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Rien qu'une carte dans la main de la Main [Brynden]

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Feuille de Personnage


Message Dim 14 Oct 2012 - 19:32


« Maintenant ! » Songea la jeune Alys, le cœur battant, ses yeux bleus incroyables fixés sur l'arche qui faisait entrer dans le Bois Sacré. Personne ne vint. Pour la énième fois depuis qu'elle s'était installée sur ce banc de pierre, elle lâcha un petit soupir de déception. Daeron lui avait pourtant bien dit qu'elle aurait des chances de le voir dans ce lieu, non pas parce que le prince était pieux mais parce qu'il avait compris qu'elle aimait ces arbres sans âge et ses habitants ailés. Pourtant, elle était arrivée au Donjon Rouge ce matin et, alors que le jour était gentiment en train de décliner, la jeune femme n'avait toujours pas eu le plaisir d'apercevoir son beau promis.
Mélancolique soudain, Alys eut une pensée pour Grigibets, le fief de son père qui l'avait élevée et amusée, mais qu'elle avait quitté pour cette ville immense où elle ne connaissait personne, dans le seul but de retrouver cet homme torturé qui s'était emparé de son cœur au premier regard et qui serait bientôt son époux. Si on lui avait raconté il y a quelques semaines encore qu'elle laisserait derrière elle les vieilles pierres de l'Orage sur lesquelles s'élimait son passé joyeux, elle n'en aurait rien cru tant elle pensait à l'époque qu'elle ne pouvait éprouver une joie plus grande que celle qui la faisait se réveiller tous les matins aux cotés de sa famille tant chérie. Sa famille, elle ne l'aimait pas moins aujourd'hui. Ni le château de son enfance. Seulement, là-bas, il manquait quelque chose dont elle craignait ne plus pouvoir se passer à présent. Ce prince aux yeux violets et aux rêves verts. Daeron Targaryen.

Pendant son court retour à Grigibets, ses frères ne lui avaient épargné aucune raillerie au sujet de son promis et n'avaient pas manqué de s'indigner qu'elle puisse honnêtement vouloir de celui qu'on appelait l'Ivrogne. Il fut su que Theodan avait commis l'impair de la laisser seule avec lui et nul doute que leur aîné s'était occupé de le sermonner durement par la suite. Cependant, rien de ce que ce dernier avait pu dire n'avait su la dissuader de repartir pour le Donjon Rouge. Ses parents, accusés d'insensibilité par leurs fils, s'étaient réjouis en apprenant cette décision, ajoutant qu'ils comptaient de toutes manières la prier de séjourner au cœur du Royaume jusqu'à son mariage, pour mieux la préparer à les quitter quand il ne sera plus question de faire marche arrière. Othell Trant avait tout de même eu le cœur serré en voyant les affaires de sa fille unique et chérie mises en malles et hissées sur la carriole qui la conduirait dans son nouveau logis, là où son autorité ne vaudrait plus rien. Son enfant était si innocente et douce, et il savait le Donjon Rouge éprouvé quotidiennement par des vents conspirateurs. Comment ferait-elle pour surmonter les embûches tendues à ses pieds sans le soutien de sa famille aimante ? De cela il était bien trop tard pour s'en soucier. Tout avait été décidé le jour où il avait serré la main du Prince Maekar après une longue discussion au coin d'un feu. Alys serait à Daeron. La promesse avait été faite devant les Sept. Paradoxalement, c'était maintenant que sa fille était toute heureuse à l'idée de se marier avec celui qu'on lui avait choisi qu'Othell avait des remords. Il se méfiait des rumeurs et ils savaient celles concernant Daeron avérées. Tout ce qu'il pouvait espérer à présent, c'était que la joie de sa future femme l'aveuglerait tellement que jamais elle ne se rendrait compte de la laideur de son prince. Une laideur d'actes habilement cachée derrière la beauté d'un visage.

« Ne pourriez-vous pas vous éloigner un peu, Aldric ? » demanda-t-elle d'une voix légèrement boudeuse à l'homme qui se tenait juste derrière elle, immobile et muet, depuis qu'elle s'était assise sur le banc. Il s'agissait de l'un des gardes de Grigibets que son père avait envoyé avec elle au Donjon Rouge. L'homme d'armes esquissa un sourire en levant les yeux au ciel bleu. « Non, je ne peux pas, ma Dame. Vous ne devriez déjà même pas être dehors sans la présence de votre Septa. » Septa Imelda était tombée malade quelques jours avant le début pour Port-Réal et le voyage avait empiré son rhume qui la clouait au lit aujourd'hui. Alys appréciait cette femme comme elle appréciait tous les êtres humains qu'elle rencontrait généralement mais elle ne pouvait pas s'empêcher d'essayer de la fuir, et cela depuis l'enfance, car elle la trouvait trop collante. « D'ailleurs, je me permets de vous rappeler que vous deviez lui dessiner quelque chose du Bois Sacré. C'est à cette condition qu'elle vous a laissé sortir sous ma seule surveillance, souvenez-vous. » Joignant les gestes à la parole, Aldric lui tendit son petit carnet de croquis ainsi que son nécessaire à dessin. La jeune femme soupira. Elle n'était pas d'humeur à dessiner. Elle voulait voir Daeron, son prince, et parler avec lui comme la dernière fois, à cœur ouvert et sans surtout témoin. D'abord docile néanmoins, l'oiselle récupéra son matériel des mains du garde et trouva une page vierge. Elle promena son regard tout à coup sérieux sur les alentours, à la recherche d'un modèle, avant de finalement se retourner complètement vers son gardien en fronçant les sourcils. « Je ne pourrais pas dessiner si vous restez là à regarder dans mon dos. De grâce, Aldric. Vous avez bien vu qu'il n'y a qu'une seule entrée à ce lieu et que, de surcroît, nous y sommes seuls en ce moment. Je ne peux pas me sauver et il n'y a nulle menace ici. Faîtes-moi donc le plaisir d'aller vous postez près de la porte et de me laisser me promener en paix. » L'orageux secoua doucement la tête. « Je regrette, ma Dame, mais je ne puis vous laisser seule. Dois-je rappeler à votre esprit comme vous êtes prompte à vous mettre dans des situations impossibles même quand tout semblait sous contrôle ? » Alys haussa les épaules avec une innocence feinte pour répliquer : « Je ne vois pas du tout à quoi vous faîtes référence. » Le garde sourit. « Si je veux pouvoir vous dire Votre Altesse un jour, je dois veiller encore un peu sur vous. » 'Votre Altesse' ? La jeune femme répéta plusieurs fois ses mots dans sa tête. Elle n'aimait déjà pas qu'on l'appelle 'ma Dame' alors 'Votre Altesse' lui semblait considérablement inacceptable. Ce serait pourtant son titre après son mariage. Fronçant le nez, la blondinette se leva, serrant ses affaires contre son cœur, et déclara de sa voix la plus autoritaire (sur laquelle elle allait devoir travailler si elle voulait être un minimum crédible à l'avenir) : « Aldric, tu n'obéis pas à Septa Imelda, que je sache. Tu obéis à la Maison Trant, n'est-ce pas ? Lord Trant n'étant pas là, il me semble donc que tu dois prendre tes ordres de ses enfants, ai-je tord ? Alors, vois-tu Lorant ou Theodan ? Non. Il ne reste donc plus que moi et je te donne l'ordre d'aller te poster sous l'arche de l'entrée et de m'y attendre. » Sur ses mots énergiques qui avaient fait rougir ses joues, Alys se détourna et s'enfonça d'un pas joyeux entre les arbres, laissant derrière elle un Aldric bouche bée. Quand il fut remis de sa surprise, le garde pouffa et se dirigea vers l'entrée du Bois Sacré, se demandant finalement lequel des deux futurs époux serait le plus à plaindre. Nul doute qu'en cette enfant à l'apparence si fragile sommeillait aussi une dragonne qui ferait honneur au nom de sa famille.

Assise dans l'herbe douce et les cailloux, la jeune femme s'appliquait à dessiner les oiseaux qu'elle voyait gazouiller autour d'elle depuis une bonne vingtaine de minutes quand ses pensées vagabondes tournées vers nul autre que Daeron réussirent à corrompre sa main pour la faire tracer sur le parchemin le visage de son promis.

L'air soucieux qu'elle lui avait malgré elle donné le rendait encore plus identifiable à ses yeux. Alys jeta un coup d'oeil à gauche puis à droite pour vérifier qu'elle était toujours seule et approcha son carnet pour déposer un rapide baiser sur le dessin au niveau de la joue du prince. Après quoi, elle se laissa doucement tomber en arrière pour s'étendre dans l'herbe. Ses cheveux d'or blancs tellement caractéristiques du sang qui coulait dans ses veines formèrent un halo lumineux autour de son visage d'ange. Elle ferma les yeux et entrouvrit légèrement les lèvres. Elle serrait son carnet encore ouvert face visible contre sa poitrine. Sa respiration se fit tout à coup très régulière comme elle glissait dans un léger sommeil.

Quand la jeune femme rouvrit ses yeux incroyablement bleus quelques minutes plus tard et se rétablit en position assise, elle se rendit immédiatement compte qu'elle n'était plus seule dans le Bois Sacré. Un homme était immobile à deux pas. Elle ne l'avait pas entendu arriver et n'était pas capable de dire depuis combien de temps il était là. Quand elle releva vivement la tête vers lui, la tête légèrement rentrée dans ses épaules comme anticipant de se faire disputer, la douce Alys resta tétanisée par la vision singulière qu'il offrait. Des cheveux longs et blancs encadraient un visage mince à la peau diaphane dans lequel ne se fichait qu'un seul œil. Un œil rouge comme le sang. L'autre était manquant et la cavité barrée par une large déchirure dont la seule vue permettait d'imaginer la douleur ressentie lorsqu'elle fut causée. Son teint laiteux n'était altéré que par la tache monstrueuse et violine qui maculait sa joue droite. Peut-être était-ce parce que cette dernière lui faisait penser à un oiseau ou alors seulement parce que son petit cœur n'était que bonté pour son prochain que le dégoût qu'Alys aurait du ressentir l'égard de cet homme si laid céda naturellement sa place à une profonde pitié et, contre toutes attentes, elle lui adressa un sourire absolument radieux.
Elle connaissait son nom bien sûr. A Grigibets aussi on parlait de lui. Elle n'ignorait pas qu'il avait ses appartements ici mais jamais elle n'aurait pensé le rencontrer. Pas maintenant en tous cas. Pas en se réveillant d'une sieste dans le Bois Sacré. Toujours par terre, Alys se remit sur ses pieds en prenant gare à ne pas marcher sur sa robe comme elle se faisait souvent et se plia d'une révérence des plus gracieuses. De sa voix claire et joyeuse, elle le salua le plus naturellement du monde. « Bonjour, Lord Rivers. » Après un nouveau sourire éclatant, elle enchaîna, trop heureuse de pouvoir parler avec quelqu'un de nouveau pour se laisser museler par sa timidité naturelle. « Je m'appelle Alys. Je suis la fille de Lord Othell Trant de Grigibets et de la Princesse Elaena Targaryen. J'espère que je n'ai pas perturbé votre promenade. Cet endroit est très beau et paisible. Je reviendrai plus tard si vous voulez l'apprécier seul. » Mais, au fond d'elle, la jeune femme espérait bien qu'il lui dirait de rester.
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