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Si haute soit la montagne, on y trouve toujours un sentier.

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Seigneur Suzerain de l'Ouest
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Tybolt Lannister
Seigneur Suzerain de l'Ouest

Général
Gouverneur de l'Ouest et
Bouclier de Port-Lannis

HEAR ME ROAR

♦ Missives : 1880
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♦ Age : 29
♦ Date de Naissance : 04/10/1987
♦ Arrivée à Westeros : 01/10/2012
♦ Célébrité : Bradley James
♦ Copyright : Me
♦ Doublons : Sir Corbac
♦ Age du Personnage : 27 ans
♦ Mariage : ~
♦ Lieu : Castral Roc
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Message Ven 12 Oct 2012 - 17:22


L'homme contrairement à l'animal pense ; mais l'animal n'a pas à penser, il sait.


°•

____Ici s'étendait le royaume des résineux. Les sapins et les épicéas y gouvernaient sans partage, couvrant les pieds de la mère montagne de vert impérial et de vert mélèze. Sous leur protection ne vivaient que peu de gens, cerfs des montagnes en grande majorité et quelques chèvres sauvages. La vie à l'ombre de leurs branches épineuses était paisible, tout du moins quand les géants de fer ne décidaient pas de bafouer leurs frontières pour abattre froidement mâles et femelles, jeunes et anciens, parmi les plus prestigieuses familles de cerfs. A cela, les rois résineux n'avaient jamais rien trouvé à redire, de crainte que les géants de fer ne reportèrent leur haine sur eux. Nul n'ignorait les murmures portées par les vents du sud, ceux qui contaient la chute de royaumes plus petits, ravagés à la racine, taillés, puis emportés par le grand chemin vers le rivage pour y disparaître dans un torrent de flammes. Une triste conclusion que les résineux des montagnes ne souhaitaient pas leur.

____Courant, reniflant, aboyant, ils approchaient.

____Les graminées et le lierre constituaient l'essentiel des repas que les princes des différentes familles de cerfs s'octroyaient à longueur de journée. Il arrivait parfois aux plus chanceux d'entre eux de trouver quelques arbustes dont les délicieux bourgeons venaient gaver leur panse, mais ce n'était jamais que du luxe, même pour des cerfs de haute naissance. Haut de quatre pieds et demi au garrot, long de plus de sept pieds, pour un poids avoisinant les six cent soixante livres, le premier prince de ces bois arborait un pelage épais d'une teinte gris-brun. Ces bois impressionnaient tant par leur épaisseur que leur largesse, et tenaient en respect la totalité des autres mâles du royaume. Si bien que plus personne n'osait lui contester le moindre bout de territoire qu'il s'octroyait pour son propre compte et celui de sa harde d'une trentaine de biches. Noble et fière était son allure, taillés pour la puissance et l'agilité étaient ses muscles, mais rien de tout ça ne constituaient une véritable menace pour les géants de fer qui loin d'être idiots, envoyaient leurs limiers vous encercler en première ligne pour mieux vous atteindre ensuite à l'aide de leurs pointes tranchantes.

____Cavalant, flairant, grognant, ils étaient là.

____Une dizaine au total, sans compter ceux qui ne tarderaient pas à rappliquer. Les limiers des géants de fer imposaient toujours leur surnombre en un cercle bien défini. Ils puaient la hargne et leurs babines ne cessaient de vociférer des grognements voués à l'intimidation. Nul cerf, qu'il fut prince ou sauvage, ne les craignait à proprement parler. Charger tête la première l'une de ces bêtes immondes aurait vite fait de la voir éperonnée par un andouiller. Non, la menace ne subsistait résolument pas en ces viles créatures mais en leurs maîtres, beaucoup plus grands par la hauteur mais aussi par la qualité de leurs armes, toutes plus terribles et redoutées les unes que les autres. Si un seul géant de fer ne suffisait pas, ce sont pas moins d'une dizaine d'entre eux qui apparurent parmi les arbres, leurs chevaux les faisant se dresser en des sommets inatteignables même pour les bois d'un cerf. La rumeur la plus répandue dans le bois contait que le silence s'abattait froidement là où les géants de fer semaient la mort. Tout prince qu'il fut, le cerf ne se berça d'aucune illusion. Il comprit que son heure était venue. Parce qu'il savait que le silence était tombé sur lui, il chargea le cercle pour la seule gloire de son espèce et mourut avec la dignité de son rang non sans emporter l'un des limiers.

____Qu'on se le dise, une mort n'était jamais glorieuse à l'ombre des rois résineux.

~

____« Voilà un cerf dont on se souviendra longtemps à Sarschamp ! N'est-il pas lord Ganael ? Que n'auriez-vous disposé de l'oeil perdu de notre estimée Main que vous n'auriez pas visé plus à côté, se gaussa lord Reynald Reyne, un pied à terre et l'autre posé sur la panse de l'animal embroché d'une lance à hauteur de l'encolure. »

____Des éclats de rires accueillirent la réplique, quand bien même elle ne trouvait grâce aux yeux de lord Ganael Sarschamp dont la lance terminée d'un ruban verdâtre gisait, à vue d'oeil, à quelques trois pieds de sa cible. Monté sur son fidèle destrier brun Antares, apprêté d'une armure rougeoyante, légère, qui se prêtait parfaitement bien à la chasse, Tybolt se laissa aller à un sourire de circonstance, tant la bonne humeur de lord Reyne était contagieuse.

____« Méfiez-vous lord Reynald, vous êtes désormais une cible plus facile à atteindre que ce cerf pour lord Ganael, ajouta Tybolt dont les yeux bleus croisèrent ceux du lord Sarschamp qui, en réponse à son sourire, inclina respectueusement la tête. »

____« Sa Seigneurie dit vrai. Et il ne me faudrait pas plus de deux yeux fermés pour vous toucher lord Reynald, répliqua l'autre avec un sourire que son visage tiré rendait presque narquois. Cette chasse aura au moins le mérite de vous faire faire un peu d'exercice. »

____Heureusement, lord Reynald Reyne n'était pas homme à s'offusquer pour un brin d'ironie, bien au contraire. Le sourire facile, le rire tout autant, il était de ce genre de seigneur qu'on aimait avoir à sa table quand l'occasion le permettait. Trop souvent occupé à Castamere, lord Reyne avait néanmoins répondu à l'invitation de son seigneur suzerain, comme quelques autres à l'occasion de cette chasse exceptionnelle aux pieds des montagnes. L'idée n'était à l'origine pas celle de Tybolt mais de Gerold, son frère et conseiller, qui pour tenter de changer les idées de son suzerain de frère lui avait conseillé de réunir quelques uns de ces bannerets pour deux jours de chasse mémorables à l'orée des montagnes. Si Tybolt avait d'abord rejeté l'idée, car il se savait incapable d'éprouver de l'amusement par les temps sombres qu'il traversait, Gerold avait su mettre en avant un autre intérêt auquel Tybolt avait d'avantage prêté l'oreille. A savoir qu'en mêlant quelques seigneurs du continent, à ceux du littoral ( ou aux représentants qu'ils avaient envoyé en leur nom ) il sensibiliserait les premiers aux besoins pressants des seconds. Réceptif lui aussi aux difficultés de ces derniers, Tybolt avait fini par donner son consentement. Et Gerold de se charger des préparatifs.

____« Votre Seigneurie, lord Kenning et ser Ormond Ouestrelin sont rentrés au campement avec un cerf qui devait peser au bas mot près de six cent livres ! souffla un homme de la maison Broom, tout juste arrivé sur place sur une monture à la robe gris foncé. »

____« Dans ce cas, ne nous attardons pas plus longtemps ici. Rentrons au campement avec notre butin, nous verrons alors qui de lord Reyne ou de lord Kenning l'a emporté sur l'autre aujourd'hui. »

~

____Le campement était installé aux abords de la route de la Rivière. Environ une trentaine de tentes de tailles et de formes variées accueillaient les seigneurs et représentants de l'Ouest qui avaient répondu à l'invitation de leur suzerain, ainsi que leurs gens et toutes les personnes chargées d'assurer la logistique d'un tel regroupement. Aux côtés du lion d'or rugissant sur champ écarlate des Lannister siégeaient le lion rouge, rampant et regardant, à la queue fourchue, armé et lampassé d'or, sur champ d'argent des Reyne, les quatre échappées de soleils contre-chargés sur champ écartelé des Kenning, la bande blanche chargée d'une flèche verte sur champ vert des Sarschamp, les six coquillages blancs sur champ de sable des Ouestrelin, les trois arbalètes noires sur champ d'or bordé de noir des Drox, et enfin l'heaume argenté surmonté d'une branche de genêt sur champ échiqueté de noir et de vert des Broom. Les bannières ondulaient au vent comme autant d'étendards hissés pour la guerre.

____La tente du lord suzerain se démarquait autant par sa grandeur, nul doute subsistait sur le fait qu'elle était la plus spacieuse de toutes celles réunies, que par sa couleur carmin si saisissante qu'elle ne pouvait que harponner le regard. L'intérieur entièrement tapissé se divisait en deux espaces séparées par un voile de velours rouge bismarck. La première accueillait une table capable de réunir une dizaine de personnes si elles se tassaient bien, deux buffets en noyer sur lesquels étaient posés plusieurs pichets de vin et quelques coupes, enfin une autre table, plus petite, avec un siège relativement confortable de part et d'autre. La deuxième était seulement occupée par une couche aussi grande qu'elle se voulait agréable.

____On aida Tybolt à ôter son plastron puis ses jambières qu'on emmena, au même titre que les autres pièces, se faire polir et rigoureusement entretenir. Habillé d'une chemise couleur sang sous un tabard en cuir diapré de reflets or, Tybolt s'approcha du buffet le plus proche de l'entrée et s'y servit une coupe de vin dont il savoura en premier lieu le parfum épicé avant d'en avaler une gorgée au bouquet si subtile qu'il en paressait presque mielleux. Fatigué d'avoir cavalé une bonne partie de la journée, le suzerain de l'Ouest n'en oubliait pour autant la raison de sa présence en ces lieux et les obligations protocolaires qu'il avait envers les seigneurs invités. Aussi demanda-t-il au manteau rouge posté sous le auvent de quérir le seigneur de Kayce, lord Morgan Kenning, dont on racontait qu'il nourrissait quelques plans pour aider les seigneurs du littoral à lutter contre la menace fer-nés. Un plan était un plan. Et aucune autre oreille dans l'Ouest pouvait se targuer d'être plus attentive que celle de lord Tybolt Lannister pour insuffler la vie à un tel dessein.




Dernière édition par Tybolt Lannister le Ven 1 Fév 2013 - 21:11, édité 3 fois
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Morgan Kenning
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Message Sam 20 Oct 2012 - 13:45

Morgan avait été convié dans une missive par son suzerain, lord Tybolt Lannister, à une chasse qui réunirait bon nombre de seigneurs de l'Ouest. Il n'était évidemment pas sans connaître le deuil qui accablait le sire de Castral Roc, et il se doutait que l'évènement aurait, entre autres buts, de le distraire de sa douleur. Le seigneur de Kayce avait bien évidemment envoyé ses condoléances par corbeau à lord Lannister par le biais de mestre Weran, dès qu'il avait appris la triste nouvelle. Cependant, participer à cette chasse serait l'occasion de réitérer ses vœux et d'apporter à son suzerain tout son soutien. Par ailleurs, il y voyait là une excellente occasion de mettre en avant les plans de défense qu'il mettait en place avec la complicité de son voisin et ami, Fedric Prestre.
Ce n'est toutefois pas sans réticences qu'il avait prévenu de sa venue par missive, et ce après avoir largement soupesé la question. En effet, la récente mésaventure de lord Tybolt ne faisait qu'attiser ses craintes d'époux et de père. Sa femme, Alyn, était en effet de plus en plus proche du moment de son accouchement, et même s'il était certain de la laisser entre les meilleures mains possibles, il n'en était pas moins naturellement inquiet. Il craignait que la naissance ne survienne en son absence, et qu'il ne soit pas là au cas où quelque chose se passerait mal. Toutefois, il pouvait difficilement décliner l'invitation, sans compter qu'elle présentait des avantages diplomatiques indéniables. Et son père, lord Logan, lui avait bien fait comprendre dans son éducation qu'il fallait avant tout veiller à l'intérêt de son fief lorsqu'on était lord.

Ce fut donc l'esprit quelque peu préoccupé qu'il quitta Kayce pour se rendre au lieu de la chasse, accompagné d'une trentaine de ses hommes et de son frère Keylan. Il laissait derrière lui son fief entre les mains de sa mère, de sa sœur et de son épouse. Cette dernière était étroitement surveillée par mestre Weran, qui avait promis à son seigneur qu'il ferait tout ce qui était en son pouvoir pour qu'il n'arrive rien à sa dame. Son fils quant à lui, du haut de ses deux ans, avait tenu à l'accompagner, et il avait un peu eu de mal à accepter un refus. Cependant, quand son père lui avait expliqué qu'il lui laissait la garde de Kayce, le visage du petit Eoin s'était éclairé, et ce fut donc de bonne humeur qu'il accueillit son départ.
Ces pensées restèrent présentes dans l'esprit de Morgan tandis qu'il chevauchait sur la route, son frère à sa droite, et son fidèle chien-loup sur sa gauche. Aussi silencieux que de coutume, Grim suivait sans peine l'allure des chevaux de son trot régulier et infatigable hérité de sa parenté lupine.


***

Morgan rentrait au campement dans une relative bonne humeur. Il se sentait fatigué par la longue traque et la chasse qui s'en était suivie, mais c'était le genre de fatigue bonne pour le corps et l'esprit, après un effort bénéfique. Il bavardait volontiers avec ser Ormond Ouestrelin qui l'avait accompagné, tandis que ses hommes qui avaient participé à la chasse ramenaient quelques pas derrière eux la dépouille d'un cerf absolument splendide. La bête pesait au moins six cent livres de muscle, et ses andouillers longs et meurtriers étaient vraiment redoutables. Du sang plein la gueule et le poitrail, Grim trottinait près de la monture de son maître. C'était à lui que l'on devait la réussite de la chasse. Le chien-loup avait en effet débusqué le cervidé avec son silence habituel, ce qui leur avait permis de prendre leur proie par surprise. Il n'avait pas hésité à sauter à la gorge du cerf, pourtant bien plus grand que lui et particulièrement puissant, tandis que les hommes le perçaient de leurs lances. Il n'avait lâché qu'une fois sa proie à terre après qu'elle aie rendu son dernier souffle, ayant tenu bon en dépit des coups qui lui avaient été infligés. Il boitait donc légèrement, et le seigneur de Kayce se fit une promesse de le faire examiner par le maître piqueux de lord Tybolt lorsqu'il serait de retour au camp.

Leur arrivée fut naturellement remarquée, en raison de la magnifique bête qu'ils ramenaient. Un attroupement se forma bien vite tandis qu'on allait étendre la dépouille du cerf sur une longue table où il serait dépecé un peu plus tard. Les hommes mirent pied à terre pour confier leurs montures à des palefreniers qui les soigneraient. Morgan flatta l'encolure de son palefrois, un bel étalon gris pommelé. L'animal lui donna un petit coup de naseaux affectueux contre le torse, quémandant d'autres caresses qu'il obtint avant qu'on l'emmène pour prendre soin de lui.


« Lord Tybolt est-il déjà revenu de sa chasse ?

- Non messire, vous êtes le premier revenu. Et quelle bête que vous rapportez !

Morgan répondit en riant par une plaisanterie.

- Nous verrons sous peu si le soleil s'est montré plus aveuglant que les crocs du lion n'ont été mortels, aujourd'hui.

Il vit un homme de la maison Broom s'enfoncer à cheval dans les bois, peut-être pour aller prévenir son suzerain. Le seigneur de Kayce ne cherchait nullement à être en compétition avec ce dernier, et il avait hâte de pouvoir s'entretenir avec lui. Attirant son frère près de lui par le bras, il l'emmena avec lui sous sa tente, au dessus de laquelle battait au vent la bannière des Kenning. Là, il entreprit de se dévêtir de sa tenue pour faire un brin de toilette et enfiler des vêtements où il serait plus à l'aise. Keylan l'aida à se défaire de sa maille et de son cuir bouilli, plus léger, confortable et adapté à la chasse, avant de confier le tout à un écuyer qui se chargerait de son entretien.

- C'était une belle chasse aujourd'hui. Rien qu'à le voir, je suis sûr que ce cerf sera délectable.

- C'est un noble animal, il a défendu chèrement sa vie, approuva Morgan.

Après s'être débarbouillé et changé, il fit asseoir Grim devant lui, et prit une bassine d'eau claire ainsi qu'un linge et une éponge. Il entreprit de laver lui-même le pelage de son compagnon aux endroits tachés par le sang du cerf, et de vérifier qu'il n'aie pas de blessures. Seule sa patte arrière droite portait une blessure ouverte laissée par un andouiller du cervidé, et il fallait nettoyer la plaie pour éviter une infection. Il se chargea donc de la laver pour en ôter la saleté, attendant le retour du maître piqueux de Castral Roc pour soigner le chien-loup plus avant.

***

Il venait de rentrer à sa tente en compagnie de Grim quand un garde Lannister vint lui annoncer que lord Tybolt demandait sa présence. Le suzerain de l'Ouest était rentré un peu plus tôt avec les seigneurs qui l'avaient accompagné, ramenant avec lui un imposant cerf. Le débat avait été de trouver laquelle des deux bêtes était la plus belle et la plus impressionnante, et à qui décerner les lauriers de cette chasse. Le seigneur de Kayce ne s'était pas grandement intéressé à la question, préférant aller faire soigner son chien-loup. Fort heureusement, la plaie étant propre, il fut facile de procéder aux soins. L'animal arborait à présent un bandage pour l'empêcher de lécher la pâte que le maître piqueux avait appliqué sur la plaie pour empêcher l'infection et hâter la cicatrisation. Il boitait toujours, mais cela avait l'air de moins le faire souffrir.
Ce fut donc en compagnie de Grim que Morgan se rendit à la tente de son suzerain. Lorsqu'il fut introduit en sa présence, il s'inclina respectueusement.


- Monseigneur, vous m'avez fait mander ? »

Il était difficile pour lui de ne pas voir les marques laissées par la tristesse et le deuil sur le visage de lord Tybolt. Il avait suffisamment côtoyé Fedric après les évènements tragiques survenus dans sa famille pour ne pas en reconnaître les signes, même chez quelqu'un qui savait bien les cacher. C'était donc par pudeur qu'il s'était refusé de mentionner au seigneur de l'Ouest son inquiétude concernant son épouse restée à Kayce. Il craignait que cela ne remue de sombres souvenirs que cette chasse s'était donné pour objectif de chasser, au moins provisoirement.



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Message Lun 22 Oct 2012 - 14:47

Le ciel possédait des tons emprunt de mélancolie. Les nuages tourbillonnaient en douceur formant des chevaliers, puis des enfants, ou encore des dragons. Ma route était si longue que j'avais eu tout le temps de voir cette évolution lente et vertigineuse à la fois. Par moment, Onyx apparaissait, ses ailes grandes ouvertes, son regard perçant voyant au delà des roches qui m'apparaissaient toujours un peu plus dures au fur et à mesure de ma route. L'ouest a cette particularité de mêler des paysages rappelant la rêverie, celle d'un désert de pierre, ainsi que la force des hommes de ces contrées, à l'image des rocs qui parsèment ma route. A chaque fois, je trouve cela difficile d'entrer dans cette terre, simplement car l'atmosphère, le gibier, change petit à petit sans que vous n'y puissez rien. Je ne peux alors que me souvenir du temps où je me trouvais avec Nasler. Nos peaux basanés n'avaient rien à faire dans un tel décors, et pourtant il s'adaptait, se liait avec les gens du coins sans aucune difficulté, ce qui en devenait troublant. Quelque chose en moi appréciait ce qui se dégageait des lieux et c'est avec une légère appréhension que je revenais en ces lieux pour le bien de Lord Redwyne. Mes oreilles étaient les siennes, et c'était peu cher payé pour avoir ma liberté.

J'avais croisé des hommes d'armes dont les regards m'avaient glacés jusqu'au sang. Heureusement, ils n'avaient pas perçu que j'étais une femme. Je portais une capuche noir, ne laissant voir que mes lèvres tandis que mon regard scrutait à travers l'obscurité. Pour le reste, mes pantalons et ma chemise avec ma veste trop ample cachaient mes formes. Toutefois, j'avais eu peur qu'ils ne se mettent à me parler, qu'ils jouent aux brigands, alors même qu'il était évident que je n'avais pas beaucoup d'or sur moi. A dire vrai, j'avais assez de monnaie pour passer quelques nuits dans une ville, mais la majorité du temps je dormais à la belle étoile, préférant dormir d'un oeil afin d'être toujours vigilante. Avec mon oncle, cette vie de voyageur était plus confortable. Nous nous relayons à tour de rôle, ainsi l'autre pouvait passer plusieurs heures de sommeil profondes. Je laissais souvent Onyx libre de ses mouvements, ne voulant pas qu'il se fasse attraper sans pouvoir se défendre. Je sentais l'avidité des hommes que je croisais quand ils le voyaient à mon épaule. Certains animaux font naitre la jalousir, et le faucon en fait partie.

Je me souviens encore de la nuit dernière où nous avions eu à faire à un loup qui aurait aimé me manger pour son repas. Fort heureusement, j'avais fais un feu et j'avais pu m'en servir pour le tenir à distance, tandis que de l'autre main j'avais une de mes dagues prêtes à frapper. Je savais que ces contrées ne possédaient pas beaucoup de proie, à part les cerfs qui semblaient apprécier ces forêts faites de sapins et d'épicea, qui vous donnait l'impression d'être en pleine montagne et vous soufflait comme l'hiver devait être rude. Habituellement avec mon oncle, nous avions pris l'habitude des oiseaux migrateurs, préférant l'hiver à Dorne et l'été dans le Bief, ou encore à Port Lannis, ou encore Hautjardin. Cette dernière ville m'avait surprise par sa beauté, par ses fleurs aux odeurs entêtantes...mais le gibier était bien trop facile à attraper, donc l'ennui m'avait vite attrapé.

Passer autant de temps seule sur la route vous rendait nostalgique. J'appréciai la solitude, mais quand je rencontrais un groupe d'artisans, j'aimais à discuter avec eux même si dans un premier temps ils se montraient méfiants à mon égard. Comme pour ce vieux Edgard, tisseur de son état. Il avait choisi d'être itinérant depuis que sa femme était morte en couche. Rester dans la ville où il avait tellement été heureux grâce à elle lui avait été insupportable. Je ne connaissais rien aux joies de l'amour, même si mon coeur avait déjà battu pour quelqu'un, ma vie était sur les routes, et il y avait certaines différences qui ne pourraient jamais s'effacer. Ainsi Edgar apprécia ma compagnie autant que j'appréciai la sienne. Il ne fit aucune remarque sur ma façon de m'habiller, alors même que les femmes qu'il croisait, à la vue de la beauté de ses tissus, devaient toujours être parfaitement apprêtées.

C'est de lui que j'appris que le lord Lannister avait perdu, tout comme lui, son épouse, enceinte. Il savait exactement ce que cet homme devait ressentir en lui qu'il me racontait, à l'exception qu'il était un Lannister. Je l'interrogeai alors plus avant. Après tout, les Lannister étaient comme des légendes pour les gens du sud. Il m'expliqua alors qu'il était à l'image de ces rochers, dur à l'extérieur afin que la tempête passe sur lui malgré son acharnement. Je trouvais l'image belle, mais la peine que cachait le roc ne pouvait rester ainsi contenue. Mon oncle m'avait toujours appris qu'il fallait laisser aller ses larmes auprès d'un ami ou de quiconque vous encourageait à le faire. Il fallait se libérer, devenir plus léger pour continuer à vivre sans un poids qui vous crève le coeur. A voir Edgar, il semblait s'être remis, même si une part de lui fuyait cet ancien bonheur. Ne devrait-il pas plutôt l'accepter, le garder en lui et s'en servir dans les pires moments? Je n'avais pas de conseils à donner, je n'étais qu'une jeune femme sans attaches, qui travaillait à travers les routes pour un lord. Qui recevrait des leçons de vie d'une telle personne?

Finalement, nos routes se séparèrent. Je continuai sur la route de la rivière tandis qu'il bifurquait plus à l'est. En souvenir, il m'offrit une tunique de soie, avec une jupe assortie. Je l'avais remercié, même si je ne savais que faire d'une telle tenue. M'habiller en femme n'était pas ce qui me mettait le plus à mon aise, et encore aurait-il fallu y avoir une occasion. J'avais tellement été surprise de ce présent, que je n'avais pas pensé à lui demander de l'eau pour remplir ma gourde. C'est ainsi qu'après une bonne heure à parcourir seule les roches, je sentis la soif me chatouiller toujours davantage la gorge. C'est donc naturellement, même si cela déviait de mes habitudes, que je descendis de cheval et me dirigeai vers une ribambelle de tentes rouges, arborant le fier lion lannister. Je ne me sentais pas à mon aise à ainsi venir parmi tant d'homme, et surtout d'un autre statut que le mien. J'avais appris que les petites gens étaient davantage ma famille que ces hommes prétentieux d'avoir eu un nom à la naissance.

C'est toutefois sans apriori que j'entrai parmi ce campement. Comme je m'y attendais, un garde rouge vint rapidement à ma rencontre, une main posée sur son épée, prêt à se battre si nécessaire.

- Qui va la?
- Une simple voyageuse à la recherche d'un peu d'eau. Pensez-vous pouvoir m'aider?


Cette habitude de répondre de la même façon qu'on m'adressait la parole était une chose que me reprochait mon oncle bien souvent. J'en perdrai ma tête qu'il me disait. Pour moi, je n'avais pas de tête, donc rien à perdre.

- Suis moi.

Après tout, je n'étais pas une lady, les formes n'étaient pas de mise, même si de mon point de vue je préférai être prudente. Je le suivais, mon cheval tenue par la bride. Je consentis à le laisser à un écuyer qui arriva après qu'on l'eu appelé. Il me rassura en me disant qu'il allait lui donner à boire à lui aussi. J'en fus surprise, mais mes traits ne laissaient rien paraître.

C'est ainsi que je débarquai dans une tente spacieuse où se trouvait un certain nombre de mets qui sentaient bons. Sans doute était-ce là qu'ils se nourrissaient. Mon regard ne fut pourtant pas insistant sur la nourritur et j'acceptai le verre d'eau qu'on me tendait, tandis que le garde, bien prévenant, remplissait ma gourde que je tenais en main depuis le début.

Son regard se fit insistant quand il me rendit la gourde et moi le verre vide. Je le remerciai, et m'apprêtais déjà à me retirer.
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Message Mar 23 Oct 2012 - 23:26

____Le campement apparaissait comme une véritable fourmilière depuis l’auvent du pavillon Lannister ; de-ci, allaient les manteaux rouges au service des Lannister, de-là d’autres manteaux, d’argent, de vert, de noir, d’abricot, au service d’autres seigneurs ; y grouillaient les éclats tantôt animés tantôt désintéressés de conversations de grande et petite importance. Par instant, un vent de quart nord-est rapportait l'écho d'un marteau heurtant une enclume, d'une lame frappant un bouclier, de rires gras, en même temps qu'il transportait une odeur d'humus, de pluie, et les relent d'un bouillon épicé qu'on devinait concocté à partir de volailles. Tout cela, Tybolt Lannister le vivait intensément, sa coupe de vin à la main, son regard perçant l'horizon avec un détachement certain. Des têtes opinaient régulièrement dans sa direction pour le saluer, d'autres étaient bien trop occupées à dodeliner pour ne serait-ce que remarquer sa présence.

____Une lueur traversa subrepticement le visage du suzerain de l'Ouest quand il hocha la tête pour saluer tous ces braves. Non content de servir leur seigneur respectif, tous ces hommes lui devaient serment d'allégeance aussi certainement que le jour succédait à la nuit. Tous contribuaient directement ou indirectement, consciemment ou inconsciemment, aux intérêts de la maison Lannister. En cela, Tybolt ressentait comme un soupçon de fierté zesté d'une pincée de reconnaissance à les voir réunis ici-même. La fierté de posséder une si grande force d'action et la reconnaissance de la savoir si proche de lui.

____Une autre gorgée du délicieux vin dornien flatta son gosier, avant que ne tournent ses talons et que ne disparaisse à nouveau sa silhouette à l'intérieur de la tente. Une poignée de secondes jetée au vent, une autre coupe gorgée de vin, et voilà que le manteau rouge envoyé en messager ouvrait maintenant le chemin au seigneur de Kayce, accompagné en cela d'un chien-loup des plus impressionnants. Tybolt attarda un instant son regard sur la blessure du cerbère puis tendit instinctivement la coupe pleine à son invité.

____« Lord Morgan, salua-t-il avec un demi-sourire plus forcé qu'il n'était naturel. Le temps me semble s'être bien allongé depuis notre dernière rencontre. Venez, asseyons-nous un moment. Tout le monde n'a pas le talent d'éperonner un aussi beau cerf que celui que vous avez ramené, la fatigue n'en est pas moins la même pour tous ceux qui s'y essayent. »

____Joignant la parole aux actes, Tybolt passa derrière la petite table sur laquelle étaient immortalisés des reliefs, des vallées, des rivières, et des flots déchaînés, le tout sculpté avec une infinie délicatesse à même le bois de frêne. Tout l'Ouest y était représenté dans ses moindres détails. Les montagnes ressemblaient par ailleurs à des crocs ; eu égard au chien-loup de lord Morgan, ces crocs là étaient probablement un poil plus gros que les siens mais cela va sans dire, bien moins affûtés. Tybolt s'assit et posa sa coupe au bord de la table, la seule partie dénuée de reliefs car occupée par une bande polie de huit pouces. Son regard roula sur la table, se fixa un instant sur Belle Île, solitaire au milieu des vagues figées, lorgna la côte de Kayce à Fléaufort, avant de se planter dans celui de son invité.

____La guerre contre les fer-nés avait précipité le littoral dans une inquiétude perpétuelle, que même la création de la Flotte du Lion n'avait pas réussi à soulager entièrement. Le seigneur de Kayce était bien placé pour le savoir même si ses terres n'avaient, par bonheur, pas eu à subire le dixième de ce que Belcastel ou même Port-Lannis avaient essuyé depuis le début des hostilités. L'homme restait non moins soucieux du devenir de la côte, et pour cette raison Tybolt appréciait son dévouement et sa ténacité, car quel homme pouvait se prétendre de l'Ouest et ne pas désirer paix et tranquillité pour ses gens ? L'heure était donc venue d'aborder l'essentiel des dernières nouvelles et ce projet auquel lord Morgan tenait tant d'après la rumeur.

____« Dagon Greyjoy a, semble-t-il, trouvé une proie beaucoup plus juteuse en jetant son dévolu sur le Nord. La déroute de Port-Lannis lui aura au moins fait comprendre que la Flotte du Lion lui poserait bientôt un problème de taille s'il continuait à attaquer impunément nos côtes. Même si d'autres attaques ne sont pas à exclure, il sait désormais que, contrairement à d'autres, les Lannister ne sont pas restés les bras croisés. Le Nord ne dispose pas d'une flotte viable pour repousser ses forces, ce qui nous laisse une marge pour réorganiser notre dispositif, voir de songer à les prendre à leur propre jeu. »

____Le pied de la coupe coincée entre le majeur et l'annulaire de sa main droite, le suzerain de l'Ouest en amena le contenu parfumé à l'orée de ses lèvres pour se rafraîchir. Il n'en laissait que plus de temps au seigneur de Kayce pour analyser la situation telle qu'il la lui livrait.

____« La rumeur m'est parvenue que vous aviez quelque chose à me soumettre en ce sens, poursuivit-il, en gardant la coupe en main, le bras mollement posé sur l'accoudoir. Parlez librement, n'omettez aucun détail, car mon attention vous est toute acquise en cet instant. Or, je doute que le cours des évènements nous octroie une telle occasion dans les mois à venir. »

~
____L'honneur de porter le manteau rouge de la garde personnelle des Lannister ne pouvait être plus grand que celui consentit par Kenneth Hill, que les autres manteaux de la garde appelaient Guêpe. Bâtard d'un seigneur de l'Ouest, il ne devait l'honneur d'appartenir à cet ordre qu'au coup d’œil aiguisé de son suzerain alors qu'il l'avait surpris au cours d'une passe d'armes clandestine avec le maître d'armes du Roc. Habile à l'épée, vif comme l'éclair, Kenneth avait, par sa seule technique, réussi à captiver l'intérêt de Tybolt Lannister alors que celui-ci n'était encore que l'héritier du Roc. A la mort du Lion Gris, le nouveau suzerain de l'Ouest lui avait personnellement remis le manteau rouge et la broche dorée aux traits léonins entre les mains. Lui mieux que quiconque était conscient de sa chance. La tête fermement encrée sur ses épaules, Kenneth était un homme rigoureux, un brin renfermé, mais bon envers les autres, un homme honnête qui n'avait jamais joué de son statut pour s'accorder quoi que ce soit.

____Du haut de ses cinq pieds et demi, Kenneth affichait une silhouette plutôt avenante, longiligne, une musculature très peu développée, et de grands yeux, toujours alerte, d'un vert captivant. Les traits de son visage étaient durs, stoïques jugeaient même certains. Aussi, donnait-il cette impression d'être à la fois ici et ailleurs, tantôt intéressé tantôt tout l'inverse.

____Étant homme à connaître toute la dimension du mot « besoin » par la seule force de son vécu, il consentit à aider la femme qui se présenta à lui comme une voyageuse en mal d'eau. La peau basanée de l'opportune avait tout de suite mis la puce à l'oreille de Kenneth qui disposait tout de même de quelques connaissances sur les Sept Couronnes pour associer cette particularité aux origines dorniennes. Que faisait une dornienne sur la Route de la Rivière ? C'était là une autre histoire que ses connaissances limitées ne pouvaient prétendre percer à jour.

____Sous la vaste tente réservée à son ordre, il lui servit de quoi se désaltérer et plus encore. Au Roc, une telle chose aurait été impensable mais ici, dans ce campement, la légèreté ambiante permettait ce genre d'écart. Et puis, Kenneth devait bien le reconnaître, le regard de la mystérieuse lui avait tout de suite fait quelque chose. A son contact, il s'était sentit épié, vulnérable, habité par l'impression qu'elle était capable de suivre le fil de ses pensées. Curieux, mais pas assez pour se défaire du tranchant de ses répliques, il tenta une approche classique ; si classique pouvait coller au discours d'un homme qui vous apparaissait trop renfermé.

____« Je m'appelle Kenneth, risqua-t-il, hésitant, un pli contrarié subtilement dessiné au beau milieu de son front. Mais les gars m'appellent Guêpe. Tu es dornienne pas vrai ? Quoi que ça serait bien la première fois que j'en croise une... Il détourna brièvement les yeux. On en voit pratiquement jamais par ici. Qu'est-ce qui t'amène si loin de chez toi ? »

____A l'instant, un homme faisait irruption dans la tente, lui aussi drapé d'un manteau rouge retenue à l'épaule par une broche en or. Ses traits sévères se figèrent en même temps que ses pas quand ses yeux se posèrent sur le duo. Une étincelle illumina le regard de Kenneth qui inclina aussitôt la tête. L'homme y répondit d'un mouvement bien moins appuyé, fila vers le buffet pour s'y servir une assiette de lard, accompagné de quelques tranches de pains, et d'un peu de pâté en croûte.

____« Jolie prise la Guêpe, déclara-t-il en lui offrant son dos. Amuse-toi autant que tu veux avec elle mais ne coupe pas à ton service ou tu auras à faire à moi. »

____Sans un regard, il quitta la tente, laissant Kenneth gérer seul l'inconfort de la situation dans laquelle il venait de le placer. Kenneth sera les dents en fixant l'entrée de la tente, comme s'il espérait voir son supérieur y réapparaître d'une seconde à l'autre pour lui assurer qu'il plaisantait. Mais il savait pertinemment que ce n'était pas dans la nature de son supérieur de plaisanter.

____« Excuse-le, il manque d'humour, finit-il par dire pour tuer le silence pesant qui s'était installé à l'intérieur de la tente. »

____Mais pouvait-on seulement appeler humour le fait de prendre pour catin une femme qui n'en était pas une ? A l'évidence, la question ne se posait pas. La réelle question qui se posait dans une telle situation c'était quel sentiment traversait l'esprit de la personne désignée.



Dernière édition par Tybolt Lannister le Dim 28 Oct 2012 - 22:34, édité 1 fois
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Morgan Kenning
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Message Ven 26 Oct 2012 - 13:31

A son arrivée dans la tente, lord Tybolt tendit une coupe vide à son invité. Morgan s'en saisit et suivit son suzerain jusqu'à une table aux reliefs très réalistes, représentant les Terres de l'Ouest. Le seigneur de Castral Roc profita de l'occasion pour le complimenter sur sa prise de l'après-midi, et le jeune homme ne put s'empêcher de sourire. Son chien-loup le suivait comme son ombre, comme de coutume, et il se tourna vers lui en prenant place sur une chaise.

« Grim, assis.

L'animal obéit, posant son postérieur sur le sol non sans difficultés en raison de la plaie à sa patte qui le tiraillait en causant une douleur certaine, en dépit des onguents réparateurs. Son maître lui passa délicatement une main sur le crâne pour le caresser, jouant des doigts avec une de ses oreilles sans que cela semble le déranger le moins du monde. Puis, le seigneur de Kayce tourna toute son attention vers lord Lannister.

- Je vous remercie encore de m'avoir invité à cette chasse, ainsi que pour ces compliments, mais je crois que celui qui est le plus à louer dans tout cela est mon fidèle compagnon. C'est lui qui a trouvé la piste du cerf et qui l'a attaqué sans relâche pour que nous puissions le mettre à terre, en dépit des blessures qu'il a pu recevoir. Les chiens-loups sont des animaux complexes à dresser, très sensibles en même temps, et dévoués à un seul maître, mais ils sont silencieux, efficaces, fidèles et sans peur. Je crois que c'est beaucoup plus efficace à la chasse que des limiers qui passent leur temps à clabauder durant toute la poursuite, pour alerter toute la forêt.

Il se tut, pour laisser au seigneur suzerain de l'Ouest tout le temps pour approfondir ce qu'il désirait lui dire, car il ne l'avait très certainement pas fait venir sous sa tente pour discuter de sa prise lors de la chasse. Son instinct lui disait qu'il allait sans doute s'agir de son plan commun avec le Bœuf Ecarlate pour faire face aux Fer-nés, mais il aurait volontiers abordé un sujet plus... privé. Fedric lui était cher, et il en allait de même pour lord Tybolt. Il espérait donc qu'il appuie son projet de le remarier avec sa sœur, Ann. Aucun d'eux n'ignorait les réticences du concerné quant à l'idée du remariage... ni à quel point cette question était vitale, la survie de la maison Prestre étant en jeu. Mais ce fut toutefois le sujet auquel il s'attendait qui fut abordé, à savoir les récents raids de Dagon Greyjoy vers le Nord.

- Je ne suis pas certain que le Nord soit une proie plus juteuse que l'Ouest... C'est une terre plus rude et pauvre que le sont nos contrées ou encore le Bief. Cependant, je crois que la Seiche a compris que le principal point faible des Nordiens est l'étendue de leur territoire. Le temps que lord Stark monte une armée pour le repousser, ses boutres auront déjà pris le large avec tout le butin qu'ils auront pu amasser... Blancport serait un fruit juteux et sucré pour les Fer-nés, mais pour l'atteindre ils devraient soit se risquer à terre en accostant près de Moat Cailin, ce qui serait suicidaire et absolument pas dans ses habitudes, afin de rejoindre la Blanchedague, le tout sans l'appui de ses navires... ou alors il lui faudrait contourner les terres par le Sud, ce qui lui prendrait un temps fou. Pour l'heure, les Nordiens peuvent s'estimer heureux.

Son regard se porta tout naturellement sur les reliefs de l'Ouest représentés sur la table, et son expression devint sérieuse, tandis qu'il faisait machinalement tourner dans sa coupe le liquide pourpre qui l'emplissait, à gestes lents du poignet. Il guigna tout naturellement les côtes, profitant du fait d'avoir sous les yeux une représentation plus fidèle du terrain qu'une simple carte. Il repéra sans mal son fief de Kayce, et celui voisin de Feux-de-Joie. L'espace d'un instant, ses pensées se portèrent vers sa femme, et il pria silencieusement les Sept pour qu'ils la gardent et qu'ils acceptent de retarder l'accouchement jusqu'à son retour. Puis, il en revint à la réalité lorsque la voix de lord Tybolt le tira de ses inquiétudes en lui posant une question, lui demandant sans détour de lui exposer le plan qu'il avait envisagé avec Fedric. Le Soleil Noir ignorait si son suzerain avait remarqué son trouble, mais il se ressaisit et s'éclaircit la gorge en toussotant.

- Lord Fedric et moi-même avons décidé de mettre en place un système de défense de nos côtes, à commencer par nos propres fiefs. En effet, si nous sommes bons amis et très proches pour marcher dans un plan commun, le faire appliquer à tous les seigneurs côtiers de l'Ouest sera une autre affaire, qui n'est pas de notre ressort...

Il laissa sa phrase en suspens, signifiant clairement qu'il avait besoin de l'aide du seigneur du Roc pour qu'une telle chose puisse se faire. Si son attention lui était acquise, comme il venait de le lui dire, en serait-il de même pour son soutien ? Il but une gorgée de vin, avant de se redresser sur son siège pour pointer du doigt les côtes de son fief et de celui de son ami d'enfance.

- Nous avons constaté, à force de subir des raids, que les Fer-nés ne restent à terre que le strict nécessaire pour piller, brûler, violer, enlever, et puis rebrousser chemin avant même que nos forces armées aient pu intervenir. Leur force réside dans la rapidité et l'imprévisibilité des attaques... ainsi que dans leur force sur mer. Malgré la puissance de la Flotte du Lion, ils sont beaucoup plus à l'aise que nous sur les flots, et vos navires ne peuvent se trouver tout le long du littoral à la fois... Mais si l'on traîne la Seiche à terre, eh bien...

Morgan se tut, en lançant un regard éloquent à lord Tybolt. Il but à nouveau quelques gorgées de vin, en tâchant de faire abstraction des bonnes odeurs de viande grillée qu'un courant d'air lui apportait du dehors. Les grands festoieraient de venaison ce soir-là ! Un rapide coup d'oeil à côté de lui lui permit de voir que Grim, lui aussi, avait tendu le museau en humant l'air. Il veillerait à ce qu'il aie une généreuse part de la bête qu'il avait largement contribué à abattre. Conscient d'avoir piqué l'intérêt du seigneur du Roc, il poursuivit.

- Pour clouer les Fer-nés à terre, il faut s'en prendre à leurs boutres. C'est toutefois pratiquement impossible que d'envoyer des hommes les incendier. En revanche, nous pouvons les empêcher d'accoster... comme ils le veulent. L'idée de couler les navires à l'aide de catapultes a été avancée par lord Fedric, mais c'est pratiquement impossible en raison de la mobilité des bateaux et de l'absence de troupes sur place avant même qu'ils n'accostent. Nous avons donc décidé de mettre en place tout le long de nos côtes d'épais pieux de bois cerclés de fer, qui seront dissimulés par la marée, et qui empêcheront les Fer-nés de repartir avec leurs navires une fois qu'ils les auront échoués sur la plage et éventrés dessus. Nous en laisserons évidemment les ports dépourvus, car il ne faudrait pas que cela se retourne contre nos propres navires. J'appelle affectueusement ce dispositif « la mâchoire du lion », ce que je trouve très à propos. Les travaux ont déjà commencé dans nos fiefs, en mettant nos gens à contribution, y compris le peuple. Les habitants ont assez souffert des raids pour ne pas rechigner à mettre leur main à la pâte. Le tout se fait sous la supervision d'ingénieurs, de charpentiers et de menuisiers, sous la protection de soldats au cas où une attaque se produirait. Le travail est considérable, mais les résultats probants, pour les essais que nous avons pu faire. Mais ce n'est pas tout.

Il déposa sa coupe sur le rebord de la table pour se lever, et poser ses deux mains à plat sur la surface ouvragée. De son index tendu, il pointa son fief, puis il lui fit suivre un trajet jusqu'à Feux-de-Joie et jusque dans les terres, tout en livrant des explications à son suzerain.

- Nous avons aussi pu remarquer qu'un autre problème était la lenteur d'intervention des troupes. Nous avons bien pensé à laisser des hommes sur place pour protéger la population, mais c'est clairement infaisable. Et le temps qu'un messager donne l'alerte, que les troupes soient mobilisées et envoyées, il est déjà trop tard. Là, nous disposerons d'un laps de temps plus important s'ils ne peuvent remonter sur leurs navires, mais cela m'étonnerait qu'ils restent sagement à attendre. Nous avons donc imaginé une solution qui permettrait d'envoyer rapidement des troupes sur place. Le son de la cloche d'un beffroi ne porte pas bien loin, et cela tombe bien souvent dans le vent. En revanche, construire des tours sur lesquelles se trouverait un bûcher, où des sentinelles se trouveraient en permanence, de jour comme de nuit, serait un excellent système d'alarme. En cas d'attaque, le feu serait allumé, aperçu par la tour suivante qui allumerait à son tour son alarme, et ainsi de suite... La nuit, ce serait particulièrement voyant, et le jour il y aurait en plus la fumée qui se verrait de loin. De la sorte, on ne mettrait guère de temps à envoyer des soldats sur place pour contrer les pillards. Et le système serait d'autant plus efficaces si les seigneurs des côtes disposaient de l'appui de ceux des terres, qui leur enverraient des hommes en renfort dans l'intérêt commun de l'Ouest. C'est pour cela que nous aimerions voir ces tours construites sur tous les fiefs de seigneurs, à des distances égales pour que le signal passe de façon rapide et efficace. Dans ces conditions, la moindre attaque de Fer-nés sur les côtes de l'Ouest verrait non seulement les forces du fief attaqué, mais aussi celles de ses voisins se soulever d'un même mouvement pour les engloutir... Si tout fonctionne convenablement, cela rendrait un second Port-Lannis totalement impossible. »

Il se tut et se rassit, saisissant à nouveau sa coupe. Il avait dit ce qu'il avait à dire à ce propos, et à présent il désirait voir ce que lord Tybolt en penserait. C'était lui qui aurait tout pouvoir pour ordonner à ses vassaux de construire ces tours de guet et pour envoyer des troupes en renfort aux seigneurs côtiers en cas d'attaque... Pour que le plan fonctionne non plus simplement à échelle locale, mais à celle de toutes les Terres de l'Ouest, il était nécessaire qu'il valide et appuie le projet.



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Message Sam 27 Oct 2012 - 6:54

La protection était une affaire de naissance. Mon oncle m'avait toujours dit qu'il valait mieux être seul pour garder sa tête sur ses épaules. Chacune des terres de Westeros pouvaient m'offrir protection si j'observai bien son fonctionnement, son décors et ses hommes. Seule, le silence était plus vite acquis qu'accompagnée. Seule, aucun bavardage ne venait troubler la nuit. Seule encore, la vigilance était accrue car l'on ne comptait sur personne. Pourtant, les seigneurs de ces terres étaient toujours bien entouré. Comme ce camps avec tous ces gardes qui discutaient, se chamaillaient, et qui faisaient un tintamarre incroyable quand ils parcouraient les terres. Fallait-il autant de monde pour protéger un seul homme ? Etait-il fragile, à l'image d'une femme ? N'avait-il donc pas appris à se battre dès la plus tendre enfance ? Etait-ce le confort de leur forteresse qui les amenait à ne plus être seul, comme endormi par trop de mièvrerie ? Je m'interroge, ressentant l'atmosphère de cet endroit à la fois froid et amical pour celui qui serait un homme également. Au moins, je ne peux pas nier ma nature féminine dans un tel endroit, même si mon seul désir était de me retirer au plus vite.

Il n'en allait pas de même du garde qui me servit de l'eau. Je me doutais que l'insistance de son regard n'était pas tant car j'étais étrangère, mais bien car je suis une femme. Par courtoisie, plus que par envie, j'avais baissé ma capuche, laissant mon visage à la portée de tous. Mes lèvres n'étirèrent toutefois aucun sourire, tandis que mon regard se montrait comme souvent impénétrable, à l'image d'un lac de montagne. Je ne comprenais pas cette attention qu'il me portait, et naturellement je me braquais intérieurement, prête à partir très rapidement si cela devenait une nécessité. Je n'étais pas venue pour lier connaissance, bien souvent cela pouvait endormir votre vigilance, mais bel et bien pour me ravitailler en eau, jusqu'à ma prochaine étape.

Mais ce garde aux yeux d'un vert trop doux pour ce visage émacié, prit la parole, se présentant à moi. « Guêpe », étrange surnom dont je ne comprends pas l'origine. Devait-il en être fier pour me le dire avec un tel entrain ? Je ne bouge pas, mais ne parle pas non plus. Voilà qu'il se montre curieux sur ma présence dans ces terres. Rien de bien étonnant, mais cela m'embête quelque peu. Je l'ai déjà dit, mais je ne me sens pas à l'aise dans ce genre d'endroit. Je préfère les tavernes avec des personnes de mon statut. Des personnes qui savent rire de rien et surtout de tout ! Pas de courbettes, pas de concupiscence...Même si je me méfie en toute circonstance. Peut-être est-ce la conséquence de ma vie d'errance. Je n'ai pas de maison, celle de Lord Redwyne n'est qu'un port où j'accoste mon bateau. Quant à Dorne, les gens me prennent trop pour une étrangère pour que je puisse m'y rattacher. La confiance devient alors une inconnue...Mon oncle fut le seul à l'avoir...Lors Redwyne l'a obtenue grâce à mon oncle et à des services mutuels. Mais nous ne sommes pas amis, comment le pourrions-nous ? Trop de choses nous séparent...n'en est-il pas de même avec ce Kenneth ?

Pas le temps de fendre le silence, quelqu'un s'en charge à ma place. Un manteau rouge, bien sûr, qui profère un avertissement en me traitant de fille de joie en passant. Une interruption courte, mais qui me fait bel et bien comprendre de toute l'absurdité de cette situation. Est-ce cela que je suis pour Kenneth ? Avait-il d'autres projets pour nous ? Mon sens de l'honneur avait tendance à oublier des élémentaires. Seules les prostituées venaient de leur propre gré dans ces camps. Les hommes étaient comme des bêtes, ayant besoin des plaisirs de la chair pour goûter à la vie. Cela était triste, navrant, tout comme les dernières paroles de la « Guêpe ». Etait-ce ainsi qu'il prodiguait son poison ? Par petite touche ?

- Il n'y a aucun humour à considérer une femme pour une putain. Tu trouves que je ressemble à une putain ?

Ma voix était dure, trop peut-être. Mon regard accentuait ce malaise qui prenait désormais possession des lieux. Je n'avais plus rien à faire là. Je n'étais pas vexée davantage, je connaissais les hommes et leurs idées arrêtées, mais cela me donnait l'occasion de me retirer sans répondre à l'interrogatoire de Kenneth. Si ce dernier s'ennuyait, j'étais certaine qu'il y avait une multitude de femmes dans le camps qui s'amuseraient avec lui.

- Merci encore pour l'eau.

Pas de rancune. Simplement cette détermination qui m'a toujours représenté. Ainsi, je tournai les talons et sans demander mon reste, je sortis de la tente. Je cherchai dans les airs la présence d'Onyx. Il était là, réconfortant, avant que je ne cherche mon cheval. Je ne m'y pas bien longtemps à le retrouver, à trois tentes de celle où je m'étais trouvée. Il y avait quelques gardes qui portèrent leur attention sur moi, et ce ne fut que lorsque je sentis le vent sur mes oreilles, que je remis ma capuche en place. Je n'avais pas envie qu'on me prenne pour ce que je ne suis pas.

Je remarquai du coin de l'oeil qu'une des tentes que je dépassai était plus haute que les autres. Sans doute la personne la plus importante du campement. Alors que j'étais à deux pas de mon cheval, l'écuyer de tout à l'heure courra à ma rencontre.

- Je me suis permis d'arranger ses sabots.

Je ne comprenais pas pourquoi un tel acte et j'allai le dépasser lorsqu'il leva une main vers moi pour m'obliger à m'arrêter.

- Allons, il y a des manières à respecter. Donnez moi un baiser.

Je n'étais pas femme à crier, loin s'en fallait, surtout dans un camps comme celui-ci. Il ne manquait plus que le Kenneth pour que je me retrouve en très mauvaise position. Ainsi, sans plus réfléchir, usant de mon instinct de survie, je me saisis de l'une de mes dagues que je pointais sous le menton de l'écuyer. Je ne prononçai aucun mot, ne voyant dans mon acte que sa finalité directe et non pas les conséquences.

- D'accord, d'accord..je vous laisse passer.

Il me laissa le passage, tandis qu'un attroupement d'homme s'était formé non loin et qui riait avec force tout en jetant :

- Elle t'a bien remis en place garçon !
- On t'a bien dis que tu n'es qu'une fillette !


Pleins de moqueries dont je n'avais que faire. Tenant mon cheval par la bride, je me dirigeai vers la sortie en espérant que plus rien de fâcheux n'arrive.
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Tybolt Lannister
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Message Ven 2 Nov 2012 - 0:31

Spoiler:
 


__Assis à l'entrée de sa tente, sur un somptueux coffre vernis renforcé de fer, ser Benfrey s'afférait au nettoyage minutieux de sa lance à l'aide d'un linge propre. Vêtu d'un tabard aux couleurs de la maison Broom, vert entrecroisé de noir, par-dessus des chausses noires, l'homme affichait la mine parfaitement calme et concentrée du chevalier modèle, tel qu'on les décrivait dans les contes pour jouvencelles. Bel homme aux yeux émeraude, ser Benfrey en imposait autant par sa prestance que par sa nature à ne pas se laisser distraire facilement. C'est pourtant ce qu'il se produisit lorsqu'une silhouette encapuchonnée passa en trombe devant lui en laissant un parfum d'été dans son sillage. Intrigué, il releva à peine le menton que le visage plein d'avidité du palefrenier qui la talonnait de près s'imposa nettement à lui. Aussitôt fait, ser Benfrey suspendit son geste et, sa lance en travers des jambes, entreprit de suivre les deux individus des yeux. Ceux-ci s'arrêtèrent à quelques pieds de là pour échanger des mots d'un goût douteux. Loin d'être le seul à prendre compte de leur tapage, ser Benfrey se redressa pour ne pas se laisser gâcher la vue par la première bande venue.

__Inévitablement, l'audace déplacée du palefrenier entraîna une réaction tout aussi démesurée de la part de la mystérieuse inconnue. L'apparition d'une dague étincelante eut beau engendrer quelques éclats de rire à côté de lui, ser Benfrey n'en trouva pas moins déplaisante l'attitude de cette bien étrange jeune femme. Quelle que fût l'insistance du palefrenier, aucune arme n'avait l'autorité d'être dirigée contre qui que ce soit à l'intérieur du camp. L'imprudente ne pouvait être qu'étrangère à ce précepte, comme au campement en lui-même, pour braver l'interdit. Dégainant la rapière pendue à son flanc gauche, ser Benfrey contourna le groupe occupé à s'esclaffer pour mieux barrer la route de l'inconsciente. Il eut à soutenir son regard d'un bleu presque déroutant ; ce qu'il fit sans ciller, puis à faire ce que d'autres auraient du faire avant lui.

__« C'était imprudent de votre part, déclara-t-il, sans ambages, son arme pointée vers le sol pour bien signifier le fait qu'il ne souhaitait blesser personne. Ce garçon est un crétin fini. Ne me faites pas croire que c'est le premier oiseau de cette espèce qui croise votre chemin pour que vous ayez réagis de la sorte. Vous êtes ici dans le campement de lord Tybolt Lannister et de maints autres seigneurs de l'Ouest venus chasser le cerf. Menacer quelqu'un de votre arme pourrait bien vous coûter une main. Suivez-moi sans plus faire d'histoires maintenant. Une seule personne peut désormais vous autoriser à quitter saine et sauve ce lieu, et c'est à elle que je vais vous conduire. » Il resta de marbre et ne brisa son immobilisme que lorsque la jeune femme manifesta la volonté d'obtempérer. Il saisit en cours de route sa dague.

__« Occupe-toi de son cheval avant que je ne revienne, moi, te rosser pour te passer l'envie de recommencer, ajouta-t-il à l'intention du palefrenier en le méprisant du coin de l'oeil. »

__Las, ser Benfrey n'en accompagna pas moins la jeune femme le long de l'allée principale sans toutefois lui adresser le moindre mot, ni le moindre regard, l'arme toujours au poing. Le toit du pavillon de lord Tybolt était visible aux quatre coins du camp et sa bannière au lion rugissant sur quelques miles de plus. En quelques foulées, le duo arriva à bon port. Accueilli par un manteau rouge en faction, ser Benfrey lui exposa brièvement les faits et planta sur place la jeune femme, la sachant désormais entre les mains du destin ou en l'occurrence celles de Tybolt Lannister.


~

__Observe, écoute et attends. Cette phrase, Tybolt l'entendait tonner sournoisement à l'intérieur de sa cervelle. La voix qui la dictait n'était pas la sienne, non plus celle d'un vivant. Le timbre rocailleux, le ton suave, la diction parfaite et la vibration si singulière ; même après tant d'années, la voix de Père avait conservé une empreinte inaltérée dans sa mémoire. Tybolt n'avait, dès lors, guère besoin de fermer les yeux pour apercevoir son visage creusé, ses yeux d'un bleu perçant, et le petit sourire en coin qu'il aimait lui servir à l'heure de la leçon. Que n'était-il encore là pour l'abreuver de ses précieux conseils... que n'était-il encore le suzerain de l'Ouest et lui son héritier... tout serait alors plus simple. Le brouhaha en toile de fond ramena Tybolt à la réalité. Faignant la neutralité, son regard s'appuya sur celui de son invité tandis qu'il lui exposait son opinion quant à la poussée des razzias fer-nés vers le Nord.

__Fidèle aux préceptes de son père, Tybolt se contenta d'observer discrètement les manières de lord Morgan et d'écouter l'intégralité de son exposé sans manifester la moindre réaction, de crainte que son récit n'en soit troublé. Quand il en fut à sa fin, le silence tomba à l'intérieur du pavillon, seulement interrompu par des froissements de tissu ou des crissements de cuir. Les traits du suzerain de l'Ouest demeurèrent inchangés, longtemps après le point final, et au fur et à mesure que sa pensée se formait, son regard entama une longue et lente chute vers la table. « C'est un plan astucieux, conclut-il en suivant le fil imaginaire de la Route du Front de Mer. Ceci étant, j'ai bien peur que vous ne veniez à manquer de bois. A moins que vous n'escomptiez l'acheter à prix fort auprès des lords Crakehall, Tarbeck, ou Algood ? encore qu'il vous faudrait les convaincre de se priver d'une bonne partie de leur domaine forestier pour soutenir l'étendu de votre projet. Les négociations seront d'autant plus compliquées que l'hiver ne devrait plus tarder. »

__Le ton de sa voix ne laissait aucune place aux approximations, encore moins aux réticences. Tybolt souhaitait seulement éprouver le seigneur de Kayce comme on éprouve une nouvelle épée. Bien que scintillante en apparat, une nouvelle lame avait vite fait d'être fragilisée par la moindre morsure que le forgeron aurait oublié d'envisager. Il en allait de même d'une simple stratégie militaire. Pour peu qu'un chef de guerre ait oublié de tenir compte d'une donnée, et c'est toute son armée qui pouvait courir à la ruine si la faille était découverte. Cette faille, Tybolt pouvait clairement la percevoir. « Quand la question du bois sera résolue, dit-il, et la carte des feux d'alarme dessinée, il vous faudra ensuite prendre en considération un facteur déterminant. Les fer-nés sont peut-être des brutes épaisses, ils n'en versent pas pour autant dans l'imprudence. Vos pieux seront découverts à marée basse, et au cours des marées exceptionnellement hautes, ils seront rendus obsolètes par des boutres à faible tirant d'eau. C'est peut-être un risque à prendre, mais à l'orée de l'hiver je doute que les coffres de Kayce et des Feux-de-Joie ne survivent à un risque in... »

__Des voix s'éveillèrent soudain à l'entrée de la tente qui détournèrent son attention. Lançant un regard désolé à son invité, Tybolt joua de ses cordes vocales pour se faire entendre du manteau rouge posté sous l’auvent. L'homme entra et courba l'échine plus bas que de coutume, sans doute pour se faire pardonner du raffut. Sous le regard insistant de son seigneur, l'homme se déroba et introduisit une jeune femme que la peau basanée et les yeux débordant d'orgueil ne laissaient aucun doute quant à ses origines. « Votre Seigneurie, ser Benfrey dit avoir vu cette femme menacer un palefrenier au service de lord Sarschamp à l'aide d'une dague. Il a alors cru bon de vous l'amener. » Et Tybolt ne s'en étonna guère. Aussi grand chevalier qu'il soit, ser Benfrey n'était pas le genre d'homme à s'encombrer inutilement quand d'autres pouvaient le faire à sa place.

__« Est-ce vrai ? demanda Tybolt à l'intéressée, s'interrogeant sur ce qui avait bien pu amener une dornienne jusqu'ici. » La pluie se mit soudain à tinter contre la toile du pavillon, d'abord à petites gouttes, puis très vite à l'averse pour terminer à torrent. Dehors, un brouhaha de cliquetis d'acier et d'ordres aboyés se mêla au fracas du déluge. Les ombres difformes d'hommes empressés glissaient sur la toile carmin dans des nuances tantôt rouge grenat tantôt sang de boeuf. Le temps se gâtait à l'intérieur et en dehors des tentes.

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Morgan Kenning
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Message Mer 14 Nov 2012 - 23:38

Morgan attendit une réaction de son suzerain dans le silence. Il scrutait son visage pour y déceler un quelconque sentiment qui s'y dessinerait. Lord Tybolt sembla prendre un peu son temps avant de briser le silence, comme s'il avait soigneusement soupesé l'idée. Le seigneur de Kayce ne doutait pas que cela soit le cas. Les premiers mots du seigneur du Roc furent un compliment à son égard, mais des objections ne tardèrent pas à pointer le bout du nez. Feu son père lord Logan lui répétait souvent, lorsqu'il était enfant, que tout ce qui précédait un « mais » dans une phrase, et plus particulièrement un compliment, n'avait jamais vraiment d'importance. Toutefois, le jeune homme considérait comme une bonne chose que son projet n'ait pas été rejeté en bloc. Le point que le seigneur suzerain de l'Ouest avait soulevé ne manquait toutefois pas de bon sens, mais il y avait déjà pensé avant. Il choisit ses mots avec soin avant de répondre.

« Une alliance entre les seigneurs de l'Ouest pourrait éviter que l'achat de bois entre les fiefs se fassent à trop grands frais. Par ailleurs, des alliances avec d'autres régions existent, et je ne doute pas que certains seigneurs acceptent de nous vendre du bois à un bon prix... Même si cela implique une lenteur d'acheminement certaine. En outre, il n'est pas nécessaire de pourvoir la moindre parcelle de côte de ce dispositif. En de nombreux endroits, elle est trop sauvage et dangereuse pour qu'un navire, même s'il s'agit d'un boutre fer-né, se risque à y accoster. Récifs, bancs de sable, rochers... autant d'éléments naturels qui se chargeront de cette besogne pour nous. »

Il écouta ce que lord Tybolt avait encore à lui dire, ne voyant pas ce qu'il pouvait dire de plus sur ce chapitre ci. La question du bois était peut-être la plus délicate à résoudre, mais ce n'était pas insurmontable, du moment qu'on y mettait de la volonté... et ça, Morgan en avait à revendre ! Son suzerain aborda alors le problème de la marée qui pourrait découvrir le dispositif et le rendre ainsi visible à tous. Selon l'angle sous lequel on abordait cette question-ci, cela pouvait s'apparenter à un grave défaut comme à un avantage... Le seigneur de Kayce songea immédiatement aux murailles d'une forteresse ou à ses douves. On les voyait de loin, on savait à quoi s'attendre... mais cela ne réussissait-il pas moins à décourager les attaques ? En plus de sa fonction défensive, la ligne de pieux pourrait, si elle était découverte par une marée et aperçue par les Fer-nés, les dissuader d'attaquer, ou les faire réfléchir à deux fois... Et comment pourraient-ils se douter que ce dispositif défensif couvrirait toutes les côtes vulnérables ? Telle était du moins l'idée liée au projet.
Quant au fait que des boutres à faible tirant d'eau risquaient de passer lors d'une haute marée... c'était un risque qu'il ne pourrait pas nier, bien que les calculs effectués par les mestres de Kayce et de Feux-de-Joie soient en théorie assez rigoureux et précis pour les garder de ce danger. Les pieux seraient placés suffisamment proches de la plage pour que le risque soit moindre, tant d'être dévoilés que d'être submergés, là était toute la subtilité...

Il comptait faire part de ses réponses à lord Tybolt lorsque Grim dressa les oreilles en se retournant subitement vers l'entrée de la tente. Son regard fixe et son air aux aguets attira l'attention de son maître qui jeta un œil dans la même direction que lui. Quelques instants plus tard, un garde Lannister entra dans la tente en s'inclinant, avant de pousser devant lui une jeune femme de toute évidence d'origine assez modeste. Son teint basané laissait clairement entendre qu'elle était d'origine dornienne. Le chien-loup poussa un grondement sourd, presque inaudible. Morgan posa le bout de ses doigts sur la fourrure de son crâne pour l'apaiser. Le danger ne semblait pas être présent. Toutefois, il allait rester vigilant. On ne savait jamais quel individu était véritablement malveillant avant d'avoir une dague plantée entre les omoplates. Et il ne serait pas dit qu'on aurait ôté la vie au seigneur de l'Ouest tant qu'il était près de lui ! Se saisissant de sa coupe, il se rassit sur son siège en observant la scène sans mot dire, une main toujours sur la tête de son compagnon lupin qui ne détachait pas son regard d'ambre de la nouvelle venue. Son attention constante et sa méfiance naturelle étaient des atouts. Même blessé, son maître savait qu'il serait prompt à réagir à un ordre...

Le léger tintement de la pluie se fit entendre contre la toile du pavillon. Goutte à goutte tout d'abord, cela se transforma peu à peu en une véritable averse. Le seigneur de Kayce remercia les Sept d'être déjà de retour de chasse. Mener une traque sous la pluie battante n'était pas vraiment une partie de plaisir, finalement, et c'était ce que l'on recherchait lors d'une battue, après tout... Alors que l'averse devenait déluge, laissant présager des nuits ô combien humides lorsque tout cela se serait infiltré dans les tentes avec plus ou moins d'intensité, lord Tybolt s'intéressait à l'intruse. Morgan se demandait ce qu'il comptait bien en faire ou en tirer. Le garde avait dit qu'elle avait agressé un palefrenier de Sarschamp... Peut-être était-elle une criminelle, ou une voleuse ? Pour sa part, ce qui intéressait le jeune homme était la raison qui avait pu la pousser à se rendre si loin de chez elle... Il y avait quelques questions qui restaient à éclaircir, mais ce n'était pas à lui de procéder. Il resterait simple témoin de la scène, témoin attentif certes. Et puis, qui sait ? peut-être qu'on pourrait apprendre des choses intéressantes de cette fille, ou lui trouver des talents utiles... Contrairement à ce que certains nobles pensaient, les gens du peuple recelaient pas mal de talents cachés, et en ces temps troublés, un rien pouvait s'avérer précieux. Un espion, un voleur, ou des dizaines d'autres personnes maîtrisant un art souvent acquis suite à une vie peu amène...



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Message Dim 18 Nov 2012 - 9:19

Il était naïf de penser que je pourrais me retirer sans ombrages. Sans doute ma réaction avait-elle été démesurée. Mais à trop vivre à travers les routes, on en oubliait les élémentaires. Ce palefrenier aurait eu droit au même traitement ici, comme ailleurs. J'étais une femme et j'avais appris que face aux désirs des hommes, les mots n'aidaient à rien. Mes émotions étaient souvent tapies au fin fond de mon être, au point qu'il était parfois difficile pour moi de me laisser porter par elles. Et à d'autres moments, comme celui-ci, mon geste était porté par une émotion sans que je n'ai la moindre maitrise de cette dernière. C'est dans ces moments là que mes origines revenaient à moi. Mon sang était chaud malgré le froid de mes yeux. Toutefois, je ne cherchais pas à me donner en spectacle, ou encore à voir cet homme mort. J'agissais par instinct de survie, et je savais que pour beaucoup, qui n'avait pas eu le même genre de vie que moi, cela n'était pas compréhensible.

Un homme se présenta à moi pour m'arrêter. Son regard était d'un bel émeraude et je lisais la même détermination que moi à l'intérieur. Il me parla comme l'aurait fait mon oncle, me réprimandant tout en me montrant la réalité. Etait-ce le premier homme qui se montrait idiot en ma présence ? Non. Et j'avais réagis de la même façon. Mais à l'écouter, cela ne se faisait pas à l'intérieur d'un camp et c'était bien pour cela qu'il se devait de m'amener auprès de l'unique personne qui pourrait me permettre de quitter les lieux. Au moins y avait-il un semblant d'organisation. Le nom de Tybolt Lannister ne m'avait pas échappé, et malgré l'énervement qui m'habitait face à ce contre temps qui pourrait être fâcheux, l'annonce de ce nom me ramena à mes précédentes pensées.

Tandis que nous marchions et que ma dague me quitta, j'eus soudainement honte de me voir présenter à Tybolt Lannister, si c'était bien ce dernier que j'allai rencontrer. L'homme avait perdu sa femme et son enfant, et il allait devoir traiter de mon comportement qui, Nasler l'aurait dit, était totalement puérile. Je me sentais donc honteuse d'aller déranger cet homme, et si je devais y laisser une main, j'étais prête à me la couper moi-même pour ne pas déranger son deuil. Encore une fois, j'étais excessive, même si tout cela se passait intérieurement. Je ne le connaissais pas, je n'étais qu'une poussière dans ce paysage de roc, mais j'avais vécus un deuil et cela, dans mon esprit naïf, me faisait me sentir proche de sa douleur.

L'homme qui aurait pu être mon oncle me planta à côté de l'imposante tente que j'avais déjà aperçu. Le garde qui se trouvait à mes côtés ne se montra pas loquace et j'en étais heureuse. J'étais déjà bien assez mal à l'aise de déranger à cause d'un palefrenier que tout le camp semblait prendre pour un idiot, pour avoir à discuter avec un garde curieux. Pendant cette attente, qui me parut longue en raison de mon mal être, j'eus loisir d'imaginer toutes les punitions qui pourraient m'être données. Allai-je perdre la tête pour un tel acte ? Non, cela était démesuré, mais après tout, cela serait égal à mon acte, non ? Si je venais à perdre une main, arriverai-je à survivre ? Ou deviendrai-je obsolète, finissant folle à travers les routes ? Mon oncle m'avait appris à me servir parfaitement de mes deux mains, mais avec une main, mon arc deviendrait inutile.

Pas le temps de s'interroger davantage, et dans un certain sens, cela me soulagea. Le garde entra en premier et je le suivis de près. Je me sentais sotte à me voir présenter non pas à un, mais à deux hommes de haute stature dont le premier nommé « seigneurie » ne faisait aucun doute quant à son identité. C'était la première fois que je voyais un Lannister et il avait le charisme que contait les chansons au sujet des membres de sa famille. Je remarquai également l'homme qui l'accompagnait et dont le regard possédait une certaine fougue qui s'alliait à merveille avec le loup dont il semblait le maitre. Pendant ces quelques secondes d'observation, j'en aurai presque oublié le pourquoi de ma venue dans cette tente, mais Tybolt Lannister me demanda si tout ce qu'il venait d'entendre était juste.

Je portai mon regard dans le sien tout en me demandant quelle était la meilleure réponse à lui offrir. Après tout, personne n'avait prit la peine de lui raconter pourquoi j'avais menacé cet homme de mon arme. J'avais l'impression que pour ces hommes ce n'était qu'une bagatelle, à moins que mon geste avait été si aberrant qu'ils préféraient le cacher à leur seigneurie. Au moment où je réfléchissais au quart de tour, la pluie commença à s'abattre sur la tente et alentours, et elle me rappela la peine que cet homme vêtu de rouge devait ressentir en ce moment même depuis le décès de sa famille. Il avait pourtant fier allure, même si aucune étincelle ne venait donner de l'éclat à son regard.

- Oui, cela est vrai.

Nasler serait fière de moi. J'avais répondu à la question, ni plus ni moins. Il ne m'avait pas demandé pourquoi, alors je n'avais pas à y répondre n'est-ce pas ?

- Je lui rappelais que je n'étais pas une fille de joie.

Mon regard ne cilla pas. Mais à l'intérieur, mon corps se décomposa. J'aurai déjà senti une tape à la tête de la part de mon oncle s'il s'était trouvé là. Si je devais donner mon avis, peut-être était-ce ma langue qu'il se devrait de couper et non ma main. Après tout, quand je me devais de parler, je me taisais, et quand je me devais de me taire, je parlais. Peut-être devrais-je soumettre cette idée ?

Désormais, je me tenais bien droite, mon regard ne lâchant pas celui de Tybolt Lannister. Je n'attendais pas vraiment sa décision à mon égard, mais plutôt de déceler quelque chose dans ses yeux. Pouvait-on connaître une personne que grâce à son regard ? Certains poètes le disent...et moi ? Je donne encore à voir une femme bien trop sûre d'elle alors même que dans un camp je me sens totalement perdue.
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Tybolt Lannister
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Message Jeu 29 Nov 2012 - 11:51

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__Comment rester insensible à ce regard ? Tybolt se le demandait bien, en soutenant les yeux d’un bleu limpide de la dornienne.

__A travers eux, il se sentit voyager par delà les rives de la Mer Étroite, jusqu’aux Cités Libres, où jadis il avait errées. C’était alors à un age où les responsabilités ne pesaient pas encore sur ses larges épaules. Il se revoyait, simple voyageur, mais soigneusement gardé, parmi les nombreux trésors de Braavos, les somptueuses étoffes de Lorath, les banquets d’artistes de Lys, les minutieuses œuvres d’art de Myr, les solides tapisseries de Norvos, les enivrantes épices de Pentos, les étonnantes lames de Qohor, les innombrables merveilles de Tyrosh, et les surprenants esclaves du marché de Volantis. Des temps d’autant plus révolus qu’il faisait face à une dornienne, non à un oiseau rare des Cités Libres. Une dornienne qui avait osé braver un interdit sur son camp, en menaçant un homme de son arme. Au mieux, douée d’une forte inconscience, au pire, victime d’une étonnante imprudence, elle pouvait, néanmoins, s’estimer heureuse que le lord Sarschamp n’eut été le premier averti de son acte. Auquel cas, l’affaire aurait été traitée différemment, d’un simple tranchant si Tybolt s’en tenait au simple exposé de la loi.

__Pire que tout, était son sentiment ; celui qui donnait raison à cette loi, dans le seul but de retrouver la tranquillité de l’entretien qu’il avait jusque là mené aux côtés du lord Kenning.

__Avisant sa réaction du coin de l’œil, Tybolt lui reconnut le calme proverbiale qui le désignait comme essentiel au nouveau dispositif qu’il projetait secrètement pour l’Ouest tout entier. Impossible il lui était de deviner le fil de ses pensées. Morgan Kenning était un mur infranchissable. Un mur qui désirait plus que tout préserver l’Ouest de ses ennemis de la Baie du Fer-né, songea Tybolt en jetant un regard en biais à la fameuse baie immortalisée sur la table.

__« Lord Morgan, l’interpella-t-il en maintenant son regard baissé sur les reliefs de la table. Quelle est la sentence en vigueur dans votre fief à l’encontre de ce genre d’acte ? »

__Le sentence qu’on réservait aux personnes qui osaient menacer un membre de la suite d’un lord invité par la famille Lannister, Tybolt ne la connaissait que trop bien : une main en réparation de la menace brandie, pour apprendre à ces effrontés que nul homme de l’Ouest ne devait attenter à l’existence d’un autre homme de l’Ouest, d’autant plus en temps de guerre. Chaque homme valait une épée contre les ennemis de Castral Roc. Or il n’était pas dans l’esprit des Lannister de se priver de la moindre épée, fut-elle tenue à une seule main.

__Mais la loi valait-elle son pesant d’interrogations si c’était la main d’une dornienne qui menaçait la vie d’un homme de l’Ouest ?

__La mystérieuse et non moins captivante intéressée, l’informa du fait que l’affaire naissait d’une insulte, ou tout du moins d’une méprise faite à son égard. En affirmant cela, sa voix ne trahit aucune appréhension ; à croire qu’elle n’avait aucune notion de l’erreur qu’elle avait commise ou bien aucun reproche à se faire. Dans les deux cas, son manque de réactivité avait de quoi étonné. Sa vie avait-elle si peu de valeur à ses yeux, pour qu’elle se souciât si peu de la préserver par une verve haute ? A moins, qu’elle se crut dans son bon droit ? Afin d’y voir plus clair, Tybolt se permit d’en avoir le cœur net.

__« Dites-moi, pourquoi devrais-je vous croire ? Demanda-t-il en levant les yeux vers elle. Pourquoi devrais-je vous éviter la déconvenue d’un jugement ? Je vois devant moi, une femme bien loin de ses terres natales si je me fie seulement au teint de sa peau et à la dureté de ses traits. Rien ne m’assure de la vérité de sa version. Rien ne m’assure de la raison de sa présence dans ce camp. A la vérité, tout paraît bien sombre à votre sujet. Trop, sans doute. »

__Espionne, voleuse, empoisonneuse, les professions de l’ombre ne manquaient pas. Elles avaient toutes le don de jeter tous les soupçons sur le premier étranger venu ; en l’occurrence la première étrangère ; qui foulait un territoire en guerre. Cette femme pouvait-elle être de ces âmes perdues ? Tybolt l’étudia de la tête aux pieds pour se tailler une prémisse d’opinion. Son regard balaya ainsi le visage à la peau basanée de la dornienne, ses lèvres aussi sèches que ses mains, pour le peu que laissait en découvrir sa tenue. Il s’attarda un instant sur le chien-loup qui suivait le seigneur de Kayce comme son ombre à ce que prétendait la rumeur. A cet instant, l’animal se voulait aussi calme que son maître. Mais Tybolt ne sut dire si c’était la main négligemment posée de son maître sur sa tête qui empêchait l’animal d’agir ou bien l’attitude détachée de la dornienne.

__A dire vrai, Tybolt n’en tira aucune conclusion intéressante. Cette femme était une énigme que rien ne semblait trahir pour le moment.

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Message Ven 7 Déc 2012 - 18:28

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Un jugement ? Cela faisait bien trop longtemps que mes pas foulaient les routes, délaissant les camps et leurs lois tout comme les villes. Hors de ces endroits bien délimités, vous étiez libres comme le vent, rien ne vous arrêtait à part des bandits si tant est qu'ils pensaient que vous aviez quoi que ce soit d'intéressant. Mais le Lord était sérieux, comment en douter autrement. Et à le voir accompagné de cet autre homme, mon esprit fait vite la liaison : je dérange. En même temps, j'allai poursuivre mon chemin si l'autre petit homme ne m'en avait pas empêché. Si mon oncle avait été là, il aurait su quoi dire, quoi faire et surtout quoi ne pas faire. Parfois, je pensais qu'il avait raison en me croyant idiote à ne pas tourner ma langue dans ma bouche avant de parler...Ou plutôt avant d'agir. Cela se voyait que ces hommes n'avaient jamais été des femmes. Auraient-ils réagit de la même façon si j'avais été une noble dame ?

Mes origines étaient une déconvenue pour lui. J'étais un mystère, alors même qu'il suffisait de demander à ses hommes ce que j'étais venue faire là et l'histoire serait vite bouclée. Toutefois, je ne comprenais pas son acharnement à ne pas vouloir me juger. Est-ce parce que je suis une femme ? Si je venais à mourir, il m'oublierait sans mal. Je ne suis rien pour lui, à part un imprévu dans son emploi du temps. Garder le souvenir de sa chère et tendre était une chose, mais vouloir préserver une inconnue m'échappait totalement. Mais toutes ces tribulations ne se trouvaient que dans ma tête. J'avais la fâcheuse tendance à ne rien montrer, aucune expression, aucun mouvement, comme si je n'avais peur de rien. Mon oncle m'avait appris que ce qu'on montre à voir, bien que subjectif, amenait des résultats objectifs. Montrer que vous n'avez pas peur et l'autre croira que c'est le cas...l'autre pourrait même avoir peur de vous car la peur ne transparait pas chez vous. A maintes reprises j'avais pu observer ce fait, mais de la part d'un Lannister, je n'y croyais pas.

Mais bien loin de moi l'idée de lui démontrer quoi que ce soit. Je ne possédai aucune finesse d'esprit, ma langue n'était pas acérée ni mensongère, elle était pure vérité, tout comme mes gestes. Mais comment le lui prouver ? La franchise était tout ce que je possédais, et je ne pouvais sciemment rester muette. Je pris le parti de ne pas les embêter plus longtemps avec ma présence, alors plus vite je lui dirai ce qu'il veut savoir, plus vite il prendra une décision et chacun reprendrait son bon chemin (avec une main en moins ou non dans mon cas).

- Je ne suis pas là pour vous convaincre de ne pas me juger. Vous êtes dans votre bon droit.

Je le pensais sincèrement. C'était à lui de protéger ses hommes et je comprenais qu'en agissant comme je l'avais fait, j'aurai pu lui coûter une vie. Mais ma menace n'aurait jamais été mise à exécution...Il ne portait pas d'arme de son côté, et je ne suis pas une assassin.

- Si mon oncle Nasler avait été là, j'aurai su me tenir au sein de votre camps. Je ne pensais pas mal agir.

S'il ne savait pas que penser de moi, maintenant il devait me trouver bien sotte. Toutefois, ma voix quelque peu grave enlevait du ridicule à mes propos...enfin je l'espérai.

- J'ai toujours vécu sur les routes, Lancéhélion m'a vu naitre mais ma maison est nulle part et partout à la fois.

Avais-je déjà souligné que je n'étais pas douée avec les mots ?

- Je me suis arrêtée à votre camps car je n'avais plus d'eau. L'un de vos hommes, la Guêpe, m'en a offert généreusement.

Je déglutis, ayant du mal à prononcer ce qui suit :

- Vous devez me trouver bien ingrate d'avoir agit comme je l'ai fais...

Devais-je m'excuser ? Ma parole ne vaut rien sous cette tente où la pluie continue de s'abattre créant un rythme berçant. Je commençais à sentir la fatigue qui prenait chacun de mes muscles. Si je sortais d'ici entière, sans doute irai-je me reposer à quelques kilomètres du campement, afin d'éviter de croiser un autre de ses membres.

Je ne savais pas si je me devais de mentionner ma destination. Il fallait avouer qu'avec ce que j'entendais avec les fer nés, se rendre à Belcastel pouvait se révéler dangereux. Mais revoir un ami faisait toujours du bien, surtout pour moi qui n'avait plus de famille, et pour lui qui voyait son peuple dans le désœuvrement, qui sait ce qu'une visite comme la mienne pourrait lui offrir.

Mon regard s'était porté sur le sol lors de mes derniers mots. Le silence nous enlaça un instant, avant que je n'ose à nouveau ouvrir mes yeux et regarder ceux de Tybolt Lannister. J'omis totalement en cet instant la présence de l'homme au loup. S'il ne savait pas lire dans les yeux, il ne me jugera que sur mes frêles paroles. Je ne voyais pas de mon côté ce que je pouvais ajouter. J'étais plus à l'aise dans le silence de la pluie que dans le bruit de ma voix.
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Morgan Kenning
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Message Mar 11 Déc 2012 - 15:02

Morgan laissa à son suzerain le soin d'éclaircir cette affaire qui, après tout, ne le concernait pas. Il se contenta donc d'observer en silence, buvant à petites gorgées sa coupe de vain, ses doigts caressant délicatement la tête de Grim. Il sentait le chien-loup prêt à bondir à la moindre de ses sollicitations, et il ne détachait pas son regard de prédateur de la Dornienne. Immobile et en apparence parfaitement calme, il semblait presque statufié. Le jeune homme ne put s'empêcher d'écouter attentivement ce que disait l'accusée, car il n'était pas dans ses habitudes de juger promptement et sans connaissance des faits. Son père, feu lord Logan, lui avait appris dès son plus jeune âge de faire preuve de justice dans ses jugements, envers les grands comme envers les humbles. Son cœur tendait à accorder du crédit à ce que disait l'inconnue. Une jolie femme comme elle dans un campement rempli d'hommes qui ne pouvaient pas être tous recommandables... Une tentative d'abus à l'encontre de sa personne était vite arrivée. Comme en écho à ses pensées, lord Tybolt se tourna vers lui pour lui demander son avis sur la question, ou plutôt pour savoir quelle était la peine encourue pour une menace de mort à l'encontre d'un homme de la maison dirigeante, à Kayce.

« A Kayce, la sentence n'est prononcée qu'après avoir pris bonne connaissance des faits, Monseigneur. Une personne prise sur le fait ou coupable de menace de mort injustifiée à l'encontre d'un homme de mon service encourt de quelques jours de prison jusqu'à des coups de fouet, en fonction de la gravité de la faute. Peut-être y a-t-il des témoins de l'altercation entre cette jeune femme et l'homme de lord Sarschamp ?

Il connaissait la rudesse de ce dernier, et l'idée que la pauvresse puisse être châtiée alors qu'elle était dans son bon droit le dérangeait. Même si on ne lui avait guère demandé d'intervenir dans ce sens, il espérait faire entendre au seigneur de l'Ouest de ne pas prendre de décision hâtive, et sans savoir exactement ce qu'il en était. La version de l'un, la version de l'autre... Qui croire, au bout du compte ?
Son regard sombre scrutait la Dornienne avec attention, comme pour deviner un mensonge dissimulé derrière son beau visage. Elle lui semblait sincère, terriblement et étonnamment sincère. Une chose peu habituelle sans doute. Il ne pouvait toutefois pas reprocher à lord Tybolt d'être prudent et méfiant. Il était si facile d'envoyer quelqu'un attenter à sa vie, discrètement, pour le supprimer et rendre l'Ouest vulnérable en ces temps troublés... Une chose dont ils n'avaient naturellement pas besoin, mais qui pourraient profiter à certains, cela allait sans dire. Il grimaça légèrement en s'empêchant de s'enfoncer dans des spéculations inutiles. Pour l'heure, il devait simplement s'assurer qu'elle ne représentait pas un danger, et si elle disait vrai, qu'elle ne soit pas inquiétée pour un cas de légitime défense. Il ne put s'empêcher d'acquiescer à la fin de la tirade de son suzerain, d'un air entendu.


- Je me demande également ce qui peut pousser une Dornienne si loin de chez elle, au beau milieu d'un campement de chasse rempli de bon nombre de seigneurs de l'Ouest...

La réponse ne tarda pas trop à venir. La jeune femme avoua simplement ne plus avoir d'eau, et qu'un homme des Lannister lui en avait offert. Il était vrai que sans connaître la région, il pouvait être difficile de dénicher des points d'eau au milieu des bois. Toutefois, un village semblait peut-être plus indiqué pour obtenir au moins des informations, au mieux de l'eau pour se ravitailler. Quel village ne possédait ni puits, ni point d'eau à proximité ? Avec un sourire finaud, il désigna à l'inconnue l'extérieur de la tente, de sa main qui caressait auparavant le crâne de Grim.

- Je crois que les Sept ont décidé de vous envoyer de l'eau en quantité. Un peu trop tard, j'en conviens...

Il reposa sa main sur la tête de son chien-loup qui coucha les oreilles en arrière, vers lui, avant de les pointer à nouveau vers l'avant. Elle avait nommé le soldat qui l'avait aidée. De fait, il était peut-être possible de lui demander confirmation de ses dires en le faisant appeler. Mais curieusement, quelque chose au fond de lui lui murmurait surtout qu'elle ne savait tout simplement pas comment se comporter au sein d'un camp de soldats, et qu'elle n'avait pas pensé à mal, réagissant simplement à ce qu'elle avait ressenti comme une menace. De sa main droite, il lissa les picots sombres de sa barbe courte, pensif, tandis que Grim se couchait avec raideur à ses pieds, en raison de sa blessure encore fraîche. C'était toutefois bon signe, car sa méfiance naturelle semblait s'apaiser. Morgan posa son regard sur lord Tybolt, et il se permit à risquer un point de vue.

- Si je puis me permettre, Monseigneur... De toute évidence, elle n'a fait de mal à personne, ce n'était qu'une menace qui n'a pas été mise à exécution. Si elle dit la vérité, bien entendu. Je pense qu'il est tout à fait possible que quelqu'un ait voulu s'attirer ses faveurs... de façon plus ou moins honorable. Peut-être, pour y voir clair, serait-il bon de faire venir ce... Guêpe, pour confirmer ses dires ? »

Après tout, son suzerain n'avait guère d'intérêt à perdre son précieux temps avec une affaire aussi peu importante. S'il tranchait la chose avant que lord Sarschamp ne puisse monter sur ses grands chevaux, ils y gagneraient beaucoup. Cela leur éviterait également quelques maux de têtes à force de vociférations viriles auxquelles ils n'échapperaient pas si la situation s'envenimait. Il se tut et jeta un œil à sa coupe, où il ne restait qu'un fond de vin sombre. Il but le reste d'un trait avant de reposer la coupe vide sur le bord de la table où elle se trouvait auparavant. Au dehors, le déluge ne semblait pas décidé à faiblir. C'était de bien mauvaise augure pour un repas qui s'annonçait auparavant très bien. Si la pluie les forçait à rester cloîtrés dans leurs tentes, le côté convivial et festif du festin s'en retrouverait entaché. Sans oublier que l'humeur des hommes allait cruellement s'en ressentir.



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Tybolt Lannister
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HEAR ME ROAR

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♦ Age : 29
♦ Date de Naissance : 04/10/1987
♦ Arrivée à Westeros : 01/10/2012
♦ Célébrité : Bradley James
♦ Copyright : Me
♦ Doublons : Sir Corbac
♦ Age du Personnage : 27 ans
♦ Mariage : ~
♦ Lieu : Castral Roc
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Message Ven 1 Fév 2013 - 21:25

Spoiler:
 

__Les yeux bleus du suzerain de l'Ouest ne trahissaient aucune forme d'émotion ; à peine y subsistait-il la vague lueur, faiblarde mais persistante, d'une réflexion enfouie. Il en convenait en silence, les hommes et les femmes de Dorne étaient de piètres menteurs, qui plus est aux oreilles si affinées en la matière d'un authentique Lannister de Castral Roc. Alors lentement, mais sûrement, l'idée que cette femme avait été victime d'un fâcheux concours de circonstances germa dans un coin sombre de son esprit. Ce que la prévenance proverbiale du seigneur de Kayce ne manqua d'ailleurs de soutenir.

__D'un regard appuyé, ci-joint d'un léger froncement de sourcils, Tybolt accepta la proposition de son vassal.

__« Garde, appela-t-il en portant son attention vers l'entrée de la tente, par laquelle le Manteau Rouge en faction entrait et s'inclinait, sa longue cape écarlate entrainée dans son sillage. Amenez-moi le palefrenier au service de lord Sarschamp. Tout de suite. »

__Le garde s'inclina et dans un tourbillon de rouge scintillant et d'écarlate, quitta les lieux sur un formel « Tout de suite Votre Seigneurie. » Le silence qui s'installa ensuite entre les trois protagonistes de cette scène mit en valeur les tonalités de la pluie qui s'abattait contre la toile avec une vigueur déclinante. Un silence que Tybolt ne chercha ni à tuer ni à combler car comme s'aimait à le répéter son père, c'était de silence que s’abreuvaient les sentences dignes d'un grand seigneur, non de bavardages inutiles. Ce mutisme ambiant permis, en outre, de mettre en valeur un détail troublant, comme un écho oublié que son inconscient aurait soudainement ramené à la vie. Nasler. Ce nom, Tybolt était persuadé de l'avoir déjà entendu, sans réussir à deviner où et pour quelle raison. Alors délicatement, son regard revint s'amarrer au visage de la dornienne, toujours aussi peu expressive, dans l'espoir que quelque chose, une vague idée peut-être, en ressortirait. Vaine tentative.

__Il se disait beaucoup de choses au sujet des dorniens mais peu ou rien en ce qui concernait une quelconque ingratitude caractéristique.

__La toile de la tente claqua tandis que revenait le Manteau Rouge suivi du palefrenier dont le tablier crotté cousu d'une flèche sur fond argenté ne laissait aucun doute quant à la maison qu'il servait. Plutôt frêle, l'individu devait avoir à peine la vingtaine, peut-être même moins, jugea Tybolt au premier coup d'oeil. L'odeur pestilentielle que ses vêtements dégageaient fit presque lever au ciel les yeux du maître des lieux. Finalement, il s'en accommoda, le temps seulement de démêler le vrai du faux.

__« Reconnais-tu cette femme ? »

__Le palefrenier déglutit et, après un coup d'oeil tendu vers la dornienne, acquiesça en silence.

__« Saurais-tu nous dire pour quelle raison elle t'a menacé ? »

__Nouveau silence. Quelques perles de sueur pour exprimer un malaise vide de mots. Mentir à son suzerain et craindre que la vérité ne le rattrape et le condamne aux pires sévisses, ou révéler la vérité et s'exposer à une sentence incertaine, et de ce fait plus redoutable encore ? Voilà le dilemme auquel cet homme était confronté. D'aucuns disent que les si les deux seuls issus du fuyard conduisent à deux salles de tortures différentes, le plus judicieux reste encore de choisir celle disposant des outils les moins adaptés à un séjour prolongé.

__« Pitié messire ! implora le laquais en mettant les deux genoux à terre. Pitié, ne me faites rien de mal. J-je ne voulais qu'un.... J-j'ai mal agis. J-je ne... »

__« Suffit, coupa Tybolt, calmement. Relève-toi. »

__En même temps que l'homme se redressait en ravalant ses sanglots, Tybolt se levait de son siège et le dominant de toute sa hauteur et de toute sa prestance, lui signifia le fond de sa pensée.

__« Ta lâcheté aurait injustement coûté une main à cette femme si je ne t'avais fait quémander. De honte, tu devras te cacher. Et c'est de honte que je m'en vais t'abreuver. Tu choisiras parmi les coursiers de ton seigneur, celui le plus à même de la porter aussi loin qu'elle le décidera. Si lord Sarschamp venait à s'en rendre compte, et croit bien qu'il le remarquera, je t'interdis de révéler la vérité sur ce qui vient d'être dit. Tu devras seul assumer la responsabilité de cette disparition. Va à présent. »

__Les jambes tremblotantes, le palefrenier s'inclina et disparu par l'entrée, laissant son suzerain en terminer avec cette histoire.

__« Je ne connais toujours pas votre nom, fit-il remarquer à la dornienne en soutenant son regard. Je vous présente les excuses de lord Sarschamp à sa place et vous libère séance tenante de toutes obligations envers moi et mes hommes. Puisse votre route se poursuivre aussi loin que vous l'entreprendrez. M'est avis qu'entrer dans ce camp avec une monture et en repartir avec deux devrait grandement vous y aider. »

__Sur ces mots, Tybolt se rassit et, la main leste, s'empara de sa coupe pour se désaltérer d'une longue gorgée de vin. Justice avait été rendue.



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Message Dim 3 Fév 2013 - 15:39

Ma vie était entre ses mains. C'était la première fois que je me retrouvais dans ce genre de situation. Je n'étais pas fière de moi, tout du contraire, mais j'assumerai pleinement les conséquences. Je n'étais pas une lâche. Je savais déjà cela. Lord Lannister se tourna vers son conseiller qui lui indiqua ce qui se pratiquait pas chez lui. Prendre des coups de fouets était moins dramatique que perdre une main. Ma potentielle beauté ne me tenait pas non plus à cœur n'étant la femme d'aucun homme mon dos ne serait une perte pour personne. Je n'avais jamais pensé à la possibilité de me retrouver défiguré. On ne pensait pas à ce genre de choses quand on était un minimum saint d'esprit. Sauf dans ce genre de situation où on sentait dans nos tripes que notre vie était en jeu. Je remarquai qu'il précisait qu'il fallait entendre les deux parties et ne pas juger à la hâte, chose que j'appréciai particulièrement. Au moins n'étaient-ils pas barbares.

Quand je leur indiquai le pourquoi de ma venue dans le camps, le brun fit une remarque sur la pluie qui s'abattait sur la tente. Il avait raison. Un peu tard. Sans doute car nos dieux n'étaient pas les mêmes et que ceux d'ici n'avaient pas de considération pour une dornienne. Je ne faisais que supposer. En tous les cas, je lui étais reconnaissante car il semblait prendre mon parti vu les dires qu'il avait envers le Lord. J'étais soulagée de voir qu'il croyait en ma parole, alors même qu'il ne me connaissait pas. Il désirait faire ce qu'il y a de juste, et mon attention était désormais tournée vers Lord Lannister qui était resté silencieux jusque là.

Il appela un garde, allant dans le sens de son conseiller. Le garde s'exécuta et durant quelques minutes nous nous retrouvâmes tous les trois sans rien dire. Je savais que ce silence était nécessaire. Il était comme une langue qui délie l'esprit. Mes pensées étaient toutefois creuses. J'avais dis la vérité, je n'avais pas de pensée particulière vers telle ou telle personne. Le vide de ma propre vie se fit ainsi sentir. Lord Redwyne retrouverait aisément une personne pour me remplacer, si c'était bien cela qu'il désirait. Un autre chasseur à son service. Je ne pense pas que mon entrevue avec le Lord de Castral Roc l'intéressera, vu le pourquoi de cette rencontre. Il y a des choses qui ne servent à rien d'être ébruité, et je jugeai que celle-ci en faisait partie.

Le manteau rouge revint avec celui que j'avais menacé. Il ne semblait pas à son aise et totalement ridicule soudainement. J'avais l'impression de lui faire peur vu son regard tendu, mais heureusement pour moi il raconta la vérité. Je fus étonnée. Mes traits n'en montrèrent rien comme à leur habitude. Il n'y avait que dans des moments moins solennel où je me laissais aller. Ici, il dépendait de ma vie. Il avait peur. Le palefrenier se retrouva à genoux, suppliant son suzerain comme un moins que rien. La scène me sidérait, simplement car j'aurai cru qu'il avait plus de respect envers sa personne. Tybolt Lannister s'avança vers lui, son charisme écrasant l'homme à terre avant de prendre la parole. Ce qu'il lui demanda de faire allait au delà de tout entendement. Du moins pour ma personne. J'étais touchée du « dédommagement », bien que garder ma main me suffisait amplement. Le palefrenier se retira en courant tandis que Lord Lannister s'installait tout en prenant un verre en main.

Ses yeux se portèrent dans les miens avec une intensité que les miens reflétaient.

- Je me nomme Shaelya. Pour vous servir.

Je disais vrai. Il méritait tout mon respect et plus encore pour le verdict qu'il venait de rendre. Ainsi, je me permis de rajouter suite à ses paroles quant à ma délivrance de cet entretien.

- Je vous remercie de votre justesse. Et j'aimerai, si vous le permettez, vous être utile, au moins une fois.

Je n'avais pas d'idée particulière derrière la tête, mais me permis d'expliciter ma proposition :

- Vous possédez de nombreux hommes de confiance, je ne le conteste pas. Mais vous venez de faire bien plus que de sauvez ma main. Vous m'offrez ce cheval. Alors j'ai une dette envers vous et j'aimerai que vous me permettiez de m'en délivrer.

Je n'osai refuser le cheval, cela reviendrait à contester ce qu'il venait de décider et cela n'était pas du tout mon intention.

La pluie continuait à s'abattre cruellement au dessus de nous. Je n'avais pas forcément envie de sortir maintenant, mais je m'y plierai. Mais pas avant d'avoir entendu sa réponse.
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