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La corne de guerre et la seiche d'or [TERMINE]

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Seigneur Suzerain de Iles de Fer
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Dagon Greyjoy
Seigneur Suzerain de Iles de Fer

Général


"Nous ne semons pas. "

Lord Ravage de Pyk,
et de ce qu'il en reste
Fils du Vent de la Mer
Capitaine de.... non, SBF


♦ Missives : 181
♦ Missives Aventure : 89
♦ Age : 28
♦ Date de Naissance : 13/05/1989
♦ Arrivée à Westeros : 16/09/2012
♦ Célébrité : Mads Mikkelsen
♦ Copyright : Lakdahr (signature + vava)
♦ Doublons : Neassa Baratheon, Bayard
♦ Age du Personnage : 44 ans
♦ Mariage : Lady Aaricia Bonfrère
♦ Lieu : Iles de Fer, Pyk
♦ Liens Utiles : # le personnage
# ses liens
# ses aptitudes
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# équipage du nouveau boutre
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Message Mer 26 Sep 2012 - 22:38

Le Seigneur de Pyk était appuyé sur le rebord de la fenêtre de la salle principale de sa forteresse rocheuse. Il tenait une coupe dans sa main gauche et buvait en se délectant du nectar qui lui faisait autant de bien au gosier qu’à l’âme. Pour la plus grande partie de la journée, il avait écouté sans ciller les différents qu’il existait entre plusieurs des habitants du peuple des Iles. Ils venaient toujours plus nombreux se plaindre auprès de leur suzerain pour un poisson volé, un boutre éraflé ou tout autres affaires qui en auraient fait bailler plus d’un. Mais il n’avait jamais baissé les bras devant tant de labeur. En relayant son père, il avait accepté tout ce qui s’en suivrait, et en connaissance de cause bien plus que les autres ne le croyaient.

Il avait attendu toute la journée, patiemment. Il savait que la soirée serait plus agréable et même plus enrichissante. Ses yeux parcourraient ses terres, en quêtes d’évasion. Il inspira un grand bol d’air marin en buvant encore une gorgée. La porte de la grande salle avait été laissé volontairement ouverte. Elle procurait des courants d’air mais là n’était pas le but recherché. Le temps s’était déjà bien refroidit et bien que Dagon n’aimait pas les chaleurs exotiques, il n’aimait pas non plus le froid du Nord. Il inclina la tête sur le côté. Une porte venait de claquer dans les étages. Il tendit l’oreille. Sa cécité avait du bon. Il arrivait déjà à mieux discerner certains bruits. Cette fois, il reconnut la démarche. Ou plutôt, ne la reconnut pas. Tant mieux. Les domestiques évitaient de passer trop souvent devant la grande salle lorsqu’ils savaient la porte ouverte. Allez savoir pourquoi. Ce n’était donc pas quelqu’un de la maison qui regagnait l’extérieur.

Dagon se redressa et quitta son perchoir. Silencieusement, il se rapprocha de la grande table et y déposa sa chope qu’il vida d’un dernier trait. Il ne prit pas la peine de ranger son travail laissé en plan. Il s’avança jusqu’à la porte et se décala au dernier moment, juste pour ne pas rester dans l’embrasure ouverte. Le visiteur passa sans le voir. Dagon reconnut la silhouette qui marchait avec l’énergie de la jeunesse. Il esquissa un sourire. Il attendit que son hôte soit plus éloigné pour quitter la pièce. Les couloirs étaient vides. Fort bien. Il emprunta un autre passage et descendit lui aussi pour regagner l’air libre de la cour. En arrivant à l’extérieur, il ferma les yeux, un instant aveuglé. Il garda le gauche clos et avança en direction des écuries. Un écuyer accourut en voyant entrer le visiteur. Le reconnaissant, il bifurqua en chemin et prépara le bais du suzerain qui s’était arrêté. Ce dernier regardait dehors par la petite ouverture.


« Prépare aussi une monture pour notre hôte. »

Il avait parlé sans regarder son écuyer qui depuis le temps se contentait de sourire bêtement à le moindre de ses ordres. Dagon croisa les bras et attendit, le regard toujours braqué sur l’extérieur. Il ne voulait pas laisser passer cette chance. L’écuyer arriva avec les deux bêtes fraîches et sellées. Il tendit les deux rênes au seigneur Ravage et s’écarta en souriant. Dagon enfourcha le bais. De petite taille, le Suzerain arrivait à sortir de l’écurie monté sur son bais sans risquer de s’ouvrir le crâne sur les poutres de la porte. Il devait tout de même se pencher raisonnablement en avant. Mais ça lui évitait de parcourir la cour à pied. Les rênes du bais dans sa main droite, il tenait les rênes de l’alezan dans l’autre. Menant son cheval au pas, il se dirigea vers l’autre extrémité de la cour. Son visiteur, par une chance à moitié calculée, était encore là. Il s’arrêta à sa hauteur. Il ne prit pas la peine de descendre, ni même de le saluer. Il était ici chez lui.

« A cheval. »

Ce n’était pas un ordre. Il l’avait prononcé d’un ton posé et dénué de tact. Il n’attendit pas non plus de réponse de la part de son hôte et laissa simplement tomber les rênes de l’alezan. Son cheval recula d’un pas. Dagon changea ses rênes de main pour les guider avec sa main favorite. Même s’il avait baissé le regard sur l’homme au sol pour lui adresser la parole, son œil était désormais tourné vers la porte de fer et la herse redressée. Sans un regard en arrière pour voir si son collègue le suivait, il poussa son cheval au pas jusqu’à la porte. Une fois sur la route, il talonna sa jument bais qui baissa l’encolure avant de partir au petit trot. Ses chevaux se soulevaient au rythme des foulées. Son regard était tourné vers la mer. Après une dizaine de minutes où Dagon n’ouvrit pas la bouche et ne daigna porter la moindre attention à son suivant, ils avaient atteint une petite colline qui faisait face à Pyk. Le sol était aride et il n’y avait que pierres aux alentours. Dagon mis son cheval au pas et attendit que son voisin soit à sa hauteur. Par un écart, il obligea se dernier à venir se positionner à sa droite, pour qu’il puisse l’avoir dans son champ de vision.

« Connaissant les vôtres, une sortie à cheval était inévitable si je voulais pouvoir vous parler sans déranger la moitié de mes gens. »

Il regardait droit devant lui. La courtoisie n’était pas pour lui. Son peuple faisait avec, comme les habitants des autres îles. Il baissa les yeux un instant avant de les remonter sur le jeune homme à côté de lui.

« Même si je n’ai rien contre le fait que tu viennes rendre visite à ton aînée de sœur, tu devrais t’en garder le plus possible. Elle finira par se reposer sur nous, Bonfrère. »

La politesse non plus, il ne l’appliquait pas. Encore moins avec une personne qui avait pratiquement trente ans de moins que lui. Il connaissait Willem Bonfrère, l’un des jumeaux de Cormartel, depuis qu’il était venu chercher en personne Aaricia. Le destin n’avait permis à Dagon que de le voir de loin et d’entendre parler de lui, en bien. Il n’avait jamais pu avoir une discussion sérieuse avec le jeune homme. Le Dieu Noyé lui en donnait une en ce jour. Il l’en remercia en silence. Il était plus que temps. Ce dernier séjournait à Pyk en vue de l’accouchement d'Aaricia et Dagon n'avait pas trouvé un instant pour l'aborder. Le jeune homme était désormais un homme fait. Un véritable fer-né dans toute sa splendeur. Pourtant, d’après les dires, il n’était que l’éternel second des frères de Cormartel. Dagon ne le voyait pas ainsi.

Il détourna vite les yeux du jeune. Il n’aimait pas regarder les gens longtemps. Il relâcha la tension qui restait dans ses rênes et croisa ses mains sur le pommeau de sa selle en se laissant bercer par les pas de sa monture.


« Je me suis laissé dire que tu avais fait la connaissance de Zachery. Mon fils. »

Là était bien, en partie, le thème de la discussion qui avait poussé Dagon à faire sortir le frère de sa femme de la citadelle pour lui parler, seul à seul, d’homme à homme.


"L'histoire morte est écrite à l'Encre, la variété vive s'écrit dans le sang."  

 
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Dernière édition par Dagon Greyjoy le Dim 28 Oct 2012 - 14:56, édité 1 fois
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Message Jeu 27 Sep 2012 - 2:51

Willem n'était pas qu'un guerrier audacieux, un capitaine intrépide. Il était aussi, et peut-être d'abord et avant tout, un frère. Si les Bonfrère avaient survécu jusqu'ici aux vents et marées des temps, c'était parce qu'ils savaient se tenir. C'était du moins le cas d'Aaricia, Veloran et Willem. Il n'était donc pas étonnant que la solidarité fraternel les pousse vers quelques gestes de compassion. C'est ainsi qu'Aaricia était venue passer plusieurs jours à Cormartel lorsque Willem,revenu blessé de la bataille de Port-Lannis, était alité. Sa sœur s'était occupée de lui, bienveillante. Alors à son tour, il était allé rendre visite à sa sœur, qu'il savait blessé et enceinte jusqu'aux oreilles, une combinaison bien imprudente. Cela devait sans doute lui servir de leçon, mais ce n'est pas que pour lui faire la leçon que Willem avait fait le voyage. Il était résolu à être aux côtés de sa sœur, jusqu'à l'accouchement, qui verrait naître l'héritier légitime du Lord Ravage, un garçon de préférence, si c'était une fille, chacun ferait avec. Cet enfant, qui sera aussi le beau-fils de Willem, presque un Bonfrère... Non, même Will' l'insouciant, aux dires de son frère, ne négligeait pas l'événement que représentait la naissance de cet enfant.

Son entretien avec Aaricia s'était plus ou moins bien passée, mais il s'était terminé sur une bonne note. Comme d'habitude, le frère et la sœur s'était parlé avec franchise, ce qui implique quelques prises de becs. Il avait fait connaissance avec Zachery également, un jeune garçon qui rêve déjà d'être un guerrier. Il lui rappelait quelqu'un à cet âge... Une fois hors de la chambre, Will', fidèle à ses habitudes, n'avait pas voulu retourner à ses quartiers, pas tout de suite du moins. Il voulait prendre l'air, explorer Pyk un peu, il y venait si peu souvent. Arpentant les couloirs de pierre, il avait sa démarche habituelle, sûr de lui, fier, mais sans trop de prétention, il n'était pas un homme du continent après tout.

Tandis qu'il descendait, il passe près d'un panier empli de quelques pommes. On était en droit de se demander d'où elle provenait, mais apercevant une servante, il lui demanda simplement:

-J'espère que je n'ai pas à payer le fer-prix pour prendre cette pomme.

Le commentaire se voulait une blague, mais la servante ne sembla pas la saisir. Bref, Will' prit cette pomme comme il prend toute chose, selon son gré et reprit le chemin qui le conduisit à la cour extérieur, plus grande que celle du château à Cormartel. Tandis qu'il marchait, il aperçut, dressé sur son cheval, le Lord Ravage en personne, qui vint d'ailleurs à sa rencontre, d'une certaine façon et avec un cheval libre. Willem arrêta de marcher et quand il arriva à sa hauteur, il dit un simple "Lord Ravage", baissant légèrement la tête un instant, la redressant ensuite, un signe de respect, rappelant la stature de son beau-frère. Ce dernier le somma alors de monter à cheval, enfin, l'ordre était une suggestion implicite. Le jeune homme regarda le cheval avec un regard teinté d'une brève hésitation, puis, se hissa sur celle-ci et déjà, on pouvait remarquer qu'il n'était pas un cavalier très à l'aise.

Les chevaux... D'abord, il n'y en a pas à Cormartel, ces bêtes ne survivent pas sous les montagnes, seul les mules et les ânes y parviennent. Ensuite, il n'a jamais aimé leur odeur et enfin, soyons honnête, comme un homme ne peut être doué en toute chose, Will' est un piètre cavalier. Vous ne le verrez pas souvent sur un cheval donc, mais ce que le Lord Ravage demande, il l'obtient. Si les premières minutes sont teintées de silence, elles sont salvatrices pour un jeune homme qui se réhabitue à ce talent qu'est l'équitation et qui parvient à dompter sa monture. N'empêche, il trainait de la patte derrière le Lord Ravage, qu'il parvint à aller à sa hauteur. Il maugréait parfois de ne pas être à pied, souvent même. Mettez le sur un bateau et il peut dompter la mer, mais sur un cheval...

Dagon à ses côtés ne disait pas un mot, fidèle à la tradition fer-né, qui veut qu'on ne parle pas pour ne rien dire. Willem n'était pas non plus du genre à briser le silence juste pour mettre fin à un malaise quelconque. D'ailleurs, il n'y avait pas vraiment de malaise. Une aux côtés de l'homme, il lui jetait des coups d’œil discret. Greyjoy était plus petit que ce qu'il imaginait, il le dépassait peut-être d'une demi-tête, en tout cas, il se sentait plus grand que lui. De toute manière, la grandeur ne fait pas la valeur d'un homme, autrement, les géants seraient les rois du monde et ce n'est pas le cas, loin de là. Sinon, il apercevait les cicatrices et les traits d'un visage qu'on devinait résolu, en tout temps. Un air mystérieux aussi, que le silence ne faisait qu'amplifier.

De son côté, malgré son inaptitude à cheval, il tentait de le cacher le plus possible et aussi, de rester droit, d'avoir l'air bien en somme, selon une notion fer-né de la chose. Il avait souvent souhaité rencontré le Lord, mais il est un homme occupé et courir après les bottes d'un seigneur pour les lécher, ce n'est tout simplement pas Will', qui est davantage un homme d'action que de paroles. Les paroles, c'est la spécialité de son frère Veloran, qui noue des relations, résout les conflits, gère les terres ou plutôt, les mines. Will' pour sa part se soucie davantage du nombre de femmes-sels qui pourraient traîner dans ses geôles que du nombre de minerais que récolte un mineur dans une journée...

Dagon fut le premier à briser le silence et le seul qui aurait pu le faire. Il laissa entendre qu'il fallait s'éloigner du château pour arriver à se parler sans être dérangé. Cela, il le croyait sans problème. Remplaçant lui-même son frère comme seigneur à l'occasion, ce que nul ne remarque de toute manière vu leur ressemblance, il savait ce que c'était et acquiesça, un fin sourire germant sur ses lèvres. Puis, à la remarque sur sa sœur, il devait avouer que le Lord l'abordait de manière plutôt sympathique.

-Un frère a parfois un devoir envers sa sœur, Lord Greyjoy, mais je vous rassure, je n'ai pas l'intention de venir ici trop souvent. Je tiens à être présent à l'accouchement. Un des deux frères doit y être.

Et Willem s'était, à toutes fins pratiques, porté volontaire, pour des raisons déjà expliquées. Le vouvoiement... une chose dont Will' ne s'embarrasse que rarement, mais pour un noble des Iles, même pour eux, il existe quelques règles et on vouvoie habituellement un seigneur au-dessus de soi, jusqu'à ce qu'il vous en libère, ce que certains font rapidement d'ailleurs. Du reste, en remarquant que Dagon le tutoyait, il notait le ton familier et s'en réjouissait. Willem copie le cavalier à ses côtés et prend un air détendu, faisant confiance à sa monture. Il eut un regard vers l'horizon et eut un petit sourire quand il entendit parler de Zachery. Les gamins à cet âge sont souvent comiques, plein d'idées de grandeur et tout. Il y a encore de ce petit garçon en Will'.

-Ouais, il est venu voir Aaria, euh, Aaricia et elle me l'a présenté. Il rêve déjà du jour où il pourra taper sur des continentaux.


Si Willem se reprend, c'est qu'il appelle sa sœur par le diminutif familier avec lequel il l'interpelle normalement, mais il ignorait si le Lord Ravage utilisait ce surnom ou non. Le jeune homme avait bien souri en entendant le garçon parler de sa volonté d'en découdre avec des nobles. Il lui avait d'ailleurs répondu qu'il pourra le faire, mais qu'avant, il allait devoir recevoir des coups. Il faut bien en recevoir pour mieux en donner plus tard. Un nouveau silence s'installe et Will' doit avouer qu'il n'est pas un maître dans l'art de tenir une conversation. Il est de ceux qui croit qu'il vaut mieux en dire moins que trop.

-Le gamin a hâte à l'accouchement, comme tout le monde. J'imagine que ça t'inclues.


Oups, les bonnes manières semblaient déjà se perdre. Le pire, c'est que Willem ne s'en rendit pas compte.
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Dagon Greyjoy
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Message Jeu 27 Sep 2012 - 22:53

Dagon avait surveillé de près l’ascension du plus jeune Bonfrère. Discrètement. En premier lieu, c’était par le biais de sa femme qu’il en avait tiré quelques informations, puis s’intéressant au cas de plus près, il avait mis un de ses hommes sur le coup. On lui envoyait souvent des corbeaux de Cormartel. Il prétendait se tenir au courant de la santé de la branche Bonfrère pour le bien de son épouse. Balivernes. Il avait même entendu dire que Willem remplaçait parfois Veloran jusque dans sa fonction. Il avait de la peine à croire. Et n’ayant aucune preuve de cette hypothèse, il la laissait en suspens. Si c’était véritablement le cas, Willem s’en sortait à merveille. On y voyait que du feu. Dagon lui-même était incapable de différencier les jumeaux. Physiquement. Ils avaient une manière d’être bien à eux et c’était en cela qu’il préférait Willem à son ainé. Veloran dirigeait d’une main de fer et Grand Wyk n’avait aucun souci à se faire. Mais ce Lord était mou d’esprit et manquait de combativité chère aux fer-nés.

L’accouchement. S’il y a bien un moment que Dagon voulait rater c’était précisément celui-ci ! Il n’y assisterait pas. Qu’Aaricia le quémande, il l’enverrait bouler sans ménagement. Elle pouvait y laisser la vie, il le savait mais il ne pouvait se résoudre à assister à cette scène. Il ne l’avait pas fait pour Zachery, il ne le ferait pas dans le futur. Puis le Bonfrère serait là. Aaricia serait comblée en sa présence et Dagon pourrait s’éloigner sans que personne ne s’en aperçoive.

Son fils était donc pressé de se battre ? Avec son héritage génétique, rien de surprenant. Les premières cicatrices de Dagon datait du même âge. Il avait entendu dire que son vassal à sa droite avait été de la même trempe. Néanmoins, Dagon n’allait pas envoyer son fils unique sur le continent avant que ce dernier soit un homme fait. Il en avait aussi été ainsi pour lui. Une première femme, un premier raid. Cela faisait une éternité maintenant, qu’il avait été adolescent.


« Même avec ce diminutif il est facile de voir de qui tu parles. »

Il faisait référence à la reprise de Willem quand ce dernier avait prononcé le surnom de sa sœur. Dagon n’avait jamais été friand de ses raccourcis. Était-ce si difficile de prononcer un nom en entier ? Surtout que celui d’Aaricia n’était pas interminablement long. Mais il préférait le surnom à un stupide « soeurette » qui aurait alors définitivement fait dégradé le jeune Bonfrère dans son estime sans qu’il n’y ait jamais chance de rachat.

Dagon se passa une main sur la nuque en inspirant. Le grand air lui faisait du bien. Il s’attarda un instant sur son voisin, qui semblait se démener du mieux qu’il pouvait avec sa bestiole. Il avait oublié qu’à Cormartel, on n’en utilisait point. Il n’avait jamais véritablement apprécié cette île, encore plus lugubre que la sienne. De là-bas provenait leurs plus grandes abondances de fer mais une seule fois Dagon était descendu dans les mines en étant enfant et plus jamais il n’y avait remis les pieds. La dernière fois qu’il y était retourné, pour s’emparer de sa femme, il n’y avait séjourné que quelques jours et en avait profité pour arpenter l’île. Il la voyait toujours d’un œil noir, comme l’enfant qu’il avait été. Il était trop habitué à Pyk désormais, avec sa forteresse dominant la mer.

Dagon fut étonné en bien de voir que Willem n’était pas du genre à parler comme un moulin à parole chaque fois qu’il y avait un silence. Dagon pouvait rendre les gens mal à l’aise et peu sûre d’eux par ses silences prolongés mais le jeune se semblait pas affecté. Bon point. En réalité, Dagon ne faisait pas exprès de se taire aussi souvent. C’est que simplement, il fonctionnait comme un stratège et calculait toujours les conséquences de la moindre chose. Il analysait aussi tout ce qui se disait et le gardait au fond de sa mémoire, capable de le ressortir à la moindre occasion. Il était capable de déceler beaucoup de choses rien qu’en observant un homme. Et ses silences soumettaient les autres à la parole. Un homme attentif et qui tend l’oreille en apprend beaucoup plus qu’un jacasseur. Interdit de parler en présence de son père lors des différentes occasions où il pouvait assister aux règlements de compte entre voisins et habitants des îles, Dagon avait beaucoup observé et établit des profils pour tous les hommes, femmes et enfants qui s’étaient présentés devant son père. En général il visait juste. Il se trompait rarement. Ainsi il savait en qui il pouvait se fier et avec qui il pouvait tirer les ficelles sans qu’on se s’en rende compte.


« Non. »

Il ne regardait pas Willem, ayant fini son inspection. Hâte n’était pas le mot. Il rimait à réjouissance et Dagon n’avait rien d’un homme réjouit. Il voulait retrouver sa femme comme avant sa grossesse mais en rien le fait qu’elle lui ponde un gosse le transcendait. Certes, il l’avait choisie pour cela, avoir un héritier, mais il n’avait pas prévu que le coup arriverait aussi vite.

C’est alors que la phrase le percuta. Le Bonfrère, de presque 30 ans de moins, venait de tutoyer son Seigneur et Suzerain, sans plus de ménagement. Était-ce uniquement un étourdissement ? Il en doutait fort. Une provocation ? Bien que ça soit le genre de la maison, Willem ne ressemblait pas aux autres Bonfrère. Dagon rapprocha son cheval de celui de son voisin, d’une pression du genou. Il était désormais à portée de main. Un autre que Dagon l’aurait probablement balancé à bas de son cheval pour son insolence naïve, mais le Lord n’en fit rien. C’était le premier fer-né qui se permettait de l’apostropher avec autant de détachement et sans se répartir en plates excuses une fois la faute découverte. Peut-être avait-il des envies suicidaires. Le regard de Dagon se fit carnassier et se ficha sur son beau-frère. Il ne parla pas plus froidement que d’ordinaire, mais son expression était sans appel.


« Ne te sur estime pas, Bonfrère. Tu es ici uniquement parce que je l’ai permis et tu séjournes à Pyk uniquement parce que j’ai un peu de respect pour ta sœur. S’il n’en tenait qu’à moi, depuis des nuits que tu serais retourné à Grand Wyk mais elle veut te garder près d’elle. Prends le comme un remerciement pour me l’avoir laissé prendre mais n’en abuse pas. »

Dagon préférait la pression mentale à la pression physique. Il aurait pu le frapper à lui en faire cracher des dents, mais il n’en aurait que des hématomes. Alors qu’en utilisant les mots, invisibles, il laissait des traces bien plus profondes. De plus, les mots ne laissent pas de preuve, il pouvait les démentir facilement, pas les bleus.

« Néanmoins…c’était astucieux. Tu viens de m’offrir une occasion en or de t’éliminer. Soit franc et réponds à ma question sans te perdre en réflexion. Tiens-tu à ta vie, Willem Bonfrère de Cormartel ? »

Il n’avait pas le moins du monde envie de meurtre. C’était un test, ni plus ni moins. Il voulait savoir si la vie de Willem lui convenait. Il espérait que ce dernier répondrait non. Autrement il aurait sa réponse ; ce Bonfrère manquait profondément d’ambition et serait éternellement dans l’ombre de son frère, un éternel second. Dans ce cas, il le tuerait pour son affront.


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Message Ven 28 Sep 2012 - 1:33

Willem et Dagon avaient peut-être plus de point commun que le jeune homme ne le savait. Bien sûr, les deux hommes ont connu des destinées bien différentes, bien que celle du jeune Bonfrère ne soit peut-être pas encore toute tracé. Dagon est devenu le Lord Ravage des Iles de Fer, un homme craint et respecté de tous, le suzerain de tout un peuple, craint et respecté lui aussi à travers tout le continent, enfin, craint surtout. Il était enfant unique, sa voie était donc toute tracée. Il n'en était pas de même pour Will'. Le jeune homme était le jumeau benjamin, si une telle chose est possible. Aussi bête que soit le hasard, il avait été le deuxième à être extirpé du ventre de sa mère, alors forcément, il était le benjamin. Il n'était pas dépourvu de tout avenir, mais il n'était pas le lord de Cormartel non plus. Alors il s'en tenait à ce qu'il considérait comme son rôle. Servir sa famille, la protéger surtout. Il était le conseiller de son frère, le capitaine de la flotte d'une trentaine de boutres que les Bonfrère possède. Il remplaçait donc Euron, leur oncle, dans ce rôle. Bien que parfois, il s'en contentait difficilement, le jeune homme s'était fait à son rôle de guerrier, qu'il aime par ailleurs. Mais c'est peut-être dans la nature de celui qui possède le moins de chose d'en désirer le plus.

Ce n'était pas l'ambition qui le conduisait à cette rencontre avec la Seiche, mais bien le hasard, ou était-ce le cas? Willem croyait que oui, il ne voyait pas pourquoi son beau-frère voudrait le voir, après tout, il représentait peu de choses et le lord suzerain avait sûrement mieux à faire. D'ailleurs, c'est peut-être parce qu'il n'a jamais fait un très bon diplomate qu'il manque du tact usuel dans le dialogue. Par contre, Willem n'est pas aussi stupide qu'il en donne peut-être l'impression, mais jugeons un homme à ses actes et non ses pensées.

La discussion débuta de façon détendue, il n'y avait rien de solennel. Entendre le Lord Ravage se plaindre un peu sur sa sœur ne l'étonnait guère. C'est tout un bout de femme cette Aaricia et il était bien placé pour le savoir. Une créature indomptable qui vous en fera voir de toutes les couleurs. Cependant, le jeune homme la connait assez pour savoir qu'elle n'est pas aussi forte que l'impression qu'elle cherche à dégager.

Comme tout le monde, il aurait cru que le Lord Ravage aurait hâte à l'accouchement. Bien sûr, quand Willem parlait d'y être présent, il ne voulait pas dire qu'il voulait être dans la chambre, certainement pas. D'abord, de voir cela... très peu pour lui et puis ensuite, ce n'était tout simplement pas sa place et il y a des moments où Willem sait tout de même comment se tenir. Il voulait au moins être à Pyk et être mis au courant si les choses devaient mal se passer, car oui, il avait cette probabilité à l'esprit et sinon, il voulait pouvoir féliciter sa sœur le plus rapidement possible, ainsi que Lord Greyjoy. Sauf que ce dernier n'avait pas hâte à l'accouchement, au vu du "non" très clair et très ferme qu'il exprime, ce qui laisse le jeune guerrier à ses côtés plutôt pantois, étonné à tout le moins. Du coup, Willem ravala un peu de sa salive et décida de se taire un moment et surtout, de ne pas reparler de la question de cet accouchement, qui ne semblait pas être le sujet favori du Lord, disons cela ainsi.

Puis, Willem se rappelle qu'il venait de tutoyer son seigneur et il se surprit à espérer que ce dernier ne le remarque pas, mais au même moment, Dagon rapproche son cheval et juste au regard qu'il jeta vers le Bonfrère, il comprit qu'il allait regretter d'avoir émit le son qui commence par "t". S'excuser et se mettre à genou, ce n'était tout simplement pas dans sa nature et le jeune homme avait un caractère défiant de nature, comme sa sœur, mais il n'était pas complètement stupide non plus et il sentait qu'il allait avoir intérêt à faire profil bas.

Pour une fois, sa perspicacité le sert bien. Le Lord lui fit comprendre qu'il était le seul maître de cette île et que sa volonté y dirigeait tout, autrement dit, s'il respirait encore, c'est parce qu'il voulait bien le tolérer, alors mieux valait ne pas abuser de sa patience. Le message avait le mérite d'être clair, c'est ainsi que Willem aimait les choses, puissent-elles passer pour être radicales, il ne se perdait pas dans ce genre de détails.

-Le message a le mérite d'être clair, Lord Greyjoy.

Comme un animal soumis, il baissa les yeux un instant, comme pour signifier qu'il n'y aurait pas d'autre remontrance. C'était dans sa nature de tester les limites, celles des gens, celles de la vie. Ce n'est pas pour rien si à sa toute première bataille, le jeune capitaine avait envoyé son boutre contre le navire amiral de la flotte Lannister, la plus grande des galères, qu'il avait pris à l'abordage. Il avait éventuellement été repoussé, lui-même s'en sortit de justesse et il y perdit son second, mais voilà, à toute audace, il y a un prix à payer.

Puis, la réplique suit et la question était assez claire. Willem ne se perdit pas en réflexion, non, il répondit d'emblée et cette fois, il regardait son interlocuteur dans les yeux, sans être défiant, mais il n'était pas soumis pour autant et il n'y avait pas de crainte dans ses yeux. On devinait déjà que la mort ne devait pas l'effrayer. Pourtant, sa réponse se voulait peut-être ambigüe.

-Assez pour me défendre si on s'en prend à la mienne... mais honnêtement, je ne tiens pas plus à ma vie qu'à celle des autres. Ce qui est mort ne meurt jamais.

Autrement dit, il n'est pas un suicidaire qui irait joyeusement sacrifier sa vie à la première occasion, il ne faisait pas parti de cette catégorie. Craint-il la mort pour autant? Pas vraiment et les actions de sa première bataille le prouvait peut-être davantage que ses paroles. La mort ne l'a jamais effrayé. Il a grandi avec elle, sur les Iles, elle est omniprésente. Plutôt que de la craindre, il l'a apprivoisé. Il était tout jeune quand il a tué pour la première. C'était une sorte d'accident plus ou moins voulu, une bousculade entre gamins qui a mal tourné, mais tout de même, il n'avait pas eu honte de son geste. Quand il naviguait entre les rochers des caps de Grand Wyk, quand il avait plongé depuis un roc pour nagé contre la mer, ce n'est pas de sa vie dont il se souciait, mais de la volonté de réussir. Le but d'un acte était plus important pour lui que les conséquences qu'il pouvait avoir. Quand il quittait un boutre, le glaive à la main, il ne se prenait pas à se demander s'il rentrerait sain et sauf ou non de son raid. Non, son seul soucis, c'était de piller, tuer, violer, vaincre en somme et honorer son nom. La mort ne lui importait guère. Comme quelque chose qu'on côtoie trop souvent, il l'avait apprivoisé comme une vision routinière.

Willem arrêta son cheval d'avancer un instant. Si le Lord Greyjoy voulait le tuer, il y parviendrait sans doute. N'empêche, cela lui semblait plus probable, mais il ne prenait rien pour acquis. Ce n'était pas une menace, mais un fait, quand il disait qu'il se défendrait. Sans doute allait-il perdre cette bataille, mais peu lui importait, on sait déjà qu'il ne se souciait pas tant de sa propre personne. Non, il se demandait plutôt ce qui motivait réellement une telle menace de son interlocuteur.
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Dagon Greyjoy
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Message Mar 2 Oct 2012 - 20:18

Dagon avait arqué un sourcil en voyant Willem baissé les yeux. Une soumission bien trop rapide. Il n’avait encore rien fait de menaçant. Il n’avait fait que rappeler au jeune quelle était sa place. Il émit un son de langue désapprobateur. Puis détourna les yeux. Il donnait tout le temps cette impression sauvage de ne absolument plus suivre une discussion lorsqu’elle durait plus de cinq minutes et que ce n’était pas à lui de parler. Il avait appris à écouter et à déceler beaucoup sans regarder. Ainsi il avait toujours pu être discret et déceler bien plus vite que la normale les faiblesses de ses interlocuteurs. Mais si son esprit était bien entraîné, il n’en restait pas un véritable fer-né : il aimait se battre, juste pour le plaisir. Cependant, il ne pouvait engager un duel contre son beau-frère. Ce n’était pas l’étiquette qui l’en empêchait, ni son honneur, mais plutôt la désagréable intuition qu’il en ressortirait vainqueur avec trop de facilité. Dagon avait beau être petit et pas des plus massifs, il n’avait que rarement rencontré des ennemis plus rusés que lui et capable de le battre à l’épée.

Il entendit le jeune répliqué. Il resserra son emprise sur les bandes de cuir entre ses doigts. Ce crétin n’avait donc pas saisit la question. Se serait-il donc trompé au point de surestimer le jeune Bonfrère ? Avait-il tout faux ? Il ne voulait le croire. Non. Bonfrère voulait jouer au plus malin. Il se croyait hors d’atteinte. Dagon baissa la tête, et resserra les jambes, faisant s’arrêter son cheval au même niveau que l’autre.

« Oh, véritablement ? »

En aussi peu de temps qu’il faut pour le dire, Dagon se redressa et contracta le haut de son corps. Sans crier garde, il envoya son poing droit dans l’épaule de son voisin, dans le seul but de le lancer à terre. Il y mit plus de force que nécessaire. Il ne voulait pas lui faire mal, il voulait tester sa résistance. Après tout, s’il ne laissait pas de traces, sa femme n’en saurait rien. Que le Bonfrère essaye de se plaindre, il offrirait sa tête sur une pique au Seigneur de Cormartel. Du plat de la main, il chassa le deuxième cheval qui retrouva sans peine le chemin des écuries. Ca n’était pas la première fois qu’il perdait son cavalier en cour de promenade. Dagon fit pivoter le sien pour faire face à Willem. Il fit avancer son destrier en direction du jeunot, lentement, mais menaçant. Il n’avait plus rien du gentil souverain qui parle avec courtoisie au frère de sa femme.

« Votre vie ne vaut absolument rien. Vous croyez être quelqu’un, Willem Bonfrère ? Vous n’êtes que le cadet d’un frère jumeau bien plus utile que vous. Des Bonfrère, il y en a bien trop. Un de plus, un de moins, cela m’indiffère. Vous pensez être fort parce que vos stratégies à bord de votre boutre ont porté leurs fruits ? La chance du débutant. Vous ne valez pas un seul de mes hommes et certains sont bien plus jeunes que vous. Vous ne craignez pas la mort, mais savez-vous seulement ce que c’est ?! »

Il balança sa jambe droite par-dessus son cheval et sauta en terre. Il n’était pas grand, mais sa présence était puissante. Son regard était dur et sa voix, une épée transcendant l’esprit. Il porta la main au pommeau d’Encre, son épée. Il fit encore deux enjambées en direction de Willem.

« As-tu vu tes hommes mourir sous tes ordres, Bonfrère ? Sais-tu ce que c’est que de perdre une personne que tu as fait serment de protéger jusqu’à ta mort ? As-tu déjà regretté une décision qui t’as mené à la perte en offrant en sacrifice des hommes qui avaient aveuglément juré de se battre pour toi avec honneur ? Non. Tu ne connais pas plus la mort que la vie. »

Il était à portée de poings. Dagon n’obéissait à plus aucune règle si ce n’est les siennes. Son œil unique perçait le regard de Willem avec la froideur du fer. Cette discussion devenait des plus intéressantes. Il y avait un but derrière tout cela. Mais Dagon n’allait pas déclarer à Willem le fond de sa pensée avant de s’être assuré qu’il était capable de l’entendre. Il dégaina Encre avec lenteur, d’un geste ample, en la faisant crier. Elle était sombre, d’où son nom. Elle avait fait couler beaucoup de sang. Des enfants, des femmes, des hommes et que sais-je encore. Jamais, elle n’avait été utilisée contre un membre de sa famille. Bonfrère n’était pas de la famille. Il ne la pointa la sur ce dernier. Il la fit pivoter dans sa main calleuse pour en présenter le manche. La Seiche sculptée n’était pas d’or. Mais l’animal avait été travaillé avec soin et jamais personne ne s’était trompé en le voyant. Dagon la fit glisser le long de sa main pour la tenir par la lame, froide et tranchante à souhait. Les yeux de la Seiche noire semblaient briller, comme animés par le simple fait que Dagon la tenait dans ses mains. Le simple reflet du soleil sans doute.

Willem s’était trompé sur le sens de la première question. Qu’il se trompe sur celle-là et Dagon lui trancherait la langue pour qu’il ne réponde plus n’importe quoi.

« Embrasse donc mon épée, petit pion. Et je te laisserai la vie sauve… »

Si Willem venait à poser les lèvres sur la seiche de pierre, Dagon lui viderait les entrailles séance tenante. Enfant, Dagon avait été un véritable bandit, incapable de respecter la moindre discipline ou de baisser les yeux devant son suzerain de père. Il n’en attendait pas moins de son beau-frère.


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Message Mer 3 Oct 2012 - 13:00

Willem s'était-il vraiment soumis en baissant les yeux durant ce court d'instant qui se voulait surtout un geste de respect et un moyen, selon lui du moins, de racheter son erreur précédente dans la façon avec laquelle il s'était adressé à son seigneur. Était-ce une ruse plutôt qu'un geste, afin de faire croire qu'il se soumettait? Willem est un homme quand même intelligent, à sa façon et bien qu'il ne saurait prétendre que chacun de ses gestes cache une ruse et puis une autre, il peut dire que nul n'a le monopole de la ruse et de la vivacité d'esprit. Il est tout aussi capable de réfléchir que son prochain et si baisser les yeux un instant faisait une coche à sa fierté, elle risquait de lui éviter les ennuis, c'est du moins, ce qu'il avait cru, mais il s'était foncièrement trompé.

Willem avait arrêté son cheval depuis un moment. Il n'aimait pas la tournure que prenait cette conversation, il n'aimait pas le regard de mépris de Dagon, qu'il avait sans doute pour tout être vivant hormis peut-être sa sœur et son fils, et encore et il n'aimait pas non plus le ton de la menace. Dans sa réponse, le jeune Bonfrère avait évoqué ce qui est une prière du Dieu Noyé, une sorte de paroles que les Fer-nés répètent souvent: ce qui est mort ne meurt jamais. On aurait donc tord de croire que ce n'était qu'une vue de l'esprit de sa part. C'était un rappel qui constitue pratiquement une sorte de phrase culturelle en ce qui concerne la mort chez les habitants des Iles, leur manière à eux de dire ce qu'ils en pensent: une fatalité inévitable, mais qui ne change rien à ce qui est.

La réponse ne parut pas plaire à Dagon et Willem le sentit tout de suite. La question lui retournait se voulait une forme de sarcasme et le jeune homme se demandait même si c'était la peine pour lui de répondre, il se demandait si son interlocuteur attendait vraiment une réponse. Ainsi, il n'ajouta rien avant de recevoir ce coup de poing en pleine épaule, qui le vit perdre équilibre et tomber à terre, lâchant un "urgh" instinctif, mais le jeune homme n'était pas fait de paille, bien que son épaule l'élançait, davantage à cause de la chute que du coup de poing et comme d'habitude, le sol était rocailleux, alors disons que ce n'était pas le meilleur endroit où tomber. Il vit le cheval partir et le jeune homme se demandait bien ce qui se passait. En fait, si, il le savait. Son beau-frère semblait vouloir en découdre avec lui et pas seulement sur le plan verbal. Énervé, une certaine colère dans les yeux, le jeune homme se relève en moins de deux pour faire face au Lord Ravage.

Cet espèce de Lord était toujours sur son cheval, satanée monture et s'amusait à lui faire la moral sur plein de choses et visiblement, il le connaissait bien mal son beau-frère, ou bien, il se plaisait juste à tourner en dérision sa personne. La première phrase sur son inutilité en tant que frère cadet le blessa, mais les autres ricochèrent quelque peu, parce qu'il savait que c'était faux. Qu'il en sait quelque chose sur la mort, pour avoir vu des hommes mourir sous son commandement, en tant que capitaine. Que son oncle est mort en se battant à ses côtés durant un raid, que son second a péri sur le navire amiral de la flotte des Lannisters et ce n'était pas le seul homme, ni même le seul ami qu'il ait perdu cette journée là. Alors toutes les balivernes que lui balançait Greyjoy sur la mort, il pouvait le dire et encore plus le penser, il n'en avait rien à foutre. Il ne se laissait pas faire la morale par un homme, qui même s'il porte un haut titre, croit visiblement marcher main dans la main avec la mort. Hey bien tant mieux pour lui, parce qu'une fois le bébé né, il pourrait bien aller la rejoindre plus tôt qu'il ne le prévoit. Parce que certains seigneurs croient qu'entre la sécurité des Iles et la loyauté qu'ils doivent à leur seigneur, le choix est vite fait.

En temps normal, Willem n'aurait rien répondu d'autre qu'un coup de poing destiné à faire taire l'autre pour de bon. Sauf qu'en ce moment, une part de lui hésitait à argumenter de cette façon. Parce qu'argumenter comme un mestre le ferait était une perte de temps, avec des faits et la raison. Il fixait donc celui qu'il considérait comme son opposant et attendait de voir. Il attendait aussi une occasion. Laquelle exactement? Il ne saurait dire, mais il semblait davantage concentré sur les gestes du Lord que sur les mots qu'il pouvait cracher. Il semblait calme, détendu, mais concentré et la vivacité dans ses yeux prouvaient qu'il était aux aguets et qu'un autre coup de poing ou de quoique ce soit ne saurait le prendre au dépourvu cette fois.

Cette histoire passa une autre étape quand le Lord dégaina son épée. Là par contre, il risquait d'appliquer ce qu'il avait dit plus tôt. Celui qui voulait le tuer ferait mieux de se préparer à affronter un adversaire assez coriace. On disait que Greyjoy avait été blessé dans le nord, alors Willem ne comptait pas ménager la vieille seiche. Il venait de dégainer son arme, il avait fait son choix, le dieu noyé lui en soit témoin. Que cela eut été pour le tuer, ou pire encore, selon lui, le forcer à s'agenouiller et à embrasser l'épée. Le regard de Willem, difficilement impressionnable, malgré tout la mise en scène, passa de l'épée à Lord Greoyjoy.

-Vous avez raison sur une chose Lord Greyjoy: Je ne crains pas la mort.

Willem n'avait pas d'épée, ce n'était pas une arme qu'il affectionnait. Il avait laissé sa hache favorite à Cormartel et il avait sur lui son glaive, toujours dans le fourreau, ainsi que sa dague, dans une sorte d'étui sur le côté de sa jambe, prête à être employée en botte secrète. Il n'avait pas non plus de bouclier avec lui, mais de toute façon, il savait qu'il valait mieux esquiver un coup que de l'encaisser. Il dégaine alors son glaive, un petit sourire malicieux et insoumis sur le coin des lèvres. On verra qui le Dieu Noyé verra vaincre aujourd'hui, car le jeune homme partit, sans plus attendre, à l'assaut de son adversaire, avec un seul objectif clair et net en tête: le tuer. Non, pas question de le soumettre, d'en faire un prisonnier ou d'essayer de le raisonner. Non, il l'égorgera à la première occasion et jettera son corps en bas de la falaise, dans la mer. Encore fallait-il arriver à le tuer.
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Message Lun 8 Oct 2012 - 11:03

Dagon tenait fermement Encre. Il ne savait jamais à quoi s’y tenir avec les jeunes. Il savait que même si Willem ne possédait pas la carrure de Lakdahr l’Edenteur, une finesse apparente pouvait cacher une force capable de mettre à mal même un quarantenaire expérimenté. Mais ce n’était pas la première fois qu’il engageait un combat sans véritablement savoir les qualités de son opposant. Il savait toujours s’en sortir. Parfois, moins honnêtement que d’autre, mais il avait été rare qu’il en sorte vaincu. Du moins, pas volontairement. Il jugeait Willem de son œil valide. Le petit en avait, de la rage dans ses yeux. Tant mieux ! Il ne faisait pas défaut à sa réputation de forte tête. Mais Dagon appréciait son calme apparent. Willem avait un bon fond. Le petit Bonfrère avait reçu la même éducation que le reste de sa fratrie et pourtant Dagon voyait très nettement la différence. Certes Aaricia n’était pas une douce fleur, mais à l’image de roses, elle devait séduire et détruire, c’était pour quoi elle était faite. Willem, au contraire, était un homme. De par son sexe, il en imposait de toute manière. Et ayant été jeune lui aussi, Dagon savait au combien le corps réagit parfois bien plus vite que l’esprit. Mais ce jeune-là, semblait forcer son corps à ne pas prendre le dessus. Peut-être parce qu’il était son souverain ? Probablement une partie si infime qu’elle ne suffirait pas seule à contenir le garçon. C’était autre chose.

Il remarqua qu’uniquement la première phrase pénétra Bonfrère. Le reste ricocha sur sa personne. Ce que Dagon avait entendu était donc vrai. Ce petit en avait dans le ventre et même si de nombrables années les séparaient, il semblait être fait de la même roche que son suzerain. Le frapper maintenant, ça ne servirait à rien. Si ce n’est à s’épuiser inutilement. Dagon voyait très bien que son adversaire était tendu comme un chat. Qu’il bouge ne serait-ce que d’un pouce et Willem contre-attaquerait ou mieux, lui sauterait dessus. Cet instant arriverait bien assez vite. Il ne voulait pas forcer. De plus, cette impulsion devait venir du plus jeune, et non du Lord.

Dagon savait qu’il se battrait avec un sacré désavantage. Certes il avait l’expérience, mais ses blessures n’étaient encore fraiches et son corps ne récupérait plus aussi vite que dans sa jeunesse. En force, il battrait peut-être son cadet, mais en vitesse, il était indéniablement moins bon. De plus, le petit semblait frais et énergique alors qu’il avait bu outre mesure la nuit précédente et que le manque de sommeil se faisait dangereusement sentir. Mais s’il devait engager le combat même désavantagé, c’est qu’il s’en sentait capable. Il saurait arrêter cette histoire à temps. Le Bonfrère ne le tuerait pas. Du moins, c’est ce que son honneur espérait. Mourir ici serait la pire des infamies pour le Lord qui ne se résoudrait jamais à mourir à terre, et encore moins de la main d’un de ses vassaux.

Un sourire carnassier déforma les traits du visage de Dagon. Willem n’avait prononcé qu’une phrase. Mais il savait que le jeune allait l’attaquer. Et sans retenue. Parfait. Il pourrait le tester lui-même. Certes, il aurait pu demander à l’un de ses hommes dont il savait la victoire assurée. Mais s’il voulait engager un nouveau membre, il savait pertinemment que cette stratégie était la meilleure.

« Votre visage sera épargné, Bonfrère. Autrement, vous ne serez même plus utile à votre propre frère. »

Encore une pique, juste pour son propre plaisir. Il savait que dans l’affrontement, il ne pourrait pas se perdre en tergiversions. Dagon remercia le Dieu Noyé que le petit ne porte pas sa hache. Jeune, Dagon se servait de cette arme également. Elle était puissante et permettait des coups bien plus meurtriers que l’épée. Mais en devenant Lord de Pyk, il avait hérité d’Encre, cette épée en acier château. Il ne pouvait simplement renier ses ancêtres en la servant comme arme secondaire. Mais il regrettait la puissance destructrice de l’arme des fer-nés.

Il vit le jeune s’emparer de son glaive, un sourire aux lèvres. Ça promettait d’être intéressant. Dagon ne croisait que trop rarement des ennemis qui en valaient la peine. Il le vit partir, foncer sur lui. Il croisa son regard un instant. Willem voulait sa mort. Combien de rancœur cet homme avait donc contre son seigneur ? Certes, Dagon s’était emparé de sa sœur sans ménagement. Mais s’en plaignait-elle ? Il n’avait rien fait au plus jeune des Bonfrère. Disons rien de personnel. Encre était dans le mauvais sens. Il s’arrêterait pas la course du garçon avec son pommeau sans risquer de s’enfoncer la lame dans son propre abdomen. Avec précaution, il fit pivoter Encre, pour qu’elle soit dans le bon sens. Elle était sombre. Mais il n’en tirait aucun avantage en plein jour. Sa main enserrait la seiche de métal qui faisait écho à son personnage. Ce n’était pas le Lion des Lannister, ni le Loup-Garou des Stark, ni le Cerf des Baratheon. Non, une Seiche. Un animal craintif qui propulse un nuage d’encre pour s’enfuir loin des prédateurs. Il n’avait pas choisi le totem. Mais si la Seiche avait des défauts, elle avait des qualités indéniables.

Le jeune n’était plus qu’à quelques pas. Geyjoy calculait ses chances. Et plissa son œil. Il recula son pied droit et se propulsa contre le Bonfrère. Non, il ne lui tailladerait pas le visage. Bien trop visible, et Willem en avait besoin. Non, il y avait bien d’autres parties à tailler. Avec un geste rapide et précis, il envoya Encre stopper le glaive. Le choc serait moins douloureux qu’avec une hache mais suffisant pour lui élancer le bras jusqu’à l’épaule. Il prit appui sur Bonfrère et du genou gauche, il visa les côtes, espérant lui couper le souffle.

« Ce qui est mort ne meurt jamais. Combien de fois vous a-t-on fait réciter ceci sans ciller ? »

Il souriait en pensant ce qu’en dirait sa femme. Si les deux revenaient en vie, elle se chargerait elle-même de les tuer. Il ne tiendrait pas plus de 20 minutes. Déjà il sentait son corps lui imposer des limites que son esprit ne connaissait pas.

« Vous venez d’attaquer votre suzerain en combat directe. Votre tête pourrait tomber pour moins que ça. Mais ne vous en faîtes pas. Je ne tue pas les fer-nés sur la terre ferme. »



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Message Mar 9 Oct 2012 - 12:42

Le cœur de Willem battait maintenant un peu plus vite. Il sentait l'adrénaline envahir son corps et tous ses sens étaient aux aguets. Cette balade à cheval avait conduit à une conclusion qu'il n'avait pas vu venir. Maintenant, le Lord Greyjoy se tenait debout, devant lui, armé d'Encre, sa célèbre épée, tandis qu'il venait de dégainer son glaive, répondant ainsi aux hostilités du Lord Greyjoy de manière tout aussi équivalente. Ces roches si insignifiantes allaient assister à un combat, un duel, entre le Bonfrère et la Seiche d'or. Ah si sa sœur les voyait, mais en ce moment, Willem devait avouer qu'il ne pensait guère à elle. Il y a déjà longtemps qu'il ne faisait plus appel à elle pour régler ses problèmes. Ici, il allait défendre son honneur, ou du moins, le peu de fierté qu'il pouvait avoir. Il était décidé à ne pas ménager son adversaire, qu'il était loin de sous-estimer, probablement qu'il le surestimait même, bien qu'il le savait blessé et affaibli, dans le sens où Greyjoy ne devait pas être au meilleur de sa forme. De son côté, il était remis depuis longtemps de ses blessures subies à Port-Lannis et à dire vrai, rarement avait-il déjà été en meilleur forme. On verra vite si cela changera quoique ce soit à l'issu de ce combat.

Greyjoy eut une autre remarque mesquine et visiblement, il devait avoir noté que tout ce qui concernait son rang inférieur vis-à-vis son frère avait le don de l'énerver. Willem retint toute remarque, toute réaction, déjà concentré sur autre chose, à savoir, le combat qui allait venir. D'ailleurs, comme cela était dans sa nature, c'est lui qui se lança à l'assaut de Greyjoy, bien décidé à lui porter un coup. Le jeune homme ne savait pas encore comment il se sortirait de toute cette situation délicate, mais il ne comptait pas mourir aujourd'hui, ni être défait.

Tandis qu'il fonçait sur son adversaire, Willem tenait solidement son glaive, pointé vers son adversaire, il lui fit quand même faire un tour dans sa main, le bras bien tendu, un peu vers le côté, il devait se rapprocher de son adversaire, qui aurait l'avantage de la portée avec son arme, mais de plus près, il pourrait bien avoir un peu plus de mal, tandis que lui avait une arme courte, plus légère, donc plus malléable. Puis, la course se freine, Willem fait un pivot et donne un coup de glaive en pointe vers son adversaire, qui le bloque aisément. Willem avait réussi, il était maintenant tout près de Greyjoy, glaive contre épée. Il serrait des dents sous l'effort, tandis que son adversaire avait encore les moyens de tenir une conversation. Il répondit, comme pour montrer que lui aussi avait encore les moyens de parler:

-Assez souvent...

Le jeune homme n'avait pas aperçu l'ouverture sur son flanc, chose que n'avait pas raté l'unique œil de son adversaire, qui lui donne un coup de genou dans les côtes qui le refait serrer des dents pour une autre raison que simplement un effort. Ce n'était pas le premier coup de la sorte qu'il recevait par contre. Greyjoy de son côté ne cessait de parler et cela commençait réellement à l'agacer.

-Comme si vous aviez des principes.

Puis, il force de son glaive, fait en sorte que la lame de son adversaire pointe vers le bas et il est étonné de voir qu'il a plus aisément le dessus ainsi qu'il ne l'aurait peut-être cru. Son premier réflexe est de croire à une ruse et qu'il se méritera un deuxième coup de pied et peut-être pas dans les côtes cette fois, il y a d'autres endroits qui peuvent faire plus mal. Alors comme pour ne pas prendre de chance, il se sert de sa main libre, devenue un poing, fait une pleine extension du bras, très rapide bien sûr, avec pour seul but de l'envoyer en plein contre le visage de Greyjoy. Le coup porte-t-il? On ne le sait pas encore, mais chose certaine, après cette première altercation, les deux hommes étaient de nouveau à une certaine distance un de l'autre. Ils avaient pu se jauger au cours de ce premier assaut.

C'est Willem qui se lance de nouveau le premier. Il avait repéré une roche à la droite de Greyjoy. Il court donc vers lui, change de direction au dernier instant, espérant voir l'épée fendre l'air, prend appui contre la roche, dont il se sert comme d'un espèce de tremplin pour faire un léger bond dans les airs, le glaive pointé vers son adversaire, plus précisément, son cou, une tentative qui se voulait donc fatale si elle réussissait et vu l'impulsion et la force qu'il y mettait, bloquer se coup allait donner un certain choc, aux deux hommes. Une fois de nouveau les deux pieds au sol, il fait vite face à son adversaire, toujours debout. Peu d'hommes avait survécu à cette passe de sa part, la plupart du temps, ils étaient assez étonnés de le voir dans les airs pour mieux enfoncer son glaive, mais Greyjoy fait parti des hommes exceptionnels en ce monde et Willem le savait.
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Message Mer 17 Oct 2012 - 11:33

Dagon riait en son for intérieur. Le jeune guerrier fer-né avait répondu à ses attaques et avec toute la force dont il était capable. Il n’était pas de ceux qui ménageaient la vieille seiche. Plus d’un s’étaient dit qu’il serait plus intelligent de ne pas se battre à pleine puissance et de laisser gagner le suzerain. Grave erreur. Le Lord Ravage gagnait toujours. La mort était simplement plus rapide si on ne défendait pas chèrement sa vie. Il ne voulait cependant pas tuer le gamin. Pas maintenant, pas aujourd’hui. Ce jeune gringalet pouvait encore lui être utile et il le savait. Mais l’exercice lui avait toujours du bien, autant au corps qu’à l’esprit. C’est lors des batailles qu’il peut être ce qu’il est réellement sans jugement aucun sur ce qui l’entoure. Il ne calcule presque rien, il réagit à l’instinct, à l’habitude. Combien de coups s’était-il pris en étant enfant, incapable de se défendre ? il ne les avait jamais compté. Le premier avait été celui de trop. Peu était ceux qui savaient que les cicatrices qui couvraient son corps n’étaient pas seulement dues à des razzias sanglantes. Qui pouvait croire que le Lord Ravage, aujourd’hui froid et distant avait été un gamin joyeux avant de découvrir la lutte constante des rues de l’île de Pyk. Il était le fils du précédent Lord. Là était bien le problème. On lui avait fait comprendre qu’un nom ne ferait pas de lui un homme. A cette époque, il n’avait pu compter que sur lui-même, n’ayant aucun allié. Il n’avait pas cherché alors de l’aide chez son géant de demi-frère qu’il considérait déjà à l’époque comme une personne qui n’appartenait pas à sa famille et dont il fallait rester éloigné. Il ne voulait pas de la justice de son père. Il ne voulait pas que les jeunes qui l’avaient battu à sang soient exécutés par une autre main que la sienne. Ils goûteraient le fer de sa hache avant d’avoir compris ce qui se passait.

Willem répliqua. Dagon afficha un sourire, à mi-chemin entre une grimace et un rictus. Il savait que de parler en combattant était toujours une gêne. Même pour lui. Il l’utilisait pour forcer l’adversaire à dépasser ses limites. Ou à le déstabiliser. En l’occurrence, c’était par pure fantaisie. Il y prenait juste du plaisir. Et effectivement, des principes il n’en avait pas. Il n’en avait qu’un seul en réalité. Tuer tous ceux qui mettaient en péril ses Iles et leurs habitants. Il ne connaissait ni la pitié ni le regret. D’un geste brusque, Willem le força à faire baisser Encre, et il s’exécuta. Résister maintenant ne lui servirait à rien. Willem utilisait un glaive et voulait un combat rapproché, pour empêcher Dagon d’utiliser Encre dans toute son ampleur. Soit. Son sourire s’élargit. Willem allait ensuite utiliser son poing. Suite prévisible. Dagon ne tenta même pas d’en réchapper. Même si Willem semblait svelte et rapide, le coup dans sa mâchoire fit vaciller Dagon. Il recula de quelques pas. Plus que nécessaire. Il porta sa main libre à sa bouche. Il s’était fait exploser la lèvre inférieure et du sang y perlait déjà. Il le sentait sur ses doigts et dans sa bouche. Le goût si délicieux du fer. Il se campa sur ses jambes en écartant les pieds pour prendre de l’élan. Willem réagit le premier. Le plus jeune se mit à courir dans sa direction, et avec ferveur. Encre au poing, Dagon se lança contre le Bonfrère. Son épée a l’avantage d’être plus longue que le glaive. Il touchera Willem avant qu’il ne le touche. Du moins, était-ce qu’il avait espéré. Willem changea brusquement de direction et son épée siffla dans le vide. Son rictus fit place à une expression des plus neutres. « A quoi tu joues, Bonfrère ? » Le plus jeune venait de prendre appui sur une roche sombre et se propulsa dans les airs, au-dessus du suzerain. Il avait vu bien des techniques de combats et très peu le déstabilisaient. Mais là, il avouait ne pas comprendre la démarche du fer-né. Il tenait en main un glaive, pas une hache ! Le glaive était pointé droit sur sa gorge et Dagon vit dans les yeux du gamin qu’il ne dévierait pas son coup.

« Ne confonds pas, gamin. Celui que tu dois tuer c’est Veloran. »

Il avait pensé à haute voix. Probablement que Willem ne l’entendrait pas. Le choc allait être intense. Il n’avait pas le temps d’esquiver. Il prit Encre à deux mains. Il la porta à hauteur de son épaule gauche, celle exposée au coup, et y appuya la lame. Le glaive de Willem y glissa, dévié par la garde. Dagon pencha vivement la tête sur le côté droit, sentant la lame de son adversaire lui mordre le visage, au milieu de la joue. La puissance du saut le fit ployer, comme il l’espérait, et juste avant que son genou gauche touche le sol, il se propulsa de toute sa force en avant pour se dégager du jeune homme qu’il fit reculer. Sans laisser le temps à Willem de se ressaisir, il lui fonça dessus. Et changea de main. Encre était dans sa main gauche. Il ne pourrait porter qu’un coup, il ne voyait rien de ce côté-ci. Il l’abattit comme une hache sur Willem. Elle était plus courte que la moyenne, mais tout aussi lourde que les traditionnelles armes des fer-nés, ce qui étonnait toujours vu avec quelle rapidité Dagon pouvait la manier. Il ne s’attendait pas à atteindre le plus jeune avec ce coup, juste l’obliger à parer à deux mains. Et il continua d’avancer. De tout son poids il se lança littéralement contre Willem. Le petit croyait connaître comment utiliser Pyk à son avantage. Croyait-il seulement que le Lord s’était arrêté ici sans arrières pensées, juste parce que son canasson ne voulait plus continuer ? Non. Dagon connaissait sa terre, ses roches et ses piques. En se jetant sur Willem, il le déséquilibra à le faire reculer. Un pas était suffisant. Un pas, et il s’encoublerait dans une aspérité du terrain. Un pas, et il basculerait en arrière pour tomber sur les roches sombres. Et Dagon tomberait avec lui. Le choc ne tuerait pas Willem, mais suffirait pour le rendre inapte au combat et rendre toutes échappatoires impossibles. Certains s’y étaient déjà rompu les os. Il n’y aurait alors plus de ruses. Dagon en avait suffisamment vu pour se faire une idée des capacités du plus jeune.

S’il avait dû en arriver là, à utiliser une technique aussi radicale, c’était qu’il était lui-même en difficulté et inapte à continuer ce combat sans un perdre plus que son honneur.
Dès lors, il pourrait parler affaires avec le jeune. Il n’allait pas le laisser se relever avant qu’un marché ne soit conclu. Peu importe ce que Willem entreprendrait, avec Dagon assit sur sa poitrine, le suzerain serait toujours plus rapide.


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Message Ven 19 Oct 2012 - 2:19

On reviendra plus tard sur le déroulement du combat en tant que tel, mais il y a une phrase que la Seiche lâchera dans l'air qui marquera, à sa manière, plus que les coups ou les autres insultes précédentes, Willem. C'était celle sur son frère, évidemment, comme quoi il était celui qu'il devait tuer. Tuer son propre frère, pour qui le prenait-il? Pour ce qu'il était justement. C'était à croire que Dagon connaissait déjà la nature du jeune homme, une nature que lui-même combattait par moment.

Jamais dans sa vie, Willem n'a jamais rien entrepris contre son frère. Très rapidement, il a compris quel était son rôle et l'a accepté. Ensuite, son frère a parfois partagé le sien avec lui et oui, une part du jeune homme a pris goût à cette idée de peut-être être le lord et pas simplement un vague conseiller ou un capitaine singulier. La reprise des raids a encore mis en lumière que c'était lui qui prenait les risques et son frère qui restait plutôt en retrait. Alors parfois, seul dans la nuit, entre le rêve et l'ambition, il se prenait à s'imaginer lord de Cormartel, à imaginer ce qui arriverait si Veloran trépassait. Et s'il le tuait? Aaricia ne lui pardonnerait jamais et puis, on ne tue pas un frère comme on tue un continental. Willem s'en savait capable, mais il n'était pas certain de vouloir franchir cette ligne pour autant. Il y avait tout de même une limite à tout humain. N'empêche, en une phrase, Lord Greyjoy venait de déterrer cette pensée qu'il avait déjà eu, qu'il essayait d'oublier. Était-ce un message qu'il essayait de lui envoyer, ou bien est-ce que c'était une simple distraction au cours du combat? Comment Dagon pouvait-il se douter de l'ambition secrète qui pouvait l'habiter? Était-ce évident à ce point? Il lui semble que non, il a toujours tenu des propos corrects sur son frère. Il s'est montré solidaire pour les Bonfrère et Willem est un jeune homme qui sait s'oublier. Alors cette phrase le marque, il se sent comme un homme qu'on dévoile au grand jour, comme le criminel dont on vient de démasquer les vicieuses ambitions. L'étonnement qu'il eut dans le visage empêcha alors qu'il porte le coup de façon fatale. En un sens, cette phrase devait avoir atteint son but premier et semer à la fois une idée réelle, mais aussi, un doute, chez Willem.

Le capitaine de la Larme Noire donnait tout ce qu'il avait, ou presque, dans ce combat. Il n'était pas à son meilleur, puisque pour cela, il aurait eu besoin de sa hache, mais il n'entendait pas tomber sans avoir livré une bonne lutte. Il venait de retomber au sol. Son coup avait porté, Dagon l'avait encaissé avec sa lame, mais il avait l'air secoué, mais toujours indemne ou à peu près. Reniflant, reprenant légèrement son souffle, il se préparait surtout à essuyer la contre-attaque de son adversaire, qui ne tarda pas à venir. Il sentait que s'il continuait, il prendrait peut-être même l'avantage, mais s'était sans compter sur la détermination de la Seiche.

Après avoir été forcé de reculer, il leva son glaive justement, levant aussi son autre main contre le revers de la lame, avant de bloquer le grand coup qui arrivait, qu'il n'aurait pu bloquer simplement avec une main et il le savait. Il aurait bien aimé l'esquiver, mais Dagon avait été trop rapide. Le jeune homme pensait très vite à un moyen de se sortir du mauvais pas. Un rapide mouvement de lame, une roulade et il pourrait faire un mouvement de son glaive au niveau d'une des jambes de Dagon et la suite passerait à l'histoire. Mais cette histoire restera fiction, puisque le guerrier, plutôt que de chercher faire fléchir Willem, comme ce à quoi il se serait attendu, fonce sur lui de façon à l'écraser au sol, un geste pour le moins surprenant. Ce ne fut pas si difficile de faire tomber le jeune guerrier sous une telle pression. Il eut quand même le geste de déviation et encre passa près de sa tête et de son épaule, tandis qu'ils tombaient, mais s'échoua contre une roche. Son glaive quant à lui se retrouva contre le sol, tout comme sa main et sous la douleur qu'engendra la chute, il eut une légère grimace. Il avait en tête de finir le boulot à la main et aux poings dans ce cas.

Willem n'était pas un abruti, il se savait fini avec cette manœuvre pour le moins "pas très glorieuse", mais tout ce qui compte dans un duel à mort, c'est de tuer son adversaire. Alors, c'était terminé, il allait mourir comme cela, le vieux Greyjoy sur le corps, comme une femme bien engrossée et lourd comme une roche? Un geste de son glaive et l'épée s'abattrait sur lui d'une façon ou d'une autre. Il eut quand même un petit regard autour, visiblement, il cherchait un moyen de se sortir de ce mauvais pas. Il avait beau ne pas avoir peur de mourir, il cherchera jusqu'au dernier moment un moyen de s'en sortir.

-De fer et de roc...

Il ferme les yeux avec un air résigné et semble se détendre, une sorte de soumission, mais dans la seconde qui suit ce geste, il empoigne sa lame et tente d'assener un coup de gladius dans les côtes de son adversaire. Restait à voir si cette dernière ruse, si cette manœuvre de la dernière chance fonctionnera.
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Message Dim 21 Oct 2012 - 10:37

Dagon avait contracté la mâchoire. Si Willem atténuait l’impact violent avec son corps, les vibrations du choc se propagèrent également dans tout le corps de la vieille Seiche, comme un puissant tremblement de terre. Il sentit sa tête tambouriner et son œil gauche l’élançait. Il aurait pu faire fi de tout cela. Mais tout son corps criait douleur. Sous lui pourtant, le jeune Bonfrère n’avait que grimacé et aucun son n’étaient sortis de sa bouche déterminée à rester close. Dagon s’était dit qu’ainsi, le jeune ne pourrait nuire, mais même si le bras droit de Willem avait percuté le sol avec violence, son glaive y était toujours fermement tenu. Son propre bras tremblait pourtant, pour maintenir au sol le cadet. Dans la chute, ses genoux et son bras droit avaient percutés le sol avec force et ses articulations, des hanches aux épaules en souffraient. Il avait sous-estimé avec quelle hargne le jeune de Cormartel se battrait.

Sous lui, Willem ne se débat pas. Heureusement pour lui. Encre n’est qu’à quelques centimètres du visage du gamin, et d’un revers de main, Dagon aurait sans autre pu lui trancher la gorge au moindre mouvement. Le plus jeune semble complètement soumis à la supériorité de son aîné. Cependant, Dagon n’en est pas certain. Jamais rien n’est certain en ce qui concerne un Bonfrère. Son front est barré par une ride verticale reflet de son anxiété. Le petit n’était pas mort, alors il n’abdiquerait pas. Il n’avait pas refusé le combat, il ne laisserait pas ce dernier se terminer sur une courbette du Suzerain, ça Dagon en était certain. Il grimaça en l’entendant parler à nouveau. Où trouvait-il la force de respirer avec un homme assis sur sa poitrine et de la roche incrustée dans le dos. Dagon avait envie de lui couper subitement la langue pour oser ainsi le défier. Il s’était ouvert la main droite sur la roche en s’y écrasant et le sang coulait le long de ses doigts crispés. Une cicatrice encore, rien de plus. Complètement penché en avant, il se redressa lorsqu’il vit les yeux du garçon se fermer.

Grossière erreur. Le choc qui lui déplaça les côtes lui arracha un cri de dément, mélange de douleur et de fureur. Le coup le fit rouler sur le côté droite, retenant le haut de son corps de son bras libre. Il tenta de se relevé, mais c’était peine perdue. Le gamin lui avait brisé deux côtes. Il ne pourrait continuer le combat. Il était à genoux, l’un en terre, l’autre au niveau de sa poitrine. Sa respiration était hachée et sifflante. Il lui en coutait d’aspirer de gros goulots d’air et tout son côté gauche lui brûlait. Ses cheveux étaient en bataille, masse grise parsemée de blanc. Encre était enfoncée pointe dans le sol, pour lui offrir un appui précaire. Son bras droit enlaçait son abdomen en tremblant. Du sang coulait de sa bouche ouverte.

Si Lord Dagon n’aimait pas être perdant, il savait s’avouer vaincu lorsque la victoire était impossible. Le petit Lord de Cormartel l’avait défait. Mais ce n’était pas ce qui le préoccupait le plus. Ce qui l’inquiétait, c’était qu’un combat de pure camaraderie allait se terminer en règlement de comptes. Il ne s’en était jamais pris à Grand Wyk et depuis qu’il avait épousé Aaricia, il avait laissé les Bonfrère gérer leurs affaires sans y imposer sa signature. Alors pourquoi ce gamin voulait-il sa mort ? Même si le jeune le tuait, sa position ne changerait rien. Il ne deviendrait pas Lord des Iles et pas plus Lord de Cormartel. En tuant le suzerain, il trahirait même sa propre famille. Dagon avait voulu le tester mais jamais l’idée n’était venue de l’achever. Il voulait l’engager, pas l’assassiner. Entre deux respirations il toussa. De la terre lui était rentré dans le nez. Tousser, lui transperçait les côtes. Il grogna de douleur. Dans un effort stupide, il se remit debout en s’appuyant sur Encre qui grinça sur la roche dure. Il se tenait droit, et même si son corps n’était que douleur, son esprit était clair et son œil ne vacillait pas. Il ancra son regard sur le plus jeune. Qu’il vienne l’achever, il n’avait pas peur de la mort, pas plus que de la vie. Il engagea la discussion d’une voix sifflante mais ferme et toujours aussi rentre dedans.

« Mon idée était de vous nommer instructeur auprès de Zachery, mais après… réflexion…, il est évident que votre esprit manque de clarté… Je ne peux me résoudre à vous confier ainsi… la vie de mon fils. »

Là était la vérité. Il savait qu’avec l’éducation qu’il avait lui-même reçu, Dagon ne serait pas un bon père pour ses enfants. Il n’avait jamais été assez présent pour son premier fils, et il en serait de même pour les suivants. Aaricia reprendrait la mer, tout comme lui et les enfants seraient livrés à eux-mêmes. Il en avait été ainsi pour lui. Il avait besoin de personnes de confiance et il ne voulait en aucun cas confier l’éducation de ses héritiers à une bonne-femme. Il avait en premier lieu regardé parmi ses hommes, en tout bon sens. C’était les personnes qu’il connaissait le mieux. Mais aucun n’avait le profil. Être un homme bon et sensé ne suffisait pas. Il ne voulait pas que ses fils soient des gamins bien éduqués, bien rangés et sans volonté. Il voulait des forces de la nature. Petit à petit l’évidence s’était alors imposée à son esprit. Willem se battait dans l’ombre depuis sa naissance pour être meilleur que son frère, sans jamais se montrer, en se faisant oublier par les siens. Ce détail n’avait pas échappé à la Seiche. Ce gamin était subtil et même si parfois ses réactions exacerbaient le souverain des Iles, il avait su reconnaître en lui un potentiel effarant.

Dagon grimaça en rangeant dans son fourreau Encre. Il n’en userait plus aujourd’hui. Il se tenait droit avec tant de rigidité pour ne pas trembler qu’un coup de vent l’aurait fait tomber à la renverse. Du revers de la main gauche, il essuya le sang qui commençait déjà à sécher au bord de sa bouche.

« Si l’idée est de me tuer, fais-le maintenant, gamin. Mon corps est brisé et je ne me défendrai pas pour une gloire sans nom… Il inspira lentement avant de reprendre d’un ton plus bas, apparenté à un murmure. Mais sache une chose : rien ne changera. Ton marionnettiste est Lord de Cormartel et non Suzerain des Iles de Fer. »

Il sentait le vent salé lui fouetter le visage. Son âme de fer-né grondait en lui. Il ne mourrait pas sur terre. Et encore moins sur celle qui l’avait vu naître et survire jusqu’à aujourd’hui. Si le Lord Ravage de Pyk était toujours en vie ce n’était pas parce qu’il était entouré de chiens de garde, ni même parce qu’il passait les années froides d’hiver auprès du feu, et encore moins parce qu’il restait éloigné des batailles. Il survivrait une fois encore. Et même si de prime abord, on le croyait perdant, il était l’éternel vainqueur.


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Message Mer 24 Oct 2012 - 12:39

Il était certain que cette chute n'avait pas laissé Willem indemne. Peut-être que sa jeunesse et sa forme faisait en sorte qu'il était tout de même habitué à encaissé et qu'il avait cette capacité de passer outre sa douleur, jusqu'à un certain point. Il se voyait encore, le glaive à la main, assit sur le sol, son sang se répandant sur le sol de la galère lannister à la bataille de Port-Lannis. Jusqu'au bout, il avait gardé son arme dans la main et ne l'avait pas lâché. Cette fois-là aussi, il s'était retrouvé au sol, grièvement blessé, avant de lâcher son arme. L'arme qu'il tient dans sa main maîtresse devient l'extension complet de son bras et il est rare qu'on perde son bras. Cette roche qu'il avait dans le dos est sans doute ce qui était le plus dérangeant et pour être honnête, il avait un mal de chien à son dos, mais son orgueil et son endurance le conduisait à cacher l'essentiel de cette douleur, mais Will était conscient que même si la Seiche se relevait maintenant, il mettrait peut-être bien un moment avant de pouvoir se redresser et se relever et même une fois debout, son dos l'élancerait encore et il en serait ainsi pour les jours à suivre. Il ne fallait donc pas croire qu'il était sain et sauf, tout aussi fort et fringant qu'au début de cet affrontement, mais forcément, quand on est jeune, on récupère plus rapidement et comme Willem est de ses hommes qui se sont infligés épreuves et souffrance pour devenir plus fort, il faut bien lui reconnaître quelques qualités, qui selon lui, ne dépasse en rien celles qu'un semblable aurait.

Willem était incapable de se soumettre et de son côté, il avait sans doute mal cerné le jeu de Lord Greyjoy, mais il était convaincu qu'il était en train d'y jouer soit sa fierté, soit carrément sa vie. Puis, vous savez, l'instinct de survie est une chose qui prend vite le dessus, même pour le plus calme et le plus réfléchi des hommes. C'est ainsi qu'avec un homme qui pèse des masses sur soi, une lame près de la gorge ou du visage, on peut être poussé à certaines extrémités et franchement, s'il avait pu, il aurait enfoncé sa lame dans le flanc de la Seiche sans la moindre hésitation. Ensuite, il aurait été en grande difficulté et il aurait lourdement payé le tribut de ce geste, m'enfin, sur le coup, ça lui était apparu comme le seul geste viable.

Son coup porte, la chance lui avait souri, Dagon avait baissé sa garde et devait avoir cru que le jeune homme sous lui se rendait. Grossière erreur. Un craquement pas très élégant se fit entendre, signe que son coup avait cogné dur et heurté jusqu'aux os du seigneur suzerain, même Willem en eut une légère grimace, comme si le coup lui eut fait mal aussi, mais également, parce qu'il l'avait poussé à utiliser ce qui lui restait de force dans ses muscles, avant de manquer de souffle ou de s'épuiser définitivement. La Seiche roula sur le côté, Willem se mit de côté, dos à dos à Dagon, reprenant son souffle et toussant sous le vent des Iles. Comme il s'y attendait, le temps qu'il sente de nouveau le sang circuler dans tous ses membres, la vigueur leur revenir, il ne put que se redresser, il fallait attendre avant de se mettre debout. Greyjoy à côté de lui était encore sur le sol et était dans un piteux état, un drôle de spectacle, inquiétant même. Est-ce que la Seiche en avait eu pour son compte ou comptait encore se battre? La prochaine étape était claire, c'était de tuer son adversaire, mais Will' espérait encore ne pas être poussé à cette extrémité. Maintenant qu'il était blessé, peut-être que la Seiche avait compris le message. Il n'aurait pas le dernier mot sur lui aujourd'hui.

Willem était en train de se relever péniblement, retenant des rictus de douleur, lorsque Dagon fit savoir quelles étaient ces intentions. Elles n'avaient rien à voir avec le fait de le tuer, bien qu'il en ait donné l'impression, mais plutôt, qu'il voulait tester sa "clarté d'esprit" pour ainsi dire et lui confier l'éducation de son fils Zachery. Une remarque qui le surprit et le prit au dépourvu. Willem s'essuya un coin de la bouche. Il vient d'un monde où on appelle une poule, une poule et un test, un test. Si tout cela se voulait un jeu pour le tester, il aurait fallu lui dire et non pas le mettre devant l'idée de sa propre mort, autrement, on a le résultat que vous voyez. Un homme pousser à l'extrême est capable de tout, une notion à ne jamais oublier. En tout cas, Willem se savait en mauvaise posture, ayant blessé le Lord Greyjoy. Il se passe une main sur le visage et lâche une expiration plus évident que les autres, qui pourrait aisément passer pour un soupir.

-Comme vous voulez... De toute façon, je n'ai jamais prétendu être doué avec les gamins...


Ces trucs à lui, c'est naviguer, guerroyer, piller et à la limite, tuer. Bien sûr, il comprend bien qu'éduquer même Zachery serait un honneur ou un privilège, qui le conduirait à se rapprocher de la Seiche et à passer plus de temps sur Pyk, plus près du pouvoir des Iles, à voir sa sœur plus souvent aussi, mais enfin, en quelque part, il n'avait rien demandé de tout cela et puis peu importait maintenant, puisque c'était une occasion ratée. Willem ne s'autorise pas de regret.

Nouvelle expiration, qui passerait pour du soulagement, lorsque la Seiche rengaine Encre. Un geste presque inespéré pour lui, vu sa perception des événements, mais c'était maintenant un signe que le combat était terminé. Willem était de ces hommes qui considèrent que lorsqu'un combat est terminé, il est terminé, toujours dans cette façon simple de réfléchir aux choses qui l'entourent. Il n'était pas du genre à frapper un mec dans le dos pour démarrer une bataille, il avait un espèce de code de conduite bien à lui, quelques principes qu'il suivait. Un homme doit se fixer certaines balises, autrement, il pourrait passer pour être fou. Il avait encore le glaive dans sa main et la pointe de la lame tremblait légèrement, signe de la fatigue qui habitait son bras. Ce combat avait été rude, c'est le moins qu'on puisse dire.

Il regardait Dagon, qui lui parlait. Le Lord l'invitait à le tuer maintenant, si tel était son intention. Vérifions les conséquences d'un tel geste, selon la pensée de Willem. Dagon mort de sa main, il serait vu par tous comme un paria, un renégat de la pire espèce. Sa soeur le détesterait à jamais et son frère l'abandonnerait à son sort. Willem serait livré à la justice expéditive des Iles ou encore, il réussirait par miracle à prendre la fuite et à gagner le continent, où un avenir incertain l'attendrait, bien loin de toutes les ambitions qu'il ait déjà eu. Le fils à venir d'Aaricia deviendrait l'héritier légitime, mais ceux qui en auraient contre les Bonfrère supporteraient peut-être Zachery, sans oublier les autres opportunistes qui ne voudraient pas d'enfant au pouvoir sur les Iles. En temps de guerre, divisé, les Fer-nés seraient vulnérables et finalement, un simple coup de glaive aura sans doute précédé des événements bien plus importants. Non, ce n'est pas de cette façon bien désavantageuse, pour lui surtout, alors que beaucoup d'autres y gagneraient, que Greyjoy devait mourir. Willem rangea son glaive à son tour.

-Je sers le Lord de Cormartel, c'est vrai et il est un allié fidèle... Mais ce n'est pas pour cela que je vais vous laisser en vie, Lord Greyjoy. Les Fer-nés ont besoin de vous, plus que jamais, ma sœur porte votre enfant en elle et surtout... J'ai besoin de vous.

Dagon devait se douter pourquoi Will' avait besoin de lui, il n'avait cessé d'y faire allusion. Le Lord Greyjoy semblait avoir déceler chez son beau-frère certaines ambitions qu'il croyait caché, des ambitions qui ne pourraient se réaliser sans appui. Plus simplement ou plus modestement, s'il voulait peut-être continuer à se hisser, désormais plus haut que sa condition de simple conseiller, il était tout aussi probable qu'il ne puisse y parvenir sans Greyjoy. Cependant, est-ce que la Seiche, défaite semble-t-il aujourd'hui, lui pardonnera de lui avoir tenu tête dans un combat? À la première occasion, il pourrait le faire jeter aux oubliettes du donjon de Pyk et le laisser y pourrir. Il n'y a jamais de choix aisé dans de telle situation.

Boitant un peu, il avait mal à une jambe, merci au deux chutes précédentes, d'abord à cheval, puis quand le Lord s'est rué sur lui, il tend la main à Dagon, pour l'aider à se relever peut-être et à l'aider à marcher par la suite.

-Je crois qu'il est temps de rentrer et dans l'état où on est, je crois qu'on peut se passer des chevaux.

Willem ne les aimait pas de toute manière, les chevaux... En tout cas, cette fois, pour lui, le combat était terminé et il avait fait son choix, il ne tuerait pas le Lord Greyjoy et il assumerait les conséquences de ce geste. Il était de toute façon du genre à défier les augures, plutôt qu'à reculer devant le destin. On verra bien ce que la suite de cette histoire donnera.
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Message Sam 27 Oct 2012 - 20:09

Impassible comme la pierre, Dagon attendait la suite des évènements non sans impatience. Rien ne s’était déroulé comme prévu. Et ça ne datait pas d’aujourd’hui. Willem n’était pas le seul à avoir mis ses plans à rude épreuve depuis son retour du Nord. Mais loin de lui l’idée de trouver cela déroutant. Il aimait le changement et les hommes de caractère. D’une main assurée, il repoussa en arrière les mèches de cheveux qui lui voilaient le visage. Le lacet de cuir avait retenu une partie du chignon mais des récalcitrants s’en étaient extirpés lors de l’affrontement. Il entendit le plus jeune rengainer son arme. Riche idée. Il savait que le gamin n’aurait rien tenté pour le tuer une fois Encre à son fourreau. Même si lors de la bataille, Willem s’en était donné à cœur joie, il n’était pas fou au point de tuer son suzerain sur sa propre terre. C’était justement parce qu’ils étaient à Pyk que Dagon avait engagé ce duel. Les choses en auraient été tout autre à Grand Wyk et il le savait pertinemment.
Mais le petit était bien plus malin qu’il n’y paraissait. Il avait très bien compris en quoi la vie de Dagon pouvait lui être utile et c’était pour cette unique raison que le Lord pouvait se vanter d’être encore en vie à l’issue du combat qu’ils avaient mené. La Seiche vit alors le jeune homme s’avancer, en boitant. Il n’avait pas voulu le fracasser sur la roche lors de la chute, mais même pour un homme entraîné à recevoir des coups, l’atterrissage semblait ne pas avoir été de toute douceur. Un sourire déchira le visage de l’ainé. Ses genoux continuaient de chanter douleur alors que les deux hommes avaient mis fin au combat depuis déjà plusieurs minutes. Willem tendit alors un bras au Lord à terre qui fixa cette main en silence. Le geste aurait pu être très mal interprété si ça n’avait été le bras d’un Bonfrère résolu à rester vassal du Greyjoy. Mais Dagon savait qu’il n’y avait pas de mépris dans ce geste. Juste un geste de camaraderie, comme si les deux hommes n’avaient été que deux camarades. Cela sous-entendrait que les deux fer-nés étaient égaux. Et même si Dagon avait été déclaré perdant, il ne considérerait jamais le Bonfrère comme son égal, peu importait à quel point le cadet pouvait se montrer douer.

Au même âge que Willem, Dagon s’était emparé du trône des Iles sans rien devoir à qui que ce soit, alors que le jeune homme de Cormartel tentait de s’attirer les bonnes grâces de son suzerain. Et rien n’était encore gagné. Si Dagon pouvait parfois offrir beaucoup, il pouvait aussi tout reprendre, et sans en sentir la moindre pitié pour le pauvre bougre qui ne se trouverait plus alors dans ses faveurs. Néanmoins, parfaitement d’accord avec les propos de son sujet, il se remit sur pieds avec son aide, non négligeable pour cette fois. Une fois debout, il fit rouler son épaule gauche, quelque peu fatiguée et endolorie, mais rien de bien alarmant. Cette rixe lui avait fait passablement de mal, mais aussi du bien. Rarement il se permettait de se défouler ainsi en présence de ses hommes. Peu étaient ceux capables de soutenir un tel combat, en dehors de Lakdahr son propre frère – mais là la partie n’était jamais équitable – et souvent le combat était interrompu par un élément externe. Il s’adressa à Willem d’un ton involontairement brusque.

« Être doué n’est qu’une question d’expérience. Peux-tu te vanter d’avoir été doué en combat avant de t’y entraîner ? Personne ne le peut. Comme tu ne peux prétendre ne pas avoir de don pour les enfants. »

Le Lord se racla la gorge. Un coup d’œil aux alentours lui indiqua que son propre coursier avait pris la poudre d’escampette, probablement pour retourner aux écuries. Soit. Les chevaux permettaient un trajet plus rapide, mais pas forcément plus sûr et encore moins plus agréable. Cependant, le trajet promettait une épreuve irritante pour les jambes, vu la qualité du terrain plus qu’escarpé et rocheux. Mais même défait, Dagon pouvait assumer ce trajet sans broncher. Il se retourna alors vers son adversaire du jour et l’examina un instant. Il n’aurait su dire lequel des deux avaient le plus mauvaise mine. Il resta muet un instant, pesant les conséquences de son acte puis tendit vers Willem son bras droit, paume vers le haut.

« Tu n’es plus en état de refuser, Bonfrère. Tu seras l’instructeur de mon fils et ce en tous les domaines. Protège-le des autres mais avant tout de lui-même. Ce combat m’a prouvé à bien des égards que tu en es capable. Tâches seulement de le faire bien. Il sera amené à être ton Seigneur à ma mort. »

Il n’y avait jamais de paperasse officielle avec Dagon Greyjoy. Juste sa parole. Et il n’y défaillait jamais. Un bras serré et le pacte serait signé sans plus de cérémonie. Moins de gens le savaient, plus les îles étaient en sécurité. Willem, même s’il venait d’être choisi par Dagon lui-même, n’aurait jamais le droit d’afficher son nouveau poste publiquement. Dagon voulait le garder secret. Il savait que son fils avait la langue bien pendue, mais il saurait le faire taire. Seul lui et Willem seraient dans la confidence. Même sa propre femme devrait tout ignorer de cette entrevue. Ainsi, si pour une raison ou une autre, les îles se devaient d’être menacées, Willem aurait le devoir de protéger le fils du suzerain, peu importe s’il devait pour cela y laisser la vie. C’était un poids en moins pour le Seigneur de Pyk qui prochainement aurait un second enfant et une femme laissée faible par l’accouchement à protéger. Les îles n’étaient pas pour autant menacées directement mais il savait parfaitement que le Continent ne resterait pas éternellement les bras croisés.

« Que ceci reste entre nous, Bonfrère. Si j’avais voulu que ce soit public, je me serais tenu devant toi dans la salle principale de la citadelle. N’en pipe mot à personne. »

Dagon avait été plus que ferme à ce point. Il se détourna du jeune et se mit en route sur la pente descendante qui les ramèneraient jusqu’à la citadelle de pierres sombres. Après plusieurs pas, il se retourna, le bras gauche nonchalamment appuyé sur le pommeau d’Encre.

« Et évite de sourire bêtement devant ta Dame de sœur. Loin de moi l’envie d’inventer une sordide histoire pour faire taire ses soupçons. »

Il avait prononcé cela sur un ton qu’on aurait pu qualifier de jovial de la part du Seigneur des Iles, réputé pour son caractère distant. Il n’attendit pas que le jeune se mette en route pour se remettre à marcher en silence. La caillasse crissait sous ses pieds et ses articulations meurtries sifflaient en cadence mais son visage restait impassible. Même si le gamin voulait prendre son temps pour revenir à Pyk, il n’aurait pas de peine à se retrouver. La citadelle en trois parties surmontait tout sur l’horizon. Et même si l’idée saugrenue prenait au plus jeune de faire le tour du propriétaire avant de revenir, il n’aurait qu’à suivre la berge pour retomber inexorablement sur la grande dame de pierre, dressée là des siècles plutôt par les aïeux du Lord Greyjoy.


"L'histoire morte est écrite à l'Encre, la variété vive s'écrit dans le sang."  

 
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Message Dim 28 Oct 2012 - 13:36

Willem avait fait ses choix. Ce n'est pas aujourd'hui que Dagon Greyjoy allait périr et surtout pas par son glaive. Cela n'aurait sûrement pas été la fin que tout le monde espère pour la Seiche d'or. Il avait tendu la main à son suzerain, signe que le combat était terminé, mais aussi, c'était une forme de réconciliation, de geste de bonne foi, ça ne se voulait pas non plus une attaque à la fierté de l'homme qu'il avait devant lui. Parfois, même un Fer-né apprend qu'il vaut mieux accepter une main tendue que de s'entêter. Si la Seiche l'avait refusé, cela aurait aussi été mauvais signe pour lui, mais heureusement, elle l'accepte, Dagon prend sa main et le jeune homme dut même travailler pour rester debout et aider le vieil homme à se relever. L'effort valu la peine, cela faisait du bien de voir son suzerain debout à nouveau, un peu courbé certes, mais debout tout de même. Si Aaricia apprenait le résultat de ce duel, il craindrait davantage la colère de sa sœur que celle de Dagon. Sa seule justification sera de dire, comme lorsqu'il était gamin, que ce n'était pas lui qui a commencé!

Une fois debout, Dagon tint quelques propos. C'est certain que lorsqu'on démarre à zéro, on ne peut pas se vanter d'avoir de l'expérience, elle se développe au fil du temps. Cependant, ce n'est pas comme si les Iles étaient dépourvus de père de famille, capable d'élever un enfant et de lui apprendre les rudiments de la vie. Willem a dix-huit années, il pouvait être davantage le frère de Zachery que son père. En tout cas, Will' accepta cette morale en silence, ce qui venant de lui, n'était pas un signe de désapprobation et la question était close, puisque Greyjoy lui avait fait savoir que puisqu'il était une tête folle, il ne pourrait pas éduquer son fils, comme il avait pensé lui faire faire.

Sauf que Lord Greyjoy change d'idée, comme ça, sans crier gare. Lorsqu'Aaricia disait que Greyjoy est toujours le seul à savoir ce qu'il a exactement derrière la tête et qu'il vaut mieux ne pas chercher à comprendre ces actions, elle avait raison. Après avoir repris sa marche, Willem suivant à ses côtés, boitant, bien qu'il tentait de le cacher au maximum, puis, le Lord s'arrête pour le regarder et il fixait le suzerain, calmement, attendant qu'il dise quelque chose, puisqu'il semblait pensif. C'est là qu'il lui fait part de son changement d'avis. Plus question maintenant de refuser, il devait devenir l'instructeur de Zachery, du moins, en ce qui a trait les rudiments du guerrier. Puis, une petite phrase qui le fait légèrement sourciller et qui le laisse sceptique, celle qu'à sa mort, le petit deviendrait le nouveau Lord. Tout dépend en fait, si Aaricia a un fils, il sera plus légitime que le petit Zachery, qui lui, descend d'une femme sel. M'enfin, cela relève sans doute du détail et Willem baisse les yeux sur la paume ouverte de Dagon, puis les relève pour regarder son seigneur dans les yeux, alors qu'il mettait sa main dans la sienne, scellant l'entente. Il y aurait donc un Bonfrère de plus dans l'entourage des Greyjoy.

-Je vous préviens, je ne risque pas d'être tendre avec votre fils.

Il n'allait pas le faire souffrir sciemment, ni inutilement, mais quand on s'entraîne à se battre, on reçoit des coups et vaut mieux s'habituer à en recevoir, autrement, vient le jour où on en reçoit un vrai et on reste pris au dépourvu. De toute façon, tout cela, le Lord Ravage ne le sait que trop bien. Pour le reste, au premier contact, il avait bien aimé le petit garçon. C'était un enfant allumé, visiblement en bonne condition, pas l'air faible ou malade, il était donc tout indiqué pour commencer un entraînement plus sérieux.

Le Lord se fit ensuite clair sur un point. Willem n'en connaissait pas les motivations exactes, mais il possédait une certaine notion de loyauté, envers son seigneur et aussi, envers son suzerain, par extension. Pas question de briser le silence de cette entente, si tel était le souhait de la Seiche. Par contre, son déménagement à Pyk et le fait qu'il passe son temps avec Zachery risquaient de peut-être éveiller des soupçons, mais il trouverait bien quelques justifications. Quand il se forçait, il pouvait être un assez bon menteur. Le jeune homme avait donc acquiescé, sans rouspéter ni poser de question. La marche reprit et Willem avait une posture semblable à celle de son suzerain, la main sur le pommeau de son glaive, bien moins joli que celui d'Encre. Cette fois, il eut un sourire en coin aux propos de Dagon et marchant toujours, le regard vers l'horizon, il répondit, toujours avec ce petit sourire:

-Je pensais justement dire que je suis tomber à cheval... Autrement, si elle apprend qu'on s'est battu, elle serait capable de nous achever tous les deux.

Sa sœur le croirait s'il dit qu'il s'est fait mal en tombant. Après tout, ce n'était pas faux qu'il était tomber de son cheval, et puis, sa sœur sait à quel point il est un mauvais cavalier. D'ailleurs, c'est un domaine qu'il se passera d'enseigner à Zachery... Dans sa tête sur le chemin du retour, Willem pensait à la suite des événements. Il allait annoncer à son équipage qu'ils allaient sans doute rester plus longtemps que prévu sur Pyk. Il fera aussi un petit aller-retour à Grand Wyk, histoire de récupérer quelques objets personnels. Il pensait en particulier à sa femme-sel. Oui, quelques jours sans elle et disons que sa présence à ses côtés la nuit lui manquait un brin. Les tours du château de Pyk furent bientôt en vue dans le lointain. Un nouveau chapitre de la vie de Willem semblait s'ouvrir ainsi, avec la confiance que le Lord Greyjoy venait de lui accorder.
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