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Comme les deux doigts de la main [Velanna Vance]

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Message Mar 16 Oct 2012 - 20:34

Aelana avait attendu ce moment depuis des semaines. Depuis que le premier corbeau d'Atranta lui avait apporté une réponse de sa cousine, la prévenant qu'elle viendrait la rejoindre à Lamarck dès que ses obligations le lui permettraient. La jeune femme soupçonnait fortement que lesdites obligations ne soient pas sans rapport avec un certain commandant des Dents de Freux, mais elle se promit de creuser cette question là en détail avec Velanna dès qu'elle serait arrivée.
Elle avait guetté le corbeau suivant, qui lui annoncerait la date du départ de sa cousine, et lorsque mestre Jehan lui apporta enfin la missive, il lui sembla qu'une éternité s'était écoulée. Dès le moment où la nouvelle du départ lui fut parvenue, la future mère ne put s'empêcher de guetter chaque jour l'horizon, depuis la fenêtre de ses appartements situés dans une tour, dans l'espoir de voir apparaître la voile blanche d'un navire qui lui amènerait sa visite tant attendue. Elle savait bien entendu que le voyage prendrait du temps, mais d'une certaine façon, cela lui rendait l'attente moins désagréable. Lorsque le temps devenait mauvais, elle espérait que cela s'estompe au plus vite, de peur que cela ne retarde le navire qui lui amènerait sa complice de toujours.
Elle occupait également ses journées à peindre, comme elle en avait l'habitude. Depuis les paysages qu'elle observait à sa fenêtre, jusqu'aux chevaux si elle parvenait à se traîner jusqu'à l'écurie. Mestre Jehan venait régulièrement prendre de ses nouvelles et vérifier que tout se passait bien. Elle passerait bientôt dans son huitième mois de grossesse, et son ventre gonflé et lourd devenait bien handicapant pour elle. Tout le monde le trouvait plutôt énorme, et s'accordait à dire que le bébé serait sans doute un fort gaillard. Aelana avait hâte que la naissance arrive, pour retrouver enfin sa liberté de mouvement, mais elle craignait aussi l'évènement bien qu'elle soit trop fière pour l'avouer.

Ce matin-là, elle était occupée à réaliser le croquis d'une mésange, posée en toute confiance sur le rebord de sa fenêtre. Elle avait pour compagnie son chat, un élégant animal aux longs poils noirs, répondant au nom de Seregil, ainsi que sa servante qui était occupée à la coiffer. Cela s'annonçait comme une nouvelle journée à tromper l'attente, qui devenait de plus en plus longue à mesure que sa patience s'amenuisait. En temps normal, elle se serait rendue aux écuries, aurait harnaché sa jument et se serait rendue au bord de mer pour y galoper dans les embruns, garde personnelle ou pas. Cependant, encombrée par sa grossesse comme elle l'était, elle devait se contenter d'y rêver... Il lui semblait que même sa jument se languissait de ces escapades, car elle posait toujours sur elle un regard plein d'espoir lorsqu'elle se traînait jusqu'aux écuries pour la voir.
La jeune femme lâcha un soupir tandis que sa servante achevait de coiffer ses longs cheveux blonds. Elle examina d'un œil son croquis, achevé, tandis que la mésange prenait son envol, puis elle posa le parchemin sur ses genoux. Que ne pouvait-elle, elle aussi, déployer ses ailes et décoller dans le ciel d'azur... Toute à cette pensée, elle posa une main sur son ventre arrondi, pensive. Un bruit de course dans les escaliers attira son attention. Quelqu'un frappa à sa porte, et entra lorsqu'elle l'y autorisa. C'était un petit page, un peu hors d'haleine du fait de sa montée, qui lui annonça que le navire de sa cousine était arrivé au port, et qu'elle et son escorte ne tarderaient pas à parvenir au château.
Aelana se releva d'un bond, en dépit de son état, ce qui fit lâcher une exclamation de surprise à sa servante. Elle se retint de jurer tout bas, et se morigéna mentalement pour son inattention. Toute à son dessin, elle n'avait pas penser à guetter la mer au loin, ses regards exclusivement concentrés sur l'oiseau qu'elle croquait. Soutenant son ventre d'une main, elle se tourna vers sa servante, toute pressée de foncer vers cette rencontre tant attendue.


« Hilda, mon manteau, vite !

- Lequel dois-je vous donner, ma dame ?

- Peu importe... Prends celui avec la pelisse au col, du moment que cela me tient chaud et que ça te tombe sous la main rapidement.

Impatiente, elle se saisit du vêtement sitôt qu'Hilda le lui donna, et elle le mit pratiquement sans aide. C'était un de ces vêtements récents, qui avaient été confectionnés pour elle lorsque sa grossesse l'avait forcée à se constituer une nouvelle garde-robe... Il s'agissait d'un beau manteau vert sombre, épais et ample, dont le col était orné d'une douce et délicate fourrure de lapin beige et brune. Une broche d'argent figurant un hippocampe permettait d'en fermer le col. Bien que prévu pour une femme enceinte à un stade bien avancé, le manteau eut quelques légères difficultés à se fermer d'abord, puis il céda. Sans plus attendre, la future mère se rua dans les escaliers qu'elle dévala aussi vite qu'elle le pouvait, les cris de sa servante la poursuivant tandis qu'elle lui disait de faire attention, que son état ne lui permettait pas de se comporter ainsi... Pour le moment, la belle s'en moquait.

Elle traversa les couloirs comme un ouragan, suscitant les regards interrogatifs des serviteurs ou des gardes. Par chance, elle ne croisa personne de sa famille pour lui dire de se ménager. Elle avait envoyé son oncle Willem accueillir Velanna à sa descente du navire, pour l'escorter avec quelques hommes sur le trajet jusqu'à Lamarck, tout proche. Lorsqu'elle arriva dans la cour, elle rencontra cependant son autre oncle, Soren, occupé à s'entraîner avec d'autres chevaliers de la maisonnée. Malgré son empressement, elle consentit à s'arrêter lorsqu'il l'interpella, le flanc meurtri par un point de côté causé par sa folle cavalcade, particulièrement éprouvante pour une femme enceinte de huit mois. Elle était essoufflée, mais elle lui sourit alors qu'il s'approchait d'elle, l'épée à la main, délaissant momentanément son entraînement pour la questionner, sourcils froncés.

- Où est-ce que tu cours comme ça dans ton état ?

- Oncle Soren... Velanna arrive, elle ne devrait plus tarder.

- Je vois... Et tu crois qu'accoucher sur le pavé de la cour serait une bonne façon de l'accueillir ? répliqua-t-il sur un ton bourru.

- Je vais bien...

- C'est ce qu'on dit. Marche tranquillement maintenant, j'ai peur de te voir t'écrouler.

Elle le regarda pendant un moment alors qu'il tournait les talons pour retourner à sa tâche, touchée malgré la rudesse des paroles du chevalier. C'était un homme bon, mais à la manière de son frère aîné et père d'Aelana, lord Edward, il était un peu rude et bourru, et faisait passer son affection avec maladresse.
Elle reprit son souffle plus posément, se forçant à respirer profondément pour chasser le point de côté. Elle traversa la grande cour d'un pas tranquille cette fois, presque docile. En réalité, elle sentait la fatigue s'abattre sur ses épaules malgré ce tout petit effort. Machinalement, elle posa une main sous son ventre pour en soutenir le poids, chose qui lui était devenue coutumière depuis qu'il avait considérablement grossi. Elle sentit le bébé donner un coup de pied, ce qui la fit sourire. On aurait pu croire que lui aussi partageait son allégresse.
Tandis qu'elle se dirigeait vers la grande porte principale, dont la herse était levée, le pont levis baissé, et l'entrée bien gardée, un courant d'air froid la gifla, lui faisant rentrer la tête dans les épaules pour se protéger dans l'épaisse fourrure qui ornait le col de son manteau, frissonnante. Le vent avait considérablement fraîchi ces derniers temps, et d'aucuns disaient que cela annonçait un hiver qui serait sans doute rude... Dans sa sagesse, son père avait donc décidé de prendre toutes les mesures nécessaires pour faire des réserves suffisante pour que sa maisonnée et son peuple ne souffrent pas de la faim lorsque la mauvaise saison serait venue. Les greniers se remplissaient peu à peu de céréales, de poisson séché, salé ou fumé... Quant à ce qu'il leur manquait, lord Edward s'arrangeait pour le faire venir d'autres régions, surtout du Bief ou de l'Ouest.

Lorsqu'elle parvint à la porte, les gardes lui proposèrent gentiment un tabouret où s'asseoir, mais elle déclina. Elle restait déjà assise toute la journée, enceinte ou pas, rester un peu debout lui ferait du bien... De plus, accueillir sa cousine avachie comme une otarie sur un tabouret n'était pas très seyant. Elle resta donc debout, le vent venu de l'extérieur fouettant son visage et s'accrochant dans ses cheveux laissés libres en y faisant de nouveaux nœuds. Dire qu'Hilda avait passé un bon moment à les démêler et les rendre présentables...
Elle n'eut pas longtemps à attendre en fixant la route et l'horizon, car bientôt des cavaliers parurent. Ceux de tête étaient des gardes Velaryon, avec leur livrée turquoise frappée de l'hippocampe d'argent, et derrière venaient l'escorte de Velanna, qui portaient l'emblème des Vance d'Atranta. Aelana remarqua sans peine que son oncle Willem chevauchait près de sa nièce, sur son grand destrier aubère. Ils semblaient plongés en grande et joyeuse discussion, jusqu'à ce qu'ils entrent dans la cour, les sabots ferrés des chevaux résonnant sur les pavés. Quand ils furent tous rassemblés et stoppés, le chevalier mit pied à terre et s'approcha de sa nièce avant d'incliner la tête à son attention, une sourire aux lèvres.


- Je te ramène de la visite, saine et sauve...

- Je te remercie. Si tu trouvais des quartiers pour l'escorte de ma cousine ?

- Qu'il en soit fait selon tes ordres...

Willem s'inclina, mais avait de partir il embrassa la jeune femme sur le front. Il s'éloigna pour s'acquitter de la tâche qui venait de lui être confiée, tandis que les garçons d'écurie de Lamarck prenaient en charge les chevaux des arrivants. La future mère regarda Velanna s'approcher d'elle, un grand sourire aux lèvres, consciente qu'elle la détaillait. Faisant fi des convenances, elle l'enlaça dès qu'elle fut assez près d'elle, en dépit de son ventre gonflé qui rendait la tâche particulièrement délicate et malaisée. Elles étaient trop complices pour suivre une quelconque étiquette. Aelana embrassa sa cousine sur la joue, qu'elle avait fraîche à cause du vent qui avait soufflé tout le long du trajet. Puis, elle s'écarta légèrement, la joie irradiant son visage.

- Depuis le temps que je guette ta venue... Je n'en pouvais plus d'attendre. J'espérais chaque jour que rien ne te retarde et que tu arrives au plus vite et saine et sauve auprès de moi. Tu as fait bon voyage?

Elle frissonna une nouvelle fois, en dépit de son épais manteau, puis elle prit la nouvelle venue par la main pour l'entraîner à l'intérieur. Il ne servait à rien d'attendre dehors, dans les courants d'air, quand il faisait bien meilleur dans le château. De plus, la jeune femme devait avoir envie de se détendre agréablement après un long voyage sans doute relativement inconfortable. Un bon feu, une boisson chaude et peut-être un délicieux repas lui feraient peut-être plaisir. Lord Edward ne manquerait pas de lui proposer tout cela, et il était véritablement ravi, comme toute la famille, que sa nièce leur rende visite. Il savait que cela ne pourrait faire que du bien à sa fille aînée qui avait tendance à broyer un peu trop de noir depuis la tragédie qui l'avait frappée...

- Viens, rentrons, il fait frais dehors, et tout le monde a hâte de te voir. Je fais porter tes affaires dans tes appartements... à moins que tu ne veuilles partager les miens, comme autrefois ? »

Elle ne put s'empêcher de poser sur Velanna un regard plein d'espoir. Lorsqu'elles étaient petites, et que l'une rendait visite à l'autre, elles partageaient la même chambre et le même lit. Peut-être un détail qui avait encore renforcé leur complicité. Par ailleurs, cela ferait beaucoup de bien à la future mère que d'avoir de la compagnie auprès d'elle en permanence, pour prendre soin d'elle au besoin, surtout dans son état. Sa sœur Laïla venait de temps à autres partager son lit, mais c'était une chose qui était assez rare, et de plus elles n'avaient pas la même relation que les deux cousines. Leurs deux forts caractères s'attiraient irrésistiblement, alors que le naturel doux et timide de la jeune sœur d'Aelana n'offrait pas toujours à cette dernière le répondant dont elle avait besoin... Et son lit était si vide et froid depuis la mort de son époux...
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Velanna Vance
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Du Chaos naît l'Étoile

♦ Missives : 649
♦ Missives Aventure : 17
♦ Age : 25
♦ Date de Naissance : 25/02/1992
♦ Arrivée à Westeros : 31/07/2012
♦ Célébrité : Laetitia Casta
♦ Copyright : Luchadora
♦ Doublons : Shaïra Seastar, Maël, Gabriel
♦ Age du Personnage : 22 ans
♦ Mariage : Fiancée à Alrik Mallery
♦ Lieu : Fief d'Atranta, Conflans
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Message Mar 23 Oct 2012 - 20:02

« Sois prudente sur le chemin mon enfant, et n’oublie pas de me tenir au courant de tes projets. » Une kyrielle de jours seulement s’étaient écoulés depuis la visite du sieur Alrik Mallery au fief d’Atranta et déjà, Velanna se préparait à quitter les siens pour rejoindre l’île de Lamarck où vivaient sa cousine et sa famille. Une visite si prompte pouvait surprendre – les obligations du Commandant des Dents de Freux le retenaient pour l’heure mais les négociations avaient d’ors et déjà porté leurs fruits – elle donnait toutefois suite à l’expresse invitation d’Aelana Velaryon réclamée une lune plus tôt. Cette dernière portait l’enfant de son défunt époux Revan Velaryon né Rosby et ce depuis huit longs mois, elle lui avait donc confier sans faux semblants attendre sa libération dans un mélange d’impatience et d’angoisse manifeste. Séparées par des milles de distances, la jeune femme n’avait pu tenter d’apaiser son amie que par le biais d’épitres rassurantes et renfermant la promesse de sa venue prochaine. Une situation des plus frustrantes ! D’âge proche – Velanna n’était l’aînée que de deux petites années – les donzelles avaient toujours été très liées et quand elles ne pouvaient se rendre visite l’une l’autre en personne, elles échangeaient toujours de multiples missives avec une assiduité à faire pâlir un mestre. Jouvencelle de paroles il n’avait jamais été question pour la fille aînée Vance de faillir à son engagement. Sitôt libérée de ses obligations, elle avait mis en route le grand chamboulement pour quitter le Conflans dès qu’il serait possible de le faire afin de rejoindre les vastes Terres de la Couronne. « Promis Père. Aelana ne devrait pas tarder à mettre au monde son enfant, je tiens vraiment à rester auprès d’elle jusque là. Bien sûr. » Le père et la fille échangèrent une risette complice. Cliff vouait une sincère tendresse pour sa nièce par alliance et était rassurée à l’idée que sa fille vienne l’épauler. D’autre part, il nourrissait une secrète malice : en voyant sa si proche cousine donner la vie, son étoile n’y trouverait-elle pas quelques inspirations supplémentaires pour sa future – et prochaine, gageait-il – maternité ? Pour l’heure Velanna n’y songeait pas même le temps d’une seconde et se concentrait sur son objectif premier : aider sa précieuse parente à vivre les derniers jours de cette expérience le plus sereinement possible. « Le Conseil Restreint ne durera pas éternellement ma lady. En effet, mais Lamarck n’est que plus proche de Port-Réal… » Un sourire discret fleurit sur les lèvres charnues de la jeune femme qui ne manquerait pas d’envoyer nombre vélins à celui qu’on surnommait « le Freux ». Irwin ne chercha pas davantage à répliquer et se contenta d’un soupir qui lui donnait plus encore des airs de vieux sage. Ce qu’il était de plus en plus, indéniablement. Un rire grave s’échappa de la gorge du lord qui posa affectueusement un baiser sur le front de sa petite étoile et finalement il retourna en son château, sans avoir oublié de lui souhaiter bon voyage.

Les bagages de la lady s’amoncelaient dans le carrosse et en faisaient plier lentement et surement les roues, il fallut même que le grand écuyer amène une monture supplémentaire pour la faire bouger ! « Te voilà prête ! Tu ramènes toutes tes toilettes à Lamarck ? Van, revenant tout juste de l’entrainement, lui présenta son plus beau sourire. Mh… Cela sonne comme un départ, tu envisages déjà de déserter nos murs pour ceux de la Couronne. Ne sois pas si sombre, je reviendrai vite et avec presque autant de paquetages. Une parcelle d’entre eux sont pour Aelana cependant. Mh ? Elle va avoir un bébé Van. Oui je sais, et ? Elle guigna son aîné et expira légèrement. J’ai des présents pour elle mais aussi pour son enfant. Mh, je vois… Je n’aurais pas besoin de tant de fioritures, ma présence suffirait à irradier notre chère cousine. Ah oui ? On se pavane mais on manque de soupirantes à son bras, mon cher. Railla-t-elle gentiment en lui adressant une œillade amusée. Ah ! Tu sais, on peut s’unir entre cousins… Et Aelana… Cesse donc d’être idiot Van. » Ponctuant sa réplique gouailleuse elle apposa sa main sur son torse et le poussa légèrement en arrière. Van se saisit des doigts de sa cadette et délicatement, la serra contre son torse dans une étreinte. « Plus sérieusement, à défaut de présenter ton joli minois, tu devrais faire parvenir une lettre à Aelana. Elle serait heureuse d’avoir ton soutien. Je n’en doute pas ! Van, évite de faire des allusions au mariage, à Revan… Sa perte a été une grande douleur pour Aelana. Oh, euh, oui, bien sûr. Pardonne-moi. » Il racla sa gorge et passa une main nerveuse dans ses cheveux d’or. Il était très loin d’avoir mauvais fond, c’était au contraire un jeune homme censé et plein d’égards mais ses mots avaient coutume de surpasser sa pensée. Bienveillante Velanna se hissa sur la pointe des pieds et déposa ses lippes sur la joue de son frère puis, soulevant un petit sac en toile, elle pénétra dans le carrosse qui la conduirait jusqu’au bateau. La route s’annonçait longue tant elle était impatiente d’arriver mais elle savait pertinemment qu’Aelana lui ferait promptement oublier l’attente…

Le voyage fut sans encombres ni ombrages, tout se déroulant à bon rythme et dans une ambiance des plus détendues. En effet, les soldats qui accompagnaient Velanna connaissaient bien la région et avaient déjà eu l’occasion d’escorter leur dame jusqu’à Lamarck. Les habitudes étaient bel et bien présentes et c’est sans mal que tous s’acheminèrent à bon port, payant leur dû pour monter sur le navire avec toutes leurs cargaisons. La longue chevelure flavescente aux chatoyants reflets voletait à sa suite, libérée de toute entrave et emportée par les vives bourrasques de vents qui secouaient la baie séparant le port de l’île, Velanna se pencha par-dessus la balustrade et mira le rivages où naïvement, elle espéra y repérer la fragile silhouette de son amie. Candide pensée ! Enceinte jusqu’aux yeux, personne ne la laisserait aller patienter dans le froid si longtemps. Voilà qui serait le comble de l’imprudence ! En revanche c’est son oncle Willem, frère cadet de sa défunte mère, qui vint l’accueillir avec son habituelle large sourire et son rire de bon vivant. Les yeux pétillants de malice Velanna trottina le long du quai pour venir se nicher dans une douce accolade. Tout comme sa cousine elle appréciait beaucoup ce chevalier qui avait su fermer les yeux et s’amuser de leurs nombreuses espiègleries de gamines… Temps passé, mais peut-être pas révolu ? Heureuse de le retrouver elle abandonna son carrosse pour grimper sur l’une des montures des Vance et chevaucher à ses côtés jusqu’à la forteresse. Ils dissertèrent sur une pléiade de sujets : la santé des Velaryon comme des Vance, la grossesse d’Aelana, les fourberies de Kerwan, les beautés en devenir de Laïla et Kiara… Même le sujet de la future union de Velanna fut évoquée, avec une pudibonderie de rigueur. Willem n’eut de toute manière pas le temps de tenter de s’étendre davantage sur le sujet que le pont-levis s’abaissa majestueusement et leur ouvrit le passage… A son bout, Aelana patientait.

Le visage de la jeune Vance s’illumina et elle mit vivement ses pieds hors des étriers pour sauter au bas de son cheval. Bien que Willem fut plus rapide qu’elle, à peine s’était-il décalé que Velanna atterrissait aux côtés de sa cousine qu’elle serra dans ses bras avec une affection débordante. Elle ne l’avait que peu observer, trop heureuse de la revoir enfin, mais sentit distinctement le petit être qui prenait bien de la place au cœur de leur étreinte. Elle fit attention à ne pas trop presser la douce Aelana et lui rendit son baiser, qu’elle claqua sur sa joue dans une immense risette. Voilà longtemps que les convenances s’étaient effilochées puis effondrées entre les deux cousines, avaient-elles seulement eu un jours court ? La donzelle n’en avait plus souvenir, mais la mémoire est bien facétieuse. « Un voyage bien trop long, mais le résultat vaut bien cette peine. Tu es ravissante Aelana. » Nul vil compliment là-dessous, la grossesse avait le don de ne jamais enlaidir une femme. Et si la Velaryon était sans aucun doute épuisée par celle-ci, elle n’en restait pas moins belle et rayonnante. Elle serra doucement les doigts fins qui s’étaient saisis de sa main et suivit le rythme de son amie, s’adaptant à sa cadence sans jamais essayer de la faire se hâter. Les soldats furent rapidement accueillis par ceux du fief de Lamarck et la lady leur adressa un simple signe de la main avant de s’engouffrer dans la chaude demeure, à la suite d’Aelana. Elle secoua sa longue et rafraichie crinière puis arbora une large risette, tendrement amusée par les paroles de son amie et l’espoir secret qu’on pouvait lire dans ses prunelles. « Oh, Aelana, tu me mettrais vraiment à ta porte ? » Façon détourner d’accepter sa proposition, et si Velanna se serait contentée des appartements des invités c’est avec plaisir qu’elle partagerait ceux de sa parente. Mais pour l’heure il allait falloir qu’elle partage son attention avec le reste de la famille, dont elle appréciait sincèrement chaque membre. Toutefois son enthousiasme était tel qu’elle aurait sans doute voulu directement s’isoler avec Aelana… Il faudrait attendre, ne serait-ce qu’encore un peu. « Nous avons tellement de choses à nous dire ! Mais avant… Elle glissa son regard sur le côté, où on devinait la silhouette du rude mais bon Soren. Je crois qu’on nous attend. Et je dois avouer que j’ai l’appétit d’une ogresse… ! Cela dit, quelque chose me murmure que tu peux me battre à ce jeu-là. » Un doux rire termina sa réplique puis elle entraina délicatement sa cousine avec elle, en direction de l’animée Grande Salle.


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Message Ven 26 Oct 2012 - 22:45

Aelana fut considérablement soulagée lorsque sa cousine accepta de dormir dans sa chambre. Avec le temps qui passait, et malgré son impatience à être délivrée, elle craignait que le travail se déclenche la nuit. Evidemment, il lui serait facile de faire appel à quelqu'un, mais elle se sentirait plus tranquille et moins seule si elle était avec Velanna. Alors qu'elles venaient d'entrer dans l'abri plus chaud du château, en marchant au rythme lent imposé par la future mère, cette dernière avisa son oncle Soren qui les attendait, de toute évidence pour les conduire dans la grande salle où lord Edward recevait ses invités et donnait ses repas. Le chevalier avait fait un brin de toilette entre le moment où sa nièce était allée attendre son invitée et le moment présent, ce qui était tout naturel sans quoi il aurait été sensiblement crasseux après son entraînement. Il sourit à Velanna, se contentant toutefois d'une accolade un peu plus bourrue et maladroite que celle prodiguée par Willem, mais c'est avec un ton empreint de sincérité qu'il lui souhaita la bienvenue. Il leur ouvrit la porte et les précéda dans la salle, non sans un coup d'oeil attentif en direction d'Aelana. Cette dernière se pencha vers sa cousine pour lui souffler à l'oreille, l'air un peu lasse :

« Si tu savais à quel point j'ai l'impression d'être devenue aussi fragile qu'un bouton de rose... Ca fait des mois que toute la famille me couve comme ça. Je les comprends, mais j'ai un peu de mal à le supporter parfois... Je n'ai pas changé, après tout, je suis juste enceinte !

Elle se tut alors qu'elles parvenaient dans la grande salle, agréablement chauffée par plusieurs cheminées. Lord Edward trônait sur son grand siège de bois tout au bout de la gigantesque pièce, entouré de sa femme, de son frère Willem, de sa fille cadette ainsi que de mestre Jehan et de septa Silvia. C'était un homme de haute stature, aux cheveux blond foncé déjà marqués par quelques mèches couleur de sel, mais qui restait impressionnant, voire intimidant dans cette position. Il émanait de lui ce sentiment de se trouver en présence d'un seigneur puissant et d'un dirigeant né, et il était l'un et l'autre, indéniablement. Il posait sur les deux jeunes femmes son regard clair, mais on pouvait y lire une réelle affection et un plaisir non feint, en dépit de son air sévère. Soren inclina légèrement le buste à son attention avant de s'effacer pour le laisser accueillir leur invitée. Le seigneur des lieux garda le silence quelques instants, les mains posées sur les accoudoirs de son imposant siège, et l'air d'observer sa nièce comme s'il ne l'avait pas vue depuis une éternité. C'était en quelque sorte le cas. Puis, finalement, il s'éclaircit la gorge avant de prendre la parole.

- Sois la bienvenue à Lamarck, Velanna. Toi et tes hommes trouverez ici refuge, gîte et couvert, aussi longtemps que tu le souhaites. Mais faisons fi des convenances, viens donc m'embrasser comme tu le faisais lorsque tu étais enfant !

Son visage se fendit d'un large sourire sincère. Nul protocole à respecter dans une telle situation : les seules personnes présentes dans la vaste salle étaient les membres de la famille, et des serviteurs qui ne trouveraient rien à redire. Aelana ne put s'empêcher de sourire elle aussi. Elle était sans doute celle qui était la plus proche de Velanna, mais cela n'empêchait pas ses proches de se réjouir de son arrivée, et de l'apprécier énormément. Pour les trois fils du défunt lord Alyn, le décès de leur sœur avait été un coup dur. Voir sa fille était en quelque sorte un moyen de ne pas perdre le contact avec elle, et de la revoir dans ses jeunes traits. Tandis que le Sire des Marées embrassait sa nièce, il ne put s'empêcher de confirmer ce fait.

- Tu ressembles vraiment à ta mère... Quelle splendide jeune fille tu fais. Je me suis laissé dire que ta main serait bientôt promise, à ce commandant de la garde de la Main du Roi, c'est bien ça ? Un roturier, il me semble... Je me demande à quoi songe ton père pour envisager une telle union, alors que tu es issue de nobles et anciennes familles... Mais ne parlons pas de ça, je suppose qu'il a ses raisons, et qu'il y aura déjà bien assez de médisants pour ne pas me compter parmi eux. Je suppose que tu as faim ? J'ai fait préparer un repas en ton honneur.

Tandis que lady Ylen, son épouse, ainsi que Laïla venaient étreindre l'invitée du jour, lord Edward fit un signe de la main à l'attention de ses serviteurs. En l'espace de quelques instants, la table fut dressée pour tous sur une nappe blanche, et à peine fut-on à table que les mets furent apportés. Tout d'abord, ce fut une soupe de châtaignes crémeuse et une autre de potiron, particulièrement bienvenues avec le vent froid qui soufflait au-dehors. On apporta ensuite des tourtes au pigeon, aux champignons et au crabe, puis ce fut le tour des plats de résistance à proprement parler. Les cuisiniers de Lamarck avaient préparé pour l'occasion de l'agneau de pré salé rôti à la broche, arrosé de jus parfumé à l'ail et à la menthe. Il y avait également du crabe poché, un plein plat de fruits de mer variés, sans oublier un ragoût de carottes. Le tout était accompagné de raves bouillies, de flageolets aux lardons et de navets au beurre. Et pour faire descendre ce copieux repas, les serviteurs passaient remplir les coupes avec du vin épicé ou de l'eau.
Durant le repas, Aelana fut installée entre sa mère et sa cousine, face à sa sœur. Comme de coutume, lady Ylen se souciait de son état de santé, s'assurant qu'elle se sentait bien. En réalité, en cet instant, la jeune femme piaffait comme une pouliche à la longe, et elle aurait aimé pouvoir monter s'enfermer dans ses appartements avec sa complice de toujours, comme une gamine. Au lieu de quoi, elle mangeait avec un appétit non feint en écoutant les joyeuses conversations. Son père demandait tout naturellement à Velanna des nouvelles du continent, même s'il se tenait constamment informé par corbeau. La timide Laïla lui demandait en rougissant comment était son probable nouveau fiancé, et Willem charriait Soren pour le simple plaisir de le faire grommeler. On aurait pu croire à un bon repas au sein de n'importe quelle famille, sans souci exagéré du protocole.
Alors qu'elle terminait le morceau d'agneau et les navets au beurre qui restaient dans son assiette, la future mère se tourna vers sa cousine avec un sourire.


- J'ai tellement mangé que je crois que je vais éclater... Ca m'étonne vraiment que ce ne soit pas encore chose faite, regarde-moi un peu ce ventre que j'ai ! Mais il paraît qu'il faut manger plus lorsqu'on est enceinte, parce qu'on nourrit deux personnes. Crois-moi, la chose est venue tout naturellement !

Elle pouffa et termina sa coupe. Elle ne buvait que de l'eau, le vin ayant tendance à lui tourner la tête depuis qu'elle était enceinte, et par ailleurs mestre Jehan l'avait vivement déconseillé. Alors que les plats s'étaient vidés, et que lord Edward achevait de faire un sort à une dernière malheureuse langouste, les serviteurs vinrent leur apporter quelques sucreries pour finir le repas : fromage de chèvre aux pommes braisées, pommes et poires au four, tarte aux baies, pain d'épices et cornes de sucre filé. Même avec l'estomac déjà bien rempli, Aelana se laissa tenter par ces délices, et elle put constater que Velanna n'était pas en reste.
Lorsque tout le monde fut pleinement rassasié, lady Ylen se tourna vers son époux, offrant enfin à sa fille aînée le moment qu'elle attendait depuis longtemps.


- Mon tendre ami, ne pensez-vous pas qu'Aelana pourrait prendre congé et aller se reposer un peu ? Je suis certaine que Velanna prendra bien soin d'elle.

- Certes... Bien sûr, vous pouvez y aller. Mais ne faites pas de folies !

Tandis que la future mère remerciait son père et embrassait la joue de sa mère en se levant pesamment, Laïla intervint timidement auprès de sa cousine.

- Velanna, j'aimerai te montrer une broderie que je fais pour le bébé d'Aelana... Tout à l'heure, si tu veux bien ? J'y travaille avec septa Silvia, et j'aimerai savoir ce que tu en penses.

Quelques instants plus tard, elles étaient finalement seules, à gravir les marches de la tour dans laquelle se trouvaient les appartements d'Aelana. Cet exercice était depuis des mois devenu le plus cruel du monde pour elle, non seulement parce qu'emprunter un escalier à un stade avancé de grossesse n'était rien de moins qu'un supplice, mais aussi parce qu'elle ne supportait pas de rester enfermée là haut, et qu'elle finissait toujours par devoir se plier à cet exercice atroce pour ne pas devenir folle. Bien évidemment, elle soufflait comme un bœuf une fois arrivée en haut, et elle tâcha de ne pas s'écrouler littéralement sur son lit. Hilda n'était pas là, mais un bon feu ronflait dans la cheminée, il faisait bon dans ses quartiers, et les affaires de son invitée y avaient été montées. Il y avait d'ailleurs là nombre de malles, ce qui était un peu inhabituel. Une dame se devait d'emmener un certain nombre de choses avec elle lorsqu'elle voyageait, mais autant, voilà qui n'était pas coutumier pour la belle d'Atranta. La future mère lâcha un soupir tandis qu'elle reprenait son souffle, se passant légèrement les mains sur le ventre.

- Mestre Jehan dit que je devrais limiter ce genre d'exercice, parce que cela pourrait déclencher le travail en avance... Mais c'est plus fort que moi, je peux avoir autant de choses à faire ici que nécessaire, je ne supporte pas de rester enfermée constamment.

Elle avait là nombre de livres à lire, et de quoi dessiner et peindre autant qu'elle le voulait. On en voyait des preuves dans ses bibliothèques débordantes de volumes, ou dans ses coffres remplis de ses œuvres. Pourtant, sortir de ses quatre murs lui était absolument vital, quand bien même elle n'avait strictement rien à faire dehors. Sortant de sous un meuble, Seregil s'approcha d'elle de sa démarche feutrée. Il lâcha un petit miaulement avant de sauter près d'elle sur le lit, et de poser ses prunelles d'émeraude sur la nouvelle venue. Sa maîtresse passa les doigts sur sa tête avant de le gratter sous le menton, déclenchant ses ronronnements.

- Je n'ai pas encore eu l'occasion de te le demander, mais comment va tout le monde à Atranta ? Cette tête brûlée de Van ? Et puis Kerwan et Kiara, sans oublier ton père... Et il faut que tu me parles de cet Alrik Mallery. Mon père t'a déjà tiré en partie les vers du nez, mais tu sais bien que j'entends par là quelque chose de plus personnel. Tu l'as déjà rencontré, je crois ? Il me semble qu'il a une fille de presque notre âge, d'après mes sources... Si tu l'épouses, il aura l'âge d'être ton père. Ca ne te dérange pas ? Sachant que tu devras lui donner un fils, cela va sans dire...

Elle poussa un léger soupir et grimaça. Son dos la faisait souffrir. Elle était restée bien trop longtemps debout, dans son état. Elle savait pertinemment ce qu'il lui en coûterait, mais rien au monde ne l'aurait empêché d'aller accueillir Velanna à son arrivée. Mis à part son dos, elle avait aussi le ventre tendu, et elle aurait apprécié qu'on la masse, comme certaines guérisseuses le faisaient. Seulement, aller demander ça à mestre Jehan était tout bonnement inenvisageable...

- Un fils... J'espère que mon bébé sera un garçon. Lamarck en a cruellement besoin, et cela ôterait peut-être à mon père cet acharnement qu'il a à vouloir me remarier... Et puis, l'héritier légitime de nos terres aurait au moins le sang de Revan dans les veines. Je crois que c'est quelque chose qui pourrait me consoler un peu. Mais si c'est une fille...

Elle laissa sa phrase en suspens. Elle avait si longtemps retourné tout cela dans sa tête que c'était comme remâcher continuellement le même morceau de cuir. Elle aurait préféré parler de choses joyeuses avant tout, mais étrangement, c'était son inquiétude qui venait en premier lieu s'épancher dans l'oreille amicale et précieuse de sa cousine. Elle savait parfaitement que si elle mettait au monde une fille, le même problème se représenterait. Sans héritier mâle pour le fief, il faudrait obligatoirement qu'elle et sa sœur se marient, ou à défaut, qu'un de leurs oncles devienne lord si leur père venait à mourir. Une idée qu'ils ne désiraient nullement envisager. L'angoisse était donc présente autour de cette question du sexe de l'enfant, rendue d'autant plus forte par les regards lourds de sous-entendus que les membres de sa famille posaient parfois sur elle, sa sœur exceptée.

- Mestre Jehan dit que cela sera sans doute un garçon. Il trouve mon ventre énorme, même pour une fin de grossesse, et le bébé est vigoureux. Il pense que ce sera un solide gaillard, mais j'ai peur qu'il ne dise aussi ça en partie pour me rassurer. »
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Velanna Vance
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Message Sam 17 Nov 2012 - 16:39

Velanna avait toujours beaucoup apprécié rendre visite à la famille de sa mère qui l’accueillait toujours avec générosité et chaleur au sein de leur fief et de leur demeure. Toutefois et par la force des choses, les visites s’étaient espacées depuis le décès de la belle et douce Evannah Vance jusqu’à se réduire à peau de chagrin, si bien que depuis plusieurs lunes les deux jeunes femmes n’avaient d’autres choix que de correspondre par missives pour garder un lien d’amitié solide. Cela dit les circonstances exceptionnelles qu’étaient l’imminent accouchement d’Aelana et l’union prochaine de Velanna leur permettaient d’enfin se retrouver au sein des Terres de la Couronne et la Vance comptait bien profiter de cette occasion qui à l’avenir, avait malheureusement de fortes chances de pas se reproduire si aisément. Sa cousine avec un enfant à charge et elle-même accaparée par des épousailles, l’an à venir promettait de multiples préoccupations qui auraient tôt fait de monopoliser leur attention. Velanna espérait toutefois qu’en tant que sincères amies, elles trouveraient toujours du temps à consacrer à l’autre ne serait-ce que pour coucher une kyrielle de mots sur un vélin afin de s’échanger nouvelles, soutiens et douces paroles. Elles auraient tout le temps nécessaire durant le séjour pour s’échanger leurs impressions sur le sujet aussi la jouvencelle ne pipa mot à sa cousine à ce propos et se contenta de la suivre, une pleine et enchantée risette accolée aux lippes. Leur oncle Soren se chargea de les accueillir dans la grande salle, quelque peu rustaud comme elle l’avait toujours connu mais également attentif, il avait l’air de se soucier en particulier de l’embarrassée donzelle. Cette dernière ne tarda guère à lui faire part de sa contrariété, à laquelle Velanna répondit d’un sourire et posant sa main sur son épaule, elle murmura avec douceur. « Il me semble qu’oncle Soren t’a toujours choyé comme une princesse, avec sa maladroite manière de procéder. Je comprends que tu te sentes étouffée mais il est lénifiant de constater qu’ils ne t’ont pas condamné à être isolée et se soucient plus que tout de ta bonne forme. Délicatement elle déposa sa main libre dans la flavescente chevelure de son amie et glissa l’une de ses longues mèches derrière son oreille. Oui tu es juste enceinte Aelana, et cela change tout. Pour toi et aussi pour ceux qui t’aiment. » Dire le contraire serait se fourvoyer car quoiqu’on en dise, il y avait un avant et un après l’expérience de la maternité. Etait-ce ce qui troublait, voire effrayait la donzelle tout près d’elle ? Cela ne serait guère étonnant… Velanna ne pouvait pour le moment que s’imaginer dans cette situation et elle n’était pas certaine d’être libérée d’angoisses si leurs places étaient inversées. D’autant plus qu’Aelana devait composer avec l’absence d’un époux... Manque dont l’étoile espérait de tout cœur ne jamais avoir à souffrir.

De concert et à la suite de leur oncle elles entrèrent dans la grande salle agréablement chauffée et à l’image de son seigneur : majestueuse et fière. Il y avait de quoi se sentir impressionnée et peu à son aise mais Velanna retrouvait en ces murs un peu d’Atranta, et tous les visages présents lui étaient familiers. Aussi face à l’air solennel de lord Edward elle conserva un doux sourire affable et paisible, patientant jusqu’à ce qu’il juge bon d’entamer la valse des discussions. Le coup d’envoi fut des plus charmants et c’est sans se faire prier davantage que Velanna accourut dans les bras de son parent, et glissant ses bras autour de ses épaules elle déposa un baiser plein d’affection sur sa joue. « C’est un infini plaisir de tous vous revoir mon oncle. » Aussi loin que remontaient ses souvenirs elle avait toujours entendu sa mère couvrir de louanges ses frères restés à Lamarck, la jouvencelle prenait à présent sa suite et n’avait que d’élogieux commentaires à adresser aux Velaryon. Cependant, le jugement si prompt du seigneur des lieux déconcerta vivement la jeune femme qui sortit de l’étreinte les sourcils légèrement froncés. Si elle s’était attendue à ce que le sujet soit abordé, elle n’avait point fait le présage d’une critique directe et à peine voilée, et ce dès la première étreinte. Un roturier, avait-il dit ? Une erreur qu’elle pouvait difficilement pardonner, d’autant plus pour un originaire des Terres de la Couronne proche de la famille royale Targaryenne. Son oncle n’avait pu décemment omettre l’existence d’Alrik, ses faits d’armes et son statut indiscutable de bras droit de l’actuelle Main du Roi. Piquée au vif elle mira le lord d’un œil gorgé d’un blâme opaque, le temps d’un battement de cils, avant de préciser d’une voix cordiale. « Lord Mallery, Commandant des Dents de Freux. Si l’insistance avait été faite sur le titre seigneurial, elle avisa d’enfoncer poliment le clou. En effet je lui suis promise, c’est pour moi un honneur que j’espérais voir partagé grâce à votre bénédiction. Elle ourla le tout d’une risette avenante. Bien qu’elle ne l’avouait pas distinctement elle avait cru, en pénétrant dans la demeure, qu’elle serait épargnée des critiques et recevrait le soutien des Velaryon à défaut de pouvoir compter sur celui de sa chère mère… Toutefois, il semblerait qu’elle aurait à batailler même parmi les siens. Néanmoins elle ne dégainerait pas les armes avec eux tant qu’on ne la poussait sur le champ de guerre, aussi elle saisit la perche permettant de changer de sujet avec plaisir et naturel. Je n’ai guère changée, je suis affamée rien qu’à pouvoir sentir les délicieux fumets des cuisines ! »

Le repas se déroula sans autres anicroches notables et la bonne humeur régna en maître dans l’attablée familiale, et ceci au grand soulagement de Velanna qui escomptait passer un agréable séjour sans pour autant laisser son futur mariage et plus précisément son promis être entaché d’une diatribe injustifiée. Déférente et aimable c’est avec un sourire accolé aux lippes qu’elle répondit au lord, dispensant généreusement des informations sur le Continent. L’évènement à Murs-Blancs fut largement relaté et commenté, et c’est non sans malice qu’elle souligna d’un timbre constellé de fierté : « Lord Mallery était aux côtés de Lord Brynden Rivers pour mettre à bas cette tentative de rébellion, loués soient les Sept qui les ont guidé jusqu’au succès, et la capture de Daemon Feunoyr. ». La cadette rougissante ne fut pas ignorée et c’est avec tout autant d’intérêt que Velanna répondit à ses questions, se permettant plus de familiarités avec la douce enfant qui bien malgré elle, lui rappelait Violet et tous les souvenirs qui lui étaient associés. D’une tonalité quelque peu rêveuse elle lui décrivit sa première rencontre avec le Commandant et acheva son récit sur une note complice « …Et nul doute que tu le rencontreras bientôt Laïla, il ressemble d’ailleurs assez à Van, par certains traits. » Son faciès se déroba alors sur le côté afin de guigner la repue, qui expliquait présentement le pourquoi de son furieux appétit. « Tenterais-tu de te dédouaner de ta naturelle voracité en arguant que tu es enceinte ? Je te connais, ça ne marche pas avec moi ! » Ce qu’elle avançait n’était pas nécessairement véridique mais Velanna était certaine que la galéjade ferait sourire son amie, puisque quoi qu’il en soit la plus gourmande des deux était très certainement la Vance, dont on pouvait attester des courbes voluptueusement rondes. Le royal repas se termina sur les meilleurs auspices et sur l’invitation de lady Ylen, suivie et affirmée par son époux qui leur permit d’ors et déjà de quitter la table. Il n’y eut guère besoin de le dire deux fois pour qu’Aelana se redresse et rende les hommages à ses parents, suivie par Velanna qui remercia à plusieurs reprises ses hôtes pour leur hospitalité et le succulent repas. Alors que les deux donzelles s’apprêtèrent à rejoindre les quartiers de la plus jeune, Laïla approcha et ses paroles lui tirèrent un large sourire, à la fois ravi et rassurant. « Très volontiers Laïla, je suis sûre que c’est superbe ! Même si je ne suis pas la meilleure pour en juger, Velanna avait toujours été particulièrement mauvaise en broderie, je sais déjà que ça va beaucoup me plaire. » En douceur elle approcha ses lèvres du front de sa petite cousine et y déposa un baiser tendre. « On se verra tout à l’heure, j’ai hâte de voir ton ouvrage. »

C’est difficultueusement mais avec un entrain palpable que les deux amies gravirent les marches les séparant des appartements d’Aelana. Cette dernière de par son état semblait plus souffrir de cette raide montée et ses expirations eurent tôt fait d’inquiéter Velanna qui pressa le pas pour se mettre à ses côtés, et lui proposa sa main pour l’aider à surmonter l’obstacle. Toutefois le jeu en valait la chandelle, la pièce qu’elles rejoignirent était agréablement chauffée tandis que le lit et les fauteuils invitaient à un repos bien mérité. Velanna ne se fit guère prier pour rejoindre une place auprès de sa cousine, qu’elle incita à s’assoir afin qu’elle reprenne son souffle et limite ses efforts. « Mestre Jehan n’a pas tord, tu n’est pas loin du terme ce serait dommage de précipiter les choses maintenant. Cela dit, ce sera plus gai de rester enfermée ensemble que seule. » S’il leur était permis de le faire elles se promèneraient, mais s’il fallait que la Velaryon reste alitée Velanna s’en accommoderait : après tout elle était venue pour cela, être présente et soutenir Aelana du mieux possible. Après avoir salué Seregil d’une douce caresse sous son menton, elle s’était installée confortablement dans le siège et avait ramené ses jambes sous ses fesses, laissant fluer quelques secondes avant de se pencher sur les interrogations posées. « Tout le monde se porte fort bien, ils te transmettent tous leurs pensées et leur soutien. Van ne tardera sans doute pas à t’écrire et Kiara a confectionné une guipure sous la forme d’un hippocampe à ton attention. Quant à Kerwan… Elle eut un soupir suivit d’un léger rire. Tu sais bien comment il est ! » Avait suivi la curiosité au sujet de son futur, nul autre qu’Alrik Mallery. Leur intime conciliabule aurait été tout indiqué pour donner lieu à des confessions impossible à susurrer au creux de l’oreille mais tout comme son père, Aelana avait l’art de s’appuyer sur des présupposés et d’asséner des griefs. Ainsi elle voulait qu’elle lui parle de cet homme, attention louable de prime abord, mais elle ne put s’empêcher de mettre en exergue un point « négatif »… N’y avait-il pas autre chose à murmurer à une amie ? Velanna fronça les sourcils et souffla par le nez. « En effet, je l’ai d’ors et déjà rencontré car il nous a fait l’honneur de faire un détour par Atranta avant de rentrer à Port-Réal pour le Conseil Restreint. Il a trente-neuf ans, et une fille unique qui en a dix-huit. Et elle lui demandait donc si cela la dérangeait, à elle qui avait souffert du complexe d’infériorité de son jeune petit seigneur d’ex-fiancé ? Outre le fait qu’Aelana était bien placée pour savoir qu’en tant que lady, elles ne pouvaient s’opposer aux vœux de leurs pères, la grossesse lui faisait-elle perdre le sens commun ? D’une voix ferme, Velanna assura. Je préfère un homme sûr de ses désirs et conscient de sa force plutôt qu’un bambin empressé d’hériter ou tout juste lord, avec les épaules encore trop frêles pour ce lourd costume. Quoiqu’il en soit… Bien que tu sembles avoir un avis prédéterminé et déjà bien ancré, tu m’as demandé de t’en parler et je vais le faire, si tu le permets. Elle humecta brièvement ses lèvres et reprit, d’un timbre moins inflexible et neutre qu'il ne l'avait été. Il est sans nul doute l’homme le plus gorgé d’honneur et de force qu’il m’ait été donné de rencontrer, tout en demeurant d’une modestie à toute épreuve. C’est sa bravoure et son exemplarité qui ont forgé sa maison, c’est quelque chose de très précieux que de ne pas se contenter de ce qui nous tombe au coin du museau… Je suis admirative, de ce qu’il a accompli, de ce qu’il est. Sans doute un peu sous le charme. Pourtant il est peut-être celui qui a été le plus maladroit en ma présence mais… C’était sincère, et touchant. Elle secoua délicatement la tête, ses longues mèches brunes lui chatouillant alors le visage. Rafraichissant. Ses prunelles portées sur l’âtre chatoyant elle les ferma quelques secondes, le temps d’une profonde inspiration. C’est le rôle de toute dame de maison de sceller des alliances et perpétuer la lignée de son époux… Je serai honorée d’être Lady Mallery et de donner un héritier à cette prometteuse maison. Et d’autres enfants… Toute une constellation pour recréer le cadre familial et chaleureux que j’ai toujours connu, capable de traverser toutes les épreuves de la vie, des plus grandes joies aux peines les plus terribles. Elle rouvrit les yeux, les plongeant sans entrave dans ceux d’Aelana. L’âge… Est une préoccupation des plus mineures. De plus, cela ne l’empêche guère d’être excessivement beau. » Achever sa tirade sur une note plus légère, voilà qui était le propre de la pétillante fille aînée d’Atranta.

Le sujet dériva sur le problème que sa cousine avait soulevé dans ses missives, à savoir le futur sexe de son enfant. Velanna pouvait aisément comprendre les angoisses de la future mère, toutefois il lui semblait qu’elles reposaient sur une supputation d’ors et déjà particulièrement hypothétique. Parée de son sourire le plus rassurant, elle tenta ainsi d’apaiser celle qui plus qu’une parente, était une amie. « Fille ou garçon… Ce sera toujours l’enfant de Revan, le fruit de votre union. Et je pense que cela ne changera guère ton destin… Que tu donnes naissance à l’héritier de Lamarck ne fera que retarder l’échéance, tôt ou tard il sera du devoir de ton père de te trouver un autre époux, ce qui forgera une nouvelle alliance pour ta maison. Mais tu as le temps Aelana, il n’y a rien que tu puisses faire alors cesse de te tourmenter avec ces idées… Elle savait qu’elle n’apprécierait pas d’entendre tout cela… Mais peut-être que de sa bouche, elle l’accepterait plus aisément ? Rien n’était sûr, mais en tant qu’amie, elle se devait également de lui dire la vérité. Il est vrai que ton ventre est bien rond, et assez… Démesuré ! Une risette attendrie orna ses lippes alors qu’elle mirait les rondeurs toute maternelles de la jeune femme. Tu vas nous faire un beau bébé, cela ne fait pas le moindre doute. Est-ce que tu as pensé au nom que tu voulais lui donner, si c’est une fille, ou si c’est un garçon ? Il fallait penser à des choses positives, aux yeux de Velanna la donzelle enceinte s’obscurcissait trop l’esprit avec des préoccupations qui n’étaient plus de son ressort : l’enfant était en son ventre et conjecturer sur son genre et sa santé n’était pour l’heure qu’une source d’anxiété inutile. D’ailleurs, quand est-ce que tu devrais normalement accoucher ? » Dans une semaine, dans un mois, cette nuit ? Elle s’attendait à toute une variété de réponses, si tant est que la belle en ait une à fournir.


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Message Sam 29 Déc 2012 - 20:51

Alors qu'elle écoutait la réponse de sa cousine concernant son futur époux, lord Mallery, Aelana ne put retenir une légère moue. Le ton était légèrement teinté d'un reproche palpable, comme si la question était déplacée. La jeune femme se doutait que Velanna n'avait pas apprécié la remarque de lord Edward, elle l'avait largement fait sentir, sans pour autant basculer dans l'impolitesse. Pourtant, en tant que sa famille, les Velaryon ne faisaient que s'inquiéter pour elle. Oui, lord Mallery était anobli à présent, bras droit de la Main du roi, et on le disait rempli de qualités. Il n'en restait pas moins d'extraction vulgaire, ce que lord Edward trouvait indigne d'une jeune dame issue de prestigieuses lignées, avec une ascendance provenant de l'antique Valyria. Par ailleurs, ils se souciaient aussi de cette union qui pourrait être sujette à controverse, même si au final, la décision revenait entièrement à lord Vance, et à lui seul. Tout ce qu'ils pouvaient faire, c'était se soucier de son bien-être. La future mère se passa distraitement les doigts dans les cheveux, entortillant une mèche d'un blond éclatant autour de son index. Puis, son regard violet se posa sur sa cousine.

« Il ne faut pas que tu prennes mal ce qu'on te dit. Tout ce que je veux, c'est que tu sois heureuse. Et mon père aussi, même s'il a des termes un peu bourrus pour le dire. S'il est réellement un homme comme le décrivent les rumeurs élogieuses à son sujet... ma foi, je serai rassurée. Je ne peux que te croire et souhaiter qu'il te traitera comme tu le mérites, et qu'il t'apportera le bonheur.

Venait évidemment ensuite le problème de son propre remariage. Aelana savait que le fin mot de l'histoire reviendrait à son père, et qu'elle ne pouvait qu'espérer que son choix serait aussi bon que lorsqu'il s'était porté sur Revan. Lord Edward se montrait extrêmement exigeant dans ses choix, pour son bien, mais aussi pour celui de sa maison. La jeune femme ne se sentait pas capable de devenir le jouet d'un vieillard rigide et sénile, qui l'enfermerait dans un carcan d'interdits, quand bien même cela permettrait à Lamarck d'avoir un bon seigneur. Elle savait que son père misait davantage sur les hommes plus jeunes, puisque son futur époux était censé lui survivre pour prendre la tête du fief à sa mort. Que ne vivait-elle à Dorne ! Là-bas, les femmes pouvaient hériter, et une telle situation n'aurait pas eu lieu d'être. Mais plus encore que ses inquiétudes de femme, ce sujet suscitait en elle des inquiétudes de mère. Le front barré d'un pli soucieux, elle secoua la tête à la réponse de Velanna.

- Ce n'est pas qu'un caprice de femme qui ne veut que se donner à de beaux jouvenceaux, Velanna... Crois-tu vraiment que mon nouvel époux se satisfera de voir sa descendance reléguée au second plan dans l'héritage, si l'enfant que je porte est un garçon ? En tant que premier-né issu de mon premier mariage, si tout va bien, ce sera à lui que reviendra Lamarck... même si je donne naissance à d'autres fils de mon second mariage. A moins de tomber sur une perle rare, il y a toujours un risque pour qu'il décide de se défaire de cet enfant gênant pour mettre en avant ceux de sa propre chair. C'est si simple à faire... Un cheval qui s'emballe et porte un mauvais coup, une simple chute dans un escalier, une maladie qui empire... Je ne supporterai pas de vivre dans la paranoïa, à voir dans chaque ombre planer une menace pour mon fils.

Une fois encore, elle extrapolait, mais c'était plus fort qu'elle. Elle avait eu tellement de temps pour réfléchir à tout cela, dans les heures sombres de la nuit, lorsque l'insomnie la hantait... Et seul un sot aurait osé la contredire sur le point qu'elle venait d'énoncer : le risque existait, et il était réel. Mais sa cousine avait également raison : elle n'avait pas encore accouché, et le sexe de l'enfant restait inconnu. Il était évidemment trop tard pour faire marche arrière, et par ailleurs elle n'était pas encore remariée, même si la chose arriverait tôt ou tard. Cependant, il ne fallait pas laisser leurs retrouvailles être entachées par ces peurs. Simplement les exprimer à voix haute, en parler, lui avait fait du bien. La question du prénom de son futur enfant vint la distraire à point nommé, et elle afficha un sourire entendu en caressant son ventre rond.

- Si c'est un garçon, je l'appellerai Revan, comme son père. Un Revan Velaryon était destiné à diriger Lamarck, et puisque son père n'est plus, ce sera lui. Et si c'est une fille, j'aimerai lui donner le nom de femmes illustres... Nymeria, pourquoi pas ?

Ce n'étaient pas les livres qui manquaient d'idées sur le sujet. Elle pourrait abondamment piocher des prénoms si elle était en manque d'inspiration. Et un des rares avantages à être veuve, c'était qu'elle pouvait choisir elle-même le prénom sans devoir se plier aux désirs d'un époux. Seregil vint se frotter contre elle en ronronnant, ce qui avait le don de l'apaiser. Combien de nuits s'était-elle endormie, le chat lové sur son ventre ou allongé à son côté, bercée par ses ronronnements ? Elle le gratta sous le menton avant de le caresser le long du dos, puis elle se redressa péniblement pour se lever. Elle marcha pesamment jusqu'à un coffre posé près d'une fenêtre, qu'elle ouvrit tout en répondant à la question de Velanna.

- D'après mestre Jehan, je devrais en avoir pour quelques semaines encore. Mais je ne sais pas si je tiendrai jusque-là... mon ventre est tellement tendu qu'il ne pourra plus grossir encore, et je risque d'exploser !

Elle ne put retenir un sourire à ces mots, tandis qu'elle fouillait le contenu du coffre pour en sortir ce qu'elle désirait montrer à sa cousine. Elle parvint à en tirer un paquet de parchemins retenus par une lanière de cuir, ainsi que d'autres parchemins épars. Après avoir refermé la malle, elle revint vers le lit, les bras chargés, et elle s'y rassit en étalant ses œuvres devant elle, vers son amie, afin qu'elle les voie bien. Certains parchemins comportaient des croquis, d'autres des peintures, tous issus de son travail. Depuis que la grossesse l'avait clouée à l'intérieur, elle avait eu largement le temps de produire une belle quantité d'oeuvres. Il y avait là de tout, depuis le paysage aux alentours du château à des représentations de la forteresse elle-même, en passant par des animaux ou des gens qu'elle voyait tous les jours. Seregil revenait souvent, dans diverses poses, ainsi que sa jument. Il y avait aussi de beaux croquis de Laïla, et même un ou deux de Hilda, sa servante. Les yeux pétillants, comme une gamine, elle laissa à Velanna le temps de parcourir les parchemins du regard autant qu'elle le souhaitait, mais elle brûlait d'entendre son avis. Elle dut écarter plusieurs fois son chat, qui semblait bien décidé à obtenir des caresses, en piétinant sans complexe les œuvres de sa maîtresse. Au bout d'un moment, Aelana n'y tint plus, et elle demanda son avis à sa cousine.

- Alors, qu'est-ce que tu en penses ? Ils te plaisent ?

Elle saisit le croquis de la mésange qu'elle avait dessiné le matin même, avant de se précipiter au-devant de son invitée. L'oiseau était saisissant de réalisme, aussi adorable que l'original. On aurait pu croire que le dessin lui-même aurait pu s'envoler d'un instant à l'autre. La future mère le montra à Velanna avec un sourire sur les lèvres.

- Celui-ci, je l'ai dessiné juste avant ton arrivée. Je devais tromper mon ennui en guettant un signe de ton bateau par ma fenêtre... Une voile à l'horizon, une activité significative dans la cour, quelque chose. Et ce petit oiseau est arrivé à point nommé pour m'aider à patienter encore un peu. Il s'est montré très coopératif, il est resté sans trop bouger sur le rebord de la fenêtre le temps que je le dessine, et j'avais à peine terminé qu'il a pris son envol. »
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Message Mar 8 Jan 2013 - 22:40

Velanna sentait ses veinures trop gorgées d’une douce amertume pour revenir sur le sujet de ses prochaines épousailles et n’était point disposée à se forcer à se confondre en excuses – d’autant plus que la politesse n’avait jamais quitté son palais. Elle s’était peut-être trop vivement emportée, mais le sujet était sensible car relevant du cœur, la jouvencelle ne voulait pas souffrir de voir cette histoire écornée dès son commencement. C’est pourtant un sourire sincère qu’elle adressa à son amie lorsque cette dernière assura qu’elle et les siens ne visaient que son bonheur et celle de sa maison – ce dont elle n’avait jamais douté. Il n’y avait pas à s’en faire, le petit incident serait bientôt oublié parmi les Velaryon comme c’était déjà le cas entre les deux jeunes femmes ravies d’enfin se retrouver dans leur intime conciliabule.

La plus jeune se défendit alors de faire primer ses envies personnelles sur l’intérêt de sa famille quant au choix de son futur époux et confia plus spécifiquement ses inquiétudes quant à la santé et la sécurité de son enfant à venir. Velanna n’était pas encore mère et ne se permettrait donc pas l’impertinence de prétendre savoir ce que ressentait précisément Aelana, pourtant et contrairement à son amie elle avait plusieurs frères et sœurs dont elle était l’aînée et la protectrice, et devenue comme une mère de substitution pour eux. Aussi elle comprit les craintes de son hôte et posa une main terriblement douce et tendre sur son épaule, puis elle lui caressa le bras avec délicatesse. « Je ne peux qu’imaginer tout ce que tu ressens, je comprends que tu sois inquiète. Elle lui adressa une risette qui se voulait aussi attentionnée que rassurante. Je croyais qu’en épousant un autre homme, ce dernier deviendrait l’héritier de Lamarck… Devenant alors Lord Velaryon, il transmettrait ce titre à son premier fils, non ? Elle n’était pas certaine de ce qu’elle avançait, mais cela lui parut logique et susceptible d’apaiser son amie. Ses phalanges glissèrent alors jusqu’à la main d’Aelana, elle la lui prit et frôla ses doigts dans un geste maternel. Tu t’inquiètes déjà comme une mère… Je doute qu’il puisse arriver quoique ce soit à ton enfant, Aelana, tu seras formidable. » Il n’y avait que peu d’objectivité dans les dires de Velanna, ce qui ne l’empêchait pas d’être parfaitement honnête avec ce qu’elle croyait.

Le sujet devint un peu plus léger, et grâce soit rendue aux Sept pour ce bifurquement car l’ambiance ternissait à vue d’œil et filtrait avec la morosité. C’était parfaitement compréhensible au vu de la situation, mais Velanna désirait avant tout que son amie se sente bien avec elle et accouche dans les meilleures conditions. Son humeur était sa principale priorité, elle accueillit donc les idées de prénoms avec une mine enjouée et intéressée. « Revan Velaryon… Nymeria Velaryon… J’aime beaucoup ! Le prénom pour un fils n’était pas une surprise, c’était un hommage, le plus beau cadeau qu’elle pouvait faire à celui qu’elle avait aimé. La proposition pour une fille était certes simple, mais efficace, et plein de charme. Tu as mon accord ! Acheva-t-elle avec amusement et malice, se redressant alors qu’Aelana approchait de la fenêtre. La mirer de plus loin lui permit d’à nouveau contempler toute la générosité de ses formes : la jeune femme ne plaisantait qu’à moitié en craignant d’exploser ! Velanna n’avait pas souvent vu de femmes enceintes de si près mais elle se souvenait parfaitement d’Evannah, sa mère et tante de son amie, et n’avait pas le souvenir d’un ventre aussi rond et imposant que cela soit pour Kiara ou pour Kerwan. C’est vrai que ton ventre est… Impressionnant ! Tu vas donner un bel et fort enfant… Ou alors, mestre Jehan a-t-il émis la possibilité que tu portes plusieurs enfants ? » Ce n’était pas commun, mais il arrivait malgré tout qu’il y ait des jumeaux, cela pouvait-il être le cas d’Aelana ? Le mestre l’aurait surement détecté… Ou pas ? Velanna se rendit compte de sa relative ignorance sur le sujet et se tut donc, n’osant dévoiler son approximation sur le sujet.

Aelana apporta finalement le butin d’un coffre qu’elle avait ouvert et rejoignit la couche les bras chargés des œuvres qu’elle avait produite depuis qu’elle était confinée dans ses appartements. Autant dire qu’être recluse l’avait rendu particulièrement prolifique ! Observant l’amoncellement de peintures, croquis, et toutes sortes de dessins étendus sous son nez Velanna ne put s’empêcher d’écarquiller les yeux d’admiration tandis que ses lèvres s’ourlèrent d’un « o » de surprise émerveillée. « Tu as été particulièrement inspirée dis-moi, c’est impressionnant ! » Surplombant les créations d’Aelana la jouvencelle prit le temps de les détailler l’une après l’autre, s’attardant plus particulièrement sur celles représentant des personnes plutôt que la nature ou des animaux. C’est pourtant avec un plaisir visible qu’elle laissa ses prunelles courir sur la mésange parfaitement représentée. « Qu’elle est charmante ! Et docile avec cela. Ton tracé est si assuré et fin, c’est superbe Aelana. » Elle ponctua le compliment d’une large risette puis saisit avec soin l’une des esquisses où trônait la jolie Laïla. Ta sœur est plus belle que jamais là-dessus, je suis sous le charme de tous tes portraits. Du bout de ses phalanges elle traça les coins de la feuille d’un air pensif puis, reposant délicatement le tout sur le lit, elle se tourna vers Aelana les yeux pétillant d’intérêt. Tu dessines ce que tu vois avec tant de précision maintenant ! As-tu essayé de faire de même grâce à tes souvenirs ? Ou même ton imagination ? Tu ferais des merveilles ! »

Velanna jeta alors un coup d’œil sur l’une de ses valises qui patientait toujours dans un coin de la pièce et la gagna en quelques pas élancés. Elle avait pris de nombreux présents pour ses hôtes mais l’un d’eux était des plus bienvenus : elle extirpa de l’un de ses paquetages un petit et ravissant coffret recouvert d’un velours bleu nuit et le tendit à son amie. « Tu dois en avoir en profusion, mais cela s’ajoutera à ta collection. A l’intérieur, un ensemble de couleurs sous forme de poudres, aux teintes satinées et divers. On pouvait trouver notamment un beige sable chaud, un autre plus glacé, un vert qui n’avait rien à envier à l’herbe grasse, un rouge si profond qu’il se confondait avec du sang, un gris souris, et un bleu qui paraissait scintiller grâce à des paillettes d’or. Elles viennent de Lys et sont parfaites pour des peintures à l’eau, m’a-t-on dit. » Rougit Velanna en espérant ne pas avoir commis d’impair dans son choix de cadeau.


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Message Mer 30 Jan 2013 - 11:30

Lorsque Velanna tenta de la rassurer en demandant si l'héritier de Lamarck ne serait pas plutôt son nouvel époux et ses descendants, Aelana secoua la tête. Elle avait eu un premier mariage légitime, et elle en portait les fruits. Si elle donnait naissance à un fils, ce serait lui l'héritier, puisqu'il était l'enfant légitime du précédent héritier du fief. Il aurait donc préséance sur le nouveau mariage de sa mère et les descendants qui pourraient en naître. Avec un soupir, la jeune femme l'expliqua à sa cousine, même si elle appréciait qu'elle veuille l'aider et l'apaiser.

« Mon premier mariage étant tout à fait légitime, l'héritier sera ce bébé, si c'est un garçon. Mon futur second époux et les enfants que je pourrai avoir avec lui ne viendront qu'après sur la liste. D'où mes inquiétudes...

Quand elle se leva pour aller chercher ses œuvres, Velanna en profita pour mirer ses formes plus que généreuses. Elle lui demanda si mestre Jehan n'avait pas songé qu'elle pourrait attendre des jumeaux, elle arqua un sourcil. C'était une possibilité que le vieux sage avait effectivement avancée. Toutefois, après de longs examens et palpations, il s'était rétracté, ne parvenant qu'à sentir un seul et même enfant. L'idée n'avait vraiment pas été pour rassurer la future mère. L'idée de la maternité l'effrayait déjà suffisamment lorsqu'il n'y avait qu'un seul bébé dans l'équation, alors deux d'un coup... Elle ne se sentait pas à la hauteur, et encore moins s'il s'agissait de s'occuper de deux nouveaux-nés. Une chose était certaine, elle avait refusé qu'on place son futur enfant en nourrice, comme certaines mères de haut parage aimaient à le faire. Elle ne consentirait à faire appel à une nourrice que lorsqu'elle serait absente et ne pourrait pas s'occuper elle-même de son enfant.

- Des jumeaux, tu veux dire ? Mestre Jehan en a parlé, un peu, mais il ne pense pas que ce soit ça. Il a tenté de voir s'il lui était possible de sentir deux bébés en palpant mon ventre, mais il n'en a senti qu'un. J'aime mieux ça, je ne sais pas comment je ferai pour m'en sortir avec deux d'un coup !

Lorsqu'elle étala ses créations sur son vaste lit, sa cousine eut une vraie expression d'admiration. Elle parcourait les différents parchemins avec des yeux enthousiastes et charmés, et cela toucha Aelana. Ce n'était pas une question d'orgueil, mais elle aimait toujours voir que son travail était apprécié. De nombreuses personnes lui en avaient déjà fait le compliment, mais elle aimait plus particulièrement quand cela venait de ses proches. Velanna s'attarda plus en détail sur la mésange fraîchement dessinée, et sur le portrait de Laïla. Il était vrai que la jeune fille était mise vraiment en valeur et à son avantage sur ce croquis, et il y avait fort à parier que de nombreux prétendants se seraient bousculé aux portes de Lamarck si on le leur avait fait parvenir.

- Je pense que je pourrai dessiner de mémoire, mais j'aime mieux avoir un modèle sous les yeux pour restituer fidèlement l'original sur mon parchemin. Un souvenir est plus flou et moins fiable, mais je peux tout de même essayer.

Peut-être un portrait de sa mère défunte ferait-il plaisir à sa cousine ? Il y avait fort à parier que ce soit le cas. Elle pourrait tenter d'en faire un de mémoire ces prochains jours pour le lui offrir, car elle gardait un souvenir assez vif de sa tante. Velanna se leva et alla ouvrir une de ses nombreuses malles de voyage pour en sortir un coffret. Revenant vers elle, elle le lui tendit. C'était un joli contenant orné de velours bleu nuit. Curieuse, Aelana l'ouvrit avec délicatesse et trouva à l'intérieur de nombreuses poudres qui lui serviraient à peindre. Il y avait là des nuances de couleurs qu'elle n'avait jamais eues, et elles semblaient d'exceptionnelle qualité pour un œil exercé comme le sien. C'était vraiment une excellente idée de cadeau, et il fit vraiment très plaisir à la jeune veuve. Sa cousine lui apprit que ces pigments venaient de Lys, et qu'ils étaient réputés, et elle eut un grand sourire en réponse.

- C'est vraiment un merveilleux cadeau, merci beaucoup ! Il y a là des couleurs que je n'ai jamais eues, ça me permettra de faire de nouvelles peintures encore plus réalistes. Peut-être pourrai-je faire un portrait de toi que tu pourras envoyer à un certain capitaine des Dents de Freux...

Elle ponctua sa dernière remarque d'un sourire malicieux et d'un clin d'oeil. Cela impliquerait que Velanna pose pour elle, mais il y avait fort à parier que cela ne la dérangerait pas. Elle se leva pour embrasser sa cousine sur la joue afin de la remercier pour son cadeau. Au même moment, quelques coups timides furent frappés à la porte, et la future mère donna au visiteur la permission d'entrer, tout en sachant pertinemment qui allait apparaître. La silhouette gracieuse aux longs cheveux blonds de Laïla apparut dans l'encadrement de la porte, et elle se glissa à l'intérieur. Elle tenait à la main un morceau de tissu, probablement la broderie qu'elle voulait faire voir à leur visiteuse.

- Je ne vous dérange pas, j'espère ?

- Mais non, ne t'en fais pas. Entre et ferme la porte derrière toi, ça évitera que les vents coulis se glissent dans la pièce.

La jeune fille obtempéra avant de les rejoindre de son pas léger et discret. Aelana ne put s'empêcher de penser que sa sœur serait convoitée par bien des hommes. Avec son tempérament docile, timide, effacé, elle était ce que beaucoup de prétendants pourraient demander. Elle semblait avoir peur de s'affirmer, alors qu'elle avait tout ce qu'il fallait pour se le permettre. Laïla s'assit sur le bord du lit, et elle déplia ce qu'elle tenait à la main. Il s'agissait en fait d'une couverture de velours turquoise, aux couleurs de la maison Velaryon, sur laquelle elle avait brodé l'hippocampe d'argent de leur famille. Le résultat était des plus jolis à voir, et il n'y avait pas à douter de ses dons en broderie. C'était une chose pour laquelle son aînée n'avait jamais éprouvé de grande attirance, contrairement au dessin ou à la peinture. Fort heureusement, du fait de son don dans ces deux matières, on ne lui avait jamais vraiment reproché son manque d'implication en broderie.

- Quand le bébé sera né, je broderai encore son prénom en fil d'argent près de l'hippocampe. Comme on ne peut pas savoir à l'avance si ce sera un garçon ou une fille... Ca vous plaît ?

Laïla rougit en attendant le verdict de ses aînées. Sa sœur trouvait la couverture très belle, bordée également de fil d'argent. Elle restait simple, mais néanmoins élégante, et surtout venant du cœur. Sa cadette en avait eu l'idée toute seule, et c'était un travail pour lequel elle s'était appliquée. Ses doigts avaient pris de nombreux coups d'aiguille malencontreux, mais cela ne l'avait pas découragée pour autant. Aelana hocha la tête avec un sourire.

- C'est très beau, Laïla. Je suis sûre que ça plaira au bébé, et je serai heureuse de le couvrir avec ta couverture. »
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Comme les deux doigts de la main [Velanna Vance]

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