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Une lettre de Gabriel Volentin, frère du danseur d'eau, pour Shaïra Seastar.

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Message Mar 30 Oct 2012 - 16:13

Les rues grouillaient de monde aujourd'hui tout autant qu'un autre jour dans la Cité Libre de Braavos. De l'été persistait une douce chaleur qui le disputait à l'humidité des premières pluies qui s'étaient déclarées voilà bientôt deux semaines. De la fenêtre de son étude, Gabriel Volentin regardait les anonymes s'affairer dans leur routine quotidienne. Après un grommellement bougon il se frotta les paupières, il se sentait las depuis les derniers évènements qui s'étaient déroulés.

Debout devant son lutrin avec une plume à la main il se concentra à nouveau sur la missive qu'il devait écrire en direction de Westeros. Il n'y avait cru qu'à moitié lorsqu'il avait reçu une lettre du Donjon Rouge, l'un des plus hauts lieux de pouvoir au monde. La non moins célèbre Shaïra De Lys, grande bâtarde de la famille royale, avait fait commande à l'atelier familial d'ouvrages sur la culture des Cités Libres. Leur adresse lui avait été soufflée par Lotho, de quatre ans son frère cadet et disparu de Braavos depuis bien trop longtemps.

Avec la lassitude des souvenirs à jamais reproductibles, Gabriel se souvenait du léger sourire de son père lorsque son fils lui avait lu la lettre qui donnait des nouvelles du fils prodigue. Un léger soupir s'échappa de la poitrine du maître enlumineur, c'était une des dernières fois que le vieil homme avait sourit ... Avant de s'éteindre en évitant des douleurs superflues, un léger cadeau du Dieu de la Mort pour un homme dont la faiblesse pulmonaire lui avait fait souffrir milles tourments, jusqu'à l'achever voilà presque un mois.

Il lui avait fallu du temps pour arriver à évacuer tous les problèmes afférents à la succession de leur père. Sans compter au traitement des commandes, même si il avait maintenant l'habitude de diriger l'atelier ... Il ne s'était jamais senti prêt à pouvoir se passer des conseils de son père. Il devrait faire avec maintenant, non par choix mais par l'obligation funeste de la fatalité. Reprenant ses esprits, il trempa sa plume dans l'encrier pour tracer des lignes de sa plus belle écriture malgré sa douleur.


Citation :
À Lady De Lys,

Avant toute chose, je ne saurais trop vous remercier de votre généreuse commande à notre atelier. Il s'agit là d'une attention fortement qui a ravi l'ensemble de mes compagnons et moi même. L'ensemble de notre personnel s'associe à moi pour vous excuser du temps de livraison et vous souhaite en tous cas la plus agréable des lectures possibles.

A titre personnel je me dois cependant, maintenant les formalités d'usages adressées, de vous remercier des nouvelles que vous nous avez donné de mon frère cadet. Savoir que Lotho est toujours en vie est un véritable soulagement, surtout avec la menace qui pèse sur ses pas. Et malgré l'abondance de détails dont il nous gratifie dans ces carnets de voyages, cela ne remplacera jamais une correspondance régulière qu'il n'est pas en moyen de nous offrir. Merci donc, du plus profond du coeur.

Cette gratitude que je ressens à votre encontre rend d'autant plus difficile la tâche que l'impossibilité de contacter une autre de ses connaissances me force à vous confier. Si bien sûr vous l'acceptez, car je ne saurais me permettre de commander à une personne aussi distinguée que vous ...

Néanmoins je me dois d'oser tant la terrible nouvelle doit être communiquée dès que possible à mon petit frère qui parcourt vos contrées. Voyez-vous quelques jours après que nous ayons reçus votre commande et les nouvelles concernant Lotho, nous avons eu la douleur de perdre notre père des suites d'une longue et pénible affliction qui lui tenait les bronches. Il est mort malgré tout paisiblement. Je sais que les circonstances de l'exil de mon frère ne permettent pas qu'ils vienne se recueillir sur la tombe que nous lui avons fait édifier, néanmoins je suis sûr qu'il partagera notre chagrin avec la plus sincère des afflictions.

Les derniers mots de notre père auront étés pour la famille dans son ensemble, affirmant avec une morgue superbe que l'adversité ne nous avait pas rendus faibles et que bien au contraire elle était notre moteur. Je n'ai rien dit à ce moment là, mais je reste persuadé qu'ils étaient particulièrement disposés envers Lotho ...

Ainsi, j'en fais appel à votre bonté pour permettre à notre famille de se retrouver tant par la prière que par les larmes et ce malgré les distances et les mers. Je suis sûr que vous aurez grand coeur, si ce paranoïaque qui me sert de frère vous a confié notre adresse ... C'est bien qu'il a confiance en votre bonté.

Pour finir sur une note plus formelle, sachez que je reste à votre disposition pour une éventuelle commande supplémentaire. Veuillez vous assurer de mon respect de mes espérances les plus sincères.

Gabriel Volentin, Maître Enlumineur, Braavos.

Alors qu'il venait de signer sa lettre, il remarqua qu'il n'avait pas réussi à éviter quelques légers tremblements sur les arabesques les plus complexes. Amer, il constata que ce n'était pas là travail digne d'un enlumineur et qu'il ferait mieux de reprendre son ouvrage une fois encore. Levant la tête, il remarqua que l'après-midi s'était envolée tandis que la pénombre commençait à pointer le bout de son nez ... Ecrire ces quelques lignes lui avait demandé tant de temps ?

Finalement, il décida de ne pas réécrire cette lettre. Il sentait bien qu'il n'en aurait pas la force, pas la motivation, car même si il devait supporter beaucoup de choses ... Repenser à son frère exilé de l'autre coté des mers et ce pour toujours, il n'était pas encore prêt à cette épreuve. Une fois l'encre sèche il plia la missive et la glissa sur le haut du paquet à nouer, contenant la commande de la Lady. Secrètement, il laissa au fond de son coeur brûler l'étincelle de l'espoir ... Un jour peut être il reverrait son frère malgré l'adversité, il voulait y croire.
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Shaïra Seastar
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« En languissant définiront mes jours »

♦ Missives : 1507
♦ Missives Aventure : 63
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♦ Date de Naissance : 25/02/1992
♦ Arrivée à Westeros : 17/01/2012
♦ Célébrité : Charlize Theron
♦ Copyright : Luchadora & Tumblr
♦ Doublons : Maël, Gabriel, Velanna Vance
♦ Age du Personnage : 35 ans
♦ Mariage : Aucun, jamais ?
♦ Lieu : Donjon Rouge, Port-Réal
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Message Ven 2 Nov 2012 - 5:29

Les jours s’écoulaient inexorablement au sein de la puissante forteresse du Donjon Rouge, la tanière des royaux dragons. Elle avait sans faillir traversé les ères de Westeros, figée dans la pierre, le temps et les âges, témoin immobile du vif et sanglant jeu des trônes. L’agitation vaine y frétillait, les hauts comme les petits seigneurs s’y succédaient des doléances plein le cœur, les roturiers quant à eux se bousculaient quelques fois pour voir de leurs propres yeux les hauts murs du pouvoir… Appétit sans faim que celui des avides et des curieux, jamais contentés et toujours plus nombreux à se presser pour se confronter au mystère et à l’inaccessible. C’était si grand, si fabuleux comme lieu ! Et pourtant… Côtoyer chaque jour le même décor, toujours, sempiternellement similaire, sans que le moindre répit ne soit accordé, vidait de sa substance magique le plus somptueux des paysages. Dans les murs chargés d’histoire on ne mirait plus que de la rocaille sans armes, dans les sculptures et la peinture des dispersions inutiles d’énergie, dans le palais recouvert d’or et d’argent ? Rien de moins qu’une prison travestie en havre. Cruel ravage de la lassitude ! Et lorsque cette-ci s’alliait à une profonde solitude… Il n’y avait guère plus qu’à guetter la faim et se repaître des rares distractions abandonnées par le destin. De ces âmes en perdition, la ville de Port-Réal en dégorgeait dans une abondance ostentatoire mais qui aurait cru que l’une d’elle se soit égarée au Donjon Rouge… ? C’est pourtant en son sein que se lovait l’alcôve d’une lady aux lointaines racines, elle-même statufiée et épargnée par la course effrénée du temps. Longue chevelure flavescente encadrant un regard hétérochrome, Shaïra de Lys mirait le monde à travers sa fenêtre et surplombait en silence une vie à laquelle elle ne goûtait que trop peu, et dont elle ne connaissait rien.

    « Lady Shaïra ? Un paquetage accompagné d’une missive est arrivé à votre intention… »

Le saphir et l’émeraude s’arrachèrent de leur contemplation pour succinctement guigner la jeune domestique aux bras chargés. Se redressant dans une souple et vaporeuse mouvance elle la débarrassa du poids qui l’encombrait et la congédia en douceur. La donzelle ne se fit guère prier, ayant mille et une taches à accomplir, mais prit la peine de soigneusement déposer le vélin enroulé sur l’écritoire de la dame avant de se retirer. Dans un geste précautionneux Shaïra ouvrit le colis sans réellement songer à ce qui l’attendait mais à peine son regard se porta-t-il sur la couverture du premier ouvrage, qu’elle comprit. Braavos. Braavos ! Lotho Volentin, le poète spadassin. La commande… Sa torpeur l’avait complètement détourné de l’impatience – pourtant bien vivace – qui l’avait étreinte quand elle avait rédigé sa lettre. Les voici donc, les précieux ouvrages ! Voilà qui l’occuperait un temps et alourdirait encore ses bibliothèques de nouveaux savoirs. Promptement elle déballa le reste des manuscrits et prit le temps de les observer avec attention les uns après les autres… Parvenu au dernier, elle se rappela de la lettre qui y était jointe et en plus des politesses d’usage, était censée comporter des nouvelles de la famille du Braavosi. Elle ignorait comment elle pourrait le contacter, mais il y aurait bien un garde – ou Aaron, d’une si bonne volonté à l’égard du bretteur ! – qui serait amène à le trouver et la lui remettre. Du moins c’est ce à quoi elle songeait… Mais lorsque le papier fut entre ses doigts, l’idée se dissipa progressivement de son esprit au fil de la lecture.

Impossible… Elle ne pouvait pas décemment faire porter une si tragique nouvelle par des mains malhabiles et dénuées de sincère compassion. Un soupir peiné et tracassé s’extirpa des lippes roses et caressa doucement le macabre parchemin. Et comme si apprendre la mort du père du malheureux n’était point suffisant, voilà qu’elle recevait quelques vérités cachées troublantes sur le coquin. Les prunelles de la sylphide voguèrent à nouveau sur la calligraphie parfois hésitante, et accrochèrent quelques termes pour le moins inquiétants… « Toujours en vie », était-ce surprenant ? Et quelle menace pesait-il sur lui ? La sentence était finalement tombée, lourde et sévère : Lotho Volentin était un exilé, probablement pourchassé jusqu’aux Terres de la Couronne. En lui confiant l’adresse des siens, n’avait-il pas deviné que tôt ou tard la vérité viendrait jusqu’à elle ? Il n’était toutefois pas l’heure de le blâmer, pas avec toute cette douleur qui allait s’abattre sur lui et les tourments qui devaient jour après jour le lacérer. Shaïra ne perdit pas une kyrielle de secondes de plus pour s’emparer d’une longue plume d’aigle et de l’un de ses parchemins, et y coucha une réponse qu’elle voulut respectueuse et rassurante.












Je souhaite que mes condoléances et mes pensées vous parviennent jusqu’à Braavos et réchauffent vos cœurs meurtris par le deuil, autant qu’il est possible de le faire au vu des cruelles circonstances.

Il serait mentir que d’affirmer que je suis en mesure de vous réunir aussi promptement que je le voudrais, mais à l’heure où vous lirez ses lignes soyez assuré que j’aurais déjà fait tout mon possible pour m’acquitter de ce devoir. Il n’est nulle promesse que je scellerai sans être persuadée de la tenir, aussi je vous rassure déjà : je trouverai Lotho Volentin et les derniers mots de votre père lui parviendront. Je suis certaine que malgré les lieux qui vous séparent, il partagera votre douleur comme s’il se tenait près de vous. Il trouvera de plus mon épaule pour y verser ses larmes, je ne laisserai point l’exilé supporter son affliction dans la déréliction.

Aucun de mes mots ne sera en mesure de soulager votre peine et celle des vôtres, je souhaite malgré tout vous réaffirmer mon plus sincère soutien dans cette épreuve. Prenez soin des vôtres Gabriel et de mon côté, je veillerai sur votre petite frère.

Et n’ayez crainte, je saurai toujours me tourner vers un Maître Enlumineur produisant un travail d’une si belle qualité. Attendez de mes nouvelles car je ne vous laisserai point sombrer dans l’aphasie, que ce soit pour votre art ou votre cher Lotho.

Gardez espoir,

Elle reposa lentement sa plume sur l’écritoire et après une brève relecture scella le vélin, sans parvenir à s’épargner un pincement au cœur. « Maudit Lotho… Vous ne me laissez guère le choix mon ami. » Son minois ému se tourna à demi vers la fenêtre, Port-Réal s’étendait à ses pieds et quelque part un homme paranoïaque attendait d’être débusqué… Elle le trouverait la première.


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