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Chevalier lettré ne vit point que pour l’Epée.

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Chevalier
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Oberyn Dayne
Chevalier

Général

• Epée du Matin •
◌ Vision du Guerrier ◌
• Champion de la Maison Martell •

« Honneur, Loyauté, Sacrifice. »

♦ Missives : 2094
♦ Missives Aventure : 87
♦ Age : 29
♦ Date de Naissance : 30/03/1988
♦ Arrivée à Westeros : 17/09/2012
♦ Célébrité : Jamie Campbell Bower
♦ Copyright : Violain <3
♦ Doublons : Gunthor Estremont
♦ Age du Personnage : 25 ans
♦ Mariage : Fiancé à Edarra Ferboys
♦ Lieu : Citadelle des Météores.
♦ Liens Utiles :

Disponibilité : 3/4 RP's
Présentation d’Oberyn
Voyages & Aventures
Capacités d’Oberyn
Chroniques de la Maison Dayne

Feuille de Personnage
Feuille de personnage
Inventaire:
Jauge de réputation Jauge de réputation:
1250/1500  (1250/1500)


Message Ven 26 Oct 2012 - 11:37


Chevalier lettré ne vit point que pour l’Epée.


Il fut un temps où l’Hériter des Météores ne jouissait pas d’extraordinaire réputation. Une période où il ne parait pas son épaule de l’élégant pommeau d’une ancestrale Epée forgée dans le Coeur d’une pierre ayant chute du ciel. Une époque où il trouvait son plaisir dans la simple évocation de son nouveau titre de Ser Oberyn Dayne et n’accueillait pas avec une fierté gargantuesque le Titre d’Epée du Matin qui deviendrait un jour le sien. Il s’agit là d’un temps qui ne nous renvoi pas plus loin d’une décennie en arrière. L’an 205 célébrait son existence dans les Eclats du Grand Tournoi de Port Réal où biens des Chevaliers s’élancèrent sur la lice afin de faire rugir la foule de plaisir. De tous les Tournois auxquels il avait eu le loisir de participer, ce dernier fut sans conteste le plus impressionnant aux yeux du Dornien à l’améthyste regard. La foule de chevalier fut telle qu’il n’avait point pu garder le souvenir de tous ses semblables croisés de par les gradins comme les tentes aux couleurs aussi diverses que variées. Le vif souvenir de sa joute dantesque face à Ser Bennifer Nerbosc hantait toujours l’esprit du jeune homme. Pourtant, voilà bien des jours que la compagnie Dayne avait amorcé son retour vers la citadelle des Météores… A n’en pas douter, le chevalier naissant garderait un impérissable souvenir de ses péripéties. Des banquets enflammés aux duels disputés sans oublier une passe d’arme échangée avec une fleur bourgeonnée sous le complice regard des astres nocturnes.

Les réjouissances terminées, la Dornienne Maisonnée n’avait pas trop longtemps tardé à plier bagage pour s’en retourner vers ses lointaines montagnes. Colonne de Cavaliers et trains de bagages s’étaient ainsi engagés sur la sinueuse route Royale. Le rythme était lent, imposé par les attelages charriant femmes et servants autant que lourd équipements. Les hommes de la famille aux armes d’un violet pale sur le lequel se croise épée et filante étoile ouvraient la voie, leurs puissants destrier des sables ne manquant pas de ruer du col pour démontrer leur mécontentement à ne point pouvoir laisser cours à leur aérienne nature, à leur amour pour la célérité et les interminables foulées particulièrement rythmées. L’étendard Dornien s’affichait avec fierté sur le chemin de la maisonnée, claquant au vent orageux et rehaussant de ses couleurs les armures claires et coruscantes de la troupe armée qui les escortait. S’il n’affichait pas autant de prestance qu’au jour d’aujourd’hui, l’héritier des Météores ne gâchait point de son allure la pointe de la lance. Drapé dans sa pelisse de Lion Blanc resplendissante et armé de pied en cap, il laissait battre le fourreau de sa lame à sa taille et maintenant un porte altier pour ne point jurer avec les austères figures délivrées par le Seigneur son Père et son Oncle Chevalier. Dans son dos, le jeune Rhaegal contrastait superbement de ses traits juvéniles avec le physique colossal d’un Rival de toujours, Ser Tebor Dayne de Haut Hermitage. Au cumul de leur rivalité, les deux héritiers des branches séparées de la Maison Dayne avaient espéré pouvoir se départager à l’ombre du Donjon Rouge, dans une joute qui aurait permis d’enfin clairement les départager. Mais le hasard des tours et le soudain des éliminations ne leur avait point offert ce luxe…

Plus loin et au cœur de la colonne résonnait les rires comme les gens de la jeunesse pétillante. Frères et Sœurs chahutaient dans leur attelage, laissant à Lady Mylenda Dayne la saveur des jeux comme le mielleux des facéties d’une innocence qu’Oberyn avait, depuis longtemps, perdu. Désormais homme fait et porteur d’un titre qu’il convenait d’honorer, l’héritier s’était engagé sur le chemin de l’excellence et n’entendait jamais le quitter. Aussi s’entrainait-il plus durement que quiconque, n’hésitant pas à solliciter le recours de trois voire même quatre hommes d’arme pour des passes qui le prépareraient à des jeux d’épées bien plus mortel dans un avenir qu’il espérait ne jamais gouter. Mais il est des causes qu’il convient d’alimenter de bien des sacrifices dans le but de les sauvegarder. Sa cause chevauchait en cet instant vers l’endroit qu’il convenait le plus d’appeler « maison » au cœur du continent de Westeros… A caractère protecteur et vigilant ne manque pas de faire écho un amour profond pour la fratrie, pour la famille, pour les ancêtres…

Si dans quelques jours, la colonne Dornienne ne manquerait pas de trouver refuge dans la forteresse Caron de son Grand-Père, Oberyn ne savait point où ils pourraient bien trouver refuge ce jour. Nombre de Seigneurs rencontrés au tournoi comme accédés par le biais de la diplomatie ne manquaient pas de leur offrir le gite et le couvert, mais il était encore des nuits où la maisonnée Dayne dressait le camp en bordure de forêt. Point ce soir dans tous les cas… Le Château qui se dessinait au loin n’avait pas l’air des plus impressionnants et pour être honnête Oberyn ne gardait aucun souvenir du blason qui l’ornait dans le temps présent. Ne lui revenait que le lointain souvenir d’un compagnon d’aventure de son Oncle Andrew, rencontré lors de sa vie de Chevalier Errant. Le profil de la bourgade n’avait rien d’engageant également. Les maisons semblaient toutes faites de torchis et il semblait s’en dégager une irrémédiable impression de saleté… Les troupeaux de mouton comme les groupes de porc y défilaient dans les rues boueuses et le vacarme des marchands cherchant à refourguer leurs biens divers et variés n’aidait pas à apprécier les charmes locaux. Un évidente constatation arriva donc chez la future Epée du Matin :

« Cet endroit est le trou du cul du monde. »

La arracha des rires aux hommes d’arme alentours, rendait également hilare son jeune frère Rhaegal alors que Ser Trebor se contentait d’un souffle semblable à celui d’un sanglier pour manifester son amusement voilé. Si Ser Andrew pinça la commissure de ses lèvres d’un rictus amusé, ce ne fut pas le cas de Lord Olyvar. Loin s’en faut… Le Seigneurial Patriarche se contenta d’afficher une mine d’airain, jetant sur son fils un regard sombre et glacial, aussi tranchant que de l’Acier Valyrien qui fit immédiatement ravaler toute morgue au jeune idiot qui avait, un court instant, prit la place du Chevalier Dayne. Jamais Oberyn n’avait connu faciès plus inquiétant chez son vieux père. Il comprit en une instant tout le poids que ce dernier imposait sur ses épaules et toute la nécessité qu’il avait à ne plus le voir comme un gamin arrogant. Il avait besoin de devenir l’homme que l’on attendait. Pas demain, pas dans un an… Immédiatement ! C’est donc silencieusement que se termina l’arrivée de la militaire procession.

Jamais cours du Château n’avait dû être plus bondée qu’en ce jour. Les gens du Seigneur local formaient un comité soigné alors que le fieffé chevalier accueillait bras ouvert ses invités, femmes et enfants pendus à ses poignets. Il offrit une accolade bourrue à Ser Andrew avant d’adopter une attitude déférente à l’encontre de Lord Olyvar. A son tour démonté, Oberyn n’eut que le temps d’envier cette implacable capacité paternelle à mettre à l’aise son interlocuteur. Quand il fut introduit au grisonnant Seigneur, le jeune Chevalier de la Maison Dayne avait l’impression d’avoir face à lui un vieil ami de la famille plus qu’un personnage éloigné qui s’acquittait de quelconque dette intimée par des actions sur le champ martial… L’entière famille défila alors, de la déjà séduisante Lady Lilia Dayne au Bambin Kyara endormie dans les bras de Dame sa mère. Trebor eut aussi droit à des égards en temps qu’héritier de la branche familiale d’Haut Hermitage. Les réjouissances ne tarderaient point à commencer, enfants et hommes d’armes ne manquaient déjà pas de se mélanger. Mais c’est une cérémonie à laquelle Oberyn ne fut pas immédiatement convié, sommé tacitement par le Seigneur son Père de quitter l’enceinte du Château pour se mêler au peuple qu’il avait jugé bon de moquer. Une leçon que le chevalier ne serait pas près d’oublier…

N’abritant aucune rancune, conscient que la sentence s’imposait du fait de son comportement indigne de vœux formulés, l’Héritier de Lord Olyvar se contenta d’ôter une grande partie de son armure avant de passer les pas grandes portes pour s’enfoncer dans la bourgade. Il ne manqua pas d’ébouriffer la cendré chevelure du turbulent Erayn, argumentant qu’il avait besoin des services d’un forgeron pour se débarrasser de ce jeune frère pour le moins accaparant ! Drapé de sa pelisse de Lion Blanc et épée à la ceinture, Ser Oberyn Dayne ne manqua pas de prêter des sens attentifs à son environnement. Tant de choses différaient des Météores… Point d’odeur d’Epices et point d’influence Marine, la seule saveur des fruits frais comme de la viande salée parvenant à supplanter la puissante odeur du sol gorgé d’eau. La succion des boues sur ses bottes était à peine masquée par le brouhaha des paysans qui allaient et venaient, le vacarme d’une forge se faisant l’écho des coups de hachoir d’un boucher en pleine activité. Arpenter les lieux ne fut point long et alors qu’il s’approchait de plus en plus des forêts environnantes ou des porcs se gavaient de glands, Oberyn posa les yeux sur un atelier bien particulier.

De prime abord, le jeune hériter ne remarqua pas le somptueux destrier qui pourrait bien être celui d’un authentique chevalier, son attention étant accaparée par les ouvrages proposés. Jamais travail du bois ne lui avait semblé si soigné et c’est avec des lumières émerveillés qu’il posa sur une série d’Arcs ses yeux d’un bleu sombre pailleté d’améthyste. Sa science de l’artisanat pour le moins dérisoire lui empêchait de juger le bois employé à la confection, mais les armes de jet lui semblaient bien mieux équilibrées que toutes celles qu’il avait pu manipuler lors de ses séances d’entrainement dans le champs de Tir des Météores. S’il ne remarqua point d’ébéniste confirmé, son attention se porta sur un enfant qui devait tout juste avoisiner l’âge de Rhaegal et Oberyn se mit à le héler sur un ton qui se voulait courtois :

« Salutations l’ami ! Me serait-il permis de jeter un œil sur deux de ces exemplaires ? Emergeant de son travail de précision, le jeune homme sembla un instant interdit devant la formulation. D’aucun n’avait surement pas l’habitude de s’adresser à lui sur ce ton… Délivrant un circulaire regard alentour, potentiellement à la recherche de son maitre artisan, l’adolescent finit par s’avancer et opposer à Oberyn les biens qu’il venait de quémander. D’une façon assez inexplicable, l’Hériter des Météores crut lire une sorte de sarcasme dans les yeux sombres de ce qui devait âtre un apprenti. Toujours cinglé par le regard de son illustre paternel, le Chevalier ne formula aucune remarque, chaussant un masque flegmatique en refermant les doigts sur le bois lisse. Le contact était doux, et la corde tendue suivit la force de son bras pour plier le bois avec une facilité pour le moins déconcertante. Il en fut de même pour le second Arc qu’on lui présenta.N’auriez-vous point article plus… Imposant ? Cette fois ci, l’adolescent arqua un sourcil avec une moue que le Dornien interpréta comme méprisante. Son sang ne fit qu’un tour, mais il ne manqua pas garder contenance, délivrant un de ses sempiternels sourires cachant une lame quand lui fut porté le fruit de sa quête. Cette fois, la tension fut bien plus difficile, plus encore avec le second arc et toujours plus avec le troisième. Parfait. Ser Waymard lui avait, autrefois, intimé qu’une épreuve ardue à chaque exercice serait toujours à même de le rendre plus redoutable. Bander un de ses arcs chaque jour ne manquerait pas de renforcer la puissance de son bras ! Multipliant les essais, Oberyn remarqua du coin de l’œil une sorte d’agacement chez l’apprenti qui opéra un soudain recul pour s’entretenir avec un homme de haute stature. S’il leur trouvait un air familier, le Dayne se garda bien de broncher, cherchant de ses bras à tirer plus loin la corde de crin tressée. Mais alors qu’il était pleinement concentré, le jeune chevalier sentit un mouvement à sa ceinture et du coin de l’œil discerna main féminine cherchant à dérober sa bourse. Une fois encore, son sang ne fit qu’un tour. Mais à l’occasion, la contenance ne fut point de mise et les mots sonnèrent comme un roulement d’écho :Si tu veux quelque chose de moi, hâte de toi de t'en emparer pendant que j'ai la tête ailleurs, ou c'est la tienne qui le sera… Et définitivement ! »

Regard de feu et timbre de glace cueillirent la dérobeuse qui s’en trouva interdite, transpercée par toute l’aura de menace qui pouvait bien suinter du physique avantageux de ce Dornien fougueux. Détournant son torse pour faire face à la chapardeuse, Oberyn la transperça de son regard à la surnaturelle couleur, transperçant la voleuse avec une facilité propre au tranchant de l’Epée Aube qui serait un jour en sa possession. Amorçant un mouvement de recul effrayé, la jeune détrousseuse sembla heurter de son talon un quelconque obstacle et chuta lourdement dans la boue. Ne demandant pas son reste, elle se redressa à une vitesse folle et amorça une course paniquée pour retrouver le confort des bois alentours. Le Dornien n’avait point cherché à la poursuivre. Immobile, il ne condamnait pas son acte mais ne souhaitait point en être la victime. Après tout, le commun nécessite parfois des moyens peu louables pour subvenir à ses plus bas besoins. Un brin gêné de son intervention pour le moins malséante, le jeune chevalier de la Maison Dayne s’en retourna faire face au jeune apprenti et à la charismatique figure à ses côtés. Le regard légèrement fuyant, tout penaud d’avoir causé telle peur chez une enfant, le fils de Lord Olyvar riva ses yeux dans ceux du sarcastique adolescent qui semblait bien le mépriser et chercha à conclure cet épisode peu glorifiant de ces quelques mots :

« Veuillez pardonner cette intervention pour le moins… Déplacée ! Je serais ravi de discuter du prix d’acquisition de telle merveille. De ces quelques mots, il désignait l’arc qu’enserraient ses mains encore fines. Tel ouvrage serait peut-être ardu à marchander, mais avoir démonté deux chevaliers au Tournoi de Port-Réal lui avait autorisé de faire main basse sur quelques fortunes qu’il n’avait pas totalement dépensées dans les bras de sa première courtisane dans un des bordels de la ville au Donjon Rouge. Tout son attention se porta désormais vers l’homme à la stature imposante qu’il avait, de prime abord, jugé comme étant le Maitre Artisan et possesseurs de ce semblant d’échoppe. Il méritait tout autant des excuses.Je quémande également votre pardon pour mon attitude indigne… Ser ? »

Une certaine confusion venait, désormais, à hanter l’être du jeune chevalier. En effet, il avait la désagréable sensation d’avoir croisé la personne lui faisant face mais sans toutefois parvenir à déposer un nom sur ces traits. A moins qu’il n’ait fait la rencontre d’un membre de sa famille ? Toujours est-il que le Tournoi lui avait offert le luxe de croiser bien des Chevaliers d’horizons divers et variés, aussi était-il préférable de se parer d’un bouclier par les us du langage et l’utilisation d’un titre de « Ser »qu’un bon homme du commun serait toujours flatté de recevoir… Mais intimement, Oberyn semblait sur de son fait. Il se dégageait de cet homme une puissance induite comme une sagesse tacite tout bonnement ahurissante…




« Seal my heart and break my pride,
I've nowhere to stand and now nowhere to hide,
Align my heart, my body, my mind,
To face what I've done and do my time. »


Dernière édition par Oberyn Dayne le Dim 7 Avr 2013 - 7:17, édité 2 fois
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Message Ven 28 Déc 2012 - 1:42

Au détour d’un chemin boueux, un cavalier trottait tranquillement. Attifé d’un justaucorps brun clair, rehaussé d’un pantalon de toile sombre et d’un baudrier sur lequel pendait deux épées et un fouillis de besaces hétéroclites, il menait calmement sa monture sur les aspérités de la route. Cette dernière présentait des nids de poules de tailles plutôt impressionnantes et emplies d’une flotte saumâtre qui donnait à l’ensemble une allure de cours d’eau très… Sympathique. L’homme à la taille remarquable – et chevalier de surcroît – dirigeait avec la même détermination sa fière monture à l’assaut de la route, tout en consultant négligemment un… Étrange livre à la couverture écarlate, qui présentait les stigmates de l’âge – ou d’une utilisation régulière. Était écrit en lettres de bronze alambiquées sur la couverture, « Trésors et reliques de l’Ancien Temps, chroniques d’un mestre itinérant ». Ouvrage plutôt atypique pour un chevalier, mais point pour ser Lothar Celtigar, chevalier de Pince-Isle et aventurier en quête de reliques et d’autres babioles à consonances historiques. Il ne l’aurait sûrement pas formulé de cette façon, mais c’est pour vous dépeindre simplement cet excentrique gavé d’histoire ancienne et d’aventures en tout genre.

Toujours est-il que nous retrouvons le ser Celtigar, pataugeant dans la boue, et toujours autant absorbé par le recueil qu’il avait entre les mains. Son destrier – qu’il avait nommé affectueusement « Sac-à-Malices », du fait de sa tendance à l’espièglerie – habitué à cavaler par monts et par vaux trottait sereinement, évitant les plus grandes flaques avec délicatesse. Lothar marmonnait quelques passages de son ouvrage, en glissant des regards vers la carte qu’il avait coincé dans un renfoncement de sa selle. Soudain, il abandonna sa lecture, et un sourire rêveur naquit doucement sur ses lèvres. Le but de son voyage se rapprochait, et cela l’enchantait déjà.

Sa route le menait dans la direction d’Accalmie, la forteresse de lord Lyonel Baratheon, aussi appelé L’Orage Moqueur, soit au cœur des terres de l’Orage. Mais, malgré les apparences, ser Lothar ne s’y rendait pas pour affaire, mais pour y retrouver… Son fils. Enfin, son bâtard. Caleb. Caleb Storm qu’il s’appelait.

Quelques mois auparavant, une ancienne compagne de jeunesse – artisane de son état – l’avait contacté, et lui avait annoncé l’existence de son fils. Le chevalier fut dans un premier temps extrêmement surpris, mais un formidable contentement l’avait submergé. Son premier fils ! Il avait beau être « illégitime » selon les lois en vigueur, il s’en contrefichait totalement. Et puis, avec le nombre d’amantes qu’il avait rencontrés depuis qu’il parcourait les routes des Sept, ce n’était pas si surprenant que ça. Pourtant, la nouvelle d’un fils, qui avait déjà atteint la dizaine d’années, l’avait ravi. La première rencontre entre Lothar et Caleb s’était très bien déroulé, et une certaine complicité s’était rapidement installée entre le chevalier et son fils – notamment par certains traits communs de caractère.

De retour du tournoi de Port-Réal, Lothar faisait donc route, une nouvelle fois, vers un village situé à environ cent kilomètres d’Accalmie, où il savait son fils y travailler. Encore apprenti facteur d’arcs malgré son talent, il accompagnait son maître – un personnage plutôt débonnaire – sur les routes des terres de l’Orage afin de vendre leurs œuvres. Son métier lui plaisait énormément, et lui faisait rentrer quelques sous pour nourrir sa mère et lui – malgré que depuis quelques mois, leur situation s’était considérablement améliorée par l’argent laissé par Lothar. C’est ainsi que ce dernier, toujours tout sourire, chevauchait allégrement vers la plus proche bourgade, jetant des œillades régulières à une courte garde de bonne facture qui dépassait d’une des sacoches de selle.

C’est dans la nuit que le chevalier atteignit la dite bourgade, fief d’une maison mineure de l’Orage, la maison Frétilletrique. Le village était peu engageant, et ce qui devait être surnommée pompeusement le château n’était qu’un amas de pierres sales surmonté d’une tour crénelée. Mais habitué à tout type de paysage, et étant passé par nombre d’abris et de villages peu ragoutants, Lothar repéra tout de suite la plus proche auberge. L’idée l’avait traversé de mander une couche pour la nuit au château, mais l’heure tardive et le chemin sinueux qui y menait l’avait rapidement dissuadé. Mine de rien, le voyage l’avait harassé – à l’instar du vieux Sac-à-Malices – et le plaisir de boire une chopine fraîche, autour d’un morceau de volaille, l’avait convaincu de poser pied à terre devant l’établissement à l’allure plus que crasseuse. Et d’ailleurs, avec un peu de chances, il tomberait sur son jeune Caleb, car il devait sûrement coucher en ce lieu avec son maître ébéniste.

Après avoir confié son destrier à un jeune roturier, Lothar fit irruption dans la grande salle de l’auberge, portant sur les épaules ses sacoches de selle. A l’intérieur de l’établissement, une quinzaine de personnes consommaient ou jouaient aux dés, à forts renforts de rots, de rires et cris.

    « Ah, la bonne ambiance de la taverne du coin… » susurra le Chevalier-aux-Crabes, un léger sourire aux lèvres, avant de se diriger vers le comptoir où un fier barbu rigolait grassement, tout en essuyant des gobelets en bois.

    « Bien le bonsoir l’ami ! Aurais-tu une chambre de libre, pour sûrement quelques nuitées ? » l’interrompit Lothar, avec chaleur. « Té, bien l’bonsoâr m’sser ! Pour sûr q’j’ai une chambre de libre ! J’vous la prépare d’suite ! » Le mastodonte se retourna vers l’arrière-boutique. « EDDY ! VA PREPARER UNE CHAMBRE POUR MESSER ! ET QU’ÇA SAUTE GAMIN ! » Puis se tourna de nouveau vers Lothar. « Vous prendrez bien une ‘tite collation m’sser ? Ce soit, j’ai d’la dinde grillée et un p’tit picrate des côtes ouest du Bief ! Fameux j’vous dis ! » Le chevalier afficha un sourire et acquiesça avec chaleur. « C’est parfait, mettez-moi ça, et ajoutez-y un fromage sec ! » clama le Celtigar, avant de s’installer à une table pour le festin annoncé. La soirée s’annonçait bonne…


* * * * * *


Lothar ouvrit les yeux, aveuglé par un rayon de soleil qui avait su esquiver les rideaux pendus à sa fenêtre. Grognant quelques instants comme à son habitude, il finit par se lever prestement. Après une toilette sommaire, il sortit de sa chambrine, portant sous le bras une épée courte de belle facture. Cette dernière n’était pas moins destinée qu’à Caleb, que Lothar trouvait en âge de manier. Certes, un roturier en possession d’une épée était punissable, mais la fine lame pouvait facilement être abritée par un morceau d’étoffe, et le Chevalier-aux-Crabes pensait avant tout à son fils.

Après avoir salué l’aubergiste, le Celtigar sortit à l’air libre. Enfin à l’air libre, c’était sans compter, bien-entendu, sur le fumet si particulier que dégage la campagne profonde. Un arôme entêtant de musc animal, de bouse et de foin. Charmant. Vraiment. Secouant la tête et humant la douce odeur, Lothar jeta un regard alentour. Tout autour de lui, une certaine frénésie agitait le village qui vaquait déjà à de moult occupations. Après avoir récupéré sa monture, le chevalier se dirigea au trot vers ce qui semblait être le centre névralgique du village, où une place marchande se dessinait déjà – multitude d’étals aux tentures pourpre, parme et brune.

En quelques minutes, le Celtigar de grande taille émergeait dans le marché du village, dominait par la forteresse miteuse aux bannières sinoples surmontées de cinq macles jaunes. Malgré l’heure matinale, il y avait foule, et Lothar distinguait à grande peine les différents marchands. Il dut mettre pieds à terre, car devant l’afflux de pécores, il risquait d’en écraser une poignée sous les sabots de Sac-à-Malices. Tenant ce dernier par la bride, le Chevalier-aux-Crabes s’élança vers les étals d’itinérants qui encombraient la place.

Il perdit énormément de temps face à certains marchands très collants, voulant à tout prix lui refiler, ici une babiole en verre, là un fromage de chèvre « à défriser une pucelle »… S’extirpant avec soulagement du brouhaha et de la foule, il déboucha sur la rue principale qui serpentait en contrebas. Cette dernière comportait quelques autres échoppes et étalages, mais était bien moins investit par la populace locale. Se raccrochant à l’idée de la présence de son bâtard, le Chevalier-aux-Crabes s’élança dans la grand’rue.

La chance lui sourit quelques instants plus tard, quand il aperçut un étal en bois familier et un garçon à la bouille reconnaissable. Caleb était là, affichant une mine chaleureuse – quoique légèrement cynique – gardant l’atelier mobile de son maître artisan, qui était à première vue absent. Lothar marcha d’un pas décidé vers le garçonnet qui, à sa vue, afficha une mine réjouie. Lui balançant un de ces clins d’œil dont il en abusait ouvertement, le chevalier se présenta face au jeune facteur d’arcs. Le Celtigar posa sa grosse paluche sur les cheveux noirs et ébouriffés de Caleb, tout en affichant un visage radieux.

    « Caleb mon garçon, comment vas-tu ? » « Très bien p’pa ! Ça fait trop plaisir de t’voir ! » « Ah ah, à moi aussi ça m’fait plaisir Caleb ! » lâcha en souriant Lothar, s’amusant de la bouille réjouie de Caleb. Il contourna l’étal et attacha Sac-à-Malices à la charrette des artisans ébénistes. « Où se trouve Maître Brill ? » « Il me laisse tenir la boutique ce matin, il manquait de sommeil et a décidé de dormir jusqu’à midi… » « Bien, ça me laissera donc un peu de temps pour m’entretenir avec toi. » Lothar affichait toujours le même sourire sincère, sourire qui s’effaçait difficilement, notamment en présence de son fils. Qu’est-ce que vous voulait, Lothar avait ce petit quelque chose de sentimental enfouit, et qui avait tendance à se réveiller aux côtés de Caleb. « J’ai un petit cadeau pour toi Caleb… » Le garçonnet commença à s’agiter. « …Mais il va falloir me promettre d’en prendre soin, et SURTOUT de ne pas t’amuser à le sortir devant tout le monde, sauf en cas de nécessité ! C’est très important fils. » Le sourire de Caleb fléchit un instant, mais le jeune garçon d’une dizaine d’année et au regard bleu intense acquiesça sérieusement de la tête. Le Chevalier-aux-Crabes jeta un coup d’œil alentour, et finit par offrir la courte lame à son bâtard. Ce dernier s’émerveilla devant l’objet, mais Lothar coupa court à toute réaction. « Je t’apprendrai à t’en servir en temps et en heure, mais, en attendant, tu dois bien la cacher dans tes affaires et ne dire mot à personne, même pas à ta mère. C’est bien compris ? » Le garçonnet, les yeux toujours brillants, hocha la tête de nouveau, sans prononcer un seul mot.

Lothar lui ébouriffa une nouvelle fois les cheveux avant d’intimer au jeune garçon d’aller cacher son cadeau dans son barda. Devant le peu de passants s’attardant devant l’étal, le père et le fils purent discutés de tout et de rien sans être dérangé. Mais l’arrivée d’un homme de haute stature et au riche accoutrement contribua à les interrompre. Dès son arrivée, Lothar sentit une certaine prestance et une puissance qui se dégageait de ce personnage blond, aux yeux d’une couleur étrangement violette. D’ailleurs, il lui semblait fortement familier, d’autant plus que sa tenue en disait long. « C’est un chevalier, ou je ne m’y connaît pas… » se dit le Celtigar.

Le nouvel arrivant commença à s’intéresser de prêt à quelques modèles d’arcs qui semblaient lui plaire énormément, au grand dam de Caleb qui semblait apprécier moyennement les allures un peu pompeuses du chevalier blond. Il était vrai qu’il apparaissait comme quelqu’un de fier et de légèrement hautain, mais le sourire simple qu’il affichait et sa façon de s’adresser à Caleb trahissait une certaine simplicité. Mais ce n’était là qu’une supposition d’un crabe errant.

    Caleb revint quelques instants vers son père, l’étranger venant de demander à contempler d’autres modèles. Le garçonnet lui glissa quelques mots. « L’est un peu pompeux le pépère là… » « Caleb, ce "pépère" comme tu dis est un chevalier, et il mérite ton respect. » « Mais, tu m’as déjà dit que… » « Je sais ce que je t’ai dit au sujet de chevaliers qui se comportent comme des couillons, mais celui-là mérite le bénéfice du doute. En dehors de ses grands airs, j’ai l’impression que c’est quelqu’un de bien, de simple… Alors, calme-toi un peu espèce de grognon ! ». Caleb resta silencieux, affichant une mine soucieuse et cynique, malgré qu’il prenne à cœur les paroles de son père, et retourna auprès du nouvel arrivant.

Soudain, le chevalier fit volte-face, et fit tomber d’un ton sec et abrupt une menace à l’encontre d’une jeune chapardeuse de bourses. Lothar se mit immédiatement sur son séant, de peur que son semblable agisse brutalement et souhaite punir violemment la pauvre petite. Mais il n'en fut rien, et le blond se tourna de nouveau Caleb en s’excusant de son attitude. Il en vint finalement à se tourner vers le Chevalier-aux-Crabes, s’excusant de la même manière. Lothar reçu les excuses avec le sourire, et commença à se convaincre que le jeune chevalier allait au-delà de ce qui laissait paraître par les apparences.

    « Ser Lothar Celtigar, de Pince-Isle. Heureux de vous rencontrer ser. » Lothar venait de tendre sa paluche vers le jeune homme blond. « En tout cas, vous n’avez point à vous excuser de votre attitude ser, vous avez fait ce qu’il fallait, sans pour autant recourir à la force. Je connais nombre de chevaliers qui n’auraient pas hésité à user de la force sur cette pauvrette, acte dénué de toute noblesse, et offrant le triste affichage d’une bassesse certaine… ». Lothar afficha un visage éclairé, ponctué par un sourire chaleureux. Il observa de nouveau la tenue du chevalier. Maintenant qu’il l’avait en face de lui, Lothar aperçu un blason qui jusque-là avait été caché par la pelisse de fourrure recouvrant les épaules du jeune homme. Sur champ violet pâle se tenait une épée croisant ce qui semblait être une étoile filante… Un déclic se fit soudainement dans le cerveau du chevalier de Pince-Isle. Maison Dayne des Météores, famille venant du lointain Dorne, connue pour leur fameuse lame Aube.

    « Mais que faites-vous donc par ici ser Dayne, si ce n’est point trop indiscret bien entendu. Cela m’étonnerait que ce ne soit que pour venir jeter un œil aux artisans du coin. Il est plutôt rare de croiser un représentant de Dorne en ces contrées, surtout dans ce bled plutôt… Comment dire… Miteux ? »

C’est un Lothar affable, curieux et souriant qui faisait ainsi face à un jeune Dayne courtois et de droite stature… Qu’allait-il donc sortir de cet entretien entre comparses chevaliers ?
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Oberyn Dayne
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Message Dim 6 Jan 2013 - 0:18


Chevalier lettré ne vit point que pour l’Epée.


La brutale montée d’adrénaline provoquée par ce coup de sang tout Dornien s’était dissipée aussi brutalement qu’il avait pu sentir les petites mains fines de la chapardeuse balader ses poches à la recherches de quelques Cerfs ou Dragons. A défaut, il accusait le coup devant la prestance que pouvait dégager le chevalier à qui il avait bredouillé quelques excuses pour son inapproprié comportement. Sans réellement savoir pourquoi, il éprouvait une intimidation tout enfantine comme une fascination pour toute la haute stature ainsi que le surnaturelle aura que le coruscant chevalier exsudait dans des allures d’inaltérable force sereine comme tranquille. Un magnétisme incroyable qui imposait de lui-même le silence tant le Chevalier semblait être de ces hommes à la parole d’Or. Dominé de toute sa hauteur par le trentenaire aux vastes et robustes épaules, Ser Oberyn se contenta de murmurer une fois le nom comme le titre que venait de lui décliner cet homme qui tendait vers lui une large main. Sans montrer l’ombre d’une hésitation, la future Epée du Matin avança en réponse l’un de ses mains de jeune homme pour enserrer la paluche puissante et calleuse qui lui était présentée, l’agitant avec vigueur alors qu’un mince sourire se dessinait sur ses lèvres s’ouvrant finalement pour délivrer d’un ton affable :

« L’honneur est pour moi, Ser… » Mais ce dernier, point avare de paroles comme de bon mots ne lui laissa point le temps de décliner ses identité, si bien qu’Oberyn se fendit d’un silence poli, imposé par les convenances comme la stricte éducation dispensée par Dame sa Mère, pour accueillir les remarques de l’intrigant personnage. Il lui fut agréable de constater que le jugement de ce pair nouvellement rencontré abondait dans son sens et le dépeignait comme une personne au cœur bon qui s’était contenté de manier un court instant la crainte sans pour autant recourir à de violentes méthodes. Un point que le jeune Dornien se refusait à employer pour les gens du commun qui avaient, toujours, eu la primeur de sa protection chevaleresque. C’est la voix perclus d’une légère gène qu’il amorça un début de réponse immédiat à l’attention du Chevalier de Pince-Isle : « Vos propos me touchent, Ser, mais je me devais de formuler des excuses au nom de la noblesse. J’ai en horreur l’idée que des attitudes qui me sont propres puissent en venir à jeter l’opprobre sur le nom de ma maison… » Un important point aux yeux de celui qui n’était chevalier que depuis un petit couple d’années. S’il agissait, probablement, en jeune idéaliste, c’est du fait de bien des échanges comme des rencontres lors de ce Tournoi de Port-Réal qui l’avaient changé de jeune cavalier suffisant à début de chevalier respectable lancé sur la route le menant à la garde ouvragée de l’Epée Aube. Sans coup férir, le jeune homme à la crinière or argenté ne manqua point de poursuivre : « Au nom de la Mère, nous avons juré de protéger le faible et l’innocent alors que la Jouvencelle nous a fait jurer de protéger toute femme… Mais c’est devant le Père que nous avons juré d’être juste et je me figure que c’est par justesse que j’eu usé de la peur afin d’éloigner cette pauvrette de la voie qu’elle tentait d’emprunter. Telle activité aurait bien pu l’opposer à d’autres être qui n’auraient éprouvé aucun remord à la molester, si ce n’est pire… Puissent les Sept veiller à ce que cela ne lui arrive jamais. »

Le jeune Oberyn ne prenait point ses vœux à la légère. Si la pauvrette s’était proprement présentée à lui en quémandant quelques monnaies, c’est naturellement que le jeune homme lui en aurait sacrifié. Point de quoi attiser les convoitises, mais suffisamment pour lui faire oublier quelques jours de misère. Né dans l’aisance et sous le toit d’une riche forteresse, il ne trouvait que trop normal de parfois rendre un peu de cette chance à tous ceux qui n’en avaient point bénéficier. Tout particulièrement aux orphelins et autres êtres brisés comme bafoués par la nature qu’il tenait en affection sans s’expliquer pourquoi. Au moins semblaient ils tous deux se rejoindre sur la bassesse dont pouvait faire preuve l’être humain et c’est dans le mutisme que le jeune chevalier savoura le chaleureux sourire de son ainé, lui renvoyant un pincement de lèvres gêné. Cet homme avait définitivement dans son aura quelque chose d’aussi impressionnant que magnétique.

Observé de la tête aux pieds par le Chevalier de Pince-Isle, Oberyn se hasarda à satisfaire sa curiosité en mirant de ses pupilles bleu persan pailletées d’améthyste le visage du Ser Celtigar, alternant avec celui du jeune ébéniste. La répétition des œillades sembla confirmer, aux yeux du Dornien, une certaine ressemblance qu’il n’aurait point totalement pu qualifié de paternelle sans risque. Ceci étant, le sigisbée des Montagnes Rouges se rendit compte qu’il n’avait toujours pas décliné son identité et alors qu’il s’apprêtait à dévoiler son patronyme, son ainé le cueillit en le qualifiant de « Ser Dayne ». Comprenant qu’il avait probablement déduit son identité des armoiries de son surcot, il éprouva une certaine admiration muette, sachant pertinemment que lui-même n’aurait jamais pu réussir pareil tour d’esprit. Ayant toujours, plus ou moins, considéré que les livres n’étaient faits que pour les Mestres et le récit d’exploits passés, ce n’était pas peu dire que le Chevalier de Dorne manquait cruellement de connaissance sur le reste du monde. Sa science de l’héraldique lui venait plus de l’expérience des Tournois aux côtés de sa famille comme de Ser Waymard Estremont que de la lecture assidue de bon nombre d’ouvrages reliés. Affable, c’est de bon cœur qu’Oberyn entreprit de répondre :

« Non, en effet. Ma famille et moi-même avons quitté les Météores afin de nous rendre au Tournoi donné en la Capitale. Nous nous en retournons donc chez nous, aspirant à passer par les Marches de Dorne pour visiter ma famille Maternelle : les Carons de Séréna. » S’il n’avait toujours pas dévoilé son appartenance à la principale Branche de la Maison Dayne, ni même son statut d’Héritier de la Maison, il ne faisait aucun doute qu’esprit affuté comme celui de Ser Lothar ne manquerait point de déduire bien des éléments. « A dire vrai, nous bénéficions de l’hospitalité de Lord Frétilletrique qui fut compagnon d’aventure de mon oncle par le passé. Les appartements du château sont plus profitables à la santé de mon bambin de sœur, selon les dires de Dame ma Mère, qu’un bivouac dans les bois… » S’il éprouvait une profond amour pour sa famille, il ne pouvait point s’empêcher de pester contre la fragilité de la petite, les obligeant à défiler dans moult châteaux dans des processions qui duraient irrémédiablement plusieurs jours. A ce rythme, il serait vieux et fripé quand ses yeux retrouveraient le scintillement blanc des Météores… « A propos, je me prénomme Oberyn, Ser ! »

Chaleureuse fut l’énonciation et accompagnée d’un des sempiternels mouvements de tête singeant une courbette qu’appliquait son propre père quand il déclinait son identité. A mesure que tournait la roue du temps, Oberyn piochait bien des habitudes paternelles sans vraiment s’en rendre compte. Sa déférente présentation terminée, non sans qu’elle intime au jeune ébéniste l’impression que le jeune chevalier était vraiment un suffisant personnage, la future Epée du Matin inspira silencieusement avant de porter son propos sur une interrogation qui trottait depuis bien le début de leur entretien dans son esprit. Aussi, il ne manqua point de reprendre la parole en questionnant avec courtoisie.

« Lors du Tournoi de Port-Réal, j’ai assisté à une joute d’un Chevalier Celtigar après avoir été démonté. » Le souvenir de son élimination sans gloire restait pour le moins cuisant tant il pensait profiter de ce Tournoi pour se faire un nom aux yeux de la foule. Au moins garderait-elle en tête l’incroyable passe d’arme qui l’avait opposé à Bennifer Nerbosc. Une allégorie de talent comme d’intensité qui avait su arracher bien des cris à la plèbe de la Capitale. Peut-être Ser Lothar l’avait-il miré également ? Passant outre ces interrogations momentanées, l’Héritier de Lord Olyvar reprit alors son propos : « Il me semble qu’elle l’opposait à un Chevalier de la Maison… Rogers si ma mémoire est bonne… » Une joute tout aussi prenante et agréable regarder où le jeune chevalier avait pu puiser quelques leçons d’attitude comme d’esquive de la part des deux participants. Mais également de courage de la part de l’un d’entre eux. Et Oberyn de l’interroger : « Ce Chevalier Celtigar… Etait-ce vous messer ? »

L’interrogation finale fut prononcée sur un timbre où perçait l’espoir de voir un visage sur l’un des chevaliers qui avaient atteint le panthéon de ces héros de jeune homme au cœur d’un Tournoi qui n’avait pas manqué de couronner des Champions comme de générer des exploits. Sur ce point, le jeune homme était resté une sorte de grand enfant et ne manquait point d’admirer ses pairs pour leur talent à la joute, un domaine où il n’excellait point véritablement. Son talent propre venait de l’art de jouer des épées, comme il en avait fait la démonstration à la jeune Annabelle Solverre dans un moment de complicité secret qui garderait comme unique témoin les premières lueurs de l’aube. Une rencontre mémorable parmi d’autres qui l’avaient, progressivement, fait sortir de sa chrysalide… Si le Chevalier de Pince-Isle s’était montré loquasse, le Dornien des Montagnes Rouges ne restait pas en reste pour reprendre presque immédiatement la parole et renvoyer la pareille à son interlocuteur dans un questionnement qui s’accompagnait d’un autre :

« M’est-il, également, permis de questionner le pourquoi de votre présence dans cet endroit pour le moins… Miteux, c’est bien le mot ! » Un sourire amusé ourla à nouveau les lèvres fines du Dornien, référence assumée au propos que le Ser de Pince-Isle lui avait adressé il y a peu. Au moins ne trouverait il pas, ici, caractère à réprimer ses critiques du caractère boueux comme délabré de la bourgade bordant le château. Ainsi, le jeune homme ne tarda point à poursuivre en dévoilant la théorie que lui avait intimé ses observations : « Seriez-vous là pour quelques affaires familiales ? » Les traits communs ainsi que certaines attitudes en avaient instiller l’idée dans son esprit, aussi Oberyn ne tarda t’il pas à formuler sa question en désignant sans rudesse le jeune ébéniste non loin : « Vous avez avec cet enfant des airs similaires… Serait-il votre fils ? »

La résolution de telle énigme comme la formulation de telle théorie n’était point à même de faire passer la future Epée du matin pour le plus savant des Mestre mais au moins témoignait elle d’un certain sens de l’observation ainsi que d’une capacité d’analyse comme de déduction pas totalement rouillée au profit de la seule science du maniement des épées comme du port des armures. Quelques maigres qualités que seraient, peut-être, à même d’attirer sur lui l’intérêt de ce personnage à la saisissante aura… Un intérêt qui serait dès lors accueillis par un visage affable et une attitude avenante.




« Seal my heart and break my pride,
I've nowhere to stand and now nowhere to hide,
Align my heart, my body, my mind,
To face what I've done and do my time. »


Dernière édition par Oberyn Dayne le Dim 7 Avr 2013 - 7:14, édité 2 fois
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Message Sam 23 Mar 2013 - 0:08

C’est avec un amusement taquin peu discret qu’il remarqua la gêne et l’admiration du jeune chevalier pour sa personne. Cette réaction fit sourire le Chevalier-aux-Crabes qui avait appris à prendre avec légèreté et flegme ce type de comportement. Malgré le plaisir que l’on en ressentait – se faire admirer était toujours un doux contentement, il fallait bien l’avouer – Lothar avait toujours opté pour rester lui-même, sans fioritures aucunes. Ou presque. Quelques petites boutades et autres pantalonnades n’avaient jamais fait de mal à personne.

Alors que le ser Dayne lui enserrait la paluche, Lothar remarqua l’éclat particulier de ses iris : une teinte proche du bleu indigo, portant sur l’améthyste. Son étonnement se traduisit par une légère hausse de sourcils, presque imperceptible, sans pour autant lui faire perdre sa risette. Bien au contraire d’ailleurs. Sa curiosité était attisée par ce jeune Dornien – chevalier de surcroît – et qui semblait émettre une certaine aura de sympathie, cachant un véritable sens de l’honneur tel qu’on en fait peu.

La représentation qu’il se faisait du ser Dayne fut confirmée par ce dernier, alors que celui-ci reprenait la parole. Les mots qu’il prononça – bien que légèrement bredouillants en premier lieu – s’affirmèrent avec force et conviction, au fur et à mesure que ces vœux de chevalier lui revenait à l’esprit. Les yeux de Lothar s’illuminèrent devant le discours, lui faisant échapper un sourire emplit de fierté. Malgré le jeune âge qu’affichait le chevalier de Dorne, ce dernier se posait clairement comme l’un de ces chevaliers qui avaient le respect et l’amitié acquise du ser de Pince-Isle. Et son aisance à manier le verbe – de belle façon d’ailleurs – contribuait de même à avoir la sympathie du Celtigar. Il avait en face de lui un interlocuteur intéressant, et un Dayne de surcroît.

En effet, la réputation des Dayne des Météores n’était plus à faire, notamment pour un fin connaisseur des familles de Westeros tel que l’était ser Lothar Celtigar. Outre la fameuse Aube, l’épée légendaire de la famille Dayne tirant son immaculée couleur du minerai d’une météorite des temps anciens, la maison du lointain Dorne avait pour réputation de compter parmi ses rangs de fiers et nobles personnages. Malgré nombre de pérégrinations sur les routes et quantité de rencontres diverses et variées, c’était la première fois que le ser de Pince-Isle se retrouvait en face d’un Dayne. Amusé, Lothar se prit à penser que le fougueux et lunatique Destin avait peut-être placé ce noble chevalier sur sa route.

Pendant que le ser des Météores récitait des bribes de ses vœux de chevalier, Lothar jeta un œil discret à son jeune Caleb qui ne perdait pas une miette de la scène qui se déroulait sous ses jeunes yeux ébahis. Sans perdre son large sourire, il lui fit un discret signe de tête pour lui indiquer les quelques clients qui se pressaient contre son étal. Après un léger raclement de gorge du Chevalier-aux-Crabes, le jeune ébéniste remarqua les curieux et se détourna à contrecœur des deux chevaliers. Amusé de la scène, Lothar riva de nouveaux ses iris sur ceux du ser Dayne quand ce dernier déclina son identité. Oberyn. Oberyn Dayne. Ce nom ne lui était pas inconnu, d’autant plus que le jeune homme venait de lui avouer revenir du Tournoi de Port-Réal et que Lothar avait assisté à la Joute d’un ser Oberyn Dayne – Joute qui s’était malheureusement révélé malchanceuse pour ce dernier. Mais c’était surtout le duel contre ser Nerbosc qui avait fait tilter Lothar. Un bien beau combat. Il comptait demander des précisions quand ser Oberyn le prit de vitesse.

    « Ah ah ! Vous avez une bonne mémoire et un sens de l’observation aigu cher Oberyn ! » s’écria le Chevalier-aux-Crabe en souriant. « C’était bien moi en effet ! Je joutais contre ce satané pourceau de l’Orage, ce Corwin Rogers. Un odieux pantin imbu de lui-même et ayant l’honneur d’un rat d’égout lubrique… » La mine de Lothar s’était assombrie, et il dût de retenir de cracher sur le sol. Passant une main dans ses cheveux courts, il afficha de nouveau son sempiternel sourire. « Veuillez m’excusez ser, la colère peut me rendre vulgaire et peu amène. C’est juste que… Je ne supporte pas ce genre de personnage. D’autant plus quand il est censé donner l’exemple par son statut de chevalier. Enfin, que voulez-vous, je ne peux malheureusement pas changer le monde. » Les yeux rieurs du Chevalier-aux-Crabes s’attardèrent un instant sur le jeune Caleb. Ce dernier usait de son éloquence innée pour vendre ses pièces devant un parterre de gus captivé. Se grattant pendant quelques instants un coin de sa barbe de quelques jours, Lothar reprit la parole. « Mais vous n’êtes pas en reste non plus cher Oberyn. Si je ne m’abuse, c’est vous que j’ai vu jouter et croiser le fer avec ser Bennifer Nerbosc. Malgré un début un peu difficile, vous nous avez glorifiés d’un beau spectacle ! Ah ah, je ne vous avez point reconnu sans votre heaume ! »

Considérant comme acquis la simplicité et l’honnêteté du jeune homme, Lothar n’hésita pas à lui faire une accolade bourru et fraternelle, qui en aurait surpris plus d’un. Rares étaient les chevaliers aussi familiers, mais que voulez-vous, Lothar est un original. Et l’allusion à sa présence ici le fit sourire de nouveau.

    « Je suis un chevalier errant. Par conséquent, ce genre de cadre fort charmant fait partie de mon quotidien. Pour vous dire, il y a des fois où je me demande si les débits de boissons ne présentent pas des paillasses plus aguichantes que celles des petits châtelains ! » Le trentenaire étouffa un toussotement avant de reprendre d’un ton plus calme. « Pour être plus sérieux, je fais actuellement route vers votre contrée natale, Dorne. Faisant partie de ces personnes rêveuses et éprises d’aventure, je me suis fait la promesse de découvrir les merveilles de ce continent, et même au-delà ! Que voulez-vous, le désir de découverte est dans le sang des Celtigar. » Affichant un sourire, doublé d’un petit haussement d’épaule, Lothar posa sa main sur la bourse qui pendait de sa ceinture ; dedans se trouvait des babioles diverses, souvenirs de ses errances incessantes.

Un mouvement proche capta soudain son regard, et le Chevalier-aux-Crabes constata un Caleb satisfait de lui, qui venait de reprendre sa place de tantôt. Ses yeux espiègles se posèrent tour-à-tour sur son père et sur le ser de Dorne, sans dire mot. C’était d’ailleurs peut-être son retour qui avait provoqué la soudaine question gênante d’Oberyn. Caleb baissa les yeux et fit semblant de se mettre à ranger des outils. Quant au chevalier de Pince-Isle, il resta silencieux quelques instants, le visage fermé, les yeux rivés vers la tignasse de Caleb. Était-il possible de faire confiance à ce jeune chevalier qu’il ne connaissait qu’à peine ? Serait-il digne de garder le secret ?

    « Avant de vous répondre, puis-je vous proposer de marcher un peu ? L’un des seuls intérêts de ce lieu est de présenter une petite colline présentant une vue agréable sur le village et les lieux alentours. Elle est à quelques minutes de marche. Nous y serons plus tranquilles pour discuter, si vous le voulez bien. »


* * *

Une dizaine de minutes plus, les deux chevaliers se tenaient sur la « fameuse » éminence de la bourgade. Située sur les hauteurs, aux abords des dernières maisons du village, les deux protagonistes bénéficiaient d’un point de vue sympathique. Pour un peu, le domaine des Frétilletrique paraissait presque mignon. Après avoir laissé son regard vaquer au loin, Lothar reprit la parole, d’une voix plus rauque qu’habituellement.

    « Vous avez vu juste ser Oberyn. Ce jeune ébéniste est bien mon fils. Il se nomme Caleb. » Le Chevalier-aux-Crabes replongea quelques instants dans le silence. Il ne savait pourquoi le jeune ser lui inspirait confiance, mais il sentait que ce dernier ne trahirait pas son secret. Ce qu’il redoutait était plutôt sa réaction. En effet, pour un chevalier oint par les Sept, les relations hors-mariages étaient proscrites. Et avoir un bâtard était pour la plupart considérait comme une ignominie. Pourtant, Lothar n’en avait cure. Caleb n’était pas le seul bâtard qu’il posséderait, car il était loin de mettre un terme à sa propension à profiter de la vie. Mais sa réputation dépendait d’un code d’honneur et de principes régis par des règles strictes, et il se devait de ne pas l’étalait aux yeux de tous – surtout devant ceux de ses pairs. Lothar posa de nouveaux ses yeux sur Oberyn. « Je suis loin d’être le parfait chevalier Oberyn, ça je le sais pertinemment. Pourtant, je ne regrette rien. Absolument rien. »

Le Chevalier-aux-Crabes esquissa un sourire, et reporta son regard vers le village en contrebas, attendant la réaction du jeune Dornien.
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Message Dim 7 Avr 2013 - 11:19


Chevalier lettré ne vit point que pour l’Epée.


Qu’il avait de l’allure ce Chevalier des Terres de la Couronne, enserrant de son immense paluche la main plus frêle d’un Oberyn qui paraissait bien peu de choses dans l’ombre d’un homme à l’expérience comme à l’allure tant et plus encore supérieure à la sienne. Ser Waymard Estremont avait pour habitude de dire que « Deux Chevaliers mus par le même sens du devoir sont à même de s’estimer dès lors qu’ils en viennent à voir leur dermes se toucher ». En cet instant, le prochaine Epée du Matin n’eut aucun mal à donner du crédit aux paroles de son Maitre désormais envolé sur quelques routes ou bien quelques sentiers. Et dire qu’un temps, il avait considéré le chevalier aux traits exagérément durs comme un parangon de sévérité. Qu’il pouvait bien regretter ses conseils désormais… Du coin de l’œil, le Chevalier Dornien vit l’enfant ébéniste s’éloigner pour reporter toute son attention sur les clients divers et variés arrivant au-devant de cet étal de fortune. Seul face au Celtigar errant, l’ainé de Lord Olyvar eut ainsi le loisir de voir se dernier dévoiler en un rien de temps deux facettes distingues de sa personnalité. D’amène débatteur au timbre posé, il se mua en un instant pour ne plus former qu’un sévère tribun à la voix comme à sentence frappant à l’image du grand océan : de façon violente et impitoyable ! S’il en parut un temps décontenancé, ce qui permit à Ser Lothar d’avancer des excuses sur l’explosion de sa colère, le jeune Dayne se montra attentif quant au pourquoi du déclenchement de cette dernière. La fureur laissa bien vite place à ce sempiternel sourire semblant peindre des traits de l’errant Chevalier, si bien que le Héraut des Aurores n’eut pas l’ombre d’un doute à avancer ses mots dès lors que son ainé porta ses sombres yeux sur la silhouette du jeune ébéniste.

« Allons, il est inutile de formuler des excuses à cet égard Ser. Pareils personnages ne sauraient trouver grâce à mes yeux également… » Sa formulation à peine terminée, les pensées du jeune homme se mirent à voler vers quelques représentants de leur fonctions originaires du Bief voisin. Combien d’entre s’étaient, de tous temps, montrés aussi moqueurs que morveux avec leurs semblables des Météores, ne les estimant que comme des portraits de Chevaliers au rabais ? Certes, quelques parangons fleuris n’avaient pas manqué de draper l’Héritier de la familiale Citadelle d’Honneurs comme de Respects que l’enfant Dayne ne pensait point mériter. Mais dans leur grande majorité, ces Chevaliers des Vertes contrées n’avaient fait que le mépriser, lui et ses semblables des Montagnes Pourpres. Il en avait gardé une rancœur tenace, de celle découlant de blessures secrètes qu’il ne convient pas vraiment d’étaler à la face du Monde…

Les compliments comme les éloges qui lui furent soudainement distribuées par l’Errant Chevalier eurent le don d’empourprer ses pommettes saillantes. N’aspirant point à la lumière, lui qui se réclamait tant de la nuit, Oberyn chercha toutefois à faire bonne figure face à la célébration de ses faits d’arme mais ne manqua pas d’être totalement désarçonné par la virile comme amicale accolade dont il fut la cible. Décidément, cet entier Chevalier avait tout pour s’affirmer comme un agréable compagnon autant que comme un idéal d’affabilité qu’il conviendrait de singer ! « Je… Je vous remercie Ser. Ce fut une joute palpitante mais des plus épuisante… » Au point de le faire trébucher dans la continuité face à une Blanche Epée ? Point sur qu’au summum de ses physiques capacités le Chevalier Dayne ne fusse tout de même capable de démonter le Garde Royal dénommé Corbray… Cherchant plus à voir dériver la conversation sur des sujets dont il ne serait point le centre, le jeune homme écouta religieusement son ainé avancer sa condition d’errant Chevalier comme son estime pour la vie de Château. Ayant lui-même été écuyer de pareil Chevalier et ayant vécu les plus palpitantes expériences de sa courte existence en ces temps reculés, il ne put pas donner tort à celui qui s’imposait plus que jamais comme un sympathique autant qu’intéressant personnage. Savoir que le trentenaire faisait route vers sa natale contrée intima au Dornien de lui proposer mêler sa course à celle de la Maison Dayne. Le Seigneur son Père comme son Oncle auraient tôt fait d’apprécier pareille personnalité ! Mais il se garda d’avancer la proposition qu’il entendait tout de même formuler, intrigué par les propos qui lui furent tenus. La découverte des mystères de ces terres comme de celles au-delà du détroit, Oberyn ne s’y était jamais réellement intéressé. A dire vrai, il n’avait jamais réellement questionné cet intérêt, estimant depuis fort longtemps que les livres étaient l’affaire des Mestres quand les Chevalier se devaient d’affuter leurs Epées plutôt que de régaler leur esprit des écrits de vieux Mestres désormais oubliés. Son intrigue passablement titillée, le jeune Chevalier s’apprêtait à questionner ce semblant de mentor quand il posa ses améthystes sur la satisfaite silhouette du jeune ébéniste de retour à leurs côtés. Désormais concentré sur la mise en bon ordre de ses outils, l’enfant ne vint pas à les importuner quand la voix de Ser Lothar proposa à l’héritier Dayne de l’accompagner dans l’arpentement de quelques sentiers. Muet, le Héraut des Aurores répondit favorablement à la proposition d’un hochement de tête et lui emboita le pas, gardant ses intrigues comme ses énigmes dans un coin de son esprit pour mieux révéler, plus tard, les questions que son interlocuteur avait soulevé en son être.

* * * * * * *

Tout drapé qu’il fut dans sa pelisse d’Hrakkar, Ser Oberyn ne manqua pas de gouter la désagréable morsure du vent cinglant son visage d’une bise aussi fraiche que désobligeante. Gravissant la colline dans l’ombre de ce Chevalier Géant, l’Héritier des Météores se figea tout à fait aux côtés de son semblable pour mirer le panorama que leur offrait leur petite escapade. Se complaisant dans l’admiration d’un décor qu’il avait préalablement moqué, le Chevalier Dornien fut ramené à la réalité par les mots de Ser Lothar. Ses hypothèses s’avérèrent donc fondées et il s’avérait bien que le jeune ébéniste qui lui fut présenté n’était rien d’autre que le fils du Chevalier Celtigar et qu’il se prénommait Caleb. A l’image de la figure de haute stature à ses côtés, Oberyn garda un temps le silence, songeant à bien des choses qu’il eut plus ou moins récemment fait… Les mots de Lothar vinrent à nouveau à ses oreilles, énonçant qu’il ne se considérait point comme un parfait Chevalier et qu’il n’en éprouvait pas le moindre regret. A ces mots, le Dornien Sigisbée ne répondait point immédiatement, laissant son regard porter au loin vers le Château qui renfermait l’entièreté de sa Famille pour l’heure. Finalement, c’est au travers d’une souffle qu’il parvint à énoncer : « Vous avez bien de la chance, Ser. Mes regrets ne cessent de me tourmenter… » Nerveusement, le Chevalier des Météores happait de ses doigts la blanche fourrure tombant de part et d’autres ses épaules. La bâtardise, il n’en avait que faire, estimant les vertus d’Honneur et de Fierté comme étant plus propre au genre humain et aux Chevaliers que le strict respect des vœux qui leur fut sommé de formuler. Et de l’honneur, Lothar semblait en avoir à revendre autant que de la fierté pour ne démontrer aucun regret. Affable, il semblait satisfaire ses vœux de protection du commun sans sourciller. Dès lors, que pouvait bien représenter des incartades que quelques seuls élus comme illuminés pouvaient pleinement reprocher à la nature humaine. Oberyn ne serait pas de ceux qui les lui reprocheraient en tout cas, ayant lui-même bafoué ses vœux de chasteté dans les bras d’une prostituée de Port-Réal… Il en gardait une certaine forme de culpabilité poignardant ses entrailles à chaque regard vers ses actes passés et ne manqua pas, dès lors, d’avouer à l’errant Chevalier : « Je ne suis, moi-même, pas un parfait Chevalier... J’ai bafoué mes vœux dans les bras d’une fille de joie, souillant mes serments comme l’amour que je porte à une Lady des Osseux. Dès lors, comprenez que je ne serais pas de ceux qui chercheront à juger… Par ailleurs, j’ai toujours plus estimé l’Honneur et la Fierté au strict respect des vœux que nous eûmes à formuler. »

Peut être ses mots lui vaudraient ils de la sympathie ? Peut-être ne serait-il qu’à même de récolter du mépris ? Qui sait ? Le respect des vœux avaient tant d’importance aux yeux de certains de ses comparses… Mais comment pleinement les satisfaire des lors qu’on ne vous fait que jurer, encore et toujours, des serments qui parfois s’opposent ? Déjà en ce temps, Oberyn questionnait la pertinence de ses serments questionnant les Sept sur le bien-fondé de leurs souhaits d’allégeances quand leurs serviteurs seraient, invariablement, amenés à en briser pour en exaucer d’autres. Des tourments qui, bien des années plus tard, ne manqueraient pas de s’être renforcés… Préférant chasser d’un nonchalant mouvement de tête ces sinistres pensés, le Dornien Sigisbée tourna son faciès en direction de son ainé, mirant ce dernier de ses éclatantes améthystes alors qu’il avançait sur le ton de l’amicale confession :

« Vos errances me plongent dans le passé… Autrefois, je fus l’écuyer d’un Chevalier Errant et c’est sur les routes comme les sentiers que se sont écrites les plus belles pages de ma mémoire. Ser Waymard Estremont fut celui qui me guida sur la voie de la Chevalerie. Peut-être ce nom vous est-il familier ? » Hypothèse fort peu probable au demeurant, son Maitre n’ayant pas eu à jouir d’un réputation des plus flatteuse ni des plus brillantes dans les Sept Couronnes. Toujours est-il que ce vieux grincheux aurait plu au Celtigar. Oberyn les imaginait très bien devisant dans une des multiples tavernes miteuses où ils eurent à séjourner durant ses classes d’écuyer. Portant de nouveau son regard au loin, l’Héritier de Lord Olyvar reprit sans ambages : « Cette existence-là me manque… Cette liberté que nous avions à chaque journée que pouvait nous offrir les Sept. Maintenant, je me retrouve cloitré dans les murs d’une Citadelle où je me sens un peu étranger tant il y a bien longtemps que je n’y avais point mis les pieds… » Soupirant une sorte d’affliction, la Prochaine Epée du Matin exsudait la mélancolie comme la nostalgie. Et sur la même note de poursuivre : « Je hais le fait d’être l’ainé… Cette responsabilité d’être leur Héritier et d’avoir à assumer la survie comme sa croissance en ce monde… Je ne me sens pas de taille à les supporter. Mon jeune frère serait bien plus qualifié… » Intrigues comme responsabilités administratives l’avaient toujours fuit tant il abhorrait cet aspect de la fonction de Lord. Son terrain d’expression était la mêlée, là où chantaient les lames et où sa voix savait rallier à lui les hommes sous son commandement. Dans ses rêves, on le drapait de blanc et il n’était plus que dévoué à ce pour quoi il était né, abandonnant toute responsabilité… Se rendant bien compte qu’il donnait un sordide tournant à l’entrevue, centrant même cette dernière sur sa petite personne, le Dornien des Montagnes Rouges se ressaisit pour donner de la conviction à sa voix et clairement exprimer : « Veuillez me pardonner… Il n’est point dans mes habitudes de me lamenter. »

Reportant toute son attention sur son ainé, Oberyn lui adressa un sourire amène avant de pleinement reprendre contenance. Bien des questions assaillaient son esprit et il se fit fort de débuter sa saillie en avançant celle qui fondait la première à ses lèvres : « Vous parlez d’un ardent désir de découverte mais… En quoi cela peut-il bien aider un Chevalier ? » Qu’il pouvait avoir l’air d’un enfant simplet dans la formulation de cette question. Toute son éducation chevaleresque ne fut faite que dans le maniement de l’estoc comme dans le culte des Sept. La découverte ne pouvait-elle pas amener de quoi flétrir ces croyances comme ces compétences par le pouvoir de la… Nouveauté ? « Pardonnez ma… Rudesse mais… J’ai de tous temps pensé qu’on ne jugeait un Chevalier que par ses actes comme son Epée. De fait, les questionnements ne sont-ils pas le propre des Septons quand les écrits sont ceux des Mestres ? » Un gamin… Un gamin avide de Tournois comme de Mêlées qui n’avait pas encore connu les affres de la guerre et qui s’imaginait la Chevalerie comme étant le summun de la soldatesque en somme. Ainsi commença-t-il donc à être façonné en ce que, plus tard, l’on appellerait « Epée du matin » …




« Seal my heart and break my pride,
I've nowhere to stand and now nowhere to hide,
Align my heart, my body, my mind,
To face what I've done and do my time. »
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Message Jeu 2 Mai 2013 - 19:14

Sa chevelure grise et courte se soulevant doucement au grès des rafales que dispensait le roublard Zéphyr, ser Lothar observait le donjon sombre se dressant en face de lui. Son regard rêveur s’attarda sur les quelques pierres éparses présentant des signes de descellement, comme si le Temps lui-même était au ralenti.

Il l’avait avoué… Il avait révélé à un parfait inconnu son secret, son bâtard… Caleb. Il éprouvait énormément d’affection envers ce garçon et ne regrettait aucunement son geste. Pourtant, il se rendait compte qu’il avait révélé son lien de parenté à un chevalier inconnu, un comparse qui pourrait retourner cela contre lui. Un aveu qui pourrait lui coûter cher, et faire retomber sur sa famille un vent de déshonneur. Foutus lois…

Le Chevalier-aux-Crabes s’arracha à sa contemplation minérale, et tourna son regard vers le jeune Dornien. Quelle allure avait-il dans sa tenue de chevalier, son tabard aux couleurs flamboyantes et son incroyable pelisse de fourrure immaculée. Mais c’était son regard qui fit de nouveau sourire le trentenaire. Un regard améthyste, oui, mais dans lequel se percevait un cœur d’or et un honneur sans failles. Était-il en présence d’un de ses confrères qu’il respectait tant ? La réponse lui fut donnée par ser Oberyn lui-même. Apparemment, il n’était pas le seul à avoir enfreint ses vœux de chevalier, et l’espace d’un moment, en pure égoïsme éphémère, Lothar se sentit soulagé de ne pas être le seul dans ce cas. Il en avait croisé des chevaliers, pétris depuis leur enfance dans le moule parfait du bon soldat des Sept, presque « dressé » à crier à la faute dès que l’un de ces confrères présentait la moindre présomption de pêché… Il était exaspérant de constater que la Religion – peu importe laquelle – avait ce don pour endoctriner les gens au point de les empêcher de réfléchir par eux-mêmes…

    « Par ailleurs, j’ai toujours plus estimé l’Honneur et la Fierté au strict respect des vœux que nous eûmes à formuler. » La phrase prononcée par le jeune chevalier des Météores fit briller les iris du Chevalier-aux-Crabes. Cet étonnant jeune homme lui rappelait de manière flagrante le jeune chevalier qu’il avait été, emplit d’idéalisme et de questionnement. Posant sa forte paluche sur l’épaule de ser Oberyn, Lothar reprit la parole d’une voix grave et posée. « Sachez mon ami que nous partageons les mêmes valeurs. » Le chevalier le Pince-Isle détourna de nouveau le regard, et observa la populace qui allait et venait dans les semblants de ruelles du patelin en contrebas. « C’est peu de temps après mon adoubement que je me suis rendu compte du sens réel de nos vœux de chevalier. C’est une ligne de conduite, un fil directeur qui est censé guider nos pas et nos actes, et non pas les restreindre – du moins pas complètement. Suivre à la lettre chacun des commandements exprimés dans les vœux ne signifie pas être au diapason de toutes les valeurs que nous défendons. C’est de la simple poudre-aux-yeux pour la manne roturière, mais est-ce le plus important ? Pour ma part, je ne les considère pas comme des règles strictes rythmant chaque instant de mon existence. » Le chevalier Celtigar reporta son attention sur Oberyn, affichant un large sourire qui creusa les traits de son visage. « Un Septon passerai par là que j’ne donnerai pas cher de ma peau ! Ha ha ! » Malgré les circonstances, Lothar ne pouvait s’empêcher de plaisanter. C’était plus fort que lui et ce qui lui avait souvent le surnom de « Ser Bout-en-train » de ses détracteurs. Lothar reprit son sérieux, sans pourtant abandonner son rictus joyeux. « Enfin… Toujours est-il que je pense que nous avons aussi le droit d’avoir notre libre-arbitre, et qu’il est important de se détacher de nos vœux, sans pour autant les renier. »

Alors que le vent redoublait d’effort pour les ébouriffer le plus possible, le fier Dornien reprit la parole, sur le ton de la confession qu’avait entamé le Chevalier-aux-Crabes quelques minutes auparavant. Sans s’être donné le ton, les deux hommes semblaient se défaire du poids de leurs fardeaux personnels, et le fait d’en parler avait quelque chose de véritablement libérateur. Quand le jeune Oberyn avoua sa nostalgie de l’errance, de la liberté que cela procurait, et du poids du droit d’ainesse, Lothar acquiesça doucement, regardant sérieusement son interlocuteur.

    « Je comprends tout-à-fait Oberyn. Je n’échangerai pas ma vie, même contre tout l’or des Sept Couronnes et des terres d’au-delà du Détroit. Ce sentiment de liberté – ce besoin même ! – a quelque chose d’égoïste, et il est difficile de s’en passer, ou du moins de le refréner. J’ai eu la chance d’être le second fils de ma lignée, et d’être bercé par un père féru d’aventures et de mystères antiques. C’est cette curiosité du monde qui nous entoure, ce besoin de tout voir, tout en aidant autant que possible son prochain, qui m’a poussé vers ce choix de vie. » Lothar soupira de contentement. Dans son esprit, une multitude d’images défila, chacune représentant une fraction de sa vie l’ayant profondément marquée : une rencontre palpitante, un paysage émouvant, une aventure exaltante… Tout n’était pas rose, il ne fallait pas le nier, mais pourtant, le chevalier de Pince-Isle ne ressentait qu’un certain contentement quand il se remémorait ces actions passées. « Je n’ai pas eu l’honneur de connaître ton valeureux maître, mais il me semble t’avoir transmis le germe de la Liberté mon bon ami. » Lothar affiche un de ses sempiternels sourires tendre. « Et ne t’en fait pas, je ne te tiens pas rigueur de me faire part de tes réflexions. Il est normal d’éprouver ce genre de sentiments quand l’espoir de ta famille, de ta maison, repose sur tes épaules. Il faut juste… Passer outre. C’est plus facile à dire qu’à faire, j’en ai terriblement conscience, mais il est important de se recentrer sur le présent, sans pour autant se détourner de son passé. Ces expériences resteront à jamais gravées en toi, et il n’est pas question de les oublier. Il faut juste faire la part des choses, enfin c’est un avis comme un autre l’ami. » Lothar lui jeta un clin d’œil affectueux, et reporta une nouvelle fois son regard sur le paysage qui se déroulait sous leurs yeux.

Un silence de plusieurs minutes germa entre les deux chevaliers. Chacun semblait plongé dans ses propres pensées, seul le sifflement continuel du zéphyr les entourait. Soudain, la voix hésitante du jeune Dornien s’éleva, arrachant le Celtigar songeur de ses pensées. Lorsqu’il entendit le questionnement, ce dernier leva la tête vers le ciel, un grand sourire esquissait sur les lèvres. Parler de son autre but dans la vie le mettait toujours dans un état d’euphorie.

    « C’est une question qu’on m’a souvent posé, et ne vous en excusez pas, c’est tout naturel d’être curieux à ce sujet. » Le chevalier de Pince-Isle tourna vers le jeune Oberyn un regard brillant. « Comme je vous l’ai avoué tantôt, j’ai été bercé dès mon plus jeune âge par des contes parlant d’aventures, de mystères et d’histoire. Il faut savoir que notre famille, les Celtigar, sommes véritablement férus d’Histoire ancienne, et j’ai suivi tout naturellement les traces de mon père, cet historien inconditionnel. » Lothar fit une pause, songeant avec un sourire aux accès de folie douce qui prenait de temps à autre son père quand il avait une idée derrière le crâne. Espérant que cela n’atteigne pas ses facultés cognitives à la longue… « Quoi qu’il en soit, il m’a transmis cette lubie des choses anciennes, des reliques de l’ancien temps, et je parcoure les Sept Couronnes en quête d’histoire et de trésors à rapporter à la forteresse familiale. » Lothar jeta un regard amusé à Oberyn, voyant son expression trahir une certaine incompréhension. « Oui je sais, c’est plutôt étonnant de la part d’un chevalier. Et ne vous en souciez pas, nombre de personnes m’en ont fait la remarque ha ha ! Mais écoutez, c’est une passion qui m’habite et qui ne me lâche plus depuis que j’ai eu l’âge de comprendre le monde. Cela n’aide pas à proprement parler le chevalier que je suis, mais plutôt l’homme qui se cache derrière l’armure et l’épée. C’est en partie l’un de mes buts dans la vie, et un autre fil conducteur qui se rajoute à celui de mes vœux. » Quand Oberyn fit la remarque sur les Mestres et Septons, Lothar reprit de plus belle, une certaine verve dans la voix. « En effet, aux yeux de notre société, ce sont des questions qui sont plutôt réservées aux mestres. Pourtant, vous ne vous imaginez pas à quel point ces interrogations et cette quête de savoir sont tout bonnement excitants ! Cette recherche constante du passé, de l’histoire de nos ancêtres, procure une véritable poussé d’adrénaline – à l’instar de ce que l’on ressent dans la fièvre du combat ! Et je vous assure que c’est un sentiment qui me porte véritablement sur les routes… » Lothar affichait un regard qui en disait long sur sa passion d’histoire, et Oberyn ne pouvait que le ressentir, telle une aura flottante entourant le Celtigar. « Quoiqu’il en soit, cette passion fait partie de moi, et je crains de ne pouvoir jamais m’en débarrasser ha ha ! D’ailleurs, cela rejoint aussi mon désir ardent d’explorer le continent entier – et même au-delà ! Saviez-vous que je nourris depuis plusieurs mois l’idée folle de naviguer au-delà du Détroit, dans le continent mythique d’Essos ? Découvrir de nouvelles cultures, de nouveaux peuples, de nouvelles villes m’emplit déjà d’un plaisir que j’ai du mal à contenir ! Imaginez-vous un seul instant les richesses culturelles de ces contrées exotiques ? Cela doit être une expérience tout simplement exceptionnelle ! » Lothar se rendit soudain compte de l’élan de folie qui l’animait depuis qu’il parlait des contrées d’au-delà des mers. Il se rembrunit. « Pardonnez-moi mon élan de frénésie, mais cela me tient véritablement à cœur. Je ne sais même pas encore si je vais réaliser ce rêve un jour, mais j’y songe de plus en plus fréquemment. Je sais, c’est une pure folie n’est-ce pas ? » Le chevalier de Pince-Isle afficha un grand sourire à un jeune Dayne décontenancé. « Enfin… Trêve de bavardages. Redescendons en ville, voulez-vous ? Si je ne m’abuse, vous comptiez acquérir l’une des créations de Caleb, n’est-il pas ? Je peux vous obtenir une ristourne sans soucis, vous savez ? »


Accompagné par le rire peu discret du Chevalier-aux-Crabes, les deux compères se dirigèrent de nouveau vers la petite bourgade fort charmante…
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Oberyn Dayne
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• Epée du Matin •
◌ Vision du Guerrier ◌
• Champion de la Maison Martell •

« Honneur, Loyauté, Sacrifice. »

♦ Missives : 2094
♦ Missives Aventure : 87
♦ Age : 29
♦ Date de Naissance : 30/03/1988
♦ Arrivée à Westeros : 17/09/2012
♦ Célébrité : Jamie Campbell Bower
♦ Copyright : Violain <3
♦ Doublons : Gunthor Estremont
♦ Age du Personnage : 25 ans
♦ Mariage : Fiancé à Edarra Ferboys
♦ Lieu : Citadelle des Météores.
♦ Liens Utiles :

Disponibilité : 3/4 RP's
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Message Sam 4 Mai 2013 - 21:57


Chevalier lettré ne vit point que pour l’Epée.


Il sentit son cœur bondir dans sa poitrine quand le Chevalier aux Crabes répondit à sa tirade sur l’importance de l’Honneur comme de la Fierté en lieu et place du pur respects des vœux qu’ils avaient, jadis, formulés. Ser Lothar venait de l’affubler du terme d’ami et le jeune homme se sentit pousser des ailes, jetant une œillade de biais au Chevalier qu’il estimait. Ne comprenant pas vraiment si la formulation relevait de la pure politesse ou si elle traduisait une vérité profonde déclamée par l’Errant de la Maison Celtigar, Oberyn la reçut comme un semblant de présent qu’il convenait de chérir autant que de savourer. A ses yeux, son ainé avait tout de l’idéal à atteindre, ses confessions ne l’ayant rendu que plus sympathique à ses yeux. La main posée sur son épaule fit office d’appui solide et le jeune homme continua à mirer le visage de son ainé avant de porter son regard plus bas, vers ces gens du commun de l’Orage. Dire qu’il avait moqué le patelin à son arrivée, il ne l’aurait point fait s’il savait quel trésor de rencontre il y trouverait ! Il opina du chef en accord avec les propos de Lothar, étirant un sourire quand il vint à espérer ne jamais voir son verbe entendu par un Septon. Ah les Spetons… Oberyn n’avait que trop goutté leur morale comme leur ferveur pour ne pas voir en leurs psaumes qu’un idéalisme impossible à réaliser. Jurer, il n’avait fait que ça depuis sa naissance, formulant des vœux tous plus complexes et opposés les uns que les autres. Comment tous les respecter sans en briser d’autres ? En appliquant la maxime que vint lui conforter le sémillant trentenaire : en appliquant son libre arbitre.

« Sur ce point, je ne peux que vous rejoindre, Ser. » Sa chevelure d’or argenté battue par les vents se souleva dans le zéphyr, singeant une cape de fils d’or emportés par la bise. Il resta un instant sans prononcer un mot, une fois ses confessions nostalgiques du temps de ses errances prononcées. La compassion affichée par son ainé lui fit chaud au cœur, laissant même germer un bout de sourire à ses lèvres à peine ourlées. Penser à toutes ses futures responsabilités avait le don de l’effrayer. Il aurait aimé ne jamais avoir été l’ainé de sa fratrie. Mais il semblait que les Sept avaient pour lui de grands projets, des projets qui le dépassaient par leur complexité. Tout juste cherchait il à donner visage affable à sa fonction tout en apprenant des autres ce qu’il serait, plus tard attendu de lui. La blanche Epée Gwayne Corbray avait débuté, Ser Lothar reprenait le flambeau pour inculquer un peu d’esprit dans cette fougue Dornienne. L’avis du natif des Terres de la Couronne dispensé, Oberyn se fit un de voir de lui répondre avec la franchise qui le caractérisait : « C’est un avis qui m’est précieux, Ser. Il me confirme que je n’ai pas à souffrir de cette expérience passée mais que je me dois de l’utiliser pour transcender les fonctions qui, plus tard, m’incomberont. J’ai longtemps raillé ceux qui jugent que chevalier errant, chevalier brigand sont les deux flancs de la même lame. De brigands je ne connais point, je n’ai eu l’honneur que de côtoyer des hommes sages. Vous exerceriez le pouvoir avec la plus grande sagesse m’est d’avis, Ser. »

Le silence fut aussi long que pesant avant qu’Oberyn n’ose enfin le rompre. Du coin de l’œil, il questionna le pourquoi de ce sourire largement étiré par le Chevalier des Terres de la Couronne. La question que le jeune Dornien venait de poser était-elle donc si stupide que cela ? A moins que le Chevalier aux Crabes ne soit las de se l’entendre formuler. Un temps, Oberyn pensa qu’il allait être rabroué mais il ressentit, une nouvelle fois, le caractère franc, entier autant que paternel de son ainé. C’est ainsi presque religieusement que le jeune homme entendit disserter des origines de cette soif de connaissance venue de l’enfance comme d’un héritage familial. Un fait que le Chevalier des Montagnes Rouges sembla retrouver dans son propre parcours. S’il vouait un tel culte au maniement des lames, ne fusse pas depuis sa plus tendre enfance quand il s’amusait d’un bout de bois à affronter les vieux limiers familiaux singeant les Dragons ? N’était-ce pas car ses premiers pas furent au milieu d’une lice entourée de chevalier aux dermes hétéroclites et aux sourires avenant ? Jamais il n’avait tant prit conscience de l’influence d’une éducation sur la personnalité, aussi continua t’il à écouter dans le mutisme le plus complet. S’il ne comprenait pas totalement l’intérêt pour un Chevalier de mener une vie semblable à celle d’un chasseur de trésors comme d’un pilleur de tombe, au moins son expression d’incompréhension eut elle le mérite de faire sourire son ainé qui ne reprit que de plus belle. L’excitation du Chevalier de Pince-Isles lui rappela la passion qui animait le Mestre d’Accalmie alors qu’ils se rendaient vers le Tournoi de Port-Real. Ce dernier avait manifesté le désir ardent de pouvoir examiner Aube, la légendaire épée blafarde ayant échu à leur famille il y a de cela une éternité. D’elle, Oberyn savait seulement qu’il fut forgé à partir d’une Pierre tombée du ciel. Aussitôt, il sentit une certaine forme de curiosité monter en ses entrailles au sujet de cette lame qu’il savait destiner à l’Epée du Matin. Et s’il pensait bien ne jamais être jugé digne de porter pareil estoc, l’insulte faite à ses vœux dans les bras de la courtisane Maerie faisant de lui l’opposé d’un parangon de Chevalerie, le Dornien sentit monter en lui le désir d’en apprendre plus sur ses ancêtres, son origine comme celle de la Citadelle où il était né. Sans même le Soupçonner, Ser Lothar Celtigar avait prodigué l’étincelle allumant la passion de la connaissance dans le cœur comme dans l’âme du jeune Chevalier. Dès lors, ce dernier ne se départit plus d’une petit sourire conquis flottant sur ses lèvres. Il écouta ainsi Lothar, longuement mais avec passion. Lui aussi se mit à rêver passer le détroit pour y découvrir ses contrées hostiles qui avaient, autrefois, peuplé ses rêves d’enfant. Depuis quand n’avait-il pas pris le temps de rêver ? Bien trop longtemps, à n’en pas douter… Et quand vint l’instant de répondre au questionnement de son ainé, Oberyn lui adressa un franc sourire avant de parler :

« Je ne saurais dire si c’est pure folie, Ser… Néanmoins, je sais que si l’opportunité m’était donné d’ainsi voyager comme vous le rêvez, je n’hésiterais pas un seul instant. Je prierai pour que vous puissiez vous embarquer dans pareille équipée. De mon humble avis, c’est une expérience que vous méritez ! » De tout cœur il le lui souhaitait. Etonnamment, Oberyn en vint à penser qu’il devait avoir à faire à une rareté dans les Sept Couronnes. Pour que Ser Lothar parvienne à lui arracher son amitié comme ses amicales pensées après de courtes discussions, c’est qu’ils devaient être taillés dans le même bois. La chose avait un effet réconfortant, semblant lui indiquer qu’il n’était pas seul dans ce monde, accablé de cas de consciences. Bientôt, il commencerait à nouer des liens sacrés avec les Chevaliers de sa maisonnée. Pour l’heure, l’Errant des Terres de la Couronne était véritablement le premier de ses ainés avec lequel il se liait. Il retrouvait chez lui la rudesse comme le réconfort de Ser Waymard. De là à dire qu’il voyait en lui une seconde figure d’enseignement, il n’y avait qu’un pas… Hochant la tête à la proposition de s’en retourner vers la bourgade en contre-bas, Oberyn tint toutefois à formuler un refus poli quant à la suite de la proposition : « C’est aimable à vous Ser, mais je me dois de refuser ! J’insulterai le travail de votre enfant en ne le rémunérant pas à sa juste valeur… Et puis, sous ses abords bougons il m’est des plus sympathiques ce garçon ! »

Tout drapé qu’il fut dans sa pelisse d’Hrakkar, Ser Oberyn ne manqua pas de gouter la désagréable morsure du vent cinglant son visage d’une bise aussi fraiche que désobligeante alors qu’il se tournait pour emboiter le pas de son ainé. Ensemble, ils dévalèrent la colline d’un pas tranquille. Tout le temps que dura leur marcha, le Chevalier des Montagnes Rouges n’eut de cesse de penser aux propos que lui avait tenu son semblable. A la façon dont sa quête de trésor comme sa soif de connaissance avait peu à peu étouffé les envies de gloire pour lui permettre de s’accomplir comme l’homme qu’il était… Un homme auquel Oberyn pourrait bien avoir envie de ressembler. Leurs pieds foulaient à nouveau la boue de l’allée principale quand le Dornien se décida à rompre le silence qu’imposait leur marche : « Tout ce que vous m’avez dit… A propos de cette quête de la connaissance, de cette recherche des fragments du passé. Mon Père a pour habitude de dire qu’il n’est point possible d’imaginer un futur sans connaitre les fondements de son passé. A votre lumière, je crois que je viens de comprendre ce qu’il voulait m’expliquer. » Portant le regard vers le fier castel au loin, le jeune homme poussa un soupir. Mais un soupir qui n’exprimait nulle lassitude, juste la crainte de se voir face à une nouvelle épreuve qui saurait lui demander bien des efforts. Il avait l’impression de faire partie d’une de ces rencontres qui marqueraient un tournant dans son existence. Comme Gwayne Corbray l’avait initié à la volonté de parfaire son art de l’escrime jusqu’à en détester le simple fait de tenir une épée en main, par la force de l’entrainement comme du travail acharné, Ser Lothar Celtigar venait l’éveiller aux nécessités de la connaissance. Et par l’ignition de cette flamme en son âme, il lui permettrait de connaitre son passé, d’être fier de ses ancêtres pour mieux sublimer leurs actes. Déterminé, le jeune homme s’adressa à son glorieux ainé : « Nous autres Dayne possédons une Epée Légendaire : Aube. Aussi tranchante et éternelle que l’Acier Valyrien, elle reste entièrement discernable de ce métal par sa teinte blafarde. Et pour cause, cette lame fut forgée à partir d’une pierre tombée du ciel. Peu sont jugés dignes de la manier, mais les rares élus peuvent s’enorgueillir du titre d’Epée du Matin. »

Il se pouvait que ses propos enfoncent des portes ouvertes, que Ser Lothar soit déjà au courant de cette histoire, de la légende entourant la famille Dayne. Leur lame légendaire était jalousée par bien des Maisons de Dorne, de même que leur foi envers les Sept faisait de leur Blanche Forteresse une citadelle suscitant la défiance là où ils s’étaient toujours imposés comme de fidèles bannerets de la Maison Martell. Peut-être qu’un jour, le Chevalier vagabond pourrait voir le lieu où s’était abattu la pierre, au centre de leur forteresse édifiée tout autour. Calme, Oberyn reprit son exposé :

« D’aucun pense que la pierre tombée du ciel fut une larme de la Jouvencelle, émue de voir le premier Dayne prier les Sept après que ne lui fusse prise son épouse. Notre Mestre avance que la pierre n’est autre que le fruit de la Bataille de l’Aube, quand les Hommes et les Enfants de la Forêt s’unirent pour triompher des Marcheurs Blancs. Il avance que des Dragons aidèrent à repousser les créatures et que les fumées de leurs cadavres s’élevèrent dans les cieux, portées par des vents glaciaux qui les cristallisèrent pour donner naissance à une pierre chutant vers Dorne. La Citadelle de Villevieille rit encore de son hypothèse… » Le visage affable de Mestre Rolland lui vint en tête, ainsi que toute la crispation qu’il pouvait manifester quand l’on abordait le sujet. Jamais le Dornien n’avait porté tant d’attention à sa théorie qu’en l’instant. A n’en pas douter, il irait lui en parler une fois de retour dans leurs contrées. « Je ne sais ce qui est vrai, je ne sais ce qui est faux… Et je ne veux pas vous donner l’impression de vous singer, Ser, mais vous m’avez donné l’envie de me plonger dans le passé de ma Maison, de me nourrir des actes de mes ancêtres. A la lumière de leurs exploits, peut-être n’aurais-je plus peur de remplir les fonctions qui m’incombent ! » Il étira un sourire qui en disait long. L’appétit de la connaissance le gagnait, le désir de s’approprier son passé comme celui de sa Maison. A n’en pas douter, il serait fier de son héritage et entendait bien le faire sien. Quitte à dévorer bon nombre de parchemins, chose qui pour lui ne fut jamais aisée. Rêveur, il se laissa aller à la divagation : « Après tout, nous sommes peut-être bénis des Dragons sans même le savoir… » Eux que l’on disait ressemblant comme deux gouttes d’eau à la lignée des Targaryen… Leurs pas les approchaient plus encore de l’étal du jeune batard de Ser Lothar. Et alors qu’il repensait à l’arc imposant qu’il avait songé acheter, Oberyn ne manqua pas lâcher un ultime commentaire sur sa soif de savoir : « Quand vous viendrez vers Dorne, ce serait un plaisir que de vous voir nous visiter. Qui sait, peut-être qu’alors j’aurais bien des histoires à vous compter… » Comme quoi, quelconque endroit pouvait réellement receler des trésors de rencontre !




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Message Dim 5 Mai 2013 - 15:52

Le Chevalier-aux-Crabes rigola doucement de la remarque de ser Oberyn concernant sa capacité à commander et à exercer le pouvoir.

    « Oh vous savez Oberyn, ne soyez pas aussi hâtif dans vos jugements. Cela me flatte énormément, mais je ne pourrais que vous avertir de ne pas accorder votre confiance trop vite, notamment lorsque vous serez à la tête de votre maison. Il y a tellement de fins renards et de vipères sournoises parmi la noblesse de Westeros, qu’il faudra apprendre à user de prudence. » Jetant un regard brillant au jeune Dornien, le chevalier de Pince-Isle continua dans sa lancée, un rictus aux lèvres. « ‘Fin, je vous dis ça alors que moi-même, j’ai tendance à faire confiance facilement en n’importe quel gai luron de passage… N’est-ce pas un comble, hein ? » Lothar laissa, une fois encore, échapper un rire puissant. « Quoiqu'il en soit, je suis tout autant persuadé que vous dirigerez de façon juste et honorable votre maison et votre domaine quand le temps viendra Oberyn. Je ne suis pas doué du don de prescience bien-sûr, mais j’aime porter à croire que mon instinct ne se trompe jamais. Et… Je suis convaincu que vous avez une place acquise dans ce monde. »

L’originaire de Pince-Isle lui lança un de ses familiers clins d’œil, et prit les devants sur le chemin du retour. Malgré le vent cinglant, le brouhaha de la sombre bourgade se faisait entendre, au fur-et-à-mesure que les deux chevaliers se rapprochaient. Bientôt, ces derniers atteignirent les premières frondaisons de baraques et de gargotes, d’où s’échappaient un flot de cris et de bruits en tout genre. Repérant les lieux, Lothar reprit la direction de l’étal de Caleb, ser Oberyn à ses côtés. Le chevalier accueillit d’ailleurs avec un sourire la remarque de ce dernier.

    « C’est tout à votre honneur mon cher ! Et vous avez raison, c’est un sacré bougon quand il le souhaite ! D’ailleurs, c’est l’un des traits de caractère qu’il a hérité de moi, mais gardez cela pour vous, ha ha ! » Les deux hommes continuèrent de faire route vers l’étal de l’ébéniste, pataugeant dans la boue sombre et évitant autant que possible les nids-de-poule épars et gorgés d’eau. Quand Oberyn reprit la parole, Lothar perçu une intonation différente dans sa voix. Le chevalier de Pince-Isle sourit à la réflexion du jeune Dayne. « Un homme fort sage que votre Père, ser Oberyn. Je suppose que vous faites la route en sa compagnie, n’est-ce pas ? Si l’occasion nous aient un jour donné, ce serait un véritable plaisir de le rencontrer et d’échanger avec lui. » Le silence se fit de nouveau entre les deux hommes, et le « floc-floc » régulier de leurs bottes sur le sol détrempé s’imposa.

Quand le jeune Oberyn reprit la parole, l’attention du Crabe fut immédiatement captée. Ainsi donc, la légende de l’épée des Dayne, la fameuse Aube, était vraie ? Il n’en revenait pas… Nombre de fois, dans ses jeunes années, il avait aimé compulser avec avidité les nombreux ouvrages traitant des armes mythiques et légendaires que contenait la bibliothèque de Fort-Tempête. Sa passion pour l’aventure et l’histoire l’avait mené à imaginer moult combats dont il était le héros, portant haut la somptueuse arme familiale, Fend-les-Eaux, héritage d’un lointain passé. Il était d’ailleurs aujourd’hui l’heureux porteur de la relique en acier valyrien, mais ne l’avait encore jamais utilisée dans un combat. Mais là n’était pas la question… Parmi les épées légendaires et autres lames ayant appartenues à des guerriers mythiques, il se rappelait fort bien de cette étrange lame qui, selon les écrits, était dotée de propriétés magiques et divines. Aube, l’épée à la lame laiteuse… Lothar avait toujours était persuadé que cette arme existait, et il venait d’en avoir la preuve par l’héritier des Dayne lui-même.

Lothar resta silencieux et laissa Oberyn poursuivre son histoire. La légende impliquant les Sept, il en avait déjà entendu parler à de multiples reprises, mais il n’y avait jamais porté énormément de crédit. Il y avait forcément une véritable raison à l’apparition de cette pierre si mystérieuse et solide, et il était fort peu probable que les Sept y soient pour quelque chose. Malgré ses vœux, il fallait avouer que ces dernières années avait conforté le Chevalier-aux-Crabes dans son rejet paisible de la religion, et une autre explication était envisageable. C’est pourquoi le Celtigar haussa les sourcils et prêta grandement attention à l’hypothèse du mestre des Météores. Une bataille impliquant leurs lointains ancêtres, les Marcheurs Blancs et des dragons ? L’idée avait de quoi être déconcertante, mais elle avait le mérite de proposer un scénario plus rationnel. Lothar ne put s’empêcher d’intervenir.

    « Vous me laissez pantois mon bon Oberyn. J’ai entendu maints contes sur votre lame légendaire, et j’ai toujours su qu’elle n’était pas qu’une légende ! Des nombreux écrits que j’ai consultés au cours du temps, il a toujours été question de la légende de la Larme de la Jouvencelle… Histoire dont, je dois vous l’avouer, j’y porte peu de crédit, et ce depuis toujours. Il y a une explication réelle à l’apparition de ce minerai, et ce n’est point cette explication risible de larme qui tient la route ! » Lothar se racla la gorge et tourna son regard attisé par la curiosité vers le jeune chevalier. « Cependant, l’hypothèse formulée par votre bon mestre est inédite pour moi. Je la trouve d’ailleurs fort intéressante, et peut-être bien plus proche de la réalité qu’on pourrait le penser. On attribue au feu des Dragons toute sorte de propriétés, et cela ne m’étonnerait qu’à moitié qu’ils aient pu avoir un lien avec votre roche mystérieuse. » Le chevalier passionné semblait presque oublié la présence du jeune Dornien à ses côtés. « S’il y avait un moyen de prouver cette origine, cela ferait couler beaucoup d’encre… Et cela serait une découverte extraordinaire qui nous rapprocherait toujours plus prêt de la Vérité… » Lothar se rendit compte qu’il monopolisait la parole, et afficha une mine contrite d’un ridicule certain. « Veuillez me pardonner Oberyn, mais vous savez, quand je m’embarque dans des discussions touchant à l’histoire et aux reliques du passé, je peux facilement oublier jusqu’à l’existence de mon interlocuteur… Je vous en prie, reprenez. » Lothar afficha un rictus affable, et fit un signe de main au Dornien.

Les deux protagonistes arrivèrent bientôt en vue de l’étal de l’ébéniste. Mais le Chevalier-aux-Crabes ne pensait qu’à une seule chose : contenir ses pensées qui valdinguaient dans tous les sens, tant parler de la légende et de l’histoire d’Aube le mettait dans un état quasi-frénétique. S’il ne voulait pas, une nouvelle fois, affoler son interlocuteur par ses élans de parole, il fallait qu’il calme ses ardeurs. Passer pour un illuminé des trésors, très peu pour lui – même si ce n’était pas totalement faux. Et, sans le savoir, Oberyn participa à lui faire remettre les pieds sur terre.

    Lothar accueillit avec un étonnement et une félicité à peine camouflés les derniers mots de l’héritier des Météores. Le chevalier de Pince-Isle resta un moment sans voix, un large sourire aux lèvres, le regard brillant, avant de se reprendre. « C’est un réel plaisir de vous avoir inculqué la douce fièvre qui nous animent quand nous nous plongeons dans le passé. Je ne veux pas trop m’avancer mais, c’est une réelle félicité de découvrir les mystères de notre famille, et de notre monde. Je vous assure ! Même si une seule vie ne suffit amplement pas, il est important de connaître autant que possible ses véritables origines. Autant que source de courage, elles nous apportent un autre regard sur le monde qui nous entoure. Ne l’oubliez pas mon bon ami… » Les deux hommes tournèrent le coin d’une ruelle, et la petite place fut bientôt en vue. Lothar reprit la parole. « Et ce serait un véritable plaisir de passer par votre domaine ! Je n’ai jamais eu l’occasion de faire halte du côté des Montagnes Rouges, et vous savez déjà que je suis friand de découvertes ! En plus, avec un hôte tel que vous, je ne peux que m’y plaire dans votre contrée méridionale ! »

    Sur cette tirade, les deux chevaliers débarquèrent dans la petite place où se tenait toujours la carriole de Caleb. Le jeune garçon grignotait une pomme, regardant d’un œil vif et espiègle les badauds qui passaient ici-et-là. Le visage de ce dernier s’éclaira quand il aperçut son père. Ce dernier vint lui ébouriffer sa tignasse d’un brun foncé. « Caleb, mon garçon, je te présente ser Oberyn Dayne, de la province de Dorne. Il est toujours très intéressé par tes articles, alors je te laisse ! Et ne fait pas ton bougon, compris ? » Après un sourire moqueur envers son fils illégitime, le Chevalier-aux-Crabes se retourna vers un Oberyn toujours emmitouflé dans sa fourrure blanche. « Oberyn, je vous laisse entre de bonnes mains ! Je serais bien resté vous conseiller, mais je suis un novice absolu dans la facture d’arc, et je serai incapable de reconnaître un arc miteux d’un arc légendaire… C’est ridicule, mais je n’ai jamais su m’y prendre réellement avec ses bouts de bois tordus ! » Le Celtigar afficha un sourire contrit, et fit un clin d’œil à un Caleb tout sourire. « En tout cas ser Oberyn, c’était un réel plaisir de vous rencontrer aujourd’hui. Avoir un compère qui partage les mêmes idéaux que moi est chose peu courante, et c’est toujours des moments que j’affectionne. Et avoir un interlocuteur pour m’écouter délirer avec mes histoires de reliques et de voyages, je sais que ça peut surprendre, ha ha ! Merci pour votre écoute, et j’espère sincèrement garder le contact avec vous, et venir vous voir aussi tôt que possible. D’ailleurs, par pure curiosité, vous comptez rester combien de jours dans ce patelin ? »
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Oberyn Dayne
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• Epée du Matin •
◌ Vision du Guerrier ◌
• Champion de la Maison Martell •

« Honneur, Loyauté, Sacrifice. »

♦ Missives : 2094
♦ Missives Aventure : 87
♦ Age : 29
♦ Date de Naissance : 30/03/1988
♦ Arrivée à Westeros : 17/09/2012
♦ Célébrité : Jamie Campbell Bower
♦ Copyright : Violain <3
♦ Doublons : Gunthor Estremont
♦ Age du Personnage : 25 ans
♦ Mariage : Fiancé à Edarra Ferboys
♦ Lieu : Citadelle des Météores.
♦ Liens Utiles :

Disponibilité : 3/4 RP's
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Message Dim 16 Juin 2013 - 23:07


Chevalier lettré ne vit point que pour l’Epée.


Lentement, Oberyn hocha la tête face aux premières paroles que lui adresse la Chevalier de Pince-Isle. Il chérirait longtemps ce semblant de leçon délivré à la volée et prendrait désormais garde à ne pas se laisser aller à des jugements tout en célérité. Oh bien sûr, il garderait cet entier côté comme sa profonde affection des personnages entiers et à la profonde affections des notions d’honneur comme de droiture, mais il garderait en mémoire les paroles de ce Parangon de Lothar quant à la prolifération des vipères comme des renards dans le paysage politique de Westeros. Une nouvelle fois lui vint en tête l’idée qu’il serait un Lord exécrable une fois le moment venu, mais les doux propres de son ainé agirent comme un baume sur ses doutes et lui étirèrent un amène sourire. Décidément, Ser Lothar avait tout de l’attachante figure paternelle. D’un regard, il remercia son ainé pour ses apaisantes paroles et lui emboita le pas, riant de concert avec son compagnon quand celui-ci aborda le sujet de son enfant et gardant en mémoire les propos du Chevalier des Terres de la Couronnes au sujet du  Seigneur son Père. Une fois le calme retrouvé, le Dornien pourrait bien proposer quelque épopée à son affable comparse.

La succession de pas dans la boue s’accompagnait des bruits de sucions caractéristique de la glaise enserrant leurs chausses. Peinant à avancer à son aise, ce ne fut pas le cas pour déclamer l’histoire de la familiale Epée. Jamais Oberyn n’eut cru que le sujet puisse passionner autant un Chevalier. Certes, le Mestre d’Accalmie avait eu un intérêt grandiloquent pour l’Epée, arrachant à l’Héritier des Météores une promesse qu’il se sentait bien incapable d’honorer tant il se figurait ne jamais être digne du titre d’Epée du Matin, mais il ne songeait vraiment pas que le sujet puisse lui autoriser si religieuse écoute. Ser Lothar faisait réellement office de sage figure mêlant la prouesse martiale les des Tournois à une connaissance encyclopédique lui donnant des allures de Mestre… De Mestre-Guerrier. Et pour cale, Oberyn lui vouait un infini respect ! C’est avec une passion grandissante qu’il écouta son mentor deviser, apportant du crédit au ridicule d’une religion qu’il avait du mal à pratiquer tant il trouvait les Dieux particulièrement injuste dans un monde faisant la part belle aux injustices. Il se nourrit du discours vantant les propriétés de ces magiques reptiles désormais disparus et se garda bien d’avancer qu’il lui semblait pour le moins impossible de faire toute la lumière sur cette notion de vérité tant il était novice au monde des sciences comme au domaine de l’investigation. Ainsi, le jeune homme étira sourire attendrit quand le Chevalier aux Crabes vint à lui présenter des excuses qu’il accepta volontiers en avançant pour sa part :

« Je ne vois là aucune raison de vous excuser, Ser. Vous êtes animée d’une passion que je ne peux que comprendre… Après tout, je suis un Dornien… Il parait que nous avons le sang-chaud et que nous sommes capables de nous embraser pour un rien ! » Badin, Oberyn étira un large sourire à son propos alors que leurs pas respectifs les portaient progressivement vers le cœur de la bourgade ayant vu naitre leur rencontre. Il écouta les propos de son ainé, plus conscient désormais de la nécessité de connaitre ses racines pour réellement appréhender le dangereux monde alentour. Sans le savoir, le natif des Terres de la Couronne avait réellement fait naitre un semblant de quête chez le jeune homme désormais avide d’en savoir tant et plus encore sur son séculaire héritage familial. Nul doute que ce dévorant feu brûlait déjà en lui, du souffle de son épopée Ser Lothar avait réussi à l’attiser. Respectueux, le Dornien se fendit de quelques mots : « Vous avez eu le don de m’éveiller à des points de vue que je ne soupçonnais point, Ser. Pour ça, je vous vouerai toujours une grande reconnaissance et louerai votre sagesse. Vous êtes un ami précieux Lothar ! »

Arrivant sur la petite place, Oberyn accueillit avec une certaine excitation la possible venue de ce grand homme dans le fief familial. Déjà, il imaginait les réactions de son ainé à la vue des fresques peignant le dôme de bataille, son étonnement devant les bas-reliefs parcourant les cryptes comme le Septuaire ainsi que ses yeux à la vue de la hâve lame que de glorieux aïeux leur avait laissé en héritage. Il ne manqua pas d’estimer le compliment quant à la qualité de sa compagnie, sentant même le rouge monter à ses pommettes face à pareil compliment qu’il estimait, toutefois, bien trop exagéré. C’est avec un œil attendri que le jeune Dornien contempla le rituel des retrouvailles entre un Père et son fils, s’inclinant protocolairement face au jeune Caleb quand le Chevalier au Crabe l’introduit à ce dernier. En effet, des articles de ce dernier intéressaient le Chevalier des Météores et il rit de bon cœur à la plaisanterie de son ainé. Ce dernier en vint à lui poser une question et c’est affablement que le Dornien se fit un devoir de fournir la plus rapide des réponses :

« J’ai cru comprendre que nous ne séjournerions pas bien longtemps. D’après mon Oncle, nous devrions reprendre la route dès demain au petit jour. A ce sujet… » Emmitouflé dans sa blanche pelisse, Oberyn marque une pause dans son discours. Un semblant d’hésitation vint à lui étreindre le gossier mais elle disparut bien vite. Lothar lui avait offert une introduction idéale à la demande qu’il souhaitait formuler et il ne tarderait pas à le questionner. Son appréhension venait plutôt de la familiale acceptation de sa proposition, mais qu’à cela ne tienne. Il était l’Héritier des Météores et homme fait suffisamment bien bâti dans sa psyché pour estimer la valeur d’un homme et lui demander de chevaucher à ses côtés. De refus il ne serait point question, aussi le Dornien vint à avancer : « Je… J’ai cru comprendre que vous vous rendiez vers Dorne et… Je serais honoré que vous vous joignez à nous. Le Seigneur mon Père ainsi que mon Oncle, comme tous nos compagnons, seraient charmés de votre compagnie en plus d’être à même de vous fournir bien des renseignements sur les us et coutumes de nos contrées… » N’avait-il pas dit plus tôt qu’il rencontrerait son père avec plaisir ? Intimement convaincu de la réciprocité de la chose, Oberyn se fit donc un devoir de poursuivre : « Nous entendons faire une halte à Serena afin de visiter Lord Caron, mon Grand-Père… Bien sûr, je comprendrais que vous préfériez entamer ce voyage seul. Mais nous serions honorés de vous compter parmi nous, Ser. »

Bien que tout drapé qu’il fut dans sa pelisse d’Hrakkar, Ser Oberyn ne manqua pas de gouter la désagréable morsure du vent cinglant qui le serait peut-être bien moins qu’un refus de la part d’un ainé estimé comme apprécié. La réponse à venir serait la conclusion d’un rencontre rare et le prélude à de nouvelles aventures. Ainsi que le point de départ des négociations avec un bougon bâtard qui le mirait d’un étrange regard, questionnant probable quel article de sa conception le Chevalier de Dorne allait bien chercher à lui acheter…




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Message Mar 18 Juin 2013 - 19:09

Lothar observa d’un air amusé le jeune chevalier qui réfléchit un instant avant de lui répondre. Ainsi, ser Oberyn et sa famille ne restait que peu de temps dans la bourgade morose et comptait prendre la route dès le lendemain.  Cela pouvait se comprendre. Lothar avait beau être un inconditionnel errant, aimant véritablement vivre sur les routes afin de découvrir de nouveaux coins, de nouveaux paysages, il ne pouvait pas dire que le domaine de la maison Frétilletrique était des plus somptueux. Il fallait être honnête. Enfin, peu importe, là n’était pas la question. Le chevalier lorgna vers son cadet, qui avait laissé en suspens son discours et semblait hésiter à poursuivre. Lothar l’exhorta d’un regard à continuer, nonobstant le fait que la future Épée du Matin n’avait pas besoin de cela. Il cala sa fourrure blanche et reprit la parole.

Le jeune Dayne lui proposa, de but-en-blanc, de se joindre à lui pour voyager jusqu’à la province de Dorne. Le Chevalier-aux-Crabes fut autant surpris que ravi de la proposition. Il était vrai qu’il ne refusait pas la compagnie lors de ses pérégrinations, d’autant plus quand elle promettait d’être intéressante et gratifiante ! Et puis, faire la route avec de véritables dorniens, il n’en avait jamais vraiment eut l’occasion, du moins seulement de façon épisodique. D’autant plus que le père d’Oberyn semblait être un de ces personnages qu’on se devait au moins une fois dans sa vie de rencontrer, du moins c’est ce que le Crabe s’était dit. Lothar afficha un large sourire et attrapa d’un geste paternel l’épaule d’Oberyn.


    « Mais ça serait avec grand plaisir l’ami ! Cela tombe bien en plus, je ne comptais pas m’attarder dans ce patelin un jour de plus ! Cela fait déjà plusieurs nuits que je loge ici, et j’ai l’impression que les chaudes contrées de Dorne m’appellent en leurs seins ha ha ! » Lothar était lumineux. Faire des rencontres, c’était sa passion, autant que l’histoire ancienne et aider la veuve et l’orphelin. C’était l’une des raisons qui le poussait toujours plus avant, toujours plus loin sur les sentiers. Le monde était peut-être sombre, cruel et bourré d’injustices, mais de formidables rencontres pouvaient réellement changer le cours d’une vie, ne serait-ce que temporairement. En tout cas, le Crabe s’était forgé ce genre de philosophie. « Rencontrer votre illustre paternel dont vous m’avez parlé, et avoir l’honneur de rencontrer également votre famille sera pour moi un véritable contentement. Mais je ne veux aucunement m’imposer chez votre grand-père, lord Caron ! » Oberyn lui assura que ça serait pour eux également un honneur d’accueillir le chevalier de Pince-Isle dans leur rang, et Lothar accepta poliment, saluant le jeune chevalier en abaissant son buste. « Merci ser Oberyn Dayne. Votre proposition me touche sincèrement, et je vais honorer votre demande de ma présence. » Lothar jeta un bref coup d’œil à Caleb. « D’ailleurs, permettez-moi de vous offrir ce que vous désirez sur l’étal de mon fils. Et, ne vous vexez pas, mais cela m’insupporte quand quelqu’un tente de refuser mes cadeaux, alors économisez vos paroles cher ami. » Le grand sourire et le regard déterminé du messer Crabe ne laissait pas de place à la discussion.


Ceci étant, Oberyn fit son choix parmi les différents artefacts que proposait Caleb Storm. Le Dornien hésita longuement avant de choisir la pièce qui lui convenait le plus. Caleb, amusé du manège et échangeant des œillades complices avec son chevalier de père, ne fit pas de remarques acerbes, et ne « fit pas son bougon ». Malgré la première et mauvaise impression que lui avait fait le Dornien, le jeune Caleb avait ce côté sociable de Lothar, et au fil de la discussion se prit à apprécier Oberyn, en s’amusant tout de même et en silence de l’admiration à peine voilée que portait ce dernier à son père.  


    Après que l’errant chevalier ait réglé la note – non sans essuyer les efforts de ser Oberyn qui tentait vainement de le convaincre de ne pas payer pour lui, Lothar s’excusa auprès d’Oberyn. « Je vous prie de m’excuser Oberyn, mais je compte rester encore un peu auprès de mon fils. Nous ne nous reverrons pas avant un bon petit moment. » Le chevalier de Pince-Isle adressa un léger clin d’œil amical au Dayne. « Permettez-moi de vous demander si cela est possible de me présenter auprès de votre famille dans quelques heures ? Je ne me permettrais pas de prendre le départ sans m’être au préalable présenté auprès de votre maisonnée cher ami. Vous résidez bien en ce moment dans la demeure de lord Frétilletrique n’est-ce pas ? » Lothar eut la confirmation d’un signe de tête de la part du jeune étoilé. « Eh bien, si cela ne gêne pas, je m’y présenterai donc en fin d'après-midi. Je suis déjà impatient de discourir avec votre famille Oberyn ! A tantôt ! »


    Lothar adressa un signe de tête au jeune chevalier des Météores, qui prit la direction du sinistre donjon, sa houppelande de fourrure blanche serrée contre lui, les cheveux au vent. Le trentenaire errant resta quelques instants observer le Dayne, avant de se tourner vers son fiston. Ce dernier lui décocha un large sourire avant de déblatérer. « Ben dis-donc, il t’regardait avec une de d’ces admiration lui ! On aurait dit qu’il buvait chacune d’tes paroles ! » Le jeune homme rigola doucement, et Lothar lui répondit par un sourire. « Toujours aussi moqueur toi, hein ? Comme ton père en fait ha ha ! » rajouta-t-il en ébouriffant la tignasse brune. Caleb se dégagea de la patoune de Lothar et se tint droit devant lui, un air sérieux sur son jeune faciès. « Je ne vois absolument pas de quoi vous parlez, père. Je suis un jeune homme tout c’qui y’a d’plus sérieux moi ! Jamais je n'oserai me moquer… » Le Storm avait volontairement employé un ton pompeux, faisant rouler les lettres et gonfler les syllabes des mots afin d’imiter le nobliau bouffi d’arrogance typique. Le Chevalier-aux-Crabes éclata de rire et lança un regard doux à son bâtard. Il avait peut-être brisé ses vœux par ce batifolage sans raison, mais il ne le regrettait pas un seul instant. Caleb était un garçon vif, pétillant et plein d’humour, qui réussirait sûrement dans ce qu’il entreprendra. Du moins, le Celtigar y veillerait, même si, connaissant le bougre, il n’en aurait sûrement pas besoin. « Tout d'même… », reprit le jeune ébéniste, « Tu avais raison papa. Ce ser Oberyn à l’air d’un bon chevalier finalement ! En tout cas, il a l’air sympathique et honnête. ‘Fallait pas que j’me fie à ma première impression ! » « En effet Caleb. Si la plupart du temps, la première impression est proche de la vérité, il faut toujours laisser le bénéfice du doute à la personne, et chercher à mieux la connaître. C’est après cette étape que tu ressentiras si la personne en question est de confiance, fourbe ou tout simplement grossière. En tout cas, ne fait jamais confiance trop vite à quelqu’un. Dans ce monde ci, cela peut entraîner ta perte… » Lothar adressa un clin d’œil au garçonnet.


    Les heures qui suivirent furent l’occasion pour le père et le fils de discuter de choses et d’autres. L’un des sujets récurrents était celui des voyages de Lothar. Ce dernier commençait à s’en accoutumer, et prenait plaisir à raconter ces dernières péripéties et exploits à un jeune Caleb friand d’histoires chevaleresques. La plupart du temps, Lothar se tournait en dérision, amusant beaucoup le jeune garçon. Mais l’histoire du tournoi fit briller les yeux du Storm. « Mais dit, pourquoi t’as pas gagné le tournoi ? T’as quand même vaincu le grand méchant Corwin, c’pas rien ça p'pa ! » Lothar l’observa amusé, et leva les yeux au ciel. « Ah, si seulement c’était aussi simple que ça Caleb. Malgré le combat éprouvant que nous nous sommes livrés contre ce satané Rogers, nous n’étions pas les chevaliers les plus talentueux, ni les plus attendus. Et puis, toute la fine lame de Westeros était présente… » « Oui mais t’es l’meilleur toi ! » « Ha ha, si seulement c’était vrai Caleb ! » Lothar regarda affectueusement son fils, mais celui-ci, vif qu’il était, avait déjà enchaîné sur un autre sujet. « Et dis, t’as vu les gardes royaux ? Il paraît qu’ce sont les chevaliers les plus forts de tout Westeros ! C’est vrai p'pa ? » En somme, Lothar passa une agréable après-midi en compagnie de son fils illégitime, avant de prendre la route vers le château des Frétilletrique, en promettant à Caleb de repasser le lendemain matin, avant de partir en direction du lointain Dorne.


La fin d’après-midi se ressentait dans le village, et les marchands commençaient à ranger leurs étals. Monté sur Sac-à-Malice, le Chevalier-aux-Crabes observa d’un air amusé un jeune fermier poursuivre en gueulant une de ces poules qui s’était fait la malle, ou encore une gamine qui s’amusait à lancer des morceaux de bois sur un tout jeune bambin qui, intriguait par la chose, tournoyait sur lui-même pour découvrir l’origine de ces fourbes attaques. L’errant de Pince-Isle poursuivit son chemin et, en quelques minutes, fut devant les portes de la maison Frétilletrique. Il mena tranquillement sa monture dans la cour de la demeure du châtelain, en prenant garde de ne pas bousculer les servants qui s’y agitaient. Des gardes aux surcots sinoples surmontés de macles jaunes le houspillèrent, mais virent rapidement qu’ils avaient affaire à un chevalier de noble lignage, et informèrent prestement le lord de céans de la présence du Celtigar. Un jeune homme au teint pâle et aux cheveux bruns collés sur le sommet du crâne vint le recevoir.


    « Enchanté messer. Je me nomme Eustache Frétilletrique, et je suis le fils aîné de lord Guyard, mon père. Les nobles Dayne nous ont prévenu de votre arrivée tantôt, et vous êtes le bienvenue dans notre humble château. » Lothar descendit de la croupe de sa monture, et salua le jeune noble. Ce dernier fit un signe de tête sévère à un frêle adolescent habillé de cuir bouilli, qui vint instantanément s’occuper de Sac-à-Malice. Le noble à la peau diaphane fit un geste de la main au chevalier. « Si vous voulez bien me suivre messer, je vais vous conduire auprès de lord mon père qui s’entretient en ce moment-même avec la maisonnée Dayne. »


Sans ajouter une parole, Eustache prit la direction du donjon d’un pas rapide et énergique. Le Celtigar le suivit tranquillement, en observant l’intérieur de la demeure de la maison de l’Orage.  Les tapisseries y étaient mornes et fades, tandis que les couloirs étaient pour la plupart dans la pénombre. On était bien loin de Fort-Tempête, le château ancestral des Celtigar, où la pierre blanche des murs s’alliait avec des tentures aux couleurs vives, se reflétant sur les reliques des temps anciens disséminées dans le labyrinthe de la demeure de Pince-Isle. Lothar soupira en esquissant un léger sourire. Ce ne devait pas être rose tous les jours ici…


    L’héritier de la maison le fit passer dans un dernier couloir, avant de déboucher devant une large porte. Après quelques coups échangés contre le bois, le noble Frétilletrique entra dans une grande salle, le Celtigar sur ces talons. Ce qui se révélait être la grande pièce à vivre où une large table y était installée accueillait plusieurs personnes. Au milieu du groupe, un vieil homme se tenait-là, assis dans un large fauteuil de cuir, une masse de cheveux grisâtres retenue par un bandeau de cuir. « Père, voici ser… Ser euh… » Lothar s’avança en saluant le maître des lieux. « Ser Lothar Celtigar, Chevalier-aux-Crabes de Pince-Isle, pour vous servir messire. » « Ah oui, voilà donc ce fameux chevalier des terres de la Couronne dont le jeune ser Oberyn ici présent nous rabat les oreilles depuis tout-à-l’heure ! Rentrez cher ami, rentrez ! Bienvenue dans mon humble château messer ! » Lothar salua de nouveau, et s’approcha du petit groupe, son sempiternel sourire chaleureux sur les lèvres.


Apercevant la tête blonde d’Oberyn, le chevalier de Pince-Isle lui lança un regard complice et attendit que ce dernier fasse les présentations. La soirée commençait tout juste…
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Oberyn Dayne
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• Epée du Matin •
◌ Vision du Guerrier ◌
• Champion de la Maison Martell •

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♦ Missives Aventure : 87
♦ Age : 29
♦ Date de Naissance : 30/03/1988
♦ Arrivée à Westeros : 17/09/2012
♦ Célébrité : Jamie Campbell Bower
♦ Copyright : Violain <3
♦ Doublons : Gunthor Estremont
♦ Age du Personnage : 25 ans
♦ Mariage : Fiancé à Edarra Ferboys
♦ Lieu : Citadelle des Météores.
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Message Lun 29 Juil 2013 - 16:17


Chevalier lettré ne vit point que pour l’Epée.


Il se passa un instant entre sa demande poliment formulée et la réponse du Chevalier de Pince-Isle. Mais un instant que l’Héritier des Météores jugea comme extraordinairement long, un des instant d’attente les plus tendu que n’eut jamais à souffrir le jeune Chevalier Dornien. Cependant, la réponse que lui fournit l’Errant des Terres de la Couronne fut à l’image de tout ce qu’il avait bien pu laisser présager tout au long de leur précédente entrevue : affable et protectrice. Le sourire de son ainé sembla soulager son tourment alors que le geste paternaliste qu’il lui délivrait s’apparentait à un semblant de favorable réponse à une invitation au voyage. Toute la sympathie du monde se retrouva réunie dans la répartie joyeuse d’un Ser Lothar fidèle à la ligne de conduite qu’il avait suivi ce jour entier. Amusé, Oberyn étira un sourire qui se prolongea en un rire face à la situation décrite. La soleil de ses natales contrées lui manquait tout autant et il ne comptait pas, non plus, voir sa personne comme sa communauté s’éterniser en ces lieux pour le moins… Miteux ! Il ne répondit pas à la répartie de Ser Lothar dans un premier temps, se contentant de figurer une nouvelle fois son père comme un Seigneur à même de recevoir telles louanges. Puisse-t-il une seule fois mériter de se voir comparé à son illustre géniteur… Quand l’homme aux crabes se fendit d’une positive réponse, un sourire illumina les yeux améthyste du jeune homme à la crinière d’or argenté et il ne manqua pas de riposter tout de go :

« Vous ne pouvez imaginer à quel point cette perspective m’enchante Ser ! » Tout le caractère franc, direct et immédiat du jeune homme se retrouvait dans cette saillie verbale prononcée sans arrière-pensée. Taquin pour la composition de leur épopée, il ne manqua point de poursuivre sur un air badin :  « Si vous saviez à quel point entre encore et toujours les mêmes histoires par les mêmes compagnon est affligeant… De plus, je ne doute pas que vos récits saurant captiver mes cadets comme soulever leur admiration et leur affection ! » Sur ce point, il ne manqua pas de sourire en imaginant sa petite sœur Lilia succomber au charme comme aux récits de son affable maitre des arts du savoir. L’adolescente au sculptural visage n’avait jamais manqué d’affectionner les récits de chevalier, fantasmant l’image du Paladin Servant comme toutes les jeunes filles de son âge. Sur ce point, Lady Talia lui était infiniment différente… Néanmoins, le Dornien Sigisbée ne manqua point de rouler les yeux dans leurs orbites dès l’instant où son ainé reformula sa volonté de lui offrir un des nombreux artefacts sur l’étal de son fils à la téméraire figure. Soufflant pour démontrer sa résignation, Oberyn ne manqua toutefois point de pester : « Par les Sept, ce n’est pas peu dire qu’affirmer que vous disposez d’une incroyable ténacité… » Son sourire se fit lumineux et il ne manqua pas d’afficher une moue mutine qui se transforma vite en résigné faciès. Vaincu par la volonté du Paladin de Pince-Isle, la prochaine Epée du Matin finit par énoncer : « Qu’il en soit ainsi. Après tout, je ne tiens pas vraiment à m’attirer le courroux de l’homme qui partagera ma route pour les jours à venir ! »

Et son sourire de s’étirer plus encore face à la situation qui aurait bien pu déboucher sur une impasse tant les deux hommes semblaient disposer d’égaux caractères en matière de détermination. Reportant son attention sur l’étal et les nombreux artefacts qu’il pouvait bien contenir, Oberyn se montra d’une réflexion intense tout au long de son choix. Il soupesa quelques articles, questionna de temps à autres le jeune Caleb sur l’efficacité de certaines de ses armes de jet et finit par reporter toute son attention sur l’arc qu’il avait premièrement repéré. Il se surprit à ne point retrouver le côté bougon du jeune homme, comme si les mots de son père avaient suffi à calmer toutes velléités chez l’adolescent à la toison de jais. Il finit donc par choisir l’un des arcs à la tension extrême, de ceux qui lui demanderaient des efforts importants à chaque fois qu’il chercherait à la bander. Après tout, répéter pareil effort ne serait qu’un excellent moyen de plus afin de renforcer son bras. D’autant que l’archerie n’était en rien sa vocation, les faits d’armes se voyant tracés du bout de son épée. Résigné à ne pas récompenser le travail du jeune Caleb d’un Cerf d’Argent, comme le lui intimait le Chevalier Celtigar en réglant de ses propres deniers la note, Oberyn accueillit les ultimes mots de son ainé par une succession d’hochements de son faciès. Finalement, il offrit au vagabond une foultitude de réponses.

« En effet, nous résidons dans le Donjon de lord Frétilletrique ! Je comprends votre position et ne vois aucun mal à ce que vous vous présentiez au Château en temps voulu. Soyez assuré que la Garde sera prévenue de votre arrivée. De plus, j’imagine déjà bon nombre de mes semblables attendre votre arrivée avec une certaine fébrilité dès lors qu’ils seront informés ! » Toujours ce maigre sourire sur ses lèvres dès lors que le Chevalier aux Crabes lui confirma sa prochaine arrivée. Sobrement, les deux Chevaliers se saluèrent donc. Amenés à se revoir, ils se drapèrent d’austérité là où le Dornien tenta de montrer un semblant de chaleur à l’encontre du bâtard qu’il ne croiserait probablement jamais plus. Enroulé dans son hâve pelisse, c’est le visage battu par les vents et sa crinière d’or argenté soulevée par les nuées des Terres qui en portaient le nom que le jeune homme prit à nouveau la direction du frêle édifice que les gens du coin nommaient Château. Chaque pas de ses bottes dans la boue du chemin provoquait de sempiternels phonèmes de succion désagréable mais le jeune chevalier n’en avait cure. Le bonheur au bord des lèvres, il semblait impatient de partager pain, sel comme voyage avec celui qui lui avait ouvert l’esprit sur la nécessité du savoir. Dépassant un porcelet à la truffe enfouie dans la boue, c’est son arc au poing que l’Hériter des Météores se présenta à la Porte grossièrement ouverte dans les sinistres murailles. Riant aux éclats, le tout jeune Erayn poursuivait d’autres enfants de son âge sous le regard sévère de Ser Justin, son bouclier lige. Quelques mots échangés avec ce dernier offrirent à Oberyn le luxe d’apprendre que toute la familiale fratrie s’était vue offrir des appartements dans l’aile Est du fier Castel et c’est dans un morne silence que le jeune homme s’y rendit. Ne manquant pas de poliment saluer toute personne croisant son chemin, il finit par tomber sur une des Caméristes de Dame sa mère qui lui indiqua sa propre chambrée tout en l’entretenant des activités actuelles de chaque membre de sa famille ! Constatant que ses vêtements-là étaient tout crottés, le jeune homme se fit fort de se changer avant de partir à la rencontre de leurs hôtes pour leur présenter l’arrivée future d’un nouvel hôte qu’il conviendrait d’honorer.

* * * * * * *

La course de l’astre du jour se faisait descendante, indiquant la plus que probable arrivée future de Chevalier de Pince-Isle dans la grande salle du Château où Oberyn se trouvait en compagnie de toute la Geste Dayne ainsi que des plus fiers représentants de la digne lignée régnant sur ces murs. En premier lieu, l’Héritier des Météores était allé compter sa rencontre à son Oncle, Ser Andrew. Jamais avare de rencontres comme d’affabilité, son ainé s’était montré intrigué par le Chevalier Celtigar et il appuya son neveu quand ce dernier vint à reproduire son récit aux oreilles de son père. Dans un premier temps réticent à l’idée d’imposer un nouvel hôte à une Maison dont les moyens ne semblaient pas démesurés, Lord Olyvar finit par connaitre le même gout des échange que son Cadet pour appuyer la venue du Natif des Terres de la Couronne auprès de ce souverain d’une maigre parcelle des Terres parcourues de nuées. La réaction du Maitre de Maison fut des plus guillerettes et il ne manqua pas d’affirmer que sa porte était toujours ouverte aux Nobles Chevaliers. Il se montra affable et disposé à offrir gite et couvert à un voyageur de plus. L’on n’avait point l’air de recevoir des visiteurs tous les jours dans ce coin perdu des Sept Couronnes. Ravi de voir son semblant d’initiative saluée, Oberyn ne manqua pas d’éloges pour l’Errant personnage et se fendit de bons nombres de mots allègres pour décrire le personnage haut en couleur qui ne tarderait point à se présenter aux portes de la maisonnée. S’il avait longtemps éprouvé une sensation étrange, de celles qui vous arrivent quand vous semblez forcer la main des autres afin qu’ils acceptent sans pour autant avoir la possibilité de refuser, le Dornien  Sigisbée était désormais vide de toute culpabilité tant l’arrivée de Lothar Celtigar semblait avoir amené autant de vie dans le fier Castel que celle des Dorniens. Tout juste le jeune Dornien espérait-il que le natif de Pince-Isle ne se trouverait pas au milieu d’ambiances tendues par des siècles de conflits entre Dorniens et Gens de l’Orage… Chose qui, pour l’instant, n’avait pas semblé transparaitre dans les échanges courtois et amicaux entre les deux nobles familles. Epaule blottie contre le rugueux d’une pierre de taille, le Paladin des Montagnes Rouges réchauffait ses mains à la faveur d’un feu brulant dans un âtre. Ses yeux violacés paillettes d’améthyste déambulaient sur le paysage de ses frères et sœurs partageant leurs jeux avec les enfants de la Maison Frétillétrique, sa vue se complaisant dans les rires que partageaient sa mère comme l’épouse du Lord local alors que Père et Lord échangeaient leurs souvenirs de la révolte du Dragon Noir en compagnie d’un oncle Andrew mordant une pomme. Seul Trebor et sa carrure gargantuesque dénotaient dans ce tableau flatteur, l’Héritier d’Haut Hermitage ne semblant pas à son aise dans l’art de tisser des liens avec quiconque… La chose fit sourire Oberyn, jusqu’à ce que le Dénommé Eustache de soit envoyé vers les grandes portes par un geste de son père précédemment averti par l’arrivée d’un garde. Intérieurement, le Chevalier Dornien se figura cela comme étant le signe de l’arrivée de son ainé. Il délaissa donc la chaleur du feu pour s’animer de quelques pas et se diriger vers le Seigneur son père.

C’était par pure courtoisie que l’on qualifiait de grande la grande salle des Frétillétrique. Oberyn passa en quelque pas les tables à tréteaux qui la bondaient et il jeta un regard torve sur les poutres de la charpente noires de fumée. Tous se trouveraient ce soir installés sur l’estrade et il rejoint le siège de son Père, placé à la droite du Lord de ce curieux Donjon. D’aimables servants lui avaient offert le luxe d’un bain et l’avaient débarrassé de ses vêtements crottés, si bien qu’il arborait désormais une tenue plus propice à un banquet qu’à d’interminables chevauchées. Un col et des manches en cuir épais se trouvaient attachés à son épaisse tunique de lin claire. A partir du coude, son bras était protégé par des mailles fixées à ces manches par des lacets. Pour éviter l’usure due au frottement, ces dernières étaient dotées d’une doublure matelassée en soie grise décorées des étoiles propre aux armoires des Météores. La tunique, ouverte devant, se trouvait être refermée par des lacets de cuir brut. Sur cette militaire protection, l’Héritier de la Maison Dayne avait enfilé une robe de soie blanche tombant au coude et au mollet, dont les manches étaient richement brodées d’étoiles en fil d’argent. Un col de velours d’un bleu persan orné des mêmes broderies complétait ce somptueux vêtement. Fendu jusqu’à l’aine, il permettait d’aisément monter à cheval. Une robe de cuir noir sans manche lui arrivant, également, jusqu’au mollet, passée sur le précédent vêtement complétait la tenue du méconnaissable chevalier. Du fait du poids de son estramaçon comme de son bouclier, que le jeune homme portait de coutume dans son dos grâce à des guiches de cuir, Ser Oberyn ne chargeait point davantage son bras, préférant assurer la protection de ses avant-bras. Ainsi, il portait des canons d’avant-bras formés de deux pièces, une protection interne décorée et une plate extérieure en cuir bouilli ornée d’une épée et d’une étoile filante repoussés et retravaillés en argent, maintenu en place par des sangles. D’ordinaire, ces pièces étaient en acier, mais les manches de maille rendaient cette précaution inutile. S’il en comptait pas violer les lois de l’hospitalité, Ser Waymard Estremont lui avait très souvent indiqué qu’un Chevalier se devait de montrer visage martial à chacune des mondanités où il était invité. Et bien que nimbé de protections relatives, il ne portait sur lui aucune arme. Rude apparence que voilà, mais soieries et flamboyants doublets ne lui avaient, de toute façon, jamais vraiment fait honneur… Vint finalement l’instant où les portes de bois s’ouvrirent à la volée et où, dans le sillage d’Eustache, il le vit arriver. Il le regardait s’avancer ainsi de sa démarche altière, éclipsant de sa seule aura celle d’un héritier d’une parcelle de l’Orage aussi anonyme que pouvait l’être le jeune homme lui-même. Les bruits de pas désormais remplacés par le bruissement des mots, le jeune Dornien étira un sourire devant l’absence de connaissance du premier né de Lord Frétilletrique. Ses blanches canines n’en furent plus dévoilées quand le grabataire Seigneur évoqua ses propres mots flatteurs à l’encontre de l’Errant Chevalier. Il échangea complice regard avec Ser Lothar avant d’oser prendre la parole, brisant de ses mots un silence installé depuis un très court instant :

« S’il m’est permis de jouer les chambellan, milord… » Finit-il par questionner en avançant d’un pas pour planter son regard semblable à celui des Targaryens dans celui du vieux Lord. Un claquement de langue plus tard, le Seigneur du Donjon accompagna d’un mouvement de bras son affable autorisation d’offrir à l’Héritier des Météores le loisir d’officier aux présentations. A mi-chemin entre les deux Gestes composées de Nobles Familles et de l’Errant Chevalier, Oberyn se fendit d’une longue respiration silencieuse avant de tourner visage radieux vers son mentor nouvellement découvert. Sa voix déclama dès lors en accompagnant ses mouvements de bras pour désigner les convives qu’il tenait de noblement présenter :  « Messer… Permettez-moi d’introduire à vos yeux Ser Andrew Dayne, Capitaine de la Garde des Météores et second fils de feu Lord Devan Dayne. » Déridant ses traits sévères, l’oncle d’Oberyn inclina son crâne rasé tout en émettant d’un phonème son contentement ainsi que son ravissement à la rencontre d’un semblable Chevalier. D’un geste de main, Oberyn désigna une Noble Dame tenant en ses bras un bambin endormi. « Lady Mylenda Dayne, Dame des Météores. » Avec ses épais cheveux blonds parsemés de neige, ses pommettes hautes et ses yeux clairs, la protectrice mère trahissait ses origines Andales propres aux natifs des Montagnes Rouges. Néanmoins, son teint clair la distinguait du peuple Dornien pour énoncer son ascendance des Marches de l’Orage. Affable, elle présenta ses respects au Chevalier de Pince-Isle tout en soulignant que ce dernier devait être un doux héros afin de supporter le caractère de son fils ainé. La remarque fit grimacer un Oberyn se tournant déjà vers la paternelle figure avant qu’un torve regard de sa cadette ne lui intime la présentation de ses frères comme sœurs : « Permettez-moi de vous présenter mes cadets : Lilia, Rhaegal, Tysha, Talia, Erayn & Cowin. » Il n’avait pas jugé bon de présenter la petite Kyara endormi dans les bras de sa mère. L’ensemble de la fratrie se fendit d’un semblant de révérence. Mais si les Dames Dayne se montrèrent réservée, la gente masculine ne put maintenir le silence à l’exception d’un Cowin trop impressionné du haut de ses deux ans. « Etes-vous un descendant de Crispan Celtigar, le Grand Argentier ? » Questionna Rhaegal avant de se voir supplanté par son flamboyant cadet. « Ou bien d’Ser Clarence Crabbe ? » Avança-t-il avec la fougue d’un rêveur de 5 ans. De toute évidence, il ne possédait pas encore les connaissances de Rhaegal son ainé, mais déjà leurs caractères semblaient aussi différents que ne le sont l’huile et l’eau… « Frères, allons ! » En réaction à la relative remontrance de la Prochaine Epée du Matin, les deux enfants baisèrent les yeux non sans désespérer recevoir une réponse de cet Errant Chevalier qu’ils avaient dévoré de leurs grands yeux. La temps mort fut profitable à ce qu’un nouveau protagoniste entre dans la danse. Ayant quitté ses ombres, Ser Trebor Dayne venait de flanquer Lord Olyvar et le Chevalier des Montagnes Rouges avait repéré l’imposante carrure de son rival dans la communauté grandissante. Son père attendrait. Tout juste un peu plus… « Ser Trebor Dayne d’Haut Hermitage et Héritier du Château portant le même nom… » Du haut de ses Sept pieds et un Pouce au service de trois cent soixante-dix Livres de muscle, celui que l’on surnommait Colosse de la Torrentine portait bien son nom. Son faciès animal délivrait une impression d’agressivité constante et c’est sans grande courtoisie qu’il avança l’un de ses battoirs faisant office de main pour une délivrer une poigne aussi puissante que virile. Reculant d’un pas une fois fait, il ne faisait plus office d’obstacle sur la Route menant à celui qui dirigeait le fief des Météores. Inspirant profondément, l’Héritier vint donc à déclamer le nom comme les titres de son illustre aïeul. Le silence fut pesant une fois fait, les yeux clairs du Dayne scrutant le faciès du Chevalier Errant. Ces mots fusèrent comme fusent le craquement des glaces au jour naissant : « Je vous ai vu jouter lors du Tournoi… Brillante quoi que furieuse performance contre Ser Corwin… » Il laissa ses mots là, initiant un silence qui resta en suspend… Finalement, il cessa de singer la statue pour avancer d’un pas vers le Celtigar et lui donner l’accolade. Ses traits semblaient toujours rude alors que sa voix se faisait des plus amicale : « Mon fils m’a entretenu de vos projets et c’est avec plaisir que nous vous accueillerons dans notre cortège, Chevalier. Vous ne manquerez pas de contes à nous faire partager ! Nous partirons demain, si les Sept nous en sont grès, et ce bien qu’il nous soit offert le plus noble des accueils. Permettez-moi donc de vous présenter notre bienfaiteur…  »

Ainsi se conclut le rôle d’Oberyn dans cette affaire, le Seigneur son Père s’assurant de pleinement décrire la Noble Famille qui les accueillait. La déclamation vint à identifier l’ensemble des Nobles Personnes présentes dans l’assemblée. Manifestement, Lord Olyvar jouissait d’un talent que ne possédait point son fils ainé pour ce qui est des rituels protocolaires. C’est qu’il ne fut jamais réellement à son aise dans la pratique du jeu des trônes… Au dehors semblait gronder les nuées à mesure que les présentations pouvaient bien s’éterniser. La sentence protocolaire enfin déclamée, Lord Frétilletrique commanda à ce que soit préparé leur soupé et ordonna à plusieurs gens de sa maisonnée que des mets leur soit apportés. C’est bientôt dans un bourdonnement sans nom que les enfants Dayne et Fretillétrique vinrent à pulluler autour du Chevalier de Pince-Isle, l’assommant de questions sur ses aventures comme sur l’apparence d’une grand partie des illustres Forteresses de tout Westeros. En compagnie de Trebor, Oberyn sourit face à ce spectacle attendrissant avant que Cowin ne tire sur ses chausses, quémandant à ce que son frère le porte dans ses bras. S’exécutant, l’Epée du Matin en devenir se vit sommée de conter l’Histoire de Balerion la Terreur Noire, et ce malgré les avertissements que Dornien sachant pertinemment qu’une histoire de Dragon causerait des cauchemars à son cadet.

Ainsi s’écoula le temps alors que les tables se voyaient progressivement chargées de mets comme de boissons qui participeraient au banquet, à mesure que la nuit prenait la place du jour. Des Chevaliers comme des Officiels de la Maison de l’Orage venaient garnir les bancs vides, autant que d’illustres membres du Cortège Dornien. L’on papillonnait de conversations en conversations, se restaurait du bout des doigts pour ne point ressentir la faim avant que ne débutent les festivités. Bientôt crissèrent les crincrins et résonnèrent les flûtes dans une morne interprétation de la Belle et l’Ours. Le faste semblait de mise à mesure que la salle s’emplissait de fête à la lueur d’un incroyable nombre de chandelles, si bien qu’Oberyn en vint à se demander si la Maison de l’Orage escomptait accueillir le Roi ou bien sa Main en cette soirée… Au détour d’un entretiens avec le Maitre Piqueur de la Forteresse, le Dornien Sigisbée tomba né à né avec le Chevalier de la Maison Celtigar. Il lui adressa un franc sourire mais ne manqua pas de lui demander sur le ton de la plaisanterie : « Messer… J’ai comme l’impression que je vous ai conduit dans un sacré guêpier ! » Il étira un franc sourire alors qu’autour de lui, les Nobles personnages prenaient progressivement place autour des tables. Une servante distribuant des Tranchoirs leur indiqua leurs places à la table d’honneur et c’est dans la cohue que le jeune Chevalier ouvrit la route à son ainé. Dépassant un Ser Raynald qui, déjà, conversait avec le Septon des lieux, Oberyn ne put refreiner son envie de questionner son illustre semblable : « Cela ne vous rappelle point les célébrations auxquelles nous avons eu droit au court du Tournoi ? » Ce fut en tout cas la chose à laquelle il pensait le plus devant le brouhaha montant qui envahissait la grande salle désormais emplie d’odeurs de viande grillée comme de la bière issue des tonneaux percés. A voir le contenu de certain verres, Oberyn vint à se figurer que leur père avait dû offrir quelques crus Forrest à leurs protecteurs du jour. Un sourire émergea sur son visage. A Dorne, les célébrations étaient bien différentes… On les installa non loin du Seigneur des Lieux et de son Héritier, proche de Lord Dayne de façon à ce qu’ils puissent participer aux conversations Seigneuriales qui animeraient la table. A un bout de celle-ci, les enfants des deux familles riaient de bon cœur ou bien se chamaillaient comme l’autorisait encore leur jeune âge. On plaça à la droite du Dornien Sigisbée une des Filles de Lord Fretilletrique. Sans être particulièrement belle, cette dernière avait des arguments certains et une grâce assumée qui fit sourire l’Héritier. Etait-il l’objet de quelques bases manœuvres afin de voir leurs Familles s’unir ? Possible… Cependant, son cœur était déjà conquis. Il ne manqua toutefois pas de se montrer aimable, découpant la viande de la jeune femme et riant même en lui donnant la becquée. Entre les Lords, on dissertait de Noirs et de Rouges Dragons, un sujet qui n’avait jamais réellement passionné le  jeune homme qui prit le parti d’alpaguer Ser Lothar : « Nous avons parlé d’Aube mais… De l’aveu de mon Oncle, votre famille dispose d’une arme en Acier Valyrien. Est-ce vrai ? J’avoue que ce métal m’intrigue… Notre hâve Epée semble  disposer de semblables propriétés sans pour autant lui ressembler… Peut-être que vous saurez m’aider à faire la lumière sur cette énigme. » Ainsi, le virus de la connaissance semblait progressivement avoir grisé la psyché du Chevalier et c’est sincèrement qu’il espérait trouver la connaissance auprès de cet ainé des plus lettré. Non loin, la mention d’Aube avait attisé la curiosité de Trebor, mais les palabres ayant trait au savoir furent bien vite coupés par l’arrivée aérienne d’un Lady Lilia penaude au visage éclairé d’une sourire. C’est timidement qu’elle demanda une danse au Chevalier Errant. La chose fit sourire Oberyn avant qu’il ne se rende compte d’une demande similaire par la jeune fille à ses côté. Souriant franchement à son ainé, il commençait à tout bonnement savourer ce singulier voyage de retour vers le fief familial. Ainsi, de fort belles rencontres pouvaient avoir lieu dans de bien misérables endroits !




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Chevalier lettré ne vit point que pour l’Epée.

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