expression physionomique qu'emprunta la sylphide des marécages, ces créatures tenaient dans tous les cas plus de la menace que du renfort salvateur, diantre, qu'était-ce encore que cela ? Si sa rivale elle-même s'inquiétait, peut-être devait-il commencer à s'en soucier également, si bien qu'une instinctuelle mouvance le fit furtivement vérifier les alentours pour s'assurer qu'aucune surprise ne le guettait également. Puis il revint sur la nymphette lorsque celle-ci reprit parole, cessant tout assaut pour mieux se faire spectateur d'une scène dont la fin restait conjecturale. Des lézard-lions avait-elle dit ? Comme tout à chacun, il en avait ouï-dire, de ces cerbères du Neck, mais n'avait jamais songé en voir un jour de ses propres calots. La vie était décidément faite de contingentes péripéties.

« Ils t'bouffent d'abord, j'les bouffe ensuite, c'est la loi d'la nature. »

Réplique ourlée de fierté, même si lutter contre un seul individu de cette espèce lui paraissait amplement plausible bien que tout périlleux, se mesurer à toute une meute, très peu pour lui, et présentement, il se sentait mieux là où il se trouvait. Il eut ainsi le loisir d'assister à une représentation de survie de toute beauté, l'Homme – enfin... La Femme. - contre les forces de cette nature dont l'Edenteur s'était enorgueilli établir les lois. Le duel opposant l'auguste reptile à la frêle demoiselle lui apparut comme fantasque, et pourtant, ce fut bel et bien cette dernière en titre qui l'emporta sans grande difficulté, désormais maculée de bourbe et d'hémoglobine – ils étaient à égalité ! Le forgeron, lui, ne bougea nullement de sa position, se contentant de la suivre d'un regard fallacieusement flegmatique, emblème de son indifférence quant à son sort. Qu'elle soit occise des crocs d'un immense lézard ou d'un immense fer-né, la distinction était mince, mais au moins, entre les mâchoires du prédateur, elle connaitrait une mort prompte. Contrairement à lui qui prenait des allures de badaud tranquille, elle continuait de se méfier, et le combat de regard reprenait avec plus d'entrain sur des notes qui se voulurent péremptoires de la part de la naïade. Ainsi donc, Lakdahr avait vu juste, accoutumé à constater des rapports entre une arme et son propriétaire, car l'arc entre ses mains écaillées par la besogne des forges chatoyait d'une iniquité qu'il pourrait tourner à son avantage. Il remerciait son sens de l'observation et son syllogisme qu'on ne lui soupçonnait pas toujours, mais il était une preuve grondante qu'une charpente même comme la sienne n'occultait pas tout sens commun et stratégique. Quant à son identité qu'elle clamait haut et fort sans pour autant prononcer son patronyme – Peu probable qu'elle soit une roturière. - le jeune homme ne voulait pas tirer de conclusions trop hâtives sur des bases qui se limitaient à la voir barboter dans l'eau et s'arroger cette sentine. Pour ce qui était de son coeur, ce n'était pas l'organe dont il se servait le plus parmi la panoplie...

« Qu'est c'que j'en sais de qui t'es ? T'pourrais me l'dire que j'aurais aucun moyen d'le vérifier d'toute façon et t'pourrais me mentir à ta guise, c'est comme si j'allais jusqu'à prétendre que j'suis le frère du lord Greyjoy ! » Toute l'ironie de la situation résidait dans le fait qu'au revers de cette déclaration aux improbables airs, il ne s'agissait que de la pure vérité. Un fort mauvais exemple, mais la nymphe n'en savait vertement rien et ne lui prêterait certainement pas foi au vu de la façon dont il raillait d'elle. Il fit volontairement l'impasse sur les raisons qui l'avaient mené à s'égarer dans ce cloaque, pour mieux exhiber l'arc qu'il avait toujours en sa possession, une risette peinte d'espièglerie aux lèvres. « Tu l'veux ? Viens l'chercher. » Il fit frémir l'arme dans les airs avec le dessein de la narguer, mais ne s'arrêta pas en si bon chemin. « T'as p't'être autant de miches qu'une fillette et plus la gueule d'une fer-née que d'une continentale, t'en restes pas moins bonne à la baise... J'suis sûr que les flèches d'ton carquois sont pas les seules que t'aies d'jà lustrées ! »

Les injures s'étaient succédées en déferlantes toutes plus outrageantes les unes que les autres, si bien que l'artisan ignorait laquelle de ses insultes ferait le plus mouche. L'analogie à une enfant sans cambrures, à une harpie des Iles-de-Fer ou à une vulgaire catin ? De profondes offenses pour une femme qui tenait plus de la guerrière que de la lady, mais chaque impact avait été consciencieusement métré pour faire aussi mal que plausible et lacérer l'orgueil de son ennemie. L'unique façon qu'elle se décide à donner la charge était en la provoquant, un domaine que le forgeron maîtrisait avec maestria et avec une incommensurable incongruité. Il vit enfin la demoiselle démarrer dans un fulgurant élan et tenter, dans une première souplesse du bras, de l'éventrer à l'aide de son poignard encore roux du sang de lézard-lion. Une attaque que le colosse évita, tout comme la seconde, puis il para la troisième en attrapant la main de la belle avant que la lame ne se fiche dans son pectoral. Il lui distordit le poignet de manière à ce qu'elle soit contrainte de lâcher sa dague, désormais inoffensive et à sa plus plate merci. Cependant, il ne fit guère preuve de plus de violence et garda leur position, agitant l'arc au-dessus du joli minois qui grimaçait de courroux. « Un effort, t'y es presque ! » Souffla t-il dans un ricanement sardonique, l'encourageant ainsi à ne pas abandonner si près du but même avec le handicap d'un bras immobilisé. La scène qui suivit fut d'une ineffable délice, voilà qu'elle sautillait telle une diablesse pour essayer d'atteindre l'équipement en hauteur, ce qui à plus de deux mètres du sol, s'avérait ardu. Pour ne pas compliquer les choses, le géant s'amusait bien évidemment à éloigner sa prise lorsqu'elle était susceptible de la frôler, ce qui ne lui coûtait point d'efforts tant la bondissante créature qu'il importunait était petite à ses côtés. Le bougre se désopila volontiers, toutefois, emporté par son jeu de cruauté, il omit que sa captive était une fieffée matoise et qu'elle n'avait rien en commun avec les jouvencelles qui se pâmaient pour peu. Une grave bévue qui ne le prépara nullement à ce qui s'ensuivit, car vraisemblablement à bout de nerfs et de patience, la donzelle crut bon de viser un point anatomique particulièrement et virilement sensible. Le genre de sévices que sa vanité phallique endura avec tous les affres de l'univers, le heurt à son entrejambes lui coupa net tout rire et sa respiration se bloqua dans son gosier. Le titan étouffa littéralement et se courba vers l'avant, dans un râle dont l'intensité fut retenue à l'orée de sa glotte. L'impudente n'eut qu'à peine le temps de fanfaronner sur cette merveilleuse offensive, puisqu'elle portait des coups bas, lui ne se priverait pas d'en porter de plus âpres ! Le poing de l'Edenteur s'écrasa sur la joue de la nymphette, suffisamment fort pour lui faire voir quelques astres en plein jour et la convier à une petite sieste. Quant à lui, ce fut sa rotule qui chut sur le par terre, main sur les bijoux traumatisés.

« Aaah... La... Puterelle... !! » Feula le fer-né meurtri entre ses dents serrées, une soudaine sueur humectant son faciès. Son attention fut attirée par une ombre sous-marine de laquelle s'échappèrent des bulles qui vinrent éclater en surface. « J'te défends d'te marrer toi !! »

Si s'adresser à un lézard-lion prenait des atours ubuesques, c'était le cadet des soucis de Lakdahr qui se demandait si le mal était relatif aux proportions, et si tel était le cas, s'il n'aurait pas été préférable qu'il se donne immédiatement la mort plutôt que lentement agonir. Car la tension qui le tiraillait maintenant était d'une mesquinerie sans nom, son teint d'ordinaire hâlé devait avoir blêmi avec le choc de la contre-attaque. Comment avait-il pu se laisser avoir de la sorte ? Cela le confortait au moins dans un fait... « Toutes des salopes... ! ». De longues minutes furent nécessaires pour que le colosse des forges puisse retrouver une eurythmie proche de la normale. Il essuya la sudation à son front à l'aide du brassard de cuir à l'un de ses avant-bras, quitte à se bigarrer le visage de boue, puis vérifia au passage si sa plaie auriculaire suintait encore. Ses noires agates se posèrent sur la jeune femme inconsciente, laissée à son bon vouloir, et les déités savaient qu'il songeait déjà à mille façons de se venger, aucune qui plairait à l'intéressée. Ce fut alors que les gueules des reptiles se firent voir hors des eaux, comme si ces derniers avaient deviné qu'une livre de chair reposait non loin, prête à être décharnée par leurs soins. A présent qu'il y pensait, qu'il la condamne à être de la pitance pour ces squameuses bestioles était une perspective comme une autre, on ne pourrait ainsi point le qualifier de responsable pour son trépas, ou indirectement. Cependant, si elle était issue du peuple des Paludiers, elle serait un inéluctable bénéfice à ses recherches, peut-être même avait-il aperçu ses homonymes avant lui ? Il serait toujours bon de l'achever plus tard si elle s'avérait inutile, telle fut la décision de l'Edenteur. Celui-ci se releva non sans crispation, puis attrapa la nymphe qu'il installa sur son épaule, une main sur sa croupe pour la maintenir. L'arc ? Il l'accrocha à une branche, elle se débrouillerait pour le récupérer si tant est qu'elle en ait l'opportunité. Puis il reprit la route pour s'éloigner des dangereux prédateurs, jusqu'à parvenir à un pan de marais sensiblement dégagé et qui lui sembla propice à une brève halte. Il déposa son charmant bagage échine contre l'écorce d'un arbre, puis alla s'asseoir sur une souche juste à côté. Le guerrier se saisit de Dentesque dont il laissa le fer serti d'une multitude de dents reposer sur le sol, ses paluches appuyées sur le manche, silencieuse menace qui ferait probablement son effet au réveil de la belle, pour lequel il patienta le temps qu'il fallut.

« Bien dormi ? » L'interrogea t-il lorsqu'il l'aperçut ouvrir les mirettes, sans perdre une seconde de plus, il posa l'ultimatum. « Si tu respires encore c'est parce que t'vas m'aider, j'suis à la recherche d'une bande d'affreux assez cons pour croire qu'ils trouveront Fort-Griseaux. T'veux que j'me tire, et moi j'veux m'tirer, puisque tu connais bien ces marais, tu vas m'y guider. C'est pas une proposition, sauf si t'préfères crever tout d'suite. » Il lui lança la carte qu'il avait emportée et sur laquelle la destination de Noran était indiquée d'une simple croix, là où il lui faudrait l'emmener.




" - On fait quoi ? - Valeurs sûres : on leur éclate la gueule. "
 " Barbare qui roule amasse coups de boule. "
" On dit que les fer-nés détestent toutes les races, c'est faux, on les aime toutes ! En ragoût, en civet, à la broche... "

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Lyessa Reed
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Message Dim 4 Nov 2012 - 21:28

    Ruisselant d’eau à quelques pas du Fer-né, Lyessa tentait de garder la mine fière malgré le mélange de peur et de colère qu’il suscitait en elle. L’homme lui avait bien fait comprendre qu’il désirait la voir morte et elle ne doutait pas du sérieux de cette provocation. Elle pouvait même – en faisant preuve d’un peu d’imagination – voir avec quelle déconcertante facilité il pourrait l’étrangler d’une seule main. Mais elle eut vite fait de se faire ramener à la réalité par la brise qui la fit de nouveau tressaillir alors que le titan jouait sournoisement en agitant son arc en bois de chêne pour l’appâter. Il ne semblait pas comprendre qui elle pouvait être pour le Neck, ou plutôt, il s’en fichait, et ça n’était pas pour angoisser lady Reed. Après tout, ce détail pourrait lui sauver la vie, comme la condamner. Il était difficile de savoir ce qu’un Fer-né trouverait à exploiter chez la fille des souverains des Paludiers. Lorsqu’il glissa plaisanterie au sujet du fait qu’il aurait pu être le frère du lord Greyjoy et qu’elle n’aurait aucune preuve de la véracité de ses propos, Lyessa afficha un sourire plein de condescendance.

    « De toute façon, j’suis sûre que t’es un p’tain de menteur. » – Il continuait à se moquer allègrement d’elle, sourire aux lèvres et à s’en taper les cuisses de rire. Même si Lyessa avait pigé la manœuvre, elle ne pouvait s’empêcher de fulminer, désirant plus que tout lui clouer le bec. Alors, quand il ajouta que malgré son manque de poitrine et sa gueule de Fer-née, elle serait quand même bonne à besogner, Lyessa vit rouge. « J’hésite entre te couper la langue ou la queue, mais va pour les deux. »

    A peine avait-elle rugi ces quelques paroles qu’elle s’élançait déjà à la rencontre du titan pour lui planter la lame dans le ventre en maniant son poignard avec dextérité. Aveuglée par sa haine et sa combativité, la peur de se confronter à lui s’était totalement dissipée, laissant place à la fureur de le vaincre. Mais si l’homme était solidement ancré sur ses pieds et imposant de stature, il n’était pas pour autant lent comme elle l’avait imaginé. Nouvelle déception. Elle tenta de frapper une fois, puis deux, s’équilibrant sur ses pieds pour parfaire sa gestuelle et atteindre son but. Mais au bout de la troisième de ses tentatives, il lui saisit le poignet et lui tordit à lui faire lâcher prise. Elle étouffa un grognement de fureur et tenta de saisir l’arc brandi de sa main libre - collée contre le géant qui s’amusait grandement de la situation - sautant pour y parvenir. Elle se rendit compte de la nouvelle humiliation qu’il était en train de lui faire subir lorsqu’elle l’entendit s’esclaffer de la voir sauter et se tendre pour attraper l’objet de ses désirs et le rendre encore plus inaccessible à sa prise. Le fusillant du regard une nouvelle fois, la jeune femme ne se gêna pas pour le griffer et le bousculer, ce qui n’avait que très peu d’effet sur le géant qu’il était, inflexible et imperturbable. Rassemblant toute la force qui ne demandait qu’à exploser de sa frêle silhouette, Lyessa serra les dents et finit par vivement lever son genou pour frapper l’entrejambe du Fer-né – un coup qui, lui, fit mouche, au plus grand soulagement de la Nordienne. Taper dedans était de loin, la chose la plus exaltante qu’elle avait faite jusque ici, surtout à en voir le faciès empourpré du colosse. Tout recourbé qu’il était vers l’avant, Lyessa put enfin effleurer le bois de son arc avant qu’elle ne se reçoive un pin en pleine face qui avait l’âpre goût de sa défaite. Le coup fut violent et l’effarouchée eut le temps de sentir la douleur lancinante lui remonter la joue et taquiner son arcade sourcilière avant qu’elle ne tombe à la renverse dans la boue et les feuilles mortes. Le souffle court, elle ne put que tenter de se redresser vainement avant de se laisser emporter par la vision miroitante d’une voûte céleste en plein jour.

    Dépossédée de tous ses moyens, ça n’est que bien après que lady Reed émergea, portant une main à son visage douloureux avant d’ouvrir les paupières. Sa vision trouble se précisa au fur et à mesure, lui arrachant un sursaut en découvrant que tout ceci n’était pas un vilain cauchemar. Le colosse se tenait devant elle, ce qui d’une manière comme une autre, voulait dire qu’elle était toujours sauve – mais pour combien de temps ? Son arme agrémentée de dents fut la première chose qu’elle vit et ça ne prêtait pas à la confidence. Lyessa fixa ses prunelles dans celles de son interlocuteur, affichant une moue dubitative alors qu’elle était plantée sur son séant, dos contre un tronc. Elle mit quelques secondes à retrouver ses esprits, et les paroles du géant lui arrachèrent un air circonspect. L’aider ? A retrouver un groupe d’hommes cherchant Fort-Griseaux ? Il avait été fort violent ce coup sur la tête – pensa-t-elle tout d’abord. Elle se redressa légèrement, observant vaguement autour d’elle avant de faire entendre sa voix méfiante.

    « Où est mon arc ?! » – Lâcha-t-elle avant de se rappeler la situation et de déglutir difficilement, les yeux posés sur l’arme du Fer-né. Manifestement, elle était entière, et la douleur s’en tenait à son visage – ce qui était plutôt positif. Qui sait ce que ce détraqué aurait pu lui faire quand elle était perdue dans les méandres de son inconscient. Devrait-elle lui être reconnaissante ? Que dalle. « Te guider… ? C’est qui ces gens qui recherchent Fort-Griseaux ? »

    Lyessa avait du mal à saisir la raison de la présence du Fer-né ici. Si le groupe qu’il recherchait semblait avoir comme ambition de mettre la main sur la demeure des Reed, le géant, lui, n’avait pas l’air dans cette optique là. Bon point pour elle alors. Par contre, elle sentit son estomac se nouer en imaginant que des types tentaient de trouver Griseaux, et l’inquiétude qu’ils aient pu y parvenir l’assaillit brusquement. S’aidant de ses coudes bloqués contre le tronc d’arbre, la jeune femme se redressa maladroitement, sentant la tête lui tourner de nouveau.

    « Attend, y a un truc que j’pige pas. Tes copains sont en train de chercher Fort-Griseaux dans l’Neck, et toi tu veux les trouver eux ? Pourquoi ? J’vais pas te dire où se trouve Griseaux. J’suis pas une balance. » – Affirma-t-elle d’un ton sec, surveillant le colosse armé.

    La jeune femme saisit la carte qu’il lui avait négligemment jetée et elle la déplia pour mieux l’observer. Quelle idée de tenter de faire une carte du Neck ?! Tout se ressemblait la plupart du temps, à moins que vous viviez ici. Pensive, la Nordienne resta durant quelques secondes à fixer la croix qui se perdait au milieu du Neck. Elle tentait de transposer ses connaissances de l'endroit et surtout de voir si l’indication était véridique dans la situation actuelle.

    « Faut être con pour faire une carte du Neck déjà. Et encore plus pour croire que Griseaux est toujours au même endroit. » – Commenta-t-elle avant de couler un regard à son bourreau. « Très bien. J’vais t’aider à les trouver… »

    La Nordienne tenait évidemment à sa vie et peut-être qu’en chemin, trouverait-t-elle une solution pour se débarrasser des Fer-nés qui avaient impunément posé le pied sur ses terres ? Du moins, elle l’espérait. Elle était fort chagrinée que le géant l’ait privé de son arc mais elle engagea finalement le pas sans rechigner, le surveillant pas moins d’un regard farouche.

    « On est bien d’accord, tu vas pas foutre à feu et à sang Griseaux avec ta bande de copains, hein ? » – Lui glissa-t-elle avec hésitation, après quelques minutes de marche. Elle appréhendait nettement cet épisode là, comme elle se demandait bien s’il la laisserait en vie après qu’il en aurait fini avec cette coopération.

    Elle lorgna brièvement sur l’arme du Fer-né, se disant qu’il lui serait impossible de porter un coup avec un truc pareil. L’arme avait des allures colossales, tel son détendeur. Ils avaient pas mal de marche à faire pour rejoindre l’endroit marqué par la croix et Lyessa espérait ne pas avoir perdu son sens de l’orientation légendaire en se prenant ce fameux coup en pleine poire. La Nordienne s’arrêta brièvement sous un arbre aux feuilles alourdies par la pluie pour se rincer le visage et se remettre les idées en place.

    Quelques minutes à peine s’égrenèrent alors que, pataugeant tout deux dans la boue, Lyessa entendit un bruissement de feuilles suspect. Elle fit signe au géant Fer-né de s’arrêter avant de tendre l’oreille et de s’abaisser au niveau du sol, scrutant les fourrés voisins. C’est là qu’elle perçut la présence de quelqu’un, dissimulé derrière l’un d’eux. Elle fronça les sourcils, perplexe avant de se redresser et d’échanger un regard indescriptible avec le titan.

    « J’vois vos pieds. Qui est là ?! » – Lâcha-t-elle d’une voix forte. L’individu semblait s’être recroquevillé derrière ce fichu buisson, et lorsqu’il se redressa, la jeune femme se raidit. Alors qu’elle s’attendait à tomber sur l’un des Fer-nés qu’ils étaient justement en train de chercher, c’était en réalité un paludier qu’elle ne connaissait que trop bien – Pod qu’on appelait le simplet, qui s’évertuait toujours à tenter de faire la discussion à Lyessa.

    « Lady Reed ? C’vous ? Vous z’allez bien ? C’est qui c’t homme ? »

    Lyessa ferma les paupières, la mine déconfite. Si elle avait réussi à cacher son nom jusqu’à maintenant, voilà qu’il fallait qu’elle tombe sur cet abruti de Pod.

    « Casse toi fissa Pod. C’est pas tes oignons. Allez, dégage ! » – Lui lâcha-t-elle sur un ton venimeux tout en serrant les poings. Lyessa ne savait pas à quoi s’attendre avec le Fer-né mais elle espérait simplement qu’il laisse couler et que Pod tourne les talons pour s’épargner une bien triste fin.









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Lakdahr l'Edenteur
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Message Ven 9 Nov 2012 - 19:20

Dentesque possédait un corps astral aussi dissuasif que celui du titan des forges lui-même, ineffable dans leur menace, imposants par leur masse, taciturnes de créateur à création et tous deux prompts à s'abattre sur la frêle anatomie de la donzelle si cela s'avérait nécessaire. En bien d'autres circonstances, la bougresse aurait déjà connu les sévices vaginales – et pas seulement. - qu'un quidam de son envergure pouvait provoquer par pur plaisir égotiste et volonté de meurtrir. Avait-elle seulement conscience de la providence qui l'étreignait ? Son hardiesse aurait été celle de trop et son minois loin d'être sculpté d'hideur suffisamment attractif pour qu'il y déverse ses pulsions masculines. Il avait hésité à maintes reprises en la contemplant endormie, jugeant qu'elle lui devait compensation pour avoir osé profaner ses plus précieux bijoux sans une once de commisération... Que lui-même n'avait pas témoigné envers elle en la privant de son arc, qu'elle se débrouillerait pour retrouver une fois qu'il s'en serait retourné sur son havre de sel. Son intègre différence quant à ce sujet s'illustra dans son ignorance de sa question, sa quête au fléau d'arme était prioritaire sur toute autre activité qui lui ferait perdre du temps, stupre y compris – ce que Gabriel aurait eu de la peine à croire s'il avait été de l'aventure ! La jeune femme se confondit en incompréhension, l'interrogeant sur les raisons de cette étrange péripétie qui lui octroyer de respirer encore. Ses logorrhées eurent le don d'exaspérer le forgeron qui roula des calots en soupirant, il n'avait ni l'envie ni la coercition de lui apporter de quelconques explications, en particulier alors qu'il n'avait écouté les motivations de Noran que d'une oreille distraite. Il se contenta donc d'un haussement d'épaule significatif tout en nettoyant le plat de la lame de son pouce, pendant que son équipière par défaut prenait connaissance des indices cartographiques tout en s'en plaignant, ce qui le laissa derechef flegmatique. Puis, il assista à sa résignation – pas trop tôt, qu'il se dit. - signant par la même opportunité leur reprise du sentier pour laquelle le colosse se leva, rangeant sa hache dans son rachis pour ne pas s'en encombrer les paluches... Qui resteraient promptes à s'en saisir si la belle tentait la moindre incartade qui ne lui siérait guère. Le mutisme de rigueur lui, en revanche, fut particulièrement appréciable en sachant qu'il pouvait ainsi tendre l'ouïe aux sonorités douteuses de cette immense sentine... Une quiétude sonore qui fut de courte durée et qui, cette fois, fit âprement grogner Lakdahr qui clabauda aussitôt.

« J'en ai rien à foutre de Griseaux et d'ton putain d'peuple ! J'veux juste rentrer sur mon île l'plus vite possible, alors avance et ferme ta grande gueule si c'est pour autre chose que m'faire jouir ! »

La cinglante authenticité de l'Edenteur prendrait de la notoriété auprès des paludiers désormais, mais ses propos n'en demeuraient pas moi véridiques, loin de lui le désir de s'affubler des bêlements d'une sylphide à la fragrance de tourbe – était-il d'un meilleur fumet en cette heure ? Ils prirent donc la route sans s'adresser plus de paroles qu'indispensable, et à chaque pas supplémentaire, le forgeron tempêtait intérieurement sur ce maudit cloaque qu'il était contraint d'arpenter. Les paysages se succédaient au gré de leurs foulées, et pourtant, il avait l'amère impression que tout se ressemblait et qu'ils ne faisaient que tourner en rond. Cette souche, ne l'avait-il pas déjà aperçue ? Ce cadavre de rongeur ! Lui, il l'avait déjà vu !... Non plus ? Périlleuse qu'était la décision de suivre aveuglément la naïade qui était désormais l'unique à connaître leur position, si elle décidait de l'abandonner ici, nul doute qu'il serait incapable de retrouver la direction du littoral et trouverait hypothétiquement celle d'un gosier de lézard-lion. Toutefois, il espérait qu'elle ne remarquerait pas cette imprudence qu'elle serait encline à tourner à son avantage, à ses risques et périls, Dentesque gardait l'envie de lui lécher l'échine à cette sauvageonne du Neck. Une accalmie vint lénifier son aigreur lorsqu'ils firent une brève halte sous une frondaison – dans laquelle la taille du géant lui coûta presque de s'enchevêtrer ! - humectée par une fine bruine, perles pluviales grâce auxquelles il se rafraîchit également et se débarbouilla le faciès. Ses noirs agates avisèrent les alentours alors qu'ils s'en retournèrent patauger dans la fange, flânerie qui s'arrêta subitement au signe de la guide dont la méfiance fut attisée par un étrange élément du décors. A la lorgnade qu'elle lui accorda, le guerrier prit un air ombrageux et ses phalanges caressèrent l'ouvrage mortifère qui trônait dans son dos au cas où le conflit serait inévitable. Il laissa la nymphe mugir à sa place... Et il ne fallut point plus d'efforts pour que le mystérieux quidam ne se révèle de lui-même, un maigriot à l'allure niquedouille qui laissa le titan dubitatif. « C'est ça, les dangereux paludiers... ? ». Par tous les dieux.

Inutile de s'armer pour une bribe d'homme qui lui arrivait laborieusement aux pectoraux et dont l'échine partiellement courbée témoignait de son anxiété. Si l'Edenteur était prêt à se désintéresser du bougre, ce dernier prononça toutefois une information qui le figea un moment, en plein élan réflectif, ses yeux plissés se posèrent sur la demoiselle. Reed ? Il avait subodoré son identité, mais diantre, il n'avait jamais réellement songé à ce que son hypothèse soit réelle. Magnifique ironie que ceci, alors que ses homonymes des Iles-de-Fer s'échinaient à localiser le mythique Fort-Griseaux en s'exposant aux périls de ses marais - inconscients condescendants persuadés qu'ils oeuvreraient mieux que les innombrables et farouches barouds qui s'étaient déjà risqués à pareille odyssée. - lui rencontrait tout à fait fortuitement nulle autre qu'une lady de la maison régente de ces marécages ! Un sourire désinvolte vint ourler les lèvres du mestre fêvre qui constatait à quel point la bonne fortune s'était montré généreuse en ce jour de bourbier, si bien qu'il ne laisserait sûrement pas le nigaud filer dans la nature.

« Attends attends attends... » Siffla t-il d'une voix trop onctueuse pour être dénuée de mauvaises intentions. Il rejoignit les abords du jeune homme et abattit lourdement sa main sur son épaule, le faisant sursauter par la même occasion. « Pod ! Tu t'inquiètes pour la dame Reed ? T'as p't'être raison, tu devrais rester auprès d'elle... Viens faire une ballade avec nous, on va s'é-cla-ter... »

Sitôt son dernier mot ponctué, il bouscula violemment le jeune homme qui chut abruptement sur le sol, aux pieds de la donzelle qui eut le loisir de se faire agripper les jambes par un homologue apeuré. Outre la jouissance de le voir ainsi épouvanté, Lakdahr ne pouvait se permettre de le laisser s'échapper au risque qu'il s'en aille alerter d'autres paludiers, car il aurait toutes les raisons de se méfier de sa présence auprès de sa lady. Ses prunelles se plantèrent dans celles rivales qui seraient inexorablement mécontentes du traitement infligé à Pod, inflexible, il n'admettrait aucune objection sur ce nouveau compagnon qui, à son tour, n'avait point le choix de se joindre à eux. Ses imposants bras bigarrés de coutures et brûlures se croisèrent un instant, puis il fit un signe de la tête pour sommer à la sylphide d'ouvrir la marche comme elle l'avait fait jusqu'alors pendant que lui, la clôturerait. En un sens soulagé, le simplet pourrait lui faire office de captif qui dissuaderait la jeune femme de le mener droit dans un traquenard, ce qui lui permit de reprendre la route plus sereinement qu'antérieurement. Ils progressèrent donc parmi l'épaisse et insalubre végétation durant un moment supplémentaire, le silence ayant regagné ses droits dans cette insolite cohorte qui en poursuivait une autre. Alors qu'ils s'arrêtèrent non loin d'une nappe où se mêlaient toujours glaïeuls et sphaigne, l'artisan s'étira pour faire craquer différentes jonctions de son ossature puis se mit à rouspéter.

« Rah, ils sont allés jusqu'où ces connards, ça s'trouve ils sont d'jà dans l'bide d'un d'vos gros lézards et moi j'me les casse pour les retrouver dans ces putains d'marais ! Lakdahr... Quoi ?! » Le titan s'était intuitivement tourné vers ceux qui l'escortaient en jugeant qu'ils étaient les seuls aptes à lui parler. Le problème ? Il n'avait pas souvenance de leur avoir révélé son prénom et resta de ce fait pantois. « Lak ! Par ici ! »

Le forgeron se mit à zieuter autour d'eux en tentant de localiser le timbre qui l'appelait et qui le mena à batailler contre quelques fourrées pour passer de l'autre côté – veillant néanmoins à ce que les deux paludiers ne lui fassent pas faux bond entre temps. La trinité découvrit un homme alité dans la bourbe, haut du rachis appuyé contre un tronc rongé par la corrosion de ces terres. Son teint exsangue et sa respiration pantelante faisaient état de sa mauvaise santé, et pour cause ! Le fer-né abandonné s'était fait amputer d'une jambe dont le moignon était négligemment orné d'un garrot qui n'empêchait pas l'hémoglobine de suinter lentement. Entre ses lambeaux de carne déchiquetés, la créature responsable y avait perdu un immense croc que nul n'avait retiré, irréfutable preuve qu'il s'agissait de l'affable accueil d'un lézard-lion qui s'était délecté de la sapidité d'un fer-né. L'Edenteur se mit accroupi auprès de son congénère moribond et en grande souffrance, il examina furtivement son membre tronqué à coup de mâchoires, plus poussé par une morbide curiosité que dans le dessein de le secourir, puis se mit à converser avec lui. Vraisemblablement, ils étaient sur le bon chemin pour retrouver le reste de la troupe d'ostrogoths, et s'ils pressaient le pas, ils pourraient les rattraper avant que malheur ne leur arrive. Une fois les évènements relatés par le guerrier blessé, celui-ci s'agricha au gilet du colosse comme si son existence en dépendait, ce qui était le cas.

« M'laisse pas là ! J'veux pas crever comme ça, pas comme un corniaud dans c'tas d'merde ! Lak, aide-moi ! J'vais t'aider mon pote, j'vais t'aider... T... T'fais quoi là ? Nan... Nan ! »

Le faiblard tenta de retenir le colosse de se redresser, en vain, celui-ci saisit la délicate Dentesque qui se prit à sourire de toutes ses dents incrustées, luisante d'impatience quant au couperet qui s'apprêtait à tomber des cieux. Avec la force qui lui restait encore, le fer-né se mit à vociférer une pléthore de jurons mâtinée de suppliques lorsqu'il vit l'auguste arme se lever... Qui vint soudainement lui trancher la tête pour se ficher dans le bois de l'arbre. Le crâne défiguré roula jusqu'auprès des deux paludiers non loin de là, le reste de son anatomie frémit de plusieurs spasmes avant de s'affaisser sur le par terre en un torrent de sang venu sustenter le sol. L'artisan désincrusta sa hache de l'écorce puis essuya grossièrement les macules de pourpre chaud l'ayant éclaboussé dans son exécution, ses prunelles étincelaient d'une sombre complaisance mais point d'une seule flammèche de culpabilité. Il s'était déplacé pour chercher l'un de ses ouvrages et n'avait cure du reste, qui plus est, il aurait été inconcevable d'emmener le désormais trépassé sans qu'il ne les ralentisse pour finalement agonir après une centaine de mètres. Un choix judicieux aux yeux du mestre fêvre, qui renâcla bruyamment tout en s'orientant vers le binôme de nordiens, qui aurait dorénavant de quoi s'interroger sur les motivations de ce géant bourreau.

« Bouge ton joli p'tit cul, l'est temps d'reprendre la route... » Un rictus naquit à la commissure de ses lèvres et ses sourcils se haussèrent, puis il conclut dans une parfaite articulation. « Lady Reed. »




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Lyessa Reed
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♦ Missives : 2044
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♦ Arrivée à Westeros : 13/10/2012
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♦ Age du Personnage : 21 ans
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Message Sam 10 Nov 2012 - 17:19

    Lyessa ne cessait de se creuser la tête, en dépit du peu de réponses que lui accordait le titan fer-né. Bien qu’elle soit intriguée par la raison de sa venue dans le Neck si ce n’était pas pour trouver Fort-Griseaux, la hache décorée de dents qu’il tenait dans son dos avait vite fait de la convaincre de ne pas réitérer ses interrogations. Le fer-né semblait ici pour mettre la main sur quelque chose et filer fissa, mais Lyessa ne pouvait s’empêcher d'être perplexe quant à ce qu’il ferait d’elle après ça. Il aurait pu lui assurer qu’il lui laisserait la vie sauve qu’elle ne l’aurait pas cru de toute façon. Lorsqu’il lui ordonna de se la fermer, la jeune femme se contenta d’un regard noir et d’une grimace dissimulée à l’égard de son méprisable compagnon. Elle était terriblement frustrée de devoir le conduire dans ses marais, alors en plus, sans arc et en silence – c’était une tâche qui se montrait encore plus ardue. Alors, au lieu de l’ouvrir à nouveau, la Nordienne se concentra sur le décor qui lui était si familier, et les pièges dont il regorgeait pour l’impudent inconnu. Elle se rappelait bien de zones marécageuses à première vue inoffensives – vous y foutez le pied et ce n’est que trop tard que vous réalisez que le sol était assez meuble pour vous engloutir sans daigner vous recracher. Mais ça n’était pas réellement dans cette direction et vu qu’il lui offrait le plaisir d’ouvrir la marche, pour sûr qu’elle finirait engloutie la première. Il était malin, et c’était bien ça le plus déconcertant dans cette situation. Pourquoi n’était-il pas aussi stupide qu’il en avait l’air ? Un type aussi grand et fort se devait d’avoir une quelconque faiblesse, mais à part qu’il avait un goût prononcé pour les contacts charnels – ce que la Nordienne n’était pas prête à évoquer – la jeune femme n’apercevait rien de bien flagrant.

    Quand Pod pointa le bout de son nez, jetant à l’ennemi l’identité de la chasseresse, celle-ci manqua de défaillir. Si elle avait pensé durant une seconde à faire passer Pod pour un simple d’esprit qui la confondait avec la fille des Reed, elle s’était résignée à ne rien dire – trop exaspérée par la tournure de la situation. Alors que le jeune paludier, penaud, s’apprêtait à tourner les talons pour disparaitre derrière les fourrés, le fer-né l’interpella avant d’aller le rejoindre. Lyessa se raidit aussitôt, suivant des yeux son ennemi, appréhendant ce qu’il avait en tête. C’était assez risible de voir un homme aussi chétif se trouvait aux côtés du dangereux colosse – assez pour que Lyessa incline la tête sur le côté et les scrute avec perplexité. Le voir ainsi jouer la comédie lui collait des nausées, comme si le fer-né en appelait à la confiance, que ce soit par son ton ou son apparence. Pod fut violemment bousculé et s’étala aux pieds de Lyessa qui s’abaissa pour le détacher de ses jambes et l’aider à se redresser.

    « Euh… Lady Reed ? » – Balbutia-t-il en coulant un regard hésitant vers le fer-né, attendant l’approbation de Lyessa.

    Soupirant, la jeune femme adressa un signe du chef au paludier. Comment pouvait-il penser qu’elle avait le choix ? Le titan n’avait-il pas été assez clair avec la bousculade pour lui intimer d’obéir ? Peut-être bien que son inconscience lui conférait un certain courage. Le fer-né darda ses prunelles dans celles de la furibonde et elle lui offrit son visage le plus neutre, s’exécutant lorsqu’il lui fit signe d’ouvrir la marche. Toutes sortes d’insultes ne demandaient qu’à franchir ses lèvres, mais la jeune femme se résigna à en faire un hymne silencieux qui fleurissait dans son crâne – parce que c’est qu’elle y tenait à sa langue. L’expression fermée, la jeune femme marchait à son rythme, préférant ne pas se soucier de ses deux compagnons improvisés. Contournant les souches d’arbres embourbés, enjambant les flaques de terres douteuses, Lyessa était toujours en train de retourner la situation dans sa tête. L’avantage qu’elle avait sur lui résidait bien dans le fait qu’il ne savait strictement pas où il foutait les pieds et c’est sur elle qu’il comptait pour le mener à bon port. Mais maintenant qu’elle se trainait Pod, elle imaginait qu’il se servirait de lui pour exercer une nouvelle pression. Il savait sûrement qu’elle tenait bien trop à son peuple pour le laisser crever entre les larges paluches du titan dans un but purement égoïste. Elle était donc dans la mouise jusqu’au coup.

    Pensive et renfrognée, la jeune femme dut s’arrêter lorsqu’elle entendit le grand gaillard ouvrir sa mouille pour pester un bon coup. Il manquait donc de patience ce bougre de fer-né ? Voilà qui était surprenant… Lyessa n’en pensait pas moins au sujet de sa bande de copains égarés. Ils étaient nombreux à s’être fait engloutir par les marécages du Neck – elle ne voyait pas pourquoi eux auraient mieux réussi que leurs prédécesseurs. Croisant les bras contre sa poitrine, Lyessa se tourna vers le colosse et lui jeta un œil l’air de dire « T’es trop con pour espérer les retrouver. ».

    Elle entendit alors une voix provenir d’au-delà des sinistres buissons, prononcer dans un souffle un mot étrange. Lakdahr ? Le géant l’avait tout aussi entendu vu la manière dont il fit volte-face vers Lyessa et Pod, les interrogeant comme si c’était l’un d’eux qui avait dit cela. Lyessa haussa les sourcils avant de jeter un œil sur le côté, de par là où ça provenait. Quelqu’un semblait appeler le colosse ce qui avait le mérite d’accaparer son attention. Mais alors que la jeune femme comptait rester sur place, et peut-être en profiter pour s’adonner à d’autres occupations, le regard du titan eut vite fait de l’intimer à rester tranquille. Entraînant Pod en le tenant par le bras, la jeune femme s’avança au niveau d’un amas de végétation vaseux et scruta sans dire mot les retrouvailles entre le dénommé Lakdahr et l’un de ses fer-nés. Elle découvrit non sans surprise que l’homme en question était blessé, et il lui manquait même un sacré bout de jambe. Lyessa s’étonna qu’il ne soit pas déjà mort et par instinct, elle surveilla les alentours pour vérifier qu’il n’y ait pas de lézard-lions. Faut dire qu’avec l’odeur du sang, une ribambelle de reptiles ne tardera pas à se montrer pour becter tranquillement les restes du pauvre homme. Cela dit, un mince sourire non dénué de cruauté vint étirer les lèvres de la Nordienne qui lorgnait les fer-nés. Bande de dégénérés – railla-t-elle dans sa tête, n’entendant pas les paroles échangées par les deux hommes.

    Peut-être allait-il tenter de tirer le blessé de là ? Même si ça se révélerait dans tous les cas fort inutile. Elle ne lui donnait que peu de temps à vivre, avec sa jambe en moins. C’était dans ces moments là que Lyessa aimait les marais et sa faune caractérielle – c’était comme si ils se défendaient de l’envahisseur par leur propre moyen. Lyessa se tenait tout prés de Pod et elle vint lui murmurer quelque chose à l’oreille. Le jeune homme lui adressa un regard circonspect avant de glisser sa main dans le pan double de sa tunique pour en sortir un poignard effilé mais pas bien long. Le fer-né n’avait même pas pensé à vérifier et à désarmer le simple d’esprit, sûrement parce qu’il pensait qu’il était incapable de se défendre – mais tous les paludiers sans exception n’étaient pas assez fous pour évoluer dans les marais sans se munir d’arme contre les lézard-lions. Furtivement, Lyessa attrapa l’arme par le manche pour la glisser dans sa botte, espérant que le dénommé Lakdahr ne se soit douté de rien. Elle reposa aussitôt ses noires prunelles sur ce dernier qui avait maintenant sa hache en main et qui l’abattait sur le blessé de manière plutôt inopinée. Surprise, Lyessa ne put détacher son regard de la lame tranchante qui faucha la tête du fer-né dans un puissant jet d’hémoglobine. Interdite, elle observa la tête rouler jusqu’à elle - la bouche béante et les yeux effarés dans une grimace terrifiante, le mort ne devait pas s’attendre à un pareil traitement. Lakdahr venait de tuer l’un des siens et si ça aurait du être par souci de lui épargner de pires souffrances, la Nordienne avait cru percevoir une facette bien plus cruelle et malsaine de son bourreau. Il se tourna vers eux d’un air presque détaché, s’il n’y avait pas chez lui cette once de satisfaction particulièrement perverse. Il en revint à eux, l’encourageant à reprendre la route, articulant son nom à en faire frémir les trouillards. Elle le détailla d’un regard malicieux avant de lui répondre dans un murmure.

    « Tant qu’tu gardes ça loin d’ma nuque gracieuse… Lakdahr. » – Elle esquissa un sourire brièvement moqueur avant de se mettre en marche sous l’œil effaré de Pod qui ne savait décidément pas où se mettre.

    Elle ne savait pas ce qu’ils avaient bien pu se dire ces fer-nés – pas non plus ce que le titan comptait faire des autres dégénérés qui étaient encore en chemin. Ce qu’elle savait, maintenant qu’elle dépassait un arbre qui semblait desséché, massif et tortueux aux racines menaçantes, c’est qu’ils allaient traverser l’endroit le plus inquiétant des marais. D’ailleurs, cela se caractérisait par des nappes de brume que l’on trouvait seulement ici et qui ne manquaient pas d’alimenter les rumeurs. S’arrêtant sur une bute en lorgnant vaguement devant elle, Lyessa resta perplexe alors qu’elle sentait l’effroi se saisir de son compère paludier.

    « T’es sûr que c’est par là qu’ils sont passés ? C’est l’marais des morts ici. On dit que toutes les âmes des défunts engloutis par le Neck sont coincées dans ces eaux là. » – Les croyances avaient la vie dure par ici. Si les paludiers considéraient que leurs marais étaient leur raison de vivre, ils n’expliquaient pas pour autant tout ce qui les concernait. « Tu ne t’embourberas pas là-dedans, crois-moi, mais j’suis même pas sûre que tu puisses atteindre le fond malgré ta taille. »

    Des bouts de terre étaient dispersés dans ces eaux là, plus sombres et sûrement plus profondes. Lyessa savait qu’aucun lézard-lion ne traînait dans ces eaux, car on disait que ça n’était réservé qu’aux morts et que même les reptiles les craignaient. L’horizon se noyait dans une brume épaisse et en s’abaissant au niveau du premier passage, Lyessa put trouver un morceau d’étoffe ensanglanté abandonné sur la berge. Connaissant la stupidité des envahisseurs, la jeune femme crut bon de penser qu’ils avaient du croire que Fort-Griseaux se trouvait juste derrière la brume – prétextant que ceci était le moyen de tenir les étrangers à l’écart. Un silence de mort régnait par ici, ce que tous les chasseurs présageraient d’inquiétant. Elle ouvrit la voie, posant pied sur la première plateforme de terre pour emprunter le chemin qui traversait les marais. Surveillant les eaux noires d’où émergeaient de la fourbe végétation filandreuse qui ne demandait qu’à vous faire trébucher, Lyessa se mordit la lèvre.

    « Tu f’rais mieux de surveiller les eaux. C’est p’têtre là que tu les trouveras tes dégénérés de fer-nés. » – Elle prenait le soin d’avancer assez rapidement et avec légèreté pour que ses remarques ne donnent pas un accès de fureur à Lakdahr qui le motiverait à la jeter à l’eau. Lyessa n’aimait pas cet endroit, elle qui avait le pied sûr et rarement les miquettes.

    Sûrement le fer-né devait-il croire qu’elle le faisait marcher ? Un grand gaillard comme lui ne devait pas prendre peur devant grand-chose, mais elle y mettrait sa main à couper que ce qui flottait dans ces eaux-là avait des allures bien assez terrifiantes pour le genre humain. Lyessa crut percevoir un mouvement sur sa droite, et elle plongea son regard dans l’immensité obscure et envoutante pour y percevoir quelque chose – une forme au teint d’albâtre qui disparut aussitôt. Pod s’agrippa à son bras, tremblant de tout son être et la jeune femme dut lui faire signe de se calmer pour qu’il daigne la lâcher. Avec le monstre évoluant derrière lui, c’était compréhensible qu’il soit un brin inquiet.

    Des volutes de fumée blanche se soulevaient à leur niveau, rendant leur progression plus difficile encore. Lyessa se concentrait sur là où elle mettait les pieds et ce n’est qu’à tâtons qu’ils réussirent à traverser le marais des morts. Une fois parvenus de l’autre côté de la berge, Lyessa attrapa Pod par le bras pour l’aider à poser pied à terre et elle resta dressée et de marbre quand ce fut au tour du titan. Le fixant, immobile, et lui bloquant ainsi le passage à la berge, la jeune femme semblait presque vaporeuse avec tout cette brume autour d’elle. Durant ces quelques secondes, beaucoup d’idées se bousculèrent dans son crâne. Elle pouvait essayer de le pousser à l’eau, espérant qu’il s’y noie ou que les revenants l’emportent. De douces illusions qu’elle tourna dans son esprit avant de cligner des paupières et de s’écarter de son chemin pour qu’il puisse finalement passer. Chaque chose en son temps, et elle espérait avoir l’occasion de se débarrasser de lui bien avant qu’il ne décide d’en faire de même avec elle. Pour le moment, il avait besoin d’elle pour parvenir jusqu’au groupe de fer-nés – si toutefois, ils étaient encore en vie.






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Lakdahr l'Edenteur
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Message Mar 13 Nov 2012 - 15:38

Pouvaient-ils considérer qu'ils étaient à égalité, à présent que leurs identités avaient été mutuellement dévoilées ? L'Edenteur préservait une once d'avance dans ces modalités, il savait avoir nulle autre qu'une Reed en sa possession là où la belle ignorait qu'elle musardait avec un demi Greyjoy. Toutefois, il doutait que cette information ne flamboie d'une quelconque importance, même dans la plus outrée des hypothèses dans laquelle les Paludiers le retiendraient contre son grès dans l'espoir d'exercer une pression sur la maison suzeraine des Iles-de-Fer, Dagon se gausserait plus qu'il ne larmoierait, y avait-il plus burlesque pour un fer-né qui de devenir l'otage plutôt que le ravisseur ? L'on conterait l'histoire du titan retenu par les menottes de petits êtres amateurs de batraciens, qui arboraient de la sphaigne en guise de toison et les dieux savaient de quelles autres truculentes étrangetés étaient-ils l'origine, et incapable de se défaire de leurs liens en dépit de son gigantisme. Non, il se fourvoyait certainement, dans cette absurde éventualité, ils ne daigneraient qu'à lui faire goûter leur tourbe avant de l'offrir, une fois morcelé, à leurs énormes reptiles aux gueules pleines de dents, mais point de celles qu'il apprécierait ! Une affabulation à lui en dilater la rate pour les prochaines décennies, car il riait déjà intérieurement de voir ses deux compagnons d'infortune dans toute leur ténuité, lui qui était accoutumé à flâner aux côtés de fiers et épais gaillards. Les apeurait-il par l'allure de prédateur fou qu'il miroitait maintenant ? L'une se méfiait pendant que l'autre frémissait, convaincus désormais que le colosse n'hésiterait guère à leur faire subir le même sort s'il devait en être ainsi. Un jeu de regards espiègles venait par ailleurs de naitre entre la donzelle et lui, une attitude qui ne lui déplut point et concéder qu'il aurait peut-être aimer faire sa connaissance de manière plus approfondie – dans le sens propre ! Il ne retint pas ses onyx de toiser les cambrures de l'anatomie féminine, même s'il s'en était antérieurement gaussé, et il ne manqua fichtrement pas le roulis de son séant lorsqu'elle fit volte face pour reprendre la route. Irréfutablement, cette harpie des marais en possédait une plus grosse paire que le pauvre Pod qu'il guigna succinctement, avant de le sommer de talonner sa dame d'un mouvement de tête puis de lui-même emboiter le pas. Cette journée resterait décidément lithographiée dans ses mémoires comme la plus excentrique qu'il ait menée jusqu'alors, quelles autres surprises patientaient dans la pénombre de leur sentier ?

Il lui semblait que le paysage déjà fort moribond ne s'arrangeait pas au gré de leurs foulées, il en venait presque à regretter le gris de leurs pierrailles et surtout, l'azur de leurs flots. Dentesque revenue à sa place initiale bien qu'encore maculée de vermeil, Lakdahr observait chaque pan qu'ils traversaient non sans l'intuition qu'il n'avait encore rien vu des atrocités de ce cloaque, mais avec la certitude qu'il ne souhaitait nullement les voir. Sa physionomie se rida de suspicion en mirant les réactions du binôme dont il s'était affublé la compagnie, toutefois, ses calots ne repérèrent rien de menaçant à l'horizon pour le peu qu'il était susceptible d'en apercevoir. Sa main fit office d'éventail dans le vain espoir de chasser l'incommodante nébulosité ambiante, puis il lorgna la dryade lorsque celle-ci l'interrogea sur les renseignements précédemment glanés. L'endroit était une parfaite illustration de ces coins auxquels l'on prêtait une ou plusieurs malédictions, des fictions d'ineptes uniquement vouées à effaroucher les couards ou les plus niais. Incrédule, qu'il se fit, face à la sépulcrale notoriété des lieux qui ne lui inspirait qu'une irrémédiable envie de gouailler. Ses épaules eurent un soubresaut d'indifférence, puis sa voix de rogomme tonna ensuite.

« Si y a que les cons qui viennent là alors y peuvent qu'y être. J'm'en cogne que tes semblables fassent trempette ici, on dit beaucoup d'choses, et moi j'dis qu'on s'arrêtera pas tant qu'on les aura pas r'trouvés ! »

Inimaginable que rentrer sur son île avec des nèfles, auquel cas, sa réputation de bon forgeur risquait d'en blêmir, pire encore, le seigneur auquel appartenait l'arme se verrait inexorablement courroucé de sa perte. L'âme résolue, il reprit la marche non sans une vigilance accrue et un sentiment d'inconfort quant à l'atmosphère dans laquelle ils progressaient. La bribe de textile ramassée par la jeune femme ne lui laissa point l'ombre d'un doute : ses homologues avaient emprunté ce chemin, eux aussi. Cependant, si lui jouissait des connaissance d'une native du Neck, ce n'était pas le cas de ces ostrogoths plus inaptes les uns que les autres, aussi craignait-il qu'ils n'aient déjà succombé aux dangers qui rôdaillaient ici. La voie s'ouvrit sous la forme de podiums terreux tous à distance raisonnable, mais dont le trouble des eaux contigües dissuadait de s'en écarter. N'existant pas d'alternative, le géant dut se résigner à avancer par bond et avec la plus grande précaution, clôturant toujours le cortège et n'affaiblissant pas sa veillance sur les deux autres protagonistes. Bien que sa charpente ne lui octroyait pas autant de diligence que la lady, il parvint malgré tout à suivre leurs pas sur les blocs immergés, ne manquant pas de zieuter son reflet ondulant à la surface de la nappe aux paroles de la sylphide. N'eût-ce été que par curiosité, il aurait aimé pouvoir plonger quoi que ce puisse être pour juger de ce qui sommeillait dans ces profondeurs, constater si une âme – en admettant qu'elle soit encline à se matérialiser de façon visible. - se manifesterait. Une idée qu'il délaissa bien vite pour ne pas perdre ses guides de vu, la condensation ne faisant qu'empirer, il ne tenait guère à se retrouver isolé sur des terres dont il ne connaissait strictement rien et qui auraient pu mettre mal à l'aise le plus illustres des monarques. Et l'on osait encore dire que les Iles-de-Fer étaient un habitant maussade et sans éclat... Il ne comprendrait jamais ces continentaux, qu'importait qu'ils soient de racines septentrionales ou méridionales.

Vint enfin la berge et avec elle, l'aboutissement de ce calvaire aux multiples sauts – ce n'était invariablement pas un endroit pour un forgeron qui n'appréciait guère de jouer le lapin ! La sensation qu'un péril guettait au revers de chaque hélice de brouillard était perturbante, ce ne fut ainsi pas mécontent qu'il s'apprêta à effectuer son dernier bond pour s'éloigner de la nappe noircie et qui bullait par endroit, mais il s'immobilisa lorsque le frêle galbe de la donzelle lui barra l'accès. Ses sombres agates la toisèrent avec âpreté, signifiant à elles seules qu'il était avant tout dans son intérêt et celui de son comparse qu'elle ne s'essaie à rien d'idiot. L'inimitié des deux adversaires leur exsudait par tous les pores, avec les éléments du décors, la tension en devenait mystique et presque surnaturelle. Toutefois ceinte d'une lueur de sens commun, elle se retira pour lui faire place, qu'il s'empressa de rejoindre non sans un regard en arrière, puis vers le couple à ses côtés. Un soupir las passa la barricade de ses lippes, puis, une fois n'étant pas coutume, le trio se remit en route pour s'enfoncer dans ces sépultures spirituelles. Plus les foulées se succédaient, plus la déjà caduque patience du forgeron se consumait dangereusement, en témoignait la mimique atrabilaire qui ne le quittait plus et les grognements caverneux qu'il exprimait lorsque Pod avait le malheur de le regarder. L'atmosphère s'était refroidie et l'environnement n'exultait plus que l'agonie, dans un aspect de nécropole aquatique. Le silence était roi, source d'imperceptibles friselis impossibles à retenir, puis en guise d'avertissement aphone, les sporadiques rencontres de squelettes et anciens aventuriers. Ce fut alors qu'un feulement retentit, le genre de signe annonciateur de cataclysme... Et la catastrophe résidait dans le rumen du colosse qui, affamé, hurlait famine. Lui-même surpris, il tapota sa panse avec une moue ennuyée. « Bordel, j'ai les crocs... » Un second écho se fit entendre, mais cette fois, ce n'était point la faute du bâfreur en titre. Des voix s'élevaient en éclats, lesquelles la petite troupe suivit jusqu'à parvenir à une scène pour le moins drolatique : cinq fer-nés pataugeaient au centre des eaux, les jambes vraisemblablement empêtrées dans la bourbe qui leur interdisait tout mouvement au risque de s'enfoncer d'avantage. Parmi les misérables, un Noran qui semblait lutter contre lui-même. Dans son échine luisait le fameux fléau d'arme que l'oeil du mestre fêvre repéra tout de go, celui-ci s'approcha jusqu'au rebord en observant ses congénères.

« T'as perdu des matafs en route on dirait. Lak !! C'est l'dieu noyé qui t'envoie, sors-moi d'là ! T'aider ? Tu t'rends compte que si j'te fais sortir c'est pour mieux t'enculer moi-même ? File-moi c'que tu m'as volé ! Nan ! Même si j'le voulais j'pourrais pas t'l'envoyer de là où j'suis ! T'as qu'à venir le chercher ! Fils de chienne j'vais t'arracher les dents une par une et sans avoir b'soin de tenailles !! »

Emporté par son irascibilité, le titan s'apprêta à rentrer dans les eaux sans émettre plus de réflexion, mais à peine les chevilles immergées qu'un phénomène le coupa dans son élan. L'un des marins se mit à vociférer à la mort, une pléthore de bulles bouillonna autour de lui puis il fut brutalement happé par le fond, disparaissant entièrement de la surface. S'il y eut un bref instant de flottement de la part de l'ensemble de ses homonymes, tous furent promptement gagnés par la peur et gesticulèrent en tous sens dans une véritable cacophonie. Lakdahr, abasourdi, recula vivement pour se réfugier sur la terre ferme, prunelles écarquillés et bouche béante. « Mais qu'est c'que... C'est quoi ce... » Beau merdier ! Et à en voir la manifestation sur le point de se reproduire sur un second guerrier, il comprit rapidement que le temps était compté s'il ne voulait pas voir son ouvrage se pâmer dans l'oubli. Mais que faire contre un antagoniste qu'il ne pouvait pas même voir ? Ses calots furetèrent dans les environs en quête d'une idée, de n'importe quoi susceptible de sauver son oeuvre plus que Noran lui-même. Il fit alors la seule chose qui lui vint à l'esprit : il attrapa la paludière et se mit à la secouer. « Fais que'que chose !! Trouve une solution tout d'suite ou j't'étripe sur place !! » Le ton était donné, il se reposait désormais sur l'ingéniosité et les connaissances de la dame Reed qui était la mieux placée pour résoudre ce méchef. Cependant, son regard biaisa fortuitement sur des plateformes similaires à celles qu'ils avaient déjà traversées et que les fer-nés avaient probablement ignorées pour traverser à la nage. La réaction fut fulgurante, l'Edenteur traina la sylphide jusqu'au rebord et la saisit par la gorge pour l'obliger à redresser son minois vers lui.

« Lui, t'vas me l'sortir de là avant qu'il soit englouti ! Sauve son arme d'préférence, si jamais elle coule, tu coules après et t'auras l'temps d'me voir égorger ton ami ! »

Sans lui donner l'opportunité de lui répondre, il la souleva et la jeta en direction du premier tertre sur lequel elle avait tout intérêt à convenablement se réceptionner. Sitôt l'avoir lâchée, le titan empoigna Pod par son vêtement et le garder auprès de lui, prompt à mettre ses menaces a exécution.




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Message Mer 14 Nov 2012 - 9:51

Le marais des morts n’eut pas l’effet escompté sur le Fer-né, qui ne montra aucune réticence à le traverser – ou du moins, c’est ce qu’il essayait de faire croire. Si Lyessa avait pu l’observer durant la traversée, elle aurait sûrement remarqué la légère appréhension que lui suscitait ce lieu étranger aux évocations mystérieuses. Mais le colosse était aussi buté qu’inflexible, et il ne semblait pas vouloir revoir son jugement quant à la perte de temps que représentait cette recherche peu fructueuse. Lyessa s’était surprise à espérer que les fourbes plantes herbacées puissent venir à bout de sa vigilance et le précipiter dans l’eau glacée. Elle aurait été fort déçue de ne pas pouvoir porter le coup final à défaut du résultat qui aurait était tout aussi bien. L’affront qu’elle lui fit en lui bloquant l’accès à la berge s’ensuivit d’un échange de regards peu commodes entre les deux opposants avant qu’elle ne daigne s’écarter. Si cette petite provocation aurait pu lui couter cher, le dénommé Lakdahr se contenta de soupirer. Lyessa savait une chose – pour le moment, il avait besoin d’elle, ce qui était un avantage certain. Mais pour combien de temps ? La Paludière reprit les devants du cortège, lèvres closes et l’œil sombre – prenant son mal en patience. Il lui fallait une situation particulière pour user de son arme contre le géant, et le moment n’était pas encore venu. Elle ne pouvait pas prendre le risque de se jeter corps et âme dans un combat alors que Lakdahr était en toute possession de ses moyens. Si Lyessa était fière, elle était encore loin d’être suicidaire et savait reconnaître plus fort qu’elle.

Le paysage se faisait de plus en plus sordide – un terrain instable que la Nordienne était habituée à arpenter mais qui poussait généralement les étrangers à bout. D’ailleurs, les grognements incessants de l’animal qui les accompagnait en disaient long sur l’état de sa patience qui s’égrenait au fil des minutes. Elle lui envoya quelques regards venimeux, lui signifiant qu’il pouvait aussi bien faire route seul – mais ceci n’impressionna guère le titan qui continuait à se montrer exaspérant. Presque comme un môme… – pensait-t-elle alors qu’elle roulait une fois de plus des yeux en l’entendant marmonner. A certains endroits, l’odeur du marais de fit plus entêtante à en soulever l’estomac. Quelques dépouilles traînaient par ci et par là – mais ça n’était rien que des animaux ou des squelettes dont les os trop léchés par le temps ne pouvaient appartenir aux impudents Fer-nés que recherchait Lakdahr. Pod, quant à lui, suivait Lyessa la mine basse et l’œil luisant d’inquiétude. Il ne cessait de se retourner pour surveiller avec un semblant de prudence le colosse qui fermait la marche – ce qui avait don de s’ajouter à son exaspération actuelle. Un bruit curieux, une sorte de gargouillis qui aurait pu provenir d’une sombre créature, fit stopper Lyessa dans sa marche avant qu’elle ne tourne un regard interrogateur en direction du Fer-né. Ce n’est qu’après son commentaire qu’elle comprit que c’était de lui que ça venait et elle se retint de lui faire la remarque que ce n’était pas les cadavres qui manquaient dans le coin s’il souhaitait se repaître. Après tout, un type pareil devait sûrement dévorer ses congénères. Alors qu’elle se remettait en route, ignorant royalement les manifestations de son bourreau, un nouveau bruit s’arracha cette fois-ci d’au-delà des fourrés qui les côtoyaient de prés. Des voix – chose que Lyessa ne pouvait s’empêcher de trouver inattendue. C’est qu’à force, elle s’était presque résolue au fait que ces pitres là étaient morts depuis un moment. Et pourtant…

Immobile, légèrement stupéfaite, Lyessa fixait les cinq hommes qui s’étaient embourbés jusqu’à la taille dans les marais du Neck. En vue des relents noirs et boueux qui remontaient à la surface à mesure qu’ils bougeaient, cette zone était piégée de la plus fourbe des manières. Les Fer-nés étaient tombés sur une nappe mouvante qui n’avait pas l’air de vouloir les recracher. Lyessa posa les mains sur ses hanches, ne pouvant réprimer le sourire sournois qui étirait ses lèvres en voyant ce spectacle réjouissant. Lakdahr rejoignit le bord en quelques foulées, s’adressant à eux sur un ton peu jovial. D’ailleurs, lorsqu’elle l’entendit traiter avec l’un d’eux, la jeune femme arqua un sourcil, les considérant d’un œil étonné. Il fallait dire que le colosse ne soignait pas son vocabulaire à l’égard de son pair, ce qui laissait entendre qu’ils n’étaient pas réellement en bons termes. L’autre, en position de faiblesse pour sûr, se confondait en gentilles provocations pour qu’il vienne le tirer du bourbier. Les hommes gueulaient, une étincelle d’espoir pathétique dans le regard en espérant pouvoir être sauvés et Lyessa se contentait de profiter du spectacle avec cruauté. Apparemment, de ce qu’elle avait compris, le Fer-né à qui s’adressait Lakdahr lui avait dérobé quelque chose – ce que le colosse comptait récupérer malgré la posture délicate du voleur. Quand elle vit ce dernier réagir au quart de tour face au refus de coopérer de son compère, Lyessa se mordit sauvagement la lèvre, souhaitant qu’il saute à pieds joints dans l’eau et s’y embourbe à en crever. Mais à son plus grand désespoir, le géant eut une étincelle de lucidité en voyant l’un de ses compagnons disparaître dans un hurlement effrayé. Entraîné dans le fond, celui-ci n’allait pas revenir d’aussi tôt – ou à la limite dans le marais des morts, ce qui n’allait pas rassurer les Fer-nés ici présents. Interdite sans pour autant pouvoir balayer le sourire qui marquait son visage, Lyessa ne pouvait détacher ses yeux de l’agitation des pris au piège. Pod agrippa le bras de la jeune femme mais elle s’en détacha d’un coup de coude agacé. Lakdahr semblait, lui aussi, pris de panique en constatant la présence d’un ennemi, bien en dessous de la nappe sombre qui laissait émerger quelques bulles en guise d’avertissement. Quel monstre était-ce là ? Les lézard-lions nageaient rarement en profondeur, préférant leur mimétisme aux bouts de bois flottants pour pouvoir attaquer. Mais alors que Lyessa jubilait face à cette situation, le colosse eut vite fait d’y couper court en l’attrapant par les épaules pour la secouer vigoureusement. Il lui lâcha une menace bien sentie et la Nordienne tenta de le repousser en vain.

« Lâche moi ! Lâche moi j’te dis ! » – Râla-t-elle, mais voilà qu’il la traînait vers le bord pour lui ordonner, une paluche autour de sa gorge, de sauver le Fer-né ou son arme. Les yeux ronds, la jeune femme se sentit soulevée du sol et balancée sans demi-mesure sur un bout de terre stable qui trônait au milieu du bourbier. Elle manqua de glisser en se réceptionnant mais finit par se redresser fissa, balançant un regard torve à son interlocuteur. « CHIFFE-MOLLE ! T’es bon qu’à faire peur aux trouillards et à achever les bléssés. Pov’ tâche ! »

Elle lui gueula ça de son perchoir, le scrutant d’un œil méprisant tandis que le colosse attrapait Pod en guise d’avertissement. Lyessa fulminait mais elle n’avait pas le temps de tergiverser durant des plombes. Alors que la dénommé Noran commençait à s’agiter de panique, tendant l’un de ses bras en direction de la Paludière, celle-ci s’abaissa à quatre pattes pour pouvoir l’atteindre.

« Oh et toi arrête de pigner, p’tain ! » – Lui vociféra-t-elle, haineuse. « J’te préviens que si tu m’fous à la flotte y aura plus personne pour t’sauver alors fais pas d’connerie. »

Ils étaient maintenant quatre à gigoter dans la tourbe en suppliant qu’on les sorte de là et Lyessa tenta de faire abstraction de leurs cris désespérés pour se concentrer sur ce qui l’importait. Ses yeux étaient rivés sur Noran, et surtout sur l’arme qu’il avait dans son dos – l’objet tant convoité par le colosse. Ils allaient payer, tous, et si le titan n’allait pas être le premier, il serait assurément le dernier. Elle lui fit signe de la main pour l’encourager à se mouvoir dans sa direction.

« Allez bouge ! » - Gronda-t-elle, impatiente.

Elle était presque en train de se déboiter l’épaule pour qu’il puisse saisir sa main. Qu'est ce qu'elle ne devait pas faire pour garantir leur sécurité... Le Fer-né, la gueule béante de frayeur et les yeux horrifiés, réussit à lui attraper l’avant bras et Lyessa dut se retenir à son tertre, la mâchoire serrée sous l’effort, pour ne pas être renversée vers l’avant. Enfonçant ses talons dans la terre, le séant au sol pour contrebalancer le poids, la jeune femme tirait de toutes ses forces pour ramener le dénommé Noran jusqu’à elle. La main libre de la jeune femme vint attraper le Fer-né par ses frusques et alors qu’il parvenait à s’accrocher aux touffes d’herbe qui recouvrait la terre, la jeune femme sentit une pression féroce s’exerçer sur le corps du malheureux. Alors qu’il gueulait maintenant de le sortir de là, l’œil effaré, Lyessa remonta vivement sa main jusqu’à son dos où était sanglé le fléau d’arme. Bel ouvrage d’ailleurs, que la Nordienne saisit sans plus attendre alors que le Fer-né gesticulait. C’était lourd, mais assez maniable pour la Paludière, qui - sans plus de cérémonie - l’abattit sur le crâne de Noran. Rejeté vers l’arrière, le corps du concerné disparut rapidement dans les profondeurs du marais, tandis que Lyessa, le souffle court, essuyait les quelques gouttes de sang qui maculaient son visage. Elle se releva finalement, tenant fermement le manche de l’arme, dont les pointes étaient couvertes de chair sanguinolente. Les Fer-nés encore vivants ne cessaient de glapir après ce qu’il venait de se passer – eux, n’en auraient plus pour longtemps. Elle se tourna lentement vers le colosse, qui tenait toujours un Pod liquéfié de terreur prés de lui.

« Relâche Pod, et j’te la rendrai ton arme. Laisse le partir – de toute façon il n’dira rien si c’est ce qu’tu crains. » – Lui lança-t-elle d’un ton convaincu. Ses prunelles vinrent trouver celles du Paludier. « Hein qu’tu diras rien ? »

Le simplet acquiesça vigoureusement du chef et Lyessa reprit du même ton.

« Lakdahr. T’as besoin d’moi pour sortir du marais. Que d’moi. » – Articula-t-elle. « Lâche-le et c’est gentiment que j’te rejoindrai. J’vois pas d’quoi t’as peur de toute manière. C’est pas comme si j’avais pas fait la moitié du boulot à ta place. »

Une nouvelle provocation, car ça n’en était jamais assez. Elle devait éloigner Pod de là, et elle espérait que le titan soit trop heureux de mettre la main sur son arme pour oser lui refuser cette faveur. Seule, elle trouverait comment l’atteindre. Un cri aigu provint de l’un des Fer-né et Lyessa se retourna à temps pour le voir disparaître à son tour dans un gargouillis inquiétant. Elle n’était pas si mal sur son tertre, et de toute manière, le géant n’oserait pas venir l’y chercher. Rien ne l’empêcherait de balancer l’arme à la flotte si le colosse ne se montrait pas enclin à l’écouter.





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Lakdahr l'Edenteur
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Message Sam 17 Nov 2012 - 18:46

La dryade de la sentine pouvait meugler à sa guise et lui ployer une pléthore d'injures qu'elle n'aurait probablement pas tenue si elle avait été à portée de main, le titan n'en avait cure, proche de morceler les vêtements de son otage qu'il secouait tel un prunier pour prouver qu'il était encore en vie – paradoxalement, Pod finirait par ne plus l'être s'il continuait à le cahoter de la sorte ! Les seuls bramements qui l'importaient étaient ceux qui provenaient de l'étendue, de cet idiot de capitaine qui regrettait âprement son hardiesse et qui, dans tous les cas d'avenir, était voué au trépas. S'il n'était pas happé par le fond, il serait édenté puis étêté, à défaut que Lakdahr ait plus de temps et d'outils, pour voir ce marécage devenir sa sépulture. Un véritable conte d'infortune dont le forgeron serait l'unique rescapé – car il avait bien l'intention de regagner le littoral avec son entière anatomie, et accessoirement, de ne plus jamais souiller ses chausses dans le Neck. Mais pour cela, la Reed devait survivre au superbe lancé dont elle venait d'être victime, ce qu'elle fit, fort heureusement pour tous. Sous les noirs calots de son bourreau, elle exécuta les volontés de ce dernier sous un climat de hâte et d'angoisse à défaut de pouvoir en faire autrement. L'Edenteur trouvait son avantage en ne considérant ses homonymes comme rien de plus que des quidams ayant vu le jour sur la même rocaille que lui, non point comme des membres de fraternité sur lesquels il lui fallait veiller. Même s'il l'avait pu, il n'aurait secouru aucun de ces bougres qui barbotaient dans ces eaux viciées, logis s'il en était de mystérieuses créatures qui venaient de dénicher leur pitance du jour, pas mécontent de ne pas s'y être introduit finalement. Noran, léché par la couardise et l'envie de survivre, geignait à l'instar d'une jouvencelle en détresse, et le colosse se serait gouaillé de le voir s'agiter en direction d'une femme si les circonstances avaient été autres. Toutefois, il ne perdait pas des yeux le fléau fraîchement refaçonné et déjà dans le bourbier, la paludière avait tout intérêt à faire le bon choix lorsque l'instant se présenterait. Le lien d'assistance s'était établi, l'une tirait, l'autre patientait qu'on le tire, alors que les autres matafs bouillonnaient alternativement jusqu'à disparaître de la surface. Chaque éclipse sous nappe était une source d'anxiété supplémentaire, car la menace s'approchait périlleusement de l'antagoniste à désincruster de la tourbe, ce qui, tout compte fait, fut amorcé d'une contingente manière.

Sans perdre une seule scène du spectacle qui se jouait, le mestre fêvre se rehaussa intuitivement en apercevant l'arme désagréger la boite crânienne du fer-né qui en cessa ses beuglements. Dommage, sa préférence aurait été à l'occire de ses propres paluches, mais il félicitait secrètement la présence d'esprit de la sylphide et eut loisir à soupirer de soulagement. Il entrevoyait enfin l'aboutissement de cette mésaventure alors que le reste des écumeurs rendaient leur ultime souffle, prêt à accueillir l'héroïne du jour... Qui ne sembla pas désirer mouvoir de son tertre. Interloqué par cette attitude, le géant tomba des nues face à l'ultimatum qu'elle osait lui soumettre, l'éhontée ! Comment pouvait-elle se permettre la surenchère alors qu'il tenait son précieux ami ? Certainement parce qu'elle détenait un objet dont elle avait finement jaugé la valeur, consciente qu'il ne reculerait devant aucune entrave pour le récupérer. La fourbe – Non, la salope ! Il la dépecerait avec une incommensurable joie dès qu'elle poserait pied à terre, ce qu'elle avait tout intérêt à faire avant qu'il n'en soit trop courroucé. Ses phalanges se crispèrent sur l'épaule du nigaud qui exprima une plainte endolorie, sa main encore libre vint saisir le manche de Dentesque qui faisait risette de toutes ses dents. Le jeune bougre fut forcé de se mettre à genoux, prompt à compter les dernières secondes qu'il lui restait à vivre.

« Sale coureuse de remparts !! Ramène ton cul ici immédiatement s'tu veux pas que j'le bute ! » Ses vociférations couvrirent l'ensemble des lieux en un écho de furia, pas à même de galéjer dans pareille situation. Il n'hésiterait pas à illustrer ses menaces dans le plus perfide bain de sang, un meurtre qui le démangeait furieusement jusqu'à ce que la donzelle ne fasse preuve de plus de matoiserie qu'il ne l'aurait pensé. Il crut blêmir en la voyant agiter son ouvrage juste au dessus des eaux, qui y disparaîtrait à jamais si elle décidait de le lâcher. Il tendit le bras en sa direction pour incarner sa réprobation et s'empressa de l'en dissuader. « Non non non !! Fais pas ça ! » Un effort qui lui coûtait en fierté, mais il fallait parfois savoir courber l'échine pour une question de survie. « J'le lâche ça va ! T'as intérêt à t'pointer à mes pieds juste après ! »

Il lui adressa une oeillade assassine, puis bouscula le jeune homme qu'il avait fait prisonnier pour l'enjoindre d'expressément disparaître, ce qu'il fit à travers la nébulosité ambiante qui finit par avaler son galbe de son opaline vapeur. Désormais seuls, les deux ennemis du jour se toisaient mutuellement, l'un tâtant la tension de la voir respecter leur furtif et obligé accord. Tant pis pour Pod, la nymphette s'était elle-même proposée de le raccompagner jusqu'aux côtes, ce qu'elle n'aurait d'autre choix de faire si elle tenait revoir sa peuplade. Hache encore en main – après tout, elle était maintenant armée, elle aussi. - il en frappa l'auguste fer contre le par terre, la sommant ainsi de se déplacer avant qu'il ne soit à l'issue de ses nerfs. Mais après une brève latence, il la vit enfin entreprendre le saut qui la séparait de lui, rejoignant le point duquel elle avait été envoyée. L'artisan fit quelques pas sur le côté, sans la quitter de ses flamboyants onyx, il s'assura que la teneur de son gracile corps n'indiquait pas une imminente offensive avant de tendre sa paluche vers elle. Ses doigts accolés entre eux firent deux mouvements successifs et tardèrent à recevoir leur bien, cette oeuvre qu'il arracha littéralement de la poigne de la nordienne dès qu'il put l'attraper. Il en omit sa belle Dentesque qui reposa paisiblement contre lui sans qu'il ne la tienne, occupé à examiner le fléau pour s'assurer qu'il ne souffrait d'aucun stigmate trop visible. Un large sourire vint ourler ses lippes, il n'avait plus qu'à regagner sa forge pour ouvrer encore un peu et le remettre à son propriétaire, sans que rien ne lui soit jamais révélé : l'honneur serait sauf ! Il lui faudrait également veiller à ce que Gabriel n'apprenne rien de cette curieuse odyssée, auquel cas, il aurait droit à l'entendre pester toute la sorgue durant. Il revint sur la silhouette à ses abords qu'il regarda, pour une fois, placidement et sans désir de la dépiauter séance tenante, trop guilleret d'être parvenu à son but. Les deux armes furent convenablement rangées sur sa large charpente, puis il s'approcha de la téméraire devant laquelle il s'immobilisa.

« On r'prend la route. » Dit-il en désignant le sentier qu'ils avaient emprunté à l'aller, d'un signe de tête. « T'pourras même récupérer ton arc si t'arrives à retrouver ton chemin, j'l'ai abandonné à l'endroit d'notre rencontre... Si c'est pas romantique ça, j'sais pas c'qu'il te faut ! »

Un rire caverneux fit frémir sa glotte avant qu'il ne la brusque à entamer la marche, ce à quoi elle commençait à s'habituer après tant de temps passé à musarder ensemble. Lakdahr eut une dernière lorgnade vers la nappe devenue nécropole de fer-nés, le croirait-on seulement s'il s'amusait à relater ce dont il était témoin ? De quoi alimenter les légendes qui flétrissaient la notoriété de ces marais, qu'il avait une infrangible envie de déserter. Le retour fut bien mieux supporté par le guerrier, en particulier une fois qu'ils eurent quitté ce pan de terres où les défunts siégeaient, de quoi recouvrir un semblant de vue et donc d'aise en dépit du morne paysage. Il préférait mille fois l'embrun et la sapidité de sel qu'il portait aux lèvres, que les macabres effluences et la répugnante fange dont ses vêtements ne se départiraient pas si aisément. Qui allait devoir frotter avec vigueur ? Violain, bien sûr ! De quoi la ravir pour les prochaines lunes. Quant à la paludière, il n'avait point encore décidé de son sort, une réflexion qui viendrait à terme seulement une fois qu'il rejoindrait le boutre de Noran et donc, la liberté de rallier leur saumâtre archipel. La référence faite à son arc n'était pas anodine, mais constituait un puits de motivation dans lequel elle pourrait écoper sa plausible fatigue et user de son sens de l'orientation, à bon escient. Comme toujours, le titan n'était pas en mesure de guider la marche et dépendait entièrement des facultés de son guide, difficile alors de reconnaître une souche de l'autre, tout se ressemblait ! La dame aurait pu directement le mener à Fort-Griseaux qu'il ne s'en serait jamais douté et se serait précipité dans le guêpier tête la première. Il aurait pu émettre une pléiade de conjectures quant à savoir si elle élaborait un plan de riposte ou non, son unique marche de manoeuvre restait l'expectative. Chançard qu'il fut, le forgeron parvint tout de même à reconnaître la fameuse place de leur litige, notamment grâce à la flèche toujours fichée dans l'arbre qui avait manqué de voir sa tête y rester. Plus haut, bien plus haut, jovialement accroché à la ramure, l'arc patientait que l'on vienne le cueillir. Leur flânerie avait été longue depuis leur départ du marais des morts, longue tout court, depuis que l'Edenteur avait amarré dans le Nord. L'heure était au repos, ils ne déméritaient pas une halte après toutes ces tribulations. Une accalmie, oui, mais pas pour tout le monde...

Lakdahr se laissa choir sur une roche dans une profonde expiration, enchanté de pouvoir enfin se poser. Devant lui, une scène des plus folâtres : la jeune femme en intense concentration, supposant de chapelets de possibilités pour récupérer son bien qui lui pendait au-dessus du crâne. Plus de six pieds et demi de hauteur, et il était facile d'atteindre les cimes, voilà qu'il était curieux de voir comment elle comptait s'y prendre pour pallier à sa petite taille. Ascensionner l'écorce ? A ses risques et périls au vu de l'état du bois, sans omettre la bourbe qui le rendait affreusement glissant. Peut-être en lapidant la branche de pierraille, elle qui savait viser ? L'observer sautiller sur place pour mesurer la distance qui lui faisait défaut contribua au délassement du colosse, qui ne se priva d'ailleurs pas de se gondoler sans opprobre. De son côté, il avait plus important dont se lamenter, son rumen feulait de frustration qu'aucune denrée ne soit venue le combler depuis ses premières réclamations, et il avait indubitablement besoin de ressources proportionnelles à sa carrure. Pas de fruits ni de légumes pour lui, mais de la carne, de l'oignon et du faro ! Il en salivait d'avance, de ce repas qu'il s'offrirait sitôt rentré à Pyk. Pour le moment, c'était une toute autre livre de chair qui l'intriguait. Ses agates oculaires scrutaient les rebonds de pulpe dont il tirait un probant enthousiasme, ses plus primaires instincts triturés dans leur expression qui l'obligeait à pencher le faciès tantôt à gauche, tantôt à droite, sans savoir quel angle était le plus appréciable. Puis, fatigué de la voir s'échiner en vain, le géant se leva pour la rejoindre le plus discrètement possible, glissé en son rachis, il lui attrapa soudainement le bassin et la souleva comme si elle ne pesait rien.

« Choppe le ton arc ! J'en ai marre de t'voir bondir comme une lapine en chaleur. »

Aussi improbable que cela pouvait paraître, il était bel et bien en train de l'aider dans son entreprise, la hissant sans mal et suffisamment haut pour qu'elle n'ait plus qu'à tendre le bras et récolter son instrument de visée. Une fois que cela fut fait, il la laissa glisser contre lui – et les dieux surent qu'il en profita pleinement ! Non seulement son corps entra en étroit contact avec le sien, mais surtout, ses mains appuyèrent d'avantage leur présence sur cette plastique qui, si elle n'était pas aussi redondante qu'il les adorait, restait amplement à son goût. Elle n'avait pas la poitrine ? Qu'à cela ne tienne, elle avait des rondeurs callipyges à en damner un religieux ! Dont il avait antérieurement apprécié la danse et dont il louait actuellement le toucher. Même lorsque la belle retrouva l'appui du sol, Lakdahr la garda opprimée contre lui, une main allant s'échouer sur son abdomen, l'autre, bien plus audacieuse, à l'aine de sa cuisse dont son index s'ajusta à la plissure.

« Pas si mal foutue pour une drôlesse qui bouffe des grenouilles... J'serais curieux d'voir ce qui s'cache là-dessous... »




" - On fait quoi ? - Valeurs sûres : on leur éclate la gueule. "
 " Barbare qui roule amasse coups de boule. "
" On dit que les fer-nés détestent toutes les races, c'est faux, on les aime toutes ! En ragoût, en civet, à la broche... "

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Lyessa Reed
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Message Dim 18 Nov 2012 - 11:45

La réaction fut immédiate lorsque Lyessa proposa la libération de Pod contre l’arme offerte en mains propres. La jeune femme n’aurait su dire pourquoi mais le Fer-né entretenait un lien particulier avec son propre instrument de torture, ainsi qu’avec cette masse d’arme pour laquelle il avait traversé tout le Neck. Il pouvait bien faire mine d’être détaché qu’elle n’en avait rien à faire, et elle ne tarderait pas à lui rappeler son propre comportement lorsqu’il avait son précieux arc en mains. Le Paludier était terrorisé entre les larges paluches du titan qui commençait à gueuler mais Lyessa ne fléchissait pas devant les menaces. Résolue, la jeune femme écarta lentement son bras armé pour faire pendre l’outil de l’acharnement de Lakdahr au-dessus des nappes sombres et menaçantes. Elle espérait secrètement que le colosse se montre raisonnable et accepte l’échange – loin d’elle l’envie de voir le jeune Pod se faire égorger à cause de son propre culot. Mais ne quittant pas les yeux du titan, la certitude qu’il allait ployer se faisait de plus en plus perceptible. Alors qu’elle agitait l’ouvrage au dessus des eaux, Lakdahr se hâta de l’interpeller pour accepter – un témoignage que la jeune femme accueillit avec une moue amusée et un sourcil arqué. Elle avait réussi à le faire ployer – une petite victoire personnelle qui risquait de lui coûter cher une fois à terre, mais qu’importe. Elle ramena la lourde masse vers elle et resta immobile, guettant les faits et gestes de son adversaire avec défiance. Pod, une fois libéré de l’emprise du géant, observa autour de lui d’un œil effaré et Lyessa dut lui adresser un signe de la tête pour l’autoriser à disparaitre à grandes enjambées. Rassurée, la jeune femme émit un petit soupir – court moment de soulagement qui la força ensuite à se préoccuper du terrible Fer-né qui l’attendait de pied ferme. Elle soutint son regard sombre et au premier signe de menace, Lyessa plissa les yeux avec animosité. Elle pouvait toujours essayer de l’attaquer avec la masse mortelle qu’elle tenait en mains mais les armes contendantes n’avaient jamais été ses outils de prédilection et elle aurait à peine le temps de la lever que Lakdahr aurait trouvé le moyen de l’en empêcher. Dans un soupir, la jeune femme entreprit de sauter de l’autre côté, s’assurant que le Fer-né ne s’attaque pas à elle dans un désir de vengeance pressant. L’homme s’écarta d’elle et elle lui tendit son dû avec un certain regret. Pour une fois qu’elle avait un moyen de pression sur lui…
Il s’empara de l’arme avec empressement, n’ayant d’yeux que pour elle et Lyessa lorgna la scène avec perplexité. Le Fer-né semblait ravi – un enthousiasme qui semblait presque effrayant venant de lui. Se pouvait-il que ces armes soient ses œuvres ? Une question qu’elle ne poserait pas pour l’instant, ayant bien d’autres préoccupations. Elle tâcha de rester à distance, craignant que Lakdahr ne lui réserve un traitement particulier aussitôt son attention tournée vers elle. Mais au lieu de s’en prendre à elle, le Fer-né se contenta de lui jeter un regard neutre avant de lui ordonner de reprendre la route. Lorsqu’il évoqua son arc, qu’elle croyait brisé ou noyé, et que le colosse avait manifestement laissé sur place, elle ne tenta même pas de dissimuler sa surprise. Elle qui croyait qu’il se serait vengé sur son précieux arc pour le coup de genoux qu’elle lui avait assené dans les parties – il fallait croire que Lakdahr était moins rancunier qu’il n’y paraissait. Une agréable surprise donc, qui eut vite fait de la motiver à marcher vite et sans se perdre. Les deux protagonistes partageaient la même passion pour leurs armes – une similitude sur laquelle la Nordienne ne souhaitait pas tergiverser.

« J’espère que t’es pas en train d’me monter un bobard, Lakdahr. » – Lui déclara-t-elle simplement avant de se mettre en marche. Quant à son romantisme, il était vrai qu’elle avait du mal à expliquer autant de « sympathie » de la part de son ennemi. Mais elle préférait croire ce qu’elle voyait, et l’entière conservation de son arc n’avait pas encore été prouvée.

Ils quittèrent rapidement les lugubres marais piégés dont s’échappaient les dernières bulles d’oxygène des Fer-nés emportés. Lyessa était rassurée de voir que ceux-là au moins étaient morts et ne risquaient pas de s’en prendre à son peuple. Quant au colosse, qui était la seule menace d’envergure, il semblait désirer rejoindre son boutre et clore cette épopée. Grand bien lui fasse ! Le trajet se fit en silence, Lyessa trop occupée à réfléchir à l’utilité d’une manœuvre d’attaque directe et du comment la mener. La fatigue se faisait ressentir après ces heures interminables de concessions et de bagarre. Ses frusques étaient encore à moitié trempées et lui collaient des frissons irrépressibles. Perdue dans ses réflexions, Lyessa n’en restait pas moins attentive au chemin emprunté et aux embûches qui pouvaient leur poser quelques soucis. Elle surveillait par intermittence le colosse du regard et ça lui parut presque étrange de ne plus voir Pod, collé derrière elle, jeter des coups d’œil inquiet en arrière. Puis, ils finirent enfin par tomber sur l’endroit de leur rencontre, signalé par le cadavre du lézard-lion et la flèche plantée dans le tronc d’arbre. On ne pourra pas dire qu’elle n’avait pas tenté de le tuer à maintes reprises depuis le début, et curieusement, il ne lui avait pas rendu la pareille – du moins, pour l’instant.

A peine sur place, Lyessa fit un tour sur elle-même, cherchant des yeux son arc et c’est non sans exaspération qu’elle le vit accroché à une branche en hauteur. La tête dans les épaules, la jeune femme soupira avant de tourner, virer, essayant de trouver le moyen de l’enlever de là haut. Le colosse, quant à lui, s’offrait une petite pause et elle préféra jeter un voile d’indifférence sur sa personne. Pourquoi fallait-il qu’il soit si grand ? Pourquoi fallait-il qu’elle ait à sautiller – de quoi s’ajouter à son humiliation, en vue de l’amusement que ça suscitait chez Lakdahr. Elle garda ses remarques acerbes et son œil sombre pour elle, jaugeant plutôt de sa capacité à toucher la branche du bout des doigts en sautant le plus haut possible. Des tentatives qui furent infructueuses mais qui n’entamèrent pas la témérité de la jeune femme. Elle restait imperturbablement silencieuse malgré les jurons qui ne demandaient qu’à franchir ses lèvres en signe d’impatience. C’est alors qu’elle sentit une présence dérangeante derrière elle, mais à peine eut-t-elle l’envie de se tourner qu’on la saisissait par les hanches pour la soulever tel un poids plume. L’élan instinctif aurait voulu qu’elle se détache de la poigne du Fer-né, interprétant l’intention comme étant belliqueuse – mais elle n’en fit rien, écoutant son prétexte avec circonspection. Voilà qui l’aidait maintenant ? La jeune femme ne se fit pas prier pour se saisir de son arc, retrouvant le plaisir qu’elle avait de le tenir en mains. Si ça lui aurait écorché la bouche de devoir en remercier le colosse, elle remarqua assez vite l’insistance avec laquelle il la fit redescendre tout en la collant contre lui. Un frisson lui secoua l’échine, témoignage de sa lucidité envers le danger qu’il représentait, aussi proche d’elle. Lyessa se raidit mais ne le repoussa pas pour autant, réfléchissant à ce qu’elle pourrait tirer de la situation. Après tout, le goût du Fer-né pour les contacts charnels n’était pas un grand mystère et Lyessa avait crut déceler que ça aurait été une faille potentielle. Et bien que ça la débectait de se résoudre à l’exploiter, elle n’avait pas d’autre solution pour espérer le distraire. Bien qu’elle se demande comment Lakdahr pouvait se montrer aussi entreprenant à son égard dans un endroit pareil, la jeune femme creusa son ventre à mesure que sa large paluche y glissait. De dos à son bourreau, lui ne pouvait voir l’expression mutine qui crispait le visage de la Nordienne. Son cœur sembla s’emballer plus que de mesure, et quand elle fut pieds à terre, le colosse ne daigna pas la lâcher pour autant. Trouvant le contact d’une sensualité exemplaire qu’il aurait été bon de maudire de la part d’un Fer-né, Lyessa serra la mâchoire avant d’émettre un soupir. L’une des pognes de Lakdahr se fit plus inquisitrice en s’attardant entre ses cuisses et sa remarque eut vite fait de la faire réagir. Elle fit volte-face entre ses bras pour se retrouver face à lui, levant un regard malicieux pour se saisir de ses mirettes. Il pourrait croire qu’une tension sexuelle planait entre eux depuis le début de leur rencontre que ça l’aurait réellement arrangé. Elle laissa choir son arc à ses pieds, et se maintint collée contre lui avant de lui souffler :

« Un piège aussi fatal que ceux qu’recèlent mes marais. » – Ironisa-t-elle tout en fixant les lèvres du Fer-né face à elle.

Un comportement qu’elle-même n’avait pas pour habitude d’adopter à l’égard de son ennemi, mais c’était encore la meilleure des idées qu’elle avait dans la conjoncture actuelle. Se hissant sur la pointe des pieds, elle hasarda une main rapide dans la tignasse brune du Fer-né pour l’entraîner vers elle et pressa ses lèvres contre les siennes dans un soupir. Il fallait qu’elle fasse vite pour faire taire la méfiance de Lakdahr et c’est dans cette mesure qu’elle força la cambrure de ses reins pour taquiner son bassin et glisser l’une de ses mains contre son torse. Elle l’amena petit à petit à s’appuyer dos contre l’arbre auquel il avait suspendu son arc. Il n’aurait pas été Fer-né qu’il aurait bien pu lui plaire le bougre, chose qu’elle n’était pas prête à s’avouer étant donné que seule l’idée de lui donner la mort occupait ses pensées à ce moment même. Bénie soit la manipulation par les charmes, pour se sortir de pareille situation. Elle se tourna dos à lui, s’abaissant pour mieux se frotter à lui, et profita de l’occasion pour sortir la lame tournée vers le haut qui se pressait contre son mollet depuis que Pod lui avait confié le poignard. La tête renversée en arrière dans un jeu d’actrice convainquant sur le tumulte de désirs qui pouvait lui remuer les entrailles, Lyessa finit par lui refaire face, ses prunelles dans les siennes et tandis qu’une lueur malicieuse éclairait brièvement son regard, elle porta un coup d’une vitesse fulgurante en direction du bras droit du Fer-né, le cœur étant trop difficile à atteindre du premier coup. Elle n’était pas sans ignorer que Lakdahr était charpenté à en décevoir ses attentes. Il lui faudrait plusieurs coups avant de pouvoir oser grièvement le blesser et la jeune femme s’apprêta à frapper de nouveau dans un rugissement de colère – profitant de la faiblesse de son ennemi.






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Lakdahr l'Edenteur
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Message Mer 21 Nov 2012 - 19:40

L'on pouvait aisément prétendre à une consolation après tant de tribulations traversées, or, pour le titan des forges, si l'euphorie ne passait pas par la panse, elle restait d'ordre anatomique et ciblé. Jamais une opportunité de stupre n'était à ignorer, peu lui importait le décors qui s'y prêtait, un lit de draps ou un de poussière n'était qu'une affaire d'aise, le principal n'était-ce point que les chairs se mêlent ? L'identité et les racines de sa compagne de coït n'étaient alors plus que des vétilles, la sybarite rengaine de ce genre d'échange était le même en toutes circonstances, du moins, concernant le mâle qui dominait de sa dépravation. Sa seule nimbe était celles de ses péchés le ceignant tel un halo fait des mânes jadis occis, si cette âpreté innée avec laquelle il musardait n'avait pas suffit pour persuader de sa souillure, les pans encore non dévoilés de sa folle personnalité combleraient les hypothétiques lacunes. Sa luxure jusqu'alors suggérée se manifestait en des facteurs plus concrets, le fantasme d'un moule de paludière le tentait et maintenant qu'il s'y penchait, il n'avait plus l'intention de s'en retourner sans en visiter quelques secrets abysses ! Dentesque pourrait bien frétiller de jalousie dans son échine, il n'existait nulle autre merveille que clore une journée à coudoyer de prés une mort casuelle par une gymnique moins sépulcrale, bien au contraire. Une fois encore, qu'elle ne possède pas les convexités orgiaques qu'il préférait n'était pas une ombre à la toile, une pulpe était toujours à savourer par intègre gourmandise, Lakdahr ne faisait guère jamais de lubies en matière de drôlesses à profaner. Celle-ci exhaler une véhémence pour le moins attractive, et puisqu'ils étaient désormais isolés et qu'il la tenait entre des phalanges encore circonspectes contrairement aux apparences, l'abstinence n'était pas une perspective d'avenir proche. Ce qu'elle pourrait en penser ? Il n'en avait cure, estimant être l'unique à avoir voix au chapitre puisque celui qui tenait les armes et sommait comme bon lui semblait. Toutefois, il doutait qu'une continentale soit en quoi que ce puisse être sujette à une quelconque concupiscence avec un quidam tel que lui, il avait fallu un certain laps de temps avant que Violain ne soit réellement encline à ses intrusions physiologiques, et encore, le contexte de leur relation était véritablement différent. Des luttes et résistances acharnées ? Il en avait coutume, ce qui ne l'empêchait jamais d'agir à sa guise et avec la cruauté dont les déités l'avaient façonné. Une cavité génitale, propice à l'acte ou non, restait une cavité à opiler ! Nul ne pourrait ainsi lui reprocher de gaspiller.

Mais contre toute attente, la sylphide fit volteface pour se retrouver nez à nez avec lui, sans mouvoir d'avantage, sans chercher à défaire sa poigne de son enveloppe ou à l'injurier de mille infamies. Elle le confronta d'une superbe auréolée d'espièglerie pour le moins inintelligible dans pareille situation... Une lasciveté réciproque ? Voilà qui pourrait défrayer les chroniques, une truculence qui laissa le colosse à la fois pantois et suspicieux quant à un éventuel piège. Sa mystérieuse et stimulante tirade l'intrigua suffisamment pour qu'il occulte sa méfiance, après tout, que pouvait-elle espérer lui faire ? Rien, si ce n'était docilement le convier à poursuivre ses desseins, ce que son simple regard à ses lippes fit. Ses lèvres, il les humecta sans la quitter de ses noires agates, un mince rictus mutin naquit à l'une de ses commissures. Puis, sous la pressante demande de la Reed elle-même, il se pencha pour pallier à la grande différence de taille qui les séparait, accueilli par la fougue d'un baiser auquel il ne chercha aucune justification. Ses mains, au même titre que celles de la dryade, n'hésitèrent pas à se hasarder sur elle, notamment sur son séant sur lequel il exerça un appui pour la conglomérer à lui plus qu'elle ne l'était déjà, et s'il rêvait éveillé, ce songe, il l'adorait ! Puisqu'elle voulait jouer, le forgeron recula de bon gré jusqu'à s'adosser à l'arbre le plus proche – car en plus d'être séduite par l'idée proposée, elle était entreprenante ! Ce fut ainsi enchanté qu'il constata de ses facultés à onduler et de ce fait, à attiser la tension qui ne faisait que croître avec célérité. Parfaitement empêtré dans cette saynète orchestrée avec maestria, ce bassin offert au sien avec l'éloquente volonté d'être travaillé au corps eut tôt fait de le spolier de son sens commun – Déjà que son principal encéphale n'était pas toujours de la meilleure réflexion, ici, il ployait toutes ses prérogatives à un cerveau placé en aval ! Admettre qu'il appréciait cette danse aurait été un euphémisme, en témoignaient les soupirs rauques bien qu'encore légers à ses sinueuses mouvances. Il en admirait le plein spectacle en tâtant ses hanches, dans la plus totale impéritie de ce qui se tramait plus bas. Derechef, il la laissa lui faire face et considéra la nitescence dans l'ambre de ses prunelles avec bien trop de frivolité, une erreur qui le foudroya d'un revers dont il n'avait rien démérité.

La douleur s'immisçant dans son muscle brachial le fit rugir, aussitôt réactif quant à empêcher une seconde offensive de suivre la première. Sans une once de délicatesse, il saisit sa main armée pour l'immobiliser dans son élan, s'écorchant profondément la paume par la même occasion mais au moins assuré que plus aucune autre partie de son anatomie ne serait victime de cette lame extirpée de nulle part. Comme lors de leur précédente rixe, il lui tordit le poignet, cette fois-ci, jusqu'à entendre son ossature craquer sous l'excessive influence de sa force. La jeune femme fut contrainte de faire choir son coutelas, ce qui ne lui octroierait aucun retour miséricordieux après ce leurre pour le moins cauteleux. Dans une expression courroucée, le poing contracturé du fer-né acheva sa course dans l'abdomen de la nordienne pour lui faire gerber ses viscères si elle avait de quoi faire, ce qui la pacifierait le temps qu'il reprenne lui-même ses esprits. L'action avait été prompte, Lakdahr guigna en direction de la zone endolorie pour y voir une bien belle entaille qui ne ferait qu'ajouter une couture à ses membres d'ores et déjà bariolés du genre. L'hémoglobine perla jusqu'à ses doigts et ornementa le sol de gouttelettes qui iraient sustenter les assises de l'arbre, fichtre, là, il voyait pourpre, dans tous les sens du terme !

« Espèce de salope, tu veux jouer ?! On va être deux alors ! » Tonna le géant meurtri qui, jusqu'à présent, s'était montré particulièrement clément. Il en avait omis la plaie qui lui tiraillait silencieusement l'oreille et dont le sang avait cessé de fluer, mais puisqu'elle lui remémorait cette fantaisie de vouloir le dilacérer dès que plausible, il lui présenterait ses talents, lui aussi ! Il empoigna sa hache qu'il planta furieusement dans le sol pour se débarrasser de son poids tout comme pour exhiber son insolite joliesse. Il obligea ensuite l'impudente à se tenir à genoux devant lui, puis tira sur sa crinière pour lui faire pencher la tête vers l'arrière, pendant que sa main encore libre fureter dans la maigre sacoche fixée à son ceinturon. Une saveur métallique galvauda subitement les papilles de la donzelle, qui avait l'immense honneur de faire connaissance avec les célèbres tenailles du fou dentiste, dont les pinces se fixèrent aléatoirement sur l'une de ses quenottes. « T'as dû remarquer la trogne de mon arme depuis l'temps que j'la brandis devant toi, t'sais comment on m'surnomme sur les Iles-de-Fer ?... L'Edenteur. J'te laisse faire l'rapprochement... » Incliné sur elle, le pendentif du guerrier se brimbalait de dextre à senestre, sous les mirettes de la nymphe qui n'aurait nul mal à reconnaître le profil d'une auguste canine, la plus somptueuse de sa collection qui ne quittait que rarement son cou. Un lugubre emblème venu corroboré les dires du barbare en plus de Dentesque qui, disposée plus loin, faisait risette. L'étreinte de l'instrument se renforça sur l'innocente gencive qui se fit succinctement maltraiter, assez pour en apeurer sa propriétaire sur la contingence d'une extraction qui n'épouserait en rien les règles d'hygiène. Malignité excitée par cette vision et l'exposition de ces opalins appendices pour lesquels il vouait un culte, l'artisan lui lécha goulûment la base de la joue jusqu'à son conduit auditif, auprès duquel il susurra ensuite. « Et si j'te les arrachais une par une pour mieux t'la fourrer en bouche, t'serais bien emmerdée pour me mordre et t'aurais d'autre choix qu'avaler la lampée que j't'offrirais ! J'espère que t'es prête, parce que j'vais t'en faire dégorger d'mon foutre... »

Qu'elle ne coopère point à ses visées ne l'ombrageait en rien, tout n'était qu'une question d'opinion, et de celle d'un ostrogoth de son acabit, un plaisir à sens unique était aussi envisageable qu'une jouissance partagée. Personnage édifié dans les infernaux abîmes du schéol, les géhennes étaient ses délassements, aucun acte d'abomination n'était d'un trop haut paroxysme pour l'écoeurer de l'homme sans lisières qu'il était. Son imagination était féconde en d'autres points qu'à celui de la forge, pas d'opprobre à s'introniser comme un être parfois inhumain et dont les sévices avaient à jamais marqué les Terres de l'Ouest. A présent, il s'interrogeait quant à la meilleure manière d'altérer la lady à sa merci : par quel bout la butinerait-il en premier ? Il prendrait éventuellement ses dents en fin de scène, une fois qu'elle ne serait plus qu'une désoeuvrée supplémentaire après ses soins, aussi retira t-il ses fidèles tenailles pour les remettre à leur place. Le colosse la traina ensuite avec lui – par la tignasse, s'il-vous-plait ! - jusque dans la fange où il l'obligea à adopter une position qui n'était, pour elle, point de bon augure. Installée à quatre pattes, Lakdahr se glissa en son rachis de façon à ce qu'elle ne puisse plus se faire aucune illusion sur ce qui l'attendait désormais, sa croupe enchâssée au bassin du bougre qui s'en délectait déjà. Tous ces émois avaient fait naître une protubérance vénérienne dont la naïade pourrait aisément juger de la vigueur contre ses formes callipyges, seulement encline à se lénifier par la saillie qu'il lui promettait. Mais avant de traumatiser ses chairs les plus intimes, il se pencha à son tympan, la surplombant ainsi de tout son galbe, pour y confier une pièce d'indécence. « Serre les dents ma belle Reed, ça t'fera pas autant d'bien à toi qu'à moi ! ». Les phalanges de sa paume écorchée cheminèrent jusqu'au short de la malheureuse pour en défaire l'attache, et sans le lui retirer immédiatement, il caressa sa cuisse puis revint à son fessier, sur lequel il asséna une violente claque en guise de procédé mortifiant. Un sourire de démence ourlé à ses lèvres, complaisance non dissimulée que d'avoir le corps maculé de tourbe et de sang d'une noble des contrées septentrionales assujetti à ses extravagances. Il était temps qu'elle regrette ce qu'elle lui avait fait endurer depuis leur rencontre, un jour qu'elle maudirait.

Sur le point d'en perdre ses braies, un écho l'alarma soudainement d'un péril. Plus que précautionneux maintenant qu'il connaissait un peu mieux cette sentine, il se statufia une fois redressé, ses calots scrutèrent les environs, ouïe en éveil. Son regard biaisa en direction de la nappe d'eaux viciées dans l'hypothèse d'une visite quelque peu impromptue de la part d'un lézard-lion, mais il n'en fut rien, aucun mouvement suspect à déplorer de ce côté. De l'autre, en revanche, le bruissement des fourrées unifié à l'insoutenable impression d'être observé le firent cesser son activité. Intuitivement, comme si le danger était venu lui sillonner l'épine dorsale, le mestre fêvre se releva tout en emportant également sa captive. Il la maintint contre lui et recula à foulées pressées pour récupérer sa hache, un sixième sens qui ne lui fit cette fois pas défaut. Un grand nombre d'énergumènes s'extirpa de leurs cachettes, armés jusqu'aux crocs et tous pointant leur diluvienne âpreté sur le pirate acculé. Au moins, échine près de l'arbre qui, décidément, en avait vécu de leurs épisodes, il était certain qu'aucun individu ne pourrait le prendre à revers, et si ces gens n'avaient rien d'effrayant aux yeux d'un titan tel que lui, leur effectif était plus importunant. Encerclé, il lui fallait trouver une solution, et vite, il n'avait tout de même pas fourni tous ces efforts pour finir ainsi ! Quant à leur raison de l'agresser, il avait comme une idée sur le sujet.

« Il dira rien, hein ? » Fichu Pod ! S'il l'avait éventré, il n'aurait pas une garnison de paludiers devant lui. « T'as intérêt à leur dire d'nous laisser passer, et rapidement... »




" - On fait quoi ? - Valeurs sûres : on leur éclate la gueule. "
 " Barbare qui roule amasse coups de boule. "
" On dit que les fer-nés détestent toutes les races, c'est faux, on les aime toutes ! En ragoût, en civet, à la broche... "

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Lyessa Reed
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Message Jeu 22 Nov 2012 - 22:57

Lyessa avait conscience du point de non retour qu’elle venait de franchir en profitant de la lubricité du Fer-né pour pouvoir l’atteindre. Ainsi proche de lui, l’erreur lui serait fatale – il fallait qu’il meurt maintenant ou elle ne s’en relèverait jamais. Mais comment parvenir à porter un coup fatal alors que la lucidité ne cessait de la tirailler sur le résultat si échec il y avait ? Néanmoins, la rage qu’elle éprouvait envers un être de son espèce était assez forte pour la guider jusqu’à l’irréversible. Si elle parvenait à le tuer, ça ferait une force colossale, un violeur et tueur en moins sur ce fichu continent et elle ne pensait que ça ne serait pas de trop. La main de la Nordienne s’abattit brièvement en direction du bras du titan, ne pouvant dévier assez rapidement pour l’atteindre en plein thorax. Les muscles tendus, un cri inarticulé s’échappant de ses dents serrées, Lyessa sentit la lame planter la chair et l’entailler profondément avant que la pogne féroce de son ennemi ne rejoigne la sienne et ne la force à lâcher son arme, tordant son poignet dans un craquement sinistre. La jeune femme gueula sous la douleur, voyant de ses yeux effarés le poignard tomber au sol. Frappée par l’impulsion de la colère et de la douleur, elle se cogna contre lui à plusieurs reprises dans le but qu’il la lâche mais le violent coup de poing qu’elle reçut dans le ventre la plia littéralement en deux, souffle coupé et estomac malmené. A genoux dans la boue, elle se crut incapable de reprendre sa respiration et resta durant quelques secondes avachie avant d’être secouée par une violente toux, le cœur aux bords des lèvres. Alors qu’elle se faisait force pour se redresser et répliquer, son corps était bien incapable d’obéir et elle resta désespérément pliée en deux et impuissante lorsqu’il lui empoigna les cheveux pour lui renverser la tête en arrière. Secouée par une respiration saccadée et difficile, Lyessa ne pouvait qu’observer d’un œil effaré le Fer-né se dresser devant elle, sa hache colossale plantée dans le sol juste à ses côtés. Elle porta sa main encore valide sur le bras qui la maintenait par les cheveux et y planta ses ongles dans l’espoir de le faire lâcher prise mais en vain. Dans ses prunelles sombres pouvaient se lire panique et fureur. Elle ne savait pas ce qu’il comptait faire et quand elle le vit extirper des pinces qu’il lui fourra de force dans la bouche pour y bloquer une dent, la jeune femme se sentit défaillir. Elle tentait désespérément de tourner la tête et de repousser le titan alors que celui-ci lui révélait son surnom d’Edenteur. Fermant les paupières avec force, marmonnant des « non » qui s’étouffaient dans sa gorge, Lyessa était incapable de se soustraire à sa poigne. Pas mes dents… Pas mes dents… – pensait-t-elle, comme si à travers cet arbre tout prés, l’un des dieux sans nom veillait et la sortirait de l’impasse. Elle avait eu tout le temps de lorgner la hache du géant, et les dents qui égayaient l’ornement n’avaient rien de bien rassurant pour ce qui allait s’ensuivre. Elle sentait le goût du cuivre dans sa bouche - était-ce le sang ou le métal qui se faisait de plus en plus menaçant contre l’une de ses canines ? S’attendant déjà au pire, Lyessa n’arrêtait pas pour autant ses gémissements réprobateurs et c’est lorsqu’il vint lui susurrer à l’oreille ces futures intentions qu’elle ouvrit de nouveau les yeux. Les ignominies qu’il venait de formuler ne faisaient que venir s’ajouter à sa hargne et à son refus de se laisser soumettre. Mais si ses mouvements étaient rudement limités, ça ne lui empêchait pas de lui offrir un regard empli d’une haine féroce. Néanmoins, à son plus grand soulagement, il retira les pinces sans pour autant lui ôter la moindre dent – ce qui ne lui laissa pas pour autant le temps de manifester le moindre sentiment. Le voilà qu’il la traînait par les cheveux dans la boue et qu’il la forçait à se tenir à quatre pattes. Son poignet sûrement cassé lui faisait souffrir le martyr à chaque appui et elle tenta bel et bien de se redresser ou de se tourner, quitte à se défendre d’une manière tout à fait désespérée contre son bourreau.

« Non ! » – Rugit-elle, ses bras cédant dans la boue. « P’tain fais pas ça, Lakdahr ! Enfoiré de Fer-né ! »

Ses protestations n’eurent pas grand effet sur Lakdahr qui vint se coller derrière elle, le doute n’étant pas permis quant à sa virilité exacerbée – un détail que Lyessa n’appréciait particulièrement pas. Jouant du coude de son bras blessé, elle tenta vainement de le repousser, les mots se bloquant dans sa gorge. Elle ne pouvait pas s’étaler de tout son long et rouler dans la boue pour rendre les choses compliquées. Il était trop fort et elle trop frêle – elle avait l’impression d’être un pantin entre des paluches sinistres et terrifiantes. Et bientôt, elle ne serait qu’une coquille vide, une dépouille honteusement abusée dont il ne restera qu’un orgueil brisé et une rage indicible. Ce qu’il lui chuchota à l’oreille avant que ses doigts n’en viennent à défaire son short lui arracha un grondement sourd. Et voilà qu’il la fessait pour ajouter à l’humiliante situation et posture dans laquelle elle se trouvait. Lyessa ne trouva qu’à fermer les paupières et à serrer la mâchoire, tenant son poignet douloureux dans son autre main, impuissante et priant les dieux sans nom d’intervenir pour ne pas le laisser faire. Qu’il la tue ! Qu’il l’égorge ! Tout, mais pas ça.

Puis, comme si quelque chose avait répondu à sa prière, le titan sembla s’arrêter dans son élan d’insatiable lubricité. Il restait maintenant immobile, comme aux aguets, et Lyessa se redressa dans un soupir d’espoir, observant discrètement les alentours. Un bruit, dans les fourrés. Effarée, presque débordante d’euphorie, la jeune femme semblait se douter de ce qu’il se passait. Lakdahr ne partageait manifestement pas son entrain et il la redressa aussitôt, lui arrachant un glapissement. Ramenée vers l’arrière, fermement maintenue contre lui, Lyessa ne pouvait que fixer les fourrés dans l’espoir de les voir émerger. Les Paludiers, son peuple. Elle ne se rappelait pas avoir déjà ressenti un pareil sentiment – un vague d’espoir qui en arrivait à lui faire oublier toutes les douleurs physiques. Les silhouettes émergèrent une à une des fourrés - la plupart de ses compères étaient petits et fins, tous armés d’arcs bandés en direction du Fer-né. Parmi eux, elle reconnut son paternel, qui s’était déplacé personnellement et qui se tenait prés de Pod. Joren était bien le plus grand et le plus épais de tous les Paludiers ici présent, et sa barbe broussailleuse lui donnait cet air inflexible appuyé par ses yeux sombres et intransigeants. Jamais elle n’aurait cru que Pod aurait craché le morceau malgré la promesse qui lui avait faite de ne rien dire – mais loué soit-il de l’avoir fait !

« Lâche-la. Tout de suite. » – Clama lord Reed d’une voix forte.

Lyessa écoutait d’une oreille distraite Lakdahr lui ordonner de leur dire de les laisser passer. Ses yeux étaient humides, entre colère et espoir que tout ceci finisse ici. Mais il la maintenait toujours contre lui, et avec cette hache en main, il pouvait aisément se servir d’elle pour fuir. La Nordienne garda les lèvres closes durant quelques secondes au plus grand dam du titan, avant d’émettre un soupir et de faire entendre sa voix. Elle voulait tellement leur hurler qu’ils se devaient de le tuer maintenant, et que de toute manière, elle y passerait sûrement. Les chances qu’elle avait de sortir indemne de cette confrontation étaient maigres, et que c’est avec un plaisir non dissimulé qu’elle l’emporterait dans la mort avec elle. Et pourtant, les mots qui franchirent ses lèvres furent tout autres.

« Père. Il va quitter les marais. Je m’en assurerai. » – Souffla-t-elle.

Il serait incapable de donner l’ordre aux archers de tirer sur sa fille de toute manière. Lyessa le savait pertinemment. S’ils étaient arrivés à point pour empêcher un acte ignoble, ils ne pouvaient la sauver maintenant – elle le savait.

« Il faut que vous nous laissiez passer, maintenant. »

Après quelques secondes d’hésitation où son père garda son regard rivé dans celui de sa fille, elle put lire du dépit et de la résignation dans le sien. Il fit un léger signe, les poings néanmoins serrés et les Paludiers s’écartèrent pour laisser de l’espace à la captive et à son bourreau. La lame sous la gorge, Lyessa fut menée par un Lakdahr méfiant et avant qu’il ne s’éloigne du groupe de Paludiers, Joren Reed articula d’une voix sombre, désignant le Fer-né d’un index accusateur.

« Si tu ne me la rend pas entière, je jure de traverser la mer et braver ton Dieu Noyé pour te faire la peau, Fer-né. »

Plus ils s’éloignaient d’eux, et plus Lyessa sentit son cœur se serrer dans sa poitrine. Elle aurait pu sangloter comme une enfant, arrachée à sa famille à contrecœur, mais sa fierté à peine entamée la força à ravaler sa peine et sa crainte. Elle ne pouvait pas lui donner ça – sa peur sur un plateau d’argent. Lakdahr la garda prés de lui durant toute la marche vers le littoral, craignant que les Paludiers ne les suivent et profitent de l’occasion pour lui trouer la peau. La jeune femme peinait à bouger les doigts de sa main droite dont le poignet avait été malmené et elle ne tenta rien pour se dérober à l’emprise du titan.

« Qu’est ce que tu vas faire d’moi ? C’est tout droit maintenant. Tu n’as plus besoin d’moi. Relâche-moi. » – Elle coula un regard dans sa direction, guettant sa réaction. « J’te suivrai pas. Tu pourras retourner sur ton caillou et moi dans mon marais, avec les miens. »

Elle rentra la tête dans les épaules puis replia les bras contre son buste – lui donnant un air vulnérable.

« Et faire couler mon sang n’te rapportera que la vengeance d’un Reed. Il tient toujours parole, surtout lorsqu’il menace. » – Ajouta-t-elle.

La crainte qu’il devait ressentir vis-à-vis d’éventuels Paludiers qui les talonnaient devait presser les choses et elle avait bon espoir de ne pas trop se faire malmener en longueur. Elle repensa à son arc, laissé dans la boue – son père avait du mettre la main dessus et il le garderait jusqu’à son retour, si retour il y avait. Puis, tandis qu’elle tergiversait sur les alternatives qu’il lui restait, une idée saugrenue en vint à bousculer ses pensées. Et s’il décidait de l’amener ? Pourquoi la menait-il aussi proche du littoral ? Etait-ce pour l’effrayer un peu plus ? Pour faire durer le suspense quant à sa mort éventuelle ? Elle ne savait pas, et tout cela l’inquiétait. Ses jambes peinaient terriblement à la traîner et le couvert des arbres laissa bientôt place au ciel blanc de nuages et à la côté décharnée. La brise marine s’immisça contre sa nuque, soulevant ses cheveux humides et lui secouant l’épiderme. Elle cligna des yeux à plusieurs reprises, ayant quelques difficultés à s’habituer à cette lumière vive. Le colosse était fort silencieux et ça en devenait très inquiétant. Elle l’observait dans de furtives œillades, tentant de discerner ses intentions de par l’expression de son faciès. Elle avait essayé de le tuer mais elle avait échoué – mais alors, pourquoi sa tête était-elle toujours sur ses épaules ? Y avait-il une raison ?

Puis elle le perçut, son boutre, accosté à quelques pas de là. Elle en avait rarement vu d’aussi prés et ça distillait un drôle de sentiment en elle. Elle aurait pu être curieuse si elle n’était pas aussi effrayée par ce qui l’attendait. Elle entreprit de s’arrêter de marcher, puis en appelant à l’attention du Fer-né, elle le questionna.

« Tu vois. Pas de Paludiers derrière moi. C’est bon, tu peux t’barrer fissa, maintenant. » – Conclut-t-elle d’une voix voulue assurée. Elle se contraignait à ne pas lui faire de provocation car elle savait très bien que les conditions de leur séparation n’étaient pas de son ressort à elle. Elle pourrait toujours tenter de courir, maintenant – pour s’assurer une chance de fuir – mais au lieu de cela, elle soutint son regard durant quelques secondes avant de tourner les talons et s’apprêter à regagner ses marais avec dignité.







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Lakdahr l'Edenteur
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Message Mar 27 Nov 2012 - 13:09

Il repéra le félon parmi la masse répulsive prompte à se confondre avec ce marécage lui-même, preuve s'il en était que ces gens ne pouvaient qu'en être issus, il fut presque pantois de n'apercevoir aucune touffe de mousse leur dépasser des aisselles ni même aucune carcasse de grenouille pendre à leurs ceinturons. Toutefois, il fut réellement surpris de leur carrure, si frêle qu'ils étaient tous, bien plus insignifiants que les continentaux lambdas que l'on trouvait sur le reste du littoral et incomparables à la plèbe fer-née. S'il n'avait pas fait la connaissance de la lady quelques heures auparavant, sans doute le titan se serait-il gouaillé face à une menace aussi grotesque, quand bien même le tranchant de leurs flèches ne dupait point. Désormais, il pouvait congratuler la jeune femme, ainsi que Pod de par sa forfaiture, pour lui avoir inspiré suffisamment de méfiance durant leur badauderie et avoir de ce fait affiler sa circonspection dans une situation comme celle-ci. Car si Dentesque frétillait d'envie d'en découvre tout de go, le surcroit numérique d'antagonistes l'en dissuadait, aussi user de sa captive comme un égide lui semblait, pour l'heure, être la meilleure perspective de survie. Ses insondables calots considérèrent chaque individu le lapidant de foudroyants regards, même le plus grands des Paludiers n'avait qu'un reflet d'insignifiance aux yeux de Lakdahr qui n'avait jamais autant ressenti son gigantisme qu'en ce jour. La sommation de l'un d'entre eux ne le fit en rien ciller, au mieux, ses phalanges étrécirent leur prise sur le fluet galbe qu'il gardait prisonnier contre lui et ne laisserait fichtrement pas partir ! Plus qu'un impromptu guide, la sylphide était désormais une assurance pour rallier le boutre de Noran qui, il l'espérait sincèrement, patientait encore sur la côte. Et alors qu'il s'adonnait à quelque spéléologie intellectuelle pour dénicher une issue à ce guêpier, la réponse donnée au quidam qui prit précédemment parole l'interloqua, non pas par sa nature résigné, mais par le lien parenté qui l'amenait tout logiquement à une inéluctable conclusion : lord Reed ! Quel autre membre de sa communauté de sanguinaires écumeurs pouvait se targuer avoir rencontré, en personne, le seigneur du Neck ? Ne lui manquait plus qu'à flâner dans la tourbe de Fort-Griseaux et il en deviendrait un être d'exception, décidément, cette journée était des plus truculentes. A bien y réfléchir, il relaterait son odyssée à Gabriel qui aurait peut-être du mal à lui prêter foi, mais ses meurtrissures attestaient au moins de ses péripéties. Son hémoglobine continuait de suinter de sa plaie brachiale, là où celle auriculaire avait eu le temps de pacifier ses pleurs vermeils, et il craignait qu'à l'instar d'une meute de loups acculant une proie, la vue et la fragrance de son sang ne constituent une trop grande tentation pour qu'ils n'y résistent.

Après le revers de fortune, la providence semblait lui sourire derechef, ou peut-être était-ce la simple clairvoyance de la naïade qui fit son salut. Sans qu'il n'ait à lui arracher l'aide de façon coercitive, elle leur offrit une échappatoire auquel nul n'osa confronter une quelconque objection. Sentier ouvert, l'Edenteur ne se fit guère prier pour s'y faufiler tout en prenant garde à ne tourner l'échine à aucun de ses ennemis, conscient qu'un projectile était susceptible de s'y ficher en dépit des ordres donnés. L'intervention de Joren sonna parfaitement creuse aux tympans du mestre fêvre qui n'en craignait rien, tant par l'absurdité des propos adressés que par l'énergumène en lui-même qui n'était diantrement pas le premier à lui jurer une telle fin. Nul de ces pauvres fous n'avaient été en mesure de tenir sa promesse depuis que le colosse avait engendré ses innombrables ignominies, et si de grands seigneurs de l'Ouest en avaient été incapables, il doutait qu'un simple autochtone du Nord puisse y parvenir. Il ne lui octroya alors qu'un prémisse de mauvaise risette tout en s'égarant dans la végétation, dans laquelle il fit volteface pour entreprendre une marche plus usuelle qu'une fois qu'ils furent hors de vision. Il bouscula la donzelle pour l'enjoindre à avancer, puis rangea sa hache dans son rachis où il vérifia également la présence du fléau qu'il aurait été malheureux de perdre après tant d'écueils. Ses phalanges se portèrent ensuite au niveau de sa blessure pour tâter la chair écorchée, une douleur qui lui tira un rictus âcre, avant qu'il ne juge de la quantité de fluide écarlate fluant le long de son bras. Il porta une oeillade particulièrement acide à celle qu'il talonnait de très près, la vendetta grondant de façon irascible en son être et quémandant d'être satisfaite. Cependant, il se garda de tout commentaire, contrarié, profondément vexé de s'être fait leurrer par deux fois et d'avoir été interrompu dans ses lubriques desseins. Que fallait-il donc faire pour connaître un semblant de paix, dans cette maudite région ? A quoi bon terroriser si l'on ne pouvait même plus violer sans être importuné !

Le regard droit bien que biaisant de manière itérative dans leur sillon, Lakdahr se concentra sur l'environnement dont il parvenait à reconnaître certains pans pour être les premiers qu'il avait aperçus en arrivant, signe qu'ils étaient sur la bonne voie. Il ne fit rien de l'inopinée précarité dont la belle se diapra et qui, en d'autres circonstances, auraient pu lui seoir à défaut de l'émouvoir. Il se refusait toutefois à se faire avoir une troisième fois, qu'importait les pantomimes dont elle usait alors, elle ne le mystifierait plus. Soudain, ce fut la brise maritime, la fragrance d'eau saumâtre et l'hilarité caractéristique de ses homonymes qui occupaient leur temps comme ils le pouvaient. La clarté céleste incommoda ses onyx qui se relevèrent pourtant pour en contempler toute l'immensité, et cette sacro-sainte mer... Son âme l'avait désirée, point autant que sa forge, mais il était guilleret à l'idée d'en coudoyer la houle. Un peu plus loin, le boutre sur lequel patientaient les rameurs, que le titan entreprit de rejoindre avant d'être interpellé par la jeune femme qui tenta de lui faire faux bond. Point de miséricorde pour celle qui avait pris plaisir à lui mener la vie impossible, ce pour quoi elle se repentirait le reste de son existence. Les phalanges du forgeron agrichèrent la crinière bistre de la donzelle, qu'il tira et ramena par conséquent vers lui.

« Tu t'prends pour qui lady Reed ? J't'ai dit que tu m'guiderais à travers le Neck, mais j'ai aucunement dit que j'te laisserais r'partir en vie... Ni que j'te laisserais r'partir tout court. » De sa main libre, il saisit le poignet meurtri de la paludière et y exerça une douloureuse pression. « T'crois vraiment que ton p'tit peuple peut m'foutre les boules ? C'est que tu connais bien mal les fer-nés, mais rassure-toi, t'vas avoir tout le temps de réviser là où on va. »

Les commissures de ses lippes s'étirèrent en un sourire matois, puisqu'il n'avait pas pu l'avoir dans la tourbe de son marécage, il l'aurait sur la rocaille de l'archipel du Dieu Noyé, en tant que concubine officielle. Une femme-sel extirpée des profondeurs du Nord, voilà qui aurait de quoi en faire jalouser quelques-uns ! Sans plus attendre, le colosse se baissa pour mieux la basculer sur son épaule, la maintenant d'un bras autour de ses cuisses pour rejoindre sans plus tarder l'embarcation. Son arrivée eut le mérite d'attirer l'attention de tous les matafs, curieux de la muse qui gesticulait en sa poigne, tout comme de l'état général de leur congénère : maculé de sang et de fange. Ce dernier déposa sa captive sur le pont, aux abords du mât tout en y demeurant lui-même, entouré qu'ils étaient par les matelots avides d'explications. L'Edenteur leur relata quelques faits abstraits, insistant sur le trépas de leur capitaine ainsi que celui de leurs camarades tout en usant du fléau d'arme comme irréfutable preuve de ses dires. Le sujet fit longuement débat parmi les guerriers, dont certains préférèrent toutefois toiser l'unique nymphette présente parmi eux et dont ils examinaient les formes sans complexe. Leur grasse hilarité alliée à leurs grivoises galéjades constituaient une ambiance pour le moins malsaine et prompte à dégénérer à la première opportunité, en apparence seulement, car la prise était celle d'un seul homme qui protégerait ses intérêts et son fer-prix. Une fois la controverse passée et surtout, la menace d'hypothétiques sauniers soulignée avec tact, ce qui demeurait de l'équipage prit la décision de reprendre les flots pour regagner leurs îlots de pierraille. Une bonne nouvelle pour un mestre fêvre éreinté, qui ne demandait qu'à profiter d'une sinécure dans l'éponyme bastion de Pyk. A moins qu'il ne fasse directement escale sur Harloi, pour mettre son frère de coeur au fait ? Dans tous les cas, il était plus que temps de quitter cette sentine qui ne lui manquerait guère !

Les quidams s'échinèrent aux rames et différentes exécutions nécessaires pour s'éloigner de la côte, le géant guettant précautionneusement l'orée du cloaque pour s'assurer qu'aucun natif ne se préparait à lancer un assaut, ce qui ne semblait point être le cas malgré l'enlèvement de leur héritière. Par ailleurs, Lakdahr fit mouvoir son gigantesque galbe jusqu'à la concernée pour la jauger de toute sa hauteur. Ils étaient tous deux dans un lamentable état, bien que, en route pour les Iles-de-Fer, la sylphide était la plus à plaindre du couplet d'aventuriers qu'ils avaient formé. Il renâcla d'une manière fort peu congrue, puis appuya sa main contre la hampe de bois dans le but d'oppresser la belle par sa posture.

« Un conseil : tiens toi tranquille tout le long du voyage, parce que sinon c'est entre les cuisses de tous les bougres d'équipage que t'vas passer. T'as beau être à moi, j'hésiterai pas à les laisser t'tringler jusqu'au vide intégral de leurs roustons, t'as pigé ou j'dois t'illustrer la chose ? »

Nul besoin de lui annoncer vers quel horizon ils bourlinguaient désormais, elle le comprendrait aisément de sa seule sagacité. N'attendant pas de réponse particulière, persuadé que les choses ne pourraient plus que fonctionner dans son sens, il s'en alla rejoindre le marin à la barre tout en tapotant ce rumen qui restait désespérément vacant et qu'il avait hâte de combler en rentrant.




" - On fait quoi ? - Valeurs sûres : on leur éclate la gueule. "
 " Barbare qui roule amasse coups de boule. "
" On dit que les fer-nés détestent toutes les races, c'est faux, on les aime toutes ! En ragoût, en civet, à la broche... "

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Lyessa Reed
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Message Mar 27 Nov 2012 - 18:04

Lyessa caressait le vague espoir que le Fer-né la laisse filer et se contenterait d’un « chacun chez soi » sans pour autant lui arracher la moindre dent. Après tout, voilà qu’ils venaient de rejoindre son boutre et il avait ce qu’il était venu chercher. Bien sûr, elle savait aussi que ses vaines tentatives d’attenter à sa vie ne lui offraient guère d’alternative. Elle avait le devoir de se battre jusqu’à la fin et s’il comptait lui trancher la gorge, mieux valait qu’il le fasse maintenant qu’elle avait le dos tourné. Elle commençait presque à croire qu’elle pourrait filer fissa lorsqu’elle sentit l’emprise de la paluche de Lakdahr dans sa tignasse emmêlée. Etouffant un cri entre ses dents serrées, la Paludière dut se résoudre à rester à proximité de son ennemi, son regard planté dans le sien avec véhémence. Corps meurtri, la jeune femme tenta de repousser le Fer-né, se heurtant au mur que représentaient sa taille et sa force. Il lui saisit son poignet blessé pour y appuyer avec cruauté, arrachant un nouveau cri réprobateur de la bouche de la Nordienne. Si elle pensait qu’il la tuerait là pour offrir un spectacle aux marins perchés sur le bateau, elle devait se rendre à l’évidence que ce qu’il comptait faire était bien pire. L’emmener ? Cette pensée la rendit folle et elle se mit à se débattre comme une forcenée même si ça n’avait aucun réel effet sur son ravisseur.

« Non ! » – Cracha-t-elle, furieuse. « Tue moi ! Tranche-moi la tête si tu veux mais tu m’emmèneras pas. » – Elle tenta d’harponner son regard dans le sien pour donner plus d’impact à ses paroles. « J’te tuerai ! J’te tuerai je te le jure Lakdahr ! Si tu m’emmènes, je te rendrai la vie impossible, à toi et à tes dégénérés d’Fer-nés. Alors, tues moi sale enfoiré ! »

Elle était véhémente et s’agitait entre ses paluches pour tenter de se défaire de sa poigne. Il ne pouvait pas l’arracher aux siens pour faire d’elle une captive – elle préférait la mort à devoir vivre dans la soumission et entre les mains de ses ennemis. Le géant n’avait cure de ses protestations et c’est sans mal qu’il l’attrapa pour la porter sur son épaule comme si elle n’était qu’un vulgaire sac. Elle avait beau frapper et tenter de mordre, il ne se défit d’elle seulement lorsqu’il eut posé le pied sur le pont. Enfin libre, ce ne fut que pour reculer contre la mat et tomber sur son séant, déséquilibrée par sa panique. Tel un animal traqué, la jeune femme tourna vivement la tête à droite puis à gauche, considérant chacun des Fer-nés qui la lorgnaient avec un intérêt méprisable. Ils étaient nombreux – trop pour qu’elle ne puisse tenter quoi que ce soit, surtout en vue de son propre état de fatigue. Si elle avait une chance de tuer plusieurs d’entre eux, il resterait toujours le colosse, cet inébranlable Lakdahr qu’elle désirerait voir au fond des eaux qu’il chérissait tant. Peinant à respirer calmement, Lyessa fit courir son regard pour repérer les seules tentatives d’échappatoire qui lui restaient. Elle se faisait la silencieuse promesse qu’elle ne parviendrait pas jusqu’aux Iles de Fer – qu’elle préfèrerait emporter l’un des hères présents sur ce bateau quitte à crever plutôt que d’y être trainée de force. Sa vie était au Nord, sa vie était liberté – et si elle avait le choix de mourir plutôt que de subir, alors elle cracherait à la gueule de son ravisseur et préférait tenter sa chance dans l’au-delà. Lyessa grimaça de fureur et de dégout en écoutant le petit discours que leur offrait le colosse des Iles. Elle croisa bon nombre de regards qui venaient à la détailler ostensiblement et elle se redressa, avec la terrible sensation d’être une pièce de viande livrée à des loups affamés. Bien trop insistants à son goût, il semblerait que l’Edenteut ait au moins la dignité de s’affirmer comme son propriétaire. Quelques uns payèrent au prix de leur vie la tentative qu’ils eurent de la délester de ses vêtements – la seule chose qui, par démesure d’égo, eut au moins le mérite de la sauver de malversations. Du moins, pour l’instant.

Etaient-ils tous aussi détestables et inhumains ? Dans les prunelles sombres de la Reed, effarement et haine ne cessaient de se côtoyer sans demi-mesure. Elle n’avait encore jamais mis le pied sur un bateau, et ce n’était pas ainsi qu’elle avait espéré découvrir la chose. Les marins finirent par la libérer de leur attention pour se préoccuper du boutre qu’ils devaient ramener aux Iles de Fer. Quand la carcasse de bois se mit à tanguer, Lyessa observa la côte avec l’impression qu’on lui arrachait le cœur à mains nues. S’agrippant au mat, elle flancha, ses guibolles ne demandant qu’à la lâcher une nouvelle fois. Son cœur battait la chamade et la Paludière espérait toujours voir son peuple émerger, libérant une pluie de flèches sur le navire – et pourtant, il n’en fut rien. Lyessa lâcha ses terres du regard seulement pour les plonger dans les yeux de son ravisseur qui se tenait maintenant devant elle à la presser contre le mat. Etait-ce parce que ses jambes la menaçaient de l’écrouler au sol à tout moment qu’elle le voyait plus grand que d’ordinaire ? Difficile à dire. Elle l’écouta sans ciller, écoutant sa menace avec un stoïcisme presque surprenant. Ce ne fut plus qu’avec mépris qu’elle le lorgna, n’ouvrant pas la bouche pour laisser libre cours à ses injures. Elle ne voulait pas tester la véracité de ses propos sur le sujet. Après qu’il préféra s’en retourner à ses occupations, les épaules de la Paludière s’affaissèrent de résignation. Elle réfléchissait toujours au moyen de s’en sortir, ainsi cernée par des Fer-nés et la seule idée qui lui vint à l’esprit fut celle de parvenir à sauter par-dessus bord. Pour sûr qu’elle n’était pas à l’aise à barboter dans la mer, mais c’était toujours mieux que ce qui l’attendait une fois qu’il l’aurait conduite sur ses Iles. Elle se mâchouilla la lèvre, pressant son esprit de fonctionner correctement pour lui donner une idée lumineuse. Les marins étaient relativement occupés par leur manœuvre et ce n’était pas eux qui posaient le plus de problème à son éventuelle tentative de fuir. Elle resta désespérément impuissante durant quelques temps encore, transie par la crainte, la réflexion et la douleur. Ce ne fut que lorsque la côte lui sembla assez éloignée pour lui donner la nausée que la jeune femme entreprit de faire quelque chose.

« Là-bas ! » – Clama-t-elle sur un ton voulu grave pour profiter de l’agitation et détourner l’attention des individus qui l’auraient à l’œil.

Jamais elle n’aurait cru que sa tentative de diversion aurait pu marcher mais ça lui laissa assez de temps pour se mettre en mouvement et fondre dans un dernier élan de survie jusqu’à la rambarde qui la séparait de l’immensité salée. Elle y grimpa souplement et ne jeta pas un seul regard en arrière – préférant tenter sa chance en nageant vers la côte plutôt que de s’en éloigner un peu plus. Elle plongea dans l’eau vigoureuse et mit quelques secondes avant d’émerger à la surface. Son poignet lui faisait un mal fou et elle peinait à le mouvoir pour nager correctement, ce qui ne l’empêcha pas de s’évertuer à s’éloigner du bateau comme elle le pouvait. Le courant était tenace et la Paludière manqua de boire la tasse à plusieurs reprises. Elle pouvait bien mourir noyée que c’était un sort préférable à celui qui l’attendait si elle était restée sur le boutre ennemi. Elle daigna tout de même jeter un regard derrière elle pour s’assurer qu’elle n’était pas suivie de prés – mais c’est avec un soulagement à la limite de l’euphorie que Lyessa constata que pas un seul homme n’avait entrepris de la suivre. Pour s’assurer une fuite en toute tranquillité, la jeune femme s’immergea entièrement et poussa son corps à bout pour qu’il la mène le plus loin possible sans être dérangé par les remous à la surface. Elle était épuisée mais si prés du but, elle ne se rendrait pas. Jamais. Et l’espoir d’être la main armée de la vengeance envers les Fer-nés et plus particulièrement Lakdahr l’Edenteur lui donna la force de continuer, quitte à être engloutie - ce qui serait un sort assez ironique selon les croyances de ces dégénérés de Fer-nés.



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Lakdahr l'Edenteur
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Message Mar 27 Nov 2012 - 20:50

La houle le guiderait enfin jusqu'aux îles qui, finalement, n'étaient pas si lamentables en analogie à ce cloaque dans lequel il se jurait de ne plus jamais mettre une dent – qu'il s'agisse de la sienne ou non. Désormais, il savait que le Neck n'était pas un endroit de badauderie pour un mestre fêvre en émoi, et pour un mestre fêvre tout simplement. Toutefois, dans son méchef, n'en résultait pas que du négatif : il s'était définitivement débarrassé de Noran, qui ne pourrait guère plus réitérer son escamotage ou l'importuner d'une quelconque façon, voilà qui soulagerait les Iles-de-Fer de l'un de leurs innombrables fardeaux ! Puis, le retour du guerrier ne se faisait point sans un trophée d'une telle valeur seigneuriale qu'il se demandait si le mieux était encore de la préserver en tant que concubine... Ou non. Le Dieu Noyé adorait la carne de noble, pour le martyr était ceint de grands titres, plus il faisait un sacrifice de choix, et une Reed aurait le don de le contenter pour quelques temps. Si elle ne daignait point obéir ou le satisfaire à sa guise, elle s'en irait rejoindre les abysses et il se ferait un plaisir de la faire dégorger de toute l'eau de la mer lui-même. Qu'était une offrande si l'on ne pouvait la faire de ses propres mains ? La noyer tout en poursuivant le stupre entamé dans la tourbe, voilà un fantasme qui avait de quoi le ravir si les choses ne fonctionnaient pas comme il le désirait. Mais qu'aurait-elle d'autre à faire si ce n'était courber l'échine une fois dans l'antre des ses antagonistes ? Violain avait bien tenté de lui résister, à sa manière, et avait frôlé le trépas par bien des fois, devant en grande partie son salut à nul autre que Gabriel et ses accès sentimentaux – qu'il regrettait amèrement aujourd'hui. Mais ses insurrections, la blonde vénus les avait promptement pacifiées en faisait moult fois connaissance avec le courroux du titan, qui ne se retenait en aucune manière lorsqu'il était question de sanction. Tant pis s'il devait en passer par ce sentier avec la paludière, et si la mort lui était vouée, elle ne serait qu'une de plus parmi celles qu'il avait déjà connues et froidement assassinées.

Un soupira s'extirpa des lippes de Lakdahr qui vérifia évasivement l'état de son oreille, puis celui de son bras sous le regard intrigué du mataf au gouvernail. Inutile de relater les façons dont une donzelle l'avait par plusieurs fois tourné en ridicule, lui qui ne songeait qu'à omettre ces détails de mésaventure. La discussion s'entama sur quelques notes familières alors que le boutre s'éloignait progressivement au grès des efforts conjoints. Ce fut alors qu'entre deux dilatations de rates, il crut entendre la voix de la jeune femme époumoner des paroles qu'il ne comprit point, faute d'attention. Il eut toutefois l'instinct de se tourner en sa direction, à l'adéquate moment où elle grimpa sur le bord de l'embarcation, un réflexe commun à beaucoup de capturées, de ce qu'il en savait. Les prunelles écarquillées, il se hâta en sa direction et tenta de la happer du bras avant qu'elle ne fasse le grand saut... En vain, il ne put que la frôler du bout des phalanges, à moitié basculé au-dessus des flots. « Rah la conne !! » Son poing frappa le bois du bateau, enragé qu'il fut et prêt à répondre de manière congrue : en se préparant à passer le bastingage à son tour. Cependant, il se statufia dans son élan lorsque la nitescence d'une furtive réflexion lui vint... Se mouiller pour elle ? Avoir encore des forces à dépenser en brasse coulée sans être assuré qu'elle ne préférerait pas se noyer d'elle-même avant même qu'il n'ait eu le temps de la rattraper ? « … Ouais... Mais nan... » Et sa jambe repassa du bon côté du pont dans une pleine résignation.

Ses onyx scrutèrent parmi les vagues et leur écume pour distinguer la silhouette de la sylphide qui, éprise de survie, avait vaillamment osé le tout pour le tout. Il blâmait volontiers la stupidité de l'équipage qui s'était naïvement berné... Mais était-il le mieux placé pour les morigéner, après tout ce qu'ils avaient vécu dans les marais ? Là encore, en dépit de sa frustration, il jugea particulièrement inutile de les tancer, leur rôle n'étant pas de veiller sur les femmes-sel d'autrui. Une Reed qui échappait au pire pour cette fois, et s'il ne l'avouerait jamais ouvertement, elle méritait cette fin. Rares étaient les femelles à guerroyer jusqu'à prendre des risques inconsidérés, car nul n'était certain qu'elle parviendrait à rejoindre le littoral, épuisée et blessée comme elle l'était. A bien y réfléchir, il espérait, au fond, qu'elle puisse y arriver et être récupérée par les sauniers probablement fous d'inquiétude pour leur héritière. Car si vivante elle en ressortait, vivante pourrait-il providentiellement la revoir, un jour. Quelque chose lui susurrait qu'elle ne l'oublierait pas de sitôt, cet irascible fer-né qui lui avait fait vivre un enfer et avait en plus osé sortir de ses périlleux marécages en un seul et unique morceau. Une odyssée dont il pouvait lui aussi se targuer de la fin, car même si la proie s'était finalement jouée du prédateur, il avait récupéré le plus important et respirait toujours. Intuitivement, sa main s'empara du fléau d'arme, sur lequel luisait encore l'hémoglobine de son précédent porteur. Tant de tribulations pour un ouvrage qui n'était pas même parmi ses plus illustres, tout ceci à cause de la vanité d'un fer-né qui n'avait trouvé que la mort à l'aboutissement de ses folies. Une journée comme il n'en revivrait certainement pas, et pour cause, il se jurait d'appliquer une plus grande veillance sur ses affaires et de ne reprendre l'itinéraire du Neck sous aucun prétexte. La fange et les lézard-lions, très peu pour un enfant de la rocaille, il lui laissait sa sentine là où lui retrouverait son caillou, comme l'avait-elle elle-même dit. Ainsi donc, il s'en alla s'asseoir dans un coin du boutre pour prendre un repos bien mérité, l'esprit chamarré de conjectures.



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" - On fait quoi ? - Valeurs sûres : on leur éclate la gueule. "
 " Barbare qui roule amasse coups de boule. "
" On dit que les fer-nés détestent toutes les races, c'est faux, on les aime toutes ! En ragoût, en civet, à la broche... "

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