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« Qui aime la jeunesse, aime la mer. »

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Message Mar 30 Oct 2012 - 13:34

Elle sort de la tour de pierre et le vent froid lui caresse aussitôt le visage. Moïra remonte instinctivement la fourrure grossière que son père lui a offerte quelques jours auparavant. Il lui avait dit l'avoir trouvée dans un village du Nord qu'il avait pillé en compagnie de Garth, l'héritier de la maison. Les cadeaux ne la touchent pas particulièrement, la jeune femme n'est sensible qu'aux choses brillantes et que cette fourrure soit faite de loup ou d'hermine n'y change rien : elle ne brille pas. Le regard brun de la Fer-née balaye la zone, son géniteur lui a dit de se rendre du côté de Cormartel où quelqu'un la prendrait à bord de son boutre pour l'amener au rassemblement de Dagon Greyjoy. Quel est son prénom d'ailleurs ? Moïra n'arrive plus à s'en souvenir, c'est des détails si secondaires que la jeune fille ne tient pas à les retenir. Bien des gens possèdent des prénoms qui ne leur conviennent pas, elle préfère donc leur coller un petit surnom qu'elle garde bien précieusement dans un coin de son esprit. Vu qu'il est rare que l'on s'adresse à elle, ce n'est pas un réel problème que de ne pas laisser s'échapper ce surnom, jusqu'à ce jour personne n'a encore remarqué qu'elle oublie toujours tous les prénoms.

La jeune femme soupire légèrement, le vent salin arrive jusqu'à ses narines alors qu'elle se dit que la froideur de l'hiver va bientôt s'installer sur les Iles de Fer. Le froid ne la dérange pas vraiment, le seul problème c'est qu'elle ne peut plus s'autoriser autant de promenades sur le bord des plages où les boutres sont accostés parce que la mer est plus agitée. Chassant les pensées négatives de son esprit, Moïra se met en route en direction du lieu de rendez-vous. Aucun de ses frères n'a manifesté le désir de prendre part au regroupement et la jeune fille ne peut s'empêcher d'en être désolée : c'est l'occasion idéale pour passer un peu de temps avec eux. Tant pis pour eux ! Même si l'absence de ses neveux manque plus durement à Moïra, elle se console en se disant qu'ils peuvent enfin passer un peu de temps avec leur père, Garth n'est pas très paternel et la jeune femme en vient des fois à se demander comment les deux garçons peuvent se souvenir qu'il est leur père. Peut-être que le Dieu Noyé lui réservera une surprise une fois qu'elle aura posé le pied à Pyk ? Tandis qu'elle marcha, la Fer-née observa les environs, constatant que le froid ne diminue pas l'activité de Pebbleton, les pêcheurs s'activent toujours autant malgré la guerre. C'est un point qu'elle aime dans cette ville : le fait que la vie continue normalement malgré les sorties fréquentes des boutres qui partent piller le continent.
Moïra ne se sent pas vraiment concernée par ces affrontements, elle ne sait d'ailleurs plus depuis combien de temps est-ce qu'ils durent, la seule chose qui importe à ses yeux, c'est que son père et ses frères rentrent avec des objets brillants pour elle. Garth a déjà émit l'hypothèse que la jeune femme puisse devenir marin sur l'un des boutres de la famille, mais le père des deux jeunes gens s'était fermement opposé à cette idée : il y avait suffisamment d'hommes dans la maison pour ne pas envoyer les femmes au combat. Cela ne dérange pas vraiment Moïra, elle aime la mer, elle aime pouvoir passer du temps avec d'autres personnes, mais son style de combat est plus basé sur la défense que sur l'attaque, lors d'un raid elle ne serait qu'un poids mort. Le seul regret qui persiste étant bien que si elle avait été au combat, elle aurait pu choisir elle-même les objets brillants qu'elle voulait prendre.

Ses pieds marchent seuls tandis qu'elle progresse lentement, mais sûrement, vers la plage rocailleuse citée par son père. Moïra en vient à se demander si le capitaine en question a quelque chose contre le fait de prendre une femme à bord de son boutre. C'est un peu idiot de l'avis de la Fer-née, mais elle ne juge pas les autres sur leurs croyances. De toute manière, ce n'est pas comme si elle partait en mer pour se battre, il ne s'agit que d'un simple voyage - plus ou moins long suivant les vents - pour se rendre sur une autre île. La jeune femme triture quelques objets brillants qu'elle a cousus à sa robe brune, c'est celle qu'elle porte presque toujours, une tenue solide et même un peu désagréable à porter. Sa mère ne comprend jamais pourquoi est-ce qu'elle n'utilise pas plutôt les robes plus confortables et Moïra ne cherche pas à lui expliquer que c'est pour imiter ses frères qui portent leurs armures lourdes sur le boutre : une manière de ne jamais être totalement détendue ou au repos.

Ses pensées persistent, continuant lentement alors qu'elle arrive finalement aux abords de la fameuse plage. Combien de temps a-t-elle pris pour venir jusqu'ici ? Bonne question. La jeune femme a les cheveux complètement décoiffés, elle s'assure simplement sur les perles brillantes qu'elle a accrochées dedans ne se soient pas envolées. Elles sont encore là, Moïra esquisse un léger sourire avant d'avancer vers le boutre où des silhouettes s'activent autour. Laquelle est le capitaine ? Elle doit connaître la plupart de ces hommes, c'est un bateau de la maison Bonfrère et elle est souvent venue sur cette plage faire des signes aux silhouettes qui s'éloignaient en direction du continent. Ses yeux scrutent plusieurs visages qui ne semblent pas s'intéresser à elle, pas très étonnant vu qu'il est rare qu'elle retienne l'attention. Après un petit moment d'hésitation, Moïra finit par repérer un homme plus jeune que les autres. Une légère moue se dessine sur son visage alors qu'elle se dit qu'il aurait dû être plus jeune pour qu'elle puisse être parfaitement à l'aise. Les enfants ont sa préférence depuis toujours, ils parlent franchement et ne manipulent pas les gens ce qui permet de ne pas s'exposer à de mauvaises surprises. Puis surtout : ils ne jugent pas. Mais pas d'enfant sur cette plage, la Merlyn s'approche donc de celui qui semble le plus près de l'âge de l'enfance et se plante à ses côtés. Elle attend poliment qu'il termine de faire ce qu'il faisait avant de lever la main pour lui frôler le bras.

« C'est toi le capitaine ? »

Elle ne se souvient plus du prénom du Bonfrère dont son père a parlé, mais c'est sans importance, les hommes se présentent toujours, ils aiment bien retenir l'attention de ce qu'elle a cru remarquer. Mais ce n'est pas sa maigre expérience qui l'aidera beaucoup. À peine a-t-elle parlé, qu'elle songe que le « toi » aurait éventuellement dû être remplacé par un « vous ». Tous ces tics de langage la dépassent. Elle a toujours été avec les membres de sa famille et n'a donc jamais besoin d'user d'artifices dans ses discussions. Moïra hausse légèrement des épaules comme pour dire que ce n'est pas grave, même si lui n'a pas encore prit la parole ce qui peut éventuellement le pousser à se demander sur quoi est-ce qu'il vient de tomber. Elle détourne brièvement les yeux du jeune homme dont elle n'a toujours pas détaillé le visage, regarde autour d'elle sans voir quelqu'un de moins âgé. La Fer-né croit se souvenir que Garth lui avait parlé « du petit capitaine Bonfrère » est-ce qu'il était nain ou simplement petit en âge ? Bonne question, elle n'avait pas songé à le demander sur-le-coup. Après cette recherche infructueuse, Moïra reporte son attention sur le visage du marin, capitaine, rameur ou ce qu'il pouvait bien être, puis le détaille avec attention. Son regard dérange souvent, son géniteur lui répète sans cesse de ne pas scruter les gens sous peine d'avoir l'air sotte, mais c'est plus fort qu'elle. Au final après l'avoir observé un bref – ou long – moment, la Fer-née reprend.

« Je suis la fille d'Egen Merlyn, il m'a dit de venir ici pour que quelqu'un m’emmène sur Pyk. » Elle pince légèrement ses lèvres, croisant ses bras sur sa poitrine en signe de réflexion. « Est-ce que je dois faire quelque chose pour rembourser ce voyage ? »


Elle ignore si son père a donné quelque chose au petit capitaine pour payer la traversée de sa fille. Dans la logique des choses ce serait une réponse négative, un Fer-né ne se fait pas payer, il prend ce qu'il veut, mais certains sont si éloignés de l'Antique Voie qu'elle s'attend à tout.
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Message Mar 30 Oct 2012 - 15:51

Chaque voyage, chaque traversée, même la plus banale, demande une préparation minimum. Willem avait quitté Cormartel il y avait une journée de cela pour préparer son boutre, la Larme Noire, à rentrer à Pyk où il devait se rendre au rassemblement, mais aussi, où il devra attendre la naissance de son neveu et accomplir la tâche que lui avait confié depuis peu le Lord Greyjoy. Son équipage était resté au port de Grand Wyk, son second, Harkar, s'était assuré qu'ils se tiennent relativement tranquille et pour sa part, il était passé à Cormartel pour voir son frère et surtout, ramener quelques armes et possessions qu'il avait, puisque son séjour sur Pyk devait durer plus longtemps. Parmi ses possessions, il pensait plus particulièrement à Carolyn Grell, sa femme-sel. S'il se montrait distant avec elle en public, en revanche, dans l'intimité, il en allait autrement. C'est pour cela qu'en ce moment, il ne s'occupait guère d'elle et il l'avait laissé seul sur le pont, se tenant plutôt aux côtés d'Harkar, son second, afin de veiller au préparatif.

Comme d'habitude, un vent frais soufflait sur les côtes de la plus grande île des archipels des Iles de Fer et Willem était habillé selon la température. Il portait sa veste de cuir habituel, mais aussi, son écharpe en poil de chèvre au cou, signe qu'il était bien un Bonfrère de Cormartel, puisque cette écharpe a tendance à être une des manières de les reconnaître. Il avait aussi de bonnes bottes de cuir. En dehors de cela, on pouvait remarquer son glaive, de bonne facture, probablement une arme venant du continent. À cela s'ajoutait sa hache de lancée, bien accroché à sa ceinture et un oeil plus observateur remarquerait qu'entre deux lanières, du long de sa jambe, il y avait un couteau. Il avait aussi un petit cordon noir avec une dent de requin au bout, qu'il portait au niveau de son cou.

Tandis qu'il observait les préparatifs, il se souvenait de la dernière conversation qu'il avait eu avec son frère jumeau, Veloran. Ce dernier lui avait mentionné qu'il devait accueillir en son bord la fille d'un noble des îles, un certain Merlyn. Le nom lui disait quelque chose, mais celui de Moira Merlyn, aucunement. Il connaissait davantage la réputation du père, un guerrier respectable. En tout cas, il devait conduire cette fille sur Pyk et rendre ainsi une faveur à cette faveur, sorte de geste de bonne foi. Veloran comptait visiblement rester sur Grand Wyk et Willem s'en était frustré, l'accusant de manquer à sa tâche, mais aussi, de le prendre pour un vulgaire capitaine de traversier, à trimballer les filles de noble d'une île à l'autre. Bref, il était insulté et les deux frères avaient eu une conversation pour le moins houleuse. Maintenant, il s'était fait à l'idée d'avoir une passagère de plus à bord de son boutre et il se foutait bien de qui pouvait être cette fille, il ne comptait pas vraiment lui porter grand intérêt, mais de l'autre côté, il savait qu'il serait mal placé de sa part de porter la colère de son frère contre cette fille. Il ne voudrait quand même pas se mettre son père à dos en prime.

La voile devait être ajusté et pour cela, Willem avait laissé tomber l'écharpe et la veste sur un tonneau sur le pont du boutre pour se retrouver en simple chemise, dont on pouvait maintenant voir que les manches avaient été coupées à la hauteur des épaules. Il se hissa pour attraper une corde et aider à tirer. Cela avait nécessité une certaine force, vu le vent qui se levait et il était un peu en sueur. Sa tâche terminée, il avait reculé un peu pour regarder le mât et l'ensemble de la voile et c'est à ce moment qu'il sentit une main le toucher, habitude que n'aurait pas un de ses hommes, pas de cette façon subtile en tout cas. Willem se retourne alors, ayant cru qu'il s'agissait de Carolyn, mais non, c'était une autre femme, de son âge environ, peut-être plus jeune. Il la détailla de son regard, de bas en haut, tandis qu'elle lui demandait s'il était le capitaine du boutre.

-Ouais, c'est moi, Willem Bonfrère et au cas-où, t'es sur la Larme Noire, petite.

Parce qu'il était quand même plus grand qu'elle, le "petit" Will'. On l'appelait parfois ainsi, jamais en sa présence, à cause de son jeune âge surtout et c'était une forme de moquerie typiquement fer-né; rarement logique. Willem n'était pas plus petit que d'autres, il n'était pas un géant comme Lakdhar non plus. Son second, Harkar, le dépassait d'une demi-tête et était plus gros que lui, costaud, mais un peu engraissé aussi.

Will' ne faisait pas non plus dans la politesse et il ne s'attendait pas vraiment à ce qu'on le vouvoie, en fait, il s'en moquait la plupart du temps, tant qu'on ne se montrait pas trop familier, cela lui allait. De son côté, il ne se gênait pas pour tutoyer les gens non plus. Il avait beau être un noble et être issu d'une famille relativement importante des Iles, il passe sa vie en compagnie de marins et de guerriers alors forcément, il avait adopté en bonne partie l'attitude de ces gens. Les politesses et les manières de seigneur, c'était son frère le spécialiste dans le domaine.

Le jeune capitaine s'était détourné de Moira sans plus chercher à s'intéresser à elle pour retourner vers le baril où le reste de ses vêtements se retrouvaient et il les remis un à un, écoutant avec une certaine distance les dires de celle qui expliquait maintenant qui elle était. Il s'en doutait oui, à moins qu'un de ses hommes ne veuillent ramener une des prostitués qu'il venait de rencontrer au port... Willem fit un petit signe de tête à Harkar d'aller s'occuper de la suite, puisque madame lui parlait et se tourna de nouveau vers elle. À la question qu'elle venait de poser, il eut un petit sourire en coin et l'observa un peu avec un air amusé.

-Non. Si je veux quelque chose, j'irai voir ton père. Contente toi d'être gentille et de ne pas te mettre dans mes jambes ou celle d'un des hommes.

Il désigne justement, du menton, un homme qui, se tenant derrière Moira, attendant pour passer. La Larme Noire était un grand boutre, assez impressionnant, qui comptait une soixantaines de rames en tout. Cependant, son pont était relativement étroit, avec sa planche entre les bancs où les hommes rament, son espace où le mât et l'arrière et le devant du pont, où il y avait un peu plus d'espace. Quand elle s'écarte, l'homme passe et Willem se rapproche du bord du boutre.

-T'es malade en mer? Si oui, évites de vomir sur mon boutre, on vient de le laver.

Sur ce, il se détourne de nouveau d'elle et va vers l'arrière du navire, où traînait Carolyn dans un coin, qui le suivait des yeux, un peu discrètement. Le jeune homme eut un regard vers elle, avant de se retourner vers l'ensemble du navire et de gueuler:

-Hey, les gars, grouillez-vous le cul, on a pas toute la journée! Je veux qu'on soit à Pyk avant la tombée de la nuit!


Harkar en rajoute en disant que s'il y en a qui flâne, il va leur en flanquer une et vue la taille des poings de l'homme en question, valait mieux ne pas le chercher. Les marins s'activent encore plus et Willem les regardait travailler, pour le moment, mais on avait vu tout à l'heure que lorsque c'était nécessaire, il prêtait ses muscles à sa tâche. Diriger peut aussi se faire par l'exemple, sinon, donner des ordres à tue-tête, c'est trop facile. Il gardait un œil sur sa passagère, Moïra et sur ce qu'elle faisait tandis que les préparatifs finaux avaient lieu. D'ici peu, la Larme Noire prendra la mer. Le vent semblait de son côté, mais les vagues étaient assez élevées vu le vent. Probable que la traversée allait être assez houleuse.
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Message Mar 30 Oct 2012 - 18:54

C'est bien lui et comme la jeune femme l'attendait, il lui donne son prénom. Willem, c'est étrange, mais il n'a pas un visage à s’appeler de la sorte. Elle se décide à lui trouver un petit surnom, mais il faut d'abord le voir bouger ou parler pour trouver quelque chose qui lui correspond mieux. Moïra se contente de le regarder en silence alors qu'il l'appelle « petite », étrangement elle a le sentiment que venant de lui c'est une insulte. Le petit capitaine a-t-il quelque chose à reprocher aux personnes moins âgées que lui ? C'est sans importance, la Fer-née ne se soucie pas de savoir ce que l'on pense d'elle, encore moins lorsque son interlocuteur est un homme qu'elle ne connaît pas. Lorsqu'elle reprend la parole pour lui poser une simple question, la jeune fille s'attend presque à ce qu'il lui tourne le dos pour l'ignorer et laisser sa question se perdre dans le bruit des vagues qui s'écrasent non loin de là, mais non, il se retourne le temps de lâcher quelques mots. En entendant qu'elle n'a rien à lui offrir, Moïra pince ses lèvres d'un air contrarié avant de reculer de quelques pas pour laisser passer le marin qu'elle bloque. Que croit-il ? Qu'elle n'est qu'une femme et n'a donc pas les moyens de payer elle-même son voyage ? Son visage se marque d'une expression qui démontre que cette réplique ne l'enchante pas, mais elle reste silencieuse, s'attendant à ce qu'il lui tourne une fois de plus le dos pour aller vaquer à ses occupations, mais non. Encore une fois il lui accorde des paroles pas franchement agréables. Les yeux de la Merlyn se darde sur le visage trop enfantin du petit capitaine alors qu'elle lui décroche un regard hostile. Mais il ne le voit pas, il s'éloigne pour hurler sur ses hommes. Tous les hommes ont besoin de hausser le ton, sont-ils incapables de se faire obéir en parlant normalement ? Alors qu'il s'éloigne, Moïra baisse les yeux vers le sol et porte sa main vers un grelot brillant accroché à ses cheveux, puis elle se parle à elle-même.

« Petit capitaine, je suis une Fer-née, par une continentale. Je ne l'aime pas Loli, il ressemble trop à Garth. »


Loli, ou sa conscience, cet ami imaginaire que tout le monde avait. Elle n'est pas folle, juste un peu originale. Moïra se moque éperdument que les marins du Willem – décidément ce nom ne lui plaît pas – puissent entendre ce qu'elle dit de leur capitaine. La Fer-née assume ses paroles et ne craint pas les représailles, sinon cela ferait belle lurette qu'elle aurait arrêté ses « emprunts » d'objets brillants. Moïra est très prompt à réagir, elle se forge rapidement une opinion sur les gens et les paroles peu agréables du jeune homme ne l'engagent pas à se montrer avenante. Elle ne lui a rien fait et pourtant il se montre désagréable. Quelque chose lui dit qu'il a mal dormi, peut-être devrait-il changer de sommier ? Elle ne va pas le lui dire, il ne le mérite pas de toute manière.

Puis le petit capitaine sort de ses pensées, elle laisse les hommes jouer les hommes et s'éloigne de quelques pas histoire d'approcher de la mer et d'y tremper ses pieds et ses chaussures. Mauvaise idée, ne vient-il pas de lui dire qu'il avait fait laver le pont ? C'est sans importance, la mer n'est pas sale, elle fait partie du boutre, c'est un membre de l'équipage à part entière comme le dit Garth. Pataugeant sans prendre garde au fait que le bas de sa robe aspirait l'eau, Moïra finit par s'éloigner de la mer pour revenir auprès des affaires que les marins chargeaient. Bien malgré elle, son regard se promène sur les marchandises, furetant dans l'espoir de voir un objet brillant qui pourrait faire son bonheur, mais rien. Une moue désolée se peint sur le visage de la rousse avant qu'elle ne se retourne pour regarder le boutre sur lequel elle va monter pour ce voyage. C'est un joli bâtiment, il semble avoir déjà vu beaucoup de combats et avoir souvent flirté avec la mer. Comme personne ne porte attention à elle, Moïra se hisse sur la pointe des pieds pour frôler le boutre du bout des doigts, il est inerte. Elle a toujours imaginé que les bateaux des capitaines étaient dotés d'une vie particulière, Garth parle du sien comme d'un ami de toujours. Son expression neutre laisse place à un air pensif alors qu'elle recule finalement pour jeter un coup d’œil vers le pont. Les hommes ont l'air occupés, est-ce qu'elle peut monter sur le pont ? L'excitation de pouvoir prendre la mer la pousse à vouloir accélérer les choses, mais quelque chose lui dit que le petit capitaine va venir lui gâcher son plaisir. D'un coup d’œil, elle regarde autour d'elle pour s'assurer que personne ne la surveille, puis approche du côté de la Larme Noire. Glissant une nouvelle fois ses doigts sur la coque du boutre, elle lui parle.

« Laisse-moi monter sur ton dos et je te promets de prier pour toi la prochaine fois. »


C'est idiot, un bateau ne décide pas de ce qu'il fait, mais c'est sans importance, elle a toujours préféré parler avec les objets, eux au moins ne vous parlent pas de manière hostile. Garth a toujours estimé qu'une femme Fer-née doit savoir monter seule à bord d'un boutre, elle sait donc comment faire pour se hisser sur le pont sans avoir besoin de l'aide d'un homme. Ne s'est-elle pas déjà glissée sur le bateau de son frère en secret alors qu'il était accosté sur la plage ? Elle assure ses prises après avoir vérifié que personne ne venait vers elle, puis escalade le côté de la coque jusqu'à se hisser à la hauteur du bastingage qu'elle passe avec quelques difficultés en raison de la robe moins facile à porter que des braies. Une fois les pieds sur le bois du pont, la demoiselle s'éloigne du garde-fou pour explorer les lieux. Oui, elle n'est pas chez elle, mais peu lui chaut, le petit capitaine a l'air d'attendre quelque chose de lord Merlyn alors elle ne voit pas de raison de ne pas en profiter. Fouineuse, la jeune femme passe sa main sur divers objets posés ici et là avant de finalement repérer un marin occupé à accrocher quelque chose à quelques pas de là. Moïra s'approche de lui, espérant tomber sur quelqu'un de plus avenant que le capitaine grognon, puis elle se penche par-dessus son épaule.

« Est-ce que je peux t'aider ? Je sais faire les nœuds de marin. »


Elle n'aime pas rester à ne rien faire, se promener, fouiner, travailler, n'importe quoi, mais pouvoir bouger un peu. Regardant autour d'elle, Moïra essaye de s'assurer que le capitaine ne va pas lui tomber dessus. Inutile d'être un génie pour comprendre qu'il n'est pas enchanté de la voir ici, mais elle se demande pourquoi il a accepté de la prendre à son bord si sa présence l'irrite. Les hommes sont des êtres bien compliqués, elle n'a rien contre eux, mais tous ceux qui ne font pas partie de sa maison n'ont jamais été particulièrement agréables avec elle. Cela dit, Moïra est consciente de pouvoir passer pour une illuminée, mais peu lui chaut. Comme son regard est toujours dirigé vers le marin, elle aperçoit soudain un objet brillant posé sur une caisse. La jeune femme s'écarte de l'homme pour s'approcher des marchandises et attrape ce qui se trouve être un morceau de métal. Certainement un morceau d'arme cassée ou une chute d'un instrument de navigation. Elle ne sait pas ce que c'est, mais en le prenant entre ses mains, une seule envie l'habite : le glisser dans son corsage avant que quelqu'un ne le remarque. Son regard se promène autour d'elle alors qu'elle s'assure que le marin est à nouveau occupé avec ses noeuds, puis elle sourit avant de le placer sous son corsage. Ni vu, ni connu.
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Message Mer 31 Oct 2012 - 2:45

Willem ne le réalisait pas encore, mais il venait de faire monter à bord de son boutre une bien étrange demoiselle. Déjà au premier contact, il ne la sentait pas très bavarde, ni encline à saisir comme les fer-nés se parlent entre eux. Le respect leur est étranger et ils aiment bien bousculer les gens et voir de quoi ils sont fait, s'ils sont fait de roc ou bien de sable mouillé. Moïra lui donnait l'impression d'être une petite soumise, à peine capable de le regarder dans les yeux et de répondre à ce qu'il disait. Elle ne semblait pas vouloir se donner cette peine. Tant mieux, parce que lui non plus, il n'avait pas de temps à perdre avec elle, il avait mieux à faire.

Les derniers préparatifs suivent leurs cours, bientôt, la Larme Noire sera sur l'eau et il avait hâte. Ces hommes se hâtaient et vu le rythme auquel ils travaillaient maintenant qu'il leur avait bouté le cul verbalement, ils seront dans les temps. La traversée entre Pyk et Grand Wyk peut être périlleuse, mais pour un capitaine de son peu d'expérience, il a un bon sens de la navigation et il connait les mers entourant les Iles aussi bien que n'importe quel vieux marin et il est plus intelligent qu'eux. Tandis qu'il veillait sur les préparatifs, il remarque l'absence de Moïra et la cherche des yeux. Où était-elle passée celle-la? Ah mais la voila qui réapparait et qui semblait se balader sur le boutre comme ces fillettes qui se baladent sur la plage à la recherche de coquillages. Il fronce des sourcils quand il l'aperçoit qui prend des objets et les regarde. Mais bon sang, qu'est-ce qu'elle fait? Curieux, il l'observait toujours. La voila qui voulait aider les marins... Il eut un rictus, avant qu'Harkar ne vienne lui parler et l'informer qu'ils seraient prêts à prendre la mer d'ici quelques minutes et que la marée était favorable. Parfait alors. Il donne quelques directives à son second, qui hoche de la tête et crie de nouveaux ordres au marin. Le boutre commençait à bouger et Willem voulait s'assurer que la gamine était toujours à bord et qu'elle n'était pas retourné on ne sait trop où faire on ne sait trop quoi. Il la retrouve sur le pont et... elle glissait un objet dans son corset? Il n'eut pas le temps de voir ce que c'était, sûrement pas grand chose, mais par principe. Se tenant non loin derrière elle, il se racla la gorge, assez fortement pour qu'elle l'entende.

-Je peux savoir ce que tu fais?

On dit qu'on peut prendre ce qu'on veut chez les Fer-nés, c'est vrai, mais il y a des conséquences à prendre sans demander et vaut mieux être prêt à les assumer. Bon, Willem n'allait pas donner une leçon de vie à cette fille, elle était sous sa garde et si elle rentrait chez elle humiliée, probablement qu'il créerait un petit incident diplomatique. Pour une fois, son diplomate de frère aurait quelque chose à faire de son temps, mais il ne tenait pas à se causer d'ennuis inutiles.

-Inutile de me mentir tu sais, je t'ai vu mettre un truc dans ton corset. Bel endroit où le cacher, je l'admets, mais pas certain que ton père serait content d'apprendre que tu voles un capitaine...

Il tend gentiment la main, paume ouverte, attendant qu'elle lui remette l'objet, afin qu'elle ne s'obstine, si c'est le cas, on y reviendra. S'il a l'objet en main, il l'observe un petit instant, puis observe Moïra.

-Si tu veux, on fait un échange. Ton grelot contre l'objet que tu voulais. Ça te dis?

Oui, non, peut-être, on verra bien. La petite semblait se chercher quelque chose à faire, il avait peut-être intérêt à lui trouver quelque chose. Il lui fait donc un petit signe de tête pour qu'elle le suive.

-Harkar! Viens là un peu. Je te présente Moïra Merlyn, notre invitée pour la traverser. Tu crois qu'elle pourra nous servir de vigie au bout de la proue?

Willem était assez directif, c'est vrai, du genre à imposer ses idées. Il était comme ça, c'était un peu sa personnalité disons, ceci dit, s'il voit que son invitée ne veut rien savoir de jouer les vigies, il ne va pas insister plus longtemps, mais comme Harkar le fait remarquer à la question de son capitaine:

«Elle ne pourra pas faire pire que le borgne qu'on y met d'habitude».

-Bon bah je te laisse lui expliquer quoi faire. Moi, je vais à l'arrière diriger le navire.


Willem file une fois de plus et laisse son invitée entre les mains de son second. Le rôle du vigie de proue est assez simple. Les vigies en hauteur sont utiles c'est vrai, mais ceux plus à l'avant et plus près du niveau de la mer peuvent servir à voir les récifs et si le fond marin est trop près ou non, un rôle un peu secondaire, mais potentiellement utile, surtout dans une mer où on sait que les récifs se font assez présent. La voile est donc pleinement déployé et le boutre glisse dans la mer dans les instants qui suivent, pousser par les hommes d'équipage, qui grimpe ensuite à son bord pour ramer et prendre le large. Si Moïra fait bien son travail, le navire ne heurte pas le récif, mais de toute manière et pour être honnête, le capitaine connaissait assez bien les eaux pour savoir quelle voie était navigable et sans piège. Une fois qu'ils sont au large et relativement tranquille, malgré les vagues qui frappent parfois la coque et font tomber de l'eau à bord, il va chercher deux pommes, une pour lui et une pour son invitée.

-Tiens, attrapes.

Et il lui envoie la pomme, lancée comme par en-dessous. Le jeune homme croque dans la sienne et observe un peu ces hommes ramer. Tout à l'heure, il ramera un peu, histoire de se garder en forme, mais aussi, de forcer avec ces hommes. Il aimait être un des leurs et pas seulement leur supérieur. Il reporte ensuite son attention sur Moïra.

-T'es déjà allée à Pyk?
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Message Mer 31 Oct 2012 - 13:02

Le geste de Moïra n'avait pas échappé au capitaine qui manifeste sa présence d'une manière plus délicate qu'elle ne pouvait le penser venant d'un Fer-né. Ses lèvres restent closes lorsque le petit capitaine lui demande ce qu'elle fait. C'est pourtant assez clair : elle « emprunte » une pièce de métal qui traîne là. Lorsqu'il lui fit qu'elle n'a pas besoin de mentir, la jeune femme se contente de hausser les épaules, ce n'est pas dans ses habitudes, elle assume ce qu'elle fait et avoue toujours ses fautes. Ce n'est pas une manifestation de gentillesse ou de respect, simplement le signe qu'elle sait qu'elle peut s'en tirer même dans le pire des cas. Elle observe la paume tendue vers elle et qui semble attendre l'objet qu'elle a glissé dans son corsage.

« Je ne mentirais pas, j'ai simplement pris quelque chose que personne ne voulait. »


Cette pièce traîne certainement ici depuis des lustres. Mais peu importe, Willem a l'air tenace et il y a fort à parier qu'il ne va pas la laisser partir avant qu'elle ne lui rende ce qui lui appartient. Arborant une légère moue, elle glisse la main dans son corsage en prenant garde à ne pas s'entailler la peau avec le morceau de métal, puis l'en extirpe pour le lâche dans la paume du jeune homme. Il est vrai que c'est une bonne cachette, jusqu'à présent aucune personne n'a osé venir récupérer sa possession lorsqu'elle se trouvait là. Puis il y a fort à parier que si quelqu'un osait le tenter, Moïra ne se gênerait pas pour planter ses dents dans la main trop baladeuse.

« Et mon père sait que j'emprunte des choses aux autres. Tu n'es pas le premier. Ni le dernier. »


À quoi bon le cacher ? Moïra n'a jamais eu honte de ce côté de sa personnalité, c'est juste sa mère qui dit que les autres maisons n'apprécieraient pas d’accueillir en leur sein, une petite voleuse. Elle ne serait pas contre agir autrement, sauf que personne ne lui en donne la possibilité. Si les pillages faisaient partie de sa vie, elle pourrait se faire plaisir de ce côté, mais ce n'est pas le cas. Le regard brun de la Fer-née observe Willem tandis qu'elle attend sa remarque, sanction ou punition. Va-t-il lui dire de descendre de son boutre ? Non, à la grande surprise de Moïra, il lui propose un échange. Son grelot contre du métal ? Elle l'aime bien son grelot, mais la nouveauté lui plaît aussi. D'un geste à peine marqué d'hésitation, la demoiselle décroche le grelot attaché à ses cheveux et le laisse tomber dans la main du capitaine avant de tendre la sienne en retour pour récupérer ce qu'elle vient de troquer.

Une fois l'échange effectué, Willem l'invite à le suivre et elle s'exécute, se demandant ce qu'il lui réserve et étant bientôt éclairée. Faire la vigie de proue ? L'idée l'enchante aussitôt, au moins peut-elle se rendre utile tout en profitant de la mer. Même si elle ignore que le jeune homme n'a pas besoin d'elle, Moïra n'est pas stressée pour autant à l'idée d'être responsable d'un éventuel accident : depuis qu'elle est en âge de marcher elle passe ses journées à observer la mer autour de Grand Wyk, les plus gros récifs elle les connaît. La Merlyn emboîte donc le pas au second dont le nom lui a déjà échappé, puis s'installe de manière à pouvoir observer les flots et indiquer la position des récifs. Il y a en a plusieurs, mais sans qu'elle ne s'explique pourquoi, ils ne semblent pas poser de problème à la navigation. Moïra se concentre pour remplir son rôle au maximum, même si Loli lui souffle à l'oreille que le petit capitaine s'en sort certainement très bien sans son aide. C'est plutôt surprenant de sa part. Il lui est apparu comme un Fer-né « basique », n'aimant pas particulièrement les femmes et appréciant de dominer les autres en haussant la voix, mais voilà qu'il lui accorde un petit rôle alors qu'il n'a apparemment pas besoin de son aide. C'est une attention qu'elle apprécie, même si elle n'en dit rien.

Lorsque la Larme Noire s'éloigne pour se diriger vers la haute mer, Moïra est tirée de sa contemplation par la voix du capitaine et elle tourne la tête juste à temps pour attraper la pomme qui lui est envoyée. Elle le remercie d'un hochement de la tête avant de polir le fruit sur sa robe, non pour le nettoyer, mais pour le faire briller. Son regard se pose sur la peau luisante de la pomme et elle hoche la tête d'un air satisfait avant de croquer dedans. Une nouvelle question arrive et la jeune femme délaisse la mer quelques secondes pour regarder le Bonfrère à ses côtés avant de répondre.

« Oui, avec Garth lorsqu'il avait été voir Dagon et quelques fois avec mon père. » Qu'il ne sache pas qui est Garth lui importe peu, elle ne s'explique pas souvent. « Toi, j'imagine que tu dois y aller plus souvent que sur Grand Wyk vu que tu es de la famille de notre suzerain maintenant. » Personne n'ignorait que la sœur aînée des Bonfrère de Cormartel était devenue l'épouse de Dagon Greyjoy. Si elle se souvenait bien, Willem n'était pas l'aîné des frères, elle ne savait plus exactement quelle était leur situation familiale, mais il n'était pas lord et le reste n'avait pas d'importance. « Tu connais bien le chemin jusqu'à là-bas, tu n'étais pas obligé d'avoir une vigie de prou. C'est pour éviter que je ne vole autre chose sur ton boutre ? » Elle le regarde, haussant légèrement les sourcils d'un air interrogateur avant de reporter son attention sur les flots agités. « Je ne vole pas n'importe quoi, mon père ne voulait pas que j'aille à ce regroupement parce qu'il avait peur que je fasse ce genre de choses justement. Il dit que ça fait mauvais genre dans une famille. » Un sourire se peint sur ses lèvres, elle lui parle de choses dont il ne doit rien avoir à faire, mais c'est comme ça avec elle, Moïra aime bien parler de tout et de rien avec le gens. « C'est assez drôle au final, il vole aussi sur le continent, est-ce que tu penses que ce serait différent si je défiais en duel tous les gens à qui j'ai envie de voler quelque chose ? »


Elle tourne une fois de plus la tête dans sa direction, le dévisage avant de hausser les épaules. C'est une question rhétorique, il va certainement lui répondre qu'une femme ne sait pas se battre comme un homme et que le fer-prix ne s'applique pas aux Fer-nés ce qui est parfaitement vrai. Mais pourquoi n'aurait-elle pas le droit d'avoir ses petits pillages personnels ? Qui d'autre que les Fer-nés pouvaient en faire les frais ? Elle ne donnait pas Willem et ne se gêne pas pour lui parler comme s'ils étaient amis depuis toujours, sous ses airs d'asocial elle est en réalité très liante. Le protocole des relations n'a pas lieu avec elle et elle peut aussi bien tutoyer un simple roturier que le seigneur d'une grande maison. Ceci expliquant cela, le seigneur de la maison Merlyn gardait sa fille sur Grand Wyk pour éviter qu'elle ne se forge une réputation d'illuminée et ne finisse par faire fuir tous les bons partis. Qu'il se débrouille avec ses inquiétudes. Moïra croque une fois de plus dans la pomme avant d'essuyer sa bouche avec le revers de sa manche, puis elle reprend la parole.

« Ne t'inquiète pas, je ne ferai pas de catastrophes au regroupement, même si au fond ça n'a pas d'importance pour toi. J'aimerais juste éviter de devoir rentrer à la nage, je n'ai rien contre la mer, mais Pyk est assez éloigné de Grand Wyk. » Elle lui conseille de ne pas s'inquiéter comme si elle était en train de parler à ses neveux ou à un enfant alors qu'il est certainement plus âgé qu'elle. Moïra cesse de le regarder avant de conclure avec quelques mots. « Finalement, tu es moins grognon que je ne le croyais. »


Parce que oui, elle le trouvait grognon. Même si ce n'était pas le genre de choses qui se disait, au moins savait-il ce qu'elle avait pensé de lui.
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Message Jeu 1 Nov 2012 - 15:06

Moïra semblait s'amuser à lui piquer des objets. Willem n'avait alors aucune idée de ce qu'elle avait volé au juste, mais que ce soit un objet de valeur ou non, c'était plutôt le principe. Quand on est invité sur le bateau d'un capitaine, on évite de lui piquer ses affaires, même si le sens de la propriété est assez relatif chez les Fer-Nés. Reste que si on prend sans demander, faut s'attendre à une réplique de diverses espèces de la part de son propriétaire. Will' était plus intrigué, voir amusé par le geste qu'il n'était fâché, alors il ne comptait pas tomber sur la petite Merlyn, mais il voulait ravoir ce qu'elle lui avait pris. D'ailleurs, elle ne chercha pas à nier le moins du monde et disait avoir pris quelque chose que personne ne voulait.

-Ce n'est pas parce que quelque chose traîne que personne ne le veut... Sur un bateau, tout ou presque appartient au capitaine.

C'est lui le maître à bord et sur son boutre, il est roi et les gens fonctionnent selon ses règles. C'est d'ailleurs une des raisons pourquoi Willem aime tant son rôle de capitaine et qu'il arrive à s'en contenter... pour le moment. Finalement, Moïra se résigne et il reçoit bientôt le petit morceau de métal sans valeur qu'elle avait pris. Même lui était plutôt déçu de ce qu'il avait dans la main. Elle aurait pu voler un instrument de bord, une carte, un couteau, mais non, elle avait volé qu'un bout de métal qui réfléchit la lumière du soleil. Il observait l'objet, entre ses doigts désormais, tandis que son invitée à bord lui expliquait que son père était au courant de ces habitudes de voleuse. Les voleurs sont assez rares sur les Iles. D'abord, ce n'est pas trop dans leur culture, mais en prime, avouons qu'il n'y a pas grand chose à voler. Willem eut un petit air amusé. Et son père ne la corrigeait pas? Peut-être avait-il abandonné cette idée, il ne serait pas le premier père à se décourager de sa fille.

-Et ça ne le dérange pas?

Apparemment non. De toute manière, il ne comptait pas insister plus que nécessaire sur cette question. D'ailleurs, il propose un marché à la jeune femme, une sorte d'échange, de troc. C'était un peu comme pour voir à quel point elle pouvait tenir à un objet qu'elle venait de voler. Il faut voir la Merlyn donner son grelot sans hésitation et Willem lui rendre son bout de métal préféré pour voir la réponse à cette question. Cette fois, ce n'était pas un vol, mais un échange, une leçon apprise sans doute. Willem agite un peu le grelot et a un sourire amusé, avant de le glisser dans la poche de sa veste. Il l'offrira à Carolyn tient, elle en fera ce que bon lui semble.

Peu après, il confie la passagère au soin de son second, Harlak, qui va s'occuper d'expliquer à la jeune femme comment elle pourrait se rendre utile sur son boutre. Voilà qui devrait lui occuper l'esprit et éviter qu'elle ne vole autre chose, car si un de ses hommes la prenait sur le fait, il risquait d'être moins diplomate que Willem. Une fois en haute mer, quand sa présence n'est plus tellement requise à l'arrière, il va rejoindre sa passagère, histoire d'en apprendre un peu plus sur elle. Cette histoire de vol et l'attitude un brin particulier de la Merlyn l'avait intrigué, un peu comme un nouvel animal qu'on découvre.

Elle avait ses petites manières la Moïra, il était à même de le voir. On dit que les gens maniérés sont ceux qui sortent le moins de chez eux. Il ne savait pas si c'était vrai pour elle. En tout cas, de son côté, il avait croqué la pomme sans prendre soin de la nettoyer.

-M'ouais...

Répondit-il à la question sur sa présence sur Pyk. Il allait d'ailleurs y rester, même après le rassemblement, il avait quelques tâches à y faire et puis, il attendait toujours que sa sœur accouche enfin. Puis, la petite fait preuve d'une certaine intelligence ou d'un sens de la perspicacité en lui demandant pourquoi il avait fait d'elle sa vigie. Il s'appuie un peu les coudes sur le bord de son boutre, penche un peu vers l'avant, prenant une autre croquée de sa pomme, qu'il avale avant de se retourner, le dos contre le bord, les coudes appuyés dessus.

-Peut-être bien.

Avait-il dit en haussant des épaules de façon nonchalante. Il tourne la tête vers elle, alors qu'avant, il regardait devant et l'observait, tandis qu'elle regardait les flots et expliquait un peu plus le vol. Apparemment, papa Merlyn avait un peu honte de sa fille ou en tout cas, il évitait qu'elle ne sorte. Il la vit ensuite sourire et sourit à son tour. Silencieux, il continua d'écouter ce qu'elle disait. Elle réfléchissait maintenant sur le vol sur les Iles et le pillage sur le continent. Willem y voyait quand même quelques différences.

-Si tu tues celui à qui tu veux prendre quelque chose, alors ce n'est plus du vol, mais bien du pillage et ça légitime ta possession. De toute façon, les morts ne se réclament de rien... Prends mon glaive par exemple...

Il le sort alors de son fourreau et le tient fermement pointé vers le ciel, comme pour le mettre en évidence.

-Le continental qui l'avait été un coriace en armure et quand je l'ai tué, je lui ai pris son joli glaive. Ce n'était pas du vol. La force légitime beaucoup de choses... Le vol ne t'attirera que des ennuis si tu veux mon avis. Le vol, c'est la manière lâche de s'approprier des choses que l'on veut pour soi.

C'était son avis sur le sujet. Après, il ne traitait pas nécessairement Moïra de lâche, elle était libre d'interpréter ces propos. Nouvelle croquée dans la pomme et s'essuie un peu, lui aussi, avec le revers de sa manche, parce qu'elle jutait la pomme! Il eut un léger rictus quand la Merlyn lui dit de ne pas s'en faire pour elle, qu'au regroupement, il ne lui ferait pas honte. Il s'inquiétait davantage pour la réputation de son paternel.

-Je ne peux pas te garantir que je retournerai sur Grand Wyk avant un moment, mais si tu veux, je te trouverai un capitaine qui fera la traversée du retour.

Des vassaux, les Bonfrère en avaient et s'il demandait à un capitaine vassal de sa famille de prendre une passagère, ce dernier grommellerait peut-être, mais il embarquera Moïra quand même. Puis, la petite Merlyn lâche une petite phrase qui anima chez lui un nouveau sourire amusé et d'ailleurs, il rétorque à son tour:

-Et moi, je je te prenais pour une petite sotte, alors on est quitte.

Will' se détache du bord et se dirige vers l'avant du navire, la proue, pour passer son bras autour de la tête du navire et observer l'horizon un peu. Pas de signe de mauvais temps et le vent gardait la même force, il ne diminuait pas, ni ne grandissait, ce qui était bon. Les hommes avaient un bon rythme de ramage aussi, comme d'habitude. Après ce regard d'horizon, il jette le cœur de sa pomme à l'eau. Harkar vient le voir et les deux hommes discutent un peu ensemble, de tout et de rien, de si leur séjour à Pyk serait long et Will' admit que oui, que le Lord Greyjoy retenait ses services pour quelques temps.



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Message Jeu 1 Nov 2012 - 19:24

Moïra l'écoute avec un certain intérêt, elle a beau être dissipée, cela ne l'empêche pas pour autant de pouvoir se concentrer lorsqu'une discussion l'intéresse. Il n'est pas du genre bavard et cela ne fait que conforter la Fer-née dans son sentiment : il ressemble beaucoup à Garth. Mais pas en mal. Les hommes sont des créatures étranges, mis à part son frère le plus jeune, la jeune femme n'a encore jamais discuté avec un qui la relance vraiment ou réponde point par point à ses paroles. Peut-être parce qu'elle parle trop et surtout pour ne rien dire comme le souligne son géniteur. Elle n'a pas ce besoin de garder des secrets, les pensées sont faites pour être libérées et communiquées aux autres, sinon à quoi servent-elle. Le regard de Moïra observe les flots agités tandis qu'elle se demande si le capitaine – toujours sans surnom – va lui dire davantage que cette onomatopée. Non. Apparemment pas vu qu'il enchaîne sur la suite de la discussion pour faire un effort plus grand et lui accorder trois mots d'affilé. La jeune femme pose ses yeux sur le Fer-né appuyé contre le bastingage de son boutre. Il n'est vraiment pas bavard, mais cela ne la dérange pas, Moïra est parfaitement capable de se faire la conversation toute seule.
Elle sourit doucement, amusé par ce point commun que partagent tous les hommes. Jusqu'à présent, elle ne l'avait jamais particulièrement remarqué et associait plutôt cela aux membres de sa famille, mais apparemment c'était plus généralisé. Moïra détourne son attention en se penchant légèrement en avant pour observer les vagues qui s'écrasent contre la coque dans un joli bruit. En voilà une belle berceuse pour un nouveau-né, quel dommage qu'il soit impossible d'emprisonner ce son dans une boîte ou dans une conque. Willem répond alors à son interrogation au sujet du vol, il lui offre une vision des choses qui prouve clairement qu'elle a bien fait de poser la question. Sa pomme toujours à la main, la Fer-née pivota légèrement pour regarder l'arme que le capitaine lui montre. Elle brille aussi, comme toutes les armes d'un côté, c'est une épée, plutôt étrange pour un Fer-né. Habituellement ils se battent avec des haches, mais c'est peut-être là une manière de prouver qu'il n'est pas comme les autres. Moïra ne se vexe pas des paroles du jeune homme, même en imaginant qu'il puisse la traiter de lâche, elle répondrait simplement que c'est sa vision des choses et pas la sienne. Elle hausse légèrement les épaules.

« Je n'ai rien contre le fait de devoir empêcher que l'on me réclame mes objets, mais je ne crois pas que beaucoup de Fer-nés accepteraient de se battre contre une femme. » Elle le dévisage quelques instants. « Toi non plus. »

Ou peut-être que si. Elle ne le connaît pas, elle ne sait pas s'il a des remords à frapper une femme qui ne sait pas se battre. Enfin, elle sait combattre, mais plutôt se défendre. Moïra considère qu'une personne, quel que soit son sexe, doit pouvoir se battre et être tué du moment qu'elle a l'intention de faire quelque chose qui la mette en danger. Assumer ses actes, tout simplement. Ce n'est pas une vision des choses partagée par beaucoup de monde elle le sait parfaitement, mais pourtant les Fer-nés ne refusent jamais ce droit aux femmes du continents. Certes, elles ne sont pas dignes de vivre, trop avilies et trop peureuses pour être de véritables adversaires, mais c'est dégradant de voir que les femmes des Iles de Fer ne possèdent pas les mêmes droits que les continentales.

« Je songerai à prendre ma hache la prochaine fois que je sors dans ce cas. Merci de tes conseils. »

Même s'il ne l'a pas réellement conseillée, des fois des mots suffisent à répondre aux questions les plus compliquées. Willem glisse vers le sujet du retour, elle doit s'en douter pourtant que vu l'état de l'épouse de la Seiche, son frère souhaite certainement passer du temps avec elle. Voilà bien des mois – voir même plus, elle ne sait plus exactement – que son regard ne s'est plus posé sur la silhouette d'Aaricia. Le Dieu Noyé veille sur elle, Moïra le lui a souvent demandé. Elle secoue la tête d'un air léger à la proposition du jeune homme.

« Non ce n'est pas la peine, je me débrouillerai pour trouver quelqu'un pour me ramener, je sais aussi demander sans voler. »

Elle ne souhaite pas dépendre de quelqu'un, déjà que cela ne l'enchante pas de ne pas être capable de « payer » seule son voyage jusqu'à Pyk, inutile d'alourdir sa dette à l'égard du Bonfrère en acceptant sa proposition. Elle aurait pu le remercier, mais Moïra considérait toujours que les gens faisaient rarement quelque chose dans votre intérêt. En général ils sont plutôt bienveillants à l'égard des personnes capables de leur apporter gros. La dernière remarque du jeune homme la fait sourire à son tour, une sotte ? Ce n'était ni le premier, ni le dernier, combien de fois s'est-elle vue associer ce qualificatif. Elle note toutefois qu'il a conjugué cela au passé, peut-être qu'elle a réussi à le faire changer d'avis. Au fond, cela ne change pas grand-chose, il est plus que probable que leurs chemins ne se croisent plus avant bien longtemps et d'ici là, chacun aura oublié l'autre et il faudra tout recommencer.

Moïra le regarde s'éloigner sans rien dire avant de se tourner à nouveau vers la mer alors que le trognon de pomme lancé par les Fer-né tombe dans l'eau. Elle observe l'endroit dans l'espoir de voir une ombre se dessiner sous la surface de l'eau, mais rien. La jeune femme soupire légèrement avant d'imiter le capitaine en envoyant le reste de sa pomme rejoindre le Dieu Noyé, puis elle se retourne vers le boutre. Les marins sont tous occupés à ramer où à leurs affaires, elle regarde autour d'elle alors que son regard passe sur la silhouette d'une autre femme. Moïra ne s'attarde pas dessus, un seul coup d’œil suffit à lui indiquer qu'elle n'est pas née sur les Iles, il lui manque ce « quelque chose » comme le dit Garth, même si la Merlyn n'a jamais su ce que c'était. Certainement une captive utilisée comme femme-sel, rien de bien intéressant, elle ne brille pas. La tentation de visiter le côté où elle se trouve est forte, mais elle se retient, peut désireuse de trouver un nouvel objet qu'elle devrait encore troquer, ce n'est pas dans ses habitudes, elle préfère prendre. Au final, Moïra se débarrasse de sa fourrure pour la laisser tomber sur le pont de la Larme Noire, puis elle reporte son attention vers la mer. Même si le capitaine n'a pas besoin d'elle, elle souhaite faire correctement son travail et espère bien pouvoir apercevoir une ombre sous les flots agités.

Spoiler:
 
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Message Lun 5 Nov 2012 - 15:53

Willem avait pris cette fille pour une petite jeune naïve et dépourvu de tout caractère, de tout intérêt. Elle semblait silence et soumise et c’est un peu pour ses raisons que le jeune homme ne s’intéressait guère à elle. Ajoutez à cela le fait qu’il n’aimait pas l’idée de commencer à servir de moyens de transport pour les nobles de Grand Wyk et vous avez là un cumul de raisons qui poussait Will’ à ne pas être très gentil à l’égard de Moïra, déjà qu’à la base, il ne l’est pas vraiment. N’empêche, cette histoire de vol l’avait amusé, intrigué aussi. Qu’est-ce qui pouvait pousser la fille d’un noble à voler des objets et même, à aller jusqu’à les tronquer en échange d’un de ses bien contre un autre? Il ne le savait pas et les motivations des uns et des autres relèvent souvent du mystère, mais au moins, la chose avait animé sa curiosité et l’avait conduit à engager une certaine conversation avec son invitée.

Will’ venait de dire sa façon de penser en ce qui concernait le vol. Pour lui, c’était beaucoup de la lâcheté et de l’hypocrisie. Une servante avait été surprise à voler une fois, à Cormartel et son sort avait été réglé de façon assez expéditive, même si elle voulait des denrées de nourriture pour nourrir son rejeton, qu’elle avait eu après avoir eu une relation, que certains qualifiaient de viol, avec un des soldats des Bonfrère. L’enfant ne mit pas de temps à aller rejoindre la servante. De son côté, il n’allait pas frapper une femme par plaisir, ni à la première occasion. Des femmes, il en avait pourtant tué, violé même, cela fait partie de la voie du pillage et de la guerre. Il n’hésitait pas non plus à en frapper certaines, que ce soit une servante maladroite, ou encore, une fille prétentieuse au point de croire qu’elle est l’égal des guerriers et des capitaines des Iles et ce, sans avoir prouvé quoique ce soit à quiconque. Oui, il l’avait bien corrigé celle-là, mais près de sa tempe, il avait encore une petite marque qui lui rappelait que cette femme savait se défendre et qu’elle lui avait tenu tête, avant qu’il n’ait le dessus sur elle. Ça, c’était une chose en ce qui concernait les femmes. De l’autre côté, il y avait sa sœur et sa cousine, deux femmes fortes, de caractère, des guerrières même, qu’il était arrivé à respecter et à considérer. Il savait donc que des femmes avec de rares qualités et de l’envergure pouvaient se hisser à la hauteur de certains hommes. Mais, aux dernières nouvelles, le Lord des Iles est un homme et non une femme et pour Will’, la place qui revient aux femmes ne fait aucun doute à son esprit.

-Hum… tu me connais mal… Si tu venais à lever ta hache sur moi, crois-moi, je te frapperais comme je frapperais n’importe quel homme et si tu cherchais à me faire payer le fer-prix, je te traiterais de façon sans doute pire qu’un homme.

C’était ça, l’égalité des sexes, selon Will’. Ces paroles ne se voulaient même pas une menace, elles n’en avaient pas le ton, mais il était clair que le jeune homme ne voyait pas de problème à frapper une fille lorsque cela est nécessaire. Hier, c’était Arkha, une prochaine fois, ça pourrait être n’importe qui. La femme-sel à l’arrière de son boutre avait elle aussi goûté à la médecine autoritaire de Willem, mais pas de façon répétée, à sa mémoire, il ne l’avait frappé qu’une fois et parce qu’elle l’avait défié devant ces hommes, peu après sa capture. On aura beau dire, le Fer-Né préfère de loin frapper des hommes que des femmes. Ils encaissent mieux et pleurnichent moins.

Les femmes du continent, on ne les tue pas pour rien, c’est vrai, bien que certains le fassent, pour toute sorte de raisons. Les tuer et les violer se combinent souvent, mais la plupart du temps, on se contente de les violer. Cela fait partie des choses qu’on peut prendre. On les fait prisonnière aussi et plutôt que de les sacrifier au Dieu-Noyé, ou pire encore selon Will’, de les envoyer travailler dans les mines, on fait d’elles des soignantes, des servantes, bref, on leur trouve une occupation quelconque. Les plus « chanceuses » deviennent les femmes-sel d’un noble et se doive de le satisfaire selon ses bons plaisirs. Être une Fer-Née était peut-être une bonne chose finalement, vu la finalité que connaisse les femmes du continent aux mains de ce peuple sans scrupule, dont Will’ fait partie. Cependant, une femme Fer-Né qui chercherait à être l’égal des hommes, à devenir capitaine par exemple, aurait tout intérêt à traîner sa hache sur elle, c’est vrai, parce que tôt ou tard, un homme voudra lui rappeler qu’elle est la place qui lui revient, à savoir, que celle-ci ne se trouve pas sur un boutre, ni à faire la guerre.

Le jeune homme avait donc hoché légèrement de la tête au propos de Moïra, en signe de reconnaissance. Il n’était pas surprenant qu’une Fer-Né sache se défendre. Si elle n’avait su, alors elle aurait plutôt tenu des femmes du continent. On s’attend à ce qu’une Fer-Né soit coriace et hargneuse, dangereuse à la limite. Dans un geste d’une certaine générosité et parce qu’il verrait mal que son invitée, une fois à Pyk, s’y retrouve coincée, il propose de lui trouver un boutre pour le retour, offre que décline poliment Moïra, préférant demander par elle-même. Willem n’était pas du genre à insister quand, rarement, il offrait son aide. C’était perdre son temps que d’aider quelqu’un qui ne veut pas d’aide.

-Très bien, comme tu voudras…

Puis, plutôt comme une blague, il ajoute ensuite, après avoir pris une petite pause, où il avait croqué de sa pomme pour mieux avaler le morceau par après.

-Si t’arrivais à voler un boutre, ça, ce serait un sacré vol.

Il en avait un sourire amusé, rien qu’à y penser. Par contre, il rigolerait beaucoup moins si la Larme Noire se faisait voler par contre, il serait même hors de lui comme on l’aurait rarement vu et garde à celui qui aurait osé faire un tel exploit, puisque son boutre était quand même surveillé par quelques hommes, même une fois à quai. Bref, sinon, si Moïra réussissait à voler un boutre et à le naviguer toute seule, il serait impressionné et serait du genre à la féliciter discrètement. Will’ aime l’audace, lui-même se considère comme quelqu’un d’assez audacieux. Il ne croit pas que Moïra en ait beaucoup, mais les femmes peuvent surprendre parfois.

Cette discussion s’achève sur un aveu de chacun sur l’autre. Moïra le prenait pour un grognon, il la prenait pour une sotte, alors selon lui, ils étaient quitte maintenant et il allait de soi, dans ce qu’avait dit Will’, qui ne la prenait plus vraiment pour une sotte, jusqu’à preuve du contraire du moins. Oh une fille particulière, comme elles le sont toutes, sur ces îles, les gens ne brillent pas par leur sainteté d’esprit de toute manière. Parlant de fille particulière, le jeune homme va voir Carolyn, sa femme-sel et vérifie si elle se porte bien, si elle a froid. Pas en lui posant ces questions, il se contente de l’observer un peu en faisant mine de faire autre chose à l’arrière du bateau. Le capitaine observe ensuite son équipage à l’œuvre, jette un œil vers l’horizon, observait le comportement de la mer, parfois si imprévisible. Tout semblait en ordre et une heure dut passer durant ce temps. Moïra quant à elle restait plus à l’avant du navire, où elle semblait continuer de servir de vigie, bien qu’ils soient en haute mer maintenant et que les chances de frapper un récif soient assez minces. L’île de Pyk sera bientôt en vue, mais ils devront néanmoins faire un petit tour de l’île pour arriver au bon port à accoster. Willem décide de profiter de cette accalmie, d’ici à ce que Pyk se profile à l’horizon, pour retourner voir comment se portait sa passagère.

-Alors Moïra, rien à signaler?

On ne savait jamais, elle aurait pu remarquer quelque chose, un truc brillant dans la mer peut-être, elle semblait avoir une assez bonne vue cette fille. Il se tenait de nouveau à côté d’elle et jeta un œil à l’horizon.

-D’ici quelques temps, Pyk va apparaître à l’horizon, avec ces falaises dominantes. Il va falloir faire cap vers le sud et suivre le courant pour arriver au port. Ce sera une petite manœuvre un peu plus délicate, les vents seront contraires et les vagues seront contre nous. Avec un peu de chance, il ne ventera pas trop…

Will’ n’avait pas la prétention d’être le meilleur navigateur des Iles, mais il connait assez bien les mers, il l’a même déjà défié à une ou deux reprises, des démonstrations de son audace justement, ce qui lui a valu un certain respect des siens. Le courage qui frôle la folie est souvent une valeur respectée chez les Fer-Nés. Il jette un œil à Moïra et se décide à lui poser une question.

-Est-ce que ton père sera au rassemblement? Je ne l’ai pas vu depuis longtemps. Il ne nous rend pas souvent visite à Cormartel…

C’était un seigneur assez tranquille disons. Veloran, son frère, en revanche, voyageait beaucoup plus sur Grand Wyk, à défaut de prendre la mer régulièrement. Il rencontrait ces seigneurs vassaux et s’assurait de leur loyauté, discutait avec eux de plans de guerre et de stratégies diverses, il s’assurait qu’il y ait une cohésion entre les seigneurs de cette île. Willem, quand il avait le temps, avait aussi contribué à cette stratégie plus diplomatique disons, mais il avait surtout organisé des raids et fait la guerre pour les Bonfrère.
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Message Lun 5 Nov 2012 - 21:33

Voler un boutre ? L'idée amuse assez Moïra qui reste silencieuse. Il dit cela sur un ton plein d'humour, ne semblant pas croire une seule seconde qu'une femme puisse réussir un tel coup. Elle ne le fera pas, la Merlyn n'en a pas l'intérêt, si ce n'est épater Willem et pour le coup, elle n'a pas plus à gagner dans l'affaire. Les femmes ont des réserves que les hommes ne soupçonnent pas. Peut-elle réussir un tel coup ? Peut-être. Le boutre de son père ou de Garth, ce serait aussi simple que de voler son hochet à un nourrisson. Non, si un jour Moïra décide de s'aventurer dans ces eaux, ce sera pour voler le boutre d'une personne qui ne la connaît pas. Autant jouer le jeu jusqu'au bout. Elle se contente de hausser les épaules, laissant un léger sourire flotter sur ses lèvres gercées par le vent chargé de sel. Impressionner le petit capitaine n'est pas sa priorité, puis au fond, il est de ceux qui le sont quelques secondes avant d'oublier l'estime qu'ils avaient pour vous.

Ses yeux bruns posés sur la surface brillante de l'eau, la jeune femme se mord la lèvre en patientant. Le froid ne la dérange pas, c'est une sensation qu'elle trouve agréable, rappelant que vous êtes vivant et bel et bien présent. Une voix la tire de ses pensées, elle tourne la tête dans la direction de Willem – puisqu'il s'agit de lui – avant de secouer la tête d'un air léger.

« Juste quelques poissons, si tu me donnes un beau bijou, je pourrais peut-être te pêcher une jolie sirène. »

Et garder le bijou ensuite bien entendu. Mais Willem n'a pas l'air d'être le type d'hommes qui possèdent des bijoux. Non qu'il ne soit pas assez bon capitaine pour aller en voler aux continentaux, mais simplement parce qu'il n'a pas l'air de les garder sur lui. Contrairement à certains Fer-nés qui s'éloignent de l'Antique Voie, le jeune homme lui semble être assez fidèle aux us et coutumes des natifs des Iles de Fer. Mais elle peut se tromper, après tout, elle ne le connaît pas. Il est de toute manière peu probable que le jeune homme daigne lui donner un bijou pour aller pêcher des chimères. Elle avait déjà proposé à Rhoan, son frère, de lui trouver une jolie sirène pour épouse, mais le Fer-né s'était contenté de s'en-aller en se gaussant de l'idiotie de sa sœur. Comment peuvent-ils savoir qu'elles n'existent pas si personne ne tente jamais de les pêcher ? Moïra glisse son regard vers la surface de l'eau alors que le jeune homme reprend la parole pour lui faire savoir qu'ils ne tarderaient plus à arriver aux abords de Pyk. Elle regarde les environs, ne reconnaissant pas vraiment l'endroit, ce qui n’est guère étonnant sachant qu'elle n'a effectué le trajet que bien peu de fois. Une moue de réflexion se peint sur le minois de la demoiselle tandis que la voix du capitaine s'élève une fois de plus pour poser une question on ne peut plus légitime. Elle sourit doucement avant de répondre avec sincérité.

« S'il était au rassemblement, tu n'aurais pas besoin de me supporter à ton bord. » Son père ne prend pas de risques avec elle, il préfère éviter que son toc pour les objets brillants soit connu de tous et surtout des Bonfrère. C'est un peu raté cela dit. « Il n'aime pas la diplomatie, rencontrer d'autres Fer-nés l'ennuie profondément et il préfère côtoyer les siens lors des raids. » Egen est un Fer-né pur et dur, il n'use pas de son titre et n'hésite pas à traiter un roturier aussi bien qu'un noble si celui-ci en vaut la peine. « Il ne vient pas souvent à Cormartel parce qu'il n'aime pas ton frère. » Ce n'était pas sûr que Willem apprécie cet aveu, mais le mensonge ne faisait pas partie des habitudes de la Fer-née et elle ne prenait jamais de pincettes pour parler. « Il considère que ce n'est pas un véritable Fer-né parce qu'il n'aime pas la mer, c'est comme dire d'un requin qu'il a peur de mourir noyé. »

Egen ne respecte Dagon que parce qu'il sait leur apporter le sang et la guerre, mais si le seigneur des Iles de Fer en venait à se montrer mou ou indigne de son titre, Egen n'hésiterait pas une seule seconde à lui tourner le dos. Issu de la vieille école, il a aussi enseigné ce comportement à son héritier et Garth pense comme son père. Autant dire que Garott, le cadet des frères qui vénérait les Sept et rêvait de devenir chevalier, est la honte de la famille depuis toujours. Sauf aux yeux de Moïra. Le prénom du jumeau de Willem échappe à la jeune femme qui ne s'est jamais souciée de connaître leur identité. Ils se ressemblent, c'est bien trop compliqué de chercher à les différencier sans les connaître personnellement. Peu dérangée par le fait que le capitaine de la Larme Noire risque de ne pas apprécier ses paroles, la Merlyn poursuit tranquillement.

« Je ne me suis jamais trop intéressée à tout ça je l'avoue, je préfère me forger ma propre vision des choses. Apparemment il l'a déjà croisé à plusieurs reprises et a simplement dit que l'un des Bonfrère filait le mauvais coton. Vu que tu as l'air d'être un bon Fer-né, j'imagine que ce doit être ton frère. » Quel était donc ce prénom ? Elle fronce légèrement les sourcils, en vain, l'information est indisponible. « Il n'y sera pas d'ailleurs ? Ton frère je veux dire, Aaricia accouchera bientôt n'est-ce pas ? »

Elle saute du coq à l'âne avec ses questions, mais dans son esprit, tout est très clair : Le frère sans nom doit forcément venir au rassemblement puisque sa sœur va bientôt accoucher, il ne peut pas rater la naissance de son neveu ou de sa nièce après tout. Moïra espère que ce sera une fille. Avec le caractère d'Aaricia, ce serait amusant à Pyk. Moïra parle de la dame des Iles de Fer avec une familiarité qui ne plaît peut-être pas à Willem, mais le fait qu'il ne connaisse pas la Merlyn ne signifie pas que ce soit le cas des autres membres de sa famille. Et même si les deux femmes ne se connaissaient pas, la rousse n'arrive pas à s'empêcher de parler des autres en employant leurs prénoms. Après tout, les titres ne servent à rien, ils sont de Fer et non des continentaux. La demoiselle se penche encore en avant pour regarder les vagues s'écraser contre la coque, elle prend tout de même garde à coincer son pied sur un morceau de bois solidement ancré au pont histoire de ne pas faire un plongeon au premier choc.

« Il n'y aura pas de vent contraire j'en suis persuadée. Le Dieu Noyé ne punit que ceux qui le méritent. » Elle glisse son regard vers le capitaine. « Est-ce que tu le mérites ? Peut-être est-ce pour cette raison que ton frère a peur de l'eau, il craint le Dieu Noyé ? » Cela ne la regarde pas en effet, mais elle n'en a cure, sa curiosité est sans limite. Peut-être que la présence d'une faible continentale peut pousser le Dieu Noyé à les sanctionner, mais Moïra considère qu'elle n'est pas assez importante pour qu'une divinité pareille s'intéresse à elle. Elle humecte ses lèvres, repousse une mèche qui lui rentre dans la bouche. « Comme ça, tu aimes te battre ? Est-ce que tu t'es entraîné contre Aaricia ? Mes frères retiennent leurs coups avec moi, ils ont peur des remontrances de mon père. » Ou voulait-elle en venir ? Elle glisse ses yeux vers le jeune homme. « Si tu trouves un beau bijou la prochaine fois que tu attaques le continent, ne le donne pas avant de me l'avoir dit, je voudrais pouvoir essayer de le gagner. »

Ses frères refusent de lui donner leurs affaires et elle ne peut les gagner en combat puisqu'ils refusent de se battre contre elle. Willem ne semble pas avoir de scrupules à battre une femme, elle peut toujours espérer avoir un coup de chance et réussir à tenir suffisamment longtemps pour gagner un bijou. Le troc c'est bien, mais il est peu probable que le capitaine accepte d'échanger un bout de ferraille contre un bijou. Même si de son côté, le grelot qu'elle venait de lui donner valait plus que ce qu'elle avait ramassé. Encore faut-il qu'il daigne accepter l'idée de se battre – et non dans un combat à mort évidemment – contre une femme. Le petit capitaine a l'air particulièrement macho et Loli lui dit qu'il ne se laisse pas convaincre facilement.
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Message Mer 7 Nov 2012 - 13:56

Lorsque Will' vint de nouveau à la rencontre de Moïra, il était curieux de savoir si elle avait vu quelque chose. C'est qu'elle fixait la mer avec un air des plus sérieux et ne semblait rien laisser la distraire. Cette fille était décidément un cas particulier, mais Will' dirait que la folie est un trait plus ou moins évident d'une grande majorité des habitants de ces Iles. Chez Moïra au moins, cette folie ne semble pas trop dangereuse, à première vue en tout cas. Elle semble avoir une passion pour les objets qui brillent. Si elle faisait un tour sur le continent et tomber sur des dragons d'or, elle risquerait bien de se découvrir une nouvelle passion, même si l'argent veut pour peu de chose sur les Iles. Cependant, Moïra, comme la grande majorité des femmes, ne risquait pas de mettre les pieds sur le continent de si tôt.

La jeune femme parle des poissons, ce qui n'a rien d'étonnant, puisqu'ils sont en pleine mer, mais elle enchaîne en faisant une allusion aux sirènes. Willem eut un léger rire, croyant qu'elle lui faisait une sorte de blague, mais non, le fait est qu'elle semblait plutôt sérieuse. Le seul bijou qu'il avait sur lui, c'était un anneau argenté à un de ses doigts, trophée quelconque dont il s'est emparé au cours d'un de ces raids. Il était plein et Willem y tenait assez pour ne pas l'échanger contre l'espoir de peut-être voir une sirène. Si le jeune homme cesse de rire, c'est bien parce qu'il réalise qu'elle semble plutôt sérieuse. Allons, il ne faut pas croire tout ce que les marins ivres de Pebbleton peuvent raconter.

-Me dis pas que tu crois à ces histoires qu'on raconte? Des sirènes, et puis quoi encore... Crois-moi, j'ai pas mal navigué sur ces eaux et je n'ai rien vu jusqu'ici qui confirme toutes les conneries que les vieux loups de mer racontent.

Moïra avait tout intérêt à se faire une raison, selon lui. Willem ne croit pas à la magie, en tout cas, pas à toutes ces légendes et rumeurs que des marins superstitieux inventent. Après, ce que les prêtres du Dieu Noyé racontent... il peut se montrer davantage crédule à leur endroit, mais encore là, il a une sorte de petit instinct sceptique et pragmatique qui fait qu'il doute légèrement, bien qu'il respecte les traditions. Le pragmatisme veut qu'il croit ce qu'il voit de ces propres yeux. Cela ne l'empêche pas de faire une offrande au Dieu Noyé avant un raid pour attirer sa grâce sur lui et ses navires. Il ne le fait pas tellement pour lui, mais pour tous les autres qui sont superstitieux.

Il allait de soi qu'il n'acceptait pas le marché, puisqu'il ne croyait pas aux sirènes. Histoire de faire la conversation d'ici à ce que Pyk se profile à l'horizon, il décide de parler du père de Moïra, dont il connait la réputation et qu'il connait de vue, mais sans plus. Un homme pareil aurait eu sa place au rassemblement de Fer-Nés, mais apparemment, ils devront s'en passer. De l'autre côté, ça fait un gourmand de moins à nourrir, il y a aura plus de bouffe pour les autres. En tout cas, ce que la petite Merlyn lui répond est assez logique.

-Quel dommage qu'il ne soit pas venu dans ce cas.

Fit-il avec un sourire en coin, lancé plus comme une taquinerie que comme une remarque qui se voulait vraiment pensé et blessante. De toute façon, elle est grande, elle est capable d'encaisser. Lord Merlyn était un vieux routier, un vieux de la vieille et il est vrai que la diplomatie n'est pas le fort de ces gens-là, mais se montrer absent à un rassemblement commander par Lord Greyjoy en personne est un peu différent. Il faut parfois savoir piler sur ces principes.

-Comme moi, mais bon, c'est pas plus mal, on pourra manger à notre faim.

Willem non plus n'est pas un diplomate dans l'âme. Il est toujours en train de penser à son prochain raid, à la prochaine bataille, à laquelle il se prépare tous les jours en s'entraînant. Son frère a toujours été le plus habile avec les mots et les semblants de négociations qu'il peut y avoir sur les Iles. Chacun son domaine. Par contre, Willem se retrouvait coincer sur les Iles pour un moment, ce qui avait tendance à le contrarier, mais de l'autre côté, avoir la confiance de la Seiche et lui prouver sa valeur a de quoi compenser.

Puis, une remarque de Moïra le fait sourciller. Eugen n'aime pas son frère? Et pourquoi cela? Le jeune homme la fixait et attendait visiblement au moins une explication, à laquelle il finit par avoir droit. Il eut une sorte d'inspiration et d'expiration plus évidentes qu'à l'habitude en l'entendant et il détourna son regard vers la mer. La réputation de son frère commençait à faire des siennes. D'abord, les seigneurs de Grand Wyk, comme Eugen Merlyn, se feront une idée, mais bientôt, ce sera tout l'archipel qui aura une image construite du Lord Bonfrère. Portant, Will' respecte jusqu'à un certain point le travail de son frère. L'exploitation des mines de fer autour de Cormartel est mieux organisée que jamais. Les soldats et la flotte est bien entretenu et les réserves, les richesses de la famille sont bien utilisés et si l'hiver vient, la forteresse est prête à tenir. En plus, aux dernières nouvelles, la relation avec la plupart de leurs vassaux sont assez bonnes, mais peut-être que certains se montrent sceptiques. Après tout, Veloran n'a participé à aucun raid, aucune bataille et il n'est pas connu pour ces escapades en mer. Tout le monde sait que c'est "l'autre" qui s'en charge.

-Veloran n'a pas peur de la mer... Dans la famille, on s'est chacun doté d'un rôle qui est le sien. Il est seigneur de Cormartel, Lord de Grand Wyk.

Will' se porte encore et toujours à la défense de son frère et tente, comme d'habitude, de discréditer la moindre rumeur et de justifier les actions de son frère jumeau, ou ces inactions. On sentait qu'il était un peu tracassé par la remarque disons. Il n'aimait pas trop savoir qu'on a peu de respect pour son frère et donc, pour sa famille.

Moïra ajoute, sur un air indifférent, qu'elle n'écoute que ce qu'on lui dit. Autrement dit, elle ne semblait pas avoir d'avis bien à elle. De toute façon, ce n'est pas comme si cela intéressait quelqu'un, il serait le premier à se balancer de ce qu'elle pense. Quand elle parle de son frère comme du mauvais coton, sa main contre le bord du boutre commence à serrer le bois. La petite commençait à l'énerver, vraiment. Gravement silencieux, il entend la belle poser des questions qu'il prenait presque comme des accusations. Cette fois, il se tourne vers elle et se fait assez tranchant.

-Arrêtes de poser des questions stupides tu veux? Mon frère fait comme bon lui semble. J'ai l'air d'être au courant de ces faits et gestes hein? C'est pas parce qu'il m'a demandé de transporter une fille sur mon boutre que je suis son petit chien galeux. Et ouvres grandes tes deux jolies petites oreilles. Mon frère est un bon Fer-Né et un bon Lord. Si tu prétends encore le contraire, je te garantis qu'on va aller à la pêche au sirène et que tu me serviras d'appât, compris?


Autrement dit, elle ferait mieux d'éviter le sujet de son frère désormais, surtout si c'est pour dire des idioties. En fait, c'est peut-être parce que ces idioties ont du vraies que le jeune capitaine s'en vexe autant. Il ne tolérait jamais qu'on parle en mal d'aucun des membres de sa famille et il était du genre plutôt protecteur. Une fois, un marin à Cormartel avait parlé d'Aaricia comme de la « chienne à Greyjoy ». En voilà un qui est aller rejoindre le Dieu Noyé assez rapidement.

Parlant du Dieu préféré des Fer-Nés, Moïra en semblait une assez grande adepte. Quand elle en parlait, elle se faisait solennel et il fallait voir son regard. Pour se calmer, Willem fixait l'horizon depuis un petit moment, mais il avait fini par reporter son attention sur elle et à s'appuyer le dos contre le bord. Malheureusement, par maladresse, elle revient sur son frère... petite sotte...

-Ta gueule.

C'était le dernier avertissement. Un mot de plus en lien avec son frère et elle va foutre le camp de son boutre. Il pouvait avoir un tempérament assez impulsif et des colères assez dévastatrices. Quand il est de mauvais poil, tuer lui apparait comme un bon moyen de se défouler. Bon après, il serait capable de la larguer par-dessus bord, puis, d'aller la réchapper à la nage. Il est plutôt bon nageur, le meilleur de Grand Wyk d'après ce qu'on dit, à cause d'un exploit de sa part qui remonte à à peu près deux ans. Le prêtre du Dieu Noyé avait alors déclaré qu'il était béni... Faut voir...

Il se retourne de nouveau vers l'horizon. Il était plutôt exaspéré, mais Moïra ne se décourage pas et comprend le message. Après une petite pause, elle lui pose quelques questions et cette fois au moins, c'était lui le sujet de la conversation. Finalement, il préfère encore parler de lui plutôt que de parler de son frère. Quand elle demande s'il aime se battre, encore impatient, il se contente d'acquiescer et de tourner un peu la tête vers celle qui avait d'autres questions pour lui. Quand elle parle des remontrances de son père envers ses frères, il a un petit sourire en coin, discret, mais bien là. Décidément, c'est un peu pareil partout...

-Ma sœur m'a montré quelques trucs, mais on ne s'est jamais vraiment entraîné. Chamaillé, oui, un gamin contre sa grande sœur... C'est mon oncle Euron qui m'a appris à me battre.

Il ne voulait surtout pas qu'on croit qu'une femme lui avait appris à se battre et d'ailleurs, ce n'était en rien le cas. Euron s'en était chargé et plutôt bien. Willem est un guerrier capable. Sa jeunesse lui donne une certaine force, vigueur, de la vitesse aussi et il est assez intelligent pour cerner rapidement ces adversaires, mais ses excès de confiance son sont talon d'Achille. Puis, Moïra suggère quelque chose qui l'amuse, mais il serait assez tenté de voir de quel poids elle se chauffe. Décidément, ça deviendra un passe-temps pour lui: battre des filles. Après la Kenning, pourquoi pas la Merlyn...

-Ah oui? Tu te crois bien forte... Mais pourquoi pas. Tu verrais ce que c'est quand un homme ne retient pas ces coups.

Willem n'aurait pas de scrupule à la traiter en homme, si c'est ce qu'elle veut et il lui ferait payer le prix de sa défiance, mais il sentait surtout que la jeune femme était curieuse et qu'elle voulait se mesurer, tenter de faire payer le fer-prix à quelqu'un. Willem ne tuera pas Moïra, la chose avait été demandé si gentiment et il serait étonné qu'elle en profite pour le faire, elle ne semblait pas folle à ce point. De toute façon, comme d'habitude, il était certain de lui, certain de gagner.

-De toute façon, je ne vois quand je pourrai retourner piller le continent. Je suis coincé sur Pyk pour un moment.

Pourquoi c'est si long mettre des bébés au monde? Peu importe, il plisse des yeux en observant l'horizon. Une vague forme se dessiner au loin. De haute falaise, des tours qui se dressent, aucun doute, Pyk était en vue. Aussitôt, Willem tapote le bois du boutre, bien heureux de voir qu'ils approchaient, mais aussi, que la navigation allait représenter un certain défi maintenant. D'ailleurs, le vent paraissait de moins en moins calme. Le jeune homme se dirige vers une rame et enlève sa veste pour se retrouver comme au départ, quand il aidait aux préparatifs. Il tonne à son second de diriger le boutre, tandis qu'en ramant, il encourageait ces hommes à donner une nouvelle direction au boutre. Il entonnait ainsi: "Allez, du nerf les gars!". Ils allaient vite savoir si le Dieu Noyé leur est favorable ou non aujourd'hui.
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Message Mer 7 Nov 2012 - 17:44

Apparemment Willem n'est pas un grand amateur de sirène, pourtant elle a toujours imaginé que les hommes sont plus enclins à croire aux belles demoiselles qui ne demandent qu'à s'offrir à eux. Elle se contente de hausser les épaules, comprenant qu'elle a affaire à un pragmatique, le type d'homme qui ne croit que ce qu'il voit. Certainement qu'il n'est pas un grand adepte de la religion non plus, ce qui est plutôt étonnant sachant que presque tous les Fer-nés suivent au pied de la lettre les instructions des prêtres du Dieu Noyé. Elle le regarde et lui répond avec un sérieux non feint, un homme pragmatique face à une rêveuse, voilà ce que ça donne.

« On dit que les sirènes ne se montrent qu'aux femmes, tu n'as pas de femme sur ton boutre, c'est normal que tu n'en ais jamais vu Willem. » La logique pouvait être trouvée partout. « Tu n'as jamais vu le vent, pourtant tu sais qu'il existe et il en est de même pour les sentiments. Tout le monde n'a pas besoin de voir pour croire. »

Elle ne le critique pas, elle se contente de faire une simple remarque. Chacun a sa manière de penser et de voir les choses, lui c'est uniquement ce qu'il peut toucher qui lui semble réellement de ce qu'il lui a dit. Elle détourne son attention de lui alors qu'il enchaîne sur un sujet plus.... Gênant. Apparemment Willem n'apprécie pas d'entendre des critiques au sujet de son frère. Ce n'est pas très étonnant, il fait même preuve d'une certaine maîtrise de lui-même en ne la frappant pas. Moïra y a pensé l'espace de quelques minutes : il a l'air très impulsif et peut tout à coup décider de la faire quitter le pont de la Larme Noire. Une langue trop pendue peut être aussi dangereuse qu'une lame bien aiguisée et maîtrisée. La demoiselle se contente de hausser les épaules devant les remarques de son comparse. Il se montre vulgaire, mais elle a grandi sur les Iles de Fer et la politesse ne fait pas partie de son mode de vie. Habituellement Garth lui sert ce type de remarques, mais agrémentées d'un coup de poing dans le mur à côté d'elle. La Merlyn semble avoir le don d'appuyer là où il ne faut pas. Un léger sourire se peint sur les lèvres de la demoiselle malgré les remarques agressives qui lui sont adressées.

« Je ne prétends pas que Veloran est un mauvais Fer-né. Je n’ai fait que répondre à ta question. » Après tout, c'est lui qui lui a demandé pour quelle raison son père ne vient jamais à Cormartel, non ? Elle ne considère par que le seigneur de la maison est un mauvais Fer-né, elle ne le connaît pas. « Les titres sont sans importance de toute manière. Je ne connais pas ton frère, je ne peux pas le juger. » Elle lui a pourtant dit qu'elle n'écoute pas les avis des autres et qu'elle se forge sa propre opinion. Mais il y a fort à parier qu'il se contrefiche de ce qu'elle émet comme paroles. Peu lui chaut, elle continue tout de même. « Mon père critique ton père, mais sache que mon frère le plus proche prie les Sept et rêve de devenir chevalier. » Elle tourne la tête vers Willem. « Peu importe ce que les autres disent, je le considère comme un bon Fer-né. Les gens aiment bien critiquer les autres, ça leur permet de ne pas voir leurs propres défauts. »

Elle se fait le sentiment d'être une prêcheuse, mais il est vrai que Moïra a toujours trouvé étrange le fait que son père dénigre le jeune seigneur de Cormartel alors que son fils cadet est la représentation vivante d'un continental. Un bon moyen de détourner l'attention des autres Fer-nés des tares de ses enfants ? Peut-être bien. Willem s'en moque certainement, mais elle est plutôt étonnée de constater qu'il se laisse blesser par les paroles d'autrui. Du peu qu'elle connaît de lui, la Fer-né a toujours imaginé qu'il soit du genre à se moquer des avis des autres. Sa famille semble être sa faiblesse. Sans se départir de son sourire, elle ajoute d'ailleurs quelques mots.

« Et pour pêcher la sirène il faut un beau diamant, tu risques d'attendre longtemps avec moi comme appât. »

Elle n'est pas sotte au point de ne pas se douter qu'il ne parle pas sérieusement, mais c'est simplement une manière de relancer sur un ton plus léger. Moïra ne se vexe jamais, sans quoi elle aurait eu plusieurs raisons de s'éloigner de Willem lorsqu'il prétendait qu'il aurait été préférable qu'elle ne soit pas là. Peut-être qu'il parle sérieusement d'ailleurs, peu lui chaut, l'avis des autres n'a pas d'importance. À la réponse du capitaine à propos de l'entraînement de sa sœur, elle hoche la tête. Aaricia a toujours semblé être une femme de caractère, il doit être particulièrement intéressant de pouvoir profiter de ses talents. Mais elle n'est pas maître d'armes et reste une femme qui n'a jamais effectué de raids, pour entraîner un homme comme Willem il est évident qu'il faut quelqu'un de plus expérimenté.

Elle fait le choix de ne rien répondre à ces paroles et le jeune homme continue pour émettre l'idée qu'il puisse éventuellement accepter de se battre contre elle. Est-ce qu'elle se sent forte ? Pas particulièrement, mais elle compte sur le côté macho de Willem, espérant qu'il la sous-estimera et qu'elle pourra avoir assez d'effet de surprise pour prendre le dessus. Moïra acquiesce.

« Tu éviteras simplement de me tuer, je ne suis pas certaine que mon père apprécie beaucoup et je ne veux pas te causer d'ennuis. »

A-t-elle peut de la mort ? Pas franchement, elle a toujours considéré que ses proches allaient mourir rapidement en raison des raids, la mort a été acceptée depuis longtemps dans son esprit. Cela dit, peut-être que le jour où elle se trouvera devant le fait, sa peur débarquera. C'est une chose impossible à définir avant qu'elle ne le vive réellement. Comme le jeune homme avance une dernière réplique à propos de sa présence à Pyk, elle se mord légèrement la lèvre. Il est vrai que cette immobilité risque malheureusement de pas mal bloquer ses projets, mais ce n'est pas grave, il ne passera pas sa vie là-bas après tout, non ? Aaricia accouchera bientôt d'un beau bébé, Moïra en est persuadée et il sera alors libéré de ses obligations. Même si au fond elle ignore la raison de sa présence là-bas. Elle tourne la tête vers lui alors qu'il plisse les yeux pour regarder au loin.

« Ce n'est pas grave, peut-être que des continentaux viendront nous rendre visite ? »

L'idée est clairement amusante, voir des continentaux débarquer chez eux, quelle vision ! La jeune femme retombe dans le silence tandis que le capitaine s'éloigne, elle tourne la tête dans la direction qu'il contemplait juste avant et aperçoit Pyk. Le voyage a été rapide et apparemment Willem est heureux d'arriver à terme, sa présence est-elle donc si pesante ? Peu importe, la rousse se tourne vers les hommes qui rament, le Bonfrère est allé les rejoindre et ce n'est pas avec ses bras en gomme qu'elle pourra aider. Moïra se penche pour regarder les récifs et jouer son rôle d'observatrice, puis en même temps elle glisse sa main jusqu'à un morceau de fer orné d'une pierre brillante qui est cousu avec attention à son corsage. D'un geste sec elle l'arrache et l'enferme dans sa main : il ne sera pas dit qu'elle ne paye pas elle-même ses dettes et même si le bijou vaut sans doute plus qu'un voyage aussi court, elle le donnera au Fer-né sans regret. Le vol ne se fait peut-être pas sur les Iles de Fer, mais elle sait se montrer généreuse ce qui rattrape un peu le défaut. Quoique....
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Message Lun 12 Nov 2012 - 3:04

Moïra en savait beaucoup sur la légende des sirènes. Will' pour sa part n'écoutait que d'une oreille lorsque ses marins en parlaient et encore là, il lui arrivait souvent de les interrompre pour rire d'eux. Euron, son mentor, disait toujours qu'il faut laisser aux marins leurs craintes et leurs espoirs, que la mer est si inexplicable, alors on peut bien inventer ce qu'on veut pour en percer les mystères et expliquer ceci ou cela. La vérité, c'est que la mer est chaos. Moïra expliquait donc, candidement, ce qui semblait une évidence pour elle. Le jeune capitaine n'avait jamais vu de sirène tout simplement parce qu'il n'avait pas de femmes sur son boutre. Hey bien cette fois, pour la peine il en avait deux... cela doublait-il ses chances?

-Moi, si.

C'est ce qu'il répondit, toujours aussi concret et court dans ses réponses, à ce que venait de lui dire la Merlyn. Pour lui, il faut voir pour croire. Ceux qui ne croient pas à ce qu'ils voient sont des gens naïfs et stupides à plus d'un égard et de toute manière, on ne pouvait pas croire aux sirènes voyons. Aux dragons peut-être et encore, ils ont disparu de la surface de la terre, il y a bien une raison à cela. Si les sirènes étaient, elles ne sont plus. Connaissant la nature des hommes, ils ont dû abuser des pauvres femmes-poissons.

Par la suite, la conversation devient plus tendue et la raison est simple. Cette parvenue de Pebbleton commençait à lui parler de son frère et pas en bien. Qui était-elle pour tenir de tels propos, pour commencer à dire son avis ou même celui des autres. En sa présence en plus?! Croyait-elle vraiment qu'il resterait les bras croisés et qu'il hocherait de la tête? Personne ne s'en prend au Bonfrère, personne ne mine sa réputation, sans qu'il n'intervienne et sur son boutre, c'est encore pire, aussi pire que si elle insultait Veloran à Cormartel, sous son toit. Moïra faisait de la rhétorique et se défendait de vouloir le provoquer. Franchement, elle avait surtout intérêt à enlever ce petit sourire de sur ses lèvres, autrement... Il se détend un tout petit peu quand il entend Moïra dire qu'elle ne le jugeait pas, qu'elle ne le connaissait pas.

-Alors évites de me dire ce que d'autres pensent de lui, surtout si c'est des conneries. Sur mon boutre en prime... Et je vais te dire, si ce n'était pas de la bonne nature de mon frère, tu serais encore à Pebbleton à voler des trucs qui brillent.


Willem avait le mérite d'être clair et faisait savoir que ce n'était pas de gaieté de cœur qu'il l'avait accueilli sur son boutre, surtout qu'avoir une femme sur le pont, tout le monde sait que cela porte malheur. Bon après, allez dire cela aux marins qui naviguent avec Elyn ou Helya par exemple.

Le jeune homme retourne s'installer à côté d'elle, un peu penché vers l'avant, les coudes sur le bord et observait les vagues. Le père Merlyn semblait pris avec des cas particuliers comme enfant. Garth était connu pour être un Fer-Né digne de ce nom, mais Moïra... semble un peu spéciale, avec ces manies et ces traits de philosophie. Quant à son frère, Willem apprend quelques trucs sur ce dernier qui font qu'il rit de bon cœur. Un Fer-Né qui veut être chevalier? Et puis quoi encore? Il bougeait la tête doucement de gauche à droite et reportait son attention sur Moïra, qui défendait le ridicule de son frère. Si Veloran n'est pas parfait, il est à des lunes d'être comme le Merlyn dont elle parle.

Willem avait ri, mais ne dit rien sur le frère de la Merlyn. Il ne comptait pas s'attaquer à sa famille, lui. De toute manière, il n'en a rien à foutre des Merlyn. Par contre, Moïra affichait encore ce petit sourire qui l'énervait et la voila qui en ajoute en apportant quelques précisions sur comment on peut pêcher une sirène. Il se tourne vers elle se rapproche très près d'elle, la prend entre elle et le côté du navire.

-Tu te crois maline hein? T'aimes bien l'idée d'avoir raison? D'être... intelligente? Ça m'amuse. Est-ce que tu crois que ton intelligence et tes petites remarques te permettraient de nager jusqu'à Pyk ou de retourner sur Grand Wyk?

Cette fois, c'était sérieux. Il avait une main contre l'épaule de la jeune femme. Il n'attendait qu'un sourire, qu'une petite remarque déplacée selon sa susceptibilité, qu'un regard défiant et il la pousse à l'eau, d'un geste tout simple, elle passera par-dessus la rambarde et se retrouvera à l'eau. En robe, bonne chance pour nager et lui, il la regardera nager et quand il sentira qu'elle aura avalé assez d'eau de son cher Dieu Noyé, il ira peut-être la récupérer, si l'envie lui dit. Puis, ça amusera ces hommes, ils n'ont pas eu grand chose pour s'amuser jusqu'ici.

Après, ce qui arrive varie un peu selon ce qui se passe après cette remarque. Disons qu'à un moment ou à un autre, un peu plus tard, ils discutaient de cette possibilité de se livrer à un duel, où ils miseraient un objet quelconque. Un marché juste selon Will', qui voulait bien combattre la jeune femme et non, il n'avait pas l'idée saugrenue de tuer Moïra. Il était assez malin pour savoir que cela pourrait conduire à une lutte entre Bonfrères et Merlyns, chose dont tout le monde peut se passer en ces temps de guerre.

-Comme c'est gentil... mais t'inquiètes, je n'avais pas l'intention de te tuer non plus.

Voilà qui devrait la rassurer et venant de Will', c'était presque un compliment. Les deux observaient au loin et Moïra tint des propos qui lui fit penser à ce que son oncle lui avait dit une fois, alors que le vieil homme apprenait à Willem que les Fer-Nés sont un grand peuple, mais que leur force a des limites et que les Continentaux ont déjà vaincu les gens des Iles et qu'ils pouvaient le refaire. Comme s'il avait prophétisé sa propre mort, Euron était mort dans les jours qui avaient suivi, au cours d'un raid. «On fait la guerre parce que c'est tout ce qu'on sait faire» avait-il dit.

-Mon oncle Euron m'a dit un jour, que si on ne peut vaincre les Continentaux chez eux ou en mer, alors c'est terminé. Ils déferleront sur les Iles comme un raz-de-marée. C'est bien pour ça qu'il faut les garder occuper sur le continent. La peur les paralysera.

Une fois l'île de Pyk en vue, vu la manœuvre de contournement de l'île qu'il doit faire pour arriver à destination, il décide d'aller ramer lui-même. Ça n'avait rien à voir avec le fait que Moïra l'énerve ou non, c'était simplement qu'avant d'être un gentil garçon qui converse avec une gentille dame, il était aussi le capitaine de la Larme Noire et un boutre, ça ne se navigue pas tout seul. Une fois qu'ils ont réussi à passer les mauvais vents et les courants contraires, qu'ils se retrouvent de nouveau dans une mer moins hostile, c'est un Willem quelque peu en sueur qui abandonne son poste pour aller boire de l'eau, laissant un marin prendre le relais à la rame. Il buvait de sa gourde une fois, deux fois. Il jeta un coup d’œil vers sa femme-sel, puis un autre vers Moïra. Il alla ensuite ajuster le cap du navire et c'est là qu'il constata que le navire s'enfonçait plus vers le sol. Oh non...

-Une vague scélérate! Ramez bande de trous du cul! Les autres, accrochez-vous, mettez-vous à l'abri!

Ce n'est pas aujourd'hui que le Dieu Noyé allait l'accueillir en son royaume. Une vague imposante prenait forme non loin du boutre, qui se mit de face pour mieux appréhender la vague. Willem se tint à l'arrière et s'accrocha avec une corde, se tenant solidement au bord du navire, accroupit. Le boutre réussit à monter un peu du long de la vague, avant que sa cime ne s'abatte sur le boutre, l'eau faisant comme une chute sur tout le monde. Le bateau fut secoué, mais tint le coup et après, la mer semblait plus calme. En se relevant, Willem aperçut que tout le monde semblait bien, mais il chercha des yeux Moïra, qu'il alla retrouver si elle était encore sur le pont. Sinon, il faudra qu'il sauve la petite sirène.
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Message Lun 12 Nov 2012 - 17:00

Willem est très irritable comme personne, elle l'a remarqué et commence doucement à comprendre la manière dont elle devrait agir. Sauf qu'elle ne le fait pas. Même si Moïra a un instinct de survie suffisamment développé pour cerner le meilleur moyen de rester en vie, Loli, son esprit, lui dicte d'agir autrement. Comme elle le souhaite tout simplement. Son regard se pose simplement sur le visage trop enfantin de Willem. Il a des traits presque trop doux pour un Fer-né, il lui rappelle un peu Garott dans son physique, mais elle se tait, se doutant parfaitement qu'il n'apprécierait guère une telle remarque. Surtout maintenant qu'elle vient de le pousser à bout en revenant sans arrêt sur le sujet de Veloran. Les hommes sont si prompts à réagir ! Des fois même sans réfléchir, peut-être que la gifler ou lui faire ravaler ses paroles à la force de ses poings le soulagerait sur le coup, mais ce n'était jamais durable. Si elle a le don de s'attirer des ennuis, lui semble avoir celui de trouver le moindre prétexte pour s'énerver. Elle se contente de secouer la tête en soupirant légèrement.

« Si Veloran ou toi aviez refusé, j'aurais embêté Garth jusqu'à ce qu'il m'amène à Pyk. Mais tu as raison, je ne répondrai donc plus à tes questions dorénavant puisque tu ne sembles pas apprécier mes réponses. »
Le ton employé n'est pas vexé, elle ne s'irrite jamais et se contente de passer outre. Apparemment Willem n'aime pas entendre de mauvaises paroles sur Veloran, elle ne recommencera plus. Comme pour prouver sa bonne volonté, la demoiselle garde ses lèvres scellées l'espace de quelques instants. Même si ce n'est pas grand-chose, venant de quelqu'un qui ne retient jamais sa langue, c'est plutôt clair. Moïra n'a pas l'habitude de se brider, elle commence à se dire si finalement le fait de vouloir rencontrer d'autres Fer-nés ne risque pas de lui porter préjudice. Et s'ils sont tous comme le Bonfrère ? Aussi chauds que les braises d'une âtre et n'hésitant pas à s'énerver à la moindre parole qui n'abonde pas dans leur sens ? Elle soupire doucement, seul l'avenir le lui dira.

Le sourire qu'elle arbore au moment de parler de la sirène ne semble pas convenir à Willem qui – une fois de plus – démontre sa nature plutôt bouillante en approchant de Moïra au point de la coincer contre le bastingage. Elle lui décroche simplement un regard interrogateur, premier signe de surprise ou de perplexité chez elle depuis le début de leur rencontre. Son père lui a appris à se défendre, elle connaît le « point faible » des hommes et sa petite taille lui permet de simplement lever le genou pour l'atteindre. Mais quelque chose lui dit que si elle joue à ça avec le Bonfrère, c'est plus qu'une baignade forcée qu'elle risque. Restant malgré tout sur ses gardes et n'hésitant pas à mordre ce qui se présenterait à elle si Willem devenait trop emporté, elle reste silencieuse, comprenant bien que la situation commence à lui échapper. Il peut la jeter à l'eau. Elle ne survivrait pas bien longtemps dans les flots agités et surtout très froids. Pourtant quelque chose – Loli – lui murmure qu'elle n'a pas à avoir peur, il ne le fera pas. Vraiment ? La main qu'il a posé sur son épaule lui indique clairement qu'elle n'est qu'à un cheveux de la catastrophe. Restant calme, la demoiselle pose ses yeux dans ceux de Willem.

« Ce serait bête. Pour toi. Si tu me pousses à l'eau, je ne reviendrai pas sur le pont. Tu l'as nettoyé, je ne veux pas le salir. » À comprendre qu'elle refusera la main qu'il pourrait lui tendre. « Si tu tues une femme sans armes, tu risques de te mettre mon père à dos, sachant qu'il possède la plus grande ville portuaire des Iles de Fer, ce serait une perte pour ta maison. Je ne vaux pas la peine que tu te mettes la maison Merlyn à dos. » Elle ne se dénigre pas pour se sauver, c'est la pure vérité. « Willem, si je me croyais intelligente, je n'aurais pas la réputation d'une idiote bercée trop près du mur. Je ne doute simplement pas de ce que je dis. C'est mon droit. »
Que va-t-il décider ? Elle ne se sent pas supérieure à Willem, au contraire même. Le Dieu Noyé qu'elle chérit tant ne lui a pourtant pas donné grand-chose, elle n'est ni belle, ni particulièrement douée au combat, pas plus qualifiée que la moyenne dans la navigation et pour couronner le tout, elle a un comportement « bizarre ». Peut-être que son originalité est simplement liée à l'absence d'aspérités dans sa personnalité ? Sans ce côté « folle » tout le monde l'oublierait aussi rapidement qu'ils la verraient. Le choix appartient au capitaine, elle ne lui en voudra pas, même s'il décide de la jeter dans les flots. Elle n'est pas rancunière la Moïra, elle ne peut pas se le permettre.

Quoi qu'il en soit, passé ce moment de « danger », la discussion s'oriente sur le sujet des continentaux et le capitaine lui fait savoir que son oncle lui a parlé des continentaux comme de bêtes à effrayer. C'est d'une logique implacable. Mais à force d'avoir trop peur, certains deviennent suffisamment courageux pour tenter le diable et essayer de mettre fin à cette guerre. Ce moment aura forcément lieu, les Fer-nés sont faits pour vivre sur des îles, pas sur le continent, ils ne pourront pas terroriser éternellement le bétail et un jour la guerre prendre fin. Elle hoche légèrement la tête, s'imaginant que le Fer-né à ses côtés a mieux à faire que parler politique avec elle.

« Une personne intelligente ton oncle. »
Rares sont les Fer-nés à envisager que les continentaux soient assez courageux – ou fous – pour se lancer à l'assaut des Iles de Fer, mais ils avaient bien été en paix par le passé, rien n'est impossible.
Elle ignore s'il l'a entendue ou non, peu importe, toujours est-il que le Bonfrère s'éloigne pour prendre place sur les bancs des rameurs et elle s'occupe en arrachant ce fameux morceau de verre brillant, puis reporte son attention sur l'eau. Tout est paisible pendant un moment, du moins jusqu'à ce qu'une vague décide de venir animer un peu le voyage. Moïra se pencha instinctivement pour s'abriter derrière le garde-fou et éviter d'être emportée lorsque l'eau se retirerait du boutre. La mer décide de monter à bord de la Larme Noire et la Merlyn ferme les yeux pour que le sel de l'eau ne lui irrite pas les yeux. C'est comme si un manteau glacé vient de se poser sur ses épaules, elle se sent tout à coup trempée et sa tête part en avant, percutant le bois du bastingage. Elle ne dit rien, mais la surprise lui fait ouvrir la main et elle sent son bijou s''en-aller. L'eau est déjà partie, Moïra ouvre les yeux et regarde partout autour d'elle : rien, pas d'objet brillant. Elle commence à avancer à quatre pattes, sa robe trempée par l'eau, les cheveux collés au front qui lui donnent certainement l'air d'un vilain animal pêché dans un coin sombre, elle n'a rien d'une sirène la pauvre Moïra. Sa recherche s'arrête lorsqu'elle voit des jambes devant elle, redressant la tête la Fer-née constate qu'elle a l'air particulièrement ridicule et finit par se redresser. Lorsqu'elle voit Willem approcher, elle écarte les bras de dépit.

« J'ai perdu mon appât ! Enfin, ce que je voulais te donner. La mer était jalouse, à moins que ce ne soit ta Larme Noire qui le voulait pour elle. »
Le ton est attristé, elle soupire, baisse les yeux vers le sol et finalement aperçoit soudain un éclat brillant. Sautant sur l'occasion, la demoiselle pousse sans ménagement un marin qui lui bouche le passage avant de se pencher pour ramasser le petit bijou. Victorieuse, la Merlyn rebrousse chemin jusqu'à Willem et lui attrape le poignet, tournant sa main de manière à ce que la paume regarde le ciel, puis lui lâche l'objet dedans. Une fois son paiement donné, elle attrape ses cheveux pour les essorer grossièrement.

« C'est mon paiement ! Si tu ne le veux pas, tu n'as qu'à le jeter à l'eau, mais je ne veux pas que l'on dise que je ne peux pas payer seule mon voyage. » Cela ne l'empêchera pas de demander quelque chose à Egen Merlyn cela dit. « Merci pour le voyage, j'ai même le droit à une douche pour ne pas sentir trop mauvais au regroupement. »
Peut-être qu'il n'était pas habitué aux remerciements, mais elle aime faire dans la différence.
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Message Sam 17 Nov 2012 - 15:55

À entendre Moïra parler de son frère Garth et de comment elle aurait insisté auprès de celui-ci pour pouvoir venir sur Pyk, Willem le plaignait, le pauvre frère. De son côté, il avait une grande sœur qui ne lui demandait jamais rien et qui faisait très bien sa vie de son côté et toute seule, mais Aaricia représente peut-être une exception plus que la norme. En tout cas, il en avait eu un sourire amusé et même, un léger rire. Pour le reste, elle acceptait de se taire un peu, ce qui semblait un bon début et il ne répondit rien sur le fait d'aimer ou non ces réponses, parce qu'au fond, ce n'était guère important.

Les choses dérapent sur la Larme Noire. Moïra, qui se faisait un peu trop défiante au goût de Willem, qui ne cessait de poser des questions sur son frère et de dire qu'il était, grosso modo, un incapable, fini par provoquer la colère du capitaine, qui non seulement menace de la lancer à l'eau, mais on dirait même qu'il en a sérieusement l'intention et quand Will' vocifère des intentions, vaut mieux les prendre au sérieux et ne pas croire que ce sont des paroles en l'air. Souvenez-vous, c'est davantage un homme d'action et de geste que de paroles alors s'il prend la peine de le dire... Moïra restait calme et cela n'en était que plus frustrant. Si au moins il avait vu la peur germer dans les yeux de cette jeune femme, si au moins il avait lu la panique dans son regard, mais non, rien de tout cela, une sorte de peur absolue et plutôt stupide à dire vrai, car tout le monde a peur, même Will'. C'est la peur qui nous pousse à la survie, c'est ce qu'on en fait qui nous permet de nous surpasser. Sans peur, nous prendrions tout pour acquis. Alors, il avait bien envie de servir une petite leçon de vie à la Merlyn, mais elle n'avait pas tord sur ce que cela pourrait provoquer si par malheur, elle ne se survivait pas à la baignade. Willem serait bien embêté, sa famille aussi et Lord Merlyn ne serait sans doute pas très content.

-Dis encore un mot de travers sur ma famille, que tu le penses ou non, je m'en balance, parce que je te foutrai à l'eau. C'est compris?

Il ne la lâchera pas par contre tant qu'il n'aura pas un semblant de regard de soumission et un "oui" bien net, histoire de savoir à quoi s'en tenir. C'est réglé, il la lâche et ils furent sans doute un moment sans discuter tous les deux. Moïra ne semblait pas trop troublée, elle avait peut-être l'habitude de se faire brasser un peu. N'empêche, la Merlyn finit par engager de nouveau la conversation avec le capitaine, qui ne fait rien pour lui indiquer qu'il la veut loin de lui. Elle connait seulement les risques qu'elle encourt de parler avec lui, mais si elle se tient loin de tout Bonfrère dans ses propos, elle devrait pouvoir s'en sortir sans finir trempée. D'ailleurs, elle eut des bons mots pour son oncle et le moins qu'on puisse dire, c'est qu'elle avait intérêt à en avoir. Le jeune homme hocha de la tête, dans un silence teinté de mutisme.

Les vagues scélérates, un phénomène plus ou moins courant en mer, pour ceux qui la navigue régulièrement. Parfois, on ne sait trop pourquoi, une vague se dresse, plus importante que toutes les autres et seule qui plus est. On les retrouve plus souvent en abord des tempêtes ou dans les régions avec de forts vents, comme aux alentours de Pyk. Elles apparaissent sans crier gare et peuvent causer bien du tort au boutre et même, à des navires de plus grandes tailles. On dira même que plus ils sont gros, difficilement malléables et plus la vague peut provoquer des soucis et faire renverser le navire. Si vous êtes en chaloupe, vous êtes aussi condamné, parce que la vague vous emportera comme un vulgaire morceau de bois qui flotte.

Moïra aurait bien pu se retrouver à l'eau pour de vrai et cette fois, Willem n'aurait rien eu à voir là-dedans. Une bonne excuse d'ailleurs, la vague scélérate, pour se débarrasser d'un passager gênant. Will' la retient et va voir si sa passagère s'en sort, après avoir été voir sa femme-sel par contre, une dame pour qui, il se devait de l'avouer, il s'était fait un peu plus de soucis. Quand il arrive auprès de la Merlyn, elle est à quatre pattes à terre, une vision qui l'amuse assez et voyant sans doute ces pieds à lui, elle relève la tête et il lui jette un air qui voulait clairement dire: "qu'est-ce que tu fous?". Elle se relève donc et explique qu'elle a perdu son appât. Hooon, pauvre gamine...

-La mer a plus pour habitude d'être jalouse. Puis, je n'accepte pas de cadeaux. J'ai l'air d'un homme qu'on achète?

Les cadeaux l'ont toujours répugné et de toute manière, le nombre qu'il a eu se compte à peu près sur les doigts d'une main. Il préfère prendre ce qu'il veut que de le recevoir en cadeau. En revanche, son frère Veloran adore les cadeaux et aime en faire surtout. C'est une manière comme une autre parfois d'avoir les gens de son côté, cependant, la plupart des Fer-Nés sont assez sceptiques devant tout ce qui ressemble à des cadeaux. Will' croise les bras et suit des yeux Moïra, qui, prise d'une sorte de frénésie, bouscule un de ses marins pour se jeter au sol et ramasser quelque chose. Cette fille est vraiment un phénomène à elle seule, une sorte de vague scélérate si on peut dire. D'ailleurs, la voilà qui lui prend la main et lui donne l'objet. Quoi? Il n'a pas été assez clair? Il observe finalement l'objet tandis que l'autre déblatère et lâche une expiration plus importante que la normale.

-Je le donnerai à ma sœur. Elle sera contente... Ou bien ça servira pour le bébé.

Willem avait compris depuis un moment que Moïra aimait faire dans la différence et en acceptant ce petit truc, il s'évitait surtout de la voir insister et de ne plus le lâcher, ce qui l'aurait agacé et aurait pu conduire Moïra a passé par-dessus bord, alors question d'éviter un tel scénario, il préférait accepter le dit cadeau et ne pas trop râler sur le reste.

-Tu as le temps de sécher, il nous en reste pour encore une heure, si le vent est de notre côté.

Sur ce, le jeune homme va voir son second, Harkar, question de faire un état des lieux et de savoir si le boutre semble solide et s'il devrait se faire du soucis. La Larme Noire avait tenu le coup, c'était un bateau solide, fait avec le meilleur bois de Grand Wyk, il faudrait un raz-de-marée pour causer sa perte et pas une simple vague. Puis, le jeune homme va chercher une fourrure et une écharpe en poil de chèvre et retourne auprès de Moïra, qui était encore assez trempée. Le vent ne facilitait pas les choses, le froid ferait son œuvre.

-Tiens, prends ça. Avec le vent, faudrait pas que tu choppes un mal à cause du froid. Une fois à Pyk, je te conseille de te changer.
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Message Lun 19 Nov 2012 - 14:01

Elle voit plutôt son cadeau comme une sorte de paiement, certes Moïra est parfaitement consciente du fait que Willem va peut-être prendre ce geste comme une provocation, mais ce n'est pas le but. Les cadeaux sont une insulte au sein de leur peuple, seules les femmes ou les catins acceptent les présents sans les gagner, mais peut-être que le cadeau d'une femme bizarre à un capitaine peut être toléré ? Lorsque le jeune homme accepte finalement ce qu'elle lui donne, la Merlyn esquisse un sourire qui montre qu'elle est réellement ravie. Elle hoche la tête d'un air léger avant de répliquer d'un ton prouvant qu'elle est sûre de ce qu'elle dit.

« Oh non, tu n'es pas de ceux que l'on achète, mais je ne voulais pas te laisser sans remerciement simplement. Aaricia appréciera sûrement. » Elle connaît plutôt bien la dame des Iles de Fer, même si les deux demoiselles ne se sont plus vues depuis que la Bonfrère est devenue Greyjoy. « Tu fais un bon frère. Et tu feras un bon oncle, comme le tien. »
En est-elle sûre ? Peut-être pas, elle le connaît juste depuis qu'elle a mis le pied sur ce boutre et ce n'est pas avec les quelques mots échangés qu'ils vont réussir à faire connaissance de manière approfondie. Elle est simplement une sœur et une tante, elle apprécie toujours de voir que ses frères pensent à elle et lui rapportent des petits cadeaux du continent, même si la plupart du temps les hommes de la maison Merlyn rentraient avec des serfs pour les mines ou des présents pour leur mère. Les enfants sont une bonne chose, Moïra n'est jamais aussi heureuse que lorsqu'elle passe du temps en compagnie de ses deux neveux, ils sont suffisamment grands pour pouvoir l'aider dans ses loisirs, peut-être quand dans une dizaine d'années Willem aussi pourra prendre son neveu ou sa nièce à son bord ?

Il lui dit qu'elle a le temps de se sécher et elle hoche la tête tandis qu'il s'éloigne, le tissu lui colle à la peau et elle commence effectivement à avoir froid, mais ce n'est pas quelque chose qui lui est inconnu cela dit. Son attention se porte sur Willem qui discute avec son second, puis elle s'approche de ses fourrures posées au sol contre le bastingage histoire d'être à l'abri. Malheureusement pour elle, Moïra n'avait pas réfléchi en les posant ici, lorsqu'elle touche les poils de sa fourrure elle constate qu'ils sont complètement trempés. Une légère moue se dessine sur son minois, nul doute que sa mère va la disputer lorsqu'elle ramènera cette fourrure toute neuve dans un tel état. Ce n'est pas grave, elle ne brillait pas et puis Garth n'aura qu'à en prendre une autre lors de sa prochaine sortie. La Fer-née se redresse, essore ses fourrures par-dessus bord sans que ce ne soit réellement utile, puis elle la pose finalement sur une caisse située non loin d'elle. Le vent ne va pas sécher grand-chose étant bien trop humide, il faudra attendre de rentrer à Pebbleton pour la remettre en état. C'est à ce moment que le capitaine revient vers elle en lui tendant une écharpe rescapée de la vague, elle l'attrape sans hésiter, mieux vaut éviter d'attraper la mort à la première sortie « officielle » qu'elle a en solitaire ! Après les paroles de Willem, la demoiselle hoche la tête d'un air entendu.

« Merci bien, dire que je pensais que tu allais me laisser prendre froid en espérant que je ne puisse plus parler. Je me suis encore trompée sur ton compte, tu es surprenant. »
Elle ne se moque pas de lui, enfin pas méchamment, c'est des paroles tout ce qu'il y a de plus amical, même si elle est consciente de porter rapidement sur les nerfs des gens. La jeune femme enroule l'écharpe autour d'elle, après avoir pris soin d'éponger sa peau autant que possible histoire d'éviter de la salir ou de la tremper, puis repose ses yeux à la couleur banale sur le visage du Fer-né face à elle.

« Je n'ai pas amené de robe de rechange, c'est là qu'on voit que je n'ai pas l'habitude de naviguer vois-tu, mais ce n'est pas grave, j'apprendrais à mes dépends comme ça et au moins ça me servira de leçon. »
Elle pourrait parfaitement demander de l'aide aux servantes de Pyk cela dit, mais Moïra aime beaucoup ses objets brillants et elle ne souhaite pas les voir s'éloigner d'elle, surtout que les voleurs existent, prendre le risque de laisser sa robe sans surveillance est trop risqué ! Ironique qu'une voleuse puisse redouter d'autres voleuses, mais elle préfère encore être transie de froid plutôt que d'abandonner sa robe. Elle hausse légèrement les épaules tandis qu'une pensée s'insinue dans son esprit.

« Au pire des cas si j'ai trop froid j'irai au rassemblement sans ma robe, je pense que les Fer-nés ont vu suffisamment de choses pendant les raids pour ne pas fuir sur-le-champ. »
Elle plaisante bien évidemment, ce n'est pas son type de se promener dans des tenues aussi.... Qui ne sont tout simplement pas des tenues en réalité. C'est une boutade et Willem se doute certainement qu'elle n'a ni le physique ni l'envie de se promener de la sorte. Le courage n'entre pas en ligne de compte, elle n'est pas une femme pudique et ses frères l'ont déjà souvent vu dans des tenues peu adaptées à son « rang ». Mais là n'est pas le sujet, elle humecte ses lèvres afin de goûter le léger sel qui s'y est déposé lorsqu'elle à recraché le peu d'eau de mer qu'elle avait avalé, puis elle croise ses bras sur sa poitrine avant de continuer.

« Elle vient avec au regroupement ? »
Ce « elle » désigne bien évidemment la femme blonde à l'autre bout du pont, une captive qui devait avoir été ramassée lors d'un raid, Moïra ne s'intéresse absolument pas aux femmes du continent, mais elle est simplement curieuse de savoir ce qui lie les deux individus. La Merlyn n'a pas d'à-priori particulier sur les femmes-sel, elle les voit simplement comme des domestiques et vu que ces dernières ne l'intéressent guère, la Fer-née ne s'y attarde pas.
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Message Mar 20 Nov 2012 - 13:55

Moïra devait avoir compris ce qu'il voulait qu'elle comprenne et acquiesça sans doute à ce qui se voulait le tout dernier de ces avertissements. De toute manière, il avait encore un boutre à naviguer, Willem n'était pas qu'une parure sur ce boutre, lui. Une fois la vague scélérate passée, il peut reporter son attention sur les deux dames à son bord. L'une d'elle voulait d'ailleurs lui faire un cadeau, en tout cas, c'est ainsi qu'il le prenait, pour l'avoir prise à son bord. Un objet brillant, qu'il finit par accepté, avec un peu de résignation et parce que Moïra insiste, mais bon, il trouvera bien le moyen de rendre cet objet utile. Aaricia apprécierait peut-être, même Moïra le pensait et cela confortait Willem, parce que toutes les femmes ont sensiblement les mêmes goûts, non? Puis, la Fer-Née ajoute qu'il fait un bon frère et qu'il fera un bon oncle. Il s'efforce d'être un bon frère oui, de palier les défauts de son frère et de se montrer à la hauteur des attentes de sa sœur, chose qui n'est pas toujours évidente. Aaricia a ses idées bien à elle et a tendance à n'en faire qu'à sa tête, jetant un peu d'ombre sur le reste de sa famille. On ne peut pas dire par contre qu'elle ait pris le mauvais chemin, puisqu'elle est aujourd'hui la première dame des Iles de Fer.

Will' n'ajoute rien à ce qu'il prend comme un compliment, bien que Moïra pensait peut-être que c'était un fait, pour lui, c'était un but loin d'être atteint. Il n'était pas du genre à se vautrer dans les compliments, même si sa fierté n'y était pas insensible, comme celle de tout homme, croit-il. Par contre, il préfère qu'on lui dise qu'il est un bon capitaine ou un bon guerrier plutôt qu'un bon frère. On voit tout de suite le jeu de mots que cela suscite et le doute qu'une telle formulation peut faire naître chez Will'.

Le capitaine prenait soin un minimum de ceux qui étaient à bord, enfin, certainement pas de ses hommes, qui se débrouillent très bien de toute façon et la vague ne semblait pas avoir fait de blessé qui nécessite son attention, mais du côté des demoiselles, il devait faire en sorte qu'elle se porte mieux. Heureusement, il gardait toujours quelques fourrures dans un tonneau, puisqu'on ne sait jamais quand les vents peuvent se lever ou que la mer peut venir vous mouiller et si vous êtes en mer, que les nuages couvrent le soleil, il vous faut une solution et pas seulement attendre de sécher. Il faut voir ces hommes se dénuder en pleine mer pour ensuite se changer, un spectacle qui en amuserait peut-être plus d'un. Pas de spectacle pareil aujourd'hui, ils sont presque arrivés de toute façon. Le père Merlyn ne pourra pas dire qu'il ait négligé sa passagère en tout cas! même s'il a menacé de la jeter à l'eau plus d'une fois et qu'il est passé à deux doigts de le faire...

-Il était temps que tu le réalises.

Voilà un compliment qu'il prenait avec le sourire. Il aimait bien se savoir surprenant et il considère qu'il l'est. On lui dirait qu'il est prévisible et il s'en frustrerait, ferait tout pour prouver le contraire. Avec le temps, sans doute qu'on remarque ces tendances et tout le monde est un peu prévisible, mais Will' ne croit pas qu'on peut vite le saisir et cerner quels sont ces habitudes. Moïra de son côté retenait l'idée d'emmener des fourrures sèches en voyage. Une bonne chose oui, surtout si elle a l'intention de voyager un peu plus, maintenant que son père semble vouloir la laisser sortir de Pebbleton.

-C'est une bonne habitude à prendre je te dirais, surtout quand l'Hiver approche. C'était ta première vague scélérate?

Ou bien peut-être qu'elle en avait déjà faite l'expérience ailleurs. Ces vagues surviennent au large cependant, très rare et même, peu possible de les voir au bord, sur la côte, même si des vagues plus fortes peuvent frapper la terre parfois. Moïra parle ensuite d'aller au rassemblement sans robe. En voilà une qui ne semble guère pudique. Ce n'est probablement pas étonnant.

-Pas certain que cette idée plairait à ton père par contre... Couvre tes parties avec un peu de fourrure au moins, ça devrait faire l'affaire.


À la limite, cela en existera même quelques uns de savoir ce qui peut bien se cacher derrière cette peau de chèvre. Les hommes et l'imagination... il faut savoir combiner les deux pour bien les comprendre et se jouer d'eux. Tiens, d'ailleurs, rien qu'à y penser, Will' se prit à imaginer Carolyn dans une pareille tenue. Il tenait peut-être une idée pour cette nuit. Rien de mieux qu'une bonne baise après une dure journée de navigation! D'ailleurs, Moïra parle de sa femme-sel, vers qui il tourna la tête, avant de revenir sur la Merlyn.

-Non. Je ne la laisse même pas s'asseoir à la même table que mes hommes, alors à la table de Lord Greyjoy... Ce n'est pas sa place.

Sa femme-sel sera bien mieux dans sa chambre. Il l'avait gardé dans une sorte de geôle à femme-sel à Cormartel, mais depuis, il avait dompté la bête et elle semblait tout à fait docile maintenant et apte à se tenir tranquille dans sa chambre et à aider les servantes, à se rendre utile un peu. Pas question cependant de la traiter avec plus d'égard que nécessaire. Elle n'est pas du même rang que lui, ne le sera jamais. D'ailleurs, Will' serait bien étonné de voir une femme-sel à ce rassemblement, mais on est en droit de s'attendre à tout de la part de certains Fer-Nés.

-Tu crois que tu connaitras quelques personnes à ce rassemblement? Tu n'es pas sorti de souvent Grand Wyk, ou même de Pebbleton, d'après ce que j'ai pu comprendre. Au moins, t'es une femme qui semble connaître la place qui lui revient. Il y en a trop qui pense que c'est sur un boutre.

Oui, Willem était fatigué de voir ces femmes se croire l'égal des hommes et diriger un boutre plutôt qu'une maisonnée. C'était agaçant et puis, ce n'était pas leur place, mais d'autres pourraient y prendre goût, il y aurait une sorte de nouvelle tendance, idée qui n'enchantait guère Willem. Les femmes qui ont des boutres en ce moment le doivent avant tout à leur nom et non à leur prouesse, si vous voulez son avis, bien qu'il faille reconnaître que sa sœur, sa cousine, ou même la Botley, d'après ce qu'il en sait, ont su montrer qu'elle savait mener leur équipage, mais Will' n'en était pas si convaincu.
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Message Mar 20 Nov 2012 - 16:33

Elle regarde Willem alors qu'il lui parle de la vague. Sa première ? Sur un boutre oui, enfin sauf si l'on compte le seau d'eau salé que Garth lui avait envoyé dessus lorsqu'elle avait tenté de s'infiltrer en douce sur son boutre pour lui voler quelques objets. Ce n'était pas réellement une vague, mais c'était sournois et elle n'avait plus osé s'approcher de son frère pendant plusieurs jours après cet « incident ». Elle avait eu le droit à son lot de vagues comme tous les Fer-nés, mais certainement rien de comparable à ce que Willem devait vivre au quotidien. Comment est la mer loin des côtes, alors que vous ne voyez que le plat bleuté partout autour de vous ? Certainement qu'elle ne le saura jamais, même si la Merlyn s'est jurée qu'elle supplierait un jour son frère de la prendre à bord de son boutre. Quitte à se cacher dans le tonneau réservé aux pommes, contrairement au Bonfrère il ne pourrait pas la jeter par-dessus bord pour s'en débarrasser. Quoique... Elle quitte son air pensif pour hocher la tête.

« Oui si je compte la fois où je suis allée me promener sur les récifs et qu'une vague m'a jetée à l'eau. Mais sinon mis à part lorsque je me promène au bord de l'eau, je n'ai pas vraiment l'occasion de la fréquenter tu sais. J'ai toujours trouvé ça étrange d'ailleurs sachant que c'est certainement la seule chose que je vois tous les jours. »
Il lui pose une simple question et elle lui raconte sa vie. Ce n'est guère par désir de se faire mousser où de lui imposer sa vie et tenter de l'y mêler, c'est simplement son habitude. Elle aime enchaîner les idées, son esprit la pousse toujours à associer les éléments et le simple fait de parler d'une vague la pousse à s'interroger sur le fait que les femmes des Iles de Fer étaient coincées sur la terre sans profiter de la mer. Peut-être qu'elle va finir par épuiser la dose de patience apparemment limitée du jeune homme, mais dans le pire des cas ils ne sont plus très éloignés de Pyk et elle est déjà mouillée, peut-être qu'une nage forcée la réveillera un peu ?

Willem ne se moque par d'elle lorsqu'elle émet l'hypothèse d'assister au rassemblement dans son plus simple appareil, même si la suggestion n'est pas sérieuse, elle est habituée à se faire railler par ses frères et apprécie donc assez cette surprise. Elle hoche la tête avec beaucoup de sérieux suite au conseil du capitaine comme si elle allait bien procéder de la sorte, puis ajoute quelques détails.

« Il faudra que tu me prêtes un poignard ou une dague par contre, je n'ai qu'une fourrure, mais taillée en plusieurs bouts ce sera suffisant. Mon père te sera certainement redevable de ce conseil ! »
Elle n'allait évidemment pas le faire, même si l'idée lui semblait plutôt acceptable en fin de compte. Ce n'est pas par gêne, mais simplement parce qu'elle sait parfaitement que si une idée aussi folle lui venait, son père l'enfermerait à Pebbleton pour les années à venir. Hors de question de se faire bannir de la vie sociale des Iles de Fer, déjà qu'elle n'est pas franchement vivace avec la guerre....

Le sujet de la femme-sel abordé, Willem observe la sienne et sa réplique informe Moïra qu'elle lui appartient bien. La demoiselle laisse donc son attention s'attarder plus en avant sur la noble – puisqu'il n'y a pas de doute qu'elle l'est vu sa manière de se tenir – avant de pincer les lèvres, non dans un geste de désapprobation, mais de réflexion. Est-ce à cela que toutes les continentales ressemblent ? Elle a de jolis traits, la jalousie ne fait pas parti du fonctionnement de Moïra qui préfère admirer les belles femmes plutôt que les jalouser, mais il y a quelque chose qui dégage une sensation étrange chez elle. Peut-être tout simplement l'éducation d'une noble ? Même en portant un patronyme et en arborant le titre de « lady », Moïra ne se considère pas comme noble et son éducation est certainement très éloigné de celle de cette femme. Après un moment de silence, elle tourne à nouveau la tête vers Willem et esquisse un sourire.

« Elle est jolie ! J'aimerais assez que Garth en ramène une comme elle. J'aime bien ses cheveux. » Discussion stupide sans aucun doute, Willem ne l'a certainement pas enlevée pour avoir le plaisir de toucher ses boucles dorées. « Mais je pensais que tu préférais les femmes un peu plus.... » Elle cherche le mot adapté quelques secondes. « Moins bien élevées en fait. Plus Fer-nées ! »
Ce n'est pas une critique de son point de vue. Certains Fer-nés éprouvent le besoin de capturer des continentales et de profiter de leur beauté pour assouvir leurs désirs basiques, Moïra le conçoit parfaitement, mais il est vrai qu'elle a toujours imaginé que seuls les hommes sans poigne aimaient profiter des femmes incapables de se défendre. La réplique suivante du jeune homme la renseigne sur ce point et elle hoche la tête alors qu'un léger sourire flotte sur ses lèvres. Apparemment le capitaine n'aime pas les dames qui se comportent comme des hommes. Certes ce n'est pas son cas, mais l'on ne peut pas davantage dire qu'elle soit une dame digne de ce nom. Si l'occasion lui avait été donnée, peut-être qu'elle aurait volontiers pris place à bord d'un boutre, mais non pour travailler comme une homme, juste pour voir la mer. Elle observe le visage du Bonfrère sans quitter son expression amusée.

« Tu n'aimes pas les femmes qui agissent comme des hommes ? Je comprends. Mais je crois que certaines femmes sont plus capables que certains hommes, ça n'a rien à voir avec le sexe, juste avec la mentalité. Tu vois, une femme capitaine qui connaît la mer et sait se battre sera sûrement meilleure capitaine que mon frère Garrot et pourtant, c'est un homme. » Elle inspire légèrement. « Je ne veux pas aller sur un boutre pour servir parce que je ne suis pas assez forte pour ramer et pas assez douée pour me battre, je reconnais mes faiblesses et je sais que je servirais plus en étant une épouse ou une sœur. Mais si j'étais née différente physiquement, peut-être que j'aurais aimé naviguer. Je ne sais pas, je n'y pense pas. »
Elle hausse les épaules, au fond, chacun fait ce qu'il veut cela ne l'intéresse pas réellement. Elle aime bien les gens originaux, mais considère qu'il faut posséder certains atouts pour être capable d'assumer cette originalité. Willem n'est pas aussi imposant que les autres hommes, il est beaucoup moins charpenté que Garth par exemple, mais il fait un bon capitaine et semble être respecté de ses hommes, quoi de plus naturel qu'il puisse rester à la tête de son boutre malgré sa différence ? Mais elle se tait. Il n'apprécierait certainement pas de s'entendre dire qu'il est plus frêle et moins imposant que les autres hommes. Elle a remarqué que les mâles étaient très tatillons sur leur apparence physique et sur leur force.

« Je suis certaine d'y connaître une personne au moins. Aaricia, je lui parlais souvent lorsqu'elle était encore sur Grand Wyk, elle me manque assez, mais j'ai hâte de voir comment elle est, une femme enceinte c'est toujours intéressant. » Enfin pour une femme peut-être. « Sinon je connais aussi Gabriel, c'est un roturier de la maison Harloi, tu le connais peut-être ? » Il était aussi capitaine aux dernières nouvelles. Une moue se dessine soudain sur son minois. « Et l'Edenteur aussi ! Mais je vais éviter de le croiser, il n'a pas aimé que j'essaye de lui voler un joli objet qu'il avait. » Tellement possessif ! Son regard s'éloigne légèrement. « Et toi, tu comptes juste rester auprès d'Aaricia ou il y a beaucoup de capitaines que tu apprécies ? »
Il semble avoir un caractère si particulier qu'elle ne serait pas étonnée d'apprendre qu'il aime sélectionner les gens qui gravitent autour de lui.
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Message Mar 27 Nov 2012 - 14:39

C'était bon de savoir que Moïra ne pensait quand même pas qu'on pouvait l'acheter. Elle avait intérêt, sinon, il n'aurait pas été très content. Cela aurait été un signe que la Merlyn n'éprouvait aucune forme de respect à son égard, puisqu'on ne peut acheter tous Fer-Nés dignes de ce nom. On peut peut-être s'entendre, mais certainement pas les acheter. Puis, elle eut cette petite phrase clé à son endroit, une phrase qu'on ne lui avait encore jamais dit de manière aussi explicite, même si Veloran était fier de lui et qu'Aaricia semblait contente de l'homme qu'il était devenu. Fait-il vraiment un bon frère en revanche? Cela dépend sans doute de ces moments. Will' est loin d'être parfait, il est peut-être même l'opposer de toute perfection et c'est une des raisons pourquoi il prend tant plaisir à détruire tout ce qui semble si parfait. Pour toute réponse, il eut juste cette petite phrase, dite dans le vent:

-Un homme doit essayer.

Il aurait pu dire "un Bonfrère", puisque la particularité de cette famille, c'est bien les jumeaux. Il est dans la tradition de la famille de ne jamais avoir un enfant unique, au contraire, il faut faire le plus d'enfant possible. La mère de Will' étant décédé peu après leur naissance, ce chiffre s'était arrêté à trois. Son père aurait pu se remarier, la mort d'une femme n'est pas chose rare sur les îles, surtout pas lors d'un accouchement, mais il en bavait tant pour sa femme-sel que finalement, il l'a érigé au statut de femme si on peut dire, déclenchant ainsi les mauvais mots de ces pairs. Willem était trop jeune pour vraiment s'en rendre compte, mais il sentait les regards des gens et à la mort de son père, on ne peut pas dire qu'il était un homme très respecté et déjà, les requins tournaient autour de son navire sans capitaine. Les trois derniers Bonfrère ont vite appris les rudiments de la survie et que le meilleur moyen d'éloigner les requins, c'est de s'en débarrasser.

Avec une existence si dure, pas étonnant qu'il soit si rude avec son entourage, même immédiat, qu'il n'hésite pas une seconde à battre une fille qu'il ne connait pas et qui l'insulte d'emblée, ou encore, qu'il veuille lancer à l'eau une demoiselle qui limonait sur son frère. Mais les femmes n'étaient pas à plaindre, il était capable de faire pire à un homme, il y a quelques morts à Cormartel pour en témoigner. Derrière toute cette rudesse, il a bien une bonne part de lui, un côté grand frère bienveillant, même s'il est le cadet de la famille, il a cette impression que beaucoup de choses demeurent sur ces épaules, parce qu'il est celui le plus en mesure et le moins hésitant quand il s'agit de se salir les mains pour la famille.

-Tiens, voilà qui n'aurait pas été bête comme idée, mais bon, trop tard... Dis-toi bien que ça pourrait ne pas être la première fois que je te surprends.


Willem avait un côté impulsif non-négligeable, qui pouvait bien tomber ou mal tomber, c'était selon les occasions. Il ne rendait compte de ses actes qu'à lui-même et s'il collaborait, aidait sa famille, il refuse de voir les choses sous l'angle de toute obéissance. Willem ne s'oblige à rien. Il se demandait s'il pouvait en être de même pour Moïra. Elle semblait conserver son libre-arbitre et même, une relative innocence, enfin, pour une femme de ses Iles. Elle semblait moins rompue à la fatalité. C'était peut-être une bonne chose. Un peu de gaieté sur ces Iles mornes ne ferait pas trop de mal. D'ailleurs, son élément de gaieté à lui était à l'arrière du navire. Pour Moïra, ça semblait être les choses brillantes. Chacun son truc.

Puisque la Merlyn se regardait et constatait les dégâts de la vague scélérate, Will' la regarda aussi, de haut en bas, bas en haut. Pas d'autres robes? Pas très pratique ça. Elle ne comptait pas rester sur Pyk très longtemps dans ce cas.

-Au pire, voles en une...

Drôle de conseil à donner, mais bon. Puis, elle énonce une idée encore plus saugrenue, celle d'aller au rassemblement sans la moindre robe. Le jeune homme eut un sourire amusé. Ce serait ce qui s'appelle faire une entrée remarquée. Willem aime bien le femmes et les Iles lui ont appris à ne pas être trop difficile en cette matière, même si depuis quelques temps, il a mis la main sur une sirène du Conflans. Bref, ce ne serait pas lui qui se plaindrait d'avoir une jolie petite Fer-Née toute nue à regarder quand il s’ennuierait à rassemblement.

-Tu serais peut-être même étonnée de leur réaction. Un joli petit cul comme le tiens peut être assez invitant.

Voilà qui était dit. Le jeune homme comptait retourner à l'arrière pour diriger le navire. La côte se rapprochait, des vents contraires se levaient, il devait de nouveau se préoccuper de la navigation et Moïra lui sera utile de nouveau comme vigie, parce qu'il connait beaucoup moins les récifs traitres de Pyk que ceux de Grand Wyk, pour des raisons évidentes. Sauf que la Merlyn fait une allusion sur sa femme-sel, qui le freine dans sa marche. Sans aucune considération, il désigne la blonde d'un geste de la tête.

-Elle? Aucune chance que ça arrive. Elle me suit partout, comme une petite chienne, mais une fois à Pyk, elle restera dans sa niche. Sa place, c'est pas une table de Fer-Nés.

Willem ne voulait pas qu'on pense qu'il ait une quelconque estime pour sa captive. Il la trainait sur cette île pour satisfaire ces envies d'homme et abuser à répétition de la beauté de cette femme, c'est tout, il ne fallait pas chercher plus loin, même s'il était conscient qu'il ne la regardait pas forcément, Carolyn, comme on regarde une chienne sans importance. À l'endroit des Fer-Nés, il devait se faire clair et tranchant sur le sujet, sinon, les railleries sur son père referont surface à son endroit et se serait plus d'ironie qu'il peut en supporter. D'ailleurs, d'une certaine façon, il détourne le sujet.

-On se rapproche des côtes, tu sens, le vent des falaises? Celles de Pyk sont parmi les plus dangereuses. C'est le moment idéal pour prier le Dieu Noyé si t'en a envie. Sinon, tu peux toujours faire la vigie à l'avant.

Sur ces mots, il va à l'arrière, non pas pour voir sa femme-sel, mais pour diriger le navire dans son approche final des côtes de l'Ile de Pyk. À mesure que les falaises se dessinait, on pouvait apercevoir le port de Lordsport. Il était rempli de boutres, ceux des seigneurs ayant répondu à l'appel du rassemblement. Une vision impressionnante, il fallait l'admettre, mais ce n'était pas le moment de se laisser distraire, il fallait encore se rendre.
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Message Mer 28 Nov 2012 - 12:09

Lorsque Willem émet l'idée qu'elle puisse dérober une robe pour régler le problème du « manque d'équipement » la jeune femme se contente de hausser les épaules. Elle préfère largement emprunter de petits objets brillants, les robes c'est surfait, ça n'a pas franchement d'intérêt. Moïra n'est pas comme les continentales qui possèdent une garde-robe aussi grande que le cellier de Pebbleton, elle n'a que quelques habits sans grande valeur – si ce n'est ce qu'elle ajoute dessus – et cela lui convient parfaitement. C'est sans compter que la seule femme qui doit se trouver à Pyk est la sœur du jeune capitaine. Si la Merlyn se souvient bien, son père avait déclaré que leur seigneur suzerain ne possédait plus de femme-sel en raison de la jalousie de son épouse. Moïra ignore à ce jour si c'est un fait avéré ou de simples rumeurs qui circulent sur les Iles de Fer, quoi qu'il en soit il semble que la seule présence féminine du château de Pyk soit celle de son amie. Dérober une robe à Aaricia n'entre pas dans ses idées, elle préfère encore rester dans son vêtement humide quitte à aller s'installer au coin du feu – puisqu'il y en aura forcément un – elle gardait une certaine retenue.
Le Fer-né continu alors en émettant l'idée qu'elle puisse être surprise de la réaction des hommes si elle faisait une telle entrée. Oh, pas particulièrement. Seule femme au milieu d'une fratrie de cinq frères, elle connaissait la manière de penser des mâles et comme sa mère le lui disait souvent, elle se situait sous la ceinture. Disons simplement que la concernant elle émet quelques doutes, bien qu'elle ne joue pas la sainte-nitouche pour autant.

« Je connais les hommes, n'oublie pas que j'ai plusieurs frères. »
De plus il faut avouer qu'elle n'a pas une très grande estime des hommes, ils lui apparaissent tous comme des individus qui ne répondent qu'à leurs bas instincts, même si dans un sens, elle aussi. Parvient-elle seulement à résister à son envie de dérober quelque chose lorsqu'elle le voit ? Non. C'est la loi des Fer-nés tout simplement, ce côté plein de libertés qui offre d'infinies possibilités.
Mais le sujet est dépassé et déjà Moïra le range dans un coin de son esprit alors qu'elle s'apprête à se retourner pour observer la mer, pensant que le Bonfrère va tout simplement ignorer sa réplique à propos de sa blonde. Mais non, il marque une légère hésitation avant d'offrir un regard indifférent à cette captive. C'est une chose que la Merlyn apprécie sincèrement, l'espace d'un instant elle avait imaginé qu'il puisse tenir plus que de raison à son jouet. Ce n'est pas le type de comportement que l'on pense trouver chez un Fer-né, mais Moïra a déjà suffisamment rencontré de personnes étranges – elle y comprit – pour s'attendre à tout. De plus, il faut avouer que les Bonfrère semblent exceller dans le rôle d'individus en marge. Que ce soit Veloran, réputé pour ne pas aimer la mer, même si Willem disait le contraire, ou encore Aaricia qui refuse que son époux possède une femme-sel, droit pourtant légitime et inhérent à la condition de Fer-né. Mais la jeune femme ne juge pas, elle aime l'originalité et n'a encore jamais été mariée, elle ignore donc ce que peut être le sentiment de voir son mari chercher du réconfort dans les bras – ou plutôt entre les cuisses – d'une autre femme. À la réplique du jeune homme elle se contente donc de lâcher quelques mots.

« Très bien, je me posais la question comme elle était sur le boutre. »
Il est vrai qu'elle ne s'attendait pas à trouver une femme-sel sur un boutre. Après tout, ces servantes sont généralement associées à la forteresse de leur propriétaire, ainsi donc celles de son père ne quittent jamais Pebbleton et n'ont jamais mis le pied sur un boutre depuis leur arrivée sur les Iles de Fer. Que Willem transporte sa captive d'un château à l'autre avait de quoi surprendre n'importe qui, même si l'on voit les choses sous un angle « pratique » à moins que le Fer-né ne soit incapable de refréner ses envies masculines plus de quelques jours. Ces détails ne l'intéressent pas de toute manière, elle n'a aucune envie de songer à la vie à l'horizontale du Bonfrère de chasse rapidement ces pensées pour hocher la tête lorsqu'il lui propose l'idée de faire la vigie.

« J'ai déjà prié, je vais surveiller les récifs. »
Mais il s'est déjà éloigné et n'a peut-être même pas entendu. Peu lui chaut, elle hausse les épaules et pivote sur elle-même pour se tourner vers la mer avant de se pencher légèrement par-dessus le bastingage. Son pied et enroulé dans un cordage au sol de manière à éviter qu'elle ne soit projetée à l'eau si jamais une nouvelle vague vient les brusquer. Son regard se pose sur l'alignement de boutres au loin, il semble déjà y avoir beaucoup de monde et la demoiselle trépigne d'impatience à l'idée de s'y rendre. Moïra se concentre une fois de plus sur les flots, plissant les yeux pour distinguer les quelques ombres des nuages de celles que les récifs peuvent dessiner sous l'eau. Elle crie quelques précisions, indiquant une zone où le danger est plus présent qu'ailleurs, même si la position du boutre semble montrer que le capitaine le sait. Prudence est mère de sûreté, elle souhaite remplir son rôle comme il faut et ne pas fauter. Le port se rapproche encore davantage et la Merlyn soupire légèrement, regrettant que Garrot ne soit pas avec elle. Il vient souvent à Lordsport puisque c'est ici que le seul septuaire des Iles de Fer se trouve, c'est une manière pour lui de garder un lien avec le continent qu'il semble autant aimer. Loin de se déconcentrer, Moïra observe les manœuvres effectuées pour s'approcher du port tout en douceur, elle a vu des milliers de fois les boutres venir accoster à même les plages rocailleuses, mais jamais à côté d'un port. Lorsque tout est terminé, la demoiselle s'éloigne du bord de navire pour tourner la tête vers le capitaine. Elle lui laisse le temps de discuter avec ses hommes avant de finalement s'approcher de lui.

« Si tu n'as pas trop été agacé par ma présence sur ton boutre, je viendrai t'embêter un peu lors du rassemblement. »
Et s'il l'avait été.... Et bien cela ne changera pas grand-chose, Moïra l'aura oublié le temps que le moment idéal se présente.
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Message Ven 30 Nov 2012 - 14:08

Moïra disait connaitre les hommes, hey bien, elle était donc peut-être moins naïve que l'impression qu'elle pouvait laisser. C'est vrai que si elle avait plusieurs frères, elle avait dû avoir amplement d'occasion de comprendre comment les hommes raisonnent. Combien y en avait-il déjà chez les Merlyn? Il lui semble qu'on dit que c'est une grande famille, plus grande que les Bonfrère, enfin, dans le sens du nombre, on s'entend. En tout cas, le nombre exact lui apparait être un détail.

-Dans ce cas... je n'ai rien à t'apprendre.

Se contente-t-il de lui répondre, avec un petit air amusé. Ce n'est pas lui qui commencerrait à apprendre à cette femme comment se comporte les hommes, même si rien qu'en l'observant lui et ses hommes, elle serait vite à même de se faire une idée. Willem ne se pense pas différent de la majorité des hommes et d'ailleurs, plusieurs choses sur ce boutre en témoigne, comme la femme aux cheveux blonds à l'arrière de son navire, la taille même de son boutre, le fait qu'il se tienne fièrement. Non, il était loin d'être uniquement en son genre, il était tel que les Iles l'ont fait et il était fier d'être un homme et contrairement à d'autre qui essaie constamment de vouloir briser le sort de ce qu'ils sont destinés à faire, Willem quant à lui s'applique à être ce qu'il doit être: un homme, un guerrier, un Fer-Né.

Willem, avoir des sentiments et de la considération pour une continentale? Le pense-t-on faible à ce point? Ce n'est pas parce que la blondinette fait désormais parti de son quotidien qu'il s'est réellement attaché à elle pour autant. Bon, dans les faits, il nie peut-être certains de ses propres sentiments, mais en tout cas, hors de question de faire preuve de faiblesse et de se reconnaître les mêmes travers que son imbécile de paternel avait. Ce serait trop ironique pour lui, un mauvais sort du destin. Sa réponse semble convaincre Moïra qu'il n'attache pas trop d'importance à sa femme-sel et avouait la raison pour laquelle elle avait posé la question. Elle était décidément une femme bien curieuse, défaut qu'il déteste, il n'a jamais aimé les gens curieux, bien qu'il le soit un brin lui-même, mais il n'est pas curieux à poser plein de questions, il est plutôt du genre à observer et à réaliser par lui-même.

Si certaines personnes à bord voulaient prier, maintenant était un bon moment. D'un côté, le vent du large les poussait vers les récifs de Pyk. De l'autre, des vents contraires, qui émanaient des falaises pour ainsi dire, les bousculait dans une autre direction, créant ainsi des conditions de navigation plus délicate que celles auxquelles ils avaient eu droit depuis qu'ils avaient quitté Grand Wyk. Willem le savait et il se sait aussi meilleur pour diriger se boutre que son second, qui est marin depuis longtemps, mais qui n'est pas un capitaine non plus. C'était à lui de diriger le boutre quand les vents se lèvent et pas à un autre. D'ailleurs, le jeune homme croit davantage que c'est sa connaissance de la mer, son art de la navigation, qui les sauvera de tout malheur et qui les mènera à bon port, davantage que des prières au Dieu Noyé, mais autant mettre toutes les chances de son côté. Moïra disait avoir déjà prier, alors elle choisira sans doute l'autre option. Will' ne l'avait qu'entendu et n'avait pas freiné ce qu'il faisait pour autant. D'où il était, il aperçut quand même que la Merlyn s'attachait un pied au navire. Bonne idée, enfin, ce n'était pas bête, par contre, il en connait qui pourrait bien finir pendu avec une telle méthode, mais peu importe, il était trop occupé pour faire une mise en garde. Les indications de la Merlyn furent quand mêmes utiles à quelques occasions et lui évitèrent toutes fâcheuses rencontres en mer. Somme toute, il n'arriva rien d'extraordinaire, le boutre navigua dans ces eaux agitées de la bonne façon et quand enfin, ils traversèrent les vents pour se retrouver de nouveau dans une mer plus clémente, aux vents plus pacifiques, il ne suffit plus que quelques coups de rames pour atteindre Lordsport et un de ces quais, où la Larme Noire était attendue semble-t-il.

Le travail de capitaine ne se termine pas tellement une fois le boutre à bon port. Il fallait le décharger et même s'il n'y avait pas une tonne de choses comme lors d'un raid, il y avait quand même à faire. Harkar menait les hommes et Will' leur boutait le cul avec quelques commentaires et les aidait un brin, une manière de combiner la carotte et le bâton. Il venait d'ailleurs de déposer une caisse et d'avoir une brève discussion avec quelques eux de ces hommes, quand ils s'en allèrent en grommelant, selon leurs bonnes habitudes fer-né. C'est alors que la Merlyn, qu'il avait presque oublié depuis, vint à sa rencontre pour lui parler.

-T'es libre t'embêter qui tu veux... Un dernier conseil, évites de voler des choses brillantes par ici, ça pourrait t'attirer des ennuis. Ou... évites de te faire prendre au moins.


Voler des choses dans la ville de son port, c'était une chose, personne n'oserait vraiment s'en prendre à la fille de Lord Merlyn. Sur son boutre, c'était autre chose et Will' avait plus été amusé du geste que contrarié, mais à Pyk... peu probable qu'ici, les gens la reconnaissent comme étant la fille d'un Lord, elle sera juste une femme parmi tant d'autres et le vol n'est pas un acte des plus populaires sur les Iles, la justice a tendance à être assez expéditive en plus. Faut dire que les Fer-Nés possèdent déjà bien peu de choses, si c'est en plus pour s'en faire voler...

-Aller, à la prochaine Merlyn. J'ai à faire, alors si tu pouvais dégager...

Belle façon de dire au revoir. D'ailleurs, sans attendre de réponse, il retourna vaquer à ces occupations. De toute façon, ils se reverront sans doute plus tard, au rassemblement.
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