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La maison qui jamais ne tomberait.【Aliénor】

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Seigneur Suzerain de l'Ouest
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Tybolt Lannister
Seigneur Suzerain de l'Ouest

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HEAR ME ROAR

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Message Jeu 4 Oct 2012 - 13:52


Nous ne discutons pas la famille. Quand la famille se défait, la maison tombe en ruine.



°•



L'odeur du sel marin remontait parfois jusqu'au perchoir qui servait de cabinet de travail aux seigneurs du Roc. Aujourd'hui était un de ces jours où l'odeur persistait dans la pièce, en cela nourrit par les faibles rafales de vent qui venaient mourir sur la forteresse en rendant un dernier soupire par les larges ouvertures qui ouvraient sur le large. Tybolt Lannister était confortablement installé sur un siège matelassé à dossier haut, derrière sa table de travail, que son conseiller de frère aurait sans doute trouvée étonnement vide à l'exception du feuillet chiffonné qu'un poids en or massif maintenait cloué au bois verni pour éviter que les vents ne l'emportent. L'écriture rendue terne par la force du temps y stipulait clairement qu'un lion ne saurait être redoutable, s'il n’a pas d’idéal, pas de religion, pas d’opinion politique, pas de courtoisie, pas d’éducation. Elle n'était pas l'oeuvre de Tybolt, mais celle de feu son père, Lord Damon, le Lion Gris. Ce feuillet, Tybolt n'avait cessé de le contempler depuis que le hasard ou la destinée, la frontière entre les deux était trop subtile, l'avait placé sous ses yeux dans la bibliothèque du Lion Gris, tandis qu'il cherchait réconfort dans sa solitude. Ces quelques mots griffonnés à la hâte l'avaient profondément perturbé ; changé, quand il avait fini par prendre toute la mesure de l'adage, en cela aidé par l'ouverture d'esprit que son deuil avait semé en son for intérieur. Ce qui n'était, au demeurant, que la découverte d'un simple bout de papier, avait entraîné plus de conséquences que la hargne des Fer-nés n'en avait engendrées. La première, et la plus insondable d'entre toutes, était la prise de conscience contre laquelle Tybolt s'était violemment heurté, réalisant après une rêverie trop longue, que ses erreurs s'étaient accumulées en trop grand nombre. En conséquence de quoi, de manière instinctive, ses premiers mots étaient partis pour Hautjardin où sa soeur n'avait pas manqué d'apprendre les tristes nouvelles qu'il avait à lui narrer, ainsi que son souhait de la revoir afin de l'entretenir d'une décision chère au nouveau pelage dont il s'était vêtu. Lord Tybolt Lannister en était venu à la conclusion que le temps des enfantillages était révolu, que la maison dont il avait la charge avait à coeur d'apposer une nouvelle empreinte sur le royaume, une empreinte différente de celle que sa précipitation d'autrefois avait voulu si enracinée, qu'elle en avait bêtement écraser les liens les plus élémentaires.

Le bleu cristallin de ses yeux vira vers les larges ouvertures de la pièce, au bord desquelles de lourds rideaux de velours couleur grenat oscillaient sous l'effet des vents. Au loin, le trait de l'horizon semblait offrir une maigre distinction entre le ciel cendré et les mers déchaînées. Quelque chose dans l'expression même du suzerain de l'Ouest avait changé, le caractère résolu de ses traits avait pris l'apparence d'un filet de fermeté entremêlé dans ce qu'il pouvait rester de mélancolie chez un homme endeuillé de la trempe d'un Lannister. Le menton relevé, les yeux légèrement froncés, Tybolt goûtait au temps qui passe comme un animal prit dans un piège à loup comptait les secondes en refoulant la délivrance. La douleur était suspendue en lui, accrochée sans ambages à ses entrailles. La mort de Maura lui avait appris que la moindre inspiration, aussi ténue fut-elle, pouvait écorcher l'âme humaine, qu'il lui faudrait supporter cela seul, quoi qu'il advienne, quoi qu'il en coûte, car nul autre que lui ne pouvait le ressentir. Le cabinet de travail des seigneurs du Roc avait ceci de spécifique qu'il était coupé du réseau de couloirs par lequel serviteurs et invités transitaient d'une salle à l'autre, si bien qu'un seul couloir, étroit, permettait de l'atteindre, et qu'il suffisait donc qu'une personne s'y aventure pour que les seigneurs du Roc sachent qu'un message important s'apprêtait à leur être délivré. Car pour quelle autre raison, quelqu'un se risquerait à s'aventurer dans ce couloir ? Tybolt tourna la tête vers la porte avant que deux coups d'une poigne ferme ne la fasse chanter. L'instant d'après entrait le chef de sa garde pour lui annoncer qu'une colonne de cavaliers affichant les couleurs Tyrell approchait par le sud. L'esprit de Tybolt s'activa à demander si les derniers préparatifs avaient été effectués selon ses souhaits, ce à quoi le chef des manteaux rouges opina du chef en assurant que tout était fin prêt. Quelques minutes plus tard, Tybolt finissait de se changer en ajustant la place de Rétribution, son épée, sur son flanc gauche et le col de son pourpoint carmin nervuré de fils d'or, tandis que lui était posé sur les épaules un manteau assorti frappé du Lion Lannister.

Lorsque la colonne de cavaliers franchit la herse de la cour intérieure, Aliénor Tyrell vit s'ouvrir devant elle une longue haie d'honneur formée par les célèbres manteaux rouges de la garde Lannister. La mise en scène n'était pas laissée au hasard. Tybolt l'avait souhaité ainsi, car loin d'accueillir la future première Dame du Bief, c'est une Lannister qui rentrait en ce jour chez elle. Les manteaux rouges étaient là pour le lui rappeler, non content de lui faire ressentir que tous avaient juré de mourir pour elle comme pour leur suzerain. La gauche posée sur le pommeau rugissant de Rétribution, Tybolt échangea un regard discret avec Gerold qui aussitôt s'éclipsa selon leur accord. Tybolt lui avait, quelques jours plus tôt, fait connaître son intention de s'entretenir seul à seule avec leur soeur. La raison évoquée était simple, celle qu'il devait réparer à lui seul les soucis qu'il avait pu lui causer depuis la célébration de son mariage. Au moment où le pied d'Aliénor foulait le sol du Roc, Tybolt se mettait en marche pour ne s'arrêter qu'à mi-chemin, laissant tout le loisir à sa soeur de faire l'autre moitié pour les réunir au milieu de la haie. Alors seulement put s'ouvrir le nouveau chapitre de la Maison Lannister, celui qui commença sur un regard terni car noyé d'autant d’afflictions que d'affections qu'il essayait d'être fier et digne du seigneur suzerain de l'Ouest.

« Sois la bienvenue chez toi, ma petite lionne. »

Tels furent les mots qui scellèrent l'intonation de ce chapitre, les mots que Tybolt Lannister, un sourire plus crispé qu'il n'était réellement léger, présenta à sa soeur lorsqu'elle fut près de lui.



Dernière édition par Tybolt Lannister le Ven 12 Oct 2012 - 15:57, édité 5 fois
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Aliénor Tyrell
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Message Jeu 4 Oct 2012 - 15:30

Si elle ne s’attendait pas à recevoir une lettre du Roc, elle ne s’attendait pas à savoir la mort de Maura. Elle avait été plus qu’une amie et une belle-sœur. Le peu de temps qu’elle avait pu passer avec cette femme, elle avait apprécié. Elle avait été une sœur, une confidente. Elle l’Avait conseillé pour mieux vivre avec son propre époux. Si son monde s’effondrait, celui de Tybolt devait l’être depuis plusieurs jours. Elle aurait voulu ignorer, mais elle ne le pouvait pas. Sur un coup de tête, elle avait demandé l’autorisation à Lord Tyrell de quitter le Bief pour l’Ouest, lui apprenant la mauvaise nouvelle. Elle ne pouvait pas faire comme au Roc. Elle ne pouvait pas fuguer comme une vulgaire gamine. Elle avait quitté espérant que Tristan ne serait pas au courant, mais il avait finit par comprendre qu’elle devait renouer elle-même avec son frère. Elle lavait apprécier ce geste de sa part. Elle était donc partie seule de Hautjardin accompagné des hommes de la maison. On lui avait imposé un chemin qu’elle n’appréciait pas, mais la route du Front de mer était la plus rapide pour atteindre castral Roc. Ils s’étaient arrêtés à Crakehall prendre un peu de repos. Elle n’était pas habituée à tant de chemin.

Elle avait eu un choc en voyant le Bief s’éloigner d’elle. Elle retrouvait des chemins anciens qu’elle empruntait quand son père était vivant. Elle se souvenait des balades qu’elle faisait en compagnie de ses protecteurs. L’air de Port-Lannis lui manquait parfois. Elle n’Arriverait certainement jamais à effacer tous ses souvenirs qu’elle avait ici. Elle aurait beau tenter, mais elle ne pourrait jamais. Maura avait raison. Sa maison serait toujours le Roc. Elle était née ici et elle avait grandi dans cette forteresse. Elle avait de la rancœur contre elle-même. Elle se souvenait d’avoir promis être là pour Maura. Elle lui avait promis de venir uns fois l’enfant prêt, Or, elle s'était obstinée à en vouloir amèrement à ses frères depuis qu’ils avaient tous gâché. Elle en voulait certainement plus à Tybolt qu’à Gérold. Elle et le dernier lion ne s’entendaient pas du tout et leur dernière conversation dans les jardins des Tyrell, avait failli mal tournée. Tristan, malgré la relation qu’il partageait avec son beau-frère, avait tenté du mieux qu’il pouvait pour recoller le cœur brisé de sa tendre.

Chaque fois que le capitaine de sa garde lui parlait, elle l’écoutait vaguement, pensant à ce qui l’attendait une fois le roc devant elle. Elle ne pourrait pas faire demi-tour comme elle faisait toujours. Elle ne pourrait certainement pas partir cette fois, sans avoir la confiance de Tybolt, mais surtout sans avoir vidé son cœur. Elle savait que le temps n’était pas opportun, mais son frère était un homme fort. Elle l’avait toujours vu. Même si cette rencontre semblait triste à venir, son frère pourrait remarquer enfin ce qu’il désirait tant. Voir sa sœur grandir et prendre de la maturité. Un souhait que même Damon Lannister aurait aimé voir. Vaut mieux tard que jamais.

Les dernières heures de chevauchées, elle avait la nausée. Pour ne pas dire, qu’elle avait le cœur gros et qu’elle redoutait l’approche chaque fois. Elle avait préféré une tenue sobre, dans les teintes de gris, sans artifices. Elle n’impliquait pas ainsi la maison Tyrell et ne faisait pas l’hypocrite en portant le rouge Lannister, loin de son nouveau foyer. Et puis, aucune des couleurs ne convenaient pour ce qui se passait dans l’immense forteresse des lions de Castral Roc. Elle n’avait pas le cœur à se pavaner. Elle était même torturée entre le Bief et l’Ouest. Revenir chez soi alors qu’elle avait l’impression qu’elle n’y serait plus jamais la bienvenue, la tracassait assez pour la rendre nerveuse et agressive. Surtout qu’elle allait devoir endurer son autre frère. Contrairement a Tybolt, Gérold et elle s’étaient détestés à la minute où qu’ils s'étaient connus. Oui, cela avait fait bien rire sa mère, la Grande Dame. Et son père avait souvent soupiré, croyant à l’unité familiale, même lorsque celle-ci était séparée.

Son entrée avec la haie de manteau rouge l’Avait quelques peu déstabilisé. Elle était habituée pourtant, elle avait vécu ici. Elle avait arrêté Tempête, pour rester figer quelques secondes qui lui parurent une éternité. Le capitaine de sa garde s’était glissé tout près d’elle, lui demandant si tout allait bien. Elle aurait voulu répondre non et faire demi-tour dans l’immédiat. Elle était prête même. Elle n'était pas certaine de pouvoir affronter Tybolt. Il était descendu de sa monture, et elle avait attrapé la main pour descendre de sa monture. En posant le pied au sol, elle savait qu’elle ne pouvait plus reculer comme elle l’aurait voulu. Ses pas se faisaient lents et incertains, mais pourtant retrouver l’Ouest l’avait animé d’un fort sentiment d’Anxiété. Les derniers pas qu’elle avait faits l’avait amené à son frère, son grand frère, son chevalier et protecteur. Elle avait chassé une larme de son visage et l’avait regardé avec un sourire triste. Elle s’en voulait désormais.

Je suis heureuse de revenir chez moi. J’aurais aimé que mon retour soit en de meilleure circonstance mon frère, mais il fait bon de te voir.

S’il n’y avait pas eu les manteaux rouges près d’eux, il aurait eu fort à parier, qu’elle l’aurait étreint comme elle l’Avait toujours fait. En sautant dans ses bras, heureuse de revoir son frère. Elle avait toujours fait cela même si cela manquait un peu de convenance, mais elle n’en avait pas beaucoup. Sa peur se dissipait et son estomac se dénouait au fil des minutes. Il manquait Maura voila certainement le pourquoi de son silence. Elle s’était faite à l’idée qu’ils allaient bien ensemble. Elle s’en voulait que le destin eut été aussi cruel avec son frère et une femme aussi croyante.

J’aurais aimé être là plutôt. Pardonne-moi d’avoir failli à une promesse que je lui avais faite.

Si elle avait été là lors de l’accouchement comme elle l’avait promis à Maura lorsque celle-ci lui avait demandé. Si elle avait seulement mis ses vieilles rancunes de coté pour elle. Elle aurait pu partager la peine de son frère autant qu’elle le voulait. Elle s'était sentie abandonnée, mais elle avait eu tort l’accueil qu’elle venait de recevoir prouvait le contraire de ce qu’elle croyait.



 
 
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Tybolt Lannister
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Message Ven 5 Oct 2012 - 10:23

Tybolt avait imaginé cet instant un nombre incalculable de fois depuis que ses mots étaient partis pour Hautjardin, dans l'espoir que le jour venu, ses émotions ne se laisseraient pas dominer par le reste. Il réalisait maintenant que rien ne pouvait être plus insaisissable que la réalité. On avait beau l'imaginer, le fantasmer, le cours des évènements vous échappait toujours, d'une façon ou d'une autre. Aliénor lui faisait face avec toute la dignité de son rang, petite soeur dont les yeux étincelants d'azur répondaient au moindre regard que son frère aîné osait faire tomber sur elle. Une larme tentait de trouver son chemin sur sa joue qu'elle la réprimait ; la convenance d'une femme qui ne voulait affaiblir d'avantage l'homme qui lui faisait face. Les mâchoires du suzerain de l'Ouest en étaient à se serrer, accentuant, si cela était encore possible, les angles de son visage. C'était là le seul moyen qu'un corps trouvait à répondre aux soubresauts d'une âme en peine. Son coeur avait beau marteler sa cage thoracique, ses entrailles se tordre en tout sens, Tybolt voulait conserver toute sa décence, quand bien même son désir aurait été de prendre sa soeur dans ses bras et de l'étreindre comme on étreignait un être aimé depuis trop longtemps parti. Les premières paroles d'Aliénor glissèrent sur lui comme l'eau fraîche d'une cascade, froides et revigorantes à la fois. Froides car elles ne pouvait que rappeler l'atrocité de la situation, et revigorantes car malgré tout ce qui avait pu entacher leur relation ces derniers temps, Aliénor trouvait encore une joie certaine à figurer devant lui, ici, sur ses terres. Que n'aurait-il donné pour que la circonstance fut tout autre, que Maura se trouvât à sa droite, que son sourire fut courbé par un bonheur intense et rien que cela. Que n'aurait-il donné pour que rien ne fut exécuté comme il l'avait pourtant fait. Que n'aurait-il donné pour oublier...

Au moment où pour la première fois la voix d'Aliénor s'éteignait, tous les manteaux rouges virèrent leur dos et élargir la haie d'honneur d'un pas pour immortaliser l'intimité d'une discussion qui ne les concernait en rien. A l’extrémité de la haie, là où la garde Tyrell s'afférait à descendre de leur monture, l'intendant du Roc ainsi que le maître d'écurie se précipitaient pour faire bon accueil aux invités du Lord Lannister. Chevaux étaient emmenés séance tenante vers les écuries par tout un groupe de jeunes gens habitué à la tâche, tandis que les cavaliers Tyrell étaient discrètement dirigés par l'intendant vers une porte que Tybolt savait ouvrir sur un long couloir que ses invités verraient ensuite déboucher sur une salle où les attendrait une table digne de rois. Un moindre mal que celui de restaurer dignement ceux qui avaient veillé à la sécurité de la cadette Lannister par ces temps sombres. Un moindre mal que de faire bonne figure devant les représentants d'une Maison dont il avait éraflé le respect. La voix d'Aliénor cinglait alors l'air ambiant pour demander pardon, faisait se fermer les yeux du suzerain de l'Ouest qui, plus que jamais meurtri, ne pouvait tolérer que se fut-elle qui lui présenta des excuses quand tout le prédestinait à les tenir en son âme et conscience. Quand il rouvrit ses yeux, leur bleu scintilla un bref instant, se fut pour agiter sa main droite en un signe de refus.

« Tu n'es pas celle qui doit demander mon pardon, mais celle qui doit entendre le mien. »

S'en suivit un silence pesant durant lequel Tybolt détourna les yeux en se pinçant les lèvres. Les mots ne lui venaient pas aussi naturellement qu'il l'avait escompté. Il se sentait démuni devant cette soeur qu'il avait bafouée mais qui venait encore se répandre en excuses devant lui. Voilà à quoi mes désirs de crainte et d'assujettissement m'ont donc mené, redouté par ma propre famille, mon propre sang... Quand son regard trouva la force de croiser de nouveau celui d'Aliénor, la mémoire de Tybolt fit émerger des images de leur tendre enfance, de leurs courses effrénées dans les couloirs du Roc, de leurs discussions interminables tapies dans l'ombre des anfractuosités, et des jeux de rôles auxquels ils se prêtaient lorsque le seigneur leur père offrait un banquet gigantesque en l'honneur de quelque invité de marque. Il avait toujours interprété le chevalier servant, et elle la princesse qu'il lui fallait protéger. C'est à peine si Tybolt ne revoyait pas distinctement les yeux réprobateurs de mère les fusiller tous deux du regard quand leurs enfantillages se muaient en éclats de rire, et que ces derniers venaient interrompre la discussion de père à la table principale. Ces souvenirs firent remonter une leçon que mère, amusée par ses facéties, lui avait inculquée un jour qu'il s'était blessé en combattant un dragon imaginaire qui retenait prisonnière Aliénor dans les sous-sols du Roc : n'oublie jamais qu'à vouloir être trop grand chevalier, on oublie qu'on en délivre les belles vierges des châteaux des autres pour mieux les enfermer dans le sien. Ces mots firent échos à la prison qu'il avait consciencieusement construite autour d'Aliénor pour s'assurer une emprise totale sur elle... une prison sur laquelle il ne voulait plus mettre la main que pour la détruire.

« Marchons. Marchons comme autrefois, côte à côte, à travers cette forteresse qu'enfants nous prenions pour notre terrain de jeu, fit-il en lui présentant son bras droit. Je suis trop longtemps resté assis, seul spectateur de mes songes. Il me plairait maintenant de marcher avec un appuis sur lequel me reposer, ne serait-ce que pour quelques pas. »

Ces mots-là lui étaient venus naturellement parce qu'il avait finalement réussi à mettre le doigt sur la nature de son orgueil de frère, et de sa stupidité de chevalier. Aliénor n'avait jamais été que sa soeur cadette, une Lannister digne de ce nom qu'il s'était visualisé plus faible qu'elle ne l'était réellement parce que sa faiblesse d'homme l'avait toujours poussé à protéger pour nourrir sa fierté, et non pour porter secours aux nécessiteux. La réalité qui voulait que sa soeur ait certainement eu des besoins contraires aux siens s'était imposée à lui que trop tard. Il lui appartenait désormais de faire son possible pour réparer ce qui pouvait l'être et prier les Sept qu'elle oublierait, un jour, ce qu'il avait été pour ne garder que l'image de ce qu'il était devenu. Leurs pas, lents, détachés, les menèrent de l'escalier principal au hall des étendards, ainsi nommé parce qu'il s'agissait d'un couloir si large dont les murs étaient ornés d'un si grand nombre de tapisseries évoquant les grandes batailles menées par les seigneurs du Roc que le rouge et le Lion Lannister ne pouvaient que vous bondir aux yeux partout où ils allassent.

« Il me semble encore entendre les pas de père faire trembler le sol... déclara Tybolt, le dos bien droit, le regard dirigé vers l’extrémité du hall. C'était là une époque où mes fautes trouvaient encore des excuses dans la jeunesse de l'âge. En vieillissant, nos fautes prennent à témoin notre orgueil, notre stupidité, c'est ce que père disait. Il me trouverait sans doute indigne de son enseignement aujourd'hui. »

Il stoppa soudain le sens de leur marche et pendant un temps relativement court, conserva toute la hauteur de ses traits, la profondeur de son regard tourné vers le lointain. Le moment était venu pour lui d'user du courage qu'il avait toujours eu, d'agir non plus en possesseur mais en protecteur, de parler avec son coeur de Lion et non avec la prétention du Lionceau qui regarde admirativement l'ombre de ce qu'il deviendra sans imaginer tout ce qu'il faut endurer au Lion pour que sa crinière flamboie aux yeux de tous. Il n'avait plus à son côté Aliénor Lannister, l'enfant qui ne demandait qu'à jouer, mais Aliénor Tyrell, la femme qui demandait l'attention de son frère, le Lord suzerain des Terres de l'Ouest, le Gouverneur de l'Ouest, le Bouclier de Port-Lannis, Tybolt Lannister, aîné de la Maison Lannister, l'homme qui par la seule aura de son nom et de son entichement à combattre la flotte Greyjoy aurait du être tenu en respect dans tout le royaume, mais qui attirait aujourd'hui à lui beaucoup plus la désapprobation et la pitié que tout autre chose. Il n'en demeurait pas moins Tybolt Lannister, et aucun des titres qu'il portait ne pouvait lui être regrettés. Il n'advenait qu'à lui, maintenant et pour le restant de ses jours, de rétablir les choses, de ne plus combattre le cours des évènements mais de l'accepter et d'user de son pouvoir pour instaurer une dynastie Lannister que le royaume apprendrait à respecter non plus seulement pour le poids de leurs richesses.

« De m'être montré orgueilleux et stupide envers toi. De ne pas avoir entendu ta voix au moment où tu espérais tant que je l'entende. De ne pas avoir su te donner la valeur que tu méritais. Pour tout cela, et plus encore, je requiers ton pardon, déclara Tybolt en abaissant l'intensité de son regard sur sa soeur, avant de pivoter et de lui faire face. »

Aucun Lion n'est né Lion. Le Lionceau devient Lion le jour où son jugement tombe sur tous les animaux sans distinction, sans préférence, sans méfiance, sans jugement préalable. Le Lionceau devient Lion le jour où il prend conscience qu'à chaque animal une place a été attribuée et que sa propre place ne saurait avoir de sens s'il n'était plus en mesure d'apprécier et de sauvegarder celle des autres.



Dernière édition par Tybolt Lannister le Lun 8 Oct 2012 - 11:54, édité 1 fois
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Aliénor Tyrell
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Message Sam 6 Oct 2012 - 3:08

Elle voulait se montrer forte pour lui. Cette fois-ci c’était lui qui avait besoin d’elle. Même s’il ne l’avouait pas, elle le savait dans son fort intérieur. La maison du lien avait toujours été unis, malgré la mort qui les avait frappé plus d’une fois. Sa mère alors qu’elle était encore trop jeune pour comprendre toute l’existence du mot, puis lorsque Fléau avait emporté son père. Elle se souvenait encore lui promettre de ne pas pleurer, d’être forte et d’être une Lady. Il y avait désormais Maura et l’enfant. Une perte aussi tragique que les autres. Elle avait eu la chance de côtoyer cette femme et elle n’aurait que de bon souvenir. Ce qui lui faisait certainement le plus mal c’était la douleur de Tybolt. Son frère qui avait toujours été fort. Et puis, il était tellement complet avec elle. La prochaine Lady Lannister devra être implacable. Mais une chose certaine, elle ne serait jamais Maura.

Elle n’était pas sourde, mais elle avait bien cru entendre ce qu’elle voulait. Le feu qui brulait dans son cœur, les misères qu’elle avait eu et surtout la rancune qu’elle avait déversé contre lui venait de disparaitre. Si elle lui en voulait terriblement lors de son départ, son cœur s’apaisait qu’il reconnaisse enfin ce qu’elle pouvait être. Il n’était pas entièrement fautif, il fallait l’Avouer. Elle avait une grosse part de responsabilité. Elle lui en avait fait voir de tous les couleurs. Elle avait joué plus d’une fois avec sa patience. Heureusement, même si la relation entre son frère et son mari n’étaient pas la meilleure, Tristan faisait de son mieux pour qu’elle n’en veuille pas trop à son frère. Elle lui en était entièrement reconnaissance.

Je crois que nous avons tous les deux une part de responsabilité dans tous cela. Tu n’es pas le seul à blâmer. J’ai plus d’une fois mis ta patience à l’épreuve dans les derniers mois.


Elle n’avait pas été la meilleure des sœurs. Elle cherchait souvent à le provoquer dans les derniers temps, mais son époux lui avait montré comment un grand frère pouvait être étouffant parfois. Elle avait fini par comprendre que la mort prématurée de sa mère avait fait changer sa sœur et que Tybolt était devenu comme un père, lorsque celui-ci était mort. Tout deux avaient du endurer ses caprices et ses sauts d’humeurs. Ils avaient été patients mais ils avaient voulu la protéger. C’était la première fois, qu’elle pouvait se rendre compte de l’importance de son frère et de sa sœur dans sa vie. Ils étaient à peine grands qu’ils devaient s’occuper d’elle, car, elle requérait de l’attention.

Elle prit le bras que lui tendit son frère et soupira intérieurement. Elle avait tant cru que cela se passerait mal. Elle ne voulait pas en venir au mot et à la tirade qui auraient fait de cette situation, une situation encore plus pénible que les autres. La dernière fois qu’elle avait senti une atmosphère aussi lourde sa mère ou son père venait de décéder. Maura lui manquait déjà. Elle avait peine à dire qu’elle n’avait pas tenu sa promesse. Pour la première fois, se remémorer des souvenirs lui faisaient du bien. Une belle époque ou les devoirs et les responsabilités n’étaient pas celle du Seigneur de castral Roc et de la Dame de la maison de Hautjardin. Un passé qui lui manquait parfois.


Un temps dont aucun de nous deux ne se souciait du futur. Il n’y avait que les jeux et les rires. L’innocence de l’enfance nous donnait tous les droits. Quoiqu’il arrive, nous sommes une famille unie. C’est l’image qu’il voulait et je serais toujours là pour toi, comme tu as toujours été là pour moi, quand j’étais toute petite.


Aliénor eut un sombre regard lorsqu’il lui parla de ce que penserait leur père. Elle devait se mettre à sa place. Quand sa mère était morte, elle avait eu de l’attention particulière de son père qu’il n’avait pas donné aux trois autres. Malgré l’éducation stricte, Aliénor avait toujours trouvé le point faible de son père et avait toujours usé de son charme pour obtenir ce qu’elle voulait. Il le savait que c’était son arme. Mais elle lui rappelait tant sa défunte épouse. Elle avait eu des secret avec le lion gris que son frère et encore moins Gérold ne savaient la teneur. Parfois, elle le revoyait prier près de son chevet implorant les sept de ne pas lui retirer un autre membre de sa famille. Tous des souvenirs qu’elle tentait de retirer de son esprit depuis sa dispute avec sa famille. Dispute qui semblait bien loin désormais.

Tu as tort de dire cela ! Il a toujours cru en toi et il serait fier de son fils parce qu’il l’a toujours été.

Elle en était certaine. Il était celui qui avait eu la place la plus difficile. Le chef de la famille. Pendant les quelques mois qu’elle avait passé à Hautjardin, elle avait compris qu’il aurait toujours le rôle de celui qui menait. Son cœur était apaisé, mais elle s’en voulait de ne pouvoir lui dire comme elle s’en voulait.

Je te pardonne mon frère. J’ai compris que tu ne l’as jamais fait en ayant de mauvaises intentions. Tu ne voulais que mon bien, alors que moi je voulais te montrer de quoi j'étais capable. Je t’en ai voulu longtemps lorsque tu es parti après votre discussion avec Lord Tyrell. Par après je n’ai jamais réussi à écrire un seul mot pour te parler. Mais je suis heureuse aujourd’hui de retrouver le chevalier qui me délivrait des dragons, des vilaines sorcières et des méchants.

Elle était heureuse de retrouver celui qu’elle avait toujours aimé comme un grand frère. Tristan lui avait fait comprendre qu’il ne le faisait pas par méchanceté. À force de la protéger, il l’avait enfermé, pour qu’elle soit à jamais en sécurité. Aliénor avait passé au peigne fin la cour et s'était levée sur la pointe des pieds, pour l’étreindre avec force. Elle était heureuse de revoir le lion qu’elle avait connu jadis. Elle peinait à savoir que la relation qu’elle avait avec Gérold était morte à jamais. Elle n’aurait certainement pas supporté cela entre elle et Tybolt.

J’aimerais à mon tour que tu me pardonne d’avoir pu te causer des soucis et surtout de m’être entêté à te désobéir chaque fois que j’en avais l’occasion.


Un blâme qu’elle prenait sans broncher. Elle avait parfois été la parfaite idiote. Si elle l’avait écouté, elle aurait évité bien des problèmes.



 
 
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Tybolt Lannister
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Message Sam 6 Oct 2012 - 22:51

Le pardon était l’apanage des forts, non celui des faibles. Pardonner demandait bien plus de forces que la haine n'en soutirait à l'âme humaine. En cela, Aliénor endossa mieux que personne le pelage de Lionne qui sied à une Lannister, fut-elle désormais une épouse Tyrell. Enfant elle avait été, mais l'enfance n'était plus pour elle comme pour lui. Elle avait été une enfant parfois capricieuse mais dont le fond, à ne jamais en douter, ne s'était ne serait-ce qu'une seule fois allé à une quelconque forme de noirceur. Aliénor n'était pas née pour faire le mal, ni consciemment ni inconsciemment. Petite, il lui était bien arrivé de se montrer parfois insistante, agaçante, mais c'était là le souhait d'une petite fille qui se sentait bien seule et qui requérait l'attention des plus grands. Aujourd'hui, le schéma était quasiment le même si on s'empressait de mettre de côté les considérations d'âge et de statut ; la chose n'en restait pas moins vital pour la cadette Lannister. Elle se devait d'exister auprès des siens d'abord, pour mieux exister dans sa nouvelle Maison. Il était nécessaire qu'elle le ressente, qu'elle sache qu'elle était écoutée et non seulement entendue. Cela, Tybolt y consentait. Il s'efforcerait de prêter une oreille attentive à ses dires, comme à ses besoins. Perdre Maura et leur enfant avait taillé en lui une déchirure qu'il ne voulait plus voir grandir, soit en perdant un autre membre de sa famille, soit en le voyant s'éloigner de lui comme on aurait cherché à fuir le Fléau de Printemps. La tâche de maintenir, de bonifier, la cohésion de la Maison Lannister, comme bien d'autres choses par ailleurs, lui revenait de plein droit. Il était de son devoir de s'assurer que les siens ne manqueraient de rien. Cela allait aussi bien pour Aliénor, et par extension à son époux et la Maison Tyrell, comme à Gerold qu'il faudrait plus tôt que tard marié, et à Tya et la Maison Baratheon également. Tybolt n'en était plus à considérer les liens familiaux comme des fils tortueux, mal enchevêtrés, mais un réseau complexe qui ne lui advenait qu'en partie d'observer. Pas même lui ne pouvait concevoir toute la teneur des raisons qui faisaient qu'Aliénor ne s'entendrait probablement jamais avec Gerold. Il ne pouvait plus concevoir son existence toute entière et ses relations aux personnes qui l'entouraient comme s'il était omniscient. De nombreuses choses, à tort ou à raison, lui resteraient cachées. La perte terrible de Maura, le gouffre monstrueux qui s'était creusé au plus profond de lui, le lui avait appris. Certaines choses devaient demeurer impénétrables. Il lui fallait faire avec désormais, quoi qu'il lui en coûte. Autrefois, il aurait sans doute essayé de faire plier Gerold d'un côté et Aliénor de l'autre pour qu'ils s'entendent si tel en était son besoin ou son désir, mais à ce jour, il ne s'aventurerait pour rien au monde à une telle erreur. Gerold et Aliénor pourraient bien ne jamais s'entendre ni jamais plus se parler, lui, Tybolt Lannister, demeurerait le lien indéfectible qui les relierait aujourd'hui et à jamais. Et nul doute ne subsistait à cela, que si un Lannister venait à être attaqué, tous les autres montreraient des crocs affûtés, surtout s'il était question de Tybolt.

L'étreinte initiée par la soeur fit serrer les dents du frère, tandis que sa main droite venait resserrer la sollicitude de cet instant. La chaleur du corps d'Aliénor parut à Tybolt plus étrangère qu'elle ne l'avait jamais été, comme si l'empreinte laissée par la dernière étreinte que Maura lui avait offerte ne souffrait d'aucune équivalence en ce monde. Et en effet, rien ne semblait pouvoir remplacer le doux contact de ce dernier présent à ses yeux. Pas même la tendresse d'une soeur aimante. Quand Aliénor se retira, Tybolt passa sa droite sur l'ovale de son visage en risquant un sourire qui finalement parut à peine au milieu de ses traits tirés.

« Je te pardonne. »

Lui redonnant son bras droit, ils quittèrent le hall des étendards d'un pas toujours aussi traînant. La précipitation était une autre de ces choses que la mort d'un proche remettait toujours en question. De manière presque contrainte, le veuf ou la veuve apprenait à savourer chaque instant comme s'il était le dernier, comme si une forme de paranoïa exacerbée les poussait à croire que tout pouvait s'arrêter la seconde d'après. Ce n'était là, bien sûr, qu'une semi-vérité, car en réalité, le veuf ou la veuve ne savourait aucun moment de manière convenable. Chaque seconde ne faisait que renforcer le vide vécu depuis la disparition de l'être aimé. Il n'y avait donc rien à savourer, rien à fêter, seulement le temps à regarder s'écouler, encore et toujours. Tybolt marchait le regard porté vers l'avant, la posture bien droite, la gauche posée sur le pommeau de Rétribution. Ses pas filaient sur le dallage sans éveiller grand bruit. Gerold avait du s'assurer que personne ne serait susceptible de les déranger en condamnant l'aile dans laquelle ils évoluaient. Pas la moindre trace d'un quelconque serviteur, du moindre garde. Ils étaient seuls.

« J'ai mal agi, envers ton époux, envers les Lord Tyrell et Arryn, et envers notre Maison, trancha Tybolt, sur un ton aussi décidé qu'il paressait lointain. Je ne sais combien d'efforts il me coûtera de changer la piètre confiance que doivent me porter les premiers, de redorer la gloire de la seconde, mais ils n'en restent pas moins nécessaires. Puis-je compter sur ton appuis ? »

La question était loin d'être anodine. Tybolt n'en était pas à penser que sa soeur changerait quelque chose dans la bataille qu'il s'apprêtait à livrer contre lui-même et contre ce qu'il avait révélé à la face du monde. C'était trop en demander, sans aucun doute possible. Aliénor était une dame du Bief désormais, une Lionne parmi les Roses. Le tableau devait en faire sourire plus d'un et s'il n'avait été prisonnier de son malheur, sans doute Tybolt aurait lui aussi sourit ; non par pour moquer sa soeur, mais par compassion pour celles et ceux qui la croyaient perdue dans ce massif de fleurs. Maura lui avait une fois dit qu'Aliénor ne donnait peut-être pas l'impression d'être une Lionne, et que c'était précisément là une particularité qui la rendait peut-être plus redoutable qu'il ne l'était lui, le seigneur du Roc. Que le sentiment de Maura fut vrai ou non, Tybolt voulait que sa soeur se saisisse des responsabilités qui lui incombaient en partie d'honorer. Il ne souhaitait plus lui commander, lui dire quoi faire, comment faire, quoi penser, que dire. Tout ceci était trop loin de lui désormais, tout appartenait à une autre vie, voir à un autre monde où il n'avait jamais vécu. Aliénor serait amenée tôt ou tard à faire éclore les bourgeons du Bief, et à influencer leur croissance comme leur existence. Un pion ne pouvait mériter pareil destin, et Aliénor Tyrell d'être prise pour pion.

« Je ne te demande pas d'intercéder en ma faveur. Je suis tombé seul dans ce fossé, il me revient pleinement d'en sortir, d'autant que je ne souhaite pas que ma faute te retombe, même partiellement, sur les épaules. Mais si d'avenir la situation venait à s'améliorer avec Lord Tyrell, j'apprécierais que tu sois la garante de la longévité de cette relation. Toi mieux que personne peut entretenir l'amitié entre les Maisons Tyrell et Lannister. »

Le frère et la soeur longèrent un large couloir bordé de somptueuses colonnes sculptées dans la roche. Ils passèrent une première arcade, une seconde, avant d'atteindre un carrefour où deux autres chemins s'offrirent à eux. Aliénor ne manquerait pas de les reconnaître. Le premier empruntait une longue galerie qu'elle saurait déboucher sur la vaste salle de réception où déjeuners et dîners étaient servis aux grands invités des seigneurs du Roc. L'autre, beaucoup plus court, n'était constitué que d'un maigre couloir qu'on voyait se terminer par une porte de chêne avec un heurtoir en forme de soleil. L'entrée du septuaire privée de mère, en attestait le soleil de la famille Lefford. Cette salle respectait la forme heptagonale des septuaires conventionnelles et accueillait une statue de la Mère, mais avait une vocation intime qui en faisait une réplique plus petite plutôt qu'un véritable septuaire. C'est là, soigneusement posée sur un autel couronné de fleurs, que le corps de Maura Lannister reposait en attendant son départ pour les Eyrié. Les soeurs du Silence avaient mené à bien leur tâche et quiconque poserait son regard sur elle jurerait qu'elle n'était qu'endormie dans ses plus beaux habits, les mains posées sur son ventre rond comme si leur enfant aussi reposait en paix.

« Souhaites-tu lui adresser une dernière prière ? demanda Tybolt sans détourner les yeux vers sa soeur, incapable qu'il était de détacher son regard de la porte. Elle n'aurait pas souhaité reposer ici... elle aimait beaucoup trop le Val pour s'en détacher. Alors... j'ai décidé qu'elle reposerait auprès des siens... que le nécessaire serait fait pour que Lord Arryn puisse décider seul de l'endroit où il conviendrait à sa soeur d'être enterrée. »

L'idée lui avait arraché le coeur à la seconde où elle avait picoré son esprit. Mais il savait que c'était ce qu'il fallait faire... qu'où qu'elle soit, Maura apprécierait ce geste.



Dernière édition par Tybolt Lannister le Lun 8 Oct 2012 - 11:55, édité 1 fois
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Message Dim 7 Oct 2012 - 14:07

Trois mots qui venaient de la soulager pour un temps qu’elle ne savait pas. Les vieilles querelles ne seraient plus et c’était certainement pour cela que Damon Lannister serait fier de son fils. Il garderait comme il le fallait sa maison unie. La maison du Roc y était encore plus puissante lorsqu’il ne formait qu’un. C'était un enseignement qu’elle avait toujours tenu à cœur. Il lui disait souvent que rien ne la forçait à aimer Gérold, mais il serait toujours son frère et les liens du sang, personne ne pouvait l’oublier. Il était plus fort que tout et si elle était venue à Castral Roc, c’était bien parce que les liens du sang lui commandait. Autrement, elle aurait bien fait d’ignorer cette appel. Tristan avait insisté pour qu’elle gagne la forteresse sans lui. Certainement, parce que lui-même qui avait connu Maura souffrait d’une certaine manière. Aliénor avait un doute que c'était parce qu’il ne voulait pas confronter son frère, mais elle n’avait rien dit. Elle était certaine d'une chose, elle était en paix désormais. La maison du lion avait retrouvé un lionceau qui s'était échappé.

Son cœur était soulagé et pourtant il y régnait encore un inconfort. Les murs de Castral Roc lui rappelait des souvenir qu’elle avait enfoui loin dans sa mémoire pour ne pas pleurer si un jour elle revenait. La Mort de Maura avait jeté un voile de noirceur sur la maison des Tyrell lorsque la nouvelle avait éclaté. Elle ne s’attendait pas à ce que sa propre maison soit éclatante comme toujours. Elle se demandait ce que deviendrait le Roc sans Maura. Elle n’avait jamais connu une femme comme elle et il n’en existait peu. Elle ne comprenait pas le soudain besoin de Tybolt d’avoir à s’excuser à tout ceux qu’il avait pu croiser dans les derniers temps. Elle n’allait certes pas se plaindre de cela. Depuis le temps qu’elle tentait de mettre Tristan dans les bonnes grâces de tout le monde.

Tout sera fait en temps et lieux. Tristan a compris qu’il avait fait des erreurs et l’important est que je lui ai pardonné. Depuis que je suis son épouse, il prend soin de moi et il ne t’en veux pas comme tu le crois. C’est lui qui a insisté pour que je vienne seule. Lord Tyrell comprendra j’en suis certaine et il n’est jamais trop tard pour renouer avec Lord Arryn. Tu auras toujours mon appui Tybolt. Je serais toujours une alliée pour toi. Un jour, Tristan sera à la tête du Bief et ce jour là, je ne demande que l’harmonie entre nous.

Elle aurait voulu comprendre le tout, mais elle essayait de ne pas trop parler du Bief. Tristan avait fini par l’écouter. Elle savait que Tybolt était révolté de ce qu’il avait fait envers elle, mais la petite lionne avait pardonné ce geste. Tristan payait ses erreurs déjà très cher auprès de sa propre famille. L’important était qu’ils s’entendaient bien. Un poids de moins pour Lady Jeanne. Son époux était très différent de son frère ou même de plusieurs hommes qu’elle avait côtoyé. Il y avait encore une partie qui vivait comme un enfant. Si elle arrivait à grandir et à éclore afin de devenir une grande rose, elle serait comblée.

Je suis plus forte que l’on peut le croire. Je sais encaisser les coups et je n’ai pas peur d’affronter qui que ce soit. Père n’avait qu’un souhait avant de mourir. Que notre famille n'éclate jamais et que nous restions unis, malgré les épreuves. Je serais là, comme Gérold sera là pour toi aussi. J’ai toujours appuyé tes décisions. Si la relation entre nos familles allaient en grandissant, je serais heureuse de compter parmi mes alliés, mon frère.

Elle avait oublié en visitant le labyrinthe de Hautjardin que le roc comprenait des couloirs qu’elle aimait beaucoup moins que certains. Elle avait l’impression de revivre de mauvais souvenir. Comme si, elle revenait quinze années en arrière. La mort de son père l’avait affecté, celle de sa mère encore plus. Elle avait veillé son corps tant d’heure, que s’en était insupportable pour son petit corps. Elle se revoyait encore longer les murs aux mains de sa Septa. Le Roc était plongé dans le même état d’esprit qu’aujourd’hui. La première Dame de Castral Roc, décédée. Son cœur se sentait serrer comme dans un étau et elle n’arrivait pas à ouvrir la bouche. Elle revoyait encore se battre contre ses protecteurs pour qu’ils lui laissent encore du temps. Elle finissait parfois par s’endormir. Elle ne pouvait dire si elle avait prié les sept ou pas.

Si tu me le permets, je voudrais bien le faire. Elle était comme une deuxième sœur pour moi. Elle serait contente. Elle disait parfois qu’elle souhaitait retrouver ceux qui l’avaient défendu contre les fer-nés. Que les montagnes du Val lui manquaient. C’est un geste noble de ta part. Il en sera certainement reconnaissant.

Aliénor avait prit une bonne inspiration et avait poussé la porte afin de revivre un gros pincement au cœur. Elle revoyait le corps de sa mère allongée. Ses souvenirs lui jouaient des mauvais tours, mais elle avait toujours maudit cette pièce après la mort de sa mère. Était-ce un destin partagée. Jessica Lannister était morte en mettant son cinquième enfant au monde. Les dieux avaient-ils autant d’amusement à retirer la vie de la mère et du nouveau né. Elle s’était éloignée de Tybolt pour s’approcher de la femme qui avait donné un deuxième sens à sa vie de jeune lionne. Un corps froid et paisible. On aurait pu croire qu’elle n’avait pas souffert. Elle savait qu’une fois la nouvelle parvenue à Lord Arryn, il y aurait une personne qui souffrirait encore plus qu’elle ou Tybolt. Chaque fois qu’elle chassait ses larmes d’autres revenaient hanter son visage. Son cœur avait envie d’exploser tellement elle était triste. Elle venait de perdre une amie chère et son frère, elle le savait, il avait perdu beaucoup plus. Aliénor avait posé sa main sur celle froide de sa belle-sœur.

Puisse les dieux te laisser en paix et veiller sur nous. Veille sur Maeve et ce petit lionceau. Repose en paix désormais.

Elle n’avait pas la force de demander à son frère ce qui était advenu du bambin. Elle avait le cœur si gros, qu’elle ne voulait pas savoir encore. La dernière fois, qu’elle avait pleurée ainsi, le Mestre de la maison de Castral Roc venait de lui annoncer la mort de son père. Elle ne pourrait jamais dire qu’elle comprenait la douleur de son frère. Elle n’avait pas perdu son époux. Elle pouvait comprendre que si un jour, elle devait perdre Tristan, elle serait certainement dans le même état d’esprit que son frère même pire. Chaque fois qu’elle chassait ses larmes son cœur se serrait. Elle ne savait dire qu’elle émotion se trouvait présentement en elle. La tristesse, la peur, l’inquiétude, l’anxiété. Maura avait toujours œuvré pour le bien des autres, elle avait remis Aliénor dans la bonne voie. Les mains tremblantes, elle n’osa pas regarder son frère. Elle ne pouvait s’empêcher de lui demander quel choix déchirant il avait fait pour l’enfant. Et pourtant ce fut plus fort qu’elle.

Et le bambin, ou reposera-t-il?

Pauvre petite âme qui n’avait pas eu le temps de vivre ses premières années. Elle aurait été là. Les dieux ne lui avait pas laissé la chance de vivre. À la simple évocation de l’enfant son cœur s'était tordu de souffrance. Qu’avait-il fait pour attirer la foudre des dieux. Le père dans sa justice avait tranché et prit la vie des deux êtres que son frère aurait chéris. Elle le connaissait trop bien. Elle ‘avait pas bougé ni jeté de regard sur son frère. Elle n’aimait pas cette pièce remplie de malheur. Elle essayait d’être forte, mais elle n’avait qu’une envie, aller pleurer dans les bras de son frère. Elle avait pleuré beaucoup avant son retour dans l’imminente forteresse du Roc.



 
 
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Message Mar 9 Oct 2012 - 13:33

Une lueur passa sur les traits du lord Lannister quand sa soeur évoqua la noblesse de son geste. Qu'eut-il été l'acte le plus noble qu'il eut jamais accompli, cela ne changeait rien au déchirement éprouvé. Lord Arryn viendrait, cela, Tybolt en était convaincu. Et avec lui s'en iraient sa femme et leur enfant vers des terres certes plus paisibles que ne l'étaient les siennes à ce jour, mais ô combien lointaines à ses yeux. En définitive, ce n'était pas la noblesse de l'acte qui avait poussé Tybolt à prendre une telle décision, mais bel et bien l'amour qu'il portait à sa femme. La manière dont les récits de ce temps interpréteraient son geste ne l'intéressait guère. Lui seul saisirait à jamais son importance, puisque lui seul en porterait le lourd fardeau.

La porte du septuaire franchie, Aliénor se dirigea seule vers l'autel funéraire. Tybolt s'arrêta lui contre le montant de la porte, épaule et tête appuyées contre la roche ocre caractéristique de l'Ouest et plus encore du Roc. Personne ne pouvait réellement saisir la peine, le désarroi, le chagrin, d'une autre personne, seulement l'effleurer du bout des doigts et comprendre que c'était là un voile transparent et insaisissable qu'il appartenait à chacun de rendre plus consistant. Tybolt ne pouvait guère saisir la douleur de sa soeur, accaparé qu'il était par la sienne propre. Il perçut néanmoins, aux soubresauts dont s'agitaient les épaules d'Aliénor, que la perte était lourde de chagrin pour elle aussi. Incapable de tenir cette vision plus longtemps, encore moins de se figurer le trépas de sa femme, il baissa les yeux, serrant et desserrant les dents à répétition, pour garder le contrôle de lui-même.

Assurément, un frère tenait à coeur de soulager les peines d'une soeur, un mari de combler la volonté d'une épouse, et un père de briser les craintes d'un fils. Mais qui pouvait seulement imaginer ce qu'endurait le frère, le mari, et le père, quand leurs actions aboutissaient à un abîme sans fond ? La réponse se faisait silencieuse et à cet instant, lord Tybolt Lannister ne pouvait s'appuyer que sur une seule chose, une seule et unique chose, qui ne pouvait en l'état que tenter de répondre à cette question : les liens du sang. La famille.

« Quel homme serais-je si je séparais une mère de son enfant ? Question rhétorique que la voix de Tybolt rendit plus abstraite qu'elle ne l'était réellement. L'enfant partira avec elle, et tous deux reposeront paisiblement au Val... Tel est mon souhait. »

En d'autres temps, quand il n'en était pas encore à considérer sa soeur comme une femme de pouvoir, Tybolt se serait sans doute approché d'elle pour la prendre dans ses bras et mettre un terme à ses larmes. Mais le coeur froid qui battait avec force dans sa poitrine le conjura de la laisser gérer ses sentiments comme elle le pourrait, car la vie, malheureusement, était également forgée par ces douleurs, ces peines, tous ces instants de désarroi qui vous faisait vous interroger sur le véritable sens de votre existence. Pleurer était parfois nécessaire, douloureux, mais nécessaire. S'il croyait du fond du coeur tout ce qu'il lui avait dit avant d'entrer dans le septuaire de mère, alors Tybolt devait avoir la conviction qu'elle affronterait dignement cette épreuve comme lui essayait de l'affronter. Le jugement du lion devait tomber sans distinction et sans jugement préalable sur tous les animaux, cela valait aussi pour les lionnes.

« Elle t'aimait beaucoup. Elle avait du respect et de l'admiration pour toi, énonça Tybolt d'un ton songeur, le regard dans le vague. Elle me disait que tu ferais une très grande dame. Elle savait déceler ce qu'il y avait de meilleur en chacun. Viendra pourtant un jour où on me demandera de la remplacer... comment le pourrais-je ? »

Nul dans l'Ouest ne pouvait ignorer la question du remariage du seigneur suzerain, pas même le principal concerné. Eu égard au lieu dans lequel il se trouvait, à la femme qu'ils étaient venus prier, Tybolt ne souhaitait aborder cette question et se refusait même à se la poser consciencieusement. C'est néanmoins la confidence qu'il recherchait, un élément de réponse, quoi que ce soit qui lui permettrait peut-être un jour d'envisager ne serait-ce que de réfléchir à une réponse. Comment arrivait-on à remplacer un être aimé ? Était-ce seulement possible ? Jamais personne n'avait remplacé son père et sa mère dans son coeur, jamais il n'avait pensé prêter ces rôles à d'autres. Alors comment ? Comment arrivait-on à envisager la chose autrement que par la nécessité d'assurer un héritier mâle au lignage ? L'affaire était résolument sombre. Sombre et nébuleuse.

Tybolt releva les yeux lorsque des bruits de pas finirent par rompre le fil de ses pensées. Se redressant, il toisa par-dessus son épaule la servante venue lui annoncer que les appartements de sa soeur étaient fin prêts à la recevoir. Il acquiesça d'un mouvement de tête et la servante marqua aussitôt un pas de côté en attendant de nouvelles directives. Il ne pouvait pas prétendre savoir ce que retrouver les appartements qu'elle n'avait quittés que récemment signifierait pour Aliénor. Aussi, avait-il demandé à ce que tout y soit mis en ordre en même temps que seraient préparés les appartements des invités de marque, au cas où sa soeur ne se sentirait pas de replonger plus en avant dans son passé. Après tout, ce n'était plus Aliénor Lannister qu'il était question de recevoir, mais bien Aliénor Tyrell. Elle méritait bien l'honneur de choisir la couche qui lui conviendrait le mieux.

« Le voyage a du être long et éprouvant. J'ai cru bon de demander à mettre en ordre tes appartements, mais si tu ne souhaites pas y séjourner, je t'ai également réservé les appartements de nos invités de marque. Si tu veux prendre un peu de repos avant le déjeuner, sens-toi libre de choisir les appartements qui t'assureront le plus grand confort. Tu es ici chez toi, mais tu es également mon invitée. »

Un scintillement traversa subrepticement le regard de Tybolt quand il croisa le regard de sa soeur. Un regard embué de larmes. L'heure de compter les pertes touchait à sa fin pour le Roc.


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Message Mer 10 Oct 2012 - 2:02

Elle aurait certainement regretté de ne pas être venue. Elle avait voulu continuer à faire ce qu’elle voulait et vivre comme elle l’entendait. L’Étranger avait touché à sa famille. À Maura, son frère. Elle n’aurait pas pu rester à Hautjardin. Tristan avait insisté pour qu’elle y aille seule. Son frère avait enfin laissé tomber les vieilles rancunes. Elle voulait une famille unie. Désormais elle l’avait.

Elle n’arriverait plus à ignorer un homme comme il était. Elle avait le cœur retournée et elle sentait une pression affreuse. Son âme chevaleresque était toujours là. Aliénor avait fini par croire que toutes les années qu’elle l’avait côtoyé, il était devenu chevalier pour elle. Pendant que son père s’occupait du Roc, lui il s’était occupé d’une petite princesse malade et fatiguée. Chaque fois que le Mestre décourageait et qu’il annonçait le trépas de la gamine, elle s’accrochait à l’idée de voir son frère devenir le chevalier qui la sauverait. De longues années avaient passé depuis ce temps. Elle était et sera toujours leur petite lionne. Et cela ne changerait même jamais. Même si elle était une dame de la maison du Bief, elle resterait leur petite lionne. Une petite lionne qui serait toujours d’une partie une rose désormais.

Oui, pardonne-moi. C'était une question idiote. Un choix déchirant, mais tu as fait le bon. Elle t’en sera reconnaissante.

Sa fatigue du voyage était mêlée à sa tristesse. Chaque fois qu’elle reprenait sur elle, elle ne pleurait plus, mais un sourire d’un souvenir venait lui trancher le cœur chaque fois. Elle aimait tant Maura. Elle l’avait ignoré longtemps au début. Surtout qu’elle n’avait pas apprécié être mise au fait du mariage de son frère à la dernière minute. Une chose qui était certain, elle ne lui en voulait plus désormais. Maura avait toujours eu raison. Elle avait de la chance d’Avoir ses deux frères tout près d’elle. Tybolt était un homme aimant pour sa femme et pour sa petite sœur. La petite lionne n’avait jamais vu cela sur ce point. Tybolt avait simplement voulu la protéger.

Elle t’aimait beaucoup aussi. Et pourtant je n’étais qu’une petite lionne perdu entre montrer à son frère ce qu’elle était et l’ignorer, pour mieux grandir. Elle avait ce don que j’aimais bien. Elle n’avait pas d’idée préconçue de ma personnalité. Avec elle j’avais l’impression de ne pas avoir besoin de changer.

Une question qu’elle ne prenait pas à la légère. Elle savait que son père n’avait pas repris d’épouse, mais à cette époque son chagrin était bien gros. Il avait déjà quatre enfants. Il avait fini sa vie veuve, mais Aliénor savait qu’il n’avait pas eu que sa mère dans sa vie. Elle n’était pas idiote. Malheureusement, Tybolt se retrouvait à la case départ avec un chagrin supplémentaire. Il n’avait pas de fils. Aliénor ne voulait pas retourner le couteau dans la plaie. Elle posa sa main sur la sienne et soupira intérieurement avant de parler. Elle avait repris ses esprits et était prête à s’exprimer de nouveau.


C’est toi le seigneur de Castral Roc. Tu peux prendre le temps que tu veux pour choisir une nouvelle épouse. Il n’y en a pas deux comme Maura et il n’y en aura jamais d’autre, mais tu sauras faire le bon choix.


Encore une fois elle se différenciait de sa fratrie. Elle avait toujours recherché sa mère en les siens. Tya avait eu la mauvaise chance, mais parfois, elle savait distinguer la mère de la sœur. Elle n’avait pas recherché son père en son grand-frère. Peut-être était-ce à cause que son père avait vécu de longues années. La petite lionne avait souvent été la poupée de sa sœur. Elle avait été un enfant choyé. Enfin, avec Tybolt et Tya. Sa relation avec Gérold n’ayant jamais réellement évolué.


Je commence à m’habituer de voyager entre le Bief et l’Ouest. Je prendrais mes appartements.


Elle l’avait remercié et avait pris la direction de la sortie lorsqu’elle revint sur ses pas. Elle était heureuse de voir que le roc serait toujours sa maison. Elle y était bien, même si parfois la froideur de la région ne lui manquait pas. Tout semblait moins austère dans le Bief, mais elle n’en reniait pas autant sa propre maison.

Je serais toujours chez moi ici, dans l’ouest comme dans le Bief. Je suis heureuse d’être de retour ici. Je vais me reposer un peu et me joindre à toi pour le déjeuner.

Elle s'était levée sur la pointe des pieds et avait déposé un léger baiser sur sa joue de grand frère.



 
 
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