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Les nouvelles vont vite [PV Edarra Ferboys]

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Message Mar 23 Oct 2012 - 22:31

Une nouvelle importante était parvenue jusqu'aux oreilles du jeune Dornien. Une visite pour le moins inattendue annonçant les conditions dans lesquelles Edarra Ferboys était revenue d'un voyage dans le nord. Ce voyage, il en avait ouïe dire et le ressentiment qui s'y rapportait lui laissait suggérer un mauvais pressentiment. La raison lui était totalement inconnue, les déplacements dans le Nord étant réguliers et récurrents à ses côtés, sa soeur les provoquant bien trop à son goût; la familiarité était donc de mise et l'inquiétude depuis longtemps délaissée. Mais ce dernier lui semblait différent bien qu'Edarra n'avait nullement conversé avec lui des tenants et aboutissants d'une telle traversée. Concrètement, il ne s'agissait que d'un mariage. Son amitié avec Edarra, cependant, lui avait appris qu'elle était fine calculatrice et que ses capacités égalaient celles de sa jumelle. Toutes deux dangereuses, elles avaient le pouvoir de séduction par leur beauté et la manipulation était leur atout second. De plus, autant que lui même arborait toute alliance avec cette peuplade inutile, Edarra cherchait à apporter l'indépendance de Dorne tout autant que lui-même et de manière encore plus virulente par son désir ardent de renverser Maron Martell. Il ne le portait certes pas dans son coeur mais il avait un respect exigé par la tradition de sa contrée et de sa maison. Edarra avait des idées de grandeur, l'ignorance sur ce fait ne serait qu'un signe de naïveté. Elle était un atout autant qu'un danger car elle pouvait se montrer très entreprenante de bien des façons. La méfiance s'était donc juxtaposée à cette conséquence déconcertante. Cependant l'exposé des faits ne s'arrêta guère sur ce sujet. L'information assez surprenante qui s'était jointe à la cause originelle de la visite indiquait que le prince dornien aurait concocté cette attaque pour renverser Edarra. Bien que la liste des critiques à émettre sur cet homme était longue, l'imaginer commettre un tel méfait, si sournois, lui apparaissait comme totalement inopportun voire fallacieux. La curiosité l'avait emporté et nombreux questionnements se chevauchaient dans son esprit loin d'être dénué de réflexion. Quelque chose clochait dans cet enchevêtrement de révélations. La patience n'étant pas salvatrice, une missive avait été envoyé pour rapporter sa venue officielle à Ferboys où séjournait Edarra. Il tenait à entretenir une conversation en face à face pour jauger les réponses qui lui seraient fournies. Son amitié ne lui offrait que l'avantage d'être écarté des fourberies à son attention, cela ne l'empêcherait point de lui mentir si nécessaire, il le savait pertinemment.

Se réjouissant d'avoir eu cette visite à sa fauconnerie, il n'en informerait point le reste de la maisonnée. L'information parviendrait bien assez vite voire était déjà divulguée, mais le souhait de n'en entendre secondairement parlé que par Edarra était prédominant. Sellant rapidement sa monture et s'accompagnant de son fidèle Dashkar, il s'était rapidement mis en route pour la rejoindre la demeure des Ferboys. Ce n'était point l'endroit le plus éloignée de la contrée, aussi le temps impliqué dans son déplacement ne tira point en longueur. Bien moins que pour se rendre à Denfer où il allait désormais plus régulièrement que par le passé, Rennifer n'étant plus le seul qu'il désirait ardemment côtoyé. Sa fille était entrée d'une manière inopinée dans sa vie et n'en était pas encore ressortie. Il ne le désirait d'ailleurs pas pour le moment. Elle était objectivement l'unique femme de son entourage à ne guère entraîner de complexité dans sa vie, bien au contraire. Et au vu de la situation à Dorne et dans sa maison, ce n'était qu'une faible compensation amplement méritée. Cette passion violente qui l'animait se jumelait parfaitement à la sienne lui permettant l'expression d'une facette de sa personnalité qui ressurgissait de manière inadéquate le reste du temps. Les combats seuls ne lui permettaient plus d'évacuer toute la tension accumulée. Anissa lui était devenue nécessaire. N'étant pas de ceux qui expriment leur ressenti aussi ouvertement, il avait tu ce phénomène mais la retenue d'un tel profit n'était cependant pas manifestée. La jeune femme n'avait guère émis de discussion sur ce sujet ce qui était un signe de profit réciproque sans attentes actuelles. Les plans d'Edarra concernant la Uller lui étaient totalement inconnus également et risquaient de ne guère lui plaire dans l'immédiat si cela venait à être entendu. Mettre une option officielle et éternelle sur Anissa ne lui était pas venu en tête jusqu'à présent, mais ne plus avoir accès à cette relation lui poserait problème. N'étant cependant pas au courant, il n'émettait point d'objections et n'aborderait guère le sujet car cette relation était officieuse et méconnue de la population. Même Asafa, ami de longue date, n'avait pas ouïe dire cette information. En réalité, il ne communiquait avec personne de ses ressentis personnels, excepté avec Rennifer qui s'apparentait le plus à un confident mais dont les révélations n'étaient pourtant pas toujours les plus approfondies et les plus développées. Parler de lui n'était pas d'actualité. Peut-être était ce bien le problème de ses tensions internes et de cette souffrance dévastatrice.

Toujours est-il que ces réflexions furent délaissées au vent tandis que sa chevauchée se ralentissait à l'approche de la maison convoitée. Il était arrivé et, Dashkar reprenant place sur son avant bras déployé, il arriva au pas annonçant son identité par une démarche tranquille. Connu de la maison, la déclarer verbalement n'était plus nécessaire désormais. Il descendit de son destrier l'offrant à un homme de main qui l'emporta pour s'en occuper pendant qu'il se dirigeait vers l'intérieur de la demeure. D'une secousse, il invita son familier à prendre place davantage sur son épaule permettant une liberté évidente de ses bras. Se rendant tout d'abord auprès du responsable de la maison, le Lord Ferboys, avec qui il avait de bons rapports mais moins régulier que ceux le liant à Edarra. Quémandant informations sur cette dernière ainsi que son état, il lui fut autorisé à lui rendre visite. Ce qu'il s'empressa de faire. Un homme de maison l'accompagna jusqu'à la porte qui le séparait de son amie. De deux coups brefs et secs sur la porte il s'annonça avant d'apporter un éclaircissement.

"Edarra, c'est Daärim. J'entre."

Ne prenant pas davantage de temps, il exécuta ses propos et ouvrit lentement la porte au cas où viendrait un refus évident de son avancée. Se découvrant alors visuellement, il observa la pièce cherchant des yeux la jeune femme que son regard océan capta aisément. Entrant dans la pièce et refermant la porte derrière lui, il s'avança pour se rapprocher de la raison de sa visite. Son regard s'attarda un instant sur la silhouette de la jeune femme observant ainsi son état et les conséquences éventuelles qui en découlaient.

"Ainsi, j'apprends que tu nous reviens du nord blessée et astreinte d'une convalescence ? "Il la regarda un instant avant de reprendre la parole "Déjà cette information suffisait à requérir mon inquiétude, mais j'apprends également par la suite que cette attaque proviendrait des hommes du prince ? Suis-je en droit de me questionner sur l'exactitude de ces propos ? "


Son regard plongea dans celui de la jeune femme. Par leur échange souhaitait-il instaurer une confiance suffisante pour impliquer une confidence. Il ne savait guère si ce serait suffisant, Edarra le connaissait pourtant depuis longtemps pour ne point douter de son amitié envers la maison Ferboys, mais la méfiance était signe de succès et il le savait désormais que la trahison frappait souvent à la porte la plus proche. Ainsi, ne souhaitant point lancer d'hostilités non souhaitées, il détendit rapidement l'atmosphère - bien qu'il n'avait pas souhaité émettre un froid- en posant une toute autre question.

"Je manque à mon devoir premier. Comment vas-tu ? Ma venue a pour origine ce questionnement, sinon je serais un bien piètre ami."

Il ne mentait pas. Son inquiétude était réelle et l'obtention d'informations sur la blessure et les conséquences qui en découlaient lui serait nécessaire pour congédier son inquiétude ou la décupler. Après tout, de ce qu'il en savait, ce n'était guère une égratignure mais davantage une blessure grave.


Dernière édition par Daärim Forrest le Sam 1 Déc 2012 - 14:15, édité 1 fois
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Message Jeu 25 Oct 2012 - 17:50

Le retour à Dorne avait été pour le moins pénible, surtout que la délégation Ferboys avait subi de lourdes pertes durant l'embuscade sur les Terres de l'Orage. Edarra avait reçu les premiers soins de la part des villageois, mais la douleur omniprésente dans son dos témoignait de la gravité de sa blessure. Bien qu'elle ait organisé toute cette histoire, elle ne pensait pas se retrouver dans cet état à l'arrivée. Au final, même son cousin avait été blessé dans cette affaire et pour le moment, elle ne voulait que dormir encore et encore. Dès son arrivée au Palais de son oncle, les gardes et les servantes l'ont emmené chez le guérisseur, ce dernier mettant toute sa sagesse et son expérience au service du rétablissement de la belle lady à moitié morte. Il était clair que faire le trajet du retour n'avait pas été une bonne chose pour la guérison de la jeune femme cependant, les derniers gardes vivants de l'escorte n'allaient certainement pas contredire un ordre de leur Maîtresse. Fiévreuse et faible, elle parvint à garder conscience par sa seule volonté, repoussant les bras du sommeil pour ne pas risquer de ne pas se réveiller.

Bien sûr, la terrible nouvelle se répandit comme une tempête de sable et chaque Maison Noble reçut l'information qui semblait aussi irréelle que fantaisiste sur l'attaque dont elle avait été victime. Nombreux sont ceux qui envoyèrent leurs pensées par corbeau, espérant que la nièce du Lord des Osseux se rétablisse rapidement. Bien entendu, la plupart attendaient également les explications sur la situation actuelle car même si chacun connaissait les tensions entre la Maison Martell et la Maison Ferboys, peu osaient imaginer que le Prince de Dorne agisse de la sorte. Malgré tout, le doute restait présent dans leurs esprits et pour cause, Maron Martell avait mis à mal leur confiance à plusieurs reprises, beaucoup ne voyant plus le Prince comme celui qui rendrait à Dorne son indépendance. Quoiqu'il en soit, un corbeau attira l'attention de Lady Shyra, qui s'empressa d'aller au chevet de sa fille pour le lui répéter. En effet, ce message annonçait la visite prochaine de Daärim Forrest au palais, ce dernier souhaitant certainement s'enquérir de la santé de son amie. Frère de son ennemie jurée, Edarra ne savait pas encore si elle pouvait lui faire confiance au point de tout lui révéler.

Installée dans son grand lit de princesse, la jeune blessée se reposait doucement, sous les soins constants de ses suivantes. Sous un drap de soie blanc, elle était assise sur la literie, plusieurs coussins venant lui soutenir le dos en dessous de sa blessure pour ne pas lui faire mal. Habillée d'une robe aussi blanche que le drap, assez légère et qui laissait entrevoir le bandage enserrant le haut de son corps au niveau de son cou. Soucieuse de son apparence, elle était malgré tout parfaitement coiffée, sa longue chevelure couleur charbon contrastant avec la pureté des tissus. Une de ses suivantes lui annonça l'arrivée imminente de Daärim, ce dernier étant guidé en direction de sa chambre vu qu'elle n'avait pas encore la force d'en sortir. L'invité de la Maison Forrest annonça son entrée et avant même d'avoir reçu l'approbation de la jeune femme, il entra. Ce genre de chose était habituellement un élément qui ne manquerait pas d'outrer voire d'énerver au plus haut point Edarra mais bon, vu son état, il supposait peut-être qu'elle n'était pas encore consciente pour lui répondre. Bien des domestiques avaient eu droit au fouet lors d'une incursion inopinée dans la chambre de la belle brune et l'espace d'un instant, les deux suivantes veillant sur elle, craignirent qu'il en soit de même pour la fils de Lord Forrest.

Le jeune homme jeta un coup d'oeil à la pièce, celle-ci étant aussi luxueuse que ce que l'on pouvait s'attendre de la part de celle qui se considérait comme une princesse dornienne. Les fenêtres encadrées de tissus de couleur violette contrastait avec la literie d'un blanc immaculé. Même les tenues beiges des servantes semblaient être sales à côté, ce qui d'ailleurs était fait exprès. Il n'y avait aucune raison que celles-ci fassent de l'ombre à leur Maîtresse. Daärim ne tourna pas énormément autour du pot et annonça directement la couleur de sa visite. C'était un trait de sa personnalité qu'elle affectionnait particulièrement car il n'y avait pas plus épuisant de deviner où les gens voulaient en venir, lorsqu'il se répandait en banalités. Elle avait maintenant plusieurs solutions qui s'offraient à elle et afin de s'innocenter de la rencontre dans le Conflans, elle se devait de réfreiner son attaque frontale du faux Prince pour la jouer bien plus finement et s'attirer soutien et sympathie. Si son ami avait été aussi mouillé qu'elle dans cette affaire, elle lui aurait bien volontiers avoué la vérité mais ici, elle était la seule à risquer sa position et donc, elle se devait d'assurer le coup. Edarra se redressa un peu, affichant une petite grimace de douleur, avant de lui répondre.

« Daärim, je suis contente de te voir. En effet, il semblerait qu'une flèche ait cru bon de se planter dans mon dos. Je te rassure toutefois, on m'a annoncé que ma vie n'était plus en danger, il faut juste que je me repose. Concernant l'attaque, nos assaillants ont clairement dit venir sous les ordres du Prince, mais j'ai quelques doutes à ce sujet. Ma famille a déjà été piégée en étant invité sans raison au mariage d'un quelconque Lord du Conflans, alors qu'il s'agissait d'une réunion de rebelles à la Couronne. Ensuite, cette attaque au nom du Prince, je crois que quelqu'un veut créer une guerre en Dorne et voir la Maison Ferboys détruite. Cela pourrait être une tactique des hommes des Terres de l'Orage. La chute des Ferboys leur laisserait un accès à notre terre sans la moindre résistance. »

Son exposé, mûrement réfléchi, lui permettait de se couvrir concernant cette histoire de complot dans le Conflans et également expliquer l'attaque sur sa personne. Avec cela, dès que les Lords en seraient informés, il y avait de grandes chances que l'envie d'aller tâter la chair des soldats du Bief et des Terres de l'Orage augmentent de plus en plus. De plus, cela permettrait également aux Ferboys de se racheter un nom, et à Edarra de passer pour une jeune femme réfléchie et fidèle au Prince Martell, même si ce dernier ne serait certainement pas dupe. Enfin, le dernier point positif de cette version était que cela allait permettre de mettre le feu dans l'esprit de certains combattants n'attendant que cela, comme les Uller. Avec tout cela, le faux Prince serait presque obligé de réagir contre le Trône de Fer sans quoi, il perdrait le soutien de nombreux vassaux jusque-là fidèles. Afin de continuer et de rassurer son ami sur ses sentiments à l'égard du Prince de Dorne, elle continua en développant ses projets pour le futur, futur dans lequel le jeune Forrest aurait bien sûr un grand rôle à jouer.

« Bien que je doute que le Prince soit fort inquiet pour ma personne, j'espère que ses vassaux parviendront à le convaincre que ces hommes ne doivent pas rester impunis. En tout cas, il risque d'être en très mauvaise position si il ne fait rien. Penses-tu que Lord Forrest serait enclin à soutenir une demande d'attaque de représailles contre les Terres de l'Orage auprès du Prince ? Nos Maisons ont toujours été aux premières loges pour assister à la fourberie de ces gens et peut-être qu'un bain de sang leur rappellera qu'il ne faut pas chercher les dorniens. »

Si elle parvenait à s'assurer le soutien des Maisons frontalières et quelques unes de l'intérieur des terres, Edarra pouvait porter un grand coup à l'encontre du faux Prince. En effet, deux solutions s'offriraient à lui, la première consistant à se mettre à dos le Trône de Fer en suivant la volonté de ses vassaux, la seconde serait de préférer la loyauté au Trône de Fer au mépris de ses vassaux. Dans les deux cas, sa position serait fragilisée et cela ne pourrait jouer qu'en faveur de la jeune Edarra Ferboys, la femme clémente et réfléchie qui n'a pas cherché à profiter de la situation pour salir la réputation de son Prince. Finalement, Daärim lui posa la simple question de savoir comment elle allait mais bon, il était clair en la voyant qu'il en fallait bien plus pour l'abattre.

« Je vais bien. Dans quelques jours, je pourrai sortir de mon lit. Heureusement que la flèche n'avait pas assez de force, sinon j'aurai été transpercée comme une poule. »

Faisant signe à l'une de ses servantes, Edarra réclama un peu d'eau, ce qui lui fut apporté en moins de quelques secondes. Elle se désaltéra un peu et continua la conversation en prenant à son tour des nouvelles de son ami. Après tout, cela faisait un certain temps qu'ils ne s'étaient plus vus avec tous les voyages récents qu'elle avait du faire.

« Sinon, comment ça se passe pour toi ? Ta sorcière de soeur complote toujours ? J'ai entendu dire que tu avais noué des liens avec les Uller en mon absence. On ne peut pas dire qu'ils portent les Ferboys dans leurs coeurs, mais ils ont les mêmes envies que nous concernant Dorne. »
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Message Ven 26 Oct 2012 - 14:49

Un amusement certain l'avait envahi lorsqu'il avait pris conscience, un jour, de la ressemblance entre Edarra et sa soeur. Un amusement évidemment du à la haine manifeste qu'elles se vouaient l'une pour l'autre. Or, à force d'observer le sang de son sang, les points communs entre ces deux femmes lui avaient sauté aux yeux lorsqu'il avait commencé à côtoyer Edarra. Il n'était point difficile de les constater. Leur noblesse transparaissait sans aucune pudeur dans leur comportement et leur quotidien. La chambre dans laquelle il se trouvait suffisait à signifier ce qu'il entendait par là, Ismaëlle avait des appartements tout aussi digne d'une grande dame. Leur apparence à toute deux était d'une importance primordiale - leur beauté ne faisait pas de doute même sans ajustements superficiels- tout comme l'intérêt croissant et éclatant qu'elles avaient pour le pouvoir. Bien sûr, pour cela elles disposaient toutes deux des facultés innées comme la manipulation, le profit, et le mensonge, sans oublier leur capacité de calculatrice hors pair. Lui ne bénéficiait d'aucun de ses traits, il était plus brute, naturel et préférait de loin la sincérité et l'honnêteté aux coups fourrés. Le rang de guerrier avait toujours été celui qui lui correspondait dans son intégralité. Tel était ce qu'il voulait être : chef de guerre tout comme Rennifer Uller l'était, même si désormais il devait se mettre dans le rôle de l'opposant de sa jumelle. A ce stade, le caractère d'Anissa lui paraissait davantage dans ses cordes que celui des deux demoiselles d'ailleurs. En réalité, elles auraient pu peut-être bénéficier d'une relation amicale si leur ressemblance n'était pas aussi frappante et si elles ne se faisaient pas de l'ombre mutuellement. Car ce qui posait problème était leurs principes totalement différent. Sur un continuum, toutes deux étaient l'extrême inverse. Edarra partageait d'avantage son mode de pensée à lui, tandis que le sang de son sang s'évertuait à suivre Maron Martell qui ne respectait pas assez Dorne à ses yeux. Cependant, même s'il était davantage du côté d'Edarra que de sa soeur, celle-ci avait parfois des manières de procéder radicales et sournoises. Au fond, il ne pouvait pas lui en vouloir, mais y participer lui déplaisait parfois dans la méthode. Cependant, s'opposer à elle ne serait pas forcément dans ses plans. Et puis contrairement à s soeur, mettre un terme à sa vie n'avait pas été essayé par Edarra.

Néanmoins, et pour revenir à ce qu'il observait actuellement, les propos rapportés n'étaient pas faussés. La blessure importunant son amie avait l'air de lui imposer souffrance qu'elle ne pouvait guère dissimuler. Un simple redressement avait entraîné l'expression d'une grimace, or il la connaissait assez pour savoir qu'elle n'était guère une dornienne frêle et sans caractère. Cela était suffisant pour la rendre forte et pour expliquer que l'expression d'une faiblesse signifiait une retenue impossible de sa part. Il écouta ses propos narrant la situation. Il était impressionné de se rendre compte de la plausibilité de ses dires. Que ce soit un mensonge ne lui paraissait pas évident, mais il avait trouvé cette situation quelque peu surprenante et il connaissait Edarra. Mais il n'allait pas risquer de s'opposer à elle sans fondement, même s'il hésitait sur l'exactitude des propos. De plus, il savait qu'elle agissait pour le bien de Dorne même si elle aussi tentait de jouer beaucoup sur le devenir de sa maison. De base, de toute manière, il n'approuvait aucun déplacement dans le Nord. Il était assez radical à ce niveau à sa façon. Aucune alliance n'était possible que ce soit au Conflans ou ailleurs. Il n'était pas stupide au point de ne pas comprendre que même une contrée indépendante avait besoin de pactes de non-agression ou encore de traités avec les contrés voisines. Mais les alliances comme le sang de son sang réalisait n'étaient pas dans ce but contrairement à Edarra - même si ses ambitions dépassaient cela il en était persuadé. Il écouta cependant ses propos sans clarifier ses pensées. La patiente lorsqu'elle était nécessaire pouvait être de mise et son jugement concernant le besoin de cette dernière était rarement biaisé. Dashkar ouvrit ses ailes et poussa un son pour manifester son besoin d'air. C'était un familier très calme mais il restait un rapace. Tout en écoutant Edarra, il se leva et s'approcha d'une fenêtre qu'il ouvrit d'une fente juste assez large pour son faucon à qui il offrit son avant bras avant de le passer dehors et de fournir un mouvement pour lui donner de l'élan. Il l'observa un instant disparaître à l'horizon en refermant la fenêtre puis revenant auprès de son amie il lui répondit.

"Tu sais que je suis davantage partisan de ce genre de méthodes. Un bain de sang n'est jamais inutile quand c'est pour rappeler les règles. Je ferai en sorte que mon père soit de ton côté."

Son accord était évident sur le répondant obligatoire du Prince face à une telle menace sur les siens. Rester inactif insinuerait une faille ainsi qu'une faiblesse qui serait susceptible de porter préjudices à Dorne. Montrer qu'ils n'étaient pas prêts à se coucher face à une attaque dans le Nord ferait comprendre leur puissance. Cependant, et comme Edarra le savait pertinemment, il n'était pas l'héritier premier de sa maison et autant ses paroles étaient écoutées autant elles n'étaient pas de poids toujours équivalent à ceux de sa jumelle. Elle avait l'art de mettre les gens de son côté tel un poison qui s'insinuait lentement dans les veines jusqu'à ce que vous deveniez des marionnettes dont les cordes trônaient gentiment entre ses mains. Elle tirait sa force de cette capacité dont il était dénué même si elle l'avait contraint à en jouer lorsque cela était nécessaire. Mais il ne lui arrivait pas à la cheville, elle avait des années de pratique derrière elle. Un sourire se dessina sur ses lèvres à l'évocation de la métaphore entre Edarra et une poule.

"Tu me vois ravi alors que tu sois bien plus forte que cela. Mais je sais qu'une simple flèche ne peut pas venir à bout de toi, même si je reconnais que te voilà néanmoins convalescente. Ne te précipite pas pour recommencer à vagabonder. Il serait dommage de ne pas guérir convenablement, ce genre de blessure peut entraîner des séquelles plus importantes qu'on ne l'imagine."


S'appuyant sur un pan de mur non loin, préférant pour l'instant la position debout, il regarda la demoiselle s'hydrater comme il se le devait au vu de la chaleur et de son immobilité de plus est. Des questions le concernant suivirent alors. Il était logique qu'ils prennent de leurs nouvelles mutuelles vu le temps écoulé depuis la dernière fois.

"Tu connais ma soeur. Toujours égale à elle-même malheureusement. Concernant les Uller, tu savais déjà que Rennifer est un ami de mon père depuis nombreuses années et que je le connais maintenant depuis quelques unes également. Il s'agit davantage de sa fille que j'ai rencontrée il y a peu et avec qui j'ai réalisé une partie de chasse." Il marqua une pause et un léger sourire en coin orna ses lippes en repensant à l'échange bestial qui s'était déroulé entre eux deux mais dont personne n'était au courant. Ce n'était pas le genre de choses qu'il ébruitait, déjà qu'il parlait peu de lui-même. Il se reprit néanmoins et continua "Je t'accorde sur le fait que ta maison n'est pas autant appréciée qu'elle le devrait par la maison Uller, néanmoins comme tu le dis si bien, ils partagent davantage nos pensées que celles de ma soeur. Cela suffit à ce qu'on reste du même côté que de tenter de se tirer dans les jambes. Je respecte beaucoup cette maison, Rennifer est un homme sage et avisé, il sait ce qui est bon pour Dorne. Et c'est un très bon guerrier."Son sourire s'étira encore plus en pensant aux différents combats qu'ils avaient menés l'un avec l'autre dans le but de s'entraîner. Cet homme méritait qu'on fasse en sorte de l'avoir de son côté plutôt qu'en adversaire. " De toute façon, tu le sais, sa maison autant que la mienne est fidèle à Maron. Mon père partage ma vision des choses mais il n'est point contre ma soeur non plus. Agir impulsivement pourrait nuire à nos buts communs."

Pour sa part, il savait que ça n'arriverait point à moins qu'il passe dans le côté extrémiste. Mais pour le moment, il se devait de le faire plus finement et d'attendre un coup d'éclat auquel il faudrait participer. Apparemment, l'attaque dont avait été victime Edarra pourrait suggérer un tel événement, c'était bien pour cette raison qu'il se questionnait sur l'implication réelle de cette dernière dans l'incident. Il savait qu'elle pouvait aller très loin mais il n'était pas un fouineur avec les gens qu'il estimait être de son côté. Et puis si doutes il y avait, le questionnement direct lui semblait bien plus opportun que les méthodes vicieuses. Il instaurait une marge de confiance aux personnes qu'il estimait. Mais pour l'instant, venant seulement d'apprendre tout ça, il n'avait aucune preuves, seulement ses réflexions qui n'étaient guère abouties. Aussi préféra-t-il partir sur un autre sujet.

"Dis moi, tes fiançailles sont toujours d'actualité avec la maison Dayne ? Tu sais que je reste fortement perplexe... Oberyn est très proche de ma soeur et ses principes ne se rapprochent point des nôtres. Je ne comprends pas ce que tu attends de lui. Je dois t'avouer de plus que j'ai peu d'amitié et davantage d'animosité le concernant..." Il regarda Edarra et ajouta "Parfois tes plans me laissent perplexes même si je sais qu'ils existent dans un but précis qui parfois me dépasse sûrement." Il la regarda un instant. "Tu sais, Edarra, que tu peux me faire confiance. Participer à tous tes plans ne me seront peut-être pas possible, mais je suis de ton côté. Je sais très bien que ma soeur apporte chez toi une méfiance à mon sujet. Je trouve ça personnellement injuste voire presque insultant." un léger sourire en coin orna ses lèvres. Evidemment il ne composait pas de réels reproches. Mais tout deux savaient très bien que les sentiments qu'il avait envers sa soeur - bien qu'ambigu mais su que par lui-même -comportait pas mal de haine suffisante pour contrecarrer les plans de sa jumelle et mettre à mal ses projets. "Si je peux t'aider je le ferai."

Il lui avait déjà dire ce genre de paroles mais il avait parfois l'impression que ce n'était pas ancré assez profondément. Pourtant elle devait savoir à quel point la fidélité était primordiale dans sa ligne de conduite tellement la trahison était pour lui le pire des pêchés, presque pire que la lâcheté qui était indigne d'un dornien. Il soupira légèrement avant de terminer sa diatribe.

"Enfin, j'imagine que sans preuves réelles, je ne pourrai jamais te faire comprendre mon investissement sincère. Ta méfiance est un atout important à ton intelligence, mais ne néglige pas tes vrais alliés, il y en a peu ce serait dommage qu'à force de te méfier de tout le monde tu ne saches plus reconnaître ceux qui te seront fidèles."
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Message Lun 29 Oct 2012 - 21:04

La visite de Daärim se poursuivit dans une atmosphère détendue, surtout maintenant qu'il savait qu'Edarra était hors de danger. Une bonne vengeance était un élément important pour ne pas se faire marcher sur les pieds dans ce monde impitoyable et le jeune homme sembla totalement approuver les paroles de la brune. Si son père soutenait également cette demande de la Maison Ferboys, le faux Prince aurait beaucoup de mal à ne pas satisfaire cette requête. Après tout, il était lui-même mis en cause dans cette attaque et c'était juste la volonté des Ferboys de reporter la faute sur les Terres de l'Orage qui lui permettait d'éviter toute accusation. Cela allait certainement jouer en faveur de la dornienne qui ne laissait que peu de choix à son suzerain. Si celui-ci décidait de ne pas réagir, les rumeurs à son sujet ne feraient que s'amplifier, avec la complicité de la belle, et il perdrait peu à peu la confiance de son peuple et de ses vassaux. Finalement, la situation était encore plus intéressante qu'en le rendant directement responsable de cette attaque. En tout cas, son ami partageait la même vision des choses concernant une réponse sanglante adaptée à la situation.

Tout comme Medger avant lui, son invité fit l'apologie du repos et de la convalescence, insistant sur le fait que la jeune femme se devait de ne pas aller vagabonder sans réfléchir afin de ne pas créer d'autres séquelles. Avait-elle vraiment la réputation de ne pas faire attention à sa santé, Edarra ne le pensait pas. Elle avait toujours veillé à sa propre santé bien plus qu'à celles des autres. En tout cas, elle ne comptait pas aller faire des folies tout de suite, mais elle devait tout de même s'assurer que cette affaire ne tombe pas dans l'oubli et pour cela, quelqu'un devait aller plaider sa cause auprès du Prince de Dorne, ne pouvant le faire en personne. Envoyer Asafa était hors de question, tout comme Medger qui aurait vite fait de sauter à la gorge de Maron Martell. Son oncle était bien trop malade pour faire un tel voyage et par conséquent, il ne restait pas grand monde pour aller demander audience auprès de ce suzerain de pacotille. Au final, elle n'allait sans doute pas pouvoir accéder à la demande de son ami et devrait certainement entreprendre elle-même le voyage jusqu'à Lancehélion pour discuter avec le faux Prince.

« En dehors de ma blessure, il y a des choses dont je dois m'occuper. Je n'ai pas le temps de rester tranquillement dans mon lit en attendant que les choses bougent toutes seules. Tu sais bien que ce n'est pas mon genre. »

La jeune femme savait que cette opportunité n'était pas à négliger, surtout qu'elle ne comptait pas meurtrir sa chair à nouveau pour son ambition, à moins d'y être obligée. Après avoir bu un peu d'eau, elle écouta Daärim parler de sa situation, exprimant ses sentiments pour la famille Uller, abordant brièvement sa sorcière de soeur qui visiblement, ne s'était pas bonifiée avec le temps. Le rapprochement du jeune homme avec Anissa Uller était une surprise, surtout vu l'envie qu'Edarra avait de marier la jeune femme avec son cousin. Son sourire laissa supposer qu'il avait grandement apprécié cette rencontre mais bon, ce n'était pas forcément le cas de la jeune sauvageonne qui aurait très bien pu lui montrer les dents. Il se disait souvent que les hommes avaient un penchant pour les femmes se montrant hostiles à leurs avances et c'était peut-être le cas ici. En effet, la brune imaginait assez mal la fille Uller se montrer docile avec un homme et c'est d'ailleurs pour cela qu'elle envoyait son cousin et non une autre personne. La suite confirma sa première pensée sur ce que pensait les Uller des Ferboys, surtout après sa rencontre voilà deux ans avec Rennifer.

Bien que son neveu soit un peu plus diplomate que ce dernier, il était clair que sans l'approbation du vieil homme, Edarra n'aurait qu'un soutien partiel de cette Maison. Pourtant comme le lui confirmait Daärim, les aspirations de la Maison Uller étaient les mêmes que les leurs et il était donc primordial qu'ils parviennent à s'entendre. Evidemment, tout comme les Forrest, les Uller étaient fidèles aux Martell et c'était d'ailleurs la cause du différent qui les opposait. Comme l'indiquait son invité, ils se devaient d'être prudent dans leurs actions, histoire de pousser doucement mais sûrement le Prince dans un coin qui ne pourrait le mener que dans la direction qu'ils souhaitaient. Il fallait surtout parvenir à convaincre les Lords que ce qu'ils proposaient était la seule alternative possible et pour cela, il ne fallait certainement pas laisser passer le complot inventé par la Lady des Osseux. Elle le laissa terminer son résumé de sa pensée sur la situation et ensuite, reprit à nouveau en détaillant avec lui les possibilités qui s'offraient à eux.

« Il faudrait en effet parvenir à convaincre les Lords des différentes Maisons de Dorne de soutenir une riposte envers les Terres de l'Orage auprès du Prince. Si on obtient leur soutien, il n'aura d'autre choix que de se positionner contre le Trône de Fer. Evidemment, je ne me fais pas d'illusion vu sa perfidie, il s'opposera certainement à toute riposte et provoquera donc la colère de ses vassaux. Il est donc important que ceux-ci nous soutiennent avant d'aller exposer notre demande. Cela permettra de montrer que les Martell ne s'opposent pas simplement aux Ferboys, mais à toutes les Maisons de Dorne. Sa position ne pourrait qu'en sortir fragiliser, dans un cas comme dans l'autre. Pour les Uller, j'avais pensé essayer d'organiser une union entre Asafa et Anissa Uller. Cela pourrait être une solution pour que nos deux familles se rapprochent mais bon, je ne sais pas si Rennifer acceptera que sa fille épouse mon idiot de cousin. »

Feignant l'innocente en ne relevant pas les signes qu'elle avait perçue lorsque Daärim avait parlé de la fille Uller, Edarra espérait bien une confidence de sa part. Après tout, une union entre Anissa et lui pouvait également lui être favorable, voire même plus si cela permettait que Rennifer ne voit pas rouge par les actions d'Asafa. Si son ami parvenait à amadouer les Uller et leur faire comprendre que la nouvelle génération de Ferboys méritait leur confiance, le but recherché serait atteint et cela suffisait amplement. La conversation s'orienta sur la relation entre Oberyn Dayne et la jeune femme, leur mariage étant prévu depuis un certain temps maintenant. Les doutes de beau brun était légitime et pour cause, Edarra savait parfaitement le travail que représentait le modelage de cette famille d'idiots, pour lesquelles les Martell étaient comme des dieux vivants. L'honneur et le devoir étaient sans doute les seules choses que ces gens comprenaient mais bon, il s'agissait également de leur point faible le plus facile à exploiter. Les sentiments de Daärim étaient les mêmes que ceux de Medger à l'égard de l'héritier de la Maison Dayne mais pourtant, les avantages tirés de cette union pouvaient être très importants pour la suite.

« Oberyn n'est en effet pas trop porté sur l'indépendance de Dorne, et c'est sans doute ce qui explique sa loyauté envers les Martell. Toutefois, sa Maison a un certain prestige qui ne doit pas être négligé. Si je parviens à me positionner correctement, je parviendrais à diriger la Maison Dayne lorsqu'il sera pris par ses batailles, et ce jusqu'à ce que notre enfant en hérite à son tour. La Maison Dayne, si loyale au Prince de Dorne, se retrouverait totalement changée et affiliée aux Ferboys. Avoue que cela est une occasion unique. En plus, Oberyn n'est pas mal de sa personne et il a un petit côté qui me plaît beaucoup. Je serais presque triste si je ne parvenais pas à le manipuler un peu, et qu'un accident devait lui arriver. »

A demi-mots, mais bien assez clairement, elle venait de dévoiler l'intérêt qu'elle portait à l'héritier des Dayne et surtout, ce qu'elle envisageait si jamais ce dernier se montrait réfractaire à l'idée d'épouser les idées de sa femme dans un avenir proche. Evidemment, si elle voulait que tout fonctionne parfaitement, un héritier devait voir le jour pour lui garantir la main mise sur les rênes des Météores. Quoiqu'il en soit, Daärim semblait également s'inquiéter de la confiance relative qu'Edarra plaçait en lui et pour cause, la jeune femme avait même du mal à faire confiance en sa propre famille. En dehors de sa mère, personne ne savait que c'était elle qui avait organisé cette attaque, et elle comptait bien que cela continue comme ça. La jeune femme comprenait également la frustration de son ami de voir sa loyauté mise en doute mais bon, il n'était pas vraiment dans la nature de la Lady de faire confiance à qui que ce soit. Malgré tout, il faisait sans doute partie de ceux en qui elle avait le plus confiance en dehors de sa famille, ce qui était déjà beaucoup. Elle essaya donc de le rassurer à ce sujet, histoire de ne pas vexer leur longue amitié.

« Daärim, tu sais très bien que je te fais confiance. C'est juste que ta soeur pourrait mettre son nez dans nos affaires et il faudrait pour cela, qu'il n'y ait aucune chance qu'elle puisse recueillir des informations de la part de tes hommes. Tu sais très bien que cette sorcière pourrait facilement te faire espionner. Il faut donc que je me montre prudente afin d'éviter que nos deux têtes roulent sur le sol. Si on pouvait s'occuper d'Ismaëlle, on serait bien plus à l'aise pour oeuvrer à l'indépendance de Dorne et au renversement de ce Prince vendu au Trône de Fer. Si on se débarrasse de ta soeur, ton père ne pourrait que nous suivre et cela affaiblirait encore un peu les Martell. Tu as une idée à ce sujet ? »

Sans cette sorcière, la confiance d'Edarra en Daärim serait totale et d'ailleurs, elle l'était presque déjà, sauf que la sécurité de l'information n'était pas garantie. Tout comme elle, Ismaëlle savait comment soutirer ce qu'elle avait besoin de savoir et la moindre erreur ou faux pas aurait vite fait de lui mettre la puce à l'oreille. Afin d'avoir les mains libres, ils devaient trouver un moyen de la rendre inoffensive rapidement. Sans elle, le père de Daärim suivrait l'opinion de son fils et avec les Uller et d'autres nobles indépendantistes, ils parviendraient à faire pression sur le faux Prince. La future croisade contre les Fer-nés dont elle avait eu vent, allait également être un plus non négligeable dans cette affaire. Il ne restait plus qu'à distribuer les rôles pour que les choses se déroulent comme prévu.
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Message Mer 31 Oct 2012 - 1:38

Le comportement d'Edarra ne lui était guère inconnu. La raison de ses propos provenaient donc de cette connaissance car il avait bien conscience qu'elle ne resterait pas à attendre sagement que le temps nécessaire à sa guérison s'écoule. Elle agirait rapidement malgré son état. Ses conseils ne seraient que peu suivis mais il n'avait pas pu retenir ceux-ci cependant. En tant qu'ami, il se devait de l'avertir des séquelles possibles d'une blessure de cette ampleur. Mais son caractère lui permettrait de faire face à sa douleur. Les plaintes ne seraient pas de mise, il en était persuadé. Néanmoins fallait-il que le corps suive. La veiller de loin serait peut-être nécessaire histoire qu'elle ne fasse pas d'écarts trop dangereux de nouveau à sa personne. Il ne comptait guère agir de la sorte pour lui apporter méfaits, simplement s'assurer de ne plus la récupérer dans leur contrée dans cet état de convalescence. Ecoutant la suite des propos, sa réflexion se concentra sur l'espoir que l'événement aurait les répercussions nécessaires à convaincre son père d'intervenir dans une riposte nécessaire à Dorne. Mais il connaissait la réputation d'Edarra et sa soeur serait forcément sur son chemin lors des discussions si ce sujet venait à être mis sur le tapis. Il ne ferait de toute façon aucun mouvement sans être persuadé d'avoir une chance d'être écouté. Avoir le soutien des autres maisons pour s'aventurer contre les Martell était un risque de très peu de dorniens prendraient. Il savait que cette histoire prendrait davantage d'ampleur. Edarra ne permettrait pas l'oubli. Mais le soutien était obligatoire, elle en avait conscience, néanmoins créer l'alliance contre le prince ne serait point une mince affaire. La facilité ne faisait que rarement échos au plan d'Edarra. Il en était ainsi avec sa jumelle. L'intelligence dont ces deux femmes étaient dotées dépassait de loin celle dont il bénéficiait. Concocter des plans de guerre n'avait aucun secret pour lui, mais réaliser des manoeuvres politiques engendraient une réflexion divisée sur plusieurs domaines dont il ne maîtrisait pas l'envergure.

L'étonnement fut cependant rapporté à l'évocation inattendue d'une union entre Anissa et Asafa. Evidemment que Rennifer n'accepterait guère que sa fille soit ainsi lié à son ami. L'habitude des principes de cet homme l'empêchait de croire une telle acceptation. Mais outre cela, un rire franc et bref s'échappa de sa gorge face à une telle idée. Bien sûr, intelligemment parlant, cette alliance ne pourrait qu'être bénéfique à la maison Ferboys. La réflexion d'Edarra ne prenait que cette option comme point de vue. Mais cela signifiait clairement qu'elle ne connaissait pas la jeune Uller comme lui-même. Etre un homme avait évidemment joué sur ce rapprochement fortuit qu'il ne regrettait guère et dont il appréciait la régularité et l'intensité. Une fois son rire ternit, un sourire en coin cependant toujours dessiné sur ses lippes, il prit la parole pour expliquer sa réaction à laquelle aucun des deux n'étaient préparés : lui car cette idée n'aurait jamais traversé son esprit, elle parce qu'elle ne devait guère s'attendre à une telle réaction face à son idée. De plus, la moquerie ne faisant pas partie de leurs échanges, il ne souhaitait pas qu'elle se méprenne sur la signification de son comportement.

"Edarra... Tu sais que je ne remets que très peu en cause tes idées. Je te donne toujours mon avis, que tu t'en serves ou non. Mais sache que, bien que tout comme toi je suis persuadé que convaincre Rennifer sera difficile, il y a tout autre chose à prendre en compte. Anissa n'acceptera jamais de s'unir à Asafa, et si cela arrivait, elle n'en ferait tout simplement qu'une bouchée. Tu connais le caractère de son père. Dis toi que sa fille est tout aussi violente. Asafa est un ami, tout autant que toi. Mais son comportement de bon vivant bien loin de la combattivité dont il devrait faire preuve face à elle le mènera à sa perte. Le voir attaché et dressé ne m'étonnerait presque pas."


La crainte de perdre cette relation qui était nécessaire à un équilibre psychologique bancal chez lui n'intervenait pas. Cette union n'aurait jamais lieu, Anissa ne le permettrait pas car Asafa ne lui correspondait pas du tout. L'intimité qui les liait lui prouvait amplement qu'Asafa ne pourrait jamais égaler la violence qu'il exprimait sans retenue. Endurer faisait également partie de l'échange. Bien sûr, il n'entrerait point dans les détails. L'intimité n'était pas nécessaire pour comprendre le comportement dont faisait preuve la jeune dornienne. Lui-même l'avait compris alors même que des échanges verbaux uniquement avaient été émis. Bien sûr, sous entendre derrière de tels propos des aveux sur ce qu'il savait ne faisait point partie de sa réflexion. Cependant tout comme Edarra, des secrets se devaient d'être gardés de son côté. La conversation continua comme lui l'avait dirigée, vers une autre union qui le rendait perplexe mais qui dans l'écoute active qu'il réalisait lui montrait que tout était toujours une histoire de calcul et d'avantages à retirer. Oh bien sûr, l'homme que représentait Oberyn Dayne semblait plaire à son amie. Mais de nouveau, elle voyait bien plus loin que sa propre réflexion. Déjà l'héritier germait dans ses pensées et l'acquisition de la maison par ce biais. Etait-ce réellement possible de placer autant de pions sur l'échiquier pour mettre à mal le roi ? La réponse lui semblait de plus en plus claire. Mais une telle façon de penser l'emmenait davantage sur un chemin qui instaurait son inefficacité dans le domaine.

"Je reconnais l'atout majeure de cette union. Mais méfie toi... Tes plans pourraient être mis à mal par ses propres intérêts. Et je te rappelle, il est particulièrement proche de ma soeur, et tu sais que ce n'est guère un atout pour toi... Nos maisons ont une alliance et ils se connaissent depuis l'enfance."

Ce rapprochement le concernait également, mais la divergence d'opinions entre les partisan de l'unification au nord comme le sang de son sang et Oberyn, et lui-même impliquait un éloignement dans le quotidien. De plus, plus l'intérêt d'Oberyn prenait une ascension visible pour sa jumelle, plus un sentiment déplaisant et envahissant lui interdisait l'appréciation de sa personne. Quelque chose dont la compréhension ne lui parvenait que de manière infime du peut-être à une absence de désir d'en apprendre davantage sur ses sentiments qui lui parvenaient déjà avec trop de récurrence. Edarra expliqua ensuite la raison pour laquelle elle ne souhaitait pas partager ses plans avec lui. Sa soeur une fois écartée faciliterait leurs affaires. Il en avait conscience.

"Tu sais que ce dont nous parlons ici ne passerait pas la porte. Je ne suis guère du genre bavard et mes hommes n'ont nullement connaissance de mes allers et venues ainsi que des propos que je tiens avec toi. Tes craintes sont compréhensibles mais pas forcément justifiées en tout point. Concernant ma soeur, tu sais que je cherche à prendre le dessus sur elle depuis un moment maintenant. Je ne suis cependant pas doté de vos capacités miroirs à manipuler et entraîner des prévisions d'actions sur le long terme, autres que belliqueuses. Il en a toujours été de cette différence entre elle et moi que je peine à pallier. Reconnaître son avantage est d'une frustration pénible. Je n'ai donc pas d'idées à te fournir, néanmoins j'ai des conditions que je tiens à rappeler." Il regarda un instant Edarra appuyant ce silence d'un regard suggérant le sérieux de la suite de ses propos. "N'oublie pas que quoi qu'il se passe, je la veux intacte. L'évincer me plairait tout autant qu'à toi mais je ne participerai et ne cautionnerai jamais à une quelconque atteinte physique."

Avouer que cette condition n'était pas respecter par sa propre personne ne faisait pas partie de la suite de sa diatribe. Cet aveu ne pourrait être dévoilé à personne simplement parce que c'était un secret qu'il gardait à l'abri. Un échange entre le sang de son sang et lui-même qui ne pouvait parvenir à aucune oreille car cela mettrait en péril cette domination physique, la seule qu'il pouvait instaurer sur elle. Domination dont le versant négatif était décelé dans la culpabilité effective qui rongeait ses nerfs avidement après application. La répétition pourtant de ces échanges était régulière. Viendrait le jour où la limite qu'il tentait de contrôler se briserait. Cette sensation s'imprégnait davantage en lui, le combat seul ne parvenait plus à sceller ses pulsions vengeresses. Anissa était une échappatoire dont il profitait allègrement et qui parvenait à l'apaiser un temps. Mais jusqu'où tiendrait-il ? Cette question n'avait pas de réponse. Revenant à la réalité de la conversation, ces pensées disparurent alors qu'il reprenait la parole.

"Les contacts de ma soeur s'étendent pour mon plus grand regret. Ses alliances lui permettent un accroissement de son réseau et lui offre des opportunités régulières à l'acquisition d'informations. Nous ne sommes que peu nombreux à souhaiter cette indépendance...Et s'opposer ouvertement aux Martell nous semble impossible. Cette main mise me dérange au plus au point. Nous nous devons d'être indépendant ! "

Ces discussions et l'impuissance dont sa personne faisait preuve le rendait davantage impatient et lui apportait davantage d'impulsions guerrières qu'il avait clairement envie d'apaiser à coups de remise en place ensanglantées dans le nord. Ses propos prirent une pause. Un apaisement était requis pour pouvoir continuer cette conversation. S'énerver ne permettrait pas d'avancer. Le calme serait plus efficace à la réflexion, particulièrement au vu de l'absence de qualité qu'il avait dans ce domaine. Quelques pas furent nécessaire dans la pièce pour s'octroyer cette pause caractérielle. L'instabilité interne qui le tiraillait n'était guère visible. Son regard plus perçant peut-être tromperait son état mais pour le reste, il n'accepterait point de relâchement. Après quelques secondes, il reprit place non loin de la jeune femme pour pouvoir reprendre.

"As-tu d'autres plans en vue ? Quelque chose peut-être de plus positif ? "
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Message Dim 4 Nov 2012 - 17:08

L'étonnement qu'elle put voir à l'évocation d'un mariage entre Asafa et Anissa Uller, ne la choqua pas grandement. En effet, une telle union aurait semblé improbable pour beaucoup de monde et même pour Edarra, cela semblait être une idée folle. Cependant, cela pouvait être un coup de maître afin de réunir leurs deux familles, surtout vu les personnalités difficiles des mariés. Entre la sauvagerie de la jeune femme et la concupiscence de son cousin, cela aurait fait un couple hors norme et totalement imprévisible. Quoiqu'il en soit, Daärim essaya de lui faire entendre raison en exposant de nombreux arguments qu'elle connaissait déjà. Il était clair que convaincre Rennifer de marier sa fille à un Ferboys relevait du miracle et en plus, à Asafa, il s'agissait d'un double miracle, mais pour autant, il aurait été intéressant de renforcer les liens entre Denfert et Ferboys. Avec ce qui attendait Dorne dans les semaines qui venaient, il était primordial d'arriver à convaincre le plus de Lord possible du bien fondé de leurs intentions, afin que le Prince n'ait plus aucune chance d'ignorer tout cela.

« Je partage en grande partie ton avis sur Rennifer Uller et en effet, le convaincre d'un tel mariage serait un miracle. Pour Anissa, je l'ai déjà rencontrée plusieurs fois et je pense qu'elle m'apprécie un peu. Evidemment, le gros problème reste Asafa et sa réputation extrêmement mauvaise. Pour tout te dire, qu'il meure en essayant de culbuter la fille Uller ne me ferait ni chaud, ni froid, surtout que ça permettrait que les Uller aient une obligation envers les Ferboys. Mais bon, tu as peut-être une meilleure idée pour mon cousin ? J'ai entendu dire qu'il aurait voulu ta soeur comme épouse. Tu t'imagines bien que ces sentiments ridicules qu'il éprouve à l'égard de cette sorcière, ne m'enchantent pas vraiment. Enfin bon, ça pourrait être une solution ... »

Laissant en suspens le reste de sa pensée, la dornienne pensait déjà à une idée pour éventuellement mettre hors-circuit Ismaëlle dans la succession de Lord Forrest. Cependant, il aurait fallu que son ennemie jurée soit prise par surprise et pour cela, il n'y avait pas énormément de solution en dehors du déshonneur. Passant momentanément à autre chose, son ami lui fit une nouvelle fois part de ses doutes sur sa relation avec Oberyn, mettant en avant sa relation avec les Martell et sa propre soeur. Il était clair que les Dayne étaient un problème en soi et même si elle parvenait à épouser leur héritier, elle allait devoir redoubler d'effort pour parvenir à changer les choses de façon utile pour son projet. Même si Edarra jouait toujours la fille sage et innocente en face de son fiancé, ce dernier ne parvenait pas à se retenir de parler du Prince de Dorne, un peu comme si il chiait de l'or. C'était une chose des plus désagréables chez lui mais bon, elle le supportait tant bien que mal, s'efforçant à garder le sourire et à nuancer les propos tenus, histoire de semer le doute dans l'esprit étriqué du chevalier blond.

« Je connais parfaitement la stupidité de mon fiancé au sujet de Maron Martell, ne t'inquiètes pas. Le jour où on aura des enfants, cela sera eux qui dirigeront les Métérores. A ce moment-là, ta soeur ne pourra plus rien et les Dayne non plus. Il faut être patient pour obtenir ce que l'on souhaite et si je ne parviens pas à mon objectif, ma progéniture y arrivera. Evidemment, avant d'envisager les choses aussi loin, je reste convaincue de pouvoir faire évoluer la vision de ce cher Oberyn. Après tout, je suis séduisante et si il ne veut pas faire ceinture, il devra bien oublier ses convictions ou son honneur, lorsqu'il ira se satisfaire chez les prostituées. »

Orgueilleuse comme pas deux, la jeune femme ne voyait pas un homme lui résister et surtout pas son mari. Connaissant l'honneur du beau Oberyn, elle savait aussi qu'une fois marié, il aurait de gros problème de conscience à aller voir ailleurs pour se satisfaire. Ce petit problème étant sans aucun doute la plus redoutable des armes, lorsqu'on épousait un homme avec une certaine éthique. Ils étaient également les plus faciles à manipuler, même si cela valait dans les deux sens. En effet, aussi bien la sorcière des Forrest que la Lady Ferboys auraient pu tirer leur épingle du jeu dans le cas présent. La suite de la conversation se concentra sur Ismaëlle et pour cause, elle était la principale cause de méfiance de la brune envers son vieil ami. Son côté fouine aurait très bien pu parvenir à découvrir les secrets gardés par son frère et donc, compromettre les plans d'Edarra. En tout cas, Daärim confirma qu'il tentait toujours de prendre le dessus sur sa soeur, avouant directement qu'il n'avait pas son talent, tout comme celui de la dornienne, pour manipuler les gens. Il était clair que c'était à son grand désavantage, tout comme ce stupide attachement à la garder en vie ou même éviter qu'elle soit blessée.

« Tu vois, c'est exactement pour cela que tu ne gagneras jamais. Il faut savoir aller jusqu'au bout lorsqu'on a un objectif. Cette sorcière ne se gênera certainement pas de te tuer, si elle en avait l'occasion. Si ce n'était pas pour toi, je n'aurai certainement pas hésité à m'en charger. »

Il était clair dans l'esprit d'Edarra que sans les impératifs demandés par Daärim, cette sorcière serait déjà morte sous une dune de sable. Enfin bon, cela ne servait à rien de songer encore à ça, même si la sensibilité familiale du jeune homme allait sans doute lui coûter la vie un jour. Lorsque cela arrivera, il s'en voudra certainement de ne pas avoir écouté son amie mais bon, que pouvait-elle bien faire pour le convaincre de cette situation. Dans un sens, cela démontrait la véracité de ses mots sur la facilité à manipuler et prévoir les actions des gens ayant trop bon fond. Daärim semblait finalement être un peu comme Oberyn, droit et avec un sens de la famille excessif. Il continua à lui expliquer que les liens de sa soeur s'étendaient bien plus loin que Dorne. Il était clair qu'elle devait se douter de ce que préparait Edarra et par conséquent, elle prévoyait un plan de rechange pour se garantir une certaine sécurité. Quoiqu'en dise le beau brun, elle était un obstacle dont il fallait s'occuper au plus vite et sans la moindre pitié, elle en était persuadée. Toujours assise dans son lit, aussi digne d'une reine malgré sa blessure, elle sembla avoir une idée et ne se priva pas de la lui annoncer, lorsqu'il lui demanda si elle avait d'autres plans.

« Si j'ai bien compris, elle a des liens hors de Dorne ? Ta soeur va-t-elle de temps à autre en voyage et sais-tu où elle se rend ? Si tu peux apprendre ce genre de chose, il nous est tout à fait possible de souiller son honneur. On pourrait s'arranger pour quelques brigands s'amusent avec elle, histoire qu'elle soit enceinte. Une fois cela fait, ils la laisseraient repartir intacte. Ca pourrait aider ta cause non, et ça respecterait plus ou moins tes conditions ? »

Cette idée n'allait sans doute pas vraiment plaire à Daärim, mais cela aurait largement pu résoudre pas mal de leurs soucis. En effet, après cela, l'honneur bafoué de la Maison Forrest leur imposerait presque de mettre sur le côté Ismaëlle pour laisser son frère diriger. De plus, peu d'hommes de grandes Maisons accepteraient d'épouser une femme ayant eu un enfant avec un roturier, même si il s'agissait d'un viol. Bien entendu, elle ne s'en sortirait pas sans quelques blessures mais bon, elle serait en bonne santé et intacte, comme le voulait son ami.

« En plus, vu son intérêt pour elle, Asafa pourrait avoir une chance avec ce déshonneur en plus. Je ne pense pas qu'il serait du genre à s'offusquer d'un enfant illégitime de sa femme. »

Diabolique jusqu'au bout, Edarra montrait toute son imagination pour nuire aux gens. Il ne faisait pas bon de figurer parmi les ennemis de la brune et si il ne le savait pas encore, cela devait être très clair pour Daärim à présent. Toutefois, ce n'était pas tout ce dont elle avait envie de parler avec le jeune homme. Son plan principal restait une priorité sur la mise à l'écart de la sorcière Forrest et elle devait se concentrer sur cela. Elle lui expliqua donc la suite de la manoeuvre et surtout, ce qu'elle attendait de lui pour l'aider. Il allait jouer un rôle primordial dans la suite des événements et il allait vite s'en rendre compte.

« Dans les prochains jours, Asafa se rendra à Lancehélion pour exposer la situation à Maron Martell. De ton côté, j'aimerais que tu parles à ton père, mais également aux Uller. Tu as des bons contacts avec eux et si c'est toi qui y va, il y aura moins cette impression qu'il s'agit d'un coup monté des Ferboys. Tu penses pouvoir faire cela ? Le but est que tous se joignent à nous pour exiger une riposte contre les Terres de l'Orage. Il serait important qu'ils envoient au moins une missive au Prince et au mieux, qu'ils se déplacent pour exprimer leur opinion. Je sais que je te demande beaucoup, mais cela sera un point crucial pour l'indépendance de Dorne. »
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Message Mar 6 Nov 2012 - 22:27

Asafa était homme de gentillesse, son comportement ne pouvait s'allier aux femmes dont il était question dans les propos d'Edarra. Anissa avait ce caractère sauvage, agressif et bestial dont l'écho devait se faire valoir à un comportement semblable, tout aussi dominant qu'elle-même. Cela lui correspondait bien davantage et la conséquence était familière à leur relation intime actuelle, qu'ils renouvelaient fréquemment pour sa plénitude personnelle. Une femme douce et aimante serait un bien meilleur choix pour son ami. Tout comme Ismaëlle ne pouvait correspondre également à ses attentes. Manipulatrice, elle l'avait si souvent échauffé par des mots mielleux et dosés à souhait pour le garder captif de ses sentiments qui pourtant ne trouvaient aucune réciprocité. L'en dissuader avait été un travail de longue haleine et actuellement encore, Asafa ne pouvait se défaire du ressenti que la simple conception de sa jumelle pouvait entraîner chez lui. Cet envoûtement lui apparaissait davantage compréhensible au fil des années, lui-même subissant un maléfice imposant par la seule présence de sa soeur. Maléfice qui se traduisait très régulièrement par un comportement violent et inopportun envers Ismaëlle dont les pensées envers elle se mêlait à un sentiment particulièrement voué à être malsain au fil du temps. Ainsi, l'imaginer avec Asafa arpentait des méandres dérangeants dans son esprit perturbé depuis maintenant un temps, importé de la trahison secrète que sa chère jumelle avait engendrée à son égard. Mais son désaccord n'était pas entraîné qu'uniquement envers la personne de son ami. Il en était de même pour tout homme s'approchant de trop près de celle qu'il considérait de plus en plus comme sienne. Mais bien sûr, ce type de pensée ne quittait jamais sa boite crânienne pour atterrir sur ses lèvres et s'exprimer librement. Cette torture était sienne et il en serait ainsi jusqu'à sa mort. Des idées par conséquent sur un futur époux plausible avait été oblitéré totalement de ses réflexions.

"Ma soeur ne pourrait être mariée à ton cousin, tu le sais pertinemment. Elle ne l'aime pas et il n'apporte aucun intérêt à ses desseins. Je ne sais pas à qui tu pourrais lié Asafa, mais il reste mon ami et fait partie de ta famille. Ne l'use pas comme simple jouet."


Ses paroles n'étaient en rien une menace. Le ton explorait davantage le souhait. Se dresser contre Edarra n'avait jamais été dans ses intentions, et il n'approuverait point que ça commence maintenant. Observant son amie alors qu'elle expliquait ses plans pour son fiancé, un malaise lui parvenait quant à l'assurance de cette dernière par rapport à ses objectifs. Le doute quant à ses capacités n'avait pas lieu d'être. Mais elle ne s'opposait guère qu'à Oberyn, elle s'opposait à sa jumelle qui mettait en place son échiquier avec de plus en plus de sécurité au fur et à mesure que ses alliances grandissaient. Contrairement aux croyances, Maron Martell restait apprécié et malgré ceux qui s'opposaient à son épanchement dans le nord ou son mariage avec cette femme, les maisons vassales restaient majoritairement fidèle à sa volonté. Le crédit donné à la maison Ferboys ne jouait pas en faveur de leur autorité. Tous ces calculs commençaient à prendre des proportions qui le dépassaient aisément. La réflexion lui octroyait la capacité de jugement sur les performances qui l'entouraient, mais néanmoins, il ne pouvait jouer des coups d'avance. Edarra marquait un point dans ses propos. Gagner en réalité n'était pas possible pour lui. Son comportement de dominance physique sur sa soeur n'était pas né d'une simple envie de lui faire du mal. Il se haïssait royalement d'en être réduit à un tel comportement pour simplement instaurer une minime dominance sur le sang de son sang. Ses capacités intellectuelles et son désir d'indépendance - et par conséquent d'être coupé du nord - ne lui permettait pas de trouver des alliés comme sa jumelle. Le plus amusant était la véracité profonde des paroles de son amie qui ne connaissant pas les détails mettait le doigt sur le noeud ancré du problème : Ismaëlle avait tenté de le tuer. Ce n'était plus au stade de l'hypothèse comme le formulait Edarra. Son regard se fixa sur les prunelles de la jeune dornienne à l'évocation d'une atteinte meurtrière possible s'il n'avait pas donné ses conditions par le passé. Son attachement restait trop profond pour souhaiter un tel événement.

Tout ceci le mettait dans un état proche de l'explosion. La situation empirait de jour en jour, réagissant en miroir à l'expansion de sa soeur et en cet instant, une seule personne trônait dans son esprit capable d'apaiser ses impulsions malsaines : Anissa. Mais ce remède se trouvait à des heures en destrier et son self-contrôle était sa seule arme actuelle. Edarra n'allait pas l'aider à apaiser ses tensions personnelles en évoquant une idée particulièrement déplaisante pour des plans censés détruire le pouvoir de sa jumelle. La brillance meurtrière de son regard ne put être canalisé alors que ses prunelles azurées se fixaient sur celles de son interlocutrices. Bien évidemment, Edarra pensait davantage à ses desseins et il pouvait aisément le comprendre, mais ses conditions étaient claires et des nuances n'étaient pas permises. Il était le seul qui pouvait entraîner une ascendance physique sur le sang de son sang e la tolérance quant à se partage n'existait pas. Il tuerait de ses mains les démons masculins qui auraient intentés à la vie d'Ismaëlle. Edarra emboita cette idée avec celle d'alliance entre Asafa et sa soeur. Ces dires n'étaient plus tolérables, aussi avec autant de contrôle que son expérience lui avait désormais octroyée, il recadra correctement son amie sur ses intentions.

"Edarra, intacte veut dire qu'il ne doit rien arriver à Ismaëlle de fâcheux. Or, permettre à des gens du nord de poser leurs mains répugnantes sur ma soeur pour abuser d'elle à outrance tel un jouet exotique dont ils n'auraient guère bénéficié par le passé me semble quelque peu inapproprié avec ma définition du mot "intacte". Et Asafa ne se mariera pas avec Ismaëlle."
Il marqua une pause pour instaurer un apaisement léger de ses tensions avant de reprendre " Je conçois parfaitement que tu aies besoin d'établir une main mise sur elle, tu sais que je suis prêt à t'aider, mais sur ce thème, je reste intransigeant et fermé."

La compréhension ne pouvait être plus facile. Ses propos étaient clairs et ses attentes particulièrement établies. Edarra le connaissait assez pour savoir ce qu'il réservait aux traîtres. Aller contre ses conditions portait le même titre, il était alors impossible d'apaiser son désir de vengeance sans des cadavres ensanglantés. La belle dornienne émit alors une autre partie de son plan ce qui calma Daärim à nouveau emporté par le but commun dont tous deux étaient mus. Ainsi, elle souhaitait de lui une participation directe à son plan en tentant de parler à son père mais également aux Uller. Concernant le dominant familial, la sureté de son acceptation restait réduite mais tenter de le rallier ne coutait rien. Néanmoins, commencer par Rennifer lui semblait plus judicieux. La réflexion dont il était capable lui permettrait d'avoir une opinion plus claire de la situation et peut-être, selon les arguments de Rennifer, d'offrir de l'aplomb dans ses propos face à son père.

"Je me rendrai auprès de Rennifer pour quémander son opinion et tenter de lui faire accéder à ta requête. Il en sera de même pour mon père. Je ferai ce qui est en mon pouvoir pour obtenir satisfaction, mais je ne te promets rien."

Ses tensions internes mieux maitrisées, il s'octroya un mouvement dans la pièce offert par quelques pas pour évacuer davantage encore le ressenti négatif qui s'était amalgamé en lui. Décidément, les guerres et les combats lui offraient davantage de sérénité qu'une discussion des enjeux politiques de sa contrée. Jusqu'où cette histoire allait-elle s'engouffrer ? La réponse à cette question se jumelait à beaucoup d'appréhension pour le futur avoisinant. Après un instant de silence, ses iris océanes se posèrent sur la demoiselle avant de reprendre la parole, continuant néanmoins la conversation lancée.

"Et toi désormais, que comptes tu faire ? Après t'être rétablie j'entends - je précise donc que ça implique une période de repos obligatoire que tu tentes j'imagine déjà d'écourter." Il pensa alors à Asafa et l'envoi à Lancéhélion qu'elle lui avait imposé "En parlant de rétablissement, quant est-il pour Asafa ? Il me semble qu'il était blessé également. Tu n'es pas trop rude avec lui ? D'ailleurs comment vit-il la situation ? Je n'ai pas encore eu l'occasion de le voir depuis que vous êtes rentrés."

Il pouvait imaginer que la gentillesse de son ami s'était transformée principalement en inquiétude concernant la situation où devant ses yeux sa cousine avait subit des séquelles physiques importantes. Au vu de ces conséquences, imaginer un plan tel concocté par la jeune femme lui paraissait totalement irréaliste dans l'immédiat, malgré la méfiance que cette histoire avait instaurée dans son esprit. Connaissant Edarra, croire qu'elle s'était rendue dans le nord sans émettre l'hypothèse d'un piège lui semblait insultant. La question désormais insufflée à sa réflexion l'empêchait de la camoufler sans en parler. Aussi se permit-il donc de la laisser prendre vie;

"Edarra, suspectais-tu un quelconque traquenard en te rendant dans le nord ? Te connaissant tu n'as pas pu laisser errer cette hypothèse sans te retourner dessus..."

Si c'était le cas, pourquoi l'attaque qui suivait n'était-elle pas davantage en lien avec cette histoire et non indépendante ? Lui aussi émettait des hypothèses que sa réflexion personnelle captait à son niveau. Il ne pouvait prétendre accéder à un stade qui rivaliserait à ce dont Edarra avait déjà spéculé. Mais comprendre par conséquent les entremêlements sinueux de son échiquier à elle restait une optique qu'il voulait tenter. Autant s'essayer à une compréhension plus poussée.
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Message Dim 18 Nov 2012 - 13:20

Comme Edarra le savait parfaitement et d'ailleurs, Daärim le lui confirma sans peine, Ismaëlle n'aimait absolument pas Asafa, et il n'avait d'ailleurs aucun intérêt pour elle. Cette information était une chose évidente pour la brune car après tout, que ferait une héritière de ce genre avec un homme volage. Evidemment, en grand moralisateur et ami de son cousin, le jeune homme lui demanda de ne pas l'utiliser comme un simple jouet. Il est vrai que la dornienne ne voyait son cousin que comme un outil permettant d'asseoir son autorité. Ce dernier avait déjà eu énormément de chance que les Ferboys l'acceptent à nouveau suite à ses frasques aussi, Edarra ne voyait pas vraiment le problème qu'il rembourse cette dette avec son bonheur futur. Etant partisane du mariage d'intérêt bien avant celui de l'amour, la belle ne voyait pas le problème dans sa manière d'agir. Il était clair en voyant la réaction du jeune Forrest que les hommes semblaient finalement bien plus romantiques que les femmes. Dans son esprit, elle était même persuadée que la soeur de ce dernier imaginait les choses comme elle, ne voyant le mariage que comme une alliance durable et utile entre deux Maisons. La naïveté des deux amis était presque touchante, si la brune savait encore ressentir cette émotion.

Bien sûr, la suite de ses paroles ne plurent pas beaucoup plus à son invité, ce dernier continuant dans sa folie de voir sa soeur sortir indème d'une confrontation. Il était tellement naïf que la jeune femme ne put s'empêcher de glousser de rire. Comment pouvait-il encore croire qu'une confrontation avec sa sorcière de jumelle se passerait sans aucune blessure. Elle se renforçait de jour en jour et à un moment, ils allaient être dans l'impossibilité de s'opposer à elle. Edarra le savait et visiblement, la simplicité de Daärim l'empêchait de voir cette triste réalité. L'idée de la faire engrosser par quelques brigands était pourtant excellente, et portait surtout atteinte à son honneur, la laissant vivre malgré tout. Ismaëlle étant aussi cruelle et sans pitié qu'Edarra, il était clair pour la Ferboys qu'un jour, elle aurait à l'affronter, voire même d'échapper à l'un de ses pièges. Maintenant, simplement à cause de ce frère trop attaché à sa jumelle, elle mettait sa propre vie en jeu face à ce serpent qui elle, n'a pas d'obstacle de ce genre sur son chemin. De plus, il revint sur le fait qu'Asafa ne se mariera pas avec elle, comme si ce mariage le dérangeait plus qu'autre chose. Le regard que la brune posa sur son invité fut lourd de sens, tout comme les mots qui suivirent qui semblaient aussi rudes que directs.

« A t'écouter, j'ai l'impression que tu tiens bien plus à ta soeur qu'à ta propre vie. Ne me dis pas que tu l'aimes plus que de raison ? Tu sais que cela n'est pas viable à long terme et que le jour où elle s'en prendra à moi, toute ta volonté de la protéger ne suffira pas à lui éviter ma riposte. Il faudrait te décider et savoir ce que tu veux à la fin. Soit Ismaëlle, soit la tête de la Maison Forrest ! »

Qu'il ait envie d'engrosser sa soeur, Edarra s'en moquait royalement cependant, si c'était l'unique raison de sa volonté de ne pas la blesser, il allait devoir réfléchir exactement à ce qu'il voulait réellement. En tout cas, sa soeur allait le manger très facilement si il continuait à emprunter cette voie chaotique. En tout cas, Daärim lui confirma qu'il allait parler à son père, ainsi qu'aux Uller, afin de pousser en faveur d'une riposte contre les Terres de l'Orage. Si il parvenait à les convaincre, la Maison Forrest, la Maison Uller et la Maison Ferboys pourraient faire pression sur le Prince de Dorne,l'obligeant à choisir entre le Trône de Fer et ses vassaux. Avec la guerre qui se préparait contre les Fer-nés, cela allait offrir de nombreuses opportunités à Edarra pour asseoir un peu plus son influence. Evidemment, elle aurait aimé se marier avant cette campagne, prenant ainsi ses aises dans la Maison Dayne durant l'absence de son époux. Malheureusement, avec sa blessure, cela semblait un peu compromis et le temps allait venir à manquer. A en croire les brides d'informations qu'elle avait eu de la Main du Roi lors de son entretien, l'attaque sur les Ils de Fer étaient imminente.

« Je te remercie de ton soutien. Le Prince devra bien accepter la demande de ses vassaux face à une situation totalement inacceptable. »

Daärim continua en demandant ce qu'elle comptait faire de son côté, sachant parfaitement qu'elle ne comptait pas rester alitée bien longtemps. Il s'inquiéta également de la santé d'Asafa, comme si elle n'était qu'un bourreau utilisant son cousin comme un esclave, ce qui n'était pas loin de la vérité. Bien qu'il ait été aussi blessé, elle l'avait toujours traité de la même façon, ne se préoccupant pas trop de la douleur qu'il pouvait ressentir. Après tout, il était normal pour un homme de se blesser au combat et comme lui avait dit Rennifer Uller voilà quelques années, une cicatrice était la marque d'un véritable guerrier. Avec celle-ci, Asafa aurait peut-être un peu plus de succès avec les femmes, et avec un peu de chances, il parviendrait à s'attirer les faveurs d'une noble dornienne bien placée dans la ligne de succession de sa famille.

« Ne t'inquiètes pas pour moi, je ne vais pas traîner dans ce lit bien longtemps. Une fois rétablie, plusieurs choses vont réclamer mon attention. La première est évidemment ma requête auprès de Maron Martell. Il faudra sans doute que j'aille en personne plaider ma cause et pour cela, le soutien des Forrest et des Uller sera indispensable. J'espère que vu que mes agresseurs se sont servis du nom du Prince, ce dernier saura se montrer intransigeant pour ordonner une riposte d'envergure. Il faudra aussi que j'en apprenne plus sur les manigances de ta soeur, il serait dommage qu'elle finisse pas nous tuer tous les deux, à cause de ton Amour pour elle. En ce qui concerne Asafa, il va très bien, je te rassure. Il est sans doute encore dans une taverne à culbuter une fille de joie, ou à boire comme un poivrot. Sa blessure n'est pas bien grave, juste une petite coupure, tu n'as pas à t'inquiéter. Je suppose que vu qu'il a failli à sa mission de me protéger, il doit se sentir un peu mal mais bon, il s'en remettra vite. Il aura encore de nombreuses opportunités de se racheter. »

A l'entendre, les sentiments de son cousin n'avaient pas une grande importance à ses yeux et c'était d'ailleurs une chose dont elle ne se préoccupait pas vraiment. Bien qu'elle ait de bons souvenirs avec lui durant leurs jeunesses, les choses étaient bien différentes aujourd'hui, et Asafa se devait de rembourser la dette qu'il avait envers sa famille. Lors de l'embuscade, elle lui avait clairement précisé de s'occuper des archers et malheureusement, le travail n'avait été fait qu'à moitié, ce qui avait causé sa blessure. Sans cela, le plan d'Edarra se serait très certainement très bien passé, sans le moindre blessé. La servante présente dans la chambre réajusta les coussins dans le dos de la belle, sentant à la voix de sa Maîtresse que ceux-ci provoquaient une pression sur sa blessure. La suite de la discussion fut assez intéressante car Daärim lui posa une question à laquelle elle ne s'attendait pas vraiment. La jeune femme se fit plus sombre et pensive, jouant parfaitement son rôle de stratège de la Maison Ferboys. Si il y avait bien une chose dans laquelle elle était experte, c'était de sentir les traquenards lorsqu'ils se présentaient à elle.

« Oui, je me doutais que quelque chose allait arriver. Je t'avoue même que lorsque je me suis réveillée après l'attaque, j'ai songé que mon Oncle en était l'instigateur. Comme tu le sais, les relations dans les familles sont toujours compliquées et vu que c'était lui qui nous avait envoyé dans le Conflans, il semblait raisonnable de penser qu'il était l'auteur de cette embuscade. Cependant, il n'est pas idiot et après réflexion, il devait savoir que si il m'arrivait quelque chose, ma Mère aurait vite eu fait de le tuer. Sa responsabilité était bien trop évidente, tout comme celle du Prince de Dorne. Lorsque le Dragon Noir s'est révélé aux Murs-Blancs, je me suis dite que le piège était passé et qu'il était particulièrement sournois, car il touchait à l'honneur des Ferboys et à mon honneur. On peut dire que le second traquenard a réussi à me surprendre. Ce piège en deux étapes était tout à fait bien pensé, une chose que ta soeur aurait pu faire par exemple. Le seul hic était l'attaque sur les Terres de l'Orage. Il y a donc à croire que l'organisateur de tout cela, a un lien avec les rebelles et habite les Terres de l'Orage. Il est vrai que si cela avait été moi, afin de rendre sa liberté à Dorne, j'aurai organisé une guerre interne dans les Régions voisines, histoire d'avoir le temps de faire ce qu'il faut avant que la Couronne ne se tourne vers nous. Il faut croire que quelqu'un d'autres à penser de la même façon. »

Sa théorie était cohérente et laissait peu de place au doute, comme si cela avait été mûrement réfléchi. En effet, cela semblait clair dans son esprit vu que c'était elle qui avait tout mis sur pied. Un jour ou l'autre, le plan mit en place lors de ce voyage allait être encensé comme la clé de la liberté de Dorne et surtout, le renversement du pouvoir des Martell. Peut-être que dans un livre racontant sa glorieuse histoire, Edarra y ferait mention pour pousser sa progéniture à toujours agir afin d'arriver aux objectifs qu'ils se sont fixés. Quoiqu'il en soit, la brune replongea dans sa réflexion quelques instants, avant de continuer son discours.

« Il y aussi la possibilité que cela soit du à mon futur mariage. Comme tu le sais, Oberyn est convoité par de nombreuses nobles du Bief, mais également des Terres de l'Orage, car il est l'un des rares dorniens à les accepter. Il se pourrait que ma chute et mon déshonneur ne soient que pour le libérer de son sermon à mon égard. De nos jours, les ambitions des femmes peuvent être une chose dont il faut se méfier le plus. Tu les sais mieux que personne. »
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Message Lun 19 Nov 2012 - 14:04

Il était certain qu'Edarra marquait un point quant à son analyse de ses sentiments. Personne n'avait connaissance de cette facette de sa personnalité et il ne tenait pas à ce qu'elle persiste dans de tels dires. Son amour envers Ismaëlle avait effectivement pris des proportions qui le dépassaient largement. Néanmoins, ses désirs de mettre à mal sa soeur était bien présent dans son esprit. Quoi que pense Edarra, elle était un obstacle pour son désir d'avoir la main mise sur le domaine. C'était son objectif après tout désormais et cela faisait un moment qu'il le suivait. Ca ne changerait pas tant qu'Ismaëlle perdurait dans la continuité de ses plans pour une alliance avec le nord qui freinait considérablement la venue de leur indépendance. Pour ça, Edarra était davantage prometteuse, la raison par conséquent de son appui en certaines circonstances était évident. Ses pratiques étaient parfois radicales et c'était pour ça qu'il ne pouvait être en accord constant avec elle. Surtout si ça concernait sa jumelle. Mais sa connaissance de la rancoeur de son amie lui faisait bien prendre conscience que le sang de son sang n'avait point d'intérêt à s'en prendre à la Ferboys, déjà parace que malgré l'assurance de son amie, sa soeur pouvait être très forte dans le domaine, mais si jamais elle ratait son coup, Edarra lui ferait payer de telle sorte qu'il devrait alors choisir son camps : celle qu'il aimait mais qui n'avait aucun scrupule à intenter à sa vie et celle qui partageait ses desseins. Dans la logique, il savait pertinemment que son alliance devait aller préférentiellement à Edarra comme il en était question actuellement. Mais ses sentiments, les seuls qui le faisaient dévier de sa ligne de conduite, pencheraient toujours en faveur de sa soeur, quoi que sa réflexion ne décide. Cette faiblesse était un poids énorme pour prendre le pas sur sa soeur. La dominance physique et la tendance récurrente à la faire surveiller étaient ses seules armes. Pour le reste elle était très loin devant lui et s'il voulait gagner, il devrait laisser faire son amie. Mais c'était bien plus facile à dire qu'à laisser faire. L'idée seulement d'imaginer sa jumelle en danger suffisait à le faire bouillonner de rage et de terreur. La famille avait toujours été le point clé de ses principes. Toujours. En tant qu'aîné après son père, il s'était rapidement investi de la mission masculine de protection qui lui incombait, même envers sa jumelle. La donne avait pris des proportions différentes désormais au point qu'il s'éloignait de sa famille mais ses sentiments, confus, ne perdaient cependant pas leurs principes de base. Mais laissant tout ça de côté pour l'instant, il répondit néanmoins à son amie pour recadrer de nouveau ce point, ne tenant pas à ce qu'elle nourrisse davantage ce genre d'idée sur sa personne qui ne ferait qu'atténuer encore la confiance maigre qu'elle lui octroyait.

"Ne dis pas de bêtises Edarra. Je passe avant ma soeur, ce n'est pas pour cela que je dois abandonner mes principes qui m'ont forgé, à savoir que la famille doit être protégée peu importe les circonstances. Bien que tu ne partages pas ce point, il est primordial pour moi. Malgré la haine que j'ai pour Ismaëlle. L'amour pour elle dont tu me parles est insensé et l'amour fraternel a désormais disparu depuis qu'elle s'évertue à établir des plans qui ne sont pas en faveur de nos idées. Alors ne te fais pas de fausses idées, tu sais bien depuis longtemps que je ne suis pas toujours d'accord avec tes méthodes. Mais tant que ça ne concerne pas ma famille ou ceux qui sont de notre côté, je resterai de ton côté sans m'impliquer. Cela te fait un soutient malgré tout. De plus, certaines choses doivent rester en dehors de ma contribution, même si je suis au courant, simplement pour garder le crédit que j'ai auprès de mon père. Il me semble que c'est tout aussi important."

Ainsi, il véhiculait bien l'idée qu'il ne pouvait pas être en dehors des plans de son amie mais simplement que sa participation active devait être résorbée par moment pour qu'une quelconque implication ne lui fasse pas perdre l'influence déjà amoindrie envers son paternel. Simplement devoir penser comme ça le pesait car c'était trop de calcul à impliquer dans une équation qu'il n'appréciait guère. Agir était davantage dans ses cordes, établir des tactiques guerrières. Si seulement il avait pu rester dans ce domaine... Mais le destin en avait voulu autrement et il se retrouvait maintenant dans un cercle de complots et de manipulation dont il devenait de plus en plus difficile de s'extirper. Mais renvoyer tout ceci au second plan était nécessaire pour pouvoir continuer la conversation avec son amie qui désormais repartait sur ses plans ne concernant pas Ismaëlle. Enfin c'est ce qu'il avait cru mais elle rapporta qu'après toute cette histoire concernant sa blessure et l'attaque sur les Terres de l'Orage, elle se pencherait sur les plans de sa jumelle. Asafa vint également dans ses dires comme il lui avait demandé. Apprendre qu'il s'en sortait avec peu de casse le rassurait. Quoi que son ami dise, son jugement le concernant n'établissait pas la même bestialité et combattivité que lui par conséquent, il avait redouter apprendre que ses blessures seraient elles aussi sévères. Entendre que ce n'était pas le cas suffisait à le rassurer, même si l'évaluation d'Edarra devait sûrement être biaisée par l'intérêt qu'elle apportait préférentiellement à sa personne. De toute façon, prendre contact avec lui se ferait dans un second temps histoire de s'en assurer de ses propres yeux. Mais s'il était en mission actuellement, son corps devait forcément suivre un minimum le rythme c'était le principal.

"Edarra, enlève toi cette idée d'Amour... C'est ridicule. Je t'aiderai à obtenir des informations sur ma soeur comme je le fais pour le moment, mais je te l'ai dit, elle est habile. Je suspecte quelque chose avec Oberyn personnellement... Si tu arrives réellement à te rapprocher de lui je pense que tu pourrais tenter d'avoir des informations de sa part. A moins que lui aussi soit manipulé par ma soeur bien évidemment... Le pauvre, manipulé par deux femmes."


Un sourire en coin, même léger, retrouva sa place sur ses lèvres malgré son état d'avant. Quelque part il se disait qu'Oberyn méritait tout simplement ce qui lui était du. Bien évidemment, ce dornien n'avait pas toujours été en opposition avec lui, depuis le temps qu'ils se connaissaient. Mais son alliance avec sa soeur suffisait à l'établir dans une case plus négative que celle d'ami d'enfance. Son sérieux revint rapidement lorsque les propos narrés parlaient de l'idée même du traquenard dont sa question avait fait l'objet. Apprendre par conséquent qu'elle suspectait ce dernier ne l'étonna pas puisque sa question le laissait de toute manière sous entendre. Son écoute active l'emmena vers une voie qui en réalité l'écartait fortement de l'idée même qu'Edarra ait une quelconque implication avec son attaque. Déjà, avouer qu'il n'y avait pas pensé était véridique, donc forcément, avec son assurance et la manière dont elle abordait le problème, il était difficile de la lier à l'évènement en lui octroyant la tête de l'opération. Cependant, entendre qu'elle suspectait son Oncle le surprit et lui fit se rendre compte des tensions internes importantes au sein de la maison Ferboys. Il n'en avait pas l'ignorance mais à ce point il n'en avait simplement pas conscience. Mais après tout, si sa jumelle avait pu nourrir le dessein de sa mort, pourquoi en serait-il autrement dans d'autres maisons ? Qui que ce soit la personne qui avait élaboré tout ceci, elle avait réfléchi très loin. Et savoir qu'elle se trouvait devant lui ne lui effleurait pas l'esprit. La suite le fit réaliser de nouveau qu'il n'était pas fait pour les complots. Jamais de telles pensées se créeraient en lui. Une attaque de convoitise... Etonnamment son instinct lui disait que cela lui semblait un brin trop tiré par les cheveux. Mais peut-être avait-il tort. Il côtoyait depuis assez longtemps Edarra ainsi que sa soeur pour savoir qu'effectivement, comme elle le sous entendait, les femmes étaient d'un machiavélisme qui dépassait l'entendement.

"Effectivement je suis bien placé pour le savoir, ce qui ne m'enchante guère d'ailleurs de voir à quel point vous pouvez aller loin, vous les femmes. Mais j'en apprends de jour en jour sur vos capacités. Oserais-je avouer que cela m'effraie ?"

Nouveau sourire en coin. Mensonge véridique. Peur n'était clairement pas le terme en réalité. Mais disons que cela n'avait cesse de continuer à le surprendre et à lui rappeler la faiblesse qu'était la sienne dans le domaine. Retraçant un peu toute la conversation dans sa tête, les plans d'Edarra lui parvinrent sous forme de chaîne. Ainsi d'abord cette histoire d'attaque qu'elle devait aborder avec le Prince pendant qu'il tentait de son côté d'obtenir soutient des Uller et de sa propre famille. Sa soeur ensuite... C'était une autre histoire dont la préférence actuelle était de repousser cela au futur puisque ce n'était pas immédiat comme nécessité. Evidemment, une surveillance était continuée de son côté concernant sa jumelle avec parcimonie et autant de discrétion que possible. Mais quelque chose encore le chiffonnait.

"J'aimerais te poser une dernière question avant de te laisser te reposer car de base je ne venais qu'en visite passagère pour prendre de tes nouvelles. Je sais que pour sortir rapidement de ce lit tu as besoin de repos mérité. Mais cela me dérange assez pour que je te fasse part de on questionnement. Si tu suspectais un traquenard, pourquoi être partie avec si peu de protection ? Tu sais que j'aurais très bien pu te dépêcher de très bons hommes pour t'accompagner si pas moi-même si tu m'avais fait part de tes craintes."

Encore une fois était-il question de confiance envers lui ? Il n'espérait pas car sa vie avait été en jeu et si son amie avait été mortellement blessée, le supporter aurait été particulièrement difficile et déplaisant. Bien sûr, son implication aurait pu entraîner des difficultés il pouvait le concevoir mais c'était bien pour cette raison qu'il ne s'était pas mis en première position pour l'accompagner. Mais Aarseth qui était désormais un de ces hommes pour un moment aurait pu l'accompagner et par conséquent la protéger. D'autres également lui auraient obéis pour répondre à ses exigences. Bien sûr, il était trop tard, mais en parler permettrait peut-être qu'à une autre escapade elle ne fasse plus la même erreur.

"Je ne tiens pas la prochaine fois à apprendre non pas une blessure mais ta mort. Peu importe que tu sois coriace, une flèche mal placée reste dangereuse."
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Message Mer 28 Nov 2012 - 18:04

A nouveau, Daärim venait ressortir sa rengaine sur la famille, comme si Edarra n'était pas au courant de tout cela. Elle savait mieux que personne que la seule chose éternelle était l'héritage qu'on laisse derrière soi. Le nom de Ferboys avait été traîné de nombreuse fois dans la boue par les actes idiots de ses ancêtres. Son oncle était d'ailleurs en grande partie responsable des récents griefs qui salissaient sa Maison. Evidemment, son ami avait une bien autre vision des choses car pour la brune, éliminer un membre gênant de sa famille, comme son oncle, n'était absolument pas un problème si cela pouvait faciliter les choses pour tout le monde, et surtout pour atteindre leur but. Il était clair aux propos du jeune homme qu'évincer sa soeur se serait tout bonnement impossible. Elle avait bien sûr songé à la possibilité de ne pas lui en parler, comme ce petit piège qui avait failli bien mal tourné mais bon, si il venait à l'apprendre, elle perdrait l'un de ses derniers soutiens inconditionnels de Dorne. N'étant pas au odeur de sainteté auprès des autres Maisons, garder Daärim à ses côtés devenait indispensable.

« Je ne dis cela que pour ton bien. Ta soeur n'est pas le genre de personne qu'on peut évincer en douceur et tu le sais. Je ne sais pas pour qui elle écartera les cuisses, mais il est à parier qu'elle ira s'allier à un paysan du nord. Elle aura alors tout le loisir de demander l'aide de sa Maison pour l'aider en cas de problème, renforçant ainsi sa position auprès de Maron Martell. Si un jour nous parvenons à gagner notre indépendance, nous aurons alors à nous battre contre les soutiens des Martell, mais aussi contre les soutiens de ta soeur. Cela commencerait à faire beaucoup si nous n'avons pas plus d'alliés à Dorne. »

Il n'y avait pas à dire, la menace que faisait poser Ismaëlle sur les projets de la Maison Ferboys et en particulier sur ceux d'Edarra, était très importante, assez importante pour que cela attire toute l'attention de la belle. Bien sûr, il nia fermement tout sentiment autre que les liens familiaux entre sa soeur et lui mais bon, cela ne convainquit pas vraiment la brune. Il évoqua également les liens entre Oberyn et sa soeur, ce qui fit grimacer la jeune femme assise dans son lit. Elle savait très bien que cette sorcière mijotait quelque chose et bien qu'un mariage entre eux était inconcevable vu leur statut respectif, une amitié trop forte pourrait lui poser quelques problèmes. Le fait de soutirer au beau blond les informations relatifs au projet de la sorcière de Tombe-du-Roy, était une chose qui valait la peine d'être faite, même si son fiancé semblait quelque peu occupé ces temps-ci. Si elle parvenait à obtenir les renseignements qu'elle voulait de l'héritier des Météores, elle pourrait couper l'herbe sous le pied de sa rivale, voire même la pousser dans le ravin de l'oubli.

« Si il y a bien un homme dont je parviendrai à soutirer tout ce que je veux, c'est bien Oberyn Dayne. Cet homme est fou de moi et si ta soeur ne lui met pas trop de doute en tête, nous ne tarderons pas à nous marier. Il ne devrait pas être trop dur de parvenir à savoir ce qu'ils se sont dits. Après tout, si je t'offrais mon corps, parviendrais-tu à me cacher quelque chose ? Tous les hommes ont la tête échauffée lorsque l'on stimule leur pantalon. Ils sont donc bien plus vulnérables et les mots peuvent leur échapper. Mère m'a bien apprise mes leçons dans ce domaine. »

En effet, jouer de son corps et de ses charmes étaient l'une des méthodes préférées de Lady Shyra et évidemment, elle avait tout enseigné à sa fille pour que son futur époux ne lui résiste pas. Même si elle était encore vierge, la brune avait déjà une expérience théorique à faire rougir une fille de joie, cela afin de garantir son emprise sur son futur mari et le conquérir totalement dès la première nuit. Maintenant, il ne restait plus que cette nuit arrive car pour le moment, il semblait que le Prince de Dorne fasse son possible pour que son jeune fiancé reste éloigner d'elle. Entre cette stupide affaire dans le Conflans et maintenant, la guerre contre les Fer-nés, le sort semblait repousser le moment où Edarra prendrait toute son emprise sur le pauvre Oberyn, sans doute encore inconscient de ce qui pouvait l'attendre dans les filets du la sulfureuse brune.

Daärim montra à nouveau son côté angélique, invoquant avec un sourire complice, sa peur des femmes devant son amie. Il était évident que les deux exemples les plus proches de lui, n'étaient pas des enfants de chœur et que tous les coups tordus semblaient être réalisables pour celles-ci. Un meurtre ou une humiliation publique n'étaient pas des choses qui faisaient peur à Edarra et Ismaëlle, car tels deux serpents, elles n'hésitaient pas à cracher leur venin et à mordre. Rien ne semblait pouvoir arrêter la jeune brune et si le jeune homme savait tout ce qu'elle avait pu manigancer, il aurait encore plus peur d'elle.

« Ne t'inquiètes pas, tu sais bien que nous sommes amis. Tu ne risques rien venant de moi, mais par contre, de ta soeur, je n'en dirais pas autant. Espérons juste que j'arrive à capter son attention suffisamment, pour que tu ne finisses pas mort au fond d'un trou. »

Pour Edarra, il était clair qu'entre les jumeaux Forrest, cela allait se jouer à qui tuerait l'autre le premier. Si Daärim ne faisait rien pour prendre l'avantage, Ismaëlle n'hésiterait pas bien longtemps à se débarrasser de lui. Maintenant, il fallait encore qu'elle le voit comme une menace car vu le peu de répondant qu'il avait face à elle, sa soeur ne devait pas vraiment avoir peur de lui. La seule chose qui pourrait la faire changer d'avis, serait que les projets de la jeune Ferboys se concrétise plus sérieusement, entraînant son jumeau sur le devant de la scène. La discussion retourna sur la fameuse attaque dont elle avait été victime, le beau brun s'interrogeant encore sur certains détails qui le tracassaient. De son côté, Edarra n'avait aucune intention de lui révéler la vérité et par conséquent, elle se devait de trouver une réponse adaptée. Evidemment, vu son machiavélisme, cela sortit tout naturellement, le mensonge étant une chose qu'elle maîtrisait à la perfection. A la voir, on aurait pu boire littéralement ses paroles, même un cheval passerait pour un loup si elle venait à le dire avec un tel jeu d'actrice.

« Je comprends très bien que cela te tracasse. Je dois admettre que sur ce coup, je n'ai pas vu assez loin pour anticiper la chose. Je pensais que le piège allait se refermer aux Murs-Blancs et pour cela, j'avais engagé quelques gardes du corps en plus pour le trajet et mon séjour sur place. Lorsque la Main du Roi a débarqué, j'ai pensé que le traquenard s'était refermé. Après tout, s'en prendre à moi physiquement n'était pas une action logique. Le déshonneur était de loin un piège bien plus réfléchi et donc, je n'ai pas vu plus loin. Le retour n'était donc qu'une marche de déshonneur et ne semblait dangereux que pour mon esprit. Maintenant, je sais que mes ennemis n'hésiteront pas à s'en prendre à moi et essayeront de me tuer pour faire sombrer Dorne dans la guerre interne. »

Son explication était d'une logique implacable et tout semblait très cohérent. Evidemment, elle y avait mûrement réfléchi et rien n'avait été laissé au hasard. Il fallait que son ami ait une confiance aveugle en elle pour qu'il puisse défendre ses intérêts auprès des autres lords. Si il était convaincu, il parviendrait aisément à convaincre les autres, même si chacun allait y aller de son idée. Entre son père sous l'influence de sa soeur et les Uller, dont le doyen ne portait pas les Ferboys dans son coeur, Daärim allait avoir du boulot pour porter la parole de la jeune femme. Il n'y avait plus qu'à espérer qu'il se montre à la hauteur. Edarra sourit à sa dernière phrase, comme si ce qui lui servait de coeur avait été touché par l'intérêt qu'elle suscitait chez le beau brun.

« Je te promets de faire attention. Tu pourras même venir dormir dans mon lit pour veiller sur moi. »

Alors que la servante trembla légèrement à l'entente de ses mots déplacés dans la bouche d'une lady, elle se reprit rapidement, ne voulant pas paraître suspecte aux yeux de sa Maîtresse et risquer une punition préventive réservée aux espionnes non-confirmées. En tout cas, le regard coquin que la brunette porta à son ami, ainsi que son sourire malicieux laissèrent planer un doute sur le sérieux de cette proposition. Il était vrai que Daärim était très séduisant et d'ailleurs, si elle n'avait pas des ambitions aussi grandes, il pourrait parfaitement faire un époux idéal. Evidemment, une telle relation n'était pas possible pour favoriser son ascension dans Dorne et elle en était parfaitement consciente. Elle resta à l'observer avec un air provoquant presque une minute, avant de reprendre son air plus sérieux.

« Je te remercie pour ta visite. Cela m'a fait beaucoup de bien. J'attends de tes nouvelles pour notre affaire. Et surtout, fais attention à toi. Ta soeur ne se tiendra pas longtemps tranquille. »
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Message Sam 1 Déc 2012 - 14:14

Daärim était bien au fait de ce qui les attendait si jamais l'indépendance se trouvait enfin à leur porte. Que ce soit de sa soeur ou du Prince. Les choses devenaient à la fois plus confuses et plus limpides selon les aspects que l'on abordait. Une déchirure interne s'insurgeait de plus en plus et selon lui, cela devenait même inévitable. Mais concernant sa propre marche à suivre, elle lui apparaissait totalement floutée et parsemée de zones d'ombres violentes qui oblitéraient fortement ses lignes de conduite. Sa jumelle était capable de beaucoup de choses et écarter les cuisses pour le nord - alors que cette idée seule empoisonnait son esprit l'amenant vers la rage incontrôlée - faisait sûrement partie de ses capacités pour son plus grand déplaisir. Beaucoup de choses étaient encore à réaliser avant d'accéder à l'indépendance de leur contrée, pour peu qu'ils y accèdent. Cette évidence qui avait toujours trôné dans son esprit se désagrégeait avec le temps. L'imminence de ce souhait diminuait de jour en jour en fonction des informations qui se surajoutaient à celles déjà présentes. La complexité de leur avancée était également explicite et le nier ne pouvait plus vraiment être possible. Sa soeur n'était évidemment pas innocente à tous leurs problèmes. Et en entendant l'assurance qu'Edarra émettait envers sa main mise sur Oberyn Dayne, le manque de sécurité restait malgré tout présent dans son esprit. Edarra s'imaginait avoir tout pouvoir, il la savait parfaitement douée en manipulation et capable de beaucoup de prouesses qui dépassaient clairement son imagination. Mais le rapprochement avec sa soeur lui laissait envisager une faille dans son plan qui serait malheureusement de taille et que contrer poserait pas mal de difficultés. L'arrivée du mariage seul apaiserait un peu ses craintes en se disant que cette alliance pencherait déjà, peut-être, un peu plus dans leur balance. Mais ce n'était pas forcément certain pour autant. Aucune sécurité n'était disponible à l'heure actuelle. De simples spéculations, des calculs politiques, des manipulations et des actions dans chaque camps, et les conséquences ne seraient visibles que plus tard dans le temps. En résumé, l'incertitude était davantage la maîtresse de leur contrée qu'un avenir tout tracé. Vers où tout ça allait mener restait à découvrir et quelque part en être le témoin et un acteur n'était pas la place la plus souhaitable. Mais dornien et fière de ce titre, il se devait d'exercer toutes ses capacités à la réussite de leur désir commun.

Un sourire en coin s'étira de nouveau de ses lèvres lorsqu'elle émis la faiblesse des hommes envers les femmes. De nouveau une assurance qu'il n'était pas sûr de partager. Aucune femme ne pouvait obtenir trahison de sa part pour peu qu'elle lui offre son corps. La fidélité importait bien plus que ce son pantalon pouvait réclamer. Certes, les désirs faisaient partie importante de sa vie, surtout dernièrement depuis qu'Anissa Uller y était entré, mais ces parties d'extases sexuelles n'impliquaient aucunement une recherche d'informations de la part de l'un ou de l'autre, bien au contraire, c'était un défouloir évident qui impliquait une déconnexion totale de l'environnement adjacent. La jouissance était alors décuplée. Cependant, ses propos ne quitteraient pas ses pensées et faire partager ce point de vue à Edarra était hors de question. Avoir des secrets n'étaient pas son domaine, mais sa vie sexuelle était à ses yeux privés et pour peu qu'aucune manipulation ou calcul en découlait, cela resterait uniquement connu par les concernés. D'ailleurs, transiter l'information pour qu'elle n'atterrisse dans les oreilles d'un certain Uller n'était par contre pas envisageable. La réaction de Rennifer lui serait totalement inconnue et perdre la relation avec cet aîné actuellement n'était pas envisageable. Ainsi, ce secret se devait de rester enterrer pour l'instant. Que les femmes usent néanmoins du sexe pour arriver à leur fin était une méthode en soi, peut-être pas toujours respectueuse envers leur corps, mais cela ne le regardait pas. Chacun faisait de son corps ce qu'il voulait. Surtout à Dorne où les moeurs étaient bien plus laxistes à ce niveau. Et sincèrement, si appâter Oberyn était possible par un corps féminin, et que cela convenait aux envies d'Edarra, se priver n'en valait pas la peine, exercer rapporterait davantage.

Revenant de nouveau sur sa jumelle, c'était un plaisir certain que d'entendre les plans possibles de celle-ci à son égard. Surtout que cela avait déjà eu lieu, c'était faussement amusant de sentir que tout le monde était capable de voir les capacités de sa jumelle alors que lui-même n'avait pas pu prévoir un tel acte. Oh déjà à l'époque des suspicions sur ses actes étaient formulés mais davantage à un niveau politique dont sa divergence de pensée n'était pas inconnue. Mais de son côté, le sang de son sang restait dans ses bonnes grâces bien qu'il en était déjà différent pour sa soeur. Edarra n'aurait pas à le protéger, être conscience de la situation entre sa soeur et elle dépassant l'entendement de tout un chacun. Edarra semblait quand même croire que la faiblesse que représentait sa soeur face à lui était une menace pour sa vie. Ceci était déjà commis et la peur qu'il engendrait chez sa jumelle lui offrait une main mise empêchant un nouveau mouvement mais pas assez cependant pour entraîner des conséquences sur ses actions. Il tenta cependant de rassurer son amie par quelques propos.

"Ne t'en fais pas autant, je ne me laisserai pas évincer aussi facilement que tu n'as l'air de le croire."

Son attention se reporta alors sur la réponse à sa question et sur le manque de protection qu'Edarra avait négligé pour son départ. Les propos étaient totalement cohérents. L'oblitération totale de sa méfiance n'était pas envisageable mais un apaisement était apporté cependant. Ainsi, elle n'avait pas vu assez loin. Y croire était possible, mais une négligence à ce niveau était bien trop imprudent. Au moins la leçon était tirée et elle n'en viendrait plus à prendre des effectifs réduits et peut-être ferait alors appel à lui pour permettre une sécurité plus grande. Cet événement pouvait au moins être explicite quant aux attentions de certaines personnes envers la vie des dorniens. Mais la précision n'était pas possible. Comme ce n'était certes pas Maron qui avait commis cet acte par de frauduleuses transactions, alors quelle identité portait le responsable ? Réponse impossible. Que ce soit les Terres de l'Orage lui paraissait aussi peu satisfaisant. Mais son accord allait dans le sens d'une riposte nécessaire pour ne pas laisser tout ceci sans rétorque. Edarra le sortit de ses pensées en formulant une pensée amusante qui entraîna un dessin amusé mais également sensuel sur ses lippes alors que son regard océan plongé dans les prunelles féminines appréciaient cette note de provocation. Son regard ne se détourna pas alors que l'échange de regard en disait long sur une possibilité de rapprochement. Jamais un refus n'aurait été formulé par sa personne envers la jeune femme, mais les désirs d'Edarra outrepassaient les conséquences qu'un rapprochement avec lui entraînerait. Mais l'amusement d'un tel échange verbal était évident.

"Avec plaisir."

Quelques mots pour suggérer une appréciation d'un tel acte totalement réciproque malgré l'impossibilité de la réalisation. Le sérieux revint ensuite pour clôturer cette entrevue. S'approchant de la jeune femme il prit sa main pour en mordiller la peau en restant dans l'ambiance de la provocation précédente et parce que le baiser sur la main était bien trop nordiste pour lui. Puis se redressant il sourit.

"Ne t'en fais pas. Je te tiendrai au courant de l'avancement de nos affaires et de ce que j'aurai pu obtenir auprès de la maison Uller ainsi que la mienne. En attendant n'en fais pas trop et soigne toi bien."

Il la regarda alors encore un peu avant de quitter les lieux. Toute cette entrevue allait entraîner son lot de réflexion et la suite des événements ne serait pas non plus en reste à ce niveau là. De quoi occuper longuement son esprit comme il détestait le faire.

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