AccueilS'enregistrerConnexion



 

Partagez| .

« L’aventure est dans chaque souffle de vent. »

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas
avatar

Invité
Invité

Général
Feuille de Personnage


Message Dim 14 Oct 2012 - 20:37

Adrian recracha l’eau qui lui était monté à la bouche d’un air blasé.
Accoudé au bastingage du navire, il observait en contrebas les agitations de cette étendue bleue colérique et salée. Ils n’en étaient pas à la première secousse, et les marins s’agitaient en tout sens pour garder cet engin de bois bien droit malgré les violentes bourrasques. Une tempête risquait d’éclater, disaient-ils, mais rien de grave. L’adolescent songeait que, même si ça avait été le cas, cette même phrase aurait été répétée inlassablement. Peut-être aurait-il dû s’en inquiéter davantage, sauf qu’il n’avait pas la tête à ça, ou plutôt l’estomac. Une vraie torture, depuis quelques heures, depuis que les flots s’étaient élevés et agités, ruant contre l’embarcation. Il n’avait décidément pas le pied marin, et depuis le début du voyage, il se sentait passablement bien. Mais pas question de geindre ou de laisser son estomac se retourner définitivement, passer par-dessus bord. Il se contentait de rester là, à fixer, léthargique. Quelqu’un s’était approché mais il n’avait pas plus daigné lever la tête. C’était John, certainement.

« - Ils nous demandent de regagner les cabines, le temps se gâte.
- Je suis bien mieux à l’air libre …
- Quoi, tu as le mal de mer ?
- Non ! »
Sa protestation était si véhémente qu’elle en perdait toute sa crédibilité. Il soupira et se retourna pour moitié vers son maître d’armes à qui cela venait d’arracher un sourire. « J’arrive bientôt. »
John hochait la tête en réponse, prêt à repartir face à cette promesse arrachée, mais qui lui intimait autant de lui laisser encore un peu de temps. « Apparemment, on risque de devoir faire une halte le temps que ça se calme, à Estremont. »
Voilà la meilleure. Devoir faire halte signifiait prolonger ce calvaire, ce qui ne l’enchantait guère. Estremont était un nom qu’il avait déjà dû entendre, mais où et comment, ça ne lui revenait pas. A vrai dire, tout au long de ce voyage, bon nombre de lieux-dits avaient été désignés et il s’était rendu compte de ces lacunes en la matière. Passé le Nord, c’était vraiment l’inconnu. Mais à l’horizon, pourtant pas de doutes possibles. Tout ce qui était visible au loin, c’étaient ces deux îles. La plus grande s’élevait en petit mont, et il ne fallait pas être devin pour comprendre la signification de son nom. Estremont était toute proche, inflexible face aux intempéries.

Il resta encore quelques minutes à la contempler, avant de remarquer qu’il commençait à gêner et regagner l’intérieur. L’inactivité lui pesait sur ce navire, et il ne serait pas mécontent de rejoindre la terre ferme, finalement, même provisoirement. Mais quand ils purent enfin poser pied à terre, Adrian se rendit compte d’un air maussade que ce balancement continu qu’on ressentait en mer ne disparaissait pas au contact du sol.
« - Ca peut te tenir quelques jours, tu sais, trouva bon de préciser John.
- Et nous restons combien de temps, sur cette île ?
- Le temps que ça se calme, ici, mais aussi au large. »

Deux ou trois jours, facilement.

La ville était presque déserte, alors qu’ils la parcouraient sous la pluie battante et les bourrasques, mais les tavernes totalement bondées. Ils auraient pu s’arrêter dans l’une d’entre elles, profiter de la chaleur qu’elles diffusaient, mais la politesse voulait plutôt qu’ils continuent vers le château pour se présenter aux maîtres des lieux. Château qui portait, à priori, le nom de Vertepierre. Ou c’était la ville, il n’était pas sûr d’avoir compris exactement. Ca lui revint pourtant bien vite, alors qu’ils étaient presque à hauteur de la forteresse, comme un coup asséné par le mestre derrière la tête. Ces reflets turquoises étaient uniques, de la même teinte que l’emblème de la Tortue de la maison Estremont. Pourtant pas si compliqué à retenir, du moins s’il avait pris la peine d’écouter en détail…
Dans l’enceinte du château, le vent s’arrêtait subitement de souffler, stopper par les solides pierres, pour reprendre sa course de plus belle quand on s’éloignait des murailles et gagnait le centre de la cour. Il avait aperçu du coin de l’œil le centre d’entraînement, à l’air libre, et l’idée avait fait rapidement son tour. Il s’était promis d’y retourner aussi vite, dès qu’ils auraient pris leur première peine. Mais il semblait que le Lord n’était pas en état de les recevoir et ils eurent affaire à la Dame de Vertepierre. Ce ne fut que bien plus tard qu’il eut l’occasion de rebrousser chemin, revenir dans la cour encore désertée de présence. Les vents violents dissuadaient quiconque de s’aventurer dans cette large place mais l’occasion était parfaite pour Adrian.
Il s’était arrêté, le regard rivé sur les cibles, ses compagnons de route l’ayant largement dépassé. John revint en arrière, voyant qu’il ne suivait plus.
« - Tu vas attraper froid, si tu restes dehors à faire le piquet.
- Aussi loin dans le Sud, ce serait un comble.
- Qu’est-ce que tu comptes faire ?
- M’entraîner ! Le temps me manquait pour, durant le voyage. »

Le maître d’armes avait suivi son regard, détaillant les cibles un instant d’un air circonspect. Evidemment, quand il parlait d’entraînement, ce n’était jamais avec autre chose qu’un arc en main. Et il comprenait tout juste ce qui faisait son enthousiasme… Ce temps de chien ! En désespoir de cause, il haussa les épaules et capitula encore une fois pour, lui, se mettre à l’abri.

Adrian n’en avait pas fait cas, remontant sa capuche à hauteur des yeux, nouant sa cape de façon à être libre de ses mouvements sans pour autant subir toute cette flotte qu’il n’appréciait guère. Il avait levé son arc vers la première cible, ses mains repoussées, l’espace d’une seconde, par une bourrasque plus violente que les autres. Il s’était repositionné aussi vite pour garder le centre de la cible dans sa trajectoire et tirer, mais la distance autant que l’arc court jouant, la flèche avait légèrement déviée. Loin de se décourager, il avait enchaîné les traits avec patience et précision, jouant des rafales et des moments de calme pour tirer à l’instant propice et atteindre le centre. Toujours le centre.
Pour lui qui c’était surentraîné dans la maîtrise de l’arc, cette difficulté supplémentaire que rajoutait le vent était bienvenue. Elle l’éprouvait toujours davantage et il en profita jusqu’aux derniers instants, sans compter les heures qui s’égrenaient. Les premiers éclaircis achevèrent l’exercice, ses tirs ne bénéficiant plus d’aucune résistance. L’adolescent baissa enfin son arc, observant longuement ses cibles pour analyser consciencieusement ses erreurs.

Il reprenait ses flèches quand il réalisa qu’il n’était plus seul dans la cour. Depuis combien de temps ? Il ne saurait le dire, peut-être avait-il simplement profité de la levée de l’orage. Rangeant tranquillement ses flèches dans son carquois, l’adolescent s’approcha à pas mesuré pour observer son vis-à-vis. Rien de plus qu’une inclinaison respectueuse de la tête en guise de bonjour : Il était encore dégoulinant d’eau.
Il laissa retomber sa capuche en arrière, pour révéler son visage, et songea un instant qu’il ne savait pas à qui il avait à faire… Un Estremont, un homme d’armes ou un simple serviteur ? Il tomba subitement dans l’embarras, avant de voter pour une formule trop polie que pas assez. Plus facile de s’offusquer quand on se faisait rabaisser que confondre avec plus haut placé.
« Messire ? Ce n’est pas vraiment le temps idéal pour sortir. Vous êtes présent depuis longtemps ? »
Il avait jeté un regard derrière lui, comme pour s’assurer qu’il rendait tout en l’état. Plus que leurs toits pour rendre leur eau et ce silence étrange qui suivait toujours après la pluie. Remettant son arc dans son dos, il secoua vivement la tête pour chasser quelques mèches rebelles et humides.
« Pardonnez-moi, je ne me suis pas présenté… Adrian Bolton, de Fort-Terreur. Et à qui ai-je l’honneur ? » C’était tout ce qui le taraudait, dans l’immédiat. Au moins avait-il mis les formes …
Revenir en haut Aller en bas
Noble
avatar

Edric Estremont
Noble

Général
Que trépasse si je faiblis

♦ Missives : 189
♦ Missives Aventure : 67
♦ Age : 31
♦ Date de Naissance : 27/07/1985
♦ Arrivée à Westeros : 25/04/2011
♦ Célébrité : Hayden Christensen
♦ Copyright : Seamus
♦ Doublons : Brynden Rivers
♦ Age du Personnage : 26 ans
♦ Mariage : /
♦ Lieu : Vertepierre, Estremont, Terres de l'Orage
♦ Liens Utiles :
Feuille de Personnage
Feuille de personnage
Inventaire:
Jauge de réputation Jauge de réputation:
301/500  (301/500)


Message Lun 22 Oct 2012 - 0:38

Les Terres de l’Orage étaient coutumières des tempêtes rageuses et féroces et en ce jour-là, elles n’avaient plus aussi bien porté leur nom depuis bien longtemps. De sombres nuages s’amoncelaient dans les cieux et l’île d’Estremont était copieusement arrosée par une pluie battante que les bourrasques de vent ne rendaient que plus indésirable. Au sommet de son apique rocheux, la forteresse de Vertepierre subissait irrémédiablement ces assauts, le vent apportant avec lui de sourds mugissements qui pouvaient presque faire penser à la présence étrange d’une quelconque bête géante. Ce fut dans ces conditions qu’arriva la délégation qui avait du faire escale au port en attendant qu’une accalmie leur permette de poursuivre leur voyage plus avant. Introduits dans le donjon, ils furent reçus par lady Estremont, mais Edric n’assista pas à ces formalités, trop occupé à lire quelques ouvrages dans la bibliothèque du mestre. Installé là avec le confort d’un bon feu, il aurait même pu ignorer ce qui se tramait à l’extérieur, si les craquements parfois sonores des poutres de la toiture ne lui rappelaient pas que l’orage passait au-dessus d’eux.

Le temps passant, Edric finit par fermer le livre qu’il avait consulté sur de barbantes histoires de commerce avant de le ranger dans son rayonnage et de quitter la bibliothèque. Passant par les couloirs, il croisa alors le jeune Loren qui officiait en tant que page à son service et qui l’informa de la présence de cette délégation venue du lointain Nord. Intrigué, le noble finit par comprendre qu’il s’agissait là des Bolton, ces derniers étant en famille avec la maison Swann, comme il avait pu le comprendre lui-même trois années plus tôt. Remerciant le jeune garçon, Edric emprunta un escalier en colimaçon, l’esprit curieux de savoir si l’étrange lady Maureen était elle-aussi présente, lorsqu’il remarqua à travers une vitre brouillée par les pluies incessantes une silhouette ombreuse qui se tenait dans la cour arrière. Descendant d’un étage, il se dirigea vers une petite pièce dans laquelle il ouvrit l’un des volets de bois pour avoir une vue plus dégagée, ce qui lui permit de constater que quelqu’un s’entraînait effectivement dans la cour. Quelle étrange situation !

La curiosité le tenaillant, Edric se rendit alors dans le hall principal du donjon qui n’était en réalité qu’une petite salle sans grand aménagement, et il envoya un domestique lui quérir une cape de cuir huilée. Une fois celle-ci sur les épaules et bien ajustée, il déboucha hors du bâtiment qu’il contourna afin de rejoindre les terrains d’entrainement, s’abritant quelque peu sous un toit pour ne pas subir l’assaut brutal des pluies diluviennes. Là, il put détailler à loisir l’individu qui s’entrainait à l’arc et il constata bien vite qu’il ne s’agissait pas d’un féroce guerrier. Il avait l’air d’assez petite stature et corpulence, ce qui pouvait laisser entendre qu’il s’agissait d’un petit homme, d’un jeune homme ou même d’une femme… La cape à capuche ne permettant pas de l’entrevoir, Edric se décida à attendre, regardant les traits voler droits vers leur cible malgré la pluie et le vent. Quelle que soit cette personne, elle était très douée ! Le temps passa encore sans que le noble ne puisse dire combien exactement s’était écoulé, mais en tous les cas, le mauvais temps cessa à mesure que des rayons lumineux traversaient la couche de nuages. Ce ne serait toutefois que temporaire et il y avait fort à parier que la pluie aurait repris avant même la tombée de la nuit.

S’avançant alors dans la cour, Edric constata que sa présence avait attiré l’attention de l’archer et que ce dernier semblait en vérité être un jeune garçon. Cela le surprit quelque peu en raison du talent manifesté précédemment, mais il en vint ensuite à penser qu’il pouvait s’agir d’un jeune veneur en formation accompagnant la maison Bolton. On ne pouvait jurer de rien, après tout. La remarque qui traversa alors les lèvres du Nordien fit apparaitre un sourire sur celles d’Edric, tant il aurait pu lui renvoyer la même question. « J’ai pourtant l’air moins touché que vous par ces pluies, messire. En vérité, je m’étais abrité, mais oui, cela fait quelques temps que je vous observe. » C’est alors que le jeune garçon se présenta, donnant le nom de celui qu’Edric pensait être l’héritier de Fort-Terreur. Ainsi donc, il était le cousin de lady Maureen… C’était surprenant comme les mythes pouvaient parfois être totalement erronés. La noble dame lui avait déjà permis de comprendre qu’il ne fallait pas prendre pour acquis tout ce que l’on lisait et entendait, mais ce jeune garçon en était une preuve supplémentaire. Poli, un visage doux, il n’avait pas l’air d’un sanguinaire dépeceur du Nord. Oh, il fallait évidemment se méfier des apparences, mais l’inverse semblait tout aussi vrai.

« Edric Estremont, messire. De Vertepierre, mais vous deviez vous en douter. » Accompagnant ses propos d’un geste de la main qui désignait le château tout autour d’eux, Edric poursuivit sur sa lancée. « Je suis ravi de faire votre connaissance. J’ai rencontré votre cousine, il y a quelques années, à Pierheaume. Vous accompagne-t-elle dans ce voyage ? » Cette rencontre avait précédé le tournoi de Cendregué et avait été des plus brèves, mais Edric avait pris du plaisir à cette discussion sur le Nord, les Bolton et Fort-Terreur. Il se demandait donc avec curiosité ce qui allait découler de cette nouvelle rencontre Nordienne. Et en ce qui concernait ce qui découlait… « Mais où ai-je donc la tête !? Nous aurons bien le temps de parler de tout cela plus tard. Venez, suivez-moi. » Faisant signe au jeune homme, Edric repartit vers le donjon, mais en le contournant par le côté opposé à celui par lequel il était venu et il poussa une porte située au niveau même du sol. Cela leur permit d’atteindre un petit couloir étroit et voûté qui les mena à la grande cuisine du château, chaude et enfumée. Désignant une petite table, il s’y installa en attendant que messire Adrian fasse de même. « J’espère que ces lieux ne vous dérangent pas, mais il fait bien plus chaud et sec que dehors. J’imagine aussi que vous n’avez pas encore mangé depuis votre arrivée. » Et que le voyage en bateau ne fut pas très facile mais ça, il ne le dit pas. « Maitre Vardis pourra vous préparer le plat de votre choix, pour peu qu’il ait les ingrédients. Y a-t-il quelque chose qui vous ferait plaisir ? » Attendant que le jeune noble réponde, Edric l’observa avant de finir par désigner son arc. « Vous avez fait preuve d’une grande adresse dans la cour, malgré le vent et la pluie. Cela fait longtemps que vous vous entrainez ainsi ? »



Que trépasse si je faiblis

Revenir en haut Aller en bas
http://star-city-heroes.forumsrpg.com
avatar

Invité
Invité

Général
Feuille de Personnage


Message Sam 27 Oct 2012 - 13:41

La surprise était partagée, et quand son interlocuteur se présenta à son tour, Adrian ne put réprimer un léger rire qui n’était pas de circonstance. Heureusement qu’il n’avait pas oublié ses bonnes manières ! Edric Estremont, très certainement l’un des fils de l’actuel Lord mais il pouvait encore se tromper. Tous les Estremont semblaient avoir cette même tignasse blonde et ces yeux couleur de mer. Il ne préféra pas demander plus de précisions, surtout quand on lui assénait ce statut comme une évidence. Il aurait tôt fait de demander à Maureen si elle n’en savait pas davantage… Il aurait déjà dû le faire avant de franchir les portes de Vertepierre, à vrai dire. Tant pis !

« Les pluies, ça … Les terres de l’Orage portent bien leur nom, il pleut tout le temps par chez vous. Bien obligé de s’y habituer, même si le contact de quelques flocons est bien moins désagréable. »

Il commençait mal, si c’était déjà pour critiquer la terre qui l’accueillait. John n’avait pas eu tord quant au balancement régulier des navires qui se ressentaient encore plusieurs jours après. Quelques heures et c’était devenu suffisamment ancré pour que tout ce qui se rapporte aux eaux tumultueuses et aux bateaux lui semble insupportable. Mais ce vent-là, il l’appréciait au contraire.

A l’évocation de Maureen, dans des terres si éloignées et étrangères, le jeune homme en fut un peu décontenancé. Etrange que de l’imaginer dans le Sud, mais rien d’étonnant à ce qu’elle connaisse certains nobles de la région. Elle ne lui parlait jamais des Swann, alors des Estremont, cela ne risquait pas.
« Etant donné que nous nous rendons chez les Swann, c’est plutôt moi qui l’accompagne. Mais elle est à Vertepierre, oui. » Il ne s’était pas risqué davantage sur le sujet, Maureen l’ayant prévenu que son comportement habituel dans le Nord ne ressemblait en rien à ce qu’elle incarnait dans le Sud. Mieux valait éviter de marcher sur des œufs, surtout qu’il n’était pas vraiment à son aise dans l’inconnu.

Aussi le suivit-il docilement, à l’intérieur, se demandant où il comptait l’emmener ainsi. Puisqu’il lui faisait dos, il avait toute l’occasion d’observer les lieux en détail. Vertepierre ne divergeait pas beaucoup d’autres forteresses à sa connaissance, hormis de ce pourquoi elle portait si bien son nom. Il ne s’en lassait pas de détailler cette roche. Est-ce qu’elle était plus solide que la pierre normale ? Tout du moins elle ne laissait pas filtrer un seul souffle de vent, entre ses rondeurs de pierre.

Ils débouchèrent sur la cuisine, et Adrian fut ravi de constater qu’il ne l’avait pas emmené dans un lieu plus formel. Ca ne l’aurait pas aidé à se détendre. Là, c’était tout l’inverse. Quand les bonnes odeurs des cuisines lui parvinrent, il sentit aussi subitement que la faim le tenaillait bien, surtout qu’il n’avait pas mangé grand-chose sur le navire. Et, si concentré sur son entraînement, cela lui arrivait souvent de se rendre compte qu’après coup de la fatigue engendrée et du temps qui filait. Il le suivit jusqu’à la petite table, s’asseyant en face de lui et prenant la peine de déposer son arc à côté, qu’il n’avait pas voulu laisser en arrière. Dégrafant sa cape par la même, ainsi que ses brassards d’archer, il conservait encore ses habits de voyage pour moitié trempés, et qui lui faisaient avoir pâle allure à côté de l’Estremont.
« Vous êtes bien avisé. Je meurs de faim, n’importe quoi me ferait plaisir … Mais quitte à s’être arrêté en Estremont, vous devez bien avoir quelques spécialités ? » Il espérait ne pas se montrer trop exigeant, mais attentionné à la découverte de l’île. Dur équilibre comme toujours, et qu’il s’attache davantage à en savoir sur son art, et donc se rendre sur un terrain plus familier ne pouvait que convenir à Adrian. Il s’en permit un fin sourire, son regard suivant le sien vers son arme de prédilection.
« Vous aimez le tir à l’arc, messire ? Impétueux, ce vent, et un très bon adversaire à mes flèches. Il apprend à conserver la trajectoire. » Il se retourna vers lui, pensif. « Je devais être presque deux fois moins grand, quand je me suis mis à l’arc. » Il laissait planer volontairement le doute sur l’âge exact lui-même ne s’en souvenait pas exactement. Très jeune, il en était sûr. On lui avait glissé l’arc entre les mains bien avant l’épée de bois et à la place de jouets plus habituels... Car oui, à l’époque, ça n’était rien d’autres qu’un autre jeu. « Ca fait de longues années, et de longues heures par jour. Mais on apprend plus lentement, quand on dépasse le maître. J’ai encore de nombreux progrès à faire, avec l’arc long, que je n’ai pris que plus récemment, ou encore à cheval les situations différentes étant infinies comparées aux cibles à terre. Et puis, je suppose, rien ne vaut l’expérience sur le terrain … » A la guerre, c’était différent. Ca, il s’en était rendu compte. Et aussi vite il s’apercevait aussi qu’il parlait beaucoup, sans se soucier du reste. Mieux valait éviter d’assommer son hôte avec ces discours sur l’archerie… Peut-être avait-il demandé par pure politesse et non par réel intérêt. « Et vous ? Vous aimez les armes ? Ou vous avez le pied marin peut-être… »
Revenir en haut Aller en bas
Noble
avatar

Edric Estremont
Noble

Général
Que trépasse si je faiblis

♦ Missives : 189
♦ Missives Aventure : 67
♦ Age : 31
♦ Date de Naissance : 27/07/1985
♦ Arrivée à Westeros : 25/04/2011
♦ Célébrité : Hayden Christensen
♦ Copyright : Seamus
♦ Doublons : Brynden Rivers
♦ Age du Personnage : 26 ans
♦ Mariage : /
♦ Lieu : Vertepierre, Estremont, Terres de l'Orage
♦ Liens Utiles :
Feuille de Personnage
Feuille de personnage
Inventaire:
Jauge de réputation Jauge de réputation:
301/500  (301/500)


Message Jeu 8 Nov 2012 - 16:14

Après s'être présenté au jeune archer, Edric avait pu avoir un aperçu du caractère du garçon qui le fit sourire. Tout comme sa cousine, il semblait être bien plus pragmatique que roublard, n'hésitant pas à dire ce qu'il pensait plutôt que d'utiliser quelque artifice pour dissimuler ses pensées. Voilà qui promettait une rencontre étonnante sur bien des points ! Il s'était ensuite enquit de la présence ou non de lady Maureen et s'était vu répondre qu'elle était bien présente en ces lieux. Le noble ne comprit toutefois pas directement l'autre remarque, ayant en effet considéré qu'Adrian était lui aussi lié à la maison Swann. Néanmoins, comme il était le cousin de lady Maureen, il était bien possible qu'il n'ait en réalité pas le moindre lien avec l'Orage... C'était effectivement des plus probables. Ils étaient ensuite partis en direction de la cuisine du château où ils s'installèrent à une petite table. Là, Edric invita Adrian à commander de quoi manger au maître des lieux. Visiblement affamé, ce dernier affirma pouvoir manger n'importe quoi avant de demander s'il n'y avait pas quelques spécialités locales. Souriant devant un tel comportement qui changeait bien des nobles du sud, Edric réfléchit avant de donner ses consignes au cuisinier. « Maître Vardis, vous nous ferez quelques fritures de goujons, une mouette farcie rôtie, une tourte de crabes et de la purée de rutabagas. Faites nous aussi porter un pichet de vin de la Treille. » « Bien, messire ! » Se tournant alors vers le jeune Bolton, Edric reprit rapidement. « J'espère que cela vous conviendra. »

La question suivante porta sur l'arc posé sur la table et le talent que manifestait le jeune homme dans la maîtrise d'une telle arme, surtout au vu des conditions climatiques dans lesquelles il venait de s'exercer. La réponse le fit à nouveau sourire. Deux fois moins grand... Voilà qui était particulièrement précis ! Et puis, ce n'était pas comme s'il avait affaire à un géant non plus... Quoi qu'il en soit, on pouvait comprendre qu'il s'entraînait depuis très jeune, ce qui expliquait bien des choses. Edric nota aussi la remarque sur le fait d'avoir dépassé le maître, remarque faite sur un ton des plus normaux qui ne laissait transparaître aucune vantardise. Le jeune homme était doué, il le savait, mais il ne se mettait pas en avant pour autant, ou du moins, pas volontairement. Encore un trait de caractère fort surprenant chez le Nordien. S'arrêtant ensuite soudainement, Adrian posa à son tour une question. « Je n'ai jamais été très doué avec les armes et je pense que je suis loin de leur vouer la même passion que vous avec l'archerie. » Souriant, il tourna son regard vers le garçon de cuisine qui s'approcha avec un pichet et deux gobelets, les déposant sur la table. Saisissant le pot, Edric servit les deux verres avant de pousser l'un d'eux vers le jeune homme assis face à lui. « Un crû de la Treille. Je ne sais pas si vous en avez aussi par chez vous, mais celui-ci est un crû spécial envoyé par mon cousin. Peut-être que vous aurez du mal à l'apprécier, par manque d'habitude, mais vous pouvez aussi recevoir autre chose, si vous le désirez. Nous devons certainement avoir de la bière et de l'eau dans cette cuisine. »

Terminant sa phrase, Edric prit son propre verre et il en but une gorgée, goûtant les arômes du vin avant de répondre plus précisément à la question posée. « Les armes ne m'ont jamais réellement attiré, bien que notre oncle ait cherché à m'apprendre leur usage. C'est un chevalier, alors c'était nécessaire, selon lui. Je crois toutefois qu'il existe bien d'autres armes à l'usage des nobles. Savez-vous que la connaissance peut apporter de nombreux bienfaits ? Certes, elle ne permettra pas de lutter contre un homme en armes, mais elle peut nous offrir des alliances profitables et des informations judicieuses. Dans un royaume où chacun cherche à prendre son avantage sur les autres, je pense que c'est là quelque chose de très utile. » Portant à nouveau son regard sur l'arc, il laissa planer un petit silence alors que les odeurs de la cuisine titillaient leurs narines, avant de reprendre de plus belle. « Quant à avoir le pied marin, c'est une nécessité, lorsque l'on vit sur une île. Je ne sais pas si je ferais un bon capitaine, mais j'ai connaissance des usages de la mer et je suis à mon aise sur un navire. » Par contre, on disait que le Nord ne disposait pas de flotte et il était bien possible que les Bolton n'aient pas le moindre navire à leur disposition. Avait-il seulement vu la mer avant d'entreprendre ce voyage ? Certainement pas. « J'imagine que ce voyage n'a pas été très plaisant, pour vous. La mer peut se révéler difficile à supporter, surtout avec une telle météo. Mais ne vous inquiétez pas, ça vous passera. Il faut simplement laisser un peu de temps. » Souriant pour tenter de le rassurer sur le fait que ce n'était rien de honteux, Edric laissa glisser ses doigts sur le bois de l'arc posé sur la table. « Cet arc vient-il de Fort-Terreur ? Quel genre de bois est-ce donc ? J'ai entendu dire que les archers de la Main utilisaient des arcs en bois de barral et si ma mémoire est bonne, cette coutume était aussi une tradition pour les enfants de la forêt. Je n'ai jamais vu un tel arbre mais je crois que vous en avez encore, dans le Nord. Avez-vous déjà utilisé une telle arme ? »

La curiosité d'Edric était sincère. Il n'avait jamais entendu parler du Nord autrement que ce qu'il avait pu lire dans les livres et il n'avait lui-même jamais pu poser les yeux sur cette région. Toutefois, il avait lu bien des choses et il se demandait ce qui pouvait être vrai et ce qui ne faisait que relever du mythe. C'est alors qu'il attendait ses réponses qu'on leur apporta le premier plat préparé, à savoir les goujons frits. En prenant un qu'il mangea bien chaud, Edric invita le jeune homme à faire de même. « N'hésitez surtout pas à vous servir, messire. »



Que trépasse si je faiblis



Dernière édition par Edric Estremont le Lun 3 Déc 2012 - 13:28, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
http://star-city-heroes.forumsrpg.com
avatar

Invité
Invité

Général
Feuille de Personnage


Message Jeu 15 Nov 2012 - 19:01

Adrian ne fut pas déçu. Son hôte se révélait des plus prévenants, et pour peu, il manqua d’en être désarçonné à l’écoute du repas de roi qu’on lui préparait. Ils n’étaient que deux attablés, dans cette cuisine informelle, et s’étant prétendu affamé, il n’aurait pas songé à tant de raffinement. Cela n’aurait pourtant pas dû l’étonner que les mets du Sud changent drastiquement de ce qui se faisait dans le Nord. Mais il était incapable de dire si c’était une habitude pour eux ou un honneur qu’on lui offrait, dans tous les cas, les remerciements étaient de rigueur et il ne s’en priva pas.
Mais ce fut un « Ah. » mal senti qu’il lâcha, en apprenant que son interlocuteur n’était pas intéressé par l’archerie, et non plus par les armes en général. L’idée même que l’on puisse les dédaigner sonnait étrange à ses oreilles, surtout venant d’un homme. Et pourquoi alors lui en parler ? Simplement pour faire la conversation, assurément. Le Nord était peut-être un brin plus pugnace, et encore il en doutait fortement, mais lui qui se sentait s’accomplir uniquement en éprouvant ses compétences martiales peinait à comprendre la mentalité de l’Estremont. Ce qu’il comprit bien avant, ce fut l’impolitesse dont il faisait preuve en le fixant sans dire un mot de plus. L’approche du garçon de cuisine avec le pichet fut une bénédiction pour briser le malaise dans lequel il persistait.
Il tiqua aux propos d’Edric, qui lui proposait de lui servir de l’eau ou de la bière, plutôt que du vin, par « manque d’habitude ». Pourtant nulle pique et la parole toujours aussi fluide et mielleuse qu’il était impossible de lui faire le moindre reproche. C’en était presque agaçant de se faire traiter comme un gamin, sans savoir si c’était une douce attention ou une taquinerie par trop voilée. « Ca me conviendra parfaitement, je ne suis pas venu dans le Sud pour me cantonner à mes habitudes. » Il retint de nouveaux remerciements, sachant pertinemment qu’il finissait toujours par couvrir sa trop grande franchise soit par des silences, soit par diligence. Mais ils étaient seuls ici, et même tellement éloignés de tout sur Vertepierre en elle-même, était-ce vraiment un problème, cette franchise ? Il dégusta le vin à son tour, en prenant son temps pour l’apprécier, lâchant un « Singulier » pour simple commentaire, avant de reprendre plus ouvertement : « Enfin bien meilleur que de la bière ou de l’eau, rien de plus sûr. »
Et ils en venaient à ce qui l’intéressait vraiment : Le savoir. Il aurait pu s’en douter. « A défaut d’apprécier les armes, il est toujours nécessaire de savoir se défendre quand la situation peut l’exiger. On ne sait jamais ce qui peut arriver, même au court d’un voyage de routine. Quant aux autres armes … » Il marqua un silence perplexe, reprit une gorgée de vin avant de rétorquer avec un certain sérieux. « J’appelle ça des moyens. Connaître son ennemi, c’est déjà savoir où frapper, et faire des alliances, c’est savoir s’en préserver. Il est certain que le pouvoir ne peut se passer de savoir, mais aussi d’armes à mon sens, même si ce n’est pas les siennes. Car qui à la vraie puissance, selon vous ? Celui qui donne les ordres ou celui qui brandit l’épée ? Qu’est-ce qui fait que vos hommes seront prêts à mourir pour vous ? » Il laissa sa question en suspens, libre à l’interprétation. C’était rare qu’il discute réellement ainsi, mais ces questions, il se les était déjà posées par le passé. Et voilà qu’il avait l’occasion d’opposer son avis sur la question à un autre, aux parfaits antipodes. Edric avait cette capacité à mettre en confiance rien que dans l’attitude, ce qui le forçait à parler bien davantage qu’à l’accoutumée. Cependant, il valait mieux qu’il se modère sur le vin, aussi reposa-t-il le verre. « C’est une question de respect, d’estime et de confiance à mes yeux. A Fort-Terreur, ça passe toujours par les armes. Peut-être parce que c’est dans notre éducation, ou que nous l’avons choisi ainsi vu que même Maureen les manie avec une rare dextérité, ou alors, c’est la devise qui l’impose. Quelle est celle à laquelle vous devez vous soumettre ? » Il avouait volontairement son ignorance, mais si éloignées étaient leurs deux maisons… Lui saurait-il seulement celle des Bolton ? Une façon de tester à quel point ce savoir dont il parlait pouvait être acéré.

Un sourire flotta finalement sur ses lèvres, autant aux bonnes odeurs qui s’élevaient qu’à la mention presque comique d’être à son aise sur un navire. Encore heureux pour l’Estremont, qu’il l’était ! Mais il visait aussi très juste quant à sa propre expérience… Les impressions de balancement continues se rappelèrent subitement à lui et Adrian se força à les ignorer, ancrant son menton dans sa paume comme s’il en avait besoin pour rester droit. C’était désagréable de se sentir tanguer en sachant pertinemment qu’on était immobile. « Pas très plaisant, en effet. Encore moins avec la tempête mais… Je suppose qu’on s’y fait. » Il n’avait pas envie de s’attarder sur ce sujet, encore moins avant de déguster de bons plats. Rien de mieux pour que la nausée le reprenne sans aucune raison. Maintenant qu’ils étaient à Estremont, il n’était pas si pressé de repartir pour endurer à nouveau ce supplice.

Adrian rendit un regard perplexe à son interlocuteur, alors qu’il s’attardait à la contemplation de son arc, posant tellement de questions sur un sujet qu’il venait de dire, peu avant, ne pas vraiment l’intéresser. Il l’avait détaillé quelques secondes en se demandant où il voulait en venir… Mais non, nulle part. Aimer le savoir, n’était-ce pas aussi aimer l’aventure ? Dommage qu’il soit coincé sur cette île, ce devait être plus désagréable encore que de l’être à Fort-Terreur. « Du bois d’if. Le plus répandu et banal à travers tout Westeros. » Il se permit un léger rire avant de reprendre : « Je ne sais pas quelle propriété miraculeuse vous espériez que cet arc possède, mais vous ne trouverez pas arc plus classique, même s’il vient bien de Fort-Terreur. Enfin comme toute arme, après, il a son propre équilibre et je saurais le reconnaître entre mille comme étant le mien. Pas besoin de lui attribuer un nom pour ça. » Un sourire marqua ses traits, presque fier, de cet arc qui ne représentait rien. Ils en imposaient tous, avec leurs épées au nom fort et évocateur qui faisaient tout leur orgueil. Les arcs n’en portaient jamais, eux.
« J’en ai entendu dire autant des archers de la Main. Je brûlerais d’envie d’en rencontrer quelques-uns et de m’entraîner avec eux, mais je doute que ma curiosité les préoccupe. Et quelque part, je me demande combien de Barrals ils ont pu faire tomber pour en arriver là, et ça, c’est moins plaisant. Nous avons bien un arc sculpté dans ce bois, prélevée d’une branche à Fort-Terreur, mais… » Il haussa les épaules, un air de vague déception au visage. « Disons qu’il sert surtout de décoration, actuellement. Si vieux, mais toujours aussi intact. » Il n’avait pas eu souvent l’occasion de le prendre en main, comme s’ils craignaient qu’il fasse mauvais usage d’un héritage familial. Il n’avait pas non plus vraiment insisté, peu à l’aise avec cet arc qui était à la fois si différent et si semblable aux autres, que c’était impossible pour lui de déterminer ce qui le dérangeait le plus dans son maniement. Et puis il n’avait d’ailleurs rien de pratique à cheval, et jamais il n’aurait troqué un arc, fut-il en bois de barral, contre Avalanche. « Je ne sais pas vraiment ce que ça peut leur apporter, tous ces hommes équipés avec des arcs en bois de barral … » Il secoua lentement la tête, chassant quelques pensées pour revenir à des préoccupations bien plus terre-à-terre. Les goujons frits venaient d’être apportés, et Adrian se servit en imitant scrupuleusement les manières de son interlocuteur pour les déguster. Copier les gestes sans en donner l’air, il avait toujours su faire pour s’adapter un peu. Il s’était bien attendu au goût de poisson, mais tous divergeaient : Bon et particulier, comme il s’y attendait. Adrian en reprit rapidement un autre, avant de rajouter, sur le ton de la conversation : « Ca vous intéresse, le Nord ? »
Revenir en haut Aller en bas
Noble
avatar

Edric Estremont
Noble

Général
Que trépasse si je faiblis

♦ Missives : 189
♦ Missives Aventure : 67
♦ Age : 31
♦ Date de Naissance : 27/07/1985
♦ Arrivée à Westeros : 25/04/2011
♦ Célébrité : Hayden Christensen
♦ Copyright : Seamus
♦ Doublons : Brynden Rivers
♦ Age du Personnage : 26 ans
♦ Mariage : /
♦ Lieu : Vertepierre, Estremont, Terres de l'Orage
♦ Liens Utiles :
Feuille de Personnage
Feuille de personnage
Inventaire:
Jauge de réputation Jauge de réputation:
301/500  (301/500)


Message Lun 3 Déc 2012 - 14:28

Après avoir indiqué qu'il ne goûtait pas réellement le maniement des armes, bien que ces dernières l'intéressaient malgré tout, aussi contradictoire que cela puisse sembler l'être, Edric avait abordé le sujet de sa propre arme de prédilection, le savoir et la connaissance. Le jeune Bolton mentionna alors le fait que savoir se défendre était toujours important, notamment au cours d'un voyage, ce à quoi le noble de l'Orage ne pouvait qu'acquiescer. S'il n'avait pas su se défendre un minimum, il était certain qu'il ne serait jamais revenu de son périple, sans doute tué par cette étrange Fer-née qu'il avait rencontrée dans l'Ouest... La discussion continua ensuite sur le point de vue que le Nordien avait au sujet du savoir et il fallait avouer que tout cela était intéressant. Intéressant et... surprenant. Autant pouvait-on le prendre pour un enfant de par son apparence juvénile, autant sa façon de parler laissait entrevoir le futur lord qui se cachait déjà en lui. Son éducation n'avait pas été ratée, c'était une évidence. Où se trouvait la puissance véritable ? Chez le soldat ou chez le général ? Voilà une question qui méritait réflexion. Après tout, Adrian avait raison. Le soldat pouvait toujours se rebeller et dans ce cas-là, le général serait en bien mauvaise posture. Qu'est-ce qui faisait donc qu'on lui obéissait et qu'on allait jusqu'à risquer sa vie pour lui ? La réponse que le Bolton donna alors fut surprenante. Il parla en effet de respect, d'estime et de confiance, brisant ainsi tout ce que l'on racontait au sujet des vils écorcheurs du Nord. Souriant, Edric répondit à sa question.

« Que trépasse si je faiblis. Telle est notre devise. Elle a de nombreuses significations, sans doute autant que la vôtre. Un capitaine ne peut faiblir au risque de voir son navire sombrer. Un chevalier ne peut faiblir au risque de voir ses hommes mourir. Un seigneur ne peut faiblir, au risque de voir son fief tomber. Tous doivent montrer de la force, quelle que soit cette force. » Buvant une petite gorgée de vin, Edric reposa son verre et reprit rapidement la parole. « Nos lames sont acérées. Ce sont vos mots, il me semble ? Je les comprends mieux, maintenant. Un Bolton doit savoir se battre, mais il doit aussi avoir le respect et la confiance de ceux qui se battent pour lui. Vos paroles sont vraies et pleines de sens, messire. Je vous enjoins toutefois à prendre garde. Vous êtes un Nordien et on raconte que vous vivez encore selon les traditions et les coutumes de vos ancêtres, les Premiers Hommes. Ils étaient des gens droits et des gens d'honneur et je ne doute pas que vous le soyez aussi. Le respect et la confiance peuvent suffire à s'assurer de la fidélité de ses hommes, dans le Nord. Mais ici, les choses sont un peu... différentes. Malgré les préceptes des Sept, les gens font souvent peu cas de l'honneur et l'on peut acheter qui l'on veut, pour peu que l'on trouve son prix. Plus d'un homme ont déjà été trahis par leurs plus fidèles compagnons... Le respect et la confiance sont une chose. L'excès de confiance en est une autre et il peut conduire à bien des drames. Ne l'oubliez pas et vous vivrez longtemps. »

Ces propos pouvaient sembler étranges, mais Edric les avait prononcés en toute amitié et sans aucune menace ou arrière-pensée. Il partageait l'avis du jeune homme. La confiance et l'estime étaient des facteurs indispensables pour entretenir de bonnes relations, mais cela ne faisait pas tout. Les intrigants faisaient toujours semblant de donner leur confiance pour mieux poignarder par derrière alors mieux valait toujours rester sur ses gardes. Le Bolton savait-il tout cela ? Si non, qu'en penserait-il ? Difficile à dire, mais Edric espérait vraiment qu'il ne le prendrait pas mal... Chercherait-il d'ailleurs à en savoir plus ou se contenterait-il de garder ces propos en tête pour y repenser plus tard, préférant poursuivre la conversation sur des sujets moins difficiles ? Encore une fois, il ne pouvait pas le savoir.

L'attention d'Edric fut alors attirée par l'arc posé sur la table, à côté d'eux. Il posa des questions à son sujet, alors que les goujons frits arrivaient, s'intéressant aussi au Nord et à d'autres sujets. Il avait face à lui un connaisseur en la matière et il espérait donc pouvoir apprendre quelques petites choses. Ne venait-il pas de dire que le savoir était une arme ? Il était donc temps d'aiguiser la sienne ! Malheureusement, Adrian n'avoua rien de particulier et il expliqua que son arc était semblable à tout autre arc de Westeros, bien qu'il semblerait être capable de le reconnaître entre mille. Surprenant ! Il continua à parler en expliquant être lui aussi curieux au sujet des archers de la Main, même si l'idée d'imaginer le nombre de barrals abattus pour fabriquer ces arcs ne lui plaisait pas. C'était là chose compréhensible et Edric s'en voulut presque d'avoir posé la question. Quoi qu'il en soit, Fort-Terreur semblait bien renfermer un tel trésor en son sein, mais ce trésor n'était pas utilitaire, servant plus à décorer qu'autre chose. La déception visible sur le visage de l'adolescent semblait toutefois démontrer qu'il aurait aimé pouvoir s'en servir et c'était un sentiment compréhensible. Que ne donnerait-on pas pour pouvoir manier une arme presque mythique !? Lui-même, bien que n'étant pas amoureux de leur usage, apprécierait de pouvoir brandir une lame légendaire !

Mangeant un nouveau goujon, Edric sourit à la question posée par son compagnon de tablée. Oui, le Nord l'intéressait. Quoi de plus normal ? Il n'avait jamais pu s'y rendre et on racontait tant de choses à son sujet que la curiosité ne pouvait que se manifester. Et puis le Nord renfermait d'innombrables merveilles et voir le Mur de ses yeux devait être quelque chose de très intimidant. S'imaginer que la main de l'homme – et des géants, à en croire les légendes – avait permis d'édifier un tel ouvrage, c'était proprement spectaculaire. « Oui, le Nord m'intéresse. Tout autant que chaque région de notre royaume, en vérité, à l'exception peut-être des îles de Fer. Mais le Nord est la plus éloignée et celle que je ne pourrais sans doute jamais visiter. Estremont n'est qu'une île. C'est... petit ! En comparaison de vos grandes terres, je veux dire. Certes, j'ai déjà voyagé sur le continent, mais le paysage reste marqué, par chez nous. Des forêts, des bois, des champs, des pâturages, des montagnes. On raconte que chez vous, les terres vierges s'étendent à perte de vue, couverte par les neiges. Ce doit être si... déroutant ! Et le Mur ! N'est-ce pas là une merveille d'architecture ? Imaginer sa hauteur est compliqué et peu aisé, mais après avoir admiré la Grand-Tour des Hightower, je ne peux qu'être curieux de découvrir un mur de glace aussi haut et encore plus vaste. Cela doit vous sembler étrange, j'imagine, alors que vous y êtes habitué depuis toujours. Mais vous-même, n'êtes-vous pas intrigué par la découverte du sud ? La situation est quelque peu similaire, je trouve. Avez-vous déjà vu le Mur ? »

Sa phrase à peine finie, les garçons de cuisine arrivèrent afin de poser les plats et les écuelles sur la table. Edric les remercia rapidement avant de s'emparer d'un couteau et d'une pique, découpant la mouette farcie et la tourte. Il transféra un des morceaux du volatile dans une écuelle qu'il garnit de purée de rutabagas avant de la tendre au Bolton, faisant de même pour lui. « N'hésitez pas à vous servir de la tourte, si vous le souhaitez. Puis il reste encore les goujons, aussi. » Attrapant la cruche de vin, Edric remplit à nouveau les deux coupes. « Nous parlions donc du Mur. L'avez-vous vu ? Quelles autres merveilles se cachent au Nord ? » Attendant la réponse qui n'allait pas tarder à arriver, il sortit son propre couteau et se mit à découper la viande chaude avant de le manger, appréciant le goût si étrange de l'animal mêlé aux saveurs de la farce.



Que trépasse si je faiblis

Revenir en haut Aller en bas
http://star-city-heroes.forumsrpg.com
avatar

Invité
Invité

Général
Feuille de Personnage


Message Jeu 13 Déc 2012 - 22:30

« Que trépasse si je faiblis. »
Un sourire songeur passa sur ses traits, à l’évocation de cette devise. Peut-être ne serait-il pas de son avis mais il la trouvait tellement proche de la leur, par bien des aspects. « Une devise lourde à porter, mais qui a un sens fort. Elle a tout pour me plaire ! » En entendant sa propre devise dans la bouche de l’Estremont, il ne put réprimander un élan aussi étonné que fier. Pour être cultivé, il l’était. En dehors du Nord, il ne lui semblait pas que les Bolton étaient relativement connus, peut-être suffisamment pour les quelques histoires d’horreur à leur sujet puissent circuler avec leur blason… Mais leur devise, qui pour s’en souvenir ensuite ? « Toutes devises a de multiples significations, et la faiblesse est un sentiment qui peut revêtir de bien nombreuses formes… On m’a toujours dit qu’il était important de la connaître pour mieux la chasser, car elle est l’ennemie du souverain. » La connaissance, on y revenait, mais pas sous la forme que lui donnait son interlocuteur au détour de cette conversation. La connaissance de soi était encore un autre aspect, Adrian était pourtant certain qu’il en était tout aussi sensible. « Nos deux devises ont ce caractère insoumis en commun. Et, vous avez raison, il n’est pas évoqué une seule lame mais bien la force de plusieurs… Le sens large s’y applique aussi, bien heureusement pour moi, car je suis bien mauvais bretteur. » Ces mots, ils pouvaient tout aussi bien s’appliquer à la parole en elle-même, pas un seul Bolton n’ayant sa langue dans sa poche. Mais il aurait été malvenu de le signaler lors d’une première rencontre, surtout quand il faisait de son mieux pour ne pas s’abandonner à son franc-parler …

A l’inverse, les paroles d’Edric étaient toujours aussi caressantes, et plus il l’entendait parler, plus ce fait lui paraissait aussi dérangeant qu’inhabituel. Néanmoins, le Nordien était incapable de prendre le moindre de ses compliments autrement que pour des politesses, voir des façons de transiter ses phrases. Que devait-il lui paraître rustre, en comparaison, malgré tous les efforts qu’il pouvait déployer. Et s’il appréciait autant le Nord, il se demandait que pouvait être la réaction de l’Estremont s’il avait l’occasion de les entendre à Fort-Terreur. Nul doute que le dépaysement se ferait encore plus violemment en sens inverse…

Il avait abandonné son assiette, le temps de le fixer longuement tout en s’abreuvant de ses paroles, ses mains croisées devant son menton. « Des gens droits et d’honneur… Vous m’avez pris pour un bon chevalier de légende ? » Il s’était aperçu trop tard de la dureté de sa remarque, mais ça le faisait presque sourire d’entendre pareils propos. A croire qu’il l’avait confondu avec un Stark en oubliant qui ils étaient vraiment… A les voir combattre, il aurait su que tous les coups étaient permis. « Très aimable à vous. Enfin… Le mot d’ordre n’est pas l’honneur, mais la survie. On ne nous apprend pas à parader, mais à assurer nos arrières pour conserver une vie plus longue, tout du moins chez les Bolton. Ou plus sûrement est-ce dans mon éducation, que sais-je… Ce que je peux vous dire, c’est qu’il est bien plus aisé de briser une confiance que de l’entretenir. Ne vous en faites pas que, malgré vos paroles chaleureuses, si vous levez une dague contre moi, j’aurais tôt fait de brandir la mienne en réponse. Car ce n’est pas la guerre qui a décimé les Bolton, et nous en sommes tous conscients. »
Pas les armes non plus, mais un mal invisible et insidieux. Comme un poison, assurément. Il grimaça, bien malgré lui à cette simple pensée. Il était inutile de lui répéter, tellement la mort lui semblait constamment si proche, mais il se refusait à laisser la peur refermer l’étau comme la démence sur son grand-père. Il était pourtant conscient que ce voyage était dangereux, mais bien plus encore des conséquences que pourraient avoir un assassinat sur sa personne. En tuant l’héritier des Bolton, les premiers accusés risquaient d’être les Stark, et sans plus rien à perdre pour Lord Réginald Bolton, privé de descendance et de forts risques que sa lignée s’éteigne… Que serait-il capable de faire ? Tout. Il avait déjà perdu la raison en même temps que ces deux fils, il serait prêt à abreuver la neige de sang.

Il secoua lentement la tête, comme pour chasser ses pensées néfastes, se remettant à manger avec lenteur comme pour jeter le trouble sur ses pensées.
« Ce qui me vient à l’esprit, de nos échanges, c’est que le pouvoir résiderait alors en trois aspects différents … Que seraient la connaissance, la richesse et la puissance militaire. N’êtes-vous pas d’accord ? » Il ne niait pas qu’il résidait du vrai dans tout ce que disait son hôte. Mais il était rare qu’un homme possède les trois, et sache surtout bien s’en servir. Adrian apprenait tout juste, et il se savait de nombreuses lacunes, mais surtout une capacité à exceller dans certains domaines tout en délaissant honteusement de côté bien d’autres… Jouer avec ses forces sans exposer ses faiblesses était le mieux à faire pour ne pas finir dévorer par un poisson plus gros, se disait-il, à la vue de son assiette. Il fut plutôt heureux que la conversation s’oriente vers des sujets moins sensibles, au risque de réveiller sa méfiance qui se révélait toujours trop vive, en toutes occasions. Un mauvais héritage du Lord…

Il aurait manqué de s’étouffer avec son goujon s’il ne venait pas de l’avaler, tellement l’empressement et l’intérêt d’Edric en était presque comique. Il ne comprendrait sans doute pas pourquoi il se mettait si subitement à rire ! Et c’était mal de se moquer, après tout, ne disait-on pas que l’herbe était toujours plus verte chez les autres ? Mais dans le Nord, on n’en voyait à peine la couleur !
« Excusez-moi, j’étais persuadé que ce n’était que pure politesse… C’est vrai que le Nord est immense, presque aussi grand que l’ensemble des autres royaumes de Westeros mais tellement… Vide ! Quel intérêt peut avoir nos grandes plaines enneigées à vos yeux ? Tout est si similaire qu’on serait capable de se perdre dans cette étendue blanche. Il faut parcourir des distances immenses pour trouver le moindre signe de vie, si bien qu’il est rare que le moindre noble ne sorte de ses remparts. Sans parler du danger constant d’une telle entreprise, qu’on a souvent tendance à oublier… Ca n’a juste rien de comparable à toute la diversité qu’offre le Sud. Les routes grouillent d’activités, le climat est clément et rien ne se ressemble. »

Le Mur, il n’y avait bien que le Mur pour valoir le détour dans le Nord, ou à la rigueur Moat Cailin mais les sensibilités étaient toutes différentes, n’est-ce pas ? Il n’eut pas le temps de répondre que les nouveaux plats arrivaient, abondants. Adrian aurait bien été incapable de dire s’il était traité en invité de marque ou si cette abondance était caractéristique du Sud. Il avait si peu mangé durant son voyage, et encore moins sur ce satané navire, que son estomac se disputait entre la faim et la nausée face à autant de nourriture. Il le remercia d’un sourire et d’une inclinaison de la tête, bien heureux qu’on lui découpe à l’avance sa part pour qu’il ne se pose pas plus de questions sur la façon d’attaquer le volatile. Il s’était attendu à un goût de poulet, c’était légèrement différent…

« Je me rendais parfois au Mur avec mon père, autrefois. C’est vrai qu’il vaut le détour… Quand on parvient à ses pieds, on a cette sensation d’avoir atteint le bout du monde. Mais aussi d’être écrasé et insignifiant face à cette barrière infranchissable. Il n’a rien d’un Mur en soi, à le regarder à cette époque, il me faisait plutôt l’effet d’une montagne entière taillée en forme de mur de givre, parce que la glace le recouvre entièrement et ne s’estompe jamais. On n’en douterait presque qu’il soit constitué de pierre. Et, bon sang, quand on vous dit de ne pas courir sur les remparts tellement ça peut glisser, ce n’est pas pour rire. »
Il s’était tu subitement en réalisant la bêtise de ses paroles. Rien de plus qu’une anecdote d’enfant, qui parvint subitement à le mettre mal à l’aise. Ca n’avait rien d’important ou de notable, mais ses souvenirs étaient un peu confus et pas focalisé sur l’essentiel. A force de chercher un moyen de rattraper sa description, il trouva surtout celui de fermer sa bouche un temps sur son repas pour éviter de s’enfoncer davantage.
« On a tous envie de voir, ensuite, ce qui est présent de l’autre côté du Mur. Mais vous seriez déçu : Ce n’est rien de plus que l’extension même du Nord. Je n’ai vu aucun géant, aucun loup-garou, ou même les Autres qui rôdaient par-delà. Plus loin, peut-être, autant que l’on peut pousser l’imagination, sans doute. »
D’autres merveilles dans le Nord ne lui venaient pas à l’idée, du moins rien d’aussi impressionnant que ce que pouvait réserver le Sud des terres. Il préféra donc rester muet face à cette question et d’hausser simplement des épaules. Comme pour lui proposer un palliatif à son manque de répondant, Adrian reprit : « J’ai conservé un souvenir inoubliable, du Mur, d’ailleurs. C’est de là-bas que mon père a ramené Avalanche, mon destrier. On lui vantait qu’elle avait chevauché par-delà le Mur mais à la réflexion, c’était sans doute un simple argument de vente… Quoique, vu comment elle exècre le Sud et son climat, ça pourrait avoir du vrai. »
Un sourire voilé le prit, en repensant aux difficultés épouvantables pour traverser le Neck, tellement la jument avait peu supportée ce changement radical d’environnement. Elle s’était à peine calmée après cette rude étape et il la montait bien moins souvent, car même si elle perdait aussitôt son pelage d’hiver, elle n’en restait pas moins mal acclimatée.

« Assez parlé des merveilles du Nord, elles sont bien plus nombreuses au Sud. Nous sommes passés par le Neck pour gagner ensuite les alentours de Vivesaigues. De loin, j’ai aperçu Harrenhal après ce détour, et Port-Réal… Je n’ai jamais vu autant de monde amassé au même endroit ! A croire qu’il était impossible d’avancer sans risquer de marcher sur un gamin qui accourait… D’autres endroits sont à visiter ? Et Dorne, vous n’êtes pas si éloignés de ces terres arides, vous avez déjà poussé plus au Sud encore ? »
Revenir en haut Aller en bas
Noble
avatar

Edric Estremont
Noble

Général
Que trépasse si je faiblis

♦ Missives : 189
♦ Missives Aventure : 67
♦ Age : 31
♦ Date de Naissance : 27/07/1985
♦ Arrivée à Westeros : 25/04/2011
♦ Célébrité : Hayden Christensen
♦ Copyright : Seamus
♦ Doublons : Brynden Rivers
♦ Age du Personnage : 26 ans
♦ Mariage : /
♦ Lieu : Vertepierre, Estremont, Terres de l'Orage
♦ Liens Utiles :
Feuille de Personnage
Feuille de personnage
Inventaire:
Jauge de réputation Jauge de réputation:
301/500  (301/500)


Message Dim 16 Déc 2012 - 16:39

Edric avait abordé le sujet de la devise familiale des Estremont, donnant quelques explications en complément, avant de se mettre à parler de ce qu'il pensait connaître de la devise des Bolton. Visiblement, il ne s'était pas beaucoup trompé puisque son interlocuteur acquiesça à ses propos tout en les précisant un peu plus. Hochant la tête pour indiquer qu'il avait saisi la même chose, Edric avait ensuite tenté de mettre le jeune héritier en garde contre les dangers du sud et des manigances politiques, mais il s'y était peut-être mal pris... Adrian avait-il été insulté par ses propos ? Ce n'était nullement dans ses intentions, bien au contraire. Il avait dit cela en toute amitié, cherchant à le préserver, et il espérait bien que le Nordien n'ait pas vu des menaces dissimulées là-dedans ! « Je vous crois sur parole, messire ! Mais n'ayez crainte, personne ne vous menacera ici. Vous êtes nos invités et nous ne sommes pas gens à manquer au respect de nos hôtes. Tant que vous demeurerez sur notre île, vous serez en sécurité. » C'était un fait, même si l'on n'était pas à l'abri d'une mauvaise rencontre... Quoi qu'il en soit, Edric souhaitait montrer au jeune homme que le fait qu'il soit un Bolton n'allait en aucun cas lui imposer de supporter de quelconques griefs à son encontre. Certes, les Bolton avaient longtemps affronté les Stark et on racontait des choses horribles à leur sujet, mais ça, c'était le lot de nombreuses familles des Sept Couronnes. Les Targaryen eux-mêmes n'avaient-ils pas lancé leurs dragons au Champ de Feu ?

Comme pour apporter une conclusion à cet échange, Adrian reprit la parole en mentionnant que de ce qu'il venait de se dire, on pouvait penser que le pouvoir comprenait trois aspects propres, à savoir la connaissance, la richesse et la puissance militaire. C'était en effet le cas, puisqu'un homme riche, ne pouvait rien faire sans armée de même qu'un homme disposant d'une armée ne pouvait pas l'équipée sans or. Quant à la connaissance, c'était elle qui permettait d'éviter ou de remporter une bataille... Quiconque possédait le tout pouvait remporter la victoire et dans une certaine mesure, cela avait souvent été prouvé par le passé. « Je ne peux qu'être d'accord avec cette analyse. L'un ne va pas sans les autres et je pense que sans tout cela, le pouvoir ne peut effectivement pas durer. Dans un sens, nous en avons la preuve à l'heure actuelle avec les problèmes qui menacent notre royaume... » N'était-ce pas l'absence de richesse et de connaissance qui empêchait le roi d'envoyer son armée mâter les Fer-nés ? Tout cela parce que certaines suppositions laissaient penser qu'il y avait peut-être une éventuelle menace dans les cités libres... Rien de certain, mais cela suffisait à paralyser tout le royaume... Quoi qu'il en soit, le jeune Adrian venait de prouver une nouvelle fois qu'il était loin d'être un enfant et qu'il méritait amplement son rang et le respect qui lui était du !

La discussion prit alors une tournure bien différente, s'éloignant des sujets compliqués et peut-être trop sérieux pour emprunter le chemin de la détente. Intrigué et intéressé par le Nord, Edric en parla avec une certaine ferveur, donnant peut-être l'impression d'être un enfant qui rêvait de découverte, ce qui dans un sens n'était pas loin de la vérité... C'est peut-être ce qui provoque la réaction imprévue du Bolton, réaction qui fit sourire Edric qui ne vit rien de mal là-dedans. Il pouvait aisément comprendre que le Nordien n'avait pas le même avis que lui et peut-être même qu'il s'imaginait les choses plus merveilleuses qu'elles ne l'étaient vraiment. C'est en tous les cas ce que cherchait visiblement à lui expliquer Adrian, en lui parlant du vide qui encombrait tant le Nord. « C'est justement ce vide et ce calme qui semblent intéressants. Les chemins grouillant d'activité sont aussi les lieux où l'on trouve le plus de brigands et je ne parle même pas des gamins qui s'emparent de vos bourses dans les rues des grandes villes ! Peut-être cela est-il aussi présent dans le Nord, je n'en sais rien. Peut-être même que je me fais de fausses idées, mais ne dit-on pas que le Nord est plus sûr que le reste du royaume ? Certes, il y a le climat et les bêtes... Sans compter que tout cela n'est peut-être que des histoires. Mais ce sont justement les histoires qui intriguent ! »

Les nouveaux plats arrivèrent et en même temps, Edric attendit que son jeune invité ne lui parle plus en détail du pays de ses origines. Adrian mentionna alors le Mur qu'il avait souvent vu, étant enfant, aux côtés de son père, et ce qu'il en rapporta confirma à Edric ce qu'il avait toujours pensé. Le Mur était une merveille que l'on se devait de découvrir de ses propres yeux, mais un voyage jusqu'au bout du monde serait-il réellement une bonne idée ? Peut-être un jour, qui sait... Pour l'heure, il y avait bien assez d'autres choses à faire ! La remarque finale d'Adrian tira même un nouveau sourire à Edric, bien qu'il ne comprit pas réellement la raison au silence qui suivit. Y avait-il eu quelque chose de mal ou cette anecdote se rapportait-elle à un événement fâcheux ? Préférant ne pas jeter d'huile sur le feu, il attendit en mangeant et en buvant. Le Bolton finit par reprendre la parole, racontant que ce qui se trouvait au-delà du Mur n'avait rien de merveilleux et qu'il n'avait vu aucun de ces êtres et créatures surnaturels qui étaient censés y vivre. C'était bien dommage, mais cela semblait normal dans le même temps, non ? Au contraire, le jeune homme parla alors de son cheval qu'il avait déjà mentionné plus tôt dans la conversation. Un cheval qui devait avoir connu les terres qui s'étendaient au-delà de la limite du royaume et qui semblait visiblement avoir du mal à s'acclimater au climat du sud. S'il était habitué aux températures du Nord, cela semblait normal d'autant qu'un voyage en bateau n'avait guère du arranger ses affaires...

Adrian mit alors fin de lui-même à la conversation et il enchaîna sur les descriptions de son voyage se renseignant sur ce qu'il y avait d'autre à voir dans le sud. « Port-Réal est une ville grouillante d'activité, oui, sans doute la plus grande du royaume. Y êtes vous restés quelques temps, messire ? J'imagine que vous y repasserez avant de rentrer chez vous et si tel est le cas, assurez-vous de vous rendre au Donjon Rouge un jour d'audience. Vous souhaitez voir des merveilles et je crois que les crânes de dragons exposés dans la salle du trône en font grandement partie ! » Edric se souvenait de la première fois qu'il les avait vus, enfant. Il en avait été impressionné tant certains étaient immenses ! Dans le même ordre d'idée, il y avait la forteresse de Fossedragon aux murs noircis par le feu des dragons. Malheureusement, depuis le terrible Fléau, elle avait été close et au vu de ce qu'elle renfermait, il valait mieux qu'elle le demeure... « Si les grottes vous intéressent, vous pourriez être impressionné par la forteresse du Lion de Castral Roc. Je ne l'ai moi-même vu que de loin, mais j'ai trouvé qu'elle n'avait pas la splendeur de Hautjardin. On y voit des roses d'or à perte de vue et les labyrinthes floraux entourant le château sont une merveille ! Mais peut-être n'y a-t-il plus de fleurs, en cette saison... Villevieille renferme aussi de grandes merveilles et cette ville dépasse sans doute de loin celle de Port-Réal en terme de richesse et de splendeur. La Grand-Tour est encore plus haute que le Mur, à ce que l'on raconte et elle guide les navires vers nos terres en toute sécurité. » Ce n'était là que quelques échantillons, mais il était vrai que tout cela faisait bien plus que ce que l'on trouvait dans le Nord. Et encore, Edric n'avait pas mentionné des lieux comme Peyredragon ou d'autres forteresses particulières.

La question suivante fit alors sourire Edric. « Je me suis en effet rendu à Dorne, il y a de cela deux ans, pour rencontre le prince Maron. J'ai visité la ville de Lancehélion et je me suis rendu aux abords du désert. C'est un paysage réellement singulier ! Peut-être semblable au Nord de vos descriptions, encore que ce soit le sable qui recouvre tout. Le sable et l'implacable chaleur... Traverser ce désert est peut-être encore plus risqué et dangereux que de voyager dans le Nord ! Pourtant, il doit renfermer bien des merveilles, mais je n'ai pas eu le courage d'en faire la tentative. » Quand au Bolton, il aurait sans doute autant de mal à s'acclimater à cette région que son cheval au sud... D'ailleurs, à ce propos, Edric eut soudainement une idée. Qu'en penserait le jeune Adrian ? Difficile à dire, mais autant le lui proposer ! « Messire, nous parlons là des merveilles du sud, mais plutôt que de demeurer enfermés à les décrire, pourquoi ne pas sortir prendre l'air pour en voir certaines ? Notre île n'a rien de comparable à Villevieille ou Harrenhal, mais elle possède malgré tout certains trésors ! Souhaiteriez-vous les voir ? Je me ferais une joie de vous guider ! » Saisissant sa coupe, Edric but une longue gorgée afin de la vider. « Du moins, si vous avez fini de manger, bien entendu. Peut-être que vous souhaiterez aussi mettre des vêtements secs, je ne sais pas. Si cela vous sied, je peux vous laisser le temps de vous préparer pendant que je vais moi-même veiller aux préparatifs. Nous pourrons alors nous retrouver dans la cour et pourquoi pas, passer voir Avalanche. Je suppose qu'il se trouve à l'écurie ? Alors, qu'en dites-vous ? »



Que trépasse si je faiblis

Revenir en haut Aller en bas
http://star-city-heroes.forumsrpg.com
avatar

Invité
Invité

Général
Feuille de Personnage


Message Jeu 3 Jan 2013 - 23:40

Adrian pencha la tête dans une moue perplexe devant le semblant de panique de l’Estremont. Il l’avait effrayé ? Par de simples paroles sans aucune incidence, le risque était faible. Il avait peut-être montré les crocs trop vite mais sans la réelle intention de le bousculer dans ses politesses. D’ailleurs, voilà qu’il lui en resservait abondamment pour diminuer les rares tensions. Il lui apparut vaguement que, dans le Sud, personne ne devait vraiment hausser la voix. Son hôte en particulier était d’un calme et d’un contrôle immuable sans qu’Adrian ne soit en mesure de comprendre comment pouvait-il tenir ainsi sans exprimer le besoin de se défouler. « Je n’ai perçu ni menace, ni offense. » Crut-il bon de préciser, sans s’épancher sur le sujet. C’aurait plutôt été à lui d’adresser des excuses même s’il ne savait dire exactement en quoi.

Il souffla un rire bref avant de reprendre : « C’est vrai que plus nous nous enfonçons dans le Sud, plus nous sommes observer comme des bêtes étranges et sauvages, si nous oublions de nous faire discret. Mais la réciproque est souvent vraie dans le Nord et aucune raison de jeter la pierre… Si c’est cela qui vous effrayait. » Ce dont il n’était pas réellement sûr… Etant donné que depuis le début de leur conversation, il était rare qu’ils soient en phase. Pourtant, il semblait bien enfin qu’ils trouvent un sujet sur lequel s’entendre. Connaissance, richesse et pouvoir. Edric abondait dans son sens, ce qui parvint à lui arracher un sourire. Quant à la situation actuelle du royaume, il n’était pas certain que ce soit un si bon exemple… Le manque de bonne volonté y était pour beaucoup, de son avis, mais il était parti pris et préféra donc garder ce commentaire pour lui. Aussi, plutôt que de débiter des paroles qui sonneraient creuses, garda t-il le silence à ce sujet.

Le Nord en était un tout autre qui paraissait fortement intrigué l’Estremont, sans qu’il n’arrive plus à en comprendre la raison malgré ses précisions. Le changement, la différence étaient les maîtres mots… On aurait dit qu’il avait une nature de voyageur sans aucun moyen de l’exploiter, coincé sur son île, compensant par l’imagination que devait lui fournir ses ouvrages. « Le froid chasse les bandits de grands chemins et le silence empêche les coupes-bourses d’agir à leur guise. Dans le Nord, il est difficile de passer inaperçu, et nous sommes peut-être bien à l’image du climat… Enfin ! Je ne suis pas le plus objectif pour en parler. Si le Nord vous intéresse tant, la meilleure chose à faire serait de le visiter. C’est peut-être loin, mais pas insurmontable, surtout si vous aimez voyager par mer, d’Estremont à Blancport. Si vous ne craignez pas les grands froids, vous serez ensuite le bienvenu à Fort-Terreur. » Une invitation qu’il convenait de formuler face à l’excellent accueil dont les avait gratifié les seigneurs de Vertepierre, même s’il doutait grandement que l’Estremont l’honore à un moment donné. Il le craignait frileux, dans tous les sens du terme.

Tout en parlant, Adrian ne se privait pas de manger. La politesse le forçait à ne pas engloutir son repas et savourer les mets qui se présentaient à lui, mais il avait une faim de loup et mangeait bien plus rapidement que son hôte. Il faut dire que la cuisine de l’île valait aussi le détour et qu’après un si long voyage, il n’avait eu que peu l’occasion de manger autant et si bien.
Mais il oublia bien vite le contenu de son assiette quand Edric se prit à lui parler des merveilles du Sud. Adrian pouvait bien se moquer des belles visions que son interlocuteur se représentait du Nord, il en avait presque les yeux brillants d’un gosse à boire ainsi ses paroles. Des crânes de dragons ! Et ils étaient passés à côté de ça, dans leur hâte à embarquer. Il n’oublierait pas de presser Maureen pour lui montrer. Comment pouvait-on passer à côté de pareilles raretés ? « Nous ne sommes restés guère plus de quelques jours, mais de fortes chances que nous y repasserons. Je ne sais si nous aurons le temps ou l’occasion de visiter les merveilles du Bief et de l’Ouest mais je ne compte pas passer à côté de la salle du trône une deuxième fois. » La splendeur de Hautjardin lui parlait moins… Les jardins et les fleurs le passionnaient bien moins que les forteresses, mais Castral Roc n’était pas tout près non plus. Ca faisait beaucoup d’informations à assimiler et il lui semblait être encore bien ignorant, aussi se contenta t-il d’hocher la tête à chaque énumération en cherchant à bien les retenir.

« La neige et le froid troqué contre le sable et la chaleur en somme. C’est aussi incroyablement différent que semblable ! Depuis les Marches de Dorne, peut-être en aurais-je un bon aperçu… Après tout, Pierheaume n’en est pas très éloigné. » Il n’eut pas vraiment l’occasion d’approfondir la question, Edric faisant référence à de toutes autres merveilles, bien plus proches. Et il fallait dire que sa remarque était des plus pertinentes… Inutile de parler de ce qui était si loin, si inaccessible, quand on avait à portée tout autant. S’il avait appris à ses dépends qu’il n’aimait pas les navires, se retrouver sur une île ne lui était jamais arrivé auparavant et le paysage différait grandement du continent. Sans parler de cette pierre qui faisait tant parler d’elle et rendait cette forteresse aussi singulière… Elle l’avait fasciné instantanément. Ce fut avec plaisir qu’Adrian délaissa la cuisine confinée et les bons plats pour partir à la découverte de l’île. Et qui d’autres qu’Edric serait mieux placé pour une telle visite ? Il avait un peu de mal à rester calme et dut réfléchir un instant avant de retrouver ses manières : « Je ne vous cache pas le plaisir que ce serait de découvrir les merveilles de Vertepierre. La pluie ne nous a pas vraiment permis d’en profiter pleinement à l’arrivée… Je vous suis, bien entendu ! »

Il hocha sèchement la tête, par l’affirmative, aux questions plus « pratiques » de cette petite excursion. Il n’aurait pas de mal à retrouver la cour, puisqu’ils en venaient, et s’il n’avait pas fini entièrement son assiette, elle ne le préoccupait déjà plus. « On fait comme ça. » Rajouta t-il rapidement, du tac au tac. Il aurait sans doute pu trouver mieux à formuler, mais mieux valait être efficace…
Adrian s’éclipsa bien vite, sans regarder où son hôte comptait se rendre et ce qu’il comptait « préparer » pour l’occasion. Quelles préparations pouvaient être nécessaires ? Ce n’est pas comme s’ils risquaient de partir loin. Enfin… Il le saurait bien assez tôt. Dévalant les escaliers de la forteresse, il gagna la chambre qu’on lui avait assignée en évitant de bousculer quelques serviteurs étonnés de son empressement. Pour quelques jours, il faudrait pourtant bien qu’ils s’y habituent car lui ne prendrait pas la peine de contrôler son pas rapide.

Adrian se rendit bien vite compte qu’il ne possédait que le strict nécessaire pour voyager. Evidemment, ils n’avaient pas voulu s’encombrer inutilement puisqu’ils voyageaient léger, et les quelques tenues étaient donc plus pratiques qu’élégantes. Il en trouva pourtant une qui devrait faire l’affaire, plus convenable et prévue pour les quelques occasions qui pouvaient se présenter. A contrecœur, il défit ses brassards et délaissa son arc dans ses appartements, troquant le cuir et sa cape de voyage pour le tissu. Il garda néanmoins sa dague à portée, avec une pensée amusée pour Edric en repensant à leur discussion.
Ce ne fut l’affaire que de quelques minutes avant qu’il ne retourne bien vite au niveau de la cour. Pour le peu qu’il avait déjà visité du château, il commençait à assez bien s’y repérer et, fort heureusement, n’eut aucun mal pour trouver les écuries. L’Estremont n’était pas encore arrivé dans les parages et l’activité restait plutôt faible, le ciel délaissant encore quelques fines gouttes éparses pour laisser place à un soleil timide qui risquait de redisparaître d’un moment à l’autre. Il ne lui fallut pas longtemps pour reconnaître le boxe où Avalanche avait été délaissé… Le terme étant exact vu les coups de sabots martelant le bois comme un appel muet. Pourtant, elle ne semblait manquer de rien même si l’agacement était palpable. Aussi idiot que ça en ait pu l’air, Adrian ouvrit le battant pour lui laisser le chemin libre jusqu’à la cour. La jument ne prit pas longtemps pour se jeter au dehors sous les protestations du maître d’écuries, mais il n’en avait que faire. Là, au dehors, l’animal était beau et furieux à galoper en tout sens. Comparés à ses congénères du Sud, elle dénotait clairement comme il s’y attendait : Imposante, au pelage chargé et blanc comme de la neige souillée, aux pattes larges et solides sur ses appuis et rendue fumante et impatiente par l’air lourd et le confinement. Il lui fallut une dizaine de minutes pour se calmer, cessée de ruer et galoper pour s’attarder davantage sur les lieux, donnant de violents coups de tête à la ronde.

Adrian était assis sur un muret à contempler davantage les murailles de Vertepierre, dont le soleil reflétait une lueur unique, que de s’attarder sur les excès de son destrier. Quand la lumière finit par l’atteindre lui-même, ses yeux se plissèrent sous l’injonction et virèrent à la couleur de glace. Au loin, à l’autre bout de la cour, il aperçut plus difficilement Edric revenir vers lui. Un sourire lui fendit les lèvres pour accueillir son retour, bref mais sincère. Il n’attendit pas qu’il parle en premier : « Je crois avoir vexé certains de vos serviteurs en lâchant la jument en plein milieu de la cour, mais elle se plaît mieux à sortir un peu. Alors ? Par où commençons-nous ? »
Revenir en haut Aller en bas
Noble
avatar

Edric Estremont
Noble

Général
Que trépasse si je faiblis

♦ Missives : 189
♦ Missives Aventure : 67
♦ Age : 31
♦ Date de Naissance : 27/07/1985
♦ Arrivée à Westeros : 25/04/2011
♦ Célébrité : Hayden Christensen
♦ Copyright : Seamus
♦ Doublons : Brynden Rivers
♦ Age du Personnage : 26 ans
♦ Mariage : /
♦ Lieu : Vertepierre, Estremont, Terres de l'Orage
♦ Liens Utiles :
Feuille de Personnage
Feuille de personnage
Inventaire:
Jauge de réputation Jauge de réputation:
301/500  (301/500)


Message Dim 24 Mar 2013 - 19:34

La discussion avait suivi son cours et les deux jeunes gens d'âges très différents s'étaient mis à discuter de leurs régions respectives, Adrian présentant le Nord de manière bien moins enjouée qu'Edric ne voyait cette région tandis que lui-même énumérait les nombreuses merveilles que recelaient les terres du sud, comme les crânes de dragons de la salle du trône à Port-Réal, la Grand-Tour de Villevieille ou la forteresse troglodyte de Castral Roc. Néanmoins, Edric cessa bien vite de parler de tout cela pour inviter Adrian à partir explorer plus avant l'île d'Estremont. D'une part, prendre l'air leur ferait du bien, pour peu que la tempête se soit calmée, d'autre part, il y avait bien des merveilles à voir dans les environs de la forteresse, à commencer par la ville de Vertepierre qu'ils devaient avoir traversé plutôt rapidement lors de leur arrivée. Laissant donc au jeune Nordien le temps de se préparer pour partir en exploration, Edric quitta la cuisine du château pour aller veiller aux quelques préparatifs nécessaires.

Première chose, il monta rapidement dans les étages pour rejoindre ses appartements personnels afin d'y revêtir des vêtements plus appropriés, ne serait-ce que pour affronter les risques d'orage et de tempête une fois à l'extérieur. Cela ne prit guère de temps et Edric retourna bien vite à l'étage principal de la forteresse, cherchant son cousin afin de lui demander de mettre à sa disposition quelques gardes et un chevalier. Même s'il était sur son île, on n'était jamais trop prudent, que ce soit dans la ville ou dans ses environs immédiats. Une fois cela fait, le noble passa la porte du donjon dans le but de rejoindre l'écurie et c'est alors qu'un étrange spectacle s'offrit à lui : un cheval en liberté dans la cour du château ! Sans doute était-ce du à l'erreur d'un jeune palefrenier et la première pensée qui lui vint à l'esprit fut qu'il devrait en parler avec maître Farlen. Pourtant, cette pensée se dissipa bien vite lorsqu'il aperçut, assis sur un muret, le jeune héritier de Fort-Terreur. Ainsi c'était là son cheval, ce fameux Avalanche, une bête qui semblait fort bien mériter son nom. Souriant à cela, Edric traversa alors la cour en destination du jeune homme qui s'adressa bien vite à lui. « Il est vrai que nos chevaux sont dressés pour faire preuve de moins d'excès mais je ne pense pas que les palefreniers vous en voudront bien longtemps. Je comptais faire seller des montures pour faciliter notre petite sortie mais peut-être sera-t-il plus aisé de se déplacer à pied, si cela ne vous dérange pas. Des gardes nous attendent près des portes, ils nous escorteront à distance. Je vous propose donc de passer par la ville elle-même, pour commencer ! »

Désignant dans le même temps la direction de la porte principale du château, Edric enclencha le pas à destination de cette dernière, rapidement rejoint par trois gardes et un chevalier portant les couleurs émeraudes de la maison. Les deux nobles franchirent les portes et ils dominèrent alors la ville portuaire de Vertepierre, doucement baignée par les timides rayons du soleil d'après tempête. D'un côté, le port semblait saturé de navires en tout genre, que ce soit les bâtiments militaires battant pavillon émeraude ou les navires étrangers bloqués là pour les mêmes raisons que la délégation Bolton. On pouvait aussi y voir des navires plus petits utilisés par les pêcheurs, certains prenant même le risque de repartir en mer. De l'autre côté, des remparts de pierre percés de plusieurs portes protégeaient la ville des menaces potentielles venues de l'intérieur des terres. Ces dernières, vertes et herbeuses, s'élevaient par ailleurs en pente légère jusqu'à donner forme à une petite montagne de laquelle on extrayait la vertepierre. Des portes du château, on la dominait presque et à la nuit venue, on pouvait voir les lueurs des torches et des feux de la ville des mineurs. « Et voilà Vertepierre. J'imagine que la tempête lors de votre arrivée ne vous a pas permis de faire très attention à la ville. Oh, en soit, elle n'a rien d'extraordinaire et j'imagine que vous n'en serez pas troublé après avoir visité Port-Réal, mais cela ne l'empêche pas d'être un lieu agréable, la plus grande partie du temps. » Pointant du doigt ce qui était la place centrale de la ville vers laquelle semblaient converger toutes les rues, Edric poursuivit. « Voyez le Septuaire de la Tortue, au milieu de la place. Face à lui se dresse un jardin muré, encore qu'en réalité, ce ne soit pas vraiment un jardin. C'est plutôt un lieu de verdure au cœur duquel on peut admirer de très nombreuses sculptures en vertepierre et je vous propose de commencer par aller voir cela ! »

Souriant, Edric reprit la marche, se déplaçant d'un pas calme et assuré le long de la route qui serpentait en pente douce descendante à destination de la ville. Ils ne mettraient pas longtemps à atteindre les premiers bâtiments mais ils pouvaient déjà constater qu'en raison de la météo actuelle, les rues étaient plutôt désertes. Afin de meubler le silence qui régnait, Edric reprit la parole pour donner quelques explications supplémentaires. « La création de ce jardin remonte à bien avant la conquête, selon certaines archives du château. Son but premier est de mettre à l'honneur les sculptures qui remportent un concours organisé chaque année ici-même et rassemblant de nombreux sculpteurs de Westeros. C'était une idée qui servait à faire connaître notre pierre dans les autres royaumes, à cette époque, mais qui permettait aussi de trouver des gens de talent à prendre au service de la maison. Aujourd'hui encore, on peut voir certaines statues trôner dans les jardins ou les cours de châteaux bien éloignés de notre île. Le septuaire possède d'ailleurs lui-même des représentations des Sept en vertepierre datant de l'époque de sa construction. Mais nous arrivons, vous allez donc pouvoir le découvrir par vous-même. » En effet, ils avaient traversé l'une des rues principales, celle-là même que la délégation Bolton avait emprunté à son arrivée, et ils avaient atteint la place centrale de la ville. De là, ils n'avaient plus qu'à passer sous une petite arche de pierre afin de découvrir le jardin de statues. Ces dernières brillaient par ailleurs d'une étrange manière sous le soleil qui se reflétait dans les gouttes de pluie, donnant au lieu une atmosphère mystérieuse. Edric se demandait ce que pourrait bien en penser le jeune Bolton. Trouverait-il cela intéressant ou serait-il au contraire blasé et peu concerné ? Il le saurait bien assez tôt. « Après vous, je vous en prie. »



Que trépasse si je faiblis

Revenir en haut Aller en bas
http://star-city-heroes.forumsrpg.com
avatar

Invité
Invité

Général
Feuille de Personnage


Message Sam 6 Avr 2013 - 16:49

« Preuve de moins d’excès… »
Adrian eut un sourire ironique devant les éternels mots feutrés de son interlocuteur. Deux palefreniers tentaient vainement de rattraper l’animal fougueux, mais toujours se dérobait-il pour galoper plus loin. Il aurait pu leur prêter main-forte et s’en serait certainement mieux sorti qu’eux, mais à la vérité, cette vision l’amusait davantage. Il déclara avec une once de fierté : « Nous élevons des destriers, préparés autant pour la guerre que pour le climat hostile. Ils sont puissants et endurants. Voilà une parcelle d’héritage du Nord. » Il avait eu le temps de voir les montures des Estremont. Ils en comptaient peu comparés aux Bolton, ce qui était parfaitement normal quand on prenait en compte leur situation géographique. Avoir une flotte efficace plutôt qu’une cavalerie devait être bien plus pertinent.

Il se laissa tomber en bas du muret, hochant la tête en réponse à l’Estremont. Il repéra bien vite l’escorte proprement dite : Trois gardes et un chevalier aux couleurs émeraudes. Pour avoir traversé une bonne partie de Westeros avec une escorte de cette taille, Adrian les trouvait presque superflu sur l’île. Mais il ne fit pas de commentaires… Après tout, c’était plutôt eux, les imprudents. Au risque de passer pour un parfait étranger, ce qu’il était bien évidemment, Adrian ne se priva pas d’orienter son regard de glace dans toutes les directions. Rien qu’aux portes du château, la vue était imprenable grâce à la hauteur prise. Il s’attarda sur les bateaux en contrebas, qui étaient en nombre, et arboraient des couleurs d’une grande variété, le vert n’étant pas forcément dominant. Le port lui rappelait Port-Real, en plus modeste. En l’espace de quelques semaines, il avait vu autant de bateaux qu’il n’en reverrait durant toute sa vie, du moins, c’est ce qu’il croyait alors.
La ville l’intéressa bien moins que de détailler à nouveau les remparts qu’ils laissaient derrière eux, arborant cette éternelle couleur verte qui l’intriguait tant. C’était à se demander comment une île de cette taille pouvait disposer d’autant de vertepierre en son sein. On aurait dit que leur stock était inépuisable…
« Votre vent est puissant mais chaleureux, même par temps de tempête. Quand la moindre brise au Nord vous glace les os, Vertepierre apparaît indéniablement comme un lieu agréable à vivre. Même si l’idée de vivre sur un terrain aussi limité… » Il hésita, jetant un regard de biais vers Edric, lâchant finalement avec sincérité : « Ca donne des airs de vaste cage. » Il ne pourrait jamais vivre en Estremont, y séjourner lui était très plaisant, mais il tournerait fou à ne pouvoir discerner que l’horizon. Ca lui rappelait vaguement le carcan que représentait Fort-Terreur pour lui, mais avec une barrière bien plus nette encore avec l’extérieur. Il comprenait, subitement, pourquoi le noble était si épris de leurs grandes plaines neigeuses.

Il se laissa entraîner en direction du Septuaire de la Tortue, mais l’ayant en visuel, il oublia à plusieurs reprises de mesurer son pas et se calquer sur celui de l’Estremont, fonçant tout droit sans attendre. Il voila relativement bien son embarras, se disant qu’il prendrait sans doute bien son empressement. Du moins, s’il se contrôlait suffisamment pour qu’il ne remarque pas à tel point son manque de patience était récurrent. Contrairement à sa cousine, le noble semblait de ces personnes qui considèrent un silence comme néfaste dans une relation. Adrian réprima un sourire à l’écouter détailler l’histoire de ces jardins. Il parlait comme il était possible de lire un livre d’histoire, une répartie agréable mais déconcertante. Il jugea plus sage de ne pas faire de commentaires, hochant simplement la tête en retour.
Ils passèrent sous une petite arche de pierre après avoir quitté l’axe principal, s’engageant dans le jardin dont il venait d’avoir tant de détails. Le voir, c’était autre-chose que de l’entendre. Il n’avait jamais bien été attiré par l’art de la sculpture, mais même un néophyte comme lui ne pouvait nier l’expertise dont chaque sculpteur avait dû faire preuve pour parvenir à de tels résultats. La faible luminosité qui filtrait entre les nuages et les restes de pluie donnait un aspect singulier à ce jardin de pierres vertes. Couplé au réalisme de certaines statues, on se sentait presque épié, comme si elles pouvaient rendre le regard qu’on leur accordait. Adrian serpenta entre les différentes œuvres, s’attardant sur la grâce mystérieuse d’une femme, sur la puissance latente d’un dragon targaryen, sur la bravoure transmutée d’un guerrier. Les statues avaient toutes cette particularité de laisser libre court à l’imagination, comme si leur histoire ne se limitait pas à de la simple pierre polie et ciselée.

A force, il en avait oublié l’Estremont qui était resté plus en arrière. Peut-être attendait-il ses premières impressions mais il aurait bien du mal à trouver les bons mots pour les décrire. Lui qui avait grandi dans l’austérité de Fort-Terreur, il baignait dans un tout autre univers en cet instant. « Ces statues doivent valoir une fortune. Elles sont magnifiques… Comme vivantes. » Que dire d’autres ? Il repartit aussitôt, reprenant sa ronde, avant de revenir se planter devant lui au détour d’une autre statue. Il hésita un instant. « Je pourrais vous demander une faveur ? N’avez-vous pas quelque part, un petit fragment de cette pierre qui vous est inutile ? Je ne me verrais pas repartir d’Estremont sans. » Ce qui n’avait rien d’une simple marque de politesse et d’intérêt dans sa voix, c’était la pure vérité.
Revenir en haut Aller en bas
Noble
avatar

Edric Estremont
Noble

Général
Que trépasse si je faiblis

♦ Missives : 189
♦ Missives Aventure : 67
♦ Age : 31
♦ Date de Naissance : 27/07/1985
♦ Arrivée à Westeros : 25/04/2011
♦ Célébrité : Hayden Christensen
♦ Copyright : Seamus
♦ Doublons : Brynden Rivers
♦ Age du Personnage : 26 ans
♦ Mariage : /
♦ Lieu : Vertepierre, Estremont, Terres de l'Orage
♦ Liens Utiles :
Feuille de Personnage
Feuille de personnage
Inventaire:
Jauge de réputation Jauge de réputation:
301/500  (301/500)


Message Ven 26 Avr 2013 - 15:07

Au cours de leur trajet, Edric avait pu comprendre les propos tenus par l'héritier Bolton au sujet de la limitation ressentie à vivre sur une île. Il était vrai qu'on avait parfois l'impression de ne pas pouvoir faire tout ce que l'on voulait, se retrouvant immanquablement face à la mer après quelques heures de voyage et cela, quelle que soit la direction prise. Jusqu'à ce jour, Edric n'avait connu que cela et ça ne l'avait donc jamais dérangé. Néanmoins, son voyage de plusieurs lunes à travers le sud de Westeros avait peu à peu changé cet état d'esprit tant on pouvait voir de merveilles différentes à travers les vastes terres du continent. Les choses étaient malheureusement bien différentes, sur Estremont.

Leur chemin se poursuivit alors en direction du Septuaire de la Tortue et du jardin aux statues qui se trouvait juste à côté, Edric présentant au jeune Nordien une brève histoire des lieux, ne pensant pas un instant pouvoir être rébarbatif. Puis il l'avait invité à passer sous l'arche de pierre qui en marquait l'entrée. Il ne fallut pas longtemps pour comprendre que l'attention d'Adrian avait été attirée par ces statues et cela fit grand plaisir au noble de l'Orage. Tout le monde n'était pas sensible à ce genre de spectacle et on racontait souvent que l'ostentation n'était pas la priorité des Nordiens. Ainsi donc, un instant durant, Edric avait redouté la réaction de son jeune compagnon mais cela était maintenant du passé. Restant en retrait, le jeune noble laissa donc toute opportunité au Bolton de découvrir les lieux, souriant devant son attitude face aux statues en attendant tout simplement qu'il achève sa visite. Lorsque sa première remarque quitta ses lèvres, Edric ne put s'empêcher de laisser échapper un petit rire. « En effet, s'il nous prenait l'envie de vendre ces statues, leur prix serait sans doute immense. La pierre utilisée y contribue pour beaucoup, de même que le travail fourni pour les achever. Mais ce qui ferait leur prix, c'est surtout l'ancienneté de certaines pièces. » Désignant la statue d'un homme située bien plus, Edric reprit rapidement la parole. « On raconte par exemple que cette statue représente Argilac Durrandon, le dernier roi des Terres de l'Orage. L'homme qui l'aurait sculptée l'aurait fait de mémoire, quelques lunes après avoir rencontré le roi lui-même. Si cela est vrai, je n'en sais rien, mais cela montre bien que la statue est ancienne. D'autres bien plus vieilles encore ont malheureusement du être retirées en raison des dégâts que le temps leur avait porté. »

Pendant ce temps, le jeune homme avait poursuivi sa visite avant de le rejoindre à l'entrée du petit jardin. Là, il sembla marquer un temps d'hésitation avant de poser une question. Une question surprenante et amusante, mais qui montrait bien l'intérêt que le Bolton avait pour la pierre. Un instant, Edric réfléchit avant de répondre. « De quoi aurions-nous l'air si nous vous laissions repartir avec un vulgaire débris ? » La question était plus rhétorique qu'autre chose mais Edric ne se serait évidemment pas vu donner un simple bout de caillou au jeune homme, même pour lui faire plaisir. « Néanmoins, je vais vous faire don de quelque chose. » Glissant sa main vers son cou, le noble de l'Orage en retira alors un pendentif qu'il portait en tout temps. C'était ce même pendentif qui lui avait permis d'attirer l'attention de lord Hightower, à Villevieille, et c'était encore ce pendentif qui lui avait permis d'établir leurs relations commerciales. D'un point de vue plus pratique, le pendentif avait été taillé dans la vertepierre la plus pure de l'île, représentant la tortue du blason de la maison Estremont. Il avait été fixé sur une petite cordelette de manière à pouvoir être porté autour du cou.

« Je porte cet objet depuis que je suis petit. C'était un cadeau de mon père, pour que je n'oublie jamais l'importance de notre maison. Il m'a ouvert bien des portes au cours de mon voyage, attirant le regard de lord Hightower lui-même. De ce qu'on m'a dit, le pendentif a été taillé dans un petit bloc issu de la sculpture d'une statue de ce jardin, celle du dragon Targaryen que vous observiez tout à l'heure. » Tendant alors sa main vers le jeune Bolton, Edric lui présenta l'objet avant de reprendre la parole. « Plutôt qu'un bout de pierre, j'aimerais vous l'offrir. » Cela pouvait sembler surprenant, mais c'était sincère. Ils ne s'étaient rencontrés que peu de temps avant mais au fil de la discussion, Edric s'était mis à éprouver un intérêt sincère à l'égard du jeune Bolton. Il appréciait sa franchise, un élément qui semblait récurrent au sein de sa famille, mais il appréciait aussi son état d'esprit et sa curiosité. Adrian avait tout d'un noble héritier mais cela ne l'empêchait pas d'être lui-même, sans trop se formaliser dans ses échanges. Et cela plaisait grandement à Edric, même si cela pouvait être un peu prématuré, comme sentiment. « Je dois vous l'avouer, vous m'avez intrigué, Adrian. J'aimerais donc vous offrir ce présent comme un gage d'amitié, espérant que par ce biais, vous n'oublierez jamais notre île et notre rencontre. Et puis, cela fera bien mieux qu'un simple débris, non ? Allez, prenez-le. »

Lui laissant le temps de réaliser la situation et d'y réagir, Edric le questionna sur ses envies présentes. « Souhaitez-vous vous attarder ici ou préférez-vous que je vous dévoile un lieu quelque peu secret de l'île ? »



Que trépasse si je faiblis

Revenir en haut Aller en bas
http://star-city-heroes.forumsrpg.com
avatar

Invité
Invité

Général
Feuille de Personnage


Message Mar 14 Mai 2013 - 17:39

« Leur ancienneté ? »
Adrian s’était retourné, quittant un instant son interlocuteur du regard pour observer quelle statue il lui désignait. Il fronça les sourcils, perplexe, en la détaillant plus consciencieusement. Il cherchait chaque estafilade ou marque du temps qui trahissait son ancienneté… Mais la pierre était solide. C’est principalement le vent et les caprices du temps qui semblaient l’avoir malmené, car aucune main ne paraissait s’y poser. La pierre était plus lisse et la teinte différente, mais il ne percevait pas réellement de différence. « Si celle-ci ne fait même pas partie des plus vieilles, vu qu’elle semble relativement bien conservée, vous devez avoir de sacrés vestiges des anciens temps. » Il ne s’attarda pas vraiment sur le visage du Roi qui lui parlait bien trop peu. L’Estremont était une mine d’informations époustouflantes et il ne parvenait parfois qu’à donner la répartie sans trop s’attarder dans les détails de peur d’être finalement tourné en ridicule face à ses connaissances.

La réflexion qu’il prit ensuite face à une simple demande lui laissa craindre un refus. Mais ce fut tout l’inverse qui se produisit… Un vulgaire débris ? Adrian en resta interloqué, avant de se rappeler un point essentiel : Le noble maniait les mots comme une lame et ils n’étaient que velours pour flatter son ego. Pourtant, il s’exprimait comme si cette pierre verte n’était tout simplement pas assez bien pour lui… Ce qui signifiait toujours un refus. Il commençait à s’y perdre, son malaise grandissant à mesure. Mais quand l’Estremont lui tendit son pendentif, il eut le simple réflexe d’ouvrir la main pour l’accueillir, et le regretta aussitôt à ses explications. Le tenir ainsi dans ses mains, c’était déjà l’accepter pour moitié, ce qu’il n’avait pas eu l’intention de faire.
« Messire, c’est trop d’honneur. Ne me cédez pas un héritage familial, je n’en mérite pas tant. » Il leva la main comme pour lui rendre, son regard s’attardant sur le pendentif en question. Il était magnifique. La pierre avait une teinte pure et unique qui ne se retrouvait même pas dans les statues qui les entouraient. La tortue, symbole des Estremont, lui rappelait inlassablement leur devise : « Que trépasse si je faiblis. » Il l’aurait bien gardé mais une chose le retenait de refermer sa main dessus. « Je garde les cadeaux de mon père plus précieusement que tout et ne les vendrait pour rien au monde. Je ne peux accepter ce que je ne serais pas prêt à vous donner. Etes-vous certain de connaître toute l’importance de cet objet avant de me le céder ? » Il était d’une cruelle sincérité, et même s’il ne voulait pas l’insulter, le Bolton voulait être sûr qu’il prenne conscience de ce qu’il s’apprêtait à faire. Son père était encore en vie, alors peut-être que ce n’était à ses yeux qu’un porte-bonheur qui pourrait être vite remplacé, peut-être n’avait-il encore aucune valeur sentimentale… Ou peut-être était-celui qui accordait trop d’importance à de simples objets, mais c’était tout ce qui lui restait maintenant. Son regard de glace resta ancré dans le sien, y cherchant un quelconque sentiment le trahissant, la main encore ouverte devant lui.

Et la glace de ses yeux laissa filtrer une émotion dissonante et indescriptible à l’évocation du gage d’amitié. Il avait l’impression de ne pas savoir où se placer, abaissant finalement sa main pour ne pas rester planter ainsi comme un idiot. Peut-être était-ce ses dernières paroles qui avaient fini par terminer son geste.
« C'est réciproque, Edric. » Qu'ils emploient subitement leur prénom l'un envers l'autre lui donnait l'impression d'avoir franchi un pas, même sans le vouloir. « Je n’ai croisé personne qui pouvait vous ressembler et vous égaler dans le Nord ou même durant tout mon voyage. Vous n’avez pas la même force que pourrait le déployer un noble du Nord, mais c’est aussi une force réelle, juste différente. » Il avait subitement du mal à s’exprimer, pourtant les mots lui manquaient rarement. Mais s’il n’avait aucun mal à parler à bâtons rompus, il était moins bon pour l’introspection. « Je n’ai rien à vous donner en retour, mais je trouverais en temps voulu. » C’était comme finir d’accepter ce présent, il en soupira, sachant d’avance qu’il n’aurait jamais dû céder. Peut-être le regretterait-il plus tard.

Son regard se posa une dernière fois sur les statues derrière lui, puis il hocha la tête pour son compère, prêt à reprendre la route. « Un lieu secret ? Là, c’est vous qui m’intriguez. » Que lui réservait-il encore ?
Revenir en haut Aller en bas

Contenu sponsorisé

Général
Feuille de Personnage


Message

Revenir en haut Aller en bas

« L’aventure est dans chaque souffle de vent. »

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut
Page 1 sur 1


Sujets similaires

-
» « L’aventure est dans chaque souffle de vent. »
» Rp's d'une naine guerrière - L'aventure est dans chaque souffle de vent
» Comme souffle le vent [pv Margaret] Terminé
» Souffle de vent sur la montagne [Célestre]
» Dans chaque femme il y a quelque chose de bien, mais vous devez l'introduire vous même !

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
A Song of Ice and Fire RPG :: Citadelle de Maegor :: ◄ Salle des Archives Oubliées (RP)-