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Un baiser qui guérit [Daeron]

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Message Dim 7 Oct 2012 - 1:23

Un baiser qui guérit

« Alors, ma jolie, on se promène ? » Comprenant par miracle que l'on s'adressait à elle, Alys se retourna. Oui, elle se retrouvait encore à se promener seule dans les rues de Port-Réal mais c'était toujours bien malgré elle. Et, cette fois-ci, elle était justement en train de chercher les deux hommes de la garde de son père auxquels son frère Theodan l'avait confiée. Cette ville était décidément trop grande pour une petite personne comme elle et il fallait toujours qu'elle se laisse entraîner par les courants et, surtout, toutes les merveilleuses choses qu'il y avait à voir un peu partout. Avisant le badaud qui l'avait apostrophée, la demoiselle répondit tout sourire. « Oui, monsieur, je me promène. En fait, j'ai perdu mes accompagnateurs. Peut-être les auriez-vous vu ? Deux hommes en armes portant la livrée de Grigibets, d'azur au pendu de sable. » L'inconnu, totalement incapable de placer cette ville sur une carte répondit néanmoins avec un sourire teinté d'une ombre que la candide lady ne perçut pas. « Justement, j'ai vu ces messieurs une minute plus tôt. Venez avec moi que je vous montre le chemin. » Il est fort probable que n'importe qui aurait pu flairer le piège. A plusieurs lieues, probablement. Cependant, la jeune Alys n'avait aucune raison de se méfier d'un homme qui disait vouloir l'aider. Après tout, personne ne lui voulait de mal à Grigibets où elle avait passé sa vie. Elle n'avait sur elle pas d'argent à voler et elle ignorait que ce n'était pas la seule chose qui intéressait les personnes aux intentions malveillantes chez une femme. Aussi suivit-elle joyeusement celui qu'elle prenait pour un bienfaiteur, sans d'abord prêter attention aux environnements qu'ils traversaient.
Sur le trajet qui la menait doucement à sa perte, Alys réussit à l'entretenir sur les différentes herbes que l'on trouvait dans les bois de l'Orage et, bien sûr, sur ses précieux oiseaux. L'homme faisait parfaitement semblant de trouver grand intérêt à ses explications alors elle se faisait un plaisir d'entrer dans des détails qui auraient barbé un mestre. Quand ils atteignirent le bas de la Colline de Rhaenys pour entrer dans le quartier de Culpucier, elle perdit peu à peu le fil de ses pensées rêveuses pour s'intéresser à ce qui l'entourait. Il n'y avait plus de joyeux marchands, ni d'amuseurs publics, ni de nobles profils ici. Des mendiants étaient affalés un peu partout contre les façades et la regardaient comme on ne l'avait jamais regardée auparavant. Avec une convoitise sale et dérangeante. Un frisson s'empara d'elle et elle ressentit le besoin subi d'appeler le nom de son frère, Lorant, afin de le voir surgir pour la rassurer. Il le faisait toujours. « Etes-vous certain qu'ils sont allés dans cette direction ? » Demanda-t-elle d'une petite voix. « Oui » Répondit son guide dans l'aisance s'était affirmée au fur et à mesure de leur infernale descente. Il tendit le doigt vers une taverne derrière laquelle s'embranchait une rue et précisa : « C'était juste là. » La naïve enfant se ragaillardit, imaginant déjà les plaisanteries qu'elle lancerait à ses gardiens quand elle les retrouverait. Malheureusement, quand elle tourna dans la rue désignée, elle se rendit compte qu'il s'agissait d'une voie sans issue. Évidemment, il n'y avait personne d'autre. « Ils ne sont pas là » souffla-t-elle, à peine conscience d'enfoncer une porte ouverte. Elle n'avait pas encore compris qu'elle était tombée dans un piège. L'inconnu qu'elle avait suivi haussa les épaules avant de déclarer sombrement : « On dirait que tu vas devoir te contenter de moi, petite. » Alys eut le temps de battre une fois des cils et l'individu l'attrapa par le cou pour la plaquer plutôt violemment contre la façade de la taverne. Elle entendit alors un son très strident et s'aperçut que c'était elle qui criait. Malheureusement, ce son se mêlait trop bien avec l'insalubrité de ce quartier et il y avait fort à parier qu'il attirait plus de spectateurs que de sauveurs. Pourquoi ce genre de choses lui arrivait-il à elle ? Elle n'avait rien fait pour mériter cela. Rien du tout. Les Sept ne pouvaient définitivement pas regarder cela sans intervenir. C'était trop injuste. Ils ne pouvaient pas. Révoltée, la jeune femme abattit ses deux mains sur le visage de son agresseur et commença à le griffer, s'imaginant une nuée d'oiseaux en colère et disposés à l'aider. « Lâchez-moi ! » hurla-t-elle en lui donnant un coup de pied qui lui fit en définitive plus mal à elle qu'à lui. Le guide malveillant attrapa une de ses mains dans sa grosse paluche pour l'écarter de ses yeux et cette bête action eut le don de révolter Alys encore plus. C'était la main sur laquelle Daeron avait déposé un baiser en la quittant la veille. Elle l'avait depuis préservée précautionneusement de tout autre contact et voilà que ses efforts étaient gâchés par un vieux dégoûtant. « Ne me touchez pas ! » s'égosilla-t-elle en s'agitant tellement qu'elle parvint à se dégager cette fois. Vite, elle commença à courir pour sortir de la ruelle mais son agresseur fut plus rapide que ce à quoi elle s'attendait et il eut tôt fait de la rattraper. Dans une bourrade, il la fit tomber sur le sol en terre battue et agrippa d'une poigne de fer ses fins cheveux d'or blanc, tellement caractéristiques de la famille Targaryen. Pourtant, il n'avait encore aucune idée du courroux auquel il s'exposait. Comme Alys continuait à crier, l'autre hurla plus fort. « Tu vas la fermer, petite garce ?! » N'ayant pas dit son dernier mot, la lady imita une nouvelle fois la nature en agrippant le coude du bras qui la tenait et en plantant ses jolies dents dans la chair offerte du bourrin. Ce dernier lâcha un juron de douleur et de surprise puis lâcha complètement prise. La cadette Trant se recroquevilla alors sur elle même, toujours à terre, et se prépara à encaisser le coup de pied qu'elle sentait venir. Elle ne pleurait pas encore. Pas encore...
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Message Sam 17 Nov 2012 - 16:25

Daeron était plongé dans la bienfaisante torpeur du sommeil. Il se sentait bien, pour une fois. A vrai dire, il lui semblait aller mieux ces temps-ci. Mais l'ombre noire qui l'étouffait d'habitude ne s'était écarté qu'un bref instant, histoire de lui faire profiter d'un peu de douceur avant de l'engloutir à nouveau. Il le savait. Il le sentait. Et il était prisonnier, incapable de faire quelque chose pour s'aider. A vrai dire, le voulait-il? Non. Il était tellement plus simple, tellement plus facile de se laisser aller, d'abandonner, de lâcher prise. Car lorsqu'il s'éveillait, lorsqu'il gravissait parfois avec difficulté la pente raide qui le menait à la vie qu'il aurait avoir, l'homme qu'il aurait dû être, il retombait, toujours. Et la chute était douloureuse, encore plus pénible que la montée. Dans son sommeil, il était calme, ses yeux injectés de sang, hurlant à tous son manque constant étaient clos, et son visage serein. Seul le léger tremblement de ses mains montraient à quel point la soif était là, toujours présente, n'attendant que le réveil pour se faire sentir.
Daeron fut brusquement réveillé en entendant un hurlement, et pourtant, son corps était engourdi. Il vit un visage terrifié, entouré d'un halo de cheveux si blond qu'on eut dit qu'il était baigné par la lueur de la lune. Une belle apparation, songa t-il, sentant un léger sourire fleurir sur ses lèvres. Mais pas du tout son genre de femme. Soudain, il aperçut également un homme qui maltraitait la jeune femme. Fronçant les sourcils, Daeron regarda de plus près le visage de la jeune femme. Il n'y avait qu'elle, elle et l'homme dont il ne pouvait que voir la silhouette menaçante, alors, il comprit. Il voyait. Il en fut horrifié. Une vision. Son sang se glaça dans ses veines tandis que la panique l'envahissait. Mais le pire, le pire fut de reconnaître la victime. Alys. Douce et tendre Alys. Sa propre fiancée. Quand cela arriverait-il? Il ne le savait pas. Mais à sa plus grande honte, il ne s'en soucia pas plus que cela car tout ce qu'il souhaitait, c'était de se réveiller, sortir de ce cauchemar.
Brusquement, il s'éveilla sur un fauteuil, devant une cheminée du Donjon Rouge, tremblant de tous ses membres. Sa dernière vision fut de voir Alys recroquevillée tandis qu'il était arrachée loin, très loin d'elle. Respirant profondément, Daeron se cala dans son fauteuil afin de se vider la tête de toute pensée. C'était dur car il n'aspirait qu'à une seule chose: boire. Alys n'était pas en danger, essaya t-il de se convaincre. Et puis, personne n'oserait s'attaquer à elle à moins de souhaiter mourir, et puis, jamais elle ne devait se promener seule, que ce soit ici même, dans les couloirs du donjon, ou à l’extérieur. Il tenta de se rassurer, peut-être que ce n'était qu'un mauvais rêve après tout? Pas forcément une vision? Il tendit la main vers un pichet rempli de vin à ras bord, se demandant comment il pouvait être plein -sauf si une servante était entrée pour le lui remplir?- et tandis qu'il se servait généreusement dans une coupe, il la laissa presque choir sur le sol. Et si c'était lui? L'homme qui faisait du mal à Alys? Si c'était à lui qu'elle lançait ce regard, empli de terreur? Avec un haut le coeur, il reposa rapidement sa coupe pleine tandis qu'il se levait rapidement. Trop rapidement pour lui car aussitôt, sa tête se mit à tourner tandis que ses tempes éclataient. Il avait l'habitude d'être dans un état comme celui-ci, mais il n'avait pas l'habitude de se soucier des autres personnes. Pas même de ses propres soeurs et pourtant, Alys occupait ses pensées. Avant, c'était une inconnue, une étrangère qu'il devait épouser, mais désormais, il la connaissait et s'en voulait. Tout aurait été tellement plus simple si ça avait été une jeune fille douce et soumise, sans caractère, et laide. Daeron se rassit, avala la coupe, puis, saisissant le pichet, sortit de la pièce. Ses vêtements étaient froissés et tâchés, mais personne ne se souciait de lui alors peu lui importait.
Progressant dans les couloirs les moins visités, Daeron arriva rapidement à dans la cour et jeta sa coupe ainsi que le pichet -vides-. Soif. Il avait soif. Il devait boire. Ce fut d'un pas assuré qu'il s'élança vers Culpucier, là-bas, il avait tout ce qu'un homme pouvait désirer, du vin et des filles. Sa vision et Alys étaient totalement oubliées, tout ce à quoi Daeron pensait, c'était à se divertir, oublier les journées qui passaient, comme d'habitude. Lorsque les pavés disparurent pour laisser place à la boue de Culpucier, Daeron se sentit heureux. Là, au milieu des filles de joies et des mendiants, il se sentait beaucoup mieux qu'avec les courtisans qui l'observaient comme si il était une bête de foire, se demandant encore ce qu'il allait faire pour jeter l'opprobe sur le nom des Targaryen.

« Pauv' tite. En mêm' temps, v'nir ici! » lança une vieille femme en resserant ses haillons sur son corps maigre, en secouant la tête dans tous les sens. Mu par un instinct, Daeron s'arrêta brusquement et demanda « Et elle ressemblait à quoi la petite? » Sa voix était lente, traînante, mais elle restait quand même trop distinguée pour n'être que celle d'un ivrogne notoire. La mendiante dut le sentir et essaya de lui soutirer de l'argent. Lorsqu'il fut clair que Daeron ne lui donnerait rien, elle hésita à s'en aller, mais quelque chose dans le regard de Daeron la dissuada. Un regard de fou. « Beeen, on aurait dit une de ces dragonnes. Vous s'vez, ces Targaryennes... mais... c'pas possible n'est-ce pas mon bon seigneur? » Tout était possible. Cela, Daeron le savait depuis longtemps. Luttant contre le malaise qui l'envahissait, il trouva la force de demander où elle était partie.
Le plus vite possible, il se dirigea dans la direction indiquée et il n'eut qu'à tourner dans une rue pour aviser une porte ouverte, et les sons étouffés d'une bataille lui parvinrent. Ici on pouvait hurler tant qu'on le pouvait, personne ne viendrait aider. C'était Culpucier. Pour commettre un meurtre, l'endroit était idéal, tous les meurtres étaient les oeuvres des mendiants qui cherchait de l'argent, alors quand un corps était trouvé, même celui d'un noble, chercher le coupable était comme chercher l'aiguille dans le tas de foin.
Il ressembla toutes ses forces et entra dans la pièce au moment où l'homme balançait un coup de pied en direction d'Alys, prostée sur le sol. La soif, et la vision déplorable que lui offrirent Alys, permirent à Daeron de se sentir fort l'espace de quelque seconde. L'homme roula à terre. Daeron n'était pas fort, mais il était grand, ça compensait. Avant qu'il ait pu jeter une autre injure ou tenter de se défendre, le jeune homme envoya son poing dans la mâchoire de l'homme qui se brisa d'un coup sec. Surpris, il se releva vivement, et de nouveau, il se sentit faiblir. La fureur se lisait dans les yeux de son adversaire qui avait lâché un hurlement de douleur. Il se releva rapidement, trop rapidement pour Daeron qui était seulement habitué à quelques batailles de tavernes, et généralement il était trop saoul pour se rappeler de quoi que ce soit. Mais il avait quand même eu une épée dans la main dès son plus jeune âge, il fallait bien que son enseignement lui serve à quelque chose! Même si il préférait faire le mort. Comme il l'avait fait auparavant. Tandis qu'il tombait de nouveau sur le sol, emporté par le poids de l'homme qui commença à le rouer de coup, Daeron sentit une colère intense monter en lui, jusqu'à l'engloutir tout entier. Il était un Targaryen, un Dragon! Et jamais il ne se laisserait frapper comme un malpropre! Un bref instant, Daeron s'écarta. Un instant suffisant pour qu'il réussisse à se saisir de sa dague à sa hanche, et, se rappelant de ses leçons lorsqu'il était enfant, il se fendit en avant. La lame s'enfonça dans l'épaule de l'homme qui hurla tandis que le sang gicla. C'était une blessure superficielle, mais la douleur était très forte.
Rapidement Daeron se pencha et attrapa Alys. Il l'attrapa durement, et il dut même lui faire mal mais lui même ne se rendait pas compte de ce qu'il faisait. Il était sonné, et il mourrait de soif.

« Suivez-moi! » lança t-il à la jeune femme et sans attendre de réponse, il l'entraîna avec elle dehors. Elle devait être effrayée mais Daeron ne fit absolument rien pour la rassurer. Il était fou de rage. Parce qu'il n'était pas à la hauteur, qu'il ne pourrait jamais la défendre, et même si il n'avait aucune fierté la plupart du temps, il se sentait aujourd'hui plus que jamais douloureusement atteint. De plus, cela apprendrait à Alys qu'il ne fallait jamais faire confiance à des étrangers. Enfin après quelques minutes et avec la certitude qu'il avait égaré l'homme, il s'appuya contre le mur d'une maison à l'abandon, lâchant enfin Alys.

« Préparez-vous à passer le reste de vos jours enfermés Alys Trant! » lança t-il brusquement à sa compagne. Il la voyait sans la voir. Sa tête le lançait, et sa pommette droite ainsi que son oeil le lançait, il aurait droit à un oeil au beurre noir et un bleu. Ses articulations des doigts étaient ensanglantés, quand à ses côtes, plusieurs d'entre elles étaient douloureuses. Mais ce qui lui faisait encore plus mal, c'était d'imaginer qu'un être aussi inoffensif qu'Alys ait put souffrir. Enfin, il se calma, et demanda d'un ton légèrement radouci « Vous allez bien? »
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Message Dim 18 Nov 2012 - 21:09

Le coup de pied du scélérat porta et Alys eut l'impression qu'on sonnait les cloches du septuaire à l'intérieur de son corps. La douleur carillonna en elle pendant de longues secondes. Elle étouffa un sanglot, désespérant alors de pouvoir se tirer seule de cette situation. La jeune femme se recroquevilla davantage sur elle-même pour se préparer à recevoir un second coup... qui ne vint pas. Le bruit de bagarre qui suivit par contre l'empêcha de penser à une ruse de son agresseur pour la surprendre. Lentement, elle tourna la tête sur le coté pour voir ce qui se passait. Le malotru était en train de se battre contre quelqu'un d'autre. Un adversaire à sa taille, pensa-t-elle immédiatement en comprenant que c'était un homme. L'espace d'une seconde, elle entrevit le visage de son sauveur et son petit cœur fit un bond dans sa poitrine. Cela ne se pouvait. Forcément, elle avait du rêver. Ses yeux lui avaient montré ce qu'elle espérait voir et non la réalité. A moins que les Sept n'ait pris sa faiblesse en pitié et aient décidé de se montrer généreux en lui envoyant la personne qu'elle avait le plus désiré voir voler à son secours. Daeron Targaryen.
Clouée au sol par ses jambes en coton, la jeune femme regardait de ses grands yeux bleus écarquillés le combat qui était livré devant elle. A chaque coup encaissé par son prince, elle avait mal pour lui, comme si le lien qui les unissait déjà était tellement fort qu'ils pouvaient partager leurs maux. Quand Daeron s'écarta, Alys éprouva l'envie absurde de se cramponner à la jambe de son agresseur pour lui permettre de s'enfuir. L'autre était plus petit mais plus imposant en stature. Soudain, quelque chose changea du coté du prince et sa promise fut incapable de faire quoi que ce soit d'autre que le regarder, le souffle coupé. L'espace d'un battement de cils, elle crut voir d'immenses ailes de dragon flamboyantes jaillirent de son dos. Il tira la dague à sa ceinture et quand il harponna le vilain avec, son regard brillait d'une colère froide et terrifiante. Toujours muette, Alys se dit qu'il était à cet instant la chose la plus magnifique qui lui avait été donnée de voir.

Elle aurait pu rester des heures par terre à le dévorer des yeux s'il ne s'était pas penché pour attraper son bras et pour tirer dessus jusqu'à ce qu'elle se tienne de nouveau sur ses pieds. Après quoi, il l'entraîna vivement dans les rues adjacentes, fendant sans égard la foule qui les arpentaient. La poigne du prince sur son membre si fin lui faisait mal mais elle ne songea même pas à s'en plaindre. Elle lui était bien trop reconnaissante de l'avoir sauvée d'autres bien moins souhaitables. Ses yeux bleus humides braqués sur l'arrière du crâne de Daeron, elle trottinait derrière lui pour parvenir à ne pas se laisser distancer par ses grandes enjambées. Ce ne fut que lorsque son esprit commença tout doucement à s'apaiser qu'elle se rendit compte que ses cotes étaient douloureuses à l'endroit à son agresseur l'avait frappée. Heureusement que Lorant n'avait pas assisté à la scène, songea-t-elle étrangement. Son frère aurait fait pendre cet homme pour avoir osé infliger ce traitement à sa précieuse petite sœur. Cette pensée miséricordieuse en aurait étonné plus d'un. Certes, il l'avait blessée mais Alys avait un cœur trop bon pour vouloir sincèrement qu'il paie de sa vie pour ce crime. Elle ne savait pas s'il méritait sa clémence mais elle ne pouvait pas s'empêcher de vouloir la lui donner. Lorant et Theodan auraient été fous en l'entendant penser ainsi. Le second répétait souvent que la punition était le plus sûr moyen de faire entrer une leçon dans le crâne. Sans doute leur père aurait du lui expliquer ainsi que, puisqu'elle était appelée à devenir une princesse royale, elle allait devoir museler sa bonté que les gens de Port-Réal ne manqueraient pas de confondre avec de la faiblesse. Et de la faiblesse, il ne fallait pas qu'elle en montre. Jamais.

Alys était à bout de souffle quand Daeron décida d'arrêter leur fuite pour la libérer de son étreinte et se laisser aller contre la façade d'un bâtiment. Elle ignorait complètement où ils se trouvaient à présent mais vue la fréquentation de la rue, sans doute s'étaient-ils éloignés suffisamment des bas-fonds de Culpucier.
La menace de son promis la dissuada de relever la tête vers lui et elle garda son visage tourné vers le sol de terre battue. Passer le restant de ses jours enfermée ? Comme un oiseau en cage, songea-t-elle tristement. Elle renifla et se frotta l'oeil gauche d'un geste de la main très semblable à celui d'un enfant qui essaye de ne pas céder aux larmes. Elles n'avaient pas roulé sur ses joues d'ailleurs. Elle pouvait s'en féliciter. La dernière question du jeune homme passa par une oreille et ressortit par l'autre. Apercevant tout à coup les phalanges ensanglantées de Daeron, son petit corps sursauta et elle délogea rapidement un mouchoir brodé à son nom de l'intérieur de sa manche. « Vous êtes blessé », murmura-t-elle de sa voix d'ange qui trahissait à cet instant toute la compassion du monde. Elle prit la main rougie du prince entre les siennes et entreprit de la bander avec son carré de tissu. Elle serra bien le nœud afin qu'il reste en place et, quand son office fut terminée, elle garda les doigts de son promis entre les siens. L'échine courbée et les yeux toujours rivés sur le pansement de fortune, Alys se mit à trembler. D'abord doucement puis plus ostensiblement. Elle resta de longues minutes silencieuses mais ses épaules tressautaient avec brusquerie. « Je n'ai pas pleuré », glissa-t-elle finalement alors qu'elle était justement sur le point de céder à la pression. Si son cher Lorant avait été là, il l'aurait pris dans ses bras et l'aurait serré très fort contre lui jusqu'à ce qu'elle se sente mieux. Elle avait besoin de cette étreinte. Elle était habituée à cette étreinte. A Grigibets, il y avait toujours quelqu'un pour la consoler et veiller pour elle. Ici, à Port-Réal, tout était grand et froid. Impersonnel. Comment pouvait-il y avoir tellement de monde et pourtant si peu de chaleur ? Alys n'avait jamais été aussi malheureuse qu'à cet instant, parce qu'elle venait de réaliser qu'elle ne retrouverait jamais la chaleur de Grigibets après son mariage. Ce serait définitivement fini. Elle ne pourrait plus y prétendre. Elle aurait un nouveau logis auquel elle devrait s'habituer. Un nouveau logis froid comme la pierre dans lequel il était batti. Lorant ne serait plus avec elle. Ni Theodan. Ni ses parents. Elle aurait une nouvelle famille. Une nouvelle famille en la personne de ce prince qui se trouvait devant elle. Daeron Targaryen. Elle n'aurait plus que lui. Plus que lui sur qui compter. Plus que lui pour lui donner de la chaleur. Il l'avait prévenu la veille qu'il ne pourrait pas la protéger mais c'était bel et bien ce qu'il venait de faire lorsqu'il s'était changé en le puissant dragon de feu qu'il était à l'intérieur de lui. Elle ne pouvait pas avoir peur du froid si ce dragon flamboyant était là, à ses cotés.

Alys hoqueta un sanglot et, sans réfléchir plus avant, fondit dans les bras de Daeron. Ses petites mains frêles agrippèrent fermement le tissu de son pourpoint dans le dos et elle enfouit son visage d'ange brisé dans son cou pour fondre en larmes. Elles étaient silencieuses mais les sursauts dans sa poitrine les trahissaient sans peine. Le nez collé contre la peau de son promis, elle s'imprégnait inconsciemment de son odeur, fruitée comme le vin qu'il buvait quotidiennement sans doute. Celle de Lorant suffisait toujours à apaiser un de ses chagrins d'enfant. Celle de Daeron lui faisait autre chose. Elle resta cramponnée à lui pendant longtemps avant de réaliser qu'elle ne pouvait pas imposer ce contact à une personne de sang royal. Aussi se força-t-elle à abandonner son emprise sur son vêtement et se dégagea de lui pour s'en détourner, une main sur sa bouche et les yeux clos. Elle tremblait encore un peu quand elle murmura : « Veuillez me pardonner. »
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Message Mar 20 Nov 2012 - 14:24

Les yeux fixés sur la tête baissée d'Alys, Daeron tressaillit brusquement. Il lui avait fait mal. Il en était certain. Et pourtant, elle ne pleurait pas. Oh ça, Alys souriait, laissait éclater sa joie, mais elle ne montrait pas ses larmes. Daeron en fut ému. Lui non plus, n'avait jamais pleuré, devant personne, même pas lorsqu'il était enfant. On l'avait élevé comme un Targaryen, pas comme l'héritier, car il n'était pas destiné à l'être, mais comme un prince. Tiré de ses pensées par le mouvement d'Alys qui s'essuya un œil, Daeron ne put s'empêcher de sourire. Elle était là, tête basse comme un enfant pris en faute. C'était une scène touchante. Une scène qui ne devait plus jamais se reproduire. Les traits de Daeron se durcirent tandis qu'il s'écartait de la jeune fille. Il ne lui ferait que du mal, il devait s'éloigner d'elle, il n'était pas digne d'elle. Alors elle remarqua qu'il était blessé et elle lui prit délicatement la main. Surpris, il fixa sa main, il n'avait même pas senti qu'il était blessé à cet endroit là dans sa tête le faisait souffrir, ainsi que d'autres parties de son corps. Mais ce fut surtout la vision de la petite main blanche d'Alys, au long doigts fins tenant la sienne qui le dégoûta de lui-même. Elle lui banda la main et au lieu de la relâcher elle la garda dans la sienne. Surpris encore une fois Daeron ne put s'empêcher de penser que, la veille, elle n'aurait pas fait cela. Mais sans doute lui accordait-elle sa confiance maintenant qu'il l'avait « sauvée ». Il ne l'avait même pas fait exprès, et à vrai dire, si ça avait été une autre femme, il n'aurait même pas bouger le petit doigt pour l'aider. Mais ça avait été Alys et encore une fois, il avait vu. Il aurait du se douter que sa vision allait se produire rapidement. Même si, en réfléchissant, il n'en avait pas les moyens. Certaines choses arrivaient plus vite que d'autres. « Je n'ai pas pleuré » fit-elle tout bas. Daeron ne répliqua rien, il la voyait trembler. Il ne pouvait pas la serrer dans ses bras, d'abord, il estimait ne pas la connaître assez, cela ne pouvait pas lui faire de mal parce qu'elle était sa fiancée mais... Il ne voulait pas. Il ne pouvait pas lui offrir de réconfort. Jamais. Alors il resta droit, concentré sur Alys, ses réactions. Il lisait en elle comme on lisait un livre ouvert. Cette constatation le dérangea. Elle resterait ici, à ses côtés, et pour cela, il faudrait qu'elle se durcisse un peu, qu'elle apprenne à masquer ses émotions, et à les contrôler. Ici, il fallait rester maître de soi, et de la situation à tout moment. C'était pourquoi Daeron se cachait dans les couloirs sombres dès qu'il risquait de croiser des personnes, qu'il fréquentait des lieux où personne n'était censé le reconnaître. Mais Alys elle, ignorait tout cela. Tout ce qu'on avait du lui apprendre, c'était à tenir un foyer. Peyredragon serait le sien puisque Lestival était à son père. Oui. Daeron l'emmenerait à Peyredragon. Sa mère avait du lui parler du berceau des Targaryen. C'était une demeure sombre, effrayante mais c'était le seul foyer que Daeron avait connu, c'était là où il avait passé ses jeunes années. Ils ne seraient pas dérangés là-bas et Alys aurait le temps de s'habituer à tout. Le temps d'apprendre. Tout les deux. Seuls. C'était déplaisant. Daeron n'était pas un bon compagnon, sauf pour les ivrognes. Il n'avait pas de conversation, et faisait tout pour passer inaperçu. Alys s'ennuyerait avec lui. Peut-être serait-elle mieux chez elle, à Grigibets? Peut-être l'emmenerait-il là-bas, après Peyredragon. L'espace d'un instant, l'idée de l'y laisser l'effleura mais il l'oublia rapidement. La place d'une épouse était auprès de son mari, même si c'était un mariage arrangé, même si il n'y avait rien entre les époux. Daeron n'avait pas peur de l'abandonner, même si il se doutait qu'Alys devait compter sur lui. Il était suffisamment lâche pour le faire. Ce qu'il craignait, c'était qu'on parle encore de lui. Il était l'Ivrogne, et cela lui suffisait. Tout le monde avait eu vent de son attitude au tournoi de Cendregué, mais il ne voulait pas qu'en plus, on parle de noces ratées.

Plongé dans ses pensées, il en fut brusquement tiré par le sanglot d'Alys qui se serra contre lui. Daeron eut un mouvement de recul, mais il n'arriva pas à s'éloigner de la jeune fille, collée contre son torse. Cette situation aurait pu être désagréable, mais il était bien trop désemparé pour savoir quoi faire. Il n'avait jamais vraiment pris le temps de fréquenter ses petites soeurs, il ne savait pas quoi faire avec les jeunes filles. Il n'avait pas l'habitude de réconforter les femmes. Le corps d'Alys était chaud et doux, contre le sien et un instant, il se surprit à espérer qu'elle ne sente pas l'odeur du ving sur sa chemise. La douleur arriva lentement, rappelant à Daeron les coups échangés avec l'agresseur d'Alys. Il grimaça légèrement sans pouvoir se résoudre à écarter sa fiancée. Si on le voyait ainsi, on se moquerait de lui. Un long moment passa, et le jeune homme était fermement décidé à attendre qu'Alys ait fini de pleurer. Il ne l'entendait pas mais voyait et sentait ses épaules tressauter. Il ferma les yeux, glissant maladroitement une de ses mains dans le dos de la jeune fille et serra légèrement. Finalement Alys s'éloigna de lui, et demanda à ce qu'il lui pardonne. Poussant un long soupir de soulagement, Daeron respira enfin. Ses cotes le faisait souffrir mais la douleur s'estomperait dans quelques jours.

« Il n'y a rien à pardonner Alys. Ce n'est pas de votre faute. » C'était de la faute de son escorte, et Daeron veillerait personnellement à ce que ces hommes comprennent que la sécurité de la jeune fille était plus important que leurs misérables vies. « Nous ne pouvons pas rester là. Ce n'est pas un endroit convenable pour vous. » enchaîna t-il rapidement. Mais il avait soif. Terriblement soif. Et l'idée d'aller dans une taverne avait de quoi le rendre heureux d'avance. Mais il y avait Alys. Secouant la tête il se passa une main dans ses cheveux emmêlés, grimançant de nouveau. Ce n'était pas étonnant qu'Alys soit de moins en moins intimidée par lui; il n'avait rien d'un Targaryen, pas la prestance, pas la noblesse. Rien. Hésitant, il tendit sa main vers celle d'Alys avant de la prendre dans la sienne. Il la força à s'avancer vers lui. Daeron savait qu'ils ne pouvaient rester là très longtemps. Culpucier n'était pas pour Alys. Une jeune fille se devait d'être laissée dans l'ignorance quand à certaines choses, et la misère en faisait partie. Il faudrait que Daeron la surveille de près car les rencontres qu'ils feraient dans les rues ne seraient pas forcément bonnes. Généralement la taille de Daeron suffisait à lui éviter des ennuis, et si il avait Alys à ses côtés, il montrerait à tous qu'elle était à lui et personne n'oserait la toucher.

« Y a t-il... quelque chose que vous aimeriez faire? » demanda t-il stupidement avant de se maudire quand à la question. Qu'espérait-il? Qu'elle lui demande de lui faire visiter les mauvais quartiers? C'était sûr, il se révelerait un excellent guide. A vrai dire, il connaissait Port-Réal mieux que beaucoup de nobles puisqu'il passait son temps dans les rues à la recherche de tavernes et de femmes.


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Message Mar 8 Jan 2013 - 21:47

Si Daeron chercha à échapper à son étreinte, Alys ne s'en rendit pas compte, trop occupée comme elle l'était à verser toute sa peur et son soulagement sur le col de son vêtement. Tout en se serrant contre lui, elle se surprit à constater qu'il était un peu plus grand que ses frères contre lesquels elle avait l'habitude de se blottir pour être réconfortée. Le prince devait avoir à peu près la même carrure que Theodan mais Lorant était plus musculeux que lui. Pourtant, même si elle pouvait sentir comme un léger tremblement dans ce corps étranger, la demoiselle ressentait à cet instant la même sérénité, comme si l'un et l'autre pouvait l'apaiser de la même manière. La honte se changea bien vite en culpabilité et c'est elle qui l'a fit s'écarter vivement. Le visage rouge, elle devait pourtant avouer que son corps avait déjà froid et qu'il réclamait la chaleur de celui auquel elle était promise. Elle savait que c'était mal de la vouloir maintenant, alors que les Sept n'avaient pas encore officialisé leur union, mais elle ne pouvait simplement pas s'en empêcher. Il lui sembla à cet instant qu'ils avaient beaucoup plus de choses en commun que le prince n'aurait voulu l'admettre. A commencer par une addiction peu recommandable. L'un à la bouteille, l'autre à l'ivrogne qui la tenait.

Daeron lui assura qu'il n'y avait rien à pardonner et la pauvre créature aux cheveux d'or blanc dodelina doucement de la tête pour essayer de s'en convaincre. Le prince avait l'air contrarié. Il grimaça et il passait la main dans ses cheveux pour les rabattre vers l'arrière avec une sorte de compulsion instable. Apparemment, il ne savait pas quoi faire maintenant, quoi décider. Tassée sur elle-même, la demoiselle essayait de ne pas mourir d'admiration pour lui, car ce visage torturé lui allait comme un gant, comme s'il l'avait porté depuis sa naissance. Ce qui était probablement le cas. Ses larmes avaient fini par s'évanouir et elle vit donc distinctement la main de Daeron venir chercher la sienne. Stupéfaite, elle abandonna ses doigts fins et blancs aux siens et contempla longuement les entrelacs qu'ils formèrent avant de lever la tête vers celui qui l'enjoignait maintenant à venir avec lui. D'ailleurs, il commença par l'attirer à lui. Ses pieds suivirent sans hésitation le mouvement jusqu'à ce qu'elle se retrouve sous son nez. Elle battit une fois des cils avec candeur. En le voyant desserrer ses superbes lèvres, elle craignit que ce soit pour lui dire qu'ils devaient rentrer au Donjon Rouge. Sa question l'emplit donc de joie. Il ne désirait pas rentrer. Sa compagnie devait donc lui plaire un peu. Après tout, n'avait-il pas dit, à demi mots, lors de leur dernière entrevue, qu'il la rencontrerait encore avec plaisir. Il l'avait dit, elle s'en souvenait. Juste avant que des serviteurs n'interrompent leur aparté. Il lui avait suggéré le Bois Sacré comme lieu de promenade privilégié, laissant entendre qu'il s'y rendrait aussi juste pour la voir. Si, malgré cette précédente confession, elle avait cru qu'il se dépêcherait de la confier entre d'autres mains pour retourner à son errance solitaire et fruité, elle s'était trompée. Il voulait bien la garder encore un peu avec lui.
Les joues d'Alys étaient roses. Le menton levé vers lui, les lèvres entrouvertes, ses grands yeux bleus étaient braqués sur les prunelles violines de celui qui serait bientôt à elle. Officiellement, en tous cas. « Quelque chose que j'aimerais faire ? » répéta-t-elle de sa voix d'ange avant de se mettre à réfléchir sérieusement à une réponse. Abandonnant comme rien ne lui venait, elle lui glissa un sourire timide avant de souffler : « Errer sans but à vos cotés me satisferait tout à fait. A moins que vous ne teniez à me montrer quelques endroits qui sont chers à votre cœur. J'aimerais vous connaître mieux. Savoir ce qui vous est agréable. » Innocente créature.

Les voilà qui empruntaient à présent une enfilade de rues. Alys ignorait où elles conduisaient. Elle ne savait même pas si son prince avait décidé de la mener quelque part ou s'il se contentait de la promener au hasard dans la ville. Quoi qu'il en fut, il n'était pas rare de voir des regards méfiants se retourner sur leur passage. La jeune femme rayonnait, toujours agrippée à la main de son promis. Ses longs cheveux d'or blanc tellement caractéristiques de leur famille commune faisaient s'interroger les badauds. Qui était-elle ? Une des filles de Maekar ? On n'avait jamais vu Daeron en compagnie d'une de ses sœurs auparavant. Du moins, pas dans les rues de Port-Réal et sans escorte.
Il y eut un discret bruissement d'ailes sur la droite et Alys tourna automatiquement la tête dans cette direction. Comme hypnotisée par la corneille qui battait désespérement des ailes dans une cage en fer, suspendue à une échoppe, elle ne prit pas garde où elle allait et un homme, qui marchait en sens inverse, la percuta sans ménagement. Par réflexe, elle se pelotonna contre le bras de Daeron et ferma brièvement les yeux, espérant faire taire la douleur du choc. « Excusez-moi. J'espère que je ne vous ai pas fait mal » bredouilla-t-elle pour son agresseur qui lui jeta à peine un regard avant de poursuivre son chemin, comme s'il n'avait rien senti.
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Un baiser qui guérit [Daeron]

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