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Tu es fou, j'en ai bien peur. Mais, je vais te dire un secret. La plupart des personnes bien le sont... ▬ Pryam

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Message Jeu 1 Nov 2012 - 18:33

Les souvenirs encore frais dans son esprit se mélangeaient les uns aux autres. Elle ne savait plus vraiment où elle se trouvait, quelle heure il était, ni dans quel état elle était. Toutes ses émotions, de la plus infime à la plus sensible, étaient revenues à leur état actuel : poussières. Et encore, si leur état actuel était bien la poussière. Elle ressentait une grande douleur dans son dos, sans pouvoir accéder à un miroir, une flaque qui lui aurait permis de mesurer l’ampleur des dégâts. C’était comme si on avait soudain déchiré son dos en deux, l’obligeant à rester bossue un bon moment. Elle tourna les yeux vers la droite, où un bruit venait de se produire. Et c’est là qu’elle se souvint.

Les images lui revenaient par flashbacks, tels des éclairs qui auraient pénétré son cerveau pour lui laisser apercevoir un petit temps du passé, de ce passé dont elle venait à peine de sortir. D’abord, ce fut la matinée qui lui revint. Elle se vit en train de déjeuner, assise à la table en bois avec ses parents, qui souriaient gaiement. Jamais elle ne les avait vus pleurer, ou même perdre leur sourire. Son père était un homme simple, élevé sans la moindre notion de noblesse, mais qui n’était pas non plus simple d’esprit. Il aimait rire avec sa fille, la réconforter dans les moments difficiles, mais jamais il ne lui avait appris à pleurer correctement ; si toutefois il y avait bien une façon d’apprendre. Sa mère, elle, semblait toujours inquiète. Un peu garçon manqué, son inquiétude ne se voyait pourtant pas lorsqu’elle devait travailler dur dans les champs pour réussir à maintenir l’ambiance chaleureuse de la famille. Elyanos admirait ses parents. Lorsqu’elle était petite, quand sa mère lui demandait ce qu’elle voulait faire plus tard, elle n’avait de cesse de répondre qu’elle deviendrait maman, et qu’elle aimerait être aussi parfaite que sa mère. Ils possédaient une petite maison derrière laquelle ils avaient établi un petit potager qui les nourrissait à peu près toute l’année. Depuis qu’elle avait eu l’âge de parler, de rire, de chanter mais surtout de marcher et de porter, Elyanos aidait ses parents. Chacune des tâches qui lui incombaient, elle l’effectuait avec le sourire, prenant exemple sur sa mère, sur son père, sur cette figure qu’elle considérait comme parfaite de ses parents.

Elle se souvint de la discussion qu’ils avaient eût ce matin-là, au sujet de l’âge d’Elyanos. Son père répétait sans cesse qu’elle était en âge de se marier, et sa mère prétextait qu’une roturière ne trouverait pas de mari en restant terrée chez elle au fin fond des Terres de l’Orage. La jeune fille, alors âgée de quinze ans, avait soupiré et était sortie prendre l’air quelques instants. Le reste de la matinée se passa sans encombre ; ils travaillèrent tous trois dans le champ, bien trop occupés à défricher pour penser au mariage, aux statuts sociaux ou autres désagréments possibles. Puis, lorsque le soleil commença à descendre et la nuit tomber, Elyanos décida de s’éloigner un peu pour pouvoir admirer ce paysage qu’elle considérait comme entre terre et ciel, séparant deux mondes ; celui du Jour, et celui de la Nuit. Elle préférait sans nul doute la Nuit, pour sa lune, étincelante, au Jour, qui était tellement ennuyeux. Assise sur un rocher, des étoiles dans les yeux, elle resta ainsi plusieurs longues minutes. Elle se souvint qu’elle était revenue vers la maison alors que la nuit tombait presque, et que c’est là qu’eût lieu l’explosion.

Les flashbacks disparurent, et la jeune fille aperçut clairement ce qu’il s’était passé quelques temps plus tôt. Elle marchait sur le chemin de terre, observant ses parents, debout près de la porte en bois. Ses yeux virent une étincelle, non loin du toit de la maison. Elle hurla. Hurla tous ses poumons, hurla pour prévenir ses parents, hurla pour s’éviter la peur. Elle crut un moment qu’ils avaient entendu, qu’ils allaient se mettre soudain à courir vers elle pour échapper à ce malheur qui les guettait de par leur maison. Elle espéra que les anciens et les nouveaux dieux entendraient sa prière muette, qu’ils décideraient de sauver cette famille qui n’avait rien fait pour mettre ainsi un terme à sa vie. Elle espéra, et son espoir se transforma en peur. Elle voulut courir vers sa famille, elle voulut se suicider, mourir avec eux, mais une force inconnue, au plus profond d’elle-même, l’en empêcha. Elle ne fit rien, si ce n’est hurler. La maison tressauta avant que ses parents aient été en sécurité, avant qu’ils puissent courir. De là où ils étaient, ils n’entendaient pas ses hurlements, ses plaintes et tout cet espoir qu’elle mettait à crier, à crier pour les prévenir. Et soudain, ce fut le néant.

Elle se couvrit la tête et s’allongea sur le sol, espérant que les débris de ce qui avait été quelques instants plus tôt sa maison ne lui tomberaient pas dessus. Et pour cause, même si toute la construction était en bois, elle savait qu’elle souffrirait si un objet quelconque lui tombait dessus. Non seulement il serait probablement lourd, mais il était en plus lancé à une vitesse extraordinaire, et brûlant de par l’explosion. Puis elle comprit d’où venait sa douleur, au moment où ses souvenirs lui montrèrent le bout de bois qui lui était tombé en plein milieu du dos. Après ce choc, elle avait été assommée, et ne s’était apparemment réveillée que maintenant. Elle voulut hurler son désespoir, hurler au monde qu’elle ne méritait plus de vivre, hurler qu’elle désirait tant mourir. Pour rejoindre ses parents dans la tombe, pour ne pas les laisser tomber. Mais ses cordes vocales en avaient décidé autrement, car elle ne fit que tousser sans produire le moindre mot. Elle voulut ensuite pleurer la perte de ses parents, mais aucune larme ne coula sur ses joues. Une odeur pestilentielle, semblable à celle du brûlé, du sang, le tout mélangé au bois pénétra ses narines, et elle toussa encore, se bouchant le nez pour ne pas avoir à subir l’odeur infecte. Elle se releva tant bien que mal et faillit hurler en sentant son dos se déchirer en deux. Elle respira un coup avec la bouche, et décida que le mieux était de s’éloigner de cet endroit qu’elle détesterait, dorénavant. Il rimait avec la mort de ses parents. Mort. Elle n’arrivait pas encore à se faire à l’idée qu’elle était devenue orpheline en quelques secondes. A quinze ans, elle devait affronter seule le monde duquel ses parents ne l’avaient pas si bien préparée que ça, elle commençait à s’en rendre compte.

Elle baissa les yeux. Ses vêtements ressemblaient plus à des loques qu’à de réels vêtements. Où devait-elle aller ? Elle ne connaissait de Westeros que son nom et celui de ses régions. Sa mère avait passé beaucoup de temps à lui raconter des histoires lorsqu’elle était plus jeune, et jamais Elyanos ne s’en était lassée. La jeune fille prit une inspiration, et fit un pas. Elle sentit une vive douleur dans son dos, mais tenta de ne pas s’en préoccuper. Elle devait marcher, trouver un refuge où elle pourrait passer la nuit, une personne qui pourrait l’aider. Les larmes commencèrent à couler sur ses joues, ajoutant un peu de désespoir à sa situation. Elle voulait implorer, appeler au secours… mais qui l’entendrait ? Il n’y avait personne là où elle se trouvait. Elle devait marcher, et garder un infime espoir de tomber sur quelqu’un qui ne soit pas trop cruel ou qui ne veuille pas la prendre comme prostituée ou esclave. Elle avança, doucement, lentement, implorant les dieux de l’aider, mais tout en gardant une certaine rancœur. Après tout, elle leur avait demandé de l’aider, de prévenir ses parents avant que l’explosion n’ait lieu et ils n’avaient rien fait. Il était possible qu’ils n’existent pas ? Que ce soit seulement des histoires à raconter aux enfants avant d’aller dormir ? Pourtant, quelque chose lui disait qu’ils existaient, mais qu’ils ne voulaient pas se montrer. « Quelle clémence », pensa-t-elle. S’ils existaient, ils n’étaient sans doute pas des plus gentils. Ils l’auraient probablement aidée si cela avait été le cas. Mais elle se retrouvait, là, à marcher sur une route, le dos scié en deux, apeurée telle une fillette effrayée –ce qu’elle était, vraisemblablement-, cherchant un quelconque refuge ou de l’aide. Qui pourrait-elle trouver ? Elle se rappelait les histoires de sa mère sur les chevaliers. Ces personnes qui se battaient pour défendre leur roi, qui aidaient sans savoir vraiment qui ils aidaient. Elle espérait en rencontrer un, un jour. Mais pour le moment, n’importe qui aurait fait l’affaire. Elle sentait le sang qui coulait dans son dos, et une odeur de pourriture, de sang séché, et de brûlé l’entourait. Bref, elle n’était pas la plus jolie possible. Elle était tout sauf la beauté. Serrant les dents pour tenter d’oublier son dos, elle continua à avancer, priant toujours et encore. Dans son esprit, des images de ses parents ne cessaient de la hanter, et des larmes continuaient à couler sur ses joues sèches. Ses lèvres la piquaient, et elle n’osait pas les humecter avec sa langue de peur de perdre celle-ci. Elle ne mesurait pas l’état dans lequel elle était, mais marchait. Mais combien de temps allait-elle pouvoir tenir avant que les bras de Morphée ne viennent la chercher ? Il était possible de tenir longtemps dans Westeros sans avoir de nourriture ? Au pire, elle avait devant elle des champs où poussaient de l’herbe, du blé. Mais l’eau ? Il arriverait un moment où elle aurait besoin de soins, son dos ne tiendrait pas bien longtemps.

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Pryam Templeton
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♦ Date de Naissance : 27/09/1988
♦ Arrivée à Westeros : 26/08/2009
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♦ Doublons : Maron Martell, Sargon Harloi, Bryce Vyrwel, Alysane Mormont
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Message Ven 2 Nov 2012 - 12:43

     Pryam avait décidé de se rendre à Port-Réal depuis déjà quelques semaines, mais ce n'était que très récemment que ses pensées s'étaient assez ordonnées pour qu'il puisse envisager de prendre la route. Le dernier noble qui avait décidé de lui demander son aide était originaire des Terres de l'Orage, avant ce jour, le jeune Templeton n'avait jamais mis les pieds dans cette partie de Westeros, une nouveauté qui lui remontait le moral. Il avait opté pour la vie de chevalier errant en connaissance de cause, sachant très bien qu'ils n'étaient pas appréciés de part la majorité des habitants de ces terres, sans ignorer aussi qu'il n'aurait pas l'espoir de posséder plus que ce que son cheval de bât ne pouvait porter. Mais le jeune chevalier avait décidé que tout cela n'était pas assez lourd pour peser dans la balance, face au fait de pouvoir voyager à travers le monde et se poser où il le désirait. Si un jour le jeune homme en avait assez de voyager par monts et par vaux, il pouvait toujours essayer de trouver un noble ayant besoin d'un chevalier de plus à son service, ce n'était pas vraiment le genre de possibilités que l'on possédait en étant membre d'une famille de chevaliers protecteurs. Sans chercher à savoir plus loin que cela, il avait chargé son cheval de bât, sanglé le tout et préparé son destrier pour le voyage. Le noble qui l'avait accueilli chez lui pendant quelques temps le remercia de son service, chose peu courante lorsqu'on connaissait l'aversion que certaines personnes avaient pour les chevaliers errants, mais cette marque de politesse remonta le moral du jeune homme qui partit sur les chemins poussiéreux, le cœur plus léger.

     Il avait dressé le camp une ou deux nuits avant de se retrouver non loin de la bordure que les Terres de l'Orage partageaient avec Dorne, encore une contrée qu'il n'avait pas eu l'occasion de visiter avant ce jour et ce serait certainement le cas encore quelques longues années. Les pas de son cheval le menèrent rapidement sur un petit chemin de forêt non loin d'une demeure de noble comme on le lui avait dit, seulement Pryam ne prévoyait pas particulièrement de prolonger la durée du temps qu'il passait dans cette région et opta pour une solution plus rapide que celle de contourner leurs terres : passer par la forêt. Certes, ce n'était généralement pas trop conseillé lorsqu'on voyageait seul comme c'était le cas du chevalier errant, mais il n'en avait cure, généralement un chevalier suffisait à décourager les éventuels brigands qui ne tenaient pas à se faire passer comme ça par le fil de l'épée. Oh, bien entendu, un chevalier en voyage qui n'était pas au service d'un noble ne s'amusait pas à se surcharger avec son armure qui ne ferait qu'épuiser plus son destrier et rendre le trajet particulièrement inconfortable, mais on reconnaissait facilement un chevalier lorsqu'on en voyait un. Présentement, comme au cours de chacun de ses voyages, Pryam était donc simplement vêtu de la tunique que tous les voyageurs de Westeros connaissaient, confortable, protégeant du vent et du froid en cas de besoin et surtout assez légère pour ne pas épuiser inutilement son cheval. Bien sûr, l'animal de bât se récoltait toute la masse de l'armure qu'il n'utilisait que rarement depuis quelques temps, mais c'était sans importance, il n'était pas pressé par le temps et pouvait sans soucis s'arrêter pour permettre à ses chevaux de se reposer un peu avant de reprendre la route.

     Mais cela ne faisait guère plus de quelques heures que Pryam avait pris la route, dès l'aube en réalité comme à chaque voyage, il lui faudrait encore une bonne semaine au bas mot pour rallier Port-Réal alors hors de question de traîner trop longtemps au même endroit, de plus le soleil qui se levait l'empêchait de toute manière de se reposer et l'été devenait rude lorsque le soleil était haut, mieux valait trouver refuge sous la voûte naturelle de la forêt aux heures chaudes. Après quelques heures de marche donc, le jeune chevalier trouva refuge sous la protection des arbres, veillant tout de même à ce que ses montures ne s'égarent pas du chemin sinueux qui se promenait entre les arbres. Enfin chemin, c'était un bien grand mot, on distinguait avec difficulté le sentier encore humide qui devait servir de route pour traverser cette forêt, heureusement le chevalier était habitué à ce genre de route et il n'eut aucune difficulté à maintenir ses destriers dans le bon chemin. Après quelques temps, il ne saurait dire combien, le temps défilait aléatoirement pendant un voyage, Pryam commença à percevoir des légers bruits, semblables à ceux d'un animal ou d'une personne blessée. Pour un novice il était possible de passer à côté sans s'en apercevoir, mais lorsque vus aviez déjà entendu ce genre de bruits, c'était impossible. L'errant fit stopper son cheval, et la monture de bât dans un mimétisme parfait, fit de même, les bruits venaient d'un petit coin non loin du chemin où il se trouvait, ce qui décida le jeune homme à mettre le pied à terre. Le temps qu'il s'assure que ses animaux n'allaient pas s'en aller pendant qu'il avait le dos tourné, Pryam eut tout le loisir de voir plus précisément de quoi il en retournait. Plus loin sur le chemin, le chevalier apercevait une silhouette apparemment dans un mauvais état, mais le soleil lui arrivait de face et rendait sa vision difficile. Toujours est-il qu'il remarqua sans difficultés que la personne en question était dans le besoin.

     Le côté altruiste du blond le poussa à aller se mêler de ce qui ne le regardait pas, c'était le fer de lance des chevaliers après tout, il ne pouvait pas passer à côté d'un individu qui avait des problèmes, sans s'arrêter pour lui proposer son aide. Pryam avança vers la personne qui se révéla être une jeune femme, elle était encore adolescente, même si à leur époque cela signifiait aussi qu'elle pouvait déjà devenir mère. Sa tenue était abîmée, déchirée par endroits et elle avait du sang sur elle, un peu comme si une bête sauvage venait de l'attaquer. Pourtant ses membres visibles ne portaient aucune trace indiquant qu'elle avait été victime de morsures ou de griffures. Était-elle tombée sur des brigands qui avaient tenté de lui voler tout ce qu'elle possédait ? Vu son état, si c'était le cas ils y étaient apparemment arrivé. Le Valois s'était approché de la demoiselle jusqu'à s'arrêter à un petit mètre d'elle. La jeune femme avait les cheveux apparemment blonds, même s'il était difficile de le distinguer clairement vu son état actuel. L'avait-elle entendu ou vu approcher ? Il l'ignorait, mais par prudence mieux valait s'assurer qu'elle ne soit pas effrayée en le voyant soudain à ses côtés. D'une voix qui se voulait douce et rassurante, le chevalier errant s'adressa donc à elle.

     ▬ Ma demoiselle ? Que vous est-il arrivé ? Vous avez besoin d'aide ? »

     Difficile de l'ignorer. La demoiselle manifestait tous les signes d'une personne dans le besoin, en imaginant qu'elle nie que ce soit le cas, est-ce qu'il allait passer son chemin et la laisser seule ? Certainement pas. Son esprit serait bien trop préoccupé par la santé apparemment précaire de la jeune femme et il ne pourrait pas envisager de poursuivre son chemin. Estimant qu'il était inutile d'attendre sa réponse, le blond précisa un point afin d'éviter qu'elle ne s'imagine qu'il allait lui vouloir du mal.

     ▬ Je vais m'approcher, n'ayez pas peur. »

     Aussitôt dit, aussitôt fait. Le Valois esquissa un pas dans la direction de la jeune femme et leva la main dans l'optique de l'aider à avancer. Est-ce qu'elle était en état de marcher encore longtemps ? Peut-être, mais sachant qu'il avait un cheval il pouvait l'y installer au moins le temps de la mener jusqu'à un village où l'on pourrait s'occuper d'elle. Lorsque sa main toucha l'épaule de la jeune femme, Pryam reprit la parole en espérant simplement qu'elle n'allait pas lui compliquer la tâche en refusant son aide.

     ▬ J'ai un cheval, laissez-moi vous aider à vous installer dessus, ça sera plus simple que si vous devez marcher. Je vais vous amener à un village des environs, vous n'êtes pas en état de vous promener seule... »


« La vraie noblesse s'acquiert en vivant, et non en naissant. »

 

Hello darkness my old friend, i've come to talk with you again, because a vision softly creeping, left its seeds while I was sleeping, and the vision that was planted in my brain, still remains, within the sound of silence. ♦️ ©️ The Sound of Silence
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Message Ven 2 Nov 2012 - 22:19

La lune guidait ses pas. Les champs aux alentours n’avaient pour seul réconfort que leur vision, qui lui permettait d’apercevoir au loin. Si toutefois elle arrivait à apercevoir quelque chose. Or, pour le moment, aucun village, aucun voyageur n’était visible dans son champ de vision très réduit. Elyanos s’arrêta un moment afin de reprendre son souffle. Elle tenta de tourner la tête pour apercevoir son dos, mais se résigna bien vite au moment où un craquement eût lieu, et une douleur la prit dans les cervicales. Elle regarderait plus tard, si toutefois elle arrivait à trouver une flaque, un miroir, quelque chose qui lui aurait permis de se voir sans devoir subir une telle torture. Elle s’allongea quelques instants sur le sol, avant de se relever en sentant une brûlure dans son dos ; visiblement, il devait être ouvert. Mais elle ne maitrisait pas l’ampleur du désastre, si toutefois c’en était un. Elle respira un coup, s’humectant le palais pour trouver un peu de salive à avaler, mais ne trouva rien d’autre que sa langue sèche et sa bouche en manque d’eau. Elle avait soif. Et faim, accessoirement ; mais où trouver de quoi se nourrir et boire ? Le village le plus proche était à combien de kilomètres ? Elle était perdue. Elle se sentait complètement déboussolée dans ce monde qu’elle ne connaissait pas, dont elle ne savait, à proprement parler, presque rien, sauf l’éducation que ses parents avaient apporté. Et encore, elle était quelque peu médiocre. Elyanos était roturière, et le resterait toute sa vie. Enfin, sauf si sa vie s’arrêtait bientôt. Avant qu’elle puisse passer le seuil de la vingtaine. Elle s’était longtemps demandé ce qu’elle allait devenir, lorsque ses parents seraient trop vieux pour s’occuper du champ, lorsqu’elle aurait ce désir, ce besoin irrépressible de vouloir visiter le monde qui l’entourait.

Elle ne connaissait rien de Westeros, mais désirait tant en savoir plus sur ce monde qui l’avait vue naître, qui l’avait vue grandir et qui, peut-être, la verrait devenir une femme. Parmi les sentiments qu’elle ne connaissait pas encore, il y avait l’amour. L’amour, pas celui qu’une mère éprouve son enfant, pas celui qu’un frère partage avec sa sœur, pas l’amour fraternel de la famille, qui ne disparaît jamais vraiment sauf si la mort sépare cet amour, mais celui qu’une femme éprouve pour un homme. Celui qui brise les lois de la gravitation, qui vous fait vous sentir ailleurs, dans un autre monde. L’amour qui vous fait ressentir des papillons dans le ventre. Elyanos en avait déjà entendu parler. Mais compte tenu du fait que depuis qu’elle était petite, elle n’avait rencontré que ceux qui passaient par leur maison. C’est-à-dire peu de gens. Cette situation ne l’avait pas rendue associable, certes, mais elle ne savait pas vraiment quoi penser des gens qu’elle rencontrait. Après tout, elle n’avait pas rencontré grand monde depuis sa naissance. Elle connaissait les rudiments qu’on lui avait appris. Elle savait différencier les nobles des roturiers, connaissait quelques règles de politesse, mais ne savait ni lire ni écrire. Elle se disait qu’avec le temps, elle finirait bien par apprendre. Si toutefois elle arrivait à vivre pour en avoir, du temps. Ses pensées divaguaient encore lorsqu’elle entendit des bruits qu’elle n’espérait plus. Des bruits qui signifiaient de l’aide, qui signifiaient que quelqu’un était là, qu’il pourrait l’aider. Elle se figura qu’il ou elle était roi, reine. Plutôt roi. Elle préférait les garçons aux filles, non pas par souci d’adolescence –elle n’était pas obsédée par son nouveau corps de jeune femme-, mais tout simplement parce qu’elle trouvait que les filles avaient souvent, sauf sa mère, cet air cruel et impassible. Quelques Lady étaient passées devant sa maison, et elle se souvint de leur visage qui n’exprimait rien sinon le mépris. Puis elle se figura qu’il était méchant, qu’il ne l’aiderait jamais. Pire encore, qu’il la laisserait ainsi, là, à attendre la mort comme un corbeau attend son festin. Tout ce qu’elle venait de penser explosa, comme sa maison, dans son esprit, lorsqu’elle aperçut le voyageur de plus près.

Il n’était pas beaucoup plus âgé qu’elle, deux ou trois ans tout au plus. Des cheveux blonds lui tombaient près des oreilles, et son visage ovale exprimait tout sauf le mépris. Il semblait gentil, attentionné et tout sauf cruel comme elle se l’était imaginé. Elle avait souvent entendu parler des chevaliers, de par son père. Il pouvait passer plusieurs soirées à lui raconter telle ou telle anecdote sur tel ou tel chevalier, et visiblement, sa fille en redemandait dès qu’elle le pouvait. Sans jamais en avoir vu un, elle éprouvait une certaine admiration à l’égard de ces hommes (elle n’avait jamais entendu parler d’un chevalier femme) qui, d’après elle, combattaient pour le bien. Aussi, lorsqu’elle visualisa un tant soit peu correctement le jeune homme qui lui faisait face, rien dans sa tête ne se déclencha ; elle ne savait pas qu’il était chevalier. Elle l’observa quelques instants, sans bouger, attendant qu’il fasse un geste, qu’il prenne la parole ou qu’il parte en courant. Si elle avait été dans la même situation à l’inverse, serait-elle partie en courant, vu l’état dans lequel elle l’aurait trouvé ? Quoique, elle ne connaissait pas son état, après tout. Et l’éducation que ses parents lui avaient donnée ne lui avait pas appris à s’enfuir telle une lâche lorsqu’autrui demandait de l’aide. Sa voix brisa le silence qui venait de s’installer entre eux, et elle l’écouta sans bouger, tentant de faire cesser la douleur dans son dos par la pensée. « Ma demoiselle ? Que vous est-il arrivé ? Vous avez besoin d'aide ? » Que répondre ? Elle devait probablement être en sang, et avoir l’allure d’une bête minuscule, complètement chamboulée et effrayée. Alors, que dire ? Elle voulut ouvrir la bouche, pour parler, mais aucun son n’en sortit, si ce n’est quelques gouttes de sang qu’elle fit jaillir en toussant. Il semblait convaincu qu’elle avait besoin d’aide, mais elle n’arrivait pas à lui répondre que oui, à lui expliquer que ses parents venaient de mourir, qu’elle était perdue, qu’elle ne savait plus quoi faire. « Je vais m'approcher, n'ayez pas peur. » Encore sa voix. Comme si elle allait être effrayée, alors qu’enfin elle trouvait quelqu’un qui proposait de l’aider. Cependant, quelque chose lui disait d’avoir peur. Une petite voix dans sa tête se figurait qu’il l’approchait pour ensuite l’attaquer. Que devait-elle penser, alors ?

Elle décida d’écouter la voix et se recula d’un coup. Dans ses yeux brillait une lueur timide, une lueur qui faisait penser à l’éclat de la lune. Elle avait peur. Elle était complètement terrifiée, et ne savait plus ce qu’elle devait faire. Il s’approcha à nouveau, et elle ne bougea pas, attendant de voir. De toute façon, s’il la tuait maintenant, elle ne souffrirait plus. Ce serait comme une libération qu’elle attendait de pied ferme. Elle pourrait enfin retrouver ses parents, qui, même s’ils venaient de la quitter, lui manquaient atrocement. « J'ai un cheval, laissez-moi vous aider à vous installer dessus, ça sera plus simple que si vous devez marcher. Je vais vous amener à un village des environs, vous n'êtes pas en état de vous promener seule... » Un cheval ? Elle comprenait ce mot, connaissait cet animal, mais n’en avait jamais vu. Elle ouvrit la bouche. Elle devait parler, expliquer. « Je… Parents.. explosion.. morts… Pas village… » Elle ne savait même plus ce qu’elle disait, tant la douleur lui montait à la tête. Il lui semblait ne dire que des bribes, rien qui pourrait aider le jeune homme. Tout ce qu’elle savait, c’est qu’elle ne voulait pas aller dans un village. Elle avait peur, peur du jugement des autres. Le village le plus proche, elle le connaissait. Enfin, probablement. Et sa famille n’était pas des plus appréciées là-bas. Elle fixa le jeune homme, essayant de lui faire comprendre qu’elle avait besoin d’aide à l’aide de son regard. Un regard perdu, un regard qui était complètement terrifié et abattu.

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Pryam Templeton
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Message Sam 3 Nov 2012 - 15:53

     Malgré les paroles réconfortantes du jeune homme, la demoiselle recula comme si elle le craignait. Avait-elle été attaquée ? Les doutes du Valois à ce sujet étaient toujours aussi présents, elle ne portait pas les stigmates d'une bagarre, mais peut-être qu'elle s'était trouvée au centre d'une rixe et qu'elle avait été choquée ? Le chevalier n'y connaissait pas grand-chose, malgré son métier, il n'avait jamais vraiment eu à se battre, Westeros était en paix depuis bien avant son adoubement et son expérience en la matière était donc plutôt sommaire. Il regretta une fois de plus que son maître décédé il y a quelques années de cela, ne soit pas à ses côtés pour s'occuper de la blessée. Il avait toujours été plus aisé en matière de communication et il savait trouver les bons mots au bon moment. Ce n'était pas un talent qu'il avait légué au jeune homme, bien au contraire. L'idée qu'il puisse avoir effrayé la demoiselle lui traversa l'esprit : peut-être avait-il prononcé une parole malheureuse sans le vouloir ?
     Après les mots adressés à la demoiselle, elle sembla désireuse de lui faire savoir ce qui se passait et Pryam tendit l'oreille, observant le visage maculé de sang de l'inconnue. Explosion ? Parents ? Est-ce que sa maison avait été victime d'un accident et sa famille était décédée à ce moment ? Le regard céruléen du blond passa du visage de la jeune femme à ses bras, les blessures qu'elle portait pouvaient être le signe d'une explosion en effet, mais encore une fois le chevalier n'y connaissait pas grand-chose. Le mieux était certainement de prendre les choses en main, il apparaissait clair que la demoiselle avait besoin de lui et c'était son devoir que de lui accorder toute l'aide possible. Il hocha la tête avant de répondre.

     ▬ Très bien, je comprends, restez ici je vais chercher mon cheval, il est juste là. »

     D'un geste de la main, il désigna le chemin derrière lui. Les montures se trouvaient à quelques mètres de là, mais mieux valait rassurer la jeune fille histoire qu'elle ne s'imagine pas qu'il allait l'abandonner ici pour s'en-aller. Après s'être assuré qu'elle avait bien compris, il recula de quelques pas pour rebrousser chemin et aller rejoindre les deux chevaux qui n'avaient pas bougé d'un poil. Une chance que le destrier hérité de son maître soit aussi agréable, un autre aurait pu profiter de ce moment de liberté pour s'envoler et lui fausser compagnie. Plutôt inquiet à l'idée que l'inconnue soit plus blessée qu'il n'y paraissait, Pryam était bien décidé à faire les choses rapidement, mais bien évidemment aussi le plus efficacement possible.
     Attrapant les rênes de son destrier, le Valois les passa au-dessus des oreilles de l'animal pour pouvoir le tirer derrière lui et il fit de même avec le cheval de bât qui l'accompagnait toujours. Effectuant un coup sec sur le mors de la bête, il les tira derrière lui en direction de la jeune femme qui ne semblait pas avoir beaucoup bougé. En était-elle encore au moins capable ? Bonne question, Pryam doutait que ce soit le cas, après tout, elle avait l'air relativement épuisée et le chevalier n'avait pas entendu la moindre explosion ce qui signifiait qu'elle devait avoir eu lieu il y a longtemps ou bien plus loin. Arrivé à côté de la demoiselle, le Valois lâcha les rênes de ses animaux qui s'immobilisèrent aussitôt puis s'adressa à elle.

     ▬ Je vais vous aider à monter dessus, vous vous sentirez mieux si vous pouvez reposer vos jambes. N'ayez pas peur, c'est un cheval très calme. »

     Et lui n'était pas franchement hostile non plus. Mais allait-elle s'en rendre compte ? Le blond lui tendit la main histoire de lui faire savoir qu'il ne comptait vraiment pas lui faire de mal, puis glissa son autre main jusqu'au bras de la demoiselle pour l'aider à approcher du cheval. En pivotant pour se placer à ses côtés, Pryam ne manqua pas de remarquer qu'elle avait des blessures dans le dos et que son habit était déchiré en grande partie et à plusieurs endroits. Avait-elle d'autres blessures ? Des éclats de bois ou de pierres si c'était sa maison qui avait explosé ? Il n'en savait rien, mais il allait falloir se montrer prudent pour éviter qu'elle ne tourne de l’œil. Le jeune homme n'osa pas trop la toucher de crainte de lui faire mal sans le vouloir, puis il la guida vers le cheval qui attendait toujours patiemment. Lorsqu'elle fut au niveau des étriers, le Valois la lâcha légèrement pour assurer le maintien de la selle avant de reposer sa main sur le bras de l'inconnue pour l'aider à se hisser sur le dos du destrier. C'était assez difficile lorsque vous tentiez de ne pas réveiller la douleur dans ses membres, restait à espérer qu'elle ne se débattrait pas tout à coup. Inspirant légèrement, il attendit qu'elle soit à peu près installée avant de prendre une fois de plus la parole.

     ▬ Est-ce que vous êtes bien installée ? Je vais le faire marcher doucement pour que vous ne soyez pas trop secouée. Il y a un village à quelques lieues plus tôt, je l'ai traversé il n'y a pas si longtemps. Parler n'était pas sa tasse de thé en temps normal, mais il souhaitait surtout la rassurer et lui expliquer ce qui se passait. Je m'appelle Pryam et vous ? »

     Lui poser des questions pour essayer de la garder éveillée, c'était là l'essentiel. Se tenant toujours à côté du cheval et de la demoiselle pour éviter qu'elle ne tombe, il détourna brièvement son regard d'elle. Il semblait qu'elle avait du sang dans la bouche, c'était du moins ce qu'il avait cru remarqué lorsqu'elle avait lâché quelques mots juste avant. Le blond se mordit la lèvre dans un geste de réflexion avant de reporter son attention sur l'inconnue dont il ignorait toujours le prénom.

     ▬ Tenez-vous bien, je m'écarte de quelques pas, mais je reviens. »

     D'un geste rassurant, il lui effleura le bras pour lui faire savoir qu'elle n'avait rien à craindre de ce qui allait se passer. Reculant d'un pas, le Valois approcha du cheval de bât afin de décrocher une gourde d'eau claire qu'il avait remplacé avant de quitter le petit village dont il venait de parler juste avant. Il rebroussa chemin pour venir se placer à côté de la demoiselle et lui tendit la gourde qu'il décapuchonna juste avant, inutile de lui compliquer la tâche sachant qu'elle avait déjà l'air suffisamment épuisée.

     ▬ Tenez, buvez un peu ça sera plus agréable pour vous. Il regarda son visage quelques instants. Est-ce que votre maison se trouve loin d'ici ? Comment est-ce que vous avez réussi à venir ici toute seule et dans cet état ? »

     Son ton n'était pas hostile, il parlait doucement toujours dans l'idée de ne pas l'inquiéter, après tout, il ne connaissait rien d'elle et mieux valait y aller en douceur : prudence est mère de sûreté.


« La vraie noblesse s'acquiert en vivant, et non en naissant. »

 

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Message Mer 7 Nov 2012 - 23:29

Divers sentiments se mélangeaient dans son esprit. Elle tenta de faire un tri, de décider lesquels étaient les plus importants. Peur. Elle avait toujours ressenti cette émotion, et cela n'était plus une surprise que de sentir comme un souffle dans son esprit, comme un manteau froid qui allait bientôt l'engloutir. Ignorance. Après tout, que savait-elle du monde dans lequel elle venait involontairement d'être projetée, seule, sans repères ? Doute. Elle ne savait plus quoi penser. Perdue, déboussolée, elle espérait encore. Cet espoir alimentait sa survie. Ce peu de forces qui lui restaient, ce courage qu'elle gardait enfoui dans son esprit, ce combat que corps et âme elle continuait. Elle ne pouvait pas mourir, pas maintenant. Et elle ne devait pas non plus. Intrigue. Il fallait bien avouer qu'elle était très intriguée par ce jeune homme. Qui était-il, réellement ? Pourquoi prenait-il toute cette peine à l'aider, alors qu'elle n'était qu'une jeune fille, une roturière, qui plus est, accablée, en sang, dont le dos devait probablement être strié d'une cicatrice partant du début de ses cervicales jusqu'au bas du dos ? Elle n'était que squelette. Son état n'avait rien de beau, et l'on pouvait difficilement savoir si elle était en fait un homme ou une femme. Seulement, il y avait ses cheveux blonds qui, malgré qu'ils soient couverts d'un liquide chaud pourpre, du sang, restaient or derrière cette couverture maculée de sang. Elle espéra qu'il avait compris ce qu'elle venait de chuchoter. Les souvenirs encore frais, les images de ses parents, ces gens qui quelques heures plus tôt lui parlaient encore avec toute la volonté et l'affection que peuvent porter des parents à leur enfant, étaient présents dans son esprit. Même l'odeur était encore palpable. Elle sentait l'odeur naturelle de sa mère, douce, semblable aux fruits qui poussaient non loin de leur maison. Elyanos avait toujours aimé cette odeur. Elle aimait la sentir, elle aimait croire qu'un jour, elle sentirait pareil que sa mère, et que dans tout Westeros on viendrait la voir pour savoir par quels miracles elle obtenait ce volupté d'odeur. Le jeune homme prit la parole. Il n'avait pas une voix abrupte, qui faisait trembler au moindre mot. « Très bien, je comprends, restez ici je vais chercher mon cheval, il est juste là. » Elle hocha très faiblement la tête. Une petite voix, au fond d'elle-même, lui chuchotait de s'enfuir. Qui était ce jeune homme ? Pourquoi l'aider ? Elle se répétait ces questions, et plus les secondes passaient, plus elle se demandait s'il ne voulait pas la tuer, au final. C'est ces pensées qui l'avaient décidée à reculer lorsqu'il s'était approché.

Elle connaissait les chevaux. Ces animaux l'épataient, et elle éprouvait une certaine admiration en les observant. Elle ne se souvenait pas être déjà montée dessus. Si ses souvenirs disaient vrai, alors ce serait la première fois qu'elle monterait sur un tel animal. Mais elle n'avait peur. Aurait-elle dû avoir peur ? Elle le regarda reculer de quelques pas. Idiote comme elle était, elle était tout à fait capable de s'enfuir. Mais pour aller où ? Dans son état, elle ne pourrait tenir que sur à peine quelques kilomètres. Elle sentait déjà un manteau gelé, telle la nuit, tomber sur ses maigres et frêles épaules. La Mort l'attendait. Si elle avait été plus jeune, elle n'aurait sûrement pas compris, et aurait répondu à l'appel de la Mort. Mais elle avait l'esprit presque clair, outre ses souffrances atroces, et ne voulait pas laisser tomber tout ce qu'elle venait de parcourir. Sa survie dépendait de sa volonté. Lorsqu'il s'approcha à nouveau d'elle, il tenait dans ses mains les rênes de deux chevaux. Elle ne connaissait pas vraiment le terme de cheval de bât, mais comprenait à peu près à quoi servait ce cheval en voyant ce qu'il lui avait été posé sur le dos. Elle aurait bien souri, car les chevaux étaient, selon ses dires, très beaux, mais elle n'avait plus les forces, malheureusement. Elle se contenta d'observer sans bouger, son regard passant du jeune homme aux deux chevaux. « Je vais vous aider à monter dessus, vous vous sentirez mieux si vous pouvez reposer vos jambes. N'ayez pas peur, c'est un cheval très calme. » Elle hocha la tête encore une fois. Il semblait gentil, finalement. Peut-être n'allait-il pas vouloir la tuer comme elle le pensait auparavant ? Il lui tendit sa main et prit son bras. Elle aurait pu protester mais son dos scié en deux lui disait clairement le contraire, aussi se laissa-t-elle faire. Ils s'approchèrent ainsi du cheval, lui l'aidant à marcher, et elle se reposant sur son bras solide.

Elle ne sut pas vraiment comment il réussit à la hisser sur le cheval, ni comment elle se retrouva assise dessus. Le monde lui parut alors petit, et elle sentit un soulagement : ses jambes pouvaient enfin se reposer. Elle sourit et observa le monde autour d'elle, tel qu'il lui était donné ; en plus grand. Elle découvrait ce monde qu'elle venait de quitter en se hissant sur le cheval, mais pourtant, c'était toujours le même. « Est-ce que vous êtes bien installée ? Je vais le faire marcher doucement pour que vous ne soyez pas trop secouée. Il y a un village à quelques lieues plus tôt, je l'ai traversé il n'y a pas si longtemps. » Aussitôt, elle paniqua. Toussant, crachant ce qu'elle comprit être du sang, elle tenta de lui faire comprendre que ce n'était pas une bonne idée. « Oui. » Un mot, qui répondait à sa question. Cependant, elle devait éclaircir encore un point. « Je ne suis pas la bienvenue... au village. » Elle avait terminé une phrase, aussi incroyable que cela soit-il. « Je m'appelle Pryam et vous ? » Elle sourit. Elle aimait bien ce nom, elle le trouvait assez joli, et trouvait qu'il lui allait bien. En temps normal, elle n'aurait pas répondu, n'étant pas des plus bavardes, mais elle se sentait redevable de lui, comme si elle avait une dette. « Elyanos. » Ce nom lui avait été donné à sa naissance. C'était sa mère qui l'avait choisi. Elle se rappela pourquoi cette dernière avait choisi ce prénom, à cause de fleurs, de souvenirs et d'une odeur sans nom... « Tenez-vous bien, je m'écarte de quelques pas, mais je reviens. » Où allait-il ? Sans bouger, caressant doucement le poil du cheval, elle l'observa se diriger vers l'autre cheval et prendre ce qu'elle aurait confondu avec une.. gourde ? C'était une gourde ? Toutes ses croyances, ses espoirs s'évanouirent. « Tenez, buvez un peu ça sera plus agréable pour vous. » Elle l'écouta, buvant ce qu'elle pouvait. Elle sentait le sang descendre dans sa gorge en même temps que l'eau, mais ne s'en préoccupait pas le moins du monde. Elle profitait de ce qu'elle avait. « Est-ce que votre maison se trouve loin d'ici ? Comment est-ce que vous avez réussi à venir ici toute seule et dans cet état ? » Elle prit une inspiration. L'eau lui avait fait du bien. Puis, toussotant légèrement, elle répondit d'une voix qu'elle espéra douce. « Je ne sais pas si ma maison était loin, mais je marche depuis plusieurs heures. Je n'en sais rien... L'on m'a dit un jour qu'il y avait pire que la mort. Il y a la perte de l'espoir. » Elle leva ses yeux bleus, presque gris vers lui. Finalement, il n'avait pas l'air si méchant...
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Message Jeu 8 Nov 2012 - 14:36

     Elle ne parlait pas beaucoup, mais il n'y avait rien de très surprenant à tout cela, après tout, ne venait-elle pas de subir la perte de sa maison et de ses parents ? C'était du moins ce qu'elle lui avait murmuré et Pryam était d'un naturel confiant, il n'y avait aucune raison pour qu'il doute des paroles qu'elle avait prononcées. Le Valois écouta patiemment, elle avoua ne pas être la bienvenue au village et il se retint de lui demander pour quelle raison. Mieux valait éviter de la brusquer avec trop de questions, elle devait être encore chamboulée par ce qu'elle venait de subir, la douceur était de rigueur. Malheureusement pour lui, le chevalier errant n'excellait pas dans ce domaine et il préféra opter pour le comportement le plus naturel chez lui : le silence. Il se mura dans une absence de paroles, se contentant de regarder la demoiselle au visage - et au reste aussi d'ailleurs - maculé de sang, écoutant ce qu'elle distillait comme information. Pour commencer un prénom : Elyanos. C'était un joli nom, plutôt inhabituel et Pryam ne pensait pas l'avoir entendu une fois jusqu'à présent. Lorsque la jeune femme eut terminé de boire, le blond saisit la gourde pour l'en débarrasser et s'éloigna à nouveau de quelques pas histoire de l'accrocher au paquetage du cheval de bât. Pendant ce temps, Elyanos lui expliqua qu'elle ignorait où se situait sa maison et qu'elle se souvenait simplement avoir longuement marché. Il était revenu aux côtés de la blessée et croisa son regard avant de lui offrir un sourire qui se voulait rassurant, agrémentant le tout de quelques paroles.

     ▬ Ne vous inquiétez pas, tout va bien se passer. »

     En est-il réellement sûr ? Peut-être bien, même si une part de doute naquit dans son esprit au moment où il prononça ces mots : peut-être que les choses allaient mal tourner qui sait ? Elle avait dit avoir marché longtemps avant d'arriver jusqu'à cet endroit, mais il se trouvait que son état de santé l'avait très certainement empêchée de pouvoir se mouvoir correctement. Il y avait fort à parier que le trajet jusqu'à sa demeure – ou du moins ce qu'il en restait – n'était pas si long que cela, mais c'était plutôt son jeune âge et ses blessures qui déformaient la durée du voyage. Pryam pouvait très bien faire le choix de demander l'aide de la jeune femme pour retrouver le chemin qui menait jusqu'à l'endroit de l'accident, mais c'était prendre le risque qu'il soit réellement très éloigné et que l'état d'Elyanos ne s'aggrave encore. Il ne pouvait pas décemment risquer la vie de la demoiselle pour éviter un village où elle n'était apparemment pas très appréciée. Le Valois avait effectué plusieurs achats là-bas, les habitants de la bourgade devraient bien lui être un minimum reconnaissant non ? Mieux valait agir vite, les choses pouvaient se gâter rapidement, il l'avait vu avec son maître qui était passé du stade de vieillard en bon état à celui de mort en sursis en moins de temps qu'il ne faut pour le dire.

     ▬ Pourquoi est-ce que vous avez des problèmes avec le village ? C'est les villageois qui ne veulent pas de vous, ou est-ce que vous l'évitez simplement par choix ? La différence était subtile, mais importante. Je ne veux pas vous inquiéter, mais vous avez l'air blessée, je ne suis pas rebouteux donc je ne peux pas dire jusqu'à quel point, mais il serait préférable que vous voyez quelqu'un pour s'occuper de vous. Il savait s'occuper des chevaux sans problème, soigner une blessure mineure comme tout bon écuyer, mais au niveau des humains c'était déjà plus ardu. Je ne connais pas assez la région, je ne saurais pas où aller pour trouver un autre endroit où vous déposer. »

     Son objectif n'était pas de l'inquiéter, au contraire même ! La manière dont il parlait prouvait d'elle-même ce qu'il souhaitait faire : l'aider. Elyanos ne souhaitait peut-être pas se rendre dans ce village, mais lui de son côté ne pouvait rien lui offrir de plus que de l'eau et un cheval sur lequel s'asseoir, il n'était pas assez cultivé pour soigner un humain. Désireux de prendre les choses en main, le Valois recula un peu pour saisir les rênes de son cheval, celui-ci était d'ailleurs très calme et ne semblait pas contrarié par le fait d'avoir une inconnue sur le dos, il se mit à marcher docilement lorsque le blond tira sur le mors. Derrière, le cheval de bât emboîta le pas à son comparse et le rythme très lent de la marche ne sembla pas les troubler outre mesure. Le temps pressait peut-être, mais Pryam ne souhaitait pas que l'état d'Elyanos la fasse tomber inconsciente. Même s'il s'était positionné à ses côtés pour la retenir si jamais elle venait à chuter, il n'était pas infaillible et il n'était pas question d’aggraver son état en voulant aller trop vite. Le rythme relativement lent du pas de l'animal devrait passer tout en douceur. Normalement du moins. Pryam fit effectuer un demi-tour aux deux montures, comme il venait de le dire le village qu'il avait traversé était la seule direction sûre, il ne pouvait pas se lancer à l'aveuglette dans la quête d'une autre bourgade ! Le blond tourna la tête vers la jeune femme avant d'essayer de se renseigner un peu mieux sur sa santé.

     ▬ Est-ce que vous savez où vous avez été blessée avec précision ? Vous avez beaucoup de sang sur vos habits, mais j'imagine qu'il ne doit pas forcément vous appartenir en totalité. »

     Moyen détourné de parler du fait que ses parents devaient être « responsables » d'une bonne partie du sang qui maculait ses habits. Allait-il dans une mauvaise direction ? Certes il ne souhaitait pas la ramener à la mort de ses géniteurs, mais sachant que sa vie dépendait certainement de la gravité de ses blessures, mieux valait s'assurer qu'elles n'étaient pas trop graves. Cela dit, Pryam avait déjà entendu que certains blessures pouvaient être si graves qu'elles n'étaient pas douloureuses avant d'être découvertes – et souvent mortelles – son maître lui avait d'ailleurs parlé d'un chevalier qui avait eu le bras sectionné lors d'un combat et ne s'en était aperçu qu'en voulant ramasser son arme tombée au sol. Un coup d’œil sur la demoiselle suffit heureusement à le rassurer sur ce point : il ne semblait lui manquer aucun morceau.


« La vraie noblesse s'acquiert en vivant, et non en naissant. »

 

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Message Sam 10 Nov 2012 - 19:26

A dire vrai, toutes ses croyances s'étaient effondrées au moment même où elle avait compris ce qui allait se passer, ce moment où elle aurait probablement dû courir, prévenir ses parents du danger qui les guettaient. Mais une chose l'avait arrêtée, et elle n'avait pas couru. Pourquoi ? Elle aurait dû hurler. L'avait-elle au moins fait ? Ses souvenirs commençaient à devenir flous. Elle ne savait plus quoi penser. Sa mémoire était-elle véridique ? Si Pryam n'avait pas été là, elle aurait volontiers posé ses mains sur son front pour tenter de réduire le flot incessant de pensées qui traversaient son esprit, apparaissant par flashs. Elle se mit à trembler, sans raison apparente. Son regard dévia sur le cheval de bât, un peu plus en arrière de celui sur lequel elle était assise. Bien qu'étant quelque peu maigre et décharné, elle se prit presque d'amitié pour l'animal, compatissant avec lui : après tout, tous deux avaient quelque chose au dos. Etait-elle devenue folle ? Elle revoyait sans cesse cette petite once de lumière qui l'avait mise sur la voie, lui faisant comprendre que sa maison allait exploser. Elle revoyait ses parents souriants, attendant leur fille devant leur petite maison en bois et pierres. Et elle revoyait l'explosion, encore et encore. Les débris qui, partant de chaque partie de la bâtisse, avaient été envoyés à plusieurs mètres avec une force énorme. Et le feu. Elle sentait encore, vive, la brûlure partout sur sa peau, cette odeur et cette température atroces qui l'avaient plongée dans un coma ; elle s'était évanouie au moment où un bout, un mélange de pierres et de bois façonnées ensemble à l'aide du feu l'avait assomée dans le dos. Mais que s'était-il passé ensuite ? Elle aurait peut-être dû rester éveillée, pour au moins voir si ses parents avaient eu le temps de survivre. Mais elle n'aurait vu, ou du moins aperçu que des cadavres sur le sol, au milieu de débris, le tout entouré d'une ceinture de feu qui finissait de se consumer peu à peu.

La voix de Pryam la sortit de la torpeur dans laquelle elle venait de s'enfouir. « Ne vous inquiétez pas, tout va bien se passer. » Elle se voulait confiante, apaisante, et le sourire du jeune homme ne voulait pas dire le contraire. Ce geste la rassura quelque peu. Si jamais il venait à lui faire quelque chose, ce ne serait pas en mal. Elle hocha doucement la tête, sans dire mot. Elle n'était pas une très grande bavarde, et ce depuis très longtemps. Il faut dire que lorsqu'on travaille toute la journée dans un champ, au soleil, parler devient comme un sablier qui s'écoulerait petit à petit, la parole étant évidemment le sable. Ils commencèrent à marcher, et Elyanos sentit qu'enfin, ses jambes pouvaient se reposer. Son dos la sciait encore en deux, mais elle n'avait plus à se préoccuper des jambes, c'était déjà un bon point. Elle en vint à se demander comment elle avait réussi à venir jusque là, seule, à pied. Avait-elle rampé sur le sol, tel un serpent ? Par quels miracles, et comment s'était-elle débrouillée ? Elle se posait diverses questions, surtout sur sa mort. Elle s'imaginait déjà allongée sur le sol, son esprit partant de son corps pour aller voguer vers d'autres cieux. Elle avait entendu beaucoup d'histoires sur ce qu'il se passait « après ». Elle avait entendu parler d'un tunnel, de bras immenses qui venaient vous engloutir, en vous protégeant, vous emmenant vers un autre monde, rejoindre ceux que vous aviez perdu auparavant. Son esprit avait imaginé la rencontre avec ses parents, dans l'autre monde, du moins c'est le nom qu'elle lui avait donné. Des pas, des rires. Une joie sans bornes l'aurait envahie. Mais ce n'était qu'un songe. Un vulgaire songe irréel auquel il ne fallait pas s'accrocher, si l'on ne voulait pas finir par y croire. Ce genre de songes était comme une drogue : au début, il faisait du bien, mais il finissait toujours pas posséder celui qui l'imaginait, et cela ne finissait jamais vraiment bien...

Elyanos tourna son regard bleuté vers le blond aux yeux bleus. Quel âge avait-il ? Elle se posait bien des questions sur lui, mais ne pouvait les poser tant que lui avait d'autres questions, et tant que son état ne s'était pas un peu amélioré. « Pourquoi est-ce que vous avez des problèmes avec le village ? C'est les villageois qui ne veulent pas de vous, ou est-ce que vous l'évitez simplement par choix ? » Elle se passa une main frêle sur ses lèvres, enlevant le peu de sang qu'il restait après le passage de l'eau. « Ma famille n'a jamais été aimée là-bas, nous avons une très mauvaise réputation, et ainsi mes parents m'ont interdit de m'y rendre. » Elle disait vrai ; pourquoi aurait-elle menti, de toute façon ? Même si on considérait le fait que ce jeune homme ne lui voulait peut-être pas que du bien, il l'emmènerait simplement à ce village, et les villageois ne seraient pas vraiment heureux de la voir. C'était tout. Mais à la place, il semblait convaincu à l'occuper, pour ne pas qu'elle s'endorme probablement. « Je ne veux pas vous inquiéter, mais vous avez l'air blessée, je ne suis pas rebouteux donc je ne peux pas dire jusqu'à quel point, mais il serait préférable que vous voyez quelqu'un pour s'occuper de vous. » Elle ne connaissait pas le mot « rebouteux », mais en entendant la phrase du jeune homme, elle en déduit qu'il signifiait quelque chose comme connaisseur, ou du moins quelqu'un qui puisse mesurer l'ampleur des dégâts de ses blessures. Comprenant la situation, elle hocha la tête. « Je ne connais pas assez la région, je ne saurais pas où aller pour trouver un autre endroit où vous déposer. »

Malheureusement pour la jeune fille, ses parents n'avaient jamais vraiment pris le temps de lui apprendre quelques rudiments de géographie, ni même à s'orienter dans la région, sauf le village où Pryam et elle se dirigeaient actuellement. Le seul autre endroit qu'ils lui avaient appris était... L'ampoule s'alluma dans son esprit. « Je connais un autre village, où les habitants sont tous très gentils. Si vous venez de là, vous devriez être passé à travers, sauf si vous avez fait le tour, mais je ne pense pas. Autour, c'est la forêt, et elle regorge de bêtes sauvages et de loups. Nous pourrions aller là-bas, j'y suis déjà allée plusieurs fois et il y a une vieille femme qui a plutôt bonne réputation. » Passer par ce village signifiait aussi passer devant ce qui avait été autrefois sa maison, et même si cette pensée lui donnait la migraine, il n'y avait, selon elle, que cette solution. Ils n'allaient pas rester là deux cent cinquante ans. « Est-ce que vous savez où vous avez été blessée avec précision ? Vous avez beaucoup de sang sur vos habits, mais j'imagine qu'il ne doit pas forcément vous appartenir en totalité. » Elle parut réfléchir à ce qu'il s'était passé avant qu'elle s'évanouisse sur le sol. L'image de ce qu'elle avait pris dans le dos remonta dans son esprit, et elle acquiesca. « Je me souviens avoir été assommée par une planche, un mélange de bois, de pierre brûlant dans le dos. Pour ce qui est du sang, mes parents... étaient trop loin. Ce n'est pas le leur. C'est donc le mien, il n'y avait que nous. » Elle réfléchit encore quelques instants. « J'ai dû prendre quelques autres débris mais rien d'aussi grave que dans le dos. Pourquoi m'aider ? Qui êtes-vous ? Un Lord, cruel et impitoyable ? Un chevalier ? Un artisan, un roturier comme moi ? » Les questions lui avaient brûlé les lèvres et elle n'avait pu se retenir de les poser. Elle avait envie de connaître plus cet homme qui l'aidait, sans rien savoir d'elle. Et le meilleur moyen était de le questionner. « D'où venez-vous ? Enfin, je veux dire, de quelle région ? Je n'ai pas vu beaucoup de chevaux, mais si vous en avez un qui porte je ne sais quoi, c'est que vous venez sûrement de loin, non ? » Elle caressa le poil de l'animal sur lequel elle était assise. « Il est beau... A-t-il un nom ? » Elle n'était certes pas très bavarde, mais lorsqu'il s'agissait de poser des questions, elle se révélait être la meilleure. En outre, lorsqu'il fallait rester silencieux en toute circonstance, elle retenait son flot de questions et se taisait telle une enfant sage.
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Message Dim 11 Nov 2012 - 14:39

     La jeune fille reprit la parole pour expliquer à Pryam que sa famille n'était pas très appréciée « là-bas ». C'était des choses qui arrivaient, dans les petits villages il arrivait fréquemment qu'une famille ne soit pas appréciée simplement parce que ses membres avaient un mode de vie trop original ou tout simplement qu'ils réussissaient mieux dans la vie que la majorité des habitants du coin. Il y avait un cas semblable à Neufétoiles dans les petites bourgades qui se situaient sur le fief de la famille du Valois : une femme capable de soigner pratiquement toutes les maladies et qui avait été accusée de faire de la sorcellerie par d'autres personnes jalouses. Quelle était la raison qui poussait les habitants du village à repousser la famille d'Elyanos ? Il ne le savait pas et n'avait aucune excuse légitime pour se renseigner à ce niveau, la seule chose qui importait c'était que la demoiselle ne souhaitait pas se rendre dans cet endroit et qu'ils allaient donc devoir se rendre ailleurs. Mais où ?

     La blessée se chargea de répondre à cette interrogation, expliquant qu'elle avait connaissance d'un autre village non loin de là et qu'apparemment ses habitants étaient plus ouverts que les autres. Pryam resta silencieux tandis qu'elle lui faisait savoir qu'il y avait une forêt avant ce village et qu'elle n'était pas des plus accueillante. Les animaux n'effrayaient pas franchement le chevalier errant, il en avait déjà rencontré plusieurs par le passé et en général il suffisait de faire suffisamment de bruit ou d'agiter une torche enflammée la nuit et les bêtes s'éloignaient sans demander leurs restes. Cela dit, Elyanos était blessée et l'odeur du sang pouvait peut-être se révéler trop tentante pour les chasser aussi facilement ? Il hocha donc la tête, réfléchissant à la manière dont ils allaient pouvoir éviter ces ennuis. Les animaux sauvages sortaient moins facilement le jour, avec de la chance ils pourraient passer sans encombres ?

     ▬ Alors direction ce fameux village. »

     Certes, Elyanos était peut-être assez gravement blessée, mais s'ils débarquaient dans le village qu'elle désirait éviter, il y avait de grandes chances pour que ses habitants refusent de porter assistance à la jeune fille. Il avait beau être utopique et un peu trop naïf pour un chevalier, ce n'était pas pour autant qu'il ne savait pas que certaines fois, les humains pouvaient se montrer extrêmement cruels avec leurs homologues. Mieux valait éviter d'inquiéter la demoiselle inutilement cela dit, il n'ajouta donc rien à ce propos.

     Un instant de silence succéda à la question du blond concernant son état de santé et tout ce qui en découlait, elle répondit finalement en lui expliquant qu'elle avait été assommée et qu'elle avait reçu des débris dans le dos. Concernant le sang c'était bel et bien le sien ce qui signifiait qu'elle avait dû en perdre beaucoup, chose qui ne rassura pas franchement le jeune homme qui ne modifia pas pour autant son expression. Inutile de l'effrayer en laissant voir que la situation était peut-être plus inquiétante qu'elle ne semblait le croire. Une nouvelle pause s'installa avant qu'Elyanos ne reprenne la parole pour lui poser plusieurs questions et embrayer sur les interrogations personnelles. D'un côté, c'était tout à fait à normal. Après tout, elle lui confiait sa vie d'un certain point de vue, il était légitime qu'elle soit désireuse d'en savoir plus à son sujet. La discussion s'interrompit sur l'identité du cheval. Avec surprise, Pryam constata que, non, il n'avait jamais baptisé cet animal. C'était un peu étrange certes, mais pour s'assurer de la fidélité de sa monture, le chevalier n'avait aucunement besoin de lui donner un prénom. Il se contenta donc de secouer la tête en signe de dénégation.

     ▬ Non, en fait je n'ai jamais éprouvé le besoin de donner des noms aux animaux. »

     Peut-être qu'elle s'imaginerait que ce serait uniquement parce qu'il n'estimait pas les animaux assez « humains » pour avoir cet honneur, mais ce n'était pas le cas. Disons simplement qu'il considérait que les priorités humaines n'étaient pas celles de toutes les créatures qui existaient en ce bas monde. Ce n'était pas parce qu'un homme – ou une femme – avait besoin de tout nommer que les animaux devaient avoir besoin de porter un nom. Puis de toute manière, il n'était pas inspiré dans ce domaine et préférait se contenter d'occulter ce point.

     ▬ Et pour vous répondre, si j'étais un seigneur je ne me promènerais certainement pas seul sur une route, j'aurais eu une ribambelle de gardes et je ne vous aurais pas accordé la moindre attention. C'était certes très réducteur comme vision, mais Pryam avait côtoyé assez de nobles pour savoir qu'ils avaient tendance à ne pas s'occuper des malheurs des autres. Du moins de ceux qui ne vivaient pas sur leur domaine. Je suis juste un roturier comme vous. »

     Ce n'était pas exactement la vérité, mais depuis qu'il avait quitté le fief de son père, le blond avait décidé de ne plus user de son nom et de se forger une réputation par ses actes et non sa naissance. Il était juste Pryam et non plus Pryam Templeton, d'un certain point de vue il était donc bel et bien roturier. La curiosité d'Elyanos ne semblait pas avoir été victime de blessures en tous les cas, elle avait l'air de s'intéresser à un grand nombre de choses et il s'empressa donc de répondre à sa dernière question.

     ▬ Sinon, je suis né dans le Val, mais je n'y ai plus été depuis très longtemps. En fait je suis dans l'Orage depuis plusieurs semaines, mon cheval de bât est uniquement là pour porter l'équipement qu'un chevalier doit avoir. Tous les errants ont ce type de fatras. »

     Ce que le cheval portait n'était rien de moins que toutes les possessions du jeune homme. Équipement pour monter un campement, de quoi nourrir et soigner les chevaux – ainsi que lui bien sûr – puis les armes et armures qu'un chevalier devait toujours avoir avec lui. Les chevaliers affiliés à une maison n'avaient pas besoin de se charger de tout cela, mais pour les errants c'était différent pour des raisons évidentes.

     Le blond veillait à ce que le cheval marche au pas, le village n'était pas très éloigné, environ une dizaine ou une quinzaine de minutes au pas, soit légèrement plus à l'allure où ils progressaient. Pryam avait quelques questions en tête, mais il ne souhaitait pas trop brusquer Elyanos. Le fait était qu'il allait obligatoirement devoir passer par là à un moment ou à un autre, sans quoi il risquait de perdre un temps précieux. Humectant ses lèvres, le Valois regarda le chemin qui s'étalait devant eux avant de reprendre la parole.

     ▬ Concernant votre famille, est-ce que vous avez vu vos parents.... Je veux dire est-ce que vous êtes sûr qu'il n'y a rien à faire ? Peut-être qu'ils étaient simplement inconscients ? Certes, l'idée qu'elle puisse avoir abandonné ses parents dans le besoin risquait de la chambouler, mais il devait s'assurer de certaines choses. Je sais que vous n'avez pas de très bonnes relations avec les habitants de l'autre village, mais pendant que je vous amène au suivant, peut-être qu'ils pourront aller voir votre maison et s'assurer que vos parents ne peuvent plus être secourus ? Les mots étaient prononcés aussi doucement que possible, mais cela n'atténuait pas leur dureté pour autant. Vous connaissez mieux la situation que moi, est-ce que vous pensez que c'est la peine de faire quelque chose ? »

     Pryam tourna la tête vers Elyanos. Il parlait autant du fait que ses parents ne pouvaient peut-être plus être sauvés, que de s'interroger sur la réaction des habitants du village. Il était probable que si ces derniers détestaient réellement la famille de la blessée, ils puissent profiter de la situation pour se débarrasser définitivement des éventuels survivants ou même leur dérober les affaires encore en état. Le choix en revenait à Elyanos et personne d'autre. Il accepterait sa décision, quelle qu'elle soit.


« La vraie noblesse s'acquiert en vivant, et non en naissant. »

 

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Message Dim 25 Nov 2012 - 18:14

On dit que lorsque quelqu’un souhaite quelque chose à tout prix, c’est involontairement que son esprit va montrer, par des signes, qu’il n’en veut pas. Que cette chose qui fait entrer l’air dans ses poumons n’est, en soit, pas si importante à ses yeux. Elyanos avait déjà entendu parler de ce sentiment étrange. Par sa mère. Mélange entre la beauté, l’intelligence, la malice et la sagesse, elle la trouvait merveilleuse. A ses yeux, il n’y avait de déesse que sa mère, mais cette dernière n’avait de cesse de lui répéter d’arrêter ces infanteries afin de ne pas réveiller la colère des réels dieux. Elle l’écoutait toujours, arrêtant de proférer ce que sa mère appelait des « infanteries », sans vraiment comprendre le terme, et levait toujours les yeux au ciel, comme si elle regardait les dieux. Dans ce cas-là, c’était plutôt l’inverse. Mais la plus belle chose, chez sa mère, c’était son sourire. Elle le gardait toujours, même si parfois il lui arrivait de le cacher, mais ce n’était que pour le sortir quelques minutes après. C’était un de ces sourires qui, au premier regard, réconforte avec tant d’affection qu’il suffit de cela pour ne plus avoir mal. Petite, Elyanos avait surnommé son sourire le « sourire qui guérit tout », et espérait secrètement avoir le même sourire que sa mère, plus tard. Innocente enfant, aurait dit son père. Il était tout le contraire de sa mère. Plutôt effacé, solitaire, ne souriant que très peu. Mais Elyanos lui vouait un amour incommensurable et ne pouvait se lasser d’écouter ses histoires toujours plus incroyables les unes que les autres. Elle aurait aimé, elle aurait tellement aimé ressembler à ses parents, pouvoir leur annoncer qu’elle était devenue telle noble, ou telle agente, ou même chevalier ! bien qu’elle savait que les chevaliers comptaient, en temps normal, très peu de femmes. Elle était une enfant, et comme toute enfant, elle avait ses rêves. Une larme coula sur sa joue, et elle détourna les yeux pour ne plus apercevoir les yeux bleus de Pryam. Elle voulait éviter son regard, alors que les larmes dévalaient ses joues. Etait-ce de la pudeur ? Non, elle n’était pas pudique à ce point. Elle ne voulait simplement pas qu’il ressente de la pitié ou de la compassion ? Peut-être. Mais elle se rappela les quelques leçons transmises par sa mère, et réfléchit quelques secondes. Elle tenta de mettre ses pensées au clair, de les trier, d’en effacer. Elle acquiesça aux paroles du jeune blond, espérant que passer devant ce qui restait de sa maison ne serait pas trop dur, même si son esprit clamait haut et fort le contraire. Elle savait parfaitement que ce serait une véritable torture mais préférait repousser sans cesse le moment où elle devrait faire face à ce que lui disait son esprit. Elle écouta le jeune homme parler, tout en caressant le poil doux du cheval. Elle trouvait dommage de ne pas lui avoir donné de nom, mais se doutait que ce n’était pas dans le caractère de Pryam de donner des noms aux animaux, et il confirma ses pensées. Elle ne put pas s’empêcher de donner son avis sur la question. « Moi, je l’aurais appelé Flocon, et le cheval de bât, Terreur. » Elle prit une pause, paraissant réfléchir, mais fut coupée par Pryam, qui lui expliqua pourquoi il n’était pas un noble. Elle hocha doucement la tête, comprenant ce qu’il voulait dire. Elle n’avait pas rencontré beaucoup de nobles, mais se rappelait toujours de la cruauté qu’ils maniaient avec habilité, de l’absence totale de pitié dont ils étaient constitués. Ses parents avaient déjà accueilli quelques nobles, de passage, qui ne trouvaient pas d’endroit pour dormir et avaient décidé de prendre –du point de vue de la jeune fille, elle appelait ça un vol- un peu de nourriture dans leur petite maison, ce que ses parents ne refusaient jamais. Peut-être voulaient-ils éviter le courroux des nobles qu’ils, au fond, ne connaissaient pas ? Elle n’en avait jamais rien su, et finalement n’avait pas envie de le savoir. Lorsque les gens venaient soudain visiter sa maison, elle n’était plus la jeune fille curieuse qu’elle était actuellement. Elle devenait effacée, passait totalement inaperçue, se cachant dans l’ombre et écoutant quelques conversations « de grands ». Jamais elle ne s’était fait prendre, par aucun visiteur. Certes, ses parents passaient du temps à lui expliquer, dans les grandes lignes, qu’elle devait faire attention ; que dans ce monde, on peut être mis à mort pour pas grand-chose, et Elyanos se rappela de sa mine lorsque sa mère lui avait dit ça. Elle avait soudain paru effrayée, ne voulant plus découvrir ce monde qu’auparavant, quelques secondes avant tout au plus, elle souhaitait plus que tout en voir chaque recoin.

Les quelques leçons qu’elle avait suivies avec son père, surtout, même si lesdites leçons ressemblaient plus à des histoires qu’elle aimait écouter, parlaient beaucoup des différentes régions de Westeros. Sa préférée était, outre les Terres de l’Orage, le Nord. Elle avait toujours aimé le froid, la neige même si elle ne l’avait jamais vécue, mais s’était imaginé facilement les trainées sur le sol, les batailles de boules de neiges avec sa mère. Elle s’était imaginé glisser sur la neige, et, esprit innocent, manger de la neige juste pour sentir le goût sur la langue, qui fond doucement attendant d’entrer dans la gorge. Lorsque Pryam indiqua le Val, elle retint les mots qui suivirent. Elle était toujours ravie d’apprendre de nouvelles choses sur les différentes régions. Son père n’étant pas vraiment cultivé, il ne lui avait pas vraiment parlé du Val, aussi écouta-t-elle attentivement le jeune homme. Elle retint le mot qu’elle espérait depuis si longtemps, ce mot qu’elle aimait entendre juste pour sa sonorité, ce mot qui la faisait rêver, depuis qu’elle était toute petite. « Chevalier ». Aussitôt, dans ses yeux brillèrent de petites étoiles, et elle acquiesça. Il avait probablement compris qu’elle était fascinée, et s’il ne l’avait pas compris, il lui suffisait de regarder son visage pour le deviner. Errant. Elle avait déjà entendu ce mot plusieurs fois. C’était lorsqu’une personne ne restait jamais à un endroit très longtemps. Comme un nomade, disait souvent sa mère. Elle hocha la tête, regardant le paysage en tentant d’oublier la douleur fulgurante qu’elle subissait dans son dos. Douleur horrible qu’elle essayait de faire cesser, mais elle n’y arrivait pas. Aussi essayait-elle simplement de se changer les idées. Elle jeta un œil au cheval de bât, sur lequel étaient posé tout un ensemble d’objets dont elle ne connaissait pas vraiment l’utilité. Elle s’imagina ladite utilité, pour quelques-uns de ces objets, mais si elle trouva la vraie, elle n’en su rien. Son regard dévia vers Pryam, qui venait d’entamer un sujet plus qu’épineux.

Elyanos prit une grande inspiration, ce qui coupa sa respiration, réveillant sa douleur dans le dos. Elle se crispa, serrant les dents, tout en écoutant ce qu’il disait, se rendant peu à peu compte de l’ampleur de ses questions. Elle savait que les questions avaient parfois une portée sur la personne, selon la question. Elle réfléchit quelques instants, une fois qu’il eut terminé. Des larmes dévalèrent ses joues, mais elle était bien trop affaiblie pour ne serait-ce que tenter de les cacher. Il attendait sa réponse. Elle essaya de se ressaisir, de garder un minimum d’honneur bien qu’elle n’en ait plus. Après tout, il la voyait bien en sang, en larmes, chamboulée. Une défaite personnelle de plus n’y changerait pas grand-chose. Elle parut peser ses mots, tout en répondant. « J’étais partie à l’écart un petit moment. Mes parents travaillaient toujours dans le champ. Lorsque la nuit est tombée, je me suis dirigée vers la maison, devant laquelle se trouvaient mes parents. Je me souviens de leur sourire, à ce moment-là. De leur sourire si confiant, si rassurant. Mes yeux ont rattrapé ma pensée. Au niveau du grenier, j’ai aperçu une étincelle, et j’ai très vite compris. J’ai voulu… j’ai voulu hurler. » Elle s’arrêta quelques instants, reprenant son souffle, les larmes dévalant toujours ses maigres joues tâchées de sang. « Mais je n’ai rien fait. J’ai couru vers eux, dans l’espoir de pouvoir les sauver. J’ai fini par hurler, par leur hurler de s’écarter, que le danger les guettait. J’ai fini par les protéger, mais… il était déjà trop tard. » Nouvelle pause. « Avez-vous déjà ressenti un si grand vide en vous, qu’il vous serre si fort que vous avez l’impression de vivre avec un étau autour de la poitrine ? Au moment où la maison a explosé, j’ai ressenti ça. Je n’ai pas vraiment compris ce qu’il s’était passé. J’ai pris un morceau de bois, mélangé à de la pierre, tout ça en fusion, brûlant dans le dos, et là, noir. » Elle s’arrêta quelques instants. « Lorsque je me suis réveillée, j’avais atrocement mal dans le dos, j’étais couverte de sang, et autour de moi, tout n’était que chaos. Je ne sais pas si mes parents sont encore en vie, mais j’ai ressenti leur mort dans toute mon âme. S’ils sont en vie, laissez-moi vous dire qu’ils ont simplement ressuscité. Ils étaient trop près de la maison avant qu’elle n’explose pour y avoir échappé. » Elle le fixa, ses prunelles grises plongeant dans celles, bleues, du jeune homme. « Cela ne sert à rien. D’abord ils ne voudront jamais m’aider, et ensuite le chemin pour aller dans le village vers lequel nous nous dirigeons passe devant ma maison. Ou du moins ce qu’il en reste. » Elle avait soudain envie de se confier à lui, alors qu’il n’était presque qu’un inconnu. « J’avoue ne plus savoir quoi penser. Les souvenirs de mes parents me hantent. Comme des songes éveillés. Vous voyez ? Depuis ma maison, j’ai rampé jusqu’à ce que je tombe sur vous. J’ai rampé sur le sol, me suis relevée lorsque la douleur me menaçait trop. Finalement, peut-être aurais-je dû mourir, pendant l’explosion. Je serais avec mes parents, et je suis de toute façon inutile dans ce monde ci. Je vous fais perdre votre temps. » Les larmes s’arrêtèrent de couler, et elle fixa le ciel bleu, sans ajouter mot.
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Message Lun 26 Nov 2012 - 13:02

     Les questions posées par Pryam n'étaient pas très joyeuses et forcément, le chevalier s'attendait à une réaction de la part de la jeune femme. Elle était à peine adulte, semblait avoir toujours grandi auprès de ses parents, quoi de plus logique que d'être perdue et surtout déboussolée face à un tel événement ? Le Valois n'avait jamais eu de réelle vie de famille, comme tous les nobles ou chevaliers fieffés de Westeros sans aucun doute, le jeu des trônes prenait le dessus et les sentiments passaient après, seules les alliances importaient. Le blond tendait l'oreille, écoutant la blessée qui pleurait. Il avait détourné les yeux de son visage, par pudeur ou tout simplement par respect : personne n'aimait pleurer devant un inconnu. La situation l'aurait normalement particulièrement gêné, ce n'était pas dans ses habitudes de consoler les gens – encore moins les demoiselles – et il n'était pas franchement bon conseiller, mais là les faits différaient. La demoiselle était perdue et il ne pouvait décemment pas la laisser parler sans lui répondre, ou elle allait finir par croire qu'il se contentait de l'escorter pour avoir la conscience tranquille. Le pire dans cette histoire était sans aucun doute que le chevalier errant était réellement désireux de venir en aide à Elyanos, mais les capacités pour remplir cette « mission » lui faisaient cruellement défaut. Écouter n'était pas un problème, c'était même ce qu'il faisait le mieux dans sa vie, silencieux à hocher la tête pour signifier qu'il entendait. Mais répondre, c'était à la fois risqué parce qu'il pouvait toucher un point sensible, puis surtout très différent de ce qu'il avait l'habitude de rendre comme service.

     Après les larmes arrivèrent les réponses. Elyanos expliqua qu'elle s'était éloignée de la demeure de ses parents qui travaillaient dans les champs et qu'elle était rentrée chez elle à la nuit tombante pour apercevoir une étincelle dans la maison. Certainement le résultat de la chaleur qui pesait depuis quelques jours sur la région, un bon foin bien sec et tout s'enflammait comme de l'amadou ! La jeune femme marqua une pause et Pryam ne la pressa guère, la laissant parler à son rythme. Ce fut apparemment le bon choix, car elle continua en expliquant avoir couru vers eux pour les aider sans décider de crier, du moins au début. Avec du recul c'était une réaction plutôt inhabituelle, car la logique aurait voulu qu'elle appelle ses parents de manière à ce qu'ils s'éloignent du danger, mais la logique n'avait pas toujours sa place dans de telles situations.
     Elle lui posa alors une question qui ne manqua pas de le surprendre. Le Valois glissa son regard vers la jeune femme sans savoir quoi répondre. Avait-il déjà ressenti une telle sensation ? Peut-être le jour où il avait dû laisser sa sœur à Neufétoiles alors que lui partait sur les routes, mais c'était plus un sentiment de culpabilité qui lui étreignait l'estomac et lui enserrerait la gorge. Seul le silence répliqua aux paroles d'Elyanos qui continua en expliquant qu'elle s'était éveillée après l'explosion et que même si elle n'avait pas vu ses parents, le fait qu'ils soient morts était certain. Il hocha la tête en silence, elle savait certainement mieux que lui ce qui s'était passé là-bas et la jeune femme ne prononcerait pas de telles paroles sans en être convaincue. Elyanos ajouta ensuite que le chemin vers le village passerait devant sa maison, ils pourraient donc constater à ce moment quels étaient les dégâts après quelques heures – ou plus – peut-être que les flammes s'étaient arrêtées ? Marchant toujours à côté du cheval où elle était juchée, Pryam reporta son attention sur la route, la laissant s'épancher jusqu'à ce qu'elle commence à émettre l'idée qu'elle n'aurait certainement pas dû survivre à un tel événement. Le Valois reporta aussitôt son regard sur elle avant de répondre d'un ton assuré.

     ▬ Si vous êtes en vie à ce jour, c'est que les Sept attendent quelque chose de vous, ou peut-être qu'ils vous ont réservé un avenir précis ? Pryam, comme tout chevalier qui se respecte, était très croyant et considérait que chaque acte avait une raison précise et que les Sept y étaient pour quelque chose. Si votre destin avait été de mourir là-bas, c'est ce qui se serait passé, tout comme le fait que vous soyez tombée sur moi. Son regard se porta sur la demoiselle. J'ignore si vous êtes croyante ou non, mais je considère que ce qui arrive se passe pour une raison bien précise. Peut-être que vous étiez trop attachée à vos parents pour que vous puissiez envisager de les quitter seule, il aura fallu une telle intervention pour que vous réussissiez à vous engager sur une nouvelle voie. Ces paroles étaient prononcées avec douceur, même si le contenu pouvait choquer. Je ne doute pas un seul instant qu'un rôle important vous est réservé quelque part, vous allez être soignée et remise sur pied et vous pourrez découvrir ce que les Sept vous réservaient. Moi je ne suis qu'un pion dans cette histoire et je m'exécute avec plaisir, c'est mon rôle après tout. »

     D'aider les gens bien évidemment. Il n'irait pas jusqu'à dire que ce n'était pas le hasard qui l'avait mené dans l'Orage, les Sept avaient certainement d'autres priorités que pousser un chevalier errant à rencontrer une jeune femme blessée pour lui venir en aide. Il était au bon endroit au bon moment tout simplement. Elyanos finirait par se remettre de ses blessures, même si la perte de ses parents resterait certainement gravée à jamais dans son esprit. Aller de l'avant ne signifiait pas pour autant qu'il fallait oublier ce qui était passé. Les paroles réconfortantes n'étaient pas vraiment son fort, il reporta sur attention sur le chemin, marchant toujours à côté du cheval les rênes à la main, ils ne tarderaient pas à arriver sur la route qui menait à la demeure de la jeune femme.

     ▬ Je n'ai jamais connu un vide comme vous me décrivez, mais je n'ai jamais perdu de membre de ma famille de manière aussi définitive. J'imagine que c'est logique, après tout, tout ce que vous connaissiez à ce jour vient de disparaître, c'est on ne peut plus normal que vous ne sachiez plus où vous en êtes sans repères. Des paroles peut-être un peu rudes, mais la situation y obligeait malheureusement. Lorsque nous arriverons dans le village dont vous m'avez parlé, je pourrai me renseigner pour savoir s'il y a des personnes qui pourraient s'occuper de plus après votre convalescence. À moins que vous ne désiriez peut-être quitter la région et employer cette perte pour changer radicalement votre vie ? »

     Après tout, plus rien ne la retenait ici de ce qu'elle avait dit, c'était l'occasion rêvée pour pouvoir recommencer tout à zéro dans une autre région. Sauf que tout le monde n'était pas prêt à agir de la sorte et peut-être que la demoiselle souhaitait garder une certaine proximité avec sa maison natale ?


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Message Mar 1 Jan 2013 - 15:24

L’espoir est un sentiment bien cruel, songea-t-elle. Depuis le moment, où, totalement impuissante, elle avait vécu la mort des deux êtres auxquels elle vouait plus que sa propre vie, auxquels elle tenait plus que tout, jusqu’au moment où elle avait rencontré Pryam, elle avait espéré. Espéré que les Sept soient miséricordieux, ou même généreux, et qu’ils puissent lui faire don de ses parents. Les ramener à la vie. Etait-ce au moins possible ? Elle en doutait énormément. Elle avait tellement espéré que ses parents soient en vie, qu’elle trouverait quelqu’un qui puisse l’aider. En rampant sur le sol, elle avait longuement prié. Les Dieux avaient exaucé une de ses prières, mais l’autre restait silencieuse, camouflée sous ses pensées tristes. Lorsqu’elle posa la question au chevalier errant, elle n’obtint qu’un silence qui lui parut gêné. Pryam avait-il perdu quelqu’un, alors ? Que devait-elle conclure de ce silence ? Elle n’en savait rien. Aussi continua-t-elle à lui expliquer, à lui raconter. Elle l’observa quelques secondes. Il avait un regard doux, qui mettait en confiance. Etait-ce pour cela qu’elle n’avait pas eu peur de lui ? Etait-ce pour cela qu’elle ne s’était pas enfuie ? Elle ne serait de toute façon pas allée loin. Elle rampait plus qu’elle ne marchait, et il possédait deux chevaux, dont un qui avait l’air d’un coursier. Elle n’aurait eu aucune chance. « Si vous êtes en vie à ce jour, c'est que les Sept attendent quelque chose de vous, ou peut-être qu'ils vous ont réservé un avenir précis ? » Elle haussa les épaules. Ses parents lui avaient appris à devenir croyante. Longtemps, elle avait écouté les histoires sur les Dieux, ébahie par tant de merveilles, tout en se demandant pourquoi les Dieux avaient créé la misère. Pourquoi ils avaient créé la richesse, la noblesse. Les dominés, et les dominants. « Si votre destin avait été de mourir là-bas, c'est ce qui se serait passé, tout comme le fait que vous soyez tombée sur moi. J'ignore si vous êtes croyante ou non, mais je considère que ce qui arrive se passe pour une raison bien précise. Peut-être que vous étiez trop attachée à vos parents pour que vous puissiez envisager de les quitter seule, il aura fallu une telle intervention pour que vous réussissiez à vous engager sur une nouvelle voie. Je ne doute pas un seul instant qu'un rôle important vous est réservé quelque part, vous allez être soignée et remise sur pied et vous pourrez découvrir ce que les Sept vous réservaient. Moi je ne suis qu'un pion dans cette histoire et je m'exécute avec plaisir, c'est mon rôle après tout. » Elle hocha la tête. Il avait raison. « Je suis croyante. Du moins, mes parents m’ont appris à l’être. Cependant je ne vois pas pourquoi les Sept auraient eu pitié de moi. » Elle prit une pause, baissa la tête. « Je ne mérite que la mort. Pour rejoindre mes parents. J’aurais voulu mourir avec eux. Que suis-je, à présent ? Une orpheline roturière sans maison, sans parents ? Que vais-je faire ? Je n’ai nulle part où aller. » D’une main, elle sécha doucement ses larmes, ses larmes qui coulaient sur ses joues, encore et encore. « Je n'ai jamais connu un vide comme vous me décrivez, mais je n'ai jamais perdu de membre de ma famille de manière aussi définitive. J'imagine que c'est logique, après tout, tout ce que vous connaissiez à ce jour vient de disparaître, c'est on ne peut plus normal que vous ne sachiez plus où vous en êtes sans repères. Lorsque nous arriverons dans le village dont vous m'avez parlé, je pourrai me renseigner pour savoir s'il y a des personnes qui pourraient s'occuper de plus après votre convalescence. À moins que vous ne désiriez peut-être quitter la région et employer cette perte pour changer radicalement votre vie ? » Il avait l’air tellement gentil, pensa-t-elle. Elle hocha la tête, trop heureuse d’être enfin aidée. Elle revit sa maison, le champ où ses parents travaillaient, leur visage, leur sourire, leur sourire si doux, si merveilleux. Elle s’en rappelait très bien. Elle finit de l’écouter, et la solution s’imposa à son esprit. Pourquoi ne pas tout recommencer, oui ? Mais pour partir où ? Que ferait-elle, une fois… une fois là-bas ? « Pourquoi pas ? Mais je ne saurais pas où partir, ni quoi faire là-bas. Je n’ai plus rien qui me retient, ici. Mais je n’ai que quinze ans… que fait une jeune fille, à quinze ans ? »

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Message Mer 2 Jan 2013 - 16:01

     Chercher à comprendre les desseins de divinités n'était qu'une perte de temps, du moins de l'avis du jeune homme. Ils étaient bien trop supérieurs au commun des mortels pour pouvoir être compris par ces derniers. Les humains n'étaient que des pions destinés à exécuter leurs quatre volontés, il était vain de vouloir deviner ce qu'ils nous réservaient, car ils étaient bien trop doués pour être si prévisibles. Certains le taxeraient de benêt ou de naïf, mais au fond, c'était une sorte de sécurité que Pryam se faisait. Se dire qu'une divinité décidait de chaque chose qui vous arrivait, c'était comme de penser que vos décisions n'étaient pas si importantes que vous le pensiez. Si vous décidiez d'une chose précise, si cela entrait en rivalité avec le souhait des Sept, rien de grave ne vous arriverait. Cela n'empêchait bien évidemment pas le Valois de réfléchir très sérieusement à chaque action qu'il faisait pour la bonne et simple raison qu'il ne s'estimait pas assez important pour pouvoir attirer suffisamment l'attention des Sept pour que chaque acte qu'il fasse soit surveillé de près. Cela dit, si Elyanos souhaitait songer à ce que les Sept prévoyaient pour elle, qui était-il pour l'en empêcher ? Elle était assez grande pour décider seule de ce qu'elle voulait et si pour se sentir mieux, elle avait besoin de retourner tout cela dans son esprit, il prierait pour qu'elle trouve une réponse. Même s'il en doutait sincèrement.

     Aux questions qu'elle posa, il ne répondit que par le silence. Que vouliez-vous dire à quelqu'un qui vous disait qu'il préférait la mort à la vie ? Nombreux étaient ceux qui désiraient vivre et ne le pouvaient pas pour des raisons qui leur étaient inconnues. Certains morts méritaient la vie et inversement. Pourtant, la demoiselle ne lui semblait pas être le type de femme qui méritait de se retrouver au cimetière. Cela dit, ses parents non plus sans aucun doute, mais c'était arrivé. Même s'il n'allait pas le dire, l'espace d'un instant Pryam songea que le couple avait peut-être subi ce sort parce que les Sept prévoyaient quelque chose de particulier pour la demoiselle et que pour cela, elle devait être sans attaches. C'était cruel de penser de la sorte, il en était parfaitement conscient, mais malheureusement pour faire de grandes choses il y avait rarement de bonnes choses sur le chemin. Pour réussir dans la vie, il fallait souffrir et plus l'on éprouvait de douleurs, plus le but atteint serait à la hauteur.

     Après le discours qu'il tint à propos d'un éventuel changement de vie, elle hocha la tête puis émit l'idée que cela puisse lui plaire. C'était une « chance » donnée à peu de personnes : n'avoir plus aucune attache et pouvoir profiter de ce renouveau pour aiguiller sa vie dans une nouvelle direction. Il fallait aller de l'avant pour ne pas se laisser tuer par le passé. À trop pleurer sur ce que l'on avait perdu, l'on finissait par oublier ce que l'on pouvait avoir. Pour pouvoir avoir un futur, il fallait laisser le passé devenir passé et non présent. Le jeune homme esquissa un léger sourire lorsqu'elle lui demanda ce qu'une fille de quinze ans pouvait bien faire, il tourna la tête vers elle avant de répondre d'un ton posé.

     ▬ Je pourrais vous répondre qu'à cet âge certaines femmes sont mariées et mères de famille. Mais ce n'est pas valable pour beaucoup de monde cela dit. À votre âge, l'on pourrait considérer que vous êtes déjà une femme et que vous êtes libre de mener la vie que vous désirez. Il reporta son attention sur le chemin avant de reprendre. Vous savez, j'ai quitté les miens avant d'avoir quinze ans et je ne le regrette pas. J'ai appris beaucoup de choses pendant ces quelques années, bien plus que si j'étais resté auprès de mes proches. C'est étrange à dire, mais ne dépendre de personne et n'avoir à s'occuper que de soi, c'est une excellente manière pour pouvoir trouver la voie qui nous est réservée. Bien sûr, cela ne se fait pas en quelques jours, il m'a fallu près d'une année pour y arriver et encore, il me reste beaucoup à découvrir. »

     Allait-elle se sentir rassurée de savoir qu'elle n'était pas la seule à se retrouver sur les routes aussi jeune ? Peut-être, ou peut-être pas. Toujours est-il que la jeune femme avait perdu des personnes proches d'elle et qu'elle n'avait donc pas le même bagage que Pryam lorsqu'il avait quitté les siens. Il y avait une différence entre ne plus voir sa famille parce que l'on était en froid avec eux et ne plus les voir parce qu'ils étaient morts. Il n'était pas le meilleur conseiller pour le coup et espérait simplement qu'il ne dirait rien qui lui porterait malheur.

     ▬ Vous devez bien avoir des talents plus poussés que les autres j'imagine ? Vous pouvez toujours devenir artisan ou encore artiste. J'ai souvent croisé des ménestrels qui n'étaient pas particulièrement âgés et qui s'en sortaient très bien. Vous n'avez que l'embarras du choix si vous décidez de commencer une nouvelle vie. Puis surtout, elle était encore jeune et par conséquent elle pourrait apprendre un métier pendant quelques années avant de se lancer toute seule de son côté. Le chevalier songea à quelque chose qui pourrait éventuellement l'aider et relança la discussion. Si vous voulez, je pourrais patienter un peu dans le village jusqu'à ce que vous soyez en état de voyager et je pourrai vous accompagner à la grande ville la plus proche. C'est souvent le meilleur pour trouver un travail. »

     C'était ce qu'il avait fait de son côté du moins. La demoiselle avait le choix, elle pouvait aussi bien refuser, mais cela ne le dérangerait pas. Puis si Elyanos avait besoin de plus de soins qu'il ne le pensait, le Valois irait travailler dans les environs et reviendrait dans ce village plus tard. Accompagner quelqu'un était dans ses cordes, il l'avait déjà fait plusieurs fois et il serait plaisant pour lui de savoir ce qu'elle devenait. Il esquissa un léger sourire avant de conclure.

     ▬ Mais il ne faut pas vous sentir obligée, c'est à vous de décider de ce que vous voulez faire, pas à moi. »

     Choisir était presque un luxe, il serait bien dommage de ne pas en profiter un minimum.


« La vraie noblesse s'acquiert en vivant, et non en naissant. »

 

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Message Dim 13 Jan 2013 - 19:43

« Un jour, tu deviendras une belle jeune fille, et nombreux seront tes prétendants. On viendra dans les Terres de l’Orage pour ne voir que ta beauté. Tu seras l’éclat du joyau. Et puis, imagines-tu devenir reine ? Ce serait merveilleux ! Tu seras resplendissante, en reine. » Un soupir. Elle avait soupiré, regardé longuement sa mère sans vouloir comprendre. Son père était entré. Avait-il entendu ? Apparemment car, d’un geste de la main, rapide, précis, il envoya valser l’un des verres posés sur la table avec fureur. L’enfant dardait d’inquiètes prunelles sur son père, tandis que sa mère ne faisait que l’observer avec du recul. « Cesse de lui farcir des contes de fées dans la tête, veux-tu. Tout ce qu’elle peut espérer devenir, c’est une roturière au service de quelconque Lord. Rien d’autre. M’entends-tu, femme ? Rien d’autre. » Il avait parlé avec rage. Pourquoi ? s’était-elle alors demandé. Il n’avait pas de raison apparente d’être furieux. Et jamais, ô grand jamais, il n’avait parlé comme cela à sa mère. Cette mère qui l’aimait, qui le chérissait. Qui avait fait de lui ce qu’il était, après tout. Qui lui avait donné une fille, éclatante comme le bouton d’une rose avant son éclosion, avait-elle chuchoté à l’oreille d’Elyanos, une nuit, avant que celle-ci ne s’endorme. Et jamais, ô grand jamais, il ne l’avait appelée ainsi. C’en était presque devenu péjoratif. Ça l’était ? Comme s’il la considérait comme rien de plus qu’une vulgaire femme qu’il ne connaissait pas.

Et puis soudain, cet autre homme qu’il était devenu pendant ce laps de temps très court avait disparu, subitement, et c’est les larmes aux yeux qu’il avait longuement serré dans ses bras les deux êtres qui comptaient pour lui le plus au monde. Elyanos n’avait compris que très – trop ? – tard la fureur qu’avait eue son père et sa principale cause. Les conséquences, en revanche, elle les avait bien vites connues. Plus jamais sa mère ne lui avait parlé d’avenir, et elle n’avait plus jamais revu la fureur de son père. Depuis lors, elle n’avait plus vraiment réfléchi à ce qu’elle voulait devenir. Petite, le mot princesse résonnait à ses oreilles comme le gong peut résonner aux oreilles de quelqu’un. Elle se voyait déjà, parée de soie, parée de belles robes venues des contrés exotiques et contenant quelques pierres précieuses. Mais, alors que le temps passait, elle s’était rendue compte de la réalité, et n’avait plus pensé à l’après. Seulement, ce même après était arrivé plus vite qu’elle ne l’aurait cru. Sans qu’elle puisse omettre le moindre avis, la moindre opposition, on avait arraché à la jeune femme tout ce qui la maintenant attachée à Westeros en lui-même. Où devait-elle aller ? Que devait-elle faire ? Tant de questions auxquelles elle n’était pas capable de répondre. Elle ouvra les yeux, prit une inspiration. Non pas qu’elle n’avait pas écouté ce que disait Pryam, mais l’espace de quelques minutes, les souvenirs l’avaient envahie. Des souvenirs qu’elle n’espérait plus, des souvenirs qu’elle avait tenté, par tous les moyens, d’oublier. Pourquoi les Dieux, qui souhaitaient apparemment sa vie, lui envoyaient-ils ces songes cruels ? Était-ce afin qu’elle comprenne ce qu’ils voulaient d’elle ? Ce qu’ils attendaient de sa part ?

Pryam avait une voix rassurante. Elle aimait bien l’entendre, tout en se répétant mentalement qu’elle avait eu une chance incroyable de survivre à tout cela, et qu’il ne fallait pas quémander la mort lorsqu’on vient d’y échapper. Certains avaient une situation bien pire qu’elle, après tout, même si ces personnes lui étaient inconnues. L’histoire de Pryam en était presque touchante. Cependant, il avait eu le choix, lui, de quitter les siens. Elle ne connaissait pas les détails, et, finalement, n’avait pas envie de les connaître. Pryam restait après tout un chevalier inconnu qui l’avait simplement aidée. Elle ne savait presque rien de lui ; mais s’il y avait bien une chose dont elle était sûre, c’est qu’elle lui était redevable. Elle lui devait une dette. Il lui parla de talents, de grandes villes, de nouveaux départs… et ces mots sonnaient creux aux oreilles de la jeune fille. Elle ne savait rien, elle ne se rappelait de rien. Tout ce qu’elle possédait comme talents, c’était d’être elle-même. Cependant, il lui fallait autre chose. La musique ? Elle aimait ça, depuis toute petite. Elle passait plusieurs heures à écouter le chant des oiseaux, tandis que ses parents travaillaient dans leur champ. Mais jamais elle n’avait envisagé d’en faire son métier. Après tout, pourquoi pas ? Elle n’avait plus rien à perdre. Elle était en sang, le dos scié en deux, avait perdu ses parents. Il ne lui restait plus rien, alors autant vérifier toutes les possibilités. « La musique m’attire depuis toute petite, mais je ne pensais pas en faire mon métier. » Elle, ménestrelle ? Elle ne se voyait pas vraiment avec un instrument dans les mains. « Cependant, maintenant que je n’ai plus rien à perdre, pourquoi pas ? Ménestrelle, c’est joli comme mot. »

Il avait proposé de l’accompagner dans une grande ville, mais pourtant jamais Elyanos n’avait entendu parler de grande ville dans les Terres de l’Orage. A croire que cela n’existait pas. Il y avait bien des villages, certes, mais finalement, peu de grandes villes. Ou alors, elle n’en avait jamais entendu parler. Elle acquiesça, tout en passant une main dans la crinière du cheval sur lequel elle était. « Je n’ai jamais entendu parler de grandes villes. Mon père me parlait de grands villages, mais il n’a jamais mentionné de ville à proprement parler. Vous vous y connaissez, dans ce domaine, ser ? » Ser. Certains disaient que donner du ser et du Lord à tous vas permettait de se faire aimer des Lords. Etait-ce vrai, ou n’était-ce qu’une ruse de roturier qui n’avait que ça à faire ? Elle n’en savait rien. « Parce que moi, non. » Elle prit une pause. « Votre compagnie est plutôt agréable ; vous auriez pu faire tout en me voyant. Partir en courant, me tuer, ou simplement m’ignorer et passer devant moi sans plus de pitié. Et pourtant vous m’avez aidée. J’ai une dette envers vous. Et j’en aurais deux si vous m’accompagnez dans une ville. Je ne sais pas dire non, c’est un mal, non ? » Un sourire se posa sur ses fines lèvres, et un minuscule rire s’en échappa. « J’accepte avec grand plaisir. Ce serait un honneur de voyager avec un chevalier. Un vrai. » Comme dans les histoires, allait-elle ajouter, avant de se rendre compte que cela faisait gamine, et qu’elle n’avait plus l’âge de croire à ces balivernes. Elle était une femme faite, à présent. Elle se devait d’agir en conséquence. Mais l’erreur est humaine. Elle avait peur, il fallait bien l’avouer. Peur de tout, peur de ce qui allait se passer maintenant. La peur. Qu’est-ce que ce sentiment ? C’est celui qui nous glace, qui nous donne envie de nous enterrer au plus profond d’un même endroit. C’est ce sentiment qui fait pourtant de nous ce que l’on est. Elle prit une inspiration, essaya de bouger son dos afin de voir si la douleur avait disparu, enfin. Mais aussitôt, celle-ci revint à la charge, et elle serra les dents. Elle sentait le sang qui commençait à sécher, après tout le temps qu’elle avait passé à ramper sur le sol pour chercher du secours ailleurs, là où elle pourrait en trouver. Elle montra devant elle, un point, à l’horizon, qui était pourtant invisible, car trop loin. « Le village est par là. » Là d’où elle venait, précisément. « Je ne veux pas vous prendre votre monture. Ni que vous marchiez. Vous voulez monter derrière moi ? Je ne sais pas vraiment monter à cheval, en plus. Ou devant ? Comme vous préférez. » Elle caressa le poil doux du cheval sur lequel elle était assise et observa l’horizon avec une pointe de tristesse.

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Pryam Templeton
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Message Lun 14 Jan 2013 - 14:44

     La musique n'était qu'une possibilité parmi tant d'autres, ce n'était pas comme si la jeune femme n'avait qu'un panel restreint de choix qui s'offraient à elle. Il marchait toujours aux côtés du cheval qui semblait plutôt bien prendre le fait d'avoir une étrangère sur le dos, Pryam se concentrait donc sur la discussion tout en regardant à l'horizon dans l'espoir de voir se dessiner des chaumières. Oh, la présence de la demoiselle ne lui était pas désagréable, au contraire même, mais disons simplement qu'il s'inquiétait de son état de santé et qu'il ne serait rassuré qu'en sachant qu'elle était entre de bonnes mains. Lui ne saurait malheureusement pas quoi faire pour l'aider si elle venait soudain à s'évanouir. Lorsque la blonde reprit la parole pour parler de grandes villes, il ne fut pas très étonné de ce qu'elle lui déclara. Les Terres de l'Orage ne possédaient pas de villes à proprement parler, rien qu'Accalmie était une grande forteresse avec un village à proximité. C'était assez évident qu'une jeune femme ayant grandi dans une région comme celle-ci ne parvienne pas vraiment à visualiser un tel endroit. Après tout, Pryam lui-même avait été très étonné la première fois qu'il avait quitté le Val pour les vastes plaines du Bief. Il ne s'y connaissait pas très bien en grandes villes pour la bonne et simple raison qu'il préférait éviter la foule et se cibler sur de petits villages, cependant, comme tout bon chevalier qui se respecte, le Valois pouvait en citer plusieurs. La plus importante étant bien évidemment Port-Réal, surtout qu'elle ne se situait pas très loin d'ici une fois que l'on avait traversé le Bois-du-Roi.

     Comme la jeune femme reprenait la parole pour lui faire savoir qu'elle avait une dette à son égard, il ne put s'empêcher de répondre à son sourire. Ce n'était pas une dette non, après tout, en prononçant les vœux de chevalier Pryam n'avait fait que permettre d'aider les gens dans le besoin, ce serait plutôt à lui de la remercier de lui permettre de remplir les objectifs qu'il s'était fixé.
     Toujours est-il que le sujet fut reporté sur l'essentiel, à savoir le village qui approchait et même si Pryam ne distinguait pas encore cette fameuse bourgade, il la croyait sur parole. Plissant des yeux pour essayer d'apercevoir quelque chose, le Valois finit par tourner la tête en direction de la jeune femme pour la rassurer. Marcher ne faisait pas de mal de temps en temps et vu son état actuel, il était préférable qu'Elyanos puisse être seule sur la monture. Puis le village n'était plus si loin au final.

     ▬ Non, ne vous inquiétez pas, nous ne sommes plus très loin et ça ne fait pas de mal de marcher un peu. Vu que vous allez un peu mieux, je vais juste lui faire légèrement accélérer l'allure pour que nous arrivions plus vite. »

     Dans son propre intérêt bien évidemment, mais il ne le précisa pas. Pryam tira légèrement sur les rênes du cheval qui ne se fit pas prier et accéléra légèrement le pas. Ce n'était normalement pas plus désagréable pour la personne installée sur la selle puisque l'animal se contentait d'agrandir la portée de ses pas plutôt que de le presser. Après quelques pas, une fois que le Valois fut sûr que la jeune femme n'était pas en difficultés sur sa selle, il reprit la parole.

     ▬ Concernant les villes, je n'en fréquente pas beaucoup, mais j'en connais plusieurs. Ce n'est pas étonnant que vous ne connaissiez pas beaucoup de choses dans ce domaine cela dit, les Terres de l'Orage ne sont pas ce que l'on peut appeler, la région la plus fréquentée. Mais dans d'autres régions comme le Bief ou les Terres de la Couronne bien évidemment, il y a beaucoup de grandes villes. Il avait été à Villevieille d'ailleurs, ainsi que dans beaucoup d'autres endroits de ce type. Le mieux serait certainement de vous diriger sur Port-Réal, c'est certes la plus grande ville de Westeros et ça peut être surprenant lorsqu'on ne connaît pas, mais c'est aussi celle où il y a le plus de monde et de possibilités. Je suis certain que vous trouverez quelqu'un pour vous aider là-bas. Personnellement c'est de la sorte que j'ai trouvé mon ancien maître. »

     Cela dit, si elle préférait aller ailleurs, il n'y verrait aucun inconvénient. L'avantage avec le métier de chevalier errant, c'était bien que personne ne vous attendait à un endroit ou à une date précise, vous pouviez donc sans difficultés choisir votre chemin au gré des aventures du moment. Le silence retomba un bref instant alors qu'ils progressaient. Bientôt au loin se dessinait déjà les silhouettes des maisons qui abritaient les personnes qui pourraient certainement sauver la vie de la jeune femme. Elle avait l'air en meilleur état qu'au moment où Pryam l'avait croisée sur la route, cela dit il ne s'y fiait pas trop. Le souvenir de son maître qui semblait en parfait état ne cessait de lui revenir, quelques jours après une excellente journée où l'avenir semblait lui appartenir, l'homme avait rendu l'âme. Le Valois était assez craintif à ce niveau depuis, l'idée que la blonde puisse soudain tomber au bas de la monture pour y mourir ne cessait de lui revenir à l'esprit. Pensées sombres c'était l'évidence même, mais jamais le Valois ne l'aurait dit de vive voix et son visage ne laissait rien transparaître. Après ce moment de silence, il reprit la parole.

     ▬ Et vous savez, vous n'avez aucune dette à mon égard. Je considère que je fais mon devoir, alors n'en parlons plus. »

     N'importe quel chevalier aurait agi de même après tout. Le blond retomba une fois de plus dans le silence, se contentant de lâcher quelques mots de temps en temps pour s'assurer que la demoiselle était toujours consciente et en bon état. Il voulait arriver à ce village le plus rapidement possible et à son grand soulagement, les choses avançaient assez rapidement. Moins de dix minutes plus tard, ils entraient dans l'enceinte de la bourgade où l'on pouvait voir quelques passants qui regardaient ce duo étrange entrer dans leur village. Le chevalier demanda quelques renseignements à une femme postée sur le bord de la route, les bras chargés d'affaires et un enfant accroché à ses jupes, puis il prit la direction de la demeure de la personne la plus apte à pouvoir s'occuper de la santé d'Elyanos. Alors qu'ils arrivaient à proximité, Pryam tourna la tête vers la jeune femme.

     ▬ Tout est bientôt terminé ne vous inquiétez pas. J'attendrai le temps qu'il faudra comme promis, alors ne vous inquiétez pas et débrouillez-vous pour vous remettre correctement. »

     Après un dernier sourire, le blond arrêta sa monture devant la porte du rebouteux du village. Il était déjà dehors, prévenu par des gamins qui avaient entendu le chevalier converser avec la femme du bord de route. L'homme s'avança vers Elyanos pour commencer à regarder l'état de ses blessures, quelqu'un de compétent allait enfin s'occuper d'elle !

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Tu es fou, j'en ai bien peur. Mais, je vais te dire un secret. La plupart des personnes bien le sont... ▬ Pryam

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