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Deux hommes, deux visions

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Seigneur Suzerain de Iles de Fer
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Dagon Greyjoy
Seigneur Suzerain de Iles de Fer

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"Nous ne semons pas. "

Lord Ravage de Pyk,
et de ce qu'il en reste
Fils du Vent de la Mer
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♦ Missives : 181
♦ Missives Aventure : 89
♦ Age : 28
♦ Date de Naissance : 13/05/1989
♦ Arrivée à Westeros : 16/09/2012
♦ Célébrité : Mads Mikkelsen
♦ Copyright : Lakdahr (signature + vava)
♦ Doublons : Neassa Baratheon, Bayard
♦ Age du Personnage : 44 ans
♦ Mariage : Lady Aaricia Bonfrère
♦ Lieu : Iles de Fer, Pyk
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Message Dim 23 Sep 2012 - 19:50

Le cheval bais piaffait entre ses cuisses. D’une pression du genou, Dagon le fit se détourner du chemin de roches. Il le fit descendre par le petit sentier qui revenait jusqu’à l’extrémité de l’ile, en vue de Pyk. Sur un petit trot il observa de son œil valide les rivages. Les algues grises avaient commencé à prendre de plus en plus de place sur les criques et la puanteur qui en émanait vous faisait froncer le nez. Le flanc droit contre la pente, Dagon devait tourner complètement la tête pour pouvoir voir l’océan qui s’offrait à lui. D’un coup de langue, il mit son cheval au galop. Le chemin allait tout droit jusqu’à Pyk. Le soleil n’était pas très haut mais il savait qu’il ne devait pas tarder. L’homme qu’il traquait bougeait vite, sans prévenir et sans logique aucune. On l’avait averti que l’homme qu’il cherchait était à Pyk mais rien ne pouvait prédire pour combien de temps. Il n’était pas allé le voir le soir précédent juste par courtoisie. Il savait que contrairement à lui, le forgeron profitait de sa femme chaque fois qu’il le pouvait.

Son bais baissa vivement la tête pour l’enjoindre de lui donner plus de mou dans les rênes. Le suzerain n’en démordit pas. Il ne voulait pas avoir l’air pressé. Le vent lui fouettait le visage et mettait du désordre dans ses cheveux gris. Sa main gauche était négligemment appuyée sur le pommeau en forme de seiche de son épée et l’autre, maintenait les rênes. Il n’avait plus parcouru son pays à cheval depuis bien longtemps et son séant en ressentait déjà les effets dévastateurs. Il ne s’était pas absenté longtemps, peut-être une heure, tout au plus. Il aimait être au courant de tout ce qui se passait sur ses îles. Et même s’il ne partait que très rarement de Pyk, il n’était pas rare qu’il arpente ces voisines. Les portes de la citadelle étaient à vue. On eut peu de mal à le reconnaître. Pas de Seiche Dorée sur son torse mais il existait peu de borgne aux cheveux aussi gris que la roche et au visage fermé. On le salua. Il baissa brièvement la tête en ralentissant l’allure de sa jument. Il entra au petit trot et se dirigea directement vers les écuries où un écuyer l’attendait tout sourire. Il ne pipa mot et se contenta de lui offrir les rênes. On s’était habitué au caractère du Suzerain et personne ne s’en offusquait. Il n’avait jamais été bavard, au contraire de son père, mais on le savait au courant de tout.

Il administra une tape amicale sur l’encolure de l’animal avant de s’éloigner. Il se tenait droit, comme à l’ordinaire et son pas était décidé. Il n’avait pas préparé de beaux discours ou de faux semblants pour appâter son cadet. Non, ça n’était pas son genre. Il avait besoin de lui et rien d’autre n’importait. Dagon savait pourtant que l’affaire était loin d’être gagnée d’avance. Après tout, du sang de Greyjoy coulait dans les veines de l’homme qu’il s’apprêtait à voir. D’un regard, il observa la rue à sa droite, incapable de voir celle de gauche. Il ne craignait rien dans sa propre cité. Il fallait être absolument dément pour vouloir attenter à sa vie ici même. Bien que sa vision fût réduite, il avait appris à écouter et il savait qu’on veillait toujours sur lui d’une manière ou d’une autre. Il n’était pas adoré de son peuple, mais il se savait soutenu. Encore quelques mètres.

La forge était là, devant lui. Même les deux yeux clos il aurait pu en reconnaître le chant si caractéristique. L’odeur du fer lui emplissait les narines. Une odeur pas si étrangère. Le sang en avait les mêmes embruns. Toujours une main sur sa garde, il se baissa à peine pour entrer. Il repéra vite l’homme qu’il était venu voir. Si Dagon était petit, son cadet était un géant. Il s’était toujours demandé à quoi pouvait bien ressembler la mère de son demi-frère pour qu’il y ait une si grande différence entre eux. Mais cette différence l’arrangeait. S’il était possible de savoir que les deux étaient du même sang, il était plus difficile de les reconnaître physiquement.

Lakdahr était en retrait. Parfait. Ils allaient pouvoir discuter sans se faire interrompre. Il se positionna de telle manière que Lakdahr soit sur sa droite, dans son champ de vision. Dagon l’observa un moment, en silence. Il savait à quel point c’était désagréable de se faire arrêter dans son travail. Il n’était pas pressé. Maintenant qu’il avait trouvé le forgeron, ce dernier pourrait difficilement lui échapper. Il se passa une main sur sa moustache en fixant les mains du seul frère qu’il avait reconnu comme tel. Lorsqu’il sentit que ce fut le moment, il s’adressa à lui, sans le regarder en premier lieu, puis en appuyant ses propos de son œil valide.


« Tu n’es pas sans te douter que si je suis venu ici personnellement ce n’est pas parce que j’ai besoin de fer fondu. J’ai à te parler. Maintenant. »

Il ne le vouvoyait plus depuis des lunes. Outre le fait qu’il soit son cadet et de son sang, il lui faisait suffisamment confiance désormais pour ne pas douter de lui. Il pouvait parler de ce qu’il voulait, du moment que ça ne devait pas se savoir, Lakdahr n’en laisserait rien sortir, même sous la torture. Pas besoin de l’amadouer ou de le flatter non plus. Le géant était l’un de ses hommes au franc parlé qui plaisaient particulièrement à la Seiche. Il lui avait déjà confié bien des missions et jamais le forgeron n’avait déçu son suzerain. A ce niveau-là, il lui faisait bien plus confiance qu’à Sagon Harloi, un autre membre de son illustre famille.

« Nul besoin de retourner à la grande salle. L’endroit que tu choisiras me conviendra. Sache seulement que ça risque de prendre un certain temps. »

Ils pouvaient très bien en parler dehors, Dagon ne craignait pas le froid et il se doutait que son frère non plus vu son gabarit d’ours. Il n’avait pas eu un ton autoritaire, il n’en avait nul besoin. Il savait que Lakdahr écoutait toujours avant de parler, au contraire de sa femme qui commençait par s’énerver dès qu’il entrait dans une pièce.
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Lakdahr l'Edenteur
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Message Lun 24 Sep 2012 - 14:33

Pyk et son éponyme bastion, sa chair de rocaille léchée par une écume étonnamment spumeuse, humidifiée par l'embrun, chamarrée par les algues verdassées et enlaidie par ses insulaires aux physionomies de tueurs-nés. Une saillie de verrues grises contre laquelle le ressac martelait sans fin, dans une sempiternelle mélodie semblable à une eurythmie, et par celle-ci, l'on aurait pu croire que l'île, au plus profond de sa roche, était faite de vie. Un coeur, peut-être, cachait-elle sous son apparente hideur, et les habitants tendaient parfois l'oreille pour en écouter les battements. Aujourd'hui, l'on pouvait en juger que les flots n'étaient pas si agités, pas plus qu'à l'accoutumé, la tempête ne frapperait probablement pas en ce jour. Un frêle répit pour les bourlingueurs en titre, mais quand bien même cette accalmie, l'on savait que le climat n'était pas des plus paisibles sur cet hâvre de sel. La froidure du vent, à une année lumière du bon sirocco, aurait tôt fait d'avoir raison des continentaux qui se prétendaient marins, là-bas, sur leurs quais ouestriens. Toutes les opportunités étaient bonnes pour railler des beaux sieurs, c'était là le sujet responsable des rires rauques et gras qui résonnaient en choeur dans les forges de Pyk. Les rapines devenaient plus délicates qu'un an auparavant, ainsi, l'on ne manquait jamais de se conter sa dernière aventure en littoral ennemi et la façon dont les villageois avaient fui, ou celles dont leurs viscères étaient allées nourrir la terre qu'ils cultivaient. Les comptines fer-nées étaient particulières, autour d'une gueuze des plus âcres, l'on riait de ses viols et meurtres d'une façon si naturelle qu'elle était prompte à glacer l'échine de celui qui n'avait pas grandi en ces termes. Entre eux, plus aucun acte d'ignominie ne les importunait, c'était à celui qui léguerait le plus de détails, et les dieux savaient que de sanguinaires guerriers réunis dans une même pièce ne s'incommodaient pas de grande pompe. Parmi ces valeureux aux anatomies bigarrées de coutures, un titan des plus notoires se désopilait en compagnie de quelques homonymes qu'il n'avait pas vus depuis fort longtemps maintenant. Cet îlot qui logeait le lord Ravage, il le détestait, c'était indicible, nébuleux, mais il ne supportait l'idée de demeurer dans cette illustre forteresse plus que nécessaire à moins d'y avoir une importante besogne. Une besogne qu'il s'arrangeait, le plus fréquemment possible, pour avoir sur une autre plateforme de l'archipel où il s'en allait vivre en échange de forgeage. A Dix-Tours, le plus souvent, simplement car Gabriel s'y trouvait et qu'ils étaient un binôme que tous savaient infrangible. C'était d'ailleurs à bord de la Jouvencelle qu'ils avaient été déposés, Violain et lui, ici même, la veille. Quelques temps sur le pont de cette pucelle embarcation, tant à railler qu'à se quereller, et le forgeron en arrivait toujours à la même conclusion : l'on pouvait encore choisir ses amis, contrairement à sa famille. Mais à l'inverse de son acolyte qui attisait volontiers le brasier avec son demi-frère, Lakdahr, lui, s'éloignait des tentacules du sien, ou de celui qu'il estimait être le plus nocif parmi sa pléiade de moitiés frères.

Pas un instant, avait-il suspecté que ce dernier était en route pour l'entretenir d'une importante affaire. Quiet parmi les traits d'esprit purement masculins, le colosse frottait énergiquement son crin d'ébène qui souffrait tantôt du froid extérieur, tantôt de l'extrême chaleur de cet antre où l'on tapait le fer. Sudation et gosier sec, telles étaient les quotidiennes épreuves à endurer lorsque l'on était mestre fêvre, l'étouffante atmosphère et les tonnerres qui hurlaient sans cesse dès lors qu'une lame était modelée. La forge, tout le monde ne pouvait supporter y rester plus d'un instant, et c'était bien là la raison pour laquelle il adorait ces endroits outre un zèle personnel pour la création d'armes. Récemment, c'était la fille Botley qui s'était essayée à attendre que le jeune homme ait offert une cure de jouvence à sa hache, résultat, elle s'était endormie dans un coin et l'Edenteur soupçonnait qu'il l'aurait retrouvée fondue s'il ne l'avait pas tirée de son impromptu sommeil. Qu'importait, depuis le temps qu'il rôdaillait dans ces fournaises, lui n'avait guère plus de mal à s'y acclimater. Il rejoignit finalement son plan de travail qu'il avait abandonné pour quelques boutades entre artisans et s'empara d'une lame rougie dans le foyer. Puis, marteau en main, aux devants de son imposante enclume, il martela avec force et précision, toute sa concentration vouée à l'épée qu'il avait bien l'intention de magnifier après une longue période à patienter parmi son fatras. Ses pensées en furent saisies, si bien qu'il en omit les alentours et les mouvements qui pouvaient y avoir lieu, sans apercevoir un kraken tout en placidité s'approcher, l'observer, et attendre, le moment propice. Le chant de son martelage cessa, pour aussitôt être supplanté par un phonème qui surprit le plus jeune. Celui-ci se redressa et remarqua enfin le lord qui se tenait non loin de là. « Ouh, merde... ». Merde, si le seigneur des Iles-de-Fer se déplaçait jusqu'à lui, ce n'était, effectivement, pas pour lui quémander du fer fondu, et c'était bien ce qui l'inquiétait. Son retour sur Pyk s'était vraisemblablement colporté plus vite qu'il ne l'aurait songé.

« Si tu viens m'causer de Sarik, c'est d'sa faute ce qui lui est arrivé, pas la mienne. C'fils de chienne a voulu faire l'malin avec moi, j'ai fait que lui rappeler pourquoi on m'appelle l'Edenteur. Y va pas chier un boutre pour une dent ! »

Sarik, un membre d'équipage de la Sirène Noire que Lakdahr avait croisé sur l'île d'Harloi lors d'une récente ripaille. L'abus de faro n'aidant pas, le ton était promptement monté jusqu'à l'algarade entre les deux hommes, le premier ayant malencontreusement renversé un tiers de sa pinte sur les jambes du titan. Des éclats de voix, s'était substitué un pugilat que le plus massif n'eut pas de mal à remporter et, diantre, il ne s'en serait pas allé sans un trophée ! Tenailles toujours sur lui, en respect pour le sobriquet que ses homologues lui avaient donné depuis maintenant des lustres, il avait arraché une molaire au bougre qui avait osé lui manquer de respect avec autant d'incongruité. Parfois, l'on entendait certains susurrer qu'il était fou, et qu'il tenait probablement cette vésanie de ses gênes Greyjoy. Plausible, mais si on le savait volontiers cruel, il n'était pas le dernier des ineptes sur cet archipel, preuve en était : outre ce genre d'anicroches qu'il rencontrait de temps en temps, il faisait partie des personnalités des îles qui comptaient le moins de problèmes.

« C'pas deux dents qui lui manquent à Sarik ? »

« On s'en cogne, il rame pas avec les mâchoires. T'façon, c'est devenu un manchot au combat d'puis qu'il est rentré du Nord, on s'demande à quoi y sert. » Soudain, les prunelles du jeune homme se posèrent sur le forgeron qui s'était laissé aller à ce commentaire alors qu'il ne faisait que passer. « Mêle-toi d'ton cul toi d'abord, s'tu veux pas que j'te le cautérise avec ça ! » Il désigna la lame qu'il était en train de travailler, le quidam leva les bras en prenant un air innocent avant de s'en aller sans mot dire. Les propos de Lakdahr étaient toujours d'une subtile prosodie, de sa voix de rogomme, l'ours grognait souvent à en faire frémir, mais il n'était pas toujours aussi sauvage qu'il le laissait croire. Après un soupir las, il s'adressa de nouveau à Dagon. « J'suppose que tu t'es pas déplacé pour me parler d'ce drôle. On peut aller dans l'une des pièces à côté, il y fait plus frais et on s'ra tranquilles. »

Le géant se débarrassa de ses outils puis précéda le lord pour ouvrir la voie. En chemin, ses méninges ne se privèrent pas de cogiter, de quoi donc son frère pouvait-il bien vouloir l'entretenir ? Plusieurs pistes se traduisirent alors, la plus probable restait encore Deirdre et ses insupportables lubies, peut-être allait-il encore devoir l'escorter il ne savait où, ou simplement lui rugir dessus pour qu'elle daigne être sage quelques temps. A moins que la Seiche n'ait entendu ce qui s'était passé entre Sargon et Gabriel, leur bagarre et l'intervention obligée de l'Edenteur pour les séparer, toutefois, il doutait que cela intéresse le seigneur en quoi que se puisse être. Restait encore l'éventualité qu'il le vitupère pour le fait d'avoir été particulièrement absent dans les derniers grands évènements, les raids dans le Nord ou à Port-Lannis, comme Elyn le lui avait fait remarquer lors de sa visite à Shatterstone. Le suzerain des îles était imprévisible, il était apte à surgir des abysses lorsqu'on l'attendait le moins, le mésestimer était une grave erreur à laquelle le forgeron ne s'était jamais essayé. Tous deux, après un instant de marche silencieuse, aboutirent dans une large pièce à plusieurs utilités : l'on y trouvait des armes et des armures dans les encoignures ou entreposées sur les rares meubles. Au centre, une table encombrée de restes de victuailles pas entièrement terminées, accompagnant des chopes pour la plupart vidées de leur liqueur, ainsi qu'un fût rempli d'encore un quart. Le jeune homme ne fit pas même attention au désordre – pour une fois, il n'en était pas fautif ! - et se contenta de prendre une bouffée d'air frais non loin de la fenêtre. A la suite de quoi, il porta toute son attention sur Dagon, un si frêle quidam à côté d'une montagne tel que lui. Cependant, la force n'était pas qu'affaire de carrure.

« V'là, personne nous dérangera ici, pour l'moment. D'ordinaire, tu m'fais chercher quand t'as quelque chose à m'dire, j'suppose que ça doit être très important ? » Bien qu'il n'avait aucune envie d'en savoir plus – même la curiosité a ses limites. - il n'avait d'autre choix que de lui prêter l'oreille. « Vas-y, j't'écoute. »




" - On fait quoi ? - Valeurs sûres : on leur éclate la gueule. "
 " Barbare qui roule amasse coups de boule. "
" On dit que les fer-nés détestent toutes les races, c'est faux, on les aime toutes ! En ragoût, en civet, à la broche... "

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Dagon Greyjoy
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Message Mar 25 Sep 2012 - 11:17

L’œil de Dagon était rieux, à défaut de son visage. Très peu étaient ceux qui avaient pu se vanter de le voir sourire sincèrement. Il lui arrivait déformer ses traits en ce que beaucoup appelaient un sourire mais alors la mort était toute proche. Ce n’était pas un problème d’être heureux ou pas, il l’était à sa manière. Mais jamais il n’avait été démonstratif de ses émotions, qu’elles soient bonnes ou mauvaises. Visiblement, Lakdahr n’avait aucune idée du pourquoi de sa présence ici. Cependant, le suzerain savait que l’histoire de dents, son frère en avait parlé uniquement parce que c’était la première chose qui avait dû s’imposer à son esprit. Si Dagon était réputé pour être à l’écoute de tout ce qui se passait sur ses iles, il n’en était pas au point d’emmerder ses hommes pour des règlements de compte. Il lui était arrivé de devoir prendre parti dans un conflit mais c’était en règle générale lorsque lui était directement impliqué. De plus, Sarik ne lui était pas inconnu. Il connaissait le tempérament de son frère et même si lui-même ne s’emportait jamais, il ne voyait pas de problème avec sa réaction excessivement amusante. Bien lui en fasse, à Sarik. A chacun de tenir sa réputation et en cela Lakdahr n’avait pas fait honte à la sienne.

Dagon redressa la tête pour observer le nouveau protagoniste qui trouvait particulièrement amusant de faire une remarque plus qu’inutile. Lui-même n’aurait pas répondu à sa question mais à nouveau, son frère ne fonctionnait pas ainsi. Il inspira. Tout compte fait, il aurait peut-être du convoquer le forgeron directement à l’intérieur plutôt que devoir écouter des discussions aussi futiles qu’agaçantes. Mais si lui était aussi causant qu’une pierre, par sa locacité, son cadet avait su se faire une place parmi l’équipage de la Sirène Noire sans aucun problème. C’était l’une des raisons qui faisait penser à Dagon que cet homme pouvait s’adapter à n’importe quel environnement bien qu’il le fasse parfois de mauvais cœur. La Seiche regardait s’éloigner le second homme lorsqu’il entendit son voisin l’apostropher. Il ne prit pas la peine de le regarder.


« J’apprécierai. »

Il ne supportait nullement se faire interrompre quand il discutait affaires. Il n’était pas forcément dans le conventionnel préférant nettement les accords à l’amiable que des contrats ou des promesses signées et tamponnées par son sceau que les autres ne tenaient jamais. La parole d’un homme lui suffisait. Que l’homme l’oublie, Dagon se fera un grand plaisir de lui rappeler son devoir. Il fixait le dos de son frère. Il était vraiment bien plus grand et plus large. Il respecta le silence. Il l’accueillit même avec plaisir. En passant par la forge, il laissa son œil traîné sur le bordel ambiant. Il ne pourrait jamais travailler dans un endroit avec autant d’outils. Ils arrivèrent enfin dans la pièce plus large. Il y faisait sombre. Tant mieux. Il se passa un doigt le long de son arcade sourcilière, celle taillée au milieu. Il s’attarda sur les armes entreposées en vrac. Il en prit une et la soupesa. Elle n’avait pas la qualité d’Encre. Il s’en occupait lui-même. Pas qu’il doute des mains de Lakdahr mais quelque part, il ne pouvait se résoudre à la lui donner. Elle est depuis des générations, l’épée familiale. La donner à son demi-frère ne serait-ce qu’un instant serait un affront qu’il ne pouvait faire à son père. Jamais une autre personne que l’héritier de Greyjoy avait pu y poser sa main sans en mourir les secondes qui suivirent.

« Important…cela ne dépend que de toi. »

Il avait reposé l’arme sur le tas et se retourna. Il n’avait pas besoin d’entendre dire qu’il pouvait parler. Il était Seigneur, on l’écoutait, point barre. En croisant les bras, il appuya son dos contre le mur de pierres crépies à la chaux. Il y faisait frais. Le froid endormissait en partie les migraines qui lui frappaient la partie gauche du visage. Il leva ses deux yeux – ayant ouvert le second qui n’était gêné que par le soleil – et fixa son allié en haussant un sourcil.

« Tu dois être le seul dans cette ville, pour ne pas dire des îles, à continuer de croire que cette forge est faite pour toi. »

Il laissa un instant l’autre cogiter. On disait souvent que les grosses brutes étaient dénuées de cerveaux, mais le géant en face du suzerain était doublement dangereux justement par le fait qu’il en avait un qui fonctionnait très bien. Chose étonnante, Dagon ne se sentait pas en danger. Du moins pas pour le moment. Il pouvait se faire supprimer par son propre sang en une fraction de seconde et même s’il était lui-même réputé pour ne pas trouver beaucoup d’opposants à sa taille, il risquerait de ne pas faire long feu dans un combat contre le forgeron. Que le combat soit loyal ou déloyal, Dagon en serait le perdant. Il était paisible, contre son mur. Il savait que si son frère voulait le tuer, il l’aurait déjà fait. Ou que s’il voulait le faire, il ne pouvait rien y changer alors à quoi bon s’en inquiéter. Il reprit la parole d’un ton calme. Il ne cherchait pas l’affront. Il faisait une proposition et exposait son point de vue.

« Sincèrement, je ne sais que faire de toi. J’aurai pu de nommer bourreau mais je ne suis pas de ceux qui se blanchissent les mains sans faire couler le sang. Et les morts sont plus présentes en mer que par exécutions. »

Pilleurs, les fer-nés tuaient sur le continent, mais il était rare qu’un homme soit fait prisonnier pour un crime. Encore plus rare qu’il soit exécuté sur la place publique. Et si cela venait à se produire, Dagon le faisait lui-même. La mort par le fer.

« Je me suis laissé dire que tu étais un expert dans ton rôle de nounou. Plus d’une saurait témoigner en ta faveur à ce sujet. »

Il s’était occupé de Deirdre et de Aaricia. Et à chaque fois, les femmes ne s’en étaient pas offensées. Bien évidemment, le discours d’Aaricia avait été empli de reproches en tout genre. Comme par exemple que c’était inouï d’être du même sang mais d’être incapable de témoigner un peu de gentillesse alors que Lakdahr était des plus agréables, bla et bla. Il savait que sa femme s’entendait bien avec le géant. Et alors. Lui aussi. Très peu devaient mal s’entendre avec cet homme franc et un peu rustre mais toujours sincère et honnête.

« L’équipage de la Sirène n’a plus de secret pour toi. »

Il laissa sa phrase en suspens. Là venait le délicat. Il se décala du mur et avança de quelque pas pour venir se poser devant son petit frère, une main sur le pommeau de l’épée, plus pour détendre son bras que par reflex. Il était de profil et fixait le mur en face de lui avant de poser les yeux sur les chopes vides sur la table. Il restait probablement encore de l’hydromel dans la barrique. Il avait le gorge sèche. Il n’était sûrement pas le seul. Il tourna la tête d’un tiers. Il offrait son côté gauche, c’était donc de son œil abimé, laiteux comme l’écume qu’il regardait l’autre.

« Tu n’es pas sans savoir que le second prend de l’âge. »

Il avait parlé sur un ton plus froid que tout le reste. Comme plus d’un sur ces iles, Dagon était franc et ne partait pas en beaux discours.


"L'histoire morte est écrite à l'Encre, la variété vive s'écrit dans le sang."  

 
©️ frangin
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Message Jeu 27 Sep 2012 - 14:29

Dagon était d'un quant-à-soi pour le moins mortifère, l'octopode d'or était de cette impassible rocaille dont il était le régent, de ce même maussade, de cette même cauchemardesque sordidité qu'exhalaient les Iles-de-Fer dans l'ensemble de leur paysage. A l'image de son empire de sel, à n'en point douter, le roi Kraken, dont il fallait se méfier de tous les appendices. Le lord pouvait être un homme de confiance, il l'était à la condition que cette notion de foi humaine ait été auparavant méritée, mais il n'en avait aucunement l'allure. Qui plus est, les puissants de ce monde étaient fréquemment pris d'étranges lubies qui, si elles n'étaient pas comblées à leur désir, donnaient lieu à d'inopinés rejaillissements pour le plus souvent noirs de coeur. En guise de corollaire, le simple fait qu'ils soient de statut supérieur, et les plus petites gens subissaient. L'indigence des égalités était cruelle et fondée sur la providence ou non de naissance, mais elle était ainsi. Lakdahr s'était toujours contenté de ce qu'il possédait sans jamais enjoindre quiconque de faire sa besogne, et c'était bien la raison pour laquelle ses querelles étaient minimes. Le genre de différends qu'il n'avait encore jamais eus avec son demi-frère de suzerain, car il avait toujours pu les éviter, tout d'abord en ne s'insurgeant pas à la moindre de ses délégations – et surtout en passant son courroux sur quelqu'un d'autre ! - mais avant tout en le fuyant autant que plausible. Certains pourraient qualifier cette marotte de couardise, d'autres encore le jugeraient idiot de ne pas profiter d'être dans les bonnes grâces du seigneur de Pyk, mais il faisait fi des opinions d'autrui. Le jeune homme tenait à sa vie et à la quiétude de celle-ci, en l'occurrence, il ne s'était jamais affilié à un équipage ou même à une forge en particulier, ceci pour être l'unique gérant de ses affaires. Guère de comptes à rendre, il acceptait et refusait le travail qu'il désirait, musardait sur l'île qu'il voulait, lorsqu'il le voulait et comme il le voulait. Cette probante indépendance lui permettait en plus de bourlinguer sur de nombreux ponts, parmi lesquels figuraient d'illustres boutres dont la notoriété n'était plus à faire, car il n'en omettait nullement la psaume des flots, l'embrun de cette même impétueuse étendue et le plaisir d'y naviguer. Tout était à son bon vouloir. Tout, sauf la coercition imposée par le quidam qui se trouvait présentement en face de lui.

Il en observa la mouvance et l'apparent stoïcisme, avant que la sanction ne tombe. Le heurt fut tel que le colosse en fut perclus de stupéfaction, ses rutilants onyx miraient son aîné qui prenait un malin plaisir de laisser un abscons silence perdurer. Quant au géant, il n'y comprenait vertement rien, et il était incapable de se vouer à une quelconque réflexion tant l'information l'avait abasourdi. Qui donc osait songer voire arguer qu'il n'était pas à sa place dans cet antre aux cantiques de métaux ? De sa vie, il n'avait jamais rencontré assez fou pour n'était-ce que conjecturer à ce propos, et aujourd'hui, la nouvelle se portait que l'ensemble de ses homonymes ostrogoths dépréciait son rôle. Brut d'amertume, quétait-ce que cette infâme brimade ? De tous les zèles dont il avait fait preuve en presque trois décades d'existence, celui de la forge était le plus immuable. Dans chaque tâche accomplie, il y mettait sueur, sang, imagination, coeur et viscères. L'intégrité de son être passait avant toute chose par son art de mestre fêvre, il s'y était réfugié après le trépas de sa génitrice et ne s'en était jamais extirpé depuis. Sa réputation d'artisan, il l'avait édifiée au fil des années, tout d'abord dans les entrailles de Pyk, puis dans tous les îlots mitoyens, de Salfalaise à Noirmarées en passant par Vieux Wyk. Il ne pouvait croire ni admettre ses efforts passer de pierre à poussière, c'était impossible. Improbable, mais surtout, entièrement subjectif de la part du suzerain. « Espèce d'enculé... » . Avec la suite de son discours, l'Edenteur crut enfin comprendre que ce qui lui avait été exposé n'était l'avis que d'un seul individu, pas des moindres, mais point suffisamment important à ses yeux pour en tenir compte. Ah ! Il le haïssait pour cette remise en question, ses mâchoires se serrèrent discrètement alors qu'un soupir presque inaudible s'échappa de ses narines. Il se sentait stupide d'avoir pu douter de ses capacités et de l'estime professionnelle que la peuplade des rocailles pouvait lui porter, une partie tout du moins. Décidément, Dagon avait le don de le désarçonner, qu'il en ait conscience ou non.

Que lui voulait-il, à la fin ? Il distingua un voile de réponse lorsque la conversation biaisa sur la Sirène Noire et le fait qu'il y connaissait tous les hirsutes à bord. L'un de ses sourcils se courba et il observa le lord d'un air inquisiteur, son second se ridait, le fardeau de l'âge lui faisait probablement perdre de son efficacité d'antan, mais c'était la cadette des préoccupations du forgeron.

« J'suis pas un chaperon, j'aurais démantibulé la gueule de Deirdre d'puis longtemps si t'la voulais pas vive, tu l'sais bien. Pour c'qui est d'Aaricia... C'est différent. »

Dires abusifs, la bâtarde d'Harlon le Rouge était une donzelle qu'il appréciait pour son esprit d'antinomie, et qu'il abhorrait pour cette même propension. S'il était le seul énergumène capable de l'effrayer au point qu'elle s'en pacifie pour plusieurs heures, elle n'hésitait pas non plus à l'importuner à la première occasion, ceci jusqu'à s'immiscer dans son propre lit comme c'eut été le cas lors de leur dernière excursion chez le sieur Tarbeck. Quant à la dame Greyjoy, il l'avait connue avant même que le seigneur des îles ne songe à l'épouser, lors d'un forgeage pour le lord Bonfrère et tous deux s'étaient toujours considérés avec respect. Plus d'une fois avaient-ils raillés de Dagon en secret, Lakdahr était certainement l'un des seuls aptes à pouvoir approcher la véhémente lady sans subir son acrimonie. Cependant, ce n'était point un fait dont il se targuerait auprès de la Seiche elle-même, après tout, c'était de sa femme dont il s'agissait, et le colosse n'avait guère l'envie d'être suspecté d'une quelconque courtisanerie comme c'était le cas pour Sargon. Les racontars allaient bon train sur l'archipel de sel.

« Et personne est jamais venu s'lamenter d'mon travail. J'traine dans les forges d'puis que j'suis mioche, tu t'en plaignais pas à c't'époque, alors que certains des autres couillons t'faisaient chier. »

Par ce terme, le jeune homme désignait leurs autres frères dont une poignée ne s'était pas toujours montrée conciliante. Quelques-uns en avaient payé le prix fort, d'autres s'étaient lénifiés avec le temps, et d'autres encore ruminaient leur rancoeur, parmi cette grande fratrie. Il plissa derechef les prunelles face à l'iris lilial qui lui était présenté, puis il examina brièvement le fût de faro ainsi que les chopines abandonnées là, en doutant qu'elles servent pour trinquer en l'honneur d'un hypothétique accord. L'Edenteur n'imaginait pas se dévouer à un équipage, encore moins se faire le bras droit du lord Ravage si telle était la volonté de celui-ci. Toutefois, avant d'user d'un véto péremptoire, Lakdahr voulait comprendre, et surtout, que les choses soient rendues claires.

« Bref, j'm'y plais. Mais c'pas la question. » Il croisa ses imposants bras chamarrés de brûlures et coutures, puis reprit. « Que ton second prenne de l'âge m'dit pas c'que tu veux, Dagon. Alors quoi ? » Son faciès s'inclina vers l'avant et ses noires agates fixèrent le sol dans une mimique réflective. Il se redressa ensuite en ébauchant les pourtours de sa barbe, faussement incrédule. « C'genre de choses tu pourrais en causer avec tes matafs, y s'entretueraient comme des catins en désespoir pour avoir d'tes caresses, t'manques pas de bougres pour t'servir. Certains t'étaient d'jà fidèles alors qu'ma mère beuglait comme une génisse pour m'mettre au monde, et c'est moi qu'tu viens voir... Qu'est c't'as en tête ? »

Le titan avait le pressentiment que les calculs de son frère ne lui plairaient pas, il craignait d'avoir compris ce qu'il pouvait bien attendre de lui mais s'en assurer était mesure de prudence. Feindre l'ignorance, même s'il savait qu'il ne parviendrait pas à se faire passer pour un simple d'esprit auprès de Dagon, cela lui permettrait au moins d'obtenir des explications qui ne seraient pas superflues.




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Dagon Greyjoy
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Message Mar 2 Oct 2012 - 13:35

Lakdahr, comme à son habitude, n’avait en aucun cas l’air d’avoir envie de se faire mener en bateau, bien qu’il appréciait lui aussi y naviguer. Dagon savait être patient. Mais supporterait-il éternellement de devoir être patient en matière de Lak ? Il n’était jamais venu lui chercher des noises ou lui en demander outre mesure parce qu’il n’aimait pas utiliser un homme qui n’était officiellement rentré dans ses rangs, de gré ou de force. Lakdahr avait toujours passé entre les goûtes. Il n’avait jamais insisté. Il n’en avait pas vu d’utilité. Jusqu’à maintenant. Son demi-frère devrait se plier à sa volonté. Il espérait qu’il arriverait à le convaincre par la parole, doutant de ses chances physiques. Il en rit intérieurement. Quel juste retour du sort s’il se faisait planter là par son cadet qui n’avait hérité de rien de la famille. Sincèrement, Dagon ne croyait pas son jeune frère capable de le tuer séance tenante. Pas qu’il n’en était physiquement pas capable, mais il le pensait trop attaché à sa petite vie tranquille et posée pour seulement osé penser à assassiner son souverain par pure vengeance personnelle.

Dagon observait son camarade d’un air distant. Même s’il lui faisait confiance, il ne le considèrerait probablement jamais comme son petit frère. Dagon n’avait qu’une famille, lui, Aaricia, Zachery et leur enfant à venir. Les autres n’étaient que garnitures et jouets. Dagon le savait. Sans son peuple, il serait condamné à une vie éternellement chiante et monotone. Les Fer-nés lui en faisaient voir de toutes les couleurs et chaque matin amenait son lot de surprises mais pour rien au monde il ne voulait changer cela. Il ne voulait pas de plus grand royaume. Il ne voulait pas d’un peuple soumis et incapable de prendre une décision avant d’avoir demandé la permission au vieux con assis sur le trône.

La franchise de Lakdahr fit sourire Dagon. Du moins si l’on pouvait appeler cela un sourire. Avec les cicatrices qui lui parcourraient la moitié du faciès, lorsqu’il souriait, il ne faisait que s’en créer de nouvelles. De plus, les sourires chez Dagon n’étaient jamais de bon augure. Il avait déjà une prochaine réplique farouche en tête. Mais s’il était connu pour sa vivacité d’esprit, il savait aussi s’effacer pour mieux troubler. Il se détourna du forgeron lorsque ce dernier parla d’Aaricia. Dagon détestait le fait que ces deux jeunes pouvaient s’entretenir sans en venir aux poings alors qu’à peine il voyait sa femme, elle avait envie de lui arracher son œil. Il savait, encore pire, que les deux devaient s’en donner à cœur joie en discours railleurs sur leur suzerain. Il n’avait jamais fait attention à ce que l’on pouvait penser de lui. Mais que son frère essaye de monter sa femme contre lui, l’effrayait autant que l’amusait.

Il marcha quelque pas. Comme si le discours de l’autre ne l’intéressait nullement. Il écoutait. Oui, toujours. Même si la plupart du temps il se vidait vite l’esprit une fois la discussion close. Il retourna son regard sur Lakdahr comme pour approuver ses propos. Fils de son propre père, Lakdahr n’avait jamais cherché noise à Dagon, pourtant léger et petit depuis toujours. Mais le petit suzerain n’avait jamais cherché du réconfort auprès de son frère en étant jeune alors que Lakdahr aurait pu lui être encore plus utile qu’aujourd’hui. Non. Dagon avait une fierté démesurée et jamais il ne demandait de l’aide pour assurer sa propre vie. Et même de son sang, Lakdahr était le seul qui ne l’avait jamais revendiqué en pleurnichant. Dagon l’en remerciait pour ça.

Il vit son frère croiser les bras. Son sourire s’élargit en quelque chose de bestial. L’autre commençait à comprendre et à voir clair dans le jeune du plus vieux. Très bien. Il ne répondit pas de suite. Il se rapprocha en traînant. Il appuya les deux poings sur la table encombrée, à quelque mètre du géant. Il fixa un instant le mur qui lui faisait face avant de reporter son attention sur son interlocuteur.


« Les catins, je ne les paie guère. Les îles sont infestées de rats qui grouillent et couinent à mes pieds dans l’espoir de monter en grade en croyant bêtement qu’ainsi ils ne souffriront plus de mon emprise. Je sais à qui je peux me fier et même si les îles sont encore loin de la tyrannie qui règne sur le continent, les hommes changent. »

Il baissa un instant la tête, comme si la position l’avait épuisé. Il fronçait le front. Il pianota de sa main droite avant de donner une impulsion dans ses bras pour se redresser de toute sa taille et continuer de parler.

« Qu’est-ce que la fidélité ? Rien de plus que la promesse qu’on ne te tuera pas le lendemain. Mais rien n’est certain pour le jour qui suit celui-là. Je les paie pour qu’ils ne me sautent pas au coup. Rien de plus. Mes capitaines sont des hommes de confiance, mais je ne contrôle pas leurs hommes. Si Helya ne me fera pas faux bonds, Sagon est un volcan qui ne demande qu’à faire éruption. Et je ne serais pas épargné. Il n’attentera pas à ma vie, certes. Mais s’il quitte les îles pour je ne sais quelle lubie, Pyk ne sera plus un archipel sûre pour les Fer-nés. »

Lakdahr n’était pas son confident. Loin de là. Mais il espérait par ce fait, lui imprimer définitivement dans le crâne qu’une fois dans le respect du Lord Ravage, on se devait de lui être utile et non rester dans l’ombre. Ou alors on y perdait plus que sa vie.

« Je ne veux pas d’un second sur qui j’ai besoin de veiller en permanence. Un jeune sera incapable d’avoir un peu de jugeote. Un vieux loup peut mourir à tout moment. Naturellement ou non. Je ne veux pas à avoir à me retourner une fois les pieds sur terre en me demandant si mon boutre sera au point de rendez-vous. Si je donne un ordre je veux qu’on le respecte. Ou alors qu’on ait une meilleure stratégie pour le réfuter. Mais aucun des deux capitaines Botley et Harloi sont responsables. Ils sont prévisibles et un rien les empêchent de mener une mission à bien. »

Il porta sa main au manche d’Encre, à son côté gauche. C’est ton suzerain qui te parle l’Edenteur. Il baissa les yeux. Non par soumission mais comme pour dire que les mots qu’il allait prononcer semblaient être totalement insignifiants.

« Je viens te proposer d’être le second sur la Sirène. »

Il laissa une seconde de sursis avant de rire, comme s’il venait de se rendre compte d’une faute. Il aimait être un parfait salopard avec son cadet.

« Non. Ca n’a rien d’une proposition. »


"L'histoire morte est écrite à l'Encre, la variété vive s'écrit dans le sang."  

 
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Message Jeu 4 Oct 2012 - 15:33

La concorde des demi-frères était précaire, gracile et fragile arantèle prompte à s'effondrer sur elle-même à tout instant, et pourtant, Lakdahr en avait tissé les ramifications avec une mythique précaution. Si l'on osait le dire fantasque, qu'en était-il de l'éborgné encornet qui dansait de morgue devant ses yeux ? Les racines de nobilité flétrissaient jusqu'au plus infime des caïeux , en guise de couronne axillaire, la mort et l'instabilité ceignaient le crâne d'un Dagon vraisemblablement amusé par les présentes circonstances. Avait-il n'était-ce qu'une parcelle de considération suffisante pour oindre l'opinion du forgeron d'importance ? Pas de demande d'avis, des actions iniques et égotistes, car nul n'avait le droit de dédire lorsque la Seiche d'or parlait. Les seigneurs pouvaient être susceptibles, et pour le jeune homme, ils l'étaient tous, le monde de l'indigence lui seyait bien d'avantage. Et il le regardait se pavaner, ce frêle morceau de fer-né, à l'instar d'un prédateur patient et désireux de faire partager cette qualité à une potentielle proie. En cet instant, il regrettait de ne pas être resté aux côtés de Gabriel, Dix-Tours était un antre où, le concernant, les problèmes se dissipaient. Lui, n'était pas de ces rats dont il était question, il ne rongeait le chanvre d'aucune embarcation en particulier et préférait la rengaine du fer à modeler à la psaume des flots. Ses sombres agates se tournèrent d'ailleurs vers les tumultes de leur bien aimée, la mer et son arôme de péril, alors qu'il était dit que les quidams changeaient. Personne ne pouvait se targuer être immuable contrairement à ces grises rocailles dont il distinguait les écueils, mais l'évolution ne se faisait pas toujours avec harmonie, la volonté était un détail qu'il ne fallait en aucun cas négliger. Le discours s'effilait sur un poème de philosophie, sur ce qui liait un homme aux promesses qu'il pouvait formuler, la loyauté était une utopie lorsque l'on courtisait le pouvoir. Des faits que le titan reconnaissait comme véridiques, mais par lesquels il ne se sentait nullement concerné, bien mal lui en ferait de juger des capacités de la fille Botley ou du fils Harloi alors que lui n'était le maître que de sa propre vie. Il ne vouerait personne aux gémonies, de ses plus de six pieds et demi de haut, l'ironie de vouloir se faire plus discret qu'il ne l'était physiquement. Mais il comprenait, au fond, ce mal que se donnait le suzerain pour s'entourer de remparts dont il était assuré de l'aplomb. Plus qu'un orgueil personnel, la gérance de leur saumâtre archipel, trop de complexité pour le simple mestre fêvre qu'il était, tout du moins aimait-il à s'en convaincre pour mieux se tenir éloigner des intrigues politiques. Se pondérer, voilà qui lui avait permis de garder la tête sur les épaules, dans tous les sens du terme. Toutefois, cette marotte s'embrasa alors que la sanction vint lui choir sur le crâne, il pivota en direction de l'octopode à s'en rompre les cervicales, la panse transpercée d'un épieu d'injustice.

« Ca va pas non ?! T'as pas tiré ton coup d'puis si longtemps qu'ta semence t'est montée au crâne ou t'as bouffé une moule pas fraîche avant d'venir ?! Attache moi en figure de proue tant qu'on y est ! »

Circonspection soudainement évanouie dans un nuage de révolte, ce n'était pas la première fois que l'Edenteur râlait sur une décision annoncée, mais jamais avec autant de virulence voisée, jamais avec la réelle plausibilité que son objection soit synonyme de refus. Et pourtant... Ce n'était pas d'une oeillade énamourée que le plus jeune mirait son aîné, outré qu'il était, par la nature de la sommation qui lui avait été présentée. D'autres se seraient drapés de ravissement pour une telle opportunité, boursouflés de satisfaction d'être vendiqués de la sorte, par nul autre que le lord Greyjoy lui-même. Les dieux savaient qu'il ne prenait pas n'importe quel insulaire à ses abords, et la Sirène Noire était une créature de toute beauté, dont beaucoup léchaient le pont dans l'espoir d'y être un jour reconnus comme plus que des larbins. Cependant, ce n'était pas tant cette hypothèse de devenir Second qui l'incommodait à des cimes insoupçonnées, mais le fait que le choix ne lui soit aucunement laissé. Dagon n'était pas venu l'entretenir d'une perspective d'avenir, mais tout bonnement lui ordonner de s'agenouiller plus bas que la terre ne pourrait le supporter. Que devait-il donc faire pour avoir un semblant de paix, voilà que la fatalité s'en était allée le harponner dans le coeur même de sa forge, railleuse qu'elle était. Une lueur de bon sens vint toutefois éclaircir la noire colère qui grondait en l'être du colosse, il n'était pas en face d'un fer-né lambda, sans qu'il n'ait pu s'empêcher de lui rugir dessus comme un vulgaire mareyeur. Une erreur susceptible d'être sa dernière si Encre décidait de lui conter fleurette, la belle qui frémissait peut-être rien qu'à l'idée de lui faire perdre la tête. Le géant reconsidéra visiblement son attitude, ses prunelles jusqu'alors enchâssées sur son homonyme se mirent à fureter hâtivement le sol comme dans l'espoir d'y trouver une quelconque solution. Quelle scène ubuesque, du Goliath confus face au David qui ne perdait rien de sa superbe, heureusement que nul n'était présent pour en témoigner.

« Ecoute... » Reprit-il finalement, une fois aussi pacifié que l'on pouvait l'être dans pareilles circonstances. « J'respecte l'Antique Voie et tu l'sais très bien, j'aime la mer autant qu'un fer-né s'doit de l'faire et j'prends toujours plaisir à bourlinguer. Mais j'suis pas un mataf, si j'voulais passer mon temps à naviguer j'me serais arrangé pour avoir mon propre boutre, c'qui est pas le cas ! C'est dans les forges que j'ai trouvé mon aise, celle de Pyk, et toutes les autres des Iles. »

Surtout dans toutes les autres, une précision qu'il se garda bien d'apporter pour ne pas tendre l'atmosphère qui avait déjà perdu de sa souplesse. Même la Jouvencelle ne pouvait le retenir sur son pont, malgré toute l'amitié qu'il nourrissait envers son possesseur, il était bien incapable de demeurer loin trop longtemps de son atelier de créations. Mais Gabriel n'était pas Dagon, offusquer le premier n'était en rien similaire à contrarier le deuxième, les conséquences qui en découlaient étaient des plus disparates. Si son argumentation était somme toute légitime et avérée, elle serait probablement déficiente pour les intérêts du roi Kraken, mais elle ne s'arrêta pas là pour autant.

« T'en as d'autres sous l'bras que Sargon ou Helya, j'connais l'équipage de la Sirène, c'est vrai, et j'peux dire avec certitude que quelques-uns d'tes hommes méritent de devenir Second. J'suis pas l'seul gars de confiance qui traîne dans l'coin, et eux ont l'avantage d'avoir été sur les flots toute leur vie, y te faut quoi d'plus ? C'pas ma taille qui changera quoi que ce soit. »

Car il savait pertinemment que son gabarit de demi-seiche un peu folle était un atout que le seigneur adorait exploiter. Combien de calottes avait-il distribuées par simples lubies du suzerain, qui jubilait inéluctablement de l'ascendance qu'il possédait et dont il usait avec une instable parcimonie ? Il ne les dénombrait plus, ces punitions à grand revers dans la figure du condamné, bien que le Greyjoy n'hésitait jamais à se salir lui-même les mains. Lakdahr n'avait jamais eu de grandes aspirations, il laissait les ambitions démesurées à qui les désirait et justement, il ne parvenait à comprendre la raison pour laquelle l'on venait lui demander des comptes. Plus tentait-il de s'éloigner de Pyk, plus la lourde impression d'être lapidé de sa pierraille le tiraillait. Que faire, désormais ? Embourbé dans l'insalubre vase de la coercition, se faire passer pour un incapable que l'on surestimait n'était pas la meilleure solution, à dire vrai, il ne visualisait aucune porte de sortie si ce n'était par la voie de la négation. Le risque d'offenser son interlocuteur semblait inexorable, et l'artisan en avait assez de chercher à se justifier. Une main sur sa hanche, il frotta ses mirettes de l'autre puis la fit glisser le long de son visage avec une expression qui marquait une pointe d'appréhension, mais une majorité d'humble résolution.

« J'suis prêt à accepter beaucoup, mais j'suis forgeron, et j'le resterai. J'ai pas l'intention d'abandonner c'que je fais pour un boutre, quel qu'il soit. J'ai bien conscience que c'est la preuve que tu m'fais confiance, sauf que ça... J'suis pas l'homme qu'il t'faut. »




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Message Lun 8 Oct 2012 - 20:36

Si Dagon ne s’y était pas attendu, il aurait pu faire un bon de recul devant la réaction spontanée de son cadet. Il ne s’était jamais senti menacé par le colosse, mais il gardait toujours pudiquement ses distances. Après tout, il savait mieux que quiconque ce dont était capable le sang Greyjoy. Lui, il n’avait pas bougé. Toujours campé sur ses deux pieds. Immobile autant que silencieux. Lakdahr était probablement le seul homme sur cette île, en dehors du Harloi pour oser lui envoyer en pleine figure autant de futilités sans que sa langue en soit coupée. Le flot de parole passa au-dessus de la seiche sans même qu’elles y laissent une trace. Répondre à de pareilles questions n’aurait donné aucune suite à la discussion. De plus, les réponses ne concernaient en rien le géant. Depuis le temps qu’il trainait dans les rues, Dagon connaissait parfaitement la réaction défensive qu’employait Lakdahr. Ce n’était pas le premier à réagir ainsi, et certainement pas le dernier. C’était une réaction typique de grosse brute. Quoique, en l’occurrence, la brute en avait autant dans la cervelle que le suzerain. Mais Dagon voyait clair dans son jeu. Son demi-frère ne voulait en aucun cas de cette responsabilité. Il n’en voulait pas du tout. Il voulait vivre tranquille comme une vieille femme à forger éternellement du fer pour tous les fer-nés et pour le continent si le Dieu Noyé le lui permettait ! Dagon inspira en contractant ses mâchoires. Il ne comprendrait jamais cet homme. Certes, lui-même ne cherchait pas le pouvoir. Il en possédait déjà bien trop. Mais il n’aimait pas vivre une vie misérable. Il ne connaissait pas le bonheur que pouvait procurer un métier, et un lit chaud.

Son regard soutenait celui, pourtant bien pesant, de Lakdahr. Il l’avait hait en silence pour sa capacité à lui tenir tête ainsi pendant de longues minutes. En ce jour, il l’en remerciait. Il savait pertinemment en venant ici, que Lakdahr ne prendrait pas part à cette aventure de son plein gré. Le contraire l’aurait fait douté de son cadet au point de ne plus lui proposer le poste pourtant convoité par la moitié des hommes des îles de Fer. Il pianotait du pouce sur l’une des pierres qui dessinaient les yeux de la seiche gravée dans le pommeau de son épée. Il venait pratiquement de recevoir un ordre de son demi-frère. Il n’en fit rien. Il aurait bon lui en faire remarque, le colosse répondrait en beuglant que c’était tout bonnement sa façon de parler. A la forge, comme dans la rue, on parlait en mâchant la moitié des mots et personne, ou presque, avait la connaissance des mots de Dagon. Il s’était fait au langage des siens. Il y avait passé son enfance, dans ses rues. Et si son père lui avait fait adopter un langage autre, c’était uniquement pour converser avec les petits nobliaux des îles voisines. Il n’avait jamais repris son langage de badaud, pour simple question d’habitude. Mais il en comprenait encore parfaitement les intonations et les raccourcis.

« Plus loin de toi se trouve celle de Pyk, mieux tu t’en portes, me suis-je laissé dire. »

Il aurait été difficile qu’il en soit autrement. Dagon savait que son frère voulait se trouver le plus loin possible de lui, des Greyjoy. Il n’avait pas choisi son père. Il ne voulait pas faire de l’ombre au Greyjoy couronné comme il ne voulait pas que ce dernier vienne lui quémander quoi que ce soit. Dagon ne fit qu’affirmer ce qui était connu des deux. Une ride verticale lui barra le front. Son cadet se perdait en justificatifs. Et lui, il perdait du temps. Si un poing aurait pu faire tourner le discours en sa faveur, il ne pouvait en user ici. Derrière ses paupières, ses yeux étaient impatients et il tentait de les garder fixement sur le visage de l’autre, pour tenter d’en déceler une faille. Il restait calme, en apparence, mais son corps ne faisait que se retenir. Comment allait-il faire comprendre à ce crétin que la négation ne changerait strictement rien ? Il n’était pas venu lui demander avec un « s’il te plait » de faire partie de son équipage. Au nom du Dieu qu’il priait, il aurait pu faire un meurtre si son esprit n’avait pas été aussi calculateur. Le tuer empirerait simplement la situation. Il avait besoin de l’Edenteur. C’était pour cette unique raison qu’il était encore debout à écouter. Qu’il était venu le chercher lui-même, en pleine journée sans le faire mander par un laquait. Ne pouvait-il donc pas faire semblant de communiquer !

« Je sais parfaitement qui "j’ai sous le bras", Lakdahr. Inutile de me faire croire que certains ont du mérite pour ce poste. »

Il se fit craquer les doigts en resserrant la main sur Encre. Il avait été si immobile pendant plusieurs minutes. Il pencha la tête sur le côté en jaugeant le grand du regard. Qu’il pouvait bien être le seul à vouloir faire croire à Dagon autant de conneries en une seule discussion. Peut-être devait-il l’engager comme beau parleur après tout ? Il saurait amuser la galerie rien que par sa manière d’être complètement décalée avec son corps massif.

« Vrai. Ta taille est tellement…insignifiante. Le poste te convenait pour tout autre chose. Tu es doté d’une qualité exceptionnelle totalement inexistante chez les autres membres de l’équipage : la certitude d’être parfaitement inutile. »

A nouveau, ce silence. Dagon ne les forçaient jamais. Ils s’imposaient toujours à son esprit, comme s’il avait besoin de temps pour réfléchir à chaque fois qu’il prononçait plus de trois phrases. Mais il savait également que ses silences faisaient réfléchir.

« Il semblerait que ce soit toi, le suzerain de cette discussion. Alors. Il se redressa et croisa les deux mains dans son dos, comme pour écouter attentivement. Que dois-je faire, petit frère ? M’agenouiller devant toi en pleurnichant comme une catin, pour que tu veuilles bien poser ta carcasse sur ce boutre sans que je doive y trainer ton cadavre ? »

Jamais, oh non jamais il n’avait qualifié son cadet du sobriquet de petit frère. Il détournait l’usage des mots, comme il savait le faire. Comme Lakdahr savait les comprendre. Il devait le provoquer. Le pousser dans le moindre de ses retranchements. Le forcer à abdiquer. Mais à force, si le plus jeune cédait, ce ne serait que pour qu’on lui fiche définitivement la paix. La paix sur la Sirène serait alors que chaos éternel.

« Ou peut-être devrais-je lancer une razzia sur ma propre maison. »

Il laissa la phrase en suspens. Il parlait bien évidemment du lien de parenté qui les unissait fatalement. Il n’était pas du genre à lancer des accusations en l’air sans y porter attention. Il n’arrivait que rarement à ce stade. Mais le meilleur moyen de pression sur ce genre de gaillard revenait encore à lui enlever de force tout ce qu’il possédait. Sans forge, sans toit, sans ses femmes-sel, Lakdahr n’aurait plus que deux possibilités. Renier définitivement les îles, ou se plier à la volonté de la Seiche. Le vieux ne céderait pas.


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Lakdahr l'Edenteur
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Message Mer 10 Oct 2012 - 23:17

A choisir entre un suzerain inepte au plausible ou possesseur d'un ineffable intellect, Lakdahr se questionnait quant à ce qui était le pire. L'octopode voyait clair dans son pantomime, tout comme l'inverse était également vrai, ils se sondaient sans même le vouloir, sans même le savoir, telle une marotte dictée par un instinct de survie bel et bien présent. En l'occurrence, ses nombreuses pérégrinations au-delà de la rocaille de Pyk ne mentaient guère, la nitescence de méfiance qui naissait dans ses onyx oculaires dès lors qu'ils se rencontraient non plus, et encore moins l'étrange bien que précaire circonspection dont il tentait de faire preuve, lui que l'on connaissait pour sa virulence congénitale. Suffisait-il de le voir marteler le crâne de son bon ami, Gabriel, à la première algarade venue pour comprendre que nul n'était épargné par sa primitivité, pas même ses proches. Sa liste de victimes depuis qu'il savait se servir de ses poings était longue, dans celle-ci, l'on y trouvait même des Botley dont Helya. Des exceptions échappaient encore à ces baisers phalangiens, des individus tels que Dagon et Sargon, car leur dangerosité n'avait d'égal que leur vénéneuse rhétorique, et de tous les périls, celui que l'on ne voyait pas arriver était le plus sépulcral. Une retenue que le colosse fantasmait de briser en ce sombre conciliabule, auquel il aurait d'ores-et-déjà mis fin à grande calotte dans le crâne de son interlocuteur si, comme toujours, ce n'eut pas été lui. Lui. « A lui, j'lui ferai bouffer son oeil restant, et tout c'qui dépasse d'autre. » La tirade chantait en écho dans les méandres de son esprit en effervescence, et cette seiche tout de flegme peinte, qui n'en finissait pas de jouer avec le semblant de nerfs qu'il pouvait posséder. Le vider de ses entrailles, séance tenante, serait un jeu de bambin, et il demeurait persuadé que la moitié de l'archipel le remercierait pour cette exécution pas aussi sommaire que les apparences le suggéreraient. Cet instinct de survie, telle était l'unique valeur à protéger le quidam qui le jaugeait d'un trépas qu'aucun ne lui envierait, car le désir ne faisait que croître à lui en engourdir les membres, à lui en calciner les veinures. « Inutile... » Répéta t-il dans sa puissante et opaline denture, comme pour prendre véritablement conscience de la signification de ce terme, par lequel il ne se sentit pas concerné. Loin de la stérilité d'une existence, subsistait l'indépendance. C'était elle, son aimée, entiché de cette moribonde conception qu'était de n'appartenir à aucun marionnettiste, de n'être sous le joug ni l'aile de quiconque en ce bas monde. Une quête névrosée pour laquelle il avait toujours lutté tant par bon sens que offensives physiques. Il n'enviait pas les Grands et ceux qui y étaient liés, en revanche, peut-être était-ce eux, qui enviaient la liberté par laquelle il se construisait.

Et ces instants de mutisme commun, où les parois de l'éponyme forteresse craqueler, où l'on entendait les marteaux cogner la ferraille dans les salles contigües. Ces interminables secondes durant lesquelles il ne pouvait s'empêcher de s'interroger, c'était là ce que voulait l'insidieux encornet, qui parvenait décidément toujours à ses fins. Pour celles-ci, toutes les ignominies étaient permises, l'affubler d'un sobriquet fraternel qui fit horriblement tiquer le concerné. L'Edenteur en eut même un discret frémissement qui rongea l'ensemble de son rachis, il hésita à offrir tout de go son corps aux flots en se défenestrant dans un dernier rugissement salutaire. Mais l'abomination qui venait de lui hérisser ses diverses toisons ne fut rien en comparaison à l'hypothétique sentence qui fut prononcée en guise de péroraison. La diatribe qui voulut incessamment objecter mourut dans le gosier du titan en une contracture gutturale douloureuse à souhait, la souffrance du refrènement lui laissa une saveur corrosive en bouche et fit gonfler ses veines. Alors qu'il brûlait littéralement de haine, il parvint, dans un effort suffisamment surhumain pour s'ancrer dans les mémoires, à articuler avec une élocution excessivement distincte, comme si la prononciation de chaque mot l'écorchait.

« M'appelle pu jamais comme ça... ! »

Dit-il en faisant référence au petit frère. En réalité, faire croire que ce n'était autre que ce surnom qui l'importunait au plus haut point n'était qu'une diversion, une illusion pour protéger une vérité qui ne devait point être découverte. Violain. Dagon était amplement capable de la lui enlever, et les dieux seuls savaient ce qu'il serait enclin à lui faire subir par pure cruauté et intentions vindicatives. La blonde vénus n'était guère qu'un trophée, une concubine suffisamment matoise pour avoir survécu jusqu'ici, à ses côtés de forgeron zélé. La valeur qu'il lui prêtait n'était pas sentimentale, du moins, pas de celles susceptibles de lier deux amants qui avaient appris à composer l'un avec l'autre. Non, la donzelle couvait en sa matrice un inestimable trésor, ce qu'aucune acquisition par le fer-prix ne pouvait apporter, ce que la vie avait encore de plus beau à offrir. « Mon enfant... ». Et c'était principalement ce qui importait aux noires prunelles de Lakdahr. Nul ne savait que sa chafouine de souris était enceinte, pas même Gabriel auquel il n'en avait point encore parlé, et surtout pas le suzerain des Iles-de-Fer qui ne devait l'apprendre sous aucun prétexte. La panse de la jeune femme était, pour l'heure, à peine rondelet, fallait-il remercier sa frêle anatomie qui ne la ferait inéluctablement pas devenir énorme. Une certitude s'édifiait désormais : il lui fallait éloigner sa femme-sel de Pyk et ne plus l'y emmener, Dix-Tours deviendrait son nouveau foyer le temps qu'il faudrait, car la crainte que la seiche ne s'en prenne à elle serait à présent sempiternelle. Car, non, ses positions resteraient immuables au sujet de son statut d'artisan, encore faudrait-il le faire entendre au capricieux octopode qui lui faisait face.

« ... » Regard dans celui adverse, la tension était palpable. « Lord Balon disait tout l'temps qu'il finissait ses gosses à la pisse... A nous voir aujourd'hui on peut s'en douter. » Un mince rictus naquit à la commissure de ses lèvres, l'amusement qu'il se faisait d'une telle déclaration l'aida à ne pas d'avantage s'enfoncer dans la colère, et Dagon en conclurait ce qu'il voudrait. « Mais moi j'suis pas un Greyjoy... » Il croisa les bras, l'air assuré. « Et j'ai jamais voulu l'être, c'est c'qui fait la différence. Alors tu vois, t'peux te rassurer, si tu lances une razzia ce s'ra pas contre ta propre maison, juste contre un drôle assez con pour pas avoir d'ambition. »

Il le reconnaissait volontiers, car il se moquait éperdument de ce que l'on pouvait penser de cette propension à l'autonomie, un fer-né loin d'être arriviste, et c'était justement ce qui semblait intriguer le seigneur des îles. Fallait-il donc qu'il devienne carriériste pour que l'on se désintéresse totalement de lui d'un point de vue autre que par le forgeage ? Ils n'avaient rien en commun si ce n'était quelques gênes de céphalopode, tout les opposait jusqu'à leur physique, ce qui n'était pas sans déplaire au mestre fêvre qui, on le lui soulignait souvent, avait hérité de tous les traits de sa génitrice. Peut-être partageaient-ils leur opiniâtreté et l'intention de ne pas ployer sous le poids de l'autre. Toutefois, les plausibles pertes que lui infligeraient une mauvaise décision donnaient à réfléchir, mais malgré le pouvoir contre lequel il se battait alors, il lui était tout bonnement impossible d'accéder à la volonté de son demi-frère. Et s'il se lançait dans une guerre pour pousser l'adversaire jusqu'à ses derniers retranchements, il ne serait ni bon qu'il soit le premier à défaillir, ni que Dagon le soit. Dans tous les cas, Lakdahr se sentait pris au piège. Cette fatalité lui fit lâcher un profond soupir alors qu'il massa sa nuque aux muscles tendus. Ses yeux se hasardèrent dans la pièce, jusqu'à apercevoir le fût de faro de trois quarts vide... Ce n'était certainement pas la meilleure chose à faire, mais il en avait besoin. Il le rejoignit tout en saisissant l'une des chopines vacantes sur la table, puis se positionna auprès du baril de façon à avoir encore le suzerain dans son champ de vision. Il plongea ensuite la chope dans le fond de gueuze pour la remplir et se redressa, s'immobilisant subitement une fois droit, comme hypnotisé par la boisson. Il demeura ainsi à en observer les remous durant de longues secondes, à l'instar d'un divinateur consultant sa matière de clairvoyance.

« Ce s'rait plutôt à moi d'te demander ce que j'dois faire pour que tu m'foutes la paix. » Il releva la tête et mira en direction du lord. « J'ai jamais d'mandé à faire ta besogne, moi, ni même à c'que tu t'intéresses à ma gueule. Pourtant j'ai toujours fait c'que tu d'mandais, jusqu'à accompagner Deirdre sur le continent et j'te laisse imaginer c'que ce type de voyage peut être avec une bougresse comme elle. » Il en faisait encore des cauchemars et redoutait la prochaine fois où il aurait à l'escorter jusqu'à la demeure Tarbeck. A nouveau, il soupira. « T'sais bien que c'est pas mon genre de tout faire pour t'faire chier, ou même d'râler pour la forme, c'pas un caprice que j'te fais là. Sans forge, j'vais vite perdre ma motivation et là t'pourras dire que j'suis inutile. C'est pour ça que j'navigue jamais bien longtemps, en plus, j'vois pas c'qui te fait penser que j'serais bon pour commander des hommes. Toute façon, j'en ai pas envie... Nan... J'serai le second d'aucun boutre. » Et comme pour sceller la rectitude de ses paroles, il but d'une traite sa pinte, ce qui lui fit le plus grand bien. Il essuya le bas de son faciès d'un grand mouvement de bras, puis renâcla bruyamment. « Et maintenant, m'seigneur ? »




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 " Barbare qui roule amasse coups de boule. "
" On dit que les fer-nés détestent toutes les races, c'est faux, on les aime toutes ! En ragoût, en civet, à la broche... "

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Message Jeu 11 Oct 2012 - 21:55

Si Dagon pouvait jouer avec les mots sans se sentir concerné par ce qu’il disait, il pouvait se rendre compte que ceux qu’il avait prononcés peu de temps auparavant avaient fait bien plus d’effet que prévu. Il savait à quel point Lakdahr ne se sentait pas Greyjoy et n’aimait pas qu’on l’assimile à cette famille qui comptait pourtant bien plus d’un bâtard dans son arbre généalogique. Pourtant, il était habitué à voir le titan se contre fichez de ce qu’on disait de lui et rarement des insultes l’émouvaient autrement que par un coup de poing bien placé. Hors là, le géant forgeron n’en avait rien fait. Et ce n’était pas uniquement parce que c’était précisément un Greyjoy qui se tenait devant lui. Non. C’était parce que ces deux mots reflétaient la dure réalité qui les unissaient tout deux. Néanmoins, Dagon en était surpris. Ça ne pouvait être uniquement cela qui le fit changer d’humeur en l’espace d’un instant. Ça n’était pas la première fois non plus que Dagon devait en venir aux menaces pour que ce bougre veuille bien l’écouter avant de dire non, par simple fait que c’était son suzerain qui venait le quémander. Alors qui avait-il ? Dagon décroisa ses mains dans son dos, en fronçant les sourcils. Il y avait quelque chose que Lakdahr savait. Quelque chose que lui, ignorait. Il ne pouvait le tolérer. Mais il ne pouvait le demander. Il contracta ses mâchoires. Même en décryptant le visage de son cadet, il ne trouvait rien, aucune réponse, aucune piste. Ça ne pouvait s’agir d’un secret sur la famille, elle n’avait de secret pour personne. Tout était de notoriété publique. Alors quoi ! Il ne pouvait croire que cela concernait Violain. Cette jeunette n’était qu’une femme après tout. Des femmes, Lakdahr pouvait en cueillir à chaque razzia. Celle-ci n’avait donc pas plus d’importance qu’une autre. La réaction de Lakdahr n’avait aucun sens pour le seigneur des îles qui ruminait en silence. « Peu importe le secret, Lak. Ça n’en reste jamais un pour moi, tu verras. » Il se garda bien de le dire. Mais son regard en disait bien long.

Dagon se dérida en entendant la réplique de l’autre. Qu’est ce qu’il en savait, ce bougre. Quelle éducation Lord Balon avait-il bien pu lui fournir ? Peut-être une bonne, mais il avait sûrement du en avoir que les bons côtés. Ce n’était pas lui qui avait dû ramasser le vieux plus d’une fois complètement ivre dans ses appartements ou essuyer ses colères à coup de mobilier. Mais Dagon referma vite cette parenthèse dans son esprit. Balon était son père, pas celui de ce bâtard devant lui. Même si théoriquement, il était le père des deux. Dagon redressa la tête et fixa l’autre. Avait-il eu le choix, lui ? Pas plus ni moins que Lakdahr. On ne choisit jamais ses parents, ni ses frères et sœurs d’ailleurs. Mais Dagon avait fait le choix de remplacer le sien, et non de fuir sa propre famille comme la peste en faisant croire qu’il n’était que le fils de sa mère. Il n’y aurait rien gagné, d’ailleurs. Sa mère venait de la famille Harloi, ce qui ne l’enchantait nullement. Il n’aimait ni les bâtards Greyjoy, ni ses cousins et bâtards Harloi. Si Lakdahr se plaignait, Dagon les haïssait tous en silence. Tous, sauf Lakdahr, peut-être. C’était une haine différente. Une haine qui le poussait dans ses retranchements, à chaque fois. Les autres, à part le Harloi qui dirigeait un de ses boutres, n’étaient qu’écervelés et crétins. Lakdahr réfléchissait et organisait sa vie comme il l’entendait. Ce que lui, Dagon, ne pourrait jamais faire. Il ne serait jamais libre, Greyjoy jusqu’à la fin. Il était né avec une responsabilité qu’on lui avait imposée. Et même si aujourd’hui il était satisfait en dirigeant son peuple de pilleurs, adolescent il avait détesté cette prison dorée. Il aurait voulu pouvoir se battre comme un véritable fer-né et être le capitaine d’un boutre sans devoir gérer des querelles de voisinages ou devoir des comptes à qui que ce soit. Mais la vie en avait été autrement, et il ne pouvait la changer.

Dagon soupira en voyant le forgeron boire au fût. Il n’avait rien contre la boisson, mais là ça avait quelque chose de déplacé. Il se surprit à sourire. L’aurait-il chamboulé à ce point pour qu’il ait besoin d’un petit remontant après à peine dix minutes en sa présence ? C’était nouveau. Il reposa son bras sur le pommeau de son épée, pour retrouver une position confortable. Encore des questions. Il ne donnerait pas de réponse. Il n’y en avait pas. Il ne laisserait jamais, oh non jamais Lakdahr en paix tant qu’il lui serait un tant soit peu utile. Un sourire déforma ses traits. Depuis quand c’était un homme qui venait demander à Dagon du travail ? Dagon choisissait qui travaillait pour lui, et non l’inverse. On le craignait trop pour venir le voir et parler affaires. A part si on possédait des qualités qu’il ne possédait pas déjà dans sa flotte. Lakdahr était une des qualités qu’il recherchait. Mais cet imbécile refusait toujours catégoriquement. Dagon se contre fichait du voyage qu’il avait fait avec Deirdre. C’était une mission, point barre. Il ne l’engageait pas pour qu’il se dore au soleil comme un éléphant de mer !

La dernière phrase de cette tirade interminable tomba. Dagon était impassible. Il regardait toujours l’autre qui venait de vider sa chope d’une traite. Il abdiqua. Il ferma les yeux en inclinant la tête en avant, comme s’il en avait plus qu’assez de cette discussion. C’était pourtant lui qui était entré en matière. De la main droite, il se massa le front, comme s’il était à court d’idée, désemparé. Il restait silencieux. En un long soupir il se redressa, la main sur la nuque, en regardant dans le vague devant lui. Il paraissait vidé de toute réplique. Après plusieurs secondes, il détourna le regard de la pièce mal éclairée et fraiche pour jeter un regard las sur son congénère. Son discours n’avait rien de piquant. Il était fade.

« Fort bien. Tu ne veux pas être second, je ne t’y forcerai pas. »

Il inclina la tête sur le côté pour se décoincer la nuque et fit retomber son bras le long du corps. Il regarda Lakdahr encore un instant avant de pivoter et de se mettre à marcher, comme un homme déçu. Après deux pas, il s’arrêta néanmoins. Il faisait dos à Lakdahr.

« Nous partons sur l’heure pour le continent. Il nous manque un jeune. Mort dans une rixe, à n’en pas douter. Il obéissait aux hommes sur la Sirène, tu dois t’en souvenir. »

Le garçon, bien que maigrelet, s’était toujours acquitté de sa tâche sans bronché, sachant pertinemment que si un jour il voulait pouvoir participer à une razzia en étant un pilleur et non un mousse, il devait passer par cette étape. Son père était l’un des rameurs et sa hache avait servi plus d’une fois. Dagon l’avait donc accepté sans critique à bord. Et il n’avait jamais eu à le critiquer. Le petit avait toujours été discret et efficace. Comme une souris. Rapide et invisible.

Dagon pianota de la main droite sur la table, comme impatient. Il venait de baisser la tête en avant, comme si cette nouvelle le peinait. En réalité, il souriait, d’un de ces sourires carnaciés qui lui déformaient le visage et qui l’animaient en général lors des razzias.

« J’étais venu te faire second… Et il se retourna, le regard animé, à nouveau. mais finalement tu récureras le pont. »

Il ne souriait plus mais son esprit riait. Lakdahr avait voulu lui tenir tête. Soit. Il s’en retrouverait puni. Comme Lakdahr avait utilisé la forme, Dagon répondit avec froideur.

« Et maintenant, Lakdahr l’Edenteur, il vous reste une dizaine de minutes pour vous préparer. La Sirène est à flot et vous y embarquerez séance tenante. Il referma son poing sur Encre. Son regard était intransigeant. Comme c’était la seule chose qui fonctionnait : C’est un ordre, Lakdahr.

Il n’aimait pas user de cette conjoncture mais l’occasion s’y prêtait.



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Message Ven 12 Oct 2012 - 12:24

Contrairement aux apparences, guère aucune once de provocation ne se trouvait dans le phonème de l'Edenteur qui, simplement, affirmait sa position et refusait d'être enchevêtrée dans les appendices de la Seiche d'Or. Ses responsabilités comme ses coercitions ne feraient que croître dès lors qu'il deviendrait second, il n'aurait alors plus le temps à voir si ce n'était vitupérer une masse de fer-nés au quotient intellectuel similaire à celui d'une salicoque. Si l'exagération était de mise, la perspective n'en demeurait pas moins plausible et c'était là un quotidien qui aurait promptement raison de son humeur. L'exaspération d'un équipage liée à une privation de forge signait le trépas cérébral du mestre fêvre, il n'en survivrait que tel un automate dont on ne pourrait guère plus obtenir grand chose. Une réalité qui serait loin de plaire au suzerain, vraisemblablement enfoncé dans sa faraude cécité au point de ne pouvoir le comprendre de lui-même. Qui n'en servait pas les desseins était jugé par ce dernier, à défaut d'être la Justice du Roi, il était question de celle du Kraken, qui pouvait être d'une iniquité sans pareille. L'air que prit celui-ci était de bien mauvais augure, ce voile de désappointement et cette sépulcrale circonspection apte à rendre fou n'importe quel quidam s'y heurtant. Comment pouvait-on calciner de fureur et désillusion tout en n'en démontrant qu'une infime parcelle ? Le titan était entier, chaque expression s'ébauchait sur son faciès avec une minutieuse exactitude et l'on ne pouvait diantre pas se méprendre sur l'émotion qui le traversait alors. Les individus enclins à camoufler leur fièvre avec tant d'habileté étaient les plus corrosifs de tous, car l'on ne pouvait s'identifier à du concret, tout ne reposait que sur la conjecture et une grande part d'incertitude. La méfiance était donc de première nécessité, et ce fut avec un incommensurable apport de cette notion qu'il lorgna la résignation du lord. Abdiquer n'était pas dans les marottes de ce dernier. « Y a poulpe sous boutre... » Et anguille sous roche ! Cette abnégation ne pouvait en être une et couvait fatalement un revers qu'il soupçonnait des plus ragoûtants. L'on ne désobéissait pas impunément au Fils du Vent de la Mer au risque qu'une déferlante ne vous heurte de plein fouet, et Lakdahr, lui, il flairait. Il flairait le traquenard de tout son sens olfactif, si bien que ses yeux se plissèrent dans une mimique inquisitrice alors qu'il lui était annoncé leur imminent départ. Dès l'abord surpris, il ne retint pas un soupir de lassitude tout en détournant un regard plein de désespoir.

« Super... » Répondit-il avec un enthousiasme effleurant le néant, avant d'à nouveau orienter ses étincelants onyx sur son interlocuteur. « Ouais, j'me souviens du gamin, et alors ? »

Le jeune louveteau des flots avait toujours été un élément des plus discrets, mais de loin, pas un mauvais bougre. Mais le Dieu Noyé en avait décidé autrement sur la pierre angulaire de son existence, volée à la fleur de l'âge comme c'était souvent pour leur ethnie, les îles étaient impitoyables. Dommage, mais c'était ainsi, le forgeron ne se confondrait pas en pleurs quand bien même il eut apprécié le mousse, duquel il allait devoir assurer la relève. Cependant, dans le niais esprit du colosse, l'évidence même clamait qu'il se trouverait, comme d'habitude, au poste de pilleur alors qu'un autre serait désigné pour lustrer le pont. S'il était un membre à part entière de l'équipage auquel il se joignait, son statut d'intermittent lui permettait de se tourner les pouces jusqu'à leur destination. Jamais il n'avait ramé, jamais il n'avait récuré, sa tâche seule résidait en abattre le plus de dégâts plausibles sur le lieu de rapine. En d'autres circonstances comme lorsqu'il se trouvait à bord de la Jouvencelle ou de la Sirène Noire, alors, il veillait à ce que les ordres soient vertement respectés et en distribuait également lui-même, toujours dans l'intérêt du capitaine qu'il accompagnait. Un rôle de second, effectivement, qu'il tenait en toute conscience mais de façon non-officielle, ce qui lui permettait de retourner à ses besognes artisanales une fois l'archipel rallié.

Ce fut à cet instant que la négation précédemment objectée se retourna littéralement contre lui, l'Edenteur crut s'étrangler avec sa propre salive lorsque Dagon reprit parole, lui assénant un cruel coup au sommet du crâne. Proprement frappé de stupeur, ses rondes et quasi-exorbitées prunelles observèrent le suzerain, un éclat abêti dans celles-ci. Le ton ensuite employé ne laissa guère place au doute, la vendetta du lord Ravage était en cours d'exécution, et ne faisait que commencer. L'amertume enlacée à la frustration déforma la physionomie du géant à qui sommations étaient données, derechef, sa charpente musculaire se contracta, fantasme de se jeter sur son adversaire qu'il réprimait avec puissance. Il affronta son regard durant d'interminables secondes, telles deux forces distinctes qui se jaugeaient pour mieux se sonder, mais à ce jeu, comme à nombre d'autres, Lakdahr serait perdant. Ce dernier laissa sa pinte choir à même le sol, celle-ci roula jusque sous la table avant de s'arrêter au centre de la pièce, comme reflet de la maussade agonie vers laquelle la relation des deux fer-nés prenait route. Sa bouche se déforma en un rictus d'aversion, mais il ne prononça mot, toute tentative serait vaine et il le savait pertinemment. Aussi se contenta t-il, finalement, de faire mouvoir son imposante carcasse jusqu'à l'huis qu'il passa sans demander son reste. Dans le corridor pour rallier le coeur des forges, l'un de ses homonymes voulut l'entretenir de quelconque sujet... Mais n'eut comme réponse qu'un âpre coup d'épaule qui manqua de lui disloquer la sienne, contraint qu'il fut de s'écarter du chemin d'un titan aux lisières de l'implosion.

L'artisan rallia tout de go la chambre qui était sienne et où se trouvait sa chafouine de souris. Cette dernière eut tôt fait de conclure qu'à l'instant, importuner son amant serait synonyme de suicide, ceci bien que l'incompréhension et la curiosité lui brûlaient lèvres et méninges. Il emmaillota quelques affaires dans le sac de toile qu'il emportait toujours avec lui lors de ses déplacements, n'offrant en guise d'explications qu'un strict minimum, à savoir qu'il s'en allait bourlinguer sur les flots. Il ne pouvait sciemment pas lui relater le différend dont il revenait – miraculeusement en vie, par ailleurs. - au risque de lui causer mille tourments, qui ne seraient que trop nocifs au vue de sa condition. Son unique consigne fut qu'elle soit prête pour son retour, car ils retourneraient alors à Dix-Tours pour s'y terrer le plus longtemps possible. Une caresse sur son réceptacle de vie, ce ventre qu'elle cachait dans d'amples habits, une ultime oeillade, puis il sortit pour rejoindre les quais, âcre sapidité sur les papilles. Il passa l'appontement auquel le boutre personnel de la Seiche s'amarrait toujours, trouvant l'embarcation à son bout. L'embarcation, oui, ses marins, aussi, mais il eut beau fureter les environs, pas de Dagon Greyjoy en vue. Celui-ci devait probablement traiter d'affaires de dernière minute non loin d'ici et aurait tôt fait d'arriver, ce qui n'empêcha pas le jeune homme à d'ores et déjà prendre place sur la Sirène, où il fut accueilli en fanfare par des homologues avec lesquels il avait une bonne entente. Railleries et autres boutades amicales et typiquement barbares, qui n'eurent cependant pas le don d'alléger le fardeau d'un forgeron pour le moins aigri. Cette traversée n'aurait rien d'une sinécure, malgré tout, il nourrissait encore un malingre espoir que le seigneur ne mette pas ses menaces à exécution, pour la simple et bonne raison qu'il était l'un de ses meilleurs éléments de terrain et que s'il voulait bénéficier de toute la vigueur de son jeune demi-frère, il fallait ménager la bête. Une excuse comme une autre, pour se réconforter.

« Hé l'Edenteur, paraît qu'tu récures l'pont pour cette fois ? »

« Ta gueule. »

« T'as oublié ton humour dans ta forge ou quoi ? »

« Ouvre la encore et c'toi que j'vais récurer sévère ! »

« Ca va ! J'dis juste qu'tu dois être beau à voir à quatre pattes. »

Plouf. Telle fut l'onomatopée adéquate à peine quelques secondes après que la gouaillerie eut été envoyée. L'écumeur qui avait osé goguenarder sur le compte d'un Lakdahr furibond venait de tâter de son poing au centre de son arrête nasale, le déséquilibre se faisant, il était passé par dessus bord pour bécoter la poiscaille. La grasse et rauque hilarité des matelots présents fendit l'air, le forgeron lui-même eut un frêle sourire satisfait, un brin soulagé d'avoir déchargé une partie de son irritation sur le premier à l'avoir incommodé. Cependant, la stupeur le rattrapa bien vite lorsqu'il fit volteface pour se retrouver nez-à-nez avec nul autre que Dagon lui-même. A l'instar d'un enfant pris en flagrant délit, il fureta les alentours en quête d'une quelconque tirade à sortir. Loin de lui l'idée de se moquer du lord Ravage, mais la situation méritait une répartie à la mesure de son comique.

« Non mais... Il apprend à nager, en fait. »

« T'perds rien pour attendre, Lak ! J'vais t'les foutre au cul toutes tes dents, moi !! »

« T'entends ? » Reprit le concerné après que le phonème du mataf se soit élevé d'en contrebas, celui-ci barbotant encore dans l'eau saumâtre. « Il est heureux. »

Le jeune homme retint un fou rire entre ses lippes pincées alors que le reste de l'équipage s'en donnait à coeur joie. Il rirait certainement moins dans les minutes à venir, mais un semblant de détente ne lui faisait pas de mal. Qui plus est, c'était loin d'être la première fois qu'un marin goûtait à sa véhémence, cela faisait partie de la franche camaraderie fer-née.




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Message Mer 17 Oct 2012 - 15:32

Le visage de Dagon s’était déformé en un sourire. Il sortait victorieux du premier round. Il en suivrait des biens pires. Lakdahr n’accepterait pas l’affront avec facilité. Il le savait, et il ne voulait pas qu’il en soit autrement. Le coup de grâce avait été inattendu et si bien envoyé que même Dagon s’était surpris par le plaisir qu’il y avait pris. Il sentit plus qu’il ne vit, Lakdahr lui passer à côté. Il n’avait prononcé mot. Et lui-même se garda de tout commentaire. Il pouvait lui faire subir les pires châtiments pour le refus du poste, il n’était pas stupide au point d’en rajouter une couche. Lakdahr s’était refermé de toute manière. Reprendre contact maintenant n’aurait mené nulle part et n’aurait fait que mettre à mal la relation entre eux. Elle en avait déjà pris un sacré coup aujourd’hui.

Dagon se décontracta. Mine de rien, tout son corps avait été tendu pendant l’entretien. Un pur réflexe de survie de sa part. Il se massa la nuque en soupirant. Il savait que la discussion allait être un combat entre les deux Greyjoy mais pourtant il avait espéré jusqu’à la toute fin que le dénouement en serait tout autre. Il soupira longuement en fermant les yeux. Décidemment, sa femme et cet homme continueraient perpétuellement à lui pourrir l’existence jusqu’à ce que trépas s’en suive. Il secoua brièvement la tête de droite à gauche pour ranger définitivement la discussion passée dans les méandres de ses souvenirs. En rouvrant les yeux, il remarqua au sol le gobelet qu’avait utilisé son cadet. Du pied, il le délogea de dessous la table et se pencha en avant pour le ramasser. Il l’examina un instant. Il était de tout de fer fait. Du fer de la forge probablement. Dagon y referma son poing jusqu’à s’en faire pâlir les doigts. Son visage exprimait une colère froide et sans limite. En un geste violant, il déposa la pinte sur la table. Les victuailles et autres déchêts vibrèrent à l’unisson sur le meuble. Dagon avait à présent les deux points sur la table et inspira avec puissance avant de se redresser. Il réajusta son gilet de cuir et recomposa son visage d’une expression d’indifférence totale. Un dernier regard dans la pièce et il sortit.
Il regagna quatre à quatre la grande salle de la citadelle. Le feu était mort dans la cheminée surmontée par l’énorme seiche de pierre sculptée. Encres, plumes et papiers jonchaient la table de bois massif. Ainsi que ses effets. Il parcourut les quelques mètres qui le séparait de l’antre et s’arrêta en bout de table. Il s’empara de ses bandes de cuir lassées qui lui protégeaient les avants bras et les y lassa. Il renifla en regardant la chope de bière qu’il avait laissée sur une carte. Il l’attrapa et la vida d’un trait, s’essuyant le visage du revers de la main. Il enroula la carte nouvellement libérée et la glissa sous son bras. Il s’empara de son veston de cuir sombre, juché sur un dossier. Il n’avait besoin de rien de plus. Il jeta un dernier regard sur la seiche de pierre avant de s’éloigner. Il descendit les nombreuses marches pour arriver dans une autre salle où l’attendait toutes sortes d’armes. Il se battait en priorité avec Encre, mais elle n’était pas son unique arme. Il attrapa une hache qu’il glissa à sa ceinture, de son côté droit, et s’empara d’une cote de maille des plus banales. Il ne portait pas son blason en effigie, même lors des raids. Ou surtout pas lors des raids. Il n’en avait besoin. Sa réputation avait traversé la mer avec lui et il devenait difficile de ne pas reconnaître la Seiche borgne. Ainsi vêtu, il sortit définitivement pour le grand air. Il n’irait pas dire au revoir à Aaricia. Il n’en avait pas le cœur. Une querelle de plus le mettrait définitivement sur les nerfs et en plus de Lakdahr, ses hommes en subiraient les ravages.

Il marcha sans se hâter pour regagner son boutre. Un laquais marchait dans sa direction. Il eut tôt fait de le remarquer. Il n’était diablement pas d’humeur. D’un bruit de gorge, il fit comprendre au sous-fifre qu’il était inutile de venir l’importuner maintenant. Peu importait les nouvelles, elles n’étaient pas capitales. Il n’avait qu’à les amener à la Dame. D’un regard, il chassa l’importun et continua sa descente jusqu’aux quais. Si on pouvait nommer cela des quais. Plutôt des rochers sculptés pour permettre à un homme d’y marcher. Du loin, il entendit ses hommes hurler de plaisir. Lakdahr devait avoir gagné la Sirène. La cote de maille teintait au rythme de ses pas. Il arriva aux abords de sa Dame de bois sombre. Combien de lunes avait-il passé sur cette femme avec pour seule amante la mer pour les entrainer tous deux ? Il entendit des voix porter par-dessus le pont, un niveau en dessus. Il arqua un sourcil en entendant Lakdahr. Même s’il semblait participer aux railleries, sa voix exprimait encore une forte méchante humeur. Fort bien. Dagon enjamba le pont et fit signe à l’homme qui se tenait sur le quai de lever l’ancre. Il en était toujours ainsi. Il ne supportait aucun retardataire, à part si c’était lui-même qui avait causé ce retard. Une fois ses pieds sur le pont, inutile de demander d’y monter. C’est alors qu’il vit passer un homme par-dessus bord. Il leva les yeux et vit ses hommes, hilares. « Lakdahr … » En deux enjambées il fut sur le pont. Juste au moment où Lakdahr se retourna pour lui faire face. Il le dévisagea avec toute l’indifférence dont il était capable. L’équipage riait. Le visage se détendit. Son amertume venait de le quitter. Il était à nouveau sur son boutre et les soucis de la terre ferme y resteraient. Il inclina la tête sur le côté en souriant à Lakdahr bien que sa voix exprime un ordre pure et simple.

« Tu viens de passer par-dessus bord l’homme qui sera votre second désormais. dit-il en s’adressant autant à Lakdahr qu’au groupe derrière lui. Remonte-le. en s’adressant directement à Lakdahr, puis Mesdames, nous partons. »

Ses hommes étaient peut-être les seuls à le connaître agréable si ce n’était joyeux et heureux. Il n’avait jamais été du genre démonstratif. Il se détourna du groupe et fit quelques pas avant de faire un quart de tour en regardant dans l’eau en contre bas pour y voir son second. Il attendit que Lakdahr et lui soient remonté et que les hommes soient tous à bord, sur le pont central pour revenir à leur rencontre, toujours la cote et la carte en main. Il attendit encore un instant que le silence fut total avant de s’adresser à tous. Il lança la carte au responsable des manœuvres avant d’entamer son discours.

« Notre cap n’est autre que les Terres de l’Ouest. Que l’un d’entre vous s’y oppose et je le plante ici-même, une hache dans le creux du coup. Arne me secondera pour la traversée. S’y opposer c’est s’opposer à moi. »

Il baissa les yeux en s’appuyant sur Encre avant de reprendre en regardant Lakdahr, un sourire déformant ses traits.

« Cette grande dame sera aux petits soins pour vous, Messieurs. Traitez-la bien. »

Il élargit son sourire avant de se renfermer comme une huitre. Assez de camaraderie pour aujourd’hui. Il balança la cote de maille aux pieds de son cadet. Froid et intransigeant, il lui adressa un dernier ordre.

« Nettoie-la. Et il se rapprocha de quelques pas lorsque les hommes se furent dissipés.Que je trouve une merde de souris sur ma Sirène et la tienne ne sera qu’un triste souvenir.»

Il se retourna et fit signe à l’homme qui tenait la barre. Les rameurs descendirent dans la calle. Il fallait toujours ramer pour se sortir de la crique. Après, ce serait le grand large. La mer dans toute sa splendeur.


"L'histoire morte est écrite à l'Encre, la variété vive s'écrit dans le sang."  

 
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Message Jeu 18 Oct 2012 - 15:12

Les risettes de la seiche n'étaient jamais de bon augure, pas lorsque l'on était l'un de ses demi-frères ayant refusé l'une de ses faveurs quelques minutes auparavant. De son existence, le titan n'avait jamais trouvé poulpe plus inquiétant, une aversion qui devenait somatique dès lors qu'il croisait une créature à l'apparence glutineuse et à plusieurs appendices. L'on subodorait qu'il développait une phobie pour les mollusques maritimes, même si, dans sa plus ubuesque pensée, imaginer Dagon en tant qu'invertébré à tenter de se déplacer comme s'il était une gélatine vivante. Une illustration qui avait le don de l'alléger de toutes ses contrariétés et de se dilater l'humeur en un braiment sardonique ! Mais si dans son esprit, cela faisait perdre de sa superbe au suzerain du saumâtre archipel, la réalité était bien plus cruelle et il s'y faisait ramener à grande sommation ou humiliation. Ainsi, malgré son irrépressible envie de se désopiler et la mimique – qui s'apparentait d'avantage à une grimace. - presque joviale du capitaine, il savait pertinemment qu'il ne serait pas le dernier des deux à rire. Et la déclaration qui suivit le fit tomber des nues, à l'instar d'un fléau d'arme venu embrasser son crâne dans une abominable résonance. Il observa son interlocuteur avec toute l'incrédulité des Iles-de-Fer, ne comprenant vertement pas cette subite décision qui n'avait, à son sens, ni poisson ni viande. Bien maigre réconfort à se mettre sous la dent après les tribulations nerveuses qu'il avait eu à subir dans les forges de l'éponyme bastion, une torture loin d'être terminée. Il guigna la mouvance du décapode sur jambes puis se pencha à son tour pour observer le mataf barboter dans ses eaux, l'aigre sapidité qu'il se devait d'aller le récupérer. Toutefois, aucune précision n'avait été apportée sur la façon dont il devait s'y prendre pour l'extirper des flots, aussi, il déclina tout de go la perspective de le rejoindre dans la houle et de se mouiller pour la cause. Le forgeron examina donc le pont de son sombre regard, pour finalement saisir l'une des cordelles à portée de main et en lancer l'extrémité en contre-bas. Arne se hâta de s'y accrocher pour être repêcher tel le digne thon qu'il était, s'allongeant de tout son long sur la balustrade pour pouvoir l'enjamber. Lakdahr guigna en direction du lord et profita d'un moment d'inattention pour discrètement frapper la tempe du pauvre écumeur contre le rebord qui, dans un râle, glissa pour s'étaler sur le sol, aux pieds du géant. « Bah alors ? Fais gaffe. » Pour qui n'avait pas perçu le coup, la scène prenait des allures de simple maladresse de la part du marin, protégeant le véritable fautif des accusations. Ce dernier ricana dans sa barbe étrangement taillée, puis se décala un peu plus loin, ses musculeux bras croisés, tout en prêtant attention au seigneur qui patientait pour prendre la parole.

Le mutisme gagna l'ensemble de l'équipage, curieux d'en apprendre d'avantage quant à leur destination du jour. Et la révélation souleva maintes interrogations, mais nul ne protesta d'aucune façon au risque de voir l'avertissement de l'encornet prendre forme. L'Edenteur courba un sourcil, silencieux mais pas moins songeur : était-ce une bonne idée de se risquer vers les écueils des Terres de l'Ouest, avec la flotte du ce bon vieux Lion qui désirait ardemment les faire couler à pic ? Le Greyjoy voulait vraisemblablement provoquer les ouestriens, une fois encore, et l'indéniable véracité que cette contrée était la plus fructueuse en matière de rapine y était aussi pour beaucoup. Sans doute fut-ce là l'unique motivation qui permit aux fer-nés de juger l'intention alléchante, mais qui serait de toute manière assez fou pour dédire le lord Ravage de Pyk ? Sûrement pas le mestre fêvre, en dépit de son incertitude sur les plans annoncés, qui préféra se montrer neutre et se faire oublier. Cependant, il ne le fut guère longtemps, et l'adjectif utilisé à son encontre le fit légèrement s'assombrir bien que restait immobile. Les plausibilités pour l'importuner durant tout le voyage étaient désormais infinies puisque tous avaient l'aval du capitaine, mais nul n'omettait qu'il était question d'une demi-seiche de plus de six pieds et demi dont la patience était précaire. Si certains n'agiraient en rien contre lui dû à l'amitié ou la considération qu'ils pouvaient lui porter, d'autres se méfiaient d'avantage des possibles conséquences qui découleraient d'un probable abus. Les îles n'étaient point grandes, se cacher d'un titan qui crierait vengeance serait particulièrement délicat et il était de notoriété publique que les tenailles du dentiste n'étaient jamais bien loin. Mais il n'était pas dupe, quelques suicidaires s'essaieraient certainement à profiter de cette situation qui le mettait en soumission, notamment un Second dont les vindicatives envies se lisaient sur la laideur de ses traits. Dégradation suivante, le colosse regarda la cotte de mailles s'écraser devant lui, puis la mouvance du suzerain jusqu'à ses abords, lui dispensant une menace qui eu le don de le faire intérieurement tempêter. Toutefois, il ne s'agissait que d'une femme-sel, n'est-ce pas ? Violain n'était qu'un trophée de guerre, qu'il appréciait secrètement plus que ses précédentes concubines et qui avait pris beaucoup plus de valeur depuis que son ventre était rond d'un héritier. L'importance décuplé qu'il lui accordait depuis l'aveu de sa grossesse, personne ne devait s'en douter, aussi était-il plus sage de feindre l'indifférence quant à l'éventualité que du mal puisse lui être causé. Il avait ainsi l'espoir de faire penser que ce n'était pas en agissant de la sorte qu'il serait touché en un point de faiblesse, en espérant que ce ne soit jamais vérifié.

Puis il laissa son tyran vaquer à ses réflexions et occupations. Ses poumons se dilatèrent à en exploser, avant qu'il ne relâche sa tension en un interminable soupir déjà las. Il frotta frénétiquement le crin noir qui lui faisait office de chevelure, ses prunelles s'égarèrent un instant sur la danse de la mer. « L'temps, y va être long... ». C'était peu dire, c'était probablement la première fois qu'il observait l'archipel s'éloigner avec un certain regret, lui qui aurait tout donné pour être dans la fournaise de sa forge. Il ramassa d'ailleurs le manteau de maillures, la punition n'était pas si incommodante qu'elle en avait l'air, après tout, s'occuper d'armures était son quotidien. S'il préférait de loin les créer, venait toujours le temps où il fallait les lustrer pour qu'elles soient présentables, une besogne de ce fait bien mieux accueillie que le nettoyage du pont. Pour ce faire, le jeune homme s'isola dans un coin du boutre, assis sur une vulgaire caisse, il se mit au travail sans mot dire. De telles circonstances mirent les méninges en ébullition, pour la plupart, les écumeurs s'étonnaient de la palpable animosité entre les demi-frères, et s'interrogeaient sur les motifs de tout ceci. C'était bien la première fois que l'Edenteur était rabaissé à un tel niveau, lui qui, usuellement, se plaçait comme le bras droit du capitaine. La question lui fut plusieurs fois adressée lorsque la Seiche se trouvait loin, sans qu'il n'y apporte une quelconque réponse, car une occupation, il en avait trouvé une qui l'intéressait. En effet, les pirates se succédaient auprès de lui pour solliciter son avis d'artisan concernant leur équipement, faire une cure de jouvence à leurs armes tout en admirant la belle Dentesque, l'énorme hache à deux faces du mestre fêvre. En dépit de son aigreur, ce dernier recouvrit progressivement une humeur plus encline à la marrade grâce au caractère de ses homonymes, ce genre d'éducation barbare dans laquelle il se retrouvait.

De nombreuses heures s'étaient écoulées depuis le départ de la Sirène Noire, qui naviguait avec les mirettes posées sur le littoral Ouest. Fléaufort avait été évité et ils cabotaient d'avantage vers le sud en déviant des points stratégiques de la flotte du Lion. Approcher de trop prés les côtes s'avérait périlleux, c'était déjà un miracle qu'ils n'aient pas encore été repérés et chassés, tant la vigilance ennemie était élevée de ce côté-ci. Lakdahr s'était réfugié dans la cale depuis quelques temps maintenant et, grossièrement installé dans une encoignure, dormait assis. Reprendre des forces avant l'assaut ne serait pas de trop, de plus, il avait usé son huile de coude dans ses grotesques délégations. Un repos qu'il estimait mérité, mais c'était sans compter la matoiserie d'Arne qui, préparant sa némésis avec soin, s'approcha du géant assoupi. D'un coup d'un seul, il lui vida un entier seau d'eau gelée sur le poil, le réveillant dans un sursaut crispé et pour le moins désagréable. Bassine sur la tête, le forgeron ne comprit rien à ce qui se passait, il retira vivement son couvre-chef improvisé et observa les alentours avec une certaine désorientation, pour apercevoir le responsable s'empresser de rejoindre le pont. Le jeune homme sauta directement sur ses pieds et le poursuivit en fulminant, jurant de l'étriper sur place et avec une cruelle lenteur. Sa tentative de meurtre fut toutefois arrêtée lorsque, une fois monté, il rencontra Dagon sur sa route, auprès duquel le Second s'était dérobé.

« Viens là tout d'suite enculé d'Orkmont, j'vais t'apprendre moi !! » Clabauda le colosse à l'instar d'un chien mouillé et enragé. Arne renâcla puis s'adressa au Greyjoy à ses côtés. « J'l'ai trouvé en train d'pioncer, m'seigneur ! Et alors ?! J'ai bien l'droit d'piquer un somme avant la razzia, en quoi ça vous dérange ta tronche de cul et toi ?! T'pourras t'reposer quand t'auras bien fait ton travail ! Z'avez vu votre cotte de mailles m'seigneur ? R'gardez ça. » Le mataf s'écarta pour récupérer la veste de ferraille et la montrer au lord. Si la perspective ne provoqua tout d'abord aucune réaction chez l'Edenteur, il en fut tout autrement lorsqu'il aperçut la cotte dans un lamentable état. Plus encrassée que lorsqu'elle lui avait été confiée, cela sentait le complot, car le pauvre artisan l'avait pourtant curée avec grand soin, brillante qu'elle était la dernière fois qu'il l'avait eue en main. Abasourdi, il comprit promptement qui était à blâmer et foudroya Arne du regard. « Putain ! C'est pas moi ! C'est c'fils de catin qui l'a fait exprès ! Tu m'accuses ?! Ouais j't'accuse connard ! J'te bastonnerais ta sale gueule à grandes accusations si l'suzerain était pas là ! T'sais bien que c'est toi ! Ferme-la Lak ! M'seigneur, vous devriez l'faire rester sur l'boutre pendant l'raid avec d'la besogne à faire, comment ça veut s'battre si ça peut même pas lustrer une cotte ! QUOI ?! » C'était donc cela, la vendetta du fer-né allait jusqu'à le descendre auprès de Dagon et à le priver de pillage, ce qui était encore la partie la plus intéressante de cette traversée. Le titan était irréfutablement un bon élément sur le terrain, les dégâts qu'il causait pouvaient être gargantuesques et, lui, respectait toujours les consignes qui étaient données. La Seiche d'Or le laisserait-elle malgré tout sur la touche pour une faute qu'il n'avait pas commise ? Lakdahr se tourna vers son frère, outré mais sincère. « T'vas pas m'faire ça Dagon ?! Tu l'sais que c'est pas moi ! J'te jure que j'y suis pour rien ! »




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Message Dim 21 Oct 2012 - 12:22

Le boutre avait pris de la vitesse. La côte n’était qu’une ligne foncée qui se démarquait à peine du bleu de l’océan, étrangement calme. Dagon n’était pas partisan des eaux déchainées mais il savait qu’une mer trop calme permettait à l’équipage de se déchainer. Ils étaient suffisamment loin des rives pour ne pas attirer trop l’attention. Cependant, ils restaient visibles et facilement repérable. Dagon s’était posté à l’arrière du boutre, les mains appuyées sur le bois du pont. S’ils devaient être pris en charge par la flotte ennemie, il voulait avoir le temps d’organiser une manœuvre et non se faire surprendre comme des débutants. Depuis le départ qu’il fixait inlassablement l’horizon, à l’affut de tous mouvements suspects mais rien n’était venu.

Les hommes riaient en contre bas ou roupillaient affaissés ici et là, comme des enfants innocents. Rien n’était venu perturber la quiétude du Suzerain qui n’était d’ailleurs même plus concentré sur la mésentente qu’il avait eu avec son cadet. Du moins, rien jusqu’à ce que le Second décide de faire des siennes. Arne n’avait rien d’un homme d’honneur et encore moins d’un second. A chaque fois que cet ignoble crapaud avait eu le boutre sous son commandement, Dagon avait dû se démener pour ne pas passer pour un parfait crétin. Cette fois-ci, il l’avait choisi dans un seul but. Lui faire définitivement comprendre que même si Lakdahr en était réduit au nettoyage, il aurait toujours plus d’impact sur les hommes que le crapaud vicieux qui répandait sa bave toxique sur tout l’équipage. Arne n’était qu’un radoteur qui cherchait par tous les moyens à s’attirer les faveurs du Lord souverain. Dagon ne voulait que sa mort, violente et rapide. Mais personne ne s’était jamais tenté à une mutinerie, songeant que si le Lord le choisissait, c’était parce qu’il était bon. S’il avait dit plus tôt que s’opposer à Arne, s’était s’opposer à lui, la vérité était tout autre. Il espérait ardemment qu’un de ses hommes l’achève sur le coup de la colère.

« M’seigneur. L’denteur l’est t’jours pas r’monté avec votre cotte. »

Dagon fixait toujours la mer. Si ce que venait d’énoncer Arne n’avait rien de faux, il s’en fichait royalement. Il n’avait pas besoin de sa cotte de maille dans le présent moment et s’il y avait bien une chose qu’il n’avait pas besoin de contrôler, c’était que Lakdahr effectuait bien le travail. Il était forgeron, et nettoyer une cotte n’avait rien de sorcier pour le géant. De plus, même si le grand grincheux ronchonnait souvent, jamais il n’avait saboté du travail, même le plus ingrat qui soit. Il pianotta des doigts sur le bois, impatient de voir son second disparaître dans la seconde.

« Demande donc à l’Epervier là-haut de lui indiquer le chemin. »

Il sous entendait par là que si quelqu’un devait botter le cul à Lakdahr ça n’était certainement pas le souverain et encore moins l’homme juché en haut du mat qui observait les flots. Arne compris le message. Il s’inclina plus bas que terre et s’empressa de s’éloigner. Dagon inspira un grand coup et se redressa, les bras le long du corps. Il leva les yeux sur l’homme posté en sentinelle dans la voilure. D’un signe de la tête, il lui indiqua qu’il quittait temporairement son poste. L’autre en haut, lui répondit d’un signe du bras. Maintenant qu’Arne lui avait parlé de son frère, Dagon s’inquiétait de ne pas le voir sur le pont. Du moins, s’étonnait, il n’y avait rien d’inquiétant la dedans. D’un pas lent mais énergique, il descendit du pont supérieur de la poupe pour se retrouver parmi ses hommes sur le pont principal. Ce dernier était propre. Du moins aux endroits où les hommes ne l’avaient pas à nouveau sciemment englué. Dagon suspectait son second de l’avoir ordonné. Il n’en dit rien. La Sirène ne coulerait pas pour si peu. Bras croisé, il avait pratiquement traversé tout le pont lorsqu’il entendit du grabuge s’élever du ventre du navire. Il reconnut sans peine la voix caverneuse et tempétueuse du géant. On courrait sous ses pieds. Il s’immobilisa. Les hommes sur le pont cessèrent leurs activités et tous miraient l’arrivée de l’escalier qui permettait de gagner le pont. Arne en sortit, tout sourire. Dagon arqua un sourcil, imperturbable et vit émerger son cadet en grande pompe. Ce dernier était dégoulinant de la tête aux pieds.

Si Dagon n’avait rien contre les règlements de compte à bord - ce qui était somme toute normal lorsqu’autant de fer-nés se retrouvaient cloîtrés sur un navire pendant des journées entières – il détestait être pris à parti par l’un ou l’autre des protagonistes. Il resta de marbre. Arne lui balança sous le nez la cotte de maille qui était l’objet de la dispute. Il remonta les yeux sur son frère qui se retenait de ne pas étriper le second qui s’était posté légèrement en retrait derrière Dagon. Il se racla la gorge pour faire taire la discussion qui allait semble-t-il s’étaler outre mesure.

« Depuis quand ma présence justifie-t-elle ta retenue à frapper un homme sous mon commandement ?

Arne releva les yeux sur le suzerain l’œil inquiet. Dagon fit semblant de réfléchir avant de se retourner franchement vers le Second. Il abattit sa main sur l’épaule du crapaud qui hoqueta de surprise.

« Quelle belle cotte tu porteras là, Arne. Je ne saurais dire si cette crasse te sauvera de la noyade ou ne te fera que couler plus vite. »

Le Second écarquilla les yeux et tenta de s’expliquer en baragouinant des mots inaudibles. Sa poigne se referma sur la clavicule du fer-né. Ce dernier en blêmit de douleur. Dagon se rapprocha de lui et son visage n’était plus qu’à quelques centimètres de l’oreille du fouteur de troubles.

«J’ai dit "Traitez-la bien", Arne. Encore un de tes coups foireux et je t’arrache la langue avec la tenaille de l’Edenteur, est-ce bien clair ? »

Il avait parlé le plus lentement possible, en articulant chaque mot. L’équipage n’avait pu l’entendre. Mais Lakdahr était suffisamment proche pour que la menace parvienne à ses oreilles. Il relâcha Arne qui n’ajouta rien et recula pour fuir son suzerain. Dagon se retourna pour faire à nouveau face à son frère qu’il regarda la tête aux pieds. Mouillé comme un chien, il était encore plus effrayant. Il lisait de l’anxiété dans ses yeux mais il savait que son frère n’y était pour rien dans l’histoire. Arne avait sûrement dû organiser l’affaire pendant que son cadet se reposait dans la cale. Il n’avait aucun doute là-dessus. C’était la suite qui était incertaine.

«Concernant ta participation au raid…Rien n’est décidé. » Il inspira et de biais, regarda l’équipage dans son dos. « D’autres questions ? Ses hommes reprirent leurs discussions et le brouhaha habituel du pont prit le dessus. Dagon s’avança en direction de son frère et s’adressa à lui sans le regarder. « Suis-moi. »

Il descendit par l’escalier raide qui s’apparentait plus à une échelle et rejoignit la cale. Il parcourut quelques mètres avant de se retourner pour faire face à son cadet. Son visage était tranquille mais sa voix trahissait de l’agacement.

« La prochaine fois, fais-lui les dents ! Bon sang Lak ! Tu crois sérieusement que cet enfoiré vaut quelque chose comme Second ! Si t’avais un tant soit peu ravalé ta putain de vanité à vouloir vivre une vie paisible on n’en serait pas là. »

Il fit un geste de la main, comme pour dire qu’il était inutile de discuter. Ce qui était fait ne pouvait être changé. Il massa sa tempe avant de reprendre sur un ton calme et détaché.

« A l’avenir, ne dors plus avec mes affaires. Arne va t’emmerder autant qu’il le pourra et je ne vais pas supporter vos enfantillages bien longtemps. »

Ce n’était pas parce qu’il était son demi-frère que Dagon avait plaidé en sa faveur. Il n’aimait simplement pas les coups foireux de son second.


"L'histoire morte est écrite à l'Encre, la variété vive s'écrit dans le sang."  

 
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Lakdahr l'Edenteur
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Message Mer 24 Oct 2012 - 1:10

L'archipel entier ourdissait quelque complot à son encontre, pouvait-on voir autre théorie alors que sa vie était analogue à des géhennes depuis ce matin !... Les prémisses de la journée, seulement ? Et pourtant, il avait l'âcre impression qu'il subissait les divers assauts depuis une perpétuité, il l'avait juré, que le temps serait exécrablement long aujourd'hui. Son unique moment de juste paix avait été cette contingente sieste interrompue par un torrent froid qui, s'il n'était pas brûlant de rage, l'aurait glacé jusqu'à la moelle. Toutefois, il s'estimait encore heureux de n'avoir été la cible que d'un peu d'eau saumâtre, les dieux savaient que les fer-nés avaient peu de lisières en matière de brimades et nul n'aurait été surpris que le sceau contienne un fluide plus jaunâtre et moins salé. Du pissat d'Arne, de quoi faire blêmir n'importe qui en serait aspergé et chose que le colosse n'aurait diantrement pas supporté, le pont, il le lui aurait fait lustrer à coups de langue et pas seulement ! L'on ne gouaillait pas de l'Edenteur impunément, pire que cela, quiconque osait altérer son honneur en subissait inéluctablement les conséquences, et elles pouvaient être aussi démesurées qu'il ne l'était. Chaque gouttelette qui perlait le long de son crin noirâtre pour agonir sur l'humide plancher était une déferlante croissante en son âme pélagique, et les vagues frappaient, martelaient de leur impétuosité le marasme de sa placidité. Ses sombres prunelles se bâfraient du mataf avec l'intempérance des grands ogres face à leurs futures agapes, il le rongerait jusqu'à la moelle dès lors que l'opportunité se présenterait. Mais pour l'heure, le bougre était immunisé de toute action vindicative, injustement ceint de la nimbe du Second en titre pour cette odyssée. Mais ce qui était un détail d'importance pour l'un, ne sembla être qu'une futile vétille pour l'autre, et ce fut une lorgnade surprise que le titan biaisa en direction du suzerain lorsque celui-ci souligna sa modération en matière de maltraitance impulsive. Devait-il y voir un message subconscient ? Il en resta dubitatif, presque pantois lorsque le matelot se fit remettre à sa place sans que lui n'ait à essuyer aucune critique – pour le moment, tout du moins. Il suivit la fuite de l'animal qui s'en retourna la queue entre les jambes, le laissant unique interlocuteur de la Seiche qui en revint alors à lui. L'espoir n'eut le temps que d'une flammèche avant d'être étouffée par l'indécision du Greyjoy qui, une fois n'était pas coutume, désirait s'entretenir avec lui. Dès lors que ce dernier eut l'échine tournée, le forgeron se fendit d'une expiration nasale qui se voulut salutaire pour ses nerfs malmenés et qu'il sentait parvenir au paroxysme de leur robustesse. Se contrôler allait devenir affaire d'épreuve, qu'il n'était point sûr de passer avec succès si les contrariétés se poursuivaient en ce sens. Ce fut donc, un goliath à l'orée de l'implosion qui rejoignit la cale pour y recevoir d'acerbes commentaires, il n'en doutait pas.

Ses mains s'occupèrent de plaquer sa crinière vers l'arrière, ainsi faciès dégagé, son agacement était plus que visible contrairement à celui plus tacite du seigneur. Et les paroles de celui-ci eurent tout le mérite de l'abasourdir, une habitude qui commençait sérieusement à être harassante. En plus de ne pas être assuré de participer à la rapine, l'on remettait ses accès sanguinaires en question, mais guère dans le sens le plus logique. Non ! Le lord apparaissait même frustré de ne pas avoir eu son spectacle de pugilat, comme s'il n'avait attendu qu'une occasion pour voir les ordres concernant son nouveau bras droit bafoués à grande bastonnade. Cet homme était fou, ou alors, c'était lui qu'il finirait par rendre névrosé tant il lui inspirait la plus profonde incompréhension qui pouvait être. Le mestre fêvre l'observa avec une certaine outrance, excédé, qu'il était, d'être pris pour le dernier inepte sur terre. Car c'était la sensation qui lui étreignait tripes et boyaux, cette iniquité, il ne la méritait pas, lui qui se préoccupait de son phallus avant de chercher celui du voisin. Mais c'était là toute la controverse, peut-être qu'en tentant d'écraser tous ses homologues dans la course au pouvoir, l'on cesserait de le voir comme vaniteux ? Tout était toujours prétexte pour importuner quelqu'un, et si Dagon n'avait pas été le régent des Iles-de-Fer, lui aussi, aurait payé le prix de sa morgue et de sa témérité. Ecoeurant.

« Tu t'paies ma gueule ?! S'en prendre au Second d'un boutre c'est s'en prendre au capitaine, t'aurais juste eu une excuse pour m'foutre ventre à terre à récurer ton putain d'pont ! Tu m'fais faire d'la merde quand j't'obéis pas et tu râles quand j't'obéis ! C'est quoi ton putain d'problème ?! » L'origine de la discorde, il était le premier à la connaître et le seul à pouvoir y remédier s'il voulait que les choses se pacifient. Toutefois, immédiatement, la furia grondait tant qu'il lui était impossible de réfléchir convenablement, si le suzerain avait voulu le pousser à bout, il y était merveilleusement bien parvenu. En dépit du sens comment qui animait le géant, il en fallait peu, bien peu pour que son immanente violence se mette à parlementer à sa place. D'aucuns seraient d'ores et déjà admiratifs de la circonspection dont il avait fait preuve jusqu'alors, mais celle-ci n'était plus qu'un vague souvenir. Il se sentait frémir et consumé au point de l'en rendre brûlant de fièvre, la Seiche l'emmerdait, et il devrait endurer... Cependant, il jurait qu'il ne serait pas le seul à subir. Le brasier qui rutila dans les yeux du plus jeune s'anima d'une folle danse, ses veinures gonflées témoignaient de son état de dégradation neurologique et, l'on savait, par quelques indices somatiques, que Lakdahr se perdait dans d'occultes méandres. « Il aura pu l'occasion d'm'emmerder ! T'veux que j'lui fasse les dents ? A tes ordres, grand frère ! »

Trop c'est trop ! Fini les enfantillages, comme disait le sieur aux dix appendices héraldiques, l'éruption était imminente ! Un mot de trop, seulement, avait suffit pour faire voler sa retenue en éclats, l'infime secousse qui fit craqueler la montagne, preuve en était que l'ignoble expression qui avait ponctué sa tirade. Le fulminant guerrier tourna littéralement le dos au seigneur puis remonta les escaliers quatre par quatre si ce n'eut été plus. Il déboucha furtivement sur la panse principale de la Sirène où les écumeurs étaient revenus à leurs conversations et autres bancales occupations, bientôt, ils l'ignoraient, ils deviendraient les spectateurs de la théâtralisation d'une sanglante vésanie. Le lord Greyjoy pourrait toujours tenter d'intervenir avant que némésis ne s'abatte sur son Second, car le gigantesque prédateur avait désormais repéré sa proie. Sa musculeuse charpente se mit à mouvoir tel le bourreau appelé au condamné, la sépulcrale psalmodie d'une vendetta qui n'aura pas mis longtemps à se repaître de sa livre de chair. Le maître des hautes oeuvres progressa parmi la cour de forbans, écartant de brute façon tout ce qui était susceptible de se situer sur son chemin sans même prendre en compte la nature humaine ou matérielle. L'inculpé n'était plus qu'à six coudées, cinq... Il vit arriver le châtiment avec une peur si blême qu'il s'en serait jeté par dessus bord pour se dérober à l'inexorable, qui vint pourtant l'embrasser d'un revers aux roides phalanges. Arne balla avec la grâce d'un paon en pleine roue jusqu'à lourdement s'aliter dans les amarres enroulées plus loin, sous la stupeur générale et les instinctives esquives de ceux qui manquèrent d'être percutés dans la danse. Toutefois, l'infortuné n'avait pas fini de voir des astres en plein jour ! L'artisan le rejoignit tout de go et l'extirpa des cordelles pour le trainer – Par la crinière s'il-vous-plait ! Test de cuir chevelu oblige. - derrière lui jusqu'à atteindre le mât. Parvenu au centre du boutre, il éloigna la physionomie du marin pour mieux la lui fracasser contre le pylône de bois, qui en trembla à en faire branler la vigie et le pirate qui s'y trouvait. Le geste fut renouvelé en une insoutenable kyrielle jusqu'à ce que l'arrête nasale du quidam en soit pulvérisée et le pilier de la voilure repeint en vermeil. Plus qu'un pantin désarticulé entre les mains, Lakdahr maintint le pauvre homme sur ses rotules en le tenant par les cheveux d'une seule de ses paluches, l'autre voyageant à la sacoche latérale de son ceinturon pour y trouver l'instrument substantiel à son fétichisme.

Arne eut la tête inclinée vers l'arrière, et bien vite, une sapidité métallique sur les papilles. Que de choix dans cet antre plein de dents ! Si les canines étaient les favorites de l'Edenteur parmi cette superbe parure d'organes durs, les molaires demeuraient les plus incrustées dans l'os alvéolaire, et de ce fait, c'était là l'extraction la plus douloureuse de toute. Une tribulation tout à fait congrue ! Les tenailles eurent tôt fait de désigner leur victime et le ballet put s'entamer. Serrées à lui en broyer l'émail, les pinces se mirent à osciller dans un sens puis dans l'autre avec une poussée somme toute barbare, et ce chant... La mirifique mélodie de craquements osseux et les cimes d'une affliction qui fit hurler le mataf à la mort. Des cris stridulés et parfois asphyxiés par les gerbes d'hémoglobine qui submergeaient sa cavité buccale et son gosier, un spectacle à la lisière de la concupiscence pour le titan en plein régal. Il sentait le marin s'accrocher à lui en quête d'un moyen pour le faire lâcher prise, toute la souffrance, l'angoisse et l'ultime repentance de celui qui mirait une fin tragique. Délectable. Jouissif. Les idées de sévices se bousculaient dans son esprit fertile, car si la spoliation dentaire était sa marotte, la torture sous sa forme la plus vaste était un puits de débauche dont il ne se lassait pas. Et le colosse tirait, il tirait, une risette carnassière et luciférienne le défigurant pour dévoiler la simple bête qu'il pouvait être, sans coeur aucun, point une once de culpabilité. Du plaisir même, incommensurable et affirmé. La pierre angulaire de l'exercice fut atteinte lorsque, après une lutte acharnée, la dent fut partiellement extraite, les tenailles alors réajustées dans un axe parfait se chargèrent de faire rompre les dernières attaches. Enfin, la main armée du tortionnaire se releva avec le trophée acquis, du butin opalin pendait une bribe de gencive emportée dans la foulée, témoin s'il en fallait encore de la sauvagerie du procédé. Les noires agates du boucher scrutèrent avec intérêt l'emplacement décharné pour contempler le fruit de son travail, et la figure moribonde du matelot qu'il ne reverrait plus de sitôt. Il survivrait, probablement, de ce léger traumatisme qui n'était peut-être que peu en comparaison à ce qui pouvait être fait. Lakdahr avait bien d'autres cordes à son arc, l'excitation malsaine qu'il ressentait l'aurait fait poursuivre dans son ouvrage, s'il en avait eu le temps, s'il en avait eu le loisir, mais ce n'était pas ici et maintenant qu'il pourrait laisser ses talents s'exprimer. A charge de revanche.

Sa poigne se desserra enfin et le quidam chut sur les planches, inconscient et se vidant de son fluide vital par les orifices excavés dans la bataille. Le géant déposa son nouveau bien au creux de sa paume, tâtant non sans amusement le morceau de carne humaine du pouce. Il guigna ensuite le bel endormi en expirant un ricanement rauque et satisfait, puis il se détourna du corps inerte en léchant goulûment son instrument pour y purger le liquide écarlate qui le maculait. Durant sa lente démarche, le mestre fêvre essuya ses mains meurtrières et presque entièrement tâchées de sang chaud sur son pantalon – Pas grave, Violain était là pour nettoyer ! - ainsi que sur son gilet. Il était chamarré de gouttes pourpres ici et là, un maquillage dont il appréciait tant la fragrance que la texture ou la teinte, et dont il ne chercha pas à se débarrasser en arrivant aux devants de Dagon. Il fit halte face à ce dernier et l'observa, silencieux, avec un visible trouble en moins maintenant qu'il avait eu son apport de cruauté. Le suzerain avait voulu, le suzerain avait eu, pris au mot qu'il fut. Plus serein, l'Edenteur renâcla avec fort peu d'élégance, puis passa à côté du lord pour s'enfoncer dans le ventre du boutre où il trouverait, il l'espérait, l'accalmie après la tempête.




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Dagon Greyjoy
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Message Mer 24 Oct 2012 - 16:45

Dagon n’avait toujours pas bougé du pont inférieur. Lakdahr venait de lui projeter un « grand frère » en pleine gueule et il peinait à le digérer. Il savait pourtant que ni pour l’un, ni pour l’autre, ce lien du sang avait une quelconque signification. Pourtant, avec la colère qui emplissait les traits de son cadet, Dagon y avait lu une insulte encore plus sournoise. Il inspira longuement avant de se détourner et de prendre la direction de sa cabine, au même niveau. Quand Lakdahr voyait rouge, il était inutile de parler. De plus, l’équipage n’avait pas à voir se spectacle. Ils n’étaient pas une famille et Dagon ne lui offrirait pas un second traitement de faveur. Furtivement, il s’engouffra dans le ventre de sa Sirène jusqu’à la porte en bois qui renfermait le peu de chose qu’il emportait à chaque fois à bord. Des vêtements et des cartes, et de la bière. Il ne s’en viderait pas une chopine aujourd’hui. La force avec laquelle Lakdahr s’était déchainé sur lui comme une tempête tropicale suffisait empilement pour réveiller tous ses sens. Il abaissa la poignée. La petite pièce qui abritait un semblant de couchette était propre. Au moins ici, Arne n’était pas venu foutre le bordel. Dagon fit sauter le coffre qui renfermait ses affaires et s’empara de son gilet de cuir sombre. Arne lui avait dégueulassé sa cotte, soit, il n’en porterait pas. Il n’en avait que rarement besoin. Il ceignit Encre à son côté et fixa une hache de l’autre. Il réajusta ses brassards avant de se nouer les cheveux haut sur la nuque. C’est alors qu’il l’entendit. Un silence de mort venait de s’installer sur le pont. « Lakdahr… » Il se précipita hors de sa cabine pour regagner le pont principal en deux enjambées. Ses hommes se tenaient en retrait, comme terrifiés à l’idée de se promener au milieu du pont à cause d’une quelconque superstition.

C’est alors qu’il le vit. Arne, la face en sang, emprisonné par la poigne de Lakdahr, se tenait tant bien que mal sur ses deux jambes tremblantes. Dagon ne mit pas long à comprendre que son cadet lui avait explosé le nez sur le mât. Il observa ses hommes. Aucun ne bougeait. Aucun ne remettait en cause la supériorité de Lakdahr dans ce combat. Il n’était donc pas le seul à savoir que le forgeron avait sa place sur ce navire autant que le Capitaine lui-même. Il croisa les bras, en admirant le spectacle. L’Edenteur ne ferait pas défaut à sa réputation d’arracheur de dents. Il vit un de ses hommes le fixer, l’air anxieux. D’un signe de la tête, Dagon lui indiqua qu’il n’y avait pas matière à intervenir. Les cris de cochon d’Arne auraient glacé bien des sangs, mais la Seiche resta impassible. La violence, chez les Greyjoy, on connaissait depuis le berceau. Il inclina la tête sur le côté, pour ne rien perdre de la séance dentaire. Aux sons qui sortaient de la bouche du Second, un jeunet évacua son repas par-dessus bord. Et Arne s’effondra sur le pont, comme une poupée de chiffon. Le Lord redressa la tête en inspirant. Et il vit Lakdahr s’avancer dans sa direction. La couleur du sang lui allait si bien. Lui fallait-il un miroir pour s’en rendre compte ? Il le vit s’arrêter à sa hauteur, dépassant de deux têtes. Il ne prit pas la peine de regarder son visage. Il savait que cette rencontre avait fait autant de bien au géant qu’elle avait fait de mal à Arne. Il l’entendit renifler avec toute la délicatesse d’un barbare et ne se retint pas de sourire, cruellement. Il le laissa disparaitre dans son dos avant de se racler la gorge et de joindre le mouvement à la parole.

« Qu’on laisse Arne où il est. Le pont est affaire de l’Edenteur. »

Ce qui n’avait rien de faux. Il regagna la poupe du navire et s’arrêta aux pieds des marches qui lui permettraient de gagner le pont supérieur, où se tenait le gouvernail. Là, l’attendait le laquais d’ Arne. Un mousse avec une salle gueule. Il avait les yeux rivés sur son commandant à terre. Dagon claqua des doigts près de son oreille pour le secouer. Le jeunet tressaillit. Il n’avait pas vu son suzerain approcher. Il courba l’échine comme un chien soumis.

« Tu sais donner la cadence. »
« J’sais pas, j’ai jamais essayé, m’seigneur. »
« Je ne crois pas avoir posé une question. »

Le marin blêmit et se ratatina encore. Il bafouilla des excuses et détala sur le pont à la recherche du tambour qui donnerait le rythme aux rameurs qui commençaient déjà à se rassembler à leurs postes. La vigie avait attendu la fin de la bataille du pont pour signaler que la terre était proche. Dagon sauta sur le pont supérieur pour venir se poster derrière l’homme à la barre. Un bon vieux gars qui ne rechignait jamais les ordres mais qui avait encore assez de tact pour se permettre de vanner son suzerain à la moindre occasion.

« C’tait prévu qu’il lui arrache les dents, n’est-ce pas, Lord Greyjoy. »
« Non. »

Dagon s’était appuyé à l’avant en regardant ses hommes s’agiter en contre bas. Tous semblaient avoir oublié l’incident en se concentrant sur leurs tâches et sur la bataille prochaine. Il resta silencieux avant de se retourner pour appuyer son dos à la lisse. Il souriait.

« C’était prévu qu’il lui arrache le cœur. Mais peut-on se fier à un forgeron ? »
« Pa plu qu’à un Greyjoy, mon Seigneur. » Dagon grimaça en regardant la mer. « Vous z’allez le laisser à bord ? »

A ce moment, un fer-né rejoignit le pont, en sueur. Il venait annoncer au Lord que tout le monde en bas était prêt. Un coup d’œil à la vigie lui indiqua que l’attaque était imminente et que personne ne semblait lui barrer la route. Fort bien. Le fer-né resta sur place une seconde de trop. Dagon l’apostropha au vol.

« Dit à Lakdahr que le pont est sale. Et qu’il y restera jusqu’à ce que le sang soit complètement parti. »
« Hein ! Mais Cap’ ça veut dire qu’y vient po ? Comment qu’on fait sans l’denteur avec nous !? Pis merde, j’vais pas le lui dire, il va m’égorger ! »

Dagon décroisa les bras sur sa poitrine et se redressa. Le fer-né se dit que tout compte fait, il se ferait égorger par un Greyjoy avant la fin de la soirée, alors autant choisir la mort la plus rapide. Il déglutit et s’éloigna en grognant.

« Ta gueule Brorn. »

Brorn à la barre, se contenta d’un sourire fair-play. Et la razzia commença. Le tambour retentit dans la calle alors que les rames sortaient du ventre de la Sirène, propulsant le navire en avant, à la force des bras. Les voiles avaient été rangées pour ne pas gêner la manœuvre. Dagon resta sur le pont, aux côtés de Brorn jusqu’à l’accostage et à son commandement, les fer-nés parés à se battre déferlèrent sur la berge comme des rats abandonnant le navire.

  

Sa hache s’abattit sur un vieillard qui s’effondra comme un roc. Du sang frais macula encore un peu plus ses vêtements déjà bien rougis. Il s’essuya le front d’un revers de bras et jugea les environs du regard. Ils avaient attaqués un village côtier qui bizarrement n’était que très peu armé. Les seuls hommes capables de tenir une arme étaient au sol ou avaient fuis sur les hauteurs loin du port. Dagon et ses hommes ne les pourchasseraient pas. Il renifla bruyamment et secoua la tête pour déloger les mèches qui lui tombaient sur les yeux. Il était trempé de sueur. Plus d’une heure qu’il abattait du continental sans que son âme s’apaise. Il aurait pu se battre des heures durant. Mais ça aurait été pure folie pour l’équipage. Il descendit de quelques mètres en pénétra dans une maison désormais vidée de ses habitants. C’était déjà dixième qu’il vidait sans trouver la moindre vivre à emporter et encore moins de femme. Il suspectait le piège. Le Lion ne supportait probablement plus les attaques sur ses rivages. Mais Dagon ne pouvait décemment pas ordonner la retraite s’il n’y avait rien à ramener au bord du boutre. Même le fer était de qualité médiocre. Il dénicha uniquement une barrique pleine de miel, qu’ils utiliseraient [/color]pour l’hydromel. Piètre consolation. Il s’en empara avec son bras gauche et se dirigea vers la sortie. Un homme du gabarit de Lakdahr lui barrait la route. Et il n’avait rien d’un fer-né. « Splendide… »Il avait laissé son frère à bord et voilà que maintenant un autre géant lui faisait de l’ombre.

« T’es l’demi-portion des Iles de Fer, hein ? »

Une ride verticale barra le front de Dagon. Sa main tenait fermement le manche en bois de sa hache. Il ne laisserait jamais ce monstre le toucher. Son pied droit recula de quelques centimètres. Et le colosse se jeta sur lui. Pris au dépourvu, Dagon laissa tomber le sceau de miel juste à temps pour dégainer Encre et l’enfoncer dans le lard du gros. Elle y butta et le continental stoppa sa course, comme ahuri par le spectacle. Un rire de gorge lui échappa. Dagon abattit alors sa hache, qui fut arrêtée d’un simple coude. Il tenta de dégager sa lame mais c’était peine perdue. Le géant s’empara de la gorge du suzerain qui ne tarda pas à ne plus toucher terre. Il traversa la pièce sans avoir eu le temps de dire quoi que ce soit et son dos percuta le mur du fond avec force. Il mordit la poussière la seconde suivante. Le colosse lui fonçait déjà dessus. Il s’aida de ses mains et se redressa sur son séant, juste à temps pour envoyer un coup du pied dans le genou de son adversaire. L’articulation se tordit mais le geste fit autant d’effet qu’une mouche sur la coque d’un navire. « Bordel ! » Le molosse lui empoigna les cheveux et le remit debout en un rien de temps. Un poing dans la mâchoire lui fit cracher du sang, mais point de dents. Dagon résistait mais n’allait pas tenir bien longtemps. C’est alors qu’il le vit. Un clou dépassait d’un poteau en bois, juste derrière le monstre de muscles. Son adversaire l’envoya à nouveau bouler contre le mur. Mais cette fois-ci, il tint bon et resta debout. L’autre chargea. Avec effort, Dagon s’appuya contre le mur et projeta ses deux jambes contre la poitrine du monstre qui recula de quelques mètres. Pas assez. Le poing gauche du Lord se ficha entre les deux yeux globuleux de l’affreux qui percuta le poteau dans son dos. Et rit à nouveau. Dagon tenait à peine sur ses pieds. Il avait le visage crispé.

« Ho ho… petit Lord c’est po avec tes p’tits poings que tu vas…. »

L’homme déglutit difficilement et porta sa grosse paluche à sa bouche. Du sang y coulait. Il releva les yeux sur Dagon et s’effondra. Le clou en fer s’était fiché juste dans l’artère au niveau du coup et il n’avait pas fallu beaucoup de temps avant que le colosse perde connaissance.

« Capitaine ! Des renforts viennent de l’ouest ! »

  

Les hommes regagnaient le boutre. Leurs bras n’étaient pas chargés comme à l’ordinaire mais il y aurait de quoi alimenter la communauté pour quelques semaines. La barrique de miel sous le bras, Dagon attendait, le bras pendu à une échelle de corde, un pied toujours sur la terre ferme, en comptant les hommes qui rentraient. Du coin de l’œil il voyait la troupe armée qui se rapprochait par l’ouest. Des fer-nés manquaient à l’appel. Deux. Il regarda alentours avant de faire signe à Brorn de se mettre en route sans plus tarder. Le tambour raisonna jusque dans les oreilles du suzerain qui monta l’échelle d’une main. Arrivé sur le pont, il déposa la barrique au sol. Ses hommes étaient essoufflés. Mais la joie de se retrouver à nouveau sur le boutre se lisait sur leurs visages. Dagon se racla la gorge et cracha du sang par-dessus bord, avant de monter en claudiquant jusqu’au pont supérieur où l’attendait Brorn. Ce dernier le regarda d’un air inquiet mais ravala un commentaire. Dagon se passa une main sur le visage et s’approcha du bastingage pour regarder en contre bas, sur le pont principal. La Sirène avançait vite et les voiles ne mirent pas longtemps avant de descendre. C’est alors qu’il remarqua Lakdahr en contre bas. Comme un prédateur, il se redressa.

« Vous d’vriez éviter. C’est vous qui l’vez obligé à rester là, mon Seigneur. »

Dagon n’écoutait plus. Il descendit les marches et regagna le pont principal. Les hommes se croisaient en riant et en échangeant des tapes amicales. Mais son œil unique fixait un seul d’entre eux. Celui qui dépassait tous les autres. Il s’arrêta à plusieurs mètres de lui comme si son cadet lui faisait peur. Il garda le silence comme pour se donner du courage et engagea la discussion.

« Pas trop de mal, Forgeron. »


"L'histoire morte est écrite à l'Encre, la variété vive s'écrit dans le sang."  

 
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Message Sam 27 Oct 2012 - 16:19

Une cataracte de chaude hémoglobine et les ardeurs, elles, étaient lénifiées par tant d'appétence pour les atrocités. L'ensemble de l'équipage avait assisté au spectacle donné par l'Edenteur en personne, si certains s'étaient contentés de lorgnades placides, accoutumés aux accès de violence du jeune homme, d'autres se souviendraient de cette traversée durant d'innombrables lunes telle leur première prestation d'extraction dentaire. Ainsi, voilà qu'il pouvait être assuré que les usuels importuns y songeraient à plusieurs fois avant de venir lui chercher les puces qu'il n'avait pas. Traumatisme s'il en était, le châtiment n'en était pas moins doux pour le réel bourreau qu'il pouvait être lorsque les sévices s'étendaient au-delà de l'antre bordé de dents. La féconde imagination dont il pouvait faire preuve en la matière serait une menace suffisante pour qu'il trouve la quiétude durant, au moins, une kyrielle de minutes, ce qui s'avérait être déjà un exploit sur une surface close qui regroupait autant de quidams. Pas un endroit pour se retrouver véritablement seul avec soi-même, il fallait jouer de relativité et de pondération s'il ne désirait pas envoyer tous les matafs aux flots, capitaine y compris. Plus de Second, pour le moment, une charogne de moins parmi la cohorte d'affreux qui restait encore assommée par l'afflux de brutalité qui avait encrassé le pont d'un corps inerte mais encore palpitant. Pour ceux qui étaient restés dans le ventre du boutre, la vision d'un Lakdahr entaché de sang frais leur fit furtivement faire la liaison avec les geignements entendus quelques instants auparavant, mais nul ne fut assez fou pour se risquer à quémander une narration des faits. Le titan rejoignit l'encoignure à laquelle il s'était installé avant d'être éveillé à coup d'eau glacée, puis y posa tranquillement son séant. Son bras lui fit office de linge à essuyer lorsqu'il se torcha la physionomie d'un grand mouvement brachial, tant pis pour le reste de ses habits, sa souris avait bien l'habitude depuis plus d'une année à ce qu'il rentre toujours maculé de fluide vital de ses incursions, elle serait toutefois enchantée de constater qu'il lui revenait moins crasseux qu'à l'accoutumé. Au creux de sa paluche, reposait toujours son nouveau trophée, sur lequel il se concentra avec un troublant intérêt : elle était de piètre qualité, cette quenotte, il les aimait plus opalines et respirant la santé, s'il ne s'en servirait jamais pour orner l'une de ses créations, elle n'en demeurait pas moins une pièce de plus dans sa collection. Bonus à cela, la bribe de chair qui en pendait avait le don de l'amusait par sa texture, même si son jeu finit par l'en détacher pour la faire rouler entre ses doigts en guise de délassement. Il s'en débarrassa pour conclure, glissant la molaire dans sa sacoche au même titre que ses tenailles qu'il lustrerait plus tard.

Pour l'heure, l'attention générale convergeait à nouveau vers le principal dessein de cette croisière : la rapine qui se préparait. Le colosse aperçut ses homonymes envahir la cale pour mieux s'apprêter, sous le placide regard de la demi Seiche qui ne s'attendait guère à de la compassion de la part de son frère. Loin d'être dupe, il se doutait que Dagon ne le laisserait point participer à la déferlante de pirates qui frapperait la bourgade prise pour cible, l'autorisation serait trop belle pour être vraie. L'on ne savait jamais sur quel tentacule se tenir avec un Greyjoy, c'était la raison pour laquelle le bélître préférait simplement ne pas se faire de fallacieux espoirs, une précaution qui lui fut confirmée par la suite. Emprunt d'un mutisme réflectif et appréciateur après sa montée d'adrénaline, il fut dérangé par l'un de ses homologues venu lui apporter une recommandation de la part du suzerain, rien qui ne le stupéfia. Il se contenta d'une lorgnade lasse en guise de réponse, il était vain d'appliquer sa vendetta sur le guerrier qui semblait suffisamment effrayé à la délégation de lui transmettre ce message. Se faire omettre était la meilleure des solutions, tous seraient concentrés sur l'approche du littoral qui apparaissait comme imminente.

Le forgeron patienta donc que la rythmique des tambours ne cesse et que les caverneux beuglements des fer-nés s'éloignent au plus loin sur la berge pour sortir de sa cache, rejoignant le pont sur lequel étaient également restés d'autres de ses congénères en dehors des rameurs, aux aguets. Ses noires agates biaisèrent promptement en direction du hameau attaqué et duquel émanaient tant les cris d'horreur des villageois que les ardentes vociférations des forbans. Tant d'amusement qu'il ratait le lancina d'une pointe de frustration malgré tout, l'iniquité était toujours aussi intense et passer l'ensemble de ses nerfs sur les continentaux n'aurait guère était un luxe de trop. Un soupir contrarié lui échappa, puis ses calots se posèrent fortuitement sur Arne qui pataugeait dans une mare de sa propre substance sanguine, admirable scène qui le laissa toutefois amer à la conclusion qu'il se devrait de nettoyer son capharnaüm, et mieux valait s'y mettre avant que le sang ne sèche de trop et ne s'incruste dans le bois. Sans grande volonté, il se dirigea donc vers son martyr dont il saisit la cheville... Pour mieux le trainer derrière lui tel un vulgaire sac d'immondices. Derechef, il s'enfonça dans la cale, laissant le soin au crâne de l'endormi de heurter chacune des marches pour s'y rendre – Une petite commotion de plus ou de moins, cela ne changerait point grand chose ! - puis il le jeta dans un coin insalubre. A l'en observer, une idée lui foudroya alors l'esprit, quitte à devoir s'acquitter de ses besognes, autant le faire de manière intelligente. Il le délesta finalement de son pourpoint, vêtement avec lequel il irait récurer le mât non sans amusement pour la cause, ce qu'il s'en alla faire avant que les pirates ne reviennent. La tâche fut vite exécutée, il en profita donc pour descendre de la Sirène Noire et faire quelques pas sur le sable fin tout en mirant le retour des premiers marins. Efficacité et célérité, maîtres mots des razzias fer-nées, pour autant, il jugeait les trouvailles un rien maigrelettes.

Lakdahr s'accouda au rebord du pont pour le reste du raid, observant d'un air flegmatique l'intense circulation qui avait lieu à présent qu'ils étaient sur le point de reprendre la mer avant l'arrivée de renforts ouestriens. Il fut insensible à la liesse générale, estimant secrètement que leur butin ne valait ni leur traversée ni la notoriété du boutre de lord Ravage de Pyk, mais de quel poids jouissait son opinion dans l'orgueil d'hommes satisfaits d'eux-mêmes ? Subitement, de la masse, s'extirpa un galbe qui lui apparut en coin de vision et qu'il guigna de prime abord avec indifférence. Ce fut sans compter la mine du seigneur qui, vraisemblablement, avait dû rencontrer quelque embûche de taille sur son sentier. Il le toisa pour authentifier d'hypothétiques meurtrissures, puis haussa les épaules en guise de réaction aux propos tenus.

« Moins qu'toi apparemment. »

Que dire de plus ? Polémiquer ne lui apporterait guère rien que des railleries supplémentaires, voire de nouveaux travaux forcés s'il haussait trop le ton. Dagon possédait les pleins pouvoirs, il ne l'oubliait pas et s'était depuis longtemps fait à cela, si le grand désirait occire le petit frère, il n'aurait besoin d'aucune allégation pour ce faire, autant ne point lui donner matière à nourrir ce désir. L'Edenteur se rassurait sur un fait : ils reprendrait dès lors la vague de retour pour les Iles-de-Fer, où il ne serait plus contraint de coexister avec le décapode éborgné puisqu'il se hâterait de s'en retourner à Dix-Tours. Ne lui restait plus qu'à survivre jusqu'alors, et pour cela, point de conversation avec le capitaine de l'embarcation outre le fait qu'il n'avait aucunement envie de cancaner avec ce dernier. Pour la première fois depuis les prémisses de cette journée, la providence sembla se ranger à ses abords en lui offrant l'opportunité de se retirer : un tonneau fut déséquilibré par le brimbalement du bateau et roula sur toute la largeur du plancher, manquant de faucher quelques écumeurs sur son passage. Le fût dégringola jusqu'au forgeron qui l'arrêta à l'aide de son pied, sans plus d'effort ou de considération pour l'objet. Ses rutilants onyx étaient d'avantage tournés vers la Seiche d'Or non loin de lui, car ils avaient cru remarquer un filet de sang déborder sur l'une des commissures labiales du poulpe. Cette simple macule de vermeil suffit à engendrer un vif éclat dans les yeux du titan, qui ne put s'empêcher de mirer la denture du Greyjoy dès lors que celui-ci ouvrit la bouche. Le spolier d'une ou deux canines, un fantasme ? Pire que cela, un presque sujet de luxure. « J'l'ai dure rien que d'y penser... ». Le rictus qui naquit à la bordure de ses propres lippes traduisit probablement sa pensée, l'oeillade envieuse qu'il offrait au seigneur n'était guère de bon augure. Toutefois, il s'en désintéressa pour ramasser le fût et le caler sur son épaule, puis se mit à mouvoir pour s'enfoncer dans la panse du boutre où il alla ranger le baril, échappant ainsi à une éventuelle controverse qui aurait tôt fait de le rattraper.

Ainsi domptèrent-ils la houle pour voguer jusqu'à leur archipel originel, sous les usuelles cantiques grivoises des matafs heureux de leur pèche. Les caprices maritimes et la mauvaise volonté du vent les ralentir cependant dans leur trajet, qui dénombra plus d'heures de retour que d'aller. La Sirène Noire amarra sur Pyk aux premières lueurs de l'aurore du jour suivant, accueillie par un îlot frais, humide et encore partiellement assoupi. Mais point question pour les bourlingueurs de s'en retirer siroter une pinte tout de go, les provisions récoltées devaient être déchargées sur l'appontement puis transportées jusqu'à l'éponyme bastion, opération qui nécessitait, entre autre, la musculeuse carrure d'un certain mestre fêvre pour lequel la sorgue s'était avérée courte. Futaille après futaille, il aida ses homonymes non sans que les galéjades soient grassement distribuées entre les différents quidams, tous extasiés à la perspective de faire bonne ripaille une fois la besogne achevée. Lakdahr déposa une barrique auprès des précédentes, puis se rehaussa dans un rugissement salvateur tout en étirant sa carcasse qui craquela en cadence. La froidure de l'embrun lui légua un frémissement et cette éternelle sapidité de sel sur les lèvres, puis il observa la quantité de travail accomplie pour estimer ce qu'il restait à faire. Il jugea assez promptement que l'on avait guère plus besoin de ses services, il était plus que temps pour lui de retrouver la volupté de sa concubine, d'emmailloter son bordel et de reprendre les flots pour séjourner chez Gabriel. La motivation pour ce faire le reconduisit sur le pont à grande foulée, où il récupéra le sac de toile avec lequel il avait embarqué et qu'il jeta sur son trapèze, prêt à partir.

« J'me tire, à la r'voyure. » Dit-il à un marin à côté duquel il passa, mais celui-ci l'interpella rapidement. « Hé Lak ! Attends ! Y a l'suzerain qui veut t'causer. Putain, quoi encore ? J'sais pas, tu dois pas t'en aller sans l'voir d'abord, qu'il a dit. »

Le colosse feula d'agacement, Dagon avait décidément toujours un coup d'avance, mais que lui voulait-il une fois de plus ? Le jeune homme se pencha par-dessus bord pour vérifier si le seigneur n'était pas sur le débarcadère, sans le voir. Il zieuta ensuite sur le pont, puis eut l'idée de se rendre au niveau de la dunette où le lord se tenait aux côtés de Brorn. Diantre, il n'avait pas envie de lui adresser la parole, qui pouvait savoir ce qu'il lui réservait encore ? N'avait-il point suffisamment payé durant le voyage ? Après une prise de courage, il se présenta auprès des deux individus, quelque peu à cran.

« On m'a dit que tu voulais m'parler ? Faut vraiment que j'y aille Dagon, j'crève... » Sa tirade fut interrompue par de fracassants grondements tout droit venus de l'estomac de l'Edenteur, tout aussi connu pour être un insatiable bâfreur, et qui précédèrent un plat silence de circonstances. « … de faim. »




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" On dit que les fer-nés détestent toutes les races, c'est faux, on les aime toutes ! En ragoût, en civet, à la broche... "

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Message Mar 30 Oct 2012 - 11:03

Dagon avait cédé au sommeil. La houle - bien que plus prenante qu’à l’allé - au lieu de le déranger, l’avait fait sombrer dans un état d’apaisement total. Sur sa couchette de fortune, juste en dessous du pont qu’occupait Brorn, il s’était laissé aller à un sommeil sans rêve. Réparateur, mais de bien courte durée même pour le seigneur habitué à dormir que le strict nécessaire. On frappa trois coups à la porte. C’était certainement l’apprenti du barreur. Il ne reconnut pas l’entrain habituel d’Arne. Un sourire étira les traits du suzerain. Cette traversée avait été moins morne que prévue. Il avait intérieurement souhaité que Lakdahr devienne raisonnable mais c’était comme de demander à Dagon lui-même de devenir aimable en une journée. L’un comme l’autre ne changeraient pas. Il porta une main à sa mâchoire. Elle était encore douloureuse. Avec un long soupir il s’extirpa de la couche en prenant le temps de faire le vide total dans son esprit. Un jour de plus. Un lot d’emmerdes en plus. Il se dirigea jusqu’à la niche dans la paroi où était entassé sa chemise sale de la veille ainsi que son gilet et ses brassards. Il revêtit le tout sans la moindre attention à ce qu’il faisait. L’habitude avait pris le dessus sur certaines bribes de sa vie sans même qu’il s’en rende compte. D’un geste précis, il récupéra Encre et la fixa à sa taille avant de sortir de sa cabine en faisant claquer la porte de bois. Dans la calle, les rameurs étaient déjà en position. Il ne s’y attarda pas et monta directement sur le pont principal.

La première bouffée d’air frais et empli d’eau lu fit l’effet d’une douche froide qu’il accueillit à bras ouvert. Le ciel était gris mais le soleil se laissait déjà entrevoir au-delà de l’horizon bleu sombre. D’une main il plaqua ses cheveux sur l’arrière de son crâne. En silence, il se posta sur le côté du boutre, appuyé sur le bastingage en regardant la mer qui se dessinait derrière le navire. Il aimait profiter des quelques derniers instant avec ses deux amantes. Sans pour autant s’interposer dans les manœuvres dans son dos, il observait attentivement ses hommes qui grouillaient sur le pont comme des fourmis. Il reconnut Arne – avec un nez étrangement désaxé et une mâchoire enflée comme le ventre du navire – qui tenait à peine debout et minaudait des ordres à droite et à gauche. Devant son incapacité à être efficace, Brorn prit le relais. Dagon n’en pipa mot. Et le navire accosta sur son île natale. Il regarda ses hommes décharger d’un air attentif et remarqua que Lakdahr prenait part au déchargement comme à son habitude. Dagon pianotait de la main gauche sur son appui. Il se redressa et regagna le pont supérieur aux côtés de Brorn en épiant du regard ce qui se tramait en bas. Au passage, il avait envoyé un fer-né quémander Lakdahr avant qu’il ne parte.

Brorn l’accueillit par un grognement. Le vieil homme avait passé tout le retour à la barre et ses articulations le faisaient souffrir. Mais comme beaucoup, il préférait mourir à la barre qu’au fond d’un lit chaud. La main calleuse de Dagon lui étreignit l’épaule en guise de remerciement pour ses nombreuses années de service. Brorn se contenta d’un signe de tête avant de lui indiquer du regard qu’ils avaient de la compagnie. Le suzerain fit demi-tour sur lui-même pour faire face au forgeron qui semblait déjà sur la défensive alors que Dagon n’avait pas encore ouvert la bouche. Dagon accueillit la tirade interrompue de son cadet par une sorte de sourire compatissant. Lakdahr n’était pas le seul fer-né à avoir les crocs. Néanmoins, il n’allait pas le laisser filer sous prétexte de la faim. Le forgeron lui filait déjà suffisamment entre les doigts pour qu’il ne le laisse s’échapper ce matin. Brorn s’excusa auprès des deux hommes, visiblement de bonne humeur, et gagna le pont inférieur pour finir de ranger le boutre. Si le vieil homme s’était éloigné, c’était uniquement parce qu’il savait qu’il n’aurait pas besoin de contenir le suzerain. Dagon s’était pour ainsi dire levé du bon pied et comme après chaque razzia, il était encore suffisamment de clémente humeur pour ne pas demander à son demi-frère de lui récurer le pont à coup de chiffon.

Il se racla la gorge en s’approchant de la lisse, tout en gardant l’œil sur Lakdahr. Il n’irait pas par quatre chemins. L’Edenteur avait faim et lui du travail à en revendre. Il croisa les bras et répondit à son cadet d’un ton neutre.

« Cette rapine n’avait rien d’exceptionnel. Je ne dirais pas que c’est en partie de ta faute mais sache que je n’en pense guère moins. Arne est hors-jeu et je n’ai pas de second officiel. Je vais donc réitérer ma proposition : prends la place qui t’es destinée Lakdahr. Il le fixait avec franchise. Il n’était pas apte à essuyer un second refus. C’est pourquoi il ajouta sans laisser le temps à l’autre de répondre. Ta réponse attendra. »

Il s’éloigna du bord pour se rapprocher de son cadet. Cette fois-ci, il regardait le pont, et non plus le forgeron. Inutile lorsque le Lord parlait de futilités.

« Parlons de boustifaille, si tu y tiens. Je ne suis pas un continental aussi éviterais-je un banquet rutilant. Mais je sais autant que mes hommes apprécier un bon repas et la boisson. Cette attaque marque le début de bien d’autres et elle n’est en rien comparable à celles avant le Nord. Mais elle a au moins le mérite d’avoir permis d’amasser suffisamment pour un festin digne des pilleurs que nous sommes. Tous seront conviés à ce rassemblement. Et n’imagine pas un instant de ne pas y présenter ta sale gueule. »

Il s’était retourné vers son cadet pour appuyer ses propos. Son ton s’était durci. Mais près une seconde de silence, le visage du suzerain, autant que sa voix redevinrent sans expression.

« J’y attendrai ta réponse. »

Il était assez fou pour espérer que ce temps supplémentaire serait suffisant pour permettre à Lakdahr de se ranger de son côté. Il ne voulait en arriver là, mais si son frère continuait à s’y opposer, il serait alors obligé à le forcer en exposant la proposition sur place publique. Il n’avait eu recours à ce procédé que pour faire plier des vassaux trop entreprenant et pleurnichards mais jamais pour son équipage. En général, ce genre de choses se réglaient à l’amiable. Mais Lakdahr n’était pas ce qu’on pouvait qualifier de général.

Dagon remarqua en contre bas que Brorn les regardait tous deux, probablement inquiet de la suite des évènements. La tête du suzerain bougea furtivement de gauche à droite en signe de négation. Le barreur haussa les épaules et continua de chaperonner son apprenti qui venait de s’emmêler dans le cordage. Dagon porta une main à sa barbe mal taillé et se gratta la joue, pensif.

« Violain est également conviée. Mais la compagnie de Gabriel te sera sûrement plus agréable. »

Par ce sous-entendu, Dagon invitait le forgeron à transmettre lui-même le message au Capitaine de la Jouvencelle. Il savait que ces deux-là avaient une relation d’entente fraternelle commune à de nombreux fer-nés et dont lui-même ne jouissait pas – par pur orgueil.


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Message Mer 31 Oct 2012 - 17:26

Comment pouvait-on être enclin à jouer de ses méninges lorsque le principal organe de votre anatomie vociférait à vous en éventrer ? Chez l'Edenteur, tout passait par la panse – pas seulement par là, certes. - et les déités des Iles-de-Fer l'avaient doté d'une propension à la bâfre au moins aussi démesurée que sa charpente, il en fallait des quantités de barbaque pour permettre au titan de tenir la cadence adéquate ! Prompt comme l'était son organisme à ingurgiter la pitance accordée, son rumen réclamait souvent de nouvelles agapes et cette simple traversée avait eu raison de ses dernières réserves. N'ayant point eu le loisir de s'empiffrer avant l'heure du départ, ceci même s'il n'eut pas ressenti la sensation de famine, il n'avait fait que s'hydrater de quelques pintes à horaires décalés. Le suzerain aurait été capable de s'offusquer à le voir se sustenter, il ne fallait jamais tourner l'échine à un encornet, il en avait suffisamment subit les conséquences comme cela. Sa dorénavant priorité rugissait donc au revers de sa ceinture abdominale, qu'il tenait de sa large paluche comme si ce simple contact était susceptible de lénifier ses maux. L'artisan guigna le furtif départ de Brorn, signe s'il en était que la conversation se devait d'être discrète et que, il n'en doutait nullement, il entendrait derechef parler de la place de Second. Ce qui ne manqua point d'arriver au plus âpre mécontentement du forgeron qui commençait à développer une aversion pour ce simple mot, mais il y avait bien plus contrariant. « Connard... ». Ce fut l'unique pensée qui foudroya son esprit lorsque toute la faute lui fut injustement imputée, lui qui n'avait rien fait – là se façonnait toute la controverse ! Dagon n'avait été satisfait d'aucune de ses actions depuis leur différend dans les forges, il ne cherchait qu'à l'accabler de ce qu'il pouvait sans qu'un quelconque truisme ne soit nécessaire. Il n'était pas à exclure que la rapine aurait pu être d'avantage fructueuse si le colosse s'en était mêlé, en l'occurrence, le lord Ravage n'aurait peut-être pas eu à subir une rixe si son cadet l'avait talonné, et de plus grosses quantités de butin auraient pu être tractées. Beaucoup de conjecture, avec des si, toute chose devenait plausible. Toutefois, les faits parlaient d'eux-mêmes, Lakdahr s'était vu refuser sa participation au raid et malgré le secret désappointement qui l'avait rongé, il n'en avait cure désormais. Point rétrospectif pour un pécule, ce qui avait été fait n'était plus à faire et il espérait bien que le seigneur avait fini par regretter cette décision, quand bien même semblait-il lui reprocher le tout.

Ce qui avait en revanche besoin d'être débattu était cette incommodante promotion dont il ne cessait de lui rabattre les tympans, le jeune homme se sentait d'âme pédagogique, il n'était pas contre reprendre ses explications depuis leurs bases pour faire comprendre qu'Edenteur et Second étaient deux termes totalement inconciliables. Cependant, le lord en voulait autrement et lui laissait matière à songer à plusieurs fois avant de se confondre en allégations, le coupant ainsi dans son élan pour prendre tout de go la parole. Bouche encore ouverte, le titan finit par soupirer tout en massant ses paupières du pouce et de l'index, éreinté par ce déploiement de coercitions qui le tarabustait. Il fit donc silence tout en mirant la mouvance de son interlocuteur, qui semblait avoir autant de difficulté à le supporter que l'inverse était avéré, l'atmosphère dans laquelle ils avaient évolué en ce succinct voyage n'avait guère eu le mérite de les rapprocher. Il lui prêta l'oreille tout en maintenant le sac de toile sur son trapèze, résolu à ne pas le lâcher et à partir dès qu'il serait possible de le faire. Mais la déclaration à laquelle il eut droit le surprit, un sourcil se courba à l'annonce d'une frairie qui convierait vraisemblablement l'ensemble de l'archipel. Diantre, une incursion en littoral rival et l'on devait en fêter la date ? Ridicule, ce qu'il se garda bien de bramer en guise de commentaire. L'évidence même voulait qu'il n'y aurait pas participé, à ces festivités, si la Seiche ne venait pas de lui donner sommation d'y être, ce qui eut pour résultat de le faire arborer un air d'infinie lassitude. Harassé, c'était le cas, sans même plus la volonté d'objecter en sachant cela perdu d'avance.

« Ouais, c'est ça... »

Approbation résignée, ses noires prunelles biaisèrent vers un autre point visuel, n'importe lequel ayant été plus digne de son intérêt que l'énergumène qui palabrait devant lui. Toutefois, ce dernier su à nouveau faire converger l'attention du géant en évoquant sa concubine, des paroles auxquelles celui-ci ne s'était guère attendu. Il toisa le suzerain avec suspicion, quêtant dans le regard de l'éborgné pour y trouver une quelconque intention de nuire à la sylphide qui était sienne depuis plus d'une année. Il veilla néanmoins à jauger son ressenti pour ne pas paraître troublé aux yeux de son vis-à-vis, auquel il finit par répondre avec autant de détachement que sa part Greyjoy le lui permettait.

« J'vois pas c'que Violain viendrait foutre à ton rassemblement, c'est qu'une femme-sel, j'ai d'jà assez d'mal à la supporter au quotidien alors en foule... » Il contracta l'une des commissures de ses lèvres. « J'dirai à Gab de ramener son cul si j'le croise entretemps, j'garantis pas. » Ce n'était pas totalement faux, il arrivait au mestre fêvre de s'isoler dans sa besogne durant plusieurs jours sans voir quiconque si ce n'était sa souris en rentrant, et encore, sommeiller dans sa forge était une marotte. Mais si le capitaine de la Jouvencelle avait eu vent de cet impromptu départ à bord de la Sirène Noire, il était certain qu'il viendrait prendre de ses nouvelles dès lors qu'il le saura de retour sur Pyk. Par ailleurs... « Ca va, j'peux m'tirer maintenant ? »

Dagon prit un malsain plaisir à préserver un mutisme de rigueur durant de longues secondes, avant que Lakdahr n'ait enfin l'autorisation de disposer. Il ne se fit point prier pour aussitôt s'exécuter, descendant rapidement de la dunette puis du boutre pour rejoindre l'appontement. Son imposante stature s'éloigna à grands pas jusqu'à finalement disparaître, et le simple fait qu'il n'ait plus les calots de son demi-frère posaient sur son rachis le soulagea d'un incommensurable poids. Cependant, les rouages continuaient de tourner, le titan savait qu'il ne pourrait pas échapper à la prochaine confrontation.




" - On fait quoi ? - Valeurs sûres : on leur éclate la gueule. "
 " Barbare qui roule amasse coups de boule. "
" On dit que les fer-nés détestent toutes les races, c'est faux, on les aime toutes ! En ragoût, en civet, à la broche... "

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Deux hommes, deux visions

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