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Missive de lord Tybolt Lannister à lord Jasper Arryn

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Seigneur Suzerain de l'Ouest
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Tybolt Lannister
Seigneur Suzerain de l'Ouest

Général
Gouverneur de l'Ouest et
Bouclier de Port-Lannis

HEAR ME ROAR

♦ Missives : 1880
♦ Missives Aventure : 52
♦ Age : 30
♦ Date de Naissance : 04/10/1987
♦ Arrivée à Westeros : 01/10/2012
♦ Célébrité : Bradley James
♦ Copyright : Me
♦ Doublons : Sir Corbac
♦ Age du Personnage : 27 ans
♦ Mariage : ~
♦ Lieu : Castral Roc
♦ Liens Utiles :
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Message Dim 7 Oct 2012 - 22:08

°•

__Le septuaire privé de mère avait toujours laissé une étrange impression à Tybolt. Comme si la présence de Lady Jessica ne l'avait jamais vraiment quittée. Où qu'il portât ses yeux noirs de chagrin, la pièce ne lui offrit pourtant aucune chaleur, aucun réconfort, ni aucune aide d'une quelconque forme. En cette heure funeste, juste il était de croire que les Sept l'avaient abandonné.

__Plié par la tristesse qui le dévorait de l'intérieur, Tybolt se trouvait adossé à l'autel funéraire où les soeurs du Silence avaient soigneusement apprêté Maura pour son dernier voyage. Tout courageux qu'il avait toujours été, il n'avait su trouver en lui la force de la regarder, de contempler une dernière fois son visage endormi, de peur que cette vision embellie de la mort ne lui restât à jamais graver dans la mémoire. Or ce n'était pas cette représentation qu'il voulait garder de sa femme, mais celle qu'elle avait elle-même cousue et placée en lui de son vivant. Celle d'une femme rayonnante, belle, et incroyablement tenace, qui longtemps après lui avoir tenu tête avait fini par se révéler une admirable femme de coeur et d'esprit. Cette femme dont Tybolt ne pouvait que tenir la main froide et sans vie, comme on s'accrochait à quelque chose de bien réel pour ne pas croire au cauchemar.

__La pulpe de ses doigts avait beau caresser le dos de sa main, son corps tout entier véhiculer l'ardeur de la colère et du désespoir, la main de Maura Lannister demeurait et demeurerait à jamais d'une froideur de glace ; comme un dernier coup de poignard infligé à un être déjà meurtris pour lui assurer que jamais plus elle ne réagirait à la moindre de ses étreintes. Pris soudain de nausées, Tybolt se leva et cahin-caha trouva la sortie. Les deux manteaux rouges plantés devant la porte du septuaire s'écartèrent, l'un s'enquit immédiatement de l'état de son suzerain tandis que l'autre tendit maladroitement son bras pour tenter de le saisir. Courbé, mais pas au point d'en rendre tripes et boyaux, Tybolt leur fit signe de reculer d'un simple geste de la main. S'efforçant de retrouver le contrôle de sa respiration, il quémanda plume, encre et parchemins à la bibliothèque du Lion Gris.

__« Maintenant ! cria-t-il âprement, en n'entendant pas les talons des deux gardes virés prestement de bord et s'éloigner en réponse à ses exigences. »

*
Lord Jasper,

J'ai eu beau m’interroger, chercher une formulation qui allégerait la lourdeur de ma tâche, je n'ai rien trouvé qui puisse sincèrement changer la terrible nouvelle que je me sens le devoir de vous apporter. Sachez que votre soeur, ma bien-aimée épouse, n'a pas survécu à son accouchement. L'enfant non plus. Il me coûte de vous l'annoncez ainsi, et de ne pas avoir choisi détour plus long, mais comprenez que mon chagrin en pâtirait d'avantage, si cela est encore possible.

La perte est immense pour moi, pour le Roc, mais je ne saurais imaginer la perte que cela représentera pour vous et pour votre peuple. S'il vous est encore possible d'accepter quelque chose de moi, acceptez le témoignage de mon regret le plus intime et de mes plus sincères condoléances. Les Sept n'auront pas jugé bon de nous épargner, vous et moi, d'un sort aujourd'hui funeste.

Je suis conscient que nos échanges passées vous pousseront à émettre certaines réserves à mon égard, peut-être même à m'affubler du pire. Sachez toutefois que mon amour pour votre soeur ne saurait disparaître avec elle, non plus que je ne peux oublier tout ce qu'elle m'a apporté. Si un souhait elle avait seulement pu formuler avant de nous quitter, je sais qu'elle aurait fait celui de reposer dans le Val, plutôt qu'ici, au Roc. Le Val était sans comparaison possible la terre la plus chère à son coeur dans toutes les Sept Couronnes. Et notre enfant, le plus beau cadeau qu'il lui avait été donné de désirer.

En conséquence de quoi, moi, lord Tybolt Lannister, seigneur suzerain des Terres de l'Ouest, gouverneur de l'Ouest, et bouclier de Port-Lannis, m'engage par la présente missive à faire tout mon possible pour que le corps de ma regrettée épouse et de notre enfant soient, avec votre accord, conduits sur vos terres pour y reposer sous le regard bienveillant des Sept. Pour leur bien, je souhaiterai que nous puissions nous retrouver face à face pour convenir du déroulement des évènements. Aussi, veuillez accepter mon invitation à séjourner au Roc le temps qu'il vous conviendra d'y rester.

Sachez vous préserver des maux de ce monde, m'aviez-vous écris il y a longtemps. Ces maux ne me sont plus rien aujourd'hui comparé à ce que je viens de perdre. Puisse seulement les Sept nous soutenir tous deux dans cette épreuve.


Lord Tybolt Lannister

__Tybolt se cala contre le dossier de son siège. Le visage impénétrable, il ne se donna pas la peine de relire le contenu de sa missive. Son regard d'un bleu terni était tout entier attiré par la flamme des bougies posées sur la table.

__Il savait qu'il prenait la bonne décision. Il ressentait le déchirement qu'elle lui infligeait. Cette terrible douleur qui lui rongeait l'estomac et remuait en lui comme une anguille. Seulement sa conviction était plus forte, et elle lui dictait de ne pas séparer la mère et l'enfant, de ne pas séparer la soeur et le frère, de ne pas séparer la femme du Val et le peuple du Val, même si pour cela, il devait lui s'éloigner d'eux... A l'heure du dîner, la seule servante autorisée à entrer dans la pièce saisit la missive soigneusement enroulée en recevant pour ordre de la donner à son frère et conseiller afin qu'il la cachette et l'expédie vers le Conflans où lord Arryn se trouvait aux dernières nouvelles.

__La bibliothèque du Lion Gris offrait une sérénité que nul autre endroit du Roc ne pouvait proposer. Quand la porte se referma derrière la servante, il y eut comme un malaise à voir le seigneur de l'Ouest fermer les yeux, prendre une profonde inspiration, puis finalement basculer vers l'avant pour se prendre la tête entre les mains.


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Message Dim 4 Nov 2012 - 19:54

     Longtemps Jasper arpenta le bois sacré de Vivesaigues. Il n'avait aucune affinité d'aucune sorte pour la religion des anciens dieux et s'y cloîtrait point pour prier, mais il reconnaissait à l'endroit bien des charmes, entre autres celui d'offrir à ses visiteurs le calme et la sérénité des temples oubliés. L'annonce de la mort de lady Maura, sa sœur aînée, provoqua en lui tant d'émotions diverses et pénibles dans leur contradiction qu'il ne sut rien faire que marcher dans le château, dédaignant de répondre aux interrogations muettes de ses hôtes qu'il se contenta d'ignorer en leur laissant entre les mains le triste vélin couvert de l'encre assassine qui portait de si noires nouvelles. Qu'aurait-il pu leur dire, de toute façon ? Les mots demeuraient coincés dans sa gorge et ses lèvres, éperdument closes, semblaient piégées dans le givre d'un chagrin froid comme les neiges éternelles. Durant un court instant, après avoir relu les mots de son beau-frère, Jasper en omit tout le reste et oublia absolument qu'il avait assisté, quelques jours auparavant, à une page de l'histoire du royaume. Quelle importance pouvait avoir à ses yeux la rébellion Feunoyr avortée, quand dans l'Ouest sa sœur était morte de la façon la plus injuste qui fût ? Jasper cherchait en vain à comprendre, et trouvait refuge dans la colère sourde et muette qu'il dirigeait tout droit contre lui-même. Qu'avait-il pu faire de si terrible pour qu'ainsi les dieux le punissent ? N'avait-il pas déjà maintes fois payé ses erreurs passées ? Aurait-il encore à souffrir des conséquences de ses actes manqués ? Longtemps il demeura sous la tempête qui s'agitait dans son crâne, et quand on s'inquiéta de le voir négliger de prendre ses repas aux heures prévus, il accueillit ces bienveillantes sollicitations avec toute la politesse émue que porte le silence de la tombe. Certains auraient même pu dire qu'avec lady Maura était mort lord Jasper et d'une certaine façon, cette observation gênée n'était pas loin de la réalité.

     Ce n'est qu'au couchant qu'il gagna les quartiers du mestre de Vivesaigues auquel il dicta une réponse qu'il ne se sentait guère la force d'écrire lui-même. Il ne savait pas d'ailleurs ce qu'il pouvait écrire ou répondre à son beau-frère, qui l'avait habitué à davantage de morgue et de suffisance. À la lecture du corbeau de lord Lannister, Jasper n'avait immédiatement su quoi penser du respect dont faisait preuve celui qui, jusqu'à présent, lui avait toujours refusé cette considération. L'événement soulevait désormais bien des questions, mais aussi des réponses à celles demeurées en suspens après le tragique épisode à Hautjardin. Plus rien n'obligeait encore son beau-frère à garder la posture officielle de l'allié du Val d'Arryn, posture déjà mise à mal par la brouille entre les deux suzerains. Ces questionnements lui donnaient la nausée. Sa sœur était morte, et c'était bien tout ce que Jasper était capable de comprendre : le reste, sans l'ignorer, il le rejetait. Le temps viendrait pour ces choses-là et à vrai dire, quelle importance ? Loin d'imaginer que ce décès trop prompt et trop brutal allait améliorer miraculeusement ses rapports avec Castral Roc, Jasper dicta sa réponse d'une voix lasse et monocorde, et le Mestre eut à cœur d'écrire mot pour mot ce que le seigneur des Eyrié lui dictait.

     « Lord Lannister,

     Votre attention vous honore et je partage votre douleur. Je vous exprime à mon tour mes plus sincères condoléances. J'apprécie la bonté de votre invitation mais je me dois de la décliner, car il serait honteux et malhonnête de ma part d'accourir pour précipiter le départ des restes terrestres de ma sœur et de l'enfant. J'aurais l'impression d'agir comme un homme plein de mépris et de morgue pour les choses sacrées et surtout, en agissant de la sorte, je croirais vous voler votre deuil et vous priver donc du remède que la piété offre à la souffrance d'une perte si éprouvante. Même si mes premières pensées réclament la présence de Maura pour la pouvoir pleurer comme il se doit, au plus profond de moi je crois juste de vous laisser le temps de faire le deuil de celle qui fut votre amie, votre épouse et plus encore en ce monde. Que lady Lannister demeure en vos cryptes pour encore quelques temps. Les dieux m'en sont témoins, je ne veux l'arracher de vos bras comme un voleur le ferait de votre bourse. Quand les fureurs du chagrin s'éteindront, je viendrai jusqu'à la Dent d'or et nous réglerons notre différend. Quand l'orage fer-né prendra fin, j'escorterai la dépouille de ma sœur jusqu'à la forteresse de nos ancêtres où je la confierai au sommeil éternel selon les rites des Eyrié, mais en attendant je veux et j'ose exiger qu'elle demeure à Castral Roc comme votre épouse, car c'est vous que la perte afflige le plus. Quant à l'enfant, si vous estimez que sa place est auprès de sa mère, je me range à ce choix que la raison éclaire.

     Lord Jasper Arryn »


     La peine lui figeait les mains. Que restait-il à présent de sa grande sœur, de cette femme qu'il avait tant aimée, tant détestée ? Rien de plus qu'un cadavre brisé par cette grossesse fatale et misérable. Jasper craignait de ne pouvoir jamais séparer l'événement de son issue, et cela entachait considérablement l'opinion déjà très affaiblie qu'il avait de son beau-frère. La vision du jeune homme était peut-être naïvement influencée par sa religiosité, mais il ne pouvait s'empêcher à cet instant de considérer lord Tybolt Lannister comme l'homme qui avait planté dans les entrailles de sa sœur aînée les semailles qui aboutirent à cette moisson meurtrière. Il n'ajouterait rien à ce courrier. S'il avait des choses à dire à celui qui n'était plus son beau-frère qu'en souvenir de l'épouse défunte, il les lui dirait de vive voix, lors de leur rencontre prochaine aux portes des terres de l'Ouest. Une rencontre que le jeune faucon appréhendait avec autant de scepticisme qu'un mestre attend le retour des dragons. Ô dieux, qu'avez-vous donc en tête pour ainsi vous jouer des hommes et des femmes de ce monde ?
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Message Mer 7 Nov 2012 - 11:39

____La pluie fine s'abattait froidement sur la seule fenêtre que comptait le salon. Dehors, le ciel était d'un noir d'encre, quelquefois éraflé d'un éclair à la robe nacrée. La petite pièce précieusement meublée offrait en cette nuit d'automne une ambiance tamisée grâce au seul feu lové dans l'âtre de la cheminée. Courbée, le bras gauche appuyé sur la frise, l'autre tendu vers le feu en pointant un tisonnier, la silhouette du suzerain de l'Ouest se découpait nettement dans le halo orangé. Le silence régnait en maître dans cette partie reculée de la forteresse. Nul bruit de pas, nul éclat de voix, ne venait couvrir les doux craquements du bûcher ardent, à la grande satisfaction du maître des lieux qui prisait justement cet endroit pour sa tranquillité.

____Serein, Tybolt Lannister était pleinement conscient du tournant qu'il s'apprêtait à donner à la relation houleuse entre le Roc et le Val. Sa tâche ne lui paressait plus aussi insurmontable qu'aux premières heures du crépuscule. Cela, il le devait volontiers à la lecture de la dernière missive de lord Arryn et à la confiance qu'il avait placé dans le précepte de son père : un lion ne saurait être redoutable, s'il n’a pas d’idéal, pas de religion, pas d’opinion politique, pas de courtoisie, pas d’éducation. L'espoir qu'un changement de cap modifierait la donne était permis, même si la satiété du dénouement ne dépendait, au fond, que du bon vouloir des deux parties, non seulement d'un seul.

____En conséquence de quoi, Tybolt Lannister n'éprouva ni surprise ni appréhension lorsque la porte du salon pivota pour laisser entrer les lords Royce et Rougefort, à qui le commandement de l'ost Arryn envoyé sur les Terres de l'Ouest était échu depuis leur départ du Val. Tybolt les accueillit avec déférence, lâchant momentanément le tisonnier pour se redresser et saluer ses invités d'une inclination de la tête. La relation entre les trois hommes se trouvait si rassasiée de leurs tumultes passées que leur silence pesant, presque gêné, apparut comme une simple formalité. Dans ce climat de tension palpable, Tybolt croisa à tour de rôle les regards pointés dans sa direction et après un temps résolument trop long, abaissa le sien sur la table centrale, en bois de châtaigner. Là, gisait étalé un long rouleau de parchemin que tous, dans cette pièce, savaient être le contrat de mariage consentit par l'Ouest et le Val à l'heure de l'union de leur maison suzeraine. Ce même contrat par lequel l'ost Arryn avait pris position dans l'Ouest.

____« Lord Royce ? l'interpella Tybolt. Auriez-vous l'amabilité de me rappeler les termes du contrat de mariage au sujet de l'ost Arryn ? »

____Le seigneur de Roches-aux-Runes fronça les sourcils, feignant l'incompréhension. Mais le ton étonnement sirupeux et le regard soucieux du gouverneur de l'Ouest l'encouragèrent à s'approcher de la table pour y faire état d'une réponse.

____« Comme convenu entre les lord Lannister et Arryn, l'ost du Val accompagnant, pour sa sécurité, lady Maura Arryn sera laissé à disposition de ladite dame à la suite de son mariage afin qu'elle pourvoit, avec les bons conseils de son époux et mari, lord Lannister, à la défense de sa nouvelle patrie contre l'offensive ignoble de lord Greyjoy et de son peuple infâme dans la mesure des moyens fournis par son frère par la présente clause de ce contrat. Pour ce faire, grâce à l'obligeance et à la fidélité des vassaux des Eyrié, une levée partielle du ban de l'Est a été effectuée. Afin d'en parfaire l'exécution totale, le devoir et les droits de lord Arryn sur les dits vassaux ont été transférés, dans sa grande bonté, à sa sœur la dite dame Maura Arryn de façon temporaire qui agira dès lors comme sa mandataire, avec les bons conseils de son époux, dans les relations entre la maison Arryn et ses vassaux présents sur les Terres de l'Ouest. Cette disposition ne devra en aucun cas présumer des droits du seigneur suzerain de l'Ouest et il est convenu que les membres particuliers de l'ost du Val seront soumis à la haute justice de lord Lannister ainsi que des vassaux dudit seigneurs s’ils sont stationnés sur leurs terres. »

____En tout état de cause, Tybolt connaissait ce texte sur le bout des doigts et n'avait nul besoin qu'on le lui récite. Sa démarche était toute autre qu'elle ne le laissait paraître : rappeler les termes précis dudit contrat à ceux qui avaient été chargés de les appliquer au nom du seigneur des Eyrié.

____« Mais encore ? »

____Lord Royce décocha, par-dessus son épaule, un regard scrutateur au seigneur de Rougefort, sous l’œil attentif de Tybolt qui conserva un silence quasi méditatif. N'obtenant de son homologue qu'un hochement de tête qui le sommait de poursuivre, lord Royce poursuivit non sans risquer un coup d’œil méfiant vers son hôte.

____« Si la situation contraire venait à advenir, à la mort de lady Maura Arryn, lord Lannister conserverait le pouvoir de proposer les meilleures solutions et de conseiller les seigneurs Royce et Rougefort à la tête de l'ost du Val jusqu'à extinction de la menace immédiate causée par les raids fer-nés et leur retour auprès de lord Arryn. »

____Tybolt abaissa les yeux sur le sol et sachant dorénavant l'auditoire tout acquis à sa cause, lui tourna le dos pour saisir le tisonnier dont la pointe recourbée avait pris une inquiétante lueur rougeâtre au contact soutenu du brasier. En se retournant, son regard balaya sans inquiétude les mains de ses hôtes posées sur la garde de leur épée comme une mesure de protection face à celui qui les avait si peu considéré jusqu'à maintenant. Peu soucieux de leur en vouloir malgré qu'ils fussent tous deux invités sous son toit, le gouverneur de l'Ouest s'approcha de la table ; en même temps que lord Royce s'en écartait ; et d'un geste particulièrement précis, brûla les passages qui venaient tout juste d'être récités à voix haute en s'aidant du tisonnier et d'un linge légèrement humidifiée pour ne pas laisser la brûlure s'étendre au reste du contrat. Après quoi, le plus simplement du monde, il retourna devant l'âtre pour y poser l'objet de toutes les attentions.

____« Que lisez-vous à ce sujet désormais ? »

____Un mélange de stupeur et d'incompréhension profonde perça les prunelles des deux seigneurs quand Tybolt se retourna pour les interroger du regard. L'échange circonspect qui s'en suivit manqua de crisper davantage, si c'était possible, la mâchoire des deux hommes.

____« Je ne suis pas certain de comprendre lord Tybolt ? risqua finalement le seigneur de Roche-aux-Runes. »

____Et comment, songea Tybolt en s'avançant vers la fenêtre pour y contempler le peu de ciel obscur que les gouttes d'eau ruisselantes laissaient entrevoir.

____« Prenez, je vous prie, ces paroles comme mon seul et unique conseil, répondit-il, armé d'un calme presque prodigieux pour qui l'avait connu avant la mort de sa femme. Préparez-vous à lever le camp afin de retourner auprès de votre seigneur à Vivesaigues et d'y recevoir votre nouveau commandement, car ici s'arrête l'aide loyale et gracieusement offerte par le Val aux Terres de l'Ouest dans leur lutte contre la menace fer-nés. En considération de quoi, moi, Tybolt Lannister, seigneur suzerain des Terres de l'Ouest, gouverneur de l'Ouest, et Bouclier de Port-Lannis, vous demande de rapportez à votre seigneur et maître mes plus sincères remerciements et le gage que je n'oublierai pas l'aide qui me fût si précieusement offerte de bon coeur. A titre personnel, vous serez tous deux, lord Royce, lord Rougefort, ainsi que tous ceux de vos gens qui souhaiteront séjourner dans l'Ouest d'avenir, reçus avec les honneurs qu'il sied de donner aux hommes venus en amis défendre nos terres. »

____La surprise entrouvrit deux bouches béates de l'autre côté de la pièce. Leurs propriétaires échangeant coup pour coup des regards presque aussi médusés qu'ils semblaient se demander muettement s'ils n'étaient pas les victimes d'un quelconque maléfice.

____« Mais, lord Tybolt, notre mission est de défendre les Terres de l'Ouest contre les fer-nés, déclara lord Rougefort, incapable de froncer les sourcils malgré que la situation s'y prêtât. La menace pèse toujours sur vo... »

____« Je considère votre mission accomplie lord Rougefort, l'interrompit calmement Tybolt en lui présentant des traits tirés vers le sourire, bien que ses lèvres ne présentèrent aucune courbure. »

____L'étonnement passé, lord Royce délaissa la garde de son épée pour glisser ses pouces derrière sa ceinture. Tybolt vit clairement ses lèvres remuées mais sans qu'aucun son d'aucune sorte ne lui parvint, pas même un marmonnement. Finalement, l'homme poussa un reniflement sensé passer pour un soupire.

____« Me permettez-vous de parler en toute franchise ? Tybolt acquiesça. Je ne croyais pouvoir dire cela d'un Lannister un jour, encore moins de vous, mais vos décisions vous honorent. Nous lèverons le camp sous peu avec la fierté d'avoir humblement servi les intérêts de notre seigneur suzerain. »

____Les deux hommes saluèrent dignement leur hôte et entreprirent de se retirer quand la voix de ce-dernier les reteint une ultime fois.

____« L'honneur n'est pas une qualité qu'on prête aux Lannister. »

____Les lord Royce et Rougefort échangèrent un nouveau regard et tandis que le premier entreprenait de passer la porte, le second répondit avec un sourire crispé.

____« Alors il faut croire, votre seigneurie, que la regrettée dame des Eyrié vous ai finalement laissé un héritage de grande valeur avant de s'éteindre. »

____La porte claquait derrière lui, laissant le suzerain de l'Ouest planté devant une fenêtre à y regarder l'horrible reflet de l'homme qu'il avait été.


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