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[TERMINE] La rumeur est un secret mille fois murmuré, ou un mensonge habilement propagé.

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Alysanne Florent
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Message Mar 16 Oct 2012 - 21:39

« La rumeur est un secret mille fois murmuré...
ou un mensonge habilement propagé.»



The Shape of Things to Come by Bear McCreary on Grooveshark

C’était la veille de tous les changements, la veille d’un million de possibles.

Quelques jours plus tôt, Alysanne Florent avait rencontré la célèbre Shaïra Seastar et leur entrevue était tombée comme un éclair dans la brume de ses doutes, mettant fin aux murmures d'un dilemme familier. Combien de lunes depuis son départ de Rubriant, sous le ciel obscur des premières pluies ? Pas même deux, mais un siècle semblait la séparer du château de son enfance... Ses choix avaient creusé dans son sillage un gouffre interdisant tout retour en arrière et pourtant, le chemin devant elle était le prolongement logique de celui qu'elle avait parcouru jusqu'ici. Son cœur brûlait comme la poitrine d'un nouveau-né aspirant sa première bouffée d'air. Demain, à l’aurore, elle embarquerait pour Lancehélion où la sœur de son père, Rhea Santagar, subissait la cruelle cupidité d’un bâtard arrogant. Il lui faudrait prendre des mesures pour aider sa tante, veuve depuis peu, mais aussi moissonner des informations pour Leo Tyrell, et bien sûr mettre à profit toute occasion de faire fructifier les intérêts de la Maison Florent... autant de tâches délicates dont elle ne pouvait encore mesurer les risques. La liberté serait sa récompense, mais le prix, lui, quel serait-il ? Les Sept avaient un curieux sens de l'équité, n'en déplaise aux amateurs de duels judiciaires, et elle n'avait pas l'intention de courir aveuglément vers son destin comme l'avait fait Daemon Feunoyr, aujourd'hui condamné à remâcher la cendre de ses ambitions au fin fond d'une geôle jusqu'au terme de sa pathétique existence. La confiance est l'apanage des fous... et des morts.

Suite à la prise de Murs-Blancs par les troupes de la Main, elle avait eu tout le temps de méditer sur ces événéments tandis qu'Hugo fêtait l'échec de la rébellion avec les loyalistes et que son garde recouvrait l’équipement perdu lors du tournoi auprès de Ser Uthor, grâce à la somme qu'elle lui avait avancée. Ils étaient ensuite rentrés sans incident à Darry où elle avait rédigé pour son père et Lord Tyrell un corbeau relatant toute l'affaire. Marquée par la déloyauté de Lord Beurpuits, elle s'interrogeait sur les motivations des conspirateurs. Se pouvait-il que la seule ambition engendre une telle folie, à l'heure où tant de fléaux frappaient le royaume, ou y avait-il autre chose derrière ces actes inconsidérés, une conviction plus noble et plus profonde ? Tierle lui avait déconseillé de se mettre martel en tête, mais c'était plus fort qu'elle, comme à son habitude : il fallait qu'elle comprenne le pourquoi, pas seulement le comment. De là, s'était renforcée son intention de questionner Shaïra sur Brynden Rivers. Elle éprouvait le besoin viscéral de comprendre, ne serait-ce qu'en partie, qui était cet homme qui tenait leurs destins entre ses mains. Comme elle tenterait de comprendre les partisans du Dragon Noir qui avaient tout risqué pour ressusciter un rêve mort depuis longtemps. Non pour choisir son camp - son allégeance ne souffrait aucun doute - mais pour agir en esprit éclairé et conscient, plutôt qu'en simple pion dans le vaste jeu des trônes. Si modeste fût son rôle dans ce grand théâtre, il ne serait pas dit qu'elle l'avait joué en amateur...

Après avoir écrit ses lettres et fait ses adieux à Tierle, elle avait plié bagages et mis le pied à l’étrier une fois encore. Le trajet jusqu’à Port-Réal s’était déroulé sous un ciel clément, par bonheur, et Kerigan n’avait pas daigné commettre de nouvelle frasque - les retenues sur sa paie tout autant que leur nouvel accord l’incitant à calmer le jeu... Le jour même de leur arrivée dans la capitale, ils avaient établi leurs quartiers à La Chandelle d’Argent et pris langue le lendemain avec le capitaine du vaisseau qui devait les amener au sud du Détroit. Le troisième jour, tout était prêt, ou presque. Depuis l'aube, on chargeait leurs affaires en cale et en cabine. Mais le Soleil Bleu ne partirait que le jour suivant et la fille de Lord Florent avait mis ce répit à profit pour se rendre au Donjon Rouge où elle avait sollicité un entretien auprès de Daeron Targaryen. Un valet l’avait escortée jusqu’aux appartements du prince pour s’entendre dire d’un ton contrit que celui-ci était… « souffrant ». La mine gênée du serviteur qui leur annonça la nouvelle laissait supposer que l’état du prince devait tout à son surnom. Alysanne leva les yeux au ciel sans émettre le moindre commentaire ; elle en fut quitte pour griffonner à la va-vite un billet dans lequel, une fois dégrisé, son irrécupérable ami découvrirait un mot courtois indiquant le lieu auquel il pouvait désormais lui écrire. Si elle désapprouvait son mode de vie, elle n’en restait pas moins attachée à sa compagnie insolite et tenait à cultiver le lien qu'ils avaient brièvement tissé. A supposer qu'il soit un matin assez sobre pour aligner trois phrases lisibles et cohérentes sur un morceau de parchemin...

Shaïra étant l'objectif suivant sur sa liste, elle s'enquit de sa présence au Donjon Rouge. On lui apprit que la belle s’était absentée, mais serait de retour plus tard dans la journée. Encore des allées et venues en perspective... Voilà qui ne plairait sans doute guère à son escorte. Kerigan prenait son mal en patience, tel un parfait chevalier bieffois, mais elle était certaine qu’il n’en pensait pas moins. Elle aurait sans doute ri si elle avait pu entendre ses pensées et d’une certaine façon, cela lui manquait – il avait le don de mettre du sel sur les fades tribulations du quotidien. Un rien dans son expression en disait long, toutefois, et elle le toisa avec un sourire en coin. Oui, oui, je sais. Vous allez encore vous user les semelles sur ces dalles immaculées tandis qu’Hugo se la coule douce à surveiller le chargement des bagages. Mais il faut bien que je tienne mon rang, n’est-ce pas ? Et vous voilà devenu un parfait colifichet. Il était impossible de le distinguer de n’importe quel garde de la Maison Florent, à ce détail près que le tailleur qui avait confectionné son manteau avait été assez incompétent pour relire ses notes de travers : sur l’épaule s’étalait une fleur de lis au lieu d’une fleur de lin. Par chance, la garde-robe dornienne de la jeune femme et de sa suite serait confectionnée par un autre tailleur qui connaissait quant à lui les attributs et les exigences de la Maison Florent...

« Si vous voulez bien me suivre, ma Dame… »
proposa le valet qui l’avait guidée jusqu’aux quartiers de la Seastar. « Je suis certain que Lady Shaïra sera heureuse de vous recevoir en personne tout à l’heure. En attendant, permettez-moi de vous raccompagner jusqu’aux portes du château. »

Elle acquiesça et lui emboîta le pas, Kerigan dans son sillage…




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Dernière édition par Alysanne Florent le Mar 5 Fév 2013 - 8:30, édité 1 fois
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Clarence Hightower
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Message Lun 5 Nov 2012 - 23:13

     Les nouvelles en provenance du Conflans étaient à la fois bonnes et mauvaises. Clarence se réjouissait d'abord de l'échec d'une nouvelle rébellion Feunoyr qui avait cette fois avorté, mais il déplorait la perte de l’œuf de dragon possédé par lord Beurpuits. En tant que Grand Argentier, il aurait apprécié de voir ce trésor confisqué au profit des coffres royaux. Une telle merveille vaut son pesant d'or, et demeure un gage de prestige indéniable. Les Targaryen ne couveraient point cet œuf, et les finances royales devraient se contenter des richesses de la maison Beurpuits – lesquelles étaient considérables, ce qui redonnait son plein sourire au Hightower qui, bien loin de son sud natal, peinait à s'acclimater à la citadelle des rois, au Donjon Rouge, ce château trop écrasé sur lui-même, trop étrangement coloré, trop bizarrement aménagé. Le locataire de la Grand-Tour qu'il était ne se ferait jamais à la vie dans ces forteresses trop proches du sol et trop loin des nuages. Tout au plus pouvait-il se consoler en évitant d'y penser, mais hélas on n'échappe point à la réalité plus de quelques instants passagers. Son page, Arthur Tyrell, semblait mieux disposé que lui à la vie au Donjon Rouge, sans doute parce qu'il avait grandi à Hautjardin, et peut-être que les fleurs lui manquaient davantage que les escaliers. Les escaliers ! Voilà ce qui faisait cruellement défaut dans ce château trop jeune, trop vantard, trop arrogant. S'il avait eu plus de morgue, Clarence aurait sans doute exigé de son hôte le roi qu'on déplace pour lui les appartements du Grand Argentier dans la plus haute tour de la forteresse, de sorte qu'il ait à gravir et à descendre chaque jour un grand nombre de marches, ce qui lui causait plus de plaisir encore que tout le reste et même l'air qu'il respirait n'avait point la saveur du vertige inspiré par la vision d'un grand et tortueux escalier. Dans ces moments d'éminente introspection où les considérations vaines rencontrent celles plus intimes, Clarence se demandait s'il n'avait pas fait erreur en acceptant le poste de Grand Argentier. Avait-il eu raison de céder aux sirènes du devoir et de l'ambition ? Partisan du statu quo et soucieux de la bonne marche des affaires de sa cité, le jeune homme n'avait aucune prédisposition pour participer plus activement aux affaires des sept couronnes. N'aurait-il pas mieux fait de rester à Villevieille, dans sa grande tour aux milliers de marches d'escalier ? Il y avait de quoi s'interroger, et c'était justement l'objet de la leçon qu'il faisait, sous couvert de conversation badine, à son apprenti :  « C'est justement à la position que j'occupe que je suis le plus à l'aise et le plus à même de veiller à ce que la situation du royaume ne change guère tout en actionnant les leviers qui abaisseront les ponts vers la prospérité. N'oublie jamais ceci, Arthur : si le royaume se porte bien, alors le Bief se porte mieux. Ne t'y trompe jamais, la puissance économique de Hautjardin vaut bien plus que sa puissance militaire et celle-ci ne doit servir qu'à protéger celle-là. C'est pour cela que j'ai accepté d'intégrer le Conseil restreint. Le reste, la gloire, le prestige, ce sont des foutaises, des fantasmes tout juste bons à séduire les ambitieux qui s'excitent à la vue du sang, des bannières et de je ne sais quel attribut militaire. Les prouesses qu'on réalise épée au poing sont de la poudre aux yeux, et tout comme ton père l'a compris, il te faut également le comprendre. Nombreux sont ceux qui te regarderont de haut car tu ne seras pas un chevalier comme eux. Ils ignorent ce qu'est le vrai pouvoir, et surtout ce qu'implique notre rang et notre place dans ce monde. »

     Leur marche à travers le Donjon rouge se poursuivit sur ce même ton, le maître faisant ainsi la leçon à l'élève, en insistant sur les bienfaits de l'expérience personnelle. Clarence portait une liasse de parchemins et Arthur, qui n'était pas en reste, en portait quelques unes lui-même. Il avait, pour l'occasion, revêtu la tenue classique qu'il portait d'ordinaire, cette tunique grise qui lui donnait des airs de jeune mestre trop affairé pour être tranquille. Et comme l'automne avait jeté sur Port-Réal sa froideur inexorable, il portait en plus une épaisse cape noire, ceinte à son coup d'une broche fort simple et sans ambages. Au détour d'un couloir, ils firent une rencontre à laquelle ils ne s'attendaient guère. Était-ce bien lady Florent et... et qui était-ce, ce drôle de bonhomme bizarrement fagoté ? Clarence s'inclina profondément devant la demoiselle qui, il le reconnaissait volontiers, n'avait point les attributs physiques qui faisaient pourtant la triste réputation de sa famille. En fait de réputation familiale, lui-même n'étant pas un reste, il n'avait guère à commenter.  « Lady Florent, quel plaisir de vous voir en ces lieux en si bonne... compagnie. Que nous vaut le plaisir de votre visite ? Vous connaissez certainement le jeune Arthur Tyrell qui m'accompagne ? Comme vous le voyez à ces documents, nous sommes submergés par le travail, mais fi de toutes ces balivernes, permettez que je vous accompagne là où vous désirez vous rendre. La compagnie d'une compatriote des contrées verdoyantes est un luxe ici bas que je refuse de laisser échapper... si vous me le permettez, bien entendu. » Il n'était pas dans les habitudes de Clarence d'ouvrir la bouche pour en laisser couler le plus délicieux des sirops. Il n'avait guère à flatter, à caresser ou à séduire qui que ce soit. En vérité, à cet instant, il était totalement sincère. La compagnie des bonnes gens raffinées et pétries de culture du Bief, de Hautjardin, de Rubriant et de Villevieille lui manquait terriblement et assurément lady Alysanne Florent était un véritable parangon du genre. C'était d'autant plus vrai qu'il se disait dans les couloirs du Donjon Rouge qu'elle se trouvait à Murs-Blancs pour le mariage de lord Beurpuits, ce qui la rendait d'autant plus intéressante... Nul doute qu'elle aurait des détails à confier qui valaient le détour.
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Alysanne Florent
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Message Mer 14 Nov 2012 - 12:29

Spoiler:
 


Par des tours et détours incongrus, l’on atteint parfois un objectif oublié et obsolète. Alors même qu’Alysanne avait finalement abandonné son projet de rencontrer Clarence Hightower, Lord Tyrell lui ayant fait part de leur rencontre à Hautjardin, voici que le mystérieux destinataire du message non moins mystérieux remis par le suzerain du Bief venait à elle. Devenir le Grand Argentier ne semblait pas avoir fondamentalement changé le seigneur de Villevieille. Il était tel qu’elle se rappelait l’avoir toujours aperçu, soigné mais sans ostentation, d’une élégance sobre, presque dépouillée pour un Bieffois, mais de bon goût, et toujours irréprochable sur les détails. Certains n’auraient sans doute prêté que peu d’attention à sa vêture mais Alysanne était une bieffoise et on lui avait enseigné que seuls les gens superficiels ne jugent jamais par l'apparence. L’image qu’un homme veut donner en dit déjà long sur ses aspirations et son tempérament... Avec ses allures de jeune mestre studieux, Clarence Hightower ne donnait pas dans l’esbroufe. Attelé à sa tâche, il vaquait à ses occupations avec une assurance suffisante pour ne pas ressentir le besoin d’exhiber en permanence son statut de manière tapageuse. Là où d’autres auraient multiplié en toute occasion les signes extérieurs de richesse et de pouvoir, il avançait paré d’une intime confiance en soi qui suffisait à asseoir son autorité.

Sans doute ces mêmes apparences jouaient-elle pour une bonne part dans sa réputation énigmatique. Au-delà de ses manières courtoises et subtiles, il n’avait pas l’allure typique d’un Lord du Bief - généralement associée aux attributs chevaleresques et aux étoffes de couleurs vives que la région produisait en abondance. Et il agissait d’une manière bien à lui. Danwell Florent avait toujours considéré d’un œil intéressé ce voisin singulier. En renard avisé, il décelait une intelligence tranchante dans les décisions du jeune Lord, qui l’avait conduit à maintenir de bonnes relations avec lui, par prudence à défaut de le connaître assez intimement pour s’en faire un ami. Que les Hightower aient gardé un pied dans chaque camp durant la rébellion Feunoyr le choquait moins que d’autres seigneurs plus droits dans leurs bottes, même s’il gardait comme tous les Florent une vision de la chevalerie qui ne pouvait se départir d’un certain idéalisme. Son frère Jon se gardait davantage de leurs voisins – sans parler de la septa de la Maison, qui prenait littéralement le jeune Clarence pour un impie dont la seule vue pouvait vous souiller l’âme irrémédiablement. Raison pour laquelle ladite septa n’avait jamais vu d’un bon œil les visites régulières d’Alysanne à Virginia Hightower, nonobstant le fait que celle-ci était un parangon des vertus bieffoises, et accessoirement l’une des très rares amies de la demoiselle Florent.

Curieuse et sans a priori, Alysanne accueillit son irruption comme une agréable surprise. Elle sourit en retour, esquissa une révérence et présenta ses doigts fins pour le baise-main usuel. « Lord Hightower, quel plaisir inattendu ! Je n’espérais plus vous voir après mes précédentes tentatives, hélas infructueuses. Une de nos relations communes m’avait confié pour vous un petit message mais j’ai été informée que celui-ci vous était finalement parvenu par d’autres moyens. » Elle préférait ne pas s’étendre sur le sujet devant témoin. Un message codé était par essence chose confidentielle et même si le destinateur était le propre père du témoin en question, rien ne garantissait que celui-ci fût autorisé à en être informé. Par ailleurs, les murs pouvaient fort bien avoir des oreilles. « Messire Arthur, j’ignorais que vous étiez également à Port-Réal ! Je vois que vous travaillez à présent avec notre Grand Argentier. Ce doit être une charge des plus passionnantes ! Et la meilleure des forges pour donner à un jeune esprit le tranchant et la vivacité de l’acier valyrien. »

Elle inclina gracieusement la tête. Arthur avait bien grandi depuis la dernière fois qu’elle l’avait vue. Elle se rappelait de lui comme d’un rat de bibliothèque aussi féru de livres qu’elle-même, avec qui elle avait partagé, enfant, quelques moments amusants à Hautjardin. Que n’aurait-elle donné pour être autorisée, comme lui ou Lord Hightower, à se former auprès d’un haut fonctionnaire du royaume, ou à la Citadelle des mestres ! Destiné à percer les arcanes de la politique pour nouer et dénouer les écheveaux qui font la trame de l’Histoire, il ne pouvait soupçonner à quel point elle désirait suivre ce même chemin. Mais en tant que femme, le sien ne pouvait être que celui de l’ombre et sa formation, le fruit de ses propres recherches, expérimentations et lectures secrètes, loin du jugement de la société qui aurait tôt fait de la renvoyer dans la couche d’un seigneur si elle ne prenait soin de couvrir ses activités. Bientôt, elle devrait même songer à tisser des alliances pour sécuriser sa position. Son père approuvait pour l’instant ses projets, mais ce n’était qu’un accord tacite et conditionné à la préservation de la réputation de la Maison. Elle avait beau n’être qu’une troisième fille, un vernis de respectabilité s’imposait, vernis dont seul le mensonge pouvait la parer. Fiançailles d’apparat, mariage blanc, feinte dévotion aux Sept, prétendue stérilité, tous ces subterfuges avaient traversé son esprit bouillonnant pendant son séjour à Darry, et aucun d’entre eux ne pouvait sérieusement être monté sans l’aide de complices à la parole influente.

Devant elle se tenait justement un homme à la parole influente, songea-t-elle, mais ce notable insaisissable dont la rumeur faisait tant de cas aurait-il quelque intérêt à appuyer ses projets, et serait-il un allié fiable ? Plus prosaïquement, comment amener ce sujet délicat à l’ordre du jour, alors même que ces instants partagés, précieux par leur rareté, semblaient déjà s’envoler par la force de leurs devoirs respectifs ? Demain, déjà, elle serait au large. L’opportunité de se lier devait être saisie sur-le-champ, ou jamais.

« Votre proposition m’honore, Lord Hightower, mais qui suis-je pour vous détourner des hautes tâches qui vous incombent ? Les affaires du royaume sont sans aucun doute plus intéressantes et importantes que les récits de voyage d’une simple demoiselle du Bief. Si toutefois ma compagnie pouvait vous procurer quelque détente dans une journée éprouvante, je serais ravie de vous voler un peu de votre temps. Des nouvelles de votre famille me feraient grand plaisir... sans parler de votre point de vue éclairé sur les événements actuels. »

Depuis son départ de Rubriant, elle n’avait recueilli que des informations parcellaires sur l’état du conflit avec les Fer-nés. Les rumeurs de taverne récoltées par Hugo, les nouvelles parvenues à Darry et les récits de Ser Pryam, qui avait participé à la bataille de Salvemer, l’avaient mise au parfum des attaques contre le Nord et l’Ouest. Elle n'en était pas moins avide d’en savoir plus, et plus encore, d’entendre l’analyse d'un esprit affûté comme celui de Clarence Hightower à ce sujet, à supposer qu’il daigne partager ses réflexions avec elle. Nombre d’hommes auraient sans doute pris le parti de l’envoyer galamment sur les roses, la remettant à sa place supposée de femme, mais elle savait que l’érudition de Lady Virginia n’avait jamais été un objet de raillerie ou de désapprobation de la part de son frère, et lui supposait donc une certaine ouverture d’esprit en la matière. La suite lui donnerait raison ou tort.

« Je m’apprêtais à retourner en ville, faute de trouver ici l’amie que j’étais venue voir, mais peut-être apprécieriez-vous de vous changer les idées en prenant l’air de la mer ? Je n’ai pas encore eu l’occasion de visiter la côte aux abords de Port-Réal. »

Derrière elle, Kerigan avait reculé d’un pas et baissé les yeux comme il sied à un garde. Elle n’eut pas un mot à son sujet ce qui suffisait à le catégoriser comme valet, et compte tenu de son équipement il ne pouvait évidemment être qu’un garde du corps. Elle ne lui accorderait de toute façon pas, devant d’autres nobles, une importance qu’il n’avait officiellement pas. Elle attendit donc simplement la réponse du Grand Argentier.




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Message Sam 24 Nov 2012 - 10:56

     « Je m'en souviens tout à fait, c'est de vive voix que lady Jeanne Tyrell m'a confié ses inquiétudes pour la santé de son époux. Et comme nous savons toute la science des mestres de la Citadelle, j'ai eu tôt fait d'obtenir d'eux qu'ils envoient le meilleur d'entre eux à Hautjardin pour soigner les infirmités de notre bon suzerain. De ce que je sais aujourd'hui, le Long Dard n'a plus guère à se préoccuper du mal ferrugineux qui frappait ses articulations. » Clarence adressa son plus beau sourire à la demoiselle qui n'avait eu certainement aucun mal à lire entre les lignes de ces belles paroles qu'en revanche, les espions sûrement dissimulés sous la poussière des tapis ou derrière la craie des murs auraient du mal à décrypter. Les règles du jeux étaient celles-ci, au Donjon Rouge : il faut savoir parler pour ne rien dire et surtout, glisser sous les vains mots quelques vrais messages habilement déguisés. Clarence connaissait bien assez lady Alysanne et pouvait lui faire confiance pour saisir au vol l'étoile qui file quand tous les autres observent au sol les rats qui rampent. L'évidence, c'est bien ce que les petits esprits veulent entendre, quand la subtilité semble être la friandise des plus grands. Nul doute que son interlocutrice appartenait à la race des seconds plutôt qu'à celle des premiers. Une amie de sa sœur Virginia ne pouvait qu'être de grande qualité, et la passion de lady Alysanne pour l'érudition était un autre gage de sa valeur. Encore qu'il était mesquin de la décrire comme une passionnée d'érudition alors qu'en vérité, elle était chaque jour un peu plus une érudite passionnée. Cela surprenait d'autant plus qu'elle était d'un sexe qui lui fermait toutes les portes des savoirs, mais Clarence n'était pas de ceux qui s'accrochent à ces mâles fétiches : à ses yeux l'intelligence, la sottise, la connaissance et l'ignorance boudaient les sexes, et la jeune Florent lui paraissaient avoir plus de bagage que certains de ses plus proches collaborateurs masculins. Hélas, qui n'a pas l'esprit de son temps en a tous les malheurs, alors que dire de celle qui n'en a pas le sexe ? Le Père d'en haut avait, sur sa divine mappemonde, gravé Westeros d'un phallus triomphant. Point de place pour les autres, et pourtant, certaines femmes plus habiles que tous les autres savaient tirer profit de la situation et l'avenir dirait si lady Alysanne était de celles-ci. Au compliment qu'elle lui fit sans pour autant lui parler directement, Clarence répondit dans un sourire :  « J'espère au moins qu'il ne se brûlera point dans le feu de la forge, ni qu'il s'écrasera sur le fer de l'enclume. » Un regard en coin se posa sur le jeune Arthur, mais Clarence l'oublia bien vite pour se concentrer sur la demoiselle et sur son mystérieux suivant qui s'était écarté, poli et humble. Un garde, sans doute. Quelle importance ? Lady Alysanne goûta son invitation mais, en femme élégante et bien élevée qu'elle était, fit mine de la décliner au prétexte qu'elle était impuissante à justifier qu'il se détourner des plus importantes affaires qu'il avait, en tant que Grand Argentier, à traiter. Ses paroles suintaient la vérité et pourtant, Clarence n'aurait jamais accepté de mépriser une conversation brillante pour lui préférer les tâches ingrats qu'il pouvait toujours accomplir plus tard, dans la soirée ou dans la nuit.

     « Nenni ma chère, tout ce qu'il me fallait faire aujourd'hui est déjà fini, le reste n'est que détails, et ces détails jamais ne me détourneront de la belle musique de votre conversation, et nous allions justement reposer tous ces documents là où ils sommeilleront paisiblement. Quel homme, d'ailleurs, lance une invitation pour mieux la retirer ? C'est peut-être la spécialité de certaines gens qui vivent au-delà des marais du Neck, mais ce n'est point la nôtre. Allons donc jusqu'aux écuries, trouvons des montures et bravons le regard sévère du Donjon Rouge pour aller soumettre nos fronts aux embruns et à l'air du large de la baie de la Néra. Il y a si longtemps qu'une telle fantaisie est impossible, dans le Bief, c'est un peu comme un hommage que nous rendrons à nos compagnons qui, là-bas, ne peuvent contempler la mer sans éprouver toujours quelque frisson d'angoisse à la vue d'une voile. J'étancherai là-bas votre curiosité, vous goûterai la mienne et ensemble nous donnerons aux poissons les leçons de savoir-vivre qu'il est vain d'espérer donner entre ces murs. Votre garde nous accompagnera-t-il ? » Clarence guida ainsi lady Alysanne jusqu'à un bureau où ils pénétrèrent pour mieux en ressortir une fois les divers documents transportés par le Grand Argentier et son page bien à l'abri dans le tiroir d'un buffet qui fermait à clef. Sans se presser et sans traîner, ils gagnèrent l'extérieur du Donjon Rouge, trouvèrent des chevaux et voilà que déjà ils quittaient les lieux et chevauchaient en direction des plages. Deux cavaliers en armure les suivaient à une respectable distance – le Grand Argentier ne pouvait sortir sans escorte de la ville. Ser Calvin Hightower n'était pas de ces deux-là, ce qui n'était pas de nature à surprendre quand on savait que Clarence l'avait appointé à la surveillance rapprochée d'un fonctionnaire chargé de copier à près de cent exemplaires une charte dont l'original avait été au petit matin édictée par Clarence lui-même, et pour veiller à ce que ce scribe accomplisse son œuvre sans griffer le manuscrit original, le Grand Argentier n'avait fait confiance qu'en son propre frère. Leur équipée quittèrent la colline d'Aegon en longeant la rue des Tisserands avant d'obliquer vers le Nord, droit vers la Porte de Fer et la route de Rosby, pour atteindre au plus tôt les rivages de la baie de la Néra. Ils auraient pu prendre la direction du Port mais la vue n'y aurait pas été aussi agréable, ni l'odeur, ni l'ouïe non plus. Clarence par ailleurs ne tenait pas à se montrer dans le Port où il savait risquer à tout moment d'être interpellé par des corporatistes ou des marchands mécontents, en colère ou suppliant qui tous avaient quelque chose à lui réclamer, à lui demander, à exiger de lui dont chaque édit, en tant que Grand Argentier, affectait leurs activités. Clarence avait de ce point de vue la nostalgie des notables, des marchands, des artisans, des pêcheurs, des négociants de Villevieille qui, héritiers d'une plus longue tradition commerciale et économique, avaient une approche plus prudente, plus policée et plus pragmatique des affaires et du dialogue entre les corporations et la puissance publique. L'évidence était là : une seigneurie ne se gère point comme une cité, et une vieille cité ne se gère point comme une plus jeune ! Le jeune homme éprouva d'ailleurs, malgré lui, une vague de soulagement quand ils franchirent la Porte de fer qui laissait derrière eux la cité et ses transports besogneux.
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Message Lun 26 Nov 2012 - 17:52

Lord Clarence Hightower accepta sa proposition de promenade en bord de mer avec tous les signes d’une sincérité réconfortante pour une lady peu habituée à tant de considération de la part d'un homme, bien que traitée avec courtoisie par la gente masculine. Bien des seigneurs auraient décliné sa proposition au simple prétexte qu’une femme n’est pas une compagnie satisfaisante hors du lit. Même au sein de sa propre famille Alysanne n’avait jamais trouvé de réel encouragement à s’engager dans la voie du savoir et à parler parmi les hommes ; si son père tolérait ses lubies, c’était par un mélange d’intérêt et d’affection plutôt que par principe. Quant à son oncle et son frère, ils n’avaient jamais approuvé son attitude et ses aspirations, sans toutefois oser s’y opposer frontalement dans la mesure où Lord Danwell était d’avis de laisser faire.

L’ouverture d’esprit dont faisait preuve le Grand Argentier n’avait apparemment rien à envier à celle du Grand Amiral Jace Redwyne dont il était assez proche, à en croire la rumeur, et elle se demanda si l’un et l’autre offriraient à leurs futures épouses une liberté plus grande qu’il n’en était coutume dans le Bief. Pour autant, elle n’envisageait pas une alliance avec l’un d’entre eux, car ses réticences et ses buts allaient au-delà du simple droit à l’expression de ses idées. Elle revendiquait une indépendance égale à celle d’un homme dans tous les domaines de sa vie et même le plus compréhensif des époux aurait toujours vis-à-vis d’elle des attentes inacceptables. Sauf à n’être qu’un époux de façade. Ce qui ne saurait se concevoir à moins d’un miracle, et je doute fort que les Sept m’aident en cette affaire.

Elle sourit à la plaisanterie concernant les poissons et acquiesça à la question sur son garde. « Il est certaines contraintes dont nous devons vous et moi nous accommoder, pour notre sécurité autant que pour notre image. J’ai par ailleurs eu l’occasion de vérifier la nécessité d’une escorte durant mon voyage, sur les routes comme en ville. Je gage que vous souffrirez vous-même quelques ombres armées dans votre sillage, sitôt que nous aurons franchi les portes du château » dit-elle d’un air connivent. Peu de nobles goûtaient le fait d’être en permanence entourés de soldats, à l’exception des plus épris de décorum, mais tous s’y pliaient au final, et il était à parier que le Grand Argentier ne faisait pas exception, eu égard à sa fonction. Les mécontents désireux de le harceler ou d’attenter à sa vie ne devaient pas manquer en cette période difficile où les nécessiteux étaient plus nombreux que jamais et les aristocrates, sous pression à l’approche de l’hiver.

La suite lui donna raison. Kerigan un cran en arrière, ils passèrent par une salle où Lord Clarence et Arthur déposèrent leurs parchemins, puis filèrent bientôt vers la Porte de Fer, montés sur leurs chevaux respectifs, et des gardes les suivirent à quelque distance. Alysanne n’avait jamais tant apprécié de savoir monter que depuis son arrivée à Port-Réal, pour la bonne et simple raison qu’elle évitait ainsi de crotter de fange ses atours délicats. Aucune rue ne semblait épargnée par la saleté et même si la cité restait magnifique à sa façon, le sentiment d’une ville défigurée s’imposait au visiteur. Après le Fléau de Printemps, après la sécheresse et les incendies du Bois-du-Roi, les gens n’avaient pas le cœur à rire et les regards étaient plus souvent sombres que pétillants, les démarches poussives ou résignées, et les rues comme les maisons mal entretenues ; on avait sans doute jamais vu tant de mendiants et les malheureux noyant leur désespoir dans l’alcool ne se cantonnaient pas à Culpucier. Peut-être, songea-t-elle, y avait-il là également des réfugiés du Bief, de ces gens affamés qu’elle avait vu sur la route de Haujardin, chassés des côtes par les raids des Fer-nés. Cela lui fit mal. Elle était plus vivement consciente des difficiles conditions de vie des gens du commun depuis son départ de Rubriant. Avoir quitté la prison dorée de son enfance lui avait permis de toucher du doigt - et non plus seulement d’imaginer - le quotidien des roturiers, et de commencer à ressentir pour eux de l’empathie, au-delà d’une compassion théorique. Son ventre se nouait à la vue des bras rachitiques de vagabondes portant des enfants maigres à leur sein tari, ou des yeux caves de celui qui souffre en silence de la faim et du deuil. Tous les hommes meurent un jour... Mais peu parmi eux vivent vraiment. La plupart se contente de survivre jusqu'au jour où l’Étranger trouve le chemin de leur porte. Quel est le sens de tout ceci ? A quoi bon naître humain, s'il faut vivre comme un animal ? Elle rumina en silence ces tristes pensées et se trouva soulagée de voir enfin se présenter la Porte de Fer donnant sur la route de Rosby et Sombreval. De là, un léger trot les amena jusqu’au littoral fouetté par un vent frais et humide, sous un soleil clément. Le vent marin lava la mélancolie associée à ces sombres visions sans pour autant les effacer de sa mémoire où elles resteraient, renforçant sa détermination à œuvrer pour le bien commun et sa haine des agitateurs comme Dagon Greyjoy et Aigracier, dont les menées affaiblissaient criminellement un royaume déjà meurtri.

Brume, sa jument grise, gravit un sentier rocheux qui l’amena sur un promontoire au-delà duquel s’étalait la Baie de la Néra. Sombres étaient ses eaux, comme son nom, comme cette époque. Mais le soleil y mettait des étincelles comme pour rompre avec cette perspective oppressante. Symboles fortuits qu’à ses heures rêveuses Alysanne aurait nommé courage et volonté. Lord Danwell Florent et feu son épouse n’avaient pas enseigné à leurs enfants les vertus passives de l’espoir mais leur avaient appris à se fixer des buts conformes à leurs valeurs, à les évaluer avec réalisme et à œuvrer méthodiquement pour les accomplir. Là reposait sa lumière, ses étincelles dans l’obscurité du monde, les germes de sa confiance en l’avenir. Elle suivit des yeux un navire glissant au large et tourna vers Clarence et Arthur son regard gris, pensif.

« Nous sommes bien loin de chez nous, Lord Hightower, mais la mer y ramène inévitablement nos pensées, ne trouvez-vous pas ? Villevieille doit vous manquer, ainsi que votre famille... Comment se portent les vôtres ? Je n’ai pas eu de nouvelles de Lady Virginia depuis mon départ de Rubriant, il y a presque deux lunes… j’espère qu’elle se porte à merveille ainsi que le reste de votre fratrie. Je pensais lui écrire en arrivant chez ma sœur Lady Tierle, à Darry, mais tant d’événements ont alors occupé mon esprit que j’ai négligé cette tâche... vous avez sûrement connaissance des péripéties qui ont marqué le tournoi de Murs-Blancs ! Il se trouve que j’ai eu le malheur, ou le privilège selon le point de vue, d’assister à cette sinistre mascarade. »

Elle secoua la tête et reporta son regard sur le navire au large. Oui, Murs-Blancs l’avait marquée, et elle n’avait eu de cesse d’informer certaines personnes intéressées par ces événements. Ceci associé à ses préparatifs de départ lui avait fait perdre de vue des préoccupations mineures, plus personnelles, dont Lady Virginia faisait partie, encore que le terme « préoccupation » ne fût guère approprié dans son cas : Alysanne n’avait guère de raison de s’inquiéter pour son amie qui devait être actuellement en sûreté dans la demeure familiale des Hightower, avec la flotte Redwyne croisant au large. Elle n’en avait pas moins envie de prendre des nouvelles de cette demoiselle chère à son cœur. Par ailleurs, sa question inciterait peut-être Lord Clarence à évoquer les stratégies de défense du Bief ainsi que les dernières informations concernant les mouvements des Fer-nés. Il devait être plus au fait qu’elle-même de ces éléments qu’elle recueillerait avec le plus grand intérêt...




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Message Ven 30 Nov 2012 - 21:28

     Il existait un genre de femmes particulièrement pénibles, de ces femmes qui vous font dresser les cheveux sur la tête au moindre geste, au moindre mot, au moindre soupir, de ces femmes toujours insatisfaites qui lient à la plus vaine des morgues la plus incrustée des paresses de l'esprit. Elles ne connaissent rien et ont un mot sur tout, applaudissent les porcs et boudent les rossignols, ces femmes n'ont qu'un avenir, les fers de la servitude, la chaîne consentie qu'est le mariage, qui les visse à une place précise qu'elles ne quitteront jamais et c'est heureux, car elles n'iront jamais répandre leur bave ignorante par le monde qui se passerait volontiers d'elles si leur utérus n'avait pas pour atout d'être aussi prodigue qu'un financier de Pentos est avare. Même le sens commun leur échappe, car elles se piquent de subtilité en croyant bien faire, mais dans leur confusion qui confine à l'entomologie, elles mélangent l'eau rousse et l'orgeat, cousent la paille et la soie, caressent les chiens et les rats. Par chance, Alysanne n'était pas de celles-là, et c'est sans doute ce qui rendait sa compagnie si agréable, bien plus que ses origines qui, par défaut, faisaient d'elle une personne intéressantes aux yeux du Grand Argentier qui prisait la proximité de ses compatriotes – et qui n'aspirait qu'à une chose, retrouver la délicieuse cité qui était la sienne et quittait ce cloaque puant qu'était la capitale. « Auriez-vous subi une attaque sur la route de la Rose ? Je le déplore, mais je ne m'en étonne point. Je disais au Grand Amiral, pas plus tard que ce matin, que cette route a moins de pétales que d'épines par les temps qui courent... et comme les caravanes s'y traînent sans hâte, c'est un train qui attire la malveillance. Leo Tyrell y mettra bon ordre. » Ces vermines qui proliféraient dans tous les coins du royaume n'étaient que les bienheureux profiteurs d'une situation qui poussait la dégradation à son paroxysme, et naturellement Clarence avait à cœur d’œuvrer en profondeur pour y apporter une solution qui fût pérenne et sûre pour l'ensemble des Sept couronnes. Plutôt pragmatique, seul l'intérêt du Bief et, in fine, de Villevieille lui importait, mais il savait que le ventre ne peut aller bien si les membres, si la tête, si les extrémités sont rongés par la racaille et la crapule. C'était d'ailleurs ce qui l'avait poussé à accepter le poste de Grand Argentier, lui qui était pourtant l'héritier d'une longue tradition de seigneurs qui demeuraient en retrait des affaires du royaume pour se concentrer sur celles, les plus importantes, de la cité de Villevieille. Arrivé sur le promontoire rocheux aux côtés de lady Alysanne, Clarence y alla aussi de sa petite émotion à la vue de la baie de la Néra qui avait moins de charme que la Murmure qu'il connaissait sur le bout des doigts pour l'avoir longtemps observer depuis l'un des nombreux balcon de la Grand-Tour. Il posa sur sa compagne de promenade un regard doux quand elle lui adressa la parole.

     « Un privilège, ma chère, un privilège, car ce n'est pas tous les jours qu'on assiste en personne à un événement historique et le mariage raté de lord Beurpuits en est un certainement. Je ne peux m'empêcher d'avoir de la peine pour cet homme, vous savez ? Il était Grand Argentier, il n'y a pas si longtemps, et de ces hommes dont l'ambition se mesure au tour de taille, si vous voyez ce que je veux dire. Quel dommage, il espérait les honneurs de l'Histoire mais ne sera rien de plus qu'un bouffon auquel les mestres n'accorderont pas plus qu'un petit paragraphe dans leurs manuscrits. Le pauvre n'a pu conserver qu'un dixième de sa fortune, mais je crains que cela ne suffise guère à nourrir son appétit. La pauvreté sera pour lui un châtiment plus cruel que la hache ou la corde. » Clarence s'interrompit. Lord Ambrose était l'exemple type du bonhomme ambitieux qui vit dans un clapier et croit qu'il pourra dormir dans le lit des dragons parce que parmi ses ancêtres figuraient quelques éminents personnages, notamment une Main du roi, ce qu'il fut lui-même, et quand on voit où sa gourmandise envieuse le conduisit... où était-il d'ailleurs, à présent qu'il n'était plus rien du tout ? Sans doute cherchait-il à oublier le blâme et la honte au fond d'un tonneau de vin ou de lait, dans quelque auberge miteuse des alentours de Viergétang... Clarence reprit presque aussitôt d'un ton plus enjoué, car il aimait parler de sa famille :  « Mais s'agissant de Villevieille, j'y pense à chaque instant. Tous les jours que font les Sept me donnent une occasion de tourner mon regard vers le sud, où m'attend mon devoir et où penche mon cœur, si vous me pardonnez cet excès de sensiblerie. Mais fort heureusement je ne suis pas seul ici, il y a peu lord Redwyne est arrivé, suivi de près par lady Virginia et lady Valencia qui sont toujours à Port-Réal, au Donjon Rouge où vous les verrez peut-être ? Ser Calvin s'y trouve également, qui supporte de plus en plus mal son célibat, quoique je m'attache à régler cette question au plus vite, sans pour autant me précipiter, car s'il est vrai qu'on s'amourache vite, il est sot de pousser au mariage ce qui n'est qu'un béguin comme les vertueuses savent les provoquer. Ser Charles pour sa part est toujours à Villevieille, il y prépare un festival qui se tiendra bientôt et semble moins préoccupé par son mariage que par celui de lady Victoria qui s'inquiète de n'avoir encore reçu aucune douce proposition de la part d'aucun de nos pairs... mais à la vérité j'ai reçu de nombreuses propositions, et j'attends de trouver celle qui conviendra à ma sœur. Mais que dis-je ? Vous allez me prendre pour un entremetteur de piètre talent et de mauvais goût pour ainsi discuter de ces choses... Hélas, il me faut y penser, car c'est en quelque sorte ce qui est attendu de moi. Je devrais sans doute me soucier de mon propre mariage, mais j'ai la sotte conviction qu'il me faut d'abord pourvoir à l'avenir des mes cadets avant de songer au mien propre. Ne suis-je pas le plus sot et le plus naïf de tous les hommes que vous connaissez ? » Le sourire de Clarence en disait long sur ce qu'il pensait, mais il n'en demeurait pas moins très honnête : davantage lui importait pour le moment d'installer chacun de ses frères et sœurs plutôt que lui-même. Nombreuses étaient les choses qui avaient de l'importance à ses yeux, mais la famille les surpassait certainement toutes.
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Alysanne Florent
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Message Lun 3 Déc 2012 - 12:12

Les Hightower comme les Florent avaient un grand sens de la famille et Lors Clarence en donna la preuve par sa réponse enthousiaste. Alysanne se trouva ravie d’apprendre la présence de son amie Virginia à Port-Réal. Peut-être aurait-elle la chance de la voir avant son départ pour Lancehélion - si possible en l'absence de Valencia avec qui elle était en léger froid. Elle aurait aimé croisé Jace Redwyne par ailleurs, mais le temps lui était compté et le Grand Amiral lui-même devait être très affairé ; mieux valait renoncer à cette idée. Elle apprit en même temps, avec davantage de surprise, qu’un festival se préparait dans le sud, chose inattendue en cette période de disette. Lord Clarence estimait peut-être que l’espoir était une denrée toute aussi vitale que le pain et l’eau pour le peuple du Bief, durement affecté par de nombreux fléaux ces dernières années. S’il avait les moyens de leur offrir ce présent, pourquoi pas, après tout ? Elle espérait seulement que la flotte Redwyne protègerait âprement le port si les Fer-nés appâtés par la nouvelle avaient la mauvaise idée de tenter leur chance à Villevieille. Une telle audace restait improbable après leur semi-échec à Port-Lannis, mais fallait-il vraiment attendre de Dagon Greyjoy qu’il se comporte de manière raisonnable et prévisible ?

Un vent frais s’était levé, jouant dans ses cheveux blonds, fort heureusement bien attachés et tenus par des bandeaux de velours. De quoi aurait-elle eu l’air avec un paquet de mèches en travers du visage, s’agitant comme autant de tentacules ? Il n’y a guère que dans les chansons de barde que les cheveux des jeunes femmes flottent avec grâce dans le vent. Elle resserra légèrement sa cape de laine grise et azur et guida sa jument le long du promontoire, pas trop près du bord, suivant une sente qui remontait vers le nord. Clarence et Arthur semblaient à l’aise à cheval, plus qu’elle-même sans doute, qui ne disposait en matière d’équitation que des aptitudes de base nécessaires à une lady pour tenir son rang. A l’exception de la danse, elle n’avait jamais eu de réelle aisance avec les activités physiques de sa caste, étant plus attirée par les choses de l’esprit, à la différence de sa sœur Tierle, qui était une cavalière et une fauconnière accomplie.

« Peut-être le moins sot et le moins naïf de tous, à la vérité » répondit-elle en souriant. « Au premier abord il serait aisé de répondre qu’au regard de votre statut, vous devez en premier lieu assurer votre situation et votre descendance, pour le bien de Villevieille. Mais si l’on réfléchit ne serait-ce qu’un instant, il est évident que votre choix ne relève pas d’un sacrifice sans queue ni tête. Car vous êtes jeune et en bonne santé. Votre mariage peut attendre, et compte tenu de votre position et votre fortune, les propositions ne manqueront pas, de toute évidence. Vous n’aurez qu’à cueillir le fruit de votre choix le moment venu. En revanche, vous avez à vos côtés une grande fratrie dont l’avenir, s’il reste prometteur, est moins facile à deviner et à construire. Vous occuper dès aujourd’hui de vos cadets me semble le meilleur moyen de renforcer votre Maison tout en assurant leur bonheur et leur gratitude, sans pour autant fragiliser votre propre assise. » Elle opina pensivement du menton. « C’est un exercice difficile, toutefois. Dévoué à votre famille, vous devez sans doute étudier chaque option avec soin, pesant dans la balance les avantages respectifs de chaque alliance potentielle, tant pour votre Maison que pour le bien-être de vos frères et sœurs. Et pendant ce temps, l’on doit vous harceler de toutes parts de vous fiancer vous-même, je suppose. Avec les meilleurs arguments du monde. Ma propre dot draine déjà suffisamment de prétendants à Rubriant à une heure où mon père a bien d’autres soucis en tête ; je n’ose imaginer la cohorte d’aspirants beaux-pères et beaux-frères qui doit se presser à vos portes. » dit-elle avec un sourire connivent.

Son propre père n’avait-il pas songé à prendre langue avec Lord Hightower à ce sujet, quelque temps auparavant ? Elle n’avait jamais été très au fait de ses plans mais des rumeurs finissaient toujours par courir dans les couloirs du château. Et assurément Clarence était un parti plus attrayant pour la Maison Florent que ce rustre d’Alistair Roxton qui avait en vain tenté sa chance auprès de Lord Danwell. Néanmoins son père, s'il étudiait toutes les options, avait toujours laissé entendre qu’il verrait d’un meilleur œil une union donnant à leur famille un pied dans les Terres de la Couronne, pour se rapprocher du centre du pouvoir. Darry avait été un bon choix pour Tierle, compte tenu du « handicap » que représentait son dépucelage prématuré, mais les Maisons proches de Port-Réal retenaient davantage l’attention de Danwell Florent. Le fait que Clarence ait été nommé Grand Argentier devait lui donner matière à réfléchir. Il avait pour l’instant décidé de donner à sa fille l’occasion de prouver son utilité dans une autre voie que le mariage, mais il devait néanmoins s’interroger sur l’accueil que Lord Hightower réserverait à une éventuelle proposition d’alliance.

Elle s’interrogeait elle-même sur ce point.

Non par aspiration, encore que : si le mariage devait un jour lui être imposé, Lord Clarence ferait à ses yeux un choix parfaitement rationnel. Il avait toutes les qualités qu’elle avait espérées trouver chez un prétendant à son départ de Rubriant. Son tempérament, son érudition, sa finesse et son influence étaient autant de gages d’une alliance réussie. Mais elle avait pris un autre chemin. Si l’avis de Clarence l’intéressait, c’était par curiosité avant tout. Elle aimait connaître toutes les alternatives à sa disposition. Par ailleurs… ne pouvait-il avoir intérêt à feindre l’intérêt, tout comme elle ? Voilà qui était à creuser.

Une volée de mouettes à tête noire se posa sur les rochers non loin d’eux, guère effrayées par leur présence, avec l’insolence habituelle à leur espèce. A l’affût de la moindre miette, aussi avides que les courtisans du Donjon Rouge guettant la dernière rumeur, songea-t-elle avec amusement.
« J’ai d'ailleurs bien peur de susciter quelques jalousies par mon audace. Que diraient vos prétendantes éplorées si elles apprenaient que je vous ai kidnappé le temps d’une escapade en bord de mer ? » conclut-elle d’un ton rieur.




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Message Lun 3 Déc 2012 - 18:20

     « Je crois qu'elles chercheraient sans doute à vous arracher la langue avant de la coincer au fond de votre gorge. Vous devez savoir mieux que moi-même de quoi les jeunes femmes sont capables quand elles ont une idée en tête. Il n'est aucun marteau au monde qui saurait briser la roche dont est faite leur détermination. Voyez ma sœur Virginia, par exemple. La créature est délicieuse, agréable et d'une compagnie plaisante comme le sont les saveurs subtiles d'un plat dont la recette aurait jailli de l'esprit sophistiqué d'un gourmet lysien. Son aménité prête à la croire aisément manipulable et pourtant, il n'est pas né celui qui la détournera de ses objectifs, car sa résolution est aussi grande que la tour qui l'a vue naître. Elle n'est pas la seule et nombreuses sont les femmes de cette trempe. Je m'étonne qu'on dise de ce sexe qu'il est le faible, pas vous ? » La plaisanterie se colorait peut-être de la plus subtile des finesses, mais lady Alysanne avait bien assez d'esprit pour la comprendre et peut-être en rire. Ce sujet n'était pourtant pas de ceux qu'on discute, les hommes s'accordaient à dénigrer la condition féminine au profit de la leur et les femmes, dans la très grande majorité des cas, subissait sans rien dire, en silence, peut-être bien persuadée que c'était là l'ordre naturel des choses. Certaines bien sûr refusaient cette situation et sans argutie elles croyaient s'élever en singeant les hommes, en copiant les gestes, les postures, les mots et même les activités qui sont d'ordinaire l'apanage des hommes. Ces femmes-là s'improvisaient combattantes, s'invitaient aux conseils de guerre et prétendaient voler la lance de leur époux pour s'élancer à sa place dans la bataille. Sottise ! D'autres, plus intelligentes sans doute, refusaient aussi la fatalité de leur situation mais au lieu de chercher à maquiller leur état de femelle pour se donner l'apparence de mâles, elles cherchaient justement à polir leur féminité jusqu'à devenir ces créatures qui font la pluie et le beau temps dans le cœur des hommes. Celles-là étaient les plus admirables et les plus dangereuses aussi. Clarence avait suivi lady Alysanne le long de la pente. À quelle catégorie appartenait-elle ? L'homme ne savait s'il le découvrirait au cours de cette conversation, mais il apprécia toutefois ses paroles assez pour chercher à en apprendre plus, sans pour autant se montrer trop intrusif, car ce n'était pas sa façon. Là où d'autres aimaient les questions claires et nombreuses, lui préférait le silence, souvent plus révélateur, souvent plus éloquent que tout le reste.

     « Pour être tout à fait honnête, la seule proposition sérieuse et intéressante que j'ai reçue me concernant émane de Vertepierre, vous connaissez ? C'est une île méconnue des terres de l'Orage, juste au nord de la mer de Dorne, connue pour le minéral qui tire d'ailleurs son nom de l'ilot. Les Estremont en sont les maîtres, une famille parmi les plus éminentes des vassaux d'Accalmie, à ce que l'on murmure... » Clarence se souvenait très bien de la visite d'Edric Estremont et du contenu de leur entretien qui avait abouti à l'amorce d'un promesse de mariage entre lady Jeyne Estremont, qu'il ne connaissait pas, et lui-même. Un choix qu'il avait fait sans considération réelle pour le rang et le prestige de la demoiselle, mais bien pour d'autres raisons non moins pragmatiques. Rien ne le contraignait encore, et il pouvait tout à loisir questionner les possibilités, étudier les alternatives, analyser les choix qui s'offraient à lui. S'il avait été un Targaryen et même un familier de la coutume de l'inceste, son premier choix se serait spontanément porté sur l'une de ses trois sœurs, afin de ne pas associer une autre famille aux affaires de la sienne, qui primaient toutes les autres. « Qu'en pensez-vous donc, lady Alysanne ? Une jeune femme de bonne famille des terres de l'Orage conviendrait-elle au seigneur de Grand-Tour, Protecteur de la Citadelle, Seigneur du Port, Voix de Villevieille, Phare du Sud, et Grand Argentier du Royaume ? » Il laissa échapper un ricanement, car ce déballage de titres l'amusait toujours autant. C'était comme une ribambelle de rubans d'or accrochés à sa chevelure, aussi brillants qu'inutiles, aussi traîtres que jolis. À Arthur qui les suivait, Clarence adressa cette question : « Et toi, y as-tu réfléchi ? Mon mariage doit aussi te servir de leçon, après tout ! » L'interrogation n'appelait aucune réponse en fin de compte, elle était surtout rhétorique, quand bien même elle avait du sens, car le jeune Arthur devait trouver dans tous les faits et gestes politiques de Clarence le moindre enseignement dont il ferait son expérience. Le maître espérait que l'élève se montrerait attentif quand le premier arrêterait ses choix et les expliquerait s'agissant des noces de chacun des frères et sœurs Hightower autant que des siennes propres. Il n'en avait pas encore discuté avec Leo Tyrell, mais sans doute qu'un beau jour la question du propre mariage d'Arthur viendrait sur la table. Clarence se tourna cette fois directement vers Alysanne alors qu'il rabattait ses cheveux, que le vent dissipait, en arrière. « Et de mon côté, n'ai-je pas à craindre la fureur de vos soupirants quand ils vont apprendre que vous m'avez accompagné jusqu'aux rivages de la baie pour une promenade informelle ? Je n'ai aucune peine à imaginer le Donjon Rouge piailler des mille rumeurs qui doivent déjà circuler à notre sujet alors même que nous avons à peine franchi les portes de la cité. » Clarence ne croyait pas si bien dire, et à peine avait-il dit cela sur le ton badin de la plaisanterie qu'il tissait au fond de lui l'esquisse d'une manœuvre qui, sans être terrible ou crapuleuse, pourrait s'avérer très utile au Grand Argentier dont le mariage avec Jeyne Estremont restait à négocier et demeurait dépendant du résultat de sa première rencontre avec la demoiselle qui n'avait pas encore eu lieu. Jetant ses yeux loin de lady Florent, Clarence contempla l'eau sombre de la baie pour y plonger ses pensées et construire la ruse qu'il affinait à l'intérieur, insensiblement et sans rien laisser transparaître pour l'instant de ses machinations.
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Message Lun 3 Déc 2012 - 20:01

Port-Réal, ville immense, capitale du Royaume... Si la ville en elle-même ressemblait beaucoup à ce qu'il avait découvert de Villevieille, Arthur n'en était pas moins impressionné par la forteresse du Donjon Rouge. Il était né à Hautjardin et il y avait grandi toute sa vie durant, apprenant connaître le château jusque dans ses moindres recoins et sachant même se repérer dans les labyrinthes de roses qui l'environnaient. Quand il avait rejoint le service de lord Hightower, il avait du mettre de côté toute cette assurance pour apprendre à découvrir une nouvelle forteresse, celle de Grand-Tour. Elle n'était pas particulièrement vaste, mais elle était infiniment trop grande... Des étages à n'en plus finir, des marches, des marches et encore des marches... Comment pouvait-on donc s'y retrouver quand chaque étage semblait identique aux autres ? Cela avait été son grand problème durant quelques temps, avant qu'on ne le déracine à nouveau pour le conduire à Port-Réal, par-delà les mers. Là aussi, il s'était perdu, souvent, arrivant en retard aux rendez-vous qu'on lui donnait, ce qui n'était pas pour lui plaire. Mais cette forteresse était constituée de tant de bâtiments qu'il était bien compliqué de s'y retrouver, peut-être même encore plus qu'à Villevieille.

Pour cette raison, Arthur appréciait souvent de se déplacer en compagnie de son seigneur et maître, lord Hightower lui-même. Les affaires qui l'amenaient à la capitale l'obligeaient souvent à se déplacer ici ou là et c'était le rôle d'Arthur que de l'accompagner en toutes circonstances. Souvent, comme en ce jour, ces déplacements faisaient aussi lieu de leçons sur des sujets aussi divers que variés. Selon lord Hightower, la prospérité du Bief dépendait de sa puissance économique, cette dernière dépendant de sa puissance militaire. Et pour que tout cela aille au mieux, il fallait pouvoir en actionner les rouages depuis Port-Réal et le conseil restreint. Siéger là était donc une affaire de devoir et non pas de gloire ou de prestige. Acquiesçant aux propos donnés qu'il tentait d'intégrer au mieux, Arthur ne laissa sortir qu'un faible « Oui, messire. » Rien de moins, rien de plus, tel était Arthur Tyrell, timide et silencieux. Le trajet et la leçon continuèrent jusqu'à ce qu'ils ne finissent par tomber sur un étrange duo. Une nouvelle fois, seuls quelques mots sortirent de ses lèvres alors que lord Hightower le présentait. « Ma dame... ». Oui, ils se connaissaient, c'était un fait. Arthur se souvenait d'elle, à Hautjardin, quelques années plus tôt. Ils étaient allés ensemble à la bibliothèque du château et elle avait posé des questions très étranges au sujet d'ouvrages tout aussi bizarres. Du moins, c'était ce qu'il avait pensé à ce moment-là, mais avec l'âge, les choses avaient bien changé. Il fut toutefois surpris de constater que lady Alysanne s'adressait à lui comme à un jeune esprit, pour reprendre ses propres mots... Après tout, elle n'était guère plus âgée que lui ! Mais si cela le surprit, il n'en dit rien et en présence de son seigneur, il n'entama pas davantage la conversation.

C'est toutefois en compagnie de cette jeune dame et de son garde du corps que lord Hightower et Arthur quittèrent le Donjon Rouge, traversant la ville pour se rendre, visiblement, sur la côte, en dehors de Port-Réal. Quel était l'intérêt de tout cela, Arthur ne le savait pas. On avait parlé d'une promenade, mais c'était là quelque chose de plutôt étrange que de se rendre en un tel lieu pour simplement s'aérer l'esprit. Quoi qu'il en soit, ils finirent par arriver sur la côte où commença une étrange et surprenante discussion. Lord Hightower et lady Alysanne débattirent en effet de leurs sentiments concernant l'échec du mariage de lord Beurpuits dont Arthur avait quelque peu entendu parler, mais aussi du Bief qui leur manquait ou de mariages qui se faisaient ou ne se faisaient pas. Arthur ne comprenait d'ailleurs pas tout. Comment lord Hightower pouvait espérer marier ses cadets alors que lui-même était encore célibataire ? Certes, seul un parti de choix pourrait lui convenir au vu de son statut, mais il semblait plus qu'évident qu'un seigneur quelconque chercherait d'abord à marier sa fille au seigneur de Villevieille plutôt qu'à l'un de ses cadets. Cela aurait été comme lui faire épouser lady Aliénor alors que Tristan était toujours disponible. Pourtant, c'est bien Tristan qui fut marié, et cela en dépit de sa réputation honteuse. Alors comment donc lord Hightower comptait-il réussir cela ? D'autant plus qu'il avait déjà accepté des négociations pour son propre mariage, alors pourquoi mentir à ce sujet ? Peut-être simplement parce qu'il avait promis de différer toute autre demande le temps que soit justement réglée cette affaire.

D'ailleurs, parlant de ce mariage, lord Hightower en aborda le sujet, demandant son avis à lady Alysanne. Quel intérêt avait-il donc à faire cela ? La dame n'avait guère assisté à leur entretien et il était difficile de savoir si elle connaissait suffisamment le royaume pour connaître cette maison. Lui-même n'en avait jamais réellement entendu parler, mais pourtant, la visite de leur émissaire avait semblé plaire à son seigneur. Etait-il toutefois sincère à ce sujet ? Difficile à dire. C'est à ce moment qu'il fut tiré de ses pensées par son seigneur qui lui posa la même question. Surpris, Arthur marqua un long temps de silence, ne sachant guère quoi répondre. Ce mariage avait semblé intéressant dans l'idée, du moins, de ce qu'il avait cru saisir. De plus, s'ouvrir ainsi aux autres fiefs pouvait apporter de bons atouts, ce qui était nécessaire, quand on était le Grand Argentier. Il était difficile de satisfaire tout le monde et avoir des appuis importants dans le royaume n'était jamais inutile. Alors oui, aux yeux d'Arthur, ce mariage semblait une bonne idée, mais peut-être y avait-il ailleurs une autre noble dame qui pourrait offrir davantage ? Cela dit, Arthur ne voyait pas trop où elle pourrait bien se trouver, pour le moment... Et dans tous les cas, lord Hightower avait fait une promesse, celle d'attendre sa rencontre avec la jeune dame promise, avant d'aborder d'autres possibilités de mariage. Rompre une telle promesse, c'était s'exposer à de grands risques, à moins qu'il n'ait pas encore saisi toutes les duperies qui émaillaient la politique du royaume.
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Alysanne Florent
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Message Jeu 6 Déc 2012 - 16:32

Alysanne s’étonna intérieurement d’apprendre que Lord Hightower n’avait reçu en tout et pour tout qu’une seule proposition d’alliance concernant sa propre personne, mais peut-être cela était-il dû à la position de Villevieille et à la fraîcheur de sa nomination au poste de Grand Argentier. Bientôt, sans nul doute, il croulerait sous une volée de corbeaux répétant le même message ad nauseam. Il n’était probablement pas un chevalier fieffé, pas un seigneur du Bief ou même au-delà qui n’aurait intérêt à pareil mariage avec l’une de ses filles. A quand le défilé des fiancées présomptives, de la beauté parée de fleurs au laideron maquillé, de la pucelle à peine éclose à la veuve aux charmes fanés ? Non pas que les dames et demoiselles en question aient leur mot à dire. Elles seraient vendues tel du bétail, pardon, elles accompliraient leur devoir de bonne ou de mauvaise grâce, et c’était bien le moins qu’on pouvait demander à ces volailles inutiles, puisqu’on les engraissait à cet effet depuis leur sortie de l’œuf. Du moins était-ce à peu de choses près le mode de pensée ayant cours à Westeros – et dans beaucoup de contrées exotiques.

Arthur demeura modestement silencieux lorsque son maître à penser l’interpella au sujet de ses choix matrimoniaux. Certes, la question n'appelait pas nécessairement de réponse, mais le fils de Lord Tyrell aurait tout de même pu saisir cette occasion de livrer son avis haut et fort, sans pour autant être considéré comme intrusif. Il était décidément tel qu’elle se le rappelait : discret, réfléchi, bien loin des fanfaronnades de certains Bieffois parmi les plus extravertis. Un élève appliqué sans nul doute et qui devait s'entendre avec son tuteur du moment. Il n'était qu'un peu plus jeune qu’elle, mais elle avait le sentiment que ces quelques années formaient comme un gouffre entre eux, de même que les six dernières lunes formaient un gouffre entre la jeune fille qu’elle avait été et la femme qui naissait de ses cendres. Les épreuves aussi sûrement que les voyages forgent les jeunes esprits et Arthur lui-même, sans doute, subirait ses propres transformations dans cette nouvelle étape de sa vie. A son âge, sa retenue pouvait encore être un atout, mais il devrait bientôt apprendre à affirmer clairement ses opinions personnelles. Alysanne n’avait pas tant de réserve, si ce n’est par souci des convenances, et elle ne craignit pas de répondre à Lord Clarence au sujet des Estremont.

« Une petite île mais une grande Maison… je ne connais d’eux que leur blason. »
Elle eut un petit sourire à ce sujet, se figurant la tortue escalader laborieusement les escaliers de la grande tour des Hightower. Une tortue ne devrait-elle pas rester à terre, ou à l’eau ? En cherchant à s’élever si haut, ne risquait-elle pas d’échouer en ahanant à mi-parcours, voire de se rompre l’échine dans une chute fatale et passablement ridicule ? « Mais à présent je peux également émettre l'hypothèse que les Estremont ont de l’ambition, de l’imagination et de l’audace. S’ils ont su voir avant tous quel parti avantageux vous représentiez, ils méritent votre attention. Quant à accepter une telle proposition… je ne puis guère formuler d’avis sur la question. Vous connaissez les Estremont comme vos propres aspirations assurément mieux que moi. »

Elle flatta l’encolure de Brume qui encensait à la vue des mouettes. La belle n’était plus habituée à la présence de ces oiseaux chicaneurs. Le ciel, plus gris que bleu, résonnait des échos moqueurs de leurs cris tandis que certaines captaient le vent sous leurs ailes tendues. Familières, elles n’hésitaient pas à s’approcher, espérant peut-être quelque provende miraculeuse. Peut-être se rabattraient-elles bientôt vers l’intérieur des terres avec les premiers frimas d’automne. Comme les ambitieux, elle s'agglutineraient là où elles pourraient trouver de quoi satisfaire leurs appétits, quitte à s'éloigner du Détroit. L'analogie était appropriée, parlant d'une famille insulaire...

« En tous les cas, je ne saurais que trop vous conseiller la patience en cette affaire, s’il en était besoin. N’écarter aucune option, prendre le temps d’étudier les alternatives, et ainsi négocier avec clairvoyance pour favoriser au mieux les intérêts de votre Maison... Mon père a coutume de dire que l’on marie deux familles avant de marier deux êtres ; l’une saura courtiser, prouver sa motivation et la solidité de son engagement, l’autre écoutera avec retenue, dispensant des signes favorables ou non, et fera sentir que ses faveurs se méritent. »

C’est avec légèreté qu’elle partageait cette image amusante des jeux d’alliances tels que son père les lui avait présentés, comme un bal bien réglé où chaque Maison veillait à ne point se ridiculiser par un faux pas. L’avenir seul dirait si les Estremont avaient été en la matière plus agiles que l’animal pataud figuré sur leur blason « Je suis sûre que vous saurez manœuvrer avec toute l'habileté requise. Les aptitudes qui vous ont valu votre récente nomination seront certainement mises à profit en cette affaire. »




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Message Ven 7 Déc 2012 - 22:31

     « Je l'espère. Pour respecter la promesse faite à l'émissaire, j'ai différé toutes les autres propositions jusqu'à ma rencontre avec lady Jeyne Estremont, qui décidera de l'avenir pour elle comme pour moi-même. Serons-nous le socle d'une alliance temporelle entre les deux familles, ou suivrons-nous deux chemins distincts l'un de l'autre ? L'Aïeule le saurait, mais il y a longtemps que je ne dîne plus à sa table. Il y aurait d'autres partis intéressants, j'en conviens, issus de familles plus proches géographiquement et culturellement. Des partis offrant une multitude de possibilités, je vous l'accorde de bonne grâce. Mais n'ai-je pas quelque intérêt à me pencher sur la proposition d'un homme venu me trouver en personne pour m'évoquer un projet discret mais d'envergure ? Les grandes unions qui se font en fanfare ou dans le secret des alcôves pour lier deux familles qui rivalisent de prestige et d'arrogance sont-elles si fiables, si assurées d'un succès durable ? Elles sont à mon humble avis surestimée, et les derniers exemples me donnent raison, je crois. » Clarence songeait en particulier à l'union d'abord secrète puis révélée des maisons Lannister et Arryn. L'or de Castral Roc et l'honneur des Eyrié n'avaient su faire bon ménage, et il était désormais de notoriété publique que lord Jasper Arryn avait autant d'affection pour celui qui était peu auparavant son beau-frère qu'il en aurait eu pour un homme des clans des montagnes de la Lune. Clarence n'était pas vraiment superstitieux, mais il connaissait la sourde latence des mystères de ce monde, alors le décès très récent, en couche de lady Maura, qui avait échoué à mettre au monde le fruit vivant et viable de cette union, lui apparaissait comme la divine sanction d'un mariage qui jamais n'aurait dû être célébré et certainement pas tel qu'il le fut, sous le couvert du plus lamentable des secrets. Et plus proche encore, que dire du mariage tonitruant de son lointain cousin Tristan Tyrell et de sa bécasse venue de Castral Roc ? Si Clarence avait négligé jusqu'à la venue d'Edric Estremont les autres propositions reçues et promis de différer celles qui seraient émises postérieurement et jusqu'à la fatale rencontre qui déciderait une fois pour toutes, c'était bien parce qu'il avait été piqué au plus vif de son intérêt, car la Tortue, très propre sur elle, lui avait présenté une option qui correspondaient par bien des aspects à ce qu'il espérait pour lui-même depuis quelques années. Clarence serra les jambes sur les flancs de sa monture pour la maintenir à faible allure afin de ne pas distancer ni lady Alysanne, ni Arthur Tyrell. Il avait presque oublié la présence de leur escorte qui ne perdait sans doute pas une occasion de tendre l'oreille pour espérer guigner quelques bribes de leur conversation. Qu'ils s'amusent donc avec ces colifichets trop subtils pour toucher les ornières de leur compréhension. Peu lui importait la proximité de ces personnes étrangères à leur discussion, il voulait se concentrer tout à fait sur la ruse ourdie et prête au déroulement.

     « Votre père a-t-il reçu des propositions sérieuses vous concernant ? Une demoiselle de votre âge, charmante, bien faite et de bonne naissance a certainement suscité l'attention de la jeune et mâle noblesse de nos vertes contrées. Fussiez-vous ma sœur, j'aurais bien du mal à vous voir quitter mon entourage pour celui d'un homme dont ne je serais jamais totalement sûr. Vous parliez d'une cohorte de soupirants autour de votre père, mais je suis certain qu'à Port-Réal même il se murmure déjà que votre présence est liée à quelque projet encore secret de mariage entre Rubriant et Rosby, Sombreval ou Castelfoyer. » Lady Alysanne était une dame en âge de prendre un époux, d'enfanter et d’œuvre à son tour à la fondation d'une famille. Tel était son devoir du fait de sa naissance, et sans doute les frelons d'ici et d'ailleurs bourdonnaient-ils autour de sa corolle entrouverte sur le pollen encore intact de sa virginité. Il avait pourtant, au fond de lui, la secrète intuition que la demoiselle était de ces fleurs qu'on ne cueillera jamais, mais il ne savait se l'expliquer... pour le moment. Il y a des mystères qui trouvent eux-mêmes leur résolution en temps utile et assurément l'aura qui entourait lady Alysanne en était. Une femme jeune et célibataire aussi férue d'érudition ne pouvait d'ailleurs qu'étonner dans le meilleur sens du terme. Sans doute eût-elle fait un mestre formidable ! Comme lui-même, peut-être ? « Mais parler de cela vous est peut-être désagréable, car il est vrai que, lors des négociations de mariage, on a tendance à souvent oublier qu'une femme est un être pensant et non une denrée qu'on prétend échanger comme un tonneau de vin. C'est un fait malheureux, mais je crains que rien n'y changera jamais, pas même quand nous atteindrons le crépuscule de ce siècle pour embrasser l'aube du prochain. Je me tais et parlerai d'autre chose si cela vous est plus commode. Un mot de vous suffira. » Clarence parlait sans état d'âme de ces choses-là, mais il en allait peut-être autrement de lady Alysanne, qui était une femme quand lui n'était qu'un homme. Comme il prenait plaisir à la conversation et comme il appréciait la compagnie de la demoiselle de Rubriant, il avait à cœur de ne pas traîner la discussion sur des sujets susceptibles de la fâcher... en même temps qu'il souhaitait trouver une ouverture pour l'intéresser à la ruse qu'il souhaitait mettre en œuvre avec, pourquoi pas, le concours de lady Alysanne et celui de son élève Arthur Tyrell. Il aurait pu, bien sûr, pousser plus loin la discussion pour tester les limites de sa délicieuse interlocutrice, mais c'eût été se conduire d'une façon ni courtoise ni profitable, hors Clarence était de ces êtres qui ne peuvent s'empêcher, quand ils en ont la possibilité, de lier aux lourdeurs de l'intérêt les douceurs de la politesse qui participe à la solidité des rapports humains. Du moins, en avait-il la conviction profonde, et ce n'était pas ces mouettes insolentes qui allaient le persuader du contraire.
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Alysanne Florent
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Message Mer 12 Déc 2012 - 19:44

Alysanne n'avait pas eu connaissance du mariage secret de Tybolt Lannister, mais les paroles de Lord Clarence résonnaient à ses oreilles du clair tintement de la vérité. Les mariages ourdis en secret n'étaient certes pas les plus sérieusement orchestrés et les fruits portés par ces unions se révélaient sans doute souvent moins abondants et délectables que prévus. Son grand-père, grand comploteur devant les Sept, avait été un adepte de ce genre de pratique. Les épousailles de la tante Rhea n'avaient-elle pas été longtemps cachées au reste du monde ? Évidemment, le fait que ladite Rhea ait épousé un Dornien après s'être donnée à lui corps et âme constituait une circonstance atténuante pour feu Lord Florent qui avait ainsi protégé momentanément sa Maison du scandale, mais il n'avait de toute façon jamais été avare de secrets, et ce pour le pire, plutôt que pour le meilleur...

Clarence freina légèrement sa monture afin de chevaucher à la hauteur d'Alysanne et d'Arthur. Comme il abordait la question de son éventuel mariage, elle sentit son cœur battre un peu plus vite, sous l'effet d'un mélange détonant de peur et de détermination qu'aucun d'entre eux ne pourrait déceler, et encore moins comprendre sans explication, car elle n'avait pas rejeté l'idée du mariage par simple tocade, ni même par peur. Un grand nombre de ladies s'avéraient plutôt réticentes à la perspective de cet événement au caractère définitif : quitter sa famille, son toît, pour la couche d'un inconnu qui vous dominera, avait de quoi effrayer n'importe qui. Le devoir et l'éducation les amenait à s'habituer peu à peu à cette idée jusqu'à ce qu'elles abandonnent leurs rêveries d'enfant. L'amour pouvait parfois adoucir ce passage difficile, mais tel n'était pas le but du mariage, qui était d'abord une alliance de familles ; l'amour était plutôt réservé aux romances inavouées et platoniques de jeunes châtelaines envers tel ou tel chevalier ayant su gagner leurs faveurs. Alysanne savait cela et s'y était préparée. Elle était de toute façon trop rationnelle pour se laisser bercer par des envies de romances. Ce qui l'avait décidée à suivre une autre voie, c'était ce qu'elle était, tout simplement. Sa manière de penser, ses talents, et tout ce à quoi elle aimait employer son esprit, étaient à cent lieues de ce qu'une vie d'épouse pouvait lui offrir ou exiger d'elle ; elle sentait bien qu'elle serait une maîtresse de maison des plus médiocres. Ses aptitudes étaient ailleurs. Enfin, la perspective d'avoir un maître lui restait pénible, car elle avait une faim dévorante d'indépendance, héritée de ses parents et cultivée par ses lectures qui l'avaient amenée à développer un vif esprit critique.

Lord Clarence, faisant preuve de perspicacité autant que de tact, lui proposa de changer de sujet si d'aventure elle n'était pas à l'aise. Il ne pouvait évidemment savoir qu'une des raisons qui la mettait mal à l'aise était le secret dont elle devait entourer ses choix. Elle lui sut gré en son for de sa délicatesse et inclina la tête en signe de gratitude, mais eut un geste apaisant pour signifier qu'il ne la dérangeait pas en abordant cette question.

« Votre prévenance vous honore, mais nous pouvons parler librement. Il est vrai que mon père a reçu plusieurs propositions, qu'il a refusées, dans un premier temps pour me... préserver, dans un deuxième temps par manque de partis réellement intéressants, dans un troisième temps par nécessiter de traiter des problèmes plus pressants comme la sécheresse ou le rassemblement de l'ost.» Elle ne cita pas les partis rejetés, par égard pour eux - il était toujours quelque peu humiliant d'être ainsi éconduit. « Si j'en regrette les causes, j'avoue ne pas me plaindre de ce délai qui me laisse la possibilité de... réfléchir à toutes les options et me... préparer à mon rôle futur. »

Il n'y avait là que pure vérité, mais suffisamment évasive pour ne pas se mettre en difficulté. La prudence était de mise, encore une fois : peut-être pouvait-elle faire confiance à Clarence et Arthur, mais elle ne se fiait que rarement à ses intuitions, et ils n'étaient d'ailleurs pas seuls, encore que Kerigan pour sa part sût déjà presque tout ce qu'il y avait à savoir de ses projets. Une suite est comme une extension de soi... c'est pourquoi elle doit être choisie avec soin. Jusqu'ici son choix s'avérait judicieux, bien que d'une manière plus originale et inattendue que prévue. Elle ignorait en revanche à quel point l'on pouvait se fier au reste de leur escorte en matière de discrétion.





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Message Ven 14 Déc 2012 - 23:04

     Parler librement, n'était-ce pas pure fiction, pure invention, pur délire aussi ? Leurs idées, leurs systèmes de pensée, leurs opinions, leurs avis, leurs raisonnements n'étaient-ils pas conditionnés par la toile immense que tissaient les fils entremêlés de leurs expériences, de leur éducation, de leurs cheminements ? Il y avait bien sûr le libre-arbitre, le choix, la volonté, autant de mots divers et distincts pour ne désigner que la même chose, le même concept, celui qu'à travers la toile l'araignée que chacun de nous semble être peut voler d'un fil à l'autre aussi lestement qu'elle a de lestes pattes. Clarence n'était pas philosophe pour deux sous. S'il avait de l'esprit et de l'intelligence à revendre, il n'était pourtant guère plus doué de sagesse que ne l'exigeait son rang et ses fonctions, et préférait donc laisser ces interrogations métaphysiques à ceux qui avaient du temps et de l'énergie à leur consacrer. Sa proche parente, qui était devenue septa après que sa cousine Jeanne eût saboté le projet qui visait à faire d'elle l'épouse du futur suzerain du Bief, était par exemple de ces personnes qui s'interrogent sur ces concepts obscurs et que le commun des mortels prend pour acquis. Lord Hightower n'avait jamais pris le temps de converser avec elle à ce sujet, mais il se doutait bien qu'elle avait mené loin sa réflexion et qu'elle aurait très bien pu lui en apprendre à cette école. Toutefois la philosophie n'était pas une nécessité pour l'homme qui tenait entre ses mains les finances du royaume et qui nourrissait une vision à long terme pour chaque chose. Ainsi donc lord Florent avait reçu pour Alysanne des propositions de mariage, et la demoiselle lui détailla les trois temps du refus de son père. Clarence hocha vaguement la tête, il comprenait tout à fait les décisions de lord Danwell et notamment les justifications de la dernière : la guerre, la sécheresse, la rébellion Fer-née, la menace Feunoyr, la préparation de l'Hiver, tous ces facteurs n'étaient guère favorables à des négociations de mariage apaisées et sûres, et prenaient sur ces dernières toute la priorité. Et comme elle le disait elle-même, lady Alysanne semblait vraiment et sincèrement apprécier ce surcroît de liberté qui lui avait d'ailleurs permis de s'éloigner de Rubriant pour aller jusqu'à Port-Réal, chose qui n'était pas permise à toutes les jeunes filles de bonne famille, mais sans doute la proximité de ses parents de Darry avait-elle joué en sa faveur auprès de lord Florent son père. « Et ce regain de liberté semble vous réussir, car vous êtes radieuse. Vous avez donc, si j'ai bien compris, toute latitude pour recevoir vous-même des propositions et les étudier avant d'informer votre père de leur teneur et de votre avis ? » Clarence trouvait cela quelque peu étrange, car en tant qu'homme de son temps et quoiqu'il fût plus ouvert que d'autres, il n'en demeurait pas moins soucieux de respecter certaines des plus anciennes traditions qui faisaient de Westeros ce qu'elle était depuis toujours, une terre à la culture uniforme en dépit de quelques aspérités régionales particulières.

     Puis, après quelques instants de silence qui lui permirent de revenir à la pleine hauteur de la demoiselle, car il avait pris quelque retard en s'inquiétant de savoir les raisons qui poussaient son cheval à geindre faiblement, il ajouta :  « Avez-vous donc alors reçu des propositions vous-même dernièrement ? Cela ne m'étonnerait point. C'est peut-être ce qui vous amène d'ailleurs de nouveau à Port-Réal, car je me doute qu'après un événement comme celui de Murs-Blancs, votre premier désir a été de revenir à Rubriant pour rassurer votre père et les vôtres, qui se sont sûrement et à juste titre inquiétés pour vous... » Et ce à juste titre, car si la Main du roi et l'armée loyaliste n'étaient pas intervenues à temps pour mettre un terme aux prémisses de cette seconde rébellion Feunoyr avortée, qui sait jusqu'où le flot de l'Histoire aurait pu emporter les invités malheureusement présents au mariage de lord Beurpuits ? Lady Alysanne aurait pu s'en sortir bien plus heurtée, bien plus abîmée qu'elle ne le fut... Ce qui eût été terrible et l'aurait privé lui de cette agréable conversation... Une chance donc que lord Rivers ait été informé assez tôt, et que la demoiselle ait su toute raison garder pour éviter d'aller chatouiller la patte du dragon noir.  « Y en a-t-il parmi elles qui mériteraient d'attirer l'attention de votre père ? Les célibataires ne manquent pas aux alentours de la capitale, plus rares sont les bons partis toutefois, et l'on raconte que lord Solverre est en quête d'une épouse... » Qu'il aurait peut-être déjà trouvée d'après les dernières rumeurs, mais Clarence n'était pas homme à se fier à elles, car elles étaient plus infidèles qu'une amante meurtrie par des années d'injures. Il reprit d'une voix presque lasse :  « Je présume peut-être un peu, cela dit, et si vous n'avez suscité aucune proposition encore, j'imagine que lord Florent... sera peu surpris, car c'est un homme qui sait lire les autres : il n'ignore sans doute point que le nobliau moyen des terres de la Couronne ne saurait distinguer la plus belle des juments de la plus ingrate des génisses... si vous me permettez cette comparaison et pardonnez l'impoli que je suis, ma lady. » Elle était quelque peau osée, mais il n'y avait nulle mesquinerie dans le ton qui la couvrit. Clarence connaissait le bel esprit de lady Alysanne, et s'imaginait qu'elle saurait s'amuser comme lui des caractères bien trempés qu'on trouvait çà et là à travers le royaume. N'y avait-il d'ailleurs aucun mestre pour faire un long voyage et rédiger le portrait type de chacune des couronnes du royaume ? Il y aurait là matière à compiler plusieurs volumes, et de la Treille au Mur, des Îles de Fer à Lancehélion, nul doute qu'il existait plus de mille et unes personnalités différentes ! Rien qu'au Conseil Restreint Clarence avait pu constaté cette diversité et cette disparité des points de vue et des cultures, et cela resterait pour lui un souvenir impérissable.
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Alysanne Florent
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Message Sam 15 Déc 2012 - 9:26

« Oh, il ne m'appartient pas de recevoir et d'étudier les propositions. Seulement de déceler des opportunités et d'émettre des préférences, qui feront partie des multiples éléments dans la balance. Sans doute est-ce l'avantage d'être fille cadette ; nous avons davantage voix au chapitre que nos aînées, nos unions représentant une valeur stratégique moindre. Le choix n'en revient pas moins à mon père qui jugera, en sa qualité de chef de Maison, de l'intérêt de prendre langue avec l'un ou l'autre des partis envisagés. Quand je parlais de réfléchir aux différentes options, c'était à titre personnel et spéculatif : mon esprit a tendance a faire feu de tout bois et je ne puis m'empêcher d'essayer d'imaginer à quoi ressemblera mon avenir, quel qu'il soit. »

Elle sourit à la question plutôt directe concernant ses prétendants. Ce n'était pas le genre de choses dont on parlait ouvertement ; la curiosité de Lord Clarence révélait un esprit prompt à s'intéresser à tout et surtout à extirper les secrets hors de l'ombre. Comme elle l'avait expressément autorisé à parler sans fard, cela ne la troubla nullement. Elle trouva même un plaisir subtil à identifier chez son interlocuteur un trait qui la caractérisait également. N'avait-elle pas toujours eu tendance à mettre discrètement son nez dans ce qui la ne regardait pas ? Enfant, elle écoutait les conversations à la dérobée, jouait aux énigmes et posait mille questions sur tout ; jeune fille, elle courait après les livres rares ou peu recommandables - Arthur pouvait en témoigner ! Et aujourd'hui... voilà qu'elle prenait l'habitude de faire moisson en toute occasion d'informations utiles pour sa famille et Lord Tyrell. C'est donc d'un air espiègle qu'elle répondit à son interlocuteur, franchement mais sans trop en dire :

« Quant à savoir si j'ai rencontré des partis intéressants au cours de ce voyage... à dire vrai je n'ai croisé que peu de candidats potentiels, et parmi eux, plus d'arrivistes et de rustres que de véritables gentilshommes, en tout cas aucun dont le statut et les qualités correspondent aux attentes légitimes de la Maison Florent. Si vous me pardonnez mon audace, seriez-vous dégagé de toute négociation que vous seriez assurément le diamant parmi ces cailloux sans valeur. » Elle avait exprimé ce simple fait d'un ton léger et badin pour bien signifier à Lord Hightower qu'il ne devait pas se sentir « démarché » en entendant cette remarque ; même si elle avait été en quête d'un époux, elle n'aurait pas tenté de saboter une alliance en construction, du moins pas sans une raison juste et supérieure. D'une certaine façon, c'était une manière de lui retourner son compliment implicite, tout en partageant son jugement amusé sur la diversité pittoresque des partis potentiels.

« Il est vrai qu'il n'y a pas si longtemps que j'ai quitté Rubriant, et le fait d'avoir été souffrante quelque temps à Darry du fait du climat automnal ne m'a laissée que peu de latitude pour les mondanités. Quant au mariage de Lord Beurpuits, il m'a surtout donné l'occasion de rayer un certain nombre de familles de la liste des alliances potentielles. La loyauté au trône reste un critère prioritaire par ces temps troublés. Je devais séjourner quelques semaines à Darry, ce qui m'aurait peut-être ouvert de nouvelles perspectives, mais le destin en a décidé autrement. Mon père, qui est retenu comme mon oncle et mon frère à Rubriant en raison des raids fer-nés, a souhaité que mon cousin Ser Hugo et moi-même nous rendions sans délai à Lancehélion où réside ma tante Rhea Santagar, afin de l'aider à traverser les difficultés associées à son récent veuvage. Me voilà donc en partance pour Dorne, et c'est la raison pour laquelle je me trouve aujourd'hui à Port-Réal. Notre navire prendra la mer demain. Peut-être ferons-nous escale à Dulceport-le-Pas... je l'ignore. Si tel est le cas, peut-être rencontrerai-je les Solverre. Mais pour l'instant ma préoccupation est d'atteindre Lancehélion au plus tôt afin d'y accomplir la tâche confiée par mon père. La famille avant tout... c'est une valeur que nous partageons, je crois. »




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Message Sam 15 Déc 2012 - 15:21

La petite promenade hors des remparts de la ville se poursuivait et Arthur ne savait pas vraiment quoi en penser. Tout cela était plutôt étrange... A commencer par le sujet de la discussion qui se tenait là. Était-ce vraiment adéquat de parler ainsi de mariage avec une dame rencontrée au détour d'un couloir ? Surtout quand cela se faisait dans un lieu aussi sauvage que celui qu'ils fréquentaient et avec une garde qui n'avait pas nécessairement besoin d'être mêlée à ces affaires... Arthur ne comprenait pas vraiment où espérait en arriver son maître et il se demandait surtout ce que lady Florent avait bien à voir dans l'affaire. On disait qu'elle parcourait les routes à sa guise et à bien y réfléchir, elle n'était toujours pas mariée malgré son âge... Que cherchait-elle donc, à s'aventurer sur ce chemin qu'elle avait pourtant l'air de vouloir éviter ? La question demeurerait sans doute sans la moindre réponse.

Répondant à la question posée par lord Hightower, lady Alysanne fit alors part de son manque de connaissance au sujet de la maison invoquée, faisant ainsi écho aux pensées qu'Arthur avait lui-même eues. A quoi bon demander l'avis d'une tierce personne quand cette dernière ne possède pas les informations adéquates ? A moins que son maître ait espéré une autre réaction de la part de la dame... Ou qu'il ait pensé qu'elle possède d'autres informations que lui-même n'avait pas, mais était-ce seulement possible ? Le jeune homme en doutait fortement. Poursuivant dans la discussion, lord Hightower rassura alors son jeune élève qui avait un instant craint de s'être trompé à son sujet. Mais aussi mystérieux et effrayant que pouvait être cet homme, il était aussi l'ami de lord Redwyne et cela ne pouvait faire de lui qu'un homme bien ! C'était ce qu'il venait de prouver en rappelant à l'esprit les promesses faites, montrant ainsi qu'il avait le respect des choses et qu'il n'allait pas en profiter pour continuer à manigancer dans l'ombre. Tout le monde n'en aurait sans doute pas fait autant.

Comme poussé par la curiosité, le seigneur de Villevieille amena ensuite le dialogue sur un autre chemin, s'intéressant aux éventuelles propositions de mariage qu'avait obtenues lady Alysanne. La réponse qui vint fut plus que surprenante aux oreilles d'Arthur... En effet, les raisons invoquées semblaient être plus des excuses pour ne pas donner la véritable réponse qu'autre chose. Que lord Florent ait pu vouloir préserver sa fille, c'était une chose acceptable, encore que cela semblait étrange puisqu'il avait déjà marié ses autres filles. Mais peut-être avait-il eu des raisons particulières d'agir ainsi. Par contre, il était surprenant d'entendre dire que les partis qui s'étaient ensuite présentés n'étaient pas digne d'intérêt. La maison Florent n'était pas l'une des plus importantes du Bief et de nombreuses autres maisons nobles valaient autant qu'elle. N'avaient-elles donc pas eu de l'intérêt en un tel mariage ? Les maisons qui étaient venues étaient-elles réellement les moins importantes ? C'était là fort surprenant, il fallait l'avouer. Surtout quand cela était mis en balance avec l'argument suivant. Quel intérêt un lord avait de repousser un mariage pour s'occuper de gérer la sécheresse alors que ce mariage aurait justement pu lui apporter des moyens de remplir ses greniers par des accords équitables entre les deux maisons ? Certes, la dot à remettre aurait pu lui manquer, mais un mariage ne se faisait pas à sens unique, lady Alysanne venait de le dire par elle-même. C'est une alliance qui se doit d'être rentable pour tous et quoi de mieux pour gérer les problèmes climatiques qu'un lien fort établi de cette manière ? C'est du moins ce que pensait Arthur et cela avait été le but du mariage entre son frère Tristan et lady Aliénor. Il avait donc bien du mal à saisir ce que la jeune dame cherchait à dissimuler par sa réponse évasive...

La réponse de son maître le surprit d'ailleurs tout autant. Alors que lui-même avait établi la base de son futur mariage sur des négociations commerciales, pourquoi acceptait-il aussi facilement l'excuse servie par lady Alysanne ? Ne trouvait-il pas que le mariage était justement le meilleur moyen de se prémunir face à l'hiver à venir ? Arthur se trompait-il sur toute la ligne ? A moins que l'intérêt de lord Hightower ne soit ailleurs et c'était ce que l'on pouvait penser, en écoutant ses propos... Que cherchait-il à faire ? Pourquoi une telle insistance à savoir quelles propositions lady Alysanne avait bien pu recevoir ? D'autant que les réponses de cette dernière étaient à nouveau surprenantes. Elle convenait en effet du fait que son mariage avait une moindre importance que celui de ses sœurs et cela alors même qu'un peu plus tôt, elle justifiait de l'absence de telles propositions par des demandes venues de maisons trop peu importantes... Qui donc avait pu émettre ces propositions pour se voir ainsi renvoyé chez soi ? Il y avait beaucoup trop de questions en suspens dans cette discussion et Arthur ne savait pas trop quoi en penser... Est-ce que son maître cherchait à tester la dame pour mettre en place une proposition de mariage ? Et cette dernière verrait-elle là une bonne opportunité ? Sans nul doute, cela lui offrirait une ascension de choix. Mais quand même... N'était-ce pas là une discussion déplacée ?
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Message Sam 15 Déc 2012 - 16:24

     Il y avait dans les paroles d'Alysanne beaucoup de clairvoyance, d'intelligence et de compréhension quand elle témoignait des facilités pour les cadets de grandes familles à réclamer leur mot à dire pour leur mariage, puisque très spontanément les unions stratégiques les concernaient moins que leurs aînés. Ces derniers étaient bien souvent oubliés d'ailleurs à la table des négociations, pour le meilleur et pour le pire : ils ne pouvaient ainsi distiller leur caprice là où la raison doit régner, mais leur avenir était captif de la volonté de ceux qui ne vivraient sans doute pas assez vieux pour connaître les fruits de l'union qu'ils ont créée. Clarence lui-même avait longtemps craint que ses parents ne décident pour lui d'une épouse insipide au possible, mais fort heureusement la mort précoce de son père et ses frasques de jeunesse autant que sa position de cadet qui n'était pas appelé à régner un jour sur Villevieille avaient empêché un tel drame qui eût considérablement changé l'homme qu'il était pourtant ce jour en compagnie de lady Alysanne. Qu'elle fut de ces esprits qui aiment à raisonner, elle n'en avait jamais douté un seul instant, car il flottait autour d'elle cet air d'intelligence qui caractérise ceux qui pensent avant d'agir, ceux qui raisonnent avant d'opiner. Loin d'être sotte, la demoiselle avait même, de l'avis de Clarence, de quoi prétendre avec certains des beaux esprits qui se piquent de tout connaître, d'être de bons penseurs alors qu'ils sont de mauvais ratiocineurs. Le Grand Argentier reçut d'ailleurs le compliment de la demoiselle avec plaisir et sans s'empourprer des fards que la mièvrerie jette au front des vantards et des orgueilleux qui cachent leur difformité sous les travers d'une modestie libidineuse et narcissique. Sans s'y attarder, il l'estima néanmoins tout à fait appréciable et réaliste, car Clarence n'était pas de nature à refuser l'évidence des faits qui ne trompent jamais et ne sont jamais que ce qu'ils sont, des éléments, des données, des faits en somme ! Qu'il fût Grand Argentier, qu'il fût seigneur de Villevieille, qu'il fût célibataire, c'était des faits, mais en tirerait-il pour autant une gloire personnelle à chérir les soirs d'humide solitude ? Certainement pas, la gloire elle-même n'était qu'un voile, qu'un accessoire, qu'un moyen en d'autres termes, la vraie fin était ailleurs, et parfois dissimulée. « Et notre union donnerait à voir certainement un mariage intéressant. Mais comme vous le savez, une promesse m'impose à ce sujet la réserve la plus entière tant que je n'aurai pas rencontré lady Jeyne Estremont. » dit-il avec humour et sérieux mais sans ironie. Les arbres Florent et Hightower avaient déjà par le passé mêlé leurs branches et ils le feraient certainement dans l'avenir, car les deux familles partageaient une longue tradition de prestige, de noblesse et les mêmes exigences. Les Hightower s'illustraient peut-être davantage par la mesure de leurs ambitions, car les Florent, à tort ou à raison, réclamaient parfois Hautjardin qui, d'après certains, devrait revenir entre leurs mains, mais ce ne semblait guère être le cas de lord Danwell – chose que Clarence appréciait car le Bief n'avait guère besoin de cette gangrène là au moment où ses côtes subissaient constamment la menace pénible de pillages fer-nés.

      « La famille avant tout, en effet. Si jamais je puis faire quoi que ce soit pour vous ou votre tante de Lancehélion, il vous fait me le dire. Deux compatriotes animés des mêmes valeurs doivent se soutenir et s'entraider, ne croyez-vous pas ? » Clarence ignorait que les Florent avaient de la famille dans la péninsule dornienne, et cela l'étonna un peu, mais toujours moins que le choix de lord Florent qui avait désigné sa propre fille pour faire un si long voyage jusqu'à Lancehélion au motif d'affaires familiales pressantes... elle serait certes accompagné d'un cousin, mais cela ne pouvait signifier qu'une chose : ces affaires devaient être d'une certaine gravité pour nécessiter la présence de lady Alysanne. Sauf si le cousin en question se trouvait incapable de régler le type d'affaires en question ? La présence alors d'Alysanne se justifiait, car la demoiselle avait assez d'esprit pour les régler peut-être... Sauf si ces affaires familiales n'étaient qu'un prétexte pour un voyage à Lancehélion servant un autre but, mais c'était là tergiverser sur du vent. « Avant votre départ, peut-être pourriez-vous d'ailleurs me rendre un service ? Plus je repense à ce que nous avons dit et plus j'imagine de quelle façon nous pourrions nous être à l'un l'autre utiles. Je ne vais pas tourner autour du pot, ce serait faire insulte à votre intelligence. Que diriez-vous de laisser croire à la cour que les mots de « fiançailles », de « mariage » et de « possible » aient été murmurés entre les familles Hightower et Florent, vous et moi depuis quelques temps ? Une telle rumeur prendrait rapidement de l'ampleur et ne tarderait point à gagner Vertepierre tout en vous laissant quelque tranquillité à Lancehélion. Sans que cela ne vienne rompre la promesse qui fut faite à son fils Edric, je suis curieux de découvrir la réaction de lord Estremont quand il aura eu vent de ce ouï-dire. » Et ce faisant Clarence pourrait affiner encore davantage l'opinion qu'il devait avoir de celui qui serait peut-être un jour son beau-père et qu'il ne connaissait pas encore. Lord Estremont aurait face à lui plusieurs possibilités, agir ou laisser faire et laisser dire, mais dans tous les cas Clarence en saurait davantage sur lui et peut-être aussi sur la personnalité particulière de la maison à la tortue sigillaire. C'était là un petit tour à jouer, presque de la prestidigitation, mais où était le mal ? Lord Hightower ne proposait point cela sans raison. D'une part, il avait choisi le moment opportun de la conversation. D'autre part, il devinait également que lady Alysanne profiterait d'une telle rumeur, mais il n'appartenait qu'à la demoiselle de décider de ce qu'ils feraient finalement. Quant à Arthur qui les suivait, il lui appartenait d'écouter et d'apprendre, car devant lui se jouait une manœuvre que Clarence expliciterait pour lui plus tard, quand il l'aurait tout à fait digérer. C'était là l'une des caractéristiques des méthodes d'enseignement de Clarence, qui estimait la théorie sans exemple inutile et l'exemple sans théorie dangereux.


Dernière édition par Clarence Hightower le Lun 17 Déc 2012 - 19:11, édité 1 fois
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Message Lun 17 Déc 2012 - 11:18

Alors que le pas tranquille de leurs chevaux les portait sur un sentier étroit, le vent de mer dans leurs cheveux, quelque chose comme le destin, ou la chance, sembla se poser sur son épaule. De la bouche de Clarence Hightower venait de tomber une proposition qu’elle pouvait faire sienne, une proposition qui engendrerait une créature volatile ne demandant qu’à prendre son essor pour parcourir tout Westeros… une rumeur, cet animal réputé incontrôlable, le cauchemar et pourtant la drogue de tous ceux qui jouaient bon gré ou mal gré au jeu des trônes. On lui avait appris à redouter les ravages de cette espèce particulière d’information, mais elle était âprement consciente des bénéfices qu’elle pourrait retirer d’une telle entreprise.

Un instant, elle douta. Cette situation n’avait rien de normal, rien de convenable dans le cadre étroit de l’éducation que lui avait dispensée sa septa, et c’était la toute première fois qu’elle se trouvait en pareil cas. A côté de cette demande insolite, le message secret de Leo Tyrell semblait une bagatelle. Avait-elle été trop transparente ? Juste assez, corrigea-t-elle mentalement. Sans réel calcul, louvoyant entre franchise et dérobades, elle avait laissé entrevoir à son interlocuteur une brèche dans laquelle il avait vu le reflet de ses propres intérêts, et elle ne devait pas s’en inquiéter mais s’en réjouir. Que devinait-il de ses intentions ? Rien de précis, sans doute. Tout juste savait-il qu’elle prêterait une oreille attentive à son idée. C’était plus qu’elle n’aurait dû se permettre avec un homme qu’elle connaissait si peu, mais puisque cela lui réussissait, elle n’allait pas s’en mordre les doigts. Eût-elle déployé avec lui une prudence excessive qu’elle n’aurait jamais vu poindre cette chance à l’horizon. En évitant de bâtir un solide mensonge pour détourner son attention, ou de prétendre être gênée par ce sujet de conversation, elle avait ouvert une opportunité qu’il lui fallait maintenant saisir.

Elle jeta un coup d’œil au fils de Lord Tyrell, comme pour le sonder, mais son expression ne révélait nul jugement ou désapprobation. Que pensait-il de tout cela ? Masquait-il son effarement ou cherchait-il simplement à comprendre ce qui était en jeu ? Elle savait qu’il était intelligent, mais c’était un Tyrell, élevé dans la lumière des Sept par une mère pieuse et un père aussi droit qu’exigeant. Il avait déjà quelques raisons de la trouver étrange en raison de leurs frasques d’enfance… comment la verrait-il après la réponse qu’elle s’apprêtait à formuler ? La traiterait-il intérieurement de vile intrigante ? Ne serait-il pas tenté de s’opposer, ouvertement ou non, à cette manœuvre discutable ? Et quelles en seraient alors les conséquences ? Elle soupira sous l’assaut de mille questions sans réponse, avant de chasser ces considérations inutiles de son esprit. Clarence Hightower faisait confiance à Arthur pour comprendre et soutenir et leur initiative, et elle se fiait assez à lui pour le suivre en cette affaire. Elle était entrée dans une période de sa vie où la théorie ne suffisait plus, où les actes devaient prendre le pas sur la seule et stérile réflexion.

« Vous êtes très direct, Lord Clarence, et votre franchise m’honore. »
dit-elle en le regardant dans les yeux après avoir arrêté son cheval. Oui, elle lui savait gré de lui parler ouvertement et de l’impliquer dans ses affaires, la traitant comme un partenaire de valeur malgré son sexe, tout comme l’avaient fait précédemment son père et Leo Tyrell. Avant son voyage, elle n’avait jamais envisagé une telle chose autrement qu’en rêve, admirant de loin ces hommes qui évoluaient dans les sphères du pouvoir, ces sphères dont elle brûlait de tout connaître, pour œuvrer au bien du royaume, au lieu de végéter et s’étioler dans un château telle une inutile princesse de contes. Et voilà maintenant qu’elle entrait dans leur jeu... La vie est pleine de surprises.

« La rumeur est un oiseau qui voyage rapidement. Il est certain que vous ne tarderiez pas à en percevoir les retombées et je comprends votre intérêt en la matière. » La réaction de Lord Estremont serait intéressante, oui, surtout si elle consistait à augmenter les enchères. Car cet homme n’avait guère intérêt à abandonner la partie sur une simple rumeur, et pourtant il ne pourrait avoir la certitude que celle-ci était fausse, à moins d’accorder un total crédit à la parole du Grand Argentier, ce qui semblait difficile compte tenu de la fraîcheur et de la nature de leur relation. Il était donc probable qu’il fasse un effort pour encourager Lord Hightower à choisir la tortue au détriment de la renarde… sachant que la fortune des Florent était parmi les plus conséquentes du Bief, les Estremont ne pourraient se contenter de fermer les yeux avec une sereine assurance sur cette information… ils devraient consolider leur proposition. Mais tout ceci n’était qu’hypothèse et la réaction de la Tortue serait peut-être bien différente ? « Je ne vois aucune objection à laisser les langues se délier pour répandre cette information… et je ne prendrai pas le temps de démentir les conclusions que certains esprits imaginatifs pourraient en tirer. » dit-elle en souriant finement. Son père serait sans doute surpris de l’entendre, mais il comprendrait vite l’origine et le but de la manœuvre, compte tenu de leurs précédents échanges ; elle l’en informerait rapidement au besoin. Cela ne devrait pas le déranger puisqu’il n’aurait pas lui-même à protéger la réputation de sa fille ainsi couverte pour quelque temps. Bien sûr, il aurait peut-être à en répondre, mais il saurait le faire avec la subtilité qui le caractérisait, sans démonter le plan soigneusement échafaudé. Peut-être même y verrait-il le signe qu’il avait raison de lui donner sa chance, car s’allier au Grand Argentier pour monter pareil plan n’était pas à la portée de n’importe quel « agent » en devenir. Mieux encore, cela lui éviterait de trouver des excuses pour refuser ou reporter d’étudier des propositions d’alliance. Ou les rediriger vers des propositions de fiançailles avec sa plus jeune fille, Caylis, qui serait bientôt en âge d’être mariée, et montrait quant à elle toutes les prédispositions favorables à des noces heureuses et fructueuses.




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[TERMINE] La rumeur est un secret mille fois murmuré, ou un mensonge habilement propagé.

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