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La loyauté n'est pas qu'un mot.

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Oberyn Dayne
Chevalier

Général

• Epée du Matin •
◌ Vision du Guerrier ◌
• Champion de la Maison Martell •

« Honneur, Loyauté, Sacrifice. »

♦ Missives : 2094
♦ Missives Aventure : 87
♦ Age : 29
♦ Date de Naissance : 30/03/1988
♦ Arrivée à Westeros : 17/09/2012
♦ Célébrité : Jamie Campbell Bower
♦ Copyright : Violain <3
♦ Doublons : Gunthor Estremont
♦ Age du Personnage : 25 ans
♦ Mariage : Fiancé à Edarra Ferboys
♦ Lieu : Citadelle des Météores.
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Message Mer 3 Oct 2012 - 18:41


La loyauté n'est pas qu'un mot.


Voilà bien des jours que la troupe de Chevaliers comme d’Hommes d’Arme de la Maison Dayne soulevait ce sempiternel nuage de poussière ocre à son passage. Si l’expédition n’était point des plus colossales et n’avait rien à voir avec une armée en marche, la troupe en arme avait de quoi opposer une résistance féroce à toute bande de vauriens et autres pillards afin de les dissuader d’une quelconque action belliqueuse. Ainsi, depuis qu’ils avaient quitté les Météores, Ser Oberyn et sa troupe n’avaient pas eu le loisir d’une seule fois mettre l’épée au clair. Le voyage fut donc des plus calmes mais également des plus éprouvants. Rallier les plus de milles miles séparant la Citadelle familiale du Fief Martell de Lancehélion n’ayant rien d’une sinécure. Mais pas une seule fois l’épée du matin n’avait mentionné un quelconque désabusement, éperonnant Shuram pour parcourir la maigre colonne et partager des bons mots avec les Chevaliers de son père comme les hommes d’arme sélectionnés par son Oncle Ser Andrew Dayne, qui faisait également parti du voyage. A l’instar de ce dernier, les hommes des Météores avaient tous vu grandir l’Héritier de la Citadelle et nombreux furent ceux qui échangèrent, par le passé, quelques amicales passes d’arme avec ce qui devait devenir l’une des plus fine lame du royaume. Comme aimait à l’annoncer Ser Andrew, dans ses rares moments de loquacité, son neveu était entouré d’hommes de bien qui se battraient jusqu’à la mort pour lui tant il leur apportait une estime et une présence que bien peu de meneur d’hommes savaient instiller dans le cœur de leur troupe. Rien de plus naturel pour le jeune homme qui ne se sentait jamais plus à sa place qu’au beau milieu de la troupe et des combattants sincères, rompus aux affrontements comme à la gloire et aux atrocités qu’ils impliquent…

Mais à mesure que s’approchaient les murs de la Capitale Dornienne, l’Epée du Matin s’enfermait peu à peu sur elle-même, retrouvant une faible distance qu’il s’imposait quand se faisait sentir sur ses épaules le poids de ses futures responsabilités. En temps qu’Héritier des Météores, il serait amené à garantir la survie comme la prospérité de sa Famille dans un monde d’intrigue comme de politique qu’il n’appréhendait que trop peu et ne gouttait pas moins que de franches goulées d’eau de mer. Et bien que les enseignements attentifs de son père à sa charge future comme les conseils avisés de Mestre Roland allégeaient le fardeau posé sur ses larges épaules, Oberyn appréciaient toujours aussi peu les rencontres et entretiens qui incomberaient, plus tard, à son rôle. Parfois il questionnait les Sept sur le pourquoi de cette injustice venant à briser ses affections pour la Chevalerie par ce statut d’Héritier qui l’enfermerait dans une épaisse gangue de responsabilité. Mais n’était-ce pas manquer de respect envers ses frères comme sœurs qui n’avaient plus le loisir de gouter à l’infinie possibilité qu’est encore et toujours la vie ? Par devoir comme par vœux, il se contraindrait donc à son rôle. Qui sait, peut-être finirait il par y trouver un quelconque plaisir le temps aidant…

Cette expédition là, il n’en fut pas vraiment l’instigateur, l’honneur en revenant à son Seigneur et Père Lord Olyvar Dayne. Car s’il venait d’approuver le futur mariage de son fils avec la belle et voluptueuse Edarra Ferboys, au contraire de Dame sa Mère, le Seigneur des Météores y avait imposé une condition. Celle de voir son fils chevaucher vers Lancehélion afin de se présenter au Prince Maron Martell et lui renouveler les vœux d’allégeance comme de fidélité de la Maison Dayne. Soucieux du bonheur de son enfant, Lord Olyvar n’en avait pas moins conscience de l’animosité séculaire sévissant entre la Maison Ferboys et les résidents de Lancehélion. Un tel mariage aurait bien pu paraitre comme un affront à leur Seigneur et c’est dans le but d’étouffer la crise dans l’œuf que le Seigneur des Météores dépêcha son fils, sous bonne escorte, à l’exécution de ses devoirs les plus simples. C’est bien vite que l’expédition fut mise en route sous la vigilante protection de l’Oncle Andrew Dayne et les espiègles plaisanteries de son plus jeune participant, l’écuyer Haranka Sand…

Au matin de ce jour, la troupe plia son dernier camps et revêtit ses plus beaux atours afin d’effectuer une arrivée cérémonieuse dans les murs de la prestigieuse cité. Linges blancs et violet pâle furent de rigueur, les plus humble des hommes d’Arme se drapant d’étoffes frappées des armoiries Dayne et surmontant leurs piques de rubans, aux couleurs des Météores, virevoltant dans le vent chaud. Chacun des Chevaliers de son père fut paré d’armures claires et leurs épaules se drapèrent de longs manteaux à l’améthyste couleur où se croisent une épée claire et une blanche étoile filante. Harnaché dans son armure blanche et argent, n’autorisant comme couleur supplémentaire que quelques étoffes lilas et des pièces de cuir sombre, Ser Oberyn chevauchait à la tête de son éclatante troupe, enveloppé dans sa pelisse de lion blanc qui jurait terriblement avec la robe noire de son sombre destrier des sables. Personne parmi les chevaliers n’avait passé son heaume de façon à chevaucher tête nue et à ne pas subir de plein fouet le chaud du soleil sur le métal. Une chaleur étouffante qui ne faisait que croitre à mesure que l’astre du jour s’élevait dans les cieux. Mais l’Epée du Matin ne semblait pas réellement en souffrir. Alors d’où pouvait bien venir cette sensation de malaise qui empoignait son ventre ? De la nuit des plus courtes qu’il avait passé, hanté par l’idée que ses épousailles ne soient perçues comme un affront à même de briser la flatteuse réputation des Météores ? Ou bien le lointain souvenir de ce Prince Martell entraperçu il y a fort longtemps et qui devint vite un modèle de noblesse comme de vertu ? Un icône dont il avait tâché de ce souvenir pour forger sa propre noblesse et à laquelle il se verrait aujourd’hui confronté avec l’horrible perspective de bien pouvoir le décevoir. Son malaise pouvait bien venir d’un peu tout cela à la fois.

« Les Murs ! Regardez ! Les Murs de Lancehélion ! !»

Debout sur ses étriers, Haranka appuyait ses mots par une foule de mouvements de bras frénétique ! Tous eurent été aveugles s’ils n’avaient pas, d’eux même, aperçu les hautes protections de la ville. Mais comment blâmer l’enthousiasme du jeune écuyer devant ce nouveau monde plein de surprise à ses yeux. Oberyn se souvenait avoir été aussi enflammé la première fois qu’il avec vu se détacher les murailles à l’horizon, du temps où il était au service de Ser Waymard Estremont. Le souvenir de ce mentor d’exception fit esquisser un sourire à l’héritier des Météores qui reporta vite son attention sur la cité lointaine. Bâtie sur un promontoire rocheux et cernée sur trois côtés par la Mer, l’antique cité des Martell les dominait déjà de toute son immensité alors que l’ombre des massifs remparts voilait une partie des habitations en contrebas. Le torchis bâtissant la ville lui donnait une allure ocre et jaunâtre alors que, déjà, l’atmosphère marine se voyait polluée par la poussière, la fumée comme la sueur des habitants de la ville. En comparaison, la Citadelle faisait bien pâle figure… Le spectacle des tours de Lancehélion se détachant sur l’azur arracha une nouvelle fois un soupir d’admiration à l’Epée du Matin, comme au temps jadis… La Tour Lance, la puissante Tour Soleil, la massive Frégate des Sables et enfin le Château, leur destination, se discernaient déjà dans la masse des bâtiments de la fourmillante cité.

Cessant, enfin, d’être interdit face au spectacle qui se déroulait sous ses yeux, Ser Oberyn Dayne éperonna son destrier Shuram pour élancer, à nouveau, sa troupe vers leur destination. Si tout s’était déroulé à la perfection, le Corbeau envoyé par Mestre Roland devait être arrivé à la Citadelle et il leur serait permis de pénétrer dans la ville. A leur arrivée devant la Porte Triple, celle-ci leur fut ouverte et c’est entre une dizaine d’hommes d’arme portant ostensiblement le blason de la Maison Martell que le convoi des Météores s’enfonça au pas dans la Cité. Ser Andrew échangea quelques mots avec le second corps de gardes et au troisième, des combattants porteurs de piques escortèrent la troupe. Ce qui semblait être leur Capitaine prit la tête du convoi, juste devant Oberyn, et fendit le brouhaha ambiant de son timbre puissant pour commander à la foule de faire place pour la Maison Dayne et l’Epée du Matin !

La foule ne réagit que peu à la mention du nom comme du titre d’Oberyn Dayne et ce dernier ne s’en offusqua pas, il lui était suffisamment agréable de retrouver l’atmosphère si particulière de la cité réveillant en lui bien des souvenirs d’heureux moments passés en compagnie d’un Chevalier Errant d’exception. Guidant Shuram sans grande difficulté, le jeune homme laissa son regard dériver sur la foule et ses merveilles. Les enfants jouant dans les rues et croquant à pleines dents les oranges sanguines qui maculeraient de rouge leurs claires tuniques, les marchands à la voix puissante qui vantaient la qualité de leurs produits comme leur rareté. Au détour d’une écurie, c’est une affaire de négoce à propos d’une jument des sables à la robe baie qui surprit l’attention du porteur d’Aube. Enfin, les œillades d’une prostituée à l’opulente poitrine firent rougir ses joues et enfler sa culpabilité au passage d’un bordel qui semblait bien bondé. Leur route se termina à l’abri du dernier cercle de remparts, loin de la foule et des activités du commun, dans une cour pavée de blanc où les attendait une petite délégation de gardes comme de serviteurs. Au milieu de ceux-ci, l’héritier des Météores distingua un homme sans âge à la longue bure grise et au cou orné d’une lourde chaine à maillons forgés dans bien des métaux différents. S’il lui donna son nom, Oberyn ne le retint pas mais saisit qu’il devait le suivre afin d’être introduit auprès du Prince Martell. Sentant son cœur s’accélérer à l’idée de cette rapide confrontation, l’Epée du Matin héla immédiatement Haranka, lui ordonnant de prendre en charge Shuram pour le panser, l’abreuver comme le nourrir. Laissant le reste de sa troupe aux bons soins de Ser Andrew, il entreprit de suivre le Mestre quand son Oncle se porta à sa hauteur et plaqua une main puissante sur son épaule tout en murmurant :

« N’ai point de craintes superflues, contente toi de rester aussi droit et juste que fier, mon garçon… Personne, de par chez nous, ne doute de ta loyauté comme de ton honneur ! »

S’il n’est pas le genre d’homme à parler pour ne rien dire, Ser Andrew avait le don de distiller quelques bon mots à son neveu pour gonfler sa confiance et chasser bon nombre de doutes de son esprit. Orientant son visage vers celui, bien plus fermé, de son Oncle, Oberyn lui sourit chaleureusement avant de lui donner une franche accolade pour remercier cet aspect de vigilant comme silencieux protecteur. Entre autres choses, la Famille était l’un des choses les plus sacrées pour l’héritier des Météores et c’est guidé par les conseils de cet homme d’exception qu’il entreprit de suivre le mestre avenant. Mais c’est dans le mutisme le plus total que les deux hommes traversèrent couloirs et places alors que l’Epée du Matin se montrait le plus courtois du monde avec chacun des habitants qu’il pouvait croiser, comme s’ils appartenaient tous à la famille régnante. S’il avait, dans un premier temps, cherché à trouver un terrain de discussion pour briser la glace avec ce Mestre sans âge, l’Epée du Matin eu tôt fait de ne pas pousser plus loin ses investigations. Car pour chacun de ses pas qui le portait vers la rencontre avec le Prince de Dorne, son malaise revenait et lui intimait un semblant de peur propre à ces rencontres protocolaires qu’il ne connaissait que trop peu et qu’il, sans toutefois l’avouer, craignait bien plus que n’importe quelle épée face à lui. Ce n’était pas la première fois qu’il enviait les capacités de son frère dans les arts de la représentation comme de l’étiquette, Rhaegal ayant pour lui de ne rien méconnaitre des intrigues politiques comme des relations courtoises. Oberyn avait pour lui une fierté et un franc parler à toute épreuve, choses qui le mettaient sous un jour plutôt mauvais aux yeux de la noblesse de Dorne. La question était maintenant de savoir ce que pourrait bien en penser le Prince de ces contrées…

Les pas répétés comme forcés se stoppèrent finalement au-devant de portes ouvragées, taillés dans des murs aux fresques délicates évoquant des héros du temps passé. A en juger par le temps qu’avait duré leur course silencieuse, l’Epée du Matin pensait se trouver dans un lieu pour le moins écarté de ce qu’il jugeait comme étant la zone principale du palais. Mais cette première visite ne facilitait pas réellement sa perception des choses comme des lieux. Il y fut introduit sans grande cérémonie par un Garde à la tunique frappée du blason Martell et qui tenait en ses larges mains une bien longue pique. La salle était vaste mais sans grand artifice, donnant directement ou presque sur la fourmillante ville en contrebas. C’est quand ses pas métalliques brisèrent la quiétude du lieu qu’Oberyn eut le souvenir de tout son apparat martial. Certains le jugeraient inapproprié, lui estimait au contraire qu’un Chevalier se devait de faire face à son Seigneur ceint de son armure afin de l’honorer de sa parole comme de ses vœux. Ses yeux se firent toutefois fuyants, se refusant à scruter la silhouette noble du Prince Martell et se perdant sur un élément mobilier quelconque. A quoi bon se voiler la face, ce Seigneur là l’impressionnait grandement. Son inspiration se saccadait mais il ne sursauta point quand la hampe de la pique vint frapper le dallage pour introduire la voix puissante de l’homme qui venait de le faire entrer. Ce dernier décomposa le nom comme les titres de l’Héritier des Météores afin de lancer l’audience auprès de son Seigneur. A peine eut il finit qu’Oberyn inclinait respectueusement la tête vers le sol et pliait le genou dans un fond sonore métallique. Sa pelisse de lion blanc ondulait au sol alors qu’il posait genou à terre et que ses longs cheveux cendres retombaient de part et d’autre de son visage désormais face au sol. Main gauche sur le pommeau de la légendaire épée familiale, Aube, l’Héritier de la Citadelle des Météores se força à muer sa voix en un semblant de ton fier et déterminé quand ses mots volèrent dans la pièce :

« Mon Prince... L’écho que lui renvoyait sa propre voix lui fit l’effet d’un véritable coup de poignard. Pour cause, Oberyn la jugeait comme extrêmement peu sure et pour le moins criarde ! Pouvait-on réellement être impressionné comme respectueux au point de voir tout charisme disparaitre et s’effacer pour laisser la place à la plus risible des soumissions ? Il ne pouvait le tolérer et c’est sur un timbre bien plus clair et puissant qu’il reformula deux mots, sans toutefois oser redresser la tête pour poser son regard améthyste sur la silhouette de ce modèle de noblesse : Mon Seigneur ! »

Voilà qui rendait un peu plus honneur à l’Héritier des Météores comme au titre d’Epée du Matin ! Un timbre clair et puissant, comme lui avait enseigné Lord Olyvar, de ce timbre qu’il était bon d’employer sur le champs de bataille pour rallier ses hommes à sa causes et les forcer à puiser en eux des réserves insoupçonnées. Mais en l’instant, sur quel type de champs de bataille se trouvait il donc ? Etait-il au beau milieu des rangs ennemis ou bien épaulé par ses frères et ses compagnons ? Etait-il possible qu’un Mariage puisse ruiner tout le prestige durement acquis par une Maison ? Il ne se l’était jamais demandé et n’y avait jamais réfléchis quand son amour et uniquement son amour avait parlé pour le mener sur les routes qui lui assureraient la conquête du cœur comme de la main de la belle Edarra Ferboys. Evoquer cette dernière sembla quelque peu raffermir la volonté comme la confiance défaillante du jeune homme et il prit ce qu’il considéra comme une longue inspiration. L’image du visage fin et des cheveux sombre de sa belle était une douce contemplation mais une contemplation fort peu à propos. Il lui sembla avoir été silencieux des heures, il ne le fut qu’un court instant. Enflammé, il ne bougea toutefois pas d’un iota et repartit dans l’énonciation de nouveaux mots, de nouvelles phrases en laissant exsuder toute la sincérité comme la détermination avec laquelle il pouvait bien les forger. Car il est des paroles que le Chevalier Dornien ne prononce que sur le ton du serment. Appuyée par l’écho de son poing fermé heurtant son armure au niveau du cœur, celles-ci en font partie :

« C’est en ma qualité d’Héritier de la Citadelle des Météores et fort de mon titre d’Epée du Matin que je viens vers vous porter la parole de la Maison Dayne et réaffirmer les serments de loyauté comme de fidélité qui nous unissent à la Maison Martell. Par la Grâce de Sept et au Nom de Lord Olyvar, les Météores renouvellent ainsi leur vœu d’allégeance et leurs engagements. Nous sommes vos serviteurs, mon Prince. »

Puissiez vous comprendre que je ne me lie pas à ma Dame Edarra et à la Maison Ferboys dans le but de vous nuire mais seulement car elle représente le seul feu à même d’illuminer mon existence. De belles et véridiques paroles qui restèrent, toutefois, coincés dans la gorge de l’Epée du Matin. Pour quelle raison ? Il ne saurait le dire… Sa fierté masculine avide de masquer ces élans du cœur, le respect qu’il éprouvait envers cet homme qu’il n’avait toujours pas regardé. Tant de choses et si peu à la fois. Combien de temps s’était-il passé depuis qu’il était entré dans cette pièce ? Il ne saurait dire… Brûlant de satisfaire toute l’admiration qu’il avait pour cette figure de noblesse qu’il admirait depuis bien longtemps, Oberyn entreprit de redresser un peu la tête mais se ravisa de lui-même immédiatement tant son Seigneur ne lui en avait pas donné l’ordre. Le message de son père était désormais transmis, mais le jeune Chevalier éprouvait toujours une sorte de malaise indicible. Pourvu que le Prince ne le juge point trop durement…




« Seal my heart and break my pride,
I've nowhere to stand and now nowhere to hide,
Align my heart, my body, my mind,
To face what I've done and do my time. »


Dernière édition par Oberyn Dayne le Lun 22 Avr 2013 - 9:47, édité 1 fois
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Prince de Dorne
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Maron Martell
Prince de Dorne

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Insoumis. Invaincus.
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♦ Missives : 9101
♦ Missives Aventure : 100
♦ Age : 28
♦ Date de Naissance : 27/09/1988
♦ Arrivée à Westeros : 23/06/2009
♦ Célébrité : Antonio Banderas
♦ Copyright : © Moi
♦ Doublons : Pryam Templeton, Sargon Harloi, Bryce Vyrwel, Alysane Mormont
♦ Age du Personnage : 44 Ans
♦ Mariage : Daenerys Martell (Targaryen)
♦ Lieu : Dorne, Lancehélion
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Message Jeu 4 Oct 2012 - 12:44

     Il y avait bien longtemps que Maron n'avait plus eu la visite de vassaux pour autre chose que pour essuyer leurs protestations ou leurs doléances. Par les temps qui couraient, avec la guerre, les attaques des brigands des Montagnes Rouges qui continuaient sans arrêt, puis surtout les tentatives des traîtres à la couronne pour détrôner les Targaryen, les plaintes devenaient de plus en plus fréquentes. Peu à peu, ce flot répété et régulier de critiques commençait à éroder la patience – déjà ténue – du Prince qui nourrissait l'envie secrète – si peu – de renvoyer ses vassaux chez eux à l'aide d'un coup de pique bien placé. Mais il fallait faire preuve de diplomatie, mot inventé pour remplacer celui de la soumission d'un dirigeant à son peuple, les enjeux étaient trop importants. Par de nombreuses fois, le suzerain de Dorne avait été confronté à des événements épineux, le désir de certains vassaux de pouvoir faire comprendre aux Orageux et aux Bieffois que Dorne était toujours un danger pour eux, ou encore le souhait de certains de s'émanciper du joug de la couronne. Des demandes aussi saugrenues et malvenues les unes que les autres et face à ces situations, Maron ne pouvait ressentir qu'une frustration grandissante naître en lui. L'impossibilité de dire « oui » à ses vassaux ne l'enchantait guère, bien souvent il comprenait et approuvait ce qu'ils exprimaient, mais pour le bien de son peuple, ne pouvait l'avouer de vive voix. Sa patience avait donc été mise à rude épreuve et à chaque fois qu'il entendait sonner l'arrivée d'un nouveau vassal, le Dornien se demandait à quoi il allait être confronté cette fois-ci.

     L'annonce de la visite prochaine de l'héritier de la maison Dayne ne fut donc pas accueillie de manière aussi enjouée qu'elle l'aurait été en temps normal. C'était sans compter que de surcroît, le jeune homme était fiancé à Edarra Ferboys, certainement celle qui représentait le plus la contrariété qui pouvait habiter le Martell. Les Ferboys n'inquiétaient pas franchement Maron. Ils avaient toujours été du côté des perdants et cela ne changerait jamais, que ce soit la mère ou la fille, elles ne pouvaient qu'espérer sans jamais atteindre ce qu'elles désiraient. Maron savait parfaitement que tout Westeros aurait disparu avant que les Ferboys ne puissent s'asseoir à la place des Martell, ils avaient toujours été en retard sur la famille suzeraine et rien ne changerait cela. Le Prince ne sous-estimait pas ses adversaires, il se méfiait tout de même de cette maison, mais leurs ambitions étaient trop basses et trop égoïstes pour que le peuple puisse envisager de les suivre. Les Ferboys voulaient Dorne pour leur propre intérêt et non pour cela de ses habitants.
     Cela dit, ces fiançailles inquiétaient tout de même le Prince. La maison Dayne avait toujours compté parmi les vassaux fidèles des Martell et Maron en venait à se demander si les inclinaisons du jeune homme ne risquaient pas de compromettre cette entente. Perdre un allié comme les Dayne n'était pas une chose négligeable et autant l'avouer, cela n'aurait été qu'une raison supplémentaire pour ajouter encore à l'animosité que le Dornien ressentait vis-à-vis de la maison Ferboys. Il avait donc pesé et analysé assez longuement ces informations, se demandant bien ce que la Mère Rivière pouvait lui réserver comme surprise pour pousser ainsi le jeune Oberyn dans les bras d'une harpie telle que la demoiselle de Ferboys. Seul l'avenir le lui dirait. Ou le concerné en personne.

     L'arrivée de l'héritier des Météores fut annoncée à l'avance et permis donc au Prince de demander aux personnes présentes de le laisser tranquille. Il voulait une discussion en tête-à-tête avec le jeune homme, de manière à ce que rien ne vienne s'interposer dans leurs échanges. Même si la patience n'était pas son fort, au contraire, le Martell attendit jusqu'à ce que la silhouette du blond se dessine enfin à l'entrée de la salle. Bien qu'ils partageaient les mêmes origines, ils n'avaient strictement rien à voir sur le plan physique. Deux Dorniens que pourtant, tout opposait. Sauf leurs idéaux, à moins que la note « Ferboys » n'ait changé quelque chose à ce niveau ? Silencieux, le Prince attendit que le nom du chevalier et ses titres soient énoncés, puis ils se retrouvèrent enfin seuls. Leur entrevue débuta comme tant d'autres, un salut, puis un autre et le silence fut brisé par la voix tout d'abord hésitante et finalement assurée, du jeune Oberyn. Le regard naturellement dur du Martell ne quittait pas le visage de son visiteur, il avait pour habitude de scruter avec attention les traits de ses interlocuteurs, ce qui pouvait en déstabiliser certains. Ce ne fut que lorsque les paroles suivantes furent prononcés que Maron considéra qu'ils ne s'étaient jamais rencontrés seul-à-seul et que le père du jeune homme avait toujours été présent. Habituellement de telles rencontres n'avaient lieu que lorsqu'un héritier se hissait à la place de lord, mais les choses étaient différentes et en écoutant les mots d'Oberyn, le Prince pensait cerner les raisons de sa venue ici. Comme son vis-à-vis ne s'autorisait pas le luxe de le regarder en face, le Martell eut tôt fait de régler ce détail.

     ▬ Allons, vous êtes venu jusqu'à Lancehélion pour vous entretenir avec moi et non admirer le dallage du palais, alors détendez-vous. »

     Ses paroles avaient beau être aimables, le ton était sec et assez froid, contrastant peut-être avec la chaleur qui couvait Dorne. Maron n'était pas un homme chaleureux, il était austère et n'aimait pas parler. Ce n'était pas sans raison que son épouse l'avait longuement méprisé avant de chercher plus loin. Il ne souhaitait guère que cette conversation ne soit pas poussée à son maximum parce que le jeune homme s'était imposé une retenue. Les Dorniens possédaient un sang chaud qui pouvait les pousser à réagir plus promptement que le protocole ne l'entendait, Maron était bien placé pour le savoir. Sans détourner son attention du jeune homme, le Dornien reprit la parole du même ton.

     ▬ De telles paroles ne sont pas malvenues par les temps qui courent, j'apprécie que vous ayez fait le voyage jusqu'ici pour m'exprimer votre fidélité. Pourtant, son ton montrait clairement qu'il n'en resterait pas là. Mais je dois aussi vous exprimer ma surprise, habituellement les héritiers ne se présentent au nom de leur père que si celui-ci n'est pas état de se déplacer lui-même, or je ne crois pas que ce soit le cas du vôtre ? »

     Il n'allait pas se plaindre d'une telle visite, en réalité c'était même une agréable surprise. Lorsqu'il avait appris cette visite, Maron s'était imaginé tout un tas de choses bien moins agréables que ce qui venait de se dire. Mais un rappel comme celui-ci ne devait pas avoir été fait sans raison et aussi peu doué soit-il en diplomatie et en négociations, le Prince pensait entrevoir les raisons cachées de cette discussion. Seulement les faux-semblants et les cachotteries n'avaient pas son adoration, le Martell aimait les choses claires et sans fioritures, il souhaitait une conversation sincère avec celui qui serait un jour son vassal direct. À moins que la Mère Rivière ne le rappelle à elle avant. Toujours debout et droit comme un « I », le Prince reprit la parole alors qu'au loin, le bruit des ruelles qui passaient à côté du palais, arrivait jusqu'à eux, inaudible.

     ▬ Je ne suis pas amateur des discussions cachées ser Oberyn, j'imagine que votre visite à Lancehélion doit avoir une raison plus ciblée que me réitérer votre loyauté, n'est-ce pas ? J'aimerais que vous m'exprimiez clairement ce que vous avez à l'esprit, je n'ai jamais été très doué pour décoder les messages cachés et il serait malheureux que je passe à côté de ce que vous désirez réellement me dire. »

     Même si la situation était particulière, Maron ne changeait pas de comportement pour autant. Que ce soit avec ses enfants, son épouse ou le reste de sa famille, il avait toujours été parfaitement professionnel et rien ni personne ne changerait ce point.



« Il faut endosser ses erreurs comme on endosse ses vertus... avec fierté ! Et transformer, en avantages, les conséquences d'une faute. »
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Message Ven 5 Oct 2012 - 16:23


La loyauté n'est pas qu'un mot.


A l’exact opposé du climat chaud des sables de Dorne, la voie de son Prince résonna dans la pièce sans artifice sur un ton sec et plus froid qu’une nuit passée dans le désert. Oberyn en fut plus encore malaisé, sa confiance en lui fondant comme neige au soleil face à toute la dimension noble de ce personnage qu’il n’admirait que depuis trop longtemps. Quelques mots avaient suffi pour lui faire prendre conscience qu’une nouvelle fois, Lord Olyvar avait vu juste et que cette visite courtoise autant que protocolaire s’imposait pour désamorcer une situation qui pouvait bien vite virer à l’aigre. Les directives du Prince étaient simples et évidentes, elles n’avaient plus qu’à être mises en place… Mais comment l’Héritier des Météores pouvait-il bien se détendre dans cette situation qui avait tout pour lui d’une inconnue piégeuse ? Certains hommes prennent leurs serments plus sérieusement que d’autres et l’homme des montagnes rouges étaient de ceux qui estimaient l’honneur comme une des rares vertus propres à l’être humain qu’il convenait de toujours conserver, quelque en soit le prix. Alors, Ser Oberyn Dayne inspira lourdement pour chercher à évacuer le trouble de sa piètre situation et puisa son courage dans les crissements métalliques de son armure. Il est des hommes plus à l’aise épée en main et face à la mort que maniant des mots à même de faire basculer le destin de toute une lignée.

Ainsi se déplia la carrure propre aux premiers hommes de l’héritier des Météores, dans un déluge de lumière claire et de reflets puissants reproduit par une armure à motif qui émis bien des plantes sous le mouvement de redressement qu’amorçait son porteur. La pelisse de lion blanc drapant ses épaules nouait des pattes terminées de griffes sombres sur le plastron ouvragé du chevalier quand le mufle léonin épousait une épaule puissante, offrant à la blanche crinière le luxe de se mêler à la longue chevelure d’un blond cendré qui barrait de mèches rebelles le visage toujours incliné d’Oberyn. La gorge nouée et les yeux mi-clos, le fils ainé d’Olyvar Dayne sembla puiser en lui une force nouvelle et une détermination issue d’un lien indestructible pour faira face à son souverain et lui offrir un portrait de sérénité comme de résolution muette. Une volonté inébranlable qui enflammait ses yeux d’un violet extrêmement sombre, et pailleté d’un éclat améthyste, d’un feu propre à la population Dornienne. De ce feu qui peut vous faire oublier un instant votre condition pour parler à votre Seigneur et Maitre comme si vous aviez toujours été des égaux…

A l’origine, Oberyn abhorrait les détours comme les faux semblant et plus que tout l’hypocrisie. Aimant tout particulièrement les lignes droites, voir tout ce qui est direct et rapide en règle générale, ce n’est pas peu dire que le Chevalier des Météores estime que mentir et manipuler sont les pires choses qu'un homme digne de ce nom puisse faire. Alors, il étira un léger sourire en estimant que par son ordre premier, le Prince Martell venait de lui donner le droit de dévoiler tout ce qu’il avait sur le cœur sans que la forme ne lui en soit véritablement faite rigueur. Il en serait, très probablement, tout à fait autre chose pour ce qui est du fond de ces propos. Il accueillit donc la prime remarque de son souverain sans se départir du masque qu’il avait chaussé sur le visage et en aillant l’intime conviction qu’après cette positive déclaration viendrait le nœud du problème. Comme bien souvent, son instinct ne lui avait pas joué de mauvais tour et il encaissa bon grès mal grès la remarque quelque peu cinglante du Seigneur Maron. Un point qu’il n’avait lui-même pas réfléchis sur le chemin du Palais et qui sembla, un court instant le désarmer. S’il profita d’un court instant de silence pour réfléchir à la formulation d’une réponse aussi véritable qu’acceptable, il ne manqua pas de porter une oreille attentive aux derniers mots de son suzerain et sembla s’en trouver quelque peu changé…

C’était comme si le verbe du Prince venait, à lui seul, de chasser bien des doutes dans l’esprit du jeune, au point de lui autoriser un petit sourire que d’aucun aurait pu juger comme étant amusé autant que soulagé. Les épaules du Chevalier semblèrent se redresser après disparition d’un point invisible et d’un mouvement de corps martial, Oberyn s’aligna pour faire totalement face à son interlocuteur, sans jamais lui manquer de respect. Il semblait bien que le Prince Martell partageait la même horreur que lui pour les convenances et les Arts de la Diplomaties, préférant les discussions d’homme à homme et à bâtons rompus aux intrigues et métaphores que distillaient les paroles sucrées d’une foule de nobles courtisans. Elevé au beau milieu des soldats, l’Epée du Matin en trouvait son milieu véritable que dans le domaine de la franchise et c’est ainsi qu’il prit la parole, animant un langage corporel désormais transfiguré par l’annonce précédente :

« Puisqu’il m’est ainsi permis de parler en toute franchise... Mon Père, Lord Olyvar, n’est point souffrant et je vous remercie de vous enquérir de son état de santé. S’il fut bien l’instigateur de cette expédition, il formula au jour de mon départ le souhait de, finalement, m’accompagner. Mais j’ai fait le choix de décliner sa proposition, estimant qu’il était de mon devoir de résoudre les maux dont je me trouve être la cause. Pour la première fois dans cette entrevue, Oberyn cherchait désormais à perdre son regard violacé dans les yeux plus durs et sombres de ce Prince admirable qu’il ne comptait pas laisser dans l’ignorance. Par la force de la vérité, l’Epée du Matin cherchait désormais à conquérir le respect de celui qu’il estimait depuis bien des années. Et c’est de sa voix qui ne transpirait plus aucune faille qu’il reprit presque immédiatement :Ma venue fait suite à l’approbation de mes fiançailles à ma Dame, Edarra Ferboys, par Père. Nous autres des Météores avons toujours été fidèles à la Maison Martell et j’ai bien conscience que ma future union peut, aux yeux du monde, paraitre comme une action des plus sournoises… Je me devais de vous rencontrer, en personne, afin de vous affirmer sur mon Honneur et celui de mon titre d’Epée du Matin que ce n’est point le cas. Que ce n’est point la cause des Ferboys que j’épouse, mais uniquement Lady Edarra. »

L’exposition claire des intentions du Dornien à son suzerain s’établissait dans ses mots. Si les Météores ne saluaient pas unanimement son union, certains l’estimant comme inconfortable pour la situation de loyal banneret des Martell, Oberyn avait également compris la chose et n’avait pas tardé à entreprendre le nécessaire pour que son honneur comme celui de sa Maison ne soit pas mis à mal par sa faute. Il ne se mariait pas par jeu de pouvoir, par intrigue de successions ou par alliance juteuse. Le seul fait de sa volonté d’Union à la belle Ferboys était le fait de la passion qu’il avait éprouvé pour elle dès l’instant où il l’avait rencontré, il y a de cela bien des années. Et c’est ce seul fait là qu’il souhaitait témoigner au Prince de Dorne qui avait également su le transformer dès leur première entrevue. Cette dernière parvint à la mémoire du Chevalier qui en détourna le regard de son Prince, perdant ses yeux et son regard dans l’espace libre alentours à son souverain. Sa voix avait baissé d’un ton et prit le timbre de la confidence quand revinrent danser les mots sur le silence de la salle d’audience :

« Il est probable que vous ne vous souveniez point de notre première rencontre. Que dis-je rencontre… J’étais l’Ecuyer d’un Chevalier Errant en ce temps, Ser Waymard Estremont de la Maison Estremont, un homme remarquable. Je ne devais pas être âgé de plus de douze ans quand j’ai pour la première fois vu les murs de Lancehélion. J’en ai longtemps gardé un vif souvenir. Nous nous trouvions dans un bazar dont je ne saurais retrouver le nom, au milieu du commun à marchander des oranges sanguines alors que je sablais la maille de mon mentor pour en enlever toute trace de rouille. Et c’est là que vous êtes arrivé. J’ai dû monter sur une tenture pour vous apercevoir. Et vous étiez là, flanqué de vos gardes, engoncé dans votre tunique de combat, tenant la lance comme le bouclier rond frappé du blason Martell, monté sur un impressionnant destrier. La foule s’est totalement embrasée et les gens ont immédiatement acclamé votre nom. Ils étaient surexcités ! Mais moi… Moi, je ne vous ai pas ovationné… »

La simple évocation de ce souvenir lointain suffisait à terminer la phrase par un sourire nostalgique, de ceux que vous étirez quand vous voyez se profiler le plafond de votre existence comme de vos possibilités. S’il regrettait cette époque où il ne sentait que trop peu peser sur ses épaules le poids de ses actes comme de ses responsabilités ? Probablement un peu. Mais personne ne pouvait rester enfant toute son existence et c’est en sa qualité d’homme fait qui hériterait un jour des Météores qu’il entendait s’entretenir avec son souverain. Délaissant le vague pour porter son regard aux yeux du Prince, Oberyn entendait poursuivre son récit alors que Maron lirait une flamme différente dans le feu des yeux violacés de l’Epée du Matin.

« Vous étiez une véritable légende… Un homme d’exception tout droit sorti des récits de Mestre Roland. Votre allure, votre visage, vos expression, cette communion naturelle avec la foule, vous exsudiez une telle fierté et une telle noblesse que j’en restais interdit, muet… Ce jour-là, vous êtes devenu bien plus qu’un suzerain à qui je devrais un jour serment de loyauté. Vous vous êtes érigé en icône de noblesse, en idéal d’honneur et de fierté en laquelle je souhaitais me transformer. Le modèle auquel je pensais quand, chaque jour, je m’entrainais… »

Le ton de la confession était des plus sincères, empreint d’une vérité vraie que ne pourrait jamais renier l’héritier de Lord Olyvar. Depuis toujours, la loyauté d’Oberyn était acquise au Prince de Dorne et aucun des événements qu’il ne pourrait endurer ne saurait altérer ce fait inscrit dans son cœur par des vœux plus forts et plus secrets qu’aucun de ceux qu’il avait eu à prononcer en devenant chevalier. Les Sept lui en étaient témoin, jamais l’Epée du Matin n’attenterait aux intérêts comme à la vie de son souverain et de ses héritiers. Voilà bien longtemps qu’il se l’était juré. Restait maintenant à savoir si le récit du jeune chevalier serait apprécié à sa juste valeur, avec la saveur d’une confession d’homme direct et immédiat, élevé au beau milieu des soldats. Une confession d’un homme d’Honneur qui ne l’échangerait pour rien au monde. Ou bien serait-elle vue que la plus basse et puérile tentative de manipulation par la voie infamante du mensonge ? La réputation d’Oberyn Dayne auprès des Nobles Maisons de Dorne n’était point des plus reluisantes, nombre des Seigneurs locaux méprisant ce combattant au silence courant et à la passion débordante pour les hommes d’armes et les chevaliers plus que pour ses nobles semblables. Maron Martell était-il homme à prêter l’oreille à la rumeur ? L’Héritier des Météores allait bien vite le savoir, mais il eut avant cela l’audace d’en terminer par quelques mots supplémentaires énoncés avec la détermination la plus grande au service d’un ton puissant et sans faille :

« Mon Prince, aucun homme dans ce Royaume ne vous est plus dévoué que moi. Je donnerai mon arme, mon honneur, mon corps et mon cœur à votre glorieux service. C’est le profond respect que je vous porte qui m’a fait venir vers vous ce jour. J’aspire à épouser Lady Edarra Ferboys, mais soyez certain que je n’embraserai la cause de sa Maison. Plongeant une dernière fois ses yeux violacés dans le regard fier et sans nul autre pareil du suzerain Dornien, Oberyn heurta de son poing fermé le plastron de son armure au niveau du cœur, désignant ainsi sa loyauté comme l’amour profond qu’il pouvait éprouver pour son Seigneur. Sa fidélité lui semblait inoxydable tant il s’estimait de ceux qui font ce qui est juste, peu importe la situation. Aussi entreprit il de continuer en exsudant sa volonté implaccable, sa franchise qui pourrait lui jouer bien des tours : J’aime Lady Edarra mais j’abhorre l’ambition de la Maison Ferboys. Toutefois, l’amour que je porte à ma Dame est au-dessus des objectifs utopiques de sa famille et ne remettent pas en cause mes sentiments comme ma volonté de l’avoir pour épouse. Aussi, je compte toujours marier ma Dame. Mais ce ne sera pas sans vous faire le serment de ne jamais dresser les Epées Dayne face à vous et de toujours répondre aux appels de la Maison Martell.
Je vous en fais la promesse. »


Sur ces dernières paroles, Ser Oberyn Dayne inclina sobrement la tête et serra plus encore le poing sur son cœur. Il en avait fini des paroles, fini des confessions et fini des récits amenant à la situation qui faisait aujourd’hui de lui l’un des plus loyaux vassaux de la Maison résident à Lancehélion. Ne restait plus qu’à recevoir les jugements de ce suzerain tant admiré et désormais tant chéri. Une attente nerveuse se traduisant par le tremblement du poing ganté sur le plastron argenté. Jamais Oberyn n’avait rencontré pareille crainte, même lorsqu’il maniait les armes sur le champ de bataille.




« Seal my heart and break my pride,
I've nowhere to stand and now nowhere to hide,
Align my heart, my body, my mind,
To face what I've done and do my time. »


Dernière édition par Oberyn Dayne le Lun 22 Avr 2013 - 9:49, édité 1 fois
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Maron Martell
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Message Sam 6 Oct 2012 - 12:57

     Les paroles du Prince semblaient avoir eu un certain effet sur son interlocuteur. Les yeux rivés sur la silhouette de son interlocuteur, Maron ne manqua pas de constater que celui-ci se redressa légèrement pour lui faire face de manière toujours aussi respectueuse. C'était un point qu'il appréciait, combien de vassaux venaient ici dans le but d'imposer leurs désirs et s'emportaient d'une manière qui frôlait l'irrespect ? Les Dorniens étaient sanguins et prompts à l'emportement, mais cela ne devait pas empêcher de savoir garder certaines limites. La perte de contrôle était une chose que le Dornien exécrait, c'était pour cette raison qu'il considérait que le jeune homme face à lui ferait un bon héritier pour la maison Dayne.
     L'oreille attentive, Maron se concentra sur les paroles du blond qui expliquait que sa présence ici était de son fait. Il souhaitait assumer les conséquences de ses actes, une noble vision des choses qui montrait bien qu'Oberyn était digne du titre et de l'épée qu'il portait. Certains auraient profité de cette situation pour s'abriter derrière leur paternel, preuve évidente qu'ils n'étaient pas aptes à gouverner ou même à se marier puisqu'ils manquaient de maturité, mais ce n'était guère le cas de celui présent dans la pièce en compagnie de son suzerain. Un regard s'échangea alors que les yeux sombres du Martell ne quittaient pas ceux de son interlocuteur et ce dernier enchaîna en annonçant la couleur. Conformément à ce que Maron pensait, la raison de sa venue ici était liée à ses fiançailles avec la jeune dame de la maison Ferboys. Les paroles et le choix des mots d'Oberyn étaient bien pensés, il avait réussi à exprimer clairement qu'il souhaitait épouser la demoiselle, mais sans pour autant approuver ses objectifs. C'était une chose compréhensible, le cœur avait ses raisons que la raison ne connaît point.

     Mais les réponses du Martell attendraient, il voulait entendre tout ce que son interlocuteur avait à dire avant de prendre la moindre décision ou de laisser transparaître quoi que ce soit. Patientant le temps qu'Oberyn trouve ses mots, il ne fut pas déçu par la suite qui prouva que le jeune homme savait ce qu'il voulait et qu'il n'agissait pas juste sur un coup de tête. La fidélité de la maison Dayne n'avait jamais été remise en question jusqu'à ce jour et quelque chose faisait penser à Maron que ce mariage ne serait certainement pas suffisant pour le faire à présent. Le récit qui lui était fait l'intéressait. De prime abord, le Dornien ne voyait pas où son homologue voulait arriver en parlant de la sorte - mis à part le flatter, ce qui serait aussi vain que d'offrir de la viande à un herbivore - mais il patienta, écoutant avec attention chaque mot qui sortait de la bouche du jeune chevalier. Effectivement, Maron ne se souvenait pas précisément de cet instant, mais il mettait un point d'honneur à connaître personnellement chaque seigneur et chaque héritier de Dorne puisqu'il allait être amené à les côtoyer fréquemment. Il se souvenait donc avoir rencontré Oberyn lorsqu'il était encore jeune, mais la vision de cet instant devait être bien différente des deux côtés. À cette époque Maron était déjà suzerain et père depuis longtemps tandis qu'Oberyn commençait à peine sa vie.
     Le discours du jeune chevalier était plein de passion, preuve qu'il était bel et bien Dornien et comme Maron l'avait imaginé, c'était son amour pour la jeune dame qui le poussait à l'épouser et non une quelconque alliance qui pourrait profiter aux deux côtés. C'était plutôt... Inhabituel. À l'accoutumée, les mariages se faisaient selon les besoins de chacun et au final, l'amour finissait par arriver avec le temps, des fois même ne venait-il jamais et seuls les besoins étaient comblés. Il aurait été bien malvenu pour le Prince de critiquer ce sentiment sachant que lui-même était dans un cas à peu près similaire, même si de prime abord il était bien difficile de le voir. Le regard sombre du Martell toujours posé sur le visage encore jeune du chevalier, le suzerain décida finalement de répondre à cet aveu de fidélité qui venait de lui être fait d'une manière plus noble que toutes celles qu'il avait vues jusqu'à ce jour.

     ▬ J'ignore si vous aviez prévu tout ce que vous venez de dire ou si c'est arrivé tout seul, mais je dois applaudir votre prestation, elle a de quoi convaincre n'importe qui. Ou presque. C'était une sorte de compliment, Maron n'avait pas l'habitude d'applaudir les réussites ce qui rendait ses compliments d'autant plus sincères. Il laissa ses mots en suspens quelques instants comme s'il souhaitait soumettre le jeune homme à l'anxiété et la crainte de l'échec. Mais vous apprendrez bien rapidement que beaucoup de nobles ne prêtent pas réellement foi aux paroles, ils estiment que les actes sont plus éloquents et pourront considérer qu'un mariage ne peut être fait que pour une alliance politique. Généralisait-il, ou parlait-il en son nom ? Pour l'instant, difficile de le savoir. Beaucoup de vassaux envient la position de votre maison, ou même votre fameuse épée qui éveille bien des envies. Ils sauteront sur l'occasion de voir que vous épousez la maison une dame de la maison la plus hostile aux Martell. À leurs yeux, vous épouserez autant la femme que la maison et ses idéaux. »

     Le ton de sa voix s'était légèrement « adouci », il n'était plus aussi froid et austère. Peut-être justement parce qu'il savait ce que le jeune homme allait devoir subir à l'avenir et ce que ses enfants et ses petits-enfants allaient connaître de la part de leurs voisins. Pour le moment, Maron n'avait aucune raison de douter de la fidélité du jeune homme, il lui apparaissait comme un homme digne de confiance et bien qu'il ne portait pas les chevaliers dans son cœur, le Prince considérait qu'Oberyn correspondait parfaitement à la représentation de la chevalerie. Un homme qui ne tournait pas le dos à ses sentiments, mais sans pour autant oublier à qui allait sa loyauté. Au final, après une rapide réflexion, il était peut-être le meilleur choix d'époux pour lady Edarra. Avec un mari influençable et peu loyal, Maron aurait pu craindre qu'elle manipule sa nouvelle maison alors qu'avec un époux comme Oberyn, les risques étaient très minimes. Mais pas inexistants. L'amour faisait rapidement perdre la tête. Quelques secondes de silence venaient de passer avant que le Prince ne reprenne la parole, toujours droit et inflexible malgré le discours qu'il tenait.

     ▬ Je ne doute pas de votre loyauté ser Oberyn. Vous n'avez à envier personne, votre légende et votre réputation va bien au-delà de celle de tous les combattants de Dorne. Vous avez réussi à vous forger votre propre histoire et c'est une chose que je respecte. Il parlait avec sincérité, ce n'était pas dans ses habitudes de manipuler les autres. Je vous crois lorsque vous me dites n'épouser que la dame et non ses idées, mais il faut que vous restiez conscient que votre épouse ne sera peut-être pas de votre avis. Il ne souhaitait pas médire sur la jeune femme, pas sans qu'elle ne soit là pour se défendre, mais étant le centre de la discussion, elle ne pouvait être épargnée. Je connais suffisamment sa mère pour savoir comment elle a été élevée. Je ne doute pas qu'elle a su vous présenter son bon côté, mais vous a-t-elle aussi avoué ses intentions ou vous a-t-elle promis qu'elle oublierait l'idée de renverser ma maison pour la remplacer par la sienne ? Le ton n'était pas accusateur, juste interrogateur. Je dirais que tout cela ne me regarde pas et ne concerne que vous deux, mais sachez simplement que je sais que jamais une Ferboys, même devenue Dayne, ne perdra ce but de vue. Je doute qu'elles y parviennent un jour, leurs idéaux sont trop égoïstes, mais je préfère être certain que vous savez dans quoi vous vous aventurez avant de constater que vous aviez été floué. »

     S'immiscer dans la vie privée de ses vassaux ne l'intéressait pas, mais il ne désirait pas apprendre dans quelques temps que le jeune Oberyn avait aimé une femme qui n'était pas celle qu'il avait épousé. Lady Edarra était une manipulatrice née et il était fort probable qu'elle avait menti et s'était rendue moins dangereuse qu'elle ne l'était réellement uniquement pour pouvoir se faire épouser par le futur seigneur d'une maison influente. Les Dayne étaient très bien vu à Dorne, ce serait donc redorer le blason des Ferboys que de s'allier à une telle maison. Ou salir celui de Dayne suivant la manière dont ils s'y prendraient. Après avoir prononcé ces mots, Maron songea que le jeune homme pourrait penser qu'il s'en prenait à sa fiancée en raison des hostilités qui existaient entre leurs deux familles. Ce n'était pas le cas, mais le connaissait-il assez pour le deviner ? Une conclusion s'imposait donc.

     ▬ Il serait bien malvenue que je vous reproche d'épouser la femme que vous aimez ser Oberyn. Surtout dans ma situation. C'était le moins que l'on puisse dire. Mon épouse non plus n'a jamais fait l'unanimité à Dorne, encore aujourd'hui nombre de mes vassaux ont perdu la confiance qu'ils avaient en moi à cause de cette alliance. Même si le but de cette alliance n'était pas le même que le vôtre, sachez que vous vous exposez à des siècles et reproches et de difficultés pour votre maison. Les futurs descendants encore plus vu qu'ils porteraient le sang des Ferboys. Mais vous m'avez l'air d'être suffisamment mature et intelligent pour avoir déjà compris tout cela. Vous avez bien fait de venir jusqu'à Lancehélion pour m'entretenir de ce sujet, je craignais que vous n'ayez été manipulé par lady Edarra, mais je me rends compte que vous avez l'esprit parfaitement clair. Comment pourrais-je douter de vos paroles ? C'était une sorte d'approbation. Mais vous plus que n'importe qui serez sous le regard des autres Dorniens désormais et le moindre faux-pas pourrait vous coûter cher, j'espère que vous le savez. »

     Toujours être sur ses gardes, une vie qui risquait de devenir bien vite pesante, à moins que l'amour ne soit sincère, dans ce cas la donne était changée.



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Oberyn Dayne
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Message Dim 7 Oct 2012 - 15:52


La loyauté n'est pas qu'un mot.


Le silence fut de courte durée, tout juste suffisant pour qu’Oberyn retrouve un semblant de clame après avoir laissé libre court à la passion toute Dornienne qui avait animé ses mots et guidé son verbe. Ce fut alors au tour des mots de son suzerain de trancher l’air à la façon de l’Acier Valyrien, avec une Célérité et une sévérité rendue plus puissantes encore par le profond respect que pouvait lui porter l’Epée du Matin. Il mourrait déjà d’envie de répondre de manière enflammée, d’exposer que tout ce qu’il avait argumenté ne répondait d’aucun jeu de manipulation malsain mais venait de son sempiternel instinct avec une spontanéité véritable. Mais il garda une nouvelle fois contenance, faisant preuve de l’immense retenue que lui imposait son sens de l’honneur, préférant morfondre ses pensées inquiètes dans le silence plutôt que prendre la mouche face à ces premières paroles qui pouvaient bien remettre en cause toute sa sincérité et qui, dans le silence pensant de la pièce, laissaient sous-entendre que le Prince de Dorne n’avait point cru au récit de son, pourtant, loyal sujet. La suite fut tout autant cruelle, confirmant à l’esprit du jeune homme que son éloquence ne fut pas suffisante à convaincre le noble Seigneur quand ce dernier laissa éclore la nécessité d’appuyer de si belles paroles par des actes véritables qui en seraient l’écho. Homme d’action véritable Oberyn ne demandait qu’à répondre à ses mots par la démonstration immédiate de sa loyauté dans l’action commandée. Mais il se contenta de garder le silence, encaissant avec contenance ces mots qui semblaient de plus en plus négatif à son esprit désormais inquiet et pour le moins perturbé par la tournure des événements.

De toute évidence, le Prince Maron n’était pas de ceux qui se laissaient conquérir par les promesses formulées dans les entretiens privés. Comment le blâme ? Il devait en avoir vu défiler des vassaux à l’avenante parole qui ne rêvaient que de prendre place sur le trône par d’odieux procédés. Ce n’était pourtant pas le cas de l’Héritier des Dayne, ce dernier estimait qu’un homme digne de ce nom livre ses conflits face à ses opposants et non dans le noir et le secret des intrigues politiques. Autant de choses qui pouvaient le faire passer pour un futur Seigneur des plus Naïf mais qui assuraient une franchise totale et une entière ignorance de la notion des compromis. S’il ne percevait pas le Prince qui lui faisait face comme un ennemi, il commençait à se demander si ce dernier pensait la même chose que lui en l’instant tant ses réponses apparaissaient inquiétantes et énigmatiques. Pourtant, la suite des paroles de son seigneur et maitre fit l’effet d’un baume sur l’inquiétude et les craintes du jeune chevalier. En effet, le ton princier ne semblait plus aussi froid et austère qu’un instant auparavant et Oberyn l’imagina même adouci comme plus avenant. Mais plus que tout, s’était les paroles, elles même, du souverain de Dorne qui agissaient à la manière d’un remède.

En effet, l’Héritier de Lord Olyvar perçut les mots du Prince Maron comme une sorte de soutiens tacite, de soutiens face à l’envie des autres Maisonnées de Dorne rêvant de jouir d’un prestige équivalent à celui des protecteurs de l’Epée Aube. Comme une sorte de mise en garde que l’Epée du Matin évalua à sa juste valeur et intégra immédiatement comme une donnée importante avec laquelle il serait de bon ton de compter. Peut-être que tout ceci n’était pas vraiment réel, peut être que ce n’était pas en substance ce que souhaitait dire le Prince de Dorne, mais c’est ce que l’admiration débordante du Chevalier des Météores pour la figure princière perçut au travers des mots. Un fait nouveau qui fit éclore, pour un court instant, un sourire gêné sur les lèvres fines de l’ancien écuyer d’un chevalier de la Maison Estremont. Ainsi, le court silence qui précéda la reprise de parole parut beaucoup moins inquiétant que le précédant au jeune Oberyn qui ne quittait pas de ses iris améthyste la noble stature de cet interlocuteur d’exception. Et quand ce dernier laissa à nouveau la pièce s’emplir du flot de son verbe, le jeune chevalier de la Maison Dayne se laissa envahir par bien des sentiments tellement différents les uns des autres qu’il aurait bien pu en éprouver une nausée fulgurante.

S’il imaginait les mots du Prince prononcés avec la même sincérité que les siens, Oberyn se mit alors à éprouver une sorte de fierté sans équivoque, de celle qu’il avait pu connaitre lorsque Ser Waymard l’adouba au jour de ses dix-huit ans ou bien quand son père le drapa du titre d’Epée du Matin deux années plus tard. Par ces mots, le Prince Maron mettait en lumière tous les traits de caractères et les aptitudes qu’Oberyn Dayne s’était échiné à développer comme à ciseler d’or dans le travail acharné et le sacrifice constant. Se savoir reconnu par cet homme qui apparaissait comme l’allégorie même de la noblesse comme de la fierté qu’il avait tenté de reproduire gonflait sa personne d’un sentiment totale satisfaction qui ne virait toutefois pas à la suffisance coupable. Une émotion vive qui se trouva sublimée par la confirmation que son suzerain croyait en ses mots et en sa sincérité, chassant du même coup tous les doutes et peurs qu’avait pu engendrer l’attitude ambiguë précédente. Mais alors qu’Oberyn n’avait probablement jamais ressenti pareil sentiment d’accomplissement dans son existence, il conserva toute la retenue qu’il s’était imposé depuis le début de cet entretien, accueillant toujours dans le mutisme le plus total des propos du Prince sur sa Dame Edarra. Avec une justesse saisissante, le souverain Dornien ne fit que mettre plus avant toutes les inquiétudes qu’avait pu se poser l’Epée du Matin depuis qu’il avait souhaité se fiancer à la belle Ferboys par le simple fait de son amour débordant. Et la rhétorique question, portant sur les intentions de la Maison Ferboys visant à renverser les Martell et une éventuelle promesse d’abandon de ces dernières par les simples épousailles, formulée par son Prince, Oberyn ne put se retenir de vendre l’air de volée par ces quelques mots prononcés avec force et sincérité :

« Non, mon Prince. Jamais il ne me fut fait miroiter l’éventualité d’une perte de leur ambition par la simple force de notre union… »

Sa propre Mère l’avait formellement mise en garde sur les ambitions des Ferboys, aussi Oberyn n’était-il que trop éveillé à la question. Il remerciait silencieusement son Prince de se préoccuper de la renommée de la Maison Dayne et des risques que pouvait comporter une telle union, mais il avait déjà tant de fois pesé ceux-ci… Son honneur passait bien avant les choses de l’amour et son serment personnel prévalait sur ses engagements à sa Dame. Aussi, jamais ne mettrait-il sa Famille en Danger et jamais ne lèverait il les Epées Daynes contre son Prince ou ses intérêts. Il s’en était fait le serment. Il était probable que la belle Ferboys ne l’avait longtemps vu que comme une marche supplémentaire à ses ambitions, mais des éléments récents lui avait fait penser que l’amour véritable qu’il pouvait lui porter avait des chances d’être, un jour, réciproque. Mais il pouvait toujours se tromper…Il accueillit donc la suite des mots de son souverain comme si ceux-ci découlaient d’une approbation déguisée de tout ce qu’il avait bien pu avancer depuis le début de leur entretien courtois. S’il ne s’en était point rendu compte à l’origine, c’est au travers des mots de son Prince qu’Oberyn découvrit que tous deux semblaient partager bien des choses… Il écouta donc la suite des mots de son Prince comme s’il s’agissait de conseils formulé par un homme proche ayant traversé des problématiques semblables à celles qu’il devrait, tôt ou tard, traverser de fait de la passion qui le consumait. Ragaillardi par les propos flatteurs du Suzerain Dornien à son encontre, l’Epée du Matin prit une nouvelle fois conscience de tout ce à quoi il s’exposait et le poids qu’il portait sur les épaules ne s’en trouva que plus chargé. Marquant une courte pause après les mots de cette idéale figure de noblesse, Oberyn se drapa d’une attitude toute Dornienne quand il plongea son regard enflammé dans les yeux sombres de son Prince et se fendit de ces nouvelles paroles :

« S’il m’est permis de comparer nos deux destinées, je vous imagine comme étant l’homme le plus prompt et à même de me juger, mon Prince. La réplique pouvait paraitre arrogante et quelque peu déplacée, mais er Oberyn Dayne l’avait prononcé avec ce même ton respectueux qu’il avait employé dès la genèse de leurs échanges. S’il n’osait le formuler, il remerciait le Prince Martell pour toutes les prévenantes mises en garde qu’il avait pu lui offrir en ce jour, mais la teneur actuelle de ces paroles allait vers un but différent. Aussi, l’héritier de la Citadelle des Météores se permit il de poursuivre par ces termes : Dès ma venue au monde, j’eu à porter le poids et la responsabilité de la future survie comme prospérité de ma Maison, comme vous héritiez de responsabilités semblables pour le Royaume de Dorne. Une charge sur mes frêles épaules qui s’est trouvée renforcée lorsque j’eu prononcé mes vœux de Chevalier et pleinement endossé le poids de ma destinée. Cette même destinée qu’il me faudrait assumer avec une parfaite exemplarité dès l’instant où je fus drapé du Titre d’Epée du Matin par mon Père, Lord Olyvar. Dans le même temps, vous exerciez votre propre destinée avec la plus saisissante noblesse et la plus exemplaire des justesses que je n’eus jamais observé. C’est donc tout naturellement que vous vous êtes, à mes yeux, érigé comme un souverain exemple que je me devrais, plus tard, d’imiter dans l’exercice des responsabilités qu’il me faudrait exercer. »

Une nouvelle fois, le Prince pouvait bien s’interroger sur la direction qu’Oberyn voulait bien donner à ses mots tant ils semblaient hors de propos. Mais tel que fut le cas précédemment, ils ne furent là que pour appuyer la suite de l’argumentaire dispensé par le natif des Météores. Engoncé dans son armure blanche et argent, l’Epée du Matin dégagea d’un ample mouvement de bras la lourde pelisse de lion blanc qui dissimulait ses flancs et le clair fourreau qui y battait. D’un geste lent, au service d’une main assurée, le Chevalier aux armoiries d’un pâle violet referma ses doigts gantés sur la poignée de l’arme enfermée, délivrant cette dernière de sa gangue confortable d’un interminable mouvement calculé. Longue et large, la lame semblait aimanter comme absorber toute la lumière de la pièce, irradiant d’une blancheur laiteuse pour le moins surnaturelle. Barrant désormais plus avant le visage de Ser Oberyn, la lame forgée à partir d’une pierre tombée du ciel attira le regard violet sombre mélancolique de son porteur alors qu’il laissa de nouveau se déverser le flot de ses mots :

« Aube… Par cette légendaire Epée je suis lié à tous ceux qui l’ont, par le passé, maniée et suis tenu à l’exemplarité qu’impose ce titre d’Epée du Matin, au nom de la Maison Dayne. Tel état de fait m’impose donc de tendre vers la perfection afin de ne jamais entacher le nom de ma fratrie comme l’honneur de ma Maison, mon Prince… J’ai conscience d’être plus que quiconque épié par le biais de ce titre et sais, désormais, que ce ne sera que plus intensément par le fait de mon Mariage à Lady Edarra. »

On pouvait sentir comme une sorte de fatalité dans les mots du jeune, celle propre à une existence dédiée par un devoir d’exemplarité qu’il n’avait jamais réellement demandé. Plus que quiconque aux Météores, il était le représentant assumé de la Maison Dayne et la moindre de ses actions rejaillissait sur le blason violet pâle sur lequel s’entrecroisaient étoile filante et épée. S’il avait sur raviver l’or de sa Maison lors de ses prouesses de Salvemer, il ne suffirait que d’un seul écart pour que l’éclat des Dayne ne s’en trouve terni. Un état de fait dont il avait pleinement conscience et avec lequel il avait, bien malgré lui, appris à vivre. Le regard bien moins flamboyant qu’auparavant, comme ternis par le poids de ses responsabilités et le contraignant caractère de son statut, Ser Oberyn Dayne plaça son arme légendaire à l’horizontale face à son torse tout en maniant avec bien moins d’aisance les mots qui suivirent :

« Mon titre et mon honneur m’imposent d’être irréprochable. Ce que j’essaye d’être depuis toujours, mon Prince. Pourtant, bon nombre de Nobles Maisons de Dorne me perçoivent comme un personnage hautain et méprisant à la détestable réputation tant je ne partage pas leur amour pour les luttes d’influence et les calculs politiques. Mon caractère direct ne leur donne peut être pas une image agréable de ma personne, mais je n’en ai cure… A mes yeux n’importent que trois cercles véritables : ma Famille, mon Suzerain et le Commun ! Plongeant une dernière fois ses yeux violacés dans le regard fier et sans nul autre pareil du suzerain Dornien, Oberyn prolongeait son exposé de sa vision du monde… Avec une totale sincérité. A ses yeux ne comptaient que ces trois précédents éléments. Ce sont eux qui permettraient, peut-être, à son nom de faire écho dans l’histoire. En faisant en sorte de faire respecter l’honneur famillial tout en préservant l’éclat de son nom afin que sa renommée dans la fratrie égale celle du légendaire Ulrik. En honorant loyalement tous ses serments envers la Maison Martell et s’imposer comme le plus important des personnages à leur service. En protégeant et préservant le commun comme l’impose ses vœux et sa qualité propre, par tous les moyens que lui offre l’existence. Ainsi pense Ser Oberyn Dayne et ainsi cherche-t-il à en informer ce suzerain qu’il admire tant : Tant que le moi véritable est connu et reconnu de ces trois cercles ci, peu m’importe ma réputation aux yeux des autres Maisons de Dorne. J’ai fait vœu d’exemplarité et m’y tiendrais à tous prix, mon Prince. Famille, Suzerain & Peuple m’ont imposé la rédaction d’une devise qui m’est propre : " Honneur, Loyauté, Sacrifice ". Il n’est, à mes yeux, point de compromis à cela. Et si je venais à faillir à ma parole, je prendrais immédiatement le Noir. Aussi, mon Prince, je vous assure que… »

Le faible silence qui suivit l’ultime mot fut presque immédiatement brisé par un éclat de métal, par le grincement et le choc qu’imposa la mise d’un genou à terre. Faisant preuve d’une déférence totale, Ser Oberyn Dayne renouvelait formellement ses vœux à la Maison Martell et présentait, déposée sur ses deux paumes ouvertes, la légendaire épée Aube à son princier interlocuteur. Le tout en appuyant son geste par une huitaine de mots forts et prononcés sans la moindre faille et portés par un regard fier et où ne subsistait qu'un faible peur de décevoir le Prince des immensités de Dorne :

« …Vôtre est ma lame. Vôtre est ma vie. »

Flamboyant et assuré, Ser Oberyn Dayne s'était peut être laissé emporté par sa nature Dornienne dans une démonstration respectueuse hors de propos. Mais par la force de ces actions, il entendait faire comprendre qu'il ne craignait pas d'assumer ses choix et qu'il se sentait la force de leur donner la force de changer bien des choses. Mais il est parfois dans la nature humaine que de décevoir les autres...




« Seal my heart and break my pride,
I've nowhere to stand and now nowhere to hide,
Align my heart, my body, my mind,
To face what I've done and do my time. »


Dernière édition par Oberyn Dayne le Lun 22 Avr 2013 - 9:51, édité 1 fois
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Message Lun 8 Oct 2012 - 12:27

     Le fait que les Ferboys n'aient pas tenté de manipuler le jeune homme en lui faisant croire qu'ils retrouveraient le chemin de la fidélité aux Martell, rassura quelque peu le Prince. Il ne pensait pas qu'Oberyn était un homme manipulable ou trop naïf, disons simplement qu'il ne le connaissait pas assez pour pouvoir se faire une idée précise de son cas. Mais il avait désormais côtoyé suffisamment de nobles pour comprendre que les guerriers étaient bien souvent dans une mauvaise position comparés aux politiciens. Les combattants aimaient les choses directes, les discussions franches, en somme, la facilité. Les nobles qui n'avaient que leur langue pour se battre quant à eux, préféraient largement emprunter des chemins détournés pour mieux frapper et mettre à terre des adversaires plus forts ou plus influents qu'eux. Le jeune Dayne avait jeté son dévolu sur une vipère qui pouvait se révéler dangereuse. Même si Maron ne portait pas lady Edarra dans son cœur – bien au contraire même – il ne la sous-estimait pas et se doutait qu'elle irait jusqu'au bout pour réaliser ses desseins. La Mère Rivière savait qu'une femme ambitieuse pouvait être aussi dangereuse qu'un crotale et le Prince ne souhaitait pas vérifier cela en personne. Il ne tenait qu'à l’Épée du Matin de se montrer prudent et d'être sur ses gardes. L'amour ne devait pas rendre aveugle ou stupide. Le Martell lui-même était dans ce cas, son épouse avait toujours représenté un certain danger, celui d'essayer d'implanter le caractère Targaryen dans la lignée des Martell pour asseoir davantage sa famille dans cette région. Maron s'était toujours montré très soupçonneux à ce niveau, mais cela ne l'empêchait pas d'aimer sa femme. Oberyn occuperait un jour la place de seigneur des Météores et devait donc commencer dès à présent un travail sur lui-même pour ne pas mélanger son devoir et ses sentiments. Le premier primait toujours sur le second. Un homme d'honneur comme lui le saurait forcément.

     Les paroles d'Oberyn résonnèrent à nouveau dans la pièce, couvrant les bruits provenant de la rue. Il expliquait les raisons qui le poussaient à considérer l'homme face à lui comme un exemple. En effet, leur vie était similaire, comme bien souvent celle de tous les nobles de Westeros. Mais le fait que le jeune homme puisse aimer sa future épouse les rapprochait certainement davantage que tout le reste. Bien évidemment, il était exclus que le Martell aborde ce sujet, lui qui n'avouait déjà pas de vive voix son amour à son épouse, n'allait pas le faire face à un vassal. Mais sa position actuelle lui permettait de ne pas douter du chevalier. Peut-être qu'il se trompait, mais Maron voyait en lui un homme d'honneur qui avait été jugé digne puisqu'il portait Aube. C'était une preuve et une assurance qu'aucun autre noble ne pouvait lui fournir. Les chevaliers avaient cette particularité de ne pas faillir à leurs vœux, ou ceux qui n'y étaient pas fidèles se démarquaient rapidement du moins.
     Aube devint d'ailleurs le centre de l'attention lorsque le jeune homme la tira de son fourreau. C'était une arme unique, légendaire, comparable à l'acier Valyrien. Porter un tel trésor n'était pas négligeable, la richesse et la noblesse ne pouvaient acheter une telle arme. C'était donc un signe de plus destiné à prouver au Martell que son interlocuteur était une personne qui se démarquait du lot. Comme il le disait si bien, Oberyn devait savoir plus que personne qu'il serait observé de très près par tous les habitants de Dorne, peut-être même au-delà qui sait ? Son devoir ne le laisserait tranquille que lorsqu'il irait rejoindre ses ancêtres, un peu comme le Prince en réalité. La quiétude arrivait avec la mort, ils auraient suffisamment de temps pour se reposer à ce moment. Ses yeux noirs toujours posés sur le visage du jeune homme après avoir observé la lame pendant quelques instants, le Dornien écouta toujours attentivement ce que son vassal lui déclarait. C'était des mots très importants qui ne pouvaient être prononcés à la légère et pour quelqu'un comme Maron qui parlait peu, mais de manière mûrement réfléchie, c'était une preuve supplémentaire de la dévotion du chevalier. Pourquoi douter de lui ?

     Il n'y avait aucune raison. Maron avait déjà pratiquement pris sa décision lorsqu'il avait entendu les premières paroles de l'héritier Dayne. Il n'était pas homme à s'attarder sur des paroles, les actes étaient bien plus éloquents selon lui et le fait qu'Oberyn porte Aube à sa ceinture prouvait à ses yeux qu'il était un homme respectable. Sans quoi la maison Dayne elle-même était condamnée et non juste son héritier. Un silence suivit les paroles du Dornien tandis que le Prince réfléchissait à la meilleure manière de présenter ses pensées. Il n'aimait pas parler, mais dans de telles occasions les mots pouvaient être très importants. Il ne s'agissait donc pas de répondre à la légère, surtout vu la manière dont le jeune Oberyn avait fait preuve de prestance et de sincérité. Les secondes s'égrainèrent avant que le Martell ne finisse par hocher la tête d'un air entendu, puis de répondre, enfin.

     ▬ Je ne peux qu'approuver votre choix. Il faut savoir que quoi que vous fassiez, il y aura toujours des insatisfaits. La nature humaine est ainsi faite que tout le monde trouvera toujours à redire à tout. Il était d'ailleurs bien placé pour le savoir. L'essentiel étant que vous puissiez être en accord avec vous-même et considérer que vous avez fait ce qu'il fallait. En tant que seigneur, lorsque le moment sera venu pour vous d'occuper cette place, vous aurez des choix d'importance à faire, beaucoup ne plairont pas et nombreux seront ceux qui pointeront du doigt votre épouse. C'était ce qu'il avait vécu et vivait encore à présent en vérité. Si vous n'êtes pas certain de vos choix, votre assurance vous fera défaut et vous risquerez beaucoup. Il marqua une légère pause avant de continuer. Les choix les plus importants sont rarement les plus faciles à faire, ils vous suivront toute votre vie, c'est pourquoi il vous faudra mûrement y réfléchir et vous y tenir jusqu'à la fin. Les hommes ne font pas confiance à un chef qui n'est pas capable de se persuader lui-même. »

     De telles paroles pouvaient laisser penser qu'il jugeait Oberyn comme incapable de deviner tout cela tout seul. C'était loin d'être le cas, en réalité le fait qu'il parle de la sorte au jeune homme était même plutôt inhabituel. C'était le genre de discours qu'il réservait à Trystan ou à Quentyn, mais pas aux étrangers qui venaient lui réitérer leur serment de loyauté. Maron n'aimait pas Edarra Ferboys, mais son époux devait assumer le choix qu'il ferait et il serait plus que malvenu qu'il regrette sa décision dans quelques années, aucune femme ne méritait un tel traitement. Le Prince détourna brièvement son regard du visage du jeune homme, songeant à un point qui pourrait peut-être permettre à Oberyn de prouver aux yeux de tout Westeros qu'il comptait parmi les vassaux les plus fidèles des Martell. Une occasion inespérée, mais qui risquait de se faire attendre longtemps. Reportant son regard d'ébène sur le visage aux traits fins du Dornien, Maron reprit la parole.

     ▬ Je ne remettrais pas en question votre honneur et vos capacités, le fait que vous portiez Aube le prouve. Mais je peux vous donner l'occasion de prouver votre loyauté aux Martell d'une autre manière. Même si Aube n'était pas négligeable, une seconde preuve de ses capacités ne ferait que renforcer encore sa position actuelle. J'imagine que vous n'ignorez pas que les Fer-nés attaquent Westeros depuis de longs mois à présent ? D'ici quelques temps, je sais que le Roi décidera d'agir et vu notre position vis-à-vis de la couronne, notre participation ne sera pas négligeable. Après tout, il était l'oncle du Roi et le frère de la Reine mère. Lorsque nous enverrons des troupes combattre les Fer-nés, vous pourrez être du lot, représenter la maison Dayne et ainsi donc prouver aux autres vassaux et à tout Westeros que votre famille est fidèle aux Martell et que je vous fais confiance. Les membres qui composent les armées étant sélectionnés par le suzerain de la région, si Oberyn y figurait ce serait un signe plus que clair. Le choix vous appartient, je ne vous oblige à rien comprenez-le bien. »

     Il aurait pu choisir d'imposer aux jeune homme de prendre part à cette éventuelle attaque, mais il n'agissait jamais de la sorte. Des vassaux désireux d'aider étaient bien plus utiles et efficaces que des vassaux obligés à apporter leur aide.



« Il faut endosser ses erreurs comme on endosse ses vertus... avec fierté ! Et transformer, en avantages, les conséquences d'une faute. »
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Oberyn Dayne
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Message Mer 10 Oct 2012 - 10:35


La loyauté n'est pas qu'un mot.


A la suite des mots survint une nouvelle fois le silence, mais ce dernier fut le moins inquiétant de tous ceux qu’avait bien pu laisser naitre le souverain de Dorne suite aux paroles du chevalier des Météores. Oberyn ne bougea pas d’un iota, maintenant fermement sa posture et appuyant toujours plus fort son genou contre terre. Il n’était point de honte à courber la tête face à celui que vous admiriez comme respectiez le plus au monde, celui pour qui vous vous seriez rendu dans les enfers ou de l’autre côté du Mur et en seriez revenu pour le raconter. Les bras tendus du jeune chevalier ne trahissaient d’aucune forme de tremblements suite au poids d’Aube qu’ils semblaient maintenir à l’horizontale du sol, témoins assurés d’une préparation martiale complète si ce n’est parfaite. On ne devient pas l’une des plus fines lames de Dorne sans effort ni sacrifices et si Ser Oberyn Dayne les avait multiplié afin de parvenir au rang qui est aujourd’hui le sien, ce n’était que dans l’intime objectif de mettre ses talents au service de sa Maison comme de l’interlocuteur Princier qui se complaisait, actuellement, dans le mutisme le plus total. Visage fermé par la solennité de ses serments passés, l’Epée du Matin se contentait de river son regard violacé aux pieds de ce suzerain sans égal. Vint ensuite l’imperceptible mouvement, le hochement de tête qui se voulait pour le moins approbateur et qui se communiqua au Chevalier Dornien par la simple force des bruissements caractéristiques. Un maigre sourire trahissant sa satisfaction étira les lèvres de l’Héritier des Météores quand il redressa la tête et exposa son visage au sombre regard de son Prince. Il accueillit avec un infini sentiment de soulagements la réponse que lui délivra le souverain Martell sur un ton qui se voulait bien différent de celui qui avait pu être employé au commencement de leurs échanges du jour.

Alors que le Prince Maron distillait les mots les uns après les autres, le regard d’Oberyn demeura imperturbable. Bien qu’il assimila chacune des paroles de son suzerain comme s’il s’était agi du plus précieux des trésors, il dissimula toute la satisfaction coupable que pouvait lui intimer le partage de pensées similaires avec celui qui lui apparaissait comme la figure seigneuriale plus que parfaite. Voir ainsi ses vœux et serments confortés par le souverain de Lancehélion faisait l’effet du plus grand des honneurs et il remerciait silencieusement son interlocuteur Princier de prendre le temps de décomposer ses pensées comme validant ce que le jeune homme s’était toujours imaginé. Il accueillit donc les mots comme une sorte de conseils déguisés à même de l’aiguiller dans la plus vertueuse des voies. Plus que jamais, il prenait aujourd’hui conscience de l’importance de ses choix et de ce qu’ils devaient impliquer comme comportement de sa part. Il n’était pas meilleur discours de la part de son Seigneur pour faire prendre conscience à Ser Oberyn Dayne de ce qu’il devait devenir aux yeux des autres afin de ne pas ternir le blason d’une Famille Dornienne qui fut toujours des plus respecter. En cet instant, il se fit le muet serment du plus réserver cet aspect hésitant et perclus de doute qu’à la figure Seigneuriale qu’il avait face à lui.

Pour le reste du monde, il devait devenir l’allégorie même du terme « sans faille » et pour lequel la notion de doute était inconnue. Assumer tous ses choix était à ce prix. Il se devait de devenir une sorte d’icône de fiabilité, le genre d’homme sur lequel on peut toujours compter. De là à dire qu’en découlerait ensuite une incroyable Capacité à Fédérer, il n’y a qu’un pas... Le Dornien n’aspirait plus qu’à devenir un véritable meneur d'homme, un chevalier capable de galvaniser ses troupes d'un mot éclairant ses actes, pour les faire puiser dans des ressources dont ils n'avaient eux-mêmes pas conscience. Le tout, à sa manière propre. Son père lui tint, autrefois, que tout leader doit savoir faire entendre sa voix dans le tumulte des batailles et si celle de l’Epée du Matin est aussi franche que puissante, elle ne devait désormais qu’appuyer son exemplarité et son courage au combat comme à la vie pour galvaniser ses hommes comme ses alliés de toujours et de demain. Que lui avait autrefois dit son Maitre Ser Waymard Estremont ? Ah oui… Fait peur au lion avant qu’il ne te fasse peur ! C’est dans cette optique qu’il se jura de tenir sa vie durant une existence exemplaire en l’honneur de ses vœux de Chavalier, de son titre d’Epée du Matin et de sa loyauté envers la Maison Martell ! Assumer tous ses choix était à ce prix.

Alors que le Prince de Dorne détournait un court instant son regard du Chevalier des Météores, ce dernier vint à ce demander pourquoi il avait tant redouté l’entretien qui était en train de se dérouler ? La rumeur et les « on-dit » avaient eu tôt fait de lui faire imaginer le Prince comme particulièrement sévère et abrupte quand il venait à recevoir ses vassaux, au point qu’Oberyn en avait oublié sa vertu première de ne point arrêter son avis au simple jugement des autres mais bien en se forgeant sa propre opinion par le dialogue comme les épreuves… De ce qu’il rencontrait en l’instant, le Suzerain des Sables semblait bien différent de tout ce que les autres maisons nobles avaient bien pu médire. Interloqué, l’Hériter de Lod Olyvar en vint même à se demander s’il ne jouissait pas là d’une sorte de traitement particulier qu’aurait pu imposer une certaine forme de ressemblance entre leurs deux personnes voire même une naissante notion d’un partagé… Respect ? Tout perturbé par ses propres conclusions hâtives, Oberyn prit sur lui d’enfouir cette perspective personnelle sans pour autant totalement l’éluder, accueillant la suite des paroles de son seigneur avec une attention toujours plus grande et des battements cardiaques infiniment plus rapides…

Les premiers mots auraient pu être des plus suffisant pour faire monter le rouge aux joues creuses de l’Epée du Matin si la suite du discours ne s’était pas immédiatement orientée vers le domaine où se retrouvait l’ensemble de ses talents comme de ses capacités. La mention des Fer-nés attisa quelques souvenirs envieux chez le jeune Chevalier qui porta, un court instant ses souvenirs sur l’amical figures de son comparse Pryam Templeton. Que pouvait bien devenir cet idéal de droiture comme d’honnêteté avec lequel il s’était lié par le fer ? En viendraient-ils, de nouveau, à éprouver leur amitié en combattant dos à dos sous la bannière du Roi ? Car s’était bien de cela dont il était question pour l’heure. Rivant de nouveau son regard, d’un bleu plus que bleu et pailleté d’une teinte améthyste propre aux Targaryen, sur le visage de son Suzerain, Oberyn pinça légèrement ses lèvres en un énigmatique sourire avant de laisser doucement retomber ses bras toujours porteur d’Aube et de fendre le silence induit par la fin du discours Princier de ses propres mots :

« En effet, je n’en ignore rien mon Prince. J’ai d’ailleurs eu l’honneur de participer à la défense de Salvemer contre l’un de leur raid, en compagnie de Chevaliers remarquables. Si nous sommes parvenus à les rejeter à la Mer, ce fut au prix d’affrontements… Mémorables. La simple évocation de cet épisode fit surgir des méandres de ses souvenirs la silhouette d’un Fer-Né tout particulier, à la crinière sombre rêche et emmêlée, alors que son unique œil démontrait un esprit qu’il avait jugé comme extrêmement habile autant que foncièrement mauvais. Le saisissant souvenir d’Aube et de sa lame d’Acier s’entrechoquant dans des passes d’arme spectaculaire suffit à réveiller les plus guerriers instincts de l’Epée du Matin. Parmi toutes les choses qu’il souhaitait faire dans sa vie venait la reprise de ce Duel mémorable afin d’y mettre un terme définitif. Le visage éclairé par une lueur satisfaite autant que mue par une sorte de transe chevaleresque, Ser Oberyn Dayne reprit ainsi la parole : Ce serait un honneur pour moi que de pouvoir participer à ces batailles. La Maison Dayne agitera bien vite sa bannière et dressera ses Epées pour venir affronter cette menace sous l’étendard de Dorne. Mais plus encore… »

Et ce fut cette fois à l’héritier des Dayne d’imposer un instant de silence à son Suzerain, alors qu’il dépliait son genou et redresser son athlétique silhouette dans un cliquetis de métal qu’imposait le sempiternel port de son armure à la teinte blanche courue d’argent. La pelisse de Lion Bblanc se tendait à mesure que finissait de se dresser l’Epée du Matin. Dégageant les mèches cendrées qui barraient son visage d’un mouvement de tête rageur, Oberyn planta avec plus d’aplomb et d’assurance que jamais son regard sans pareil dans les sombres yeux de son Seigneur. D’aucun aurait bien pu y voir du défi, le Chevalier n’y administrait d’une demande respectueuse relevant presque de l’obligée requête intimée par son caractère direct et enflammé. Le tout servi par un ton sans faille et forgé d’une détermination plus solide que le plus rude des aciers :

« C’est au nom des Martell que je souhaiterai me battre. Pour la Pique et le Soleil de Lancehélion que je désire dresser Aube contre la Seiche qui menace le Royaume. Permettez-moi de me battre en votre nom, permettez-moi de combattre en tant que fier et juste champion de la vôtre Maison comme de la Mienne. L’Epée du Matin, au service du Blason Dayne comme des Armoiries Martell, s’engage à apparaître le premier sur le champ de bataille et à ne le quitter qu’en humble dernier… Je vous en fais le Serment, mon Prince ! »

Nul compromis et nulle faille ne transparaissaient dans les mots puissants qu’avait, une nouvelle fois, prononcé l’Hériter des Météores. Cette série de serments viendrait peut être à agacer le Prince de Dorne, mais Ser Oberyn Dayne n’entendait pas livrer sa vie autrement qu’en mettant son honneur en première ligne afin d’assurer à sa personne un devoir d’exemplarité comme d’excellence qui incombait à son titre durement hérité. Et s’il avait prononcé ce vœu face à la personne du Prince Maron, il s’était également engagé à le réaliser sous le regard complice d’une vieille amie qui avait traversé tant d’épreuves avec lui et qu’il tenait toujours fermement en main. La laiteuse lame d’Aube s’éleva tout doucement dans les airs, imposant sa présence comme un témoin supplémentaire à ces vœux dument formulés avant de retrouver le confort de son clair fourreau sous le mouvement lent et décomposé que lui imposait le Bretteur le plus à même d’en disposer. Engager dans l’équation l’épée familiale revenait à impliquer le souvenir de tous ses précédents porteurs comme le nom et la réputation de la Maison Dayne et si Oberyn en avait pleinement conscience, il ne le faisait qu’en connaissance de cause et avec l’intime conviction que cet acte-là serait, très probablement, le plus fondateur de sa loyauté envers la Maison de Lancehélion autant que du Royaume lui-même. Tout juste espérait-il que le Prince au regard sévère percevrait cette requête sur le même ton qu’il l’avait lui-même formulée. Et Oberyn de reprendre de ce ton clair et assuré qui ne lui avait plus fait défaut depuis que la confiance s’était en lui installée :

« Commandez, mon Prince, et soyez sur que je m’exécuterai avec une fierté non feinte et un plaisir assumé comme non dissimulé… ! »

S’il avait eu l’impression de s’adresser comme un Lord fidèle, Oberyn n’en demeurait pas moins un simple Chevalier pour l’heure. Son statut d’Hériter d’une Maison Majeure pouvait donner plus de poids à ses mots, mais face à son souverain il n’était que bien peu de choses. Un élément venait soutenir ses propos, la sensation que le Prince avait reconnu chez lui un sens de l’honneur sans faille et une loyauté sans borne envers sa fratrie. C’était du moins ce que le jeune homme espérait, sans quoi il se verrait opposer un refus ferme peut être même agrémenté de sermons justifiés. Cherchant, au travers de ses Iris bleu sombre paillettes d’une teinte lilas approchant celle des Targaryen, à convaincre par la force du regard son Prince de ses intentions les plus louables et les plus sincères, Ser Oberyn Dayne était désormais suspendu à ses lèvres. Comme si sa vie ne s’était résumée qu’à ce simple instant.




« Seal my heart and break my pride,
I've nowhere to stand and now nowhere to hide,
Align my heart, my body, my mind,
To face what I've done and do my time. »


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Message Mer 10 Oct 2012 - 15:09

     La rumeur de la bataille de Salvemer était arrivée jusqu'aux oreilles de Maron qui savait que le jeune homme face à lui avait effectivement participé. Malgré le fait que les Dorniens n'étaient pas particulièrement désirés dans la lutte contre la menace des Fer-nés, cela ne signifiait pas pour autant que le seigneur de Dorne négligeait de se tenir au courant des mouvements des pirates. Bien au contraire. L'attaque surprise du Conflans avait été plutôt inattendue, surtout sur Salvemer qui était réputée pour être une ville dressée pour résister aux assauts des Fer-nés. Même si la rumeur de cet affrontement était arrivée avec quelques temps de retard, le Prince de Dorne n'avait pas manqué de relever le nom d'Oberyn Dayne dans les participants. Les autres s'étaient envolés depuis longtemps de son esprit – non qu'il ne les juge pas assez dignes d'y figurer, mais simplement qu'ils n'étaient pas originaires du désert – mais il savait aussi que la fiancée du chevalier avait été présente à Salvemer à ce moment. Certains racontaient qu'elle était spécialement venue de Dorne pour revoir son promis, mais Maron ne prêtait pas totalement foi à ces ragots, il avait appris à se méfier des manipulatrices aussi sûrement que l'on se méfiait d'un cobra. La venue de lady Edarra à Salvemer devait avoir un autre but que simplement pouvoir rejoindre le jeune Oberyn. Ou alors le Prince devenait-il aigri avec l'âge, ce qui était moins probable que la première option.

     Le combat contre les pirates des Iles semblait avoir éveillé des souvenirs intéressants dans l'esprit du jeune homme qui arborait une expression de satisfaction non dissimulée. Les affrontements contre ces individus intéressaient beaucoup le Prince de Dorne. L'on disait des Fer-nés qu'ils naissaient pour se battre et passaient leur vie entière à perfectionner ce talent naturel. Une telle vie devait en faire de féroce adversaire et au fond, Maron en venait à regretter de ne pouvoir lui-même prendre part à cette bataille à venir. Il avait beau s'entraîner quotidiennement de manière très stricte, cela ne valait jamais une bataille réelle à un entraînement qui ne pouvait déboucher que sur une défaite qui n'entraînerait aucune autre sanction qu'une légère déception. Le danger de la mort était omniprésent dans un véritable combat et c'était une manière de déclencher un flot d'adrénaline sans pareil. Au moins le jeune homme pouvait-il se considérer comme un véritable chevalier désormais, il avait affronté des ennemis mortels et non des compagnons d'armes qui souhaitaient perfectionner leurs coups. L'on apprenait largement plus vite dans une mêlée qu'avec des années auprès d'un maître d'armes, aussi doué soit-il.

     Quoi qu'il en soit, l'idée de prendre part à une telle bataille sembla intéresser le jeune homme qui parlait alors d'honneur pour la maison Dayne. Nul doute que de savoir l’Épée du Matin à leurs côtés, allait revigorer beaucoup de reîtres ou d'hommes d'armes présents sur le champ de bataille au même moment qu'eux. Même si le jeune Oberyn ne s'en rendait peut-être pas encore compte, sa légende allait au-delà des frontières du désert et nombreux devaient être ceux désireux de le voir en action. Le petit peuple avait besoin de héros et de personnages originaux à admirer, l’Épée du Matin en était un. Après un silence qu'il impose, le jeune chevalier reprit de plus belle en exprimant à son Prince, le désir de se battre aussi au nom de la maison Martell. Ce serait là une preuve plus qu'évidente aux yeux des autres vassaux, que l'héritier des Météores était un vassal fidèle à la maison suzeraine, mais surtout qu'il avait l'appui et le soutien du Prince Maron. Ce dernier ne voyait rien qui puisse s'opposer à une telle requête, bien au contraire. Il aurait souhaité prendre part en personne à une telle bataille, mais comme dit précédemment, c'était chose impossible. Il était bien évidemment hors de question d'y envoyer Doran, le frère cadet du suzerain, celui-ci devant veiller à la sécurité du reste de la maison Martell. Peu après les derniers mots de son interlocuteur, le Dornien se contenta de hocher la tête d'un air entendu.

     ▬ Je pense que c'est une excellente idée. Il m'aurait été agréable de pouvoir me battre en personne, mais pour des raisons évidentes c'est chose impossible. Il ne serait donc pas désagréable d'avoir quelqu'un sur le champ de bataille, qui puisse agir en mon nom. Mais il était évident qu'il n'allait pas confier pareille tâche à n'importe qui. Maron était un homme exigeant, mais surtout fier et sa maison était une chose extrêmement importante à ses yeux. Il était donc hors de question qu'une personne indigne puisse combattre en son nom. Vu l'importance de la tâche, il faut une personne de confiance, une personne qui ne manquera pas à sa parole de ne pourra pas humilier la maison Martell à travers ses actes et ses décisions. Vu ce qu'il venait de lui dire juste avant, Oberyn devait se douter que son suzerain le considérait comme capable d'assumer ce rôle. Ce sera une bonne manière pour vous de prouver que vous êtes fidèle à ma maison et par extension, à ma personne, puis tout le monde verra que je vous accorde ma confiance et que je vous considère comme un digne membre de la maison Dayne. »

     Maron n'était pas homme à complimenter sans arrêt ses interlocuteurs, en réalité la flatterie n'était pas son fort et les compliments qui lui étaient adressés, glissaient sur lui sans le toucher. Les paroles du jeune Oberyn n'étaient donc pas liées à ce que le Prince lui disait à ce moment précis. C'était la valeur dont il avait fait preuve jusqu'à présent, car bien avant d'être fiancé à lady Edarra, Oberyn était déjà un individu qui avait retenu l'attention de Maron. Futur seigneur des Météores et porteur d'Aube, quoi de plus normal ? Il se félicitait d'avoir une personne d'honneur comme le chevalier, à ses côtés. Il ne restait qu'à espérer que cette confiance ne soit jamais déçue ou briser par les sombres desseins d'une femme trop ambitieuse. Le Dornien n'accordait qu'une seule fois son intérêt et sa confiance, les perdre reviendrait à pouvoir tirer définitivement un trait dessus. Oberyn devait s'en douter et si ce n'était pas le cas... Et bien il risquait de le regretter plus tard. Maron ne tenait pas à adresser d'avertissement ou de menaces, ce n'était pas dans ses habitudes.

     La question était donc réglée ! Le jeune Dayne allait pouvoir combattre au nom de sa maison et de la maison Martell. Il ne restait qu'à attendre que le moment décisif arrive et patienter jusque là. Une autre question taraudait toutefois l'esprit du Dornien, il avait bien évidemment entendu parler des talents légendaires d'Oberyn, c'était donc une raison supplémentaire de lui poser cette interrogation. Un homme sachant se battre reconnaissait plus volontiers l'expérience des autres. Son regard dur et froid toujours posé sur le visage délicat de l’Épée du Marin, Maron continua sur le même ton.

     ▬ Je n'ignore pas que vous avez été à Salvemer au moment de l'attaque, tout comme je sais que lady Edarra y était aussi présente. Mais là n'était pas la question et son ton montrait bien qu'il ne s'en souciait pas. Les Fer-nés ont une réputation bien particulière. Je dois avouer qu'ils m'intriguent. Nés pour se battre, on dit qu'ils ne craignent pas la mort et qu'ils n'hésitent pas à se battre avec des armures lourdes alors même qu'ils peuvent chuter à la mer. Drôle de pratique, mais c'est une preuve certaine de leur courage. Ou de leur folie. Il haussa légèrement les épaules. Je pense que folie et courage se côtoient de près et que l'un n'existe pas sans l'autre. Une pensée peut-être étrange, mais prouvée à plusieurs reprises par bien des hommes. Un homme aussi talentueux que vous n'a pas dû rester de marbre face à de tels adversaires. Ont-ils été à la hauteur de leur réputation, ou avez-vous défait ces personnes sans aucune difficulté ? Le regard sombre du Prince s'éclaira un bref instant alors qu'il terminait. J'imagine qu'il devait s'agir de votre première véritable bataille n'est-ce pas ? La différence entre les entraînements et ce type de combat, est bien grande, mais apparemment cela n'a fait que vous conforter davantage dans votre rôle de chevalier. »

     Il le sondait, d'une certaine manière. Le jeune homme était encore dans l'âge où la vigueur pouvait prendre le pas sur la technique, un chevalier leste pouvait survivre grâce à son corps et à sa jeunesse alors qu'un homme plus âgé ne pourrait compter que sur sa maîtrise des combats et de son arme. Une personne expérimentée dans un corps encore jeune devait donc être encore plus dangereux. Était-ce que le cas d'Oberyn ?



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Oberyn Dayne
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Message Ven 19 Oct 2012 - 16:09


La loyauté n'est pas qu'un mot.


Il est bien étrange de constater qu’un simple geste, le plus minuscule qui soit, fut à même de soulever tant d’émotions dans le cœur fidèle d’un loyal sujet admiratif de son Seigneur. Un simple hochement de tête entendu fut préludes à des mots que le jeune chevalier n’entendit pas immédiatement, submergé qu’il était par un torrent de sentiments proches et si différents à la fois. Comprenez donc, il venait de recevoir l’un des plus beaux accomplissements que sa fidélité aux Martell pouvait un jour lui procurer : se battre au nom de la Maison régente de Lancehélion ! Si la fierté dominait, de prime abord, elle côtoyait également un désagréable sentiment amer que lui imposait son futur mariage. Car pour chaque action de loyauté comme d’amour envers le Prince de Dorne, s’était les sentiments de la belle Ferboys qu’il mettait à mal tant l’inimité entre sa Dame et son Souverain était grand… Comment Lady Edarra accueillerai elle la nouvelle de son fiancé drapé de la bannière de Lancehélion pour prendre part à une bataille qui retarderait, une nouvelle fois, leur mariage ? Surement pas de la plus belle des manières, mais Oberyn était de ses hommes qui faisait passé leurs vœux comme leur honneur avant leur personne comme leur intérêt propre.

Les avertissements comme les conseils du Prince Maron prenaient, alors, tout leur sens véritable et c’est intérieurement que le jeune chevalier des Météores s’en fit la réflexion. Quoi qu’il en soit, il trouverait la force de concilier son amour pour sa belle et sa fidélité à son suzerain dans tous les aspects de son existence. Il s’en était, désormais, fait le serment ! C’est en se dépareillant de tout sentiment joyeux, relatif à la mention de ces précédents combats où il avait pu trouver enfin adversaire à sa mesure depuis ses duels contre Trebor de Haut Hermitage, sur le visage qu’Oberyn réceptionna les mots de son Seigneur. Et une nouvelle fois, il dut faire preuve de sang-froid comme de retenue pour ne pas laisser le rouge lui monter aux visage devant les compliments, qu’il jugeait sincère, de la part du Prince qui le jugeait plus que capable et fidèle à sa cause, au point de la représenter dans l’enfer des champs de bataille. Ainsi donc venait la guerre, avec son lot de gloire et son lot d’horreurs, et l’Epée du Matin aurait à l’affronter en tant que représentant des Météores mais aussi digne Champion de Lancehélion. L’excitation se faisait des plus grandissantes !

Combattre au nom de la Maison Martell était un honneur immense, mais plus que tout, les compliments voilés que délivrait le Prince dans son discours s’affirmaient comme les plus précieux trésors que le jeune homme ramènerait de Lancehélion. D’aucun lui avait affirmé que le Seigneur de Dorne était un homme rude au verbe cinglant, se voir administrer ce qui pouvait être semblable à un traitement de faveur avait de quoi laisser imaginer au jeune homme que le Prince des Sables avait un certaine estime pour lui. Une déduction qu’il se garderait de confirmer par la question, mais qui était à même de le rendre toujours plus viable soutiens du Seigneur qui avait, déjà, toute son admiration ! C’est ainsi que le débat prit une tournure que l’Epée du Matin n’attendait pas…

En effet, le Prince en vint à mentionner la participation d’Oberyn à la défense de Salvemer pour en venir à introduire une sorte de descriptif éloquent de la culture des Fer-Né. De ce qu’il avait pu voir au cœur des affrontements, le chevalier des Météroes ne jugea pas bon de critiquer la vision de son suzerain tant la peinture qu’il venait de faire correspondait avec ce qu’il avait, lui-même, pu observer. Un nouveau compliment sur son talent propre se glissa dans les mots du Prince pour introduire un premier questionnement sur le déroulement des combats. Puis il enchaina immédiatement avec une interrogation propre à la différence entre une véritable bataille et un vulgaire entrainement dans la cour d’un quelconque château. De prime abord, Oberyn se montra interdit par la question, renfrognant ses traits dans une moue de réflexion avant d’adopter cette attitude neutre qui convenait mieux à son caractère fier et posé. Un instant de réflexion laissa courir quelques souffles dans le silence. Puis, l’Epée du Matin rompit la quiétude en laissant ses mots voler vers son Prince sur un ton qui pouvait se faire l’allégorie de la nostalgie :

« J’imagine que nos propres hommes n’ont rien à envier aux soldats que j’eu le loisir d’affronter, mon Prince. Mais se serait mentir que de dire qu’aucun d’entre eux n’a réussi à retenir mon attention comme il serait tricher affirmer que je n’eus pas à user de tout mon art, ou presque, pour me défaire de quelques danses mortelles… »

Un unique œil sombre à la noire prunelle parcourue de flamme passa sous les yeux du jeune Ser alors qu’il terminait de prononcer ses mots. Le seul œil visible du Pirate qui émergea noblement des ténèbres induites par les flammes de la grange incendié, après qu’il n’eut abreuvé la laiteuse lame d’Aube du sang de deux matelots Fer-Né. Ils se vantaient supérieurs aux continentaux, le disaient d’une trempe de roc et de sel, fort fut à Oberyn de constater que leur sang était aussi rouge que le sien ou que celui d’un quelconque homme de Westeros… La sauvage réputation des Fer-Né lui fut démontrée par cet anonyme borgne combattant qui le poussa dans ses retranchements. C’est tout son art de l’esquive et toute sa maitrise du contre qui permirent au Chevalier des Météores de briser la lame adversaire d’une botte rageuse avant que la frappe de taille ne morde les chairs de son opposant qui s’évanouit bien vite dans le noir… Il était ainsi resté immobile un instant dans le feu des combats, abandonné par un opposant anonyme des plus intéressant. Leur route serait, peut-être, amenée à se croiser de nouveau. Ce jour-là, Oberyn chercherait à mettre un point final à la rivalité naissante. Cet anonyme-là jouissait désormais de l’immense honneur de voir ses martiales prouesses exposées à l’un des plus importants personnages de tout Westeros :

« L’un d’entre eux fut tout particulièrement intéressant. Il était mu par une volonté d’acier mise au service d’un art de l’escrime que m’évoqua l’océan, capable de faucher les vies de façon aussi soudaine qu’impitoyable ! Ce borgne Bretteur ne me mentionna pas son nom, mais il m’offrit le duel le plus âpre que j’eu livré de toute mon existence ! Il n’avait pas ressenti pareille exaltation depuis des duels acharnés avec son éloigné cousin d’Haut Hermitage. La raison, il avait fini par parfaitement bien la cerner et elle était au centre de la réponse qu’il délivrait désormais à son souverain princier : Ce n’était pas un duel de château... Ce n’était pas un échange amical avec pour conclusion une frappe amicale et une franche discussion autour d’un doux nectar. L’un comme l’autre étions mus par le plus puissant moteur de l’esprit humain et notre opposition devait trouver sa conclusions dans la mort d’un des deux participants. L’un comme l’autre étions habité par la peur de la mort… »

Oberyn n’avait aucune honte à mentionner ce point, son regard bleu paillette de lilas apposant sur les iris de son Prince un regard franc et sincère. Une manière, par la force de ses yeux, de lui répondre que c’était, en effet, la première véritable bataille qu’il avait eu à livrer. Et ce n’était pas peu dire que d’affirmer qu’il en avait été pour le moins changé. Tout, dans le feu de l’action, s’était trouvé être différent. De la panique alentours aux cris des victimes, de l’odeur âcre de la fumée dévorant les bâtisses à la puissance du sang qui imbibait progressivement la terre. De la lumière vive des flammes dévorante à la chaleur du feu consumant le champs de bataille. Rien ne pouvait évoquer le confort d’un château et il suffisait d’un simple regard vers son opposant pour se laisser transpercer par l’idée qu’il n’y avait là aucune amitié dans le fer qui viendrait à être croisé. Le choc des lames se voulait plus agressif. Et quand sonnait une première fois l’acier, le choc induisait de lui-même la peur de se voir lacéré puis vidait de toute vie par le sang coulant hors de ses plaies. Depuis toujours, Oberyn avait grandi au beau milieu des hommes d’armes et des chevaliers, il avait appris à se battre avec eux… Et appris à mourir il y a bien longtemps de cela. Mais se trouver face à la grande faucheuse ne faisait que vous intimer plus de force dans le désir de ne point voir se terminer la vie ! Du moins ce fut le cas pour Oberyn et il puisa sa force dans la peur de ne plus jamais revoir sa famille, la peur de couvrir le titre d’Epée du Matin de honte… La peur de perdre Lady Edarra pour toujours.

« J’ai, en effet, connu là ma première véritable bataille, mon Prince… J’ai découvert combien la guerre pouvait apporter son lot de gloire et son lot d’horreurs… Combien des hommes partagent avec moi ce désir ardent de protéger le commun des batailles imposées par de quelconques seigneurs avides de repousser des frontières dessinées sur quelques cartes… »

Le visage de Ser Pryam Templeton vint à ses souvenirs en illustration de ce personnage partageant ce qui devrait être l’image de la chevalerie. Que pouvait bien devenir l’homme du Val en ce moment ? Négligeant de se questionner plus longtemps, Ser Oberyn Dayne trahissait une attitude pour le moins lasse et fataliste dans ses derniers mots. Comme si la nature humaine imposait aux peuples de s’entre déchirer pour clamer la possession de quelques bouts de terre imbibés du sang de bien des innocents. Tout un paradoxe pour cet homme qui aimait à affronter des adversaires puissants, mais abhorrait voir inutilement couler le sang du commun que ses vœux lui avaient fait jurer de protéger. Un soupir las désormais exhalé, le fils de Lord Olyvar reprit son propos sans chercher de détours ou de faux semblant, heurtant peut être un peu les convenances avec lesquelles il n’était, de toute façon, pas vraiment à son aise :

« Je suis un Chevalier des Météores et j’ai un profond amour pour les passes d’armes m’opposant à de redoutables adversaires, je mentirais en vous énonçant le contraire. Mais j’ai vu bien des innocents souffrir des exactions de ces Fer-Nés et la blanche lame d’Aube n’a point tous pu les sauver… A croire qu’au jeu de la guerre que se livrent quelques hauts Seigneurs, c’est toujours l’enfant du commun qui paye le prix le plus fort… Plongeant une nouvelle fois ses yeux violacés dans le regard fier et sans nul autre pareil du suzerain Dornien, Oberyn semblait quelque peu s’éloigner du sujet. Il sembla, toutefois, le retrouver assez vite au travers des mots qui suivirent : Mais il est des causses qui méritent d’être défendues et des aspirations qui méritent d’être suivies… Les vôtres, mon Prince. Je ne cherche pas à me prévaloir de bien des flagorneries ou à vous couvrir de flatteries vides de sens. Je suis juste certain d’une chose… »

Et tel état de fait méritait d’imposer un silence avant de reprendre la parole. S’il nétait pas orateur des plus habiles, Oberyn semblait s’en sortir plus qu’avec les honneurs dans l’art des mots depuis le début de cet entretien que beaucoup imaginaient pour lui comme une allégorie des sept enfers. Mais il n’avait fait que se livrer avec sincérité et c’est dans la même lignée qu’il continua à laisser des mots dériver, sur son ton serein autant que déterminé :

« …C’est que me lame ne pourra mieux être employée pour faire la justice comme le bien qu’en restant sous votre commandement comme votre bénédiction. Pour le bien de Dorne comme pour celui des Sept Couronnes. »

Voilà qui était, désormais, clairement énoncé. Dans ses propos, il entendait faire comprendre à son Prince qu’il l’estimait comme étant le seul capable de faire jouir le peuple de Dorne d’une félicité comme d’une prospérité à même de le couvrir de bonheur mais énonçait également soutenir la position de son Prince envers leurs voisins et le trône de fer. La politique de paix menée par Lord Olyvar dans les Montagnes Rouges allait dans ce sens, autant comme le Mariage de Lady Talia Dayne avec l’Héritier Mullendore pour pacifier les rapports frontaliers avec le Bief. S’il passait pour un bretteur d’exception et un combattant à la sanglante réputation, Oberyn n’en demeurait pas moins un des plus fervent amoureux de la Paix du Roi. Pour le bien du commun…




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Message Sam 20 Oct 2012 - 13:43

     La question posée par Maron sembla surprendre son interlocuteur. Ce n'était pas si surprenant au fond, le Prince n'avait jamais manifesté un intérêt particulier pour les Fer-nés ou la bataille de Salvemer, certains même, devaient penser qu'il s'en moquait totalement, mais ce n'était pas le cas. En bon suzerain, il était obligé que le Dornien surveille de près ce genre de choses. L'avis d'une personne aussi douée qu'Oberyn serait donc d'une grande aide étant donné que cela permettrait d'avoir sa vision des choses plutôt que de personnes qui n'étaient pas présentes lors de la bataille. La réponse ne se fit pas longtemps attendre, le chevalier fit alors savoir à son Prince qu'il considérait que les Fer-nés n'étaient pas très différents des lanciers de leur région, mais que certains se démarquaient du lot. Comme dans toutes les régions cela dit. Qui n'avait pas son combattant célèbre à travers tout Westeros ? Certes, les Iles de Fer étaient très éloignés – non géographiquement parlant, mais plutôt au niveau de la culture – du reste du continent et par conséquent, ne se mêlait pas aux autres. Maron aurait été bien incapable de citer le nom d'un noble des îles, mis à part le seigneur suzerain bien évidemment. Au fond, ce n'était pas si gênant étant donné que les Fer-nés eux-mêmes ne se considéraient pas comme des nobles. Peuplade bien étrange et difficile à décrypter, peut-être autant que Dorne pour les autres régions me direz-vous.

     Les explications d'Oberyn furent plus détaillées lorsqu'il aborda le sujet d'un adversaire particulièrement rude. Un borgne, c'était plutôt original comme handicap, Maron avait toujours pensé qu'un œil en moins était quelque chose de particulièrement dur à compenser lors de combats rapprochés, mais il semblait que non. Peut-être que les Fer-nés se moquaient tant de la mort qu'ils n'avaient cure de risquer leur vie en exposant leur côté handicapé ? La peur de la mort était une chose qui pouvait pétrifier, comme elle pouvait encourager à remporter une victoire. Qui donc n'avait jamais craint de ne plus se réveiller ? Le tout était de ne pas se laisser paralyser par la peur, mais d'en faire un moteur qui permettait à l'adrénaline de se montrer bénéfique. Jusqu'à présent, le seigneur de Lancehélion n'avait connu qu'une bataille digne de ce nom et il ne s'en plaignait pas. Même si l'idée de pouvoir servir sa région au combat le charmait davantage qu'à parlementer avec d'autres nobles, il était heureux que les guerres ne soient pas le pain quotidien de la vie de son peuple. La bataille d'Herberouge aux côtés du Prince Baelor, avait été le seul véritable combat digne de ce nom que le Martell avait connu et il espérait que ce serait aussi le dernier, pour son peuple, même si ses envies personnelles différaient beaucoup.

     Le regard sombre du Dornien était toujours fixé sur le visage du chevalier qui reprenait la parole après un léger silence, expliquant qu'il avait effectivement vécu sa véritable première bataille et tout ce qui y était associé. Il existait bien des hommes de valeur sur cette terre et malheureusement bon nombre d'entre eux n'auraient pas la chance d'Oberyn et risquaient de mourir prématurément lors d'une bataille où leur nom serait oublié. La vie était rude, si l'on ne naissait pas sous la bonne étoile, il était fort possible de passer à côté de sa vie. Le silence perdurait, rompu pendant quelques instants par un soupir du jeune homme avant qu'il ne fasse savoir à son suzerain qu'il avait le sentiment que c'était toujours les faibles qui subiraient les conséquences de cette guerre. C'était le cas. Maron lui-même ne pouvait se targuer d'être capable de sauver la veuve et l'orphelin en prenant telle ou telle décision. Il n'était tout simplement pas possible de pouvoir protéger tout le monde, ou c'était se leurrer d'utopisme. Lorsque vous occupiez une place importante, il fallait prendre des décisions aussi importantes. Certaines nécessitaient de faire des calculs et de prendre la solution qui faisaient le moins de pertes. Même si c'était une manière de procéder des plus difficiles, il fallait agir de la sorte par moment, ou se contenter d'être un simple roturier sans autre responsabilité que celle de nourriture sa mule. Les paroles du jeune homme concernant le bien de Dorne étaient réconfortantes, mais aussi à double tranchent. Le chevalier n'ignorait certainement pas que de nombreuses maisons de leur région, désapprouvaient la paix instaurée depuis le mariage de la Reine Myriah. Les Uller par exemple, ils avaient été les derniers visiteurs reçus par Maron et leur entretien ne s'était pas très bien passé. Une fois de plus, la voie que le jeune chevalier empruntait allait lui compliquer les choses, davantage que s'il restait sagement à atteindre aux Météores sans se mêler de la politique par exemple. Le Martell hocha la tête une fois de plus avant de répondre d'un ton qui lui était propre, austère et presque froid.

     ▬ Les petites gens seront toujours les premiers à subir les conséquences des choix de leurs seigneurs. Il n'y a qu'à voir dans le Bief, les attaques des Fer-nés ont touché les roturiers et non les seigneurs des fiefs visés. C'est malheureusement inévitable et même s'il me coûte de parler de la sorte, il faut parfois choisir la solution qui fait le moins de pertes, mais qui ne sauvera pas beaucoup de monde. Un tel discours pouvait apparaître comme froid ou dénué de sentiments, surtout après les paroles du jeune homme qui dessinaient une vision des choses bien plus agréable. Mais je puis vous assurer que mes choix seront toujours faits dans l'intérêt du peuple de Dorne. Le ton était sans appel, il avait toujours agi pour le bien des Dorniens et cela ne changerait pas. Même si certains pensaient que la paix ne faisait qu'étouffer Dorne, il préserverait la paix à n'importe quel prix. J'ai déjà perdu le soutien de nombreuses maisons parce que j'ai décidé de préserver la paix, je suis heureux de savoir qu'au moins une personne à Dorne pense de la même manière que moi. Peut-être que les batailles à venir nous permettront d'avoir d'autres alliés ? »

     C'était une question rhétorique. Maron ne spéculait pas sur l'avenir, il attendait de voir comment les choses évolueraient, tout en prévoyant des solutions de secours comme tout bon suzerain, mais sans pour autant aller trop loin. Le Prince était un homme d'action et devoir maintenir la paix à tout prix lui coûtait beaucoup, sauf qu'il ne pouvait malheureusement pas agir autrement. Son père avait choisi de faire de lui l'héritier de la maison Martell. Les choses auraient pu être bien différentes si Myriah n'avait pas été « sacrifiée » en étant donnée en épousailles au Roi, mais c'était comme ça. La Mère Rivière avait décidé de cette vie pour eux tous et il faudrait être digne de la chance qui leur avait été accordée. Même en étant né avec le caractère d'un combattant et non d'un politicien, Maron avait décidé de changer sa nature pour épouser la tâche qui lui avait été confiée. Que le jeune Oberyn puisse suivre la voie tracée pour lui était une bonne chose, il n'en serait que meilleur au moment de devenir le seigneur de son domaine, chose qui surviendrait certainement après l'accession de Trystan au poste de suzerain de Dorne. Quoi qu'il en soit, l'entrevue tirait à sa fin, le Dornien avait eu les réponses qu'il désirait et il ne restait donc plus qu'à clore la discussion.

     ▬ Nous saurons tout cela en temps et en heure. Vous serez donc le premier averti lorsque Dorne prendra part à la défense de Westeros, moment qui ne saurait tarder j'imagine, tenez-vous prêt. »

     C'était une manière comme une autre de saluer le jeune homme. Même si en apparence ces paroles pouvaient sembler froides, elles étaient en réalité la preuve qu'il avait confiance – pour le moment – et qu'il penserait à lui au moment d'agir. Avoir des personnes sur qui s'appuyer était une bonne chose et lorsque vous occupiez une place comme celle de Maron, ces personnes étaient d'autant plus rares.

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