AccueilS'enregistrerConnexion



 

Partagez| .

L'important n'est pas de bien ou mal parler mais de parler ▬ Godrik

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas
Homme d'Armes
avatar

Alysane Mormont
Homme d'Armes

Général

Combattante
ICI NOUS TENONS DEBOUT

♦ Missives : 1533
♦ Missives Aventure : 100
♦ Age : 29
♦ Date de Naissance : 27/09/1988
♦ Arrivée à Westeros : 11/09/2012
♦ Célébrité : Olga Kurylenko
♦ Copyright : © Bryn ♥
♦ Doublons : Maron Martell, Pryam Templeton, Sargon Harloi, Bryce Vyrwel
♦ Age du Personnage : 25 ans
♦ Mariage : Aucun
♦ Lieu : Nord, Blancport
♦ Liens Utiles :
Feuille de Personnage
Feuille de personnage
Inventaire:
Jauge de réputation Jauge de réputation:
476/500  (476/500)


Message Ven 26 Oct 2012 - 12:09

     Cela ne faisait pas bien longtemps qu'Alysane avait trouvé un nouveau compagnon de voyage – le premier étant son furet bien évidemment – mais elle s'y habituait déjà. Ce n'était pourtant pas dans ses habitudes de se montrer aussi rapidement familière, la Nordienne était plutôt du genre méfiante et distante dans ses relations avec les autres, très certainement parce qu'elle n'avait jamais fréquenté quand monde en dehors de sa famille sur son île natale. Pourtant, Godrik semblait faire exception, il avait un caractère qui amusait beaucoup la jeune femme, ce côté méfiant et ronchon n'était pas sans lui rappeler quelqu'un. Elle ne parlait pas d'elle bien évidemment, mais plutôt de sa jeune sœur. Le jeune homme était toutefois légèrement moins efféminé qu'elle, il fallait l'avouer. Quoi qu'il en soit, la présence du jeune chasseur était distrayante, même s'il ne semblait pas franchement désireux d'apprendre des choses le concernant à Alysane qui se montrait aussi curieuse qu'à l'accoutumée et n'hésitait pas à l'assaillir de questions aussi diverses que variées et pas toujours d'un intérêt prouvé. Elle était comme ça, le besoin d'en apprendre plus sur les gens qui entraient dans sa sphère privée, était beaucoup trop fort pour qu'elle puisse l'ignorer et Godrik, en acceptant de travailler pour elle, avait aussi accepté ce traitement, même si ce n'était pas notifié sur le contrat.

     Pas très familière des voyages accompagnés, Alysane passait donc le plus clair de son temps à regarder ce que son nouveau compagnon faisait histoire de trouver une nouvelle question à lui poser, ou tout simplement de savoir ce qu'il était en train de bricoler. La Nordienne aimait beaucoup être au courant de tout ce qui se tramait autour d'elle et il suffisait que Godrik lui tourne le dos pour trifouiller quelque chose par terre, pour qu'elle vienne aussitôt se placer derrière lui et regarder ce qu'il faisait par-dessus son épaule. Il y avait fort à parier que ce comportement allait rapidement irriter le jeune chasseur, mais la demoiselle avait la solution miracle pour le dissuader de lui fausser compagnie : une bourse qui sonnait joliment dès qu'elle la secouait.

     La guerrière avait annoncé à son nouvel « ami » qu'ils allaient se rendre dans le Nord, sur l'Île-aux-Ours d'où elle était originaire et ils avaient donc passé la nuit dans un petit bois de l'Orage. Alysane préférait la nature que les auberges trop peuplées, sans compter qu'elle était habituée au froid et le climat de cette région la gênait donc assez peu. Toutefois, une légère pluie était tombée au cours de la nuit et malgré la protection des arbres, la jeune femme avait reçu quelques gouttes de pluie plutôt désagréables au milieu d'un beau rêve. Elle s'éveilla donc le matin fermement décidée à traîne – de gré ou de force – Godrik dans une auberge pour le soir et s'il se montrait réticent, elle pourrait toujours dégainer son joker en lui faisant savoir que ce serait son argent qui serait déboursé et qu'il pourrait dormir à l’œil dans un bon lit bien chaud. Et prendre un bain en même temps, même s'il était relativement plus propre que tous les hommes qu'elle avait pu rencontrer jusqu'à ce jour il fallait en convenir. Lorsque les yeux de la Nordienne s'ouvrirent enfin, elle tâta l'intérieur de sa couche à la recherche de la fourrure de son furet, mais ne trouva rien qui y ressemble à portée de main. Se redressant pour regarder autour d'elle, Alysane sortit finalement de ses fourrures pour se redresser et sonder les environs du regard. Il avait sûrement découché pour aller rejoindre le chasseur, elle en était persuadée ! Quel sale petite fouine – enfin furet – il n'avait vraiment aucune fidélité, pas de doutes possibles : c'était bel et bien un homme. Vexée sans réelle raison, la demoiselle commença à ramasser ses affaires pour les ranger et n'avoir qu'à les charger sur son dos au moment de leur départ. Elle passa les minutes suivantes à une toilette sommaire histoire d'avoir l'air à peu près présentable – tout était relatif vu son apparence en temps normal – avant de finalement se lancer à la recherche du chasseur qui n'était pas dans sa couche et qui, bien évidemment, n'avait pas jugé utile de la réveiller lorsqu'il s'était levé.

     La jeune femme se promena quelques instants aux abords de leur campement, en vain, puis décida finalement de revenir vers sa couche. Lorsqu'elle approchait du feu qui mourait tout doucement, Alysane manqua de sursauter en voyant une silhouette se dresser non loin d'elle et elle recula d'un pas avant de reconnaître son compagnon de voyage. Agacée d'avoir été prise par surprise, elle adopta aussitôt une moue contrariée pour l'admonester histoire de bien commencer la journée.

     ▬ Ça ne t'arrive jamais de parler histoire que je puisse savoir où tu es ? Je ne suis pas un gibier alors ne me prends plus par surprise comme ça ! »

     Une manière comme une autre de lui dire bonjour. Il n'était pas franchement amical non plus, alors il était peu probable que sa remarque soit mal interprétée. Enfin mal, Godrik avait l'air de tout prendre du mauvais côté donc encore une fois, c'était assez relatif. Après ces gentils mots d'amour, la jeune femme s'éloigna du chasseur, puis se rappela soudain qu'elle le cherchait histoire de savoir ce qu'il faisait, il allait donc subir l'habituel interrogatoire qu'elle lui réservait presque tous les matins. Puis au passage, il devait certainement savoir où était le furet de la jeune femme vu que ce saligaud s'enfuyait toujours pour aller rejoindre le jeune homme. À croire que sa maîtresse n'était pas suffisante pour lui. Elle pivota donc sur elle-même et posa ses yeux clairs sur le chasseur avant de reprendre d'un ton plus « aimable ».

     ▬ D'ailleurs, tu étais où ? Lorsque je me suis réveillée tu n'étais pas là, t'imagine si quelqu'un avait eu l'idée de venir nous voler nos affaires ? Tu aurais au moins pu me réveiller avant de t'enfuir comme un voleur. »

     Elle adopta une nouvelle fois sa moue contrariée, le pauvre n'en avait pas fini d'entendre les reproches qu'elle avait à lui faire, mais ce n'était l'histoire que de quelques minutes le temps qu'elle découvre qu'il avait fait quelque chose d'intéressant et qu'elle se mette à l'assaillir de nouvelles questions. Au fond, il y avait une explication très simple au fait que Godrik n'avait pas jugé utile de la réveiller et même si Alysane refusait de la voir, tout autre spectateur le saurait. Détournant son attention du jeune homme, la Nordienne continua à préparer ses affaires pour la route. Rien de bien particulier, simplement plier ses fourrures et s'assurer qu'elles étaient en bon état après avoir été utilisées comme couverture. Après quelques secondes de silence, le chasseur eu le plaisir – ou le déplaisir – de l'entendre continuer son questionnaire.

     ▬ D'ailleurs, tu n'as pas vu mon furet ? Il n'était plus dans mes couvertures lorsque je me suis réveillée, puis vu qu'il t'aime bien, à tous les coups il a dû venir chez toi j'imagine, non ? »

     Elle pinça le bout des lèvres d'un air irrité. Rien que le ton de sa phrase indiquait clairement qu'elle n'appréciait pas cet intérêt que son furet avait pour le chasseur. La jeune femme était un peu comme une gamine capricieuse, elle n'aimait pas que ses jouets soient utilisés par d'autres personnes. Même si elle était déjà âgée, Alysane n'avait pas la maturité d'une dame de son âge, après tout, elle n'avait jamais quitté son île natale jusqu'à très récemment et n'avait donc pas eu l'occasion de développer ce côté de sa personnalité. Ce qui expliquait aussi son intérêt pour la moindre nouveauté et le questionnaire que subissait le chasseur. Histoire de conclure sur une bonne note, la Nordienne ajouta une information.

     ▬ Au fait, ce soir on dort dans une auberge, j'aimerais bien passer une nuit sans me prendre des gouttes d'eau sur dessus, puis ce sera l'occasion de faire une bonne toilette, ça sent fort et ce n'est pas uniquement le furet ! »

     Une chance qu'elle ne soit pas habituée au grand luxe, même en étant une dame elle était plus roturière que bien des ladys de famille inférieure à la sienne.


Le chant des druides si clair et si limpide, c'est le chant des druides. Mais le chant des druides agit tel un fluide, apprends à l'écouter il te servira comme un guide, pour raconter des contes et des histoires de chevalerie, de grandes batailles de monstres et de tours de magie, c'est l'âme celtique, historique, antique. ✤ ©️ Le Chant des Druides, Manau
Revenir en haut Aller en bas
http://fallout-dog-city.forumactif.org
avatar

Invité
Invité

Général
Feuille de Personnage


Message Ven 26 Oct 2012 - 21:05

Comme à son habitude, Godrik s'était levé tôt. Il aimait cet instant juste après l'aube où la forêt s'éveillait, où seuls les oiseaux brisaient le silence, ce moment de calme avant que...

Ça ne t'arrive jamais de parler histoire que je puisse savoir où tu es ? Je ne suis pas un gibier alors ne me prends plus par surprise comme ça !

Ouais. Il aimait bien. Il s'arrêta devant le campement et fixa un instant sa compagne de voyage du regard, sans rien dire. Cela ne faisait pas longtemps qu'ils avaient pris la route, tous les deux, et pourtant il en venait souvent à se demander pourquoi il avait accepté. Ce n'était pas qu'elle soit incapable ou agaçante au possible, d'ailleurs il était persuadé qu'elle ne faisait pas exprès de parler tout le temps... C'était juste la même chose tous les matins. À peine pointait-il le bout de son nez, qu'elle le harcelait de questions, parfois un peu bêtes aux yeux du chasseur. Il marmonna ce qui ressemblait très vaguement à une excuse, enjamba ce qui restait du feu de camp et posa son arc.

D'ailleurs, tu étais où ? Lorsque je me suis réveillée tu n'étais pas là, t'imagine si quelqu'un avait eu l'idée de venir nous voler nos affaires ? Tu aurais au moins pu me réveiller avant de t'enfuir comme un voleur.

Il releva le nez de son sac et lui lança un regard critique. Godrik n'avait pas eu le loisir d'être élevé par une mère poule qui aurait surveillé ses fréquentations et les moindres de ses faits et gestes, mais il avait une petite idée de ce que ça devait faire. "Tu étais passé où ? Avec qui ? C'est à cette heure-ci que tu rentres ? Et s'il était arrivé quelque chose en ton absence ? Tu imagines ? Qu'est-ce que nous aurions fait ? Ahlala mais tu es vraiment inconscient mon pauvre garçon..." Godrik n'inventait rien, c'était du vécu. Pas de lui, d'un camarade chasseur. Un camarade qu'il n'avait pas cru à ce moment-là. Eh bien si, les femmes étaient comme ça, se disait Godrik en se retenant de le penser tout haut. Au lieu de cela, il haussa les épaules :

Je faisais le tour du campement.

"Comme d'habitude", avait-il envie d'ajouter. Et il n'y aurait pas eu de voleur, puisque si je fais le tour de campement, justement, ce n'est pas pour compter les papillons ! Non, inutile d'en dire plus. Il était persuadé que cela ne ferait que l'encourager davantage à lui poser des questions, alors il préférait se contenter du strict minimum. Ce n'était pas un exercice très difficile pour lui, peu bavard comme il l'était. Il arrangea deux-trois choses dans son sac et vérifia qu'il n'oubliait rien. De son côté, Alysane faisait de même. Il appréciait cela, qu'elle soit autonome et sache s'occuper d'elle et de ses affaires, sans personne pour lui dire quoi faire à chaque instant. C'était plus agréable que de voyager avec une bande d'assistés. Et croyez-le, Godrik en avait eus, des assistés. Et bavards aussi, alors en un sens, il supportait bien sa nouvelle compagne de route.
Enfin, pas trop mal.
Il se concentra sur ses affaires. Plus vite ils seraient partis, plus vite ils, euh... seraient arrivés. Rappelles-toi qu'elle va te payer, se disait Godrik. Tout semblait plus simple quand on avait des pensées positives. Cette idée lui arracha presque un sourire. Pensée positive ? Lui ?
Heureusement, Alysane intervint à nouveau, épargnant au spectateur cette vision étrange et peu commune d'un Godrik qui sourit. Raaaah. Mais qu'elle le laisse tranquille, ce pauvre furet ! Il avait bien le droit de vivre sa vie, non ? Comme s'il avait entendu sa maîtresse, l'animal apparut... derrière l'épaule de Godrik. Il s'était effectivement faufilé jusqu'à lui durant la nuit, et comme cela ne le dérangeait pas, le chasseur ne l'avait pas repoussé. Il ne pouvait pas nier l'accusation d'Alysane, mais il ne voyait pas pourquoi il aurait dû se sentir gêné. Ce n'était pas comme s'il lui volait son furet. C'était stupide. Pourquoi le regardait-elle ainsi ? Et pourquoi se sentait-il mal à l'aise ? ... on n'avait pas idée de fixer les gens comme ça, pour les culpabiliser. Godrik passa la main derrière sa nuque et attrapa le furet, qui appréciait apparemment bien son carquois. Il s'était installé là pendant que le chasseur faisait sa petite ronde, apparemment il aimait prendre de la hauteur ! Cela avait amusé Godrik, qui l'avait, encore une fois, laissé faire. Il était autrement plus indulgent avec les animaux qu'il l'était avec les humains. Pour toute réponse, il rendit l'animal à sa propriétaire, avec un regard indéchiffrable :

Les furets ont l'ouïe sensible.

Il n'y avait absolument aucun sous-entendu là-dessous. Aucun. Vraiment. Il se retint d'ajouter que les furets n'étaient pas les seuls dans ce cas-là, mais là encore, ce n'était pas la peine d'encourager la discussion. Minimum vital. Lorsqu'elle ajouta qu'ils dormiraient à l'auberge ce soir-là, par contre, Godrik ne put retenir une grimace qui exprimait une totale désapprobation. Sans compter la petite pique qu'elle aurait pu éviter, pour ne pas plomber encore davantage son humeur. Mais bon. Elle te paye, elle te paye, se répéta mentalement le chasseur pour ne pas s'énerver. Elle payera l'auberge aussi. On aurait pu croire que l'idée de dormir dans un lit confortable, et cela "gratuitement", l'enchanterait. Mais aussi étrange que cela puisse paraître, Godrik était plus à l'aise dans la nature. Quelques gouttes de pluie ne le gênaient pas, et il avait passé tellement de nuits à dormir à la belle étoile, sur un tas de feuilles mortes, entre deux souches, qu'il ne faisait que se tourner et se retourner dans son lit quand il en avait un. Il accepta néanmoins, ce n'était pas comme s'il avait le choix. C'était elle qui décidait de la destination, et du chemin qui les y conduirait. Tant que l'auberge ne leur faisait pas faire un détour inutile ou dangereux, Godrik n'avait rien à dire :

Comme tu voudras, répondit-il avec un air qui affirmait clairement qu'il se montrerait on ne peut plus asocial et grognon tant qu'il serait enfermé entre quatre murs, dans un endroit bruyant et bondé, qui sentait la sueur, l'alcool et la p... Mais on repartira à l'aube, pas question de passer plus d'une nuit là-bas, ajouta-t-il pour arrêter un flot de pensées plus que désagréables.

Il passa sa sacoche en bandoulière, ramassa son arc et écrasa les restes du feu de camp par précaution. Avec un peu plus de hargne qu'il ne l'aurait fallu. Il se sentit un peu mieux après cela. Il se mit en route mais, avant qu'Alysane se sente obligée de prendre la parole pour briser un silence de plus d'une minute, il désigna son furet :

Ce ne sont pas des animaux domestiques, tu sais. C'est normal qu'il ne te suive pas partout et qu'il n'en fasse qu'à sa tête. Je ne pense pas qu'il puisse rester plusieurs heures au même endroit sans bouger.

Oui, oui Godrik venait bien de faire trois phrases à la suite, c'était un nouveau record. Enfin, ce n'était pas surprenant quand on savait que les animaux le passionnaient plus que les humains. Alysane allait sûrement s'en rendre compte au fil du temps, si ce n'était pas déjà fait. Il savait pertinemment qu'elle allait lui poser des questions toute la journée, mais autant que ce soit sur un sujet qui l'intéressait. Enfin, dans le cas contraire il pourrait toujours marmonner des réponses évasives ou grommeler pour exprimer son mécontentement. Comme à son habitude.
En fait, Godrik détestait qu'on chamboule ses habitudes.
Revenir en haut Aller en bas
Homme d'Armes
avatar

Alysane Mormont
Homme d'Armes

Général

Combattante
ICI NOUS TENONS DEBOUT

♦ Missives : 1533
♦ Missives Aventure : 100
♦ Age : 29
♦ Date de Naissance : 27/09/1988
♦ Arrivée à Westeros : 11/09/2012
♦ Célébrité : Olga Kurylenko
♦ Copyright : © Bryn ♥
♦ Doublons : Maron Martell, Pryam Templeton, Sargon Harloi, Bryce Vyrwel
♦ Age du Personnage : 25 ans
♦ Mariage : Aucun
♦ Lieu : Nord, Blancport
♦ Liens Utiles :
Feuille de Personnage
Feuille de personnage
Inventaire:
Jauge de réputation Jauge de réputation:
476/500  (476/500)


Message Sam 27 Oct 2012 - 14:01

     L'infidèle furet fit rapidement son apparition sur l'épaule du chasseur et la jeune femme ne masqua pas sa contrariété en décrochant un regard noir à Godrik qui n'avait pourtant rien fait. Justement, c'était bien là tout le problème, il aurait dû repousser l'animal qui aurait logiquement retrouvé la couche de sa maîtresse. Lorsque le jeune homme lui rendit son animal, Alysane haussa légèrement les sourcils d'un air interrogateur comme il lui faisait savoir que les furets étaient apparemment sensibles au bruit. Et ? Que devait-elle comprendre ? La demoiselle fourra la bête dans sa sacoche qui ne la quittait jamais – sans vraiment de douceur d'ailleurs – puis elle pinça une fois de plus ses lèvres gercées.

     ▬ Tu sous-entends que je parle trop ? ! »

     Ce n'est pas comme si le sous-entendu n'était pas clairement visible, mais presque. La Nordienne n'avait pas de don particulier pour comprendre les moqueries ou le sens caché d'une phrase, elle était beaucoup trop franche et trop dissipée pour prendre la peine de chercher à comprendre le fond des choses. Après avoir retrouvé son furet, Alysane termina de ranger les quelques affaires qu'elle avait utilisées la veille, puis elle commença à charger le tout sur son dos. Porter des charges lourdes ne la dérangeait pas, depuis qu'elle avait quitté sa région natale la noble voyageait à pied et n'avait jamais souhaité avoir de cheval pour porter le gros de son matériel. Elle se contentait du strict nécessaire et avait commencé à développer une musculature adaptée aux voyages très chargés. Encore quelques années et elle pourrait prétendre être une voyageuse chevronnée !
     Le chasseur n'avait pas beaucoup apprécié la « proposition » de sa compagne de voyage, concernant l'endroit où ils dormiraient la nuit suivante. Ce n'était pas très étonnant, il était si asocial qu'il ne devait pas être capable de dormir sous le même toit que plus d'une personne ! L'idée d'être tombée sur quelqu'un de plus grognon qu'elle, amusait beaucoup la Nordienne qui ne put s'empêcher d'arborer un léger sourire aux paroles du jeune homme. Est-ce qu'il avait peur de passer trop de temps avec des humains ? La jeune femme ricana légèrement, mais n'eut guère le temps de titiller un peu Godrik puisque celui-ci s'assura que le feu était bien éteint avant de commencer à s'éloigner. Alysane lui emboîta le pas en trottinant un peu pour se hisser à la hauteur de son compagnon juste au moment où celui-ci parla du furet qui avait déjà sorti sa tête de la sacoche de la jeune femme. Elle retroussa légèrement son nez dans un geste de contrariété avant de rétorquer aussitôt.

     ▬ Est-ce que je dois en déduire que tu as des gènes de furet vu que ton comportement est à peu près similaire à ce que tu viens de me décrire ? Elle esquissa un sourire, goguenarde, avant de porter son attention sur la route. Marcher ne la gênait absolument pas, la seule chose qui pouvait déranger Alysane était le manque de conversation de son compagnon de route, mais elle s'appliquait à changer ce point. Ne t'en fais pas, si tu as peur de dormir dans une auberge je viendrai te border pour te souhaiter une bonne nuitée. Elle le charriait bien entendu, la jeune femme n'avait ni le comportement d'une gentille mère de famille, ni la moindre raison d'agir de la sorte vu que Godrik était certainement plus mature qu'elle sur bien des points. Tu sais, des fois tu rencontres des humains qui valent la peine que tu ouvres la bouche pour autre chose que pour râler. »

     Et c'était elle qui disait cela ? C'était l'hôpital qui se moquait de la charité. Alysane était connue pour son caractère de cochon et son côté buté, du moins dans sa famille, après elle n'avait jamais rencontré beaucoup de monde donc personne ne la connaissait vraiment. En réalité, Godrik était bien la seule personne que la Nordienne « appréciait » depuis son départ de l'Île-aux-Ours, à croire qu'il suffisait de la repousser pour qu'elle éprouve l'envie de connaître davantage cette personne ! C'était exactement ce qui se passait en réalité, le côté grognon et mal léché du chasseur l'amusait beaucoup et elle voulait voir jusqu'à où elle pourrait réussir le dérider un peu.
     La jeune femme parvint à rester silencieuse quelques instants alors que seul le bruit de leurs pas sur le sentier inégal, se faisait entendre. En temps normal, la Mormont passait plusieurs semaines sans piper mot, n'ayant pour tout compagnon que l'infidèle furet, peut-être qu'avec le temps son flot de questions et de paroles inutiles, allait se tarir ? La demoiselle posa son regard sur le chasseur avant de reprendre de plus bel.

     ▬ Et si tu me donnais quelques conseils sur les furets ? Qu'est-ce que je dois faire pour qu'il arrête de me lâcher pour aller te retrouver ? Tu caches de la nourriture dans ta couche où quoi ? Est-ce que c'est ton côté « je n'aime pas les humains » qui sait les séduire ? »

     Elle le titillait un peu, histoire d'essayer de le dérider petit à petit. L'idée des conseils ne la gênait absolument pas, au contraire même, Alysane buvait les paroles de Godrik et elle espérait bien un jour avoir un peu de son talent en matière de chasse et d'approche des animaux. La Nordienne n'avait pas beaucoup de talents, elle savait utiliser son arme et avait certainement plus de courage à revendre que le chasseur qui lui semblait davantage du genre à fuir les bagarres qu'à les mener à terme, mais ce n'était pas avec ça qu'elle allait pouvoir nourrir sa famille. Sauf s'ils commençaient à manger du Fer-né à la rigueur. Le regard mordoré de la Nordienne se reporta sur la route - c'était plus pratique pour éviter de se prendre les pieds dans des ornières - puis elle pesta lorsqu'elle vit que son furet essayait de sortir de sa sacoche. Il voulait bien évidemment aller rejoindre Godrik, ce qui était tut bonnement inadmissible ! Alysane, avec sa délicatesse innée, appuya sur la tête de la bête pour lui faire comprendre que sa place était dans le sac de toile et non dans les bras d'un autre ! Ne ratant jamais l'occasion d'enquêter sur la vie personnelle de son nouveau compagnon, la jeune femme continua son interrogatoire.

     ▬ Et tu chasses depuis longtemps ? Tu m'avais dit que tu ne voyais pas beaucoup d'ours de là où tu venais, est-ce que tu es originaire du sud de Westeros ? Quoique, dans le Val je crois qu'ils n'en ont pas non plus.... Ça te fait quel âge d'ailleurs ? Tu ne devrais pas avoir des Godrik junior pour reprendre le flambeau plus tard ? »

     Les questions déplacées ? Elle ne connaissait pas ! Alysane n'avait pas de tabou et elle n'hésitait pas à mettre son nez là où l'envie lui en prenait. Au pire elle récolterait une bonne claque sur le museau, quelque chose lui disait que Godrik ne se gênerait pas pour la remettre à sa place si le sujet ne lui convenait pas. Loin de la dissuader, cette réponse ne ferait que l'encourager à persister dans cette voie. Ou dans une autre similaire, il y avait tellement de sujets que le jeune homme aurait abandonné avant qu'elle n'arrive au bout de ce qu'elle souhaitait lui demander ! Remontant ses fourrures sur son dos avant qu'elles ne se retrouvent par terre, la Nordienne leva son nez vers le ciel histoire de voir si l'hiver se montrait enfin plus froid. L'Orage avait beau être la région des tempêtes, pas le moindre flocon n'avait pointé le bout de son nez au grand regret de la Mormont ! Vivement qu'ils arrivent chez elle, au moins Godrik pourrait ne pourrait pas essayer de la larguer une nuit puisqu'il ne connaissait visiblement pas trop cette région. Dépendre d'Alysane, que pouvait-on espérer de mieux ?


Le chant des druides si clair et si limpide, c'est le chant des druides. Mais le chant des druides agit tel un fluide, apprends à l'écouter il te servira comme un guide, pour raconter des contes et des histoires de chevalerie, de grandes batailles de monstres et de tours de magie, c'est l'âme celtique, historique, antique. ✤ ©️ Le Chant des Druides, Manau
Revenir en haut Aller en bas
http://fallout-dog-city.forumactif.org
avatar

Invité
Invité

Général
Feuille de Personnage


Message Mar 30 Oct 2012 - 22:23

Tu sous-entends que je parle trop ? !

Parfois, Godrik se disait qu'il était trop gentil. Là, il aurait dû lui dire clairement qu'elle causait comme trois et que même s'il avait pu ou voulu en placer une, il n'en aurait pas eu besoin vu qu'elle faisait les questions-réponses à elle toute seule. C'est pour ça que je déteste les sous-entendus. Il la fixa avec un air blasé qui mettait des mots sur sa pensée : "Oui. Tu parles trop." Mais comme il savait pertinemment que ça la ferait réagir, provoquant l'effet inverse que celui désiré, il se retint. Marcher lui procurait habituellement un agréable sentiment de satisfaction ; c'était avoir l'impression d'avancer, de faire quelque chose de ses journées, sans forcément se concentrer sur la façon de le faire, et le but à l'arrivée. Il ne refusait pas de penser en chemin, il trouvait simplement difficile de le faire quand la personne à côté vous assaillait de questions. Le temps qu'il enregistre l'information, décide si oui ou non il voulait y répondre, enchaîne le cas échéant par un regard lourd en sous-entendus ou un vague grognement, que surgissait déjà une nouvelle question sur laquelle il devait répéter le processus. Je savais que j'aurais dû la fermer. Il commençait sérieusement à se demander si lui grimacer un sourire à la comparaison du furet, et la fusiller du regard à la deuxième "plaisanterie" étaient suffisants. À un moment donné, il allait bien devoir ouvrir la bouche, pour lui dire de la fermer. C'est là qu'elle lui fit remarquer que certaines personnes valaient la peine que l'on communique avec elles sans râler.

Ben tiens ! J'attends de voir ! grommela Godrik en écartant d'un coup sec une branche basse, qu'il ne se soucia pas de retenir pour Alysane.

S'il fallait bien reconnaître une qualité à la femme du Nord, c'est qu'elle ne l'ouvrait pas pour râler. Mais parfois il se demandait si ça n'aurait pas été mieux. Il aurait pu se montrer exécrable de façon tout à fait justifiée. Même si, pour lui, il était tout à fait justifié de râler. C'était naturel, il ne se rappelait pas la dernière fois qu'il s'était montré aimable ou... gentil avec quelqu'un. Avec un étranger, s'entend. Il avait quand même de l'affection pour ses parents ! Mais les autres... c'était différent. Il préférait mettre de la distance entre eux et lui, même s'ils étaient sympathiques, enfin "sympathiques" selon ses critères. C'était aussi une manière de les prévenir qu'il n'était pas du genre à se laisser marcher dessus. Même si vous n'étiez pas, comme Godrik, le type le plus malin de la terre, le simple fait d'avoir l'air méfiant suffisait parfois à convaincre les autres que vous étiez assez paranoïaque pour ne pas vous laisser avoir. Bref, le chasseur n'était pas près de s'arrêter de râler.

Et si tu me donnais quelques conseils sur les furets ? Qu'est-ce que je dois faire pour qu'il arrête de me lâcher pour aller te retrouver ? Tu caches de la nourriture dans ta couche où quoi ? Est-ce que c'est ton côté « je n'aime pas les humains » qui sait les séduire ?
Hrm, grommela Godrik pour montrer que la remarque ne le faisait pas rire. Je ne déteste pas les humains, je préfère les animaux. Je n'en sais rien, c'est la première fois que j'en côtoie un de si près, ajouta-t-il franchement, mais sans se départir de son air grognon.

Il réfléchit sérieusement à la question. Il connaissait deux-trois choses sur les furets, pour en avoir vu de temps à autre avec des marchands ou des camarades chasseurs, mais ils restaient assez rares comme animaux de compagnie. Il avait entendu dire qu'ils étaient plutôt longs à éduquer. Mais pour répondre à la question d'Alysane, encore aurait-il fallu savoir dans quelles circonstances elle l'avait trouvé, et pourquoi il restait avec elle – jusque là. Même s'il savait que cela entraînerait un nouveau flot de paroles de la part de sa compagne de route, il se devait de poser la question. Il attachait quand même un minimum d'importance à la santé et au bien-être des autres. Enfin, des animaux.

Il en a peut-être juste marre de se trimballer dans ton sac, dit-il franchement. Comment est-ce que tu l'as eu ? Tu sais pourquoi il t'a suivi, la première fois ? Si tant est que tu ne l'aies pas toi-même fourré au fond de ton sac, sans lui demander son avis, ajouta-t-il avec un sourire moqueur.

Il observa le comportement du furet. Il paraissait très agité aujourd'hui, Godrik se demandait si c'était uniquement parce qu'il était coincé entre les affaires de la Nordienne. Les animaux avaient un meilleur instinct que les humains. Godrik avait tendance à se fier davantage aux mises en garde des bêtes qu'à celles de ceux de son espèce. Les humains paniquaient toujours pour rien. Quand un animal paniquait, lui, c'était pour de bonnes raisons.
Enfin, sauf exceptions. Il y avait des trouillards partout.
Lorsqu'Alysane enchaîna à nouveau les questions, Godrik crut bon de la laisser faire, sans l'interrompre, chose qu'il regretta immédiatement après. Il s'arrêta et croisa les bras. Des Godrik juniors ? Sérieusement ? Elle aurait dû se contenter de lui demander ses origines. Il prit une profonde inspiration et se retourna d'un bloc :

Je pense qu'il y a déjà bien assez de Godrik junior sur cette terre, je pense aussi avoir entre vingt-sept et vingt-huit ans, je suis originaire non pas du Val mais du Conflans, je chasse depuis si longtemps que je suis incapable de savoir quand j'ai commencé, je trouve extrêmement inconfortable de dormir dans une auberge, je préfère prendre la comparaison au furet comme un compliment et, oui, tu parles trop.

Il réajusta son sac sur son épaule et se retourna, fit un pas et s'arrêta encore, enleva son sac et fouilla brièvement à l'intérieur. Il en sortit une pomme, qu'il lança à Alysane :

Les furets adorent les pommes, essaye de faire copain-copain avec ça.

Il ferma son sac, le lança sur son épaule et tourna le dos à sa compagne de route, comme pour signifier que, le concernant, il avait fini de faire "copain-copain". Il était conscient que son agacement venait surtout de cette idée d'auberge qui ne l'enchantait guère. Après tout, il ne s'était pas plaint aussi souvent les jours précédents, malgré les questions pourtant quotidiennes d'Alysane. Peut-être qu'il aurait dû s'y habituer. Ou peut-être était-ce à elle de s'habituer, songea-t-il avec mauvaise humeur. Il était comme ça depuis des années, il n'allait pas changer pour une seule personne, non ? Il accéléra légèrement le pas, comme si cela pouvait leur permettre d'arriver plus tôt à destination. Il shoota dans un caillou, agacé. Le pire, c'est qu'elle avait quand même réussi à lui soutirer des informations, alors qu'il voulait juste lui faire comprendre qu'il fallait qu'elle se taise ! Mais il n'y pouvait rien, s'il n'avait aucune patience. Il grommela pour lui-même. Peut-être que ça ne se voyait pas toujours derrière son air grognon, et avec sa façon de couper tout début de communication... mais il était absolument incapable de soutenir une vraie conversation. Voilà pourquoi je préfère les animaux ! pesta-t-il intérieurement. Eux au moins, ils ne parlent pas. Et on comprend tout de suite ce qu'ils veulent ! Ce faisant, il se tourna vers le furet. Il avait une mauvaise impression, mais c'était peut-être juste le temps, gris et nuageux depuis quelques jours, qui voulait cela. Une branche craqua, le faisant légèrement sursauter. Il serra la sangle de son sac, agacé. Ce n'était sûrement qu'un oiseau ou un écureuil. Il était sur les nerfs. Par précaution, il sortit tout de même son arc. De toute façon, cela faisait un moment qu'ils marchaient, et ils n'avaient encore rien avalé de la journée. Enfin, sauf le furet.


Dernière édition par Godrik le Mer 31 Oct 2012 - 20:56, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Homme d'Armes
avatar

Alysane Mormont
Homme d'Armes

Général

Combattante
ICI NOUS TENONS DEBOUT

♦ Missives : 1533
♦ Missives Aventure : 100
♦ Age : 29
♦ Date de Naissance : 27/09/1988
♦ Arrivée à Westeros : 11/09/2012
♦ Célébrité : Olga Kurylenko
♦ Copyright : © Bryn ♥
♦ Doublons : Maron Martell, Pryam Templeton, Sargon Harloi, Bryce Vyrwel
♦ Age du Personnage : 25 ans
♦ Mariage : Aucun
♦ Lieu : Nord, Blancport
♦ Liens Utiles :
Feuille de Personnage
Feuille de personnage
Inventaire:
Jauge de réputation Jauge de réputation:
476/500  (476/500)


Message Mer 31 Oct 2012 - 14:35

     Godrik avait tendance à s'énerver sans raison, du moins sans raison valable. Alysane ne retint pas un grognement contrarié lorsqu'il lâcha la branche basse qu'il venait de pousser pour libérer le passage : à quelques centimètres près et elle était quitte pour se retrouver avec un joli hématome sur la joue, voir un œil en moins ! Bon, ne soyons pas défaitiste, le roturier était mal élevé c'était un fait et lui n'avait pas l'excuse d'avoir été élevé sur une île pratiquement déserte, mais Alysane ne baissait pas les bras. Il grommela une fois de plus de manière à lui faire savoir qu'il n'appréciait pas l'humour de sa comparse, mais cette dernière n'en avait que faire, il finirait bien par se dérider un jour ou l'autre ! Elle le regardait, marchant légèrement en retrait puisque Godrik semblait bientôt se mettre à courir vu l'allure à laquelle il progressait. Comme le jeune homme avoua à la Nordienne qui préférait les animaux que les humains, celle-ci se mit à rire quelques brèves secondes : elle aussi préférait largement les bêtes à ses homologues, au moins avaient-ils un point commun ? Le chasseur était bel et bien un privilégié, car en temps normal Alysane n'aurait même pas fait l'effort de discuter un peu avec lui et se serait contentée de voyager à ses côtés sans pendre la peine de le connaître. C'était ce qu'elle avait eu comme comportement avec les marchands qui avaient voyagé avec elle quelques jours dans le Conflans.

     La manière qu'il avait d'avouer son manque d'expérience sans pour autant devenir plus amical, amusait beaucoup la brune qui gardait un sourire goguenard collé aux lèvres. Comme la discussion s'orientait vers la manière dont elle avait réussi à se procurer le furet, Alysane se contenta de le regarder quelques instants. Il était venu de lui même ? Pas vraiment ! Mais lorsque la Nordienne voulait quelque chose, elle l'obtenait ! La demoiselle se contenta de hausser les épaules tout en lui expliquant les choses.

     ▬ Tu as tout compris ! Lorsque je veux quelqu'un ou quelqu'un, je le fourre dans mon sac de gré ou de force ! Tu vois, finalement tu as de la chance de ne pas trop ressembler à un furet, sinon je t'aurais fait subir le même sort mon cher. »

     Elle n'était pas sérieuse bien évidemment, déjà parce que ce n'était pas faisable, même si elle était sûre d'avoir le dessus dans un combat contre le jeune homme, mais surtout parce que c'était bien plus difficile d'obliger un humain à faire ce que vous vouliez. Comment le savait-elle ? Parce qu'elle avait forcé le malheureux Jorah – son frère – à subir ses lubies durant leur enfance et que même si le bâtard appréciait beaucoup sa sœur, il avait été réticent à l'idée d'aller se baigner dans les eaux glaciales de l'Île-aux-Ours simplement pour faire plaisir à Alysane. Les hommes étaient trop compliqués ! Elle agissait comme une gamine trop gâtée avec les animaux et même si elle les respectait, il était vrai qu'il y avait encore de grosses lacunes dans son comportement et qu'elle avait tendance à voir les bêtes comme de gros jouets vivants. Son furet pouvait en témoigner, même si elle se rachetait en le nourrissant correctement.
     Quoi qu'il en soit, la brune nota qu'elle avait touché un point sensible en parlant de la famille du jeune homme. Celui-ci s'arrêta d'un bloc avant de faire savoir à sa comparse qu'il y avait assez d'enfants comme lui sur ces terres, qu'il était originaire du Conflans et qu'il avait à peu près le même âge qu'elle. Plus d'informations qu'elle n'en avait eu jusqu'à présent ! Les lèvres de la Nordienne esquissèrent un sourire encore plus ravi alors qu'elle constatait que son acharnement commençait à porter ses fruits : d'ici quelques lunes il lui donnerait encore plus de détails, elle en était persuadée. Peut-être même avant en réalité. Comme il tira un pomme de son sac pour le lancer à la Nordienne qui le dévisagea quelques instants, le chasseur lui proposa une solution pour fraterniser à nouveau avec son furet. Elle lui offrit un signe de la tête en remerciement avant de glisser sa main jusqu'à la poche qui contenait son couteau à dépecer. Mieux valait en faire des quartiers pour éviter que la pauvre bête ne lutte avec le fruit ! À peine eut-elle entaillé la chair de la pomme que le furet sortit déjà sa tête de la sacoche en humant l'air, apparemment c'était déjà productif. Ils marchaient sans qu'Alysane ne prête réellement attention aux bruits qui alarmaient son compagnon et ce ne fut que lorsqu'elle leva la tête pour lui poser une question qu'elle vit qu'il avait sorti son arc. Après un léger froncement de sourcils, elle se renseigna.

     ▬ Qu'est-ce qu'il y a ? Tu comptes chasser les pommes avec ton arc ? Il ne lui avait jamais semblé particulièrement courageux alors elle avait du mal à le voir utiliser son arme pour autre chose que pour chasser. Tu sais, les auberges ça a des lits, c'est forcément plus confortable qu'une souche d'arbre. Tu as grandi dans une grotte avec... »

     Elle n'eut pas le temps de parler davantage, car déjà les ennuis approchaient. Alors qu'elle tenait sa pomme en main et qu'elle en coupait des quartiers, une flèche vint se planter juste devant ses pieds, manquant de peu de lui traverser le pied. La surprise lui fit lâcher le fruit qui roula au sol, rapidement suivi par le furet qui venait de sauter de la sacoche pour aller rejoindre son repas du moment. Cette fois-ci, la Nordienne ne porta pas attention à son animal et leva les yeux vers les arbres étant donné que la direction de la flèche semblait indiquer qu'elle avait été tirée en hauteur. Il lui fallut quelques secondes pour distinguer une silhouette au milieu des feuillages jaunis, mais ce ne fut pas de là que vint le danger réel. À quelques mètres d'eux, trois autres silhouettes sortirent de derrière les arbres, c'était des hommes, environ la quarantaine et qui portaient un équipement plutôt basique. Visiblement c'était des paysans qui n'avaient plus leurs terres, sans aucun doute des victimes de la sécheresse vu que les raids des Fer-nés n'étaient pas arrivés jusqu'à cette région. Alysane raffermit sa prise sur son couteau – même si elle préférait sa hache pour se défendre – mais fut prise de vitesse lorsque l'un des hommes s'adressa à eux.

     ▬ Donnez-nous votre argent et on vous laissera passer. Il désigna les fourrures de la jeune femme. Et ça aussi ! Ça doit valoir un bon paquet sur le marché. »

     Alysane tourna la tête vers Godrik qui se trouvait non loin d'elle, elle ignorait si elle pouvait compter sur lui en cas de problèmes. Ils étaient quatre et eux seulement deux, mais Alysane avait été formée durant des années par un maître d'armes, sa maîtrise de la hache pouvait sans aucun doute effrayer leurs adversaires. Seul point gênant : l'archer. Vu la manière dont il avait visé les pieds de la Nordienne il était certainement chasseur de formation et devait pouvoir se débarrasser de la jeune femme avant qu'elle ne pose le moindre problème à ses compagnons. Cela dit, hors de question de donner son argent et encore moins ses fourrures ! Secouant vivement la tête elle répliqua d'un ton irrité.

     ▬ Pauvre imbécile tu crois que vous serez suffisamment doués pour pouvoir vous battre contre une sauvageonne ? Elle ne l'était pas, mais les gens croyaient souvent que c'était le cas, alors pourquoi ne pas en profiter ? Je peux vous tuer avant que vous ne soyez capables de riposter, tu es vraiment sûr de vouloir donner ta vie pour de simples fourrures et quelques pièces de cuivre ? »

     L'homme sembla hésiter, il ne savait pas si la femme était réellement une sauvageonne ou simplement une personne vêtue de manière plutôt originale. C'était un coup de bluff et elle espérait simplement que Godrik n'allait pas la lâcher. Les yeux mordorés de la Mormont glissèrent vers le chasseur tandis qu'elle priait les Anciens Dieux pour que les brigands la croient lorsqu'elle parlait de pièces de cuivre, la vérité était bien différente, elle avait des Dragons d'or et son compagnon le savait puisqu'elle les lui avait montrés pour l'inciter à accepter sa proposition.


Le chant des druides si clair et si limpide, c'est le chant des druides. Mais le chant des druides agit tel un fluide, apprends à l'écouter il te servira comme un guide, pour raconter des contes et des histoires de chevalerie, de grandes batailles de monstres et de tours de magie, c'est l'âme celtique, historique, antique. ✤ ©️ Le Chant des Druides, Manau
Revenir en haut Aller en bas
http://fallout-dog-city.forumactif.org
avatar

Invité
Invité

Général
Feuille de Personnage


Message Mer 7 Nov 2012 - 21:07

Godrik avait rarement eu la "chance" de voyager avec quelqu'un d'aussi bavard que la Nordienne. Il s'était parfois retrouvé accompagné d'un autre chasseur, ou d'un petit groupe de voyageurs qui discutaient de leur côté, sans rien lui demander. L'un comme l'autre ne le dérangeaient pas. Il avançait à son rythme en surveillant de temps à autre que ses compagnons suivaient, chassait parfois pour eux et mangeait en leur compagnie, mais sans éprouver le besoin de parler en même temps – de toute manière, on ne parle pas la bouche pleine ! –, il dormait de son côté et ne demandait rien à personne. Bien sûr, il avait déjà eu affaire à des gens qui se sentaient obligés de lui arracher plus de deux ou trois mots à la suite, mais aucun ne s'était montré aussi acharné qu'Alysane.
Il arrivait, dans des moments comme celui-ci, qu'il ne sache pas s'il devait s'en impressionner ou en pleurer. La plupart du temps, râler devenait la solution de facilité.
Quand elle avait répondu pour le pauvre furet, Godrik s'était senti désolé pour l'animal, mais en même temps, il ne pouvait pas dire qu'il ne trouvait pas la plaisanterie drôle... C'était sûrement drôle. Sauf que c'était contre lui. Par principe, il râla. Et lorsque, plus tard, elle se renseigna sur son attitude, il se demanda s'il n'avait pas été le seul à percevoir ce bruit, était-ce dans sa tête ? Mais comme elle parlait encore, il n'arrivait pas à tendre l'oreille pour vérifier, et il râla. Enfin... il allait râler.
L'arc en main, Godrik se retourna vers Alysane pour lui intimer le silence, mais pas assez rapidement, malheureusement. Il n'eut que le temps de reconnaître le sifflement caractéristique d'une flèche, lorsque la pointe de celle-ci vint se planter devant les pieds de la Nordienne. Le chasseur se retourna vivement, cherchant l'endroit d'où elle était sortie. Peut-être serait-il assez rapide pour répliquer... avant l'autre. Il ne voulait pas tirer à l'aveuglette, mais l'idée de se faire descendre comme un lapin n'était pas non plus pour lui plaire. Un pas de travers, et il ressemblerait à l'un de ces mannequins qu'on utilisait pour l'entraînement ! L'autre était bien caché... mais il repéra un mouvement entre les branches, là-haut ! ... juste avant que trois autres types n'apparaissent à leur niveau. Ils étaient armés de façon tout à fait triviale, mais Godrik compris qu'il n'avait aucune chance face à eux. L'archer, passait encore... pour autant qu'il reste à portée de vue. Mais les brigands armés de lames, ça non. Il avait toujours été particulièrement nul en combat rapproché. D'ailleurs, il évitait toujours les combats rapprochés.

Il faillit prendre ses jambes à son cou. C'est ce qu'il faisait toujours, en temps normal. Éviter le conflit restait le meilleur moyen de s'en sortir sans trop de bobos. Mais une deuxième flèche l'en dissuada. Il fit un petit bond en arrière pour l'éviter, manquant de se faire transpercer le pied. Godrik abaissa son arc et jeta un regard meurtrier en direction de l'archer dissimulé dans l'arbre. Peut-être serait-il assez rapide pour le descendre, mais s'il tentait quoi que ce soit de ce côté-là, les trois autres le verraient et l'en empêcheraient. Et il ne tenait pas à devenir leur nouveau centre d'attention. Pour l'instant, leurs yeux étaient rivés sur la Nordienne. Il l'écouta déblatérer son bobard et croisa son regard. Il trouvait cela très courageux, mais aussi très stupide. Mieux aurait valu leur refiler ses affaires et leur montrer qu'elle n'avait aucun intérêt et ne représentait pas de menace directe pour eux. Ces types ne ressemblaient pas à de vrais brigands, ils ne cherchaient sûrement qu'à se nourrir. Un peu comme ceux qui passaient souvent près de chez lui quand Godrik vivait avec ses "parents". Sauf que ses parents étaient vieux et qu'ils ne risquaient rien en se montrant coopératifs, à part quelques bleus peut-être. C'était sûrement différent pour une femme, mais Godrik n'était pas dans la tête d'une femme. Ou alors, il ne voyait peut-être pas Alysane comme une femme mais comme une guerrière, ce qui était tout à fait différent pour lui.
Il remarqua que les trois hommes avaient tout de même pris leurs distances. Peut-être gobaient-ils en partie l'histoire d'Alysane ? Les sauvageons étaient, en effet, réputés pour se défendre avec acharnement et férocité. On disait qu'ils n'avaient rien à perdre. On se retrouvait rarement face à un sauvageon et, si tel était le cas, on avait en général le bon sens de prendre ses jambes à son cou... Mais là, la "sauvageonne" en question était seule. Godrik ne pouvait assurément pas se vanter d'être de la même espèce... Il pouvait presque lire les pensées des trois types à leur expression. Quatre hommes contre UNE sauvageonne, ils avaient bien une chance de s'en sortir, non ? Godrik lança un regard derrière lui avant de reporter son attention sur la Nordienne. Il décida de rajouter un peu de crédibilité à son affaire, en espérant que ça marche. Il n'était pas doué pour mentir. En revanche, il n'avait aucun mal à feindre la frousse :

Elle dit la vérité ! Vous ne savez pas de quoi elle est capable, elle est complètement folle... tenez !

Il releva une de ses manches pour dévoiler une méchante cicatrice. Il se l'était fait des mois auparavant, en chassant le loup. Rien à voir avec un sauvageon, ou même un humain. Mais ça, les autres n'étaient pas censés le savoir. Il aurait fallu qu'ils s'approchent pour vérifier ses dires, et même comme ça, Godrik n'était pas sûr qu'ils devinent le mensonge. Ils n'avaient pas l'air de chasseurs, au fond. Ils n'y connaissaient peut-être rien en cicatrices.

Vous croyez que je la suis de mon plein gré ? Elle m'a fait ça quand elle m'est tombée dessus, et je vous montre même pas le reste. Je suis de votre côté, les gars !

Et pour prouver sa bonne foi, il encocha une flèche et se tourna vers Alysane. Il fit un petit signe de la tête aux brigands, histoire qu'ils comprennent qu'il les couvrait volontiers tandis qu'ils dépouillaient la sauvageonne. Il ne doutait pas qu'elle sache se défendre contre ces trois blaireaux, mais tant que le quatrième les dominerait du haut de son arbre... ce n'était même pas la peine d'essayer. Godrik espéra que sa diversion serait efficace, et qu'il serait assez rapide pour se retourner et descendre l'archer. Il détestait ceux qui se planquaient dans les arbres. Ça lui arrivait aussi bien sûr, mais jamais très haut. En fait, il détestait ceux qui se planquaient mieux que lui. C'était la même chose avec le gibier.
D'ailleurs, il ne faisait aucune différence, là tout de suite, entre cet homme et un écureuil. Un écureuil aurait eu l'intelligence de déguerpir, songea Godrik. Lui aussi aurait déguerpi, en temps normal, mais en admettant qu'il réussisse à échapper aux trois brigands... il ne voulait pas se prendre une flèche dans le dos. L'archer était donc sa priorité. S'il devait le descendre pour sauver sa peau, il le ferait. Oh, et celle d'Alysane aussi, bien sûr. J'espère que tu es plus maligne qu'un écureuil, pensa-t-il en levant son arc avec la Nordienne en point de mire.

Bon, vous attendez quoi ? grommela le chasseur.
J'ai pas confiance. Surveille-le ! fit celui qui avait parlé – sûrement leur chef – en se tournant vers un autre. Nous, on s'occupe d'elle. Allez, baisse ton arme, fais pas la maligne.

Godrik remarqua qu'il avait tout de même pris ses distances. Il s'attendait à quoi ? Qu'elle leur balance son manteau et ses pièces ? Plutôt son couteau, oui...

Faites gaffe, elle est sournoise ! ajouta-t-il en reculant de deux pas, comme pour appuyer ses dires.

Il voulait juste mettre de la distance entre eux et lui le temps de tirer. Quand ils comprendraient ce qu'il avait en tête, il aurait intérêt à courir vite. Les trois types se rapprochèrent prudemment de la "sauvageonne". Il jeta un coup d’œil dans son dos. Avec un peu de chance, l'attention de l'archer était également rivé sur elle. De toute manière, il ne le saurait pas avec certitude. C'était quitte ou double. Grommelant mentalement contre sa stupidité et cette journée pourrie, Godrik se retourna et tira. Il entendit un cri, mais il ne sut pas s'il avait réussi à le faire tomber, puisqu'un des trois types de jeta sur lui juste après. Il n'avait pas pu s'enfuir, il avait pris trop de temps à viser, résultat il se retrouvait plaqué au sol par un type deux fois plus costaud que lui, qui semblait décidé à lui faire mordre la poussière au sens propre du terme. Godrik lui mordit la main, mais le seul effet fut d'énerver davantage l'homme... qui l'assomma.
Et voilà, c'est pour ça que je déteste me battre ! aurait dit le chasseur s'il était toujours conscient. Enfin, pas de panique, il trouverait sûrement une bonne occasion de râler une fois réveillé.
Revenir en haut Aller en bas
Homme d'Armes
avatar

Alysane Mormont
Homme d'Armes

Général

Combattante
ICI NOUS TENONS DEBOUT

♦ Missives : 1533
♦ Missives Aventure : 100
♦ Age : 29
♦ Date de Naissance : 27/09/1988
♦ Arrivée à Westeros : 11/09/2012
♦ Célébrité : Olga Kurylenko
♦ Copyright : © Bryn ♥
♦ Doublons : Maron Martell, Pryam Templeton, Sargon Harloi, Bryce Vyrwel
♦ Age du Personnage : 25 ans
♦ Mariage : Aucun
♦ Lieu : Nord, Blancport
♦ Liens Utiles :
Feuille de Personnage
Feuille de personnage
Inventaire:
Jauge de réputation Jauge de réputation:
476/500  (476/500)


Message Jeu 8 Nov 2012 - 13:41

     Même si elle savait que Godrik n'était pas l'incarnation du courage, elle ne s'attendait tout de même pas à ce qu'il la laisse tomber. C'est du moins ce qu'elle pensa l'espace de quelques secondes alors qu'il la traita de folle. Le regard mordoré de la Mormont se darda sur le profil de son compagnon et il y avait fort à parier que si elle avait eu des armes à la place des yeux, le jeune chasseur ne serait plus de ce monde. Ce n'est que lorsqu'il releva sa manche pour dévoiler une cicatrice – dont elle n'était pas coupable – que la lumière se fit dans l'esprit de la guerrière. Il cherchait certainement à induire en erreur les brigands en étayant les dires de « la folle » pour la rendre plus dangereuse qu'elle ne l'était réellement. Oh, bien évidemment Alysane pouvait rivaliser face à des simples paysans qui s'improvisaient voleurs, elle était noble et avait été formée par un maître d'armes ce qui lui permettait d'avoir une bonne connaissance du maniement de la hache. Mais malgré tout, cette maîtrise n'était pas comparable à une femme d'au-delà du Mur, la jeune femme était persuadée qu'une véritable Sauvageonne aurait réglé le compte de ces idiots en deux temps trois mouvements et sans prononcer le moindre mot. Sauf qu'ils étaient dans les Terres de l'Orage et que la notion de Sauvageons devait être aussi obscure que celle des clans des montagnes du Nord. Autant en profiter.

     Elle laissa Godrik s'éloignant en se disant qu'il devait savoir ce qu'il faisant, confortant les hommes dans l'idée que le chasseur était bel et bien contre elle en lui décrochant un nouveau regard assassin. Il se douterait certainement qu'elle n'était pas sérieuse. Sinon... Et bien tant pis ! La demoiselle détourna son attention du Riverain pour poser ses prunelles brillantes de colère sur le visage de celui qui semblait être le chef. Allait-il décider de s'approcher pour la détrousser ? Rien que les fourrures qu'elle portait sur le dos suffiraient à financer l'achat de nombreux vivres, mais le vol n'apportait jamais rien de bon ! Elle se contenta de rester silencieuse – une fois n'est pas coutume – laissant le chasseur jouer son rôle jusqu'au bout en la mettant en joue comme s'il allait réellement lui tirer une flèche dessus. Alysane nota d'ailleurs que Godrik ne lui était pas apparu comme quelqu'un de doué pour le mensonge jusqu'à ce jour, or là il apparaissait comme très crédible. Que fallait-il comprendre ? Qu'il cachait ce don ou tout simplement qu'il espérait réellement pouvoir la mater un jour et lui faire comprendre qui commandait ? Elle n'avait pas jeté son dévolu sur le damoiseau parce qu'il était un féroce combattant, au contraire, la Nordienne était persuadée de pouvoir prendre le dessus, autant dire qu'elle était plutôt rassurée de ne pas l'avoir dans les pattes pour se défendre. Lui son domaine, c'était la chasse et elle c'était le combat, chacun son truc. Histoire de conforter les brigands dans l'idée qu'elle en voulait au Riverain, la Mormont lâcha quelques mots à son attention.

     ▬ Espèce de sale bâtard, tu vas regretter ça lorsqu'on sera seuls ! »

     Le ton était convaincant pour la bonne et simple raison que la jeune femme avait l'habitude de proférer des menaces, même si la plupart du temps elles étaient en l'air. Comme cette fois-ci. Quoi qu'il en soit, les brigands semblaient reprendre du poil de la bête, même s'ils ne faisaient pas confiance à Godrik pour autant. Avaient-ils entendu leur discussion juste avant ? Peut-être qu'ils les espionnaient depuis plusieurs minutes, mais Alysane en doutait : ils n'avaient pas l'air assez discrets pour se fondre longtemps dans le paysage. Les hommes au sol approchèrent doucement de la Nordienne qui avait baissé son couteau – juste pour la forme – mais sans pour autant le lâcher histoire d'attirer l'attention sur elle. Dans son esprit, si Godrik jouait sur ce tableau c'était qu'il devait avoir une idée en tête et en le voyant s'éloigner elle espérait juste que ce n'était pas celle de lui fausser compagnie et de la laisser seule. L'argent promit ne serait peut-être pas assez fort pour le garder là alors qu'il y avait un risque de blessures ou de mort !

     Se concentrant sur ses « adversaires » elle laissa le chasseur se débrouiller seul, redressant de temps en temps son arbre pour garder l'attention des brigands posée sur elle. Ce fut apparemment productif, car Godrik tenta une attaque qui sembla porter ses fruits vu le cri étouffé qui leur arriva aux oreilles, l'archer semblait être hors d'état de nuire puisqu'il ne tira aucune flèche. Profitant de l'occasion, la jeune femme se jeta en avant et sauta littéralement sur le plus imposant des hommes histoire de le renverser au sol. Le cri de leur comparse les avait fait se retourner à demi et ceci allié à la surprise et au choc, l'homme roula au sol avec la Nordienne sur le dos. Sans chercher à faire dans la finesse, elle glissa sa main jusqu'à la hache accrochée à sa ceinture et la décrocha pour envoyer un coup de manche dans les dents du voleur. Elle avait déjà utilisé cette technique quelques temps plus tôt et le résultat fut le même : les dents de l'homme volèrent hors de sa bouche et il fut assommée l'espace d'un instant suffisamment long pour qu'elle puisse l'oublier. Il ne restait que deux hommes : un avait sauté sur Godrik et Alysane ne voyait pas ce qui se passait, le second avant reculé en voyant la Nordienne sauter sur son ami. Profitant de sa peur, la jeune femme leva son arme pour le dissuader de l'attaquer.

     ▬ Je te laisse en vie si tu déguerpis maintenant. DU VENT ! »

     Il ne fallait pas lui dire deux fois, l'homme se détourna pour partir en courant sans demander son reste. La demoiselle se redressa pour tourner la tête dans la direction de son compagnon et constater qu'il était allongé au sol, dominé par un homme largement plus costaud que lui et qui semblait visiblement désireux de lui régler son compte. La jeune femme soupira avant de ranger son arme puis elle s'empressa de rejoindre son compagnon de retour pour – une fois de plus – sauter sur son agresseur. Puisque celui-ci lui tournait le dos, elle glissa son bras autour de sa gorge et se laissa pendre de tout son poids en arrière histoire de l'empêcher de respirer. Vu la position des deux protagonistes de la scène, sa prise était assurée et même si l'homme se débattait il ne parvint pas à la hisser suffisamment en hauteur pour l'envoyer valdinguer par-dessus son épaule. Le brigand avait beau être fort, il avait été affaibli par la sécheresse et ne devait pas avoir mangé à sa faim depuis un bon moment. Il fallut patienter une bonne trentaine de secondes avant que l'homme ne s’affaisse, simplement inconscient, mais suffisamment pour laisser aux deux amis le temps de s'en-aller. Lorsqu'il fut allongé sur le sol, la Mormont se désintéressa de lui et s'agenouilla à côté de Godrik pour saisir le pan de sa tunique et le secouer sans vraiment de grâce. Elle n'était pas une noble dame et lui n'était pas un prince, inutile de faire dans la dentelle !

     ▬ Debout espèce de donzelle ! Heureusement que je sais me défendre, c'est pas toi qui me sauverais les fesses sinon ! »

     Elle agrémenta chaque mot d'une secousse histoire de lui faire comprendre qu'il avait intérêt à émerger rapidement. Après avoir considéré qu'elle risquait de lui faire rendre son dernier repas si elle continuait à le malmener de la sorte, la jeune femme le laissa enfin et se redressa avant d'épousseter ses fourrures et de tout remettre en place. Ce n'était pas parce qu'elle avait la dégaine d'une sauvageonne qu'elle ne pouvait pas faire un effort ! Lorsqu'elle glissa son regard vers son ami, la Nordienne sourit légèrement avant de lui envoyer une pique.

     ▬ Tu vas pouvoir marcher ou est-ce que je dois te porter dans mes bras pour la suite du voyage ma dame ? »

     Il l'avait bien cherché ! Non mais, quelle idée de se laisser assommer aussi facilement ! À se demander comment est-ce qu'il réussissait à rester en vie sans elle ! Certes, c'était elle qui les mettait en danger, mais bon ! La Nordienne s'éloigna de quelques pas, regardant dans l'arbre pour constater que l'archer avait visiblement l'air blessé, la flèche de Godrik s'était plantée dans son ventre et il n'aurait certainement plus longtemps à vivre s'il n'était pas rapidement secouru. Elle n'était pas un bon samaritain au point de risquer sa vie : il attaquait des gens, il méritait ce sort. Mais d'un autre côté, peut-être que le jeune homme n'apprécierait pas d'être responsable de la mort d'autrui ? Il tuait des animaux, mais ce n'était pas pour la même raison, là c'était pour se nourrir. La jeune femme tourna la tête en direction de son compagnon avant de lui annoncer la couleur.

     ▬ Tu as bien amoché l'archer, il a une flèche dans le ventre. Je crois pas qu'il soit conscient et à mon avis, il n'en a plus pour très longtemps. Qu'est-ce que tu veux faire ? On le laisse planté dans son arbre en espérant que ses amis se réveilleront à temps pour le sauver, ou on s'en occupe ? »

     Son ton indiquait clairement qu'elle s'en moquait pas mal. Si Godrik voulait aider la personne qu'il avait blessée, elle n'aurait rien contre cette idée, mais ce n'était pas son genre de vouloir faire le bien partout autour d'elle et par conséquent, ce serait sans remords qu'elle abandonnerait un homme qui avait essayé de la tuer. En songeant aux animaux, elle s'agita soudain, son furet, ou pouvait-il donc être passé ? !


Le chant des druides si clair et si limpide, c'est le chant des druides. Mais le chant des druides agit tel un fluide, apprends à l'écouter il te servira comme un guide, pour raconter des contes et des histoires de chevalerie, de grandes batailles de monstres et de tours de magie, c'est l'âme celtique, historique, antique. ✤ ©️ Le Chant des Druides, Manau
Revenir en haut Aller en bas
http://fallout-dog-city.forumactif.org
avatar

Invité
Invité

Général
Feuille de Personnage


Message Sam 5 Jan 2013 - 16:44

Godrik faisait un rêve très agréable. C'était le printemps, les petits oiseaux chantaient, l'air embaumait l'herbe humide comme après un gros orage et il courait entre les arbres. Il se demanda un instant pourquoi il faisait un rêve aussi stupide. C'était un truc de fifille, de courir dans les bois comme ça. Avec une petite robe et un petit panier en osier pour cueillir des fleurs ou des champignons, peut-être ? Et des petits "hihi" en se laissant porter par la liberté, les cheveux au vent ! Godrik n'avait jamais eu de sœur, mais dans sa tête, c'était ça, une fille. Au-cun in-té-rêt. Et après, ça se mettait à compter les pétales des pâquerettes avec ses amies, pour savoir si quelqu'un les aimait. Non, ça arrachait les pétales des pâquerettes. Un rite qui horripilait Godrik. C'était comme ces gamins qui s'amusaient à écraser des fourmis. C'était un meurtre ! Enfin. Godrik aurait bien aimé s'arrêter de courir, mais il ne contrôlait pas cet affreux cauchemar. Et puis, il y eut un aboiement. Il se retourna vivement. "Moustique ?" appela-t-il dans le rêve. "C'est toi ?" Un sourire de gros gamin s'épanouit sur son visage alors que son chien adoré apparaissait entre les arbres. "Moustique !" Le chien aboya joyeusement au son de la voix de son maître et courut dans sa direction, au ralenti. Godrik l'imita et ouvrit les bras, heureux. Le chien sauta et le renversa avec un aboiement qui lui vrilla les tympans. "Aïe !" Godrik ferma les yeux, mais la voix continuait de lui transpercer le crâne, toujours plus forte.

...endre, c'est pas toi qui me sauverais les fesses sinon ! aboyait-elle en le secouant dans tous les sens.

Godrik ouvrit les yeux.

Je veux un chien, marmonna-t-il, encore dans les vapes.

Alysane le lâcha et il cligna des yeux, essayant de se rappeler où il était et ce qu'il faisait avant de dormir. Une douleur à l'arrière de la tête lui rappela qu'il ne s'était pas "endormi" de son plein gré. Il roula sur le ventre et s'assit tant bien que mal (plutôt mal) pour examiner la situation. Deux des hommes qui les avaient attaqués étaient à terre, dont celui qui lui avait sauté dessus. Godrik palpa l'arrière de son crâne et grimaça. Il avait encore mal, mais par chance il ne saignait pas. Quelque chose lui disait qu'il aurait rêvé d'autres choses que des pâquerettes si ce coup avait été plus violent. Ça ne l'avait pas empêché de s'évanouir, pourtant. Godrik marmonna quelque chose à propos d'écureuil et de massue. Il avait toujours été nul, en combat rapproché. Même une fifille cueilleuse de champignons aurait fait mieux que lui face au brigand : elle l'aurait frappé avec son panier.

Où est passé le troisième ? Comme ils n'avaient pas été transpercé de flèches, il en déduisait que l'archer planté dans l'arbre était lui aussi hors d'état de nuire. Mais dans son souvenir, ils étaient quatre. Enfin... sa mémoire pouvait lui jouer des tours, vu le coup qu'il avait pris... Tu l’as pas laissé s’enfuir, j’espère ?

Monsieur j’arrive après la bataille et je me permets de donner des conseils. Pourtant, c’était logique ! C’était son instinct de conservation qui le lui intimait : si le type s’était enfui, il pouvait ramener ses copains !
… oui, tout ce qui était dicté par l’instinct de Godrik était forcément logique. Il ne pensait absolument pas que ce pauvre homme venait sûrement de voir ses seuls camarades décimés par une sauvage à la hache, lui flanquant une sacré frousse tout en lui enlevant le peu de choses qu’il possédait encore. Ça, c’était une pensée de fifille.
Godrik ne voyait que le danger potentiel qu’il fallait vite vite éliminer pour ne pas être bouffé le premier. Tuer avant d’être tué. Devenir prédateur avant d’être prédat… euh, chassé. Il n’aurait pas su l’exprimer avec des mots, mais c’était une leçon qu’il avait acquise dans la forêt. Devenir chasseur n’était pas chose facile. Un prédateur plus gros que vous pouvait vous attaquer par derrière tandis que vous étiez tout concentré à lorgner votre proie. Le chasseur chassé. Un sentiment d’insécurité qui s’était tari au fil du temps mais qui restait présent, au fond de lui, dans ses tripes. Godrik savait qu’il serait toujours là, parce que le jour où ce ne serait plus le cas, le jour où il serait trop confiant pour se montrer prudent, il signerait sa fin. L’arrogance n’avait pas sa place dans la forêt.

Pour répondre à la gentille proposition d’Alysane, Godrik se redressa en époussetant inutilement ses vêtements. Non qu’il se souciait particulièrement de son apparence, mais c’était une façon comme une autre de se rassurer, oui tout était là, pas de bras ou de jambe en moins, et il était en parfait état de marche. Au sens propre comme au figuré.

Je devrais m’en sortir, merci, grommela-t-il un peu plus durement qu’il ne l’aurait fallu.

Après tout, ce n’était pas de la faute d’Alysane s’il avait été complètement inutile. Il était le chasseur, elle la guerrière. Certes il ne s’attendait pas à ce qu’elle se serve de ses talents pour les défendre, mais c’était bien ce à quoi elle était dévolue, non ? Quant à lui, son rôle était de les guider, de les prévenir en cas de danger… et de proposer une retraite stratégique la prochaine fois qu’ils seraient confrontés à ce genre de situation ! En espérant que ce soit dans très longtemps, ou jamais.
Godrik constata cependant qu’il n’avait pas été totalement inutile, puisque l’archer avait été mis hors d’état de nuire. Un autre se serait probablement senti fier et rassuré d’avoir atteint une cible aussi éloignée et si bien cachée entre les branches, mais cela n’arracha qu’une grimace maussade au chasseur. Alysane finissait de lui expliquer la situation lorsqu’il s’arrêta à sa hauteur et leva le nez pour constater les dégâts. Il réfléchit sérieusement à la question.

C’est son problème, non ? Il savait à quoi s’en tenir.

Il pensait pouvoir se cacher pour les descendre tranquillement du haut de son perchoir ? Trop facile. Rien ne devrait jamais être aussi facile, dans ce domaine, se disait le chasseur. Et c’est aussi ce qu’on lui disait parfois en l’accusant de tuer de pauvres animaux sans défense. Mais les animaux n’étaient pas sans défense, la forêt était une arme à elle toute seule. Ces gens n’y connaissaient rien et c’est pourquoi Godrik avait tendance à mépriser tout conseil ne venant pas d’une personne de son statut. Cette fois cependant, il aurait bien aimé entendre clairement l’avis de la Nordienne, après tout elle s’était battue plus que lui, pas seulement aujourd’hui. Elle devait savoir mieux que lui ce qu’il convenait de faire dans ses cas-là…
Agacé par tant de réflexion, il croisa les bras et décida de le laisser là. Le ton d’Alysane n’avait pas exprimé une sympathie particulière à son égard, et lui-même n’était pas assez bon samaritain pour perdre du temps à le sauver. Cela pouvait laisser le temps aux autres de revenir, et eux se ficheraient peut-être bien d’être gentils ! Ou peut-être pas, mais on aura compris que Godrik préférait être trop prudent que pas assez.

Laissons-le là. S’il a de la chance, ses copains reviendront s’en occuper. En attendant, mieux vaut qu’on soit loin d’ici si ça arrive.

Il rassembla ses affaires, inspecta son arc, compta ses flèches et ne remarqua pas tout de suite l’absence du furet. Quelque chose le tracassait un peu, enfin… tracasser était peut-être un peu trop extrême, mais il n’arrêtait pas de se dire qu’au final, il était bien contente qu’Alysane ait été là pour le défendre. Seul bien sûr, il serait parti en courant. Mais rien ne lui assurait qu’il s’en serait sorti face à l’archer. Il était peut-être solitaire, pessimiste et grincheux, mais pas rustre au point d’oublier les remerciements.

Et bon, sérieusement… merci, marmonna-t-il en se retournant avec un sourire d’excuse, mais la Nordienne gâcha tout son effet avec son agitation. Il n'était même pas sûr qu'elle l'ait entendu. Y’a un problème ? demanda-t-il en revenant vers elle, sourcils froncés.

*Me dites pas que y’en avait un cinquième planqué dans les buissons, parce que ça va pas le faire.*
Revenir en haut Aller en bas
Homme d'Armes
avatar

Alysane Mormont
Homme d'Armes

Général

Combattante
ICI NOUS TENONS DEBOUT

♦ Missives : 1533
♦ Missives Aventure : 100
♦ Age : 29
♦ Date de Naissance : 27/09/1988
♦ Arrivée à Westeros : 11/09/2012
♦ Célébrité : Olga Kurylenko
♦ Copyright : © Bryn ♥
♦ Doublons : Maron Martell, Pryam Templeton, Sargon Harloi, Bryce Vyrwel
♦ Age du Personnage : 25 ans
♦ Mariage : Aucun
♦ Lieu : Nord, Blancport
♦ Liens Utiles :
Feuille de Personnage
Feuille de personnage
Inventaire:
Jauge de réputation Jauge de réputation:
476/500  (476/500)


Message Dim 6 Jan 2013 - 14:11

     Alysane dévisage Godrik avec une expression légèrement contrariée lorsqu'elle l'entendit lui poser une question à propos du dernier assaillant. Vu comme il présentait les choses, elle avait l'impression qu'il lui reprochait d'avoir agi de la sorte et le malheureux était bien placé pour savoir qu'il valait mieux éviter de contrarier la jeune femme. Elle pinça les lèvres d'un air agacé avant de hausser les épaules. Que voulait-il entendre ? Vu qu'il n'était pas là, c'était qu'effectivement elle l'avait bien laissé filer. La Mormont laissa planer quelques instants de silence avant de répondre d'un air légèrement contrit.

     ▬ Si je l'ai laissé partir. Pourquoi, ça te pose un problème ? Le ton indiquait clairement que dans son intérêt, mieux valait qu'il n'y voit aucune objection. Il était conscient, je n'avais aucune envie de le tuer. Si tu voulais éviter qu'il revienne, il fallait rester éveillé et tu aurais pu t'en charger comme un homme ! »

     Ah ! Ce point allait revenir souvent dans leur discussion future, le jeune homme n'avait pas fini d'en entendre parler ! Pourtant, la Nordienne comprenait parfaitement ce que son compagnon de voyage craignait. Il était normal qu'il s'inquiète de voir un homme qui venait de les attaquer, s'enfuir sans aucun dommage. Il pouvait bien revenir avec d'autres personnes pour essayer de se débarrasser d'eux. C'était une bonne raison pour qu'ils s'éloignent rapidement de cet endroit de manière à être à des lieux d'ici le moment où l'aide arriverait ! Cela dit, même si Alysane était parfaitement consciente qu'elle avait agi d'une manière qui n'était pas forcément prudente, elle ne considérait pas avoir tort pour autant. Pour quelle raison regretterait-elle d'avoir laissé la vie sauve à un homme alors qu'elle n'avait encore jamais tué d'humain au cours de sa vie ? Comme elle venait de le souligner au Riverain, s'il avait souhaité voir les choses se passer autrement, il aurait dû rester conscient ! Pour le coup, il n'avait strictement rien vu se dérouler en réalité.

     Quoi qu'il en soit, Godrik n'avait pas l'air d'être d'une excellente humeur. Pas qu'il soit réellement joyeux à l'accoutumée, mais disons simplement que la brusquerie avec laquelle il répondait était un peu plus présente que dans ses bons jours. La Nordienne était postée à côté de son arbre, attendant la réponse du chasseur au sujet de ce qu'ils allaient faire du blessé qui pendait dans son arbre comme un jouet. Le regard ambré de la jeune femme s'orienta sur le visage du jeune homme alors que ce dernier déclarait que c'était le problème du mort en sursit s'il se retrouvait là. Là, ils étaient d'accord. Alysane considérait que les brigands choisissaient de suivre cette voie et qu'ils n'avaient aucune raison d'être plaints. Elle envisagea donc la possibilité qu'ils doivent le laisser ici vu que le chasseur n'avait pas franchement l'air de vouloir s'occuper de lui et la confirmation arriva bien rapidement. Ils allaient donc l'oublier et lui souhaiter que le survivant en fuite revienne assez rapidement pour s'occuper de son cas. Sans quoi ils se reverraient de l'autre côté !

     ▬ Très bien, on le laisse là dans ce cas ! »

     Sans se soucier davantage de ce détail, la jeune femme se détourna donc de l'arbre pour commencer à regarder autour d'elle. Aucune trace de son furet ! Elle avait espéré qu'il réapparaîtrait le temps qu'ils se décident sur le sort du blessé, mais ce n'était malheureusement pas le cas. La Mormont commença à retourner les buissons avec sa douceur naturelle et elle entendit à peine la question de Godrik lorsque celui-ci s'approcha d'elle. Dire qu'elle venait de rater le seul remerciement qu'il était capable de lui adresser depuis qu'ils voyageaient ensemble ! Mais bon, pour le coup il y avait plus important que de réussir à décoincer le jeune homme, elle aurait bien le temps de le faire plus tard puisqu'elle ne comptait pas le lâcher de si tôt ! Ce fut une Alysane contrariée – mais pas contre le chasseur pour une fois – qui se tourna vers lui, sourcils froncés, pour l'informer de la situation.

     ▬ Il a disparu ! Mon furet, il était dans le sac et je ne l'ai plus ! »

     Comme pour étayer ses dires, elle entrouvrit le sac, laissant entrevoir un certain bordel, mais aucun furet. La jeune femme avait l'air si contrariée que ses narines se dilataient sous le coup de sa respiration, lui donnant vaguement l'air d'un taureau prêt à charger. Quel sale furet, il faisait tout pour lui rendre la vie impossible ! Alysane se détourna bien rapidement de Godrik comme s'il était devenu secondaire, pour elle entreprit à nouveau de retourner les buissons à proximité avec une telle vigueur qu'il était plus probable qu'elle fasse fuir tous les animaux de la forêt. Ce manège durant quelques secondes avant qu'elle ne lâche soudain un cri de douleur lorsqu'une branche d'arbuste lui arriva en plein visage. Se redressant avec brusquerie – manquant de rentrer dans son compagnon s'il était resté près d'elle – elle plaqua ses mains sur ses yeux avant de les frotter avec vigueur. Pestant à voix haute et démontrant qu'elle connaissait un bon chapelet de jurons, la demoiselle laissa finalement retomber ses bras le long de son corps avant de se retourner vers le Riverain, un œil fermé et l'autre plissé à cause de l'irritation qu'elle ressentait encore.

     ▬ Dis-moi que ce n'est pas un arbuste empoisonné ! Pas sûr qu'il veuille la contredire. Cela dit, peut-être qu'il n'en savait rien étant donné qu'un chasseur n'était pas obligatoirement herboriste. Après quelques instants de silence, la jeune femme reprit. Comment est-ce qu'on fait pour le retrouver dans cette forêt ? Je te préviens, il est hors de question que je quitte cet endroit sans avoir remis la main sur lui. »

     Le ton était sans appel et il était évident que personne ne la ferait changer d'avis ! Comme pour rajouter une couche à tout cela, l'un des hommes allongés sur le sol commença à gémir légèrement, montrant les signes d'une personne sur le point de se réveiller. Comme pour confirmer à Godrik qu'elle n'allait pas changer d'avis pour autant, la Mormont croisa ses bras sur la maigre poitrine qu'elle avait, le fixant dans les yeux. Du moins, comme elle le pouvait, avec une branche dans l’œil, la tâche était un peu plus ardue !


Le chant des druides si clair et si limpide, c'est le chant des druides. Mais le chant des druides agit tel un fluide, apprends à l'écouter il te servira comme un guide, pour raconter des contes et des histoires de chevalerie, de grandes batailles de monstres et de tours de magie, c'est l'âme celtique, historique, antique. ✤ ©️ Le Chant des Druides, Manau
Revenir en haut Aller en bas
http://fallout-dog-city.forumactif.org
avatar

Invité
Invité

Général
Feuille de Personnage


Message Mar 15 Jan 2013 - 14:29

Si ça lui posait problème ? Godrik fit face à Alysane. Si ça lui posait problème ? Sa mine agacée, son ton qui le défiait de répondre. Si ça lui posait problème ? *Bien sûr que ça me pose problème ! On va bien se marrer s’il revient avec des copains, tiens ! Faudra pas pleurer !* Godrik avait bien envie de crier son indignation, mais Alysane l’impressionnait un petit peu plus depuis qu’il savait qu’elle maniait une hache. Enfin, il s’en doutait puisqu’il avait déjà vu ladite hache, mais c’était une chose de voir l’objet à sa ceinture, et une autre de le voir entre ses mains… Il grommela donc dans sa barbe que d’accord mais bon on verra bien si on a de la chance et puis zut je m’en fiche tu fais ce que tu veux, et autres grognements agacés censés répondre à l’insulte qu’elle lui avait fait. Comme si c’était de sa faute ! D’accord d’accord, elle avait clairement stipulé qu’elle le payait pour lui apprendre ses trucs de chasseurs ET pour l’escorter sur des routes décidément bien trop dangereuses pour une femme… *… mais elle a une hache !*
Nous n’en sommes pas certains, mais il s’agissait peut-être du critère qui permettait à Godrik de distinguer un homme d’une femme.
De toute façon, il s’y connaissait plus en pistage et en dépeçage qu’en anatomie humaine, alors passons. D’autant plus que ses connaissances allaient être mises à profit là, tout de suite ! Question numéro une : comment retrouve-t-on un furet ?

Il a dû avoir peur. Il aurait fait pareil à sa place s’il avait pu. Il ne doit pas être bien loin…

Ce disant, il se mit à fouiller les buissons comme Alysane et, en passant le plus près possible d’un des brigands endormi – disons, autant que son courage le lui permettait – il sursauta en le voyant remuer. Il fit un effort monumental pour se retenir de hurler qu’il allait se réveiller et qu’il fallait fuir et que ce furet était tout à fait capable de s’en sortir seul dans la nature, en tout cas bien mieux qu’eux deux, qui restaient là comme des nigauds à attendre l’arrivée d’autres bandits ! … mais comme il avait déjà eu sa dose de ridicule pour la journée, il se contenta de donner un coup de pied dans le type en espérant qu’il se rendormirait.
Soudain, Alysane poussa un cri et Godrik frôla la crise cardiaque. Il se retourna vivement en encochant une flèche, quels réflexes ! … pour découvrir la Nordienne penchée sur un buisson, la main sur l’œil et laissant échapper un flot de jurons qui réussit à le surprendre. Il pensait être le seul à en connaître d’aussi… fleuris. Dans tous les sens du termes, « satané buisson de mes deux » étant le plus gentil. (Oui, il arrivait à Godrik d’insulter la nature aussi.) Lorsqu’Alysanne retira sa main, elle découvrit un œil rouge et enflé. Godrik s’approcha pour l’examiner de plus près car de là où il se tenait, il était bien incapable de déterminer si cela résultait d’une toxicité présente dans la plante, ou des frottements d’Alysane, tout simplement. Le chasseur grimaça. Question numéro 2 : le buisson est-il dangereux ? Godrik avait envie de dire que tout était dangereux dans une forêt quand on n’y connaissait rien, mais il sentait que la réponse qu’attendait Alysane ne devait être que négative. Il ouvrit la bouche pour parler tout en réfléchissant encore à ce qu’il allait dire, ce qui lui donnait l’air d’être en train d’imiter un poisson rouge. Finalement, il opta pour un compromis :

Nooon je ne pense pas ! Mais dans le doute, rince-toi l’œil, si je puis dire.

Il grimaça pour cacher un sourire. Pour une fois qu’il faisait un jeu de mot marrant, il devait se retenir de rire au risque de se faire décapiter à la hache. Oui, Godrik faisait une fixation sur cette hache. Pour appuyer ses dires, et pour montrer qu’il prenait cela très au sérieux, il détacha sa gourde et la tendit à Alysane. Il n’était pas foncièrement inquiet pour elle, mais il aurait été quand même un peu embêté que la plante l’irrite au point de perdre un œil, ou la rende aveugle quelques jours. Quelque chose lui disait que même borgne, elle savait lancer un couteau. Par contre, son acharnement concernant le furet l’agaçait un peu, l’empêchant d’éprouver plus de compassion qu’il n’aurait dû. Après tout, il savait ce que c’était que de s’attacher à un animal…
Mais bon sang, leur survie à eux passait avant tout ! Enfin, la sienne. Et celle d’Alysane si elle consentait à revoir le sens de ses priorités…

Écoute, c’est un furet. Il sait se débrouiller dans la nature. Nous, en revanche – il marqua une pause pour tourner la tête en direction du brigand qui avait gémit. C’était le même qu’avant. Si ça se trouvait, son coup de pied avait eu l’effet inverse que celui escompté… – nous en revanche, on va avoir des problèmes.

Il ne savait pas ce qu’il voulait ajouter. Je veux une augmentation ? J’exige de ne pas dormir dans une auberge cette nuit ? Je te payerai un nouveau furet ? Non, pour l’âme de cette pauvre bête, non. De toute manière, rien ne semblait capable d’ébranler sa conviction. Agacé, Godrik sortit une deuxième pomme de sa poche et s’éloigna un peu de l’endroit où ils avaient été attaqués. Ils allaient faire le tour, et puis… voir s’ils trouvaient le furet. Il s’était forcément caché un peu plus loin. Godrik ne pensait pas que l’animal était à son aise avec la Nordienne, mais il ne doutait pas de sa curiosité – les furets aimaient vraiment les pommes – et du confort qu’elle lui apportait. Mine de rien, il mangeait sûrement mieux en voyageant en sa compagnie, que s’il chassait constamment pour son propre compte. (Un peu comme Godrik quand elle menaçait de le traîner dans une auberge, malgré tout ce qu’il pouvait en dire.) Il rangea la flèche qu’il avait dégainée mais garda son arc en main au cas où et, penché vers le sol, chercha des traces du fugitif.

Raah, si j’avais encore mon chien…, grommela-t-il.

Les furets dégageaient une odeur assez forte, son brave Moustique l’aurait trouvé en moins de deux ! Tandis que lui ne pouvait se fier qu’à sa vue… Les humains étaient décidément bien inutiles ! Heureusement, le chasseur savait qu’il pouvait se fier à ce seul sens. Là où un humain lambda ne voyait que des brindilles, des traces noirâtres et de vagues marques au sol, Godrik repérait des nids, des fientes, une piste. Il pointa le doigt sur une trace au pied d’un arbre, à moitié dissimulée sous des ronces.

Ça, ça ressemble à une patte d’écureuil, dit-il à voix basse. Il y avait une deuxième trace juste à côté, plus petite. Mais ça n’en est pas une, parce que les écureuils n’ont que quatre doigts à l'avant. Donc, c’est un furet, conclut-il, achevant tout haut sa réflexion.

Il n’y avait sûrement pas trente-six mille furets dans le coin ! Ou alors, ça en ferait un nouveau pour Alysane, songeait Godrik sans savoir si l’idée l’amusait ou pas. D’un côté, il avait un peu pitié de l’animal qui se faisait trimballer partout dans ses affaires. Il avait clairement besoin d’une liberté que la Nordienne ne lui accordait pas. D’un autre, il pouvait tout à fait comprendre pourquoi elle n’osait pas le laisser gambader. Il semblait profiter de la moindre occasion pour fuir… Godrik aurait fait la même chose à sa place, mais il comprenait qu’elle soit attachée à la petite bête. Mais allez donc expliquer ça à l’intéressé ! Les sentiments humains étaient peut-être compliqués, mais aux yeux du chasseur, ceux des animaux étaient pires. On ne pouvait forcer un animal à vous aimer, même en faisant semblant. Les animaux ne sont pas stupides, ils sentent ces choses-là. Avec un animal, on est forcé d’être soi-même, et cela ne plaisait pas à tout le monde, ce qui expliquait l’animosité de certains face à leurs compagnons à deux ou quatre pattes. C’était du moins comme ça que Godrik ressentait les choses. À ses yeux, il fallait vraiment être une brute épaisse ou un crétin fini pour être cruel avec un animal. Pour lui, ces gens-là étaient forcément mauvais. C’était ainsi : certains crimes le touchaient plus que d’autres. Oui, le vol c’était mal, le viol était une chose horrible, maltraiter un enfant faisait de vous un monstre, mais frapper un animal ne vous rendait pas plus humain. À côté de cela bien sûr, il y avait les gens maladroits comme Alysane, qui ne cherchaient pas forcément à torturer leur animal de compagnie…
Ceux-là, il n’avait pas encore décidé ce qu’ils lui inspiraient. Et en attendant, chercher le furet lui donnait une bonne occasion d’expliquer deux ou trois choses à la Nordienne.

Bon, tu prends cette pomme et tu essayes de ne pas l’effrayer. S’il s’est réfugié là-haut, c’est sûrement parce qu’il est mort de trouille… inutile d’aggraver les choses.

Il lui jeta un regard et crut bon de traduire :

En gros, ne crie pas. Ne parle pas trop non plus… Enfin ne soit pas bruyante. Si tu y arrives, ajouta-t-il avec un espèce de sourire.

Il fit le tour du tronc pour chercher d’autres marques susceptibles de renforcer sa théorie. Il trouva effectivement des traces de griffures à plusieurs endroits, assez récentes et assez petites pour être celles du furet. Restait à faire descendre l’animal… Godrik ne savait pas si l’appât d’une pomme serait suffisant. L’autre solution consistait à aller le chercher… Il vérifia qu’aucune trace n’indiquait que l’animal avait fuit de sa cachette avant de se décider à grimper pour rien. Il savait que l’ascension serait particulièrement bruyante pour un furet aux aguets, même s’il faisait de gros efforts pour ne pas attirer son attention. Ce n’était pas une raison pour en rajouter en parlote inutile ! Il désigna l’arbre pour faire comprendre à la Nordienne qu’il allait monter, puis pointa le doigt en direction du lieu où ils avaient laissé les bandits, avec une expression qui laissait entendre qu’elle restait là pour surveiller ses arrières. Il ne tenait pas à se faire surprendre alors qu’il jouait les écureuils ! Il garda tout de même son arc et son carquois sur lui, alors qu’il laissait le reste de ses affaires à terre pour ne pas gêner sa petite grimpe. Il n’avait pas le vertige, mais il n’aimait pas spécialement se balader dans les branches. C’était inutilement bruyant, absolument pas discret, et essayez donc de tirer à l’arc dans une position aussi inconfortable ! C’était peut-être utile pour dégommer un chasseur et une Nordienne, mais un animal, c’était autre chose. Son ouïe était bien plus développée que celle d’un humain, qu’il entendait crapahuter dans son arbre bien avant de le voir ! Et n’oublions pas l’odorat… Parce que faire de la grimpe fait suer et que la sueur est une odeur typiquement humaine, repérable de loin.
Tout ça pour expliquer pourquoi Godrik ne se perchait pas dans les arbres pour chasser. Ça n’avait rien à voir avec ses capacités de grimpeur… loin de là ! D’ailleurs, s’il avançait à deux à l’heure, c’était parce qu’il préférait prendre son temps afin de ne pas rater une branche. Mieux valait se montrer trop prudent, plutôt que de tomber la tête la première ! Oui, voilà. Rien à voir avec le vertige…

Sans avoir regardé en bas une seule fois, il sentit qu’il touchait au but quand les branches se firent de plus en plus minces alors qu’il n’avait vu aucun furet jusque là. Il s’arrêta et leva les yeux pour essayer de distinguer quelque chose. D’en bas, il n’avait rien vu, mais peut-être Alysane avait-elle aperçu un mouvement entre-temps… il y avait du bruit là-haut. Il recommença à grimper, toujours aussi prudemment, et bien qu’il sache que c’était un réflexe humain totalement stupide, il appela gentiment le furet :

Je sais que tu es là… allez, montre-toi. J’ai encore des tas de pommes pour toi !

Godrik tâtonna à la recherche d’un appui. Heureusement ou malheureusement, la branche qu’il choisit pour cela se cassa, mettant en péril son équilibre, et faisant par la même occasion sursauter le furet qui se tenait juste au-dessus. Le chasseur-grimpeur ne vit qu’un éclair de fourrure gris, trop concentré à ne pas tomber. Il trouva une nouvelle prise et se colla contre le tronc, le souffle court.

Bon d’accord, il détestait grimper.

Lorsqu’il leva les yeux, il vit que le furet était à portée de main, l’air méfiant mais apparemment trop curieux pour s’enfuir. Il devait se demander pourquoi un humain se baladait dans les branches s’il était aussi nul, et trouver ça marrant. Ou alors, il l’observait en attendant qu’il tombe. Godrik réussit à grimacer un sourire qui ne cacha en rien sa mauvaise humeur :

Super, ne bouge pas, je viens te chercher. Reste là… non, sois gentil ! Je te préviens je monte pas plus haut, tu te débrouilleras tout seul si tu te fais bouffer par une chouette !

Bien sûr qu’il savait que bluffer avec un furet n’était d’aucune utilité...
Il avança la main mais, au lieu de se jeter sur l’animal – ce qui lui aurait fait à coup sûr perdre l’équilibre, sans compter qu’il l’aurait effrayé encore davantage – il la tendit à mi-chemin. Il n’avait rien pour l’appâter puisque ses pommes étaient bêtement restées en bas, dans son sac, mais il comptait un peu beaucoup sur son affinité naturelle avec les animaux. Et sur la chance. Beaucoup de chance.
De toute façon, ce n’était pas en gigotant dans tous les sens qu’il l’attirerait.

Après un moment qui lui sembla durer des heures, le furet fit enfin un mouvement dans sa direction. Godrik avait mal au bras et dut se retenir de l’attraper trop rapidement – ou trop violemment. Il allait finir par avoir une crampe… Heureusement, le furet semblait conciliant et sauta de lui-même sur son bras, puis sur son épaule, de sorte qu’il n’eut qu’à retrouver une prise sûre pour se reposer quelques secondes avant de descendre.

C’est bien, t’auras une pomme.

Il s’assura bien évidemment que le furet restait en place avant de bouger, mais comme souvent, l’animal semblait se trouver à son aise dans son carquois. Godrik baissa enfin les yeux pour faire signe à Alysane – il ignorait si elle voyait quelque chose de là où elle était, et il était conscient d’avoir mis un peu plus de temps que prévu pour grimper – mais un mouvement à la lisière de son champ de vision attira son attention. Ce n’étaient pas les brigands, non, la menace était plus lointaine, et invisible. Une nuée d’oiseaux venait de quitter le couvert des arbres pour se perdre dans le ciel grisonnant. Godrik descendit le plus rapidement possible avec un mauvais pressentiment.

Il y a quelque chose au nord., grommela-t-il en sautant au sol.

Le furet sortit la tête de son capuchon pour renifler autour de lui. Soit il percevait déjà la menace, soit – plus probable – la pomme d’Alysane avait toute son attention… Godrik l’attrapa avec délicatesse et le tendit à la Nordienne, parce qu’il avait bien mérité sa récompense, avant de récupérer ses affaires, inquiet. Ce n’était peut-être pas grand-chose : parfois, l’arrivée d’un prédateur plus gros qu’eux faisait fuir les oiseaux. Un renard ou un chat sauvage, par exemple. Mais dans le doute et comme cette journée avait tout de même très mal commencée, le chasseur encouragea sa compagne de voyage à reprendre rapidement la route.
Revenir en haut Aller en bas
Homme d'Armes
avatar

Alysane Mormont
Homme d'Armes

Général

Combattante
ICI NOUS TENONS DEBOUT

♦ Missives : 1533
♦ Missives Aventure : 100
♦ Age : 29
♦ Date de Naissance : 27/09/1988
♦ Arrivée à Westeros : 11/09/2012
♦ Célébrité : Olga Kurylenko
♦ Copyright : © Bryn ♥
♦ Doublons : Maron Martell, Pryam Templeton, Sargon Harloi, Bryce Vyrwel
♦ Age du Personnage : 25 ans
♦ Mariage : Aucun
♦ Lieu : Nord, Blancport
♦ Liens Utiles :
Feuille de Personnage
Feuille de personnage
Inventaire:
Jauge de réputation Jauge de réputation:
476/500  (476/500)


Message Mer 16 Jan 2013 - 13:52

     Avoir peur, peut-être bien ! En tous les cas, il n'était plus là et c'était la seule chose qui comptait aux yeux de la jeune femme. Un pincement au cœur lui fit comprendre à quel point elle appréciait cette petite boule de poils ramassée dans les buissons un soir. Mais les Anciens Dieux semblaient lui en vouloir, c'est du moins ce qu'elle pensa lorsque la branche lui revint en plein visage, lui touchant l’œil par la même occasion. Lorsque Godrik s'arma de son arc, elle se demanda l'espace d'une seconde s'il avait vu approcher les autres brigands, mais Alysane comprit après coup qu'il devait avoir cru qu'elle se faisait attaquer. Qu'aurait-il fait ? L'aurait-il laissée se débrouiller seule en prenant ses jambes à son cou ? Le courage n'était pas la qualité principale du chasseur et la Mormont savait parfaitement qu'elle ne pouvait pas vraiment compter sur lui. Enfin, au moins se montra-t-il « attentionné » en lui tendant sa gourde, elle grimaça légèrement suite à sa boutade avant de le dévisager, d'un œil au moins. C'était bien le moment de plaisanter tiens ! Une chance qu'elle ne se soit pas fait arracher l’œil au passage, il y avait encore fort à parier qu'il réussi à trouver le moyen de rigoler si tel avait été le cas.

     ▬ Merci pour l'eau, parce que ce n'est pas avec toi que je peux me rincer quoi que ce soit. »

     Ce n'était pas très aimable de sa part certes, mais au moins avait-elle pu répondre à cette provocation. Puis au fond, il était fort probable que Godrik soit heureux d'apprendre qu'elle ne se rincerait pas l’œil en le reluquant. Quoique, cela aurait pu être amusant de le mettre mal à l'aise. Elle soupira doucement, versant un peu d'eau dans sa paume de main qu'elle mit en forme de cuvette, puis glissa le tout sur son oeil qui sembla apprécier l'attention. Pendant ce temps, le jeune homme laissait entendre que le furet pourrait s'en sortir seul tandis qu'eux risquaient gros s'ils traînaient trop dans le coin. Aussitôt, la Nordienne tourna la tête vers lui, décrochant un regard noir au malheureux de manière à lui faire comprendre qu'il pouvait oublier cette idée. La jeune femme entrouvrit même la bouche pour lui faire savoir qu'il pouvait s'en-aller s'il n'avait pas envie de chercher le furet avec elle - la priorité aux animaux comme toujours - mais se retint finalement en voyant qu'il sortait une pomme de sa poche. Était-elle pour le furet ? C'était probable. La Nordienne referma la gourde avant de rejoindre son compagnon qui marmonnait dans sa barbe, puis de lui tendre sa possession. Pas qu'il l'accuse de vouloir lui voler ses affaires !

     Placée à côté de Godrik, Alysane observa la zone qu'il désigna en prétendant qu'il y voyait des traces du passage d'un furet. Dubitative, la demoiselle se contenta de fixer la chose sans rien dire. Le pistage ça n'avait jamais été son truc, elle aurait été bien incapable de dire si ce qu'elle voyait était bel et bien à un furet ! Sauf qu'elle avait demandé à Godrik de l'accompagner pour cette raison, elle n'avait donc aucun motif pour ne pas le croire sur parole. Ce fut à ce moment qu'il lui tendit la pomme qui servirait à appâter son animal et elle l'écouta docilement – une fois n'est pas coutume – lui donner ses instructions sur la manière dont elle devait se comporter. Lorsque le malotru osa ajouter quelques précisions supplémentaires qui ne cherchaient certainement qu'à la provoquer un peu, la Mormont claqua de la langue contre son palais en signe d'agacement. C'était plus fort que lui, il devait la provoquer alors qu'elle n'avait rien fait pour une fois. Il avait beau dire qu'elle le provoquait et le cherchait sans cesse, au final il faisait exactement la même chose. Grimaçant, la demoiselle ne se priva pas de le railler un peu pour lui faire comprendre qu'il allait regretter ce qu'il venait de dire.

     ▬ Et toi ne glisses pas de cet arbre ou je te laisse tomber par terre espèce de mal-élevé. »

     Quel vaurien lorsqu'il s'y mettait ! Mais bon ! La Mormont retomba dans le silence, tenant sa pomme en main et se mordant la lèvre pour parer à l'éventualité qu'elle veuille soudain dire quelque chose. Godrik contourna l'arbre avant de faire comprendre qu'il allait y monter. Alysane hocha la tête et le regarda faire, levant les yeux en les plissant légèrement pour éviter de se ramasser des bouts d'écorce dedans. Son œil touché par la branche l'élançait toujours, mais rien de bien gave. Après quelques instants, elle entendit des bruits dans les branches, le chasseur parlait avec quelqu'un et la brune commença à se demander s'il avait rencontré une quelconque nymphe et qu'il lui comptait fleurette. Allait-elle se retrouver toute seule bientôt ? La Mormont avança d'un pas, se collant contre le tronc avant de lever les yeux vers le sommet de l'arbre pour essayer de distinguer quelque chose. Il y avait bien une masse qui bougeait dans un coin, mais était-ce Godrik ? Bonne question. La brune recula finalement, la tête toujours levée au point que sa nuque lui fasse comprendre qu'elle devait baisser les yeux sous peine de se récolter un petit mal de nuque. Mais elle resta et heureusement ! Un signe qu'elle distingua à peine lui fut adressé, la jeune femme plissa les yeux en croyant comprendre qu'il allait bientôt descendre, elle se prépara donc à le rattraper éventuellement s'il glissa au moment de sa descente. Ou pour l'étriper s'il n'avait pas son furet ! Quelques secondes plus tard, il fut en bas avec elle, lui déclarant quelque chose d'assez inquiétant avant que le furet n'émerge de sa capuche à la grande satisfaction de la Mormont. Lorsque cette dernière récupéra son animal, elle s'empressa de lui donner de quoi manger avant de le glisser dans sa besace pour emboîter le pas à un chasseur apparemment très pressé.

     ▬ Attends-moi ! »

     Pressant le pas, la jeune femme se hissa à la hauteur de son compagnon, le dévisageant d'un air d'incompréhension. Qu'est-ce qui pouvait donc l'effrayer à ce point ? Elle hésita un bref instant, la curiosité prenait le dessus et elle voulait savoir ce que c'était cette chose qui semblait l'effrayer. La Mormont stoppa soudain, se retournant en direction du nord, elle fit quelques pas dans cette direction, bien décidée à aller voir de quoi il s'agissait, puis s'arrêta à nouveau, hésitante. Si Godrik craignait quelque chose, ce n'était pas forcément dangereux. Soyons honnêtes, le jeune homme n'était pas un modèle de courage et il pouvait avoir peur de n'importe quoi. Mais la nature, c'était lui qui la connaissait le mieux, il était donc préférable de le croire sur parole ? Soupirant, la Nordienne revint sur ses pas une fois de plus pour rejoindre à nouveau Godrik.

     ▬ Qu'est-ce que ça peut être ? Il n'y a pas de géant dans l'Orage non ? Je ne vois rien qui puisse vraiment nous effrayer, à part un ours et crois-moi, tu en as déjà une à côté de toi sans que cela ne t'ai coûté la vie jusqu'à présent ! »

     Jusqu'à présent ! Là était toute la subtilité à n'en pas douter. La guerrière marchait toujours du même pas pressé que son homologue, mais le fait de ne pas savoir où ils allaient la frustrait beaucoup. Oui, Alysane était une personne qui avait besoin de tout mener, de tout savoir et si Godrik comptait la traîner derrière lui encore longtemps, elle n'apprécierait certainement pas. Après quelques dizaines de mètres, la jeune femme attrapa finalement le bras du chasseur pour l'obliger à s'arrêter, puis le poussa légèrement pour qu'il se retrouve face à elle. Qu'est-ce qu'il espérait ? Qu'ils marcheraient plus vite que cette chose ? C'était assez peu probable, les animaux se déplaçaient tous plus vite que les humains.

     ▬ Calme-toi Godrik ! Je ne vais pas courir dans cette forêt au pas de course ! En plus on doit se rendre à Port-Réal et si je ne m'abuse, c'est justement vers le nord non ? On peut toujours grimper dans un arbre en attendant que cette chose passe, tu n'as pas peur d'un animal quand même non ? Soupirant doucement, elle lâcha finalement son bras avant de reprendre. Moi je vais dans cette direction, libre à toi de continuer ton chemin dans une autre. »

     Levant le menton d'une manière qui prouvait clairement qu'elle ne plaisantait pas, la Mormont pivota sur elle-même pour se diriger vers la zone d'où les oiseaux s'étaient envolés. Elle était inconsciente c'était un fait, mais c'était plus fort qu'elle. Sans vraiment savoir si elle était bel et bien seule, ne souhaitant pas se retourner pour voir où Godrik en était, elle marchait tranquillement, bien décidée à ne pas se laisser détourner de sa cible par des piafs trop peureux ! Le chasseur y comprit bien évidemment. Après quelques minutes de marche, toujours sans vérifier si son compagnon la suivait, Alysane commença à entendre quelques bruits de voix au loin, accompagnés de grognements qui ne semblaient pas forcément agressifs, mais qui n'étaient pas accueillants non plus. S'arrêtant, elle regarda autour d'elle sans rien voir, jusqu'à ce que quelque chose ne passe en sifflant à côté d'elle. La Mormont sursauta, essayant de voir ce qui venait de se passer, mais rien ! Fronçant les sourcils, elle essaya toutefois devoir si le jeune homme l'avait laissée tomber ou l'avait suivie. Tant qu'à faire, autant éviter de se faire surprenant par son compagnon !


Le chant des druides si clair et si limpide, c'est le chant des druides. Mais le chant des druides agit tel un fluide, apprends à l'écouter il te servira comme un guide, pour raconter des contes et des histoires de chevalerie, de grandes batailles de monstres et de tours de magie, c'est l'âme celtique, historique, antique. ✤ ©️ Le Chant des Druides, Manau
Revenir en haut Aller en bas
http://fallout-dog-city.forumactif.org

Contenu sponsorisé

Général
Feuille de Personnage


Message

Revenir en haut Aller en bas

L'important n'est pas de bien ou mal parler mais de parler ▬ Godrik

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut
Page 1 sur 1


Sujets similaires

-
» La V6 s'Esquisse ♥ (sujet officiel)(et très important)(lisez-le il est bien)
» Je t'aurais bien amené des fleurs, mais il n'y avait plus d'orties chez le fleuristes (miniDB)
» Etienne Tshisekedi voudrait bien provoquer une vague mais...
» Mila △ Je veux bien être reine mais pas l'ombre du roi [VALIDEE]
» blair ⊹ l'important c'est pas l'allure qu'on a, mais l'allure à laquelle on va.

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
A Song of Ice and Fire RPG :: Citadelle de Maegor :: ◄ Salle des Archives Oubliées (RP)-