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L’ambassade n’est qu’un seul homme !

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Oberyn Dayne
Chevalier

Général

• Epée du Matin •
◌ Vision du Guerrier ◌
• Champion de la Maison Martell •

« Honneur, Loyauté, Sacrifice. »

♦ Missives : 2094
♦ Missives Aventure : 87
♦ Age : 29
♦ Date de Naissance : 30/03/1988
♦ Arrivée à Westeros : 17/09/2012
♦ Célébrité : Jamie Campbell Bower
♦ Copyright : Violain <3
♦ Doublons : Gunthor Estremont
♦ Age du Personnage : 25 ans
♦ Mariage : Fiancé à Edarra Ferboys
♦ Lieu : Citadelle des Météores.
♦ Liens Utiles :

Disponibilité : 3/4 RP's
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Message Jeu 27 Sep 2012 - 18:47


L’ambassade n’est qu’un seul homme !


La nuit mourrait paisiblement dans les bras du petit jour que la chaleur du vent se montrait déjà d’intensité croissante. Nulle terre n’est plus chaude que celle de Dorne et les longues années de service d’écuyer loin des terres de sa naissance n’avaient fait que conforter cette idée dans l’esprit de l’héritier des Météores. Si le ciel d’encre nocturne voilait ces terres d’un agréable voile de fraicheur mordante qu’affutait merveilleusement bien le scintillement des étoiles, la naissance du jour marquait le début des inconforts, le début des heures sous la fournaise et les caresses de l’astre du jour. Ils chevauchaient depuis la mi- nuit, le caractère discret de leur entreprise ayant forcé ce départ incognito de la Citadelle de son enfance. S’il avait refusé la lourde escorte que lui avait proposée père, Oberyn n’avait pu se soustraire à la superflue protection de son écuyer. L’Epée du Matin l‘avait, pour une fois, doté du coursier le plus rapide disponible aux écuries et lui avait autorisé revêtir un corselet saillant frappé des armes de la Maison Dayne. Harakan Sand apparaissait tel un authentique enfant noble et nul n’aurait pu deviner ses misérables origines en l’instant. Son pétillant sourire et sa longue chevelure sombre ondulée contrastait de saisissante façon avec la figure affichée par le Chevalier qu’il servait.

Drapé dans son impressionnante pelisse de lion blanc et jugé sur Shuram, le noir destrier des sables, Ser Oberyn Dayne affichait une mine de marbre tendant même vers le faciès des mauvais jours. Depuis qu’il suivait le messager sous le regard complice des étoiles, son instinct ne cessait de lui marteler une impression bizarre, une désagréable tension comme celle que l’on peut ressentir avant que ne se déclenche un orage d’été. La venue même de ce messager aux Météores ne lui avait rien auguré de très bon, plus encore quand son père lui avait fait cesser ses entrainements à la lame pour solliciter un entretien dans sa logia. Typique de la maison Uller, le messager s’était toutefois montré des plus affables et courtois, jetant le voile du secret comme de la discrétion sur le contenu de son message. La seule information digne d’intérêt fut que les résidents de Denfert sollicitaient un entretien au sud des terres familiales deux lunes plus tard. Un Entretien qui se devait être accordé à un homme de confiance de Lord Olyvar. S’il avait demandé une nuit de réflexion, Oberyn sut dès la formulation de cette demande qu’il serait de son devoir de mener à bien cette entrevue. Une nouvelle fois, son instinct ne l’avait pas le moins du monde trompé. Il n’en retirait, toutefois, que bien peu de satisfaction pour ainsi dire…

Depuis toujours, son statut d’héritier des Météores lui avait valu d’être associé à tous les conseils comme les décisions de son Lord de père. N’est-il pas plus oppressant pour quelque enfant que ce soit de se voir, dès son plus jeune âge, affublé du poids de la succession comme de la survie et de la prospérité de sa famille ? N’entendant que trop peu de choses à la politique et ne s’y intéressant pas le moins du monde, Oberyn se figurait devenir, plus tard, un Lord exécrable. Aussi priait-il chaque soir les Sept d’accorder une longue et vigoureuse vie à son père. Au lendemain, la chose était entendue. La Maison Dayne acceptait ce discret entretien et y apporterait comme ambassadeur la prestigieuse Epée du Matin. Il aurait aimé se défausser de cette tâche en imposant son frère Rhaegal ou simplement avoir la force pour décliner cette invitation qu’il ne gouttait que trop peu, mais Oberyn se contenta d’incliner la tête et d’avaler ses mots, achevant son rôle de fils parfait comme d’héritier consciencieux. Les deux journées qui suivirent passèrent au rythme des interrogations comme des alarmantes manifestations de son instinct qui lui avait procuré bien des victoires. Un temps, le Dornien aux pupilles améthyste s’était persuadé que cet entretien avait trait à son futur mariage avec Edarra Ferboys, afin de calmer ses pulsions tendues. Ainsi juché sur son destrier, il savait que ce n’était pas le cas.

Suivant avec déférence la jument du messager qui se faisait l’illustration idéale du mutisme, chevalier comme écuyer n’échangeaient plus de mots, la naissance du jour semblant avoir ouvert à leurs yeux une foultitude de menaces potentielles. Il en était toujours ainsi, quand l’inquiétude d’Oberyn se manifestait, elle rejaillissait progressivement sur son écuyer qui ne manquait pas de quitter son caractère rieur et enjoué pour s’enfermer derrière un masque de mutisme comme de torpeur. Il ne comprenait que maintenant pourquoi son maitre lui avait ordonné de l’engoncer dans son armure de maille et de plates blanches comme argentées, nouées de soieries d’un violet pâle frappé des armoiries de la maison Dayne. Aube passée en bandoulière et son pommeau jaillissant par-delà son épaule gauche, l’Epée du Matin semblait bien partir en guerre. Mais ne fallait-il pas y voir là le seul fait d’un homme aussi fier que noble, estimant qu’un chevalier se devait de représenter sa Maison toujours revêtu de son armure ?

« Quand serons-nous sur place ? »

« Bientôt Ser Oberyn. Il n’y a plus guère trop de chemin désormais. »

La réponse du messager laissait un gout amer pour l’héritier des Météores. Se voir ainsi guidé par un étranger sur ses propres terres avait tout d’un paradoxe. Il avait le plus grand mal à admettre que cet inconnu semblait bien se mouvoir avec une plus grande aisance que lui sur les terres qui avaient, pourtant, vu sa naissance. Ses absences plus ou moins prolongées n’étaient pas une excuse. D’aucun mentionne que la nuit est sombre et emplie de terreur, mais le jour naissant ne semblait pas plus propice à l’identification des dangers divers que recelaient ces terres rudes et si particulières. Profitant de la rosée, bon nombre de créatures animaient la flore d’une faune matinale et avide de combler sa faim comme ses envies. Là une vipère lovée entre deux pierres attendant que ne se décide à passer le rongeur qui lui servirait de repas. Là un faucon battant des ailes dans l’azur marbré de feu, laissant glisser ses yeux perçant sur ces terres ocres où il pourrait bien trouver le serpent qui nourrirait ses instincts de prédateur. Il est commun, aux météores, de dire que chaque matin dans ces montagnes s’éveille une gazelle. Elle sait qu’elle devra courir plus vite que le plus rapide des lions ou bien elle sera dévorée. Il est, également, commun de dire que chaque matin dans ces montagnes s’éveille un lion. Il sait qu’il devra courir plus vite que la plus lente des gazelles ou bien, le soir venu, il mourra de faim. Il est plus encore commun de conclure qu’il importe peu, finalement, d’être un lion ou une gazelle mais qu’au lever du soleil, il est préférable de courir.

L’instinct d’Oberyn vint à lui rappeler ces mots, l’instinct de prédation probablement ou encore cet instinct qui lui avait autorisé tant de victoires et de triomphes. Mais pourquoi diable cet instinct s’efforçait-il de pétrifier son ventre sur une boule d’appréhension ? Ce n’est que quand le maigre cortège émergea d’une crête qu’il comprit la raison en contrebas. Frappés des armoiries de la Maison Uller, les boucliers rond chatoyaient avec l’aide complice du soleil naissant. Il dénombra plus de deux dizaines d’hommes d’Arme en un simple coup d’œil et empoigna fermement les rennes de son destrier alors que celui-ci projetait violement sa tête vers l’arrière et grattait la terre ocre de ses sabots. Il était inquiet. Protecteur et rassurant, Oberyn adressa un regard lourd à son écuyer qui se plaça instantanément dans son dos. La Maison Dayne n’avait pas pour habitude de reculer et c’est malgré la tension que les deux Dorniens des Météores suivirent leur guide en direction de ces comparses.

Le sable du rivage étouffait le bruit des sabots et l’odeur des embruns de la mer comblait les sens de l’Epée du Matin, le sel des flots rompus en vagues légères frappant le peu de sa peau à l’air libre. Ses cheveux cendrés virevoltaient sous les vents humides alors que sa pelisse de lion blanc se soulevait dans son dos, à mesure que le pas de son destrier les conduisait face à la délégation immobile. Figeant Shuram à quelques pas de l’assemblée silencieuse, Ser Oberyn Dayne laissa son regard améthyste glisser le long des figures lui faisant face. Détaillant chaque visage à une vitesse folle, l’héritier des Météores se fendit d’une profonde inspiration avant de laisser porter sa voix sur le roulis de la mer, le couvrant pour un court instant de son seigneurial timbre franc et puissant.

« Je suis Oberyn Dayne, de la Maison Dayne et Epée du Matin. Qui donc vous commande et quelle est la signification de ceci ? »

Taciturne était son caractère, aussi ne prit il pas la peine de parler plus que nécessaire, appliquant les leçons de Lord Olyvar Dayne, son père. Ses mains gantées toujours fermement nouées autour des rennes de son destrier rendu nerveux par la présence des eaux salées, il se gardait bien de dévoiler la moindre des émotions qui traversait son être en cet instant, se contentant de peindre ses traits d’un masque neutre et fier. Du masque que lui connaissait toutes les Maisons Nobles de la Région de Dorne !




« Seal my heart and break my pride,
I've nowhere to stand and now nowhere to hide,
Align my heart, my body, my mind,
To face what I've done and do my time. »
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Message Sam 29 Sep 2012 - 20:51

Peu de choses en ce monde pouvaient égaler l’entêtement des Uller, leur réputation de fierté frisant parfois la folie n’était plus à démontrer depuis des siècles tant les récits de leur impétuosité bornée s’accumulaient à chaque nouvelle génération, épisodes bien souvent entachés de sang et riches en détails sordides. Si cette inflexibilité s’appliquait en général à chaque situation à laquelle un membre de cette famille devait faire face, elle pouvait presque paraître modérée lorsque l’un d’entre eux se voyait refuser le rêve d’une vie toute entière. Revenu de Lancehélion il y a maintenant une lune, Rennifer s’était montré d’une humeur on ne peut plus exécrable, et pour cause, cet entretien avec le Prince avait été un véritable désastre, pire ce que ses prévisions les plus pessimistes le lui avaient laissé entrevoir. Maron Martell avait non seulement décliné la demande des seigneurs de Denfert lorsque ceux-ci lui avaient proposé de lancer une série de raids aux frontières du Bief en vue d’une guerre ultérieure pour réclamer à nouveau l’indépendance dornienne, mais le monarque avait aussi été on ne peut plus clair : jamais il ne ferait quoi que ce soit pour affaiblir la paix du royaume, quiconque irait à l’encontre de ces ordres se verrait recevoir une sentence sévère et expéditive. Les arguments et toute la colère du vieil homme d’armes n’y avait rien changé, aussi s’était-il longuement concerté avec son neveu et Lord, Luan, pour trouver un autre moyen d’atteindre leurs buts, nullement découragés mais plutôt furieux de ce refus catégorique.

Les rois de pays entiers ne pouvaient conserver leur pouvoir qu’avec l’appui de leurs vassaux, si suffisamment d’entre eux venaient à exprimer ouvertement leur mépris de l’autorité Targaryenne et à réclamer qu’à nouveau les lances et les boucliers aillent se fracasser les uns contre les autres pour regagner leur liberté, alors la Maison Martell n’aurait pas d’autre choix que de plier et de convoquer son ban. Essayer de gagner le soutien des différents fiefs de la principauté ne tenait pas de la trahison en soi, à aucun moment il n’était question de renverser leur suzerain –aussi traitre à son sang pouvait-il être aux yeux du lancier acariâtre-, mais de lui prouver que ses sujets ne se ramollissaient pas autant qu’il pouvait le penser. Luan avait malgré tout insisté pour que la discrétion soit de mise tout au long des diverses tractations, s’il ne faisait aucun doute que la nouvelle finirait par se répandre, il leur fallait malgré tout gagner autant de temps que possible avant que Lancehélion ne les rappelle potentiellement à l’ordre. Rennifer n’avait laissé personne d’autre se charger d’aller à la rencontre de ces Lords et Dames, nuls visages couverts et parchemins échangés par corbeau, ces manières-là étaient bonnes pour les Ferboys, il porterait cet appel aux armes en personne avec les précautions qu’on lui avait imposées. Un messager avait donc quitté Denfert, bientôt suivi par le vieux Dornien et une troupe en armes.

A défaut d’être pénible, le voyage s’avéra long et agaçant de par son itinéraire qui longeait tout du long les côtes méridionales de Westeros. Contrebalancée par les embruns et l’humidité qu’assurait la proximité de l’océan, la chaleur du soleil ne représentait plus un défi d’endurance, le seul réconfort que Rennifer trouva au milieu de cette ennuyeuse situation fut d’éviter une patrouille en provenance du Grès, respectant la volonté de Luan à défaut de totalement l’approuver. La tâche s’était avérée assez difficile, leur nombre ne leur permettait guère de discrétion et il leur fallut chevaucher de nuit à plusieurs reprises pour atteindre le lieu de rendez-vous le jour prévu tant ils empruntèrent de détours moins fréquentés. De tels effectifs découlait bien entendu la volonté d’afficher clairement leur détermination quant à leurs intentions belliqueuses, ceux que Lord Dayne enverrait à leur rencontre le comprendrait aussitôt.
Le choix de cette Maison comme première parmi la série de visites diplomatiques qui s’annonçaient n’avait pas non plus été laissé au hasard, en tant que Dorniens sableux les Uller n’étaient pas parmi les plus proches de ces habitants des montagnes dont le sang des Andals coulait abondamment dans les veines, et si l’on ajoutait à cela l’indifférence présumée que les seigneurs des Météores affichaient vis-à-vis de la tutelle du Trône de Fer sur leur contrée, ils figuraient au final parmi les alliés potentiels les plus ardus à convaincre. Pourquoi eux dans ce cas ? Pourquoi eux alors qu’ils disposaient déjà d’un allié de poids parmi les Forrest qui pourrait tout aussi bien leur servir de tête de pont pour gagner les autres Maisons rocheuses à leur cause ? Tout simplement parce que les Dayne comptaient de nombreux et glorieux combattants dans leur lignée et qu’au fil des siècles leurs représentants s’étaient illustrés dans bon nombre de conflits frontaliers, conflits dont le souvenir suffirait peut-être à raviver leur rage guerrière. Rennifer escomptait les mettre face à leur héritage, leur rappeler que leur situation actuelle ne tenait que de l’asservissement honteux et que jamais leurs nobles ancêtres n’auraient toléré pareil affront. Il ne mâcherait pas ses mots, même s’il avait jamais été capable d’une telle subtilité dans le passé.

Le lieu choisi finalement atteint alors que le soleil mourrait à l’horizon, le vieil homme d’armes interdit formellement à ses hommes d’établir un campement. L’émissaire risquait d’arriver d’un moment à l’autre, et il ne tolèrerait pas que la première impression donnée par la troupe soit celle d’une bande de voyageurs communs agglutinés autour d’un feu de camp. Aussi restèrent ils tels quels, montés sur leurs coursiers des sables qui piaffaient de mécontentement après la fatigue accumulée lors de la chevauchée du jour, formant un semblant de formation en ligne. Un silence parfait était observé tandis que Rennifer persistait à fixer la passe que les autres avaient le plus de chances d’emprunter pour les rejoindre. Un bref délai avait été accordé au cavalier solitaire envoyé en éclaireur, s’il ne se présentait pas à l’aube au plus tard comme convenu alors cela voudrait dire qu’un évènement imprévu l’avait empêché de mener sa mission à bien et la troupe poursuivrait jusqu’à la forteresse des Dayne en ne faisant fi des subtilités du plan initial. Fixant les pics à l’horizon, le lancier considéra quelques instants le genre d’existence qu’il aurait mené si lui aussi avait vu le jour entouré de roches et non de sable, à coup sûr elle se serait avérée moins valable sans désert comme tuteur.

Les heures s’écoulèrent sans que rien ne vienne perturber l’immobilisme du groupe à l’exception de rares épisodes où certaines montures tentaient de s’allonger pour gagner un repos plus réparateur que celui campé sur leurs quatre sabots, avant d’être bien vite rappelées à l’ordre par des coups de talons dans les flancs. L’obscurité laissa petit à petit la place à la faible lueur de l’astre renaissant à l’Est, amenant au passage la certitude que leur envoyé avait échoué dans la tâche qui lui avait été confiée. Leur voyage n’en serait que plus long et compliqué, ce qui suffit à mettre Rennifer de fort méchante humeur, et alors qu’il s’apprêtait à ordonner que l’on ne se mette en route, un trio fit soudainement son apparition devant eux. Il en reconnut aussitôt un comme étant l’un de ses soldats, ce dernier venant se mêler avec un signe de tête respectueux au reste de ses camarades, le blason de la Maison Dayne était largement visible sur les effets des autres individus.

Deux jeunes gens dont l’âge additionné ne devait même pas dépasser le sien, quelques parents éloignés ou bâtards sans importance, voilà tout ce que les Météores daignaient leur envoyer, telle fut sa première pensée avant qu’un examen plus minutieux du plus vieux ne vienne le détromper. Ce ne fut qu’alors qu’il prit conscience d’à qui il avait à faire que le concerné prit la parole et lui en apporta la confirmation. A en croire les légendes, l’Epée du Matin comptait parmi les meilleurs combattants de sa génération, si ce n’était LE meilleur si l’on prêtait l’oreille aux plus crédules. Rennifer ne se laissa pas impressionner, en tant que représentant de la justice seigneuriale sur son propre domaine jamais il ne laisserait des racontars lui dicter sa façon de voir son prochain, encore moins quand le prochain en question jouissait d’une réputation pareille. Talonnant légèrement son coursier pour venir à sa rencontre, il parla d’une voix forte et claire :

« Je suis Rennifer Uller, oncle de Lord Luan Uller et porteur de sa parole. Quant à la raison de tout ceci elle est simple : Je viens à la rencontre des seigneurs des Météores pour les appeler à prendre les armes une fois encore au nom de leur pays. »

Maintenant son air digne et grave le temps que ses mots se frayent un chemin dans les pensées de son interlocuteur, il poursuivit ensuite :

« Voilà près de quinze années que les Targaryen entendent imposer leur domination illégitime à Dorne, la Maison Uller vient à la rencontre de ses frères pour les inciter à ce qu’unanimement nous allions réclamer cette guerre à notre Prince. La fierté de notre pays est bafouée depuis trop longtemps, le moment est venu de réclamer notre liberté et de la gagner par le sang comme nous l’avons si souvent fait. »

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Message Dim 30 Sep 2012 - 19:18


L’ambassade n’est qu’un seul homme !


Shuram se montrait de plus en plus nerveux à mesure que passait les secondes sur ce rivage battu par les vents et rompu par les vagues, si bien qu’Oberyn dut, une nouvelle fois, resserrer l’étreinte de ses main sur les rennes de sa monture pour ne pas la voir ruer sous une pression qu’il ressentait également sans toutefois parvenir à l’identifier. Etait-elle du fait de cet environnement marin que son Destrier n’avait jamais réellement gouté ? Ou bien pouvait il soupçonner l’influence de ces hommes en arme comme installateur d’une certaine crainte ? Pour seule réponse à son interrogation muette, l’Héritier des Météores se contenta de flatter l’encolure de son sombre destrier des sables tout en lui murmurant quelques paroles réconfortantes sur le ton de la confidence. Il en avait toujours était ainsi. Si l’Epée du Matin avait été le moins du monde nerveuse, elle n’en laissait actuellement rien transparaitre. Son sempiternel masque neutre comme froid déformait actuellement ses traits et c’est de toute son avantageuse carrure qu’il se redressa dès lors sur son destrier pour darder de son regard améthyste l’interlocuteur qui se dégageait des rangs pour venir à sa rencontre. Et ce qu’il vit fut pour le moins déroutant.

En effet, Oberyn n’avait pas réellement souvenir d’avoir côtoyé vieil homme avec tant de présence comme de sérénité, à l’exception de se son seigneur et père, Lord Olyvar Dayne. Chevauchant sa monture avec une prestance saisissante et l’aplomb d’un véritable seigneur, le Dornien à la peau noire qui s’avançait vers lui avait tout du redoutable vétéran ayant traversé l’enfer mais qui en était surtout revenu pour le raconter. Drapé dans d’amples vêtements que l’on ne retrouve que pour mieux affronté les dangers du désert, il charriait également un bardas que l’Epée du Matin identifia rapidement comme comprenant une longue lame quelque peu recourbée et une lance propre aux hommes d’arme du plus septentrional royaume des sept couronnes. Au sein de ce conglomérat de guerriers plus à l’aise dans le maniement des piques, les Chevaliers de la Maison Dayne détonnaient sérieusement mais jamais Oberyn n’aurait voulu échangé l’allonge de ces pointes de fer contre la maniabilité incroyable des épées propre à la condition de chevalier. Un fait d’autant plus avéré depuis qu’il s’était vu remettre la légendaire épée Aube qui magnifiait son talent de sa légèreté comme de sa lame à la laiteuse couleur. Face à lui se tenait donc un homme à la seigneuriale stature. Mais celle d’un Seigneur de Guerre. L’instinct d’Oberyn lui indiquait cet homme comme redoutable au combat alors que tout dans son attitude indiquait une agressivité propre aux plus grands fauves. La prudence était donc de mise et c’est silencieusement que l’héritier des Météores laissa donc son interlocuteur fendre de sa voix puissante le fracas lointain du roulis des vagues.

« Je suis Rennifer Uller, oncle de Lord Luan Uller et porteur de sa parole. Quant à la raison de tout ceci elle est simple : Je viens à la rencontre des seigneurs des Météores pour les appeler à prendre les armes une fois encore au nom de leur pays. »

Il n’eut pas réellement le loisir de s’attarder sur le nom de son interlocuteur tant la suite de son message fut comme un coup de poing porté par surprise à l’estomac. Pas réellement le temps de questionner sa mémoire comme le peu de son savoir sur les maisons nobles de Dorne pour chercher une façon de s’adresser toute particulière à cet homme-là, ni même renseigner son esprit sur d’éventuels faits d’armes ou bien des performances qui auraient su attirer l’œil du commun. A quoi bon chercher de toute façon, Oberyn ne s’était jamais intéressé à la noblesse des autres maisons tant elles n’aspiraient qu’à des buts politiques qui lui échappaient et qu’il ne gouttait pas le moins du monde. Les intrigues de couloir ne lui correspondaient pas, il livrait ses affrontement face à face, lame au clair et à la vue de tous sur les champs de bataille. Une personnalité telle que la politique et le jeu des trônes ne l’intéressaient donc pas tout en sachant que du fait de son futur règne sur les Météores, il y serait forcément confronté. Une confrontation qui pourrait donc bien commencer ce jour s’il en croyait les dires de ce Rennifer Uller. Oberyn n’avait rien d’un négociateur comme d’un diplomate et voilà qu’il se retrouvait à devoir gérer seul une situation qui pouvait se montrer, pour le moins, explosive et à même d’engager durablement l’avenir des Météores, de son foyer… Ne ferait-il pas mieux de s’en remettre à père ? Lui saurait quoi faire… N’était-il donc qu’un semblant d’enfant ayant toujours besoin de remettre les décisions importantes entre les mains d’un de ses parents afin de fuir ce qui serait un jour sa première responsabilité ?

Non ! A quoi bon ne redouter personne sur le champs de bataille si c’est pour voir toutes les craintes du monde resurgir avec la gestion d’un Maison qu’il serait, un jour, amené à porter de tout son poids sur ses épaules. Ses craintes quant au poids incombant aux responsabilités de disparaitraient pas du jour au lendemain mais elles ne feraient que s’accroitre et le rendre plus fébrile encore en les évitant plus longtemps. Peut-être son père avait soupçonné le sujet de l’entrevue à l’arrivée du messager de Denfert et l’avait-il envoyé en conséquence, de façon à tester son aptitude à faire les bon choix et à prendre les bonnes décisions. Quoi qu’il en soit, Oberyn n’avait aucune envie de décevoir tous les espoirs placés en lui et c’est silencieusement qu’il fit le vœu de répondre à cette juste épreuve avec autant de sagesse et d’instinct que ce qu’avait pu lui enseigner Ser Waymard Estremont jadis.

L’héritier des Météores fendit donc son masque flegmatique et quelque peu hautain en arquant un sourcil surprise devant les dernières paroles de ce Rennifer Uller. Ses cheveux battus par le vent marin virevoltaient à l’arrière de son crâne alors que le soleil du matin rendait plus éblouissant que jamais cette armure blanche et argent qui ne le quittait que bien trop peu souvent. Le langage corporel du jeune chevalier laissait indiquer que les mots de son interlocuteur de Denfert l’avaient touché plus qu’il ne voulait bien le montrer. Un peu plus penché sur son destrier, il semblait à l’écoute de la suite, comme avide de savoir plus clairement encore où l’émissaire de Denfert voulait bien en venir. Il en avait, toutefois, une vague idée… Il resta donc silencieux, affamé d’en entendre plus encore de la bouche de cet Oncle du Seigneur Uller.

« Voilà près de quinze années que les Targaryen entendent imposer leur domination illégitime à Dorne, la Maison Uller vient à la rencontre de ses frères pour les inciter à ce qu’unanimement nous allions réclamer cette guerre à notre Prince. La fierté de notre pays est bafouée depuis trop longtemps, le moment est venu de réclamer notre liberté et de la gagner par le sang comme nous l’avons si souvent fait. »

Un temps de pause fut nécessaire à Oberyn pour encaisser les propos comme les intentions de son interlocuteur. Le sujet était épineux, peut-être trop pour un jeune chevalier plus à l’aise dans l’art de la joute que celui des intrigues. Néanmoins, l’Héritier de la Maison Dayne entendait parler en homme d’honneur au nom des Météores. Depuis toujours, il s’était juré d’être un sujet loyal à la Maison Martell et ce vœu valait plus encore pour le Prince Maron envers qui il avait une sorte d’admiration silencieuse. Quoi de plus normal pour l’icône qui lui avait servi à façonner sa propre image de la noblesse. Les yeux dans le vague, l’Epée du Matin semblait peser le pour et le contre des propos du vieil homme. Le fait de ne pas être rompu à l’art de diriger rendait ses propos lents, comme s’il prenait le temps de bien les peser afin de ne pas provoquer l’irréparable comme l’involontaire. Finalement, la voix du porteur d’Aube retentit après un long moment de silence :

« Vos arguments comme vos aspirations méritent...considération. Les premiers mots furent délivrés sur un ton neutre coulant vers l’excuses, comme si le jeune Oberyn semblait lui-même désolé d’en venir à cette conclusion toute personnelle. D’autant qu’il ne chercha jamais à prononcer ses mots en fixant de ses prunelles violacées les yeux sombre de cet Uller expérimenté. L’Héritier des Météores ne semblait pas convaincu par ce qu’il venait de prononcer, mais il en fut tout autrement pour la suite. Quand ses iris améthyste auréolés d’ombre se braquèrent sur ce Rennifer en exsudant toute la détermination et la fierté du monde, ils appuyèrent avec plus d’insistance et de puissance que les plus de deux mille épées des Météores les propos d’un Oberyn transfiguré : Mais il me semble que vos exigences...sont inacceptables ! »

La force propre à une conviction profonde animait les propos d’un Oberyn qui avait soudainement conscience de tout ce que cette entrevue pouvait bien signifier. Ce lieu reculé et à l’abri des regards indiscrets, nul doute que la Maison Uller répétait ce petit procédé afin de soudoyer bon nombre des nobles maisons de Dorne. Combien s’étaient donc déjà rangé sous la vindicte des résidents de Denfert ? Il n’aurait su le dire mais il pouvait affirmer que ce ne serait pas le cas de ses Météores. Tout comme ceux de Père. Aussi, le jeune chevalier se fit-il un devoir de poursuivre immédiatement sa diatribe :

« Considérez donc ceci comme acquis, Rennifer Uller de la Maison Uller : Moi vivant, les Météores n’élèveront jamais la menace des Epées de la Maison Dayne sur le Prince Martell ou ses héritiers. Je vous en fais le serment ! »

Une affirmation puissante rehaussée par le flamboiement sauvage des prunelles lilas qui se firent l’écho de la teinte propre aux Targaryen. Peut-être que son interlocuteur imaginerait, un court instant, faire face à un authentique représentant de la lignée du Dragon rouge tricéphale. Serrant les dents, Oberyn contint une ruade d’un Shuram rendu plus nerveux par la tension nouvelle qu’impliquaient ces paroles. Il avait beau faire face à un grand nombre d’hommes d’armes au service de son interlocuteur, l’héritier des Météores n’en avait pas moins parlé d’un ton déterminé et d’une voix puissante à même d’être entendue par tous. Il se trouvait maintenant sur un terrain glissant et il convenait de manœuvrer avec un peu plus de finesse désormais. Aussi reprit il sur un ton plus posé :

« Comprenez que je ne ressent aucune peur à affronter un ennemi quelconque, mais il est des faits que vous ne pouvez point nier ! Notre Prince plierait il devant votre requête que nous serions toujours opposés à six couronnes unies sous la coupe des Targaryen que vous méprisez et que vous souhaitez frapper. A quoi donc se résumerait cette rébellion sinon à une sombre mascarade à même de rougir les sables de Dorne, obstruer les torrents de cadavres et offrir un festin aux vautours ?
Je respecte votre courage comme votre détermination autant que la Maison Dayne respecte la Maison Uller, mais nous ne nous dresserons pas contre les Martell. Pas pour soutenir une politique d’expansion que nous n’approuvons pas et que nous ne désirons pas. A peine serions-nous sortis de la paix du Roi que les Météores se retrouveraient en première ligne face aux armées du Bief. Je ne serais pas de ces seigneurs qui livrent leurs terres aux batailles. Si la guerre arrive, se sera avec son lot de gloires… Et d'atrocités ! Au nom des Météores je vous le dis : nous ne serons pas les complices de votre soif de sang ! Rennifer Uller de la Maison Uller… »


Les mots se faisaient l’écho du tranchant redoutable de cette formidable lame qu’est celle de l’épée Aube, aussi tranchante que de l’Acier Valyrien et à la Blancheur aussi pure que l’eau du sommet des montagnes rouges. Oberyn n’avait peut-être pas la présence seigneuriale de son Père ou l’autorité naturelle du Prince Martell, mais il cherchait à compenser par cet aura de superbe que lui autorisait son titre d’Epée du Matin et son instinct allié à sa carrure pour le moins athlétique. Comme lors d’une passe d’arme, le premier coup venait d’être donné avec une force certaine et un caractère immédiat afin de tester la résistance des défenses comme la détermination de l’opposant. Mais il faudrait bien être fou pour imaginer terminer ainsi une joute d’un type nouveau qui offrirait bien des émotions à l’héritier des Météores. Dans son dos, Haranka Sand ne semblait point trop à l’aise. L’on pouvait comprendre le jeune écuyer tant le rapport de force n’était pas en faveur de la Maison Dayne si les choses venaient à dégénérer. A cette idée, Oberyn étira un sourire énigmatique qu’il laisserait tout loisir à son interlocuteur d’interpréter. Puis, ses pensées prirent la direction la plus inattendue pour lui. Ainsi vint à son esprit le visage éblouissant de sa Dame Edarra… Avant que le roulis des vagues ne lui fasse toucher terre à nouveau. La joute était bien loin d’être terminée…




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Message Lun 8 Oct 2012 - 21:29

A quelques semaines d’intervalles Rennifer se retrouvait dans la même situation que lors de sa rencontre avec le Prince, les relations à venir entre les deux Maisons et, l’espérait-il, l’avenir même de leur pays se trouvait dans la balance. Malgré leurs us et coutumes qui rappelaient par tant d’aspects les habitants au Nord des montagnes les Dayne n’en demeuraient pas moins l’une des familles dorniennes le plus respectées, le vieux lancier avait mis dans la balance une grande partie de ses espoirs en commençant sa tournée des seigneuries par celle-ci et un refus hostile représenterait un terrible coup dur pour l’opération toute entière. Non seulement les Uller se priveraient de l’appui de bons nombre de lances, mais peut-être gagneraient-ils au passage de fervents opposants qui ne tarderaient pas à avertir leur suzerain à l’aide de ces maudits volatiles aux ailes noires.

Sans doute le jeune homme en face de lui commençait-il à réaliser l’importance capitale de cette entrevue, tout héritier et Epée du matin qu’il était, la nouvelle l’avait de toute évidence surpris à en juger par ces quelques gestes nerveux qui transparaissaient au-delà de sa cuirasse d’acier. Quoi de plus normal après tout ? Même homme fait il n’en demeurait pas moins un mouflet encore humide derrière les oreilles pour le patrouilleur du désert, un jeune guerrier que Rennifer n’avait jamais vu combattre et dont la simple apparence avait suffi à lui attirer inconsciemment une hostilité latente de la part du Uller. Sa terre accueillait bon nombre de gens de toutes formes et de toutes tailles, cela il l’avait constaté à maintes reprises, des Orphelins Olivâtres aux descendants des habitants des montagnes, les couleurs et les visages changeaient du tout au tout pour peu que l’on chevauche quelques dizaines de lieues. Aussi sombre de teint qu’il était possible de l’être, le lancier ne rechignait pas à considérer comme ses frères ses compatriotes aux yeux bleus et clairs de peau, car en dépit du peu de sang Rhoynar dans leurs veines ils n’en demeuraient pas moins des enfants du sable et de la roche, des Dorniens qui s’étaient finalement ralliés à Nymeria pour que naisse leur pays. Mais ce garçon, ce garçon avec ses mèches si claires et ses pupilles violettes lui rappelait cruellement les traits typiques des Targaryen cent fois honnis, la colère qui en découlait était on ne peut plus irrationnelle et Rennifer le savait mais ne pouvait s’empêcher de la ressentir au fond de ses tripes. Il attendit que son homologue guerrier digère la nouvelle et trouve ses mots, une main serrant fermement les rennes de sa monture toujours aussi éreintée et irritable. Cette dernière commençait à piétiner sur place et le Uller dut tirer sèchement sur la bride pour que le mors la décide à se calmer. La réponse arriva, et avec elle la certitude que la conversation allait prendre une tournure peu cordiale dans les minutes qui suivraient.

Le jeune chevalier commençait à montrer les dents, sa voix se faisait plus forte alors qu’il parlait et le vieux lancier en prit bonne note. Aucun d’entre eux n’était vraiment rompu à l’art de la diplomatie, l’un par son manque d’expérience l’autre par le dégoût profond que l’exercice lui inspirait, mais il fallait reconnaitre à Ser Oberyn un certain sens de la formule et du théatral. Qu’il délimite clairement ses positions suffit à lui attirer un semblant de respect de la part de Rennifer, d’autres auraient usé de formules polies et sournoises pour en arriver au même résultat. L’échange et l’opposition des volontés seraient placés sous le signe des valeurs que chacun partageait sincèrement, lames au clair pour ainsi dire. L’héritier parla longuement et le Uller resta de marbre jusqu’à ce qu’il ait terminé sans jamais détacher ses yeux de lui. Il n’avait pas mâché ses mots et Rennifer aurait en d’autres circonstances pris ombrage de plusieurs formulations utilisées dans cette diatribe, mais au lieu de l’afficher il ressassa ces mots et répondit au sourire du jeune homme par l’expression qu’affichent les aînés lorsqu’ils jugent les actes des plus jeunes. Le ressac était pénible à ses oreilles, comme un battement de cœur désordonné et envahissant qui ne cessait de lui vriller les tympans, le vieux guerrier n’appréciait pas le moins du monde ce genre d’endroit et il ne demandait qu’à en être débarrassé dès que possible.

« Tu es fidèle à la Maison Nymeros Martell et tu as raison de le rappeler, nul autre qu’eux ne peut régner sur nos terres. Sache que si tu avais affirmé le contraire je t’aurais tué de ma main pour ta traitrise, futur Lord Dayne. »

Ses paroles étaient dénuées de la moindre trace de plaisanterie ou de doute tandis qu’il conservait la tête haute. Bien qu’hypothétique, la menace formulée semblait belle et bien sérieuse, et si le Uller ne porta pas la main vers ses armes comme l’on se serait presque attendu à le voir faire, il affichait tout l’aplomb à sa disposition pour exprimer sa pensée.

« En ce qui concerne tes épées et tes lances » Il accentua davantage le deuxième terme, à dessein. « Jamais je ne te n’ai demandé de les diriger contre ton Suzerain car jamais je ne prônerai la discorde quand nous nous devons d’être unis, je ne suis pas un Ferboys. »

Comme tout noble des terres sableuses et grâce aux indiscrétions de son neveu il était tout à fait au courant de l’union à venir entre Ser Oberyn et Lady Edarra Ferboys, la mention de la félonie proverbiale de la tristement réputée Maisonnée ne visait qu’à attiser la colère du chevalier et à l’empêcher de se dissimuler derrière ses vœux bien-pensants lorsque l’heure était aux actes.

« Si j’en crois ce qui se dit sur ton compte tu devrais savoir que jamais nous ne devrons affronter les six autres royaumes de cette dynastie branlante, Oberyn Dayne. Les Fer-nés se sont rebellés, ils n’ont rien à faire avec nous tandis que leurs pillages des côtes occidentales les occupent. Quant aux habitants de ce Nord si lointain ou de ceux perchés sur leurs montagnes du Val, crois-tu vraiment que leurs troupes pourraient constituer la moindre menace contre nous ? Le sable n’est pas la neige mon garçon, plus d’un prétendu envahisseur l’a appris à ses dépens. »

Le silence retomba quelques instants durant lesquels il jaugea le garçon aux côtés de l’héritier des Météores, celui-là aurait besoin de plus d’une lune d’entrainement pour devenir un vrai guerrier, Rennifer n’en doutait pas un seul instant.

« Et quand bien même, admettons que tous se réunissent pour contrer notre indépendance légitime, ils n’auraient malgré tout pas la moindre chance. Cette terre, notre terre Oberyn Dayne, a résisté aux dragons, le feu couvert d’écailles, aux dragons ! Aucun autre de ces royaumes annexés n’a su faire de même. Leurs flammes et leurs griffes se sont brisées sur nos rochers alors que leurs armées mourraient de soif dans l’enfer que nous leur faisions vivre. Il en a été ainsi des générations durant, ce jeune Prince s’est lui aussi brulé les doigts en essayant de contenir notre pays, et certain de sa conquête il y a finalement laissé sa pitoyable vie. Ne viens pas me parler de mascarade lorsque je te parle de ce qui est juste, tu ne fais que cracher sur la mémoire de tes ancêtres. »

Le ton avait sensiblement monté au cours de sa dernière tirade, évoquer son rêve suffisait bien souvent à attiser les flammes de sa passion lorsqu’il se trouvait en présence de quelqu’un ne partageant pas son avis.

« La Maison Uller reconnait la valeur et la bravoure de la Maison Dayne, mais une fois encore tu te trompes, Oberyn Dayne. Dorne est Dorne, nous n’avons que faire de ces terres au-delà de nos montagnes. Que ferions-nous de domaines si verts et mous qu’ils enfantent des hommes gras et couards ? Cela causerait notre perte. L’idée de cette guerre n’est pas née de ma volonté sanguinaire, elle est enfouie en chacun des nôtres. Tu étais encore enfant lorsque c’est arrivé, mais ta naissance a eu lieu alors que nos frontières nous appartenaient, à nous seuls. Beaucoup se souviennent et ne demandent que l’occasion de réclamer leur dû. Je ne viens pas chercher des complices pour ce que tu sous-entends être un crime, mais des alliés vertueux pour la seule cause qui importe réellement ! »

Une fois de plus il talonna légèrement sa monture pour réduire la distance entre lui et son interlocuteur.

« J’ai entendu de la bouche même de mon Prince que bon nombre de ses vassaux s’étaient affaiblis au contact de la paix, Oberyn Dayne, il est persuadé que ses seigneurs sont irrécupérables et qu’au final aucun d’entre eux ne désire réellement s’émanciper de ce trône de fer dans lequel aucune de nos armes n’a été fondue. Mon but est de lui démontrer le contraire, pas de le renverser. Lorsque nous nous présenterons devant lui à Lancehélion avec une requête commune il comprendra que la vérité est toute autre. »

A présent à moins de deux mètres du chevalier, il se tût et attendit.
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Oberyn Dayne
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• Epée du Matin •
◌ Vision du Guerrier ◌
• Champion de la Maison Martell •

« Honneur, Loyauté, Sacrifice. »

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♦ Age : 29
♦ Date de Naissance : 30/03/1988
♦ Arrivée à Westeros : 17/09/2012
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Message Sam 13 Oct 2012 - 21:56


L’ambassade n’est qu’un seul homme !


Il avait beau être naïf des choses du discours autant que de l’art des ambassades, Oberyn sut s’en remettre à son instinct pour comprendre de lui-même que la conversation tournait progressivement au vinaigre. Aussi lentement et surement que les vagues de la mer venaient à s’écraser sur les rochers de la côte pour concasser les pierres et les rendre au flot à l’état de sable fin, les deux forts caractères Dornien qui s’opposaient actuellement érodaient progressivement les masques de convenances qui furent chaussés en préambule pour progressivement dévoiler de francs caractères droits et directs ne souffrant que de peu de notion du compromis. Dans le cas du Ser des Météores, la chose était entendue depuis bien longtemps, il ne goutait que trop peu les manipulations comme les Arts de la Politique allié à l’éloquence pour dévoiler le plus franchement possible ses pensées comme ses intentions dans un amour des lignes droites aussi puissant que sa détestation des détours. D’une certaine façon, Ser Oberyn Dayne en vint à éprouver une certaine forme de sympathie pour le vieil homme qui lui faisait face tant son caractère franc s’affirmait à lui comme un trait de caractère respectable qu’il convenait de souligner aux yeux du monde tant il était absent du bagage de bien des nobles hommes de ces terres comme d’autres. Mais il sautait, également, aux yeux du jeune manieur d’Aube une animosité certaine de la part du vieil homme à la peau noire, une sorte froide aversion toute dirigée contre son être et que le joueur d’épée avait, déjà, bien connu par le passé… Son physique tout Andal proche des Targaryen lui avait valu une belle hostilité immédiate de la part de ceux qui abhorrait la lignée régent les Sept Couronnes. S’il tachait de modifier cette aversion par la force de son être, l’Héritier de Lord Olyvar ne pouvait s’empêcher de mépriser comme de plaindre ceux qui arrêtaient leur jugement au seul regard de leurs yeux tant ils témoignaient, ainsi, d’un enfermement proche de la flagrante bêtise…

Le continu des vagues battait les oreilles du Chevalier à la blanche armure alors que le soleil du matin illuminait l’argent scintillant de la rutilante protection. Les côtes de Dorne souffraient d’une paix qui méritait d’être défendue et d’une paix qui méritait que l’on donne sa vie pour elle. Tel pouvait bien être l’état d’esprit actuel du futur seigneur des Météores en l’instant, convaincu du bien-fondé de sa position face à cet homme qui prônait un semblant de parodie d’insurrection pour réclamer un droit qu’Oberyn ne reconnaissait nullement comme étant légitime. Une chose était claire à son cœur, l’évolution de ses positions sur le sujet serait inexistante. Aussi, le jeune homme saisit il fermement les rennes de Shuram et attendit dans une attitude aussi digne que possible la réponse de son interlocuteur à son discours pour le moins enflammé.

Et celle-ci ne tarda pas, cinglante comme le vent du désert et aussi stridente que le cri du faucon résonnant dans les contreforts des Montagnes Rouges. Le vieil homme semblait bien avoir le verbe aussi affûté que la lame de sa pique, mais s’il avait imaginé que ses menaces initiales viendraient à faire mouiller les chausses de l’Epée du Matin, s’était bien mal connaitre l’Héritier de la Maison Dayne. Initialement aussi imperturbable qu’impassible, Ser Oberyn fit preuve de la réaction la plus infime qui soit devant cette menace portée sur son existence, comme s’il ne prenait pas cas de cette dernière et la jugeait comme peu importante car hautement improbable. Lentement, le fin visage du jeune homme s’illumina d’une expression simple que chausse l’être humain presque chaque jour que font les Sept. Graduellement, la lippe du Chevalier se pinça et la commissure de ses lèvres s’étira en creusant de symétriques fossettes sur ses joues. Ainsi naquit l’unique réponse valable aux yeux du plus fervent soutiens du Prince Martell : un fin sourire acéré comme une lame, aussi narquois que carnassier, jetant le doute sur les véritables dessins de l’Epée du Matin. Consécutif à cette expression moquant les affirmations farfelues de son interlocuteur, Oberyn ferma les yeux un court instant comme pour définitivement évacuer la stupidité de la remarque qu’il venait de subir. La confiance qu’il avait en lui semblait bien illimité, bien incapable d’être remise en question par une menace jetée en l’air par un quelconque manieur de lance Dornien. Quand s’ouvrirent de nouveau ses paupières, l’Epée du Matin transperça le vieil homme de son regard bleu plus que bleu, d’un bleu bien plus sombre, presque violet, et plus resplendissant qu’aucuns yeux d’homme Dayne, d’un bleu persan bleu fort proche d’une teinte violette et pailletés d’Améthyste, à l’instar des Iris propre à sa lignée comme à la Maison Targaryen, qui vous transperce tel l’acier Valyrien.

« Gardez donc insultes et menaces… Furent ainsi les premiers mots que laissa, immédiatement, filtrer hors de ses lèvres le Chevalier Dornien quand le vieillard eut fini de cracher son venin sur la Maison de sa Fiancée. Voilà donc ce que le Prince imaginait quand il lui avait annoncé qu’il serait, plus que quiconque, épié comme observé. Son union n’était toujours pas prononcée que, déjà, l’on cherchait à utiliser le choix de son cœur pour le faire sortir de ses gonds. Mais à la provocation maladroite, Ser Oberyn Dayne opposa un souverain mépris, sans toutefois se départir de son souverain sourire, ni de ce déterminé regard cerné d’ombre qu’il braquait sans retenue sur son protagoniste. Dissimuler une lame dans un sourire, une menace autrement plus intimidante qu’une quelconque affirmation de mort comme de souffrance du point de vue du Chevalier Dornien qui s’employait, pour l’heure, à servir cette expression au vieillard qui venait de bafouer son honneur. Et Oberyn de poursuivre : …Pour ceux qui ont à les craindre… ! »

Toujours le même sourire en conclusion de ces mots, toujours cette expression qui signifiait clairement que le Manieur d’Aube jugeait hautement improbable la simple possibilité d’être vaincu au combat par ce vestige d’homme qui semblait, de plus en plus, peindre sa silhouette d’une hostile attitude prompte à en faire un adversaire… Là-dessus, Ser Oberyn Dayne cessa tout à fait d’émettre le moindre son, laissa seulement les raclements de sabots de Shuram dans le sable comme le sempiternel ressac offrir une mélodie limpide aux propos déglutis par le soldat à la sombre peau. Il écoutait avec toute la retenue que lui imposaient son caractère posé autant que ses vœux de Chevalier, assimilant chaque mot pour mieux fourbir son argumentaire qui ne tarderait pas à fuser. Le jeune homme ne changea nullement d’attitude à mesure que ce déversait sur lui le fiel de son opposant. Il encaissa dans une attitude toute flegmatique les piques successives visant à insulter son honneur, forgeant dans ces mots un avis sur ce personnages qui s’autorisait le droit de le convoquer en son domaine pour lui faire outrage de ses multiples injures et parader du haut de son grand âge avec une morgue certaine, fort de la confiance que semblait bien lui octroyer ce contingent d’hommes armés de pieds en cap quand l’ambassade des Dayne n’était qu’un seul homme… Le portrait qui se dessinait n’avait, pour l’heure, pas les plus flatteurs des traits…

Après la leçon d’histoire, l’homme de la Maison Uller en vint à dicter ces inspirations autant que ses aspirations au futur souverain des Météores. Silencieusement, son désormais sempiternel sourire aux lèvres, Oberyn écouta religieusement les paroles de son interlocuteur qui s’approchait de plus en plus près. Si le Chevalier devait bien lui accorder une chose, c’est que le manieur de lance était des plus enflammé et que son énergie pouvait aisément se communiquer à quiconque l’écouterait. Mais il faut savoir raison garder et c’est en son âme et conscience que le Dornien des Montagnes entendait juger. Les phrases étaient belles, la conclusion soudaine. Taciturne, comme à son habitude, le joueur d’épée resta muet, délaissant son sourire si particulier pour muet ses traits en une expression de parfaite neutralité. Il lui fallait le temps de digérer la fougue de cet opposant âgé. Et quand la réflexion fut enfin terminée, c’est de son regard glacé qu’il vint à le transpercer, animant sa voix d’un ton aussi las que monocorde pour appuyer sur le point de l’argumentaire qui l’avait le plus ennuyé :

« Tous les Dragons sont morts… »

Traduisez : il est plus que temps de cesser de vivre dans le passé ! La leçon du vieux piquier l’avait profondément irrité, traduisant à elle seule toute la suffisance souveraine que lui avait opposé le vieil Uller en le prenant de haut comme s’il n’était qu’un bambin boursoufflé auquel il lui aurait même été nécessaire d’apprendre à respirer. L’histoire, Oberyn la connaissait… Et il ne voyait pas en quoi le vieil homme pouvait bien encore l’utiliser. Leurs ancêtres avaient vaillamment contenus les Dragons comme les armées, mais à quoi bon éternellement ressasser l’exploit ? Dans les cieux de leur âge ne poindrait point d’ailes et d’écailles… Le vieil homme s’était contenté d’enrober dans le sucre de cette histoire ses paroles afin de les rendre plus « justes ». Et par l’outil de la sensibilité, il avait bafoué l’honneur de chevalier en prétendant que par l’ignorance de cette « juste » destinée, l’Epée du Matin bafouait son héritage comme ses ancêtres. Implacable et dur dans ses mots comme dans son ton, Oberyn couvrit les vagues de sa voix pour rejeter ces accusations pour le moins inacceptables.

« Mesurez donc vos propos… Je suis fier et conscient de mon héritage comme de mes ancêtres, preuve en est la légendaire épée familiale que je porte et qui, par ce titre d’Epée du Matin, me lie plus que bien d’autres à ma terre… Et c’est Aube qui me pousse à embraser ma propre destinée pour de mes pas, comme de mes actes, écrire ma propre épopée, plutôt que par des actes copiés en venir à plagier la destinée de tous ceux qui m’ont précédés. N’est-il pas plus pitoyable destinée que celle venant à bêtement singer l’histoire de tous ceux qui nous ont précédés ? »

Au tour d’Oberyn de dispenser les piques désormais. Ces mots volant en direction du cavalier à la peau noire n’étaient que pour souligner le mépris grandissant qu’il avait pour cet homme à la condition comme aux actes aveugles dictés par un héritage séculaire qu’il ne prenait point la peine de discuter. Buté et borné, il se contentait de reproduire l’existence de ceux qui l’avaient précédés, s’enfermant dans un moule que le chevalier ne trouvait plus le moins du monde en accord avec leur époque. S’il trouvait ce point pour le moins pathétique, il respectait toute fois la volonté d’acier dont le vieil homme faisait preuve, une qualité qui faisait de lui un homme respectable autant que valeureux. Mais cette constatation-là ne l’empêcha pas de poursuivre ainsi :

« Ainsi que vous le dites, le Nord et le Val n’en viendront surement pas à prendre les armes contre nous autres si vos dessins se réalisent. Et ainsi que vous le dites, les Fer-Nés assaillent les côtes du Bief… Ca, il le savait plus que quiconque pour avoir eu le plaisir de participer à la défense de Salvemer contre ces guerriers capable de vous procurer la satisfaction d’une épique bataille finalement emportée. Oberyn se garda toutefois de mentionner sa participation à la défense des côtes, ne jugeant pas nécessaire d’envoyer à la face du vieil homme que d’eux deux, il était probablement celui qui avait participé le plus récemment à un sanglant conflit. Mais quelle fierté tirer d’un assaut sur des terres dépeuplées de toute armée ? Est-ce donc votre vocation que de razzier des paysans sans défense pour finir, lâchement, par retourner dans nos Montagnes vous retrancher ? »

Le coup venait de fuser, placé afin de remettre en question l’honneur comme la fierté de son opposant. De la manière dont les choses lui furent présentées, Oberyn voyait désormais ce Rennifer comme un vulgaire pillard semblable au plus bas des charognards. Une image d’hyène fondant avec sa meute sur une proie isolée et sans défense pour s’assurer une victoire totale et un butin conséquent, mais un prestige bien mince… A vaincre sans péril, l’on triomphe sans gloire et c’est cette maxime en tête que l’Héritier des Météores poursuivit son intervention :

« Votre sens du courage est… Troublant ! En effet, vous comptez plus sur notre climat, nos sables et nos montagnes pour vous préserver de la riposte de vos ennemis que sur la force de vos propres armées. Quel honneur y a-t-il donc à initier un conflit pour finalement se replier et rester retranché en nos domaines ? Vous m’en aurez beaucoup appris sur la vaillance et l’honneur, Rennifer Uller… »

De nouveau le silence… Entrecoupé par le roulement des vagues sur le sable de la grève. Maintenant son destrier immobile, Ser Oberyn Dayne voyait sa chevelure cendrée soulevée par les vents de la marée, ses yeux si particuliers posés sur ce personnage désormais particulièrement près. Il n’était point Lord Olyvar, ne maniait point les mots avec l’aisance de son jeune frère Rhaegal et ne disposait pas de la naturelle autorité de son Oncle Andrew. Mais il jouissait d’une détermination à toute épreuve et d’une fierté illimitée. Peut-être ne pesait il pas totalement le poids de ses mots comme de ses gestes, toujours est-il que sa paume vint à parfaitement épouser le pommeau de la légendaire épée. Le contact d’Aube sur sa peau ne manqua pas de durcir le moindre de ses traits, assurant sa voix d’un timbre désormais plus dur et implacable quand il en vint à froidement énoncer les faits qui découlait de cet entretien matinal :

« Vous venez ici sans y être invités… Vous avez l’audace de nous convoquer sur NOS terres… Vous bafouez de vos mots notre honneur comme nos ancêtres… Menacez de me tuer et insultez la Maison de Dame ma Fiancée… Ce n’est pas peu dire que vous autres, Uller, êtes moitié fous… ! »

Reprenant à son compte un populaire dicton avançant que la moitié des Uller sont fous et que l’autre moitié est bien pire, Oberyn n’avait peut être fait que jeter un peu plus d’huile sur le feu… Mais il assumerait ses mots autant qu’il assumerait ce qu’il savait être les positions de son propre père face aux arguments de son interlocuteur. Par son honneur comme sa fierté, la Maison Dayne n’en viendrait pas à rejoindre l’absurde croisade qu’on lui proposait. Et si tous les faits qu’il venait de mentionner l’avait profondément irrité, le Chevalier de Dorne gardait une maitrise de son être proprement saisissante, chaussant un masque neutre mais dur pour accompagner la suite de son intervention. Dégainer sa lame ne lui faisait pas peur. Autant qu’il ne craignait point avoir à affronter l’ensemble de la Milice du Uller si cela devait être nécessaire. Depuis toujours, Ser Oberyn Dayne avait grandi au milieu des soldats. Il avait appris à ne point craindre le trépas et s’il venait à devoir user de son épée en ce jour, ce ne serait qu’en réponse à l’usage de la pique par son interlocuteur à la peau sombre.

Dans son dos, Haranka semblait pour le moins tendu. A Salvemer, l’écuyer n’avait participé à aucun des combats et son usage des lames se résumait aux leçons que lui dispensait Oberyn dans les salles d’arme comme les cours de la forteresse des Météores. Mais intérieurement, le Chevalier au blason pourpre frappé d’une épée et d’une étoile filante entrecroisée savait que son petit protégé ne fuirait pas. En son fort intérieur, l’Epée du Matin se mit à rire nerveusement. En quittant la citadelle, quelques heures plus tôt, il ne se doutait pas de la tournure que pouvait bien prendre les éléments. Ses pensées dérivèrent un court instant vers Lady Edarra… Avant qu’il ne reprenne parole.

« Permettez que je sois fou, à mon tour, et que je vous entretienne de ces mots que j’ai entendu de la bouche même de mon Prince. Vous n'ignorez pas que les Fer-nés attaquent Westeros depuis de longs mois à présent. D'ici quelques temps, le Roi décidera d'agir et vu notre position vis-à-vis de la couronne, notre participation ne sera pas négligeable… Oberyn marqua une pause, scrutant de son regard aiguisé les réactions de son interlocuteur. Il les soupçonnait moqueuses par avance et reprit finalement : Lorsque notre Prince enverra des troupes pour combattre les Fer-nés, je serais du lot. En temps que représentant la Maison Dayne, mais également comme Champion de la Maison Martell… Un statut qu’il tenait de son Prince lui-même. Que Rennifer Uller ne soit point surpris, il n’était pas le seul à pouvoir solliciter des entretiens avec le souverain de Dorne après tout. J’emporterais avec moi les Epées de la Maison Dayne… Oberyn prit bien soin d’appuyer le mot Epée en prononçant cette phrase. …Et me rallierai à toutes les Lances que les loyaux vassaux consentiront à offrir au Prince de Dorne ! »

Par cette exposition claire, Oberyn jouait une sorte de va tout. Il espérait bien éveiller la fierté du vieu guerrier et le pousser à rejoindre le mouvement que pouvait lui intimer sa loyauté aux Martell. En ce moment même, aux Météores, les bannières étaient appelées, les hommes entrainés, les chevaux pansés et les armes reforgées pour faire face à un ennemi commun à six des sept couronnes. S’il ne se faisait que peu d’illusions sur le nombre de Maisons qui viendraient à prendre la mer contre la seiche, le Chevalier de Dorne pouvait toujours espérer voir se rallier au Soleil et à la Pique de Lancehélion la Maison Uller qui venait, un peu plus tôt, de se réclamer loyale au point de pouvoir tuer l’Héritier des Météores… En fin de compte, Oberyn ne laissa pas vraiment le temps à Rennifer de répondre, enchainant immédiatement par ces mots qui mettaient un terme à ses interventions du moment :

« Notre Prince pense que bon nombre de ses vassaux se sont affaiblis au contact de la Paix ? Saississons donc cette occasion pour lui montrer le contraire dans un acte de foi comme d’allégeance bien plus prestigieux que de basses intrigues à même de le mettre face à des vassaux manipulés par de belles paroles alors que saignent les Sept Couronnes… ! »

Impérieux dans son attitude, la main toujours posée sur le pommeau d’Aube, le Chevalier des Météores en avait fini des mots. Son intervention ne souffrait plus que du sceau de sa conscience, émaillé par la vérité de son entretien avec le Prince. Restait à savoir si le vieillard croirait en ses mots et ne laisserait pas son caractère entier exploser face aux paroles plus que directes de l’Héritier des Météores. Dans tous les cas, le porteur d’Aube avait de quoi faire face… De façon directe et sans détour, en faisant fi des compromis !




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Message Lun 15 Oct 2012 - 21:25

Il y avait des choses qui ne changeaient pas et ne devraient en aucun l’être, des fondations solides que la moindre modification viendrait à jamais saper jusqu’à ce que finalement leur peu d’intégrité restante disparaisse et que la structure toute entière ne s’effondre en emportant avec elle ses infortunés bâtisseurs. Pour Rennifer, homme du passé et par prolongement lui-même une relique de son pays, Dorne ne pourrait conserver son statut qu’en s’accrochant fermement à ses principes de liberté et de culture martiale, car il n’y avait qu’ainsi que les générations suivantes pouvaient rester suffisamment aguerries pour faire face aux défis futurs. Le Uller ne pouvait ne serait-ce que concevoir une modification de leurs mœurs, non pas par peur de l’impact que cela aurait sur leur société mais car il savait éperdument que tout ce qu’il y aurait à en attendre constituerait une perte, un affaiblissement. A quoi bon réparer ce qui n’avait pas besoin de l’être ? Leurs gens étaient fiers, hardis, doués grâce à leur héritage et à présent ce mouflet engoncé derrière sa lourde armure venait balayer cela aussi simplement que le faisait le vent avec un grain de sable. En plus d’être monstrueuse d’arrogance, la chose confirmait que l’Epée du matin ne comprenait pas qu’il était de son devoir de combattre tout ce qui ne partageait pas le sang de son peuple. Etait-ce là cette fameuse génération perdue et amollie que son Prince lui avait agitée devant le nez pour essayer de justifier son refus d’entrer en guerre ? Peut-être avait-il lui-même mal compris en cet instant à cause de la fatigue et de l’état de ses nerfs lourdement malmenés par la réponse nette et négative à sa requête, peut-être que Maron Martell n’avait pas fait référence à la mollesse de leur bras davantage rompu aux arts de la table qu’à ceux de la lance, mais à leur effondrement moral, à leur perte de valeurs qui avait vu leur courage se transformer en prudence exagérée puis en lâcheté. L’idée était toute aussi effrayante que paradoxale et cruelle, à l’instar de ce Targaryen qui avait finalement conquis Dorne sans dégainer la moindre épée, son successeur avait profité de ce climat de paix immonde pour transformer les seigneurs de cette terre conquise en réplique de ses propres sujets verts : des pantins satisfaits de leur sort. L’exemple que Rennifer avait devant lui lui retourna les tripes et lui fit cramponner plus sèchement les rennes de sa monture, Oberyn Dayne possédait sans aucun doute de grandes compétences martiales, sans cela il n’aurait jamais accédé à un tel titre. La chevalerie était valeur des habitants plus au Nord mais même les Uller savaient reconnaitre la valeur d’une Epée du matin, particulièrement lorsque celle-ci ne comptait que peu d’années de vie. Aussi cette triste constatation en devenait bien plus douloureuse pour le vieil homme, certains des meilleurs guerriers de son pays avaient été vaincus dès leur plus jeune âge et convertis à une mauvaise cause pour un roi auquel rien ne les rattachait légitimement. Combien y en avait-il qui comme lui considéraient le reste de Westeros comme des alliés ? Le simple fait qu’il y en ait plus d’un représentait une perspective terrifiante.

Un genre de compassion le prit alors qu’il n’écoutait plus que d’une oreille les protestations du jeune chevalier, pouvait-il blâmer ceux qui à l’époque étaient encore trop tendres pour réellement saisir ce que leur sang Rhoynar impliquait ? Ou bien était-ce la faute de leurs parents pour ne pas avoir su préserver leurs héritiers des conséquences de leur ignoble défaite ? Rennifer ne savait plus quoi en penser tandis qu’il fixait ce visage où trônait ce sourire niais qu’il avait déjà aperçu tant de fois à Port-Réal et à Accalmie, celui de quelqu’un satisfait de sa personne et arrogant sans que rien ne vienne le justifier. Oberyn Dayne était une cause perdue, le Uller le savait, et donc les Dayne par la même occasion pour de nombreuses décennies si l’héritier jouissait de ces existences longues que la passivité garantissait aux soumis. Alors que l’homme aux cheveux d’or se répandait en piques sur ce que le vieux lancier avait tenté de lui faire comprendre et en insultes non dissimulées, lui-même hésitait à provoquer en duel à mort son vis-à-vis pour le faire disparaitre de la surface de ce pays qu’il refusait de servir à sa manière. Le prochain seigneur des Météores, celui qui trônerait en lieu et place de celui-ci, aurait pu s’avérer plus apte à honorer sa terre. L’incident diplomatique qui en résulterait sonnerait malheureusement la fin de son projet, qui donc accepterait d’écouter un homme qui éliminait ceux refusant de se joindre à lui ? Il attirerait par la même occasion la colère de Lancehélion sur l’ensemble de sa Maison, risque qui ne méritait pas d’être pris pour un résultat si fluctuant en compensation. Aussi Rennifer retint-il sa main de se diriger vers la lance qui barrait son dos, au lieu de cela il attendit avec un calme retrouvé qui rendait son humeur présente aussi fluctuante que le ressac de la marée non loin, et prêta-t-il davantage d’attention aux propos de ce qui pourrait un jour s’avérer être un adversaire contraignant sur ce plan que le lancier détestait tant : celui de la politique.

La plupart des Uller sont à moitié fous, et les autres sont encore pires. Contrairement à bon nombre de familles nobles, la Maison de Denfert ne possédait pas de devise à proprement parler, laissant ses actes faire comprendre à autrui en quoi consistaient leurs valeurs belliqueuses plutôt que de les condenser en quelques mots bien sentis. Aussi avec les ans ce dicton s’était répandu dans les moindres recoins de Dorne et attestait de la versatilité guerrière des siens et de leur capacité à s’emporter. Le père de Rennifer avait toujours eu ce refrain en horreur, celui qui à l’époque ne devait pas avoir plus de dix ans se souvenait encore des hommes pendus par leur propres tripes au-dessus de la grande porte pour avoir osé le prononcer trop fort. A titre personnel il avait longuement médité sur la question, s’interrogeant sur laquelle de ces deux catégories était la sienne ou même si son sang se limitait vraiment à ces simples facettes d’insanité mentale. Avec le temps le lancier avait compris qu’aucun Uller n’était fou au sens péjoratif que leurs détracteurs l’entendaient, plus que tout autre les siens disposaient de la force et de la volonté suffisante pour clairement imposer leurs décisions, chose que les plus timorés avaient finalement commencé à craindre puis à essayer de moquer via une petite contine sans importance. Là où d’autres yeux voyaient de la folie, Rennifer voyait une résolution inflexible, et quitte à en user il se refusait de le faire à moitié.

Sans pour autant laisser disparaitre cette aura de menace sous-entendue et coutumière dont il ne se séparait qu’en ses propres murs, il afficha une neutralité froide et dure lorsqu’Oberyn aborda le sujet de la riposte face aux incursions des Fer-nés sur le continent. Ainsi le chevalier considérait-il bel et bien ce royaume bouffi comme le sien, au même titre que ces montagnes où il avait vu le jour. Comme supposé la volonté de combattre et le courage ne manquaient pas chez le jeune homme mais hélas elles étaient si mal employées, détournées au service de l’ennemi d’hier déguisé en souverain d’aujourd’hui. Presque naïvement, le Uller avait pensé que sa terre ne portait en majorité que des jeunes à l’image de sa fille Anissa ou de Daarim Forrest, et tout comme l’image des Martell avait été cruellement entachée par une rencontre d’à peine quelques minutes, celle des Dayne souffrirait désormais terriblement à ses yeux et à ceux de ses descendants.

La proposition sous-entendue lui arracha presque un reniflement amusé et désabusé tant elle le prenait de court. Les Uller, dont l’appartenance innée au désert n’était surpassée que par celle des Qorgyle, embarquer pour une guerre à des centaines de lieu de leur demeure et au beau milieu de l’océan, le tout pour protéger les moutons qu’ils aspiraient à saigner eux-mêmes ? L’idée, grotesque, aurait arraché des rires tonitruants à toute une assemblée réunie dans le grand hall de la forteresse avant que son porteur ne se voit reconduit en contrebas de la colline escarpée par le chemin le plus court. Certes cela prouvait que le chevalier ne manquait pas d’audace, surtout après avoir tenu de tels propos à son encontre. Sans doute essayait-il de piquer au vif la fierté guerrière de Rennifer, tout comme ce dernier avait jeté au visage du jeune homme l’héritage des Dayne pour le pousser à réagir, mais c’était là peine perdue. Jamais Luan n’accepterait de se séparer de sa précieuse garnison des mois durant pour une cause qui ne serait jamais la sienne, à plus forte raison pour la voir revenir affaiblie après avoir tant dépensé ces derniers temps en vue d’une véritable guerre. Quant au vieux lancier il se voyait déjà difficilement monter sur un bateau aux côtés d’étrangers sans tous les faire passer par-dessus bord, alors combattre avec eux en tant qu’allié…

Il laissa de côté la frustration de ce premier refus pour mettre de l’ordre dans ses pensées, il serait bien temps de maugréer contre les Météores plus tard maintenant qu’ils avaient choisi leur camp, pour l’heure il profita du temps mort accordé par la fin de la tirade du chevalier pour réfléchir à la suite des opérations. Impossible de quitter les montagnes sans qu’au moins une de ces maisons locales ne se soit rangée de son côté, il lui faudrait obliquer à l’Est et aller voir d’autres potentiellement plus réceptifs pendant que de son côté le jeune Oberyn travaillerait indirectement pour lui en emmenant à sa suite ceux trop faibles pour comprendre que le temps était venu pour Dorne de se révolter à nouveau. De n’importe quel malheur pouvait parfois rejaillir quelque avantage, c’était le cas en ce moment même.

Rennifer entendit tousser derrière lui, l’un de ses hommes, probablement surpris par l’aigreur de l’air marin et le temps écoulé depuis la dernière fois qu’il avait pu boire. Celui-là serait de la prochaine expédition au cœur du désert avec les nouvelles recrues pour son manque de discipline en situation officielle, le vieil acariâtre en prit mentalement note avant de finalement reprendre la parole.

« Celui qui ne respecte pas son passé n’a pas d’avenir, jeune Ser. Ce temps n’est peut-être plus celui des dragons comme tu l’as rappelé, mais cela ne veut pas dire qu’il faut pour autant emprunter la voie de la servilité aveugle plutôt que celle de la liberté légitime, liberté découlant directement de cet héritage que tu sembles si désireux de laisser de côté. »

Son humeur n’était plus à la colère emportée comme quelques instants auparavant, son ton se faisait calme et déterminé, similaire à celui qu’il employait en éduquant sa propre progéniture.

« Les Ferboys ont trahi notre Prince, cela aussi tu n’as pas pu l’oublier. Ce que je pense à leur sujet est on ne peut plus clair, là où réside la stricte vérité ne se cache aucune insulte. Quant à mon sens du courage et de l’honneur, je te répondrai simplement que les porcs méritent un traitement à la hauteur de leurs actes passés, je ne les considère pas comme des alliés potentiels, pas plus que je ne les considère comme véritablement humains. »

Aussi terrifiants de sens que pouvaient paraitre ces mots il n’en pensait pas moins, le seul intérêt que les habitants des terres vertes pourraient jamais représenter était celui d’adversaires occasionnels à leurs frontières pour que son peuple puisse continuer à se forger au fil des siècles. En dehors de cela il ne leur accordait que mépris haineux et rage hostile selon son humeur, ses opinions exacerbés par son immersion passée au cœur de la capitale royale où il avait pu contempler l’étendue de leur débauche morale. Femmes soumises et faibles, hommes gras et hautains, voilà tout ce qui prétendait diriger un continent entier !

« La Maison Uller ne combattra jamais les Fer-nés, Oberyn Dayne, nous nous y refusons de la même façon que tu refuses de protéger ton pays en cet instant. Mais sache, de guerrier à guerrier, que j’espère non pas te voir apporter la victoire à ce trône de fer méprisable, mais te savoir le digne exemple du savoir martial de notre terre. A défaut d’être dirigé contre les bons ennemis il saura leur rappeler ce qui finira inexorablement par s’abattre sur eux, avec ou sans l’aide des Météores. »

Bien que globalement mauvaise, son opinion vis-à-vis du jeune héritier Dayne restait désespérément mitigée, incapable qu’il était à se décider si ce refus suffisait à attirer pour de bon l’ire du vieux Uller sur le chevalier ou si cette détermination et cette volonté de livrer combat malgré tout méritaient un certain respect. Tout comme la jeune Edarra Ferboys dont le lancier guettait avidement la moindre preuve de félonie et comme le jeune Forrest que Rennifer espérait voir devenir l’un des principaux acteurs de l’avenir dornien, Oberyn serait dans les années à venir la cible d’un examen plus poussé quant à ses actes et à l’évolution de sa mentalité. Peut-être pourrait-il avec de grands efforts revoir ses positions, ou plus simplement devenir un allié de choix le jour où leur Prince se verrait contraint par ses vassaux de convoquer son ban afin de livrer cette guerre que chaque Uller brulait de voir arriver. Ces temps restaient décidément instables, oscillant dangereusement entre un futur glorieux et un emprisonnement qui n’en finirait pas avant des siècles, et quel meilleur rôle pour une relique que de faire pencher la balance de l’avenir du bon côté ?

« Ces terres sont bien les tiennes et nous sommes à leur frontière. En moins de quelques heures nous pouvons les quitter si telle est la volonté de leurs seigneurs. Nous ne t’avons pas convoqué, jeune Dayne, Denfert a proposé une rencontre à laquelle tu as accepté de te présenter de ton plein gré. »

C’est à cet instant que son dos cent fois honni se décida à refaire des siennes et à l’élancer douloureusement. La chose était prévisible après tant de temps en selle, mais cela n’empêchait pas le vieux guerrier de maudire intérieurement tout ce que la Rivière-Mère avait jamais enfanté tandis que ce qui n’était il y a quelques années encore qu’une légère gêne se muait à présent en crispations insupportables. Demeurant de marmbre, Rennifer ajouta :

« Les Uller entendent le refus de la Maison Dayne si tu le confirmes, Oberyn. Je te demande malgré tout le droit de passage sur ton domaine pour que nous remontions la Torentine et sortions de ton autorité. »

Rien ne contraignait le jeune Ser à accepter une telle requête, bien au contraire, sachant ce qui se tramait il essaierait peut-être même de tout mettre en œuvre pour leur rendre la tâche plus difficile. Les secondes qui suivraient lui révèleraient encore un peu plus de la personnalité du jeune homme. Il se tût, toujours droit et fier, le temps qu’une réponse ne vienne.



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Oberyn Dayne
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• Epée du Matin •
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• Champion de la Maison Martell •

« Honneur, Loyauté, Sacrifice. »

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♦ Age : 29
♦ Date de Naissance : 30/03/1988
♦ Arrivée à Westeros : 17/09/2012
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♦ Doublons : Gunthor Estremont
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♦ Mariage : Fiancé à Edarra Ferboys
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Message Sam 20 Oct 2012 - 10:13


L’ambassade n’est qu’un seul homme !


Devant ses mots rudes et son franc parlé pour énoncer sa propre vérité, Ser Oberyn Dayne s’était attendu à bien plus de véhémence, à une réaction sanguine et immédiate, toute Dornienne dans sa violence comme dans sa forme. Mais à défaut d’une tornade d’émotions, le jeune homme à la chevelure marbrée de cendre ne se vit proposer qu’une négation polie, qu’un vague sentiment de désintérêt au service d’un visage placide et d’une attitude étonnamment molle de la part de celui qui s’était, immédiatement, affirmé comme étant l’allégorie du verbe direct et immédiat. Ce n’est pas peu dire que la chose laissa un instant le Chevalier des Météores interdit, sa main ne se refermant plus que mollement sur le pommeau argenté de la légendaire épée familiale. Lui qui aurait, un court instant plus tôt, juré avoir à la tirer hors du fourreau pour payer la teneur de son verbe était pour le moins déstabilisé et quelque peu décontenancé par la surprenante attitude de vieil homme à la peau sombre. Si bien que le silence induit par ce dernier ne manqua pas de sembler interminable au jeune chevalier désormais fort intrigué.

Ce n’est pas peu dire que d’affirmer qu’en l’instant Oberyn cherchait à déchiffrer ce que son opposant dans cette joute verbale pensait de lui, de ses mots comme de ses attitudes. Son incroyable esprit d’analyse associé à son imagination débordante pouvait bien lui jouer des tours, mais il s’imaginait bien perçu comme une sorte de jeune effronté par cet acariâtre personnage à la supériorité supposée. S’il ne s’en formaliserait probablement jamais, les rapports qu’il entretenait avec la noblesse Dornienne n’étant pas pour ainsi dire à son avantage, Ser Oberyn ne manqua pas d’éprouver une sensation pour le moins désagréable au creux de la poitrine. D’ordinaire, il n’avait que faire de l’avis des autres Nobles et se moquait d’apparaitre comme respectable à leurs yeux, mais pour le vieil Uller les choses semblaient différentes… D’une certaine façon, il se retrouvait chez le vieux guerrier qui semblait bien avoir parcouru l’enfer et en était revenu pour le rencontrer. S’imaginer méprisé par tel personnage capable de rire au nez de la mort comme de lui piquer sa faux avait pour l’Epée du Matin un aspect pour le moins dérangeant… Lui qui trouvait plus facilement sa place au milieu des chevaliers comme des hommes d’armes plutôt que dans les intrigues nobles se voyaient là opposé à un personnage qu’il imaginait désormais animé d’une redoutable forme d’animosité envers sa personne. Et pour une raison propre au caractère du Chevaliers des Météores, cette constatation lui provoquait une petite souffrance.

S’il n’ôta point de son visage ce masque flegmatique qu’il avait chaussé depuis bien des instants, le jeune homme de la citadelle des Météores ne manquait pas d’intérieurement accuser le coup. Comment réagir quand on a face de soi un homme qui représente, quelque peu, une idéale image du guerrier mais qui vous méprise désormais du tout au tout ? En faisant preuve de tempérance et de modération… Ces points n’étaient clairement pas ceux où le chevalier de la Maison Dayne excellait, mais il prendrait sur lui pour ne pas déclencher un incident à même de jeter l’opprobre sur sa Maison comme sur son Titre d’Epée du Matin. Il agirait en plus loyal vassal du Prince de Dorne et appliquerait à la lettre cette devise qu’il avait fait sienne : « Honneur, Loyauté, Sacrifice ! ». Rivant ses yeux sur le musculeux physique de son interlocuteur, l’ambassadeur de la Citadelle des Météores vit, toutefois, son attention perturbée par la toux d’un des hommes d’arme Uller. A croire que l’air marin ne ravisait que trop peu de monde ici-bas. La situation lui arracha un sourire à la fois amusé et moqueur, avant que le neutralité ne teigne de nouveau ses traits en réponse à la repartie du noble Rennifer.

Le coup porté par le vieil homme fut, pour la seconde fois, des plus rudes. Par ces mots, il insultait tout le caractère comme la psyché du jeune homme des Météores, l’impliquant sur un plan où le respect n’avait plus aucune forme d’importance alors que la réalité était toute autre. La notion de respect allait, chez Ser Oberyn Dayne, de pair avec sa notion d’honneur qu’il estimait propre à l’être humain et valeur importante au point de mourir pour elle. Par ses mots, le vieil Uller insultait la constitution même du Chevalier autant que son sens de l’honneur ! Autrefois, l’Epée du Matin aurait fait payer cette insulte par le prix du sang, mais ce temps-là était révolu du fait de ses titres comme des enseignements de Ser Waymard Estremont. Il se contenta d’encaisser, réagissant seulement en déformant son visage d’un rictus d’agacement tant il savait faux cette affirmation de Rennifer. Nul autre que lui aux Météores ne respectait plus les ancêtres, son titre d’Epée du Matin le liant à jamais avec tous les illustres Nom qui eurent un jour le privilège de porter Aube à leur ceinture, transcendant ainsi un titre et une philosophie propre à la Maison des Météores. L’insulte était immense, proportionnelle au silence que s’imposait le jeune homme pour garder contenance.

« L’insurrection reste le plus sacré des droits… Finit-il par lâcher en réponse aux première phrases de son interlocuteur, éprouvant les plus grandes difficultés à débiter ses mots sur un ton neutre mais néanmoins froids alors que toute l’agressivité induite par la dernière pique insultant son respect des ainés se traduisait par la seule agressivité démontrée dans le resserrement total de ses doigts sur le pommeau de son épée. Un resserrement violent, immédiat, au point d’en faire blanchir les jointures de ses doigts sous la force de la pression exercée. La rage exsudait chaque pore du jeune chevalier mais il ne donnerait point de prétexte à son opposant pour salir sa réputation comme celle de sa maison. Il poursuivit donc en lâchant simplement en guise de conclusion à son propos du moment : …Dès l’instant où elle n’est pas aveugle… ! »

De la tempérance, de la tempérance… Le jeune homme cherchait à en faire preuve pour ne pas rendre plus tendue encore cette ambassade qui semblait toujours crispée à mesure que défilent les minutes, sous le sempiternel ressac de l’océan. Expirant toute la haine qui pouvait bien germer en lui dans un soupir long, el chevalier des Météores retrouva un semblant de calme pour porter une oreille attentive à la suite du discours du vieil homme à la peau noire. Entendant chaque mots, assimilant chaque pensées pour faire sienne une idée de là où son interlocuteur voulait bien l’amener. Contrairement à ce qu’il sous entendait, Oberyn n’oubliait rien de ce que l’histoire avait pu comporter. Plus que quiconque, il était au courant des trahisons de la Maison Ferboys comme de leur envie de supplanter ses suzerains Martell. Le sujet fut même au centre d’une expédition vers Lancehélion où l’Héritier Dayne rencontra le Prince en personne et s’abreuva de sa sagesse comme de ses commandements afin de tendre vers cette image d’excellence que leur imposaient leur Seigneur et Maitre. Oui, plus que quiconque il était averti de l’ambition dévorante des Ferboys… Mais comme il l’avait indiqué au Prince de Dorne, c’était sa Dame Edarra qu’il comptait épouser, point la cause de sa maisonnée. Il laissa donc s’envoler les insultes à la volée, préférant rebondir sur les propos violents du vieil Uller qui s’affirmait homme de courage comme d’honneur. Et ce que le fils d’Olyvar vint à prononcer ne serait foncièrement pas du goût de son interlocuteur, Oberyn en était persuadé :

« S’ils sont des Porcs que vous abhorrez comme des Alliés que le Destin me fait estimer, sachez que de leur blessures coule un sang aussi rouge que le nôtre… Et qu’il est des hommes par-delà ses montagnes pour lesquel je mourrais sans l’ombre d’un doute ! »

La souriante figure de Ser Pryam Templeton s’imposa immédiatement à son esprit, tout comme les traits sévères de Ser Lothar Celtigar, le regard franc et pétillant d’Edric Estremont ou encore le faciès rude mais juste de son Oncle Ser Waymard… D’autres vinrent par la suite, autant d’hommes qui transcendaient ses convictions et qui gagnèrent son amitié par la force des actes et le croisement des armes plus que par l’injonction d’un quelconque devoir imposé par des actes passés dans lesquels Ser Oberyn Dayne ne se trouvait point représenté. La conception du monde extérieur à Dorne par le vieil acariâtre affligeait le jeune chevalier d’une forme de pitié… Enfermé sur eux même, les gens n’avaient aucune chance d’évoluer comme de transcender leur destinée. La suite ne fut donc pas vraiment une surprise, Oberyn ne s’étant pas attendu à ce que sa proposition initiale ne trouve un véritable écho favorable chez le ressortissant de la Maison Uller. Il ne put, toutefois, s’empêcher de plisser quelques peu les yeux pour souligner sa déception, animant son visage de quelques mouvements lents vecteurs de tout son désappointement face à un refus qu’il ne jugeait que tel un signe lâcheté. Mais c’est un fait qu’il se garderait bien de mentionner, se contentant de répondre par le biais de ces quelques mots accablés de pitié enrobée d’une déception propre à la perte de force que représentait le refus de la Maison Uller de participer à cette bataille qui nécessitait d’être livrée. Il fut toutefois surpris du semblant de compliments que lui adressa de façon déguisée le vieil homme à la peau noire et se contenta de formuler ces phrases :

« J’entends donc votre refus de participer à cette bataille, sans toutefois le comprendre, mais l’accepte comme sous semblez accepter le nôtre. Si nous ne souhaitons pas participer à la défense de notre pays, selon vos dires, vous n’accepterez donc pas de répondre favorablement à la demande du Prince Martell. Au moins serons-nous égaux sur le plan du rejet, Rennifer Uller… Cette guerre restera gravée dans l'Histoire, ainsi que les noms des héros qui auront combattu. J’aurai souhaité pouvoir m’y battre à vos côtés… »

La chose était entendue autant que conclue. Une nouvelle fois, Oberyn n’avait pas vraiment goutté la pique du vieil homme d’arme affirmant que sa Maison refusait de participer à la défense de Dorne. Quoi de plus normal, dans ce cas, que de se fendre d’une nouvelle mettant en doute la fidélité véritable des Uller aux commandements de la Maison Martell de Lancehélion ? Intérieurement, le chevalier des Météores en vint à se dire que si le vieillard se montrait aussi adroit dans l’art de manier la lance que dans celui de disséminer des piques, il devait faire un fort redoutable combattant… D’où la remarque sur sa déception de ne point pouvoir combattre aux côtés du lancier. La déception désormais évacué, Oberyn chaussa de nouveau son masque de futur Lord des Météores pour répondre à la dernière demande de son interlocuteur, en conclusion à son acerbe diatribe. Le ton fut donc courtois et la force de sa voix de mise quand il prononça ces mots :

« En mon Nom et ma qualité d’Epée du Matin, je vous témoigne donc le refus de la Maison Dayne. Je vous concède, toutefois, le droit de parcourir nos terres tout du long la Torentine afin que vous puissiez vous en retourner vers vos priorités hors de notre autorité. Néanmoins… »

Accompagnant son dernier mot d’un vif mouvement de tête à l’attention de son écuyer, Oberyn délaissa de ses doigts le pommeau de sa lame pour raffermir sa prise sur les rennes de son sombre destrier des sables. Dans son dos, Haranka faisait déjà virevolter sa monture avec une certaine aisance quand le jeune Chevalier laissait courir son regard bleu sombre pailleté de la couleur lilas propre à la lignée des Targaryens sur la troupe d’hommes d’arme accompagnant l’expédition du vieil Uller. Décidé à terminer sa phrase, Ser Oberyn Dayne poursuivit donc alors que son musculeux Cheval entreprenait de faire lentement volteface pour emprunter la route menant vers la Citadelle des Météores.

« …J’emprunterais une partie de la voie en votre compagnie! »

C’est donc ainsi que la mauvaise troupe se mit en branle, Ser Oberyn Dayne et son Ecuyer Haranka Sand ouvrant la voie alors que leurs invites du jour les suivaient dans un silence de Septuaire tout juste brisé par le chaos des abots heurtant la pierre et le ressac marin s’éloignant à chacun de leurs pas. La nature naissante foisonnait déjà d’activité alors que les aigles des montagnes zébraient le ciel de leur vol majestueux. Le paysage rougeâtre du désert n’avait plus court dans cette flore côtière où les pierres se montraient de plus en plus claires à mesure que l’influence iodée se rapprochait. Au bout de la route siégeait la citadelle de son enfance et c’est là qu’il quitterait définitivement l’ambassade Uller qui l’avait tant éprouvé. Mais peur l’heure, ils avaient devant eux une belle portion de chevauchée. A mesure que le soleil s’élevait, les rayons dardaient la lourde protection de métal dans laquelle le jeune homme était engoncé, rayonnant l’environnement alentour d’un déluge pétillant de lumière vive et de teintes d’argent. S’il ne souffrait point véritablement de la chaleur qui serait, bientôt, de plus en plus accablante, le chevalier ne manquait pas de plisser fortement les yeux pour ne point trop souffrir de cette luminosité importante. Le confort fut, toutefois, bientôt de mise quand se projeta sur eux l’ombre imposante des falaises rouges percées d’arbustes chétifs poussant à l’horizontale de sa raide paroi. C’est le moment que choisit l’hériter des Météores pour intimer à son écuyer de pousser un peu plus avant sa monture, faisant office d’éclaireur à la colonne de cavaliers. Dans le même temps, le Chevalier porteur d’Aube susurra quelques mots à sa monture qui ralentit le pas après avoir poussé un hennissement étrange. Ainsi entravé par ces commandements, le destrier à la sombre roba laissa tranquillement le vieil homme d’arme de la Maison Uller remonter aux côtés de son cavalier pour finalement calquer son rythme sur le chevalier de l’homme à la peau noire. Côte à côte avec Rennifer, Ser Oberyn resta un long moment muet avant d’oser prendre la parole et laisser couler ses mots entre les pierres sur le flot de la sincérité et de la franchise :

« Je n’adopte pas votre cause, ni votre façon de penser. Mais sachez que j’admire profondément la détermination que vous mettez à l’ouvrage. Bien des hommes ne font pas preuve d’une telle force de caractères et je n’ai pas peur de dire que vous manquerez à Dorne sur le champ de Bataille que je m’apprête à arpenter. C’est une perte immense pour nous que de ne point pouvoir vous compter dans nos rangs, Rennifer de la Maison Uller… S’il avait prononcé l’ensemble de ses mots avec une sincérité trempée dans l’acier, Ser Oberyn Dayne ne tourna jamais le visage en direction du vieil homme pour appuyer son propos. Cette phase-là de son attitude allait venir avec la question qui lui brûlait les lèvres et qu’il se devait de lui poser avant que ne se séparent leurs chemins. C’est donc ainsi que le jeune homme à la blonde crinière orienta son fin visage vers le rude faciès de son interlocuteur, rivant ses yeux sans nulle autre pareille dans ceux plus sombres du vieil acariâtre alors que ses fines lèvres s’ouvraient pour laisser s’échapper un questionnement que d’aucun pourrait bien juger sans grand intérêt : Vous devez me mépriser autant que me détester, n’est-ce pas ? »

La question n’était probablement pas la meilleure à formuler en l’instant, mais elle hantait l’esprit de l’Epée du Matin depuis bien des moments. S’il pensait s’être forger une opinion de son interlocuteur au travers de leur passes d’arme verbales, il ne souhaitait plus qu’affiner son avis par l’interprétation de la réponse qui lui serait fournie. Après tout, le futur Seigneur des Météores ne se devait-il pas de savoir qui seront ses alliés comme ses ennemis dans le plus proche des futurs ? C’est très probablement ainsi qu’aurait agi Lord Olyvar…




« Seal my heart and break my pride,
I've nowhere to stand and now nowhere to hide,
Align my heart, my body, my mind,
To face what I've done and do my time. »


Dernière édition par Oberyn Dayne le Jeu 21 Mar 2013 - 21:52, édité 1 fois
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Message Ven 26 Oct 2012 - 14:40

L’on en venait parfois à considérer comme identiques les notions de fierté et d’honneur, ces deux concepts impliquaient après tout une forte volonté afin de suivre une voie choisie au préalable sans jamais en dévier. Cependant, dans la mentalité de Rennifer, une différence majeure s’imposait et suffisait souvent à délimiter la frontière entre louanges et mépris. L’honneur constituait pour ainsi dire un code de conduite tourné vers l’extérieur, l’individu plaçant cette notion au-dessus de toutes les autres agissait selon ce qu’il estimait être juste mais simplement parce que d’autres avaient affirmé que telle était la marche à suivre, sans jamais daigner remettre en question ces règles. Tout comme des pantins reliés à des fils, ces chevaliers et leurs précieux vœux dansaient selon un rythme établi sans qu’ils n’aient jamais été consultés. Des faibles. La fierté quant à elle sous-entendait elle aussi sa part de fidélité et de respect de la parole donnée, mais non pas par peur de voir sa réputation salie ou crainte des conséquences, mais parce qu’un homme ou une femme fier savait considérer la portée des ordres et des actes qui en résulteraient avant d’agir. Rennifer servait son neveu parce qu’il acceptait pleinement son devoir et qu’il ne se voyait pas agir autrement. De la même manière il se permettait de remettre en question les actes de son Suzerain sans pour autant se rebeller car sa vision de ce qui était juste ne lui accordait pas d’autre alternative. La fierté différenciait le vrai guerrier de l’homme du rang, tout comme elle le faisait entre les seigneurs véritablement à même d’œuvrer pour leur pays et ceux ne cherchant qu’à profiter des fruits de leur terre. En tant que simple homme d’armes le Uller rejetait en bloc l’honneur dans lequel ceux qu’ils voulaient voir devenir ses adversaires dans une bataille rangée se drapaient tout en agissant comme les derniers des pourceaux. Tandis qu’Oberyn Dayne campait sur ses positions sans faiblir et défendait verbalement des hommes qualifiés d’amis fidèles malgré leur appartenance à un autre royaume, Rennifer considéra que son vis-à-vis savait au moins se démarquer et conserver une partie du tempérament fougueux propre à son peuple. Il ne tremblait pas et demeurait fidèle à ses principes, le vieux lancier lui concéda cela pendant que le combattant aux cheveux dorés poursuivait son discours.

C’est avec une joie contenue que le vieil homme sentit le soleil qui ne cessait de monter à l’horizon diffuser la chaleur de ses rayons au travers de son armure et de ses amples vêtements. Ces derniers empestaient à présent le sel par la faute des embruns qui n’avaient cessé d’entourer la troupe durant sa longue attente nocturne, il aurait presque donné son cheval pour se trouver à nouveau au milieu des dunes loin de cette horrible étendue d’eau morte. Bientôt l’astre du jour s’empresserait de cuire la moindre surface qui s’offrirait à lui, une perspective que le Uller attendait et réclamait de tout son être. Le refus des Météores de se joindre au groupe des seigneurs locaux mécontents fut officialisé proprement, non sans rappeler que la parole du Prince faisait loi avec les implications que cela sous-entendait. Rennifer ne s’en offusqua pas outre mesure, son humeur se trouvait alors au creux de la vague, calme pour l’heure mais prête à redevenir mauvaise sans prévenir. Si le lunatisme comptait parmi les meilleurs qualificatifs pour décrire les membres de sa Maison, le lancier en était un exemple criant. Le droit de passage fut finalement concéder à son expédition, que l’héritier Dayne décide de faire une partie du trajet à leurs côtés ne l’étonna pas. Placé dans une situation similaire le Uller aurait lui aussi veillé à ce que des soldats armés soient étroitement surveillés durant tout le périple sur son domaine, à plus forte raison quand leur chef et lui venaient à peine de s’opposer lors d’un échange tendu. Il hocha sèchement la tête puis fit usage de ce langage des signes à une main que les membres de sa garnison utilisaient pour communiquer à chaque fois qu’ils chevauchaient, une série de gestes simples qui leur ordonna de former une colonne large de deux hommes tandis que lui-même se trouvait en avant. Rennifer prit cependant la peine de laisser quelque distance entre son groupe et les envoyés des Météores, non pas qu’aucun des deux n’aient semblé vouloir progresser à leurs côtés pour le moment. Cela lui convenait parfaitement, il avait besoin de réfléchir.

Tout comme il changeait rarement d’opinion quel que soit le sujet, le Uller manquait parfois d’adaptabilité dans sa façon de gérer ses projets sur le long terme. Poursuivre sa tournée des places fortes des Marches semblait à première vue être la meilleure option, cela s’inscrivait dans la logique de son plan pour forcer la main de Maron Martell et finirait à terme par lui accorder le droit de lancer les premiers raids frontaliers sur le Bief. Malgré tout quelque chose continuait à le chiffonner. Si ravager les terres des vassaux des Targaryen pendant que leur attention se trouvait concentrée sur les Iles de fer ne le dérangeait pas le moins du monde ni ne lui donnaient de scrupules, le fait que son Prince se trouve à des centaines de lieues de Dorne alors que de son côté il persisterait à saper son autorité lui laissait un gout amer en bouche. Le procédé, bien que parfaitement légitime au final puisque fait à visage progressivement découvert, en devenait presque félon s’il s’inscrivait dans la période de temps où le suzerain se trouvait loin de Lancehélion. De là à se comparer aux Ferboys sautant sur la moindre occasion propice à la rébellion il n’y avait qu’un pas et la chose l’horrifiait. Mais que pouvait-il bien faire d’autre ? S’en retourner à Denfert et lécher ses plaies tout en prenant son mal en patience n’était même pas envisageable. Il avait attendu plus d’un demi-siècle pour réellement agir, il ne souffrirait surement pas une seconde de plus d’inactivité. Sa vie ne durerait pas éternellement et Rennifer profitait déjà d’une longévité impressionnante en comparaison de bon nombre de ces ancêtres, qu’il survive dix années de plus l’étonnerait grandement, et il savait déjà cet intervalle de temps trop court pour terminer la libération définitive de Dorne.

Car pour que son pays soit définitivement débarrassé de la menace des Targaryen, le Uller croyait qu’il fallait éradiquer définitivement cette lignée de faux rois et tout ce qu’elle avait édifié. Port-Réal, Accalmie, Villevieille, Hautjardin, autant de bastions à raser jusqu’à la dernière pierre en repoussant les rares survivants au nord avant de bruler le moindre brin d’herbe. Son pays retrouverait son indépendance et se targuerait alors d’une large frontière de landes désolées pour rappeler à tout envahisseur en devenir quel sort l’attendrait s’il tentait jamais de s’y établir. Un rêve terrible et sanglant, promettant d’innombrables batailles et un nombre encore plus élevé de victimes pour atteindre son but, et qui surtout prendrait des décennies pour arriver à terme. Comme il l’avait dit à Oberyn, il ne voulait ni du Bief ni des Terres de l’Orage pour son peuple, conscient du ramollissement que cela causerait chez eux, mais cependant Rennifer ne concevait pas un futur où cet espace serait occupé par quiconque. En lieu et place de châteaux inutiles il désirait un champ de bataille éternel où des générations de Dorniens pourraient s’y confronter à tous ceux qui viendraient à leur rencontre, une sorte de zone franche loin de leurs pays natal où ils pourraient déchainer leur fureur guerrière en sachant les leurs à l’abri. Avec de la chance ses propres enfants en verraient peut-être la fin, et c’est avec fierté qu’il contemplerait depuis l’au-delà sa progéniture alors que cette dernière mettrait à feu et à sang le Donjon rouge.
Sa descendance, elle aussi occupait ses pensées alors que la troupe persistait à progresser dans un silence complet entre la rocaille blanche de plus en plus haute et escarpée. Les premières attaques sur les domaines les plus proches des terres fertiles avaient aussi eu pour but à l’époque de faire découvrir à sa fille aînée ce qu’il l’attendait une fois indépendante. Le Uller avait voulu la familiariser aux arts de la guerre en lui offrant de la pratique avant les vraies batailles, mais maintenant que Maron Martell avait rejeté en bloc cette idée une telle chose n’était plus possible. Même si Rennifer parvenait à rassembler suffisamment de partisans la guerre éclaterait à son niveau le plus fort puisque le ban de Dorne au complet serait convoqué par le Prince. Aucun entrainement possible, juste une tempête de lames où il craignait de voir le sang de son sang périr prématurément faute d’expérience. A moins que…

En prenant part à la guerre contre les Fer-nés Rennifer servirait directement la cause des Sept Couronnes, certes, mais d’un autre côté il pourrait aussi juger des forces de l’ennemi tout en tuant de tout son saoul des ennemis réputés féroces. Une participation au conflit lui accorderait une place de premier plan pour juger des pertes subies par le Trône de fer et prendre note de leurs meilleurs éléments survivants, ceux qu’il faudrait surveiller et éliminer en priorité lorsque le propre soulèvement du pays des sables surviendrait. En plus de tout cela, l’occasion serait idéale pour emmener Anissa avec lui en même temps qu’une modeste troupe, il superviserait de près l’entrainement en combat réel de sa fille tout en rassemblant les mêmes informations que Maron Martell lui avait interdit d’aller chercher par le biais de la guérilla.

Il fut brusquement tiré de sa méditation lorsqu’un Oberyn qu’il n’avait même pas vu prendre place à ses côtés brisa le silence en lui adressant la parole. Les propos semblaient sincères et différaient radicalement tant par leur forme que leur contenu en comparaison des piques que les deux hommes n’avaient eu cesse de s’envoyer lors de leur récente entrevue. Ses compétences étaient louées sans pour autant avoir l’air de flatteries creuses, et lorsque la dernière question emplie d’une jeune innocence franchit les lèvres de l’Epée du matin, le Uller prit pleinement conscience qu’il ne pouvait ranger ce garçon dans la même catégorie que les nombreuses personnes qu’ils méprisaient à Dorne. Il médita sa réponse quelque instants, rivant de nouveau ses yeux sur la route au-devant d’eux le temps de trouver les mots justes, puis dit finalement :

« Je déteste ce que bon nombre de ceux nés à ton époque me rappelleront, que nous avons échoué à défendre nos terres contre les promesses perfides de nos ennemis et que nous n’avons pas su nous relever depuis. Je sais que ta famille a toujours été plus proche des autres coutumes de Westeros que de celles des Rhoynar, mais voir un guerrier de ta valeur parfaitement acquis au trône de fer me rend amer, Oberyn. »

Ce n’était là que pure vérité, parmi les nombreux défauts que possédait Rennifer ne figurait pas le mensonge.

« Je considère que je ne te connais pas assez pour te haïr comme je hais certains de nos compatriotes, jeune Dayne. Tu es encore jeune et peut-être qu’avec le temps tes idées changeront. Cela je l’espère sincèrement car je peux sentir que ta volonté est forte, et si tu en viens à la mettre au service de la bonne cause alors Dorne aura fait un pas de plus vers l’avenir qu’il mérite. »

Le paysage se faisait toujours plus haut au fil de leur avancée, de hauts pics semblant tout proches et terriblement éloignés à la fois déchiraient le bleu azur comme autant de lances fichées dans le flanc des cieux. Parfois Rennifer oubliait que son pays ne se limitait pas aux vastes étendues de sable où son engeance avait prospéré mais à une multitude de facettes rendant la survie aussi difficile que glorifiante. La sécheresse du désert, les arêtes tranchantes des montagnes, l’eau boueuse de leurs rivières, Dorne variait dans sa façon d’éprouver ses habitants mais ne faiblissait jamais dans sa lente besogne de tuteur implacable.

« Comme tu l’as dit nos vues sont différentes, et il est fort probable que les descendants de mon neveu et les tiens en viennent à s’opposer souvent si nos deux Maisons s’en tiennent à leurs positions. Denfert est au centre de Dorne, elle est le cœur de son âme guerrière et de ses traditions Rhoynar tandis que les Météores sont plus proches de nos frontières sans pour autant figurer en première ligne grâce aux Noirmont. Ta lignée compte davantage de sang Andal dans ses veines que n’importe quelle autre dans les Marches, nos valeurs ne seront jamais les mêmes et il y a fort à parier que des frictions telles que celles qui se sont produites il y a peu ne deviennent monnaie courante si le statu quo persiste. »

A plusieurs reprises il aperçut au loin la forme d’oiseaux de proie décrivant de larges cercles au-dessus de ce qui devait être leurs territoires de chasse. Tout comme les seigneurs de la Passe ils veillaient inlassablement sur les rares étendues plates bordées par les imposants reliefs et frappaient sitôt leur proie repérée. Poulet, Noirmont, Dayne et même s’il lui était couteux de l’avouer, Ferboys avaient gardé leurs frontières avec une redoutable efficacité qui n’avait été prise à défaut qu’une fois durant toute leur histoire. La chose était admirable, que les Météores soient désormais voués à une autre cause en devenait encore plus pénible.

« Je suis né et ai grandi sur une terre où il n’y avait nul autre maître que le Prince. Lorsque nous avons été soumis par la faute de l’immonde Baelor j’ai saisi la première occasion qui m’ait été donnée pour voir de mes propres yeux les royaumes de nos nouveaux soi-disant seigneurs. J’ai vu l’arrogance de Port-Réal, son donjon rouge trônant sur un monticule de fange tandis qu’une populace sotte et molle grouillait dans les rues comme de la vermine. J’ai constaté de mes propres yeux l’étendue de leur faiblesse et plus d’une fois je me suis demandé comment de tels êtres pouvaient ne serait-ce que prétendre commander à Dorne. Je hais beaucoup de choses, Oberyn Dayne, et les Dorniens qui n’ont pas su transmettre à leurs enfants les leçons de leur défaite sont parmi les pires. »

Ses pensées revinrent vers les Iles de fer et l’opportunité qu’elles représentaient pour ses plans. Il ne pouvait décemment emmener une grande quantité d’hommes avec lui, Luan s’y opposerait fermement et à raison, ce ne serait là que pur gâchis. Mais peut-être qu’une simple garde d’honneur pour le suivre lui et sa fille dans leur périple en territoire ennemi ferait l’affaire. A l’instar du désert Rennifer devait revoir sa façon de procéder quitte à paraitre instable, qu’importe l’opinion que l’on pouvait avoir de lui après tout.

« J’ai reconsidéré ta proposition, jeune Dayne, je pense participer à ce conflit loin au nord. Non pas pour porter assistance aux Targaryen, s’il n’avait tenu qu’à moi je me serais presque rangé du côté des Fer-nés, mais pour voir ce dont ces Sept couronnes sont réellement capables. Je persiste à affirmer que Dorne doit prendre le chemin de la guerre contre tout Westeros, et si je n’ai pu tester leurs forces de la façon dont je l’avais souhaité, alors je combattrais pour un temps un de leur ennemi jusqu’à en avoir la pleine mesure. »

Comme il le faisait bien souvent lors d’une conversation le Uller braqua son regard sur l’expression de son homologue aux iris clairs, sa dernière annonce ferait probablement son petit effet tant elle pouvait sembler surprenante pour qui ne connaissait pas le cheminent mental que venait de suivre le vieil homme.
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Oberyn Dayne
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• Epée du Matin •
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• Champion de la Maison Martell •

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♦ Date de Naissance : 30/03/1988
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Message Lun 29 Oct 2012 - 15:30


L’ambassade n’est qu’un seul homme !


Une nouvelle fois, les mots du vieil Uller furent à son image : rudes et immédiats, trempés par une vérité sienne qu’il considérait comme applicable au monde entier. S’il avait une profonde envie de le Faire, Oberyn ne sourit toutefois pas, préférant conserver le masque flegmatique qu’il se devait d’imposer plutôt que provoquer par ses mimiques la colère d’un homme qu’il n’avait que beaucoup trop irrité à son sens. Des mots qu’il venait d’accueillir sans sourciller, le Chevalier des Météores retint en premier lieu qu’il ne provoquait point la haine totale de son interlocuteur. Il ne lui évoquait finalement que l’échec successif des générations précédentes à sauvegarder un patrimoine Dornien que le vieil Uller jugeait être en perdition face aux assauts déguisés d’un Trône de Fer qu’il ne faisait qu’abhorrer ! Ne connaissant point sa psyché dans son intégralité, Ser Oberyn Dayne ne pouvait décemment pas le juger, mais ses convictions profondes comme la philosophie culturelle inculquée par sa fratrie des Météores ne manquaient pas de le laisser pour le moins… Circonspect ! D’autant qu’il ne goutait pas réellement les allusions nauséabondes que répandait l’hôte à ses terres, ce dernier jugeant un point sans réellement avoir une seule fois mis les pieds dans la ville comme dans la citadelle Dayne pour juger sur pièce des aspirations propres à la Maison Dayne comme à ses gens. La réalité différait profondément du discours, mais l’Héritier de Lord Olyvar ne chercherait point à partir dans un débat théologique qu’il n’était point armé pour gagner du point de vue du savoir brut, se contentant d’un mutisme que d’autant jugerait comme acquiesçant les propos de l’acariâtre personnage à la sombre peau.

Il ne souhaitait point se lancer dans une nouvelle diatribe acerbe visant à comparer sa façon de penser et celle du vieil homme qu’il respectait assez. L’intérêt n’en serait que limité, mais comment être en adéquation avec les pensées de ce lancier buté quand la citadelle de votre enfance vous avait offert une éducation qui différait du tout au tout avec les préceptes du Dornien Sableux ? Car si la multitude cultures successives ont échoué sur Westeros à la manière de lames de fond répétées s’abattant sur une plage qu’il conviendrait de modeler par la force des vagues, il est des endroits dans les Sept Couronnes où cohabitent bien des cultures dans une imagerie semblable à d’idéales Mosaïques. Et ce n’est pas peut dire qu’affirmer les Météores comme pareille place ! Rennifer reprochait à l’Hériter le fait que sa maison soit plus proche des mœurs de Westeros que de ceux des populations de Dorne ? C’est qu’il n’avait jamais réellement pénétré les pensées de la cité Portuaire nichant dans les montagnes rouges, au delta de la Torrentine, sous l’influence du Grand Océan…

En effet, de par sa situation de carrefour maritime, fluvial autant que montagnard, la Forteresse autant que la ville des Météores ne peut que s’imposer comme un semblant de tapisserie des cultures successives de son époque comme des précédentes ainsi que de toutes les religions qui composent le monde tel que nous le connaissons... Ainsi, ce syncrétisme se trahit dans des influences à la fois propre aux Premiers Hommes, aux Andals, autant qu’aux Rhoynars comme aux Rois de l’Orage proches et à la puissance de Valyria. Une situation que le jeune chevalier porteur d’Aube à retrouver dans sa vision des Météores, croisant l’influence des Sept à la mythologie Rhoynar comme à de nombreuses autres croyances disposant toutes de leur propre lieu de culte... Car si les Nobles des Météores vénèrent les Sept de par leurs vœux, ils ne rejettent pas pour autant la Rivière Mère comme tout le Panthéon Rhyonar que prient bon nombre de leurs gens et de leurs voisins immédiats. Un fait qui rend, aux yeux de l’Epée du Matin, les Dayne extrêmement tolérants à la différence et qui, coordonné à leur incroyable sens de l’honneur, leur impose de respecter toutes les cultures. D’aucun pourrait donc voir la Maison Dayne comme une sorte de « transition » en douceur entre les Sept de l’Ouest et la croyance Rhoynar de l’Est pailleté de bien d’autres confession qui trouvent leur représentation respectueuses dans les rues de la ville portuaire fortifiée. Un héritage culturel qui offre à Oberyn le luxe de ne point être rebuté par les différences culturelles propre à la mosaïque ethnique de son pays, de sa patrie : Dorne ! Une ouverture d’esprit que ne semblent pas partager bien de ses semblables, malheureusement…

La suite du discours immédiat de Rennifer fut accueillis par le jeune homme avec un semblant de sourire provoqué par les rares compliments qu’il pouvait bien contenir. Voir sa volonté reconnue par un tel homme relevait de la médaille ardue à décrocher et le jeune chevalier n’avait pas éprouvé tant de fierté à flatteuses paroles depuis celles qu’avait pu lui dispenser son Prince tant admirez. Considérez donc à quelle place pouvait bien se situer le vieux guerrier dans l’estime du porteur de la blanche épée. Mais comme toujours, Oberyn se garderait bien de montrer plus. Reposer ses émotions derrière un faciès neutre avait de quoi préserver un homme de bien des coups qui se voulaient bas et sournois. Comme celui que lui délivra le vieillard amateur de lance, insultant dans le même temps tout le passé guerrier comme tout le courage d’une Maison qui n’avait plus rien à prouver… Déguiser une insinuation de lâcheté face à la place géographie de la maison aux armoiries d’un violet pâle où se croisent une épée et une étoile filante relevait de l’insulte violente à même de ne faire faire qu’un tour au sang chaud d’un Oberyn qui tiqua sur son cheval. Il avait le plus grand mal à garder contenance, finissant par la trouver en relevant une forme d’incohérence dans le discours de franc et bourru personnage. Il leur reprochait de ne point être en première ligne face au Bief et délivrait tout le mérite du sang à la Maison Noirmont mais mentionnait également la position reculée de sa Maisonnée bien à l’abri dans son enfer de sables incandescents. Se draper d’un pseudo héritage guerrier ne faisait pas d’eux de plus braves combattants pour autant, bien cachés à l’intérieur des terres… Mais ça, Oberyn se garderait bien de le mentionner tant il ne voulait pas définitivement se mettre à dos le vieux guerrier.

Plus que quiconque dans le convoi, il connaissait le chemin arpenté jusqu’alors et l’influence de l’Océan approchant se faisait de plus en plus évident. Les hautes parois rocheuses couvertes de mousses rêches comme de lichens à la couleur délavée par les vents chargés de sel ne manquaient pas de sembler de plus en plus lisses, des traces d’humidité évidentes se faisant de plus en plus évidentes. Pour un œil exercé, l’on pouvait deviner des nids de ces aigles marins si prisés dans la citadelle de son enfance et qui soulageaient des côtes de leurs lots de mouettes aux piaillements immondes. La passe montagneuse serait bientôt derrière eux et les Météores en vue. Il ne connaissait que trop bien ce chemin escarpé sillonnant dans la roche brute pour reconnaitre qu’une fois à l’orée de la lumière vive se rependrait devant eux le rivage parcouru d’arbres et de champs sillonnés de canaux délivrant l’eau claire de la Torrentine. Et au loin, de découpant sur l’azur céleste, la silhouette de sa cité à degrés, surplombée par la puissante citadelle de son enfance et bordée par les docks à l’incessante inactivité. En son for intérieur, il cherchait à imaginer quelle serait la réaction de son interlocuteur face à ce spectacle qui, lui, l’enjouait… Mais, une nouvelle fois, la diatribe de son guerrier opposant parvint à ses oreilles pour une ode au passé qu’il semblait tellement, tellement, désireux de faire resurgir de l’oubli.

Si le mutisme parfait fut une nouvelle fois au rendez-vous de ces propos que le jeune héritier du Seigneur des Météores jugeait pour le moins violent, ce dernier ne manqua pas de relever une remarque qui lui serait possible de réfuter. Du moins, qui lui permettrait de juger Rennifer sur ses ambitions véritables, afin d’établir si ces dernières pouvaient bien s’inscrire en parallèle des siennes. Ou bien si elles les opposeraient éternellement… L’âge avancé du piquier ne manquait pas de la faire parler à la manière de ceux qui ont sillonné le monde et s’en sont fait une idée arrêtée. Face aux mots de son interlocuteur, Oberyn se sentait perçu comme un jeune idiot à qui il aurait même été nécessaire d’apprendre à respirer… Port-Réal s’affichait comme un modèle de décadence aux yeux du combattant à la sombre peau. Peut-être ne savait-il pas que le jeune chevalier des Météores avait lui-même vu le Donjon Rouge de ses propres yeux d’un bleu sombre pailleté d’une teinte lilas propre à la famille dirigeant les Sept Couronnes. Dans le souvenir joueur d’épée, le tableau n’était pas aussi noir que le vieillard voulait bien le dresser… Il ne manquerait pas d’une nouvelle fois le mentionner, mais s’était sans compter sur le verbe acéré du personnage âgé qui chevauchait à ses côtés. Et une nouvelle fois, il fallut bien de la retenue comme du sang froid au chevalier des Météores pour ne pas laisser exploser sa fierté et mettre au clair la laiteuse lame de l’Epée Aube pour laver l’honneur de ses parents qu’avait insulté le Dornien Salé en mentionnant de ses mots abruptes un semblant d’insulte visant à les insulter de nouveau. La colère bouillait dans le cœur du jeune chevalier et plus que jamais il pensait que la suite ne serait que plus de venin jeté sur les plaies.

Mais cette fois ci, les mots qui parvinrent à son ouïe le laissèrent pour le moins interdit tant ils trahissaient une nouvelle qu’il n’avait pas espéré entendre à mesure que cet entretien avait évolué. Ainsi donc, le vieux lancier avait reconsidéré sa position et comptait prendre part au conflit contre le Fer-nés. La surprise était de mise, à même d’interdire le jeune homme un court instant. S’il était enchanté par la nouvelle, elle lui fut rendue quelque peu amère par la suite du discours. Toujours la même rengaine, toujours la même haine qui semblait consumer les propos de l’Uller à la peau aussi sombre que ses desseins aux yeux du vertueux chevalier de la maison Dayne. Les sombres yeux de son interlocuteur désormais braqués sur lui, Oberyn se contenta de lui opposer un sourire amusé autant que soulagé. Le vieil homme avait beau lui opposer toutes les précautions dont il voulait bien user, au final, les autres Maison de Westeros ne jugeraient son ralliement sous la Bannière Martell que comme une marque de son attachement à défendre les intérêts des Sept Couronnes comme des Targaryens. Cependant, voir la troupe Uller combattre de concert avec des Eléments du Bief promettait de dévoiler des trésors de compromis comme de Diplomaties. Pour la première fois depuis que ce titre lui avait été décerné par la Prince, l’Epée du Mmatin en serait presque venu à déplorer son statut de Champion de la Maison Martell et donc de Dorne… Néanmoins, il ne manqua pas d’employer un ton courtois autant qu’enflammé et soulagé pour répondre à l’état de fait présenté par ce Rennifer à la pensée bien compliquée...

« Vous me voyez comblé par pareil revirement, Rennifer Uller… Finit-il par lâcher, déployant un semblant de sourire qu’il laissait au vieil homme le soin d’interpréter à sa guise. Ces premiers mots prononcés, Oberyn glissa un regard sur la naturelle chaussée. Sa connaissance du terrain lui révélait qu’ils ne manqueraient pas d’arriver au point critique. Alors, le jeune homme engoncé dans son armure à la teinte blanche et au métal argenté talonna vigoureusement les flancs de son sombre coursier. Un bond succéda à un autre puis la courte chevauchée se conclut par un violent mouvement de rennes qui figea Shuram sur place. Au sommet du sinueux sentier, le jeune homme semblait auréolé par les rayons du céleste astre du jour. Et alors que le cavalier Rennifer émergeait des dernières ombres de ce tortueux chemin érigé entre les parois abruptes de la Montagne Rouge, il fut cueilli par les propos de l’Héritier des terres qui se déployaient, désormais, devant ses yeux. …Dorne peut s’enorgueillir de pareil renfort, je me flatte de pouvoir me battre à vos côtés et pouvoir compter sur pareil allié contre des adversaires à la réputation tant renommée ! »

Oberyn ne releva nullement tout ce qu’il pouvait penser des dernières affirmations que pouvait bien avoir prononcé son interlocuteur. Dos au soleil, les cheveux battus par le vent marin remontant la Torrentine, ses cheveux clairs battaient les airs au rythme des zéphyrs claquant sur le visage du Dornien Sableux qui lui faisait face. Dans son dos se déployait le panorama de son enfance, le pays pour qui il donnerait sa vie. Large bande de terre aux champs et vergers fourmillant de l’activité des gens qu’il avait juré de protéger. Les troupeaux pâturaient sous la bonne garde de jeunes pâtres alors que de frêles esquifs à la voilure gonflée par les vents remontaient le cours du fleuve pour aller commercer leur cargaison dans le fief de la Maison Noirmont. Dans les flots bleus nageaient des enfants, souvenir douloureux pour le jeune Dayne qui avait perdu un frère dans pareille circonstance. A la gauche du Chevalier des Météores, le chemin se dirigeait hors des terres sous l’autorité Dayne, s’enfonçant vers haut Hermitage et plus loin encore les fiefs voisins. A sa droite, le sentier serpentait entre les rondes pierres ocre pour rejoindre la route en contrebas et rallier d’un pas tranquille la cité qui se découpait au loin. Ville de son enfance et siège de la Maison, Ser Oberyn Dayne voyait se dessiner le tableau des Météores au-dessus de son épaule…

Epousant la falaise alentour, la ville semblait s’être érigée à flanc de monts en strates successives distinctes les unes de autres par une série de remparts épais comme crénelles et sur lesquels battaient fièrement les étendards violet pâle de la Maison Seigneuriale. Couvrant l’ensemble de l’espace entre la falaise et le fleuve se jetant dans l’océan, la ville semblait parcourue de canaux d’eau faisant office de docks miniatures quand des bâtiments de bois flottant imposant déchargeaient leurs épices comme leurs trésors sur des quais de pierre puissamment enfermés dans les bras de murailles érigées sur les récifs propres à la naissance de la mer. Le profil de la ville semblait anarchique, les toitures des maisons régulières parfois brisées par des tours comme des bâtiments imposants que le Dornien Sableux ne saurait décrire au premier regard. Fière et indomptable, s’érigeant au sommet d’une falaise abrupte sur le trois quart de ses faces, la citadelle des Météores déployait une ombre protectrice sur son peuple en contrebas. Le torse gonflé de fierté par le lointain spectacle de sa maisonnée, Ser Oberyn Dayne savait que s’était ici que leurs chemins allaient se séparer. Il attendit donc que le vieil Uller se fige à ses côtés et entreprit de conclure leur entrevue par des mots nouvellement prononcés :

« Vous ne manquez pas d’avoir raison… Nos buts nous opposent et seront de possibles étincelles à enflammer des conflits déchirant nos peuples respectifs… A moins que nous n’unissions intimement nos deux Maisons ! Vous avez un jeune fils, j’ai une jeune sœur… Un Mariage scellerait pour de bons d’amicales relations. »

Cette ce fut au sombre regard bleu pailleté de la teinte lilas propre au rouge dragon tricéphale de pénétrer avec force et conviction les iris de son opposant. La proposition était sincère mais n’engageait pas pour autant le futur. Oberyn savait que l’enfant du vieil homme n’était pas en âge de s’intéresser au beau sexe tout comme sa plus jeune sœur, Kyara, était plus que loin de pouvoir enfanter. La passe avait pour but de tester les désirs de la maisonnée Uller. Pouvaient-ils se montrer intéressés par telle alliance future à même d’engendrer une durable paix ? Ou bien le buté Rennifer se montrerait il aussi robuste et indéformable que l’acier noir, préférant rompre plutôt que de laisser une chance à ses idées d’évoluer ? L’évolution serait intéressante à juger et bien que les politiques intrigues n’aient point son intérêt, Ser Oberyn Dayne se trouvait un semblant de passion à ainsi jauger de quoi était fait celui qui pourrait bien, plus tard, s’affirmer comme un tenace opposant ou allié familial important. S’il étirait un fin sourire à même de jeter le trouble sur ses intentions, le manieur d’Aube ne manqua pas de rebondir sur un point précédemment abordé par le vieux lancier et de sa puissante voix claire fendre le vent du matin :

« Vous avez constaté la faiblesse du Trône de Fer en sillonnant Port-Réal, j’y ai découvert la valeur de sa Chevalerie confirmée par ses exploits lors de la bataille de Salvemer. Bon nombre des hommes qui y ont combattu à mes côtés seront des nôtres pour de nouveau affronter les Fer-nés, j’en suis intimement convaincu… Peut-être ces combattants-là seront-ils à même de détourner vos pensées des souvenirs qui semblant chez vous bien ancrés… »

La pensée était sincère, les mots tranchés. Oberyn n’avait que faire des faux semblants comme des remarques déguisées. Son opposant verbal ne s’était pas gêné pour d’un revers de bras les écarter, à quoi bon terminer ces palabres par un semblant de convenances quand elles n’étaient plus de mise depuis bien longtemps ? Bientôt, Rennifer Uller et ses hommes ne chevaucheraient plus sous son escorte et parcouraient ses terres dans l’unique but de quitter son domaine. S’en iraient-ils quérir l’approbation de leur projet par d’autres quelconques seigneurs frontaliers ? Probablement… Il était un dernier point que le jeune chevalier souhaitait éclairer aux yeux du vieil homme qu’il ne pouvait s’empêcher de respecter. Un point qu’il n’avait cessé de marteler et qui n’était, pour ainsi dire, pas totalement fondé. C’est ainsi que le fils de Lord Olyvar Dayne finit par s’éclaircir une dernière fois la voix avant d’appliquer le timbre Seigneurial propre à sa future fonction pour peser de ses mots sur les pensées du lancier la sombre peau :

« En revanche, il y a une chose sur laquelle vous vous méprenez, Rennifer Uller… Je ne suis pas acquis à la cause du Trône de Fer. Tout comme je ne suis pas acquis à celle des Sept, à celle de Rhyonar comme à celle R'hllor ou bien même celle des Anciens Dieux… Je les respecte tous autant qu’ils sont, mais n’en sert aucun de la même façon. Il est pourtant des Dieux que je sers, mais aucun ne fait partie de ceux-là… Les Dieux que je sers sont Samrawit, Mendaye, Otton, Ashenafi, Eshetu… Ce sont les Enfants dont la guerre veut voler le futur. Des enfants qui ne connaitront jamais toutes les joies et peines d’une vie sur cette terre si je ne me soulève pas et ne vous fait point face ! Je ne sers pas le Trône de Fer, mais je peux me battre à ses côtés pour la même cause que lui : la Paix… ! »

Sincérité et humilité venaient conclure les propos de l’Epée du Matin. Ce titre lui fut octroyé comme la laiteuse lame familiale du fait de son exemplarité en tant que Chevalier. Il avait, autrefois, fait le vœu de protéger les faibles et cette protection là ne trouvait elle pas de bouclier plus efficace qu’une paix durable ? Voir son nom retenu par l’histoire au moyen d’hauts fait d’armes perpétrés dans la guerre qui aurait fait couler le sang de bien des innocents n’avait que trop peu d’intérêt aux yeux du jeune homme. D’aucuns le jugerait idéaliste dans son attitude, ils en auraient le droit, mais qu’ils ne pensent pas que le jeune homme n’en reverserait pas toute la hargne comme tout le talent qui se devait d’être le sien quand sa lame serait appelée sur le champ de bataille. Oberyn Dyane n’était pas considéré comme l’un des plus fines lame de Dorne comme de tout Westeros pour rien… Une violente bourrasque soulevant pour la dernière fois ses cheveux clairs marbrés de cendre, le jeune homme maintint d’une main ferme une ruade de sa monture et braqua pour une des dernières fois ses yeux sans nulle autre pareille sur le faciès dur et agressif de celui qu’il avait appris à craindre comme à respecter tout au long de leur entrevue. A n’en pas douter, il valait mieux compter ses hommes parmi ses alliés et l’on ne pouvait que se réjouir de le voir prendre la mer pour préserver les intérêts du Royaume de Dorne. Coruscant dans son armure immaculée, l’Hériter des Météores avança au pas sa monture pour se faire plus proche de celui qui avait été son hôte improvisé. La tension semblait s’être pour le moins envolée pour le jeune Oberyn et il se contenta donc de poliment formuler des vœux sincères :

« Je souhaites que la suite de votre voyage se déroule sous les plus agréables cieux et que vous ne rencontriez point les dangers qui guettent tous voyageurs en ces terres sauvages qui ont forgés de si redoutables combattants. La formulation se voulait aussi polie que sincère mais pas totalement fausse ni dénuée de vérité. Depuis que Rennifer avait affirmé son souhait de participer à la bataille contre les Fer-Nès, ce n’était pas peu dire qu’Oberyn avait tout sauf envie de perdre pareil allié. Les batailles à venir seraient accompagnées de leur lot de gloire et de leur lot d’horreurs… Il serait de bon ton de les affronter épaulé d’hommes ayant traversé l’enfer des âges et qui en étaient revenus pour le raconter. Un semblant de sourire accompagna la seconde partie de ce discours d’adieu en trois actes : Je vous saurais gré de transmettre à votre Seigneur, Lord Luan Uller, tous le respect ainsi que tous les vœux de prospérité comme de félicité de la Maison Dayne des Météores au Château de Denfert. »

La formulation avait tout ou presque de protocolaire, simplement transformée par le timbre sincère employé par le représentant de la maison aux armoires représentant une épée croisant une étoile filante sur un champ violet pâle. De ces expressions vocales à même de transformer une banale formule en une expression qui vous prend au trippe tant elle semble sincère et bienveillante. Un fait véritable pour le jeune Dayne. Après tout, pourquoi souhaiterait il du mal au moindre de ses semblables Dornien tant il s’échinait à les protéger par ses armes comme par son titre ? Les flancs de son cheval plus proche que jamais de ceux de la monture du vieillard, Oberyn posa sur lui un regard fier et bienveillant, de ceux qui animent des alliés s’apprêtant à en découdre face à commune menace. La conclusion de l’ambassade se faisait de plus en plus proche et ainsi se déroula le dernier des trois actes d’un discours qui n’avait rien de préparé autant que de feint :

« La prochaine fois que se croiseront nos chemins et que nous chevaucherons côte à côte, ce sera au-devant d’un opposant redoutable… Je tiens à vous témoigner la fierté qui es mienne de pouvoir combattre à vos côtés autant que celle que je ressens en vous figurant tel un allié. Puissent vos Dieux comme les autres vous être favorable, Rennifer Uller… »

La conclusion fut prompte à suivre, découlant d’une logique qui aurait pu ne point apparaitre évidente du fait des heurts comme des accrocs qui avaient successivement émaillé cette ambassade pour le moins houleuse. Mais une ambassade fructueuse qui avait permis au jeune chevalier de trouver un brillant comme puissant allié à même d’affronter la mort à ses côtés. Et quitte à se retrouver condamné aux Sept Enfers dans la bataille contre les hommes à la seiche d’or, autant s’y rendre avec un Dornien qui portait tout son respect… Visage de marbre et attitude prétorienne furent de mise quand l’héritier des Météores tendit sa main ouverte en direction du vieux lancier. De guerrier à guerrier, un salut qui se voulait respectueux autant que trempé dans la fierté !




« Seal my heart and break my pride,
I've nowhere to stand and now nowhere to hide,
Align my heart, my body, my mind,
To face what I've done and do my time. »
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Message Sam 3 Nov 2012 - 23:12

Au final que savait Rennifer de ces Iles de Fer sur lesquelles il comptait aller bientôt combattre ? Bien peu de choses à vrai dire, en dehors de sa terre natale et des régions adjacentes Westeros ne l’avait jamais intéressé, bien entendu il était capable de citer les différents royaumes annexés par le Trône de fer ainsi que les seigneurs suzerains qui servaient de pantins pour assurer un contrôle local mais ses connaissances n’allaient pas beaucoup plus loin. D’autres gens peuplaient ce continent, d’autres gens qui n’appartenaient pas à son peuple et qu’il, dans d’autres circonstances, n’aurait jamais croisés sur leurs domaines. Connaitre la Géographie du Bief, des Terres de l’Orage et des Terres de la Couronne constituait un impératif stratégique en prévision des projets sanglants que nourrissait le vieux lancier, cela revenait à reconnaitre le champ de bataille en accumulant autant d’informations que possible sur un terrain qu’il arpenterait en combattant et sur un peuple qu’il désirait passer au fil de la lance. Mais qu’avait-il à gagner en s’intéressant à ce Nord si lointain ou à ce Val si isolé ? Jamais Rennifer ou quiconque portant la bannière de Denfert ne s’y rendrait, tout ce qu’il y avait à savoir d’eux se limitait aux compétences dont leurs troupes pouvaient faire preuve. Et c’est justement en participant à un conflit dont les enjeux ne lui importaient guère qu’il jugerait de ses propres yeux à quel point la résistance déployée par les Targaryens se ferait forte une fois que Dorne se serait soulevée. Les Fer-nés représentaient un prétexte qui avec le recul ne pouvait pas mieux tomber, pour peu que ces pirates parviennent à repousser l’offensive sur leurs ilots l’attention du « Roi » resterait rivée sur eux tandis que toujours plus de troupes s’en iraient s’écraser sur leurs rivages. Cette défaite ne serait pas la sienne, aussi loin que pouvaient aller ses prouesses martiales il restait un homme fait de chair et de sang, donc incapable de renverser le cours d’une guerre dans son ensemble malgré les trophées que le vieil homme comptait bien ramener jusqu’au grand hall de sa demeure. Il tuerait avec toute la hargne à sa disposition, sans jamais retenir ses coups mais sans pour autant considérer un camp ou l’autre comme autre chose que des ennemis, l’un des deux voyait sa fin reportée à un autre jour, voilà tout. Lui et sa fille s’entraineraient côte à côte tout en rappelant à qui les observerait comme il est dangereux de s’attirer le courroux du désert. Qu’importe l’Epée du matin, qu’importent les autres Dorniens qui y prendraient part, qu’importe le Prince, même ! Les Uller tueraient pour eux et pour eux seuls et s’en retourneraient chez eux quand ils jugeraient le moment opportun pour reprendre la mobilisation des autres seigneurs nés du sable et de la roche.

Le paysage ne cessait de muer tandis que la distance les séparant des Météores diminuait, Rennifer se savait toujours chez lui mais l’aspect peu familier des environs tranchaient tellement avec les dunes qu’il affectionnait que tout sentiment d’appartenance, de lien avec cette partie de son pays se réduisait au strict minimum. Bien entendu il avait plus d’une fois voyagé dans les territoires montagneux qui servaient de frontière naturelle aux siens, notamment pour des visites de courtoisie auprès des Forrest avec qui son neveu entretenaient des liens étroits, mais là où la Passe du Prince apportait quelque réconfort grâce à l’aspect sec et brut de ses roches, le sentier longeant la Torentine était marqué par la mer et commençait à mettre ses sens en éveil et sa personne restait sur la défensive. Les couleurs, l’humidité, la flore, tous ces petits détails donnaient à l’ensemble un caractère propre que le Uller n’appréciait pas, non pas que cela lui ait inspiré le même rejet primaire qu’avec les terres vertes du Bief, mais cette façon indécente qu’avait l’eau d’occuper le moindre espace d’air ou de terre ne lui plaisait pas. A cause de la facilité qu’impliquait un tel environnement peut-être ? Sans doute, peu devaient souffrir de la soif ici, les sources venant abreuver cette rivière étaient très certainement nombreuses, distribuant leurs bienfaits avec autant de facilité qu’une catin de Port-Réal écartait les jambes. Même la beauté dont pouvaient se targuer les hautes et blanches falaises ne parvenaient pas à lui inspirer d’autres émotions qu’une vague inquiétude ponctuée de mépris. Tout était trop pur, trop précieux, le simple plaisir que l’on pouvait prendre à contempler ce qui était harmonieux lui échappait car dans sa mentalité particulière une terre devait se montrer ingrate avec ses habitants, les pousser à bout pour qu’ils gagnent en force ou disparaissent. Pourvu que les Météores ne viennent pas confirmer ces nouvelles craintes quand ils apparaitraient à l’horizon.

Comme prévu le jeune chevalier avait été étonné par ce revirement, après avoir reçu un refus clair et net à peine quelques minutes auparavant il était logique de ressentir de la surprise quand un personnage si buté finissait par accepter votre offre. Certes les motivations qui avait amené le Uller à revoir ses positions avaient été clairement énoncées et ces dernières n’avaient rien à voir avec les arguments que le guerrier aux cheveux blonds avaient utilisés pour le convaincre, mais les faits restaient les mêmes : tous deux auraient sans doute l’occasion de se prouver leur valeur côte à côte ou du moins à portée de vue de l’autre. A voir son expression et à en juger par la sincérité de ses propos la nouvelle réjouissait l’Epée du matin, pour sa part Rennifer ne voyait là, en plus du reste, qu’une occasion d’apprécier les prouesses que l’on attribuait à cet homme. Les compliments n’eurent pas le temps de s’éterniser, le temps de gravir une dernière pente et le sentier quitta les ombres dans lesquels le relief l’enveloppait, baignant l’avant de la troupe dans une lumière matinale devant laquelle le natif des sables cilla à peine. Troupeaux, arbres fruitiers, champs, tout cela accrochait l’œil tant il y en avait en profusion non loin de cette rivière d’eau claire. Et pourtant la forteresse des Météores parvenait à occulter tout le reste sitôt qu’on la remarquait. Jamais le lancier n’avait vu pareille architecture auparavant, falaise et murs semblaient ne faire qu’un, comme si les habitations et les remparts avait été creusés à même la pierre et non superposés à la montagne. Pareil château représentait une merveille de fortifications et d’ingéniosité dans sa conception, faire tomber pareille cette forte demanderait probablement des milliers d’hommes et un long siège pour prendre un à un ces niveaux superposés, le tout à un prix très élévé. Oui les Météores étaient un idéal en termes de défense, un nid d’aigle permettant de se mettre à l’abri des flèches et des épées alors que l’ennemi tentait en vain de percer une brèche dans les murailles blanches. Ils accordaient la sureté aussi bien aux seigneurs qu’aux paysans. Pour toutes ces raisons Rennifer les détesta immédiatement. Ici il n’y avait nul risque, nul ennemi dont la présence pouvait inspirer une crainte justifiée et la volonté de combattre pour sauver sa vie, juste un havre de paix apparemment fertile qui permettait au peuple de poursuivre son existence sans le purger des faibles ou des malades. Dans un sol trop riche les meilleures plantes poussaient sans peine, mais elles s’amollissaient au passage alors que les mauvaises herbes prospéraient avec autant d’ardeur jusqu’à finalement remplacer tout le reste. Cet endroit était tout simplement à l’opposé de Denfert, à l’opposé de ce mode de vie qu’il incarnait et encourageait de tout son être.

Rennifer arrêta sa monture avec le manque de délicatesse et d’intérêt coutumier qu’il adressait aux bêtes, se figeant avec un visage cryptique aux côtés d’Oberyn que la vision de son domaine semblait satisfaire. Il n’écouta que d’une oreille quand son vis-à-vis reprit la parole. Occupé comme il était à déconsidérer point par point chaque élément du décor qui s’offrait à son regard impitoyable, la surprise lui fit le même effet qu’un coup d’épée venant de nulle part et ne manquant sa gorge que de quelques pouces. Un mariage, un mariage entre son seul fils et une Dayne dont le vieux lancier ignorait le nom. Le jeune Ser savait se montrer imprévisible dès que cela touchait aux propositions saugrenues, de tout ce que le Uller s’était attendu à entendre pour marquer la fin de leur rencontre cette offre arrivait presque en dernière position après une demande en mariage concernant Anissa ou même Batilde. Certes comme son homologue l’affirmait les liens entre leurs deux raisons s’en trouveraient resserrés –ce qui ne serait pas pour déplaire à Luan, Rennifer en était persuadé- et cela faciliterait peut-être les choses pour faire changer d’avis la Maison si aveuglément fidèle à ses vœux. L’héritier avait refusé net, avec de la chance le Lord actuel serait plus facile à convaincre s’il entretenait une correspondance soutenue avec Denfert. La libération de leur pays était une cause juste, et qui mieux qu’un homme mûr pour comprendre l’envie d’indépendance qui avait motivé cette expédition ? A l’aide d’une union tout cela deviendrait possible, gagnant au passage l’appui tant recherché d’alliés dans les montagnes et donc un argument supplémentaire à présenter devant le Prince. Diplomatiquement répondre oui aurait été judicieux, ou du moins prendre la peine de considérer la chose malgré le jeune âge d’Otton, mais les Uller n’avaient pas acquis leur réputation grâce à leur prudence ou le recul dont ils savaient faire preuve.

Jamais, voilà le simple mot qui manqua de franchir par réflexe ses lèvres alors qu’il tournait sèchement la tête pour répondre à la clarté des yeux violets par le brun sombre des siens. Jamais le sang de sa lignée ne se mêlerait à celui de ces seigneurs des montagnes dont le mode de vie s’avérait bien plus proche de celui de l’ennemi éternel que du reste de Dorne. Jamais il ne tolèrerait une telle chose, préférant même tuer sa progéniture de ses mains plutôt que de la vendre de la sorte. Le ridicule d’une telle idée lui aurait presque arraché un rire grinçant s’il l’avait entendue chez lui, entouré des siens et de son désert révéré, en cet instant il n’afficha rien d’autre que cet air de colère contenue qui occupait habituellement ses traits faute de mieux. Le vieux lancier n’aimait décidément pas le sourire de son homologue guerrier, tout comme les terres qui s’ouvraient devant lui venaient vaguement rappeler les paysages ennemis, ce pincement des lèvres n’était… eh bien pas Dornien, pas Dornien du point de vue d’un Uller. Inspirant légèrement il répondit :

« Je vais être clair, jeune Dayne : Ta sœur ne survivrait pas à Denfert, pas après avoir vu le jour ici. Notre eau est boueuse, notre sol ingrat, la dureté du corps et de l’esprit une nécessité pour survivre chez moi. Tout comme il ne me viendrait pas à l’idée d’envoyer Otton aux Météores, il ne devrait pas te venir celle de planter une fleur des montagnes entre les dunes. Celles et ceux qui se joignent à ma Maison par le biais du mariage ont toujours des difficultés à s’habituer à notre domaine et à notre mode de vie, voilà pourquoi nous préférons en temps normal les autres lignées du désert ou des côtes, parce que les autres auraient les plus grandes peines à supporter tout cela. »

Même le soleil est faiblard ici pensa-t-il avec amertume tandis que le reste de ses hommes venait les rejoindre en bon ordre.

« De même, à mes enfants je proposerai des jeunes gens avec qui les miens sont déjà en bons termes, une union vient démontrer une amitié, jeune Ser, elle ne la crée pas, pas plus qu’elle n’apaise des tensions déjà présentes. Si tu souhaites que Uller et Dayne finissent par s’entendre cela ne pourra se faire que lorsque l’une ou l’autre de nos Maisons se décidera à revoir ses positions. Et Denfert est restée telle quelle depuis sa construction. »

La conversation s’orienta ensuite vers un point qu’ils avaient déjà abordé lors de leur premier échange, celui de la faiblesse avérée chez les autres peuplades de Westeros. Oberyn revenait à la charge dans le plus pur style de la chevalerie en défendant les camarades qui comme lui avaient prêté serment devant sept divinités auxquelles Rennifer n’accordait aucun crédit. Le combat appartenait au monde des hommes et des femmes, la Mère-Rivière se moquait que l’on prétende guerroyer en son nom, sa nature bien supérieure laissait aux mortels le droit de s’entretuer de la façon qui leur convenait car au final tous finissaient par revenir vers elle. Ces Sept devaient au final être aussi faibles que ceux qui les vénéraient s’ils s’abaissaient à ce niveau. Que ces principes sans intérêt suffisent à donner à l’héritier des Météores l’impression que lui et ces simples soldats montés et vêtus de plates partageaient la même proximité que les membres d’une fratrie révulsait le vieil acariâtre. Lui ne voyait que des soldats arrogants profitant de la protection de leur armure intégrale pour simuler le courage ou la force, car paré de la sorte il devenait si facile de prendre la tête d’un assaut et d’en retirer les honneurs. Tout cela n’était qu’une mascarade, une illusion de grandeur que le Uller méprisait. Il dit simplement :

« Nous verrons cela en temps voulu, mais je doute de jamais changer d’avis à propos d’hommes qui préfèrent se rendre que de périr en luttant et regagner leur liberté en échange de quelques pièces versées par leur famille. Qu’ils placent l’honneur en si haute estime et parviennent à supporter tant de causes de honte ne cessera de me dégoûter. »

Comme lui l’Epée du Matin réalisait que leurs routes allaient bientôt se séparer et qu’ils ne se recroiseraient probablement que sur le pont des bateaux les emmenant vers ces Iles de Fer à conquérir. Aussi le garçon aux yeux clairs avait envie de vider ce qui lui restait sur le cœur, de défendre chèrement ses idées pour persuader quelqu’un qui n’avait aucune chance de l’être. Le geste était louable et prouvait une certaine détermination dont Rennifer avait déjà eu un exemple plus tôt, aussi prit-il encore une fois la peine d’écouter jusqu’au bout ce qu’il savait déjà comme opposé à ses propres principes. Et effectivement, ils ne pouvaient pas moins être d’accord, ce que Rennifer fit rapidement savoir :

« Je vis pour la guerre, jeune Dayne, et je mourrai probablement grâce à elle. Tu dénonces le malheur et les pertes qu’apportent les batailles, moi je n’hésite pas à cracher sur le relâchement d’une paix prolongée. Même une fois Dorne libre je désapprouverai que l’on dépose les armes car je souhaite à nos descendants une éternité de conflits où ils pourront s’illustrer. Notre peuple peut le supporter sans peine, et chaque fois que l’ennemi fuira nous reconstituerons nos forces deux fois plus vite que lui les siennes, tel était notre mode de vie jusqu’à un passé récent et tel devrait-il être à l’avenir. »

Le rassemblement de ses guerriers autour d’eux et l’attention qu’ils portaient à leur conversation malgré leurs regards rivés sur les environs encouragea Rennifer à échanger les salutations d’usage avant de quitter la compagnie du jeune homme. Leur rencontre s’était avérée des plus particulières, à plusieurs reprises tous deux avaient failli tirer leurs armes respectives de leurs repos provisoires pour un combat qui n’aurait probablement rien eu d’amical. Un jour viendrait peut-être où le vieux lancier regretterait amèrement de ne pas avoir attenté à la vie de l’Epée du matin, mais pour l’heure le seul avis qu’il retenait concernant l’héritier des Météores conseillait une observation prolongée de ses actes et de ses décisions. Se hisser jusqu’au plus haut rang au sein de sa Maison pourrait suffire à lui ouvrir les yeux quant aux réalités de ce royaume pourrissant et aux véritables besoins de ceux placés sous son autorité. Le Uller espérait sincèrement qu’une telle chose arriverait, dans le cas contraire la charge de s’opposer aux Dayne reviendrait une fois encore à ses enfants alors que ces derniers avaient depuis peu reçu une tâche ingrate : veiller à ce que le sang du dragon n’ait pas trop empoisonné la lignée Martell.

« La Maison Uller prend acte du respect de la Maison Dayne, transmets en retour à Lord Olyvar que nous lui souhaitons encore de longues années à la tête des Météores. »

Lorsque cette main lui fut tendue avec toute l’innocence de la jeunesse présente chez son homologue Rennifer se décida à accepter le geste car ce dernier ne représentait que la reconnaissance d’un guerrier envers un autre, les affaires de la diplomatie et de leurs oppositions mises de côté pour ce court instant. Il enserra le bras un peu plus haut que le poignet, la peau de ses doigts ne s’offusquant pas de la chaleur que la plaque d’armure avait déjà commencé à accumuler sous le soleil matinal, et laissa le chevalier faire de même.

« J’attends de toi que tu tues le double de Fer-nés par rapport à ces piètres chevaliers venus d’ailleurs, alors prépare l’épée et ce bras qui font ta légende, car la guerre ne pardonne rien. Va fièrement, Oberyn Dayne. »

Rennifer relâcha finalement cet être singulier dont il ne savait toujours pas quoi penser et éperonna sa monture pour la faire rapidement descendre vers la route partant en direction du nord, ses guerriers suivirent sans un mot, laissant les deux émissaires derrière eux. Le groupe de cavaliers passa à toute allure pour s’éloigner des Météores et du spectacle qu’ils offraient, cela finit d’épuiser leurs coursiers aussi le lancier décida qu’ils établiraient un campement à mi-chemin jusqu’à Haut-Ermitage. S’il refusait de l’admettre lui aussi commençait à ressentir le contrecoup d’une nuit sans sommeil et d’une matinée riche en émotions. Rien que quelques heures, ensuite feraient ils probablement demi-tour sans faire remarquer outre mesure leur présence, le moment n’était plus à contracter des alliances et aller à la rencontre des Noirmont s’avèreraient contre-productif en pareilles circonstances. Le vieil acariâtre voulait rentrer chez lui, les préparer lui et la chair de sa chair à un voyage qu’il comptait bien rentabiliser.
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