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Nous sommes notre plus grande surprise [Alrik]

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Velanna Vance
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Général
Du Chaos naît l'Étoile

♦ Missives : 649
♦ Missives Aventure : 17
♦ Age : 25
♦ Date de Naissance : 25/02/1992
♦ Arrivée à Westeros : 31/07/2012
♦ Célébrité : Laetitia Casta
♦ Copyright : Luchadora
♦ Doublons : Shaïra Seastar, Maël, Gabriel
♦ Age du Personnage : 22 ans
♦ Mariage : Fiancée à Alrik Mallery
♦ Lieu : Fief d'Atranta, Conflans
♦ Liens Utiles :
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Message Sam 13 Oct 2012 - 5:56

An 212, Quatrième lune

A Atranta les jours s’écoulaient dans une oublieuse et insouciante torpeur qui ne souffrait d’aucun trouble. Dans sa haute tour en compagnie du mestre de la maison, Cliff contemplait le bastion de sa demeure et ses jardins avec le sentiment unique et exaltant du devoir accompli. Il lui restait bien des choses à penser, à planifier, les ennuis et les dangers n’avaient jamais l’obligeance de disparaître de manière définitive… Toutefois et pour l’heure, son ciel demeurait dénué de nuages et les étoiles y resplendissaient, plus belles et éclatantes que jamais. D’un geste ample il ouvrit la fenêtre de la studieuse alcôve et inspira profondément, emplissant ses poumons du bon air des verdoyantes terres du Conflans et ses oreilles du rire de ses enfants qui, en contrebas, folâtraient tels les candides qu’ils ne cessaient d’être. Le fantôme de sa benjamine sillonnant les champs et le regard bienveillant de sa défunte épouse sur leurs progénitures ne quittaient que trop rarement ses songes pourtant aujourd’hui, les Sept semblaient lui avoir accordés le repos. Ainsi c’est le cœur léger qu’il observait Kerwan guerroyer avec son aîné, lui portant des bottes à tour de bras dans l’espoir de désarmer le chevalier. Nul oncle Clive à l’horizon et donc libéré de son jugement de maître d’armes Van se montrait excessivement détendu, esquivant l’estoc de son frère avec souplesse dans le simple but de l’agacer. Entreprise aisé au vu du caractère de l’adolescent qui dans un rugissement, avait bondi contre le torse de son aîné, les renversant tout deux dans l’herbe grasse dans un torrent de rires. Chaque jour un peu plus grand et bâti, ses longs cheveux blonds caressant ses épaules, l’héritier faisait la fierté du seigneur des lieux. « Jour après jour Van gagne en force, Kiara en beauté et Kerwan… En facéties monseigneur, si vous me permettez de vous ôter les mots de la bouche. » Le rire du seigneur d’Atranta retentit et raisonna dans la pièce à la suite de la boutade. Irwin avait beau être un vieil homme d’un sérieux à toute épreuve, il ne manquait pas de malice lorsqu’il s’agissait de ceux qu’il nommait affectueusement « ses petits élèves ». Cliff jeta encore un œil par le vasistas pour voir Kiara se joindre à la mêlée parmi les hommes, jouant des coudes pour se faire une place dans la joyeuse fraternité. Plus loin ses yeux clairs accrochèrent la voluptueuse silhouette de Velanna qui restait à l’écart du radieux tumulte, seulement accompagnée d’une Noiraude à la queue basse. « Mais voilà plusieurs jours que Velanna me paraît mélancolique… Ce n’est pas une humeur coutumière chez elle. Aurais-je dû encore attendre avant de lui chercher un époux ? Elle a pourtant déjà vingt-deux ans… Ne vous blâmez pas messire. Je suis certain de ne pas me tromper en affirmant que c’est le projet de mariage qui assombrit l’humeur de votre fille… Cliff fronça légèrement les sourcils en tournant son faciès soucieux vers le mestre. Et ce parce qu’aucun corbeau de Port-Réal n’a prolongé son vol jusqu’à nous, et ceci depuis maints jours. Mais je crois en connaître la raison… »

Avait-elle commis une erreur irréparable ? Velanna ne cessait de penser et repenser à la dernière épitre qu’elle avait adressée au Lord Commandant des Dents de Freux et ne comprenait pas le silence qui avait suivi son écrit… Peut-être s’était-elle fendue d’une trop grande familiarité ? D’un inconvenant enthousiasme ? Encore et encore elle s’interrogeait, dans l’incapacité de trouver une réponse réconfortante.









    Lord Mallery,

C’est avec le même entrain et désormais une palpable impatience que je vous adresse ces quelques mots. Vous semblez être de ces hommes façonnés dans le bois de l’humilité et de la dignité, qualités que nous avons appris à louer à Atranta et qui manquent à nombre seigneurs issus des plus hautes familles de Westeros. C’est cette raison parmi d’autres qui fait que mon père vous porte en haute estime et se tient loin des sifflements nauséabonds qui peuvent courir sur une maison aussi jeune que la vôtre. Une jouvence qui n’a à mes yeux qu’une unique conséquence : la gêne dont vous prétendez pouvoir faire preuve si nous nous étions trouvés l’un en face de l’autre. Je n’ose totalement y croire quand je vous figure à nouveau dans votre rutilante armure de Commandant, je gage que si l’un de mes frères se trouvait dans un tel apparat il ne pourrait s’empêcher de parader, épaules dégagées et fier menton ! Quoiqu’il en soit mon cher chevalier, sachez que je ne réclame ni la flagornerie ni la pédanterie et vous préférerez mille fois plus dans toute votre authenticité et votre essence.

Permettez également que je vous remercie pour votre gentillesse et la compréhension qui est la vôtre, je sais qu’il me plaira de lire vos mots à l’avenir dans les moments de doute. Un plat brûlé m’attirera peut-être même un sourire, nos cuisiniers ne vous félicitent pas ! Je suis également heureuse d’apprendre que parmi les vôtres je partage avec votre fille Yevana quelques atomes crochus, votre fief doit être aussi animé que le nôtre grâce à ses efforts n’est-ce pas ? Il me tarde de la rencontrer ainsi que votre sœur.

Pour ce qui est de l’archerie j’ai la chance de l’avoir pratiqué depuis mes huit ans grâce au maître d’armes, qui est également mon oncle, ser Clive Vance. Mes frères et ma sœur ne manqueront pas de compter l’anecdote donc autant que je la dévoile moi-même : Mon père aurait sans doute préféré que je reste au château mais j’étais une enfant si turbulente que la concentration qu’exige le tir à l’arc apparaissait comme l’unique solution pour que je me tienne tranquille. Il en fut de même pour l’art de l’estoc, que j’ai d’ailleurs eu la chance de pratiquer quelques temps avec un danseur d’eau puis avec un chevalier que vous connaissez peut-être, ser Lothar Celtigar. Notre septa en cauchemarde encore, nous risquons de la conduire à l’évanouissement si nous pratiquons ensemble. Il me faut cesser ces conjonctures avant que la fébrilité ne me ronge entièrement.

Puissent les Sept veiller sur vous et votre famille, et bientôt vous conduire jusqu’à Atranta.

Velanna Vance

Elle s’était évasivement confiée à Septa Isabel qui n’avait su que lui répondre de faire preuve de patience. « C’est aux hommes à décider du déroulement des grandes étapes de votre union prochaine Velanna, sachez vous satisfaire de l’eurythmie qui vous ait offerte. » Kiara, alors assise dans le dos de la religieuse, avait exécuté une terrible singerie de dégoût face à tant d’apitoiement. Ce n’est toutefois qu’après son départ qu’elle s’était rapprochée de sa sœur pour lui prodiguer sa propre version explicative. « Il n’a surement pas eu le temps tu sais. Si je me souviens, il t’avait parlé du Conseil Restreint non ? Tu ne devrais pas te faire trop de soucis… Descendons plutôt en cuisines, Kerwan m’a dit qu’il voulait faire une farce à oncle Clive. Il m’a parlé d’épices et d’une tourte ! » Velanna n’avait pas eu le cœur à suivre le ricanement de son ingénue cadette, l’esprit toujours ailleurs, loin, bien loin d’Atranta. Le Conseil Restreint de Port-Réal… Elle y avait évidemment pensé. Néanmoins il ne s’agissait que de s’asseoir le temps d’apposer quelques lignes d’encre sur un vélin, rien de plus. Si Alrik ne trouvait pas une kyrielle de minutes pour se préoccuper de cela, avant même que le projet n’ait été officialisé, que devait-elle penser de la suite ? Y aurait-il seulement une « suite » ? L’aboiement de Noiraude sortit la jeune femme de ses sombres songes et elle gratifia sa volubile compagne d’une caresse sur le sommet du crâne. Le geste affectueux fut accueilli avec un enthousiasme débordant, si bien que l’animal déposa ses deux pattes avant et terreuses sur la robe azure de sa maîtresse, la maculant de boue par la même occasion.

« La raison ? Je sais Lord Mallery fort occupé. Certes monseigneur mais il semblerait que ce soit un évènement d’une plus grand envergure qui retienne à présent son attention. Le mestre croisa lentement ses longs doigts fins et usés par le temps et les parchemins. Avez-vous souvenir du mariage de Lord Ambrose Beurpuits ? Oh que oui ! Cliff était connu pour être un homme calme et d’une douce nature, cependant, les siens et lui-même avaient souffert lors de la rébellion Feunoyr et ce n’est pas moins que le sang de son père qui avait été versé à la bataille du champ d’Herberouge. L’accalmie ne perdurait jamais lorsqu’il était question des anciens rebelles, pour rien au monde il n’aurait assisté au mariage de l’un d’eux. Beurpuits, la pire Main du Roi de l’Histoire ! Un félon opportuniste qui valse d’un camp à l’autre au grès du vent. Sans lui, bien des vies auraient pu être épargnées… En effet. Quoiqu’il en soit, il paraîtrait d’après les premières informations qui me sont parvenues que son mariage avec la jeune fille de Lord Frey ait été le théâtre d’une nouvelle tentative de rébellion. » La stupeur se lut distinctement sur les traits du seigneur Vance qui s’arracha de sa fenêtre dans un mouvement de surprise précipitée. « Comment… ? Une rébellion vite maîtrisée fort heureusement, je gage que le mariage était un prétexte pour rassembler tous les traitres à la Couronne… On y a notamment vu les Caswell, les Peake, les Sunderland, et les Tarbeck. Les Ferboys ont également refait parler d’eux pour l’occasion. Ces Dorniens… Un soupir las échappa à Irwin qui poursuivit d’un ton égal. Bien heureusement Lord Brynden Rivers semble avoir déjoué cette mascarade, et pas moins de trois cent Dents de Freux se sont déployés à Murs-Blancs. Saluons leurs efforts et leur succès ! Cliff frotta pensivement sa barbe ambrée et effleura du bout des doigts la lettre du sieur Mallery qui reposait sur son écritoire. Pour ce qui est de ma fille, la menace étant écartée j’y reviensEvidemment messireje présume que Lord Mallery a dû être pris par le temps et le rouage de ses obligations… Voilà qui devrait soulager lady Velanna. Le seigneur eut un soupir troublé. Peut-être, mais je crains que cela ne lui apparaisse que comme une illustration de ses peurs. Je ne sais lui dire qu’importe le mari, l’absence sera son amante… Messire ! S’exclama une voix venue de l’extérieur de la pièce. Une jeune servante déboula alors, la respiration haletante et le front trempé par sa course effrénée dans les escaliers de la demeure. Je suis désolée de vous interrompre mais… La bannière des Dents de Freux a été aperçue à quelques lieux d’ici, on dit que leur Commandant se dirige à Atranta ! Quand on parle du Freux… Parfait. Hâtez vous d’aller prévenir l’intendant, qu’il se charge de la gestion des cuisines et prépare notre maison à accueillir notre hôte avec l’attention qui lui est dû. Irwin, faîtes quérir mon frère et septa Isabel, que mes fils et Kiara soient prêts également. Je me charge d’avertir Velanna… »

Un véritable et stupéfiant tremblement de terre s’empara de toute la demeure des Vance d’Atranta : aux ordres vociférés se mêlaient le bruit de la vaisselle qu’on astique et des marmites qui crépitent, les cheminées crachaient d’épaisses fumées au rythme des pas des domestiques qui courraient en tous sens pour ranger, frotter, dresser la table et frapper la literie, dans une cohue apocalyptique renforcée par les geignements d’une Kiara qui ne trouvait plus de tenue assez flatteuse pour sa silhouette et d’un Kerwan qui rechignait à être peigné par une septa elle-même échevelée… Et Van ! Le jeune chevalier semblait subitement d’une humeur des plus massacrantes. « Tout ce tintamarre pour un vulgaire nobliau tout juste anobli ! Jaloux… ! Persifla Kerwan avec un sourire moqueur. Si Père t’entendait Van, tu prendrais une de ces taloches l’arrière de la tête ! Occupe-toi de ta robe. D’ailleurs, à ce propos… Tu n’aurais pas un peu forci dernièrement ? » Il s’attira un souffle courroucé et la jeune fille vexée fila s’enfermer dans ses appartements, provoquant les réprimandes paniquées de la pauvre Isabel et les rires conjoints des deux frères.

« Velanna. » La jeune femme s’était isolée dans une petite clairière au bord d’un ruisseau puisant sa source dans la tempétueuse Néra et était plongée dans la contemplation du couple de truites qui s’y étaient égarés lorsque son père fit irruption, la tirant subitement de sa rêverie. « Père ? Lord Alrik Mallery est en approche d’Atranta. Il revient de Murs-Blancs, forteresse où Lord Beurpuits célébrait son mariage, comme tu le sais bien. Un mariage qui accueillait en son sein un nid de vipères, des traitres qui fomentaient sans doute pour renverser la couronne et s’emparer du trône de fer. Une nouvelle rébellion ? Tuée dans l’œuf ! Evidemment, le Commandant des Dents de Freux s’y trouvait. C’est donc pour cela… Ses yeux d’azur se perdirent un instant dans le vague avant de revenir accoler ceux de son père, point d’attache dans son errance. Je m’interrogeais sur son silence. Sans doute a-t-il était pris de cours, j’ai cru que j’avais mal fait et… Silence mon enfant, tu te tourmentes. Plus qu’un seigneur ou ton père écoute les paroles de celui qui a autrefois aimé une femme de ton âge et s’en est pourtant allé guerroyer ensuite aux côtés de son roi… Il y a bien des raisons qui poussent un seigneur à délaisser son épouse Velanna, mais celle du devoir est la plus noble de toutes. Et plus que tout ma chère fille, c’est quelque chose dont tu dois être fière. Rien n’est encore décidé, nulle obligation ne t’enchaine et il semblerait que moi comme Lord Mallery soyons convaincus de l’importance de ton désir mais je souhaite que tu n’oublies pas ce que je viens de te dire. Il approcha pour apposer ses lèvres sur le front de la sylphide qui l’approuva d’une risette confuse. Je ne l’oublierai pas. J’ai toujours hâte de le rencontrer… La nouvelle soulagea considérablement le seigneur qui sourit largement en aidant sa fille à se redresser. Mais pas maintenant. Pardon ? Elle baissa les yeux et étira délicatement les pans de sa robe souillée. A moins que tu ne penses que le style boueux l’envoûterait ? Cela me donne un charmant côté aventurier. File donc te changer ! Et emmène ta bête se faire lustrer, ce ne sera pas un luxe. » Les rires s’enchevêtrèrent tandis que Velanna rassemblait ses affaires, et après un baiser sur la joue de son père elle galopa jusqu’à sa chambre où l’attendaient sans nul doute des suivantes paniquées.

Le travail ne manquait pas et c’est sans prendre de pincettes que les donzelles déshabillèrent leur maîtresse aussi promptement qu’un amant aux abois et l’entrainèrent jusqu’à un grand et large bac d’eau tiède. Sa tête fut rapidement submergée par un nouveau seau et ses cheveux enduits d’une concoction dont la flagrance au jasmin embauma rapidement toute la pièce. Frottée et astiquée par des mains qui en avaient l’usage depuis qu’elle était enfant, Velanna se laissait faire, trop confuse et secrètement exaltée pour protester contre ses tortionnaires. Une fois propre et séchée à grand renfort de serviettes chauffées la fille aînée fut vêtue d’une de ses plus somptueuses toilettes. Un dense drapé souligné à la taille par un ruban de satin noir, sensuel et féminin, le tissu était d’un velours rouge et profond pour les manches et le décolleté en cache-cœur, également garnis de galons brodés, ensuite rebrodés au fil d’argent, tandis que le reste du vêtement, d’un doux bleu nuit, épousait les hanches puis s’évasait souplement. Les demoiselles voulurent s’échiner à lui confectionner une coiffure complexe mais Velanna s’y refusa, et préféra que sa chevelure demeure soyeuse, libre, simplement ornée d’un serre-tête d’argent arborant une opale taillée en forme d’étoile. Fin prête elle rejoignit à petit trot la grande salle où toute sa famille était déjà rassemblée et l’attendait pour franchir la porte principale. Complimentée sur son passage elle rejoignit promptement et les joues rosies son frère aîné qui malgré sa réticence vis-à-vis de la possible union à venir, lui offrit volontiers son bras et un sourire encourageant. « Tout va bien se passer tu verras. Par les Sept jetez-moi cette fronde Kerwan ! Hurla la septa en arrachant l’objet du délit des mains de la canaille. Mh. Euh, et bien, si cela ne se passe pas très bien on ira faire une ballade en cheval d’accord ? Tu te souviens de cette fois où ta vieille jument Lune a eu peur d’une corneille et a cabré ? Tu étais tombée dans son crottin, ah, elle savait y faire celle-là ! Velanna plissa lentement les yeux tout en fixant le blond jeune homme avec intensité. …Van, tu essaies de me rassurer là ? Mh oui, pardon. Mais c’était quand même drôle, surtout qu’on a dû traverser tout le fief pour rentrer, tu empestais tellement que Van ! Désolé ! J’angoisse un peu moi aussi je crois… Si tu racontes ce genre d’histoires devant Lord Mallery, je te donnerai de vraies raisons d’angoisser. » La menace provoqua une large risette chez l’héritier de la maison, risette qui s’estompa lorsque les larges portes de la demeure s’ouvrirent. Le pont-levis s’abaissait dans un grognement sourd tandis que la famille au grand complet progressait dans la cour débarrassée et lessivée pour l’occasion. Au loin mais déjà parfaitement visibles se dessinaient les silhouettes des Dents de Freux brillants dans leurs sublimes armures de plates, et à leur tête, Alrik Mallery parut à la jeune femme encore plus céleste et sculptural que ses compagnons. Alors que son père fit un pas en avant pour les accueillir avec sa naturelle bonhomie Velanna prit une profonde et longue respiration, incapable de détacher ses prunelles du plaisant faciès du Commandant. « Bienvenue à Atranta Lord Mallery, c’est un plaisir de vous recevoir déjà vous et vos hommes. » Un petit geignement s’échappa d’entre les lèvres de Van et la jeune femme constata alors avec stupeur qu’elle lui comprimait le bras avec tant de force que ses jointures en étaient blanchies. Elle le relâcha vivement et mira la scène, tentant d’apaiser son incontrôlable et inattendue excitation. Les serviteurs avec à leurs têtes le grand-écuyer de la maison se chargeaient de conduire les montures des cavaliers aux écuries, non loin de là se tenait Mors qui avait fait la toilette de Noiraude, sagement assise à ses pieds. Il fit un geste de la tête et la chienne se précipita à côté de sa maitresse, glissant son museau sous ses doigts crispés jusqu’alors. Le maître-piqueux la connaissait bien et savait que seule la présente silencieuse et fidèle de l’animal pourrait venir à bout de son anxiété.

Après les politesses d’usage – toutefois teintées d’une camaraderie qui n’attendait que l’intimité pour poindre plus fièrement – Cliff conduisit le Commandant auprès des siens. « Permettez que je vous introduise à ma famille Lord Mallery. » Contrairement à l’usage et par malice inavouée, il débuta les présentations par ses plus jeunes enfants. Ne dit-on pas qu’il faut garder le meilleur pour la fin ? C’est donc vers l’impétueux et farceur Kerwan que se tourna en premier le seigneur des lieux. « Mon second fils, Kerwan. Le bonhomme parvenait difficilement au niveau du torse du chevalier mais malgré sa petite taille, conservait un regard fier et définitivement débordant de malice. J’ai entendu dire que pour devenir Freux il fallait passer un rituel et boire le sang d’un dragon. Ses yeux pétillèrent. Mais Septa Isabel m’a dit de ne pas vous le demander. » Ponctua-t-il pour se dédouaner avec un naturel décomplexé. Cliff arqua un sourcil et secoua doucement la tête, passant sur la gouaillerie pour approcher de sa fille cadette qui lissait sa robe et sa longue chevelure flavescente dans des gestes précipités. Les apercevant elle arrêta vivement et s’inclina succinctement, sans détacher son regard limpide et énamouré du Commandant. « Lady Kiara Vance monseigneur ! Ravie de vous rencontrer. » Elle plia le genou droit pour se fendre d’une nouvelle révérence sous le regard rieur et bienveillant de son père, qui fit discrètement signe à Van de les rejoindre. Sous cape, Velanna l’agrippa vivement par son gilet et chuchota tout bas. « Tu ne vas pas m’abandonner comme ça ? Tu es parfaite comme ça, n’aie pas peur... Van… ! » Rien à faire, il lui échappa et c’est impuissante qu’elle le vit rejoindre le petit groupe. Pourquoi son père lui faisait subir une telle torture juste maintenant ? Elle mordit ses lippes et résista à l’envie de cacher ses tendres rougeurs dans le pelage de Noiraude. « Et voici mon fils aîné, Van. Les deux hommes s’étaient déjà croisés et dans son orgueil, Van était persuadé qu’Alrik s’en souviendrait. Ravi de vous revoir. » Le ton n’exprimait pas le même sentiment, tout comme l’abrupte poignée de mains qui suivit. Le jeune chevalier n’aurait tenu dans son cœur aucun prétendant pour sa sœur, mais l’ascendance – ou plutôt son absence – du sieur le troublait. Il n’avait pas non plus apprécié le silence qu’avait subi Velanna et goûtait fort peu à l’idée d’une ‘visite surprise’, bref, tous les prétextes étaient bons pour se montrer distant. Mais qu’importe. Enfin Cliff fit un pas de côté, dans la direction exacte où se tenait Velanna dont le cœur battait comme jamais auparavant. « Et enfin ma fille aînée, Velanna. » Pourquoi tant de doutes, d’impatience, d’espérances mêlés maintenant qu’ils n’étaient qu’à un pas l’un de l’autre ? Toute son assurance s’était envolée. Les mots d’encre qu’elle avait inscrit lui paraissaient à présent dérisoires et plus aucun ne voulait s’échapper d’entre ses lèvres. Ses prunelles dans celles d’Alrik elle ignorait quoi faire, quoi dire. Devait-elle faire le premier pas, ou le laisser prendre l’initiative ? Sourire, quitte à avoir l’air d’une fille godiche ? Prendre un air froid et passer pour une rombière ? Non… Elle ne pouvait garder le silence ainsi, c’était impoli, ce n’était pas ce qu’elle faisait… Elle aimait parler, elle lui avait même dit apprécier l’idée de faire des rencontres et la voilà aussi bavarde qu’une carpe ! Troublée et le souffle coupé jusqu’alors, elle se força à prendre une inspiration et tandis qu’elle cherchait désespérément une parole censée et profonde à lui prodiguer, l’une de ces phrases d’une ‘première rencontre’ qu’on se ressasse toute une vie, ses lippes se mirent à bouger toutes seules. « Vous avez de beaux yeux. » …Quoi ? Elle perçut le frêle frémissement de moustache de son père qui, décontenancé, racla sa gorge. « Je veux dire, vous avez l’œil vif et, mh. C’est une bonne chose pour un Capitaine n’est-ce pas ? Et… Le rattrapage devenait si périlleux qu’elle sentit distinctement la chaleur progressait jusqu’à ses oreilles. Vous… Vous avez du faire un long voyage. Avez-vous soif ? Moi oui, je me sens m’évaporer par tous les pores de ma peau. » Au moins avait-elle conscience de son état, et le sourire qu’elle lui offrit n’en était alors que plus touchant.


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Alrik Mallery
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Message Mar 16 Oct 2012 - 20:22

Les jours fluaient de leur irréfutable kyrielle, et le freux approchait inexorablement la lueur, cet astre, qui l'avait subjugué en une oeillade. Et de sa plume, la conquête de l'attristé veuf s'était poursuivie avec un surprenant naturel, car tout en elle lui était charmant, jusqu'à la sveltesse de sa calligraphie. Mentir serait d'affirmer qu'elle n'avait guère hanté ses songes, même durant ces nuits d'intrigues qu'il avait passées à Murs-Blancs après le départ de la Main du Roi et des troupes loyalistes, où pourtant, la contention pour conduire au mieux la désagrégation de l'ancienne demeure Beurpuits. En chaque pierre d'opaline matière qu'il voyait morcelée de son mur, se nichait une occasion d'égarer un esprit énamouré vers le lieu où confluaient ses pensées, s'il avait le malheur de biaiser de sa concentration. Des embardées qui se faisaient itératives, si bien que par plusieurs fois, ses subalternes eurent à le rappeler à la réalité pour ne pas que leur commandant se change en ronde-bosse au beau centre du chantier. Une attitude suspecte pour beaucoup et qu'Alrik avait toujours été enclin à éviter, jusqu'à aujourd'hui. Car il savait que l'inéluctable approchait, et il lui arrivait de perdre son regard sur l'horizon lorsque celui-ci se teintait du dégradé crépusculaire, en se persuadant qu'il mirait en direction d'Atranta, fief séculaire et eldorado que les cupides baroudeurs ciblaient de leur flagornerie. Lui aussi se sentait d'âme vénale, mais d'un prix que nulle bourse aurifère ne serait encline à satisfaire, plus qu'un précieux métal, un précieux émoi. Etait-ce le cor d'une passion sans nom ? Il ne pouvait encore être question de cet absolu que l'on nommait Amour, tout était trop récent, trop alambiqué, trop abscons et pourtant partagé – du moins il lui semblait. - mais il percevait cette faille fatale promise à devenir abyssal, qu'était-ce ? Par tous les cierges du royaume, qu'était-ce ? Et s'il se fourvoyait bassement ? Et si ses folles intentions n'avaient de concret que l'envie d'être exaucées ? Il se surprenait à agir et réfléchir tel un jouvenceau à qui l'on aurait présenté sa première dame, mais à son âge, il était fort déraisonnable de choir pour un simple battement de cils. Les doutes venaient donc ourler ses accalmies, là où proche de l'âtre chatoyante, il se demandait si la résignation ne serait point de meilleur augure. Divers éléments importuns entraient en compte, mais avant tout, c'était sur lui, qu'il conjecturait, et l'introspection à laquelle il s'adonnait bien malgré lui, en plus de n'avoir ni queue ni tête, devenait harassante. Il prit conscience que parler et espérer mariage après tant d'années de célibat, était une autre paire de manches une fois face à la réelle situation. Il en venait à s'interroger, mais comment avait-il dont fait avec sa première femme ? Il n'en avait pas la moindre idée. La jeunesse, certainement, l'éloquente fougue juvénile qui avait eu le temps de s'estomper pour plus de maturité, et bien trop de réflexion avant l'action.

Mais au bout des quelques jours de surveillance annoncée, le chevalier quitta enfin la Laiterie enlaidie par la traîtrise de celui que l'on ne présentait plus, le lord déshonoré et dont on entendrait guère plus parler avant d'innombrables lunes. Escorté de son arroi, quatre Dents de Freux dont il avait requis l'accompagnement pour plus de prudence, ce ne fut point vers Port-Réal qu'il prit route, mais vers ce petit coin de Conflans où, en dépit de toutes ses incertitudes, l'incantation était telle qu'il ne pouvait y résister. Nul ne l'attendait, lui qui avait lui-même remis à plus tard la visite originellement programmée, en cause, l'imminence du Conseil Restreint et son rôle de veiller au grain. Cette seconde rébellion Feunoyr aura eu cela de bon qu'il profitait de la contingente opportunité de sillonner la région que son coeur visait, Providence ou signe du destin, il s'était finalement décidé à l'honorer. Ses hommes, aussi bons eurent pu être les rapports qu'il entretenait avec ceux-ci, il les avait laissés dans l'impéritie, ou dans une fallacieuse approximation : une délégation de lord Brynden Rivers, simplement, après tout, les Vance d'Atranta avaient guerroyé du côté des loyalistes à la bataille du champ d'Herberouge, un parfait prétexte. Et puisqu'il s'agissait d'une affaire d'ordre royal, aucune question malavisée ne fut à déplorer, au moins pouvait-il se satisfaire que ses recrues savaient à quelle frontière de décence s'arrêter. En revanche, une trottait dans l'esprit du chevalier : ses hôtes forcés ne prendraient-ils pas ombrage de son impromptue venue ? Il appréciait que non, craintif de se ridiculiser par l'inconstance de ses décisions, mais il avait bien l'intention d'expliquer les frais évènements. Des explications auxquelles il eut loisir de songer à travers les aubes qui furent nécessaire pour rallier leur destination. Puis, dans une journée propice à la quiétude de cette fluviale région, la fière cohorte de cavaliers était à vue, brandissant bien haut l'étendard tissé de l'opalescent dragon, héraldique de la Main du Roi. En tête de cortège, naturellement, le Commandant qui ne pouvait fauter de distinction dans pareilles circonstances, car les calots seraient inexorablement tournés vers lui. Toutefois, il était désormais trop tard pour reculer, au contraire, les montures se dirigeaient au trot cadencé, apercevant au loin les huis s'ouvrir et le pont choir. Ainsi se traçait la voie, et bientôt, la troupe put s'introduire dans la cour principale de la splendide demeure.

Les quidams arrivés étaient tous vêtus de l'uniforme inhérent à l'Ordre auquel ils appartenaient, aux couleurs mêlées de noir corbeau au blancs albinos, et toujours, l'on distinguait l'auguste créature de nacre qui n'était pas sans rappeler les armoiries targaryennes. Seul Alrik disposait d'atours différents, bien qu'il fut aux même teintes que ses homonymes, l'écu qui ornait son armure et sa targue était fait de six molettes liliales sur base améthyste, emblème de la jeune maison Mallery. Sa main flatta l'encolure de son destrier à la robe alezane, puis il en descendit, aussitôt imité par les sigisbées qui faisaient sa suite. Son regard prit connaissance des lieux, grimpant jusqu'aux plus hauts remparts pour considérer la majesté du bastion avant qu'il ne distingue l'affluence de bonnes gens. Son visage s'illumina lorsque, affable comme il l'avait toujours connu, lord Cliff en personne l'accueillit alors que les chevaux étaient déjà pris en charge. Rires et plaisir à retrouver un frère d'armes, les deux combattants prirent le temps d'échanger quelques mots d'usage qui, bien que d'apparence solennels, couvaient un agrément plus profond. Une fois les commodités appréciées, vint le temps des présentations dont le déroulement fut volontairement perturbé par, certainement, une espièglerie à peine voilée dans le sourire du maître du domaine. Tout venait à point à qui savait attendre, et tant qu'il n'avait pas à patienter sous l'orme, il se plierait à la volonté du seigneur. Mené aux devants d'un garçonnet aux allures séraphiques – Mais ceux-là étaient encore les plus éveillés, il en savait quelque chose ! - il le salua d'un visible mouvement de tête, avant de ricaner discrètement à ces propos. Après une furtive lorgnade en direction du père, le sieur se pencha sensiblement sur le fils
. « Dans ce cas nous patienterons que Septa Isabel n'écoute pas pour en parler tous deux, au moment adéquat. ». Un rictus complice plus tard, et ce fut vers une élégante nymphette qu'il se retrouva, une magnifique muse à en devenir, il en était sûr, les beaux sires se hâteront à lui faire la cour. La douce Kiara se présenta d'elle-même et s'attira un galant baise-main du capitaine. « Ravissement partagé, milady. ». La bienséance n'avait pas d'âge et les plus jeunes pousses avaient aussi le droit à la considération de leur rang. S'ensuivit un choc d'orgueil et de virilité, confronté à toute la superbe du fils premier, il sentit l'analogie à une décharge électrique qui le laissa un instant observateur. Son intuition lui susurrait que les choses ne seraient pas aussi aisées avec Van, il sentait le sacro-saint halo du frère aîné en pleine analyse d'un prétendant qui ne lui seyait peut-être guère. Quand bien même, la poignet de mains fut raide des deux côtés. « Moi de même, messire. » Et la touche du couronnement, déjà, sa fragrance l'y guidait avec une impatience qui se fardait de naturel. Devant elle, il se tint soudain, ensorcelé par une vénusté qu'il jurait n'avoir d'égale en cette basse terre. Ils furent deux statues d'ineptie, percluses par la présence de l'autre et les prunelles qui sondaient au même titre qu'elles l'étaient aussi. Lui non plus, n'eut la foi de souffler mot, le coeur pantelant face à la matérialisation d'une utopie qui aurait pu le rester, tant il l'avait imaginée. Benêts à s'admirer dans la plus grande inertie, Velanna fut la plus prompte – si l'on pouvait dire ainsi. - à réagir, d'un façon somme toute inattendue. Le compliment tombé des cieux eut autant le don de ramener le chevalier à la vie qu'à le surprendre, si bien qu'il guigna derechef le lord à leurs côtés et qui apparaissait aussi désarçonné qu'il ne l'était. Les paroles qui s'essayèrent à redorer l'image de la donzelle lui tirèrent une humble risette à la fois conquise et amusée, quand de merveilleux érythèmes vinrent ornementer les pommettes de l'embarrassée.

« Ne vous évaporez pas de suite, ma dame, il serait tourment que je ne puisse contempler vos yeux qui, je gage, sont indéniablement plus beaux que les miens... » Revenant aux gestes de convenance pour ne pas perdre la face et paraître indécent, il saisit délicatement la main de la demoiselle pour y appliquer un baiser d'usage. « C'est un indicible honneur pour moi de vous rencontrer enfin, dame Velanna. » Il aurait aimé lui compter à quel point il s'était langui de cet instant, mais il ne voulait et ne de pas en faire trop en présence d'un tel rassemblement dont toute l'attention était portée sur eux. Frêle infraction tout de même, il garda en sa suave poigne les graciles et féminines phalanges un peu plus longtemps que la tradition ne l'aurait souhaité, mais les laissa ensuite glisser de ses propres doigts pour rompre le contact. Il s'empressa soudainement de fureter dans la sacoche accrochée à son ceinturon et en extirpa un vélin enroulé sur lui-même. « J'ai bien reçu votre dernière épître, mais les obligations se faisant, je n'ai pu avoir le temps de vous en renvoyer une... Cependant, je veille à ne jamais manquer à mon devoir, et vous remettre ma réponse de mes mains s'avérait être d'un cocasse que je trouvais congru au surnom que l'on m'octroie. » Le Freux. Il n'eut jamais été aussi vrai que les corbeaux portaient les nouvelles de leurs sombres ailes, le parallèle était aussi creusé qu'osé que burlesque, et surtout destiné à minorer son retard par un peu de frivolité. S'il supputait que la belle ait pu s'en offusquer, jamais il n'avait songé qu'elle eut pu en être vertement troublée au point d'en perdre sa bonhomie. Il lui tendit finalement son bien en ajoutant. « Veuillez pardonner la latence de cette lettre, croyez surtout qu'elle n'est pas le reflet de ma volonté. Je vous dois également des excuses, my lord. » Poursuivit Alrik en se tournant vers Cliff. « Lors de notre correspondance, je vous avais laissé entendre que je ne me déplacerais que bien plus tard en cause du Conseil Restreint. Mais de récents évènements dont vous avez probablement ouï-dire m'ont amené dans le Conflans, j'ai de ce fait jugé opportun de vous rendre visite. A votre tour, pardonnez le caractère imprévu de ma venue. Toutefois, nous n'abuserons pas de votre hospitalité, le Conseil étant imminent, nous nous devons de reprendre la route dès demain si nous voulons rallier Port-Réal dans les bons temps. » Les responsabilités n'attendaient malheureusement pas, elle, et la sécurité de ces sieurs non plus. Le ser avait déjà abandonné ses instructions à ses subordonnés pour qu'ils soient à même de gérer convenablement durant son absence, mais rigoriste et concerné comme il pouvait l'être, le Commandant préférait être rentré suffisamment tôt pour reprendre les brides de l'affaire. Cette déclaration donnait regrettablement le ton à la sylphique, il était un homme aux multiples impératifs qui ne lui permettaient pas d'agir à sa guise. Cependant, il avait su détourner sa coercition pour venir, seulement pour elle, dans une aveugle incertitude quant à l'efficience de ses efforts. « Mais je vous expliquerai plus en détails par la suite, sans vouloir m'imposer, je pense qu'il serait judicieux de mener votre fille à la table avant qu'elle ne se pâme de déshydratation. Auquel cas, je m'en voudrais... Et vous m'en voudrez aussi. »

La réplique se ponctua d'un rire innocent alors que son regard revint sur la joliesse de l'espérée, et il sembla que l'environnement fut propice à s'animer pour que la Grand Cour ne soit plus le théâtre de ce fortuit ralliement. Derechef, Alrik crut s'égarer dans ces gemmes azurées pour lesquelles il avait fait le déplacement, et tous les doutes soulevés ces dernières nuitées étaient désormais loin. S'il ne comprenait pas encore ce qu'était cette étrange onde pareille à des papillons qui lui chatouillaient la panse, il ne pouvait dénier que sa faiblesse aussi fulgurante fut-elle était bel et bien réelle. La plausibilité qu'il puisse être officiellement voué à la naïade lorsqu'il s'en retournerait au Donjon Rouge lui paraissait illusoire, et tant qu'il n'y serait pas confronté, il ne préféra point y penser. Tous furent conduits à l'intérieur de la forteresse, traités comme des convives de marque et de prestige, dans l'exaltation de certains comme dans l'âcreté d'autres. Entre autre, si le Mallery était joyeusement assailli par les deux plus jeunes de la fratrie, le plus âgé n'exhalait rien de bien vivifiant, de critiques lorgnades qu'il aurait vraisemblablement à endurer durant tout le souper auquel ils furent conviés. A la droite du lord Cliff, le freux se rassurait au moins sur le fait que Van ne pourrait feuler de cinglantes critiques puisqu'installé de l'autre côté de son père, qui n'admettrait certainement pas un tel comportement. Qu'il se réserve pour un conciliabule qui finirait par arriver, assurément au détour d'un corridor lorsque l'héritier d'Atranta chercherait une confrontation. Joyau de cette parure de Vance, Velanna se situait en sa diagonale, aux abords de son frère aîné qui constatait des réactions sororales par de continuelles lorgnades à chaque fois que le commandant prenait la parole, ce qu'il fit pendant un long moment pour relater les intrigues de la Laiterie dont ils venaient.

« Nous sommes donc arrivés peu après la joute entre Daemon Feunoyr et ser Even Corbray à qui l'on avait imputé le vol de l'oeuf qui était la récompense du tournoi. Vous ne seriez étonné d'aucun nom que je pourrais citer de ceux qui se trouvaient sur place, en terme de rebelles j'entends, car il y avait également nombre de représentants d'autres maisons ainsi que des anonymes. Il n'est pas à exclure que certains nobles se soient clamés fidèles à la couronne pour ne pas y perdre la tête, mais qui sait s'ils n'auraient pas épousé les intérêts du Dragon Noir si les choses avaient été autres. » Continua Alrik dans son élan, ayant interrompu sa dégustation pour mieux s'exprimer, sa coupe de vin tenue à la main. Les Dents de Freux s'étaient dépêtrés de leurs encombrantes armures pour arborer des vêtements plus légers, tant un signe d'aise que de confiance envers leur hôte. Les soldats attablés un peu plus loin n'étaient pas tous du même acabit, leurs différentes façons d'agir en témoignaient. Le benjamin de la troupe, à peine plus âgé que Velanna, était vif mais quelque peu gauche dû à l'intimidation que lui inspirait l'illustre famille chez laquelle il dinait. Fort peu habitué à une telle fréquentation car tout droit sorti des venelles de Culpucier, fils d'un pauvre artisan que le sieur Mallery connaissait bien. « Pour sûr que les nobles se sont empressés de se grouper autour de vous, commandant, à faire le pot à deux anses, il y en avait de la belle dame ! Allons bon Leyan, ne dis pas n'importe quoi... Toutes en rang d'oignon, qu'elles étaient ! Leyan... Il y avait cette splendide lady aux cheveux couleur des blés, une biefoise il me semble. Leyan... ! Et plus tard cette superbe dornienne qui s'était faite rosser par les gardes. » Le loquace se reçut un coup de coude dans les côtes de la part de son voisin, et ne remarqua qu'ensuite tous les regards braqués sur lui, en particulier celui d'un supérieur mécontent. Il baissa la tête en rougissant, alors que l'homologue qui l'avait frappé se racla la gorge pour attirer l'attention sur lui, un trentenaire dont la lèvre inférieure était fendue d'une couture et qui répondait au nom de Sébaste. « En parlant de dornienne, les Ferboys se sont faits remarquer. Ah, oui ! Vous n'en croirez pas vos oreilles mon ami, lady Edarra s'est permise d'insulter sa Majesté alors même que j'étais à quelques pas d'elle, un vrai comble. Quel dommage que nous n'ayons rien trouvé de compromettant en fouillant leurs affaires, ces gens mériteraient de subir la Justice du Roi. » La discussion allait bon train, sachant que Cliff ne pouvait être que concerné pour avoir guerroyé aux côtés des loyalistes durant la première rébellion. Cette hypothèse se souleva d'ailleurs dans l'esprit de Leyan, qui ne résista pas à étaler sa curiosité. « Vous étiez à Herberouge, mon seigneur ? Evidemment qu'il y était. » Trancha assez sèchement le phonème d'un troisième Dent de Freux assis en face, un quidam à l'air belliqueux mais parfaitement respectueux des us et coutumes, et pour cause, il était un cousin de l'actuel lord Buckwell des Epois, une maison mineure des Terres de la Couronne. Frôlant sa quarantième année, il avait lui-même combattu dans l'ost de Brynden Rivers contre les Feunoyr et se souvenait très bien de cette époque. « Ser Authaire... Tu as encore beaucoup à apprendre petit, tu sauras à présent que les Vance d'Atranta sont de cette élite de laquelle on ne doute pas. Votre père, lord Cliff, était de ces indomptables que j'admirais, tout comme vous l'êtes. Bon sang ne peut mentir. »

Acheva Alrik non sans viser Velanna du regard, lui accordant un éloquent sourire derrière sa coupe qu'il porta à ses lèvres. C'était là d'avantage une conversation d'hommes qu'ils menaient, mais le sujet pouvait être difficilement autre au vu des circonstances. Profitant que ses soldats aient porté l'attention générale de leur côté et que ser Authaire échangeait avec le maître des lieux, le commandant jugea bon de s'enquérir sur l'état de la muse non loin de lui en une question à la tonalité mesurée, pour qu'elle soit presque la seule à pouvoir l'entendre. « Tout va bien ? Vous ne vous ennuyez pas trop ? » Un bon commencement, même s'ils devraient patienter jusqu'à plus tard dans la soirée pour pouvoir s'entretenir plus intimement.


Vous allez balayer ma cendre ; L’homme ou l’insecte en renaîtra ! Mon nom brûlant de se répandre, dans le nom commun se perdra. Il fut! Voilà tout ! Bientôt même, l'oubli couvre ce mot suprême, un siècle ou deux l’auront vaincu. Mais vous ne pouvez, ô nature, effacer une créature... Je meurs. Qu’importe... J'ai vécu !


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Velanna Vance
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Du Chaos naît l'Étoile

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♦ Missives Aventure : 17
♦ Age : 25
♦ Date de Naissance : 25/02/1992
♦ Arrivée à Westeros : 31/07/2012
♦ Célébrité : Laetitia Casta
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Message Mer 31 Oct 2012 - 4:46

Grâce soit rendue aux Sept ! Le sieur ne sembla point s’ombrager de la pudibonde balourdise de la donzelle aux joues rougies et plutôt que d’ignorer le frêle incident, comme bon nombre de seigneurs l’auraient fait par commodité et embarras, choisit de lui offrir risette et douces paroles de réconfort. Un soulagement qu’elle perçut pourtant teinté de malice, il présentait là un esprit prompt à la subtile galéjade qui jamais n’offense et porte continuellement au sourire. C’était un trait de caractère qu’elle avait cru percevoir à travers les deux missives qu’elle avait reçu de lui – et précieusement conservées, il n’en faut point douter – vélins qu’elle avait longuement lu, relu, jusqu’à ce que les mots s’imprègnent définitivement dans sa mémoire. Tant d’application et de répétitions l’amenèrent à l’étude de ce personnage que ses prunelles n’avaient fait que croisé succinctement et qui éveillait déjà mille curiosités. Qui était-il ? Qu’aimait-il ? Comment se comportait-il ? Quelle était son histoire, quel chemin avait-il tracé, et vers où se portait à présent son regard ? Tant de questions qui ne pouvaient trouver réponses que dans l’effective confrontation, et encore, toute une vie ne suffisait bien souvent jamais à comprendre un être dans son entièreté. Bien que n’ayant en sa possession qu’un souvenir de sa haute et majestueuse silhouette ainsi que deux lettres de sa main, Velanna n’avait pu s’empêcher d’essayer de deviner quel homme il pouvait être et d’imaginer leur rencontre, leur toute première rencontre. Un comportement de jouvencelle s’il en est ! Elle avait parfaitement conscience de sa frivolité impatiente mais ne pouvait guère s’empêcher de rêver, son penchant pour la création de chimères et autres inventions improvisées se trouvait titiller par l’existence de ce prétendant mystérieux, dont elle ne connaissait quasiment rien. Si peu d’informations, tant d’hypothèses à conjecturer à l’aide de quelques paroles rapportées, de rumeurs sous capes, de chroniques et fables contées par son père, de hauts faits clamés et puis… Ce qu’il avait bien voulu lui révéler au travers de ses épitres, avec une apparente et touchante sincérité. Toutefois toute son enfance durant mestre Irwin avait cherché à lui inculquer la vigilance et une méfiance prudente vis-à-vis des écrits, au sein desquels il est toujours plus aisé de transmettre une pensée travestie par des objectifs plus pernicieux. Notamment dans le cercle d’aisance et de politique de la noblesse, et d’autant plus lorsqu’il est question de parade amoureuse. Bernée une première fois par la roue colorée et les paroles sucrées de celui auquel elle avait été fiancée, la rêverie amoureuse avait si promptement viré à l’aigreur que Velanna pouvait encore sentir la sapidité de la déception et du tourment sur son palais lorsque le soir venu, elle rejoignait sa couche vide et délaissée. « Plus jamais ça » disait-on toujours, avec la résolution guerrière de ne plus être trompé. Jamais plus. Et pourtant… C’est risette envoutée aux lippes qu’elle replongeait la tête la première dans la songerie, vibrante et persuadée que cette fois-ci, tout serait différent. Et pourquoi ? Après tout, le fiancé de naguère paraissait correct sous tout rapport… La perception n’avait pas été la même, de prime abord la jouvencelle s’était voilée la face. Trop jeune qu’elle était elle s’en apercevait à présent avec le recul, l’union aurait été utile à sa maison sans nul doute, mais irrémédiablement malheureuse et vouée à faire d’elle une dame illustre et inerte, figée dans l’inaccomplissement. Elle avait eu de la chance d’être écoutée par les siens et de ne pas être forcée par son père la première fois, l’erreur ne serait plus si facilement pardonnée à l’avenir. Alors elle formulait souhaits et requêtes silencieuses aux sept figures muettes avec le concours de septa Isabel et espérait du fond de son être qu’elle ne se fourvoyait pas. Mais les Dieux ne suffisent pas à apaiser l’âme polissonne, restait alors le phantasme…

Commandant des Dents de Freux… Un titre plus qu’élogieux, une distinction qui avait fait du roturier un anobli, façonné un seigneur au sein des populeuses et mouvantes Terres de la Couronne, une récompense pour les services rendus et le courage de sa lame. Il devait être… Fort ? Hardi ? Sévère sans doute, également. Il le fallait bien pour se hisser à une telle hauteur lorsque l’on venait de la fange de Culpucier… Avait-il gagné une assurance à faire pâlir les rois dragon, était-il devenu aussi présomptueux que le lion d’or rugissant ? Ou bien demeurait-il humble et miséricordieux, conscient de la chance qui était la sienne et de la grâce qui avait effleuré sa tête ? Son père n’avait côtoyé que le guerrier du champ de bataille, quel noble était-il désormais ? Et noble… L’était-il seulement, ou n’était-ce qu’une étiquette apposée maladroitement sur un homme sans ascendance, sans histoire, et sans destinée ? La fermeté reposait-elle sur un douillet socle de douceur, ou n’y avait-il que l’acier pour un homme si rompu au combat ? D’où venait-il, où allait-il, et si elle devenait Lady Mallery, quel serait sa place dans cette ronde improbable – et pourtant, son cœur battant soudainement, elle lui parut dès lors tellement séduisante cette danse ! – ? Il lui avait dit être déjà le géniteur d’une petite perle au doux prénom de Yevana, mais nul garçon pour forcir dans son sillage de père et prendre sa suite, porter aux nues leur nom et leur maison difficilement acquis au prix du sang et des larmes, l’héritage, cette jeune pousse encore frêle mais promise à la croissance et l’endurcissement sous le regard bienveillant du dragon albinos aux yeux de rubis… Alrik, il était veuf depuis fort longtemps mais Mallery depuis seulement trois années, ainsi il était d’une évidence criante qu’il escomptait perpétuer sa lignée tout juste naissante. Nulle critique dans le cœur de Velanna, tel était le devoir d’une épouse et de cette tâche elle s’accomplirait un jour sans y opposer sa volonté. Cependant… Elle voulait savoir, dans un élan d’émotions incontrôlable et incontrôlé, à quelle étoile son ventre donnerait naissance. Elle voulait savoir, femme attachée à sa famille telle une louve, si elle aurait le droit et la chance de pouvoir aimer celui qui partagerait sa couche. Le droit, la chance… L’envie. Et maintenant qu’il était là, l’homme de mystères et de promesses, elle fondait comme le givre sous l’astre brûlant et n’osait le mirer trop longtemps, de peur d’y perdre la vue et l’esprit. Dieux ! Qu’il était beau cet homme, aux yeux sans nul autre pareil. Sans âge sous sa lumineuse crinière flavescente, impressionnant dans son armure de mérite, délicat et louangeur dans les paroles qu’il eut pour elle, petite chose rosissant à vue d’œil. Ses phalanges furent ravies par la main large et chaude du chevalier puis embrassées, politesse d’usage qui revêtait toutefois des significations bien plus profondes chez la troublée jouvencelle. Toute Vance qu’elle était, l’honneur fut partagé dans toute sa largeur et prit forme dans une profonde révérence. « Et une joie ineffable pour moi, messire Mallery. Permettez-moi de vous souhaiter à mon tour la bienvenue à Atranta », le tout fut ponctué d’un sourire avenant et sincère qui redonna quelques couleurs au seigneur des lieux, qui avait bien cru qu’après la première maladresse sa fille ne se remettrait pas si vite de la rencontre impromptue. Jugement hâtif, Velanna était bel et bien présente et disposée à se laisser imprégner par la clameur du corbeau.

Tout enroulé sur lui-même lui fut déposé le vélin entre ses doigts fins, passation attentionnée et également marquée par une cocasserie bien trouvée. L’amusement se lut sur les traits harmonieux de la donzelle qui ne résista pas à l’envie pressante de décacheter la missive sous les yeux de l’expéditeur non-ailé mais bien plus charmant que le noirâtre volatile. Cette réponse qu’elle avait longuement guetté sans jamais la voir venir jusqu’au fief était enfin toute pressée contre sa poitrine soulevée d’une respiration encore précipitée, une attente intolérable pour celle qui s’était déjà habituée à la célérité du bref échange écrit qui avait été le leur. Elle n’en perdait pourtant pas son affabilité, c’est ainsi qu’avant même d’avoir porté ses prunelles sur les mots d’encre elle remercia le Freux pour son geste. « Je suis touchée par votre attention, merci du fond du cœur. Néanmoins il n’était guère nécessaire de vous inquiéter à ce sujet, je connais vos devoirs et ne me suis donc pas ombragée de cet atermoiement… Pouh ! » Un pouffement acheva sa réplique, mais ce n’était point le sien. Ses prunelles voguèrent sur la diagonale pour accrocher le coupable, Kerwan ! Qui d’autre ? Mais le coquin ne se contenta pas de ce pied-de-nez innocent et avisa de mettre à bas le bastion de dignité érigé en carapace par sa sœur. « Désespérée qu’elle était messire, à se demander si vous l’aviez oublié ! Même que jusqu’à ce soir elle… Aïe ! » Pincé douloureusement au bras par Kiara, le jeune garçon pesta ouvertement jusqu’à être rabroué directement par son frère aîné, qui souhaitait entendre distinctement les explications du chevalier quant à son arrivée improvisée et soudaine, alors qu’il ne devait se présenter qu’après la tenue du Conseil Restreint. En cause des « évènements » dont Van ne savait encore rien, mais qui firent vigoureusement hocher la tête au lord Vance : il semblait que les informations recueillies par son mestre s’avéraient vraies, fâcheuse nouvelle… « J’en ai ouï-dire, en effet. Mais tel un enfant j’espérais encore au fond de moi qu’il s’agissait d’une bien mauvaise plaisanterie ! Souvent le pire se produit dans le Jeu des Trônes, si ce n’est toujours. » Les joues rougies par les précédents propos de son cadet Velanna s’était empressée de ranger l’épitre dans les replis de sa robe pour ne pas donner encore plus raison au malicieux. Elle qui avait espéré gardé ce « détail » secret… Non ! Impossible avec le bondissant lutin dans les parages. Elle l’aurait volontiers congratulé d’une chiquenaude sur sa ronde joue si une annonce du sieur Commandant Alrik n’avait pas quelque peu assombri son humeur : il n’était là que pour la journée et repartirait dès le lendemain… Elle bloqua son soupir au creux de sa gorge et s’efforça d’afficher un sourire de circonstances car déjà, il reportait ses prunelles d’azur sur elle. Se pâmer de déshydratation, osait-il prétendre ? Finalement la déconvenue tira sa révérence pour que le rire frais et naturel retentisse. « Une fille du Conflans ne peut dépérir de sécheresse, tout comme un Freux lorsqu’il est messager ne peut s’égarer en route… Messire Alrik. » Elle eût le loisir d’afficher une moue malicieuse avant de reconquérir le bras de son frère, faisant route vers la demeure animée et chaleureuse. Rien qu’une journée… C’était court et elle le regrettait, mais mieux que rien. Tellement mieux, elle le ressentait par tous les pores de sa peau d’albâtre. « Comment vas-tu ? murmura Van à son encontre. Ce n’est pas parce que mes doigts tremblent qu’il faut t’inquiéter. Tout de même… Tu t’angoisses trop à mon goût. Je ne suis pas angoissée, je suis fébrile. Voilà qui n’est pas fait pour me rassurer… Aurais-tu peur que je fonde en pâmoison devant ces fabuleuses turquoises, ce minois viril et charmant, et cette voix gutturale qui fait frémir Isabel jusque dans ses jupons ? Idiote… » Il tapa affectueusement le sommet du crâne couronné de sa cadette, se doutant malgré tout que sous les superbes hyperboles savamment orchestrés… Par les Sept, la vérité s’y cachait. Il soupira et se promit de veiller de près aux arrières de la pétulante donzelle. Cliff posa sa large et débonnaire paume sur l’épaule du Freux et l’invita à ouvrir la marche à ses côtés « Excellente idée, ma panse gronde comme après ces soirs de grandes batailles. Voilà tout ce qu’il me reste de mes vingt ans, un appétit d’ogre ! Vingt années déjà s’étaient écoulées depuis le champ d’Herberouge… Ils n’avaient été que de frêles jeunes garçons propulsés dans une bataille qui avait tout changé. Des souvenirs qui seraient sans doute évoqués au cours de la nuit, qui promettait d’être longue et fructueuse, le quadragénaire n’en doutait pas. Le voyage a dû vous affamer également, hâtons-nous avant de ‘pâmer’ tous ensemble ! »

A la table de lord Cliff, la modestie n’avait guère plus cours lorsqu’il s’agissait d’y accueillir un frère d’armes et de fait, les cuisines s’étaient activées dans l’optique de contenter l’appétit vorace et gustatif de leur seigneur amateur de cuistance royale. S’amoncela ainsi promptement sur le bois massif une quantité affolante de plats aux senteurs diverses et toute plus engageantes les unes que les autres, c’était une véritable et généreuse orgie gastronomique qui s’offrait aux prunelles des plus gourmets de l’attablée. Au diable les soupes et les potages ! Pas assez consistants aux yeux de Cliff, ils n’avaient guère leur place et cédaient face aux croustades de rognons à l’ail et aux herbes ainsi qu’aux friands de bœuf et de porc agrémentés de quelques pignons croquants. Et encore, n’était-ce là que les entrées ! Suivirent les rôtis de bœuf aux herbes directement cueillies des sous-bois, les jambons copieusement arrosés de miel, les porcelets farcies de chair d’oies et d’épices du Sud, les lapins tournés à la broche et inondés de lait et de vin chaud, l’élan chassé plus tôt dans la mâtinée trônait aussi au centre de la table et humait bon les champignons et l’oignon dans lesquels il avait mijoté toute la journée, et enfin pour les panses les plus chétives, des cailles roussies au beurre et des escargots à l’ail et au sucre s’entassaient dans un plat en argent et firent le bonheur du vif oisillon qu’était Kerwan. Chaque plat se parait d’un accompagnement pas moins plantureux, navets et carottes cuits au beurre, purées de toute sortes et flageolets aux lardons faisaient la farandole autour des viandes juteuses. Et pour que le gosier ne s’encombre point, vins – dont un fameux sucré au miel – et bières étaient servis abondamment par les domestiques déployés pour la soirée.

Se repaître ainsi du déluge culinaire qui ravissait ses papilles n’empêcha guère Cliff Vance d’écouter le récit du Commandant des Dents de Freux et d’en ponctuer le déroulement par des grondements de voix mécontents. Voilà qu’il ne lui faisait point regretter d’avoir jeté l’invitation du lord déchu Beurpuits aux flammes de la cheminée ! Posant sa coupe vide face à son assiette le lord soupira d’un air contrit : « Quelle mascarade ! Nul doute que les partisans du Dragon Noir étaient plus présents qu’ils n’ont voulu le montrer en constatant le déploiement des forces de la Main du Roi. Si ma mémoire est bonne je crois bien que les loyalistes n’étaient pas plus nombreux que le camp adverse… Si la victoire leur était allée, les acclamés d’aujourd’hui auraient été les parias, Beurpuits serait le suzerain du Conflans et la Ferboys la Princesse de Dorne ! Que les Sept nous en préservent à jamais. Acheva-t-il dans une grimace éloquente. Mais qu’est devenu l’œuf messire Freux ?? S’exclama l’agité tête blonde en bout de la chaine de Vance. J’aimerais tant avoir un dragon… ! En supposant que cet œuf n’ait jamais existé ! Ce n’était peut-être qu’une ruse pour attirer la foule. Objecta Van dans un haussement d’épaules, tout en portant sa coupe pleine à ses lippes. Si les donzelles n’avaient guère à donner leurs avis sur la tenue de la politique, il leur était plus que conseillé de tendre l’oreille et de s’instruire sur les conflits possibles, les alliances à nouer et les distances à préserver, car il leur fallait protéger leur famille et au besoin, conseiller leurs époux. Ainsi Velanna comme Kiara se montraient attentives et concernées par les discours, bien que relativement silencieuses. Toutefois, un point inquiéta la lady et elle le souleva d’un timbre soucieux. Et lord Edwyn Tully, comment va-t-il ? Il n’a point été blessé ? » Elle se souvenait que son amie, Eleanor Tully, lui avait indiqué que son frère cadet et seigneur de la région se rendrait au mariage unissant Lord Ambroise Beurpuits avec la fille Frey. Bien qu’étant leur suzerain, Edwyn était encore si jeune… De bien lourdes responsabilités échouaient sur ses épaules, et cette tentative de rébellion n’avait certainement pas soulagé ce poids. Velanna se promit de contacter par missive la jolie truite pour lui réclamer également des nouvelles, d’elle-même et des siens. Son attention fut alors captée par l’un des quatre jeunes hommes formant la troupe qui avait escorté lord Mallery jusqu’à Atranta, il ne devait guère être plus vieux qu’elle et s’exprima en des termes assez… Inhabituels pour l’occasion aussi festive et détendue soit-elle, qui ne manquèrent pas de capter l’attention des plus jeunes de l’assemblée, toujours friands d’évènements inattendus de ce type et de vocabulaires plus osés que ceux qu’ils avaient coutume d’ouïr. Ainsi les prunelles pétillantes de Kerwan s’illuminèrent d’intérêt tandis que la jouvencelle à ses côtés penchait légèrement son buste vers l’avant, en direction de cet intriguant quidam qu’elle avait déjà miré plus tôt lors du repas, ce Leyan qui était comme exotique dans son esprit de gamine peu coutumier de la plèbe. « Faire le… Pot à deux sens ? interrogea la jeune blonde en penchant légèrement son faciès rond et jovial sur le côté. A deux anses. Cela signifie mettre ses mains sur ses hanches… » rectifia l’ainée en conservant un ton neutre, bien que son regard clair ne se détachait plus d’Alrik et son phonème embarrassé par les ‘révélations’ soufflées avec un déconcertant naturel. Le bavard ne sembla guère percevoir le trouble qui s’insinuait sinueusement parmi plusieurs convives – mais non leur ensemble, Cliff et son frère arboraient de franches risettes – et continua sur sa lancée inconsciemment destinée à dérouter son supérieur hiérarchique qui tenta à quelques reprises, vainement, de stopper le flux verbal. Ainsi de belles lady se seraient bousculées pour approcher du Freux si présent ? A l’observer en quelques œillades vaporeuses, Velanna n’avait aucun mal à en douter et cela susciter de bien curieuses émotions ardues à décrire, de la pointe de trouble, d’agacement, de jalousie qui pointait en elle et côtoyait de près un sentiment absconse de fierté. Allons donc ! Ils n’étaient pas mariés, pas même promis l’un l’autre, il n’y avait nulle raison qui la poussait à se mortifier ou à s’offusquer de pareilles divulgations. Et pourtant… Pourtant ! Qu’il était troublant de sentir colère et convoitise se mêler au creux de son bas-ventre en l’instant, sans crier gare et avec une force de plus en plus grandissante.

« Les grands blonds attirent toujours autant à c’que j’vois ! Bande d’égoïstes. Lâcha Clive, le maître d’armes, qui pour une fois débarrassé de son heaume arborait une crinière courte et brune. Son frère aîné paré de sa flavescente et abondante chevelure frappa l’épaule de son invité dans un rire grave et léger. Je ne connaissais guère Alrik pour son appétit de femmes mais bien pour sa loyauté indéfectible et son sens tactique. Un meneur d’hommes, encore aujourd’hui je n’en doute pas ! De sa main libre il frotta évasivement sa barbe. Cela dit… Tu avais le sang bien chaud à l’époque. On m’a raconté que tu avais brisé les dents d’un fou venu te cracher tes origines au visage… Ah ! J’imagine que tu ne répliques plus ainsi, c’est bien dommage, quelques mâchoires auraient besoin de tressauter pour que leurs propriétaires gagnent en humilité. » Tout faire pour que l’ambiance ne devienne ni tendue ni électrique, tel était le dessein du maître de maison qui prenait de toute manière plaisir à œuvrer pour la détente de chacun. C’est d’ailleurs sans même y prendre garde qu’il avait tutoyé le Commandant, vieille marotte qu’il avait pour les accointances lointaines et appréciées. Sa tactique semblait d’ailleurs porter ses fruits puisque sa fille avait perdu son regard peu appréciateur pour en gagner un plus lumineux, intéressée, intriguée par celui qui s’était déplacé jusqu’à Atranta. Cependant la distraction n’épargna pas Leyan d’être réduit au silence par un coup bien placé, et c’est le coupable, un autre Dent de Freux sous les ordres d’Alrik, qui prit la parole pour évoquer les agissements dorniens. L’exaspération gagna manifestement Cliff qui se contenta de secouer la tête et de rugir, faisant sursauter sa fille cadette « Insulter le Roi en présence de sa Main et de ses hommes, faut-il être inconsciente ou complètement idiote ! La Justice du Roi ? s’exclama un lutin visiblement tout excité et tournant toute sa physionomie vers Sébaste. C’est quand on leur coupe la tête et qu’on les plante sur des piques ? Comment ?! On la leur tranche avec une épée de bourreau, on la plante sur la pointe de fer, et on les met sur les remparts pour faire peur aux ennemis de la Couronne ! C’est ce qu’ils vont faire au Lord Ravage ! Je… Je ne me sens pas très bien… » Délicatement la main de Velanna se porta sur l’épaule de sa cadette qu’elle consola d’une étreinte, ses doigts libres guidant une coupe d’eau fraiche aux lèvres d’une Kiara soudainement fiévreuse. Leyan s’adressa ensuite directement à leur père pour l’enquérir sur son implication à la bataille du champ d’Herberouge mais ce fut un troisième Dent de Freux, du nom de ser Authaire, qui apporta réponse à l’interrogation. Le compliment glissé par le chevalier fit arborer un large sourire à Van, particulièrement fier de son héritage bien qu’il n’avait que trop peu connu cet illustre grand-père, Alistair Vance, mort dans l’honneur alors qu’il n’avait que six années. Les souvenirs de Velanna étaient encore plus flous mais elle gardait en son cœur l’image de sa grand-mère, dont elle tenait le prénom, qui s’en était allée rejoindre son époux trois années plus tard. Une grande dame, tout comme sa mère, des exemples qu’il n’était pas aisé de suivre… Mais Alrik avait raison, bon sang ne pouvait mentir et elle en rougit, flattée dans ce qui lui était le plus cher : sa famille. Les prunelles claires du maître de table voguèrent vaguement parmi les convives avant de s’arrêter sur le plus jeune invité, à qui il adressa finalement une douce risette. « Herberouge… ! Bataille de la victoire, mais tant de sang à couler cette nuit-là. On a déjà dû te la conter mille fois cette histoire mon garçon, mais ces champs à perte de vue souillés par la mort de nos ennemis, mais aussi celle de nos amis, qui dégorgeaient à n’en plus finir… Les cris, les blessés, il n’y avait dès lors ni plus de loyalistes, ni plus de partisans du Dragon Noir, seulement des hommes harassés par un carnage bien trop lourd. J’y ai perdu mon seigneur et père, aux dernières lueurs du jour. Grâce soit rendue aux Sept qui ont guidé mon bras de jeune impétueux et m’ont permis de pourfendre son assassin avant la débâcle ! Il leva sa coupe en face de lui, statufié dans sa dignité. Que de braves à cette table, que jeunesse en prenne l’exemple avant que l’argenté n’envahisse de trop nos barbes ! » Un rire acheva cet instant solennel et pressa également l’issue du repas tandis que les domestiques s’activaient à débarrasser les plats pour les remplacer par moult desserts, des pommes au four aux pêches au miel en passant par de délicieuses cornes de sucre filé, que Kerwan s’empressa de ravir tant qu’elles étaient encore tièdes.

La nature de la discussion, sa féminité et son rang avaient tenu la jouvencelle relativement à l’écart des éclats de voix qui avaient secoué la joyeuse attablée, elle avait toutefois jugé bon de se manifester, ne serait-ce que par quelques œillades ou sourires discrets mais sincères. Si elle ne s’était point ennuyée et lassée durant la soirée, elle s’impatientait toutefois de plus en plus nettement, avide d’une conversation promise en tête-en-tête avec le sieur Mallery. Elle ne pouvait se permettre de l’exiger… Il suffit maintenant, parlons vous et moi, seuls ! C’est un ordre ! …Il aurait été amusant de guigner sa réaction, mais devant tout le monde, face à son père qui – elle le savait – gardait l’oreille tendue ? Non… Pas encore. Aussi lorsqu’il s’inquiéta de son bien-être elle lui adressa une large risette et reposa délicatement le morceau de pain d’épices aux mures qu’elle dégustait. « Nullement, je trouve tout cela passionnant. Il n’y avait là nul mensonge, les évènements de la Laiterie avaient sans conteste capté son attention. Toutefois, quelques points me troublent… Frappiez-vous vraiment ceux qui vous importunaient, messire ? Moi qui escomptais vous taquiner une fois seuls… ! » Façon détournée de lui communiquer sa fébrilité, elle se rehaussa succinctement dans son siège et termina son dessert, le cœur plus léger. Van ne manqua point la scène mais n’y trouva rien à redire, muselé sans conteste par la présence paternelle dans son échine. Il savait qu’il n’aurait pas l’occasion de s’entretenir avec le Freux et que même si elle se présentait, son père ne lui pardonnerait pas d’intervenir dans l’affaire. La tête basse il eut un profond soupir… Brutalement interrompu lorsqu’une pèche heurta violemment l’arrière de son crâne et répandit tout son jus dans sa nuque et l’intérieur de son col. « OUCH ! On ne fait pas sa mauvaise tête quand il y a des invités jeune homme ! » minauda Kerwan-à-la-fronde, imitant parfaitement le ton qu’employait leur septa, qui avait prit présentement la tête d’une cerise bien mure. Van geignit plus de surprise que de mal, le fruit étant mou et préalablement dénoyauté, provoquant le rire sous cape de ses deux sœurs et sans doute, d’une partie de l’assemblée. Cliff tenta d’empêcher la vendetta… Vainement. « Les garçons, ne faîtes pas de va… Je vais te planter sur une pique !!!!! …carme. » L’aîné était sortit de table dans une course folle à la poursuite du chérubin qui déjà, cavalait dans le jardin en riant à gorge déployée. Les yeux du père de famille roulèrent au plafond et il expira une plainte, malgré tout ornée d’un tendre sourire « On gagne des batailles mais on est impuissant face aux galéjades de ses enfants… Bien ! Veuillez pardonner cette fin de repas quelque peu cavalière, mais nous méritons tous du repos. Vos chambres ont été préparées, on va vous y conduire mais sentez-vous libre de vous aérer dans les jardins de notre demeure, vous y êtes chez vous. » Sur ces paroles il se leva de son siège, invitant par ce geste tous les convives à faire de même. Chacun put alors vaquer à ses occupations tandis que les domestiques s’attelaient au dantesque débarrassage, une partie d’entre eux menant la marche vers les appartements préparés pour les Dents de Freux. Lord Cliff resta pourtant dans la salle et c’est tout naturellement qu’à pas feutrés, son drapé de velours la suivant voluptueusement, Velanna rejoignit les abords de lord Mallery. « Mh… Je vais vous laisser faire connaissance. Alrik, vous me trouverez dans mes appartements de travail, première porte à droite au premier étage, quand le cœur vous en dira. » Le sieur comprendrait largement à quoi il faisait allusion et Cliff ne s’attarda donc pas en explications superflues. Le vouvoiement avait repris ses droits pour l’occasion, et céderait sans nul doute à nouveau dans l’intimité. Pour l’heure lord Vance s’éloigna pour emprunter les escaliers, laissant sa fille et son compagnon d’armes seul à seul.

Et maintenant qu’il n’y avait plus que lui, étrangement, Velanna ne ressentait plus cette gène originelle qui avait asséché sa gorge. Intimidée elle l’était un peu, Soucieuse elle ne pouvait le nier, Fébrile c’était d’une évidence criante, toutefois… Elle était heureuse qu’ils y soient finalement arrivés, à cet instant longtemps imaginé. « Si nous allions aux jardins ? Nous y serons plus tranquilles. » proposa-t-elle avec une risette. En effet la Grande Salle était encore échauffée et pourfendue de nombreux allées et venues, y rester n’invitait guère à la découverte de l’autre. L’accord donné, la jeune femme glissa délicatement sa main autour du bras du Freux, qu’elle jugea sous ses doigts soudainement bien plus musclé qu’elle ne l’aurait cru. Ils sortirent ensemble et furent accueillis par les joyeux aboiements de la chienne couleur de jais, qui avait patiemment attendu le retour de sa maîtresse envolée. « Oh, je ne vous ai pas encore présenté Noiraude. » Elle aurait pu lui conter la réputation des maîtres-piqueux des Vance mais s’en garda, préférant claquer ses doigts en douceur : la bête se hissa alors sur ses pattes arrière et fit quelques pas, numéro que Velanna lui avait appris autrefois pour faire rire ses frères et sœurs. Congratulée d’une caresse Noiraude les précéda ensuite dans leur marche nocturne, s’éloignant de temps à autre pour débusquer un lapin ou effrayer les poules qui s’égaraient encore à picorer à une heure si tardive. Tableau bucolique qui amusa la donzelle aux étoiles. Astres qu’elle observa une kyrielle de secondes avant de se tourner vers son compagnon, le visage illuminé d’un sourire radieux. « Je suis vraiment heureuse que vous ayez pu venir plus tôt… Bien que ce ne soit que pour une journée, j’en suis sincèrement touchée. Délicatement elle libéra son bras pour croiser ses mains devant elle. Ses doigts s’entremêlèrent et ses prunelles plongèrent dans les siennes, tout d’abord timidement, avant de s’y déverser entièrement et en toute confiance. Merci… Pour vos lettres, pour votre gentillesse, pour être juste là, avec moi, alors que vous pourriez monnayer dès à présent avec mon père. Cela dit… Un petit rire s’échappa de ses lèvres charnues et courbées en une moue malicieuse. Vous me mettez un poids sur les épaules messire en étant si charmant et galant. Voyez-vous, j’ai appris une pléthore de tactiques militaires pour pouvoir échanger avec vous lorsque nous nous rencontrerions, mais je crains quelles se soient toutes évaporées quand vous avez complimenté mes prunelles. Vil flatteur ! Elle fit alors un pas en avant, rompant la distance de convenance pour faire une première intrusion dans le rang de l’intimité. Subtil et peu perceptible signe, qui existait pourtant bel et bien et était des plus volontaires. Surtout… Ne changez rien. » Elle ignorait encore où les mènerait cette élégante et plaisante entrevue, si elle allait lui plaire et s’il la ferait succomber, mais ils progressaient tout deux sur un sentier pavé d’espoirs.


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Commandant des Dents de Freux
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Alrik Mallery
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Général
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♦ Missives : 1209
♦ Missives Aventure : 117
♦ Arrivée à Westeros : 19/02/2012
♦ Célébrité : Josh Holloway
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♦ Doublons : Lakdahr l'Edenteur - Séraphine - Jeyne Estremont
♦ Age du Personnage : 39 ans
♦ Mariage : Veuf - Fiancé à Velanna Vance
♦ Lieu : Les Terres de la Couronne
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Inventaire:
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Message Jeu 8 Nov 2012 - 13:23

Il n'y avait guère de Commandant des Dents de Freux qui ne tenait encore, à mille et une coudées de ses préceptes de guerre, à vingt milliers de lieux des usuels méchefs pour lesquels il se fardait d'une austérité moins niellée en son âme de chevalier qu'il ne désirait le dévoiler, loin, au plus loin, en un mystérieux éden dont l'enchantement s'était assoupi avec le poids des écueils, quelque part, là-bas, il n'était plus qu'un homme. Plus adoubé d'aucune gloriole, guère plus ceint d'aucun titre, prompt à se damner dans les géhennes des sept enfers pour cette coupable passion dont il tirait une fièvre certaine. Seulement un être dépouillé de toute morgue et dépossédé de tout bien, un mortel tel que la terre en était chamarrée par pléthores, qui, défiant son fatum, se trouvait à la croisée des chemins. C'était la première fois depuis d'indénombrables lunes qu'il se sentait l'essence d'un nouveau-né face à la plus auguste des destinées, chaque patenôtre fluait vers les cieux pour qu'il puisse l'embrasser comme il l'avait fait pour ses opinions de vie. C'était, ce genre d'instant, qui revenait en réminiscence une fois à la péroraison de notre existence, les illustrations sur lesquelles l'on se retournait dans la plus intrigante des rétrospections, en se posant la question : était-ce la bonne décision ? Cataracte de satisfaction ou torrent de regrets, l'on se demandait, inexorablement : et si ? Et si les choses avaient été autres, et si le courage l'avait emporté sur la couardise ou inversement, et si... Tout le monde avait sa coulpe à battre, et lorsque son tour viendrait, Alrik désirait que le prénom de Velanna soit une panacée à son être plutôt qu'une affliction venue lui excorier les lèvres. Si la corrélation se conviait en plus à leur conte – Bénites soient toutes les déités en ce bas monde. - de l'idylle naîtrait une odyssée à l'ineffable sublimité, chimère inespérée mais dont il avait cru entrevoir la nitescence aux propos d'un galopin point avare en inopportunes confidences. En quelques secrets aveux égarés, l'angelot qui clôturait la fratrie Vance et qu'il devinait bien moins séraphique que ses airs le suggéraient, était parvenu à insuffler autant d'anxiété que de folle espérance dans les méandres spirituelles d'un sigisbée pourtant entraîné à la tâche. Il n'avait interrompu le cours du souper d'aucun commentaire à ce sujet qui, pourtant, vrillait sans fin à lui en perforer les membranes dès lors que ses calots osaient mirer les jaspes en sa diagonale. Morcelé entre l'allégresse de se savoir d'une même minime importance pour la damoiselle et le remords de l'avoir en quelque manière meurtrie et assombrie durant des jours entiers... La remise de cette épître tant escomptée de sa main à la sienne et sa présence en son majestueux logis seraient-elles suffisantes à sa résipiscence ? Elle n'avait pas émis de rancune dans la sculpture de ses mimiques ou même la poésie de ses tirades, que devait-il en conclure ? Devait-il seulement conclure quoi que ce puisse être ? Fini l'intellect du freux, devenu charpies face à l'ésotérique étude de la Femme, qu'importait qu'elle soit dans la fleur ou la force de l'âge.

Il doutait par ailleurs que ces muses se soient un jour hâtées à sa rencontre avec d'autres desseins que celui d'oindre leur dite probité de leur bonne parole, ardu de s'en défendre sans endosser le rôle du coupable en quête d'allégations pour voir son innocuité reconnue, du moins, en matière de donjuanisme. Oublié l'oeuf et la Laiterie à l'instant où Cliff lui gratifia l'épaule d'un contact bien trop désinvolte pour ne pas être lourd d'insinuations, ce qui lui inspira une risette nouée alors qu'il préféra emprunter une distraction avinée en portant sa coupe à ses papilles. Il fit rouler le breuvage dans sa cavité buccale dans le vain espoir que la sapidité lui fasse omettre ce pan de conversation qui ne le mettait pas à son avantage, fort heureusement, les échanges allaient et venaient avec une telle diligence que les esprits ne demeuraient guère longtemps en place. Cependant, il s'affola quelque peu du visible trouble de Kiara lorsque l'ouvrage du bourreau royal fut narré avec toute l'infantile extase de Kerwan. La discussion s'avérait indélicate pour une jouvencelle encore inaltérée des ignominies judiciaires, même si elle devrait un jour se confronter à cette véracité qu'était l'inexorabilité humaine et l'impératif à l'être, inexorable. Qu'elle ait toutefois l'opportunité de préserver son ingénuité le plus longtemps possible, notion que l'on venait à regretter avec l'âge et ses coercitions. Seize de ces mêmes années les séparaient de ce qui fut un triomphe pour leur ost, teinté d'un vermeil dont le sol ne se dépurerait probablement jamais n'était-ce que par l'intensité des souvenirs qui y persistaient. La Bataille du champ d'Herberouge, inconsciemment et à chaque fois, le freux avait la sensation de mordication sur toute la longueur de sa couture dorsale, celle qui avait scellé la lutte le concernant. S'il s'était acquitté de la mission qui leur avait été confiée dans cette guerre, il subodorait qu'il aurait été apte à plus d'exploits s'il n'avait pas été meurtri à en garder l'entier rachis marqué à vie. Mais l'heure n'était pas aux vains remords, aussi, le discours du maître des lieux inspira ceux qui pouvaient l'être, tel que ser Authaire qui ne manqua pas d'imiter leur hôte en levant sa coupe.
« Aux honneurs de feu lord Alistair Vance et tous ceux qui ont péri pour la prospérité de leurs idéaux ! Le Père les a jugé avec tout le mérite qui leur est dû. Puissent les mémoires demeurer en nos oeuvres aussi létales que nécessaires eurent pu t-elles être. Aaa... Aaaaa... » Sébaste s'empressa de pincer le nez d'un Leyan à l'orée de la sternutation, protégeant ainsi cette envolée, admirablement laudative et nullement concertée par ceux qui avaient connu ces temps de sédition, d'un épilogue totalement incongru. Il affubla l'importun d'une âpre lorgnade, celui-ci détailla les ornementations de son assiette d'un air quinaud, avant de s'adresser à son supérieur hiérarchique. « Ca doit avoir un drôle de goût pour vous de parler de tout ça, c'est après Herberouge que vous êtes devenu Commandant des Dents de Freux, c'est ça ? En effet, mais cela remonte à déjà loin... » Et il préférait plonger vers l'avenir que dans le passé.

Le chevalier en ignora entièrement les captivantes fragrances qui s'échappaient des desserts apportés entre temps, pour s'enquérir de l'état de la sylphide pour laquelle il avait fait le déplacement. Il savait, d'expérience, que les femmes, et en particulier les jouvencelles, n'étaient pas toujours enclines à converser intrigues politiques ou hauts faits en compagnie de ces sieurs. Yevana n'avait de cesse de le seriner à ce propos, refusant qu'il lui narre sa besogne quotidienne qu'elle jugeait suffisamment envahissante comme cela. Cependant, il fut heureux de constater que la belle en son biais n'était nullement ombragée par une telle animation discursive, ravi même qu'elle en soit intéressée. Son sourire fut néanmoins de courte durée lorsqu'il fut question de trouble, il haussa les sourcils, interloqué et quelque peu appréhensif sur ce qui pouvait bien l'embarrasser de la sorte. Mais le soulagement tant que l'amusement se déchargèrent dans un ricanement, puis une furtive réponse. « Furent-ils mes victimes que j'étais celle de cette impétuosité intrinsèque à la jeunesse, que je n'ai plus désormais, mais je gage que vous avez du caractère pour deux. Si ce n'est peut-être pour plus... ». Au revers de cette suavité qui lui suintait par tous les pores, il ne doutait pas que Velanna couvait une force de caractère dont il ne ferait certainement pas connaissance dans l'immédiat. Le père de celle-ci y avait déjà fait par quelques fois références dans les épîtres échangées, mais il était ardu de suspecter une quelconque ire capable de vicier des traits aussi épurés que les siens, sur lesquels il se damnait en contemplation sous une attention fraternelle qu'il ne remarqua pas pour cette fois. Son regard ne biaisa qu'à l'impact fruité qui laissa pantois l'ensemble de la tablée, la matoiserie du benjamin venait de faire mouche dans le plus bel effet. Le capitaine jugea opportun de camoufler la contracture de ses lippes derrière son verre pour ne pas paraître malséant, ce dont Van ne semblait toutefois avoir cure maintenant que la vendetta grondait. Tant de véhémence alliée au désespoir surjoué de Cliff le fit finalement céder à l'hilarité, il commenta d'avantage pour lui-même que pour l'assemblée. « A qui le dites-vous mon ami, à qui le dites-vous... ». Ce fut le dénouement du repas qui avait fort bien comblé ses participants, l'on y voyait le quatrième et dernier Dent de Freux dont on n'avait pas entendu une note de voix de toute la soirée, discret et se sustentant paisiblement dans son coin, la panse désormais renflée par les quantités. Le quatuor de sigisbées fut conduit à leurs appartements et la pièce se vida progressivement, n'y accueillant plus que les domestiques et un trio d'intéressés. Le moment était donc arrivé où les premières lignes de leur intimité s'écriraient, les prémisses d'un opuscule commun qui, il fallait y prêter foi, ne serait point une oeuvre inachevée. Pour ce faire, le Mallery répondit d'une brève courbette à son homonyme, avant de se voir proposer le rôle de badauds nocturnes par la naïade à ses côtés. « Avec plaisir, allons-y. »

Il lui alloua son bras en toute galanterie, puis se laissa guider à travers les corridors jusqu'à l'extérieur de la demeure, dans ces jardins qui se draperaient de secret pour l'occasion. Ils cessèrent toutefois leur marche avec l'incursion d'un canidé à la robe aussi noire que son nom le suggérait, une magnifique créature qui ferait leur escorte après avoir joué le saltimbanque pour leur plus grand plaisir. Et si Noiraude méritait les flatteries, elle n'était pas le centre de ce conciliabule qui se poursuivit en flânerie, sous une voûte lactée d'autant d'astres qui étincelaient dans le coeur du binôme. La demoiselle fut la première à se lancer dans les confidences, une bénédiction pour l'ouïe d'Alrik qui mesura chacun de ses mots en son positif et son pendant négatif, désolé qu'il fut que sa visite ne puisse s'étendre dans le temps. Il semblait cependant que son ambition à la consulter avant toute décision maritale indûment établie lui ait fait gagner en estime de sa part, nouvelle qu'il accueillit avec une risette à la fois humble et conquise, qui prit de la largesse à ses propos suivants auxquels il s'apprêta à répondre. Ses lèvres s'entrouvrirent en une prise d'air destinée à voiser ses impressions, aussitôt coupée par ce pas qui le confronta de plus près aux sublimités oculaires qui le privèrent de toute réaction. Cette once d'espièglerie et invitation à un commencement de privauté désarçonnèrent l'homme qui se trouvait être le second de la Main du Roi, celui-là même qui avait pris les rênes de la Laiterie peu de temps auparavant et était encore en charge de la sécurité lors du Conseil Restreint. Ce quidam qui pouvait aujourd'hui se targuer de ses titres et responsabilités, ivre de confusion face à une donzelle qui lui faisait perdre plus que la tête. Les Sept l'avaient sculptée d'une vénusté et d'un corps astral dans le dessein de le conduire à sa ruine spirituelle, Velanna apparaissait alors comme plus dangereuse encore que le plus illustre des rivaux rompu au combat, sans même d'arme, elle lui transperçait les entrailles. C'était la première fois qu'il connaissait pareille cohue interne, et si elle avait songé à des tactiques militaires, toutes les siennes s'effondraient pour une simple initiative qu'il n'avait pas prévue. Nigaud, qu'il se sentait, à l'admirait dans une stagnation muette, et il eut besoin de l'aboi de la chienne qui cavalait dans un sens puis dans un autre pour revenir à lui. « Je ne suis pas ici pour vous monnayer auprès de votre père... Enfin, si ! Mais pas dans le... le sens le plus littéral du terme... » Etrange comme la chaleur grimpait en degrés. « Cela dépendra de no... Vous ! De vous... Je veux dire... Je connais bien sûr le protocole et le caractère politique de ce genre d'union, tout cela occulte une plénitude moins diplomatique... Et le fait que je connaisse lord Cliff... Tout cela ne doit pas... » Sa rhétorique se désagrégeait graduellement et s'il savait ce dont il voulait parler, il était inapte à faire une formulation correcte, sans que ses dires ne soient considérés comme trop farauds ou au contraire indéterminés. Il craignait que sa vraisemblance ne se bistre aux yeux de la nymphe à laquelle il devait plus que d'absconses explications, même si, il l'espérait, elle comprendrait le fond de sa pensée. Ses calots d'azur errèrent un instant dans le néant, preuve s'il en était qu'il quêtait encore pour des mots congrus, sans y parvenir. Finalement, la tirade vint naître des lippes du freux de son propre chef. « Je ne veux pas vous rendre malheureuse... »

Cette vérité se satinait d'une modestie et d'une authenticité toutes deux poignantes, susurrée à l'instar d'une précieuse confession que l'on avait jusqu'alors chéri en secret mais dont on ne prenait cependant conscience de l'acuité qu'en se l'entendant dire. Plus que le désir d'assurer la pérennité de son patronyme à peine crée par la confection d'un héritier, enluminer également son existence par une moitié d'âme qu'il imaginait réciproque dans sa dévotion. Selon lui, il n'y avait guère de place pour la contrainte dans une vie conjugale, pas alors qu'il pouvait se permettre de choisir grâce à ses sentiments que par pur esprit stratégique, une propension qu'il devait sûrement à ses origines roturières et au fait qu'il n'ait aucun pair du nom de Mallery pour l'empêcher d'agir à sa guise. Derechef, le chevalier sembla confus, par sa propre faute cette fois-ci, et s'écoulèrent quelques secondes d'inertie avant qu'il n'échappe un ricanement nerveux. « Marchons un peu, voulez-vous... » Il se racla la gorge dans l'espoir de recouvrir un semblant de contenance, puis lui présenta son bras pour qu'elle s'y tienne comme précédemment. Noiraude s'empressa d'ouvrir la voie avec une fougue qui faisait peut-être défaut au capitaine, celui-ci ayant au moins retrouvé des couleurs plus assurées. Depuis le temps qu'il songeait à s'entretenir avec elle, il lui fallait faire preuve de plus de témérité s'il ne voulait pas voir ses efforts inutiles, et que dirait-elle des atouts de combattant et meneur d'hommes qu'on lui prêtait s'il n'était pas même enclin à entamer la conversation ? Le jugement de la jeune femme était d'une importance substantielle, loin d'être sotte, elle savait qu'il n'était pas simplement venu lui faire la cour et s'en retourner bredouille de toute promesse de fusion, aussi devait-il lui versifier l'émoi de ce jour où il n'avait fait que l'apercevoir. Leurs pas les introduisirent dans un nouveau pan de verdure, à l'orée d'une roseraie et à l'autre d'une charmille aux somptueuses arches. Le sentier initial se scindait là en deux voies, et comme analogie à leur présente situation, il désirait que les avis s'accordent sur le chemin à suivre. « Avez-vous une préférence milady ? Commandant ! »

Un phonème folâtre vint fissurer la nimbe de bavardage privé que le couple avait peiné à instaurer, après tant de conjecture sur l'instant où ils seraient à même de s'isoler avec leurs doutes comme leurs certitudes, la Providence s'avérait facétieuse. Cette voix, Alrik l'identité aussitôt et la contingente arrivée du béjaune qui ferait son malheur de soirée le fit contracter les mâchoires, il en venait à se demander la sottise qui l'avait poussé à l'emmener avec lui à Atranta. C'était la première fois que Leyan outrepassait les lisières des Terres de la Couronne, aussi son émerveillement tant que sa curiosité ne connaissaient plus aucunes limites non plus, une attitude qui mutait de délassante à incommodante en pareilles circonstances. Le vif jeune homme rallia les abords du binôme, guilleret comme jamais. « Je vous cherchais partout, encore un peu et je croquais marmot devant votre porte ! Ca concerne Fraternité, regardez, j'ai réussi à arranger les ornementations, mais il vous faudra voir un forgeron à Port-Réal pour le reste. C'est pour me parler de mon épée que tu t'es démené de la sorte... ? Oh, pas que ! Je m'inquiétais pour vous. Tu... T'inquiétais ? Oui, je ne vous ai pas vu sortir de table, et même les autres Dents de Freux ne savaient pas où vous étiez. Eh bien tu m'as retrouvé, félicitation, tu peux t'en retourner sans crainte, nous verrons plus tard pour Fraternité... Leyan ? » Ce dernier avait biaisé toute son attention sur l'adorable minois de Velanna, rondes prunelles et bouche en coeur avec une allure jobarde. Visiblement abasourdi par la nature de cette nymphe qui se trouvait devant ses yeux ébahis, sa pudibonderie le laissa aphone et contemplatif, un agissement qui indisposa vertement le freux. Il fit claquer ses doigts sous ce regard hagard pour extirper l'intempestif de sa brusque inertie. « Un peu de tenue ! L'on ne dévisage pas une dame de la sorte ! » Fort mal placé pour le morigéner, lui qui n'avait de cesse de porter de fixes oeillades sur la belle... Mais ses raisons étaient bien différentes et il était encore le plus haut gradé ! « P... Pardon messer ! ». Balbutia le plus jeune après avoir louché sur les phalanges qui avaient claqué devant lui. « C'est juste que j'ai rarement eu l'occasion de voir si belle damoiselle de si près, puis vous avez l'un de ces airs, dame Velanna, tout doux qu'il est... Vous me rappelez un peu lady Yevana Mallery ! Vous trouvez pas commandant ? » Le chevalier tiqua furieusement et fut proche de se désagréger sur place – blêmit-il à s'en amalgamer avec un linge ? Ou s'empourpra t-il comme si l'astre diurne avait de trop léché sa physionomie ? Incapable de se décider, ses doigts vinrent masser son arcade sourcilière dans un accablement abyssal, si la recrue était de loin un personnage des plus loyaux et attachants, il était aussi un puits de désespoir pour le moins intarissable. En d'autres circonstances, le compliment aurait été ouï d'une oreille enchantée de voir sa fille unique assimilée à une Vance, trop d'honneur que cela, mais imaginer une quelconque ressemblance surtout physique était là source d'une certaine gêne. Loin de lui le malsain fantasme d'un transfert paternel, outre cette vésanie, cela le ramenait au monceau des années qui croissait tout naturellement et atteignait bientôt son quarantième cierge, ce qui n'était point le cas de la douce qu'il convoitait. Une vétille, pour lui, qu'il craignait contrariante pour la nymphette, alors qu'il avait au moins l'âge d'être son père. Une macule au tableau que le tiers protagoniste soulevait sans même en avoir conscience... Fichtre ! Le couillon !

« Pour sûr, c'est pas une demoiselle comme vous qui tomberait à quenouille. Leyan !! » Le phonème du freux avait tonné avec une outrance déconcertée, faisant tressauter le concerné qui se confortait dans ses bévues de manière bien périlleuse. « J'ai dit quelque chose de mal ? Pardonnez-moi ! Je ne voulais pas... Vieilles habitudes de Culpucier, vous savez ce que c'est commandant, vous qu'êtes né dans la rue à côté de la mienne ! » Second coup de masse d'arme au coin du crâne, après les sillons qui excavaient doucettement son épiderme, ses racines originelles dont il ne tirait guère aucun orgueil. Il n'était pas convaincu qu'évoquer sa jeunesse dans la fange, les poux et la misère soit un atout de charme, au mieux, un sujet de raillerie contre lequel il avait ardemment lutté toute sa vie durant. Il ne pouvait permettre telle opprobre aux devants de la sylphide, et surtout, qui pourrait bien savoir quelles seraient les prochaines impertinences à être soulevées ? Son aventure d'une nuit avec une célèbre catin de Port-Réal, Messenda ? Avant que cela n'arrive, Alrik saisit fermement la nuque de son subordonné, exerçant une exacte pression à des points douloureux qui fit doucement geindre le torturé. « Veuillez nous excuser un instant milady... » Sourire jaune et brève inclinaison de la tête pour accompagner sa réplique, il traina l'importun avec lui quelques pas plus loin, là où il aurait tout loisir de le tancer à voix basse, une voix qui se retenait d'éclater bien plus âprement. Velanna ne put percevoir que des chuchotements inintelligibles, mais à en juger par les mimiques des deux quidams, aucun d'eux n'appréciaient cet aparté, l'un plus exsangue que l'autre. L'échange ne dura qu'une kyrielle de secondes avant que le chevalier ne revienne à sa place initiale, visiblement penaud. « Je suis confus... Bonne nuit ma dame ! DU VENT ! » Leyan pressa subitement sa foulée pour disparaître le plus promptement possible avant d'être victime du courroux de son supérieur, qui n'avait cette fois pas hésité à élever le ton. A nouveau seuls – pour combien de temps ? - et une brise d'embarras s'engouffra dans les crinières respectives du couple, vite suivie d'un simple mot. « Navré... »


Vous allez balayer ma cendre ; L’homme ou l’insecte en renaîtra ! Mon nom brûlant de se répandre, dans le nom commun se perdra. Il fut! Voilà tout ! Bientôt même, l'oubli couvre ce mot suprême, un siècle ou deux l’auront vaincu. Mais vous ne pouvez, ô nature, effacer une créature... Je meurs. Qu’importe... J'ai vécu !


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Velanna Vance
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Du Chaos naît l'Étoile

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Message Lun 14 Jan 2013 - 7:01

Quel étonnant, troublant et charmant conciliabule que voilà ! Depuis qu’elle avait été en âge d’être mariée et jusqu’à ce jour, Velanna avait eu l’occasion de s’initier aux discours des prétendants se présentant devant elle et aux signes de l’habituelle et sempiternelle parade amoureuse, elle en connaissait les ressors et les aboutissants et bien qu’elle était loin d’être une experte en la matière, elle savait dénouer les fils les plus grossiers de la séduction et préserver son cœur d’élans trop enflammés. Toutefois la situation présente était totalement – et de loin – différente et divergeait de tout ce qu’elle avait connu jusqu’alors. Le plus souvent les hommes qui s’avançaient se montraient fiers de leur force et dégobillaient à ses pieds avec plus ou moins de prestance d’enflammés discours soigneusement orchestrés par avance, le condensé de leurs exploits, de leurs biens, de tout ce qu’ils avaient à lui apporter à elle et à sa famille. La roue de paon se poursuivait avec des salamalecs entendus sur sa prétendue beauté et l’honneur qu’elle prodiguait aux siens, se distillait ça et là quelques sous-entendus sur les qualités de leur fief – richesse, terres, position politique – et le tout s’achevait sur le destin qui serait le sien, assené comme une immuable vérité. Dans cet agglomérat de certitudes la jouvencelle n’avait jamais eu la permission de s’exprimer, dans ses idées comme ses envies, aussi avoir subitement droit à la parole était aussi exquis que déroutant. L’attitude du sieur qui lui faisait face était également surprenante et dénotait avec tous les poncifs du genre, il n’était en définitive comme nul autre lord… Etait-il plus sincère, plus naturel peut-être ? Assurément… Et ces qualités n’égalaient que sa formidable et attendrissante maladresse, une touche de gène ponctuait son éloquence et sa posture et le rendait unique, intéressant et charmant. Ainsi se trouvait-il face à elle, hésitant, bégayant, tentant de lui expliquer son ressenti et ses attentes sous son œil attendri et désireux d’en savoir davantage. « Vous êtes tout rouge... » susurra-t-elle en le contemplant de ses brillantes prunelles et en effleurant du bout de ses phalanges l’une des joues incriminées. Qu’il était… Semblable à aucun autre ! Rafraichissant dans ses hésitations, il lui pilonnait le cœur à force de prouver le plus sincèrement du monde qu’il souhaitait plus qu’un ventre et une agréable devanture pour son fief, mais une compagne avec qui il pourrait partager, une moitié à chérir. Pouvait-on être aussi chanceuse qu’elle en cette douce soirée ? Elle en doutait, surtout quand vint cette poignante et saisissante confession, si authentique que la dryade en frissonna, toute son échine se secoua plaisamment et elle pouvait jurer que ses joues chauffèrent – et la froideur de la nuit n’y était pour rien. Le simple fait qu’il se soucie du bonheur de celle qui lui serait promise marquait au fer rouge son individualité, et si cette variété pourrait choquer nombre de lady fort convenables au demeurant, elle enchanta Velanna qui rompit un peu plus la bienséance – déjà fissurée de toute part par leurs assauts – pour susurrer d’une voix plus fluette et émotionnée. « Vous devenez si exquis, c’est moi qui vais finir par vous implorer de demander ma main. » Ce qui serait là l’ultime pied-de-nez au protocole ! Cela dit la Vance respectait les traditions et se plierait sans outrages à ses lois, elle lui signifiait simplement ainsi qu’elle avait compris le fond de sa pensée et en était honorée, encore et toujours, et peut-être davantage lorsqu’elle était exprimée dans un discours spontané.

La donzelle lui laissa pourtant l’espace et le temps de reprendre sa contenance et tout en lui reprenant le bras, suivit son pas d’une démarche légère et curieuse, toujours aussi emballée par leur entrevue. Elle n’en demeurait pourtant pas exempte d’inquiétudes diverses et variées, même si les plus diplomatiques et techniques se tamisaient sous le jugement de son père qui savait fort bien que marier sa fille aînée au Capitaine des Dents de Freux le liait invariablement au destin de nul autre que Brynden Rivers. L’aléa s’attachait à ce nom et pouvait être synonyme de gloire éternelle comme de fin atroce mais c’était un pari que semblait relever Cliff Vance avec une impétuosité qui lui était propre. En tant que femme, future épouse et mère, elle devait se soucier de tout autre chose d’un acabit plus personnel mais non moins vital pour un couple à son orée. Sans doute pourrait-elle l’interroger sur sa fonction – qu’il avait avoué être des plus chronophages –, son domaine lyriquement baptisé Empyrée et sa tenue, sa fille également et son sentiment vis-à-vis du remariage de son père, et puis tant d’autres murmures pouvaient être soufflés, portant sur l’intime et gorgés d’attentes et de fébrilité… Pensive, Velanna fut sortie de ses songes lorsque lui furent désignés deux chemins différents, l’un parmi les roses et l’autre sous les arches, son choix fut des plus vif mais elle n’eut pas le temps de l’énoncer qu’un phonème connu les interrompit dans leur tête-à-tête. Leyan et nul autre se présenta à eux, la jouvencelle se souvint aisément de lui comme le quidam maladroit et volubile du copieux repas. Il était un jeune homme étonnant mais également attachant, qui avait su par son adorable gaucherie se faire aimer des plus juvéniles de l’attablée. Quant à Velanna elle avait surtout remarqué sa capacité à embarrasser son Capitaine, un véritable don dont il faisait usage avec brio. Confirmerait-il encore l’exploit ? Plutôt deux fois qu’une ! La discussion se porta d’abord sur une épée, une certaine Fraternité qui avait visiblement besoin de faire peau neuve, puis sur l’inquiétude des Dents de Freux face à l’absence de leur supérieur. « Je suis navrée c’est de ma faute Leyan, j’ai kidnappé votre Capitaine. » confessa-t-elle avec une risette amusée, attirant ainsi l’attention du jeune homme qui désormais, ne la lâchait plus des yeux. Interloquée puis quelque peu gênée par ce soudain et insistant intérêt elle eut un léger mouvement de recul et ses phalanges pressèrent instinctivement le bras du Freux. Elle ne voyait aucune méchanceté dans le regard de son vis-à-vis mais ce comportement lui était étranger et elle ignorait quelle attitude adoptait en retour. Alrik se chargea de mettre fin à l’embarras mais le puits de paroles qu’était la recrue ne cessa pas de déverser son continuel verbiage, parmi lequel affleura un compliment sans mauvaises intentions mais maculé d’une réalité troublante. Il la trouvait jolie avec un air doux mais il venait aussi de la comparer à Yevana, l’enfant de celui qu’elle épouserait peut-être. L’analogie transportait avec elle un malaise, une difficulté que la donzelle trouvait largement surmontable mais qui n’en demeurait pas moins source de troubles. Alrik la visualisait-il également ainsi ? L’absence de réponse le laissa croire à défaut de l’écarter. Elle le guigna avec une certaine appréhension et le vit blêmir à s’en confondre avec la lune au-dessus d’eux, ce qui lui attira une réponse précipitée et presque aussi bégayante que lui, « M… Merci Leyan. Je… Je suis certaine que Yevana est une adorable jeune femme… Oui… Oui, j’ai hâte de la rencontrer. » L’incongruité la frappa de plus belle lorsque l’expression, au fond plutôt flatteuse mais inopportune, survint de nulle part et foudroya littéralement le couple. Cette fois-ci le Freux fut prompt à réagir mais ne réduisit pas son soldat au silence, ce dernier enchaina alors avec une nouvelle balourdise en incriminant cette fois-ci les origines roturières d’Alrik. Les joues de plus en plus roses et embarrassée face à ce garçon qui tout en se confondant en excuses enchaînait les bêtises, la dryade tenta d’intervenir pour stopper l’hémorragie. « Ne vous excusez pas, ce n’est rien, juste un peu… Un peu inhabituel. » Cela ne suffit malheureusement pas à calmer le jeu et l’altercation entre les deux hommes apparut comme inévitable, Alrik entraina le plus jeune à sa suite pour une petite discussion qui resterait secrète. Inquiète malgré elle Velanna tendit l’oreille mais ne perçut rien de signifiant dans l’échange jusqu’à ce que le Commandant revienne, seul, vers elle. Ou presque. Un rire cristallin s’échappa des lippes rouges de la donzelle qui fit un petit signe de main au farfadet qui s’éloignait, et qu’elle gratifia également d’un doux « Bonne nuit Leyan, à plus tard… ! Puis, à l’adresse de son compagnon de nuit elle confia d’une voix ourlée de badinerie. Quel phénomène à lui tout seul… ! » Le silence revenu et leur intimité retrouvée, l’embarras des récents évènements menaça de les étouffer et il s’en excusa, visiblement peiné par la tournure inattendue. Elle ne voulait pas qu’il se sente coupable de quoique ce soit, d’autant plus que l’intrusion du jeune homme quoique impromptue n’avait pas été catastrophique. « Leyan semble être un très gentil garçon… Un peu maladroit et pas encore tout à fait rompu aux convenances, mais cela viendra à votre contact, ainsi qu’à celui de Ser Authaire et de Sébaste. » Elle ponctua sa réplique d’un sourire réconfortant, prompt à balayer tout doute avant son installation. Délicatement Velanna reprit le bras quitté plus tôt et en douceur sa main s’enroula autour jusqu’à atteindre son poignet puis l’embase de ses doigts, qu’elle effleura avec tendresse. « Venez… Allons sous les arches. »

Le couple délaissa donc les roseraies pour l’élégante tonnelle sous laquelle étant enfant, Velanna avait souvent vu Evannah lovée au creux des bras de son père. Cette douce et réconfortante réminiscence lui tira un long soupir tandis qu’ils débouchèrent devant un kiosque aux élégants entrelacements, avec en son centre un banc suspendu et tendu par des cordes d’argent qui offraient un tranquille balancement. Un lieu idyllique et source d’inspiration intarissable pour les histoires de contes de fées qu’elle inventait, autrefois avec la jolie Violet sur ses genoux. « Je me rendais souvent ici avec ma plus jeune sœur… Allons nous asseoir. » Elle n’en souffla pas un mot mais c’était la première fois depuis le décès de sa cadette qu’elle revenait sous ce somptueux dôme. Quel élan la poussait-elle à y retourner ce soir, avec cet homme qu’elle connaissait encore si peu ? Une intuition peut-être, ou alors sentait-elle qu’une authentique confiance pouvait, déjà, se tisser entre eux… Ensemble ils s’avancèrent et s’installèrent sur le sofa, dès lors Velanna ne toucha plus sol et ses pieds ballottèrent paisiblement dans le vide. Il y avait tant à dire, tant à demander, tant à confesser, mais pour l’heure son cœur lui dictait qu’il fallait en priorité dissiper tout le malaise qui avait pu s’immiscer, et rassurer le Freux sur ce qu’elle pensait réellement de lui. Elle l’avait senti plus que gêné par les confessions à l’arrachée de Leyan, et cela ne pouvait perdurer sans éclaircissements. « Vous savez, Alrik… Tout ce que je vous ai écris, ce n’était pas de la politesse de ma part. Je crois réellement tout ce que je vous ai dis, sur vos origines et tout ce que vous avez accompli. J’ai cru comprendre et j’ose imaginer que l’on vous a fait payer d’être né à Culpucier… Sans doute est-ce même encore parfois le cas. Mais si je deviens Lady Mallery, c’est ce qu’il me faudra affronter à mon tour. Elle pencha doucement son visage sur le côté, avec une moue confiante. N’est-ce pas ? » Une autre ombre au tableau s’était épaissie et cette fois Velanna était préoccupée et mal-à-l’aise, car ce genre de problème se confiait plutôt aux proches amies, non pas au fiancé lui-même. Pourtant Alrik avait fixé d’autres règles entre eux, ils tenaient l’occasion de les éprouver. « Je ne suis pas gênée par les années qui nous séparent… Sincèrement. Toutefois je suis… Aussi vierge qu’on puisse l’être. Vous avez été marié, et vous avez sans doute connu d’autres femmes depuis, avec peut-être quelques fois bien plus d’expériences que je n’en aurais jamais. Je vous ai vu pâlir tout à l’heure…Est-ce que vous me trouvez… Un peu trop jeune, finalement ? » S’il avait blêmi de son côté, elle présentait à présent deux joues d’un rouge vif et sans équivoque. Elle toussota pour se donner une petite contenance – même minime – et poursuivit avec une interrogation qui flirtait davantage avec le classicisme et la sûreté car ils avaient probablement tous les deux besoin d’air et, éventuellement, d’une porte de sortie. « Mh, si vous me parliez un peu d’Empyrée… » De ce qu’elle savait, son domaine était moins étendu que celui d’Atranta mais la comparaison tenait difficilement puisque les Vance étaient suzerains de trois autres maisons mineures du Conflans quand les Mallery venaient tout juste d’éclore. Hormis cette donnée purement géopolitique Velanna ne savait rien du fief de leur hôte, palier à cette ignorance était évidemment vital. Une information perdue dans un torrent de familiarités endiguées. Du coin de l’œil elle le guigna, si impressionnant dans son armure et beau comme un astre, et mordilla ses lippes. Tellement prise d’hésitations ! Il était simple d’être spontanée quand l’enjeu ne se dessinait pas et qu’il suffisait d’être soi, mais lorsque l’important sonnait, il était facile d’oublier comment agir ‘naturellement’. Il le fallait pourtant, afin de ne pas s’enfermer dans des illusions qui les mèneraient tout droit à un mariage désenchanté. Elle prit soudain une profonde inspiration et, d’un petit balancement des hanches, elle se rapprocha du Capitaine et plongea dans ses iris d’azur. « Alrik, je ne sais comment vous le demandez… Mais puisque nous y sommes et que de grandes choses peuvent se décider cette nuit, permettez. Elle entortilla ses mains entre elles et sans trop s’en apercevoir, elle avait saisi entre ses doigts un bout de la manche du Freux et l’emberlificotait nerveusement autour de son annulaire. Qu’attendez-vous de votre future épouse… De moi ? »


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Alrik Mallery
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Message Mer 6 Fév 2013 - 22:05

Etait-ce une anathème des Sept eux-mêmes que lui ployer, de leur toute haute grâce, l'opportunité d'un tel aparté tout en l'affublant d'anicroches qui burinaient doucement mais assurément son plus intègre embarras ? Peut-être n'était que les astres qui jaspaient la voûte céleste de cette nuit, ébaudies et curieuse d'observer l'une des leurs en étrange compagnie, qui influaient secrètement de leur subtil halo pour égayer une scène encore trop engourdie à leur goût ? Et le chevalier se trouvait là, trahi d'indétermination comme le plus juvénile des jouvenceaux face à la première princesse qu'il approchait de façon intéressé. Une allégorie niellée de véracité alors que l'unique nymphe qu'il eut jadis courtisée était issue de la roture, sans guère plus de proches familiaux pour veiller aux éventuelles règles de batifolage. Des grandes ladies, il en coudoyait sans cesse et avait depuis fort longtemps appris à adapter sa bienséance à toutes les circonstances, si ce n'était celles dans lesquelles il se trouvait présentement. Ses pairs pourraient aisément gouailler de sa gaucherie, inadéquate mais sincère, emmitonnée du désir de bien faire. S'il n'était déjà point aidé par les exquis propos de cette muse de passion qui ornementaient ses pommettes de surprenants érythèmes, il aurait eu envie de s'ensevelir physionomie sous terre pour s'y réfugier tant Leyan l'installait dans un indicible état de malaise. En plus d'incommoder l'intimité dans laquelle ils étaient parvenus à se lover, l'importun excavait sa confiance à coups de pioche avec une telle candeur qu'il était improbable de lui en tenir rigueur, quand bien même son commandant venait-il de le tancer sur son attitude. L'incident serait omis dès l'aube prochaine, sûrement en riraient-ils même, pour l'heure toutefois, ce n'était guère d'hilarité que le sigisbée se boyautait, mais bien de la pire des appréhensions sur la réaction de la demoiselle qui l'accompagnait. Cette dernière ne sembla guère s'offusquer des incartades d'un nouveau venu dans l'univers seigneurial et s'il lui était pleinement reconnaissant de cette rare tolérance, il ne put s'empêcher d'alléguer le comportement de sa recrue par ces quelques vérités. « Leyan est d'un impair que je ne pourrais moi-même décrire, mais cela s'explique par le fait que je l'ai enrôlé parmi les Dents de Freux il y a peu de temps. Les venelles de Culpucier font de piètres pédagogues en matière de... Convenances sociales, vous en conviendrez... Il apprendra vite, j'en suis sûr... » Le Père lui en soit témoin, il y veillerait personnellement et promptement après cet épisode. Fort heureusement pour tous, sa volonté d'aider les indésirables extirpés des bas-fonds de Port-Réal ne souffrirait d'aucune modification, aussi le jeune lutin ne verrait pas son avenir au sein du Donjon Rouge compromis – si ce n'était à grandes calottes sur la tête pour lui signaler toute bévue, quitte à ce qu'il en finisse cabossé !

Le contact qui s'établit derechef dissipa ses craintes, incanté qu'il était par cette voix cristalline à laquelle il ne présenta aucune objection. Ses prunelles d'azur troublé prirent un instant pour contempler toute la beauté du lieu qu'il quittait, et celle de celui dans lequel ils pénétraient dans un doux silence. Sous cette charmille de verdure, l'air semblait épuré, panacée à des poumons qui peinaient parfois à oeuvrer en conséquence d'une oeillade trop appuyée, d'une promiscuité encore pusillanime mais néanmoins réelle et armature d'une complicité à en devenir. La tirade qui brisa leur mutisme le laissa alors songeur – faisait-elle référence à Kiara ? Il n'avait guère aperçu d'autre soeur, cependant, l'essence d'amertume qu'il ressentit en la contemplant le fit douter de ce syllogisme somme toute spontané. Il y avait des maux que l'on ne confessait pas à n'importe qui, même aux connaissances d'antan, aussi Cliff s'était-il probablement gardé de le renseigner sur de plausibles déboires familiaux. De cette conjecture ne découlerait aucune interrogation, du moins pas envers la belle qu'il ne voulait nullement assombrir en ce conciliabule qui devait se faire inspiration d'espoir plus que l'inverse. Il se contenta donc de s'installer auprès d'elle, à une distante opportune à la discussion et convenable aux exigences. Toute la parole lui fut laissée, toute l'attention octroyée, il se tût et amoncela les informations qui méritaient leur place. Mais il sentit un carcan étreindre cet organe qui pulsait de vie et d'émotions lorsque, avec une surprenante résolution, elle parla d'elle-même en se conjuguant Mallery. Même au conditionnel, l'ouïr de ses lippes était paralysant, Alrik en fut transi de stupeur et son vocabulaire s'en trouva fort restreint. « Euuuh... » Il en perdait ses mots aussi bien que sa contenance, et par crainte qu'elle ne considère cela comme une preuve d'incertitude sur ce qu'il désirait les concernant, il reprit en hochant furtivement la tête. « Oui... Oui certainement ! Je suppose... » La réflexion se ne profila qu'ensuite, évidemment, qu'elle aurait à porter les teintes de son nouveau patronyme avec autant d'opiniâtreté que celui de naissance, la chose ne serait pas aisée bien qu'inévitable. L'ironie voulait qu'elle en ait plus conscience que lui-même, comme si l'ouvrage fortifié qui lui servirait à ne pas fléchir face aux hostilités commençait déjà à se structurer, et de ces remparts imagés, elle en aurait besoin pour porter les siens aux nues, toujours dans l'hypothèse où l'union ferait d'eux une seule et unique âme en ataraxie. Une quiétude loin d'être atteinte, pour le moment.

Une pléthore d'incertitudes, d'angoisses qui n'avaient peut-être pris forme qu'aujourd'hui seulement, et toujours, des tribulations pour la prestance d'un freux qui tentait de garder la tête hors de l'eau. L'âge, un point délicat, mais qui ne les tarabustait point pour les mêmes raisons, ou pour une cause à effet mutuelle : celle d'être trop et pas assez. L'ubuesque de la situation l'effraya aussi bien qu'elle l'amusa et l'attendrit, elle s'inquiétait de ce qu'il pourrait préférer mais s'en mésestimait, il ne fallait pas, elle ne pouvait pas... « Non ! Non absolument pas, que vous soyez dans la fleur de l'âge est... » Comment le lui exprimer ? Pour rien au monde n'aurait-il voulu passer pour l'un de ces gérontes obscènes et intrigués par les générations suivantes plus que par la leur. Il expira un râle agacé par sa propre inaptitude à lui signifier ses pensées alors qu'elle semblait bien plus prompte à les lui révéler – propension féminine que de s'épancher aussi commodément ? Il ne savait que dire, que répondre, Empyrée lui passa bien au-dessus du crâne tant sa demeure lui était secondaire pour l'occasion, et même s'il avait entamé un quelconque discours la concernant, tout son intérêt fut happé par ce frêle mais irrésistible mouvement de hanches par lequel elle s'était rapprochée. Sa nouvelle question fut une gifle qui le sortit de son étourdissement, pour la seconde fois, elle exhibait ostensiblement la plus que possibilité à lui offrir tout son accord au même titre que tout son être, et lui ? Il se sentait ridicule, aux cimes du lamentable tant il faisait pâle figure en comparaison à la franchise dont elle le bénissait. Dirigeant d'un Ordre qui ouvrait pour la Main du Roi, mais incapable de formuler une phrase autrement plus grotesque que lui. Il en fut intérieurement furibond et ne tarda guère à se galvaniser d'une témérité qui lui avait jusque là fait défaut : il quitta soudainement le banc suspendu sur lequel ils étaient assis, non point pour se lever et prendre la poudre d'escampette, mais pour poser une rotule au sol juste devant Velanna, dont il prit la main avec laquelle elle triturait sa manche. Cette fois, il plongea de toute son hardiesse dans ses scintillantes mirettes, non sans l'étrange sensation d'être un artiste sur le point de jouer son aubade. « Milady... » D'excellentes prémisses, données sur le ton du tribun en lutte contre le plus incrédule des auditoires qu'il lui fallait convaincre. « Que puis-je espérer de plus si ce n'est que vous m'aimiez autant que je me consumerai à vous aimer... Il n'est d'utopie qui ne puisse prendre vie pour un binôme dont la ferveur ne se symbolise pas seulement par deux alliances dorées. Je ne veux pas vous endormir avec ma poésie de grande opuscule, autant que je refuse de vous acquérir par mon pécule sans que vous en formuliez le souhait. Je ne peux pas vous promettre l'opulence dans laquelle l'on vous a élevée, ni même l'existence sans ruptures d'une épouse de dignitaire au sujet duquel l'on ne peut ergoter. J'aimerais vous dire que tout est simple et que vous coulerez des jours sans ombre, de toute ma foi, je vous fais le serment de mourir à cette tâche que celle de vous rendre heureuse, mais la vie rêvée n'est pas suspendue à mes lèvres. Empyrée... »

Son monologue connut une accalmie, comme si le sieur prenait conscience de ses paroles simultanément à la dryade, uniquement après que ses lippes aient daigné mouvoir dans un intarissable ballet de proses toutes improvisées. Il se souvint qu'elle l'avait questionné sur son chez lui sans qu'il ne comble son envie de savoir, désormais, l'instant semblait être adéquat pour y songer. Il se leva et rompit le contact dont il regrettait déjà la suavité pour faire quelques pas d'apparence distraits, cependant intensément concentré, ses phalanges cherchèrent intuitivement le manche de Fraternité auquel elles avaient marotte à s'accrocher dans ce genre d'envolées. Elles ne tâtèrent pourtant que le néant, il baissa ses calots sur son flanc vacant de décoration guerrière et se sentit désarçonné, un peu idiot, auquel il manquait un repère d'importance. « Mon logis est humble, à côté d'Atranta, il n'est assurément rien, ou si peu... Je ne l'ai hérité d'aucun père, de celui-ci, il ne me reste que des poteries faites de ses mains... Mais après toutes ces années, je suis heureux d'avoir un endroit qui m'appartient... D'avoir enfin un toit à offrir à ma famille. » Il ricana et massa sa nuque à défaut de tenir son arme. « Ma soeur et ma fille ne prennent pas beaucoup de place, certes... » Il marqua une pause en quêtant dans son esprit pour des détails à lui donner. « Mes terres ne sont pas bien étendues, mais les Sept savent que Yevana les a déjà visitées de fond en comble... Mh... Je ne sais que dire... Nos domestiques sont tous issus de Culpucier, ce sont... De vieilles connaissances auxquelles j'ai voulu offrir un peu de tranquillité, dirons-nous. Beaucoup m'ont connu lorsque j'étais enfant, ce sont des gens rustiques mais très charmants, vous verrez... » Il revint vers elle et lui tendit la main, tout en sachant qu'il venait de ponctuer sa tirade d'une notion de probabilité dont il n'était aucunement assuré du succès. La suggestion, ou du moins l'aspiration qui était alors sienne, n'était toutefois et peut-être point suffisamment explicite pour que la jouvencelle ne la perçoive, aussi, une fois qu'elle eut saisi la douce poigne qu'il lui présentait, il reprit. « Viendrez-vous ? »

Sa délicate menotte entre ses doigts, Alrik l'invita à se lever et à approcher sa sculpturale apparence de sa propre structure, marin en naufrage dans l'océan de ses prunelles qu'il admira de toute sa piété. Si la privauté aurait pu être jugée scandaleuse au vue du peu d'espace qui s'instaurait naturellement entre eux, le sigisbée n'en avait cure, il confiait ce précieux secret aux charmantes arches qui les couvaient. Cependant, aucun contact malavisé, et si sa main libre aurait aisément pu trouver le sentier d'une poignée d'amour merveilleusement ébauchée sous le tissu dissimulateur, elle préféra saisir son membre jumeau, celui de la sylphide tout aussi délaissé. Ses paluches tenaient donc les siennes, ses pouces effleuraient ce derme d'albâtre qui n'était pas sans lui rappeler le gypse de ces ronde-bosses que l'on admirait., puis il la mira avec une humilité presque timide. Il savait que ces précédents gestes avaient miroité leur lot de théâtralité sans que cela n'en soit fatalement volontaire, aussi, avant même qu'elle n'ait répondu, il décida de reprendre avec ce qu'il pensait être davantage de modestie. « Velanna... Que vous soyez inaltérée ne fait que rajouter à votre valeur, vouloir le contraire serait vous spolier du respect qui vous est dû... Votre vénusté a été la première à m'enjôler, mais plus je vous découvre, et plus je m'énamoure... » L'aveu était fait, l'évidence même qu'il n'était en rien insensible tant à sa divine écorce qu'à sa personnalité. Il se sentait l'âme d'un pimpant damoiseau, une seconde jeunesse qu'il était prêt à vivre pour un seul de ses sourires. Il exerça un peu plus de pressions sur ses graciles phalanges, comme reflet d'une volonté qui s'affirmait sans atermoiement et conclut. « Si vous n'êtes pas... Si vous avez encore besoin de temps, je pourrais convier votre famille à faire halte à Empyrée. Il me semble que votre père m'a parlé d'un déplacement à venir vers Port-Réal à la suite du Conseil Restreint, ce serait une opportunité pour que vous visitiez ma demeure, que vous rencontriez ma famille et... Vous aurez le loisir à la réflexion d'ici là... ? » Précipiter les choses ne jouerait pas en sa faveur, ou peut-être, craignait-il simplement un irrécusable refus.


Vous allez balayer ma cendre ; L’homme ou l’insecte en renaîtra ! Mon nom brûlant de se répandre, dans le nom commun se perdra. Il fut! Voilà tout ! Bientôt même, l'oubli couvre ce mot suprême, un siècle ou deux l’auront vaincu. Mais vous ne pouvez, ô nature, effacer une créature... Je meurs. Qu’importe... J'ai vécu !


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Velanna Vance
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Message Dim 24 Fév 2013 - 20:20

Le sort qui serait celui du jeune Leyan, et bien qu’elle ne fut en rien coutumière des us et coutumes soldatesques, la douce demoiselle se le figura fort bien aux dires du Commandant qui se tenait près d’elle. Une remontrance, quelques leçons de courtoisie pour un usage sociétal adéquat, des conseils et peut-être quelques calottes viendraient à bout du comportement trop effervescent du garçon de Culpucier, il n’y avait nulle raison d’en douter. Et qui pouvait être meilleur professeur que celui qui avait d’ors et déjà parcouru et aplani les difficultueux sentiers séparant la roublardise et la gouaille des convenances et simagrées sociales ? Alrik était tout indiqué pour montrer le chemin car il en avait lui-même connu les affres et les turpitudes, supporté les difficultés et les jurons pour se bâtir une prestance et une aura qui n’avaient rien à envier aux nobles de sang, et ce sur des générations… « Avec vous pour guide Alrik, j’en suis certaine. » confia-t-elle alors d’une voix douce et retenue, qui en disait plus qu’il ne faudrait et moins que ce qu’elle pensait. Car de l’allure il en avait, le Freux ! Cependant il semblait loin d’être à son aise à ses côtés et la jouvencelle commençait lentement mais surement à se questionner sur la viabilité de cet échange et donc, du projet marital dans son ensemble. Elle parlait, se confiait, l’interrogeait jusqu’à ce que son souffle se fasse rare et que ses joues rosissent, elle voulait tout savoir. Ils n’avaient que peu de temps, les minutes étaient précieuses et elle voulait profiter de chacune d’elle avec une insouciance et une naïveté sans doute aussi touchantes que déconcertantes pour l’homme qui lui faisait face. Etait-elle trop javotte ? Septa Isabel l’avait pourtant mise en garde, les hommes ne sont que peu friands de jacasseries disait-elle, mais elle avait refusé d’écouter ces conseils qu’elle jugeait généralistes et abscons. S’était-elle fourvoyée… ? Le doute pernicieusement s’insinuait en elle à mesure que le discours de son vis-à-vis devenait de plus en plus décousu et vague, signe perçu d’une désillusion qui approchait à grands pas. Elle valsait maladroitement entre l’amertume d’être la spectatrice impuissante et leurrée de phrases inachevées et la crainte de lui déplaire au point qu’il en égare son discours. Qu’il était cocasse que ces deux âmes s’égarent sur les mêmes faux-fuyants gorgés d’incertitude et ce, sans s’apercevoir que l’autre nageait dans une appréhension similaire. L’envie d’être à la hauteur, l’envie de plaire était là, intense et frémissante, il ne restait qu’à la laisser s’envoler et s’exprimer sans plus douter de sa valeur… Une tâche bien plus complexe à mettre en œuvre qu’il n’y paraissait. Et pour autant, fallait-il qu’ils s’y forcent ? C’est dans ces moments si particuliers et audacieux que Velanna aurait été incroyablement soulagée de savoir qu’à son retour, les doux conseils d’Evannah l’auraient enveloppé de certitudes. Mais la belle dame d’Atranta reposait paisiblement auprès du petit corps de Violet, et elle devait trouver ses réponses seule.

Elle s’interrogeait sur leurs origines divergentes, sur leur différence d’âge, sur leurs familles respectives qui ne manquaient certainement pas de préjugés à propos de l’autre parti… Rien qui n’était somme toute insurmontable s’ils le désiraient, toutefois la jeune femme avait bien du mal à savoir ce que pensait son vis-à-vis. Il avait fait le chemin jusqu’ici en dépit de ses obligations et s’était montré des plus charmants et courtois, mais depuis qu’ils étaient seuls une chape d’hésitation et de prudence semblait s’être abattue sur eux. Elle voulait le rassurer mais craignait de l’offenser en supposant son trouble… Cependant Alrik ne lui laissa guère l’occasion de plus se torturer l’esprit : il partait. Elle n’osa pas lui demander où il allait et éleva seulement, modestement ses grandes prunelles d’azur vers sa haute et imposante silhouette et le questionna en silence, craignant qu’il n’impose simplement et sans détours la fin du tête-à-tête. Le sentiment d’échec et d’égarement lui lacérait l’estomac, alors même qu’ils ne s’étaient rien promis. Toutefois, cet homme-là… Il s’était montré différent de tous les autres, attentif, concerné, humble, elle saisissait bien la chance qui était la sienne : certains partis d’une gentillesse extrême ne demandaient pas pour autant leur avis à leur moitié, et n’attendaient guère d’une épouse qu’elle s’exprime dans ses avis d’une quelconque façon. Elle était peut-être en train de perdre celui qu’elle regretterait lourdement dans quelques années si elle était chanceuse, ou dans un avenir proche… Après une succincte et légère crispation ses phalanges relâchèrent prudemment et à regrets leur otage, plus qu’une amertume ou une contrariété c’est le chagrin qui étreignit le cœur de la lady esseulée, mais la solitude n’eut pas le temps de le broyer. Une chaleur bien plus grande s’empara de sa main après qu’elle l’eut miré s’agenouiller sans comprendre quel était son objectif… Déferla alors un discours qu’elle n’aurait jamais espéré ouïr d’aucun homme, des paroles empruntes d’autant de tendresse que de sincérité, brûlantes de vie et promesse d’une existence non pas utopique dans son accomplissement, mais par sa nature profonde. Pas de chimères ni d’éblouissement idéaliste, c’est d’amour que semblait vouloir se nourrir le Freux car c’est dans cette matière vibrante qu’il avait érigé Empyrée, sa demeure qui abritait également les siens. Théâtral mais convaincant, l’éloquence et la scénique n’entachèrent les répliques que de beauté et scièrent leur unique auditrice, la privant de verbes alors même qu’Alrik parût avoir retrouver sa faculté à s’exprimer avec aisance et distinction. L’affection en guise de richesse, l’affect pour palais, voilà donc ce qu’il lui proposait ? Pouvait-elle rêver de mieux elle qui souffrait tant par avance de quitter son père, sa sœur et ses frères, et ce logis qui abritait tant de souvenirs ? Empyrée, elle était encore voilée de mystères mais apparaissait comme un Atranta à bâtir dans son esprit infatué, un lieu qui serait invariablement nouveau et différent, mais dans lequel elle pourrait se sentir chez elle… Néanmoins viendrait avec le titre les responsabilités, car si le Lord s’éloignait de son logis – comme son titre de Commandant le promettait malheureusement, il lui incomberait de gérer ses terres en son absence, soutenue par le Mestre… Et d’ailleurs un Mestre, y en avait-il seulement un au sein d’une maison si jeune ? Aurait-elle les épaules assez larges et fortes pour tout cela ? Son père semblait le croire, car si elle ne connaissait pas toutes les motivations de Cliff, elle en devinait certaines… Alors, viendrait-elle ?

Sa main s’était lovée dans celle robuste d’Alrik puis, en élevant délicatement le menton, elle le contempla avec autant de tendresse que de curiosité et d’intérêt pour sa personne qui se dévoilait à chaque mot qu’il prononçait enfin. Elle se sentait quelque peu fébrile ainsi contemplée et complimentée comme la plus exquise des sylphides, et ses joues rosirent plus encore pour le chuchoter à son insu au Commandant. S’énamourer, disait-il ? Cette confession, cet aveu fut un baume, un ravissement qui flua telle une décharge électrique tout le long de sa colonne vertébrale. Elle ne s’y était pas préparée, n’osa le croire qu’en secret et se mit à réfléchir à toute allure pour mettre en mots aussi élégamment le fil sincère mais équivoque de ses pensées. La proposition affleura ensuite dans ce marasme alambiqué, saisissante et inattendue, elle prouva encore une fois le souci de bien faire et de ne pas forcer la main qu’avait toujours exprimé le Commandant à ses côtés. Enchantée et timide fut alors sa risette tandis qu’elle pressait en douceur ses phalanges au creux de ses larges paumes. « Je suis ravie que vous ayez retrouvé votre langue… Mais j’en ai perdu la mienne en cours de route. Un doux rire s’échappa de ses pulpeuses lippes. Il est vrai que le silence avait été son maître d’ordre, elle avait été captivée, déboussolée, et n’avait su que dire… Il était temps de se rattraper et surtout, de prouver qu’elle était loin, bien loin de lui être insensible. Il faut dire qu’on ne m’avait jamais soufflé d’aussi belles paroles, plus qu’un seigneur vous êtes resté un homme remarquable… Concilier votre rang et un esprit aussi humble et dévoué, je vous admire. Nombreux auraient été ceux à se délester de tout le fatras de leur passé, les domestiques de Culpucier et les Leyan n’auraient été que des poids à jeter dans une mare. Et maintenant je ne sais comment vous dire ce que je ressens sans paraître empotée… Ses prunelles claires embrassèrent celles d’azur avec malice. C’était plus simple quand vous bégayiez de gène, j’avais alors l’air si sûre de moi. La taquinerie était inhérente, on ne pouvait être qu’acariâtre ou joueuse dans une fratrie si nombreuse – surtout en compagnie du farceur Kerwan, et Velanna se félicitait d’être du second clan. Mh… Non, décidemment, je ne parviens pas à vous le dire… Mais peut-être pourrais-je vous le montrer ? Les mots peuvent tromper mais le corps ne saurait mentir… » Elle n’était pas femme à spoiler le verbe impunément mais parfois, un geste valait mille ergotages et elle sentait que le moment était opportun pour lui faire entendre ce qu’elle ne parvenait pas encore à formuler, le tout d’une manière authentique et dénuée de faux-semblants.

Du bout de ses doigts fins elle effleura en une gracieuse caresse les paumes de l’apollon qu’elle ne consentait plus à quitter des yeux et plongea dans son profond regard, s’abandonnant, romanesque, dans ce délicieux azur. Ses phalanges quittèrent le confort de ses mains d’homme pour fluer jusqu’à ses bras puissants, au milieu desquels il lui sembla que rien de fâcheux ne pouvait lui arriver. Elles tracèrent leur route et parvinrent aux épaules, robustes et imposantes, un discret soutien pour délicatement se hisser plus à son niveau. Ils étaient si proches désormais, elle n’aurait pas été étonnée qu’il lui avoue pouvoir ouïr le tambourinement et l’embardée de son cœur, tout comme à présent elle pouvait ressentir la chaleur de son souffle lui frôler le front. L’instant fut éphémère mais sembla s’étirer pour se graver dans l’esprit, le temps suspendu, haletant lui-aussi, silencieux spectateur d’une union en devenir. Elle l’embrassa. Non pas sur les lippes, pourtant invitantes et qu’elle devinait d’une grande douceur. Ni complètement sur la joue, ni sur les lèvres mais à la commissure de celles-ci, sa bouche se déposa, frivole, telle un papillon. Mais plutôt que de s’envoler sitôt l’audace commise, Velanna s’attarda, profitant de ce contact suave jusqu’à donner des sueurs froides à l’indécence. S’il pouvait y avoir davantage sous ses élégantes arches, nul ne pouvait le savoir et les étoiles n’en furent pas témoins car les pas envolés et le clapotis d’une épée contre l’échine retentirent dans l’allée que le couple avait emprunté. Les talons de la jeune femme retrouvèrent l’appui du sol et ses mains glissèrent lentement le long du torse du Commandant, ultime privauté avant le retour obligé de la bienséance car elle le savait, le frère aîné approchait. Ses douces mirettes dans les siennes elle lui adressa un sourire puis reprit son bras, alors même que Van faisait son apparition. Son crin de soleil éparpillé en désordre sur son front où perlait quelques gouttes de sueur – son cadet avait décidemment un pas de course bien trop rapide, il guigna le binôme avec une fausse stupeur et, en revanche, une méfiance mal dissimulée et parfaitement authentique. « Oh, vous êtes ici. Je suis navré si je vous ai dérangé… Tu ne nous déranges pas voyons, nous allions justement revenir à la maison. Visiblement, Van ne savait pas si sa sœur affabulait mais il en eut bientôt la certitude lorsque, une risette désarmante sur les lippes, elle murmura. Tu passes devant ? » N’ayant d’autres choix et bien que crispé, il fit volte-face et repartit d’où il venait, non sans se jurer qu’il ne les laisserait pas prendre de retard… Velanna expira un léger soupir et avança d’un pas tranquille aux côtés du Freux qui comme elle devait se douter que l’héritier n’en resterait pas là, toutefois elle en était certaine il n’avait rien à craindre de Van en définitive. Aperçevant au loin la forteresse d’Atranta se dessiner, elle fit une légère pression sur le bras d’Alrik pour qu’il s’arrête et se hissa à nouveau, cette fois pour venir chuchoter au creux de son oreille. « Je viendrai. »

Le couple n’eut ensuite d’autres choix que de se séparer aux portes de la demeure, Septa Isabel en bonne chaperonne attendait sa pupille et l’escorterait jusqu’à sa chambre où elle tenterait alors tant bien que mal d’apprendre les détails du conciliabule nocturne. A défaut de plus, Velanna quitta son bras en lui offrant son plus beau sourire et quelques mots susurrés. « J’ai passé un très bon moment en votre compagnie… Bonne nuit, Alrik. » La nymphe s’éloigna aux côtés de la religieuse et s’effaça au profit du blond chevalier, qui mirait avec une froide intensité son homonyme. Il n’avait aucun grief spécifique contre lui, son grade et ses exploits auraient dû lui attirer toutes ses faveurs mais sa nature profonde l’empêcher d’offrir toute sa sympathie à celui qui convoitait sa sœur aînée. Par principe, mais aussi parce qu’il avait la pernicieuse impression que tout allait trop vite… La kyrielle d’années du haut desquelles Alrik dominait sa sœur ne jouait pas non plus en sa faveur, son protectionnisme s’en trouvait encore affermi. C’est pourtant d’un timbre neutre qu’il s’adressa à lui, sa main triturant évasivement la poignet de la lame courte pendue à sa ceinture – une arme secondaire, la principale étant la massive et étincelante espadon qui auréolait son échine. « Ser Mallery, je sais que mon père vous attend mais je souhaiterais m’entretenir un instant avec vous. Il attendit que le Commandant l’y autorise, puis poursuivit. D’après ce que j’ai cru constater… Tout d’abord insinuer le doute. Il n’avait concrètement rien vu de répréhensible, mais il avait le sentiment d’avoir raté l’instant de peu. Dans un décor aussi paradisiaque… Ma sœur et vous, vous semblez vous être entendus. Puis-je connaître vos intentions ? » La question était volontairement vague pour laisser toute la latitude à Alrik de révéler ce qu’il voulait, et d’ainsi donner une inclination à leurs rapports futurs. Toutefois il n’avait guère le temps de trop s’attarder, Cliff patientait dans son huis…


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Alrik Mallery
Commandant des Dents de Freux

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Message Sam 9 Mar 2013 - 14:39

L'appréhension de s'enhardir, du courage discursif et de la désinvolture physique. Un panachage exquis et outrageant, une saynète à la vie quotidienne qu'il aurait tant aimé ne jamais voir s'achever, mais se sublimer de plus d'éréthisme, un peu plus d'ivresse, encore. La griserie de la confidence l'ankylosait encore d'un plaisir inavoué mais tant visible dans l'oeillade qu'il lui adressait, il se sentait tel l'artiste à ses premiers tréteaux, avec l'angoisse de l'exercice et la kyrielle d'émotions qui s'y alliait. Il n'avait fallu qu'un instant, une divine impulsion pour que tout ce qu'il incubait jusqu'alors ne s'exprime avec un naturel entiché, rhéteur improvisé ou simple sigisbée venu déposer sa patenôtre aux pieds de sa muse déesse. Et quelle ondine que celle-ci ! Ses pommettes rosies avaient l'apparence de pudibondes pétales dans cette magnifique corolle qui ne semblait point avoir besoin de soleil pour s'épanouir. Il n'était alors pas mécontent d'être le fautif tout désigné de leur éclosion, ressentait-elle la même exaltation lorsque lui aussi devenait rubicond ? Qu'il devait avoir l'air nigaud, lui, dans un pareil état. Il n'osa y songer et préféra centrer sa concentration sur la doucereuse pression qui emmitonnait ses phalanges, un signe inconsciemment optimisme dans tout ce qui avait été suggéré entre eux, assurément guère autant que la mélodie du rossignol devenu presque pusillanime à l'idée de chanter. Sa langue, il l'avait effectivement retrouvée, ou du moins, s'était-il souvenu de la plus adéquate des façons d'en user, et elle était désormais mieux qu'un fond de sa poche. A cela, il répondit une impondérable risette, il l'avait prise au dépourvu, mais n'était-ce pas la force et la contingence des surprises qui en faisaient des faits marquants ? Il était au moins parvenu à capturer son émoi et espérer ne pas avoir à le libérer de sitôt, alors, il ne brisa sous aucun prétexte la corrélation de leurs regards, pour que l'enchantement perdure. Il but ses paroles comme l'éperdu s'hydratait de son philtre, ne prenant que peu en considération les compliments qui lui furent destinés, peut-être, simplement, parce qu'il était trop humble ou juste trop incanté pour daigner véritablement les entendre. Qu'importait, à dire vrai, qu'il soit ainsi ou comme cela, tant qu'il lui plaisait, c'était bien là son unique volonté en cet instant. Qu'elle garde silence si son mutisme était apte à miroiter ce qu'elle avait tant de difficulté à dire – et par les Sept ! Il savait l'entreprise ardue. Mais sa tirade sur le langage corporel fut douée à l'intriguer, voire à l'oppresser tant il était judicieux de se méfier de la véhémence de la jeunesse. Voir les lisières outrepassées, un fantasme illicite tant qu'une sombre crainte, aussi, il expira. « Milady... » Fébrilement, bien trop. « ... » Plus un mot ? Quel comble.

Et il sentit alors l'ascension de ses délicates menottes le long de sa charpente de chevalier, ce fut bien stupide à considérer, mais Alrik fut incapable de décider où apposer les siennes désormais libres. L'abus de privauté ne serait pas un onguent pour leurs consciences respectives s'ils s'y abandonnaient avec un excès de mièvreté. Mais il se plia au charme de la sirène comme le plus faible des boucaniers, se prenant à rêver sur les lippes qui s'approchaient trop périlleusement de semblables béates. Tout se prêtait à la promiscuité, dans un décors tout de joliesse planté, à la douceur de sorgue et à l'air dépuré de la charmille qui les protégeait. Le papillon de soie se posa alors à la commissure de ses lèvres, tentation avilie d'une franche passion et d'un contact charnel trop longtemps évité. Le freux ferma les yeux pour mieux s'isoler dans un microcosme qui n'appartiendrait, il l'espérait de tout son soûl, qu'à eux. Ses tripes et sa foi s'insurgèrent d'un vertige homérique, il se sentit étonnamment léger, puis alourdi par le fardeau d'un désir prohibé. S'il s'écoutait... Oh, s'il se résignait à sa veulerie d'Homme, il l'aurait aimée, ici et maintenant, dans la plus éhontée des effusions. Il luttait du peu de lucidité qui demeurait mais de toute sa volonté de l'épargner pour ne pas pencher le faciès et glaner un baiser moins chaste, ce qui était pourtant déjà considérable au vue des circonstances. Et ses mains ? Toujours pendues dans le vide, inertes d'action, il ignorait toujours bien qu'en faire et craignait d'involontairement l'enfermer dans un carcan oppressif s'il osait... Oui, s'il osait l'étreindre. Toutefois, l'évidence était plus que limpide, son eurythmie en était le premier barde, c'était elle qu'il lui fallait, elle qu'il convoitait et qu'il aspirait à porter aux nues. Toutes ses incertitudes s'étaient évanouies, un coeur pantelant d'émotion ne pouvait se fourvoyer, une voie qu'il voulait suivre. Quel doux songe, une perfection...

… Si succinctement désillusionnée par l'écho métallique et l'intercession d'un tiers qui, même si elle le laissa amer sur le moment, fut salutaire pour tous. La transition à une réalité retrouvée se fit dans un sourire complice et attendri, cette innocente frasque serait le petit secret qu'ils chériraient une fois chacun de leur côté, une réminiscence dont ils sentiraient encore tout l'arôme en pensant l'un à l'autre. Ses doigts se déposèrent courtoisement sur la main qui prit son bras, puis le commandant se tança intérieurement pour reprendre un tant soit peu de sens commun avant que le veilleur fraternel ne fasse son apparition. Il en jugea par son état que le plus jeune n'avait pas cessé de le faire tourner en rond depuis la fin du souper, Kerwan semblait être un sacré facétieux. Quant à lui, il aurait été vain de prendre l'apparence d'un séraphin, même s'il n'y avait aucun et considérable blasphème à déplorer entre gens potentiellement voués à l'union, ils étaient coupable d'une indéniable connivence. Leurs expressions le démontraient bien suffisamment, corroborées par la requête de la sylphide qui envoya Van en éclaireur, le temps qu'ils daignent le suivre. Ce qu'ils firent sans trop tarder, conscients de ne plus jouir de quiétude pour dialoguer, plus pour cette nuit. Alrik ne put pourtant s'empêcher un frêle ricanement à la situation, puis ils arpentèrent la route antérieurement empruntée en sens inverse pour revenir aux abords de l'illustre demeure. L'heure fut à la séparation, au grand regret du sigisbée qui aurait toutefois de quoi alimenter ses chimères pour le sommeil en prévoyance. Ses gemmes d'azur ne purent tout de go se détacher de l'adorable minois qui l'avait fait chavirer, il voulait l'admirer, encore un peu, avant de la rendre à Septa Isabel. Puis lorsqu'elle se rehaussa pour l'atteindre, lui-même se pencha pour lui offrir le creux de son tympan, récoltant une déclaration qui eut le don de l'emplir d'une incommensurable satisfaction. En se redressant, lignes de dents dévoilées de joie, il ne souffla mot sur le sujet, et se contenta de lui faire une révérence tant pour la remercier que pour la laisser disposer.
« Bonne nuit Velanna. » Précautionneusement, il glissait vers la plénitude, l'impatience se mêlait au culte qu'il lui consacrerait une fois loin d'elle, et d'ailleurs, elle disparaissait à l'intérieur du logis familial.

Le freux prit une grande inspiration comme pour se rétablir de son émoi, l'oeil et le soupir rêveur, peut-être même souriait-il sottement. Dans tous les cas, il fut interrompu par l'héritier d'Atranta qui avait là l'opportunité de manifester l'étrange iniquité – était-ce le terme adéquat ? - que le prétendant à sa cadette semblait lui inspirer. Etait-ce si surprenant que cela, au final, en considérant qu'il s'intéressait d'insolemment prés à sa petite soeur ? Il se remémorait sans mal ses plus jeunes années et la consternation que provoquaient les galantes oeillades sur Aaliyah, lorsque celle-ci s'était intégrée au Donjon Rouge. Aujourd'hui, évidemment, il n'appartenait qu'à la blonde vénus de s'abandonner aux bras gentilhomme, bien en dépit de son âge. Ses presque quatre décennies constituaient, par ailleurs, un plausible agacement pour Van qui voyait les us et coutumes quelque peu bousculés Peut-être était-ce même de ce genre de préoccupations dont le jeune homme souhaitait l'entretenir, mais là n'était pas son rôle. Quand bien même, après avoir repris sa contenance, son aîné accéda à sa demande. « Assurément messer. » Une paluche au ceinturon, il éleva légèrement la physionomie comme preuve de son attention, et écouta. Si ses premiers propos auraient pu être la source d'une quelconque anxiété, il n'en fut rien, et le commandant patienta jusqu'à la fin de sa réplique pour juger de sa pertinence. Ses intentions ? Il décela un peu trop d'imprécision dans sa question, mais il se doutait que la cible prioritaire n'était autre que ce qui le liait à la nymphe pour laquelle il avait fait le déplacement depuis la Laiterie. Ses projets ne le regardaient cependant en rien, il n'était que le futur possesseur des hoiries familiales et non pas le chef de famille, le remettre à sa place aurait été légitime, mais particulièrement inopportun. Inutile de chercher querelle, même si le Vance n'était pas tout à fait "pour", il ne fallait pas qu'il devienne totalement "contre", un fait qui peinerait indubitablement la principale concernée. « Tout d'abord m'entretenir avec le seigneur votre père, il ne tient qu'à lui de prendre les décision qu'il juge propices, moi-même, je dépends avant tout de sa volonté propre. » Un discours quelque peu biaisé, sûrement, car Cliff avait déjà exprimé son enthousiasme même tacitement pour cette alliance. Mais quoi qu'il puisse en être, le dernier mot reviendrait au pater de la convoitée, un bien-fondé que le chevalier respectait. « Mais votre soeur n'est pas un bijou que je souhaite égoïstement m'approprier, elle est une dame avec un droit d'opinion et je tiens à ce qu'elle en fasse bon usage. Par ailleurs, je vais convier les Vance d'Atranta à se rendre à Empyrée lors de leur prochaine pérégrination pour Port-Réal. » Son invitation tenait plus que jamais, Van pourrait ainsi se douter qu'Alrik y attendrait la réponse définitive de Velanna. Son regard se posa sur celui-ci, et cordial, il formula. « J'espère que vous serez des convives. A présent, si vous voulez bien m'excuser, la patience de lord Cliff n'est pas à mettre à l'épreuve. » Réflexe d'homme de rang, il se tint un instant droit et exécuta une salutation des plus solennelles. A la suite de quoi, il rejoignit son vieil ami pour un important conciliabule.

Si les aurores avaient été dépassées pour ne pas partir trop tôt et précipitamment, le petit matin n'était qu'à peine avancé que l'agitation avait gagné la cour principale. Les engagés à la tenue d'ivoire et d'ébène étaient tous réunis auprès des montures fraîchement scellées et non loin desquelles Leyan se faisait derechef admonester par Sébaste après un énième impair, envers Kiara cette fois-ci. Cette atmosphère qui liquéfiait ser Authaire d'exaspération était néanmoins une preuve que la cohorte s'était bien reposée et était prompte au départ, leur supérieur hiérarchique n'était pas moins serein en ces prémisses de journée. Ce dernier cajolait affectueusement le chanfrein de son étalon à la robe alezane tandis qu'on lui faisait les ultimes ajustements pour le voyage. A la suite de quoi, il revint auprès de la fière famille présente au grand complet jusqu'à être à la hauteur du maître des lieux dont il serra amicalement la main, la seconde posée sur l'épaule de Cliff auquel il fit une ample risette. « Merci pour tout, nous ne méritions pas pareil traitement, ce fut un honneur et un plaisir de séjourner en votre domaine. » Il le pensait tout à fait sincèrement, reçus tels des princes de haute considération, il n'en avait pour autant pas attendu moins de la part de cet homme de valeur qu'il avait connu sur le champ de bataille. Tous deux s'étaient par ailleurs longuement entretenus la veille au soir, outre les voeux maritaux, ils s'étaient plu à évoquer leurs péripéties d'antan, ces fameux méchefs d'Herberouge. Leurs défuntes épouses avaient également été citées dans un pan de conversation plus intime, plus confiant sur le commun épanchement de veufs ayant été confrontés aux mêmes tribulations. Pouvait-on dire qu'ils avaient réappris à se connaître, après tout ce temps où ils n'avaient fait que se croiser de manière clairsemée au sein du bastion royal ? Alrik aimait à le croire s'ils devaient ainsi devenir parents par don de fiançailles. Cependant, il n'en avait pas fallu tant pour que le noble sieur ait ses égards et sa sympathie. « Je me languis déjà de votre visite, j'espère que vous apprécierez ma demeure autant que j'ai apprécié la vôtre. En attendant, prenez soin de vous mon ami. » Naturellement, il avait soumis sa suggestion qui avait été acceptée non sans entrain, au risque que cette période de réflexion accordée à la demoiselle ne soit superficielle, car après tout, les promises avaient rarement leur mot à dire. Il avait pourtant insisté sur le fait de ne pas la brusquer et de la laisser faire entendre sa voix une fois le moment venu.

Ce fut d'ailleurs vers Velanna qu'il se dirigea ensuite, mimique entichée bien que saupoudré de mélancolie d'avoir à la quitter ainsi. Il craignait d'être impuissant face à son désappointement d'un séjour déjà arrivé à son terme, pas même une journée entière, mais ce n'était là que partie remise. Ils avaient eu le loisir de discuter au repas du lever, de faire encore un peu plus connaissance bien qu'entourés par tout le monde. Depuis leur premier tête-à-tête, le dialogue semblait être plus spontané, la gêne s'était graduellement dissipé pour ne plus laisser que la légèreté. Devant elle, devant ses scintillantes prunelles, il la contempla comme le diamant d'unicité qu'elle était, et d'une main, il prit la sienne pour la porter à ses lèvres et y déposer un furtif et bienséant baiser. « Ce fut une indicible délectation que de vous avoir rencontrée, milady. J'aurais aimé pouvoir rester davantage... Ne m'en tenez pas rigueur, je vous en conjure. » De nulle part, sa main vacante sortit une rose parsemée de quelques gouttes de rosée, fraîche et parfumée, il la glissa prudemment entre les phalanges de la dryade non sans rire de ce poncif du romantique. Mais les attentions, même les plus banales, étaient toujours puits de plaisir. Ne pouvant s'attarder plus, le Mallery dans sa belle armure s'éloigna à reculons, caressant suavement la paume de la jouvencelle, avant de rejoindre son destrier sur lequel il grimpa, aussitôt imité par ses homologues qui avaient depuis longtemps deviné la raison de leur "détour" par Atranta. Cependant, il ne put se résigner à la partance au triple galop, comme pour être certain de ne pas céder à la tentation de rester. Il guida son cheval jusqu'aux abords de la jeune femme, majestueux cavalier qui se pencha pour tendre sa main à la belle, cherchant un dernier contact. « Permettez-vous que je vous écrive encore, une fois rentré dans les Terres de la Couronne ? »


Vous allez balayer ma cendre ; L’homme ou l’insecte en renaîtra ! Mon nom brûlant de se répandre, dans le nom commun se perdra. Il fut! Voilà tout ! Bientôt même, l'oubli couvre ce mot suprême, un siècle ou deux l’auront vaincu. Mais vous ne pouvez, ô nature, effacer une créature... Je meurs. Qu’importe... J'ai vécu !


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Velanna Vance
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Message Dim 31 Mar 2013 - 16:17

Velanna se sentit agréablement aérienne lorsqu’elle rejoignit d’un pas léger septa Isabel qui l’attendait quant à elle d’un pied ferme devant les imposants escaliers de marbre menant aux chambres. La délicieuse soirée s’était admirablement déroulée et la jeune femme se sentait plus enthousiaste et palpitante qu’elle ne l’aurait jamais cru. Selon la religieuse il fallait toujours se méfier des élans trop vifs et des cajoleries masculines acquises dès l’aube d’une relation, mais toutes ces vaines considérations étaient bien loin de l’esprit chatoyant et enivré d’une donzelle sous le charme, qui aspirait déjà à une prochaine rencontre et aurait tant voulu prolonger celle-ci, courte mais qui s’était révélé d’une belle intensité et pleine de promesses. Elle voulait et espérait le revoir tantôt, et ce serait cette fois-ci en sa demeure, Empyrée… Nom enchanteur d’un domaine qu’elle aurait tout le loisir d’imaginer durant ce laps de temps, en jours ou en semaines, qui les séparerait. Une perspective qui la laissait songeuse et un rien fébrile, tandis qu’elle louait le respect que lui témoignait le Commandant. Si la décision pouvait au final être prise sans son agrément il n’en demeurait pas moins que son avis comptait pour Alrik – et elle croyait cette attention sincère, n’y voyant pas chez lui un vulgaire effet de manches pour lui jeter de la poudre aux yeux. S’il y avait bien une chose qui transparaissait chez cet homme c’était sa droiture, elle ne le voyait guère prompt à fourvoyer son monde, d’autant plus qu’il pouvait obtenir le pécule – n’était-ce pas ainsi que l’on considérait nombre de filles de famille à la confortable situation ? – sans s’abaisser à ce type de manœuvre avilissante et indigne d’un chevalier. Elle glissa une dernière œillade velouté en sa direction avant de disparaître, le laissant face à son frère et son protecteur, jeune et encore incapable de tarir les élans de fougue qui le rendait ainsi belliqueux.

Van n’avait assurément rien d’un mauvais garçon, le scepticisme frondeur qu’il témoignait envers le Freux n’était que sa façon – encore maladroite – de préserver les siens. C’était le rôle qui lui incombait comme aîné de la fratrie et héritier de la maison. Il avait beau n’avoir à formuler aucun grief spécifique à l’encontre du sieur devant lui, si ce n’était celui de s’intéresser à sa sœur – ce qui restait tout de même une accusation lourde, évidemment ! – il se mettait volontairement dans une position de seigneur à qui on devait présenter patte blanche. Pour lui c’était le Mallery qui avait quelque chose à prouver, et il avait tout intérêt à être convaincant s’il-vous-plaît ! Toutefois en quelques phrases savamment choisies, consciemment ou non, son aîné venait de cordialement le remettre à la place qui était la sienne. Les joues de l’éphèbe s’empourprèrent de honte et d’une sourde contrariété, car il ne trouvait rien à redire ni aux propos ni à l’attitude du Commandant. « Mh… Oui, bien sûr. Bonne soirée messire. » Il n’y avait rien de plus désagréable que de s’écraser, bien qu’il n’avait pas encore l’humilité de s’excuser Van réalisait parfaitement qu’il venait de commettre une faute de bienséance que son père lui pardonnerait difficilement – pour peu qu’il en entende parler. Il n’insista donc pas une seconde de plus, partie remise, et s’effaça au profit de son père qui patientait à l’étage avec une bouteille de vin de Myr du meilleur cru. La discussion et ses débouchés furent parfaitement à la hauteur des attentes de Cliff, et les deux hommes se livrèrent à des familiarités et des confessions que le repas n’avait pas permis. Evocation de souvenirs communs, femmes, situation politique avaient été passées au crible dans une ambiance plus détendue et chaleureuse, moins convenue. Le seigneur de maison avait consenti à attendre avant de rendre les choses officielles, à l’express demande du Freux. Il ne s’était d’abord montré que timidement partisan à l’idée – « Alrik, tu connais le cœur des femmes, à quoi servirait-il d’attendre ? » – mais il avait été astucieusement ‘contraint’ à finalement acquiescer. Il se rendrait à Empyrée avec Velanna, et peut-être d’autres de ses enfants, dès qu’il se rendu possible de les accueillir. « Tu as tes raisons pour faire preuve d’autant d’égards, je m’y plierai. J’imagine que cela fait parti de ton charme… » ainsi avait conclu le lord avec un fin sourire amusé, avant de s’enquérir des dispositions du Trône sur la question des fer-nés.

L’échange avait duré bien des heures, si bien qu’il fut délicat de s’extirper de la couche pour assister aux préparatifs de départ de la cohorte de Dents de Freux. Avec Van à ses côtés, curieusement silencieux, il échangeait quelques mots et badineries avec chacun d’entre eux. Dans les chambres des enfants tous se préparait pour l’au-revoir avec plus ou moins d’efficacité, sous la supervision débordée de septa Isabel qui se débattait avec le diablotin qui n’avait guère envie d’être peigné. « Suffit jeune homme ! Asseyez-vous et restez tranquille, vous ne voulez pas effrayer nos hôtes avec de pareils épis ? Les Freux n’ont que faire de mes épis, ils s’intéressent davantage aux mamelons de Velanna et Kiara. Taisez-vous ! » La plus jeune avait rougi – de gêne ou de plaisir ? Velanna n’aurait su le dire – puis prétexté qu’elle avait à faire, pour s’enfuir dans la cour sans demander son reste. Surement rejoignait-elle Leyan, dont la fraîcheur lui avait beaucoup plu durant le repas, elle avait surpris sa cadette lui jeter de brèves mais nombreuses œillades… Elle acheva de dompter ses longues boucles et réajusta le cache-cœur de sa robe puis, discrètement, elle farfouilla dans un tiroir de sa coiffeuse et dissimula son butin dans le replis de son décolleté. « Qu’est-ce que tu caches Vela’ ? interpella Kerwan, qui avait décidément l’œil partout. Je dispose convenablement mes mamelons. » Le lutin laissa échapper un ricanement, coupé court par le regard noir et plein de sermons de la septa.

Fin prêts ils rejoignirent la cour où les Dents de Freux sellaient déjà leurs montures, sur le départ. Ils se postèrent près de leur père toujours plein de bonhomie, qui tapota l’épaule de son ami et bientôt gendre – même s’il ne fallait pas le dire et patienter… mais c’était tout comme dans l’esprit têtu du Vance – « Un plaisir pour nous, vous êtes les bienvenus ici. Et j’en connais qui piaille d’impatience à l’idée d’apprécier votre demeure. Il lui serra la main avec une large risette. Puissent les Sept veiller sur vous, soyez prudent. » Car de nombreux dangers guettaient pour les hommes d’armes et les fidèles à la Couronne, il n’y avait plus à en douter… Néanmoins toutes ces sombres considérations s’estompèrent pour les deux âmes réunies qui se souriaient avec bien plus de naturel et de plaisir désormais. Elle inclina légèrement la tête au baisemain et plia les genoux pour une délicate révérence, le cœur battant de nouveau à tout rompre et les yeux pétillant. Elle ne fut toutefois pas au bout de ses surprises… Délicate et romantique attention venue de nulle part, elle vint cueillir dans les doigts de l’apollon une belle rose dont les épines avaient été soigneusement rabattues pour lui épargner quelques écorchures. « Je ne peux vous en vouloir, vous êtes venu et vous avez été parfait. J’ai hâte de vous revoir et de découvrir Empyrée… » Elle ramena doucement le présent contre sa poitrine, sentant soudainement sur sa peau ce qu’elle avait caché. Elle n’avait pas oublié, mais elle n’avait pas trouvé moment assez intime… Le petit-déjeuner leur avait laissé le loisir de discuter, mais elle n’avait pas été suffisamment proche… Et maintenant, il s’en allait. Elle expira un soupir fébrile et se résigna à abandonner son projet lorsque, du haut de sa sublime monture, il revint, tout proche… C’était l’occasion. Habilement et furtivement elle récupéra son bien et le cacha au creux de sa paume, qu’elle tendit doucement à Alrik. Ses doigts ne restèrent pas sagement dans sa main mais s’entremêlèrent aux siens suavement, tendrement, tandis qu’elle y déposait son présent… Une chaîne d’argent finement ciselée au pendentif à l’image de sa maison, une haute tour d’ivoire où brillait une lumière faite d’émeraude. « Ecrivez-moi autant que cela vous est possible, j’en serais toujours heureuse… Prenez soin de vous Alrik. » En une douce caresse sa main quitta celle masculine et elle le mira s’éloigner en se mordillant la lèvre d’émotion, la rose lovée contre son cœur.


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Nous sommes notre plus grande surprise [Alrik]

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