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Prends Garde au Loup Tapi Dans l’Ombre [Edwynn & Qhorin]

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Message Sam 20 Oct 2012 - 1:40



Prends Garde au Loup Tapi Dans l’Ombre.






Avec toutes ces aventures, Noreen avait besoin de se changer les idées, besoin d’un retour aux sources, et en plein Conflans, quoi de mieux que la chasse pour prendre l’air et s’entrainer un peu en prime. La rouquine était toujours aussi douée arc en main, mais elle n’avait pas eut l’occasion de beaucoup tirer à cheval, et c’était là où elle pêchait le plus, alors il était grand temps de s’exercer. Avec l’agitation qui régnait à Vivesaigues depuis l’arrivée de Lord Jasper Arryn et de sa suite dont elle faisait indirectement partie, s’éclipser de la forteresse n’avait pas été très compliqué. Ainsi, après le déjeuner qu’elle avait pris en compagnie de la famille Tully et de leurs hôtes, Maeve étant restée en compagnie de son petit Lord et n’ayant donc pas besoin de sa suivante, elle avait décidé d’aller se balader dans les environs. Elle était montée se changer, troquant sa belle robe bleue pour une tenue plus simple et confortable à savoir une longue jupe noire aux ourlets d’hermines brodées de fil d’or, et un surcot assorti sur une chemise blanche. La large ceinture de cuir doré aux étoiles de mer noires en léger relief et dont la grosse boucle en cuivre mettait en valeur la finesse de sa taille. Une épaisse cape de laine noire elle aussi brodée d’hermine et attachée devant par une fibule en cuivre ciselée de deux hermines et surmontée d’une étoile de mer lui tiendrait chaud en cette belle après midi d’automne, ensoleillée mais fraiche.

Elle prépara Incandescent, son étalon à la robe d’un roux aussi flamboyant que ses cheveux et sorti, capuche sur la tête, arc et carquois sous sa cape avant de s’éloigner au petit galop. Ce ne fut qu’une fois dans les bois, à l’abri es regards qu’elle put remettre le carquois ainsi que l’arc par-dessus son vêtement et continuer sa balade au pas en humant l’air humide de la forêt. Ayant traversé le Bois du Roi, elle en avait vu d’autres, cette foret n’avait rien d’impressionnant, mais elle était tout de même bien différente de la sienne. Celle qui coupait Penn Irin du reste de monde avait toujours une odeur d’océan, alors que celle-ci sentait le champignon à plein nez, l’humus et l’eau douce. Ca n’était pas chez elle, mais c’était tout de même très agréable et elle perdit peu à peu toute notion du temps, se promenant simplement au rythme de son grand cheval sur lequel elle paressait encore plus petite qu’elle n’était. Un grand sourire aux lèvres elle observait tout, la lumière passant entre les feuilles, le vent jouant avec les frondaisons et ses cheveux couleur feu que deux petites tresses retenaient tant bien que mal à l’arrière de sa tête. Etait-elle la pour chasser ou juste pour recouvrer un semblant de la liberté qui lui manquait tant ?

Oh elle était consciente de la chance qui lui était donnée de suivre Maeve, de pouvoir rencontrer du beau monde, elle savait ça n’était pas donné à tout le monde et que ce statut lui conférait bien des avantages qu’elle n’aurait pas eut par son simple rang de fille de chevalier fieffé. Peut-être même que grâce à ce voyage ou à cette compagnie agréable au demeurant puisque les gamines s’entendaient à merveille, elle trouverait un bon parti à épouser. Quelqu’un qui la satisferait autant sur le plan de ses idéaux chevaleresques que sur ses nouvelles ambitions de faire que ses enfants soient mieux lotis qu’elle et n’aient pas à rougir de leurs origines modestes. Mais malgré tout, et malgré les conseils de Gwayne Corbray, elle ne cessait de courir après ce qui lui était impossible à atteindre, parce qu’elle était une femme, et parce qu’elle était une noble, et parce que ce monde était ainsi fait : la liberté. Juste quelques heures pour se sentir vivre, pour sentir le vent dans mes cheveux, je ne demande que quelques heures, Oh Père d’en Haut, ne me jugez pas trop durement. Juste quelques heures pour sentir mon cheval se tendre entre mes jambes et pouvoir courir après la chimère d’un monde où la vie des uns et des autres ne sera plus régie uniquement par le rang et la naissance mais aussi par les actes. Quelques heures pour redevenir l’enfant que j’étais et que je ne serais jamais plus parce que Penn Irin n’est plus vraiment chez moi et que les Eyrié ne le seront jamais. Redevenir une chasseuse de papillons et de lapins, une sauvageonne comme disais Septa Kerriane lorsque je rentrais avec mes robes souillées, une joyeuse enfant comme disait Fiona pour qu’on ne punisse pas.

Des larmes coulaient le long de ses joues diaphanes, nostalgique, mais forte de tout ce qu’elle avait vécu depuis son départ et le départ de son père pour l’Ouest. Comme elle aurait voulut le voir, ainsi que Dame Maura au Roc, mais ils n’y passeraient hélas pas, les reverrait-elle un jour ? Son père serait là, il fallait l’espérer, pour ces noces, mais qui pour les négocier, Ronan était si occupé avec cette fichue guerre qui n’en finissait pas. Non, elle n’était plus vraiment l’enfant indiscipliné et à peine civilisée qui avait quitté la terre qui l’avait vue grandir. Elle avait vu bien des morts, des attaques des Clans des Montagnes du Val, son ami Dedrick mourir dans ses bras et qui avait laissé cette tache jaunâtre sur sa chemise, elle avait tué elle aussi, de la pointe de ses flèches, et pas des lapins. Elle avait rencontré un grand chevalier de la Garde Royale et vu le plus beau mariage, un tournoi, un duel judiciaire et des tas d’autres choses, et tout ça en moins d’un an. Elle aurait des tas d’histoires à raconter à ses enfants, et elle espérait en avoir encore d’autres, même si une fois mariée, s’en était définitivement terminé de cette illusion d’indépendance qui lui laissait les rares moments de répit dans la tournée des Sept Couronnes entreprise par le Faucon. Ses larmes ne coulaient plus, sa famille, son village lui manquaient toujours, mais le plus grand bonheur ne saurait remplacer les rencontres et les enseignements acquis au cours de ce périple et avant aux côtés de Maeve Arryn.

Noreen avait bricolé quelques flèches à tête plate pour ses entrainements depuis qu’elle avait manqué de tué un Garde Royale immaculé dont le sang aurait été du plus mauvais effet sur les vêtements blancs et sur les mains de la Ruthermont. Elle en sortit une de son carquois et s’amusa à viser les lapins qui passaient à sa porté, d’abord au pas puis au trot en enfin au petit galop, c’était de mieux en mieux, mais pas encore ça. Elle dirigeait son cheval avec l’assiette et les jambes, lâchant les rênes avant de les accrocher à sa ceinture pour mieux contrôler l’allure et la direction. Elle fit ensuite de même avec des flèches normales sur les arbres, c’était plus facile, la cible ne bougeant pas elle aussi, elle pouvait se concentrer pour estimer la trajectoire et bientôt elle planta quelques flèches en plein milieu des troncs au grand galop. Fière d’elle, elle récupéra ses flèches et remit son arc en bandoulière avant de reprendre sa marche. Lièvres et renards s’enfuyaient à toute jambe devant elle, les oiseaux chantaient leur plus belle ritournelle et s’envolèrent soudainement en une nuée braillarde. Incandescent venait de pousser un puissant hennissement comme un appel à la nature et aux folles galopades qui lui manquaient autant qu’à elle après ses journées de marche fastidieuses et lentes aux côtés du jeune Lord du Val.

Un peu plus loin, elle vit deux jeunes cerfs dont les bois n’avaient pas encore poussés, ils la regardèrent un long moment, intrigués, avant de s’enfuir à toute jambe et elle se lança à leur poursuite de toute la puissance du galop de sa monture en riant à plein poumons. Penchée en avant, les crins de son étalon se mêlaient à ses cheveux comme un feu de joie, pleurant à cause du souffle de la vitesse elle galopa ainsi plusieurs minutes, les hères étaient petits depuis bien longtemps lorsqu’elle arriva dans un vallon clairsemé au creux duquel coulait un ruisseau d’eaux vives. Là, elle mit pied à terre et fit boire sa monture avant de la laisser brouter pendant qu’elle rêvassait allongée dans les feuilles mortes qui formaient comme un matelas moelleux, elle était bien, tantôt les yeux fermés tantôt les yeux ouverts. Elle regardait les morceaux de ciel à travers la cime des arbres, d’un bleu profond il était, sans un nuage, limpide et pur, encore bien lumineux. J’ai tout mon temps… j’ai tout mon temps… j’ai… tout… mon…

Elle s’était assoupie, une minute ou une heure, elle n’aurait su le dire de prime abord, tout ce qu’elle savait c’est qu’elle avait entendu du bruit pas loin, Incandescent aussi, il avait brusquement relevé la tête, elle avait entendu son harnachement tinter. Elle ouvrit les yeux en hâte et prit son arc qu’elle avait posé à coté d’elle avec son carquois, encocha une flèche et visa dans la direction où elle avait cru entendre le bruit. Elle recula vers son étalon qui tête haute et fière, regardait dans cette même direction, oreilles pointées en avant et dans l’immobilité la plus totale excepté ses crins qui se soulevaient dans la légère brise. Elle savait ce qu’on disait sur les brigands qui peuplaient les forets du Conflans et d’ailleurs, elle n’aurait pas dû mettre pied à terre, jamais ! Tant qu’elle était à cheval elle était plus rapide que n’importe qui, personne ne la rattraperait et personne ne lui ferait du mal, mais là… combien étaient ils ? Que voulaient-ils ? Elle avait peur même si la corde bandée de l’arc entre ses doigts lui donnait une certaine assurance. Elle avait déjà tué pour sauver sa peau, elle le referait sans hésiter.

Mais tout cela n’était qu’un rêve, elle dormait à point fermé, désormais tournée sur le coté, et elle n’entendit pas la bande de braconniers qui pourtant faisaient un bruit d’enfer un peu plus loin dans le sous bois. Incandescent lui, avait regardé dans cette direction et aussi dans une autre, un autre bruit, pas les rires et les plaisanteries des voleurs de gibier satisfaits de leurs prises. Peut-être quelqu’un d’autre, quelqu’un qui pourrait empêcher la rouquine de se faire repérer avant qu’il ne soit trop tard, avant qu’elle ne se réveille et fasse du bruit…


Dernière édition par Noreen Ruthermont le Dim 11 Nov 2012 - 1:11, édité 1 fois
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Message Dim 28 Oct 2012 - 21:31


Les arbres murmuraient entre eux, leurs feuilles se caressant, poussées par la douce bise, laissant la lumière danser entre elles. Marchant d’un bon pas sous leur ombre, Edwynn respirait à plein poumon l’air humide et plein de senteurs sylvestre du sous-bois. La température était plutôt clémente ces jours-ci, et le climat du Conflans lui portait bien meilleur compagnie que celui du val d’Arryn. Ses bottes bruissant sur le tapis de feuilles mortes, il s’en dirigeait vers le Sud Ouest, laissant derrière lui la porte sanglante, et tout ces joyeux autochtones qui, comme déçus de se voir refouler par les gardiens de la porte, menaçaient de couper le membre viril de tout voyageur pour le donner aux chèvres. Et mettaient parfois ce plan à exécution.

Grâce aux sept, nul n’avait voulu l’émasculer sur sa route, et, même s’il n’avait pu trouver de cheval, son voyage se déroulait assez vite et sans trop d’encombres, même si le besoin de se trouver un employeur dans les prochaines semaines se faisait de plus en plus pressant. Ses rares vivres avaient fondus comme neige au soleil, et nul doute que bientôt, le peu de masse adipeuse qu’il possédait finirait par faire de même, suivie par toute la chair sur ses os. Et, sans provisions pécuniaires, il allait finir...sans provisions.

Néanmoins, il ne pouvait rien y faire pour dans l’immédiat alors, pourquoi s’en soucier ? Sa bourse était presque vide, son estomac à moitié, ses vêtements crottés, ses cheveux dans le désordre le plus complet, et, la goutte au nez, mais, pourquoi s’en soucier ? Il ne pouvait rien faire de plus pour l’instant, il n’avait qu’à marcher droit devant lui, trouver une ville et ensuite...et bien, tout dépendrait de ce qu’il trouverait. Le mieux serait une auberge avec une assistance à moitié ébréchée. Jouer quelques mélodies à l’auditoire suffirait à se voir faire payer une ou deux coupes de boisson, et peut être même un morceau de nourriture. Ou bien, encore mieux, se faire employer comme reître, juste quelques jours, voir plus. Avoir de la nourriture à chaque repas, de la compagnie, et recevoir une paye. Et risquer sa vie aussi, certes. C’était le désavantage de l’instabilité de l’emploi.

Il haussa mentalement les épaules, et en vint à réfléchir à des rimes tout en descendant une pente douce, cherchant une chanson potentielle pour un auditoire de la région. Peut être quelque chose parlant des rivières. En suivant la rivière...ça rimait avec bière, terre, mer, père, mère...pas mal de rimes. Oui, il devait il y avoir de quoi en faire une bonne chanson. Un bruit sur sa droite vint le tirer de sa rêverie, avant qu’il ne puisse en tirer quelques vers.

Des bruits humains, des voix et des rires gras. Soit des locaux de basse naissance, soit des nobles dont la tenue laissait à désirer. Il plia les jambes pour abaisser sa silhouette, sa prudence lui dictant de passer le plus loin possible de la source du bruit pour éviter toute source d’ennui. Il fit un pas, redoublant son attention quand à où il posait les pieds, bien que le volume produit par les gorges de ces hommes couvriraient amplement le bruit de ses pas. Il fit ainsi une vingtaine, puis, tournant la tête pour voir si personne ne le suivait, se redressant, un détail lui chatouilla le coin de la rétine. Un animal de forte corpulence, non loin de là d’où s’élevaient les voix, mais pas entre elles et le reître. Un animal bien trop beau pour leur appartenir. Du moins honnêtement.

Cette monture était plus que bienvenue, elle ne semblait pas avoir de cavalier, et semblait fringante. Il sourit doucement, tout en reprenant sa progression prudente vers l’animal, s’imaginant déjà continuer sa route monté. Son sourire se dissipa soudainement alors qu’il commençait à descendre vers l’animal, constatant que près du ruisseau où se tenait celui-ci, se tenait également son propriétaire. Une jeune fille aux cheveux accordés aux feuilles mortes sur lesquelles elle était allongée, dormant à poing fermés. Que diable faisait-elle ici ?

Immobile, il l’observa plus en détail avant de prendre le risque de se rapprocher. Jeune, avec une tenue de bonne facture, probablement une dame provenant d’une classe aisée, bien qu’il ait été incapable de savoir précisément de laquelle. Et qui était assoupie non loin d’hommes qui ne diraient pas non à se payer un peu de bon temps. Gente Mère, ô fontaine de miséricorde, préserve-la ; songea t’il mentalement en jetant un coup d’œil sur le côté.

Les maraudeurs semblaient être près, beaucoup trop pour prendre le risque de rester ici à attendre qu’ils partent. Edwynn se mordit la lèvre, maudissant sa conscience qui lui dictait de la prévenir, alors qu’il approchait le cheval les mains tendues, l’appelant doucement, priant pour qu’il n’hennisse pas :

« Hey mon beau...tout doux...tout doux...calme...je te veux pas de mal à toi et ta maîtresse...je vais juste la réveiller doucement, okay ? »

L’un des sept dut l’entendre, ou le cheval le comprendre, car ce dernier ne fit pas un bruit, se contentant de le fixer d’un œil durant son approche, les oreilles tournées vers lui, semblant le surveiller alors qu’il se penchait au dessus de sa cavalière, se préparant à lui dire de partir en silence. Il s’accroupit, la main droite prête à se plaquer su sa bouche au cas où elle se réveillerait bruyamment, puis, de l’autre main, la secoua par l’épaule, chuchotant :

« Hey, réveillez vous ! Heyho ! »

Pas de réaction. Elle dormait comme un loir, alors que le renard creusait pour la cueillir dans son terrier. Et tenter de la réveiller de manière plus vive risquait de la faire crier. En temps normal, n’importe quelle personne un tant soi peu intelligente aurait pris le cheval, tourné bride, et laissé la demoiselle se débrouiller avec les autochtones. Malheureusement, face à une dame, même endormie, le bon sens ne guidait pas toujours Edwynn. Il ôta son sac rapiécé de son dos, et le mit délicatement sur la selle du cheval, de façon à ce que l’équidé lui porte tandis que le reître prenait lui la charge de l’animal.

« On l’emmène loin d’ici le cheval...c’est plus sûr que d’attendre ici... » dit il, plus pour se rassurer lui même que l’animal.

Soulevant le plus délicatement la jeune fille, il sentit la sueur et la peur perler sur son front, espérant que son sommeil soit suffisamment profond pour qu’elle ne se réveille pas.
Une fois bien calée dans ses bras, il soupira doucement, puis, tournant le dos aux braconniers, commença à s’éloigner, le cheval docilement sur ses talons, forçant ses muscles à la soutenir, forçant ses jambes à pousser encore loin de ces hommes, forçant ses lèvres à ne pas jurer davantage.

Chaque pas lui semblait une éternité, chaque bruit un vacarme. Aussi fut il soulagé lorsqu’il eut parcourut ce qu’il croyait être une distance sûre. C’est à ce moment là qu’un nouveau bruit se fit entendre derrière lui, alors qu’il s’apprêtait à la reposer au sol. Il déglutit, et se retourna.

Spoiler:
 
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Message Dim 11 Nov 2012 - 0:16

[HRP: Dans la continuité du sujet Au bord de la Ruffurque]

« ‘zont détalés dès qu’ils ont aperçu que j’étais monté et armé. Deux culs-terreux avec du gibier accroché à leurs gilets. ‘Sont descendus à toute allure en prenant la pente à pas plus de deux minutes d’ici, m’ser. »
Baulac l’agité les avait à nouveau gratifié d’un récit inintelligible, entrecoupé par de profondes respirations qui rendait l’air aussi putride que son haleine. Pourquoi diable n’avait-il pas repris son souffle avant de faire son rapport ? Pourquoi son Lord de père s’entourait-t-il d’épée lige incapable d’aligner deux mots ? Et pourquoi sa mère l’avait-elle flanqué de ce rustre au moment de composer l’escorte de sept hommes qui devaient l’amener vers Castral Roc ? Mais surtout, comment Baulac l’agité osait-il faire son récit à Ser Orlon et pas à lui, Qhorin Fléaufort, légitime héritier de la Maison qui le commandait ?!

« Sans doute des braconniers.. »
Le vieux et respecté Trebor Orlon gratta son menton recouvert d’une barbe poivre-sel. « Ce genre de vandales se déplacent généralement en groupe d’une dizaine d’hommes voir plus. »
-« Ca s’pourrait bien m’ser. P’tetr bien qu’ils rejoignaient le reste des scélérats… »
« Ser Baulac !»

Qhorin interrompit l’homme de son père, sur le point d’accoucher d’une nouvelle tirade aussi palpitante que les mémoires d’un ramasseur de champignons. Le teint rougit par la colère, ses narines contractées expiraient l’air de façon bruyante comme un dragon aurait recraché un souffle chargé de flammes à l’époque où ces monstres peuplaient encore les contrées de Westeros. Cela avait trop duré. Il n’était plus un enfant. Plus ce gamin dont ils avaient appris à rire chaque fois qu’il s’exerçait à l’épée de bois dans la cour du château. Son épée était désormais en acier tranchant, une arme à la hauteur de son rang qu’ils étaient venus chercher le matin même à Vivesaigues. Qhorin n’allait pas laisser ce Ser de rien du tout le snober.

« Dois-je vous rappeler qu’en l’absence de Lord Quellon Fléaufort auquel vous avez prêté allégeance et sans lequel vous seriez toujours un simple chevalier errant en quête de quoi remplir son estomac, vous recevez vos ordres de son fils et héritier, moi, Qhorin Fléaufort. »
« M’sire » commença Baulac l’agité mais le jeune Lord n’avait pas l’intention de se laisser interrompre.

« Aussi vous feriez bien de vous adresser directement à moi lorsque vous avez des informations à transmettre. Aussi loin que je m’en souvienne, Ser Orlon est mon serviteur, pas l’inverse. »

S’il fallait égratigner la fierté du vieux Trebor Orlon pour parvenir à se faire respecter, Qhorin était disposé à payer ce prix autant de fois qu’il le faudrait. Les six hommes d’armes qui l’accompagnaient échangèrent des regards en biais. La plupart connaissaient la personnalité du jeune Lord et savaient qu’ils valaient mieux dans ces moments là laisser passer l’orage que de chercher à répondre. Ce fut Ser Orlon qui brisa le silence pesant qui s’était installé.
« Les braconniers des forêts du Conflans ont certainement gagné en audace depuis que le Seigneur local n’est qu’un enfant de moins de dix ans. Néanmoins, cela ne nous concerne guère. Si cela vous convient Messire, remettez-nous en route vers l’Ouest et Castral-Roc. »

Le vieux Chevalier ne fit pas preuve de finesse d’esprit. Si ses talents martiaux forçaient toujours le respect, l’âge avait sans doute altéré sa capacité à anticiper les réactions de ses maîtres. Compte tenu de ce qu’il venait de se passer, il était évident que Qhorin chercherait à aller dans le sens opposé de ce qu'il suggérerait. Réaction typique d’un jeune Lord en proie à des complexes d’autorité..

« Malheureusement pour ces braconniers, le Lord qu’ils vont trouver sur leur chemin n’a plus dix ans. Assez perdu de temps, allons à leur poursuite. »

Sans laisser à Ser Orlon l’opportunité de répliquer, Qhorin resserra ses doigts sur les rênes de sa monture et la fit partir au galop d’un coup de talons. Sans d’autres choix que de le suivre, les sept autres se lancèrent à sa suite. Tous étaient des hommes d’armes chevronnés dont le talent martial n’était pas à remettre en cause, même si pour certains, leurs capacités à aligner deux mots cohérents pouvaient s’avérer brutales. Quelque soit leur nombre, ces braconniers repérés par Baulac ne devraient pas leur causer de difficultés. Le coursier de Qhorin dévala une petite pente menant vers une zone où les arbres se faisaient plus rares, leur laissant davantage d’espace pour se déplacer sur la même ligne. Trebor Orlon vint se placer à sa hauteur. Ils parcouraient un sous-bois arbustif et herbacé que les rayons du soleil parvenaient à traverser. Si confrontation il y avait, ils disposaient de l’espace et du champ de vision nécessaire pour les coincer cette fois-ci.
« Là d’vant ! ». L’index sans ongle de Ser Baulac l’agité désigna une forme qui se mouvait lentement à une cinquantaine de mètres de leur position. Qhorin exécuta le geste qu’il avait répété une bonne dizaine de fois dans sa tête. Il dégaina son épée, galvanisé par le son caractéristique de l’acier libéré de son fourreau puis accéléra sa monture imité et suivi de très près par Ser Orlon et les autres. Le jeune héritier aurait voulu lancer un « Fléaufort » tandis qu’il menait la charge, mais l’opposition n’en valait pas la peine. Ils tombèrent nez à nez avec une de ces canailles, isolé du reste de son groupe. Qhorin n’en croyait pas ses yeux. Ce coquin tenait une jeune femme dans ses bras. Son regard remonta de la cascade de cheveux d’un roux flamboyant pour s’attarder sur la fabrique de ses vêtements. Il s’agissait vraisemblablement d’une Dame d’un certain rang. Le contraste était saisissant comparé à l’homme qui la portait. Des cheveux châtain tout aussi crasseux que le reste de son accoutrement, un visage pointu et surtout une taille peu banale. Presque plus grand que Qhorin, mais le jeune Fléaufort était en selle, armé et accompagné des sept épées.

Le cheval qu’il avait de toute évidence volé à sa victime secoua la tête nerveusement tandis que Qhorin et ses hommes encerclèrent le brigand.

« Je dois reconnaître que tu as de l’audace pour un braconnier… Mais tu aurais du te cantonner au gibier habituel et laisser cette Dame en dehors de ça. »

La lame de Qhorin semblait être une extension de son bras tendu. Elle pointait droit sur la gorge de l’homme.
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Message Lun 19 Nov 2012 - 3:15

Noreen dormait à point fermé, si bien qu’elle n’entendit pas le jeune homme arriver, pas plus que son cheval ronfler à l’arrivée de l’étranger de manière à le prévenir qu’au moindre mouvement brusque il se prendrait un sabot dans la tête ou un coup de dent bien placé. Incandescent était un étalon fougueux et assez agressif, il était même étonnant qu’il la laisse grimper sur son dos sans broncher tant il manquait de docilité. Mais depuis le premier jour, cela avait été différent avec elle, comme si une petite voix dans sa tête lui disait qu’elle n’était pas comme les autres êtres humains et qu’il pouvait lui faire confiance. Aussi, il était devenu bien plus qu’une simple monture pour elle et quand quelqu’un osait s’approcher de sa maitresse sans y avoir été invité, il était déterminé à ne pas laisser faire. Mais lui aussi avait entendu les braconniers, il les suivait de ses oreilles dressées sans bouger d’un pouce sans pouvoir rien faire hélas. Alors en voyant ce jeune homme, il lui sembla que c’était plus prudent de le laisser faire que d’attirer leur attention en faisant du bruit d’autant que pour le moment, il ne semblait pas lui vouloir de mal. Le puissant cheval aussi rouge que les cheveux de sa maitresse regardait l’inconnu avec attention et sa nature dangereuse pouvait se lire dans son corps tendu et frémissant. Il était prêt à bondir s’il s’avérait qu’il s’était trompé sur son compte, et il observait chaque geste ne se laissant pas attendrir par les mains tendues et les mots doux.

Mais la rouquine ne semblait pas vouloir se réveiller et ce même lorsque incandescent lui souffla au visage et lui mit des petit coups de nez, que pouvait-il bien y avoir qui la plonge dans un si profond sommeil ? La fatigue de ses derniers jours, du voyage, de toutes ses aventures certainement, mais le cheval s’en inquiéta et se dit qu’il aurait besoin de l’aide d’un homme pour l’aider. Ainsi, il laissa le ménestrel poser son sac sur sa selle et prendre Noreen dans ses bras avant de s’éloigner avec lui.

A quelques dizaines de mètre de là, onze individus, marchaient avec un beau butin, des dizaines de lapins quelques faisans, des canards, et même un beau sanglier que portait l’homme le plus massif de tous, en tête de la troupe. Deux gamins de moins d’une dizaine d’année, un autre un peu plus âgé, dans les 14 ans, une femme dans la trentaine et huit hommes entre vingt et quarante ans. Leurs armes : des arcs, des couteaux et des épées ébréchées et pour seuls armures, des tuniques de lin ou de coton et des peaux de bête, pas de quoi effrayer des chevaliers ou des hommes d’armes aguerris, mais largement de quoi mettre en difficulté la jeune fille et son sauveur maladroit. Un homme d’une trentaine d’année au visage crevassé par la petite vérole, trois lapins ficelés sur son épaule s’arrêta soudainement en posant la main sur le bras de son compagnon le plus proche.

- T’as pas entendu un bruit ? Demanda-t-il
- Un lapin sûrement. Lui répondit un blond aux cheveux en bataille grand et fin comme un roseau.
- Un lapin qui parle ?
- Y’a un truc les gars… par ici, moi aussi j’ai entendu un bruit.
L’un des gosses imita une chouette et tous se stoppèrent et s’accroupirent pendant que l’autre gosse posait l’oreille sur la terre.
- Ça a six pattes, j’en mettrais ma main à couper, et ça s’éloigne de nous tout doucement. Dit ce dernier en se relevant après quelques secondes de concentration.
- Un lapin à six pattes qui essaye de se carapater en silence hein Riton… Se moqua l’homme aux trois lapins.

Le chef, celui avec le sanglier, fit signe à la moitié de ses hommes et à la femme de se diriger discrètement vers le bruit et ils se mirent en marche après s’être débarrassée du fruit de leur chasse. Ils apprécièrent dans la clairière le cheval rouge ainsi que le jeune homme qui portait la gamine, voyant l’aubaine d’ajouter du beurre dans la viande ils préparèrent un plan pour attaquer et attraper le cheval. Ils étaient en train de se mettre en place silencieusement et toujours cachés dans les fourrés autour de leurs proies lorsque les hommes de l’Ouest débarquèrent au galop. Voyant que le nombre n’était plus en leur faveur, ils se retirèrent le plus discrètement possible, sauf

Fut-ce le bruit des chevaux et des épées tirées au clair ou le mouvement du Valois qui réveilla enfin Noreen ? Un peu des deux certainement, quoi qu’il en soit elle ouvrit les yeux et se rendant compte qu’un homme la portait, elle se débattit en criant et tomba lourdement sur le sol avant de se relever prestement et de chercher son précieux arc des yeux sans parvenir à le trouver. Incandescent et le jeune homme faisaient face aux cavaliers, le cheval se cabra et hennit pour les effrayer sans trop savoir ce qu’il devait faire, la rouquine l’appela et empoigna sa bride, elle aussi totalement perdue et plus que jamais désarmée. Se tournant vers le jeune homme, elle demanda en caressant son cheval autant pour le calmer que pour se rassurer elle-même :

« Qui êtes vous et que faisiez vous ? »

Mais Edwynn ne put répondre, il avait bien d’autres ennuis desquels il lui faudrait se tirer, d’ailleurs, on venait de s’adresser à lui, et de parler d’elle par la même occasion. Elle fit alors face aux assaillants et reconnu dans le lot un jeune homme dont les vêtements d’excellente facture ne laissait pas place au doute sur son rang, son épée ne fit que le confirmer. Il était de haute naissance, certainement bien plus qu’elle avec sa robe noire aux hermines d’or légèrement usée et trop longue pour qu’elle soit à l’aise autrement que montée. Finalement ce qui la rapprochait le plus d’une Dame c’était ses cheveux soignés, sa chaine en argent et son cheval, digne d’une Suzeraine bien qu’un peu puissant pour une Lady. Aussi elle s’inclina et dit :

« Messire, je crois que vous venez de me sauver la vie, je dormais dans cette clairière et cet homme a très certainement voulut m’emmener dans son repère ou je ne sais quoi. Mais toi Incandescent, pourquoi n’a tu rien fais pour le faire fuir ? Tu as été un allié si précieux lors de la bataille contre les Têtes Brûlés, et là, tu le suis comme si c’était un ami ? »

En relevant la tête vers sa monture elle se rendit compte qu’il portait son attention sur quelque chose qui se passait derrière les chevaliers et elle regarda à son tour dans cette direction. Quelle ne fut pas sa surprise lorsqu’elle vit un homme se relever avec son arc et ses flèches que le ménestrel avait certainement laissé sur place ne prenant pas garde à ce détail.

« Hey ! C’est mon arc ! Halte ! »

Elle fit un bond et se retrouva sur Incandescent passant au triple galop entre les hommes de Qhorin pour rattraper le malandrin, cet arc était un cadeau de Dorian le fidèle serviteur de son père et elle n’avait pas l’intention de le laisser aux mains d’un voleur, pas plus que les flèches qui portaient ses couleurs et dont certaines avaient déjà connu le sang des sauvages des Montagnes du Val. Le galop rapide du cheval faisait résonner la clairière du tonnerre de ses sabots frappant le sol, et elle rattrapa rapidement le fuyard qui arma une flèche et lui tira dessus. L’étalon alezan fit un écart pour éviter le projectile et Noreen accompagna le mouvement avec souplesse sans paraître même secouée par le mouvement pourtant brusque. Lâchant le tout, il prit la fuite, la rouquine sauta à bas de sa monture se saisit de son arc, encocha une flèche, visa et stoppa la course du puissant braconnier qui bascula lourdement en avant d’un trait dans la fesse. Une nouvelle flèche encochée et pointée sur sa tête, elle s’approcha prudemment.

- Qu’est que ton ami voulait faire de moi ? Et pourquoi n’a-t-il pas pris l’arc ?
- Quel ami ?
- Ne te moque pas de moi ! L’ami qui me portait, le grand blond. Celui qui vient d’être arrêté !
- C’est pas mon ami, j’le connais pas, je me baladais et j’ai vu cet arc.
- Oh vraiment !? Et pas les chevaliers de l’autre coté de la clairière ? Cesses de me mentir !
- Bon ok, j’suis braconnier et si c’t idiot t’avait pas trouvée d’abord, j’aurais bien fait d’toi mon dessert, mais lui j’le connais pas, j’le jure… D’ailleurs, on voulait v’s attaquer. Ben ouais, quand on a vu l’cheval on c’est dit que vous aviez d’l’or et des trucs précieux…
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Prends Garde au Loup Tapi Dans l’Ombre [Edwynn & Qhorin]

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