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La femme est une louve pour la femme ▬ Lyessa

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Message Lun 15 Oct 2012 - 17:58

     Quitter Villevieille n'était pas une chose fréquente pour Virginia. En réalité, cela ne lui était plus arrivé depuis bien longtemps, malgré le fait qu'elle soit encore jeune – bien que trop vieille pour une célibataire de l'avis de certains – et elle s'en réjouissait. Même si le fait de rester cloîtrée à Grand-Tour ne la gênait guère, au contraire, il était vrai qu'avoir l'occasion de pouvoir découvrir et admirer de nouveaux paysages, l'enchantait tout bonnement. La jeune femme n'avait jamais été avide de découvertes pourtant, comme toutes les nobles dignes de ce nom, Virginia était une femme patiente qui savait faire passer ses désirs après les intérêts de sa maison. L'on demandait d'une dame qu'elle soit capable de représenter sa famille et non qu'elle batte la campagne pour savoir quel temps il faisait dans la région voisine. La jeune femme était donc consciente que son rôle nécessitait une présence quasi permanente dans la forteresse de sa maison et elle ne s'en plaignait guère.
     Cela ne signifiait pas pour autant qu'elle allait laisser passer l'occasion de se rendre à Port-Réal et lorsque Clarence, son cher Clarence, avait émis l'idée qu'elle puisse y aller en sa compagnie et celle de lord Redwyne, Virginia avait aussitôt sauté sur l'occasion. En plus de lui permettre de changer d'horizon, ce voyage lui donnerait aussi l'occasion de pouvoir apprendre à connaître davantage le seigneur de la Treille, homme intéressant s'il en est – et encore c'était un euphémisme – qui avait su éveiller son intérêt lors de leur première rencontre « officielle » à Grand-Tour. Que de bonnes choses qui se préparaient donc, surtout que sa jeune sœur Valencia prenait part à cette petite expédition, de quoi chasser tous les doutes et toutes les contrariétés qui pourraient encore exister dans l'esprit de la jeune dame.

     Le voyage s'était donc effectué par bateau, quoi de plus normal sachant que le seigneur de la Treille était aussi le Grand Amiral ? Et avait donc permis à la petite compagnie de profiter du trajet pour s'occuper sans devoir supporter des journées entières passées à cheval ou à bord d'une calèche. Virginia n'était pas une aventurière, bien au contraire et c'était surtout la perspective de longues chevauchées qui rendait difficile, voir impossible, de telles expéditions juste pour le plaisir de changer d'air.
     L'arrivée à Port-Réal avait été aisée, les proches des membres du Conseil Restreint étaient hébergés au Donjon Rouge, bien évidemment dans une partie éloignée des appartements réservés aux membres de la famille royale, permettant aux nouveaux arrivants de s'installer correctement. L'idée de traîner ses affaires derrière elle n'enchantait pas Virginia, elle avait même hésité à apporter autant de robes que ce qu'elle avait à présent, mais rapidement la priorité d'apparaître comme une dame digne de son rang s'était manifestée : il était hors de question de sacrifier son image au profit d'un côté pratique. Les malles des sœurs seraient donc apportées dans les chambres qui leur avaient été prêtées pour l'occasion et elles purent donc vaquer à leurs occupations.

     Désireuse de visiter un peu Port-Réal, Virginia fit donc savoir à sa sœur qu'elle allait marcher un peu dans les rues de la ville histoire de pouvoir s'imprégner des lieux. Même si l'idée n'enchanterait certainement pas les membres de sa famille, la jeune femme estimait que si elle devait un jour représenter son futur époux, il lui fallait bien évidemment oser prendre un peu les devants et ne pas végéter dans ses appartements en attendant que l'on daigne lui accorder un peu d'attention. Ce n'était de toute manière pas dans son caractère. Même si la Bieffoise n'était pas comparable à ces femmes guerrières, elle ne se laissait guère marcher sur les pieds et maniait les mots aussi sûrement qu'une combattante usait de son épée. À chacun ses armes, elle faisait avec celles que les Sept lui avaient données.
     Marchant dans les rues de la ville, accompagnée par des gardes de sa maison qui ne fuiraient pas devant d'éventuels ennuis – sait-on jamais ce qui pouvait arriver dans un endroit inconnu – la demoiselle décida de se diriger vers le grand marché qui devait certainement abriter de nombreuses richesses, que ce soit en objets comme en individus. Certes, elle n'était pas dans son élément, mais Virginia mettait un point d'honneur à ne pas se laisser déstabiliser par ce genre de choses. Vêtue avec soin et apprêtée comme si elle allait rencontrer le Roi en personne, la noble détonnait assez à côté des roturiers et des marchands de poissons, mais elle n'en avait cure et n'accordait que des regards polis bien que peu engageants, avec les personnes qui posaient leurs yeux sur son visage. Elle n'était pas éblouissante de beauté, c'était un fait. Son visage lui donnait un air froid et même buté si l'on prenait en compte la moue naturellement boudeuse qui habitait ses lèvres en permanence. La nature ne lui avait pas offert un physique digne de la si légendaire Seastar, mais elle savait mettre son rang en avant et nul ne pouvait douter du soin apporté à son apparence.

     Après avoir marché un certain moment entre les étals sans rien repérer qui puisse retenir son attention, Virginia s'apprêtait à rebrousser chemin lorsque son regard fut attiré, non par une marchandise, mais par une personne. Une femme, à la tenue pour le moins originale et surtout au comportement... Inhabituel. Elle agissait, se mouvait et parlait presque comme si elle avait été un homme. Était-ce l'une de ces femmes guerrières dont les récits arrivaient parfois jusqu'à ses oreilles ? Une Dornienne ? Non, certainement pas, elle n'en avait ni le teint, ni l'accoutrement. Virginia étant très liée avec une noble dame du désert, elle connaissait à peu près le style de cette région. Attirant l'attention du garde le plus proche, la jeune dame désigna l'étrange femme d'un geste du menton. « Connaissez-vous cette femme ? » Le regard du garde montra la surprise que provoquait cette question, il secoua la tête en signe de dénégation. « Que nenni ma dame, ce doit être une voyageuse qui vient remplir sa besace, rien de plus. » Cette hypothèse ne sembla pas régler la question. Virginia n'avait que très peu d'intérêt pour les roturiers, elle les respectait du moment qu'ils savaient rester à leur place, mais cela dit, jamais les Sept ne lui avaient donné l'occasion de rencontrer une femme vêtue de la sorte. Fronçant légèrement les sourcils, elle émit une autre question. « Pensez-vous qu'elle soit Nordienne ? J'ai entendu dire que les femmes de cette région étaient très étranges. » Le garde haussa les épaules, n'en sachant apparemment pas plus que sa dame. Il était vrai que rien n'était noté sur le visage de la femme, le mieux restait peut-être d'aller à sa rencontre ? Mais pour demander quoi ? Au fond, en apprendre plus sur cette personne n'allait pas l'avancer à grand-chose, mais elle pouvait s'accorder de nouvelles découvertes, non ?

     Décidée, Virginia avança finalement jusqu'à se glisser à la hauteur de la femme en question, la scrutant d'un air quelque peu inquisiteur. Ses traits étaient réguliers, elle était ce que l'on pouvait appeler une « belle femme », mais tout en elle incitait plutôt à se tenir sur ses gardes. La jeune femme ne doutait pas une seule seconde que les prétendants devaient être rares à venir frapper à sa porte, elle n'invitait pas vraiment à la confidence ou à la séduction. Était-elle roturière ? Peut-être bien. Mettant fin à ses questionnements, la Bieffoise se plaça à côté de l'inconnue pour lui adresser la parole avec naturel. Son ton n'était pas particulièrement amical ou enjoué, simplement posé et poli, mais c'était ainsi qu'une dame se devait de débuter une conversation. « En voici une tenue pour le moins originale, vous n'êtes pas de la région, n'est-ce pas ? » Les yeux verts de la Bieffoise se posèrent sur le visage de son interlocutrice. « Seriez-vous du Nord ? J'ignorais que les habitants de votre région descendaient aussi loin dans le sud, j'avais toujours imaginé que vous restiez entre vous. » Peut-être qu'elle accompagnait un seigneur de sa région venu ici plaider sa cause auprès du Roi ? Les Fer-nés étaient le problème de tout le continent et même à Grand-Tour, ils étaient le centre des discussions. Le silence s'installa à nouveau entre elles, difficile de savoir à quoi s'attendre face à une personne aussi atypique.
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Lyessa Reed
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Message Lun 15 Oct 2012 - 20:49

    Port-Réal et ses ruelles poussiéreuses avaient un certain charme indéniable. Ses échoppes, sa population et la variété étonnante que proposait son marché intriguaient Lyessa à chaque fois qu'elle y venait. Elle n’était pas très habituée à la capitale – peut-être bien parce qu’elle était avant tout une chasseresse, native de Fort-Griseaux et fréquentant plus les forêts et marécages que les grandes cités du Westeros. La farouche nordique ne pouvait s'empêcher de trouver leurs habitudes vestimentaires étranges, tout comme la manière qu'ils avaient de s'exprimer. Généralement, ils enrobaient toujours leur réelle demande ou leur désir – ils se contentaient d'appâter ou de détourner pour arriver à leurs fins bien particulières. Une méthode à laquelle la jeune femme ne goûtait pas. Oh non, les ronds de jambes ne servaient qu'à perdre du temps. Lady Reed était habituée aux regards que lui lançaient les gens du coin – en réalité, il n'y avait que dans les rares coins du Nord qu'on ne la regardait pas comme une étrangère. Malgré tout, elle avait appris à ne pas s'en offenser – tant qu'on ne la provoquait pas ouvertement et avec arrogance. Se dire qu'elle était une « lady » la faisait doucement sourire – surtout lorsqu'on la traitait avec mépris sans savoir qui elle était réellement.

    Un nouveau tournoi allait bientôt avoir lieu à Port-Réal, ce qui avait motivé notre effarouchée à venir s'immiscer dans la capitale et de profiter de ce qu'elle avait à lui offrir. Pour son petit séjour, la jeune femme s'était décidée à loger dans une auberge non loin de la place principale. La chaleur était entêtante à cette époque de l'année, et Lyessa se mit à regretter la forêt ombragée du Bois-du-Roi. Elle avait toujours l'impression de ne pas être à sa place quand elle déambulait dans les ruelles de Port-Réal – encore heureux qu'on la prenait généralement pour une voyageuse ou une roturière. Cela lui évitait bien des soucis.
    La jeune femme entreprit de faire un tour jusqu'à la place du marché pour jeter un œil au matériel qu'elle pourrait y trouver. Pas de soierie ni de bijou, ça non – mais plutôt ce qu'ils pourraient lui faire découvrir en matière d'armes et de cuir. La jeune femme aimait le bel ouvrage et elle devait avouer qu'on ne pouvait pas trouver aussi raffiné à Fort-Griseaux. Ici, à Port-Réal, on pouvait trouver de tout.
    Son grand arc attaché dans son dos, Lyessa déambulait dans les ruelles, se glissant entre les individus pressés. Elle portait harnais tressé en cuir, braies de même composition et son visage n'était caché par nulle large capuche. Ses cheveux étaient relevés, libérant quelques mèches frivoles qui venaient lui chatouiller le cou. Elle s'attarda vers les étals, savourant d'un regard malicieux les vins, condiments, et spécialités gastronomiques exhibés sous ses yeux. Pas de grenouille ici – pourtant, ça n'était pas si mauvais. Lyessa n'était pas ignare à l'aspect culinaire de cette région – c'était critiquer la sienne qui la dérangeait.
    Son œil fut attiré par un poignard dont elle soupesa le poids et observa le souci du détail du manche. L'arme était petite, fine et légère – peut-être pourrait-elle en ramener pour ses jeunes frères ? Ces deux là maniaient déjà bien le poignard à leur âge.

     « Combien vous prenez pour ces trois là ? » – Demanda la jeune femme au marchand.

    Le prix s'éleva assez cher mais Lyessa réussit à marchander pour moitié moins. Même s'ils étaient finement ouvragés, ils ne valaient pas autant. Une fois son dû acquis, la jeune femme s'apprêta à continuer avant qu'une voix ne parvienne jusqu'à elle. Féminine et un brin distante. Lyessa inclina son visage en direction de la femme qui se trouvait prés d'elle. Une noble, enroulée dans ses atours – bijoux, soieries, coiffure parfaite et comportement qui allait avec. C'était bien la première qu'elle croisait aujourd'hui. Un endroit aussi sale pour une femme aussi élégante ? – pensa-t-elle sournoisement en détaillant ostensiblement son interlocutrice du regard. Manifestement, elle avait intriguée la bonne grâce car celle-ci ne s'était pas gênée pour la scruter. La jeune femme lui fit remarquer que sa tenue était on ne peut plus originale et qu'elle devait sûrement venir d'une autre région. Lyessa darda ses prunelles sombres sur le visage apprêté de la lady qui lui faisait face. En l'écoutant parler du Nord, elle haussa un sourcil. L'audace dont elle faisait preuve la fit légèrement tiquer. Sûrement la prenait-t-elle pour une roturière ? Alléchante fut l'idée de le lui laisser croire. Un petit sourire en coin vint agrémenter les lèvres de la fille des Paludiers tandis qu'elle laissait planer un silence avant de daigner reprendre.

     « Perspicace. C'est bien connu que c'est pas par ici que les femmes portent armes et autorité. Mais vous connaissez bien mal le Nord ma chère – sûrement parce que vous y êtes jamais allée. Vous ne savez pas ce que vous ratez. Certaines Nordiennes ne craignent pas de faire de la route.  » – Lui glissa-t-elle. Les femmes nobles du coin étaient drôles à voir, serrées dans ce genre de vêtements. Comment pouvait-on courir, voire respirer là dedans ? Leur permettait-on tant de curiosité ? Il fallait croire que oui en vue du regard que lui adressait la jeune femme.  « A qui ai-je l'honneur ? Je suis surprise de croiser quelqu'un de votre envergure en cet endroit. Devrais-je me complaire en courbette devant vous ? »

    Un petit coup d'œil derrière l'épaule de la demoiselle lui fit constater qu'elle était bien accompagnée par sa garde personnelle. Lyessa ignorait bien qui elle pouvait être, mais garder mystère sur sa condition de lady pour le moment l'amusait plutôt bien. Elle pourrait se permettre de la provoquer avant de voir une moue délicieusement outrée sur son visage si parfait. Si Lyessa était quelqu'un de naturellement enjoué et chaleureux, elle ne manquait pas de se montrer mesquine avec les lords et ladys qui répondaient au stéréotype accablant des Sept Couronnes. Une méfiance qui avait donné lieu à une certaine arrogance que rares étaient ceux qui appréciaient. La jeune femme n'aimait pas qu'on la dévisage et qu'on se permette des petites critiques joliment glissées et ça n'était pas aujourd'hui qu'elle allait plier l'échine face à une femme incapable de se défendre autrement que par les mots.





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Message Mer 17 Oct 2012 - 11:29

     Virginia ne s'était pas attendue à avoir une réponse très aimable à sa question, elle avait souvent remarqué que les roturiers n'appréciaient pas tous les nobles. Aux yeux clairs de la Hightower, la femme à qui elle parlait appartenait bel et bien à la roture, après tout, lorsque vous étiez élevé depuis toujours avec les mêmes idées – à savoir qu'une dame s'habillait en robe et devait être présentable – cela finissait par devenir une habitude. Bien que plutôt jolie, la jeune femme était vêtue de frusques qui montraient qu'elles étaient plus pratiques qu'esthétiques et cela ne pouvait signifier qu'une chose : c'était une voyageuse et donc forcément, une roturière. Il n'y avait rien de mal ou d'hostile dans de telles pensées, Virginia respectait le travail des petites gens, mais elle se savait supérieure à eux de part sa naissance, tout comme les Tyrell étaient supérieurs à sa maison. C'était dans l'ordre des choses. Face une personnalité aussi particulière que l'inconnue semblait posséder, de telles idées allaient certainement être mises à mal, mais ce n'était pas un problème : Virginia croyait en ses idées et savait les défendre. Par des mots bien évidemment, elle n'était pas une combattante.
     La réponse de la jeune femme ne tarde donc pas, cinglante bien qu'elle restait polie. Virginia ne prit pas ombrage à s'entendre dire que les femmes du sud ne savaient que s'écraser devant les hommes, du moins c'était ce qu'elle entendait en plus édulcoré. La dernière réplique qui lui fut adressée démontrait elle aussi que la Nordienne ne semblait pas avoir énormément d'estime pour les nobles, à moins que cela ne se borne qu'aux femmes qui ne savaient pas combattre ? Elle ne pouvait en être assurée, il fallait qu'elle en sache plus à ce niveau avant de pouvoir émettre des hypothèses.

     Fidèle à elle-même, Virginia ne s'emporta pas, elle garda sa légère moue naturelle avant de répondre d'un ton toujours aussi posé, bien qu'il montrait clairement qu'elle était sûre d'elle. « J'imagine que si vous me posez la question c'est que la réponse doit être « non ». » Elle n'était pas hautaine au point d'imposer à une femme de devoir la saluer, surtout si celle-ci n'était apparemment pas très ouverte à l'égard des étrangers. Ou plutôt des étrangères. « De plus, il n'est pas question de courbettes, mais simplement de salut, j'ignore comment est-ce que cela se déroule dans le Nord, mais si vous avez quelques secondes à me consacrer pour m'expliquer comment vous procédez chez vous, je pourrais réparer mes torts et vous saluer correctement. » Il était vrai qu'elle n'avait pas vraiment salué la jeune femme, mais l'avait directement abordée sans plus de cérémonies. Virginia ne s'était jamais rendue dans le Nord, elle ne connaissait que très peu de choses de cette région et certainement pas les traditions de ses habitants. C'était sans compter qu'ils ne partageaient pas les mêmes croyances – tout comme avec Dorne cela dit – ce qui ne facilitait pas la tâche des étrangers. La Hightower ne se moquait pas de son interlocutrice, elle était une véritable dame et en tant que telle, savait faire preuve de retenue et de politesse. Les dames de sa maison n'étaient pas capricieuses et la jeune femme n'allait pas se mettre à taper du pied en réclamant de l'aide à ses gardes, pour qu'ils obligent cette roturière à faire preuve de respect à son égard. Le respect se méritait et même si la tâche s'annonçait ardue, Virginia n'avait pas particulièrement d'inquiétudes à ce sujet. Rares étaient ceux qui l'appréciaient réellement, justement à cause de son manque de chaleur humaine, mais l'on ne se refaisait pas.

     Quoi qu'il en soit, pas découragée pour deux sous par cette entrée en matière plutôt originale, la Bieffoise reprit la parole. « Vous avez parfaitement raison, je n'ai jamais été dans le Nord, je suis de Villevieille dans le Bief et les rares fois où j'ai quitté ma demeure, c'était pour me rendre dans les fiefs voisins. J'ignore donc beaucoup de choses de votre région, surtout que je me suis laissé dire qu'elle était au moins aussi originale que Dorne. » À quoi bon mentir et prétendre qu'elle avait l'habitude de voyager ? Virginia était une véritable femme du Bief, apprêtée pour n'importe quelle situation, polie et obéissante, bien qu'elle n'avait pas sa langue dans sa poche pour autant. Ce qu'elle démontra aussitôt en reprenant la parole. « Mais je sais d'ores et déjà que les stéréotypes aussi existent chez vous, vu la manière dont vous décrivez les femmes du sud, j'imagine que tout le monde doit les voir comme des idiotes juste bonnes à enfanter et servir de potiches à leurs époux. » La manière dont elle avait parlé des Nordiennes pour les différencier des femmes du reste de Westeros en était la preuve. Cela dit, Virginia ne pouvait pas lui en vouloir, il était vrai que de nombreuses dames du sud étaient des idiotes qui n'étaient pas capables de retenir l'attention de leur époux, pas très étonnant que les bâtards soient si nombreux ! Seulement la jeune femme elle, faisait tout son possible pour ne pas être une épouse insipide qui lasserait son mari après seulement quelques minutes de conversation, elle ne pouvait donc pas se laisser englober dans une vision aussi... Basique ! « J'ai aussi entendu des choses sur les femmes du Nord, on vous dit rustres, voir même barbares et certains disent même qu'il est difficile de différencier les femmes des hommes tant elles sont masculines. » La franchise n'était peut-être pas toujours un bien. « Mais après un rapide coup d’œil sur votre personne, force est de constater que c'est absolument faux. Pensez-vous qu'il soit possible que les rumeurs qui courent dans votre région, soit elles aussi faussées ? » Au fond, virginie ne lui avait rien fait, si ce n'était parler de manière plutôt franche, mais peut-être était-ce une qualité dans l'esprit des Nordiens ?

     La Bieffoise haussa légèrement les épaules, laissant sa moue s'envoler quelques instants alors qu'elle arborait un très léger sourire à peine perceptible. Virginia se considérait comme une femme d'esprit, elle avait toujours désiré pouvoir faire la fierté de son frère aîné, son cher Clarence et, n'était donc pas décidée à laisser les choses tourner au vinaigre. « Je crois que nous avons toutes les deux des idées bien arrêtées et plutôt erronées sur la vie de l'autre. Peut-être qu'il vous est égal de savoir ce qu'il en est réellement, mais je me poserais alors une question à laquelle vous voudrez bien répondre : pourquoi voyager si ce n'est pour apprendre à remplacer vos idées préconçues par la vérité ? » Mais peut-être qu'elle daignerait prendre le temps de parler un peu avec elle ? En conclusion, la Hightower ajouta quelques mots. « Je ne voyage que rarement et je doute d'aller un jour dans le Nord, vous êtes donc ma seule chance de changer ce point. Qu'en pensez-vous ? » Libre à elle de refuser et de vaquer à ses occupations désormais, mais l'on ne viendrait pas dire que les femmes du sud ne savaient pas proposer une trêve le temps de bavarder un peu. C'était la différence entre une guerrière et une noble : elles parlaient et les autres agissaient. Mais certaines savaient agir tout en parlant. Ce fut à ce moment que la demoiselle constata qu'elle n'avait pas répondu à la question de son interlocutrice, à savoir quelle était son identité. Comme pour lui montrer qu'elle était capable de faire preuve d'un peu de politesse, la noble lui répondit donc. « Je m'appelle Virginia, de la maison Hightower. » Elle imaginait avoir affaire à une roturière, mais cela ne signifiait pas pour autant qu'elle ne devait pas être digne d'une personne de son rang. Chacun ses armes et Virginia maniait les siennes avec brio, du moins de son avis.
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Message Mer 17 Oct 2012 - 19:13

    Lyessa ne s’attendait pas à ce que la noble prenne ses remarques avec calme voire détachement – combien de fois s’était-t-elle faite traitée comme une malpropre par les individus de son genre ? Mais celle-ci avait quelque chose de différent. Peut-être que la Nordienne s’était fourvoyée à son sujet ? Tout en fixant la lady qui se tenait à ses côtés, la brune se rendit compte que celle-ci tentait manifestement de comprendre et n’était pas ici pour asseoir son mépris sur autrui. Alors que d’autres auraient pris la mouche face à ses remarques désobligeantes, la noble n’en fit rien. Elle se contenta de répondre qu’il n’était pas question de courbettes mais plutôt de salutations. Dans le Neck, on se saluait sans s’encombrer de ces petites bienséances ennuyeuses qui instauraient bien trop de hiérarchie au goût de Lyessa. Guettant les réactions de la demoiselle avec méfiance, la Nordienne finit par se détendre et fourra dans sa besace les quelques objets qu’elle venait d’acquérir. La dame reprit bien vite pour préciser qu’elle n’était en effet jamais allée dans le Nord et qu’elle venait de Villevieille, dans le Bief. Plutôt au Sud, Lyessa n’avait jamais eu l’occasion de visiter cette contrée mais ça n’était pas l’envie qui lui manquait. Ça faisait simplement assez loin du Neck et la fille des Paludiers aimait revenir fréquemment dans sa région natale. Si Lyessa décelait un certain orgueil chez son interlocutrice, cette dernière avouait ne pas connaître le Nord et demandait presque à ce qu’on lui en enseigne les nuances. Elle évoqua Dorne et son originalité, tentant de faire un rapprochement entre ces régions – sûrement parce que les femmes y sont aussi coutumes aux armes que dans le Nord.
    Quant au fait que Lyessa était pleine de préjugés à l’égard des femmes du sud, elle ne pouvait pas nier le fait que celles qu’elle avait pu rencontrer n’avaient cessé de la sermonner sur le mariage, les enfants et le comportement irréprochable à adopter. En écoutant les paroles de la dame, un brin fugace de malice éclaira le regard de Lyessa qui ne pouvait s’empêcher de trouver la situation amusante. L’image que la noble avait des femmes du Nord fit sourire la concernée et elle invita son interlocutrice d’un geste de main poli à avancer entre les étals.
    Lyessa devait avouer que la noble n’était pas si greluche qu’elle l’avait pensé. Après tout, celle qui aurait été incapable d’affronter le franc-parler de la Nordienne n’aurait tardé à demander l’aide plutôt musclée de sa garde personnelle pour remédier à cette situation. La brune avait toujours su respecter le désir de compréhension des autres, et c’est bien pour ça qu’elle se sentait d’humeur à laisser tomber le mur sarcastique de ses pensées. Voyager était pour elle une motivation certaine à découvrir paysages et lieux de vie qu’elle ne connaissait guère – et malgré le fait qu’elle n’adhérait nullement au mode de vie et à l’éducation des femmes dans cette partie des Sept Couronnes, elle restait tout de même curieuse de comprendre. La noble se présenta donc sous le nom de Virginia Hightower et Lyessa n’était pas ignare au point s’ignorer ce nom. Le Bief était à ce qu’on disait une région extrêmement riche et verdoyante, parsemée de fleurs plus belles les unes que les autres. Les Hightower étaient des vassaux des Tyrell et tenaient Villevieille, la plus ancienne ville du Westeros connue pour la formation de ces mestres.

    « J’ai pas encore eu l’occasion de mettre les pieds dans les régions plus au sud telles que le Bief, mais j’ai entendu beaucoup de choses là-dessus. Vous savez, il y a une seule chose qui différencie les hommes des femmes et c’est la plus sensée qu’est l’sexe de l’individu. Il n’a jamais été écrit que les femmes aient à être parfaitement coiffées et apprêtées. Qu’elles n’aient qu’à sourire et à acquiescer aux à tout c’que disent leurs époux. Qu’elles aient à se marier et à enfanter ou à tricoter. Comme ce n’est pas qu’aux hommes qu’reviennent la tâche de protéger leurs maisons. » – Dit-t-elle sur un ton calme. Elle ignorait bien si son interlocutrice tenterait de comprendre ça mais ça lui importait peu. Lyessa était têtue comme une mule et sa façon de vivre lui semblait meilleure que celle de cette dernière. « J’doute sincèrement qu’il y ait vérité ou mensonges là-dessus. J’vous parle de votre éducation comme de la mienne. De ce que nous avons vécu chacune d’notre côté. »

    Elle chassa quelques mèches de cheveux qui virevoltaient devant ses yeux et arrêta sa marche pour reporter son attention sur son interlocutrice. Le spectacle détonnait entre Lyessa, farouche aux frusques sales, accompagnée d’une lady de Hightower, nullement ennuyée par un seul grain de poussière. La Nordienne se surprit à penser que ça devait être difficile de vivre ainsi – dans le devoir d’être irréprochable et impressionnante.

    « Qui sait, p’têtre bien que si y avait eu plus de jardins verdoyants dans l’Nord et moins de boutres Fer-Nés dans l’coin, j’aurais été plus comme vous. » – Un petit sourire énigmatique étira les lèvres de la jeune femme avant qu’elle ne désigne son trident, pendant à sa hanche droite. « J’suis Lyessa Reed de la maison Reed de Fort-Griseaux dans l’Neck. Vous devez connaître de nom au moins ? Et sûrement avez-vous entendu à quel point nous sommes marginaux dans ce coin là. »

    Lyessa s’arrêta à un étal pour acheter deux pommes granates et fit virevolter l’une d’elle dans les airs pour que son interlocutrice la rattrape. Elle croqua la sienne avec entrain et continua sa route, dardant son regard sombre sur les marchandises suivantes.

    « Ce que j’sais, c’est que rares sont ceux qui pensent du bien de nous. C’est sûrement aussi pour ça que j’me méfie généralement des gens de votre espèce et de ce qu’ils auraient à cracher sur ma maison. J’aime la franchise, mais j’prends ça comptant et j’le rends au triple. » – Un petit sourire en coin à l’égard de lady Hightower et Lyessa se remit en marche.

    Elle ignorait quelle serait la réaction de la Bieffoise. Peut-être serait-t-elle outrée de constater que celle qu’elle prenait pour une roturière était une lady – et plus encore, une lady vivant dans les marais du Neck – cet endroit sordide rempli de mystères. Ou peut-être bien qu’elle se montrerait plus curieuse et Lyessa se montrait peu loquace qu’en de rares circonstances, alors pour sûr qu’elle délierait sa langue, même si c’était en compagnie d’une noble envers qui elle avait tant de préjugés.






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Message Jeu 18 Oct 2012 - 12:14

     Aux premières paroles de son interlocutrice, Virginia n'eut aucune difficulté à comprendre qu'elle avait affaire à ce que l'on appelait « une féministe ». Il était fort probable que lui parler de mariage, d'enfants et même de robes, devant revenir à parler de prendre un bon bain à un Fer-né. D'une certaine manière, la Hightower pouvait comprendre que certaines dames ne désirent pas suivre la route qui avait été dessinée par les hommes depuis des générations, mais son éducation la forçait à voir cela comme un point négatif. Mais après, Virginia n'était pas butée au point de penser qu'une femme n'était bonne qu'à servir de poule pondeuse pour son époux et à faire décoration lors de grandes réceptions, elle avait aussi une vision plus poussée du rôle de la femme. Cela dit, elle ne collait pas vraiment à celle que la Nordienne semblait avoir, certainement parce que leur éducation était bien trop différente l'une de l'autre. Si la Bieffoise était aussi féministe à sa manière, elle restait une noble dame respectueuse des traditions et surtout, une Bieffoise pure et dure. Il n'était pas nécessaire de préciser que les femmes de cette région plus que d'ailleurs, étaient le stéréotype même de la noble dame.
     Apparemment la roturière semblait en accord avec cette vision des choses puisqu'elle prononça à voix haute les pensées qui traversaient l'esprit de la noble. Cette dernière regardait en silence la jeune femme qui stoppa sa marche afin d'émettre l'idée qu'elle puisse avoir été plus noble si elle était née dans le Bief. À ces paroles, Virginia fronça légèrement les sourcils, se demandant comment une roturière envisageait de pouvoir se comporter en noble et la réponse ne tarda pas à arriver. Lorsqu'un nom de famille fut prononcé par la jeune femme, la Hightower imagina tout d'abord qu'elle avait affaire à une maison noble éteinte dont les membres portaient encore un nom, sans pour autant être considérés comme de haute naissance. Mais lorsqu'il fut fait état du Neck, Virginia se souvint des paludiers qui vivaient au sud du Nord et dépendaient davantage du Conflans que de leur région d'origine. Ce n'était pas si surprenant au final, la prénommée Lyessa n'avait rien d'une noble normale justement parce que sa maison était atypique. À n'en pas douter, elle devait certainement être la dame la plus originale de tout Westeros. Enfin, pouvait-on la considérer comme une dame si elle-même ne se voyait pas comme telle ? Sauf qu'elle n'avait pas dit ne pas en être une, elle ne voulait simplement pas être une noble comme dans le reste du monde ce qui différait beaucoup.

     Silencieuse, Virginia écoutait avec attention les paroles de son homologue pour le moins étrange et elle attrapa de justesse la pomme qui lui fut lancée, manquant de la rater sous le coup de la surprise. Lyessa pouvait se targuer d'être la première dame à lui lancer de la nourriture ! Offrant un « Merci. » à son interlocutrice, la Bieffoise observa le visage de la Nordienne avant de décider de lui emboîter le pas lorsqu'elle se remit en marche. La discussion promettait d'être intéressante et Virginia ne reculait jamais devant la difficulté. Depuis des années, elle accordait volontiers ses conseils aux jeunes dames qui venaient lui demander de l'aide, il aurait été étrange, pour ne pas dire sot, qu'elle rebrousse chemin alors qu'une personnalité aussi atypique se présentait à elle. « Je suis étonnée. Je vous prenais pour une roturière. Enfin, j'imagine que je ne dois pas être la première à vous le dire. » Vu le tenue et le comportement qu'elle avait, il était même fort probable qu'elle soit traitée comme une moins que rien si elle se mettait à parler à une noble comme elle venait de le faire. « Vous cachez bien votre jeu. Je suis persuadée que cela ne vous dérange pas tant d'être considérée comme une roturière, n'est-ce pas ? » Son regard vert glissa sur le profil de la Nordienne. Après tout, elle avait raison : pouvoir se comporter comme une roturière sans se soucier du protocole et si un noble médisait sur vous, il suffisait de dégainer son titre pour chasser toute sanction. « Vu l'opinion que vous semblez avoir des nobles, je pense que c'est certainement la meilleure option pour vous promener sans être embêtée par les règles du protocole. » Lyessa n'avait pas particulièrement l'air d'être à cheval sur les bonnes manières, mais tout cela était tellement compliqué que Virginia ne pouvait pas réellement la considérer comme coupable.

     Cela dit, Lyessa marquait un point, sa maison n'était pas particulièrement bien vue des nobles du sud et ce n'était certainement pas prêt de changer. La jeune femme tourna brièvement la tête vers ses gardes, constatant qu'ils suivaient derrière en silence et docilement. Son attention se reporta sur la paludière. « Il est vrai que votre maison n'est pas très estimée, tout comme les maisons du Nord en général je dirais. Même si vous êtes des habitants de Westeros au même titre que nous, je sais que certains considèrent les Nordiens comme moins importants. » C'était aussi le cas pour les Dorniens d'ailleurs et ne parlons même pas des Fer-nés. Eux, de toute manière, s'isolaient d'eux-mêmes. « N'est-ce pas votre maison qui est impossible à trouver parce qu'elle flotte sur les marais ? J'imagine qu'en effet, il ne doit pas être aisé de porter une robe de valeur et de rester parfumée dans de telles conditions. » Une manière de lui faire comprendre qu'elle était tout à fait consciente que leurs origines jouaient beaucoup dans la femme qu'elles étaient à présent. Si Virginia était née dans le Neck, peut-être que les rôles seraient inversés à ce jour ? L'idée était amusante et très divertissante. Mais surtout improbable.
     Tournant la pomme offerte dans sa main, la Bieffoise continua sur le chemin de la franchise. « Je ne peux pas vous en vouloir de penser que les femmes du sud ne pensent toutes qu'à servir de mère à leurs enfants et de faire potiche pour leur époux. Mais j'espère ne pas me borner à ce rôle. » Son regard glissa à nouveau vers le visage de Lyessa après avoir regardé autour d'elle. « Je considère qu'une femme doit savoir se rendre utile à sa maison, pour ma part je le serais en offrant une bonne alliance par mon mariage, vous j'imagine que vous l'êtes davantage en tant que guerrière. Si ma maison était dans le même cas que la vôtre, j'aurais pris les armes si c'était ce que l'on attendait de moi. » Sa maison était plus importante que le reste à ses yeux, même l'avis des autres et son bonheur personnel. « Cela dit, ce n'est pas pour autant que je compte me borner au rôle de l'épouse passive, j'espère bien me rendre indispensable auprès de mon époux et lui prodiguer les meilleurs conseils qui soient. J'imagine que cela doit vous sembler bien insipide comme vie. » La vie d'épouse était plus rude que ce qu'on ne pouvait imaginer de l'avis de Virginia et elle était heureuse que ce que Clarence prévoyait pour elle était beaucoup plus agréable que pour bien des femmes. « Comment voyez-vous votre vie si ce n'est en tant qu'épouse ? Allez-vous combattre les Fer-nés ? » Le ton était... Étonné, c'était le mot. La Bieffoise imaginait mal une femme combattre, mais peut-être était-ce parce qu'elle n'en avait jamais vu ? Un dernier point était à éclairer. « Et comment dois-je vous appeler ? Lady Lyessa ? J'imagine que non. » Elle la première aurait été amusée de devoir donner du « lady » à une femme comme la demoiselle, mais elle le ferait sans difficultés si cette dernière le désirait. Sauf que quelque chose lui disait que ce ne serait pas le cas.
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Lyessa Reed
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Message Jeu 18 Oct 2012 - 19:36

    Même si le visage de lady Hightower se montrait aussi lisse qu’un masque de marbre, Lyessa se doutait que la nouvelle avait fait mouche - celle qu’elle prenait pour une simple voyageuse irrespectueuse était une lady tout comme elle. La Bieffoise l’avait écouté avec attention et son visage avait frémi de peu, et sûrement se trouvait-elle circonspecte devant le comportement de la Nordienne. Alors que lady Virginia aurait pu lui tourner le dos tandis que Lyessa avait voulu poursuivre sa route, elle n’en avait rien fait. Au contraire, elle l’avait suivi, la remerciant même furtivement pour la pomme qu’elle lui avait envoyée. Elle s’exprima finalement sur sa pensée, traduisant ainsi son étonnement. Roturière ? Tout le monde la considérait comme tel et ce n’était pas pour déplaire à la paludière – sauf lorsqu’on la traitait avec mépris et arrogance. Lorsqu’elle fit preuve de perspicacité sur le fait qu’elle aimait bien au final se faire passer pour une moins que rien, Lyessa lui sourit avant de rétorquer.

    « Tout à fait juste. Je profite allègrement de mon rang pour être comme je suis – pour faire abstraction des faux semblants. Mais au final, c’est presque un double jeu, j’vous l’accorde. » – Bien sûr, son rang n’empêchait pas à d’autres familles nobles du genre des Frey de lui casser mesquinement du sucre sur le dos mais elle pouvait se servir des mêmes armes qu’eux et surtout, elle ne leur devait rien. Elle n’en était jamais venue aux mains avec eux, mais ça ne saurait tarder si elle les croisait une fois de plus sur son chemin. Lady Hightower avoua que le comportement qu’elle avait adopté était sûrement le plus judicieux pour éviter toutes les règles conventionnelles habituelles. « Voyager ni vu ni connu est parfois la meilleure solution pour ne pas être ennuyée et ralentie. Mais vous êtes chanceuse, j’ai du temps à tuer aujourd’hui pour tailler un brin de causette. »

    Un sourire malicieux s’étira sur les lèvres de la Nordienne alors qu’elles continuaient toutes deux à marcher dans l’allée principale du marché. Miss Hightower acquiesça au fait que la maison Reed, tout comme les maisons du Nord, n’était pas très bien vue. Le Nord avait toujours été marginalisé par rapport au reste du Westeros – tout ça parce qu’ils avaient des préoccupations bien particulières. « L’hiver vient », comme disait la devise Stark. La proximité avec les îles de Fer n’avait jamais arrangé leurs affaires d’ailleurs. Dans les jeux de trône, le Nord n’avait pas une place aussi importante que les autres contrées – et pour sûr, ils avaient bien d’autres chats à fouetter. Quand lady Virginia demanda si sa maison était bien celle qui était impossible à localiser de par le fait qu’elle se trouvait dans les marais du Neck, Lyessa fit claquer sa langue contre son palais.

    « Oui, les marais du Neck sont très difficiles à aborder. Cet endroit est extrêmement dangereux mais nous avons réussi à nous l’approprier pour en faire notre avantage. Pour sûr que ça a moins d’charme que les Terres de la Couronne ou la région du Bief, mais nous y vivons bien. » – Lyessa aimait Fort-Griseaux, mais son goût pour l’aventure l’avait rapidement lassé de cette solitude à laquelle ils étaient livrés. La dame du Bief semblait partager son avis sur la question de l’origine. Leur éducation mutuelle avait été très différente et Lyessa avait été élevée avec un sens aigu de la survie. « Le problème du Nord est qu’il est isolé, et de par ce fait, pas même les Stark n’ont loisir de venir dans la capitale quand ils veulent pour faire jouer les relations. »

    Tout en continuant leur bout de chemin, étroitement surveillées par la garde personnelle de la Bieffoise, Virginia finit par expliquer qu’elle ne lui en voulait pas de considérer les nobles du sud comme des poules pondeuses et soumises à leurs maris. Lyessa fut étonnée d’apprendre que celle-ci n’était pas encore mariée – par ailleurs, elle semblait même posséder cette force de caractère et ce désir d’indépendance qui ne faisait pas encore d’elle une irrécupérable lady en bonne et due forme. Elle lui expliqua patiemment sa vision de la famille et du rôle qu’elle aurait à y tenir. Utile à la maison, permettant une bonne alliance avec une autre famille tandis que Lyessa, elle, avait décidé de prendre les armes.

    « Ce que l’on attendait de vous ? J’imagine que l’on fait toujours plus ou moins, même inconsciemment, ce que notre famille attend de nous. Mais moi, c’est surtout pour moi que j’en suis là aujourd’hui. Vous savez, ma famille ne sort que très rarement des marais du Neck. Mon père m’a toujours encouragé dans la voie que je souhaitais mais je leur ai aussi imposé ma manière de voir les choses. Et ils l’ont accepté. » – Lui confia-t-elle, se remémorant ses escapades de jeunesse. Pour lady Virginia, le désir d’être une bonne épouse, importante dans les décisions de la maison, semblait irrévocable. Lyessa pouvait le comprendre – le pire pour elle était d’être évincée des décisions, soumise et méprisée. En réfléchissant, la Nordienne voyait bien que son interlocutrice n’était pas de ce genre du tout. Elle haussa les épaules et croqua un autre morceau de pomme granate avant de la mâchouiller. Prenant soin de ne pas parler la bouche pleine, elle reprit :

    « P’têtre bien insipide pour une fille comme moi qui en a trop vu pour accepter de rester derrière les murs d’un château. Mais j’vous comprends… Un peu. Vous avez votre libre arbitre et quelque chose m’dit que vous ne serez pas le faire valoir de votre mari comme la plupart. » – Il fallait l’avouer, la Bieffoise semblait autoritaire. Celle-ci lui demanda d’ailleurs comment elle voyait sa vie si ce n’était pas pour faire des enfants. A l’évocation des Fer-Nés, Lyessa se raidit légèrement mais elle rit de bon cœur à la demande de son interlocutrice sur comment l’appeler. « Lyessa ça m’va. Je suis pas trop difficile vous savez. Ma vie, je la vois ainsi. A découvrir les contrées que je n’ai pu encore visiter – à rencontrer bon nombre de gens, même les nobles les moins insupportables. Et à revenir me soucier que tout s’passe bien dans le Neck. Je vais m’battre pour Fort-Griseaux et pour le Nord aussi, ce qui dit forcément que j’botte le cul des Fer-Nés. »

    Elle jeta le trognon de sa pomme au sol et essuya ses doigts sur ses frusques avant de s’incliner de nouveau vers lady Hightower.

    « Mais vous savez, les Fer-Nés, sont pas si différents d’moi. Les femmes se battent bien chez eux aussi. Ce que j’aime pas, c’est qu’ils volent et qu’ils prennent par la violence. Juste ça. Mais au final, on est tous que des bêtes nous battant becs et ongles pour défendre notre lopin de terre. »

    Tous des barbares et tous des sauvages dans le fond, même les plus hautains et orgueilleux des seigneurs que l’on peut trouver dans les Sept Couronnes.

    « Ce qui m’étonne, c’est que vous ne soyez pas encore mariée. J’en ai souvent rencontré qui à votre âge avait prés de quatre gosses. Vous attendez de trouver le seigneur qui conviendra le plus à votre parti ? » – Une vilaine curiosité, peut-être un brin mesquine mais qui intéressait sincèrement la farouche Nordienne.






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Message Ven 19 Oct 2012 - 12:33

     Virginia ne s'était pas fourvoyée en pensant que la Nordienne ne se plaignait pas particulièrement de ce côté « anonyme ». Il était vrai que la vie de roturier devait avoir certaines facilités, mais il apparaissait aussi certain qu'ils étaient les premiers touchés par les malheurs envoyés par les Sept, au final, chaque côté avait ses points positifs et négatifs. La Bieffoise assumait son rôle de noble dame depuis bien trop longtemps, elle n'aurait jamais pu imaginer opter pour le même mode de vie que sa comparse quelque peu sauvage. Encore une fois, l'éducation jouait un rôle important dans la personnalité d'un individu et leurs passés étaient bien trop différents pour qu'elles puissent se trouver des points d'entente. Cela dit, Lyessa semblait posséder un certain humour, le type que Virginia aimait bien, à savoir des paroles teintées d'une certaine ironie destinée à souligner ce qu'elle pensait de telle ou telle chose. La Bieffoise avait entendu dire que les Stark et leurs vassaux n'avaient pas d'humour, mais peut-être qu'il s'agissait encore d'une rumeur infondée ? Ou bien tout simplement, cette particularité ne s'appliquait qu'à quelques individus et des voyageurs médisants en avaient fait une généralité.
     En réponse aux questions de la noble, Lyessa lui confirma que sa maison était bien celle située dans les marais du Neck. Virginia la croyait sur parole lorsqu'elle parlait de danger, après tout, c'était bien dans cette partie de Westeros que les lézards lions vivaient, non ? Le Nord était une région bien particulière, hostile ne serait-ce que par son climat, les habitants des lieux devaient donc forcément s'adapter à l'endroit où ils vivaient. Une Bieffoise telle que la Hightower aurait été bien déstabilisée de s'exiler dans une telle région alors que son corps était plus habitué à la douceur du climat du Bief et surtout à l'absence de neige pour compliquer les déplacements. Chacun son mode de vie et il était tout à fait normal que l'une comme l'autre, trouve le mode de vie de chacune plutôt étrange.

     Poursuivant sur le sujet du devoir que chacun devait à sa maison, Lyessa expliqua que sa famille quittait rarement les marais et qu'elle avait elle-même décidé de ce qu'elle désirait, même si son père avait été en accord avec ses choix. Cela ne surprenait pas vraiment Virginia, la Nordienne, malgré son physique plutôt « délicat », devait en imposer plus que certains gardes qui côtoyaient la Bieffoise. Cette dernière aimait les personnes - surtout les femmes - qui possédaient un caractère fort et ce fut donc avec plaisir qu'elle accueillit les paroles de la jeune femme concernant le fait qu'elle ne serait pas une épouse potiche. C'était un bon compliment venant d'une femme comme Lyessa, à comprendre une qui ne deviendrait sans doute jamais l'épouse d'un homme. Virginia triturait toujours sa pomme, concentrée sur les mots de son interlocutrice qui abordait alors l'épineux sujet des Fer-nés avant de se renseigner sur le fait que la Bieffoise fut encore célibataire. Il était vrai que cela avait de quoi surprendre vu l'âge plutôt avancé de Virginia, mais une fois que l'on connaissait les raisons de cette attente, tout apparaissait évident. Elle-même n'avait pas particulièrement hâte d'être mariée, même si depuis qu'elle était enfant son éducation avait été centrée sur le fait de devenir épouse puis mère, c'était avec calme qu'elle patientait. Un mariage l'éloignerait de sa maison et de sa famille, sachant qu'elle était liée de manière plutôt poussée avec le reste de sa fratrie, Virginia voyait quelques points sombres, obscurcir le tableau. Bien évidemment, elle n'en fera jamais état avec son mari et garderait ce point pour elle. La jeune femme n'était pas une personne particulièrement bavarde et préférait passer sous silence les pensées les plus personnelles qu'elle avait en tête. Comme une bonne noble dame.

     Pas vexée ou gênée pour deux sous, la jeune femme répondit alors. « Il est vrai que je suis âgée, presque dépassée de l'avis de certains. En réalité, je n'ai jamais désiré mettre mon nez dans les affaires de mariage. » Cela pouvait avoir l'air bien étrange, mais quelqu'un qui connaissait Clarence comprendre aussi. « Mon frère aîné est à la tête de notre maison, il est la personne en qui j'ai le plus confiance et nous sommes très proches. Je lui laisse donc le soin de trouver l'époux qui me conviendrait et je sais qu'il ne me confiera pas à un homme en qui il n'a pas lui-même confiance. » Lorsqu'une personne qui vous était chère appréciait un autre individu, c'était presque obligatoire que vous aussi vous vous entendiez bien avec lui. « Il est en discussion avec un seigneur de sa connaissance, mais je ne m'en mêle pas personnellement pour le moment. Et de toute manière, avec la guerre mon frère a bien plus à faire que de s'occuper de mariage, je peux bien attendre encore quelques temps. » Le rôle de Grand Argentier prenait beaucoup de temps à Clarence, mais il ne négligeait pas ses sœurs pour autant cela dit. Malgré tout, Virginia gardait les négociations de son mariage sous silence, comme son frère le lui avait fait savoir, beaucoup n'hésiteraient pas à médire à ce propos vu le seigneur avec qui il s'entretenait. « Ma famille est très nombreuse, j'ai encore des frères et sœurs célibataires, il va nous falloir quelques temps pour pouvoir régulariser tout cela. » Un léger sourire éclaira les lèvres de la jeune femme, furtif et poli. Elle souriait rarement, non parce qu'elle n'en avait pas envie, mais tout simplement parce que ce n'était pas dans ses habitudes. Virginia aimait pouvoir rester indescriptible.

     Les réponses de la Bieffoise montraient qu'elle n'était pas dérangée par la curiosité – plutôt amusante en réalité – de la Nordienne. Un point soulevé par cette dernière avait d'ailleurs interpellé Virginia qui ne se priva pas de l'aborder à nouveau. « Concernant les Fer-nés, je dirais qu'ils sont très différents de vous et des Nordiens en général. Ils me font davantage penser à des charognards qu'à des fiers guerriers ! Ils volent ce qu'ils ne savent – ou peuvent – faire eux-mêmes, ils dépendent de ceux qu'ils considèrent leur être inférieurs, je trouve cela plutôt risible pour être sincère. » Le ton était rude, mais aucunement hostile, Virginia ne laissait pas parler sa haine à leur égard, sentiment développé au fil des multiples attaques dirigées contre sa région d'origine. « Je ne connais pas beaucoup de Nordiens comme je l'ai déjà dit, mais vous m'apparaissez comme un peuple fier de ses origines, la preuve étant que votre région s'isole du reste de Westeros et parvient sans difficultés à survivre. Croyez-vous que sans leurs pillages les Fer-nés seraient capables de vivre une année entière ? » Secouant légèrement la tête, Virginia glissa son regard sur les étals autour d'eux, regardant ce qui s'y présentait et notant que la marchandise était vraiment pauvre comparée à celle que l'on voyait en temps normal. Les pillages et la sécheresse avaient fait beaucoup de mal. « En réalité, les Fer-nés me laissent pantoise. Je n'arrive pas à comprendre les raisons de cette guerre, ils savent qu'ils ne peuvent dominer Westeros, à quoi bon attaquer s'ils ne peuvent que subir le courroux du Roi une fois que celui-ci sera lassé de leurs pillages ? » Une femme pragmatique et réfléchie comme Virginia ne faisait rien sans raison valable et après avoir calculé avec attention les risques et les résultats escomptés. Peut-être qu'une femme plus prompte à agir comme Lyessa saurait lui répondre ? « Les nobles avec qui j'ai parlé de ce point n'ont jamais su me répondre. Mais peut-être que votre vie passée et votre expérience du combat le pourront ? » Le ton n'était pas moqueur, elle était réellement intéressée par la réponse que la jeune femme pouvait lui fournir. Le fait qu'elles soient deux femmes ne signifiait pas qu'elles ne pouvaient pas parler guerre et combats.
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Lyessa Reed
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Message Mar 23 Oct 2012 - 9:30

    Miss Hightower aurait très bien pu mal prendre la remarque de Lyessa Reed au sujet de son mariage pas encore en route mais ce ne fut pas le cas. Pour la Nordienne, ces alliances de familles imposées par les mariages soulevaient en elle bon nombre de grimaces désapprobatrices. Heureusement, ses parents n’avaient jamais tenté de la marier de force même si sa mère avait été amenée à lui parler du bien fondé d’une famille à créer. Lady Reed attendait donc patiemment que son interlocutrice lui parle un peu plus de ce trait de la vie du sud du Westeros et elle fut ravie lorsque Virginia délia sa langue. Elle avoua qu’elle était peut-être un peu âgée vis-à-vis de la norme mais qu’elle ne désirait pas s’occuper elle-même des affaires de mariage. Elle parla alors de son frère, dont Lyessa était incapable de se rappeler le nom mais qui était à la tête de la maison et à qui elle avait remis la tâche de lui trouver un fier parti. La Nordienne hocha la tête, une petite moue pensive tordant ses lèvres en quelque chose de boudeur. La famille était importante au sud aussi, et c’était bien là la seule chose qu’elles avaient réellement en commun. Lyessa avait du mal à imaginer son frère aîné lui dégotter un époux – elle serait vraiment trop tentée de tout saboter juste pour lui voler le plaisir. Mais de toute manière, Jokah serait incapable de lui imposer quoi que ce soit, même si elle avait confiance en lui. La noble dame évoqua alors un homme, bon parti que son frère avait en vue et Lyessa se sentit piquée de curiosité mais ne formula aucune question à cet égard. Elle avait raison sur un point – la situation de guerre n’allait pas pour améliorer les familles des Sept Couronnes. Comment espérer fonder une famille et faire grandir des enfants dans cette angoisse perpétuelle ? Pour ce qui était de Lyessa, même si elle ne se voyait pas porter fils ou fille en elle, c’était surtout de par le fait qu’il ne serait pas aisé pour elle de rester alitée à Fort-Griseaux, craignant une nouvelle razzia des Fers-Nés dans les parages. Ce n’était pas la vie qu’elle voulait offrir à ses gosses, pour sûr.

    « Les mariages, c’est une vraie histoire de famille et de politique de par chez vous. J’suis bien contente de ne pas perdre mon temps avec ça. Mais vous avez d’la jugeote, pour réfléchir à deux fois avant d’faire des gosses dans une situation de guerre. C’est pas drôle d’avoir à tuer son sang pour les protéger des envahisseurs. J’souhaite que ça n’vous arrive pas. » – Lyessa avait souvent entendu parler de cette alternative à laquelle avait ployé bon nombre de femmes des Sept Couronnes pour se sauver elle et leur marmaille des mauvais traitements.

    Lady Reed était étonnée de voir à quel point Hightower était encline à se confier sur sa personne – elle qui semblait d’un naturel si froid et distant. Mais il fallait croire que la langue aiguisée de la Nordienne ne la dérangeait guère, et c’était plutôt plaisant pour cette dernière. La noble et gracieuse dame émit alors son avis au sujet des Fers-Nés et Reed l’écouta avec plus d’attention encore, trouvant les mots de la noble bien choisis pour décrire le peuple en marge qu’ils représentaient. Pour quelqu’un qui vivait bien à l’abri derrière les épaisses fortifications de son château et loin dans le sud, miss Hightower voyait bien juste au sujet des Fers-Nés. Lyessa adressa un sourire à son interlocutrice et l’écouta jusqu’au bout dans son discours. Le petit compliment que glissa la Bieffoise au sujet des Nordiens, de la fierté de leurs origines fut accueilli par Lyessa d’un regard malicieux. Il était vrai que les Fers-Nés n’étaient que des vautours, incapables de survivre par eux-mêmes – chose totalement honteuse pour les Paludiers, le peuple de Lyessa qui vivait très bien en autarcie. La Nordienne n’avait jamais compris pourquoi les Fers-Nés avaient cette façon de faire. La violence de leurs actes et de leurs pillages les rendaient sûrement moins pathétiques mais en y réfléchissant, Virginia avait vu juste à leur sujet. Sans le reste des Sept Couronnes, les Fers-Nés auraient eu vite fait de disparaitre ou d’apprendre à survivre par eux-mêmes. La situation de ce peuple barbare semblait faire naître beaucoup d’interrogations et d’incompréhension chez la Bieffoise et Lyessa était enchantée de pouvoir partager son point de vue à leur sujet. La curiosité était une qualité que l’effarouchée aimait chez les autres et pour une noble dame remplie de bienséances, Virginia ne faisait guère exception. Lyessa réfléchit à la meilleure manière de partager ses pensées et tenta de les formuler au mieux.

    « Les Iles de Fer n’doivent pas être un coin amenant à prospérer. Pour sûr que c’est aussi rude que l’Nord d’y vivre. Mais nous, dans notre marais, on s’en est très bien sortis – trouvant l’alternative à ne pas pouvoir cultiver quoi que ce soit. J’pense que les Fers-Nés sont des fainéants et la seule chose à la limite qui les rapproche de mon peuple, c’est le fait d’avoir des certitudes. Mais eux, ils se croient uniques avec leur dieu noyé et leurs raids. Un peuple orgueilleux, voilà ce qu’ils sont. Alors pourquoi se dresser contre les Sept Couronnes ? De l’inconscience ou p’têtre bien une fierté bien trop salée. Ces gens-là ne se rendront pas – ils soumettent mais préfèreront cracher au visage de notre Roi plutôt que de s’agenouiller devant lui. » – En un point, Lyessa se reconnaissait dans ce caractère impulsif et impudent. Elle se montrerait aussi farouche à l’égard d’un Fer-Né qui tenterait de la soumettre. Se battre jusqu’au bout quitte à mourir. « On m’a toujours dit, n’fais jamais aux autres ce que tu ne voudrais pas qu’on te fasse. Mais eux, l’ont pas eu cette éducation là. Quand j’vois que les femmes Fer-Nées se battent fièrement auprès des hommes, acceptant de voir qu’ils enlèvent femmes du continent pour les soumettre. C’est ça qui m’intrigue moi – comment les femmes peuvent être considérées comme des guerrières de par chez eux alors qu’ils traitent celles du continent comme des chiennes enchaînées ? Un peuple fier. Qui s’croit différent – voilà ce qu’ils sont. »

    La condition de la femme avait toujours touché Lyessa – si elle, avait été élevée comme une guerrière dont on respectait l’opinion et dont le sang noble avait toujours permis de se faire entendre, elle supportait difficilement de voir la soumission chez les personnes de son sexe. Et pourtant, c’était le cas dans toutes les Sept Couronnes, exceptés dans les coins comme le Neck. L’injustice l’avait poussé à prendre les armes et à se comporter comme homme pour pouvoir se mesurer à eux sans craindre la soumission assurée.

    « Vous vous intéressez aux histoires de guerre lady Hightower ? P’têtre bien que vous vous serez bien débrouillée une arme en main. » – Un nouveau sourire étira ses lèvres avant qu’elle ne jette un regard à la garde personnelle de Virgina qui la suivait toujours sans broncher. « J’attends le moment où les Sept Couronnes s’écrasera sur les côtes Fer-Nées avec impatience. Ce jour là, j’serai là pour venger tous les morts causés par ces vautours. Pour libérer femmes et enfants qui seront encore sous leur joug. »

    La détermination perçait dans la voix de Lyessa et elle serra même son poing à s’en faire blêmir les phalanges à l’évocation de cet évènement qu’elle espérait proche. Elle ne rêvait que ce moment, rebouter l’oppresseur. Beaucoup de paludiers étaient morts, isolés dans les marais lorsque les Fer-Nés avaient tenté de trouver Fort-Griseaux dans le Neck. Beaucoup d’entre eux aussi avaient péri mais c’était une mince victoire au goût de Lyessa. Elle se rappelait encore du dernier affrontement où elle avait repoussé avec bon nombre de fiers guerriers l’avancée des Fer-Nés dans les terres. Qu’ils périssent tous sur le fil de sa lame, ceux qui auraient envie de s’en prendre aux paludiers.






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Message Mer 24 Oct 2012 - 13:05

     Les affaires de mariage étaient effectivement une chose importante, mais Virginia n'était pas vraiment persuadée que cela n'était le cas que dans le sud. Les Nordiens devaient bien avoir des alliances à faire après tout, non ? Peut-être qu'ils avaient plus tendance à réserver une seule fille pour remplir ce « devoir » en gardant les autres pour en faire de féroces guerrières ? Les connaissances de la Bieffoise étaient trop pauvres dans ce domaine, elle ne pouvait que spéculer et croire sur parole la jeune femme avec qui elle discutait. Il était aisé de croire Lyessa lorsqu'elle parlait d'être heureuse d'y échapper. Il semblait fort peu probable qu'un homme puisse avoir envie de prendre pour femme, une jeune femme plus capable de se battre que lui. À moins que les habitants du Nord n'aiment davantage les femmes de caractère que le reste de Westeros – Dorniens et Fer-nés exceptés bien entendu – c'était une possibilité comme une autre. La raison de son mariage tardif découlait aussi du fait que le futur époux de Virginia était directement mêlé au combat contre les Fer-nés et que, de part son rôle, le seigneur de La Treille avait d'autres choses à l'esprit que de se marier.

     Les paroles de la noble du Bief concernant la région d'origine de Lyessa, n'étaient pas destinées à flatter sa comparse, mais simplement à exprimer ses pensées. Virginia était habituée à ne pas être appréciée – principalement en raison de son côté très froid – elle ne portait donc que très peu d’importance à l'idée de quitter la Nordienne tout en sachant que celle-ci l'appréciait. Un simple mot pouvait bien faire pencher la balance du mauvais côté avec une femme aussi vivace que Lyessa de surcroît.
     Quoi qu'il en soit, la Nordienne avança plusieurs explications pour justifier le fait que les Fer-nés agissaient de la sorte, qu'ils attaquaient les côtes de Westeros tout en sachant très bien qu'ils étaient condamnés à perdre. Au fond, elle devait certainement avoir raison, ces individus devaient simplement vouloir pouvoir piller, voler et tuer tout leur saoul sans songer aux conséquences. Pour une femme aussi pragmatique que Virginia, c'était incompréhensible, mais certains étaient plus sanguins qu'elle. Beaucoup de monde pour être plus exact. Regardant devant elle, la Bieffoise hochait la tête comme si les explications de son homologue lui fournissaient enfin des réponses plus détaillées que celles qu'elle entendait habituellement. Son attention ne se reporta sur Lyessa que lorsque cette dernière lui fit savoir qu'elle aurait peut-être pu se débrouiller avec une arme à la main. L'idée était amusante et pour la première fois depuis le début de la discussion, la jeune femme sourit réellement. « Je préfère laisser les armes aux personnes plus compétentes que moi. Je sais reconnaître mes faiblesses et je doute que j'aurais été capable de me battre aussi bien que d'autres. » Il y avait toujours meilleur que soi, mais Virginia aimait exceller dans ce qu'elle faisait. Les femmes étaient tellement soumises au regard des hommes qu'il ne fallait pas leur laisser l'occasion de pouvoir souligner une faiblesse. C'était pour cette raison que la Bieffoise faisait son possible pour corriger les erreurs de ses sœurs.

     Lyessa avait parlé avec une détermination qui prouvait que son désir de combattre n'était pas uniquement dans le but d'être bravache face aux hommes, mais bel et bien qu'elle désirait aider les siens. « Les Fer-nés comprendront assez tôt quelle erreur cela a été de vouloir se rebeller face à la couronne. Je suis la première à trouver le temps long, mais le retour n'en sera que plus rude. La vengeance est un plat qui se mange froid, qui mieux qu'une Nordienne pourra le leur faire savoir ? » Elle n'était pas particulièrement adepte de la vengeance, mais la jeune femme éprouvait une forte hostilité à l'égard de ces individus qui pillaient et tuaient sur les rivages du Bief, puis au-delà depuis de longs mois. « Ainsi donc vous comptez prendre part à l'attaque contre les Fer-nés ? Il est bon de savoir qu'il n'y aura pas que des hommes pour leur faire regretter leurs méfaits. » Comme Lyessa l'avait dit, les Fer-nés considéraient les femmes du continent comme de simples animaux bons à être enlevés. Elle avait entendu parler du sort qu'il leur réservait bien évidemment, certaines sacrifiées et certaines gardées comme de simples esclaves. Au fond, la mort était certainement préférable dans certains cas. Les hommes qui prendraient les Iles de Fer d'assaut ne seraient pas forcément aussi compréhensif que des femmes, la présence de Lyessa et d'autres combattantes, pourrait être bénéfique.

     Le sujet était sombre et épineux, mais il faisait partie du quotidien de tous les habitants de Westeros. « Je m'intéresse aux malheurs de Westeros, j'espère bien pouvoir être d'une aide quelconque dans l'effort de guerre et comme vous l'avez compris, ce n'est pas une épée à la main que je le pourrais. L'on m'a toujours dit que les femmes avaient un talent pour les rumeurs, alors je me disais que certaines pourraient peut-être se révéler utiles. » Elle avait à nouveau adopté son expression neutre, mais pourtant la discussion l'intéressait vraiment. « Comme vous le savez, les femmes sont souvent sous-estimées, alors il est déjà plus aisé pour moi d'obtenir des informations que pour un soldat d'une autre maison. » Même pendant la guerre les disputes entre maisons pouvaient être présentes. L'hostilité de certaines familles nobles – comme de Dorne par exemple – envers le reste de Westeros, pouvait se révéler dangereuse pour la survie de nombreuses personnes. Une femme jugée comme simple godiche pouvait glaner des informations sans en avoir l'air et ainsi faire le lien manquant. Bien évidemment, ce n'était pas vraiment à Port-Réal qu'elle pourrait aider, mais il fallait faire avec ce qu'elle avait à portée de main. Son aide serait moins utile que celle de Lyessa si elle allait directement au combat, mais en période de guerre, toute aide était bonne à prendre.

     Le marché était vaste et il n'y avait pas grand-chose d'intéressant, du moins pour une noble dame qui ne partait pas à l'aventure, cela n'empêchait pourtant pas Virginia de promener son regard autour d'elle. Après un bref moment de silence, elle se concentra à nouveau sur Lyessa. « Je crois que vous dites vrai lorsque vous émettez l'idée que les Fer-nés puissent préférer mourir que de se rendre. J'avoue ne pas comprendre ce mode de fonctionnement, mais je ne suis pas une personne passionnée comme vous semblez l'être. » Ce n'était pas une critique, plus une manière de souligner le fait qu'elle n'était pas taillée dans le même bois que les combattants, elle était plutôt du genre à longuement réfléchir et peser chaque choix avant d'opter pour un précis. « Beaucoup me disent qu'il est inutile de chercher à comprendre les Fer-nés du moment qu'ils sont remis à leur place, mais je pense que si nous souhaitons éviter une nouvelle guerre à l'avenir, il serait bon de comprendre la cause de celle-ci. » Même si le plus urgent était de stopper les raids et les tueries, si c'était pour risquer de voir ces événements se reproduire d'ici une vingtaine d'années, mieux valait prendre le temps d'analyser encore leurs raisons. Certes, beaucoup mouraient encore d'ici là et les paroles de Virginia pouvaient avoir l'air froides, pour ne pas dire dénuées de sentiments, mais elle voyait sur le long terme. Contrairement au Fer-nés. « Ils me font l'effet de jeunes chiots qui s'emportent, ou plutôt de jeunes loups vu les dégâts qu'ils font. Je n'arrive pas à cerner de logique dans leur comportement, mais au fond c'est peut-être parce qu'il n'y en a pas comme vous le dites. » Une légère moue s'afficha sur le visage de la demoiselle tandis que ses pensées cheminaient doucement dans son esprit. « J'avais toujours imaginé qu'ils puissent être un peu comme les Dorniens, incompris et craints pour cette raison, mais au fond je me demande s'ils ne sont pas tout simplement dangereux, un peu comme les sauvageons. » Le regard vert de la demoiselle s'attarda sur un étal. « Est-ce que vous en avez déjà croisé ? Ils ne descendent pas jusqu'au Neck je crois... » Elle parlait bien évidemment des sauvageons. « Avez-vous déjà combattu ? Connu les batailles où votre vie peut être volée à chaque instant ? Ce doit être un sentiment étrange que de se dire que l'on peut mourir aussi brutalement. N'avez-vous pas de regrets Lyessa ? » Une question bien étrange au final, mais que tout humain devait se poser un jour ou l'autre.
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Lyessa Reed
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Message Ven 26 Oct 2012 - 9:48

    Lady Hightower semblait amusée lorsque la Nordienne lui glissa qu’elle aurait sûrement pu être une bonne combattante, si elle avait eu arme en main plutôt qu’affaires de femme. L’éducation forgeait l’adulte, et même si Lyessa considérait qu’il n’était pas trop tard pour se refaire, elle imaginait que lady Virginia Hightower ne lâcherait pas cette affaire de mariage. Les deux jeunes femmes étaient différentes, mais elles arrivaient tout de même à partager leurs idées et à s’apprendre mutuellement ce qui leur faisait défaut sur chacune de leur région. Le sujet épineux des Fer-nés intéressait Lyessa, surtout du fait que dans le sud, la vision qu’on avait d’eux était souvent déformée. Mais lady Hightower semblait avoir parfaitement conscience du problème qu’ils posaient et de leurs pratiques. Elle aussi, souhaitait qu’ils aient ce qu’ils méritent. Si Lyessa était quelqu’un d’impulsif, elle comprenait parfaitement l’adage « la vengeance est un plat qui se mange froid » même si elle préférait amplement leur rentrer dans le lard sans attendre. La Nordienne adressa un demi-sourire à son interlocutrice. Quand Virginia lui demanda si elle comptait prendre place à la guerre contre les Fer-nés, Lyessa hocha du chef, une nouvelle lueur tenace dans son regard sombre.

    « Pour sûr que j’y serais ! Et je compte bien leur mener la vie dure. Les femmes qui s’battent ne sont pas si rares que ça dans l’Nord. Mais croyez-moi quand j’vous dis qu’elles sont pires que les hommes pour rendre la monnaie d’la pièce. » – Une étincelle de fierté passa brièvement dans le regard de la Nordienne. Oui, que ce soit dans le Neck, vers Winterfell, ou l’Ile-aux-Ours, les femmes y étaient redoutables. Mais les Fer-nées aussi, semblaient l’être.

    Virginia exprima son désir de se rendre utile d’une manière ou d’une autre durant cette guerre. Si ses armes n’étaient pas faites d’acier ni de bois, au contraire, sa langue et son comportement de dame comptaient manifestement beaucoup. D’ailleurs, Lyessa fut surprise d’apprendre que l’on pouvait être relativement efficace en jouant de sa condition de femme, ou plutôt de greluche. Lyessa en avait vaguement entendu parler. Ça allait de paire avec la considération des femmes dans le coin, qui n’ont pas à prendre part aux guerres et qui ne sont bonnes qu’à jacasser quand on leur donne droit et à mettre bas quand il le faut. C’est certain que dans ces conditions là, même les ladies auraient trouvé de quoi briser la monotonie ennuyeuse de leur vie. Lyessa se serait sentie incapable de jouer à ce jeu là. Etre mesquine et faire courir des rumeurs – sa franchise et son manque de détours aurait sûrement ruiné son affaire. La jeune femme pensait que Virginia était sûrement une des rares femmes du coin à tenter quoi que ce soit de par ses maigres moyens pour aider. Elle s’abstint néanmoins de faire le moindre commentaire.

    Après un moment de court silence où les deux jeunes femmes marchaient tout en observant les étals du marché, Virginia reprit la parole, revenant sur les Fer-nés et leur motivation. La Bieffoise avait l’air perplexe et s’exprima sur le fait qu’elle ne comprenne pas comment on pouvait préférer mourir que de se rendre. Lyessa accordait que c’était quelque chose d’illogique et d’impulsif – une question de fierté ? Elle l’ignorait. Un peu d’inconscience sûrement aussi, mais qu’il ne fallait guère montrer ainsi. Le refus à la soumission lui battait les veines autant qu’à ceux qu’elle haïssait tant. Mais au final, il lui était rarement arrivé de se trouver en situation vraiment fâcheuse. Si elle devait faire le choix entre obéir ou mourir, s’entêterait-t-elle dans la seconde ? Virginia tentait manifestement de comprendre le fondement de cette guerre. Lyessa afficha une moue dubitative. Pour elle, c’était sûr que les Fer-nés ne voulaient pas se soumettre à autre autorité que la leur. Rendre des comptes à un Roi – qui n’avait rien d’un Fer-né – devait leur sembler impensable. Mais il est vrai qu’elle n’avait jamais eu l’occasion de discuter de ça avec l’un d’eux – il faut dire qu’ils avaient beaucoup à faire, l’épée à la main.

    « Non pas d’logique. Vous savez, j’suis un peu comme ça je l’avoue. Impulsive, et je réfléchis rarement beaucoup lorsque je suis dans le combat. » – Elle haussa les épaules, comme si son trait de caractère ne lui avait jamais vraiment posé problème. Lorsque Virginia évoqua les sauvageons, Lyessa plissa les yeux avec malice. C’était drôle pour elle de voir ô combien sa région natale intriguait, malgré le fait qu’on la craignait aussi. Elle en avait bien croisé trois lorsqu’elle remontait délivrer un message à Winterfell. Hirsutes et barbares. « Rien qu’une fois mais j’étais bien plus au Nord. Au début, je n’étais pas sûre que ça en soit. C’est surtout les fourrures, différentes d’ici qui m’a plus fait douter. A votre avis, s’ils aiment tant que ça l’autre côté du Mur et le fait d’être libre, pourquoi ils en viennent à s’enfermer dans nos terres ? »

    Lyessa se posait beaucoup de questions au sujet de ce peuple parce que justement, on disait beaucoup à leur sujet, sans réellement les connaître ou les rencontrer. Les Dorniens, que mentionnait à plusieurs reprises lady Hightower, ne cessaient de piquer sa curiosité. Lyessa n’avait jamais été aussi loin dans le sud mais elle trépignait d’impatience de les rencontrer.

    « Avez-vous déjà rencontré des Dorniens ? Comment sont-ils ? » – S’enquit-elle avant de répondre à la question précédente de la jeune femme au sujet de son parcours de guerre. « J’ai déjà repoussé quelques attaques de Fer-nés mais je n’ai encore jamais eu l’occasion de me joindre à une bataille de grosse envergure. J’attends ça un peu comme si c’était mon premier fait d’armes vous voyez. Je n’ai pas peur de la mort même si je sais qu’elle peut m’faucher à chaque instant. Il ne faut pas y penser, surtout sur le moment. La seule chose à avoir en tête, c’est la survie. Des regrets ? Pour le moment non, j’ne suis pas prête de mourir. Mais j’aimerais beaucoup aller plus au sud et rencontrer ces fameux Dorniens et voir leur région. A côté de ça, j’aimerais que mes frères m’accompagnent. C’est en ayant vue sur l’extérieur qu’on s’forge ruse et expérience.»

    Un mince sourire étira les lèvres de la Nordienne. C’était paradoxal mais ses frères lui manquaient beaucoup lorsqu’elle partait en voyage.

    « Et vous, vous avez jamais eu l’envie d’quitter toute cette vie de courbettes et de comportement irréprochable pour partir à l’aventure ? » – Elle détailla lady Hightower d’un air amusé avant de se remettre en marche.







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Message Ven 26 Oct 2012 - 16:23

     L'amusement pointa le bout de son nez lorsque Lyessa répondit avec vigueur pour faire savoir à son interlocutrice qu'elle comptait bel et bien se battre contre les Fer-nés. Virginia ne doutait pas une seule seconde du fait que la Nordienne pourrait être une sacrée épine dans le pied de ces pirates, ils n'auraient que ce qu'ils méritaient ! Peut-être que cela permettrait aussi à ces barbares de constater que les continentaux comme ils appelaient les habitants du reste de Westeros, n'étaient pas sans défense. Surtout les femmes. La Bieffoise ne s'était jamais vraiment intéressé à cette peuplade, elle avait toutefois beaucoup de facilités à imaginer que les Fer-nés traitaient les femmes comme des hommes. Si elles étaient aussi promptes à l'emportement que la gente masculine, il était certainement préférable d'éviter de se frotter à elles. Mais au fond, ils étaient tous dans le même sac. Si Virginia respectait les femmes qui savaient s'imposer et se faire accepter par les hommes, elle méprisait les femmes qui oubliaient l'essentiel : qu'elles restaient des femmes. Lyessa avait un petit « quelque chose » qui ne laissait pas de doute à ce sujet, mais concernant les Fer-nées, c'était apparemment beaucoup moins le cas. Cela dit entre les récits que l'on racontait sur ces créatures des Iles de Fer et entre la vérité, il y avait bien souvent une grosse marge.
     D'un hochement de la tête, Virginia concéda sans hésiter ce que Lyessa disait à propos des femmes du Nord. C'était un peu le cas partout d'ailleurs, les femmes de caractère étaient bien souvent très rancunières. La Bieffoise elle-même pourrait se montrer particulièrement pointilleuse et acharnée dans sa quête de vengeance si elle avait besoin de faire payer quelque chose à quelqu'un. « Je n'en doute pas, les femmes sont toujours plus passionnées que les hommes. » Plutôt étrange d'entendre ces paroles venant d'une femme comme la noble, celle-ci ne semblait pas particulièrement passionnée et pourtant, elle aussi avait des intérêts qui la captivaient, bien qu'ils étaient très éloignés de ceux de Lyessa.

     Comme la discussion glissait vers le sujet de la logique des Fer-nés, Lyessa avoua à son homologue qu'elle-même était très impulsive et ne réfléchissait pas forcément. Dans un combat, ce devait être logique après tout. La réflexion demandait un certain temps et lorsque votre vie dépendait de votre vivacité à réagir aux coups portés sur votre personne, vous n'alliez pas prendre la peine d'analyser les mouvements de votre adversaire. Après, ce n'était que pure spéculation, Virginia n'avait jamais connu – et ne connaîtrait jamais – l'ambiance propre à un combat rapproché. Suite à cela, la Nordienne expliqua à la Bieffoise qu'elle avait bien rencontré des sauvageons, mais qu'elle n'en avait pas été sûre sur le coup. La jeune femme avait entendu dire que tous les habitants d'au-delà du Mur possédait une chevelure flamboyante, mais c'était certainement des « on-dit » au même titre que ceux qui disaient que tous les Dorniens avaient des mœurs libérées. Suite à la question de son homologue, la noble haussa légèrement les épaules. « Peut-être que certains souhaitent une vie plus paisible, même si cela signifie qu'ils doivent en partie sacrifier leur liberté ? Ou peut-être qu'ils désirent simplement voler quelques ressources avant de rentrer chez eux. » Une légère moue s'afficha sur son visage tandis qu'elle réfléchissait. « Je ne connais pas suffisamment de sauvageons pour vous offrir une réponse exacte, les spéculations ne sont pas ma spécialité malheureusement. » C'était le moins que l'on puisse dire ! La jeune femme n'aimait pas offrir de réponse qui n'était pas totalement véridique. Habituée à côtoyer des personnes intelligentes – après tout Villevieille était réputée pour la citadelle – elle avait pris l'habitude de toujours être certaine de ce qu'elle allait dire. Encore un signe évident de son manque d'impulsivité ou même d'imagination.

     La curiosité de la Nordienne se manifesta une fois de plus alors qu'elle se renseignait sur les habitants de Dorne, avant de répondre à l'interrogation de Virginia concernant son expérience au combat. Elle expliqua ne pas craindre la mort et avoir déjà connu quelques escarmouches, mais qui ne pouvaient être qualifiées de véritables batailles. Pas de quoi surprendre sachant que Westeros avait été relativement en paix avant que les Fer-nés ne décident de se rebeller. Lyessa avait l'air d'être encore jeune, elle ne devait pas avoir connu les anciennes oppositions qui pouvaient déclencher de féroces combats. Après avoir affiché un sourire, la jeune femme posa une question pour le moins inattendue à la Bieffoise et cette dernière n'hésita pas une seule seconde avant de répondre. « Non, jamais. Déjà parce que je me suis toujours sentie dans mon élément dans cette vie et ensuite parce que je n'ai toujours connu que cela. J'ai été élevée pour devenir une dame, une bonne épouse afin de tisser des alliances entre ma maison d'origine et ma future famille. » Cela ne la dérangeait aucunement, elle pensait exceller dans ce rôle et l'idée de pouvoir servir les intérêts de Clarence la rendait très fière. « Je n'ai jamais voyagé, j'ai mes habitudes chez moi et j'aime avoir ma famille à mes côtés. Je n'ai aucune raison de vouloir laisser quelque chose que je sais aimer, pour prendre le risque de ne trouver que déception sur la route. » La logique refaisait surface, peser le pour et le contre, savoir ce qui était le mieux pour tout le monde. De toute manière, Virginia n'était pas une rêveuse, elle aimait les choses précises et partir à l'aventure était beaucoup trop chaotique. « De plus, je ne suis pas très chaleureuse et je doute que mon caractère puisse me faciliter la vie sur les routes. » Elle était consciente de ne pas être quelqu'un de très amical et l'assumait complètement. Lyessa sous ses airs de femme dure devait être amicale avec les roturiers et tous les individus qui ne se conduisaient pas comme des nobles trop bouffis d'arrogance.

     Elle n'avait pas oublié la question de la jeune femme à propos des Dorniens et répondit donc. « Concernant les Dorniens, j'en connais quelques-uns. En vérité ma plus précieuse amie est issue de la maison Forrest à La-Tombe-du-Roy, plutôt ironique lorsqu'on connaît la réputation de leur maison. » Elle faisait référence au fait que ce serait là-bas que le Roi du Bief qui avait dominé Dorne pendant quelques temps, aurait été assassiné. Il était vrai que les Bieffois n'étaient pas franchement les amis des Dorniens, mais cela n'importait pas aux yeux de Virginia qui ne choisissait pas ses amis en fonction de leur origine géographique. « Je considère les Dorniens comme un peuple fier et très exotique. Je ne vais pas vous parler des différences vestimentaires, je doute qu'elles vous intéressent, mais ils ont une grande estime pour les femmes. D'ailleurs l'amie dont je vous parlais est héritière de sa maison, là-bas le sexe n'importe pas, seul l'ordre des naissances à de l'importance pour l'héritage. » Elle glissa ses yeux vers Lyessa alors qu'elles continuaient de marcher. « Vous devriez y faire un tour un jour, je suis certaine que cette région saurait vous plaire. Étrange que le Nord et Dorne soient semblables sur bien des points et pourtant si éloignées l'une de l'autre. » Lyessa trouverait certainement beaucoup de choses intéressantes là-bas. « J'ai cru comprendre que les Jardins Aquatiques non loin de Lancehélion allaient bientôt être terminés, ce serait l'occasion d'en apprendre plus sur leur culture. » Après tout, un tel monument aurait certainement une inauguration digne de ce nom. L'intérêt des étrangers pour Dorne était très rare de ce que Virginia avait cru comprendre, les Dorniens seraient certainement heureux de savoir que jusqu'à dans le Nord des personnes s'intéressaient à leurs traditions et à leurs coutumes. Derrière les deux femmes, la garde semblait toujours aussi méfiante comme si Lyessa pouvait représenter un danger, mais Virginia ne sembla pas y porter la moindre importance. « Ainsi donc, vous aimeriez que vos frères découvrent le monde ? Est-ce que vous souhaiteriez que votre maison s'ouvre davantage au reste de Westeros, ou ce côté isolé vous sied-t-il ? » Découvrir le monde pouvait aussi changer la vision que l'on avait de lui après tout. En bien comme en mal.
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Message Dim 28 Oct 2012 - 16:56

    Lorsque la noble affirma que les femmes étaient souvent plus passionnées que les hommes, Lyessa hocha la tête, un sourire aux lèvres. Bien entendu, la plupart se bridait le plus souvent de par leur situation familiale et leur éducation – mais cela amusait grandement la Nordienne de voir à quel point les femmes savaient bien cacher leur jeu selon les circonstances. C’est sûr qu’à regarder la Bieffoise, on décelait cette froideur et cette distance mais qui n’excluait pas qu’elle devait être acharnée si l’on s’en prenait franchement à elle. Au sujet des sauvageons, Virginia fit l’hypothèse qu’ils devaient vouloir vivre une vie plus paisible, quitte à perdre leur liberté, ou bien qu’ils se contentaient de vouloir piller, tout comme les Fer-nés. Les lèvres de Lyessa se plissèrent dans une moue pensive. Elle avait pour sûr entendu beaucoup de choses au sujet de l’au-delà du Mur, mais difficile était de dénouer le vrai du faux. En y pensant, elle était curieuse de savoir ce qu’il y avait réellement de l’autre côté, et peut-être irait-elle s’y perdre un jour ?

    Quoiqu’il en soit, la noble n’en savait pas plus que la Nordienne et elles n’avaient pas vraiment le temps de refaire le monde. Lady Hightower sembla dire qu’elle ne regrettait rien de sa vie tranquille, ayant été élevée ainsi et dans cette optique, elle ne l’échangerait contre rien d’autres. Lyessa l’écoutait attentivement et ne pouvait se contenter que d’espérer que tout se passe comme la Bieffoise le désirait. Si il lui arrivait un jour d’être confrontée à un ennemi, sûrement que toute sa bulle s’effondrerait mais Lyessa ne souhait ça à personne. Au moins, elle, était rodée pour ça. C’était assez drôle de voir comme les deux jeunes femmes étaient opposées – l’une aimant voyager, alors que l’autre se cantonnait à ses habitudes et à son chez soi. Elles avaient deux vies, et deux éducations différentes, ce qui ne leur empêchait pas pour autant de partager. Quand Virginia lui confia qu’elle ne désirait pas laisser quelque chose qu’elle aimait de peur d’être déçue par le reste, Lyessa se dit qu’elle était simplement effrayée par ce qu’elle ne connaissait pas. Ce qui n’était pas franchement étonnant pour une noble. La Nordienne haussa les épaules, comprenant le point de vue de son interlocutrice sans pour autant le partager. Elle n’était pas là pour lui donner des leçons ou pour lui donner l’envie d’être plus libre et dangereuse de toute manière. Lorsqu’elle fit le constat qu’elle n’était point chaleureuse, Lyessa ne put s’empêcher de rire. C’était vrai qu’elle dégageait un certain dédain, et il ne fallait pas être très perspicace pour remarquer les limites qu’elle posait immédiatement. Lyessa était passée outre, se montrant presque indifférente à sa condition de lady et des conventions sociales, et ça s’était passé bien mieux ainsi. Bien sûr, ça ne pouvait marcher avec tout le monde.

    « C’est sûr que vous n’respirez pas la chaleur humaine, mais vous êtes pas si terrible et plus loquace que je ne l’imaginais. Vous devez en impressionner des gens. Navrée d’vous dire que j’en fais pas vraiment partie. » – Lyessa dit ceci sur le ton de l’humour mais écouta attentivement ce que lui disait la noble au sujet des Dorniens. Elle aurait aimé en connaître ou en savoir un peu plus sur cette contrée. Mais rares étaient ceux qui s’aventuraient plus au nord, au plus grand regret de la jeune femme. Virginia expliqua qu’elle avait une amie de la maison Forrest à La-Tombe-du-Roy et Lyessa la fixa, pensive. Si elle connaissait toutes les grandes maisons du Westeros, elle avait de sérieuses lacunes en ce qui concernait Dorne. Sûrement parce qu’eux aussi avaient été mis en marge et que ses parents n’avaient pas vraiment l’intention de s’en soucier plus particulièrement. En plus des différences vestimentaires, Virginia mit le doigt sur le fait qu’ils avaient grande estime des femmes, notamment dans la seigneurie. Lyessa haussa les sourcils, agréablement surprise par cette information. Une femme, héritière de sa propre maison ? Tout d’un coup, la Nordienne comprit mieux en quoi ils étaient marginalisés – tandis qu’elle, trouvait ça merveilleux. « Ils sont sacrément novateurs ces Dorniens. Et judicieux. Je les aime déjà ! » – Commenta-t-elle. « Faut que je pense à m’y rendre d’ici peu. J’avoue que les Jardins Aquatiques, ça pique ma curiosité. » – Et sûrement que ça n’aurait rien à voir avec des marécages puants, occupés par des lézards-lions et des grenouilles.

    Lyessa regrettait rarement d’être née à Fort-Griseaux, mais c’est en entendant ceci qu’elle se prit à espérer de s’y rendre rapidement, comme si c’était raison de son entêtement à voyager. Virginia s’intéressa un peu plus à sa famille, et au désir de Lyessa de vouloir que ses frères voyagent. On touchait le sujet sensible mais la Nordienne ne se démonta pas.

    « A la fois, je comprends tout à fait le désir de ma famille de rester cacher. Le Neck est notre terrain. Notre avantage. Et faut savoir garder un brin de mystère et savoir se protéger des autres. J’dois être la seule à Fort-Griseaux qui ne craindrait pas de devoir parler à quelqu’un avec autant de facilité. Et ça m’amuse de voir que les gens crachent sur les Reed, simplement parce qu’ils en ont peur. Les gens ont peur de ce qu’ils ne connaissent pas – et j’peux au moins dire que moi je les connais. La connaissance et la confrontation sont pour moi la raison de mes succès et de mes victoires. Alors oui, p’têtre bien qu’il faudrait que ma famille s’ouvre un peu plus à l’extérieur pour ne pas se faire doubler – mais j’aime Fort-Griseaux et sa difficulté d’accès. Ça nous donne un certain ascendant, vous voyez ? »

    Pour ne pas dire que l’exclusivité des marais et l’originalité de leur maison ne lui déplaisaient pas tant que ça.

    « Au fait, vous êtes venue faire quoi à Port-Réal, vous qui n’êtes pas particulièrement habituée à voyager ? » – Lui demanda-t-elle finalement avant d' arriver à un étal de peaux et de cuirs devant lequel Lyessa s’arrêta pour regarder les marchandises.







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Message Lun 29 Oct 2012 - 19:28

     Au moins le fait de discuter avec Lyessa n'était pas synonyme d'hypocrisie. En général, lorsque Virginia avançait le fait qu'elle n'était pas une personne amicale ou même appréciée, les gens avec qui elle discutait s'amusaient à la contredire en lui assurant qu'elle était très chaleureuse et que seuls les idiots ne le voyaient pas. La Bieffoise ne disait pas cela pour être consolée ou rassurée, elle énonçait simplement un fait et ne voyait pas de raison de tourner autour du pot puisque c'était une situation qu'elle-même cherchait.
     Lorsque la Nordienne annonça à son homologue qu'elle n'était pas impressionnée par ce côté froid, Virginia ne se démonta pas. « Seuls les êtres craintifs ont peur de ce type de comportement, ainsi de ce qu'ils ne connaissent pas. » La jeune femme avait toujours considéré que les gens qui étaient rebutés par son caractère n'étaient que des individus sots qui ne voyaient pas plus loin que le bout de leur nez. Certes, Virginia n'était pas et ne serait jamais une femme débordante d'amour et qui s'amuserait à manifester ses sentiments à la vue de tous. Non, elle était bien plus intimiste que cela, elle préférait garder ce qu'elle pensait pour elle et en faire profiter de rares privilégiés. Lyessa avait creusé un peu plus loin que la surface et elle découvrait donc que la Bieffoise n'était pas aussi froide qu'elle semblait l'être de prime abord. La jeune femme ne considérait pas être un individu plein de surprises, mais elle ne se bornait pas à un caractère froid et posé.

     Comme la noble du Neck parlait des Dorniens, elle déclara qu'ils étaient très novateurs et la Bieffoise hésita un bref instant. Est-ce que c'était réellement les Dorniens qui innovaient en donnant des droits aux femmes, ou est-ce que c'était simplement le reste de Westeros qui avait décidé de retirer des droits aux représentantes du sexe faible ? Les connaissances que Virginia avait des traditions et de l'histoire de Dorne n'étaient pas suffisamment développées pour répondre à ce questionnement, mais peut-être que les mœurs des Dorniens étaient plus anciennes que celles des Bieffois ou encore des Nordiens ? Si tel était le cas, ce serait donc que les femmes avaient été déchues de leurs droits avec le temps. « Innovateurs ou simplement qu'ils ont peut-être conservé leurs traditions et que nous les avons changées. Allez savoir. » En discuter ne changerait rien de toute manière, ce n'était pas parce quelque femmes étaient désireuses de regagner leur indépendance que des siècles de tradition allaient changer.

     Lyessa répondit ensuite au questionnement de Virginia à propos de ce qu'elle souhaitait pour ses frères. Apparemment de ce que la Bieffoise avait cru comprendre, les membres de sa famille n'aimaient pas quitter leurs marais et cela n'avait rien de très surprenant s'ils étaient habitués à leur région, surtout que leur demeure bougeait en permanence et qu'il était peut-être difficile de la retrouver après plusieurs semaines de voyage. Les paroles de la jeune femme étaient pleines de sens. Les Reed n'était pas estimés parce que personne ne les connaissait. Si quelqu'un vous racontait que les Fer-nés dévoraient les gens qu'ils enlevaient, comment pourriez-vous le démentir si vous n'en aviez jamais croisé ? À ce jour si quelqu'un avait demandé à la Bieffoise si les Nordiennes étaient toutes des femmes fortement charpentées avec des manières d'homme, elle aurait été bien impossible de répondre sans spéculer étant donné qu'elle n'en avait jamais rencontré. « Vous avez parfaitement raison. Je vous avoue que j'aurais été bien incapable de démentir les rumeurs qui peuvent circuler sur votre maison. Les absents ont toujours tort comme le dit l'adage, si votre maison ne se mêle pas aux autres, je crains que vos voisins ne se gêneront pas pour médire à votre sujet. » C'était malheureusement le pain quotidien des maisons nobles. La maison Hightower ne faisait pas exception, de nombreuses critiques et rumeurs circulaient sur le compte de Clarence ou sur celui d'autres membres de leur famille, c'était inévitable. « Le jeu des trônes n'a pas de pitié, tous les nobles subissent ces assauts, mais encore plus ceux qui ne s'y prêtent pas. Mais avec vous pour assurer leurs arrières, je pense que vos frères ont toutes les chances de mieux s'en tirer que votre père. » Prendre le risque d'avoir une Lyessa en furie sur le dos après avoir critiqué la maison Reed devait suffire à calmer les ardeurs des plus mauvaises langues. L'idée de voir la Nordienne aborder des Bieffoises qui racontaient des potins à propos des autres maisons, amusait beaucoup Virginia. Elle aurait payé cher pour voir cette scène si elle devait un jour se produire.

     Comme elles arrivaient devant un étal qui offrait des marchandises qui n'intéressaient pas vraiment Virginia, la Nordienne reprit la parole pour interroger son homologue au sujet de sa présence à Port-Réal. Il était vrai que lorsque l'on savait qu'elle n'était pas habituée à voyager, il y avait de quoi être étonné de la voir aussi loin de Villevieille. La demoiselle observa quelques secondes les marchandises posées devant elles, avant de répliquer. « J'accompagne mon frère aîné, il est Grand Argentier et siège donc au Conseil Restreint. Comme vous le savez certainement, le Roi désire intervenir face aux attaques des Fer-nés et un conseil a donc été réuni pour discuter de tout cela. » Présenté de la sorte, ça avait l'air on ne peut plus simple, mais la réalité était bien plus compliquée et des paroles pouvaient prendre des semaines avant de donner des actes. « Je suis arrivée par la mer ce matin, j'ai accompagné le Grand Amiral qui se trouve être le seigneur de l'île proche de Villevieille. Il a proposé de nous éviter un voyage par la mer et comme ma sœur n'aime pas beaucoup les montures, nous avons accepté avec joie. » Elle passa sous silence que son frère n'avait pas hésité à la confier au fameux Grand Amiral puisqu'il était celui qui deviendrait certainement l'époux de la jeune femme. Virginia reporta ses yeux verts sur le visage de Lyessa. « Vous cherchiez quelque chose de particulier sur ce marché ? Je n'ai pas vu de monture avec vous, est-ce que ça signifie que vous voyagez à pied ? Si vous souhaitez combattre les Fer-nés, il vous faudra certainement un bonne monture pour allier le point de regroupement. » Du moins, elle le pensait.

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Message Lun 29 Oct 2012 - 20:46

    Lyessa savait par expérience que la plupart des nobles avaient très haute estime d’eux-mêmes et elle se demandait si Virginia Hightower arrivait à faire forte impression dans une assemblée d’individus de son envergure. Ça devait être presque aussi palpitant qu’explorer les communautés d’animaux sauvages que de voir les nobles pétris de conventions sociales s’adonner à leur petit manège. Lyessa était d’accord avec la Bieffoise sur le point qu’il ne fallait pas tout prendre au premier degré, notamment un comportement froid et distant et une entrée en matière maladroite. Si la Nordienne s’était d’abord offusquée de voir le jugement porté sur sa personne par lady Hightower qui lui avait paru bien dédaigneuse et méprisante, elle avait changé d’avis en échangeant quelques paroles. Seuls les imbéciles ne changent pas d’avis, après tout. Elle n’avait pas tort de dire que seuls les craintifs étaient effrayés par ce genre de comportement, car Lyessa était loin d’avoir ce travers. Lyessa se mit à examiner un carquois en cuir qui lui semblait joliment ouvragé tandis que son interlocutrice lui confiait que peut-être n’était-ce pas les Dorniens qui restaient innovateurs, mais plutôt le reste des Sept Couronnes qui avait changé cette partie de traditions au sujet des femmes. Cette remarque fit réfléchir la Nordienne. Si elle disait juste, il aurait été intéressant de savoir la réelle cause de l’assujettissement des femmes au foyer des maisons. C’était une idée qui méritait d’être creusée.

    A propos de sa situation familiale, lady Hightower partageait manifestement son avis sur la question. C’était certain que faire courir des rumeurs sur quelqu’un sans l’avoir jamais rencontré n’était que motif de grief. Lyessa n’avait jamais compris pourquoi les Frey s’étaient toujours montrés aussi détestables avec eux. Pour sûr qu’ils avaient un quotidien bien différent du leur – mais à quoi bon médire alors qu’on n’en savait rien ? Lyessa ne comprenait pas pourquoi les gens avaient besoin de parler des autres pour faire gonfler leur propre estime, et si elle était témoin de ce genre de comportement, elle ne répondait plus de rien. Comme le disait la Bieffoise, c’était inévitable, vu que les Reed restaient pour la plupart cachés à Fort-Griseaux, même si elle était toujours là pour corriger ceux qui diraient du mal de sa maison. C’était ça – le jeu des trônes, et lorsque vous êtes nobles et que vous ne vous y lancez pas corps et âme, alors, on vous met sur la sellette. Lyessa trouvait ça terriblement injuste et pourtant bien réel. Peut-être que comme le disait Virginia, Lyessa pouvait se réjouir d’essayer de préserver le brin de dignité qu’il restait aux Reed. La Nordienne était du genre rancunière, et elle espérait faire gonfler sa réputation en châtiant sévèrement ceux qui la provoqueraient.

    Sur sa présence à Port Réal, la noble répondit qu’elle accompagnait son frère, qui n’était autre que le Grand Argentier au Conseil Restreint. Lyessa sourcilla légèrement, vaguement impressionnée. Cela parlait donc des Fer-nés au Conseil – voilà qui était intriguant. La Nordienne avait déjà hâte d’apprendre ce qui en ressortirait. Plus le temps s’égrenait, plus la jeune femme rongeait son frein à propos des Iles-de-Fer. Virginia venait donc à peine d’arriver en ville par voie d’eau et sûrement qu’elle ne repartirait pas aussitôt. La noble la questionna ensuite sur la non présence de sa monture et Lyessa afficha un nouveau sourire.

    « J’en avais une, jusqu’à ce qu’on m’la vole en arrivant sur les Terres de la Couronne. J’ai du faire le reste du trajet à pieds, mais j’ai l’habitude de crapahuter alors ça m’a pas gêné. Je ne suis pas bien habituée à chevaucher – sûrement parce que j’ai le pied sûr et que ça m’inquiète de m’en remettre à un animal. Mais oui, vous avez raison, je ne peux décidément pas me permette de faire tout le trajet à pieds où j’arriverai après l’affrontement. » – Lyessa émit un léger rire et, sentant venir la fin de la discussion, plongea son regard dans celui de son interlocutrice. « Je crois que nos chemins se séparent là lady Hightower. J’vous souhaite bien bonne chance avec votre futur mariage et vos arrangements. J’m’en fais pas pour vous, et qui sait, p’têtre bien qu’on se reverra bientôt. Pour fêter la défaite des Fer-nés j’ose espérer. »

    Lyessa n’était pas franchement adepte des « au revoir », mais même si ça la tuait de l’avouer franchement, elle avait aimé cette discussion avec la Bieffoise. Cette dernière lui avait donné plus envie que jamais de descendre vers Dorne, et la condition des femmes qu’elles avaient toutes deux abordé donnait lieu à une intrigante réflexion. Elle avait maintenant à courir les étals pour trouver de quoi la rassasier et reprendre la route dans quelques jours déjà. Avec une monture, ce serait le plus judicieux. Un demi-sourire aux lèvres, Lyessa adressa un signe de tête à la jeune femme en guise de salutations - puis, s’amusant de voir la tête de la garde personnelle de la lady, elle tourna les talons pour disparaitre dans la foule de badauds qui profitaient du marché.

    HJ:
     








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