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[Terminé] Les Larmes du Chevalier - Libre

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Message Ven 27 Mai 2011 - 21:19

Le soleil était haut dans le ciel tandis qu'une chaleur épouvantable envahissait la capitale. Port-Real était illuminé de toute part par les rayonnements du Grand Être. Seuls certains endroits isolés ou bien renfermés arrivaient à affaiblir les traits lumineux pour créer y une fausse obscurité, comme par exemple, dans les quelques édifices claquemurées par le Donjon Rouge.

Ser Addison Hill, comme à son habitude, parcourait dans la salle du Trône. Il se souvenait parfaitement de la première fois où il avait pu admirer la grandeur et l'immensité de la pièce. Mystérieusement, au fil de ses patrouilles, elle semblait devenir de plus en plus étroite pour la Chevalier. Après avoir tourné en rond durant une bonne vingtaine de minute, il s'arrêta au milieu de la pièce pour contempler le Trône de Fer d'un regard totalement désintéressé. Il ne put s'empêcher de faire une légère grimace : cela faisait un bon moment qu'il n'avait pas vu le Roi y poser ses fesses, et cela semblait l'irriter plus qu'autre chose. Sachant qu'aucun de ses prédécesseurs n'était mort dans son lit entouré par ses enfants, le Lord-Commandant de la Garde Royale s'était fait à l'idée de mourir au combat. Malheureusement, sa prestigieuse destinée semblait lui avoir joué un drôle de tour lorsqu'Aerys Targueryan, premier du nom, monta sur le trône.

Il connaissait mieux que quiconque son devoir et ses responsabilités. Il lui arrivait même de répéter à vivre-voix son serment pour s'assurer d'être toujours à la hauteur de la tâche qui lui a été confiée. Il en était d'ailleurs extrêmement fier. Il savait éperdument que d'autres honorables chevaliers de grande réputation avaient, par le passé, refusé un tel devoir à cause des inconvénients posés par le vœux de célibat. Ser Addison Hill, lui, préférait éviter d'y penser. Cela finissait toujours par le rendre mélancolique. Et avec les chevaliers de son rang, il s'agissait tout bonnement d'un sujet à ne pas aborder au risque de vexer son interlocuteur.

Une fois, alors qu'il taillait une bavette avec un membre de la noblesse, ce dernier lui proposa soudainement de faire comme bon nombre de ses semblables : fréquenter les bordels. A ces mots, le Lord-Commandant toisa le nobliau d'un regard sévère et inquisiteur avant de tourner violemment les talons. En effet, Ser Addison Hill était bien trop fier pour salir sa réputation avec des catins, fussent-elles les plus discrètes de tout Westeros. Aussi mystérieux que cela puisse paraitre, sa noblesse d'âme lui avait permis de résister courageusement aux envies de ses instincts primaires. Bien sûr, il savait parfaitement ce qu'était l'amour et la sexualité : durant sa vie de chevalier errant, il avait eut maintes occasions de se faire sa propre définition pour ces deux mots. Mais cela ne l'a jamais fait regretté, ne serait-ce qu'un seul instant, les choix qu'il avait fait jusqu'à présent.

Après un grand moment de silence, le chevalier poussa un long soupir. Il fit demi-tour et se dirigea vers la grande porte de sortie. Il avançait d'un pas vif et décidé, tandis que les brèves rencontres entre les divers pièces d'acier de son armure blanche résonnaient à travers la salle. Les échos métalliques se faisaient entendre à travers la pièce, mais ils se turent rapidement devant l'énorme boucan provoqué par l'ouverture de la grande porte. Toujours dans le même élan, il passa par la barbacane et il quitta la forteresse. Il se dirigea alors vers la place marchande de la cité, ignorant encore ce qu'il allait trouver en chemin.


Dernière édition par Addison Hill le Sam 11 Juin 2011 - 20:37, édité 2 fois
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Message Sam 28 Mai 2011 - 14:27

     Lady Jorelle avait craint ce jour, celui où sa fille si combattive lui annoncerait qu'elle désirait partir pour se rendre dans des terres lointaines. Mais fidèle à ses origines du Nord, la dame n'avait pas versé de larmes, bien qu'Alysane avait très clairement vu les yeux de sa mère se troubler à cette annonce. Mais quoi de plus normal, lorsqu'on voyait le fruit de ses entrailles, décider de vous quitter ? Alysane avait longuement songé à cela lorsqu'elle était enfant, craignant simplement de voir sa famille refuser son départ, mais bien heureusement, tous les membres de sa famille s'étaient trouvés être de véritables Mormont et ils avaient accueilli la nouvelle avec un mélange d'admiration, de joie et de tristesse. Admiration, parce que personne ne semblait croire qu'Alysane disait la vérité lorsqu'elle était enfant et qu'elle annonçait qu'elle partirait dans les terres chaudes lorsqu'elle serait plus grande. Joie, de voir une Mormont partir à l'aventure, cela faisait longtemps que les héritières de la famille restaient cloîtrées sur l'île aux ours et surtout la joie de voir la jeune femme réaliser son rêve. Mais pour finir, de la tristesse, car bien entendu, tout le monde savait bien que la jolie demoiselle risquait de ne plus revenir avant très longtemps. Cela signifiait qu'elle serait absente pour longtemps, qu'elle risquerait sa vie et peut-être même qu'elle ne reviendrait jamais dans le Nord. Mais dans l'esprit de la demoiselle, c'était une chose improbable, le Nord restait sa région natale, elle était née dans le froid et elle ne se sentirait elle-même que dans ce pays, elle était Nordienne et voilà tout ! Personne ne pourrait lui ôter cela, pas plus qu'une autre région, elle garderait ce qui faisait d'elle une descendante de la famille Mormont. Mais elle ne pouvait pas pour autant rassurer les membres de sa famille en leur disant qu'elle resterait près d'eux et qu'elle rentrerait souvent, elle ne pourrait jamais tenir une telle promesse, alors pourquoi mentirait-elle ?

     C'était une chose qu'elle ne se sentait pas la force de faire, mentir aux gens qu'elle aimait, c'était plus fort qu'elle, elle avait donc simplement haussé les épaules devant la tristesse de sa mère, sans rien dire pour essayer de la consoler, à quoi servait de parler lorsqu'on ne pouvait rien dire d'utile ? Les adieux à sa mère furent de loin les moins difficiles, tout comme son père, il était fier de voir sa fille partir à l'aventure en prônant la liberté et en clamant partout qu'elle était une femme Mormont, descente d'une longue lignée de fiers combattants à la hache. Il lui avait même offert sa première véritable hache, une magnifique pièce forgée des mains du forgeron qui vivait avec eux à l'ancienne époque, un bel ouvrage, tranchant et équilibré comme il fallait pour se battre convenablement. Il avait salué sa fille comme un homme salut son fils, en posant sa main sur son épaule et elle avait fait de même, puis il lui avait souhaité une bonne chance, avant de prier les anciens dieux de veiller sur sa fille. Les adieux à ses sœurs furent eux aussi assez faciles, elles comprenaient toutes que la jeune femme veuille s'en aller de l'île aux ours, mais elles ne comprenaient pas trop qu'elle puisse le faire pour aller se battre dans d'autres pays. Meera principalement ne pouvait imaginer que sa sœur se batte aux côtés d'autres combattants masculins au lieu de chercher un époux, mais elle était encore jeune, elle comprendrait plus tard, elle comprendrait qu'une femme comme Alysane ne trouverait jamais d'époux et surtout n'en voudrait jamais tout simplement. Elles acceptèrent bien évidemment de prier les anciens dieux pour elle, de manière à ce que la chance l'accompagne et la jeune femme quitta donc ses sœurs, un léger sourire flottant sur ses lèvres bien dessinées.

     L'adieu le plus difficile fut celui pour son frère bâtard. Jorah, il était encore dans la demeure familiale comme depuis son arrivée ici et lorsque la demoiselle sortit de leur maison de rondins, il se tenait dans la grande cour d'entrée, tournant le dos à la demeure familiale. La jeune femme s'était approchée de lui et il s'était retourné calmement, souriant en coin comme toujours, puis il avait simplement tendu quelque chose à sa sœur, un arc en bois, un bel ouvrage soigneusement préparé pour résister au froid, bien que l'arc n'était pas le genre d'armes que la jeune femme aimait utiliser. Elle l'avait regardé en silence, sans comprendre et il avait répondu très simplement.

     ▬ Ce sera pour lorsque tu chasseras. La hache c’est bien, mais crois-moi, tu seras heureuse de pouvoir tuer les animaux à distance lorsque ton estomac criera famine. »

     Après un sourire tendre pour elle, il avait attendu qu'elle prenne l'arme, puis il avait simplement fait un signe de la main à sa sœur, après qu'ils se soient regardés en silence pendant un long moment, puis il s'était détourné pour vaquer à ses occupations. Alysane avait regardé la fine silhouette musclée de son demi-frère qui s'en allait, il avait agi comme s'ils se verraient le lendemain, mais elle comprenait, il lui donnait ainsi l'obligation de revenir ici pour les voir et elle ne briserait jamais cette promesse silencieuse. Ils étaient en accord, elle comprenait ses agissements et il respectait son choix de partir seule, même si la demoiselle se doutait que son frère bâtard eut apprécié de l'accompagner. Seulement il avait d'autres obligations pour le moment, peut-être qu'il saurait s'en défaire en suppliant Lord Jeor, mais c'était une chose difficile généralement et il ne saurait pas se libérer de tout cela dans l'immédiat, seulement Alysane partait à l'instant présent, elle ne pourrait pas attendre, elle craignait trop de ne plus être capable de s'en aller si elle attendait trop longtemps. La jeune femme passa son arc autour de son torse comme les archers du Nord, puis sans se retourner pour jeter un dernier regard à sa maison, sa famille et son frère qu'elle aimait de tout son cœur, elle se rendit au bac qui la ferait traverser la mer glacée qui la séparait du véritablement territoire des Stark qu'elle devrait traverser pour se rendre dans le sud, puisqu'elle visait cet endroit. La jeune femme prit place dans le bac, s'asseyant de manière à tourner le dos à sa demeure, puis elle attendit calmement que le rameur fasse traverser les eaux gelées à sa petite embarcation, pour que sa vie prenne enfin un nouveau tournant.

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     Cela faisait environ trois mois que la jeune combattante avait quitté la fraîcheur de sa région natale et la rudesse de sa demeure familiale, les membres de sa famille lui manquaient tous autant qu'ils étaient, mais c'était un manque qu'elle devait transformer en force pour permettre à son esprit de supporter les pérégrinations qu'elle serait amenée à faire à travers Westeros. Alysane s'arrêta un peu partout au cours de son voyage, prenant des fois le choix de dormir à la pleine lune pour éviter de devoir dépenser le peu d'argent qu'elle possédait sur elle. La famille Mormont était une famille noble, mais désargentée, les habitants de l'Ile aux Ours n'avaient jamais été connus pour les richesse en leur possession, sans compter que contrairement aux Lannister ou à d'autres maisons nobles, ils ne vivaient pas dans un beau château, mais dans une simple maison de bois et de boue sur une île austère. L'on disait que c'était à cette même austérité que les combattants Mormont devaient leur talent et si l'on jugeait le fait que la belle maniait aussi bien sa hache que n'importe quel homme, l'on était en droit de se demander si ce n'était pas véridique. Peu chalait à l'homme d'arme qu'Alysane était, seul lui importait le fait qu'on lui permette de pouvoir combattre comme n'importe quel autre combattant. Ses pas la menèrent doucement sur les Terres de la Couronne, aux abords de Port-Réal, elle pénétra dans l'enceinte de cette ville si réputée pour constater qu'elle n'était pas aussi belle que la Nordienne se l'était imaginé. Une moue plissa ses lèvres pleines alors qu'elle soupira en constatant que le monde qui grouillait ici lui semblait inconnu. Quelques regards appuyés, des coups de coude entre amis, des murmures moqueurs, suivirent la jeune femme au cours de sa traversée de la ville alors qu'elle cherchait une auberge ou poser ses affaires.

     Ses pas la menèrent finalement dans une rue moins bondée que les autres, son accoutrement attirait l'attention des passants. Il était vrai qu'une femme armée d'une hache et d'autres armes potentiellement dangereuses, placées entre de bonnes mains, qui plus est revêtue de peaux de bête destinées à la réchauffer dans son pays natal, avait de quoi faire naître quelques questions. Offrant les regards mauvais dont elle avait le secret pour dissuader les passants de la railler, la Mormont s'avança en regardant ailleurs que devant elle et elle ne vit pas la femme habillée d'une magnifique robe purpurine, qui se plaça devant elle. Alysane la percuta sans douceur et la noble manqua de tomber au sol, attirant toute l'attention de la rue sur sa personne. Les yeux sombres de la Mormont se posèrent sur la femme passablement offusquée qui la regardait avec l'expression d'une carpe et la bouche en cul-de-poule. Haussement de sourcils de la part de l'homme d'arme qui souffla d'agacement et s'apprêta à repartir lorsque la voix stridente de l'accidentée de fit entendre.

     ▬ Quel toupet ! Tu ne peux pas t'excuser barbare ?! Sous l'insulte, la Mormont stoppa net et pivota sur elle-même pour offrir un regard noir à la noble qui recula s'abriter derrière son chevalier servant. Avec dédain, la Nordienne s'adressa à elle.
     ▬ Pour qui te prends-tu ?! Sous prétexte que tu es attifée de manière aussi ridicule tu es en droit de m'insulter de la sorte ? Je te signale que je suis d'aussi noble lignage que toi, à mon grand dam lorsque je vois que des sottes comme toi peuvent accéder à ce privilège ! »

     Alysane était très énervée, elle n'aimait pas qu'on la traite comme une va-nu-pied surtout par une femme comme celle qui venait de l'insulter. Les Mormont se moquaient pas mal du titre qu'ils possédaient et la jeune femme n'en faisait jamais état, mais là c'était plus fort qu'elle. La Nordienne glissa sa main vers sa hache pour la tapoter du plat de la main avant de se planter devant le chevalier qui servait de bouclier humain à la noble en panique. Le regard de la jeune femme croisa celui du chevalier qui la dominait d'une bonne tête et elle s'adressa à lui d'un ton peu amène.

     ▬ Écarte-toi de mon chemin, que je montre à ta dame comment se comportent les femmes du Nord. »

     Elle n'avait pas dit 'dame', une petite faute qui n'était pas volontaire pour une fois. Alors qu'elle s'apprêtait à rentrer dans le lard du chevalier qui n'aurait certainement aucune peine à la remettre à sa place, elle entendit un bruit derrière elle qui attira son attention. Tournant la tête vers cet inopportun, elle constata qu'un homme ressemblant beaucoup à un chevalier - elle ignorait qu'il était une blanche épée - les observait. Avec son naturel trop... Brut, elle s'adressa à lui.

     ▬ Un problème messer ?! »


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Message Lun 30 Mai 2011 - 13:42

Plus le chevalier s'éloignait du Donjon Rouge, plus l'odeur nauséabonde des poissons fraichement péchés du port se faisait sentir. Les étroites rues marchandes étaient inondés par les bruits des commerces et de la populace. Alors que les forgerons tapaient le fer rouge qui sortait des flammes; Que les chasseurs rapportaient leur gibier de la chasse; Que les bouchers servaient leur viande; Que les tailleurs vendaient leurs plus grandes étoffes et que les manteaux d'or veillaient au bon déroulement des affaires, le frère-juré de la Garde Royal avançait à travers la foule. Les bruits de ses pas lourds arrivaient à se distinguer dans le brouhaha général. Sa présence en ces lieux était un fait si rare que les citoyens surpris s'écartaient avec agilité de son chemin, laissant ainsi devant le chevalier une route toute tracée.

Ce qui était impressionnant dans ces quartiers, c'était la vitesse inouïe à laquelle se rependaient les rumeurs et les nouvelles. Dès qu'un marchand baissait ses prix, qu'un client enrichit achetait tout ce qu'on lui proposait avec une point d'insistance commerciale ou qu'une quelconque occasion de se faire un peu plus d'argent se présentait, le bouche-à-oreille commençait. Les dires dansaient d'un coin à l'autre de la ville, suivant un chemin régulier et habile. Il arrivait parfois qu'une nouvelle s'égare. Qu'elle arrive à une oreille à laquelle elle n'était pas destinait. C'était un moyen de renseignement assez surprenant. Beaucoup de mouchards obtenaient ainsi leur gagne-pain.

Ser Adisson Hill, lui, continuait d'avancer jusqu'à ce qu'une personne se mit volontairement au travers de son chemin. C'était un jeune homme plutôt mince avec cheveux gras. En regardant ses beaux vêtements, on aurait pu le prendre pour un bourgeois ou un noble, mais ce n'était pas le cas.

- Hé, voilà donc un homme digne de ma marchandise, s'écria le jeune homme. Approchez, Lord-Commandant et admirez mes armes et armures de première qualité !

Le chevalier s'arrêta un instant, puis se dirigea vers son interlocuteur. Il se retrouva devant un commerce classique de Port-Real. Un stand rempli d'une bonne dizaines de lames et de masses exposés en hauteur, accrochées à un léger muret en bois, avec aussi une longue table rectangulaire regroupant un bon nombre d'armures posés à plat, qui séparait le marchand de ses acheteurs. Le Lord-Commandant examina les diverses marchandises sans y porter un grand intérêt.

- Monseigneur, un homme de votre rang se doit de posséder le meilleur équipement de tout le royaume. Que dis-je ? De tout Westeros !
- Mon armure m'a été offerte pour le roi lui-même, répondit calmement Addison Hill. Elle est réglementaire et je doute pouvoir trouver mieux en cette cité.
- Mais qui a parlé d'armure, s'écria le marchand avec un long sourire aux lèvres. Regardez, je possède ici une hache longue de première qualité, arrachée des mains d'un grand seigneur de guerre des îles-de-fer !

Le Chevalier poussa un long soupir. Voulant se dégager de l'emprise du jeune marchand, il répondit sur un ton tout aussi calme.

- Maitre, votre marchandise ne m'intéresse guère.
- Holà, holà ! Client compliqué que voilà, continuait le vendeur. Mais je n'ai pas encore dit mon dernier mot. Approchez-donc, j'ai quelques chose qui intéresserait le plus grand guerrier de ce monde.

Le jeune homme fit signe à Addison qu'il désirait lui murmurer quelques chose à l'oreille. Résigné, le Lord-Commandant rapprocha sa tête de la bouche de son interlocuteur.

- J'ai en ma possession une dague valyrienne, forgée par un maitre forgeron. Pour vous, je vous la vend à moitié prix.
Addison Hill releva sa tête et afficha un air d'étonnement.

- Une dague valyrienne en votre possession, dit-il après un long moment de silence. Puis-je voir cette dague ?

Toujours aussi souriant, le marchand inclina la tête. Il s'agenouilla afin de ramasser un petit coffret en dessous de sa table, duquel il sortit une dague enveloppée dans un couteux ruban de soie. Une fois la dague à nue, il la tendit au Chevalier. Ce dernier prit la dague en main et la retourna dans tous les sens, l'examinant avec la plus grande attention. Tout d'un coup, Addison Hill fronça les sourcils et posa violemment la dague sur la table du jeune vendeur. Il hurla.

- Espèce de sale petit crétin ! Qui es-tu pour te croire capable de berner un homme comme moi ?! Ceci n'est pas de l'acier valyrien !

Le marchand leva subitement les mains, comme-ci il craignait de se faire frapper. Puis, il répondit sur un ton craintif :

- Du calme, du calme ! C'est un malentendu. J'ai dis qu'il s'agissait d'une dague valyrienne, et non pas qu'elle était en acier valyrien...
- Silence, ou je te fais couper la langue !

Soudain, la rue fut submergée par une violente foule qui se dirigeait rapidement vers le port. Avant même qu'il eut le temps de finir ses mots, Addison Hill fut bousculé. Il reprit son équilibre et regarda le chaos qui s'était installé dans la rues. Cherchant à comprendre ce qu'il se passait, il suivit le mouvement de la populace jusqu'à trouver une immense ronde. Le Chevalier se fraya un passage entre la population et se retrouva au centre de l'altercation avec, d'un côté une jeune dame avec un accent nordique et, de l'autre côté, une noble cachée derrière un chevalier. Le Lord-Commandant s'approcha et haussa le voix afin de se faire entendre.

- Je suis le bras armé du Roi. Qu'est-ce qui se passe, ici ?!
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Message Lun 30 Mai 2011 - 18:27

     Alysane avait détourné son attention en voyant que l'homme ne semblait pas réagir, mais à peine la noble avait-elle esquissé le geste de s'approcher de l'autre noble, qu'elle sentit une présence à ses côtés. Le regard mordoré de la Mormont quitta le visage impassible du garde qui la dominait largement, pour se poser sur le visage de l'homme qui devait être le plus important après le Roi et sa Main, pour le toiser d'un regard franchement effronté. Que voulait-il ? Elle n'était pas très au fait des habitudes des chevaliers de Port-Réal, perdue sur l'île aux Ours la jeune combattante n'avait eu que de brefs récits destinés à faire rêver ses sœurs au chevalier qui était un jour censé venir les ravir. Aucun d'entre eux ne parlait du fait que si l'on manquait de respect au lord commandant de la garde royale, on risquait fort de passer un sale quart d'heure. Alysane avait bien entendu parler de cette garde, mais pour le moment disons que cela lui semblait bien moins important que cette noble qui venait de lui manquer de respect. Après avoir grossièrement dévisagé que chevalier – chose qui ne convenait normalement pas à une dame de son rang, ce qui expliquait peut-être qu'on la prenne pour une roturière – elle daigna enfin répondre à la question de cet homme, estimant qu'il méritait qu'elle lui accorde quelques instants de son temps.

     ▬ Il se trouve que cette « noble » m'a manqué de respect d'une manière flagrante. Elle m'a traitée comme si je n'étais qu'une simple gueuse alors que mon sang est aussi noble que le sien, j'exige réparation, à moins que dans vos Terres les affronts ne se payent pas de la même manière que dans le Nord. »

     Elle avait volontairement appuyé sur le mot « noble » comme si cette femme n'en était pas vraiment une, sans pour autant lui manquer de respect. Ce serait sacrément stupide de sa part de se plaindre publiquement d'un manque de respect et de faire de même juste après. Alysane darda ses pupilles clairs sur le visage de la noble qui la regardait toujours comme si c'était une folle évadée d'une maison de soin, mais la Mormont n'en avait que faire. Cette dernière avait volontairement passé sous silence le sort réservé à ce genre d'affront, elle espérait bien provoquer la panique chez la noble qui penserait certainement que dans une région aussi barbare, on ne pouvait que régler cela par le sang. Si les habitants des contrées gelées avaient une réputation peu recommandable, autant en profiter non ? La jeune femme observa alors les environs, constatant qu'une petite foule s'était regroupée autour d'eux, comme des vautours attendant le cadavre d'un animal blessé. Cela agaça aussitôt la combattante qui serra les dents avant de s'éloigner légèrement du garde imposant pour esquisser un pas vers la foule, caressant sa hache de la pulpe de ses doigts fins, mais à la poigne ferme.

     ▬ Qu'est-ce que vous voulez bande de vautours ?! Vous attendez du sang ? Que je me fasse remettre à ma place ? Je vous conseille d'aller vous occuper de vos affaires ou je pourrais bien faire un malheur. »

     Elle devait passer pour une folle des terres gelées, ça lui était égal au final, bien que la jeune femme détestait se donner en spectacle, c'était justement pour cette raison qu'elle ne voulait pas que ces personnes restent dans le coin. Histoire de donner un peu plus de verve à ses paroles, elle empoigna la garde de son arme pour faire mine de la tirer de sa ceinture, cela provoqua un léger mouvement de foule dans le premier rang alors que les badauds reculaient rapidement pour reprendre leur activité. Alysane lâcha un léger soupir de satisfaction, elle avait trop de caractère pour ces moutons de la ville, ils ne devaient pas se douter qu'elle ne dégainerait pas sa hache pour des personnes sans intérêt dans leur genre. Une fois ce menu détail réglé, la jeune femme détourna son attention des quelques personnes qui l'observaient encore de loin, puis elle rebroussa chemin pour se poster entre la noble et le nouvel arrivant, fermement campée sur ses jambes. Elle toisa une nouvelle fois la pauvre femme qui devait prier sur la capacité à défendre que son garde possédait, puis la Nordienne glissa ses yeux arrogants vers le visage de celui qui c'était annoncé comme la main armée du Roi. Rien que cela ? Soit ! Elle était bien décidée à se servir de cette chance inattendue, parce que oui, la jeune femme le voyait comme tel.

     ▬ La main armée du Roi ? Alors vous devez être apte à pouvoir me dire ce que je peux faire pour que cet affront soit lavé ? Je ne compte pas semer la pagaille, loin de moi cette idée, mais je ne peux évidemment pas me laisser insulter de la sorte, vous devez le comprendre. »

     C'était un peu tard pour annoncer qu'elle n'avait nullement envie de semer la discorde dans la ruelle où ils étaient, c'était un peu trop tard, à tous les coups cela finirait par lui retomber dessus. Son père lui disait sans cesse qu'elle s'attirerait des ennuis à force d'avoir un caractère aussi exécrable et que ça ne serait pas cela qui lui permettrait de trouver un époux. Comme si ça pouvait la chagriner ! Le port altier, la jeune Mormont ôta sa main de sa hache soigneusement entretenue, certainement capable de couper un cheveu en deux si elle était maniée avec une main sûre. Le regard mordoré de la demoiselle ne quitta pas un instant le visage du nouvel arrivant, elle risquait de passer pour une dame mal élevée, mais c'était le dernier de ses soucis, de toute manière, il devait déjà l'avoir classifiée dans la section des femmes qu'on ne supportait pas. Après quelques instants de silence, la demoiselle humecta ses lèvres de sa langue avant de reprendre la parole d'un ton revêche, oscillant du regard entre le garde, la noble et le nouvel arrivant.

     ▬ Est-ce que tu es disposée à me présenter tes excuses ou est-ce que je dois venir chercher moi-même ce que tu me dois ? »

     Elle s'adressait à la noble, en la tutoyant comme si l'agacement lui avait fait oublier toute politesse. Ce n'était pas ce qu'on lui avait enseigné, mais Alysane était trop impulsive pour agir diplomatiquement malheureusement.
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Message Ven 3 Juin 2011 - 13:07

Addison Hill plissa les yeux devant l'agitation de la dame. Il n'était vraiment pas habitué aux règlements de ce genre de conflit. C'était un homme d'action qui, durant une longue période de sa vie de chevalier errant, avait passé le plus clair de son temps à obéir aux ordres qu'on lui donnait. Peu doué pour la diplomatie, il s'était déjà attiré la colère de certains seigneurs à cause de son honnêteté et de son continuel franc-parler.

Le désaccord qu'il avait sous les yeux semblait le dépasser. D'un côté, il connaissait bien la noblesse qu'il côtoyait régulièrement et il avait en horreur le côté insolent et au dessus de tout de ses membres. Néanmoins, il savait parfaitement qu'aucun homme ne pouvait changer cela. Autrement, il ne savait pas les dames du nord aussi irritables et il ne tenait pas vraiment à voir de quoi elles étaient capables avec un glaive à la main. Résoudre ce genre de dispute n'était pas de son ressort et, en temps normal, il se serait contenté de hausser les épaules et de passer son chemin, laissant ainsi la nordique et le chevalier s'entretuer, ce qui était sûrement la meilleure chose à faire. Malheureusement pour lui, il se devait d'intervenir et tout le monde le savait.

Rapidement, il balaya la foule environnante d'un regard froid. Il devait surement chercher un garde de la cité dans la populace afin de lui déléguer cette tache de juge. Ou alors, il cherchait simplement à intimider du regard la masse de témoins pour l'inciter à s'écarter avant que les choses ne dégénèrent. Après un court moment de réflexion, Addison Hill avala sa salive et s'adressa à la dame avec l'accent du nord.

- Madame, j'ignore qui vous êtes, ce qui vous amène ici et l'objet de ce désaccord mais, pour être honnête avec vous, cela ne m'intéresse guère car je ne suis pas venu ici en qualité de médiateur.

Le lord-commandant hausse le ton de sa voix tout en s'avançant en direction de son interlocuteur.

- Néanmoins, sachez que vous êtes ici à Port-réal. Et qu'ici, il y a des lois. Des lois qui doivent surement différer du pays d'où vous venez, mais des lois que, de par mes fonctions, je me dois de faire appliquer. C'est-à-dire, en premier lieu, assurer la paix et la prospérité au sein de la capitale du royaume.

Addison Hill s'arrêta net, le temps de regarder la dame à l'accent nordique droit dans les yeux.

- Je vois donc deux solutions qui s'offrent à vous en ce moment. La première, qui selon moi, est la plus sage : vous baissez les yeux vous tournez les talons et vous vous faites discrète le temps de vote séjour à Port-réal. Autrement, la deuxième solution serait que vous ayez l'assez mauvaise idée de dégainer votre arme pour l'utiliser contre mou ou un quelconque autre citoyen de cette cité. Par conséquent, je m'assurerais personnellement à ce que votre tête pourrisse le haut d'un pic.

Le frère-juré de la garde royale ne baissa pas le regard de celui de son interlocuteur. Il était si sûr de lui, bien qu'il ignorait pleinement de quoi était capable la personne qui se tenait en face de lui. Si l'acier devait résonner sur l'acier, l'issue de la bataille lui était tout aussi inconnue. Il ne tremblait pas à l'idée de se battre. Il n'était ni arrogant, ni borné mais il devait se montrer ferme et intrépide. Seuls les quelques personnes encore vivantes qui pouvaient se vanter de connaître le lord-commandant savaient que derrière sa blanche armure se cachait un homme comme les autres. Un homme qui craignait la douleur et la mort.

Le frère-juré de la garde royale ne baissa pas le regard de celui de son interlocuteur. Un silence pesant s'installa sur la place. Par réflexe, Addison hill posa une main sur le manche de son épée, d'un geste tellement naturel et discret que personne ne le remarqua.

- La balle est dans votre camp, siffla-t-il entre ses dents.

Le frère-juré de la garde royale ne baissa pas le regard de celui de son interlocuteur, attendant sans trop d'impatience la réponse de la dame.


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Message Sam 4 Juin 2011 - 14:28

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     L'homme en armure avait mis pas mal de temps à réagir de l'avis de la Mormont, elle songea un instant que s'il était aussi réactif pendant les batailles, c'était étonnant qu'il soit hissé au poste de protecteur du Roi. La demoiselle plissa légèrement son nez lorsqu'il daigna enfin prendre la parole, comme pour marquer que son impatience commençait à faire des siennes. Alysane était peut-être une noble, elle ne possédait pas leur tact pour autant, cela ne l'effrayait pas de se dire qu'elle risquait de se mettre à dos la personne qui devait assurer la sécurité du Roi et qui, par conséquent, savait forcément mieux se battre qu'elle. L'arrogance avait une certaine tendance à rendre aveugle, la combattante s'en rendrait compte assez rapidement. L'homme en armure lui déclara qu'il ignorait ce qu'elle voulait et quel était le sujet du débat et qu'il s'en contrefichait. La jeune Nordienne fut tentée de lui demander ce qu'il venait faire ici à part la regarder d'un air bovin et de lui faire perdre son temps, mais il ne lui en laissa – heureusement – pas l'occasion, la coupant avant qu'elle ne parle pour s'approcher d'elle tout en poursuivant. La prenait-il pour une sotte ? Elle savait bien qu'il y avait des lois à Port-Réal, c'était bien pour cette raison qu'elle n'avait pas remis cette noble à sa place dès l'affront provoqué. Elle le darda de son regard mordoré, lui faisant clairement comprendre que tout cela ne l'avançait pas d'un iota et qu'elle avait d'autres chats à fouetter. Suffisante ? Arrogante ? Des qualificatifs peu reluisants, mais qui qualifiaient parfaitement la Mormont.

     Finalement, il en vint au vif du sujet en lui déclarant qu'elle avait deux solutions, s'en-aller sans broncher pour se faire oublier ou l'attaquer pour se mettre à dos toute la population de Port-Réal, avant d'ajouter qu'il s'assurerait que sa tête pourrisse sur le haut d'un pic. Elle le toisa de son regard, non avec l'air hautain que la noble lui avait réservé, mais avec l'air d'un homme d'arme qui n'appréciait pas qu'on lui parle de la sorte. Il soutenait son regard sans ciller, sans aucun doute persuadé qu'il pouvait la battre les yeux fermés, peut-être parce qu'elle était une femme ? Alysane échafaudait des probabilités plus erronées les unes que les autres bien qu'elle l'ignorait, avant qu'il ne reprenne la parole pour lui déclarer qu'elle avait le choix, toujours sans détourner son regard. Il la défiait ? Soit ! La jeune combattante s'approcha à son tour, réduisant encore la distance qui le séparait de cet homme qui venait de la menacer, ce n'était pas pour le simple plaisir de regarder ses yeux, mais bien parce qu'elle savait qu'aussi près de lui, son épée serait désavantagée vis-à-vis de sa hache beaucoup plus maniable. La peau d'Ours accrochée à son paquetage frôla l'armure immaculée de l'homme alors qu'Alysane lui répondait d'un ton qui montrait clairement qu'elle avait encore l'arrogance que sa jeunesse et son inexpérience lui donnaient.

     ▬ Espérez-vous me faire peur ? Vous comptez peut-être sur le fait que je sois une femme pour que je tourne docilement les talons et que je m'en aille en implorant votre pardon ? Son regard ne quittait pas celui du lord commandant de la garde royale. Je ne suis pas une sotte, je sais très bien quelles règles régissent Port-Réal, mais visiblement il semblerait que vos dames ne connaissent pas la politesse, contrairement aux habitants du Nord qui respectent toujours les autres... Lord commandant. elle avait volontairement appuyé sur ce dernier point, comprenant – enfin – que cet homme n'était pas n'importe qui et qu'il devait certainement vouloir éviter qu'on étripe une noble sous son nez. Puisque vous parlez avec franchise, je vais faire de même, je ne reculerais pas pour m'en aller sa faire de vagues, discrétion et sagesse ne sont pas des qualificatifs qui sont utilisés pour me désigner en général, alors que proposez-vous ? De me tuer dans un combat et risquer de provoquer la colère d'une maison du Nord ? Pensez-vous réellement que ce soit la meilleure chose à faire par les temps qui courent ? »

     Léger haussement de sourcils alors qu'elle ne le quittait pas du regard, on avait surtout l'impression qu'elle tenait à lui prouver qu'il n'aurait pas le dessus dans cette lutte des regards, Alysane n'avait jamais baissé les yeux devant un homme – même lord Jeor – et ce n'était pas maintenant qu'elle allait commencer, surtout avec un inconnu ! La jeune femme laissa finalement sa main glisser jusqu'à sa hache dans un geste volontairement visible, avec une lenteur destinée à faire comprendre à l'homme face à elle qu'elle n'allait pas en user, du moins dans l'immédiat. Elle flatta de sa main le métal de la hache offerte par son père avant de reprendre la parole, toujours en soutenant son regard bien évidemment.

     ▬ Alors, je vous écoute ? Me voici devenu un problème, vous ne voulez pas vous mêler des affaires des petits nobles de ce que j'imagine et je vous comprends, c'est d'un ennui flagrant, sans compter que cette pauvre dame a certainement mouillé sa robe pour le peu de menaces que je lui ai fait, ce n'est guère divertissant pour vous comme pour moi. Même si elle n'avait pas cherché cet effet au départ, maintenant les choses prenaient une autre tournures non ? Je suis armée, je peux me défendre, mais j'imagine quand même que vous avez un certain honneur, vous n'allez pas vous amuser à me défier au milieu d'une rue pour prendre le risque de blesser quelqu'un, ou pire, alors à quoi dois-je m'attendre ? Reprenez-vous vos menaces ou est-ce que vous les mettez à exécution? Je ne suis pas certaine de pouvoir faire une belle décoration par contre, l'autre dame serait certainement d'un plus bel effet. »

     Habituellement, la Mormont ne parlait que très peu, mais elle avait pris la décision de ne lui laisser aucun moyen de fuir, fermement campée sur ses positions. Alysane espérait surtout que s'il décidait de lui asséner une correction, ça ne serait pas pour autant quelque chose de mortel, ça l'ennuierait tout de même de mourir de la main d'un garde royale alors qu'elle espérait pouvoir un jour combattre les Fer-Nés. La demoiselle le regarda droit dans les yeux, lâchant un dernier soupire avant de conclure.

     ▬ La balle est dans votre camp lord commandant. »

     Voulait-il déclencher la colère d'un lord du Nord en tuant sa fille aînée pour le simple plaisir de rétablir l'ordre à Port-Réal et peut-être bien défendre l'honneur d'une petite noble qui s'était montrée aussi peu aimable que les nobles qui se sentaient supérieurs aux autres ? Alysane se comportait comme un homme d'arme et non une noble, à voir si ça allait changer quelque chose pour l'épée blanche.
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Message Sam 4 Juin 2011 - 17:17

Addison Hill grinça légèrement des dents. Depuis qu'il avait enfilé son armure blanche, personne n'avait jamais osé lui parler sur ce ton. Devant une telle offense, on aurait pu comprendre que le Lord-commandant s'énerve et ne réponde plus de lui. Mais ce ne fût pas sa réaction, non. Après que son grincement de dents fût terminé et, devant l'étonnement de la foule, il afficha finalement un large sourire avant de se délivrer d'un petit rire sincère. Quand il releva la tête, il fit signe à la noble et à son chevalier servant de circuler. Aucun des deux ne contesta la requête d'Addison Hill. La noble hocha rapidement la tête à plusieurs reprises et s'en alla en courant, craignant que la personne qu'elle avait offensée ne lui court après. Le chevalier servant, lui, s'inclina devant le lord-commandant avant de poursuivre sa maitresse d'un pas moins dynamique mais tout aussi rapide.

L'épée blanche se retourna face à la dame à l'accent du nord, tenant toujours la garde de son épée d'une poigne ferme. Il s'avança d'avantage jusqu'à se retrouver à nez-à-nez avec la nordique.

- Cela faisait un bail que personne n'avait eut l'audace de me parler sur ce ton, dit-il souriant. Vous me plaisez. Recommençons depuis le début, vous le voulez bien ?

Addison Hill perdit vite son sourire devant l'air tout aussi sérieux de son interlocutrice. Les choses ne semblaient pas vouloir tourner comme il l'avait espéré et il ne voulait pas en venir à la manière forte. Il savait que, de toute manière, les manteaux d'or ne tarderaient pas à s'interposer, mais il tenait finalement à régler ce problème lui-même. N'attendant pas la réponse de la dame à l'accent du nord, il reprit la parole sur un ton bien plus doux qu'auparavant.

- Je suis Ser Addison Hill, Lord-commandant de la Garde Royale.

Le frère-juré s'inclina d'une manière très élégante comme il en avait l'habitude. Cela faisait déjà plusieurs années qu'il pratiquait l'art de la courbette et il faut avouer qu'il en est le maitre. En effet, depuis qu'il était rentré dans le cercle privé du Roi, il avait appris à se montrer très respectueux envers les gens qu'il côtoyait, quels qu'ils soient.

- On peut dire que vous avez de la chance d'être tombé sur quelqu'un comme moi. Les gardes de la cité ferait n'importe quoi pour se faire bien voir par les nobles. D'accord, moi non plus, je ne cherche pas à savoir qui est en tord dans ce genre de disputes, mais je me dois d'assurer la paix du roi. C'est mon devoir, madame.

Il ravala rapidement sa salive et haussa les sourcils pour afficher un air triste. Il continua sur un ton toujours aussi calme.

- Maintenant, laissez-moi vous donner un conseil : l'héroïsme, c'est une belle connerie. Débarrassez-vous de votre haine. Calmez votre colère et, pour commencer, donnez-moi votre nom.

Addison Hill tendit une main amicale en direction de la dame à l'accent du nord.
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Message Dim 5 Juin 2011 - 13:53

     Alysane hésitait encore, elle ne savait pas le Lord Commandant allait lui retourner une bonne remarque en plein visage avant de dégainer son épée afin de mettre ses menaces à exécution, ou si au contraire il allait la laisser tranquille parce qu'elle lui avait servi tout un tas de raisons de ne pas le faire. Son regard mordoré ne quittait pas celui de son interlocuteur alors qu'elle constata qu'il semblait contrarié vu la manière dont il l'observait. Mais ce bref passage de mécontentement s'envola rapidement pour céder la place à un sourire, puis un léger rire. Et bien ? Avait-elle la tête d'une bouffonne pour qu'il s'amuse de la sorte ? La jeune dame avait du mal à saisir la raison de ce brusque changement, mais elle resta obstinément silencieuse alors qu'il donnait la possibilité à la noble et à son chevalier, de reprendre leur route. D'un air acerbe, la Nordienne quitta provisoire le visage du Lord Commandant de son regard afin de se concentrer sur la silhouette attifée de manière stupide, de la noble qui prenait la fuite. Pff, aucune fierté ces nobles, pour peu la combattante aurait laissé l'hilarité la gagner devant cette démonstration de faiblesse plus qu'évidente. Alors que l'épée blanche reportait son attention sur la Mormont, celle-ci fit de même sans broncher lorsqu'il s'approcha davantage pour lui déclarer que ça faisait longtemps qu'on ne lui avait pas parlé sur ce ton. Vraiment ? Était-ce la raison de ce brusque changement de comportement ? Pour une fois que sa langue bien pendue lui servait à quelque chose, la jeune femme n'allait pas s'en plaindre, même si ce n'était pas franchement dans les habitudes d'une noble de se faire remarquer pour sa verve et non ses atours.

     Un sourire aurait pu gagner ses lèvres pleines si elle n'avait pas été trop habituée à se comporter de manière aussi sérieuse, ce qui était visiblement contagieux vu que le sourire de son interlocuteur s'évapora aussi rapidement, puis il se présenta finalement sur un ton bien plus apaisé qu'auparavant, avant de lui offrir une petite courbette. Et bien, visiblement les proches du Roi possédaient tous un talent pour bien présenter, ça la changeait des nobles qu'elle avait fréquentés jusqu'à présent, mais peut-être était-il simplement un soldat avec un très bon poste ? La Nordienne ignorait totalement si cet homme était de noble lignage et pour tout dire, elle s'en moquait pas mal, qu'il ait été le fils de feu le Roi en personne ou un simple marchant, ça ne la changeait pas beaucoup, elle se comportait toujours aussi.... Grossièrement. Devant le silence buté de son interlocutrice, le Lord Commandant enchaîna en lui annonçant qu'elle avait de la chance d'être tombée sur lui et non sur quelqu'un d'autre, puis lui expliqua brièvement son comportement comme s'il tenait à excuser sa brusquerie. Elle esquissa un bref sourire amusé, pas moqueur bien que la tentation était grande, elle savait toutefois rester un minimum polie lorsque l'occasion le demandait. Finalement, lorsqu'il lui offrit son conseil avant de lui demander son nom, la demoiselle attrapa la main tendue du commandant, laissant sa hache à sa hanche, avant de lui répliquer.

     ▬ Je suis lady Alysane Mormont, homme d'arme du Nord comme vous devez l'avoir compris j'imagine. Je n'ai nulle haine à l'égard de cette noble Lord Commandant, disons simplement que je n'aime pas les nobles qui regardent les autres de haut parce qu'ils possèdent un nom qu'ils n'ont pas eu à gagner. »

     Il est vrai que la jeune femme n'avait pas particulièrement envie de provoquer des rixes avec d'autres personnes, mais disons simplement que le fait de voir cette noble la prendre de haut et la regarder comme si elle était la chose la plus repoussante qui lui ait été donné de voir, l'avait fait sortir de ses gongs. Alysane oublia rapidement cela, son attention était portée sur un tout autre sujet, un Lord Commandant qui portait le nom de « Hill » ? Si elle se souvenait bien c'était le nom des bâtards des Terres de l'Ouest, ce qui signifiait que cet homme n'était pas un noble, mais bien un simple soldat hissé à un rang important. C'était une bonne chose, Alysane considérait son frère bâtard comme de son sang, au même titre qu'elle était lady, la jeune femme aurait apprécié de le voir pouvoir prétendre à l'héritage des Mormont, mais ce n'était malheureusement pas le cas. C'était peut-être un sujet épineux, mais la Nordienne s'en moquait, elle n'avait aucune honte de poser des questions qui pouvaient fâcher.

     ▬ Hill me dites-vous ? N'est-ce pas le nom donné aux bâtards de l'Ouest ? Mes connaissances en la matière sont plutôt restreintes, je suis toutefois agréablement surprise de constater qu'on ne porte nulle importance à la naissance des soldats pour leur donner des bons postes. J'avais crains pendant un instant que la capitale soit infestée jusqu'à la moelle par ces personnes qui ne juraient que sur leurs titres. »

     Pour la jeune dame, le titre de lady était un simple accessoire, elle ne s'en servait que très rarement et n'aurait jamais fait état de son statut devant cette noble si elle n'avait pas fait preuve d'autant de dédain à son égard. Bien évidemment, le Lord Commandant pouvait prendre sa réplique comme hostile, se sentir agressé par le fait qu'elle pointe du doigt et triture ses origines. Mais il suffisait de connaître un peu la combattante pour comprendre qu'à ses yeux, les bâtards ou les enfants légitimes étaient les mêmes. Après tout Jorah était un Snow et il avait le poste de maître d'arme de la maison Mormont, c'était lui qui lui avait appris ce qu'elle savait. Les paroles d'avant lui revinrent à l'esprit alors qu'elle songeait au fait que les nobles étaient tous imbus d'eux-mêmes au final, elle l'observa quelques instants avant de laisser un léger sourire lui gagner les lèvres, puis de reprendre la parole pour le relancer une nouvelle fois.

     ▬ Je ne suis toutefois pas sûre que vous vous attirerez de bonnes choses de cette noble puisque vous ne m'avez pas remise à ma place Lord Commandant. Pour quelle raison n'avez-vous pas mis vos menaces à exécution ? Elle marqua une brève pause avant de reprendre. J'espère que ce n'est point parce que je suis une femme ? »

     Oh, elle ne prétendait pas lui avoir tapé dans l'œil, c'était une chose qu'elle ne pouvait imaginer puisqu'elle se voyait comme une combattante et rien d'autre, mais disons qu'elle envisageait simplement la possibilité que ser Addison Hill décide de l'épargner parce qu'il la voyait comme une femme et non comme un homme d'arme. Elle préférait encore finir la tête sur le haut d'un pic que d'avoir une telle réaction de pitié !
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Message Sam 11 Juin 2011 - 12:38

Après la réaction quelques peu inattendue du Lord-Commandant et la poignée de mains entre les deux individus, la réaction de la foule se fit tout de suite sentir. Certains visiteurs d'un jour poussèrent un soupir de soulagement et remercièrent leurs dieux pour avoir épargné Port-Real d'un spectacle sanglant. D'autres qui figuraient aussi bien dans la noblesse que dans le bas-peuple s'en allèrent, vexés que leur moment de divertissement se termine ainsi. D'autres encore, soldats de la cité ou chevaliers de divers seigneurs attendaient encore une occasion d'intervenir pour aller aux devants de la scène.

Quand la nordique déclina son identité, le Frère-juré de la garde Royale ne ne bougea pas, ne laissant échapper aucune expression d'étonnement ou de surprise. Il aurait été tenté de lever les sourcils ou de hausser les épaules pour faire comprendre qu'il n'avait jamais entendu parler de la famille des seigneurs des Iles-aux-Ours, mais il craignait que son ignorance puisse offenser la damoiselle. A ce moment-là, il contrôla parfaitement l'expression neutre de son visage et hocha calmement la tête. Peut-être voulait-il faire croire qu'il connaissait la réputation de la famille Mormont ou simplement remercier la demoiselle pour sa " coopération ".

C'est quand son interlocutrice commença à faire une remarque sur l'ascendance du Lord-Commandant que ce dernier sursauta légèrement. A ce moment, il ne contrôlait plus du tout l'expression de son visage, ornée par une énorme grimace d'hébétement et de gêne. Sans le savoir, la Mormont venait d'appuyer sur l'un des points faibles psychologique d'Addison Hill. Il se reprit rapidement, se racla de nouveau la gorge et lui répondit.

- Vous seriez surprise de savoir à quel point les " vils bâtards " peuvent occuper les hauts-rangs de l'échelle sociale en Port-Réal, dit-il avec un sourire tout en faisant une légère allusion à la Main du Roi qu'il côtoyait quotidiennement. En ce qui me concerne, je dois dire que c'est plutôt un point positif. Les lames blanches n'ont pas de famille, et il n'est pas facile d'oublier d'où nous venons. Moi, je ne puis regretter ce que je n'ai pas connu. Ha ha !

Le petit rire qu'Addison Hill lâcha avait pour but de détendre l'atmosphère. Mais, ce rire cachait pourtant une infinie tristesse qu'il avait juré d'enterrer. Il laissa son interlocutrice continuer mais ne put s'empêcher de grimacer à nouveau quand celle-ci affirma qu'il l'avait remise à sa place. Il ne pensait pas qu'un simple moment de sympathie pouvait régler des conflits. C'est ensuite que vint la question de la nordique. Comme à son éternelle habitude, le frère-juré de la garde royale haussa légèrement les épaules et répondit simplement.

- Si je n'ai pas mis me menaces à exécution, comme vous dites, c'est tout simplement parce que vous n'avez pas sorti votre lame de votre fourreau. Ensuite, pour rester honnête avec vous, je dois avouer que vous m'avez un peu tapé dans l'œil. Je me dois parfois de montrer les dents pour imposer le respect qui m'est dû. Mais le respect n'est pas toujours quelques chose qui s'échange naturellement, c'est quelques chose qui se gagne. Vous avez gagné le miens, Lady Alysane du clan Mormont.

Il insista quelques peu sur le titre de la demoiselle pour faire comprendre qu'il avait de l'importance à ses yeux. Addison Hill allait ouvrir de nouveau la bouche quand il fût rapidement interpellé par un homme qui survint de derrière lui. C'était un des manteaux-d'Or accompagné d'une escouade de trois ou quatre hommes.

- Lord-Commandant, dit-il. Mes excuses pour cette interruption. Moi et mes hommes sommes chargés de vous escorter jusqu'au Donjon Rouge où vous attend la main du Roi.

Addison Hill toisa le garde de la cité de son regard sévère avant de répliquer d'une voix rigide.

- M'escorter ? Et bien sûr, la main Brynden Rivers n'a pas eut la brillante idée de croire que j'étais bien assez grand pour m'escorter tout seul ? Passez devant, soldat. Et j'espère pour vous que cela en vaut la peine !

Le Lord-Commandant se retourna une dernière fois. Il ne trouva pas les mots pour dire au-revoir à la Mormont. Il inclina la tête et se mit en marche. Tout simplement.


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