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Délicieuses Retrouvailles - Ismaëlle

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Message Ven 21 Sep 2012 - 14:47

Les retrouvailles ont, en tout temps été des choses des plus agréables, des plus douces pour le cœur, qui ont su guérir bien des maux. Cela se comprend tout à fait, après tout, quoi de plus beau que de retrouver celle, ou celui pour qui notre cœur bat après de longs mois de séparation? Ou encore, notre frère tant aimé, ou pourquoi pas un ami si cher à nos yeux? Peu de choses, je le crains. Malgré tout, cela implique la souffrance d'une séparation. Il y a pourtant un vieux dicton qui dit "Loin des yeux, près du cœur.", et, il est vrai qu'une fois séparé des personnes que l'on aime, nos pensées ne sont que pour elles.

Mais, les retrouvailles ne sont pas joyeuses uniquement lorsque deux personnes proches se retrouvent. N'avez-vous jamais sourit en retrouvant un quelqu'un avec qui vous avez sympathisé, et dont vous ne connaissez que peu de chose de lui ? Je pense bien que oui.

Ainsi, si je vous embête avec cette pompeuse introduction, c'est que, vous l'aurez compris, je vais vous narrer des retrouvailles. Des retrouvailles entre un chevalier des terres de la couronne : ser Dezial Follard, et d'une dame de Dorne : lady Ismaëlle Forrest. Présenté comme cela, ses deux là avaient très peu de chances de se rencontrer, surtout quand l'on sait que, ser Dezial n'a jamais vraiment voyagé, et que son statut d'héritier de Castel-Fol l'empêchent de se déplacer à loisir.

Avant de rentrer dans le vif su sujet, il me semble que raconter la rencontre de ses deux jeunes gens serait une bonne chose, afin de mettre tout le monde au même niveau. Et … Pour ceux connaissant déjà l'histoire, prenez cela comme une révision. Si cela vous déplaît, hé bien, cela n'est pas mon problème.

Cela se déroula quelques mois avant l'histoire qui nous intéresse. Le chevalier, comme à son habitude, se rendit à la capitale, afin de se promener dans le grand marché. Il s'y sentait tellement bien que, à chaque fois qu'il le pouvait il s'y rendait. Côtoyer des gens de touts horizons lui plaisait, il apprenait de nombreuses choses et voyageait à travers leur récits, voyage qu'il ne pourrait sans doutes jamais faire. Il y avait aussi tout simplement le délice de découvrir les étals des marchands, tous emplis de choses qui captivaient le Follard. D'une grande curiosité, passer des journées entières à tout regardait ne le dérangeait pas le moins du monde, il y trouvait une des activités des plus plaisantes.

Mais, en cette journée, il remarqua une jeune femme, avec des habits qui ne venaient d'aucun royaume qu'il avait eu la chance de traverser. D'après ce qu'il savait, ils étaient sans doutes de Dorne. Mais cette femme, qui ne l'aurait pas remarqué ? D'une grande beauté, et d'un regard capable d'envoûter bien des hommes, elle ne laissa pas ser Dezial indifférent. Ces deux jeunes gens se retrouvèrent par hasard -j'insiste sur le pur hasard, l'héritier de Castel-Fol ne la suivait nullement, contrairement à ce que l'on pourrait penser avec ce qui a été dit plus tôt- sur divers étals, le jeune homme arrivant toujours en premier, il engagea la conversation, tentant de se montrer drôle, la suspectant de le suivre, avec un air des plus sérieux, puis, après quelques instants de silence, un grand rire s’échappa de ses lèvres, avant de se présenter. C'est ainsi qu'il découvrit qu'il avait affaire à une dame de la maison Forrest. Tout deux sympathisèrent et passèrent quelques jours à se côtoyer. Quelques jours durant lesquels, lady Ismaëlle s'amusait à taquiner le jeune chevalier, jouant de sa beauté et de son doux regard, flirtant un peu, ce qui amusait beaucoup le jeune homme, rougissant dans certaines occasions. Il n'avait pas connu de femme depuis le décès d'Eriqa, et, cela le mettait mal à l'aise. Durant ces quelques jours, la belle fut comme attirée par un étal où reposaient de modestes bijoux, mais, dont l'un des bracelets semblait plus que plaire à cette jeune femme, le chevalier insista pour lui offrir, et la dame de Dorne accepta. La séparation se fit une poignée de jours plus tard. Une dernière taquinerie de sa part, un doux baiser chaste, faisant de nouveau rougir le Follard.

Durant les mois qui suivirent, l'héritier repensait de temps en temps à cette histoire, cela le faisait sourire bêtement. Il n'avait jamais pris au sérieux les agissements de cette jeune femme, mais, sa présence lui avait été des plus délicieuses.

Nous voici donc arrivé au moment qui nous intéresse tous, le jour des retrouvailles.

C'est par un beau début d'après-midi, après une poignée d'heures de cheval, que ser Dezial arriva aux portes de Port-Real, accompagné de deux hommes de Castel-Fol pour seule escorte. Il laissa son cheval aux écuries, et ses gardes à la même auberge que d'habitude, leur laissant quelques pièces pour « tenir » durant son absence. Le chevalier se changea, adoptant une tenue de ville : une longue tunique mi-rouge, mi-blanche, estampillée du blason des Follard sur le buste, et, à sa ceinture pendaient ses deux épées.

Le jeune homme passa bien deux heures dans le marché, avant que l'envie de se promener ne lui vienne, partant au travers les rues de cette immense ville avant de tomber sur une scène qui demandait son intervention : une jeune femme, de dos à ce moment, semblait être ennuyée par un petit groupe d'homme, et ne voulaient tout simplement pas partir. Alors qu'il s'avançait, l'héritier de Castel-Fol comprit que tout ceci était dû aux origines dornienes de la jeune femme. Beaucoup étaient encore énormément intolérants à leur propos, disant qu'ils n'étaient que des sauvages ou parfois même, des bêtes. Le jeune homme, ne supportant pas une telle attitude s'interposa, ne jetant pas même un regard vers la victime de ces brimades. Une main se dressa face aux hommes si peu respectueux avant que quelques paroles ne soient prononcés.

« Messieurs, cela suffit. Cessez d'importuner cette jeune femme, et allez-vous-en je vous prie. »

Pas un seul mot plus haut que l'autre, pas une seule intonation hautaine, ou encore qui pouvait laisser entrevoir une mise en garde. Un ton des plus neutres fut employé, le chevalier ne voulait pas que cela tourne mal, mais, un des hommes ne semblait pas tout à fait d'accord pour partir, trouvant amusant la situation, il se permit de lui demander à qui il avait l'honneur de parler, et de quel droit il leur sommait de s'en aller. Dezial se gratta légèrement la barbe, avant de sourire.

« Je suis ser Dezial Follard, héritier de Castel-Fol, surnommé Le miraculé. Je vous le demande une dernière fois, allez-vous en. Je suppose que vous savez très bien que vous mettre à dos un chevalier n'est pas une si bonne idée, encore moins un héritier, surtout lorsque quelques uns de ses meilleurs hommes sont présents dans la ville. »


L'homme qui semblait si confiant quelques instants plus tôt ne prononça aucun mot audible, grommelant dans sa barbe. Un des hommes à côté de lui, ne semblait pas de cet avis et s'approcha, l'air menaçant, de l'héritier. Ce dernier dégaina ses deux lames, et frappa avec le plat de la lame la rotule de ce dernier pour le mettre au sol, tandis que la seconde venait menacer la gorge de celui-ci. A nouveau, il prit la parole.

« Allez-vous-en maintenant, et on oublie tout. Qu'en pensez-vous ? »


Le seul du groupe d'homme à avoir parlé fit signe aux autres de le suivre, continuant à grommeler dans sa barbe. Celui qui avait un genoux à terre se relevant délicatement, avant de s'éclipser rapidement vers le groupe. Le chevalier se mit à rire doucement avant de rengainer ses deux lames dans leur fourreaux respectifs, commençant à parler avant de se retourner.

« J'espère que vous les excuserez, ils sont tout simplement idiots. Malgré tout, ils font tâche à notre Royaume, je ne peux que m'excuser à leur place. »

Enfin face à elle, le chevalier reconnu cette dame avec surprise, lady Ismaëlle Forrest, plus belle que la première fois, plus envoûtante encore. Le chevalier ne put s'empêcher de lui offrir un léger sourire, heureux de revoir un visage familier, et quel visage !

« Oh ! Lady Ismaëlle, quelle agréable surprise ! »


Avec la plus grande délicatesse que les Dieux lui avaient donnés, ser Dezial prit la main de la belle pour la baiser -je précise au petits malins qu'il est toujours question de la main- avant de rajouter quelques mots.

« Cela me fait grand plaisir de vous revoir, moi qui pensait que plus jamais nos routes se recroiseraient, je m'étais trompé. Laissez-moi vous dire à quel point vous êtes belle en ce jour. A moins que mes souvenirs ne me trahissent, vous vous êtes embellies depuis notre première rencontre. »
De nouveau, il sourit, mais, un sourire à la fois idiot et gêné par ce qu'il venait de dire. Il baissa de nouveau le regard vers la main qu'il tenait, afin la lâcher avec douceur. Mais, avant de s’exécuter, son regard fut capté par quelque chose, un bijoux que la belle portait à son poignet, c'était celui-là même que l'héritier lui avait acheté à leur rencontre. Après avoir finalement lâché sa main, son regard se porta de nouveau sur la jeune femme, tout souriant. Un sourire confiant cette fois-ci.

« Je vois que vous portez encore le bracelet que je vous ai offert, cela me touche. Mais, dois-je y voir un message ? Peut-être le portez-vous en pensant à moi chaque jours ? Quel bonheur vous m'offrez par ce geste ! Qu'une si belle femme pense à moi, cela me va droit au cœur. »


Comme à son habitude lors d'une plaisanterie, le jeune homme observa un temps de silence, un air sérieux sur le visage, avant de se mettre à rigoler sans gênes.

« Veuillez m'excuser mylady, une petite plaisanterie de temps en temps n'a jamais fait de mal à qui que soit, garder son sérieux en toutes occasions est difficile, surtout lors d’événements heureux comme celui-ci. Nul n'est si sage.
Enfin, passons. Que nous vaut l'honneur de votre présence ? »
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Message Mar 25 Sep 2012 - 12:36


Port-Réal, capitale du continent et, en ces temps de débats martiaux, point de convergence de certains grands noms du royaume. Parmi le cortège d'invités, les bannières méridionales flottaient avec toute la fierté que l'on connaissait au bon peuple dornien, à cette peuplade d'extrême sud dont l'intégration soulevait encore nombre d'interrogations et de controverses. Arrivé par la voie maritime, le bel arroi du suzerain Rhoynar et membre notoire du Conseil Restreint pour ce qui était de la question des pirates fer-nés. A sa suite, l'héraldique d'une tête de macchabée couronnée et l'aînée d'une illustre famille de cette contrée désertique, la pérégrination jusqu'à bon port avait été longue, éreintente, mais Ismaëlle resplendissait de pouvoir fouler le théâtre où se jouaient l'ensemble des intrigues politiques de Westeros. Le Donjon Rouge, scène des diplomates de tous horizons, organe cardiaque des Sept Couronnes, le trône de fer, fantasme de tous les avides de pouvoir. La donzelle musardait, à chaque instant, à travers le bastion dans lequel elle logeait avec une contemplation fantasmatique, l'air féerique. Les parois de pourpre étaient d'une exquise attractivité, lorsque l'on songeait à tous les monarques qui s'y étaient succédé, à ces chimères d'antan dont on ne retrouvait les identités qu'à travers des mémoriaux centenaires et plus. Un siège de royauté auquel elle se serait volontiers et sans mal accoutumée, quand bien même se trouvait-il éloigné de ses arides racines, quand bien même, l'astre diurne lui semblait bien trop pusillanime. Peu lui challait, au fond, car elle avait retrouvé une toute autre chaleur, plus précieuse, encore, que les rayons emmiellés provenus des cieux. Celle d'une amitié, de sa douce Virginia et avec elle, la fière lignée des Hightower que la jeune femme portait en son coeur. Les deux amies, pourtant vouées à une logique inimitié dû à leurs origines respectueuses, s'étaient longuement entretenues à l'abri des regards et oreilles indiscrètes. Elles constituaient la preuve que les poncifs n'étaient que notion de précarité face à la confiance que l'on pouvait octroyer, mais l'étroitesse d'esprit était une marotte et un délassement que l'on ne trouvait que trop, qu'importait la rosace géographique. Peu probable, elle le savait, que les siens et elle-même soient victimes d'une quelconque mauvaise oeillade de la part d'un quidam au sein même de la forteresse royale. Les présents avaient certainement été serinés sur l'attitude adéquate à adopter, nul débordement en présence du prince Martell en personne et de ses gens. Mais qu'en était-il de la plèbe et des personnalités plus modestes ? Les lieux communs étaient les agapes de l'imbécile, et la Mère Rivière savait que la gourmandise était affaire d'humanité.

En ce jour de nouvelle lumière, la lady avait pris la décision d'outrepasser les enceintes du bastion pour flâner dans les méandres de la cité. Férue de fioritures typiquement féminines, le grand marché de la ville était une cible incontournable, mais cet agglomérat de marchands et artisans n'était en rien semblable à la médina de Lancehélion. Un vaste réseau d'éventaires où se jalousaient de multiple trésors et lequel elle avait d'ores et déjà parcouru par le passé. D'agréables réminiscences qui lui revenaient en mémoire, à la traversée de quelques venelles qu'elle reconnaissait, de futiles détails qu'elle avait retenus de son précédent passage, une triade d'années auparavant. Ainsi escortée par sa garde personnelle, de fiers lanciers dont la vigilance avait été affûtée par les soins du lord Forrest, la donzelle revisitait la cité et sa curieuse architecture, l'oeil enjôlé par les étals de bijoux. La badauderie dans son sens le plus large l'avait finalement éloignée de l'effervescence commerçante, malheureusement, ce ne fut pas d'affabilité dont fut fait l'accueil aux prémisses d'une petite place. Une cohorte d'énergumènes de basse noblesse eut tôt fait de prendre ceux qu'ils nommaient “sarrasins” pour cible, et en particulier la dryade en leur centre. L'éloquente incongruité vrombit aux tympans de cette dernière qui, dans un élan d'orgueil mérité, alimenta le débat de répliques aux structures enjolivées mais qui ne perdaient rien de leur caractère d'objection. Dans pareilles circonstances, il aurait été aisé d'envoyer ses cerbères s'entraîner au pugilat, toutefois, l'incident diplomatique était une chose qu'elle ne pouvait risquer en étant présente sous la volonté de son prince. La joute verbale s'étendrait jusqu'à ce que l'un des groupes rivaux ne courbe l'échine ou, dans une plus condescendante allure, ne tourne simplement les talons. Cependant, ce fut d'une toute autre trame dont ils furent témoins alors que le ton et l'impact des injures gagnaient en profondeur.

A la stupéfaction de tous, un individu fit incursion dans l'affaire, se dressant de toute sa superbe face aux petits seigneurs qui ne l'entendirent pas de cette oreille. Intriguée, Ismaëlle se fit simple spectatrice, un faible rictus contemplatif à la commissure des lippes tout en plissant les mirettes sur le nouveau venu. Celui-ci ne lui était pas tant anonyme qu'elle ne l'aurait songé, outre l'emblème armoral de Castel-Fol qu'elle reconnaissait pour l'avoir plus d'une fois aperçu, l'homme qui se présenta tel l'héritier de ce domaine avait naguère partagé sa compagnie. Figure amicale et salvatrice, contemplé avec une faraude satisfaction de la part de la jeune femme qui se délecta du spectacle durant lequel les lames faillirent psalmodier. Les importuns se résignèrent à la suite de cette démonstration qu'ils eurent la chance d'être dissuasive plus qu'exécutive. Une main posée sur sa voluptueuse hanche, la lady se rehaussa, risette mutine et menton sensiblement relevé, amusée et intérieurement impatiente d'être reconnue comme plus qu'une jouvencelle extirpée du danger. Une fois que son identité lui fut remise, le ravissement vint scintiller sur ses traits alors que sa main fut la proie des lèvres du chevalier.


  ~ Ser Dezial, cela fait maintes lunes, certainement trop depuis notre dernier conciliabule. Les compliments ensuite octroyés lui firent adopter une mimique faussement suspicieuse. Auriez-vous appointé vos talents d'encenseur depuis le temps ? »

Pourtant, le jeune homme jouissait d'une certaine maîtrise quant à la courtisanerie, une faculté bariolée par ses déferlantes d'humour qui le rendaient à la fois suave et léger. Une propension à la saillie d'esprit que l'héritière de La-Tombe-du-Roy appréciait, la monotonie n'était plus qu'une abstraction aux côtés de de cet adonis du miracle. Par ailleurs, qu'il l'affûble de l'une de ses innocentes boutades n'étonna point la sylphide qui en avait presque omis le bracelet dont il était question. Ses phalanges effleurèrent le bijou comme pour en authentifier la présence, puis elle accompagna le ser dans son rire en se remémorant l'origine de ce cadeau – peut-être ne fût-ce pas le hasard qui les avait rapprochait ce fameux jour où ils n'avaient cessé de se rencontrer d'un point à un autre. Le plaisant de cette situation aurait été tout autre si Dezial n'avait été qu'un indigent un peu trop téméraire pour oser l'interpeller, même en lui faisant l'offrande d'une somptueuse armille, la tare d'un roturier enhardi n'était jamais qu'une souillure dont on ne voulait pas, ceci à moins qu'il ne soit alors utile d'une quelconque façon. Néanmoins, elle avait là affaire à un légataire d'un fief qui, bien que mineur dans son importance, possédait sa part d'intérêt pour une dame qui savait les alliances substantielles. Par-delà cet aspect purement politique, elle témoignait d'une certaine sympathie à l'égard du sieur de douze ans son aîné – un détail qui avait là encore son apport d'attraction.

  ~ Nul n'est si sage. J'ignore si c'est vous qui donnez vie à l'apophtegme de votre maison ou l'inverse, mais dans les deux cas, cela vous sied à la perfection. Reprit-elle enfin avant d'exhiber son poignet et le bracelet qui y trônait. Allons bon, vous n'êtes pas sans savoir que je suis une femme de goût, et le précieux de l'or autant que celui d'un présent ne pourrait s'altérer avec les années. Voyez-y une preuve de votre bon souvenir, en effet. »

Ses doigts graciles s'engouffrèrent intuitivement dans son ondoyante crinière qu'elle avait laissée sans attache en cette journée, son regard biaisa avec une feinte timidité, un minois presque humble pour mieux faire passer la louve pour l'agneau qu'elle n'était pas. Elle enserra ensuite l'étole qui recouvrait ses frêles épaules et dont la teinte s'harmonisait avec le parme de sa robe, un vêtement d'indéniable facture dornienne et qui, elle l'admettait, était d'avantage fait pour la chaleur de son désert que l'atmosphère des Terres de la Couronne. Elle regrettait de ne pas avoir emprunté une tenue à Virginia pour cette excursion, quand bien même les températures étaient tout à fait acceptables pour les habitants de cette contrée, elles étaient déjà fraîches pour la demoiselle alors habituée à l'impitoyable brasier du sud – son hâle doré en témoignait. Avant qu'elle ne réponde, l'un de ses gardes vint susurrer à son oreille quelques paroles inaudibles pour le chevalier, mais qui le concernaient vraisemblablement au vu de la lorgnade que lui accorda le protecteur en question. La main de la lady dansa en un geste expéditif, puis elle commenta d'une hauteur de voix qui ne cherchait pas à se cacher.

  ~ Voyons, ser Dezial est une vieille accointance, je ne risque guère rien qu'attiser son esprit de facéties en lui parlant librement. Et je vous rappelle qu'il nous a aidé. Le lancier lui avait confessé sa crainte de la voir se confier sans méfiance sur les raisons de sa venue, ce dont la donzelle n'avait cure en la compagnie du sieur Follard auquel elle s'adressa comme si de rien n'était. J'accompagne sa seigneurerie le prince Maron Martell sous sa propre requête dans son déplacement à Port-Réal. Vous n'êtes certainement pas sans savoir que mon suzerain siège au Conseil Restreint, lequel a actuellement lieu pour débattre des contrariétés fer-nées. Je suis de sa suite dès lors que je le peux, j'apprends beaucoup à ses abords. Peut-être son interlocuteur serait-il surpris de constater la communion entre la naïade et nul autre que le prince de Dorne, qu'elle ne coudoyait pas avec autant de régularité et déférence à l'époque où ils s'étaient rencontrés dans ces mêmes rues. Le temps avait passé et malgré son jeune âge, Ismaëlle avait su prendre de l'importance au point d'être devenue une personnalité incontournable dans l'entourage de son seigneur. Quoi qu'il en soit, j'ai eu l'envie de sortir du Donjon Rouge pour visiter cette cité dont j'avais de vétustes souvenirs. Je ne m'attendais pas à ce que ma flânerie se fasse sans encombres, ce genre de choses, cela m'arrive plus souvent que vous ne pourriez le penser. Ces frustes n'ont pas conscience de la dangerosité de leur comportement, d'autres dorniens que moi n'auraient pas hésité à les châtier pour chaque injure prononcée. Qu'ils remercient vos Sept que je sois plus circonspecte que la majeure partie de mon peuple. »

Elle songea secrètement à son père, ou même son frère, tous deux auraient dégainé armes et fierté à être ainsi considérés. C'était sans doute l'une des raisons pour lesquelles ils ne quittaient jamais ou rarement leur région, la lave coulait dans leurs veinures comme la réputation de leur ethnie l'affirmait. L'on disait qu'en chaque dornien, l'incandescence pouvait être silencieuse, mais elle brûlait en leur âme, prompte à se répandre dans leur sillon. Ismaëlle avait toujours été calme et observatrice, toutefois, la flamme était bel et bien présente au revers de ses prunelles de turquoise. Celles-ci rencontrèrent d'ailleurs le regard de son vis-à-vis, qu'elle fixa sans gêne aucune.

  ~ Oserais-je vous retourner la question, à savoir si vous êtes ici en des circonstances particulières ou en simple visiteur zélé ? Elle inclina légèrement la tête sur son côté dextre. Et comment puis-je vous remercier pour votre bravour ? Je me doute que ce ne sont pas quelques quidams de cet acabit qui auraient été susceptibles de vous effrayer, gardons-nous de dire qu'ils se seraient inéluctablement ridiculisés à croiser le fer avec vous, quand bien même ce spectacle aurait été appréciable. Vous seriez de ceux qui joutent pour votre honneur et celui d'une dame, ai-je tort ? »

Et l'idée qu'elle soit celle-ci ne lui déplaisait guère, mais le simple fait que Dezial se soit immiscé dans une querelle dans laquelle il n'avait aucune part à prendre, mais que ce fut son parti qu'il décida de défendre, était déjà une satisfaction en soi.
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Message Jeu 27 Sep 2012 - 21:58

Le temps passé en la compagnie de lady Ismaëlle, ces quelques années auparavant avaient été ce que l'on pourrait considérer comme magique pour le jeune homme. A chaque fois qu'une pensée s’envolait vers cette compagnie, un doux sourire s'affichait sur ses lèvres, un air quelque peu idiot, qui lui valait quelques piques de ses hommes les plus proches, comme par exemple Garth, ou encore son jeune frère Loghain, qui adorait plus que tout taquiner son grand-frère. Après tout, tout deux ont, en tous temps, toujours été très proches. Ce dernier espérait que son grand-frère puisse surmonter la mort d'Eriqa. En effet, même si l'héritier ne s'était jamais gêné pour montrer, ou encore transmettre sa bonne humeur, l'inverse était loin d'être tout aussi vrai. Il avait passé pratiquement un an et demi à broyer du noir, préférant la solitude. Lui qui était toujours le premier à aller voir ses hommes pendant leur pause pour balguer avec, le changement était radical. Mais finalement, du jour au lendemain, le chevalier s'est mis à ressortir de ses appartements, à parler avec tout le monde, son habituel sourire aux lèvres. Bon nombre des gens de la maisonnée pensaient qu'il avait fait cela pour que l'on cesse de s'inquiéter, ce qui était parfaitement le genre de cet homme. Ser Loghain était bien évidement l'un d'eux, ainsi, lorsqu'il parlait de cette jeune femme avec un tel sourire, il ne pouvait qu'espérer que sa vie reprenne un sens. Peut-être vous posez-vous la question au sujet de ser Dezial, son traumatisme fut-il réellement surmonté? Cela est tout à fait légitime, mais ... Si je venais à vous le dire maintenant, cela serait bien trop facile non?

Enfin, passons. Revenons à ce qui nous intéresse.

Les retrouvailles entre la dame et le chevalier venaient d'être faites, par le plus grand des hasard, et, le jeune homme ne put s'empêcher de baiser la main de celle-ci, tout en ventant sa grande beauté. Lady Ismaëlle semblait ravie de ces quelques mots, affichant une mine légèrement suspicieuse, voulant rentrer dans le jeu de la plaisanterie qu'avait l'habitude de se donner le miraculé. Du point de vue de ser Dezial, peut-être n'avait-elle pas l'occasion d'être si « libre » habituellement, ce qui expliquait pourquoi elle semblait tellement blagueuse à ses côtés. Rares étaient les nobles dames qui agissaient ainsi. La dornienne, après avoir fit une remarque sur le temps, trop long à ses yeux, qui les avait séparés -remarque qui, ne put que faire sourire le jeune homme, heureux que sa présence lui ait manquée- le questionna sur ses talents d'encenseur qui semblaient avoir bien évolués depuis leurs derniers échanges de mots. Le Follard se mit à rigoler un bref instant.
« Oh ... Ainsi, j'ai progressé dans ce domaine. Pour cela je dois vous remercier ma dame. Sans notre rencontre, je n'aurais su m'exercer auprès de mes hommes, tentant, tant bien que mal de vanter votre grande beauté. Certains, au début pensaient à un rêve, d'autres encore croyaient que j'avais un peu trop bu dans l'une des nombreuses tavernes de cette grande ville. D'autres encore pensaient que j'avais croisé la très célèbre lady Shaïra Seastar. Mon frère quant à lui, me prenait juste pour un fou lorsque je tentais de vous décrire. Comme quoi, je remplis bien mon rôle. »


Un nouveau rire s’échappa de ses lèvres. Tout ce qu'il racontait était bel et bien vrai. Lors de son retour à Castel-Fol après ces quelques jours passés en la compagnie de cette jeune femme, un sourire béât s'affichait sur le visage du chevalier, qui venait de passer quelques jours simplement merveilleux, on le questionna beaucoup sur cela.

Une fois ce rire passé, un air quelque peu gêné s'afficha sur son visage, se grattant légèrement le bout du nez nerveusement, tandis que son regard tournait dans tout les sens, cherchant un point sur lequel se poser, avant de finir tout simplement par regarder lady Ismaëlle dans le blanc des yeux, toujours aussi nerveusement.
« Hé bien … Oui, cela ne fait que trop longtemps. Je vous avoue que l'envie de vous écrire m'a traversé l'esprit mais … J'avais peur que cela puisse passer pour ce que ce n'est pas, et … Mes talents d'écrivains sont encore à faire. Ainsi, je ne voulais pas abuser de votre temps avec des mots sans éclats. »


Le calme du chevalier revint peu à peu. Après tout, ce n'était pas si difficile. Il avait tout simplement peur que, ses agissements soient vus comme une tentative d'approche, de quelqu'un espérant un mariage, ou une quelconque alliance. L'héritier connaissait très bien sa place en ce monde, il aimait juste passer du temps en la compagnie de cette dame du Sud, il n'avait jamais pensé à rien d'autre.

Lorsque ser Dezial remarqua le bracelet qu'il avait offert lors de la fameuse rencontre, la jeune effleura de ses doigts le dit-bijoux, avant d'accompagner l'héritier dans son rire. Le Follard avait de temps en temps peur de paraître un peu lourd avec ses plaisanteries quasi incessantes, mais, étrangement, cette femme-là se plaisait à rire à ses côtés. C'est sans doutes grâce à cela que, quelques années auparavant, les deux jeunes gens passèrent de si agréables moments.

Une fois les rires passés, la demoiselle complimenta son interlocuteur, tout en parlant de la devise familiale de ce-dernier, expliquant qu'elle ne savait pas lequel des deux donnait vie à l'autre, mais que, dans tout les cas, cela lui seyait à la perfection. Une légère rousseur vint s'installer sur les joues du miraculé, qui tenta de répondre comme il le pouvait à un tel compliment.

« Cela me fait chaud au cœur, je vous remercie, mon père me dit souvent que, c'est à cela qu'on voit que je ferai un bon seigneur de Castel-Fol, même si, moi j'en doute. »


De nouveau, il se gratta le bout du nez nerveusement, avant de reprendre sur autre chose.

« Je vous avouerais tout de même ma surprise quant à savoir que notre devise est arrivée jusqu'à vos oreilles, à moins que, lors de ces quelques jours passés ensemble, l'information se soit échappée de mes lèvres et, dans ce cas-là vous avez une meilleure mémoire que la mienne. Dans tout les cas, je suis honoré. »

La belle finit par exhiber le bijoux qui reposait sur son poignet expliquant qu'il devait savoir qu'elle était une femme de goût, et que de fait, le précieux de l'or et d'un présent ne saurait s'altérer, finissant par dire qu'en effet, il pouvait y voir une preuve de son bon souvenir. Le cœur de Dezial ne fit qu'un bond. Mais, alors qu'il allait répondre, la dame du Sud passa une main délicate dans sa chevelure, une certaine timidité pouvant se lire sur son visage, cela le coupa net dans son élan, préférant assister à ce spectacle plutôt que de rompre tout cela par des mots inutiles. Mais, bien vite, il se rendit compte de ce qu'il faisait, et, comme si de rien n'était, il répondit.

« Mon cœur s'emballe madame. Il s'emballe de savoir qu'une femme telle que vous puisse porter un bijoux accompagnant un souvenir de ma personne. Il me semble vous avoir mal jugée sur ce point. Je vous pensais une femme possédant une collection innombrables de pièces de joailleries, toutes achetées sur un coup de tête, mais, il s'avère que chaque pièces de la dite collection soit choisie avec soin, et que quelques unes de celles-ci vous sont plus précieuses pour d'autres raisons que l'or et les pièces dont elles revêtent. Je suis heureux d'avoir pu participer à ma façon à votre collection. »

Un grand sourire s'afficha sur les lèvres de ser Dezial, un peu gêné de son erreur de jugement, mais, tentant comme il le pouvait de ne pas le montrer.

La réponse de lady Ismaëlle sur la raison de sa présence dut être quelques peu reportée. En effet, alors qu'elle s'apprêtait à lui répondre, un des hommes derrière-elle s'approcha de son oreille pour lui murmurer quelques mots, tout en ne quittant pas des yeux le chevalier. Ainsi, c'est de lui qu'il était question. Avait-elle des choses à cacher pour que ce garde la mette en garde ? Ou alors n'inspirait-il pas confiance ? Peut-être était-ce simplement dû à son manque de sérieux. La demoiselle eut tôt fait de rejeter toute les craintes de son homme d'armes, d'un simple geste, s'expliquant sur cela, peut-être dans l'espoir que sa confiance envers le Follard leur soit transmise. Elle raconta qu'il était une vieille connaissance, et qu'elle ne risquait que peu de choses, si ce n'est attiser ses plaisanteries en lui parlant librement, ajoutant enfin et surtout, qu'il les avait aidé. Ser Dezial souriait joyeusement en direction des hommes, mais, son esprit était ailleurs. Pour désigner la relation qui les unissait, la Forrest s'était servie d'un mot au double-sens étrange. En effet, si accointance pouvait désigner une simple liaison, ou fréquentation, celle-ci était tout autant des relations amoureuses. Devait-il y voir une certaine invitation ? Une ouverture probable ? Non, impossible. Le chevalier se sortit très vite cette idée de la tête, et écouta avec attention ce qu'il se disait. La raison de sa présence ici état … Surprenante. La jeune femme accompagnait le prince de Dorne, le seigneur Maron Martell, sous sa propre requête. Ce dernier siégeait au Conseil Restreint qui avait lieu en ce moment-même pour discuter du problème des fer-nés. Elle rajouta l'accompagnant dès qu'elle le pouvait, apprenant beaucoup de choses à ses côtés. L'héritier de Castel-Fol ne bougea pas, encore sous le choc de l'information. Il devait pourtant réussir à se ressaisir, d'autres informations arrivaient de la bouche de la dornienne. Elle disait avoir eu envie de sortir du Donjon-Rouge, afin de visiter cette cité, dont seuls quelques souvenirs subsistaient. Bien entendu, elle ne s'attendait pas à ce que la visite se déroule sans encombre. Lady Ismaëlle avoua que ce genre de choses étaient bien plus fréquentes que l'on ne pouvait imaginer, et que ces gens-là n'avaient pas idée à quel point leurs actes sont dangereux, selon elle, bon nombre de dorniens n'auraient pas hésité à les attaquer pour leur injures. Elle finit en disant qu'ils se devaient de remercier leurs Dieux qu'elle soit plus vigilante que la plupart des personnes de son peuple.

De son côté, le chevalier prit un court instant afin de se rentrer toute les informations qui venaient d'être déballées. Il respira un grand coup avant de sourire comme à son habitude.
« Je ne vous savais pas si importante. Ainsi, avec du recul, je me demande si, je peux me permettre toute ses facéties à votre égard. D'un point de vue protocolaire j'entends. Je me doute bien que, si vous m'aviez trouvé dérangeant, j'en aurais été informé. Mais … Quand même, être là à la demande du Prince de Dorne, cela est stupéfiant. Attention, je ne remets pas vos qualités en cause, c'est juste que vous devez avoir d'incroyables qualités, que je n'ai pas encore eu le privilège d'apercevoir. »
Il rigola un court instant avant de reprendre.

« Je comprends mieux l'attitude de vos hommes à mon égard, ne sachant rien de moi, il vaut mieux rester vigilant et suspicieux envers tous. Encore plus quand l'on sait que de tels idiots que ces gens-là arpentent les rues de la cité. Ainsi, s'ils n'ont rien fait, c'est que vous voulez à tout prix éviter l'incident diplomatique, votre Royaume est encore vu d'un mauvais œil par certain, des rixes en plein milieux de la capitale des Sept Royaume est donc la dernière chose à vouloir pour Dorne, c'est peut-être ce qu'ils cherchaient au fond qui sait ? Bien que … Je doute sérieusement qu'ils aient un intellect suffisamment développés pour tant approfondir les choses, d'autant plus que, l'on raconte que les guerriers de vos terres sont redoutables, l'idée de m'attaquer à deux d'entre eux ne me viendrait pas en tête, sauf si … Quelques pulsions suicidaires venaient à se faire ressentir. »

Avec un sourire humble, ser Dezial s'inclina légèrement, posant une main sur le cœur, tentant de présenter des excuses.

« Je sais que je me répète, mais, j'ose espérer que vous réussirez à trouver en votre cœur la force de pardonner leur idioties, si l'on compare au nombres d'habitants, ces hommes sont très peu, ils ne doivent pas empêcher ces terres d'être honorées de votre présence. Ainsi, si vous le permettez, peut-être pourais-je vous accompagner dans votre nouvelle visite de la cité, au cas où. »

Très vite, le chevalier se retourna vers les gardes de la jeune femme.

« Attention, je ne remets pas en cause votre utilité ou quoi que se soit, cependant, j'agis en mon nom, et, la potentielle menace de la présence de mes hommes non loin de là peut dissuader certains. Et, sans vouloir me vanter, ma maîtrise de mes lames peut réussir à décourager ceux qui ne croiraient pas à cette Histoire, sans pour autant que cela crée des tensions entre nos royaumes. »


Comme à son habitude, le chevalier souriait. Bien entendu, il y avait une autre raison à cela, une beaucoup plus simple, beaucoup moins protocolaire, et surtout, bien moins sérieuse : tout simplement passer du temps en la compagnie de la jeune femme du Sud. Cela ne faisait qu'une poignée de minutes qu'ils s'étaient retrouvés, et, le Follard n'arrêtait pas de sourire. Aussi, une telle occasion ne se représenterait pas de si-tôt, si ce n'est peut-être jamais, alors, autant profiter.

La belle brune se permit de retourner la question sur la raison de sa présence ici, inclinant sa tête sur le côté, lui donnant un air innocent si beau, que le chevalier ne put s'empêcher de devoir feindre un toussotement, afin de détourner le regard pour ne pas rougir devant le merveilleux tableau qui se dessinait devant ses yeux. La demoiselle repris assez vite la parole, lui demandant comment elle pouvait le remercier de sa bravoure. Elle dit se douter que ce n'était pas quelques bougres qui auraient pu l'effrayer, et qu'ils se seraient sans doutes ridiculisés en croisant le fer avec lui, même si, de son point de vue, le spectacle aurait été agréable. Le chevalier en rit. Enfin, la belle supposa qu'il était de ceux à jouter pour leur honneur ainsi que celui d'une dame. L'héritier de Castel-Fol rit un bref instant, avant d'afficher un sourire enjoué, pour répondre à tout ce qu'il venait d'être dit.
« Ooh. Ma dame, j'ai bien peur que vous ne me placiez sur un trop haut piédestal, je ne pense pas être aussi redoutable les armes en main que ce que vous semblez croire. Je sais me défendre certes, mais, un grand nombre d'hommes sont capable de me terrasser sans grand mal. »


Son sourire ne diminua pas du tout. A vrai dire, il n'avait jamais eu une très très grande confiance dans ses talents martiaux. Il faut dire que les rares fois où il a combattu, c'était en présence de grands noms, connus par beaucoup, ainsi, à leur côtés, l'on ne peut réellement briller, alors que pourtant, ses deux épées sont capables d'effrayer bon nombre de gens, sa vision du combat, et son indépendance parfaite de ses deux bras encore plus. Mais, là n'est pas le sujet.

« Concernant votre dernière question, j'ignore si vous connaissez un tant soit peu les codes de la chevalerie, mais, l'on se doit de sauver la veuve et l'orphelin. L'altruisme est une des plus grandes qualités des chevaliers dit-on. Même si, ce n'est pas vrai pour tous, il me semble l'avoir. C'est peut-être pour cela que j'ai la confiance des habitants de mes futures terres. De fait, vous comprendrez que oui, si l'honneur d'une femme est bafouée, je prendrais les armes, et si c'est une femme si belle que vous … Comment ne pas agir? »
Un léger rire s’échappa de nouveau de ses lèvres. Quand je vous disait que la présence de la dornienne était bénéfique au chevalier.

« Ainsi, je ne désire nulle récompense, je n'ai pas agi avec intérêt. Cela dit, si vous désirez tant que ça me récompenser, pourquoi pas le doux baiser de la dame à son preux chevalier venu à son secours ? »


Comme il lui arrivai de temps en temps, ser Dezial garda quelques temps un air des plus sérieux avant de rigoler quelques instants, lançant un regard aux gardes, qui, de leur côtés avaient pas l'air des plus content de cette proposition de récompense. Ainsi, le chevalier agita ses deux mains devant lui en signe de négation, en reprenant la parole, riant légèrement.

« Je plaisante, je plaisante. Cependant, j'aurais une question à vous poser si vous le permettez. »

Le double-sens du mot « accointance » le travaillait toujours autant, et, il voulait en avoir le cœur net. Ainsi, avec douceur il s'approcha de l'oreille de la jeune femme pour lui laisser quelques paroles dans le creux de l'oreille, espérant que les gardes n'entendent pas un mot.

« Je suis désolé, mais, cela me travaille depuis tout à l'heure … Le double-sens d’accointance, cela était désiré ? Etait-ce juste un petit quelque chose afin de titiller vos gardes ? Peut-être … Est-ce pour moi ? »

Le chevalier se retira rouge des joues, surpris d'avoir pu dire une telle chose, et, pour tenter de dissiper la gêne, il essaya de répondre à la question qui lui avait été posé quelques instants auparavant, sur la raison de sa présence en ce lieu.

« Et … Il me semble ne pas vous avoir répondu, quant à la raison de ma présence ici. »

Le miraculé pris une grande inspiration avant de repartir à l'assaut.

« Hé bien, voyez-vous, je me plais à passer du temps dans cette cité. J'adore arpenter le marché, l'on y trouve bien des choses intéressantes, venant de touts horizons, en plus de cela, l'on y fait de très belles rencontres. »


Un sourire charmeur fut envoyé à la demoiselle.

« Mais c'est surtout que, Castel-Fol se situe à une poignée d'heures de chevauchée, ce qui me permet de venir facilement, d'autant plus que depuis le décès de ma femme, j'ai tendance à m'ennuyer dans les murs de mon château. »


Parler du décès de sa femme ? Intérieurement, le chevalier s'insulta d'idiot, pensant que la belle pouvait prendre cela pour elle, que tout cela avait été dit intelligemment afin de lui faire comprendre qu'il n'avait plus de femmes, et qu'il en recherchait une. Dezial tenta donc de se rattraper. Et là … C'est le drame.
« Enfin heu … Le prenez pas pour vous surtout. Je veux dire heu … Je suis veuf mais, cela m'est sorti inconsciemment, je ne veux pas vous faire croire que j'ai dit ça pour dire que je cherchais, et heu ... »

Le stress commençait à monter, et les âneries à affluer.

« Enfin, si, je cherche à me remarier, mais pas avec vous. »


Nouvelle bourde.

« Non pas que vous soyez inintéressante, c'est même tout le contraire. Vous êtes aussi sans doutes l'une des plus belle femme qui m'ait été donné de rencontrer, c'est juste votre Maison. »

Encore une.

« Heu … Je … Enfin, ce que je veux dire c'est que heu … Je connais ma place, et que heu … Les Forrest sont heu … Hors de portée. »

Le chevalier tenta de respirer un grand coup espérant se calmer, et, après quelques longues inspirations, cela sembla marcher.

« Excusez-moi. Je crois que je vais arrêter d'essayer de m'arrêter, je m'enfonce de plus en plus, et je passe pour un idiot. C'est bête, après une telle entrée en scène, me ridiculiser comme cela... Peut-être accepterez-vous d'oublier tout cela ? »

Son habituel sourire était revenu, confiant, joyeux, celui que tous reconnaissent à Dezial quoi.


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Message Ven 5 Oct 2012 - 18:05


La courtisanerie, tout un art en soi, que l'on se devait inéluctablement de maîtriser d'un subtile et gracile doigté lorsque la noblesse ceignait le crâne du concerné. Séduire tant par la rhétorique que par un charme plus rudimentaire, base de tout diplomate digne de ce titre désireux de se façonner une notoriété prompte à l'en faire incontournable. Dans le cas du seigneur Follard, la sylphide se persuadait qu'aucune trame politique ne sustentait ses éloges, car tels étaient ses propos qui la faisaient entrer en analogie avec la célèbre Shaïra Seastar. La perspective d'avoir été considérée comme une utopie esquissée par les vapeurs éthyliques ou par le simple fruit d'une imagination trop féconde le fit intérieurement rire, flatteur que cet aveu, quand bien même le soupçonnait-elle de conter ceci avec une innocente mais présente emphase. Elle se souvenait sans mal qu'il l'avait déjà faite proie de pléiades de compliments quelques années auparavant, lors de leur première et fortuite rencontre dans cette même cité. Le quantité comme la profondeur de sa faconde n'avait guère pas dépéri avec le temps, bien au contraire, et elle devenait curieuse de constater à quel point il avait effectivement progressé en la matière. Elle en vint presque à regretter qu'il n'ait pas osé l'encenser de sa plume, nul doute qu'elle aurait trouvé la situation ô combien délassante que de le lire directement à La-Tombe-du-Roy, après un côtoiement de trop peu de jours pour qu'elle ait eu le loisir de jouer de plus que ses céruléennes prunelles. Qu'aurait-il bien pu lui relater ? Elle se le demandait, mais il était encore plus jouissif de constater de ses incertitudes et beaux discours en étant en face de lui, ses mimiques et attitudes avaient le don d'ébaucher une risette amusée sur le minois de la jouvencelle. Au moins n'était-il pas de ces énergumènes sans profondeur ni même surface, vacants de tout intérêt et monotones à souhait. C'était bien pour cette raison qu'Ismaëlle, de secrète enquête, s'était un peu plus renseignée sur l'acabit et l'hoirie du quidam dont elle avait partagé la compagnie, d'où le simple fait qu'elle connaissait la maxime de sa maisonnée. Toutefois ravie qu'il en soit abasourdi, son menton se souleva sensiblement en une nitescence de mutine fierté, qu'elle exprima à travers une moue espiègle.

  ~ Il ne faut pas mésestimer la volonté de certains de s'informer, messer. J'aime savoir à qui j'ai affaire, il me semble qu'il s'agit du minimum dans le cadre de bonnes conversations. Quant à vos talents d'écrivain, me voilà navrée que vous n'ayez pas même essayé. Votre pusillanimité vous perdra un jour. »

Il aurait sans doute été plus compliqué pour le jeune homme de se renseigner sur la maison Forrest, native de la contrée la plus méridionale du continent où il était des plus ardus de se créer des liaisons qu'au sein d'une autre région de Westeros. La majorité du peuple dornien était, encore aujourd'hui, particulièrement rétive à l'ouverture de leurs moeurs ancestrales, la perte de leur indépendance chantait encore comme une injustice à sanctionner. Une étroitesse d'esprit qui n'avait guère jamais atteint la demoiselle d'avantage pour l'expansion de coalitions extramuros, sa présence à Port-Réal en témoignait, cette discussion somme toute amicale également. Le fait que les prémisses de leur entente se soient construites sur l'offrande d'un flamboyant bijou avait joué en faveur du sieur Follard, irréfutable véracité, même si la donzelle s'en enjolivée plus pour la beauté de l'objet qu'au réel souvenir de son acheteur, mais il était toujours bon de tourner la situation en sa faveur qu'à celle de l'interlocuteur. Une marotte de politicienne, car, effectivement, la place de la jeune femme se renflait d'influence au gré des années passées aux abords de son prince, où elle apprenait comment se faire une place parmi les grands de ce monde. Enchantée que son importance soit ainsi clamée des lèvres du chevalier, elle jugea bon de fureter un furtif instant le sol avec humilité, indéniablement faussée, mais les apparences restaient fallacieuses et elle n'avait nullement crainte d'en user à l'excès. Tout le monde ne pouvait se targuer adresser la parole et recevoir courtoise réponse en retour de la part d'une dame de son envergure, une vérité qui prenait plus de sens sur ses terres natales qu'en ces lieux, où de parfaits inconnus ne ressentaient nulle opprobre à la provocation et l'injure. Le discours qui tint alors son vis-à-vis fut sensé, la concorde entre Dorne et le reste des Sept Couronnes n'était pas encore établie, à son plus grand regret. Mais l'espoir n'était pas moribond, elle en était persuadée, viendrait le jour où plus aucune barricade ethnique n'incommoderait les relations de voisinage. Pour l'heure, la nymphe ne s'offusquait pas de si basse incongruité, au contraire de ses gardes dont les lorgnades se noircirent au fil de ce qu'ils entendaient. Cependant, aucun d'entre eux n'objecta, les décisions revenaient à celle qu'ils escortaient et sur laquelle ils veilleraient en toutes circonstances.

  ~ N'ayez crainte, je n'ai guère l'intention de vouer tous les habitants des Terres de la Couronne aux gémonies, nous avons également nos ineptes à Dorne, cela fait bien longtemps que je ne m'arrête plus sur ce genre de détails. L'intelligence veut que l'on ne range pas tout le monde dans le même panier, aussi ai-je rencontré d'agréables et tolérantes personnes, dont vous faites évidemment partie. Elle guigna les lanciers qui l'accompagnaient et qui ne partageaient vraisemblablement pas son opinion, ce qui la fit ricaner. Nos combattants sont d'une opiniâtreté sans pareille, il est vrai, mais je ne doute pas que vous faites preuve d'autant de facultés à l'estoc et la taille qu'ils ne le peuvent. »

Peu lui challait l'acrimonie de son escorte, la simple mouvance hors des Montagnes Rouges en avait irrité certains et elle s'étonnait presque qu'aucun n'ait brandi son arme lors de la précédente algarade. Ses mirettes se redéposèrent sur le ser lorsque celui-ci fit éclater son phonème en matière de chevalerie, une noble notion qu'Ismaëlle trouvait pourtant nébuleuse et presque subjective. Une nouvelle cataracte de compliment pour justifier de sa salvatrice ingérence dans l'altercation, et le trophée qu'il quémanda laissa la demoiselle à la fois stupéfaite et amusée d'une telle requête. Elle se mit à rire avec plus d'entrain, camouflant ses propres lippes à l'aide de ses phalanges avant de les caresser tout en observant son vis-à-vis, alors que les gardes se regardèrent mutuellement avec un effarement outré, jurant silencieusement que le lord Dagnar Forrest aurait fait tâter de son cimeterre pour bien moins que cela. La résipiscence de Dezial ne changea rien à leur aigreur, et ce fut avec la furieuse envie d'en découdre qu'ils continuèrent à patienter dans l'ombre de la lady. Celle-ci s'inclina en direction du seigneur lorsqu'il vint susurrer à son tympan, le lui prêtant avec curiosité, et une fois encore, l'étonnement s'enchevêtra à l'hilarité.

  ~ Par la Mère Rivière, messer, vous êtes d'une délicieuse compagnie ! Ajoutez à cela les érythèmes qui fleurissent sur vos pommettes et je suis prête à me pâmer dans vos bras ! »

Du haut de ses plus de trois décades d'existence, le chevalier semblait toujours auréolé d'une candeur et d'une espièglerie sans équivalence, si tout ceci n'était qu'une mascarade, la naïade ferait une révérence méritée, car il remplissait alors parfaitement son rôle. Une innocence presque invraisemblable qui le rendait en tout point touchant, et le déploiement de sa personnalité ne cesserait pas ici. Elle l'observa se confondre en logorrhées alambiqués, des explications lacunaires qui ne faisaient qu'empirer et en happer l'auteur dans plus d'embarras. Cependant, la jouvencelle filtra une information pour le moins intéressante, ainsi donc, était-il veuf... L'eut-il déjà été à l'époque où ils s'étaient rencontrés ? Elle n'avait guère souvenir qu'il lui en ait fait part, et pourtant, jamais ne s'était-il montré réticent au flirt qu'elle avait malignement instauré. Un homme sans épouse pouvait être une proie de choix, quand bien même une union maritale était chose inconcevable pour Ismaëlle qui, pour conserver son droit d'aînesse et sa mainmise sur l'héritage familial, était vouée au célibat. Perdre son patronyme la condamnait à renoncer au patrimoine de La-Tombe-du-Roy, mais lui permettait également de ne pas être asservie à un seul et unique amant. Dorne était une terre d'épicurisme, et la jeune Forrest, une muse de ces plaisirs. La maison Follard était de moindre importance, mais Dezial n'en demeurait pas moins un seigneur et l'héritier de son fief, aussi ne fallait-il jamais sous-estimer la voix de la plus petite noblesse dans la course à la reconnaissance. S'en faire un acolyte était donc préférable que s'en faire un antagoniste, et, par-delà cette duplicité intéressée, elle l'appréciait véritablement. Elle le laissa recouvrir un semblant de placidité et tenter de se racheter une conduite comme il le put, badinerie revenue et apparemment amusé par ses propres bévues qu'étaient ses gaucheries maïeutiques. Puis, la nymphette approcha de quelques pas pour venir poser sa main sur l'épaule du sieur dans le dessein de le rassurer.

  ~ Ne vous rongez donc pas les sangs mon ami, je n'imagine rien de saugrenu, votre maladresse n'en était pas une. Ceci étant, je vous présente toutes mes condoléances pour cette perte que je conçois tragique. Bien que j'ignore à quand remonte ce drame, j'en suis sincèrement navrée... Elle ne l'était pas, un bien malingre détail dans son incommensurable égotisme. Je suis certaine que vos Sept sauront récompenser son âme, le Père la jugera équitablement. Bien qu'il ne s'agissait pas là de sa religion, cela ne l'empêchait pas d'y faire référence si cela était susceptible de réconforter le chevalier. De plus, la théologie était un domaine fascinant à étudier. Mais je ne voudrais pas vous accabler d'affliction, aussi est-ce sans doute mieux de changer de sujet. Vous me disiez donc être ici en simple flânerie pour pacifier votre ennui ? Voilà qui est pratique de vivre non loin de la capitale. La-Tombe-du-Roy se trouve à sept jours de Lancehélion, en plein désert, la route s'avère longue et éreintante. Mais la traversée en vaut la peine. »

La ville ombreuse était, aux yeux de la dornienne, une magnificence pour qui savait en apprécier l'architecture et la célèbre médina. Toutefois et contrairement au ser Dezial, elle n'avait à se lamenter d'aucune monotonie au sein du domaine familial, dans lequel l'activité ne cessait jamais. Outre les facéties de sa grande fratrie et les écueils qu'aimait à lui apporter Daärim, elle secondait son père dans nombre de ses tâches et s'intéressait au devenir du fief qui n'avait guère rien à envier aux propriétés attenantes. Toutefois, il était toujours bon de changer d'atmosphère tant que la coercition de la gérance ne la contraignait pas de demeurer à son logis, ce qu'elle faisait de façon itérative à travers les différentes régions limitrophes, et même au-delà lorsque cela était plausible.

  ~ Port-Réal ne doit plus avoir aucun secret pour vous, j'aurais tort de me priver d'un tel guide et surtout, d'une telle protection. C'est avec un plaisir non feint que j'accepte que vous m'accompagniez dans ma promenade, je suis persuadée que vous avez nombre de choses à me montrer dans cette fabuleuse cité. Elle se pencha sur lui avec un sourire mutin. Qui sais, si Castel-Fol ne se situe qu'à une poignée d'heures comme vous le dites si bien, peut-être aurons-nous l'opportunité de nous y rendre pour que vous m'en fassiez une visite, j'en serais fort curieuse. Elle se mit sur la pointe des pieds pour se hisser, à son tour, jusqu'à l'oreille du seigneur. L'une de ses mains prit appui sur un pectoral, alors que l'autre se déposa sur sa joue. Avec un peu de chance, vous découvrirez de quel sens brûle le mot accointance, qui semble lanciner votre esprit à vous en faire perdre votre contenance... Elle demeura ainsi suffisamment longtemps pour qu'il puisse humer sa fragrance épicée, l'une de ces inestimables senteurs dont la donzelle faisait également collection. Puis, hâtivement, elle se plaça à ses côtés et lui prit le bras. Marchons donc voulez-vous, essayons de passer non loin des étals pour que mes hommes puissent profiter de marchandage le temps que nous conversions. Nous vous suivons. »

Ismaëlle le convia aussitôt à entamer la marche, l'empêchant ainsi de réagir immédiatement à son acte de lutinerie qui le tarabusterait peut-être encore plus désormais. Les gardes prirent le soin d'installer une distance encline à l'intimité que la dame désirait, l'oeil toujours vif néanmoins et prompts à intervenir si la situation l'exigeait. Entre eux, ils controversèrent à voix basses sur la propension de la demoiselle à se montrer propice à un dialogue à ce point affidé avec un individu d'une autre origine que dornienne, encore trop abreuvés de lieux communs qu'ils étaient. L'aspiration aux diverses alliances de la jeune Forrest n'était pas toujours perçue de la meilleure des façons par les plus puritains qui se fardaient de grandiloquence et vociféraient leur chauvinisme dès lors que faire se pouvait. Mais qu'importait, alors qu'elle pouvait musarder dans la capitale de Westeros et séjournait dans l'enceinte même du Donjon Rouge, au fond, les siens pourraient bien envier sa condition. Arpenter les charmantes venelles de la cité lui apparut subitement comme plus appréciable, ainsi accrochée à un sieur de cette contrée qui, elle en était sûre, n'avait point fini de la faire rire. De sa main libre, elle resserra derechef le châle qui réchauffait ses frêles épaules, sujette à quelques frémissements que lui léguaient les températures encore estimables pour les citoyens de la ville. Alors que ses calots voguaient d'un pan à un autre, sensibles à la redécouverte des lieux, elle songea à quelques paroles antérieurement prononcées et se plut à en reprendre le sujet.

  ~ Tout à l'heure, vous me parliez des codes de la chevalerie. L'altruisme, disiez-vous, le courage et l'impartialité aussi, je présume, secourir la veuve et l'orphelin... De nobles idéaux, j'en conviens, mais justement, ne trouvez-vous pas que cela dépeint un portrait bien trop immaculé pour que les hommes puissent s'y associer ? Elle se tourna vers lui et leva la main en signe de pondération. Loin de moi l'idée d'insulter votre rang ou les moeurs par et pour lesquelles vous vivez, seulement, j'ai eu loisir de rencontrer des chevaliers lors de mes pérégrinations. D'aucuns n'ont de chevaleresque que leur titre, alors, je me demandais si ces notions de magnanimité jouissaient encore de la valeur qu'elles méritent... Nous n'avons rien de similaire à Dorne, nos us et coutumes dépendent d'une philosophie somme toute différente, pour ceux qui y prêtent encore foi. »

La jeune femme n'était pas certaine de compter, parmi ses connaissances, un quidam dont l'essence serait tant clémente. Les actions désintéressées se faisaient rares, tout était fait pour une conséquence définie et attendue, Ismaëlle en était le premier exemple. Qu'aurait-elle eu à gagner si, à la place du sieur Follard, elle avait été témoin d'une avanie comme cela avait été le cas ? Rien, si ce n'eut été une charmante risette et une congratulation de la jouvencelle en détresse, maigre butin en analogie aux risques encourus. Elle aurait tourné l'échine, égocentrique et d'avantage concernée par sa propre personne que par celle en probable danger. Cependant, elle ne se plaignait pas que Dezial n'ait pas la même réflexion qu'elle.
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Message Sam 13 Oct 2012 - 23:01

A peine Dezial avait fait part de sa surprise quant à la connaissance de son interlocutrice de la devise familiale des Follard, que la beauté du sud releva légèrement son menton, l'air espiègle, le regard empli de fierté, semblable à une enfant que l'on venait de féliciter pour un accomplissement. A cette mimique vint se joindre quelques paroles, il était question d'envie de le connaître mieux afin de faciliter les conversations, et que, quand l'on voulait, l'on pouvait trouver toute les informations voulues. La demoiselle revint aussi sur quelque chose dit par le chevalier quelques instants plus tôt, au sujet des lettres qu'il n'avait pas écrite, à cause d'une certaine timidité, mêlée à un manque de confiance en ses capacités. Lady Ismaëlle se disait navrée de cela, suite à quoi, une phrase si familière vint aux oreilles du miraculé, que son défaitisme le perdrait. Cette phrase, il l'avait entendu durant des années, sa femme bien aimée ne cessait de la lui répéter, encore et toujours. A vrai dire, l'héritier n'avait jamais été doué pour grand chose, et, il en avait conscience, peut-être même un peu trop d'ailleurs. Alors, inconsciemment, il se jugeait inapte à bien des choses, pour lesquelles il n'était pas si mauvais que cela, comme par exemple la danse, ou la poésie. Choses grâce auxquelles il était parvenu à séduire lady Eriqa. Le souvenir de son grand amour lui donna une mine attristée, qui seyait très mal au visage si souvent enjoué du Fou. Son sourire se teinta d'une douleur dissimulée, tandis que son regard se pencha vers un médaillon qui pendait à son cou. De son index, Dezial le caressa avec douceur, l'admirant quelques instants, avant de reprendre ses esprits, et relever le visage vers son interlocutrice, tout gêné.

« Je m'excuse de mon … Absence. Cette phrase, ma femme me la répétait si souvent, que vous l'entendre dire à réveillé certains souvenirs enfouis, ainsi que la douleur de sa séparation. Désolé. Mais … Vous devez avoir raison. Si je me le suis entendu dire de si nombreuses fois, c'est qu'il doit bien y avoir quelque chose. »


Le sourire du trentenaire revint peu à peu. L'ombre de la mort laissant place peu à peu à la douceur des souvenirs de sa compagnie, et, peut-être que me visage de son interlocutrice y était pour quelque chose, bien que, le chevalier n'oserait jamais l'avouer. C'est ainsi que, son attention se reporta complètement sur elle.

« Dans ce cas, je me dois de vous féliciter. Je gage que de telles recherches n'ont pas dû être aisées pour vous. Chercher des informations sur une petite Maison loin de la vôtre et reussir malgré tout à dénicher quelque chose, vous devez avoir des homes talentueux à disposition. Mais … Le grand curieux que je suis ne peut s'empêcher de se demander quelles informations vous avez trouvé sur mon humble Maison, ou sur moi. Peut-être avez vous trouvé quel surnom quelques combattants me donnent depuis la bataille du Champs d'Herberouge ? Ou peut-être encore les tournoi auxquels j'ai participé ? »

Son sourire était enfin complètement revenu, lady Ismaëlle avait un don pour cela, même si elle n'en avait peut-être pas conscience, mais, c'était la seconde fois que, Dezial passa de la tristesse à la joie simplement grâce à la présence de cette jeune femme. La première fois, lors de leur rencontre, deux années plus tôt, un an après que le chevalier avait perdu son épouse. Après avoir traversé de nombreux mois de déprime. L'héritier ressorti de cette rencontre métamorphosé, ayant retrouvé son sourire, sa joie de vivre, ses blagues habituelles. La maisonnée s'en retrouva des plus joyeuses, et tout rentra dans l'ordre. C'est d'ailleurs en partie pour cela, que le miraculé voulait écrire à la demoiselle, pour la remercier du bienfait qu'elle avait apporté à Castel-Fol. Mais, il avait beau tourner ça dans tout les sens, cela ne sous-entendait que trop de puissants sentiments, et ce, à chaque essai. Alors, l'idée fut abandonnée.

Quelques instants plus tard, la dame de la Tombe-du-Roy, rassura son sauveur sur sa vision des habitants des Terres de la Couronne, malgré les récents événements. Dorne recelait elle-aussi d'idiots, et qu'il ne fallait pas coller des étiquettes aux gens, en ne connaissant d'eux que leurs origines. La belle, en finissant sa phrase par des compliments de Dezial, lui donna l'occasion, à nouveau, de faire le pitre. En effet, lorsqu'elle lui dit avoir rencontré d'agréables et tolérantes personnes, le chevalier se retourna, faisant mine de chercher qui était la cible de telles éloges. La scène dura une bonne dizaine de seconde, avant qu'il finisse par se retourner en fixant la jeune femme quelques instants pour enfin prendre une mine semblable à celle d'un enfant retrouvant son jouet préféré après de longues minutes d'investigation.

« Ces mots m'étaient donc destinés, je suis grandement touché madame, merci. Il me semble que c'est la première fois que l'on me qualifie de la sorte, c'est bien plaisant. Et, mon cœur se réchauffe à ses mots, heureux que ma présence vous soit suffisamment agréable pour que cela soit dit. »

Pendant ces mots, l'étrangère, regardait ses gardes, qui, eux, semblaient bien loin de partager cet avis. Cela donna même droit au chevalier d'entendre un ricanement de la Forrest, qui revint surs les capacités martiales du « héros » de la journée. Selon elle, les dorniens avaient beau être de grands guerrier, elle était sûre qu'il pouvait rivaliser avec eux. Ce fut au tour du Follard de ricaner.

« Lady Ismaëlle, cela est bien généreux de votre part que d'essayer de me faire passer pour un grand épéiste, mais, je vous assure savoir où est ma place. J'ai combattu près de grand chevaliers, j'ai vu certains d'entre eux combattre, je peux vous assurer être immensément loin d'eux. Les rares fois où je me suis distingué l'arme à la main, je n'ai brillé bien souvent que par ma chance. De là me vient mon surnom, le miraculé. »


Un doux sourire s'affichait sur ses lèvres. Dezial avait toujours su qu'il ne serait jamais un très grand combattant, ça, c'était le rôle de son jeune frère, ser Loghain, qu'il avait lui-même formé, puis adoubé. L'élève dépassa très vite le maître, mais, même si le jeune-frère était un virtuose la lame en main, gagner contre son aîné était pourtant rare, et des plus délicats, ce dernier était doté d'une chance incroyable, son armure ne semblait jamais le gêner, qu'importe la situation, il semblait infatigable, et ses parades arrivaient toujours au dernier moment. Certes, ses attaques n'étaient sûrement pas digne de ser Gwayne Corbray, qu'il avait eu la chance de côtoyer durant la fameuse bataille d'Herberouge, mais, il restait un grand chevalier, qui avait sa place sur de nombreux champs de bataille, quoiqu'il pouvait en penser. Ser Lothar Celtigar l'avait sûrement remarqué, lui qui lui avait donné le sobriquet du miraculé, un jeune chevalier de dix-sept ans, dans l'avant-garde d'un combat si sanglant, personne n'aurait pu penser qu'il survive, et pourtant …

La requête du chevalier quand à sa récompense fit grandement rire la dame du Sud qui camoufla élégamment ses lèvres de ses doigts, tandis que les deux hommes d'armes à l'arrière, eux, semblaient bien moins entrain à rigoler, jetant un regard noir au Fou. Sans doutes pensaient-ils à comment ils pouvaient embrocher un tel énergumène, ce qui, je vous l'avoue, fit nettement moins rire le miraculé. Malgré tout, la belle jeune femme rigolait, c'était l'essentiel. Non pas qu'il ait de quelconques projets, mais, l'art de faire rire était des plus particulier, son père lui avait toujours enseigné que rire guérissait bien des maux. Qu'importe la souffrance, si l'on venait à faire rire quelqu'un, tout cela s'envolait. De sages paroles, que le plus âgée de ses deux fils avait toujours tenté d'appliquer. Lady Ismaëlle rit de nouveau grandement lorsque Dezial posa la fameuse question sur le mot accointance. A travers ce rire, elle put placer quelques paroles, qui firent rougir de plus belle l'héritier de Castel-Fol : elle lui avoua qu'il était d'une délicieuse compagnie, et que ses joues rouges lui donneraient presque envie de lui tomber dans les bras. Ce rire fut contagieux, car, le frisé se mit à rire à son tour, avant d'ouvrir grand ses bras, l'air plus sérieux, lâchant quelques mots pour la demoiselle.
« Hé bien, vous n'avez pas à craindre quoi que se soit, mes bras seront suffisamment solide pour secourir une jeune femme en train de s'évanouir. »

Un nouveau rire naquit entre ses lèvres, tandis qu'un regard vif partit en direction des deux soldats de la noble maison de Dorne, qui, à vrai dire, ne semblait pas des plus partant pour ce genre d'expérience, du point de vue de Dezial, ces deux jeunes gens, semblaient partant pour autre chose, des expériences toute simple, comme par exemple « Quel cri aura un chevalier avec une lance dans la gorge ? ». Intéressant n'est-ce pas ? Malgré tout, il s'estima heureux. Les deux lanciers ne semblaient pas prompt à agir contre le gré de leur maîtresse, une bonne chose que cela.

Une nouvelle fois, le Follard se fondit en ridicule, tout seul comme un grand, disant une idiotie, puis tentant de se rattraper, en disant une idiotie encore plus grande, et ainsi de suite, s'enfonçant de plus en plus, passant pour un idiot de plus en plus grand. C'est dommage, tout ceci était pourtant si bien parti, lui qui était si prompt à faire un pas de clerc. Il fallait bien que la roue de la chance tourne.

Heureusement pour lui, son interlocutrice semblait une femme douce, gentille et compréhensible. Alors que lui se morfondait en excuse, ne sachant plus où se mettre, elle, le rassura en douceur, plaçant une main chaleureuse sur son épaule, lady Ismaëlle trouva les bons mots. Il n'avait pas à s'en faire pour cela, avant de lui présenter ses condoléances, s'excusant pour cela. Puis, elle fit quelque chose qui toucha profondément le Fou. Elle qui ne priait pas les Sept prononça les derniers mots envers un mort, ce qui fit naître une larme qui vint finir son existence sur la joue.
« Je … Vous remercie, cela me touche beaucoup. Et, je pense que cela l'aurait touché tout autant de savoir qu'une non adepte des Sept se tente à prononcer ces mots. Cela fait trois ans maintenant, mais, faire ce deuil n'est pas chose aisée. »


Son sourire se redessina peu à peu pendant que la jeune femme, pour changer de sujet, le disait chanceux d'habiter si près de la capitale, elle, vivait à sept jours de la demeure des Martell, ce qui limitait les chances de déplacement. A ces mots, les yeux du chevalier semblaient se remplir d'étoiles.

« La ville ombreuse … J'espère avoir un jour l'occasion de la voir de mes propres yeux, on dit que c'est une cité magnifique, quant à la demeure des Martell, beaucoup la disent inégalable. Etant un très grand curieux, il me faut y aller un jour, afin de juger de moi-même. »


Dezial avait toujours rêvé de voyager, plus jeune, lorsqu'il n'avait pas encore rencontré Eriqa, il caressait le doux rêve de chevalier errant bien que cela lui fut impossible de par son rang d'héritier, et surtout que son jeune frère n'était absolument pas fait pour ça. Le peu de voyage qu'il avait fait lui avait énormément plu, il espérait en faire d'autre à l'avenir, quelques idées lui trottait déjà dans l'esprit, tel Lancehellion, Vivesaiues, Haut-Jardin, Harrenhall, et surtout Braavos.

Lorsqu'en chevalier servant, le Fou se proposa de guider, la belle accepta avec grand plaisir, jugeant bon d'avoir un partenaire connaissant si bien la ville, et qui pourrait sans le moindre soucis la protéger en cas de problème. Une fois les éloges terminées, Ismaëlle se pencha vers son nouveau guide, l'air malicieux, afin de lui expliquer que si Castel-Fol était si près qu'il le disait, alors, peut-être se rendrait-elle sur place, se disant curieuse de découvrir de visiter ses terres. Puis, se mettant sur la pointe des pieds, la belle approcha dangereusement ses lèvres de son oreille, posant une main sur son pectoral, une autre sur la joue, ce qui le fit grandement rougir, tandis que l'odeur enivrante de la dame du désert ainsi que son souffle n'arrangeait pas les choses. Pire encore, ce qu'elle lui dit aurait pu l'achever. La demoiselle semblait prendre un malin plaisir à torturer le chevalier timide, remettant sur le tapis le double-sens du mot accointance, lui disant qu'avec de la chance il verrait bien de quel sens elle parlait. Sur le moment, le miraculé eut une sorte … D'absence, son esprit se vida complètement, voyageant même légèrement, laissant une coquille vide à la place du Dezial si enjoué que nous connaissons. Alors, avant que l'ambidextre ait pu retrouver ses esprits, la Forrest avait déjà prit son bras, l'invitant à marcher, tout en passant près des marchandises afin que ses hommes puissent profiter eux aussi du marché de Port-Real. Très vite, la demoiselle mena la danse, faisant marcher le chevalier, dont l'âme venait de retrouver son corps, tandis que quelques pas derrière, les lanciers prenaient de la distance, s’intéressant à ce qu'il se passait tout autour d'eux. Le chevalier prit la direction d'étals qu'il connaissait bien avant de reprendre la parole.
« Madame, vous êtes une grande joueuse, je ne vous pensais pas si taquine, mon cœur a cessé de battre quelques instants. »


Il rit un bref instant.

« Cela dit, vous pourrez venir quand bon vous semble, vous serez accueillie royalement, vous et vos hommes, et je vous ferais moi-même la visite de mon humble territoire. En espérant tout de même que l'envie de me trancher la gorge durant la nuit ne prenne pas subitement forme dans l'esprit de nos deux compagnons derrière. »


Cette fois-ci, il rigola bien plus longtemps, avant de sentir de nombreux regards braqués sur lui. Cessant son hilarité, il regarda tout autour de lui, et constata une chose. Bien que des regards se tournaient vers lui, beaucoup, se tournaient étrangement vers sa délicieuse compagne de route, chose qui était aisément compréhensible vu sa grande beauté. Dezial ne vit nul dégoût dans leur yeux, certains auraient pu mal voir le fait qu'elle soit de Dorne, comme le petit groupe rencontré auparavant, mais non, tous n'étaient là que pour admirer la perfection des traits de la lady. Le guide improvisé avait un sourire qui remontait au moins jusqu'aux oreilles fier comme un paon de marcher au bras de celle qui attirait tout ses regards, il finit par se permettre une petite plaisanterie.

« Cela fait bien longtemps que je n'avais marché aux bras d'une si belle femme, je vais de nouveau m’attirer la jalousie de bien des gens, sans doutes certains marchands reverrons les prix à la hausse après cela. Après tout, une des plus belles fleurs de la ville est entre mes mains, et rien ne me fera m'en séparer, qu'importe le prix. »


Cette fois-ci, il ne rigola pas, sentant cela un peu déplacé, et finalement pas si drôle.

« Hmm, oubliez, je … N'ai rien qui me soit venu. Le Fou ne peut être parfait, pas comme vous. »


Peut-être s'était-il rattrapé, au moins, cela sonnait mieux, et, il n'y avait pas une quelconque comparaison idiote.

Au bout d'un moment, lady Ismaëlle eut l'envie de revenir sur ce qui avait été dit plus tôt sur la chevalerie, se posant des questions, légitimes sur les codes de ceci, et leur respect, disant connaître quelques chevaliers qui n'avaient rien de chevaleresque. Comme à son habitude, l'héritier ne put s'empêcher de sourire, posant une main chaleureuse sur les doigts de l'étrangère, ce qui eut l'effet de le faire rougir quelques peu.

« Je comprends tout à fait votre question, et les doutes que vous avez à ce sujet, de nombreux chevaliers n'accèdent à ce rang que pour le prestige accordé. Mais … Certains chevaliers vivent en respectant au mieux les codes de notre … Ordre, si l'on peut appeler cela ainsi. Venir en aide à la veuve et l'orphelin comme vous l'avez si bien dit, l'altruisme et le courage aussi oui. Malheureusement, vivre dans un château, et avoir des responsabilités nous empêchent de vivre réellement avec la totalité de ses principes, c'est pour cela que, certains d'entre nous, renoncent à la chaleur des murs des châteaux qui les a vu naître pour partir sur les routes, allant où l'on a besoin d'eux, se battant pour les plus démunis. Si je n'avais pas été l'aîné, j'aurais sans aucun doute embrassé cette voie. Vous trouverez peut-être cela idiot, voire naïf, mais cela m'aurait beaucoup plu. En attendant, j'essaie de vivre en collant au mieux à ces principes. »

Il sourit avec tendresse.
« Principes qui vous ont évités bien des ennuis aujourd'hui. Hmm. Vous parliez d'une philosophie, propre à chez vous, je vous avouerai que cela a attisé ma curiosité, j'aimerais beaucoup découvrir celle-ci, si cela ne vous dérange pas. »

A nouveau, un doux sourire s'afficha, mais, très vite celui-ci changea en un sourire d’émerveillement devant l'étal qu'il venait de voir. Avec douceur il entraîna sa compagne de route vers ce qui semblait être le lieux de vente d'un luthier. L'on pouvait apercevoir de nombreux instruments, dont un qui intéressait surtout notre cher ami : un luth, instrument qu'il pratiquait depuis de nombreuses années. Avec une infinie tendresse, le chevalier se sortit de l'étreinte de celle qui attirait de si nombreux regards, pour prendre l'instrument en question, après avoir demandé la permission, et jouer quelques notes. Mais, les doigts de Dezial se retrouvèrent bien vite à accorder les cordes, avant de retourner jouer, nageant dans un grand bonheur. Après une bonne quinzaine de secondes d'extase, son attention revint se porter sur son amie.

« Aimez-vous la musique madame ? Moi, au début, je n'y trouvait aucun réel intérêt, mais, ma défunte épouse adorait cela, alors, je me suis mis à apprendre à jouer du luth, et, depuis, j'adore cela. Peut-être est-ce devenu sentimental, mais, la musique m'apaise désormais. Je suis loin d'être doué mais ... »


Son regard vint se porter sur la jeune femme, et, ce qu'elle lui dit plus tôt lui revint en mémoire. Alors, d'un grand rire,le chevalier prononça quelques mots.

« Oui, je sais, ma pusillanimité me perdra un jour. »


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Message Mer 17 Oct 2012 - 18:47


L'héritier de Castel-Fol était un protagoniste complexe, jaspé de notions presque trop bonnes pour être vraies. Elle en avait connu, des quidams qui se disaient débonnaires et profitaient de la moindre opportunité pour mettre leur titre chevaleresque en avant, mais c'était bien la première fois qu'il lui semblait percevoir de l'authenticité. Quelqu'un d'intègre, vraisemblablement, rares étaient ceux qui gageaient devoir leurs exploits à la Providence et seulement à celle-ci. Les sobriquets octroyés, pour peu qu'ils rehaussent un point positif plutôt que l'inverse, se méritaient et étaient toujours justifiés, et à en croire celui du chevalier qui l'accompagnait, il était effectivement né sous une bonne étoile. Le Miraculé, elle avait déjà ouï ce surnom naguère et savait à qui l'attribuer, on lui avait conté la raison de façon évaporée, mais elle préférait encore entendre le récit des lèvres de son propriétaire plutôt que prêter l'oreille à la parole d'un autre. Elle songea secrètement à affirmer que sa fortune était éventuellement communicative, son incursion dans le conflit qui avait opposé la cohorte de dorniens à d'avilis seigneurs de ces terres était tombée à point nommée, elle n'osait alors imaginer le plausible méchef que serait devenue la situation. De la chance, donc, qu'une âme charitable se soit décidée à intervenir avant l'irrémissible, et qu'elle ne lui soit en plus point inconnue. Les déités avaient le sens de l'humour, mais également celui de l'iniquité, car nul doute que Dezial ne méritait guère de choir entre les pinces de la venimeuse scorpione, lui qui ne faisait qu'exhaler tant d'affabilité et de sincérité. Et pourtant, la matoise donzelle n'en avait cure, nullement émue par l'affliction que le pauvre ressentait quant au trépas de sa moitié. La perle lacrymale qu'il échappa ne changea rien en son fond, bien qu'elle salua tout l'amour qu'il eut pu voué et vouait encore à la défunte. Serait-elle un jour apte à être la proie de pareilles affres pour la disparition d'un parent ? Une interrogation qui, rien qu'en était soulevé, faisait foi de toute sa rudesse de coeur et de son ineffable égotisme. Daärim ? Elle le désirait sûrement d'avantage dans la tombe qu'attablé à ses abords, ceci bien qu'elle lui soit liée d'une manière pour le moins indicible, tel était le lot de jumeaux. Mais qu'importait, le sieur qui lui tenait présentement compagnie avait été sensible à son initiative de prononcer ce verset religieux, une gracile corde de touchée, ce qui ne pouvait qu'être synonyme d'une victoire supplémentaire dans sa quête d'enjôler. Et il semblait que les origines de la jeune femme soient tout aussi propices à séduire l'adonis, ses propos sur la ville ombreuse l'emplirent d'une certaine fierté qui s'ébaucha sur son espiègle faciès. Il serait vain d'apporter précision sur l'orgueil notoire des habitants du sud, chauvinisme farouchement ancré dans les moeurs, tout compliment ou signe d'admiration était de ce fait bon pour se pavaner tête hautement redressée.

Mieux encore, toutefois, le pourpre qui était venu peinturlurer le visage du sieur à la suite de ses susurres tendancieux. Une réaction prompte à faire rire la sylphide qui n'en fit néanmoins rien, demeurant circonspecte bien que la commissure des lippes étirée en un rictus amusé. S'il l'avait pu, Dezial se serait inéluctablement et entièrement liquéfié sur la place, son essence lui avait même échappé le temps que ses méninges ne puissent traiter les informations reçues. Cette facétie était encore des plus virginales, un détail qu'elle se garderait de révéler pour le moment, évitant ainsi de voir son guise se pâmer au beau centre d'une venelle. En plus de briller d'honnêteté, voilà qu'il faisait preuve d'une continence inopinée, du moins, elle le subodorait en jouant de constatations. Ces contrées nordiques manquaient parfois de volupté, bien fâcheuse propension sur laquelle la muse ne s'arrêtait cependant point, elle qui ne partageait pas la même opinion. Il était d'avantage opportun d'équilibrer ses plaisanteries outrées par de fausses mimiques timorées, son interlocuteur ne saurait ainsi plus sur quel pied valser.


  ~ Pardonnez cette galéjade, je n'avais guère l'intention de vous occire d'une quelconque façon. Il n'est question que d'excès enhardis par l'affection que je puis vous porter. Mais ce sera avec un indicible plaisir que je visiterai votre demeure. »

Une hypothèse de laquelle elle devrait entretenir son prince au préalable, car bien qu'elle se trouvait présentement sous la protection de lanciers vêtus d'atours de La-Tombe-du-Roy, elle était sous la bonne vigilance de son grand cousin. Son père l'avait laissée pérégriner sans altercation car Maron Martell possédait toute sa confiance et qu'il savait parfaitement que celui-ci veillerait sur Ismaëlle comme si elle eut été sa propre enfant. Le suzerain objecterait-il à l'idée qu'elle puisse être conviée par un seigneur des Terres de la Couronne, hors des enceintes de Port-Réal ? Pour assurer le succès de sa requête, il lui faudrait songer au meilleur discours à élaborer pour le rassurer et obtenir son aval, chose qui ne se ferait point dans l'immédiat au vu des délégations du descendant Rhoynar en tant que Grand Législateur. Dans son mutisme réflectif, la naïade ne remarqua que tardivement les oeillades qui se posaient sur le binôme qu'elle formait avec le Follard, seulement après que celui-ci ait derechef témoigné de ses talents d'encenseur pour louanger sa vénusté. L'intensité tant que le nombre de ses flatteries créèrent une large risette chez la dornienne qui n'en fut que plus halée de suffisance, menton relevé avec toute l'outrecuidance de son rang. Fille et héritière d'une des plus anciennes et illustres maisons de Dorne, elle estimait sa vanité légitimitée de ce seul fait. Qui plus est, si elle n'égalait en rien la mythique beauté de la lady Shaïra de Lys, la Rivière Mère lui avait ployé la joliesse des traits et du corps autant que la grandiloquence des grandes gens. Courtisée, la demoiselle l'était tant dans son désert que dans les autres patries des Sept Couronnes, ce qui ne l'aidait pas à développer plus d'humilité que cela. Guignant ces membres de la plèbe qui se retournaient sur leur passage, elle étrécit un peu plus sa poigne sur le bras du sigisbée qui menait la marche alors que son port de tête demeurait intact.

  ~ Ne vous tourmentez pas pour si peu ser Dezial, il serait fort idiot que je prenne ombrage d'une faconde seulement destinée à me flatter. Mes atours et mes traits physiques sont tant de détails qui diffèrent de ce que la population de Port-Réal a marotte de voir. Soyez assuré qu'un pérégrin originaire d'une autre contrée que la nôtre se fera tout aussi vite remarqué au sein de nos médinas. Il n'est que trop rare que nos peuples se mêlent, cela contribue au fait que l'on me lorgne de la sorte. Elle toisa un quidam à côté duquel ils passèrent et qui l'observait avec indiscrétion. Cela dit, je note que vous êtes de nature possessive... Ou est-ce de l'exclusivité ? »

La lisière était fluette et volontairement désignée, une douce façon de railler du jeune homme qui prit alors le temps de s'exprimer en matière de chevalerie. Ses phalanges couvertes par la main de lu narrateur, les prunelles d'azur d'Ismaëlle se baissèrent pour le mouvement exécuté, avant qu'elle ne se reconcentre sur la nature de ses dires, dans lesquels elle trouva un truisme que tous les dits adoubés ne corroboraient pas par leurs actions. Elle gageait toutefois qu'il était ardu de respecter de tels principes où le péché ne semblait guère avoir sa place, elle-même aurait été inapte à en faire ainsi si elle avait été un homme et éligible au statut de preux combattants. Les armes n'étaient pas taillées pour sa délicate poigne, elle n'en aimait point le contact et, en dépit du danger, ne transportait jamais aucune lame directement sur elle. Puis, les concernant, il y avait le poids de leur hoirie, leur droit d'aînesse leur donnaient des responsabilités auxquelles ils n'avaient pas loisir de se dérober. La donzelle les épousait de corps et d'âme, si le jeune sieur nourrissait quelques songes d'odyssées, il apparaissait tout aussi digne qu'elle ne l'était de ses legs patrimoniaux ne serait-ce que pour son sacrifice consenti à faire passer ses obligations avant le reste. Elle hocha donc le crâne en signe d'approbation.

  ~ Etre en tête de fratrie, ce n'est pas une chose qui doit être prise à la légère. C'est là une preuve que vous serez susceptible de faire un bon lord que renoncer à vos rêves d'errance salvatrice, la vie de paladin ne doit pas être facile tous les jours, il est peut-être mieux de veiller à la bonne régence de son fief. Mais je comprends mieux pourquoi vous vous êtes précédemment interposé entre les maroufles et ma garde, une telle occasion doit être impossible à ignorer pour l'individu serviable que vous êtes. Elle soupira avec emphase. Et vous êtes par ailleurs le premier homme que je rencontre à se dévouer de la sorte sans attendre de rétribution. »

Les reitres n'avaient rien en commun avec les véritables chevaliers, les pleines aumônières ne devaient point être des sources de motivation pour qui guerroyer pour l'honneur et la quiétude du monde. Question alors détournée vers les us et coutumes méridionaux, la nymphe s'apprêta à lui répondre lorsqu'elle authentifia le regard de son vis-à-vis apparemment happé par quelque chose. Elle fit suivre ses mirettes pour découvrir un somptueux instrument qui fut bientôt entre les mains du jeune homme. La Forrest noua ses mains sur sa propre panse et observa, silencieusement et l'air inquisiteur ce qui se théâtralisait sous son nez, n'ayant jamais imaginé ce guide improvisé en tant que mélomane. Pourtant, la rythmique qui résonna de son doigté fut un ravissement pour les tympans de qui l'entendait, une charmante passion qui la fit rire d'attendrissement. Eduquée dans le faste et le raffinement, l'art faisait naturellement partie de sa vie, mais elle était plus à même de faire chanter ses homonymes politiciens que les cordes d'un luth aussi majestueux pouvait-il être. Elle avouait ne s'être jamais entrainé avec grande ardeur au maniement d'une quelconque pièce de musique, ce qui était considéré comme d'incontournables atouts pour séduire dans la majorité de Westeros, n'était qu'affaire de détail pour la jouvencelle qui n'avait aucun époux à appâter. Son zèle allait aux intrigues et à ses arachnides de compagnie, les légendaires scorpions de La-Tombe-du-Roy qui étaient à l'origine de la mort d'un suzerain Tyrell plusieurs décennies auparavant.

  ~ La musique est source d'apaisement pour qui y tend l'oreille, j'en apprécie les bienfaits autant que l'entrainante gaieté en jour de fête. Je suppose que vous concernant, ce doit être une façon de trouver d'avantage de quiétude... Si tant est que vous osiez tout de même en jouer régulièrement, à quoi bon, sinon ? Pour ma part, j'ai plus de satisfaction au chant, mais j'éviterai de vous en faire démonstration en cette rue fréquentée. Elle se mit à rire. Pour ce qui est de Dorne, il y aurait tant de choses à dire... Les dorniens eux-mêmes ne suivent pas les mêmes moeurs, cela dépend des points géographiques mais surtout des moeurs qui sont transmises. Il y a les Salés à l'Est qui sont les plus Rhoynar d'entre nous, les Sableux plus au centre, puis les Rocheux à l'Ouest et au Nord qui descendent plus des Andals et des Premiers Hommes. Cela explique, par exemple, que j'aie les yeux bleus malgré mes origines. La-Tombe-du-Roy se trouve dans les Montagnes Rouges, nous ne sommes pas loin de la frontière des Terres de l'Orage et... Nous... »

Le flux de parole de la donzelle s'amoindrit soudainement alors qu'à l'instar de Dezial un instant plus tôt, ses calots furent attirés par quelque chose. Dans une gracieuse mouvance, elle se déplaça jusqu'à l'étal adjacent sur lequel se déployaient des chapelets de bijoux. De tels chatoiements gemmifères suffirent pour hypnotiser Ismaëlle qui, prenant une inspiration admirative et conquise, se pencha sur les précieuses fioritures pour le plus grand bonheur du marchand qui guetta son arrivée. Après autorisation de ce dernier, elle saisit délicatement une magnifique tiare de matière irisée telle l'opale, pour la montrer à son compagnon de flânerie.

  ~ Avez-vous vu cette merveille ? Ce diadème est d'une beauté sans pareille ! Profitant que son ondoyante crinière soit sans ornementation, elle installa la nimbe sur son front puis offrit sa plus belle risette au sieur Follard. Qu'en pensez-vous ? »
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Message Sam 20 Oct 2012 - 21:49

Une fois de plus, la belle étrangère semblait des plus amusée de la situation. Sans doutes se plaisait-elle dans le jeu qu'elle instaurait avec son nouveau guide, qui de son côté ne remarquait pas ce qu'il se passait autour de lui, tel l'insecte volant tout droit dans la toile d'une araignée. Sauf que, cette fois-ci, l'araignée ne voulait apparemment pas dévorer la petite bête s'étant perdue dans ses fils, mais juste s'amuser avec. Sa grande beauté aidait les esprits à se perdre, tandis que son jeu d'actrice faisait le reste. Malgré tout cela, la jeune femme semblait trouver la présence du chevalier agréable, laissant de temps à autres s’échapper un rire qui semblait des plus sincères. En prenant tout cela, et en rajoutant la naïveté exceptionnelle du Follard, comment ce dernier pouvait-il remarquer quoi que se soit ?

Lorsque le jeune homme avoua que les battements de son cœur avaient cessés un instant, la demoiselle s'excusant, avouant que le tuer n'était pas dans ses plans, et que ces quelques petits mots n'étaient dus qu'à l'affection qu'elle lui portait. Sur ses mots, ser Dezial ne put s'empêcher de virer au rouge vif, laissant ainsi un bref silence s'instaurer entre les deux jeunes gens.
« Je … Ahem … Je me doute bien que l'idée de m'ôter la vie ne vous ai pas traversée. Cependant, je vous avouerai être touché par ce qui vient d'être dit. Rares sont les déclarations d'affections. Et, pour ce qui est de la visite, je crains fort que celle-ci ne soit que de courte durée. Nos terres sont loin d'être vastes, et notre demeure n'est pas des plus grande. J'ose espérer que vous ne serez pas déçue par cela. »


Hé oui, Dezial était un grand inquiet de nature. De nombreuses idées fusaient en permanence dans son esprit chaotique, se posant de nombreuses questions, toute plus inutiles les unes que les autres sur ce qu'il fallait faire, ne pas faire, dire ou ne pas dire. Ainsi, de nombreuses craintes s’immisçaient assez souvent, le rendant affreusement gêné dans de nombreuses situations. Mais ça, vous l'aurez sans doutes déjà remarqués.

Ainsi, la promenade commença, au bras d'une des plus belles femme de Dorne, si ce n'est de tout Westeros. L'héritier était fier comme un paon, et trouvait une certaine forme de bonheur dans le regard jaloux de ceux qui les dévisageaient sans la moindre gêne. Ils commencèrent alors à discuter, mais, la maladresse du jeune homme refit surface dans un compliment qu'il ne trouvait pas approprié. C'est alors que tout timidement le chevalier s'excusa maladroitement, réussissant malgré tout à placer un nouveau compliment sur la perfection de ses traits, espérant ainsi se rattraper. Fort heureusement pour lui, lady Ismaëlle ne le prit pas mal, ou du moins, le personnage qu'elle incarnait ne l'avait pas mal prit. Tentant tant bien que mal de rassurer son guide, la dame du sud le pria de ne plus se tourmenter sur quelque chose de si insignifiant ? Après tout, pourquoi prendrait-elle mal une comparaison qui ne cherchait qu'à la mettre en valeur ? Le frisé eut un soupir heureux, affichant un beau sourire. La jeune femme expliqua ensuite que tout cela n'était dû qu'à ses origines, et qu'un étranger à Dorne se ferait tout autant remarquer. Il en rit.

« Voyons madame, cela n'est pas seulement dû à vos origines, vous êtes une femme à la grande beauté, seriez-vous née dans le Val que cela n'aurait rien changé. Sans vouloir douter de votre parole, je doute fort qu'une femme au physique moyen de vos contrées se fasse ainsi dévisager dans notre Royaume. Les belles femmes se font nombreuses au sein de Port-Real. Certes, peut-être que ce que beaucoup prendraient comme de l'exotisme joue en votre faveur, mais, vous êtes tout simplement un cran au dessus de toute ces dames. »


Alors, comme à l'accoutumée, un tendre sourire illumina le visage du chevalier. Visage qui se teint très vite de rouge suite à la remarque de la belle sur sa nature possessive. Extrêmement gêné, ser Dezial rit un bref instant nerveusement tout en se se caressant l'arrête du nez, de manière tout aussi nerveuse.

« Je … M'excuse. Disons qu'arpenter les rues de la ville en si belle compagnie est une incroyable chance. De fait, l'espoir, et l'envie folle que cela continue se fait ressentir. Mais, effectivement, il me semble être possessif, et doté d'une grande jalousie. Cependant, je n'ai pas à l'être aujourd'hui, vous n'êtes pas mienne. »

L’héritier rit de nouveau, espérant que ses excuses soient acceptés par la jeune femme, espérant ne pas avoir fait une nouvelle bêtise qu'il se faudrait rattraper plus tard. Car oui, pour cela, il était doué le Fou. Je parle bien de faire des âneries, pas pour se rattraper. Malgré tout, il se permettait d'espérer qu'avec des compliments -qu'il espérait- joliment placés et formulés, tout cela passerait bien mieux auprès de lady Ismaëlle.

Vint alors la réponse de la dame du Sud au sujet des rêves d'errance de son partenaire, ainsi que de son futur héritage, montrant d'un signe de la tête être du même avis que lui. De son point de vue, renoncer à ses rêves pour ses devoirs montrait bien quel bon seigneur il ferait. Elle se permit d’émettre des hypothèses sur la difficulté d'une vie d’errance, et qu'en comparaison, diriger un fief était sans doutes mieux. Suite à quoi elle le complimentant sur sa serviabilité, avouant avoir compris pourquoi il avait agi ainsi, ce qui le fit grandement rougir, encore. Enfin, après un léger soupir, la dame précisa qu'il était le premier homme qu'elle croise agissant sans attendre une quelconque récompense. Un doux rire s'échappa des lèvres du veuf.
« Vous me flattez madame. Mais, un grand homme a un jour écrit les prémices de ce qui est devenu le code de la chevalerie, j'essaie de respecter ceux-ci rien de plus. Malheureusement, notre monde semble se pervertir de plus en plus. Donner sans recevoir semble impensable pour beaucoup, heureusement reste-t-il encore des gens au grand cœur. Je regrette que vous n'en ayez rencontré plus. »


Il s'arrêta quelques instants pour se gratter le cou, marquant ainsi une pause dans ce qu'il se disait, avant de reprendre, toujours souriant.

« Pour ce qui est d'abandonner mes rêves, je n'ai pas vraiment eu le choix. En fait, si je l'ai fait, c'est avant tout pour mon jeune-frère, Loghain. Il a été mon écuyer, je lui ai enseigné tout ce que je sais, et, il me semble qu'il m'idolâtre un peu trop. De fait, rompre mes engagements envers ma famille et mon peuple l'auraient profondément attristés, ce sur quoi il a basé de nombreuses choses se seraient écroulées tout d'un coup, et surtout, ce dernier se serait retrouvé avec de grandes responsabilités qui ne sont pas faite pour lui. Moi, je n'en ai pas réellement l'envie, je doute même d'avoir toute les capacités pour, mais lui, n'est vraiment pas fait pour ça. Et puis ...»


Son regard se projeta vers les cieux, un air de nostalgie dans le regard.

« Lorsqu'il est né, j'ai promis à notre défunte mère de toujours veiller sur lui. Un chevalier … Non, un homme se doit de n'avoir qu'une seule parole. »

Ser Dezial rabaissa alors ses yeux pour venir regarda avec un tendre sourire la demoiselle qui tenait son bras.

« Cela est sans doute nettement moins reluisant que ce que vous pensiez de moi, héhé. »


Loghain représentait beaucoup de chose pour l'aîné, depuis de très nombreuses années, il avait toujours été le modèle de ce dernier, tout deux passaient de nombreux moments ensemble, s'entraînaient souvent ensemble, et surtout, dans très peu de temps, le petit frère serait la dernière famille que posséderait le chevalier.

Les mains de Dezial quittèrent la douceur du bras de celle qui attirait tant les regards pour se concentrer sur l'instrument de musique qu'il mania avec adresse, laissant l'objet s'exprimer à travers de fort jolies sonorités. Étrangement, lady Ismaëlle sembla attendrie par la scène, sans doutes ne s'attendait pas à une telle chose de son guide. Après tout, à le voir avec son air d'imbécile heureux, qui pourrait s'y attendre ? Qui, même, pourrait ne serait-ce qu'y penser ? Peu de monde il me semble. Pourtant, si l'on venait à fouiller un peu, on pourrait apprendre que les terres des Follard abritent des luthiers exceptionnels, connus à travers le continent pour leur instruments. Sachant cela, cela semble moins étrange qu'un tel homme sache jouer de la musique, non ?

La femme protégée, appréciait la musique si l'on en croyait ce qu'elle disait, ajoutant qu'elle préférait le chant à la musique, même si, dans un endroit tant peuplé, elle ne ferait aucune démonstration, tout en riant légèrement. Suite à quoi, elle enchaîna sur une brève explication sur ce qu'avait demandé le chevalier, qui se montra ravi d’acquérir de nouvelles choses, sans remarquer que la demoiselle avait soudain arrêté de parler pour se diriger vers un nouveau marchand non loin de là.

« Je vous remercie pour ses éclaircissements, Dorne est une terre qui renferme de nombreux mystères pour moi, en résoudre un est un grand bonheur. Et … J'ai appris une chose intéressante, j'espère que lors de votre future visite sur mes futures terres, vous me donnerez l'occasion de vous entendre chanter, cela serait un grand honneur. Enfin pour ... »


Enfin. Enfin il avait remarqué que la belle était obnubilé par autre chose. Autre chose qui lui semblait bien plus important que les paroles de son compagnon. Bien plus important que lui, sans doutes aussi : des bijoux. Et, son regard expert avait remarqué un diadème, qu'elle s'empressa bien vite de montrer à son sauveur, lui demandant son avis sur la chose, une fois l'avait elle posé sur sa chevelure, affichant un sourire radieux. Bien entendu, lui, était complètement sous le charme, ne voyant pas ce qui était sous-entendu par cette demande. C'est alors que, avec la plus grande des innocences, le chevalier lui répondit avec un merveilleux sourire.

« Ceci est une pure merveille, je vous l'accorde. On jurerait qu'il ait été fait pour n'être porté que par vous. Je ne peux qu'être charmé par un tel spectacle. Ainsi, si j'avais apporté une bourse plus conséquente, je me serais fais grand plaisir de vous l'offrir. »


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Message Dim 21 Oct 2012 - 13:35


Elle n'avait guère rien ouï de ses propos avant que le chant et la nitescence du bijou ne l'incantent, à l'instar d'un papillon de sorgue enjôlé par une blanche lueur, elle en avait omis toute bienséance, toute majesté pour admirer cette création artisanale qui était venue lui ceindre le front. Les coiffes étaient des ornementations usuelles et même symboliques chez les Forrest, et la légende sur laquelle reposait la naissance de leur fief n'y était pas étranger. Feu le roi bieffois, la couronne qui a chu de sa tête de la main de l'aïeul d'Ismaëlle était un irréfutable emblème que l'on retrouvait sur les armoiries de l'illustre famille dornienne, en témoignaient les atours de ses deux protecteurs qui gardaient un oeil avisé sur le binôme non loin d'eux. Un crâne opalescent au couvre chef d'or sur un fond de ténèbres, l'on pouvait par cette seule héraldique deviner quelques sombres origines qui allaient de paire avec le nom de La Tombe-du-Roy. Si la demoiselle portait très souvent ces accessoires qui égayaient son ondoyante crinière et son port de tête, les membres de sa famille s'en ornaient lors des grands évènements, tel un signe distinctif leur appartenant. De ce simple fait, il était aisé à la sylphide d'égarer sa circonspection face à ces parures gemmifères dont elle possédait une incroyable collection, à l'instar de bien d'autres parements. Ser Dezial en avait d'ores et déjà fait les frais plusieurs années auparavant, sans que cependant et pour cette fois, la donzelle ait fait accéder le sieur à sa lubie par quelque mimique mystificatrice. Elle l'avait par maintes reprises séduit dans le simple dessein d'être une source de ferveur et un réceptacle d'une pléthore de flatteries, ce que, dans les deux sens, n'avait guère manqué de se produire et se poursuivait encore aujourd'hui. Ce bracelet qui lui plaisait d'avantage pour sa simple beauté et le fier éclat qu'il donnait à son frêle poignet, dont elle avait, ne l'omettons guère, fait passer le port pour une preuve du bon souvenir du sieur Follard lui-même, étincelait à l'instar de l'égotisme de l'une et de la candeur de l'autre. Si la fortuite présence du chevalier ne l'incommodait nullement, jamais n'avait-elle eu l'intention de revenir le visiter plus avant ou même de profiter de son séjour à la capitale des Sept Couronnes pour le convier à de casuelles retrouvailles. La Providence s'en était elle-même chargée, le corps astrale de la jouvencelle s'occupant du reste. Mais puisqu'il semblait à même de lui faire plaisir, de lui être agréable et de contempler son minois orné d'une somptueuse risette, pourquoi ne devait-elle point tenter de lui extorquer d'avantage que des compliments ? Sournoise créature que la scorpionne qui, en plus de cela, était à l'origine bien plus cossue que le seigneur à ses abords. L'imposture était un délassement en soi, et il était temps de juger de l'hypothétique influence qu'elle exerçait réellement sur le miraculé, qui le serait probablement moins à ses côtés.

Quand bien même n'avait-elle point eu l'opportunité de s'admirer de façon directe avec la tiare sur elle, elle ne doutait guère que celle-ci lui seyait à merveille, comment pouvait-il en être autrement ? Les oeillades badaudes se posaient sans grande discrétion sur sa personne, sur cette vraisemblablement fastueuse lady dont l'intérêt avait biaisé sur l'étal qui, de ce fait, attirait plus de regards pour le bonheur du commerçant. Toutefois, l'innocence du Fou vint contrarier sa tacite volonté lorsque celui-ci s'exprima, lui confiant ainsi son incapacité à la satisfaire d'un nouveau présent pour cause d'une aumônière peu renflée. Si la frustration gronda tout d'abord dans l'être de la jeune femme, elle n'en montra qu'une moue désenchantée, puis elle souleva un clair aveu : s'il avait eu assez, il le lui aurait offert. Il ne transportait guère suffisamment ? Qu'à cela ne tienne, sa ruse n'avait d'égale que son autocentrisme, redoutable muse des affaires qu'elle était, et ce n'était pas une bourse lacunaire qui aurait raison de cela. Ainsi, elle se farda d'un sourire de circonstance destiné à être agréable à son acolyte de flânerie, mais assez chagrin pour qu'il puisse en ressentir l'amertume. Un désappointement voisé, puis elle entama sa tirade.


  ~ Vous êtes d'une générosité sans lisières messer, je suis véritablement touchée par l'intention que vous auriez eue si les circonstances avaient étaient autres. Vous m'avez déjà gâtée par le passé, je vous remercie pour cela, et comme vous avez pu en constater par le fait que je porte toujours votre armille, je n'ai pas oublié votre geste. Ses lippes s'étirèrent un peu plus, puis, emphatiquement désillusionnée, elle retira le sublime diadème sous les calots tout aussi déçus du marchand. Quel dommage que mon appétence m'ait déjà faite dépenser le pécule que j'avais emporté pour cette musarderie, nous manquons tant de ces belles choses depuis quelques temps au fief de mon père. Et Mère, ô, Mère se serait pâmée face à cette création, elle en aurait réclamé des myriades de la sorte. Le détaillant en tressauta d'intérêt et sembla paniqué en voyant la naïade remettre l'objet à sa place. D'une voix chevrotante, il se pencha vers elle et interrogea. Des myriades dites-vous milady ? Genre... Beaucoup beaucoup ? Ismaëlle le guigna avec un voile d'innocuité. Si fait mon brave, avec de tels ouvrages ? Vous auriez fait mille fois vos bénéfices actuels à La-Tombe-du-Roy, il me semble également que la princesse Daenerys Martell est friande de ce genre de bijoux. Daenerys Targaryen ? De son ancien patronyme, en effet. J'aurais pu en entretenir le suzerain Maron Martell présentement à Port-Réal, mais sans preuve matérielle, je ne puis rien avancer. C'est-à-dire que... Vous auriez eu votre clientèle à la cour de Lancehélion, les dorniennes sommes entichées des beaux atours. Mais, je subodore que vous avez déjà vos fidèles ici même. Ah, par toutes les rivières... Ce n'est pas grave. Puissiez-vous avoir une fructueuse journée. Nous y allons, ser Dezial ? Attendez ! »

Faussement étonnée de l'éclat de voix du commerçant, visiblement à bout de souffle, la jeune femme s'immobilisa dans sa mouvance et observa le quidam qui, lui-même, les mirait alternativement. L'hésitation était palpable, le pauvre homme ne semblait savoir que faire, s'il devait saisir cette occasion de s'exporter jusqu'à la région la plus méridionale de Westeros avec l'éventualité de coudoyer les plus hautes personnalités de la principauté. Cette cliente à l'atypique physique était indéniablement de Dorne, escortée d'un chevalier des Terres de la Couronne, il ne pouvait être question d'un leurre... La réflexion du marchand le laissait en effervescence, si bien qu'il mit de longues secondes avant de se décider à réagir. Finalement, il saisit la fameuse tiare irisée et la tendit en direction d'Ismaëlle qui, une fois encore feignant de ne rien comprendre à ce qui se déroulait, la prit avec stupeur. Le négociant pivota ensuite en direction du sieur Follard qui, il avait cru comprendre, avait émis le désir d'offrir le bijou à celle qu'il accompagnait s'il en avait eu les moyens. Après un bref instant à sonder les onyx du seigneur, il lui fit cette proposition : son prix serait le sien, un prix qu'il réduisait considérablement de ce fait. Les diaphanes prunelles de la demoiselle se posèrent sur le jeune homme qui, dans son ineffable bonté, extirpa sa bourse de son ceinturon. Pour ajouter un semblant de truisme à la situation, l'héritière posa ses phalanges sur l'avant-bras du chevalier dans un élan dissuasif.

  ~ Messer, je vous en prie, vous n'avez nul besoin de faire cela. Je... J'en suis embarrassée... Ne vous en sentez pas contraint, s'il vous plait. »

Mais dans toute la logique de telles circonstances et avec l'air qu'elle lui octroya, le pécule de Dezial ne fut guère épargné, et la victoire, fut à la scorpionne. Les deux gardes qui observaient silencieusement le tout se lorgnèrent mutuellement, un malingre rictus railleur à voir leur protégée une fois de plus parvenue à ses fins. Celle-ci échangea encore quelques paroles avec le commerçant qui, malgré qu'il venait de céder à perte, était revigoré par l'éloquent espoir d'être un jour mandé par le prince Martell en personne. Blanche naïveté, derechef, l'unique satisfaction de la sylphide lui suffisait à l'affaire, et nul en son foyer n'entendrait parler de cet étal et du simplet qui la tenait. Elle ne perdit ainsi pas un instant pour réinstaller la sculpture de nacre autour de son crâne, rayonnante, pour finalement se raccrocher au bras du sigisbée qu'elle regarda avec une clarté de folle admiration à l'instar d'une jouvencelle éprise d'un sauveur. Ils firent quelques pas puis, une fois plus loin, elle les arrêta pour pouvoir le gratifier d'une oeillade énamourée. Elle vint ensuite délicatement saisir ses joues et, l'obligeant à se baisser tout en se mettant sur la pointe de ses pieds, elle déposa un baiser à la commissure des lèvres du seigneur.

  ~ Merci, je n'en attendais pas tant de votre part, vous êtes d'une gentillesse sans nom ! Il est évident qu'à présent, je ne peux vous refuser un chant... Que diriez-vous d'une aubade sous votre balcon ? La perspective qu'elle puisse lui chanter la sérénade la fit adorablement rire, radieuse à présent que son voeu avait été exaucé. Ce fut alors que ses gardes les rejoignirent, l'un d'entre eux se pencha à l'oreille de la nymphe pour lui susurrer quelques mots. Elle opina positivement du chef en faisant signe au lancier de lui laisser de l'air, puis elle reporta son attention sur son interlocuteur. Il va me falloir rentrer, j'ai promis de ne pas rôdailler trop longtemps dans ces venelles. Je sais que je me répète, mais votre compagnie m'est exquise, j'espère vous revoir avant notre départ pour Dorne. Merci pour ce bref instant messer, les Sept vous gardent. »

Après un furtif mouvement de tête, la jeune femme rejoignit sa garde qui patientait non loin pour reprendre la direction du Donjon Rouge.
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Délicieuses Retrouvailles - Ismaëlle

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